PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» VA-SAVOIR : chronique à la com, ou la dialectique en propotion magique
Aujourd'hui à 0:11 par Patlotch

» SURVEILLANCE de la POPULATION, sécuritaire, caméras, écoutes, internet...
Dim 25 Juin - 12:49 par Patlotch

» PENSÉES diverses à marier sans modération
Sam 24 Juin - 17:07 par Patlotch

» MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME
Sam 24 Juin - 13:52 par Patlotch

» ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
Sam 24 Juin - 10:56 par Patlotch

» 'PROGRÈS', SCIENCES, HUMAIN, SANTÉ et capital... TRANSHUMANISME et dés-humanité
Ven 23 Juin - 12:23 par Patlotch

» "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie
Mar 20 Juin - 19:03 par Patlotch

» un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)
Jeu 15 Juin - 20:26 par Patlotch

» THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse
Ven 9 Juin - 10:58 par Patlotch

» la vie du forum : réception, conseils, mises à jour, etc.
Jeu 1 Juin - 17:45 par Admin

» DÉCOLONISER le FÉMINISME ! Féminisme, voile, race et Islam... "Féministes blanches"... sexisme et racisme... et le burkini ?!
Lun 29 Mai - 18:42 par Patlotch

» AFRODITE CHEZ LES PHALLOCRATES, antiroman sans repentir, suivi de BLACK WOMEN, Love, Sex, Song, Dance... et théorie communiste
Lun 29 Mai - 17:23 par Tristan Vacances

» DOMESTIQUES (travailleuses et travailleurs) / DOMESTICS WORKERS / Servants
Sam 27 Mai - 16:09 par Admin

» DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE
Sam 27 Mai - 14:54 par Admin

» "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME
Jeu 25 Mai - 15:02 par Patlotch

» "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail
Jeu 25 Mai - 12:07 par Patlotch

» TRAVAIL, CHÔMAGE, SYNDICALISME... MONDE / chiffres, courbes, cartes...
Mer 24 Mai - 13:25 par Patlotch

» OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS
Mer 24 Mai - 9:34 par Admin

» des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...
Mar 23 Mai - 13:45 par Admin

» PALESTINE et ISRAËL
Lun 22 Mai - 18:41 par Patlotch


Partagez | 
 

 "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Mer 27 Mai - 17:37


si le capital, comme mode de production se reproduisant par l'exploitation du prolétariat, porte à se pencher prioritairement sur cette contradiction comme "implication "réciproque", il n'empêche qu'existent d'autres "classes" ou "couches" sociales, sans parler d'autres catégories peut-être encore, en Occident, trop peu analysées, comme les "castes", que ce soit en Inde où elle sont structurelles et institutionnelles, ou ailleurs, où elles tendraient à se former, y compris dans les pays du capitalisme développé

se pencher, aujourd'hui, sur la ou les "classes moyennes", c'est inévitablement constater leur prolétarisation, leur entrée progressive dans le prolétariat, même si ce n'est pas sa partie la plus "exploitée", au sens du salariat ou plus de « la classe ouvrière productrice » (de plus-value). Les catégories créées par Marx dans le capitalisme en « subsomption formelle » ont pris un coup de vieux dans sa « domination réelle », le capitalisme comme société globalisée

ce sujet abordera donc la question des "classes moyennes", de leurs situations actuelles, de leurs devenirs dans la crise, de leurs rapports au prolétariat défini comme ceux qui n'ont que leur force de travail à vendre, au rang desquels figurent tous les salariés, ouvriers ou non. En France, le secteur tertiaire étant ce qu'il est, plus important que le secteur industriel, la part des employés et parmi eux des femmes est une donnée déterminante de l'évolution de la crise et des luttes?. S'y ajoutent tous les "exclus", "expulsés", le plus souvent en raison de leurs "races" ou de leurs origines, non-européennes ou européennes depuis longtemps "nègres du monde" (Mbembe)

la prolétarisation des classes moyennes, le plus souvent des couches inférieures, produit un nouveau prolétariat, souvent cultivé, jeune, qui n'a pas la tradition ni l'expérience individuelle ou collective du prolétariat ouvrier traditionnel. Son rapport au travail est différent, aux luttes collectives aussi, même s'il fait les gros (tout est relatif) bataillons des "indignés", et autres "zadistes", ou constitue une forte proportion, après l'alternativisme citoyenniste des forums sociaux et des Blacks Blocks inséparables, des mouvements Occupy


ce sujet est ouvert aux bla-bla sur ces problématiques pas en toc. Tic tac tic tac... en attendant l'émeute ?


Dernière édition par Admin le Ven 21 Aoû - 3:34, édité 8 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: "Comment les classes moyennes bouclent les fins de mois"   Mer 27 Mai - 17:47



d'un texte du Club de Médiapart, et de ses commentaires, des extraits

Comment les classes moyennes bouclent les fins de mois Farid Gueham 2015

Farid Gueham a écrit:
Trois épisodes pour un documentaire poignant : "Classe moyenne, des vies sur le fil" Arte

Des aides sociales, ils en ont un peu et des impôts, ils en payent, toujours plus. Ces invisibles représentent près d'un tiers de la population française. Le coup de grâce, c'est cette crise dont ils ne voient pas la fin. Une France dans laquelle chacun se reconnait. Des tranches de vie, de souffrances et de rêves aussi. Des visages posés sur une caste désincarnée, sortir de l'abstrait pour montrer la réalité, écorchée, rapiécée.

C'est l'histoire de Jean-Philippe, manutentionnaire chez Aldi dans les environs de Nancy, de Gaëlle, mère célibataire, metteur en scène dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. Il y aussi Régis et Jacqueline, qui après des années confortables dans la restauration, sont rattrapés par le chômage et son corolaire d'angoisses : la dépression, l'alcool, la famille fragilisée. Et puis, il y a Catherine, la libraire parisienne du quartier de Denfert-Rochereau. 500 euros, c'est tout ce qui lui reste pour vivre à la fin du mois. Son travail, elle s'y accroche, comme à la promesse d'un avenir meilleur, celui qui lui fait oublier les injonctions et autres mises en demeure des prestataires qui s'amassent dans sa boîte aux lettres.

[...]

Yves Baumgarten a écrit:
Je fais partie de cette "classe moyenne" qui souffre (un salaire de prof, 2400 euros nets pour faire vivre en tout 3 personnes dont un ado), dont les fins de mois commencent le 10 du mois, surendettée (en tout 800 euros ou plus partent chaque mois en remboursements de crédits de toutes sortes) et qui ne doit qu'à la solidarité familiale (en l'occurrence ma mère de 81 ans et les parents de ma compagne pour les dépenses indispensables-prothèses dentaires etc.) de sortir à-peu-près la tête de l'eau.

J'ai dans mon entourage des copains plus jeunes qui sont les rois de la démerde ( vols dans les supermarchés, petits trafics etc.), je les comprends, mais je ne peux pas me résoudre à ce genre d'activités (non par légalisme, juste par refus de m'embarquer dans des galères avec la police et la justice à mon âge. D'autant que je suis fonctionnaire...

Je ne vois pas comment ça peut ne pas péter dans ce pays. Quand j'apprends les salaires hallucinants des haut-fonctionnaires ou, pire encore, des dirigeants d'entreprises publiques ou privées, j'ai juste envie de tirer dans le tas, même si je serais bien incapable d'une telle violence. Mais je sais qu'un jour ou l'autre ce pays va connaître nécessairement des éruptions d'une grande violence. la colère, la rage froide, montent partout, il suffit de parler avec les gens. Une étincelle suffira...

Espoir a écrit:
Cette classe dite "moyenne" entre ouvrière et moyenne supérieure est un concept nébuleux qui a permis à nos politiques, depuis au moins quarante ans, de définir sociologiquement tous ceux qui sont sensés être placés dans une situation de revenus pérennes, se développant plutôt vers le haut et donc  soumis à un impôt progressif facile à établir et à prélever, représentant ainsi une classe à ponction fiscale qui temporise les déficits liés au déficit d'imposition concédé aux plus riches dans l'évasion fiscale et l’exonération concédée aux plus démunis pour maintenir sous respiration artificielle la paix sociale.

Cet entre-deux de classe moyenne avait l'avantage, surtout pendant les trente glorieuses, d'être une classe tampon vertueuse, donc au bon sens du terme, elle était la vitrine de la Méritocratie dont l’ascenseur social ne marchait que vers le haut.

Aujourd'hui de classe tampon, elle n'a plus que l'appellation avec un tampon qui s'écrase vers le bas dans un ascenseur social à trajectoire uniquement descendante. Par contre nos politiques continuent à l'instrumentaliser et la ponctionner en fonction de leurs besoins urgents du moment. La classe moyenne est une sorte de trou noir idéologique  et caisse noire de notre république, très pratique pour les gouvernements successifs qui s'en servent toujours comme variable d'ajustement fiscale et bouc émissaire des problèmes de société du moment, elle serait moyennement adaptée et adaptable au marché du travail, moyennement impliquée dans la prise en charge de son destin, moyennement citoyenne, moyennement humaniste, moyennement raciste etc... mais de ce fait supérieurement prédisposée à porter le large chapeau des contresens, faillites  idéologiques et financières de ses gouvernants.  

pour le reste, nombre d'intervenant.e.s semblent avoir du mal à si situer dans ce fourre-tout des "classes-moyennes", témoignant sans doute aussi d'une angoisse à sombrer, voire de la répugnance à se reconnaître comme nouveaux prolétaires. L'enjeu subjectif n'est pas ici le moindre quant aux comportements politiques ou l'entrée dans les luttes... Vous avez dit "transclassisme" ?... « parti de la trouille » ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: L'ÊTRE HON   Dim 5 Juil - 10:02

L'ÊTRE HON

Hon I, Hon est inconsidéré

Hon va Hon vient toujours de quelque point à  
un quelque honcque lieu  
sans connaître, toujours toujours,  
sa part de contrebande ou de contrefaçon, seule pour Hon comptant la faconde

Assuré d'un non-lieu  
Hon ne craint pas les contredanses, Hon est au rythme de son temps, Hon est partout dans son espace chaîne-gaine  

Oh, certes, Hon est bien là  
rien que d'y être mal  
ou mis à mal  
mais pris à parti de n'en point prendre  

À tel effet qu'Hon s'absout d'être absent à soi-même, passant comme on siffle pour se défiler  
col chic dans l'apprêt  
comme à Mao d'autres ont prêté,  
pour peu qu'ils en eussent l'âge et déjà le loisir, quand c'en était l'époque, leur bêtise infantile,

À moins qu'Hon ne se contente de croire ne ressembler à personne, Hon a besoin d'être plus con qu'un autre à prendre pour modèle et d'en faire des tics et des stocks,

à vendre ou à tuer le temps, oubliant ci ou là quelque démangeance à médailler sa boutonnière intime  

À faire comme si ce qu'Hon fait, Hon ne le faisait pas  
ou l'inverse après tout quelle importance, n'est-ce pas, ces nuances de ton pour Hon, puisque, principe de précaution : l'être Hon, c'est bon  

Hon en est là, toujours déjà au paradis de quelque chose  

Notez que Hon a la tâche inspirée : il aspire l'être Hon comme une pompe à ?¿


RER A, 4 mai 2005, 12h31


PLAINE AUX AS

Hon II, valet de l'arène assis

------------à Citroën

La cité ne prend plus son pouls  
sur des vaisseaux sans gains  
elle est lasse de cœur
Dévalisée, la ville épate, avalée  
les rois dévalués de la mélasse

Rayon des corps  
Hon brade, force police  
une chair rafraîchie, métropolie, traumapliée, X-bronzée...  
Hon astique un décor d'époque

Stand des célébraux  
Hon solde, force politesses  
un neurone avachi, une poule aux potes, un polycrate, un X osé...  
Hon aspire à l'épique en tics

Sous les néons falots  
Hon traque l'aubaine  
comme on troquait l'ébène  
hélas, sur le carreau

Sur le béton banal  
Hon bavasse et recueille  
cassant la dalle    
un trèfle sans feuille

Au temple en options  
sous cellophane Hon vend du vent  
et le vide s'emballe au marché du néant  
der toc déballé stocks : pour les masses


Rebelotte et gores lots  
Hon abat son carré d'as  
aux Quatre Temps deux mouvements

Actions avant, tractions arrière  
tenues à carreau, pique adore  
cailler au feu, paître au milieu  
cœur d'artifaux

trèfle de présentes rixes.


de La Défense à FoSoBo 13 mai 2005 22h12  


source : NO SIGRE
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Les cadres au forfait-jour gagnent 5% de plus que les autres   Lun 6 Juil - 20:08

Les cadres au forfait-jour gagnent 5% de plus que les autres Challenge 6 juillet

Selon une étude de la Dares publiée ce lundi, en 2014, 13,3% des salariés des entreprises de plus de 10 salariés étaient au forfait jour. Ils travaillent en moyenne 44,6 heures par semaine.



Près de 175.000 embauches de cadres sont prévue en 2015 par l'Apec (Agence pour l'emploi des cadres)

Challenge a écrit:
Les cadres au forfait-jour ont une rémunération brute annuelle majorée de 5% par rapport aux autres, "toutes choses égales par ailleurs", selon une étude du ministère du Travail (Dares) publiée lundi 6 juin. Selon cette enquête, en 2014, 13,3% des salariés des entreprises de plus de 10 salariés étaient au forfait jour, un régime dérogatoire aux 35 heures qui permet de rémunérer des salariés en fonction du nombre de jours travaillés par an et non d'horaires hebdomadaires.

Ce système concerne avant tout les cadres, près de la moitié d'entre eux (47%) étant au forfait, contre seulement 3% des non-cadres, ceux-ci devant avoir une réelle autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps. Le régime se traduit par une augmentation de la durée hebdomadaire et annuelle de travail, compensée par un avantage salarial significatif.

44,6 heures de travail par semaine

Les salariés en forfait-jour ont ainsi travaillé 44,6 heures hebdomadaires en moyenne contre 39 heures pour les autres salariés en 2010. Sur un an, les cadres au forfait-jour ont travaillé 45 heures de plus, tandis que chez les non-cadres l'écart atteint 62 heures. Pour les cadres, le gain financier est de 5%, "toutes choses égales par ailleurs", donc en tenant compte notamment du temps de travail.

Pour les non-cadres, le gain est de 36%. Selon la Dares, cela s'explique notamment par le fait que certains conventions collectives prévoient des majorations de salaires pour les salariés en forfait-jour, y compris non-cadres. Dans la métallurgie, par exemple, le salaire d'un non-cadre au forfait-jour ne peut être inférieur au salaire minimum de la catégorie à laquelle il appartient, majoré de 30%.

(avec AFP)
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: la prolophobie racialisée des couches moyennes françaises de souche   Mar 7 Juil - 15:28

Maboul Isidore Roman feuilleton Patlotch Février 2012

Patlotch a écrit:

15 De peurs  

Sacrophobie, géphydrophobie, claustrophobie, agoraphobie, nécrophobie, hématophobie, pisciphobie, clinophobie, trichophobie, logophobie, vestiophobie, iatophobie, gynéphobie, ombrophobie, thalassophobie, anthophobie, dendrophobie, optophobie, pédophobie, balistophobie, tropophobie, agirophobie, chromophobie, nyctophobie, ergophobie, décidophobie, anthropophobie, météophobie, pantophobie, phobophobie...

Peurs ? Souffrances psychiques devant... la religion, traverser un pont, un espace fermé, un espace ouvert, les morts, le sang, manger du poisson, les lits, les cheveux, les paroles, les vêtements, les médecins, les femmes, la pluie, la mer, les fleurs, les arbres, ouvrir les yeux, les enfants, les balles, changer de situation, traverser la rue, telle couleur, la nuit, le travail, prendre une décision, les gens, les phénomènes météorologiques, tout, ses propres peurs...

Telle est la liste que dresse Bolaño, aux pages 577-580 de 2666, dans La partie des crimes. Maboul Isidore allongerait l'énumération du parti de la trouille - ceux qui auraient peur de la révolution. Isidore craint plutôt les trouillophiles, appâteurs d'anarchiophobes et communisophobes, d'abolinophobes et autres individuophobes. Il s'effraye d'être lui-même atteint de décidophobie, la peur de décider*, ou pis ligoté par l'agérophobie, la peur d'agir. Maboul est effaré, car lui n'a peur de rien (il déplore en bavard la logophobie, peur des paroles, redoute en poète la motophobie, peur des mots, mais espère en secret contagieuse l'ergophobie, peur du travail).

* Maboul I dit qu'Isidore M est doutophile, les camarades, défaitiste.

mon attentive lectorate l'aura au premier œil noté : il y manque la prolophobie, et plus encore la prolophobie racialiste, une spécialité des couches moyennes françaises de souches, dans le mouvement de leur prolétarisation même, et trouvant pour s'exprimer des idées de l'extrême droite à l'ultragauche et même chez les communisateurs français cf LE NÉO-FASCISME RÉVOLUTIONNAIRE FRANÇAIS et la nébuleuse anti-système entre extrême-droite et "ultragauche"

mais en nos temps las, il serait question d'islamophobie ? Bof... tout le monde sait que je suis francophobe

affraid
Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: De la « petite-bourgeoisie » au capital humain universel   Sam 25 Juil - 13:16

parmi les références majeures de la Wertkritik, Robert Kurz se distinguait, à mon avis, par des analyses moins obsédées par le côté "critique de la valeur". Ses observations ne s'y référaient pas systématiquement, il avait une capacité de voir un peu plus loin, de façon moins abstraite et idéologique

Le dernier avatar de la classe moyenne
: De la « petite-bourgeoisie » au capital humain universel Robert Kurz 2004


Robert Kurz a écrit:
Depuis le milieu des années 1980, le paysage théorique mondial est dominé, en particulier à gauche, par le discours postmoderne. La critique de l’économie politique a cédé le pas à la critique du langage, et l’analyse des conditions matérielles objectives à l’arbitraire de l’interprétation subjective ; la gauche, en lieu et place de son traditionnel économisme, a adopté un culturalisme non moins réducteur ; enfin, les conflits sociaux se résument désormais à un simulacre médiatique. Dans le même temps, toutefois, la situation a changé du tout au tout. En Occident, la crise économique menace désormais de vastes couches sociales qui jusqu’ici avaient été épargnées. En conséquence, la question sociale effectue son grand retour dans le discours intellectuel.

Mais les interprétations demeurent étrangement vagues, sans force et presque anachroniques. La dichotomie riches/pauvres, si elle apparaît de plus en plus présente dans le discours, attend toujours d’être conceptualisée ; et le fait que la vieille notion marxiste de « classe » revienne au goût du jour est davantage un signe d’impuissance qu’autre chose. Selon l’interprétation traditionnelle, la « classe capitaliste » profite du fait qu’elle détient la « propriété privée des moyens de production » pour exploiter la « classe ouvrière » productrice de la survaleur. Or, aucun de ces concepts n’est pertinent face aux problèmes actuels.

En effet, la pauvreté aujourd’hui ne découle plus de l’exploitation dans le travail, mais de l’exclusion hors de la sphère du travail. Ceux qu’emploie encore la production capitaliste proprement dite font même figure de privilégiés. La société ne définit plus les masses « dangereuses » qui lui posent problème comme regroupant les individus en fonction de leur « position dans le procès de production », mais en fonction de celle qu’ils occupent dans les sphères secondaires et dérivées de la circulation et de la distribution. Ces masses comprennent chômeurs de longue durée et bénéficiaires de prestations sociales, mais aussi employés sous-payés du secteur des services externalisés, auto-entrepreneurs pauvres, vendeurs ambulants et autres chiffonniers. Du point de vue des normes en vigueur en matière de droit du travail, ces formes de reproduction s’avèrent de plus en plus entachées d’irrégularité, d’insécurité et souvent même d’illégalité ; en outre, l’embauche y est sporadique, et les maigres revenus qu’elles apportent frisent le minimum vital, quand ils ne tombent pas carrément en dessous.

A l’inverse, il n’existe plus non plus de « classe capitaliste » au vieux sens du terme, c’est-à-dire se définissant par la classique « propriété des moyens de production ». Que l’on considère l’appareil étatique avec ses infrastructures ou les grandes entreprises désormais transnationales, le capital semble être devenu d’une certaine façon socialisé et anonyme, et il n’est plus possible de mettre un visage sur la forme abstraite qu’il a revêtu. Aujourd’hui, « le capital » n’est pas une classe de propriétaires juridiques ; c’est le principe universel qui détermine la vie et les comportements de chacun des membres de la société, non seulement en tant que contrainte extérieure mais également jusque dans leur subjectivité même.

Au cours de la crise, et par le biais du processus de crise, s’accomplit une fois de plus une transformation structurelle de la société capitaliste dissolvant les vieilles strates sociales qui paraissaient claires. La crise prend sa source dans le fait que les forces productives nouvelles de la microélectronique ont fait se volatiliser le travail humain, c’est-à-dire la substance même du capital. A mesure que s’accélère la diminution du nombre de travailleurs dans l’industrie, la survaleur réelle est produite en quantités toujours moindres. Investir dans la création de nouveaux sites industriels n’étant plus rentable, les masses de capitaux se réfugient dans la sphère de la finance spéculative. Et tandis que des segments de population toujours plus importants sont éjectés hors de la production et réduits à la pauvreté, un simulacre d’accumulation capitaliste se poursuit via les bulles financières.

Ce processus n’a rien de nouveau : il façonne depuis plus de vingt ans le développement du capitalisme mondial. La nouveauté, en revanche, c’est que désormais les classes moyennes des pays occidentaux sont à leur tour menacées par le rouleau compresseur. L’essayiste américaine Barbara Ehrenreich avait évoqué dès 1989 la « peur de tomber » des classes moyennes[2]. Mais la question disparut ensuite – et durant une bonne décennie – derrière les chimères engendrées à la fois par la finance spéculative et par l’essor des NTIC et d’internet. L’effondrement de la Nouvelle Economie à partir de 2000 et l’éclatement en série de bulles financières qui secoua l’Asie, l’Europe et même, partiellement, les Etats-Unis, ont ravivé brutalement chez les classes moyennes la peur du déclassement.

*

Mais qui sont donc les « classes moyennes » et quel rôle social jouent-elles ? Au XIXe siècle déjà, le découpage des classes sociales n’était pas si évident. Entre les capitalistes possédant les moyens de production et les prolétaires ne possédant que leurs bras, venait s’insérer ce qu’on appelait la « petite bourgeoisie », catégorie ancienne dont les représentants étaient des propriétaires de petits moyens de production (boutiques, ateliers, etc.) qui produisaient généralement eux-mêmes, ou avec l’aide de membres de la famille, des produits vendus sur le marché. Les marxistes orthodoxes espéraient que ces « petits bourgeois » disparaîtraient peu à peu du fait de la concurrence des grandes entreprises capitalistes, et viendraient grossir les rangs du salariat industriel, de sorte que la société finirait par être entièrement polarisée autour des deux grandes classes antagonistes : la bourgeoisie et le prolétariat.

Cependant, au tournant du XXe siècle, la social-démocratie allemande fut le théâtre d’un débat célèbre entre Eduard Bernstein et Karl Kautsky[3] au sujet de la « nouvelle classe moyenne ». L’enjeu en était un certain nombre de fonctions techniques, économiques et intellectuelles ayant émergé au cours du déploiement de la société capitaliste. La rationalisation croissante de la production et l’expansion concomitante des infrastructures (administration, ingénierie, éducation et formation, santé, médias et communication publics, instituts de recherche, etc.) entraînèrent l’essor d’une catégorie « ni chair ni poisson » n’entrant plus dans les schémas traditionnels. On ne pouvait en effet définir ses membres comme des capitalistes : ils ne possédaient pas assez d’argent ; d’un autre côté, n’étant pas propriétaire de leurs moyens de production, n’ayant d’indépendance que formelle et restant largement tributaires du salariat, ils ne se rattachaient pas non plus à la petite bourgeoisie classique ; enfin, ils n’appartenaient pas davantage au prolétariat dans la mesure où ils n’étaient pas employés comme « producteurs directs » mais comme agents de l’expansion capitaliste des forces productives à travers toutes les sphères de l’existence.

Il y avait certes déjà des fonctionnaires au XIXe siècle, que l’on songe aux enseignants et autres agents de l’Etat ou à ces cadres d’entreprises que Marx a décrits comme une « hiérarchie complète de sous-officiers et d’officiers » du capital[4]. Cette catégorie sociale était cependant si peu nombreuse qu’on pouvait difficilement la qualifier de « classe ». C’est seulement plus tard, lorsque les exigences propres au capitalisme du XXe siècle réclamèrent massivement ces fonctions, qu’elle put constituer une nouvelle classe moyenne. Dans la polémique qui divisa les marxistes au début de cette évolution, Kautsky s’efforçait de faire entrer la nouvelle classe dans le schéma traditionnel et de la compter, d’une façon ou d’une autre, dans les rangs du prolétariat, tandis que Bernstein voyait dans ce phénomène social une stabilisation du capitalisme qui rendait envisageable un réformisme modéré.

D’abord, et pendant longtemps, il sembla que Bernstein avait vu juste. La nouvelle classe moyenne s’éloigna en effet de plus en plus de la classe ouvrière traditionnelle, non seulement de par le contenu et le lieu de son activité, mais également sur le plan économique. Barbara Ehrenreich retient pour critère d’appartenance à cette classe le fait que le « statut social [soit] basé sur l’éducation plutôt que sur la détention de capital ou d’autres avoirs ». Les qualifications supérieures obtenues par cette éducation particulièrement longue (parfois jusqu’à l’âge de trente ans ou plus) et dévorant des ressources considérables, accrurent la valeur de la force de travail bien plus fortement que les autres variations moyennes.

C’est dans ce contexte que naquit le terme lourd de conséquences de « capital humain ». [voir son succès, Google :Capital humain] Employés des secteurs de l’ingénierie, du marketing ou des ressources humaines, membres des professions libérales (médecins, avocats, etc.) et fonctionnaires (enseignants, chercheurs, travailleurs sociaux, etc.) « sont », d’une certain façon, doublement du capital. D’abord, leurs compétences leur confèrent le rôle stratégique d’encadrer et d’organiser le travail des autres à fins de valoriser le capital ; en outre, et particulièrement s’ils sont travailleurs indépendants ou cadres, ils ont tendance à considérer leur propre qualification, et donc leur propre personne, comme du « capital humain » : en bons capitalistes, ils s’efforcent de s’« auto-valoriser ». Le capital que détient la nouvelle classe moyenne ne consiste ni en numéraire ni en moyens de production, mais en aptitude à organiser le procès de valorisation à un haut degré de rationalisation scientifique et technologique.

Nombre de nouvelles fonctions du même genre firent leur apparition tout au long du XXe siècle, et les effectifs de la nouvelle classe moyenne augmentèrent en permanence. En particulier, le boom de l’après-Seconde Guerre mondiale, combiné à celui de l’industrie des loisirs et des nouvelles formes de production fordiste, impulsa un élan supplémentaire à cette évolution ; en témoigne le fait que, dans la plupart des pays, la proportion d’étudiants s’accrut sans cesse à chaque génération. Cependant, si le mouvement étudiant qui balaya le monde entier en 1968 établit définitivement l’importance croissante de ces catégories sociales, il constitua en même temps un premier symptôme de la crise. L’expansion de la classe moyenne avait jusqu’ici stabilisé le capitalisme exactement comme Bernstein l’avait prédit et amené des réformes graduelles, mais un processus de déstabilisation s’était désormais mis en branle.

Quoique le chômage massif et structurel engendré par la troisième révolution industrielle et par la mondialisation du capital parut d’abord affecter essentiellement la production industrielle, il devint bientôt évident que la nouvelle classe moyenne ne serait pas épargnée. A bien des égards, l’essor de cette classe avait été intimement lié à celui des infrastructures publiques, de l’éducation et de la bureaucratie propre à l’Etat-providence. Or, la crise de la valorisation frappant le secteur industriel enfonçait les budgets nationaux dans des difficultés financières de plus en plus graves. Partant, de nombreuses réalisations considérées jusqu’alors avec fierté, faisaient soudain figure de luxes inutiles et encombrants.

« Dégraisser l’Etat » devint le mot d’ordre ; on tailla dans les dépenses relatives à l’éducation, à la culture, à la santé et à nombre d’autres institutions publiques ; le démantèlement de l’Etat-providence avait commencé. Dans les grandes entreprises même, des pans entiers de main d’œuvre qualifiée furent victimes de la rationalisation des activités. Pour finir, le krach de la Nouvelle Economie acheva de dévaluer jusqu’aux compétences des spécialistes de la haute technologie. Aujourd’hui, on ne peut plus ignorer que l’essor de la nouvelle classe moyenne ne disposait d’aucune base capitaliste propre mais dépendait de la redistribution de la survaleur issue des secteurs industriels. A mesure que la production de survaleur sociale réelle entrait dans une crise structurelle du fait de la troisième révolution industrielle, un à un les secteurs secondaires de la nouvelle classe moyenne furent privés de leur terreau nourricier.

Il n’en résulte pas seulement un chômage en hausse chez les diplômés. En raison de la vague de privatisations et d’externalisations, ce sont aussi les qualifications de ce « capital humain » qui se voient dévaluées et leur statut qui se dégrade. Pigistes miséreux et autres professionnels « free-lance » des médias, des cabinets d’avocats ou encore des écoles et des cliniques privées, ne constituent plus des exceptions : désormais, ils sont la règle. Néanmoins, il se pourrait qu’en définitive Kautsky aussi se soit trompé. Car si la nouvelle classe moyenne « tombe » effectivement, elle n’en rejoint pas pour autant le prolétariat industriel traditionnel des producteurs directs, lequel ne représente plus qu’une minorité qui disparaît peu à peu. Paradoxalement, la « prolétarisation » des diplômés va de pair avec une « déprolétarisation » de la production.

Ainsi, la dévaluation des qualifications s’accompagne d’une extension objective du concept de « capital humain ». A contre-courant du déclin de la nouvelle classe moyenne, la société tout entière est le théâtre d’une sorte de « em(petit)bourgeoisement » inédit qui s’accélère avec la transformation des appareils industriels ou infrastructurels en gigantesques organisations anonymes. Les « moyens de production indépendants » rétrécissent jusqu’à rencontrer la peau des individus : chacun devient son propre « capital humain », qui n’est rien de plus que son corps nu. Il en résulte un contact direct entre l’individu atomisé et l’économie de la valeur, dont les déficits et les bulles financières entretiennent un simulacre de reproduction.

Plus grands sont les écarts de revenus entre riches et pauvres dans cette économie de bulles financières, et plus les différences structurelles entre les classes vont s’effacer au sein de la reproduction capitaliste. Il n’y a donc aucun sens à vouloir – comme le font un certain nombre d’idéologues de cette classe moyenne en déclin qui fut jadis nouvelle – reprendre à son compte une « lutte des classes du prolétariat » d’une époque révolue. Aujourd’hui, l’émancipation sociale exige de dépasser la forme sociale qui nous est commune à tous [5]. Le système de production marchande ne nous offre que des différences quantitatives de richesse abstraite, essentielles certes lorsque la survie est en jeu, mais stériles en termes d’émancipation. Un Bill Gates n’est ni plus ni moins « petit-bourgeois » que n’importe quel auto-entrepreneur pauvre : leur attitude envers le monde est identique et ils ont les mêmes mots d’ordre. Avec, aux lèvres, le vocabulaire du marché universel et de l’« auto-valorisation », ils franchissent ensemble les portes de la barbarie.

Traduction et notes : Sînziana
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: La classe moyenne mondiale est plus pauvre qu'on ne le pense   Lun 27 Juil - 15:15

.
La classe moyenne mondiale est plus pauvre qu'on ne le pense Leïla Marchand Slate 10 juillet


Eugène, 87 ans, est propriétaire à Nice mais sa petite pension de retraite ne lui suffit pas
et il récupère de la nourriture dans les poubelles de supermarchés.

Seules 1,7 milliard de personnes font partie de la classe moyenne. Et beaucoup d'entre elles sont à deux doigts de retomber dans la pauvreté.


Leïla Marchand a écrit:
La pauvreté mondiale recule. Le nombre de personnes appartenant à la «classe moyenne» a doublé depuis 2001. Une partie de la population des pays émergents vit et dépense comme celles des pays développés... Mais cette fameuse classe moyenne n'est pas si riche, si étendue et si également répartie qu'on pourrait le croire.

À LIRE AUSSI Faites-vous partie de la classe moyenne mondiale ?


Le niveau de vie des ménages en France / Observatoire des inégalités

D'après une récente étude du Pew Research Center, seules 1,7 milliard de personnes appartiennent à la classe moyenne, et beaucoup d'entre elles gagnent tout juste assez pour se retrouver classées dans cette catégorie.

Le revenu assimilé à la tranche du milieu, que gagne 13% de la population mondiale, est de 10$ à 20$ par jour (9 à 18€). Soit environ entre 270 à 540 euros par mois. C'est moins que le seuil de pauvreté français fixé à 828 euros.

Une affaire de perception

Cette relative prospérité s'est limitée à quelques régions du globe: la Chine, l'Amérique du Sud et l'Europe de l'Est. Peu de changement en revanche en Inde, en Asie du sud-est, en Afrique et en Amérique centrale.


La vaste majorité, 71% de la population mondiale, reste pauvre ou dispose de très bas revenus. C'est seulement un tout petit peu mieux qu'il y a dix ans, où elle représentait 79% de la population.

À LIRE AUSSI L'ère de la classe moyenne révolutionnaire


All American Middle Class White Boy Thomas Rhett

Francis Fukuyama a écrit:
«En Turquie, au Brésil, comme en Tunisie et en Egypte, la contestation politique a été menée non pas par les pauvres mais par des jeunes avec un niveau d'éducation et un revenu supérieurs à la moyenne. Ils sont adeptes des nouvelles technologies et utilisent des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter pour diffuser des informations et organiser des manifestations. Même quand ils vivent dans des pays qui tiennent des élections démocratiques régulières, ils se sentent exclus de l'élite politique au pouvoir.

Aucune démocratie établie ne doit croire qu'elle peut se reposer sur ses lauriers parce qu'elle tient des élections et qu'elle a des dirigeants qui s'en sortent bien dans les sondages d'opinion. La classe moyenne, équipée par la technologie, sera très exigeante de ses hommes politiquesThe Middle-Class Revolution

En France, depuis les années 1980, on parle de classe moyenne sur le déclin, qui serait «sacrifiée» chaque fois qu'il s'agit de réforme fiscale ou d'aides sociales. Mais il n'existe aucune définition précise à cette notion. La classe moyenne, plus que d'autres statistiques, reste une affaire de perception.


.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Lun 3 Aoû - 1:20


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: peau radicale, masque professoral   Jeu 6 Aoû - 17:33


peau radicale, masque professoral

ou quand l'encadrant oublie de se désencadrer

j'ad'dor'e les enseignants et autres sociologistes qui analysent les couches moyennes, non seulement comme participants à/de la reproduction capitaliste - les prolétaires le font encore plus, puisqu'ils produisent le capital, la plus-value, la valeur... - mais qui s'oublient, non sur le papier en théorie, mais en pratique pour leur gouverne, expliquant à d'autres ce qui vaut pour d'autres, mais pas pour eux...

Alain Bihr en est un spécialiste, comme aujourd'hui l'ineffable Philippe Corcuff, passé du PS à la LCR, au NPA puis à la FA... Mais les théoriciens du milieu radical n'y ont pas échappé, dont la plupart sont enseignants, en lycée ou à l'université

voici quelques références concernant Alain Bihr, inventeur du concept de "CLASSE de l'ENCADREMENT"

Alain Bihr, Entre bourgeoisie et prolétariat. L'encadrement capitaliste, Paris, L'Harmattan, 1989

[chute de la lecture par Larry Portis : «... persister dans la perspective ambiguë d'une « petite bourgeoisie » et d'une « classe moyenne » risque de nous confiner dans un univers conceptuel archaïque.»


comme on fait sa classe on se cache

un livre plus récent reprend, sur ce point le même thème, en 2012



dans la note de lecture de ses amis trotskistes d'Avanti, labellisés "Marxistes révolutionnaires", complément habituel de "Communistes libertaires" dont se réclament les professeurs Bihr et Corcuff, on peut constater la disparition sémantique du corps enseignant de toutes classes sociales vues par un des leurs, sous la catégorie de « qui organisent l’exploitation et la soumission [...] dans toutes les autres institutions liées étroitement à l’Etat »

Bihr a oublié d'ajouter que les partis et syndicats sont aussi des institutions entretenues par l'État, que tout parti convoite, pour organiser la soumission du prolétariat et plus généralement des classes populaires, "ceux d'en-bas" :

Avanti a écrit:
Le « classicisme » du marxisme de Bihr ne l’empêche pas de proposer des innovations.

Sans entrer dans les détails, il développe un des points de vue les plus originaux de son analyse : pour lui, le capitalisme ne met pas en présence deux classes fondamentales mais bien quatre :

- la bourgeoisie (industrielle, financière, commerciale,…),

- le prolétariat (les travailleurs salariés dominés que sont les ouvriers, employés, petits fonctionnaires,…),

- la petite-bourgeoisie (artisans, commerçants, paysans, professions libérales,… en grande partie vestiges des modes de production antérieurs au capitalisme)

- et l’encadrement (cette nouvelle classe composée elle aussi de salariés non propriétaires mais qui occupent des postes de responsabilité et qui organisent l’exploitation et la soumission des travailleurs dans les entreprises, mais aussi dans toutes les autres institutions liées étroitement à l’Etat).


on n'est jamais si bien servi que par soi-même : persister dans cette posture archaïque de professeurs de la révolution commençant par poser qu'ils sont inoculés et parlent de nulle part socialement, on a bien compris que cela ne les effleure pas, comme j'ai pu le constater avec les théoriciens d'ultra-gauche ou de la communisation depuis 2005 que je les vois agir et jusqu'à hier soir avec l'exposé par TPTG des événements sur la Grèce : la prolétariat plein la bouche, auquel ils n'appartiennent pas, doit s'auto-détruire, pendant qu'eux avancent masqués pour ne pas mettre en cause leur carrière dans l'administration d'État, l'enseignement d'Etat ou la classe de l'encadrement capitaliste d'Alain Bihr

on remarquera qu'Alain Bihr a comme par hasard oublié aussi, dans sa répartition des classes sociales, les mêmes que le Capital expulse (Saskia Sassen), les Négres du monde des migrants ou de ceux qui peuvent rester chez eux et crever, les mêmes oubliés des analyses "marxistes" d'ultra-gauche, les mêmes qu'on ne voit dans aucune assemblée radicale, les mêmes que les organisateurs de ces assemblées radicales considèrent peu ou prou, à l'instar du "communisateur" ultra-marxiste Francis Cousin de Radio-Coutoisie, comme des lumpen-prolos tout juste bons à constituer des milices de lumpen-prolos "immigrés" contre leur « vrai prolétariat » à eux, bien de "chez nous" (pas de bol, voir ICI, les migrants passant en France sont en masse tous sauf des prolos fauchés)

il existe donc deux "classes' d'invisibles : celles des professeurs qui n'encradent rien, et celle des migrants sans patrie ni frontières, qu'ils ne peuvent ni encader, ni voir en couleurs...

il nous manque un Molière pour en faire une pièce de choix, à présenter au prochain Summermeeting révolutionnaire



le professeur Bihr est passé sous la table
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Philippe Corcuff   Jeu 6 Aoû - 18:20


le professeur Corcuff passe à table



Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Lun 31 Aoû - 12:37

c'était le bon temps, le capital pouvait caser des BRICS

ASSEMBLÉE NATIONALE
Rapport d'information déposé par la Commission des affaires européennes, 5 février 2014

Sur le « juste échange » au plan international


Cette croissance des pays émergents s’accompagne du développement d’une classe moyenne. Le dernier rapport du PNUD sur le développement humain 2013 note que « dans les pays du Sud, la classe moyenne connaît un essor rapide en termes de revenus et de perspectives. Entre 1990 et 2010, la part du Sud de la classe moyenne dans la population mondiale est passée de 26 % à 58 %. En 2030, on estime que plus de 80 % de la classe moyenne mondiale vivra dans un pays du Sud et représentera plus de 70 % de la population »61. Ce rapport estime que ce phénomène de rattrapage va se poursuivre.

Cependant, en tenant compte d’une décélération progressive dans le long terme, il faudra une trentaine d’années pour que le revenu par habitant en Chine atteigne le niveau observé aujourd’hui dans les pays les moins riches de l’OCDE. Le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail sur les salaires en 2012-2013 montre que les différentiels de salaires s’estompent même s’il s’agit d’un mouvement très progressif. Ainsi les hausses de salaires en Chine sont à l’origine de mouvement de délocalisations vers des pays à moindre coût salarial comme le Vietnam ou le Bengladesh ou certains pays africains.



Enfin, ces pays se caractérisent par l’importance des dispositifs protectionnistes sous différentes formes : pics tarifaires ciblés, barrières à l’entrée des importations, réglementation contraignante pour les investissements étrangers, politiques d’accès préférentiel pour les marchés publics, mesures fiscales discriminatoires. Leur développement économique s’est appuyé sur une politique de champions nationaux dans des secteurs stratégiques clés, la baisse des charges et des tarifs administrés pour les entreprises avec des plans d’investissement dans les secteurs d’infrastructures.

Compte tenu de l’émergence de cette classe moyenne et de la vitalité démographique de pays ou de continent comme l’Inde ou l’Afrique contrastant avec le vieillissement en Europe, celle-ci doit tirer parti de la hausse de la consommation intérieure de ces pays qui se traduira par une augmentation des importations. Au moment où les exportations des pays développés se contractent- par exemple, la part de l’Union européenne dans les exportations mondiales d’automobiles est passée sous le seuil de 50 % en 2012- la capacité de l’Europe à trouver des débouchés se fera dans les pays émergents en s’appuyant sur une production adaptée aux réalités locales.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Mer 2 Sep - 11:01

lu chez Médiapart

La classe moyenne se rebiffe 03 août 2015 |  Par françois périgny

 
françois périgny a écrit:
A lire les articles, billets, commentaires un peu partout sur Mediapart, une évidence me vient : la classe moyenne de France se sent menacée, la classe moyenne française perd ses illusions, la classe moyenne  se rebiffe. Ça ne fera pas trembler les pouvoirs réels, qui s'en désintéressent  - le monde dans lequel faire jouer sa convoitise, sa cupidité, est vaste ; la classe moyenne française - les "zombies catholiques" de Todd (mais il y a oublié les mort-vivants réformés) se donneront l'illusion de "faire de la politique".

  Qu'est-ce qui - aprés les "affaires" du voile "islamique" - préoccupe tant nos compatriotes moyens dans l'affaire grecque ?  Comment se fait-il que nos bonnes âmes ne fassent pas "couler autant d'encre" (noire de la mélancolie) sur des sujets autrement plus grave ?

   Je me pose la question. J'ai un début de réponse.


mo commentaire

Patlotch a écrit:
"La classe moyenne se rebiffe"... ?


sinon, histoire de me faire plaisir, puisque l'enclube est un peu ma cour de récréation, vu que je n'espère pas y rencontrer de sérieuses critiques, je saisis ce fil pour affirmer haut et fort que, somme toute, je ne hais pas la grande bourgeoisie, dont Marx disait en substance qu'elle au moins sait qu'elle est une classe antagonique au prolétariat. On pourrait ajouter aujourd'hui antagonique aux femmes, antagonique au vivant même

je ne la hais point, elle ne suscite en moi aucune colère, de la rage, oui, de la vaincre un jour, sinon moi les miens

quant aux couches moyennes, toujours couchées, et plus prolétarisées elles sont de moins en moins portées à choisir le camp des prolétaires, racialisé.e.s ou pas, je les conchie. Depuis la Révolution française, où elles ont fait alliance avec ceux d'en-bas le temps de balayer l'aristocratie, elles n'auront fait de la politique que pour préserver l'État du capital, comme le notait Marx dès ses écrits de jeunesse

c'est cela qui remonte aujourd'hui à la surface, cette double histoire de la modernité occidentale (qui invente l'individu) et du capital comme mode de production avec son économie politique, son État et ses citoyens médiaparterres, le nez dans le ruisseau, c'est la faute à ces sots, les cadres, ceux que Debord nommait les Ploucs

Guy Debord a écrit:
L’idéologie des cadres


Mais tous sont liés à une couche sociale déterminée, soit qu’ils se proposent d’en acquérir réellement le statut, soit qu’ils se bornent à en consommer par avance les illusions spécifiques. Cette couche est celle des cadres. VS-52

Le cadre dit toujours "d’un côté; de l’autre côté", parce qu’il se sait malheureux en tant que travailleur, mais veut se croire heureux en tant que consommateur. Il croit d’une manière fervente à la consommation, justement parce qu’il est assez payé pour consommer un peu plus que les autres, mais la même marchandise de série [..] Le cadre est le consommateur par excellence, c’est-à-dire le spectateur par excellence. Le cadre est donc, toujours incertain et toujours déçu, au centre de la fausse conscience moderne et de l’aliénation sociale. Contrairement au bourgeois, à l’ouvrier, au serf, au féodal, le cadre ne se sent jamais à sa place. Il aspire toujours à plus qu’il n’est et qu’il ne peut être. Il prétend, et en même temps il doute. Il est l’homme du malaise, jamais sûr de lui, mais le dissimulant. Il est l’homme absolument dépendant, qui croit devoir revendiquer la liberté même, idéalisée dans sa consommation semi-abondante [..] Il arrive en retard, et en masse, à tout, voulant être unique et le premier. Bref, selon la révélatrice acception nouvelle d’un vieux mot argotique, le cadre est en même temps le plouc. VS-58/59

Le pro-situ, naturellement, ne peut dédaigner les biens économiques dont dispose le cadre, puisque toute sa vie quotidienne est orientée par les mêmes goûts. Il est révolutionnaire en ceci qu’il voudrait les avoir sans travailler; ou plutôt les avoir tout de suite en "travaillant" dans la révolution anti-hiérarchique qui va abolir les classes. [..] Le pro-situ en vient à penser secrètement que la société présente devrait bien le faire vivre assez richement, quoiqu’il soit sans travail, sans argent et sans talent, du seul fait qu’il s’est déclaré un pur révolutionnaire. Et il croit en outre se faire reconnaître comme révolutionnaire parce qu’il a déclaré qu’il l’était à l’état pur. Ces illusions passeront vite : leur durée est limitée aux deux ou trois années pendant lesquelles les pro-situs peuvent croire que quelque miracle économique les sauvera, ils ne savent comment, en tant que privilégiés. Bien peu auront l’énergie, et les capacités, pour attendre ainsi l’accomplissement de la révolution, qui elle-même ne manquerait pas de les décevoir partiellement. Ils iront au travail. Certains seront cadres et la plupart seront des travailleurs mal payés. Beaucoup de ceux-ci se résigneront. D’autres deviendront des travailleurs révolutionnaires. VS-62/63



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Ven 25 Sep - 9:59



pas envie de travailler plus pour ne pas gagner plus

du prolétariat et de la classe de l'encadrement...


Employés et ouvriers plébiscitent les 35 heures  Luc Peillon   15 septembre 2015


Favorables au maintien de l’actuelle durée légale du travail, les sondés se cabrent face aux réformes.


Luc Peillon a écrit:
Non, les Français ne sont pas prêts, quinze ans après les lois Aubry, à tourner le dos à la réforme emblématique de l’ère Jospin. Selon le sondage Viavoice réalisé pour Libération, 52 % des personnes interrogées souhaitent «rester aux 35 heures» (40 % contre, 8 % sans avis). Un score plus qu’honorable, après des années de critiques répétées contre cette mesure, y compris dans les rangs socialistes. Et, notamment, après la sortie du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, lors de l’université du Medef, fin août.

Clivage.

La seconde (grosse) surprise de ce sondage, c’est l’engouement des ouvriers et employés - que l’on considérait jusqu’ici comme les grands sacrifiés de la réforme, à l’inverse des cadres qui avaient tiré leur épingle du jeu avec les jours de RTT. Un clivage que l’on retrouve sur la quasi-totalité des autres questions sociales actuellement en débat, où les salariés les moins qualifiés se montrent les plus méfiants quant aux orientations du gouvernement sur le monde du travail.

Ainsi, 71 % des ouvriers et 64,5 % des employés disent vouloir «rester aux 35 heures», contre 62 % des professions intermédiaires et 53 % des cadres
. Des chiffres que confirment le vote survenu vendredi au sein de l’usine automobile Smart, en Moselle. Interrogés sur un projet de retour aux 39 heures (payées 37), les salariés, dans leur ensemble, se sont prononcés «pour» à 56 %. Mais, dans le détail, les ouvriers ont voté «non» à 61 %, tandis que la catégorie comprenant les cadres a dit «oui» à 74 %.

Autre question, sur le temps de travail : peut-on cependant accorder plus de souplesse sur le terrain ? Autrement dit, «abandonner la durée légale du travail et la négocier entreprise par entreprise» ? Qu’il s’agisse de l’augmenter ou de la réduire. A 49 % (contre 45 %), les personnes interrogées se disent favorables à cette piste. Sauf, encore une fois, les catégories sociales les plus modestes : 56 % d’entre eux, dont 61 % parmi les ouvriers, se disent opposés à cette possibilité, alors que 50 % des cadres y sont favorables.


Dissensus.

Ce clivage entre CSP + et classes populaires est plus fort encore sur un sujet largement débattu ces derniers mois : les accords de maintien de l’emploi (tels qu’issus de la loi de juin 2013), qui demandent des sacrifices aux salariés le temps que la situation économique de l’entreprise s’améliore. Oui à 71 %, ont répondu les cadres, un score équivalent à celui des artisans et chefs d’entreprise. Non à 56 % disent les ouvriers et employés.

Quant au droit du travail, s’il est jugé insuffisamment protecteur par les ouvriers et employés (à 53 %), les cadres, eux, n’y trouvent rien à redire (à 62 %). Le dissensus est moins important, mais perdure, sur le dernier thème en cours, évoqué par la commission Combrexelle : la place plus importante donnée à l’accord d’entreprise au détriment de la loi. Cette fois-ci, de façon paradoxale, ce sont les cadres qui, à 53 %, se montrent plus réticents que les employés et ouvriers qui, eux paraissent partagés (47,5 % contre, 45 % pour).

D’une manière générale, le monde salarié se montre donc à la fois attaché aux 35 heures - à des degrés divers selon les catégories -, mais aussi réticent, au sein des catégories professionnelles les moins qualifiées, à la plupart des réformes en cours. A l’inverse, ce sont les chefs d’entreprise et les retraités qui approuvent les derniers projets de l’exécutif, tout en rejetant l’actuelle durée légale du travail. Un soutien inhabituel pour un gouvernement de gauche, qui prend là le risque de se couper d’une partie du monde du travail, traditionnellement acquise à sa cause.




Dernière édition par Admin le Mer 6 Juil - 15:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Lun 5 Oct - 16:39

Les cadres sont favorables à la réforme du code du travail Yann Le Galès 05/10/2015

Ils estiment que cette mesure simplifiera la vie des entreprises. Mais près d'un sur deux ne croit pas qu'elle créera des emplois selon le Baro-éco de Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter



Près d'un cadre sur deux estime que la réforme du code du travail n'est pas prioritaire

Citation :
Les cadres saluent la réforme du travail que le gouvernement envisage. Selon le Baro-éco réalisé par Viavoice pour HEC, Le Figaroet France Inter, près d'un sur deux estime que le Code du travail, qui contient 10 600 articles, est un frein au développement des entreprises et à la croissance. Les cadres travaillant dans les PME y sont les plus favorables. La mise en place de cette réforme ne sera pas une surprise. Depuis des années, la Commission européenne, le FMI et l'OCDE demandent à la France d'assouplir son droit du travail. Mais François Hollande ne souhaite que de prudents changements.

«Il est logique que les dirigeants de PME accordent de l'importance à ce sujet alors que les préoccupations quotidiennes des collaborateurs des grands groupes sont éloignées du Code du travail. Ces derniers n'estiment pas que le droit du travail crée une dynamique économique», constate François Miquet-Marty, président de Viavoice.

Plus de six cadres sur dix estiment que sa réforme permettra de simplifier la vie des entreprises. Ils apprécient notamment la possibilité de négocier au niveau des entreprises, comme le recommande le rapport remis début septembre par l'ancien directeur général du travail Jean-Denis Combrexelle au premier ministre, Manuel Valls.

Mais les cadres ne sont que 41 % à juger cette réforme prioritaire. Ils s'interrogent aussi sur les conséquences de l'assouplissement des règles. 62 % affirment que cette mesure «amoindrira à terme les droits des salariés». 45 % ne croient pas qu'elle créera des emplois. Les différences d'opinion sont faibles entre le secteur public et le privé ou selon la taille de l'entreprise.

Ce scepticisme peut s'expliquer par une poussée de pessimisme chez les cadres. Après avoir fortement progressé entre décembre et juillet, leur moral perd 6 points, pour tomber à - 36. Ce chiffre est certes supérieur à celui des années précédentes, mais il illustre l'inquiétude grandissante des cadres, qui ne croient pas à un retournement de conjoncture à moyen terme.

«Ils anticipent des difficultés économiques et financières sur le plan international, observe François Miquet-Marty. Certes, la baisse de l'euro, des taux faibles et le prix du pétrole sont des facteurs positifs pour une relance de l'économie. Mais les cadres ne constatent pas de signes d'amélioration pour les entreprises.» Les difficultés boursières et le ralentissement de la Chine favorisent cette inquiétude.

Cette montée des incertitudes se traduit par une hausse de 9 points du nombre de ceux (45 %) qui pensent que le niveau de vie du pays se dégradera d'ici à un an. Plus d'un cadre sur trois croit que sa propre situation financière va elle aussi se détériorer.

Malgré un chômage faible chez les cadres, 81 %, contre 77 % il y a trois mois, jugent que leurs opportunités professionnelles sont faibles. Le niveau de motivation de leurs collaborateurs ne s'améliore pas. Un indicateur clé lui aussi peu encourageant.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Dim 8 Nov - 23:27



Classes moyennes africaines : qui sont ces nouveaux consommateurs ? Laurène Sénécha 15 octobre 2015

CFAO a dévoilé ce jeudi les résultats de son enquête sur les classes moyennes africaines. Cette étude vise à identifier ces nouveaux consommateurs qui pourraient représenter 224 millions d'individus sur le continent africain à l'horizon 2040.


Environ 86% des membres de cette classe moyenne vont au moins une fois par mois au supermarché
© Olivier pour J.A


Citation :
Le spécialiste de la distribution CFAO a réalisé, en partenariat avec l’institut de sondage IPSOS et le cabinet de conseil BearingPoint, une étude pour quantifier la classe moyenne en Afrique mais aussi pour mieux comprendre ses habitudes de consommation.

Pour obtenir ses données, les auteurs de l’étude se sont basés sur les résultats de plus de 4 000 questionnaires et des enquêtes sociologiques conduites auprès de 50 ménages, répartis dans cinq pays moteurs du continent : Maroc, Côte d’Ivoire, Cameroun, Kenya et Nigéria.

Contrairement à l’étude de la BAD de 2011, qui comptabilisait dans la classe moyenne quiconque disposerait d’un revenu quotidien compris entre 2 et 20 dollars, l’étude publiée par CFAO adopte une approche différenciée selon les régions.

« Afin de vérifier que l’interrogé entre dans le cadre de l’étude, à savoir une classe intermédiaire entre riches et pauvres, des bornes en matière de revenus ont été déterminées, expliquent les auteurs du rapport. Ces bornes sont de 15$ à 60$ par ménage par jour (450$-1800$ par mois) pour la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Nigéria et le Kenya. Pour le Maroc, en raison du niveau de vie élevé, les bornes sont de 25$ à 60$ par ménage et par jour (750 – 1800$ par mois) »

Selon les estimations du rapport de CFAO, cette tranche représente 14 % de la population totale du continent, soit environ 150 millions de personnes (en prenant en compte l’ensemble des membres du ménage).

Cumul

L’ambition de l’étude du CFAO est également de définir les caractéristiques communes aux personnes appartenant à la classe moyenne car « la compréhension de l’évolution des classes moyennes africaines constitue l’un des enjeux structurants du développement du continent ainsi que le principal réservoir de croissance de notre groupe », explique Richard Bielle, président du directoire de CFAO.

Cette étude montre que la classe moyenne est caractérisée par un revenu stable. Ses membres sont sortis d’une logique de survie, mais continuent de travailler dur.

Certains sont salariés, d’autres ont une activité indépendante ou entrepreneuriale et ils cumulent souvent emploi formel et informel, comme l’explique Eric qui vit à Abidjan, en Côte d’Ivoire : « Je travaille au Port comme machiniste mais j’ai des petites affaires de boulangerie ».

72 % des consommateurs de la classe moyenne épargnent

Ces nouveaux consommateurs se démarquent également par leur capacité à épargner. Environ 72 % déclarent réussir à mettre de l’argent de côté chaque mois. D’après l’étude, cela s’explique parce qu’ils aspirent à un avenir meilleur, et en particulier pour leurs enfants. Leurs investissements dans l’éducation représentent en moyenne 13 % de leur budget.

Ils épargnent aussi en raison d’une peur du déclassement. L’émergence des classes moyennes en Afrique se fait dans un contexte politique plus instable que dans d’autres pays en développement, ils se sentent obligés d’être plus prévoyants.

Sophistiqué

Autre constat, les classes moyennes ont une consommation plus sophistiquée. Elles ne consacrent que 25 % de leurs budgets aux produits alimentaires contre 50 % pour les populations plus défavorisées.

Elles développent ainsi de nouvelles habitudes de consommation. Même si elles restent attachées aux marchés et commerces de proximité pour leurs courses hebdomadaires, 86 % vont au moins une fois par mois dans un supermarché et 55 % vont au moins une fois par mois au restaurant.

Ces nouveaux consommateurs sont également très intéressés par tout ce qui touche à la technologie : 85 % d’entre eux ont un smartphone et 73 % ont un ordinateur chez eux.

Enfin, le projet immobilier est très important pour ces classes moyennes : 39 % sont déjà propriétaires et parmi ceux qui ne le sont pas, 68 % espèrent le devenir dans un délai de deux ans.

Capital

Comme le montre cette nouvelle étude, les habitudes de consommation ont déjà commencé à évoluer et ces données peuvent être capitales pour les entreprises qui veulent toucher ces nouveaux consommateurs, d’autant plus que CFAO estime que « les membres de cette classe de consommateurs seront au nombre de 224 millions d’individus en 2040 contre 78 millions en 2010 ».






Dernière édition par Admin le Dim 8 Nov - 23:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Dim 8 Nov - 23:33


le parti de la trouille...



Présidentielle 2017 : pourquoi les classes moyennes seront au cœur du débat FIGARO VOX  Jérôme Sainte-Marie 11/10/2015
 
Pour Jérôme Sainte-Marie, l'élection présidentielle de 2017 se jouera sur la capacité des candidats à incarner les espérances des classes moyennes


Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé ensuite BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut iSAMA en 2008.


Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. Il publie ces jours- ci, Le nouvel ordre démocratique (Editions du Moment).


Citation :
La défense des classes moyennes sera très probablement un thème majeur de la campagne présidentielle de 2017. Il y pour cela des raisons habituelles, et d'autres motifs nouveaux.

Parmi les premières, on doit compter avec l'objectif existentiel de la démocratie représentative d'échapper à une représentation binaire de la société qui la condamnerait. Ce souci est vieux comme la République. Ainsi, en 1874, Gambetta se voulait le hérault des «nouvelles couches sociales», celles constituées de travailleurs propriétaires, nées de la Révolution industrielle. Après l'épisode traumatisant de la Commune, il y voyait le socle d'un régime apaisé, susceptible d'éviter que le suffrage universel ne dérive en un affrontement brutal entre la plèbe et les possédants. Dans son discours d'Auxerre, ce n'est pas moins de huit électeurs sur dix qu'il classait dans ces «nouvelles couches sociales». Un siècle plus tard, face au «front de classes» prôné par la gauche, Valéry Giscard d'Estaing se voulut à son tour le représentant des classes moyennes, là aussi dans une conception très large, parlant de «Deux Français sur trois». Et de fait, c'est à peu près la proportion que l'on retrouve dans les études, lorsque l'on interroge l'opinion sur sa perception de son positionnement social.

Ainsi, une étude réalisé par l'IFOP il y a deux ans faisait apparaître 59% de Français considérant appartenir aux «classes moyennes», avec comme précision que 11% se voyaient dans les «classes moyennes supérieures», 20% dans les «véritables», et 28% dans les «inférieures»…

Toutes les enquêtes sur la classe sociale subjective montrent que les citoyens répugnent tout autant à s'identifier aux dominants qu'aux dominés, et trouvent dans ce terme de classes moyennes une formule apaisante
. Le caractère massif de ces chiffres montre cependant que l'on est moins dans une identité sociale concrète que dans une représentation finalement assez proche de l'ensemble du corps électoral.

Il en découle que la défense des classes moyennes est un impératif politique pour toute force politique visant le pouvoir[/b]. L'étiquette de «Président des riches» accolée par la gauche à Nicolas Sarkozy l'avait éloigné de cette représentation. A l'inverse, le misérabilisme de l'extrême-gauche la coupe de nombreux électeurs à la condition sociale objectivement modeste, mais qui n'aiment guère se considérer comme pauvres. Un autre élément contribue à l'hégémonie du terme de classes moyennes dans le discours politique: la catégorie sociale en expansion, celle des retraités, soit désormais quinze millions de personnes, se trouve de fait hors des hiérarchies inhérentes à la plupart des situations de travail. Plus encore que les autres, elle se considère comme partie de ce vaste ensemble central de la société française.

L'originalité de la situation présente est que l'identification aux classes moyennes s'articule parfois sur une opposition à l'immigration, et au poids fiscal qu'elle est supposée représenter. Il y a dans le sentiment si souvent exprimé de «payer pour les autres», l'idée que le modèle social ne fonctionne plus comme un système de garanties mutuelles, mais profite à des outsiders, et qui sont moins des exclus que des nouveaux arrivants
. Que cette représentation soit ou non fondée n'est pas le propos ; l'important est qu'elle existe, et qu'elle produise des effets politiques. Le premier d'entre eux est de favoriser l'expansion du discours du Front national au cœur du corps social. C'est ainsi que Marine Le Pen se voit davantage créditer de «comprendre les problèmes des gens» que ne le sont François Hollande on Nicolas Sarkozy, pour des raisons symétriques.

A rebours d'une idée commune, qui focalise l'attention sur l'influence frontiste en milieu ouvrier, au demeurant bien réelle, le vote lepéniste s'homogénéise parmi la population active. Seule la catégorie des cadres fait exception, et encore bien davantage chez ceux du public que du privé. Autre indice du basculement en cours des classes moyennes, l'analyse du vote dans ses zones de force du Sud de la France montre son succès dans les quartiers où les gens ont des revenus moyens. Là, les électeurs ne se considèrent pas comme des «défavorisés», du fait de leur situation sociale, mais comme des «désavantagés», en raison de la politique fiscale des gouvernements successifs. C'est la complainte traditionnelle des classes moyennes qu'ils entonnent alors, avec ceci d'original qu'elle trouve son écho dans un vote autrefois qualifié d'extrême.

La bataille pour les classes moyennes aura bien lieu. Elle n'opposera moins cette fois-ci la gauche et la droite, que ceux qui veulent les ouvrir à la mondialisation, et ceux qui veulent les en protéger. Ainsi, au moment même où l'aggravation de la crise grignote la réalité sociale des classes moyennes, du fait de la paupérisation, elles les renforce comme enjeu politique majeur
.




Dernière édition par Admin le Mar 15 Déc - 12:55, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Dim 8 Nov - 23:40



Questions à François Carlier. La classe moyenne ? C’est personne et tout le monde 05/11/2015

François Carlier, Délégué général de la CLCV (Consommation, logement, cadre de vie)


Citation :
La classe moyenne supérieure est la plus touchée par la baisse du niveau de vie des Français. Mais la classe moyenne, c’est quoi ?

La classe moyenne, c’est à la fois personne et tout le monde. La définition technique c’est qu’en France on divise les revenus des ménages en dix déciles (1). Les trois premiers sont les classes plutôt pauvres, les trois derniers, les plus riches, sont les classes les plus aisées, et les quatre qui restent représentent le cœur de la classe moyenne. Mais quand on mesure l’état de richesse de quelqu’un, il ne faut pas oublier qu’il y a deux dimensions différentes : le revenu et le patrimoine. Et cela fait une distinction très importante depuis qu’il y a eu la flambée du prix du logement. Un couple de jeunes cadres qui n’est pas encore propriétaire est plus riche en termes de revenu qu’un couple de personnes âgées qui est propriétaire, et donc est plus riche en termes de patrimoine.

Pourquoi les plus aisés sont-ils les premiers impactés ?

Il y a un certain nombre de mesures qui sont prises en faveur des classes modestes, que ce soit des mesures fiscales, d’aides ou de tarifs sociaux. La classe moyenne n’en bénéficie pas. Alors que par ailleurs les conséquences de la crise économique sur la stagnation des salaires ou le chômage a aussi touché les classes moyennes. Elles ont les conséquences négatives de la crise, sans avoir pu bénéficier de mesures de soutien spécifiques.

Si la dégringolade continue, que seront les classes moyennes dans vingt ans ?

De moins en moins de pouvoir d’achat. Et moins de possibilité d’accès à un certain nombre de choses. Au logement par exemple. Il sera encore plus difficile pour les classes moyennes d’accéder à la propriété. Ça faisait pourtant partie des grandes transformations symboliques. On devient « classe moyenne » en achetant un logement. Un autre point, ce sera la consommation. Les Français couperont plus dans les dépenses non indispensables comme le loisir, les voyages, le restaurant ou l’habillement.

(1) Valeurs qui partagent la distribution des salaires, des revenus ou encore des chiffres d’affaires en dix parties égales.

Propos recueillis par M. I.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Dim 8 Nov - 23:50



"La demande de la classe moyenne est l'angle mort de la politique du logement"


Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), revient sur les mesures destinées à relancer l'accession à la propriété, que le gouvernement devrait dévoiler sous peu. Et celles qu'il faudrait aussi mettre en place, selon la responsable, pour relancer le secteur.

Citation :
(LaVieImmo.com) - En savez-vous un peu plus sur les mesures que doit prendre le gouvernement pour favoriser l'accession à la propriété, annoncées la semaine dernière par François Hollande ?

Alexandra François-Cuxac : Pour le moment, encore assez peu. Le Président de la République, devrait expliciter son propos dans les tout prochains jours. Mais pour la FPI, l'accession à la propriété est un sujet très important. Le secteur comprend d'une part l'investissement privé avec le Pinel, et d'autre part le logement social, avec la TVA à 10%, et le logement intermédiaire. Et jusqu'à présent, la demande de la classe moyenne, c'est malheureusement le parent pauvre, l'angle mort de la politique du logement.

Le gouvernement prévoirait d'élargir à nouveau le PTZ. C'est donc une bonne nouvelle ?

Alexandra François-Cuxac : Nous sommes favorables à tout ce qui peut faciliter l'accès au logement. Au PTZ, donc, mais aussi à d'autres aides locales spécifiques, comme le dispositif pour les étudiants à Bordeaux ou celui en faveur des familles à Lyon. Le crédit bancaire, avec un élargissement de la cible qui serait prévu pour les classes moyennes, est très important. Toutefois, dans la mesure où il s’agit d’un outil, et non d’un véritable plan de relance, il demeure à lui seul insuffisant pour régler le problème de l'accession à la propriété en France. En cœur de ville, l'élargissement du PTZ en termes de ressources, de différé de remboursement ou de quotité serait une bonne chose. Mais son extension à la zone C (les zones les moins tendues en logement, le plus souvent des communes rurales, Ndlr) concerne assez peu les promoteurs, pour qui l'essentiel de la demande est ailleurs.

Alors qu'est-ce qui pourrait, selon vous, changer la donne dans le logement ?

Alexandra François-Cuxac : L'un des principaux problèmes est la complexité des autorisations de construire. Tout ce qui va dans le sens d'un allègement, d'un raccourcissement des délais, est donc très important pour ce secteur. En effet, le principal sujet de préoccupation de la FPI demeure l'incapacité de produire du logement en quantité suffisante. En grande partie à cause d'un foisonnement normatif, d'une réglementation beaucoup trop dense.

Justement, où en est-on de la simplification des normes de construction, enclenchée par le gouvernement l'année dernière ?

Alexandra François-Cuxac : Un peu plus de la moitié des 50 mesures de simplification des normes ont été mises en œuvre. Le gouvernement a bien une volonté affichée de réformer et de simplifier. Mais la politique est désormais décentralisée au niveau des communes. Les élus locaux doivent donc aussi incarner cette volonté à l'échelle communale. Or, beaucoup d’entre eux freinent les choses. Il faut cesser de considérer l'arrivée de nouveaux habitants comme un perturbateur de l'habitat local. Dans ce sens, le nombre de recours contre les projets de construction est affolant : on atteint 80% selon un sondage effectué par la FPI, qui en a comptabilisé pas moins de 25.000 au 30 juin 2015. Nombre d'entre eux se règlent au tribunal administratif, retardant d'autant les programmes. Heureusement, quand ils le peuvent, les promoteurs passent outre avant le jugement, comme la loi le leur permet désormais.

Côté ventes, le dernier bilan de la FPI était encourageant. L'est-il encore aujourd'hui ?

Alexandra François-Cuxac : Le ressenti en ce moment est à l'accalmie du marché, après un été traditionnellement calme, et un mois de septembre assez mou. Au premier semestre 2015, la part des investisseurs a en effet progressé de 60%, tandis que les ventes sont reparties à la hausse - malgré un niveau à peine au-dessus de celui de 2009. En cause, la baisse des ventes en accession à la propriété et des ventes en blocs aux bailleurs sociaux. Et, surtout, un problème de fond : des mises en vente bien inférieures aux ventes, en raison d'une construction de logements insuffisante. Que dire pour la fin de l'année ? Tous les chiffres du troisième trimestre ne sont pas encore remontés, on en saura plus mi-novembre.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Lun 9 Nov - 0:24


une enquête du printemps qui recoupe mes propres observations
notamment à la lecture des billets et commentaires du Club Médiapart



Les classes moyennes rêvent «d’un coup d’Etat citoyen» Jonathan Bouchet-Petersen  5 mai 2015


A deux ans de l'élection présidentielle, 190 Français des classes moyennes
ont participé à l'étude de FreeThinking, agence de Publicis
Photo Thierry Zoccolan. AFP

 
Une agence du groupe Publicis a interrogé 190 Français des classes moyennes. «Libération» a eu accès à cette étude qui met en lumière trois «dissonances» majeures
 
Citation :
e]b]Les classes moyennes rêvent «d’un coup d’Etat citoyen»  [/b]

Mettre des mots sur les maux des classes moyennes. «Leurs mots sur leurs opinions, sur leurs sentiments», précisent Véronique Langlois et Xavier Charpentier. A la tête de FreeThinking, «le laboratoire de tendances et d’études qualicollaboratives» du groupe Publicis, ils s’apprêtent à publier «Dissonances. Quand les classes moyennes parlent de la France d’après le 11 janvier, deux ans avant 2017», une étude qu’ils ont menée durant deux semaines pendant la campagne des départementales, auprès de 190 Français des classes moyennes âgés de 18 à 65 ans (1) – et dont Libération a obtenu la primeur (lire le document ci-dessous). S’appuyant sur les 1 220 contributions récoltées en ligne, Véronique Langlois souligne que s’en dégage «une vision âpre et sans concession de la réalité». Et une grande frustration après un scrutin départemental où les électeurs ont jugé leur choix contraint entre «contenir» le FN ou «punir» le gouvernement.

L’étude de Publicis pointe trois «dissonances» majeures, dont «l’intensité» a surpris ses auteurs


La première : «Entre ce que ces Français vivent – une aggravation de la situation de précarité et une France qui continue de glisser dangereusement, d’une façon que certains jugent désormais irréversible – et le discours ambiant autour de la reprise économique qui serait là mais qu’ils ne ressentent pas.»

Autre fossé : «Entre la gravité des citoyens et le manque de sérieux des élites, avec un débat politique sans projets et concentré sur quelques personnalités dans la perspective de 2017», regrettent-ils selon Véronique Langlois. Elle évoque aussi le «sentiment d’un déni de démocratie chez des Français qui considèrent que les élus ne remplissent pas le mandat pour lequel ils ont été élus et, même, qu’ils sont carrément des obstacles aux changements urgents que la situation exige».

«Double fragmentation»

Cocktail a priori détonnant quand ces mêmes Français des classes moyennes s’inquiètent d’une «double fragmentation de la société, note Publicis, avec une France assistée contre une France qui se bat et une France communautarisée face à une France universelle». Mais «là où on a vu une dissonance plutôt positive, précise Xavier Charpentier, c’est dans la façon qu’ont ces Français d’envisager l’avenir ensemble, de réaffirmer que nous sommes une nation où l’unité dépasse les risques de tensions communautaires». Et Véronique Langlois d’ajouter : «Mais ils disent qu’à un moment donné, il faut un projet qui rassemble les Français au-delà du religieux et du politique.» Et ils n’en voient pas la couleur.

Troisième décalage identifié

Citation :
«Ces Français ont cru que la manifestation du 11 janvier pouvait, allait changer les choses, marquer un sursaut, leur donner l’occasion de se rassembler derrière un leadership, mais ils n’ont rien vu arriver et, pour la première fois aussi clairement sur notre plateforme, expriment le rêve d’un coup d’Etat citoyen et républicain», met en garde Véronique Langlois. «Les Français que nous avons interrogés ont bien sûr été très marqués, très ébranlés par les événements du mois de janvier et la manifestation du 11 a eu sur eux un effet très notable, poursuit Xavier Charpentier. Mais aujourd’hui, cette France moyenne considère que si elle a fait sa part du travail en descendant massivement dans la rue, la classe politique, la classe dirigeante, n’en a, elle, rien fait de concret.»


(1) Revenu foyer net mensuel de 1 800 à 2 400 euros pour une personne seule et de 2 400 à 5 000 euros pour un couple. 20% de 18-25 ans, 85% d’actifs (73% du privé, 27% du public), 5% de retraités et 10% d’étudiants.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Lun 9 Nov - 0:32



Au néolithique, les classes moyennes n'existaient probablement pas Justine Babin 03-08-2015

Les études se multiplient pour dénoncer les effets dramatiques des inégalités sur la croissance. Mais, au juste, d'où viennent-elles ? Il se pourrait que nos ancêtres du néolithique détiennent la réponse


Parure de la tombe du Basdes-Vignes, Vert-la-Gravelle (Marne), une des trois plus riches du Rubané du Nord de la France (Musée national de la Préhistoire)Parure de la tombe du Basdes-Vignes, Vert-la-Gravelle (Marne), une des trois plus riches du Rubané du Nord de la France (Musée national de la Préhistoire)

Après l’OCDE, c’était au tour du FMI en juin dernier de publier des chiffres alarmants sur la sinistre relation entre inégalités et croissance. Une augmentation de 1% du capital des 20% des plus aisés entraînerait une chute du PIB à moyen terme de 0,8 point. Mais, au juste, d’où viennent ces écarts de richesse ? Jean-Sébastien Vaquer, directeur de recherche au CNRS, nous replonge au néolithique, une période comprise entre 9.000 ans et 3.300 avant J.-C., lorsque nos ancêtres inventeurs de l’agriculture et de l’élevage ouvrirent la boîte de Pandore…


Citation :
Challenges.fr : Quels étaient les principaux signes de richesse au Néolithique ?

Jean-Sébastien Vaquer : Au début du néolithique, on retrouve surtout des objets construits à partir de coquillages et d’éléments en pierre. Les objets en métal - comme l’or ou le cuivre - ainsi que les pièces en pierre imitant des formes d’objets en cuivre sont eux beaucoup plus fréquents vers la fin de la période. Les matériaux rares ou venant de loin étaient également considérés comme de puissants signes de richesse. C’est par exemple le cas de l’obsidienne, roche volcanique des îles italiennes. Dans cette région de la mer  tyrrhénienne, où elle était utilisée couramment par les populations locales pour fabriquer des outils domestiques, c’était un matériau du quotidien. Mais aux pieds des Alpes ou dans le Toulousain, à plus de 1500 km de son lieu d’extraction, cette roche était considérée comme exotique et donc très précieuse.

Il y avait donc de fortes différences régionales dans les symboles de richesse…

Oui, des différences considérables ! La région la plus riche au néolithique était la Bretagne. On y retrouve de nombreux alignements de menhirs et de dolmen, en particulier dans le golfe du Morbihan, ainsi qu’une forte concentration de matériaux précieux. Pourquoi cette région ? Les hypothèses des archéologues diffèrent. Pour certains, le Morbihan tirait sa puissance de son rôle de centre religieux important. D’autres pensent que cette richesse résultait du sel dont la région abondait. On peut supposer que les groupes disposant de ressources salées importantes devaient vendre ce bien, provoquant un accroissement des écarts hiérarchiques plus fort que dans les zones pauvres en sel.

Quel rôle ont joué les échanges commerciaux dans la répartition de ces biens ?

Au néolithique, les groupes sont plus ou moins stabilisés sur des territoires. En cela, par rapport aux périodes antérieures, ils doivent faire face à des problèmes d’approvisionnement en matériaux. Il existait par ailleurs à l’époque deux Europe : l’une, orientale, très riche en métal, avec beaucoup d’objets en or et en cuivre, et l’autre, occidentale, dotée de substantielles ressources en roche verte.

Les contacts entre ces zones très en avance sur le plan technique et les autres ont généré des imitations très intéressantes. On avait par exemple l’habitude dans les Balkans de marquer le statut des gens par des « haches de bataille », sortes de tomahawk, retrouvées dans les sépultures. Très peu de ces objets ont pu circuler vers l’est ou vers le nord car ils étaient considérés comme précieux. Mais certains individus de ces régions qui les avaient vu ont entrepris de fabriquer les même… en pierre. En imitant leur forme. Cela montre qu’il y avait des transferts de symboles mais pas de transferts techniques. Pour que la métallurgie passe de l’Europe de l’est à l’Europe de l’ouest il a fallu presque 2.000 ans, alors que seulement 1.800 km séparent les deux régions !

Selon quels schémas hiérarchiques étaient organisées ces sociétés ?

L’étude de la gradation des systèmes funéraires permet aux archéologues d’en savoir plus sur le statut qu’occupait le défunt au sein de la société. Au néolithique, lorsqu’on enterre quelqu’un, on lui creuse une tombe et on lui donne une position normalisée - en général la position fœtale. Quand vous retrouvez des corps ou des restes humains directement jetés dans une fosse, sans aucun respect, il s’agit certainement de personnes de basse condition, voir des esclaves, ou des ennemis tués lors d’un massacre.

On retrouve ensuite des sites funéraires « conventionnels », avec des offrandes et du mobilier plus ou moins précieux, témoignant davantage d’une différence de sexe que d’un écart de richesse. Les femmes sont ainsi plutôt enterrées avec des poteries et des parures et les hommes avec des flèches ou des haches. Ces sépultures sont les plus fréquentes à l’époque et se différencient relativement peu les unes des autres.

Existent enfin quelques rares tombeaux très riches. Ils se distinguent par la quantité d’objets présents ainsi que les provenances très lointaines et diverses de certains d’entre eux. On peut citer le cas de tombes très riches exhumées en Catalogne renfermant de l’obsidienne de Sardaigne, du corail de la Méditerranée centrale, des haches polies en jade venant des Alpes, des haches polies en fibrolite d’Andalousie et des parures locales en turquoise.

On peut penser que les sociétés de l’époque étaient marquées par de fortes différences de richesse, avec un nombre très restreint d’individus possédant des biens d’une valeur considérable. A l’inverse, le commun des mortels partageait un niveau de vie relativement homogène. Les classes moyennes n’existaient probablement pas au néolithique !

Les sociétés humaines ont-elles toujours été hiérarchiques ?

Hiérarchiques, certainement ! Même les sociétés animales le sont. En revanche, les signes de cette hiérarchisation ont probablement changé au cours de l’évolution des sociétés humaines. Au néolithique, par rapport aux périodes antérieures, de grands progrès ont été réalisés grâce à l’apparition de l’agriculture et de l’élevage. Cela a permis de produire des aliments en grande quantité et de pouvoir les garder sous forme de stocks, afin de les consommer avec un usage différé, en prévision des crises notamment. Elevaient-ils un nombre de bêtes strictement limité à leurs besoins ou davantage ? Il se pourrait que la naissance de la richesse réside ici, dans cette faculté à produire plus que nécessaire.

Cependant, les inégalités ne sont pas durables au néolithique - et en particulier non transmissibles héréditairement - car la propriété des terres n’existe pas. L’économie est certes stabilisée mais l’agriculture sur brulis est encore de rigueur, impliquant sans cesse d’aller à la conquête de nouvelles terres à bruler puis cultiver. Les champs stables, avec amendements et assolements, n’apparaîtront que plus tard, engendrant la naissance des royautés, aristocraties et sociétés de classe…

Comment est-on passé de la richesse matérielle aux symboles de richesse ?

Tous ces objets précieux servaient au positionnement social des individus par rapport aux autres. Ils entraient rarement dans des transactions marchandes. L’anthropologue Alain Testart parle de "ploutocratie primitive" ou de "sociétés à manipulation de biens ostentatoires". Il s’appuie sur ses observations des sociétés papoues d’Irian Jaya, vivant d’une agriculture à base d’igname, de tubercules, d’élevage de porcs, mais où la terre n’appartient à personne. La possession d’objets luxueux y marque le statut social. Ces objets sacrés appartiennent au patrimoine familial et ne sont exposés qu’au moment de recevoir des invités. On peut penser qu’il en était de même au néolithique

Qu’ont ces signes de richesse à nous apprendre sur les valeurs des sociétés qui les arboraient ?

A travers ces éléments ont retrouve toute une symbolique et un affichage social. Et ce dernier change au cours du néolithique. Alors qu’au début, les parures et les emblèmes de pouvoir sont plus fréquents, la fin de la période est marquée par la multiplication des armes : haches de bataille, poignards, pointes  de flèches... L’âge du cuivre voit naître des sociétés guerrières avec une affirmation de la violence et du pouvoir par la force.

L’exposition "Signes de Richesse, Inégalités au Néolithique" est ouverte jusqu’au 15 novembre 2015 au Musée national de la Préhistoire des Eyzies-de-Tayac.




Dernière édition par Patlotch le Lun 9 Nov - 0:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Lun 9 Nov - 0:37



Grande-Bretagne : classes moyennes en souffrance EuroNews Joanna Gill 01/05/2015

Même si l‘économie se porte mieux, les Britanniques ne le ressentent pas au quotidien. La flambée de l’immobilier, la hausse des frais universitaires, le coût de la vie pèsent sur les classes moyennes et les revenus les plus modestes du Royaume-Uni. L’effet de la crise et l’austérité, mais aussi de la mondialisation


Citation :
Si l’on regarde la santé économique du Royaume-Uni, explique notre envoyée spéciale, Joanna Gil, les plaies de la crise semblent se cicatriser, mais en grattant la surface, on voit une autre réalité. Une classe moyenne sous pression, et une concentration des richesses aux mains d’une élite, laissant de nombreux ménages sur le bas côté.”

Bicester est une banlieue aisée de Londres. Pourtant, ils sont de plus en nombreux à frapper à la porte des banques alimentaires. Trussell Fund gère 400 de ces banques. On estime qu’en 2014, plus d’un million de personnes ont été secourues, une hausse de 19% par rapport à l’année précédente. De nouveaux pauvres, qui surprennent ce sans-abri :

“C’est terrible, le nombre de gens qui viennent à la banque alimentaire, il n’y a pas que des gens comme moi, dans la difficulté, il y a des gens qui ont des emplois. Nous sommes des êtres humains… Tout ce qui est là, provient du bénévolat, et pas du gouvernement, qui nous taxe et n’augmente pas les salaires des gens”.


En Grande-Bretagne, il n’y a pas seulement un fossé entre riches et pauvres, il y a celui de l‘âge. La hausse des frais de scolarité et du coût de la vie, les jeunes le paient cher. Cet étudiant de 25 ans a emprunté 30 000 £ pour payer ses études. Il vit chez ses parents pour économiser, et travaille à coté, car la vie est chère dans la capitale. Il sait qu’il devra travailler toute sa vie pour rembourser.

“Je ne veux pas un gros salaire, dit Dan Kidby. Mais quelqu’un qui gagne 25-30 000 £ par an, il n’y arrivera pas. Je serai pendu par cette dette tant qu’elle ne sera pas annulée. C’est comme une taxe supplémentaire. C’est autant de moins d’argent que j’aurai. C’est vraiment pénible, énervant, et injuste. Je suis coincé à cause d’elle”.

Elever une famille aussi, coûte de plus en plus cher. A Reading, à 25 minutes de Londres, Georgina se considère chanceuse de pouvoir travailler, mais les frais de garde de ses deux petites filles amputent une bonne partie de son salaire : “Nous payons 1,800-1,900 £ par mois, ce qui revient à 22 000 £ par an”.

Georgina et son mari sont toujours inquiets pour l’avenir : “Vous ne savez jamais ce qui peut arriver avec le travail. Il peut toujours nous arriver un problème. Donc, il faut toujours avoir un plan d’urgence”.

L’abaissement du niveau de vie, la hausse des coûts et une dépendance accrue à l’employeur ont créé une situation d’instabilité pour les classes moyennes et les tranches de revenus inférieures. David Boyle est l’auteur de “‘Broke: Qui a tué les classes moyennes”, il parle des dangers d’une polarisation politique.

“Quand la classe moyenne est frustrée, cela a des conséquences perverses sur la politique, intolérante, très frontale, et il faut être très prudent, dit-il. Les extrêmes en sortent renforcées, on le voit en Europe, et si vous n’avez pas un centre de la sphère politique fort, vous obtenez ces extrêmes à droite et à gauche, des extrêmes, très intolérantes.”

Une précarité de la classe moyenne dont on sous-estime les dangers, selon David Boyle. Une fracture nouvelle, qui impactera forcément le choix des électeurs le 7 mai.


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Jeu 12 Nov - 11:43

je place ici cette définition par Guy Debord du cadre comme plouc, pour éviter de perdre du temps à la chercher


Debord (LES PLOUCS) extrait de Le pouvoir de la critique, compilation par Jean Zin

L’idéologie des cadres

Guy Debord a écrit:
Mais tous sont liés à une couche sociale déterminée, soit qu’ils se proposent d’en acquérir réellement le statut, soit qu’ils se bornent à en consommer par avance les illusions spécifiques. Cette couche est celle des cadres VS-52

Le cadre dit toujours "d’un côté; de l’autre côté", parce qu’il se sait malheureux en tant que travailleur, mais veut se croire heureux en tant que consommateur. Il croit d’une manière fervente à la consommation, justement parce qu’il est assez payé pour consommer un peu plus que les autres, mais la même marchandise de série [..]

Le cadre est le consommateur par excellence, c’est-à-dire le spectateur par excellence. Le cadre est donc, toujours incertain et toujours déçu, au centre de la fausse conscience moderne et de l’aliénation sociale.

Contrairement au bourgeois, à l’ouvrier, au serf, au féodal, le cadre ne se sent jamais à sa place. Il aspire toujours à plus qu’il n’est et qu’il ne peut être. Il prétend, et en même temps il doute. Il est l’homme du malaise, jamais sûr de lui, mais le dissimulant. Il est l’homme absolument dépendant, qui croit devoir revendiquer la liberté même, idéalisée dans sa consommation semi-abondante [..]

Il arrive en retard, et en masse, à tout, voulant être unique et le premier. Bref, selon la révélatrice acception nouvelle d’un vieux mot argotique, le cadre est en même temps LE PLOUC




1972


Patlotch a écrit:
insert : les professeurs en font partie, ce qu'a oublié comme par hasard le sociologue Alain Bihr, autre professeur anarcho-trotskiste d'État, dans sa "classe de l'encadrement" : on n'est jamais si bien classé que par soi-même. Exemple, profil social de Philippe Corcuff : « petit-fils d'ouvrier ». Philippe Corcuff est très classe

voir le billet du plouc Cortruffe Je conchie l’air du temps néoréac 07 octobre 2015 |  Par Philippe Corcuff


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Lun 14 Déc - 0:10


importé, by Corinne Cerise : WSWS.org :Social inequality and the disintegration of the American middle class 12 December 2015

version française parue aujourd'hui


L’inégalité sociale et la désintégration de la classe moyenne américaine David Walsh 14 décembre 2015

Les implications des changements dans la vie sociale américaine indiqués par l’étude récemment publiée du Pew Research Center sur la forte baisse du nombre des ménages à revenu moyen sont énormes. L’étude a révélé que, selon la définition du Pew, les ménages à revenu intermédiaire ne constituaient plus, pour la première fois, une majorité de la société américaine.

Citation :
Les chiffres sont remarquables. La part de la richesse nationale revenant aux ménages à revenu intermédiaire, indique l'étude, était de 43 pour cent en 2014 alors qu’elle était de 62 pour cent en 1970. La richesse médiane des ménages à revenu moyen a diminué de 28 pour cent au cours des quinze dernières années. La part de revenu allant aux ménages à revenu supérieur est passée de 29 pour cent à 49 pour cent sur ​​la même période.

Le rapport Pew n’est que la dernière d'une suite d'études pointant le fossé de classe morbide de la société américaine. L'économie américaine s’est transformée totalement au profit de l'aristocratie financière patronale dans les quatre dernières décennies. Seuls les très, très riches ont prospéré. L'Amérique est maintenant une véritable ploutocratie.

La grande majorité de la population a connu une détérioration incessante de ses revenus, allocations et conditions de vie.

Les plus pauvres ont le plus souffert. Beaucoup survivent avec presque rien. En Amérique, une personne sur 50 n'a pas de revenu du tout et dépend de coupons alimentaires. Cinquante millions de personnes sont, sur base annuelle, en situation d'insécurité alimentaire. Quinze millions de personnes aux États-Unis gagnent $10 de l'heure ou moins. En termes de pouvoir d'achat, le revenu annuel d'un salarié au salaire minium a diminué de 32 pour cent depuis 1968.

Une «journée de travail à salaire équitable» et un «emploi décent» sont, pour la plupart, choses du passé. Les travailleurs de l'industrie, syndiqués ou non, ont été durement frappés ces dernières décennies. L'expérience des travailleurs de l'automobile, dont le salaire à l’embauche a été réduit de moitié et les prestations démolies, est l’expression d’un processus général.

Une part importante de ce qu’on considérait autrefois comme une classe moyenne américaine solide fait face, comme le suggère l’étude, à une pénurie et une précarité de plus en plus grandes: cadres, administrateurs, techniciens, professionnels de la santé, ouvriers de la haute technologie et employés de bureau en tout genre.

Voilà quelques exemples de catégories socioprofessionnelles parmi les mieux loties autrefois:

La Coalition sur le personnel éducatif rapporte que dès 2009, 75 pour cent du personnel éducatif de près de 1,8 million dans l’enseignement supérieur des cursus de deux et quatre ans aux États-Unis « ont été embauchés comme vacataires sans titularisation ... Bien que la plupart des professeurs dans ces postes détienne un diplôme masters ou plus et presque tous ont au moins le baccalauréat, leur rémunération ne correspond en rien à leur formation ».

Un commentateur fait référence à « la prolétarisation croissante des carrières de juristes ». Il poursuit: « Peu à peu, le professionnel dans la tradition libérale quitte la scène. Le professionnel du droit est de plus en plus un employé – de l'Etat comme juge, procureur ou avocat commis d’office, d’une grande entreprise, ou d’un cabinet d’avocats ». Un autre parle « de perte d’autorité politique, économique et culturelle » chez les médecins.

L'élite dirigeante aux Etats-Unis et ses apologistes des médias et des syndicats ont colporté depuis les années 1950 le mythe de la « grande classe moyenne américaine ». Cela faisait partie de la lutte contre l'influence du socialisme. Un commentateur culturel a noté que le fait que la classe moyenne américaine était large et continuerait à grandir « a été l'une des réussites les plus fières de la nation» et était «également une arme contre le communisme ».

À l’apogée de la prospérité du capitalisme américain, une foule d'observateurs superficiels et intéressés proclamèrent l'échec du marxisme. Ben Wattenberg, auteur et commentateur associé aux principaux politiciens démocrates des années 1960 et 1970, affirma d'un air suffisant que contrairement à Marx, «la classe ouvrière américaine ... est devenu la classe moyenne ».

Stewart Alsop, un chroniqueur de Newsweek, commenta en 1969, «Quelque chose est arrivé dans ce pays qui, comme tout bon marxiste vous le dira, ne peut pas arriver ... le prolétariat est devenu bourgeois ».

Ce raisonnement, bien sûr, était également la base de la politique de protestation de la «nouvelle gauche» et reste l’ingrédient de base de la pseudo-gauche aujourd'hui.

L'argument que l'Amérique était une société dominée par la classe moyenne a toujours été un mensonge, même au plus fort du boom d'après-guerre, et dissimulait la dureté de la lutte de classe. De telles affirmations sont à présent mises à nu par le cours de l'évolution sociale.

Les marxistes ont depuis longtemps analysé ces évolutions et prévu leurs conséquences. Il y a 17 ans, le 21 décembre 1998, en réponse à la procédure de destitution de Bill Clinton, la rédaction du World Socialist Web Site publiait une déclaration, « Est-ce-que l’Amérique glisse vers la guerre civile? » La déclaration faisait valoir que la crise à Washington venait « d'une interaction de processus politiques, sociaux et économiques complexes », et que la démocratie bourgeoise « se désagrégeait sous le poids de contradictions accumulées, de plus en plus insolubles ».

Le comité de rédaction pointa, avant tout, «la prolétarisation de vastes couches de la société américaine, la dégradation de la taille et de l'influence économique des classes moyennes traditionnelles et la croissance de l'inégalité sociale, reflétée dans les disparités stupéfiantes dans la distribution tant des richesses que des revenus ». Un grand nombre « de cols blancs, de cadres supérieurs et moyens ont été touchés par la réduction des effectifs et la restructuration des entreprises, par l’érosion dramatique de leurs salaires, de leurs avantages sociaux et de la sécurité de leur emploi ».

La déclaration poursuivait: « Le degré d'inégalité sociale sans précédent engendre pour la société des tensions formidables. Il y a un vaste fossé entre les riches et les masses laborieuses, à peine mitigé par une classe moyenne. Les couches intermédiaires qui faisaient autrefois fonction de tampon social et constituent la principale base de soutien de la démocratie bourgeoise, ne peuvent plus jouer ce rôle ».

Cette analyse était absolument correcte et les deux décennies et demies d’appropriation toujours plus grande de la richesse nationale par la fraction supérieure des super-riches sous les gouvernements Bush et Obama n’ont fait que donner plus d’âpreté et de férocité à ces «formidables tensions».

Ces changements socio-économiques sismiques ont, de façon objective et décisive, sapé le fondement de la démocratie bourgeoise. Dire qu'une classe moyenne stable est le fondement nécessaire de tout système parlementaire est un lieu commun.

Dans le cadre du délitement général, l'élite dirigeante américaine a elle-même subi une transformation. Elle dépend de plus en plus, pour sa richesse et ses privilèges, de l'escroquerie financière et de la manipulation. Une partie relativement faible de la classe moyenne supérieure a elle aussi bénéficié de la manne du marché boursier et d'autres formes de parasitisme.

L’élite dirigeante et ses représentants politiques des deux grands partis, déterminés quoi qu’il en coûte à défendre chaque centime de leur bien mal acquis, ont été de façon spectaculaire vers la droite. L'establishment américain, parfois ouvertement, parfois plus discrètement, travaille activement à établir une dictature policière. Cette poursuite réactionnaire va de pair avec le militarisme et une politique de guerre sans fin sur toute la planète.

La montée d'une composante fasciste est personnifiée par l’ignorant-milliardaire Donald Trump. Sa xénophobie et sa démagogie populiste occasionnelle font partie d'une tentative de conduire l'indignation et les craintes de sections désespérées et instables de la petite bourgeoisie en particulier dans une direction profondément réactionnaire. L'émergence d'une telle tendance est un avertissement sérieux à la classe ouvrière contre laquelle ses coups seront finalement dirigés.

La polarisation de la société américaine en une élite fabuleusement riche d’un côté et en larges sections de la population dépendant d'un salaire (au mieux) de l’autre, annonce des luttes convulsives. Les statistiques du Pew et tous les chiffres sur l'inégalité sociale grandissante mènent à cette réalité politique incontournable: il n'y a pas de solution réformiste à la crise du capitalisme américain.

La putréfaction du capitalisme américain produit non seulement des Trump et des Carson, ou encore des Obama, elle prépare une révolte de masse de la population laborieuse. Ce qui devient une rébellion ouverte des ouvriers de l'automobile contre les entreprises et le syndicat, derrière lesquels se tient l'Etat, fait partie du même moment historique. La bourgeoisie propose la pauvreté, la dictature et la guerre. La classe ouvrière trouvera par la révolution une issue hors de son impasse.

(Article paru en anglais le 12 décembre 2015)


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Mar 15 Déc - 13:00

à rapprocher de l'article précédent sur la classe moyenne américaine, celui de Joseph Stiglitz répéré par Les7duQuébec

Citation :
Joseph E. Stiglitz, a Nobel laureate in economics and University Professor at Columbia University, was Chairman of President Bill Clinton’s Council of Economic Advisers and served as Senior Vice President and Chief Economist of the World Bank. His most recent book, co-authored with Bruce Greenwald, is Creating a Learning Society: A New Approach to Growth, Development, and Social Progress.


Quand l’inégalité tue (Joseph Stiglitz) 15 décembre 2015 par actualites des 7 (R.Bibeau)

Source : https://www.project-syndicate.org/commentary/lower-life-expectancy-white-americans-by-joseph-e–stiglitz-2015-12/french

(La décadence de la société impérialiste américaine est perceptible à bien des égards et dans tous les domaines. Ici, l’économiste Joseph Stiglitz met en lumière le fait qu’il en est de la santé comme dans tout le reste, les pauvres meurent en moyenne plus jeune que les riches.

Aux USA les noirs meurent en moyenne plus jeune que les blancs et souvent ils n’ont pas accès aux soins de santé dans l’Amérique richissime.

Avec la paupérisation de la petite bourgeoisie même la santé des blancs commencent à décliner. Croyez-vous vraiment que cette société pourra survivre encore longtemps ? Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com)



Citation :
NEW YORK – C’est cette semaine que Angus Deaton va recevoir un prix Nobel d’économie bien mérité pour « son analyse sur la consommation, la pauvreté et la protection sociale ». Peu après l’annonce de cette distinction, il publiait avec Ann Case dans les Proceedings of the National Academy of Sciences une recherche dont les conclusions sont des plus surprenantes – et qui mérite au moins autant de publicité que la cérémonie de remise des prix Nobel.

Analysant une énorme quantité de données se rapportant à la santé et aux causes de décès des Américains, Case et Deaton ont montré que l’espérance de vie et la santé des Blancs américains d’âge moyen déclinent, notamment pour ceux qui n’ont pas fait d’études supérieurs. Suicide, drogue et alcoolisme en sont les principales causes.

L’Amérique se félicite d’être l’un des pays les plus riches de la planète et elle peut se vanter d’avoir vu chaque année (à l’exception de 2009) son PIB par habitant augmenter. Or la santé et la longévité sont supposées être des signes de prospérité. Mais alors que les dépenses de santé par habitant y sont plus élevées que presque partout ailleurs dans le monde (et encore plus élevées en terme de part du PIB), elle est loin d’être en tête en ce qui concerne l’espérance de vie. Ainsi la France dépense moins de 12% de son PIB pour la santé – contre 17% aux USA – mais l’espérance de vie des Américains est inférieure de 3 ans à celle des Français.

Depuis des années, nombre d’Américains tentent de justifier cette situation en soulignant que la société américaine est bien plus hétérogène, avec un écart considérable d’espérance de vie entre Noirs et Blancs.

En matière de santé, le fossé entre les races n’est que trop réel. Selon une étude publiée en 2004, l’espérance de vie des noires américaines est de presque 4 ans inférieure à celle des femmes blanches, et celle des hommes noirs est de plus de 5 ans inférieure à celle des hommes blancs. On ne peut considérer cette divergence comme une conséquence sans grande importance d’une société plus hétérogène. En réalité, elle illustre ce qui est une honte pour l’Amérique : la discrimination généralisée contre les Afro-américains. Cette discrimination se reflète aussi dans le revenu médian des ménages noirs qui représente moins de 60% du revenu des ménages blancs. Le fait que les USA soient le seul pays avancé à ne pas reconnaître que l’accès aux soins est un droit fondamental exacerbe encore les conséquences de cette disparité.

Certains Blancs font porter aux Noirs la responsabilité de leur espérance de vie plus courte en citant leur « style de vie ». Il est peut-être exact que certains comportements qui nuisent à la santé se retrouvent plus fréquemment parmi les pauvres, qui concentrent un grand nombre de Noirs. Mais ces comportements eux-mêmes sont la conséquence de leur situation économique, pour ne pas mentionner le stress lié au racisme.

L’étude Case-Deaton montre l’inanité de l’argument racial. Les USA deviennent une société de plus en plus divisée – non seulement entre Noirs et Blancs, mais aussi entre les 1% les plus riches et le reste de la population, et entre les plus éduqués et les moins éduqués, ceci sans considération de race. Et le fossé se mesure non seulement en écart de revenus, mais aussi en espérance de vie. Les Blancs aussi meurent plus tôt au fur et à mesure que leurs revenus diminuent.

Ce résultat n’est guère surprenant pour ceux d’entre nous qui étudient l’inégalité aux USA. Le revenu médian d’un salarié à plein temps est plus bas qu’il ne l’était il y a 40 ans. Le salaire des bacheliers a chuté de 19% durant la période étudiée par Case et Deaton.

Pour s’en sortir, beaucoup d’Américains ont souscrit des crédits à des taux usuriers auprès des banques. En 2005, le gouvernement de Georges W. Bush a rendu plus difficile la déclaration de faillite personnelle et la renégociation des prêts. Puis est survenue la crise financière qui a coûté leur emploi et leur maison à des millions d’Américains. Quand ils n’ont plus rien touché de l’assurance chômage conçue seulement pour de courtes périodes dans un contexte de plein emploi, ils ont dû se débrouiller par eux-mêmes, sans protection sociale (si ce n’est des bons pour l’alimentation), alors que le gouvernement allait au secours des banques à l’origine de la crise.

Les avantages inhérents à la classe moyenne devenaient hors d’atteinte pour une partie de plus en plus grande des Américains. La Grande récession avait montré leur vulnérabilité. Ceux qui avaient investi dans la Bourse on vu leur patrimoine fondre, ceux qui l’avaient converti en Bons du Trésor réputés sûrs ont vu le montant de leur retraite dégringoler, tandis que la Fed n’avait de cesse de diminuer les taux d’intérêt à court et à long terme. Les frais d’inscription dans les universités étant à la hausse, les étudiants qui croyaient un tant soit peu dans l’éducation étaient contraints de faire des emprunts qui ne pouvaient en aucun cas être restructurés. Aussi, les prêts étudiants semblaient-ils pires que les autres formes de prêt.

La pression montante due à la crise financière ne pouvait qu’accroître le stress de la classe moyenne américaine. Il n’est donc pas étonnant que cela se traduise par une hausse du nombre de suicides, de la toxicomanie et de l’alcoolisme.

J’étais économiste en chef de la Banque mondiale à la fin des années 1990 lorsque nous avons commencé à recevoir des informations analogues sur la Russie. Nos chiffres montraient que son PIB avait chuté de quelques 30% depuis l’effondrement de l’URSS. Nous n’étions pas très sûrs de notre estimation, mais les statistiques qui montraient que l’espérance de vie des hommes diminuaient, alors qu’elle augmentait dans le reste du monde, confirmaient l’impression que la situation n’était pas très bonne dans le pays, notamment hors des grandes villes.

La Commission internationale sur la mesure de la performance économique et des progrès sociaux que j’ai co-présidé et à laquelle Deaton participait avait rappelé auparavant que le PIB est rarement un bon indicateur du bien-être d’une société. Les nouvelles données sur la moins bonne santé des Blancs américains renforcent cette observation. La classe moyenne américaine – la quintessence même de ce qu’est la classe moyenne – est sur la voie de devenir la toute première ex-classe moyenne de la planète.

Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

Read more at https://www.project-syndicate.org/commentary/lower-life-expectancy-white-americans-by-joseph-e–stiglitz-2015-12/french#4r2hMcjrhYsD43ez.99


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie   Mer 23 Déc - 11:14




« Petits Blancs » contre bobos, la nouvelle lutte des classes ?
Alexandre Devecchio 14/02/2014  

Aymeric Patricot, auteur de Les petits blancs,




et Thomas Legrand, auteur de la République bobo


DEBAT : A l'occasion de la sortie de La République bobo, un essai original et enlevé de Thomas Legrand, nous avons confronté sa vision à celle d'Aymeric Patricot, auteur il y a quelques semaines d'un livre qui a fait mouche, Les petits Blancs.

Thomas Legrand est éditorialiste politique à France Inter. Il habite dans une surface atypique au coeur d'un quartier mixte aux portes de Paris

Aymeric Patricot est un écrivain français. Il nourrit son oeuvre de son expérience de professeur en banlieue difficile. A priori, il ne brunche pas rue Montorgueil…


Citation :
Vos deux livres, «la République bobo» et les «petits Blancs» qui sortent à quelques semaines d'intervalle, décrivent deux visages de la France très différents et semblent se répondre. Mais qui sont vraiment «ces petits Blancs» et «ces bobos» que vous dépeignez? Comment les définiriez-vous ?  

Aymeric Patricot: «Les petit Blancs» sont des Blancs pauvres qui prennent conscience de leur couleur dans un contexte de métissage. Il y a 10 ou 20 ans, ils ne se posaient pas la question de leur appartenance ethnique car ils habitaient dans des quartiers où ils étaient majoritaires. Ce n'est plus forcément le cas aujourd'hui.

Aymeric Patricot a écrit:
A tort ou à raison, les petits Blancs ont le sentiment qu'ils sont regardés comme des « beaufs » par les bobos.


Certains votent à l'extrême gauche, d'autres basculent à l'extrême droite. Mais ce qui définit les petits Blancs politiquement, c'est souvent l'abstention. La plupart d'entre eux ne se sentent plus appartenir au «système» et expriment parfois de la rancœur à l'égard des minorités ethniques, par lesquelles ils se sentent menacés. Cependant, leur principale source de ressentiment reste dirigée contre les bobos qu'ils accusent d'exprimer du mépris de classe à leur égard. A tort ou à raison, les petits Blancs ont le sentiment qu'ils sont regardés comme des «beaufs» par les bobos. Il y a aussi une fracture d'ordre raciale: le petit Blanc est celui qui n'a pas les moyens de quitter les quartiers très métissés et qui souffre du métissage alors que le bobo peut vivre dans des quartiers populaires, mais a des stratégies d'évitement face aux situations les plus critiques.

Thomas Legrand: Les bobos constituent une partie de la population pour qui le capital culturel à plus d'importance que le capital économique. Le premier est souvent très élevé, tandis que le second est très variable. Le bobo peut être aussi bien un travailleur social doté d'une maîtrise de sociologie, qu'un webmaster qui gagne 10 000 euros par mois. La principale force du bobo est d'être en phase avec la mondialisation, avec la société, et aussi, contrairement au petit Blanc, avec la représentation du monde qu'il voit à la télévision.


Thomas Legrand a écrit:
Le bobo n'ira jamais habiter dans une cité du 9.3. !


La différence entre le bobo et le petit Blanc, c'est aussi effectivement le fait que le bobo peut choisir où il habite. S'il n'a pas beaucoup d'argent, il peut aller habiter dans des quartiers où il y a une importante mixité, mais il n'ira jamais habiter dans une cité du 9.3.! Et ce faisant, il va créer une mixité qui est selon moi bénéfique pour la société. D'ailleurs dans les quartiers où les bobos sont implantés, le Front national est très peu représenté. Les gens se connaissent et s'apprécient. Tout n'est pas rose, mais le bobo essaie d'inventer une nouvelle manière de vivre ensemble. Il est vrai que pour lui, le petit blanc qui vit dans la France périurbaine est un peu «un beauf». C'est l'un des aspects négatifs du bobo qui est assez content de lui, il faut bien le dire!

Libéral sur le plan économique aussi bien que sur les questions de société, les bobos, qui habitent les centres-villes apparaissent comme l'exact opposés des «petits Blancs», souvent conservateurs sur le plan sociétal, relégués à la périphérie, et souffrant des conséquences de la mondialisation. Est-ce vraiment le cas? Est-il opportun de les opposer ?

Thomas Legrand: Lorsqu'on lit les témoignages qui sont rapportés dans le livre d'Aymeric Patricot, on s'aperçoit qu'il y a effectivement deux mondes. Lorsque le bobo s'intéresse aux circuits courts et à l'environnement, le petit Blanc prend ça comme une trahison et une violence. Il ne peut pas le comprendre. Néanmoins, la dernière enquête du CEVIPOF sur les fractures françaises, qui a intégré les travaux de Christophe Guilluy, nous permet de nuancer. Plus qu'entre bobos et petits Blancs, les vraies différences se situent entre riches et pauvres. L'appartenance culturelle ou ethnique compte moins que l'appartenance sociale.

Citation :
Le mariage gay n'est pas le problème du petit Blanc. Pour lui, c'est un débat de riches. Il veut du travail et s'agace que la gauche ne paraisse s'intéresser qu'aux homosexuels et aux minorités ethniques.


Aymeric Patricot: D'un point de vue économique, le petit Blanc n'est effectivement pas très libéral car il a le sentiment de perdre son travail à cause de la concurrence mondialisée. Si le bobo aime la mondialisation, le petit blanc en souffre et s'en sent exclu. Il y a aussi la question des études qui peuvent coûter cher. J'ai de plus en plus d'élèves qui sont obligés de travailler pour financer leurs études. Le petit Blanc aimerait lui aussi être connecté, mais ne le peut pas toujours et en conçoit du ressentiment. D'autant plus que contrairement aux immigrés, on ne lui reconnaît pas d'excuse pour ses échecs. Sur le plan sociétal, j'ignore s'il est réellement conservateur. Je crois que le mariage gay n'est pas son problème. Pour lui, c'est un débat de riches. Il veut du travail et s'agace que la gauche ne paraisse s'intéresser qu'aux homosexuels et aux minorités ethniques.

La question du style est également importante. Je suis prof de banlieue et j'ai des élèves qui se considèrent comme petits Blancs. Ce sont de bons élèves qui ont un capital culturel important, mais ils portent des t-shirts larges, boivent de la Kronenbourg et sont agacés par le snobisme des bobos. Il y a une esthétique «White trash» qui n'est pas celle du bobo. Renaud, ancien petit Blanc qui se moque des bobos, incarne à son corps défendant l'archétype du petit Blanc précisément récupéré par les bobos

Citation :
Les bobos ont inventé le covoiturage, les jardins partagés et poussé les maires de grandes villes à aménager celles-ci autrement, y compris les villes de droite comme à Bordeaux avec Alain Juppé.

Dans votre livre Thomas Legrand, vous expliquez que les bobos ont également contribué à «redynamiser le vivre ensemble». En quoi ont-ils pu créer du lien social ?


Thomas Legrand: Le bobo représente une catégorie de la population qui veut bien aller habiter dans des endroits où il n'est pas forcément majoritaire. Il aime bien la culture populaire, l'altérité et les mélanges. Les bobos ont inventé le covoiturage, les jardins partagés et poussé les maires de grandes villes à aménager celles-ci autrement, y compris les villes de droite comme à Bordeaux avec Alain Juppé. Ils sont favorables à la construction de logements sociaux dans les quartiers chics, très actifs dans la vie de la commune, et très attentifs à tout ce qui est social. Les bobos sont paradoxalement à la fois hédonistes et altruistes. Un quartier de bobos se reconnaît au fait qu'il y a beaucoup de boucherie et de fromagers. Le bobo permet ainsi à de nombreux artisans de s'enrichir autour de lui. Enfin, contrairement à une idée reçue, les bobos ne sont pas toujours opposés à la mixité scolaire. Dominique Voynet explique que des bobos à Montreuil se sont réunis à 20 dans une école difficile pour y inscrire leurs enfants. Cela a permis de sauver des classes… Il faut parfois qu'y ait une dose de bobos blancs pour que la mixité soit respectée. En revanche, il est vrai que le bobo, très à l'aise dans la mondialisation ou à l'échelle locale, comprend moins bien l'échelon national envers lequel il a une méfiance politique.


Les classes populaires semblent pourtant disparaître des grandes villes. Dans son livre, «Paris sans le peuple», la sociologue Anne Clerval refuse d'employer le terme bobo qu'elle considère comme un «mot piège» préférant celui de bourgeoisie ou de gentrificateurs. «La mixité sociale souvent lue comme un mélange culturel, est très valorisée par les gentrificateurs même s'ils la pratiquent peu dans les faits» explique-t-elle. Derrière l'apparence de l'ouverture, la boboitude n'est-elle pas en fait le nouveau visage de la classe dominante ?


N'y a-t-il pas malgré tout une forme d'hypocrisie avec le digicode ? Les bobos aiment la diversité sans reconnaître que celle-ci pose parfois problème !

Thomas Legrand: La classe bobo est dominante dans le sens où elle est active et où elle est aux manettes de tout ce qui montre le monde. En revanche, elle n'est pas forcément dominante sur le plan économique. Anne Clerval, qui a une vision très marxiste, considère que la mixité n'existe pas. Et lorsqu'elle la constate, elle considère que ce n'est pas une bonne chose. Les sociologues marxistes parlent du retrait résidentiel des bobos et leur reprochent de mettre des digicodes. Mais les bobos ont tout de même le droit de ne pas se faire cambrioler! Et s'ils ne mettaient pas de digicode, la droite les traiterait d'angélistes!

Aymeric Patricot: N'y a-t-il pas malgré tout une forme d'hypocrisie avec le digicode? Les bobos aiment la diversité sans reconnaître que celle-ci pose parfois problème! Les petits Blancs reprochent d'ailleurs aux bobos de leur faire la morale et de ne pas s'appliquer les principes qu'ils prônent. Enfin, il n'est pas toujours vrai que plus il y a de mélange, moins il y a de tension. Je pense par exemple à une société comme le Brésil qui est à la fois très hétérogène et très violente.


En poussant les classes populaires dans les zones périphériques et en employant des sans-papiers par solidarité intéressée, les bobos participent tout de même à l'organisation d'une société inégalitaire qui les arrange… Peut-on aller jusqu'à parler de nouvelle lutte des classes ?

Thomas Legrand: C'est la critique des bobos qui est portée par la gauche de la gauche avec l'idée sous-jacente

Thomas Legrand a écrit:
La gauche marxiste considère ainsi les bobos comme une nouvelle bourgeoisie qui prend les atours du progressisme. Il est vrai que dans bobo, il y a bien « bourgeois ».


que lorsqu'on défend la mixité c'est qu'on accepte les inégalités. Lorsqu'on refuse l'idée d'inégalité, comme la gauche radicale, on ne défend pas la mixité sociale, mais la lutte des classes. La gauche marxiste considère ainsi les bobos comme une nouvelle bourgeoisie qui prend les atours du progressisme. Il est vrai que dans bobo, il y a bien «bourgeois».

Aymeric Patricot: L'extrême droite fait exactement le même reproche au bobo, mais en terme d'inégalité raciale.

Aymeric Patricot, pourquoi préférez-vous le terme de «petits blancs» à celui de classes populaires. Est-on en train d'assister à une ethnicisation des rapports sociaux ?

Aymaric Patricot a écrit:
Les petits Blancs sont situés dans ce qu'on pourrait appeler « l'angle mort de la sociologie politique ». Ils intéressent moyennement la gauche parce qu'ils sont blancs et moyennement la droite parce qu'ils sont pauvres.


Aymeric Patricot: Je ne renie bien sûr pas le terme de «classes populaires». Cependant j'utilise le terme de «petit Blanc» car je n'évoque pas seulement les pauvres, mais aussi la question raciale qui est réapparu depuis les années 2000 avec les émeutes de 2005, le débat autour de la discrimination positive ou encore le fait que les minorités s'organisent en associations. Certains politiques ne raisonnent qu'en termes sociaux, d'autres qu'en termes raciaux. Je crois, au contraire, que les deux questions sont désormais mêlées. Les petits Blancs sont situés dans ce qu'on pourrait appeler «l'angle mort de la sociologie politique. Ils intéressent moyennement la gauche parce qu'ils sont blancs et moyennement la droite parce qu'ils sont pauvres.

Thomas Legrand: Notre République ne reconnaît pas les races, ni les ethnies, mais reconnaît paradoxalement le racisme. La République laïque et non raciale est un bien commun, mais il ne faut pas être hypocrite lorsqu'on aborde ces questions.

Par leur fascination pour le métissage et leur refus de voir les conséquences parfois néfastes de l'immigration, les bobos sont-ils en partie responsable du sentiment d'insécurité culturelle qui taraude les classes populaires ?

Aymeric Patricot: Je répondrais par une anecdote, j'ai rencontré une jeune fille qui était la seule blanche de sa classe en seconde et qui m'a dit être tombée en dépression. Tous les profs demandaient en début d'année à chaque élève d'où ils venaient. La jeune fille avait le sentiment d'être nulle et s'est inventée des origines pour ne pas se sentir exclue. Cela traduit bien l'angoisse du petit Blanc qui se sent menacé et qui n'arrive pas à vivre les bouleversements ethniques récents de manière apaisée.

Le petit blanc ne se sent pas aimé des autres blancs plus aisés. Il se dit: «En face de moi, il y a des minorités soudées, tandis que moi je ne suis pas aidé par le bourgeois ou le bobo.» Il n'y a pas de solidarité ethnique entre Blancs puisque le bobo considère qu'il ne faut pas parler de race.

Thomas Legrand a écrit:
Le bobo se demande s'il n'est pas en train de devenir raciste.


Thomas Legrand: Le bobo a du mal à comprendre la question du racisme anti-blanc qui est une réalité dans certaines banlieues. Mais en ce moment, il y a une véritable tempête sous son crâne. Pour le bobo, le réac, le méchant n'est plus tellement le bourgeois traditionnel avec lequel il ne vit plus, bien qu'il n'aime pas tellement le voir manifester sous ses fenêtres contre le mariage gay, mais plutôt le barbu, le petit caïd qui traite sa femme et ses enfants en bon macho. Le bobo a du mal à le reconnaître et se demande s'il n'est pas en train de devenir raciste. La laïcité et la République lui permettent heureusement de se sauver lui-même et de gueuler contre le barbu sans avoir trop mauvaise conscience!

Malgré leurs différences, la «République bobo» et la «France périphérique» peuvent-elles se réconcilier ou une partie du peuple est-elle en train de faire sécession?

Thomas Legrand: A partir du moment où le bobo est une population en phase avec la mondialisation et en phase avec le mélange, il peut très bien vivre avec des gens venant de tous les horizons du moment qu' il ne se sent pas trop minoritaire. Ce sont des équilibres très difficiles à trouver et les politiques d'aménagements publics, de transport et de logement, auront une importance de plus en plus capitale à l'avenir.

Aymeric Patricot: On peut éviter la fracture définitive, mais à condition qu'il y ait une parole libre autour de ces sujets. La notion de «white flag» est peu évoquée en France. Il s'agit du fait que dans les quartiers qui se métissent fortement, les blancs qui sentent qu'ils vont devenir minoritaires partent. C'est ce qui s'est passé aux États-Unis à Detroit lorsque la ville a chancelé économiquement et c'est un phénomène qui pourrait se développer en France.


cela vaut ce que ça vaut, quand je lis cet article, cela confirme mon impression que les "camarades" de la post-ultragauche, anarchistes ou "communisateurs", ont de la relation classe-race une vision de "bobos"

Revenir en haut Aller en bas
 
"CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» UE - Comment l'Europe a permis la paupérisation de ses classes moyennes - Le Figaro
» RENTREE DES CLASSES
» Mixité dans les classes primaires
» CFM - NOS PHOTOS DES CLASSES et UNIQUEMENT
» Webcam lac Léman

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE :: ENTRÉES THÉMATIQUES : CAPITALISME, MONDE, COLONIALITÉS... LUTTES :: CLASSES et CAPITAL comme économie politique/exploitation du prolétariat-
Sauter vers: