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 "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 9 Juil 2016 - 7:00


Pour les femmes, être en couple ou travailler à temps complet, il faut choisir

Europe 1
8 juillet 2016


Pour les femmes, être en couple ou travailler à temps complet, il faut choisir@ AFP

Parmi les salariés, ce sont les femmes qui sont le plus à temps partiel et en particulier celles qui vivent en couple, quels que soient l'âge et la génération, selon une étude du ministère du Travail publiée vendredi.

Citation :
Une forte augmentation du temps partiel. "Les dernières décennies ont été marquées par une forte augmentation de l'emploi à temps partiel", relève cette étude du service des statistiques du ministère (Dares), basée sur un panel de 9.900 personnes nées entre 1935 et 1979. La part de temps partiel dans l'emploi s'établissait à 8% en 1975, dépassait 10% au milieu des années 1980 et atteignait 19% en 2013. Les femmes représentent 80% des salariés à temps partiel. Mais "les taux de temps partiels des femmes en couple sont supérieurs à ceux de l'ensemble des femmes, quasiment à tous les âges et pour toutes les générations", souligne la Dares, ajoutant que "pour les femmes, plus longue est la durée passée en couple, plus grande est la distance à l'emploi à temps complet".

"Cette situation opposée à celle des hommes rend compte de la spécificité des comportements d'activité des femmes, qui lient vie professionnelle et vie familiale, et affecte leur progression sur le marché du travail", explique le service. Côté hommes, quelle que soit leur génération, qu'ils soient en couple ou seuls, leur taux d'emploi dépassent les 80% passé l'âge de 30 ans. Celui des femmes se situe sous ce taux.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Jeu 14 Juil 2016 - 13:55


l'illégitimité du travail à temps complet

qu'en termes délicats ces choses-là sont dites


« dans une économie ouverte et de croissance modérée,
la précarité est la transition indispensable pour éradiquer le chômage de masse »


Le travail entre salariat et précariat

Philippe Escande  LE MONDE ECONOMIE 06.07.2015

Citation :
Des chauffeurs de taxi furieux renversent des voitures pour défendre leur profession. Des migrants s’échouent en masse sur les côtes pour trouver un emploi en Europe. En France, la prochaine élection présidentielle se jouera en grande partie sur le chômage. Partout la question du travail occupe les esprits et préoccupe les politiques.

Normal, depuis que les sociétés humaines se sont affranchies de l’esclavage, puis de la féodalité, qui reléguaient le travail aux couches basses de la société, cette notion s’est retrouvée au cœur de nos existences. Elle se déploie dans trois dimensions. Economique, bien sûr, on travaille pour subvenir à ses besoins, mais aussi sociale et philosophique. Un emploi est le plus sûr moyen de s’insérer dans une communauté et de trouver, le plus souvent, un sens à son existence.

C’est la raison pour laquelle le Cercle des économistes a choisi ce thème cette année pour ses rencontres d’Aix, qui se sont achevées dimanche 5 juillet. Avec une idée qui taraude les esprits en ce moment : sommes-nous à la veille d’un changement majeur du mode de travail, de sa répartition, de sa qualité ?

Révolution copernicienne

La situation européenne nous montre que le chômage n’est pas une fatalité. Des pays majeurs comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne sont retournés au plein-emploi après avoir connu des récessions plus profondes que celle de la France. Mais à quel prix ? Celui du développement de ce que l’on pourrait appeler le « précariat ». Ce travail aléatoire et faiblement rémunéré, souvent indépendant, qui a fait sortir de l’inactivité des millions d’individus. A l’inverse, les pays qui ont freiné ce mouvement vers les « mini-jobs » allemands ou les « contrats zéro heure » britanniques, comme la France ou l’Italie, continuent de connaître des taux de chômage à deux chiffres. Précarité et emploi contre stabilité et chômage.

La Grande-Bretagne a fait son choix, et va plus loin en revoyant entièrement le rôle de l’Etat. Chacun sa réponse. La France en trouvera une autre, plus conforme à son histoire, à sa culture. Il reste que, dans une économie ouverte et de croissance modérée, la précarité est la transition indispensable pour éradiquer le chômage de masse. Et, dans nos sociétés largement tertiarisées, le stock d’emplois disponibles se trouve dans les services à basse qualification.

Comme l’ont préconisé les économistes à Aix, pour contrer le développement d’une société à deux vitesses, il est impératif de revoir toute la chaîne de l’emploi, du stage au CDI en passant par le travail indépendant. Mais aussi de fluidifier le marché à l’échelle européenne, et d’investir massivement en formation. Cette révolution copernicienne de la mobilité sociale est en train de se faire, officiellement et sous le manteau. Il est de notre intérêt d’accompagner le mouvement, plutôt que d’avoir à le subir.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/06/le-travail-entre-salariat-et-precariat_4672374_3234.html#4RAZkICZt0sxYrql.99



Précarité au travail : la voie du plein-emploi ?

Valérie Segond LE MONDE ECONOMIE | 28.06.2015


Des salariés d’un McDonald’s manifestent, en avril, au centre de Sheffield, en Angleterre.  

Citation :
« Et si le travail était la solution ? », interrogent cette année les Rencontres économiques d’Aix, qui se dérouleront du 3 au 5 juillet. Le travail à tout prix ? Dit autrement, vaut-il mieux être un travailleur pauvre ou un chômeur pauvre ? Un travailleur précaire, incertain sur son lendemain, ou un chômeur certain de ne jamais revenir dans l’emploi protégé ?

Des questions qui ont inspiré toutes les réformes du marché du travail depuis quinze ans en Europe : en Allemagne dès le début des années 2000, en Irlande et au Royaume-Uni, où l’on a laissé les « contrats zéro heure » se développer. Mais aussi dans des pays où les règles ont toujours été très protectrices des salariés, comme l’Espagne, le Portugal et l’Italie.

La France, elle, n’a « pas choisi de développer les recrutements précaires et les très bas salaires », dit Véronique Deprez Boudier, chef du département travail et emploi chez France Stratégie. « On a cherché à privilégier la qualité et la quantité de travail pour qu’un maximum de personnes occupe des emplois de qualité. L’objectif était d’assurer un niveau de revenus plus homogène. Est-ce que le prix à payer est d’avoir plus de 10 % de chômage ? »

Devant l’échec de la stratégie française, tandis que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Autriche sont revenus au plein-emploi, la question ne peut plus être éludée : la précarité au travail est-elle la nouvelle voie du plein-emploi ? Outre-Rhin, l’assouplissement du recours aux CDD, intérim et autres contrats courts de toute nature a été au cœur des réformes...

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/28/precarite-au-travail-la-voie-du-plein-emploi_4663437_3234.html#Gf9d6qdwvuK6DcJd.99


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mar 13 Sep 2016 - 20:05


Collector Quoi de neuf ?


rien de nouveau sous le soleil ?!

« Sous le travail, l’activité » réédition

Citation :
Publié initialement à l’été 1986 dans la revue n° 4 « La Banquise »
http://archivesautonomies.org/spip.php?article306

Collectif. Sous le travail, l’activité (Under the work, the activity)  
(Réédition, Postface de Gilles Dauvé).

(Republication, Gilles Dauvé’s afterword) 8 €  96 p.



Sortie le 8 septembre 2016

Le travail n’est pas la liberté, c’est certain. Pour autant, si le travail implique effectivement coercition et soumission, cela ne suffit pas à le définir. Le travail animé par un collectif de producteurs associés reste du travail, tant que l’activité ainsi autogérée demeure séparée de l’ensemble de la vie.

Plus que jamais un renouveau de la critique du travail s’impose, et c’est pourquoi nous republions dans la collection « Réverbération », ce texte vieux de trente ans qui n’a pas pris une ride. Ce texte est suivi d’une postface de Gilles Dauvé.


le problème est triple :

1) la critique du travail n'épuise pas celle du capital
2) en trente ans, il s'est passé des choses tant sur le plan de l'économie politique, que du travail, puisqu'alors le fait s'est révélé massif, relevé par Théorie Communiste il y a une quinzaine d'années "le précariat définit le salariat"... tous les rapports au travail salarié en sont chamboulés, inutile de faire un dessin, les luttes aussi en ont été chambardées
3) une théorie qui se juge "sans ride" trente ans après n'est plus qu'un dogme

ce qui ne signifie pas que ce livre, ou d'autres bien plus anciens, ne contiennent rien de valable... Même Le Capital de Marx a pris des rides, et lui savait qu'il en prendrait

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mer 14 Sep 2016 - 14:05


rides intemporelles

à propos de la réédition "trente ans après" de "Sous le travail, l’activité", RS a réagi comme moi ci-dessus, en plus court

RS a écrit:
dndf 13/09/2016 à 22:48 #1

« Ce texte n’a pas pris une ride », il est aussi intemporel qu’il y a trente ans


pour ma défense, il y a 30 ans je n'étais pas né à la lecture de Dauvé, RS & Cie, et j'ai depuis perdu mes rides

PS : je n'imagine pas être l'inventeur de toutes mes trouvailles, et j'ai vérifié que "rides intemporelles" fut utilisé par des photographes, poètes...

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mar 20 Sep 2016 - 9:10


pour en finir avec la paresse théorique

je le place ici puisque dndf le republie « En contrepoint du texte de la Banquise, publié ci-dessous, il nous a paru pertinent de proposer à la réflexion ce texte de Théorie Communiste N°17, sorti en septembre 2001.»

« Pour en finir avec la critique du travail »

conclusion
RS/TC a écrit:
Comme toute critique, la critique de la « critique du travail » ne peut se contenter de critiquer l’objet de cette critique : le travail. Il faut montrer les conditions de production de cette critique. La « critique du travail » devient une expression idéologique et une pratique spécifique dans le nouveau cycle de luttes, parce qu’elle est la résolution des contradictions de l’ancien cycle, en même temps (et pour la même raison) qu’elle trouve dans le nouveau cycle, comme nous  le voyons avec la lutte des chômeurs et précaires, une raison d’être renouvelée. Ce qui était le point extrême de l’ancien cycle, devient une fois la contradiction entre les classes de ce cycle dépassée dans la restructuration du capital, la forme idéologique et la pratique qui se donnent immédiatement pour le dépassement du capitalisme.

A la fois expression finale de l’ancien cycle et de son impossibilité, la « critique du travail » apparaît comme ayant eu raison par rapport à toutes les formes d’affirmation du prolétariat incluses dans cet ancien cycle et comme, dans le capital restructuré, la forme immédiate de son dépassement. Immédiate, car elle fait l’économie de reconnaître la restructuration pour elle-même, de façon positive, comme une nouvelle configuration de la contradiction entre les classes. Elle se contente de la considérer comme la crise de l’ancienne phase de la subsomption réelle et comme l’échec de l’ancien cycle de luttes.

La « critique du travail » se croit en adéquation avec la période historique et celle-ci lui donne immédiatement raison, la légitime et la confirme par la disparition, dans le cours immédiat des luttes, de toute identité ouvrière confirmée dans la reproduction du capital. Il ne s’agit pas de faire une archéologie du concept, ce qui ne mène jamais à rien, mais de montrer comment dans sa nouvelle légitimation, cette idéologie recycle des problématiques issues de l’ancien cycle. Cela, dans la mesure où la « critique du travail », semblant résoudre et dépasser l’échec de cet ancien cycle de luttes, apparaît en adéquation avec la situation nouvelle
.

la critique de la critique du travail se croit en adéquation
avec la période historique et celle-ci lui donne immédiatement tort

même impression que lorsque dndf a republié en 2014, de 2002, Encore sur le FN et la disparition de l’identité ouvrière : « Puisque le succès du FN aux dernières élections européennes font causer et défiler quelques milliers de jeunes étudiants, nous redonnons à lire un article paru initialement sur le blog « LAngleMort », blog qui n’est plus accessible »

on trouve une analyse théorique du populisme sur la base de cette montée du FN, mais la montée actuelle du populisme de gauche (Syrisa, Brexit, Mélenchon, Nuit Debout... Chantal Mouffe) ne peut plus s'analyser sur cette seule base



de même, les luttes actuelles autour du mouvement anti-loi travail, ne me semblent plus porter essentiellement cette "critique du travail", même si c'en est ici ou là une limite. Il suffit de voir la teneur des slogans sur les murs, avec au moins dans les mots, une remise en cause du capital et de l'État, bien sûr pour en finir avec le travail




autrement dit, même si ce texte de TC, qui a 15 ans, s'ancrait à l'époque dans les luttes des précaires comme « expression finale de l’ancien cycle et de son impossibilité, la « critique du travail » apparaît comme ayant eu raison par rapport à toutes les formes d’affirmation du prolétariat incluses dans cet ancien cycle et comme, dans le capital restructuré, la forme immédiate de son dépassement », il me semble que cette période est dépassée, et d'ailleurs dépassée par les analyses de TC depuis (Où en sommes-nous dans la crise, etc.), plus "pertinentes" même si elles ne concernent pas explicitement le travail et sa critique. Par exemple, le précariat, qui est encore un travail salarié, donc exploitation, ne rend pas compte des "expulsés" de Saskia Sassen, auquel RS se réfère lui-même

Pepe@dndf est peut-être fatigué (attention au burnout), mais à moins que Théorie communiste n'ait rien d'autre à dire de plus pertinent sur le mouvement anti-loi travail, ce n'est pas une raison pour bégayer ces références théoriques aujourd'hui datées

à quoi sert que RS ait trouvé le texte de Dauvé « aussi intemporel qu’il y a trente ans » si c'est pour en revenir à un texte de 15 ans ? Tout cela sent le rance de polémiques entre théoriciens d'un autre âge, plus que le souci de « se demander, presque chaque semaine, ce qui se passe » (Debord, 2014)

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mar 15 Nov 2016 - 16:03


More than 7m Britons now in precarious employment

Robert Booth The Guardian 15 November 2016


Deliveroo relies on 8,000 self-employed workers in the UK to deliver takeaway meals by bicycle
Composite: Getty images
   
The number of workers in the UK in precarious positions where they could lose their jobs at short or no notice has grown by almost 2 million in the past decade, as businesses insist on using more self-employed workers and increasingly recruit staff on temporary and zero-hours contracts, analysis for the Guardian has revealed.

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Lun 30 Jan 2017 - 13:08


Guy Standing, économiste spécialiste du monde du travail, invité au Forum économique mondial 2017 de Davos.
Selon les travaux de l'économiste Guy Standing, l'homme précaire d'aujourd'hui est une forme moderne du salarié d'hier, et du prolétaire d'antan.


Citation :
Guy Standing participait l'autre semaine au Forum économique mondial 2017 de Davos. L'été dernier, le Cercle des économistes l'avait invité à ses rencontres d'Aix-en-Provence. Henri de Castries, l'ex-patron d'Axa et président de l'Institut Montaigne, juge «fondamental ce qu'il dit», et le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, s'inspire de ses travaux.

À 68 ans, dont plus de trente passés à l'Organisation internationale du travail de Genève, ce professeur d'économie à l'université de Londres est universellement respecté, à droite comme à gauche. Et pourtant ses recommandations sont clivantes : n'est-il pas le fondateur du Basic Income Earth Network, un mouvement international qui promeut le revenu de base sans conditions ?

Son titre de gloire est d'avoir conceptualisé le «précariat» bien avant qu'Uber ne parte à la conquête du monde et que l'«ubérisation» n'obsède patrons et salariés. Son...

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 10 Fév 2017 - 5:15


L'article n'est pas très récent mais intéressant pour ce point de vue capitaliste sur le précariat dont les chiffres confirment, si besoin en était, le titre du sujet.



Le thème est au programme cette année de la célèbre conférence Bilderberg.


Un checkpoint sur la route menant à L’interalpen-Hotel, où s’est tenue la conférence Bilderberg de 2015, en Autriche.
AFP PHOTO / CHRISTIAN BRUNA

Citation :
Chaque année depuis 1954, le groupe Bilderberg réunit une centaine de membres parmi les personnages les plus influents du monde occidental. Née après la Seconde Guerre mondiale, l'organisation poursuit l'objectif de promouvoir le système d’économie de marché capitaliste, considéré comme le seul à même de maintenir la paix dans le monde.

Cette année, la réunion des membres du célèbre groupe Bilderberg aura lieu près de la ville allemande de Dresde. 130 personnes venant de 20 pays représenteront les élites politiques, industrielles, financières, académiques et médiatiques. Le site Quartz nous apprend que parmi les thèmes qui seront abordés –et ont été mis en ligne tout comme la liste des participants– figure outre la Chine, les migrations et la cybersécurité, «le précariat et la classe moyenne».

Terme popularisé par l’économiste britannique Guy Standing, le précariat désigne une portion croissante de la population dont la situation économique et sociale se caractérise par la précarité, et donc l’insécurité et l’incertitude. En 2015, Guy Standing écrivait dans le Globe and Mail qu’au Canada, cette classe représentant désormais 40% des adultes était «composée de millions de personnes qui luttent pour des vies de travail et des conditions de vie instables, dépourvues d’une identité professionnelle ou d’une carrière».

L'économiste définissait les membres du précariat comme étant «les salariés perpétuellement à temps partiel, au salaire minimum, les travailleurs étrangers temporaires, le marché gris des services domestiques payés cash, les jeunes [Canadiens] qui n’auront jamais d’emploi sécure [stable, ndlr], les travailleurs appauvris par la technique, dont le travail fragmenté n’a pas de lieu ni de fin, les seniors qui luttent avec des pensions en baisse, les peuples indigènes maintenus à l’écart, les mères célibataires isolées, les travailleurs à la tâche qui n’ont pas d’économie […]».

Les invités du Bilderberg ont pour consigne de garder secrets les propos échangés lors des débats, et aucun journaliste n’est accepté lors des rencontres. Cette atmosphère de secret a installé une réputation sulfureuse autour du Bilderberg, qui culmine avec certaines théories conspirationnistes qui lui attribuent de décider en secret de l’avenir du monde. Le Bilderbeg ne serait, à entendre ses organisateurs, qu’un forum de discussions informelles à la bonne franquette entre grands de ce monde. Entre autres «CEO» et responsables politiques de premier plan, l’édition 2016 accueillera sous la présidence du Français Henri de Castries, PDG du groupe d’assurances AXA, un ancien chef des services secrets britanniques, Sir John Sawers et un ancien directeur de la CIA, le général David Petraeus.

A noter que parmi les rares Français présents, on ne compte que deux responsables politiques. L'actuel président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius et le député-maire du Havre Edouard Philippe. L'homme joue également un rôle-clé dans l'équipe de pré-campagne d'Alain Juppé, au titre de porte-parole. De quoi faire tourner à plein régime la machine à complot puisque le Bilderberg a la réputation d'apporter son soutien à un des candidats de chaque élection présidentielle américaine –de préférence le gagnant, et d'apporter un sérieux coup de pouce aux carrières en pleine ascension. Christine Lagarde, Herman Van Rompuy, Manuel Valls ou Emmanuel Macron ont eu le privilège d'être sur la liste des invités des éditions précédentes.

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Lun 10 Avr 2017 - 18:00


Au Japon, on manque de chômeurs

Alexis Feertchak Le Figaro 10/04/2017

Avec 143 offres pour 100 demandeurs d'emploi et un taux de chômage de 2,8%, le Japon fait face à une pénurie de main-d'œuvre sur fond de crise démographique. La forte croissance du nombre de robots dans l'archipel nippon ne suffit pas à compenser la raréfaction des travailleurs.


Citation :
Comment faire augmenter le chômage? Voici une question qui ne viendrait pas à l'esprit des gouvernements européens, mais qui se pose pourtant explicitement au Japon, où la baisse du chômage, tombé au plus bas depuis juin 1994, entraîne une pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs de l'économie. Dans l'archipel nippon, le plein-emploi, atteint en 2014, coïncide selon les experts avec un taux de chômage de 3,5%. En effet, il y a dans toute économie une part de «chômage incompressible» (dit encore «frictionnel») qui correspond concrètement à la durée entre l'arrêt d'un emploi et le début d'un autre. En février, le taux de chômage a reculé de 0,2 point pour atteindre 2,8% de la population active, en deça du plein-emploi.

Cette performance en matière de chômage se transforme donc en une contre-performance pour l'emploi. Selon les données publiées par le gouvernement, il y a aujourd'hui 143 offres d'emploi pour 100 chômeurs, du jamais vu en plus d'un quart de siècle. D'après les résultats de l'enquête Tankan, étude trimestrielle phare de la Banque du Japon depuis 1957, publiée lundi dernier, l'indice de confiance des entreprises pour l'emploi, négatif depuis 2012, continue de dégringoler et se rapproche dangereusement de son plus bas historique de 1991. Comme le révèle Les Échos, il est désormais «plus difficile de dîner entre 2h et 7h du matin dans les grandes villes japonaises». Alors que de nombreuses enseignes avaient pour habitude de servir des repas 24h sur 24h, le personnel fait gravement défaut pour ouvrir toute la nuit. Cette pénurie ne concerne d'ailleurs pas seulement la restauration et les services. Elle touche maintenant l'industrie.

Le déficit démographique est la cause principale de cette pénurie de main-d'œuvre, d'après l'économiste Jean-Yves Colin, chercheur et trésorier de l'Asia Centre. Entre 2010 et 2015, la population nippone a diminué d'un million de têtes pour atteindre 127 millions d'habitants. Une population composée pour un tiers de seniors de plus de 65 ans. BNP Paribas dresse le même constat. Selon une note de son chef économique pour le Japon, Ryutaro Kono, la population des plus de 15 ans devrait diminuer de 1,92 million en 2017 par rapport à 2016. Si les taux d'emploi par catégorie d'âge demeurent identiques, la force de travail devrait baisser dans le même temps de 570.000, soit une contraction de 0,9% en un an.

Face au déficit démographique, le gouvernement de Shinzo Abe encourage les personnes âgées et les femmes à travailler davantage. «Les Japonais considèrent l'immigration comme une solution secondaire au manque de main-d'œuvre. Travailler plus demeure la solution privilégiée dans la culture japonaise», explique Jean-Yves Colin, qui a été vice-président d'Amundi Japan. Mais si les résultats de cette politique sont là, cette solution n'est pas durable à terme. En effet, les seniors de la génération du baby-boom entreront à partir de 2017 dans la catégorie des plus de 70 ans. Alors qu'ils étaient au coeur de la stratégie de Shinzo Abe, les 65-69 ans encore actifs devraient mécaniquement devenir moins nombreux, estime Tyutaro Kono, de BNP Paribas.

Paradoxalement, cette pénurie de main-d'œuvre ne pèse pas à la hausse sur les salaires alors que les chômeurs, moins nombreux que les offres d'emploi, pourraient profiter de cette occasion pour exiger des salaires plus élevés. «Même si les données sur le marché du travail montrent que les pénuries de main-d'œuvre se sont intensifiées, les pressions sous-jacentes sur les prix restent très faibles», explique ainsi Marcel Thieliant, économiste spécialiste du Japon chez Capital Economics. Pour Jean-Yves Colin, cette atonie des salaires s'explique par un défaut global de confiance, qui se traduit par des investissements insuffisants et une perspective de croissance faible à long terme. Les industriels japonais se sont d'abord enthousiasmés pour la politique économique, dite «Abenomics», de Shinzo Abe, qui s'était donné pour tâche de relancer l'inflation. Mais aujourd'hui, «à mi-chemin de l'objectif de 2% fixé par la banque centrale japonaise, le verre est à moitié plein ou à moitié vide», précise Jean-Yves Colin. Celui qui a été par le passé conseiller financier auprès de l'Ambassade de France à Tokyo ajoute que «l'économie nippone ne parvient pas à passer à la vitesse supérieure». Le gouvernement tente de faire pression à la hausse sur les salaires dans les grands groupes, mais il s'agit plutôt de «hausses de courtoisie» pour satisfaire a minima les pouvoirs publics et les syndicats. Aucune hausse suffisante pour entraîner la consommation des ménages et créer «un cercle vertueux».

En revanche, au pays de la technologie, les robots ne font pas peur. Comme l'explique Nicolas Barré, le directeur des Échos, à Europe 1, «au moment où certains candidats à la présidentielle [Benoît Hamon ndlr.] parlent de la fin du travail et s'inquiètent des effets de la robotisation, le Japon, qui est une des économies les plus sophistiquées, les plus automatisées du monde, manque de bras». L'automatisation du Japon est ancienne. Depuis les années 1970-1980, «l'archipel privilégie le capital au travail», explique Jean-Yves Colin. Pour le chercheur de l'Asia Centre, il n'y a pas de sentiment hostile aux robots dans les pays asiatiques, en particulier au Japon, contrairement aux pays européens où la peur des «machines qui volent l'emploi» est présente dès le XIXe siècle. «En France, le travail est considéré comme un monde fini, au contraire du Japon où il est vu en expansion permanente», précise Jean-Yves Colin. Autrement dit, même s'il est possible que les robots détruisent certains emplois, cet effet négatif est compensé par la création de nouvelles formes de travail. Comme l'explique Nicolas Barré, «le Japon est le deuxième pays le plus robotisé du monde: plus de 300 robots pour 10.000 employés dans l'industrie, trois fois plus qu'en France (le premier pays est la Corée du Sud avec plus de 400)». Et la croissance des robots (20% par an) ne raréfie pas le travail. Pis, les robots ne suffisent pas à compenser la raréfaction des travailleurs.

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Jeu 25 Mai 2017 - 12:07


Le chômage a baissé de 1 % en avril. Il existe aussi d'autres personnes sans emploi, qui échappent aux statistiques. On parle à leur sujet de "halo du chômage".

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A a baissé de 1 % en avril par rapport au mois de mars. Mais il existe aussi d'autres personnes sans emploi, qui échappent aux statistiques. Elles ne sont pas inscrites à Pôle Emploi. Elles ne cherchent plus de travail. On parle à leur sujet de "halo du chômage".



Un bureau Pôle Emploi à Dunkirk (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Citation :
Cas typique, une femme qui ne peut pas se rendre aux convocations de son conseiller Pôle Emploi parce qu'elle ne peut pas faire garder ses enfants. Elle n'a pas d'emploi, elle souhaiterait travailler, mais elle va disparaître des statistiques. Les jeunes et les seniors nourrissent eux aussi le halo du chômage. Les jeunes parce qu'ils ne comptent pas sur Pôle Emploi pour leur trouver du travail. Et les plus âgés parce qu'ils arrivent en fin de droit et qu'ils cessent donc de s'actualiser. Que ce soit à cause d'une désincription ou d'une radiation, il y a de plus en plus de personnes qui ne sont plus comptabilisés. Le phénomène est en augmentation depuis la crise de 2008. C'est ce que dit le SNU Pôle Emploi et ce que confirme l'OFCE, l'observatoire français des conjontures économiques. Fait nouveau, si le chômage a globalement tendance à baisser, le halo du chômage, lui, ne diminue pas.

Un nombre en augmentation

Ces chômeurs qui n'apparaissent pas dans les statistiques, l'Insee les a comptées, ils sont 1,5 million. En augmentation de 350 000 depuis 2008. Le halo du chômage regroupe des populations très différentes. Il y a ceux qui cherchent activement, mais qui ne sont pas tout de suite disponibles, parce qu'ils sont en formation, en congés ou en maladie, par exemple. Il y a ceux qui sont disponibles, mais qui ne cherchent pas activement du travail. Ce sont les découragés, qui pensent ne pas pouvoir trouver du travail. Parce qu'ils s'estiment trop vieux ou parce qu'ils pensent qu'il n'y a pas d'emploi dans leur domaine. Et il y a aussi ceux qui voudraient travailler mais qui ne cherchent pas et ne sont pas disponibles, par exemple parce qu'ils s'occupent d'enfants ou de personnes dépendantes. Mais attention, il ne faut pas ajouter ce million et demi aux 5,5 millions de chômeurs comptés par Pôle Emploi. Il faut les ajouter aux 2,7 millions recensés tous les trois mois par l'Insee. Ce qui revient à 4,2 millions de chômeurs.

C'est sans compter les personnes en sous-emploi. C'est une couche de la population qui s'ajouter au halo du chômage : ce sont les catégories B et C de Pôle Emploi. Parmi elles, du temps partiel subi, des personnes qui aimeraient travailler davantage. On en compte 1,7 million, en augmentation très régulière.

En bref


Le nombre de contrats de plus de six mois est en hausse. Sur un an, la part des offres publiées par Pôle Emploi portant sur des contrats de plus de six mois augmente de 2,7 %.

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Jeu 18 Jan 2018 - 20:31


Carrières précaires : les femmes deux fois plus touchées que les hommes
Grégoire Normand La Tribune 18/01/2018


Selon l'étude, "les personnes ayant connu la précarité acceptent des emplois moins bien rémunérés".
(Crédits : REUTERS)

Citation :
Les femmes aux parcours professionnels chaotiques déclarent "avoir le sentiment d'être exploitées" et "devoir faire des choses qu'elles désapprouvent" selon une enquête du ministère du Travail. Ce document alarmant met en exergue les inégalités persistantes entre les hommes et les femmes dans le monde du travail actuel.

Les conséquences des parcours professionnels tortueux peuvent être terribles. Dans une étude publiée ce mercredi 17 janvier, le service statistique du ministère du Travail a indiqué que, à profession identique, "les salariés ayant eu une carrière « précaire » connaissent de fortes exigences émotionnelles et un manque de reconnaissance dans leur emploi actuel". Ce constat alarmant concerne particulièrement les actifs ayant connu un déclassement ou des aléas de parcours.

Les femmes fortement touchées par la précarité

D'après les résultats obtenus par les auteurs de l'enquête, 26,6% des salariés en France ont connu des périodes de chômage et d'inactivité de longue durée, des carrières descendantes et des changements d'emploi. Dans ce groupe de salariés, les femmes sont fortement marquées par la précarité. Elles seraient 62% à avoir connu ce type de trajectoire contre 32% des hommes. "Les parcours précaires concernent plus souvent des personnes peu diplômées et ayant une santé altérée" ajoutent les auteurs.

À l'inverse, 35,4% des salariés ont connu des parcours stables. Ils correspondent aux carrières stationnaires des cadres et des professions intermédiaires, mais aussi "des ouvriers et des employés qui changent peu ou pas d'emploi et ne subissent pas d'aléas de carrière". Le profil de ces salariés se caractérise par des niveaux de diplômes intermédiaires ou élevés (au minimum bac +2). 40% d'entre eux ont ce niveau contre 35% pour l'ensemble de la population. Les hommes connaissent plus souvent des carrières stables que les femmes (55% contre 45%). Les postes occupés se situent souvent dans des services d'études, de recherche et développement, d'enseignement, dans des entreprises de plus de 500 salariés, plus souvent du secteur de l'industrie.

Enfin, 38% des salariés connaissent des trajectoires professionnelles dynamiques. Cela correspond à des carrières "avec des promotions peu linéaires et très instables de personnes changeant souvent d'emploi pour progresser professionnellement."  Les actifs ayant ce type de parcours occupent des postes liés au commerce ou au secrétariat et à la comptabilité. "Les hommes y sont plus nombreux que les femmes et  les salariés y sont plus jeunes que la moyenne."

Des salariés précaires plus exposés

Les salariés aux carrières précaires souffrent davantage que les autres d'"un manque de reconnaissance" au travail, qu'il s'agisse de "gratifications symboliques" (marques de respect et d'estime) ou de leur rémunération. Ils sont également plus souvent "victimes de déclassement professionnel" en exerçant une profession ne correspondant pas bien "à leur formation". Ils déclarent également être plus exposés aux risques psychosociaux que ceux aux carrières stables

Les hommes aux carrières précaires regrettent "un manque d'autonomie". Ils déclarent ne pas pouvoir utiliser pleinement leurs compétences dans leur travail ou ne pas pouvoir organiser leur travail de la manière qui convient le mieux. Ils indiquent subir "une plus forte pénibilité physique" que les autres salariés ("mouvements douloureux ou fatigants", contact avec des produits dangereux, port de charges lourdes, postures pénibles...).

Les femmes aux carrières précaires déplorent "une insécurité socio-économique" et ont plus souvent que les autres salariées le "sentiment d'être exploitées". Ces femmes se plaignent aussi davantage "d'avoir reçu des propositions à caractère sexuel, d'avoir été victimes d'une agression verbale de la part de l'entourage professionnel, de s'être entendu dire des choses obscènes ou dégradantes ou encore d'avoir subi un sabotage au travail". Des déclarations qui font écho à la multiplication des récents témoignages de femmes victimes de harcèlement dans le monde du travail, la sphère domestique ou dans l'espace public.

Les femmes aux carrières dynamiques "connaissent également des rapports sociaux au travail plus problématiques que les femmes aux parcours stables" : leurs relations avec leurs collègues sont plus souvent tendues et elles souffrent davantage de moqueries ou de comportements visant "à les ridiculiser".

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Jeu 1 Fév 2018 - 22:00


éternel retour du précaire public ?

Le gouvernement annonce un plan inédit de départs volontaires pour les fonctionnaires
et davantage de contractuels
L'Express-Entreprise, AFP, 01/02/2018


Le Premier ministre Edouard Philippe (d) et le ministre de l'Action publique Gérald Darmanin (g) tiennent une conférence de presse commune le 1er février 2018 à ParisLe Premier ministre Edouard Philippe (d) et le ministre de l'Action publique Gérald Darmanin (g) tiennent une conférence de presse commune le 1er février 2018 à Paris afp.com/JACQUES DEMARTHON

Citation :
Paris, 1 fév 2018 - Le gouvernement a lancé jeudi un pavé dans la mare en envisageant un plan de départs volontaires inédit pour les fonctionnaires afin d'accompagner la réforme de l'État, une nouvelle "attaque" qui a pris de court les syndicats.
Il s'agit d'"imaginer avec les agents publics un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir, en conséquence de la réforme de l'État", a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin devant la presse, au terme d'un comité interministériel ayant réuni une quinzaine de ministres.

M. Darmanin sera chargé, avec le secrétaire d'État Olivier Dussopt, d'une grande concertation avec les syndicats de la fonction publique, qui doit courir sur l'ensemble de l'année 2018 et traitera notamment de cette question.

Mais celle-ci s'annonce rude, plusieurs syndicats dénonçant déjà une "attaque" (CGT, Unsa), voire un "dynamitage de la fonction publique" (Solidaires).

"Nous avons affaire à un président de la République et à un gouvernement qui sont en train de s'attaquer frontalement à la fonction publique" pour "se conformer aux prévisions d'Emmanuel Macron de supprimer 120.000 emplois dans la fonction publique", a réagi Jean-Marc Canon (CGT, premier syndicat).

La CFDT (deuxième) s'est montrée plus prudente, réclamant de rencontrer le gouvernement très rapidement "pour discuter de ce qui est vraiment derrière ces annonces".

"Pour nous c'est une contradiction avec les principes de la fonction publique",
s'est ému auprès de l'AFP Luc Farré (Unsa, quatrième).

Selon une source gouvernementale, une partie des 700 millions d'euros du fonds pour la transformation de l'action publique, mis en place sur cinq ans par le gouvernement, pourrait financer ce plan de départs volontaires.

Depuis 2008, les fonctionnaires d'État peuvent bénéficier d'une indemnité de départ volontaire s'ils souhaitent démissionner, sous certaines conditions. Cette disposition a été étendue aux fonctionnaires territoriaux en 2009. Mais un plan de départs collectifs serait "inédit", selon les syndicats.

"Il faudra étudier si les possibilités déjà offertes suffisent, ou si elles doivent être réaménagées"
, indique-t-on à Bercy, tout en soulignant que ce sera l'un des objets de la concertation.

- 'Il faut bousculer' -  

Par ailleurs, Édouard Philippe a annoncé vouloir étendre "largement" le recours aux contractuels ne bénéficiant pas de l'emploi à vie, "notamment pour les métiers ne relevant pas d'une spécificité propre au service public".

"On ne répare pas un pays, on ne vise pas haut, sans avoir conscience qu'il faut parfois bousculer et modifier ces équilibres", a plaidé le Premier ministre, pour qui il faut "adapter", "assouplir" le statut de la fonction publique.  

Cette annonce intervient alors que huit des neuf syndicats représentatifs avaient au contraire réclamé ensemble fin janvier un "nouveau plan de titularisation" des contractuels, après celui de 2011 arrivé à échéance. Le gouvernement "propose exactement l'inverse", s'est indigné auprès de l'AFP Jean-Marc Canon.

Sur les cinq millions de fonctionnaires, environ 940.000 étaient contractuels à la fin 2015.  

Les discussions porteront en outre sur deux autres chantiers délicats: la simplification des instances représentatives du personnel et le développement d'une rémunération au "mérite".  

Toutes ces annonces interviennent dans un climat déjà tendu entre le gouvernement et les syndicats, qui avaient tous manifesté le 10 octobre, notamment contre le gel du point d'indice et le rétablissement du jour de carence. Ceux-ci doivent se réunir mardi pour décider d'une nouvelle journée de mobilisation.

Le Premier ministre a par ailleurs confirmé une réforme déjà évoquée par Emmanuel Macron: les diplômés de l'ENA issus des grands corps seront désormais affectés, deux ans après leur sortie de l'école, aux "projets prioritaires" de l'exécutif.

Autre mesure: dans toutes les administrations qui accueillent du public (écoles, tribunaux, hôpitaux, CAF...) des indicateurs de résultats et de qualité de service prenant en compte la satisfaction des usagers seront rendus publics fin 2018.

Le Premier ministre a également réaffirmé l'objectif de rendre toutes les démarches administratives accessibles en ligne d'ici 2022.

Parallèlement à ces propositions, un comité d'experts, baptisé CAP 22, dont les syndicats ne font pas partie, travaille à trouver des pistes d'économies et de réformes. Ses préconisations sont attendues pour fin mars, comme le résultat d'une consultation en ligne auprès des agents et des usagers.

Un deuxième comité interministériel se tiendra en avril.

pour mémoire, l'État français eut recours à une embauche massive de contractuels (non-titulaires) au début des années 70, vague dont je fus au Ministère de l'Équipement en 1975. Statuts "comme dans le privé", et selon les cas, des primes atteignant plus ou moins celles de fonctionnaires, avec les mêmes "avantages" santé-retraite que dans le 'régime général'

ce recrutement de non-titulaires a été stoppé par une loi de titularisation à l'arrivée de Mitterrand au pouvoir (1982-84 Ministres Anicet Le Pors PCF puis Jean Le Garrec PS), qui pour les catégories A n'a été mise en œuvre (décrets d'application) qu'au début des années 90, suite à une mise en demeure orchestrée par la CFDT, mal vue par FO, bastion de l'accession à la FP par concours : des 'agent.e.s' ayant bossé depuis 30 ans et assumant le même boulot que les fonctionnaires devaient prouver par un examen leurs "compétences"

en vérité l'État a contourné l'interdit de recrutement... en recrutant des contractuels nx3ans, ou pire, par des contrats annuels non reconductibles, puisque cela l'aurait contraint à des augmentations de salaires (même phénomène que dans le privé, l'automobile etc.)

l'année où j'ai quitté le ministère, toujours non-titulaire après 37 ans de service, j'ai rassuré mes jeunes collègues fonctionnaires :
« Ne vous inquiétez pas, d'ici à votre retraite, il n'y aura plus de Fonction publique »

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 3 Fév 2018 - 12:00


Explosion du travail au noir en Italie
France Info 1 février 2018

Malgré la réforme du "Jobs Act" de Matteo Renzi, supposée créer des Contrats à Durée Indéterminée et diminuer l'emploi précaire, le travail au noir n'a fait que se développer ces dernières années en Italie.


Citation :
Une étude menée par le Censis pour Confcooperative entre 2012 et 2015 montre une augmentation exponentielle du travail au noir en Italie. Alors que le nombre de travailleurs réguliers a chuté de 2,1% sur cette période, l’emploi non-déclaré a gagné 6,3%.

De 2012 à 2015, le nombre de travailleurs non déclarés en Italie a augmenté de 200 000, atteignant le nombre record de 3 300 000, autant de travailleurs sans couverture sociale et rémunérés deux fois moins qu’ils le seraient en étant déclarés : en moyenne 8,1€ de l’heure au lieu de 16€/h.

Une telle augmentation pose problème car elle contribue à un manque à gagner fiscale inédite, ayant atteint 107,7 milliards d’euros.

Le secteur du travail à domicile reste le plus concerné

Avec 60% de travail au noir dans ce secteur, les métiers d’auxiliaire de vie et d’aide-ménagère à domicile restent les plus concernés, ce qui représente une augmentation de 4% en trois ans. Sont également concernés les métiers agricoles, artistiques et du divertissement à hauteur de près de 23%, l’hôtellerie et la restauration pour 17,7% et la construction ouvrière pour 16,1%.

L’Italie du Sud – le lien entre précarité et travail au noir

L’étude souligne également que les régions les plus touchées par ce phénomène sont les régions du sud de l’Italie (voir ci-dessous).


Ces régions étant les plus touchées par la crise, Francesco Seghezzi, directeur de la Fondation Adapt, juge le développement du travail au noir compréhensible par nécessité de survie. Le Président de la Confédération Coopérative Italienne Maurizio Gardini ajoute qu’il faut distinguer les deux principales raisons de ne pas déclarer ses employés. Dans le cadre des familles avec peu de moyens employant des auxiliaires de vie pour leurs proches, le travail au noir est une « nécessité ». Au contraire, il le déclare inacceptable pour des entreprises qui emploient au noir dans le but de multiplier le profit, cette concurrence déloyale défavorisant les entreprises qui paient les taxes et rémunèrent leurs employés au salaire légal.

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mar 13 Fév 2018 - 13:44


article significatif à la fois d'une réalité sociale et d'une approche sociologique des classes, sans parler des "solutions" proposées. Trois témoignages suivent l'article, sans doute plus intéressants


Précariat : l'émergence d'une nouvelle classe sociale
Marjolaine Koch Témoignage chrétien 30 Janvier 2018

Contraction de précarité et de prolétariat, le mot précariat désigne un mode de vie insécure, qui pèse sur ses membres de plusieurs façons : difficulté à épargner, à se loger, à financer les études des enfants, sa retraite… Ce nouveau statut s’installe durablement dans nos sociétés et appelle un accompagnement social et pérenne.Il a connu toutes les situations.


Citation :
Journaliste pigiste, intermittent du spectacle, vendeur dans toutes les enseignes de zone commerciale, inventoriste, démonstrateur de produits et même… député. Michel Pouzol, député PS de l’Essonne au cours de la dernière mandature, pourrait être l’emblème du précariat. De situation incertaine en situation instable, il a connu le pire lorsque, avec sa femme, ses deux enfants et leur bébé à naître, ils ont emménagé dans un cabanon de jardin ouvert aux quatre vents à Brétigny-sur-Orge. La sensation de ne jamais sortir la tête de l’eau, de courir après les contrats ou les dossiers pour toucher des aides, il connaît par cœur.

En France, 3,4 millions de personnes ont un statut précaire. Si l’on ajoute les chômeurs et les « découragés », qui ne sont même plus inscrits sur les registres de Pôle emploi, l’Observatoire des inégalités estime que la France compte un quart de personnes touchées par le précariat. Ajoutez à cette population de travailleurs pauvres une autre catégorie, les entrepreneurs et artisans indépendants, eux aussi touchés par le précariat du fait de l’inexistence de filets de sécurité, et on arrive à quelque 10 millions de Français concernés…

Qu’elles enchaînent les emplois temporaires ou qu’elles lancent leur affaire, les personnes touchées par le précariat ont un point commun : cette sensation permanente d’insécurité. Ni sécurité de l’emploi, ni protection contre les maladies ou accidents du travail, ni remise à niveau par la formation et évidemment, pas de sécurité du revenu. En entrant dans le précariat, « vous avez droit à la triple peine, estime l’ex-député : pas de CDI, du temps partiel et des conditions de travail extrêmement difficiles ».

L’économiste Gregory Verdugo démontrait dans son dernier livre, Les Nouvelles Inégalités du travail*, la mue en cours dans le marché du travail : depuis trente ans, les pays développés connaissent à la fois une forte croissance des emplois qualifiés et une hausse des emplois très peu qualifiés. Un véritable phénomène structurel qui conduit à une polarisation et à un amenuisement notable des perspectives d’évolution. « La catégorie moyenne d’emploi est peu à peu détruite, alors même que les emplois peu payés, comme le service à la personne, sont en plein essor », décrit l’économiste. Cette polarisation réduit à peau de chagrin les perspectives d’évolution. La vie de prolétaire, sans CDI, devient précaire et mène au précariat. Le précariat devient un véritable sujet de société : en 2016, la très secrète conférence Bilderberg, qui réunit les plus influents défenseurs du capitalisme, a choisi de traiter ce thème.

Car les difficultés du précariat ne se limitent pas au travail, elles influent sur tout le quotidien. « L’énergie à déployer pour décrocher des aides est phénoménale, raconte Michel Pouzol. J’ai dû voir six ou sept assistantes sociales. Vous faites les démarches pour le RSA, puis pour la CMU, puis pour les APL, sans oublier de se renseigner sur les aides locales, départementales… il faut faire un dossier partout. Les pièces administratives sont à peu près toujours les mêmes, sauf qu’il en manque toujours une ; vous passez votre temps à chercher des papiers, à faire des photocopies… Au lieu de faire circuler le dossier, on fait circuler les allocataires. » Et l’ex-député de regretter le taux de non-recours qui découle de cette complexité administrative : selon une estimation menée en septembre 2016 pour le compte de l’Assemblée nationale, 36 % des personnes qui ont droit au RSA n’effectuent pas les démarches, et 21 à 34 % des personnes éligibles à la couverture maladie universelle s’en passent. Au point que Bercy, dans le calcul de ses budgets, a intégré ces chiffres. Une découverte qui a provoqué la colère de Michel Pouzol : « Le député Christophe Sirugue travaillait sur une simplification du RSA d’activité, qui est un complément de salaire pour tous ceux qui gagnent moins d’1,5 SMIC. En réalité, environ 70 % de ceux qui y ont droit ne le demandent pas. Quand Christophe Sirugue nous a présenté la version simplifiée du versement du RSA, il affichait un plan de 5 milliards d’euros. Cela m’a étonné, car le chiffre aurait dû être de 10 milliards. Sirugue m’a répondu que Bercy tablait sur un taux de non-recours de 50 %. J’étais fou : on fait des économies sur le dos des plus pauvres ! »

Pâtir d’un quotidien chronophage composé de course à l’aide publique, de course à l’emploi et de quelques heures de travail grappillées aléatoirement ne permet pas de penser à l’avenir. Pour l’économiste Guy Standing, auteur d’un ouvrage sur le précariat**, les systèmes de protection ont été structurés de manière sciemment complexes, générant stress, stigmatisation et perte de temps. Un temps qui pourrait être consacré à la formation. Les syndicats ont planché sur des formules qui permettraient de concilier flexibilité, garantie et sécurité : à la CFDT, ce plan s’appelle « sécurisation des trajectoires professionnelles » ; avec des nuances, la CGT le nomme « sécurité sociale professionnelle ». Dans les deux cas, l’idée consiste à attacher des droits qui assurent une sécurité au travailleur, qu’il soit titulaire ou non, et que ses droits au chômage soient ouverts ou non, certains ne cotisant pas assez pour pouvoir y prétendre.

Cette classe sociale qui émerge n’est pas homogène. Pour certains, la situation est subie. Pour d’autres, il s’agit d’échapper au monde travailliste du XXe siècle, qui n’a rien d’attirant. Est-il possible d’imaginer une troisième voie, qui assure une liberté à ceux qui refusent de se couler dans le moule ou ne peuvent le faire tout en leur offrant une sécurité de base ? Les adhérents au précariat de plein gré, ceux qui refusent une vie axée sur huit heures de travail quotidien, doivent-ils être punis de leur choix ? « Au début du XIXe siècle, les romantiques radicaux ont demandé de nouvelles libertés. Quant au début du XXe siècle, il a connu une véritable éruption d’idées progressistes visant à accroître la liberté du prolétariat industriel. Cette fois, il est déjà tard mais, du fait de la discréditation du travaillisme et de la faillite morale de la mondialisation néolibérale, tous ceux qui souhaitent une émancipation égalitaire focalisée sur le précariat peuvent raisonnablement reprendre espoir », écrit Guy Standing. Un espoir sous forme de revenu universel ? La solution infuse doucement notre société.

Benoît Hamon s’en est fait le chantre, lors de la dernière campagne électorale. À ses côtés, Michel Pouzol, fervent défenseur de l’idée. Le revenu de base, ou universel, serait un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué à tous les citoyens, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Le montant pourrait se situer entre 500 et 1 000 €. Si l’idée peut paraître folle ou saugrenue, Michel Pouzol la défend fermement : « Oui, on distribuerait le même revenu à tous, même aux plus riches. Quand Mme Bettencourt allait chez le pharmacien, elle se faisait rembourser au même titre que vous ! » Mais, surtout, l’ex-député voit dans cette solution une manière de libérer les énergies. « Les premiers à avoir réagi à la proposition de Benoît Hamon sont de jeunes startupers ! Finies les démarches, les demandes, les contrôles : le temps est important quand on est en difficulté. Imaginez un revenu qui, en plus, ne permet plus de savoir quelle est votre place dans la production de richesses du pays : vous n’êtes plus stigmatisé ! » Cette solution demande de remettre à plat le rapport au travail. Il deviendrait possible de multiplier les expériences professionnelles, mais aussi de prendre du temps pour des activités non rémunératrices à titre individuel mais génératrices de richesses pour la société. Une autre manière d’envisager le monde et le vivre-ensemble.

Fin novembre, huit présidents de conseils départementaux annonçaient leurs travaux préparatifs en vue d’appliquer le revenu de base sur leur territoire. « La réflexion autour du revenu de base […] questionne tant les projets de vie que les rapports sociaux », écrivent-ils***. « Le RSA échoue à vaincre la pauvreté […] et suscite la stigmatisation de ceux qui le perçoivent. […] Nous voulons innover socialement et redonner du sens à un projet de société. » Ces huit élus se donnent un an pour élaborer un modèle crédible et lancer ce revenu. Pour Michel Pouzol, aucun doute, « la question n’est plus de savoir si le revenu universel sera adopté, mais quand ! »

* Gregory Verdugo, Les Nouvelles Inégalités du travail, Les Presses de Science Po.
** Guy Standing, Le Précariat, les dangers d’une nouvelle classe, Éditions de l’Opportun.
*** Tribune parue dans le JDD du 26 novembre 2017.

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Hier à 10:14


évolution CDD/CDI en France

Les 10 chiffres qui montrent la métamorphose du marché du travail depuis 25 ans
Marc Landré Le Figaro 22/06/2018

Le ministère du Travail vient de publier une étude se penchant sur l'évolution des embauches et des ruptures en CDI et CDD depuis 25 ans en France. De quoi casser quelques idées reçues bien ancrées, y compris dans les plus hautes sphères de l'État.

Citation :
On entend tout et son contraire sur le marché du travail hexagonal: qu'il est rigide, non fluide, dual, qu'il est impossible de licencier, que les salariés ne démissionnent plus parce que les ruptures conventionnelles ont tout mangé, que les entreprises ne recrutent qu'en CDD et plus en CDI... C'est d'ailleurs ce qui poussent les économistes et les pouvoirs publics à multiplier les réformes pour introduire/inventer -c'est la tendance de ces 15 dernières années- une forme/sorte de flexisécurité à la française, inspirée des pays nordiques. Pour y voir clair, le service statistique du ministère du Travail (dares) vient de publier une très intéressante étude intitulée « CDD, CDI: comment évoluent les embauches et les ruptures depuis 25 ans ? ». Une étude qu'il est possible de résumer en 10 chiffres clés et qui permettent de casser quelques idées reçues, y compris dans les plus hautes sphères de l'État...

1/ La part des personnes en CDI (hors intérim) dans l'économie n'a pratiquement pas évolué depuis le début des années 1980 en France. Elle est passée de 94% en 1982 exactement après la victoire de François Mitterrand à la présidentielle un an plus tôt à 88% en 2017. Ce qui revient à dire que, peu ou prou depuis 35 ans, neuf salariés sur dix sont en CDI.

2/ La part des embauches en CDD (dans les embauches totales) a certes progressé depuis le début des années 1990 mais elle n'a pas explosé comme il est souvent indiqué. Elle est ainsi passée de 76% en 1993 (soit trois sur quatre, déjà) à 87% en 2017 (soit près de neuf sur dix). Le taux a beau être impressionnant, il n'a rien en évolution du raz-de-marée dont les politiques abreuvent régulièrement l'opinion.

3/ Le taux d'entrée en CDD (c'est-à-dire le rapport entre les embauches en CDD et les effectifs de l'établissement) a quant à lui bel et bien explosé et montre parfaitement un changement important de comportement d'embauche. Ainsi, relève la Dares, «depuis 1993, ce ratio est multiplié par plus de 4 pour les établissements de plus de 50 salariés, passant de 20,5% en 1993 à 84% en 2017». Une hausse qui s'est déroulée en deux temps: d'une façon modérée de 1993 à 2000, plus exponentielle par la suite.

4/ La durée moyenne des CDD a quant à elle été divisée par un peu plus de deux depuis le début du millénaire, passant de 112 jours en 2001 à 46 jours en 2017.

5/ La part des contrats de moins d'un mois a augmenté tendanciellement sur la période, passant de 57% des CDD en 1998 à 83% en 2017. Dans ce lot, la part des contrats d'une seule journée s'est accrue de manière exponentielle en passant de 8% en 2001 à 30% des CDD en 2017. Ce qui revient à dire que près d'un tiers des CDD signés chaque année en France sont de moins d'une journée!

6/ La multiplication des recrutements en CDD très courts n'est pas généralisable à l'ensemble de l'économie, bien au contraire. Dans l'industrie et la construction, note la Dares, la part des CDD très courts dans les établissements de plus de 50 salariés a ainsi diminué entre 1998 et 2017, respectivement de 40,6% à 32,4% pour les premiers et de 32,9% à 21,9% pour les seconds.

7/ À l'inverse, la part des CDD très courts dans les établissements de plus de 50 salariés a fortement augmenté dans les services où la part des personnes signant uniquement des contrats d'une durée inférieure à un mois sur un trimestre avoisine les 40%. Elle est ainsi passée de 60% au milieu des années 1990 à plus de 80% aujourd'hui.

8/ Si les démissions représentent toujours aujourd'hui, et de loin, le premier motif de rupture anticipée de contrat le plus fréquent (40% en 2017, devant les fins de période d'essai et les licenciements pour motif personnel), la part des licenciements économiques s'est littéralement effondrée, passant d'environ 20% des fins de contrat en 1993 à 5% à partir des années 2000 et même moins de 2% en 2017. Une baisse plutôt de nature structurelle, note le ministère du Travail, qui s'explique notamment par le changement de comportement des entreprises qui utilisent des modes de fins de contrat plus diversifiés, et notamment la rupture conventionnelle.

9/ Les ruptures conventionnelles, introduites en 2008 dans le Code du travail et dont plus de 400.000 sont homologuées chaque année désormais par les services du ministère du travail, «se seraient avant tout substituées à des démissions de CDI (environ 75% entre 2012 et 2017) et, dans une moindre mesure, à des licenciements économiques (entre 10 et 20%). Les 5 à 15% des ruptures conventionnelles restantes seraient des ruptures de contrat qui n'auraient peut-être pas eu lieu sans l'introduction du dispositif», note la Dares.

10/ Le taux de rotation de la main-d'œuvre, défini comme la moyenne des taux d'entrée et de sortie, présente enfin une forte tendance à la hausse depuis 25 ans, puisqu'il s'établit à 95,8% en 2017 pour l'ensemble des établissements de plus de 50 salariés, contre 28,7% en 1993.

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