PATLOTCH / COMMUNISME et CIVILISATIONS

CONTRE LE CAPITAL, LES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même

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MessageSujet: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Jeu 25 Juin - 19:15


la mise à mort de l'artiste par lui même, Patlotch : un cadavre !



non, je ne vais pas me suicider, après avoir lu "Suicide, mode d'emploi", ni rejoindre son auteur Claude Guillon au paradis des écrivains anarchistes (cf Claude Guillon : un cadavre !...)...


ici, j'ouvre de nouvelles pistes quant aux relations entre poésie, art, ou plus justement dit Poétique, et Révolution, pour aller plus loin que le point où je suis arrivé le plus récemment, dans mes œuvres comme dans ma réflexion "poétique", cad dans mon sens : théorie de la relation art et révolution

dépasser aussi, donc, le moment critique de 2006, double remise en cause, et de la posture artiste de Debord et des situationnistes, et de l'impensé de cette relation par la théorie de la communisation

si nous devons abolir la posture artiste en faisant la révolution, condition même pour saisir son caractère d'auto-subjectivation des individus pour leur émancipation dans leurs rapports avec les autres (immédiateté sociale, etc), si nous saisissons ce dépassement auto-produit (ce que n'a pas fait TC ni aucun théoricien communisateur, mais un peu Debord sur le papier), alors commencer, nous-même, par nous auto-glorifier en artiste, ou à nous mettre en quête de notoriété comme artiste, tout cela ne peut que nuire et détruire le message révolutionnant que portent aussi bien notre peinture, notre poésie, que notre théorie de la révolution : ces activités sont performatives ou ne sont pas révolutionnantes


je partirai de ce qui fut explicité dans une discussion sur Médiapart, et que j'ai repris dans mon billet là-bas Médiapart Communisation et décolonialité avant que ma connexion ne soit coupée (réponse à Yvan Najiels et BF)

l'important est de considérer ce texte de 2006 comme moment théorique important, par son double dépassement de la posture artiste-situationniste, et de l'impensé du rapport art (œuvre-sujet)/révolution par la théorie de la communisation

mais ce n'est pas le seul "résultat" de mon passage éclair chez Médiapart. Des personnes m'ont dit aimer ma peinture, ou ma poésie, de toutes obédiences ou absence d'opinions politiques marquées.  Certains : " vous exposez où ? " vous devriez exposer à tel endroit, tel musée vous accueillerait sûrement" etc.

alors que répondre ? D'abord que cela fait plaisir, merci... Puis que je n'expose nulle part, que je l'ai fait un peu, quand on me l'a demandé, que cela ne m'intéresse pas, et même que je me l'interdis, non par quelque masochisme, et encore moins timidité... Il va falloir se mettre dans la tête, une bonne fois pour toute, et tant que je serai vivant que :


Patlotch n'est pas un peintre

Patlotch n'est pas un musicien

Patlotch n'est pas un poète

Patlotch n'est pas un artiste. Point

Patlotch n'est pas un théoricien communiste. Point

Patlotch n'existe pas



Patlotch ? Un cadavre !


si nous devons abolir la posture artiste en faisant la révolution, condition même pour saisir son caractère d'auto-subjectivation des individus pour leur émancipation dans leurs rapports avec les autres (immédiateté sociale, etc), si nous saisissons ce dépassement auto-produit (ce que n'a pas fait TC ni aucun théoricien communisateur, mais un peu Debord sur le papier), alors commencer, nous-même, par nous auto-glorifier en artiste, ou à nous mettre en quête de notoriété comme artiste, tout cela ne peut que nuire et détruire le message révolutionnant qui traverse aussi bien notre peinture, notre poésie, que notre théorie de la révolution : ces activités sont performatives ou ne sont pas révolutionnantes


ceci ne concerne évidemment pas que le p'tit gars Patlotch, ni les seuls artistes, mais 7 milliards d'individus pris sous le capital et invités à faire la révolution


que pourrait-on penser d'un Patlotch affirmant haut et fort : « Je est des autres », et qui courrait à droite à gauche pour exiger qu'on le salue bien bas « c'est lui, c'est Patlotch, vous savez, l'artiste... Ah bon, vous ne le connaissez pas, c'est dommage, c'est un grand poète, vous savez, trop méconnu...», et moi (le p'tit gars Patlotch qui est en moi), intérieurement glorifié bombant le torse de son âme artiste « Je suis moi, je suis moi, elle m'a reconnu, je deviens reconnu, je vais être connu, je suis immortel... », autrement dit, « Je suis un charlot ! » plutôt crever ! Patlotch, renvoie-leur ton cadavre, c'est toujours mieux de tuer deux fois


l'artiste ? Un cadavre !

il s'agit ni plus ni moins que de produire, par l'artiste et dans le processus révolutionnaire l'auto-dépassement de son existence en tant qu'artiste séparé, figure de l'artiste en "marchand de lui-même" (Soupault à propos de Dali). C'est donc plus qu'une métaphore avce l'auto-dépassement du prolétariat, et l'auto-dépassement de l'individu, autrement dit l'abolition du rapport de classe dans le capital et de l'individualisme égotiste lié au capitalisme actuel


alors nous retrouvons, re-inventons et donnons tout son sens actuel et révolutionnaire à ce qu'écrivait Karl Marx dans L'idéologie allemande, en 1845
Karl Marx a écrit:
: « Dans une société communiste, il n’y aura plus de peintres, mais tout au plus des gens qui, entre autres choses, feront de la peinture ». Marx, théoricien de l’art ? Isabelle Garo

Twisted Evil

explication 'théorique' dans UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...

.


Dernière édition par Patlotch le Dim 5 Juil - 8:06, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Dim 13 Mar - 17:32


d'une conversation chez Médiapart11/03/2016

 
artnaif a écrit:
Patlotch est un artiste


Patlotch a écrit:
merci, euh, les compliments sont difficiles à assumer, je ne sais pas faire

et lien vers ce sujet

Mithra-Nomadeblues a écrit:
13/03/2016 en réponse à artnaif

Oui.


Patlotch a écrit:
je n'aime pas ça, je l'ai dit, et ce n'est pas affaire de fausse-modestie

Être ou ne pas être un artiste, est-ce bien la question ? Il y a des œuvres, accumulées, et forcément dans le tas, du bon et du mauvais, je suis le premier à le reconnaître, et je le vois chez les plus grands, je l'ai dit de Hugo. Quand on le fait, on ne sait pas toujours, et puis il a des pièces faciles, des jeux, des esquisses... toutes sortes de registres, qui ne sont pas à mettre sur le même plan, la même exigence, le même aboutissement d'un long processus de création

bref, ce qui compte ce n'est pas la personne qui l'a produite, c'est l'œuvre-sujet, chaque œuvre-sujet, qui produit des effets ou non, performatrice ou non

c'est pourquoi je me bats contre la posture artiste, et autant que possible, résiste à y tomber, exercice de funambule un rien maso, quand on veut malgré tout faire connaître ses œuvrages, parce que le risque est toujours là d'être considéré comme un artiste, bon ou mauvais, narcissqiue et égocentrique... Qu'on me dise comment quelqu'un qui crée quelque chose pourrait ne pas vouloir le montrer ? Si l'on suit Freud, c'est un fou, dans la différence qu'il établit entre l'artiste et le névrosé

c'est pourquoi je refuse d'exposer ou vendre ce qui relève de la poétique indépendamment de mes travaux théoriques, et je vois bien qu'admettre la cohérence et l'unité profonde entre les deux, pour beaucoup, c'est trop leur demander : "les théories de Patlotch n'ont aucun intérêt, mais il est un poète". Je serai donc double, et schizophrène : Mister Potlatch en art, Docteur Patlotch en théorie. Je ne peux qu'affirmer qu'ils n'ont pas complètement saisi dans la partie artistique ce qui en est le contenu porté par la forme "esthétique", comme toujours en art, et que c'est la même chose dans un autre langage

pour qui cela intéresse de creuser la question : UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...

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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Dim 13 Mar - 19:32


conversation, suite


christian paultre a écrit:
Ecrire, peindre, sculpter, composer de la musique nécessitent du temps du savoir faire et de la disponibilité.

C'est un privilège, que ceux qui aiment la création artistique, ont assez rarement tout ensemble

On reste amateur, et on garde pour soi des œuvres naïves et maladroites


Patlotch a écrit:
c'est aussi un choix de vie, et pour ne pas prétendre qu'il s'agirait de courage, certains ont une conformation psychologique telle qu'ils ne peuvent vivre, ou survivre, que comme ça

le temps de créer, de choisir entre avoir ou être, est relativement à la portée de chacun.e, et comme disait Brel, le talent c'est l'envie. Il n'y a que le premier pas qui coûte

dans ma vie professionnelle de "responsable de la formation" dans une administration centrale, j'ai organisé, un peu en lousdé je l'avoue, des stages "ateliers d'écritures", où venaient en écrasante majorité des femmes, des secrétaires,

le programme réel, un rien différent de celui officiel pour la direction, était tout sauf "lettre administrative"

à plusieurs de ces femmes de tous âges, cela a donné l'idée de ressortir qui les lettres de sa mère, qui de vieilles histoires de familles tordues comme elles le sont toutes - souffrances refoulées etc.

de ma vie professionnelle, je n'ai eu la plus grande satisfaction. En fin de stage, on avait tous les larmes aux yeux

moralité : écrivez, vous vous découvrirez, vous vous inventerez poète, c'est comme ça


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Jeu 12 Mai - 2:08


il ne suffira pas de mettre à mort l'artiste, ce marchand de lui-même
mais encore tous les lieux de ventes des œuvres d'art

j'ai trouvé mon créneau dans une insurrection, une activité des plus marginales, dont trop peu se préoccuperont. Ce sera ma spécialité reconnue d'utilité révolutionnaire. Je détruirai les boutiques des marchands d'art, non sans mettre à l'abri, dans une église, un temple ou une mosquée, un commissariat ou un supermarché, une préfecture ou une mairie, reconvertis en lieux communs (sic), peintures, gravures, lithographies signées

pour commencer ici et maintenant, je conchie les marchands et les marchandes d'art, qui ne font que s'approprier ce qui n'a pas de valeur marchande, mais seulement humaine, sans même la gratuité des musées accessibles à la contemplation, à la méditation, à l'activation de tous

et si l'art n'est pas une marchandise, que les "artistes" se démerdent pour ne pas en vivre en le vendant

PS : il conviendra aussi de supprimer les prix littéraires, les prix sic et les académies poétiques


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Dim 16 Oct - 17:54


vendre ma production artistique et poétique
serait abandonner tout combat pour détruire l'art
en tant qu'il est une marchandise...
qu'il n'est pas en soi mais devenue dans le capital

ce n'est qu'une façon radicale de poser le problème
à la racine de l'art comme double rapport social

offrir gratuitement, en masse, l'art supposé se vendre et s'acheter,
le rend plus que gratuit, invendable,
détruisant en lui sa fonction capitaliste de valeur
l'art comme marchandise

La valeur de l'art en tant qu'art est indéfinissable
comme marchandise sa valeur n'est que capitaliste
=> marchands d'art, marché de l'art, éditeurs, marché de la poésie...

tous ceux-là, parfois bien, défendent l'art marchandise,
c'est-à-dire le capital contre l'art comme valeur inestimable


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Ven 21 Oct - 0:48


aujourd'hui la scène du Spectacle est partout
pour vendre la valeur
créée par l'individu marchandise
égo ou réalisation, itou...

demain l'artiste véritable ne montera pas sur une scène
la scène sera partout
d'individus immédiatement créateurs de relation humaine


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Ven 21 Oct - 16:37


de la servitude artiste volontaire

toute l'existence artiste étant définie par le capital
l'artiste serait-il à son œuvre
ce qu'est le prolétaire à son produit ?

si oui, l'auto-destruction de l'artiste
sera aussi révolutionnaire
que l'auto-abolition du prolétariat


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Ven 21 Oct - 19:10


renversement de l'art, au-delà de Debord

il s'agit de faire exister la perspective
d'abolition de la part marchandise de l'art
pour ne garder que l'œuvre-sujet

de confronter l'art(iste) à sa limite
en imaginant ce qu'est produire son dépassement
dans la révolution communiste

position de pratique théorique, praxis poétique, un faire à et avec la limite

et tant pis pour les artistes qui se sentiraient méprisés par une telle position de principe assumée
il va sans dire que certains sont plus que d'autres marchands d'eux-mêmes (Soupault concernant Dali)


on peut le prendre au sens d'une utopie concrète en activité contradictoire
théorisée par Ana Cecilia Dinerstein (voir ICI)


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Lun 24 Oct - 20:59


choisir c'est renoncer

il n'aurait pas été difficile de faire connaître davantage mes œuvrages, depuis une trentaine d'années. Il eût suffit que je concédasse à la tentation de publier et d'en payer le prix : galeries, critiques d'art ou telles coterie, comités de lectures,  L'Harmattan(sic)&Cie pour faire semblant d'exister, correcteurs (sic), ou auto-édition shuntant l'affaire, e tutti quanti...

dans quel but objectif ? Vendre ! La question n'est pas de ce que d'autres auraient gagné (publiant à perte...), mais de ce que j'y aurais perdu de liberté

et pour paraphraser Marx, qui aurait poser la question ?


Marx a écrit:
La doctrine matérialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l'éducation, que, par conséquent, des hommes transformés soient des produits d'autres circonstances et d'une éducation modifiée, oublie que ce sont précisément les hommes qui transforment les circonstances et que l'éducateur a lui-même besoin d'être éduqué.

Thèses sur Feuerbach III


et d'où aurais-je pu poser cette question, sans me mettre en contradiction avec mes actes ? La question n'étant plus désormais ce que la valeur artistique de mon "œuvre" mais la position que je considère juste au regard d'une éthique communiste de l'art

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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Mer 26 Oct - 11:57


choisir c'est renoncer

suite 2

pour autant que ce serait une visée, on gagne un bon lecteur (lectrice...) en en repoussant cent. La création à l'œuvre se contrefout de son public

je n'ai jamais trouvé Miles Davis "méprisant" (on l'a beaucoup écrit) quand il jouait dos tourné à son auditoire, bien plus douteux son désir de plaire quand il devint une vedette du jazz-rock, et parfaitement compris que Glenn Gould se retire du concert

le plus grand respect de son public, lectorat... est de se consacrer entièrement à sa tâche, quoi qu'on y gagne ou perde

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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Dim 30 Oct - 1:49


DA

je suis le premier artiste
qui sera connu (ou pas)
pour avoir non voulu

son succès
preuve de son échec

c'est la contradiction
de l'art et la révolution


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Lun 9 Jan - 21:51


il y a, en bas de la page 6 et dans la page 7, une discussion intéressante sur les rapports entre l'art, la société, l'individu... et leur dépassement


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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Lun 9 Jan - 22:06

Salut,

Dans le genre "balle dans le pied", ce fil est un chef-d'œuvre. Connecté comme 'Admin', t'as banni Patlotch pour "désaccord intérieur". Du coup il n'est plus lisible qu'en tant qu'invité. Bravo !
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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Lun 9 Jan - 22:12

putain merde, AliBlabla, si t'es pas content, t'as qu'à faire ton Blabla's Blog, et inviter Patlotch. Je vous lirai avec intérêt


Dernière édition par Admin le Mar 28 Fév - 6:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Mar 28 Fév - 6:56


l'appréciable avantage de n'être pas connu pour ce que l'on (a) fait, est multiple :

- que cela le mérite ou non, on ne le saura jamais...

- on peut vivre et créer tranquille, incognito, sans acquis, à poil devant ce qui est, ce qui vient...

- vivre en vedette, à quelque échelle que ce soit, tord la vie et la vérité...

bref, une envie, disparaître, errer en fantôme de ce monde, nulle part et partout, vivre absolument asocial, désengagé des fausses contradictions qui reproduisent le même. Il n'existe pour ça aucune communauté possible : dans ce monde sans perspective heureuse, l'immédiateté est anti-sociale

ce monde est une Abyssinie et le poète n'est contraint ni d'y vendre des armes, ni d'y rendre ses armes

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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Lun 12 Fév - 10:12


du 8 février, mis à jour avec Flaubert sous Karl Marx...


l'art n'est pas une marchandise ?
ça dépend...



Citation :
Au sens strict, la production est une activité économique qui transforme les facteurs de production (matières premières, énergie, main d’œuvre et capital) en nouveaux produits. Selon Karl Marx, seule est production celle de la marchandise qui ajoute une plus-value au capital. Tel n’est pas le cas du travail intellectuel et artistique, explique-t-il en citant le cas du poète britannique John Milton :

« Milton, l’auteur du "Paradis perdu", est un travailleur improductif, alors qu’un écrivain qui fournit à son éditeur un travail de fabrication (Fabrikarbeit) est un travailleur productif. Milton a produit son poème comme un ver à soie produit la soie, en exprimant sa nature par cette activité. En vendant plus tard son produit pour la somme de 5 £, il fut, dans cette mesure, un marchand. En revanche, le littérateur prolétaire de Leipzig qui, sur commande de son éditeur, produit des livres, par exemple des manuels d’économie politique, se rapproche du travailleur productif dans la mesure où sa production est soumise au capital et n’existe qu’en vue de sa valorisation » (1971 [1867], p. 94).

Le produit doit donc pouvoir être détaché de son producteur pour devenir marchandise autonome et être soumis aux lois du marché. Dans l’exemple cité, le Paradis perdu n’est pas dissociable de son auteur : si le texte peut être aliéné au moment où il est vendu à l’éditeur ou au libraire, l’œuvre ne l’est jamais, et sa valeur reste tributaire de la signature. Il en résulte une distinction fondatrice qui confère au livre le statut de marchandise, résultant du travail productif (de l’imprimeur, des typographes) lié à la reproduction technique, mais qui conserve au texte poétique le statut d’une œuvre unique et inaliénable. Le droit d’auteur et la propriété intellectuelle sont fondés sur cette distinction.

source : production, Lucie Robert

l'explication générale est bonne, mais il y a une erreur dans le texte de cette professeure de littérature québécoise : « l’œuvre [le poème] ne l’est jamais [aliéné], et sa valeur reste tributaire de la signature. » Non ! Que le poème soit signé ou diffusé anonymement ne modifie pas sa valeur artistique intrinsèque et toute relative. C'est parce qu'elle inverse en principe philosophique « le droit d’auteur et la propriété intellectuelle » qu'elle l'inscrit dans l'acceptation de la valeur d'échange propre au capitalisme

de ce point de vue là, il n'y a fondamentalement pas de différence entre les types de formes artistiques. Les éditeurs font du profit avec la poésie de Victor Hugo, Rimbaud, Aragon... plus difficilement avec certain.e.s poètes

ce qui fait la valeur marchande d'une œuvre d'art est relativement indépendant de ce qui fait sa valeur artistique. Tout au plus, la reconnaissance sociale de celle-ci augmente celle-là, dès lors que l'œuvre est mise en vente. C'est pourquoi notre professeure va parler de "reconnaissance" (sociale). C'est d'ailleurs pour la définir que l'on paye des professeur.e.s de littérature et des critiques d'art !

plus loin, dans La production sociale de la valeur, Lucie Robert poursuit précisément la même indistinction entre valeur artistique (ici littéraire) et valeur marchande :


Citation :
L’étude de la production sociale de la valeur, ce que désigne l’adjectif « littéraire », réunit les conditions de la réception des textes et la reproduction des compétences ou des savoirs collectifs. Elle reste le parent pauvre de la recherche en études littéraires [...]. L’on pourra en conclure que la valeur est produite d’abord par le type d’approche convoqué par l’œuvre et qu’elle est ainsi tributaire de la division en disciplines du travail universitaire. [...] Aussi cette valeur est-elle d’abord la littérature elle-même, conçue comme une valeur transitive, socialement produite et accordée au texte, le constituant dès lors en œuvre légitime.

En tant que valeur, la littérature appelle du même coup sa reproduction, ce à quoi contribuent l’enseignement de la littérature, la critique littéraire, et tout discours sur la littérature. [...] Aussi la réflexion sur la production sociale de la valeur demande-t-elle à être prolongée par une analyse textuelle qui mettrait en évidence la manière dont les œuvres affichent des traits qui favorisent leur reconnaissance. [...]

Outre sa critique de l’humanisme et du structuralisme ambiant des années soixante, l’intérêt du concept de production est d’avoir permis l’appréhension de la création comme processus et comme travail, c’est-à-dire comme transformation du matériau (matériau linguistique, matériau idéologique, matériau psychique) au-delà de toute considération qui limiterait la fonction de l’œuvre à la représentation du monde ou au plaisir esthétique.

Parce qu’il ne contient pas un jugement préalable sur son objet, il dissout la frontière qui autrement divise la culture entre productions légitimes (érigées en monuments) et productions non légitimes (considérées comme documents). Toutefois, le concept de production laisse en suspens la réflexion sur ce qui est ainsi produit et que désigne l’adjectif (production littéraire, production textuelle, production signifiante) lequel demande dès lors à être redéfini plus avant.

on ne lui fait pas dire, puisqu'elle introduit le concept de production, sa signification dans un mode de production marchand, dans son approche de la production artistique, celle de l'œuvre, alors ramenée à un produit avec une valeur qui se dédoublerait en art et marchandise. Cela n'a aucun sens. Tout au plus pourrait-on parler, justement, de fabrication, dans les termes du précédent commentaire

la reproduction ne fait qu'introduire une différence entre une œuvre unique (peinture...) et une œuvre reproductible - littérature, musique, cinéma... cf Benjamin). Le prix d'un livre n'est pas indexé sur la reconnaissance de son auteur, mais le profit qu'on en tire sur le nombre de ventes. Il s'agit toujours d'une reconnaissance socialement vérifiable, qui échappe pour l'œuvre d'art au coût de revient de sa fabrication : rapporté au prix de la toile et des pinceaux, et même les heures payées un bon salaire, un tableau de Picasso ne vaut pas plus qu'une croûte Place du Tertre


Twisted Evil

j'ai traité plus à fond de tout ça dans UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch... et PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même

diffusée gratuitement, une œuvre ne peut pas devenir une marchandise, du moins si cette exigence de son auteur n'est pas trahie. Sur le marché de la poésie (sic) c'est un suicide, puisque dans le capitalisme, c'est une contradiction sans dépassement possible



dans sa geste, c'est un appel au dépassement de l'art par la révolution, c'est-à-dire l'abolition de sa valeur marchande, de la 'marchandisabilité' sur la base de la valeur artistique



intéressantes considérations de Flaubert sur la valeur de l'art, tout-à-fait similaires à ce que j'en dis en renonçant à toute commercialisation de mes œuvrages



« Pour Flaubert, l'art n'a pas de prix et par conséquent ne devrait pas être monnayé. Une autre raison qui devrait empêcher un écrivain de se vendre à un éditeur, c'est la conscience de la disproportion fondamentale qui existe entre la valeur réelle de son œuvre et la somme qu'il en retire. Comment, se demande Flaubert, estimer la valeur d'une œuvre en termes économiques et d'après quels critères ? »

Flaubert a écrit:
Nous sommes des ouvriers de luxe ; or, personne n’est assez riche pour nous payer. Quand on veut gagner de l’argent avec sa plume, il faut faire du journalisme, du feuilleton ou du théâtre. La Bovary m’a rapporté... 300 francs, que J’AI PAYÉS, et je n’en toucherai jamais un centime. J’arrive actuellement à pouvoir payer mon papier, mais non les courses, les voyages et les livres que mon travail me demande ; et, au fond, je trouve cela bien (ou je fais semblant de le trouver bien), car je ne vois pas le rapport qu’il y a entre une pièce de cinq francs et une idée. Il faut aimer l’Art pour l’Art lui-même ; autrement, le moindre métier vaut mieux.

au comte René de Maricourt, 4 janvier 1867

Pourquoi publier, par l’abominable temps qui court ? Est-ce pour gagner de l’argent ? Quelle dérision ! Comme si l’argent était la récompense du travail, et pouvait l’être ! Cela sera quand on aura détruit la spéculation : d’ici là, non. Et puis comment mesurer le travail, comment estimer l’effort ? Reste donc la valeur commerciale de l’oeuvre. Il faudrait pour cela supprimer tout intermédiaire entre le producteur et l’acheteur, et quand même cette question en soi est insoluble. Car j’écris (je parle d’un auteur qui se respecte) non pour le lecteur d’aujourd’hui, mais pour tous les lecteurs qui pourront se présenter, tant que la langue vivra. Ma marchandise ne peut donc être consommée maintenant, car elle n’est pas faite exclusivement pour mes contemporains. Mon service reste donc indéfini et, par conséquent, impayable.

à George Sand, 4 décembre 1872

J'ai voulu dire seulement ceci : quand on ne s’adresse pas à la foule, il est juste que la foule ne vous paye pas. C’est de l'économie politique. Or, je maintiens qu'une œuvre d'art (digne de ce nom et faite avec conscience) est inappréciable, n'a pas de valeur commerciale, ne peut pas se payer. Conclusion : si l'artiste n'a pas de rentes, il doit crever de faim ! On trouve que l’écrivain, parce qu’il ne reçoit plus de pension des grands, est bien plus libre, plus noble. Toute sa noblesse sociale maintenant consiste à être l’égal d’un épicier. Quel progrès ! Quant à moi, vous me dites : « Soyons logiques » ; mais c'est là le difficile ! Je ne suis pas sûr du tout d'écrire de bonnes choses...

à George Sand, 12 décembre 1872

« La prostitution artistique en est d'autant plus impardonnable. »

et nous voyons ainsi en quoi la valeur artistique non commerciale préfigure l'abolition de la valeur d'échange de toute création humaine, « question en soi insoluble » dans le capitalisme

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PEUTÊTRE



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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Jeu 22 Fév - 14:57


reçu de Patlotch

SUICIDE MOT D'EMPLOI

Épitaphe de Patlotch, 2001-2018

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans
d'écrire sans emploi pour un autre que soi

On ne tue pas le pair quand il est mort de soif
de vivre n'attend pas le nombre des aînés

Pendu de vaineté sur le gouffre du temps
à la langue perdante au goût frais gangrené

Par l'attente trahie d'un présent jamais là
l'escarre de la chair et dans l'écart du verbe

Le silence assassin de vérités en herbe
aconites vertus d'un trouble tralala

Qu'il nous faut bien finir pour tout recommencer
peut-être va savoir et personne qui sait

Personne qui n'entend ni personne qui parle
nul écho tout raisonne où rien n'est résonné

Patlotch, Ailleurs, 21 février 2018 0:07

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Ven 23 Fév - 20:39


Tristan Vacances : - Alors, vous êtes mort, ou pas ?

Patlotch : - bas le bec, charognard ! Je suis "entré radicalement en poésie", et j'ai quitté votre désert

Tristan Vacances : - Et qui assure la succession ?

Patlotch : - c'est votre promotion pour service rendu à la cause toujours

Triste Vacances : - Un honneur pour moi, mais le petit nouveau ?

Patlotch : - le beau joli est arrivé, imprévisible incontrôlable, et je n'en réponds pas

PEUTÊTRE : - C'est une sage résolution

Patlotch : - Vive la résolution !

Tristan Vacances : - Merci !

Patlotch et PEUTÊTRE, en chœur : - de riens

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   Mar 27 Fév - 13:20


la belle affaire est-elle au net ?

Xavier Bordes : la poésie à portée de clic
Quand un des grands poètes français donne ses poèmes sur la Toile
Gwen Garnier-Duguy Causeur 25 février 2018

extraits
Citation :
Un cadeau poétique par jour
C’est dans ce contexte de la vérité qu’il est permis aujourd’hui d’orienter le regard vers l’acte qu’accomplit quotidiennement le poète Xavier Bordes en publiant sur son blog un à plusieurs poèmes. Bordes est l’un des plus importants poètes de langue française actuel et il pose ainsi chaque jour sur le Web un acte fondateur : il donne à lire à qui le veut ses poèmes.

Enchanter la Toile

Qui est Xavier Bordes ? Né en 1944, il est l’auteur, chez Gallimard, de trois recueils parus en blanche, dont l’un, Comme un bruit de source, reçut le Prix Max Jacob en 1999. L’auteur aussi de la merveilleuse Pierre Amour, œuvre-monde récemment réédité au format poche dans la collection poésie/Gallimard. Il est également un traducteur important puisqu’il a permis au lecteur français de comprendre et d’accéder au poète grec Odysseus Elytis en son Axion Esti. Avons-nous d’autres exemples d’un poète d’envergure livrant au net ses compositions ?

En soi, sa démarche est acte poétique. Car on peut estimer l’importance d’un poète à l’autorité des lieux de ses publications (et Gallimard se pose là, comme un diplôme, une marque de reconnaissance) ou à la beauté de son inspiration. On peut aussi estimer sa parole à l’aune de ses choix silencieux qui sont d’éminents indicateurs. Pour l’ensemble des lettrés de France, publier sur la Toile est largement dépréciatif. Ce qui est donné à lire ne peut pas être bon.

Or Xavier Bordes donne ainsi son œuvre. La conscience du poète Bordes n’étant pas celle d’un naïf, il est à chercher, dans cet acte transgressif, ce qu’il veut nous dire, au-delà de son inspiration poétique.

Contre le monde de l’avoir

Puisque le nom de Bordes n’est pas populaire comme celui de Bob Dylan, imaginerait-on le prix Nobel de littérature postant gratuitement ses chansons sur le Net, avec téléchargement gratuit pour usage illimité ? Ou, disons, Michel Houellebecq publiant sur un blog chaque jour quelques paragraphes de son nouveau roman en temps réel comme un feuilleton ?

Ils auraient trop à y perdre. Pourtant Bordes, dont l’œuvre n’est pas moins ambitieuse que celle de Dylan, nous dit quelque chose de la poésie et de son rôle par cet acte de blogueur qui en réalité est acte de poète.

Il nous dit que poésie et littérature n’ont strictement rien à voir. Il nous dit que la poésie, sans valeur monétaire, est la conjuration du monde de l’avoir. Il nous dit que la posture ne va pas au poète. Il nous dit l’urgence d’ensemencer le monde par sa forme actuelle, la toile, avec les trésors de l’imaginaire et de la langue portés au plus haut pour le bénéfice de la communauté humaine. Il nous dit que la technologie, bras armé de la modernité, ne peut qu’accueillir son virus/contrepoison en disséminant la parole poétique dans tout le réseau. Parole cachée dans la soie des fils connectiques. Il nous dit, enfin, puisque pour les seigneurs de l’argent le poème ne vaut rien, que le Poème relève de l’Etre.

Nous ne pouvons qu’inviter le lecteur assoiffé de beauté à fréquenter la poésie de Xavier Bordes. Elle est à portée de clic. Nous ne pouvons qu’encourager tout individu épuisé par l’économie de croissance à aiguiser sa résistance à la vérité de l’acte poétique de Xavier Bordes, dont chacun peut-être compagnon. Cet acte là, en tant que celui du Poème même, est acte de salut. Public.

si Xavier Bordes "dit" tout cela, y compris de façon insistante dans le texte de ses poèmes, n'est-ce pas au fond qu'il ne le fait pas, ou pas jusqu'au bout ? Comme le fait remarquer un commentateur :

Citation :
Des milliers de poètes dans toutes les langues interviennent sur le web, sans prétendre que leur démarche soit en soi un acte poétique ou une transgression. Cela peut concerner aussi des poètes d'envergure (Jérôme Leroy par exemple sur son blog!). Pas d'accord non plus avec l'opposition littérature-poésie - la poésie qui serait pure et purement gratuite, purement contre le monde de l'avoir. Ce que veut le "grand poète" (chacun jugera) Xavier Bordes, c'est quand même bien qu'un quidam achète ses écrits gallimardesques, comme le suggèrent d'ailleurs les pubs Amazon surgissant opportunément sous l'article.

Et en soi ce n'est pas un problème. La poésie peut se vendre et s'acheter (on le sait mieux ailleurs qu'en France). Le poète n'a pas des semelles de vent mais des factures, comme tout le monde...

je ne partage pas le second paragraphe, puisqu'il y a confusion entre valeur marchande et valeur artistique. Pour qu'il y ait transgression véritable, la gratuité ne doit pas être appel pour un échange marchand. De ce point de vue choisir c'est renoncer, ou se trahir. Je publie toute ma poésie des années 70 à ce jour depuis 15 ans sur Internet, et me refuse à toute édition payante, via un éditeur ou en auto-édition papier

publier gratuitement n'est pas en soi un acte poétique sur le terrain de la poésie, ce qui l'est socialement c'est d'assumer l'art dans sa part irréductiblement non marchande, et de s'en tenir là, grand poète ou petit

mais, me dit raton, à vous suivre de quoi vivraient les artistes, s'ils ne vendaient pas leurs œuvres ? Hé bien je m'en fous, qu'ils se démerdent ou continuent à considérer que l'art est une marchandise. En sortir vaut bien une révolution, sociale et poétique

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MessageSujet: Re: PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même   

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PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même
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