PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Ven 26 Aoû - 14:38


la poésie ne sauvera que ceux qui la feront,
pour paraphraser Marx : entre autres des poètes

(elle les sauvera, entre autres, des poètes)

Présentation-débat : La poésie sauvera le monde
 
Paris-Luttes Info 26 août 2016

affirmé comme ça, c'est assez faux, mais ce qui suit est plus nuancé...

Présentation-débat en présence de l’auteur, Jean-Pierre Siméon, dès 19h45 dans la librairie (23 rue Voltaire Paris 11e, m° Rue des Boulets).

Citation :
Depuis les temps immémoriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales ou écrites, il y eut des poètes au sein de la cité. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine rendue à sa liberté insolvable, à son audace, à son exigence la plus haute. Quand on n’entend plus ce diapason, c’est bien la cacophonie qui règne, intellectuelle, spirituelle, morale : le symptôme justement d’un abandon, d’une lâcheté et, bientôt, d’une défaite.

Pour Jean-Pierre Siméon, il est donc urgent de restituer à notre monde sans boussole la parole des poètes, rebelle à tous les ordres établis, moraux, sociaux et politiques. Pas de malentendu : si la poésie n’est pas la panacée, si elle n’offre pas de solutions immédiates, elle n’en est pas moins indispensable, d’urgente nécessité même, parce que chaque poème est l’occasion, pour tous sans exception, de sortir du carcan des conformismes et consensus en tout genre, d’avoir accès à une langue insoumise qui libère les représentations du réel, bref, de trouver les voies d’une insurrection de la conscience.



un avis et des extraits
Citation :
Assertion percutante que celle développée ici par Jean-Pierre Siméon, mais si cette provocation étonne, au fil des mots de son essai, elle prend tout son sens. Car la poésie est une force. Une force oubliée, le déni de la poésie demeurant un fait et pourtant elle recèle en son sein une dimension sociale transgressive agissante notoire, elle peut constituer un véritable enjeu politique. Comment ?

"La poésie relève d'abord d'un principe premier et fondateur d'incertitude. Elle est donc d'abord un scepticisme, je veux dire une quête de l'ouvert qui récuse l'immobilisation tant dans le pessimisme arrêté que dans l'optimisme béat. Elle naît du pressentiment que toute vue des choses, toute nomination, tout concept, toute définition, pour indispensables qu'ils soient, tendent à clore le réel et à en limiter la compréhension." p. 23 [on retrouve ici la thématique poésie-philosophie discutée par Yves Bonnefoy, fil à côté]

La poésie est à la fois mystère et ouverture, par le pouvoir d'un langage révélé, elle densifie ce qui doit l'être, à l'opposé de notre époque qui simplifie pour mieux abrutir les citoyens : [en tant que citoyen le citoyen est un abruti]

"Telle est la supercherie de nos démocraties : elles tiennent le citoyen informé comme jamais mais dans une langue close qui, annihilant en elle la fonction imaginante, ne lui donne accès qu'à un réel sans profondeur, un aplat du réel, un mensonge. C'est le règne d'une logorrhée qui noie le poisson du sens." p. 29 [le citoyen est d'abord enfermé dans la citoyenneté, puis le citoyennisme, mais bon, le sens ici n'est pas politiquement précis]

L'ère du divertissement aliène les esprits et la poésie serait alors un véritable acte de résistance contre cette oppression généralisée [encore cette tarte à la crème de la "résistance" qui contient sa part de conservatisme...]. Perversive, elle peut en effet l'être puisque qu'elle interroge et qu'en entendant la langue du poème, le lecteur sait "qu'une autre langue est possible qu'un autre énoncé du monde est possible, que d'autres représentations du réel sont disponibles."

"Propager la poésie, c'est contester l'assimilation du populaire au vulgaire. Rendre la poésie populaire, la plus distinguée poésie [?], c'est venger le peuple [sic] de la vulgarité à quoi on le réduit, par le partage de la distinction."
p. 76

Elle permet l'émergence de l'inconnu, et constitue également un lien essentiel entre les hommes "traversant l'évidence du fait pour rejoindre l'universel" :

"Tout poème est un concentré d'humanité, qui révèle à chacun son altérité, c'est-à-dire son affinité avec l'autre et l'arrachant ainsi à sa petite identité personnelle de circonstance, le relie."
p. 26

En éveillant la conscience, cette poésie millénaire permet de lutter contre l'"infractus de la conscience", la plus grave maladie qui guette le citoyen selon l'auteur.

"On rêve d'une minute de silence universel où le monde se tiendrait soudain immobile et muet, les yeux clos, attentif au seul respir du vent dans les arbres, au chuchotement clair d'un ruisseau, au déploiement d'une herbe dans la lumière, à l'unanime pulsation du sang dans les cœurs, une minute pour que le monde reprenne conscience et se réajuste à la seule réalité qui vaille, le pur sentiment d'exister un et multiple, entre deux néants, sur la terre perdue dans les cieux innombrables." p. 60 [c'est de la prose "poétique" de professeur, on croirait lire Jacques Guigou. Un rien trop romantique à mon goût, et mon avis faux sur le plan de la poétique : si, par le poème, la poésie est langage, elle ne risque pas de se situer dans le silence de la contemplation. La poésie est un faire , elle n'existe pas « dans les choses », comme disait Reverdy]


je lis chez Wikipédia que « Jean-Pierre Siméon est agrégé de lettres modernes, a enseigné à l’IUFM de Clermont-Ferrand. [...] Il écrit régulièrement dans l’Humanité comme critique littéraire et dramatique. Il est actuellement directeur artistique du Printemps des Poètes. »... et je fais le lien avec mes remarques plus haut, n'aimant ni les professeurs de littérature (quel rapport avec la poésie, la poétique ?) ni les critiques d'art (« ces assassins de l'art »], ni les marchés de la poésie qu'ils soient printaniers ou hivernaux, ni les coteries de poètes parlant aux poètes - passe encore, je m'en passe -, ou pire, au "peuple"


contre toutes les poétisations
je dis qu'il y a un poème seulement si une forme de vie transforme une forme de
langage
et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de
vie


Henri Meschonnic

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Jeu 6 Oct - 17:18


« Qu’est-ce que l’art ? Prostitution.

Le plaisir d’être dans les foules est une expression mystérieuse de la jouissance de la multiplication du nombre.

Tout est nombre. Le nombre est dans tout. Le nombre est dans l’individu. L’ivresse est un nombre.

[...] »

Baudelaire
Œuvres posthumes


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Ven 7 Oct - 12:16


des artistes anti-artistes, de leur condition sociale
et du rapport entre dépendance marchande et liberté d'expression

on pourra trouver lourde mon insistance "anti-artiste", mais comme en témoigne Baudelaire (l'art est une prostitution) ci-dessus, des poètes, écrivains, musiciens, dépendant de leurs riches mécènes (on ne disait pas encore sponsors ni "commande publique"), était bien conscients en quelque sorte de « jouer la pute ». Autre témoignage, antérieur, de Jean-Jacques Rousseau, dans sa controverse avec son (ex)ami Diderot, « fils d'artisans tous les deux, plébéiens; aussi pauvres l’un que l’autre... »

 

Citation :
Rousseau / Diderot

Des nuages plainaient sur leur amitié.

Jean–Jacques avait quitté Paris. Il avait accepté l'invitation de Louise d'Epinay et vivait à l’Ermitage et cette retraite changeait les relations avec ses amis.

Diderot était engagé corps et âme dans cette entreprise collective à laquelle il allait consacrer 20 ans de sa vie.

Pour lui, la place du philosophe était au cœur de la cité, au milieu de la scène sociale. Pour sauver l’Encyclopédie, il savait qu'il devrait accepter des compromis, ne parler que de biais.

Rousseau, pour sauvegarder son indépendance, lui, avait opté pour la retraite, la pauvreté.

Cette retraite ne pouvait apparaître à Diderot que comme une désertion.

Le 10 mai 1757, il lui écrivait « Adieu le citoyen. C'est pourtant un citoyen bien singulier qu'un ermite.»

Quand Rousseau reçut le texte de la pièce, écrite par son ami, Le fils naturel, il se sentit visé par les mots :

« L’Homme de bien est dans la société et il n’y a que le méchant qui soit seul.»

Or, pour Rousseau, seul le pauvre était libre.

« Écrire pour avoir du pain eût bientôt étouffé mon génie et tué mon talent… Rien de vigoureux ne peut partir d'une plume vénale… J'ai toujours senti que l'état d'auteur n'était et ne pouvait être illustre et respectable qu'autant qu'il n'était pas un métier… Mon métier pouvait me nourrir si mes livres ne se vendaient pas ; et voilà précisément ce qui les faisait vendre.»

source Rousseau/Diderot - Les frères ennemis

où l'on voit que le problème se joue également comme choix entre une vie sociale relativement aisée et la solitude "anti-sociale" à laquelle voue l'absence de fortune à qui veut préserver sa liberté d'expression radicale, comme on dit aujourd'hui, et effectivement, ça n'a pas changé

par certains aspects, Rousseau était plus radical que Diderot qui, avec l'Encyclopédie, annonçait le besoin de la future bourgeoisie capitaliste de mettre de son côté, sinon les artistes, les scientifiques voire les philosophes

au demeurant, ces deux-là étaient les plus appréciés par Marx et Engels des philosophes des Lumières. C'est bien connu concernant Diderot sur le plan du matérialisme dialectique, beaucoup moins concernant Rousseau dans sa critique sociale voire économique, à laquelle Engels rend hommage

j'y reviendrai avec quelques passages des Confessions sur l'argent, dont je relève que comme le Baudelaire cité plus haut, elles sont œuvres posthumes, ce qui en dit long sur la difficulté de mettre cette critique de l'artiste de son vivant sur la place publique, et même au XXème siècle peu s'y sont risqués, pas même Debord

chez Rousseau, ce qui détermine sa position relativement à l'argent, c'est fondamentalement et psychologiquement son désintéressement

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Lun 10 Oct - 0:31


écrire des poèmes,
une forme de vie pour changer la vie


j'écris des poèmes, sans aucun doute pour que d'autres les lisent,
mais qu'ils soient lus, ou pas, ou peu, ou plus,
m'importe moins que de les faire, dans le moment de la création

ensuite, dure une satisfaction de l'avoir fait, sans plus,
car vite l'efface la peur de ne plus pouvoir recommencer

l'envie ou la discipline refont l'inspiration, avec ses aléas et ses bifurcations

je crois vraiment qu'un œuvrage d'art, selon qu'on le met en vente ou pas,
aboutit à des conceptions différentes de l'art, et des postures sociales différentes

c'est d'ailleurs pourquoi je ne vends rien et mets tout à disposition gratuitement via internet

c'est en ceci que je pense nécessaire l'abolition de l'artiste social,
et de l'art, qui est une marchandise, comme valeur d'échange
mais on n'abolira pas l'usage, gratuit, de l'art


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Jeu 13 Oct - 18:48


importé de POÈMES et POÉTIQUE : 'Œuvres-sujets performatrices' (Meschonnic) / 'Poétique de la relation' et 'Créolisation' (Édouard Glissant)... Yves Bonnefoy, poésie et philosophie... Mon THÉÂTRE en VERS



œuvres-sujets poétiques et/ou révolutionnaires :
les poèmes et les luttes auto-théorisantes

dans ce qui précède je marque une pause, avant de voir comment, peut-être, poursuivre. Une pause entre poésie et théorie, raison pour laquelle j'ai entrelacé ici POÈMES, d'autres ou de moi, et POÉTIQUE, et parlé ailleurs de RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION

cela ne signifie nullement :

1) que je prétende révolutionner la poésie au sens où ma poétique mise en œuvre, ou plutôt mes poèmes faisant leur poétique, inventent évidemment des formes nouvelles, mais ils ne prétendent pas dépasser ceux des grands poètes passés ou actuels : l'art n'est pas une compétition sportive

2) que ma poétique serait "révolutionnaire" comme l'a compris l'âne-poète-théoricien Jacques Guigou, de Temps critiques, de même qu'il n'a rien capté ni à Meschonnic et à son concept d'œuvre-sujet éclairé plus haut, ni à Édouard Glissant et à sa « poétique de la relation » (voir ailleurs un texte, que ce fat a supprimé, dans lequel il prétendait que je voulais «poétiser la révolution», ce dont on saisit bien que ça n'a aucun sens)

mais cela dit clairement qu'entre la poésie, c'est-à-dire le poème comme œuvre-sujet, et la théorie, c'est-à-dire les luttes comme auto-théorisantes et donc produisant un sujet révolutionnaire, il existe un rapport, et qu'il est bien plus qu'une métaphore

le tout signifie que théoricien de la révolution Roland Simon, de Théorie Communiste, en me traitant de «comble du narcissisme», n'a fait qu'étaler, entre autres, son incompréhension aussi

en résumé, dans tout ce que je fais, même en partant de moi (et d'où ailleurs pourrais-je partir ? « Les individus sont toujours partis d'eux-mêmes » écrivait Marx), en poète comme en théoricien, je m'efface littéralement et dans mes poèmes et dans mes considération théoriques, effacement que je théorise et qui en est quasi-définitoire, pour les raisons exposées dans les fils concernant la poésie, et dans les rubriques théoriques concernant le primat des luttes sur la théorie et pour la théorie

car c'est bien du rapport complémentaire entre les deux, donc d'un aller-retour en questionnements réciproques, que l'on tout à la fois sortir d'une vision théorique rationaliste et conceptuelle, et d'une saisie idéaliste du faire poétique reposant sur les percepts et affects (cf les extraits d'Yves Bonnefoy sur ce thème). Il n'y a pas plus matérialiste que la poésie telle que je la conçois. Le reste est littérature d'amputés d'eux-mêmes

à bons entendeurs, salut !

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Dim 16 Oct - 17:05

réponse à

Virgile Septembre a écrit:
‏@V_Septembre  · 11 avr.  
Repenser le musée ?


Après #NuitDebout, #MuséesDebout. Première réunion ce midi au Louvre
https://museesdebout2016.tumblr.com





Musées ?

Conserveries d'une fonction séparant l'art et la vie,
grands pas laids de la marchandise

défoncer les musées !


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Dim 16 Oct - 17:24


l'art, histoire et fonction sociale
du quotidien à l'idéologie

l'art, et même les dits arts premiers (cela paraît moins eurocentré et raciste que 'arts primitifs"), qui n'étaient pas de l'art au sens occidental, est toujours dans un rapport social avec une certaine fonctionnalité

ce qui était fonction dans la vie quotidienne (masques, tambours et danse en Afrique par exemple) est toujours fonctionnel dans le capitalisme avancé : une fonction dite culturelle qui est de fait idéologie, idéologie de l'art dans l'idéologie dominante, vie quotidienne (R.S)

à cet égard la poésie qui domine* la production participe ni plus ni moins que toute activité culturelle à l'idéologie, elle est plus discrète, c'est tout et cela trompe, lui conférant une essence de "résistance" qu'elle n'a pas. Les initiatives "sauver la poésie" (ex au Rémouleur de Montreuil) ne valent pas mieux que les "marchés de la poésie" et le mot d'ordre "l'art n'est pas une marchandise"

* une romantisme de pacotille met des fleurs sur la crise de l'individu


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Dim 16 Oct - 18:26


en art comme en théorie révolutionnaire :
l'avant-garde fait son arrière

The Bacon Tribune a écrit:
@LaTribuneDuLard

C'est quoi ce truc ?



Patlotch a écrit:
l'avant la garde, académisation de l'avant-garde

l'avant-garde porte la garde comme son arrière-garde l'emporte au musée


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Mar 18 Oct - 16:16


poésie, langage de la totalité ?

il me semble, à l'expérience que j'en ai, que le langage poétique est à même, mieux que la théorie, de rendre une image de la totalité dans son unité, parce qu'elle peut absorber le concept et l'abstraction, alors que la théorie a du mal avec le concret et les sens au-delà de la raison

pour dérégler tous les sens, selon le mot d'ordre de Rimbaud, encore faut-il avoir senti et donné du sens à ce qui n'en a pas a priori, dont déborde la vie... et le langage

voire dans le sujet POÈMES et POÉTIQUE, en relation avec les commentaires précédents, vers une prose en vers et des vers prosaïques, écrire c'est écouter


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Mar 18 Oct - 17:36


poétique, critique de la totalité ?

ma poétique est critique de la philosophie (et de la) politique

attention, je dis ma poétique, pas ma poésie, dont elle procède comme une théorie (philosophie) procède du réel

elle est un complément à la critique de l'économie politique - qu'elle ne saurait faire -, plus que de la théorie communiste, qu'elle embrasse

pour moi et chez moi, il n'y a de différence que de formes d'expressions, les deux s'alimentent, se répondent en échos, elles sont plus incluses l'une dans l'autre que complémentaires comme formes séparées

une critique de la totalité suppose un langage pour la dire, ce qui renvoie à la poésie comme langage de la totalité (commentaire précédent)


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Mer 19 Oct - 15:00


rappel élémentaire


il n'y a d'art révolutionnaire qu'au sens où l'art se révolutionne lui-même
dans son rapport toujours social à la réalité

tout le reste est gauchisme esthétique ou suffisance de l'artiste en révolutionnaire


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Ven 21 Oct - 19:31


renversement de l'art, au-delà de Debord

il s'agit de faire exister la perspective
d'abolition de la part marchandise de l'art
pour ne garder que l'œuvre-sujet

de confronter l'art(iste) à sa limite
en imaginant ce qu'est produire son dépassement
dans la révolution communiste

position de pratique théorique, praxis poétique, un faire à et avec la limite

et tant pis pour les artistes qui se sentiraient méprisés par une telle position de principe assumée
il va sans dire que certains sont plus que d'autres marchands d'eux-mêmes (Soupault concernant Dali)


on peut le prendre au sens d'une utopie concrète en activité contradictoire
théorisée par Ana Cecilia Dinerstein (voir ICI)


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Mar 25 Oct - 17:50


poétique de la révolution

la poétique de la révolution n'est pas une "poétique révolutionnaire"
mais révolutionnante, le poétique dans la révolution
le poétique de la révolution même

la poétique de la révolution réalisera la théorie en la supprimant
au sens de Marx, faire la révolution réalise la philosophie en la supprimant



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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Mer 26 Oct - 13:07


radicalement mondain

à propos de

Pour un Dictionnaire des idées reçues spécial art

@LaTribuneDuLard 6 oct. 2016


tout cela est très "milieu", qui cherche à s'en distinguer,
très faible sur le plan critique. Finalement inoffensif

on a toujours à voir avec qui l'on critique
plus difficile est de s'en séparer, c'est-à-dire de rompre pour passer à autre chose

je pourrais démontrer que ce "dictionnaire" ne fait qu'entériner l'idéologie de l'art(iste), soit les "idées reçues"

pour paraphraser Debord, notre époque est au faux radical comme moment du vrai

se prétendre
"radical" garantit un succès mondain

les racines s'en foutent


Twisted Evil

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Sam 29 Oct - 14:15


entre poésie et communisme, très intéressant, texte et photos


Red leaves of red books

Richard Wright
The New Masses

(April 30, 1935)

The Charnel Housse/Ross Wolf 26 octobre


dernières lignes
Citation :
Then the desire to penetrate this inaccessible world, to ride in the rich man’s limousine, takes on the convincing form of reality: time is telescoped and the rigid structure of the first stanzas comes alive in a wild race of moving images. Leaving behind them a social upheaval similar to that created by the Communist giant, these new horsemen of the Apocalypse, casting down the oppressors, lifting up the oppressed (Indians, Negroes, proletarians) cross the United States in their symbolic automobile.

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Sam 29 Oct - 15:22


conversation, suite d'hier


art et communisme

entre comprendre et sentir, entre concepts, saisie par les sens et activités

Corinne Cerise a écrit:
Patlotch a écrit:
en retour cela secoue la poétique aussi, y compris du côté théorique, le lien poétique /relation /individus / révolution

Voilà un "don" assez peu courant, je crois d'ailleurs que nous en avions déjà parlé. Je commence à comprendre la relation qui existe entre ce qu'on pourrait à priori penser comme des catégories séparées. Mais pour l'heure ce n'est qu'une compréhension intellectuelle, et je serai bien incapable d'y plonger moi-même.

Quand vous évoquez Deleuze, faites-vous allusion aux rhizomes, et à ce type de "pensée" non-linéaire et/ou non hiériarchisé ?


Patlotch a écrit:
« un "don" » ? même avec les guillemets ce mot me dérange toujours, mais c'est peut-être immodeste, car si ce n'est pas un non, c'est ma faute ;-)

intellectuel : j'essaye de faire en sorte qu'on puisse le "comprendre", à défaut de le saisir, mais on est touché ou pas... et ne me dites pas que vous n'êtes pas sensible à certaines formes d'art, de poésie, de chansons, etc.

Deleuze : à vrai dire je l'ai peu lu, et le plus souvent me réfère, comme ici, à Qu'est-ce que la philosophie


Citation :
La philosophie n’est ni contemplation, ni réflexion ni communication. Elle est l’activité qui crée les concepts. Comment se distingue-t-elle de ses rivales, qui prétendent nous fournir en concepts (comme le marketing aujourd’hui) ? La philosophie doit nous dire quelle est la nature créative du concept, et quels en sont les concomitants : la pure immanence, le plan d’immanence, et les personnages conceptuels.

Par là, la philosophie se distingue de la science et de la logique. Celles-ci n’opèrent pas par concepts, mais par fonctions, sur un plan de référence et avec des observateurs partiels. L’art opère par percepts et affects, sur un plan de composition avec des figures esthétiques. La philosophie n’est pas interdisciplinaire, elle est elle-même une discipline entière qui entre en résonance avec la science et avec l’art, comme ceux-ci avec elle ; trouver le concept d’une fonction, etc.

C’est que les trois plans sont les trois manières dont le cerveau recoupe le chaos, et l’affronte. Ce sont les chaoïdes. La pensée ne se constitue que dans ce rapport où elle risque toujours de sombrer.

plus un entretien en vidéo où Deleuze parle de l'art dans l'esprit "créer c'est résister", mais on sent qu'il ne pratique pas, j'en ai parlé plus haut l'an dernier dans un échange avec Segesta

je le dis souvent, l'approche de la question révolutionnaire par la poétique de la création œuvre-sujet, et de la relation au monde et aux autres, est la clef ultime de la compréhension de tout le reste, étant acquis évidemment la structure de classe du capital. Ici je ne fais que poursuivre l'intuition que Marx en avait quant à la centralité des individus dans le processus de leur émancipation, et par ses réflexions sur l'art

c'est la clef et je pense pour la plupart, le point le plus difficile de ma théorisation, parce que relevant de domaines où les connaissances et la sensibilité sont les plus faibles en milieu communiste (la création individuelle ou collective et ses processus, la psychologie humaine, le subjectif en général). C'est donc aussi celui où les résistances et le refoulement sont les plus forts *

* quand cette ignorance ne porte pas simplement à dénigrement et malveillance perverse : RS/TC de "Vaneigem Fleur bleue" à "Patlotch collection Arlequin", de "l'amour moyen de dominer les femmes" à "ce n'est pas affaire de sentiments" etc.

pour préciser ma réponse à la question de Corinne Cerise « pourquoi de récente date vous ne vous exprimez plus quasiment que sous la forme poétique sur le livre-forum ? » : parce que c'est un point central et névralgique sans lequel tout le reste est littérature théorique. J'ai bien conscience que ça ne rend pas plus crédible ma vision des choses, loin de là, mais je dois l'assumer. Cela n'empêche que ce sujet est maintenant le plus abondé et le plus lu du forum

en relation UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...

et L'INDIVIDU au-delà de L'INDIVIDUALISME => "Je est des autres" : COMMUNISATION


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Dim 30 Oct - 1:48


DA

je suis le premier artiste
qui sera connu (ou pas)
pour avoir non voulu

son succès
preuve de son échec

c'est la contradiction
de l'art et la révolution


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Dim 30 Oct - 2:03


en hommage à toutes les "racailles" de "ce monde"

PATLOTCH EST INCORRIGIBLE, IRRÉCUPÉRABLE
COMBLE DE LA RACAILLE
INTELLO, POÈTE, COMMUNISTE


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Ven 6 Jan - 15:31

un beau texte


ARGENT, SEXE ET POUVOIR :
A PROPOS D’UNE FAUSSE BIOGRAPHIE DE GUY DEBORD

Gianfranco Sanguinetti, 31 décembre 2015

Il faut détruire tout vrai opposant dont il est nécessaire de salir la mémoire et prévenir toute éventuelle émulation. Il faut pousser tous les Walter Benjamin au suicide. Debord Le Naufrageur de Jean-Marie Apostolidès répond à cela. L’auteur, animé par ce que Spinoza appelait « les passions tristes », est en accord avec les temps néocons : c’est pour eux que ce livre a été écrit, pas pour durer.[...]


il m'a plu d'y trouver : « Le Ministère de la Vérité surveille au jour le jour la « correction de l’histoire »...», alors que j'écrivais ailleurs du Ministère de la poésie et des arts beaux...
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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Sam 8 Avr - 9:55


"On n'est pas sérieux, quand on a 77 ans"
ainsi parlait Rimbaud le vieux, dans Tintin en Abyssinie, BD colonialiste

cela pourrait tenir davantage de la réflexion sur la poésie proprement dite, sujet qui n'est pas lu, POÈMES et POÉTIQUE de la RÉALITÉ

on se souvient de la sanction d'Adorno

Citation :
« Écrire un poème après Auschwitz est barbare, et ce fait affecte même la connaissance qui explique pourquoi il est devenu impossible d’écrire aujourd’hui des poèmes. » Prismes, Critique de la culture et société, 1949

mon propos n'est pas de discuter cette phrase, souvent mal comprise (voir Quelle poésie après Auschwitz ? Paul Celan : l’expérience du vrai trou, par Michel Bousseyroux

je fais le rapprochement entre Rimbaud et la citation d'Adorno en me posant la question de la poésie après (l'échec de) la révolution, autrement dit je crée un lien entre l'échec de la Commune de Paris en 1971 et l'arrêt de la poésie par Rimbaud, son départ en Abyssinie, que j'ai déjà évoqué avec le jeu de mot le poète, ou la poésie, en abyme ici (je garde cette vieille orthographe avec le "y"...). Cet échec révolutionnaire n'est évidemment pas la seule cause, ni directe, de cet abandon et de ce départ, mais il ne peut qu'avoir participé à ce double retrait

retrait qui n'est évidemment plus possible dans le monde actuel du capital partout, comme impossible toute la métaphorique du voyage chère aux poètes du 19ème siècle (Baudelaire, Mallarmé... Cendrars)

la poésie comme fuite, aujourd'hui, ne serait qu'un retour au romantisme, et c'est d'ailleurs cette confusion que font nombre d'apprentis poète, le monde c'est la merde, mais c'est le printemps, on a les fleurs et les oiseaux...

Rimbaud n'a évidemment pas réalisé la poésie en trafiquant dans le désert d'une contrée colonisée par la France, entre autres, et Debord a eu beau faire en voulant poétiser la vie même, il n'a fait que "mettre la révolution au service de la poésie" comme dit le titre d'un de ses biographes. Le premier fut en quelque sorte plus conséquent dans son époque que le second, qui signait là une des limites de sa théorie même, quant au rapport entre l'art et la révolution. De ce point de vue, non, Debord n'a pas été "récupéré", il a réalisé doublement la limite de son œuvre, en tant que poésie et théorie révolutionnaire

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Sam 8 Avr - 15:30


DÉRÊVE

nous ne dérivons plus d'espoirs situationnistes,
nous errons, le bec dans la boue,
en attendant la fin de l'impossible, @julierivoire
nous dérêvons dans l'eau des calculs égoïstes


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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Lun 10 Avr - 17:40


Guy Debord (1/4)

L’art de déplaire


France Culture
10.04.2017 Podcast 53min

Unique, prophète, avant-gardiste: de Guy Debord, on ne sait que ce qu'il a bien voulu montrer. Comment façonne-t-il son propre mythe ? Et pourquoi nous méprise-t-il tant, nous,son public? Nous tissons les liens entre la vie et l'oeuvre de Guy Debord en compagnie de Vincent Kaufmann. [auteur en 2001 de Guy Debord : la révolution au service de la poésie
Fayard]

Citation :
"Je n’ai pas, comme les autres, changé d’avis une ou plusieurs fois, avec le changement des temps; ce sont plutôt les temps qui ont changé selon mes avis. Il y a là de quoi déplaire aux contemporains".

Unique, prophète, avant-gardiste : de Guy Debord, on ne sait que ce qu'il a bien voulu montrer. Dans ses films, au cœur de ses écrits autobiographiques mais aussi théoriques, Debord parle toujours, au fond, de lui-même. Comment façonne-t-il son propre mythe ? Et pourquoi nous méprise-t-il tant, nous, son public ?

Texte du jour :

Guy Debord, Panégyrique tome 1, 1989, Quarto Gallimard p.1658

" Le temps trompeur nous dissimule ses traces, mais il passe, rapide » dit le poète Li Po, qui ajoute : « Vous gardez peut-être le caractère gai de la jeunesse — mais vos cheveux sont déjà tout blancs ; et à quoi bon vous plaindre ? » Je ne pense à me plaindre de rien, et certainement pas de la manière dont j’ai pu vivre.

Je veux d’autant moins en dissimuler les traces que je les sais exemplaires. Que quelqu’un entreprenne de dire ce qu’a été effectivement et précisément la vie qu’il a connue, cela a toujours été rare, à cause des nombreuses difficultés du sujet. Et cela sera peut-être encore plus précieux à présent, s’agissant d’une époque où tant de choses ont été changées, dans la surprenante vitesse des catastrophes ; époque dont on peut dire que presque tous les repères et mesures ont été soudainement emportés avec le terrain même où était édifiée l’ancienne société. […]

Rien n’est plus naturel que de considérer toutes choses à partir de soi, choisi comme centre du monde ; on se trouve par là capable de condamner le monde sans même vouloir entendre ses discours trompeurs. […] On s’étonnera peut-être que je semble implicitement me comparer, ici où là, sur quelque point de détail, à tel grand esprit du passé, ou simplement à des personnalités qui ont été remarquées historiquement. On aura tort. Je ne prétends ressembler à personne d’autre, et je crois aussi que l’époque présente est très peu comparable avec le passé."


Références musicales :

- Boris Vian, Je bois

- Horace Silver, Sweet Stuff

- Jacques Marchais, La java des bons enfants, composé par Debord et mis en musique par Francis Lemonnier.

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MessageSujet: Re: UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...   Sam 7 Oct - 9:39


du 7 octobre, complété. Placé ici, seul sujet parlant de Debord



Citation :
Professeur de littérature et d’histoire des médias au MCM Institute de l’Université de St. Gall en Suisse, Vincent Kaufmann est l’auteur de Guy Debord. La révolution au service de la poésie (Fayard, 2001) et La Faute à Mallarmé. L’aventure de la théorie littéraire (Seuil, 2011).

Vous publiez aujourd’hui un essai critique : Dernières nouvelles du spectacle au Seuil. Un titre clin d’œil à Debord et sa Société du spectacle ou à Alexandre Vialatte et ses Dernières nouvelles de l’homme.

Il est en tout cas question de « ce que les médias font à la littérature » : Après la télévision, le numérique noie l’écrivain dans un océan de micro-spectacles. Il s’en suit un nivellement du discours de l’auteur qui – morcelé – se retrouve vidé de toute portée symbolique. Pour exister, l’auteur va devoir écrire en s’exhibant. La fonction-auteur (Foucault) n’existe plus, puisqu’elle peut désormais être assumée par tous.

Il évoque notamment Christine Angot, incarnation de la spectacularisation de la littérature, soumise aux lois de l'exhibition, de la comparution, à l'idéologie de "l'authenticité".

ajout, dans le même sens

Loin de la littérature, Angot s’abuse dans le buzz

La chronique de Jean Birnbaum, France Culture, 05 octobre 2017

L'écrivaine, qui a toujours exigé d’elle-même une implacable sincérité, ne pouvait pas devenir sans souffrir le rouage d’un Meccano télévisuel entièrement basé sur l’illusion du direct et l’artifice du montage.

Citation :
Je voulais revenir sur la polémique déclenchée par les mots de Christine Angot, samedi soir, dans l’émission de Laurent Ruquier. Pour vos auditeurs qui ne seraient pas au courant, rappelons que ce soir-là, l'animateur recevait Sandrine Rousseau. L’ancienne dirigeante écologiste, victime d’agression sexuelle, venait présenter un livre plaidant pour que la parole des femmes harcelées soit enfin entendue. Après une vive discussion, Angot s’est emportée contre Sandrine Rousseau quand celle-ci a souhaité que les femmes puissent s’adresser à des personnes formées pour entendre leur parole. « C’est un bla-bla, ça n’existe pas », a dit Angot en substance. « Mais alors, on fait comment ? », a demandé l’écologiste, en larmes. « On se débrouille », a tranché l’écrivaine, suscitant une indignation quasi-générale.

"Il n’y a pas de vérité hors de la littérature"

Moi qui aime profondément Angot et ses textes, et qui supporte mal les attaques obscènes dont elle est la cible depuis si longtemps, je me suis souvenu d’un échange que nous avions eu, au cours duquel je lui avais demandé pourquoi elle n’avait jamais porté plainte contre son père qui avait abusé d’elle sexuellement. Elle m’avait révélé qu’en réalité elle avait porté plainte, juste avant ses 28 ans, avant la prescription. Elle avait été bien reçue par un commissaire qui lui avait expliqué que, vu l’ancienneté des faits, son père ne serait sans doute pas condamné. Angot avait donc renoncé et des années plus tard, me racontant cette scène, elle avait conclu, je la cite : « Je vous le dis, il n’y a qu’une seule chose de valable, c’est la littérature. La justice, la police, ce n’est rien. Il n’y a pas de vérité hors de la littérature ».

Angot envoyant Christine se faire voir ailleurs

En me remémorant ces mots, je me suis dit, oui, c’est sans doute ça qu’Angot aurait voulu réaffirmer, l’autre soir. Mais elle ne pouvait le faire qu’en explosant de colère, et d’abord contre elle-même, parce que cet éloge de la littérature, elle le faisait, ici, non pas comme une femme de plume mais comme une chroniqueuse de télévision, payée, semaine après semaine, pour faire le buzz. Elle qui a toujours exigé d’elle-même une implacable sincérité ne pouvait pas devenir sans souffrir le rouage d’un Meccano télévisuel entièrement basé sur l’illusion du direct et l’artifice du montage. Et lorsque se trouve évoqué, sur ce plateau, l’événement même qui l’a propulsée en littérature, à savoir l’abus sexuel, elle ne peut pas le supporter, bien sûr, elle s’en va, on sait d’ailleurs qu’elle a alors quitté le plateau de l’émission, même si cette scène, justement, a été coupée au montage. Or c’était sans doute la seule scène de vérité au milieu des faux-semblants : Angot hors d’elle et prenant la sortie, Angot se disant peut-être « non, on ne se débrouille pas, je ne me débrouille pas, je m’enfonce dans le brouillard, loin de la littérature je m’abuse dans le buzz », Angot fuyant pour se retrouver elle-même, bref Angot envoyant Christine se faire voir ailleurs, là où la littérature, qui est bien patiente, l’attend encore. Et nous, ses lecteurs, aussi.

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