PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie

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MessageSujet: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Mar 30 Juin - 14:21

étonnamment, rien encore, dans ce forum, sur les médias, ce qui tend à montrer que pour moi, bien qu'elle y ait recours, l'idéologie n'est pas un mensonge

en complément, LE média des "révélations" >> COUCHES MOYENNES : le Club MEDIAPART de l'IDÉOLOGIE FRANÇAISE, plongées socio-humeuristiques de Patlotch


je commencerai avec un complotiste célèbre, Thierry Meyssan, des fois qu'il n'affabule pas toujours, et même s'il tend à trier ses cibles

Les journalistes et la guerre Thierry Meyssan

les vidéos sont à voir sur l'originel
Thierry Meyssan a écrit:
Considérant que les journalistes étaient au service de la paix, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une résolution pour leur protection en zone de combat. Pourtant, deux semaines plus tard, le département US de la Défense publiait des instructions pour arrêter les professionnels des médias qui se livrent à de l’espionnage ; une décision qui pourrait se retourner contre les journalistes des États membres de l’Otan, observe Thierry Meyssan.

Le 27 mai 2015, le Conseil de sécurité adopte la résolution 2222 sur la protection des journalistes en zones de combat ; une résolution qui n’a recueilli l’unanimité que parce qu’elle ne répond pas à ce qu’est devenu la profession de journaliste à l’heure des télévisions globales et de la guerre de 4ème génération.

Le débat du Conseil de sécurité du 27 mai dernier sur la protection des journalistes en zone de combat n’a guère fait avancer les choses [1]. Les diplomates ont accusé divers États d’avoir tué ou laissé tuer des journalistes sans relever que la qualité de « journaliste » peut recouvrir des activités de nature différente, y compris de l’espionnage, du sabotage ou du terrorisme.

Jusqu’à présent, on considérait que pour bénéficier de la protection due aux journalistes, il fallait :
- détenir une carte de presse délivrée par l’autorité compétente de son pays ou de celui dans lequel on travaille ;
- ne pas prendre part aux combats ;
- ne pas violer la censure militaire.

On notera l’étrangeté de cette dernière condition initialement prévue pour protéger les secrets militaires, mais utilisable pour masquer la propagande et les crimes de guerre.

En outre, on considérait que les soldats travaillant comme journalistes pour des médias militaires ou les journalistes civils embarqués dans les armées (embedded) ne devaient pas bénéficier du statut de journaliste, mais de celui de soldat.

Se référant au précédent de l’assassinat du commandant Ahmad Shah Massoud par deux journalistes, les États-uniens font valoir que cette profession peut servir de couverture pour une activité terroriste. Plus récemment le citoyen britannique Omar Hussein a rejoint l’Émirat islamique et a publié, sous le pseudonyme d’Abu Awlaki, des articles élogieux de la vie sous Daesh. Cependant, ces exemples de journalistes engagés dans des combats sont complètement marginaux. Le vrai problème est ailleurs avec les médias globaux et la Guerre de 4ème génération (4GW).

Les médias globaux

Jusqu’en 1989, les médias étaient nationaux. La propagande ne pouvait donc s’adresser qu’à son propre camp. On pouvait bien entendu lancer des tracts par avion ou utiliser des émissions de radio en ondes courtes, mais on était toujours perçu comme un locuteur ennemi.

En 1989, une télévision locale états-unienne, CNN, s’est soudainement transformée en télévision globale grâce aux satellites. Son changement de statut —elle n’était plus « américaine »— garantissait sa neutralité dans les conflits. Elle s’est affirmée comme un média d’« information en continu », relayant la chute des Ceaușescu. Le direct garantissait d’empêcher les manipulations et de restituer la vérité.

Or, ce fut exactement le contraire. La rédaction de CNN était —et est de manière définitive depuis 1998— sous la coupe d’une unité militaire installée dans ses locaux, l’United States Army’s Psychological Operations Unit. Elle ne rendit pas compte des événements, mais d’un spectacle mis en scène par la CIA et le Pentagone. On se souvient par exemple de la découverte du charnier de Timișoara. Les images des cadavres de plus de 4 500 jeunes gens [2], vidés de leur sang pour nourrir le dictateur des Carpathes atteint de leucémie ou abattus durant des manifestations, ont fait le tour du monde. Leurs visages avaient été mutilés à l’acide pour qu’on ne les identifie pas. La preuve était faite des horreurs infligées à son peuple par Nicolae Ceaușescu, le « Dracula roumain » [3]. Las ! on apprendra plus tard qu’il s’agissait de corps déterrés au cimetière de la ville.

En diffusant instantanément une fausse nouvelle dans le monde entier, les médias globaux lui ont donné l’apparence d’une vérité partagée. Ce qui faisait la force de cette intoxication, c’est qu’elle était parvenue à convaincre des médias du bloc soviétique, en Hongrie et en Allemagne de l’Est, qui l’ont reprise. Les faits se trouvaient ainsi authentifiés par des alliés de la Roumanie. D’où la concurrence actuelle entre les grandes puissances pour disposer de chaînes globales d’information en continu.

Par ailleurs, les idées selon lesquelles « les journalistes sont là pour dire ce qu’ils voient sur place » et que « le direct empêche les manipulations » sont grotesques. Au contraire, les journalistes ne doivent pas être des témoins, mais des analystes capables de découvrir la vérité derrière les apparences. C’est à cela qu’ils servent, de sorte que le concept d’« information en continu » (au sens de faits filmés sans s’arrêter) est la négation du journalisme. Soit les journalistes sont là pour recouper, vérifier, contextualiser, analyser et interpréter, soit ils ne servent à rien.

Des manipulations comme celle de Timișoara, l’Otan n’a cessé d’en fabriquer durant les guerres de Yougoslavie, d’Irak, d’Afghanistan, d’Irak encore, de Libye et de Syrie [4].

L’incorporation des journalistes de guerre

Cependant, un pas de plus a été franchi, en 1992. Vous avez remarqué que, depuis cette date, les États-Unis et l’Otan n’ont cessé d’être en guerre quelque part dans le monde. Une catégorie de journaliste s’est constituée pour couvrir ces événements. Un peu plus d’une centaine d’entre eux s’est précipitée en Bosnie, puis à Bagdad, à Kaboul ou à Tripoli, donnant ainsi la parole aux adversaires de l’Occident. Or, non pas quelques uns d’entre eux, mais presque tous sont devenus des collaborateurs permanents des services secrets de l’Otan. Et s’ils décrivent les résultats de bombardements de l’Alliance sur des populations civiles, c’est uniquement pour fournir des renseignements militaires et permettre à l’Otan d’ajuster ses tirs. Dès lors, ces journalistes doivent être qualifiés d’agents.

C’est ce que j’expliquais durant la guerre de Libye, soulevant l’indignation de la profession. Pourtant, c’est ce qu’a finalement admis le lieutenant-général Charles Bouchard lorsque l’opération fut terminée. À l’antenne de Radio-Canada, il déclara que le quartier-général de l’Otan à Naples analysait la situation grâce à des « renseignements [qui] venaient de beaucoup de sources, dont les médias qui étaient au sol et nous donnaient beaucoup d’informations sur les intentions et où étaient les forces terrestres ».

Entretien du général Bouchard, le 31 octobre 2011, sur Radio Canada (en français)

Pour crédibiliser le mythe de la « révolution démocratique », l’Otan mettait en scène, en 2012, un village témoin, en Syrie, Jabal al-Zouia. Le cabinet du Premier ministre turc organisait sur place le transport des journalistes qui en faisaient la demande. Ils pouvaient alors filmer les manifestations dans le village et se persuader que toute la Syrie était ainsi. Mais l’Armée arabe syrienne a, elle aussi, envoyé des journalistes —pas des Syriens, bien sûr— auprès des « rebelles » de manière à recueillir des renseignements sur le soutien que leur apportait l’Alliance.

Aussi, la publication cette semaine par le département US la Défense de son Manuel de Droit de la guerre est-elle bienvenue. Ce document explicite l’évolution de la guerre en affirmant que certains journalistes sont en réalité des combattants [5].

Ce faisant, le département de la Défense prend le risque que la plupart des journalistes de guerre occidentaux soient déclarés « belligérants non-privilégiés », une catégorie qu’il a créée lui-même et qui les prive du bénéfice des Conventions de Genève. Lors du prochain conflit, ce pourrait être le sort des collaborateurs d’Al-Jazeera, Al-Arabiya, BBC, CNN, Corriere della Sera, Fox News, France2, France24, Le Monde, Libération, New York Times, Sky News, Washington Post etc… Pour ce citer que ceux que j’ai identifiés.

Les fausses vidéos d’actualité

C’est encore un pas de plus qui a été franchi, en 2011, avec l’usage de vidéos de fiction, tournées en studio à ciel ouvert au Qatar, placées dans les actualités télévisées. Le summum ayant été atteint avec la diffusion, d’abord par Fox News puis par l’ensemble des télévisions atlantistes et du Golfe, d’images de fiction présentant la chute de Tripoli et l’entrée des « rebelles » sur la Place verte, trois jours avant que ces faits ne deviennent réalité.

Un point qui fut violemment démenti par l’Otan avant d’être reconnu par le président du Conseil national de transition, Moustapha Abdel Jalil, au micro de France24 en arabe.

Alors que les États-Unis négociaient avec la Russie un éventuel partage du « Moyen-Orient élargi », en juin 2012, l’Otan envisageait d’utiliser cette technique des fausses vidéos d’actualité pour casser la résistance syrienne et s’emparer du pouvoir. Washington fit déconnecter les télévisions satellitaires syriennes d’ArabSat et s’apprêtait à les chasser également de NileSat. Un pool de chaînes atlantistes (Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV) se préparait à utiliser des images réalisées en studio au Qatar montrant la chute de la République arabe syrienne et des images de synthèse montrant la fuite du président el-Assad [6]. Le signal des fausses chaînes syriennes fut calé sur ArabSat depuis la base de la NSA en Australie. Cependant, l’opération fut annulée juste avant la conférence de Genève 1 du fait des protestations internationales.

Les lois de la propagande sont toujours les mêmes


Ceci dit les développements techniques ne modifient pas les techniques de la propagande. Ce mécanisme reste fondé sur deux principes :
- par la répétition incessante, un mensonge grossier devient une évidence incontestée ;
- il ne suffit pas de convaincre les personnes-cibles d’un mensonge, il faut qu’ils le défendent. Et pour cela, il convient de les contraindre, par un moyen ou par un autre, à professer —ne serait-ce qu’une fois— ce qu’ils considèrent encore comme un mensonge. Leur amour-propre suffira à les empêcher de retourner en arrière et de dénoncer la manipulation.

Par exemple, lorsque les services secrets britanniques ont lancé l’idée que la République arabe syrienne lançait des barils d’explosifs depuis des hélicoptères sur sa population civile, vous n’y avez pas cru. En Syrie, où l’on reproche au président el-Assad de brider les actions de l’armée contre les jihadistes par souci de protéger les civils, on n’y a pas cru non plus. Cette accusation est d’autant plus absurde que l’armée dispose de bombes, bien plus efficaces, fournies par la Russie. Pourtant, au bout d’un an de répétition quotidienne, ce mensonge est devenu une vérité incontestée, aussi bien en Occident qu’en Syrie. Peu importe que l’armée n’utilise pas d’hélicoptères à Alep parce que les jihadistes les détruiraient avec des missiles sol-air, la presse publie quand même des « témoignages » de largage de barils d’explosifs depuis des hélicoptères à Alep.

Le système est ainsi fait que les journalistes refusent de reconnaître avoir été trompés et se transforment en propagandistes qui vont, à leur tour, répéter ce que n’importe qui savait au départ être un mensonge. De facto, des professionnels qui pensent être honnêtes, quoique utilisant la rhétorique à la mode, travaillent à répandre le mensonge.

L’incorporation des médias dans l’art de la guerre


Même si de fausses images de la fuite du président el-Assad n’ont finalement pas été utilisées en Syrie, l’Otan a adopté une nouvelle technique de combat : la guerre de 4ème génération (4GW).

La guerre de 1ère génération, c’est la ligne et la colonne, comme au XVIIe siècle. Les armées étaient très hiérarchisées et progressaient lentement. Mais cette organisation ne résista pas à la généralisation des armes à feu.
La guerre de 2ème génération, c’est la ligne et le feu, comme durant la Première Guerre mondiale. Mais cette organisation s’embourba dans les guerres de tranchées.
La guerre de 3ème génération, c’est l’infiltration des lignes ennemies et la défense en profondeur. Elle implique la participation des civils, comme lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais cette organisation n’a pas résisté au développement des arsenaux et, notamment, aux bombes atomiques.
La guerre de 4ème génération, c’est celle que l’on ne livre pas soi-même, mais que l’on fait livrer dans des pays lointains par des groupes non-étatiques, comme durant la Guerre froide avec de vraies et de fausses insurrections.

Dans ce type de guerre, qui s’apparente à un désordre général, le Pentagone intègre des médias dans sa salle d’état-major, en tant qu’unités combattantes. Il faut avoir en tête que les médias ont évolué. Ils ne sont plus des coopératives, mais des entreprises capitalistes avec des salariés qui peuvent être instantanément licenciés. Il ne s’agit donc plus d’une centaine de correspondants de guerre qui travaillent en sous-main comme espions, mais de médias qui participent en tant que tels aux combats en mettant l’ensemble de leur personnel à disposition des armées.

Peu importe ici que les journalistes participent eux-mêmes à des relevés militaires ou à des intoxications. Leur travail, même irréprochable, s’insère dans un ensemble qui fait la guerre. Pis : ceux qui sont sincères servent de paravent à ceux qui trichent en leur donnant de la crédibilité.

En définitive, la résolution 2222 n’a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité que parce qu’elle ne répond pas à l’évolution du métier de journaliste.



[1] « Résolution 2222 et débats (journalistes en zones de conflit) », Réseau Voltaire, 27 mai 2015.

[2] “Mass Graves Found in Rumania ; Relatives of Missing Dig Them Up”, Associated Press, December 22, 1989.

[3] « Les vautours de Timisoara », par Serge Halimi, La Vache folle, août 2000.

[4] « L’effet CNN », cours de Thierry Meyssan à l’Accademia Nazionale della Politica (Palerme, Italie), Réseau Voltaire, 19 mai 2003.

[5] Law of War Manuel, US Defense Department, June 2015.

[6] « L’OTAN prépare une vaste opération d’intoxication », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie), Réseau Voltaire, 10 juin 2012.



Dernière édition par Patlotch le Mer 19 Aoû - 23:19, édité 2 fois
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MessageSujet: à propos de Wikileaks et de l'espionnage américain de la France   Mar 30 Juin - 16:40

vraiment, mais vraiment pour mémoire, ces histoires d'espionnage entre Pays industriels étant un secret de polichinelle. Cela existe depuis que le commerce international existe, avant la Révolution française... Seules les techniques ont changé, et les moyens de (ne pas) se faire prendre...

dans les ministères concernés (Industrie, Finances, Affaires étrangère, Défense, BTP...), il y a toujours eu des missions, plus ou moins officielles et sous diverses appellations dont les administrations ont le secret

c'est de façon basique mais profonde, un des liens entre chaque État et la défense des Capitaux de chez lui, dans la concurrence internationale par branche ou au-delà, dont le but est de maintenir ou accroître le taux de profit tendant à la baisse

il y a donc des aspects à tous les niveaux : techniques et technologiques ou industriels, économiques et prévisionnistes, militaires et stratégiques, le machin qu'on agite avec les "révélations" de Wikileaks ou autres, cela plait toujours aux gogos, qui croient ainsi pénétrer des secrets du grand capital qui nous cache tout et nous dit rien, et en retient que tout le monde surveille tout le monde

combien en déduisent que si ça n'existait pas, le capitalisme serait plus propre et plus moral ? Bof.... Vivement la crise, leçon de formation accélérée à la critique de l'économie politique, grand moment de théorie embarquée...

autrefois, on appelait ça espionnage industriel, et c'est devenu l'intelligence économique

à la Direction des affaires économiques et internationales de mon ministère, il y avait un haut-fonctionnaire chargé de mission sur la question, et je fus chargé au début des années 200 d'organiser une conférence de formation sur la question. Une vague ambiance de "secret" planait sur l'assemblée, dont les participants étaient tout fier, on leur avait fabriqué des dossiers, etc...

L'œil de la NSA sur l'économie française Guerric Poncet Le Point 30 juin 2015

L'agence nationale de sécurité américaine est bien une arme de guerre économique pour Washington, qui s'en sert pour favoriser ses entreprises.

Guerric Poncet a écrit:
Les informations de WikiLeaks continuent d'accabler la politique d'espionnage américaine sur ses alliés. Après avoir prouvé la mise sur écoutes de trois présidents français par l'agence nationale de sécurité (NSA), le site de Julian Assange a publié lundi des documents montrant pour la première fois l'ampleur des écoutes ciblées contre l'économie française, des ministres aux chefs d'entreprise en passant par les ambassadeurs. Les instructions stipulaient que tous les contrats d'exportation estimés à plus de 200 millions de dollars devaient faire l'objet d'une surveillance, selon WikiLeaks, dont les documents sont publiés par Libération et Mediapart.

Pierre Moscovici et François Baroin ont été écoutés par les espions lorsqu'ils étaient au ministère de l'Économie et des Finances, tout comme les dirigeants de la "quasi-totalité" des entreprises du CAC 40. "Jamais la preuve d’un espionnage économique massif de la France, orchestré au plus haut niveau de l’État américain, n’avait été établie aussi clairement", assure Libération. Toutefois, depuis les révélations sur le système Échelon à la fin des années 1980, de nombreuses entreprises avaient pris des mesures pour se prémunir des "grandes oreilles" un peu trop indiscrètes : communications chiffrées, leurres ou encore réunions "étanches" sont devenus banals. Mais, comme toujours en sécurité informatique, le chaînon humain reste le plus faible, et de nombreux dirigeants n'appliquent pas les consignes élémentaires.

La Maison-Blanche dément

Les États-Unis "n'utilisent pas leurs capacités de renseignement pour voler les secrets commerciaux de compagnies étrangères pour le compte de compagnies américaines" afin d'améliorer la "compétitivité" ou la "rentabilité" de celles-ci, a rappelé la direction nationale du renseignement américaine (DNI), répétant une déclaration de son directeur James Clapper datant de 2013 et refusant d'apporter plus de commentaires sur les informations dévoilées par WikiLeaks. Pas plus d'explications sur la station d'écoutes clandestines découverte en 2013 sur le toit de l'ambassade américaine à Paris, à quelques pas de l'Élysée.

La semaine dernière, WikiLeaks avait déjà dévoilé l'espionnage américain sur Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. L'information, déjà largement connue par les services de sécurité, avait suscité des réactions tantôt désabusées, tantôt faussement naïves, comme celle de Manuel Valls qui avait réclamé la création d'un "code de bonne conduite" entre alliés. Et ce, alors même que sa nouvelle loi sur le renseignement contient des mesures autorisant la France à se comporter de la même manière que son "allié".
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MessageSujet: le Club Médiapart de l'Idéologie française : des fins et de la suite dans les idées   Mar 30 Juin - 17:20


un aspect des médias français, en relation avec l'idéologie française

d'une plongée dans le Club Médiapart de l'Idéologie française : des fins et de la suite dans les idées
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MessageSujet: Qu'est-ce que l'idéologie ? Roland Simon   Mar 30 Juin - 17:45



Roland Simon a écrit:
L’idéologie est la façon dont les hommes (et les femmes…) vivent leurs rapports à leurs conditions d’existence comme objectives face à eux comme sujets, en ce sens l’idéologie n’est pas tant un reflet déformé dans la conscience de la réalité, mais un ensemble de solutions pratiques résolvant en la justifiant et l’entérinant cette séparation de la réalité en objet et en sujet.

La réalité apparaît d’elle-même comme présupposée et se présupposant, c’est-à-dire comme monde, comme objet, face à l’activité qui, face au monde, définit le sujet. Le défaut principal de tous les matérialismes critiqué par Marx dans la première thèse sur Feuerbach n’est pas seulement une erreur théorique, il est l’expression de la vie de tous les jours[37]. Comme nous l’avons dit précédemment, l’essence n’est pas ailleurs que sur cette surface mais elle ne lui correspond pas parce que les effets de la structure du tout (le mode de production) ne peuvent être l’existence même de la structure qu’à la condition d’en être l’inversion au travers de ses effets. C’est la réalité de l’idéologie. En bref, l’idéologie c’est la vie quotidienne.
source : Tel quel, Le moment révolutionnaire comme conjoncture Théorie Communiste, dndf 17 décembre 2012


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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Lun 9 Nov - 11:03



Le catéchisme patronal récité aux lecteurs du Monde Gérard Le Puill 6 Novembre, 2015

Dans sa tribune hebdomadaire dans Le Monde du jeudi 5 nombre Arnaud Leparmentier reproche au gouvernement et au président de la République de ne pas en faire assez pour aider le patronat à réduire les salaires. Il cite en exemple l’Allemagne, l’Italie et le Royaume Uni le jour où Michelin y annonce des fermetures d’usines


Citation :
Le chroniqueur  esclavagiste du Monde a encore frappé

Dans l’édition  du 5 novembre  Arnaud Leparmentier  explique à ses lecteurs, qu’il doit prendre pour des benêts,  que la France  aurait tout essayé contre le chômage,  «sauf ce qui marche». Ce qui marche, il est allé le chercher  chez « nos voisins européens». Eux  « se sont attaqués aux sujets qui faisaient mal. Et cela paie. La fameuse courbe s’est inversée en Allemagne dès 2008, au Royaume Uni depuis  2012. Même les pays du Sud  se redressent : en Espagne, Mariano  Rajov affiche plus de 500.000 emplois créés en un an, tandis qu’en Italie Mateo Renzi en annonce 320.000 depuis le début de l’année», écrit-il.

« L'exemple espagnol est radical... »

Comment ont-ils fait ? « L’exemple espagnol est radical : les salaires ont été réduits, et l’industrie repart. Les Allemands, eux, ont créé un système dual très inégalitaire: ils ont imposé des salaires très faibles dans les services pour aider l’industrie, qui paie cher sa main d’œuvre qualifiée, à  être compétitive », explique le larbin  du MEDEF. Il se garde toutefois de dire que ce pays utilise massivement  des « travailleurs détachés », d’Europe centrale avec les très faibles charges sociales du pays  d’origine. L’honnêteté intellectuelle a ses limites pour qui veut démontrer qu’il n’y a point de salut pour l’emploi en France  sans une surexploitation des hommes et des femmes qui travaillent.

Jusqu’où peut  aller cette exploitation et quelles seraient ses conséquences  en France dès lors que les patrons et le gouvernement  iraient encore plus loin dans leur volonté de sous-rémunérer le travail créateur de richesses ?   Arnaud Leparmentier occulte la question. Il aurait pourtant pu se servir d’une étude de l’INSEE publiée le 4 novembre(1) juste avant la publication de sa chronique. Elle révèle que, dans les  quinze pays qui composaient l’Union européenne avant l’élargissement aux pays d’Europe centrale, on comptait, en 2011,  29 millions de travailleurs économiquement précaires, soit 18% de la population active de ces pays, tandis que  30% de ces travailleurs précaires sont aussi des travailleurs pauvres. Elle indique aussi que c’est notamment en Allemagne  et au Royaume Uni  « que le phénomène est le plus fréquent ».

« peu à l'aise financièrement... »

Les lecteurs du Monde doivent-ils soutenir ce que propose Leparmentier pour les travailleurs en France ? Ne devraient-ils pas plutôt éviter de dépenser 2,20€ dans l’achat de ce quotidien un jour par semaine, celui où paraît la chronique de l’esclavagiste de service ? Car en France,   une autre étude de l’INSEE publiée le même jour dans le même document  (1) nous indique que « six ménages sur dix » se sentaient « peu à l’aise financièrement en 2011 et que « 70% des ménages qui se sentent en difficulté financièrement  ont vu leur situation se détériorer »  dans les cinq années précédant  cette enquête. Laquelle indique aussi que « les deux postes de consommation des ménages se sentant en difficulté financièrement sont le logement et l’alimentation qui représentent  respectivement19% et 18% de leur budget », tandis que « les transports représentent le troisième poste de dépenses de ces ménages avec 14% ».  

Ainsi donc, avoir un toit pour dormir, pouvoir  manger afin d’avoir la force de travailler et pouvoir se déplacer afin de se rendre sur son lieu de travail pompe 51% des ressources des 60% de ménages  qui ne sont pas à l’aise financièrement. Pas étonnant que certains travailleurs pauvres dorment dans leur voiture  faute de pouvoir payer un loyer.  

Faut-il alors prendre pour parole d’évangile les propos de l’enfant de cœur qui parle d’économie aux lecteurs du  Monde en récitant le catéchisme que lui a enseigné le Père Gattaz? On imagine facilement  que si tous les pays de l’Union européenne rivalisaient encore plus qu’aujourd’hui pour savoir lequel réduira le plus la rémunération du travail, le résultat global  et cumulé de ces politiques d’austérité salariale  serait une réduction des débouchés pour l’appareil productif européen.

« Michelin va bien... »

A ce propos,  Arnaud Leparmentier  gagnerait parfois à lire ce qui s’écrit aussi dans son journal. Ainsi, dans les pages économiques de ce même numéro du 5 novembre, Philippe Jacqué débutait ainsi son article : « Michelin  va bien. Le groupe de Clermont-Ferrand  a encore dégagé 1,2 milliard d’euros de résultat opérationnel au premier semestre ». La suite du papier était moins réjouissante …pour les salariés de Michelin. On apprenait  que la firme allait fermer une usine à Ballymena en Irlande du Nord  en supprimant 860 emplois, celle de Fossano en Italie  en supprimant 400 emplois , une autre en Allemagne à  Oranienbourg dans le Brandebourg   après avoir fermé celle de Joué-les-Tours en 2014 sans compter que celle de la Combaude à Clermont-Ferrand  pourrait être « sacrifiée » en 2016 ou 2017, selon Philippe Jacqué.  

On remarquera ici  que l’Irlande du Nord fait partie du Royaume Uni, que les sites que sacrifie Michelin sont précisément dans les pays nommément cités comme modèles  d’austérité salariale  par Arnaud Leparmentier. J’imagine que lui n’a jamais travaillé pour Michelin. Moi si. J’ai été licencié en 1983 avec 1.200 autres travailleurs de l’usine Kléber de Colombes quand Michelin, actionnaire unique, a  imposé la fermeture de ce site afin de bénéficier de coûts  salariaux moyens inférieurs de 35% à Toul en Meurthe-et Moselle. En 2009,  les 1.200 travailleurs de l’usine de Toul ont été  virés à leur tour car Michelin venait de construire une nouvelle usine de pneus en Serbie,  un pays où les salaires sont trois fois moins élevés qu’en France.

la « destruction créatrice»

Ainsi fonctionne le capitalisme aujourd’hui. Il utilise la théorie ricardienne  des avantages comparatifs vieille de deux siècles pour localiser la production là ou la main d’œuvre coûte le moins cher. Il use et abuse  du même coup  de la « destruction créatrice», conceptualisée par Joseph  Schumpeter  pour accélérer  la casse des unités de production. Au final, la destruction du capital productif  n’en finit pas d’augmenter, ce qui, ajouté à l’exigence de  rémunération des capitaux spéculatifs,  laisse de moins en moins d’argent  pour payer  la force de travail. Produire de cette manière augmente aussi le bilan carbone de chaque bien fabriqué, tant la concurrence de tous contre tous multiplie les effets pervers dans le système productif  avec, en ava , une  distribution énergivore basée sur la politique de l’offre d’une multitude d’objets à obsolescence programmée . Du plus mauvais effet  alors que va se tenir à Paris la Cop 21 sur les enjeux climatiques et dont Leparmentier  semble ignorer les enjeux.

Voilà pourquoi le moment est venu de  laisser dormir en  kiosque le monde daté du jeudi  tant que ce type tentera de nous faire croire qu’il est un génie de la pensée économique alors qu’il raisonne comme le dernier des abrutis !

Gérard Le Puill est journaliste et auteur.  Dernier ouvrage paru « L’Ecologie peut encore sauver l’économie », une coédition de Pascal Galodé  et de l’Humanité


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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Jeu 19 Nov - 14:58

Les médias et les attentats terroristes Paris Barry Grey WSWS 19 novembre 2015

Les attentats terroristes de vendredi dernier à Paris ont déclenché une campagne médiatique internationale visant à inspirer la panique et justifier une escalade des guerres au Moyen-Orient et l’assaut contre les droits démocratiques aux États-Unis et en Europe

Citation :
Les principaux médias acceptent sans réserve toutes les affirmations des responsables du gouvernement, ainsi que leurs déclarations cyniques de solidarité avec les victimes et leurs dénonciations intéressées des tueurs comme le mal incarné. Ils œuvrent à utiliser ce dernier attentat pour légitimer les guerres et les mesures répressives qui ont produits ces atrocités et les précédentes, tout en ouvrant la voie à des guerres plus larges et à la dictature pure et simple.

Les appels à plus de troupes et de bombes en Syrie et en faveur d’un espionnage encore plus omniprésent de la part de l’État, à des politiques plus sévères contre les immigrants et d’autres mesures antidémocratiques n’ont rien à voir avec la protection de qui que ce soit. Leur but est la mise en œuvre des plans préexistants visant à s’accaparer les ressources pétrolières du Moyen-Orient et à réprimer les populations rétives au sein des pays impérialistes.

CNN, par exemple recycle en boucle un clip vidéo de Dianne Feinstein, la démocrate de plus haut rang de la Commission du renseignement du Sénat, dans lequel elle déclare avoir des pressentiments de catastrophes comme ceux qu’elle avait juste avant les attentats terroristes du 11 septembre, 2001.

Le Washington Post a publié un éditorial mardi dénonçant la politique du président Obama en Syrie comme insuffisamment agressive. Il a appelé à un plus grand déploiement de troupes des Forces spéciales au-delà du niveau annoncé par Obama plus tôt ce mois-ci, avec l’aide de missiles et de drones, et à la mise en place de prétendues « zones de sécurité » comme bases de lancement d’une offensive pour renverser le président syrien Bachar al-Assad.

Le même numéro du Washington Post contient un commentaire d’un ancien responsable du gouvernement Bush, James Jeffrey, intitulé « Assez de demi-mesures », qui exige une guerre au sol conventionnelle de grande échelle en Syrie.

Une ligne similaire pour l’essentiel est prônée par de prétendus commentateurs « libéraux » dans le Post et le New York Times tels Richard Cohen et Roger Cohen [article en anglais].

En même temps, les réseaux de télévision, les chaînes d’information et la presse font la promotion des appels de la part de fonctionnaires des renseignements et de la police à accroître les pouvoirs d’espionnage du gouvernement en permettant à l’État de désactiver les systèmes de cryptage. Lundi, le directeur de la CIA John Brennan a suggéré que le groupe État Islamique (EI) pourrait attaquer les États-Unis et a qualifié les événements de Paris de « sonnette d’alarme » qui devrait mettre un terme aux « lamentations » sur les pouvoirs de surveillance élargis du gouvernement.

Le Washington Post mardi a cité un courriel interne envoyé en août dernier par Robert Litt, le conseiller général du Bureau du directeur du renseignement national, arguant que la législation autorisant la désactivation du cryptage aurait une bonne chance d’être adoptée « dans le cas d’un attentat terroriste ou d’un événement criminel où on peut démontrer que le cryptage fort aurait entravé l’application de la loi. »

Il y a eu près de quinze années de guerres quasi ininterrompues contre les populations largement sans défense en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et au Yémen. Ces guerres ont été précédées par des interventions impérialistes américaines au Panama, en Irak, en Somalie, en Bosnie et en Serbie, ainsi qu’un soutien militaire et politique américain à l’oppression des Palestiniens par Israël et à ses guerres d’agression contre ses voisins arabes, avec aussi le soutien américain aux dictatures sanglantes de l’Égypte et du golfe Persique.

Ces guerres impérialistes ont tué des millions de gens, dévasté des pays entiers et fait des dizaines de millions de réfugiés. Le président français François Hollande et ses homologues aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, etc. déclarent que les attentats à Paris sont « un acte de guerre. » Mais eux, qu’ont-ils fait, à part faire la guerre sans merci-contre les populations de ces pays ?

Il n’est pas possible de commettre de tels crimes sans engendrer un climat de haine et le désir de vengeance. Ce sont les racines réelles des attentats terroristes de ces quinze dernières années, en commençant par le 11 septembre 2001.

Mais, il est pratiquement impossible de trouver aucune remise en cause de la légitimité des politiques des gouvernements impérialistes dans la médiatisation à outrance des événements de Paris. Tout au plus, les commentateurs des médias et les politiciens parlent d’atrocités telles que l’invasion et l’occupation de l’Irak comme d’une « erreur ». Ils n’appellent pas les horreurs infligées par les États-Unis et leurs alliés par leur vrai nom – des crimes de guerre.

Leur indignation morale est toujours sélective. L’EI et d’autres groupes islamistes djihadistes comme Al-Nusra commettent des massacres de civils en Syrie depuis des années, mais les médias américains et européens ont soit salué ces actions soit les ont cachées pourvu qu’elles soient dirigées contre le régime Assad qu’ils voulaient renverser.

Chaque attentat terroriste majeur en Occident à commencer par le 11 novembre 2001, a eu le caractère d’un retour de flammes mené par les forces avec lesquelles les gouvernements impérialistes avaient collaboré. Les auteurs étaient connus des agences de renseignement et de la police et étaient dans de nombreux cas suivis et surveillés.

C’est encore le cas à Paris. L’EI est lui-même le produit de la dévastation causée par l’invasion et l’occupation américaines de l’Irak et de la politique de « diviser pour régner » employée par Washington pour inciter à la guerre sectaire entre sunnites et chiites. Des forces djihadistes islamistes liées à Al-Qaïda, y compris les précurseurs de l’EI et d’al-Nusra, ont été utilisées comme forces terrestres par procuration dans la guerre des États-Unis et de l’OTAN pour un changement de régime en Libye puis en Syrie. Al-Qaïda lui-même est issu des forces islamistes armées et mobilisées par les États-Unis dans leur guerre par procuration contre l’Union soviétique en Afghanistan dans les années 1980.

Il est largement rapporté que l’agent de l’EI qui aurait orchestré les attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud, avait été relié à une série d’attentats terroristes avortés en Europe au cours des deux dernières années et avait été inscrit sur une liste de personnes à tuer. Pourtant, dans une vidéo de l’EI, Abaaoud se vante d’être capable de faire des allers-retours entre la Syrie et l’Europe sans interférence.

Dans des conditions d’espionnage généralisé de l’ensemble de la population de chaque pays impérialiste et de la plupart de la population du reste du monde, et avec les admissions qu’au moins certains des auteurs étaient sous surveillance, la frénésie des médias sur la nécessité de pouvoirs d’espionnage encore plus intrusifs est absurde. Mais cela ne les empêche pas de poursuivre à plein régime.

Les attentats de Paris et leurs conséquences suivent ce qui est désormais devenu un modèle standardisé. Des guerres dirigées par les États-Unis conduisent à des attentats terroristes dans les pays impérialistes perpétrés par les forces mises en mouvement par les impérialistes eux-mêmes. Il se trouve que les auteurs étaient connus de l’État et dans de nombreux cas étaient surveillés. Pourtant, d’une manière ou d’une autre, les agences de renseignement et de la police ne se doutaient pas de ce qu’il se préparait.

Les médias se mobilisent pour exploiter le choc populaire et pour fomenter un climat d’insécurité et de peur pour justifier la poursuite de l’agression militaire à l’étranger et de l’abrogation des droits démocratiques à l’intérieur.

Ce schéma historique n’est jamais soulevé, pour mieux entraver toute évaluation critique ou compréhension politique de tels événements au sein de la population. Néanmoins, il y a un gouffre immense entre l’image médiatique de soutien populaire pour la guerre et les mesures antidémocratiques d’une part et les sentiments réels des larges masses de gens d’autre part. Ils sont conscients que des événements tels que les assassinats de Paris sont complètement liés aux guerres en Asie centrale et au Moyen-Orient qu’ils ne soutiennent pas.

Les médias de l’establishment tout entier sont complices des crimes de guerre d’outremer et des atteintes criminelles aux droits démocratiques à l’intérieur. Les pseudo-journalistes et présentateurs des actualités télévisées aux salaires extravagants qui transmettent la propagande de l’État sous couvert d'« information » devrait être tenus responsables par la classe ouvrière internationale, avec les grands patrons qui les emploient.

(Article parus en anglais le 18 novembre 2015)


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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Mer 27 Jan - 6:04


de quoi je m'en mêle ?

suscitée par un article de Daniel Schneidermann repris par dndf et d'autres blogs d'extrême-gauche (Serpent libertaire, Tendance claire npa...), une courte réflexion dans cette rubrique peu alimentée : à quoi bon dénoncer les médias, dire qu'« ils nous mentent », ou nous cachent quelque chose, et à quoi bon informer, quelle serait la différence entre journalismidéologie et information militante ? La question vaut bien entendu pour ce forum aussi, mais il ne m'appartient pas d'y répondre

« Seuls les désastres rendent les pauvres visibles » Daniel Schneiderman Libération 24 janvier 2016[/i]

extrait
Daniel Schneidermann a écrit:
C’est un trou noir de l’information, qui vient d’être projeté brutalement en pleine lumière. Un vrai trou noir.

A la vérité, elle ne l’a pas totalement ignorée. En mars 2015, le New York Times se rend à Flint. L’article est très complet. Puis, le silence retombe, à l’exception d’une poignée d’articles dans la presse locale.

Soyons rassurés : depuis deux semaines, les médias américains se rattrapent.

Même Fox News s’est emparée de l’affaire. Un chroniqueur a estimé que «les gens de Flint auraient dû descendre dans la rue. Si vous servez à boire à votre enfant, et que l’eau pue le soufre, vous allez lui donner cette eau ? Non, vous allez vous révolter. On a eu toutes sortes de manifs, aux Etats-Unis». C’est vrai. Braves gens de Flint, que n’avez-vous pensé à vous faire trouer la peau par la police ? Ils seraient alors accourus, les journalistes !

Aussi ignoble que soit cette entreprise de culpabilisation des pauvres, l’explication comporte sa part de vérité. Comment la presse est-elle généralement alertée ? Soit par des associations constituées, structurées, disposant de relais dans les journaux. Soit, des plaintes ayant été déposées, par des avocats eux aussi bien introduits. Soit – voie plus démocratique – par les réseaux sociaux. Pour des raisons qu’il faudra préciser, les victimes de Flint n’ont pas intenté de procès, n’ont pas su alerter les associations de consommateurs ou d’écolos, n’ont pas pensé à créer une association «Flint Lives Matter», sur le modèle de «Black Lives Matter». Il aura fallu que le désastre survienne. »

et si l'on posait la question à l'inverse : à quoi ça sert, qui cela sert, de donner ou d'avoir telle information ? Qu'est-ce que ça change ? Qu'est-ce que ça aurait changé d'en savoir autant sur Flint que sur l'Affaire Barbot ou tout ce qui barbotte de  « scandales » en Une des journaux papiers et blogs internet ?

informations :
larmes, armes ou spectacle ?


les luttes, les « pauvres » etc.
objets, ou sujets ?


1967

au-delà d'informer, ou d'avoir des infos sur les luttes, on en fait quoi ?


PS : accessoirement, cela rejoint une question* à propos d'ICO, Informations et correspondances ouvrières groupe-revue d'ultragauche des années 60, puis Échanges : ICI 17 janvier 2016

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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Ven 29 Jan - 15:08


De la nécessité de l’enquéte communiste donc de l’écoute, l’exemple tunisien
:

Mohamed Slim Ben Youssef, Ce que peut le soulèvement 25 Jan 2016

Il devient nécessaire de réfléchir aux conditions de réussite d’un soulèvement que beaucoup de monde œuvre corps et âme à faire échouer….

Re - révolte de janvier 2016, contre la corruption et le favoritisme en Tunisie , alors que Kasserine est tout près d’une (petite ?) base de Daesh :

Ridha Yahyaoui : Un stylo m’a tuer 22 Jan 2016

Citation :
Samedi 16 janvier, devant le siège du gouvernorat, alors que ses camarades fêtent leur embauche, Ridha Yahyaoui est sous le choc. Son nom a été barré de la liste sans explication. Il escalade un poteau électrique et menace de se suicider. Il est électrocuté sur le champ. Le soir même, Ridha décède à l’hôpital de Kasserine…

Mohamed Slim Ben Youssef, Gloire à janvier, l’éternel irrévérencieux ! 21 janvier 2016

Citation :
Aujourd’hui, c’est la révolution qui pointe le bout du nez à Kasserine, et qui se propage en menaçant d’embraser toute la pourriture qui se dégage d’un ordre inique. Ecoutons donc ce grondement sourd, ce borborygme lointain, ces échos provenant d’une révolution qui, confisquée et récupérée par une bande de copains incapables et éhontés, menace de prendre sa vengeance et de la manger de leur chair.

Car, comme le disait ce bon vieux Marx, il faut savoir écouter l’herbe qui pousse. Et tâchons surtout de ne pas oublier ce grand Janvier, toujours résolu à ne pas courber l’échine devant les Ben Ali, les Trabelsi, les Sebsi et les Ghannouchi tous azimuts, sempiternellement insoumis, éternellement irrévérencieux ! Alors c’est peut-être ce glorieux mois hivernal qui mérite des lettres de noblesse, et pourquoi pas un prix Nobel de la paix tant qu’on y est.

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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Mer 3 Fév - 11:12


un sondage intéressant par les contradictions qu'il traduit, avec la question récurrente : l'idéologie fait certes sa propagande, mais produite de façon structurelle dans les rapports sociaux et par des intérêts antagoniques, les médias n'en sont qu'une caisse de résonnance, et si les Français sont satisfaits, c'est l'indication que le mal est profond, comme d'autres sondages le montrent sur la guerre, la cote de Macron, la laïcité, "nos valeurs", etc.


Trois quarts des Français se disent satisfaits du traitement médiatique des attentats Francetv info avec AFP 03/02/2016

"La Croix" révèle mercredi son baromêtre annuel sur la confiance dans les médias


Un kiosque à journaux, le 25 février 2015, à Lyon JEFF PACHOUD / AFP

Citation :
Trois quarts des Français considèrent que le traitement médiatique des attentats de janvier et novembre 2015 a permis de "bien comprendre ce qui s'était passé", selon le baromètre annuel de La Croix dévoilé mardi 2 février. Pour près de la moitié des personnes interrogées dans cette enquête TNS-Sofres mesurant la confiance dans les médias, le traitement des attentats n'a cependant pas "évité d'aggraver les tensions entre les différentes catégories de population".

Les Français ont également scruté les efforts faits par certains médias pour ne pas commettre les mêmes erreurs qu'en janvier, sanctionnées par le CSA. 65% d'entre eux considèrent que les médias ont "fait attention à ne pas compliquer le travail de la police" lors des attaques à Paris et Saint-Denis, en novembre, contre 49% pour les attentats de janvier.


Pourtant la crédibilité des médias chute

Selon le sondage de La Croix, les Français s'informent toujours en majorité par la télévision (54%), devant les sites internet (20%), la radio (18%) et la presse papier (7%). Comme lors des années précédentes, la radio reste le média le plus crédible pour 55% des Français (en baisse de 8% par rapport à 2015), devant la presse papier (51%, en baisse de 7%) et la télévision (50%, - 7% également).

En revanche, les Français se méfient toujours d'internet. Seulement 31% (- 8% par rapport à 2015) des personnes interrogées pensent que les choses "se sont passées vraiment comme internet les montre". Par ailleurs, 71% affirment ne pas avoir confiance dans les informations qui circulent sur les réseaux sociaux.

Début 2015, l'émotion suscitée par les attentats de Charlie Hebdo avait fait temporairement remonter la confiance des Français dans les médias, mais cette confiance a fortement rechuté depuis :


Trop d'affaire Valbuena, pas assez de réforme du collège

L'étude du quotidien montre aussi que les Français ont toujours plus de doutes sur l'indépendance des journalistes : six sur dix jugent que les journalistes ne résistent pas aux pressions des partis politiques et du pouvoir (64%, +6 points) ni aux pressions de l'argent (58%, +5 points).

Le sondage distribue aussi des cartons rouges. 69% des sondés considèrent que les médias ont "trop parlé" de la sextape de Mathieu Valbuena. Près d'un Français sur deux estiment également que le scandale de la FIFA (56%) et le score du FN aux élections régionales (53%) ont été surtraités dans l'actualité. A l'inverse, 44% des Français considèrent que les médias n'ont pas assez parlé de la réforme du collège, des attentats au Kenya en avril à l'université de Garissa et des attaques de Beyrouth, deux jours avant les attentats de Paris.

* Ce sondage a été réalisé auprès de 1061 personnes représentatives de la population âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas), interrogées en face-à-face.

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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Jeu 28 Avr - 16:11


d'un ami de la plume

Le droit à la Presse

L'Épistoléro 28 avr. 2016

Le Droit à la paresse perd son A : le Droit à la presse

Le citoyen veut user de son droit à la Presse. Il fait des efforts pour s’informer, s’ouvrir l’esprit au risque de tacher ses doigts d’encre.

Citation :
Mais, en ce 28 avril, jour de grève à l’appel du Syndicat du livre contre la loi El Khomri, le mouvement social fait son Laforgue.

Assez d’ « un travail sans trêve », assez de ceux qui ont « sacro-sanctifié le travail ». « Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle, de toute déformation organique. »

Le mouvement social se forge dans l’atelier de lecture de Laforgue et de son droit à la paresse.

Ce jeudi, le syndicat du Livre appelle à la grève.

Même la presse citron nationale ne paraît pas. Celle où on dit que la grève est un droit dont il ne faut pas abuser. Notre Presse qui être odieuse…

T’as vu ton droit quand t’abuses ?

Presse aussitôt parue, aussitôt vendue. Tous les kiosques ne protègent pas de la fracture du crâne, la pire ennemie de l'ouverture d'esprit. La prudence est de mise quand on achète le journal.

Le travailleur manifeste donc pour un quotidien qui ne parait pas dans tous les journaux nationaux : un quotidien de 24 h, fait d’un sang d’encre, son quotidien. Celui du management brutal, du licenciement abusif, de l’inégalité homme-femme, du chômage consommateur de précarité, du burn-out, des délocalisations, des actionnaires enrichis au détriment des salariés…

Le projet de loi El Khomri est conspué et son Monde ne parait pas. Désolé, 2 euros de moins dans les caisses du patronat.
C’est une petite victoire pour l’homme pressé, pressuré, sous pression : les moins féroces contre cette loi sont réduits au silence, ne sont pas mis sous presse.

Dans son kiosque à journaux, le citoyen a beau faire preuve de souplesse, vouloir son plein quotidien, son bread à read, il doit faire ceinture. Pour garder sa ligne éditoriale, il peut lire les journaux sur le net. Un jour de grève, la presse nationale est gratuite. Ça change des 2 euros environ qu’elle coûte chaque matin (sauf, de justesse, L'Huma et La Croix, merci !).

Sinon, on peut toujours acheter la PQR ou des magazines. Ouf, le citoyen a encore son droit à la presse un jour de grève nationale.



en relation, Bruno Astarian, Hic Salta Etrange popularité du « Droit à la Paresse » de Paul Lafargue

.
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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Jeu 15 Sep - 14:46


critique de l'économie politique des médias : de la plus-value ?


Value, Rent, and the Political Economy of Social Media

Jacob Rigi & Robert Prey,
The Information Society An International Journal, Routledge PDF septembre 2015

Jakob Rigi
Department of Sociology and Social Anthropology, Central European University, Budapest, Hungary
Robert Prey
Department of Journalism and Media Studies, University of Groningen, Groningen, The Netherlands

Citation :
Fuchs (2010, 2012) argues that users of social media produce value and surplus value in the Marxian sense. Arvidsson and
Colleoni (2012) critique this hypothesis, claiming that Marx’s theory of value is irrelevant to the regime of value production on
social  media  platforms  in  particular  and  in  informational capitalism in general. They claim that the affective relations and
financial speculations that generate value on social media are not dependent on labor time. This article critically engages Fuchs,
and Arvidsson and Colleoni, by revisiting Marx’s theory of value. Contra Fuchs, we argue that audiences do not produce value and
surplus value—neither for social nor for mass media. Contra Arvidsson  and  Colleoni,  we  argue  that  so-called  affective
relations (philia) do not produce value either. Instead we demonstrate that social media generate revenue from four primary sources—by leasing advertisement space to generate advertisement rent, by selling information, by selling services to
advertisers, and by generating profits from fictitious capital and speculative windfalls. All four, we argue, can be adequately
explained by Marx’s theory of value.

In this article we critique the argument that users of social media can be understood in the Marxist sense to be laboring to produce value for social media. Instead we argue that the expansion of social media needs to be understood in line with the expansion of rentier capitalism in general. We thus attempt to demonstrate the utility of analyzing the political economy of social media through Marx’s conceptions of rent and “fictitious capital.”

Our point of entry is a recent, and very lively, debate between Fuchs (2010; 2012) and Arvidsson and Colleoni (2012, hereafter Arvidsson and Colleoni). The first section of this article summarizes this exchange within the context of the “audience commodity” debate, which was initiated by Dallas Smythe in 1977. In the section that follows we summarize Marx’s theory of the general form of surplus value at the point of production and its particular manifestations in the realm of distribution. This summary is necessary because the source of both Fuchs’s and Arvidsson and Colleoni’s mistakes, we believe, is their confusion of the general form with its particular manifestations. In the third section we critique Fuchs’s claim that “prosumers” produce value and surplus value
in two steps. First, we deal with media revenues from advertisements. We show that the claim that audiences or “prosumers” produce value and surplus value is mistaken for both mass media and social media. We argue that the price of an ad is a rent paid for advertising space/time, the magnitude of which primarily depends on the sociocultural profile of the audience. Second, in regard to social media, we show that the exchange value of the data that is provided by prosumers tends toward zero.

Therefore, we argue that any price applied to such data is best understood as a rent extracted through various mechanisms of monopoly.

Finally, we critique Arvidsson and Colleoni in two subsections. First, dealing with Arvidsson’s (2006; 2009) concept of brand value, we argue that the claim that affective relations produce the value of brands and advertisements is mistaken. We show that the so-called added value of the brand is a combination of extra profit, monopoly rent and speculative windfalls. Using Marx’s distinction between value and price we argue that affective relations, though critical for branding and advertising, do not produce new value but instead transfer value from some commodities to others. Second, we reject Arvidsson and Colleoni’s claim that Marx’s theory
of value is irrelevant since the so-called market value of social media companies depends on financial operations.

Discussing stock exchange, fictitious capital, and speculation, we instead demonstrate that although the largest portion of incomes generated in the stock exchange does not originate from surplus value, the production and realization of surplus value are the raison d’être of financial operations.

[...]


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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Jeu 12 Oct - 23:47


ce n'est pas un sujet que j'ai beaucoup alimenté. Je ne crois pas à l'efficacité de "dénoncer les médias dominants" dans l'idée qu'ils seraient la source de l'idéologie dominante

je place ici cela, je vois pas où ailleurs :


à propos de Tweeter, ou autres réseaux sociaux

Tweeter, Facebook... sont des lieux extraordinaires pour l'observation, surtout quand on se garde d'intervenir. On peut y apprendre de tous milieux sociaux, sauf peut-être de la grande bourgeoisie, comment ils s'expriment et ce qu'ils pensent. Également que la plupart ne pensent pas par eux-mêmes, mais sont pensés

en effet, nulle part ailleurs, puisqu'on ne peut observer de l'intérieur tous les milieux sociaux, on peut se rendre compte combien les individus, croyant s'exprimer individuellement, ne font que répéter ce qu'ils ont entendu, souvent dans les même termes, selon le langage commun à leur milieu social. C'est d'ailleurs la magie de l'idéologie individualiste (la liberté d'expression) dans le capitalisme. Cela frappe autant de la part d'évidents ignares que de personnes cultivées, voire intelligentes, du moins selon une certaine acception commune de l'intelligence (celle de l'énarque moyen, par exemple)

la figure du militant y est exacerbée jusqu'à la caricature de ce qu'il est en soi, et là, je dois dire un plaisir immense à observer le militantisme communisateur, quand on sait la critique de l'objectivisme et du subjectivisme par la théorie dont ils se réclament. Je crois qu'en matière de prétendre une chose et faire le contraire, ils sont des champions

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MessageSujet: Re: MÉDIAS : informations, déformations, 'révélations', 'complots' : journalismidéologie   Sam 14 Oct - 15:26


la connerie, quelle bêtise !

« La connerie est l’une des plus grandes marchandises de l’âge contemporain »

Fabien Deglise Le Devoir (Québec) 14 octobre 2017

pour ma part je préfère épingler la bêtise que la connerie, à mon sens plus subjective : chacun ses cons, on est toujours le con d'un autre. Toutefois, quand l'auteur affirme que « La connerie mobilise bien plus que l’intelligence », c'est comme dire que la seconde n'est pas l'antidote à la première. Il fait encore des remarques que je partage, à propos de Tweeter, du populisme, etc.


Citation :
Chaque époque a ses menteurs, ses vantards, ses imposteurs et ses imbéciles. Qu’il s’agisse de l’imbécillité des masses ou de celle de l’élite, les figures que prend cette spécificité humaine sont infinies. Écrivains et philosophes se sont penchés sur ce redoutable moteur de l’action, quand ils ne se sont pas eux-mêmes laissés prendre à son piège.

Dans une série de variations sur cette défaite de la pensée, Maurizio Ferraris s’interroge sur la puissance de l’imbécillité – qui n’est pas toujours, quoi qu’on en dise, le propre des autres – et la capacité de renouvellement des crétins.

Pour Maurizio Ferraris, l’imbécillité prolifère en trouvant son moteur dans chacun de nous.
Pas besoin de suivre un président sur Twitter, de syntoniser la radio dans la région de Québec, de porter le regard vers la Corée du Nord ou d’écouter un analyste politique au rire gras sur les ondes de TVA parler de tirer les séparatistes au fusil pour s’en convaincre : l’imbécile, le crétin, le con, l’idiot, le pignouf, le couillon… donnent chaque jour l’impression de renforcer un peu plus leur hégémonie désolante sur le monde et sur le présent. Et il faut être très con — et de facto très conne — pour s’en désoler, estime le penseur italien Maurizio Ferraris, puisque la bêtise ambiante est tout sauf extérieure à ceux et à celles qui la subissent. Elle trouve plutôt son carburant en chacun de nous, rappelle ce professeur de philosophie à l’Université de Turin dans un essai pas très con et plutôt brillant intitulé "L’imbécillité est une chose sérieuse" (PUF). En entrevue, l’homme, joint aux États-Unis où il était de passage il y a quelques jours, appelle d’ailleurs à prendre conscience de cette part de connerie individuelle apportée à l’édifice de l’imbécillité collective pour tenter de rendre le monde pas plus intelligent, mais certainement un peu moins con.


Citation :
Fabien Deglise : Loin de nous faire régresser, vous écrivez que l’imbécillité peut aussi être un moteur de progrès et d’avancement. Est-ce à dire qu’il faut cesser de craindre les cons et d’accepter leur présence parmi nous ?

Non seulement parmi nous, mais dans nous. Ego cogito, ego con. La différence n’est pas entre une normalité indemne de connerie et une minorité de cons, mais bien plutôt entre le rapport qui s’établit en nous entre le con et le non-con. Qui prévaut ? Parfois le con, parfois son inverse, et on ne le sait pas au préalable, c’est la grande énigme, le véritable inconscient. Tout être humain est structurellement exposé à la connerie. L’homme à l’état de nature est un imbécile. La technique et la culture sont la tentative pour lui de s’éloigner de cette native connerie. « Imbécile » dérive de in-baculum, sans bâton, sans technique.

Le Web n’accentue pas la bêtise, il la rend plus visible, écrivez-vous. Or, est-ce que l’imbécillité exacerbée dans ces univers par des élites (je vous pose la question vous sachant actuellement dans l’Amérique de Donald Trump) tend à favoriser la prolifération et l’expression de la connerie ?

Le Web crée la condition que j’appelle « documédialité », c’est-à-dire l’union entre la force institutive des documents (toute la masse de dits et d’écrits qu’on « poste » sur l’immense archive qu’est le Web) et le dynamisme des médias (le fait que Trump utilise le même médium que le reste du monde, Twitter, est éloquent : chacun de nous est un broadcaster en puissance ou en acte). Cela a transformé le monde social avec une rapidité et une force dont le seul équivalent est la révolution capitaliste du début du XIXe siècle. Mais nous n’avons pas encore conceptualisé cette transformation, et nous avons coutume de l’interpréter comme une évolution du capitalisme, ou comme l’implosion de l’humanité dans une connerie dont elle aurait été indemne auparavant, alors qu’il s’agit d’une transformation radicale introduisant une discontinuité dont les traits caractéristiques doivent être analysés.

Avec la montée du populisme, l’imbécillité des masses inquiète les élites qui, pourtant, ont depuis toujours eu le privilège de l’imbécillité documentée. Le choc naît-il du fait que ces élites voient, ou refusent de voir, dans la connerie de l’autre leur propre ineptie ?

« Imbécile lecteur — mon semblable — mon frère », voici peut-être l’incipit des Fleurs du mal à l’âge de Twitter. En particulier, il devient problématique, je crois, d’opposer à présent les élites et les masses. Le trait caractéristique de l’âge documédial, en ce sens, c’est que Trump n’est pas différent de ses électeurs. Il est plus riche, sans doute, mais il en partage les vues, c’est bien pour cela qu’il a été élu. La documédialité crée un espace horizontal et non hiérarchique ou « un vaut un », c’est-à-dire, aussi, « un con vaut un génie ». C’est dans ce contexte que se développe la « post-vérité », qui n’est pas une invention ni une prérogative de Trump, mais le résultat de l’atomisation sociale caractéristique des chambres d’écho de l’âge documédial. On voit se créer des champs de sens (qui disent que les vaccinations sont dangereuses, que la lune est faite de fromage, bref, des conneries) qui proposent une nouvelle version de la monadologie, et cela, parce que chacun se représente l’univers tout entier à travers les perspectives de ses propres perspectives, avec le présupposé assez con qu’elles soient objectives.

Y a-t-il aujourd’hui chez les élites une volonté de cultiver l’imbécillité pour entrer en communication avec la masse ? La connerie est-elle devenue un nouveau ciment de la socialisation ? La connerie est-elle un nouveau vecteur de la communication politique ?

Je dirais plutôt que la connerie, c’est l’une des plus grandes marchandises de l’âge contemporain. Au lieu de voir le moment actuel comme la phase suprême du capitalisme, on propose d’isoler trois périodes qui se sont succédé dans le temps : le Capital au XIXe siècle ; la Médialité dans la société de la communication du XXe siècle ; et la Documédialité dans la société du Web. Pour Marx, la marchandise est la solidification d’une relation sociale. Ce à quoi nous avons assisté lors du passage à la Médialité et à la Documédialité, c’est à la révélation de ce principe qui, chez Marx, apparaît encore comme un mystère : la marchandise devient spectacle dans la phase médiale, puis document dans la phase documédiale, c’est-à-dire qu’elle révèle en pleine évidence sa propre nature d’objet social, et bien sûr de manifestation d’imbécillité, avec les réseaux sociaux. Aucune surprise du fait qu’il y ait tellement de conneries dans le Web : les documents (intelligents ou imbéciles) étant la marchandise d’aujourd’hui, le surplus con et bête doit être mis en compte.

La connerie est-elle aussi portée par des sociétés qui se complaisent dans le divertissement ? On se détend plus dans l’imbécillité que dans le sérieux ?

Il n’est pas question de détente, mais de mobilisation. La connerie mobilise bien plus que l’intelligence, et la mobilisation dans laquelle nous sommes tous pris, c’est un signe assez clair de connerie. Le travail de l’âge capitaliste s’est transformé pour devenir la consommation de l’âge médial. L’objectif du travailleur de l’âge capitaliste était la subsistance ; l’âge médial promettait au contraire le divertissement. La caractéristique fondamentale de l’âge documédial, comme cela est particulièrement évident dans la politique de l’image accomplie par les selfies, est la reconnaissance : les selfies ne sont pas, comme on le soutient souvent en bons moralistes, un phénomène narcissique, mais ils constituent plutôt l’instrument essentiel d’une lutte pour la reconnaissance. En ce sens, la caractéristique fondamentale de l’âge documédial n’est pas l’aliénation, la cession de son propre travail ; bien au contraire, c’est justement l’auto-affirmation qui se manifeste tant dans l’aspect militaire des dynamiques du Web que dans l’usage de la vérité comme facteur identitaire propre à l’époque de la post-vérité.

Faut-il être imbécile pour écrire un essai complet sur ce sujet ?

Eh bien, oui : on se sent imbécile, in-baculum, on prend son bâton (en l’occurrence, ici, une plume) et l’on commence une fuite sans fin vers l’imbécillité, exercice qui n’est pas exempt de risques puisque, on le sait très bien, on tue plus avec la plume que l’épée, en particulier en révélant l’imbécillité de l’auteur.

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