PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 PENSÉES diverses à marier sans modération

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Lun 23 Nov - 18:03

il faut bien que le corps exulte, disait Brel, et je va vous dire, chère lectorate, un secret : ne le répétez pas

mon parti du jour et de demain qu'il fera jour, c'est Corinne Cerise, Segesta, et Roland Simon n'en déplaise : nous voilà donc à parité, méninge à trois, et de quoi compenser notre misère d'humains trop humains

La Chanson Des Vieux Amants

Jacques Brel



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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Sam 28 Nov - 2:07


« Le nationalisme ou l'intégrisme ne sont que les effets pervers de la volonté hégémonique des marchés. »

Pierre Bordage Graine d'immortels, 1999
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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Sam 28 Nov - 14:35


je le mets ici ne sachant où ailleurs. À méditer, j'y reviendrai


" le virtuel alimente le réel et vice versa "

Peut-on militer derrière son clavier ? Mehdi Atmani

A Paris, l’état d’urgence confine les manifestants de la COP21 à la mobilisation numérique

Citation :
Hashtag fédérateur, pétition en ligne, forum de discussion, slogan viral… Autant d’outils numériques imposés ce week-end par l’actualité post-attentats aux 130 organisations de lutte pour le climat. En effet, à deux jours de l’ouverture de la COP21, à Paris, la prolongation de l’état d’urgence et l’interdiction de manifester en Ile-de-France jusqu’au 30 novembre cantonnent au virtuel la grande mobilisation prévue dimanche. Sous réserve de désobéissance civile.

D’où cette question: peut-on manifester dans le virtuel comme dans la vraie vie? Pour Sébastien Salerno, sociologue des médias à l’Université de Genève et fin connaisseur des mouvements sociaux, il y a un art de faire protestataire commun au réel et au virtuel. «On use des mêmes codes que l’on adapte à l’avant, au pendant et à l’après de l’événement.» Pour les manifestants, l’avant est «extrêmement important puisqu’il vise à interpeller des soutiens, toucher des audiences sélectives comme les ONG, les citoyens lambda, les organisateurs ou les réseaux anarchistes».

La formule sur le fond

Cette mobilisation en amont sert à imposer un enjeu à l’événement et de définir, par le discours, ce qu’il doit être. Les réseaux sociaux jouent pleinement ce rôle fédérateur tout en labélisant l’événement. «L’enjeu communicationnel d’avant la manifestation est d’imposer le slogan, le hashtag et l’illustration ou le logo poursuit le sociologue. Il faut signifier l’événement.» C’est le fameux «Nous sommes les 99%» du mouvement mondial Occupy Wall Street en 2011 ou le «Ils ne sont pas la solution, mais le problème» des organisations de lutte pour le climat à la COP21.

En 2015, le militantisme pourrait se résumer à la rencontre entre la technologie du soi et la politique contestataire. «Les ressorts de la communication contemporaine impliquent d’afficher ses émotions, d’être dans l’autoreprésentation et la créativité graphique, explique Sébastien Salerno. Pratiquement, on va émettre une image, un slogan, une photo pour produire de la viralité.» Et donc de privilégier l’efficacité d’une formule sur le fond du discours?

Car sur Internet et les réseaux sociaux, la personnalisation des canaux d’information a plusieurs conséquences, dont l’une est d’exposer les internautes à leur propre opinion. En d’autres termes, on fédère une communauté déjà acquise à la cause tout en évitant de la confronter aux opinions contraires. Avec, pour résultat, une absence de débat. «La Toile n’est pas qu’un espace de débat. Nous vivons une époque dans laquelle le verbe et les mots existent toujours. On se souvient du #JeSuisCharlie après les attentats de janvier 2015. Mais le discours ne passe plus par de longs articles. Ce qui circule aujourd’hui sur les médias, c’est l’image.»

Le réel alimente le virtuel

Pour le sociologue, les actions virales ne viennent pas supplanter ni compléter la mobilisation physique. «Il y a une nouvelle légitimité conférée à l’espace virtuel qui peut avoir une prise sur le réel.» Par exemple, la géolocalisation des tweets pour se retrouver, un slogan qui se matérialisera dans la rue. «Par ailleurs, le monde physique est incitateur et motivant. S’il n’y a pas de mobilisation physique, certains diront que c’est un échec. D’autres, au regard de la mobilisation en ligne, parleront d’un succès.» Pour résumer, le virtuel alimente le réel et vice versa.

Dans les deux cas, le critère de réussite reste le chiffre. De nos jours, le nombre de manifestants dans la rue se retrouve sur un pied d’égalité avec le nombre de retweets, pages vues, clics et likes, «car les médias mainstream reprendront et diffuseront cette information», conclut Sébastien Salerno. Mais ces militants du clavier sont-ils pour autant au rendez-vous lorsqu’il s’agit de passer à l’action? Dimanche, les 130 organisations de lutte pour le climat ont d’ores et déjà promis de braver l’interdiction de manifester pour battre le pavé parisien.


Patlotch ânonymousse


en relation, cyber-activisme, extrait de Le militant au 21e siècle Gilles Dauvé, DDT21, 2014

Gilles Dauvé a écrit:

Cyber-activisme

Un trait commun du milieu radical, c’est de croire que mondialement les prolétaires vivent de plus en plus mal tout en luttant de plus en plus : si « la révolution » n’arrive pas, qu’est-ce qui manque ? Pour beaucoup, ce sont les liens qui font défaut : il s’agit donc d’y contribuer. Non pas en créant le noyau d’un futur parti, simplement en favorisant l’organisation, et d’abord en promouvant les sources et les canaux d’information.

Les médias c’est nous, entend-on souvent. Ô combien ! Le cyber-activisme fonctionne sur le même modèle que les médias. Simplifier, grossir, répéter : un journaliste résumait ainsi la presse dite populaire. Hélas ce slogan anime plus d’un site à ambition révolutionnaire. A la manière des reportages aujourd’hui visibles sur des écrans omniprésents, le lecteur-spectateur est mis devant un défilement incessant d’événements tous aussi essentiels les uns que les autres, alors même que leur infinie succession atteste leur caractère éphémère et les vide de sens.

« Rien à voir avec la télé ! », nous dira-t-on, « car ici le spectateur est aussi acteur : nos sites interactifs montrent des gens qui s’informent mutuellement et interagissent entre une grève à Turin et une émeute à Manille… ! »

Il va de soi pour les participants à une action d’en diffuser les images, notamment sur les réseaux sociaux. Mais à supposer – cas exceptionnel qui dépend très peu de nous – que les grévistes turinois communiquent avec les émeutiers manillais, la question serait l’effet possible de cet échange sur leurs luttes respectives.

Cette question, le cyber-activisme ne se la pose pas, car il partage l’illusion que communiquer, c’est agir.

Pire, voulant battre les médias sur leur terrain, le média radical les imite : urgence systématique (donc obsolescence inévitable), répétition, accumulation, sensationnalisme par recherche du fait frappant et de l’image-choc, qui en général ne signifie rien. Que prouve la photo d’un visage ensanglanté ?

Ce que le cyber-activisme a de positif (l’information transmise, les liens entretenus) est en grande partie stérilisé par son fonctionnement : il nous fait vivre dans la représentation d’un monde en perpétuelle révolte, sinon en insurrection, un monde fantasmatique, véritable univers parallèle digne des romans de Philip K. Dick… mais mieux vaut ne pas trop confondre fiction et révolution.


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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Sam 28 Nov - 22:34



certains sont contents qu'on disent du bien de leurs idées,
qu'ils prennent pour leur personne

certains sont mécontents qu'on disent du mal de leurs idées,
qu'ils confondent avec leur personne

beaucoup sont mécontents qu'on ne parle d'eux ni en bien ni en mal

moi, je suis content de bonnes critiques, en bien ou en mal



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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Sam 5 Déc - 16:29


je sens venir une période de solitude, trop peu d'amis solides, pour traverser encore...


Ils sont le sel de la Diversité.
Ils ont dépassé les limites et les frontières, ils mélangent les langages,
ils déménagent les langues, ils transbahutent, ils tombent dans la folie du monde,
on les refoule et les exclut de la puissance du Territoire mais,
ils sont la terre elle-même, ils vont au-devant de nous,
ils voient, loin devant, ce point fixe qu'il faudra dépasser
une fois encore





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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mer 9 Déc - 22:16



penser par soi-même, c'est penser avec : les autres


bing traductor :

think for yourself, it's thinking with: other

piensa por ti mismo, es pensar con: otros

Denken Sie für sich selbst, er denkt mit: andere

Подумайте сами, она думает с: другие

Σκεφτείτε για τον εαυτό σας, σκέφτεται με: άλλα

自分のためだと思う、それと考えている: その他

为自己思考,它与思考: 其他

Tänk själv, det tänker med: andra

Дивися сама, вона думає з: інші

Szerintem magad, hogy gondolt a: egyéb

Hãy suy nghĩ cho chính mình, đó suy nghĩ với: khác

que pou ou menm, li gen nan tèt ansanm ak: lòt

berpikir untuk diri sendiri, itu berpikir dengan: lainnya

kendiniz için düşünün, bunu ile düşünüyor: diğer

תחשוב בשביל עצמך, היא חושבת עם: אחרים

أعتقد لنفسك، هو التفكير مع: أخرى


ps : pour la traduction et la mise en italique, les connaisœurs m'excuseront, ou pas...



Citation :
La mondialisation n’est pas qu’échange de marchandises et flux financiers. Elle se double d’un envers invisible, difficile à appréhender. Il s’agit de l’impératif de l’interlocution humaine : comprendre et se faire comprendre. Le fait que les notions occidentales se soient répandues sur la planète ne comporte pas l’effet mécanique d’une signification homogène.

Partant du constat de la domination linguistique de l’Occident dans le monde contemporain, principalement par le véhicule de l’anglais, ce livre procède à un sondage en profondeur à l’occasion de neuf mots-concepts, patiemment façonnés en Europe durant des siècles.

Il expose comment ces concepts sont entendus dans 9 langues non occidentales. Les savants auteurs sollicités mettent sous les yeux du lecteur la complexité de la question de l’interlocution mondiale. Ils nous font toucher du doigt les problèmes fondamentaux, que la doxa euro-américaine refoule, auxquels est confrontée l’humanité contrainte de passer sous bulldozer de la mondialisation.

La haute érudition se révèle être un instrument essentiel pour l’analyse des rapports mondiaux. Neuf mots : Contrat, Corps, Danse, État, Loi, Nature, Religion, Société, Vérité. Neuf langues : arabe, persan, langues africaines du Burkina-Faso et du Gabon, chinois, hindi, japonais, persan, russe, turc.



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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Ven 11 Déc - 17:28


hygiène de la désamitié

il paraît que certains se découvrent des amis  "sexistes" ou "racistes"... et que ça leur fait tout drôle. On écrit ça à propos d'un article dans Libération*. Personnellement il y a belle lurette que je ne m'étonne plus de rien, mais des "amis" comme ça, c'est bien simple, je n'en ai plus. Ma porte leur est fermée, j'en ai fait le ménage dès que le vent m'en apportait l'odeur, et j'ai l'odorat fin. J'y ai même ajouté les anti-communistes, et c'est moi qui les définis, y compris labellisés "camarades", on l'a vu

* Nos amis et collègues peuvent aussi être racistes et sexistes: l’enjeu est de le reconnaître Slate.fr

Jean-Luc Nancy a écrit:
Vous savez, j’ai pour ma part une douzaine de rapports indirects avec des victimes qui sont mortes dans les attentats, cela ne s’était jamais produit dans ma vie. Cette proximité a des effets psychologiques très forts...

source


« des effets psychologiques très forts », j'en ai ressentis toute ma vie, et de plus en plus depuis une quinzaine d'années, à croire que ce fut pour cause de changement de siècle

il est normal que je ne me sois trouvé aucun lien avec des victimes directes ou indirectes de Charlie Hebdo ou du Bataclan. Qui me lit, notamment ma poésie des années 2000, le sait : je mets dans la même poubelle occidentale ce genre d'"humour", de "culture" ou de "musique". Mais il est vrai que je ne suis pas un grand philosophe français

l'article de Slate dit aussi « Plus on est proche, plus c'est difficile ». Oui, mais dans ce cas, je coupe. Je l'ai écrit aussi quelque part, à retrouver* : savoir rompre

l'article dit encore « Aimer sans cautionner ». Non, pas de caution, plus d'amitié. Quand c'est fini, c'est fini : choisir, c'est renoncer. Très douloureux. Je l'ai vécu, je l'ai écrit. Aussi

statistiquement, il n'y a pas photos, se débarrasser de tels "amis", c'est s'ouvrir à s'en faire cent fois plus, et des meilleurs : sans étiquette, et sans frontières, que celles qu'on leur impose qu'il ont déjà eux traversées, ne serait-ce qu'en esprit, ou en rêve

* ici, par exemple : Rupture dans le théâtre patlotchien de la cruauté, Passages du temps, 32 mars 2006

Patlotch a écrit:
N'en jetez plus, la cour est pleine... Depuis des mois, et particulièrement depuis novembre 2005, par les discussions autour de moi, avec mes amis, mes collègues de travail, dans le RER, dans les couches moyennes sécurisées par le travail mais souhaitant « changer la société », désireuses avides d'« un autre monde possible », je sentais monter le désarroi, l'effroi de la réalité sociale française.

Je le sentais dans les discussions virtuelles chez les plus « politiquement engagés », à défaut souvent d'être enragés et d'admettre qu'on en vienne à s'insurger, notamment physiquement. Il leur fallait guérir cette anormalité du langage du corps, du corps social, par des mots, encore des mots, les mots impuissants de la politique, de la démocratie. Des mots transformés aujourd'hui en « coups de pied au cul », au nom de la Loi du Père.  Les mots de ceux qui planquent leur propre trouille sécuritaire derrière leur désaccord... avec qui ? Qui « pour applaudir la violence de ceux qui tabassent des filles et des garçons » ? Qui ? Mystère ou désastre de la socio-psychologie ?

Je sentais qu'ils ne pouvaient pas regarder les choses en face, qu'il leur fallait à tous prix se protéger, comme disait Isabelle Stengers dans La sorcellerie capitaliste : mais avec quoi pourraient se protéger ceux qui, n'ayant plus aucune protection sociale au présent ni en perspective, n'ont que leurs chaînes à perdre ? Ne s'agirait-il pas plutôt de protéger des acquis dont tant sont à jamais "exclus" ?

Je sentais qu'il leur fallait trouver des repères et qu'ils ne pouvaient être rassurés qu'au passé de leurs illusions, qui furent aussi les miennes : le service public à défendre, l'alternative politique à promouvoir par le bas, la nécessité d'une transition d'un pouvoir démocratisé... tous repères construits dans et par cette société en tant que produit de la lutte de classes dans sa dynamique historique, et par conséquent dans des formes changeantes, mais devenues caduques.  

Je sentais qu'il leur fallait absolument conjurer la peur, y croire encore, se battre pour une intelligence administrée par l'Etat... D'où les résistances, au sens des psy, le refoulement, et ceci malgré tout l'intérêt qu'ils montraient d'en discuter avec moi, peu ou prou considéré comme se masturbant sur son nuage théorique et poétique.

Je sens bien là que quelque chose s'est rompu.

Plus d'un, sincèrement progressiste, se découvre réac' "à l'insu de son plein gré", comme pris soudain d'un coup de vieux, complètement déstabilisé en ce qu'il se tenait pour radical mais, réaliste, gravissant avec sagesse les chemins escarpés du changement de société.

Ce qui s'est rompu subjectivement, psychologiquement, c'est dans l'écart entre affirmer vouloir changer la société, et vouloir conserver ou retrouver ce qu'on y croit acquis, comme base du changement, quand les luttes vous doublent sur votre gauche et vous abandonnent à vos fantasmes les plus subjectivement gauchisants, les plus "gauchistes" en paroles.

La différence est entre conserver ou abolir cette société, et c'est celle de ce mouvement relativement aux précédents, de 68, 95, 2003, de l'exprimer massivement.

La différence est que cette question est posée par les luttes, en d'autres termes que la démocratie, la politique, la paix sociale... ou que le communisme comme dépassement sans rupture du capitalisme, car on voit bien qu'il n'est pas près de « commencer par les fins ».

La différence, c'est que « la révolution est redevenue un sujet polémique » (Théorie Communiste 13 février 1997), et que cette polémique en France en mars 2006 s'est emparée des masses, par la jeunesse en lutte contre sa situation dans la société, le capital, la « société capitalisée » (Temps critiques). L'utopie a changé de camp. La révolution est topique. Topo-logique. Située. Ici si ce n'est maintenant.

Mais j'ai aussi, dans les faiblesses des autres, assez de reconnaître les miennes.

Devant l'effroi que cause cette rupture psychologique, c'est promis, je vais être compatissant, mais pas encore gentil. N'ai-je pas, depuis le 1er avril dernier, changé de chapitre ? Ce n'est pas pour y perdre ma voix, notre voie révolutionnaire.



ou là : Du désir de rompre, Mes dé-buts, 12 février 2006

Citation :
Le plus difficile n'est pas de commencer, mais de rompre. Non pas refuser ce que nous ne voulons pas, qui se présente comme un choix, mais rompre avec ce que nous ne voulons plus, qui nous attache encore, malgré nous, et particulièrement les êtres (ou des idées) dont nous nous imaginons qu'ils (elles) ont besoin de nous, quand nous pensons pouvoir nous passer d'eux (d'elles). Êtres chers au passé, ou chers à la mémoire, mais encore là. Passage du temps sur ce qu'il met à mort. Pour commencer, il faut rompre. Le désir de rompre, c'est un désir fou de commencer, de considérer que maintenant est un début. Ce n'est pas un fantasme de recommencer, au début, sa vie entière. C'est la nécessité de détruire ce qui, du passé, particulièrement dans nos relations, nous empêche de nous engager radicalement dans un nouveau début. Les circonstances y sont plus ou moins favorables, mais ce qui nous y aide le plus, c'est la mort du passé réciproquement reconnue comme plus forte que la présence du souvenir; reconnu que nous pouvons "divorcer" à l'amiable, accepter de nous dire, pour commencer, à nous-même : « Nous ne nous reverrons jamais ». Sinon, le faire délibérément, sans attendre qu'avec le temps, tout s'en aille, sans y être contraint par la mort ou la distance physiques, voilà qui relève, plus que d'un travail de deuil, d'un effort de meurtre. Voilà qui paraît terrifiant, car pouvant exiger une certaine cruauté, du moins une résistance à la pitié. C'est pourtant ce que suppose de ne pas céder sur son désir d'être soi, fidèle à soi, désir qui pousse à rompre, à rompre d'abord avec le regard des autres sur un soi au passé, parce que je est un autre, ou peut-être le même, mais fidèle à soi-même en changeant comme un fleuve au passage du temps. Le désir de rompre, c'est la nécessité de rompre avec une fausse idée de la fidélité, pour être fidèle, non à la mémoire d'un vécu, à la présence du mort-vivant, mais à ce qui promet de vivre.


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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Lun 28 Déc - 15:51


L'esprit de parti abaisse les plus grands hommes jusqu'aux petitesses du peuple

La Bruyère, De l'homme


il est des fois où le mot peuple sonne beaucoup plus juste dans la bouche d'un du peuple d'en-bas que le concept de prolétariat dans celle d'un professeur du prolétariat en toutes abolitions, et quand le prolétaire du peuple entend tel professeur de révolution assurer : « Chaque fois qu'à la place de prolétariat, je lis "peuple", je me demande quel mauvais coup on prépare contre le prolétariat », aussi n'est-il point fondé à se demander : d'oucékipudonctan ?

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mer 30 Déc - 19:20


condensant admirablement les remarques croisées de Pierre Legendre et Karl Marx sur la nature religieuse de l'État (voir plus haut), et bien qu'ici non pour la critiquer, ce petit chef-d'œuvre



Si toute religion est une crainte respectueuse de la Divinité,
que penser de ceux qui osent la blesser dans sa plus vive image,
qui est le Prince


La Bruyère


Des esprits forts, Les Caractères


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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Ven 1 Jan - 23:25




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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mer 6 Jan - 23:18


« Je suis plus libre que beaucoup de ceux qui se promènent à ciel ouvert :
ceux-là sont prisonniers par la pensée;
ils sont enchaînés par leur propriété, par leurs intérêts d'argent,
par les tristes nécessités de vie,
absorbés au point de ne pouvoir vivre en êtres humains,
en êtres pensants. »


Louise Michel, entretien avec Paul Lafargue, prison de Saint-Lazare, 1885

in





acheté hier 1€ chez un brocanteur qui n'aime pas les livres
Boulevard de Charonne, en haut de la rue Alexandre Dumas...
j'y reviendrai, évidemment


Louise Michel matricule 2182

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Dim 10 Jan - 23:41


il y a des gens, allez savoir pourquoi,
qui ratent leur vie en la réussissant
et d'autres c'est comme ça
qui la réussissent : en la ratant


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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mer 13 Jan - 0:32



vivre son temps ?

préférer le vivre au risque de ses erreurs
que le rêver ailleurs sans le vivre



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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Jeu 14 Jan - 0:42


en paroles ou en actes,
la liberté implique la responsabilité


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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mar 26 Jan - 16:41


le scoop du siècle


Miss France : Geneviève de Fontenay se retire de la compétition

(on ne pourra plus voter pour elle)



infos

Geneviève de Fontenay a écrit:
« J'ai quelque chose à dire sur Valls. Je le vois encore dans le bureau, là-bas, reçu avec tous les honneurs en Arabie saoudite avec Le Drian et Fabius.  Il a signé 10 milliards de vente d’armes à cette Arabie Saoudite, ce pays de barbares où on décapite les gens. Après, ça va aux jihadistes, à Daesh et ça revient sur notre tête. Voilà le résultat, je voulais dire comment ça se passe. »

- Vous n’avez pas l’impression de taper parfois un peu fort?

« Ah non, je ne taperai jamais assez fort, surtout en ce moment avec tout ce qui se passe avec les jihadistes et l’affaire Charlie. Charlie et Mahomet, c’était une provocation.»

- Vous avez eu l’esprit du 11 janvier ?

« Pas du tout. Ils avaient prévenu, les caricaturistes de Charlie étaient menacés de mort déjà depuis longtemps. »

source vidéo BFM TV
.
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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mar 26 Jan - 22:47


Mais tout cet amour que je te donnerai,
Où le prendrai-je ?
 


Jacques Audiberti

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mer 27 Jan - 13:36


elle en a, de ces sorties...

parfois, résister c'est partir

Christiane Taubira
on ne lui fait pas dire !
source


AFP / Alain Jocard

mais ça restera une pensée difficile à marier sans modération...

échanges de tweets

Houria Bouteldja a écrit:
Christiane Taubira a écrit:
Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit.

Trop tard, t'es allée trop loin, t'as cautionné 4 ans de politique socialiste, 4 ans de politique impérialiste, raciste et antisociale. Les mots "éthique, "fidélité", "droit" et "résistance" sont de trop dans ta bouche. Ils sont mêmes obscènes. Démissionner quand en fait c'est le pouvoir lui-même qui te pousse à la sortie est juste une honte. Adieu.

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Lun 1 Fév - 13:39


chercher à savoir

si le combat décolonial est de gauche ou de droite
s'il est un combat de classe

c'est se demander
si l'alcool de vin est rouge ou blanc

et si la coupe est à moitié pleine ou à moitié vide




à consommer sans modération ?

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Jeu 4 Fév - 14:47


« un grand choc »

Coppé rencontre Karl Marx




« contre la valeur... l'état de révolution du quotidien doit être permanent »


« je suis contre le travail »

Sarkozy




« c'est une révolution incomplète, mais c'est le début d'une révolution »

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Dim 7 Fév - 1:25


« ceux pour qui rien n'est jamais assez quelque chose...»


Aragon, Aurélien

incidemment retrouvé à l'occasion d'une conversation avec Corinne Cerise, à propos du besoin d'amour comme drogue, autrement dit la passion de l'amour, typique de l'Amour en Occident (Denis de Rougement, 1939), aimer l'amour plus que l'objet de son amour... c'est-à-dire au fond le besoin du manque plutôt que de le combler : on verra que cela joue aussi bien pour l'amour que pour le communisme, l'anarchie jusqu'au nihilisme (suivez mon regard...), ou pour l'intégrisme 'religieux' jusqu'au terrorisme

on pourrait le dire avec Lacan (aimer c'est offrir quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas), ou avec Meschonnic, en le paraphrasant à propos de la poésie : l'amour de l'amour, c'est la mort de l'amour, aussi bien que l'amour du communisme comme fin, c'est la mort du communisme comme combat vivant

"Le goût de l'absolu"

Aragon a écrit:
Il y a une passion si dévorante qu’elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s’en sont pris à elle s’y sont pris. On ne peut l’essayer, et se reprendre. On frémit de la nommer : c’est le goût de l’absolu. On dira que c’est une passion rare, et même les amateurs frénétiques de la grandeur humaine ajouteront : malheureusement. Il faut s’en détromper. Elle est plus répandue que la grippe, et si on la reconnaît mieux quand elle atteint des cœurs élevés, elle a des formes sordides qui portent ses ravages chez les gens ordinaires, les esprits secs, les tempéraments pauvres. Ouvrez la porte, elle entre et s’installe. Peu lui importe le logis, sa simplicité. Elle est l’absence de résignation. S’il l’on veut, qu’on s’en félicite, pour ce qu’elle a pu faire faire aux hommes, pour ce que ce mécontentement a su engendrer de sublime. Mais c’est ne voir que l’exception, la fleur monstrueuse, et même alors regardez au fond de ceux qu’elle emporte dans les parages du génie, vous y trouverez ces flétrissures intimes, ces stigmates de la dévastation qui sont tout ce qui marque son passage sur des individus moins privilégiés du ciel.

Qui a le goût de l’absolu renonce par là même à tout bonheur. Quel bonheur résisterait à ce vertige, à cette exigence toujours renouvelée ? Cette machine critique des sentiments, cette vis a tergo du doute, attaque tout ce qui rend l’existence tolérable, tout ce qui fait le climat du cœur. Il faudrait donner des exemples pour être compris, et les choisir justement dans les formes basses, vulgaires de cette passion pour que par analogie on pût s’élever à la connaissance des malheurs héroïques qu’elle produit.

[…] Il brisera la voix du chanteur, jettera de maigreur le jockey à l’hôpital, brûlera les poumons du coureur à pied ou lui forcera le cœur. Il mènera par une voie étrange la ménagère à l’asile des fous, à force de propreté, par l’obstination de polir, nettoyer, qu’elle mettra sur un carreau de sa cuisine, jamais parfait, tandis que le lait file, la maison brûle, ses enfants se noient. Ce sera aussi, sans qu’on la reconnaisse, la maladie de ceux qui n’aiment rien, qui à toute beauté, toute folie opposent le non inhumain, qui vient de même du goût de l’absolu. […] Ils sont ceux pour qui rien n’est jamais assez quelque chose.

Le goût de l’absolu… Les formes cliniques de ce mal sont innombrables, ou trop nombreuses pour qu’on se jette à les dénombrer.


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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mar 9 Fév - 16:34


« Nos sociétés ne sont pas sans classes, mais sans discours de classe articulant, de façon nouvelle,
une explication théorique de ces inégalités à un projet politique de transformation sociale, crédible et vérifiable »


Front National


cité par Louis Maurin, Directeur de l'Observatoire des Inégalités, Comment la gauche a abandonné les classes populaires, 8 janvier 2016

le FN a bien suivi les conseils d'Alain de Benoist : « Éclatent parfois des colères, mais qui ne durent pas et ne n’assortissent d’aucun véritable projet politique ou idéologique. J’ai eu l’occasion d’écrire récemment qu’il n’y a de perspective révolutionnaire que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel. Il me semble qu’on en est encore loin. » « Le FN aurait tout intérêt à abandonner ses positions jacobines » Breizh-info.com) 27 mars 2015

on ne leur fait pas dire, et les idéologues du FN ont une longueur d'avance, quant à la formulation d'« un discours de classe articulant, de façon nouvelle... ». Mais tant qu'ils n'auront en face que l'extrême-gauche du capital, et que les expressions "révolutionnaires" se feront concurrence pour représenter l'ultragauche de l'idéologie française, cela n'ira qu'en empirant
.
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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Mar 16 Fév - 10:57


Du désir de rompre

Patlotch
mes dé-buts 12-22 février 2006

Citation :
Le plus difficile n'est pas de commencer, mais de rompre. Non pas refuser ce que nous ne voulons pas, qui se présente comme un choix, mais rompre avec ce que nous ne voulons plus, qui nous attache encore, malgré nous, et particulièrement les êtres (ou des idées) dont nous nous imaginons qu'ils (elles) ont besoin de nous, quand nous pensons pouvoir nous passer d'eux (d'elles). Êtres chers au passé, ou chers à la mémoire, mais encore là. Passage du temps sur ce qu'il met à mort. Pour commencer, il faut rompre.

Le désir de rompre, c'est un désir fou de commencer, de considérer que maintenant est un début. Ce n'est pas un fantasme de recommencer, au début, sa vie entière. C'est la nécessité de détruire ce qui, du passé, particulièrement dans nos relations, nous empêche de nous engager radicalement dans un nouveau début. Les circonstances y sont plus ou moins favorables, mais ce qui nous y aide le plus, c'est la mort du passé réciproquement reconnue comme plus forte que la présence du souvenir; reconnu que nous pouvons "divorcer" à l'amiable, accepter de nous dire, pour commencer, à nous-même : « Nous ne nous reverrons jamais ». Sinon, le faire délibérément, sans attendre qu'avec le temps, tout s'en aille, sans y être contraint par la mort ou la distance physiques, voilà qui relève, plus que d'un travail de deuil, d'un effort de meurtre.

Voilà qui paraît terrifiant, car pouvant exiger une certaine cruauté, du moins une résistance à la pitié. C'est pourtant ce que suppose de ne pas céder sur son désir d'être soi, fidèle à soi, désir qui pousse à rompre, à rompre d'abord avec le regard des autres sur un soi au passé, parce que je est un autre, ou peut-être le même, mais fidèle à soi-même en changeant comme un fleuve au passage du temps.

Le désir de rompre, c'est la nécessité de rompre avec une fausse idée de la fidélité, pour être fidèle, non à la mémoire d'un vécu, à la présence du mort-vivant, mais à ce qui promet de vivre.



« On se fait toujours des ennemis de ceux avec qui on rompt sans ménagement. »

Madeleine de Puisieux
Réflexions et pensées 1798


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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Sam 20 Fév - 0:09


la parole est à l'auto-défonce

moi, j'adore les insultes, en recevoir pas moins qu'en offrir. Une insulte, c'est comme un bon mot, quand ça tombe juste... Ce que je ne supporte pas c'est la tricherie intellectuelle, injure verbalement correcte de l'énarque ou du professeur en communisation


C'est là constamment le scénario de la mise en scène de toi même que tu nous sers sur ton blog
le narcissisme y parvient à son comble car le reflet de toi que tu y projettes
et que tu y admires est devenu ta réalité même


Roland Simon, 26 décembre 2015


Il ne faut pas qu’on fasse passer par dndf une éventuelle discussion sur la logorrhée paranoïaque
et pourtant passionnante au niveau théorique, de Patlotch

50% de son propos consiste à cracher sur tel ou tel d’entre nous et sur dndf en particulier

C’est comme si on connaissait un vieux camarade un peu jobard,
passionnant et incontournable mais qu’on ne peut pas sortir
car il chie sur la table en permanence…


pepe@dndf 9 avril 2015, ici

jobard : Simple d’esprit, crédule, niais, facile à tromper...
le « jobard passionnant sur le plan théorique » est un concept pepechien pas piqué des vers. « Facile à tromper », on dirait que ça l'amuse : pervers pepe ? Un bobo cynique qui me prend pour un con ? Le plouc est-il celui qu'on pense ?


pepe a aussi relevé chez maître Simon cette pensée, affichée dans son dazibao : « les auteur(e)s ne sont que des accidents de la pensée.. », qui définit l'idéalisme le plus pur : il existe une pensée en dehors d'individus qui pensent

pepe voulait peut-être dire que telle époque produit telle idée, mais enfin, il faut quand même quelqu'un pour l'exprimer, sauf dans le cas de Roland Simon, pur esprit « adéquat à son époque », qui représente l'idéal de « l'accident de la pensée », désincarnée, déclassée, désexuée, déracisée, déracinée, impersonnelle, impressionnante. En un mot : modeste... tout le contraire de « narcissique », comme moi

Frantz Fanon a écrit:
À tout prendre, je saisis mon narcissisme à pleines mains et je repousse l’abjection de ceux qui veulent faire de l’homme une mécanique.

Si le débat ne peut pas s’ouvrir sur le plan philosophique, c’est-à-dire de l’exigence fondamentale de la réalité humaine, je consens à le ramener sur celui de la psychanalyse, c’est-à-dire des « ratés », au sens où l’on dit qu’un moteur a des ratés

Peau noire, masques blancs, ici 1952

moralité : pepe n'est pas un jobard facile à tromper...



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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Lun 22 Fév - 20:16


proverbe philosophique

« si le réel se trompe, changeons-en »

proverbe marxien

« si le réel nous trompe, changeons-le »


Twisted Evil

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MessageSujet: Re: PENSÉES diverses à marier sans modération   Ven 26 Fév - 17:30


de la liberté de penser en liberté la liberté

penser en esprit libre, en homme libre, en femme libre, c'est prendre le risque de voir ses "ami.e.s" passer chez ses "ennemi.e.s". Pour se retrouver seul ? Allons donc, cette solitude-là est tellement source de rencontres réellement amies, connues et inconnues, que le jeu en vaut bien la chandelle, qui n'est pas morte



Au clair de la lune, mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume, pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu.
Ouvre-moi ta porte, pour l'amour de Dieu.


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