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dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...

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MessageSujet: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mar 30 Juin - 22:31

voir en relation, en sus des sujets de cette catégories PROLÉTARIAT : je t'aime, un peu, beaucoup... à la folie... pas du tout ?

de plus, le capitalisme étant "implication réciproque entre économie politique et activités du prolétariat l'approche du travail ne saurait se comprendre sans la critique de l'économie politique, le sous-titre du Capital de Marx. Voir ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ?

Service du Travail Obligatoire ?


photo de vacances au-delà du pont, juillet 2014
Sto est le leader français de l'isolation thermique extérieure
STO, Service du travail obligatoire : durant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie,
la réquisition et le transfert vers l’Allemagne de centaines de milliers de travailleurs français...


Intensité du travail et usages des technologies de l’information et de la communication PDF
Enquêtes Conditions de travail Élisabeth Algava, Lydie Vinck

Chloé Vialle a écrit:

Exigences auxquelles les salariés sont soumis, indicateurs d'intensité du travail, utilisation des nouvelles technologies sont passés au crible.

La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistique a publié le 30 juin 2015 une étude qui présente d'une part les exigences auxquelles les salariés sont soumis, les indicateurs d'intensité du travail, et d'autre part l'utilisation des technologies de l'information et de la communication.

Les résultats de cette étude sont issus des enquêtes "Conditions de travail" lors desquelles seul le point de vue et les connaissances du salarié sur son travail sont recueillis. Ils sont ventilés par sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, secteur d'activité et par type d'employeur.

L'étude se découpe en 4 volets :
•les rythmes de travail ;
•les contraintes organisationnelles ;
•les conséquences de l'intensité et de la complexité du travail ;
•les technologies de l'information et de la communication.

L'étude révèle des chiffres surprenants, notamment, en matière de d'intensité et de complexité du travail :
•44% des salariés déclarent travailler parfois sous pression ;
•40% des salariés avouent continuer à penser de temps en temps à leur travail même quand il n'y sont pas ;
•29% des salariés se sentent souvent obligés de se dépêcher au travail.

On constate par ailleurs que l'usage des technologies de l'information et de la communication est en constante évolution. En 2013, 71,1% des salariés utilisent un matériel informatique pour des besoins professionnels (contre 50% en 1998) et plus de 50% des salariés utilisent professionnellement internet et disposent d'une boîte mail professionnelle.

Mais une telle intensité d'usage n'est pas sans poser de problème, comme celui du droit à la déconnexion des salariés cadres.

Source : Synthèse sur l'Intensité du travail et usages des technologies de l'information et de la communication (ci-dessous)

Intensité du travail et usages des technologies de l’information et de la communication PDF
Enquêtes Conditions de travail Élisabeth Algava, Lydie Vinck
Sommaire a écrit:
NTRODUCTION………………………………………………………………………………………….. 1
I – LES RYTHMES DE TRAVAIL
1 ● Les rythmes de travail (1) - Contraintes machiniques et techniques,
dépendance vis-à-vis des collègues ………………………………………………………………………… 8
2 ● Les rythmes de travail (2) - Normes ou délais à respecter, demande
extérieure……………………………………………………………………………………………………………………
20
3 ● Les rythmes de travail (3) - Contrôles hiérarchiques, contrôle ou suivi
informatisé …………………………………………………………………………………………………………….. 32
4 ● Le travail à la chaîne ou sous contrainte automatique …………………………………. 44
5 ● Le travail répétitif …………………………………………………………………………………………… 56
II – CONTRAINTES ORGANISATIONNELLES
6 ● La polyvalence sur les postes de travail - Rotation régulière ou en fonction
des besoins …………………………………………………………………………………………………………….. 68
7 ● Changements de poste selon une rotation régulière …………………………………… 80
8 ● Changements de poste en fonction des besoins de l'entreprise ou
l'administration ……………………………………………………………………………………………………….. 92
9 ● Atteindre des objectifs chiffrés précis …………………………………………………………… 104
10 ● Abandon d’une tâche pour une autre non prévue ………………………………………….. 112
11 ● Suivre des procédures de qualité ………………………………………………………………….. 124
12 ● Conséquences d’une erreur dans le travail ………………………………………………….. 133
13 ● Attention et vigilance ……………………………………………………………………………………… 145
14 ● Recevoir des ordres contradictoires …………………………………………………………….… 157
15 ● Charge de travail jugée excessive ………………………………………………………………… 169
III – CONSÉQUENCES DE L'INTENSITE ET DE LA COMPLEXITE DU
TRAVAIL
16 ● Obligation de se dépêcher ……………………………………………………………………………….. 175
17 ● Travail sous pression ……………………………………………………………………………………….. 187
18 ● Penser à trop de choses à la fois ………………………………………………………………………. 193
19 ● Penser à son travail en dehors ………………………………………………….…………………….. 199
20 ● Aller travailler en étant malade ………………………………………………………………………. 205
IV – TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
21 ● Utilisation de l’informatique ……………………………………………………………………………… 211
22 ● Disposer d’une boîte à lettres électronique ……………………………………………………. 223
23 ● Utilisation professionnelle d’internet et d'un intranet ……………………………………. 232
24 ● Durée d'utilisation des matériels informatiques ………………………………………………. 244
25 ● Accès distant à la messagerie et au réseau de l'établissement ……………………… 256
26 ● Utilisation d’un téléphone portable à des fins professionnelles ……………………… 263

Introduction a écrit:
Ce numéro de Synthèse.Stat’ présente d’une part les exigences auxquelles les salariés sont
soumis, les indicateurs d’intensité du travail, d’autre part l’utilisation des technologies de
l’information et de la communication.
Les résultats sont issus des enquêtes Conditions de travail. Conformément aux principes de
cette enquête depuis sa création en 1978, c’est le point de vue et les connaissances du salarié
sur son travail qui sont recueillis.
Les résultats sont systématiquement ventilés par sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle,
secteur d’activité, type d’employeur (distinguant les trois versants de la fonction publique).
Afin de présenter des évolutions, lorsque le questionnaire est resté à l’identique, les résultats
sont fournis pour les années 1984, 1991, 1998, 2005 et 2013.
Cinq autres volumes sont ou seront publiés pour rendre compte des résultats de l’enquête
Conditions de travail.
• Contraintes physiques, prévention des risques et accidents du travail
• Organisation du temps de travail
• Autonomie
• Rapports sociaux au travail
• Vécu du travail : reconnaissance, conflits de valeurs, insécurité et changements dans le
travail



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MessageSujet: CONDITIONS DE TRAVAIL   Jeu 2 Juil - 20:50


extrait de Dans le monde, une classe en lutte Mai 2015 Echanges et mouvements

Echanges a écrit:
CONDITIONS DE TRAVAIL
France —* 7/04/2015 — Depuis 2013, les accords de maintien de l’emploi peuvent être signés par les syndicats pour demander des « efforts » aux travailleurs en échange de la promesse patronale de ne pas licencier. Par exemple, travailler de 50 à 53 heures par semaine, avec le gel ou la baisse des salaires et la suppression des RTT. C’est une formule de ce genre que le gouvernement tente de faire entériner dans les hôpitaux pour compenser les restrictions de crédit, ce qui équivaut aux difficultés d’une entreprise. Quadrature du cercle qui explique le peu de succès de cette formule. D’autant plus que les entreprises ont une gamme imposante de contrats divers — d’abord les CDD et l’intérim — pour faire face aux difficultés, en taillant dans la chair fraîche des exploités.
Grande-Bretagne — *7/05/2015 — Le taux de chômage officiel ne serait que de 6 % de la masse des actifs. La crise et les restrictions budgétaires (400 000 suppressions d’emplois dans le secteur public) n’ont pas fait grossir ce taux parce que la « flexibilité » a été introduite sous les formes les plus pernicieuses. Les 2/3 des emplois créés depuis 2008 sont le fait d’auto-entrepreneurs. Nous avons déjà parlé des « contrats zéro heure » (voir précédents bulletins), ou de toutes formes de contrats à temps partiel.

États-Unis — *3/04/2015 — Unilatéralement, Mac Donald annonce à grand renfort de publicité qu’il va, pour ses antennes aux USA, payer ses exploités 10 $ de l‘heure (9,16 euros), et leur accorder des congés payés. Mais cela ne concernera que ses salariés directs et nullement les 600 000 exploités par les « franchisés ». Le mouvement de grève des précaires américains dont nous parlons par ailleurs revendique 15 $ de l’heure (13,75 euros) et le droit de se syndiquer, ce que Mac Do n’est pas prêt à accorder, faisant encore la chasse aux sorcières syndicalistes. Cet octroi d’une augmentation unilatérale et limitée est aussi machiavélique. Les affaires de Mac Do ne sont pas très prospères, avec une chute de 1 % du chiffre d’affaires en 2014. En augmentant les salaires, il contraint les franchisés à faire de même et ceux-ci doivent répercuter cette rallonge sur le prix, ce qui augmente leur chiffre d’affaires global et par conséquent le pourcentage de ce chiffre que le franchisé doit reverser à Mac Do.

Italie — 14/05/2015 — Un contrat collectif national pour le commerce et la banque signé par la Cgil permet d’imposer le travail du dimanche, de faire travailler 44 heures pendant seize semaines, ou même contractuellement pour une entreprise 48 heures pendant vingt-quatre semaines, en échange de nouvelles embauches et d’une promesse de non-licenciement.
8/04/2015 — Calzedonia, firme textile, n’a d’italien que le nom. Cette multinationale, qui exploite dans le monde 30 000 travailleurs, dispose du revenu annuel de 4 000 boutiques et de nombreuses filiales en pleine expansion. Si les 500 employés du QG de l’entreprise à Vérone ont tous les avantages sociaux imaginables, il n’en est pas de même des 12 000 esclaves des 5 usines du Sri Lanka et des autres exploités de Croatie, de Bulgarie et de Serbie. Personne n’y gagne plus de 500 euros par mois. Ce qui n’empêche pas les dirigeants de se plaindre, à propos de leur implantation thaïlandaise, de ce que « le plus difficile a été d’apprendre aux employés à venir tous les matins » (on peut imaginer les moyens employés pour ce faire).
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MessageSujet: contrat de travail, chômage, licenciements... expulsion   Dim 5 Juil - 12:24

le travail, dans le capitalisme, c'est d'abord le contrat de travail entre le prolétaire, qui n'a que son travail pour vivre, et le capitaliste qui a les moyens de le faire travailler pour en tirer une plus-value

corollaire : le chômage est la non-réalisation de ce contrat, et le licenciement la rupture du contrat de travail par le capitaliste, renvoyant le prolétaire au chômage

recherche Google à licenciements depuis moins d'un mois

dans le moment présent du capitalisme, des millions d'êtres humains n'ont pas accès à la situation de prolétaire exploitable, ils ont les nègres du monde (Achille Mmembe), les expulsés (Saskia Sassen)


Achille Mbembe a écrit:
Vous parlez d'un "devenir nègre" du monde, pensez-vous aux migrants d'origines diverses, Syrie, Somalie, qui affluent sur ses rivages ?

Oui, car ils font l'expérience d'un arrachement à leur lieu natal et d'une plongée dans l'inconnu, hier l'Atlantique, aujourd'hui la Méditerranée, en prenant un risque mortel. Le voyage est aléatoire, la destination pas du tout garantie. Mais la différence avec le nègre du premier capitalisme (du XVe au XIXe siècle), c'est qu'hier les nègres, objets de vente, étaient achetés pour une aventure qui se soldait souvent par le désastre, l'Atlantique devenant un énorme cimetière au temps de la traite de l'esclavage. Alors qu'aujourd'hui ces migrants payent des passeurs. S'agissant de ceux qui fuient la misère, ce déplacement nous dit quelque chose de fondamental de la structure actuelle du capitalisme : il y a toute une humanité subalterne dont le capitalisme n'a pas besoin. Le drame d'aujourd'hui, c'est de ne même plus pouvoir être exploité, alors qu'hier le drame était d'être exploité. Là réside le basculement que mon livre s'efforce de pointer.


Citation :
Saskia Sassen a le mérite d'aborder par un prisme globalisant un ensemble de dynamiques socio-économiques en marche dans le monde sous les termes de mondialisation, dérégulations... et montre dans quelle mesure ces dynamiques sont finalement imbriquées pour créer de fait une fantastique machine à détruire et exclure un pan de plus en plus massifs des citoyens du monde du modèle social cruel basée sur une économie de marché de plus en plus ouverte, sans que cette dynamique ne soit jamais remise en question.

Saskia Sassen a écrit:
http://www.saskiasassen.com/PDFs/interviews/le-monde-interview-2014-sassen.pdf« Le capitalisme est entré dans des logiques d’extraction et de destruction » Le Monde 25 avril 2014


Dans votre nouveau livre, vous avancez que la mondialisation est entrée dans une phase d’« expulsion ». Qu’entendez-vous par là ?

Saskia Sassen : Ces deux dernières décennies, un nombre croissant de gens, d’entreprises et de lieux physiques ont été comme « expulsés » de l’ordre économique et social.

Des chômeurs sont rayés des listes de demandeurs d’emploi. Certains travailleurs pauvres ne bénéficient plus d’aucune protection sociale.

Neuf millions de ménages américains ont perdu leur foyer après la crise des subprimes. Dans les grandes métropoles du monde entier, les « classes moyennes » sont peu à peu chassées des centres-villes, désormais hors de prix.

La population carcérale américaine a augmenté de 600 % ces quarante dernières années.

La fracturation hydraulique des sols pour extraire le gaz de schiste transforme des écosystèmes en désert – l’eau et le sol sont contaminés, comme si on expulsait de la biosphère des morceaux de vie.

Des centaines de milliers de villageois ont été délogés depuis que des puissances étrangères, étatiques et privées, acquièrent des terres aux quatre coins du monde : depuis 2006, 220 millions d’hectares, principalement en Afrique, ont été achetés.
....




« LE CAPITALISME EST ENTRÉ DANS DES LOGIQUES DE DESTRUCTION »

Saskia Sassen

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MessageSujet: 50 000 fonctionnaires manquent à l'appel   Dim 5 Juil - 22:03

50 000 fonctionnaires manquent à l'appel Marine Le Gohébel Libération 5 juillet 2015


le dernier qui part éteint la lumière

L’État doit encore recruter des enseignants, des policiers et des militaires pour atteindre ses objectifs, selon un document que s'est procuré le JDD.

Marine Le Gohébel a écrit:
Le chiffre a de quoi surprendre en cette époque de chômage de masse. 50 000 postes de fonctionnaires seraient vacants actuellement en France. C’est ce que dévoile le Journal du dimanche, qui s’est procuré un document que s’apprête à publier la rapporteure du budget à l’Assemblée, Valérie Rabault.

Par rapport aux effectifs inscrits dans la loi de finances 2014 et votés par le Parlement, il manquerait notamment 13 300 enseignants, 5 000 militaires et 4300 policiers. Pourtant en 2012, le candidat François Hollande avait fait de ces recrutements son cheval de bataille. Pendant la campagne présidentielle, il promettait la création de 60 000 postes à l’Éducation nationale et 5000 dans la justice et la sécurité. Mais cet engagement symbolique est paradoxalement sur le point de ne pas se concrétiser faute de vocations. Car c’est bien le déficit de candidats qui est à mettre en cause.

Légère amélioration dans l’enseignement

Malgré la perspective angoissante du chômage, l’Éducation nationale comme d’autres secteurs de la fonction publique peinent toujours à recruter, souligne le rapport.  Après une année 2013 désastreuse où les concours de recrutement n’avaient pas fait le plein, une légère amélioration a été observée en 2014 dans l’enseignement. Les chiffres devraient donc remonter. Lors de la dernière rentrée, Libération pointait déjà du doigt le manque de professeurs et mettait en cause la dévalorisation du métier et les rouages d’une machine administrative qui démotiveraient les potentiels candidats.

Également concernées, l’armée et la police qui, malgré l’obtention de nouveaux emplois d’urgence après les attentats de janvier, «n’avaient pas atteint le maximum de leurs recrutements l’an dernier».

En ne respectant pas les objectifs fixés, l’État aurait économisé 228 millions d’euros en 2014.
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MessageSujet: Technip va supprimer 6000 emplois dans le monde   Lun 6 Juil - 20:02

Technip va supprimer 6000 emplois dans le monde L'Express avec AFP 6 juillet  

Le groupe français d'ingénierie pétrolière a annoncé lundi un plan de restructuration visant à réaliser 830 millions d'euros d'économies en 2016 et 2017. Quelque 6000 emplois sont menacés.


Citation :
Technip est rattrapé par la chute des prix du pétrole. Le groupe français d'ingénierie pétrolière a dévoilé, lundi, un plan de réduction de coûts visant à réaliser 830 millions d'euros d'économies en 2016 et 2017. Une restructuration qui devrait se traduire par la suppression de 6.000 emplois (sur 38.000) dans le monde.

Technip souffre en effet de la réduction des investissements des compagnies pétrolières et gazière. Un ralentissement qualifié de "sévère et durable. C'est pourquoi, nous avons décidé d'accélérer nos mesures d'efficacité et de réductions de coûts", a expliqué le PDG de Technip, Thierry Pilenko, cité dans un communiqué. Une part significative de ce plan de restructuration porte sur le segment onshore/offshore, a précisé Technip.

Dans le détail, le groupe prévoit de réaliser 700 millions d'euros d'économies en 2016 et 130 millions d'euros en 2017, a-t-il indiqué dans un communiqué. Il a précisé que les réductions d'effectifs se feraient "progressivement".

"Un ralentissement sévère et durable"

"Le ralentissement de l'industrie pétrolière et gazière est sévère et durable. C'est pourquoi, nous avons décidé d'accélérer nos mesures d'efficacité et de réductions de coûts", a expliqué le PDG de Technip, Thierry Pilenko, cité dans un communiqué. Une part significative de ce plan de restructuration porte sur le segment onshore/offshore, a précisé Technip.

Le groupe va notamment "réduire sa présence sur certains marchés où des activités ont peu de chances de se concrétiser", dont certains pays en Europe, en Asie ou encore au Brésil.Technip confirme par ailleurs "la fin de son engagement" avec la Sonatrach dans le projet de réhabilitation de la raffinerie de Sidi Arcine, près d'Alger.

Malgré une performance toujours "solide", la division sous-marine n'échappera pas aux réductions de coûts. Ils interviendront "sur les marchés à forte pression", comme en mer du Nord, a précisé le groupe. Technip va également continuer à réduire sa flotte cette année et vise la cession de quatre navires, contre deux initialement prévus.


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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mer 8 Juil - 0:44


Bruno ASTARIAN

DIVISION DU TRAVAIL, DIVISION DE LA PROPRIETE & VALEUR PDF 2006 La Matérielle Christian Charrier

Bruno Astarian a écrit:
« Il faut donc préciser que, si l'exploitation du travail productif est le cœur même de la reproduction sociale capitaliste, le prolétariat se définit de façon plus large, par la contrainte que la classe de la propriété exerce sur la classe du travail afin de la forcer à travailler - et à travailler toujours plus - pour elle.

Marx parle alors de subordination du travail au capital, et la première forme de cette subordination tient dans le fait que la classe de la propriété capitaliste a le monopole, de sorte que la classe du travail n'a d'autre moyen de se reproduire que de travailler pour le capitaliste aux conditions que celui-ci impose. Le statut de sans-réserve est ainsi le noyau dur de la définition du prolétariat. Tout le reste - le travail, la misère, mais aussi la révolte - en découle.

Le monopole capitaliste sur les moyens de production vaut dans le secteur productif comme dans le secteur improductif, et la pression sur les salaires est aussi impérative pour le capital productif que pour le capital improductif. C'est pourquoi, si l'on définit l'exploitation de la façon stricte que nous avons envisagée, On dira que la lutte contre l'exploitation est médiée par la lutte contre la subordination, entendant par là l'ensemble des moyens de contrainte dont dispose la classe capitaliste : outre le monopole de la propriété des moyens de production, il s'agit des bas salaires, de la précarité, des rythmes et conditions de travail, du prix des subsistances, etc.

Et de ce point de vue, le prolétaire se soucie peu de savoir s'il est productif ou non - de même d'ailleurs que le capitaliste. » p. 18
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vlad2
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MessageSujet: un debut de convergence internationale ?   Mer 8 Juil - 14:34

un debut de convergence ?

Théorie et enquête. Rencontre avec la revue Viewpoint

Salar Mohandesi et Asad Haider

http://revueperiode.net/theorie-et-enquete-entretien-avec-asad-haider-et-salar-mohandesi-sur-la-revue-viewpoint/

une confirmation des pistes du forum qui fait plaisir au retraité operaiste que je suis,adepte depuis toujours de l’enquete ouvriére.
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MessageSujet: Théorie et enquête 'Viewpoint'...   Mer 8 Juil - 16:36

vlad2 a écrit:
un début de convergence ?

Théorie et enquête. Rencontre avec la revue Viewpoint, Salar Mohandesi et Asad Haider

une confirmation des pistes du forum qui fait plaisir au retraité opéraïste que je suis, adepte depuis toujours de l’enquête ouvriére.

bien vu vlad2, la revue Période nous gâte, disais-je... Effectivement bien des problématiques ouvertes par ce texte, et sans doute d'autres de Viewpoint, recoupent celles qu'on trouve ici, que je n'énumère pas. Les points communs sont assez frappants, contre les "tares" de l'extrême-gauche "marxiste", mais aussi contre celles des courants théoriques français de la communisation... Du coup j'ouvrirai un sujet spécifique avec ce texte, dans LUTTES ACTUELLES et THÉORIES : stratégies ? interventions ? organisations ? subjectivations : un Manifeste révolutionnaire ?

ça nous (me) sortira des polémiques certes nécessaires pour y voir clair, mais pas très fécondes en elles-mêmes quant aux chantier ouvert par ce forum...

sans anticiper, deux remarques rapides :

- je ne savais pas que tu était un vieil opéraïste... J'ai relevé que le poids de l'opéraisme est moins lourd dans le dernier Negri/Hardt (Commonwealth) que dans Empire et Multitude, d'où d'ailleurs plusieurs pistes ouvertes sans souci de grande unité, ce qui ne me semble pas rhédibitoire

- d'après ce que j'ai lu, on n'est plus dans "l'enquête ouvrière" telle que critiquée dans Meeting n°1 à partir du texte de Kolinko
Nous avons les moyens de vous faire parler Compte-rendu de Hotlines : Call Centre ; Inquiry, Communism - Duisburg, Kolinko, 2002

jamais deux sans trois :

- "convergence" (entre Viewpoint et la communisation 'décoloniale')... Est-ce bien la question ? En tous cas on se sont moins seul...

afro
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MessageSujet: Les habits neufs de l’esclavage. Métamorphoses de l’oppression au travail   Jeu 9 Juil - 21:56

retrouvé dans mes notes...

Les habits neufs de l’esclavage. Métamorphoses de l’oppression au travail, Roger BOTTE, 2005, Cahiers d'Etudes africaines, Editions EHESS


Roger Botte a écrit:
Antilles françaises : Ainsi naquit le chômage, puis il se développa...  INSEE, 1995 « En 1950, un peu plus d’un siècle après l’abolition de l’esclavage, se déclarer au travail est la règle. On répugne à se considérer comme chômeur. Quarante ans après, le chômage est une réalité tangible. Il s’est institutionnalisé et sa perception, comme celle de l'emploi, a changé (...)

Napoléon III crée, en 1852, un régime d'obligation au travail plus proche de l'esclavage que du salariat. La règle est l'engagement, pour au moins un an; l'engagé reçoit un lopin de terre et une case, ce qui accroît sa dépendance vis-à-vis de son patron. Il fournit une prestation en travail contre une rémunération qui peut prendre des formes diverses. Il doit être muni d'un livret qui doit être visé tous les mois par le patron. Le passeport intérieur permet de compléter le dispositif, en permettant aux autorités de suivre les déplacements de tous (sauf les notables, semble-t-il).

Tout individu sans livret ni passeport [autrement dit aujourd'hui 'sans papiers'] et sans preuve d'un travail pour son propre compte est considéré comme vagabond ['irrégulier']. Il est passible d'amendes, payables en journées de travail. Selon Jean-Adélaïde Merlande « la situation potentielle de vagabondage (pas de moyen de subsistance, pas de métier ni professions habituels) crée en quelque sorte l'obligation pour échapper à la répression de vagabondage l'obligation de contracter un engagement de travail ».

Dans ces conditions, le travail est coercitif. Le travail pour autrui est synonyme d'assujettissement, mais est un mal nécessaire si on veut échapper au délit de vagabondage ».




Dernière édition par Admin le Ven 11 Déc - 20:41, édité 1 fois
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MessageSujet: la dette étudiante aux États-Unis   Ven 10 Juil - 4:07

à propos de la dette étudiante américaine

Le capitalisme à visage humain Nastasia Peteuil Mediapart 25 novembre 2014

Nastasia Peteuil a écrit:
Dans le nouveau bulletin de la Banque de France du 3e trimestre 2014, Céline Mistretta-Belna se penche sur le cas de la dette étudiante américaine*. Elle analyse la relative gravité de cette situation. Mais où sont les étudiants dans ce tableau ?
*L’accroissement de la dette étudiante aux États-Unis, source de fragilité économique ? PDF

Comme de nombreuses analyses, ce bulletin parle de chiffres. Et de chiffres. Et encore de chiffres. On parle de quarante millions d'étudiants qui contractent une dette d'une moyenne de 29 000 dollars en 2014. On parle également d'une augmentation des prêts fédéraux face aux prêts privés beaucoup moins avantageux (une moyenne de 4,5% de taux d'intérêt pour les prêts fédéraux contre 8,5% dans le privé). On parle enfin des frais de scolarité qui n'ont cessé de gonfler: 1225% d'augmentation depuis 1978.

Ce bulletin est très juste. Il démontre que la dette n'est pas une bulle financière à l'instar de la bulle immobilière de 2007. Elle est protégée par les finances publiques américaines, même si celles-ci peuvent être fragilisées par la continuelle augmentation des prêts étudiants. Il souligne également les conséquences sur la consommation future des étudiants qui sera freinée par leurs remboursements.

La dette est souvent expliquée à travers ses chiffres. Les analystes ne regardent ce problème qu'avec leurs yeux d'économistes. Pourtant, ces quarante millions d'étudiants ne sont pas seulement des numéros. Ce sont des hommes et des femmes qui font face à des choix peu évidents, à un âge où l'on ne cerne pas encore ce que pèsera réellement un prêt de 29 000 dollars sur une vie.


Sur le campus de l'Université du Massachusetts-Amherst. © Nastasia Peteuil

La dette étudiante à visage humain

En 2013, lorsque je suis arrivée aux États-Unis pour conclure mon master de journalisme, j'ai choqué de nombreux étudiants lorsque je leur confiais le prix dérisoire de mon inscription à l'université. Les quatre cents euros payés par an leur paraissaient bien incroyables. Inimaginables même. La plupart payait environ 13 000 dollars par année d'étude (27 000 dollars si l'étudiant n'était pas issu de l'État).

Je me suis donc intéressée à cette dette étudiante dont tout le monde parlait - les étudiants, les médias, les politiques - en laissant complètement de côté les chiffres.

Le projet My life in debt montre le visage de la dette étudiante. Quatre étudiants américains inscrits à l'Université du Massachusetts-Amherst témoignent de leur quotidien. En moyenne, chacun d'entre eux a contracté une dette qui varie de 30 000 à 100 000 dollars (25 000 à 80 000 euros) pendant leur scolarité.

Dans un diaporama sonore de 10 minutes, Preston, Kelly, Mike et Kathleen racontent leur vie d'étudiant endetté.


Quatre étudiants de l'Université du Massachusetts-Amherst expliquent leur quotidien d'endetté. © Nastasia Peteuil et Rahmah Pauzi.

Entre inconscience, peur et combat

Lors des entretiens, on comprend vite que les étudiants n'avaient pas vraiment conscience de l'importance des montants de leurs prêts. En discutant avec eux, ils expliquent que c'est un processus de "mouton" car tout le monde emprunte de l'argent sans se poser de questions. C'est ainsi qu'ils se retrouvent à 18 ans avec des milliers de dollars de dettes sans comprendre ce que cela représente: des années de remboursements avec des montants représentant jusqu'à 30% de leurs revenus, comme le confie Kelly.

On ressent également le désarroi de Preston qui préfère "ne pas penser à tout cela" en se concentrant sur ses quatre emplois étudiants qui assurent le paiement de ses études. La frustration de Mike est palpable, lorsqu'il explique devoir faire une croix sur un potentiel master en économie.

Kathleen, de son côté, essaie de changer les choses. Elle travaille pour une association qui aide les étudiants à gérer leurs dettes tout en travaillant en parallèle sur la baisse des frais de scolarité

La dette étudiante aux États-Unis Darwin Jeanne Émard 25 février 2015

Darwin a écrit:
Grâce au blogue Economist’s View (que je vante pour la troisième fois, ce qui n’est pas assez…), j’ai lu la semaine dernière une série de trois textes sur la dette des étudiants aux États-Unis (un, deux, trois). Je vais tenter ici d’en faire ressortir les points saillants.

Ampleur de la dette étudiante

Les auteurs, Meta Brown, Andrew Haughwout, Donghoon Lee, Joelle Scally, and Wilbert van der Klaauw, débutent leur série en montrant à quel point la dette étudiante a augmenté au cours des dernières années, comme l’illustre le graphique suivant (notons que les données précises des graphiques du premier article sont accessibles ici).


Ce graphique présente l’évolution de quatre types de prêts non hypothécaires aux États-Unis, la HELOC, home equity line of credit ou lignes de crédit domiciliaire (ou deuxième hypothèque), les prêts auto (Auto loan), les dettes sur les cartes de crédit (Credit card) et les prêts étudiants (Student loan). Au début de la période (fin 2004), les prêts étudiants étaient les moins élevés de ces quatre types de prêts, mais les plus élevés à la fin 2014, 10 ans plus tard atteignant 1157 milliards $. Alors que les autres types de prêts ont diminué (de 2 % pour les prêts sur cartes de crédit) ou augmenté légèrement (de 9 % pour les HELOC et de 30 % pour les prêts auto), la tendance à la hausse des prêts étudiants n’a jamais faibli, la valeur de cette dette ayant plus que triplé en 10 ans (hausse de 235 %)! Cette hausse est composée d’une augmentation de 92 % du nombre d’endettés et de 74 % de la dette moyenne (qui a atteint 27 000 $ en 2014). Si 39 % des endettés devaient moins de 10 000 $ en 2014, 4 % d’entre eux (quand même 1,8 million de personnes!) devaient plus de 100 000 $. Si le tiers de la dette était attribuée à des jeunes ayant moins de 30 ans, 5 % de celle-ci était due par des personnes âgées de 60 ans et plus (moins de 2 % en 2004)…

Les auteurs expliquent la hausse des prêts étudiants par :

- l’augmentation de la fréquentation des collèges et universités;
- l’augmentation de la durée des études;
- la baisse des taux d’intérêt;
- la hausse des droits de scolarité (tiens, tiens…);
- la faiblesse du taux de remboursement.

Les auteurs terminent le premier texte en liant la hausse de la dette étudiante à la baisse de l’achat de maisons par les jeunes âgés de 27 à 30 ans qui ont des prêts étudiants et, bien plus troublant, à la baisse de formation des ménages chez ces mêmes jeunes.

Les défauts de paiements

Le deuxième texte faisant partie de cette série aborde la question des défauts de paiements. Mais avant de l’aborder, je préfère présenter un graphique que les mêmes auteurs ont publié dans un article précédent.


dette étudiants États-Unis2Ce graphique présente, pour les quatre mêmes types de prêts que le graphique précédent, mais aussi pour les prêts hypothécaires, l’évolution du pourcentage de défauts de paiements de 90 jours et plus. Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce graphique, c’est que le pourcentage de défaut des prêts étudiants a augmenté de façon notable depuis le creux de la dernière récession (2009), mais qu’il a diminué pour les quatre autres types de prêts. Pire, ce pourcentage est rendu le plus élevé des cinq types de prêts présentés, ayant depuis 2012 surpassé celui des prêts sur les cartes de crédit pour atteindre 11,3 % en 2014. Les auteurs mentionnent comme principal motif de cette évolution à contre-courant le fait qu’on ne peut pas se libérer d’une dette étudiante avec une faillite (sauf dans de rares cas et selon des conditions contraignantes, comme d’avoir respecté ses paiements de remboursement pendant au moins 20 ans), contrairement aux autres types de prêts.


Le deuxième texte de la série, de son côté, examine la situation de défaut de paiement par cohorte plutôt que globalement comme dans le précédent graphique. Le graphique ci-contre (les données précises de ce graphique sont accessibles ici) illustre l’évolution du pourcentage d’emprunteurs qui ont déjà fait défaut depuis le début de leur remboursement (et non pas qui sont en état de défaut de paiement comme le précédent graphique) pour trois cohortes, celles qui remboursent depuis 2005, 2007 et 2009. On peut voir que 26 % des membres de la cohorte de 2009 avaient déjà connu une période de défaut au cours des cinq années suivantes. Les taux correspondant pour les cohortes de 2005 et de 2007 étaient respectivement de 21 % et de 20 % en 2010 et en 2012, cinq ans après le début de leur remboursement. Même après sept et neuf ans, les cohortes de 2007 (24 %) et de 2005 (25 %) n’avait pas atteint les 26 % de la cohorte de 2009 après cinq ans. À combien ce taux s’élèvera-t-il après sept et neuf ans? Sûrement à plus de 30 % et probablement encore plus.

Les auteurs montrent ensuite que ce sont les personnes qui ont les prêts les moins importants qui font défaut le plus souvent. En effet, 34 % des membres de la cohorte de 2009 qui avaient une dette de moins de 5 000 $ avaient fait défaut au moins une fois par rapport à seulement 18 % de ceux qui avaient une dette supérieure à 100 000 $. Les auteurs ne possèdent pas de données permettant d’expliquer ces écarts, mais avancent que ces petits emprunteurs sont probablement moins nombreux à avoir terminé leurs études et à avoir obtenu un diplôme (d’où la faiblesse des sommes empruntées) ou à avoir trouvé un emploi suffisamment payant pour pouvoir faire face à leurs paiements de remboursement.

Le remboursement

Le dernier texte de la série examine le taux de remboursement des prêts étudiants et la vitesse (ou la lenteur…) à laquelle ils sont remboursés. Les auteurs insistent sur l’importance de cette question, car elle peut avoir un impact sur les autres dépenses des endettés, notamment sur leur possibilités d’acheter une maison, et aussi sur les montants d’intérêts qu’ils doivent continuer à payer (à des institutions financières qui en profitent démesurément, dois-je ajouter…).


Le fait qu’on ne peut pas se libérer d’une dette étudiante avec une faillite n’entraîne pas seulement un fort taux de défaut de paiement, mais aussi un faible taux de remboursement. Le graphique ci-contre montre les différentes situations des emprunteurs (les données précises des graphiques de ce texte sont accessibles ici).

«Alors que 17 pour cent des emprunteurs sont en situation de défaut de paiement, seulement un peu plus d’un tiers (37 pour cent) de tous les emprunteurs font des versements réguliers selon l’échéancier prévu. Les autres emprunteurs, soit près de la moitié d’entre eux, sont soit encore aux études ou dans l’un des divers programmes qui permettent aux étudiants d’éviter d’être en défaut de paiement. Fait important, ces emprunteurs ne réduisent pas leurs soldes [ils augmentent dans 33 % des cas et demeurent stables dans les 13 % des cas restants].»


Les auteurs observent ensuite que, si ceux qui ont les dettes les plus élevées sont moins souvent en défaut de paiement que ceux qui ont de faibles dettes, une plus forte proportion d’entre eux voient leur solde augmenter, même en respectant leurs échéanciers de remboursement (8,5 % de ceux qui doivent moins de 5 000 $, mais 23 % de ceux qui doivent entre 50 000 $ et 100 000 $ et 22 % de ceux qui doivent plus de 100 000 $). Cela veut dire que leurs remboursements ne couvrent pas les frais d’intérêt !


En fait, plus de 50 % des emprunteurs de la cohorte de 2009 ont soit déjà été en défaut de paiement ou ont vu leur solde augmenter. La situation globale n’est guère mieux! Le graphique ci-contre (le dernier, promis!) montre au-dessus des barres bleus le montant des dettes de chaque cohorte au début de leur remboursement. Par exemple, la cohorte de 2005 devait au départ 50,2 milliards $ et celle de 2010 78,3 milliards $. La colonne dorée montre le pourcentage de cette dette qui était encore effective en 2014. Par exemple, la cohorte de 2005 devait encore 62 % de sa dette de départ neuf ans plus tard, soit 31,2 milliards $ sur les 50,2 milliards $ du début. Celle de 2010 n’avait remboursé que 9 % (il en restait 91 %, comme indiqué sur le graphique) des 78,3 milliards $ de dette quatre ans plus tard, soit 6,7 milliards $. Il leur restait 71,6 milliards $ à rembourser!

Les auteurs soulignent que, selon un mode normal de remboursement sur 10 ans, la cohorte de 2005 aurait dû rembourser 90 % de sa dette alors qu’elle n’en a remboursé que 38 %… Il en reste 62 % à rembourser au lieu de 10 %, soit plus de six fois plus! Est-ce inquiétant? Pour certains, il s’agit d’une bombe à retardement, tandis que, pour d’autres, il s’agit carrément de la prochaine bulle qui risque d’éclater. Peu importe la figure de style, ou que ce fardeau retombe sur le système financier ou le gouvernement des États-Unis, il demeure que cette situation est intenable pour les familles des États-Unis.

Et alors…

Quand on sait que le système universitaire des États-Unis sert de modèle à ceux qui voulait augmenter les droits de scolarité au Québec pour pouvoir bénéficier d’universités de «classe mondiale», disons que je préfère, et de loin, notre système et l’aimerait encore plus s’il tendait à s’éloigner de ce modèle destructeur plutôt que de s’en approcher… Heureusement, cet objectif semble avoir reculé récemment, mais il faut rester vigilant si on ne veut pas le voir rebondir!
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MessageSujet: Malades du travail en chine : chronique d’un désastre   Mer 15 Juil - 19:34



Malades du travail en chine : chronique d’un désastre 13 juillet 2015


Ludan a écrit:
En Chine, les conditions de travail sont très mauvaises dans un grand nombre d’entreprises : un nombre d’heures qui dépasse de beaucoup la réglementation, pas d’équipements de sécurité, le non-respect des consignes élémentaires de sécurité. Dans les mines, par exemple, les accidents ou les maladies professionnelles sont extrêmement fréquents. Lors d’accidents miniers, qui sont nombreux, les patrons de mines achètent le silence des familles des victimes, pour que les autorités de la province ne soient pas averties et qu’ils puissent continuer leur activité. Quand le salarié est victime d’un accident ou d’une maladie professionnelle, il doit surmonter un grand nombre de difficultés pour faire reconnaître ses droits, car les potentats locaux sont très souvent de connivence et se soutiennent les uns les autres.

C’est ce que montre le cas de Zhang Haichao. En 2007, ce jeune homme qui travaille dans une entreprise de polissage de pierres contracte une maladie respiratoire qu’il tente de faire reconnaître comme maladie professionnelle. Il consulte un médecin qui le déclare atteint de pneumoconiose. Mais ce diagnostic est invalidé par les autorités sanitaires de la province, au motif que le médecin consulté ne se trouve pas dans la juridiction de l’entreprise. Zhang Haichao consulte alors un médecin du cru qui le déclare atteint de tuberculose, maladie infectieuse qui ne peut être reconnue dans le système des maladies professionnelles. Il s’avère que ce médecin est un ami du patron du jeune homme et suit ses directives à la lettre.

En désespoir de cause, Zhang Haichao se rend dans un hôpital où un médecin consent à l’aider. Il souhaite prouver que sa maladie a bel et bien été contractée après l’inhalation permanente de poussières de silice sur le lieu de travail. Sur les conseils du médecin, il se fait ouvrir le thorax et le diagnostic tombe, après examen des tissus pulmonaires : le travailleur est atteint de silicose et n’a plus que six années à vivre environ. Grâce à l’aide d’une célèbre ONG située à Hong-Kong, le China Labour Bulletin, la diffusion de son témoignage sur internet a ému tout le pays (sur le cas Zhang Haichao, voir les actualités plus bas).

Une invisibilité organisée

La Chine a pourtant des lois et une constitution dont un article stipule que tout travailleur a droit à la protection dans le travail et à un dédommagement en cas de maladie professionnelle.

Or les travailleurs malades ne sont pas assez « visibles », et sans la reconnaissance de leur statut, ils sont d’autant plus vulnérables. En Chine, les victimes du travail sont très nombreuses et, à quelques exceptions près, elles restent dans l’ombre et se battent avec leurs propres armes. Les autorités sabotent les processus de reconnaissance et multiplient les échelons de diagnostic et de reconnaissance de la maladie. Il s’ensuit que, du fait de la complexité du processus et de l’allongement du délai, les plaignants décèdent souvent avant d’arriver à l’étape ultime de reconnaissance et leur famille n’obtient aucun dédommagement.

Les chiffres officiels sur les travailleurs touchés par la maladie sont loin de refléter la réalité. Pour l’année 2013, le nombre de nouveaux cas de maladie professionnelle recensés se chiffre à 26 393, dont 23 152 cas de pneumoconiose. D’après les chiffres officiels, depuis la création de la République populaire (1949) jusqu’à l’année 2009, le nombre de maladies professionnelles enregistrées atteindrait 749 970 cas, dont 675 541 cas de pneumoconiose, soit 90% du total. A l’échelle de la Chine, le chiffre paraît dérisoire.

Pour rectifier le tir, les cadres du ministère de la Santé ont, en 2009, reconnu que, du fait de la faiblesse de la couverture des contrôles et du manque de remontée des données, ce chiffre devrait être multiplié au moins par 10. En 2013, le ministère est revenu sur ses estimations : le chiffre devrait être multiplié plutôt par 20. Ce qui porterait le total aujourd’hui à entre 6 et 12 millions de victimes, la plupart étant des paysans-ouvriers sans aucune protection sociale.


De nouvelles ONG au chevet des malades du travail

Pendant la réforme économique de Deng Xiapoing (à partir de la fin des années 1970), la politique d’ouverture a autorisé la création d’un grand nombre d’organisations sociales dont la mission est de pallier l’abandon par l’Etat en matière sociale. Aujourd’hui, les autorités chinoises reconnaissent de plus en plus souvent leur utilité et leur délèguent toutes les questions sociales concernant certaines catégories de la population (malades du sida, porteurs du virus de l’hépatite, homosexuels, migrants), tout en continuant de les surveiller. En 2010, le nombre d’organisations sociales, tous types confondus, se chiffrait à près de 500 000.

C’est dans ce contexte que, depuis quelques années, des volontaires toujours plus nombreux se regroupent pour venir en aide à ces malades. Ils les accompagnent lors des consultations à l’hôpital, les aident dans les formalités, organisent la collecte de dons pour que leur famille puisse continuer à subsister alors que le chef de famille ne peut plus travailler. La marge de manœuvre des ONG est très limitée car les autorités les surveillent étroitement, et peuvent, au moindre écart, les fermer.

Ce travail de mise en visibilité commence à porter ses fruits et les appuis extérieurs se font de plus en plus nombreux. Ainsi, des cinéastes, des vedettes du showbiz donnent de leur temps et de leur notoriété pour faire connaître les actions de l’une de ces ONG. Certaines émissions audiovisuelles à thème social dévoilent la situation des malades qui se trouvent dans le dénuement total. La souffrance des malades en phase terminale est mise en lumière, et amène une partie de la population à douter du système de prise en charge.

La médiatisation est primordiale dans la prise de conscience de telles injustices. Elle représente l’espoir de pouvoir infléchir les autorités pour moins d’injustice. L’indignation provoquée par des situations injustes infligées aux plus faibles d’entre les citoyens se traduit lentement mais sûrement par la formation d’une opinion publique, qui s’exprime de plus en plus sur la Toile. Les décisions des autorités – provinciales ou centrales – sont souvent discutées, avec un sens critique aiguisé. Dans certains cas, la décision prise pour régler un cas de maladie professionnelle est remise en question et révisée, ce qui illustre bien que le poids de l’opinion publique pourrait à l’avenir former le terreau d’une contestation politique.

Ludan

– – –

Traduction partielle d’une interview de Zhang Haichao réalisée pour le China Labor Bulletin en 2012 :

Citation :
Q : Haichao, à part élever ta fille, y a-t-il d’autres choses importantes que tu aimerais faire dans les prochaines années ?
R : Si je peux bien m’occuper de ma fille, je mourrai sans regrets. Je continuerai à faire des efforts pour aider d’autres travailleurs migrants à défendre leurs droits.
Q : Si tu pouvais remonter le temps, te soumettrais-tu à nouveau à la chirurgie à thorax ouvert ? As-tu des regrets ?
R : Si je pouvais choisir à nouveau, je choisirai toujours la chirurgie à thorax ouvert, sans hésitation. C’était la seule issue pour moi si je voulais rester vivant.
[…]
Q : Que fais-tu aujourd’hui ? Peux-tu toujours travailler à des travaux physiques légers ?
R : Je ne vais pas bien. Plus de 20 travailleurs de mon ancienne entreprise sont déjà morts. Donc mon état est meilleur relativement au leur. […] Je ne peux pas faire de travail physique ; je m’essouffle simplement en marchant vite.
[…]
Q : Sincèrement, ta foi dans la société a-t-elle été ébranlée ? Ressens-tu de la haine envers la société ?
R : Tout comme d’autres travailleurs atteints de pneumoconiose, je sens de la haine envers les responsables politiques et les riches, parce que nous avons sacrifié notre santé et même notre vie et notre famille pour construire ce pays, et pourtant nous sommes exclus. Plus mon état s’aggrave, et plus je suis renforcé dans cette pensée.
[…]
Q : Quels sont tes plans pour élever ton enfant ?
R : Mes parents ont déjà plus de soixante, soixante-dix ans, et ma condition physique s’empire de jour en jour. Mais ma fille n’a que six ans. J’en suis venu à accepter que ma famille et moi nous ne sommes plus capables d’élever ma fille. La pneumoconiose a bouleversé ma vie et a privé toute ma famille de bonheur. Tout ce que je peux espérer aujourd’hui, c’est de minimiser son impact sur ma fille, et que je pourrai trouver une famille au bon cœur pour aider à élever ma fille.


Rebondissements. En 2013, Zhang Haichao a pu bénéficier d’une double greffe des poumons, une opération extrêmement rare et dangereuse qui représentait pour lui la seule chance de rester vivant, et qui ne peut évidemment pas être généralisée comme un « remède » à la silicose. La même année, il a révélé que quelques années plus tôt, il avait été poussé par l’Etat à signer un accord secret d’indemnisation, qui prévoyait qu’il renonce à un certain nombre de procédures en justice. À l’époque, il avait accepté l’accord (qui contenait une clause de confidentialité), ayant appris qu’un certain nombre de ses collègues en avaient bénéficié également. Cependant, s’étant rendu compte du fait que le secret sur ces transactions avait permis à l’entreprise d’échapper au paiement d’indemnisations conséquentes à d’autres travailleurs ayant déposé des plaintes plus tard, Zhang Haichao a décidé de révéler le contenu de son accord à un journal au moment de son opération.

En savoir plus :

http://www.collegiumramazzini.org/download/langard06.pdf

http://www.clb.org.hk/en/content/survey-details-hard-road-travelled-china%E2%80%99s-victims-pneumoconiosis

http://www.asso-henri-pezerat.org/repression-zhang-haichao-travailleur-chine-militant-victimes-de-pneumoconiose/

http://www.clb.org.hk/en/content/pneumoconiosis-activist-zhang-haichao-gets-life-saving-double-lung-transplant

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MessageSujet: Télétravail.[/i] Les fonctionnaires travailleront chez eux 3 jours sur 5 ?   Ven 17 Juil - 20:41

Fonctionnaires, bienvenus dans l'encadrement à distance

Télétravail. Les fonctionnaires travailleront chez eux 3 jours sur 5 ?

Un décret portant sur le télétravail est en cours d'élaboration. Il devrait concerner quelques milliers d'agents qui pourront télé-travailler jusqu'à trois jours par semaine.


Citation :
Le décret portant sur le télétravail est en cours d'élaboration. Il devrait concerner quelques milliers d'agents de l'État qui pourront travailler depuis chez eux jusqu'à trois jours par semaine. Si la loi Sauvadet votée il y a trois ans autorise les fonctionnaires à télé-travailler, aucun décret d'application n'a encore été signé.

Un dispositif basé sur le volontariat

Selon Les Échos, celui-ci serait en cours de finalisation, si l'on en croit une source de l'entourage de Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique : « Il sera présenté devant le Conseil commun de la fonction publique en septembre pour une entrée en vigueur espérée fin 2015 ». Dans les faits, le télétravail reposera sur le volontariat des agents : « un point clef » selon les syndicats. L'aménagement portera sur trois jours maximum par semaine et ne pourra excéder 50 % du temps de travail mensuel.

Cependant, un supérieur hiérarchique pourra empêcher l'agent de télé-travailler. En cas de refus, un recours sera possible. À noter que l'autorisation de travailler depuis son domicile sera donnée pour un an maximum et renouvelable trois fois. Ainsi, à tout moment, l'agent pourra réintégrer son bureau.

Pas de précision sur les agents concernés par la mesure

Le projet de décret indique également que l'employeur « prendra en charge les coûts », comme les « matériels » ou « abonnements » nécessaires à l'agent qui aura quitté son service. Qui est concerné par cette future mesure ? Le ministère rappelle que « pour énormément de fonctionnaires, leur métier est quand même avant tout d'être au contact du public ». Pour l'heure, on ne sait rien des postes éligibles au dispositif.

Pour rappel, un rapport du Conseil général de l'Industrie, de l'énergie et des technologies (Cgiet) a, en 2011, estimé que le dispositif devait être réservé aux agents « très autonomes et dont l'activité est facilement quantifiable ». Il était question d'une large fourchette : de 3 000 à 50 000 agents à l'État, de 600 à 8 000 dans les hôpitaux et de 1 200 à 12 000 dans les collectivités. Au bout du compte, sur les 5,4 millions d'agents de l'État que compte le pays, seulement quelques dizaines de milliers pourraient être concernées par le télé-travail.
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MessageSujet: "Près de deux salariés sur dix (17%) concernés par le burn-out"   Mer 22 Juil - 15:03

Le burn-out ne sera pas reconnu automatiquement comme maladie professionnelle latribune.fr  22 juillet


Près de deux salariés sur dix (17%) avouent être concernés personnellement par le burn-out, selon une enquête de l'Institut Think pour le cabinet de conseil Great Place To Work.

Citation :
La loi sur le dialogue social comprendra simplement "un début de reconnaissance" de l'épuisement professionnel. Le ministre du Travail François Rebsamen estime que cette maladie n'est pas "uniquement liée au travail".

Le projet de reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle est à moitié-enterré. Pour rappel, cette reconnaissance de ce syndrome d'épuisement professionnel ne figurait plus lundi 20 juillet dans le texte adopté par le Sénat, mais le gouvernement devrait la réintroduire en partie d'ici à jeudi 23 juillet à l'Assemblée nationale en vue de l'adoption définitive du projet de loi.

Mercredi 22 juillet, le ministre du Travail François Rebsamen a expliqué sur Europe 1  que la loi sur le dialogue social comprendra "un début de reconnaissance" du "burn-out", mais ce syndrome d'épuisement professionnel ne figurera pas "au tableau des maladies professionnelles".

"Pas uniquement liée au poste de travail"

"Le burn-out, c'est un début de reconnaissance. C'est normal, cela peut exister. Mais ce n'est pas une maladie qui peut figurer au tableau des maladies professionnelles, parce qu'elle n'est pas uniquement liée au poste de travail. [...] J'ai renvoyé à des commissions régionales qui pourront, quand il y a des cas très précis, y répondre, a expliqué le ministre du Travail.

Concrètement, la reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle sera décidée au cas par cas, elle ne sera pas automatique.

Près de deux salariés sur dix souffriraient de burn-out

Le phénomène d'épuisement professionnel est très présent dans le monde du travail, si l'on en croit les dernières études publiées. Près de deux salariés sur dix (17%) avouent être concernés personnellement par le burn-out, selon une enquête de l'Institut Think pour le cabinet de conseil Great Place To Work, rendue publique mercredi 7 janvier.
Les premiers touchés ? Les professions intermédiaires, les cadres ou les managers (56%) ainsi que les femmes (53%) et les salariés âgés entre 45 et 54 ans (53%).



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MessageSujet: licenciements   Lun 27 Juil - 14:40

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MessageSujet: Conseil de discipline du 19 juin : PROVOCATIONS et MENACES de la direction !   Sam 1 Aoû - 18:50

repris d'Actualités, 25 juin

Compte-rendu d’un conseil de discipline à La Poste... SUD PTT PDF



SUD PTT a écrit:
Conseil de discipline du 19 juin : PROVOCATIONS et MENACES de la direction ! ...

Vendredi 19 juin se tenait le conseil de discipline de notre collègue Stéphanie, agent au carré pro de Laumière. Petit rappel des faits, M. Joao avait contraint deux agents de Paris 19 PDC travaillant sur ce carré pro à signer une lettre de dénonciation qu’il avait rédigée - du propre aveu oral de ces deux collègues ! - où était rapportées :

une prise de bec à deux francs survenue lors d’une discussion où Stéphanie faisait remarquer à ses deux collègues qu’il n’était pas correct de leur part qu’ils viennent la remplacer en heures supplémentaires lorsqu’elle faisait grève

une discussion avec un usager où elle aurait dit « qu’il était normal que la qualité de service baisse à La Poste du fait de 20 000 licenciements à venir ». En fait, Stéphanie évoquait la dégradation du service public hospitalier où le gouvernement prévoit la suppression de 22 000 emplois. Malgré la nullité des griefs reprochés, la boîte demande tout de même 3 mois de mise à pied à l’encontre de Stéphanie.

Solidarité des collègues / CRS et haine patronale

Nous avions déposé localement un préavis afin de permettre aux collègues de pouvoir exprimer leur solidarité à Stéphanie par la grève. Nous remercions donc toutes celles et ceux qui ont fait grève et qui l’ont accompagné à la DSCC. Après le rassemblement devant les renaudes et les prises de parole sous haute protection policière - un car de CRS présent ! - le conseil de discipline démarre alors.

Et là, les élus SUD et CGT de la CCP (Commission Consultative Paritaire), et Stéphanie se retrouvent face à un président de séance, Charles Mourot, RH de la DSCC Paris, qui n’a manifestement pas envie d’être présent et encore moins d’écouter ce que diront Stéphanie et ses défenseurs. A la simple question d’une grave disparition d’une des pièces du dossier - une sanction de blâme, introuvable à la DSCC comme à Villette, incroyable ! - ce RH répond que cette CCP n’est pas le lieu pour faire de la polémique !

Un collègue d’Europe PPDC - défenseur de Stéphanie - cherche à étayer son propos et l’illustre d’un cas concret, et hélas dramatique, vécu sur son centre. Le président de séance ne se maîtrise plus, menace immédiatemment de sanctions disciplinaires l’agent défenseur et lui ordonne de quitter la salle ! Incroyable ! Se faire menacer de poursuites disciplinaires en plein conseil de discipline uniquement pour avoir tenu des propos qui ont déplu au DRH de la DSCC Paris ! Et qui voudrait choisir à la place des agents concernés qui peut être défenseur ou ne pas l’être ! Hallucinant !

Face aux provocations de la direction, non seulement il était devenu impossible de se faire entendre, mais en plus, en restant, chacun s’exposait à des sanctions disciplinaires pour cause de délit de parole. Stéphanie et ses défenseurs décident donc d’abréger cette sinistre comédie et quittent la salle, suivis des élus SUD et CGT, la boîte n’aura qu’à décider toute seule la sanction qui sera appliquée.

Nous constatons qu’il devient de plus en plus fréquent de se faire menacer par des cadres lors de réunions de toute nature. Ainsi, le seul fait d’exprimer fermement une opposition à un cadre peut s’apparenter pour la boîte à de l’irrespect, une critique peut facilement devenir une injure. En tenant tête à un cadre, nous pouvons être accusés de le menacer et encourrons alors des sanctions disciplinaires !

Rarement la direction a été aussi peu sûre d’elle, aussi peu légitime, le mécontentement devient de plus en plus fort dans les services. La nouvelle réorg qui se prépare s’annonce désastreuse pour nous tous et nous devons la rejeter en bloc ! Par ses gesticulations et ses maladresses, par son délire autoritaire, la boîte ne nous indique qu’une chose : ensemble, unis et déterminés, nous pouvons la faire reculer et rétablir de meilleures conditions de travail ! Oui, si nous le voulons, la peur changera de camp !
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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 3 Aoû - 3:05

(Belgique)

Le travailleur type de la province est… une femme Sabrina Berhin 1 août 2015, 14h07


Plus de 7 % sont des employées du privé dans le commerce de gros et de détail
 
Trois-quarts des travailleurs du Brabant wallon se retrouvent plutôt dans le secteur privé

Sabrina Berhin a écrit:
L’Office national de sécurité sociale vient de sortir les chiffres de la répartition des postes de travail. D’après ceux-ci, les femmes employées du privé dans le commerce de gros et de détail sont les plus représentées en Brabant wallon. Zoom sur les profils des travailleurs de la province.

Si le masculin l’emporte généralement, ce n’est pas le cas pour le travail en Brabant wallon. D’après une récente publication de l’Office nationale de la sécurité sociale (ONSS), les employés dans le commerce de gros et de détail du secteur privé sont les plus représentés. Et au sein de ceux-ci, il y a davantage de femmes (54 %) que d’hommes (46 %).

GSK pèse lourd dans la balance

Ainsi, si l’on regarde par rapport à l’ensemble des travailleurs, quel que soit le statut (ouvrier, employé, fonctionnaire), plus de 7 % sont des employées du privé dans le commerce de gros et de détail. Outre cette constatation, la publication permet de dégager plusieurs tendances. Tout d’abord, lorsque l’on vient travailler en Brabant wallon, il y a de fortes chances que ce soit dans le secteur privé. Trois quarts des actifs s’y retrouvent.

Tous secteurs confondus (privé et public), c’est encore une fois le commerce de détail et de gros qui arrive en tête (15,6 % des travailleurs s’y retrouvent). Il est suivi par l’enseignement (12 %), l’administration publique (9,2 %) et l’industrie pharmaceutique (8,7 %). L’importance de cette dernière s’explique en grande partie par la présence du géant GSK à Wavre et Rixensart.

Au niveau des statuts, la majorité des travailleurs sont des employés. Il y en a 59,1 % contre 29,5 % pour les ouvriers et 11,4 % pour les fonctionnaires. Sans grande surprise, la grande différence entre les hommes et les femmes se situe au niveau des ouvriers. Le sexe masculin y est présent à hauteur de 68 %.

Enfin, d’après les chiffres publiés par l’ONSS, le Brabant wallon accueille davantage ses actifs dans les petites entreprises, à savoir des entreprises comptant moins de 50 personnes. On y compte 56.969 travailleurs, soit 46,2 % de l’ensemble. En deuxième position se trouvent les moyennes entreprises (entre 50 et 200 personnes), avec 27,2 %. Et enfin les grandes entreprises (plus de 200 personnes), avec 15,1 %.

La publication de l’ONSS concerne les travailleurs assujettis à la sécurité sociale et est basée sur le dénombrement au 30 juin 2014.

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mar 4 Aoû - 7:32

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Jeu 6 Aoû - 15:30



USA: 270.000 nouveaux inscrits hebdomadaires au chômage Cercle Finance 06/08/2015

Citation :
Le Département américain du Travail a dénombré 270.000 nouveaux inscrits aux allocations chômage lors de la semaine close le 1er août, contre 267.000 à l'issue de la semaine précédente (chiffre non révisé).

Les économistes étaient un peu moins confiants, tablant sur une progression autour de 271.000.

La moyenne mobile sur 4 semaines s'est, elle, établie à 268.250, soit un retrait de 6.500 par rapport la semaine précédente.

Enfin, le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités est ressorti à 2.255.000 sur la semaine close le 25 juillet (la dernière pour laquelle les statistiques sont disponibles), en baisse de 14.000 par rapport au précédent pointage.






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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Ven 14 Aoû - 1:39



Lenovo, numéro un mondial des PC, supprime 3200 emplois Pierre d'Almeida 13/08/2015  


Le PDG de Lenovo Yuanqing Yang et l'ex-représentante américaine au commerce Susan Schwab
lors du forum de l'APEC en novembre 2014.

Lenovo est dans la tourmente. Le groupe chinois a annoncé aujourd'hui dans un communiqué à la Bourse de Hong Kong la suppression de 3200 emplois dans le monde, soit 5% de ses 60.000 salariés.

Pierre d'Almeida a écrit:
Cette réduction d'effectif représente 5% de ses 60.000 salariés dans le monde. Au premier trimestre 2015, le groupe voit son bénéfice net dégringoler de 51% à 105 millions de dollars (contre 214 millions à la même époque l'an dernier).

Au premier semestre de son exercice 2015-2016, le leader mondial des PC accuse une importante baisse de son bénéfice net, qui dégringole de 51% à 105 millions de dollars (contre 214 millions à la même époque l'an dernier), et force «la mise en place d'actions décisives». Le groupe ambitionne de réduire ses coûts de 1,35 milliard de dollars par an, et 650 millions de dollars d'ici à la fin de l'année.

A 3%, la croissance du chiffre d'affaires du groupe est en dessous de ses attentes. Yuanqing Yang, PDG de Lenovo, a évoqué «un environnement économique parmi les plus diffiiciles des dernières années». Le premier producteur d'ordinateurs au monde fait les frais de la baisse des ventes de PC et tablettes, et d'une compétition grandissante sur le marché des smartphones, tout particulièrement en Chine.

L'an dernier, le groupe chinois rachetait Motorola Mobility à Google pour 2,9 milliards de dollars, afin de développer sa branche mobile. En Amérique latine, ses activités ont d'après Yuanqing Yang souffert de «difficultés macroéconomiques et d'une grande fluctuation des devises».

La restructuration du groupe Lenovo

Lenovo prévoit donc de se transformer, afin de devenir un groupe «plus efficace, plus fort, et plus présent sur la scène mondiale». Au programme de ce plan de restructuration: développer la présence de Motorola au sein du groupe en lui confiant le design, le développement et la fabrication d'une gamme plus restreinte de smartphones.

Lenovo prévoit également de se focaliser «sur les segments du marché les plus intéressants», et de réduire ses coûts de production. Sur le marché des PC, l'objectif que se fixe le géant chinois est d'atteindre une part de marché de 30%, contre 20% actuellement.


rien de Lenovo sous le soleil



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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mer 19 Aoû - 0:07

Le chômage dans les pays arabes atteint 28% HuffPost Maroc |  Par  Nada Drais 17/08/2015  


Citation :
CHÔMAGE - Le taux de chômage des jeunes dans les pays arabes est le plus élevé au niveau mondial, assure une étude du Fonds monétaire arabe (FMA). Le rapport précise que 28 % des jeunes du monde arabe seraient au chômage selon les chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT), ce qui représente plus du double du taux mondial du chômage qui est de 12 %.

Le FMA affirme également que les personnes instruites représentent jusqu’à 40% des chômeurs dans cette région. Les femmes et les nouveaux entrants sur le marché du travail sont eux aussi durement touchés par le chômage. La gent féminine représente 43,4% des chômeurs dans les pays arabes, soit plus de trois fois le taux mondial qui est de 12,7%.


Dans une seconde partie, l’étude aborde les défis de l’emploi des jeunes dans les pays arabes face à la baisse récente de la croissance économique ainsi que la croissance globale qui reste "insuffisante". Le taux de chômage élevé des jeunes est expliqué par l’écart entre les besoins du marché du travail et les sorties du système scolaire, ajouté à l’absence de capacité du secteur public à jouer son rôle de salarié d’une main-d’oeuvre importante.




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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Lun 24 Aoû - 7:33

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Japon : plus de congés pour lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre latribune.fr  21/08/2015
 

Citation :
Selon le ministère du Travail, tous secteurs confondus, il y avait en juin (derniers chiffres disponibles) quelque 119 offres d'emploi pour 100 demandes, un ratio inédit depuis plus de deux décennies.
Selon le ministère du Travail, tous secteurs confondus, il y avait en juin (derniers chiffres disponibles) quelque 119 offres d'emploi pour 100 demandes, un ratio inédit depuis plus de deux décennies. (Crédits : Reuters)

L'entreprise japonaise Uniqlo va proposer à ses salariés de travailler 4 jours au lieu de 5 par semaine. Elle espère attirer des salariés, alors que les commerces nippons subissent une pénurie de main-d’œuvre. Ces mesures d'aménagement du temps de travail qui fleurissent dans nombre d'entreprises nippones pourraient aussi améliorer le classement du pays en termes de productivité.


Le monde du travail nippon est en pleine mutation. La chaîne nippone d'habillement Uniqlo va proposer à une partie de ses salariés au Japon de ne travailler que quatre jours par semaine pour pouvoir notamment consacrer les trois autres à leurs jeunes enfants ou à leurs parents âgés par exemple, a indiqué jeudi 20 août un porte-parole du groupe."Il s'agit de cette façon d'attirer du personnel et de le conserver", a-t-il expliqué à l'AFP.

Uniqlo, chapeauté par le groupe Fast Retailing, proposera ce dispositif à quelque 10.000 salariés de ses plus de 840 magasins japonais. Il pourrait l'étendre par la suite.

Le système 4 jours de travail et 3 jours de repos, qui devrait être proposé à partir d'octobre, ne s'accompagnerait pas d'une réduction de salaire. Mais en échange,  les salariés devront allonger leur durée de travail à 10 heures contre 8 heures actuellement. En outre, les jours de congés seraient essentiellement pris en semaine pour garantir suffisamment de personnel dans les boutiques les samedis et dimanches, le week-end étant période d'affluence.

Le marché de l'emploi en surchauffe

Cette décision d'Uniqlo s'inscrit dans un contexte particulier. Le secteur du commerce au Japon rencontre de grosses difficultés pour trouver de la main-d'œuvre, tant la demande est importante. Ainsi, de très nombreuses boutiques affichent en vitrine des annonces de recrutement.

Et le taux de chômage oscille ces derniers mois autour de 3,4% (chiffre de juin). Selon le ministère du Travail, tous secteurs confondus, il y avait en juin (derniers chiffres disponibles) quelque 119 offres d'emploi pour 100 demandes, un ratio inédit depuis plus de deux décennies.

Pour expliquer cette situation, il faut savoir que beaucoup de femmes, notamment, hésitent à postuler pour un poste à temps plein, voire à conserver leur emploi à cause des charges familiales qui leur incombent, qu'il s'agisse de s'occuper des enfants ou de veiller sur un ou des parents âgés.


Télétravail, surveillance des excès horaires...

La pénurie de main-d'œuvre se conjugue aux revendications croissantes d'un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée pour conduire donc à une diversification plus importante des modes de travail.

Ainsi, des sociétés japonaises ont déjà procédé à des réaménagements pour améliorer la vie professionnelle de leurs salariés, comme le note le Nikkei, journal économique japonais. Par exemple, Denso, société spécialisée dans les équipement industriels, a interdit à ses employés de finir trop tard le soir. Également, l'entreprise de ressources humaines Recruit Holdings va autoriser ses employés à télétravailler un nombre de jours illimité en octobre. Enfin, la société de télécom KDDI encourage ses employés à revenir au bureau le lendemain au moins onze heures après l'avoir quitté le soir.


Selon le Nikkei, ces mesures pourraient améliorer la productivité du Japon. Dans ce domaine, le pays se classe 20e parmi les membres de  l'OCDE et dernier parmi les pays du G7.
 

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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Mer 2 Sep - 13:54


un "Think Tank", c'est comme un tank qui pense... comme un tank


Un nouveau rapport dynamite le code du travail Marc Landré 02/09/2015



La fondation Terra Nova, think tank proche du PS, suggère de permettre aux accords d'entreprise de déroger à la loi, en matière de durée du travail, de rémunération ou de seuils sociaux. Une révolution à gauche qui devrait créer des remous dans la majorité.

Citation :
Avis de cyclones dans la majorité! La grenade avait été dégoupillée avant l'été, avec la publication du livre de l'ex-président du conseil constitutionnel Robert Badinter et du professeur d'université en droit du travail Antoine Lyon-Caen. Dans leur court ouvrage intitulé «Le travail et la loi», ces deux figures tutélaires, notamment à gauche, fustigeaient un droit du travail devenu au fil du temps obèse et proposaient de le réformer en profondeur. Une prise de position qui n'était pas passée inaperçue au parti socialiste et avait poussé Manuel Valls à avancer sur une évolution du code du travail, une position que le premier ministre a réaffirmée dimanche à la Rochelle.

Mais la bombe pourrait exploser avec la publication jeudi aux éditions Odile Jacob, par la fondation Terra Nova, le think tank proche du PS, d'un nouveau rapport choc sur le code du Travail cette fois-ci rédigé par l'économiste de gauche Gilbert Cette, l'un des théoriciens dans les années 90 de la réduction du temps de travail, et l'avocat Jacques Barthélémy, fondateur du célèbre cabinet éponyme, l'un des fleurons de la profession dans le domaine du droit social.

Inversion de la hiérarchie des normes

Le binôme Cette/Barthélémy fait le même constat que le duo Badinter/Lyon-Caen: le droit social hexagonal ne parvient plus à concilier efficacité économique et protection des travailleurs. Et ce à cause principalement «de la prolifération et de la complexité des règles d'essence légale (…) qui empêchent la réalisation de compromis locaux à même de favoriser cette conciliation au niveau tant des branches que des entreprises», écrivent-ils.

Pour sortir de cette impasse, il n'y a selon eux qu'une seule voie possible: promouvoir «autant que possible» la négociation collective et l'accord entre partenaires sociaux. Bref, comme on dit dans le jargon, d'inverser la hiérarchie des normes en faisant, dans un premier temps, «de la dérogation conventionnelle la règle» puis, dans un second temps, du droit réglementaire le supplétif du droit conventionnel. Une révolution qui, une fois déclinée en propositions concrètes, va bien au-delà des rêves les plus fous des patrons les plus libéraux.

Dans l'esprit prolifique de Gilbert Cette et Jacques Barthélémy, les partenaires sociaux auraient donc la main, par accord collectif, pour substituer les normes conventionnelles aux normes réglementaires. Bref pour déroger à la loi. Dans chaque entreprise et chaque branche, il serait alors possible d'adapter les normes du code du travail «qui brident l'activité en définissant les contreparties d'un compromis gagnant-gagnant». Comprenez les institutions représentatives du personnel (IRP), les seuils sociaux, la durée du travail, le niveau de rémunération… tout en fait à l'exception du salaire horaire, des qualifications et des règles du droit supranational (comme, par exemple, la durée de travail maximum fixée par l'Europe à 48 heures par semaine).

Rupture «sui generis»


L'une des conséquences de cette primauté de l'accord collectif par rapport à la loi serait la création d'une «rupture sui generis» du contrat du travail en cas de refus d'un salarié de s'en voir appliquer les termes. Dit autrement, les termes de l'accord d'entreprise ou de branche (majoritaire à 50%) s'imposeraient aux contrats de travail individuels! Une révolution que les syndicats, dans le cadre de leurs négociations depuis 2012 avec le patronat, ont toujours rejeté, avec le soutien du gouvernement.

Dans ce cas de figure, le salarié se verrait donc appliquer les conditions de départ (indemnisation) non pas prévues par la loi ou la convention collective, mais par l'accord d'entreprise ou de branche qui a été négocié. Il aurait un délai de rétractation de 15 jours, comme c'est le cas pour une rupture conventionnelle.

Les deux auteurs vont encore plus loin dans leur rapport, qui est la suite logique de leurs critiques récurrentes depuis dix ans sur la lourdeur du code du travail, en proposant de pouvoir aussi déroger au smic par accord de branche. Une proposition que même Pierre Gattaz, le très libéral patron des patrons, n'avait jamais osé formuler!

Pour voir leurs propositions entrer en application, Cette et Barthélémy reconnaissent que plusieurs conditions préalables doivent être mises en œuvre: l'augmentation du taux de syndicalisation ; le passage du seuil d'audience d'un accord majoritaire à 50% des votants, et la disparition de fait du droit d'opposition ; le transfert du pouvoir de négociation sur le comité d'entreprise ; la définition des règles de la négociation collective avant le début des discussions sur le fond… Autant de critères qui peuvent être modifiés rapidement, selon eux, par la loi.

Débat présidentiel

Cette stratégie ambitieuse qui vise à refondre le droit du travail, développée également par l'institut Montaigne dans son rapport publié jeudi et intitulé «sauver le dialogue social - priorité à la négociation d'entreprise», pourrait être réalisée en moins d'une année, consultation des partenaires sociaux et précisions de l'administration incluses. Selon les deux auteurs, elle ne revient aucunement à «agiter un chiffon rouge», car leurs propositions reposent sur une approche globale de la réforme du fonctionnement du marché du travail et non pas sur une approche thématique, dossier par dossier (IRP, seuils sociaux, accord de maintien dans l'emploi, durée du travail…), comme c'est le cas depuis des décennies en France.

Cette et Barthélémy sont toutefois conscients que la révolution qu'ils proposent ne pourra pas se faire avant 2017. Jamais la majorité en place ne le permettra à l'approche des élections. «Mais Manuel Valls et Emmanuel Macron peuvent en parler», commente l'un des deux auteurs, afin d'en faire un débat de la campagne présidentielle qui va s'ouvrir.

Tous deux savent qu'ils mettent «la barre très haute» avec leurs propositions disruptives. Ils veulent ainsi obliger Jean-Denis Combrexelle, l'ex-directeur général du Travail missionné par Manuel Valls pour lui faire des propositions «audacieuses» pour donner plus d'importance aux accords collectifs par rapport à la loi et dont le rapport est attendu pour la mi-septembre, à se positionner par rapport à eux. Le débat, sur la refonte du code du travail, ne fait que commencer…


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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Ven 4 Sep - 14:38

71% des Français se prononcent pour laisser les entreprises "fixer librement le temps de travail, par accord avec les salariés", selon un sondage. Après ses propos sur le temps de travail, Emmanuel Macron fait par ailleurs une percée dans l'opinion: il gagne 5 points en un mois, devenant l’homme politique de gauche le plus populaire. (BFMtv)



Emploi. 71% des Français se disent prêts à abandonner les 35 heures


Les Français pour fixer le temps de travail dans l'entreprise

Près de 70% des Français seraient favorables à un assouplissement de la règle des 35 heures de travail hebdomadaires, d'après un sondage CSA


Citation :
Plus de sept Français sur dix seraient disposés à faire confiance aux entreprises pour «  fixer librement le temps de travail, par accord avec leurs salariés ». C'est ce que montre un sondage réalisé par CSA pour Radio Classique, le « think tank » Institut Montaigne et Les Echos, commenté dans ce dernier. De fait, cela impliquerait de renoncer à la durée légale du travail de 35 heures par semaine, une loi qui revient de plus en plus souvent dans les discussions.

Une volonté partagée à droite comme à gauche

Ce sondage montre une amplification du phénomène depuis une enquête similaire menée en août 2014. Même les salariés du privé seraient favorables à des changements alors qu'ils seraient les premiers concernés par la moindre réforme. Autre résultat marquant de l'enquête d'opinion, l'impact moins important que prévu des opinions politiques des personnes interrogées sur leurs réponses. Si, logiquement, 83% des sympathisants de droite sont pour une évolution du temps de travail, ils sont également 69% à l'être parmi les sympathisants de gauche. Et encore 53% chez les écologistes et 49% chez les proches du front de gauche. Les chiffres laissent donc apparaître une différence entre le discours des responsables politiques de ces mouvements, prompts à défendre les 35 heures, et leurs sympathisants.


Les cadres, réfractaires à un aménagement

Quant aux cadres, pourtant traditionnellement favorables aux efforts de libéralisation dans le monde du travail, ils semblent moins séduits par un éventuel assouplissement de la durée du travail (58% de « pour » contre 72% chez les employés. Le site Les Echos avance une explication : les cadres ont bénéficié d'avantages certains, RTT en tête, avec l'instauration des 35 heures et seraient donc les mieux placés pour savoir ce qu'ils perdraient si elles disparaissaient.

Si l'opinion ne semble donc plus être prête à défendre les 35 heures à tout prix, une chose est sûre, d'après Nicolas Fert, de l'institut de sondage CSA : aucun changement à la durée légale du travail ne pourra intervenir du seul fait de la volonté des


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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Ven 4 Sep - 14:50



27% des cadres travaillent pendant leurs vacances 07 juillet 2014 par cadreo

Le travail des cadres déborde sur leur vie privée. Plus d'un quart des cadres ne décroche pas du travail même pendant les vacances. Des cadres hyper connectés et nomades auxquels cadreo consacre sa première enquête exclusive.



Citation :
La frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle est de plus en plus floue. C'est ce qu'on appelle le blurring (terme tiré de l'anglais désignant la porosité entre vie pro et vie perso). Un phénomène encore plus net chez les cadres de plus en plus nomades et hyper-connectés. Horaires, travail à distance, le soir ou pendant les vacances, déplacements professionnels... comment travaillent les cadres ? Pour le savoir, cadreo - le site dédié à la carrière des cadres expérimentés et des dirigeants - a réalisé une grande enquête auprès des cadres français dont voici les résultats en exclusivité.

42% des cadres travaillent plus de 50 heures par semaine

Les 35h n'existent pas pour les cadres, seulement 1% des cadres ont des horaires correspondant à la durée légale du temps de travail. Un cadre sur deux travaille entre 41h et 50 heures par semaine mais une proportion non négligeable (42%) travaille plus de 50 heures par semaine. Le rythme supérieur à 60h hebdomadaires concerne même plus de 10% des cadres.


Les cadres décrochent rarement de leur travail...

Les cadres sont toujours connectés à leur travail et s'accordent peu de journées " offs ". Quand on leur demande s'ils arrivent à se déconnecter complètement de leur travail une journée entière, deux tiers des cadres disent le faire au moins une fois par semaine. Mais près de 20% se déconnectent plus rarement et la même proportion (soit un cadre sur cinq environ), s'accorde un break total une fois par mois seulement.

Les cadres travaillent le soir, le week-end et même en vacances

Après leur journée au bureau, le travail des cadres se prolonge et déborde régulièrement sur leur vie privée. Plus de deux tiers des cadres déclarent travailler le soir à la maison, près de la moitié le font aussi pendant le week-end et plus d'un quart (27%) durant leurs vacances.

Les femmes cadres travaillent plus souvent le week-end et pendant les vacances

Les femmes cadres travaillent beaucoup plus en dehors des heures de travail que les hommes et plus particulièrement le week-end et pendant les vacances. Cette différence d'organisation chez les femmes cadres s'explique par le phénomène de "double journée" et les contraintes de la vie familiale qu'elles prennent plus souvent en charge que les hommes.


Si les femmes cadres ont un temps de travail hebdomadaire moyen légèrement inférieur à celui des hommes, elles compensent en travaillant plus le week-end et pendant leurs vacances. Elles regroupent leurs déplacements professionnels et sont plus souvent en télétravail pour concilier leur vie de famille avec leurs contraintes professionnelles. Les cadres hommes, eux, semblent plus s'organiser en fonction de leur agenda professionnel.

Pour garder le contact avec leur travail, les cadres utilisent des outils nomades comme les smartphones, les tablettes, les ordinateurs portables. Ces outils font partie de la panoplie du cadre d'aujourd'hui et sont fournis par l'entreprise. La consultation des mails professionnels sur les smartphones ou tablettes est entrée dans les usages. Ce lien, parfois vécu comme un fil à la patte, permet aux cadres de suivre leurs dossiers et leurs projets en permanence.


Des travailleurs nomades, toujours connectés

Le quotidien des cadres est aussi caractérisé par une forte mobilité. Si un tiers des cadres n'est pas concerné par les déplacements professionnels réguliers, plus de 27% sont en dehors de leur entreprise un jour par semaine et 20% sont en déplacement deux jours par semaine. Ces déplacements professionnels sont aussi mis à profit pour travailler. 70% des cadres affirment travailler pendant leurs trajets.

Enfin, le télétravail est très répandu chez les cadres, en raison de leur volume horaire de travail. 35% des cadres déclarent pratiquer régulièrement le home office, une proportion deux fois plus importante que la moyenne des salariés français.


Enquête effectuée en ligne auprès des candidats inscrits sur les sites cadreo et RegionsJob du lundi 11 avril au dimanche 27 avril 2014. Echantillon de 636 cadres français actuellement en poste ou en recherche d'emploi



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MessageSujet: Re: TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...   Sam 12 Sep - 0:27



Dans la peau d’une ouvrière chez Doux : "Pour la venue de Macron, on a ralenti la cadence"

INTERVIEW - "Quatre semaines payée au Smic avec des bouchons dans les oreilles et une charlotte sur la tête" : Bérangère Lepetit, journaliste au Parisien, a passé un mois en immersion chez le volailler breton Doux, à emballer des poulets à la chaîne. Elle raconte le quotidien de ces ouvriers de l'agro-alimentaire de Châteaulin, dans le Finistère, dans un livre qui sort ce jeudi, Un séjour en France.




Citation :
Pourquoi avoir choisi de passer un mois chez Doux?

Je suis l'actualité de l'agroalimentaire pour Le Parisien depuis deux ans, ce qui m'emmène tout le temps en reportage en Bretagne. En août 2013, j'avais visité l'abattoir de volaille Tilly-Sabco, et j'y avais découvert un univers que je ne connaissais pas. J'avais été surprise - peut-être naïvement - de découvrir qu'en 2015, beaucoup de gens travaillaient encore dans le froid, l'obscurité, le bruit et faisaient les trois huit... C'est un boulot qui nous concerne directement puisque c'est eux qui emballent le jambon ou la volaille qu'on retrouve en barquettes dans nos supermarchés. Je m'étais dit qu'il fallait aussi parler de ce type de travail dans les médias, que c'était important de braquer les projecteurs sur ces salariés-là, dont certaines personnes ne soupçonnent pas l'existence.

Durant quatre semaines, vous vous êtes glissée dans la peau de quelqu'un d'autre.
J'étais en immersion, dans la peau d'une ouvrière. Je n'aurais pas pu parler comme je le fais dans mon livre de ce travail-là si je m'étais présentée comme journaliste. Dans une visite d'usine, tout est très encadré. On vous fait faire un tour d'un quart d'heure des ateliers, vous n'avez le temps de parler à personne.

«Je n'aurais pas pu parler comme je le fais dans mon livre de ce travail-là si je m'étais présentée comme journaliste.»


Et votre statut de journaliste, envoyé par une institution, change la donne : il y a beaucoup de méfiance et de timidité qui empêche de parler spontanément et naturellement. C'était cette méfiance-là que je voulais briser. L'immersion n'est pas un procédé anodin, mais dans ce projet, c'était la seule manière d'y arriver. Malheureusement. Au début, j'ai pensé dire que j'étais journaliste mais que je voulais travailler là un an ou deux. Et après, très vite, je me suis dit que même si on m'y autorisait, on me mettrait dans un cocon, ce que je ne voulais pas.

Personne ne savait que vous étiez journaliste.

Non. Et j'ai dû adapter mon attitude aussi. En immersion, la question de la distance est cruciale, et il faut souvent se la poser. Je n'ai pas tout dit : j'ai délibérément laissé de côté certaines choses qu'on m'a racontées pour préserver l'intimité des gens. C'est une position pas confortable, de ne pas dire qui tu es, alors la journée, j'étais surtout dans l'écoute. Quelque part, il fallait que je sorte de mon rôle de journaliste aussi, donc je ne bombardais pas les gens de questions. Et je n'avais pas envie de mentir, donc j'évitais de parler pour ne pas devoir passer mes journées à raconter des bobards. Le soir, j'avais besoin de parler, de téléphoner à mes proches et de redevenir "moi-même".

Comment ont réagi les personnes rencontrées?

Je n'ai pas pu leur dévoiler mon projet en partant : c'était trop tôt. Mais là, sept mois après, je reviens tout juste du Finistère : je ne suis pas retournée à l'abattoir mais j'ai rencontré certains des protagonistes, et j'ai eu l'impression qu'ils comprenaient ma démarche.

«Le soir, j'avais besoin de parler, de téléphoner à mes proches et de redevenir "moi-même". »

Je pense que ce ne sera pas le cas de tout le monde, et je peux comprendre aussi que certains se soient sentis vexés ou trahis. Mais sur le long terme, j'espère qu'ils se rendront compte que je partais avec de bonnes intentions.

Dans ce livre, vous donnez la parole à des personnes qu'on qualifie souvent d'"invisibles".
On a tous lu Zola, mais l'ouvrier de l'agroalimentaire avec sa charlotte bleu clair, je n'ai pas l'impression que ce soit un personnage qu'on se représente quand on entend parler des ouvriers. On pense plutôt à la sidérurgie. Même si récemment, avec les Bonnets rouges et la crise agricole, on en a un peu plus parlé. C'est un secteur qui reste très important en termes d'emploi en France. C'est un système : ils sont invisibles parce qu'on ne leur donne peu la parole, mais ils ne la prennent pas non plus. Sans doute parce qu'ils se sentent évincés du débat politique. Il y a une sorte d'incommunicabilité des deux côtés. Ce n'est pas que la faute des médias. Ils ne saisissent pas forcément la balle au bond dès qu'il y a des journalistes. Beaucoup - pas tous - ont arrêté de voter, ne lisent pas les journaux et n'accordent aucune crédibilité à la parole médiatique car ce n'est pas la vraie parole, leur parole à eux.

Vous êtes toujours à la chaîne lorsque Macron visite Doux et vous en livrez les coulisses...
Le jour de la visite, j'étais un peu sur le fil, parce que ma position était presque schizophrénique. J'étais en immersion, avec mes cartons de poulet, et je ne pouvais pourtant pas m'empêcher de m'identifier à la journaliste présente aux côtés de Macron.

«Les ouvriers ont été évincés de la visite de Macron alors que ç'aurait pu être un cadeau à leur faire»

De ma chaîne, je me suis rendue compte à quel point les ouvriers ont été évincés de cette visite : rien ne leur a été communiqué. C'aurait pu être quelque part un cadeau à leur faire, de leur dire "Vous avez bien bossé, le ministre vient vous féliciter"... C'était un signe positif pour cette entreprise, et finalement, la seule conséquence de cette visite c'est que les chaînes ont été ralenties artificiellement et qu'il a fallu cravacher après le passage de Macron pour rattraper en fin de journée.

Qu'est-ce qui a été le plus difficile?

En arrivant chez Monique Ranou [l'usine de charcuterie où la journaliste travaillé deux jours avant d'être employée chez Doux, ndlr], c'est le froid qui m'a surprise en premier, même si je savais qu'il ferait 4°C. Je ne me rendais pas compte qu'en étant debout, immobile toute la journée à basse température, j'aurais froid très vite. Il y a aussi le caractère répétitif des gestes et l'impression de très vite devenir une machine. C'était différent de le vivre. Mais ce que j'ai trouvé le plus dur à supporter, c'est l'ennui.

«Ce que j'ai trouvé le plus dur à supporter, c'est l'ennui.»

C'est un travail qui n'est pas agréable, et où on ne peut pas communiquer à cause du bruit ambiant. Je pense que les ouvriers de la chaîne ont tous une riche vie intérieure! Ils ont appris à prendre sur eux et résister intérieurement pour attendre que la journée passe.

Vous avez vécu Charlie loin de la capitale et des vos collègues journalistes...
La tuerie de Charlie a lieu le jour où j'apprends que je suis embauchée chez Monique Ranou. Je suis loin de Paris, et j'ai le sentiment de débuter une expérience qui n'a pas trop de sens par rapport à ce qui vient de se passer. Mais vivre les événements qui ont suivi l'attentat de Charlie dans ce contexte-là, dans la peau d'une ouvrière, était intéressant. Ca permettait d'avoir un autre regard sur ce qui se passait. Je me suis rendue compte que peut-être que ça prenait aussi - et forcément- un peu moins d'importance qu'à Paris, du fait déjà de la distance géographique. Lors de la minute de silence à la chaîne chez Doux, où je n'étais pas encore là, je sais que certains ont critiqué l'initiative et ne se sont pas sentis concernés.

Un séjour en France, Chronique d'une immersion, Bérangère Lepetit, Ed. Plein Jour, 157p., 17 euros.


Citation :
J'ai plongé sans me poser de questions, je me disais que je verrais bien en route. Pour l'instant, le choc est rude. Je suis venue pour être quelqu'un d'autre, l'espace d'un mois. Sortir de mon quotidien de journaliste à Paris. Quatre semaines off , c'est ce que m'a octroyé, sans trop de peine, mon employeur. Un mois, c'est très court mais aussi infiniment précieux pour découvrir ce pays que j'avais l'impression de connaître. Et qui devenait soudain un peu étranger. C'est mon premier jour à l'usine. Qu'avons-nous encore en commun ? Sommes-nous condamnés à vivre enfermés chacun dans sa case, derrière ses frontières sociales, régionales, culturelles ?

Alors que Paris était secoué par les attentats, en ce mois de janvier 2015 où la France se posait cruellement la question de son unité, Bérangère Lepetit se faisait engager comme ouvrière dans un abattoir breton. Un séjour en France, récit de cette expérience radicale, est un roman d'aventures au cœur du réel, un voyage dans l'étrange ailleurs qu'est notre pays, tel que nous ne savons plus le voir.


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