PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits

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MessageSujet: LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits   Sam 23 Mai - 12:02

pour mettre un peu de lettres dans l'être théorique... Morceaux choisis. Indiscutables ? Ça se discute. Encore faut-il savoir écrire... c'est-à-dire savoir lire

même aux plus attirés par la théorie, généralement les mecs, je conseillerais de commencer par ces extraits, qui ne sont pas du Patlotch sauf exception, mais des choix personnels d'extraits avec lesquels je me sens bien, entouré d'ami.e.s qui ont rencontré, à un moment de leur vie, les mêmes difficultés à dire leurs vérités sans plonger dans la solitude comme seule façon de pouvoir penser, paradoxalement, avec les autres...

ils y apprendraient beaucoup, non seulement sur le fonctionnement de ma pensée, mais sur eux-mêmes, gagnant ainsi des années sur les années, leurs précieuses années quel que soit leur âge, beaucoup qui ne s'apprend pas intellectuellement. La seule démarche comparable à la lecture de grands livres, c'est la psychanalyse, mais on ne va pas payer un psy à tous ceux qui montrent plus qu'ils ne souhaiteraient comment ils fonctionnent sans le savoir, d'où vient l'impossibilité de tout dialogue équilibré avec moi : au fond je ne souhaite qu'une chose, m'en débarrasser, indépendamment d'accords ou désaccords théoriques parce qu'avec de telles personnes, il ne peut jamais y avoir de véritables rencontres, ils vous tirent vers le bas ou en arrière, vous cherchant encore là où vous n'êtes plus, vous empêchant de penser et de vivre, c'est-à-dire de créer en continu à l'infini la vie




Dernière édition par Patlotch le Mar 18 Aoû - 15:31, édité 5 fois
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MessageSujet: bêtise bourgeoise et bêtise ouvrière, Louis Guilloux 1933   Sam 23 Mai - 12:03

Michèle Touret a écrit:
Préface à Histoire de brigands de Louis Guilloux, Le Passeur 2002, extrait

Paulhan a refuse d'éditer en librairie les Histoires de brigands [...]. Guilloux savait qu'il pouvait déplaire. Ce déplaisir viendra chez le directeur de la NRF du sentiment que Guilloux est de parti pris, qu'il a l'intention de dénigrement critiquable des milieux observés, et surtout des milieux bourgeois. Au moment où le groupe de la NRF s'ouvre ostensiblement à des écrivains d'origine populaire, comme Eugène Dabit, et maintenant Louis Guilloux, il ne convient pas pour autant de ternir l'image de la classe bourgeoise...


Louis Guilloux a écrit:
Lettre à Jean Paulhan, 27 mars 1933, extraits. Publiée dans Histoires de brigands ~ 1934-37 Louis Guilloux

Cher ami,
[...]
L'ensemble de vos objections de forme aux
Histoires de brigands me paraît juste.[...] mais où je proteste, c'est quand vous dites que ces récits sont tendancieux, et que la bêtise, l'avarice ou l'ignorance ouvrière me semblent moins plaisante que la bêtise, l'ignorance ou l'avarice bourgeoise. Cher ami, ce n'est plaisant ni d'un côté ni de l'autre. Mais d'une part, je vais vous dire qu'en écrivant ces récits, je n'ai rien prémédité. Je n'ai pas choisi de peindre une forme de la bêtise plus qu'une autre, j'ai pris ce qui s'est offert à moi, en toute naïveté, je vous l'assure, et si en fin de compte ces récits sont tendancieux, ils le sont, je ne dirais pas contre moi, mais avec moi, avec tout ce que je sais et je ne sais pas de moi-même, avec ma démarche, avec le son de ma voix, etc. Il est de fait qu'un certain nombre de choses m'indignent et d'autres pas, et que ce sont toujours les mêmes. Et enfin, peut-être suis-je, beaucoup plus encore que je ne le crois, un homme de ma classe.

Mais ce n'est pas tout. Quand nous parlons de bêtise ouvrière et de bêtise bourgeoise, nous croyons parler d'une même chose, à savoir : la bêtise, et nous commettons une faute d'idéalistes. La bêtise, l'avarice, l'ignorance bourgeoise, ce sont là des choses qui ne sont pas de même nature que la bêtise, l'ignorance ou l'avarice ouvrière. De là vient notre malentendu. La bêtise bourgeoise m'indigne parce que neuf fois sur dix c'est une bêtise qui se cherche des justifications dans la culture. Le bourgeois bête est tout de même bachelier, et à ses « moments perdus » il lit Montaigne. Et il en profite pour mépriser et asservir l'ouvrier peut-être aussi bête que lui, mais qui n'a pas toujours son certificat d'études. Quant à l'avarice, elle est toujours chez les bourgeois un signe d'étroitesse de cœur, alors que chez les ouvriers elle s'explique toujours par la misère. Enfin, cher ami, si les vices bourgeois me semblent plus odieux que les vices ouvriers, je ne crois pas que ce soit par l'effet d'un parti pris, mais parce que les premiers sont sans excuse, alors que les autres sont tellement explicables par la condition misérable, injuste, inhumaine qui est faite à ceux qui les subissent. mais je m'arrête. Sur ce sujet, nous n'en finirions pas
.[...]



Dernière édition par Patlotch le Sam 4 Juil - 21:59, édité 2 fois
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MessageSujet: James Sallis, du monde et des théories   Sam 23 Mai - 12:24

James Sallis, Le tueur se meurt 2013

James Sallis a écrit:

« Mettre de l'ordre, c'est ce que nous voulons tous. Et ici, on est en terrain sûr. Mais un pas de plus, le pas qui suit, on commence à dériver radicalement. Pour certains, qu'il s'agisse d'individus ou de sociétés, il est manifeste que cet ordre doit être imposé, régi par des lois et appliqué -gravé- d'en haut. D'autres jugent avec la même certitude que, à moins de venir de l'intérieur, cet ordre est définitivement condamné.

Comme vous le savez tous, je dois bientôt rentrer. Mon séjour ici a été bref. Finalement, j'ai vu si peu de votre monde, et j'en ai compris encore moins.

N'oubliez jamais que votre monde est un monde d'une grande beauté : ces nuages, ces arbres, cette eau vive, la caresse du vent. Et pourtant un si grand nombre d'entre vous ne vivent pas dans ce monde. Vous vous contentez de lui rendre visite et vous choisissez, à la place, de vivre dans un monde de mots, de théories.

Vous êtes coincés, prisonniers de votre langage, otages de votre obsession de comprendre.

Les théories mènent votre monde, et elles vont le détruire



Dernière édition par Patlotch le Sam 23 Mai - 13:05, édité 4 fois
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MessageSujet: Karl Marx, de la prostitution   Sam 23 Mai - 12:29

Karl Marx a écrit:

« La prostitution n’est qu’une expression particulière de la prostitution générale de l’ouvrier et comme la prostitution est un rapport où entrent non seulement le prostitué mais aussi celui qui le prostitue – dont l’abjection est plus grande encore – le capitaliste, etc., tombe aussi dans cette catégorie. »

Karl Marx Manuscrits de 1844



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MessageSujet: Jean Meckert, les héros, la gloire et les cons   Sam 23 Mai - 13:05

Jean Meckert (Jean Amila)

Jean Meckert a écrit:

« Vous savez ce que c’est des héros, monsieur le président ? C’est comme des généraux qui ont leur rue partout et qui meurent dans leur lit. C’est comme des mandataires qui font fortune sur le prix de la légume. C’est des intermédiaires. Il n’y a que ça de vrai et ils l’ont bien compris ! Je vais vous expliquer comment ça se passe, monsieur le président des Intermédiaires. La gloire, c’est comme la monnaie, ça va au plus malin. Et celui qui est le plus malin il se dit que les autres sont des cons ; alors il a sa conscience pour lui par-dessus le marché. Un héros conscient et organisé appelle ses inférieurs des “Bonzommes”. Et le roi des bonzommes c’est celui qui fait tout ce qu’on lui dit sans râler et sans demander d’explication ; plus con il est, mieux ça vaut ! » Nous sommes tous des assassins 1952


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MessageSujet: Juliette Keating, "T'avoir à l'œil"   Sam 23 Mai - 14:40

Juliette Keating

Juliette Keating a écrit:
T'avoir à l’œil Médiapart 21 janvier 2015

Alerte ! Ça va chauffer pour nozigues. Toute la clique de nos élus zélés va s'accoquiner pour nous concocter une batterie de lois programmées comme des missiles. Ils disent que c'est pour notre sécurité, qu'il faut nous avoir à l’œil, nous autres, bande de terroristes en puissance ! On ne peut pas nous faire confiance. Déjà des caméras nous surveillent partout, mais ça ne suffit pas à assurer notre liberté. La preuve : les assassins se multiplient comme des lapins, les djihadistes tricolores poussent tels les champignons après la pluie, c'est une fringale collective de consommation de kalachnikov.

J'en entends un murmurer que le terroriste c'est pas lui, c'est l'autre, là-bas, le basané de l'autre côté du périph ! Ah oui ! Mais pas seulement ! Tu t'es regardé dans le miroir avec ta barbe de trois jours ?  Et ce coran, sur ton étagère, entre Georges Orwell et Rosa Luxemburg ? Inutile de te justifier en prétendant que c'est ta copine Fathia qui te l'a prêté pour... Quoi ?! Tu avoues fréquenter une fille qui s'appelle Fathia !!!? Tu te souviens quand t'as ramené ta fraise pendant la réunion de quartier pour faire vivre la démocratie participative ? Tu refusais de faire grillager les bancs publics et d'armer la police municipale, c'est écrit dans le compte-rendu ! Et ton historique de navigation, t'es sûr qu'il est blanc-bleu ? Ta recherche d'une adresse d'épicerie vers Tarnac, c'est pas louche ? Relis un peu ton blog, remarque ce ton ironique que tu prends si souvent, cet irrespect malsain envers toute forme d'autorité. Alors, tu prétends toujours que tu n'es pas un danger pour la cohésion nationale ? Que tu ne mets pas en danger la sécurité publique ? Terroriste ! Par mesure de précaution élémentaire, tu seras interdit de voyage dans toute la partie est de l'hémisphère sud ainsi qu'en Bretagne et dans le pays picard. Heureusement que les pouvoirs publics sont responsables à ta place. Inconscient !




Dernière édition par Patlotch le Ven 22 Jan - 19:21, édité 1 fois
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Kikérond?
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MessageSujet: Cicéron n'est pas Carré   Sam 23 Mai - 15:51

Cicéron  a écrit dans "La République" (Tel Gallimard; pages 51 & 52)

"Ce peuple [celui qui "sent une soif insatiable de liberté lui dessécher la gorge"] poursuit de ses insultes ceux qui obéissent aux dirigeants; il les traite d'esclaves volontaires. Au contraire, les magistrats qui acceptent de devenir semblables aux simples citoyens, et les simples citoyens qui travaillent à supprimer toute distinction entre homme privé et magistrat, il les porte aux nues et les comble d'honneurs... On en arrive au point où les esclaves eux-mêmes prennent trop d'indépendance et où les épouses sont en droit les égales de leurs maris; bien plus, dans une liberté si grande, les chiens même et les chevaux, les ânes enfin se précipitent de telle façon qu'il faut leur céder le passage. Voici donc, dit-il [Scipion], la conséquence inévitable de cette anarchie sans limites : les citoyens prennent un esprit si arrogant et si chatouilleux qu'au moindre recours à la force du pouvoir, ils s'en irritent et sont incapables de le supporter; ils en viennent à ne plus tenir compte des lois, afin de vivre absolument sans maître"

N.B : "magistrat" signifie ici, à Rome, tout dépositaire de l'autorité publique :tribun, consul, etc...
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MessageSujet: Exhibit Charlie, feuilleton innombrable, à épiques odes   Dim 24 Mai - 1:16

on n'est jamais bien servi que par soi-même. Appelons ça auto-édition

ce feuilleton romanichelle s'annonce comme le grand remplacement du poème abattu sans envol le 7 janvier : sans queue ni tête, un roman d'après écrit dans la nuit précédent l'attentat contre Charle Hebdo. Le principe est repris de Maboul Isidore Roman feuilleton de février 2012, une prose poétique dans un dérèglement de tous les sens. Dérègler, c'est sortir des règles établies, de l'ordre de l'Etat administrant la vie pour faire la guerre : déréglons cet état des choses de l'État

ce sera un roman sans fin


Patlotch a écrit:
15 janvier

Exhibit Charlie, feuilleton innombrable, épique ode 1 de notre inemployé spécial sur les lieux de la farce au canard

le prix Exhibit Charlie a été attribué au monde entier français en présence d'une foule émuse au faux rire de tout  

en irréférence et bommage aux "communauristes identitaires" qui se sont opposés, un mois avant l'atteinte à Charlie, à l'exhibition obscène et perverse, œuvre d'artiface encagée, de la performanigance Exhibit B à Saint-Denis du 9.3 et Paname à bobos, à ces chelous individus sans couleur affrontés par la police hollandienne et le touparicépareil avec les press'papiers

moi, citoyen aboli de la Hic'Cité, je décerne au spectacle grandiloqué de la semaine éculée de larmes le prix "Exhibit Charlie"

en défonçant un coin-coin définitif et sans appel dans l'idéomagie de l'antiracisme universel à la franchouille des assoss aux potes intouchables en compote, qui en détiennent la définition déposée aux Lumières, cellezéceux qui ont pris cette heureuse initiative contre-cultureuse ont jeté un pavé prémonitoire dans les eaux glacées de la grande lessive franco-franchieuse occidentée, et cloué l'bec, à l'insu de leur plein d'grèsse cérébro-gelée, aux artificieux attentateurs à notre popudeur réunis, soulevant à jamais le voile transparent sur l'essence des choses et les mots de la vie

lavant moins blanc mais gratos, nous, qui ne sommes rien, décrétons ouverte à l'infini l'ère du bonheur possible immédiat comme idée nouvelle en new rap, réveillant le spectre de mamie la taupe et de bébé du bain trognon, désormais promis à l'union libre et gaie. Poil aux culs égoïstes

la foule, émuse au faux rire de tout, scande en chœur sa tolérance insolente : « un dessin, un blasphème ! un destin ! un blasphlème ! mais sans armes ! et cœtera... »

Image détournement Patlotch d'un dessin de Charb

profitant de la cocohue, le Président François le second, figurant intermitteux de cette non-fiction romanichelle ambulante, se glisse dans la foule incognito ou tard, déguisé en « Je ne suis pas Charlie », avec une barbe rouge, et un costume trois pièces composé : d'une paire volée de babouches cousues de fil blanc, d'un fez ou tartarbouche à la récré, et d'un kimono en soie de Chinafrique offert par un bon gros nègre pas fondamental à cul bas. Le Président François le second jouit littératourment de devenêtre normal

Patlotch a écrit:
18 janvier
Exhibit Charlie, épique ode 2 de notre inemployé spécial à La Hic Cité

épitre aux Corréziens du pape François 2 dit « la vie continue », le 17 janvier an 0 de la France plus que jamais de toujours

Citation :
« La vie est devenue meilleure, camarades, la vie est devenue plus gaie » Staline, après les procès

Dessin de Placide Valls hésitation

le citoyen filgurant François le second est sorti de l'ombre que lui faisant la foule charliste de ses vœux, pour troquer son déguisement d'incongito humanum est en vesture d'apparat chic de choc. Monté en chair comme œuf en blanc, il a prié ses fidèles ci-devant citoyen.ne.s ressortissants de ne pas ressortir, de planquer leurs bijoux de familles et viande humaine trop humaine sous capotes de moines, nonnes et capots de 4x4 Seize à soupape de sécurité, sans perdre la tête car « faut pas tout mélanger, les catholiques même pas catholiques ne sont pas tous des terroristes »

« 76% de nos cons citoyens, loin de s'entre déchirer entre Charlie et pas Charlie - « être ou ne pas être, ce n'est pas la question » dit Saint-Simon -, ont montré leur attachement à notre communauté nationale et plus que tout à notre liberté d'expression, en demandant des « mesures d'exception quitte à limiter les libertés ».

image Exhibit Charlie, un roman d'après, feuilleton sans fin

« Cela prouve qu'avec à vos côtés de 120.000 policiers, gendarmes et militaires qui nous protègent tous de gauche à droite, et réciproquement de bas en haut en passant par l'extrême centre, la vie continue, et « La vie est devenue meilleure, camarades, la vie est devenue plus gaie » comme disait notre vénéré guide suprême de volaille populaire en 1936 environ avant notre ère, après les tentatives avortées d'odieux attentats à sa souveraineté, dont s'est ensuivie l'éradication radicale de gauche de 681.692 terroristes traîtres à la nation soviétique tac tic tac tic tac [boum !] »

(la prêche s'est interrompue dans un fracas du tonnerre avec du sang partout, ça c'est pas grave, mais de tonnerre de dieu, c'est pas très laïc... que fait la police ?)

allo les stidiots : nous nous excusons, particulièrement auprès de nos martyres Marseillais.e.s, pour cette interruption du son et Lumières qui nous prive de notre hymne franco de porc

image la citoyenne Charlie guidant le peuple, satire d'une époque épique


Patlotch a écrit:
20 janvier 2015
Exhibit Charlie, épique zone 3 de notre éloigné spécial de la zone contaminée

pendant que les ramasses populaires se sondent le blanc nombril, se demandant combien de temps leurs canons pour cœurs d'artifaux mettront à refroidir les ardeurs de la messe des Indigents de la République, François le premier, Pape du monde entier et de l'au-delà - qui n'est pas le vain d'ici-bas - a écopé d'une amende internationale pour incitation à la violence religieuse (1)

du ciel pourtant Pacifique de Colombo (de porc ?) à Manille (militaru ?), il a réagit en proférant des menaces « Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s'attendre à un coup de poing, et c'est normal. On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision ! » (2)

image François le premier menaçant François le second d'un coup de bulle du Pape, s'il traitait sa mère de vierge

son émule (du Pape) Kamel Debout, a aussi sec (de saucisson) saisi la balle au bond (c'est un pote à Zizou) : « Je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne, journaliste, très très belle. Et ça pour moi, c'est ça la France ! La France, c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère... Restons debout ! » comme son nom l'indique, mais pas sa position de tireur couché, comme Charlie (3)

à Trappes pas nigauds, à Barbès pas Blanqui, ses anciens potes (ceux qui touchent à la France) se sont inquiétés que leur (très très) lointain ami ne se mette en danger d'être poursuivi pour inceste ou polygamie, avec deux enfants de sa mère la France très très moche, qui est aussi son épouse journaliste très très belle chrétienne

c'est comme ça, les enfants des quartiers, il font des vannes, plus encore les potes anciens de lointains humoristes qui font des émules, comme les papes. « Ils ont ou avoir des attitudes ou tenir des propos scandaleux mais il ne faudrait quand même pas oublier leur âge et leur irresponsabilité ! » (4)

et puis dans le pays ou la liberté d'expression est sacrée, elle est inséparable d'un devoir de blasphème, car, comme dit Michel Houakbar : « le droit à l'irresponsabilité n'est pas négociable » (5)

dessin de Placide

de l'art ou du cochon ?

Citation :
(1) « Dans ces moments-là, il ne faut pas trop faire de politique... préserver l'esprit du 11 janvier... le plus longtemps possible. » 18 janvier. Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti Socialiste. Le 11 janvier est la date de la manifestation de 4 millions de citoyens en réaction à l'attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015

« canon - chant canon : Un canon est une forme musicale polyphonique ainsi qu'un procédé compositionel basé sur l'imitation, dans lequel une idée musicale — le thème — s'énonce et se développe d'une voix à une autre, de sorte que les différentes voix interprètent la même ligne mélodique, mais de manière différée : ce décalage produit une superposition de mélodies, c'est-à-dire, un contrepoint. »

à titre d'exemple, ce pourrait être un canon populaire à 4 millions de voix chantant en imitation (légèrement) différée de l'une à l'autre « je suis Charlie ». Rien à voir bien sûr ici, avec cette œuvre littéraire où toute ressemblance avec des personnes ou événements réels serait de pure coïncidence, comme dans la fiction Soumission d'un romancier impopulaire célèbre

« L'origine de canon est arabe, le kanoun ou qanoun désignant l'ancêtre arabe du cymbalum. Dans la musique traditionnelle arabe et judéo-andalouse, non écrite et faisant une large part à l'improvisation, le rôle du kanoun était de suivre au plus près la ligne mélodique des vocalises improvisées du chanteur. Cette formule musicale a donné naissance ensuite au canon tel que le connaît l'Europe. » Wikipédia

Fernand Raynaud  : « Combien de temps met le fût du canon pour refroidir... Un certain temps » sketch audio années 60

Francis Blanche : « Je préfère le vin d'ici à l'eau de là »

(2) Incroyable dérapage du pape.  Dommage ! 16 janvier

(3) l'émouvant plaidoyer de Jamel Debbouze 19 janvier

Jean-Patrick Manchette, La position du tireur couché roman 1982

(4) Camarades, votre LOI DU TALION ne sera jamais la mienne ! Sans patrie ni frontières 19 janvier

« Dans les quartiers, on ricane de ce slogan « Je suis Charlie », on en fait des jeux de mots, on le retourne, détourne, on le triture, on le renverse, on le décompose, on le vomit. On ne se sent pas Charlie du toutCharlie vu par les Arabes et les Noirs des quartiers Aya Ramadan, membre du PIR 19 janvier

(5) Michel Houellebecq : “La liberté d’expression a le droit de jeter de l’huile sur le feu” 15 janvier

« La liberté d’expression n’est pas négociable » François Hollande 17 janvier


(source)
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MessageSujet: Guilloux : un contre-révolutionnaire bat sa femme à Moscou   Dim 24 Mai - 14:24

Louis Guilloux, Histoire de brigands, 1936

Louis Guilloux a écrit:
Dialogue

Babel raconte cette histoire d'un homme qui battait sa femme à Moscou. Un attroupement s'était formé et quelqu'un dit :
- Qu'est-ce que c'est, camarades ?
- Il y a un homme dans cette maison, qui bat sa femme, répondit-on.

Un troisième interlocuteur prononça :
- Cet homme est fou.
- Non, dit un autre, cet homme n'est pas fou. Il est ivre : c'est-à-dire un malade.

Ce n'était pas ça. Quelqu'un mis tout le monde d'accord en disant :
- Camarades, c'est homme n'est pas fou. Il n'est pas soûl : c'est un contre-révolutionnaire
.



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MessageSujet: Maboul Isidore, Roman feuilleton   Dim 24 Mai - 15:58

Maboul Isidore Roman feuilleton en 42 épisodes, Patlotch février 2012

Patlotch a écrit:
21 D'la poule et d'z'œufs et d'le poulet

Maboul dit « - La lutte et le communisme, c'est comme la poule et l'œuf. » « - La poule et l'œuf ne font que le poulet. » lui oppose Isidore - Hmm, fait Maboul, la police du capital... - Capital et communisme même combat ? - Hmm... moui, face à face - Alors après la révolution, plus de capital, plus de communisme ? - Ça dépend - De quoi ? - Du temps - Je s'rai plus là - Si c'est pas toi, quelqu'un des tiens - Quelqu'un détient quoi, si la propriété l'est abolie ? - Chacun l'unique en sa propriété - Mais moi je ne suis rien, qu'à toi qui est mon tout, Maboul - Rien ne sera plus à personne, Isidore - Tu veux dire qu'avec la révolution, Maboul, je ne serais pas même, un peu, ta poul... - Merde ! Isidore, c'est l'heure de pondre ! - Fait pas un temps à mettre un œuf dehors - On répond pas on pond ! Pas d'temps à perdr faut pondr ! - Pour la reproduction du poulet ? - Qu'on rattrap jamais - Si, la preuve, c'est qu'on le mange - J'ai pas dit le poulet, le temps perdu ! Isi' t'es con ou quoi ? - T'as raison, Mab', l'capital, c'est la recherche du temps gagné - Triste de nous, v'là-t'y pas Proust communist en son genre ? - J'le vois pas l'rapport, quel genre ? - Le rapport sexuel n'existe pas - Dieu non plus - Vrai, sinon s'rait genre communist en chef de parti - C'est t'y pas la preuve qu'exist mêm pas - Pas comm l'homm - Lui non plus ? - Lui non plus quoi ? - L'homm qu'existe pas comm Dieu - Si qu'il exist pas, le communism l'est foutu - Foutue preuve qu'l'homm l'exist pas comm Dieu - Ça dépend pas ? - Quoi qui dépendrait d'qui zou quoi ? - L'existenç d'l'homm, d'la lutt, du genr Dieu, qu'est-c'que j'en sais de quoi encore ? - Rien. T'en sais rien que je sache nous n'conchiassions. Pis d'abord, c'est quoi l'rapport ? - T'as t'y point dit C'est comm la poul et l'œuf ? »



Dernière édition par Patlotch le Mer 3 Juin - 12:17, édité 1 fois
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MessageSujet: tuer le temps ?   Lun 25 Mai - 13:47

Maboul Isidore Roman feuilleton en 42 épisodes, Patlotch février 2012

Patlotch a écrit:
37 De l'activité.

Isidore Maboul dit que confondre travail et activité est idée d'esclave-esclavagiste. Isidore a remplacé l'ennui de la passivité par l'ennui comme activité, le travail nécessaire par l'activité socialement inutile. Oui, pis-allé individéalisé. L'humanité se libèrera du travail en prenant la mesure de l'activité libre et gratuite, sans la confondre avec le loisir, complément du travail. La bonne mesure à prendre ? Supprimer, non le temps, mais la mesure par le temps. Ne mesurant plus le temps de travail, on n'en pourra plus comparer les quantités, plus de valeur, et, partant, plus d'échange possible, donc plus besoin d'argent. On aura fait mentir le proverbe "Time is money". On ne mesurera pas davantage son temps libre. Le temps humain et l'idée de liberté partiront en voyage la main dans la main, semaine au vent, le pied ! L'avenir passera au présent pour l'éternité.

Isidore est Maboul. Isidore est d'accord
.

Patlotch a écrit:
LE TEMPS, PLUS LOIN

image la nébuleuse du Sablier située à 8000 années lumière...

     « Je cherche l'or du temps » André BRETON, Discours sur le peu de réalité, 1927

Avec le temps brisez l'horloge
Brûlez l'argent et l'euchologe
Tuez le temps le temps compté

Vive le foin cachez l'aiguille
Bagnes fermez Fêtez la quille
Perdez le temps à volonté

Fusez l'or du temps hors du livre
Étoilez vos yeux Enivrez-
Vous amants de rire et bon thé

Qu'attendez-vous le temps perdure
Du labeur dû l'heure s'endure
Au prix du beurre et sans bonté

10 novembre 2011

source Crise en vers


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MessageSujet: Re: LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits   Lun 25 Mai - 20:56

Italo Calvino, Le Baron perché, 1957, Chapitre XXVIII Seuil, pp 429-430

Italo Calvino a écrit:

Notre sœur et l'émigré d'Estomac se sauvèrent juste à temps pour n'être pas capturés par L'Armée républicaine. Le peuple d'Ombreuse semblait revenu au jour des vendanges. On dressa un Arbre de la Liberté, plus conforme, cette fois, au modèle français : c'est-à-dire qu'il ressemblai un peu à un mâte de cocagne. Inutile de dire que Côme s'y hissa, coiffé d'un bonnet phrygien; mais il se fatigua vite et s'en alla.

Autour des palais de la noblesse, il y eut un peu de tapage, on cria : « Aristos, Aristos à la lanterne ! Ça ira ! » Moi qui étais le frère de mon frère, on me laissa tranquille. D'ailleurs nous n'avions jamais été que de fort modestes hobereaux. Par la suite, on me considéra même comme un patriote (si bien que j'eus des ennuis lorsque tout changea de nouveau).

On installa une municipalité et un maire, tout cela à la française. Mon frère fut nommé membre du Conseil provisoire, beaucoup n'approuvèrent pas la chose, parce qu'ils le tenaient pour dément. Les « ci-devant » riaient et disaient que nous n'étions rien d'autre qu'une bande de fous.

Les séances se déroulaient dans l'ancien palais du gouverneur génois. Côme se perchait dans un caroubier, au niveau des fenêtres, et suivait les discussions. Parfois il intervenait, en criant à tue-tête : et il votait. Les révolutionnaires - comme on sait - sont plus formalistes que les conservateurs : on trouva à redire à cela, on affirma qu'un tel procédé n'était pas tolérable, et ainsi de suite. Lorsque, pour remplacer la République oligarchique de Gênes, on créa la République Ligure, on n'élut plus mon frère parmi les administrateurs.

Dire qu'en ce temps-là Côme avait rédigé et répandu un Projet de Constitution d'une Cité Républicaine, avec Déclaration des Droits des Hommes, des Femmes, des Enfants, des Animaux Domestiques et Sauvages, y compris les Oiseaux, les Poissons, les Insectes et les Plantes, tant Arbres de Haute Futaie que Légumes et Herbes ! C'était un fort bel ouvrage, qui pouvait servir de guide à toute espèce de gouvernants; mais nul ne le prit au sérieux et il resta lettre morte.




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MessageSujet: Cioran et les 'Visages pâles'   Mar 26 Mai - 16:27

Cioran De l'inconvénient d'être né 1973 œuvres complètes Quarto Gallimard page 1350

Cioran a écrit:
Les Blancs méritent de plus en plus le nom de pâles que leurs donnaient les Indiens d'Amérique
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MessageSujet: Patlotch 'Procès verbal'   Mar 26 Mai - 16:51

Patlotch Lob et gaiement Livre du retour 2005

Patlotch a écrit:
PROCES VERBAL sonnet

           Avoir et être  

La belle passée ce matin
au bord du canal Saint-Martin
avait les poches dans les yeux
le vide et le plein d'un non-lieu  

L'inconnue avait pour bagage
un sourire ingénu et pas d'âge
elle était restée pour partir  

Le crime parfait sans potin
s'était accordé au destin
d'une mort à titre gracieux
sans mobile ni silencieux  

La belle en guise d'oraison
n'avait pas assez de raisons
pour vivre plutôt que mourir



           RER A, 5 décembre 2005, 8h44



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Zaratoucetat
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MessageSujet: Nietzsche communisateur ?   Mar 26 Mai - 23:38

Basile de Koch, Histoire universelle de la pensée, 2005

Basile de Koch a écrit:
Grâce à Nietzsche, la pensée occidentale se débarrasse pêle-mêle de la morale, des valeurs, des Grecs, de Dieu, de l'État, de la Démocratie... autant d'inventions nées de la haine, du ressentiment et de la résignation des faibles, toujours en train de se plaindre et d'appeler la police.


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MessageSujet: Langston Hughes : I am a Negro   Jeu 28 Mai - 8:30

Langston Hughes

Langston Hughes a écrit:

"Negro"

I am a Negro:

Black as the night is black,
Black like the depths of my Africa.

I’ve been a slave:

Caesar told me to keep his door-steps clean.
I brushed the boots of Washington.

I’ve been a worker:

Under my hand the pyramids arose.
I made mortar for the Woolworth Building.

I’ve been a singer:

All the way from Africa to Georgia
I carried my sorrow songs.
I made ragtime.

I’ve been a victim:

The Belgians cut off my hands in the Congo.
They lynch me still in Mississippi.

I am a Negro:

Black as the night is black,
Black like the depths of my Africa.

*

Je suis un négro :

Noir comme la nuit est noire,
Noir comme les profondeurs de mon Afrique.

J'ai été un esclave :

César m'a dit de garder ses pas-de-porte propres.
J'ai brossé les bottes de Washington.

J'ai été un travailleur :

Sous ma main ont été posées les pyramides.
J'ai fait le mortier pour le Woolworth Building.

J'ai été un chanteur :

Tout le chemin de l'Afrique à la Géorgie
J'ai porté mes chansons de chagrin.
J'ai fait le ragtime.

J'ai été une victime :

Les belges coupent mes mains au Congo.
Ils me lynchent encore dans le Mississippi.

Je suis un nègre :

Noir comme la nuit est noire,
Noir comme les profondeurs de mon Afrique






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MessageSujet: Re: LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits   Sam 30 Mai - 0:56

Cioran, Le mauvais démiurge, 1969, œuvres p.1257

Cioran a écrit:
Seul est subversif l'esprit qui met en cause l'obligation d'exister; tous les autres, l'anarchiste en tête, pactisent avec l'ordre établi
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MessageSujet: Jean Genet et la révolution   Lun 1 Juin - 12:23

Jean Genet, Un captif amoureux 1986 (posthume)

Jean Genet a écrit:
Vouloir penser la révolution serait l'équivalent, au réveil, de vouloir la logique dans l'incohérence des images rêvées. Il est vain d'inventer, si le temps est au sec, les gestes nécessaires pour mieux traverser la rivière quand la crue emportera le pont. Dans une demi-somnolence, en songeant à elle, la révolution m'apparaît ainsi, la queue d'un tigre encagé commence un paraphe hyperbolique qui rabat sa courbe lassée sur le flanc d'un fauve toujours en cage.


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MessageSujet: Ernst Jünger, à propos de l'anarchiste   Lun 1 Juin - 16:31

Ernst Jünger, Eumeswil. La table ronde, 1977. Traduction Henri Plard. p 42 et 44

Ernst Jünger a écrit:
« anarchique, chacun l’est c’est justement ce qu’il a de normal. Toutefois, dès son premier jour, son père et sa mère, l’Etat et la société lui tracent des limites. Ce sont là des rognements, des mises en perce de l’énergie innée auxquels nul n’échappe. Il faut bien s’y résigner. Pourtant, le principe d’anarchie reste au fond, mystère dont le plus souvent son détenteur même n’a pas la moindre idée. Il peut jaillir de lui sous forme de lave, peut le détruire ou le libérer.

Il s’agit ici de marquer les différences : l’amour est anarchique, le mariage non. Le guerrier est anarchique, le soldat non. L’homicide est anarchique, mais non l’assassinat. Le Christ est anarchique, Saint-Paul ne l’est pas. Comme cependant l’anarchie, c’est la normale, elle existe aussi en Saint-Paul et explose parfois violemment en lui. Ce ne sont pas là des antithèses, mais des degrés. L’histoire mondiale est mue par l’anarchie. En un mot : l’homme libre est anarchique, l’anarchiste ne l’est pas. [...]

L’anarchiste vit dans la dépendance — d’abord de sa volonté confuse, et secondement du pouvoir. Il s’attache au puissant comme son ombre ; le souverain, en sa présence, est toujours sur ses gardes. Comme Charles Quint se trouvait avec sa suite au sommet d’une tour, un capitaine se mit à rire, et, assailli de questions, il reconnut avoir soudain songé que s’il enlaçait l’empereur et sautait avec lui dans l’abîme, son nom serait inscrit d’une encre ineffaçable au livre de l’histoire.

L’anarchiste est le partenaire du monarque qu’il rêve de détruire. En frappant la personne, il affermit l’ordre de la succession. Le suffixe « isme » a une acception restrictive : il accentue le vouloir, aux dépens de la substance […]

La contrepartie positive de l’anarchiste, c’est l’anarque. Celui-ci n’est pas le partenaire du monarque, mais son antipode, l’homme que le puissant n’arrive pas à saisir, bien que lui aussi soit dangereux. Il n’est pas l’adversaire du monarque, mais son pendant.



Dernière édition par Patlotch le Mer 3 Juin - 12:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Pavel Hak, prolétaires cannibales   Mer 3 Juin - 0:24

Pavel Hak, Trans, Seuil 2006 p.11

Pavel Hak a écrit:
Tout au long du trajet entre la préfecture de police et le secteur Qizhou, Wu Tse regarda ses mains gantées de caoutchouc. Aurait-il l'occasion, après dix-sept jours de jeûne, d'arracher un morceau de viande aux flancs d'un cadavre ? Il crevait de faim, des spasmes lui torturaient l'estomac, des troubles oculaires perturbaient sa vision... - mais il n'était pas dupe : il savait que dans chaque équipe un homme au moins travaillait pour la police, et que s'il voulait voler de la viande humaine, il lui fallait agir en catimini, sans se fier à personne

Citation :
Cela commence dans un pays d'Asie indéfini, vaste morgue gelée dont Wu Tse veut s'échapper. Il y parvient, travaille dans un chantier pour réunir l'argent nécessaire à son passage vers un pays riche. Piégé par un habile entrepreneur, il fait la rencontre d'une jeune femme, la belle Kwan, avec qui il monte un coup pour payer un départ accéléré. Mais le cargo prend l'eau. Wu Tse échoue sur une côte africaine, trouve sur sa route un médecin fou, une équipe scientifique, une tribu anthropophage. Au terme de ses tribulations, il aboutit dans un aéroport occidental. Arrêté à la douane, placé en centre de rétention, il réussit à s'évader. Dans les docks d'un port, il recherche Kwan, petite lueur à l'horizon.

Une fresque époustouflante sur les nouvelles réalités du monde actuel ou à venir, avec ses tyrannies ultra-sécuritaires, ses flux migratoires, ses clandestins, son exploitation des corps, ses trafics, ses corruptions, ses épidémies, ses virus. Le roman n'est jamais aussi réaliste que lorsqu'il se permet d'être visionnaire.


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MessageSujet: Patlotch, poème sans queue ni tête, un roman d'après   Mer 3 Juin - 10:17

je ne crois pas à la prémonition, mais le fait est que j'ai écrit ceci la veille de l'attentat contre Charlie Hebdo, et je n'ai pas changé le titre

Patlotch, poème sans queue ni tête, un roman d'après, 6 janvier 2015



Patlotch a écrit:
ce sera une forme longue ou une suite de courtes. Avec un projet, une contrainte, des lettres sans jambage. En sont exclues les lettres à jambage (inférieur) : g, j, p, q, g, y, sans queue; et celles sans jambage supérieur, ou hampe, sans tête : b, d, f, h, k, l, t

l'écriture se fera avec les 14 lettres : a, c, e, i, m, n, o, r, s, u, v, w, x, z. J'imagine qu'il en résultera un effet visuel autant qu'une harmonie sonore susceptible de répondre esthétiquement parlant à un principe d'unité

une catastrophe, une révolution ?

le roman sera celui du monde suivant un événement inédit dans l'histoire humaine, dont il n'est dit s'il est une catastrophe "naturelle", produite par malheur ou bonheur par l'activité humaine, une catastrophe industrielle ou bio-technologique, ou une révolution...

le langage englouti ?

le lien entre le poème/roman s'établit par cette mutation du langage provoquée par la disparition de la moitié des lettres de l'alphabet, dont découle celle des mots qui les utilisent correspondant à ce qui a disparu : les choses, les êtres, les idées, notions... dont les êtres humains parlent entre eux avec des mots




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MessageSujet: Pierre Desproges, les immigrés et le latin   Mer 3 Juin - 21:41

Pierre Desproges, Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis, Locutions latines et étrangères (pages roses) Seuil 1985 p.68

Pierre Desproges a écrit:

Veni, vidi, vici

Je suis venu nettoyer les cabinets

Titre de l'hymne des travailleurs immigrés arrivants en France



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MessageSujet: Akira Yoshimura, 1923, la terre tremble : Coréens massacrés   Jeu 4 Juin - 1:46

Akira Yoshimura, Le Grand tremblement de terre du Kantô, 1973 Actes Sud p. 180-181

Akira Yoshimura a écrit:
Lorsqu'un Coréen qui se sentait en danger tenta de fuir, des miliciens se jetèrent sur lui. En voyant cela, les autres se précipitèrent hors des camions et s'enfuirent. Les quelques milliers de miliciens assemblés là passèrent la nuit à les pourchasser et au matin une quarantaine de Coréens avaient été massacrés.
[...]
La panique s'installa. Les femmes et les enfants se barricadèrent dans les maisons, et les hommes, munis de lanternes, de sabres japonais, de pelles, de crochets ou de barres de fer, convergèrent vers le commissariat.
Il y en eut bientôt mille qui criaient : « Faites sortir les Coréens ! ». Ils se ruèrent dans le commissariat sans que les policiers ne parviennent à les en empêcher. Ils envahirent ensuite le terrain d'exercice où avaient été regroupés les personnes d'origine coréenne.
Au matin, le commissariat était dévasté et trente-trois Coréens étaient morts
.


Séisme du Kantō, 1923 wiki
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MessageSujet: Kant et le colonialisme   Sam 6 Juin - 2:22


Emmanuel Kant, cité par Yoko Tawada, Journal des jours tremblants, Trois leçons de poétique, Verdier 2012, p 54


Emmanuel Kant a écrit:
À quelle distance de cette perfection ne sont pas les nations civilisées et surtout les nations commerçantes de l'Europe ! Quels excès d'injustice ne les voit-on pas se porter, quand elles vont découvrir des pays et des peuples étrangers ! (ce qui signifie chez elles les conquérir).

L'Amérique, les pays habités par les nègres, les îles des épiceries, le Cap, etc. furent pour eux des pays sans propriétaire, parce qu'ils comptaient les habitants pour rien.

Sous prétexte de n'établir dans l'Hindoustan que des comptoirs de commerce, ils y débarquèrent des troupes étrangères, et par ce moyen ils opprimèrent les naturels du pays, allumèrent des guerres entre les différents États de cette vaste contrée, et y répandirent la famine, la rébellion, la perfidie et tout ce déluge de maux qui affligent l'humanité



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MessageSujet: Francis Ponge... révolutionnaire et poète ?   Sam 6 Juin - 18:49

Francis Ponge À chat perché, dans « Natare piscem doces » (« Tu apprends au poisson à nager ») 1929-1930


Francis Ponge a écrit:
Je ne peux m'expliquer rien au monde que d'une seule façon : le désespoir.
[...]
... mais il est peut-être une pose possible qui consiste à dénoncer à chaque instant cette tyrannie : je ne rebondirai jamais que dans la pose du révolutionnaire ou du poète

texte complet
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