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 CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?

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MessageSujet: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 30 Juin - 23:34

ajout note du 1er décembre 2015 :
je ne suis pas en mesure de saisir le mouvement en termes qualitatifs et quantitatifs dans l'équilibre mondial de la concurrence inter-capitalistes, mais ce que je crois voir, c'est une sorte de re-mondialisation "colonialiste", comparable concernant la Chine, tout à la fois à l'expansion anglaise puis au colonialisme français au 19ème siècle, et à la restructuration du capitalisme mondial à partir des années 1970


note d'introduction du 21 juillet 2015

dans ce forum, nous analysons la période historique présente comme le croisement de deux crises :

- celle de la modernité occidentale depuis la « Découverte de l'Amérique » en 1472 : voir DÉCOLONIALITÉ pour des COMMUNISMES TRANSFRONTIÈRES UNIVERS-DIVERSELS (some in English)

- celle du capitalisme, comme capitalisme globalisé en subsombtion réelle ayant vaincu toute possibilité d'affirmation du prolétariat vers une prise de pouvoir étatique ou auto-gestionnaire comme perspective d'abolition du capital : c'est la thèse classique de la décomposition du programmatisme ouvrier communiste, dans les années 70, d'une restructuration accélérée du capitalisme depuis quarante ans. C'est le point de départ de la théorie de la communisation (voir définitions)

le croisement de ces deux crises provoque un tournant dans l'histoire du monde, dont nous avons sous les yeux, en France, une exceptionnelle vision intérieure et extérieure, depuis les attentats parisiens de janvier 2015 : c'est l'idéologie française dans le contexte mondial présent

ce sujet pose la question d'une restructuration dans la restructuration, autrement dit de la possibilité ou non d'une fenêtre révolutionnaire. En effet, selon que le capital parvient à résoudre sa crise de reproduction ou non, via une guerre mondiale débouchant sur un renversement définitif des équilibres géo-stratégiques (l'Occident capitaliste vaincu face à la concurrence, et pour des raisons démographiques évidentes), nous devons envisager la possibilité d'une sortie de crise par une nouvelle restructuration du capitalisme mondial, sans écarter toute éventualité d'une phase néo-fascisante dans laquelle les "expulsés" (Saskia Sassen), les "Nègres du monde (Achille Mbembé) seraient les nouveaux esclaves (cf le "précariat globalisé et transnational" des migrant.e.s )

la question colonialité/décolonialité n'est donc pas d'abord, la reprise d'une mode venue des Postcolonial Studies expurgées des considérations de classes qui étaient à leur origine, en Angleterre (Raymond Williams, Stuart Hall...). Elle n'est pas plus que les autres catégories du forum un élément parmi d'autres à ajouter, mais un phénomène central et essentiel de compréhension des articulations dans la totalité capitaliste dont ce forum fait la critique radicale comme structurée à dominante, afin de tenter d'en tirer des pistes pour une perspective révolutionnaire comme dépassement à produire des différentes identités de luttes, vers une conjoncture ici nommée communisation


restructuration du capital mondial : et la Chine ?  dossier sur mon blog

d'un temps où les dessinateurs satiriques avaient une intelligence du monde, même en France
Cette estampe de Daumier représente l'impuissance et l'aveuglement des Etats-Unis dans leur politique de la Chine. L'Amérique, la Russie, l'Angleterre et la France avaient signé un traité avec la Chine en 1858 (commerce et travail missionnaire), que la Chine a plus tard essayé de contourner. En conséquence, la France et l'Angleterre déclarèrent la guerre à la Chine (victoire de Palikiao en 1860 et traité de paix de Pékin). Après l'assassinat de plusieurs missionnaires chrétiens en Chine, Canton fut occupée par des troupes européennes en 1857. Le traité de Tien-Tsin accordait aux États occidentaux d'envoyer des ambassadeurs à la Cour de l'empereur de Chine et d'ouvrir les ports pour les produits européens...


La Chine en route vers une économie innovante

La Chine au présent a écrit:
La Chine est en retard sur le reste du monde dans certaines technologies bien établies dans les pays développés, mais elle se trouve dans le peloton de tête dans bien des secteurs technologiques émergents : génétique, télécoms, énergies nouvelles.


Le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil des affaires d'État ont émis un document conjoint le 23 mars 2015 intitulé Avis sur l'approfondissement des réformes institutionnelles et structurelles et l'accélération de la mise en œuvre de la stratégie de développement basée sur l'innovation. Faire de l'innovation le principal moteur du développement de la Chine est dès lors redevenu le point focal pour tous les échelons de la société. De fait, la Chine avance dans cette direction depuis le début du millénaire, puisqu'elle a présenté et commencé à mettre en œuvre cette stratégie de construction d'un pays innovant. La Chine a suivi une trajectoire de rattrapage technologique dans certains domaines, et elle est devenue le modèle à suivre dans plusieurs d'entre eux. Le bourgeonnement de nouveaux secteurs économiques, de nouvelles entreprises et de nouveaux modes opératoires observé ces dernières années a permis d'améliorer le niveau de vie des citoyens, d'élargir leurs possibilités, et surtout a accru la productivité de façon significative. L'économie innovante a donc largement transformé la Chine.
La Chine reste très loin derrière les pays développés dans la plupart des domaines technologiques établis ; mais ce fossé est moins flagrant dans les technologies émergentes. La Chine tient le haut du pavé dans certains domaines. On observe que des opportunités d'innovation technique ont été saisies dans les domaines de l'Internet mobile, des énergies nouvelles et des télécommunications de nouvelle génération, c'est-à-dire les secteurs où se concentrent les forces innovantes de la Chine.

Des forces innovantes audacieuses

« Internet+ », en tant que nouveau modèle économique, est en train de reformer l'économie chinoise et lui donne un nouvel élan dans le cadre de la nouvelle normalité. L'impact d'« Internet+ » sera ressenti sous trois formes :
Premièrement, le développement de l'économie en ligne a fusionné Internet et les secteurs économiques traditionnels, accroissant fortement l'efficacité de ces derniers et leur ouvrant de nouveaux espaces de développement.
Deuxièmement, les innovations dans le domaine de l'Internet mobile, de l'e-finance, du Big Data, de l'O2O (online-to-offline) et de l'e-business ont permis l'apparition de nouveaux secteurs économiques, de nouvelles formes d'entreprise et de nouveaux modes opératoires, tout en promouvant une modernisation et un changement dans les secteurs traditionnels. L'e-finance, par exemple, a presque entièrement refondé le paysage du secteur financier chinois.

Troisièmement, il rapproche producteurs et consommateurs, ouvrant de nouveaux horizons à la consommation et élargissant les choix des consommateurs.

Dans cette nouvelle révolution industrielle, par exemple, le développement de l'Internet mobile a donné le tempo d'une modernisation complète des technologies d'information et de communication chinoises. En 2014, le marché chinois de l'Internet mobile, avec ses 557 millions d'internautes, s'est monté à 200 milliards de yuans. Les ventes de smartphones ont dépassé les 400 millions d'unités, et quatre entreprises chinoises se sont retrouvées dans le top-10 des entreprises Internet mondiales en termes de capitalisation boursière. La Chine est désormais en phase avec le reste du monde en termes d'accessoires portables connectés, d'équipements intelligents, dans l'intégration entre Internet mobile et Internet des objets, ainsi que dans le mobile Big Data.

Dans le contexte du développement rapide des biotechnologies dans le monde, la Chine a fait de ce secteur l'une de ses priorités parmi les industries émergentes à stimuler. C'est pourquoi elle a accru son soutien à l'effort de R & D, de réglementation et d'attraction des talents de ce secteur. Les secteurs des biotechnologies et les bioindustries, ainsi favorisés, ont commencé à attirer l'attention de nombreuses sociétés chinoises qui en ont fait l'un des secteurs les plus innovants de l'économie chinoise. Leur capacité de R & D et l'échelle du marché domestique ont fortement augmenté ces dernières années. Le Beijing Genomics Institute, par exemple, a été classé sixième dans la liste des entreprises les plus innovantes de Chine. Les quantités de données génétiques que produit cet institut chaque année représentent plus de la moitié du marché mondial. La banque génétique nationale que gère l'institut est en liaison avec un grand nombre de secteurs économiques émergents, tels que par exemple la biomédecine ou l'agriculture de nouvelle génération, auxquels elle fournit des données génétiques brutes destinées à la santé, à la biopharmacie ou à la culture à haut rendement. Cet institut pourrait bien générer un marché se chiffrant à des trillions de yuans.

Opportunités et défis

En général, lorsqu'on parle de secteurs économiques émergents, on constate que, du fait d'une industrie encore embryonnaire, les technologies mises en œuvre restent imparfaites, la barrière de la propriété intellectuelle ne s'est pas encore formée, aucun monopole n'a eu le temps de s'établir, et même le business model reste encore en formation. Tous ces facteurs offrent un vaste champ de développement aux entreprises chinoises, et ces secteurs se sont avérés des viviers d'innovation. On y trouve pêle-mêle des entreprises travaillant sur les réseaux énergétiques intelligents, les énergies nouvelles, les matériaux nouveaux, le trafic intelligent et les cités intelligentes.

De plus, les entreprises chinoises suivent également avec une grande attention les innovations en matière de modèle d'entreprise. Ces innovations leur permettent d'accroître leur avantage compétitif grâce à la modification des orientations de leur marché, à une réforme de leur modèle marketing et source de profits, et à la restructuration de leur chaîne de distribution et d'approvisionnement. Les entreprises chinoises attachent une importance égale aux innovations technologiques et de modèle d'entreprise, ce qui donne encore plus de force à l'émergence d'une économie innovante. Des secteurs économiques nouveaux et de nouveaux modes opératoires ont permis de vitaliser l'économie, d'améliorer les conditions de vie de la population, créer des emplois et finalement de contribuer à la stabilité sociale qui rend possible l'entreprenariat populaire et l'innovation.
Dans le même temps, la Chine a également pris conscience de la réalité du manque de motivation pour l'innovation. Les réformes qui s'approfondissent dans les systèmes éducatif et de recherche en Chine conduisent en particulier à une nouvelle distribution des budgets de recherche scientifique. Les droits de propriété intellectuelle seront mieux protégés, des institutions nécessaires seront mises en place pour soutenir les innovations technologiques révolutionnaires et l'industrialisation de la recherche scientifique, et donc stimuler un environement économique plus équilibré et une concurrence plus saine. La Chine va également s'attacher à mobiliser les forces culturelles et sociales pour encourager des expériences ambitieuses, l'innovation et l'acceptation des échecs, pour faire de l'innovation la force principale du développement de la Chine dans la nouvelle normalité.


Le développement technique et le processus d'industrialisation des automobiles propulsées par des énergies nouvelles dépasse en Chine les attentes du marché. Si la Chine est en retard dans le domaine des automobiles traditionnelles, ses constructeurs se sont montrés plus ambitieux que d'autres dans le domaine des énergies nouvelles. Résultat de contraintes écologiques et de ressources plus fortes qu'ailleurs, et aussi d'une conscience écologique plus développée, d'un soutien plus important en provenance de l'État, grâce aussi à l'effort de R & D des constructeurs chinois, les automobiles à énergies nouvelles se sont développées plus vite en Chine que dans d'autres pays, et elles font montre d'une grande vitalité. Par exemple, en février 2015, la production automobile chinoise s'est réduite de 28,65 %, et les ventes d'automobiles ont chuté de 31,31 % sur le mois précédent, soit respectivement 0,38 % et 0,22 % de moins que la même période de l'année écoulée. Mais dans le même temps, la production d'automobiles à énergies nouvelles a pratiquement été multipliée par cinq.

Les entreprises chinoises ont montré des capacités d'innovation et une compétitivité en croissance régulière dans certains secteurs économiques et technologiques émergents. Par exemple, les drones produits par DJI-Innovations, une société basée à Shenzhen, sont désormais l'un des clous de l'économie innovante chinoise. Les produits de cette entreprise ont été remarqués par la revue Time qui les a inclus à son top-10 des produits high-tech de 2014, en troisième place. Aujourd'hui, DJI-Innovations capte plus de la moitié du marché global des mini-drones, et le volume de ses ventes a été multiplié par plus de 80 sur ces trois dernières années, tandis que le nombre de ses employés n'a augmenté que de quatre fois pour atteindre 2 500 personnes. L'entreprise est devenue un leader mondial dans le domaine des systèmes de photographie et de vidéo aériennes, ses clients sont répartis dans plus de 100 pays.



Dernière édition par Admin le Sam 20 Mai - 12:27, édité 6 fois
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MessageSujet: La Chine nouvelle des ingénieurs et des financiers 2014   Dim 5 Juil - 8:03


La Chine nouvelle des ingénieurs et des financiers ! La Tribune février 2014

François Roche a écrit:
La forte croissance des années 2000 se tasse, l'heure est à l'inquiétude. Trois menaces pèsent sur l'empire du Milieu : sa compétitivité, le rééquilibrage de la croissance, les excès spéculatifs du marché du crédit. La Chine veut libéraliser son économie et sa monnaie. Son principal défi : se hisser jusqu'aux standards occidentaux pour absorber le choc de salaires plus élevés.

Le Nouvel An chinois aura été placé sous le signe de l'austérité, s'agissant des cadeaux... La lutte contre la corruption engagée par le président Xi Jinping, qui se traduit par une traque spectaculaire contre un certain nombre de hauts cadres du Parti et du gouvernement, va entraîner une baisse significative de la valeur des cadeaux que les dirigeants s'offrent mutuellement à l'occasion de la nouvelle année. Une étude réalisée par un cabinet spécialisé dans le luxe (Hurun Report) montre que les Chinois prêts à offrir un cadeau d'une valeur de plus de 800 dollars sont en diminution de 25 % par rapport à l'an dernier. Les dépenses dans les produits de luxe ont d'ailleurs baissé cette année d'environ 15 %.

Anecdotique ? Certainement pas. La lutte contre la corruption est bien réelle. Il n'est guère de déclarations du président chinois qui n'appellent à l'intensification de ce combat et au retour de la morale et de la frugalité dans les sphères dirigeantes. Ces jours-ci encore, Xi Jinping a invoqué la « tolérance zéro », et insisté de nouveau sur la nécessité de débusquer tous les « moutons noirs ».

Citation :
« Nous devons balayer la corruption dans le système politique et judiciaire avec la plus grande détermination et la plus grande force », a-t-il déclaré le 14 janvier lors d'une réunion à Pékin.

« Chaque responsable doit savoir que la loi est la ligne jaune qui ne doit pas être franchie et tous ceux qui tentent de placer leur pouvoir au-dessus de la loi ou qui essaient de tordre la loi pour des raisons égoïstes commettent une faute sérieuse », a-t-il ajouté, selon les propos rapportés par la presse chinoise.
En 2013, plus de 180.000 fonctionnaires du Parti ont été condamnés pour faits de corruption.

Un programme de réformes ambitieux

Cette offensive n'est pas seulement dictée par le souci de moraliser la vie politique et des affaires. Elle est partie prenante de la stratégie de réformes en profondeur que l'exécutif chinois s'est donnée pour mission de réaliser.

Et ce programme est ambitieux. Il ne vise à rien d'autre que de poursuivre l'effort de libéralisation de l'économie, de renforcer le rôle du marché, de réduire l'intervention de l'État dans l'économie, d'accélérer la réforme des entreprises d'État et de moderniser les marchés financiers.

La volonté des dirigeants chinois est d'engager une nouvelle phase dans le développement économique du pays, comparable, par son ambition, à ce qu'avait entrepris Deng Xiaoping à la fin des années 1970. L'objectif poursuivi est de changer l'axe de développement du pays, afin de faire de la consommation intérieure le moteur de la croissance à venir de la Chine.

Ces réformes ont été approuvées par le dernier plénum du Parti communiste, qui s'est déroulé en novembre 2013. Les documents publiés à cette occasion insistent notamment sur les rôles respectifs des entreprises publiques et du secteur privé. Les premières doivent demeurer le fer de lance du développement de l'économie, notamment à l'international. Mais les secondes doivent pouvoir évoluer de façon plus libre afin que l'accès des consommateurs chinois aux produits et services soit plus large, et la concurrence entre les différents acteurs, plus loyale.

Ces réformes vont s'étendre aussi au secteur agricole, afin de garantir le droit des agriculteurs sur la propriété de leurs terres et développer les infrastructures industrielles près des zones de production. Enfin, les marchés financiers devront jouer un rôle plus important, notamment dans la fixation des taux d'intérêt et des taux de change. À l'heure actuelle, c'est toujours la Banque centrale qui détermine le taux de rémunération des dépôts.


Un nouveau régime de croissance à 6% l'an

Réaliser ce programme s'annonce une tâche difficile, car celle-ci suppose de revoir des pans entiers de la législation, des pratiques et du fonctionnement de l'État. Mais elle est d'une importance cruciale pour Xi Jinping, compte tenu des difficultés internes auxquelles est confrontée aujourd'hui la Chine. Certes, le taux de croissance de l'économie chinoise ferait pâlir de jalousie n'importe quel dirigeant européen : 7,7 % de croissance du PIB en 2013, l'équivalent de la performance enregistrée en 2012. Les perspectives pour cette année situent la croissance du PIB à 7,4 %, soit le rythme le moins élevé depuis 1990. Dans les années à venir, la croissance devrait se stabiliser autour de 6 %.

« Cela ne doit pas être une source d'inquiétude », tempère Charles-Édouard Bouée, COO du groupe de conseil Roland Berger Strategy Consultants, et qui supervise les activités de ce groupe en Chine. « Ce rythme de plus ou moins 6 % serait une bonne performance pour la seconde économie mondiale, s'il s'accompagne d'un rééquilibrage de l'économie vers la consommation intérieure et d'une poursuite de l'urbanisation. »

Reste que, pour l'heure, ce rééquilibrage n'a pas encore commencé. La consommation des ménages représente aujourd'hui 35 % du PIB, à peine la moitié de son poids dans l'économie américaine par exemple, tandis que les investissements en représentent 50 %, un taux extraordinairement élevé, même pour une économie émergente. En 2013, l'investissement a continué d'augmenter plus rapidement que la consommation.

Pour un certain nombre d'économistes, ce rééquilibrage commence d'ailleurs à être remis en question. Le problème n'est pas de réduire les investissements, mais de les réorienter vers d'autres domaines que l'immobilier et les infrastructures somptuaires, comme les transports publics, les énergies propres, la protection de l'environnement, le hightech, les infrastructures routières, les transports publics, les services et la santé.

Pour engager cette nouvelle phase de modernisation de l'économie, le gouvernement devra traiter deux sujets épineux : la perte de compétitivité progressive de l'industrie et l'augmentation spectaculaire de la dette, qui atteignait 200 % du PIB à la fin de 2013. Sur le premier point, les signaux d'alerte se multiplient. Les salaires augmentent (en moyenne de 10 % par an dans des provinces très industrialisées comme le Guangdong) tout comme le prix du foncier, des matières premières et le renminbi...

"Garder la cage, changer l'oiseau"

Certaines ent reprises envisagent aujourd'hui de délocaliser leur production dans d'autres pays, comme le Vietnam ou le Cambodge. Des entreprises chinoises commencent à fermer des unités de production situées dans les régions côtières pour les réinstaller dans des sites plus éloignés, ce qui pose d'ailleurs beaucoup de difficultés, car l'écosystème du Guangdong ou de la région de Shanghai est difficilement duplicable dans les provinces éloignées.

Le patron d'un groupe industriel français, opérant dans les équipements de production, a fait ses comptes :

« En Chine, notre coût de production unitaire, sortie d'usine, a doublé en quatre ans. Il est aujourd'hui l'équivalent de celui de Cleveland aux États-Unis, et seulement de 10 % inférieur à ce qu'il est en Espagne. Un ouvrier indien est aujourd'hui six fois moins cher qu'un ouvrier chinois », constate-t-il.

Et d'ajouter : « Les gains de productivité dans les usines chinoises sont loin de contrebalancer la hausse des coûts salariaux. »

Wang Yang, ancien secrétaire du Parti de la province du Guangdong a émis récemment un nouveau mot d'ordre :

« Garder la cage, mais changer l'oiseau », ce qui consiste, dans son esprit, à remplacer les industries à main-d'oeuvre intensive par des entreprises de high-tech et de services.

Mais on constate aussi une progression continue de l'installation de robots et autres systèmes de production automatisés dans les entreprises chinoises.

Foxconn, le sous-traitant d'Apple en Chine, a récemment annoncé son intention d'acquérir 2 millions de robots industriels. La province côtière du Zhejiang (dont la capitale est la ville de Hangzhou, à 200 km au sud de Shanghai) a dévoilé en novembre dernier le lancement d'un plan de plus de 80 milliards de dollars sur les cinq prochaines années pour aider les entreprises de la région à s'automatiser. Il faut dire que les coûts salariaux dans cette province, fortement industrialisée ont plus que triplé depuis 2005.

Le président de la filiale chinoise d'ABB, l'un des premiers fabricants mondiaux de robots industriels, a déclaré récemment dans la presse chinoise que la Chine serait dans les deux années qui viennent le premier marché du groupe. On compte aujourd'hui en Chine une moyenne de 21 robots pour 10.000 salariés, contre 350 en Corée du Sud ou au Japon... La marge de progression est donc considérable.


Montée en gamme dans le hight-tech

Quant au développement des industries de haute technologie, il est déjà spectaculaire, au travers de firmes qui bénéficient désormais d'une aura mondiale, comme Huawei dans les équipements de télécommunications, Alibaba dans l'e-commerce, Tencent (qui a lancé avec un grand succès un concurrent de Twitter, WeChat), Baidu (moteurs de recherche, le « Google chinois »), Xiaomi (smartphones).

Le maire de Shenzhen, Xu Qin, lors du congrès du Parti de la ville, il y a quelques jours, s'est félicité du taux de croissance de 10% du PIB de sa ville en 2013 et en a attribué le mérite à l'explosion des activités de haute technologie dans la santé, les télécoms, les énergies nouvelles et les nouveaux matériaux, indiquant au passage que la ville avait investi, en 2013, 4% de son PIB dans la recherche-développement (soit l'équivalent de 8 milliards de dollars).

Dans les années qui viennent, nous devrions donc assister à une transformation progressive de l'industrie chinoise, vers des secteurs à forte valeur ajoutée, qui sont en phase avec le projet du gouvernement, avec un effort spectaculaire dans la recherche, une automatisation de plus en plus poussée, la fermeture de milliers d'entreprises polluantes ou trop intensives en main-d'oeuvre, afin d'augmenter la productivité globale de China Inc., mais aussi d'en faire un centre de développement des industries de l'avenir, notamment dans la santé, les énergies nouvelles, la robotique et les matériaux.


Réduire la spéculation du "shadow banking"

Outre la baisse de compétitivité de l'industrie, les autorités chinoises vont devoir s'atteler à une autre tâche, celle du désendettement. Certes, la dette de l'État central est encore d'un niveau relativement modeste (21 % du PIB). Mais c'est celle des provinces et des administrations locales qui pose un sérieux problème.

Le gouvernement a fait procéder en juillet 2013 à un audit géant (54 400 auditeurs se sont déployés dans tout le pays et ont passé en revue les dettes des provinces, préfectures, comtés et municipalités). Les résultats de cet audit, publiés en décembre 2013, parlent d'eux-mêmes : la dette locale chinoise est aujourd'hui de 2 800 milliards de dollars, en augmentation de 67 % par rapport à 2010.

L'une des difficultés majeures des autorités financières chinoises sera de traiter l'épineuse situation du shadow banking, c'est-à-dire l'activité des institutions financières qui travaillent en dehors du système et des produits des banques traditionnelles. Ces activités ont représenté environ un tiers des nouveaux crédits accordés en Chine en 2013. La part la plus importante de ce marché du shadow banking consiste en ce que l'on appelle des « trust loans », des prêts d'une durée de deux ans, accordés par des « trust companies », dont la régulation est beaucoup moins stricte que celle des banques officielles et qui permettent notamment aux gouvernements locaux de financer de grands projets.

Ces structures collectent de l'argent auprès de riches particuliers, d'entreprises et de banques, transforment ces fonds en produits financiers, dont le rendement est supérieur à celui offert par les banques, qui en assurent la distribution. Ces crédits sont vitaux pour l'économie chinoise, notamment dans le domaine du financement des infrastructures et des projets immobiliers, mais aussi pour les banques, qui ne jouent que les intermédiaires entre un prêteur et un emprunteur, ce qui leur permet de ne pas faire figurer ces opérations dans leur bilan, augmentant ainsi leur propre capacité de financement.

Le montant total de ces prêts titrisés est d'environ 1 200 milliards de dollars. Ils ont été multipliés par trois au cours de ces trois dernières années. L'équivalent de 600 milliards de dollars de ces « trust loans » doit être remboursé cette année. Or, un certain nombre de ces « trust companies » sont aujourd'hui en risque. La presse chinoise s'est fait l'écho ces derniers jours des difficultés de l'une de ces structures qui a prêté l'équivalent de 500 millions de dollars à une compagnie charbonnière du Shanxi, aujourd'hui en faillite. La Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), première institution financière du pays, qui assurait la distribution des titres de ce « trust » a annoncé qu'elle n'interviendrait pas dans son sauvetage. Il est probable que le gouvernement de la province du Shanxi assurera sa remise à flot, mais beaucoup d'experts en Chine considèrent que le fait que l'une de ces structures soit déclarée en défaut n'est plus qu'une question de temps.

Les conséquences de telles faillites seraient graves à la fois pour les investisseurs, mais également pour les gouvernements locaux qui pourraient se retrouver dans l'incapacité de financer des projets d'infrastructures nouveaux, ou en cours de réalisation. Il y a déjà des signes d'un ralentissement de ce type d'investissement en Chine. Les investisseurs qui ont placé leur argent dans ces produits financiers comptaient sur la garantie implicite de l'État, dans la mesure où ils sont distribués par des banques publiques. L'aventure du Shanxi montre que cette garantie est loin d'être assurée. Pour certains experts, cette prolifération du shadow banking est porteuse de risques majeurs.

Joe Zhang, banquier et économiste, vient d'ailleurs décrire un livre sur ce sujet, dont le titre parle de lui-même : Inside China's shadow banking, the next subprime crisis!? (« Le shadow banking en Chine : la nouvelle crise des subprimes ? »).

Réduire cette bulle de crédit s'annonce ardu. Le gouvernement central ne peut se permettre de provoquer une faillite en chaîne des provinces, dont les conséquences seraient catastrophiques. Ces financements, mêmes risqués et hors de toute régulation sérieuse, expliquent en partie le boom économique des régions. Mais cet afflux d'argent facile a provoqué un surinvestissement notoire dans la construction et les infrastructures, que ceux qui visitent régulièrement la Chine peuvent aisément constater : bâtiments officiels somptueux, quartiers d'habitations déserts, aéroports flambant neufs sous-utilisés Les nouvelles directives du gouvernement vis-à-vis des responsables provinciaux tentent de freiner cet appétit, mais le retour à la frugalité ne pourra être que progressif
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vlad2
Invité



MessageSujet: la Bourse de Shanghai en vrille   Dim 5 Juil - 9:13

vlad2 avec AFP ;-) a écrit:
la Bourse de Shanghai s'est effondrée de presque 30% en trois semaines

La Bourse de Shanghai termine en baisse de 5,77%

Shanghai - La Bourse de Shanghai a terminé vendredi en baisse de 5,7% et ainsi prolongé dans un climat de panique générale les dégringolades des séances précédentes, ayant lâché environ 30% de sa valeur en trois semaines.

L'indice composite shanghaïen a fini à 3.686,92 points, en retrait de 225,85 points, dans un volume d'affaires de 648,1 milliards de yuans (94 milliards d'euros). Sur la semaine, il cède 12,07%.

A Shenzhen, l'indice composite a perdu 5,30%, ou 117,33 points, clôturant à 2.098,48 points dans un volume d'affaires de 505,1 milliards de yuans, et chutant de 16,16% depuis le début de la semaine.

L'ampleur de la débâcle donne le vertige: la Bourse de Shanghai s'est effondrée de presque 30% en trois semaines, depuis un sommet à quelque 5.160 points le 12 juin, au plus haut depuis sept ans.

La place shanghaïenne s'était auparavant envolée de 150% en douze mois.

Les séances désastreuses se suivent et se ressemblent sur les marchés chinois malgré la multiplication d'annonces des autorités de régulation.

Celles-ci ont notamment considérablement assoupli les restrictions sur les opérations sur marge -- technique consistant à emprunter auprès d'intermédiaires financiers pour acheter des actions.

Mais rien ne semblait rassurer des investisseurs en déroute, qui continuaient de déboucler massivement leurs positions, persuadés que le marché allait continuer de sombrer.

Même les mesures adoptées en urgence par la banque centrale (PBOC) ne sont pas parvenues à revigorer le marché.

L'institution avait dévoilé durant le weekend une nouvelle réduction de ses taux d'intérêt et un abaissement des ratios de réserves obligatoires de certains établissements, pour les inciter à maintenir et accroître le crédit à leurs clients.

Désormais, il apparaît douteux que le gouvernement puisse contrôler les marchés, alors que les baisses de taux de la PBOC n'ont pas pu stopper l'effondrement, soulignait Shuang Ding, économiste de Standard Chartered cité par Bloomberg.

D'autres se montraient plus optimistes: Beaucoup de titres restent surévalués (...), mais ce ne sont pas tous les titres, ce qui offre au marché des chances de se stabiliser, estimait Li Daxiao, expert de Yingda Securities interrogé par l'AFP.

L'atterrissage brutal des dernières semaines sanctionne les excès des Bourses chinoises, dopées massivement par l'endettement -- via le spectaculaire effet de levier des opérations sur marge -- et déconnectées de l'économie réelle.

(©AFP / 03 juillet 2015 09h40)  

http://www.romandie.com/news/La-Bourse-de-Shanghai-termine-en-baisse-de-577/608959.rom
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 9 Juil - 13:23


création du banque des BRICS... basée à Shangaï

Une banque mondiale nouvelle génération, basée à Shangai, permettra dès la fin de l'année aux pays membres des BRICS de financer des infrastructures et d'éviter les chocs financiers entraînés par le FMI et la Banque mondiale...

«Nous ne voulons pas que les occidentaux nous dictent quoi faire» affirme le président sud-africain


Russia Today a écrit:
Alors que la banque des BRICS devrait voir le jour à la fin de l'année, et que la Grèce envisage de rejoindre l'institution, pour le président sud-africain Jacob Zuma, cette nouvelle banque devrait rebattre les cartes du jeu international.

Le président Zuma prédit un grand avenir à la banque des BRICS. Alors que la banque des BRICS devrait voir le jour à la fin de l'année, et que la Grèce envisage de rejoindre l'institution, pour le président sud-africain Jacob Zuma, cette nouvelle banque devrait rebattre les cartes du jeu international.

Le temps est venu pour de nouvelles institutions financières d'être traitées sur un pied d'égalité avec le FMI et la Banque mondiale. En pleine crise en Grèce, voilà ce qu'a estimé le président sud-africain Jacob Zuma au micro de RT. La Nouvelle Banque de développement, banque internationale, créée à la demande des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), constitue en effet, selon le président sud-africain, une "alternative très sérieuse" à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international. Celle-ci devrait être active à la fin de l'année. Et la Grèce pourrait la rejoindre.


Zuma: BRICS is block of doers, we always accomplish agreed things

L'objectif avoué de cette NDB (New Development Bank), inaugurée en juillet 2014 (et ratifiée par la Chine il y a quelques jours) est d'ailleurs de stopper l'hégémonie de ces deux institutions. « Nous avons ces vieilles banques qui sont établies depuis des années... Le monde a changé, s'est développé », a estimé le président Zuma au micro de RT. « Pendant des années, nous avons demandé une transformation des institutions financières. Nous aurons désormais une banque qui est une alternative. »

Une banque mondiale nouvelle génération, basée à Shangai, permettra dès la fin de l'année aux pays membres des BRICS de financer des infrastructures et d'éviter les chocs financiers entraînés par le FMI et la Banque mondiale. En effet, la NDB, contrairement au FMI, n'assortira pas ses prêts de conditions très contraignantes. Enfin cette banque permettra aux BRICS d'éviter une nouvelle tempête sur leur monnaie comme cela avait été le cas en 2014 suite au changement de politique monétaire américaine et en raison de la toute puissance du dollar. « Ce fonds est un outil très puissant pour prévenir de nouvelles difficultés économiques », avait d'ailleurs salué le président russe, Vladimir Poutine lors de l'inauguration.

Pour le président Zuma, cette banque voulue de très longue date par les BRICS, souvent mal représentés au sein des organisation de Bretton Woods, offrira une vraie alternative pour les pays en développement. Et devra être traitée d'égale à égale par les occidentaux. « Un des BRICS est la deuxième puissance mondiale. Comment ils pourraient nous dire « on ne traite pas » avec un tel pays ? Je ne pense pas que ce soit possible. »

La banque des BRICS pourrait d'ailleurs attirer de nouveaux pays a affirmé le président Zuma selon qui « de nombreux pays croient en un futur avec notre bloc. » Des pays lassés des exigences du FMI et de la Banque mondiale. « Les institutions monétaires internationales doivent aussi se réformer pour représenter les intérêts des pays en développement. » Car pour le président Zuma, « l'aide occidentale à l'Afrique vient avec des restrictions, des conditions pour nous maintenir dépendants. » Pour se sortir de cette emprise des institutions occidentales, de nombreux pays africains « qui veulent se développer au sein de partenariats équitables » devraient prochainement rejoindre la NDB, selon Jacob Zuma. « On offre une alternative. »

Et cette nouveauté ne se fait pas sans heurt. Selon le président Sud-Africain, la création de cette banque alternative pourrait créer quelques tensions avec les institutions financières traditionnelles. « Nous ne voulons pas que les institutions occidentales nous dictent quoi faire », a ainsi précisé Jacop Zuma au micro de Sophie Shevarnadze. « Les partenaires occidentaux ont leur point de vue sur les BRICS, mais ils nous prennent au sérieux. Bien sûr il peut y avoir aussi de la jalousie. »
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MessageSujet: Des limites de la croissance économique chinoise financée par l’endettement   Jeu 9 Juil - 13:52

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L’Empire du Milieu est-il sur le point de s’effondrer ?

Des limites de la croissance économique chinoise financée par l’endettement Tomasz Konicz Palim-Psao Critique radicale de la valeur 29 juin


Tomasz Konicz a écrit:
Près de 6,6 gigatonnes de béton ! Avec ça on pourrait recouvrir entièrement l’île de Hawaï et en faire un immense parking, s’exclamait fin mars le Washington Post. D’après les statistiques officielles chinoises, c’est en effet la masse vertigineuse de matériau de construction que le pays a dilapidée entre 2011 et 2013. Les États-Unis, quant à eux, n’ont consommé durant tout le XXe siècle que 4,5 gigatonnes de béton. Le quotidien souligne en outre que les chiffres fournis par Pékin semblent en l’occurrence plutôt conformes à la réalité – ce qui pendant longtemps n’allait pas de soi –, et les juge même « étonnamment logiques » si l’on considère qu’une grande partie des infrastructures chinoises a vu le jour seulement au XXIe siècle et que l’urbanisation de ce pays le plus peuplé du monde a progressé à pas de géant. En 1978 à peine un cinquième des Chinois vivaient en ville ; en 2020 ils seront 60%.

Et malgré tout, à la lecture de l’article du Washington Post, on ne peut s’empêcher de penser que les causes de cette croissance téméraire doivent se trouver ailleurs et sont probablement bien plus irrationnelles. Le boom chinois des infrastructures et du bâtiment, qui a catapulté la production de béton à des hauteurs stratosphériques, est en fait impulsé par les contradictions internes toujours plus aiguës d’un rapport-capital qui, comme on sait, consiste en une autovalorisation sans bornes, aveugle, obéissant à sa propre dynamique – tout le reste n’étant qu’effet secondaire. Les 6,6 gigatonnes de béton mises en œuvre par la Chine en trois ans en sont une nouvelle illustration.

Le confirment également les résultats du boom en question : loin de donner lieu à un urbanisme alternatif, il n’a produit que des copies, accablées de smog, des métropoles occidentales. Pour suppléer à la dynamique de valorisation chancelante, ce sont là-bas des constructions neuves menaçant littéralement ruine que l’on a fait sortir de terre. Selon le Washington Post, un bon tiers du béton produit et utilisé dans la République populaire présenterait des vices de qualité qui vont en s’aggravant, à tel point qu’il faudra à moyen terme redémolir les édifices concernés. Par-dessus le marché, toute la branche, à laquelle on doit aujourd’hui la moitié de la production mondiale de béton et environ 2,5% des émissions mondiales de CO2, souffre – à l’instar d’autres secteurs de l’industrie chinoise – d’énormes surcapacités consécutives à une phase de « croissance explosive ».

Cette « croissance explosive » de l’immobilier, des infrastructures et des secteurs industriels connexes a représenté le plus puissant moteur de la conjoncture chinoise – seulement elle reposait dans une mesure croissante sur le crédit. L’essor de la Chine s’est fait à coups de dettes. Au bout du compte, c’est un octroi de crédit illimité qui a permis de faire entrer la majeure partie des 6,6 gigatonnes de béton susmentionnées dans le mouvement de la valorisation. L’« atelier du monde », dont la prodigieuse croissance économique a des décennies durant été alimentée par les exportations, s’engageait ainsi dans une dangereuse spirale d’endettement qui devient de plus en plus instable. Les chiffres sont sans appel : si l’endettement total de la République populaire (État, industrie, finance, secteur privé) se situait en 2008 autour de 153% du PIB, il atteint actuellement 282%. Bien sûr c’est au secteur privé que revient la majeure partie de cette montagne de dettes, tandis que l’État n’est presque pas endetté. Mais c’était aussi le cas en Espagne et en Irlande avant que ces pays n’entrent en crise. Ces dernières années, la croissance de la dette globale chinoise a dépassé celle du PIB de 8% en moyenne, ce qui, comme le faisait remarquer en mars un chroniqueur du Financial Times, se situe « bien au-delà du point où la croissance du crédit devient inefficace pour n’importe quelle économie ». À titre de comparaison, souvenons-nous qu’en 2007 c’est l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis qui a entraîné celui de la bulle d’endettement ; l’endettement total du pays culminait alors à 360% du PIB.

On peut dater avec une relative précision les débuts de cette gigantesque conjoncture de déficit chinoise : lorsqu’à partir de 2008 s’est déclenchée la crise financière et économique mondiale, provoquée justement par l’éclatement de la bulle immobilière américaine, le modèle économique que la Chine avait connu jusqu’alors s’est retrouvé lui aussi en crise. Jusqu’à cette date, la croissance économique impétueuse en République populaire reposait sur les exportations, qui fournissaient du travail à des millions de travailleurs bon marché et dotés d’un bon niveau de formation. Les énormes excédents commerciaux réalisés par la Chine, qui peu avant le krach frôlaient les 10% du PIB, représentaient ainsi – et de loin – le meilleur soutien de la conjoncture et la source des colossales réserves de devises qu’amassait le pays. Mais après l’effondrement massif de l’économie et de la demande sur ses marchés d’exportation américains et, plus nettement encore, européens, Pékin dut réagir : la Chine lança à partir de 2008, en réaction aux contreperformances de l’économie mondiale, le plus vaste programme d’investissement que la planète ait jamais vu, un programme qui absorbait environ 12% du PIB du pays et qui devint le point de départ de la bulle d’endettement actuelle.

Depuis 2008, le moteur de la conjoncture chinoise n’est plus l’exportation mais le crédit et l’investissement, tandis que la consommation intérieure continue de ne jouer qu’un rôle très négligeable. On a couvert le pays de projets d’infrastructures et d’une myriade de villes fantômes dont les unités d’habitation restent vides des années après leur construction, soit qu’elles servent d’objets de spéculation, soit qu’elles n’aient tout simplement pas trouvé preneurs. Une grande part de la croissance du crédit en Chine relève de surcroît d’un secteur bancaire parallèle où, de façon tout à fait irrégulière, on accorde sans difficulté des prêts à forts taux d’intérêt à des emprunteurs qui, dans le secteur bancaire officiel, n’obtiendraient jamais le moindre centime. Ce secteur bancaire parallèle qui entretient les liens les plus étroits avec son pendant officiel ne jouait avant 2008 pratiquement aucun rôle, et personne ne sait vraiment quelle extension il a prise aujourd’hui. Les diverses estimations font état d’un volume de marché oscillant entre 2.500 et 4.400 milliards d’euros, soit quelque 40% du PIB chinois !

Même le trésor en devises amassé par la République populaire (environ 4.000 milliards de dollars) ne représente qu’une espèce de gigantesque village Potemkine politico-financier : l’État sait bien qu’il ne peut puiser dans ces réserves sur une large échelle pour remédier à la crise, sans que cela conduise automatiquement à leur dépréciation. La montagne de devises que la Chine a accumulée à la faveur de ses excédents d’exportation n’a donc l’air impressionnante qu’aussi longtemps que l’on n’y touche pas.

La dynamique spéculative qui s’emballe de plus en plus met à nouveau en évidence un vice central de la fougueuse modernisation chinoise, un vice que l’on retrouve dans toutes les tentatives de modernisation de rattrapage capitaliste et qui ne fait au fond que souligner la borne interne du capital : la croissance chinoise n’est pas auto-entretenue. Jusqu’à présent le gouvernement de Pékin n’a pas réussi à susciter une demande intérieure d’ampleur suffisante pour que ce soit principalement la consommation des Chinois qui porte dorénavant la croissance économique du pays. En dépit de toutes les avancées graduelles dans cette direction – en 2013 le commerce intérieur a tout de même fait un bond de 13,1% –, on ne s’est toujours pas attaqué aux conséquences de la priorité donnée aux exportations. La part de la consommation dans le PIB chinois est passée d’un bon 50% au début des années 1990 à seulement 35% en 2011. Cela veut dire au bout du compte que, malgré l’émergence d’une classe moyenne en Chine, les salariés chinois ne sont toujours pas assez nombreux à pouvoir acquérir les marchandises qu’ils produisent eux-mêmes.

Mais du coup il devient également évident que la croissance chinoise était en réalité tributaire de processus d’endettement dès le début de la phase de modernisation capitaliste – et qu’à partir de 2008 on n’a fait qu’exporter ces processus. Il fallait bien en effet que quelqu’un achète les marchandises que les travailleurs chinois ont fabriquées sans pouvoir se les offrir eux-mêmes. Ces excédents d’exportation chinois ont débouché sur un gigantesque excédent commercial qui en 2007 dépassait 10% du PIB du pays ; seulement ils n’étaient possibles que dans la mesure où les pays cibles de ces exportations s’endettaient. (Le même problème se pose d’ailleurs aujourd’hui à l’Allemagne, devenue championne mondiale en matière d’excédent à l’exportation.) Cela a donc donné lieu, aux États-Unis comme en Europe, à la formation de bulles et à des déficits conjoncturels que nous avons pointés du doigt à maintes reprises et qui ont permis à la Chine de réaliser ses fameux excédents commerciaux et d’amasser ses colossales réserves en devises. Après l’éclatement des bulles aux USA et dans une partie de l’Europe – et après l’effondrement des excédents commerciaux chinois, aujourd’hui inférieurs à ceux de l’Allemagne –, la Chine a, par le biais de ses gigantesques programmes de relance, ramené la dynamique d’endettement à l’intérieur de ses frontières. En réaction à l’éclatement des bulles sur les marchés où l’industrie chinoise écoulait ses marchandises, Pékin a en somme enclenché sa dynamique d’endettement propre, qui est devenue le moteur de sa croissance.

Mais comment se fait-il qu’il soit si difficile de susciter rapidement une demande intérieure dans l’Empire du Milieu ? Car, en dépit de tous les beaux discours des fonctionnaires du Parti, qui préconisent inlassablement de relever au plus vite le niveau de vie, la hausse – cent fois annoncée – de la part de consommation intérieure dans le PIB n’a toujours pas lieu. Ça ne peut s’expliquer que si l’on prend en ligne de compte la borne interne que dressent face au capital les continuelles hausses de productivité dues à la concurrence.

Tournons-nous par exemple vers le Cambodge où, en janvier dernier, la police a ouvert le feu sur des travailleurs en grève de l’industrie du textile. Bon nombre de ces travailleurs, qui protestaient contre leurs salaires insuffisants (de l’ordre de 60 euros mensuels), travaillaient pour des entreprises de textile chinoises ayant délocalisé leurs sites de production en Asie du Sud-Est pour profiter des salaires environ trois fois moindres qu’en Chine. Le niveau croissant des salaires en Chine débouche tendanciellement – à la faveur du niveau de productivité atteint globalement et de la mondialisation des chaînes de production – sur la délocalisation des entreprises ou sur l’automation. En fin de compte, pour que l’immense masse de travailleurs industriels chinois puisse continuer à produire en restant concurrentielle au plan international, il faudrait qu’elle se contente de salaires misérables.

Le postulat de base du fordisme, selon lequel les travailleurs devraient pouvoir acquérir les marchandises qu’ils fabriquent, est depuis longtemps caduc au regard du niveau de productivité atteint globalement. Dès aujourd’hui, la hausse des salaires en Chine pousse nombre d’entreprises exportatrices – comme par exemple le fabricant de produits électroniques Foxconn, tristement célèbre pour ses conditions de travail indignes – à déplacer leurs sites de production vers des provinces sous-développées du pays, ou même vers l’étranger. Terry Gou, PDG de Foxconn, a déjà annoncé début 2014 vouloir ouvrir en Indonésie une importante usine de smartphones – et l’équiper principalement de robots. Ce ne serait là, pour Gou, qu’un premier pas en direction d’une vaste offensive sur le plan de l’automation. « Nous avons plus d’un million d’ouvriers », a-t-il clamé lors de l’assemblée annuelle des actionnaires fin 2013 ; « à l’avenir nous y ajouterons un million de robots. Nos ouvriers deviendront des techniciens et des ingénieurs. » Entretemps nous avons eu vent d’un projet de coopération entre les géants de l’internet que sont Foxconn et Google, qui a racheté récemment la firme robotique Boston Dynamics – coopération censée précisément faciliter la mise en place rapide de cette vague d’automation. Enfin, en janvier 2015 l’agence Reuters a rapporté que Foxconn envisageait fort logiquement une première série de « coupes massives dans le personnel ».

On le voit, seuls des salaires de famine pourraient encore permettre aux ouvriers chinois de « concurrencer » des robots toujours plus performants et bon marché. À l’inverse, un alignement de l’économie chinoise sur le modèle des sociétés de consommation occidentales des années 1950-1960 axées sur la demande, alignement qui impliquerait que les travailleurs chinois gagnent suffisamment pour s’offrir les marchandises qu’eux-mêmes produisent, se heurte absurdement au niveau élevé de productivité qu’a atteint entretemps l’économie mondiale globalisée – autrement dit à la borne interne du capital dont nous avons déjà parlé.

La croissance chinoise alimentée par le crédit a ainsi pu permettre à cet atelier du monde de maintenir, l’espace d’environ sept ans, des taux de croissance considérables, bien que l’importance des excédents d’exportation ait constamment reculé et que le haut niveau global de productivité ait rendu impossible un relèvement massif de la demande intérieure. Jusqu’à présent, par conséquent, la République populaire s’en est encore tout à fait bien sortie. Seulement, l’élément décisif n’est pas cette phase ascensionnelle gagnée à coups de crédit, mais la chute qui suit inéluctablement toute formation de bulles. Le développement de la Chine fait pleinement partie de cette économie globale de bulles alimentée par les dettes dans laquelle le système du capitalisme avancé se trouve enfermé.

Et la bulle d’endettement chinoise s’essouffle peu à peu puisque la relation entre emprunt et croissance économique se détériore à vue d’œil. Comme l’ont souligné les médias chinois fin mars, la récente baisse d’un indice des directeurs d’achat constituant généralement un bon indicateur des tendances de la conjoncture présage de la part du gouvernement de Pékin une révision de ses objectifs de croissance. Et en effet l’Académie chinoise des sciences sociales prévoit maintenant pour le premier trimestre une croissance ne dépassant pas 6,85%, peut-on lire sur des sites d’information en ligne proches du régime, dans un rapport où, par ailleurs, le vice-premier ministre Zhang Gaoli fait état d’une « pression accrue » tirant l’économie vers le bas.

Dans cette affaire, la croissance économique entretenue au moyen de ces dettes excessives et de ces bulles spéculatives revêt pour le capitalisme d’État chinois une importance vitale. Seule une dynamique de croissance dangereusement élevée peut permettre de remédier aux énormes tensions sociales que connaît le pays : il s’agit de maintenir la coexistence de centaines de millions de petits propriétaires et travailleurs itinérants tombés dans la misère, d’une classe moyenne soucieuse de son niveau de vie récemment acquis, et d’une oligarchie d’État au sein de laquelle les accointances entre milliardaires et politiciens sont monnaie courante. Le cours alarmant que prend la modernisation capitaliste ressemble pour les élites chinoises à la proverbiale chevauchée sur le dos du tigre. Sitôt que la dynamique effrénée de la modernisation capitaliste ralentit, cette dernière menace de se heurter non seulement à ses contradictions systémiques internes, mais également à ses contradictions sociales.

Le ralentissement de la croissance en Chine s’accompagne d’une phase de forte baisse des prix de l’immobilier, ce qui annonce peut-être une fin prochaine de la formation de bulles sur un marché du logement surchauffé et caractérisé par la naissance des villes fantômes déjà évoquées : en janvier 2015 les prix de l’immobilier dans les grandes villes ont chuté de 5% par rapport à l’année précédente, et en février on en était à 5,7%. Si cette baisse est à noter, c’est surtout parce que, loin d’en être responsable, comme ce fut le cas à maintes reprises par le passé, Pékin cette fois s’efforce au contraire de relancer le marché de l’immobilier. En septembre 2014 le Wall Street Journal a fait état de grandes facilités dans l’octroi de crédit de la part du gouvernement chinois, pour soutenir un marché de l’immobilier jugé « bien malade » et faciliter entre autres l’obtention de prêts pour les acheteurs de résidences secondaires. Dans la République populaire une sorte de transfert de bulles se met par ailleurs déjà en place, puisque les faiblesses du marché de la construction entraînent un report de l’activité d’investissement et de spéculation vers le marché des actions – lequel connaît du coup un énorme boom en dépit du ralentissement général de la conjoncture. L’indice de la bourse de Shanghai, notamment, a gagné depuis novembre 2014 plus de 50%. Pareil transfert d’une bulle à une autre avait été observé également lors de la phase ascendante du déficit conjoncturel américain, quand la défunte bulle internet s’était changée sur le champ en spéculation immobilière.

Ça ne veut pas forcément dire que la bulle en Chine est sur le point d’éclater, car Pékin bénéficie d’un secteur bancaire (officiel) en grande partie maintenu sous contrôle étatique et est en mesure d’intervenir très vite pour remédier aux éventuels phénomènes de crise à coups de milliards injectés dans l’économie. Ainsi, lorsqu’à la mi-mars le groupe immobilier chinois Evergrande Real Estate Group a menacé de crouler sous une montagne de dettes évaluée à environ 20 milliards de dollars, il a reçu immédiatement des crédits d’urgence à hauteur de 16 milliards, ce qui a permis d’éviter un effondrement incontrôlé qui aurait pu s’étendre et créer la panique sur les marchés. Dans tous les cas semblables, Pékin réagit depuis longtemps de cette façon : en arrosant d’argent tous les acteurs solvables – autrement dit en gonflant encore un peu plus la bulle. Les conséquences de cette logique incontournable se manifestent également au niveau du cours des actions des entreprises concernées, qui fait des bonds impressionnants à l’annonce des plans de sauvetage respectifs. Tout cela illustre bien l’impasse que représente la politique économique et monétaire chinoise, désormais tributaire de la spirale d’endettement du pays. L’État ne peut plus que tenter de retarder la panique qui accompagnera l’éclatement de la bulle – mais ce faisant il est contraint d’enfler celle-ci davantage encore. L’exécutif chinois est en somme devenu l’otage du déficit conjoncturel qu’il a lui-même mis en branle avec ses 6,6 gigatonnes de béton, et dont le maintien s’avère de plus en plus ardu.

Tomasz Konicz est un journaliste d'origine polonaise qui pariticipe à la rédaction de la revue allemande Exit ! fondée autour de R. Kurz et R. Scholz, dans le cadre de l'élaboration d'un refondement de la critique de l'économie politique, la « critique de la valeur-dissociation » (Wertabspaltungskritik).

Ce texte est paru dans Konkret, mai 2015

http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=autoren&index=28&posnr=540&backtext1=text1.php

Traduction de l’allemand : Stéphane Besson
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MessageSujet: juillet n'est pas mai   Ven 10 Juil - 11:15

Nick Beams a écrit:
Ça ne veut pas forcément dire que la bulle en Chine est sur le point d’éclater, car Pékin bénéficie d’un secteur bancaire (officiel) en grande partie maintenu sous contrôle étatique et est en mesure d’intervenir très vite pour remédier aux éventuels phénomènes de crise à coups de milliards injectés dans l’économie.

C’est bien le moment de verité du secteur bancaire (officiel) en grande partie maintenu sous contrôle étatique,pour l’instant le resultat de l’intervention semble sans resultat...Le manque criant d'investisseurs institutionnels capables d'avoir une vision de plus long terme ,nationaux comme étrangers est toujours là . Dure tache aux regulateurs financiers à la recherche d’investisseurs étrangers qui ont pris la fuite depuis plusieurs semaines et qui par manque de confiance; vu le ralentissement de la croissance,ont amorcé et joué la crise.

La crise boursière 2015, un moment de la restructuration du capital en Chine ? Persuader ou contraindre le régime « de s'embarquer dans la grande aventure de la libéralisation de son économie ,surtout du secteur financier » ? Et donc a terme aussi relancer la lutte des classes ?

La façade d’«infaillibilité» du régime chinois est brisée, découvrent les classes moyennes chinoises, comme le prolétariat pour qui ce n’est qu’une confirmation de plus ?

L'importance de la débâcle boursière chinoise Nick Beams WSWS 10 juillet 2015 (Article paru en anglais le 8 juillet 2015)
http://www.wsws.org/fr/articles/2015/jul2015/pers-j10.shtml

La débâcle de la bourse chinoise se répercute sur les marchés mondiaux Par Nick Beams 10 juillet 2015 (Article paru d'abord en anglais le 9 juillet 2015)
http://www.wsws.org/fr/articles/2015/jul2015/mbcm-j10.shtml

Nick Beams a écrit:
Pour le régime du Parti communiste chinois, l’incapacité du gouvernement et des régulateurs financiers à stopper l’effondrement du marché se transforme rapidement en une catastrophe politique. En novembre 2013, tandis qu'il tentait de trouver une nouvelle avenue de croissance pour l’économie chinoise, le président Xi Jinping a annoncé que désormais, le gouvernement mettrait l’accent sur «le rôle décisif des forces du marché».
Le plan était d’ouvrir de plus en plus le secteur financier au capital international et d'encourager la négociation d’actions par les individus les plus aisés des classes moyennes du pays. Cherchant à cultiver cette couche comme une base sociale importante, il l'a attirée activement vers les marchés boursiers.

Le plan du gouvernement, fondé sur les «forces du marché» qui font maintenant des ravages, s'est retourné contre lui. Il fait face non seulement à l’hostilité de millions de petits commerçants qui ont été perdants dans la chute du marché boursier, mais aussi à la perspective des luttes sociales et politiques de la classe ouvrière, en plein ralentissement de l'économie.

http://www.lesechos.fr/journal20150709/lec2_finance_et_marches/021194833984-la-chute-de-shanghai-panique-lasie-1135812.php?slcRHo5MZWu32cab.99#
Les Échos a écrit:
La chute de la Bourse de Shanghai, -32 % en un mois, fait tache d'huile.

Les entreprises suspendent leur cotation pour se prémunir contre la panique.

Si l'Europe ne pense qu'à la Grèce, une bonne partie du reste du monde a les yeux rivés sur la déroute des actions chinoises. L'indice CSI 300, qui regroupe les principales valeurs cotées à Shanghai et Shenzhen, a chuté mercredi de 6,75 %, portant son repli à 32 % depuis le 12 juin. Une descente qui commence à rendre nerveux les marchés voisins. Le Hang Seng à Hong Kong a plongé mercredi de 5,8 %, sa plus forte chute depuis novembre 2008, au début de la crise financière. La Bourse japonaise a aussi flanché de 3,14 %, sa pire séance depuis mars 2014, dans le sillage des valeurs jugées sensibles à la croissance chinoise. Même l'Inde n'est pas épargnée. L'indice Sensex a cédé 1,72 % et des valeurs comme Vedanda (cuivre) ou Tata Motors ont plongé de 9,2 % et 6,4 % en une séance.

« Une tentative désespérée »

La crainte est d'autant plus forte que rien ne semble devoir ralentir la correction du marché chinois, pas même les nombreuses mesures prises par les autorités. Conséquence, les entreprises, dépassées, n'ont plus d'autre choix que de demander au régulateur une suspension de leur cours de Bourse pour tenter d'échapper à la curée. « Une tentative désespérée », constate Aurel BGC. Sur le CSI 300, 85 actions de grands groupes industriel, énergétique, de transport, de santé, n'ont donné lieu à aucune cotation mercredi. Deux fois plus que mardi. Bloomberg a comptabilisé 1.249 suspensions de sociétés chinoises, soit 43 % de la cote. Des valeurs qui pèsent près d'un tiers de la capitalisation boursière chinoise.

« Les gens vendent tout ce qu'ils peuvent sur le marché pour avoir du cash, car ils ont besoin de couvrir leurs pertes lors des appels de marge », explique à Bloomberg un gestionnaire d'actifs local. La chute est en effet liée en grande partie à l'explosion du système du trading sur marge qui permet à des millions de particuliers de spéculer en Bourse avec de l'argent emprunté… « Quant aux autres, ils sont tétanisés par la peur que l'économie chinoise soit touchée par cette crise. »

Un krach qui montre bien l'immaturité de la Bourse chinoise et le manque criant d'investisseurs institutionnels capables d'avoir une vision de plus long terme. « La suspension de cotation de la moitié des valeurs chinoises est un signal désastreux qui a renforcé le mouvement de baisse », juge Tangui Le Liboux chez Aurel BGC. S'ensuit une panne de confiance qui trouve aussi sa source dans l'incapacité des autorités chinoises à inverser la tendance. « Les investisseurs sont déçus et effrayés par le fait que les pouvoirs publics chinois aient perdu le contrôle », explique Mari Oshidari, stratégiste chez Okasan Securities.

« Restaurer la confiance »

Et maintenant ? Selon NN Investment Partners, même après cette correction, le marché chinois « n'est pas donné ». « Le PER (rapport cours/bénéfice) des actions A est encore de 60 fois, un niveau de bulle, et doit être replacé dans une perspective de ralentissement économique. Nous craignons que la correction se poursuive, avec le risque que les marchés se concentrent plus sur les problèmes structurels du pays ». D'autant que selon Citigroup, seulement un quart des positions d'opérations sur marge auraient été débouclées. Elles représentaient récemment 9,4 % du flottant, un doublement en un an.

Dans ce concert très négatif, HSBC estime que le plus dur n'est pas loin d'être passé. Roger Xie, stratégiste de la banque, qui avait choisi en avril de diminuer son exposition aux grandes valeurs chinoises, vient de relever son opinion à neutre. « Le montant du financement sur marge a chuté d'environ 22 % depuis le pic de juin, et le pire du désendettement des ménages sur ce sujet est derrière nous. Les ventes des "initiés", qui travaillent dans les grandes sociétés cotées, ont aussi diminué fortement ». Roger Xie maintient aussi sa confiance dans le régulateur « qui a encore des options à sa disposition pour stabiliser le marché et restaurer la confiance ».

Contamination a l’ Inde ?

Pour endiguer le cercle vicieux de cette crise financière, le gouvernement de Li Keqiang a multiplié les actions radicales : il a notamment suspendu 28 introductions en Bourse, a réduit les frais de transaction et a tenté de dissuader les ventes à découvert en menaçant d'investigations pour « manipulation ».

Ces mesures « extrêmes » n'ont cependant pas suffi à enrayer la dégringolade boursière qui agite les marchés asiatiques. Le gouvernement chinois doit désormais avouer son impuissance à influencer les marchés. « Une bonne leçon » qui devrait persuader le régime « de s'embarquer dans la grande aventure de la libéralisation de son économie », juge le « Business Standard ». Ce serait le seul point positif de ce krach. Car le journal craint les conséquences : l'indice de volatilité de l'Inde, qui reflète l'anxiété des traders, a enregistré une hausse de 9 % mercredi.
Si le « Business Standard » s'inquiète, c'est qu'il redoute que les troubles financiers chinois ne « déteignent » sur les marchés indiens « si les investisseurs étrangers suppriment de leurs portefeuilles leurs actifs des marchés émergents ». Les actions liées aux matières premières, en première ligne, pourraient « en prendre un coup ». L'Inde ne devrait cependant pas céder à l'affolement, tempère le quotidien : comme les deux pays sont peu liés, l'impact de la crise chinoise ne devrait pas être trop violent localement.
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MessageSujet: Le gouvernement chinois ne pourra pas continuer à empêcher la chute des cours   Mar 14 Juil - 19:10


interview de Mylène Gaulard

"Le gouvernement chinois ne pourra pas continuer à empêcher la chute des cours" Jean-Yves Paillé La Tribune 13 juillet

Citation :
Si les Bourses de Shangaï et de Shenzen se sont reprises depuis quelques jours, les chutes de plus de 30%, survenues en juin et au début du mois de juillet, sonnent comme un avertissement. Selon Mylène Gaulard, maître de conférences à la Faculté d'économie de Grenoble, et auteure de "Karl Marx à Pékin" (éd. Demopolis)*, les indices devraient continuer à baisser. Une tendance qui va favoriser la fuite des capitaux, réduire les importations et pousser Pékin à vendre ses bons du Trésor de la zone euro et des Etats-Unis.

Citation :
La Tribune - Pour quelle raison, le parti communiste chinois a laissé les petits porteurs emprunter aux banques pour pouvoir boursicoter ?

Mylène Gaulard. Très rapidement, et sûrement du fait des nombreux dirigeants politiques chinois souhaitant eux aussi placer leur épargne dans un secteur plus rémunérateur que l'immobilier, le gouvernement présenta très favorablement l'effervescence connue sur les marchés financiers, facilitant l'ouverture de 80 millions de nouveaux comptes auprès des courtiers depuis moins d'un an et une augmentation de 150% des cours boursiers. De même, pour inciter les investisseurs étrangers à placer leurs capitaux en Chine, le rapprochement des places boursières de Shanghai et Hongkong en novembre 2014 donna aux étrangers la possibilité d'acheter des titres en Chine continentale via Hongkong, et, réciproquement, les Chinois furent autorisés à acheter des titres de la Bourse de Hongkong.

Outre la volonté d'offrir aux catégories les plus riches un nouveau moyen de valoriser leur épargne, ce pas vers une libéralisation financière accrue marque la volonté du gouvernement de faire du renminbi (autre nom pour le yuan, ndlr) une monnaie internationale mais aussi de limiter le ralentissement de la croissance en offrant un nouveau moyen de financement aux entreprises.

Cela peut encourager les pratiques spéculatives...


Les dirigeants sont conscients des risques encourus par les pratiques spéculatives engendrées alors, c'est la raison pour laquelle l'ouverture de nouveaux comptes d'opérations sur marge fut interdite en janvier 2015 (pratique pourtant réhabilitée durant la récente chute des cours...). Mais avec la volonté de libéralisation financière souhaitée par le gouvernement afin de renforcer la confiance des investisseurs étrangers et faire du yuan une monnaie internationale, ainsi qu'en raison du besoin de limiter le ralentissement économique, le développement de secteurs spéculatifs comme l'immobilier ou la finance apparaît comme un pis-aller. Le grand risque de cette libéralisation financière poussée jusqu'au bout serait pourtant une sortie des capitaux du territoire, les placements effectués à l'extérieur de Chine étant manifestement beaucoup plus rentables... Depuis 2013, plusieurs économistes du Fonds monétaire international (FMI) avaient d'ailleurs averti la Chine des risques posés par cette libéralisation.

Pour quelle raison les petits porteurs se sont tournés avant tout vers les marchés financiers ?

Les petits porteurs ont été encouragés à investir sur les marchés financiers, notamment parce que la baisse des prix observée dans le secteur de l'immobilier depuis juin 2014 dans la majorité des grandes villes chinoises les incitait à trouver une nouvelle source de valorisation de leur épargne et à fuir des placements bancaires ne leur proposant que de très faibles taux d'intérêt. Malgré la libéralisation progressive des taux d'intérêt, les dépôts sont effectivement très peu rémunérés, et le marché financier chinois en plein essor apparaissait comme la seule possibilité de placement rentable pour les épargnants chinois, et ce d'autant plus que pour ces derniers les investissements sur les marchés financiers étrangers restent encore très contrôlés.

Ces particuliers empruntent auprès des banques pour investir. Mais une chute des valeurs boursières ne risque-t-elle pas de créer un effet boule de neige sur le système bancaire puisque ces derniers ne pourraient plus rembourser leurs emprunts ?

Il existe aujourd'hui plus de cent millions de petits porteurs sur le sol chinois, et contrairement à ce que nous connaissons en Europe et aux États-Unis, ce ne sont donc pas de grands investisseurs institutionnels qui détiennent la majorité des titres sur les marchés financiers. Or, ces petits investisseurs, dont certains ont même quitté leur travail ces dernières années pour se lancer dans cette activité à temps plein, se sont lourdement endettés pour acheter leurs titres, avec des opérations dites "sur marge". On considère que 25% des titres achetés l'ont été à crédit ces derniers mois, ce qui représenterait actuellement 8% à 9% de la capitalisation boursière de la place de Shanghai.

Évidemment, avec une dette totale des agents non financiers qui atteint déjà officiellement 230% du PIB, et une finance informelle, le fameux "shadow banking", qui représente au moins 50% du PIB, le système bancaire pourrait se retrouver impacté en cas de nouvelle chute des cours. Officiellement, le ratio de créances douteuses n'était que de 1,25% en 2014, ce qui est sans doute un chiffre sous-estimé dans un contexte de ralentissement de la croissance et une hausse de 112,65% des retards de paiement en 2014. Avant même la chute des cours sur la place de Shanghai observée entre le 15 juin et le 9 juillet 2015, une prochaine crise bancaire paraissait donc assez probable, avec notamment des collectivités locales surendettées incapables de rembourser leurs prêts.

Or, les difficultés de trésorerie que les grandes entreprises publiques (absorbant toujours une majorité des prêts bancaires officiels) risquent de rencontrer du fait de la baisse des cours boursiers pourraient renforcer les créances douteuses au sein du secteur bancaire traditionnel. De même, on oublie souvent qu'une partie du shadow banking transite par les banques, et l'incapacité des petits investisseurs à rembourser leurs prêts, dont le montant atteignait dernièrement plus du tiers de la valeur des titres achetés, pourrait se répercuter également par ce canal sur le système bancaire.

L'Europe et les États-Unis s'inquiètent des répercussions financières mondiales. Certains investisseurs expliquaient qu'un effondrement des marchés financiers chinois représenterait un risque plus important que la crise grecque...


Les sommes en jeu sont beaucoup plus importantes dans le cas de la Chine. La récente chute des cours sur les marchés financiers chinois correspond par exemple à environ 2.900 milliards d'euros de perdus, ce qui équivaut à seize fois le produit intérieur brut de la Grèce en 2014... Même s'il est possible depuis novembre 2014 pour les investisseurs étrangers d'acheter via Hong Kong des titres cotés à Shanghai, moins de 5% des titres émis sur le territoire chinois sont actuellement entre les mains d'investisseurs étrangers, et les marchés financiers chinois sont encore relativement peu développés et connectés au reste du monde. Pour cette raison, la transmission internationale d'une crise boursière chinoise ne passerait pas par ce canal.

En revanche, une accélération du ralentissement économique provoquée par une crise boursière pourrait impacter le reste de la planète par le biais d'une baisse des importations chinoises et surtout d'une vente massive de devises, et donc de l'abandon progressif des bons du Trésor de la zone euro et des États-Unis détenus par la Chine, afin de faire face au départ des capitaux étrangers. Les investisseurs étrangers n'ont d'ailleurs pas attendu la crise boursière pour quitter le pays: depuis le deuxième trimestre de 2014, la balance financière de la Chine est négative, ce qui révèle la hausse des investissements directs chinois à l'étranger mais surtout la fuite des capitaux étrangers, notamment des capitaux spéculatifs (souvent réunis sous le terme de "hot money") difficilement contrôlés par les autorités, inquiets du ralentissement économique observé depuis 2011 et profitant du retour de la croissance aux Etats-Unis.

Depuis janvier 2015, les réserves de change chinoises ont d'ailleurs commencé à chuter sous l'impact de ces sorties de capitaux et de la volonté de la banque centrale d'éviter une dépréciation du yuan pouvant accélérer la fuite des investisseurs étrangers. Si cette sortie des capitaux est dangereuse pour l'économie chinoise, elle l'est donc aussi pour l'Europe et les Etats-Unis en raison des réactions de la banque centrale et des effets néfastes pour nos économies du débouclage du carry-trade actuel (appréciation des monnaies, nouvelles bulles spéculatives, emballement du crédit...)..

Comment voyez-vous l'évolution des Bourses chinoises ? (Lundi 13 juillet, l'indice de Shenzen a bondi de 4,18% et celui Shangai de 2,39% ). L'Etat peut-il enrayer durablement leur déclin grâce à ses mesures d'urgences ?

L'Etat a effectivement été très réactif face à la baisse des cours. Une centaine de grands groupes publics ont par exemple reçu l'interdiction de vendre des actions de leurs filiales cotées en Bourse, et des gels de procédures d'introduction en Bourse furent décidés. De même, les échanges furent interrompus sur 1.300 entreprises cotées, ce qui correspondait à 40% de la capitalisation boursière chinoise, et les gestionnaires de fonds furent encouragés à racheter des milliards de yuans de titres pour enrayer la chute des cours. Les mesures prises la semaine dernière restent exceptionnelles de par leur caractère autoritaire, avec par exemple l'obligation pour les plus gros investisseurs de racheter des titres et l'interdiction d'en vendre. Couplées à une interdiction pour les médias d'évoquer la crise boursière, ces mesures coercitives ont évidemment permis d'enrayer la chute des cours depuis le 9 juillet.

Malheureusement, s'il veut renforcer la crédibilité de sa libéralisation financière et faire du renminbi (autre nom du yuan, ndlr) une monnaie internationale, le gouvernement ne pourra pas continuer à adopter de telles mesures pour empêcher une chute des cours inéluctable (malgré la récente baisse de 30%, on estime que ces derniers sont encore surévalués relativement à la valeur fondamentale des entreprises cotées).

Quel serait l'impact d'un nouvel effondrement des Bourses chinoises sur l'économie du pays et notamment sa croissance plusieurs fois revue à la baisse ?

Le président Xi Jinping évoquait en mai 2014 une "nouvelle normalité" pour la croissance économique chinoise, acceptant notamment le ralentissement structurel lié à la hausse des coûts du travail et à une moindre productivité. Depuis 2011, la croissance du PIB n'a effectivement pas cessé de ralentir, avec une prévision de 7% en 2015 contre une moyenne proche de 10% durant la décennie 2000. Ce que ne révèle pas cette croissance qui reste élevée, c'est que tous les secteurs de l'appareil productif sont en difficulté, avec par exemple une chute des ventes d'automobiles de 11% entre mars et avril 2015 et une baisse de la production dans ce secteur de 8,9% en avril, et qu'une part importante de l'augmentation du PIB repose sur l'essor de secteurs spéculatifs comme l'immobilier ou la finance ainsi que sur le maintien en activité d'entreprises publiques présentant des surcapacités de production. Un nouvel effondrement des Bourses chinoises risquerait de renforcer l'inquiétude des investisseurs et d'accélérer la fuite des capitaux, évolution qui serait facilitée par la libéralisation financière que le gouvernement souhaite achevée d'ici 2020. Le soutien artificiel apporté à la croissance du PIB ne pourrait alors perdurer.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 15 Juil - 19:35




Malades du travail en chine : chronique d’un désastre 13 juillet 2015


Ludan a écrit:
En Chine, les conditions de travail sont très mauvaises dans un grand nombre d’entreprises : un nombre d’heures qui dépasse de beaucoup la réglementation, pas d’équipements de sécurité, le non-respect des consignes élémentaires de sécurité. Dans les mines, par exemple, les accidents ou les maladies professionnelles sont extrêmement fréquents. Lors d’accidents miniers, qui sont nombreux, les patrons de mines achètent le silence des familles des victimes, pour que les autorités de la province ne soient pas averties et qu’ils puissent continuer leur activité. Quand le salarié est victime d’un accident ou d’une maladie professionnelle, il doit surmonter un grand nombre de difficultés pour faire reconnaître ses droits, car les potentats locaux sont très souvent de connivence et se soutiennent les uns les autres.

C’est ce que montre le cas de Zhang Haichao. En 2007, ce jeune homme qui travaille dans une entreprise de polissage de pierres contracte une maladie respiratoire qu’il tente de faire reconnaître comme maladie professionnelle. Il consulte un médecin qui le déclare atteint de pneumoconiose. Mais ce diagnostic est invalidé par les autorités sanitaires de la province, au motif que le médecin consulté ne se trouve pas dans la juridiction de l’entreprise. Zhang Haichao consulte alors un médecin du cru qui le déclare atteint de tuberculose, maladie infectieuse qui ne peut être reconnue dans le système des maladies professionnelles. Il s’avère que ce médecin est un ami du patron du jeune homme et suit ses directives à la lettre.

En désespoir de cause, Zhang Haichao se rend dans un hôpital où un médecin consent à l’aider. Il souhaite prouver que sa maladie a bel et bien été contractée après l’inhalation permanente de poussières de silice sur le lieu de travail. Sur les conseils du médecin, il se fait ouvrir le thorax et le diagnostic tombe, après examen des tissus pulmonaires : le travailleur est atteint de silicose et n’a plus que six années à vivre environ. Grâce à l’aide d’une célèbre ONG située à Hong-Kong, le China Labour Bulletin, la diffusion de son témoignage sur internet a ému tout le pays (sur le cas Zhang Haichao, voir les actualités plus bas).

Une invisibilité organisée

La Chine a pourtant des lois et une constitution dont un article stipule que tout travailleur a droit à la protection dans le travail et à un dédommagement en cas de maladie professionnelle.

Or les travailleurs malades ne sont pas assez « visibles », et sans la reconnaissance de leur statut, ils sont d’autant plus vulnérables. En Chine, les victimes du travail sont très nombreuses et, à quelques exceptions près, elles restent dans l’ombre et se battent avec leurs propres armes. Les autorités sabotent les processus de reconnaissance et multiplient les échelons de diagnostic et de reconnaissance de la maladie. Il s’ensuit que, du fait de la complexité du processus et de l’allongement du délai, les plaignants décèdent souvent avant d’arriver à l’étape ultime de reconnaissance et leur famille n’obtient aucun dédommagement.

Les chiffres officiels sur les travailleurs touchés par la maladie sont loin de refléter la réalité. Pour l’année 2013, le nombre de nouveaux cas de maladie professionnelle recensés se chiffre à 26 393, dont 23 152 cas de pneumoconiose. D’après les chiffres officiels, depuis la création de la République populaire (1949) jusqu’à l’année 2009, le nombre de maladies professionnelles enregistrées atteindrait 749 970 cas, dont 675 541 cas de pneumoconiose, soit 90% du total. A l’échelle de la Chine, le chiffre paraît dérisoire.

Pour rectifier le tir, les cadres du ministère de la Santé ont, en 2009, reconnu que, du fait de la faiblesse de la couverture des contrôles et du manque de remontée des données, ce chiffre devrait être multiplié au moins par 10. En 2013, le ministère est revenu sur ses estimations : le chiffre devrait être multiplié plutôt par 20. Ce qui porterait le total aujourd’hui à entre 6 et 12 millions de victimes, la plupart étant des paysans-ouvriers sans aucune protection sociale.


De nouvelles ONG au chevet des malades du travail

Pendant la réforme économique de Deng Xiapoing (à partir de la fin des années 1970), la politique d’ouverture a autorisé la création d’un grand nombre d’organisations sociales dont la mission est de pallier l’abandon par l’Etat en matière sociale. Aujourd’hui, les autorités chinoises reconnaissent de plus en plus souvent leur utilité et leur délèguent toutes les questions sociales concernant certaines catégories de la population (malades du sida, porteurs du virus de l’hépatite, homosexuels, migrants), tout en continuant de les surveiller. En 2010, le nombre d’organisations sociales, tous types confondus, se chiffrait à près de 500 000.

C’est dans ce contexte que, depuis quelques années, des volontaires toujours plus nombreux se regroupent pour venir en aide à ces malades. Ils les accompagnent lors des consultations à l’hôpital, les aident dans les formalités, organisent la collecte de dons pour que leur famille puisse continuer à subsister alors que le chef de famille ne peut plus travailler. La marge de manœuvre des ONG est très limitée car les autorités les surveillent étroitement, et peuvent, au moindre écart, les fermer.

Ce travail de mise en visibilité commence à porter ses fruits et les appuis extérieurs se font de plus en plus nombreux. Ainsi, des cinéastes, des vedettes du showbiz donnent de leur temps et de leur notoriété pour faire connaître les actions de l’une de ces ONG. Certaines émissions audiovisuelles à thème social dévoilent la situation des malades qui se trouvent dans le dénuement total. La souffrance des malades en phase terminale est mise en lumière, et amène une partie de la population à douter du système de prise en charge.

La médiatisation est primordiale dans la prise de conscience de telles injustices. Elle représente l’espoir de pouvoir infléchir les autorités pour moins d’injustice. L’indignation provoquée par des situations injustes infligées aux plus faibles d’entre les citoyens se traduit lentement mais sûrement par la formation d’une opinion publique, qui s’exprime de plus en plus sur la Toile. Les décisions des autorités – provinciales ou centrales – sont souvent discutées, avec un sens critique aiguisé. Dans certains cas, la décision prise pour régler un cas de maladie professionnelle est remise en question et révisée, ce qui illustre bien que le poids de l’opinion publique pourrait à l’avenir former le terreau d’une contestation politique.

Ludan

– – –

Traduction partielle d’une interview de Zhang Haichao réalisée pour le China Labor Bulletin en 2012 :

Citation :
Q : Haichao, à part élever ta fille, y a-t-il d’autres choses importantes que tu aimerais faire dans les prochaines années ?
R : Si je peux bien m’occuper de ma fille, je mourrai sans regrets. Je continuerai à faire des efforts pour aider d’autres travailleurs migrants à défendre leurs droits.
Q : Si tu pouvais remonter le temps, te soumettrais-tu à nouveau à la chirurgie à thorax ouvert ? As-tu des regrets ?
R : Si je pouvais choisir à nouveau, je choisirai toujours la chirurgie à thorax ouvert, sans hésitation. C’était la seule issue pour moi si je voulais rester vivant.
[…]
Q : Que fais-tu aujourd’hui ? Peux-tu toujours travailler à des travaux physiques légers ?
R : Je ne vais pas bien. Plus de 20 travailleurs de mon ancienne entreprise sont déjà morts. Donc mon état est meilleur relativement au leur. […] Je ne peux pas faire de travail physique ; je m’essouffle simplement en marchant vite.
[…]
Q : Sincèrement, ta foi dans la société a-t-elle été ébranlée ? Ressens-tu de la haine envers la société ?
R : Tout comme d’autres travailleurs atteints de pneumoconiose, je sens de la haine envers les responsables politiques et les riches, parce que nous avons sacrifié notre santé et même notre vie et notre famille pour construire ce pays, et pourtant nous sommes exclus. Plus mon état s’aggrave, et plus je suis renforcé dans cette pensée.
[…]
Q : Quels sont tes plans pour élever ton enfant ?
R : Mes parents ont déjà plus de soixante, soixante-dix ans, et ma condition physique s’empire de jour en jour. Mais ma fille n’a que six ans. J’en suis venu à accepter que ma famille et moi nous ne sommes plus capables d’élever ma fille. La pneumoconiose a bouleversé ma vie et a privé toute ma famille de bonheur. Tout ce que je peux espérer aujourd’hui, c’est de minimiser son impact sur ma fille, et que je pourrai trouver une famille au bon cœur pour aider à élever ma fille.


Rebondissements. En 2013, Zhang Haichao a pu bénéficier d’une double greffe des poumons, une opération extrêmement rare et dangereuse qui représentait pour lui la seule chance de rester vivant, et qui ne peut évidemment pas être généralisée comme un « remède » à la silicose. La même année, il a révélé que quelques années plus tôt, il avait été poussé par l’Etat à signer un accord secret d’indemnisation, qui prévoyait qu’il renonce à un certain nombre de procédures en justice. À l’époque, il avait accepté l’accord (qui contenait une clause de confidentialité), ayant appris qu’un certain nombre de ses collègues en avaient bénéficié également. Cependant, s’étant rendu compte du fait que le secret sur ces transactions avait permis à l’entreprise d’échapper au paiement d’indemnisations conséquentes à d’autres travailleurs ayant déposé des plaintes plus tard, Zhang Haichao a décidé de révéler le contenu de son accord à un journal au moment de son opération.

En savoir plus :

http://www.collegiumramazzini.org/download/langard06.pdf

http://www.clb.org.hk/en/content/survey-details-hard-road-travelled-china%E2%80%99s-victims-pneumoconiosis

http://www.asso-henri-pezerat.org/repression-zhang-haichao-travailleur-chine-militant-victimes-de-pneumoconiose/

http://www.clb.org.hk/en/content/pneumoconiosis-activist-zhang-haichao-gets-life-saving-double-lung-transplant

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 21 Juil - 14:58

Sommet des BRICS en Russie: quels enjeux politiques pour Poutine ? Par Muriel Pomponne, correspondante de RFI à Moscou

Le président russe Vladimir Poutine accueille le septième sommet des BRICS en présence des chefs d’Etat ou de gouvernement du Brésil, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud, à partir du 8 juillet 2015 à Oufa, capitale du Bachkortostan.


Citation :
Le septième sommet des BRICS s'est ouvert ce mercredi 8 juillet à Oufa, capitale du Bachkortostan, en Russie. Les BRICS, c'est le club des pays émergents que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. A l’origine, il s’agissait seulement d’un groupe de pays qui avaient en commun un niveau de croissance important. Mais peu à peu, les BRICS s’organisent pour avoir un poids politique. La Russie en tout cas, qui préside les BRICS, souhaite donner à ce club informel une dimension plus politique, surtout depuis qu'elle a été exclue du G8.

La Russie a longtemps été le seul pays à la fois membre du G8 et des BRICS - autrement dit membre du club des pays les plus puissants et membre du club des pays émergents à forte croissance. Mais depuis la crise ukrainienne, la Russie est exclue du G8.

Pour Moscou, la tentation est donc grande de faire des BRICS un « contre-G8 ». Le Kremlin présente les BRICS comme le symbole mais également le moyen de parvenir à un monde multipolaire. Le renforcement des BRICS est un élément essentiel de la politique russe. Il s'agit de faire évoluer ce forum de dialogue, vers une structure de coopération politique et économique.

Moscou souhaite donc développer des projets d'intérêt commun, comme l'est la banque de développement qui va voir le jour lors de ce sommet. Toutefois, le Brésil, l'Inde ou l'Afrique du Sud n'ont aucune envie de s'opposer aux pays occidentaux. Quant à la Chine, elle défend surtout ses intérêts économiques. Moscou ne doit donc pas s'attendre à trouver dans les BRICS des alliés pour sa politique extérieure.

Enjeux économiques

Ce sommet doit aussi entériner le lancement d'une nouvelle banque de développement qui devrait être opérationnelle d'ici la fin de l'année. Les BRICS, qui représentent 40 % de la population mondiale et un cinquième du PIB de la planète, ont décidé dès 2013 de se doter de leur propre banque, pour financer des grands travaux d'infrastructures. Pour ces pays qui connaissaient alors une forte croissance, il s'agissait notamment de s'affranchir du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, dans la mesure où les Occidentaux refusaient de réformer l'institution pour donner plus de droits de vote aux pays émergents.

La Chine, l'Inde et la Russie ont déjà ratifié l'accord de création de cette banque. Le capital de départ doit être de 50 milliards de dollars avec pour objectif un taux de capitalisation de 100 milliards de dollars. La présidence revient à l'Inde pour cinq ans. L'Afrique du Sud obtient la vice-présidence, mais pas le siège de l'organisation comme elle le souhaitait. La Banque sera en effet basée à Shanghai.

Pour l'instant, pas question de s'affranchir du dollar pour cette nouvelle banque de développement, même si la Russie et la Chine n'excluent pas pour certaines opérations de recourir à d'autres monnaies. Les BRICS envisagent aussi de créer leur propre agence de notation. Mais on en est à ce sujet qu'aux balbutiements.

RFI : Que recherche la Russie au sein des BRICS ?

Fiodor Loukianov : La Russie trouve son intérêt dans le renforcement d'une alternative aux approches occidentales. Transformer les BRICS en une force anti-occidentale est impossible, parce que parmi les pays qui en font partie, le seul qui est en conflit direct avec l’Occident, c’est la Russie. Tous les autres ne sont pas en conflit et ne souhaitent pas de conflit.

Mais il y a un autre aspect : on constate que l’Occident est de moins en moins apte à résoudre les problèmes du monde. Cela concerne les institutions financières, économiques, politiques du monde occidental, mais aussi la gouvernance des pays occidentaux, car on voit que l’Union européenne et les Etats-Unis vivent chacun une crise intérieure. Premièrement, ils ne sont plus des exemples pour les autres pays, et deuxièmement, ils portent moins d’attention à ce qui se passe dans le monde.

Dans le contexte où les capacités de l’Occident diminuent peu à peu, il y a une demande croissante pour d’autres institutions, d’autres sources financières, de coopération politique, militaire et économique. Et dans cette situation, le rôle des BRICS va se développer.

La Russie ne cherche-t-elle pas à faire de ce club un anti-G8 (redevenu G7) ?

C’est peut-être l’intention de la Russie, mais elle n’y arrivera pas, parce que le G7, avec toutes ses divergences intérieures, est une communauté d’Etats unis par des valeurs idéologiques plus ou moins communes. La tentative de la Russie d’en faire partie a échoué, parce que la Russie ne partage pas ces valeurs. Les BRICS ne peuvent pas avoir de valeurs communes, tout simplement parce que la notion de valeurs communes, c’est une notion unique et occidentale.

Pour la Russie, les BRICS ont-ils surtout un intérêt d’ordre économique ou d’ordre politique ?

Tout d’abord politique, mais l’intérêt économique apparaît au fur et à mesure que les BRICS évoluent. La création d’une banque de développement des BRICS est un pas dans cette direction. Ce ne sont pas des fonds très importants, mais c’est un premier pas vers la création d’une institution de développement internationale non occidentale.

Pour la Russie, le spectre des possibilités avec l’Occident s’est beaucoup réduit, et je ne pense pas que ça va bientôt changer. Un remplacement de l’Occident par les BRICS est impossible parce que le potentiel de l’Occident est très important. Mais un remplacement partiel est possible. Et dans la mesure où une réconciliation avec l’Occident ne paraît pas probable, l’importance des BRICS pour la Russie augmente. Je crois qu’avec ce qui se passe dans le monde et notamment en Europe, l’importance de cette banque et plus généralement des BRICS comme structure alternative pourrait augmenter même plus vite qu’on ne le pense.

Si par exemple la situation de la Grèce se détériore dramatiquement, si la Grèce se retrouve hors de la zone euro, à qui va-t-elle s’adresser, si elle se brouille avec tous les créanciers ? Je ne pense pas que la Chine ou la Russie veuillent donner de l’argent à la Grèce. Mais c’est un exemple, s'il y a un pays, peut-être faible, peut-être corrompu, n’importe, mais qui s’est complètement brouillé avec ses partenaires et ses créanciers occidentaux. Ou va-t-il aller ? Théoriquement il y a maintenant une autre possibilité.

La Russie peut-elle être tentée d’utiliser ces pays aussi pour ses ambitions diplomatiques ou politiques ?

Bien sûr, la Russie voudrait bien s’appuyer sur des pays aussi importants. Mais je pense que les possibilités sont limitées. Les BRICS ne vont pas soutenir la pression sur la Russie. Nous l'avons déjà constaté en plusieurs occasions. Mais ils ne vont pas non plus soutenir la position de la Russie, notamment celle sur l’Ukraine actuellement. Ils préfèrent conserver une attitude neutre, ce qui dans la situation actuelle, est plutôt en faveur de la Russie.

Propos recueillis par Muriel Pomponne
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 21 Juil - 14:58

que valent ces analyses, je n'en sais rien, mais elles ne sont pas plus suspectes que celles de "nos" médias, et comme ce n'est pas le même son de cloche...


Poutine isole l’Amérique – avec l’aide d’Obama Phil Butler Réseau international 17 juillet

Phil Butler a écrit:
Après plus de 18 mois d’une guerre économique et politique ouverte contre Vladimir Poutine et la Russie, le vainqueur se dessine.

C’est presque la fin. Mon collègue des Pays Bas et moi avons décidé dans mon jardin hier soir, que l’Amérique a été finalement isolée dans le reste du monde.

Barack Obama et quelques néocons bien placés ont réussi à accomplir ce que des empires n’avaient pu faire. Nous sommes trahis de l’intérieur, le monde est vraiment malade et fatigué de l’hégémonie américaine et de l’intimidation, et une nouvelle étoile est en train de monter à l’est, une étoile devenue familière maintenant.

Quand le Président russe Vladimir Poutine a donné une Conférence de presse lors des sommets des BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Oufa, l’autre jour, j’ai remarqué un sourire familier. Ce n’est pas que je veuille vous faire une analyse de ce qui se passe dans la tête de Poutine, mais le leader, visiblement fatigué, ne pouvait cacher les signes indubitables qu’il avait remporté une importante victoire.

Alignés sur deux tiers de la population mondiale aujourd’hui, les russes sont au centre de la scène mondiale, pas les New-yorkais, ni les Californiens. Les chefs de 15 pays de trois continents se sont réunis à Oufa pour annoncer leurs volontés individuelles et collectives de sortir de l’ombre des intérêts commerciaux des États-Unis.


L’Amérique n’est même plus dans le top 20 en terme de réputation mondiale (réputation Institute 2015)

Les réunions de M. Poutine, publiques ou à huis clos ont abouti à des accords concrets, non seulement pour situer ces associations sur la scène internationale, mais aussi pour établir un cadre de coopération en politique étrangère, établir l’expansion du commerce mutuel et un vaste réseau d’investissement et d’échange de potentiel technologique.

Sans l’avoir déclaré explicitement, la Russie et ces autres pays ont effectivement exclu les États-Unis et ses alliés de cet immense potentiel. Le soi-disant « monde émergent » est le nouveau monde, c’est une évidence. Mais il y a plus… pour citer un résumé du discours de M. Poutine :

Poutine a écrit:
« ...Pour la première fois en 15 ans d’existence de l’OCS, nous avons décidé d’augmenter le nombre de ses membres. Nous avons signé les documents pour entamer l’adhésion de l’Inde et du Pakistan.

Par conséquent, les capacités de la SCO de réagir aux défis et menaces modernes vont se renforcer. Le potentiel économique et politique de l’organisation s’étendra considérablement.
»

Comprenez bien la signification de ceci. Sur le plan économico-stratégique, nous avons, d’un côté les États-Unis et une alliance de plus en plus fragmentée des nations occidentales; de l’autre côté, c’est le plaisir d’accéder à un groupe progressiste avec des ressources et un potentiel pratiquement incalculables.

Alors qu’ils étaient des ennemis mortels, l’Inde et le Pakistan sont maintenant alignés dans un intérêt mutuel pour le mieux-être des personnes dans ces pays.

En regardant l’Inde et la Chine en particulier, autrefois avec des trajectoires conflictuelles, nous voyons aujourd’hui qu’ils se sont logiquement alignés. L’avantage et la synergie sont clairs, alors que l’Amérique du nord est maintenant une île, et la Grande-Bretagne est à la traine depuis longtemps, tandis que l’UE se démène tout simplement pour rester à flot.

Avec tout cela, en ajoutant l’offre de l’Union économique eurasienne dans le renversement du dollar en tant que première devise est un signe assez clair que mes compatriotes ont de gros problèmes.

Mon ami hollandais, le stratège, a aussi proposé hier ce qui pourrait être un coup de grâce pour l’hégémonie américaine. Et en cela, malheureusement, Holger Eekhof a peut-être raison. Parlant des relations Germano-Américaines, Eekhof condamne fortement les dernières administrations de Washington :

« Si les Allemands expulsent l’Amérique de leur pays, ce qu’ils pourraient bien faire, c’est fini Phil.
Ce n’est pas l’Allemagne qui est dépendante des États-Unis, mais l’inverse. L’Amérique est maintenant isolé et en difficulté. »


Je ne peux qu’être d’accord et surtout compte tenu des derniers développements entre les Etats-Unis, l’Allemagne et le FMI au sujet de la Grèce.

Cela permet d’y voir beaucoup plus clair sur cette fameuse réunion de minuit au sujet du Grexit à la suite de laquelle a eu lieu dans la foulée le référendum grec, et les menaces du FMI envers Angela Merkel et les Allemands sur le plan de sauvetage. Le Rapport de Reuters ce cimente les affirmations de Eekhof. Maintenant les morceaux du puzzle commencent à se mettre en place.

Le nouveau terrain de jeu économique est défini pour M. Poutine et les BRICS à la surface, le FMI s’appuyant sur la géostratégie concernant l’Union Européenne et la Grèce (soutenu par les banquiers américains et Britanniques), et l’Allemagne est forcée de jouer la partie la plus difficile qui soit. Dans les coulisses, le FOREX et les traders sont déjà au travail encore une fois, faisant des milliards en pariant sur les nouvelles en provenance de la Grèce.

Le diagramme ci-dessous montre ce qui est arrivé à Shanghai et Tokyo quand le vote du Parlement grec s’est rangé du côté de l’UE et du FMI.


A la nouvelle du résultat du vote du parlement grec acceptant l’austérité et le plan de sauvetage,
les stocks en Asie ont considérablement grimpé

Merkel est confrontée à des banquiers de Francfort avides, et une Amérique aux mauvaises intentions (espionnage de la NSA) essayant de la forcer à commettre un suicide économique, et le reste du monde prenant le large avec Vladimir Poutine à la barre. Eekhof m’a dit hier, « il suffira d’un seul faux pas et s’en est fini de l’Amérique en Europe aussi »

Il a raison, sans l’Allemagne comme base d’opérations (économique ou militaire) Poutine pourrait ainsi réinventé l’URSS. Le plus triste est que 99 % des américains ne savent rien de la géopolitique, et 100 % du pays croient encore que nous sommes dans les années 80. Nous n’y sommes pas.

Poutine a souligné à un journaliste de Russia One la dangerosité de la situation pour l’Amérique et les économies du monde. S’exprimant sur les difficultés économiques russes et des BRICS et sur le désordre de l’UE-Grèce, le Président russe a commenté l’endettement de l’Amérique :

Poutine a écrit:
« Le taux de croissance aux Etats-Unis a trop ralenti, et c’est un fait bien connu que sa dette souveraine est supérieure à son PIB.
Si mes souvenirs sont bons, son PIB est égal à US$ 17,8 trillions et sa dette souveraine a atteint US$ 18,2 trillions.
Il s’agit d’un problème grave, non seulement pour les Etats-Unis, mais aussi pour l’économie mondiale
. »

Tôt ou tard les américains (et les Allemands) vont avoir à affronter les faits. La plupart des démocraties occidentales se sont « nourries » des autres pays au niveau le plus profond de la société.

Le prix de l’essence subventionné, le consumérisme effréné et insoutenable piloté par des sociétés avides et un nivellement collectif vers le bas des citoyens auront bientôt des conséquences catastrophiques.

Pendant des décennies les américains ont consommé une surabondance disproportionnée des ressources naturelles mondiales. Toutes les maisons aux États-Unis sont pleines à craquer de produits en plastique bon marché, désastreux pour l’environnement. Les décharges de smartphones intelligents sont devenues des entreprises lucratives, les dépotoirs sont pleins, et les vapeurs des derniers relents crasseux du schiste bitumineux de puits de pétrole à sec conduisent aux affres de la mort de la plus grande nation sur terre à ce jour.

L’Amérique du Nord avec l’Europe occidentale consomme 60 % des ressources mondiales, alors que la moitié du monde en dehors de ces régions vit avec environ deux dollars par jour. Si on y pense, c’est en fait un miracle que les pays émergents aient mis si longtemps à se révolter.

Alors quelle est la réponse, quelle est la fin du jeu pour le leadership de l’ouest ? Il n’y a pas de réponses faciles, les administrations successives de la Maison Blanche n’ont fait que détruire toutes les chances de l’Amérique de conduire le monde vers une nouvelle ère.

Du côté du FMI, le club des joyeux lurons de Bretton Woods, ils essaient de forcer l’Allemagne à couvrir pour plus de € 90 milliards d’euros pour renflouer la Grèce. Cela finira par briser non seulement les banques, mais aussi la population de l’UE qui souffre déjà d’une baisse importante de son « pouvoir d’achat ».

Les crédits pour de potentiel futurs propriétaires de maison en Allemagne et dans d’autres États ne font que se tarir, les taxes assomment chaque petit entrepreneur et Bruxelles finance des projets visant à défendre contre la Russie un sous-continent déjà perdu dans l’austérité et le désespoir.

Beaucoup des problèmes auxquels nous sommes actuellement confrontés peuvent remonter à l’histoire de FMI ou de Bretton Woods, mais plus particulièrement ce qu’on appelle le Choc Nixon.


Avril 1970, le Président Nixon parle au peuple américain de la nécessité de la campagne du Cambodge pour vaincre les Viet Cong

Sans ennuyer le lecteur avec des leçons d’histoire inutiles ici, il suffit de dire que nous sommes maintenant à la fin d’une catastrophe « papier-monnaie » mise en place par les bailleurs de fonds.

Le choc Nixon eut lieu lorsqu’un président américain enleva toute valeur au dollar américain en mettant fin à son soutien par l’or pur.

Le système du FMI mis en place après la Seconde Guerre Mondiale est en réalité aujourd’hui inutile en raison de ce qu’on appelle la monnaie fiduciaire dont la valeur peut flotter librement, comparativement à celles qui sont adossées en parité avec des métaux comme l’or, l’argent, et/ou des ressources précieuses comme des diamants ou des terres.

Le Président Nixon est ensuite allé à la télévision nationale pour dire au peuple américain que le simple effet de ce mouvement était de stabiliser le dollar. Et il l’a fait.

Mais cela s’est fait en attribuant au dollar une valeur imaginaire, une monnaie basée sur du vent, n’ayant de valeur que celle que n’importe quel banquier veut bien lui donner. Comme nous commençons à le voir, cette monnaie mondiale ne vaudra vraiment absolument rien si le reste du monde en décide ainsi.

Après plus de 18 mois d’une guerre économique et politique ouverte contre Vladimir Poutine et la Russie, le vainqueur se dessine.

La campagne désespérée des médias mainstream en Occident, attisée à chaque fois par Barack Obama et ses électeurs, est tout un jeu immonde qui est maintenant en train d’être mis en lumière.

Christine Lagarde du FMI a été nommée par Forbes comme la 5e femme la plus puissante du monde l’année dernière, mais la question demeure, « puissant dans quel sens ? » Beaucoup diraient qu’elle l’est comme instrument des puissants banquiers de l’hémisphère occidental ET pour les manœuvres de la politique américaine.

Ce rapport rédigé par Karen Maley du Financial Review apporte plus de lumière sur la folie du sauvetage de la Grèce. Mais cette fois, la folie est un dernier recours afin de maintenir la Grèce dans le troupeau de l’OTAN et aussi, accessoirement, hors de l’Union économique eurasienne de Poutine.

La version courte, Obama et les néo-conservateurs ont été terrifiés à l’idée que l’UE abandonne la Grèce, et que l’hégémonie avec l’Europe en remorque finirait brutalement.

Lagarde est annoncée comme le Sauveur de la reprise de la Grèce aujourd’hui (comme le proclame sa Majesté The Guardian), mais en réalité, elle vient de sauver la Maison Blanche et Buckingham Palace, ou à la demande des deux. Merkel est en fait le seul dirigeant européen connaissant parfaitement la folie de cette escroquerie de renflouement.


Poutine a augmenté les réserves d’or de la Russie de 100 tonnes par an depuis 2012

Cependant, la détente et la récupération positive semblent apparaître aujourd’hui, même si l’administration Obama a irrémédiablement fait du mal à l’Amérique. Le fait que l’Allemagne de Merkel était farouchement opposée à la stratégie de sauvetage du FMI nous dit que nous serons les parents-pauvres de la politique américaine et que l’harmonie avec les allemands ne sera plus ce qu’elle était.

Apparemment, les Américains et les Britanniques sont en train de sortir la carte Française pour faire avancer le jeu qui est déjà terminé. Le navire de la mondialisation est lancé depuis des années, l’Amérique ne peut pas survivre dans son état actuel sans la Communauté. Et la Communauté a été mobilisée, la dette montée, elle a été bombardée, sanctionnée et brutalisée depuis des décennies, les derniers signes viennent d’Athènes et les Grecs se sentent trahis par encore plus d’austérité.

D’une manière très réelle, Obama et ses alliés n’avaient vraiment aucune chance. Autrement dit, les chefs auraient dû choisir un niveau plus élevé. Le niveau subalterne, la voie facile et vorace, coûtera à chaque génération d’américains très cher dans les années à venir.

Traduction Avic – Réseau International

http://russia-insider.com/en/putin-isolates-america-obamas-help/ri8759

Au sommet d’Oufa, les BRICS passent à l’acte Christine Bierre Solidarité et Progrès


Christine Bierre a écrit:
« Les BRICS sont les futurs dirigeants de l’économie mondiale » et la Chine en « reste la locomotive », a déclaré Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse à l’issue des sommets des BRICS et de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS), tenus à Oufa en Russie du 8 au 10 juillet.

Compte tenu de la crise interminable, et peut-être finale, dans laquelle s’est engagée l’Union européenne en voulant faire de la Grèce la victime expiatoire d’une crise qui est en réalité celle de toute l’Europe, et de la zone transatlantique, plombées par la faillite du système en 2008, les progrès accomplis à Oufa par les BRICS, l’OCS et l’Union économique eurasiatique (UEEA) qui les a rejoints, représentent aujourd’hui le seul espoir d’une sortie de crise et d’un retour à des politiques de croissance permettant d’assurer un avenir à notre planète.

N’en déplaise aux Occidentaux, dont les médias ont, pour la plupart, boycotté la couverture de ces sommets, les BRICS ont annoncé le lancement, en un temps record, de leur Nouvelle banque de développement (NDB) (100 mds de dollars) ainsi que d’un fonds commun de réserve de change (100 mds), deux initiatives adoptées lors du dernier Sommet des BRICS il y a tout juste un an, à Fortaleza, au Brésil.


La NDB pourra commencer à prêter dès avril 2016 ! Elle pourrait notamment participer au financement de la construction de la ligne à grande vitesse Moscou-Kazan, selon le ministre russe des Finances Anton Silouanov, président du Conseil d’administration de la NDB. « Nous sommes en train d’étudier cette question », a précisé le ministre avant d’ajouter que la Russie proposera également ce projet à la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII).

A cela s’ajoute la perspective adoptée par les BRICS d’accroître leurs échanges, non pas en dollar, mais en devises des pays membres, en particulier en yuans et en roubles.

Mais pour Sylvie Kauffman, du quotidien Le Monde (qui avait refusé en 2012 de couvrir la candidature présidentielle de Jacques Cheminade), le sommet des BRICS est un non-évènement et le « Congrès d’Oufa n’aura pas lieu » !

Triple union : BRICS, OCS, UEEA

Oufa fut également le lieu de rassemblement non seulement des BRICS et de l’OCS, mais aussi de l’Union économique eurasiatique (UEEA), organisation fondée en janvier 2015 par la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Arménie.

Pour ceux qui comptaient encore pouvoir manipuler la Russie contre la Chine, la Chine contre l’Inde, etc. ils en seront pour leurs frais. L’intégration entre BRICS, OCS et UEEA engendrera non seulement un nouvel ordre économique mondial, mais accroîtra les retombées bénéfiques pour les peuples d’Eurasie.

Ce fut le thème répété à l’unisson par les trois dirigeants.

Nous sommes prêts à travailler très étroitement pour coordonner et nouer des liens entre les deux projets d’intégration – UEEA et Ceinture économique de la route de la soie, a déclaré Vladimir Poutine. Nous y voyons la grande promesse de construire un système commun de transports pour l’OCS, utilisant notamment le potentiel de transport offert par le Transsibérien et le Baïkal-Amour en Russie.

« La Chine est prête à renforcer sa coopération avec tous les pays pour réaliser des projets prioritaires », a dit Xi-Jinping, annonçant son intention d’« organiser le soutien financier pour réaliser des études de faisabilité et de design et participer à des investissements conjoints. » Pour lui :

Il est important d’établir un scénario de coopération pour la région, qui inclura, dans les prochaines années, la construction de 4000 kms de voies ferrées et de plus de 10 000 kms d’autoroutes. La Chine s’engage à créer au plus vite une banque de l’OCS pour aider à financer la production dans la région, et elle est prête à utiliser son fonds de la Route de la soie dans ce but.

Évoquant dans un entretien au quotidien indien The Hindu, le « puissant sursaut économique (...) qui résultera de l’association entre ressources matérielles, capital humain et énormes marchés à la consommation » de ces trois régions du monde, Vladimir Poutine a précisé aussitôt : « Pour nous, il ne s’agit pas d’un échiquier ou de jeux géopolitiques » ; l’espace eurasiatique est « notre maison et nous voulons que la paix et la prospérité règnent chez nous, pour qu’il n’y ait aucune place pour l’extrémisme ou des tentatives pour certains de chercher leur propre intérêt au détriment des autres ».

Rapprocher les frères ennemis indo-pakistanais

Autre flanc consolidé au cours de ces sommets, l’Inde et le Pakistan : les deux frères ennemis ont tous deux fait leur entrée à l’OCS. Associés à la Russie et à la Chine, voilà une combinaison qui bloquera les Games of Thrones chers aux Anglo-américains dans cette région.

Les deux chefs d’État, Narendra Modi et Nawaz Sharif, se sont rencontrés en marge du sommet de l’OCS à Oufa et ont convenu d’une visite de M. Modi au Pakistan, lors du Sommet des pays de l’Asie du Sud l’année prochaine. Autre invité de marque aux sommets, l’Iran, qui a posé sa candidature pour rejoindre l’OCS.

Rappelons le rôle important de cette organisation dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et le trafic de drogue, véritables plaies endémiques dans cette partie du monde. La Structure anti-terroriste régionale de l’OCS (SATR) pourra mieux fonctionner avec la présence de l’Inde et du Pakistan. D’autant que l’Afghanistan était aussi parmi les invités. Son président Ashraf Ghani a participé à la réunion en Russie, tournant définitivement la page des années sombres de l’invasion soviétique.

L’entrée de l’Inde et du Pakistan à l’OCS, composée jusqu’à présent de six États, Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan, a vite fait naître la rumeur qu’un nouveau G8 s’était constitué...

Après Oufa, M. Modi a continué son périple au Turkménistan où il a promu le corridor de transport Nord-Sud passant par l’Iran.

Si nous utilisons la route iranienne, Achgabat (Turkménistan) sera la première capitale desservie en Asie centrale. Avec le chemin de fer Kazakhstan-Turkménistan-Iran et l’investissement proposé par l’Inde dans le port iranien de Chabahar, ces initiatives renforceront les relations économiques entre les deux pays.

Au cours de sa rencontre avec le président turkmène Gurbanguly Berdymuhamedov, M. Modi a appelé à la construction rapide du pipeline Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde, devant acheminer 33 milliards de m3 de gaz naturel par an depuis le Turkménistan vers l’Asie du Sud, dont 41 millions de m3 par jour en Inde. Ce gazoduc sera le deuxième au monde en largeur.

Entrer dans l’âge industriel

Infrastructures, recherche de pointe, hautes technologies étaient aussi au menu d’Oufa. Lors du Business Council des BRICS, le dirigeant des chemins de fer russes et proche collaborateur de Poutine, Vladimir Iakounine, a précisé :

La question n’est pas juste de construire des infrastructures – chemins de fer, routes et infrastructure énergétique – mais de créer des plateformes économiques étendues, avec la participation d’institutions financières et manufacturières internationales.

Le vice-premier ministre russe Dmitri Rogozine a annoncé le 6 juillet que la Russie et la Chine s’apprêtent à renforcer leur coopération spatiale. Suite aux tensions avec les États-Unis, les Russes ont en effet réorienté leur collaboration vers la Chine pour en faire leur principal partenaire. Celle-ci s’équipera désormais en moteurs-fusées RD 180 russes pour son programme lunaire, en échange de quoi elle livrera de l’électronique de pointe aux Russes, moins chère que celle achetée aux États-Unis.

Le Sommet de la jeunesse des BRICS fut aussi un point fort de ces journées. Un mémorandum a été signé en vue de construire une station spatiale pour explorer l’espace lointain et faire des programmes spatiaux habités le symbole des valeurs que les BRICS veulent imprimer au nouvel ordre économique qu’ils construisent.

A Oufa, en effet, l’air était bien plus respirable qu’en Europe où un nouveau Traité de Versailles a été imposé à la Grèce.

Battons-nous pour rejoindre au plus vite la dynamique des BRICS.
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 21 Juil - 14:59

Russie. Sommet des Brics : de l'ambition mais peu de croissance Courrier international 8 juillet


Citation :
Les leaders des pays membres des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) se rencontrent sous la présidence de Vladimir Poutine à l’occasion de leur 7e sommet dans la ville d’Oufa, à la frontière de l’Oural

Le sommet des Brics, qui se tient du 8 au 10 juillet à Oufa (capitale de la république du Bachkortostan), dans la Fédération de Russie, constituera “sans doute l’un des plus importants événements politiques de l’été”, estime le quotidien moscovite Nezavissimaïa Gazeta dans son supplément diplomatique Dipkourier.

La Russie prendra la présidence (tournante) des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) pour la seconde fois. La Russie et la Chine en sont les deux piliers : “En tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, les deux Etats augmentent le poids politique de toute union à laquelle ils appartiennent. En tant que puissances nucléaires, ils offrent à leurs partenaires un ‘parapluie de sécurité’. Et en tant que géants économiques – l’un détenant les ressources naturelles, l’autre les ressources financières –, ils ont le potentiel pour constituer le noyau d’une zone de libre-échange d’une étendue sans précédent”, explique Nezavissimaïa Gazeta.

“On ne sait pas encore comment le grand projet global chinois de ‘Ceinture économique de la Grande Route de la soie’ s’inscrira dans le cadre des Brics et de l’Union économique eurasiatique [qui rassemble pour l’instant la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie et l’Arménie], mais il est d’ores et déjà clair qu’il donnera au sommet d’Oufa une nouvelle dimension”, poursuit le titre, qui prête à cette union des ambitions globales : “L’expérience politique personnelle des leaders en présence et la demande intellectuelle collective de leurs élites nationales les a conduits à prendre conscience de la nécessité d’une révision de l’ordre mondial actuel.”

Récession et stagnation

Le quotidien en ligne libéral Gazeta.ru, moins enthousiaste, rappelle que les pays des Brics abordent le sommet d’Oufa en n’étant pas au meilleur de leur forme économique : “La Russie et le Brésil sont en récession, l’Afrique du Sud stagne, l’économie chinoise ralentit, seule l’Inde présente des indicateurs élevés de croissance.” “Il faut de nouvelles idées, le volume de projets communs n’est pas très important et ne pourra pas extraire la Russie de la récession”, résume le titre.

Si en Occident on prête davantage attention au sommet des Brics , selon le Financial Times, Moscou accorderait plus d’importance aux négociations des membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroulent en parallèle à Oufa et devraient “permettre le renforcement de l’autorité de la Russie sur le continent”, estime le Financial Times.

L’Organisation de Shanghai, qui réunit la Russie, la Chine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan, a été créée au départ pour régler des contentieux territoriaux et de frontières et est devenue, au cours de la dernière décennie, une puissante organisation économique et politique asiatique. La Nezavissimaïa Gazeta informe pour sa part que l’OCS entamera lors du sommet le processus d’intégration de deux nouveaux membres : l’Inde et le Pakistan. L’Iran attend son tour.
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 21 Juil - 15:00

La Banque de développement des BRICS devient réalité La Tribune 21 juillet


La présidente brésilienne Dilma Rousseff assurait en juillet 2014 que "le Brésil n'a aucun intérêt à s'éloigner du FMI",
tout en estimant que le Brésil est mal représenté au sein de l'institution

Citation :
Les opérations ont démarré à Shanghai mardi. Dotée de 100 milliards de dollars de capital, cette institution, vue comme une alternative au FMI et à la Banque mondiale, va permettre de financer des grands travaux d'infrastructures.

Un an après l'annonce de sa création, la "Nouvelle banque de développement" a commencé ses opérations à Shanghai, a annoncé l'agence Chine nouvelle, mardi 21 juillet. Fondée par les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), l'institution dispose d'un capital estimé à 100 milliards de dollars (92 milliards d'euros).

Depuis la capitale économique de la Chine, la "Nouvelle banque de développement" aura pour vocation de financer des grands travaux d'infrastructures d'intérêt général, dans les pays qui en font la demande.

Se démarquer du FMI et de la Banque mondiale

La présidente brésilienne Dilma Rousseff assurait en juillet 2014 que "le Brésil n'a aucun intérêt à s'éloigner du FMI". Pourtant, la création de cette banque de développement est considérée comme une tentative de bousculer la gouvernance économique mondiale, en particulier le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). Ces deux institutions sont critiquées pour leur incapacité à refléter l'ascension des grands pays émergents.

Or, une réforme du FMI se fait toujours attendre. Le poids de la Chine et du Brésil dans l'institution financière n'est pas en corrélation avec leur poids économique et le Congrès américain bloque toutes les réformes de gouvernance du FMI. Dilma Rousseff, notamment, estime que son pays est sous-représenté au sein de l'organisation dirigée par Christine Lagarde, avec 1,78% des droits de vote.

Du côté de Pékin, le constat est également amer. Quoique deuxième puissance économique mondiale, la Chine dispose de seulement 4% de droits de vote, quand l'Italie en détient 3,31% ou la France 4,51%.

Les intérêts de Moscou

Moscou, affectée par les sanctions liées à la crise ukrainienne et la chute du rouble, compte également beaucoup sur cette nouvelle institution. La Russie voit dans la banque et ses réserves de devises un recours contre les institutions financières mondiales comme le FMI et la BM, sous influence américaine.

Lors du sommet de Oufa, organisé par Vladimir Poutine il y a deux semaines, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait souligné que les BRICS "illustraient un nouveau système de relations internationales multipolaires" et démontraient l'influence croissante de "nouveaux centres de pouvoir".
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MessageSujet: Les banques d'État chinoises engagent 200 milliards de dollars pour endiguer la chute des marchés   Mar 21 Juil - 20:58



Les banques d'État chinoises engagent 200 milliards de dollars pour endiguer la chute des marchés Nick Beams WSWS 21 juillet 2015


Nick Beams a écrit:

La réelle ampleur de l’intervention du gouvernement chinois pour arrêter la chute du marché boursier est apparue la semaine dernière grâce à des chiffres montrant que les grandes banques de l’État ont mis à disposition plus de 200 milliards de dollars pour stimuler le cours des actions.

L’intervention, organisée par la société Chinese Securities Finance (CSF), a enrayé une chute des marchés d’actions qui a vu l’indice composite de Shanghai perdre 30 pour cent entre le 12 juin et le 9 juillet, effaçant plus de 3.000 milliards de dollars de capitalisations boursières des actions chinoises. Les marchés ont rebondi depuis grimpant de 17 pour cent ces deux dernières semaines. Mais rien n’affirme que cette reprise soit durable.

L’intervention massive des banques faisait partie d’un ensemble de mesures du gouvernement et des autorités financières pour arrêter un plongeon qui menaçait la stabilité économique et politique. D’autres mesures prévues étaient le retrait des grandes sociétés du négoce des actions; des enquêtes de police sur les ventes « malveillantes » à découvert; et les restrictions à la capacité des dirigeants d’entreprise et des PDG de négocier des actions. Les activités de négoce d’actions sont toujours suspendues pour 17 pour cent des sociétés cotées en bourse.

L’intervention bancaire s’est effectuée par deux voies. L’argent a été fourni à la CSF pour prêter aux maisons de courtage et maintenir leur liquidité. Et la CSF devait acheter directement des actions dans des fonds communs.


Le magazine financier chinois Caijing a rapporté que les cinq plus grandes banques du pays étaient directement engagées dans l’opération, chacune fournissant 100 milliards de renminbi. Au total, 17 banques y ont participé. Les prêts octroyés se montèrent en tout à 1.300 milliard de renminbis.

Si l’intervention semble avoir stoppé la chute du marché, du moins pour le moment, ce que cela indique est cause d’inquiétude non seulement pour le marché chinois mais encore pour le système financier mondial.

La semaine dernière, Standard & Poors (S & P) a averti de l’éventualité de plus en plus forte de défauts sur la dette en Chine et sur le marché des obligations de pacotille aux États-Unis. Ces menaces constituaient un point « d’inflexion » dans le cycle financier. Le marché chinois de la dette des entreprises équivaut à 160 pour cent du produit intérieur brut du pays. Selon S & P, les entreprises auront besoin de vendre environ 57.000 milliards de dollars de dette sur les quatre prochaines années, 40 pour cent en provenance de Chine et 20 pour cent des marchés américains. Elle s’attendait à ce que le taux de défauts sur la dette s’accélérerait dans la période à venir.

Jayan Dhru, un analyste de S & P, a déclaré au Financial Times: « La croissance rapide de la dette, l’opacité du risque et la tarification [en raison de l’engagement des banques sur le marché], un rapport de la dette au PIB très élevé et le risque d’aléa moral du marché chinois, font qu’il y a un haut risque à créditer. »

L’aléa moral se réfère à ce que les investisseurs et les spéculateurs tiennent compte de ce que les autorités financières, les gouvernements et les banques centrales se tiennent derrière le marché et vont intervenir pour empêcher un effondrement, les encourageant à faire des investissements encore plus risqués à la recherche de rendements plus élevés.

L’analyse de S & P souligne les risques posés aux marchés par la montée en puissance du parasitisme financier. Elle dit que quatre des cinq nouveaux émetteurs de dette américaine de 2012 à 2014 étaient des sociétés cotées « B » émettant des obligations de pacotille à rendement élevé. Ces titres servent de plus en plus à financer le rachat d’actions et à ce que l’analyse appelle « des investissements moins productifs, » plutôt qu’à des dépenses en biens d’équipement pour développer l’activité productive.

Ces opérations spéculatives ont été alimentées par le régime des taux d’intérêt proches de zéro mis en place par la Réserve fédérale américaine (Fed) et d’autres grandes banques centrales et pourraient être en danger si la Fed décidait d’augmenter son taux d’intérêt de base, même faiblement.

Janet Yellen, la présidente de la Fed, a indiqué que celle-ci pourrait commencer à relever les taux d’intérêt dès septembre mais, désirant apaiser les marchés, elle a fait savoir que tout « décollage » serait très lent et que la politique monétaire resterait « accommodante. » Le problème, cependant, est que même avec ces assurances on ne sait pas vraiment combien d’opérations spéculatives peuvent être affectées par une hausse des taux d’intérêt.

Une hausse des taux d’intérêt conduisant à une baisse du prix des obligations (qui évolue dans une relation inverse par rapport à leur taux d’intérêt) pourrait entraîner une vente importante des obligations. Cela signifierait moins de liquidités sur le marché, menant à ce que les entreprises les moins bien notées, capables de lever des fonds en raison de l’argent facile, ne pourront plus avoir accès à l’argent comme dans le passé.

Selon Bank of America Merrill Lynch, environ $28 milliards ont quitté les marchés obligataires la semaine dernière, la plus grande sortie en deux ans. Ces sorties pourraient augmenter si les taux d’intérêt commençaient à augmenter.

Les marchés mondiaux ont, grosso modo, résisté à la tempête sur les actions chinoises. Mais une décision extraordinaire de la Banque mondiale la semaine dernière a montré la fragilité croissante du système financier chinois et les implications mondiales potentielles de cette fragilité.

Mercredi dernier, la Banque mondiale a publié un rapport sur l’état de l’économie chinoise dans laquelle elle mettait en garde de « la mauvaise performance du système financier » qui confirmait les évaluations précédentes. Le système était « déséquilibré, refoulé, coûteux à entretenir et potentiellement instable. » Le rapport soulignait encore « les risques découlant d’un gaspillage dans la gestion, le surendettement et un système bancaire parallèle faiblement régulé ». Elle y fait des commentaires critiques sur le niveau d’implication du gouvernement dans les marchés financiers.

Deux jours après la publication du rapport, les observations critiques étaient retirées.

Défendant la décision lors d’une conférence de presse vendredi, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a déclaré que les commentaires supprimés n’avaient pas suivi les contrôles internationaux appropriés et avaient été publiés par erreur.

La conférence de presse de Kim, qui a eu lieu à Beijing, venait à la suite de réunions avec de hauts responsables du gouvernement chinois, dont le Premier ministre Li Keqiang, qui a directement pris en charge la crise du marché boursier, le ministre des Finances Lou Jiwei et le président de la Banque populaire de Chine, Zhou Xiaochuan.

Cependant, Kim a maintenu que la suppression des commentaires n’était pas due à des pressions exercées par le gouvernement ou les autorités financières chinoises. « La publication de cette section particulière était tout simplement une erreur, » a-t-il dit. « Il n’y a pas eu pression ou communication du tout avec le gouvernement chinois. »

Cette assurance sera vraisemblablement prise avec beaucoup de prudence.

Le directeur national de la Banque mondiale pour la Chine, Bert Hofman, a également tenté de calmer les inquiétudes, affirmant que les passages litigieux n’avaient pas suivi la filière de vérification appropriée. Il a nié toute pression du gouvernement chinois.

« Nous travaillons avec le gouvernement sur le secteur financier depuis de nombreuses années et le rapport ne reflétait pas complètement le type de discussions que nous avions eu avec le gouvernement, » a-t-il dit.

La Banque mondiale et le gouvernement chinois ont collaboré sur l’introduction de soi-disant réformes du système financier chinois dans le cadre d’efforts de la part de Beijing pour l’intégrer davantage aux marchés financiers mondiaux. Le boom du marché boursier, directement promu par le gouvernement qui a attiré des millions de petits investisseurs dans le marché du négoce des actions, faisait partie de ces efforts.

Cependant, l’intervention massive du gouvernement et des banques pour stopper l’effondrement du marché boursier pourrait porter atteinte à son programme à long terme.

Larry Fink, le dirigeant de BlackRock, le plus grand fonds spéculatif dans le monde, a averti que l’intervention du gouvernement chinois pour soutenir le marché boursier avait endommagé la réputation financière du pays et pourrait repousser les investisseurs institutionnels. « En mettant en place ces blocages et restrictions, il semble que les marchés soient artificiels, » a-t-il dit.

(Article paru d'abord en anglais le 20 juillet 2015)

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MessageSujet: L’histoire de deux ordres mondiaux   Mer 22 Juil - 17:47

L’histoire de deux ordres mondiaux le Saker Original  10 juillet 2015

«... Ce qui va se passer, c’est que le dollar américain va être progressivement poussé hors de la zone BRICS/OCS. La puissance militaire américaine ne sera pas contestée, mais rendue inutile

« On se souviendra de la réunion à Ufa comme du moment historique à partir duquel ce qu’on nomme Occident est devenu un concept dépassé. »

Deux sommets historiques se déroulent cette semaine : les débats entre la France et l’Allemagne à propos de la crise grecque, et la réunion simultanée des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à Ufa en Russie. Ces deux réunions pourraient difficilement être plus différentes.

The Saker a écrit:
Les Euro-crétins bureaucrates se bousculent pour éviter un effet domino dans lequel la Grèce quitterait la zone euro, créant un précédent pour d’autres pays méditerranéens comme l’Italie, l’Espagne ou même la France. Mais les enjeux sont bien autres que les dettes relativement faibles de la Grèce, la solvabilité des banques européennes ou même l’avenir de l’euro. Ce qui est véritablement en jeu, c’est la crédibilité et l’avenir de l’ensemble du projet euro, donc l’avenir de l’oligarchie qui l’a enfanté.

Les élites de l’UE ont mis un énorme capital personnel et politique dans la création de ce qu’on pourrait appeler une Europe de Bilderberg, gérée par les élites pour le compte des États-Unis considérés comme le Nouvel Ordre Mondial. De la même manière que les élites américaines ont mis toute leur crédibilité derrière le récit officiel du 9/11 contre toute évidence empirique, de même les Européens ont mis toute leur crédibilité derrière un projet de grande UE, même s’il était évident que ce projet ne serait pas viable. Et maintenant, la réalité revient, vengeresse : l’UE est tout simplement beaucoup trop grande. Non seulement l’élargissement de l’UE à l’Est est une erreur grossière, mais même l’UE de l’Ouest n’est que l’assemblage artificiel d’une Europe méditerranéenne et d’une Europe du Nord. Nigel Farage l’a très bien dit. Enfin, il est bien évident que l’UE actuelle a été construite contre la volonté d’un grand nombre sinon de la plupart des Européens. En conséquence, les Euro-crétins bureaucrates se battent maintenant pour garder en vie le plus longtemps possible leur projet agonisant.

Ce que nous voyons ces jours-ci à Ufa, en Russie, ne pourrait guère être plus différent. La réunion simultanée des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et les pays de l’OCS (Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan et Ouzbékistan) marque le rassemblement d’un futur ordre mondial, non pas orienté vers les États-Unis ou l’Occident, mais tout simplement construit sans eux, ce qui est encore plus humiliant. De fait, la combinaison BRICS/OCS est un véritable cauchemar pour l’Empire anglo-sioniste du Chaos du Bien et de la Vertu.

On sait déjà que l’Inde et le Pakistan deviendront membres à part entière de l’OCS. Donc, la liste complète des membres du BRICS/OCS va maintenant ressembler à cela : le Brésil, la Chine, l’Inde, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Pakistan, la Russie, l’Afrique du Sud, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Le BRICS/OCS comprendra donc deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies et quatre pays dotés d’armes nucléaires (seulement trois pays de l’OTAN ont des armes nucléaires !). Ses membres occupent un tiers de la superficie des terres de la planète, produisent un PIB de $16 trillions ($16 mille milliards, $1612) [US + UE : $3612, NdT]  et ont une population de 3 milliards d’individus, soit la moitié de la population mondiale. L’OCS compte environ 1,6 milliards de personnes, soit un quart de la population de la Terre produisant un PIB de $11,6 trillions. En outre, les pays des BRICS/OCS travaillent déjà à une nouvelle banque de développement dont l’objectif est de créer une alternative au FMI et à la Banque mondiale. Mais le plus important, l’OCS se développe encore et pourrait bientôt accueillir la Biélorussie et l’Iran comme membres à part entière. Et la porte est grande ouverte pour d’autres membres, peut-être même la Grèce (si le Grexit arrive).


Le noyau de ce Nouvel ordre mondial alternatif est, bien sûr, la Russie et la Chine. Sans eux, le BRICS et l’OCS n’auraient pas de sens. La caractéristique la plus étonnante de ce noyau russo-chinois est la façon dont il a été formé. Plutôt que de créer une alliance formelle, Poutine et Xi ont fait quelque chose qui, à ma connaissance, n’a jamais été fait auparavant : ils ont fait de leurs deux super-pays (ou ex-empires, comme vous voulez) des symbiotes, des organismes distincts qui dépendent entièrement l’un de l’autre. La Chine a accepté de devenir entièrement dépendante de la Russie pour l’énergie et la haute technologie (en particulier de la défense et de l’espace) tandis que la Russie a accepté de devenir totalement dépendante économiquement de la Chine. C’est précisément parce que la Chine et la Russie sont si différentes l’une de l’autre qu’elles forment un accord parfait, comme deux figures d’un puzzle qui se correspondent parfaitement.

Pendant des siècles, les Anglo-saxons ont craint l’unification de la masse continentale européenne à la suite d’une alliance russo-allemande, et ils ont très bien réussi à l’empêcher. Pendant des siècles, les grandes puissances de la mer ont dominé le monde. Mais ce qu’aucun géostratège occidental n’avait jamais envisagé est la possibilité que la Russie se tournerait simplement vers l’Est et accepterait d’entrer en relation symbiotique avec la Chine. La taille de ce que j’appelle le partenariat stratégique russo-chinois (RCSP) rend non seulement l’Europe allemande, mais toute l’Europe inconséquente.

En fait, l’Empire anglo-sioniste n’a simplement pas les moyens d’influencer cette dynamique de manière significative. Si la Russie et la Chine avaient signé une sorte d’alliance formelle, il y aurait toujours la possibilité pour l’un des deux pays de changer de cap, mais lorsqu’une symbiose est créée, les deux symbiotes deviennent inséparables, unis non seulement par la hanche, mais aussi par le cœur ou les poumons (même si chacun des deux garde son propre cerveau, à savoir son gouvernement).

Ce qui est si attrayant pour le reste du monde dans cette alternative BRICS/OCS est que ni la Russie ni la Chine n’ont des ambitions impériales. Ces pays ont tous les deux été des empires par le passé et tous deux ont chèrement payé ce statut impérial. En outre, ils ont tous deux observé attentivement l’arrogance avec laquelle les États-Unis se sont étendus sur l’ensemble de la planète, provoquant une réaction anti-américaine dans le monde entier.

Tandis que la Maison Blanche, et les médias à la botte du Big Business, continuent d’effrayer ceux qui sont encore prêts à écouter leurs histoires de résurgence de la Russie et de péril jaune, la réalité est qu’aucun de ces deux pays n’a le moindre désir de remplacer les États-Unis en tant que puissance hégémonique mondiale. Vous ne verrez pas la Chine ou la Russie couvrir le monde de plus de 700 bases militaires, décider où elles déclencheraient leur guerre de l’année, ou dépenser plus pour la défense (c’est à dire l’agression) que le reste de la planète réuni. Elles ne bâtiront pas une flotte de 600 navires ou même une flotte de 12 porte-avions pour étendre leur puissance à travers le monde entier. Et elles ne pointeront certainement pas une arme spatiale sur la planète entière avec des projets mégalomaniaques diaboliques tels que le Prompt Global Strike [première frappe de désarmement du potentiel nucléaire adverse, NdT].

Ce que la Russie, la Chine et les pays BRICS/OCS veulent, c’est un ordre international dans lequel la sécurité est vraiment collective, selon le principe que si vous vous sentez menacé alors je ne suis pas en sécurité. Ils veulent un ordre coopératif à l’intérieur duquel les pays sont autorisés (et même encouragés) à suivre leur propre modèle de développement de société. L’Iran, par exemple, ne devra pas cesser d’être une république islamique après avoir rejoint l’OCS. Ils veulent se débarrasser des élites prédatrices, vendues aux intérêts étrangers, et encouragent le retour à la souveraineté de chaque pays. Enfin, ils veulent un ordre international régi par la règle du droit et non pas par la force qui prime le droit, principe qui a été la marque de la civilisation européenne depuis les Croisades. Et la clé pour le comprendre est la suivante : ils ne le veulent pas parce qu’ils seraient nobles et gentils, mais parce qu’ils pensent sincèrement que c’est dans leur propre intérêt.

Ainsi, alors que la ploutocratie dirigeante européenne tente de trouver une nouvelle façon de déposséder encore davantage le peuple grec et de garder le sud de l’Europe asservi à la règle des banksters et financiers internationaux, les participants au double sommet d’Ufa jettent les bases d’un nouvel ordre mondial, mais pas du tout le Nouvel Ordre Mondial prédit par George HW Bush.

On pourrait dire qu’ils sont en train de construire un anti Nouvel Ordre Mondial.

Comme on pouvait s’y attendre, les élites occidentales et leurs médias Big Business sont dans un mode de déni profond. Non seulement ils ne commentent pas beaucoup cet événement vraiment historique, mais quand ils le commentent, ils évitent scrupuleusement de discuter des immenses implications que ces événements auront pour l’ensemble de la planète. Cela frise la pensée magique : si je ferme mes yeux assez fort et assez longtemps, ce cauchemar finira par disparaître.

Il ne disparaîtra pas.

Ce qui va se passer, c’est que le dollar américain va être progressivement poussé hors de la zone BRICS/OCS. La puissance militaire américaine ne sera pas contestée, mais rendue inutile [voir ici la puissante analyse de Tom Engelhardt] en raison d’un environnement international complètement nouveau, à l’intérieur duquel même 700 bases militaires dans le monde entier ne feront plus aucune différence et, par conséquent, n’auront plus aucun sens.

On se souviendra de la réunion à Ufa comme du moment historique à partir duquel ce qu’on nomme Occident est devenu un concept dépassé.

The Saker

Traduit par Claude, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

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MessageSujet: Pékin investit toujours plus à l’étranger   Mer 22 Juil - 21:05

Pékin investit toujours plus à l’étranger Gabriel Gresillon Les Échos 22 juillet


Pékin investit toujours plus à l’étranger

Gabriel Grésillon a écrit:
Entre la Chine et le reste du monde, les mouvements de capitaux ne vont pas tarder à s’inverser.

Au cours de la première moitié de l’année 2015, cette tendance est apparue clairement : les investissements directs étrangers reçus par la seconde économie mondiale n’ont affiché qu’une croissance de 8 %, quand les flux en sens inverse bondissaient, eux, de 29 %. En valeur absolue, ce sont encore les entrées de capitaux qui sont les plus importantes : elles ont représenté 420 milliards de yuans, contre 343 milliards pour les investissements chinois dans le reste du monde. Mais, au vu de la tendance récente, Pékin estime probable que les deux chiffres s’égalisent au cours de l’année. Ce serait la concrétisation d’un objectif affiché par les autorités centrales depuis 2010.

Retournement

Ce retournement est autant le fruit de la volonté de Pékin que de l’évolution économique du pays. Au plan politique, les autorités ont identifié, depuis longtemps, la nécessité d’une internationalisation économique. Celle-ci trouve ses justifications en matière monétaire, mais aussi diplomatique. L’actuelle administration a donné un très net coup d’accélérateur à cette stratégie, en la formalisant autour de nouveaux concepts. D’une part, la « nouvelle route de la Soie » doit étendre l’influence de la Chine sur son flanc ouest, au moyen de financements chinois. D’autre part, la création d’une Banque asiatique d’investissements dans les infrastructures, pilotée intégralement par Pékin, est venue fournir le bras financier nécessaire à cette expansion.

Nécessité d’une internationalisation

Au niveau des entreprises, la nécessité d’une internationalisation s’est faite d’autant plus flagrante, au cours des dernières années, que la dynamique interne de l’économie chinoise a ralenti , et que le contexte concurrentiel s’intensifie. A la recherche de marques, de technologies, ou simplement de rendements stables, les groupes chinois mettent le cap au large. Certains semblent aujourd’hui n’avoir plus de limite dans leurs ambitions, à l’image du projet d’une société émanant d’une université pékinoise, récemment révélé par des médias anglo-saxons, mais presque certain de se heurter au veto de Washington, de mettre la main, pour 23 milliards de dollars, sur le dernier fabricant américain de microprocesseurs, Micron.

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MessageSujet: La Chine fait trois fois plus de commerce avec l'Afrique que les Etat-Unis   Ven 24 Juil - 2:41

La Chine fait trois fois plus de commerce avec l'Afrique que les Etat-Unis.
Barack Obama est au Kenya et en Ethiopie pour tenter de combler l'écart.
Lucie Robequain Les Échos 24 juillet


Lucie Robequain a écrit:
Barack Obama s'est envolé pour le Kenya jeudi soir, une première depuis son accession à la Maison-Blanche. La visite est lourde de symbole, dans ce pays qui a vu naître son père et qui abrite encore une partie de sa famille. La rencontre avec sa vieille tante Sarah a beau passionner la presse, elle ne constitue pourtant pas l'essentiel de sa visite. Le déplacement de Barack Obama, qui débutera par le Sommet mondial de l'entrepreneuriat à Nairobi, vise surtout à contrer l'influence de la Chine, qui entretient avec l'Afrique des relations commerciales bien plus poussées que les Etats-Unis. « L'Afrique est un lieu de dynamisme incroyable, où se trouvent certains des marchés les plus en croissance au monde », a fait valoir le président en amont de son déplacement. L'Ethiopie, où se rendra le président lundi, est le pays qui devrait connaître la plus forte croissance mondiale d'ici à 2017 (9,5 % par an en moyenne), indiquait la Banque mondiale récemment. Le Congo, la Côte d'Ivoire et le Mozambique figurent, eux aussi, parmi les dix premiers.

« Le président Obama n'a pas accordé beaucoup d'attention à l'Afrique jusqu'alors », juge Witney Schneidman, expert du sujet à la Brookings Institution - un centre de réflexion basé à Washington. «  Certains lui reprochent même d'en avoir moins fait que ses prédécesseurs, George Bush et Bill Clinton. » Son vice-président, Joe Biden, a beau sillonner le monde entier, il ne s'y est jamais rendu. Après plusieurs succès diplomatiques - le rapprochement avec Cuba et l'accord nucléaire avec l'Iran -, le président n'a plus que dix-huit mois pour améliorer son bilan sur le continent. Quitte à fermer les yeux sur le respect des droits de l'homme : Barack Obama va rencontrer le président kényan Uhuru Kenyatta, qui a été récemment accusé de crime contre l'humanité pour des violences ethniques. Quant au Premier ministre éthiopien, qu'il retrouvera lundi, il a raflé 100 % des sièges au Parlement.

Déclin des échanges

Les Etats-Unis ne sont pas absents d'Afrique, loin de là. General Electric y investit plus de 1 milliard de dollars pour construire des centrales électriques. General Motors y vend des camions et Walmart y possède des dizaines de magasins. Mais le pays a cédé beaucoup de terrain récemment, notamment à la Chine. Le commerce entre les Etats-Unis et l'Afrique a représenté à peine plus de 70 milliards de dollars l'an dernier, avec des exportations équivalentes des deux côtés. Le chiffre a beaucoup décliné depuis 2011 où il avait atteint 125 milliards. Les Etats-Unis importent, il est vrai, de moins en moins de produits pétroliers, étant devenus eux-mêmes de gros producteurs. Ils pèsent ainsi deux fois moins que l'Union européenne aujourd'hui (140 milliards de dollars d'échange), et surtout trois fois moins que la Chine (200 milliards). Le déséquilibre impressionne d'autant plus qu'il est relativement nouveau : il y a encore cinq ans, les Etats-Unis pesaient plus que la Chine en Afrique.

L'Amérique se montre aussi peu généreuse en capital. Elle consacre moins de 1 % de ses investissements à l'Afrique, alors que la Chine lui accorde 3,4 % des siens. Barack Obama a promis 7 milliards pour améliorer les réseaux électriques de six pays africains. Mais le projet, lancé il y a deux ans, n'a pratiquement pas avancé depuis.

Barack Obama au Kenya : derrière le symbole, l’économie et la lutte contre le terrorisme Le Monde 23 juillet
Citation :
Barack Obama en mission économique

Ce sera sa quatrième visite au Kenya, le pays de son père, mais la première en tant que président des Etats-Unis. Pour marquer le symbole, la municipalité de Nairobi a fait repeindre les façades des bâtiments le long des axes qu’empruntera le cortège officiel et dégagé des trottoirs les vendeurs ambulants et les mendiants, au point de donner des allures d’un village Potemkine, la misère et certaines laideurs ayant été repoussées au loin. Depuis quelques jours, effectuer le moindre déplacement dans la ville relève – encore plus que d’habitude – du parcours du combattant : l’accès vers les principales artères est restreint voire fermé.

Pendant son séjour, Barack Obama va s’adresser aux 3 000 participants à la sixième édition du sommet mondial des entrepreneurs (GES). Ce forum économique organisé à l’initiative de la Maison Blanche depuis 2010, se tient pour la toute première fois en Afrique subsaharienne. Une occasion, peut-être, pour le président américain d’esquisser un bilan de la politique économique et commerciale de son administration vers l’Afrique.

Les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et le continent s’élevaient, en 2014, à 73 milliards de dollars, loin derrière les 200 milliards de dollars qu’ont atteints les échanges entre la Chine et l’Afrique. Les Etats-Unis veulent rattraper ce retard, avec le renouvellement pour 10 ans encore de l’AGOA, un outil mis en place en 2000 pour faciliter le commerce avec le continent.

Devant les entrepreneurs, Barack Obama va rappeler l’engagement des Etats-Unis à accompagner les possibilités d’investissements sur le continent. La signature de quelques accords commerciaux avec le Kenya dans le domaine des nouvelles technologies et du tourisme est également prévue. Le volume des échanges entre les deux pays s’élève à 2,2 milliards de dollars.


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MessageSujet: Les BRICS ça coule : retour sur la situation en Chine   Ven 24 Juil - 19:23

Les BRICS ça coule : retour sur la situation en Chine Ben.Malacki tant Qu'il RCA Réseau communiste antigestionnaire 11 juil 2015  

Où va la Chine ? L’actualité, ce n’est pas que la Grèce. C’est aussi un Krach boursier chinois d’une ampleur comparable à celui de 2008… dont on ne sais pas encore à l’heure actuelle s’il sera jugulé, ou en tout cas reporté. Avant de revenir plus en profondeur prochainement sur ce Krach, voici un petit état de la situation actuelle de la Chine, du prolétariat, et de ses luttes.

Ben Malacki a écrit:
Depuis le début de la crise de 2008, la plupart des « experts » en économie parcourant les plateaux télé, crient haut et fort que la croissance mondiale va finalement repartir, et ce, notamment grâce au développement des nouvelles puissances économiques qu’ils appellent aussi parfois BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

7 ans après, force est de constater qu’on en est loin. En fait, c’est même carrément la merde pour l’ensemble de ces pays. La crise s’est propagée et les touche de plein fouet. Du coup à Tantquil, on s’est dit que ce serait plutôt une bonne idée de faire un panorama de la situation actuelle pays par pays pour constater que, quoique l’on en dise, les BRICS ça coule.

Depuis la fin de l’année 2014, la Chine est devenue la première puissance économique du monde devant les États-Unis.

Enfin bon ça c’est si on ne regarde que les chiffres, en réalité on en est encore loin. Le PIB des USA, c’est-à-dire ce qui est produit par les entreprises du pays en un an, est encore supérieur de plus de 40% à celui de la Chine. En fait le FMI qui fait le classement, à sa propre méthode de calcul et les résultats dépendent de si l’on prend en compte ou non les différences de pouvoir d’achat entre ces deux pays. Mais en réalité, savoir qui est premier ou deuxième importe peu. Malgré le fait que le PIB de la Chine continu à augmenter de près de 7% par an, son économie est clairement dans le rouge depuis plusieurs années. À travers plusieurs articles nous tenterons expliquer pourquoi les capitalistes chinois sont actuellement dans la merde et en quoi ce n’est pas près de s’arranger.

Où en sont les ouvriers chinois ?

Pour commencer, il est important de voir ce qui se passe au niveau du prolétariat chinois et des luttes sociales depuis ces dernières années. En effet, les chiffres de la croissance masquent une situation de crise qui pousse de plus en plus de chinois dans la lutte malgré les répressions gouvernementales. Si les grèves sont interdites depuis 1982, les conflits du travail sont pourtant passés de cent mille en 1993 à plus d’un million par an en 2009. Aujourd’hui il y a presque 100 000 manifestations par an en Chine alors qu’il n’y en avait eu seulement 8 300 en 1993 et c’est en constante augmentation[1].

Pour éviter la répression étatique liée à l’interdiction des manifestations et de la grève, les ouvriers chinois utilisent des moyens de luttes alternatifs en organisant des promenades collectives ou en dormant sur les chaines de montage pour empêcher la production. Bien évidemment les syndicats sont interdits à l’exception de celui dirigé par le parti communiste. Du coup des syndicats clandestins s’organisent où certaines luttes s’en passent préférant se passer de forme de représentation. Des luttes comme celle de 2010 à l’usine Toyota mobilisent des milliers de travailleurs qui s’organisent sur la base des « trois non » :

refus de travailler / refus des représentants / refus d’avoir des revendications

Ils ont fait ainsi monter le rapport de force jusqu’à obtenir d’importante augmentation de salaire. Depuis le début des années 2000, la plupart des grandes grèves débouchent sur des augmentations de salaire et l’État cède régulièrement face aux grévistes en augmentant le salaire minimum. Entre 2009 et 2011, le salaire minimum a en moyenne augmenté de 30%.

Un pays loin d’être uniforme

Mais les prolos chinois sont loin d’être tous logés à la même enseigne. La Chine est un grand territoire et son économie reste très différente selon les provinces. Les plus gros investissements étrangers se concentrent dans les villes proches de la côte et la Chine intérieure reste majoritairement paysanne. Elle n’est pas non plus un territoire uniforme centralisé ou en libre marché. Elle est administrée en provinces, et les accessions à la direction du Parti Communiste Chinois passent souvent par les résultats des dirigeants locaux. Pour avoir l’autorisation de travailler dans une ville, les ouvriers chinois ont besoin d’obtenir un passeport intérieur (le Hukou) particulièrement difficile à obtenir. Cela limite donc clairement les mobilités de travailleurs. Les paysans qui sont poussés à rejoindre la ville pour travailler à l’usine, mais doivent le faire clandestinement, car ils n’ont pas ce Hukou. En fait, ces travailleurs venus de la campagne sont obligés de travailler au black et sont employés dans les usines demandant le moins de qualification. Aujourd’hui le « travail informel » représenterait 53% des travailleurs contre seulement 18 % en 2000. Ils reçoivent en moyenne un salaire trois fois moins élevé que les travailleurs ayant un permis.

Le problème c’est qu’il n’y a pas assez d’usines pour embaucher tous ces nouveaux ouvriers venant de la campagne. Ces nouveaux ouvriers ne peuvent bosser que dans des manufactures nécessitant des travailleurs peu qualifiés. Mais depuis les années 2000 ce sont les usines technologiquement avancées et qui ont principalement besoin de travailleurs qualifiés, qui portent la croissance chinoise. En effet, au cours des 40 dernières années la production chinoise a pas mal évolué et ses besoins en travailleurs aussi.

Pour résumer, les investissements dans l’industrie chinoise affluent depuis sa rentrée dans le marché mondial en 1971. Depuis lors, la production est principalement tournée vers l’exportation de marchandises aux quatre coins du monde, mais ce qui y est produit en majorité a relativement évolué selon les années.

La période du T-shirt.

Dans les années 1970, l’économie était principalement tournée vers la production de marchandises nécessitant peu de machines (l’industrie légère) comme le textile par exemple. Pour leur permettre de travailler dans ces usines, les travailleurs n’avaient besoin que d’une formation très sommaire voir pas de formation du tout. On pourrait appeler ça la période du T-shirt.

La période du Grille-pain.

Dans les années 1990 et avec les développements des industries, la Chine s’est mise à produire majoritairement des appareils électriques nécessitant plus de machines, des industries plus lourdes, mais peu de connaissances technologiques. Pour leur permettre de travailler dans ces usines, il est nécessaire de former les ouvriers à l’utilisation de machines complexes. On pourrait appeler ça la période du Grille-pain.

La période de l’iPhone.

Enfin depuis le milieu des années 2000, l’économie chinoise se tourne de plus en plus vers l’assemblage de produits de hautes technologies principalement liés à l’informatique et à la téléphonie. Pour leur permettre de travailler dans ces usines, il est nécessaire de former longuement les ouvriers à l’utilisation de machines de pointes. On pourrait appeler ça la période de l’iPhone.

Bien sûr cela ne veut pas dire que durant ces périodes  les entreprises chinoises produisent uniquement ce type de marchandises, mais que c’est ce type de production qui est le moteur de l’économie et de l’exportation du pays.

Aujourd’hui la Chine doit donc faire avec l’afflux annuel de plusieurs dizaines de millions de travailleurs des campagnes vers les villes sans avoir la possibilité de tous leur donner un taf. Du coup, on a un taux de chômage qui atteint entre 10 et 15% des travailleurs dans les villes (même si officiellement il est de 4,2%). Ce chômage touche presque uniquement les travailleurs peu qualifiés. Les industries chinoises manquent de main-d’œuvre qualifiée qui serait à même de travailler dans ses usines fabricants les Samsung S6 et autre iPhone 5. Du coup, lorsqu’il y a des grèves dans ces usines, les capitalistes sont bien obligés de céder et d’augmenter les salaires, car ils galèrent à trouver d’autres ouvriers qualifiés pour remplacer ceux trop contestataires.

À cela il faut ajouter la baisse des naissances qui ne va pas aider les capitalistes dans les années à venir. En effet, la politique de l’enfant unique, fait que l’augmentation de la population chinoise commence à ralentir. En fait depuis 2015, elle a commencé à stagner et devrait décroitre à partir de 2025[2]. La population active à même déjà commencé à baisser depuis 2013 notamment à cause du vieillissement de la population. Dans ce cadre-là, les patrons vont avoir du mal à maintenir la « compétitivité » (entendre par là, l’exploitation des travailleurs) dans leurs usines.

Une baisse de la rentabilité.

Au final, si l’on ajoute à ces augmentations de salaire, les taxes chinoises, la réévaluation de la monnaie chinoise et les grèves à répétition, produire en Chine devient de moins en moins rentable pour les capitalistes. En fait pour eux, cela peut même plus être plus rentable de relocaliser leur production aux États-Unis[3]. En effet depuis la crise les prolos ricains s’en sont pris plein la gueule et les salaires ont énormément chuté. À tel point que Général Electric par exemple, a décidé de rapatrier sa production de frigo aux USA. Tout comme Motorola qui a rouvert ses usines au Texas, le sud des États-Unis ayant les salaires les plus bas du pays.

Mais au-delà de l’augmentation des salaires, des conflits du travail et de la concurrence avec les autres pays, les capitalistes investissant en Chine sont dans la merde beaucoup plus profondément qu’il ne parait.

Le problème c’est que depuis le milieu des années 2000, trouver des endroits rentables où investir la thune déjà gagnée est de plus en plus difficile. Tout comme écouler l’ensemble des marchandises produites par les usines. Mais on verra le détail de tout cela et de comment ça se passe dans un prochain article sur le sujet.

La plupart des chiffres utilisés dans ce texte sont issus de l’excellent bouquin de notre camarade Mylène Gaulard Karl Marx à Pékin, « Les racines de la crise en chine capitaliste [/i]» [sic, parce que l'excellent camarade ravit aussi le NPA, très gestionnaire du capitalisme anticapitaliste...] Si vous voulez approfondir le sujet ou souhaitez plus de détails, n’hésitez pas à vous le procurer.

[1] L’augmentation est spectaculaire. Mais pour donner un ordre d’idée, il faut rapporter ce chiffre d’1 million de conflits sociaux par an à l’ensemble de la population active d’environ 920 millions de travailleurs. Pour exemple il y a eu environ 125 000 entreprises en France en 2005 pour une population active de 29 millions. Si l’on divise cela par l’ensemble de la population active. Il y a donc en réalité quatre fois plus de conflits du travail en France qu’en Chine. (L’appellation conflit du travail regroupe à la fois des grèves classiques, perlées, du zèle mais aussi les débrayages, refus d’heures sup’, les pétitions ou d’autres formes alternatives de lutte). Si la vitesse à laquelle augmente le nombre de conflits sociaux continue, la Chine n’aura aucun mal à dépasser la France sur ce terrain-là.

[2] Aujourd’hui la croissance démographique Française (0.48) est déjà plus forte que celle chinoise (0.44)

[3] Le Coût salarial Unitaire, c’est-à-dire le salaire et les charges mise en relation avec la productivité de l’usine seulement d’un tiers inférieur en Chine à celui des Etats-Unis. Natixis le détail d’ailleurs dans une étude disponible ici : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=77395


« Mais au-delà de l’augmentation des salaires, des conflits du travail et de la concurrence avec les autres pays, les capitalistes investissant en Chine sont dans la merde beaucoup plus profondément qu’il ne parait. » : si, avec mon esprit tordu, je comprends bien, ce sont les capitaliste étrangers à la chine qui « sont dans la merde », ceux près de «chez nous» RCA compatibles mais les Chinois ?

en fait, ces considérations "communistes anti-gestionnaires" ne s'éloignent pas de ce qui préoccupe les capitalistes français et plus généralement européens et occidentaux, leur angoisse est «la nôtre». Venant de ces révolutionnaires « partisans de la communisation », on le savait versant racisme "communautariste" des indigènes prolos des quartiers, à la mode Théorie Communiste classe-genre, on en a là la confirmation versant « critique de l'économie politique »



quelle bande de bouffons !


même son de cloche de Guy Sorman, un vrai expert économoine, à l'avant-garde... deux ans avant les "communisateurs" ci-dessus

Les BRICS coulent-ils ? 28 juillet 2013 L'Hebdo

Guy Sorman a écrit:
En sciences économiques, miracles, slogans et proclamations sont sans effets réels. On en voudra pour preuve le déclin soudain des économies dites émergentes : depuis une dizaine d'années, quelques prophètes médiatiques plus habiles en communication politique qu'informés réellement, nous annonçaient que ces pays émergents, en particulier les BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, à quoi on ajoutait souvent la Turquie, devaient se substituer aux pays développés, devenir le moteur de l'économie mondiale. Ils devaient  même nous enseigner une nouvelle théorie économique dans laquelle l'Etat se révélerait plus efficace que le marché. Hélas ! En l'espace de quelques mois, les mêmes qui célébraient les BRICS ont dû déchanter tandis que le taux de croissance des émergents converge vers zéro : les émergents deviennent des » immergents ».

Certes, la Chine croît toujours à 7% mais on peut douter de l'authenticité de ce chiffre gonflé par l'inflation et qui, spectaculaire en apparence, ne permet plus d'absorber l'excédent de l'exode rural. En réalité, le passage de l'émergence à « l'immergence », au lieu de contredire les lois classiques de l'économie de marché, ne fait que les confirmer avec précision et, on le déplore, avec cruauté au détriment des peuples victimes de politiques économiques déviantes.

La première de ces lois classiques, illustrées par le déclin des BRICS, tient à ce que l'on appelle la malédiction des ressources naturelles. La surabondance d'une matière première, pétrole, gaz dans le cas de la Russie, soja pour le Brésil (et l'Argentine), pour peu que les cours mondiaux s'envolent, apporte une prospérité spectaculaire et provisoire, laissant croire au miracle. Celui-ci est nécessairement de courte durée puisque les cours finissent par s'ajuster à l'offre.

Il en résulte trois conséquences néfastes pour les pays producteurs : la surabondance provisoire des recettes décourage la diversification industrielle, elle conduit l'Etat à des dépenses insoutenables quand l'aubaine est terminée et elle suscite de grandes inégalités sociales - et corruption - selon que l'on soit branché ou pas sur le circuit de l'exportation. C'est ainsi que la Russie a détruit son industrie, que le Brésil et l’Inde ont investi dans des aides sociales généreuses et que les uns et les autre se retrouvent aujourd'hui confrontés à la stagnation et au chômage. Pour dissimuler aux peuples que les années de vaches grasses sont terminées, la création monétaire et le protectionnisme sont alors les deux mauvaises politiques de court terme : ce à quoi on assiste dans tous ces pays.

Un autre enseignement tout aussi classique du déclin des BRICS nous est apporté, comme dans un manuel d'économie pour débutants, par l'Inde et la Chine. Quand une économie décolle, s'arrachant à la pauvreté de masse et au socialisme, l'autorisation de créer une entreprise (Inde) et le droit de passer de la campagne à la ville (Chine), suscitent mécaniquement une forte augmentation du taux de croissance : un ouvrier et un entrepreneur, à ce stade initial, s’avèrent toujours plus productifs qu'un paysan pauvre. Cette mécanique explique par elle-même les forts taux de croissance des économies asiatiques, avec un effet d'accélération dû à un marché mondial demandeur d'objets courants à bas prix sur ces vingt dernières années. Mais le cycle se bloque quand l'exode rural s'épuise : les salaires augmentent et la productivité chinoise, par exemple, qui progressait de 4% par an en 2006-2012, est tombée à 2% et à 0% en Inde.

Les émergents resteront donc durablement bloqués à leur niveau actuel de PIB par habitant sauf à engager des réformes de structure, également classiques : fonder la productivité future non plus sur la recette que procuraient des cours gonflés de matières premières ou des salaires anormalement bas, mais sur des innovations réelles.

On hésite à rappeler les conditions nécessaires à l'innovation tant elles sont banales et relèvent elles aussi de l'alphabet économique : une monnaie stable et prévisible comme condition de l'investissement à long terme et du crédit qui l'autorise, des lois stables, le droit d'entreprendre, une justice équitable, la liberté des échanges intérieurs et extérieurs, un droit de travail flexible, pas trop de corruption, des prélèvements publics non confiscatoires, une éducation généralisée et de qualité…

Cette évolution vers un état de droit et les fondamentaux de l'économie classique est-elle plus facile à parachever dans des régimes despotiques ou en démocratie ? A l'expérience, la démocratie favorise ces évolutions parce qu'il est permis de les expliquer et d'en débattre. Le Chili démocratique, par exemple, y parvient mieux que l'Argentine autocratique ; la Turquie s'éloigne des réformes à mesure que le gouvernement s'écarte de la démocratie ; le Brésil s'en retourne au caudillisme tout en s'éloignant de l'économie de marché ; la Russie rechute dans le despotisme et dans la récession. En Europe ? L'Espagne, l'Islande, le Portugal, l'Irlande mènent des réformes profondes qui vont restaurer l'économie parce que démocratiques et comprises.

Pour passer de « l'immergence » à l'émergence, l'alliance entre démocratie et marché reste encore ce que l'on sait faire de mieux, toutes civilisations confondues.

Amen !

« Qui se souviendra de l'économie, et de ses prêtres, les économistes ? » Bernard Maris, Houellebecq économiste, 2014, écrivain et expert économiste à la Banque de France, assassiné le 7 janvier chez Charlie Hebdo...

Citation :
Guy Sorman, né le 8 mai 1942 à Nérac (Lot-et-Garonne), est un éditeur et écrivain français. Il s'inscrit dans la filiation intellectuelle du libéralisme et de la défense des droits de l'homme... À la sortie de l'ENA , il quitte la fonction publique pour devenir écrivain, enseignant et entrepreneur, se consacrant en particulier à l'entreprise de presse qu'il a fondée... Les chroniques de Guy Sorman sont diffusées dans 300 journaux en 5 langues par Project Syndicate (New York), un syndicat qui a pour objectif de propager la démocratie et les débats d'idées... Guy Sorman défend dans ses ouvrages une politique libérale (La Solution libérale, Fayard, 1984), passant par un État minimum (L'État minimum, 1985) : il est considéré[réf. nécessaire] comme l'un des fondateurs du renouveau libéral, tel qu'il s'est imposé dans le monde à partir des années 1980 (La Solution libérale, Les Vrais Penseurs de notre temps), contre les totalitarismes et contre les replis identitaires (Le monde est ma tribu). Il est parmi les premiers à défendre le reaganisme auprès des Français (La Révolution conservatrice américaine)

Il dénonce toutefois « le camp des idéologues et activistes anticapitalistes qui s’étaient recyclés dans l’écologisme profond. Ces anciens Rouges masqués en Verts ont manqué leur coup d’État contre le libéralisme lors du sommet de Copenhague ». Avec Wonderful World (2009), Guy Sorman annonce la mondialisation comme civilisation et rejette les débats gauche-droite comme archaïques. Une tribune publiée dans Le Monde, le 10 août 2010, « Le Nuremberg du communisme », déclenche une polémique sur l'interprétation du procès des Khmers rouges.

Le 31 août 2013, Lech Wałęsa, fondateur de Solidarnosc, demande à Guy Sorman de prononcer le discours du trentième anniversaire des Accords de Gdansk, considérés comme précurseurs de la fin de l'Empire soviétique.

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MessageSujet: THE CHINESE WORKING CLASS IN THE GLOBAL CAPITALISM CRISIS Loren Goldner   Lun 27 Juil - 21:02

sur le site Insurgents Notes Journal of Communist Theory and Practice, une vidéo, en anglais :

(voir ci-dessous)

THE CHINESE WORKING CLASS IN THE GLOBAL CAPITALISM CRISIS Loren Goldner 26 juillet

Citation :
Revolutionary Mass Strike or a New Bureaucratic Containment?

A focus on the exhaustion of China’s former model of accumulation and China’s place in the world crisis. We will explore how it is both  necessary and impossible for the state bureaucracy (i.e. the Chinese Communist Party) to make the transition to a new (“consumer-oriented”) accumulation model without unleashing mass working-class and peasant discontent.

Grève de masse révolutionnaire ou un nouveau confinement bureaucratique ?

Mettant l'accent sur l'épuisement du modèle ancien d'accumulation de la Chine et la place de la Chine dans la crise mondiale, nous explorerons comment il est nécessaire et impossible pour la bureaucratie d'État (c'est-à-dire le parti communiste chinois) de faire la transition vers un nouveau modèle d'accumulation ("consommation-orienté") sans exploiter [libérer ?] la masse ouvrière et le mécontentement paysan.



Loren Golner est un auteur marxiste conseilliste de l'ultra-gauche américaine

le site de Loren Goldner : Break Their Haughty Power

autres textes et interventions de Loren Goldner sur le site Insurgents Notes

Loren Goldner Google

study

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 9 Aoû - 22:30



The tide begins to turn: Migrant workers embrace new opportunities closer to home 14 July, 2015

After more than a decade working as a delivery man in the southern city of Guangzhou, 55-year-old Zou Xiangfu is heading home. It is becoming increasingly hard for him to make a living: On good day he can earn between 100 yuan and 200 yuan but some days nothing at all. The physical strain of hauling goods up and down stairs is also taking its toll, but Zou’s main concern is for his five-year-old grandson Ziyi.

Citation :
Ziyi was abandoned by his mother soon after he was born and his father refuses to care for him. Zou, himself a widower, is now the boy’s only carer. Ziyi attends a kindergarten in the industrial suburbs of Guangzhou but because of the household registration (hukou) system that limits access to education and healthcare for rural migrants in the city, getting him into a primary school will be both difficult and expensive.

Zou feels that with more economic opportunities opening up and schooling readily available, it is now time to head back to his home town in the central province of Hubei. He doubts that he will ever return to Guangzhou. Prior to his return, a group of film makers from Hong Kong University’s journalism school, recorded a day in the life of Grandpa Zou and his family.


The Grandpa. Director: Jane Li Linjin,
Camera and Sound: Lukas Messmer and Siqi Guan,Editor: Pei-hua Yu

Just across the border from Hubei, in the mountainous rural community of White Horse Village, 40-year-old Xiao Zhang has spent most of her adult life trying to leave. She briefly managed to escape in her twenties, working as maid for rich people in the big city but since she returned to the village to get married in the early 2000s, she has been trapped, raising her two children while her husband worked in a factory 1,500 kilometres away in Beijing.

But while Xiao Zhang stayed in place, the world around her was being transformed. White Horse Village no longer exists; it has been absorbed into the brand new town of Wuxi, which will eventually house a population of 200,000. The rapid development of White Horse Village, intimately documented over the last ten years by the BBC’s China Editor Carrie Gracie, has meant that Xiao Zhang and her husband can now finally earn a decent living at home. They have the cleaning contract for the new courthouse in Wuxi and rent rooms out to newcomers trying to cash in on the booming local economy.


Xiao Zhang in the Wuxi Court House
Photograph from The village and the girl. BBC News

The experience of both families, and millions of others like them, is that while life in major cities like Beijing, Shanghai and Guangzhou has got tougher and more expensive over the last ten years, formerly rural communities in inland China are becoming more and more attractive.

This of course does not mean the end of traditional rural-urban migration. There will always be those who want to make a life for themselves in the big city; not least among them Xiao Zhang’s 11-year-old daughter Yangyang, who says: “I'd rather go to a bigger city than stay here. In a big city, there's more room to make something of myself. I can enrich my knowledge and experience. It's better to get out of here.”

However, there are clear signs that the growth of rural migrant labour is slowing down and that its distribution patterns are becoming more complex. Although the total number of migrant workers has increased steadily over the last decade to stand at an estimated 274 million in 2014, the rate of growth has declined noticeably from 5.5 percent in 2010 to just 1.9 percent in 2014. In addition, more migrants are finding work closer to home: The number of short-distance (本地) migrants increased by 2.8 percent in 2014 to reach 106 million, while the number of long-distance (外出) migrants rose by a slower rate, 1.3 percent, to stand at 168 million.

Moreover, the majority of long-distance migrants, about 69 percent, have moved to smaller or medium-sized cities, those at prefecture-level or below. In 2014, around 23 percent of long-distance worked in provincial capitals such as Guangzhou and Chengdu, while just 8.1 percent worked in major municipalities such as Beijing and Shanghai. See chart below.


Data from 2014 annual survey of migrant workers conducted by the National Bureau of Statistics

China’s increasingly diverse and fluid patterns of urbanization may hold the key to the gradual or at least partial eradication of the country’s antiquated and discriminatory hukou system. Smaller and, to some extent, medium-sized cities have already started to relax their administrative barriers to rural migration. And as these cities become a more viable option for migrant workers, there are likely to be fewer migrants seeking a place in larger cities. This in turn will make it easier for big city governments to integrate their existing migrant population into their social welfare, healthcare and education systems.

It could well be that the hukou system is still in place a decade or two decades from now. But at least there are now some signs that the system of rural-urban apartheid that the Chinese government has singularly failed to eradicate could eventually just fade into the background so that by the time Ziyi and Yangyang enter the workforce and start their own families, their rural status will no longer be the burden that weighed so heavily on their parents and grandparents.



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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 11 Aoû - 14:47



L’Angola fait du yuan chinois sa deuxième monnaie légale 7 août


Agence Ecofin a écrit:
- L’Angola a noué un accord monétaire avec la Chine qui fait du yuan la deuxième monnaie ayant cours légal dans le deuxième pays producteur de brut en Afrique, a annoncé la ministre angolaise du Commerce, Rosa Paca, le 3 août.

Le kwanza sera aussi accepté en Chine, selon cet accord qui va permettre à l’Angola d’importer davantage de biens chinois et d’être moins dépendant du dollar.

Le nouvel accord témoigne par ailleurs des efforts déployés par Pékin pour accélérer l’internationalisation de sa monnaie. Le billet rouge est déjà utilisé comme monnaie de règlement et de réserve dans plusieurs pays africains: Ghana, Nigeria, Maurice, Zimbabwe, et Afrique du Sud. La Chine a aussi noué des accords d’échange de devises (swaps) avec d’autres banques centrales (Afrique du Sud, Russie, Qatar, Hong Kong, Canada…) en vue de tisser un réseau monétaire international dans la perspective de la libre convertibilité et circulation du yuan hors de ses frontières.

Mais le Fonds monétaire international vient d’émettre des réserves sur la possibilité pour le yuan d’être intégré d’ici cinq ans dans le panier de monnaies qui constitue les droits de tirages spéciaux. Selon l’institution, la devise chinoise « doit effectuer encore des progrès » pour prétendre intégrer le saint des saints des actifs de réserves mondiaux, composé du dollar, euro, livre sterling et yen.




Dernière édition par Admin le Dim 16 Aoû - 11:39, édité 1 fois
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MessageSujet: [b]« Africapitalisme »[/b]   Jeu 13 Aoû - 19:11

en Afrique, c'est de bonne guerre... pour le taux de profit, l'alternative au capitalisme occidental et chinois, indien ou japonais, c'est le capitalisme africain... décolonial ?



Repenser le capitalisme Tony Elumelu 13 août 2015

Dans cette tribune, le financier nigérian Tony Elumelu, président de Heirs Holdings, plaide pour "l'injection dans les veines du capitalisme de valeurs allant au-delà de la maximisation du profit".

 
Tony Elumelu a écrit:
Dans notre monde superconnecté, nous avons – peut-être involontairement, mais de manière -irréversible – créé un système d’interdépendance sans précédent. Les chaînes d’approvisionnement globales sont devenues totalement mondiales, portées par l’irrépressible désir d’augmenter la compétitivité.

Nous devons par conséquent recalibrer la notion du winner-take-all [« le gagnant prend tout »] et injecter dans les veines du capitalisme des valeurs allant au-delà de l’aveugle et unique but actuel de maximisation du profit.

« Africapitalisme »

Sur le continent, cette approche est appelée « africapitalisme ». Elle se fonde sur la thèse selon laquelle un système dirigé par le secteur privé et gouverné par une politique publique favorable aux affaires peut conduire à une croissance économique plus forte et inclusive ainsi qu’au développement social.

À lire aussi : Au-delà de l'africapitalisme

Michael Porter, professeur à la Harvard Business School, a défini le concept d’affaires générant de la valeur partagée : selon lui, les activités du secteur privé peuvent et devraient apporter une rémunération substantielle aux entreprises et à leurs actionnaires, mais aussi à un groupe d’acteurs plus large.

Le président de la Banque mondiale, Jim Kim, a quant à lui réorienté la stratégie de l’institution vers la promotion d’une « prospérité partagée ». Pour la première fois de son histoire, la Banque va lutter non seulement contre la pauvreté, mais aussi contre « l’inégalité globale ».

Le système approche, au mieux, de sa fin, au pire du chaos.

Une transformation du système s’impose

Je crois en ces deux concepts, d’une part parce qu’ils reflètent mes propres valeurs et ma philosophie dans les affaires, d’autre part pour leur aspect pratique. Avec l’augmentation des inégalités dans les économies développées ou en voie de développement, le capitalisme approche, au mieux, de sa fin, au pire de grands bouleversements sociaux et du chaos. Sa transformation est impérative.

L’un des principaux défis vient du fait qu’aucune entreprise, aucun État, ne peut espérer changer notre système capitaliste seul. De même, le faire évoluer vers un socle plus large de valeurs telles que le « capitalisme inclusif » et l’« africapitalisme » est impossible sans l’adhésion de tous les secteurs. Provoquer ce type de changement demande un objectif commun préalable. Cela implique non seulement d’accepter la logique du capitalisme inclusif et de l’africapitalisme, mais aussi de partager un profond désir d’agir.

J’ai été impressionné par le savoir-faire, l’influence et le succès de mes pairs présents à la Conférence sur le capitalisme inclusif à Londres dernièrement. Nous sommes tous bénis. Mais cette couronne est lourde à porter. Notre réussite s’accompagne de responsabilités s’étendant bien au-delà de notre famille, de notre pays ou de nos actionnaires.

Nous nous sommes réunis pour explorer les limites d’un système dont nous avons bénéficié, car d’autres, beaucoup trop nombreux, n’ont pas eu cette chance. La question brûlante à nous poser est donc : que sommes-nous prêts à faire ?

L’ingrédient essentiel : le leadership

Qu’importe la motivation profonde. Nous pouvons avancer en nous appuyant sur notre désir bien trop humain d’autopréservation, notre mécontentement ou même notre rapport à Dieu. Mais nous ne devons pas subir cette responsabilité comme une conséquence inévitable du succès. Nous devons la voir comme une opportunité de créer de la richesse pour nous-mêmes comme pour les autres.

L’ingrédient essentiel pour que les valeurs véhiculées par le capitalisme inclusif et l’africapitalisme participent à la transformation du système capitaliste, c’est le leadership. Nous n’avons pas besoin d’une autre étude pour savoir quoi faire. Ce qu’il faut à ce stade, c’est le courage d’agir. De diriger.

Nous ne savons pas ce que le futur nous réserve ni quel rôle nous y jouerons. Mais, par la grâce de Dieu, je donnerai l’exemple chaque jour, et je me battrai pour que d’autres s’engagent dans la construction d’une société plus juste et égalitaire qui profite à tous et non à quelques-uns. Je vous demande juste de me rejoindre pour faire de même. Les véritables récompenses sont devant nous.


À lire aussi (liens dans l'article)


Nigeria : Tony Elumelu accueilli en star devant 1000 entrepreneurs africains


Obama et Tony Elumelu
rencontre avec l'homme qui mise 100 millions dans les startups africaines



Tony Elumelu : "Le secteur privé a besoin de leaders africains"

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 14 Aoû - 10:05

Patrick Artus (le marché) dit :

«La nouvelle stratégie chinoise de croissance basée sur la consommation des ménages a échoué»

RIM BOSSARD 13 AOÛT 2015

Citation :
INTERVIEW Pour le troisième jour consécutif, la Banque centrale chinoise a dévalué le yuan face au dollar. Directeur de la recherche et des études de Natixis, Patrick Artus décrypte la politique monétaire de la Chine, qui vise à relancer des exportations en recul.

Pourquoi la Chine opte-t-elle pour la dévaluation alors qu'elle a fait de la consommation intérieure sa nouvelle priorité ?

La Chine fait face à un problème majeur, qui est sa perte de compétitivité. Cette dernière est liée pour l'essentiel à une politique monétaire inadaptée mise en place début 2014. Pour relancer sa croissance, le pays a décidé de booster la consommation intérieure en encourageant la hausse des salaires. Mais les ménages n’ont pas eu la réaction escomptée et ont épargné plus qu’ils n’ont consommé. Résultat, les coûts de production ont augmenté et la compétitivité du pays a baissé. Les Chinois ont commencé à investir à l’étranger, les exportations ont baissé, contrairement aux importations qui ont crû. Par ailleurs, le gouvernement a largement investi dans des grands chantiers financés par le crédit et s’est de ce fait beaucoup endetté. On observe que depuis six mois, ces chantiers ont largement ralenti. Cette stratégie de passage à un nouveau modèle de croissance basé sur la consommation des ménages ne fonctionne pas.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour corriger le tir et changer de stratégie ?

Ce volte-face a surpris tout le monde et il est étonnant que la dévaluation n’arrive que maintenant. Mais il est difficile de répondre à votre question. Nos correspondants chinois nous disent que c’est principalement parce que de nombreuses entreprises réagiraient mal à une forte fluctuation du yuan et ne sauraient pas couvrir le risque de change. Ce danger a apparemment été écarté ou ignoré. Mais il faut également s'interroger sur la nature de la production chinoise. Les entreprises y sont positionnées sur le milieu et bas de gamme et sont donc très sensibles au facteur prix. Jusqu’ici on ne dévaluait pas, pour les inciter à monter en gamme. Cela pourrait expliquer pourquoi le gouvernement a autant hésité.

La dévaluation est-elle un outil efficace ?

Dans le contexte actuel de perte de compétitivité de la Chine, oui. Le gouvernement a décidé de changer de politique et de maintenir à flot les entreprises milieu et bas de gamme en dévaluant, plutôt que de les inciter à monter en gamme. C’est un bon moyen de booster les exportations et donc de remonter en compétitivité.

Comment expliquer la réactions des marchés financiers ?

Elles sont complètement délirantes. Evidemment, les Américains sont mécontents, surtout avec la baisse des cours du pétrole. La Bourse de Paris, qui perdait 3,40% hier [mercredi, ndlr], c’est complètement démesuré. Cette panique envoie en réalité un signal : la dévaluation a chahuté les marchés, qui ont réalisé à quel point la situation est difficile en Chine. La question maintenant, c’est jusqu’où ira la Banque centrale chinoise. Il est difficile de croire que la dévaluation va s’arrêter à 4%. Ce serait beaucoup de bruit pour rien. Si la Chine veut atteindre ses objectifs, il faudrait qu’elle dévalue jusqu’à au moins 15%. C’est une technique très agressive qui entraînerait une guerre des devises aux conséquences désastreuses pour la reprise mondiale. Et ça, personne ne peut le prédire.

Rim BOSSARD

http://www.liberation.fr/economie/2015/08/13/la-nouvelle-strategie-chinoise-de-croissance-basee-sur-la-consommation-des-menages-a-echoue_1363170#


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 14 Aoû - 16:04



les experts occidentaux inquiets... pour l'Occident

dans toutes ces analyses, je l'avais déjà relevé et on le retrouve chez Michel Husson, les experts économistes occidentaux, jusqu'à la "camarade" Mylène Gaulard, disent : ça ne marche pas ». Patrick Artus est plus nuancé : ça marche difficilement pour les Chinois, et pas du tout pour les Occidentaux

autrement dit, en Occident tout le monde s'inquiète, même les "so called marxistes" : tout le monde s'inquiète pour l'économie occidentale, avec des pronostics à courte vue. Il y aura visiblement un moment de crise majeure dans la crise, peut-être plus grave qu'en 2007-2008, mais à mon avis ce sera un grand moment de restructuration du capitalisme mondial, et pas du tout une fenêtre révolutionnaire de type "communisation" comme l'attendaient ses théoriciens, et peut-être encore, puisque pour Roland Simon, ce qui se passait à partir de ? 2010-2012 n'était qu'une « séquence particulière » (Où en sommes-nous dans la crise ?)

cela pourrait expliquer le silence "communisateur", avec l'espoir de n'avoir pas eu tort d'attendre avant de se prononcer, et surtout pas de se précipiter comme Patlotch à enterre la théorie de la communisation...

une restructuration annoncée donnant sa vraie place au capitalisme occidental

la critique eurocentriste de l'économie politique, et ses espoirs d'une crise démiurgique ouvrant la voie à la révolution, ne s'exprime qu'en miroir de celle des économistes de la bourgeoisie : les premiers tablent sur l'impossibilité d'une restructuration du capital « dans ce cycle de luttes » (Théorie Communiste), les seconds sur une restructuration épargnant une fois encore le capitalisme occidental

nègres européens du monde nouveau

les deux auront tort, l'Occident va morfler, ses populations vont être paupérisées à un niveau jamais vu depuis le dix-neuvième siècle

il n'y a pas d'autre perspective qu'une explosion des alliances eurocentrées, transclassistes de fait, en Europe et en Occident, c'est aussi ce que montre l'impasse politique en Grèce.  Le mot néo-colonialisme est apparu pour comparer la Grèce à un pays africain sous joug impérialiste de l'Europe du Nord. La seule voix est une alliance avec le "Sud". Le zonage du monde, selon Roland Simon, n'est pas allé jusqu'à faire disparaître les disparités du "Tiers-monde", même si les bidonvilles vont se multiplier « chez nous » (migrants)

communisme décolonial pour tous

c'est ici que le concept de "communisme décolonial" a sans doute une pertinence : decolonial, précise Grosfoguel, n'est fondamentalement pas un concept anti-occidental. Pour Achille Mbembe, on peut être "nègre du monde" en étant chinois et même européen blanc, d'Europe centrale et de l'Est, par exemple

voilà que le prolétariat, en Occident, prend des contours inattendus, ce qui ne rejoint qu'en apparence le caractère universel et incolore qu'il a dans les théories marxistes européennes. En effet, entre les deux, il y a la race des miséreux, qui ne sont plus le lumpen-prolétariat de Marx, supposé toujours devenir supplétif de la classe capitaliste : c'est la thèse explicite du "communisateur" Francis Cousin, et de certains à l'extrême-gauche pendant les émeutes de 2005 (Lutte Ouvrière, Mouvement Communiste dont s'était alors démarqué Théorie Communiste)

de nouvelles dynamiques de classe

il y a, sinon une « séquence particulière », des contradictions qui s'approfondissent, et dessinent plus clairement des enjeux de dépassements à produire dans des affrontements qui vont devenir de plus en plus massifs, et sans doute plus violents en Europe. La "Guerre au terrorisme" n'est évidemment qu'une «imposture» (Henri Simon), un voile mis sur la peur des gouvernants qu'ils veulent refiler aux populations en les terrorisant idéologiquement et policièrement. Force est de constater que jusque-là, ça marche à fond, mais... Mais c'est au prix de ne plus parler des choses qui fâchent : le chômage, des wagons de licenciements, une pauvreté galopante confinant à la misère en Europe (alertes des associations humanitaires tombant à plat...)

à quand des émeutes de la faim ?

vive la rébellion des croquants : le feu aux château !

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 23 Aoû - 16:27

vlad2 a écrit:
un site critique majeur sur la Chine :

http://chuangcn.org/blog/

Lists of recommended books, articles, films, and websites about China, to be updated periodically, with links to those available online.1
A few texts in Chinese and other languages are listed at the bottom; the others are limited to English. Some books appear in more than one list.

http://chuangcn.org/resources/

闯 Chuang will publish a journal analyzing the ongoing development of capitalism in China, its historical roots, and the revolts of those crushed beneath it. Chu?ng is also a blog chronicling these developments in shorter and more immediate form, and will publish translations, reports, and comments on Chinese news of interest to those who want to break beyond the bounds of the slaughterhouse called capitalism.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 26 Aoû - 14:52

Perte de confiance du marché dans les statistiques du gouvernement chinois :

Citation :
Shanghai Comp 
June 2015 index highs: 5166
8 July 2015 post-peak low: 3507
Thursday 20 August Close    3664 
Tuesday 25 August Close    2965 
Wednesday 26 August Close    2927
26 August 2015 "performance"    -1.3%
Last 4 trading days "performance" -20.1% 
Total crash since June    -43.3%  

CHINEXT 
June 2015 index high: 3943
7 July 2015 post-peak low: 2352 
Thursday 20 August Close    2509
Tuesday 25 August Close    1991
Wednesday 26 August Close    1890
26 August 2015 "performance"    -5.1%
Last 4 trading days "performance" -24.7%
Total crash since June    -52.1%

Shenzhen Comp
June 2015 index highs: 3140
8 July 2015 post-peak low: 1884
Thursday 20 August Close:    2155
Tuesday 25 August Close:    1749
Wednesday 26 August Close    1696
26 August 2015 "performance"    -3.0%
Last 4 trading days "performance" -21.3%
Total crash since June    -46.0%
Absolutely abysmal.

http://www.zerohedge.com/news/2015-08-26/here-we-go-again-us-equities-surge-even-chinese-stock-market-rollercoaster-tumbles-8



AWP / 26.08.2015 12h03 dit
Citation :
La place shanghaïenne avait dévissé de presque 8,5% lundi puis de 7,63% mardi, après avoir lâché quelque 11% la semaine dernière, dans un climat d'affolement général. Elle a perdu plus de 40% depuis mi-juin.

Malgré tout, les craintes de bulle et de survalorisation excessive du marché persistent, laissant redouter de nouvelles corrections.

"Le sentiment dominant, c'est que les investisseurs veulent retirer leurs billes -- quoi que fasse le gouvernement", a souligné Ronald Wan, analyste chez Partners Capital International à Hong Kong.

"La confiance en a déjà pris un coup. Les doutes sur l'efficacité des mesures prises (par les autorités chinoises) grandissent. Le marché va rester sous pression à la vente pendant un moment", a-t-il estimé, cité par l'agence Bloomberg.

Bien que bienvenues, les mesures de la PBOC devraient s'avérer très insuffisantes pour relancer vraiment l'activité économique, les investissements et la consommation, jugeaient nombre d'experts.

Selon eux, Pékin devra se résoudre à de vigoureuses interventions supplémentaires, notamment en termes de relance budgétaire et de dépenses publiques.

Les sidérurgistes ont été parmi les plus grands perdants de la place shanghaienne. Hangzhou Iron and Steel a dégringolé de 10%, la limite quotidienne maximale, à 6,81 yuans et Baoshan Iron and Steel a cédé 6,18% à 5,16 yuans.

Les promoteurs immobiliers ont également perdu du terrain. Greenland Holdings coté à Shanghai a chuté de 10%, la limite quotidiene autorisée, à 13,30 yuans, tandis que AVIC Real Estate Holding coté à Shenzhen a aussi plongé de 10% à 8,96 yuans.

afp/al (AWP / 26.08.2015 12h03)  

http://www.romandie.com/news/La-Bourse-de-Shanghai-finit-en-baisse-la-banque-centrale-ne-convainc-pas/624245.rom


Alerte sur la croissance chinoise… un krach durable

Citation :
… Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis essaie d’estimer la "vraie" croissance de la Chine dans la période récente en partant de relations statistiques supposées stables entre :

- le PIB et les importations ;
– le PIB et la production d’électricité ;
– le PIB et le fret (routier, ferroviaire, maritime).

Ceci le conduit à une estimation de la croissance de la Chine au deuxième trimestre 2015 de l’ordre de 2% en rythme annuel

Ceci le conduit — non, vous ne rêvez pas — à une estimation de la croissance de la Chine au deuxième trimestre 2015 de l’ordre de 2% en rythme annuel, en prenant la moyenne des différentes estimations. Rappelons tout de même que cette croissance était officiellement de 7% sur cette même période…

http://la-chronique-agora.com/croissance-chinoise-krach/


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CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?
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