PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

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 la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Ven 26 Fév - 23:39



Le Plan Colombie a été un cauchemar pour les femmes Kimberley Brown 26 février 2016

Six femmes ont été violées toutes les heures en Colombie au cours des neuf premières années du Plan Colombie. Les femmes ont été parmi les plus affectées par le Plan Colombie et par l’état de guerre permanente dans la région.


Kimberley Brown a écrit:
Ces chiffres sont ceux d’une enquête commune menée par des organisations de lutte pour les droits des femmes, dont Oxfam et d’autres groupes basés en Colombie. L’étude révèle également que quelques 489.678 femmes ont été victimes de violences sexuelles variées, tandis que 7.752 étaient forcées à la prostitution entre 2000 et 2009, années totalement inclues dans le plan controversé.

Le Plan Colombie est une enveloppe globale d’aide militaire lancée en 2000 par Bill Clinton, alors président des USA, pour lutter contre les trafics de stupéfiants et les insurrections. Durant les 15 dernières années, il a contribué en termes de présence militaire et de milliards de dollars à aider la Colombie dans sa lutte contre le trafic de drogue et contre l’aile gauche de la guérilla que le gouvernement combattait depuis des décennies.

Pourtant, si l’on en croit les groupes de défense des droits de l’homme dans la région, ce marché a été un désastre.

« Ce que l’on constate, c’est un renforcement du trafic de drogue une recrudescence de la répression, un accroissement de la pollution de l’environnement et une augmentation des violations des droits de l’homme des colombiens, » déclarait Nidia Quintero, secrétaire générale du groupe des droits paysans Fensuagro, à téléSUR.

Les trois-quarts de l’aide financière du Plan Colombie ayant été consacrés au financement militaire et à celui des polices locales, on a assisté à une militarisation sans entraves du pays. Ceci se vérifie plus particulièrement durant les sept premières années du plan, de 2000 à 2007, moment où l’assistance des USA dépassait systématiquement les 600 millions de dollars par an et dont 80 pour cent alimentaient les forces de sécurité, d’après les chiffres du Washington Office of Latin America.

Ceci s’est ajouté à la violence, crimes, disparitions forcées qui existaient déjà en grand nombre à cause de la guerre civile permanente entre l’armée colombienne, les troupes paramilitaires et les combattants guérilleros.

D’après Quintero, celles qui continuent à payer le prix fort, ce sont les femmes.


Violences sexuelles : Butin de guerre !


La violence sexuelle à l’égard des femmes, dans le pays, n’est pas simplement la conséquence malheureuse de la guerre. Elle relève plutôt d’une stratégie militaire, dit Milena Montoya, avocate pour la défense des droits de l’homme.

« Violer une femme est un butin de guerre », voilà ce que déclare à teleSUR Montoya, qui est également secrétaire du conseil exécutif pour les droits de l’homme du groupement d’avocats Lazos de Dignitad (Ties of Unity). « Violer une femme terrorise les autres femmes. C’est donc l’une des pratiques que les groupes militaires de l’armée colombienne comme ceux de l’armée des USA, ont utilisé pour soumettre les populations en les faisant vivre en état de terreur. ».

Il existe une abondante documentation à propos des violences sexuelles qui ont eu lieu dans une absolue impunité grâce aux accords bilatéraux et à l’immunité diplomatique des officiels U.S..

Par exemple, d’après un rapport demandé par le gouvernement colombien et les FARC, 54 jeunes filles colombiennes ont été abusées sexuellement par des soldats US et par des cocontractants militaires entre 2003 et 2007. Le problème est qu’ils ne peuvent pas en être tenus pour responsables. « Il existe une abondante information à propos de la violence sexuelle qui se passe dans la plus absolue impunité à cause des accords bilatéraux et de l’immunité diplomatique accordée aux officiels des U.S. », déclare Renan Vega de l’Université Pédagogique de Bogota, corédacteur du rapport.

Montoya dit que c’est ce qui rend ces soldats « intouchables », et leur a permis d’exercer et de maintenir « l’abus de pouvoir envers les femmes et les enfants ».

Elle ajoute que l’augmentation de la prostitution forcée avait également tendance à se développer autour des bases militaires U.S.. Ces bases étaient, en général, établies à proximité de communautés rurales pauvres où les possibilités de travail ou d’études pour les femmes et les jeunes étaient réduites.

Des études sur les droits des femmes ont montré que ces sortes de contrôles génèrent des effets psychologiques au long terme pour ceux qui en sont victimes, quand ceux-là même qui ont pour responsabilité de les protéger sont ceux par qui le crime est rendu possible, et que les civils sont livrés à eux-mêmes sans possibilité de demander que justice soit faite.


Destruction de la famille


 Mais, plus inquiétant, encore, pour les défenseurs des droits humains, sur le terrain, est la destruction totale de la structure familiale.

Cette situation est essentiellement le résultat du massacre des hommes des communautés, massacre qui laissait les femmes uniques soutiens de famille, mais aussi de la destruction massive des cultures de coca qui a laissé des milliers de paysans sans gagne-pain, les forçant à se déplacer pour trouver du travail.

L’effet psychologique au long terme qu’ont eu ces pertes pour ces femmes est immense.

« Il est évident que les femmes sont abandonnées avec ce poids, le poids émotionnel, après que leur famille nucléaire (noyau familial ait été affecté,) ait été affectée, mais également le fardeau économique qu’elles endossent en tentant de soutenir leur famille », dit Quintero.

L’essentiel de ces conséquences s’est fait sentir chez les femmes de communautés rurales pauvres, là-même où se trouvaient les zones majeures du conflit guerrier. D’après Montoya, presque 30 à 40 pour cent des femmes dans les zones rurales sont seules avec enfants « parce que des groupes armés ont tué leur père, leur mari, leurs fils. ».

« Quelles autres options les femmes ont-elles dans leurs foyers… Quelles options ont-elles dans leurs communautés ? Aucunes. Il n’y a pas de travail, il n’y a pas de possibilités d’étudier », dit l’avocat des droits humains.

Ce sont des situations de ce type qui poussent les femmes vers la pauvreté, les forcent à migrer pour trouver du travail, ou les acculent à des activités comme la prostitution, ajoute Montoya. Indépendamment de cela, en marge de la violence, les connections familiales ont aussi été ruinées par la destruction des cultures qui a radicalement changé le mode de vie de milliers de communautés rurales. Cette partie du Plan Colombie qui a utilisé des techniques de fumigation avait pour but de diminuer la consommation de drogue aux U.S. en s’attaquant aux producteurs pour couper l’approvisionnement. Résultat : dans le collimateur, les cultivateurs de coca en Colombie ont vu leurs cultures traités par fumigation et détruites, sans qu’aucune aide de transition ne soit mise en place comme des cultures de remplacement où autre revenus. Les officiels n’avaient même pas compris que la coca connaissait des usages variés qui incluaient la nutrition, le médical, les cosmétiques, ils appliquaient l’interdiction totale du produit.

Certaines études ont également montré que les femmes qui vivaient dans ces aires de fumigations avaient un plus grand risque de développer un cancer du sein ou du col de l’utérus, tandis que les hommes voyaient augmenter le risque de contracter un cancer de la prostate, dit Fensuagro’s Quintero.

Assister à la destruction par fumigation de votre environnement et de votre mode de vie, « cela a des conséquences psychologiques et émotionnelles », dit Quintero. Ceci a vraiment causé un dommage énorme à la population colombienne, autant que le conflit armé dans lequel le pays a vécu durant tant d’années.

Cette approche peut, aujourd’hui, être considérée comme un échec total. Les cartels continuent à bien se porter dans le pays. La Colombie est toujours considérée comme l’un des plus gros producteurs de cocaïne au monde. Et les U.S. sont toujours l’un des plus gros consommateurs.

« Ça a été un moyen de chasser les petits producteurs, pas vraiment de trouver des solutions pour faire cesser le trafic de drogue », dit Quintero, ajoutant que le Plan Colombie « a affecté directement les agriculteurs, leurs droit au travail, leur droit à la vie et à la santé, tandis qu’il affectait aussi l’environnement. ».

Quoi qu’il en soit, les études sur l’impact au long-terme sur le Plan Colombie ne sont pas légion. D’après Quintero, les gouvernements, en incluant l’administration actuelle du Président Juan Manuel Santos, n’ont jamais fait du financement de telles études une priorité.


Aller de l’avant

La Colombie va connaître de nombreux changements dans les mois qui viennent, sachant que le gouvernement et les guérilleros FARC veulent signer un accord de paix final pour le mois de mars. Mais beaucoup devra être accompli, dans un post accord, pour atteindre une situation, non seulement de paix, mais de justice et de réconciliation.

Ceci implique réparation pour le mal commis durant les décennies passées comme, le femicide (les assassinats contre les femmes), la destruction des communautés et la terreur psychologique utilisée contre les populations civiles par les forces gouvernementales et paramilitaires.

« Le conflit a émergé en raison de causes structurelles que sont les problèmes sociaux du pays » dit Montoya, beaucoup d’entre elles ayant été exacerbées au fil des ans, et non arrangées.

Pour accomplir réellement les changements nécessaires au pays pour qu’advienne une paix durable, un réel investissement dans des programmes sociaux au long terme sont nécessaires pour consolider les communautés pour des années - pas dans le militaire ou le technologique, dit Montoya.

Les agriculteurs membres de Fensuagro ont lancé des appels similaires aux gouvernements, tant locaux qu’internationaux pour accompagner les prochains pas de la Colombie.

Leur plan comporte quatre volets : investir plus dans les études permettant d’identifier l’impact sur le long terme tant physiologique que psychologique du Plan Colombie et de la guerre ; reconnaître aux femmes le statut de victimes et entamer un processus de réconciliation ; trouver de nouveaux moyens de combattre le trafic de drogue, qui n’incluent pas que l’on cible le producteur ; aider les cultivateurs de coca à créer, avec la plante, des produits alternatifs qui soient commercialement viables ou favoriser la transition vers d’autres formes d’économie.

Aujourd’hui, date anniversaire de la mise en œuvre du Plan Colombie, les autorités colombiennes et les U.S. discutent un nouvel accord surnommé Plan Colombie 2.0.

Espérons qu’il ne ressemble en rien au premier.

Source : TeleSur

Traduit de l’espagnol par l’équipe de traducteurs d’Investig’Action




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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Dim 15 Mai - 9:00


En 2015, près d’un tiers des demandes d’asile ont été formulées par des femmes, souvent accompagnées de leurs enfants. Une population particulièrement vulnérable. Les femmes réfugiées arrivent chez nous à bout de force, après avoir connu un long parcours du combattant, parsemé de menaces, d’exploitations, voire de viols.


Photo AFP

Citation :
Dans le cadre de la préparation d’une journée de sensibilisation à l’accueil des réfugiés qui se déroulera le mois prochain, Julie Gillet, chargée d’études aux Femmes Prévoyantes Socialistes, a dressé un état des lieux des conditions de santé des femmes réfugiées. Le tableau est sombre…

Outre les difficultés inhérentes au périple, les réfugiées sont particulièrement exposées à des dangers propres à leur condition de femme, notamment d’ordre sexuel. Des exactions dont elles ont parfois du mal à parler, et pour lesquelles il existe peu de réponses dans l’accueil d’urgence.

«70% des réfugiés sont des hommes. Quand ils viennent de pays en guerre, ils partent souvent seuls, et comptent ensuite sur le regroupement familial», explique Julie Gillet. «Les femmes, elles, partent avec leurs enfants. Le voyage est encore plus difficile. Or, elles ont des besoins spécifiques, par exemple en matière d'hygiène, de contraception, si elles sont enceintes ou si elles viennent d'accoucher. Mais ces besoins sont rarement pris en compte dans l'urgence. En outre, on a fermé beaucoup de places d'accueil quand Maggie De Block était secrétaire d'Etat à l'Asile. Il y a donc moins de personnel, et encore moins de réponses adaptées aux besoins des femmes...»

Les femmes sont certes moins nombreuses dans les demandes d'asile récentes mais, de manière générale ces dernières années, on constate que leur nombre augmente en-dehors des crises migratoires liées aux guerres. «Des femmes qui viennent des pays de l'Est, d'Amérique du Sud, qui vont se retrouver dans les secteurs des soins aux personnes ou de l’aide à domicile», ajoute Mme Gillet.

Vulnérables et traumatisées

Le parcours des femmes réfugiées est semé d'encore plus d'embûches que celui des hommes. «Selon Amnesty International qui a fait une étude sur le périple de ces femmes, quasi toutes disent s'être senties menacées, exploitées, notamment par les passeurs qui ‘se payent’ sur elles», poursuit la chargée d'études des Femmes Prévoyantes Socialistes. «Des menaces physiques, psychologiques et sexuelles. Elles ont donc davantage de besoins à leur arrivée.» Racket et vol de l'argent qu'elles ont emporté pour le voyage, mais aussi contraintes sexuelles, avec toutes les conséquences que celles-ci peuvent avoir... «Certaines femmes expliquent ainsi que, conscientes des risques, notamment de viol, pendant le trajet, elles se font implanter une contraception avant le départ.»

Les femmes n'ont pas la condition physique des hommes pour résister à tous les aléas du parcours du combattant du réfugié. Et quand elles ont fui avec leurs enfants, elles font passer les besoins des petits - santé, alimentation - avant les leurs: «Elles s'oublient, elles...»

Au-delà des conflits, et notamment du viol utilisé comme arme de guerre, il y a aussi toutes les raisons de fuir spécifiques au statut de femme: mariage forcé, mutilations sexuelles ou risque d'excision sur leurs fillettes... «C'est très difficile à faire reconnaître pour obtenir le statut de réfugiée. D'abord parce que ce n'est pas « visible» comme une guerre: il faut prouver des persécutions qui viennent de traditions. Ensuite, parce que ça peut être ressenti comme honteux et difficile à dire devant l'Office des Etrangers. Elles n'osent pas en parler, il faut parfois un an ou deux avant qu'elles n'arrivent à s'exprimer», constate Julie Gillet.

D'où l'importance de mettre en place des réponses médicales adéquates, notamment gynécologiques, pour ces femmes, qu'il s'agisse de fournir une contraception ou d'assurer un suivi.

Il faut davantage de moyens, plus adaptés aux femmes


Citation :

Certaines réfugiées ont tout quitté en sachant qu'elles risquaient d'être violée
Reuters

«Beaucoup d'associations font un travail remarquable, reconnaît Julie Gillet, mais au point de vue institutionnel, il n'y a pas grand-chose... Il y a vraiment un manque de moyens pour faire un travail social approfondi et pour répondre aux questions spécifiques de santé féminine.»

Les associations qui œuvrent pour les sans-papiers ou les demandeurs d'asile dans les centres régionaux essaient d'aider ces femmes comme elles peuvent. Les centres de planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes sont également ouverts à toutes. Les tarifs pratiqués tiennent compte de la situation financière des personnes, et certaines prestations sont gratuites (accueil, consultations juridiques et sociales).

«Il faudrait, par exemple, des 'centres de parole' pour aider ces femmes réfugiées, les soutenir à s'exprimer et les encourager à dire leurs besoins. Nous voudrions aussi que les demandes d'asile pour motifs sexuels soient mieux prises en compte. Enfin, il faut réclamer des routes migratoires plus sûres, plus sécurisées, pour toutes les personnes obligées de fuir, et plus particulièrement les plus vulnérables.»



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Dim 15 Mai - 9:00


Citation :
En Arabie saoudite, les femmes qui consultent le gsm de leur mari sans en avertir celui-ci ou sans son consentement risquent désormais d'être punie de coups de fouet, d'une peine de prison ou d'une amende.

Le Coran ne faisant pas mention de communications téléphoniques, la charia ne les interdit pas. Mais une nouvelle loi s'appuyant sur la notion de violation de la vie privée, est entrée en vigeur. A noter que la législation saoudienne permet par contre bien à un mari de consulter le téléphone de son épouse sans lui en demander la permission. Cette nouvelle législation fait partie d'un programme de réformes sociales, le programme de sécurité de la famille, lancé par le roi Salman.

La nouvelle disposition a soulevé de nombreuses protestations...émises uniquement par des femmes. En Arabie saoudite où prévaut une interprétation très stricte de la charia, les femmes ont fort peu de droits. Elles ne peuvent ainsi pas sortir de leur domicile sans être accompagnée d'un homme, ni conduire une voiture.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 18 Oct - 13:47


Traduction de Il pensiero gerarchico. Violenza contro le donne, razzismo e potere Connessioni Precarie, 15 septembre 2017, en réaction au traitement médiatique et politique à propos des viols et violences faites aux femmes.


Que dit-on quand on parle des violences exercées contre le corps des femmes ? Et plus important encore, quand on omet d’en parler ? Cet article italien est une réaction directe face au traitement médiatique et politique qui minimise et déplace le problème des viols et violences faites aux femmes. Nous avons décidé de le traduire en français parce qu’il nous semble nécessaire aujourd’hui d’apporter une réponse et une riposte transnationales face à la violence contre les femmes.

Citation :
Le 3 septembre, Noemi, 16 ans, est tuée à coups de pierres par son petit ami. Le jeune homme, qui n’a même pas 17 ans, a déclaré dans un premier temps l’avoir tuée par jalousie. Il est revenu ensuite sur sa position et a insisté sur le fait que Noemi avait l’intention de tuer sa famille qui s’opposait à leur relation. Il a affirmé que c’était pour lui le seul moyen de protéger sa propre famille. Son père n’a pas hésité à aider son fils à cacher le corps de Noemi.

Le 7 septembre deux touristes américaines se sont rendues à la préfecture de Rome et ont porté plainte contre deux gendarmes, en les accusant de viol. Elles ont affirmé que les deux gendarmes en service avaient abusé d’elles après les avoir raccompagnées chez elles.

Quelques jours après, une jeune fille finlandaise a été victime d’un vol puis d’un viol dans le centre de Rome par ce que la presse a appelé tout de suite « un immigré bangladais ».

Tous les récits de ces violences, qui ne sont que des exemples d’un phénomène plus global, ont fait l’impasse sur l’aspect le plus fondamental de ces événements, le fait que dans chaque cas les victimes ont été tuées ou violées parce qu’elles étaient des femmes.
[1]

[1] La situation n’a rien de particulièrement italienne. Quelques exemples héxagonaux :

http://www.liberation.fr/france/2017/06/30/elle-s-appelait-lauren-elle-avait-24-ans-une-annee-de-meurtres-conjugaux_1580445
http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/montauban-un-algerien-en-situation-irreguliere-viole-une-femme-de-81-ans-la-maire-denonce--immigration-ahmed-hanachi-brigitte-bareges-mamie-mineurs-isoles-etranger-sans-papiers-migrants-delinquence-
Les violences conjugales. Données épidémiologiques, par l’Académie Nationale de Médecine.
http://www.academie-medecine.fr/publication100034942/

Citation :
Le récit quotidien de la violence exercée contre les femmes en dit beaucoup sur la question.

L’assassin de Noemi est un jeune homme blanc et italien de 17 ans, qui a affirmé naïvement l’avoir exterminée avant qu’elle n’extermine sa famille. Un gardien de la tradition et de l’ordre donc, tout comme les deux hommes — blancs, italiens et qui en plus portaient l’uniforme des forces de l’ordre — qui, à Florence, ont pensé judicieux de violer les deux femmes qu’ils venaient de raccompagner chez elles. La panique s’est diffusée chez les racistes qui se sont tus pendant un moment (jamais assez long) se trouvant dans l’impossibilité d’assimiler les migrants à des violeurs, et inversement. Ils ont alors soupiré de soulagement quand un jeune bangladais a violé une touriste dans les rues de Rome. Mais le jeune homme a redistribué les cartes, en donnant la preuve d’une totale intégration et en partageant lui aussi le ius culturae très cher à Minniti (le ministre de l’Intérieur) : « elle était consentante », a-t-il déclaré, montrant qu’il avait appris la leçon des deux gendarmes florentins.

Comme beaucoup de femmes et de féministes l’ont souligné — au moins celles qui n’acceptent pas que la condamnation de la violence sexuelle soit instrumentalisée à des fins racistes — la vérité de ces histoires est un fait politique. Ce n’est ni un problème de statistique (la désormais célèbre phrase « 4 violeurs sur 10 sont des migrants ») et ni de taux d’alcoolémie (« femmes, l’alcool nuit gravement à votre santé sexuelle ! »).

Le fait politique est que tous les violeurs en question sont des hommes et qu’aucune donnée contingente — religion, couleur de peau, statut juridique ou classe sociale — ne peut changer cette réalité.

Tous les hommes sont intimement convaincus que toutes les femmes doivent rester soumises, se tenir tranquilles (c’est-à-dire obéir), et rester silencieuses. La presse et les médias (mainstream ou alternatifs) prennent part à l’occultation de ce fait politique — comme ce père protecteur qui a aidé son fils à cacher le corps de Noemi. Les débats sur les causes (les statistiques, les bières bues et les drogues prises, le chômage), sur les circonstances atténuantes (le consentement explicite ou implicitement déclaré par une mini-jupe effrontée), sur les circonstances aggravantes (l’uniforme), sur le profil des violeurs (des clandestins, des demandeurs d’asile ingrats, d’excellents maris et pères de famille), et enfin le choix des mots (il l’aimait au point de…) sont des détails qui servent à cacher la violence des viols alors qu’en même temps ils les rendent publics et visibles, et qui rendent extraordinaire quelque chose considérée de plus en plus comme ordinaire. Un fait social global — la violence masculine contre les femmes — est réduit à une série d’épisodes de faits divers sur lesquels on exerce son droit d’opinion et de scandale. Un combat sur la narration de cette violence est donc légitime. Pourtant cela reste insuffisant.

Un fil rouge lie violence contre les femmes, culpabilisation de celles qui la subissent et racisme.

C’est une pensée qui se répand, fait prise, exerce une domination et perpétue la violence. C’est une façon de penser hiérarchique qui exprime une intimation à l’ordre qui serpente par la force dans la société. Cette pensée hiérarchique se manifeste à tous les niveaux : aux sièges du parlement et dans les lois étatiques et européennes, aux postes de travail et dans les commentaires sur Facebook, dans les bars et dans les débats télévisés, dans les rues et dans les maisons. Elle agit d’autant plus violemment lorsque l’ordre est quotidiennement remis en question par les personnes, comme les femmes, qui n’acceptent pas de rester soumises, tranquilles et silencieuses, et qui au contraire ont l’audace de descendre sur les places et de faire la grève dans le monde entier, en masse. C’est une pensée qui circule d’autant plus rapidement lorsque les migrants et les migrantes refusent obstinément d’être seulement considéré.e.s comme des objets à accueillir, à déplacer, à réprimer et à exploiter. Noemi, askip, avait trop d’ami.e.s. Elle menait dans le monde une vie indépendante de celui qui l’a tuée, et celui qui l’a tuée a pensé que l’assasinat était une façon comme une autre d’écraser une indépendance vécue comme une menace. Et même s’il est vrai que tous les hommes ne tuent pas les femmes, beaucoup croient et déclarent sans aucun scrupule et sans crainte que la place des femmes est subalterne, qu’il y a des choses qu’elles ne peuvent pas oser. Le viol arrive à l’improviste, pourtant la violence est quotidienne, silencieuse et sans scandale. La pensée hiérarchique impose un rappel à l’ordre, symbolique et réel, en réussissant à faire croire, même à celles qui subissent les hiérarchies, qu’elles sont nécessaires et qu’elles ne peuvent pas être remises en question sans mettre en danger la société entière.

Selon la pensée hiérarchique, même la fermeture des frontières maritimes par Minniti — un médiocre gardien de l’ordre — est une riposte à la violence contre les femmes.

Beaucoup d’hommes et de femmes, toujours une personne de trop, partagent cette pensée-là. Cela revient à négliger que cette fermeture est en train de condamner des milliers de femmes migrantes à être violées quotidiennement, sans trop de scandale, dans les camps libyens par d’autres hommes en uniformes, légitimés par l’Etat italien, par l’Union européenne et par les accords internationaux. Tout aussi négligé est le fait que les frontières maritimes soient ouvertes en particulier pour les femmes qui viennent du Nigeria et destinées à la prostitution, pour lesquelles l’exploitation sexuelle est une sorte de passeport informel. La pensée hiérarchique légitime la violence à différents degrés, elle promet la sécurité à certains au prix de celle des autres. Selon la pensée hiérarchique, empêcher les mouvements des migrants et leur arrivée est une réponse au chômage. Beaucoup de précaires, hommes et femmes, risquent de suivre cette pensée. Entre-temps, les gouvernements s’organisent pour contraindre au travail volontaire — c’est-à-dire non payé — des milliers d’hommes et de femmes arrivé.e.s en Europe ces derniers mois. Pour la pensée hiérarchique, si les uns n’ont rien, les autres n’exigeront pas plus.

La violence du viol, la violence des frontières et la violence de l’exploitation ne sont pas seulement des mots, des narrations toxiques et des opinions.


Ces violences sont la dure réalité que la pensée hiérarchique organise pour des millions de femmes, de migrant.e.s et de précaires. Leur insubordination quotidienne, leur refus de rester à la place qui leur est assignée, leur aspiration à la liberté motivent l’intensification de la violence, sa brutale visibilité, son invisible présence, et expliquent pourquoi la pensée hiérarchique est toujours plus hurlée et amplifiée. Pour éviter que ce rappel à l’ordre s’impose comme sens commun, le combat sur les mots, la censure féministe, l’invocation antiraciste de la dignité ne suffisent pas. Il ne suffit pas de faire appel à un langage démocratique, respectueux des diversités, parce que c’est justement cette démocratie qui appelle au racisme, qui domestique les diversités et surtout qui nie l’égalité.

Nous pouvons seulement amplifier et catalyser l’insubordination pratiquée par les femmes, les migrant.e.s et les précaires, en élargissant leur champ d’action, afin que cette insubordination devienne une pratique collective de pouvoir contre l’ordre et contre les hiérarchies qui s’imposent par la violence. Il n’y a que comme ça que nous pouvons combattre la violence contre les femmes, la violence du racisme, la violence de l’exploitation, en reconnaissant dans leurs manifestations formelles et informelles, institutionnalisées et quotidiennes, spectacularisées et invisibles, la pratique d’une domination.

texte intéressant par les éléments apportés, moins par leur analyse sous la grille anarchiste de "la pensée hiérarchique et de la domination", puisqu'on ne voit au fond pas bien quels intérêts, notamment économiques, servent la violence, le pouvoir, et le racisme

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mar 31 Oct - 22:57


En Inde, plus de 80% des femmes affirment avoir déjà été sexuellement agressées. Après plusieurs faits dramatiques, la ville de Jaipur a mis en place une unité de police dédiée à cette lutte, une brigade 100% féminine.



Citation :
Au milieu de la circulation, elles pourraient presque passer inaperçues. Pourtant, sur ces scooters, une petite révolution est en marche, dans un pays encore extrêmement conservateur. Ces quatre policières font partie d'une nouvelle unité très spéciale, 100% féminine, qui lutte contre les violences faites aux femmes.Leur rôle est avant tout de patrouiller et de donner l'alerte en cas de problème. Elles peuvent aussi procéder à des arrestations si nécessaire, mais elles ne sont pas armées. À les entendre, même si les regards masculins sont encore insistants, leur simple présence a déjà permis de changer les choses en quelques semaines. En Inde, 80% des femmes déclarent déjà avoir subi une agression sexuelle. Un chiffre probablement en deçà de la réalité. Les forces de l'ordre et la justice ne donnent presque jamais suite. Une situation que ces policières connaissent personnellement.

Encore de la route à faire

Pourtant, les mentalités sont encore rétrogrades. De prime abord, ce chauffeur de taxi rencontré par France 2 trouve ces patrouilles formidables, avant d'ajouter que le fléau du harcèlement sexuel est dû aux vêtements des femmes. Les jeunes Indiennes ont dû s'habituer à ce genre de réflexions, grandir et vivre avec. Alors pour celles qui ont été déjà été victimes d'une agression comme cette jeune fille de 17 ans, cette nouvelle police ne changera rien. La route est encore longue. Cette unité de police entièrement féminine est aujourd'hui la seule du pays. Alors que l'Inde connaît un des plus hauts taux de violences sexuelles au monde, il n'y a que 7% de femmes au sein des forces de l'ordre.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Dim 19 Nov - 11:54



le monde patriarcal du capital

je suis désolé de ne pas davantage alimenter ce sujet, mais je considère plus important d'en causer en France, vu qu'en parler ailleurs est surtout utilisé pour dire que tout irait bien par "chez nous". Il n'empêche :

- Des femmes tanzaniennes exploitées dans les pays du golfe Radio Vatican  18 novembre 2017

Citation :
Des milliers de travailleuses domestiques tanzaniennes se trouvent au Moyen-Orient. Alors que certaines bénéficient de conditions de travail décentes, beaucoup d’autres subissent des abus. L’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch,  a mené des entretiens avec 87 personnes, dont des responsables tanzaniens, des syndicalistes, des agents de recrutement et 50 domestiques tanzaniennes qui travaillaient à Oman ou aux Émirats arabes unis. Le point avec Marie José Muando Buabualo sur le rapport de Human Rights Watch intitulé  « ‘Working Like a Robot’: Abuse of Tanzanian Domestic Workers in Oman and the United Arab Emirates » soit, Travailler comme un robot : Abus à l’encontre de travailleuses domestiques tanzaniennes à Oman et aux Émirats arabes unis [...]

- Birmanie : l'armée accusée de viols contre des femmes et filles Rohingyas Le Figaro 18 novembre

sans oublier les collabottes inclusives

- Classement Forbes 2017 : Les 100 Femmes les plus puissantes du Monde en 2017 Forbes 16 novembre

le patriarcat, contradiction de genre dans le capital, c'est aussi la domination des femmes de la classe bourgeoise sur les femmes... et les hommes d'en-bas

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Jeu 30 Nov - 23:31


franco-africain...




La philosophe Elsa Dorlin répond au président français sur sa rhétorique « féministe », qu’elle estime douteuse, et sur ses préjugés sur la surnatalité du continent.



Citation :
Les propos sur la natalité en Afrique tenus par Emmanuel Macron lors du sommet du G20 à Hambourg, le 8 juillet, ont été quasi unanimement qualifiés de racistes. Le président français s’est-il ressaisi au Burkina Faso le 28 novembre ? Non, il a sciemment abordé de nouveau le sujet, sous une autre forme, et il s’agit ici de comprendre pourquoi ; pourquoi aurait-il été trop coûteux de renoncer à parler des « femmes africaines », qui ne sont qu’un butin rhétorique cher à la politique française ?

Les termes utilisés à Hambourg par le chef d’Etat pour appréhender cette question étaient marqués d’un passé impérial qui continue d’imposer l’ordre du discours sur « l’Afrique ». En parlant de « défi civilisationnel », Emmanuel Macron comprenait les enjeux de la « transition démographique » et, en la matière, il rendait hommage à l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, qui, dans l’amphithéâtre de la prestigieuse université Cheikh Anta Diop de Dakar, s’était senti totalement légitime d’expliquer à « l’homme africain » comment s’extraire du temps cyclique de la nature, où il n’y a pas de place ne serait-ce que pour « l’idée du progrès ».

Devant ses homologues, ce jour de juillet, Emmanuel Macron déclarait : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider de dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Les femmes, donc ; cette fois, ce sont les femmes africaines qui sont visées, comme leur enlisement dans le temps cyclique de la reproduction sans limite ; ces ingrates Africaines à la sexualité débridée et irresponsable, assimilées, en somme, à des femelles n’ayant aucune conscience des investissements consentis – la dite « aide au développement » – pour qu’elles arrêtent enfin de lester ce continent d’enfants qui en diffèrent l’entrée dans l’Histoire.

Ce « vous pouvez décider de dépenser des milliards », c’est en fait un « nous » (nous, les pays riches qui supportons ce fardeau de l’aide et de la philanthropie paternaliste), c’est l’argent de la France et du monde (puisque l’Afrique n’en est pas, de ce monde, elle qui n’a d’autre destin que de constituer le souci majeur de son avenir, le boulet du développement, l’en dehors de la civilisation).

« La force noire »

On aura beau rappeler, sources, archives et études à l’appui, qu’il s’agit là d’un des lieux communs les plus éculés de la gestion coloniale des populations et que la France a constamment activé dans son propre intérêt ce mythe de la surpopulation des territoires colonisés, rien n’y fait. Pourtant, depuis la période esclavagiste, la gestion du cheptel humain s’est matérialisée dans diverses technologies politiques qui ont savamment entravé ou, au contraire, encouragé sa reproduction selon les cours, les flux et les circuits de la traite. Puis, après l’abolition de l’esclavage, la rationalisation de la manne économique d’un lumpenprolétariat racialisé a contraint les ex-colonisés à des conditions « contractuelles » de travail inhumaines, à une division raciale du travail assignant les uns à la terre et à sa rentabilisation avant que les grandes réformes économiques liées à la transformation de certains territoires en parcs à touristes en décident autrement.

Manne économique, mais aussi manne militaire historique : quand, au début du XXe siècle, les plus grands généraux français se targuent de posséder face à l’Allemagne une botte secrète, une arme infaillible, il s’agit de « la force noire », à savoir ces millions de sujets de l’Empire mobilisables à l’envi. Enfin, n’oublions pas que ces corps et ces vies sans valeur, exploitables ou tuables à l’infini, ont permis de constituer des laboratoires d’expérimentation pour toutes sortes de traitements : vaccins, médicaments… mais aussi techniques contraceptives, ce dont témoignent les premiers essais cliniques de traitements hormonaux ou les opérations de stérilisation forcée.

Le paradoxe est que cette gestion coloniale des populations se décline en différentes techniques de stérilisation sociale qui reposent toutes sur un postulat : il faut que la natalité des indigènes, des colonisés et aujourd’hui des « Africains » continue d’être galopante, précisément parce que cela permet d’user et d’amputer ces vies (au travail, sur le front, devant la maladie ou la mort…), comme si elles étaient indéfiniment remplaçables.

Faire le sale boulot

Aujourd’hui, c’est encore ce préjugé de la surnatalité, conséquence des politiques d’appauvrissement du continent africain (comme de ses relais autoritaires locaux) et de sa mise sous tutelle monétaire, économique et frontalière, qui active ici ce sentiment d’indifférence face à ces corps abandonnés, parqués sans chaussures, sans toilettes, sans nourriture en Europe, échoués en Méditerranée, face à ces esclaves torturés dans des zones de trafic, à ces corps affamés sur des zones de conflits où seules les ressources minières, fossiles ou les découpages géostratégiques émeuvent. Il ne s’agit que de vie de chiens issus de portées en surnombre et qu’on élimine.

Si certaines femmes ont été stérilisées de force – comme le rappelle Françoise Vergès dans Le Ventre des femmes –, cela signifie aussi que les politiques ont toujours pensé de façon globale cette gestion de la natalité : quand les territoires des DOM-TOM devaient cesser de se reproduire, d’autres territoires d’influence étaient ponctionnés sans limite sans jamais que l’on ait à s’inquiéter de l’épuisement de la ressource. Or, au cœur de ce régime, entre mythe de la surnatalité et technologies de stérilisation, les politiques démographiques ont aussi consisté à contraindre à la migration.

Cette migration-déportation a eu et continue d’avoir des objectifs politiques tout à fait réfléchis : extorquer des ressources humaines, intellectuelles et culturelles, créant par des politiques universitaires et des privilèges de circulation des ponctions dans la jeunesse et les élites ; prétendre le faire au nom des valeurs et de la qualité supérieure des systèmes éducatifs comme des mœurs métropolitaines, alors qu’il s’agit dans ces mêmes néo-métropoles d’aller faire le sale boulot (usines, mines et ports, puis vigiles et gardiens, petites mains dans les intérieurs bourgeois, garde d’enfants, de malades, de vieux, aides-soignantes ou infirmières).

Quoi qu’il en soit, à couleur de peau différente, les mêmes diplômes n’ont pas la même dignité. Organiser une gestion indirecte de la démographie par la migration a historiquement eu pour caractéristique de cibler la migration des femmes dans le but de résorber la surnatalité, mais aussi d’alimenter la mythologie d’une République française égalitaire et attentive à l’éducation comme à l’émancipation des filles : de fait, il s’agit d’une rhétorique féministe qui s’inscrit dans la pure tradition des grands discours impérialistes du XIXe siècle sur l’émancipation des femmes.

Chevalier blanc ?

Alors, en ce 28 novembre à l’université de Ouagadougou, Emmanuel Macron a-t-il pris quelques précautions ? Certes, il n’a pas parlé de la sexualité irresponsable des femmes et de leur progéniture surnuméraire, mais il a repris par la bande ses propos sur les « sept, huit, neuf enfants par femme ». Il a toutefois été beaucoup plus fin, plus au fait des subtilités historiques des politiques dans lesquelles il se tient comme un héritier. Emmanuel Macron n’a pas « de leçons à donner », et, pour nous en convaincre, il ne va effectivement pas donner de leçons à « l’Afrique » quant à l’irresponsabilité de ses femmes ; au contraire, il va défendre ces femmes africaines : les sept, huit ou neuf enfants par femme, êtes-vous sûrs, vous, hommes africains, que c’est le choix de vos femmes ?

Emmanuel Macron a donné le ton : son discours sera féministe, ou plutôt « fémocolonialiste », parce que, dans la défense du choix des femmes africaines quant à leurs droits et choix reproductifs, le président français se place en chevalier blanc. Evoquant l’octroi de bourses d’études par les consulats français, il déclare que ces bourses seront en priorité offertes à des jeunes filles. A ce moment de son discours, la salle se manifeste. L’image est saisissante : Emmanuel Macron laisse cette rumeur quelques secondes lui répondre, il en profite pour boire une gorgée d’eau, il sourit d’un air entendu parce que l’effet rhétorique qui vient est désormais sûr de faire mouche :


Citation :
N’ayez pas peur, je n’ai pas dit qu’il n’y en aura que pour les jeunes filles, j’entendais cette mâle réaction visant à protester. Mais je vous le dis avec la même franchise, je regarde avec inquiétude, parfois dans certains quartiers de mon propre pays, la déscolarisation des jeunes filles progresser, et je le vois dans certains pays africains. Si l’Afrique veut réussir, et la France avec elle, ce grand basculement du monde, nous devons former et éduquer tout le monde, et nous devons éduquer les jeunes filles, nous devons avoir des jeunes filles et des femmes libres, libres de choisir. Et je le dis pour vous, jeunes hommes qui êtes là, c’est bon pour vous.

Dans ce discours, il y a quelque chose de particulièrement écœurant. Sous couvert d’un engagement qui emprunte au féminisme son lexique, il n’est question que d’une forme actualisée de triage colonial : à la surnatalité prétendue des femmes africaines, l’Etat français propose, comme il l’a toujours fait, la migration prétendument éducative et diplômante.

Or, si cela relève clairement d’une action positive ou, plus exactement, d’une biopolitique par définition sélective, le seul et unique effet visé est précisément de stigmatiser les hommes du continent africain pour leur patriarcat d’un autre temps, eux qui ne laissent pas choisir leurs femmes. En plus d’ignorer les mouvements féministes et d’émancipation africains – dans la ville même où fut assassiné Thomas Sankara –, il s’agit de faire des femmes africaines des complices de ce nouvel impérialisme si elles acceptent la façon dont, pour l’Etat français, il convient qu’elles se libèrent.

Humilité de façade

En la matière, cela relève aussi d’un double discours : la situation des femmes en France qu’évoque Emmanuel Macron et les phénomènes de déscolarisation des jeunes filles pour raisons de maternité ne relèvent pas d’un phénomène social ni même d’une tendance sociologiquement observable. Il le sait, il surjoue l’empathie : nous aussi nous aurions connu ce phénomène, aujourd’hui devenu exception historique, pour mieux insister sur l’ampleur supposée du dit phénomène africain qui ne peut relever que d’un trait anthropologique.

A l’opposé de cet impérialisme soft, ce que l’on peut rétorquer à Emmanuel Macron, c’est que dans son pays, la présence des jeunes femmes à scolarité comparable se raréfie sérieusement aux portes des grandes écoles ou dans les recrutements à des postes et concours à haute valeur sociale ajoutée. Cela a un nom : le sexisme institutionnel. Celui-ci a la dent dure et fait tache quand on prétend porter l’étendard de la liberté des femmes.

Le président a-t-il proposé des quotas en France pour lutter contre le plafond de verre ? Non. Ce qu’il fait alors qu’il pérore en Afrique avec une humilité de façade relève d’une instrumentalisation pure et simple du féminisme dans le cadre d’une stratégie française en Afrique déjà largement engagée par ses prédécesseurs et modelée sur les croisades de libération des femmes « d’ailleurs », menées par nombre de ses homologues occidentaux. Ce qui n’est pas acceptable en Afrique, comme le dit si bien Macron, c’est que des chefs d’Etat puissent, en riant, venir choisir qui aura le droit de venir bénéficier des lumières de la France et qui sera puni à rester aux portes de la « civilisation ».

Ici, la promotion des femmes africaines, forme de sélection genrée, n’est qu’un autre moyen d’ériger des frontières de race et de creuser des lignes de couleur. Quant au libre choix des femmes – là-bas, ici, ailleurs, partout –, ce n’est certainement pas à un homme d’Etat d’en décider. Idéalement, il peut œuvrer pour que des politiques publiques assurent les conditions matérielles de ce libre choix, a minima il peut se taire et, surtout, nous épargner ce « fémocolonialisme », terreau du racisme comme de l’antiféminisme, qu’il faut abattre urgemment.

Elsa Dorlin est professeure de philosophie au département de science politique de l’université Paris 8. Elle vient de publier "Se défendre. Une philosophie de la violence", Paris, Zones, 2017.

néanmoins quelque chose me dérange dans cette critique, qui essaye de révéler, sous l'humilité de façade du chevalier blanc, le néo-néo colon, car faute de saisir le macronisme dans le moment actuel du capital mondial,  et de la nécessité du capitalisme français de tourner la page de la Françafrique (mot que Macron ne prononce pas), on en revient à ça :




ce n'est plus drôle et ça marche pas

cf ne pas se tromper d'époque et d'analyse : un certain décolonialisme soluble dans le capitalisme français, européen... et africain


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Jeu 4 Jan - 10:53


Le patron lubrique et la secrétaire sexy
Rebecca Onion, traduit par Adélaïde Blot Slate.fr 02.01.2018

Pourquoi les blagues sur le harcèlement sexuel au bureau sont ancrées dans notre culture depuis si longtemps.


Un plan de la série Mad men (capture d'écran)

Citation :
Lorsque le présentateur américain Matt Lauer a été licencié le mois dernier, le site TMZ a exhumé un extrait de l’émission Watch What Happens Live datant de 2012 dans lequel son ancienne coprésentatrice Katie Couric indiquait à Andy Cohen que l’habitude la plus désagréable de Matt Lauer était qu’il lui «pinçait souvent les fesses». Andy Cohen et le public ont ri, fin de l’histoire. Mais comment avons-nous pu trouver cela amusant? La réponse est dans notre passé.

Entre la fin du XXe siècle et l’avènement de la deuxième vague féministe dans les années 1970, les hommes ont rebondi sur leur malaise à l’égard de l’arrivée de femmes «respectables» dans des bureaux jusque-là réservés aux hommes pour faire de l’humour. Le sujet d’humour sur les «femmes actives» le plus profondément ancré est celui qui met en scène un patron ou un collègue lubrique «flirtant» avec une secrétaire en lui courant après dans un bureau ou en faisant des réflexions sur son physique. Même si cette situation est largement dépassée aujourd’hui, cette vénérable tradition de l’humour américain explique le rire gêné qui a émané du public en réaction à la réponse de Katie Couric.

L’historienne Julie Berebitsky, à qui l’on doit l’essai Sex in the Office: A History of Gender, Power, and Desire, m’a expliqué qu’elle s’était intéressée à l’histoire des secrétaires, des sténographes et des dactylographes car leur entrée dans l’univers de l’entreprise au début du XXe siècle a constitué un tournant dans les relations entre les genres. En effet, pour la première fois dans l’histoire américaine, de nombreuses femmes de classe moyenne partageaient un espace de travail avec des hommes. Si les femmes pauvres, qui travaillaient depuis longtemps aux côtés des hommes dans les usines, les foyers et comme esclaves, subissaient les abus de ces derniers dans l’indifférence générale, les secrétaires étaient considérées comme des femmes éduquées dignes d’un petit peu de respect, raconte Julie Berebitsky. La tension entre cette attente de respect et le nouveau statut des femmes, soudain devenues collègues, a débouché sur une forme d’humour gêné. Les journaux publiaient des histoires drôles sur des secrétaires, les publicités pour les articles de bureau jouaient sur le stéréotype de la secrétaire sexy et les scénarios de films intégraient des secrétaires attirées par les hommes riches.

Le jeu de la «poursuite» des secrétaires


Julie Berebitsky a rassemblé de nombreuses cartes postales du milieu du XXe siècle sur le thème des relations entre patrons et secrétaires. L’une d’elles représente un homme en costume (âgé avec le crâne dégarni et de ridicules petites mèches de cheveux) admirant une femme assise sur une pile de documents sur son bureau («je suis un peu en retard sur mes notes… à tout à l’heure !»), tandis qu’une autre met en scène un homme d’un certain âge en train de courir après une secrétaire dans le bureau («ces heures supplémentaires m’aident à garder la ligne !»). La «poursuite» s’est peu à peu imposée comme un incontournable de cet humour patron-secrétaire, et elle est passée de la représentation à la vraie vie. Dans son livre Sex and the Office, paru en 1964, Helen Gurley Brown raconte une ancienne tradition appelée «Scuttle» [la «cavale», ndlr], selon laquelle des employés poursuivaient une secrétaire pour lui arracher ses sous-vêtements. (Quand ce jeu est apparu dans la série Mad Men, il a été atténué, l’objectif pour les hommes étant de voir les sous-vêtements de leur collègue plutôt que de les lui enlever.) Dans son ouvrage, Helen Gurley Brown relate cet épisode avec tendresse, prouvant une fois de plus que la misogynie est bien ancrée dans les esprits.



Issue de la collection de Julie Berebitsky l Slate.com

L’idée qu’une sténographe ou une secrétaire ne travaillait que pour se trouver un mari était très répandue. Un ensemble de cartes postales du début du XXe siècle rassemblées par Julie Berebitsky se moquaient des secrétaires du point de vue de la femme du patron menacée. L’une d’elles, intitulée «The Typewriter» [la «dactylographe», ndlr], disait ceci:

«On t’a à l’œil, glandeuse
Tu ne sais pas taper à la machine
Tu n’es là que pour faire l’allumeuse
Avec nos maris qui s’échinent.»


Certaines secrétaires finissaient d’ailleurs par épouser leur patron. Comme Julie Berebitsky le fait remarquer, «si vous étiez sténographe, vous n’aviez aucune autre perspective que de le rester», car il était impossible de gravir les échelons. «En vieillissant, si vous n’aviez pas de mari, vous seriez pauvre.»

Les femmes jeunes et jolies obtenaient bien plus facilement des emplois que les autres dans le domaine. Julie Berebitsky a découvert que, dès 1895, les femmes avaient conscience des dangers de cette dynamique, comme le révèle un article dans un journal de sténographie publié cette année-là, qui détaillait la situation inextricable à laquelle les secrétaires étaient confrontées. L’historienne explique : les femmes attirantes «étaient destinées à refuser les invitations à dîner de leur employeur», tandis que les femmes moins séduisantes «avaient du mal à obtenir un emploi ou une promotion». Les plaisanteries sur le fait que la secrétaire ne travaillait que pour séduire un homme (la pierre angulaire de l’humour lié au monde du travail depuis bien longtemps) moquaient les femmes qui se faisaient prendre dans un système les sexualisant.

Blagues sur le physique et les compétences

Dans l’imaginaire collectif, quand il y a des relations sexuelles secrétaire-patron, ce dernier est souvent plus âgé, ce qui sous-entend qu’avoir des relations sexuelles avec une jolie secrétaire est perçu comme un avantage lié au pouvoir. Julie Berebitsky a retrouvé une publicité datant de la Seconde Guerre mondiale: on y voit une secrétaire assise sur les genoux d’un homme au crâne dégarni, tous deux boivent du Pepsi et la légende dit: «Il dit que quitte à être cloué à son bureau jusqu’à la fin de la guerre, il aime autant se détendre et en profiter.»

Les blagues du milieu du XXe siècle visaient aussi bien les compétences que le physique des secrétaires. L’humoriste Milton Berle, qui animait la très populaire émission Texaco Star Theater dans les années 1940 et 1950, faisait des plaisanteries sur la sexualité des secrétaires («Je connais un patron tellement dévoué qu’il garde sa secrétaire à côté de son lit toute la nuit au cas où il voudrait envoyer une lettre!»), mais aussi sur leur incompétence dans leur travail: «Ma secrétaire me fait gagner de l’argent. Elle commande des tonnes de liquide correcteur !» ou encore «Ma secrétaire est très bonne en maths. Elle a additionné 10 fois une colonne d’une dizaine de chiffres et m’a montré les 10 réponses !»


Cette carte non datée se moque des secrétaires en adoptant le point de vue de la femme d’un patron se sentant menacée.
Issue de la collection de Julie Berebitsky / Slate.com

La secrétaire idiote était partout et sa bêtise la rendait plus sexy encore. Dans un dessin de Jack Davis paru dans Playboy et sélectionné par Hugh Hefner en 2004 pour un ouvrage publié pour les 50 ans du magazine, on voit la belle Miss Turnbull se pavaner les seins à l’air devant un groupe de collègues de bureau manifestement excités. Le gag: son chef lui avait demandé de se «débarrasser de ce pull», car il était «source de distraction pour les hommes du bureau»; naïve, la jeune femme avait tout enlevé. Un autre dessin de Jack Sneyd, également paru dans Playboy, représente un recruteur en train d’étudier les pages centrales détachables d’un Playboy, tandis qu’une jolie jeune femme dans son bureau le regarde en souriant: «Je suis impressionné par votre CV, Mademoiselle Simmons !». Au bureau, les femmes étaient là pour faire joli et fasciner. Leur cerveau inefficace était une contrainte que les hommes étaient prêts à accepter pour continuer à avoir accès à leur corps.

Le tournant féministe des années 1970

Dans les années 1970, les féministes ont commencé à s’élever contre les blagues sur les secrétaires. Lors du premier rassemblement contre le harcèlement sexuel aux États-Unis, en 1975, les organisatrices ont distribué des tracts intitulés «C’est vraiment drôle ?» sur lesquels avait été reproduit un dessin d’un homme courant après une femme qui dit «Je prends des notes à 60km/h !». Julie Berebitsky raconte que le groupe de militantes Women Office Workers of New York a publié une newsletter répertoriant les publicités, blagues et émissions télévisées offensantes dénoncées par ses membres. En 1972, les protestations des secrétaires contre les «stéréotypes» dont elles faisaient l’objet sont arrivées jusqu’au New York Times, dans un article duquel Judy Blemesrud décrivait l’image contre laquelle les femmes devaient se battre dans une tirade mémorable :

«Objet sexuel mâchant un chewing-gum, femme désespérée en quête d’un mari, pimbêche en minijupe, scribouillarde mollassonne, bonniche de bureau, pantoufle fiable.»

Dans certains cas, les féministes ont combattu ces représentations avec succès. En 1971, Mort Walker a introduit dans sa bande dessinée Beetle Bailey, qui existait alors depuis 21 ans, le personnage de la secrétaire Miss Buxley, à qui le patron, le Général Amos T. Halftrack, pardonnait toutes ses erreurs tant elle était jolie. Dépeinte comme une «sombre crétine» par Cullen Murphy, rédacteur en chef de The Atlantic, dans un article de 1984, Miss Buxley a finalement été dotée d’un «cerveau» par son créateur qui disait s’être fait forcer la main par le mouvement féministe: les lectrices et lecteurs adressaient des lettres aux journaux dont le personnel faisait ensuite pression sur les rédacteurs en chef pour qu’ils refusent de publier la bande dessinée lorsque Miss Buxley y figurait. Ce qui n’était pas du goût de Mort Walker dont le «souhait le plus cher était que les féministes [lui] lâchent la grappe».

Si le stéréotype de la secrétaire écervelée n’a pas résisté à l’apogée de la deuxième vague féministe, le grand classique de la «poursuite» d’une femme par un homme agressif utilisant son lieu de travail comme un terrain de chasse a perduré. Lors de la retransmission de l’audience de confirmation de Clarence Thomas, un sénateur accusé de harcèlement sexuel envers une ancienne collègue, près de 20 ans après que les féministes ont commencé à défendre les Miss Buxley de la vraie vie, de nombreux sitcoms traitaient la question du harcèlement sexuel avec humour. À l’époque, le critique télé Tom Jicha soulignait que le personnage de Cheers Sam Malone, interprété par Ted Danson, avait poursuivi «sans relâche» ses anciennes employées Diane et Rebecca et que, dans les deux cas, son insistance avait payé. Tom Jicha indiquait que bien d’autres séries (dont Major Dad, Murphy Brown, La Loi de Los Angeles et Taxi) mettaient en scène des hommes agressifs et lubriques dont l’incapacité à accepter qu’on leur dise «non» sur leur lieu de travail était un ressort humoristique utilisé à l’envi.


Sur cette carte postale (non datée), un patron plus âgé fait jouer sa supériorité hiérarchique.
Issue de la collection de Julie Berebitsky / Slate.com

Les choses ont-elles vraiment changé ?

J’aime penser que les choses vont mieux. Récemment, les séries ont largement abordé la question du harcèlement sur le lieu de travail (sa définition vague et le malaise qui naît lorsqu’une femme résiste), ce qui me laisse espérer que l’humour en la matière prendra un virage décisif. Dans un épisode de 2005 de The Office intitulé «Harcèlement sexuel», Michael Scott (Steve Carell) est furieux lorsque l’employé des RH, Toby Flenderson (Paul Lieberstein), souhaite passer en revue la politique de l’entreprise en matière de harcèlement sexuel avec les employés. Michael est convaincu qu’une conversation sur le harcèlement sexuel signera la «fin des blagues» : Les blagues convenables n’existent pas, se plaint-il auprès de Toby. C’est pour ça que c’est une blague.»

Bien qu’il soit totalement à côté de la plaque, Michael parvient à ne faire voler en éclat ni notre fidélité ni celle de ses employés à son égard, alors que ces derniers auraient dû le dénoncer ou démissionner un million de fois. Ils sont ennuyés, mais jamais complètement oppressés par son «sens de l’humour». Bien que de mauvais goût, les blagues de Michael ne sont pas méchantes. Le grossier ami du patron, Todd Packer (David Koechner), fait d’ailleurs son apparition dans cet épisode pour illustrer le fait que les «vrais» harceleurs ne sont absolument pas drôles.

Au cours des dernières décennies, les insinuations balourdes des patrons sont devenues de plus en plus gênantes et datées. En 1998, le journal parodique en ligne The Onion a publié un débat intitulé «Sexual Harassment in the Workplace Must Stop vs. I Love The Way Your Tits Bounce When You Type» («Il faut faire cesser le harcèlement sexuel au travail vs. J’adore comme tes seins rebondissent quand tu tapes à l’ordinateur»). Dans cette satire, après que la féministe Nadine Kramer-Luchs présente très sérieusement son point de vue, le chroniqueur Bruce Mulholland défend sa position :

«Bien sûr, tu n’es pas la personne la plus brillante qu’on ait engagée pour ce poste mais vu ton corps, tes compétences de secrétaire ne sont pas une priorité. D’ailleurs, j’aimerais bien voir tes compétences dans un autre domaine… Mmmhh!»

Dans ce débat, Bruce Mulholland est le dindon de la farce. Il a des points communs avec M. Henderson, le patron interprété par Tim Heidecker dans la série de sketchs Tim and Eric Awesome Show, Great Job!. M. Henderson harcèle sexuellement son employée Carol, jouée par Eric Wareheim (dans une tenue très inconfortable qui souligne son embonpoint). Dans l’un des sketchs, M. Henderson, debout près du bureau de Carol, lui dit d’une seule traite :

«Je dois vous avouer quelque chose, Carol. J’ai chaud quand vous êtes à côté de moi. J’adore votre corps. Vous nous excitez tous ici, OK… On devient dingues. Je vous veux. Vous êtes une bombe, B-O-M-B-E.»

Et le sketch se poursuit, devenant de plus en plus salace. Le temps, pour le spectateur, semble très long, tout comme pour les femmes vivant ce genre d’expérience dans la vraie vie. Le fait que Carol ait justement un petit faible pour M. Henderson ruine ses remarques… ah bon? Ou alors l’affection de Carol est-elle faite pour amplifier la blague et montrer comme la réciproque serait ridicule dans la réalité ?

Ces dernières semaines, de nombreux humoristes ont réussi à s’attaquer à Harvey Weinstein de façon acerbe et amusante à la fois. Mais malgré ces sketchs subtils et rafraîchissants, il ne fait aucun doute que les blagues à l’ancienne sur la secrétaire sexy et son patron libidineux continuent à exister. On en trouve sur tous les forums en ligne publiant des plaisanteries d’utilisateurs comme netjokes.net ou kickasshumor.com, même si ces blagues ne sont pas le seul fait de petits rigolos amateurs. Au mois d’octobre par exemple, lors d’un gala qu’il animait, James Corden a présenté les techniques de séduction d’Harvey Weinstein. Parmi ses bons mots :

«C’est une belle soirée à Los Angeles. Tellement belle qu’Harvey Weinstein lui a déjà demandé de monter dans sa chambre d’hôtel pour lui faire un massage.»

Plusieurs accusatrices de Weinstein, notamment Asia Argento et Rose McGowan, ont été choquées par les blagues de James Corden. Leur colère face à ces blagues apparemment anodines est d’autant plus compréhensible que l’on sait que ce type d’humour dépeint presque toujours le harceleur comme un vicelard empoté et inoffensif, ce qui contribue à empêcher les femmes de réagir. Pincer des fesses ou blaguer sur un corps attirant n’est pas sans conséquence. Ces actions placent les femmes qui essaient juste de travailler face à un choix cornélien: encaisser pour avancer ou ruiner l’instant en jouant le rôle de la féministe rabat-joie. Cet automne, nous sommes de plus en plus nombreuses à choisir la deuxième option.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Ven 12 Jan - 13:10


Algérie


Citation :
Production:
Office national de radiodiffusion télévision française
Journaliste : Robert Bouchard
Monteur : Jean Pierre Caussidery
Opérateur de prise de son : Roger Vieyra

"Ce reportage rend compte de la situation de la femme en Algérie, au travers de témoignages d'Algériennes engagées dans la lutte pour l'émancipation féminine et qui ont participé à la révolution. Elles relatent leur vie quotidienne et se confient sur la vision qu'elles ont des hommes et les rapports qu'elles entretiennent avec eux.- Dans un magasin de haute couture, rencontre avec Yasmina, ancienne militante, épouse d'un ancien chef FLN de la zone autonome d'Alger pendant la guerre. Elle évoque les tenues vestimentaires des Algériennes, et leurs sorties entre femmes. Elle ne souhaite pas parler de sa relation avec son mari.- Interview d'une Algérienne dans le magasin de haute couture. Elle se confie sur sa relation avec son mari avec retenue.- Interview de Fadéla M'rabet, militante FLN, auteur de deux livres dénonçant la condition de la femme en Algérie, pays de tradition musulmane. Elle souligne quelques aspects du sort qui est réservé aux femmes dans le pays, met en cause les privilèges des hommes, et révèle que cette situation est la même parmi les militants FLN, qui se plient, eux aussi, aux traditions. Elle déplore le suicide de nombreuses femmes qui ont refusé de se soumettre au mariage traditionnel. Elle défend la mixité dès l'école maternelle. Tout au long de l'entretien, elle développe les solutions politiques visant à améliorer la condition de la femme algérienne. Elle défend notamment la mixité dès l'école maternelle.- Interview de Mamia Chentouf, secrétaire générale de l'UNFA (Union Nationale des Femmes Algériennes) à propos des préoccupations des femmes en Algérie.- Interview d'une ancienne militante du FLN, Zohra Sellami, emprisonnée à deux reprises sous le régime d'Ahmed Ben Bella. Elle développe ses idées révolutionnaires. Elle note que la situation de la femme n'a pas changé depuis l'indépendance de l'Algérie, et ne changera qu'avec un renouvellement des structures sociales et une véritable révolution. Elle fait part de sa relation conflictuelle avec son père qui fut lui aussi un militant communiste au sein du FLN.- Dans une voiture, interview d'un Algérien, qui, en écoutant une chanson d'Enrico Macias ("Les filles de mon pays"), parle de la femme et de sa place dans la société algérienne."

Source : INA (France)


Citation :
Ce livre réunit en un seul volume deux études parues dans la collection "Cahiers Libres" en 1965 et en 1967. L’auteur est algérienne musulmane ; née dans le Constantinois et élevée dans un milieu oulémiste dont son père, proche ami de Ben Badis, fut un brillant animateur, elle a fait des études supérieures de sciences et enseigne dans un lycée d’Alger. Elle a écrit « La Femme algérienne » alors qu’avec son mari, algérien, elle animait le magazine féminin de la radio d’Alger. Partant du projet de dresser un tableau de la condition féminine réelle en Algérie, au moment même où son "évolution" était à l’ordre du jour, elle devait susciter, à la publication de ce premier livre, des réactions diverses, en Algérie comme à l’étranger : approbations, encouragements, discussions, polémiques et même injures violentes… Le deuxième livre, « Les Algériennes », est né de l’expérience de cette confrontation. Fadéla M’Rabet y analyse à nouveau la nécessité d’une "évolution" de la situation de la femme algérienne : elle examine ce que recouvre cette notion d’évolution, par rapport aux traditions et à la personnalité arabo-islamique, et elle revient avec plus de force encore que dans le premier livre sur la réalité présente et ses conséquences : les mariages forcés, les suicides, les abandons familiaux, à l’heure du planning familial et de l’instauration du nouveau code de la famille.



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Dim 28 Jan - 6:17


Le #MeToo chinois émerge malgré la censure
La Tribune deGenève 28 janvier 2018

L'affaire Weinstein a des répercussions en Chine. Initié par une doctorante, le mouvement «Ye Wo Shi» se répand dans les universités.


Luo Qianqian, une ex-étudiante en doctorat, a lancé le mouvement en Chine.
Image: dr

Citation :
Plusieurs mois après le début du mouvement «#MeToo» aux Etats-Unis, les Chinoises commencent, elles aussi, à dénoncer publiquement des cas d'agressions et de harcèlement sexuel dont elles sont victimes. Mais la censure d'Etat veille.

Tout a vraiment démarré le 1er janvier lorsque Luo Qianqian, une ex-étudiante en doctorat, a publié un message sur le réseau social Weibo accusant son ancien professeur de l'avoir agressée. Après quelques heures, la jeune femme était «stupéfaite», raconte-elle à l'AFP: son message avait été vu par trois millions d'internautes.

Et dix jours plus tard, l'université pékinoise de Beihang démettait de ses fonctions son professeur, après une enquête interne concluant qu'il avait harcelé sexuellement plusieurs étudiantes.

Sur Internet, les mots-dièse #MoiAussi ou #MoiAussiEnChine («Ye Wo Shi») ont alors fleuri, poussant d'autres femmes à témoigner. Un phénomène loin d'être acquis. Si dans le monde, de nombreuses femmes ont témoigné depuis octobre sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-dièse #MeToo (ou «#Balancetonporc» en France), la Chine était restée relativement hermétique à cette vague.

Le harcèlement sexuel y est pourtant très présent. Mais les dénonciations publiques étaient jusqu'ici souvent découragées par la passivité des autorités, voire leur hostilité.

Dans un inhabituel élan de solidarité après l'affaire Luo Qianqian, plus de 50 professeurs d'au moins 30 universités ont signé un manifeste dénonçant le harcèlement sexuel. Le ministère chinois de l'éducation a annoncé une «tolérance zéro» envers les délinquants sexuels et promis un nouveau programme de prévention. «La réaction du ministère a vraiment été une surprise, car c'est un engagement au niveau étatique. Je suis très heureuse que mon pays prenne enfin les devants», déclare à l'AFP Mme Luo.

Pas de définition légale

Une position officielle qui tranche avec la répression des autorités en 2015. La police de Pékin avait arrêté cinq militantes féministes qui voulaient distribuer des tracts dénonçant les violences conjugales. Elles avaient été libérées un mois plus tard. Le harcèlement sexuel ne fait actuellement l'objet d'aucune définition légale en Chine, d'où la difficulté d'établir des politiques de prévention.

C'est également un sujet sensible au niveau politique. Des dizaines d'hommes politiques tombés lors de l'actuelle campagne anticorruption, lancée par le président Xi Jinping, ont été accusés d'abuser de leur pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles.

«Nombre de fonctionnaires considèrent les femmes comme de simples objets sexuels»
, souligne Guo Jianmei, avocate spécialiste du droit des femmes. «Toute la structure de la société chinoise défavorise les femmes. Il est presque impossible d'intenter un procès pour harcèlement sexuel, car les tribunaux n'ont pas de cadre légal dans lequel traiter ces affaires.»

Censure

Ainsi, si le débat public est autorisé en Chine, les censeurs veillent à l'orienter. Ils ont notamment supprimé de nombreux messages avec le mot-dièse #MoiAussiEnChine et fermé des forums de discussions. «Des étudiants ayant signé ma lettre ouverte sur le harcèlement sexuel ont été interrogés par leurs professeurs», raconte Xiao Meili, qui avait adressé son texte à son ancienne université à Pékin.

Les médias officiels continuent cependant d'évoquer le sujet, tel le journal Global Times, qui a fait état de la censure et des menaces rencontrées par des victimes.

Cependant, si le mouvement #MeToo a ébranlé les milieux artistique, médiatique et politique ailleurs dans le monde, les débats en Chine restent focalisés sur les agressions d'étudiantes. Même restreint, le mouvement a cependant permis une plus grande sensibilisation du public, souligne Zhang Yajun, animatrice de radio pékinoise. «Quand j'étais jeune, je n'avais aucune idée de la notion de harcèlement sexuel», explique-t-elle. «Je suis désormais bien plus optimiste qu'il y a un mois. La parole publique s'est libérée.» (ats/nxp)

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Sam 10 Fév - 16:31


"Non c'est non", dans le sillage de la campagne #MeToo lancée après l'affaire Weinstein aux Etats-Unis contre le harcèlement des femmes, les Brésiliennes se sont mobilisées à l'occasion du carnaval où les agressions sont innombrables.


Avec leurs éventails en carton "Non c'est Non", des femmes participent au carnaval de Rio,
le 7 février 2018 et dénoncent le harcèlement sexuel"
©️ AFP

Citation :
Certaines ont même arboré ce slogan en tatouage éphémère sur les épaules, les bras, la poitrine. D'autres dansent dans les rues du carnaval avec des éventails en carton disant: "Não é não" (Non c'est non").

Le carnaval de Rio --la plus grande fête du monde sous les 40 degrés de l'été tropical, avec des millions de fêtards très dévêtus et l'alcool qui coule à flot-- est tous les ans le théâtre de multiples agressions sexuelles contre les femmes. Fête de tous les excès, le carnaval a vu l'an dernier une femme agressée toutes les quatre minutes, selon la police. Un chiffre qui fait froid dans le dos. C'est la raison pour laquelle Luka Borges ne se fatigue pas de distribuer les tatouages éphémères aux femmes qui lui demandent, dans un "bloco", un cortège de rue qui défile sur des airs de samba dans le centre de Rio de Janeiro.

"Il y a beaucoup de machisme au Brésil et faire ceci pour le carnaval est urgent",
explique cette gestionnaire de projets de 28 ans à l'AFP. "Nous, les femmes, passons bien plus de temps dans les rues et avec moins de vêtements. Ceci est un prétexte pour des agressions".

Luka a créé avec quatre amies les décalcomanies "Não é não", qui ont commencé à être distribuées de manière impromptue l'an passé parmi quelques "blocos" de Rio après l'agression d'une d'entre elles. Et grâce à une collecte de crowdfunding et une campagne sur les réseaux sociaux, quelque 27.000 décalcomanies ont été produites pour le carnaval 2018, qui vont être réparties sur des villes comme Salvador, Sao Paulo ou Olinda pour le carnaval.

Acte politique

"Pendant de nombreux carnavals nous avons vécu des situations d'agressions sans nous en rendre compte",
dit Anna Studard, une productrice de théâtre de 27 ans qui arbore le tatouage éphémère sur la poitrine. "Nous pensions que c'était normal, mais je trouve que depuis un ou deux ans on a commencé à avoir conscience du fait que +non c'est non+".

Mais le carnaval, avec son ambiance totalement débridée et ultra-sensuelle, est typiquement un moment où l'on peut embrasser sans aucune retenue des inconnu(e)s. Loin d'être inspirées par le puritanisme, les femmes de cette campagne cherchent simplement à faire appliquer le précepte "mon corps, avec mes règles à moi", familier des féministes au Brésil.

"Si on continuait de se couvrir, de se cacher, les filles les plus jeunes devraient continuer à se protéger"
, dit Luka. "Je pense que c'est un acte politique de se promener les seins nus, par exemple", lance-t-elle.

Pour certaines Brésiliennes, se tatouer sur la peau un "Nao é nao" éphémère va au-delà de la consigne féministe.

"Mon fiancé est en voyage et ce tatouage va me permettre d'éviter que quelqu'un ne me gâche la fête, je me sens plus en sécurité", explique Caroline Fachetti, une jeune fille de 19 ans qui porte un haut de maillot de bain rayé et un mini-short bleu.
A côté d'elle, six touristes anglais boivent des bières et observent la scène. "C'est totalement approprié", affirme James Allan, 28 ans, au sujet de cette campagne. "Le Brésil est des années en arrière par rapport à l'Europe".

La situation des femmes au Brésil n'est pas précaire seulement lors du carnaval.


Une femme sur trois de plus de 16 ans a déclaré avoir été au cours de l'année écoulée victime de violence physique, verbale ou psychologique, selon un sondage de Datafolha publié en mars 2017. C'est la raison pour laquelle Luka refuse ses tatouages aux hommes, même si leur soutien moral est bienvenu.

"C'est notre lutte à nous. C'est sur notre corps que le +non+ doit être écrit"



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Ven 11 Mai - 6:45


erreur sur la guerre des sexes

de Amazing Photos in the World


un petit problème que relève un commentateur :

Tay Tay Nguyen a écrit:
Tay Tay Nguyen Umm that’s actually two male South American birds lol

erreur encore, il s'agit de martin-pêcheurs d'Europe, espèce dans laquelle « la femelle adulte est identique au mâle, excepté la mandibule inférieure [bas du bec] rouge-orange avec une pointe noire. » Sur la photo, on aurait à gauche un mâle, à droite une femelle. Ci-dessous, c'est l'inverse




souvent chez les oiseaux, la femelle est moins colorée que le mâle, ce qui n'est donc pas le cas ici. Par ailleurs, chez les animaux, si les mâles se battent dans la concurrence sexuelle, je ne sache pas qu'ils agressent les femelles, ce qui est un propre de l'homme, avec le rire, disait Rabelais reprenant Aristote. Quant à l'inverse, je ne sais pas interpréter ici l'attitude de cette femelle...


scratch

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Dim 3 Juin - 12:03


Certaines entreprises japonaises ont instauré des « calendriers de grossesse » où sont indiquées les périodes de l’année durant lesquelles une employée a l’autorisation de se marier ou de tomber enceinte. Cependant, un scandale qui secoue l’archipel ces derniers mois pourrait bien sonner le glas de cette pratique.


photo flickr/Justin C.

Citation :
Lorsque le Japon fait son apparition dans les pages de nos journaux, c’est souvent pour parler du problème de natalité qui frappe le pays qui vieillit le plus vite au monde. Il serait donc légitime de penser que tout y est fait pour encourager les Japonaises à tomber enceintes. C’est pourtant mal connaître cet archipel de tous les paradoxes.

Pour cause, un autre sujet se retrouve régulièrement dans les pages de nos journaux : cette culture d’entreprise japonaise, poussée à l’extrême, qui engendre chez beaucoup d’employés un dévouement sans faille à leur employeur. Rajoutez à cela une pénurie chronique de crèches et vous obtenez tous les ingrédients pour des dérives comme l’instauration de « calendriers de grossesse » dans certaines entreprises, qui n’hésitent pas à dicter à leurs employées à quel moment elles peuvent envisager de se marier ou de tomber enceinte.

Cependant, les jours de cette pratique impensable dans la plupart des pays européens pourraient bien être comptés. En effet, comme le rapporte un récent article paru dans le quotidien Mainichi Shimbun, le cas d’un couple japonais ayant été obligé de s’excuser en personne d’une grossesse hors calendrier lors d’un entretien avec le directeur d’une crèche privée de la préfecture d’Aichi, dans le nord du Japon, agite le pays. Comme un nombre conséquent d’entreprises japonaises, cette crèche avait mis en place un système complexe de rotation, fonctionnant sur la base d’un accord tacite. Chaque salariée se voyait ainsi attribuer une courte période de l’année au cours de laquelle elle pouvait envisager de se marier ou tomber enceinte. En théorie, chacune devait patiemment attendre son tour, en donnant la priorité à ses supérieures.

Dans une lettre ouverte publiée fin février dans ce même journal japonais, le mari avait révélé que sa femme avait, malgré cet entretien humiliant, été réprimandée sur son lieu de travail pour avoir supposément fait preuve d’« égoïsme ». Un incident qui illustrerait selon lui la manière dont la société japonaise reste « rétrograde ».

La publication de cette lettre a entraîné de nombreuses réactions de soutien de la part des Japonais, comme l’explique le quotidien britannique The Telegraph — même si une minorité de lecteurs ont exprimé leur sympathie vis-à-vis des difficultés rencontrées par les crèches. Les langues de nombreuses Japonaises se sont ainsi déliées et les témoignages relatant des pressions similaires se sont multipliés ces dernières semaines. Une partie de la société japonaise a donc appris avec stupeur que ce type de plannings était monnaie courante dans les entreprises où la majorité des employées sont des femmes.

De nos jours, les femmes japonaises continuent de faire face à de nombreuses discriminations de genre au travail. Comme le rappelle The Telegraph, une enquête gouvernementale révélait en 2015 que la moitié des femmes actives japonaises enceintes ont déclaré avoir été victimes de harcèlement (NDLR, il existe même un terme pour cela en japonais : « matahara ») et près de 20% avoir été tout bonnement licenciées pour être tombées enceinte. Rien de bien étonnant à ce que l’année dernière, le pays ait chuté à une médiocre 114e place sur 144 dans le classement du Forum économique mondial pour ce qui est de l’écart entre les genres.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Aujourd'hui à 2:50


Chili : «On parlera de cette "révolution féministe" dans les livres d’histoire»
Justine Fontaine, Correspondante à Santiago Libération 5 juin 2018

Né à l’université de Valdivia au milieu du mois d’avril, le mouvement des étudiantes contre le harcèlement et les agressions sexuelles a pris une ampleur inédite dans ce pays très catholique. Une vingtaine d’établissements sont aujourd’hui bloqués et une nouvelle manifestation est prévue ce mercredi.


Citation :
«On nous tue, on nous viole, et personne ne fait rien !» «No es no ["non c’est non"], qu’est-ce que t’as pas compris, le n ou le o ?» Dans les rues chiliennes, depuis près d’un mois, ce sont les voix féminines qui portent le plus. Malgré le froid perçant de cette fin d’automne austral, quelques étudiantes s’affichent seins nus, des messages féministes peints sur le corps. «Il y a des dizaines de cas d’agressions, de harcèlement sexuel à l’université, mais on n’a pas de texte satisfaisant pour protéger les victimes et sanctionner les agresseurs. On est tellement en colère qu’on n’avait pas d’autre choix que de se mobiliser», lâche Constanza Quinteros, étudiante en gestion à l’Université du Chili. Le 16 mai, la manifestation à l’appel de la Confédération étudiante chilienne (Confech) a réuni 25 000 personnes à Santiago selon la police, 150 000 selon les organisatrices. Une mobilisation pour les droits des femmes d’une ampleur inédite depuis la dictature de Pinochet (1973-1990). Une nouvelle manif est prévue ce mercredi.

Le mouvement a commencé mi-avril dans le sud du pays, à l’université de Valdivia. Accusé de harcèlement sexuel envers une employée de l’université, un prof a simplement été changé de poste. Pour protester contre cette décision, les étudiants ont décidé d’occuper leur établissement. Dix jours plus tard, c’était au tour de la prestigieuse fac de droit de l’Université du Chili, à Santiago. Là, l’ex-président du tribunal constitutionnel, qui est aussi professeur, est accusé d’avoir harcelé sexuellement une étudiante. A l’issue d’une enquête interne, il a été suspendu pour trois mois pour «atteinte à la probité». A ce jour, le règlement de l’université ne permet pas de sanctionner un cas de harcèlement entre un professeur et un élève, assure le doyen. «Nous avons décidé de nous emparer de ce cas, qui illustre bien ce qui nous arrive en tant que femmes depuis des années, raconte Danae Borax, l’une des porte-parole des étudiants de la faculté. On s’est dit qu’on devait montrer que ce genre de situation n’est plus acceptable. Et on a décidé d’occuper la fac», poursuit-elle, assise dans la cour de la faculté de droit, à côté des banderoles de la dernière manifestation.

«Solidarité et confiance»

Dans les jours et les semaines qui suivent, plus de 20 universités et lycées du pays ont suivi le mouvement. Même la très conservatrice Université catholique de Santiago a été occupée pendant quelques jours, une première depuis plus de trente ans. En 2016, dans 10 universités (sur 43), 228 cas de violences sexuelles ont été dénoncés auprès des représentants étudiants chargés du suivi des questions de genre et de sexualité. Des chiffres parcellaires, selon les militantes. A l’Université de Santiago, «nous avons déjà reçu 80 plaintes cette année», assure Amanda Mitrovich, étudiante et porte-parole de la Coordination féministe étudiante (Cofeu), créée il y a deux ans. «Dans chacune dans nos universités, nous avions de nombreux cas et nous cherchions à gérer ça, poursuit la militante de 20 ans, assise sur un banc du campus - quasi désert - de l’université en grève depuis plusieurs semaines. On s’est vite rendu compte que les règlements intérieurs ne fonctionnent pas, et qu’au Chili, le harcèlement sexuel n’est puni par la loi que dans le cadre de relations de travail», pas s’il a lieu entre un prof et son étudiant(e), ni en dehors de l’université.

Au début du mouvement, les étudiantes ont organisé des assemblées réservées aux femmes. «Elles ont servi d’exutoire à beaucoup d’étudiantes. Certaines ont raconté les violences qu’elles avaient subies, témoigne Tamara Catalan, entrée cette année à l’Université de Santiago. Ça a été un moment de solidarité et de confiance entre femmes.» Dans cet établissement, qui participe à presque toutes les mobilisations, les messages féministes se sont fait une place sur les murs : «Non au harcèlement», lit-on ici ; «Marre de porter le fardeau machiste», un peu plus loin.

«Influence de l’Eglise»

Gary Gutiérrez, étudiant en ingénierie civile, est venu boire un verre sur le campus avec des amis. Il a la conviction d’assister à un moment clé de l’histoire. «Avec un ami, on se disait qu’on parlerait sûrement de ce mouvement dans les livres d’histoire comme de la "révolution féministe", d’une mobilisation qui aura changé la société, souligne-t-il, emmitouflé dans un manteau. Chez moi, on ne parlait pas du féminisme. Maintenant, c’est devenu une source de débats. Tout le monde n’est pas du même avis, mais on en discute à travers tout le pays.»

Par rapport à plusieurs de ses voisins, le Chili est un pays historiquement conservateur, et «l’influence de l’Eglise sur la politique y reste très importante, rappelle Luna Follegati, historienne du féminisme au Chili et militante du Frente Amplio (gauche contestataire). Par exemple, la dépénalisation partielle de l’avortement a été adoptée seulement l’an dernier, et le divorce n’est légal que depuis 2004.» Aujourd’hui, les étudiantes demandent l’adoption par toutes les facs d’un règlement pour sanctionner les violences sexuelles : 10 % seulement des établissements du supérieur l’ont fait pour l’heure, et quand il y en a, les étudiantes souhaitent que ces textes soient revus, pour protéger les victimes et rendre les procédures plus équitables. Elles exigent aussi la formation des profs et des étudiants aux problématiques de genre, davantage d’auteures dans les bibliographies, l’autorisation pour les transexuels d’utiliser leur nom d’usage, des mesures pour favoriser les carrières des enseignantes-chercheuses…

Les revendications vont au-delà de l’université : les étudiantes réclament une loi globale. Selon des chiffres révélés par la présidence du pays en 2016, 31 % des Chiliennes ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie, deux fois plus qu’en France. «Le moment est venu de faire face à notre histoire, afin de changer pour toujours la manière dont nous traitons nos femmes», a réagi le Président, Sebastian Piñera, fin mai, avant de proposer l’inscription de l’égalité homme-femme dans la Constitution. L’homme de droite demande aussi aux parlementaires l’examen en urgence de plusieurs projets de lois, contre la violence conjugale ou encore pour garantir aux parents qui travaillent l’accès à une place en crèche.

«Opportuniste»

Sebastian Piñera, milliardaire qui s’est illustré par de nombreuses remarques sexistes au cours de sa carrière politique, a sans doute voulu montrer un visage différent de celui adopté pendant son premier mandat (2010-2014), lors des gigantesques manifestations pour la gratuité de l’éducation. Face au plus grand mouvement social depuis la fin de la dictature, il avait mis des mois avant de recevoir les étudiants, et continuait d’assurer - jusqu’à la campagne présidentielle de l’an dernier - que «l’éducation est un bien de consommation». Pourtant, ces annonces n’ont pas convaincu les représentantes du mouvement féministe, qui continuent de demander la démission du ministre de l’Education. Celui-ci a jugé que les femmes chiliennes ne subissaient que de «petites humiliations» à l’université. «La droite essaye de s’emparer du féminisme de manière assez astucieuse et opportuniste pour désactiver le conflit. Mais le gouvernement ne reprend pas les demandes formulées par les étudiantes», souligne la chercheuse Luna Follegati.

Les demandes des étudiantes, et les formes d’expression adoptées par une partie d’entre elles - une photo seins nus à côté d’une statue de Jean-Paul II, entre autres actions - sont toutefois rejetées par une partie des Chiliens. «Il y a des gens qui se mobilisent pour défendre les ["compliments" adressés aux femmes], c’est-à-dire le harcèlement de rue ou qui disent qu’on veut que tout le monde devienne gay, ou je ne sais quoi, s’exaspère Amanda Mitrovich, la porte-parole de la Cofeu. Une partie importante de la population n’a pas compris que tout ce qu’on demande, c’est d’avoir les mêmes droits que ceux dont bénéficient les hommes.» De fait, pour Luna Follegati, «le féminisme au Chili a toujours pris une forme assez radicale. Il dérange, et c’est très bien comme cela. Sinon, il ne mènerait qu’à des transformations cosmétiques. Or je crois que ce mouvement va bien au-delà».

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