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 la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 4 Nov - 1:32


Cerveau : pas de différence entre les sexes Ambre Amias 03.11.2015

La région cérébrale qui gère les émotions n'est pas plus développée chez les femmes que chez les hommes, selon une étude qui brise un vieux cliché


Ambre Amias a écrit:
Dans la société des genres, la femme est sensible et empathique, l’homme est impassible et robuste. Cette vieille théorie s’appuie sur des études scientifiques qui ont montré que chez la gent féminine, l’hippocampe – la partie du cerveau qui gère les émotions – serait plus développée que chez son homologue masculin.

Mais il arrive que la science se contredise – cela se produit même souvent. De nouveaux travaux parus dans la revue NeuroImage viennent, en effet, démentir le vieux cliché qui sous-tend la définition d'une identité de genre.


Quand l'anatomie justifie les préjugés

Ainsi, selon des neurologues de la Rosalind Franklin University of Medicine and Sciences (Etats-Unis), il n’y aurait absolument aucune différence de taille entre le cerveau de l’homme et celui de la femme.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques se sont fondés sur les résultats de 76 études réalisées sur les IRM de plus de 6 000 personnes. Or, selon leurs observations, la variation de taille de l’hippocampe est affaire d’individus, mais certainement pas de sexe.

« Les différences anatomiques entre les hommes et les femmes sont souvent utilisées pour justifier des préjugés, mais ces études portent sur un nombre très limité de volontaires, précisent les auteurs. Grâce à notre méta-analyse, nous avons constaté que ces différences sont en vérité minimes, voire insignifiantes ».

Conclusion : le « gros dur », le « sexe faible »… c’est dans la tête. Pas dans le cerveau.



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 4 Nov - 6:59

Une jeune femme lapidée dans le centre de l’Afghanistan pour adultère Le Monde.fr avec AFP | 03.11.2015


Citation :
Une jeune Afghane a été lapidée à mort par des talibans et des chefs de guerre pour avoir voulu s’enfuir avec son amant, indiquent les autorités afghanes. La lapidation, qui a été filmée, s’est déroulée « il y a environ une semaine », à Galmine, dans une zone désertique de la province de Ghor, zone montagneuse au centre de l’Afghanistan aux mains des talibans, a déclaré la gouverneure Sima Joyenda.

Sur la vidéo d’une trentaine de secondes, la jeune femme prénommée Rokhsahana se tient debout dans un trou creusé dans le sol, d’où seule sa tête dépasse. Un homme vêtu de noir ramasse une pierre et la lui lance à bout portant, puis trois de ses compagnons l’imitent. L’un des hommes invite les autres à réciter la chahada, la profession de foi musulmane.

Selon la gouverneure de la province, Rokhsahana avait « entre 19 et 21 ans » et « a été mariée à un homme contre son gré. Elle s’est enfuie avec un autre homme de son âge ». « C’est le premier incident de ce type dans cette région et ça ne sera pas le dernier. Les femmes rencontrent des difficultés dans tout le pays et particulièrement à Ghor », une province très pauvre.

Le chef de la police provinciale, Moustafa Mohseni, a confirmé qu’il s’agissait de la première lapidation survenue dans la région « cette année ». La lapidation est un châtiment prévu dans la loi islamique pour les hommes ou femmes mariés reconnus coupables d’avoir eu un rapport sexuel hors mariage. Cette peine est cependant très rarement appliquée dans les pays musulmans, mais elle était relativement courante à l’époque où les talibans dirigeaient l’Afghanistan (1996-2001).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/11/03/une-jeune-femme-lapidee-dans-le-centre-de-l-afghanistan_4801911_3210.html#yXhgRBp0fbCzE8tM.99


en relation dans LITTÉRATURE INDISCUTABLE : bonnes pages et mauvais esprits


Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul
, Julliard 2002, Pocket, p. 148


Yasmina Khadra a écrit:
Des cris indignés s'élèvent. Il ne les perçoit pas. Ses mains raflent les voiles, les arrachent avec hargne, renversent parfois les femmes piégées. Lorsque certaines lui résistent, il les projette sur le sol, les traîne dans la poussière et ne les relâche qu'après s'être assuré qu'il ne s'agit pas de celle qu'il réclame. Un premier coup de gourdin l'atteint à la nuque. Il n'en fléchit pas. Catapulté par une force surnaturelle, il poursuit sa course déchaînée. Bien tôt une foule scandalisée se déploie pour le contenir. Les femmes se dispersent en hurlant; il parvient à s'emparer de quelques-unes, déchire leur accoutrement, leur relève la tête en les tirant par les cheveux. Au gourdin succèdent les fouets, puis les coups de poings et les coups de pieds. Les hommes «déshonorés» piétinent leurs femmes pour se jeter sur le fou... Incube ! suppôt de Satan !... Atiq a le vague sentiment qu'une avalanche l'emporte. Mille savates dégringolent sur lui, mille bâtons, mille cravaches. Dépravé ! Maudit ! Broyé par le tumulte, il s'effondre. Les meutes furieuses se précipitent sur lui pour le lyncher. Il a juste le temps de remarquer que sa chemise a disparu, déchiquetée par des doigts dévastateurs, que le sang ruisselle dru sur sa poitrine et sur ses bras, que ses sourcils éclatés l'empêchent de mesurer la colère irréversible qui l'assiège. Quelques bribes de vociférations se joignent aux multitudes de coups pour le maintenir au sol... Il faut le pendre; il faut le crucifier, il faut le brûler vif... Subitement, sa tête s'ébranle, et les alentours basculent dans le noir. S'ensuit un silence, grave et intense. En fermant les yeux, Atiq supplie ses ancêtres pour que son sommeil soit aussi impénétrables que les secrets de la nuit.





Citation :
Yasmina Khadra (en arabe : ياسمينة خضراء) est le pseudonyme de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans le Sahara algérien (alors en Algérie française), d'un père infirmier, membre actif de l'ALN et d'une mère nomade.

Son père, officier de l'ALN blessé en 1958, veut faire de lui un soldat en l'envoyant dès l'âge de neuf ans dans un lycée militaire, où il fait toutes ses études avant de servir comme officier dans l'armée algérienne pendant 36 ans. Durant la période sombre de la guerre civile algérienne dans les années 80-90, il est l'un des principaux responsables de la lutte contre l'AIS puis le GIA, en particulier en Oranie.

Moammed Moulessehoul choisit en 1997, avec le roman Morituri, d'écrire sous pseudonyme. Diverses raisons l'y poussent, mais la première que donne Moulessehoul est la clandestinité. Elle lui permet de prendre ses distances par rapport à sa vie militaire et de mieux approcher son thème cher: l'intolérance.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 4 Nov - 7:07



Depuis le 2 novembre, les femmes européennes ne sont plus payées Challeges 3 novembre

Lundi 2 novembre marque le jour de l’année où les femmes en Europe cessent virtuellement de percevoir un salaire quand les hommes continuent d’être payés jusqu’au 31 décembre


Image d'illustration(GILE MICHEL/SIPA)

Citation :
L'égalité homme-femme a encore du chemin à parcourir. Les femmes européennes verraient leurs salaires annuels s'arrêter le 2 novembre selon le site d'information Les Nouvelles news, tandis que les hommes seraient payés normalement jusqu'à la fin de l'année.

En effet, le salaire horaire moyen des femmes dans l'UE est inférieur de 16,3% à celui des hommes : cela correspond à une différence de 59 jours de salaire. Trois commissaires européens l'ont rappelé le 30 octobre dans un communiqué, dans lequel ils soulignent que si l'on garde ce rythme là de réduction des inégalités, "nous devrons attendre 70 ans, soit deux générations, pour atteindre l’égalité salariale".

En France, l’écart de rémunération entre hommes et femmes est légèrement inférieur à la moyenne européenne, et a reculé ces 5 dernières années, passant de 16,9 à 15,2%.

Dans un communiqué à l’occasion  de cette journée symbolique, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes met en lumière certains facteurs qui contribuent à cette inégalité de salaires dans l'ensemble de l'UE: "les postes à responsabilité essentiellement encore occupés par des hommes ; le partage inégal des tâches domestiques et de soins aux enfants ou parents âgés ; les temps partiel pour une femme salariée sur trois ainsi que les interruptions de carrière (grossesse, congé parental, accompagnement d’un parent…) avec incidence négative sur les salaires, les carrières et les retraites."

Une nouvelle feuille de route pour améliorer la conciliation travail/famille est au programme de l’année 2016 de la Commission européenne.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 4 Nov - 7:51

Vatican

Les femmes, grandes oubliées du synode Noémie La Borie Le Monde des religions 03/11/2015

Lors d’un précédent synode en 1974, deux religieuses avaient été invitées. Quarante ans plus tard, ces dernières semaines, elles étaient trois parmi les trente-deux auditrices présentes au Vatican pour discuter de la famille. Entre frustration et sentiment de ne pas exister, les femmes déplorent une assemblée d’hommes faisant très peu de cas de leur voix



Noémie La Borie a écrit:
Lucetta Scaraffia est en colère. Invitée au synode sur la famille en tant qu’ « auditrice », cette journaliste du quotidien officiel du Vatican L’Osservatore Romano s’est sentie très peu écoutée durant les trois semaines de débat, dans un monde résolument masculin. Son message n’ayant pas été pris au sérieux, elle a choisi de crier son amertume dans une tribune publiée en Une du Monde, le 28 octobre dernier. Cette ancienne féministe y dénonce la « parfaite ignorance de la gent féminine » chez les évêques et cardinaux réunis au Vatican, du 4 au 25 octobre, pour discuter de la famille. Pendant les discussions en assemblée, elle n’a pas eu le droit d’intervenir, si ce n’est à la fin, et encore moins de voter, comme ce fut le cas pour les autres auditeurs. Elle n’a pas non plus eu le droit de proposer des modifications au texte soumis au débat. « Bref, explique-t-elle, tout contribuait à ce que je me sente inexistante. »  

La discussion des participants au synode a beaucoup porté sur « l’indissolubilité du mariage » et donc l’impossibilité, pour les catholiques, de se remarier. Mais lorsque Lucetta Scaraffia tente d’expliquer à l’assemblée que les femmes, souvent abandonnées par leur mari, sont les premières pénalisées dans cette situation, la journaliste a la sensation de « parler dans le vide ». À ses côtés, d’autres femmes participant au synode – toujours et seulement comme auditrices – ont tenté de se faire entendre. Comme cette jeune religieuse qui explique à Lucetta avoir découvert, lors d’un échange avec le pape, que les quatre lettres envoyées par son association, réclamant plus de place pour les religieuses, ne sont jamais parvenues au chef de l’Église catholique.  

Au cœur du synode, la sœur américaine Maureen Kelleher, religieuse du Sacré-Cœur de Marie et membre de l’Union internationale des supérieurs généraux, prend la parole. En 1974, lors d’un précédent synode, relève-t-elle, seules deux religieuses avaient été invitées à participer. « Aujourd’hui, 40 ans plus tard, nous sommes trois. » Avec courage, la religieuse américaine adresse un vigoureux appel aux leaders de l’Église pour qu’ils reconnaissent « combien de nombreuses femmes qui se sentent appelées à être au service du Royaume de Dieu ne peuvent trouver leur place dans notre Église ». « Aussi douées soient-elles, soupire-t-elle, elles ne peuvent apporter leurs talents à la table des prises de décision et des planifications pastorales. »

La force des femmes face à Boko Haram

Deux autres auditrices, catholiques engagées, ne se sont pas non plus laissées intimidées. Agnes Offiong Erogunaye est présidente de la Catholic Women Organization of Nigeria. Devant l’assemblée d’hommes, elle témoigne de la force des femmes nigérianes face à la secte Boko Haram : « L’insurrection de Boko Haram au Nigeria a montré la force et le rôle d’une femme et d’une mère déterminée à garder sa famille réunie face à l’impuissance et à la calamité. Dans ces moments de détresse, elle travaille dur pour que sa famille survive. »

Elle poursuit : « De mon expérience avec les femmes dans ces moments difficiles, je peux dire avec audace que, bien que l’homme soit le chef de famille, la femme est cependant le cœur de la famille, et quand le cœur cesse de battre, la famille meurt (…). La plupart des femmes africaines sont connues pour prendre soin de leur famille, avec ou sans la contribution de leurs époux ! »

L’Australienne Maria Harries, elle, invite à respecter, voire à s’inspirer de la culture des peuples aborigènes de son pays. Dans des systèmes souvent « matrilinéaires », explique-t-elle, les femmes jouent « un rôle dynamique », et sont habituées à « être visibles ». Pour appuyer son propos, elle va jusqu’à citer un chef aborigène : « Sans femmes visibles à l’autel et dans la vie de notre Eglise, nous mettons hors de vue nos mères, nos sœurs et nos filles ! »

Entendre la voix des femmes

« Je pense que le synode gagnerait vraiment à entendre la voix des femmes, a pour sa part estimé sœur Carmen Sammut, présidente de l’Union internationale des supérieures générales dans le quotidien La Croix, à l’issue du synode. Elles sont expertes en plusieurs domaines, très proches de la vie de ceux et celles qui souffrent, aux marges. » Elle avoue que le synode fut « une épreuve », car « il y avait si peu de femmes » que « l’universalité était en soit limitée ». « Forcément, dans cette rencontre, la voix de trois religieuses n’avait pas beaucoup de poids. Comme nos interventions sont arrivées en fin de deuxième semaine, certaines étaient devenues caduques. C’était assez frustrant. »

« J’ai vécu des moments de désolation quand j’ai pensé que tout était bloqué, confie encore la religieuse, et que rien de neuf n’allait apparaître dans le résultat final. » Cependant, quand elle découvre le rapport final, elle est plutôt satisfaite : « Il reconnaît que leur participation au sein de l’Église dans les processus de décision, dans la gouvernance de certaines institutions et dans la formation des prêtres, peut contribuer à une meilleure reconnaissance sociale des femmes. Nous attendons maintenant que ces déclarations soient mises en pratiques. »

Nommer plus de femmes à la curie romaine

N’y a-t-il donc eu aucun homme pour défendre la cause des femmes durant l’assemblée des évêques ? Si, au moins un ! Dans une intervention courageuse, l'évêque canadien Mgr Paul-André Durocher a demandé à l’Église d’affirmer « que les passages où saint Paul parle de la soumission de la femme à son mari ne peuvent pas justifier la domination de l’homme sur la femme, encore moins la violence à son égard ». Il a ensuite proposé la possibilité de « nommer des femmes aux postes qu’elles pourraient occuper dans la curie romaine et dans les curies diocésaines », afin de « reconnaître l’égale capacité des femmes d’assumer des postes décisionnels dans l’Église ».
Pour l’instant, les femmes sont très rares à occuper des postes à responsabilité dans la curie romaine. Aucune n’est à la tête d’un dicastère (sorte de ministère). L’évêque canadien est même allé plus loin, en proposant l’accès des femmes au diaconat. Il confie cependant que cette suggestion a suscité « peu d’échos » dans la suite des débats. Sans doute faudra-t-il attendre un prochain synode pour que les femmes réussissent, cette fois, à faire entendre leur voix.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Ven 6 Nov - 15:35

Le viol d’une Camerounaise relance le débat sur le sort des migrants en Algérie Feriel Kolli L'Obs Rue89 05/11/2015

Une migrante chrétienne, tabassée et violée par plusieurs hommes à Oran, s’est vue refuser l’accès aux soins par plusieurs hôpitaux et l’enregistrement de sa plainte par la gendarmerie. Associations de droits de l’homme et syndicats pointent du doigt les discriminations récurrentes envers les migrants subsahariens.

Citation :
(D’Alger) Le 1er octobre 2015 vers 23 heures, Marie Simone D., une ressortissante camourenaise de 33 ans, a été tabassée et violée par au moins sept individus de nationalité algérienne, à l’entrée du quartier de Coca situé dans l’agglomération d’Oran.

La scène s’est déroulée près du grand parking de voitures et d’autocars du quartier. La femme a croisé un groupe de jeunes qui l’ont emmenée sous la menace d’une arme à feu, d’un couteau et d’un chien, lui ont donné des coups de poing sur le visage et l’ont agressée sexuellement.

Des voisins ont donné l’alerte. La femme a été secourue par son mari. Il l’a transportée à l’hôpital en taxi.

« Vous partez, ou bien c’est la cellule »

L’œil au beurre noir, la figure couverte de bleus, la victime affirme s’être vue refuser l’accès aux soins par plusieurs hôpitaux et cliniques – et l’obtention d’un certificat et de prélèvements lui permettant de constituer les preuves de son agression.

Même scénario à la gendarmerie de Yahmorassen (brigade du secteur), où le couple a décidé de porter plainte le lendemain.

Après avoir posé des questions sur la régularité des papiers du couple et sur leur confession (le couple est chrétien), le brigadier aurait, selon la victime, clos la discussion ainsi : « Vous n’avez pas de papier. Vous partez, ou bien c’est la cellule. »

Fatma Boufenik, enseignante-chercheure à l’université d’Oran-II, fondatrice de Femmes algériennes revendiquant leurs droits (Fard) et membre du collectif Solidarité avec les Subsaharien(ne)s et réfugié(e)s à Oran, juge : « Ce refus a été motivé par sa situation administrative irrégulière sur le territoire national et par son appartenance religieuse. »

La télé locale s’en mêle

Dans un communiqué, Fouad Hassam, chargé du dossier migration au Syndicat autonome du personnel de l’administration publique (Snapap), s’insurge : « La brigade de gendarmerie de Yahmorassen contrôle à elle seule un secteur urbain d’une superficie assez vaste, comprenant des quartiers, voire des bidonvilles très difficiles à forte population, comme ceux d’El- Hassi et de Coca. Leur travail est difficile, mais ceci ne leur permet nullement de ne pas respecter les individus, indépendamment de leur race, de leur religion, ou de leur statut administratif.

Le réflexe de refuser systématiquement aux migrants subsahariens de porter plainte, à cause de leur statut administratif vulnérable, a encouragé le crime et les assassinats envers cette population. »


Avec la section oranaise de la Ligue algérienne des droits de l’homme, Fouad Hassam a accompagné la victime à la gendarmerie de Yahmorassen pour demander des justifications sur le refus de l’enregistrement de la plainte.

Il raconte : « Le jour même, un journaliste de la chaîne de télé locale KBC a pu rencontrer le colonel de la gendarmerie. Le journaliste a raconté l’histoire de Marie au colonel, qui a décidé de la voir en personne. Plus tard, Marie a été entendue par une capitaine de la brigade principale d’Oran. »

Le relais de Facebook et Avaaz

Entre-temps, associations et syndicats ont partagé sur leurs pages Facebook la vidéo du reportage de la chaîne KBC sur l’agression. Elle a suscité de vives réactions.


Témoignage de la victime et de son mari (à partir de 0’55)

L' horrible viol de la camerounaise a Oran


Le 15 octobre, douze associations, ONG internationales et collectifs ont publié une pétition commune sur la plateforme Avaaz à destination du ministère de la Justice et de l’Intérieur pour dénoncer « les pratiques récurrentes de déni de dépôt de plainte par les institutions concernées ».

Fatma Boufenik précise : « Ces pratiques sont récurrentes notamment à l’égard des migrants, des femmes victimes de violences conjugales et des citoyens voulant déposer plainte contre un fonctionnaire des corps constitués (police, gendarmerie) ou dans la magistrature. »

Deux des sept suspects ont été interpellés, les autres sont encore recherchés. Contrairement à Marie Simone, très peu de migrant(e)s osent porter plainte en cas de violence.

Une violence enracinée

Fouad Hassam explique : « Le cas de Marie pouvait passer inaperçu, c’est juste un concours de circonstances si l’information est tombée dans les oreilles du Snapap.

Une migrante a été sauvagement assassinée une semaine avant l’agression de Marie, quelqu’un a cherché à connaître son histoire  ? Non, elle se trouve à la morgue de l’hôpital de Tlemcen, elle s’appelle Aoua.

Il faut garder à l’esprit que la dénonciation de violences faites par des Algériens reste un phénomène récent en Algérie. Notre société est vraiment intolérante sur la question religieuse et raciale, ce qui explique que les Algériens n’aient pas encore fait le pas pour intégrer les migrants dans la société. La violence à leur égard est très enracinée.

Les agressions verbales sont monnaie courante, les vols aussi, les employeurs qui ne payent pas, les bailleurs qui ne respectent pas leurs engagements, tout ça n’est porté ni aux oreilles des associations, ni devant la justice. »


Ces deux dernières années, période durant laquelle une arrivée importante de femmes noires africaines a été observée dans le pays, de rares affaires de viols ont retenti dans les médias et sur les réseaux sociaux, et les migrantes concernées ont, tout comme Marie Simone D., subi le rejet des autorités compétentes.

L’une d’entre elle, une Camerounaise violée en janvier 2014 à Oran, avait même été incarcérée pour « séjour illégal » alors que son agresseur avait été relâché par le procureur, faute de preuves.

La « myopie » de l’Etat algérien

Salah Dabouz, avocat des droits de l’homme et président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LAADH) explique  : « Certains agents des services de sécurité ou bien les magistrats refusent également de traiter les demandes des migrants parce qu’ils ne connaissent pas les textes internationaux qu’a ratifiés l’Algérie. »

Fouad Hassam ajoute : « Dans certains cas, ce sont les procureurs qui incitent les gendarmes et les policiers à refuser l’enregistrement des plaintes émanant des Noirs africains en situation irrégulière. Dans d’autres, il s’agit d’un abus d’autorité des services de sécurité, qui rabaissent l’étranger en position de faiblesse. »

Pour Fatma Boufenik, les pouvoirs publics doivent surtout sortir de leur « myopie » : « Il est temps que l’Etat algérien prenne conscience que nous sommes passés d’un pays pourvoyeur de l’émigration, à un pays de transit – en mutation vers un pays d’immigration. »


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Jeu 19 Nov - 12:02



Il n'y aura plus d'inégalités hommes-femmes dans le monde dans... 118 ans LEXPRESS.fr avec AFP19/11/2015

Le rapport consacré à l'écart entre les genres, publié ce 19 novembre 2015 par le Forum économique mondial, place la France au 4e rang


Citation :
L'écart économique entre les genres s'est légèrement réduit au cours de la dernière décennie, mais à ce rythme, il faudra encore plus d'un siècle pour le combler, indique un rapport du Forum économique mondial publié ce 19 novembre.

Le chemin de l'égalité entre hommes et femmes sera long. Le rapport annuel sur "l'écart entre les genres", publié ce 19 novembre par le Forum économique mondial, qui porte cette année sur 145 pays, montre que, certes, il s'est resserré de 4% depuis 2006, dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'économie (salaires, participation au marché du travail, fonctions dirigeantes) et de la représentation politique. Mais qu'à ce tempo là, il faudra encore 118 ans pour le combler.

Sur le front économique, le fossé s'est réduit de 3% seulement, l'évolution vers l'égalité des salaires et vers la parité sur le marché du travail étant en stagnation depuis 2009/2010. Les femmes ne gagnent aujourd'hui que l'équivalent du salaire des hommes en 2006, année de la publication du premier rapport du Forum sur ce sujet.

Les pays nordiques restent les bons élèves de l'indice mondial de l'écart entre les genres. Islande, Norvège, Finlande et Suède occupent les quatre premières places du classement. Elles sont suivies de l'Irlande en 5e position. Le Rwanda (6e), les Philippines (7e) et la Nouvelle-Zélande (10e) sont les seuls pays non européens dans le Top 10. Derrière l'Allemagne (11e), la France gagne une place par rapport à 2014 et se classe 15e (elle était 70e en 2006). Le Royaume-Uni gagne 8 places en un an et se classe 18e, tandis que les Etats-Unis cèdent 8 places et se retrouvent 28e.

Dans les domaines de la santé et de l'éducation, la France occupe la première place du classement depuis 2006. Mais elle n'est qu'à la 19e place concernant la représentation politique (60e en 2006) et à la 56e place concernant l'économie (88e en 2006).

Des progrès plus forts côté santé et éducation

Dans l'éducation, l'écart entre hommes et femmes s'est resserré à l'échelle du globe sur dix ans et les deux genres se rapprochent de la parité, mais ce progrès masque des disparités: dans près d'un quart des pays étudiés (22%), le fossé s'est creusé. Le domaine de la santé est celui qui se rapproche le plus de la parité. Sur les 109 pays étudiés en continu depuis 10 ans, 103 ont réduit les disparités entre hommes et femmes, mais six ont connu une détérioration des perspectives offertes aux femmes: Sri Lanka, Mali, Croatie, Slovaquie, Jordanie et Iran.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Lun 23 Nov - 9:50



L'UE ferme les yeux face à la violence envers les migrantes EurActiv.fr | Aline Robert 10 nov 2015


Des réfugiés syriens en Hongrie. September 2015.
[Freedom House/Flickr]

Avec la crise en Syrie, la proportion de femmes a nettement augmenté parmi les migrants. Le Haut comité aux réfugiés, des ONG et des chercheurs alertent sur les violences auxquelles elles se trouvent exposées

Citation :
Plus vulnérables, les femmes migrantes paient un lourd tribut face à la crise des réfugiés, dans laquelle l’Europe ne reconnait pas ses responsabilité selon le Haut comité aux Réfugiés et des chercheurs européens.

Sur les 644.000 réfugiés arrivés en Europe depuis le début de l’année, 34 % sont des femmes et des enfants. Or ces derniers se montrent particulièrement vulnérables. Le HCR précise avoir eu des témoignages d’enfants livrés à la prostitution pour payer les passeurs. Les femmes sont souvent victimes de violence, que ce soit dans les camps de réfugiés ou sur le trajet qui les amène en Europe, au travers de l’Afrique ou via la Turquie.

Les femmes chassées de Syrie par la violence

Si une part croissante de ces réfugiés sont des femmes, dont certaines ont perdu leur mari dans le conflit syrien, c'est aussi que leurs conditions de vie se sont sérieusement dégradées que ce soit en Syrie, ou dans le camps turcs où résident actuellement 2 millions de réfugiés. « Ce qui fait partir les femmes, c'est justement la violence. Or sur la route qu'elles entreprennent, la violence est encore pire» souligne Jane Freedman, professeur de sociologie à l'université Paris 8, qui effectue des recherches sur le sujet depuis plusieurs mois.

Une fois la dangereuse traversée de la Méditerranée effectuée, les migrants syriens arrivés en Grèce reçoivent par exemple un permis de séjour de 6 mois, mais doivent replonger dans l'illégalité pour parvenir à leur destination : l'Allemagne, la Suède, ou le Royaume-Uni et la France.

Les passeurs, symptômes des frontières fermées de l'UE

L'UE, tout commes les chefs d'Etat européens, dénoncent souvent le phénomène des passeurs, accusés de profiter de la misère des migrants et parfois impliqués dans les cas de viols envers les migrantes.

Mais selon Jane Freedman, chercheur à Paris 8, «les passeurs ont proliféré à mesure que les voies d'accès à l'UE se fermaient, et que le chemin vers l'Europe devenait de plus en plus périlleux».

Car c'est bien la fermeture des frontières européennes qui impose aux migrants de recourir à des passeurs. En Grèce, c'est la fermeture de la frontière avec la Turquie, vers Evros, qui a conduit les migrants syriens à prendre la mer.

Selon le Haut Comité au réfugiés, 258.365 migrants sont arrivés en Grèce par la mer cette année, et plusieurs centaines ont déjà péri noyés en mer, dont le petit Aylan en septembre dernier. Au total, le nombre de morts ou disparus dans la Méditerranée depuis le début de l'année 2015 s'élève à 3440 migrants.

«Il faut arrêter de déplacer le problème : les passeurs ne sont qu’un symptôme, pas la cause du problème des réfugiés » souligne Jane Freedman.

Si des filières organisées font effectivement entrer des migrants sur le territoire européen, beaucoup de situations ne relèvent pas du crime organisé : d’anciens migrants trouvent là une soure de revenus. En Turquie, beaucoup de pêcheurs louent leur barque.

Ainsi au large de Kos, en Grèce, de nombreux migrants ont trouvé la mort parce que les embarcations partent la nuit, les garde-côtes turcs les empêchant de partir durant la journée, à la demande de l’Union européenne.

L'UE demande en effet à la Turquie de mieux controler l'immigration illégale, même si ses capacités sont limitées. L'Europe à 28 a accueilli moins d'un million de migrants, alors qu'il y a actuellement 2 millions de migrants en Turquie, un pays de 74 millions d'habitants.


Des centres de réfugiés dangereux pour les femmes ?

La chercheuse, qui a interrogé des migrants syriens et afghans en France et en Grèce, s’inquiète aussi des futurs centres de réfugiés.

« Il y a un vrai flou autour de la question des « hotspots » ; sur la nature et sur l’organisation de ces lieux. Le premier ouvert en octobre à Lesbos ne propose pas d’héberger séparément hommes et femmes » regrette la spécialiste.

La porte-parole du HCR, Mellissa Fleming, constate aussi que les migrants sont souvent « placés dans des centres de rétention sans espaces séparés pour les femmes seules ou les familles avec enfant ».

Interrogé sur le sujet, la Commission européenne a indiqué à EurActiv que les hotspots devaient répondre aux critères d'accueil définis dans la directive de juin 2013 sur l'asile. Le texte dispose en son article 21 que les personnes vulnérables doivent faire l'objet d'un accueil spécifique, après une évaluation médicale et non administrative. Les femmes ne sont pas identifiées comme personnes vulnérables dans le texte, mais les mineurs isolés et victimes de violence le sont. Problème : les conditions sont loin d'être réunies pour autoriser une application du texte en question.

Plusieurs "hotspots doivent être mis en place dans les mois qui viennent, soit 5 en Grèce et 6 en Italie, comme le précise ce document de la Commission. Mais concrètement, les Etats-membres n'ont pas les moyens d'assurer un accueil permettant la protection des personnes les plus fragiles. Et tous les pays d'Europe ne l'organisent pas. Selon un rapport de Human Rights Watch, les violences en Macédoine, un pays candidat à devenir membre de l'UE, les femmes sont particulièrement victimes de violence à l'intérieur même des centres de détentions.

Détresse psychologique

Les médecins sur place, dont Médecins sans frontières, déplorent l’absence de réponse européenne au désastre sanitaire, comme en témoigne ce message de l’équipe de MSF en Méditerranée, en date du 2 novembre.

Citation :
UPDATE: The bodies of 4 #people have been brought to #Leros. Our psychologist is with the survivors. Seriously, where are you #Europe?

— MSF Sea (@MSF_Sea) 2 Novembre 2015


La détresse psychologique des victimes de violence est rarement prise en compte, alors qu’elle commence à être documentée, de façon fragmentée. « J’ai parlé à des femmes à Lesbos qui ont été victimes de violence dans des prisons turques ; mais pour elles il n'est pas question de déposer plainte, elles sont bien trop vulnérables. Ce qu’elles veulent surtout c’est quitter le pays, avancer, pour rejoindre l’Europe » constate Jane Freedman.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 25 Nov - 3:12



Guinée - Sanaba Kaba : « Amener les familles à dénoncer les viols » 05 novembre 2015 Diawo Barry - à Conakry

Sanaba Kaba, ministre de l’Action sociale, de la Promotion féminine et de l’Enfance, réagit à une récente affaire de viol qui a suscité l’émoi en Guinée. Interview.



Publiée sur internet, la vidéo d’un viol survenu deux mois auparavant défraie la chronique en Guinée. Elle montre un jeune rappeur, nommé Tamsir Touré, menaçant au couteau « sa petite amie » pour qu’elle se dénude. Face à la multiplication des violences envers les femmes, un collectif d’ONG a organisé une marche pacifique à Conakry pour protester contre cette situation. Sanaba Kaba, la ministre de l’Action sociale, de la Promotion féminine et de l’Enfance, défend l’action du gouvernement.

Citation :
Jeune Afrique : Quelle lecture faites-vous de l’affaire Tamsir Touré ?

Sanaba Kaba : C’est triste ! Le viol en soi est un crime. Et la publicité qui en a été faite est indigne. Mettre l’image de la victime sur les réseaux sociaux est une insulte à la femme. Je condamne fermement ces actes et je suis solidaire avec tout ce qui concourt à leur répression. Je m’engage, au nom du gouvernement, à ce que justice soit faite. Le ministère de l’Action sociale va suivre ce dossier jusqu’au bout.

Il semble que la victime ait perdu son emploi…

C’est l’information que j’ai, mais on y trouvera solution. Je me suis engagée à l’aider. Je me réserve de dire comment.

Qu’avez-vous déjà fait ?

J’ai reçu la victime, nous avons échangé. C’était une manière de lui signifier ma solidarité. Des examens médicaux ont été faits. La jeune-fille a été orientée dans un centre de prise en charge psychosociale spécialisé dans les violences basées sur le genre. La direction nationale de la Promotion féminine l’accompagne pour ses traitements. Le problème était à l’ordre du jour du Conseil des ministres de mardi. Tout le monde a unanimement condamné ce crime et demandé justice.

Malgré tout, Tamsir Touré a trompé la vigilance de la sécurité pour s’enfuir par l’aéroport de Conakry…

Il s’est enfui avant que le dossier ne soit pris en charge. L’affaire a éclaté dans la soirée du jeudi et Tamsir est parti le matin. La police fera tout pour le ramener et je vous informe que le ministre de la Justice a lancé un mandat d’arrêt international contre lui.

Un numéro vert, le 116, a été créé pour dénoncer anonymement les auteurs présumés de viols

Le viol a été commis il y a deux mois. Pourquoi la victime n’a-t-elle rien dit ?

C’est une illustration du silence qui entoure les cas de viol. C’est pourquoi, dans un premier temps, j’ai été réticente à la marche de la société civile [qui a finalement eu lieu mercredi 4 novembre, NDLR]. J’aurais souhaité qu’on attende la fin de l’instruction judiciaire. Si on veut être crédible, il faut qu’on défende des dossiers fiables, même si je ne mets nullement en cause la réalité de ce viol. Et puis il y avait aussi le contexte politique postélectoral tendu, peu propice à l’organisation de manifestations…

Comment encourager les victimes à dénoncer leurs bourreaux ?

Derrière les victimes, il y a les proches de la famille qui préfèrent souvent gérer le problème en catimini. Ils doivent savoir que le viol est un crime réprimé par la loi. Mon département a signé un partenariat avec trois autres ministères impliqués dans la lutte contre les violences faites aux femmes : ceux de l’Éducation, de la Justice et des Droits de l’Homme, mais aussi avec le secrétariat aux Affaires religieuses, les partenaires techniques et financiers et les acteurs de la société civile qui, d’ailleurs, peuvent se constituer partie civile contre les auteurs présumés de viol. Un numéro vert, le 116, a été créé pour dénoncer anonymement ces derniers. La direction de la promotion féminine a élaboré un projet de formation sur les violences faites aux femmes à l’intention des magistrats, des ONG, des forces de défense et de sécurité et même des victimes. Car si un mal n’est pas dénoncé, il est difficile de l’éradiquer.

Avez-vous des statistiques sur les violences basées sur le genre en Guinée ?

En 2015, huit cas ont été signalés au département, ce qui est nettement inférieur à la réalité. Ainsi, le premier défi à relever est celui d’amener les familles à dénoncer les viols pour mieux mesurer l’ampleur du phénomène et prendre des solutions adéquates.



Afrique du Sud : non aux violences faites aux femmes le 24 novembre 2015 Jeune Afrique


Citation :
Jusque-là, on connaissait surtout son père, Samora Machel, le premier président mozambicain, mort en 1986, ou encore sa mère, Graça Machel, dernière épouse de Nelson Mandela.

Mais le 15 novembre, c’est leur fille, Josina, qui a fait la une de la presse sud-africaine. Elle a révélé dans une interview avoir été victime de violence conjugale (hospitalisée en octobre après avoir été battue par son compagnon, elle a perdu la vue d’un œil) et appelle les femmes à ne plus se laisser faire. En Afrique du Sud, 1 000 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 25 Nov - 3:52



En 2015, une femme sur cinq victime de violences physiques en Europe Emmanuèle Peyret 24 novembre 2015



Le 25 novembre, c’est la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, organisée par les Nations unies

Citation :
En 2015, une femme sur cinq victime de violences physiques en Europe

Pour certains, le 25 novembre, c’est la Sainte-Catherine, désuète fête des filles qui n’ont pas trouvé de mari à 25 ans. Pour d’autres, c’est la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, organisée par les Nations unies depuis une résolution de décembre 1999. Objectif : promouvoir le droit des femmes et, surtout, sensibiliser le public, l’informer de la situation des femmes, réaffirmer la nécessité d’un combat indispensable.

La preuve en chiffres : la forme la plus courante est la violence physique infligée par le partenaire intime. En moyenne, au moins une femme sur trois dans le monde est battue, victime de violence sexuelle ou autrement maltraitée au cours de sa vie.


Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent pour une femme âgée de 15 à 44 ans un risque plus grand que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. Une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie.

Les chiffres font froid dans le dos : rien qu’en France, une femme meurt tous les trois jours, dans tous les milieux, à la ville comme à la campagne, sous les coups de son conjoint. Alors, bien sûr que cette journée du 25 novembre «a une vraie utilité», martèle Elisabeth Morin-Chartier, députée européenne et présidente de l’European Union of Women (EUX) : «Il faut expliquer aux unes et aux autres, aux femmes et aux hommes, aux médecins et aux patients, aux enfants et aux adultes, aux employeurs et aux salariés, ce qu’est une violence. Informer, libérer la parole, protéger les femmes qui ont parlé, c’est primordial.»



Sinistre peloton.

Une femme sur cinq en Europe a subi des violences physiques ou sexuelles, presque une sur deux des violences psychologiques, selon une enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (1) menée sur 42 000 femmes et parue l’an dernier. En tête du sinistre peloton, les Pays-Bas, la Suède, la Roumanie… et la France, où une femme sur quatre dit avoir été victime de violences physiques : alors que la moyenne européenne est de 22 %, l’Hexagone affiche un score de 26 %. Il s’élève encore en Lettonie et au Danemark, qui affichent chacun 32 %, les pays du Nord de l’Europe, pourtant très en pointe en termes d’égalité homme-femme, ayant les plus mauvais chiffres. «A cause de l’alcoolisme, essentiellement, commente la députée européenne. Mais aussi parce que les femmes y sont plus sensibilisées à leurs droits fondamentaux, hésitent moins à parler que dans d’autres pays européens, se sentent plus légitimes à dénoncer les violences qu’elles ont subies.»

Il faut donc déduire que les chiffres donnés par l’enquête sont sans doute très en deçà de la réalité. Les femmes ont souvent peur de parler, parce qu’après, que va-t-il se passer ? Alors il faut informer, faire parler, soutenir.


Rappeler ce qu’est une violence, d’abord, où elle commence : «Se faire bousculer, gifler, tirer les cheveux, frapper du poing, brûler avec une cigarette, énumère Elisabeth Morin-Chartier, mais aussi subir de la dépréciation récurrente, du genre "tu es nulle, tu n’arriveras jamais à rien", des comportements abusifs, par exemple se faire confisquer ses clés de voiture ou se voir interdire de voir sa famille, être victime de chantage, ou bien de comportements dominants et de violence économique.» Il s’agit aussi de reconnaître qu’on subit des violences à des signes qui ne trompent pas, comme la dépression, les troubles du sommeil, de l’anxiété ou des crises de panique. Se rendre compte qu’on a été isolée, coupée de ses proches : c’est le chemin de croix des victimes de violence conjugale, avec bien souvent les enfants au milieu (en 2014 en France, 35 sont morts dans un contexte de violence dans le couple, et 134 femmes). Le problème en Europe, poursuit la députée, «c’est le manque d’information et d’implication à tous les niveaux, social, politique».

La crise économique frappe très fortement les femmes depuis 2008, souvent en situation de précarité, de temps partiel et d’inégalité salariale criante, et contribue à la fragilité de nombre d’entre elles : «Nous sommes à un moment de recul dans l’histoire des femmes, dont la place dans la société est étroitement liée à leur éducation et à la transformation de leur savoir dans la vie économique.»


Traité d’Istanbul

Il faut donc, répète encore Elisabeth Morin-Chartier, qu’il y ait plus d’actions nationales, et surtout, pour commencer, que tous les pays européens ratifient la convention du Conseil de l’Europe sur la violence à l’égard des femmes et les violences domestiques, signée à Istanbul en 2011 par 13 pays, qui ont donc décidé de retrousser leurs manches pour venir en aide aux victimes. Parmi eux, l’Autriche, le Danemark, la Suède, l’Italie, le Portugal et la France, qui s’est décidée en juillet 2014.

Indispensable, insiste la députée : «Les femmes ont besoin d’être aidées par la justice. Si toute l’Europe signe ce traité d’Istanbul, alors on pourra commencer à être efficace et mettre en place un système européen cohérent.» D’une façon générale, conclut Elisabeth Morin-Chartier, «c’est une question d’ordre privé qui doit absolument être portée sur la place publique».

Un numéro à composer, celui de Violences femmes info : le 3919. Un site : Stop-violences-femmes.gouv.fr, (1) L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, Fra.europa.eu

Emmanuèle Peyret


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Jeu 26 Nov - 4:24



Les femmes, premières victimes du dérèglement climatique Justine Faure TF1News 25 novembre 2015


Raudhatul, 14 ans, a retrouvé sa mère 10 ans après le tsunami survenu le 26 décembre 2004
dans l'océan Indien. / Crédits : Chaideer MAHYUDDIN/AFP

Tous les individus ne sont pas égaux face au dérèglement climatique. Si les populations de l'hémisphère sud sont plus menacées que celles du nord, les femmes, elles, le sont plus que les hommes. Lors d'une catastrophe naturelle, une femme a 14 fois plus de risques de mourir qu'un homme

Citation :
Conférence pour le climat : retrouvez notre dossier dédié à la COP 21

Elles cherchent l'eau, travaillent des terres qui ne leur appartiennent pas, s'occupent des enfants, nourrissent leurs familles... : les femmes, qui représentent 70% des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, sont en première ligne face au réchauffement climatique. "Beaucoup passent de plus en plus de temps à chercher de la nourriture, du carburant et de l'eau, ou éprouvent des difficultés à produire des cultures. Lorsque des catastrophes surviennent, les femmes sont de loin les plus susceptibles de mourir" indique l'ONU.

"Selon l'ONU, quand une catastrophe naturelle frappe une région, le risque de décès est 14 fois plus élevé pour les femmes, principalement parce qu'elles ne sont pas ciblées en priorité par les programmes d'alerte et de prévention de ces catastrophes" a indiqué en mars dernier le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, futur président de la COP 21.


80% du cyclone Sidr au Bangladesh étaient des femmes

"Lorsque survient une catastrophe climatique, (les femmes) sont plus vulnérables, car elles y sont moins préparées : 80% des victimes du cyclone Sidr au Bangladesh (2007) et 61% des victimes de Nargis en Birmanie (2008) étaient des femmes et des filles" indiquent les Présidentes du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes et des Délégations aux Droits des femmes de l'Assemblée nationale et du Sénat dans un appel en ligne pour soutenir les femmes face au dérèglement climatique.

C'est l'inégalité des sexes qui entraînent ces risques supplémentaires pour les femmes, comme l'explique le rapport du Programme des Nations unies pour le développement :

Citation :
"Lors de catastrophes naturelles comme les sécheresses, les inondations et d'autres épisodes climatiques graves, les femmes affrontent des risques supplémentaires, essentiellement à cause des inégalités entre les sexes qui font porter aux femmes le plus lourd du fardeau lié aux catastrophes. Par ailleurs, les femmes sont souvent dissuadées d'apprendre des stratégies d'adaptation et d'acquérir des compétences de survie, comme monter aux arbres ou nager. Tous ces facteurs les désavantagent lorsque les inondations surviennent. Les femmes n'ont souvent pas l'autorisation d'évacuer leur foyer sans l'autorisation de leur mari. Les codes vestimentaires culturels sexospécifiques gênent leur mobilité pendant les situations d'urgence, ce qui accroît leur taux de mortalité de façon disproportionnée lorsqu'elles surviennent."


Les femmes, victimes potentielles de la traite d'êtres humains

Avec les problèmes liés à l'environnement, les femmes deviennent également plus sensibles à la traite organisée d'êtres humains.

Citation :
"Les catastrophes climatiques peuvent pousser les femmes responsables d'un foyer et de sa subsistance à chercher une aide, une protection et des conditions de vie pratique dans des environnements particulièrement dangereux, explique l'agence des Nations unies. Ceci en fait des victimes potentielles de l'exploitation et de la traite d'êtres humains."


Certaines estimations provenant d'organismes de lutte contre la traite des êtres humains suggèrent que la traite qui affectait de 3000 à 5000 victimes annuelles dans les années 1990 concerne aujourd'hui 12.000 à 20.000 personnes.

Ainsi, lutter contre le dérèglement climatique c'est lutter pour les droits des femmes. En octobre, la Secrétaire d'Etat aux droits des femmes Pascale Boistard avait regretté que sur les 146 pays ayant remis leur contribution nationale pour la COP 21, seuls 48 aient intégré des dispositions concernant l'égalité femmes-hommes. Il adviendra de voir si l'accord final signé à Paris à la fin de la COP 21 le 11 décembre fera référence à ce problème.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Jeu 26 Nov - 6:39



j'ai rajouté "MACHISME STRUCTUREL" au titre de ce sujet, parce que "DOMINATION MASCULINE" ne me satisfait pas entièrement, dans la mesure où le machisme me semble intériorisé par toute la société : il structure les rapports sociaux et recoupe le rapport de classe




peut-être est-ce ceci que Théorie communiste entendait pas « Tous les hommes dominent toutes les femmes », expression un peu malheureuse qui se lit « chaque homme domine toutes les femmes », alors que cette "domination" n'est pas, pas toujours, ou pas seulement, un rapport d'individu à individu. Théorie Communiste parlait au demeurant de « contradiction de genre » ne renvoyant pas à une somme de pratiques des hommes pris séparément contre les femmes, mais comme on dit que le concept de classe concerne une catégorie particulière dans son rapport au capital, et n'est pas affaire de sociologie

à ce stade ce n'est pas très clair pour moi, mais j'ai vérifié (Google, 50 entrées...) que « machisme structurel » n'est pas une nouveauté conceptuelle...

je change du coup le titre de la catégorie en page d'accueil, de FEMMES, CLASSES, COLONIALITÉS : abolir la DOMINATION MASCULINE => auto-organisation... à : FEMMES : abolir la DOMINATION MASCULINE et le MACHISME STRUCTUREL => auto-organisation...

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Ven 27 Nov - 10:56

Le changement de sexe sera légal au Vietnam Duy Minh/CVN Le Courrier du Vietnam 27/11/2015

L’Assemblée nationale du Vietnam a adopté le 24 novembre le projet de modification du Code civil comprenant, entre autres, un nouvel article qui, pour la première fois, reconnaît la communauté transsexuelle du pays et lui accorde des droits spécifiques. Un net progrès que de nombreux pays asiatiques n’ont pas encore réalisé


Des jeunes portant des pancartes «Merci l’Assemblée nationale» en vietnamien et en anglais.
Photo : Net/CVN

Citation :
L’ensemble de la séance de travail de l’Assemblée nationale de la matinée du 24 novembre était actualisée en temps réel sur le forum et la page Facebook de l’ICS, une organisation destinée aux les LGBT au Vietnam. Vers midi, peu après l’adoption du projet, le milieu des bisexuels, transgenres, lesbiennes et homosexuels (LGBT) au Vietnam éclatait de joie.
 
Bien qu’il ne s’agisse que d’un petit point du Code civil amendé, le vote de l’Assemblée nationale a créé une vague d’enthousiasme chez les militants pour les droits des transsexuels.
 
«Les larmes aux yeux», «Ce jour est enfin arrivé» ou «Ça fait trop longtemps qu’on attend». Tels sont les mots les plus partagés sur la page Facebook de l’ICS.
 
Juste après le vote, certains membres à Hanoi se sont rassemblés autour de la place Ba Dinh en scandant le slogan «Merci l’Assemblée nationale». Ces slogans ont été apparus ensuite lors des marches de la communauté des LGBT à Hanoi, à Dà Nang et à Hô Chi Minh-Ville.
 
Une nouvelle vie et une nouvelle confiance
 
«La décision de l’Assemblée nationale a donné aux transsexuels une nouvelle vie et une nouvelle confiance», déclare Huynh Minh Thao, directeur de communication de l’ICS. Fondée en 2008, cette organisation a réalisé de nombreuses activités et projets pour obtenir le partage et la compréhension de la communauté vis-à-vis des transsexuels au Vietnam.
 
Les dispositions relatives au changement de sexe figurent dans les articles 36 et 37 du Code civil. Elles accordent le droit à la redétermination du sexe par la chirurgie. «Le milieu des transsexuels vietnamiens espère que, dans l’avenir, la redétermination de sexe sera étendue aux personnes qui ne souhaitent pas subir une chirurgie», ajoute M. Huynh Minh Thao.
 
Cette décision répond aux aspirations d'une partie de la société, dans la mesure où elle ne va pas à l'encontre des traditions et des coutumes du pays.
 
Les organismes concernés promulgueront les textes d’application et la réglementation afférente au changement de sexe avant l’entrée en vigueur du Code civil prévue le 1er janvier 2017.
 

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Ven 27 Nov - 11:24



Les hommes souffrent aussi de violences conjugales 26 Novembre 2015

Au fenua comme ailleurs, des hommes encaissent des violences quotidiennes commises par leur femme. Selon les psychologues, dans quasiment tous les couples au sein desquels des violences sont commises, les deux parties ont une part de responsabilité. Refusant de se dire “victimes” ou par peur de passer pour des “mauviettes”, les tane préfèrent souvent ne pas les dénoncer. Leur réponse peut alors être démesurément violente


Citation :
Le 25 novembre a été consacré Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. À cette occasion, partout dans le monde, les chiffres chocs et les campagnes de prévention font sortir de l’ombre les victimes anonymes, souvent des épouses ou concubines malmenées dans l’intimité du cadre conjugal. Les maris, eux, sont pointés du doigt. “Pourtant, quand on est un couple, on est deux. La violence n’arrive pas comme ça, sans contexte”, explique Vainui Simon, psychologue à Te Rama Ora, le pôle d’aide aux victimes de l’Association polyvalente d’actions judiciaires de Polynésie française (Apaj). Au fenua comme ailleurs, des hommes encaissent, eux aussi, des violences quotidiennes, commises par leur femme.

Agressions verbales, menaces psychologiques, manipulations, harcèlement, violences insidieuses, claques, jets d’objets… Les époux n’osent pas les dénoncer ou estiment ne pas toujours être pris au sérieux lorsqu’ils s’adressent à la police (lire ci-dessous). Résultat, la plupart du temps, ils sont identifiés trop tard, au cours de procédures judiciaires, après avoir rendu les coups.

“Les femmes ont les mots pour rabaisser, explique Marie-Françoise Brugiroux, médecin-chef du Centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie. Le tane, lui, accumule des émotions de colère ou de tristesse qu’il n’arrive pas à sortir, jusqu’au moment où il les évacue par une violence physique. Elle est souvent démesurée par rapport à ce que la femme vient juste de faire ou de dire, mais si on remonte des jours, voire des semaines en amont, et qu’on fait le compte de toutes les provocations, c’est comme si on ôtait le couvercle d’une Cocotte-Minute.”

C’est donc sur le banc des accusés que les langues finissent par se délier, dans un souci de rétablir une vérité : je souffre aussi.
À l’Apaj, on raconte l’histoire de cette “armoire à glace”, un homme d’1,80 m qui s’est effondré devant sa psychologue, en pleurant, après avoir “pété les plombs”. Sa femme venait de vider leur compte alors qu’ils avaient du mal à nourrir les enfants…

D’autres hommes plongent dans l’alcool et confessent leur détresse aux spécialistes des addictions (lire ci-contre). “C’est dur, raconte Marie-Françoise Brugiroux. Ils pleurent dans nos bureaux, face à l’incompréhension des situations qu’ils vivent. Par exemple, une nouvelle épouse qui les empêche de voir leurs enfants du précédent mariage… On reçoit également des hommes battus physiquement.”

Les femmes peuvent êtres sanctionnées

Les professionnels ne nient pas l’existence de violences gratuites, commises par des maris psychopathes à l’égard de leur femme innocente, ou inversement.

“Mais au sein du couple, on est rarement dans un schéma où il y a un grand méchant et une victime toute blanche, rappelle Vainui Simon. Dans quasiment tous les couples au sein desquels des violences sont commises, on ne peut pas parler d’un unique auteur et d’une unique victime. On est plutôt dans une dynamique de couple où les positions s’interchangent, où l’on peut passer de dominant à dominé, où chacun joue un rôle dans l’apparition des violences.”

Pour l’heure, parce qu’ils se terrent dans le silence, les hommes ne représentent que 12 % des victimes de violences conjugales reçues par Te Rama Ora.

“Mais le rôle des femmes dans l’apparition des violences est de plus en plus pris en compte dans le traitement judiciaire,
note Wendy Otomimi, une juriste de l’association. Et on constate qu’elles peuvent également être sanctionnées.”

Marie Guitton

Lire des témoignages dans La Dépêche de Tahiti de jeudi 26 novembre ou au feuilletage numérique


Un groupe de parole pour les couples

La plupart du temps, dans le cadre des violences conjugales au fenua, les torts sont partagés et la séparation n’est pas envisagée. Parce qu’il y a encore de l’amour, une trop grande dépendance, ou parce qu’il y a des enfants. Par conviction religieuse, aussi, ou par peur de casser le tissu social.

“Lorsqu’ils vont déposer plainte, ce n’est pas pour se séparer ni pour sanctionner, c’est pour qu’il ou elle change”, explique ainsi Wendy Otomimi, juriste au pôle d’aide aux victimes de l’Association polyvalente d’actions judiciaires de Polynésie française (Apaj).

Le parquet l’a bien compris et, au lieu de renvoyer les dossiers devant le tribunal, contraint régulièrement les deux concubins à participer à un stage de citoyenneté pour leur faire prendre conscience de la gravité de leurs actes.

Pour aider les couples à sortir de leur spirale de violences, Te Rama Ora a, de son côté, mis en place un groupe de parole hebdomadaire depuis mai 2014. Fonctionnant par cycle de dix séances, il rassemble gratuitement, et sur la base du volontariat, des concubins et des concubines qui viennent seuls ou ensemble.

La dernière session, qui vient de s’achever, a rassemblé une douzaine de participants, âgés de 29 à 55 ans. Plus d’hommes que de femmes. “La force du groupe de parole va être de leur permettre d’échanger et de trouver des solutions avec d’autres personnes qui vivent le même problème qu’eux, dans un lieu neutre et confidentiel, cadré par des professionnels, explique Vainui Simon, la psychologue de Te Rama Ora. Ils vont réaliser qu’ils ne sont pas seuls.”

Ici, point de victimes ni d’auteurs. “L’objectif, c’est de travailler sur le couple pour leur permettre de retrouver un équilibre au quotidien, explique la psychologue. Faire des exercices de communication, d’évitement des violences.”

Les histoires personnelles sont mises à nu petit à petit. Les langues se délient pour comprendre comment la violence émerge. Les causes sont multiples : sociales, financières, psychologiques, problèmes de communication, jalousie… “Souvent, ça tient à des valeurs et des représentations dans les couples qui sont différentes. Par exemple, une femme exigeante qui a toujours eu tout ce qu’elle voulait, et un jeune homme qui vient des bas quartiers et qui galère pour la satisfaire, raconte Vainui Simon. Dans d’autres situations, les deux histoires peuvent être compliquées, avec des passés lourds chez les deux concubins, qui les rendent intolérants et impulsifs tous les deux. C’est rarement à sens unique.”

Le groupe de parole tente de leur donner des outils pour leur éviter de franchir à nouveau les limites. La plupart du temps, il s’agit d’apprendre à vivre ensemble. Pas si simple.


Informations utiles

Te Rama Ora - Aide aux victimes
Un service gratuit et confidentiel.
Tél. : 40.43.20.41
Portables : 87.79.21.12 – 87.76.52.50
Prochaine session du groupe de parole : à partir du 8 décembre.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Ven 27 Nov - 11:29



Le pape dénonce l'arrogance des hommes et le mépris à l'égard des femmes AFP 26/11/2015

Le pape François a dénoncé jeudi, devant des centaines de milliers de Kényans rassemblés pour une messe à Nairobi, les attitudes qui tendant à "favoriser l'arrogance des hommes et le mépris à l'égard des femmes", appelant à défendre la famille et à protéger "l'innocent pas encore né".


Citation :
"Nous sommes appelés à résister aux pratiques qui favorisent l'arrogance chez les hommes, qui blessent ou méprisent les femmes, qui ne soignent pas les anciens et qui menacent la vie des innocents qui ne sont pas encore nés", a déclaré le pape François qui s'adressait sur le campus de l'université de Nairobi aux catholiques kényans, et plus largement africains, au deuxième jour de son voyage en Afrique.

Le pape, qui vient de présider à Rome un synode sur le famille où les évêques africains ont reproché aux Occidentaux leurs supposés laxisme et abandon de valeurs chrétiennes traditionnelles, a salué le fait que "la société du Kenya a longtemps été bénie par une solide vie familiale". citant "un profond respect de la sagesse des personnes âgées".

"La santé de toute société dépend toujours de la santé des familles. La foi dans la parole de Dieu nous appelle à soutenir les familles dans leur mission à l'intérieur de la société, à accueillir les enfants comme une bénédiction pour notre monde", a-t-il dit dans son homélie à la foule fervente malgré un temps pluvieux. Il s'exprimait en italien et ces paroles étaient traduites en anglais.

La solidité de la famille "est particulièrement importante aujourd'hui que nous assistons à l'avancée de nouveaux déserts créés par une culture du matérialisme, de l'égoïsme et de l'indifférence". Le souverain pontife a "lancé un appel particulier aux jeunes de la nation" kényane. "Que les grandes valeurs de la tradition africaine, la sagesse et la vérité de la Parole de Dieu, ainsi que le généreux idéalisme de votre jeunesse, vous guident dans l'engagement à former une société toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine".

Dans un pays non dépourvu de tensions ethniques, il leur a demandé de "rejeter tout ce qui conduit au préjugé et à la discrimination, parce que ces choses - nous le savons - ne sont pas de Dieu".


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Lun 7 Déc - 10:50



Le saké redevient une affaire de femmes au Japon Traduction publiée le 21 Novembre 2015


Maître brasseur - ou toji - Emi Machida à Gunma au Japon, dans la brasserie Machida,
vieille de 130 ans. Sous sa direction, son saké familiale de qualité supérieure a gagné sept fois
la médaille d'or à la cérémonie annuelle des Japan Sake Awards.
Credit: Naomi Gingold. Utilisé avec l'autorisation de PRI

Cet article et le reportage radio de Naomi Gingold pour The World ont été initialement publiés sur PRI.org le 11 septembre 2015, et republiés ici dans le cadre d'un accord de partage de contenus.

Citation :
Pendant longtemps, le brassage du saké était une industrie reposant sur des propriétaires de brasserie qui ne brassaient pas eux mêmes leur saké et des maîtres brasseurs saisonniers, appelés Toji, lesquels vivaient dans les distilleries à la saison du brassage et retournaient ensuite chez eux.

Cette industrie a cependant connu un déclin. Le nombre de consommateurs de saké a baissé et le nombre de brasseries de saké au Japon a chuté de moitié par rapport aux années 70. De plus, les maîtres brasseurs prennent de l'âge et sont souvent peu désireux de changer leurs habitudes et d'atteindre de nouveaux ou de jeunes clients.

Emi Machida, la Toji, ou maître brasseur, de la brasserie Machida basée à Gunma au Japon indique : “pour survivre, nous avons décidé de devenir nous mêmes propriétaires et fabricants de saké, de produire le type de saké que nous voulions faire et boire. Il y a 10 ans, nous avons donc arrêté d'avoir recours à des ‘immigrés’ pour brasser le saké.”

Sa famille est propriétaire de la brasserie depuis plus de 130 ans mais elle est la première Toji de la famille.

Machida est aux avants postes du mouvement grandissant de brasseries détenues par des propriétaires-artisans au Japon. Machida est cependant un cas particulier car elle est l'une des rares femmes Toji dans un secteur qui a longtemps été un univers exclusivement masculin.

Dans le temps, on disait que le brassage du saké était une activité artisanale pratiquée par les femmes. Le mot Toji, dans son ancienne orthographe, peut en effet vouloir dire “femme”.


A display of Machida Brewery's award-winning sake
Credit: Naomi Gingold. Used with PRI's permission

Machida se souvient que lorsque son grand-père dirigeait la brasserie, il disait que “les femmes sont perçues comme sales, impures et qu'elles ne pouvaient donc pas entrer dans une brasserie sacrée.”

Le saké est souvent utilisé à l'occasion de rituels religieux au Japon. La brasserie Machida a la bénédiction d'un prêtre shinto et elle est décorée avec des cordes shinto.

En grandissant, Machida n'a jamais imaginé devenir un jour brasseur de saké. Elle a étudié au collège à Tokyo mais comme beaucoup de femmes japonaises, elle s'est retrouvé coincée dans une voie professionnelle sans issue, à servir le thé et faire des photocopies.

L'idée de revenir à Gunma pour diriger l'entreprise familiale a toujours fait partie de ses projets, surtout en tant que fille ainée.

Lorsqu'elle débuta en tant que Toji, les choses ne furent pas si simples. Ses employés de sexe masculin ne l'écoutaient pas.

“Si je disais dépose ça ici, ils le déposaient à un autre endroit. Les choses n'allaient pas dans le sens que je voulais” dit-elle. “Au final, tout le monde partait à 5 heures et je restais debout jusqu'au milieu de la nuit pour refaire les choses.”

Elle entendait aussi dire que beaucoup de clients ne voulaient pas acheter un saké fabriqué par une néophyte et qui plus est une femme brasseur.

Aujourd'hui, elle n'entend plus du tout ce genre de propos. Depuis qu'elle a repris la brasserie, il y a 10 ans, le saké de qualité supérieure produit par la maison Machida a remporté sept fois la médaille d'or au concours annuel Japan Sake Awards. Cela ne s'était jamais produit avec l'ancien Toji.

Pour faire du saké, on commence par polir la première gangue du riz, la quantité retirée est un élément clef pour obtenir un saké de qualité supérieure. Ensuite le riz est lavé, étuvé et (pour faire court) fermenté.

Les petites choses ont en fait une grande importance : le type de riz utilisé, le type d'eau, la fréquence et les phases ou micro-phases au cours desquelles on ajuste la température.

Produire un fût de saké prend 45 jours

Aujourd'hui, la maître brasseur Machida ne fait pas que superviser des employés et des équipements. Elle goûte le saké dès qu'elle arrive dans l'entrepôt, transporte des tonnes de riz, passe des jours et des nuits dans une chambre étouffante pour débuter la fermentation, porte 13 kilos de seaux d'eau de bas en haut de grandes échelles, et mélange 3000 à 6000 énormes litres de fûts de riz fermenté. C'est un travail éreintant.

Pour apprendre cet art, Machida a étudié avec les anciens brasseurs et des livres. “J'étudie perpétuellement mais la chose la plus importante consiste à faire quelque chose que vous aimez et que vous avez envie de boire ” indique-t-elle.

Elle respecte les anciennes traditions mais pense également qu'il est important d'expérimenter de nouveaux procédés de fabrication.

Elle va souvent assister à des évènements mensuels avec d'autres Toji. Elle est également membre de la “Kura Josei No Kai,” le réseau des sociétés de saké produites par des femmes [Women's Sake Industry Group].

Le soutien de ce réseau, précise-t-elle, et plus particulièrement celui des autres femmes Toji, a été un élément clef.


Des femmes toji – maîtres brasseurs – à l'occasion de l'édition 2014 du Sommet ‘Kura Josei’,
du Women's Sake Industry Group. Crédit: avec l'aimable autorisation du Japanese Women’s Sake Industry Group
Utilisé avec l'autorisation de PRI


“Rejoindre le groupe m'a donné du courage et de l'énergie” poursuit-elle. Elle a réalisé qu'elle n'était pas seule et que tout le monde faisait face aux mêmes problèmes.

Il y a à ce jour près de 20 femmes Toji dans tout le Japon et Machida organise souvent des évènements avec elles.

Elle souligne qu'être une femme dans ce secteur peut avoir des avantages.Dans la mesure où c'est quelque chose d'inhabituel, les médias et les clients y prêtent parfois plus attention. Il arrive que les brasseurs hommes plus âgés soient plus enthousiastes de leur transmettre leur savoir.

Le plus important à l'heure actuelle, c'est que Machida a obtenu le respect parce que son saké est délicieux.

Désolé que vous ne puissiez pas y goûter à travers cet article mais vous pouvez vous le procurer à Tokyo et dans la plupart des villes japonaises. Il est possible qu'elle le vende à l'étranger dans le futur.

”C'est un de mes rêves” déclare-t-elle.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Lun 7 Déc - 10:58



Les femmes ciblées, dans un Sud-Soudan déchiré par la guerre  Traduction publiée le 20 Novembre 2015


Des femmes sud-soudanaises dansent pour célébrer le premier anniversaire de l'indépendance
de leur pays le 9 juillet 2012. Photo de Reporter#34145. Copyright © Demotix

De nombreux rapports publiés ces derniers mois confirment le niveau alarmant des viols collectifs dans le Soudan du Sud (ou Sud-Soudan), la plus jeune nation africaine [en fr]


Citation :
Les Nations unies accusent par exemple l'armée sud-soudanaise de viol collectif et de torture, dont le fait d'avoir brûlé vives des femmes et des jeunes filles.

Le rapport de l'Union africaine sur le Soudan du Sud, qui a été publié le mois dernier, contient des détails sur des femmes jeunes et âgées violées collectivement puis abandonnées en sang et inconscientes. L'Union africaine a appelé à l'instauration d'un tribunal afin de poursuivre les responsables de ces violations flagrantes des droits humains.

La guerre civile sud-soudanaise voit s'affronter les soldats des forces gouvernementales qui supportent le président Salva Kiir, de l'ethnie Dinka, et les rebelles qui soutiennent l'ancien vice-président Riek Machar, de l'ethnie Nuer. La guerre a commencé le 15 décembre 2013 après le limogeage de Machar par le président Kiir.

Les brutales agressions sexuelles n'ont rien d'aléatoire. Le viol est utilisé comme arme de guerre dans le pays. Les dirigeants régionaux et la communauté internationale sont accusés d'inaction alors que las femmes continuent de souffrir.

Un crime contre l'humanité

D'après les Nations unies, le viol collectif est un crime contre l'humanité [en fr]. En 2008, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 1820, qui stipule que «le viol et autres formes de violences sexuelles peuvent constituer un crime de guerre, un crime contre l'humanité ou un élément constitutif du crime de génocide.»

Malgré la résolution des Nations unies, aucun Etat n'a jamais été reconnu coupable d'avoir eu recours à des violences sexuelles comme arme de guerre. Et la situation dans le Sud-Soudan ne fait pas exception. Face à la demande croissante d'intervention humanitaire, la communauté internationale reste quasiment muette sur les atrocités provoquées par les violences sexuelles.

Selon un rapport d'Amnesty International, les corps des femmes font maintenant partie des terrains de conflit dans le monde. Le rapport affirme que le viol et les abus sexuels ne sont pas juste des effets secondaires de la guerre mais sont utilisés comme une stratégie militaire délibérée.

Evoquant le problème sur Twitter, Hannah McNeish, une journaliste indépendante d'Afrique centrale et orientale, s'interroge:

Citation :
Why do we hear so little about sexual violence in #SouthSudan when UN rep says worst seen in 30yrs, rape victims >2? https://t.co/oXMGFJyN35

— Hannah McNeish (@HannahMcNeish) October 14, 2015

Pourquoi entendons-nous si peu parler des violences sexuelles au Sud-Soudan alors que le rapport des Nations unies dit que ce sont les pires jamais vues depuis 30 ans, victimes de viol >2? https://t.co/oXMGFJyN35


“Pourquoi si peu de bruit?”

L'avocat Hal Dockins souligne:

Citation :
Oil everywhere but starvation, rape, and cruelty are the reality in South Sudan. Politics and greed.

— Hal Dockins (@HalDockins) November 1, 2015

Le pétrole [est] partout mais la famine, les viols et la cruauté sont la réalité du Sud-Soudan. La politique et la cupidité.


«Mr Happiness» [M. Bonheur] a accusé les Nations unies de ne rien faire:

Citation :
@secgen Shame on united nation allow suffering around the world South Sudan rape and genocide is taking place united nation is toothless

— mrhappiness321 (@mrhappiness321) November 1, 2015

@secgen Honte aux Nations unies qui tolèrent la souffrance dans le monde. Des viols et un génocide se déroulent dans le Sud-Soudan. Les Nations unies n'ont aucun pouvoir.


En réponse à un tweet d'Ed Miliband, président et directeur général du Comité international de secours (IRC en anglais), Hannah McNeish se demande pourquoi la situation du Sud-Soudan ne suscite pas autant d'intérêt que celle de la République démocratique du Congo (RDC):

Citation :
@DMiliband Many charities delivering aid in #SouthSudan but only @theIRC dealing with rape cases in Unity. Why so little noise, unlike #DRC?

— Hannah McNeish (@HannahMcNeish) October 14, 2015

@DMiliband Un grand nombre d'organisations caritatives fournissent de l'aide au Sud-Soudan mais seule l'IRC s'occupe des affaires de viol à Unity [N.d.T l'un des dix Etats qui forment le Soudan du Sud]. Pourquoi si peu de bruit, contrairement à la RDC?


Le principe de deux poids, deux mesures en politique étrangère

Certaines personnes prétendent que des pays comme le Sud-Soudan connaissent un taux élevé d'impunité en termes de violences sexuelles à cause de l'asymétrie entre hommes et femmes dans le milieu de la politique étrangère:

Citation :
David Takaki (@Truth2Pwer) October 1, 2015
Absence troublante de femmes dans le milieu de la politique étrangère et des médias.



La majorité des victimes de cette utilisation du viol comme arme de guerre sont des femmes et des jeunes filles, mais la communauté internationale considère que le viol ne constitue pas une menace pour la sécurité régionale. La distinction entre problématiques sécuritaires et frontières du genre a depuis longtemps été établie par les Etats et le droit international. Alors que la communauté internationale est particulièrement vigilante concernant les armes chimiques et biologiques ou les actes de violence extrême, ce sont les travaux de groupes de soutien aux femmes et d'ONG qui permettent de légiférer sur le viol.

Cela met en évidence le besoin d'une plus grande représentativité au plus haut niveau dans la communauté internationale. Si les Nations unies et le reste du monde ne reconnaissent pas les droits de ces victimes, celles du Sud-Soudan et d'ailleurs, cette culture de l'impunité perdurera.


Photo de Ayo Awokoya

Ecrit par Ayo Awokoya Traduit par Maéva Rose


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mar 8 Déc - 0:06



Cambodge : le fléau de la violence conjugale 30 novembre 2015 by AlterAsia in A la Une

Une enquête nationale parue le 20 novembre dernier montre que malgré la loi, les victimes de violence conjugale préfèrent encore le silence à un recours en justice, ou même médical.



Citation :
L’année dernière dans la province de Kompong Thom, une femme de 24 ans a été ligotée, battue et aspergée d’acide par son mari. La semaine dernière, dans la province de Kandal, une personne de 21 ans est morte, poignardée par son petit ami. Il y a quelques jours, un soldat a tué sa compagne de longue date et brûlé son corps.

Mais si les médias ne témoignent que des pires cas de violence domestique, la plupart des victimes préfèrent garder le silence. C’est ce que rappelle une récente enquête nationale coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé, sur les conséquences de la violence envers les femmes au sein de la société cambodgienne intitulée « Enquête nationale sur la santé des femmes et Expériences de vie au Cambodge » (voir le rapport en anglais).

Dès l’introduction de cette enquête, Ing Kantha Phavi, ministre de la condition féminine, avertit :

“Les conséquences sanitaires et sociales sont désastreuses. La violence n’affecte pas uniquement les femmes qui s’en sortent mais aussi les enfants, et finalement toute la communauté”.

21% des femmes subissent la violence de leur conjoint

L’enquête réalisée sur un panel de 3574 femmes de 15 à 64 ans et majoritairement hétérosexuelles, révèle que 21% des femmes ont été violentées physiquement ou sexuellement – voire les deux – par leur conjoint. Les deux tiers des victimes reconnaissent des répercussions sur leur santé mentale ou physique, ce qui fait de ces abus un problème de santé publique urgent et pèse sur l’économie du pays, conclut le rapport.

Le rapport note également que le traitement de la violence familiale a peu progressé : une enquête similaire en 2005 rapportait déjà que 22% de femmes étaient victimes de mauvais traitements de la part de leur partenaire.

Pas de recours juridique…

Aujourd’hui, 49% des femmes interrogées ont encore confié n’avoir jamais parlé du problème à qui que soit. Celles qui l’ont fait se sont confiées à un parent, à un frère ou une soeur, ou encore à un voisin. 6,5% ont fait une déclaration à la police et seulement 2% ont demandé l’aide d’un conseiller juridique ou sont allées devant les tribunaux.

“Ces chiffres indiquent qu’au Cambodge les femmes ne comptent pas sur le système judiciaire pour les protéger ou les assister”.


La violence conjugale est si endémique que beaucoup de femmes ne la voient pas comme un problème. Presque la moitié des sondées pensent que dans certaines circonstances, les corrections de leur mari sont légitimes. Un tiers seulement a déclaré que le refus de rapports sexuels n’était “pas une raison valable” pour violenter son partenaire.

… ni médical

Les formes les plus courantes de cette violence “ordinaire” sont les coups de pied, laissant des ecchymoses, des cicatrices, des entorses ou des luxations. Si 90% des victimes admettent que leur état aurait nécessité des soins médicaux, 47% d’entre elles déclarent n’avoir jamais été soignées.

L’analyse rapporte aussi qu’un facteur important du manque de soins médicaux – probablement lié à la stigmatisation des victimes de violence – est la réticence des femmes elles-mêmes. Finalement, elles préfèrent acheter des médicaments en vente libre plutôt que de consulter un médecin.

Mais l’étude a également observé que dans les zones rurales, les travailleurs médicaux sont souvent inefficaces ou démunis face aux violences psychologique, physique ou sexuelle :

“ Les protocoles des services de santé cambodgiens ne sont pas adaptés pour aborder et répondre à (la violence contre les femmes).”


Le poids économique et social de la violence conjugale

Outre les dommages corporels, le rapport indique que les femmes abusées sont plus sujettes à développer de la détresse émotionnelle ou des tendances suicidaires que les femmes non affectées. Il en déduit un impact sur la production économique et un coût financier qui représentent une charge pour la société toute entière : l’aptitude au travail des victimes s’en ressent, les blessures et le traumatisme émotionnel occasionnant des jours de congés.

Le gouvernement a depuis longtemps reconnu la nécessité de combattre la violence contre les femmes, et a adopté en 2005 la Loi sur la Prévention de la Violence Familiale et la Protection des Victimes. Un “Deuxième Plan national sur la violence à l’égard des femmes” a été lancé au mois de février.

Néanmoins, pour Ros Sopheap, la directrice de Genre et Développement au Cambodge (une ONG qui a pour mission de promouvoir l’égalité des sexes, ndt), le chemin est encore long :

“Les lois ne sont pas mauvaises, mais leur application est inefficace. Nous ne voyons pas de bons résultats. Aussi longtemps que la violence contre les femmes restera impunie, beaucoup d’entre elles seront incapables de participer pleinement à la société. Incapables de parler ou effrayées par la violence, comment pourraient elles exercer leurs droits ?”

Traduction : Michelle Boileau
Source : Aria Danaparamita / The Cambodia Daily Study Highlights Scourge of Domestic Violence


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mar 8 Déc - 1:37



Economie : l'entreprenariat féminin au service du développement africain Traduction publiée le 24 Septembre 2015

Marqué par de forts taux de croissance et une économie en expansion permanente, le continent africain tente d'attirer des investisseurs et des capitaux venus de l'étranger. De plus en plus, la société civile, et notamment les femmes, souhaitent prendre part à cet essor en se mobilisant grâce à l'entreprenariat. Et les exemples de réussites individuelles et collectives ne manquent pas

Citation :
Il y'a quelques mois, le think-tank Terangaweb, organisme indépendant se présentant comme le lieu de rencontre de “l'Afrique des idées”, publiait un classement des 30 jeunes entrepreneurs africains à suivre. Dotés d'un sens de l'entreprise et d'une volonté d'agir concrètement, ces jeunes entrepreneurs montent des projets innovants, souvent destinés à répondre aux besoins immédiats et aux aspirations des populations africaines. Parmi eux, des femmes, et notamment la Nigérienne Ola Orekunrin, médecin et fondatrice de la première société d'ambulances aériennes en Afrique de l'ouest. Citons encore la Sud-africaine Rapelang Rabana, à l'origine de Yeigo Communications, jeune société développant des services de messagerie instantanée et de messagerie texte. De plus en plus, une tendance à l'entreprenariat féminin s’affirme dans beaucoup de pays africains et, dans bien des cas, avec le soutien des pouvoirs publics.

C'est aussi le cas en Côte d'Ivoire, où Dominique Ouattara, Première Dame du pays, a lancé un Fonds d'Appui aux Femmes de Côte d'Ivoire (FAFCI). Cette initiative vise à promouvoir l'entreprenariat des femmes du pays par des prêts à taux très faibles, permettant aux ivoiriennes de se constituer un capital de départ pour se lancer dans une activité professionnelle.


Le FAFCI a permis à 100 000 femmes de devenir autonomes

a affirmé Dominique Ouattara, rappelant ainsi le bilan de la structure. La Banque Mondiale prône elle aussi une adaptation de l'entreprenariat aux femmes africaines, par le développement d'un système de crédit généralisé et la mise en place d'un soutien technique. Dans ses recommandations, la Banque Mondiale encourage également le développement de l'éducation primaire, secondaire et supérieure pour les filles africaines, un meilleur accès des femmes aux moyens de production ou encore une protection juridique et un accompagnement plus poussé.


Rebecca Enonchong - CC-BY-20

Là encore, la société civile a son rôle à jouer. Certaines associations, comme “Oser l'Afrique”, proposent ainsi des conférences sur l'entreprenariat féminin, afin d'encourager les femmes à s'investir et à investir, donnant parfois l'exemple de carrières réussies et de projets concrets. C'est ainsi le cas de Rebecca Enonchong, primée par Forbes et le World Economic Forum, créatrice du “Africa Technology Forum”, organisation non-lucrative destinée à la promotion de l'entreprenariat, notamment centrée sur les nouvelles technologies et le développement des jeunes startups africaines spécialisées dans les TIC (Technologies de l'Information et de la Communication). Sur leur blog, l'association “Oser l'Afrique”, explique l'importance d'inclure plus de diversités sur le continent:

Les diverses activités proposées sur le forum, telles que les tables rondes, les témoignages, les échanges d’expériences ainsi que le networking ont mis en lumière les actions menées par de nombreuses associations accompagnant les femmes entrepreneurs. Parmi les associations présentes sur le forum, étaient présentes l’ OFAD, le CLAEE (Club des Africaines Entrepreneurs d’Europe), Action’elles (réseau de performance de l’entrepreneuriat féminin), l’APCE (Agence pour la Création d’Entreprise), SpotCréa, ellesentreprennent.fr et aussi le Réseau Entreprendre. Ce premier forum économique des femmes africaines de la diaspora a été une véritable réussite. Cela reflète le dynamisme d’acteurs qui souhaitent apporter des solutions concrètes et accompagner dans la réalisation de projets entrepreneuriaux sur le continent africain.

Autre invitée, Céline Victoria Fotso, promotrice de “Je Wanda Magazine”, dont l'objectif est de proposer une nouvelle image de l'Afrique. Loin des guerres, de la misère sociale et économique et de l'instabilité politique qui sont autant de lieux communs souvent erronés à propos du continent africain, le magazine promeut une Afrique jeune, souriante et surtout talentueuse.

Mais l'entreprenariat féminin en Afrique ne saurait se limiter aux nouvelles technologies, être réservé aux femmes diplômées et/ou des classes supérieures. Au contraire, un esprit d'entreprise semble devoir se développer au sein des populations africaines. C'est le sens du FAFCI de Dominique Ouattara, qui tend ainsi à embrasser toute les catégories de femmes ivoiriennes, exerçant dans tout un panel d'activités différentes, englobant des réalités professionnelles diverses. Si, partout en Afrique, ces projets doivent se développer, ils devront allier une politique volontariste menée par les pouvoirs publics aux actes concrets d'une société civile, désireuse de contribuer activement au développement économique du continent. Le défi n'est pas mince, mais le continent africain ne pourra se passer de ses entrepreneurs.


Creative Commons License
Ecrit par Ismail Abbedid


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Mer 9 Déc - 20:52



Black Friday au Pakistan : réflexions sur les femmes, le pouvoir, les privilèges Traduction publiée le 1 Décembre 2015


Capture d'écran éditée d'une vidéo d'une bousculade dans un magasin au Pakistan

Chaque année, pendant les soldes de “Black Friday”, le lendemain de Thanksgiving, des vidéos de bagarres au milieu de la folie des achats dans des “temples du commerce” comme Walmart et Target deviennent virales

Citation :
Au Pakistan aussi. Cette année, le même jour, une vidéo de femmes se battant lors des soldes du premier anniversaire du magasin Sapphire (qui affirme fournir “des habits de marque bon marché aux classes populaires“) a fait le tour de la toile pakistanaise.

Les soldes de Sapphire, tout comme les promotions d'ouverture de Walmart pendant le “Black Friday” ont pour objectif de créer une véritable course aux achats. Sapphire a réduit de 50% le prix des produits très populaires. Seuls les premiers acheteurs avaient une chance d'obtenir le produit désiré.

Certains appellent ça du commerce concurrentiel. La vente au détail se transforme en sport de contact, dont le but est de pousser et de bousculer.

Chez Walmart ou Target, des jouets populaires ou des jeux vidéos que des parents désespérés essaient d'acheter en soldes comme cadeau de noël pour leur enfant sont souvent à l'origine des bousculades. Des familles qui en temps normal n'auraient pas les moyens d'acheter ces produits économisent toute l'année pour faire ces grands achats. Des études ont démontré que l'acheteur typique du Black Friday appartient à une minorité ethnique ou est parent célibataire. Ils font la queue pendant des heures pour ce seul article, et quand les portes s'ouvrent, une course commence et les étalages se vident en quelques minutes. Le désespoir et la rareté forment un cocktail dangereux et certains clients perdent la tête.

Quand j'ai d'abord vu le lien de la vidéo de la bousculade chez Sapphire sur Twitter, je l'ai ignoré, tout comme j'ignore toutes les vidéos de bagarre de Black Friday. Etant contre le consumérisme, je ne vois pas l'intérêt de ridiculiser les consommateurs. J'essaie, plutôt, de comprendre les grandes structures qui créent et encouragent ce besoin impitoyable d'acquérir des biens matériels.

Mais quand j'ai remarqué que de plus en plus de personnes partageaient cette vidéo en ligne, l'histoire a pris un sens différent. Une histoire de quelques consommatrices se battant pour des habits s'est transformée en une histoire ridiculisant toutes les “dames riches et matérialistes”. Cela ressemblait beaucoup aux commentaires faits aux Etats-Unis quand “les riches partagent des vidéos de bagarres de Black Friday pour ridiculiser les pauvres” . Que les privilégiés se moquent des moins privilégiés sonnaient faux.


Shoppers wrestle over a television on “Black Friday.” (REUTERS/Luke MacGregor)

Mais les femmes dans la vidéo ne sont-elles pas “privilégiées”? Peut-être certaines le sont et d'autres non. Les privilèges et le pouvoir existent à tous les niveaux, surtout dans des pays comme le Pakistan. La vidéo et la ferveur àvec laquelle elle a été partagée m'ont fait réfléchir sur les raisons de cette folie au Pakistan.

Cela ne veut pas dire que je prône la violence sous quelle forme que ce soit, surtout la violence pour des habits. Les personnes qui me connaissent savent que je m'excuse auprès des chaises contre lesquelles je me cogne. Donc, la justification de la violence serait de trop pour moi. Mais je pense qu'il est important de réfléchir et de prendre en considération les facteurs qui pourraient générer une telle rage.

Le système social du Pakistan, qui récompense systématiquement les femmes et les filles qui étalent les signes de richesse et fuient constamment celles qui ne le font pas, serait-il en partie responsable?

Peut-être que les femmes sur la vidéo ne se battaient pas uniquement pour un habit. Peut-être les soldes offraient à certaines familles un raccourci pour une sorte de privilège pour leurs filles qu'elles ne pourraient pas se permettre normalement, comme les parents marginalisés des Etats-Unis qui affrontent la folie des soldes de Black Friday parce qu'ils vivent dans une société où le niveau social de leurs enfants est déterminé par les jouets qu'ils possèdent ou les habits qu'ils portent.

Ou peut-être certaines de ces femmes sont en fait des “femmes privilégiées de familles riches” obligées de vivre avec un petit budget.

Deux circonstances différentes, toutes deux systémiques et auxquelles nous ne pouvons pas échapper.

Même dans les grandes villes du Pakistan, la dernière condition est courante parmi les “privilégiées” et résulte d'un déséquilibre de pouvoir et de privilège parmi les genres d'une même famille. Certains hommes contrôlent entièrement le budget familial, certaines femmes dans leurs familles ne sont pas autorisées à travailler à l'extérieur de la maison. Certaines femmes sont dissuadées de travailler par leurs familles, ou sont simplement dissuadées par les nombreuses difficultés auxquelles les femmes actives font face au Pakistan, y compris le harcèlement sexuel impuni, les transports en commun inadaptés, et une culture généralement mysogine. La vie sociale de nombreuses femmes se limite aux sorties en familles ou aux évènements mondains où elles doivent être à leur avantage à chaque instant, peut-être en portant une tenue du magasin Sapphire.

Je regarde la vidéo de Sapphire et je pense à ces femmes pakistanaises des villes – y compris celles qui semblent être privilégiée – dépouillées, poussées et bousculées dans un endroit et dans des circonstances exaspérants – non par choix, mais par mode.


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Jeu 10 Déc - 3:54



Le Président de Gambie interdit les mutilations génitales féminines mais beaucoup reste à faire   Traduction publiée le 9 Décembre 2015 21:45 GMT    


Le Président of de la Gambie Yahya Jammeh s'adresse à l'Assemblée Générale des Nations Unies le 24 septembre 2013
Photo ONU par Erin Siegal. Licence Creative Commons BY-NC-ND 2.0.

La Gambie s'est étonnée elle-même comme elle a étonné le monde le 23 novembre 2015 lorsqu'elle a annoncé l'interdiction par décret de la pratique des mutilations génitales féminines juste quelques jours avant la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes


hors article

Citation :
Les mutilations génitales féminines (excision, infibulation) impliquent un rituel d'ablation de partie ou de tout les organes génitaux externes pour des raisons non médicales. L'ablation est habituellement pratiquée en utilisant une lame de rasoir, avec ou sans anesthésie. Cette pratique n'a aucune incidence positive sur la santé et peut s'accompagner d'un grand nombre de complications douloureuses. Dix-neuf pays en Afrique les ont déclarées hors la loi.

L'Assemblée des Nations Unies a choisi la journée du 25 novembre chaque année pour ouvrir une période de 16 jours d'actions autour de la violence déterminée par le sexe.

Le Président de la Gambie, Yahya Jammeh, parlant lors d'un rassemblement politique dans son village natal de Kanilai, a présenté un décret à effet immédiat bannissant de cette pratique. Il a dit :
Citation :

L'excision est interdite en Gambie de Kartong (un village côtier dans le sud-ouest de la Gambie à la frontière du Sénégal) jusqu'à Koina (un village sur les rives sud du fleuve Gambie) Pendant vingt ans, j'ai cherché dans le Coran et consulté des religieux afin de vérifier si cette pratique est mentionnée dans le Coran mais je ne l'y ai pas trouvée.


Les médias mondiaux ont fait écho à cette nouvelle d'une façon quelque peu jubilatoire, rendant hommage à des décennies de militance féministe et de défense des droits humains. En dépit de la décision présidentielle cependant, il n'existe aucune loi dans le pays qui interdise cette pratique et certains observateurs ont invité à la prudence avant de déclarer le combat déjà gagné.

“Une justification à la fois culturelle, religieuse et traditionnelle”

Selon un rapport de l'UNICEF, les religieux muslmans gambiens sont divisés sur les mutilations génitales féminines dans un pays où 90% de la population est musulmane. Certains prétendent que c'est une pratique optionnelle mais recommandable (sunnah), cependant l'excision est antérieure à l'Islam et des individus d'autres confessions à travers le pays la pratiquent, la liant à un élément de forte pratique culturelle.


Défilé de miliantes anti-mutilations génitales féminines en Gambie
Photo sous licence Creative Commons de GAMCOTRAP

L'excision est invasive en Gambie, avec des données qui suggèrent que 70% des femmes la subissent sous une forme ou une autre. Depuis plus de deux décennies, les efforts du militantisme et les plaidoyers ont été de peu d'effet, spécialement au niveau politique. Les efforts pour introiduire une législation anti-excision dans ce minuscule pays d'Afrique de l'ouest ont jusqu'ici rencontré des résistances farouches avec des politiciens refusant même de rencontrer les groupes de la société civile à ce propos.

Ci-dessous, un documentaire (vidéo), Couper la Féminité, sur les mutilations génitales féminines en Gambie


Modou Joof, un journaliste et blogueur gambien qui a couvert les pratiques de MGF et d'autres questions de droits humains lui étant liées réagit à la nouvelle :

Citation :
Ce pourrait être le début de la démonstration d'une volonté politique de bannir les MGF – qui a manqué aux campagnes.


L'Agenda des filles, une des organisations communautaires les plus importantes plaidant pour les droits des femmes et des filles, a posté ceci sur sa page Facebook :

Citation :
Sur le terrain, notre approche cherchant à augmenter la conscience et à exiger des lois, des décrets et des pratiques qui renforcent et reconnaissent les droits des femmes et des filles continuera. Nous sommes engagées à voir disparaître toute forme de violence allant des mutilations, des mariages précoces et de la violence conguguale à l'isolement politique en donnant aux filles les meilleurs outils de communication, de négociation et les compétences dans l'affirmation de soi dont elles ont besoin afin qu'elles rayonnent.


Dans un article long mais analytique, le blog Linguere a eu ceci à dire :

Citation :
Une conscience plus aiguë du public sur les dangers des mutilations féminines et sur leurs effets sur les filles et les femmes est la voie la plus sûre pour changer les attitudes et obtenir l'abandon de cette pratique. Les MGF sont ancrées profondément dans la culture et leur pratique a prévalu avec des justifications culturelles, traditionnelles, ou religieuses. Comme pour de nombreuses autres pratiques culturelles ou traditionnelles, un changement doit s'opérer afin que leur abandon devienne une réalité.


“Jammeh a tendance à faire des déclarations excentriques et à l'emporte-pièce”

Cependant, le Centre Robert F Kennedy pour les droits humains engage à la prudence contre tout enthousiasme prématuré, disant que le Président Jammeh est connu pour ses déclarations farfelues :

Citation :
La Gambie a été projetée sous les feux de la rampe après que son Président de longue date, Yahya Jammeh, a annoncé l'interdiction des mutilations génitales féminines. Cette déclaration en a surpris plus d'un, surtout après le rejet par l'Assemblée nationale d'une proposition similaire en mars, prétextant que les Gambiens “n'étaient pas prêts” … Oublié dans toutes ces congratulations, particulièrement sur les médias sociaux, est le fait que les MGF ne sont pas bannies en Gambie, du moins pas encore. Il n'existe pas de loi contraignante gravée dans le marbree. Et rappelez-vous que Jammeh est enclin à faire des déclarations bizarres, ponctuelles et décalées. La dernière fois qu'il a été à la hauteur d'une promesse fut quand il jura publiquement d'exécuter sommairement des prisonniers dans les couloirs de la mort, chose faite en août 2012



image ajoutée

La Gambie est déjà un parti-Etat et signataire de nombreux instruments régionaux et internationaux de respect des droits humains qui ne sont pas en ligne avec des pratiques violentes traditionnelles comme les MGF. Le pays est signataire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la Convention sur l'élimination de toute forme de discrimination contre les femme, de la convention des droits de l'enfant, de la Charte africaine pour les droits humains et les droits des peuples, du Protocole de Maputo, entre autres. Il est nécessaire d'harmoniser les régulations régionales avec les standards internationaux.


image ajoutée

La déclaration du 23 novembre pourrait être un début, pas une fin en soi. Mais maintenant, pendant que les féministes peuvent pousser un soupir de soulagement, les vrais gagnantes sont les centaines sinon les milliers de filles gambiennes qui risquent l'excision chaque année.


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Photo de Demba Kandeh
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Traduit par Elisabeth Guerrier


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Sam 12 Déc - 13:33


mariez-vous !?



Japon : cinq femmes poursuivent l'Etat en justice pour pouvoir garder leur nom de jeune fille Francetv info 11/12/2015

Une loi japonaise de 1896 contraint les époux à adopter le même nom de famille lors de leur mariage


Kaori Oguni, 41 ans, l'une des plaignantes, photographiée à Tokyo (Japon)
le 3 décembre 2015. (THOMAS PETER / REUTERS)

Citation :
"Je suis née Tsukamoto et je veux mourir Tsukamoto", confie Kyoko Tsukamoto, 80 ans. Elle fait partie des cinq Japonaises qui ont porté plainte contre le gouvernement de leur pays, rapporte vendredi 11 décembre le Guardian (en anglais). Elles remettent en cause une loi datant de 1896, qui oblige les époux à adopter le même nom de famille lors de leur mariage, pour que l'union puisse être enregistrée. Les plaignantes estiment que cette loi est inconstitutionnelle, et qu'elle viole les "droits civils" des couples mariés.

"En perdant ton nom de famille, tu es banalisée, tu n'es pas respectée... C'est une part de toi-même qui disparaît", explique Kaori Oguni, traductrice et plaignante au procès. Si la loi de 1896 ne précise pas quel nom de famille adopter, dans la pratique, 96% des femmes adoptent celui de leur mari. "Le reflet de la société patriarcale du Japon", note le Guardian. Pour les conservateurs, cette loi a permis de créer une stabilité sociale. La modifier affaiblirait les liens familiaux et menacerait la société.


"Un changement dans l'air du temps"


Les partisans du changement avancent eux une réforme dans l'air du temps : "Le monde tourne davantage autour des individus maintenant", explique Shunsuke Serizawa, un spécialiste japonais des questions de genre et de la famille.

Au Japon, de nombreuses femmes font face à un véritable dilemme, lorsqu'elles doivent choisir entre leur nom de jeune fille pour usage professionnel et leur nom d'épouse sur les documents officiels. Certains couples choisissent alors de ne pas enregistrer leur mariage, mais font face par la suite à de nombreuses complications judiciaires, au niveau de leurs droits parentaux et héréditaires. La Cour suprême du Japon doit statuer le 16 décembre.


PS : il faut croire que le machisme est en concurrence avec le nationalisme. Un couple mixte, d'amis, elle japonaise, lui français, vivent au Japon, mais leur fils doit porter le nom de sa mère... Ma compagne japonaise, officiellement mon épouse (pour pouvoir rester en France), a des papiers à son nom japonais, comme l'y autorise la loi française...

Loi du 6 fructidor an II (23 août 1794)
Citation :
Selon la loi du 6 Fructidor de l'an II, «aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance».


nom d'usage

sur mon passeport, mon nom est composé avec celui de mon épouse, pour faciliter mes relations avec l'administration japonaise...




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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Lun 14 Déc - 22:17




2013

Citation :

Fabien Knittel, Pascal Raggi (dir.), Genre et Techniques, XIXe-XXIe siècle Anne Stelmes

1
Ce recueil d’articles est issu des travaux réalisés à l’occasion du colloque intitulé « genre et techniques » organisé en deux temps. La première rencontre a eu lieu à Besançon, à l’Université de Franche-Comté, les 10 et 11 mai 2012. La seconde s’est déroulée à Nancy, sur le campus lettres et sciences humaines de l’Université de Lorraine, les 10 et 11 septembre 2012.

2
L’ouvrage a pour ambition de remettre en question le stéréotype bien ancré qui relie systématiquement technique et masculinité. L’objectif de ces deux rencontres était donc de combler un manque de l’historiographie francophone qui a encore peu analysé la question de la technique sous le prisme des questions de genre, pourtant largement étudiées dans la littérature anglo-saxonne. Cette approche tente de renouveler les études historiques et sociologiques nées dans les années 1970 et 19801 sur les femmes au travail, en mettant en exergue la domination masculine. Questionner la technique offre une approche supplémentaire à cette problématique du genre, tant féminin que masculin.

3
Le concept de genre déployé dans ces actes se nourrit donc de travaux anglo-saxons2 aussi bien que francophones3, dont les angles respectifs diffèrent quelque peu. Toutefois, ces deux traditions décrivent des rapports entre les genres asymétriques et défavorables pour les femmes, au sein desquels le « rôle » social de chacun se détermine à travers des inégalités de toutes sortes (salaires, statuts, etc.) et des enjeux de pouvoirs. Ainsi, les recherches historiques développées ici cherchent à démontrer comment les capacités accordées au corps féminin se sont vues limitées au cours du XIXe et du XXe siècle par une vision naturaliste, qui a assigné au masculin les tâches techniques lourdes et exigeant de la dextérité, alors que le cadre éducatif et familial s’est chargé de relayer cette perception dans la sphère privée.

4
Le concept de technique4 est, quant à lui, analysé dans cet ouvrage sur la base d’une riche historiographie française5, qui l’envisage comme une action finalisée et efficace, issue d’une tradition et inscrite dans la transmission de celle-ci. Cette action est pensée, suivie d’un acte réfléchi et entraine un mouvement mécanique. Cela forme un ensemble qui comprend le geste, l’intellect et la machine. En découle la définition du système technique de Gille6, que les contributions réfléchissent dans le contexte social au sein duquel se construit la question du genre. Les études de cet ouvrage décrivent, au cours des deux siècles passés un univers où l’homme est considéré comme le seul apte à maîtriser les subtilités des outils, s’élevant vers une culture technique, tandis que la femme, habitée « par sa nature », est destinée à s’en tenir aux tâches ménagères.

5
De la sorte, les auteurs étudient la problématique des techniques affectées par la construction du genre suivant quatre thématiques : la formation, la médecine, le travail et enfin, dans la quatrième partie de l’ouvrage, assez hétérogène, les thèmes de la vie quotidienne et des médias.

6
À travers ces seize articles, on voit combien la place du corps7 de la femme, considérée comme faible, a pu et continue à orienter la vie et la carrière des filles et des garçons. Par exemple, Marianne Thivend (p. 25-38) montre comment les tâches délicates, dévolues aux femmes, sont les seules dans lesquelles elles pourront trouver une reconnaissance. En outre, la recherche de Julie Thomas (p. 101-114) explique que lorsqu’une femme ambitionne d’occuper une fonction dite « masculine », elle a tendance, consciemment ou pas, à adopter un comportement plus agressif, une tenue et un maintien qui camouflent ses caractéristiques morphologiques féminines.

7
Ce qui nous interpelle également est le constat que font certains auteurs,comme par exemple Mikaël Duarte,(p. 181-203) de la perte en autonomie de la femme au fur et à mesure de la mécanisation des machines et de l’industrialisation de la production. Dans le contexte d’une économie artisanale, d’une agriculture encore peu technicisée, telle que décrite par Sylvain Brunier (p. 85-100) ou d’une médecine plus humaine, comme celle évoquée par Etienne Thévenin (p. 115-126), les femmes trouvaient et jouaient un rôle organisationnel moteur. Cependant, à mesure qu’évolue la technique, les femmes sont reléguées aux travaux ménagers, sous prétexte de faiblesse, et sont ainsi écartées du monde du travail et de l’industrie, perdant cruellement de leur indépendance.

8
On peut enfin regretter et s’étonner de trouver en postface l’énumération des sujets de recherche qui n’ont pas, ou trop peu, été évoqués dans le présent ouvrage, ce qui nous donne l’impression que les directeurs de cette publication n’ont pas réussi à faire aboutir les ambitions annoncées dans la préface. En outre, ces derniers déplorent l’aspect «quelque peu misérabiliste » (postface, p. 270) d’une grande majorité des articles qui, en somme, ne rendent pas assez compte d’une théorie des grandes femmes, qui ferait donc la part belle à la théorie des grands hommes, selon laquelle ce sont de fortes personnalités, majoritairement masculines, qui sont à l’origine des événements majeurs (techniques, politiques, sociaux) qui jalonnent l’histoire. Nous préfèrons au contraire donner en exemple l’approche d’Isabelle Stengers et Vinciane Despret8, qui affirment l’intérêt de comportements dit « féminins » qui dépassent et ne cherchent pas à imiter les caractères dits « masculins». En fin de compte, l’ouvrage reste descriptif, alors qu’il pourrait encore davantage critiquer la construction des genres tels que notre société contemporaine l’a bâtie et fondée à travers une approche de la technique dominante et opprimante.


Notes

1 Schwartz Cowan R., « The Industrial Revolution in the Home : Household Technology and Social Change in the 20th Century », Technology and culture, 17, 1976, p. 1-24 ; Trescott M. (dir.), Dynamos and Virgins Revisited : Women and Technological Change in History, New Jersey, Scarecrow Press, 1979.

2 Cockburn C., “The Material of Male Power” in D. MacKenzie et J. Wajcman (dir.), The Social Shaping of Technology, Philadelphia, Open University Press, 1999, p. 17-198 ; A. Oakley, Sex, Gender and Society, Londres, Temple Smith Editions, 1972.

3 Gardey D., Löwy I., “Pour en finir avec la nature”, in D. Gardey et I. Löwi (dir.), L’invention du naturel. Les sciences et la fabrication du feminine et du masculin, Paris, EAC, 2000, p.1-28. ou Laqueur Th., La fabrique du sexe. Essai sur le corps et le genre en Occident, Paris, Gallimard, 1992.

4 Leroi-Gourhan André, Évolution et techniques. L’homme et la matière, Paris, Albin Michel, 1943.

5 Haudricourt André-Georges, La technologie science humaine. Recherches d’histoire et d’ethnologie des techniques, Paris, MSH, 1987, p. 45 ou Mauss Marcel, Techniques, technologie et civilisation, Paris, PUF, coll. Quadrige, 2012.

6 Gille Bertand, Histoire des Techniques, Paris, Encyclopédie de la Pléiade, 1978. Pour Gille, le système technique est un ensemble de cohérences qui se tissent à une époque donnée entre différentes techniques et qui constituent un stade plus ou moins durable de l’évolution des techniques.

7 Ce qui nous renvoie à un précédent ouvrage édité aux Presses universitaires de Rennes qui analysait le rapport du corps à la technique et où la place de la femme était déjà questionné, de manière moins directe. Voir Guignard Laurence, Raggi Pascal et Thevenin Etienne (dir), Corps et machines à l’âge industriel, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011. http://lectures.revues.org/6860.

8 Despret, Vinciane et Stengers, Isabelle, Les faiseuses d’histoires. Que font les femmes à la pensée ?, Paris, La Découverte / Les Empêcheurs de penser en rond, 2011.


Techniques du genre Fabien Knittel Pascal Raggi 11 décembre 2015

Résumé : Un ouvrage qui interroge les techniques à travers le genre pour démontrer la construction concrète de nos identités d’homme et de femme  

Fabien Bourlez a écrit:
Au nombre des clichés qui ont la peau dure en matière de domination masculine, on peut compter ceux qui régissent la distribution des métiers en féminins et masculins. Parce que les femmes seraient plus habiles, plus fines et plus sensibles, elles auraient moins facilement accès aux techniques qui resteraient l’apanage des hommes, de leur force et de leur adresse incontestablement supérieures... Pourquoi le dit « beau sexe » est-il depuis si longtemps, et encore trop souvent aujourd’hui, cantonné aux ouvrages de dame – broderie, crochet et autres travaux domestiques – relégué dans la sphère du social, de l’esthétique, du relationnel, bref du care, tandis que ces messieurs semblent toujours naturellement plus aptes au gros œuvre : plomberie, travaux des champs, ingénierie et informatique ? Pourquoi toujours aussi peu de femmes chirurgiennes et tant d’infirmières, pourquoi, dans nos bureaux, tellement d’informaticiens et si peu de secrétaires au masculin? Et, aussi, pourquoi lorsque la manipulation d’un outil est compliquée (difficile à tenir en main pour l’un et l’autre sexe) le problème n’est pas mis du côté de l’outil mais du côté du sexe de l’utilisateur ? Ainsi, voit-on les garçons qui ont du mal à se servir d’un outil se voir régulièrement qualifier de « meuf », de « bonne femme », de « femmelette » ou de « tapette » !

L’apparition de travaux sur les questions de genre en France a ceci de réjouissant qu’elle vient mettre en doute un panorama socio-professionnel plein d’évidences aussi bien partagées. Par des études historiques variées s’intéressant à la place du corps et des apprentissages dans les techniques et brassant un large éventail de spécialités (de la médecine à l’agriculture en passant par les sex-toys, les industries dentellières, la pratique de la vidéo amateur, les moyens de transport ou les brevets et inventions), Genre et techniques ré-ouvre utilement le débat.

S’interroger sur le genre et les techniques, sur la manière dont l’un renvoie à l’autre et dont l’un implique l’autre, c’est donc s’intéresser à la construction de rapports hiérarchiques entre les sexes à travers leur dimension la plus matérielle. L’ouvrage, dirigé par Fabien Knittel et Pascal Raggi, montre à quel point dans ce domaine, depuis plus de deux siècles, on a affaire à une naturalisation d’acquisitions sociales. Entendez que la maîtrise de la sphère technique, l’intelligence de la main, qui semble être la chasse gardée des hommes aussi bien dans les usines, dans les laboratoires, dans les ateliers que dans les écoles n’a, en réalité, rien de naturel. Loin d’être figé à tout jamais en fonction des capacités de nos corps, notre rapport aux techniques, à mieux y regarder, est bel et bien construit, historique et donc susceptible de changements.

Plus l’on avance dans la lecture de l’ouvrage, plus l’on s’aperçoit à quel point on ne naît ni femme ni homme mais qu’on le devient à travers une série de gestes, d’actes, d’aptitudes qui, à la base, n’ont pas grand-chose à voir avec la biologie, les gènes ou une quelconque hormone et encore moins avec une prétendue disposition naturelle.

Citation :
« La grande majorité des travaux sur le genre souligne la permanence de structuration de l’espace social selon le sexe, renvoyant à l’ordre symbolique de genre qui attribue traditionnellement aux femmes le soin, l’esthétique et l’humain, aux hommes ‘la’ technique et plus généralement les choses matérielles, et la force physique. En une sorte de causalité circulaire, l’hégémonie numérique des hommes dans les métiers exigeant des attributs symboliquement ‘masculins’ tend à renforcer l’’évidence’ du caractère ‘naturellement’ masculin de ces compétences, notamment dans la manipulation d’objets, et des attributs, notamment de force physique, considérés comme nécessaires dans ces occupations » .


Si la dimension culturelle de la technique saute aux yeux – les auteurs rappellent dès les premières pages que, pour le grand anthropologue Marcel Mauss, la main intelligente constitue la caractéristique principale de l’humanité – la répartition genrée face à ce miracle de pouvoir créer et s’inventer d’autres mondes par le biais de la technique s’avère encore très loin d’être équitable. Il y a bel et bien production d’aptitudes et éducation à leur développement.

Pour s’en convaincre il suffit de se tourner sur l’histoire de la formation des femmes et de la création d’écoles qui leur sont réservées, saisir comment leurs qualités pour faire de la dentelle ou des travaux d’habileté dépend beaucoup moins de la finesse de leurs doigts que de la morale sous-jacente aux apprentissages et aux formations. « D’un côté la dextérité le luxe et la vertu ; de l’autre, la force, le produit de masse et les maux associés à l’industrialisation »

De la même manière, si l’on s’intéresse à l’apparition des techniques agricoles et aux révolutions que la mécanisation des tâches a apportées dans les fermes, l’on s’aperçoit, une fois de plus, qu’une répartition davantage mentale que physique a déterminé les domaines d’actions masculines et féminines. L’analyse historique démontre que, sous couvert de progrès technique, on a vu se restaurer une conception traditionnelle de la place de la femme dans le foyer : le couple reste valorisé avec pour la femme la fonction de bonne mère et de bonne épouse. Cependant, l’arrivée de la technique en milieu agricole, parce qu’elle requérait des temps de formation et d’apprentissage spécifique aux femmes, a pu apporter des sortes de féminismes silencieux « qui sans réellement renverser l’ordre établi subvertissent imperceptiblement et continuellement les rapports de genre au sein du monde agricole »  .

La lecture historique du rapport entre genre et technologie permet également de corriger certains de nos a priori. Ainsi, une étude détaillée sur le dépôt des brevets et des inventions nous démontre que les femmes sont bel et bien présentes dans toutes les activités humaines et que, même si le silence est souvent gardé sur leur part d’inventivité, elles ont néanmoins breveté un nombre impressionnant de découvertes techniques. De la même manière, à s’y intéresser de plus près, le bricolage et les loisirs créatifs ne sont pas strictement réservés à l’un des deux sexes mais constituent plutôt des lignes médianes où les hommes et les femmes peuvent se retrouver et partager une relation similaire à la technique et à la création.

On s'aperçoit qu'outre son fonctionnement, les facilitations qu'elle apporte à notre quotidien et les implications qu’elle recouvre dans les avancées du capitalisme, la technique, parce qu’elle s’inscrit dans tous les registres de nos existences, contribue à reproduire des inégalités, des dissymétries, des représentations de ce qui est possible, faisable, envisageable. De telles représentations demeurent souvent au service de la domination masculine. Les lectures rigoureuses de l’histoire opérées par l’ensemble des articles de cet ouvrage permettent de décaler notre regard et de voir comment nous pourrions peut-être travailler à d’autres « technologies du genre » .


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Sam 19 Déc - 15:27




Rencontre avec Deniz Gamze Ergüven ("Mustang") : "la sexualisation à outrance des femmes" en Turquie Touteleurope.eu, le 18 décembre 2015  

Citation :
Réalisatrice, scénariste et actrice franco-turque. Elle se fait connaître du grand public grâce à son film "Mustang" sorti en 2015

Le Diploweb.com dans le cadre de son partenariat avec Touteleurope.eu est heureux de vous présenter cette vaste réflexion sur la place de la femme en Turquie, pays candidat à l’UE.

Deniz Gamze Ergüven s’est beaucoup inspirée des contes de fée pour offrir un premier film fascinant, à la fois drôle et terrifiant. Elle qui a grandi entre la France et la Turquie se défend d’avoir réalisé une œuvre militante, mais tient néanmoins à faire le constat d’une société turque en proie à ses propres contradictions, entre ouverture, modernité et traditions.

Pour Toute l’Europe, la réalisatrice a accepté de nous parler de son long-métrage, de la Turquie et de la place des femmes dans la société.






Dernière édition par Admin le Ven 26 Fév - 23:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Jeu 7 Jan - 8:44

Vague d'agressions sexuelles à Cologne, en Allemagne


Harcèlement du nouvel an: l’émoi allemand Nathalie Versieux, Correspondante à Berlin, Libération, 6 janvier 2016

Après des agressions sexuelles, la nuit du réveillon à Cologne, imputées à des hommes présentés comme des maghrébins, le débat sur les réfugiés s’envenime


Manifestation contre le sexisme et le racisme, mardi à Cologne.
Photo Wolfgang Rattay. Reuters

L’Allemagne est choquée par une forme inédite de harcèlement visant des femmes. Près de 150 agressions sexuelles, commises par des jeunes d’apparence maghrébine dans la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, Hambourg et Stuttgart, provoquent une forte émotion dans le pays. Le gouvernement condamne les agressions. Tout en s’inquiétant du risque de stigmatisation des réfugiés.[/b]

Nathalie Versieux a écrit:
Que s’est-il passé en cette nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne ?

Les témoignages sont concordants. A sa descente du train régional, à la gare centrale de Cologne, Anna, 27 ans, prend peur : «La place était pleine, presque que des hommes, quelques femmes terrorisées, que tous dévisageaient. J’avais l’impression d’être au marché aux bestiaux ! Presque aussitôt, j’ai senti une première main se glisser dans mon jean. Je me suis accrochée à mon ami, et nous avons pris la fuite…» «Je n’ai jamais vu autant de femmes pleurer», décrit pour sa part Steffi, travailleuse sociale de 31 ans. Arrivée elle aussi peu après minuit des environs de Cologne en train, elle est frappée par «la forte concentration d’hommes jeunes, d’apparence maghrébine, pour beaucoup ivres» qui se trouvent dans la gare. «Salope», «sale pute»… rapidement les insultes pleuvent. Dans un coin, une très jeune fille blonde pleure, le collant déchiré, la jupe de travers. Une femme de 60 ans raconte «avoir paniqué» lorsqu’elle s’est retrouvée «encerclée par de très jeunes hommes d’allure moyen-orientale», cherchant à lui toucher les seins ou à lui mettre la main dans le pantalon. Sous le coup de la peur, elle n’a pas remarqué la disparition de son porte-monnaie.


La plupart des agressions ont eu lieu à proximité de la gare centrale de Cologne © AFP MARKUS BOEHM

A Hambourg, un étudiant de 25 ans, Krill, assiste à trois scènes similaires en quelques minutes. «J’ai eu l’impression que ces hommes s’étaient donné le mot, qu’ils avaient décidé de se lâcher…» Plus de 100 femmes ont porté plainte depuis, pour vol et agression sexuelle, une pour viol. Toutes ont raconté avoir été encerclées par des groupes d’une dizaine à une vingtaine de jeunes hommes aux environs de la gare de Cologne. Les agresseurs, âgés de 15 à 35 ans et d’apparence maghrébine selon les victimes, se sont livrés à des attouchements, avant de voler portable ou sac à main. Des scènes similaires se sont également produites à Hambourg (une douzaine de plaintes) et Stuttgart.

«Nous avons affaire à une forme de criminalité organisée d’un type inédit», dénonce Wolfgang Albers, le patron de la police de Cologne, choqué du caractère systématique et du nombre important des agressions. On sait, à ce stade de l’enquête, qu’un millier de jeunes, pour la plupart ivres, se sont mis à jeter des pétards et des feux d’artifice dans la foule depuis le sommet des marches du parvis de la cathédrale peu après minuit, provoquant une première intervention des forces de l’ordre. «Les hommes se sont alors dispersés dans le noir en petits groupes», explique le porte-parole des forces de l’ordre.

C’est à partir de ce moment, entre minuit et 4 heures du matin, que se seraient produites la plupart des agressions. «On ne peut pas parler de 1 000 agresseurs, tente de rassurer la police de Cologne. Mais il est certain que les agresseurs se trouvaient parmi ce groupe d’un millier de jeunes hommes d’allure étrangère.» La police ne croit pas que les agressions de la Saint-Sylvestre soient le fait de demandeurs d’asile mais plutôt d’une ou plusieurs bandes de petits criminels maghrébins installés de longue date en Allemagne et pour certains déjà connus des forces de l’ordre. Le fait que certains aient parlé allemand confirmerait cette hypothèse.

Pourquoi l’affaire n’a-t-elle éclaté au grand jour que mardi ?

Au petit matin du 1er janvier, la police de Cologne, visiblement dépassée, dressait un bilan «positif» de la nuit de la Saint-Sylvestre : «Comme l’an passé, les festivités sur les ponts du Rhin, dans le centre de Cologne et de Leverkusen se sont déroulées de façon pacifique», annonce le communiqué officiel des forces de l’ordre. Plus tard dans l’après-midi, la police dresse un premier bilan de 30 plaintes de jeunes femmes agressées. Lundi, on passe à 60 plaintes. Le communiqué officiel parle cette fois de «violences d’une dimension inédite». Mardi, les cercles du pouvoir à Berlin prennent la mesure du scandale. Depuis, autorités fédérales et régionales se renvoient la balle. Le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, accuse la police de Cologne de «négligences». «J’attends des explications urgentes : ces agressions étaient-elles organisées ? S’agissait-il de Nord-Africains ? Et comment la police a-t-elle pu prétendre le lendemain que la nuit avait été paisible ?»

Rainer Wendt, président de DPolG, un syndicat de la police, s’en prend lui au gouvernement : «Où se trouvaient les renforts de la police fédérale qui étaient prévus à Cologne le soir de la Saint-Sylvestre ? Dépêchés en Bavière, pour surveiller les frontières !» A Cologne comme à Hambourg, les forces de l’ordre ont visiblement été débordées par l’afflux de fêtards. Les jeunes femmes agressées rapportent toutes ne pas avoir noté de présence policière particulière à proximité. Une policière en civil ce soir-là figure même parmi les victimes.

Comment réagissent les autorités ?

Cette vague d’agressions provoque une vive émotion en Allemagne. Gouvernement et opposition condamnent les agressions. Tout en s’inquiétant du risque de stigmatisation des réfugiés. Depuis des mois, le débat politique se crispe en Allemagne autour de la question des migrants, à la veille de cinq scrutins régionaux en mars et en septembre. Le succès de mouvements tels que Pegida, ou la progression du petit parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AFD) expliquent la grande prudence de la classe politique sur la question des réfugiés. «Ces succès montrent qu’une partie importante de l’opinion se distancie des valeurs de la Constitution», souligne le politologue Timo Lochocki.

Mardi, la chancelière, Angela Merkel, se disait «outrée par ces agressions abjectes et ces attaques à caractère sexuel», exigeant «une réponse sans faille de l’Etat de droit». «Nous devons tout mettre en œuvre pour retrouver les coupables sans délai, et les punir sans considérer leur apparence, leurs origines ou leur histoire personnelle», a précisé son porte-parole Steffen Seibert. Comme lui, la plupart des commentateurs, sans les citer, tentent de dissocier les agressions de la vague de demandeurs d’asile entrés en Allemagne depuis la fin du mois d’août. «On ne peut pas prétendre que ce genre d’agressions soit typique des Arabes ou des réfugiés, estime la verte Claudia Roth, vice-présidente du Bundestag. Il s’agit de violence masculine, et d’une tentative d’exploiter la Saint-Sylvestre comme si c’était une période de non-droit.» «Le fait que des personnes d’origine étrangère soient associées à ces faits ne doit pas conduire à ce que les réfugiés soient systématiquement soupçonnés», insiste le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière.

L’affaire sert-elle l’extrême droite ?

Le mouvement anti-islam Pegida et le petit parti AFD se sont déjà engouffrés dans la brèche. «Il est maintenant évident que la politique d’Angela Merkel a provoqué une crise dramatique, estime le président de l’AFD pour le Bade-Wurtemberg, Jörg Meuthen, à deux mois des élections régionales à Stuttgart. Les excès de violence de la Saint-Sylvestre sont les premiers effets d’un mélange explosif d’immigration incontrôlée, de défaillance de l’Etat de droit et de déni du politique.» La présidente de l’AFD, Frauke Petry, dénonce «des agressions rappelant la situation d’absence de droit qui régnait en Allemagne à la fin de la guerre».

Jusqu’à un million de femmes avaient alors été victimes de viols, commis par des Soviétiques dans l’est du pays. «Si des demandeurs d’asile ou des réfugiés se livrent à de telles agressions, il s’agit d’une éclatante trahison des valeurs de l’hospitalité et cela doit conduire à la fin immédiate de leur séjour en Allemagne», estime pour sa part Andreas Scheuer, secrétaire général de la CSU, la branche bavaroise et conservatrice du parti d’Angela Merkel. La CSU réclame la limitation à 200 000 par an des nouvelles arrivées. En 2015, l’Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile.




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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL   Dim 21 Fév - 1:23


Kaimono-Boogie [Boogie au marché]

Shizuko Kasagi 1950



remake 2010 UA



remake 2015 Cayo Kuwada



paroles
(japonais populaire du Kansaï)

Kyou wa asa kara watashi no ouchi wa tenya wanya no oosawagi
Bon to shougatsu issho ni kita yo na ten te furumai no isogashisa
Nani ga nandaka sappari wakarazu dore ga dore yara sappari wakarazu
Nanimo kikazu ni tonde wa kita kedo
Nani wo kau yara doko de kau yara
Sore ga gotcha ni narimashite
Wate honma ni you iwan wa
Wate honma ni you iwan wa

Tama no nichiyo sandii to iu no ni nani ga inga to iu mono ka
Konna ni takusan kaimono tanomare hito no meiwaku kangaezu
Aru mono nai mono teatari shidai ni hito no kimochi mo shiranaide
Wate honma ni you iwan wa
Wate honma ni you iwan wa

Nani wa tomoare kaimono hajime ni sakanaya-san e tobikonda
Tai ni hirame ni katsuo ni maguro ni buri ni saba
Sakana wa toritate tobikiri joutou kainahare
Ossan kau no to chigaimasu
Sashimi ni shitanara oishikarou to omou dake
Wate honma ni you iwan wa
Wate honma ni you iwan wa 

Torikai akagai tako ni ika ebi ni anago ni kisu ni jako  
Wasabi wo kikasete osushi ni shitanara 
Nambo ka oishikarou 
Nambo ka oishikarou 

Okyaku-san anata wa ittai nani wo kaimannen
Sousou watashi no kaimono wa sakana wa sakana demo
Ossan shake no kanzume omahen ka
Wate honma ni you iwan wa aho kai na

Choudo tonari wa yaoya-san
Ninjin daikon gobou ni renkon
Popai no osukina hourensou
Tomato ni kyabetsu ni hakusai ni 
Kyuuri ni shirouri boke nasu kabocha ni
Tokyo negi negi boogie woogie 

Kaimono Boogie

Botan to ribon to ponkan to
Matchi ni saidaa ni tabako ni jintan
Yayakoshii yayakoshii yayakoshii yayakoshii aa yayakoshii
Chotto ossan konnichiwa chotto ossan kore nambo 
Ossan imasu ka kore nambo
Ossan ossan kore nambo ossan nambo de nambo ga ossan
Ossan ossan ossan ossan ossan ossan ossan ossan
Ossan ossan ossan ossan

Mimi fujiyuu dekigoe mahen
Wate honma ni you iwan wa
Wate honma ni you iwan wa 
Aa shindo

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à travers les différentes versions télévisées de cette chanson populaire dont le succès n'a pas cessé depuis la fin des années 1940, on peut se faire une certaine idée du Japon...
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