PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 ÉCONOMIES PARALLÈLES, MAFIAS, TRAFICS... États "corrompus"...

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MessageSujet: ÉCONOMIES PARALLÈLES, MAFIAS, TRAFICS... États "corrompus"...   Mar 26 Mai - 11:43

sujet qui manquait dans le tableau de l'économie capitaliste, que j'alimenterai avec le temps

Patlotch a écrit:
« L'économie mafieuse est l'opium du capitalisme »

par ce détournement de la formule de Marx à propos de la religion, j'entends que l'économie mafieuse est dans certains cas (le trafic de drogue par exemple, mais aussi l'organisation par les mafias de la vie entière de certaines grandes villes - services "publics" comme le ramassage des déchets par exemple en Italie du sud) est un moyen de vivre pour des millions de personnes rejetées par l'économie "normale" et l'assistance de l'Etat. Opium donc car permettant leur survie, mais exploités, dominés, et entièrement dépendants de ceux qui tirent les ficelles, des mafieux au sens traditionnel mais aussi des patrons et politiciens eux-mêmes engagés dans ce qui est devenu un fonctionnement non plus "parallèle" mais au cœur du fonctionnement de l'économie politique. C'est ce que montre le grand flic Jean-François Gayraud dans son livre de 2005 signalé plus bas

dire capitalisme mafieux, ce n'est donc pas parler seulement des mafias proprement dit, mais de l'interconnexion sans frontières entre elles et les dérives politiques, économiques et étatiques proprement (sic) mafieuse

ayant travaillé à la Direction des Affaires Économiques et Internationales du Ministère de l'Équipement (tutelle du BTP, Logement, transports, écologie...), j'ai eu sous les yeux nombres d'exemples de la connexion entre patrons mafieux trafiquants de chair à profit et hauts-fonctionnaires, ou plus petits : à la Défense, sous les fenêtres des bureaux qui édictaient les règles et lois sur la sécurité dans le BTP, des ouvriers travaillaient sur les terrasses des immeubles environnant sans aucune protection. Les patrons des Fédérations étaient reçues en grandes pompes, que leur ciraient des fonctionnaires, rarement pour un quelconque avantage en retour, mais simplement par discipline. Ceux qui l'ouvraient pouvaient faire une croix sur leur "carrière"...

concernant les "affaires" du financement des partis politiques, notamment par des entreprises de BTP, discutant avec le Directeur de cette branche du Ministère, grand commis de l'État qui avait été bras droit de Charles Fiterman ministre PCF de Mitterrand, il me disait en souriant : « Ils sont gonflés, les camarades, de nier l'évidence concernant le PCF, c'est nous qui avons inventé ça... ». Il n'exagérait qu'à peine...

il ne s'agit donc pas de croire à un nettoyage en surface de ce qui serait la partie visible (ou cachée, en l'occurrence) d'un iceberg blanc comme glace au soleil, mais de saisir que ce fonctionnement est devenu inhérent au fonctionnement du capitalisme contemporain

qui rêve d'un capitalisme propre n'a pas fini de déchanter


Dernière édition par Patlotch le Mar 26 Mai - 12:54, édité 6 fois
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MessageSujet: « supermarché de la drogue » des quartiers nord de Marseille   Mar 26 Mai - 11:48

Radiographie du plus grand « supermarché de la drogue » de Marseille, à la Castellane, Le Monde accès réservé 26 mai 2015

Le Monde a écrit:
Présentée comme le plus grand « supermarché de la drogue » des quartiers nord de Marseille, avec un chiffre d’affaires quotidien de 50 000 euros, la cité de la Castellane est devenue le lieu emblématique du « néobanditisme de cité ». Le 9 février, alors que le premier ministre Manuel Valls était en déplacement à Marseille, des tirs de kalachnikov avaient visé des policiers. Ils intervenaient après le signalement d’un commando en treillis, lancé, selon le procureur de la République de Marseille, dans « une opération de reconquête d’un plan stupéfiants de la Castellane », où plusieurs réseaux se partageraient le marché.

Dans quelques mois se tiendra le procès des vingt-huit acteurs présumés du réseau dit de la tour K, démantelé le 17 juin 2013. Le 15 mai, la juge d’instruction Karine Sabourin l’a renvoyé en correctionnelle. Ce procès devrait permettre la radiographie d’une activité économique occulte très structurée, qui dégage des bénéfices énormes. Au-delà de la découverte de quelques dizaines de kilos de résine de cannabis et d’une dizaine d’armes de poing, c’est plus de 1,3 million d’euros qui avaient été saisis au domicile de trois habitants sans histoires. A l’arrivée des policiers, l’un d’eux avait jeté du 13e étage un sac contenant 275 000 euros.

Nourrices, guetteurs, « charbonneurs » (vendeurs), financiers… Tous les « métiers » du trafic sont présents dans ce dossier. Un revendeur âgé de 26 ans y détaille ainsi l’organisation du temps de travail et la grille salariale : « Je touche 100 euros par jour à raison de vingt-cinq...

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIES PARALLÈLES, MAFIAS, TRAFICS... États "corrompus"...   Mar 26 Mai - 11:56

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MessageSujet: travail au noir, argent sale... économie souterraine   Mar 26 Mai - 12:02

recension économie souterraine

Ahmed Henni a écrit:
"L’économie parallèle n’annonce pas seulement une crise dans les grands équilibres économiques de l’économie administrée mais l’embryon d’une nouvelle société s’appuyant sur de nouveaux acteurs (les exclus de la sphère administrée) et de nouvelles pratiques sociales. Serait-elle la matrice d’une contre-société ?". La réponse est à rechercher dans la confrontation entre "l’économie administrée" et le "secteur informel". Ajustement, économie parallèle et contre-société CairnInfo

Travail au noir, argent sale : où en est l'économie souterraine ?  Le Point 7 mai 2013

Éric Vernier a écrit:
Propos recueillis par Pauline Jacot

Une étude publiée par le groupe de cartes de crédit Visa démontre que le poids de l'économie parallèle (travail au noir, transactions légales non déclarées) a diminué en Europe : en 2012, elle représente 12 % du PIB cumulé de l'Union européenne contre 19 % en 2011. Selon l'étude, la baisse se poursuivrait en 2013, malgré le contexte de crise économique qui pousserait pourtant les Européens à multiplier les activités non déclarées pour augmenter leurs revenus. Éric Vernier, chercheur associé à l'Iris, spécialiste du blanchiment de capitaux et de la fraude et auteur de Techniques de blanchiment et moyens de lutte chez Dunod (2013), s'étonne de cette étude qui oublie de nombreux aspects et minimise le poids de cette économie souterraine.

Le Point.fr : Que pensez-vous des résultats de cette étude ?

Éric Vernier : L'étude est étonnante. Donner des chiffres précis dans un secteur qui est par définition très obscur, donc très difficile à quantifier, me paraît assez étrange. Certes, il est possible de dégager des tendances de l'économie souterraine, mais il m'apparaît très compliqué de noter des baisses, ou des hausses d'ailleurs, de quelques points de PIB, alors que le montant même de l'économie parallèle est compris dans une fourchette assez large. Si l'argent gris, travail au noir, transactions non déclarées notamment, représente 5 000 milliards de dollars dans le monde, le chiffre peut être aussi bien de 3 900 milliards de dollars que de 5 500 milliards de dollars. Et puis l'étude ne prend pas en compte tout ce qui concerne l'argent de la drogue, de la criminalité ou des trafics d'organes. Elle s'intéresse uniquement au travail au noir et aux transactions non déclarées. Même si, effectivement, ces chiffres sont en baisse, ils restent importants en Europe. 10 % du PIB en France, c'est le minimum de ce que l'économie parallèle peut représenter dans notre pays. S'il existe 10 % d'argent sale dans notre PIB, cela voudrait dire que les 90 % restants seraient "propres" ? Non, pas du tout !

Pourquoi est-ce si difficile de lutter contre le travail au noir ?


C'est très compliqué en France pour deux raisons : le manque de moyens et la difficulté de se focaliser sur les chantiers prioritaires. Quand on regarde le nombre d'inspecteurs de l'Urssaf par région, deux ou trois, rarement plus, nous ne pouvons qu'être inquiets. La lutte contre la fraude est dessinée par une orientation politique : le gouvernement s'attaquera plus particulièrement à tel ou tel secteur suivant ses "affinités". Et ce n'est pas forcément là où il y en a le plus besoin. Il y aura peut-être plus de contrôles fiscaux des salariés, des petits artisans, mais pas forcément dans les grandes entreprises... Les chômeurs et les populations précaires ne sont pas les seuls à avoir recours au travail au noir. Il y a les retraités qui veulent augmenter leur retraite, les travailleurs qui ont envie d'arrondir leurs fins de mois, et des professions qualifiées, comme les professeurs qui donnent des cours particuliers non déclarés. Le travail au noir est bien plus répandu que ce qu'on pourrait croire. En ce qui concerne les entreprises, certaines sociétés de sécurité ou de gardiennage ont massivement recours au travail au noir, ce sont souvent des personnes étrangères, sans papiers, qui sont recrutées. Sur 50 salariés, 30 peuvent travailler au noir.

L'État a-t-il vraiment intérêt à investir pour réduire le poids de l'économie souterraine ?

Oui, car c'est un manque à gagner pour l'État : un certain nombre de cotisations ne rentrent pas dans les caisses, mais il faut nuancer ce manque, il est relatif, puisque l'argent gagné est dépensé dans l'économie réelle. Un certain nombre de transactions n'auraient pas lieu si elles avaient été déclarées.

À quelle fluctuation est soumise la courbe de l'économie parallèle ?

Une explication fondamentale manque à l'étude : si le travail au noir baisse, c'est surtout parce que l'emploi baisse aussi ! Reprenons l'exemple précédent : la société de gardiennage a moins de travail à cause de la crise, elle emploie donc moins de personnes, et donc moins de personnes qui travaillent au noir. Les travailleurs au noir sont un peu comme les intérimaires : les premiers à trinquer, car il est plus facile de s'en débarrasser : ils ne risquent pas d'aller aux prud'hommes... L'économie parallèle suit la conjoncture : il n'y a pas particulièrement de tendance vertueuse ou de prise de conscience citoyenne dans cette soi-disant baisse du poids de l'économie souterraine. Je pense qu'il faut rester prudent. Le plan de lutte contre la fraude aux finances publiques est intéressant, les annonces sont intéressantes, mais il est trop tôt pour se prononcer, attendons quelques années avant de tirer des conclusions. Dans tous les cas, il existe un palier incompressible, un seuil au-dessous duquel nous ne pourrons plus lutter contre les fraudes. Nous pouvons réorganiser l'administration, les règles du paiement de l'impôt ou encore renforcer les moyens de contrôle pour aller chercher l'argent de la fraude. Cet argent nous serait utile, mais nous n'avons pas forcément les moyens de le faire. C'est tout le paradoxe.
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MessageSujet: Tunisie : L'Etat au service de l'économie parallèle   Mar 26 Mai - 12:17

L'économie parallèle, enfant illégitime du modèle économique tunisien Kapitalis 15 avril 2015

Anis Wahabi a écrit:
L'Etat veut engager la guerre contre l'économie parallèle, qui s'alimente du modèle économique et de gouvernance en vigueur dans le pays depuis des décennies !

Celui qui croit que la «révolution tunisienne» s'est déclenchée à cause du malaise politique se trompe. Le problème était purement et simplement économique et, quatre ans après la «révolution», continue à l'être.

Sans bafouer le militantisme de certains, ce ne sont pas les mouvements politiques de gauche qui ont destitué Ben Ali, encore moins les islamistes, qui ont pourtant essayé de nous faire avaler ça, mais plutôt le malaise social qui a sévi et qui était la conséquence d'une mauvaise gouvernance et de l'essoufflement du modèle économique.

Le modèle des systèmes parallèles

Est-ce qu'il y a eu réellement un modèle économique tunisien ? Après l'expérience désastreuse du corporatisme de Ben Salah, nous avons eu droit avec feu Hedi Nouira à trois modèles économiques à la fois, sous l'emblème de «la cohabitation des trois secteurs» et pour la précision, c'était de la pure «cohabitation» et non pas de la «complémentarité».

Depuis ces temps-là, nous avons eu deux régimes fiscaux différents, un système fiscal dit de «droit commun» et un autre système dédié aux «activités exportatrices». Ces deux systèmes sont assez séparés qu'il est plus facile d'importer une marchandise de l'étranger que de l'acheter de la société totalement exportatrice du coin.

Par application du concept de «développement régional» nous avons réussi à scinder le territoire en deux bandes parallèle, un littoral prospère malgré le manque d'avantages fiscaux et un paradis fiscal étalé sur toute la bande antérieur mais avec peu d'investissements.

Il a fallu vingt ans pour évaluer l'expérience, vingt ans pour réaliser qu'une usine de textile à Béja ou une usine de câblage à Siliana n'est pas pérenne car coûteuse et inappropriée, en absence d'un découpage en «pôles économiques» adaptés aux réalités des régions.

Depuis toujours, l'ingéniosité tunisienne a fait que nous vivons dans des systèmes parallèles : public-privé, libre-étatique, commun-avantageux, réel-forfaitaire, avec une insistance insensée à maintenir le clivage entre chacun des deux. Et quand on veut passer d'un système à un autre, on garde quand même l'ancien, par attachement aux souvenirs, par respect à nos ancêtres ou à cause d'un esprit d'antiquaires.

Cherchons à savoir pourquoi, en ayant une pensée aux biens habous (biens de mainmorte) non encore liquidés, à la cohabitation entre la STAM publique et les autres sociétés privées de manutention dans les ports tunisiens, aux banques publiques BNA, STB, BH et TFB qui essayaient, tant bien que mal, de concurrencer les banques privées tout en maintenant une gestion «à l'ancienne».

L'Etat au service de l'économie parallèle

Dans ce contexte, l'Etat veut engager la guerre contre l'économie parallèle. A vrai dire il est temps de le faire, quand cela représente 53% de l'économie, il ne s'agit plus d'une gangrène mais d'un cancer. L'Etat oublie toutefois qu'il en est lui même une consécration et une cause.

L'Etat est une consécration de l'économie parallèle, par l'instauration «légale» de régimes et systèmes parallèles, mais aussi par l'adoption d'une approche de «l'exceptionnel étatique à la loi».

Adepte de l'adage «Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais», l'Etat tunisien réprimande le travail au noir et les salaires au-dessous du Smig, mais fait travailler des milliers de gens sous le système «hadhayer» (chantiers de travail), sans couverture sociale et à 150 dinars par mois.

L'Etat tunisien est aussi une des causes de l'économie parallèle par son laxisme à appliquer la loi contre les fraudeur, les contrebandiers, les spéculateurs, les opportunistes. C'est normal quand ces derniers font partie du système de gouvernance nationale, financent les pseudo politiques tunisiens et créent des systèmes administratifs, douaniers et fiscaux parallèles.

Pendant des années, les caisses de l'Etat ont trop souffert d'incitations inutiles aux investissements (des recettes fiscales s'évaporent chaque année au titre des incitations fiscales) et de primes de mise à niveau devenus des bonus aux promoteurs.

Dans cet état d'esprit, tout avantage est détourné de sa vocation initiale. Le système FCR, initialement destiné aux travailleurs à l'étranger qui font leur retour définitif, s'est transformé en un système d'évasion fiscale coûtant à l'Etat annuellement pas moins que 400 millions de dinars, soit 3 fois ce qu'a rapporté la contribution conjoncturelle de 2014.

Le système APC (activité privée complémentaire) destiné initialement à maintenir les médecins chevronnés dans le secteur public, s'est transformé en un système d'achalandage.

Les cours particuliers, destinés initialement à renforcer le système éducatif et à donner un coup de pouce pour les élèves les moins intellectuellement lotis, est devenu la base d'un système éducatif esquinté. C'est ainsi que le système d'enseignement privé, alors qu'il constituait une deuxième chance pour les ratés, est devenu le système éducatif de référence. Le système d'enseignement public est devenu le système parallèle dans un pays prônant la gratuité de ce service.

Les systèmes parallèles ne finissent pas dans mon pays, dans tout domaine et secteur, on est certain de trouver au moins 2 systèmes : normal-privilégié, VIP-commun des mortels, légal-arrosé, etc.

Serait-il donc le moment de réviser notre système de gouvernance ? Mais alors là, un seul système basé sur les principes d'équité, de stabilité et de clarté.

Rappelons-le, la «révolution tunisienne» s'est déclenchée suite à un incident de commerce parallèle (auto-immolation par le feu du marchand ambulant Mohamed Bouazizi) et à cause de ce «parallèle», c'est la révolution tunisienne qui risque de devenir un simple «incident».

* Expert comptable.
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MessageSujet: En Ukraine, l'économie souterraine atteint 42% du P   Mar 26 Mai - 12:46

recension économie souterraine Ukraine

En Ukraine, l'économie souterraine atteint 42% du PIB CriOnline 16 mai 2015

CriOnline a écrit:
En Ukraine, la part de l'économie souterraine a augmenté l'année dernière de 7 points de pourcentage, atteignant 42% du produit intérieur brut (PIB) du pays, a révélé le ministère ukrainien de l'Economie vendredi.
"La part de l'économie souterraine en Ukraine en 2014 a atteint son plus haut niveau depuis 2007", indique un rapport du ministère.

Ce rapport cite les facteurs les plus importants ayant contribué à cette augmentation : conflit armé dans le pays, instabilité financière, fortes fluctuations de la devise nationale, tendances à l'affolement des agents économiques et pression administrative accrue.

En avril, le ministère des Finances ukrainien avait estimé que l'économie souterraine représentait entre 40 et 60% du PIB du pays. Selon le ministère, l'évasion fiscale, le travail au noir et les revenus dissimulés provenant d'opérations monétaires sont les principales composantes de cette économie informelle.

Pour s'attaquer à cette économie parallèle qui se développe de plus en plus, les services fiscaux de l'Etat préparent une nouvelle réforme du système d'imposition, qui devrait être appliquée d'ici l'automne prochain.

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIES PARALLÈLES, MAFIAS, TRAFICS... États "corrompus"...   Mer 9 Sep - 11:52

Entrepreneurs en violence (Sicile, mafia & capitalisme) Gilles Dauvé DDT21 août 2015

Souvent présentée comme une anomalie, qu’a la Mafia de commun avec le capitalisme, et quel est l’avenir possible de cette « anormalité », ici à travers l’exemple de la Sicile ? 1


Gilles Dauvé a écrit:
Un État-nation inachevé

L’unité nationale italienne s’est faite par en haut, avec une faible participation des masses populaires, ce qui a permis aux structures anciennes de perdurer à l’ombre du nouvel État.2 La Sicile n’ayant pas connu un mouvement communal comme dans la moitié nord de l’Italie, ce n’est qu’en 1812, sous domination anglaise, que la féodalité y est abolie. Pourtant le règne des féodaux a été brisé sans qu’émerge un marché « libre » de la propriété privée du sol. En 1860, constate Marx, « presque toute la terre est encore entre les mains d’un nombre relativement restreint de grands propriétaires terriens, les barons » 3, dont le pouvoir a été ébranlé sans qu’un État vienne imposer le sien.

« Désormais la terre peut être achetée et vendue. […] Et la terre qui est acquise et non plus héritée a besoin de rapporter ; c’est un investissement qui doit être rentable. Le capitalisme était arrivé en Sicile », mais sous une forme originale, où « une situation de non-droit met en danger l’investissement. […] Quand il a supplanté le féodalisme, l’État moderne était censé établir un monopole de la violence, du pouvoir de réprimer et de punir les criminels. » (51) Or les bandes armées des barons se transforment sans disparaître. Déjà, au début du 19e siècle, le régime des Bourbons avait fait régner l’ordre avec les Compagnies d’armes, qui volaient et rackettaient, en collusion avec les hommes de main aux ordres des barons. Le phénomène va perdurer.

Après 1870, en effet, l’Italie maintenant totalement unifiée délègue une partie des fonctions administratives aux potentats siciliens locaux, mais si ceux-ci conservent leur influence, la violence s’est par ailleurs « démocratisée » : une couche d’hommes du peuple s’est emparé d’une part du monopole de la violence. A Palerme, des associations d’artisans revendiquent le droit de porter des armes et de faire régner l’ordre, et en profitent pour augmenter leurs prix et extorquer de l’argent. Ainsi se forment des « groupes qui étaient pour partie gang criminel, pour partie entreprise commerciale, et pour partie clique politique » (52), et qui mariant la loi et le crime pénètrent l’appareil d’État.

Le citron et le soufre


Loin d’être liée à la pauvreté de la terre et à l’archaïsme de sa population, la mafia s’est formée là où était concentrée la richesse de la Sicile, dans les citronnerais et orangerais aux environs de Palerme. Au 17e siècle, le rendement des terres à blé et à orge y était le plus rémunérateur d’Europe et les trois-quarts de la population vivaient en ville. En 1860, quand la Sicile est réunie à l’Italie, ses vergers sont une des cultures les plus rentables d’Europe, tout en exigeant un travail et un capital importants, ainsi que l’entretien constant de fragiles systèmes d’irrigation. Ce mélange de vulnérabilité et de profit élevé a créé l’environnement idéal pour un racket où les régisseurs jouaient un rôle important, tantôt protégeant le domaine, tantôt le rançonnant, obligeant éventuellement le propriétaire à une vente forcée, les bandes de racketteurs passant entre elles de la collaboration à l’affrontement.

« La mafia n’est pas née de la pauvreté et de l’isolement, mais du pouvoir et de la richesse. »
(27)

Pour cette raison, elle est longtemps restée localisée à l’ouest de l’île et à Palerme, centre du commerce de gros des agrumes et premier port d’exportation.

Ces activités criminelles se mêlent à d’autres, contrebande et vol de bétail. Il est courant que circulent dans la campagne des groupes armés, en une coexistence de désordre par la violence et d’ordre imposé par la violence.

Le phénomène draine aussi des membres des classes dirigeantes soucieux du développement économique le plus rentable, car à la différence du brigand, le mafioso est un entrepreneur : il ne se contente pas de prélever une part des richesses, il participe à leur production. Au contraire du criminel habituel, par exemple du braqueur qui accumule des sommes relativement petites et dispose de peu de capital, le mafioso produit et investit.

Ce qui n’était qu’un ensemble de petits groupes est ainsi devenu une « institution » parallèle. Si elle est naturellement du côté du pouvoir, il lui arrive d’appuyer un changement politique qui l’avantage. Elle soutient la révolution démocratique de 1848 (échouée, celle-là) puis celle de 1860, mais lorsqu’en 1866 des groupes de révoltés armés tentent de prendre Palerme, les mafiosi s’y opposent.

« En une parodie cauchemardesque de l’économie capitaliste, la loi a été parcellarisée et privatisée, exactement comme la terre. Pour Franchetti [l’un des premiers à avoir analysé la mafia après un voyage dans l’île en 1876], la Sicile vivait sous la coupe d’une forme bâtarde de concurrence capitaliste. C’était un marché violent où seules des différences formelles séparaient l’économie, la politique et le crime. […] Celui qui voulait fonder une entreprise ne pouvait compter sur la loi pour le protéger, ni lui, ni sa famille ni ses intérêts économiques. La violence était un actif indispensable à toute entreprise ; la capacité à user de la force comptait autant que celle d’avoir du capital à investir. […] la violence elle-même était devenue une forme de capital ; les mafiosi […] étaient des entrepreneurs en violence » Non seulement le chef mafieux organise le travail, répartit les tâches et impose la discipline aux travailleurs, mais, écrivait Franchetti, « Il doit s’adapter aux conditions du marché pour savoir quels opérations mener, qui exploiter et quelle forme de violence utiliser. » John Dickie commente : « menaces et meurtres faisaient partie du secteur tertiaire de l’économie sicilienne ». (53)

Aux agrumes s’ajoute une autre source de profit et de pouvoir : le soufre, alors indispensable en chimie, notamment pour fabriquer la poudre à canon. Premier exportateur mondial vers 1850, la Sicile en était encore un des principaux producteurs à la fin du siècle. 4 Là encore, il s’agit d’un secteur très concurrentiel, ces entrepreneurs ayant la capacité de s’imposer sur des secteurs économiques très rentables. Un siècle plus tard, ils le prouveront en colonisant l’immobilier (en particulier à Palerme) dans les années 1950-70, puis en entrant sur le marché de la drogue, qu’ils ne contrôlent d’ailleurs pas : les réseaux de drogue sont une activité trop internationale par nature pour être centralisés par une organisation unique ou un groupe régional (360).

Classe bourgeoise et concurrence mortelle

Lourd de sens obscur, le mot mafia échappe à ses définitions comme pour indiquer quelque chose d’insaisissable dans un système où pouvoir et argent sont tout-puissants mais sans visage, à l’image de la société anonyme du capitalisme moderne.

La mafia s’est formée « dans l’hinterland de Palerme quand les bandits les plus durs et les plus malins, des gérants de domaine, les contrebandiers, les voleurs de chevaux, des fermiers et des hommes de loi se sont associés pour se spécialiser dans l’industrie de la violence et pour mettre en commun ce qui les réunissait : une méthode pour créer du pouvoir et de l’argent, mise au point dans le commerce du citron. » (62)  Cette méthode a été ensuite appliquée dans d’autres lieux propres au business.

Les dirigeants mafieux font partie de la classe dominante en Sicile, gestionnaire à son profit du rapport capital-travail, capable d’impulser un développement marchand et industriel, de se donner les appuis politiques conformes à ses intérêts, de survivre au fascisme et de s’insérer dans le marché mondial.

La mafia prospère parce que l’État est faible, un pouvoir central fort lui est une entrave, et les bourgeois mafieux ont su faire preuve de l’opportunisme propre à tout groupe dynamique de la classe dominante. Ennemis naturels de toute organisation autonome des travailleurs, ils ont été favorables au libéralisme avant 1914, fait le gros dos sous Mussolini, soutenu brièvement le Mouvement pour l’Indépendance Sicilienne après 1945 tant qu’une autonomie régionale lui semblait avantageuse, puis abandonné le séparatisme sicilien quand celui-ci s’est essoufflé. Grâce à leur implantation dans la vie économique et sociale, ils ont ensuite prouvé leur capacité à utiliser le jeu national des partis, sans toutefois le contrôler : la mafia tire profit de la politique italienne, elle ne la dirige pas. Si elle exploite les rivalités des partis, c’est pour faire de l’argent, non de la politique. Il lui faut un État stable, mais pas autoritaire : c’est sous Mussolini qu’elle a été le moins libre de ses mouvements. Le mafioso tient mal le choc quand l’État emploie contre lui des méthodes expéditives comparables aux siennes.

Bien qu’il y ait loin de l’ethos mafieux aux techniques de management enseignées dans une business school, les classes dirigeantes à la tête du capitalisme, du bourgeois victorien au bureaucrate maoïste, brillent par leur infinie variété. Dans la « composition de classe » de la bourgeoisie, ses couches mafieuses ont leur originalité. La mafia applique les lois du profit et du marché, par exemple en profitant de la rareté (voire en l’organisant) pour faire monter la demande et les prix, mais elle le fait à sa façon, et souvent la concurrence y est mortelle. La mafia n’existe pas sans la compétition féroce qui sélectionne ses élites. La purge sanglante équivaut à l’élimination des patrons les moins performants dans l’économie normale. 5

Un État modernisé

L’Etat italien du 21e siècle n’a plus le caractère « inachevé » que nous signalions au début. Dans les années 1990, tout en balayant les principaux partis de droite comme de gauche (PC, Démocratie Chrétienne et parti socialiste), l’opération « Mains propres » a rénové l’Etat dans le pays qui avait connu l’attaque prolétarienne la plus forte des années 70.

Pour donner une idée du « retard » de l’Etat en Italie, longtemps après la guerre, la perception d’une partie des impôts était encore affermée à des banques ou organismes privés. Typique des sociétés précapitalistes ou des Etats faibles et en difficultés financières, cette pratique ouvre large la porte aux groupes d’intérêts et à la corruption. En Sicile, des mafiosi avaient constitué un cartel qui en 1959 percevait 40% des impôts directs et indirects de l’île, proportion encore accrue dans les années 60. Dans le reste de l’Italie, cette activité rapportait en moyenne un profit de 3% : en Sicile, 10%. A quoi s’ajoutait le détournement de subventions de l’Etat ou de l’Union Européenne (365).

La modernisation des structures publiques est allée de pair avec celle de la mafia, au prix de guerres internes si meurtrières que l’on a évoqué un risque d’auto-destruction, alors que l’organisation  subissait l’aggravation d’une concurrence sans pitié.

Cela ne signifiait pas la fin de la mafia.

Loin d’être l’apanage des classes laborieuses et dangereuses, le « crime organisé » est largement pratiqué par les bourgeois : vol et meurtre ont toujours eu partie liée avec l’essor du capitalisme respectable. 6 La mafia du 21e siècle fait simplement coexister légalité et illégalité, pénètre plus de secteurs économiques qu’autrefois et, là où elle investit sur des marchés classiques, elle doit renoncer partiellement à ses méthodes les plus brutales, mais il restera toujours difficile de distinguer l’entrepreneur mafieux (dans la gestion les déchets à Naples par exemple) de l’homme d’affaires véreux. Plus elle participe à des activités légales, plus la mafia ressemble au capital « normal » quand il utilise des procédés inavouables. Entre l’honnête chef d’entreprise et le patron-gangster, il n’existe pas une frontière nette, seulement une graduation pragmatique dans les degrés d’illégalité et de violence. Pour Total, le Droit n’a pas le même sens en France et au Gabon.

La mafia, avenir du capitalisme ?

Roberto Saviano a décrit l’imbrication du port et de la région de Naples dans un commerce international et une industrie (textile, en particulier) marqués par la mondialisation, l’illégalité, la concurrence la plus féroce et l’omniprésence de la violence. 7 Mais ni la Camorra napolitaine ni la mafia sicilienne n’existeraient sans un pouvoir politique à la fois peu présent sur le terrain et capable de maintenir le cadre politique à l’intérieur duquel elles agissent. La mafia n’est ni un anti-Etat ni n’a vocation à devenir l’Etat.

Ni d’ailleurs à envahir toute la société. Quand un gang élimine toute concurrence sur un marché, celui des fruits et légumes ou de l’entretien du métro, le marché est faussé : ce n’est pas le plus productif qui gagne, c’est celui qui intimide son rival en lui envoyant ses gros bras. Si ensuite ce marché subit la concurrence d’autres entreprises, étrangères par exemple, c’est celle avec une productivité supérieure qui finira par l’emporter. La bourgeoisie mafieuse ne peut s’imposer que localement ou régionalement. 8

Le capitalisme mafieux s’implante dans des secteurs particuliers, là où il profite de possibilité de violence dans la concurrence, en priorité mais pas uniquement les activités illégales. 9 Le capital hors-la-loi agit en prédateur du reste du capital : s’il se généralise, c’est aux dépens du système dans son ensemble. Quoique parfois l’économie capitaliste ressemble à sa propre « parodie cauchemardesque », au-delà d’un certain seuil de parasitisme, l’économie s’autodétruirait. Si le parasite épuise l’organisme qui le nourrit, il en meurt.

On ne compte plus les « mafias » russe, albano-kosovare, israélienne, tchetchène, etc., sans oublier les Triades asiatiques et les « cartels » de la drogue. Médiatisée et mythologisée, la mafia devient une des figures du Mal, une incarnation suprême des maux contemporains, complice d’une oligarchie financière mondiale « prédatrice », les deux agissant de concert dans les paradis fiscaux et le blanchiment d’argent sale : il est donc logique que ceux qui rêvent d’un capitalisme propre dénoncent la « mafia libérale ».

Nous ne ferons pas aujourd’hui changer d’avis celui qui croit possible de moraliser la bourgeoisie.

Mais laissons aussi les scénarios apocalyptiques. L’avenir n’est pas au règne sans partage de l’illégalité et de la violence, plutôt à un mélange accru de norme et de transgression, d’illégalité et de légalité. Si l’on peut prédire un essor du « crime organisé », il ne deviendra pas la forme dominante. 10

L’Etat appelé de droit est une nécessité capitaliste. L’entreprise transgresse des règles, mais il faut des règles, y compris au commerce illégal. Sans prohibition, pas de vente lucrative d’alcool. Légale, la drogue serait infiniment moins rentable.

Il n’y a pas de capital ni de bourgeoisie sans Etat. Le capital n’est jamais assez fort par lui-même : il n’est pas fait de flux de valeur s’autonomisant au point de s’auto-entretenir. La société marchande suppose une structure politique stable, et le développement capitaliste suppose un pouvoir exerçant son autorité sur le territoire qu’il contrôle.

Signe de crise, la montée des mafias l’est certainement, mais d’une crise qui produit aussi l’illusion d’un capitalisme devenant étranger à lui-même : soit virtuel, soit barbare, soit en voie de faire progressivement disparaître l’Etat, et qui ne reposerait plus sur le rapport de classes et l’exploitation du travail, seulement sur la prédation par la violence.

D’où l’autre illusion, celle de vouloir revenir à un capitalisme convenable : vertueux, pacifié ou assaini. Car l’image du monstre nourrit l’espoir dans la possibilité d’un moindre mal, d’un adoucissement démocratique.

G.D., août 2015


1 John Dickie, Cosa Nostra. A History of the Sicilian Mafia, Hodder, 2007 (les numéros de pages renvoient à ce livre).

2 David Gilmour, The Pursuit of Italy, Penguin, 2012.

3 New York Daily Tribune, 17 mai 1860. Cf. « Marx et Engels & l’expédition des Mille ».

4 Depuis, le soufre nécessaire à l’industrie est avant tout obtenu comme un dérivé du pétrole et du gaz.

5 Modernité managériale oblige, comme autrefois la mafia associait des voyous à des entrepreneurs, des médecins et des juristes, aujourd’hui plus d’un enfant de mafioso sort d’une école de commerce.

6 F. Browning, J. Gerassi, Le Crime à l’américaine, Fayard, 1981.

7 Gomorra, 2006 (Gallimard, 2007).

8 De même, le capitalisme d’Etat ou bureaucratique ne peut tordre les « lois » du capitalisme (productivité, coût minimal et concurrence) que provisoirement, sur un espace limité, et tant qu’il reste fermé aux capitaux étrangers.

9 Sur la modernité de la Camorra napolitaine, lire l’étude de Maria-Luisa Cesoni en 1991, « Camorra et politique : démystification du rôle de la drogue ».

10 De même, il est vain de se demander si l’économie dite informelle va l’emporter sur le rapport travail salarié/capital, car cet informel est une fonction du système capitaliste.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIES PARALLÈLES, MAFIAS, TRAFICS... États "corrompus"...   Sam 17 Oct - 1:27

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIES PARALLÈLES, MAFIAS, TRAFICS... États "corrompus"...   Mer 4 Nov - 2:16

Drogues illicites: 2,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010 03 novembre 2015 Louise Fessard Médiapart


Selon une étude publiée ce mardi 3 novembre 2015, les transactions de cannabis ont représenté en 2010 près de la moitié des transactions de drogues illicites en France, estimées à 2,3 milliards d'euros. Avec une forte inflation du prix du cannabis

graphiques dans l'original

Louise Fessard a écrit:
Dans un rapport rendu public ce 3 novembre 2015 par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Midelca, ex-Mildt), trois chercheurs ont cherché à estimer l’envergure, en volume et en valeur, du marché des drogues illicites en France. Christian Ben Lakhdar, économiste de l’Université de Lille 2, Nacer Lalam et David Weinberger, deux chercheurs de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), sont partis de la consommation déclarée par les usagers de stupéfiants français en 2010 et des tarifs relevés cette même année par les forces de l’ordre et le réseau Trend 3 de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Au lieu de se baser sur les déclarations des trafiquants de stupéfiants ou sur les saisies des forces de l'ordre, cette étude part d'une question simple : que dépensent chaque année les usagers pour leur consommation ? Les chercheurs ont retenu l'hypothèse d'un joint plutôt chargé (0,3 gramme de cannabis) et d'un prix moyen de 7,25 euros le gramme de cannabis (6 euros pour la résine et 7,5 euros pour l'herbe). Ils aboutissent à une fourchette très large allant du simple au double selon les hypothèses : entre 1,5 et 3,1 milliards d’euros pour le chiffre d’affaires de l’ensemble des drogues illicites en 2010 en France (lire l'étude). En moyenne, le marché des drogues illicites en France est estimé à 2,3 milliards d’euros en 2010, soit 0,1 % du PIB français. Avec 1,1 milliard d’euros pour 145 tonnes vendues en moyenne, les transactions de cannabis représenteraient près de la moitié (48 %) de ce chiffre d’affaires, talonnées de près par la cocaïne (38 %).


Le chiffre d'affaires des ventes de cannabis n’était estimé qu’à 832 millions d’euros et 277 tonnes en 2005. Ce bond est donc principalement causé par une hausse du prix de vente du cannabis (+34 %), devenu plus riche en substance active, le tétrahydrocannabinol, dit « THC », tandis que le tonnage vendu reste stable (+3 %). « Il n’a pas été vendu plus de quantité de cannabis en France entre 2005 et 2010, mais les consommateurs se procurent du cannabis plus cher et plus dosé en THC », résument les auteurs. Le taux de THC en France a, selon l'Institut national de police scientifique (INPS), triplé en quinze ans, passant de 6 % en 1999 à 20,7 % en 2014. Cette évolution résulte « d'une concurrence accrue entre les producteurs de résine marocaine et les producteurs d'herbe européenne », explique David Weinberger. À ces chiffres, il faudrait ajouter le don (77,7 tonnes) et l’autoculture (11,4 tonnes). Leur valeur monétaire est estimée respectivement à 104 millions d’euros et 600 000 euros. Restent beaucoup d'inconnues : quelle est la part de la résine et de l'herbe sur le marché français ? L'herbe est-elle majoritairement importée ou produite ? Quelle est l'importance de l'huile de cannabis et des autres nouveaux produits de synthèse ?

Le marché de la cocaïne a, lui, presque doublé en cinq ans, passant de 8,3 tonnes et 488 millions d’euros en 2005 à 15 tonnes pour une moyenne de plus de 900 millions d’euros en 2010. Depuis le milieu des années 1990, son prix a été presque divisé par trois et son usage semble s’être « démocratisé », « conduisant le volume de consommateurs à compenser la diminution du prix pour aboutir à un chiffre d’affaires plus élevé ». « Les producteurs de cocaïne ciblent principalement le marché européen désormais considéré comme plus rentable que le traditionnel marché nord-américain », notent les auteurs, ce qui suppose une « bien meilleure logistique d’acheminement en continu de la cocaïne, exclusivement produite dans les pays andins ». Et également une hausse des besoins en produits de coupe, puisque la quantité de cocaïne pure dans le produit vendu dans la rue serait de 30 %. Le plus fréquemment utilisé, le Lévamisole, est un anesthésiant vétérinaire dont près de 600 kilos auraient été utilisés en 2010 rien que pour le marché français.

.
Le marché de l’héroïne, plus difficile à estimer, est pour sa part évalué entre 204 et 329 millions d’euros en 2010 pour des quantités consommées allant de 5,1 à 8,2 tonnes. « Les médicaments de substitution aux opiacés (MSO) viennent clairement concurrencer et éroder la rentabilité de l’héroïne », ce qui expliquerait « un marché relativement peu conséquent par comparaison à certains pays européens ».

Pour la première fois, les auteurs proposent aussi une estimation du marché des drogues de synthèse, limité à l’ecstasy, à la MDMA et aux amphétamines. Là encore, c’est large : il serait situé entre 13,2 et 71,6 millions d’euros pour l’ecstasy/MDMA (qui correspondent au même produit en définitive) et entre 3,7 et 42 millions d’euros pour les amphétamines.

Ces estimations sont à manier avec précaution, notamment parce qu’il existe un risque de sous-déclaration des usagers. Et l’étude ne prend pas en compte les fortes disparités territoriales de prix ainsi qu’un « effet discount à l’achat de drogues en grosses quantités ». « On ne pourra jamais avoir un chiffre robuste sur le cannabis, tant qu’il n’est pas légalisé », glisse l’un des auteurs. Ces montants ne disent rien des bénéfices emmagasinés par les trafiquants de stupéfiants, qui feront l’objet d’une autre étude prévue début 2016, précisent les auteurs.

À partir de l'analyse de dossiers judiciaires, d'entretiens avec des enquêteurs et de l'analyse détaillée de livres de compte de trafiquants, l'INHESJ cherche à estimer les coûts intermédiaires des réseaux de stupéfiants et leur rentabilité. « On estime qu'un tiers de l'argent dégagé par la vente de cannabis est consacré à l'achat du produit, un tiers pour régler les coûts internes (salaires, etc.) et un tiers pour les bénéfices, explique David Weinberger. C'est une économie très capitalistique avec des inégalités de revenus très importantes. »

Selon une étude de cas, basée sur le trafic de la cité de La Castellane, récemment jugé à Marseille, les revenus mensuels iraient de 800 euros pour le guetteur à 21 574 euros pour le bras droit de la tête de réseau, en passant par 11 275 euros pour les vendeurs permanents et 5 533 euros pour les vendeurs intérimaires. « Ces salaires ne sont pas si mirobolants au regard du risque d'interpellation et du cycle de vie de ces trafiquants, d'autant qu'ils ne prennent pas en compte les cotisations retraites, ni toutes les prestations sociales et couvertures assurantielles », rappelle l'enseignant-chercheur Christian Ben Lakhdar.

Pas question, malgré ces chiffres inquiétants et des expériences de légalisation intéressantes en Uruguay et aux États-unis (en cours d'étude par l'INHESJ) de remettre en cause la prohibition en France. Interrogée à ce sujet mardi matin lors de la présentation de l'étude, Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Midelca, a répété son message habituel : « Moi, je ne conseillerai pas aux ministres, avec ce que je sais, de légaliser les stupéfiants et le cannabis en particulier. »


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIES PARALLÈLES, MAFIAS, TRAFICS... États "corrompus"...   Lun 9 Nov - 10:57



pas de sujet pour accueillir tous les effets et méfaits de l'exploitation capitaliste, mais le capital étant quasi intrinsèquement mafieux...

La santé, plaque tournante de l’exploitation capitaliste Michel J. Cuny 22 octobre 2015

Sous l’impulsion du pouvoir alors en place, messieurs Bernard Debré et Philippe Even ont consacré un rapport aux leçons à tirer de l’affaire du Médiator. Manifestement, il s’agissait pour eux de s’engouffrer dans une brèche, comme s’ils en attendaient depuis longtemps l’occasion.

Tout commence avec les vœux prononcés par le dénommé Nicolas Sarkozy à l’intention des personnels de Santé le 20 janvier 2011 :

Michel J. Cuny a écrit:
« Une refondation en profondeur du système de contrôle du médicament doit être mise en œuvre au milieu de l'année, de façon à resserrer les mailles du filet de notre système de pharmacovigilance et de renforcer l'indépendance, la transparence et l'impartialité des décisions, comme aussi d'améliorer la formation continue des médecins, en sachant qu’il faudra pour cela des moyens supplémentaires. »


Parmi les dix-sept personnes auditionnées, nous remarquons immédiatement la présence de Christian Lajoux, P-DG de la branche française de Sanofi-Aventis et président du LEEM, le syndicat patronal de l’industrie du médicament.

Le rapport est présenté comme tendant à établir, entre

Citation :
« les médecins, les payeurs, l'industrie pharmaceutique et les patients qui doivent être au centre de toutes les attentions, des relations constructives, continues, équilibrées, confiantes et transparentes, plaçant certes au premier plan l'intérêt des malades d'aujourd'hui, mais sans oublier de promouvoir le progrès thérapeutique au service des malades de demain, ce qui ne pourra se faire que grâce à une franche et étroite coopération entre la recherche clinique et biologique universitaire publique et la recherche translationnelle de l'industrie, dans l'esprit du CSIS (Conseil stratégique des industries de santé) et des premiers accords entre l'INSERM et le LEEM, un développement que peut seule assurer l'industrie du médicament, comme elle le fait depuis toujours, ce qui lui a permis de mettre sur le marché les deux ou trois centaines de molécules qui ont changé la vie des hommes ».


Il faut insister sur ce fait que les soulignés, d’ici comme de la suite, sont effectivement dans l’original…

Comme on le voit, l’effort de recherche, public et privé, doit être désormais entièrement centré sur les performances futures que les industriels du médicament pourront réaliser sur le marché. Heureusement, en ce qui concerne les accords entre l’INSERM et le LEEM, nous n’avons effectivement pas perdu le souvenir de ce qu’Alain Trautmann nous en a dit.

Or, dans ce contexte étroit, souligner que les malades d’aujourd’hui ne doivent pas faire oublier les malades de demain, c’est, sans le dire, ne veiller qu’au futur des entreprises elles-mêmes : il s’agit d’orienter les dépenses engagées par la collectivité, non pas vers la réalité du traitement actuel, mais vers les économies qui peuvent être faites sur ce traitement aujourd’hui pour être réutilisées immédiatement dans des investissements prometteurs, de la même façon que les restrictions sur les salaires d’une époque sont la condition d’un taux de profit amélioré permettant ensuite de mettre au travail d’autres salariés dont la modicité du salaire assurera à nouveau un taux de profit satisfaisant, etc…

La santé devient ainsi un enjeu dans le système d’exploitation capitaliste. C’est bien ce que dit la suite du rapport Debré-Even :

Citation :
« […] un juste milieu devra être trouvé entre, d'une part, le meilleur contrôle possible de dépenses publiques de médicaments en perpétuel accroissement (même si le mouvement s'est ralenti depuis quelques années, passant de 8% par an à seulement 2%, mais qui a doublé de 1990 à 2005 et s'est encore accru de 10% depuis) et d'autre part, la rentabilité des entreprises, qui leur permet seule d'engager les investissements nécessaires à l'émergence de molécules réellement nouvelles et à leurs essais cliniques. »


Or, comme nous le savons, qu’elles soient nouvelles ne signifient pas du tout qu’elles soient plus efficaces ou moins dangereuses que les précédentes : d’où le souci d’Emmanuelle Quilès, qui « souhaite par ailleurs inscrire l'AGIPHARM [Association des Groupes Internationaux pour la Pharmacie de Recherche] au cœur du débat sur les questions clés liées à l'évaluation des produits de santé ».

Pour qu’il ne soit pas en reste, donnons également à Dominique Amory l’occasion de nous redire un petit mot :

Citation :
« Nous attendons un signal politique fort, essentiel pour nos maisons-mères, montrant que les sciences de la vie sont une industrie stratégique et une priorité pour la France. »


Le voici exaucé jusqu’au-delà du possible par messieurs Debré et Even :

Citation :
« […] une telle politique ne nous paraît pouvoir être menée dans l'avenir qu'au sein d'un grand ministère autonome et quasi régalien de la Santé, de la Vieillesse et de la Dépendance, exerçant clairement sa tutelle sur les Caisses d'Assurance Maladie et sans lien avec le Travail et l'Emploi, qui devraient se suffire à eux-mêmes ».


Dans ces conditions-là, effectivement, l’Assurance maladie ne serait plus qu’un capital aux mains des industriels du médicament, un capital dont le taux de rentabilité pourrait atteindre une dimension intersidérale tant le monde du travail serait alors plié sous les malheurs, qu’on pourrait lui mettre en permanence sous le nez, de sa santé mise aux enchères.

[/quote]

(Extrait de Michel J. Cuny, Une santé aux mains du grand capital ? - L’alerte du Médiator, Éditions Paroles Vives 2011, pages 255-256)

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