PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE

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MessageSujet: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Lun 15 Juin - 4:50

à ce stade, seulement quelques notes rapides pour mémoire. Il va falloir pousser plus loin l'analyse de ce qui se passe en France et qui s'accélère de façon exponentielle depuis le début du XXIème siècle

je pense que nous avons sous les yeux l'implosion du paradigme d'opposition de la gauche et de la droite politiques, comme supposé porter encore des antagonismes sociaux de classe

la vision française, y compris aux temps du marxisme triomphant, et en raison de sa forte composante héritée de la Révolution française, de l'opposition République-Monarchie puis de l'influence des idées de Proudhon, et nationalisme du PCF (Front Populaire, Résistance, Libération, antifascisme etc.), la nature de l'anarchisme libertaire français... la vison française a toujours, Marx le notait et ça n'a pas changé au fond, accordé une prépondérance au politique sur l'économique et social dans l'évolution historique

aujourd'hui, le confusionnisme s'étend à toutes les catégories politiques, et les clivages droite-gauche, avec la question 'islamiste', volent en éclat sous les yeux effarés de ceux qui les tiennent encore pour leurs repères essentiels, dans l'idéologie de la démocratie politique : tout militant ou simple électeur se reconnaissant dans la gauche voient des traîtres partout, ceux qui ont trahi, qui l'idéal (sic) de gauche, qui le PS, qui le PCF, qui tel groupuscule gauchiste institutionnel. Dans tous ces partis et autour, ça explose sur les mêmes clivages créés par la question "islamiste', au nom du critère de laïcité utilisé pour tout et son contraire - de la tolérance aux convictions religieuses à l'athéisme laïcard - avec une constante : l'effacement de l'antagonisme de classe

pendant quelques années, on a pu observer les passerelles interlopes entre gauche et droite, voire extrême-gauche et extrême-droite, avec des lieux de transit tels que Riposte laïque, idéal pour accueillir des nationalistes de gauche et de droite, des féministes blanches anti-voile, transfuges du gaullisme ou du Parti communiste

on l'a vu chez les anarchistes avec les fustigeurs des islamo-gauchistes (Yves Coleman, Non-Fides Base de données anarchistes, Indymédia...), et jusqu'à la nébuleuse d'ultragauche utilisant les thèses de la communisation version anti-immigration pour draguer les identitaires sur Radio-Courtoisie

des petites figures de la propagande interlope se détachent du lot, tel que Christian Delarue, du MRAP et d'ATTAC avec son concept de peuple-classe (contradiction dans les termes, le peuple, c'est la nation, la classe est d'emblée mondiale, internationaliste)

précédent sujet en relation : de L'idéologie française : TC, Charlie, la République... Todd... Alain Bertho......
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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Mar 16 Juin - 16:52

deux commentaires rapides sur Médiapart, à la suite du "billet"

Penser la République après les attentats de Paris Joseph Confavreux 15 juin 2015

Joseph Confavreux a écrit:
La profusion de livres publiés sur le sujet des attentats de Paris et des manifestations du 11 janvier 2015 ne constitue pas seulement un phénomène éditorial rentable. Ces ouvrages tentent de répondre à l’urgence de redéfinir ce qui lie, ou clive, un peuple. Ils dessinent une cartographie de la manière contradictoire dont se pense aujourd’hui la République.[...]

Patlotch a écrit:
16/06/2015, 15:36

on ne peut pas dire que l'article manquerait de rigueur, puisque le titre en est clair : « Penser la République après les attentats de Paris », mais qu'un tel événement - y compris par sa dimension international et le tournant qu'il y induit - puisse lui-même être pensé à partir de là, ce dont deux choses différentes

on peut être un bon observateur, rigoureux, et même mettre le doigt sur des aspects importants, des contradictions, une complexité, etc.

mais dès lors que l'analyseur est posé, présupposant que c'est ceci ou cel qui fait clivage, on obtient les réponses adéquates à sa question, ni plus ni moins

quand l'analyseur est "la République", il est certain que ça ne peut pas aller bien loin, ni très profond, puisqu'on est déjà dans l'idéologie, en l'occurrence l'idéologie française, et les qu'elle remonte (et remugle) depuis la Révolution (bourgeoise) française

un exemple où le glissement idéologique est patent, puisque la République créeraient deux camps, on y va où on y va pas (en gros Je suis vs Je ne suis pas Charlie) :

Citation :
comme le soulignent en effet Jérôme Fourquet et Alain Mergier dans Janvier 2015 : le catalyseur, publié par la Fondation Jean Jaurès, « deux nous s’opposent : le nous de ceux qui se sentent Charlie et le nous de ceux qui gardent leurs distances quand ils ne se montrent pas hostiles face à cette offre d’identification. Mais les deux nous se sont institués au nom de la République. C’est à ce titre que les uns se sont enthousiasmés devant le succès de la marche du 11 janvier. Mais c’est aussi au nom de la défense de la République que les autres sont restés dubitatifs devant les images des foules consensuelles défilant dans toute la France ».

cette affirmation est tout simplement fausse, et relève d'un interprétation, pour ne pas dire d'un manipulation des faits : tout le monde serait, in fine, républicain. Après tout, ils ont écrit pour La fondation Jean Jaurès . La boucle est bouclée. CQFD

la grande majorité des Français ou vivant en France et pouvant prendre parti, à commencer les couches populaires, et particulièrement ceux des "quartiers", autrement dit les prolos et sous-prolos racialisés, n'ont été ni pro ni anti-Charlie, et pas davantage "républicains" participants ou sceptiques : la République, ils s'en foutent, ils ne votent plus, ne voteront plus, et ils feront autre chose... On verra quoi

*

je n'avais pas lu votre commentaire avant d'écrire le mien, mais là, je pense que nous sommes particulièrement en phase, du moins sur le constat, qui crève les yeux, mais qui est refoulé à un point que je me dis : il se passe quelque chose d'énorme, là, et c'est de l'ordre d'un tournant historique

tout remonte, et d'un point de vue théorique, historique et communiste, au-delà du caractère extrêmement grave de cette situation et de l'interrogation sur la suite, c'est une jubilation pour qui est attentif à ce qui se passe depuis le début du siècle, ou à quelque échéance qu'on remonte :

2002 (Le Pen-Chirac),

2004 (loi sur "le voile")

2005 (émeutes et fondation du PIR),

1995 (mouvement social, Juppé le meilleur d'entre nous),

1981-1984 (~~programme commun au pouvoir puis sortie du PCF),

1974 ( ? crise "pétrolière"),

1968 (1968),

1958 De Gaulle je vous ai compris

1945 (Libération, tous les Français ont résisté, le crime est antisémite et fascsite, Nüremberg l'a fait, on peut continuer à exsclavagiser 2/3 de l'humanité)

1939 (tous les Français entrent en résistance),

1936 (Thorez marie un Marx timide avec le drapeau national, bonjour l'Internationalisme prolétarien traversant les frontières),

1914 (si Jaurès su, j'aurais pas venu),

1894-1906 (Affaire Dreyfus, sale juif traite à La France...),

1871 (sales Communard traites à la Patrie),

1851 (18 brumaire Napoléon Bonaparte...),

1848 (la classe ouvrière entre en scène, c'est l'année du Manifeste et des règlements de compte de Marx avec Proudhon, qui continuent...),

1843-45 (Marx règle le compte de l'idéologie de la politique, de la démocratie, de l'Etat, bref, du citotoyennisme : qu'a retenu la gauche française, pour ne pas dire les "marxistes" français ?),

1793 (fin de partie, la bourgeoisie française a gagné),

1789 (une page est tournée, alliance de la bourgeoisie révolutionnaire avec ceux d'en-bas), etc....

Les Lumières, leurs philosophes français racistes modernes (pas tous, hein, Diderot, le préféré de Marx, et le moins macho pour le compte...) et les tentatives ratées reportées à plus tard d'un colonialisme français

bon, vite fait sur le gaz, j'en ai laissé, et ce n'est que français, à voir la relation avec le "reste" du monde(création d'Israel, Vietnam Diên Biên Phu 1954 > luttesde lIbération Nationale > relai américain > 1973 Coup d'Etat au Chili ... fin de l'Appartheid soutenu par Israël, 1979, la Chine devient officiellement capitaliste, 1991 première guerre du Golfe)

aujourd'hui l'événement français est mondial en descendant (le "terrorisme" est international) et en montant (on invite les copains le 11 janvier)

voilà voilà
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MessageSujet: éléments pour une analyse distanciée : avec Henri Lefebvre   Mer 17 Juin - 14:22

du même fil de discussion, sur Médiapart

Patlotch a écrit:


éléments pour une analyse distanciée (comme éclairage sur la série de dates que j'ai donnée plus haut)


l'événement, la série d'événements, avant, pendant, depuis les attentats parisiens, peut se lire dans une articulation de temporalités plus ou moins longues, entre histoire et actualité, annonçant un futur qu'il s'agit d'éclairer, pour s'y orienter. Cela vaut quel que soit son "camp"


les gouvernants l'ont fait avec une remarquable réactivité, tout de suite. Dès le 7 janvier (j'en ai tenu le journal dès ce jour : chronique la France Charlie est beau 3), toutes leurs décisions sont extrêmement pensées, il n'y a pas véritablement "récupération" de l'émotion populaire, mais saisie telle quelle de ce qu'elle signifiait déjà, en s'inscrivant dans ce qui précédait à des distancess allant du plus récent, des semaines, au plus enraciné, des siècles.

les gouvernants français - reliés à "la communauté internationale", celle de leurs alliés -, ont saisi la possibilité d'orienter la situation crée vers ce qui aurait été plus difficile, plus long, plus risqué politiquement, à mettre en œuvre, surtout dans la dimension sociale : comment parler d'autre chose que de la crise, de notre incapacité à la conjurer, et de ses ravages qui tournent contre nous une partie grandissante de la population. Précisément la partie qui fut absente le 11 janvier, qui n'était ni Charlie, ni pas-Charlie



événements et stratégie de pouvoir à (re)lire et relier, avec Henri Lefebvre, éléments de Rythmanalyse - Introduction à la connaissance des rythmes, 1992 3 p. 92-93 : ouvrage posthume, Henri Lefebvre est mort en 1991

« La rythmanalyse consiste donc essentiellement dans la mise en œuvre (qui peut les modifier, les transformer, de ces concepts : isorythmie et polyrythmie / eurythmie / a-rythmie

L'intervention par le rythme (qui se fait déjà mais empiriquement, par exemple lors des entraînements sportifs et militaires) a un but, un objectif : raffermir ou établir l'eurythmie. [...]

La thérapeutique rythmanalytique serait plutôt préventive que 'curative', l'état pathologique étant déclaré, constaté, classifié.

Implication claire, sinon évidente : dès que l'on discerne dans les rapports sociaux de force et ceux d'alliance, on perçoit leur lien avec les rythmes. L'alliance suppose un accord entre des rythmes différents ; le conflit suppose une arythmie : une divergence dans le temps, dans l'espace, dans l'emploi des énergies. Le rapport de force, exigeant la domination d'une force et se servant des rapports d'alliance comme de moyens (et non de fins) s'accompagne d'une dissociation des temps et des lieux : des rythmes.

La puissance politique sait utiliser et manipuler le temps, les dates, les horaires. Elle combine les déploiements de ceux qu'elle emploie (individus, groupes, sociétés entières), les rythme. Les autorités doivent connaître la polyrythmie du corps social qu'elles mettent en mouvement. C'est le cas extrême, révélateur de la rythmanalyse à la fois officielle et empirique – politique et militaire
. »


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MessageSujet: nationalisme et populisme interlope de gauche à droite extrêmes : Christian Delarue   Mer 24 Juin - 17:55

(Mediapart me confirme mon désabonnement, et depuis ça remarche   Rolling Eyes  )

Marxisme national et altermarxisme : Peuple-classe et multiples appartenances collectives Christian Delarue Médiapart 24 juin

rien à rajouter à mes commentaires sous le billet. L'antiracisme et l'antifascisme nouveaux, identitaires interlopes de gauche et droite extrêmes, est arrivé. Conclusion :

Patlotch a écrit:
ce type est bon pour être balayeur de chiottes au ministère de l'intérieur d'un gouvernement Mélenchon bleu marin, la syrisation française du capitalisme euro-global. Ce qui est rationnel est réel et l'époque a sa cohérence économique et politique

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MessageSujet: Christian Delarue, fachiste, machiste et raciste de gauche   Jeu 25 Juin - 20:35

Christian Delarue, ce fourbe et lâche facho degauche , a supprimé son "billet" (le lien ci-dessus), où je rappelais les précédents "échanges" d'autres fils et faisais litière de son fatras pseudo-conceptuel; puis republié Marxisme national et altermarxisme : Peuple-classe et multiples appartenances collectives, en fermant d'emblée les commentaires


voilà le néo-stalinisme, par un membre de la direction du MRAP et d'ATTAC, sous couvert de lutte contre le voile, de libération des femmes par le string, de "peuple-classe", de "marxisme national" et de "multi-appartenances" à stériliser dans le capitalisme mondial français

Citation :
Christian Delarue sur Attac France

- Membre du bureau exécutif du MRAP de dec 2004 à janvier 2011.

- Membre du conseil d’administration du MRAP chargé de des questions altermondialistes.

- Elu au Conseil d’administration d’ATTAC France en 2006 sur liste des fondateurs.

- Syndicaliste à l’UL CGT Rennes et à la CGT Finances 35.

- Promoteur de la notion de peuple-classe.

voilà un de ceux qui, demain, nous tireront, non pas dans le dos, mais clairement d'en face, sur nos barricades


en savoir plus ? Google : "Christian Delarue" Patlotch
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MessageSujet: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Dim 29 Nov - 3:51

DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE

devient le nouveau titre du sujet, à la place de :

implosion du paradigme gauche-droite ? décomposition institutionnelle ?


autant la première question n'en est plus vraiment une, autant la seconde suggérait par trop une déliquescence de l'État même, alors que rien ne va en ce sens, avec l'État d'urgence, et le caractère d'État d'exception des États nationaux, supra-nationaux ou trans-nationaux

le feuilleton de cette implosion-décomposition est à lire dans L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE : contre les temps a-critiques, chronique d'un désastre annoncé

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Lun 30 Nov - 16:33



C'est officiel, il n'y a plus de gauche en France  Jérôme Béglé Le Point.fr 28/11/2015 à 10:42

En deux semaines, le gouvernement s'est renié pour se muer en champion de l'ordre public et de la sécurité. Un tête-à-queue idéologique dangereux...


En quinze jours, la gauche a jeté aux orties plus d'un demi-siècle
de principes et de professions de foi. © MIGUEL MEDINA

Citation :
Début novembre, interpréter La Marseillaise et brandir un drapeau français faisait de vous un quasi-fasciste. Aujourd'hui, ne pas pavoiser sa demeure de l'emblème tricolore vous rend suspect d'être un cœur sec et un mauvais Français. La gauche vient d'opérer un stupéfiant virage idéologique à 180 degrés. En quinze jours, elle a jeté aux orties plus d'un demi-siècle de principes et de professions de foi.

L'état d'urgence permanent ?

Le pacifisme était son vieux fonds de commerce ; Brassens, Vian et Sartre, ses idoles. Vendredi matin, la France a prévenu qu'elle risquait de déroger à la Convention européenne des droits de l'homme. On imagine sans peine les cris d'orfraie des professionnels de l'indignation si un gouvernement de droite s'était livré à une telle remise en cause de principes que l'on croyait intangibles. Vladimir Poutine et Bachar el-Assad étaient hier désignés comme des ennemis de la démocratie, des infréquentables que l'on n'invitait pas à notre table. Le chef de l'État russe est désormais un allié incontournable de la France pour mener la guerre contre le groupe État islamique. Cette semaine, François Hollande a revêtu ses « battle dress » pour vanter l'action de l'armée française en Afrique et au Moyen-Orient et réclamer des renforts à tous ses alliés, convaincant même Angela Merkel d'envoyer des centaines de soldats allemands au Mali...

Non content d'avoir promulgué l'état d'urgence pour trois mois, le gouvernement a laissé entendre par la voix de Bernard Cazeneuve que cette situation exceptionnelle pourrait être prolongée. Dans le jargon de la gauche, cela signifie que « l'arbitraire administratif » prend le pas sur la projection des libertés publiques. En un trait de plume, on a gommé toute la jurisprudence Taubira et l'angélisme mécanique des défenseurs des droits. Chaque matin, on claironne le chiffre des perquisitions, des gardes à vue et des armes saisies. Mieux, la gauche Hollande-Valls ouvre le débat sur l'identité nationale, abordant des sujets qu'Éric Besson chargé de cette délicate tâche par Nicolas Sarkozy en 2007 n'osait pas mettre sur la table. Le ministre issu du Parti socialiste avait été raillé par les siens, prompts à fustiger sa trahison. Ce mois de novembre, ses camarades d'hier franchissent à la vitesse de la lumière les limites qu'ils estimaient alors intangibles, arguant qu'elles étaient l'essence même de notre démocratie.

Le Front national en reste sans voix


L'évolution idéologique et sécuritaire du gouvernement est telle qu'elle laisse Marine Le Pen et le Front national sans voix. En deux semaines, la gauche au pouvoir s'est emparée de ses thèmes de campagne et de ses chevaux de bataille. Florian Philippot n'en demandait pas tant... Pas dupes, les électeurs hésitants viennent grossir les rangs du FN, si l'on en croit la demi-douzaine de sondages rendus publics cette semaine. Hier anti-républicains, ce parti donne désormais le « la » de la politique pénale et sécuritaire du gouvernement. Difficile ensuite de mobiliser vos électeurs contre ce fascisme qui serait à deux doigts de prendre le pouvoir alors que vous lui empruntez son programme sécuritaire...

À court terme, cette confusion idéologique est admise par des électeurs encore traumatisés. Mais elle sera mortifère pour la gauche. La mise en scène de l'émotion a atteint sa limite et frôle l'indécence. Que fera-t-on si un autre attentat ensanglante la France ? Quel subterfuge langagier faudra-t-il inventer ? Quel principe devra-t-on immoler en place publique ? Depuis le 15 novembre, la gauche ne se détache plus du courant libéral de droite que par ses généreuses subventions accordées à des associations ou des secteurs d'activités déjà gorgés de subsides publics... Elle ne brille plus que par les usines à gaz fiscales qu'elle s'ingénie à construire en faisant croire qu'un tel dispositif peut relancer l'investissement, les TPE ou l'emploi salarié... Sauf que, selon les chiffres dévoilés jeudi, le chômage a encore crû de 42 000 personnes en un mois. Chaque jour d'octobre, 1 500 Françaises et Français ont perdu leur travail. A-t-on entendu un leader de gauche s'en émouvoir ?


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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Mer 6 Juil - 11:51


un petit événement qui n'est pas un scoop, puisqu'il ne fait qu'entériner un fait accompli, mais il est l'occasion de réveiller ce sujet de l'an dernier, quant à l'effacement du clivage droite-gauche et à la montée du populisme "de gauche", sur fond de la question migratoire


" Le clivage droite-gauche disparaît du langage de Mélenchon, une «faute» selon les communistes.
Et les mots du candidat au sujet des réfugiés – «les accueillir n’était pas la réponse au problème»
– ont mis «mal à l’aise» la direction du PCF "


Jean-Luc Mélenchon enterre le Front de gauche

Rachid Laïreche Libération 4 juillet 2016
 
Les relations entre le Parti communiste français et le député européen n'ont cessé de se dégrader depuis l'annonce de la candidature de ce dernier à l'élection présidentielle en février.


Jean-Luc Mélenchon, le 23 avril à Montréal. Photo Marc Braibant. AFP

Rachid Laïreche a écrit:
Une rupture sans fin. Depuis des mois, Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste français (PCF) s’échangent des mots doux à distance. Reproches. Rancœurs. Le tout, sous le regard de leurs sympathisants et militants. Dans une interview à Mediapart, Jean-Luc Mélenchon a allumé la dernière mèche. Le candidat à la présidentielle a enterré le Front de gauche qui «n’existe plus», selon ses mots. Il argumente : «La confiance aussi est morte. J’ai été maltraité d’une manière inacceptable. Cherchez un propos de ma part qui traite les dirigeants communistes comme je viens d’être traité.»

Aujourd’hui, dans son regard, la «France insoumise» règne en solo. Et les sondages favorables (du moment), entre 10 % et 13 %, lui donnent des ailes. Il garde tout de même la porte ouverte et pose sa condition : respecter le cadre de la France insoumise. Comprendre : Jean-Luc Mélenchon est prêt à accueillir tout le monde, mais avec ses règles du jeu.

«Ce n’est plus le même»


Le comportement du député européen irrite beaucoup de monde Place du Colonel-Fabien. Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, explique à Libération : «On en a assez de sa manière qui consiste à dire que nous sommes ses ennemis si on ne pense pas comme lui.» Outre la manière «d’imposer» sa candidature sans prévenir ses anciens alliés (il l’avait fait en direct au 20 heures de TF1), les désaccords sont nombreux. Le PCF demande un nouveau traité européen mais ne menace pas de quitter l’Europe. Le clivage droite-gauche disparaît du langage de Mélenchon, une «faute» selon les communistes. Et les mots du candidat au sujet des réfugiés – «les accueillir n’était pas la réponse au problème» – ont mis «mal à l’aise» la direction du PCF. Pour Olivier Dartigolles, Jean-Luc Mélenchon a changé depuis 2012 : «Ce n’est plus le même.» Il ajoute : «On ne critique pas l’homme mais ses choix.»

* Le Figaro 11 septembre 2015 : l'art de dire une chose et son contraire :


J-L Mélenchon a écrit:
Les Français sont plus intelligents que ne le croient leurs élites. Ils ont parfaitement compris, ils sont tous d'accord pour accueillir des réfugiés aujourd'hui - et je dis qu'il faut le faire parce que nous n'avons pas le choix, on ne va pas les rejeter à la mer ! Mais les gens (...) savent que si on commence comme ça on devra continuer d'année en année et ça n'a pas de sens !

Du coup, l’été ne changera rien : Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ne partiront pas en vacances ensemble. D’un côté, le PCF attend le retour de sa grande consultation auprès des Français et la Fête de l’Humanité, en septembre, pour faire le point sur 2017. Olivier Dartigolles, qui croit encore à un «candidat commun» à gauche de François Hollande, promet des «rebondissements» dans les prochains mois. «La situation politique change tous les jours et personne ne sait où seront les frondeurs en novembre. Pareil pour les écologistes», souffle-t-il. Pendant ce temps, chez Mélenchon, le doute n’existe presque pas. Seul hic pour le moment, il compte 170 parrainages alors qu’il lui en faut 500 pour postuler à l’Elysée.


Mélenchon achève le Front de gauche

Raphaëlle Besse Desmoulières Le Monde 05.07.2016

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Jeu 7 Juil - 12:49


misère du politicisme

Philippe Corcuff exprime ici une conviction répandue en France depuis le 19ème siècle et contre Marx, selon laquelle la politique, le clivage droite-gauche, est plus important que l'antagonisme de classe

« dans le contexte d'extrême droitisation, il est encore plus difficile de tenter de relever "l'hypothèse communiste"
que l'idée de "gauche" historiquement plus composite et moins frontalement atteinte. »

« Une nouvelle gauche est à réinventer en ce début de XXIe siècle, sous peine de disparition progressive sous le triple effet du brouillard post-stalinien, de la social-libéralisation et de l’extrême droitisation. On doit pour cela se défaire des fantômes qui viennent encore nous hanter comme le rocardisme et le mitterrandisme…»

Philippe Corcuff a écrit:
Médiapart 06/07/2016 17:47
Gauche ?

Pour moi, le notion de "gauche" ne renvoie pas seulement à des organisations politiques et à une sphère institutionnelle. C'est aussi une mémoire, des repères collectifs, une culture politique qui traversent historiquement la société française (comme d'autres sociétés), et plus particulièrement dans ce que l'on a appelé "le peuple de gauche". Pour moi, cela lie notamment l'événement Révolution française, les socialismes des 19e et 20e siècles ainsi que les apports de Mai 1968.

Isabelle Stengers, lors de sa renvontre entre Houria Bouteldja, me fit une réponse semblable à ma question adressée à elle deux : « Pourquoi tenez-vous tant au clivage droite-gauche ? » Pour elle, en un raccourci saisissant, « l'État, c'est la droite »...

Certes, cette notion historique est dans une phase de recul (structurel? conjoncturel?...). Cependant, dans une période d'extrême droitisation, de brouillage des repères, de bricolages idéologiques de type "ni droite ni gauche" (ou plutôt "et droite et gauche", ressemblant à ce qui dans les années 1930 a contribué à désarmer intellectuellement face à la montée des fascismes), ce serait plus risqué, selon moi, de l'abandonner que de la garder. C'est pourquoi je me détache sur ce plan de certains de mes compagnons anarchistes qui ne se reconnaissent pas en elle.


La nostalgie n'est plus ce qu'elle était...

"L'hypothèse communiste" s'est salie elle-même historiquement en alimentant massivement des expériences autoritaires, voire totalitaires. Une des grandes faillites politiques du XXe siècle! Je n'ai rien à dire contre ceux qui pensent pouvoir relever "le communisme" d'une opprobre si grande. Car il y a eu des petits bouts d'expériences "communistes" qui n'étaient pas contaminés par l'autoritarisme ou le totalitarisme et, surtout, des projets.

En tout cas, dans le contexte d'extrême droitisation, il est encore plus difficile de tenter de relever "l'hypothèse communiste" que l'idée de "gauche" historiquement plus composite et moins frontalement atteinte. Cependant rien n'empêche de poursuivre des rêves très peu probables. Toutefois ceux qui les poursuivent ne sont pas les mieux placés pour condamner des espérances moins improbables (comme rénover une certaine idée de "gauche").

En finir avec le rocardisme… et le mitterrandisme: pour une nouvelle gauche Philippe Corcuff 6 juil. 2016 Blog : Quand l'hippopotame s'emmêle...


le politicisme à la française se caractérise le plus souvent par son inintérêt pour la critique de l'économie politique, pour le Capital comme économie politique, et non la politique ou l'État déterminant l'économie. Il est intrinsèquement lié à la croyance que ce sont les organisations, les partis, les idées politiques qui conduisent et déterminent la lutte de classe

passons sur le fait que Corcuff, qui reconnaît d'ailleurs sa singularité, entende "rénover la gauche" en tant que membre de Fédération anarchiste, puisqu'il n'y a de vision de droite et de gauche qu'à travers l'État, ce qui me faisait le qualifier (avec Alain Bihr) de cet oxymore : anarchiste d'État

puisque Corcuff reprend à Badiou sa formule « l'hypothèse communiste », et alors que celui-ci ne se caractérise pas par son intérêt pour cette critique de l'économie politique, il a quand même quelques repères :


Alain Badiou a écrit:
« Ce point est essentiel : dès le début, l’hypothèse communiste ne coïncide nullement avec l’hypothèse démocratique qui conduira au parlementarisme contemporain. Elle subsume une autre histoire, d’autres événements. Ce qui, éclairé par l’hypothèse communiste, semble important et créateur est d’une autre nature que ce que sélectionne l’historiographie démocratique bourgeois.

C’est bien pourquoi Marx […] s’écarte de tout politicisme démocratique en soutenant à l’école de la Commune de Paris que l’Etat bourgeois, fût-il aussi démocratique que l’on veut, doit être détruit. »

extrait de l’ouvrage "De quoi Sarkozy est-il le nom ?" : L’hypothèse communiste doit-elle être abandonnée ? 2007

au demeurant, chaque fois qu'il est confronté à (la critique) de l'économie politique, Corcuff la renvoie à un productivisme, ce qui est une autre manière de lire Marx à l'envers, pour aboutir à gloser sur le jeune Marx pour Repenser l'éthique et la politique, entre anarchisme et spiritualité

bien qu'en opposition au "national-étatisme" de Lordon, l'idéologie de Corcuff relève de cette même croyance politiciste à la française, qui fait le bonheur des joutes plus spécifiquement politiques sur le marché électoral. Rien ne dit que cela sera balayé par une lutte de classe tant qu'elle s'enlisera dans le populisme de gauche comme de droite, mais une chose est certaine, ce ne sont pas les discours mais le cours de la crise économique qui décidera, ou non, le prolétariat à passer à autre chose de plus exaltant

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Jeu 7 Juil - 13:26


clivage droite-gauche, kesako ?

sur l'histoire du clivage droite-gauche, et particulièrement de la notion conceptuelle de gauche, voir wikipédia : Gauche (politique)

Citation :
En politique, l'usage consiste à diviser les partis politiques en catégories générales qui formalisent une division bipartisane : la droite et la gauche, auxquelles on peut ajouter le centre. Dans l'ensemble du champ politique, les forces politiques sont triples : droite, gauche et forces révolutionnaires (extrême-gauche) hors partis.

La notion de gauche et celle de droite en politique est une construction progressive entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe siècle.

La gauche désigne la partie gauche de l'hémicycle d'une assemblée parlementaire et les personnes et partis qui y siègent habituellement. De ce fait, la notion de gauche (comme celle de droite) ne possède pas un contenu idéologique fixe et a priori : par exemple, l'orléanisme est à gauche du légitimisme, le bourgeois libéral est à gauche du bourgeois monarchiste, et ce qui était à gauche à une époque se retrouve souvent à droite à une autre époque2, ainsi le bourgeois libéral est aujourd’hui généralement à droite, alors qu'il est de gauche du temps de Benjamin Constant.

De nos jours, les partis de gauche se rassemblent généralement dans la promotion d'idéaux progressistes et d'égalité, la critique de l'ordre social et le souci d'une plus grande justice sociale. Elle comprend la social-démocratie, le radicalisme, le socialisme, le communisme et certains courants de l'anarchisme3. Le terme n'est pas utilisé que pour les partis, on utilise parfois le terme de gauche syndicale ou plus rarement de gauche associative.
[...]

il est symptomatique que Marx ne l'utilise pas, sauf erreur. Il appartient certes aux « Jeunes hégéliens appelés aussi hégéliens de gauche un groupe de philosophes allemands du milieu du XIXe siècle. Par opposition aux « vieux hégéliens » ou « hégéliens de droite » qui préconisent le maintien du système du maître et de sa théologie, les jeunes hégéliens critiquent le caractère religieux et conservateur du système de Georg Wilhelm Friedrich Hegel mais en en conservant l'aspect révolutionnaire », mais j'ignore quand l'expression "hégéliens de gauche" a été forgée

Citation :
Marx et Engels utilisent le terme « socialisme » pour désigner les idéologies et organisations propres au mouvement ouvrier. À compter de l'époque de l'Internationale ouvrière, le mot socialisme est employé, notamment dans les écrits marxistes, pour désigner la forme d'organisation sociale mise en place après la mise à bas du capitalisme par le biais de la lutte des classes, et fondée sur la propriété sociale des moyens de production [...]

même source


en finir avec l'idée que le combat communiste serait "de gauche"

on peut bien sûr, moi aussi, assumer, collectivement ou personnellement, une histoire, « une mémoire, des repères collectifs, une culture politique qui traversent historiquement la société française (comme d'autres sociétés) » (Corcuff, Stengers...), mais pas la cerner « plus particulièrement dans ce que l'on a appelé "le peuple de gauche" », qui évacue, comme dit plus haut, l'antagonisme entre classes

il est même regrettable à mon sens que le conseillisme ouvrier soit défini comme "ultragauche ouvrière", "gauche communiste", ou "left communism", parce que cela focalise son appartenance à ce clivage droite-gauche sur une ligne politique qui n'est pas essentiellement la sienne, même si c'est contre ce courant que Lénine a écrit "la maladie infantile du communisme, le gauchisme". Dans la mesure où les conseillistes étaient anti-parlementaires, ils sortent à mon avis du champ de la politique institutionnelle hors duquel le clivage droite-gauche n'a pas de sens

autrement dit, le clivage droite-gauche est pour nous, héritiers de ce courant qualifié rapidement d'ultragauche mais par aucune organisation explicitement revendiqué comme tel, davantage une affaire d'habitude de langage que de contenus discriminant sur une ligne de classe

"ultragauche" laisse entendre "plus à gauche que l'extrême-gauche" (toujours institutionnelle et parlementariste) alors que la différence est d'une autre nature, a d'autres contenus, qu'on le prenne chez les anarchistes, dans la théorie de la communisation, ou dans la ligne générale de ce forum

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Jeu 7 Juil - 14:46


sur l'articulation ou le passage du démocratisme radical au populisme radical
un texte à relire

l'élément nouveau, depuis 2002 et l'écriture de ce texte, c'est que le populisme n'est plus lié strictement aux "dérives d'extrême-droite" en Europe, ni en France au seul Front national, il traverse le clivage droite-gauche, notamment avec la figure de Jean-Luc Mélenchon et celles des "souverainistes de gauche" (entre Lordon et Sapir)

ce texte peut être relu en faisant jouer ce caractère récent, pour constater que sur l'essentiel, il reste valable, même s'il ne pose pas alors (et TC pas davantage aujourd'hui), les implications quant à la possibilité d'activités communistes dans ce bordel


"Le populisme"

extrait de M. Le Pen et la disparition de l’identité ouvrière RS Théorie Communiste 2002

Citation :
Le populisme se définit essentiellement comme la volonté d’abolition, dans la politique, de la distinction entre société et politique. Contre la démocratie, le populisme refuse de reconnaître comme irréductibles les contradictions et les scissions de la société, et d’accepter leur pacification dans l’État par la médiation du citoyen. Pour le populisme, la société est une communauté directement prise en charge et représentée en tant que telle dans l’État.

La communauté, c’est le peuple contre les classes sociales d’un côté et contre le citoyen de l’autre. Cependant ce peuple comme communauté n’est pas un état, un donné, il doit être construit par la réunification, la réconciliation, de ce qui a été séparé, disloqué : la société et la religion, le public et le privé, l’économie et la morale, la technique et le culturel, les masses et les élites, le travail avec le capital et la nation, etc.

En tant que mouvement politique et idéologique, le populisme se constitue sur les limites des luttes du prolétariat et se retourne contre lui. C’est l’action du prolétariat dans ses luttes revendicatives et de pression sur l’État, ainsi qu’actuellement l’impossibilité de cette activité d’exister comme projet d’organisation de la société selon ses besoins et intérêts, qui produit le peuple. Et le peuple, qui n’admet pas les contradictions, les conflits et les scissions en son sein, se retourne contre lui. Il serait angélique de ne pas constater que c’est dans des régions où parfois les prolétaires ont lutté de façon très violente contre les fermetures d’entreprises et les licenciements et pour obtenir les meilleures conditions de départ que le Front National fait d’excellents scores après la disparition de l’encadrement de la communauté ouvrière.

Mais ce peuple, on l’a dit, n’est pas un donné, n’est pas une classe sociale, ni même un groupe sociologique, il est à construire et à représenter. Par là, il devient l’apanage de la seule classe susceptible d’unifier les contradictions sociales et de les reproduire, parce qu’elle tient les clés de l’autoprésupposition du capital : la bourgeoisie. Celle-ci peut déléguer, de façon parfois conflictuelle, la direction du mouvement aux classes moyennes, ou à des catégories sociales mieux à même de le représenter, parce qu’adéquates à son contenu, comme l’Eglise, l’armée, ou le syndicat selon les contextes. C’est cette délégation aux petits patrons et artisans qui manque actuellement (et manquera toujours) au Front National (tel que les conditions françaises lui imposent d’être) et qui en fait une organisation aussi massive électoralement qu’ectoplasmique socialement.

Comme le démocratisme radical, avec lequel il partage bien des caractéritiques (le rêve de la démocratie directe, le culte de l’Etat social, la critique de la mondialisation libérale), le populisme se nourrit aux limites des luttes du prolétariat quand celui-ci ne peut se dégager d’une fixation de la contradiction entre prolétariat et capital au niveau de la reproduction de la force de travail dans le cadre d’une économie capitaliste de plus en plus segmentée (rupture de l’ordre de la société salariale) où l’articulation entre les secteurs n’apparaît dans leur implication réciproque que comme misère et richesse :  » ceux d’en bas « et  » ceux d’en haut «
(cf. les risques de la situation actuelle en Argentine).

          Le petit patronat représente idéalement cette réconciliation du travail respectable et du capital mérité, s’épanouissant dans le cadre de la nation, sociale et familiale. Malheureusement, si c’est un idéal c’est que c’est aussi une réalité. La moitié des ouvriers travaillent dans le cadre d’une petite, voire d’une toute petite entreprise, on pourrait dire que ce n’est pas le nombre qui compte mais la place dans la composition de la classe ouvrière par rapport aux dynamiques capitalistes en cours, or, de ce point de vue, force est de constater que cet éclatement n’est pas archaïque. Comme leur patron, ces ouvriers sont souvent soumis à la pression directe de la clientèle qu’elle soit privée ou celle d’entreprises plus importantes, celui qui apparaît comme aggravant les conditions de travail, forçant à tenir les salaires, c’est tout autant le patron que le client impérieux.  » A de nombreux égards, le point de vue ouvrier fait plus souvent corps avec celui du patron : ils dénoncent avec lui le poids des charges sociales, des règlements… L’alliance entre les ouvriers et les petits patrons du commerce et de l’industrie devient possible (…). ”, relève Daniel Cohen dans le Monde du 3 mai 2002, on pourrait ajouter l’attitude face aux délocalisations, à la mondialisation de la concurrence et à l’envolée des revenus  » indus « du capital. Face aux transformations sociales, non seulement le petit patron formalise le mouvement populiste, mais encore les petits patrons sont spécifiquement mis en mouvement en tant que catégorie sociale dont le pouvoir économique et politique est attaqué. Les contradictions actuelles retravaillent donc la tradition de l’extrême droite (travail, famille, patrie, racisme) pour produire les thèmes du populisme : justice économique, communauté nationale, respectabilité du travail, république et souveraineté rendue au peuple. Mais c’est continuellement face à l’exacerbation des contradictions entre les classes que le populisme du travail respectable et du capital mérité doit se prouver comme la représentation en acte de la communauté du peuple, et cela en produisant le peuple contre l' » impopulaire ”, le non-patriotique : la finance, les élites politiques de la démocratie représentative, les  » intellectuels et artistes cosmopolites « et les grands capitaines d’industrie d’un côté ;  les  » profiteurs du Welfare « et le  » groupe repoussoir « des enfants d’immigrés de l’autre.

          Bertinotti, dans le texte précédemment cité, a raison de souligner qu’il ne s’agit pas de  » populisme vieilli « et que  » nous ne sommes pas confrontés à des reflux fascistes ”. Si le petit patron représente la figure idéale de ce populisme c’est que celui-ci est absolument  » moderne ”. Sans qu’il en tienne compte, c’est parce qu’il baigne dans les caractéristiques italiennes de la petite entreprise que Bertinotti peut dépasser la vision poujadiste qui a encore cours en France, bien que là aussi dépassée. Mais en se passant de la figure du  » petit patron « et de ses ouvriers, Bertinotti laisse de côté la condition de la réussite précisément populaire de ce populisme, pour n’en faire qu’une expression de la classe capitaliste, perdant ainsi sa spécificité (il est vrai que pour un tenant pur et dur du programmatisme, c’est une couleuvre difficile à avaler).

          Le petit patron est tout à fait moderne. Le gouvernement de Berlusconi comprend douze  » petits « patrons sur vingt-six ministres. C’est dans les années soixante-dix, à partir de PME très dynamiques, qu’émergent ceux que Pierre Musso dans le Monde diplomatique d’avril 2002 appelle des  » néo-condotierri postfordistes « comme Gilberto Benetton et Silvio Berlusconi. Durant l’été 2001, la direction de l’organisation patronale Cofindustria est revenue à Antonio d’Amato, porté par les PME du Nord-Est, contre Carlo Callieri, pourtant soutenu par Agnelli et De Benedetti. Si tous ces éléments font en réalité système et si le capitalisme italien reste dominé par un petit nombre d’actionnaires financiers (malgré le déclin de Mediobanca et la mort d’Enrico Cuccia), il n’en demeure pas moins que les familles historiques du capitalisme fordiste italien ont du partager leur pouvoir avec ces  » néo-condotierri « qui même devenu gros ont conservé le mode de fonctionnement d’une PME et dont la réussite dépend des modalités d’exploitation de la force de travail en cours dans ces PME de moins de 10 salariés (on fabrique parce qu’on a déjà vendu, ce qui laisse supposer les conditions de travail et les statuts des travailleurs) qui représentent la moitié des quatre millions d’entreprises italiennes, sans oublier les 22,6 % de la main-d’oeuvre totale employés  » irrégulièrement ”. Cette extrême droite populiste avec son autoritarisme et sa xénophobie (non de rejet mais de garantie policière que l’ouvrier restera à sa place, cf. la régularisation massive récente des clandestins sous contrôle des patrons) s’enracine dans les transformations actuelles du capitalisme : dans sa restructuration. La figure moderne du  » petit patron « est celle de  » l’obéissance aveugle et absolue aux lois du marché « et à  » un libéralisme économique qui ne s’embarrasse d’aucun scrupule vis-à-vis des conditions des travailleurs. ”. Bertinotti poursuit : « Si l’on ne comprend pas cet engrenage, on ne comprend pas pourquoi cette droite, définie comme anormale ou vieillie, s’affirme au sein de processus économiques modernes.  » En France, c’est dans cet engrenage que le Front National parvient difficilement à se placer, contrairement à beaucoup d’autres populismes européens ; victime, si l’on peut dire, d’un côté, de la structure productive du capitalisme français et, de l’autre, de son trop grand succès ouvrier qui le coupe sur le plan  » sociétal « d’une grande partie des  » classes moyennes « (homophobie, condition féminine, avortement, peine de mort, pacs ..). Tout cela tenant au déroulement de la restructuration en France, principalement à un faible éclatement des structures productives lors des restructurations industrielles.

          L’éloignement de Jean-Marie Le Pen de l’hédonisme d’un Pim Fortuyn n’est pas qu’un  » détail « et Pia Kjaersgaard (chef du Parti du peuple danois) le qualifie de  » figure du passé ”. C’est la profondeur de l’acceptation du libéralisme qui est en jeu, celui-ci ne définit pas seulement une série de principes économiques mais une conception et une pratique du fonctionnement de la société et de la notion d’individu.  » Dans la plupart des autres pays, les divisions régionales, religieuses, corporatistes se sont maintenues jusqu’au XX° siècle (contrairement à la situation française où tout cela est démantelé lors de la Révolution, n d a). Elles ont donc pu être mobilisées par les citoyens (souligné par nous) en lutte, pour défendre leurs intérêts particuliers. Dans le cas français, le  » matériel « mis à la disposition des individus pour nommer leurs différences et nourrir leur sentiment d’appartenance collective a été très tôt limité à deux grands registres : la lutte des classes (patrons / ouvriers) et le clivage national / étranger. « (Gérard Noiriel, le Monde diplomatique, janvier 2002.) L’identité ouvrière s’est politiquement constituée en France dans ce double clivage : contre les patrons, bien sûr, et dans la distinction d’avec l’étranger. De la troisième République jusqu’aux années 1970, la constitution et la reconnaissance d’une identité ouvrière d’un côté et, de l’autre, l’exclusion des immigrants étrangers sont les deux faces d’une même pièce. Depuis la III° République à la fin du XIX° siècle jusqu’à la crise / restructuration actuelle, l’Etat et la loi sont les acteurs centraux du clivage à l’intérieur de cette dualité. Cette intégration de la classe ouvrière dans l’Etat-nation ne fut pas que politique, progressivement le simple fait d’appartenir à l’Etat a permis d’obtenir des droits sociaux et c’est alors que le développement de l’immigration fut une conséquence de cette démocratisation.  » Jusqu’à la fin du second Empire, la ligne de fracture fondamentale était d’ordre sociologique, opposant le monde des notables aux classes laborieuses et dangereuses. Ces dernières n’avaient pratiquement aucun droit ; le fait que leurs membres soient  » français  » ou  » étrangers  » était donc sans importance. Mais à partir du moment où le peuple dispose de droits politiques et sociaux, il devient nécessaire d’établir une discrimination radicale entre ceux qui appartiennent à l’Etat français et les autres. L’étranger est alors défini de façon négative. C’est celui qui ne possède pas les droits consentis aux nationaux. (…). Dès la fin du XIX° siècle, l’immigration de masse va permettre d’exploiter toutes les potentialités offertes par ce clivage. Les capacités de résistance accordées aux classes populaires par la III° République ne permettant pas à la grande industrie de trouver sur place toute la main-d’oeuvre nécessaire, il a fallu pour constituer le prolétariat de mineurs, de manoeuvres, d’ouvriers agricoles et de bonnes à tout faire dont le pays avait besoin,  » fabriquer « une population privée des droits sociaux accordés aux nationaux et n’ayant pas la possibilité de protester collectivement contre le sort qui lui était fait. Des vignobles du Roussillon aux hauts-fourneaux de Moselle, le patronat va alors chercher de la main-d’oeuvre en Italie, en Pologne et dans les colonies. (…). En interdisant aux étrangers de travailler en France sans une autorisation officielle, l’Etat républicain s’est donné les moyens de réguler les flux migratoires, d’interdire l’entrée des immigrants sur son territoire en période de récession, de canaliser les flux vers les secteurs déficitaires, de limiter la concurrence dans les branches prisées par les nationaux. Au cours de la même période, ce dispositif a été renforcé par une multitude de mesures destinées à élargie la  » fonction publique ”, de façon à multiplier le nombre des emplois réservés aux Français. « (ibid.). Si l’analyse de Noiriel est passionnante, elle laisse cependant de côté le fait que ce qu’il appelle  » l’intégration des classes populaires  » n’est pas qu’un phénomène institutionnel, mais politique (dans un sens plus large qu’institutionnel), social et économique. Cette intégration est en fait un rapport de classes entre le capital et le travail qui s’impose au-delà des clivages institutionnels, c’est la formation et la confirmation d’une identité ouvrière à l’intérieur de la reproduction du capital. L’action politique et syndicale et tout simplement les luttes quotidiennes ont régulièrement subverti ce clivage (non sans affrontements), l’existence d’une identité ouvrière permettant cette subversion. La disparition d’une identité ouvrière laisse en revanche le clivage institutionnel à nu, de lui seul dépend l’ » intégration « et la reconnaissance (les sans-papiers n’ont eu droit de la part du mouvement ouvrier qu’à un furtif coup de chapeau et parfois même à l’hostilité des immigrés anciens). Le grand maître de ce clivage c’est l’Etat, c’est à lui que l’on s’adresse, c’est de lui que l’on attend tout, d’autant plus que, comme on l’a vu, toute référence intermédiaire a disparu depuis longtemps des luttes sociales en France, n’en déplaise aux Bretons, Basques et autres Corses. C’est toute cette longue histoire qui a structuré en France l’identité ouvrière sur le socle du clivage national / étranger et dont l’Etat était le maître d’oeuvre et le garant ultime qui met en porte à faux le  » libéralisme « du Front National et lui donne son air de vilain petit canard de la famille populiste européenne, quand comme ses frères il est le résultat de la disparition de cette identité. Contre cette disparition, en France il n’y a qu’une instance : l’Etat. Pour être rapide, le Front National balance encore entre, d’un côté, la tradition et la loi et, de l’autre, le contrat.

          L’extrême droite dont nous assistons au succès en Europe est celle que Jean-Yves Camus (auteur des Extrémismes en Europe, éd. de l’Aube, 1998 et du Front National, éd. Milan, 2001) qualifie d’ »atypique « en ce qu’elle abandonne le culte de l’Etat pour l’ultra-libéralisme, le corporatisme pour le  » jeu du marché ”, et même parfois  » le cadre de l’Etat-nation pour les particularismes régionaux ou purement locaux. « (le Monde diplomatique, mai 2002). En Italie, dans son évolution, l’Alleanza Nazionale a laminé les groupuscules néofascistes purs et durs, partout les partis qui se réclament de l’héritage direct du fascisme, du salazarisme, du phalangisme ou de la dictature des colonnels en Grèce sont totalement marginalisés. De même, en Belgique, si le Vlaams Blok (Bloc flamand) se réfère toujours au  » nationalisme solidariste « et au  » nationalisme flamand « de Henri De Man, le courant libéral y est de plus en plus important et donne le ton général du programme en se référant à Margaret Thatcher qui  » a libéré son pays de la dictature des syndicats « (au point que le combat pour l’indépendance de la Flandre n’est plus réservé qu’aux discours dominicaux). Les plus prospères de ces partis d’extrême droite, ceux de l’Europe scandinave, attirent électoralement une proportion de plus en plus grande d’ouvriers même si leur socle demeure les  » classes moyennes « et les patrons indépendants. En Norvège, où le chômage est quasiment inexistant et où les revenus pétroliers assurent pour l’instant un avenir sans nuages à l’Etat providence, le succès du Parti du progrès (Fremskridtspartiet) en milieu ouvrier semble mystérieux, d’autant plus qu’il défend l’idée d’une dérégulation totale du marché du travail impliquant une disparition du salaire minimum. Dans la situation de prospérité de la Norvège, une telle dérégulation n’apparaît pas comme une menace mais plutôt comme l’ouverture d’opportunités salariales (concurrence, primes, individualisation…) et l’absence de salaire minimum comme une relégation hors de l’espace salarial commun de la main-d’oeuvre non nationale. La prospérité y apparaît comme la préservation de l’homogénéité ethnique, religieuse et culturelle. Partout, ce qui domine c’est le ralliement de cette extrême droite au libéralisme, ce qui la différencie et la coupe radicalement du fascisme historique.

          Cependant, son succès électoral tient à ce que ce libéralisme est boiteux : libéralisme sans, et même, de façon proclamatoire, contre la mondialisation. Le point commun de tous ces mouvements, y compris naturellement le Front National, est d’ériger la  » préférence nationale « en protection de ce qui reste d’Etat providence (même quand celui-ci, comme en Norvège, ne paraît pas immédiatement menacé : il vaut mieux faire envie que pitié). Une fois affirmé ce point programmatique dur, la critique de la mondialisation est en fait plus spectaculaire, symbolique et rhétorique que réelle. Si bien que, au-delà de la participation directe de ces partis au pouvoir et des aléas de leurs succès électoraux, leur  » modernité « réside avant tout dans le fait que leurs thèmes sont partout présents dans les partis dits  » de gouvernement « (sans parler des nombreux arrangements locaux et / ou nationaux ainsi que des changements  » personnels « d’étiquette) et que les critiques qui leur sont adressées dans le  » débat politique « ne dépassent jamais la stigmatisation diabolique de leur  » fascisme « ce qui passe totalement à côté de leur réalité. Même si cela n’a pas d’importance, on ne peut s’empêcher de se demander si ce n’est pas volontaire.

          Partout, c’est la disparition de l’identité ouvrière et par là de sa représentation politique social-démocrate et / ou communiste qui déstabilise le fondement politique de l’Etat démocratique. Celui-ci est la pacification d’un clivage social que la démocratie reconnaît comme réel au moment où elle en est la représentation comme affrontement entre citoyens. Contrairement au populisme, la démocratie est la reconnaissance du caractère irréductiblement conflictuel de la  » communauté nationale ”, de ce point de vue la reconnaissance de la classe ouvrière a été historiquement au coeur de la construction de la démocratie, elle en fut même le moteur et le critère. Il est inutile de revenir longuement sur la déliquescence de la social-démocratie déjà abordée dans la partie de ce texte plus spécialement consacrée à la disparition de l’identité ouvrière. La social-démocratie et les partis communistes (frères ennemis) constituaient la forme dominante de la représentation politique inhérente à l’identité ouvrière. Celle-ci s’était constituée dans la première phase de la subsomption réelle du travail sous le capital dans le cadre mondial du fordisme et corrélativement dans le cadre national du bouclage de l’accumulation. Comme expression politique, la social-démocratie se caractérisait par trois points : la constitution d’un parti de masse, une sorte de contre-société (ce point là ne fut jamais effectif en France) ; un projet de réforme de la propriété en  » propriété sociale « ; la protection sociale. Le premier point est devenu caduc dans l’entre-deux-guerres, le deuxième s’est alors limité à un effet oratoire dans la présentation des programmes avant d’être officiellement abandonné, ne restait que le troisième. Le keynésianisme interne, en possible situation de compromis avec un libéralisme externe de plus en plus important, est devenu la politique naturelle de l’identité ouvrière jusqu’à ce que toutes les caractéristiques de la restructuration actuelle en ont fait disparaître la possibilité : coût budgétaire des programmes sociaux, montée du chômage, précarisation de la force de travail, décentralisation des relations professionnelles, autonomisation des marchés financiers, concurrence internationale. C’est-à-dire fondamentalement la modification du rapport d’exploitation. Nous ne rentrerons pas dans l’analyse des différentes possibilités de reconstruction de la social-démocratie ; une des plus intéressantes est certainement celle entamée autour de la CGIL en Italie qui retrouve la stratégie socio-politique qu’elle avait inaugurée à la fin des années soixante-dix, puis, à l’époque, rapidement abandonnée. Quelle que soit la nouvelle configuration  » social-démocrate ”, elle ne sera plus la représentation de l’identité ouvrière mais un accompagnement légal ou contractuel de la restructuration et la déstabilisation générale du fonctionnement de l’Etat démocratique, que cette disparition implique, perdurera.

          En effet, la critique démocratique du populisme n’est pas chose aisée. Pierre Rosanvallon faisait remarquer, il y a déjà quelques années, que l’on voit aujourd’hui employés pour critiquer l’idée de référendum sur les problèmes de société, les mêmes arguments qui étaient employés au XIX° siècle contre le suffrage universel : le manque d’éducation du peuple. Rosanvallon poursuit :  » Nous avons besoin de pouvoir faire philosophiquement une critique démocratique du populisme. Ce qui est en cause, pour faire vite, dans une perspective populiste, c’est une vision extrêmement pauvre de la démocratie, une vision primitive de la volonté générale. Le populisme considère que l’énergie sociale est en permanence étouffée par les élites, étouffée par les appareils, étouffée par les partis, étouffée par les institutions. C’est une vision très discutable de la démocratie. La démocratie ce n’est pas simplement l’enregistrement passif des volontés, c’est la construction du vivre ensemble. La volonté commune n’est pas donné au point de départ. Elle se construit dans le débat et la délibération. C’est sur cette base que l’on peut faire une critique méthodologique, philosophique du populisme. Il n’y a pas un  » déjà là « de la volonté générale, un  » déjà là « de l’énergie sociale. (…). Si l’on a une vision décisionniste de la démocratie, on ne peut pas faire la différence entre populisme et démocratie. « (Pierre Rosanvallon, le Monde du 14 décembre 1993.) Nous ne discuterons pas ici des notions de  » volonté commune ”, de  » citoyen « ou d’ » Etat de classe ”, nous nous intéressons au problème que la démocratie a avec le populisme. Disons seulement que la  » volonté générale « est une réalité, ce sont toujours les intérêts de la classe dominante qui se font valoir comme intérêts généraux, la démocratie, dans le mode de production capitaliste, est le processus le plus adéquat de ce  » faire valoir « et ce pour les raisons même qu’énonce Rosanvallon.

          La représentation pacifiée en  » volonté générale « d’une société reconnue comme nécessairement conflictuelle (c’est là toute la force de la démocratie) est un travail et non un reflet. C’est-à-dire que dans le fonctionnement démocratique de l’Etat, la réification et le fétichisme sont des activités, c’est la politique comme partis, débats, délibérations, rapports de force dans la sphère spécifique de la société civile, décisions (cf. la première partie de ce texte). Se contenter de se moquer des démocrates qui n’acceptent pas le résultat d’un vote c’est un peu léger et c’est ne rien comprendre à la démocratie comme représentation. Les ricanements radicaux restent en deçà d’une analyse démocratique sérieuse de la démocratie.

          La démocratie semble inexorablement devenir populiste parce que c’est le travail de représentation qui est en crise. Précisons : les classes existent, l’Etat existe, la classe capitaliste est la classe dominante, le fétichisme de la marchandise doublé du fétichisme spécifique du capital accomplissent toujours leur oeuvre. Dans la mesure où l’intérêt propre de la classe dominante passe par l’Etat, il doit acquérir la forme d’un intérêt universel, d’une volonté générale. Quand nous disons que toute classe dominante doit » représenter son intérêt propre comme étant l’intérêt universel « (Marx, Idélogie allemande, éd. sociales, p. 62), il ne s’agit pas d’une supercherie, d’un piège tendu aux classes dominées, d’une manœuvre qui pourrait être comme ne pas être. L’intérêt collectif (exprimant la dépendance réelle réciproque des classes) qui dans une société de classes est l’intérêt particulier de la classe dominante prend, en qualité d’Etat, une forme, premièrement, indépendante de l’intérêt particulier de la classe dominante elle-même parce qu’il n’est immédiatement qu’un intérêt particulier face à d’autres et, deuxièmement, indépendante de la simple dépendance réelle entre les classes parce que cette médiation du collectif nie sa particularité, il devient un intérêt universel. L’intérêt particulier de la classe dominante ne peut se réaliser comme intérêt particulier que comme intérêt universel, en qualité d’Etat. Il lui faut sortir de sa particularité, l’Etat doit être séparé de la lutte des classes pour être au mieux l’Etat de la classe dominante, la bourgeoisie célèbre comme ses grands hommes politiques ceux qui lui donnèrent souvent du fil à retordre. Le travail politique de représentation est cette sortie de la particularité, ce que Rosanvallon appelle la  » construction du vivre ensemble ”, le  » débat ”, la  » délibération ”. Par nécessité un tel travail n’est possible que dans la mesure où plusieurs intérêts particuliers sont susceptibles de se faire valoir dans la sphère de l’universel (une particularité unique, en rapport seulement avec elle-même, ne peut pas sortir d’elle-même, elle n’est rien) ; même si le vainqueur est forcément connu d’avance, il est dans la nature des intérêts particuliers de devenir indépendants d’eux-mêmes et de concourrir (leur propre poursuite implique pour eux d’apparaître comme un intérêt  » universel ”, spécial et particulier parce que face à un autre).

          Le problème de la démocratie est actuellement de ne plus connaître qu’une seule de ces particularités aptes à concourrir, la disparition de l’identité ouvrière et de sa représentation a entraîné toutes les autres dans son naufrage. Or, seule, cette particularité n’est rien, rien en tant que faire valoir universel. Dans la disparition de la démocratie, la bourgeoisie joue son universalité. Trivialement : plus personne n’y croit ; tellement que les  » scandales « qui, sous la troisième République, jusque dans l’entre-deux-guerres, pouvaient ébranler le fonctionnement démocratique de l’Etat, aujourd’hui  » tout le monde s’en fout « et ne sont qu’un sujet de comique répétitif et éculé. C’est grave pour la bourgeoisie, non pas seulement parce que le leurre ne fonctionnerait plus (ce qui n’est pas négligeable), mais surtout parce que tant que le leurre fonctionne cela signifie qu’il n’en est pas un et que la bourgeoisie apparaît en réalité comme la classe de l’universel, que son intérêt propre se construit réellement dans l’opposition entre les classes et par elle comme l’intérêt général en tant qu’Etat, ce qui nous renvoie à la question du statut actuel de la domination et de l’oppression dans l’exploitation et l’autoprésupposition du capital. De surcroît, ce que l’on rencontre au niveau des Etats nation se retrouve au niveau du système des Etats dans la politique américaine. La domination des intérêts particuliers de la classe dominante ne se construit plus en  » volonté générale ”, les conditions du  » débat « et de la  » délibération « ont disparu. Le fonctionnement démocratique se scinde alors en une hypertrophie institutionnelle indépendante de tout travail de représentation (cours constitutionnelle, cours des comptes, conseil d’Etat, banques centrales, toutes les autorités indépendantes de régulation économique au niveau national, européen ou international) et une  » représentation « vitaliste populiste et aléatoire des intérêts particuliers. Le vitalisme populiste, c’est l’hostilité à tout ce qui peut faire écran entre le peuple et ceux qui sont censés l’incarner au pouvoir. L’aléatoire de la  » représentation « réside dans le fait qu’en se  » désociologisant « la représentation formalise des thèmes transversaux (sécurité, questions  » sociétales ”, environnement, immigration,  » qualité  » du personnel  politique…) polarisant les votes de façon imprévisible et surtout accidentelle.

L’analyse morphologique des manifestations de rue nous confirme dans l’effondrement de la démocratie comme représentation. Tout d’abord durant les dernières décennies le nombre de manifestations a considérablement augmenté, en revanche leur ampleur diminue fortement : des micromobilisations ne rassemblant qu’une cinquantaine de personnes ; les organisateurs sont de moins en moins les partis politiques, encore les syndicats et, de plus en plus, des associations ; les thèmes ne sont plus des causes politiques comme dans les années soixante-dix, mais des objectifs proches et  » limités « : revenus, emplois, chômage ; les professionnels du métier politique dont l’activité est considérée comme abstraite et douteuse sont tenus à distance. Mais,  » si les catégories de la population qui participent le moins aux élections sont celles qui ont pour caractéristique d’être les plus touchées par les effets de la crise économique, il n’en va pas de même pour la participation aux manifestations. En effet, ceux qui ont le plus souvent recours à la rue sont les ouvriers et les employés et, depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, les chômeurs. (…). Alors que les 18-24 ans sont classiquement les plus nombreux à ne pas voter, ils sont massivement impliqués dans les manifestations de rue. « (Olivier Fillieule – auteur de Stratégie de la rue. Les manifestations en France, Presses de Sciences Po, 1997 – in le Monde du 1° juillet 1999) .

          Le populisme n’épuise pas l’effondrement de la démocratie comme représentation et la disparition de l’identité ouvrière est loin d’être la fin de la classe ouvrière et de la lutte de classe.


plus haut dans le même texte, à méditer relativement à la question le Brexit est-il un vote de classe ?

RS a écrit:
Le vote Le Pen est une protestation, une protestation ouvrière (pas seulement et il faudra l’expliquer) non pas de la classe ouvrière contre le mode de production capitaliste mais contre la disparition de la possibilité de sa représentation sociale et politique (nous avons vu dans la première partie ce qu’était la représentation et dans la deuxième le processus de sa disparition).

Cette protestation affirme l’existence de la classe ouvrière (comme avait pu le faire le vote contre Maastricht, qui, lui, avait réjoui pas mal de  » radicaux ”), si cette affirmation s’appuie sur la nostalgie d’un passé révolu et largement fantasmé, elle est, avant tout, actuelle car elle n’est pas celle de l’identité ouvrière, même fétichisée dans la représentation politique. C’est une affirmation ouvrière qui ne fait qu’affirmer toutes les catégories actuelles des modalités de l’exploitation. Elle se distingue de l’affirmation de l’identité ouvrière en ce qu’elle n’affirme que l’existence du capital tel qu’il est, mais c’est aussi là qu’existe la classe ouvrière.


à la lecture, on saisit bien pourquoi "revenir à gauche" par la politique est vain, parce que tapant à côté du problème dans ses dimensions économiques comme idéologiques... et politiques

si j'ai utilisé le terme de populisme radical, c'est qu'il est ici à prendre à la racine, comme dans démocratisme radical, précisait RS, et son caractère traversant le clivage droite-gauche fait ressortir cette radicalité, la même au fond que l'on retrouve dans l'idéologie française

il est assez effarant de voir à quelle vitesse se sont précipitées les choses depuis les attentats de janvier 2015 à Paris

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Mer 1 Fév - 9:01


quel choix électoral pour la grande bourgeoisie française ?

je parle très peu des élections, de l'élection présidentielle pas plus. Je suis néanmoins l'actualité rebondissante à souhait, primaires, stratégies des uns et des autres, affaires et candidats plombés... Si j'avais un critère pour y comprendre quelque chose et comme tout le monde hasarder un pronostic, ce serait : quel est l'intérêt de la grande bourgeoisie française, et quelle sera le comportement du prolétariat, disons des gens d'en-bas ?

de ce point de vu je me sens plus proche de "C'est toujours la bourgeoisie qui gagne les élections", un texte du CCI en 2005, que de "Débat Fillon-Juppé : la bourgeoisie française tourne vers l'extrême-droite" en novembre 2016

je ne pense pas que la grande bourgeoisie française ait intérêt dans l'immédiat à recourir au Front national, et si Fillon, candidat de la droite bourgeoise devient indésirable, elle optera pour Macron. C'est lui le gagnant des primaires socialistes, puisqu'Hamon a éliminé Valls et plombé Mélenchon. Macron gagne à gauche et à droite...

quant au prolétariat, il s'abstiendra davantage et votera un peu plus pour Le Pen

donc à cette heure, mon pronostic est une victoire de Macron face à Le Pen au second tour

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Mer 1 Fév - 10:10

incidemment, je tombe sur cet article de Gabriel Brustier pour Slate.fr, qui va un peu dans le sens du commentaire précédent


Pour comprendre le candidat «En Marche», représentant d'une volonté d’adaptation de la France au nouveau capitalisme de la part du groupe social le plus privilégié, il faut faire un détour par le populisme.


Emmanuel Macron en meeting à Quimper, le 16 janvier 2017
FRED TANNEAU / AFP.

Citation :
Depuis la crise financière de 2007-2008, aucun récit légitimateur n’est venu au secours de l’évolution du capitalisme. L’inadéquation entre ce qu’il devient et l’imaginaire d’un nombre croissant de nos concitoyens est à la source de ce qui se définit comme une crise organique: consubstantielles à cette dernière, la crise rampante de la Ve République et celle de la social-démocratie ont sécrété le phénomène Emmanuel Macron, ultime tentative de susciter le consentement d’une société marquée par une double défiance, à l’égard de ses élites et envers le consensus portant les solutions économiques adoptées au sein de l’UE.

La «Révolution» d’Emmanuel Macron en est bien une mais une «révolution passive», celle qui vise à faire surmonter au capitalisme ses propres difficultés et à faire adhérer des groupes sociaux aux intérêts matériels divergents à une même vision de l’avenir. Le candidat «En Marche» apparaît comme l’authentique intellectuel organique d’une France connectée à la globalisation, optimiste face à la mondialisation et à l’évolution du capitalisme.

Une France minoritaire

La France que représente à l’origine Emmanuel Macron est minoritaire, et elle le sait. Fort du potentiel restreint des 6% d’électeurs sociaux-libéraux, le candidat n’a donc cessé de multiplier les gestes visant à élargir cette base, en subvertissant le clivage gauche-droite et en adoptant une posture anti-système, contrepied total de ce qui fait son identité politique personnelle mais seule clé de son succès politique. Oscillant entre promotion du nouveau capitalisme et adhésion à l’idéologie du «rassemblement national», Macron tente ainsi de rassembler suffisamment d’électeurs aux aspirations variées autour de l’idée de changement et de rupture avec le système politique actuel.

Cette stratégie discursive peut lui assurer un nombre suffisant d’électeurs désireux de rompre avec le duopole PS-LR, même si elle est fragile. Son électorat apparaît en effet comme un syncrétisme, pas encore comme une synthèse. L’ancien ministre de l’Économie, scribe appliqué de la commission Attali, chantre de la modernisation de notre pays, bénéficie en tir croisé d’un investissement politique des élites sur sa personne et d’un fort sentiment de défiance d’un nombre important de nos concitoyens à l’égard des institutions et des partis.

«Capitalisme californien»

Dans une élection à deux tours, où le FN est considéré comme déjà présent au second (peut-être à tort), la qualification au second tour vaut quasiment élection. Reste qu’il ne s’agit pas d’un jeu électoral lié à une simple ambition personnelle : Emmanuel Macron a une fonction et est chargé d’une mission.

Sa mission est de développer un récit qui fasse adhérer les Français au projet d’adaptation de notre pays au nouveau capitalisme. Ce récit développé par l’ancien ministre de l’Économie mêle dénonciation des «blocages» et optimisme devant les opportunités que procurerait un libéralisme total, à la fois social ou sociétal et économique (Macron sait qu’on ne dirige pas une société seulement par l’état d’urgence et la coercition et, en plusieurs occasions, a suggéré une divergence d’appréciation sur ce point avec l’exercice gouvernemental de Manuel Valls). Ce libéralisme peine néanmoins à dire son nom dans un pays historiquement rétif à ces thèses et, comme toujours en France, est porté par des hauts fonctionnaires adeptes du marché. Pour la première fois, les élites techniciennes du Parti socialiste, acquises historiquement depuis les années 80 à la mondialisation néolibérale, se présentent devant les électeurs: voilà un acquis important pour le débat démocratique.

Il y a bien, avec la candidature Macron, une claire volonté de la France privilégiée, celle que le Cevipof a identifiée, de (re)devenir un groupe social dirigeant dans le pays. Le candidat cherche à susciter le consentement des Français à une entreprise d’adaptation à ce que l’on peut définir, à l’instar du journaliste économique Jean-Michel Quatrepoint, comme le «capitalisme californien», fait de glorification de l’individualisme et de capitalisme numérique type GAFA. Cela suppose une prise de distance avec ceux qui sont identifiés comme les responsables de la situation de notre pays: les dirigeants des partis politiques de la Ve République. «En marche!» est un peu le Nuit Debout des traders, ce qui suppose de passer par des alliances avec d’autres groupes sociaux plus nombreux en voix dans les urnes (chez les seniors, désormais à l’abris des vicissitudes du monde du travail, ou chez les cadres et professions libérales, dans une France qui, sans être privilégiée, ne s’estime pas victime de la plongée du pays dans la globalisation et l’intégration européenne).

Son combat ne se situe ainsi désormais plus au niveau de la compétence économique ou des «propositions» mais à celui de l’unification d’aspirations contradictoires et diffuses dans la société. Il se situe au niveau de la superstructure et de la quête d’une nouvelle hégémonie culturelle, qui passe par la contestation des élites du pouvoir par… ces mêmes élites. En témoignent les ralliements de personnalités appartenant au «cercle de la raison» (de Jean Pisani-Ferry à Jean-Marie Cavada, pour les exemples les plus récents).

Le candidat de la «crise de régime»

Emmanuel Macron est ainsi le candidat de la «crise de régime». La défiance d’un nombre important de groupes sociaux (La Manif pour tous comme Nuit Debout en sont des démonstrations éclatantes) à l’égard du régime politique de la Ve République est la preuve d’une crise politique rampante qui frappe notre pays, crise que François Hollande n’a pas su affronter. Le destin de la présidence Hollande ne s’explique vraiment que si l’on prend en compte cette dimension déterminante qui fait de la vision du monde et de la société la clé du destin politique du pays.

L’expérience Macron suppose donc la réussite du transformisme qu’il porte: il s’agit de convertir des groupes sociaux à un gigantesque plan de sauvetage idéologique à la fois de la Ve République, de son mariage avec l’intégration européenne et du capitalisme à la sauce californienne. Cela n’a rien d’aisé mais peut assurer une qualification au second tour de la présidentielle, d’autant que la droite semble offrir quelques opportunités à sa candidature.

L’élection à deux tours implique un certain degré de tactique politique pour agglomérer suffisamment d’électeurs pour se qualifier au second tour. Dans cette perspective, il s’agit de ne pas mésestimer les quelques handicaps de la candidature Fillon, qui ne parvient pas à résoudre la lente crise existentielle de la droite française et la coupe de l’électorat populaire, peu acquis au néolibéralisme de l’ancien Premier ministre. La «droite d’après» n’étant pas née, celle de la Ve République semble agoniser sous nos yeux : c’est une chance de reprise au rabais d’un créneau laissé vacant, celui du centre-droit libéral et européen.

L’effet de la primaire de droite a en effet été de propulser un candidat incarnant à merveille la «droite de masse», celle qui défila pour «l’école libre» en 1984 et contre le «mariage pour tous» en 2013, une droite qui n’est pas frontiste, au sein de laquelle les catholiques conservateurs sont très actifs mais qui peut peiner, par l’intransigeance de son candidat, à susciter l’adhésion d’autres segments de la droite française et donc plonger dans les difficultés. Il existe donc un centre-droit libéral pour lequel la ligne de François Fillon apparaît trop dur.

Intellectuel organique du nouveau capitalisme

Le cas Macron n’est pas isolé: en Europe apparaissent d'autres mouvements qui allient adhésion au libéralisme et contestation des régimes politiques en place. Il existe ainsi des exemples proches de celui incarné par Emmanuel Macron et qui répondent à la même fonction. Ciudanados, en Espagne, est apparu comme une forme de «Podemos de droite», dont la fonction était de renouveler un récit d’adhésion au libéralisme. En Autriche, la percée du NEOS, petit parti contestataire et social-libéral, n’est pas sans rappeler la ligne politique d’Emmanuel Macron. Enfin, la tentative récente –et avortée– d’alliance de Beppe Grillo avec le groupe libéral du Parlement européen témoigne tant d’une volonté du M5S de se rendre acceptable aux yeux des élites économiques italiennes que d’une réflexion libérale sur le positionnement de cette famille dans un contexte de crise de régime qui touche l’Union européenne.

Pour survivre à la crise, le libéralisme est tenté par l’adoption d’une contestation de façade des régimes qui lui ont permis de s’installer. En cherchant à agglomérer autour de sa candidature et de son discours «contestataire» des groupes sociaux aux aspirations différentes, Emmanuel Macron annonce en fait que nous approchons du stade terminal de la crise de régime de la Ve République et de l’Union européenne.


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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Jeu 2 Fév - 16:47

une analyse plus récente du même Brustier, toujours sur le terrain électoral et politique


ENTRETIEN - Après la dynamique de Mélenchon, porté par les réseaux sociaux, Hamon perce dans les sondages alors que Macron fait jeu égal avec le candidat de la droite. Pour Gaël Brustier, ces trois gauches sont peu conciliables, pour des raisons idéologiques ou stratégiques.


Gaël Brustier est docteur en sciences politiques. Il est notamment l'auteur de Le Mai 68 conservateur. Que restera-t-il de la Manif pour tous ? (éditions du Cerf, 2014). Son dernier livre Nuit Debout. Que penser ? vient de paraître aux éditions du Cerf.

Citation :
FIGAROVOX. - Hamon, Mélenchon et Macron, la gauche est éparpillée façon puzzle. S'agit-il d'une décomposition ou d'une recomposition ?

Gaël BRUSTIER. - Il y a des divergences de fond et des divergences stratégiques. Sur le fond, Emmanuel Macron diverge de Mélenchon et de Hamon. Il est le conteur de l'adaptation de la France aux évolutions en cours du capitalisme. Il progresse dans les intentions de vote à mesure que les difficultés du PS et de la droite se précisent. Les divergences de fond existent évidemment entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. On peut pencher pour l'un ou pour l'autre selon qu'on est favorable ou non au revenu universel par exemple… Mais la question stratégique les divise aussi et sans doute plus profondément. La stratégie, en la matière, n'est pas un jeu politicien ou électoral… La question stratégique a à voir avec l'hégémonie, avec la manière dont on mobilise une société, dont on l'entraîne vers la réalisation d'un projet collectif… Si ce débat va à son terme entre Mélenchon, favorable au «populisme de gauche» inspiré par Laclau et Mouffe, et Hamon qui inscrit son action dans la traditionnelle «union de la gauche», cela sera très intéressant.

Quels sont les différences et les points communs entre ces trois candidats ?

Tous les trois tentent de tracer un chemin depuis une gauche en crise. Macron en déduit que le clivage gauche-droite est dépassé, il se pose en champion d'un libéralisme total, porté par les groupes sociaux bénéficiant de la globalisation et agglomérant des groupes relativement épargnés par les conséquences de la globalisation… Hamon et Mélenchon peuvent dialoguer sur le fond mais sont amenés à débattre de la stratégie. Dans un pays où la gauche électorale toutes tendances confondues est en déclin, leurs options divergentes sont déterminantes pour l'avenir de ce camp politique.

S'agit-il d'un choc de personnes ou incarnent-ils trois tendances réelles et profondes de la gauche ?

Ce sont trois tendances de l'évolution de la gauche en Europe. Dans une élection à forte incarnation, la personnalité est un facteur à ne pas négliger néanmoins. Il faut cependant se garder de résumer le «jeu» politique à des enjeux de personnes, à des ambitions personnelles, à des questions d'ego. Il y a des forces sociales qui bouillonnent, un magma idéologique, des visions du monde concurrentes, des idées de l'avenir du pays qui sont contradictoires. Faisons crédit à chacun de représenter, imparfaitement évidemment, ces évolutions.

Macron doit-il être classé à gauche ?

Macron s'est autodéclaré «de gauche» tout en cultivant une vraie ambiguïté. C'est un libéral total. Il est encore perçu par nombre d'électeurs comme «de gauche» mais son espace politique est au centre, voire au centre-droit, tout en cultivant une posture de contestation démocratique.

Hamon est-il plus proche de Macron ou de Mélenchon ?

La logique de Macron c'est d'être «Beppe Grillo + le MEDEF», c'est-à-dire une contestation démocratique au service d'une adaptation aux évolutions du capitalisme de l'après crise. Malgré leurs divergences on voit mal les deux autres candidats s'en rapprocher… Hamon n'a qu'un allié possible s'il doit en avoir un et c'est Mélenchon…

N'a-t-il pas un candidat de trop ? Une synthèse, voire une union peut-elle s'opérer entre deux des trois candidats ?

Voilà trois hommes qui sont issus de l'appareil PS au sens large. Mélenchon a été des années durant élu PS, Hamon a grandi dans l'appareil, Macron a été le principal conseiller de François Hollande en matière économique… Macron tente une expérience que la crise de régime rend non seulement possible mais nécessaire pour les groupes sociaux les plus favorisés. Hamon et Mélenchon représentent deux visions stratégiques pour la gauche, c'est là le clivage entre eux. J'en reviens à ce que je disais auparavant, c'est un débat fondamental.

« un débat fondamental », c'est très relatif, mais intéressant tout de même

sur le plan électoral, il me semble que Hamon et Mélenchon n'ont pas de réserve, ce qui veut dire que la somme de leurs espérances de voix est bornée et qu'on assistera dans les sondages aux vases communiquants de leurs scores jusqu'au premier tour, sauf improbable désistement de l'un ou l'autre

quels seront les choix électoraux des gens d'en-bas, le "prolétariat" ? Ces trois n'ont pas grand chose à espérer, ni Fillon, et Le Pen peut encore monter

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Sam 4 Fév - 11:04

du fil parallèle paradigme d'un DÉMOCRATISME POPULISTE ? POPULISME RADICAL ? Brexit, classes, immigration et racisme, Trump...

« Se poser la question des conflits de classes qui apparaissent
à travers cette opposition des populismes et des élites »


A.de Benoist : « le populisme, c’est l’extraordinaire défiance des classes populaires »

Edouard Chanot Sputnik 26 janvier 2017

Pour Alain de Benoist, la critique du populisme est devenue une critique du peuple. Mais ce dernier a encore son mot à dire, et pèsera lors des prochaines échéances électorales.


© capture d'écran: YouTube
Citation :
Impossible de l'éviter. Certains ont beau fermer les yeux, retarder leur prise de conscience comme on retarde le réveil le matin, il est impossible de ne pas s'y confronter. Que cela nous plaise ou non, le populisme est le phénomène politique de la décennie. De Podemos au Brexit, de Syriza à Donald Trump, du mouvement 5 étoiles à Marine Le Pen, les arrières-arrières-petits-enfants du Général Boulanger se sont dispersés en Europe et ont investi le champ politique qu'ils ne craignent pas de bouleverser.

De quoi est-il le fruit et de quoi sera-t-il la cause ? En d'autres termes, que faut-il en attendre ? Le pire est-il à venir, ou nous dirigeons-nous vers un renouveau civilisationnel ? Celui-ci exige-t-il la fin du clivage droite-gauche qui structure notre vie collective depuis près de deux siècles ?

Pour lever nos interrogations, nous avons reçu un homme qui rend la vie des bibliophiles difficile, car il publie demain son 103ème essai, intitulé Le moment populiste, Droite-gauche c'est fini, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Cet auteur est Alain de Benoist, le chef de file d'un courant baptisé à ses dépens « La Nouvelle Droite » dès les années 70. Peut-être est-il au cœur de cette remise en cause du clivage droite-gauche. Il semblerait que la pratique ait rejoint la théorie, la réalité ses réflexions.

Regardez l'entretien dans son intégralité :




Extraits :

La sécession de la plèbe

« Le populisme apparaît il y a vingt ou trente ans, mais la vague n'a pas cessé d'enfler. En première analyse, le populisme, c'est l'extraordinaire défiance des classes populaires et plus largement l'accélération de la défiance des classes populaires et moyennes contre les élites, qu'elles soient politiques, économiques, financières, sociales ou médiatiques. Les gens n'ont plus confiance, ils n'y croient plus. On a pu parler de ‘sécession de la plèbe'. C'est un peu cela.  »

« Aujourd'hui, il y a deux tiers de mécontents et un tiers de gens qui profitent de la situation et qui ont créé cette nouvelle classe, une nouvelle classe mondialisée qui s'inscrit dans l'idéologie dominante. Avec comme conséquence une triple exclusion des classes populaires et des franges inférieures des classes moyennes menacées de déclassement — exclusion politique, exclusion sociale et exclusion culturelle ».


Le ralliement de la gauche au marché

« Le clivage droite-gauche devient obsolète en raison de ce recentrage, à partir du moment où gauche et droite ne se divisent que sur les moyens pour parvenir au même objectif. D'autre part, on voit s'esquisser une attitude qui est l'opposition de ceux d'en bas contre ceux d'en haut. On passe d'un axe horizontal gauche-droite à un axe vertical. C'est pour cela qu'on ne peut pas les superposer. Christophe Guilluy a véritablement renouvelé la géographie sociale en procédant à une sorte désenfouissement du peuple en montrant que la classe populaire et ouvrière a migré à l'intérieur de la France : elle s'est éloignée des métropoles où se concentrent les richesses et les élites mondialisées pour s'installer dans des régions éloignées, dans ‘la France périphérique'. Ces classes populaires vont représenter un facteur qui va peser sur les échéances électorales, au détriment des classes populaires anciennes. »

« On parle de ‘mouvement dextrogyre' ou de manière plus simple de ‘droitisation'. Sur les plans des mœurs, je ne crois pas qu'il y ait de droitisation. Je crois plutôt qu'on subit les conséquences du fossé qui s'est créé entre la gauche et le peuple. Les gens s'intéressent de moins en moins aux questions sociales. La gauche classique a fait le choix d'une autre idéologie que celle du socialisme : une sorte de social-libéralisme libertaire, où les droits individuels, les fantasmes ou les caprices des uns et des autres, le néoféminisme, l'art contemporain, la lutte contre toutes les discriminations, toutes ces choses dont le peuple se fiche totalement, ont remplacé la défense du prolétariat. En d'autres termes, la gauche dans ses plus gros bataillons s'est ralliée à l'économie de marché et s'ébroue à son aise dans un certain libéralisme sociétal. »

De la critique du populisme à la critique du peuple

« Dans un premier temps on a étiqueté ‘populistes' des mouvements qui visiblement n'en présentaient plus toutes les caractéristiques. Dans un deuxième temps, on a appelé populistes toutes sortes de phénomènes sociaux, d'associations, de partis, qui prétendaient articuler une demande politique et sociale à partie du peuple. Dans un troisième temps, la critique du populisme a cédé la place à une critique du peuple, considéré comme peu instruit, ne sachant pas, se laissant embrigader par des leaders démagogues. Bien entendu, il y a des leaders populistes démagogues. Simplement, ce qu'il faut rappeler, c'est que la démagogie est la chose la mieux partagée du monde dans la vie politique ! »

« Il n'y a pas d'idéologie populiste, l'expérience montre que le populisme peut se conjuguer avec n'importe quelle idéologie. Le populiste, c'est un style, une nouvelle manière d'articuler dans une perspective ‘contre-hégémonique un certain nombre de demandes sociales et politiques à laquelle la classe dominante ne répond pas. Ce n'est pas seulement une demande de protection, mais aussi une demande de plus démocratie, et donc de politique tout court. Le populisme est une demande qui part du peuple pour obliger les hommes politiques à faire de la politique, au détriment d'une activité publique qui se réduirait à l'administration des choses. »

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur
.



Citation :
L’extraordinaire défiance de couches de population toujours plus larges envers les « partis de gouvernement » et la classe politique en général, au profit de mouvements d’un type nouveau, qu’on appelle « populistes », est sans nul doute le fait le plus marquant des transformations du paysage politique intervenues depuis au moins deux décennies.

Le phénomène tend même à s’accélérer, comme l’a montré l’élection de Donald Trump, survenant quelques mois après le « Brexit » britannique. Partout se confirme l’ampleur du fossé séparant le peuple de la Nouvelle Classe dominante. Partout émergent de nouveaux clivages qui rendent obsolète le vieux clivage droite-gauche.

Mais que faut-il exactement entendre par « populisme » ? S’agit-il d’un simple symptôme d’une crise générale de la représentation ? D’une idéologie ? D’un style ? Ou bien le populisme traduit-il une demande fondamentalement démocratique face à des élites accusées de ne plus faire de politique et de vouloir gouverner sans le peuple ? C’est à ces questions que répond ce livre, qui part de l’actualité la plus immédiate pour situer les enjeux politiques, sociologiques et philosophiques du débat.

A quelques mois d’une élection présidentielle où le thème du populisme ne va pas manquer d’être discuté avec vigueur, Alain de Benoist publie un véritable manuel de la question.

Patlotch : - commentaires quand j'aurai visionné la vidéo

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Lun 6 Fév - 9:02


« Ô calme nuit, qui doucement composes »

Pontus de Tyard 1521-1605

j'avais ouvert ce sujet en juin 2015. Il est en fait lié à trois autres, un plus théorique, ERNESTO LACLAU théoricien trans-classiste du POPULISME de Podemos, CHANTAL MOUFFE, le populisme de gauche et Nuit-Debout, un plus politique, EUROPE (et au-delà) : paradigme d'un DÉMOCRATISME POPULISTE ? POPULISME RADICAL ? Brexit, classes, immigration et racisme, Trump..., et un plus 'français', L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE, une passion capitaliste occidentale : POPULISME RADICAL ?

tout se croise et se recoupe dans l'économie politique en crise, avec des moments plus économiques (la crise de 2008-2010), d'autres plus politiques (depuis les attentats de janvier 2015) à la faveur des périodes électorales

et dans la crise du capital, tout se comprend comme évacuation du conflit de classe, une approche à la fois pré-marxienne et "post-marxiste" comme on dit aujourd'hui. Le nœud se défait en ayant en tête cette phrase en exergue du site DDT21, de Gilles Dauvé :


Chaque fois qu'à la place de prolétariat, je lis "peuple",
je me demande quel mauvais coup on prépare contre le prolétariat
.

on peut vérifier par une recension sur Google clivage droite-gauche populisme peuple cette évacuation politiciste du conflit de classe (y compris dans les analyses de Brustier plus haut, moins dans celles d'Alain de Benoist). Deux textes significatifs :

- Le peuple ou la gauche? Ce qui sépare Hamon et Mélenchon : « Rassembler la gauche et ses appareils partisans ou tenter de construire un sujet politique nouveau –le peuple– voilà la différence fondamentale entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon.» Ainsi l'on reste en surface, et si l'on perçoit bien le changement historique de paysage politique, on n'en saisit pas l'ancrage dans l'économie politique

- Penser le populisme, débat Martelli-Mouffe. 19 septembre 2016. Martelli : « C’est le projet qu’il porte qui "constitue" le peuple

les quatre candidats à la présidentielle Hamon, Mélenchon, Macron et Le Pen frayent tous à divers degrés avec le populisme et l'effacement du clivage droite-gauche, que les deux premiers s'efforcent de retisser quand les deux autres forcent son effacement, mais quel que soit le résultat, leurs promesses se heurteront aux réalités de l'économie politique

Michael Roberts, "marxist economist", consacre un article à la France : France: penned in au lendemain de la primaire socialiste


Michael Roberts a écrit:
The victory of Benoit Hamon as the new leader of the ruling Socialist party in France sets the scene for an unpredictable outcome from the upcoming presidential election in April-May.




So this upcoming election is important.  French capital wants a president elected who will introduce policies designed to reverse the long-term secular decline in the profitability of capital and put French labour in its place.  For this, they look to Fillon or Macron – either will do.  But votes do not always work out as the strategists want or expect – as we have seen in the UK with Brexit and Trump in the US.

It is still unlikely that Le Pen will enter the Elysee Palace or that Hamon or Melenchon will combine to enable a leftist candidate to get into the second round and defeat Le Pen.  But it’s possible.  But whatever the outcome, the next French president will face major challenges with an economy that has sluggish growth and investment, high unemployment and growing ethnic divisions.  And that is not even considering the probability that there will be a new global slump during the next presidency.

La victoire de Benoît Hamon comme nouveau leader du parti socialiste au pouvoir en France met en scène un résultat imprévisible à la prochaine élection présidentielle en avril-mai.

[développement sur l'économie française]

Cette élection à venir est donc importante. Les capitalistes français veulent un président élu qui mettra en place des politiques conçues pour inverser le déclin à long terme dans la rentabilité du capital et mettre du travail français à sa place. Pour ce faire, ils se tournent vers Fillon ou Macron. Mais les votes ne fonctionnent pas toujours comme les stratèges veulent ou attendent – comme nous l’avons vu au Royaume-Uni avec Brexit et Trump aux États-Unis.

Il est peu probable que Le Pen puisse entrer au Palais de l’Elysée ou que Hamon et Mélenchon se combinent pour permettre à un candidat de gauche d'être au deuxième tour contre Le Pen. Mais c’est possible. Mais quel que soit le résultat, le prochain président Français sera confronté à des défis majeurs avec une économie à la croissance anémique, au taux de chômage élevé et de plus en plus aux divisions ethniques. Et ceci n’envisage même pas la probabilité qu’il y ait une nouvelle récession globale au cours de la prochaine présidence
.

il est peu probable que cette recomposition historique du paysage politique aboutisse à une stabilité. Plus le discours populiste attrape de nigauds, plus il fera de déçus, et les futures Nuits debout s'annoncent moins calmes que celles du printemps 2016

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Mar 7 Fév - 15:32


c'est dès les sondages qu'est masquée l'abstention. Tous les résultats en sont donnés en pourcentage des exprimés



La participation recule à chaque élection intermédiaire, même si elle reste relativement stable lors de la présidentielle. La question est pourtant absente des débats.


Un bureau de vote à Lille, le 29 mars 2016. • Crédits : Thierry Thorel - AFP

Citation :
C'est l'angle mort du récit de cette campagne haletante. L'abstention est une donnée fantôme, à laquelle on est accoutumé, et qui n'intéresse plus grand-monde. Tout juste sert-elle d'amuse-bouche pour chaînes d'info en continu quand ces dernières n'ont rien à se mettre sous la dent avant 20 heures. On l'a vu lors des primaires de la gauche : pour les candidats, le manque de participation est simplement un paramètre parmi d'autres pour expliquer une défaite. L'abstention est au candidat déçu ce que la pelouse trop dure est au footballeur défait.

On aurait tort, pourtant, de hausser les épaules, de considérer que le boycott des urnes est une sorte d'aléa, un phénomène naturel, que l'on ne peut ni prévenir ni expliquer.

Certes, les élections qui réuniraient 100 % du corps électoral ne seraient pas plus enviables, et ne respireraient pas forcément la démocratie accomplie. Mais peu à peu, nous voyons un "peuple dans le peuple" en train de faire sécession.

Et ce n'est pas forcément lors de la présidentielle que c'est le plus visible...

La présidentielle, c'est même l'élection idéale pour se rassurer à bon compte. A chaque échéance, la participation est stable, autour de 80%. Mais au mois d'avril tous les 5 ans, une hirondelle présidentielle ne fait pas le printemps électoral.

Observons des élections comme les législatives ou les municipales, dans les zones périphériques rurales ou urbaines. Prenez Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis lors des dernières municipales. Les chiffres donnent le vertige : Sur 76 000 habitants, 26 000 inscrits. Sur 26 000 inscrits, 12 000 votants. Compte-tenu du nombre de listes en présence, il fallait seulement 4 000 voix, pas plus, pour remporter la mairie. 4000 voix pour une commune de 76 000 habitants. Le cas est extrême, bien sûr, mais la tendance ne l'est pas.

Si l'on affine, on découvre la morphologie de la France qui vote. Là encore à la présidentielle, les taux de participation sont assez homogènes. Mais aux législatives, celles de 2012 par exemple, les 18-24 ans sont 35% à se rendre aux urnes... contre 76% des sexagénaires.

Quel est l'âge où l'on vote le plus ? Le pic de participation est à 70 ans, comme le notent les spécialistes de l'abstention Jean-Yves Dormagen et Céline Braconnier. D'où une déformation de plus en plus nette entre la France des listes d'émargement et le pays réel.

Pourtant, nous journalistes continuons à commenter la bataille électorale comme si de rien n'était, en pourcentage, plutôt qu'en nombre absolu de voix. C'est-à-dire dans un monde clos, en oubliant qu'une partie des troupes est à l'extérieur de ce monde, et le regarde avec un mélange de désintérêt, de mépris et ou de colère.



Citation :
Un plaidoyer pour l'abstentionnisme, seule réponse possible, selon l'auteur, à la menace du Front national et aux dérives du monde politique français. Alors que le système politique actuel est paralysé, une abstention massive, si elle est revendiquée, demeurerait le meilleur acte protestataire possible

Récemment, Antoine Bueno a publié un livre, intitulé « No vote ». Cette ancienne plume de François Bayrou, qui a fait préfacer son texte par Michel Onfray, veut créer une "fierté de l'abstentionnisme", même si l'expression semble confiner à l'oxymore. Cette abstention grandissante est un cri de colère muet ; un phénomène que chaque parti tentera de récupérer en le mettant - de manière facile - sur le compte de la déliquescence de ses adversaires. Ce qui permet de différer tout examen de conscience.

Et pourtant, il n'est pas superflu de faire une pause dans la frénésie de la campagne. D'examiner par qui sont choisis les élus, ce qui permet de comprendre pour qui ils gouverneront.

Selon ces sondages, Marine Le Pen obtiendrait les votes d'un français sur 4 (25%) autant que les scores de Hamon et Mélenchon réunis. Au second tour face à Macron, elle obtiendrait entre un tiers et 40% des voix, à comparer aux 17% de son père face à Chirac en 2002 (80% de participation).




à ce stade si l'on ne peut donc pas même faire parler les chiffres, on peut risquer l'hypothèse que l'abstention a un sens dans la crise politique et traduit son "rejet" de façon complémentaire à la montée du populisme de droite (Le Pen), de gauche (Mélenchon), ou du mélange des deux (Macron). Cette hypothèse est confirmée par l'évolution générationnelle du phénomène soulignée dans l'article.

il est néanmoins difficile de la considérer comme un rejet combatif de la démocratie politique (cf Onfray dans l'article). A cet égard le livre d'Antoine Buéno est un peu la version soft de Mort à la démocratie il y a dix ans



A quelques mois de la présidentielle, de plus en plus de jeunes Français se positionnent en faveur du vote blanc ou de l'abstention. Grazia leur a donné la parole : bon sens, révolte, et vraies propositions.


Citation :
Ils ne se désintéressent pas de la politique mais du politique. Ces candidats aux phrases stérilisées, ces fausses polémiques à clic, ces promesses non tenues : les jeunes n'en veulent plus. Ils s'opposent, s'affirment, fulminent. Selon une enquête du centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof) (1), 62 % des Français de 18 à 35 ans se disent prêts à "participer à un grand mouvement de révolte dans les prochains mois".

Cette défiance envers la classe politique, "ce désir de faire péter le système, d'exprimer son mécontentement, prend forme dans la rue, lors de manifestations ou dans les urnes, par le vote aux extrêmes, le vote blanc ou l'abstention", analyse Anne Muxel, directrice de recherches CNRS en science politique au Cevipof, coordonnatrice de l'enquête.

Redonner un sens à la politique

Pour Nina Guérineau de Lamérie, fondatrice de l'émission itinérante Verre politique, "le vote blanc, c'est le premier parti de France". A 23 ans, son diplôme de journalisme en poche, cette jeune Narbonnaise sillonne les routes pour parler politique avec les jeunes : "J'ai commencé dans les Alpes- Maritimes, puis les quartiers Nord de Marseille, Montpellier, Pau, Cestas, à côté de Bordeaux, La Souterraine dans la Creuse. Je suis à Poitiers et après je file pour Notre-Dame-des-Landes. J'irai dans 23 villes et rencontrerai plus de 200 jeunes." Dans son émission hebdomadaire sur Youtube, elle donne la parole à cette jeunesse provinciale, jamais représentée, ni évoquée, encore moins entendue.

"Ce qui ressort de ces rencontres, c'est que les jeunes ne croient plus en la politique. Ils parlent du manque de diversité à l'Assemblée nationale, des élus aux salaires mirobolants, loin de la réalité et du monde du travail, tous sortis de l'Ena et qui n'ont jamais vraiment travaillé." Cette méfiance est-elle nouvelle ? "Non, mais plus forte, affirme Anne Muxel. C'est un problème conjoncturel, et le témoignage d'une transformation profonde du rapport à la citoyenneté. Les jeunes sont plus exigeants, critiques et informés. Aujourd'hui, huit sur dix n'ont pas confiance dans les politiques et 99 % pensent qu'ils sont corrompus."

La politique concrète et participative les intéresse

S'ils ne croient plus à la politique spectacle et refusent de voter "pour le moins pire", les jeunes ne basculent pas pour autant dans le "tous pourris". Ils sont intéressés par la politique concrète et participative. "Pour prendre le chemin de la réconciliation, il faut associer les citoyens aux prises de décisions, confirme Anne Muxel. Mais les politiques devraient jouer le jeu, laisser les jeunes accéder à des responsabilités. Je suis aussi pour l'abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans, une façon d'être éduqué plus tôt à la citoyenneté."

Grazia a rencontré cinq jeunes qui ont décidé de ne pas voter ou de voter blanc. Chacun ses raisons et ses propositions. Mais le désir est commun : redonner un sens à la politique et à la démocratie qui ont, selon eux, perdu leurs lettres de noblesse.

(1) Publiée en décembre 2016 et intitulée "Génération What" (recueillant les avis en ligne d'un million de jeunes Européens, dont 250 000 Français).

il existe plusieurs appels à l'abstention à la présidentielle, avec leurs blogs

on trouve aussi des appels plus combatifs tels que Appel à bloquer les lycées et facultés contre la mascarade présidentielle ! Paris-Luttes Infos 3 février 2017


ou Pour un boycott actif de l’élection présidentielle 3 février 2016 : « Pourquoi refuser de voter pour la gauche comme pour la droite ? Pourquoi une position abstentionniste n’a t’elle jamais été aussi importante ? »



des textes qui se caractérisent par leur naïveté...
Citation :
L’impasse actuelle rend opportune une remise en cause du système politique – ou antipolitique – existant. Il faut lancer, non pas une « primaire » mais une campagne de boycott de l’élection présidentielle pour délégitimer la structure actuelle de pouvoir. Mais pour, du même coup, redonner un sens à la souveraineté populaire, il faut aussi que ce boycott ne se limite pas à l’abstention ou au vote blanc, mais débouche sur une intervention démocratique positive, que, par exemple, les partisans du boycott se regroupent, forment des comités et débattent, non pas du choix d’un individu qui irait exercer le pouvoir à notre place, mais des transformations de l’organisation politique et sociale qui redonneraient à chacun d’entre nous les moyens d’une existence décente et une prise sur notre destin collectif.

Comité pour un boycott actif de l’élection présidentielle

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MessageSujet: Re: DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE   Dim 21 Mai - 11:18


la suite de ce sujet, pour ainsi dire la réalisation de ce qui n'était ici en juin 2015 qu'hypothèse, est à lire dans ÉLECTIONS 2015-2017 Un tournant historique du capitalisme français : faits, analyses et théorie (antiroman), à partir du 11 mars 2017

remarque du 17 mai :

en juin 2015, j'ouvrais ce sujet sans trop de certitudes que mes hypothèses se confirmeraient, du moins sous la forme où nous le constatons aujourd'hui ('En marche', créé en 2016 avec les initiales d'Emmanuel Macron, n'existait pas. La renommination du mouvement en La République en marche, la semaine dernière, est l'étape d'"OPA" sur Les Républicains - ajout 15:10, dans le gouvernement, de LR : le Premier ministre, l'Économie et les finances, le budget et la Fonction publique)

"crise de la politique institutionnelle" était peu pertinent, puisqu'à aucun moment, dans ce qui s'est passé depuis janvier 2015, accélération du tournant historique (attentats, manif consensuelle droite-gauche du 11 janvier...), les institutions n'ont été le moins du monde menacées. Elles montrent au contraire leur capacité à s'auto-dépasser dans la crise de la démocratie politique et de la représentation dans l'État de la société civile : l'implosion/explosion du clivage droite-gauche en était la condition

j'invite néanmoins à relire ce sujet, qui montre abondamment que ce qui se passe ne pouvait pas ne pas se passer, c'est le sens même d'une nécessité historique produisant des dépassements... du même

il va sans dire que ce que je nomme "moment historique" n'a pas le même sens, le même contenu, que cette expression dans les analyses qui pullulent aujourd'hui, au ras des pâquerettes de la "recomposition politique" dans la Vè République. Aucune de ces "analyses" ne descend au niveau de la politique comme dimension de l'économie politique, et donc de sa critique, sous-titre du Capital de Marx. Seules de très rares en font une analyse des contradictions entre classes sociales

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