PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» VA-SAVOIR : chronique à la com
Mer 21 Juin - 20:36 par Patlotch

» "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie
Mar 20 Juin - 19:03 par Patlotch

» MACRONISME, ÉTAT et RESTRUCTURATION du CAPITALISME
Lun 19 Juin - 17:52 par Patlotch

» un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)
Jeu 15 Juin - 20:26 par Patlotch

» THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse
Ven 9 Juin - 10:58 par Patlotch

» PENSÉES diverses à marier sans modération
Lun 5 Juin - 12:26 par Patlotch

» la vie du forum : réception, conseils, mises à jour, etc.
Jeu 1 Juin - 17:45 par Admin

» DÉCOLONISER le FÉMINISME ! Féminisme, voile, race et Islam... "Féministes blanches"... sexisme et racisme... et le burkini ?!
Lun 29 Mai - 18:42 par Patlotch

» AFRODITE CHEZ LES PHALLOCRATES, antiroman sans repentir, suivi de BLACK WOMEN, Love, Sex, Song, Dance... et théorie communiste
Lun 29 Mai - 17:23 par Tristan Vacances

» DOMESTIQUES (travailleuses et travailleurs) / DOMESTICS WORKERS / Servants
Sam 27 Mai - 16:09 par Admin

» DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE
Sam 27 Mai - 14:54 par Admin

» "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME
Jeu 25 Mai - 15:02 par Patlotch

» "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail
Jeu 25 Mai - 12:07 par Patlotch

» TRAVAIL, CHÔMAGE, SYNDICALISME... MONDE / chiffres, courbes, cartes...
Mer 24 Mai - 13:25 par Patlotch

» OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS
Mer 24 Mai - 9:34 par Admin

» des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...
Mar 23 Mai - 13:45 par Admin

» PALESTINE et ISRAËL
Lun 22 Mai - 18:41 par Patlotch

» ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
Dim 21 Mai - 13:41 par Admin

» 0 - INTRODUCTION et SOMMAIRE : GENÈSE et DÉFINITION d'un CONCEPT incontournable
Dim 21 Mai - 13:00 par Admin

» DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE
Dim 21 Mai - 11:18 par Admin


Partagez | 
 

 LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Guy Debord et l'écriture de la révolution à la poésie   Sam 6 Juin - 22:30

Guy Debord, extrait de la 'note sommaire des Éditions Gérard Lebovici, sur les difficultés de la traduction du Panégyrique de Guy Debord, 6 nov. 1989, in Correspondance, volume 7, janvier 1988 - novembre 1994, Arthème Fayard Avril 2008

ce passage est symptomatique du fait que Debord, autant que théoricien, était écrivain, et plus précisément poète. Il explique là très bien ce qu'Aragon appelle l'ambivalence nécessaire à la poésie. Du moins la mienne fonctionne-t-elle souvent comme ça. Par contre, le glissement est patent chez Debord, et "s'aggrave" avec l'âge, parce que ce qui est vrai pour le langage poétique est plus délicat à mettre en œuvre dans celui de la théorie. C'est aussi ce qui fait que le dernier Debord peut être aussi percutant, mais moins pertinent que l'auteur de La société du Spectacle. Au fond, Vincent Kaufman l'a bien vu dans son Guy Debord ou la révolution au service de la poésie

Guy Debord a écrit:
La plus grande difficulté consiste en ceci : ce livre contient, certes, bon nombre d'informations qu'il faut exactement traduire. Mais il n'est pas essentiellement affaire d'informations. Pour l'essentiel, son information réside dans la manière même dont elle est dite.

Chaque fois, et c'est très fréquent, qu'un mot, ou qu'une phrase, a deux sens possibles, il faudra reconnaître et maintenir les deux; car la phrase doit être comprise comme entièrement véridique aux deux sens. Cela signifie également, pour l'ensemble du discours : la totalité des sens possibles est sa seule vérité.
(...)
Ce glissement continuel du sens, qui est plus ou moins manifeste dans chacune de ses phrases est également présent dans le mouvement général du livre entier
.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Robert Louis Stevenson, Une apologie des oisifs, 1877   Dim 7 Juin - 22:55

Robert Louis Stevenson, Une apologie des oisifs, 1877, français 1999

constatons d'abord que ce texte est paru trois ans avant Le Droit à la paresse, de Paul Lafargues, gendre de Marx... Ensuite son étrange actualité, comme quoi certaines pages littéraires valent parfois bien quelque démonstration théorique...

Robert Louis Stevenson a écrit:
Aujourd'hui que toute le monde est contraint, sous peine d'une condamnation par défaut pour crime de lèse-respectabilité, d'embrasser quelque profession lucrative, et d'y travailler avec quelque chose qui ressemble à de l'enthousiasme, une plainte de la partie adverse, qui, elle se satisfait de ce qu'elle a, et revendique de rester spectatrice en goûtant le temps qui passe, sent un peu la bravade, sinon la gasconnade.

Pourtant, il ne devrait pas en être ainsi. L'oisiveté, ainsi qu'on l'appelle, qui ne consiste pas à ne rien faire mais à faire beaucoup de ce qui n'est pas reconnu dans les formulaires dogmatiques de la classe dirigeante, a autant de droit de déclarer sa position que l'industrie elle-même.

Il faut bien reconnaître que la présence de personnes qui refusent de participer à la grande course handicap pour le gain de pièces de "six pences" est tout à la fois une insulte et un désenchantement pour ceux qui s'y engagent.
Un brave garçon (comme nous en voyons tant) prend son courage à deux mains, vote pour les "six pence" et, pour recourir à l'emphase d'un américanisme "y va à fond".

Peut-il s'étonner de son ressentiment, tandis qu'il s'échine désespérément à casser des cailloux sur la route, s'il voit dans les prairies, non loin, des personnes allongées au frais, un mouchoir sur les oreilles et un verre à portée de la main ? »




cité par Denis Grozdanovitch Petit traité de désinvolture, Points 2002, p. 24-25
qui ajoute

Denis Grozdanovitch a écrit:
Stevenson remarque à juste titre que les oisifs sont rarement inactifs, qu'ils consacrent tout simplement à des activités que les autorités en place considèrent inutiles, voire nuisibles; condamnation que la rédaction dece texte encourt très certainement à sont tour, j'en ai peur...


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Thomas Bernhard, Les Mange-pas-cher, 1980   Sam 13 Juin - 0:39

Thomas Bernhard Les Mange-pas-cher 1980, Gallimard 2005 p. 51-52

préciser d'abord que, si je préfère les textes théoriques présentés clairement, avec sous-titres et paragraphes, plutôt qu'en pavés de bonnes intentions signifiant : « çui-ci qui s'intéresse à ce texte de très très haut-niveau doit faire l'effort de lire non seulement le difficile, mais l'illisible si possible imbitable et mal présenté», pour ce qui concerne la littérature, je la lis telle que voulue par l'auteur, et donc Thomas Bernhard, dont j'admire l'écriture bien que ne le lisant qu'en traduction, Thomas Bernhard écrit des pavés : dans ce livre de 118 pages, il n'y a pas un seul retour à la ligne

Thomas Bernhard a écrit:
Le monde qui l'entourait avait été naturellement pour lui un reproche à perpétuité, mais il ne s'était jamais soucié à cet égard du monde qui l'entourait et il ne s'était donc jamais soucié de ce reproche, il ne s'était de toute sa vie jamais senti que responsable devant lui-même, et, pour ce qui le concernait lui-même, il avait eu toute sa vie la plus haute de ce qu'on appelle conscience des responsabilités, il en avait fait la preuve chaque jour et effectivement de manière ininterrompue et dans tous ses actes et toutes ses déclarations. Qu'un pareil être, pour lui et pour les autres, soit obligé d'aller à tout instant jusqu'à la limite la plus extrême de l'insupportable ne doit pas étonner. Les Mange-pas-cher avaient été pendant des années sa seule fréquentation, mais les Mange-pas-cher non plus, comme il est naturel, n'étaient pas allés dans leur relation avec lui plus près que jusqu'à la limite que, contre eux et donc pour l'amour de lui-même et donc de sa science et donc de sa science de la nature et donc alors à vrai dire plus que de sa Physiognomonie, il avait fixée à l'endroit exact où il avait voulu n'être absolument plus dérangé et rester seul avec lui-même, et les Mange-pas-cher, aussi longtemps qu'il avait eu des contacts avec eux, n'avaient d'ailleurs plus été rien d'autre qu'un matériau pour sa pensée et donc pour sa science et à la fin pendant des années, quoique encore inconsciemment pour lui, un matériau pour ses objectifs de pensée et de science, tout simplement rien d'autre, avec le temps, que la matière scientifique qui absorbait tout son intérêt et qui était devenue claire et distincte pour lui à l'instant où, le plus soudainement du monde, au Wertheimsteinpark, il était allé non au vieux frêne, mais au vieux chêne, à l'instant de son événement, auquel de fait après cet événement tout avait été relié. Au point exact où, au lieu de continuer son chemin, il s'était arrêté le plus soudainement du monde devant rien d'autre que le désespoir (dans sa tête) concernant sa science, les Mange-pas-cher, sur le chemin du chêne (et non du frêne), étaient venus à son secours et avaient sauvé son travail et donc lui-même. Mais, comme il est naturel, il n'avait absolument pas pu percevoir la véritable signification des Mange-Pas-Cher avant l'événement, ils n'avaient été pour lui qu'un refuge quotidien auprès des êtres humains dont il s'était depuis très longtemps séparé, dont il s'était séparé avec cohérence depuis des années déjà pour l'amour de sa science, d'où il avait toujours tiré son existence, de rien d'autre. Pendant des années déjà, il n'avait plus souffert comme êtres humains que les mange-pas-cher, aucun autre être humain [...]



Dernière édition par Admin le Ven 14 Aoû - 19:05, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Richard Wright, Black Boy 1945   Dim 21 Juin - 18:03

Richard Wright Black Boy fr 1947 Tr. Marcel Duhamel Gallimard Folio p.443-444

Richard Wright a écrit:
Le Sud Blanc prétendait qu'il connaissait les « moricauds », et j'étais ce que le Sud blanc appelait un « moricaud ». Mais le Sud blanc ne m'avait jamais connu, n'avait jamais su ce que je pensais, ce que je sentais. Le Sud blanc prétendaient que j'avais une « place » dans la vie. Mais là-bas je ne m'étais jamais senti à la « place » que le Sud blanc m'avait assignée. Et aucune des paroles que j'avais entendues tomber des lèvres des Blancs n'avait pu me faire douter réellement de ma propre valeur humaine. Il est vrai que j'avais menti. J'avais volé. J'avais lutté pour contenir une colère envahissante. Je m'étais battu. Et c'était peut-être par pur hasard que je n'avais jamais tué... Mais de quelle façon le Sud m'avait-il permis d'être naturel, d'être réel, d'être moi-même, sinon dans la négation, la rébellion et l'agression ?

Non seulement les Blancs du Sud ne m'avaient pas connu mais, fait plus important encore, la façon dont j'avais vécu dans le Sud ne m'avait pas permis de me connaître moi-même. Étouffée, comprimée par les conditions d'existence dans le Sud, ma vie n'avait pas été ce qu'elle aurait dû être. Je m'étais conformé à ce que mon entourage, ma famille - conformément aux lois édictées par les Blancs qui les dominaient - avait exigé de moi, j'avais été le personnage que les blancs m'avaient assigné. Je n'avais jamais pu être réellement moi-même, et j'appris peu à peu que le Sud ne pouvait reconnaître qu'une partie de l'homme, ne pouvait admettre qu'un fragment de sa personnalité, et qu'il rejetait le reste - le plus profond et le meilleur du cœur et de l'esprit - par ignorance aveugle et par haine
.



Richard Wright, né le 4 septembre 1908 à Natchez (Mississippi) et mort le 28 novembre 1960 à Paris, est un écrivain et journaliste américain. Il a été le premier écrivain afro-américain à écrire un roman à succès.

Black boy (New York: Harper, 1945) : œuvre autobiographique écrite en 1945 racontant son enfance dans le sud ségrégationniste.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Édouard Pignon, La quête de la réalité   Mer 24 Juin - 11:24


Édouard Pignon, La quête de la réalité, 1966, E. Pignon ami de Picasso


Édouard Pignon a écrit:
« Picasso dit souvent qu'à partir du moment où on sait vraiment faire une chose, on n'a plus besoin de la faire... Moi, ce qui m'intéresse, c'est de faire ce que je ne sais pas faire, c'est de chercher... La quête de la réalité est difficile. C'est en partant une fois de plus à sa recherche que la peinture se remet à vivre. Le réalisme... on peut faire des choses magnifiques avec ça. Mais à une condition, recommencer à voir la réalité, la voir comme personne ne l'a déjà vue, c'est-à-dire avec les yeux de notre temps. Tous les échecs que l'on a pu enregistrer dans ce domaine ne venaient pas d'une réalité soi-disant épuisée, finie. Tous les échecs venaient de ce qu'on voulait enfermer cette réalité dans une forme qui ne lui convenait pas. Un politique est obligé d'étudier la réalité s'il veut appréhender afin de déterminer une certaine tactique. Sinon il devient dogmatique, et toutes les mesures qu'il peut prendre sont en porte-à-faux. Le peintre, c'est la même chose. Il doit partir à la conquête de la réalité, une conquête journalière, de chaque instant, à ses risques et périls. Il faut être dedans, regarder dedans, penser dedans. Il ne faut pas craindre de se bousculer soi-même, de faire autre chose, de tout recommencer, de tout apprendre. Il faut toujours être sur la brèche. Il ne faut pas craindre de déplaire. »


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: la vie autorise, auto-rit, théorise   Jeu 25 Juin - 14:28

la vie autorise, auto-rit, théorise : du Club de Mediapart le direct n'est plus. Amen



le direct n'est pas différé, il se fait différent. Il se dit faire, il se diffuse...

il se dit : fuse !



4 haïkus, 12 vers, 68… ressortis et dédiés à Walda, Segesta, et Julie... Ruby et Victoria...


couper et connaître, aller allier


couper n'est pas lier
aller où la vie appelle
connaître et allier

amitiés nouvelles
une jeunesse, un printemps
fleurs, fusées, fusils

causer est saisi
contre en-haut , puis... pour qu'en bas
choses et combats

rompent le tout lié
connaître et aller, allier
où la vie appelle




FoSoBo 22 avril 2015 04:30
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits   Jeu 25 Juin - 14:49


ne sont pas :

ce monde aménageable

démocratie en danger

médias à ménager


nous venons tout déméninger

ils viendront tout changer


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Hazies Musli : Colvert Amiens, fin de journée, le quartiers est "Bomber" sa sent la Révoltes   Jeu 25 Juin - 22:16

de mon frère de Mediapart, Hazies Mousli

Colvert Amiens, fin de journée, le quartiers est "Bomber" sa sent la Révoltes 25 juin 2015

Haries Mousli a écrit:
Besoin de me  ressourcer dans mon quartier. Un petit tour en bécane.

Le Colvert C L'ALGÉRIE!!!! Fin de journée.

Les jeunes viennent me voir et sont impressionner par mon look.

- Wesh Grand frére !

- Wesh les enfants .

- C'est vous qui avait monter le quartier, on l'a bouzillés! Pardon.

( 5 jeunes Ecoute)

- On te connaît, T un dingue comme nous...( la bac passe) NIQUE LEUR MÉRE CES FILS DE PUTES!!!Sur le Coran on les Niquera. On sent fout , on n'a plus rien!  Niqué leur mere .

(Ded scooters passent en dizaines , pas de casques , les keufs tourne aussi. Ils s'observent.LA JINGLE!!!

- Tu peux nous aider frére , t'habite près du Herbse(prison). T un dingue!! Sur le coran faut des anciens comle toi. Aide nous.( Ils observes mes tatouages muslims de l'Emir Abd El Kader).

( la haine me monte de voir des jeunes adulte en detressse. Les flics sont Ok avec la situation. Je revois  passer nos combats de jeunes harhis en tête!! Nous redevenons ceun qui doivent payer, Le Cimetierc de St priére est remplie de nos frères de combat. 40% de mà génération y sont  enterrés .)

- Mes petits frére NE MOURAIT PAS!!! Battez vous!

- COMMENT ??! Ils nous font la Hogra les flics ici,On dit que tu connais la loi, dit nous comment ont ce défend

(mon cœur seigne une deuxième fois. G la rage !!

- je reviendrait vous voir et vous expliquer . Mes petit fréres NE MOURRAIT PAS.  .

( entassement général   La bac passe. Les chiens de garde.)

-  Je repart et le tape un 200km/ heure!!!!!Je veux mourire avec eux. Je me sent coupable d'avoir réussi et d'être encore vivant. Je rentre vivant, Niqje CE MONDE!!!!!!!



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Hermann Hesse, L'art de l'oisiveté    Dim 28 Juin - 19:32

Hermann Hesse, L'art de l'oisiveté, Salutations de Berne, à mes frères prisonniers, 1917, Livre de poche, p. 125-127


Hermann Hesse a écrit:
Lorsque vous priez un écrivain de donner de ses nouvelles, vous n'attendez pas de lui qu'il vous fasse un rapport sur les récents événements. Et de fait, je n'ai vraiment rien de précis à ce sujet; ces quelques lignes pourraient venir tout aussi bien de Sirius que de Berne, ou encore d'une île lointaine perdue.

Nous autres, poètes, nous vivons aujourd'hui sur des îles semblables. Tout le monde n'est pas capable de prêter une oreille attentive à la poésie et à la pensée entre les bruits des canons et les nouvelles du front qui tombent quotidiennement.

Par ailleurs, chaque honnête homme a vu bafouer au cours de cette guerre toute dignité de sentiment et de caractère. Dans les passages les plus modérés des éditoriaux, celle-ci fut systématiquement combattue, raillée avec dédain, traînée dans la boue par des écrivassiers héroïques, parlant au nom de l'amour de la patrie et de quelques idéaux semblables. Ainsi a-t-on pu avoir pendant un moment l'impression que la haine était devenue le mode d'expression imposé, que la pratique de l'acharnement sauvage était désormais de rigueur. Ceux qui montraient incapables d'agir ainsi étaient exclus.

Je sais que les temps ont changé, et ce ne sont nullement des raisons émotives qui me poussent à évoquer cette époque où la liberté de parole et de pensée fut entravée comme jamais auparavant. Au contraire, tout ce qu'on a déversé sur ma personne a depuis longtemps cessé de me faire du mal, cela s'est même révélé bénéfique et utile pour moi.

J'ai entre autres choses appris à me défaire du besoin de parler. Les gens s'étaient habitués chez nous à surestimer le rôle des écrivains; ils leur demandaient leur opinion en toutes circonstances et croyaient que leurs noms si prisés devaient absolument figurer de temps en temps dans les quotidiens. La courtoisie que manifestaient en retour les hommes cultivés allait de pair elle aussi avec une méconnaissance et un mépris absolus de la littérature. Chacun d'entre nous en avait la vague intuition, mais personne ne se l'avouait vraiment. Au lieu d'habiter sous les toits, de manger des croûtons de pain et de cracher sur la tête des philistins, nous étions devenus, nous les poètes, des messieurs charmants et presque sortables qui s'entendaient à faire main commentaire complaisant sur des questions d'actualité, maint bon mot, maint trait d'ironie charmant et léger.

Une seule chose aurait pu m'amener, l'espace d'un instant, à joindre ma voix aux sermons absurdes et sacrilèges des stratèges en chambre sur les splendeurs de la guerre; c'eut été d'ouvrir les yeux sur la réalité, d'éprouver un écœurement, de me détacher tout à coup de ces gens bruyants avec lesquels je m'étais à peu près entendu. Cela valait la peine de découvrir que nous avions manqué de lucidité sur notre situation; c'était une expérience très enrichissante. Nous avions joué un rôle, nous nous étions mis en toute naïveté au service d'une « culture » que, au fond, nous méprisions, et que nous savions servile. Nous laissions par exemple les critiques et les rédacteurs des journaux nous expliquer à quel point il était important que nous prônions auprès de nos lecteurs le retour aux valeurs de la nature. Or, en faisant cela, nous remarquions à peine qu'on nous abusait, que nous étions même en passe d'abuser ceux qui nous lisaient
.
»

Hermann Hesse

à suivre, peut-être...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: autour de 'Soumission', de Houellebecq, par Tristan Léonie   Lun 29 Juin - 19:15

je vais introduire une rupture dans la séquence de morceaux de (vraie) littérature, avec une réflexion, à mon avis excellente, "autour" ou à partir du livre de Michel Houellebecq, Soumission, par Tristan Léonie, sur le blog DDT21 de Gilles Dauvé

Du spirituel dans l’homme et dans le prolétaire en particulier. Autour de Houellebecq et de “Soumission Tristan Leoni, juin 2015

L’inconvenant / Communes valeurs ? / Nostalgie / The Meaning of Life / Opium et cocaïne / Utopist Tory ? / Extension du domaine de la confusion

ce texte est beaucoup moins mais beaucoup mieux qu'une critique littéraire, dans la mesure où ce qu'il dit, on ne le trouve pas dans lesdites critiques littéraires (qui n'en sont pas toujours en particulier concernant Houellebecq, mais c'est un autre sujet). Pour ma part, c'est aussi comme ça que je lis un roman écrit par un écrivain véritable, qui ne fait pas de théorie, et c'est aussi comme ça que l'avait lu Bernard Maris, pour en tirer "Houellebecq économiste", ce qui n'a pas échappé à Tristan Léonie

Tristan Léonie a écrit:
Rappelons tout d’abord cette évidence : il peut y avoir une différence entre les propos des différents personnages de ses romans et ce que l’auteur peut déclarer par ailleurs. C’est qu’il ne s’agit que de littérature, pas de théorie politique. Son livre n’est donc pas un programme, ni une thèse, seulement une possibilité parmi d’autres, pas moins réaliste que tant d’événements historiques que la veille encore les mieux informés jugeaient invraisemblables. Dans l’écheveau de notre présent, Houellebecq prend un fil, pas forcément le plus gros ou le plus visible et, de l’extérieur, observe où il mène si on le suit jusqu’au bout. Il a expliqué ne rien espérer et déclaré qu’il ne « faut surtout avoir de point de vue pour écrire un tel roman »3. Le point de vue fait pourtant l’intérêt du livre.

Tristan Léonie a écrit:
De quoi également déplaire à gauche. Il fut un temps où Houellebecq et sa critique de la société pouvaient y être appréciés mais, depuis 2001, date de ses charges contre l’islam, c’est fini. Et plus encore en 2015 avec ce roman parait-il réac, islamophobe, nostalgique et misogyne. Un militant de gauche ne lit pas ce genre de bouquins [note] ; mais il peut en citer l’auteur aux côté d’Eric Zemmour dans un tract dénonçant « la montée du fascisme ».

note : On sait qu’il est de bon ton de ne lire que des ouvrages avec lesquels on pense être en accord.

bien de ses remarques recoupent ce que j'ai pu dire de Houellebecq écrivain, au demeurant considérant l'ensemble de son œuvre - bien que je ne l'ai pas lue entièrement. Il me faudrait encore parler de Houellebecq poète, car je le trouve tout sauf mauvais, y compris du point de vue "stylistique", qui représente peut-être le sommet du genre, supérieur à la prose de ses romans

pour mémoire, ce que j'écrivais le 7 janvier, à l'annonce de l'attentat de Charlie Hebdo ou Bernard Maris fut assassiné. IL est vrai que ce jour là, j'ai eu la plume lourde, alors que j'avais formulé quelques jours avant un avis plus proche de ce qu'en doit Léonie

Patlotch a écrit:

« Qui se souviendra de l'économie, et de ses prêtres, les économistes ? » Bernard Maris, Houellebecq économiste, 2014

Bernard Maris a écrit:
« Dans quelques décennies, un siècle, plus tôt peut-être, il apparaîtra invraisemblable qu'une civilisation ait pu accorder autant d'importance à une discipline non seulement vide mais terriblement ennuyeuse, ainsi qu'à ses zélateurs, experts et journalistes, graphicomanes, aboyeurs, barons et débatteurs du pour et du contre (quoique l'inverse soit bien possible). L'économiste est celui qui est toujours capable d'expliquer ex post pourquoi il s'est, une fois de plus, trompé. » p.14

ma peur n'est pas la leur : comment les luttes sociales, en situant chacun.e dans son camp, et en évacuant toutes illusions politiques et religieuses, pourront-elles nous sortir de ce merdier ? Les commentaires, loin d'en évoquer le chemin, ne pointent que de fausses solutions qui alimenteront le plus dur qui vient, avec leur paix sociale armée jusqu'aux dents et sur tous les écrans. Face à cette union sacrée, bon courage à ceux d'en-bas, communistes et anarchistes avec, car ils seront encore plus seuls, et ne pourront compter que sur eux-mêmes : ni dieux, ni maîtres, ni prophètes

en relation, que ne l'avais pas lu, la réaction de Claude Guillon : Prêche tragique à "Charlie Hebdo" : Pour qui travaillent les assassins ? Heureux de constater que les vents mauvais n'emportent pas toute l'intelligence du monde

Houellebecq, colporteur d'idéologie

à propos d'un best seller, de la littérature en général et du roman français en particulier

il y a longtemps que je ne lis plus les romans au top des ventes et les prix littéraires français. Les tourments de leurs auteur.e.s, de leurs personnages et des milieux qu'ils fréquentent ne m'intéressent pas, ou seulement pour ce dont ils témoignent, une vision de classes moyennes supérieures qui ne comprennent pas, ou trop, ce qui leur arrive. Les grands absents de ces livres sont les prolétaires, ou si l'on préfèrent les classes populaires, et quand ils en parlent, c'est d'aussi près et avec la même considération que Flaubert au 19ème siècle

je tiens pourtant le roman, ce "mentir-vrai", pour un bon moyen d'accès à la connaissance sinon à la compréhension du monde. Tout dépend de quelles réalités parle l'auteur.e, et s'il est bon, peu m'importe ses idées politiques, les meilleurs se tenant à distance

par périodes je lis nombre de romans, la plupart francophones d'Afrique et des Antilles, ou traduits de langues étrangères, des quatre coins du monde : Amériques, Asies, Australie, Europes... et pour le reste beaucoup de polars, ou plutôt du "noir", d'abord parce qu'on y rencontre d'aussi bons écrivains, ensuite parce qu'ils écrivent sur les gens d'en bas, sur leur vie telle que je ne la connais pas de l'intérieur : tout ce qu'on ne trouve pas sur le net

Houellebecq est un grand consommateur d'Internet, et quand ce n'est pas dans la jet set, c'est là qu'il puise ses informations, sans chercher plus loin que ce qu'on y trouve à la surface, c'est-à-dire la même chose, la même idéologie médiatique qu'à la télévision

Houellebecq est un bon écrivain, j'ai trouvé du plaisir à plusieurs de ses livres. Il rend bien compte de la "déchéance morale" des couches moyennes, mais nonobstant son son acuité pour voir et son habileté à écrire en renvoyant un miroir sans complaisance aux lecteurs qui peuvent être concernés, il est aussi paumé que ceux dont il parle, et ne s'en cache d'ailleurs pas. Il est toujours intéressant d'écouter ses interviews parallèlement à ses livres, car il remet les choses en place quand à sa posture d'écrivain. Il faut le prendre au pied de la lettre, car il est tout sauf cynique, au sens contemporain du terme. D'un éditorialiste américain :

John Vinocur a écrit:
« Le bon sens oblige à construire un pare-feu autour de l'hystérie qui accompagne la sortie de ce livre qui, selon moi, est de l'eau de rose dans son traitement de l’Islam, en comparaison du marais fétide de l'antisémitisme d'un autre écrivain français majeur, Louis-Ferdinand Céline, écrit John Vinocur dans.

La réalité plus immédiate est ailleurs, prévient l'éditorialiste. Le raffut provoqué par Houellebecq prouve qu'il y a un fossé en France – peut-être plus que dans n’importe quelle autre démocratie européenne – entre le politiquement correct de la gauche, la bigoterie et la discrimination de l'extrême droite et toute sorte de conversation raisonnable sur la façon dont le pays peut s'adapter (et pas seulement l'inverse) à ses quelque 6 à 8 millions d’Arabes musulmans.»


John Vinocur souligne ce qu'il considère comme la "faiblesse majeure" de l’ouvrage : le fait que le héros du livre n'a « absolument rien à voir avec les millions de travailleurs français qui, au-delà des difficultés économiques, ressentent une nouvelle forme d'aliénation. Aliénation qui implique ce qu'ils perçoivent comme l'omniprésence des immigrés méprisants, ou perçus comme tels, et divorcés de la société française. » John Vinocur Courrier International The Wall Street Journal 6 janvier

ce journaliste voit certes les choses d'un peu loin, d'abord parce que ceux qu'il nomme « immigrés » sont majoritairement des « travailleurs français », et qu'ici j'ai du mal à percevoir le mépris qu'ils en auraient, étant parfaitement intégrés... à leur pauvreté, peu différente de celle des non "racisés", sauf qu'ils s'y sont confrontés plus nombreux en proportion, et font face à d'autres oppressions en supplément gratuit. S'ils ont du mépris, c'est comme la plupart, pour les "élites" au pouvoir économique, politique et médiatique. Houellebecq dit leur médiocrité avec talent et humour, en quoi il se rapproche de Marine Le Pen, mais elle en fait partie et ça ne mange pas de pain

en rendant compte ad nauseam de « Soumission » - titre bien vu s'il parlait plus lucidement de l'idéologie dominante et pas seulement de sa surface déformée - la presse en fait un livre politique plus qu'un événement littéraire, et c'est assez pour renvoyer à l'auteur le sens de ses intérêts économiques par le choix d'un sujet aussi porteur. Aucun journaliste ne l'interrogeant sur le problème posé plus haut, le livre sera jugé bon ou mauvais sur des critères n'effleurant pas son aveuglement social, ni la littérature. Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que s'ils en parlent autant, c'est qu'ils s'y reconnaissent. La boucle est bouclée

qu'Houellebecq (sic) écrive parce qu'il ne trouve à la vie aucun intérêt, je le comprends facilement, et Freud a raison de dire que le névrosé, par son œuvre, peut remettre un pied dans la société. Pour le coup, c'est plutôt réussi. Quant à l'écriture du ressentiment, avec l'âge ça ne s'arrange pas, et ce malade du monde devrait prendre soin de lui, avant de finir plus mal

un grand écrivain témoigne de son temps, il ne le colporte pas


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Houellebecq par Patlotch, janvier 2015   Lun 29 Juin - 19:37

le 18 janvier, j'aurai contre Houellebecq la dent plus dure encore

Patlotch a écrit:
Bernard Maris et Houellebecq écrivain

Houellebecq ne sait pas ce qu'il écrit de plus intéressant

le cinysme contemporain sans rivage est tel que les 1er degré, 2ème degré... nième degré s'emmêlent à un tel point que ceux qui les manient ne savant pas toujours ce qu'ils veulent dire, ce qu'ils pensent. C'est encore une chose que l'on sent dans la sincérité comme naïve de Houellebecq, qui avoue tant de fois « je ne sais pas ». Par exemple, il dit qu'il n'avait pas vu ce que Bernard Maris a mis en évidence dans Houellebecq économiste, alors qu'en lisant ses premiers livres, c'est cet aspect qui m'a le plus intéressé (disons l'idéologie plutôt que l'économie, mais c'est ce dont parle Maris aussi)

* j'ai acheté et lu ce livre il y a un mois, ça m'a fait un coup le 7... c'est pourquoi j'ai aussitôt retenu cette phrase dont je me souvenais  pour dire mon émotion, une des seules du livre que je partage vraiment sans réticence : « Qui se souviendra de l'économie, et de ses prêtres, les économistes ? »

Houellebecq et le communisme

qui connaît un peu l'histoire du communisme et veut se faire une idée de la culture de Houellebecq, de son intelligence et de son sens critique, peut écouter/voir ce qu'il a pense du communisme et de Marx*. Hormis peut-être le doigt sur certains manques, c'est affligeant de bêtise, d'ignorance, d'incompréhension, et d'idéologie vulgaire : Houellebecq de A à Z : C comme Communisme vidéo 2008 ?

* « brillant » mais peu « profond », ramenant tout à des « formules sans profondeur » comme « la religion est l'opium du peuple ». Formules qui, si elles sont récités comme des formules magiques par des militants qui n'ont pas lu Marx, sont toujours l'aboutissement de développement tout sauf superficiels. Il est vrai que certaines formules littéraires ou poétiques viennent parfois masquer l'absence de démonstration, ou une ambiguïté chez Marx, qui aurait voulu être poète ou dramaturge, et qui adore se faire plaisir en écrivain par des formules plus littéraires. Mais ce sont des reformulations, généralement compréhensibles par ce qui précède écrit autrement, et toujours avec une rigueur de vocabulaire époustoufflante. Ce n'est pas être seulement brillant, à la manière des énarques

le brillant et la profondeur des énarques

les énarques peuvent tous donner une forme verbale impressionnante à un tas de conneries, plus rares ceux qui sont profonds, inventifs ou imaginatifs. J'en ai déstabilisé plus d'un, tant leur couche de savoirs, certes plus qu'un vernis, cachait mal la profondeur de leur médiocrité. Entrer à l'ENA, c'est grandement une question de travail et de mémoire, comme la plupart des concours de haut niveau dans la Fonction publique : l'Etat a besoin de hauts-fonctionnaires qui suivent une ligne politique, capables de proposer ou formuler des lois, règlements, solutions ou mesures allant dans tel sens. Leur imagination va rarement au-delà, y compris pour résoudre certains «dysfonctionnements» dans leur boutique. Ils sont surtout empressés de savoir qu'ils savent, c'est-à-dire mieux que leur interlocuteur. Un jour le jazz est venu dans une conversation, et cet énarque qui était mon patron s'est lancé dans un développement en donnant des noms de musiciens en exemple, dont aucun ne correspondait à ce qu'il voulait illustrer

Houellebecq écrivain sans classe

Houellebecq est tout sauf brillant, même dans son écriture, plate et commune. Mais elle est adéquate aux atmosphères qu'il recrée avec une sens aigü de l'observation et pas mal d'intuition. Par cette forme même, il est un bon écrivain. Houellebecq est-il profond ? Ça dépend. Oui et non. Il n'a aucun sens de classe, je veux dire bourgeois ou prolétaires. Il ne comprend pas grand chose au fonctionnement des rapports sociaux, et le reconnait volontiers. Poil au rentier

alors qu'est-ce qu'il reste ? Une sensibilité, des idées de classe moyenne au fil du temps un peu plus haute, et un peu moins sensible aux réalités sociales d'en-bas, ou comme ça, en passant. Des idées commune ramassées dans les journaux et sur Internet, le meilleur étant ce qu'il a retenu d'autres livres, d'autres écrivains, et qui lui permet un certain type de regard et d'interprétation. Ces goûts et références étant ce quils sont, le tout donne HOuellebecq, écrivain trempé dans l'idéologie comme sa plume dans l'encre incolore de son style. Poil mercantile

le style ça n'existe pas, comme disait Meschonnic. Le langage, ça ne se sépare pas comme ça d'une pensée, comme le signifié et le signifiant, pont aux ânes de la vulgate linguistique. Le langage est un tout, comme la façon de parler dit quelque chose même à un sourd. Comme le langage d'Etat dit quelque chose même à un débile des quartiers : il lui dit qu'ils appartiennent à deux classes ennemies, et c'est pour ça aussi qu'en plus de ses misères, il hait l'Etat : pas vous ? Poil aux gros sous

Patlotch a écrit:
pas cloué du bec, le soldat Houellebecq s'en va-t-en guerre

Michel Houellebecq : La liberté d’expression a le droit de jeter de l’huile sur le feu" Les Inrocks, 15 janvier

Michel Houellebecq a écrit:
Nous sommes réunis aujourd’hui pour défendre un “journal irresponsable” [...] La liberté d’expression a le droit de jeter de l’huile sur le feu. Elle n’a pas vocation à maintenir la cohésion sociale, ni l’unité nationale; le “vivre ensemble” ne la concerne nullement. On ne saurait lui enjoindre de se montrer responsable; elle ne l’est pas. Ces différents points ne sont pas négociables.

revendiquer cette irresponsabilité, c'est reconnaître qu'elle est en partie responsable des crimes. Sans quoi la question ne se poserait même pas.

un crayon n'est pas un fusil : une rhétorique simpliste

dire qu'un crayon ne tue, c'est accessoirement ignorer c'est une arme mortelle dans une main experte, comme un journal en rouleau, une fourchette en plastique et autres trucs de tueur à gage, dont aucun ne tue dans son utilisation normale et responsabExhibit Ble. C'est surtout une logique simpliste de la causalité directe, sur laquelle repose tant de dessins d'après, sans qu'on voit ce qui leur manque. Au demeurant les mêmes soutiennent que les écrits du Coran arment les criminels, et chacun sait que toutes les idéologies ayant produit des crimes de masses sont d'abord écrites dans des livres, des tracts, des journaux. Qui ne le sait pas va le savoir

j'ai dit partager l'idée de Houellebecq, pour qui l'écrivain de fiction n'a pas a être responsable, à rendre des comptes. Elle est valable pour les arts, en tant qu'arts. Mais, comme avec Exhibit B, s'agit-il seulement, avec ce roman, d'œuvre d'art ? La question n'est pas qu'elle soit bonne ou mauvaise, mais de sa nature et de sa fonction, et ici de sa réception avant même d'être diffusée, le scénario suffit, j'y viens

de quoi Houellebecq est-il comptable ?

je partage aussi l'idée que Houellebecq est mal lu, par ceux qui ne voient en lui qu'un mauvais écrivain sans style, comme par ceux qui sur-interprètent ce qu'il écrit. Sur certains points sa défense est juste et légitime, j'ai dit lui donner raison sur le principe général. Dans le contexte particulier actuel, la scénario de soumission, aussi invraisemblable soit-il, s'empare de 'la question musulmane', là-dessus pas de problème elle est très actuelle. C'est parce qu'il chevauche la thèse du danger d'islamisation de la France, thèse farfelue qu'il rejoint la cohorte raciste, identitaire de souche, qui a inventé cette thèse

je me considère comme un poète ou un plasticien, parce qu'en écrivant des poèmes et en faisant des collages, je suis dans la posture de l'artiste produisant une œuvre, mais ce n'est pas à moi de dire si elle est bonne ou pas. Et quand, par tel poème ou tel peinture, je convoque un thème politique, j'en deviens évidemment responsable

entre roman d'hier et fiction d'aujourd'hui

le problème de la responsabilité de l'artiste ne se pose pas dans les mêmes termes qu'au 19ème siècle, et même qu'au 20ème, avec leur reproduction de masse et maintenant le battavardage politico-médiatique autour de certaines œuvres. On ne peut même pas prétendre que les pamphlets de Céline auraient augmenté le nombre de victimes juives, ils n'ont fait que les justifier. Une responsabilité lourde, mais limitée. Tel n'est pas le cas de Houellebecq, même s'il a aujourd'hui le look décati de Céline sur le tard.

une liberté d'État ?

il n'en va pas de même pour un roman dont le contenu produit des effets qu'on l'ait lu ou non. À cet égard, Houellebecq, loin de tirer la moindre leçon des événements, y compris causant la mort de son ami Bernard Maris, en rajoute une couche au prétexte que « la liberté d'expression a le droit de jeter de l'huile sur le feu ». Pourquoi pas, mais la liberté de dire quoi ? Quelle huile sur quel feu ? Où est l'impertinence ici, contre qui s'exprime-t-elle ? Les puissants ou les misérables en se moquant d'eux, pas seulement de leur religion ?

dans cette interview, l'écrivain se démarque à peine du discours gouverne-mental, dans des termes reprenant ceux du Président François le second : « liberté non négociable ». Faudra-t-il bientôt défiler avec un badge « je suis Houellebecq » et aller en masse à la messe laïque pour rendre hommage à son courage ?

un journal n'est pas un roman, un dessin satirique pas un tableau, une musique avec des paroles pas un symphonie, etc. Revendiquer la liberté d'un journal à être irresponsable, c'est confondre irresponsabilité et irrévérence, car tout est dans le contenu et la manière de caricaturer qui ou quoi

qu'un roman ait le droit d'être irresponsable est inhérent à la nature de l'œuvre d'art réaliste y compris sous forme de fiction (mentir-vrai), sans quoi l'écrivain ne pourrait assumer son rôle, ce serait un faiseur plus ou moins talentueux comme la majorité de ceux qui écrivent des romans, non un voyant révélant ce que d'autres ne voient pas

la caricature qui me fait rire ou sourire, quand elle sait être juste, c'est celle qui frappe les puissants, l'hypocrisie, ou autres défauts courants, y compris les miens ? dans cette justesse tout le monde, les faibles aussi, peut se reconnaître  et rive en se disant : c'est vrai. Mais Charlie Hebdo n'est pas un journal pour les faibles. C'est un journal pour qui apprécie le talent de grandes gueules qui les font rire en rigolant elles-mêmes : c'est le principe de Charlie Hebdo depuis sa naissance, répété le jour du crime : on est là pour rigoler et faire rigoler, on peut rire de tout, vive le sacrilège et merde aux censeurs

la France fait crever ses ressortissants pour légitimer l'envoi des troupes de « leur protection ». Le caricaturiste et le romancier servent la soupe au coude à coude, dans la cantinière à distance de leur irresponsabilité

ces caricatures ne faisaient pas rigoler les victimes de la guerre, depuis le 7 janvier on pourra en rigoler avant d'en mourir pour en avoir provoquer la mort d'innocents, y compris français

ça ne m'empêche pas d'apprécier une caricature qui s'en prend à mes idées, car elle peut aussi être juste, c'est-à-dire bien traduire ce que mes idées représentent pour ceux qui les combattent. C'est une reconnaissance de nos adversités : nous nous sommes bien compris. Il n'y a rien de ça dans les caricatures en cause de Charlie Hebdo, ceux dont on affirme qu' « elles ne visent pas les musulmans » en tant que personnes humaines, car celles-ci ne peuvent pas le comprendre, non qu'ils seraient stupides (certains le sont), mais parce qu'elles ne sont pas justes, ne mettent pas le doigt où ça fait mal : la misère tragique qui produit toutes ces morts. Qui les comprend et en rigole ? à cette question on connaît la réponse, ce ne sont pas les victimes de cette guerre, sauf depuis le 7 janvier 2015

la soumission d'un bon écrivain : vrai moment du faux


par cette interview le soldat Houellebecq a levé l'ambiguïté qui créait le doute entre ceux le considérant comme un grand écrivain et ceux qui le tenait pour nul. Pour que la question soit posée, il fallait qu'il soit un bon écrivain et c'est pour ça qu'il est aussi lu. On peut être un bon écrivain à la solde de pouvoirs dont on prétend n'avoir rien à faire, un écrivain militariste avec sa plume, qui pleure sur son ami mort

que Houellebecq, s'il est désespéré de vivre, se suicide : Claude Guillon, STP, envoie-lui ton mode d'emploi


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Montaigne, Les Essais   Lun 29 Juin - 21:41

Montaigne, Les Essais ~ 1588 mis en français moderne...arléa 2002, page 800 (il s'agit du texte fermant le livre)

Montaigne a écrit:
La gentille inscription de quoi les Athéniens honorèrent la venue de Pompée en leur ville se conforme à mon sens :


D'autant es-tu dieu comme
Tu te reconnais homme.


C'est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être. Nous cherchons d'autres conditions pour n'entendre l'usage des nôtres, et sortons hors de nous pour ne savoir quel il y fait. Si [aussi] avons-nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses encore faut-il marcher de nos jambes. Et au plus élevé trône du monde, si [pourtant] ne sommes assis que sur notre cul.

Les plus belles vies sont, à mon gré, celles qui se rangent au modèle commun et humain, avec ordre, mais sans miracle et sans extravagance. Or la vieillesse a un peu besoin d'être traitée plus tendrement. Recommandons-là à ce dieu, protecteur de santé et de sagesse, mais gaie et sociale :


Accorde-moi, ô fils de Latone, de jouir de mes biens
Avec une santé robuste et, si possible, toutes mes facultés,
Fais que ma vieillesse ne soit pas avilissante
Et que je puisse toujours pincer la lyre.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Juliette Keating, « Éclipse, mon cul ! »   Mar 30 Juin - 11:49

Juliette Keating « Éclipse, mon cul ! » 20 mars 2015

Juliette Keating a écrit:
Vendredi 20 mars, un écolier de huit ans a été interrogé pendant douze heures par les services de police pour apologie du terrorisme. Le jeune garçon, refusant obstinément de suivre sa classe qui se rendait sur les lieux de l'observation de l'éclipse solaire, aurait déclaré à plusieurs reprises : « éclipse, mon cul ! », suscitant l'indignation du personnel enseignant et de ses camarades.

Pourtant, après de nombreuses directives et contre-directives de l'administration de l'école, demandant d'abord le confinement des élèves dans des salles équipés de rideaux occultants pendant toute la durée du phénomène, puis acceptant que certains enfants le regardent, munis des lunettes adéquates fournies par la famille et d'une autorisation parentale en bonne et due forme, et enfin, bénéficiant d'une subvention-lunettes aussi providentielle qu'inattendue, rendant obligatoire sous peine de sanction la participation de tous à l'atelier d'astronomie improvisé dans la cour, le petit groupe d'élèves se préparait dans la bonne humeur à profiter du spectacle exceptionnel que nous offre la nature. Une seule ombre au tableau : l'épaisse couche de nuages menaçant d'éclipser l'éclipse. C'est alors que le petit Brahim (le prénom a été changé), les bras croisés sur la poitrine et l'air buté, a prononcé ces mots terribles qui ont gâché la fête : « éclipse, mon cul ! Si le soleil est caché par la lune, c'est qu'il l'a bien mérité ce gros plein de feu ! Il avait qu'à pas me donner un coup l'été dernier sur la plage, qui m'a fait peler le dos pendant trois semaines ! »

Alertée par le changement soudain de comportement de cet élève habituellement tranquille, l'institutrice de Brahim a aussitôt consulté la « brochure de prévention de la radicalisation violente » opportunément distribuée par le Ministère de l'intérieur les jours précédant l'incident. Propos asociaux, refus de l'autorité, rejet de la vie en collectivité, repli sur soi et allusion à la fin des temps (« Y peut crever le soleil, je m'en fiche ! », aurait dit Brahim selon une source non vérifiée qui tient à garder l'anonymat), tous les éléments étaient réunis pour suspecter l'autoradicalisation. Le directeur a fait son devoir : entrer en contact dès que possible avec les autorités compétentes. Après enquête approfondie et interrogatoires de Brahim et de toute sa famille, le jeune garçon a été remis en liberté. Aucune menace d'attentat contre le soleil n'a été décelée parmi les mails et les sms examinés dans les téléphones portables des proches, mais ces derniers auraient eu le temps de tout effacer avant de se faire confisquer leurs appareils par la police. Il semblerait que l'écolier, influençable et sans doute manipulé par le lobby de la crème solaire, ait seulement voulu attirer l'attention des adultes sur ses problèmes de peau. Il reste toutefois sous surveillance.

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Henri Meschonnic, Pour sortir du post-moderne, l'étranger au temps   Mar 30 Juin - 21:51

ceci n'est pas de la littérature, mais d'un grand poéticien : Henri Meschonnic

Henri Meschonnic, Pour sortir du post-moderne, 10. l'étranger au temps, p. 89 Hourvari, 2003

Henri Meschonnic a écrit:
L'étranger peut ne pas être seulement un étranger au pays, à la culture, au lieu - à l'espace. Petit ou grand, parfois, il suffit de ne pas être du village, mais du village d'à côté, pour être un étranger. Après c'est une question d'échelle, mais c'est toujours le village.

Les encyclopédies en sont d'excellentes illustrations, par la planétarisation de leur nombrilisme. Par quoi l'étranger n'est pas seulement l'autre, il est aussi l'invisible, l'effaçable effacé. La traduction, dans sa pratique, est aussi une effaçante de l'étranger.

Les formes extrêmes de la xénophobie - de la peur, phobos, à la haine - sont aussi, immédiatement, la mise à jour des politiques de l'étranger comme réaction défensive de l'identitaire. La mise à jour aussi du lien entre les poétiques de l'identitaire (exemple : la clarté française) et les politiques de l'identitaire : les ethnismes. La démonstration abrégée du lien entre poétique et politique - au sens que toute poétique est aussi une politique et que toute politique a aussi sa poétique. Même et justement si elle ne veut pas le savoir
.


4ème de couv a écrit:
Si ce livre est « pour », c'est parce qu'il est un « contre ». Contre le cumul inimaginable de clichés culturels qui font la masse des académismes, des idées reçues sur ce qui est moderne et ce qui ne l'est pas, et sur ce qui aurait dépassé la modernité (on ne sait plus combien de sens a ce mot) et qui se dénomme le postmodernisme.

Alors on peut se demander d'où et comment on pourrait en faire la critique, d'où et comment on pourrait rire et faire partager ce rire. La comédie est ici celle du sérieux. C'est la farce de la pensée.

Eh bien elle vient du poème, qui apprend à rire du signe, elle vient du continu corps-langage qui apprend à rire des formes diverses du discontinu. C'est cette folie de rire de la folie qui n'est pas vue comme une folie, puisqu'elle se prend tellement au sérieux qu'on la prend au sérieux. Alors vous êtes conviés à ce rire. Je ne connais rien de plus sérieux.




Dernière édition par Admin le Dim 13 Sep - 13:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Juliette Keating, Apologie du mouton noir   Mer 1 Juil - 19:32

Apology for the Black Sheep

Juliette Keating, je l'avais "rencontrée", les textes de son blog Mediapart, avant de m'y inscrire moi-même

elle est, est-ce en raison d'une quelconque ascendance anglais, une des seules véritables billetistes de Mediapart, dans le sens de billet
wikipédia a écrit:
« Le billet est une forme courte, informationnelle, humoristique, souvent satirique. Elle s'apparente à la fois au « witz » freudien, ou mot d'esprit, et au pamphlet. La forme est aussi ancienne que la presse. [...] Le billet d'humeur est le lieu de l'indignation, du coup de gueule. C'est une prise de parole individuelle qui sort le journal d'un certain conformisme, d'une routine. Le billet d'humeur, parfois proche en longueur de la chronique, c'est donc un auteur qui impose sa marque, son style.»

Juliette Keating Apologie du mouton noir

Juliette Keating a écrit:
de la brebis galeuse et autres vilains petits canards.

Apologie des allergiques à la ligne et au cadre, des rétifs à l'opinion prescrite, aux émotions imposées et aux catéchismes de toutes les doctrines. Apologie de ceux que l'on pointe du doigt, de celles dont on se détourne avec une mou d'hypocrite pitié, en riant. Celles et ceux qui n'obtiennent rien parce qu'ils ne demandent rien à personne, qui ne réussiront jamais dans la vie parce qu'ils n'acceptent pas de, ou ne veulent pas que, ou ne se résignent pas à. Parce qu'il s'en foutent, au fond, de réussir ; et qu'est-ce que ça veut dire ? Qui ne servent à rien car ils ne veulent servir à personne. Celles et ceux qui n'existent pas, qui n'auront jamais existé, incapables de faire de leur nom une marque crédible, c'est-à-dire rentable. Ceux qui se trompent de ton, de style, de sujet. Celles qui ne sentent pas leur époque. Qui n'ont rien entre les mains qu'ils puissent vendre, parce que ça ne plaît pas leur truc, ça marchera pas, y'a pas de public pour ça. Ceux et celles qui, sous les éphémères sunlights des médias amnésiques, défendent au tribunal la cause perdue d'avance des gens ordinaires contre la propagande des puissants, contre le fric des vainqueurs. Les ratés lucides qui survivent comme ils peuvent dans un monde qu'ils comprennent trop bien pour désirer y participer. Ces amoureux de la liberté, que l'on appelle perdants alors qu'ils n'ont jamais chercher à gagner. Qui habitent un moment les pages obscures des blogs peu consultés avant de préférer ne pas. Qui disparaissent sans bruit et sans autres traces que des liasses de feuillets jaunis aux fond de tiroirs poussiéreux, des photos dans des boites, des peintures qui moisissent à la cave, ou qui ne laissent rien parce qu'ils ont tout brûlé
.

non, tous les billets de Juliette Keating ne valent pas son « Éclipse, mon cul ! », parce que quoi qu'on écrive ou dessine pour faire rire, encore faut-il que cela tombe à point pour d'autres, comme on l'a vu concernant les caricatures de Charlie Hebdo. Ses meilleurs billets ? Ceux qui ne touchent pas à des sujets explicitement politiques sont pour moi, en dernière analyse, les plus profonds, et les plus drôles...

je retiens celui-ci parce que, 'quelque part', je m'y retrouve. Ce n'est pas sans faire écho à mes textes tels que (ICI) : L'homme sans ambitions, Vouloir détruire sa "carrière", ou Éloge de mon placard, comme à mon refus de vendre voire de publier mes productions artistiques, cf Ma non-'vie d'artiste', la peinture, la poésie, la vie, la forme comme contenu...

de plus il y est question de mouton, qui fut mon premier surnom dès l'école primaire, en raison de mes cheveux bouclés, et devint Sheep de 13 ans à la trentaine, quand la classe apprit la traduction de mouton en anglais. Il me reste quelques amis qui m'appellent encore Sheep, mais Patlotch aucun, qui n'est qu'un nom de plume, et difficile à prononcer...

toute ressemblance avec ma singularité en marge du milieu de la communisation relèverait d'une pure coïncidence. Aucun rapport non plus avec la blague d'un ami en Summer Meeting,  l'histoire d'un lapin qui se demande « Qui suis-je ? » et dont la chute est « T'es pas un mouton, t'es un Arabe ! »

dites-vous bien, les copains (ya pas de copines chez zeus), que vous l'avez échappé belle, je suis du signe du bélier, et il existe aussi un mouton rouge




ma compagne à la ville de la petite bête
Montreuil Parc Montreau 16 octobre 2014

ce genre de réflexion n'est toutefois pas, au-delà de l'humour, sans évoquer la question de l'identité à dépasser, de l'individualité ou de l'individu-multiplicité - mon "je suis des autres" de 2002 - de qui n'a rien à vendre pour être membre à part entière de la communauté humaine, quand sera abolie la valeur d'échange, la valeur de l'art comme marchandise, la valeur d'un individu mesurée à ce qu'en font ou n'en font pas les autres plus visibles... mais personne, qui n'en fait rien en temps utile, n'en fera rien quand il aura tout brûlé

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Carlos Liscano, L'écrivain et l'autre   Jeu 2 Juil - 23:47


Carlos Liscano, L'écrivain et l'autre, 2007 Belfond 10/18 2010


Carlos Liscano a écrit:
« Écrire sur l'écrivain et sur la littérature, est-ce de la littérature ? Ce n'est peut-être qu'un prétexte, raconter pour se raconter. Mais la vie se joue sur ce prétexte. Parce que c'est aussi de cette façon qu'on peut prétendre à devenir un autre, qu'on peut prétendre à dire : Je suis là, j'essaie de raconter la seule chose qui ait vraiment du sens, à savoir le combat contre la mort, le désir ardent de tout voir avant de disparaître, de laisser un témoignage de ce que j'ai vu.

Comme on ne peut ni tout voir ni tout raconter, ce qu'on peut laisser ce sont ces moments où l'on réussit à descendre au plus profond. Un témoignage, peut-être, pour d'autres écrivains, pour de petits artistes. Dire : Il y a une vie qui vaut la peine d'être vécue dans la réflexion solitaire, dans la parole écrite qui parvient parfois à décrire cette réflexion. Cette vie est source de souffrance, de douleur. Dans le meilleur des cas, il y a aussi de l'ironie, une façon de se voir qui permet de ne pas se prendre pour ce qu'on n'est pas et de ne pas devenir fou. Parce qu'il ne faut vraiment pas se prendre pour rien pour passer des heures à écrire dans la solitude. Il faut croire qu'on peut dire quelque chose. Qu'on a quelque chose à dire aux autres, et qu'en plus on est armé pour le faire. Alors l'ironie sauve de la folie, et de l'obscène vanité.»
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Patlotch, il fait bon s'amuser avec Robert Desnos   Dim 5 Juil - 9:45


Patlotch a écrit:
LIVREDEL LIVRE SANS NOM 1990

(sept cent quatrième nuit)

C'est aujourd'hui dimanche
Il fait bon s'amuser

Robert Desnos
C'est aujourd'hui dimanche

C'est toujours dit dis : manche de parapluie
Sur ta table bleue dis : il pleut


-------Il pleut
-------Il pleut il pleut
-------Il pleut il pleut il pleut il
-------Pleut pleut pleut
-------Il pleut peu
-------Très peu
-------Puis

Il ne pleut plus

Dans le trouble bla-bla blues
De mon puits
Dans le trou de ma manche dis : il a plu mais
Il ne pleut plus


-------Il fait bon
-------S'amuser
;
;



le Chindogu de Kawakami
Citation :
Éternelle terre d'étrangetés, le Japon est à l'origine d'un concept inventé dans les années 1980 par un ingénieur du nom de Kenji Kawakami : le Chindogu (objet insolite). Ce dernier revendique le fait d'innover et d'inventer toutes sortes de machines ou d'objets, utiles mais inutilisables, qui n'ont aucune destinée commerciale. Un pied de nez à la société de consommation intensive, caractéristique du mode de vie Japonais.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Pierre Vandrepote, Max Sirner chez les Indiens... et la poésie   Dim 5 Juil - 18:07

Pierre Vandrepote, Max Sirner chez les Indiens 1994, les Infréquentables p.131

Pierre Vandrepote a écrit:
Du désir de vie collective qui habite chacun, la société ne donne en représentation que le mythe caricatural et perdu. Comme si elle ne constituait que la version prosaïque d'un échange qui se voulait à l'origine d'ordre poétique. Comme si elle venait rappeler à l'individu qu'on n'échappe pas à sa propre condition, qu'il lui faudra toujours s'insurger contre l'ordre extérieur de même qu'il s'insurge indéfiniment contre son ordre intérieur.

Cette maîtrise du monde que l'homme ne possède pas - ni dans l'affrontement ni dans la fusion -, la poésie lui permet de s'en approcher au prix d'une métaphore douloureuse : le poète peut 'dire' le monde, voire le change du monde, alors que la réalité demeure muette, et la réalité sociale éventuellement sourde.

La parole poétique n'a d'autre efficience que son énonciation : elle est un pari de la justesse contre l'injustice, dans l'espace du social et de la culture, elle vient rappeler que, pour l'Unique, il n'y a rien au-dessus de son unicité, que la société n'a aucun droit sur la liberté individuelle 'est aussi dire que la poésie est un pouvoir sans pouvoir, qu'elle s'abîme dans la seule force de sa propre voix.

Non-coercitive serait trop peu dire, elle est le lieu de la fragilité, de la vulnérabilité. Alliée à la plus grande force, celle qui relie l'individu à ses questions primordiales, celle qui fait d'un poète du XXe siècle l'exact contemporain d'un Indien Guayaki.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits   Lun 6 Juil - 0:14


nouvelle parenthèse pour quelques notes

lire, écrire, penser...

lire et écrire sont complémentaires, rien d'original, mais je n'en parlerai que pour moi, tant il est impossible de généraliser, et même si d'autres écrivains témoignent dans le même sens

le copier-coller a remplacé la copie "à la main", manuscrite ou à la machine, et créé une rupture, avec ces deux "techniques", dans la manière lire/écrire, puisqu'on suppose lu ce qu'on copie et que coller c'est écrire un peu (en plus de voler, dit-on : « on ne copie pas ! »)

recopier, comme je le fais ici au clavier, des morceaux choisis de livres choisis, ne fait que prolonger ce que je fais depuis... que j'écris, car auparavant, je lisais sans écrire. Je ne dispose pas "naturellement" d'une bonne mémoire, sauf pour des sujets sur lesquels je me concentre longtemps. Prendre des notes pour mon blog a été une manière intermédiaire

ces morceaux sont donc 'lus' plusieurs fois, et de diverses manières. Recopier peut être plus ou moins mécanique. Mais on doit se relire pour les fautes de frappes, et le texte est ainsi lu à plusieurs niveau en même temps qu'on "l'écrit". D'une certaine façon, on refait, on peut refaire, le parcours de l'auteur, y compris suivre son cheminement de pensée

personnellement, je ne sais pas penser sans écrire, ou pas au-delà de quelques idées de départ, qu'il me faut écrire pour continuer, y revenir, raturer, recommencer, poursuivre... jusqu'à obtention d'un texte satisfaisant, du moins dans un état provisoire demandant à reposer avant de le reprendre. J'en parle à mon aise, puisque je ne prends que rarement le temps de le faire, mon écriture relevant de l'improvisation, de l'imprévisation, comme dit Bernard Lubat

pour mes premiers écrits (Livredel, Jazz...) j'écrivais à la main, et j'avais donc des brouillons, puis des recopies plus propres, des phases différentes dont j'aurais pu garder la trace, tels ces manuscrits d'écrivains célèbres


Manuscrit de « À l’ombre des jeunes filles en fleurs » de Marcel Proust

depuis 15 ans que j'écris à l'ordinateur - sauf mes notes de carnets lors de sorties - je ne garde aucune étape intermédiaire, de mes poèmes par exemples, alors que certaines se tiennent plutôt bien, mais sont en fait d'autres poèmes... disparus

je ne fais strictement aucune différence entre écrire à la main, avec un stylo, et taper sur un clavier d'ordinateur. Aucune différence du point de vue de l'activité de penser/transcrire qu'est l'écriture. Je ne suis moyennement rapide (par rapport à un.e dactylographe à 10 ou 12 doigts (j'en ai connus !), je ne tape qu'avec un doigt de chaque main, mais je vais aussi vite qu'à la main. Sauf quand je m'applique, et j'ai longtemps écrit avec des stylos à plumes ou pointes spéciales pour la calligraphie, parce que j'aimais ça. Du point de vue physique, ou physiologique, il est certain que la plaisir d'écrire à la main ne se transfère pas à l'ordinateur sur les claviers actuels. C'est un peu comme passer d'un clavier de piano "mécanique" à un clavier de piano électrique, ou de synthétiseur

je n'ai jamais écrit à la machine mécanique, bien qu'en ayant été entouré lors de mes premières années de travail dans l'administration. Le mythe de l'écrivain à sa machine, ce n'est donc pas pour moi, et voir un type devant son micro-ordinateur, depuis que "tout le monde" en a un, n'a rien de très romantique...

c'était mieux avant ?


Dashiell Hammet Underwood Royal De Luxe


William Faulkner Royal KHM


Georges Simenon Royal KMM ?


Richard Wright Royal Arrow


George Bernard Shaw Remington Noiseless Portable #N40911


Agatha Christie Remington Victor T


Patricia Highsmith Olympia SM3


Françoise Sagan 1950s Smith-Corona portable


Maria Callas Royal HH


Marguerite Duras Olivetti MP1



Ho Chi Minh Hermes Baby


Herbert Marcuse Hermes 9


Ralph Ellison Olivetti Studio 44


James Baldwin Adler office typewriter


Ernest Hemingway Underwood Noiseless Portable


Aldous Huxley Remington portable no. 5 (streamlined with touch regulator)

et si l'écrivain ne savait pas s'en servir ?...


Donald Westlake Smith-Corona Silent-Supers

et l'on peut aussi mixer...


Tennessee Williams Corona Sterling, mid-1940s

ou se faire "aider"...


Léon Tolstoy Remington understroke


source : The Classic Typewriter Page presents Writers and their Typewriters
Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Érasme, Éloge de la folie   Mer 8 Juil - 1:12

Érasme Éloge de la folie

Écrit en latin en 1509 et dédié à son ami Thomas More, l 'Éloge de la Folie fut un " best sellers " du XVIe siècle. D'une rare violence contre les grands de son temps, Erasme échappa au bûcher grâce à ses appuis haut-placés, et en se cachant derrière un masque, comme les bouffons de cours, seules personnes autorisées à l'insolence, parce que bossues ou infirmes. Le masque qu'Erasme utilisa est celui de la folie qu'il fit parler à la première personne.



Jérôme Bosh La nef des fous

Erasme a écrit:
« La Folie parle  »
Quels que soient les propos que le monde tienne sur mon compte (car je n'ignore pas combien la Folie est mal famée, même auprès des plus fous), il n'est pas moins vrai que c'est moi, oui, moi seule, qui ai le secret d'égayer les dieux et les hommes. Ce qui le prouve hautement, c'est qu'aussitôt que j'ai paru au milieu de cette nombreuse assemblée pour prendre la parole, une joie extraordinaire a brillé sur toutes les figures. Soudain, vos fronts se sont déridés; vous avez applaudi par des rires si aimables et si joyeux qu'assurément, tous tant que vous êtes, vous me paraissez ivres du nectar des dieux d'Homère, mélangé de népenthès, quand tout à l'heure, sombres et soucieux sur vos bancs, on vous eût pris pour des échappés de l'antre de Trophonius.

De même que quand le soleil montre à la terre sa face éclatante et radieuse, ou que, après un rude hiver, le printemps reparaît, ramené par les zéphyrs, tout change aussitôt d'aspect, la nature rajeunie se pare de riantes couleurs; de même, dès que vous m'avez aperçue, vos visages se sont transformés.

Ainsi, tandis que d'habiles rhéteurs, par de longs discours soigneusement préparés, parviennent difficilement à dissiper l'ennui, moi je n'ai eu qu'à me montrer pour en venir à bout. »






Dernière édition par Admin le Lun 12 Sep - 13:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Francis Ponge Des raisons d'écrire 1920-1930   Jeu 16 Juil - 6:50


Francis Ponge Des raisons d'écrire, Proêmes, 1920-1930, Gallimard Poésie, p. 162-164


Francis Ponge a écrit:


I


Qu'on s'en persuade : il nous a bien fallu quelques raisons impérieuses pour devenir ou pour rester poètes. Notre premier mobile fut sans doute le dégoût de ce qu'on nous oblige à penser et à dire, de ce à quoi notre nature d'hommes nous force à prendre part.
Honteux de l'arrangement tel qu'il est des choses, honteux de tous ces grossiers camions qui passent en nous, de ces usines, manufactures, magasins, théâtres, monuments publics qui constituent bien plus que le décor de notre vie, honteux de cette agitation sordide des hommes non seulement autour de nous, nous avons observé que la Nature autrement puissante que les hommes fait dix fois moins de bruit, et que la nature dans l'homme, je veux dire la raison, n'en fait pas du tout.
Hé bien ! Ne serait-ce qu'à nous-mêmes nous voulons faire entendre la voix d'un homme. Dans le silence certes nous l'entendons, mais dans les paroles nous la cherchons : ce n'est plus rien. C'est des paroles. Même pas : paroles sont paroles.
O hommes ! Informes mollusques, foule qui sort dans les rues, millions de fourmis que les pieds du Temps écrasent ! Vous n'avez pour demeure que la vapeur commune de votre véritable sang : les paroles. Votre rumination, votre respiration vous étouffe. Votre personnalité, et vos expressions se mangent entre elles. Telles paroles, telles mœurs, ô société ! Tout n'est que paroles.





II


N'en déplaise aux paroles elles-mêmes, étant données les habitudes que dans tant de bouches infectes elles ont contractées, il faut un certain courage pour se décider non seulement à écrire mais même à parler. Un tas de vieux chiffons pas à prendre avec des pincettes, voilà ce qu'on nous offre à remuer, à secouer, à changer de place. Dans l'espoir secret que nous nous tairons. Eh bien ! relevons le défi.
Pourquoi, tout bien considéré, un homme de telle sorte doit-il parler ? Pourquoi les meilleurs, quoi qu'on en dise, ne sont pas ceux qui ont décidé de se taire ? Voilà ce que je veux dire.
Je ne parle qu'à ceux qui se taisent (un travail de suscitation), quitte à les juger sur leurs paroles. Mais si cela même n'avait pas été dit on aurait pu me croire solidaire d'un pareil ordre des choses.
Cela ne m'importerait guère si je ne savais par expérience que je risquerais ainsi de le devenir.
Qu'il faut à chaque instant se secouer de la suie des paroles et que le silence est aussi dangereux dans cet ordre des choses que possible.
Une seule issue : parler contre les paroles. Les entraîner avec soi dans la honte où elles nous conduisent de telle sorte qu'elles s'y défigurent. Il n'y a point d'autre raison d'écrire. Mais aussitôt conçue celle-ci est absolument déterminante et comminatoire. On ne peut plus y échapper que par une lâcheté rabaissante qu'il n'est pas de mon goût de tolérer.

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Léon-Gontran Damas, Pigments, 1937   Dim 19 Juil - 21:58

.
Léon-Gontran Damas Pigments, 1937, Présence africaine 2007, p.77

Léon-Gontran Damas a écrit:


SUR UNE CARTE POSTALE

Passe pour chaque recoin de France
d'être
un Monument aux Morts

Passe pour l'enfance blanche
de grandir dans leur ombre mémorable
vivant bourrage de crâne
d'une revanche à prendre

Passe pour le crétin d'Allemand
de se promettre d'avoir la peau du Français
et d'en faire
des sauts de lits

Pour le crétin de Français
de se promettre d'avoir la peau de l'Allemand
et d'en faire des sauts de lits

Passe pour tout élan patriotique
à la bière brune
au pernod fils
mais quelle bonne dynamite
fera sauter la nuit
les monuments comme champignons
qui poussent aussi
chez moi



le Guyanais Léon-Gontran Damas est le troisième des plus connus poètes de la Négritude, avec le Martiniquais Aimée Césaire et le Sénégalais Léopold Senghor. Il est le plus humble des trois, moins sophistiqué que Césaire, moins africain que Senghor, mais d'une sobriété, d'un rythme et d'une sonorité qui en ont fait mon préféré, le plus jazz des trois*

* la préface de cette édition est de Robert Goffin, c'est tout dire, j'en donnerai plus tard la photo

Pigments de Léon Gontran Damas



Dernière édition par Admin le Lun 12 Sep - 13:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Mo Yan, Le Pays de l'alcool, 1993   Dim 19 Juil - 22:24


Mo Yan, Le Pays de l'alcool, Jiuguo 1993, Seuil 2000, p. 24

Mo Yan a écrit:
Le procureur général du parquet suprême lui lanças une cigarette Zhonghua et en prit une pour lui. Avec son briquet, Ding Gou'er alluma la cigarette du procureur avant d'allumer la sienne. Quand la fumée envahit sa bouche, il sentt un goût parfumé et sucré, comme s'il suçait un bonbon. Emprunté, il regardait le procureur fumer. Celui-ci ouvrit un tiroir et en sortit une lettre, qu'il observa attentivement avant de la lui tendre.

Ding Gou'er parcourut rapidement la lettre de dénonciation tracée d'une écriture étrange. Elle était signée : Minsheng (Voix du peuple). Un fau nom, bien sûr. Son contenu l'effraya d'abord, puis le laissa perplexe. Il la relut depuis le début et s'attarda sur les commentaires qu'un dirigeant avec lequel il était familier avait tracés d'un trait vigoureux dans les espaces blancs.

Il fixa le procureur. Celui-ci contemplait un jasmin posé sur le rebord de la fenêtre. Les petites fleurs exhalaient un doux parfum. Il se disait en lui-même : Est-ce possible ? Ils auraient une telle audace ? Ils auraient osé faire cuire un enfant ?



Wilkipédia a écrit:
Mo Yan (littéralement : « celui qui ne parle pas »), de son vrai nom Guan Moye (Guǎn mó yè), est un écrivain chinois, né le 17 février 1955 ou en mars 1956 à Gaomi dans la province du Shandong en Chine. Le 11 octobre 2012, il a reçu le prix Nobel de littérature.

Guan Moye est né au sein d'une famille paysanne du Shandong. De 1959 à 1961, sa famille connaît la faim en raison du Grand Bond en avant. En 1966, pendant la Révolution culturelle, il est classé parmi les « mauvais éléments » et renvoyé de l'école[réf. nécessaire]. Sa famille vit dans une grande pauvreté durant cette période4.

Il travaille en usine avant d'intégrer en 1976 l’Armée populaire de libération, puis le Parti communiste en 1979 [...]



1993

Wiki a écrit:
Le roman alterne entre le récit d'une enquête menée sur une affaire de cannibalisme présumé, et la correspondance entre l'auteur et un jeune écrivain qui lui soumet quelques-uns de ses récits.

L'atmosphère fantastique de l'œuvre la rapproche du réalisme magique. L'auteur campe ses personnages, colorés et en plein dans la réalité chinoise, dans un contexte toujours incertain. Le lecteur hésite entre réalité, rêves, délires alcooliques, et récits fantastiques et macabres qui ressemblent étrangement à la réalité, comme par une horrible coïncidence.

Ce livre a obtenu le Prix Laure Bataillon 2000 de la meilleure œuvre de fiction traduite en français.

Ayant reçu une lettre anonyme dénonçant des pratiques cannibales répandues chez les notables de la ville de Jiuguo, le parquet suprême dépêche Ding Gou'er, un de ses plus brillants inspecteurs, pour mener une enquête sur place. Jiuguo, ville imaginaire chinoise, est « la ville de l'alcool », réputée pour la production d'alcools fameux, son université de l'alcool, ses distilleries, et la forte consommation qu'en font ses habitants.

Accueilli par les responsables locaux, l'inspecteur se voit offrir dès ses premiers instants dans la ville, un repas pantagruélique accompagné de fortes quantités d'alcool, dont le point d'orgue est la consommation d'un plat appelé « L'enfant offert par la licorne », qui n'est autre qu'un simulacre de jeune enfant mâle, saisissant de réalisme, et au goût envoûtant. Ding Gou'er, qui par courtoisie envers ses hôtes n'a pas refusé les verres qu'on lui servait est totalement ivre. À la vue du plat qu'on veut lui servir, il cède à la panique, menace ses hôtes avec son arme de service, et tire par maladresse sans blesser personne. Il plonge ensuite dans un coma éthylique, dont il ne sortira que dans une grande confusion qui ne le quittera plus. Ding Gou'er hésite entre ses soupçons et la réalité, et s'enfonce dans l'incertitude, les cauchemars, l'ivresse, l'obsession amoureuse, le sentiment d'échec, et assiste impuissant à sa propre déchéance.

Yidou, jeune écrivain vivant à Jiuguo et élève de l'université de distillation, soumet quelques-uns de ses textes à Mo Yan. Ils ont pour sujet, entre autres, le commerce clandestin et l'élevage de jeunes enfants mâles qui se pratiqueraient à Jiuguo à des fins gastronomiques. Ces récits abordent aussi le sujet de la viande d'âne, tradition culinaire de la ville, qui par son aspect raffiné et macabre entretient la confusion sur les spécialités gastronomiques très particulières de la région ; et bien sûr l'alcool omniprésent. Ses récits vont de la description réaliste de pratiques barbares aux légendes de la villes, telle celle du mythique « alcool de singe », qui serait produit par les singes des montagnes eux-mêmes.




Dernière édition par Admin le Lun 12 Sep - 13:18, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Hazies Mousli   Lun 20 Juil - 21:32

.
de notre ami Hazies Mousli

Hazies Mousli a écrit:


JE SUIS MOUSLI

20 juillet 2015

- Pour mes écrits sur  Médiapart

- Pour la liberté d'expression

- Pour la librrté de penser

- Pour le droit d'aller et venir en France

- Pour le respect de mes  croyances et de la laïcité

A 14h30 au cœur du centre commercial "Le colvert" à Amiens Nord, je me suis fait menacé de mort par une dizaine d'individus, dont le fils de l'Imam de la mosquée d'Amiens Nord, à cause de mes brèves de mosquée.

" T'es mort, t'es jours sont compté!!.

- "Tu es un traitre et une balance"

(insultes violentes)

Depot de plainte contre le fils de l'Imam pour incitation au meurtre.

Vous, lecteur de Médiapar, je vous prend à témoin s'il m'arrivais de mourire assassiné.

Hazies Mousli pour la confiance en  la justice, pour le droit à la circulation, pour un pays de droit et pour Laliberté d'expression.


Hazies Mousli a écrit:


Brèves de mosquées (31) 18 juillet 2015

(A la prière de l'Aïd, clôturant le mois sacré du Ramadan, un prêche est fait part l'Imam du quartier Nord d'Amiens devant une centaines de fidèles. Il les escortes de simpliquer financièrement dans la construction d'une nouvelle et moderne mosquée car le montant des dons n'est pas atteind (7,5M). Apres le prèche, un temps mord s'installe propice à quelques "commentaires).

(Les hommes ce connaissent)

- " 7,5M€, ça vas être une belle mosquée?"

- "La meilleurs!"

- hum

- Mais tu trouve pas que nous demander à chaque foyer 15000€ ce n'est pas un eu trop, même pour la plus belle mosquée d'Amiens?

- "Celui qui construit une mosquée sur terre, Allah lui en construira une au paradis"!(rigide)

- Il faudra encore prier au paradis?

- Il faut Toujours prier!

- Hum...

- tu a donné?

- Evidement et mon don est à vie!

- Dieu m'en est témoin, mon RSA ne me le permet pas.

- Alors tu devras ne pas venir a la mosquée. Tu n'a pas participé à l'effort!

- Si, j'ai fait un don annuel de 10€.

- ta mosquée sera petite au paradis et si tu y vas?!

(Plusieurs fidèles en gandoura relevés passe dans tous les rang afin de récolter une "zakat"( un don) pour l'Imame qui à été assidu pendant les prières nocturnes de ce mois)

- Sa serait un bon geste de bonté que l'argent que l'Imame reçois aujourd'hui et qu'il puissent les reverser à la construction de la mosquée.

- Mais tu es imbécile ou quoi. L'Imam nous a ouvert le cœur ces nuits du ramadant. C'est "Son" du!

- Je disais cela comme cela.

- Combiens tu pense qu'il va recevoir?

- entre 5 a 6 milles euros?! Tu pose beaucoup de question.

- Si j'avais cette argent je ferais vivre ma famille 7 mois!

- Tu n'est pas l'Imam! Chacun sa place.

- Alors je change de place.

(l'homme ce léve et ce place au rang oú les "récolteurs" de la Zakat de l'Imam sont déjà passés)

- ma mosquée sera le trou dans la terre ou on mon m'enterrera. Au moins j'aurais pas de Con avec moi!( se dit-il à voix basse)

- Un peu de silence mes frères l'Imam reviens.( voix dans le micro).

- Gras et gros Con!( énervé et humilier dans sa tête)




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Edward W. Saïd, Reflections on Exile   Mar 21 Juil - 2:05

.
Edward W. Saïd, Reflections on Exile, p.186

Edward W. Saïd a écrit:
La plupart des gens ont principalement conscience d'appartenir à une seule culture, un seul cadre, une seule patrie; les exilés ont conscience d'au moins deux cultures, et cette pluralité de visions donne naissance à une conscience de dimensions simultanées, une conscience qui, pour emprunter une formule à la musique, est contrapunctique. Pour un exilé, les habitudes de vie, d'expression ou d'activité dans son nouvel environnement se constituent inévitablement par opposition au souvenir de ces choses vécues dans un autre environnement


Revenir en haut Aller en bas
 
LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
 Sujets similaires
-
» La bibliothèque idéale en littérature allemande contemporain
» La Littérature et la Marine
» Mémoire de master littérature sur les bibliothèques
» vive la littérature équitable !!
» littérature jeunesse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE :: ENTRÉES THÉMATIQUES : CAPITALISME, MONDE, COLONIALITÉS... LUTTES :: RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION : Debord -> Patlotch :: LITTÉRATURE, PENSÉES, PEINTURES, PHOTOS, etc.-
Sauter vers: