PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Dim 13 Déc - 11:34




Le travail, histoire d’une idéologie

Le travail, idéologie aliénante ou émancipatrice ?

Citation :
Ce livre dresse un panorama synthétique mais complet des liens que nous avons eus et que nous avons actuellement avec le travail. Il s’intéresse à sa naissance en tant que phénomène économique et social et souligne le lien historique existant entre le travail et les rapports d’exploitation, depuis le Néolithique et l’apparition des premières cités jusqu’à nos jours.

S’inspirant des travaux de Jacques Ellul sur le travail, l’auteur poursuit la réflexion par une approche historique et économique du phénomène idéologique du travail, en lien avec le développement des sociétés capitalistes. Il démontre ensuite comment l’idéologie de la consommation s’est ajoutée à celle du travail afin de lui permettre de survivre dans un monde où le chômage structurel de masse devient la norme.

Alors que la centralité de la valeur travail règne, nos sociétés sont incapables de fournir un emploi décent et qui fait sens à celles et ceux qui le demandent. C’est donc le contrat social hérité du fordisme, qui a conduit au développement des classes moyennes, qui est en train de s’écrouler. Pour écrire un nouveau chapitre de son histoire, il nous faut réinventer le travail afin qu’il ne reste pas un instrument de domination aux mains du néolibéralisme.

Caroline|10 novembre 2015

Guillaume Borel est documentaliste et collabore à plusieurs médias indépendants d’information sur Internet comme www.arretsurinfo.ch ou le site www.les-crises.fr
En plus de ses recherches sur l’histoire du travail, il s’intéresse particulièrement au phénomène de la propagande médiatique.



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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 14 Déc - 7:35



Le télétravail, "une économie de fatigue et de stress" LEXPRESS.fr avec AFP 11/12/2015

Avec l'explosion des nouvelles technologies, le télétravail monte en puissance en France. Peu à peu, les réticences des entreprises vis-à-vis du travail à distance disparaissent. 8 à 10% des salariés du tertiaire y auraient déjà recours, même si des questions demeurent.


Citation :
Gain de temps, stress en moins, c'est "que du bon", affirme une convertie au télétravail. A condition de ne pas en abuser. Avec l'explosion des nouvelles technologies, la pratique monte en puissance en France mais reste souvent hors des clous fixés par la loi. A l'heure de la COP 21, comme après les attentats, le télétravail est apparu comme une solution pour des salariés et certaines entreprises. Or n'est pas télétravailleur qui veut.

Depuis 2012, le code du travail définit précisément le télétravail: un travail qui "aurait également pu être exécuté dans les locaux de l'employeur", mais effectué "hors de ces locaux de façon régulière et volontaire" et encadré par un avenant au contrat de travail. Sont donc exclus les travailleurs à domicile, les salariés nomades tels que les commerciaux ou les auditeurs, ainsi que les cadres travaillant occasionnellement de chez eux sans que leur contrat ne le prévoie. Typiquement le cas où "l'on reste à la maison quand on a un problème de nounou ou de transport", relève Stéphane Béal, directeur du département droit social du cabinet d'avocats Fidal.


8 à 10% dans le tertiaire


Ce télétravail non formalisé, dit "gris", représenterait les deux tiers des cas, selon les enquêtes régulièrement publiées, qui mêlent souvent télétravailleurs déclarés et les autres. Toutes montrent qu'en quelques années, le télétravail "a augmenté dans des proportions importantes", "la mayonnaise est en train de prendre", affirme Jérôme Chemin, secrétaire national à la CFDT. Mais faute de statistiques officielles, cette progression est "très difficile" à mesurer, souligne Yves Lasfargue, directeur de l'observatoire spécialisé Obergo.

Si le travail à distance "se développe", "il est peut-être de 8 ou 10%" dans le tertiaire mais dans les entreprises industrielles, il se situe [i]"entre 2 et 5%". A terme, "on ne dépassera probablement pas 12% de télétravailleurs" au sens de la loi, affirme néanmoins Yves Lasfargue.  

Dans tous les cas, les pratiquants plébiscitent cette forme de travail. "C'est que du bon, une qualité de vie appréciable", raconte Sylvie Duronsoy, assistante de direction chez Axa, où plus de 1200 salariés télétravaillent avec un avenant. Deux fois par semaine, les mardis et jeudis, "jours de transport les plus chargés", la quinquagénaire fait l'économie de plus de 3 heures 30 de trajet, entre le Val-d'Oise et son bureau à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.

"C'est une économie de fatigue de déplacement et de stress qui va avec", confirme une autre salariée de l'assureur, cadre, qui "plus au calme" a le sentiment de "travailler plus efficacement". Outre ces motivations, régulièrement citées, le télétravail ouvre des perspectives de maintien d'emploi dans les zones rurales, d'insertion des travailleurs handicapés, sans oublier les bénéfices des économies de carburant.


"Ce n'était pas gagné avec les managers"

Peu à peu, les réticences de l'encadrement qui ont longtemps freiné le télétravail tombent. Chez Axa, "ce n'était pas gagné au départ avec les managers", reconnait Sibylle Quéré-Becker, directrice du développement social d'Axa-France. Dans un système français "assez présentéiste", "ils se demandaient comme ils allaient gérer ces salariés, il a fallu les accompagner". Le groupe vient de renouveler pour trois ans son accord avec les syndicats pour assouplir les conditions: disparition de la clause d'ancienneté et déclenchement de télétravail occasionnel pour tous les salariés dans des circonstances exceptionnelles, comme des situations de crise, de catastrophe naturelle...

A La Poste, l'objectif initial de 1000 télétravailleurs en trois ans a été "largement dépassé". "On en est à 1359 salariés, soit à peu près 7% des 20 000 personnes éligibles", c'est à dire autonomes et utilisant les nouvelles technologies, souligne Jean-Yves Petit, directeur des relations sociales. Le baromètre interne est sans appel: 98% des télétravailleurs du groupe postal notent une amélioration de leur qualité de vie et presque autant de l'équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

Si une écrasante majorité oeuvre à domicile, 8% rejoignent des "centres de proximité" près de chez eux. Une tendance confirmée à l'échelle nationale par une récente enquête BVA-Sémaphores: 21% des télétravailleurs utilisent des bureaux proches mis à disposition par l'entreprise et 7% des espaces de coworking. Selon cette enquête, le télétravail se conjugue essentiellement au masculin et concerne surtout les 35-49 ans du secteur privé, le plus souvent cadres.

Pour éviter le principal écueil - le risque d'isolement social et professionnel -, il "faut organiser" la relation entre le salarié et l'entreprise en conservant "des moments de rencontre réguliers", prévient l'avocat Stéphane Béal. Les "conséquences négatives" commencent "à partir de trois jours", selon Yves Lasfargue. Pour cette raison, la plupart des grandes entreprises limitent le nombre de jours télétravaillés. En pratique, il est de 1,8 jour en moyenne. Dans la fonction publique, un décret doit prochainement préciser les modalités de télétravail, en fixant notamment un maximum de trois jours par semaine.


Du travail en plus ?

Autre point de vigilance: le temps de travail. Car contrairement à une idée reçue, avec moins de transport et de pauses, plus de six télétravailleurs sur dix disent travailler davantage, selon l'enquête Obergo 2015. Ils travaillent "plus longtemps" mais leur satisfaction est "meilleure", souligne Jérôme Chemin, de la CFDT. Un "paradoxe" qui force à s'interroger sur "la mesure de la charge de travail" et "plus seulement le temps", comme l'a recommandé le rapport Mettling, remis en septembre au gouvernement.

Pour préserver la santé des télétravailleurs, le syndicat CGT des cadres demande également une "évaluation de la charge de travail" mais reste attaché à un "décompte des heures". Il appelle aussi à un "renforcement de la réglementation" en cas d'accident au domicile. Alors que la commission présidée par le DRH d'Orange Bruno Mettling invitait les entreprises à "réguler collectivement le télétravail" et sortir des "tolérances et arrangements individuels", le ministère du Travail n'a pas encore décidé si les accords d'entreprise, actuellement facultatifs, deviendront obligatoires.

A ce jour "entre 100 et 120 entreprises" ont signé un accord, selon l'Observatoire Obergo. C'est utile pour celles désirant limiter les risques de contentieux, "cadrer les choses" ou "développer le télétravail pour faire une économie de locaux", estime l'avocat Stéphane Béal. Mais les rendre obligatoires serait selon lui "contreproductif", "une usine à gaz pour les petites entreprises".





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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 14 Déc - 10:08





« La chimère de l’usine sans ouvrier occulte la réalité du travail » : Entretien avec David Gaborieau
17 septembre 2015

Dans les coulisses des grandes centrales d’achat (Amazon, Fnac) et des grands centres commerciaux, des ouvrières et des ouvrières s’échinent dans d’immenses entrepôts, qui poussent en périphérie des villes et dans les territoires ruraux. Invisibles, ces salarié-e-s sont aussi téléguidé-e-s par un logiciel via un casque audio. À quoi ressemble le travail quotidien dans ces entrepôts ? Quels sont les effets politiques de l’automatisation ? Terrains de luttes reprend ici un entretien réalisé par la revue Z avec David Gaborieau, sociologue du travail, qui depuis 2004 travaille quelques mois par ans comme préparateur de commande dans les plateformes logistiques des supermarchés.

Citation :
Qu’entend-on par «entrepôt logistique » ?

La logistique correspond au transport et au stockage de produits, qu’il s’agisse de pièces permettant de construire une machine-outil ou, pour ce que j’observe, de produits de supermarchés. Un entrepôt de Carrefour ou Leclerc, c’est 40 à 60 000 mètres carrés pour 200 à 300 personnes. De plus en plus, ça fonctionne 24 heures sur 24, six jours sur sept : le dimanche, les chauffeurs routiers sont obligés de s’arrêter, donc l’entrepôt aussi. On y trouve trois types de postes : environ 5 % d’encadrants, 20 % de caristes, qui conduisent des chariots élévateurs avec lesquels ils chargent ou déchargent les camions et rangent les palettes complètes, et enfin à peu près 75 % de préparateurs de commande.

Comment se déroule une journée-type de préparateur ?

Tu entres par un portique encadré par des gardiens, passes ton badge devant une machine, marches entre les camions pour arriver dans l’entrepôt lui-même où tu badges à nouveau. Tu récupères un casque audio assez simple muni d’un micro. Tu l’allumes et t’identifies en prononçant ton numéro d’équipe et ton numéro de préparateur. Ça fait bip bip, la commande vocale se connecte. Elle te dit « commencer mission », tu réponds « ok » et c’est parti. Tu disposes d’un chariot électrique (un transpalette) pour te déplacer dans l’entrepôt, sur lequel ta palette est posée, à 15 centimètres du sol. La voix du casque, féminine, plutôt douce, t’annonce le numéro du premier emplacement. Devant le colis que tu dois prendre il y a un panneau avec ce qu’on appelle un « code détrompeur » : il sert à vérifier que tu es bien au bon endroit. Tu dis ce code dans ton micro, tu valides le nombre de colis, tu les charges, puis la machine donne l’emplacement suivant, et ainsi de suite jusqu’à la fin de la palette. Là il y a une pile qui peut monter jusqu’à 1 mètre 80, voire plus. Tu l’entoures de film plastique (parfois à l’aide d’une machine), tu la déposes sur un « quai » où elle sera ensuite chargée dans un camion, et c’est reparti pour une nouvelle palette. Jusqu’à la fin de la journée de travail.

Ça se passe comme ça dans tous les entrepôts du monde ?

C’est particulièrement fort en Europe, notamment en France et en Allemagne. Aux États-Unis c’est beaucoup moins développé. En Asie, en Afrique et en Amérique du Sud il semblerait que la commande vocale n’existe pas, en tout cas je n’en ai pas connaissance. Plus de 70 % des entrepôts de la grande distribution alimentaire française fonctionnent avec la commande vocale. C’est beaucoup moins présent dans les entrepôts des autres secteurs. Chez Amazon par exemple ils ne l’utilisent pas, car les ouvriers se déplacent beaucoup pour prendre peu de produits : ils ont des sortes de pad au poignet, et des bagues numériques au doigt, un peu comme à Chronodrive.

Qui sont les préparateurs de commande ?


Des hommes à plus de 80 %, le plus souvent âgés de 25 à 35 ans. Les femmes sont plutôt embauchées dans le textile et la pharmacie où elles peuvent être majoritaires. Les charges ne sont pas beaucoup moins lourdes dans ces secteurs, ce n’est pas moins physique, mais comme ces métiers sont associés au féminin, on recrute des femmes. La composition sociale varie selon les bassins d’emplois. En région parisienne, il y a une très forte proportion d’Antillais et de personnes issues de l’immigration. Dans les entrepôts de l’Ouest c’est davantage des Blancs vivants dans des zones rurales ou semi-rurales. Partout, on retrouve beaucoup de gens qui ont travaillé dans l’agro-alimentaire, la pétrochimie ou le nucléaire. Dans une agence d’intérim, les recruteuses disent : « Moi le gars qui a travaillé trois mois chez Charal je le prends tout de suite. » Avoir connu Charal, c’est presque une garantie d’embauche. L’odeur, le sang, le froid de l’industrie de la viande, l’évidence du risque sanitaire du secteur de l’énergie : c’est pour fuir tout ça que certains ouvriers rejoignent l’entrepôt. Il faut avoir ces parcours en tête pour relativiser le caractère choquant de la commande vocale : pour beaucoup, c’est un environnement de travail meilleur que ce qu’ils ont connu.

C’est plus difficile pour ceux qui ont passé des bac pro ou des CAP logistique. Les conseillers en orientation leur ont raconté qu’ils allaient « travailler avec des ordinateurs ». Ils ont perçu ça comme une valorisation. Et en arrivant, ils comprennent rapidement que la commande vocale, ce n’est pas exactement un travail avec de l’informatique. Que les postes qualifiés derrière un écran sont de plus en plus rares, que la gestion – tâche la plus valorisante – est toujours plus automatisée, que les « possibilités d’évolution » qu’on leur a vendues sont illusoires. Pour eux il y a un sentiment de frustration très fort, le sentiment d’avoir été arnaqués.

logistique_2

Automatisation et rationalisation logistiques



Avant la commande vocale, ça marchait comment, les entrepôts ?


La forme « entrepôt » est très ancienne, elle doit remonter au XIXème ou au début du XXème siècle. Pendant des décennies, les travailleurs connaissaient les produits. Il n’y avait que trois types de boites de sardines, et ils savaient dans quel coin les gens consommaient tel type de sardines. Le premier gros changement, c’est la multiplication des références et l’arrivée du code-barres dans les années 1960. Il y a tellement de sortes de sardines différentes que ça devient compliqué pour un humain de les connaître. Dans un premier temps, l’organisation du travail reste néanmoins entre les mains des travailleurs. Le travail s’appuyait sur une liste et un crayon. La gestion des stocks passait par un dialogue permanent entre les caristes et les préparateurs de commande.

Dans les années 1980, des experts sortis de grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs réfléchissent à la chaîne de distribution, identifient là une source stratégique de nouveaux profits et popularisent le terme de « logistique ».

Avant, l’usine qui produisait quelque chose fournissait directement les supermarchés, les tâches qu’on appelle aujourd’hui logistiques (préparer et livrer les colis) étaient donc intégrées au processus de production. C’est dans les années 1990 qu’apparaissent de vraies zones exclusivement logistiques. Les collectivités locales dans les bassins industriels sinistrés, comme à Orléans ou à Chalon sur Saône, contactent des promoteurs en immobilier logistique qui vont concevoir des espaces puis trouver des clients pour les occuper. Au même moment, arrivent les logiciels dédiés, des ERP (des « progiciels » d’Enterprise Ressource Planning). Couplés aux « douchettes » capables de lire les codes-barres, ils hiérarchisent automatiquement les tâches à réaliser et les dictent aux travailleurs via des écrans.

Dans les années 2000, la commande vocale permet de placer directement ce que les gens font dans leur travail sous le contrôle du progiciel qui gérait déjà le fonctionnement général de l’entrepôt. Le discours associé à la commande vocale c’était la libération et l’autonomie : « Ça va libérer la main et les yeux de l’ouvrier ». Auparavant encombrées par leur bout de papier et leur crayon, leurs mains deviennent disponibles pour attraper les produits, ce que la machine peut difficilement faire. Les tâches de préparation et de livraison des colis, après avoir été identifiées et séparées du reste de la chaîne de production, voient ainsi leur productivité augmenter à nouveau, ce qui permet de dégager plus de profits.

Comment l’arrivée de la commande vocale est-elle perçue par les préparateurs de commande ? Se sentent-ils devenir des robots ?

Dans l’entrepôt, on n’entend pas ce type de discours, mais quand ils s’adressent à quelqu’un de l’extérieur pour décrire leur travail (typiquement : à moi le sociologue), ils disent : « C’est sûr on est des robots ! » Ils savent que ça va choquer les autres.

Par contre, il y a tout un discours sur l’ambiance : « Avant, c’était pas comme ça, on se parle moins… » Pour les anciens, quelque chose a été perdu. D’un autre côté, il y a toujours la peur de passer pour un vieux con, un réac’ à trop critiquer les changements. Une certaine nostalgie qui n’embraye pas sur une critique de l’outil en tant que tel. Et comme on est dans une période où le turn-over augmente, il y a de moins en moins d’anciens, et la mémoire se perd vite. Le fait que beaucoup de gens soient passés par des boulots plus durs joue aussi beaucoup : c’était peut-être mieux avant, mais en tout cas il y a pire ailleurs.

Personnellement, je pense qu’il y aurait un discours à construire autour de la défense du « métier ». Faire une « belle palette », par exemple, c’est à dire une palette bien pensée, qui ne va pas s’écrouler dès qu’on enlève le film plastique, peut être vu comme une compétence des travailleurs, qui tend à disparaître avec la commande vocale puisqu’il n’y a plus d’autonomie dans l’ordre de prise des colis.

Les ouvriers parlent tout le temps de la « belle palette », mais ce n’est pas érigé en discours public visant à combattre la commande vocale. Les syndicats ne vont jamais dans ce sens-là , d’ailleurs ils n’ont pas du tout réagi sur l’outil en lui-même, d’autant qu’ils sont assez sensibles aux discours sur la modernité. Il faut dire aussi que le taux de syndicalisation est très bas parmi les préparateurs et que très rares sont ceux qui deviennent permanents syndicaux, d’où une mauvaise connaissance du métier chez ceux qui sont chargés de les représenter. Au syndicat, on ne parle jamais des manières de faire le travail.

Ce qui fait réagir, c’est d’abord l’idée du flicage : que la machine amène une surveillance plus forte des salariés. Ensuite les conséquences sur la rémunération, les primes de productivité et la reconversion de ceux qui perdraient éventuellement leur emploi à l’occasion des changements de méthode. Ça, c’est quelque chose qui se négocie.


Enrayer la machine ?

Si les ouvriers ne luttent pas directement contre la commande vocale, comment s’arrangent-ils avec elle ?

Il y a deux grandes manières d’interagir avec la machine, qui font d’ailleurs régulièrement débat entre les ouvriers. L’une consiste à « jouer le jeu » : tu cherches à avoir une vraie interaction avec la machine, un dialogue. Donc tu suis les différentes étapes et tu coupes le système quand tu veux faire une pause. L’autre posture tente au maximum de contourner les fonctionnements induits par la machine : tu essayes de lui donner les infos qu’elle veut le plus vite possible, afin d’obtenir la liste complète des colis que tu dois aller chercher. Puis tu t’organises pour faire ta liste, en laissant la machine allumée sans l’écouter. En discutant, entre deux colis, avec un préparateur qui fonctionne comme ça, on peut parfois entendre la machine dans le casque qui lui demande en boucle « répétez, répétez », et lui discute comme si de rien n’était. Là, le travail et la machine sont comme séparés : contourner la machine est une contrainte supplémentaire dans la réalisation du travail à faire. Ce que l’on peut percevoir comme une forme de réappropriation puisqu’on ne respecte pas le rythme imposé par la machine. Mais cette réappropriation est aussi associée à une volonté d’aller encore plus vite. Les travailleurs qui « jouent le jeu » ne manquent d’ailleurs pas de le reprocher aux autres.

Comment réagit la hiérarchie ?

Les responsables n’aiment pas les comportements qui tentent de feinter la commande vocale. D’abord, ils perçoivent ça comme un risque de faire augmenter le taux d’erreur, alors que leur obsession est de le faire baisser. Le suivi en temps réel par la machine vise à s’assurer que sur 1000 colis demandés, ce sont bien les 1000 bons colis qui seront posés sur les palettes. Si le travailleur déroule la liste en amont puis va chercher les colis, il peut se tromper une fois de temps en temps. C’est aussi une histoire de symboles : ce genre de comportement va à l’encontre de leur fantasme de gestion totale.

Et puis le gros sujet qui émerge depuis quelques années, c’est la santé au travail. Ceux qui travaillent trop vite ou ne prennent pas de pause sont mis sous surveillance, de peur qu’ils se blessent. L’objectif pour l’encadrement est que tout le monde aille suffisamment vite, mais pas que chacun aille forcément le plus vite possible. D’ailleurs, les primes de productivité sont calculées de telle manière que presque tout le monde les obtient entièrement. Si tu exploses les records, tu ne gagneras pas plus.


Santé au travail : usure morale, usure des corps

Comment ce thème de la santé au travail a-t-il émergé ?

Il se trouve que depuis la mise en place de la commande vocale il y a une hausse très forte des accidents du travail et des maladies professionnelles, allant parfois jusqu’à dépasser dans certains entrepôts le Bâtiment et Travaux Publics (BTP), secteur historiquement leader du danger au travail. Il ne faut pas croire que les boîtes cherchent à mettre ça sous le tapis : si le corps des ouvriers ne tient plus, c’est un vrai problème pour eux. Évidemment, il n’est pas question de remettre en cause le cadre général de la chaîne logistique et du capitalisme qui va avec : il faut maintenir le taux de profit. Une des pistes envisagées a été d’avoir recours à des handicapés en aménageant leurs postes et en touchant aides et subventions, ou encore à des repris de justice, pendant une période courte, en « insertion ». Comme ils ne seraient pas considérés comme des travailleurs à part entière, cela poserait moins de problèmes. Ça a été envisagé sérieusement ! Mais ça ne plaît pas trop aux directions des entrepôts.

Quels types de problèmes de santé se posent dans l’entrepôt ?

C’est avant tout de l’usure. Il n’y a pas dans le travail un moment précis où la rupture s’opère. Cela peut se passer chez soi, le soir, quand on sent qu’on ne pourra pas aller bosser le lendemain.

La commande vocale, dans la droite ligne de l’optimisation de la logistique, revient à centrer toujours plus l’activité sur les gestes primordiaux (économiquement). Organiser le travail, entourer la palette de film plastique, poser la palette sur le chariot, chercher un produit : tout ça coûte moins cher si une machine le fait. L’humain ne reste compétitif quasiment que pour le geste de préhension : attraper le colis et le poser sur la palette. Le fait même d’avoir une tâche unique et répétitive a des conséquences énormes en termes de santé. Tu ne te ruines pas en deux minutes, tu te ruines en permanence.

À cause de cette usure rapide du corps, tout le monde sait qu’il vaut mieux sortir de cette activité-là, par exemple en passant le permis poids lourds. Dans un entrepôt, un salarié qui avait fait des années et des années de préparation de commande avait un chariot aménagé en fonction de tous ses handicaps. Un autre qui avait travaillé 10-20 ans en enchaînant les arrêts de travail était affecté au ramassage des cartons qui traînent dans les allées. C’est extrêmement dévalorisé, un repoussoir. Tout le monde se dit : « Si je reste ici je vais finir comme ça. »

La santé au travail, voilà un thème dont les syndicats peuvent s’emparer ?

Ils le font, mais restent relativement démunis, car une action syndicale offensive sur le front des accidents du travail est complètement dépendante des indicateurs chiffrés. Pour faire ressortir des chiffres précis il faut avoir des outils, et c’est l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) qui les possède. Dès qu’ils arrivent ils mettent des caméras partout : sur des chariots, sur des casques qu’ils font porter à des ouvriers. Ils filment l’activité, ils mesurent le pouls cardiaque, etc. Le passage d’une taxinomie populaire (« ça fait mal ») à un langage technicisé est immédiat. Ce qui débouche souvent sur des catégorisations de types de maladies très individualisantes. Le stress par exemple. Un autre concept important est celui d’ « auto-accélération » : l’accent est mis sur le fait que les travailleurs accélèrent tout seul, ce qui dédouane la direction. Le gros risque pour les syndicats, c’est de se laisser embarquer dans ce type de définition du problème, et de se retrouver à accompagner la mise en place de nouvelles formations aux gestes et postures, ou à la gestion du stress. Sans compter les délais des études épidémiologiques : le temps d’arriver à prouver l’impact d’une technologie sur la santé, elle a de fortes chances d’être de toute façon dépassée.

L’automatisation totale des entrepôts est-elle envisagée ?

On en parle beaucoup depuis quelques années mais pour l’instant ce n’est pas du tout réaliste économiquement. Automatiser la tâche de préhension, c’est encore très difficile et donc très très cher. Les études à ce sujet se multiplient alors qu’il n’y a pas d’innovation technique majeure. C’est clairement le thème de la santé au travail qui pousse à mettre en avant la perspective de l’automatisation. La mécanisation est présentée comme le moyen de résoudre les problèmes amenés par la mécanisation.

Quand tu lances les travailleurs là-dessus en entretien, c’est très fort ce que les gens disent : « De toute façon on est des robots, on ne sert plus à rien. Et puis dans dix ans ce sera automatisé. C’est pas grave, on fera autre chose. » Ce que je trouve frappant, c’est la force idéologique de cette idée d’automatisation – parmi les employés, et aussi dans les syndicats. Ça change la façon dont on va discuter du travail : ça délégitime la défense du métier, l’idée même de discuter comment on fait le travail, puisqu’il a vocation à disparaître très rapidement. L’usine sans ouvrier est pour l’instant une chimère qui a pour principal effet d’occulter la réalité du travail dans les entrepôts.

La commande vocale pourrait-elle s’appliquer ailleurs que dans les entrepôts ?

La commande vocale, c’est la taylorisation d’une activité qui l’était assez peu. Et cette transformation a encore de l’avenir : beaucoup de secteurs peuvent être transformés sur le principe du travail à la chaîne. Les concepteurs, sur leur site internet, parlent de l’appliquer à l’hôpital. C’est un endroit qui pourrait bien s’y prêter, par exemple avec la tarification à l’acte. Une chambre, un patient ; un patient, un acte. C’est très simple à partir de là d’imaginer une infirmière qui parle avec son casque : « – chambre 1 / OK / – pansement / OK » ; le changement du pansement étant facturé en direct au patient. Vu l’énorme machine administrative que représente la facturation à l’acte, j’imagine que ça fait rêver. Enfin, pas tout le monde…

Pour finir sur une note d’espoir, as-tu croisé des formes d’actions collectives au cours de ton enquête ?

Dans un conflit avec une direction d’équipe, il est arrivé que des préparateurs stockent des palettes dans l’entrepôt sans les flasher, ce qui équivaut à les faire disparaître. Ils réaffirment ainsi que s’il y a bien quelqu’un qui connaît l’entrepôt, ce n’est pas le logiciel, mais eux. Ce type d’action concerne des micro-collectifs, parfois très revendicatifs à l’échelle de l’entrepôt, mais qui peinent à agir plus largement et sur la durée. Quand ça arrive et que les syndicats suivent, comme en 1995…une grève qui bloque les Centres régionaux de distribution peut très rapidement vider les rayons des supermarchés.

Propos recueillis par Mathieu Brier

Cet article est initialement paru dans la revue Z, Les technopoles : San Francisco, Toulouse, Bangalore. En librairie depuis le 14 Septembre 2015.



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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mer 16 Déc - 7:36


une enquête complète et intéressante, mais en infographie, à consulter sur le site du Figaro...




LE SCAN ÉCO / INFOGRAPHIES -Face à la montée du FN, Manuel Valls a décidé de prendre des «mesures d'urgence» contre le fléau du chômage de masse, ancré en France depuis trente ans. Jeunes, seniors, hommes, femmes, niveaux de diplômes... Quelles sont, précisément, les caractéristiques des chômeurs français ? Le point, en graphiques.

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mer 16 Déc - 15:17

Les salariés de Smart adoptent massivement les 39 heures lefigaro.fr 16/12/2015

Smart s'engage à ne procéder à aucun licenciement économique d'ici à 2020

VIDÉO - Plus de 90% des employés du site d'Hambach en Moselle ont signé l'avenant à leur contrat instaurant ce changement de temps de travail. La direction salue leur «engagement en faveur de la compétitivité»


Citation :
C'est un «oui» massif que viennent d'envoyer les salariés de l'usine Smart d'Hambach au projet de réorganisation du temps de travail de leur direction. Malgré l'opposition de la CGT et de la CFDT, syndicats majoritaires au sein de l'entreprise, plus de 90% d'entre eux ont signé l'avenant au contrat de travail les faisant passer aux 39 heures. «La direction se réjouit de ce très fort taux d'adhésion, qui démontre toute la volonté et l'engagement des salariés de Smart France en faveur de la compétitivité de leur usine», déclare dans un communiqué Annette Winckler, responsable de la division Smart au sein du groupe Daimler.

La direction va donc pouvoir mettre en place son «Pacte 2020» qui prévoit de faire passer le temps de travail de 35 heures à 39 heures par semaine et d'instaurer une diminution des jours de RTT pour les cadres. En échange, les salariés bénéficieront d'une augmentation de salaire de 120 euros brut par mois et d'une prime de 1000 euros versée sur deux années. Cela revient à augmenter le temps de travail de 12% en échange d'une augmentation des salaires de 6%, précise la direction. Cette dernière s'engage de son côté à ne procéder à aucun licenciement économique d'ici à 2020.


La signature de ces avenants est l'aboutissement d'une longue bataille entre les syndicats et la direction. Depuis cet été, cette dernière tente de les convaincre d'adopter cette réorganisation sous peine de ne pas pouvoir assurer l'avenir du site. L'usine d'Hambach fabrique des Smart deux places depuis 1997. Mais elle subit de plein fouet la concurrence de l'usine Renault de Novo Mesto, en Slovénie, où est assemblée la version quatre places. Selon les syndicats, la direction justifiait l'effort de compétitivité demandé par le risque de voir la future génération du véhicule, issue d'une collaboration avec Renault, partir vers cette usine. D'autant plus que Daimler s'est engagé dans un vaste plan d'amélioration de la compétitivité de toutes ses usines dans le monde à l'horizon 2020.


« Il n'y aura aucune mesure économique qui sera prise, quel que soit finalement le carnet de commandes » Philippe Steyer, DRH Smart France

En septembre dernier, un référendum interne, purement consultatif, avait été organisé pour prendre la température. Sur les quelque 800 votants, 56% s'étaient prononcés pour. Mais les dissensions étaient fortes: si 74% des cadres, employés, techniciens et agents de maîtrise y étaient favorables, seuls 39% des ouvriers avaient dit «oui». C'est sur cette base, et en dénonçant des pressions internes, que la CGT et la CFDT avaient décidé de mettre en échec le pacte, alors que deux syndicats, la CFE-CGC et la CFTC, acceptaient de le signer.


La direction avait réagi en distribuant, le 10 décembre, des avenants individuels au contrat de travail à tous les salariés. Elle s'était engagée à mettre en œuvre le «Pacte 2020» dès lors que 75% d'entre eux accepteraient de le signer. Avec plus de 90% d'adhésion, le feu vert est clair. Les mesures du «Pacte 2020» seront mises en application dès le début de l'année prochaine, a fait savoir la direction. Les réfractaires ont jusqu'au 18 décembre pour s'associer à cette démarche, rappelle-t-elle.

Ce matin, au micro de RTL, Philippe Steyer, DRH Smart France, s'est félicité de cette adhésion massive: «Je pense qu'on a clairement expliqué les enjeux, parce qu'aujourd'hui, les enjeux c'est clairement la compétitivité du site et la pérennité du site vraiment à long terme», a-t-il affirmé. Le DRH a au passage balayé les critiques l'accusant d'avoir forcé la main des salariés avec cet avenant tout en contournant les syndicats. «L'ensemble des salariés ont déjà été informés dès lundi, lors d'une réunion avec l'ensemble du personnel, que les 75% avaient été franchis, et malgré ça on a encore eu près de 20% de salariés qui ont fini entre lundi et aujourd'hui… Donc l'aspect ‘contrainte' ils ne l'avaient plus, et pour autant on continue à avoir des gens qui continuent à signer leur avenants aux contrats de travail», explique-t-il. «Les syndicats, comme avant, ont leur importance dans l'entreprise», a-t-il assuré.


Philippe Steyer a par ailleurs confirmé la promesse de maintien de l'emploi: «Aujourd'hui on dit peu importe l'activité, jusqu'en 2020 l'ensemble des salariés auront leur emploi maintenu sur le site, il n'y aura aucune mesure économique qui sera prise, quel que soit finalement le carnet de commandes».





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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 21 Déc - 11:53


dégraissage à la japonaise :

un fromage de l'Est ? *



Toshiba contraint à des coupes sévères après avoir caché ses difficultés 21 Déc. 2015

Masashi Muromachi, président de Toshiba, lors d'une conférence de presse le 21 décembre 2015 à Tokyo (AFP/TORU YAMANAKA)


Le conglomérat industriel japonais Toshiba a annoncé lundi des réductions massives d'effectifs et un recentrage de ses activités au détriment des produits grand public, après avoir masqué durant des années la mauvaise santé de ces divisions soumises à rude concurrence


"Nous prenons des dispositions et allons agir de toutes nos forces pour recouvrer la confiance des actionnaires", a justifié le PDG, Masashi Muromachi, lors d'une conférence de presse. "Je ressens une profonde responsabilité dans cette déchéance", a-t-il avoué.

Citation :
Cette restructuration, ajoutée à la rentabilité amoindrie de la division centrale des mémoires flash Nand, va entraîner des frais importants et le groupe s'attend à une perte nette annuelle record de 550 milliards de yens (4,2 mds EUR) pour l'exercice d'avril 2015 à mars 2016.

Des fuites dans la presse ont entraîné une chute de 9,80% de l'action Toshiba avant même l'annonce officielle de cette plongée dans le rouge. Le titre a perdu 50% depuis le printemps quand ont émergé les premiers doutes sur les comptes.
Toshiba avait déjà vécu une année noire accompagnée d'une restructuration en 2008/2009 avec la crise financière internationale, mais la perte alors subie ne dépassait pas 343 milliards de yens.

Les 6.800 suppressions de postes prévues d'ici à fin mars 2016 s'ajoutent à divers programmes déjà annoncés touchant 2.800 emplois dans les semi-conducteurs. Un millier de postes doivent aussi disparaître dans les fonctions plus administratives. Le cumul s'élève à 10.600 postes (dont 4.800 hors du Japon) sur un total de près de 200.000 salariés dans le monde au 31 mars dernier.

Sur le plan opérationnel, dans le domaine des PC, Toshiba dit réfléchir à un regroupement avec d'autres fabricants, une fois resserrée son activité à destination de la clientèle professionnelle. Il ne cite pas de nom, mais les médias avaient parlé il y a plusieurs jours d'un rapprochement avec ses compatriotes Fujitsu et Vaio (entreprise créée pour reprendre l'activité PC éponyme de Sony).

S'agissant des TV, 80% de la main-d'oeuvre du groupe dans ce domaine va disparaître. Toshiba va continuer à proposer au Japon seulement des téléviseurs de sa propre fabrication mais en se concentrant sur les modèles les plus haut de gamme. Il va cesser de développer, fabriquer et vendre en propre des récepteurs de télévision à l'étranger. La marque sera conservée, mais les TV fabriquées par d'autres sociétés, un modèle déjà en place pour l'Europe et les Etats-Unis qui sera donc étendu à l'Asie. Son usine située en Indonésie va être vendue.

Une opération du même ordre va être menée pour les lave-linge qui étaient produits sur le même site indonésien.
Pour l'ensemble de l'activité électroménager, Toshiba dit étudier aussi la faisabilité d'un rapprochement avec une division similaire d'une autre entreprise, sans donner de nom. Sharp serait une hypothèse crédible, selon les journaux.

- Comptes truqués -


Toutes ces décisions ont été précipitées par une série de manipulations comptables découvertes au printemps et dont le groupe essaie de se remettre après avoir remplacé ses instances dirigeantes. Entre 2008 et 2014, trois PDG de Toshiba et plusieurs de leurs collaborateurs se sont rendus coupables d'artifices financiers qui ont abouti à surévaluer le bénéfice net des exercices concernés de 155,2 milliards de yens (1,1 milliard d'euros).

Ces pratiques ont masqué la mauvaise santé de plusieurs divisions que le groupe est désormais contraint d'assainir. "Nous avons trop tardé depuis la crise financière", a souligné M. Muromachi.

A l'instar de Panasonic ou Hitachi, Toshiba doit faire des choix et les activités de produits grand public qui ont le plus à souffrir de la concurrence asiatique en font les frais. Ces trois groupes s'étaient construits au fil des décennies une image de marque auprès des consommateurs grâce à leurs télévisions, PC portables et autres produits audiovisuels, informatiques ou électroménagers quotidiennement utilisés par des millions de personnes.

Mais les restructurations successives font progressivement disparaître ces appareils de leur portefeuille alors qu'ils se recentrent sur les activités d'industrie lourde ou de fournisseurs d'équipements pour divers secteurs professionnels. "Nous allons mettre l'accent sur les activités de stockage de données et d'énergie et sécuriser des fonds pour renforcer l'activité santé (matériel d'hôpitaux notamment)", a précisé le patron de Toshiba.

Le groupe assure en outre avoir pris des dispositions pour éviter que ne se répètent les erreurs de gouvernance du passé.


* en l'absence de ma traductrice quotidienne, la traduction de "Toshiba" par "bing" me donne "Fromage de l'Est"

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mar 22 Déc - 21:44


bore-out


"

Le bore-out est le fait des organisations modernes de travail
"
Europe1 22 décembre 2015


Le bore-out touche un salarié sur trois. Moins connu que le burn-out, il n'en est pas pour autant moins dangereux.

Citation :
On connaissait le burn-out, un épuisement sévère lié au travail. Le bore-out touche plus de monde même s'il est davantage méconnu. En France, un salarié sur trois est touché par ce syndrome. Il s'agit d'une souffrance due à l'inactivité qui peut avoir des conséquences dramatiques comme la dépression ou un sentiment de culpabilité. Mais les effets peuvent également être plus positifs. "L'individu va trouver des stratégies pour s'investir ailleurs. Il va faire les choses de manière automatique et donc il va complètement s’investir dans autre chose", explique dans "Il n'y en a pas deux comme elle" Eric Albert, coach en entreprise. "Souvent les gens qui ont des métiers très ennuyeux développent des choses très créatives en parallèle", confie-t-il.


Les organisations du travail : clé du problème ? Ce syndrome récent trouve-t-il sa naissance dans nos organisations au travail ? Pour Eric Albert, cela ne fait aucun doute : "Ce syndrome est beaucoup le fait des organisations modernes, qui sont des organisations dans lesquelles il y a énormément de process et où on laisse très peu d’autonomie à l’individu (…) On est dans des modèles d’organisation où on enferme les gens dans des cadres (...) Ils deviennent des exécutants", explique-t-il. Cette automatisation entraînerait une routine qui, à long terme, pourrait déboucher sur un bore-out.


«Le bore-out devient une source de mépris de soi» Emmanuèle Peyret  28 septembre 2015


Extrait de la série photographique «How Terry Likes His Coffe».
Photo Florian Van Roekel

Le chercheur Christian Bourion se penche depuis 2011 sur la souffrance au travail due à l’inactivité. Une pathologie difficile à assumer


Citation :
«Le bore-out devient une source de mépris de soi»  

On pourrait rire de ce syndrome qui sort du bois, levant un tabou de taille : l’ennui, mais le vrai, le puissant ennui au travail. De celui qui fait dire à ceux qui souffrent de bore-out, ce petit frère du burn-out en beaucoup moins glorieux : «je m’ennuie tellement que j’en suis malade», «j’ai l’impression de ne servir à rien». De celui qui fait adopter un tas de tactiques pour s’occuper au boulot, celui qui donne envie de se mettre en arrêt maladie, celui qui fait culpabiliser, parce que quoi ? Au moins on n’est pas au chômage.

Après le raz-de-marée médiatique du début d’année, où magazines et quotidiens ont redécouvert l’enquête réalisée en 2011 sur ce sujet par Christian Bourion et Stéphane Trebucq (1), le premier a poursuivi ses travaux. Rédacteur en chef de la Revue internationale de psychosociologie, docteur en sciences économiques et professeur à ICN Business School Nancy-Metz, il s’apprête maintenant à publier un livre (2) sur ce syndrome qui menace le monde occidental. Pour ce faire, le chercheur a placé ses capteurs sur cet interstice qui sépare «travail» et «chômage» : «On croyait qu’il s’agissait de réalités bien séparées ? Eh bien non : Plus de 30 % des salariés en poste - toutes catégories confondues - sont en chômage - partiel ou total - à l’intérieur même de leur poste, ce qui constitue un danger bien plus grave et bien plus étendu que l’excès de travail plutôt localisé sur certaines professions.» Le bore-out pire que le burn-out ? Entretien.

Comment avez-vous «découvert» le phénomène du bore-out ?

Par hasard ! Alors que je travaillais sur la face sombre du travail, en l’occurrence le burn-out syndrom, sur mon ordinateur, j’ai fait une faute de frappe. Le programme m’a alors demandé de choisir entre «burn» et «bore»… C’était en 2011. En France, strictement personne ne parlait ni ne connaissait le concept de bore-out. Curieux d’en savoir plus, j’ai rentré le mot-clé «bore-out» dans la fenêtre de recherche. L’ordinateur n’a trouvé aucune référence française mais sept en allemand. J’ai alors décidé de m’y consacrer. Et de plancher sur ces individus qui entre travail et chômage, souffrent du «travail-sans-travail» ou, pour être plus clair, du «travail-sans-activité».

Qu’appelle-t-on le «bore-out» ?

Le bore-out syndrom désigne un ensemble de souffrances détruisant la personnalité des salariés inactifs. D’une part, le salarié bénéficie d’un contrat de travail et d’un salaire. D’autre part, ses quelques tâches sont très peu nombreuses ou inintéressantes au possible. Le bore-out est imputable au décalage entre le temps de présence au travail et les volumes d’activités quotidiennes déclarées qui semblent inférieurs à deux heures. A part dans la situation particulière dite de «mise au placard» destinée à punir un salarié, le bore-out syndrom résulte d’un processus non-intentionnel, imputable au fait qu’à cause d’améliorations technologiques, de réorganisations ou de la baisse d’activité, certains postes de travail se sont vidés peu à peu de leur contenu, pour se remplir d’inactivité de façon insensée. Le cerveau du salarié qui occupe le poste doit absorber cette inactivité, ce vide, ce qui provoque une grande souffrance. Car il n’y a pas de syndrome plus déstructurant de la personnalité sociale que le bore-out.

Le phénomène n’est pas vraiment récent.

Non. Mais je pense qu’aujourd’hui, le nombre d’employés qui n’ont pas grand-chose à faire au travail est très important. On a repéré dès 2008 l’inactivité au sein des entreprises au niveau européen. En France, ce sont essentiellement les collectivités territoriales qui ont banalisé l’ennui au travail. On peut l’expliquer par une politique d’embauche inadaptée dans le secteur public. Les raisons de la généralisation de l’ennui au travail sont multiples : mise à l’écart volontaire ou placardisation dans le public pour les fonctionnaires qu’on ne peut pas licencier, postes non-supprimés mais vidés de leur contenu, parcellisation des tâches dans le privé…


A quels signes peut-on voir qu’on souffre de bore-out ?

En dehors de la baisse de moral, de la dépression et de l’ennui, le bore-out pousse à certains comportements : réduire le temps de présence, voler le travail des autres, ralentir le rythme, occuper son temps à discuter, chatter sur Internet, inventer des tâches nouvelles, se mettre en disponibilité ou encore démissionner. On répète «je m’ennuie au travail», «je glande au travail», «je m’ennuie à mort». Ou encore «quand on n’a rien foutu de sa journée, on est plus fatigué que si on avait vraiment travaillé…» On entend souvent «je traîne, je traîne, car je me dis qu’une fois que j’aurai terminé cette tâche, je n’aurai plus rien à faire, j’ai peur du vide».

On pourrait imaginer que les gens se réjouissent de ne pas faire grand-chose au bureau. Pourquoi est-ce si douloureux ?

Auparavant, la famille et la protection du bien familial accumulé par les générations précédentes constituaient le principal miroir dans lequel on pouvait s’évaluer, se jauger. Aujourd’hui, ça n’est plus le cas. Le travail est ce fameux miroir dans lequel on s’évalue, on se jauge, on fabrique sa personnalité, son image de soi. Dans ce nouveau contexte, avoir un travail et un salaire alors qu’on ne fait rien devient une source de mépris de soi : «Je n’ose en parler à personne en ces temps de chômage ou de travail peu rémunéré tellement j’ai honte de ma situation.» Ou encore : «J’ai un salaire et j’ai un peu honte de le dire, mais d’être payé à ne rien faire, ce n’est pas valorisant, alors qu’il y en a qui disent que j’ai de la chance parce qu’ils ont des boulots qu’ils détestent ou sont au chômage.»

Du coup, être «burn-outé» est plus valorisant qu’être «bore-outé» ?

Les personnes touchées par le burn-out s’enferment dans un travail incessant, celles confrontées au bore-out s’enferment dans l’ennui. Le burn-out est considéré comme le produit d’un excès de travail, comme le stakhanovisme, extrêmement valorisé dans la société française. Le bore-out est vu comme le produit d’un excès de fainéantise, très dévalorisé dans notre société, construite sur la valeur travail. Avouer que l’on s’ennuie au travail alors que l’on est payé est très mal vu, ce n’est pas politiquement correct. Surtout de nos jours, puisqu’avoir un job apparaît déjà comme une chance incroyable.

Comment «soigner» ça ?

Malheureusement, dans le cas du bore-out, non seulement la prise en charge ne sert à rien mais elle aggrave la situation. Certes, on améliore la situation d’un salarié qui souffre d’un trop de travail épidémique en lui ordonnant un arrêt de travail. Mais pour la personne qui souffre de n’avoir rien à faire, l’arrêt maladie conforte un cercle vicieux et accentue le problème, en dépossédant le salarié du peu d’activité qui lui restait : l’activité de transport, l’aller-retour maison-travail. L’arrêt aboutit à ce que le salarié doive absorber une dose d’inactivité encore supérieure à la dose qui l’a rendu malade. Bref, dans le cas très particulier du bore-out, la thérapie n’est surtout pas d’arrêter d’aller au travail, mais d’y retrouver de l’activité.

En d’autres termes, alors que l’action efficace sur le burn-out est la réduction d’activité, seule l’augmentation d’activité peut améliorer l’état du salarié en bore-out. [ben tiens donc...]

(1) Le bore-out syndrom, publié dans la Revue internationale de psychosociologie (numéro 41, en 2011)

(2) Le bore-out syndrome. Quand l’ennui au travail rend fou. 176 pp, Albin Michel, à paraître en janvier 2016.

Emmanuèle Peyret    


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ma spécialité, ce fut le placard...




j'ai bien résisté assez naturellement, parce qu'au fond, bien que pas flemmard, j'étais sans le savoir contre le travail... Toutes ces analyses présupposent que l'on doit s'intéresser à son travail, ou sinon en trouver un plus intéressant

ceux qui s'ennuient parce qu'ils manquent de travail manquent surtout de l'idée qu'ils pourraient s'occuper de façon gratuite



MISÈRE DU TEMPS SOCIAL

C'est l'ami du travail,
l'ennemi de nos pas,
qu'il compte où que l'on aille,
de naissance à trépas

Mort à ce temps social !
à ses cadrans pour crans,
pseudos du capital,
à sa cadence en rangs

Alignés réguliers,
égrenés singuliers,
et sans fête commune

Que le viol de ses règles
en volant dans le vent
qu'elle souffle devant


FoSoBo, 17 octobre 2007, 21h22



POTLATCH

Contrat de non-travail

Patron, si tu préfères
m'offrir un bon salaire
pour ne point travailler

Être payé
à ne rien faire
n'est pas pour m'ennuyer

Un placard au soleil
huit heures de repos
obligé mais à l'oeil
l'écart vient à propos

Distribuer le goût
d'autres activités
l'aversion des grigous
versée à gratuité

Ailleurs, 25 mars 2011



source TRAVAILLER POÈME

mes poèmes écrits ou terminés au travail étaient signés d'"ailleurs", certes à l'époque pour m'éviter davantage d'ennuis - on n'écrit pas des poèmes au boulot ! [quel poète n'écrit pas au boulot ?] - mais surtout parce qu'au travail j'étais réellement "ailleurs", et d'ailleurs on pouvait aller voir ailleurs si j'y étais. Dans mon placard, dont je tenais la porte fermée, ce qui était fort mal vu, je n'aimais pas être dérangé, même par les bien intentionnés, sauf de rares ami.e.s véritables. Pour préserver ma solitude, il me suffisait d'être "naturellement" désagréable avec les autres, et comme ce n'était pas ma réputation, on en déduisait que j'étais dépressif, ce qui était largement faux, à la tension près d'être sur ses gardes pendant plusieurs années, tenir face à toutes adversités, hiérarchie, collègues, syndicats...

trouver à s'occuper par soi-même est la garantie qu'on ne s'ennuie nulle part. Les autres m'ennuient quand ils m'imposent leurs occupations, que ce soit du travail ou des loisirs. Quand on me fout la paix, je ne m'ennuie jamais. Je m'attache à n'ennuyer personne : quand cela risque d'arriver, je m'en vais

c'est pourquoi je n'ai jamais risqué le bore-out

quand je vois tous ces bouffons qui se disent et se croient "anarchistes", à l'esprit collectiviste et réellement communautariste identitaire, je frémis à la seule idée de l'idée qu'ils se font de la liberté individuelle, coco-copiée-collée

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Jeu 24 Déc - 7:59


la "race" n'existe pas, mais elle exclue



La galère des jeunes d'origine maghrébine pour trouver un travail LEXPRESS.fr  23/12/2015


A l'heure de trouver un premier emploi, le chemin est beaucoup plus complexe
pour les jeunes d'origine maghrébine, selon une étude du Céreq
Reuters/Eric Thayer

Une nouvelle étude rend compte des difficultés d'accès à l'emploi des candidats issus de l'immigration nord-africaine. Ces jeunes mettent plus de temps à décrocher un travail stable et restent surreprésentés aux postes les plus précaires

Citation :
Il existe bien une "pénalité maghrébine" dans l'accès à l'emploi. Une nouvelle étude du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), consacrée aux débuts de carrière des jeunes issus de l'immigration nord-africaine, confirme les conclusions de plusieurs précédentes enquêtes: à l'heure de trouver un premier emploi, le chemin est beaucoup plus long et tortueux pour les candidats dont les deux parents sont nés étrangers en Tunisie, au Maroc ou en Algérie, que pour tous les autres.

L'analyse s'appuie sur les données de l'enquête Génération 2004, une cohorte de Français sortis de formation cette année-là, puis suivis pendant sept ans. Or les jeunes d'origine maghrébine sont défavorisés à chaque étape de leur parcours, non seulement par rapport aux Français d'origine française, mais aussi vis-à-vis des jeunes issus de l'immigration d'Europe du Sud, Portugais en tête.

Quand ces derniers passent en moyenne sept mois au chômage dans les sept premières années de leur vie active, le chiffre grimpe à 27 mois pour les enfants d'immigrés nord-africains. Les délais d'obtention d'un contrat stable sont également beaucoup plus longs et ils connaissent plus de "séquences d'emploi", autrement dit une alternance entre travail et chômage, signe d'un enchaînement de contrats précaires.

(infographie dans l'original)

Une partie de ces inégalités s'explique par les difficultés sociales et économiques que rencontrent les Français d'origine maghrébine. Ils restent moins diplômés, notamment à cause d'une "orientation contrariée" qui alimente l'échec scolaire. 40% sont enfants d'ouvriers contre 12% pour les Français d'origine, 23% résident dans des zones urbaines sensibles, etc. Mais "ces facteurs ne permettent pas de rendre compte de l'intégralité de ces écarts dans l'accès à un emploi, a fortiori un statut stable, ce qui confirme l'existence d'une discrimination à l'embauche à l'encontre de cette population", avance l'étude.


Des emplois de "mauvaise qualité"

Car même embauchés, les jeunes issus de l'immigration nord-africaine décrochent des emplois de moins bonne "qualité" que leurs homologues nés de parents français. Un "désavantage" qui "se maintient après sept ans de vie active" et ne se retrouve pas chez les jeunes originaires d'Europe du Sud. Les salariés d'origine maghrébine sont surreprésentés dans les emplois précaires et le sous-emploi - des CDD, des contrats d'intérim ou aidés, avec des salaires proches du smic, sans perspective d'évolution, voire à temps partiel... Ils sont nettement moins nombreux en CDI et dans la fonction publique, aux postes qui ouvrent des possibilités d'augmentation et de promotion...  


La qualité des emplois selon l'origine

(infographie dans l'original)


vous avez dit "idéologie dominante" ?

ce que le journal "bourgeois" l'Express sait, les "communisateurs" ne veulent pas le savoir. Imbu roi du malsain déni, le bouffon Léon de Mattis, ex-PS "leader objectif" de l'anarchisme de gauche, "s'inquiète" : « La récente mode, dans une gauche prétendument radicale, de décrire les rapports de classe avec les concepts de l’idéologie dominante, autrement dit en terme de « races », en est un autre symptôme inquiétant. »

mais il serait de fort mauvais goût de considérer que ce Léon nie colporter l'idéologie française dominante de couche moyenne blanche, qu'il a têtée depuis le berceau et promue dans Meeting et Sic, revues internationales pour la communisation

appelons un chat un chat et Léon de Mattis un raciste anti-communiste

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Ven 25 Déc - 12:31

JDN L'économie demain

Travail au noir : les pays d'Europe où il est le plus important

Lelia de Matharel - 17/5/2013

Partout sur le continent, le travail illégal dépasse les 10% du PIB. Parfois, il pèse plus du tiers de l'activité totale.


Citation :

Non : les Français ne sont pas les rois de la magouille. En 2012, l'Hexagone est le cinquième pays de l'UE où le travail au noir est le plus faible en pourcentage du PIB. Il s'élève seulement, si l'on peut dire, à 10,8%, d'après une étude sur le sujet réalisée par Friedrich Schneider, professeur d'économie à la faculté autrichienne Johannes Kepler. Il explique dans Challenges : "Non seulement les contrôles y sont plus stricts qu'ailleurs, mais les contribuables sont incités fiscalement à ne pas recourir au travail au noir". Résultat, les Allemands et les Suédois ont de moins bons résultats : respectivement 13,3 et 14,3% de leur PIB réalisé "au black" en 2012.


Autre surprise, les pays du sud de l'Europe ne sont pas les champions du TRAVAIL AU NOIR. Les plus grands filous du Vieux continent se cacheraient à l'Est. Dans le quatuor de tête en 2012, on trouve la Bulgarie - 31,9% d'activité non déclarée - suivie de près par la Roumanie, 29,1%, la Lituanie, 28,5% et l'Estonie, 28,2%. Mais c'est aussi en Roumanie que l'économie souterraine a le plus diminué, en part de l'économie totale. Moins 4,5 points entre 2003 et 2012. Les deux îles méditerranéennes, Chypre et Malte, sont également de mauvaises élèves, avec plus d'un quart de leur activité réalisée en sous-marin.

Sur le podium des pays les plus intègres, les chevaliers les plus blancs sont autrichiens, avec 7,6% de travail au noir seulement. Viennent ensuite les Luxembourgeois, à 8,2%, et les Néerlandais, à 9,5%.
Ces pourcentages cachent des sommes importantes : en France, en 2012, l'activité au noir se monterait à 219,48 milliards d'euros. Mais entre 2003 et 2012, la part de l'économie de l'ombre a baissé dans tous les pays où Friedrich Schneider a pu collecter ses chiffres. "C'est le fruit d'une lutte au sein de chaque Etat, l'Union européenne ne dispose que de moyens limités pour combattre le travail au noir", précise le chercheur.
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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mar 12 Jan - 20:18



BP va supprimer 4.000 emplois dans l’exploration-production Vincent Collen / Correspondant à Londres 12/01


Les suppressions de postes annoncées ce mardi représentent environ 5 % du personnel de BP
CHINE NOUVELLE/SIPA

600 postes en mer du Nord vont être supprimés. La compagnie pétrolière britannique répercute la baisse des prix du brut.

Face à la chute du prix du pétrole, BP amplifie les réductions de coûts. Le pétrolier a annoncé mardi qu’il allait supprimer 4.000 postes dans ses activités d’exploration-production. Cela représente près d’un cinquième des effectifs de l’amont et environ 5 % du personnel du groupe. L’exploration-production comptera moins de 20.000 salariés à l’issue de la restructuration.


Citation :
Avec cette annonce, BP envoie un signal : la chute des cours est durable et les producteurs doivent s’adapter en taillant drastiquement dans leurs coûts pour préserver leurs bénéfices, qui sont déjà en net repli. L’annonce est d’autant plus marquante qu’il ne s’agit pas de la première. BP a déjà supprimé 4.000 postes depuis le début de la chute des cours, fin 2014. En octobre, le groupe dirigé par Bob Dudley a aussi revu en baisse ses projets d’investissements. Ils seront réduits à 19 milliards de dollars, 5 à 7 milliards de moins que prévu.


L’appel au gouvernement britannique

Cette année, la mer du Nord sera particulièrement concernée une fois encore. Quelque 600 postes seront supprimés par BP en 2016 et 2017 dans cette zone où l’exploitation de l’or noir, déjà chère, n’est absolument plus rentable avec un baril proche de 30 dollars. Cela représente 20 % des salariés de BP dans cette région, déjà concernée par les suppressions de postes de 2015. « L’annonce de BP souligne que l’exploration et la production de pétrole et de gaz dans les régions du monde où elles sont chères est repoussée encore plus loin dans le temps », analyse David Elmes, de la Warwick Business School.

« C’est un nouveau coup dur pour l’emploi et les compétences », a réagi Unite. Le syndicat britannique, qui souligne que BP a engrangé 4 milliards de dollars de bénéfices l’an dernier, enjoint à la direction de ne pas recourir aux licenciements forcés. Il demande au gouvernement de convoquer une réunion d’urgence avec les employeurs et les syndicats pour répondre à la crise.


Toutes les compagnies concernées

BP est loin d’être le seul groupe européen à réduire la voilure. Shell, qui est en train de racheter le britannique BG, a annoncé en décembre la suppression de 2.800 emplois, ce qui représente 3 % des effectifs du nouvel ensemble. En début d’année 2015, Total a aussi indiqué que ses effectifs baisseraient de 2.000 personnes. Pour Wood Mackenzie, « peu d’entreprises » sont à l’abri face à la chute des cours. Les plus fragiles risquent de mettre la clef sous la porte et certains pourraient se faire racheter. « Nous attendons une hausse des fusions-acquisitions dans l’amont en 2016 », indique le cabinet de conseil.


Petrobras réduit d’un quart ses investissements

La compagnie pétrolière brésilienne a annoncé mardi qu’elle réduisait d’un quart ses investissements sur la période 2015-2019, à 98,4 milliards de réals (90,6 milliards d’euros), un montant qui n’avait jamais été aussi bas depuis des années mais qui tient compte de la faiblesse du réal brésilien et d’une génération de cash qui flanche. Elle a réduit aussi son objectif de production à à 2,145 millions de baril par jour (bpj) cette année, contre 2,185 millions auparavant.

Source Bloomberg

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Sam 16 Jan - 22:09



EDF prévoit de supprimer au moins 4.000 postes sur trois ans sans licenciement 15/01/2016

EDF prévoit de supprimer au moins 4.000 postes sur trois ans sans licenciement, soit 5,8% des effectifs d'EDF SA, ont indiqué vendredi à l'AFP des sources syndicales

Citation :
Ces réductions d'effectifs, entre 2016 et 2018, représentent plus du double des suppressions initialement annoncées par l'électricien. Interrogé, EDF n'a pas fait de commentaire.

Une source syndicale a fait part à l'AFP de "4.000 à 5.000" suppressions de postes, une deuxième source syndicale a évoqué "4.100" suppressions.

Elles doivent être abordées jeudi prochain lors d'un comité central d'entreprise d'EDF SA (environ 68.000 salariés selon les syndicats) et se feront via des non-remplacements de départs à la retraite ou des départs anticipés.

En décembre, les syndicats avaient protesté contre la suppression annoncée de "1.500 à 2.000 postes" d'ici à 2018.

Cette baisse interrompt une tendance à la hausse des effectifs enregistrée depuis 2011, selon les chiffres du bilan social, et intervient "au plus mauvais moment", selon une source syndicale, du fait des activités prévues "sur le parc nucléaire, de la consommation électrique qui augmente..."

Lors du CCE, doivent aussi être abordés un volet "comptes" et un volet "projet industriel", selon une autre source syndicale. Outre les suppressions de postes, le volet social évoque le dossier temps de travail, avantages sociaux et retraites, a ajouté cette source.

Pour le jour du CCE, jeudi, un appel à la grève est déjà lancé par les syndicats CGT, FO et CFE-CGC pour protester notamment contre ces réductions d'effectifs.

Le 10 décembre, les élus du CCE d'EDF SA avaient déclenché un droit d'alerte - une première dans l'entreprise - devant la situation "économique et sociale préoccupante" de l'énergéticien qui venait d'annoncer sa sortie prochaine du CAC40.

Ils dénonçaient "unanimement et avec force toutes les manœuvres qui conduisent inéluctablement EDF dans une impasse industrielle, économique et sociale".

Au nombre de leurs interrogations, la mise en demeure de la Commission européenne pour l'ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques, l'avancement du chantier du réacteur EPR de Flamanville, le "Grand Carénage" (maintenance lourde des centrales nucléaires françaises), le projet de rachat d'Areva NP ou les "modalités économiques" de la construction de deux EPR en Angleterre.

Les élus du CCE, représentant les syndicats FNME-CGT, CFE-CGC, FCE-CFDT et FO Energie et Mines, s'inquiétaient des conséquences "sur la stratégie d'EDF, sur son organisation, sur son volet social et ses emplois en France et à l'international".

La direction doit répondre lors du CCE de jeudi à ce droit d'alerte.

Les salariés du secteur de l'énergie se sont mobilisés à plusieurs reprises depuis novembre, la dernière fois le 9 décembre, pour manifester leurs craintes notamment quant à l'avenir d'EDF et aux réductions d'effectifs.

15/01/2016 18:35:32 - Paris (AFP) - © 2016 AFP


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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Sam 16 Jan - 22:18


Pourquoi est-ce si dur de se déconnecter du travail Clubic 16 janvier

À l'heure du tout connecté et de la perméabilité entre vies professionnelle et privée, le « droit à la déconnexion » ou droit de ne pas répondre à ses e-mails ou messages professionnels hors temps de travail, pourrait faire son entrée dans le code du travail en 2016.

Le sujet préoccupe les entreprises. Poser des limites, oui, imposer une loi inique, non, estiment nombre d'acteurs interrogés par l'AFP. « On n'empêchera personne de se connecter mais il faut des garde-fous. L'hyper-connexion représente un risque réel pour la santé, et l'employeur a l'obligation de protéger la santé de ses employés », dit Jean-Luc Molins, secrétaire national de la CGT des cadres, l'Ugict, favorable à une « loi organique comme base d'accords d'entreprise ».


Citation :
Dans un récent rapport sur l'impact du numérique sur le travail, le DRH d'Orange, Bruno Mettling, préconise l'instauration de ce « droit à la déconnexion professionnelle qui doit se généraliser par négociation d'entreprise », une piste privilégiée par la ministre du Travail Myriam El Khomri pour sa future réforme du code du travail.


Droit à la déconnexion stress travail BYOD

Il l'assortit d'un « devoir de déconnexion dont le respect incombe à tout un chacun mais aussi à l'entreprise », tenue de « former ses collaborateurs au bon usage des outils digitaux ». « Ce qui risque de dédouaner l'employeur de sa responsabilité », prévient l'Ugict-CGT.


« Culturellement dépassé »

Selon une étude de l'Apec de 2014, 76 % des 2,9 millions de cadres, les plus concernés, estiment qu'être connecté à leur entreprise en dehors de leur temps de travail leur facilite l'accès aux informations. 72 % considèrent que cela améliore leur réactivité et autant que cela augmente leur charge de travail.

« Droit, devoir, ça ne marche plus », réplique Jean-Emmanuel Ray, professeur en droit social, qui s'est penché sur la question dès 1995. « C'est culturellement et générationnellement dépassé ». Il explique : « Le droit du travail est resté sur une mesure pondérale de la charge de travail qui ne correspond plus du tout à la réalité pour les travailleurs du savoir. Comment mesurer notre activité neuronale ? »

« C'est moins un problème de droit que d'organisation du travail : comment respecter un savoir-vivre minimum, vertical mais aussi horizontal, entre collègues ? », ajoute-t-il.


« Servage moderne »

Pour lui, l'idée de « confort » apporté par les outils numériques reste une « notion très personnelle ». Il concède un risque de « servage moderne » mais « avec des serfs très consentants, à la fois victimes et bourreaux », et suggère « un permis de conduire sur les autoroutes de l'information » : former aux bonnes pratiques des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC).

Stress travail e-mail email

Trois cadres sur quatre utilisent les NTIC en dehors de leur temps de travail et 30 % ne se déconnectent jamais, selon l'Ugict-CGT. Le syndicat relève que ces heures supplémentaires ne sont ni payées ni récupérées. Il dénonce « une explosion » de cette forme de « travail au noir ». « Des salariés non rémunérés pour leur charge de travail réelle, sont donc exploités, pendant que d'autres, au chômage, ne sont pas embauchés », déplore M. Molins.

« Le risque d'AVC augmente de 10 % en cas de plus de 40 heures de travail hebdomadaire et de 27 % à partir de 49 heures », prévient l'Ugict-CGT, citant une récente étude de la revue britannique The Lancet. « Avec les messageries, la logique de l'immédiateté s'applique et le choix du salarié de se déconnecter est un choix par défaut car il est tenu au résultat », analyse M. Molins.

« Pour les cadres, très investis dans un travail qu'ils ont souvent choisi, la vie peut vite se résumer à la vie professionnelle. Quand elle bascule, tout bascule, et c'est dramatique », explique-t-il, évoquant plusieurs cas de suicides et de burn out.


Absence de frontières

« Dans les entreprises globales (plusieurs fuseaux horaires), il est difficile de se déconnecter mais c'est d'abord une question d'autorégulation, de comportement, et de gestion du stress. C'est aussi une question de confiance », explique une cadre dirigeante du secteur de la finance, mère de trois enfants.

« Il faut néanmoins des règles et des sanctions en cas de non-respect de ces règles, autant pour ceux qui n'arrivent pas à déconnecter que pour ceux qui ne respectent pas un savoir-vivre élémentaire », ajoute-t-elle, évoquant des mails « envoyés en copie pour se couvrir » et des appels intempestifs et non urgents.


Droit à la déconnexion stress travail BYOD

Le « droit à la déconnexion » a été inscrit dans un seul accord de branche des entreprises du numérique et du conseil (Syntec) en 2014. « En pratique, ce droit n'existe pas car il n'y a aucune mesure contraignante », explique un ingénieur en génie logiciel d'un grand groupe de conseil en informatique.

« On travaille en mode projet, soumis à des objectifs et à des délais extrêmes, il n'y a pas de frontière entre vie pro et vie privée. Les employeurs en profitent pour faire croire aux jeunes qu'il n'y a pas de limites au temps de travail quand on est cadre », ajoute-t-il.


Des mesures techniques

Selon la CFE-CGC, moins de 1 % des entreprises ont eu recours, à l'instar de Volkswagen, Daimler Benz ou BMW en Allemagne, à des solutions technologiques contraignantes comme la déconnexion automatique des serveurs ou la destruction automatique de mails en cas d'absence.

Chez Areva, première entreprise française à avoir mis en place en 2011 un droit à la déconnexion, Guy Bruno de la CFE-CGC dit ne pas avoir « connaissance de cas de harcèlement via les mails » mais qu'« un bon usage de la messagerie serait un plus ».

Poursuivi pour des charges de travail excessives, le groupe bancaire BPCE a été condamné en décembre à régler 317 amendes pour un montant global de 25 500 euros. Bien que symbolique, cette sanction a conduit l'établissement à modifier l'organisation du travail. Les messageries seront bientôt coupées de 21 h à 7 h en semaine et durant le week-end.


« Autant victimes que pollueurs »

Chez Axa France, les salariés ne sont pas tenus de répondre aux mails en dehors des horaires habituels de travail mais il n'y a « pas de déconnexion contraignante ». « Ce sont des instruments du passé. On a des collaborateurs d'astreinte sur toutes les plages horaires. Leur couper les mails c'est leur enlever la possibilité de travailler », explique Sibylle Quéré-Becker, directrice du développement social. Le risque, ajoute-t-elle, c'est « qu'ils utilisent leurs mails personnels, qui eux ne sont pas sécurisés ».

Au groupe La Poste, le droit à la déconnexion a été « mis en place en juillet 2015 », explique la directrice générale adjointe du groupe en charge des ressources humaines, Sylvie François. Pour cette responsable, « la déconnexion relève autant d'une éducation, donc d'une formation, que d'une régulation ».

Chez Orange, où le mot d'ordre est « tout en 4 G », dit Laurent Riche de la CFDT, la négociation a été ouverte l'été dernier. « Nous sommes tous autant victimes que pollueurs. C'est l'interpénétration des temps de vie qui devient réelle. Il faut être capable de s'autoréguler. Nous avons besoin d'un droit à l'expérimentation ».

« Toutes les entreprises sont différentes et il serait stupide de vouloir imposer un modèle unique à tout le monde », estime-t-il. « Le vrai problème, juge Sylvain Niel, avocat en droit social, c'est le contrôle tous azimuts par manque de confiance. L'outil numérique est un formidable accélérateur pour la communication entre les gens au travail mais utilisé comme moyen de contrôle, il devient un frein ».


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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Dim 17 Jan - 2:05


salutaire Hic Salta

j'avoue que je ne n'avais jamais regardé de très près ce texte lu dans ma jeunesse, et dont avec le temps je ne retenais plus que le charme du titre-programme (sic), un peu comme "Nécessité de faire bon accueil aux femmes étrangères", de Flora Tristan, mais ça j'y suis encore attaché

la démonstration de Nicolas Astarian est claire et limpide, comme souvent...


Etrange popularité du « Droit à la Paresse » de Paul Lafargue Bruno Astarian Hic Salta Juin 2015


La note qui suit est un billet d’humeur contre le Droit à la Paresse. Il y a des années que je pense que ce texte ne mérite pas la réputation qu’il a. J’ai fini par y regarder d’un peu près pour vérifier si ma réaction épidermique était justifiée. La réponse est oui.

extraits
Citation :
Dans la préface à l’édition Maspéro (1982), Maurice Dommanget souligne la très large diffusion du Droit à la Paresse, paru en 1880. De nombreuses traductions en ont été faites y compris en Union Soviétique, dans les pays de l’Est et dans l’Espagne de 1936. Ce succès ne se dément pas aujourd’hui, et il faut renoncer à compter les éditions et traductions du Droit à la Paresse actuellement sur le marché. Dommanget explique le succès du « brillant paradoxe » que constitue le texte par sa « forme leste, délicate, attrayante », ainsi que par son « ironie mordante et impitoyable ».

Pour ma part, je trouve le texte d’un humour un peu lourd et méprisant. En outre, et comme Dommanget le dit lui-même pour se rassurer, le Droit à la Paresse n’est pas contre le travail, mais pour un bon équilibre entre travail et loisirs. Il est ainsi parfaitement conforme au programme prolétarien, désormais caduque. Le succès actuel du texte montre-t-il que cette caducité du programme prolétarien est encore loin d’être actée, même dans les milieux de l’ultra-gauche ?

Plan
Citation :
1 – Un programme prolétarien classique

2 – La faute aux prolétaires

3 – Pas viriles les prolétaires ?

(le droit aux loisirs)


Ce qui entretient la popularité de Lafargue, c’est sans doute qu’il n’affirme la dictature du travail (tout le monde fait trois heures par jour) que derrière le droit aux loisirs. Mais le couple travail/loisir est bien là, et les deux pôles du couple se présentent de la façon la plus traditionnelle. Hormis le temps de travail, rien n’est changé dans cette activité : développement des forces productives, industrialisation, mode de consommation sans changement, etc. Quant aux loisirs, il en va de même :

Citation :
« il faudra, par des lois sévères, imposer aux ouvrières et aux ouvriers en passementerie, en dentelles, en fer, en bâtiments, du canotage hygiénique et des exercices chorégraphiques pour le rétabliseement de leur santé et le perfectionnement de la race » (145)

Et puis, « il y aura des spectacles et des représentations théâtrales toujours et toujours » (147).

Au final, malgré les outrances et l’humour, Le Droit à la Paresse est de la même eau que la Critique du programme de Gotha. Comme pour ce dernier, il s’agit d’un texte programmatique. Mais à la différence de ce dernier, il met plus l’accent sur le loisir que sur le travail dans la société communiste. Dans la Critique du programme de Gotha, Marx reproche à Lassalle de ne pas dire ce qu’est une journée « normale » de travail. Il ne le dit pas non plus, mais fait plusieurs remarques incidentes (sur le rapport école/industrie, sur le travail dans les prisons) qui indiquent que, selon lui, il faudra surtout travailler. Lafargue prend le contre-pied: il faudra surtout s’esbaudir. Mais la jouissance chez Lafargue consiste surtout à consommer beaucoup, à faire la fête et l’amour, ce qu’il représente comme le dépassement tant attendu de la stupidité et de la soumission prolétarienne. Le couple travail/loisir est respecté, et les productivistes peuvent dormir tranquille.

La critique du couple travail/loisir semble être devenue aujourd’hui une banalité. Comment se fait-il que le Droit à la paresse soit encore si populaire ? Déjà dans les années 1920, le Moker Groep * avait, dans Le travail est un crime, dépassé le point de vue étroit de Lafargue. Bien que se revendiquant du Droit à la paresse, le Moker Groep est en progrès par rapport à Lafargue en ce qu’il oppose au travail « la vie », « la création », « le corps », « les idées » (p. 27), et pas simplement le loisir. Le groupe est d’ailleurs contre le sport. Il va même jusqu’à revendiquer de se libérer du temps et des lieux (p. 7). Les membres du groupe sont anti-usine: ils n’acceptent d’aller à l’usine pour gagner leur vie qu’à condition d’y pratiquer le sabotage (p. Cool. Et si, dans la lutte, les travailleurs ne peuvent pas occuper une usine, il faut la détruire (p. 22). On peut aussi mentionner le rejet d’une organisation unitaire à tout prix, le rejet du « droit au travail », la critique du taylorisme sans nostalgie du métier, le rejet des revendications et l’exigence de l’immédiateté du socialisme.

Aujourd’hui, les propositions du Moker Groep, bien platoniques d’ailleurs dans le contexte de reflux des luttes où fut publiée la brochure, sont devenues elles aussi des banalités. Raison de plus pour mettre Le Droit à la paresse aux rayons des curiosités historiques sans utilité directe.

* Le travail est un crime Herman J. Schuurman Moker Groep 2007



anti-travail anti-loisirs

personnellement, je n'ai jamais considéré comme "loisirs" les activités auxquelles je me livrais hors de mes heures de travail, et mes patrons m'auront aidé à consacrer celles-là à celles-ci. Au fil de ma non-carrière, j'en ai volées de plus en plus à écrire, sur le jazz puis de la "théorie", ou de la poésie, dont une bonne part anti-travail... bref, selon Frank V. chez dndf, « une sacrée bouillabaisse intellectuelle qui donne quelques fois du patlotchisme tendance pisse copie au km (le mec qui se fait chier dans son placard) »

"le mec" que je suis, non seulement donc ne s'emmerdait pas dans son placard, mais il en est sorti pour trouver autant de plaisir à le faire sans patron, et ça, c'est à la portée de tout un chacun d'en prendre la liberté, quand il peut, car cela reste malheureusement le privilège d'une minorité de retraités, et je conchie bien bas ceux qui occupent leur retraite de "loisirs" d'ultragauche



MISÈRE DU TEMPS SOCIAL

C'est l'ami du travail,
l'ennemi de nos pas,
qu'il compte où que l'on aille,
de naissance à trépas

Mort à ce temps social !
à ses cadrans pour crans,
pseudos du capital,
à sa cadence en rangs

Alignés réguliers,
égrenés singuliers,
et sans fête commune

Que le viol de ses règles
en volant dans le vent
qu'elle souffle devant


17 octobre 2007, 21h22


LE TEMPS LIBRE

extrait

Leur temps libre c'est
Notre temps d'esclaves du temps c'est
Leur temps de maîtres du temps c'est
Le contremaître de nos loisirs cadencés
Conte à rebours, contre le temps compte la montre  
Argent du temps contre temps de l'argent

[...]

Libre du temps, on a tout le temps
Le temps libre, ça n'existe pas !

L'éternité, temps mis à mort,
La mer sans horizon soleil toujours touchant

Le temps libre, c'est le temps aboli
Par mon soleil, le vent


12 janvier 2010, 20h50


POTLATCH

Contrat de non-travail

Patron, si tu préfères
m'offrir un bon salaire
pour ne point travailler

Être payé
à ne rien faire
n'est pas pour m'ennuyer

Un placard au soleil
huit heures de repos
obligé mais à l'œil
l'écart vient à propos

Distribuer le goût
d'autres activités
l'aversion des grigous
versée à gratuité


Ailleurs, 25 mars 2011


source Patlotch : TRAVAILLER POÈME (1983-2012)

sommaire

- Le travail, tout un poème, poèmes
- Gloses sur une indisposition au travail
- "Anti-travail" et communisation, bibliographie sélective
- Postface / Diagonale d'un fou et de ses échecs

.
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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Ven 29 Jan - 13:33



le Devoir de travail


contre tous les juridismes politiques à prétention de faire avancer le schmilblick révolutionnaire par l'État 'de droit' et le progressisme de l'état du Droit, j'ai toujours pensé que le Droit était de nature un peu réactionnaire ou du moins conservateur par définition, et aucun de mes anciens collègues juristes de l'administration ne m'a convaincu du contraire

le « Droit du travail » n'échappe pas à la règle : le droit ne fait jamais qu'entériner un rapport de force social, un rapport de classe. Brillante démonstration de Roland Simon ci-dessous, et qui fera mentir le dessinateur Placide, dont les limites sont idéologiques...



Placide 26 janvier

De l’utilité des idiots séniles R.S dndf 28 janvier 2016

extraits
R.S a écrit:
Marx a écrit:
« La division du travail produit la spécialisation professionnelle ; chacun croit que son métier est le vrai. Sur le lien de leur métier avec la réalité, ils se font nécessairement des illusions, d’autant plus que la nature même du métier l’exige déjà. Dans la jurisprudence, la politique, les conditions sociales se changent en concepts dans la conscience ; comme ils ne franchissent pas les limites de ces conditions, les idées qu’ils en ont dans leur tête sont forcément des idées fixes : le juge, par exemple, applique le Code, et voilà pourquoi la législation est à ses yeux le vrai meneur actif. Leur marchandise inspire le respect, parce que leur profession a pour objet l’intérêt général »

Marx, L’Idéologie allemande, Ed. Pléiade, p.1035

Peu de documentation nécessaire préalable ici, la réfutation est interne à ce que l’on attaque : « Badinter remet les droits des salariés au cœur du code du travail » titre sur cinq colonnes Le Monde daté du 26 janvier 2016 au dessus de la photo d’un vieillard bienveillant et studieux.

Le Droit
Le Droit en lui-même
Droit et idéologie juridique
Efficience du binôme Droit / idéologie juridique


C’est toute l’autoprésupposition du capital que nous avons là : la reproduction du fameux face à face qui est la capacité de la reproduction de l’économie comme objectivité. Inscrites dans les contradictions de l’autoprésupposition du capital, dans son existence de contradiction en procès, et finalement dans la lutte des classes, toutes les instances, dont le Droit étayé sur l’idéologie juridique, jouent leur rôle dans cette reproduction.

En un certain sens, Badinter a raison, pour la classe ouvrière l’éthique et la dignité humaine n’avaient pas un sens badintinrien, mais l’idéologie juridique y a souvent trouvé le moyen de recouvrir la lutte de classe devenue pour parler le Badinter : « le grand mouvement de libération sociale des deux siècles écoulés ». Personne ne peut contredire que sous cette formule ronflante beaucoup de choses ont été réellement vécues. Le juriste n’a fait que donner la forme adéquate aux réalités déjà existantes, mais il serait inconséquent de considérer la forme comme un simple ornement, un appendice superflu, la forme est efficace. Rien n’existe sans idéologie, c’est dans les formes que nous vivons les contenus.

Pourquoi « la personne humaine au travail » devient-elle la formule de l’idéologie juridique devant étayer le Code du travail ?

Uber et la « personne humaine »

On peut maintenant revenir à la « personne humaine au travail ».[...]

Au nom de la « personne humaine », Badinter a prononcé la peine de mort pour la classe ouvrière ; pour les ouvriers, elle a toujours existé dans les milliers d’accidents du travail annuels.

Problème

En définitive, ce n’est pas sur les formes secondes (dérivées) que sont la mondialisation où la domination du capital marchand, industriel ou financier sur l’ensemble de la valorisation que se joue une restructuration du mode de production capitaliste mais toujours sur l’exploitation, mais ce n’est pas toujours sur les mêmes moments ou déterminants de l’exploitation. Pour l’heure, la crise est une crise du rapport salarial et c’est sur les modalités de l’achat-vente de la force de travail qui impliquent, au niveau mondial, celle de sa mobilisation de sa segmentation et de sa reproduction que devrait se jouer la guerre de classes à venir dont nous vivons les escarmouches. A sa façon, le Droit fait la guerre.

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 1 Fév - 19:43


Souffrance au travail : oubliez le psychologue !

Margherita Nasi  Le Monde 26.01.2016


Entre 2007 et 2014, la psychologue du travail Lise Gaignard rédige des chroniques à partir d’entretiens menés dans son cabinet. Elle souligne les phrases les plus affligeantes, les retape, et change les prénoms. Aujourd’hui réunis dans un ouvrage, Chroniques du travail aliéné, ces textes sont poignants : la psychanalyste a du mal à relire son livre. Elle n’est pas la seule : « On m’a reproché de dire du mal des travailleurs », raconte-t-elle.

Si son texte suscite des réactions vives, c’est qu’il critique la dépolitisation de la souffrance au travail : à ses yeux, le changement le plus frappant dans le monde du travail en France n’est pas « la transformation – pourtant importante – des modes de management, ni les catastrophiques techniques d’évaluation pipées, ni la mondialisation. Pour moi, la différence majeure, c’est qu’en France, quand on est victime d’une injustice épouvantable au travail… on demande à aller chez le psy ! ».

Citation :
D’après la psychologue du travail, c’est en 1998 que tout commence, avec la sortie de Souffrance en France, de Christophe Dejours, et Le Harcèlement moral, de Marie-France Hirigoyen. Deux ouvrages qui connaissent un succès retentissant : « Soudainement, tout le monde est harcelé, tout le monde a un pervers narcissique dans son entourage ! Le ministère du travail va même introduire le harcèlement moral dans la loi de 2002. » Lise Gaignard n’a pas de mots tendres pour cette loi qui « arrange les entreprises : pendant qu’on consulte sur les risques psychosociaux, on ne s’interroge pas sur les modalités de production ».


« Le problème n’est pas médical, il est lié au travail »


Les risques psychosociaux auraient-ils été instrumentalisés ? En tout cas, de nombreux médecins se plaignent d’avoir à régler des problèmes qui relèvent du management plus que de la santé. « Quand on a commencé à parler de harcèlement, c’était miraculeux : finalement, on comprenait ce qui se passait, on pouvait s’en prendre au pervers narcissique », se souvient Fabienne Bardot.

Mais cette médecin du travail porte aujourd’hui un regard plus amer sur la question, et refuse de mettre ses patients en inaptitude médicale. « C’est ce que tout le monde leur dit de faire, et c’est grave ! Le problème n’est pas médical, il est lié au travail. Je préfère la rupture conventionnelle : au moins, c’est le salarié qui la demande, qui décide de mettre un terme à une situation qui ne lui convient pas. »

Une façon de lutter contre l’hypocrisie d’une société qui gomme les conflits sociaux pour ne pas avoir à les aborder : « On ne dit plus un salarié, on dit un collaborateur, comme si dans l’entreprise tout le monde était égal. On ne dit plus licenciement, mais plan de sauvegarde de l’emploi. Même après les attentats du 13 novembre, on ne parle que de la souffrance des gens ! On met en place des cellules d’urgence, mais personne ne se demande comment on a pu produire des monstres pareils. »

« On utilise le psychologue pour faire du contrôle social,
pour adapter les humains à des contextes hostiles ! »


Si la psychologisation de la souffrance au travail s’est autant développée, c’est aussi qu’elle constitue une niche rémunératrice pour les médecins, consultants et experts qui se sont spécialisés sur la question. « Même les syndicats envoient les salariés chez le psy ! La souffrance ne pousse plus à l’action, elle est vécue de façon individuelle et désespérante », regrette Anne Flottes, auteur de Travailler, quel boulot ! Les conflits du travail, enjeux politiques du quotidien.

« Bien sûr qu’il y a des gens qui vont mal et que le travail joue un rôle majeur dans ce malaise. Sauf qu’on utilise le psychologue pour faire du contrôle social, pour adapter les humains à des contextes hostiles ! »,
renchérit la professeure de psychologie sociale Pascale Molinier.

Le psychologue Yves Clot parle d’une approche hygiéniste des risques psychosociaux, qui transforme la fragilité des situations en fragilité des personnes. Stress, burn-out, pervers narcissique, sont des termes qu’il prend avec beaucoup de recul : « Le vocabulaire est glissant parce qu’il traduit une angoisse sociale d’appeler les choses par leur nom. Il y a quelque chose de profondément déréglé dans le travail. On assiste alors à une obsolescence programmée des mots. On passe des plans d’action contre les risques psychosociaux à la qualité de vie au travail, et pendant ce temps les symptômes s’aggravent. »

L’impossibilité du travail bien fait

Le cœur du problème est ailleurs. Il se trouve dans l’impossibilité du travail bien fait. Des personnes qui souhaitent travailler dans les règles de l’art se heurtent à des organisations qui sacrifient la qualité du travail, dans tous les secteurs : l’industrie, les services ou encore le milieu universitaire [mais aussi l'administration, la santé, les hôpitaux...]. Ces conflits de critères refoulés viennent s’enkyster dans le corps et la tête de chacun.

Le problème devient alors personnel, mais il est politique dans ses causes, tout comme dans ses conséquences. L’auteur de Le travail peut-il devenir supportable ? évoque le cas Volkswagen, « une organisation du travail qui fonctionne comme la Corée du Nord : on ne peut pas parler sous peine d’être éliminé, et on finit par abîmer l’entreprise, ainsi que la planète. Et là, on accorde aux salariés le droit de faire des aveux : c’est le comble de la perversion politique ! On les contraint à ravaler leur expérience, et quand on arrive au drame on leur demande de confesser des tricheries qu’ils ont été amenés à faire justement parce que la parole était censurée. »

je souscris complètement au titre, et pour ce qui concerne les syndicats, pas mieux...

pour ce qui est de mon "expérience" du placard de 2006 à la retraite 2012, toutes les conditions du "harcèlement professionnel" était réunies, et toute ma hiérarchie de bas en haut était mouillée, plus par incompétence que par méchanceté; tous n'étaient pas pervers, mais tous protégeaient les pervers : ils les avaient choisis et nommés pour ça !

le harcèlement commençait à devenir managérial en essence, et comme professionnel de la formation les fournissant en stages bidons auxquels ils croyaient dur comme fer, j'avais vu se mettre en œuvre toutes les phases depuis les années 80, importées des techniques du privé, du Japon et des États-Unis, sans parler des "coaching" qui coûtaient la peau des fesses pour stimuler des veaux élevés en batterie dans les grandes et petites écoles à concours

ma hiérarchie était mouillée depuis le départ mais aller en Commission paritaire de discipline m'aurait conduit soit à faire le jeu du compromis administration-syndicat, soit à me retrouver sans défense en attaquant sur le fond, ce que je comptais bien faire : de cette commission disciplinaire j'aurais fait une tribune, et personne n'y tenait. Je n'avais commis aucune autre faute professionnelle que dire la vérité : la hiérarchie m'empêche de travailler intelligemment ! Nous nous tenions par la barbichette et nous avons passé un deal : pas de commission disciplinaire ou je l'ouvre. J'ai fait duré le plaisir, ils m'ont payé des années de placard - certes 10% de moins mais à rien foutre que ce qui me plaisait -, et plus le temps passait, plus ils étaient coincés. Les grands chefs ont changé, ils n'ont pas voulu s'en mêler...

les petits chefs  ont changé, le personnel s'est rajeuni, et tout le monde est rentré dans le rang, et, selon mes infos par d'anciens collègues, les effectifs ont fondu, le travail est de plus en plus lourd et de plus en plus con

mettre en cause au travail sinon le travail, le travail con obligatoire, c'est remettre en cause la nature même du salariat, alors forcément ça passe ou ça casse...

comme le travail devient de plus en plus con et dangereux pour la santé, il est normal que même sans intention révolutionnaire, on en vienne à parler de l'essentiel, d'où ce genre d'articles

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Jeu 4 Fév - 22:00

Je tire ce texte du site "les enragés" que je viens de découvrir. Site anar qui selon ce que j'ai compris a quelques accointances avec Non-fides. Prudence donc. Mais ce petit texte m'a émue, je n'en tire rien d'autre, mais c'est déjà ça.

Parlez-moi de travail et je sors mon revolver


LES ENRAGÉ-E-S, LIENS, TEXTES
PARLEZ-MOI DE TRAVAIL… ET JE SORS MON REVOLVER
2 MAI 2015


Citation :
Je n’avais pas quinze ans quand le démon du tra­vail m’a taquiné. C’était comme ça, à cette époque, pour être un homme, un hé­ros, il était dans les conven­tions de se lancer dans le brouhaha des usines. Des bras, l’industrie en consom­mait beaucoup pour produire plus. Mon père était fier de voir l’aîné de ses rejetons en­trer en sidérurgie, dans le grand ordre du travail.

Aujourd’hui, des aciéries Minières de la Sambre où je suis entré en 1961, il ne reste plus rien. Tout a été rasé, les cheminées, les tuyaux et les grandes bouches rougeoyan­tes des aciéries et des hauts-fourneaux ont cédé la place à la folle avoine. Les péniches viennent encore à Marchienne-au-Pont et dorment tranquillement le long des berges de la Sambre, comme si les fantômes des grues venaient encore les charger.

Nous avons travaillé com­me des bêtes dans ces lami­noirs. Il faut avoir manipulé le fer incandescent et vu les hommes souffrir autour du métal pour imaginer un in­stant la vie d’un sidérurgiste. Les premiers jours, rompu de fatigue, j’ai fait comme tous les gamins qui se frottaient pour la première fois à cet enfer d’acier et de feu, j’ai pleuré d’épuisement, mêlant larmes et sueur.

Puis je me suis habitué, comme les autres, qui étaient là depuis des années et qui parfois savaient à peine écrire leur nom. Certains d’entre nous ont payé de leur chair la contribution au boom des gol­den sixties. Je n’oublierai jamais ce garçon de 17 ans qui eut les deux jambes sec­tionnées par un cylindre.

Bien d’autres ont laissé doigts et bras. Mon père y a perdu la vie, un dimanche matin, coupé en trois par la locomotive du four à coke. Pantin désarticulé que l’on avait rabiboché pour nous le présenter une dernière fois à l’hôpital des accidentés du travail (construit uniquement pour rafistoler et recoudre ceux que l’usine amochait; les assurances, pour grappiller quelques francs sur les mal­heureux, poussaient les chi­rurgiens à fabriquer de terri­bles marionnettes, plutôt que d’amputer !).

Un représentant de la di­rection était là pour nous ac­cueillir, il a cru bon de nous dire : « Ah ! C’était un tra­vailleur… ». Je crois que c’est ce jour-là que je me suis ren­du compte que nous étions roulés.

Oui, on nous a roulés et on continue à berner des généra­tions en leur inculquant la grande vertu du travail. D’autres emplois dans diver­ses industries ont ponctué vingt-trois ans de carrière. J’ai moi-même fondé une fa­mille et pour l’alimenter, j’ai soutenu des cadences infer­nales. Debout à 5 h, rentré à 18 h, et puis militer le soir pour… la réduction du temps de travail!

Voici trois ans que je suis au chômage, je fais partie de ces zombies que l’on oblige quotidiennement à estampil­ler du sceau de la fainéantise une carte rouge pour leur rappeler qu’ils vivent aux crochets de ceux qui ont le bonheur de travailler…

Mais quelle bénédiction d’être chômeur, pardon… tra­vailleur sans emploi, selon la formule consacrée. Dommage que le pécule est un peu mai­gre, mais nous sommes enfin libres. Nous n’avons plus de nœud au ventre parce que nous n’atteignons pas les quotas de production ou par­ce que nous arrivons en re­tard au boulot; le nec plus ultra, c’est de ne plus enten­dre la voix vociférante du chef entre le vacarme des ma­chines et l’angoisse d’être vi­ré ! Ça n’a pas de prix!

Mais j’ai tout de même une petite crainte d’être à nou­veau envoyé au turbin par tous ceux qui sentent le be­soin de verser une larme sur notre sort, nous les sevrés de la production. Faut-il préci­ser que très souvent ceux-là ne connaissent rien au bordel infernal du travail. J’entends déjà les voix offusquées s’étranglant à la lecture de mes propos: « Mais nous n’allons pas vous payer à ne rien faire, c’est indécent… ». Tiens donc, et les actionnai­res, leur demande-t-on si on va continuer à les rétribuer à ne rien faire ? Leur demande-t-on de pointer dans un local minable pour que l’on puisse les montrer du doigt comme les parasites de la société ?

Ils ont compris bien avant moi que le travail n’était pas une vertu, ni une manière de s’épa­nouir.

[bon, le paragraphe qui suit est assez "anarcho-fumeux"]

De sa fonction purement ali­mentaire, le travail est devenu une valeur culturelle, un symbole de reconnaissance, à un tel point que certains sont prêts à sacrifier une partie de l’aspect alimentai­re, simplement pour être dans le coup. Travailler pour être reconnu socialement.

Le vrai courage serait de lutter pour l’abolition du travail, libé­rer l’homme du concept du tra­vail pour retrouver l’énorme ca­pacité créatrice qu’il possède. L’homme mérite mieux qu’un alignement stupide derrière ses semblables, dans un local mina­ble, une carte rouge à la main…

Source : Le Communiste N° 27 (Juillet 1988)
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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mer 17 Fév - 13:15


en 2011, avant de partir à la retraite comme non-titulaire de la Fonction publique, je disais à mes jeunes collègues fonctionnaires qu'ils ne finiraient pas leur "carrière" en tant que tels...




Fonctionnaires : NKM veut modifier leur statut  17 février 2016


NKM entend réformer en profondeur le droit du travail
et s'attaque au statut des fonctionnaires et à la durée de travail

© AFP MIGUEL MEDINA  

Potentielle candidate à la primaire de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet a dévoilé ses propositions sur la réforme du droit du travail. Les fonctionnaire sont dans son viseur

Citation :
Sa candidature n'est pas encore officielle mais la présidente du groupe du parti "Les Républicains" au Conseil de Paris a déjà des propositions à faire entendre. Dans un entretien à La Tribune, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est attaqué la réforme du droit du travail.

Limitation du statut des fonctionnaires

Selon NKM, le statut des fonctionnaire doit être révisé :
NKM a écrit:
Je propose de limiter le statut de la fonction publique à quelques fonctions régaliennes, la magistrature par exemple.

La députée, qui a elle-même quitté la fonction publique, pense que France devrait se rapprocher de la politique menée en Italie et "sortir du statut de fonctionnaire généralisé".

Ainsi, elle explique qu'"on pourrait imaginer que tous les fonctionnaires actuels gardent leur statut, mais que dans de nombreux secteurs les nouveaux embauchés soient régis par le droit privé". [les modifications de statuts se font toujours comme ça, le premier exemple fut la poste et France Telecom, au début des années 90]

Abolition de la durée de travail légale

L'autre cheval de bataille de la députée de l'Essonne : la durée de travail légale. Et sur ce point, NKM se montre radicale et prône son abolition pure et simple :

NKM a écrit:
Il faut supprimer toute référence à une durée légale unique du travail en deçà du plafond européen de 48 heures et laisser les branches ou entreprises négocier leurs propres règles.

Une proposition libérale qui est rejointe par la dégressivité des allocations chômage qu'elle souhaite "juste" et "efficace" en ne la rendant pas automatique. Elle propose donc de la "mixer avec une dégressivité en fonction du nombre d'offres valables d'emploi refusées, et ce dès la première offre".

Une série de propositions qui paraissent esquisser un futur programme pour Nathalie Kosciusko-Morizet, évincée de la direction de son parti depuis janvier.


dans le même ordre d'idées

Retraites: travailler jusqu'à 63 ans en 2025, suggère l'Institut Montaigne LEXPRESS.fr  17/02/2016


Dans un document rendu public ce mercredi, l'Institut libéral propose deux axes pour assurer l'avenir des retraites, sans toutefois avancer de chiffres.


L'Institut Montaigne propose deux axes différents pour assurer l'avenir des retraites
afp.com/JOEL SAGET

Citation :
Travailler plus longtemps et aligner les régimes privés et publics de retraite sont les deux axes proposés ce mercredi par l'Institut Montaigne, think tank libéral, pour assurer l'avenir des retraites. Malgré les réformes successives, six depuis 1993, la question du financement des retraites "n'est pas réglée" et "une nouvelle réforme sera nécessaire", estime l'Institut dans un document rendu public ce mercredi.

Premier axe: porter l'âge de départ à 63 ans (au lieu de 62) et la durée de cotisation à 43 ans en 2025. La loi de 2014 prévoit bien un allongement de la durée de cotisation, mais plus progressif, d'un trimestre tous les trois ans à partir de la génération 1958, jusqu'à 43 ans (172 trimestres) en 2035, soit pour les générations 1973 et suivantes.


Faire converger régimes publics et privés

Sans avancer de chiffrage, l'Institut Montaigne affirme que les effets d'un recul de l'âge de la retraite sont plus importants que ceux d'une augmentation de la durée de cotisation. Toutefois, le taux d'emploi des 55-64 ans en France reste faible (48,9%), contre 66,1 % pour la moyenne des pays de l'OCDE, selon des données de l'organisme.

Deuxième axe: faire converger davantage encore les régimes publics et privés. Différentes réformes ont rapproché les situations mais il reste, selon le think tank, la question du "calcul des droits". La pension de retraite des agents de l'Etat et des bénéficiaires de la plupart des régimes spéciaux est calculée sur les six derniers mois, alors que celle des salariés du privé l'est sur les 25 meilleures années.


"L'acceptation d'efforts partagés par tous"

L'Institut Montaigne suggère un alignement rapide, pour toutes les personnes à plus de sept ans de la retraite. Un tel rapprochement des régimes répond à un objectif financier mais est aussi "la condition de l'acceptation d'efforts partagés par tous".

Dans le collimateur de l'Institut, figure aussi la prise en compte de la pénibilité, qui peut permettre un départ anticipé à la retraite, "un piège politique" auquel "il faudrait avoir le courage de renoncer purement et simplement", au profit du développement de la prévention.

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Jeu 18 Fév - 14:15




Des ingénieurs délocalisés des grandes firmes d’Internet aux petites mains payées à la pièce, le monde du numérique offre de nouvelles opportunités aux capitalistes pour se faire de l’argent sur le dos des travailleurs en contournant les lois de protection des salarié-e-s en vigueur sur les territoires.


Citation :
Vous êtes vous déjà demandé comment des plateformes Internet offrant avant tout du contenu produit par les utilisateurs (Facebook, YouTube, par exemple) se débrouillaient pour que jamais, dans votre fil d’actualité ou entre deux vidéos de chat, ne s’égare une spectaculaire photo porno ou un appel à la haine raciale ? Naturellement, direz-vous : des robots, des algorithmes.

En réalité, il n’existe pas d’algorithmes suffisamment efficaces pour vraiment filtrer les égouts d’Internet ; ce que vous voyez et lisez a préalablement été purgé par des hommes et des femmes, et même très probablement une femme, philippine, étudiante mais sans beaucoup de moyens. Derrière une interface lisse et impersonnelle, c’est en fait un monde de travailleurs précaires qui s’usent à des tâches abrutissantes. Si celles-ci sont de plus en plus externalisées aux Philippines, c’est qu’elles sont tellement violentes psychologiquement et vides de sens que les travailleurs américains ou européens en viennent à manquer, quelques mois suffisant à les plonger dans la dépression ou le burn-out : il s’agit de passer ses journées devant un fil d’images, de textes, de vidéos qui défilent – ce qui n’est pas sans rappeler le travail enchaîné de la grande industrie –, fil constitué essentiellement d’insultes racistes, de pornographie, parfois pédophile, de bestialité, de meurtres, d’accidents de voiture sanglants, etc. [1]


Saisie de données et fermes à clicks

Ces petites mains invisibles prennent en charge une part croissante du travail interne aux entreprises, dans le secteur de l’Internet comme dans d’autres. La délocalisation des activités numérisables (on parle d’e-­outsourcing) est devenue massive depuis les années 2000, et elle touche particulièrement la création de contenus, dont la R&D, le développement de logiciels, la saisie de données, la gestion logistique ou RH, la finance, la vente, les services aux consommateurs (conseil, SAV et autres), et divers services absurdes réalisés dans les « fermes à clicks » (les clickfarms), comme la vente de likes ou de followers pour faire grimper artificiellement la popularité apparente d’un contenu ; ce qui va donc des métiers les plus qualifiés aux tâches les plus ingrates, lesquelles sont d’ailleurs majoritairement réalisées par des femmes.

Tout ceci représente un marché de l’ordre de 100 à 400 milliards de dollars par an, selon la définition que l’on donne de la délocalisation numérique. C’est d’abord l’Inde, offrant des ingénieurs anglophones très qualifiés à bas coût qui a vu cette pratique se développer, ainsi que la Barbade et les Philippines pour des services à faible valeur ajoutée. Sont venues ensuite le Sri Lanka, Madagascar, la République dominicaine, et enfin, dans les années 2010, la Chine et le Vietnam pour les entreprises japonaises, et tout récemment l’Europe de l’Est pour les investissement nord-américains et européens.

Les capitalistes ont vite saisi l’opportunité offerte par les réseaux numériques d’affranchir le capital de l’espace et de constituer une concurrence mondiale plus fluide encore qu’auparavant. Dès 2002-2003 sont apparus des géants de l’offre de services distants aux entreprises (comme Accenture, EDS ou Siemens Business Services), qui comprennent chacune en interne une division mondiale du travail. Il devient possible pour toutes ces firmes et leurs clients de mettre en compétition presque en temps réel, des travailleuses et travailleurs du monde entier, contournant ainsi aisément les réglementations trop protectrices, les salaires trop hauts, ou les résistances qui s’organisent.

Sur le terrain, cela donne des salarié-e-s parfois exploité-e-s la nuit, pour correspondre aux heures du jour aux États-Unis ou en Europe, et sur des emplois souvent très précaires, pour des salaires en général supérieurs à la moyenne des pays en question, même si la concurrence tend à les niveler. Mais ici encore, on reste dans le cadre de relations d’entreprises classiques, avec ce qui ressemble à un contrat, une hiérarchie, et un lieu de travail. La Silicon Valley a trouvé comment pousser l’exploitation plus loin, en remettant au goût du jour les travailleurs indépendants journaliers payé-e-s à la pièce.

L’économie capitaliste de pair à pair c’est d’abord ce que l’on entend par « uberisation de l’économie » : une entreprise dispose d’une armée de travailleurs et de clients connecté-e-s et met sa plateforme et ses algorithmes à leur service pour offrir à chaque client le travailleur qui lui convient dans le voisinage, pour réaliser un travail en touchant une bonne commission au passage, cela va sans dire.

En France, on ne connaît vraiment que Uber, le service de location de taxis amateurs. Aux États-Unis en revanche, en plus du transport (Uber, Lyft), on a étendu ça à la livraison de colis (Postmates), de paniers alimentaires (Instacart), aux tâches ménagères (Homejoy), et même à tout et n’importe quoi (Taskrabbit). On y travaille seul-e face au client, sans employeur visible, ni collectif pour aider à tenir le coup ou réfléchir à sa situation, et même en concurrence avec chaque autre pair ; on y travaille aussi sans que cela soit reconnu véritablement comme du travail, donc sans protection, ni cotisations.


Freelance et microtasking


Cependant, le pire, ce qui concentre l’exploitation sans reste et aliénation absolument totale de l’activité, ce sont les plateformes de travail numérique en freelance et de microtasking : Amazon Mechanical Turk (cf. encadré), Upwork (anciennement Elance et Odesk), People per Hour, Crowdflower, etc. Tout se fait sur un ordinateur sans aucun contact humain, à chaque seconde un flot d’offres de travail tombe, qui peuvent être des tâches requérant un peu de temps et de compétence (dessiner quelque chose, maquetter une affiche, concevoir un petit site web, traduire un texte ou retranscrire une conférence), ou au contraire être absolument absurdes, fragmentées et répétitives rapportant chacune quelques dixièmes de centimes (par exemple recopier des tickets de caisse, répondre à des questionnaires, identifier les photos de chats parmi plein d’autres images, etc.).

Ces plateformes de travailleurs en freelance voire en microtasking sont en train de décoller : si elles ne pèsent aujourd’hui que 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires – et on ne parle bien que du revenu des plateformes qui font office d’intermédiaires, sans considérer le profit accaparé par les micro-employeurs –, elles devraient atteindre 5 milliards dans un an, et 20 milliards d’ici 2020 [2].

Si la masse de ces travailleuses et travailleurs précaires évolue au même rythme, on passerait de 5 millions aujourd’hui à 50 millions dans cinq ans. Les formidables promesses portées par le progrès technique ont fait long feu. La fin du travail n’est pas à l’ordre du jour, et on voit au contraire prendre forme des cauchemars dont les capitalistes du XIXe siècle n’osaient rêver : de vastes marchés mondiaux du travail, offrant des masses de prolétaires dispersé-e-s dans le monde, parfois isolé-e-s et sans contrat, chacun en concurrence avec tous, et assigné-e-s à des corvées abrutissantes.

Évidemment, ce n’est pas la technique en elle-même qui est à jeter, mais le type d’applications auxquelles elle donne corps ; et si l’idéologie qui l’accompagne vante tant la dimension libertaire des technologies numériques, c’est aussi que l’on peut imaginer la mettre au service d’une organisation de l’économie et de la société plus horizontale, moins dépendant du pouvoir de coordination de l’État central. Ca ne se fera pas sans luttes.

Marco (AL Paris nord-est)

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Jeu 18 Fév - 19:00


Un homme cadre peut espérer vivre six ans de plus qu’un ouvrier Gaëlle Dupont LE MONDE 18.02.2016

Citation :
Faites des études, vous vivrez plus longtemps ! Voilà le conseil que des parents pourraient donner à leurs enfants à la lecture de l’étude publiée jeudi 18 février par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’espérance de vie progresse de façon quasiment constante en France, notamment sous l’effet des progrès de la médecine : en moyenne, un homme de 35 ans aujourd’hui peut espérer vivre 5 ans de plus, et une femme 5,5 ans de plus qu’à la fin des années 1970.

Cette hausse profite à tous, mais les inégalités selon le niveau social perdurent. Ainsi, un homme cadre continue à vivre 6 ans de plus qu’un ouvrier, et une femme cadre 3 ans de plus qu’une ouvrière. Ces écarts n’ont pas bougé depuis trente ans.

Pour la première fois, l’Insee pousse plus loin l’analyse, en mesurant l’espérance de vie par niveau de diplôme. Le résultat est saisissant : chez les hommes, plus le diplôme est élevé, plus la vie est longue. Un homme diplômé du supérieur peut espérer vivre un an de plus qu’un bachelier, 3,5 ans de plus qu’un titulaire d’un BEP ou d’un CAP, 4,6 ans de plus qu’un titulaire du brevet ou du certificat d’études et 7,5 ans de plus qu’un homme sans aucun diplôme.

Chez les femmes, les écarts sont moins grands. « Une femme diplômée du supérieur vit en moyenne presque aussi longtemps qu’une bachelière (0,4 an d’écart), relève l’étude. Les écarts restent contenus avec une femme ayant un CAP ou un BEP (1 an), ou bien le brevet ou le certificat d’études (1,7 an). Elle vit en revanche nettement plus longtemps qu’une femme sans diplôme. »

Davantage recours aux soins

« Les causes des écarts entre les niveaux de diplômes sont les mêmes que pour les écarts entre catégories socioprofessionnelles,
explique Isabelle Robert-Bobée, chef de la division enquêtes et études démographiques de l’Insee. Une multiplicité de facteurs entre en jeu. » Les cadres sont moins soumis aux risques professionnels que les ouvriers (accidents, maladies, expositions à des produits toxiques). En matière de santé, ils ont davantage recours aux soins, et consultent plus de médecins spécialistes. La consommation de tabac, d’alcool, et l’obésité sont plus fréquentes au bas de l’échelle sociale. Ces différences de comportement se perpétuent : chacun a tendance à reproduire les habitudes de ses parents.

L’Insee rappelle une autre grande inégalité en matière d’espérance de vie : quels que soient leurs diplômes, les femmes sont avantagées. Ainsi, l’espérance de vie des femmes sans diplôme est quasiment égale à celle des hommes ayant un diplôme supérieur au baccalauréat. Comment l’expliquer, alors qu’elles ont des revenus faibles et que leurs conditions de travail sont plus difficiles ? Là encore, par des facteurs multiples. Elles consomment moins d’alcool que les hommes, leur durée de travail (hebdomadaire ou tout au long de la vie) est plus faible, ce qui diminue les risques liés à l’environnement professionnel. Elles bénéficient par ailleurs d’un meilleur accès aux soins, car elles sont en contact avec le monde médical au moment des grossesses. « Certaines études scientifiques mentionnent que les femmes disposeraient d’avantages biologiques expliquant leur espérance de vie plus longue », ajoute Mme Robert-Bobée.

L’Insee se borne à effectuer un constat chiffré, sans s’aventurer sur le terrain des préconisations. Ces résultats posent cependant la question de l’efficacité des politiques de prévention en matière de santé et de réduction des risques professionnels pour les catégories sociales les plus exposées.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sante/article/2016/02/18/un-homme-cadre-peut-esperer-vivre-six-ans-de-plus-qu-un-ouvrier_4868018_1651302.html#2KLMrGXQEcS6XQo6.99

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Ven 19 Fév - 14:19

Sur «l’illégitimité des revendications salariales » en Chine 16/02/2016

http://chuangcn.org/2016/02/overcoming-mythologies-interview/

dndf a écrit:
Un camarade du journal Chuang, qui va bientôt sortir en version papier, répond à quelques questions en réponse à « Ni marche en avant, ni marche arrière » La Chine à l’ère des émeutes

Nous avons traduit tout particulièrement celle relative à «l’illégitimité des revendications salariales »


Surmonter les mythologies: Une interview sur le projet Chuang
Citation :

LFE: Si le pourcentage de travailleurs engagés dans des activités productives est en baisse, il semble néanmoins qu’en Chine, une part croissante de la population est entrée dans le rapport salarial (emplois à la fois productifs et non productifs). Le rétrécissement relatif de l’armée de réserve de main-d’œuvre chinoise explique assez bien la hausse impressionnante des grèves et des salaires que la Chine a vu dans les dernières années. N’y a t-il pas une tension entre ces éléments de preuve et votre affirmation selon laquelle les revendications salariales et les formes connexes de lutte sont d’une importance secondaire par rapport aux émeutes? L’absence de mouvement coordonné de la main-d’œuvre n’est-elle pas plus facilement explicable par la répression de l’Etat et le monopole légal de la représentation des travailleurs par le syndicat contrôlé par l’Etat, plutôt que par l’«illégitimité des revendications salariales » – puisque ces revendications salariales sont tout de même là? Et si le niveau élevé de la répression étatique est également expliqué par le peu de marge de manœuvre pour plus de concessions salariales (étant donné la faible rentabilité), n’est-ce pas une preuve supplémentaire que les revendications salariales sont d’une importance critique ?


Chuang: d’abord, il est important de revenir sur quelques-uns des termes posés dans la question. Bien qu’il soit vrai que le pourcentage de travailleurs employés dans des activités productives (en particulier la fabrication) est en baisse et que de plus en plus de gens dépendent du salaire, ce n’est pas la même chose qu’un rétrécissement de l’armée de réserve de main-d’œuvre. C’est pourquoi la «paysannerie» historique n’est pas une armée de réserve, même si elle est finalement prolétarisée – l’armée de réserve est définie par l’existence de personnes dépendant du salaire, qui n’ont pas accès au travail et donc contribuent à faire baisser les salaires de ceux qui travaillent, car il y a une armée de chômeurs employables qui ont besoin d’emplois pour leur propre subsistance. La paysannerie historique, même dans sa forme socialiste de l’époque, ne dépendait pas du salaire et n’exerçait donc pas le même genre de pression à la baisse sur les salaires jusqu’à ce qu’il y ait des moyens de couper les gens des formes alternatives de subsistance.

Le premier numéro de notre revue contient un article portant sur la façon dont ce processus a eu lieu en Chine et comment cela a changé la nature de la «paysannerie», essentiellement en les prolétarisant. Cela a «libéré» de la terre une population précédemment non-salarié (ou sous d’autres formes de subsistance non rémunéré) et l’a engouffré dans l’économie salariale. Cela précisé, cependant, nous ne voyons vraiment pas un « rétrécissement » général de l’armée de réserve de main-d’œuvre en Chine. Cela était peut être vrai au début ou au milieu des années 2000, mais pas aujourd’hui. Ceci étant, maintenant que la croissance économique est clairement ralentie, il y a moins d’industries capables d’employer ces masses de nouveaux prolétaires. Traditionnellement des secteurs plus productifs tels que l’acier, le charbon, la construction, etc. sentent maintenant ces contraintes, et devront probablement se livrer à des licenciements massifs au cours des prochaines années. Beaucoup d’autres usines ont déjà été fermées en 2008-2009, et de nombreux endroits, comme Dongguan, ne s’en sont toujours pas remis.

L’armée de réserve du travail croît aujourd’hui de plus en plus à l’intérieur de la  croissance générale de la population surnuméraire, dont elle n’est qu’une une fraction.

Dans cet esprit, il est effectivement difficile de  connecter un certain rétrécissement de l’armée de réserve avec la hausse des salaires puisque l’armée de réserve n’a pas diminué. Il y a une pénurie de main-d’œuvre, c’est vrai, mais cela a autant à voir avec les tendances démographiques de base, l’augmentation de la productivité de certaines industries, et la transformation capitaliste de la campagne. Cela a également à voir avec le fait que certaines régions n’ont jamais récupéré des fermetures d’usines en 2008 et de la fuite du capital et des migrants qui l’accompagnaient. Tel est le paradoxe d’une «pénurie de main-d’œuvre migrante dans l’abondance de l’offre de main-d’œuvre rurale. »( 1)


Ensuite, nous ne prétendons pas que les grèves ou les revendications salariales sont d’une importance secondaire par rapport aux émeutes. En fait, les deux sont très souvent combinées. Nous soulignons seulement que les émeutes semblent effectivement plus fréquentes, et qu’elles ont tendance à concerner des parties plus larges de la population, par opposition à des luttes très spécifiques destinées à des types particuliers de négociation sur le salaire. Mais même ces grèves revendicatives n’ont pas vraiment le caractère des mouvements ouvriers traditionnels, dans la mesure ou de nombreux migrants ne s’attendent même pas à travailler là pour très longtemps, dans l’avenir. Il y a peu d’incitation pour les travailleurs à se doter d’institutions qui pourraient mener à bien les restructurations fondamentales dans l’entreprise, ou de plan pour une prise de contrôle révolutionnaire de la production, car il y a peu d’identification entre le travail et la vie de chacun – très différent du genre d’un « job à vie » comme on pouvait le rechercher dans les usines automobiles de milieu du 20e siècle à Detroit, par exemple. Donc, ces mouvements en Chine prennent souvent la forme de sorte de pillages, avec une mentalité du « prends ce que tu peux ». Une fenêtre apparaît dans laquelle il devient possible d’obtenir des arriérés de salaires, des primes de vacances, des prestations non versées, ou tout simplement de se venger de gestionnaires qui ont harcelé sexuellement les travailleurs, des propriétaires qui ont embauché des voyous pour battre les travailleurs qui se battent pour eux-mêmes, etc., Alors les travailleurs sautent sur l’occasion, mais souvent, ils prennent juste l’argent et partent. Ces actions sont de plus en plus collectives, mais elles présentent beaucoup plus de similitudes avec des grèves et des émeutes contemporaines dans d’autres pays que les gens ne le supposent généralement.


Troisièmement, l’«illégitimité» des revendications salariales ne signifie pas que les revendications salariales n’existent pas ou ne sont pas communes. Nous empruntons le terme à un groupe français, Théorie Communiste, et ce n’est certes pas le meilleur terme (ils sont assez friands de prose ésotérique). Fondamentalement, la revendication salariale devenue « illégitime » signifie que, au niveau mondial, la rentabilité est si limitée que le capital ne peut se permettre une augmentation du plancher global des salaires. C’est une simplification excessive *, et il y a un certain nombre d’autres conséquences (inflation, turbulence des monnaie, crises de la dette souveraine, etc.), mais la forme qu’elle prend en Chine est celle où le salaire lui-même devient un point central de discorde, et où les augmentations des salaires produisent la délocalisation des usines à l’intérieur ou à l’étranger, ou l’intensification de l’automatisation. Nous voyons tout cela dans des endroits comme le Pearl River Delta, et les grèves sur les lieux de travail sont en réalité le plus souvent des actions sur les paiements ou des avantages forfaitaires, menées par des travailleurs qui n’ont aucun espoir de rester dans l’usine ou que l’usine restera dans la zone. De nombreuses grèves récentes ont visé au paiement des arriérés de salaire dans des usines qui se préparent à déménager.

* précisons que les réflexions sur « l’«illégitimité» des revendications salariales » remontent à l'époque où TC théorisait l'écart dans la perspective de voir s'annoncer des « dépassements produits » sur le modèle de la communisation engagée dans une crise finale ouvrant la voie à l'abolition du salariat, théorie reposant sur une interprétation fausse des "luttes suicidaires", et anticipation renvoyant au déterminisme de Théorie Communiste, dont on sait, comme dit l'auteur, comme ses raffinements dialectiques finissent toujours par aboutir à des résultats simplistes à partir d'événements excessivement partiels supposés caractériser la période. On a rencontré nombres d'exemples du type relevé en Chine dans d'autres parties du monde, et même en France

la publication sans commentaires de ce texte ne nous dit pas ce que TC en pense aujourd'hui, mais il en va ainsi de la plupart des textes publiés par dndf, dont on ne sait pas si cela vaut approbation. Du coup, plus de "ligne générale" lisible, ça part dans tous les sens, poussant à une véritable schizophrénie théorique

R.S écrivait il y a peu,


Citation :
Pour l’heure, la crise est une crise du rapport salarial et c’est sur les modalités de l’achat-vente de la force de travail qui impliquent, au niveau mondial, celle de sa mobilisation, de sa segmentation et de sa reproduction que devrait se jouer la guerre de classes à venir dont nous vivons les escarmouches.

même concernant la crise du capital comme économie politique, c'est encore « une simplification excessive », ou du moins, si ce n'est pas faux, on ne voit pas trop l'intérêt de cette définition globale, si ce n'est son inscription dans l'attente d'une révolution mondiale, encore une projection à rebours des thèses idéalistes sur la communisation... Quant à réduire la crise du capital à celle de son économie politique, même si elle mène la danse, je n'y reviens pas : réductionnisme, économisme, "marxisme orthodoxe", etc.


retour à Chuang :

Les travailleurs provoquaient ces grèves parce que c’était leur dernière chance d’obtenir cet argent à peu de risques, car ils perdraient leur emploi de toute façon.

Donc, les revendications salariales sont d’une importance critique – mais pas de la façon dont elles l’ont été pour les mouvements des travailleurs historiques en Europe et en Amérique. La principale différence est que les revendications salariales d’aujourd’hui ne peuvent pas aboutir à la création, même pour quelques décennies, d’un secteur de cols bleus à haut salaire. Toute organisation qui se forme avec cette intention, ou avec des présomptions semblables, fait une erreur stratégique. Ces conditions globales détruisent fondamentalement l’environnement dans lequel le mouvement historique des travailleurs  s’est développé, il est donc peu probable que les stratégies de ce mouvement marche aujourd’hui, que ce soit comme variantes modernes des plate-formes de création d’emplois à salaire élevé du « New Deal »libéral socialiste, ou comme programme d’Erfurt, comme grève générale syndicaliste, sans parler de révolutions dirigées par des millions de paysans armés. Tous prennent comme base l’existence d’expansion de l’emploi dans les entreprises de production à grande échelle et l’afflux de « paysans devenant travailleurs » d’une grande frontière non capitaliste. Ces conditions constituent la base de campagnes libérales « redistributionniste », de partis de masse, de vastes syndicats du travail et d’armées révolutionnaires traditionnelles.

Il est un fait que les futures formes d’organisation auront de fortes composantes qui impliquent le travail et le lieu de travail. Mais cela ne signifie pas nécessairement la montée d’un «mouvement ouvrier» traditionnel, ou de quelque chose qui lui ressemble. Il n’existe aucun mouvement de ce style en Chine, et ce n’est pas seulement à cause de la répression, puisqu’il n’y en a pas non plus en Europe ou aux États-Unis ou en d’autres endroits dépourvus de la répression « dure » caractéristique de la politique de l’Etat chinois.

Il n’y a pas de « mouvement ouvrier » en tant que tel en Chine et, comme nous disons : c’est une bonne chose en termes de potentiel d’un projet communiste.

1   Titre d’un article publié sur le sujet, dans Eurasian Geography and Economics Vol 51, N° 4, 2010, by Kam Wing Chan.


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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mar 23 Fév - 23:51


qu'on le veuille ou non, c'est un petit événement... Pour savoir comment cela s'inscrit dans « la crise du rapport salarial », (R.S/TC texte sur Badinter), ou comme « séquence particulière » en attendant la fin sans rien faire sur les canons révolutionnaire de la communisation

parler pour ne rien dire ou parler pour ne rien faire, quelle est la différence, quand c'est en harmonie avec l'idéologie du capital ?


Succès fulgurant pour la pétition contre la réforme du Code du travail

Le projet du gouvernement suscite déjà les critiques des syndicats et d'une partie de la gauche, qui le jugent trop favorable aux entreprises au détriment des salariés.


La ministre du Travail, Myriam El Khomri, et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron,
le 22 février 2016 à Chalampé (Haut-Rhin)SEBASTIEN BOZON / AFP


Citation :
"Loi travail : non merci !" Derrière ce slogan, une pétition lancée contre la réforme du Code du travail connaît un succès fulgurant. Mardi 23 février, elle a déjà recueilli plus de 365 000 soutiens, en seulement cinq jours sur internet. Une mobilisation qui confirme le rejet croissant du projet dévoilé la semaine dernière, et déjà accueilli par une salve de critiques des syndicats et d'une partie de la gauche, qui le jugent trop favorable aux entreprises, au détriment des salariés.

"Un copier-coller du programme du Medef"

Cette pétition a été lancée, vendredi 19 février, sur le site Change.org par Caroline de Haas, une militante de gauche féministe. Elle est adressée directement à la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui porte le projet et appelle ses signataires à se mobiliser et à interpeller la ministre pour lui demander de "renoncer". "C'est du jamais-vu. C'est un démarrage historique", se félicite, dans Le Parisien, l'ancienne porte-parole d' Osez le féminismeet ex-conseillère de Najat Vallaud-Belkacem au ministère des Droits des femmes.

Le gouvernement est allé "tellement loin dans la caricature", juge-t-elle, appelant l'exécutif à "revoir sa copie". La militante dénonce "un copier-coller du programme du Medef" et pointe "le contenu particulièrement choquant de la loi" dans un entretien au Figaro. "Il y avait vraiment un franchissement de la ligne avec le projet de Myriam El Khomri, explique-t-elle encore. François Hollande croit réellement qu'en faisant travailler plus les gens et en les protégeant moins, il y aura plus de croissance. Et cela même si un quart des salariés déclarent souffrir au travail."



Placide

n'en déplaise, non ce n'est pas un recul, ni un retour en arrière,
mais une avancée du capital au présent dans la crise,
et s'y opposer sur le terrain de la démocratie politique
ne fera qu'entériner cette défaite dans la défaite


en relation : Loi Travail : 9 syndicats réclament le "retrait" du plafonnement des indemnités prud'homales Le Point 23 février

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Sam 30 Avr - 14:13

Gattaz

exploiter plus longtemps, c'est bon pour l'emploi


scratch

faux, répond l'Insee

Moins de jours fériés, c'est un peu de croissance en plus... Marie Visot  30/04/2016

Citation :
Le 1er mai tombe cette année un dimanche

Cette année, trois jours fériés vont tomber un dimanche. Et en plus, 2016 est bissextile. De quoi doper la croissance de 0,11 point, a calculé l'Insee.

L'an dernier, le mois de mai avait été ponctué de 3 jours fériés offrant des week-ends prolongés (1er et 8 mai, lundi de Pentecôte). Cette année, il n'en est rien: la semaine prochaine, comme celle d'après, point de jours fériés tombant en pleine semaine! Au total, en 2016, les 1er et 8 mai, et le 25 décembre tomberont un dimanche. Si elle fait faire grise mine aux salariés, la situation n'est pas perdue pour tout le monde. L'économie française ne s'en porte que mieux.

De fait, dans une récente étude, l'Insee a calculé que cette situation, ajoutée au fait que 2106 est une année bissextile (et comptera un jour de semaine ouvré de plus que 2015, soit 253 jours) fait gagner 0,11 point à la croissance sur l'année. Le gain n'est pas considérable, mais tout dixième de point est bon à prendre dans la période actuelle, marquée par une reprise poussive de la croissance. Pour cette année, Bercy prévoit un rebond du PIB de 1,5%.

11 jours fériés en France, 9 en Allemagne


La France compte 11 jours fériés par an. C'est trop, estimait il y a quelques mois le patron du Medef, Pierre Gattaz. Ce dernier proposait alors d'en supprimer deux -pour se mettre au niveau des Allemands. Il estimait même que cela créerait près d'un point de PIB en plus et créerait des dizaines de milliers d'emplois supplémentaires. Les chiffres de l'Insee contredisent ces calculs.

Il n'en reste pas moins que quelques jours de travail en plus sur une année, ce sont des usines qui tournent, des appels d'offres auxquels il faut répondre, des magasins ouverts... La semaine dernière, le gouvernement allemand a annoncé s'attendre à une croissance de 1,7% pour 2016 et seulement 1,5% pour 2017. Un ralentissement de cadence que le ministre de l'Économie, Sigmar Gabriel, impute à... deux jours ouvrés de moins que cette année.


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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 9 Mai - 15:26


Citation :
A l'heure où le sous-gauchisme des gourous du fakir fétichisent les emplois industriels nationaux en masquant l'horreur du travail aliéné capitaliste voici l'antidote à ce spectacle écoeurant du chauvinisme industriel. Si le film merdique Merci patron ! cache sous sa contemplation citoyenniste le fétichisme du travail industriel ceux qui subissent ce travail savent : au-delà de la survie immédiate face au chômage la pourriture à éliminer ce n'est pas seulement ce monde de la marchandise qui met en concurrence les travailleurs les uns contre les autres, mais c'est également ce pourquoi et comment on produit dans les entreprises.




Car la première étape d'une émancipation sociale radicale est bien là : il faudra d'abord abolir les entreprises, n'en laisser subsister aucune. Corps mis au rebut ou corps mutilés/meurtris, faut-il faire du choix pragmatique une fin en soi ? Là où se matérialise la violence intrinsèque du capitalisme sur les corps des ouvrièr-e-s le syndicalisme sénile répond : "amélioration des conditions de travail". Mais nous on sait bien que si on améliore l'arme de notre bourreau, sans comprendre la cadence qui détermine ses actes, on en crèvera tout autant.




L'abattoir est loin de tout, tout au bout de la zone industrielle.Au début, on pense qu'on ne va pas rester.
Mais on change seulement de poste, de service.
On veut une vie normale.
Une maison a été achetée, des enfants sont nés.
On s'obstine, on s'arc-boute.
On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps.
On tient quand même, jusqu'au jour où l'on ne tient plus.
C'est les articulations qui lâchent. Les nerfs qui lâchent.
Alors l'usine vous licencie.
A moins qu'entre temps on ne soit passé chef, et que l'on impose maintenant aux autres ce que l'on ne supportait plus soi-même. Mais on peut aussi choisir de refuser cela.

Entrée du personnel
a été réalisé à partir de récits de vie de salariés et de scènes tournées dans de grands abattoirs industriels, sous la surveillance des patrons.



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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 23 Mai - 13:59


en relation dans PROLÉTARIAT : je t'aime, un peu, beaucoup... à la folie... pas du tout ?

les discussions sur ce que sont le prolétariat, le prolétariat productif, la classe ouvrière, etc. revenant de façon récurrente, voici un texte de Robert Bibeau qui rappelle quelques banalités marxiennes de base et fourmille de données chiffrées

on ne le prendra pas ici comme base d'une discussion théorique, certains points pouvant être discutables, d'autant que l'auteur s'inscrit certes dans une perspective révolutionnaires, son point de vue demeure programmatiste (pouvoir d'État du prolétariat, etc.)

la question complexe de ce qu'est dans le capitalisme restructuré, en subsomption réelle, le prolétariat productif et son articulation avec celle de la subjectivation révolutionnaire sont abordées par ailleurs


L’EXPANSION DE LA CLASSE PROLÉTARIENNE

Robert Bibeau les7duquebec 18 mai 2016



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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mar 31 Mai - 7:03


les jeunes vieux : au boulot !


Un rapport du Conseil d'analyse économique (CAE) propose de ramener à deux ans maximum la durée d'assurance-chômage des plus de 50 ans, dans le cadre de mesures visant à augmenter l'emploi des seniors, inférieur à la moyenne de l'OCDE.


Le taux d'emploi des seniors a fortement augmenté ces 15 dernières années: pour les 55-64 ans,
il est passé de 37,9% au début de 2008 à 48,9% à la fin de 2015
JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Citation :
Le taux d'emploi des seniors a fortement augmenté ces 15 dernières années: pour les 55-64 ans, il est passé de 37,9% au début de 2008 à 48,9% à la fin de 2015, soulignent les auteurs, Pierre Cahuc, Jean-Olivier Hairault et Corinne Prost.

Ils attribuent cette augmentation aux réformes des retraites (recul de l'âge légal de départ, augmentation de la durée de cotisation, quasi-suppression des pré-retraites à financement public), et de l'assurance-chômage (fin du dispositif de dispense de recherche d'emploi).

Cependant, ce taux reste inférieur de 10 points à la moyenne de l'OCDE, une différence provenant surtout du faible taux d'emploi des 60-64 ans (25% en 2014, +10 points en 7 ans, comparé à 68% pour les 55-59 ans, +12 points).

La montée de l'emploi des seniors s'est accompagnée d'un accroissement de leur taux de chômage, un phénomène souvent mis en avant pour s'interroger sur la pertinence du recul de l'âge de la retraite mais qui, selon les auteurs, "ne reflète que l'extension de la sphère du travail aux plus de 55 ans".

Estimant que "la faiblesse du taux d'emploi au-delà de 60 ans réduit la création de richesses", les auteurs souhaitent favoriser les choix individuels en fin de carrière entre revenu et temps de loisir, et faire en sorte "que l'assurance-chômage ne biaise pas prématurément les choix en faveur du retrait de l'emploi".

Outre la mise en place d'un plan spécifique d'accompagnement et de formation pour les chômeurs de plus de 50 ans, ils recommandent de réduire la durée d'assurance pour cette tranche d'âge de trois à deux ans maximum, ce qui la ramènerait à la durée en vigueur pour les moins de 50 ans.

Ils proposent en outre de supprimer l'extension de la période d'indemnisation à partir de l'âge légal jusqu'à l'âge de la retraite à taux plein.

Actuellement, les chômeurs de plus de 50 ans peuvent bénéficier du maintien du versement de leurs allocations tant qu'ils n'ont pas réuni tous leurs trimestres de cotisation pour avoir droit à une retraite sans décote.

Le rapport propose également d'harmoniser progressivement les règles définissant l'accumulation des droits, pour converger à terme vers un régime unifié à points.

Il suggère d'instituer un système de bonus-malus pour les cotisations employeurs d'assurance-chômage qui s'applique à tous les salariés, seniors compris.

Le CAE est un organisme indépendant placé auprès du Premier ministre, dont les travaux n'engagent que leurs auteurs.


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