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 "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail

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vlad2.
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MessageSujet: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Lun 25 Mai - 19:29


La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?

Laurence Parisot, Medef

déplacé par Admin d'un post de vlad2. je me permets de créer un sujet, qui manquait, et d'emprunter le titre à Roland Simon, à peine détourné. Source : Fondements critiques d’une théorie de la révolution Senonevero, 2001


Roland Simon a écrit:
[le travail est définit le chômage], ou du moins par le précariat, davantage que par le salariat : élément fondamental de l'entrée dans ce cycle de luttes, [du capitalisme ] en subsomption réelle

L'écart R.S. Meeting Revue Internationale pour la Communisation, 10 avril 2005


AVERTISSEMENT : les articles et textes de ce sujet relèvent de critiques du travail de contenus théoriques différents. Pour les situer relativement à une critique radicale du capitalisme : Pour en finir avec la critique du travail Théorie Communiste L'@NGLEMORT décembre 2003


Arnaud Lefebvre/AFP/OIT a écrit:

Seuls 25% de tous les travailleurs du monde ont un emploi stable Arnaud Lefebvre, 21 mai 2015

Selon une étude annuelle sur l’emploi réalisée par l’Organisation internationale du travail (OIT), seul un travailleur sur quatre du monde a un emploi stable, rapporte l’AFP.
 
Ce rapport intitulé « Emploi et questions sociales dans le monde 2015 » qui couvre 180 pays, soit 84% de la population mondiale, montre que 75% des travailleurs ont des contrats temporaires ou de courte durée, des emplois informels souvent sans contrat ou des emplois familiaux sans revenus.

« Ces tendances émergentes sont aussi le reflet de l’insécurité généralisée qui touche aujourd’hui beaucoup de travailleurs dans le monde», explique le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

En outre, cette étude indique que « plus de 60% des travailleurs sont privés de tout contrat de travail, la plupart d’entre eux étant établis à leur compte ou contribuant au travail familial dans les pays en développement ». Toutefois, même parmi les travailleurs salariés, seuls 42% travaillent dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée.

Selon ce rapport, l’emploi salarié ne représente que la moitié de l’emploi global. On constate également de fortes disparités entre les régions du monde. Au sein des économies développées et en Europe centrale et du Sud-Est, près de huit travailleurs sur dix sont employés alors que dans le sud de l’Asie et en Afrique subsaharienne, seuls deux travailleurs sur dix sont des employées.  

« Le tournant que nous observons de la relation d’emploi traditionnelle vers des formes d’emploi plus atypiques s’accompagne souvent d’une hausse des inégalités et du taux de pauvreté dans de nombreux pays», indique également M. Ryder.

Durant les dix dernières années, les différences de revenus entre les travailleurs titulaires de contrats permanents et les employés intérimaires se sont accentuées. Par exemple, en Uruguay, cet écart est de 65%, tandis qu’aux Philippines, il est de 43%.

Les auteurs du rapport exhortent les Etats à renforcer leur législation afin de protéger les travailleurs contre les traitements injustes ou arbitraires. D’un point de vue global, « les lois sur la protection de l’emploi ont été progressivement renforcées au fil du temps, une tendance qui est courante à travers les pays et les régions ». Toutefois, en Europe, la protection des travailleurs a diminué de manière générale à partir de 2008, lorsqu’a débuté la crise financière. Cette crise a provoqué une hausse du travail à temps partiel, surtout chez les femmes, entre 2008 et 2013.

Les auteurs du rapport constatent cependant une amélioration en ce qui concerne le nombre de salariés vivant sous le seuil de pauvreté. Il y a 20 ans, la moitié des travailleurs dans le monde gagnait moins de deux dollars par jour alors qu’en 2014, ce pourcentage atteignait 25%. Néanmoins, en 2014, 10% des travailleurs dans le monde ont gagné un salaire inférieur à 1,25 dollar par jour.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Dim 5 Juil - 8:41


« La révolte consiste à refuser de se laisser gouverner par des institutions

Max Stirner - 1806-1856



sondage 2013 ou 2014 ?
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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Lun 17 Aoû - 13:20

message déplacé

vlad2 a écrit:
Fin du paradigme occidental :

David, stagiaire non rémunéré à l'ONU le jour, SDF la nuit jeudi 13 août 2015

RT a écrit:
Ce jeune néo-zélandais de 22 ans, avait décroché le Graal en matière de stage. Mais c'était pour rapidement déchanter devant les conditions de précarité qui l'attendaient à Genève. Contraint de dormir sous une tente, il a décidé de jeter l'éponge.

En costume bleu marine, il semble presque déplacé devant sa tente bleue et son attirail composé de réchaud et de sac de couchage. Car David Hyde n'est pas campeur mais stagiaire précaire au siège de l'ONU situé à Genève.

A son actif, un joli parcours de diplômé en relations internationales et en sciences politiques que le stage dans la prestigieuse organisation aurait conclu avec brio.

Seulement, dés le début les conditions posées par l'organisation internationale était claires: aucune rémunération, aucune aide, ni au transport, ni au logement ou aux soins médicaux.

Les loyers de la ville de Genève se sont vite révélés inabordables pour le jeune étudiant qui a dû alors se résoudre à dormir sous une tente face au lac de Genève.

Si son témoignage a provoqué un élan de générosité, David Hyde s'est résigné. Épuisé, il vient de donner sa démission.

La situation était intenable et injuste pour le jeune homme qui estime que seuls les plus fortunés peuvent s'assurer un stage dans des conditions dignes. A cela s'ajoute les statuts de l'ONU qui empêchent tout emploi durant les six mois qui suivent un stage. L'ONU se défend en invoquant une résolution qui prévoit la non-rémunération des stagiaires.

Même la Geneva Interns Association (GIA) a dénoncé l'incohérence de l'ONU qui promeut des valeurs de non-discrimination et de diversité, «mais qui ne les applique pas à son personnel». Selon l'association, 68,5% des stagiaires de l'ONU n'étaient pas rémunérés en 2013.

Un diagnostic que fait également l'association française Génération Précaire qui s'est faite connaître par ses actions contre le recours abusif par certaines entreprises au stagiaire. Ophélie, responsable de l'association explique ainsi à RT France: «Les stagiaires sont devenus pour beaucoup d'organisation ou entreprise une armée de réserve corvéable à merci. Le stage n'est plus désormais un tremplin vers l'emploi et est même parfois un frein puisque les entreprises préfèrent utiliser un stagiaire plutôt que d'embaucher un employé».

Un système également dénoncé par le mouvement «pay your interns», littéralement «payez vos stagiaires» qui entend dénoncer la gratuité des stages. La plate-forme en ligne, pour laquelle «Unpaid is Unfair» (ne pas payer est injuste), dénonce un système d'exploitation.

Ophélie, de Génération Précaire se souvient ainsi que pour sa part, elle a dû s'endetter pour cinq ans afin de pouvoir faire son stage sans rémunération à l'étranger. Un autre membre de l'association, passé également par un stage à l'ONU, a mis sept ans pour rembourser son prêt contracté pour l'occasion. «Le stage est devenu une machine à écraser les pauvres. Les organisations internationales ne font pas mieux que les entreprises. Certaines comme l'Organisation Internationale du Travail conditionnent l'acceptation du candidat à ce qu'il ait les moyens de financer tout son stage par lui-seul, même si concrètement, il va travailler. Ces organisations comptent sur l'aspect prestigieux du stage en leur sein pour ne pas payer les jeunes».

Un investissement d'autant plus illusoire que selon les chiffres de Génération précaire, moins de 10% des stages débouchent sur un emploi.

Quoiqu'il en soit, philosophe, David Hyde a décidé de retourner en Nouvelle-Zélande. Mais avant de partir, il atenu à rappeler que l'ONU contrevient à sa propre déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 dans la façon qu'a l'organisation de traiter ses stagiaires. L'article 23 l'énonce clairement: «Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal».

Un article à méditer sans doute dans le Palais des Nations...

http://francais.rt.com/international/5571-david-stagiaire-onu-demission  




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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Jeu 29 Oct - 6:35

Le marché du travail de plus en plus précaire 28 octobre 2015 |  Par Rachida El Azzouzi

L'Insee publie sa photographie du marché du travail en 2014. Elle est noire, comme les précédentes.


Citation :
Chaque année, l’Institut national de la statistique et des études économiques 3 (Insee) livre « une photographie » du marché du travail de l’exercice écoulé. Un panorama de la crise, de ses effets sur l'emploi, sur une année. Celui de 2014 vient de tomber et il est comme les précédents : sombre. On y découvre l’ampleur des conséquences de la crise de 2008 et des politiques d’austérité conduites depuis. On y mesure la précarisation galopante du marché du travail, le fort sous-emploi chez les femmes et les jeunes qui voudraient travailler plus mais doivent se contenter de miettes de boulot. On y constate l’ampleur du chômage qui ne connaît pas la baisse. En hausse chez les jeunes, il est de longue durée chez les seniors quand ces derniers ne sortent pas découragés des statistiques du chômage au sens du BIT (Bureau international du travail) 3. C’est la définition sur laquelle s'appuie l'Insee qui a des méthodes de calcul radicalement différentes de Pôle Emploi.

Voici les grandes tendances extraites de cette note à télécharger ici.

Chômage toujours aussi fort                      

En France métropolitaine, le chômage concerne 9,9 % des actifs en moyenne en 2014, comme en 2013. Depuis 2012, le taux de chômage des hommes est plus élevé que celui des femmes, et l’écart s’accroît en 2014. Plus fréquent chez les jeunes actifs de moins de 25 ans, le chômage est plus durable chez leurs aînés, notamment chez les seniors, dont plus de six sur dix sont au chômage depuis plus d’un an. En ajoutant les chômeurs au « halo » autour du chômage, en 2014, plus de 4,2 millions de personnes sont sans emploi et souhaitent travailler, soit 100 000 personnes de plus en un an. En incluant les départements d’outre-mer, à l’exception de Mayotte, le taux de chômage s’élève à 10,3 % en 2014 et le nombre de personnes sans emploi souhaitant travailler à 4,5 millions.


Le chômage de longue durée sévit chez les seniors

En moyenne en 2014, la part des personnes au chômage depuis un an ou plus parmi l’ensemble des chômeurs en France métropolitaine s’élève à 42,4 %. Ces chômeurs, dits « de longue durée », représentent 4,2 % de l’ensemble de la population active. Ce taux avait atteint en 2008 son plus bas niveau depuis le début des années 2000 (à 2,6 %) et n’a pas cessé de croître depuis, augmentant de 1,6 point en l’espace de six ans (dont 0,2 point en 2014). Près de la moitié des chômeurs de longue durée sont au chômage depuis au moins 2 ans. Le taux de chômage, dit « de très longue durée », s’élève ainsi à 2,1 % en 2014, en forte progression depuis le début de la crise (+ 0,8 point depuis 2008, + 0,1 point depuis 2013).        

Plus fréquent chez les jeunes, le chômage est de plus longue durée pour les seniors. Sur dix chômeurs âgés de 50 ans ou plus, six le sont depuis au moins un an, contre quatre sur dix parmi les 25-49 ans et seulement trois sur dix pour les moins de 25 ans. Par ailleurs, les moins diplômés et les moins qualifiés sont les plus concernés par le chômage de longue durée : 56 % des chômeurs non diplômés ou ayant un certificat d’études primaires sont au chômage depuis un an ou plus contre à peine un sur trois pour les diplômés de niveau supérieur ou égal à bac+2.




Le sous-emploi toujours aussi fort    

1,64 million de personnes sont en situation de sous-emploi en 2014, soit 6,4 % des actifs occupés, part en léger recul sur un an (– 0,1 point). Il s’agit majoritairement de personnes en emploi à temps partiel souhaitant travailler davantage et disponibles pour le faire (1,57 million de personnes, dont près d’un quart recherchent activement un nouvel emploi), mais aussi de personnes en emploi, à temps partiel ou complet, connaissant une période de chômage technique ou partiel (70 000 personnes). Le sous-emploi affecte surtout les femmes, celles-ci occupant près de 4 emplois à temps partiel sur 5, les jeunes et les professions non qualifiées : respectivement 9,5 % des femmes, près de 12 % des moins de 25 ans et 15 % des ouvriers et employés non qualifiés sont en situation de sous-emploi.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mer 4 Nov - 8:37



Le marché du travail français, en dix chiffres clés Anne de Guigné 28/10/2015

Le taux de chômage en France entière était de 10,4% en 2014

LE SCAN ÉCO - L'Insee publie ce mercredi sa photographie annuelle du marché du travail, basée sur les chiffres de 2014. Sans surprise, elle apparaît très marquée par les cinq années de crise économique traversées par le pays. Le marché du travail apparaît de plus en plus précaire


Anne de Guigné a écrit:
En 2014, la France a connu un de ses pires millésimes sur le front de l'emploi. L'Insee, qui publie chaque trimestre les données du chômage au sens du BIT, publie ce mercredi une analyse approfondie du marché du travail français. Tour d'horizon des données les plus emblématiques. Sauf mention express, toutes les données concernent la France métropolitaine.

- Taux de chômage extrêmement élevé qui s'installe au dessus des 10% : 10,4% en France entière et 9,9% en France métropolitaine, contre respectivement 10,2% et 9,8%, un an plus tôt. Les hommes sont plus touchés que les femmes, avec un taux de chômage de 10,2% en France métropolitaine. En 2008, avant la récession, il était de 7,1%.

- Près d'un quart (23,4%) des 15 à 24 ans actifs se déclarent au chômage. Après trois années noires, les derniers chiffres de Pôle emploi de septembre laissent toutefois espérer que les multiples dispositifs de François Hollande commencent enfin à porter leurs fruits.

- 14,3% de taux de chômage chez les ouvriers. Ils restent, après les employés, la population la plus touchée par le cancer du chômage.

- 1,37 million de personnes classées comme inactives souhaitent pourtant travailler. Il s'agit du «halo du chômage».

- Le taux d'activité parmi les Français de plus de quinze ans atteint 56,3%. L'écart entre les hommes et les femmes continuent de se rapprocher doucement (61,2% contre 51,8 %, versus 62,6% et 50,5% en 2005).

- Le taux d'activité des 50-64 ans progresse à 63,1%, en raison du recul progressif de l'âge légal de départ à la retraite. Cinq ans plus tôt, il atteignait 56,5%.

- 11,5% des personnes occupant un emploi ne sont pas salariés. On observe une lente progression de cette catégorie (ils étaient 11,2% en 2013), notamment depuis l'entrée en vigueur du statut de l'autoentrepreneur.

- 49% des actifs occupés, et la majorité des salariés, sont ouvriers ou employés. Les emplois d'ouvriers qualifiés restent très majoritairement masculins, avec seulement 12% de femmes.

-18,9% des personnes en emploi travaillent à temps partiel, pour une durée moyenne de 23 heures par semaine. Ils étaient 18% en 2012.

- 1,64 million de personnes, soit 6,4% des actifs occupés, sont en sous-emploi. Il s'agit majoritairement de personnes en emploi à temps partiel, qui souhaiteraient travailler davantage.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 7 Nov - 7:50

Nouveaux Cahiers du socialisme n° 7, hiver 2012
Collectif d’analyse politique


Du prolétariat au précariat

Le travail dans l’ombre du capitalisme contemporain



PDF sommaire
Citation :
Les NCS : bref état des lieux 5
Dossier : Du prolétariat au précariat
• Introduction au dossier, Sid Ahmed Soussi et Pierre Beaudet 9
Chantiers théoriques
• Le travail en mutation, Maxime Ouellet 14
• Le droit à l’emploi, Michel Husson 32
• La réduction du temps de travail chez André Gorz,
Simon Tremblay-Pepin 40
• Capitalisme et aliénation, Louis Marion 45
• La nouvelle division internationale du travail face aux limites du
syndicalisme international, Sid Ahmed Soussi 55
Le travail aujourd’hui
• Délocalisation d’emplois : risques et perspectives, Philippe Hurteau 70
• La fin de la classe ouvrière ?, Pierre Beaudet 78
• La nouvelle grammaire de l’exclusion. Les travailleurs immigrants en
Allemagne, Frédérick Guillaume Dufour, Mélanie Beauregard
et Mathieu Forcier 85
• L’industrie du jeu vidéo, témoin de la transformation contemporaine
du travail, Marie-Josée Legault 94
• Paradoxes et défis du travail indépendant, Martine D’Amours 105
• Réduction de l’État à géométrie variable, Jean-noël Grenier et
Patrice Jalette 115
• Travailleuses domestiques, migrations et care, Judy Fudge 127
• Ateliers de misère en Chine, Ting Sheng Lin 131
Bilan de luttes
• Retrouver la mission politique du syndicalisme,
Entrevue avec Aldo Miguel Paolinelli, Gilles McMillan 139
• Syndicalisme et organisation des travailleurs atypiques, Yanick Noiseux 149
• Les chargéEs de cours sont-ils solubles dans le corps professoral ?,
Francis Lagacé 165
• La retraite qu’on veut, Jacques Fournier 171
• Réinventer le mouvement syndical, Entrevue avec Sam Gindin,
Thomas Chiasson-Le Bel 179
• Syndicalisme et internationalisme aux États-Unis, Thomas Collombat 191
• Résistances prolétariennes dans et au-delà de la crise, David McNally 199
• Le mouvement syndical international face aux enjeux Nord-Sud,
Sid Ahmed Soussi 205
Perspectives
• Philosophie et politique : les « Thèses sur Feuerbach » de Marx,
Gilles Labelle 215
• Les droites : un panorama historique et politique, Jean-Marc Piotte 225
Notes de lectures 237
Liste des contributeurs et contributrices 255


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 7 Nov - 7:54





La précarité gît au cœur du rapport salarial. Une perspective marxiste Bihr Alain

Résumé

Citation :
Un ensemble de représentations, tant savantes que vulgaires, considèrent aujourd’hui la précarité comme extérieure au rapport salarial, voire comme destinée à se substituer à lui. En reprenant l’essentiel des analyses de Marx à ce sujet, il s’agit ici au contraire de monter que la précarité est une dimension structurelle de ce rapport, relevant de la transformation de la force de travail en marchandise, du caractère marchand de la division capitaliste du travail social, de la dialectique d’invariance et de changement qui marque la reproduction du capital, tout comme du cours chaotique de cette dernière. L’article se conclut par une courte analyse des raisons de l’apparence de nouveauté des phénomènes de précarité dont sont dupes les représentations en question, qui tiennent tant aux effets persistants de la parenthèse historique qu’a constituée le fordisme que de l’oblitération actuelle dont est victime la pensée de Marx.


Sommaire

Citation :
Introduction
Deux nouveaux concepts (…)
La transformation de la (…)
La division marchande du (…)
La dialectique d’invariance
Le cours chaotique de la (…)
En guise de conclusion : (…)


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 7 Nov - 7:58

article d'Alain Bihr ci-dessus extrait de

N°4. Formes et figures de la précarité

Citation :
Partie thématique[/b]

Bihr Alain, La précarité gît au cœur du rapport salarial. Une perspective marxiste.
Brugvin Thierry, « Bonne gouvernance » : L’institutionnalisation mondiale de la précarité du travail.
Burgi Noëlle, De la précarité de l’emploi à la négation du vivant.
Caveng Rémy, La « liberté » des vacataires en instituts de sondages.
Le Lay Stéphane, Précarisation salariale et souffrance sociale : une transformation de la gouvernementalité des classes populaires.
Mahouche Bruno, Gestion de la main d’œuvre et insécurité professionnelle : l’exemple des employés du tri postal (1946-1980).
Péroumal Frédéric, L’insécurité sociale et professionnelle des agents de sécurité privée. « Note de recherche sur la construction sociologique d’un marché de la sous-traitance ».
Regnard-Drouot Cécile, Le creuset des infortunes : les violences comme conséquence de la précarité. Marseille 1851-1914.
Remy Jean-Marc, Extension du domaine de l’intermittence.
Vassilikou Catherine, Femmes immigrées en Grèce.

Des travaux et des jours

Gateau Matthieu, Militer pour Artisans du Monde et Max Havelaar. Etude de cas des acteurs associatifs et militants du commerce équitable dijonnais.
Plésiat Mathieu, Entre nation et négation, les enjeux de l’identité tsigane. Différentes approches du terrain de recherche en République tchèque.

Fiches techniques

Fugier Pascal, Les trois dimensions sociales de l’identité personnelle : réelle, symbolique et imaginaire (1).
Vieille-Marchiset Gilles, La Politique de la Ville : les enjeux d’une action publique conjointe.

Notes de lecture

Bihr Alain, Salvador Juan, Critique de la déraison évolutionniste. Animalisation de l’homme et processus de « civilisation ».
Fugier Pascal, Jacques Lacan, Les complexes familiaux dans la formation de l’individu.Essai d’analyse d’une fonction en psychologie.
Landrin Xavier, José Luis Moreno Pestaña, En devenant Foucault : sociogenèse d’un grand philosophe.
Pagès Alexandre, Brigitte Girard-Hainz, Rêves de ville. Récits d’une vie associative de quartier.
Schepens Florent, Régis Aubry (dir.), L’euthanasie et la mort désirée : questions pour la société et les soins palliatifs.
Ubbiali Georges, Jacques R. Pauwels, Le mythe de la bonne guerre. Les Etats-Unis et la Deuxième Guerre mondiale,.
 



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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 7 Nov - 8:13

même source

Dégradations du salariat et nouvelles figures du précariat Bouffartigues Paul

Résumé

Citation :
On s’intéresse ici à une de ses facettes des transformations du salariat. La dégradation des normes salariales est associée à l’émergence de nouvelles figures de travailleurs précaires, comme le « travailleur sans papiers » et le « travailleur précaire assisté ». On montre que cette dégradation des normes salariales dans un pays du Nord comme le nôtre est en rapport avec les implications des orientations actuelles de la mondialisation. A certaines conditions, les concepts de « précarité » et d’ « informalité » peuvent être éclairant. Ils ne doivent pas occulter les contradictions et résistance sociales dans lesquelles s’opère la détérioration de la condition salariale. On termine en élargissant le propos aux enjeux englobants de fragmentation/recomposition des classes populaires.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 7 Nov - 8:16



Le travail entre salariat et précariat Philippe Escande LE MONDE ECONOMIE 06.07.2015

Citation :
Des chauffeurs de taxi furieux renversent des voitures pour défendre leur profession. Des migrants s’échouent en masse sur les côtes pour trouver un emploi en Europe. En France, la prochaine élection présidentielle se jouera en grande partie sur le chômage. Partout la question du travail occupe les esprits et préoccupe les politiques.

Normal, depuis que les sociétés humaines se sont affranchies de l’esclavage, puis de la féodalité, qui reléguaient le travail aux couches basses de la société, cette notion s’est retrouvée au cœur de nos existences. Elle se déploie dans trois dimensions. Economique, bien sûr, on travaille pour subvenir à ses besoins, mais aussi sociale et philosophique. Un emploi est le plus sûr moyen de s’insérer dans une communauté et de trouver, le plus souvent, un sens à son existence.

C’est la raison pour laquelle le Cercle des économistes a choisi ce thème cette année pour ses rencontres d’Aix, qui se sont achevées dimanche 5 juillet. Avec une idée qui taraude les esprits en ce moment : sommes-nous à la veille d’un changement majeur du mode de travail, de sa répartition, de sa qualité ?

Révolution copernicienne

La situation européenne nous montre que le chômage n’est pas une fatalité. Des pays majeurs comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne sont retournés au plein-emploi après avoir connu des récessions plus profondes que celle de la France. Mais à quel prix ? Celui du développement de ce que l’on pourrait appeler le « précariat ». Ce travail aléatoire et faiblement rémunéré, souvent indépendant, qui a fait sortir de l’inactivité des millions d’individus. A l’inverse, les pays qui ont freiné ce mouvement vers les « mini-jobs » allemands ou les « contrats zéro heure » britanniques, comme la France ou l’Italie, continuent de connaître des taux de chômage à deux chiffres. Précarité et emploi contre stabilité et chômage.


La Grande-Bretagne a fait son choix, et va plus loin en revoyant entièrement le rôle de l’Etat. Chacun sa réponse. La France en trouvera une autre, plus conforme à son histoire, à sa culture. Il reste que, dans une économie ouverte et de croissance modérée, la précarité est la transition indispensable pour éradiquer le chômage de masse. Et, dans nos sociétés largement tertiarisées, le stock d’emplois disponibles se trouve dans les services à basse qualification.

Comme l’ont préconisé les économistes à Aix, pour contrer le développement d’une société à deux vitesses, il est impératif de revoir toute la chaîne de l’emploi, du stage au CDI en passant par le travail indépendant. Mais aussi de fluidifier le marché à l’échelle européenne, et d’investir massivement en formation. Cette révolution copernicienne de la mobilité sociale est en train de se faire, officiellement et sous le manteau. Il est de notre intérêt d’accompagner le mouvement, plutôt que d’avoir à le subir.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 7 Nov - 8:19

Le précariat contre le salariat Le Monolecte 3 janvier 2007

Trente ans de chômage de masse, trente ans de sigles cabalistiques, trente ans de contrats précaires au rabais et une situation de l’emploi qui empire malgré tout.

Malgré tout… ou “grâce à” ?

Citation :
L’idée est simple : face à la pénurie d’emploi, l’État, non interventionniste par ailleurs, déploie des subventions pour inciter les entreprises à embaucher.

C’est sûrement parce que je ne suis pas économiste que je ne vois pas le rapport de cause à effet. Mais il paraît que rendre l’emploi moins cher permet de créer de l’emploi. C’est une théorie économique qui le dit. Si je pousse cette logique jusqu’au bout, je me dis que le rétablissement de l’esclavage seul devrait permettre le retour au plein emploi.

Mais je ne vais pas me répéter : je ne suis pas économiste, je ne suis qu’un petit étron fulminant qui bougonne dans un obscur recoin de la blogosphère.

Admettons que pour créer de l’emploi, il faut le subventionner.

On peut toujours se référer aux emplois de service. Comme le souligne le Libé de ce jour :


Contrairement aux emplois industriels, où la cadence peut être sans cesse accélérée, les services de proximité ont une productivité stagnante : les employés sont obligés d’être en relation directe avec les usagers, il y a un «temps de contact» que l’on ne peut pas réduire. D’ailleurs, si la croissance française est aujourd’hui deux fois moindre que dans les années 60, c’est notamment à cause de la faible productivité des services. Mais, si ces emplois ne génèrent pas de gains de productivité, comment les financer ? Là, deux modèles s’opposent : soit on baisse les rémunérations des employés des services à la personne (en France, elles sont inférieures à celles des emplois industriels), quitte à multiplier les travailleurs pauvres ; soit on décide d’augmenter les prélèvements (impôts sur le revenu ou cotisations patronales) pour financer le secteur, comme le font certains pays scandinaves.

Effectivement, comment développer des emplois qui répondent à des besoins réels mais peu ou pas solvables? On ne peut compter sur le marché privé, qui est là pour faire des profits. Ni sur l’État, qui pour calmer les complaintes du secteur privé sur la supposée cherté de son train de vie, s’engage à réduire toujours plus ses effectifs de fonctionnaires. Pourtant, un secteur d’activités non rentables mais socialement nécessaires, c’est pile-poil un service public. Mais l’idéologie ne s’y prête pas des masses.

Logiquement, l’État se défausse sur les collectivités locales, lesquelles encouragent les citoyens à se prendre en main et à monter des structures associatives pour mettre en place les emplois non rentables qui seront donc subventionnés par l’État grâce aux subventions inhérentes aux contrats aidés à sigle. Lumineux, non? Du coup, on a un pseudo service public financé par la collectivité mais qui fait semblant d’appartenir à la sphère marchande. Le problème, c’est qu’il s’agit de personnes que l’on subventionne, pas d’emplois! Et que des personnes accédant directement à la sphère marchande amènent dans leur valise des subventions souvent massives et toujours bienvenues.

Le premier effet pervers

Donc, un emploi aidé n’est pas subventionné pour lui-même, mais en fonction du statut de précarité de la personne qui l’occupe. Il parait que c’est pour rapprocher de l’emploi les personnes qui en sont durablement exclues. C’est sympa, comme principe. Sur le papier.

Parce que dans les faits, cela conduit à deux choses : à réserver prioritairement les emplois non rentables aux personnes éloignées de l’emploi, en faisant abstraction de leurs formations, compétences, expériences et aspirations et en faisant l’impasse sur les causes de l’éloignement. Ensuite, cela induit une compétition féroce entre les travailleurs cibles, puisque les aides sont graduées en fonction de divers critères d’employabilitité qui évoluent au fil des besoins politiques : plutôt des vieux, plutôt des jeunes, plutôt sans bac, plutôt ceci ou cela. En fonction de ces critères sur lesquels les postulants n’ont aucune maîtrise, ils reviendront plus ou moins peu chers à la structure qui compte les employer. Et qui veut optimiser ses coûts. Et qui, à compétences égales, va privilégier le plus subventionné. Voire juste regarder le pourcentage de prise en charge du postulant en dehors de toute autre considération.

Ainsi donc, les emplois aidés, censés aider les exclus du travail à reprendre le train en marche, sont des machines à exclure et à discriminer les exclus! Magnifique!

Le deuxième effet Kiss Cool

Comme je le rappelle, ce sont les personnes qui sont aidées, pas les emplois. Les subventions sont attachées à l’employé, pas au poste. Là où ça devient drôle, c’est qu’elles sont toujours limitées dans le temps! Souvent dégressives. Elles sont donc le plus souvent subordonnées à des emplois à durée limitée. Forcément. Ce qui est absurde si on réfléchit en terme d’emploi à faible valeur ajoutée. Cet emploi ne se valorise pas dans le temps. Le salaire du gars non plus[1]. Par contre, son coût s’amplifie avec le temps qui passe. Et le pourcentage de prise en charge qui diminue. Si le bilan financier de l’association est équilibré pendant le temps de prise en charge plein pot du salarié aidé, les comptes vont s’éroder au fur et à mesure que le temps passe et que la part salariale laissée à la charge de l’employeur s’alourdit. Or, on ne peut compenser cette augmentation des coûts par une augmentation de la productivité. Impasse.

Heureusement, les subventions étant liées aux personnes, pas au poste, il suffit de lourder le mec qui devient cher pour en reprendre un subventionné plein pot à la place. Et comme il s’agit là de CDD, ce n’est guère compliqué ou coûteux. Ainsi nous avons des emplois qui sont toujours subventionnés, grâce à la noria des contrats aidés.

Alors qu’ils sont censés rapprocher les exclus du travail triomphant, les emplois aidés les fixent durablement dans la précarité qu’ils rendent nécessaire. Tout cela revient seulement à gérer la place de chacun dans la file d’attente qui ouvre l’accès au jeu de chaises musicales qu’est devenu l’emploi.

Le summum du chef d’œuvre

Mais là où le dispositif des emplois aidés surclasse tout autre montage destiné à atomiser le salariat, c’est qu’il fait directement entrer en concurrence les salariés aidés avec les fameux insiders, ceux qui se sont engoncés dans le Saint-Graal du salariat : le CDI à temps plein. Parce que même payé au SMIC, un salarié standard est toujours nettement plus coûteux qu’un gus subventionné qui peut ne revenir qu’à 100€/mois, tout compris. On s’inquiète du dumping social des Chinois, sans voir qu’il est déjà à l’œuvre chez nous, sous notre nez et parfois même sur le poste de travail à côté du sien.
Ainsi, à qualification, compétence, formation et expérience équivalentes, on peut avoir côte à côte un mec à 1500€/mois et un autre à 100€. Et qui le restera. Si l’on prend soin de le changer souvent. La question devient : “comment se débarasser du mec cher pour le remplacer par 2 ou 3 gars qui ne coûtent rien”?

Comme le clamait en son temps le célèbre marchand de godasses : “il faudrait être fou pour dépenser plus!”

Donc, non seulement les précaires sont en concurrence entre eux, mais ils sont surtout en concurrence faussée[2] avec les salariés bénéficiant de contrats de droit commun. Lesquels ne peuvent être licenciés économiques si l’on souhaite les remplacer dans l’élan par un crevard[3]. Dont la plupart bosse bien et sans faille depuis des années et pour lesquels il sera difficile de trouver une faute justifiant un licenciement[4]. On imagine très bien la suite.

Surtout qu’un salarié de droit commun vidé est immédiatement recyclé par le système… en nouveau précaire. Quelques mois de harcèlement chômiste croisé de l’ANPE et des ASSEDICS plus tard, il sera lui-même devenu éligible[5] pour un contrat aidé. On peut même imaginer qu’il pourrait reprendre son boulot d’avant! De temps en temps…

Nos gouvernants continuent depuis 30 ans à pondre des contrats aidés pour soi-disant lutter contre le chômage, sans se préoccuper d’évaluer réellement ce type de dispositif. Ils créent de fait un précariat de masse qui érode le salariat traditionnel, et ce, en toute tranquillité et parfois même avec la bénédiction des principales victimes de ce système qui croient[6] qu’il s’agit là de leur porte de sortie vers la stabilité et hors de la pauvreté. Et les salariés, au lieu de sentir ployer la branche légale sur laquelle ils sont assis[7] toisent de haut leurs futurs-ex-amis chômeurs en les encourageant à signer pour ces sous-contrats sur l’air de “c’est toujours mieux que rien!”

Chapeau bas!


Notes

[1] il est généralement maintenu au plancher, puisque la plupart des subventions sont basées sur le SMIC

[2] par les subventions

[3] En théorie, il existe une période plus ou moins longue pendant laquelle une entreprise ne peut par embaucher de nouveau après un licenciement économique. ce qui est logique. Puisqu’en théorie, si on vire un gars parce qu’on ne peut plus payer, ce n’est pas pour en reprendre un juste après. Mais les contrats zarbis permettent bien sûr de déroger toujours plus.

[4] je pense que la montée en puissance du harcèlement sur le lieu de travail ne doit rien au hasard!

[5] quel beau mot pour raconter une si triste réalité!

[6] dans un premier temps, car à l’usage, ce genre de certitudes s’éfrite

[7] une fois que le précariat aura majoritairement remplacé le salariat, il n’y aura plus beaucoup d’effort à fournir pour terminer de totalement vider de sa substance l’insolent petit code du travail !


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Jeu 26 Nov - 13:38


La hausse « atypique » des demandeurs d’emploi qui travaillent Le Monde.fr | 26.11.2015 Bertrand Bissuel


Une agence Pôle emploi, à Paris, en février

C’est une donnée qui retient rarement l’attention lorsque les chiffres du chômage sont publiés, à la fin de chaque mois. La ministre du travail, Myriam El Khomri, n’y a pas fait la moindre allusion dans le communiqué qu’elle a diffusé, le 26 octobre, pour commenter la dernière batterie d’indicateurs sur les demandeurs d’emploi. Une discrétion sans doute liée au fait que cette statistique continue de progresser à un rythme soutenu : elle porte sur les personnes qui recherchent un emploi tout en ayant déjà un poste

Citation :
Alors que les chiffres d’octobre sont publié jeudi soir, le nombre de ces demandeurs d’emploi, considérés comme étant en « activité réduite » (catégories B et C), s’élevait à près de 1,875 million en septembre, contre un peu plus de 1,683 million un an auparavant, soit une hausse de 11,38 %. En se focalisant sur la catégorie C (les demandeurs d’emploi qui ont travaillé plus de 78 heures dans le mois), l’accroissement est encore plus fort : +14,8 % en douze mois. Des pourcentages qui font tache, comparés à l’évolution du nombre d’inscrits à Pôle emploi n’ayant pas du tout travaillé durant le mois écoulé (catégorie A) : – 0,7 % entre août et septembre ; + 3,1 % depuis un an.

Dans le flot grossissant des demandeurs d’emploi en activité réduite, il y a Emeline, qui témoigne sous un prénom d’emprunt. Licenciée en 2013 de la société de composants électroniques où elle était employée depuis dix-neuf ans comme traductrice, elle n’a pas retrouvé de situation stable, depuis. Elle a décroché des missions auprès de plusieurs institutions prestigieuses : les Nations unies, Sciences Po Paris, HEC... « Cela reste trop épisodique, regrette-t-elle. Je n’ai aucune visibilité. Le côté irrégulier est inquiétant. »

« Trop vieille, trop chère »


Sur le plan financier, « ça devient ric-rac ». Elle touche environ 2 000 euros par mois dont une partie, variable, provient de son activité en dents de scie – le solde étant constitué d’indemnités-chômage. « C’est un tiers de moins qu’à l’époque où j’étais salariée. » Son mari, qui évolue dans le monde des services à la personne, ne gagne pas des cent et des mille. Avec trois enfants à charge, la gestion du budget se complique. Bien avant le quinze du mois, Emeline se retrouve souvent avec un compte bancaire « à découvert ».

A 51 ans, elle considère que signer un CDI en qualité de traductrice tient de la gageure : « Trop vieille, trop chère. » Deux ans après avoir été remerciée, elle n’a passé, en tout et pour tout, que trois entretiens d’embauche, malgré d’innombrables démarches. Sans succès. Aujourd’hui, elle envisage une reconversion à 180 degrés dans un « secteur porteur », selon elle : « chauffeur de grande remise ». Un métier où l’on transporte une clientèle triée sur le volet et étrangère, souvent. « Il faut la maîtrise de l’anglais, de la diplomatie. » Des atouts que Emeline estime avoir entre ses mains.

Privée d’emploi, en 2012, à cause du dépôt de bilan de la société où elle travaillait, Sandrine (qui s’exprime sous un prénom d’emprunt) s’est faite embaucher, après un an de chômage, dans une petite entreprise qui vend des éclairages LED. Son salaire – environ 2 900 euros bruts par mois – correspond à « trois cinquièmes » de ce qu’elle percevait auparavant ; un petit complément lui est versé sous forme d’allocation-chômage. Financièrement, elle arrive à s’en sortir mais son « rêve serait de travailler quatre jours par semaine » au lieu de trois, à l’heure actuelle. L’entreprise n’en a pas les moyens et « c’est difficile de trouver une activité supplémentaire, dehors ». Surtout quand on a, comme Sandrine, 54 ans.


« Eviter de tomber dans la pauvreté »

Des demandeurs d’emploi dans cette situation, l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) en prend des dizaines sous son aile. « Nos bénévoles accompagnent plutôt des personnes ayant pu retrouver un CDD de plus d’un mois », explique son président, Gilles de Labarre. Bien souvent, le poste qu’elles occupent est nettement moins bien rémunéré que celui qu’elles ont perdu : « Elles se sont remises dans le circuit de l’emploi mais au prix d’une dévalorisation monétaire d’au moins 30 %, rapporte M. de Labarre. Elles l’ont fait dans le but d’éviter de tomber dans la pauvreté et, pour certaines d’entre elles, afin de ne pas perdre leur logement. »

L’accroissement du nombre de demandeurs d’emplois en activité réduite ne date pas d’hier, comme le rappelle Pierre Cavard, directeur des études à l’Unédic : « Il a débuté dans les années 1990 et s’est amplifié, en particulier après 2008 », précise-t-il. On en dénombrait un peu plus de 600 000 en 1996 (contre 1,875 million aujourd’hui), d’après les études du ministère de l’emploi. Cette tendance met en lumière deux phénomènes, pour Yannick L’Horty, professeur à l’université Paris-Est – Marne-la-Vallée : « La précarité dans laquelle est plongée une part croissante des inscrits à Pôle emploi et le fait que les personnes concernées considèrent qu’il vaut mieux occuper un poste, même si c’est à temps partiel ou pour de courtes périodes, plutôt que d’être totalement en dehors du monde du travail. »

Comment expliquer cette montée des effectifs dans les catégories B et C de Pôle emploi ? Membre du Conseil d’analyse économique (CAE), Corinne Prost pense qu’elle « est, en partie, imputable aux règles inscrites dans les conventions de l’Unédic ». Celles-ci permettent, à certaines conditions, de cumuler revenus d’activités et indemnités versées par l’assurance-chômage. « Les partenaires sociaux, qui gèrent le dispositif, ont mis en place de telles dispositions pour couvrir au mieux les personnes occupant un poste à temps partiel ou pour de courtes périodes, poursuit Mme Prost. Ainsi, ceux qui travaillent une semaine sur deux gagnent presque autant que s’ils étaient employés à temps plein – grâce au complément de ressources apporté par l’Unédic. »

« Coûts massifs »

Ce faisant, le système a favorisé le développement de ce type de contrats, selon elle. « Les salariés comme les employeurs peuvent y trouver leur compte mais pas le régime d’assurance-chômage pour qui les coûts sont massifs. » Une analyse qu’elle et l’économiste Pierre Cahuc avaient développé dans une note publiée le 7 octobre, sous l’égide du CAE.

Mais leurs conclusions ne font pas l’unanimité. « Elles relèvent plus d’une hypothèse que d’une démonstration », estime Pierre Cavard, en soulignant que « les études du ministère du travail lient la hausse du nombre des inscrits dans les catégories B et Ce à la montée des contrats courts et de l’intérim ».

Fin juin, alors qu’il était encore ministre du travail, François Rebsamen avait demandé à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) d’analyser « les causes conjoncturelles et structurelles susceptibles d’expliquer » la hausse « atypique », à ses yeux, des demandeurs d’emplois relevant de la catégorie C. Son rapport, qui était attendu pour septembre, devrait être rendu prochainement, indique-t-on dans l’entourage de Mme El Khomri.



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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 11 Déc - 13:38





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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 11 Déc - 18:07

La hausse du travail intérimaire laisse craindre une reprise précaire Audrey Tonnelier Le Monde 11.12.2015


Aurel
 
Citation :
Le contraste est frappant. Hors intérim, quelque 17 300 emplois ont été détruits au troisième trimestre dans le secteur marchand (excluant l’agriculture) en France, a indiqué l’Insee jeudi 10 décembre. Les plus forts reculs concernent l’industrie (− 14 600) et la construction (− 10 200). En comparaison, les effectifs intérimaires ont augmenté de 16 400 emplois. Ainsi, si l’on comptabilise le travail temporaire, l’emploi salarié s’est stabilisé sur la période, indique l’institut. Autrement dit, c’est l’intérim qui permet à l’emploi de ne pas décroître.

Sept ans après le début de la crise financière, le secteur ne s’est jamais aussi bien porté. En octobre 2015, l’intérim a crû de 9,6 % par rapport au même mois de l’année précédente, selon le baromètre de Prism’emploi, la fédération professionnelle du travail temporaire. Un plus haut depuis le deuxième trimestre 2011. Si l’industrie, qui emploie la moitié des intérimaires tricolores, continue de se redresser, « tous les secteurs sont orientés à la hausse, y compris le BTP, qui sort d’une baisse continue depuis plus de quatre ans », note Prism’emploi. Fin octobre, l’Hexagone comptait 640 600 intérimaires, précise Pôle emploi.

Il n’en a pas toujours été ainsi. « L’intérim a entamé son rebond en janvier, après trois années de chute dues à la crise. Au total, 70 000 emplois intérimaires ont disparu durant cette période », indique François Roux, délégué général de Prism’emploi. Un retard quasiment rattrapé depuis, puisque les effectifs intérimaires ont gonflé de 62 800 sur les douze derniers...

L’accès à la totalité de l’article est protégé


Le succès de l'intérim, souplesse par défaut Jean-Marc Vittori Les Échos 10/12

Citation :
Quel symbole ! Dans cet emblème de l'industrie française qu'est l'usine automobile, plus d'un opérateur sur deux est désormais payé par une agence d'intérim. Certains y verront la confirmation d'une inexorable précarisation de l'emploi. La réalité est assez différente. Cette montée de l'emploi intérimaire s'explique d'abord par une raison conjoncturelle. Les constructeurs français lancent plusieurs nouveaux modèles et ils doivent en produire beaucoup pour remplir trains et camions qui approvisionneront les concessionnaires. Mais il n'y a pas que ça. Les salariés des constructeurs automobile bénéficient d'une myriade d'avantages devenus au fil du temps très coûteux pour leurs employeurs, qui n'ont pas les mêmes contraintes à l'étranger. Et qui ont trouvé avec l'intérim le moyen de contourner ces avantages acquis. Les agences de travail temporaire ont d'ailleurs embauché des ouvriers en contrat à durée indéterminée pour travailler dans leurs usines !

Cette souplesse que donne l'intérim déborde largement l'automobile. Depuis un an, 51.000 postes d'intérimaires ont été créés, tandis que l'emploi stable, lui, a continué de reculer. Là aussi, il y a une raison conjoncturelle. L'économie accélère un peu - elle passe d'une croissance inférieure à 0,5 % à un rythme voisin de 1 % - et les entreprises commencent comme toujours par créer des emplois temporaires avant de voir si l'embellie se confirme.

L'incertitude sur la reprise est plus grande que par le passé, et les massacres du 13 novembre comme les résultats des élections régionales l'accroissent encore. Mais il n'y a pas que ça. Pour des raisons légales et aussi culturelles, les entreprises françaises ont du mal à licencier leurs salariés. On l'a bien vu au plus fort de la profonde récession de 2009, quand les filiales d'entreprises étrangères taillaient sans ménagement dans leurs effectifs tandis que les firmes françaises s'efforçaient de limiter la casse.

La France détient le record européen de l'ancienneté - près de 60 % des salariés sont dans la même entreprise depuis plus de dix ans. La contrepartie de ce record méconnu est une forte proportion d'emplois précaires. Les nouvelles formes d'emploi engendrées par la numérisation de l'économie risquent de creuser encore le fossé entre les « insiders » et les « outsiders », ceux qui ont un emploi protégé à l'ancienne et ceux qui rament dans les eaux saumâtres du chômage, du CDD et du travail à la tâche.

Pour aller vers un marché du travail moins inégalitaire, moins injuste, il faudra rapprocher d'une manière ou d'une autre les statuts de l'emploi et basculer la protection sociale du salarié à l'individu. Ici, tout reste à inventer. [sic]




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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 11 Déc - 18:19



L'Intérim s’envole chez Renault et PSA Maxime Amiot et Julien Dupont-Calbo 10/12


A l'usine Renault Sandouville, dénombre 1.300 intérimaires 880 opérateurs
Photo RGA/Réa

Chez Renault, les intérimaires pèsent­ 45 % des effectifs industriels. Prudents, les deux constructeurs veulent maîtriser leur masse salariale

Citation :
La production automobile française deviendrait-elle une affaire d’intérimaires ? Les statistiques fournies par Renault et PSA à leurs syndicats montrent la nouvelle place occupée dans leurs ateliers par le travail temporaire – devenu presque aussi répandu que le CDI traditionnel. Fin octobre, les deux groupes employaient en France environ 4.200 intérimaires de plus (dont 3.000 chez Renault) qu’à la même époque l’an dernier. Pour un peu moins de 1.300 CDI recrutés à eux deux depuis janvier…

De fait, la situation se vérifie avant tout chez Renault. Les intérimaires y représentaient fin octobre quelque 45 % des effectifs industriels en France (hors personnels administratifs, vente, ingénierie) – soit près de 6.000 salariés. Presque autant que le nombre de CDI. Si l’on ne tient compte que des person­nels travaillant le long des lignes d’assemblage (agents de production­ Renault), les niveaux sont encore plus impressionnants.

A Sandouville, on dénombre 1.300 intérimaires pour seulement 880 opérateurs, soit 60 % de l’effectif. A Flins, près de 1.600 ouvriers sont en travail temporaire, contre 1.414 en CDI, tandis que le ratio tourne autour de 40 % à Douai… Et on trouve encore 1.000 intérimaires à Batilly, 350 à Maubeuge, ou encore 1.100 à Cléon (moteurs). « Nous n’avions jamais connu de tels niveaux », souffle Fabien Gâche, de la CGT.

« Les seuls CDI de l’équipe sont les encadrants »

Chez PSA, le phénomène est moins net, et plus contrasté selon les sites. En France, le constructeur employait fin octobre 3.990 intérimaires, contre 2.777 fin 2014 (soit 13 % des effectifs de production). Dans le détail, à Sochaux, ils sont 1.339 intérimaires sur les lignes, pour 5.656 CDI. Mais cet été, ils étaient presque 1.500. A Mulhouse, ils sont 1.365 pour 5.319 ouvriers – dont 800 pour la seule équipe week-end. « Celle-ci est presque entièrement composée d’intérimaires. Les seuls CDI de l’équipe sont les encadrants », dit-on sur place. Plus au sud, à PSA Vesoul, on recense 557 intérimaires pour 2.197 postes, le double environ de l’an dernier. A Poissy, où la charge de travail n’est pas énorme, on trouve 30 % d’intérimaires sur les chaînes, estime FO. Et à Rennes, où les troupes réclament un nouveau modèle, seuls 10 intérimaires traînent ici ou là.

A vrai dire, ces chiffres englobent différents types de contrats (parfois de quelques semaines), et l’intérim a toujours fait partie de la vie des ateliers. « Les usines auto ont toujours vécu en dents de scie, en fonction des lancements de nouveaux véhicules, confirme Franck Don, représentant CFTC chez PSA. Il faut produire beaucoup avant le lancement, puis dans les premiers temps du modèle. Mais beaucoup moins ensuite. » Les intérimaires permettent de gérer ces cycles.

Un risque en termes de qualité

Aujourd’hui, le marché européen est en net regain. Après des années de disette, les usines Renault voient une flotte de nouveaux modèles. Espace, Talisman et Scénic pour Douai, Micra de Nissan à Flins, Trafic­ et utilitaires d’Opel et Fiat à Sandou­ville… « Il y a de la charge et c’est tant mieux. Mais il faut que cela se concrétise par davantage d’embauches », juge Brahim Hachouche, de Force ouvrière. Pour l’heure, la direction n’a promis que 500 recrutements « ouvriers ».

Echaudés par la crise de 2008 – Renault et PSA ont, à cette époque, dégraissé fortement leur main-d’œuvre française –, les construc­teurs sont prudents sur la reprise et limitent la part de CDI grâce à l’intérim ou des formes de contrats moins protecteurs que le CDI (en 2016, PSA prévoit d’embaucher 2.000 emplois jeunes). « La direction de PSA veut abaisser la masse salariale de 14 à 10 % dans le cadre du plan “Back in the race” », note Christine Virassamy, à la CFDT. Depuis janvier, PSA n’a embauché que 270 personnes.

« Une ligne composée en majorité d’intérimaires, c’est un risque en termes de qualité », souligne un délégué syndical de Flins, un site qui a vu ses résultats malmenés, le temps de remettre au niveau les personnels intérimaires – moins qualifiés bien que formés. A Douai, où s’usinent les modèles haut de gamme de Renault, les représentants de la CFDT se sont émus du sujet.

Autre question : restera-t-il des opérateurs de base en CDI ? Ou ces métiers-là seront-ils dévolus à l’intérim ? Nul doute que les futurs accords de compétitivité qui doivent être négociés en 2016 se pencheront en détail sur le sujet.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 11 Déc - 20:06

(Belgique)

Les étrangers trouvent plus souvent un emploi, mais souvent précaire Belga 17/11/15

Les personnes d'origine étrangère trouvent de plus en plus souvent un emploi, mais elles décrochent généralement des jobs précaires et mal rémunérés, selon le nouveau monitoring socio-économique publié mardi par le Centre fédéral pour l'égalité des chances et le SPF Emploi.


Les étrangers trouvent plus souvent un emploi, mais souvent précaire
© Belga

Citation :
Le rapport pointe, tout comme l'ont déjà fait l'Union européenne et l'OCDE, que la position des personnes d'origine étrangère sur le marché de l'emploi est plus mauvaise en Belgique que dans tous les autres pays de l'Union.

Selon le monitoring, alors que l'emploi des personnes d'origine belge a diminué (-0,5 point de pourcentage) entre 2008 et 2012, celui des personnes d'autres origines a augmenté. Cette évolution tend à montrer que les étrangers sont davantage présents dans le segment plus dynamique mais aussi plus précaire du marché du travail. Les temps partiels sont ainsi en hausse et de plus en plus d'étrangers choisissent par ailleurs de travailler en tant qu'indépendant.

"Près d'une personne d'origine étrangère sur deux a un emploi à faible rémunération. En outre, une sur trois est en temps partiel. Le taux d'emploi des personnes d'origine étrangère a bien augmenté entre 2008 et 2012, mais la qualité de jobs nuance cette hausse", constate Patrick Charlier, directeur du Centre pour l'égalité des chances. "Le nombre de femmes d'Europe de l'Est qui ont trouvé un emploi grâce aux titres-services a quadruplé en cinq ans."

Le Centre relève une sur-représentation des étrangers dans les secteurs de l'intérimaire, de la construction, du nettoyage et l'horeca, qui proposent souvent des emplois faiblement rémunérés, des horaires irréguliers et des jobs précaires. "Les travailleurs d'origine étrangère sont peut-être moins exclus du marché de l'emploi, le fossé qui les sépare des Belges n'en reste pas moins préoccupant. Quand on regarde par secteur, on voit que les chances ne sont pas les mêmes pour tous", ajoute en substance le Centre.

Le rapport montre cependant une amélioration de la situation des femmes, avec une baisse constatée de l'écart de chômage entre les hommes et les femmes d'origine étrangère.

Patrick Charlier plaide en faveur d'une conférence interministérielle qui réunirait tous les responsables des politiques en matière d'emploi et d'intégration autour de la problématique de l'emploi des étrangers.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 11 Déc - 20:39

importé de juillet...

Il demande un CDI après 703 intérims dans la même entreprise... et se fait virer Trends.be 6 juillet

Un intérimaire, ayant travaillé pendant 30 ans pour la même entreprise en cumulant plus de 700 contrats d'intérim, attaque mercredi le géant de l'intérim Manpower devant les prud'hommes de Bobigny.



Trends Tendance a écrit:
Travaillant pour Placoplatre dès 1982, à son arrivée en France, ce Malien de 55 ans a été mis à la porte fin 2013, parce qu'il "avait simplement demandé à être en CDI", raconte Régis Verbeke, le syndicaliste de Force Ouvrière (FO) qui l'a épaulé. Manutentionnaire, puis cariste, l'intérimaire voulait un contrat stable pour avoir le droit de faire venir sa femme et ses enfants en France, a précisé ce délégué syndical central chez Manpower.

Entre 1982 et décembre 2013, l'intérimaire "a réalisé 703 missions" de travail temporaire, allant de deux jours à plusieurs mois, "toujours au profit de Placoplatre", précise son avocat, Harold Lafond. "C'était un bon soldat. Le matin, il se rendait chez Manpower et il travaillait le jour même" sur un site de production du groupe de matériaux de construction en Seine-Saint-Denis, ajoute-t-il.

Selon M. Verbeke, plusieurs autres intérimaires sont dans des situations comparables mais craignent, s'ils saisissent la justice, de perdre leur emploi.

L'intérimaire qui, outre Manpower, a également assigné le groupe Placoplatre aux prud'hommes, demande la requalification de ses missions d'intérim en contrat à durée indéterminée. Concrètement, cela ne lui permettrait pas de retrouver son travail, mais il espère pouvoir toucher plusieurs dizaines de milliers d'euros d'indemnités.

Selon le Code du travail, le contrat d'intérim, "quel que soit son motif, ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise utilisatrice".


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 11 Déc - 20:42

"
Travailleurs détachés, l’Union Européenne contre les travailleurs
!"
Geoffrey 6 juillet 2015

Geoffrey a écrit:
"Les « travailleurs détachés » sont de plus en plus nombreux en France. En Europe, ils seraient près de 1,5 millions. Leur nombre ne cesse d’augmenter : de près de 15 000 en France en 2002, ils sont passés à près de 350 000 en 2014 !

Nous nous souvenons tous du scandale sur le chantier du terminal méthanier EDF à Dunkerque. Sur près 1337 salariés, une majorité étaient Italiens, Portugais et Roumains. Sur le chantier, pas de CHSCT, pas de syndicats ; les travailleurs, soumis à la nécessité de gagner leur vie et d’envoyer de l’argent à leurs familles dans un contexte de grave crise économique du capitalisme, sont complètement aux mains de leurs employeurs. Ces derniers n’hésitent pas à leur faire effectuer des semaines de 50 heures, sans majoration des heures supplémentaires, avec, bien souvent, une ponction du coût de leur nourriture, sans parler des caravanes où ils sont entassés dans les multiples campings alentour.

Au cœur de notre pays, des travailleurs connaissent des conditions de travail digne de l’Inde ou de la Chine dans une UE qui feint de ne pas voir ce qu’elle a elle-même permise !

Mais que signifie donc ce terme de « détaché » ? Ce terme est apparu suite à une directive de l’Union européenne de 1996, directive dite de « détachement des salariés ». Elle est le résultat logique du Traité de Maastricht, puis de la mise en place de l’espace Schengen visant la création d’un vaste espace de libre circulation des hommes et des marchandises au sein de l’Union européenne. En d’autres termes, il s’agissait de créer, au cœur de l’Europe, un espace de concurrence et de libre-échange, tant pour les capitaux que pour les travailleurs. Selon la directive de 1996, les travailleurs sont théoriquement soumis au droit du travail en vigueur dans le pays où ils sont détachés. Ils doivent, en principe, toucher le salaire minimum quand il existe, mais leur employeur paye les cotisations sociales selon les critères du pays d’origine a priori plus favorables.

Au fil des ans, ce dispositif s’est répandu dans le BTP, l’agroalimentaire, l’industrie et plus généralement le travail temporaire. Par le recours à des agences d’intérim spécialisées, installées dans des pays où les cotisations sociales sont faibles sinon inexistantes, les donneurs d’ordres économisent beaucoup d’argent.


À qui profite cette directive ?

Évidemment pas aux travailleurs ! Sous couvert d’aider les populations subissant de plein fouet la crise dans leur pays en leur permettant d’aller se vendre ailleurs et de tenter de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, l’Union Européenne et la grande bourgeoisie mettent en réalité en place un dispositif qui permet aux entreprises de contourner massivement les cotisations sociales, de créer des situations où des centaines de milliers de travailleurs, dépourvus de syndicats, d’inspection du travail, de droits en tant que travailleurs, sont complètement soumis au patronat et où le code du travail devient totalement secondaire.

Le deuxième profit, c’est évidemment celui de la mise en concurrence des travailleurs européens entre eux. Dans un contexte de crise capitaliste, de développement du chômage et de la misère sociale, l’Union européenne crée une arme de destruction massive en mettant directement en concurrence les travailleurs de France avec ceux des autres pays de l’UE. Comment alors s’étonner qu’un parti comme le Front National axe toute sa stratégie politique sur « l’ennemi étranger » qui viendrait voler le travail de « l’honnête travailleur français » ? Cette arme-là est essentielle dans les tentatives de la classe dirigeante de détruire et d’empêcher tout développement d’une conscience de classe, qui ne soit pas que nationale mais également européenne et qui remettrait en cause l’ordre économique établi (comprenons la domination de la bourgeoisie sur la classe des travailleurs).

Une seule solution s’offre aux travailleurs d’Europe : celle de la lutte contre l’UE et le capitalisme !

Il est vain et insuffisant d’affirmer que le combat pour obtenir une « meilleure directive » pour encadrer le détachement des travailleurs ou une « meilleure loi » pour réglementer le droit du travail permettrait d’éviter ces dérives. Tant que l’exploitation capitaliste et sa volonté de profit maximum elle-même n’aura pas été supprimée, le patronat ne cessera de mener la guerre de classe. La bourgeoisie ne cessera de jouer avec les frontières, délocalisera telle production dans un pays plus pauvre ou au contraire fera venir des travailleurs des quatre coins de la planète pour les exploiter ici en baissant les salaires de tous. C’est le propre du capitalisme depuis son émergence et ça le restera jusqu’à sa destruction.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 11 Déc - 20:43

de juillet...


le nouveau précariat est arrivé

Chômage : ceux qui choisissent d'être précaires AFP Le Point 27 juillet

Selon le sociologue Patrick Cingolani, à côté du temps partiel subi se développe une nouvelle précarité assumée, surtout dans les métiers intellectuels.


novembre 2014

Citation :
Depuis les années 1980, le mot " précaire " est teinté d'ambivalences. Il désigne en effet à la fois ceux qui subissent les nouveaux modes de fragmentation et de flexibilisation du travail et ceux qui développent des tactiques alternatives de vie et d'emploi.

C'est cette double acception que ce livre tente d'analyser. Il faut en effet comprendre, d'une part, que l'expérience du travail non subordonné, notamment chez les travailleurs du savoir et de la culture, les plus touchés par ce phénomène, reconduit la dissymétrie et l'opacité d'un rapport social qui permet d'autant mieux de les exploiter... Et, d'autre part, reconnaître la part active, positive, de ces pratiques disruptives, dans une période où le processus de précarisation s'étend au-delà des classes populaires et touche les classes moyennes.

Sans nostalgie à l'égard du salariat, qui a institutionnalisé la subordination du travail, ce livre montre le potentiel libérateur de ces " révolutions précaires ". Il propose de repenser les luttes et le droit du travail à partir de la contestation des nouvelles formes de domination économique et de leurs puissances démultipliées d'exploitation.

Il cherche ainsi à

- penser l'avenir de l'émancipation, c'est-à-dire à comprendre comment les luttes de cette " nouvelle plèbe " peuvent s'articuler à un mouvement ouvrier replié sur les figures spécifiques du travailleur industriel et du salariat ;

- à montrer quelles sont les conditions d'émergence de mobilisations à distance des organisations bureaucratiques antérieures ;

- à mettre au jour les configurations militantes et syndicales qui peuvent agréger les sociabilités et les solidarités propres à la " vie précaire " ; et

- à déployer les valeurs politiques portées par ces formes de collectifs en gestation, à la rencontre du socialisme des origines et d'une écologie générale appliquée à la vie quotidienne.



Ces travailleurs précaires "aspirent à trouver dans le travail une place pour la créativité et l'expressivité,
quitte à diminuer leurs exigences salariales"

Citation :
Le nombre de demandeurs d'emploi qui exercent une "activité réduite" - CDI à temps partiel, CDD, intérim... - est en explosion. Au mois de mai, 700 000 d'entre eux ont travaillé moins de 78 heures. Une précarité subie par des millions de personnes, peu qualifiées et souvent condamnées au temps partiel. Mais le chômage endémique a créé une nouvelle précarité, revendiquée celle-là, selon le sociologue Patrick Cingolani. Elle se rencontre dans les classes moyennes, les métiers intellectuels en particulier.

Car si, pour certains, un CDI à temps plein reste un Graal inatteignable, pour d'autres, il s'agit de trouver des arrangements avec un marché du travail instable. "Le précariat ne se borne plus aux seules classes populaires et concerne désormais de plus en plus les classes moyennes", explique Patrick Cingolani, auteur de Révolutions précaires (éditions de la Découverte). Le sociologue, enseignant à l'université Paris 7-Denis Diderot, a analysé une nouvelle forme de rapport au travail, repérée notamment chez les travailleurs des "industries culturelles" (5,5 % des salariés en Ile-de-France).

Après avoir mené une enquête auprès de graphistes, guides de musées, scénaristes ou encore pigistes, Patrick Cingolani esquisse le visage de ces nouveaux précaires, mus par un "désir d'autonomie". Ils "aspirent à trouver dans le travail une place pour la créativité et l'expressivité, "quitte à diminuer leurs exigences salariales, voire à travailler gratuitement, et à en payer le prix en termes d'incertitude et d'instabilité".

"On peut se revendiquer précaire"


Le sociologue évoque un "sous-salariat chronique", qui se développe en France mais aussi aux États-Unis ou en Amérique latine, en réaction à "un mode de vie standardisé". Il voit en ces nouveaux travailleurs, qui cumulent souvent de faibles revenus avec des allocations chômage ou le RSA, les héritiers des premiers "précaires", qui vivaient dans des squats au milieu des années 1980 et "cherchaient à échapper au monde ouvrier".

Patrick Cingolani note au passage que les dispositifs de protection sociale se sont adaptés pour devenir des compléments de revenus salariaux. Loin d'apparaître comme un stigmate, "le mot précaire devient porteur d'alternative et de différence". On peut désormais se revendiquer "précaire", "une revendication d'indépendance face au caractère délétère d'une forme de travail", selon le sociologue. Mais, pour pouvoir faire, au moins une partie de leur temps, "quelque chose qu'ils aiment, qui a du sens et de la valeur", ces travailleurs jonglent souvent in fine entre les petits boulots alimentaires. Et ne comptent plus le temps passé au travail.

Parmi les particularités de ce nouveau rapport à l'emploi, "une mutualisation des lieux de travail et des réseaux professionnels" : en témoigne le développement des espaces de coworking, où ces travailleurs indépendants partagent bureaux, matériel et plans boulot. Mais ce désir d'autonomie a son revers : "Une disparition des frontières entre vie privée et vie professionnelle, et une nouvelle forme d'assujettissement au travail favorisée par les nouvelles technologies, qui mène parfois à l'épuisement", relève Patrick Cingolani.

Pour le chercheur, il existe "désormais plusieurs précariats". À ses yeux, "il n'y a rien à voir entre les classes moyennes confrontées à la précarité et les classes populaires qui subissent des conditions de travail dégradées", notamment de temps partiel subi dans les métiers peu qualifiés. Il observe une "nouvelle forme d'inégalité parmi ces précaires, entre ceux issus de la classe moyenne qui bénéficient de solidarités familiales (appartement acheté, aides financières ou en nature) et les autres, venus des classes populaires, qui sont de plus en plus exposés à des conditions de pauvreté."


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Ven 29 Avr - 17:40


Baisse du chômage, hausse de la précarité



Politis a écrit:
Le gouvernement tient enfin un motif de satisfaction. Les chiffres du nombre de chômeurs pour le mois de mars, marqués par une importante baisse des demandeurs d’emploi de catégorie A, est à ses yeux la preuve que François Hollande était fondé à dire, le 14 avril sur France 2 que « la France va mieux ». L’examen des données publiées par la Dares, Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, révèle une réalité bien moins rose.

Certes, avec 3.531.000 chômeurs recensés en France métropolitaine en catégorie A, le recul du nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est significatif : -60.000 personnes (-1,7% sur un mois), cela ne s'était pas vu depuis septembre 2000. Sur trois mois, leur nombre a également diminué de 49.500 (-1,4%), note Myriam El Khomri qui souligne qu'il s'agit de la première baisse trimestrielle significative depuis le dernier épisode de reprise de 2010/2011.

Toutefois, sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a augmenté de 0,5% en métropole. Avec ceux ayant exercé une petite activité, Pôle emploi recensait fin mars 5,45 millions d'inscrits (-8.700) en métropole et 5,75 millions en incluant l'outre-mer.

Mais, surtout, le nombre de demandeurs d’emploi dans les catégories B et C continue d'augmenter : +51.300 personnes en mars 2016 (soit +2,7% sur un mois, +1,3% sur trois mois et +8,0% sur un an).

La Dares recense 13.800 demandeurs d'emploi supplémentaires ayant travaillé 78 heures ou moins dans le mois (catégorie B), soit +2,0% sur un mois, +0,8% sur trois mois et +4,8% sur un an ; 720.200 personnes étaient, fin mars, dans cette situation. Pour la catégorie C (plus de 78 heures travaillées dans le mois), ce nombre augmente de 37.500 personnes sur un mois, soit +3,2% sur un mois, +1,7% sur trois mois et +10,0% sur un an, et s’établit à 1.202.900.

Ces chiffres indiquent que les embauches se font principalement dans des emplois précaires (temps partiel, intérim, CDD...). Les demandeurs d'emploi « sont peut-être allés sur d'autres catégories en exerçant des contrats à temps plus partiel », a concédé Myriam El Khomri sur France 2. Ce qui relativise beaucoup la « baisse du chômage » chantée depuis mardi soir.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mar 10 Mai - 13:03


au sein des "étudiants salariés", un clivage de classe aussi


dans le mouvement des places français Nuit Debout à Paris, une enquête révèle un taux de « 24 % de participants par ailleurs ouvriers ou employés » est relativement, pour moi, une surprise, le « par ailleurs » laissant entendre que ce sont des étudiants salariés, dont les enquêtes montrent que ce travail d'appoint aux études conduit assez souvent à les abandonner (Le Monde Diplomatique, Avril 2016, p. 4-5, Deux jeunesses face à la "loi travail" Valérie Pinto. Cet article n'étant accessible qu'aux abonnés ou acheteurs du Diplo papier, on peut consulter aussi ceux rendant compte du livre de Vanessa Pinto en 2014 À l'école du salariat. Les étudiants et leurs "petits boulots")




Vanessa Pinto : « Les jobs étudiants, un apprentissage de la précarité »

Entretien réalisé par Pierre Duquesne
L'Humanité 20 Octobre 2014


bon nombre d’étudiants d’origine populaire tendent à se retrouver
avec des missions qui ne sont pas directement liées à leurs études

Alain Le Bot/Photononstop

Les «petits boulots» ne sont pas seulement un frein à la réussite des études, ils sont aussi le lieu où les jeunes issus des classes populaires intériorisent leur place dans l’échelle sociale, explique la sociologue Vanessa Pinto. Pis, ces étudiants contribuent, malgré eux, à déstabiliser l’emploi « stable » des autres salariés. Entretien.

Dans À l’école du salariat, les étudiants et leurs petits boulots (édité chez PUF, collection « le Lien social »), Vanessa Pinto, chercheuse à l’université de Reims, analyse finement la réalité du salariat étudiant, qui pénalise d’abord les enfants d’ouvriers.

Citation :
Le nombre d’étudiants salariés est-il en augmentation ?

Vanessa Pinto À chaque rentrée, les organisations étudiantes annoncent un boom du nombre d’étudiants qui travaillent. En réalité, leur nombre est relativement stable depuis dix ans. Environ la moitié d’entre eux déclarent avoir exercé une activité rémunérée en dehors des seules périodes estivales, si l’on se réfère à l’enquête menée chaque année par l’Observatoire de la vie étudiante (lire encadré). Plus spectaculaire, en revanche, est l’explosion des activités professionnelles intégrées au cursus. La part des étudiants effectuant des stages obligatoires, dont les deux tiers ne sont pas rémunérés, est passée de 19 % en 1994 à 43 % en 2010.

Pourquoi s’intéresser aux jobs étudiants ?

Vanessa Pinto Le travail des étudiants, dont les prémices existent dès le Moyen Âge, n’a rien d’une nouveauté. Il y a néanmoins une évolution récente du discours sur le sujet. Pendant très longtemps, a prévalu l’idée, largement partagée, qu’exercer une activité rémunérée à côté des études ne pouvait que nuire à la réussite d’étudiants paupérisés ou prolétarisés. Tout a changé dans les années 1970 et 1980, quand l’université s’est vu progressivement attribuer, avec la montée du chômage, une nouvelle fonction, celle d’assurer l’insertion professionnelle des jeunes. L’emploi étudiant va peu à peu devenir une expérience à valoriser. À l’opposé d’organisations étudiantes, comme l’Unef et Solidaires étudiant-e-s, qui continuent de dénoncer le taux d’échec et la précarité des étudiants salariés, d’autres, comme l’UNI, qui se présente comme le syndicat de droite, vantent les avantages des petits boulots qui permettent « d’acquérir une autonomie » et « des compétences professionnelles ».

Cette vision gagne du terrain, au point qu’un rapport du Conseil économique, social et environnemental, adopté à l’unanimité en 2007, présente désormais l’emploi étudiant comme un atout, à condition, prévient-il, de prendre des mesures pour mieux concilier études et emploi. Parmi ses propositions figurait l’instauration d’une validation pédagogique des jobs étudiants dans le cadre du cursus universitaire.

Aujourd’hui, l’idée d’une professionnalisation des étudiants est portée par le ministère de l’Enseignement supérieur, avec la promotion de l’alternance : cet outil offrirait à des jeunes de milieux modestes, « peu adaptés à un enseignement théorique et conceptuel », la possibilité « de poursuivre leurs études, en leur assurant un revenu ».

D’un côté, on vante les petits boulots qui « forment la jeunesse » . De l’autre, on vilipende les « emplois McDo ». Quels sont précisément les emplois occupés par les étudiants ?

Vanessa Pinto Il n’y a pas d’emploi étudiant type, mais une disparité de situations selon les origines sociales. Les enfants de cadres occupent principalement des activités assez occasionnelles, comme du baby-sitting, des cours particuliers. Plus ils avancent dans leurs études, plus ils s’inscrivent dans une logique d’anticipation, avec des activités en cohérence avec la finalité de leurs études. C’est le cas des internes en médecine ou des jeunes doctorants, par exemple. Un étudiant souhaitant devenir enseignant va postuler dans le secteur de l’animation ou être surveillant. À l’inverse, les étudiants d’origine populaire tendent à se retrouver avec des missions qui ne sont pas directement liées à leurs études : des emplois d’ouvriers ou d’employés de commerce, exercés de façon intensive, et qui présentent un danger pour la suite de leurs études.

C’est chez eux que l’on retrouve le plus souvent ce que j’appelle une « éternisation dans l’emploi ». Ils s’enlisent dans un emploi occasionnel qui dure. Ils se prennent au jeu du petit boulot. Au départ, ils affichent une forme d’entrain dans ce travail, où ils disent trouver un espace de socialisation, une seconde famille, une bonne ambiance… Ces étudiants d’origine populaire, souvent issus des filières technologiques et professionnelles, et moins bien armés scolairement que d’autres, vont y trouver une place qu’ils ne trouvent pas forcément à l’université, d’où ils décrochent vite. Mais dans le milieu professionnel, ils s’aperçoivent qu’il n’est pas évident de monter dans la hiérarchie, d’obtenir une évolution de travail ou un CDI. En multipliant ce type d’emplois, ils intériorisent peu à peu leur place sur le marché du travail et font l’apprentissage de leurs positions sociales. Loin d’y développer des compétences qualifiantes, ils y apprennent surtout à être adaptable, souriant, à arriver à l’heure, à montrer de la motivation au travail… Bref, « des savoir-être ». Comme si ces petits boulots étaient un moyen de moraliser les classes populaires.

Quelle place occupent ces étudiants dans le marché du travail ?

Vanessa Pinto C’est une main-d’œuvre idéale. Les étudiants sont des personnes disponibles, que l’on peut aisément rendre encore plus disponibles. Un petit coup de pression suffit pour qu’ils aménagent leurs horaires en fonction des priorités de l’entreprise. Ils sont intéressés par des contrats courts (CDD, intérim, etc.), cherchent à travailler les dimanches, les week-ends et le soir. Les employeurs peuvent leur imposer facilement de bas salaires. Recevant toujours une aide de leurs parents, financière ou par la fourniture d’un logement, les étudiants n’ont pas de prétentions salariales élevées et expriment rarement des revendications.

Ils s’investissent peu dans cet emploi par définition temporaire, qu’ils ont tendance à mettre à distance. Ce détachement vis-à-vis d’un travail « qu’ils ne feront pas toute leur vie » peut même se traduire par une sorte de suractivité dans le travail, pris comme un jeu. Et le turnover, loin d’être une contrainte dans le commerce ou la restauration, permet aux entreprises une main-d’œuvre constamment renouvelée. Elles profitent à moindres frais de ce personnel très qualifié, qui entraîne souvent une mise en concurrence avec les salariés non étudiants, tant au niveau des horaires qu’à celui des compétences. Leur présence participe à la « déstabilisation des stables », pour reprendre l’expression de Robert Castel. Malgré eux, les étudiants salariés contribuent à une euphémisation de la précarité et à banaliser la flexibilisation du travail. Ils donnent un visage souriant à la précarité.

Pris en étau entre un cursus difficile à l’université et de faibles perspectives dans leurs boulots, pourquoi ne se révoltent-ils pas ?

Vanessa Pinto Étant donné la dureté des conditions de travail et le niveau de précarité, toute mobilisation, comme celle intervenue il y a quelque temps chez McDo, relève du miracle. Très ponctuelles, ces luttes ne partent jamais des étudiants. Elles sont d’abord le fait de salariés plus anciens, voire des managers. Pour améliorer le sort de ces étudiants qui se laissent prendre au piège des petits boulots, c’est plutôt à l’université qu’il faudrait agir. La solution souvent avancée est d’aménager leurs conditions d’études, d’alléger les exigences universitaires et académiques, en offrant des dispenses d’assiduité, par exemple. C’est une fausse solution. Au lieu de leur faciliter la vie, cela accentue leur éloignement du monde de l’enseignement supérieur, aggrave leur décrochage et par là même accentue les inégalités sociales.

Il faudrait au contraire renforcer leur encadrement pour mieux les « rescolariser », avec une plus grande aide financière et pédagogique (petits effectifs, bourses…).

L’allocation d’autonomie est avancée depuis longtemps comme une alternative aux jobs étudiants. Qu’en pensez-vous ?

Vanessa Pinto La proposition d’une allocation égale pour tous, qui remplacerait les aides existantes, pourrait à mon avis être assez pernicieuse dans un contexte de désengagement de l’État vis-à-vis de l’enseignement supérieur. Il ne faudrait pas que l’allocation d’autonomie se transforme en un petit pécule, une aide individuelle, qui aurait pour but de justifier les hausses de frais d’inscription ou le développement des prêts étudiants pour financer les études. Il serait à mon sens plus judicieux de mettre l’accent sur les aides collectives, comme le logement, l’aide médicale, psychologique, et d’autres services assurés par les Crous, dont les crédits ont été amputés cette année. Au fond, l’allocation d’autonomie non associée à une amélioration des conditions d’études, risque d’individualiser un peu plus les parcours des étudiants. Et d’isoler encore ceux qui travaillent.



Citation :
Un étudiant sur cinq travaille plus de six mois par an. Seulement 27 % des étudiants n’exercent aucune activité rémunérée pendant leur année d’études, selon l’enquête de l’Observatoire de la vie étudiante.

50 % d’entre eux travaillent pendant l’année, et 23 % ne travaillent que pendant l’été. Mais cette enquête réalisée au mois de mars « ne prend pas en compte ceux qui ont commencé à travailler après le début de l’enquête et ceux qui ont abandonné leur cursus au cours de l’année », précise Vanessa Pinto. 

Ils sont 22 % à travailler au moins six mois par an.

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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Lun 30 Mai - 16:37


une bonne nouvelle pour l'emploi... précaire

L'emploi intérimaire a bondi en avril, une bonne nouvelle pour l'emploi ?

Jean-Christophe Chanut 30/05/2016


La hausse de l'emploi intérimaire s'est accélérée en avril
elle a surtout concernée les ouvriers qualifiés et les professions intermédiaires

Crédits : © Arnd Wiegmann / Reuters)

Le nombre des intérimaires à bondi de 9,1% en avril, selon le dernier baromètre Prism'emploi. Tous les secteurs d'activité sont concernés. Reste à savoir si cela aura à terme un impact sur l'emploi durable.

Citation :
Feu de paille ou embellie durable ? Il est encore un peu trop tôt pour le dire mais il n'en reste pas moins que sur le front du chômage et de l'emploi les indicateurs deviennent - enfin - encourageants. En avril, pour le second mois consécutif, le nombre des demandeurs d'emploi inscrits en catégorie "A" a diminué de 0,6%, soit 19.900 inscrits de moins. Et, toujours pour le mois d'avril, l'emploi intérimaire a bondi de 9,1% en un an selon les dernières données fournies par le baromètre mensuel Prim'emploi réalisé par les professionnels du secteur. Des résultats qui viennent confirmer et amplifier une tendance observée depuis le début de l'année. Au total, sur les quatre premiers mois de l'année, l'emploi intérimaire a progressé de 6,3%.

Tous les secteurs emploient davantage d'intérimaires

Tous les secteurs sont concernés par cette progression de l'emploi intérimaire, à commencer par les transports (14,8% de hausse), les services (11,6%), le BTP (8,9%) l'industrie (8,1%) et le commerce (4,1%).

C'est particulièrement chez les ouvriers qualifiés que se développe l'intérim (13,2%) mais les cadres et professions intermédiaires (10,7%) ainsi que les employés (9,8%) sont également concernés. Et c'est particulièrement en Ile-de-France (16,2% de progression) que le bond se fait particulièrement sentir.

Alors que penser de ces données? Si l'on veut être optimiste, on rappellera que, traditionnellement, l'intérim constitue un indicateur avancé de l'emploi. Ce qui signifie que les infléchissements observés sur le seul secteur du travail temporaire se produisent en général de six à douze mois plus tard sur l'ensemble du marché du travail. Par ailleurs, il est aussi traditionnellement acquis qu'un niveau de croissance annuel compris entre 0,6% et 0,8% permet de créer des emplois intérimaires.

Des conséquences sur l'emploi durable ?

En revanche, le seuil permettant aux entreprises de développer de l'emploi durable se situe davantage vers 1,2% de croissance. Or, l'Insee a revu à la hausse la croissance française au premier trimestre qui aurait progressé de 0,6% (au lieu de 0,5% prévu initialement). Et, sur l'ensemble de l'année 2016, le gouvernement table sur un progression du PIB de 1,5%. Il devrait donc y avoir des créations d'emploi. D'ailleurs, pour le seul premier semestre, l'Insee estime que 37.000 emplois devraient être créés dans le seul secteur marchand.

Reste maintenant à connaître l'attitude réelle des entreprises. Vont-elles enfin renouer avec des recrutements à long terme ou, prudente, vont-elle continuer de se limiter à  des contrats courts (dont les emplois intérimaires) faute visibilité suffisante ?


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Lun 30 Mai - 16:58


Slogan lycéen : « Loi El Khomri, précarité à vie, cette société là, on n’en veut pas ! »

Bonne intuition , le plan de Bruxelles pour la fin des retraites par répartition comme de la Sécurité sociale en Europe

LA LOI EL KHOMRI ET LE « SOCLE EUROPÉEN DES DROITS SOCIAUX » Jean Claude CHAILLEY Resistancesociale.fr

Cet article est écrit le 10 mai : Triste anniversaire !

Citation :
Le 10 mai 1981, François Mitterrand était élu sur la base d’un programme commun de « rupture avec le capitalisme ». Actuellement ce programme serait qualifié d’ultra gauche, sinon de « coréen ».

10 mai 2016, Hollande–Valls, minoritaires dans le pays comme à l’Assemblée nationale, décident le 49–3 pour le projet de loi El Khomri de soumission au libéralisme.

1981 – 2016 le « virage » amorcé en 1982/83 s’achève en tête à queue complet.

I/ Le projet de loi El Khomri est bien la base d’un nouveau modèle social

Il se définit lui-même ainsi, incluant dans une 2ème phase une réforme systémique des retraites et la scission – destruction de la Sécurité Sociale.

Souvent, n’est abordée que la partie concernant le privé, mais cette loi est beaucoup plus vaste, elle dessine un nouveau modèle social.

• La loi El Khomri est effectivement destructrice du code du travail et des conventions collectives: inversion de la hiérarchie des normes…

• Il ne s’agit pas d’une loi « Travail », au sens commun, mais de destruction du travail salarié, du privé comme du public : le CPA (Compte Personnel d’Activité) est ouvert à partir de 15 ou 16 ans, retraités compris. Il a vocation à concerner le public, le privé, les chômeurs, les commerçants, les ubérisés, … et une forte « incitation » au bénévolat rémunéré en « heures formation ».

• Le CPA, c’est la suppression des statuts, dont celui de la fonction publique, car c’est le passage d’une « activité » à une autre. Une ordonnance est prévue pour sa mise en œuvre puis une loi ;
• Le CPA doit être le réceptacle d’une réforme systémique des retraites,de la scission-destruction de la Sécurité Sociale (voir ci-dessous) ;
• L’adoption de la loi ne serait pas la fin de la destruction du code du travail : le code du travail doit être complètement réécrit sur 2 ans ;
• La loi El Khomri est anti-syndicale (les syndicats sont « invités » à accompagner la mise en œuvre de la politique décidée par le patronat, les gouvernements, l’Union européenne, et non plus à représenter les sa- lariés) ;
• Elle est anti démocratique (marginalisation de la justice, des prud’hommes, …) ;
• Elle est dangereuse pour la santé des salariés (médecine du travail). 
D’un point de vue structurel, par ses possibilités de prolongements, c’est peut-être la pire loi d’Europe. ELLE PEUT ET DOIT ETRE RETIREE.


II/ Vers un « socle européen des droits sociaux » dès début 2017

http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-16-545_fr.htm

Ce « nouveau » modèle social est européen : la Commission européenne est en train d’élaborer « un socle eu- ropéen des droits sociaux » prévu pour être adopté au début de l’année prochaine. En septembre 2015, la Commission européenne démarre la mise en œuvre à marche forcée d’un « socle européen des droits sociaux ».

• Comme toute la législation européenne, le « socle européen des droits sociaux » est destiné à être appliqué par tous les pays de la zone euro, y compris en cas de changement de majorité, comme on le voit en Grèce (*) ;

• La raison majeure est d’obtenir un engagement contraignant à la « convergence « des droits so-ciaux ;

• François Hollande est pour une Europe fédérale et libérale. La loi El Khomri a été établie en cohérence avec ce « socle » européen, d’où l’ampleur du cadre qu’elle fixe ;

• Juncker (sept 2015) fixe les objectifs : « marché du travail équitable et véritablement paneuropéen…socle européen des droits sociaux…qui puisse servir de boussole pour le retour à la convergence dans la zone euro…». Comme toujours, il «espère que les partenaires sociaux joueront un rôle central dans ce processus».

• Il s’agit des « marchés du travail et des systèmes de protection sociale », de « rapprocher au mieux les performances des politiques nationales en matière sociale et d’emploi » ;

• Le « socle » est facile à deviner. Par exemple, sous pression de l’UE, la Grèce vient de voter un mémorandum supplémentaire d’austérité (retraites, impôts, privatisations…) équivalent à 60 Mds € en France !

En Italie, on va vers la retraite effective vers 75 ans ;

Schaüble propose la retraite à 70 ans en Allemagne…

Supprimer le SMIC en France : le SMIC en France est plus de 7 fois supérieur à certains pays européens.


C’est pourquoi ; la Commission européenne demande sans cesse de le supprimer, par exemple derrière une notion de « revenu ». Ce « socle européen des droits sociaux » ne doit pas voir le jour !

(*) La problématique « plan B », « désobéissance de la France 2ème puissance de la zone euro » n’entre pas dans le cadre de cet article. A l’heure où on s’apprête à célébrer les 80 ans du Front populaire, rappelons-nous que la mo- bilisation avait bien aidé…

III/ Le « socle européen », c’est aussi la mort de notre Sécurité Sociale par scission – destruction

Deux organismes officiels, tous deux rattachés au Premier Ministre, l’attestent : France Stratégie, et le Conseil d’Analyse Economique (CAE)

La note du CAE de janvier 2016 :

« Refondre l’architecture de la protection sociale » (pas seulement la Sécu) : « avec un pôle non contributif (contributif = cotisation) (famille, assurance maladie, lutte contre la pauvreté) intégré dans le budget de l’État et financé par l’impôt » :

2 branches de la Sécu sont intégrées à l’Etat et financées par l’impôt. La Sécu d’Ambroise Croizat n’existe plus !
Fiscalisation : il s’agit de dizaines de milliards d’exonérations sociales, dites patronales, supplémentaires… à compenser par les ménages.

La 1ère phase a été votée en 2015 : la PUMa, Protection Universelle Maladie, coupe l’affiliation à la Sécu de la cotisation, au cœur de la Sécu de 1945 « et un pôle contributif (retraites, assurance chômage, indemnités journalières) financé par des cotisations sociales »

Les retraites, ce n’est pas que la CNAV ; c’est aussi l’Agirc, l’Arrco, la retraite des fonctionnaires… Le CAE les cumule dans le « pole contributif ».

La branche retraite de la Sécu disparaît aussi, intégrée dans le « pôle », avec les points de l’assurance chômage, du bénévolat…

La réforme des retraites du CAE (gouvernement), c’est les comptes notionnels intégrés au CPA de la loi El Khomri.
Le CAE dénonce la « trentaine de régimes de retraite », envisage des « pistes » : mise en concurrence (privatisation), comptes notionnels (rendus célèbres par Sarkozy, qui finalement n’a pas osé, bien que poussé par la CFDT) ;

Le CPA appelle une fusion générale de tous les régimes de retraite, fonctionnaires et régimes spéciaux inclus : cumul de points du CPA, y compris avec les complémentaires, avec équilibre général (ou même excédent) garanti par la baisse des pensions.

La note de France Stratégie, consacrée au CPA de la loi El Khomri va dans le même sens.

Le président de France Stratégie, Monsieur Pisani Ferry confirme : le CPA peut et doit être l’occasion d’une mo- dernisation de nos systèmes de protection sociale… Repenser … l’organisation de la protection sociale » (de nouveau, le terme Sécurité Sociale ne figure pas, et ce n’est pas par hasard).

Vigilance : tout est en place pour la scission-destruction de la Sécu !

https://jscheffer81.wordpress.com/2016/05/29/la-loi-el-khomri-et-le-socle-europeen-des-droits-sociaux/


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Mar 31 Mai - 10:44


SMIC : qui s' moque ?

SMIC : la piste explosive de France Stratégie

Claire Bauchart, Les Echos 31/05


Le think tank rattaché à Matignon publie ce mardi ses préconisations pour développer l’emploi dans l’Hexagone à l’horizon 2027.

 

Les experts de France Stratégie insistent sur l’accent à mettre,
dans les prochaines années, sur les compétences - Shutterstock

Citation :
France Stratégie, l'institution de prospective rattachée à Matignon, livre ce mardi ses « leviers » pour développer l'emploi dans Hexagone d'ici à 2027. « Notre diagnostic comparé tend à montrer qu'il n'y a pas forcément d'arbitrage à effectuer entre quantité et qualité des emplois », expose Antoine Naboulet, l'un des auteurs de cette note. « Cela s'oppose à ce que l'on peut affirmer en disant que la France aurait plus de chômage mais une meilleure qualité de l'emploi. Certains voisins parviennent à combiner ces dimensions. »

France Stratégie rappelle, à cet égard, que le taux de chômage se maintient autour de 10 % en France, soit deux fois plus qu'au sein des six pays européens retenus pour l'étude en raison de leurs bonnes performances sur le marché du travail (Allemagne, Autriche, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède). Autre aspect souligné par cette note : le taux d'emploi a progressé en France sur les quinze dernières années, s'établissant à 64 % en 2015, mais dans des proportions moindres que dans les six autres pays de la comparaison (à plus de 73 % l'année dernière).

Face à ce constat, les experts de France Stratégie insistent sur l'accent à mettre, dans les prochaines années, sur les compétences. « Cela nécessite une évolution des formations initiales et en continu afin de permettre aux individus d'être employables tout au long de leur vie », relève Hélène Garner, ayant également travaillé sur l'étude.

Plus grande flexibilité des profils, mais également du coût du travail. Dans leur note, les auteurs relèvent que si la politique d'exonération de cotisations employeurs déployée dans les années 1990 a eu des répercussions positives sur l'emploi, la combinaison du salaire minimum et des allégements n'a pas permis d'éviter un taux de chômage important, en particulier du côté des emplois peu qualifiés.

Négociation collective

Parmi les options envisageables, le document relève la possibilité de « continuer à modifier le montant et le ciblage des allégements à la charge du budget de l'Etat ». Une logique dans laquelle s'insère la conversion du Cice en réduction de cotisations sociales.

Autre possibilité : revoir les objectifs du salaire minimum qui viseraient en priorité le soutien à l'emploi peu qualifié, lequel pourrait être différencié en fonction de l'âge ou du territoire, ou selon les branches. Une proposition explosive et pour le moins inattendue de la part d'un think tank rattaché à Matignon. La question est, en effet, un peu taboue depuis l'échec du contrat première embauche (CPE) en 2005.

France Stratégie insiste aussi sur la place à donner à la négociation collective. « L'interrogation autour de l'évolution du poids à donner à la négociation d'entreprise est réelle », commente Antoine Naboulet. « La question est de savoir jusqu'où cette logique peut être poussée afin de permettre une meilleure adaptation des modes de rémunération et des conditions de travail, aux besoins des entreprises et des salariés. » C'est tout l'enjeu du débat actuel sur la loi travail.


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MessageSujet: Re: "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail   Sam 18 Juin - 11:04


temps de travail vs productivité : les surprises de la plus-value relative

Durée du travail : la France, mauvaise élève... pas si sûr

Jean-Christophe Chanut 16/06/2016

« Les salariés à temps partiel sont moins nombreux en France mais travaillent plus »

plus-value absolue et plus-value relative
Marx a écrit:
Je nomme plus-value absolue la plus-value produite par la simple prolongation de la journée de travail, et plus-value relative la plus-value qui provient au contraire de l'abréviation du temps de travail nécessaire et du changement correspondant dans la grandeur relative des départies dont se compose la journée.

Le Capital - Livre premier - Le développement de la production capitaliste 1867
IV° section : la production de la plus-value relative


Une étude de l'institut COE-Rexecode pourrait laisser croire que les salariés français travaillent moins que les autres européens. Mais en vérité, iles structures différentes du marché du travail rendent les comparaisons difficiles (Crédits : Reuters)


Citation :
On travaille moins en France qu'ailleurs ? Comme chaque année, une étude de l'Institut COE-Rexecode compare les durées du travail en Europe. Si les salariés à temps complet français semblent, à première vue, moins travailler que leurs voisins, il apparaît que les structures différentes des marchés du travail ainsi que le choix pour le temps partiel moins affirmé en France compliquent les comparaisons.

Comme chaque année, l'institut économique COE-Rexecode, proche du patronat, a réalisé une enquête européenne sur la durée effective du travail en Europe. Ces résultats, qui portent sur l'année 2015, ont été établis à partir de données exploitées par Eurostat à la demande de COE-Rexecode. Comme les années précédentes, une lecture un peu rapide de l'étude pourrait conduire à la conclusion que : c'est en France que l'on travaille le moins.

Pourtant, comme toujours en matière de temps de travail, il convient d'avoir une vision globale des choses, tenant compte notamment de l'importance du temps partiel dans chaque pays - qu'il s'agisse de la durée moyenne de ce temps partiel et du pourcentage de la population travaillant à temps partiel - pour véritablement appréhender le volume global de travail. Or, malgré son sérieux, l'étude COE-Rexecode ne met pas assez en exergue certains points qui ont pourtant une grande importance. Explications.

En France une durée effective du travail à temps plein inférieure à  nos voisins

Selon l'étude, en 2015, la durée effective de travail des salariés à temps complet en France s'est établie en moyenne à 1.646 heures. Elle a diminué de 14 heures par rapport à 2013 et elle est désormais la plus faible des 28 pays de l'Union européenne, alors qu'auparavant la France se situait juste devant la Finlande.

L'écart des durées annuelles de travail des salariés à temps complet entre la France et les principaux pays partenaires s'est en règle générale creusé. En 2015, cet écart était de 130 heures sur l'année avec l'Italie, de 165 heures avec l'Espagne, de 185 heures avec les Pays-Bas, de 228 heures avec le Royaume-Uni.

Avec l'Allemagne l'écart était de 199 heures en 2015. Il a légèrement augmenté depuis 2013. Les statistiques obtenues permettent de l'analyser plus en détail. L'écart s'explique par une durée habituelle hebdomadaire de travail plus élevée en Allemagne et, pour sa plus grande partie, par des durées d'absence hors maladie bien plus longues en France (congés annuels et RTT).

Mais, premier bémol, d'ailleurs apporté par COE-Rexecode, il convient de ne pas se limiter à une moyenne générale de la durée annuelle du travail, mais de l'étudier par secteur d'activité. Or, là, les données changent déjà un peu. Ainsi, La durée effective annuelle moyenne du travail des salariés à temps complet en France est proche de la moyenne générale de l'économie dans l'industrie (1.649 heures) et dans la construction (1665 heures). Elle est en revanche plus élevée que la moyenne dans les activités de services marchands (1.718 heures).

La durée annuelle du travail des salariés à temps complet est en revanche sensiblement au-dessous de la moyenne dans les services non marchands (administration publique pour l'essentiel). Elle s'établit à 1.569 heures, soit 77 heures de moins que la moyenne de l'économie.

Les salariés à temps partiel sont moins nombreux en France mais travaillent plus

Par ailleurs, si l'on se concentre sur le temps partiel, les données évoluent encore. La durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps partiel était de 981 heures par an en 2015 en France (soit près de 60 % de la durée d'un temps complet)... de 6 % supérieure à la moyenne européenne. Cette durée a légèrement diminué entre 2013 et 2015, de 992 heures à 981 heures. Dans le détail, la durée moyenne de travail des salariés français à temps partiel est donc supérieure à celle des salariés à temps partiel allemands (889 heures, soit 48 % d'un temps complet), à celle des salariés à temps partiel britanniques (873 heures, soit 47 % d'un temps complet), mais inférieure à celle des salariés à temps partiel italiens (1 017 heures, soit 57 % d'un temps complet).

Mais, c'est sur cette question du temps partiel qu'il manque une donnée essentielle dans l'étude de COE-Rexecode. Certes, la note explique que 19% des salariés sont à temps partiel en France... Mais elle oublie de préciser ces taux pour les autres pays. Par exemple, selon la définition Eurostat, la proportion de salariés à temps partiel s'élève à 26% en Allemagne, et même à 38,3%, selon la définition allemande... Ce taux est encore de 26,8% au Royaume-Uni, de 25,5% au Danemark, de 27,9% en Autriche et de... - record absolu - 50,4% aux Pays-Bas.

Une donnée qui change pourtant tout. Et qui peut se résumer de la façon suivante : si la durée effective des salariés à temps plein en France est globalement inférieure à la moyenne européenne, en revanche, il y a davantage de salariés à temps plein en France que dans les autres pays et ceux qui sont à temps partiel travaillent davantage que leurs homologues européens.

Des "choix" français nuisibles pour l'emploi mais bons pour la productivité

Il convient donc de relativiser quant à la conclusion que les Français travailleraient moins que les autres Européens. En effet, les structures des marchés du travail différent d'un pays à l'autre, rendant la comparaison difficile. Ce que que reconnaît par ailleurs COE-Rexecode...qui parle d'une situation française "atypique". En fait, en France, les parts du "gâteau" (volume global du travail) sont réparties différemment. L'Allemagne et le Royaume-Uni, par exemple, ont effectué des réformes du marché du travail qui privilégient énormément le temps partiel, pas la France... D'où un taux de chômage supérieur dans notre pays.

Or, ce choix français, douloureux en termes du nombre des demandeurs d'emploi, a au moins un bénéfice que l'institut COE-Rexecode n'aborde pas : la productivité française qui reste très satisfaisante. Ainsi, en comparant le PIB rapporté au nombre d'heures travaillées en 2013, la Grande-Bretagne obtient la «note» de 100 contre 125 pour la France. Dit autrement, les employés français produisent pour l'équivalent de 45,40 euros par heure contre 39,2 euros pour les Britanniques quand la moyenne européenne s'établit à 32 euros, selon Eurostat. D'ailleurs, au Royaume-Uni une blague circule, lancée par le très libéral hebdomadaire The Economist :

«Les Français pourraient être en congés le vendredi, ils produiraient encore davantage que les Britanniques en une semaine».

Même constat avec l'Allemagne. Selon des données Eurostat, la productivité réelle par personne occupée a progressé de 8,9% en France entre 2002 et 2015, contre... 6,9% sur la même période Outre-Rhin.

Les difficultés pour Eurostat à harmoniser les données


Enfin, dernier bémol que COE-Rexecode a le mérite de ne pas éluder: « Les services d'Eurostat attirent l'attention sur certaines difficultés rencontrées dans le recueil des informations, qui peuvent influencer la précision des résultat ». De fait, les questionnaires sur les conditions d'emploi, et notamment sur la durée du travail, diffèrent d'un pays à l'autre. Ce qui rend aléatoires les comparaisons sur les horaires de travail, la durée des congés, les heures habituellement travaillées, etc. Aussi, Eurostat a lancé en 2013 des travaux méthodologiques avec tous les États Membres "pour trouver de meilleures solutions pour la collecte de données"... Au point que l'on peut s'interroger sur l'opportunité de la publication de telles études, sachant à quel point la question de la durée du travail est devenue un sujet très "politique" et hautement symbolique...


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