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 CHINE/ASIE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE...

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Patlotch



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MessageSujet: Re: CHINE/ASIE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE...   Sam 11 Nov - 11:13


Après l’annonce de sortie du traité commercial par Donald Trump il y a dix mois, onze pays ont trouvé un cadre pour un nouvel accord de libre-échange.


La première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern,
et son ministre des exportations lors des discussions sur le TPP, David Parker,
le 10 novembre au Vietnam. POOL / REUTERS

Citation :
C’était la première décision forte du nouveau président américain Donald Trump. Trois jours après son investiture, en janvier, le milliardaire avait mis fin à la participation des Etats-Unis dans le vaste traité commercial avec des pays riverains du Pacifique (le Partenariat transpacifique, TPP), signé en 2015 sous l’administration Obama. Pour M. Trump, cet accord de libre-échange allait à l’encontre des intérêts des travailleurs américains.

Près de dix mois plus tard, onze pays de la zone Asie-Pacifique (Japon, Canada, Nouvelle-Zélande, Vietnam…) ont trouvé, samedi 11 novembre, un cadre pour un nouvel accord, sans les Etats-Unis. Dans une déclaration commune, ces pays expliquent « s’être mis d’accord sur les éléments essentiels » pour un nouveau traité, après plusieurs jours de négociations, en marge du sommet annuel des pays du forum de l’Asie-Pacifique, à Danang, ville côtière du centre du Vietnam.

Dans un tweet publié samedi matin, le ministre du commerce international canadien, François-Philippe Champagne, a déclaré que son gouvernement avait accepté « un cadre pour un nouveau partenariat transpacifique complet et progressiste ». La délégation canadienne a toutefois précisé dans un communiqué qu’« il restait encore un certain nombre de problèmes en suspens ».
Les Etats-Unis inquiets pour leur « souveraineté »

De son côté, le ministre du commerce vietnamien, Tran Tuan Anh, a qualifié ces négociations d’« accord fondamental ». Mais sans les Etats-Unis, ce nouveau traité ne représente que 13,5 % de l’économie mondiale. Le ministre de l’économie japonais, Toshimitsu Motegi, a ainsi espéré que cet accord d’étape pourrait déboucher à terme sur un retour du pays dirigé par M. Trump.

Avec cet accord, le Japon souhaite notamment contrer la domination croissante de la Chine en Asie. Le gouvernement japonais souhaite notamment éliminer les tarifs douaniers sur les produits industriels et agricoles.

Cette percée pour la création du TPP à onze pays intervient au lendemain du discours du président américain, Donald Trump, qui a martelé que son pays ne signerait plus de « grands accords qui lui lient les mains et l’obligent à renoncer à sa souveraineté ». « Nous ne laisserons plus les Etats-Unis se laisser abuser. Nous ne pouvons plus tolérer ces abus commerciaux chroniques », a-t-il affirmé, se disant en revanche prêt à des accords avec tout pays souhaitant « des échanges équitables ».

« Je mettrai toujours l’Amérique d’abord de la même manière que j’espère que vous tous dans cette pièce donnerez la priorité à vos pays respectifs », a-t-il lancé, reprenant une formule déjà utilisée à la tribune des Nations unies en septembre.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: CHINE/ASIE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE...   Dim 28 Jan - 6:06


« la Chine sur le point de devenir – une superpuissance scientifique et technique. »

La Chine publie désormais plus de contenu scientifique que les États-Unis
Brice Louvet SciencesPost 27 janvier 2018
source en anglais SciencesAlert 23 janvier

Pour la première fois, la Chine a dépassé les États-Unis en termes de volume d’articles scientifiques publiés. Une statistique révélatrice qui souligne les progrès rapides des recherches et réalisations scientifiques de la Chine sur la scène mondiale au cours des dernières décennies.


Citation :
Les États-Unis sont toujours à la pointe en matière de découvertes scientifiques, mais semblent perdre de l’avance. Le rapport biennal sur les innovations scientifiques et techniques, publié par la National Science Foundation (NSF) des États-Unis, repère ici d’innombrables indicateurs de réussite scientifique dans différents pays. Parmi les nombreuses statistiques rapportées, l’une d’elles nous révèle que la Chine a en 2016 dépassé les États-Unis dans le volume d’articles scientifiques publiés, avec plus de 426 000 études scientifiques – environ 18,6 % du total international. Avec 409 000 articles publiés, les États-Unis arrivent pour la première fois en deuxième position.

Ce n’est peut-être pas une avance considérable, mais celle-ci met en lumière l’importance croissante que la Chine a pu prendre ces dernières années dans les domaines scientifiques. Notons que l’avance de la Chine sur les États-Unis en termes de production de la recherche n’est pas égale dans tous les domaines. Par ailleurs d’autres nations offrent également des résultats différents selon les domaines d’étude. Par exemple, les chercheurs américains et européens produisent plus de documents – et de brevets – sur la science biomédicale, tandis que la Chine, suivie de près par la Corée, fait figure de chef de file dans la recherche en génie industriel.

La situation est néanmoins différente lorsque les chercheurs examinent la provenance des publications les plus citées. Les États-Unis se classent au troisième rang, derrière la Suède et la Suisse. L’Union européenne arrive quatrième et la Chine cinquième. Les États-Unis sont par ailleurs toujours ceux qui délivrent le plus de doctorats en sciences et en technologie, et le pays demeure la principale destination des étudiants internationaux en quête de diplômes supérieurs – bien que leur part soit passée de 25 % en 2000 à 19 % en 2014.

Concernant les investissements financiers, les États-Unis font encore preuve d’un leadership impressionnant. La majorité du budget est en effet dépensée en recherche et développement (496 milliards de dollars américains, soit 26 % du total mondial). La Chine n’est toutefois pas loin derrière, ses dépenses augmentant en moyenne de 18 % par an depuis 2000 – comparé à une augmentation de seulement 4 % aux États-Unis. En 2016, la Chine dépensait 408 milliards de dollars (soit 21 % du total mondial) en recherche et développement. En d’autres termes, elle est devenue – ou est sur le point de devenir – une superpuissance scientifique et technique.

En ce qui concerne les autres pays, le rapport note aussi que l’Inde a dépassé le Japon, et le reste du monde en général poursuit sa trajectoire ascendante en termes de volume de publications.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: CHINE/ASIE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE...   Mer 31 Jan - 12:35


un texte qui n'a rien d'une analyse "marxiste", mais qui donne une idée du point de vue capitaliste européen et occidental sur le moment présent. Apparemment nous vivons dans le même monde... La question de la probable restructuration en cours du capitalisme mondial se pose avec la perte de la suprématie occidentale et ce qui viendra après : une nouvelle hégémonie "régionale" ? un chaos économique et social ? une fenêtre révolutionnaire à l'échelle mondiale ?...


Un dragon s'éteint, un autre s'éveille
Chine, la montée en (super)puissance. Assez pour menacer les États-Unis ?

Atlantico 31 Janvier 2018

Dans une interview accordée à la BBC, Mike Pompeo, patron de la CIA, a affirmé que Pékin était une source de préoccupation pour Washington aussi grande que la Russie. "Nous pouvons observer leurs efforts très focalisés pour dérober des informations, pour infiltrer les Etats-Unis à l'aide d'espions", a-t-il lancé. L'empire du Milieu a-t-il les moyens de devenir l'hyperpuissance du XXI siècle ?

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique ((Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis). Il est membre de l'Institut Thomas More. ("pour la défense des valeurs universelles qui sont l’héritage commun des pays européens.")


Citation :
Atlantico : Lors d'une interview donnée à la BBC, Mike Pompeo, directeur de la CIA, a déclaré que les efforts chinois pour exercer une influence sur l'Occident sont tout aussi préoccupants que la subversion russe, en se référant notamment à l'espionnage chinois (et la découverte d'une "taupe" chinoise ayant entraîné l'arrestation de nombreux informateurs). D'un point de vue économique, militaire ou géopolitique, peut-on dire que la puissance du XXe siècle pourrait avoir trouvé son "maître" au cours du XXI siècle ? Avec quelles conséquences ?

Jean-Sylvestre Mongrenier : S'il est nécessaire à la réflexion géopolitique de dégager des tendances lourdes et d'envisager des cycles de puissance, afin de ne pas être esclave d'analyses trop centrées sur l'évènement et le sensationnel, il faut se garder d'une vision mécanique du système international (l'idée d'une puissance dominante par siècle). Rien n'est joué par avance. Le fait est que depuis une décennie, la politique étrangère de la République Populaire de Chine (RPC) est sortie de son ambiguïté. Fini le temps de la "montée en puissance harmonieuse" et du primat, proclamé urbi et orbi, de l'économie. Les dirigeants chinois affichent leurs ambitions géopolitiques et se voient en futurs maîtres du monde. Ils interprètent la crise financière et économique de 2008 comme un signe du ciel: un "mandat céleste" leur confierait le sort du monde. Depuis une dizaine d'année, le comportement des dirigeants chinois est beaucoup moins hermétique qu'autrefois et ces derniers pèchent par arrogance, en paroles et en actes.

Contre le droit de la mer et l'avis juridique rendu par la Cour permanente de La Haye, en 2016, la RPC revendique la totalité de la "Méditerranée asiatique" (la mer de Chine du Sud), « poldérise » et bétonne des rochers et des îlots afin de matérialiser ses ambitions, menace ses voisins. Elle  instrumentalise la Corée du Nord avec pour objectif de détruire les alliances régionales des Etats-Unis. Soulignons le fait que cette "Méditerranée asiatique" s'étend sur 3,5 millions de km² (2,5 millions de km² pour la mer Méditerranée). Le tiers du commerce mondial y transite et la question est de portée planétaire, tant sur le plan du droit que sur celui de l'économie. Au-delà, le projet des "nouvelles routes de la soie" (Belt Road Initiative) donne la mesure des ambitions. Cette aspiration à la domination universelle a déjà sa formulation idéologique : le "Tianxia" (littéralement "Tout ce qui est sous le ciel"). Il s'agit là d'une forme de cosmopolitique ancrée dans l'antique tradition qui, schématiquement, élargit le "mandat céleste" de l'Empereur du Milieu à la totalité du globe (cf. Emmanuel Dubois de Prisque, "Tianxa: la mondialisation heureuse?", in Monde Chinois-Nouvelle Asie, n° 49, 2017).

Nous sommes donc au début d'une rivalité entre une puissance installée, les Etats-Unis, et d'une puissance montante, la RPC. Dans un récent ouvrage, Graham Allison évoque le "piège de Thucydide" qui menace Pékin et Washington : une guerre hégémonique pourrait être la plus grave conséquence des aspirations et ambitions de la RPC. D'une manière générale, soyons conscients que ces ambitions concernent l'Occident dans son ensemble. Depuis la "mondialisation ibérique" et l'inauguration de l'histoire universelle, voici cinq siècles, l'Occident est globalement hégémonique. Les modifications dans le partage du pouvoir ont eu lieu à l'intérieur de l'Occident. En cela, les Etats-Unis, chefs de file et unificateurs du monde occidental à l'issue d'une nouvelle "guerre de trente ans" (les deux guerres mondiales), sont les héritiers de cette histoire. Si la Chine passait au premier rang mondial, sur tous les plans, ce serait une première historique (l'Empire du milieu n'a jamais été une "superpuissance" mondiale). Inévitablement, la domination d'une "puissance pauvre" (cf. le PIB per capita), non-occidentale et dotée d'un régime totalitaire (Xi-Jinping est un néo-maoïste), aurait des conséquences sur nos modes et styles de vie. La cause de la liberté est en jeu.

Quelles sont les faiblesses qui pourraient "empêcher" la Chine d'en arriver là, sur les mêmes bases qui avaient pu laisser penser que l'Union Soviétique de la guerre froide, puis le Japon de la fin des années 80, étaient en passe de devenir de nouvelles puissances dominantes ? La Chine dispose-t-elle de plus d'atouts que ses prédécesseurs pour prétendre à un tel rôle ?

Jean-Sylvestre Mongrenier : Le  cas du Japon doit être mis à part. Le scénario de son accès à la puissance globale était exagéré et Tokyo ne se posait certainement pas en "challenger" des Etats-Unis. Le cas de l'URSS est plus pertinent. Au moment où l'URSS s'entrouvre et prétend faire des réformes politiques, sous Gorbatchev, la RPC a déjà adopté une démarche inverse et elle conduit une sorte de "NEP" (la "nouvelle économie politique" de Lénine, après la guerre civile) : une ouverture économique sélective dont les effets libérateurs sont compensés par le renforcement du contrôle politique. Bref, un "léninisme de marché" qui prend la forme d'un capitalisme monopolistique d'Etat, pour parler comme les marxistes. A l'inverse de ce qui s'est passé en URSS, cette "formule" a permis au Parti communiste chinois (PCC) de conserver le contrôle des événements, au prix de massacres (cf. Tienanmen). Et Pékin regarde avec beaucoup de mépris la Russie post-soviétique, née de la dislocation de l'URSS. Elle fait figure de contre-exemple.

La RPC dispose bien de plus d'atouts que l'ex-URSS, l'essentiel se réduisant à un effet de masse : 1,4 million d'hommes qui travaillent de manière industrieuse, dans un système en rupture avec les inepties de l'économie à la mode soviétique. La RPC a surtout bénéficié de la foi américaine et occidentale dans les vertus du commerce, posé comme libérateur et pacificateur. Sans l'ouverture massive du marché américain aux produits fabriqués en RPC, dans le cadre d'une alliance objective contre l'URSS, les réformes de Deng Xiaoping de la fin des années 1970 eurent été privées de sens et d'efficacité. Cette complaisance à l'égard de la RPC s'inscrivait dans un semblant de philosophie de l'histoire : la libéralisation économique était censée conduire, via l'émergence de classes moyennes revendicatives, à la libéralisation politique. Le réductionnisme économique qui marque cette philosophie de l'histoire du pauvre et une certaine insouciance des dirigeants occidentaux, au sortir de la Guerre Froide, ont bénéficié à la RPC.

Nous sortons de cette période et prenons enfin conscience des périls et menaces véhiculés par les dirigeants de la RPC. Cela réduit d'ores et déjà leur latitude d'action. Par ailleurs, une fois menée à terme la phase de rattrapage des économies occidentales, la partie deviendra plus difficile. L'effet de masse et la sidération des esprits, dès lors qu'on se focalise sur les statistiques produites par la RPC, ne sauraient occulter les vulnérabilités: endettement public et privé croissant; immuabilité des grands groupes publics qui représentent 70% de l'économie chinoises, "capitalisme de connivence" défavorable à l'innovation et à la concurrence. J'y ajouterai le polycentrisme de la Chine, difficilement contenu par le monopole politique du PCC et la coercition. On pense bien sûr aux Tibétains ou aux Ouïghours (des populations turco-musulmanes). Il est vrai que ces populations, démographiquement parlant, ne pèsent pas lourd face aux Hans (l'ethnie dominante), mais les espaces concernés sont immenses et ce sont des peuples de longue mémoire. A ces forces centrifuges, de nature ethnique et religieuse, il faut ajouter le mouvement spontané des grandes villes du sud, comme Shanghai ou Canton. Les pays occidentaux devraient faire preuve de sympathie envers tout ce qui va dans le sens d'un ordre relâché : la RPC n'est pas un bloc monolithique et éternel.

A l'inverse, quelles ont pu être les erreurs commises par les Etats-Unis au cours des 15 dernières années qui ont vu l’ascension chinoise se dérouler alors que Washington était focalisé sur les questions de l'Irak, de l'Afghanistan, ou de la Syrie ?  Assiste-t-on aujourd'hui à une simple remise à niveau de la politique américaine sur cette question ?


Jean-Sylvestre Mongrenier : C'est la nécessité et le terrorisme islamique qui ont conduit les Occidentaux à se concentrer sur le Grand Moyen-Orient. "Ce n'est pas moi qui désigne l'ennemi, c'est l'ennemi qui me désigne comme tel" (Julien Freund, cité de mémoire). Remémorons-nous la succession des événements. En 2001, lorsque l'Administration Bush se met en place, la priorité stratégique va à la RPC. En juin 2001, une affaire d'avion américain (un appareil  d'écoute électronique et d'observation), arraisonné par l'aviation chinoise, défraye la chronique diplomatique durant plusieurs semaines. Le ton était donné et l'affaire illustrait l'importance grandissante de l'Asie-Pacifique dans l’équation géopolitique mondiale. La Russie aussi bien que le Moyen-Orient apparaissaient comme des questions de second rang.

Quelques mois plus tard, les attaques menées contre New-York et le Pentagone constituèrent une bifurcation stratégique. La focale était "jetée" sur le Moyen-Orient. Certaines décisions auraient pu être évitées (la guerre contre l'Irak) mais globalement, une politique de "benign neglect", comme dans l'Afghanistan de l'immédiat après-Guerre Froide, était tout simplement impossible. Et ce n'étaient que les premiers craquements d'une région toujours sous la menace d'une déflagration générale. Soyons persuadés que nous n'avons pas encore tout vu. La suite des événements a montré que l'on ne pouvait s'abstraire de cette région et privilégier l'évitement: le retrait d'Irak (2011) et le refus d'intervenir en Syrie (2013), avec ce qui a suivi ("Etat islamique", engouffrement des puissances régionales dans la brèche) ont depuis contraint les principales puissances occidentales à se réengager. Au risque de l'hyperextension stratégique ("strategic overstretching").

De fait, la nouvelle stratégie nationale américaine et ses prolongements militaires marquent une prise de conscience, mais elle ne porte pas sur la seule RPC. Ces documents insistent sur le retour des rivalités de puissance entre grands Etats (outre la RPC, la Russie). A l'égard de la RPC, la volonté de maintenir l'avantage militaire américain est affirmée avec force. Il y a également un volet commercial. Plusieurs enquêtes sur les malversations chinoises en matière de libre-échange (dumping, entraves sur le marché chinois) et de droit de la propriété intellectuelle (contrefaçon et pillage technologique) devraient avoir leurs prolongements au cours de cette année. Fondamentalement, cette Administration n'est pas opposée au libre commerce et elle est "pro-business". Mais il n'est plus question de laisser son marché ouvert sans réciprocité et contreparties : le free trade doit être un fair trade.

L'Union européenne et certains de ses Etats membres sont également conscients de la chose : la dimension stratégique des investissements chinois en Europe devrait être mieux prise en compte. Encore faudra-t-il pouvoir s'entendre à 27.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: CHINE/ASIE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE...   Jeu 15 Fév - 16:57


en version française via dndf

dndf a écrit:
La revue CHUANG continue sa très intéressante analyse de l’intégration de la Chine dans le cycle mondial du Capital.

à quoi je n'ai pour l'heure rien à ajouter, compte tenu de la masse d'informations et de leur analyse à digérer, sans les repères habituels de la critique marxiste même radicale ni même des concepts familiers au milieu communisateur

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: CHINE/ASIE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE...   Jeu 3 Mai - 22:48


vers un capitalisme auto-chinois ?

Automobile : pourquoi les marques françaises pataugent en Chine
Nabil Bourassi La Tribune 27/04/2018

Alors que PSA peine à sortir la tête de l'eau, les ventes de Renault ont déjà atteint un plateau... Les marques françaises ont perdu des parts de marché significatives, mais ne s'avouent pourtant pas vaincu. Elles continuent de creuser leur sillon, espérant tirer profit de leur action à long terme.


Alors que le salon automobile s'ouvre à Pékin, les marques chinoises montrent toute leur puissance.
(Crédits : Reuters)

Citation :
C'est un pays en guerre ! Du moins, dans le secteur automobile ! Depuis trois ans, les marques chinoises ont lancé une implacable offensive commerciale raflant tout sur leur passage. En quelques années à peine, elles sont passées de 30 à 45% de part de marché sur leur marché domestique. Pis ! Elles se sont emparées de quasiment les deux tiers du marché des SUV, soit le marché le plus dynamique (+14%) qui culmine désormais à quasiment 40% du marché total.

Le bond de qualité a bluffé les marques étrangères
Les marques étrangères n'ont pas vu arriver ce retournement de tendance, et se sont laissées totalement submergées. Les marques locales ont déferlé avec une vague incroyable de nouveaux produits à des prix défiants toutes concurrences étrangères, entre 20 et 30% moins chers. Dernière lame du coup de rasoir, la qualité des voitures chinoises ont bluffé leurs concurrents en réalisant un bond significatif en peu de temps.

Pour Guillaume Crunelle, associé et spécialiste de l'industrie automobile chez Deloitte, le marché chinois est "un marché atypique même si ce marché reste fondamentalement un formidable réservoir de croissance".

"Lorsque le marché croit de 3% comme en 2017, certes nous sommes loin des croissance à deux chiffres, mais c'est tout de même l'équivalent du marché français en plus tous les deux ans".


"C'est pour toutes ces raisons que ce marché est devenu un passage obligé, mais il est également devenu l'un des plus concurrentiel au monde..."


Avec trois marques, PSA a vendu moins de voitures que Skoda

Pour les marques étrangères, c'est pourtant la débâcle... Elles ne cessent de perdre du terrain. Certaines sont obligées de casser leurs prix et leurs marges pour maintenir leurs volumes et leurs parts de marché. D'autres voient leurs ventes chuter. C'est le cas du groupe PSA qui a affiché des ventes en très forte baisse en 2017 (-38%). Avec 383.000 voitures vendues, le groupe automobile français a fait moins bien que Skoda malgré ses trois marques ! Sa part de marché a été divisée par plus de deux à 1,7%.

Cela fait plusieurs années que le groupe emmené par Carlos Tavares se débat sur le premier marché automobile du monde. Devant les actionnaires réunis au siège à Rueil Malmaison, Carlos Tavares a reconnu que la situation en Chine était « délicate », mais qu'il entre-apercevait néanmoins de premiers signes de redressement, notamment au seconde semestre 2017.

Sur le premier trimestre 2018 pourtant, les résultats sont plus que mitigés. La marque Peugeot a encore accusé une baisse de 16% de ses ventes après avoir enregistré une chute de 38% un an auparavant. La marque au lion est pourtant bien armée en SUV avec pas moins de 4 modèles, soit davantage qu'en Europe ! Le 3008 (qui est l'ancien 3008 restylé) s'écroule de 63%, le 4008 (le 3008 nouvelle génération qui bat des records de ventes en Europe) recule de 13%.

L'arrivée du 5008 permet de compenser la baisse puisqu'elle ajoute 5.102 voitures. Le 2008 baisse de 51%, mais le produit est en fin de vie. Rencontré au salon de Genève début mars, Jean-Philippe Imparato, patron de la marque Peugeot, affichait son optimisme nous assurant que la marque poursuivait sa politique d'assainissement de son réseau. Carlos Tavares a assuré que le groupe avait divisé par deux ses stocks de voitures dans le réseau. La marque au lion attend l'arrivée du nouveau 2008 pour animer son réseau, mais celui-ci n'arrivera pas avant 2019...

Citroën sauve les meubles avec le C5 Aircross
Chez Citroën, on respire un peu grâce au C5 Aircross... Ce SUV arrivé fin 2017 a permis de redresser la barre avec des ventes en hausse de 41% au premier trimestre. Mais la marque aux chevrons part de plus bas que Peugeot en Chine avec des ventes qui avaient flanché de 64% début 2017! La marque veut croire que sa dynamique va s'amplifier cette année avec l'année pleine de la C5 Aircross, mais également avec l'arrivée de la C4 Aircross (le C3 Aircross disponible en Europe dont l'empattement a été rallongé de 12cm).

Chez Renault, il semblerait que la marque ait atteint son rythme de croisière deux ans après son arrivée sur le marché. La marque au losange a vendu quasi-autant de voitures sur les trois premiers mois de l'année (17.816) qu'il y a un an (17.517). On note néanmoins une baisse assez marquée du Kadjar qui avec 5.997 ventes recule de 12%.

Le très exigent consommateur chinois

Les marques étrangères persistent à adapter, à la marge, leurs voitures domestiques aux exigences locales en allongeant l'empattement par exemple. Il semblerait que cela ne soit plus suffisant. "Ce marché est devenu exigeant, chaque nouveau modèle doit désormais être conçu et pensé pour le consommateur chinois", souligne Guillaume Crunelle. "Les constructeurs étrangers doivent continuer à investir sur leur différenciation, l'innovation et leur image de marque".

Pour Li Yanwei, analyste du comité d'expertise de la fédération des concessionnaires chinois cité par l'AFP, "La demande des consommateurs chinois change vite et les constructeurs étrangers doivent constamment adapter leurs produits. Les modèles de Citroën et Peugeot étaient dépassés" .

Les vraies généralistes, ce sont les marques chinoises
La problématique n'est pas seulement d'ordre tarifaire. Les marques généralistes étrangères sont confrontées à une grille de lecture différente du consommateur chinois qui n'a pas la même grille de lecture qu'en Occident. Pour eux, le segment généraliste se situe clairement sur les marques locales. Il n'y a pas de places entre ces dernières et les marques premium...

"Nous ne casserons pas nos prix pour faire du volume, nous voulons protéger notre marque"
, répond-on en substance chez Peugeot qui espère récolter les fruits de cette stratégie à long terme.

De son côté, le nouveau patron de la région, Carlos Gomes, s'est dit "confiant" auprès de l'AFP, pour un "inversement de tendance important". Il s'est toutefois voulu prudent en assurant que "bien évidemment", les ventes n'allaient pas "exploser tout à coup". A l'inverse de la chute qui avait été très soudaine...

en complément mais, l'article étant payant, je ne l'ai pas lu

Dans une tribune au « Monde », l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales explique que la trajectoire chinoise peut aboutir à un mode de croissance apte à proposer un ordre mondial alternatif au capitalisme financier.

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MessageSujet: Re: CHINE/ASIE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE...   

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