PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ

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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Sam 2 Juil - 11:08


raturé outre,

Yves Bonnefoy est mort


je n'en fus pas un grand lecteur, mais je partageais ce qu'il disait de la poésie, dont l'article d'Amaury da Cunha dans Le Monde cite :

« La tâche du poète est de montrer un arbre, avant que notre intellect nous dise que c’est arbre »

« la préservation de ce sentiment de présence de tout à tout »

« Le poème n’est pas une activité didactique,
il n’a pas à expliquer l’expérience du monde qu’il cherche à approfondir »

« le sentiment qu’il y a une approche poétique du réel dont l’œuvre est le moyen non la fin »

« Le XXIe siècle, c’est bien possiblement celui qui verra la poésie périr,
étouffée sous les ruines dont il couvre le monde naturel autant que la société. »

qu'on soit ou non poète, le poétique est à chacun propre dans son rapport singulier aux choses, et ce qui m'intéresse le plus chez les poètes, c'est la fabrique. Concernant la musique et la poésie, le rythme, le sens et le son, je suis plus proche en théorie de Meschonnic, en pratique de Bonnefoy, et c'est peu dire qu'ils s'opposaient. À lire dans Comment traduire la poésie ? Robert Ellrodt, 2006

Robert Ellrodt a écrit:
Yves Bonnefoy a raison de dire que le rythme en sa continuité assure la « présence », dont la voix est le lieu ; il donne accès à l’Un, dont « la poésie est la mémoire ». Ce poète veut donc que les traductions fassent « vibrer les textes dans leur profondeur comme les cordes d’un instrument ». Pour mon oreille, ce qui distingue la poésie de la prose, comme du « poème en prose », c’est un jeu de la voix sur une succession réglée de temps forts et de temps faibles qui admet certains dérèglements expressifs.

Constatant « l’effondrement des aspects musicaux », Bonnefoy a refusé la « nostalgie » qui ne conduirait « qu’à un nouvel âge du mirliton ». Cependant il ajoute : « C’est parce que je ne pouvais écrire que “musicalement” que j’ai quitté le surréalisme », dont l’écriture est une « vague qui laisse en désordre ses épaves sur le rivage ». Tout en renonçant à « de trop faciles arpèges », il a senti que « la musique devait recommencer, dans les mots ». Jérome Thélot a minutieusement étudié cette musique depuis Douve jusqu’à Dans le leurre du seuil, et montré ses affinités avec la métrique traditionnelle, soulignant que le poète joue sans cesse sur l’/e/ muet, qui peut « provoquer la simultanéité paradoxale, entre rythmes réguliers et rythmes irréguliers ». Roubaud avait observé que chez Bonnefoy, comme chez Char et chez Jacottet, « l’équilibre atteint est celui de la tension rythmique entre l’alexandrin du modèle ancien et d’autres mesures impaires ». On peut aisément le constater dans sa façon de rendre le vers blanc shakespearien, mais aussi, en particulier, dans ses traductions des poèmes de Yeats, où, en l’absence de la rime, il a utilisé toutes les ressources d’une prosodie à la fois moderne et classique pour recomposer la musique de vers où le pair et l’impair se marient sans cesse
.


EAU ET PAIN

Ce peu de toile, et déchiré ? Le ciel
Sur une lande où errent des bergers
Avec rien, à la nuit, que leurs appels
Pour troubler de leurs bêtes le grand rêve.

Et je pressens que le peintre a voulu
Que l’ange qui répare l’injustice
Cherche des yeux, même dans un tableau,
Agar, et cet enfant qui fuit avec elle.

Et les voici, et l’ange est auprès d’eux,
Mais c’est ici que l’image s’efface.
L’invisible reprend à la couleur

Le pain miraculeux, le broc d’eau fraîche.
Ne reste, sur l’enfant, qu’une lueur
Qui fait rêver qu’en lui le jour se lève.

Raturer outre, 2010


Yves Bonnefoy et le sonnet


“Il faut à la parole même une matière.”

“Le lecteur de la poésie n'analyse pas, il fait le serment de l'auteur, son proche, de demeurer dans l'intense.”

“Le rythme ressemble au temps, à la fois un et changeant

“Et parfois ce n’étaient même pas des mots,
Rien que le son dont des mots veulent naître,
Le son d’autant d’ombre que de lumière,
Ni déjà la musique ni plus le bruit.”




photo D.R.

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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Sam 2 Juil - 15:37


L'ARRIMER LÀ

to be or not to be

Glisse, entre ici et là,
ton œil et ton oreille,
et que l'onde t'accueille
où ton regard parle à

Ton âme en guérilla
désarmée sur le seuil,
affranchie du fauteuil
pour aller au-delà

Du temps, de l'imprésence
à soi à l'autre au mi
lieu du range ennemi,

De l'étrangeté même
d'être et de n'être pas
ici ou là trépas

FoSoBo 2 juillet 2016 15:37

sonnet 246



concernant le sonnet, on peut tout se permettre, on s'est tout permis, moi aussi, et j'en suis revenu, de toutes formes lues et tentées. À partir du moment où l'on fait sauter la contrainte de la rime, peu importe son ordre son désordre, on est dans la facilité de transgresser la règle sans inventer sa liberté, le vers sans bout perd son sens où il n'est pas plus libre, n'en déplaise

lu dans « Raturer outre » d’Yves Bonnefoy : un recueil de sonnets ? 1 janvier 2011 Annie Mavrakis


Aragon a écrit:
Les rimes dans les quatrains sont comme les murs du poème, l’écho qui parle à l’écho deux fois se réfléchit et on n’en croirait pas sortir, la même sonorité embrasse par deux fois les quatrains, de telle sorte que le quatrième et le cinquième vers sont liés d’une même rime, qui rend indivisibles ces deux équilibres. La précision de la pensée ici doit justifier les rimes choisies, leur donner leur caractère de nécessité.

De cette pensée musicalement prisonnière on s’évadera, dans les tercets, en renonçant à ce jeu pour des rimes nouvelles : et c’est ici la beauté sévère des deux vers rimant qui se suivent immédiatement, pour laisser le troisième sur sa rime impaire demeurée en l’air, sans réponse jusqu’à la fin du sonnet, comme une musique errante.

Car le tercet, au contraire du quatrain fermé, verrouillé dans ses rimes, semble rester ouvert, amorçant le rêve. Et lui répond, semblable, le second tercet. C’est ainsi, au corset étroit des quatrains dont la rime est au départ donnée, que s’oppose cette évasion de l’esprit, cette liberté raisonnable du rêve, des tercets.


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Sam 2 Juil - 16:32


mise à jour de la rubrique mes sonnets depuis 2014 de mon blog http://patlotch.com/text/index.html
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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Lun 4 Juil - 21:23


HOMMAGES, FROMAGES, DOMMAGES

sans intérêt : pluriels

mordem physio démord
de rien
déridé ras
d'avant des morts

trépassantes qui passent
sur leurs vies à cons plis
devisant
de Wiesel à Rocard

leurs merdes en raccords
des temples aux marchands
invalidant les politiques

de discours en boutiques
qui n'ont de nuits de bouts
que nuire et brouillards


FoSoBo 4 juillet 21:22

sonnet 247


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Lun 4 Juil - 22:31


CONTRE LE TEMPS

faire avec

le temps n'a pas d'odeur
tu cherches jusqu'au flair,
haletant, chien errant
sans collier et courant  

la piste et pissant sur
le tronc de ta mémoire
gravée sur l'azur en
passant entre les rangs

outre l'an, outre loi,
doute aussi, foutre foi,
sans savoir, mais y croire

au bout de tant d'années
de vérités damnées :
dis-moi comment se taire


FoSoBo 4 juillet 22:30

sonnet 248


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mar 5 Juil - 7:47


CLINAMEN IMPLOSION

est-il mort ou vivant
en ses jeunesses improbables
indivibulle poursuivant
d'avant les mêmes fables

entre l'espoir soleil levant
et le navrement ineffable
d'un culte confortable
éboulé quand, soudain, crève en

quête d'un radieux avenir
son rêve de savon
d'un savant de salon

Agar des rues, des souvenirs,
son radotage médusé
dans sa bulle implosé ?


FoSoBo 5 juillet 07:45

sonnet 249




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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mar 5 Juil - 23:11


OBSOLESSENCE

Revenir sur tes pas tout détruire avec soin
que de toi rien ne reste et que l'on voit plus loin
que le but d'une vie que le bout d'un désir
dont l'insatisfaction est l'infini plaisir

Effacer sur la table un geste de témoin
à la tâche, la tache attache du besoin,
de la besogne inépuisable à tout saisir
sans jamais renoncer pour ne jamais choisir

Un chemin parmi tant, une croix, une foi
où se perdre en tous lieux entre absence et présence,
entre ailleurs et ici, avec un autre en soi

Pour faire comme si, si c'était comme ça
et pas autrement dit sans savoir à l'avance
où tu mettrais les vers dans les pieds de la science


FoSoBo 5 juillet 09:07/23:11

sonnet 250


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Ven 8 Juil - 14:15


une clarté exceptionnelle

Yves Bonnefoy – La parole poétique (conférence légendaire, 2001)

« déni de l'autorité du concept, la poésie est besoin de penser et parler autrement »


unité et diversité de la poésie; pensée conceptuelle et poésie; rapport au temps, au vécu et au lieu; intellect et idéologie; poésie et pensée occidentale : catégorie de la forme, principe d'organisation et d'invention, quelque soient les effets dont elle sera la cause; une sensibilité affinée, l'acquisition d'un savoir aux confins extérieurs de la pensée conceptuelle; prose et poésie, sans prosodie ni métrique; une relation signifiante entre une forme et un sens, qui déborde depuis longtemps de celui balisé par les vieilles règles; critique du structuralisme...

« comment la parole, en se faisant poésie, peut échapper aux limitations de la pensée conceptuelle »

« une conversion du regard, un passage à l'intérieur de la chose vue,
qui resaisissent ce qui risquait de se perdre dans l'extériorité ignorante, à la pensée conceptuelle
et ce peut être le cri d'un oiseau dans la nuit... »

« cette puissante dormante dans la parole, et que la forme réveille,
c'est la matière sonore, le son inhérent aux phonèmes »


« le son à l'appui du sens des mots et des phrases, ce son ne reste pas en lui-même,
il se fait d'emblée le moyen de la signification au sein de laquelle il se dilue »


« Il nous arrive d'entendre un son en tant que son et rien d'autre,
de percevoir un son qui alors n'est plus un signe, mais lui aussi un fragment à nu de la substance du monde.

Si nous ne le faisons pas plus souvent, c'est que dans le discours universel de la prose,
nous n'avons guère le temps de nous arrêter au son du mot, à la manifestation pure du son du mot,
cette matière sonore étant constamment emportée par le flux de la signifiance.

C'est alors que la forme intervient en poésie pour dégager dans les mots le son,
et permettre à ce son de révéler ses pouvoirs de façon tout aussi totale
que dans le cas du nœud dans l'écorce ou du cri du corbeau que j'évoquais tout-à-l'heure. »

Car forme et son, forme comme telle, non signifiante, et son au-delà de la signification,
cela ne fait qu'un tout qu'il est soudain possible de percevoir comme tel.

Qu'il y ait rythme du fait du vers, rythme qui nait de la matérialité du son et nullement de son sens,
et cette sonorité sera entendue, qu'il y ait perception en retour, et va être possible le déploiement de la forme.

Forme et son sont donc associés l'un à l'autre dans un échange sans fin
dont il serait même vain d'espérer retrouver le premier moment dans l'esprit.

La forme, en poésie, c'est donc aussi bien et tout de suite, le son,
mais le son comme tout autre chose que ce qu'il est dans le discours de la signification,
où il ne vaut que comme codage du sens des morts.


Affleurement de la profondeur du monde, fragment qui tout aussi bien est le tout,
infini silencieux noué sur soi mais irradiant sa lumière,
le son est maintenant très précisément cette présence pleine
que j'ai reproché au concept de faire oublier
et là est la poésie.

La forme porte le son, ou le fait entendre, et de part cette plénitude manifestée,
le son qui est ainsi dans le vers l'indéfait du monde, décolore dans l'esprit du lecteur du poème,
les points de vue conceptuels, il conteste la prétention des concepts à monopoliser l'approche de l'être.

La poésie, cette forme portant le son, c'est ce qui affaiblit l'emprise du concept sur la parole,
c'est ce qui dénonce le péril dans lequel le concept nous place
.
Mais elle fait plus, elle en délivre, ou du moins nous permet de commencer de le faire.

Dans ces conditions, l'esprit, qui cesse de s'enfermer dans une image du monde,
et le corps, qui devait à cette abstraction d'être forclos de l'esprit,
se retrouvent, ils peuvent n'être plus qu'un seul être au monde, et une recherche commune


33:42, à suivre


« la poésie n'est nullement l'ennemi du philosophique.»

54:35 - 56:41

Placer des limites à la pensée conceptuelle n'est pas dénier la valeur des opérations que celle-ci effectue dans son champ propre.
C'est même les renforcer, en les délivrant de quelques pseudo-objets,
pour suggérer à leur place d'autres façons de penser où s'ouvre cette fois la dimension de la finitude,
les évidences de celle-ci aidant à résoudre de grands problèmes que le strictement conceptuel ne sait guère comment poser.

... une question placée à bon droit au centre de la réflexion philosophique, celle de l'importance de l'autre,
dans le rapport du sujet à soi, et son élaboration d'une éthique
.
Cette question est déjà de celles que la pensée proprement poétique place d'emblée en son propre centre,
puisque la transgression du concept par l'expérience de l'immédiat fait apparaître autrui comme une présence,
là où le concept ne le considère qu'en lui substituant des formules
.

Et voici déjà un terrain commun, où ceux qui y viennent de par le côté de la poésie reconnaissent même, avec sympathie,
l'ardeur à la réflexion dont quelques philosophes font preuve. L'ardeur, mais aussi le malaise, le désarroi...
(critique de Levinas) »

58:35 : « La poésie sait, en revanche, que ni le sujet, ni autrui, ne sont des choses,
et que l'être en nous n'est pas de bénéficier d'une durée d'existence, au sens biologique du terme,
mais naît de la décision de rendre au rapport à soi sa qualité de présence,
une décision qui s'affirme dans ce travail sur les mots que sont les poèmes.
C'est ce travail qui fait être la personne qui s'y engage,
et il permet à autrui, y prenant sa part, d'accéder lui aussi, quelques soient les malheurs de son existence de fait. »

[on est proche ici de l'idée d'Henri Meschonnic du poème comme œuvre-sujet, voir en haut de ce fil]

« D'où suit que ce que l'on doit à l'autre être humain n'est pas de s'enferrer dans des sacrifices mutuels,
qui ne font qu'aggraver l'emprise du concept sur les événements et les êtres,
ce qu'on lui doit, c'est la parole de poésie, avec d'ailleurs l'espérance qu'une raison vraiment avertie de la finitude,
une raison née de l'alliance du philosophique et du poétique,
pourrait apporter des solutions aux problèmes les plus concrets de la société
. »


quelques remarques

tout cela, et il faut écouter l'entièreté de l'exposé, tout cela rejoint bien sûr la manière dont j'essaye de marier l'approche conceptuelle, théorique, et l'approche poétique, les deux fondées autant que possible sur la perception et la sensibilité, mais chacune dans son langage propre, qui parfois chez moi s'interpénètrent réciproquement

il est clair que ce qui est dit là par Yves Bonnefoy, et que je partage sans restrictions que de détails, par sa critique radicale de la prétention de tout dire par des concepts s'exprimant qui plus est dans un structuralisme refoulant l'individu même qui pourtant les produit, mais comme vérité générale descendue d'aucun lieu situé, rejoint ma critique du théoricisme, ce comble de la séparation de la pensée et de la vie vécue, de l'esprit et du corps, alors qu'Yves Bonnefoy décrit la possibilité de leur alliance, par une approche poétique au-delà (ou en deça), du concept

c'est ce qui fait de cette rubrique du forum, RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION, une partie essentielle, une des plus profondes, sans laquelle le reste n'est, si j'ose dire, que littérature conceptuelle. Une partie, ai-je dit, des plus difficiles, surtout pour qui n'est pas attiré par la poésie, la musique, la peinture... les arts en général, et qui ainsi se prive lui-même d'une façon pourtant indispensable de saisir le tout, dans cette articulation entre objectivité poursuivie par la science, la philosophie, la théorie, et subjectivité sans laquelle la première n'est que ruine de l'âme

quant au rapport avec la "révolution", s'il n'est pas exprimé explicitement par Yves Bonnefoy, il est sous-entendu par la conception même qu'il en expose ici, comme union de l'esprit et du corps contre leur séparation, particulièrement en Occident, que ce soit dans ses religions ou dans ses philosophies de la raison. J'ai plus particulièrement développé cet aspect dans le sujet UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...

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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Dim 10 Juil - 20:19


ICI AILLEURS

Ton infidèle vérité
terrasse l'avenir
à l'idée d'en finir
avec la réalité.

Des mots la vanité
déchante le futur,
inachève l'épure,
présente l'impureté

d'un autre ici partout
ouvrant l'ailleurs au rêve
en partage du tout.

En chaque centre un monde
entre nu dans l'onde
où la vague fait grève


FoSoBo 10 juillet 2016 16:45

sonnet 251




AILLEURS ICI

Il était une foi et j'ai brûlé son livre,
bûché follet avec le feu d'une autre
sans dieu contrebandier,

cet anonyme auteur d'impossibles "Que sais-je ?"
sa réponse oubliant la question étudiée
au pied de la paresse où l'infini s'achève,

où le blanc des yeux crève,
en traître comme en jaune d'eux
sur le plat de leur main morte sur le cœur,
les tympans sourds de son Église cafardeux,

où recommence à vivre une sorcière sœur
ayant pris comme amant son bourreau de travail,
le bûcheur sans bûcher par amour incendié
pour crime dans la rime et vol de sans trouvaille


FoSoBo 10 juillet 2016 18:43

sonnet 252




ICI ICI

C'est là, dans ce court périmètre,
sans environ ni alentour,
sans horizon ni galant tour,
qu'emmène le bâteau sans maître

aussi loin que vont le permettre
les vents dans les mots en retour
des harmoniques tout autour
où la musique va renaître

d'elle-même en phénix et descendre
au plus perdu d'un puits sans fond
chercher les trésors qui refont

le monde des maux mis en cendres
sur la table du rêve enfoui
dans l'oubli de la nuit, inoui


FoSoBo 10 juillet 2016 19:33

sonnet 253




AILLEURS AILLEURS

Ailleurs il n'y a pas d'ailleurs,
tous les ailleurs sont des ici
pour qui est là, là-bas, veilleur
d'un monde en lui, le tien aussi.

Aussi comment en soi l'entendre
pour lui allouer sans attendre
une place où parler d'un meilleur
savoir que le tien obscurci ?

Que peut un poème écouter
sans le dire ou sans le réduire
à la volonté du séduire ?

Où parle l'autre en toi si tu
le tues cent fois, sans le situer,
sans loi ni foi en lui, destitué ?


FoSoBo 10 juillet 2016 20:14

sonnet 254


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Dim 10 Juil - 23:52


ODEURS DU TEMPS

Le masque hagard et sans refuge,
la guerre au hasard malheureux
du miséreux. Regard en creux
qu'aggrave un cri sous le déluge.

Rugueuse rigueur, ses yeux rouges
ont des cernes de sang, fiévreux,
la rage aux joues sans fébrifuge
il tangue, il gèle, il est affreux,

il brûle tout son temps sans vivre
plus que l'instant présent sa mort
promise, entre les dents le mors

de l'impudeur, et son odeur
guide plus loin que sa laideur
les pas des sondeurs réunis


FoSoBo 10 juillet 2016 22:39

sonnet 255


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mar 12 Juil - 12:18


« Ce simple que la culture alambiquée doit apprendre à dire et que l'autre doit oser vivre. »

dans un entretien de 2004 avec la poètesse et journaliste libanaise Joumana Haddad, Yves Bonnefoy répond à la question : « Croyez-vous à l'existence aujourd'hui, d'une culture élitiste, et d'une culture de masse populaire. » C'est aux pages 427-430 de L'inachevable, entretiens sur la poésie 1990-2010, Livre de Poche. J'en recopie un extrait et souligne quelques passages


Citation :
Qu'est-ce qui a lieu dans mon travail, avec les moyens qui me sont propres ? Qu'Est-ce que je cherche à en faire ? Comprendre que ce qui vaut, c'est une vie aussi dégagée que possible des faux-semblants et des leurres d'une civilisation qui s'est exilée du fondamental, qui a perdu le contact avec les formes simples et pleines de l'existence.

Ma culture historique n'a pour effet que de me permettre de vérifier à travers les siècles le bien-fondé de cette pensée. Et la maîtrise de la langue  m'est nécessaire pour communiquer celle-ci et désigner quelques évidences qui en découlent, car le simple, c'est là son paradoxe, est difficile à dire, trace qu'il est dans certains grands mots d'ébranlements qui ont eu lieu, il y a parfois très longtemps, dans la poésie des siècles passés.

Mes moyens de penser et d'écrire me tiennent assurément à l'écart des grands courants de la société active, mais je me sens, vous le voyez, habité par ce même désir de « changer la vie » qui anime aujourd'hui autant qu'hier, je n'en doute pas, les jeunes de ces banlieues dont « la vraie vie est absente », comme dirait cette fois encore Rimbaud, qu'à leur façon ils aimeraient comme moi et autant que moi si notre système d'enseignement, si déplorablement oublieux de la poésie, ne travestissait pas, n'occultait pas ce poète.

Ce dont je me sens le plus loin, ce n'est certes pas de ces analphabètes forcés que la société produit comme en d'autres lieux elle tue ou laisse mourir, non, c'est de la pensée de beaucoup des intellectuels d'à présent, ceux qui n'admettent pas qu'il n'y a pas dans la poésie que prétexte à l'analyse écrite ou occasion de jeux sur les mots. Qui ne ressentent pas l'ardeur qui vibre dans les grands poèmes, en cela tous mobilisables pour les plus radicales révoltes.


C'est par le simple dont parle la poésie que les différences s'effaceraient dans l'échange entre les deux formes, les deux niveaux, de culture. Ce simple que la culture alambiquée doit apprendre à dire et que l'autre doit oser vivre.

Par-delà les malheurs et les maux de nos sociétés d'ici à la fois riches et misérables ne voyons-nous pas d'ailleurs, loin là-bas, des milliards d'hommes, de femmes, essayant, en leur pauvreté, de garder vifs quelques gestes du matin, de la journée et du soir qui sont l'intelligence même de ce qui est ? La culture populaire, c'est aussi, dans le temps présent, cette grande indication silencieuse des peuples pauvres. Et cette tierce voix qui devrait être écoutée, dans nos débats d'Occident.


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mar 12 Juil - 12:49


ICI AILLEURS, THÉÂTRE INTÉRIEUR

Poème à plusieurs voix
théâtre en moi du monde
entre ce que je vois
et que l'autre féconde

pour entrer dans la ronde
comme en un chœur l'envoi
l'effet d'un faisceau d'ondes
lumière ouvrant la voie

aux sons d'entre couleurs
et tirer du carquois
les flèches perçant l'heure

pour d'un arc essentiel
toucher à corps les cœurs
comme à l'assaut du ciel

FoSoBo 12 juillet 2016 12:49

sonnet 256



Yves Bonnefoy a écrit:

Je ressens de plus en plus la parenté de la poésie et du théâtre

La poésie et l'existence disons sérieuse ont le même objet... d'où le théâtre

Le théâtre, c'est de saisir les hommes et les femmes dans leurs rapports immédiats,
en des moments où l'urgence des situations,
rendant évidente la finitude, prend de court la pensée, et va libérer le savoir profond.
De ce fait le lieu de l'action théâtre, sa scène, c'est celui même
où la poésie se retrouve dans son travail d'écriture.

Quant au poème qui s'ouvre à un espaces d'échanges, entre des êtres perçus en des situations essentielles,
eh bien, c'est à ce poème qu'en ce moment je ne puis m'empêcher de penser.

entretien avec Fabio Scotto, 2003 L'inachevable, p. 381-384

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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mer 13 Juil - 10:37


Citation :
Pour penser au-delà des frontières épistémiques et territoriales établies par la colonisation des XVe et XVIe siècles, il est nécessaire d'identifier les formes d'acteurs et d'institutions dévalorisées par ces frontières. Il est alors possible de mieux se détacher de ce dispositif conceptuel en optant pour un revirement épistémique qui consiste à privilégier, sur les traces de Fanon notamment, la socio-genèse d'un « être qui existe là où il pense » dans un environnement « pluri-versel ». Un tel écart procède d'un acte d'émancipation qui ose transgresser la référence à l'universalisme abstrait hérité des Modernes pour dominer le monde. C'est un acte de « désobéissance épistémique ».

un texte un peu difficile mais passionnant, qui fait le lien entre pensée décoloniale et poétique, via Franz Fanon et Édouard Glissant. Il est assez rare que ce lien, ou ce passage soit fait, entre les concepts de Glissant (poétique de la relation), les écrits de Fanon, et la pensée décoloniale proprement apparue par la suite. Une confirmation donc de l'intuition que j'en avais, avec Glissant, avant de découvrir ce champ théorique

y revenir donc...

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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Ven 15 Juil - 14:27


84

poésie en deuil

84 morts dans l'attentat de Nice

84 = 7 x 12

c'est la structure de mes travaux poétiques et plastiques depuis 1989...


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Ven 15 Juil - 16:18


AU NIÇOIS QUI...

6 x 14 = 84 syllabes pour 84 morts

Une promenade au
bord de la grande bleue
longue plus d'une lieue
belle comme un cour d'eau

Laide comme un camion
qui apporte la mort
la nuit sans un remord
en blanc sous les lampions.

L'artifice champion
a éteint la lumière
et la joie de la mer.

Sous les fards d'autres dieux
nous portons le fardeau
dont nous sommes les pions

FoSoBo 15 juillet 2016 16:18

sonnet 257




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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Ven 15 Juil - 19:42


HEURES D'ÉTÉ

Aux heures d'été enterre tes rêves,
entre dans le jour par tes cauchemars,
dans la nuit hantée éteindre ta fièvre
sans taire l'amour ni tendre à la mort.

Ainsi va ta vie et ton temps sans trêve,
tu ne voudrais plus entendre la mer
apporter les cadavres sur ta grève,
tu aimerais bien en paix t'endormir.

Quel dieu a-t-il voulu que l'humain crève
en pieux récitant au pied de son lit
niaises litanies pour saints d'ordalies ?

Justice à tuer, l'horreur est humaine,
hors-la-loi tu es, tes songes tu mènes
en priant l'hiver de ton impiété

FoSoBo 15 juillet 2016 19:42

sonnet 258


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Sam 16 Juil - 2:14


NUIT FREDAINE

Alors la nuit n'est plus la promesse de l'aube
et d'un matin ouvert aux gestes paysans
la terre se défriche en langage disant
les choses que les mots habilleront en faunes

dansant sur le faux même au dessus des phonèmes
une sarabande au bal et musette pleine
à craquer les dessous des reines du sabbat
et le très haut des seins et les mains sur le bas

Les ténèbres en transe à la table du diable
ensemble dormiront d'un sommeil insouciable
comme des enfants nés dans les contes de fées

L'aurore surprendra les ombres du désir
le soleil sur les draps versera le café
et le jour nous viendra comme un art de choisir

FoSoBo 16 juillet 2016 02:14 / révisé 22:12

sonnet 259


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Sam 16 Juil - 19:06


LA VALSE DU PEUPLE CHIEN

À la terrasse des habitudes
je bois la tasse des certitudes
je me casse du bois sur le front
en attendant je passe la front

-ière sur place de mon exit
manifeste d'un exil statique
dans ce pays où tout tourne en rond
de Bastille à Bastille environ

place Nation, place République
d'un peuple au palace laïque
et de sa franchitude éperdu

tourniquant sur son culte et perdu
comme un chien sans classe après sa bite
ne sait plus sans laisse où il habite


FoSoBo 16 juillet 2016 19:06

sonnet 260



Loi travail : rassemblement statique et manifestation Bastille-Bastille
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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mar 19 Juil - 0:16


LA MORT, AU POIDS

La mort n'a pas de prix pas de prise
où la vie ne pèse plus rien
on va on vient comme des chiens
pas d'erreur les mots font la méprise

aucun mépris si l'on comprend bien :
la terre orange devient grise
les coups font des bleus sans surprise
la peur sourde en la crise où l'ancien

offre au neuf son présent affecté
d'un don si parfait de la farce
où la tragédie pond son œuf

que personne n'ira protester :
l'air pourri, ça ira, qu'on s'y fasse
sur la langue on mettra un bœuf


FoSoBo 19 juillet 2016 00:16

sonnet 261


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mar 19 Juil - 22:13


cycle poétique de guerre : lasse

"C'est vraisemblablement une erreur"

Syrie: près de 60 civils tués dans des frappes de la coalition internationale
 
BFMTV 19/07/2016



Un Rafale français décolle d'une base située dans le Golfe, le 8 septembre 2015. - Ecpad - AFP

Citation :
Près de 60 civils dont des enfants ont été tués mardi 19 juillet dans un village près d'Alep en Syrie, par des frappes de la coalition antijihadiste menée par Washington selon une ONG syrienne.

Au moins 56 civils dont 11 enfants ont péri et des dizaines d'autres ont été blessés dans des raids de la coalition internationale, mardi 19 juillet près d'un village tenu par le groupe Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, selon une ONG syrienne.

Les avions de la coalition menée par Washington visent les jihadistes dans et autour de ce village situé à 14 km au nord de la ville de Minbej, un fief assiégé de l'EI par les forces kurdes syriennes antijihadistes. Pour le directeur de  l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane:

"C'est vraisemblablement une erreur"

Lundi 18 juillet, au moins 21 civils avaient déjà péri dans des raids aériens de la coalition sur Minbej et al-Toukhar, selon l'OSDH.



COMME SYRIEN ÉTAIT

Le Figaro 10/12.2011

Civils
Dont 7 enfants tués
Par forces
Manifestations contre

12 civils dont enfants
12 ans péri contestation contre
Dont enfants tués
Femme fillette tuées

Contestation civils
Dont adolescent tués
Péri par balles

Personnes tuées
Par forces
Révolte populaire contre

10 décembre 2011, sonnet 163

*

AFGHAN SONNET

Agence France-Presse in 07/12/2011

Civilians women and children were killed
Exploi of home-made bomb
Arose drama balance
12 killed civilians 7 women

Killed seven women of same family
Left Lashkar capital sanguin of exploi
Most violent murderous conflict
Home-made bombs favor insurgents

Face government allies of NATO
Hunted by power individual
Aim in theory of coalition

Are first cause of death
Conflict at civilians
By far victims

*    *
*

9 décembre 2011, sonnet 162


LIVREDEL X4 CRISE EN VERS

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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Jeu 21 Juil - 17:29


impayable, gratuit, et bien écrit...


FREXIT



Un bout de terre
Un manuel de grammaire
Un frère, que vous ne pouvez pas abandonner
Et puis... une couleur dont je serais toujours fière
La couleur de mon pays... ce petit morceau de tissu
Qui s'agite dans mon cœur... avec lequel je me drape
Le drapeau... le flambeau... le seul... le vrai... le beau
C'est celui de mon pays... de ma mère patrie
Terre et mer de mes ancêtres... signes et symboles
De tout mon être... patrie chérie... jamais... je ne t'ai trahie...
Et je ne te trahirai jamais...

À terre je te relèverai... contre vents et marées, je te soutiendrai...
Je saignerai pour t'empêcher de saigner
Je pleurerai pour que tu retiennes tes larmes,
Je me damnerai pour effacer tes péchés...
Je me prostituerai pour préserver ton intégrité...
Je me prosternerai pour que tu ne plies jamais...
Patrie, même avec les pieds dans le merdier
Je continuerai de chanter tes louanges...

Je crierai ton nom... France... je te demande pardon. Deux fois pardon !
Pour mes erreurs, mes errances
Les enfants qui te quittent ne sont pas tes enfants
Les raisons qui t'irritent ne sont pas des raisons
Nous avons failli... mais tu ne peux pas faillir
Nous avons fui... mais tu ne peux pas fuir...
Nous avons trahi... mais tu ne peux pas trahir...
Parce que tu es, et même si nul ne le sait... notre plus belle raison de vivre et de mourir.
Laisse-moi te dire : je t'aime... France... berceau de mes joies et de mes insouciances.
Ne rougis pas même s'ils cherchent à te faire rougir...

Bleu sera toujours ton ciel
Blanche ton histoire toujours à écrire
Et rouge, le sang qui coulera toujours dans tes veines...
Mais la tangue sera toujours celle de mes premiers mots sur terre
Papa, maman, m'ont toujours dit que j'étais ton rayon lumineux
Tes enfants ont beau te renier
Tu ne renieras jamais tes enfants...
Tu leur as déjà pardonné...
Parce qu'ils ne faisaient rien d'autre qu'exprimer : leur souffrance.



du blog Le journal de personne

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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mer 3 Aoû - 11:01


ABÉRANCE

L'air ici plus que doux
dans la lumière autour
d'une mer aux contours
d'un aber confondu

Rivière sous des cieux
d'improbables fortunes
où paressent les dunes
et des vents silencieux

Aux caresses de sables
et d'algues délicieux
à envoûter les diables

et dégoûter les dieux
que paraisse coupable
à leurs yeux l'acte odieux


Lilia 29 juillet 2016 16:18

sonnet 262

« Un aber est une ancienne vallée fluviale envahie par la mer il y a environ 7000 ans. Contrairement aux fjords, les abers ont été creusés non par un glacier mais par un fleuve. »
Pays des abers. Guide d'accueil Finistère, Bretagne, 2016


l'Aber Benoit



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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mer 3 Aoû - 11:02


ATTENTATOIRE

Le mot définitoire
censé définitif
est un suppositoire
hanté par l'objectif

Ce giratoire de l'insensé
déroge à l'habile
où coule en bile
l'essence dispensée

d'un non-sens à l'histoire,
confiance sans pensée
en devenir prémonitoire,

Déviance aléatoire :
au hasard dépassé
rime l'attentatoire


Lilia 29 juillet 2016 20:32

sonnet 263


Dernière édition par Admin le Mer 3 Aoû - 14:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Mer 3 Aoû - 11:12


PRÉSAGES

C'était un temps de plomb et d'oubli,
le soleil n'irait plus à la plage...
L'éternité ? Grève sauvage !
C'était un temps de guerre et repli.

Chaque jour avançait la nuit
au matin d'un nouveau carnage
annoncé d'un voisin rivage.
C'était un temps d'alarme aux ennuis.

On puait peur et peu courage,
aux états d'armes du chômage
on faisait la queue à l'emploi

du temps de misère et de rage,
la mort se piquait d'être sage
aux bords d'une vie hors-la-loi


Lilia 30 juillet 2016 10:42

sonnet 264


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MessageSujet: Re: POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ   Jeu 4 Aoû - 7:53


PRIVILÉGER

Je t'emmènerai partout,
tu n'en reviendras pas, d'ailleurs,
de cet aller sans retour
ni arrêt pour les travailleurs.

Toi l'impérial voyageur,
tu ne descendras plus du tout
à la station employeur,
tu seras départi du labour.

Tu auras pris ta vie au bras
sens dessus sans dessous chics
hâbleurs d'un futur hiérarchique.

Une jeune fille t'embras-
sera d'une humeur lutine
et ton heure viendra : mutine


FoSoBo 4 août 2016 07:54

sonnet 265


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POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ
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