PATLOTCH / COMMUNISME et CIVILISATIONS

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 PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   Mar 3 Oct - 6:40


Selon une étude de l'association des petits frères des Pauvres, 300 000 personnes de plus de 60 ans sont dans un isolement extrême. C'est l'équivalent d'une ville comme Nantes. Cela signifie qu'elles ne voient plus leurs familles, leurs amis et qu'elles ne parlent pas, non plus, à leurs voisins.


Une femme retraitée sur deux habitant seule vit sous le seuil de pauvreté
Crédits : Fanny Berriau

Citation :
Selon un rapport publié ce jeudi par l'association "Les petits frères des Pauvres", l'isolement et la solitude s'accentuent de plus en plus lorsqu'on vieillit. Et les premières concernées sont des femmes, de plus de 75 ans, avec des revenus modestes. Témoignages et analyse en ce dimanche journée internationale des personnes âgées.

"J'ai peur qu'on me retrouve morte chez moi, 6 mois après"

Simone a 83 ans. Cette parisienne vit dans le 8e arrondissement de Paris. Elle vit seule dans un petit studio de 16 mètres carrés. Ce qui est dur pour la vieille dame, c'est d'être éloigné de son petit frère : il habite à plus de 2h30 de son appartement. Mais aussi, de ne plus pouvoir danser. La danse représentait toute sa vie :


Citation :
Ma vie c'était la danse, je n'avais pas le temps de faire autre chose (...) Bien souvent, c'est triste quand on est seul. Personne ne vient me voir, je n'ai plus personne. J'ai horreur d'être entre quatre murs, donc, si il fait beau, je vais dehors sur un banc public. J'ai peur qu'on me retrouve morte, six mois après, chez moi.

Ce qui caractérise les personnes souffrant d'isolement ou de solitude est le fait de moins sortir : une personne âgée sur trois ne sort pas de chez elle tous les jours. Plus on vieillit, plus on a du mal à se déplacer : 10% des plus de 85 ans restent chez eux.

Un tiers des Français de plus de 60 ans n'a plus personne à qui parler de ses problèmes personnels

Jean, 77 printemps, vit lui aussi seul à Paris. Son quotidien se résume à écrire et à dessiner dans son appartement. Le vieil homme accepte sa solitude. Il l'explique très simplement :


Citation :
J'ai écrit des romans et encore d'autres livres, tout cela m'a conduit à une solitude logique par rapport aux critères de la société dans laquelle on vit. Je sens que quelque chose est faux dans cette société, je me sens en porte à faux vis à vis de celle-ci à cause de ma solitude.


Une femme retraitée sur deux habitant seule vit sous le seuil de pauvreté

Selon cette étude, les femmes de plus de 60 ans sont très touchées par la solitude et l'isolement. Des femmes qui ont une plus grande espérance de vie que les hommes. Veuves ou pas, elles finissent donc par être seules dans leur maison. Cette "mort sociale" s'accentue aussi en fonction des revenus : moins on a d'argent, moins on a de contacts avec ses voisins ou ses amis. Michel Billé, le sociologue de ce rapport, précise :

Citation :
Pour développer la "silver économie" , il convient de présenter les vieux comme plein de pognon. Ils pourront prendre l'avion, le bateau, partir en vacances aux sports d'hiver ou à la mer. Même si toutes les personnes âgées ne sont pas pauvres. Cette situation de précarité et de pauvreté vient encore accentuer le phénomène d'isolement. Comment faire pour acheter un moyen de communiquer pour éviter l'isolement ? Comment voyager, retrouver des amis ? Cette situation de précarité vient compliquer énormément la situation.

"On aurait dit il y a quelques années exclusion, "mort sociale", je trouve le terme terrible mais il faut accepter de le regarder en face"

Pourtant, selon cette étude, la solitude et l'isolement n'entament pas le moral des plus de 60 ans. Ils sont 88% à se dire heureux dans la vie. Ils sont même plus satisfaits que l'ensemble des Français (seulement 82% se disent heureux).

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   Mar 10 Oct - 18:13


La dernière étude de l’Insee sur les niveaux de vie met en relief un contraste saisissant entre les quartiers.


Le quartier Wilson de Reims figure parmi les quartiers les plus pauvres de Reims
Photographe: Archives / Frederic Canon

Citation :
Neuf ans après le début de la crise économique de 2008, certains indicateurs économiques laissent penser que la situation économique s’améliore. Une tendance moins évidente lorsque l’on s’attarde sur les richesses par quartier.

Si la catégorie de population la plus aisée (10 % de la population française) voit son niveau de vie encore augmenter (de +1,4 à +2,3 %). Les plus pauvres, par contre, continuent de souffrir.

Quand on passe les quartiers des communes de plus de 10 000 habitants, dont celles de nos territoires, au microscope la situation est encore plus parlante. La Gazette des communes a scruté ces chiffres livrés par l’Insee. Attention, les quartiers mentionnés dans cette étude ne reprennent pas les frontières administratives mais correspondent aux zones « iris » (îlots regroupés pour l’information statistique par l’Insee).

Si ce média appelle à se «  méfier de la caricature  ». Le seuil de pauvreté ne voulant pas dire que toutes les personnes répertoriées vivent dans la misère. La concentration de populations défavorisées a «  des conséquences évidentes au niveau local sur l’école, la politique du logement, ou encore de l’emploi  ».

La pauvreté concentrée en centre-ville


Les statistiques de l’Insee révèlent que les populations les plus pauvres ne sont pas agglutinées en périphérie comme cela a été plusieurs fois affirmé mais en pleine ville (jusqu’à 70 à 80 % de la population dans certains quartiers de France métropolitaine).

Un constat déjà dressé par l’institut de la statistique en 2015, d’après des chiffres de 2012. Les villes-centres étaient les plus touchées par la pauvreté (19,5 %) dans les pôles urbains par rapport aux banlieues (13,9 %).

Dans la Marne, l’Aisne et les Ardennes, les quartiers sont loin des 80 % de taux de pauvreté du quartier Jean-Perrin, à Nîmes, mais ils sont plusieurs à compter une majorité de défavorisés.

Dans la Marne

La ville de Reims fait partie de la première moitié des cent plus grandes villes françaises les moins pauvres. Elle est classée au 45e rang mais son taux de pauvreté reste néanmoins supérieur à la moyenne nationale, avec 21,1 % soit 34 000 personnes sur 159 991.

Mais, dans le détail de certains quartiers, les taux explosent.

Les populations les plus pauvres sont concentrées dans trois quartiers du sud de la ville : Pays de France-Est avec un taux de pauvreté de 64,8 % soit 1 247 personnes sur 1 924, Croix du sud-sud-ouest avec un taux de 63,6 %, soit 1 655 personnes sur 2 602 et Pays de France-Centre avec un taux de 57,2 % soit 1 137 personnes sur 1 988.

À noter que le quartier rémois Pays de France-Est est le 27e quartier le plus pauvre de France sur 257 de 105 communes selon les statistiques.

Wilson nord, Châtillons centre et Croix-Rouge université centre-est arrivent juste après avec des taux de revenus bas déclarés (60 % du revenu médian, moins de 1 015 euros mensuels) respectivement à 65,9 %, 62,4 % et 64,6 %.

Comment ces chiffres se traduisent-ils dans les autres villes importantes de la Marne ? À Vitry-le-François, c’est le quartier Fauvarge qui compte le plus de bas revenus avec un taux de 45,2 %.

À Épernay, Bernon Bellenoue-centre (66 %) et Vignes blanches Beausoleil Ouest (44,5 %) constituent les quartiers les plus pauvres. Un contraste saisissant, par exemple, avec le quartier Coteaux nord-ouest-sud qui ne compte que 13,5 % de la population déclarant des revenus inférieurs à 60 % du revenu médian.

Enfin, à Châlons-en-Champagne, ville préfecture, les populations les plus pauvres se retrouvent dans les quartiers entourant le centre-ville : Verbeau (52 %), Schmit (49,1 %), Bidée (49,1 %), Laforest (48,8 %), Oradour (47,4 %) et Vallée Saint-Pierre (41,9 %).

Le taux de pauvreté par villes 2013
: graphique dans l'original

Dans l’Aisne

À Laon, le quartier Centre social concentre à lui seul 80,4 % de personnes pauvres (887 sur 1 409 habitants). À Saint-Exupéry Moulin Roux ce taux est de 64,1 % et 60,2 % à La Fontaine.

À Soissons, le quartier Presles 2 est également fortement concerné. Parmi les 1674 résidents, 1 035 sont désignés comme pauvres soit 61,7 %.

La proportion de pauvres dépasse largement les 60 % dans certaines zones de Saint-Quentin telle que le quartier Europe-Remicourt.

Du côté de Château-Thierry, les taux sont moindres : 34,3 % pour le centre-ville, 25 % à Mare Aubry et 15,5 % à Gerbois-Saint-Martin.

Les proportions augmentent à nouveau dans les petites villes du département. Dans le quartier Nord-Ouest de Chauny les pauvres constituent la moitié de la population (49,9 %). Même constat dans une partie du centre-ville de Tergnier (47,9 %) ou dans le quartier du Viviers à Villers-Cotterêts (46,9 %).

Dans les Ardennes


À Charleville, les chiffres sont éloquents. Si l’on retient uniquement les villes de plus de 10 000 habitants, le quartier de la Ronde Couture ferait partie des zones les plus pauvres de France.

Avec un taux de pauvreté de 60,1 %, le centre du quartier serait ainsi le 59e plus pauvre de France. Au total, l’étude recense 1 070 «  personnes pauvres  » contre 1 748 pour le sud-est du quartier (56,30 % de taux de pauvreté) et 1 107 pour le sud de Manchester (51,9 %).

Et dans plusieurs quartiers de Sedan, la moitié des habitants vivent avec moins de 1000 euros par mois. 50 % au centre, 59,5 % pour la Zup et 46,7 % à Torcy.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   Mer 11 Oct - 3:50


Study finds 58% of city’s residents in poverty are living in working households compared with 28% two decades ago. More than half of the 2.3 million Londoners living in poverty are members of households in which someone is earning money, research has found.


The top 10% of households in London own just over half the city’s wealth,
while the bottom 50% own 5%. Photograph: Dominic Lipinski/PA

graphiques et courbes dans l'original
Citation :
The overall poverty rate in London has fallen slightly from 29% to 27% over the past six years, because of rising employment levels, but having a job is not enough to protect a huge number of residents from financial hardship.

According to a study by the Trust for London, 58% of Londoners who are in poverty are living in a working family, the highest this figure has ever been. The proportion is up from 44% a decade ago and 28% two decades ago.

Mubin Haq, director of policy at the Trust for London, which works to tackle poverty and inequality in the capital, said: “Despite record levels of Londoners in work, poverty rates have only nudged down slightly over the last few years. Over 2 million Londoners are struggling to make ends meet. That’s more than the entire populations of Manchester, Liverpool, Bristol and Newcastle combined. The reality remains, that for many work does not pay enough, or offer the security that people need.”

The report also shows that wealth inequality is more extreme than income inequality in London, with the top 10% of households owning just over half the city’s wealth, and the bottom 50% of households owning 5%. The amount of wealth held by the bottom tenth of households decreased by a third in London between 2010–12 and 2012–14, whereas across Great Britain it fell by just 2%.

The high cost of housing in the capital largely explains the higher rate of poverty in London (27% of Londoners, compared with 21% across England). The rising cost of rents and the lack of availability of social housing mean that more people in poverty now live in the private rental sector than in any other kind of housing tenure, nearly 1 million; the number of children living in poverty in this sector has tripled over the past 10 years.

Low pay and insecure employment are both contributory factors. In the last decade, weekly pay in London has fallen, and a larger proportion of people were earning less than £200 a week in 2016 than in 2006, the study shows. The number of workers in London on temporary contracts was at an all-time high in 2016 (260,000), and the proportion of those on a temporary contract who were looking for full-time work had risen from one in four to one in three in the past decade.

Overall, 700,000 children (37%), 1.4 million working-age adults (24%) and 200,000 pensioners (19%) live beneath the official poverty line. Households whose income after housing and taxes have been deducted is below 60% of the median income are counted as being in poverty, according to the official government definition.

Although the poverty rate has fallen slightly, the number of people living in deep poverty (defined by those surviving on less than 50% of median income, rather than 60%) has risen by 1.5% in the past five years. About 8,100 people were recorded sleeping rough in 2016-17, almost three times the number in 2006. There has also been a huge jump in the number of families living in temporary accommodation, arranged by the local authority. There were 54,000 households in temporary accommodation in the first quarter of 2017, a 48% increase on five years previously.

The number of people receiving out-of-work benefits has fallen substantially from the post-recession peak of about 700,000 in 2009 to 470,000 in 2016, but the report notes that only 41% of unemployed adults receive unemployment benefit. The number of families affected by the benefit cap has risen from 8,900 to 15,300 since the cap’s threshold was lowered in 2016.

The Treasury has been approached for comment.

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   Dim 1 Avr - 16:04


loin du bruit politique et des analyses dites "de classe" qui font l'impasse sur les inégalités sociales dont elles sont pourtant le produit de l'affrontement (ou pas), une analyse modeste, mais percutante. À suivre sur tweeter, plus riche d'infos que nombre de comptes militants : Observatoire des inégalités @Obs_ineg


Inégalités : comment expliquer l’hypocrisie de la gauche ?
Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des Inégalités 22 février 2018

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». La bourgeoisie culturelle s’enflamme de façon aussi ardente qu’hypocrite contre les inégalités. Au fond, elle n’a pas grand-chose à faire des catégories populaires. Comment expliquer cette situation ? Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Citation :
Le débat sur les inégalités en France est marqué par une profonde hypocrisie. Les grandes envolées lyriques, souvent à gauche de l’échiquier politique, cachent mal une indifférence au sort des catégories populaires [1]. Il ne suffit pas de dénoncer ce grand écart entre les discours et les actes, il faut aussi essayer d’en comprendre les raisons.

« Voulons-nous vraiment l’égalité ? »
s’interrogeait en 2015 le philosophe – et président de l’Observatoire des inégalités – Patrick Savidan [2]. Qui est ce « nous » ? Certainement pas les « libéraux-conservateurs » qui, fidèles à leur idéologie, estiment que la liberté prime sur tout et que l’égalité est au fond un sous-produit. Bien davantage les « progressistes » qui affirment que, sans l’égalité, la liberté ne peut se construire.

Si l’hypocrisie existe en matière d’inégalités sociales, elle vient donc de la gauche, et plus précisément d’une forme de « bourgeoisie culturelle ». Diplômée [3], elle occupe les centres de pouvoir au niveau national comme au niveau local, dans l’univers politique, médiatique, associatif ou professionnel. Cette bourgeoisie culturelle vote le plus souvent à gauche, parfois jusqu’à l’extrême. Mais tout en tenant un discours très virulent contre les inégalités, elle s’intéresse surtout à l’école de ses enfants (la reproduction des inégalités dans le temps), à ses loisirs (la maîtrise de son temps) ou à son environnement (bien manger, bien respirer, etc.). Le sort des ouvriers qui travaillent à la chaîne ou des caissières n’est pas vraiment son problème. Elle célèbre la « mixité » (sociale, ethnoculturelle, etc.) tant qu’elle s’applique aux autres catégories et n’envahit pas ses quartiers.

Pour défendre leurs privilèges, ces bourgeois culturels jouent sur plusieurs registres, qui peuvent être différents en fonction de leur position, plus ou moins à gauche. Tout d’abord, ils mettent en avant les inégalités qui ne bousculent pas leur pouvoir en tant que groupe social : écarts entre les sexes, les générations, les inégalités territoriales et les discriminations. Redécouvertes, ces « nouvelles inégalités » envahissent les discours et occupent le terrain pour faire paravent aux inégalités entre groupes sociaux. Ensuite, cette bourgeoisie de gauche joue les victimes. La dramatisation des discours qu’elle tient, autour de la crise et de la précarité, a une fonction. Si précarité, déclassement, mauvaises conditions de travail et chômage touchent tout le monde, ils ne touchent plus personne en particulier. Quand la crise est partout, elle n’est nulle part. Les « vrais » riches, les profiteurs, ce sont ceux qui se situent un cran au-dessus d’elle en termes de niveaux de vie, une poignée d’ultra-fortunés capitalistes qui maîtrisent le monde (les fameux 1 % les plus riches) et qu’elle déteste (tout en faisant partie de ces 1 % les plus riches au niveau mondial). Son ennemi lui vient aussi de l’extérieur, notamment de la « mondialisation capitaliste » emmenée par ces super-riches. Enfin, une part croissante de ces privilégiés est sensible aux discours xénophobes sur l’incompatibilité culturelle d’une partie des immigrés [4] (les Arabes et les noirs, disons les choses clairement) et l’exprime plus ou moins ouvertement.

Comment en est-on arrivé là, alors que cette bourgeoisie culturelle a longtemps été aux avant-postes de la lutte contre les inégalités sociales et de la critique des rapports de domination entre les groupes sociaux que l’on osait appeler autrefois « classes sociales » ? Dénoncer l’hypocrisie n’empêche pas d’essayer d’en comprendre ses ressorts profonds. Ils sont multiples.

Les ressorts de l’hypocrisie
L’embourgeoisement des organisations qui représentaient le camp de l’égalité sociale est la première explication qui vient à l’esprit. Les associations, les instances dirigeantes des syndicats et les partis politiques sont de plus en plus des regroupements de personnes diplômées. Le déclin du parti communiste, qui était le parti le plus ouvert aux ouvriers, a accentué un processus plus général d’embourgeoisement de l’ensemble de la gauche. Le parti socialiste est devenu au fil du temps encore plus un parti de notables issus de la « méritocratie ». Cette explication a une portée limitée. Elle idéalise le bon vieux temps de la politique alors que les instances dirigeantes des partis n’ont jamais été représentatives de la société. Surtout, elle débouche sur une question similaire : pourquoi ces organisations se sont-elles embourgeoisées ?

Les dirigeants du parti socialiste, au cœur des majorités de gouvernement, ont une grande part de responsabilité dans cette situation. Non qu’ils soient restés inactifs : des 39 heures, puis 35 heures, aux mesures récentes contre le temps partiel contraint ou à la meilleure prise en compte de la pénibilité du travail, en passant par le développement de l’enseignement supérieur technique, leur bilan est loin d’être nul. Mais faute de n’avoir jamais respecté leurs engagements électoraux. Par crainte d’aliéner la frange supérieure diplômée de son électorat, ils n’ont jamais osé mener une réforme d’ampleur de l’éducation qui aurait pu réduire les écarts entre les milieux populaires et les autres. Les conservateurs de l’école ont, au fond, toujours gagné. Accédant trois fois au pouvoir sous la Ve République (1981, 1997 et 2012), ils ont à chaque fois retourné leur veste en matière de politique fiscale et budgétaire, se privant des moyens de moderniser la France en répondant à des besoins sociaux concrets [5]. Les volte-face de 1983 (la rigueur) et de 1997 (les baisses d’impôts) pouvaient s’expliquer par la situation économique (la faible croissance en 1983, son excès en 2000). Le basculement de 2014 a définitivement désorienté ceux qui y croyaient encore et décrédibilisé durablement le parti socialiste qui aurait pu être au cœur d’une politique de réduction des inégalités.

Le transfuge récent d’une partie des élites de la gauche vers La République en marche constitue une forme de « coming out » qui réduit l’hypocrisie de cette composante de la bourgeoisie culturelle [6]. Elle n’a plus besoin de faire semblant de s’opposer aux inégalités, elle est passée aux « premiers de cordée » qui doivent montrer l’exemple de la réussite individuelle. Une partie de la gauche est passée du camp social démocrate au camp libéral (au sens économique).

L’hypocrisie actuelle repose également sur d’autres ressorts. Des facteurs idéologiques [7] : si l’on met autant en avant les « nouvelles inégalités », c’est que la brutalité du raisonnement marxiste d’hier les a longtemps occultées. « Lutte des classes, pauvres et riches, ouvriers et patrons, ont fait les beaux jours de ceux et celles qui analysaient notre société […] reléguant plus bas celles résultant d’autres caractéristiques », résume la politologue Janine Mossuz-Lavau [8]. Toute une partie des inégalités, de genre ou liées à la couleur de peau notamment, était passée sous silence. Elles s’invitent d’autant plus fortement dans le débat. L’ampleur du mouvement actuel contre la domination masculine s’explique par la violence de cette domination. Une forme de retour de bâton.

C’est plus que cela. Les transformations sociales accélérées depuis les années 1970 ont débouché sur une grande confusion. L’élévation des niveaux de vie a entraîné une amélioration des conditions d’existence des plus démunis jusqu’au milieu des années 2000. Sur cette base, certains n’ont pas repéré le déplacement des formes de la distinction sociale. La « moyennisation » et l’homogénéisation des modes de vie ont brouillé les pistes. Parfois par incompréhension des évolutions, parfois de façon beaucoup plus volontaire, pour occulter les formes de domination sociale.

Les catégories sociales les plus favorisées veulent profiter pleinement de l’avènement de la société de consommation tout en la critiquant. Pour cela, elles ont notamment besoin du temps des autres, qu’elles achètent sous des formes très variées : femmes de ménage, gardes d’enfants, hôtellerie, restaurants, transports, commerces, etc. Elles profitent d’avoir une main d’œuvre flexible et dont les temps sociaux sont désynchronisés, qui constitue le cœur des catégories populaires. Au nom de la « modernité », cette bourgeoisie culturelle revendique la précarité et le travail à la tâche (sous couvert de la célébration de la « révolution numérique ») pour les autres, moins qualifiés, pour qui ce serait la seule solution pour in fine accéder à la consommation, comme elle. C’est le sens des différentes lois sur le travail votées ces dernières années.

Un contexte économique tendu
En même temps, la stagnation de l’activité économique rend les choix de répartition des revenus tendus. En période de progrès, on pouvait donner un peu plus aux plus démunis tant que sa propre part augmentait. Depuis 2008, le revenu global stagne et le combat pour récupérer sa part devient de plus en plus âpre. Quand il faut trancher, ce que l’un gagne, l’autre le perd. Les oppositions deviennent plus fortes, chacun justifiant ses mérites avec un poids inégal dans l’espace public. Les catégories favorisées, et pas seulement la grande bourgeoisie économique [9], sont mobilisées pour défendre leurs intérêts (leurs revenus, mais aussi leur école, leur environnement, etc.).

Un dernier facteur joue, plus rarement évoqué, celui du rôle de l’école. Une grande partie des 16 % de la population qui ont un diplôme supérieur à bac + 2 ne se pense pas « bourgeoise » et n’assume pas son pouvoir de domination [10]. C’est contre nature. Ceux que l’on devrait appeler les « bocus » (pour bourgeoisie culturelle) méprisent le concept de « bobo » (pour « bourgeois bohème »), fourre-tout et qui n’a pas grand-chose de bohème, mais révélateur. Cette bourgeoisie culturelle fait tout ce qu’elle peut pour occulter le rôle du capital culturel en matière de domination sociale. Pour elle, les « déclassés » (ces diplômés qui ne s’insèrent pas) ont, par exemple, beaucoup plus d’importance que les non-classés, ces non-diplômés qui n’accèdent à rien.

Au-delà, le processus d’allongement des scolarités depuis les années 1980 a un double rôle. L’école émancipe : l’élévation du niveau d’éducation donne aux enfants des catégories populaires davantage d’armes pour défendre leurs intérêts. En même temps, elle constitue un puissant ciment qui solidifie les inégalités. Les titres scolaires offrent une légitimité nouvelle à ceux qui les détiennent : les inégalités sont de plus en plus assises sur un processus qui relève d’un cocktail fait du mérite personnel, de l’intelligence et du travail. L’emprise du diplôme [11] – la croyance collective dans sa valeur – rend plus forts ceux qui le détiennent. La caissière n’intéresse pas parce que c’est une femme, mais surtout parce qu’elle n’a pas « réussi » à l’école. L’énarque et le normalien sont auréolés d’un prestige sans commune mesure avec celui qui aura réussi par la force du poignet dans l’entreprise. Tout le monde y croit dur comme fer. On comprend que cette bourgeoisie culturelle bloque toute réforme scolaire d’ampleur. De la même façon que la bourgeoisie économique agite le chiffon rouge de « l’égalitarisme » à chaque tentative de réduction des inégalités de revenus, la bourgeoisie scolaire s’insurge contre le « nivellement par le bas » à chaque tentative de démocratisation scolaire. Son crédo est « l’élitisme républicain », qui n’a jamais été autre chose qu’un élitisme social accompagné de quelques figures méritantes bien mises en avant. Au fond, son goût pour la compétition scolaire est le pendant de celui de la bourgeoisie économique pour la concurrence : elle a été contaminée par l’idéologie du marché tout-puissant.

L’hypocrisie de la bourgeoisie culturelle repose sur un grand nombre de facteurs, plus ou moins justifiables. Elle-même est tiraillée, composée de sous-groupes différents allant des libéraux aux altermondialistes. De la lutte pour la démocratisation de l’école au soutien aux populations migrantes en passant par le combat contre le mal-logement, la résistance existe grâce à l’investissement d’une frange de cette bourgeoisie culturelle, souvent la moins favorisée. Des associations à l’enseignement, un grand nombre d’acteurs s’investissent tous les jours pour réduire les écarts entre les milieux populaires et les plus défavorisés, même si c’est rarement eux que l’on entend le plus. Enfin, une partie de la jeunesse est certes diplômée mais détient des titres dévalués sur le marché du travail. Elle se trouve sévèrement déclassée et exprime sa frustration.

Une gourmandise qui coûte cher
La gourmandise des plus favorisés a des conséquences. Méprisées, écartées pour partie du progrès des revenus et de l’école, les catégories populaires se manifestent de plus en plus en soutenant l’extrême droite, comme en témoigne la montée en puissance progressive du Front national. Dans de nombreux pays, de l’Autriche à la Pologne en passant par les États-Unis, le populisme a déjà gagné la bataille du pouvoir. En Allemagne, près de 100 députés d’extrême droite siègent déjà au Bundestag. Ce sera le cas demain dans notre pays si le mépris continue.

Deux voies sont envisageables. Les cyniques peuvent penser qu’au fond cette bourgeoisie culturelle est indifférente aux conséquences de son comportement pour les catégories populaires et que, finalement, derrière ses cris d’orfraie à propos des inégalités, elle ne verrait pas tant de mal que cela à l’accès au pouvoir d’un parti nationaliste. Quelles seraient les conséquences concrètes pour elle en effet ? Ce n’est pas le Front national qui remettra en cause les privilèges scolaires dont elle jouit. Le peuple et les élites se mettraient d’accord sur le dos des immigrés (on devrait plutôt dire des Arabes), qui serviraient de bouc émissaire. C’est possible. Les hebdos ou les émissions de débat du soir à la télévision, dirigés par des figures de la bourgeoisie culturelle, sont devenus des supports de la propagande de l’extrême droite, ce qui aurait été impensable il y a dix ans. La dérive d’un nombre croissant d’intellectuels de gauche va dans le même sens, de même que l’indifférence d’une partie des électeurs et dirigeants de la France Insoumise au choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

On peut aussi penser que tout reste à construire dans un monde qui subit une crise structurelle de l’emploi, que le mouvement social n’est pas mort et, surtout, que les valeurs portées par l’immense majorité (pas seulement à gauche) rendent inacceptable la première solution. Que ces catégories sont orphelines d’un projet qui reste à construire, adapté au monde contemporain. « Nos sociétés ne sont pas sans classes, mais sans discours de classe articulant, de manière nouvelle, une explication théorique de ces inégalités à un projet politique de transformation sociale, crédible et vérifiable », analysait le sociologue Claude Dubar [12]. Mais alors, il faudrait se demander qui (ou quel événement) sonnera l’heure du réveil.

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Photo / ©️ Zephyr_p, Fotolia

[1] Dont l’essentiel est constitué d’employés, d’ouvriers et de non-salariés peu qualifiés. Pour aller plus loin, voir « Comment la gauche ’moderne’ a abandonné les classes populaires », Louis Maurin, Le Monde, 8 décembre 2015.

[2] Voulons-nous vraiment l’égalité ?, Patrick Savidan, Seuil, 2015.

[3] Si l’on cherche à préciser, on situera son niveau minimum à la licence pour les années 1980 au master aujourd’hui.

[4] Voir par exemple L’insécurité culturelle, Laurent Bouvet, Fayard, 2015.

[5] Voir « Pacte de responsabilité, une faute historique de la gauche », Louis Maurin, Observatoire des inégalités, 1er septembre 2014.

[6] Une partie de l’électorat traditionnel du parti socialiste a simplement soutenu Emmanuel Macron dans la crainte d’un second tour Fillon-Le Pen.

[7] Pour aller plus loin, voir « Les classes sociales sont de retour ! », Louis Maurin, Observatoire des inégalités, 7 décembre 2015.

[8] Préface de L’égalité sous conditions, Réjane Sénac, Presses de Sciences Po, 2015.

[9] Décrite depuis longtemps par les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans de nombreux ouvrages.

[10] Elle méprise le concept de « bourgeoisie bohème », certes fourre-tout mais révélateur.

[11] Bien explicitée par François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout dans Les sociétés et leur école – Emprise du diplôme et cohésion sociale, Seuil, 2010.

[12] « Sociétés sans classes ou sans discours de classe ? », Claude Dubar, Lien social et politiques, n° 49, printemps 2003.

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   Dim 8 Avr - 14:09



Michael Roberts a écrit:
facebook 4 h

The world’s richest 1% are on course to control as much as two-thirds of the world’s wealth by 2030.
An alarming projection produced by the House of Commons library suggests that if trends seen since the 2008 financial crash were to continue, then the top 1% will hold 64% of the world’s wealth by 2030. Even taking the financial crash into account, and measuring their assets over a longer period, they would still hold more than half of all wealth.
Since 2008, the wealth of the richest 1% has been growing at an average of 6% a year – much faster than the 3% growth in wealth of the remaining 99% of the world’s population. Should that continue, the top 1% would hold wealth equating to $305tn (£216.5tn) – up from $140tn today.
Danny Dorling, professor of geography at the University of Oxford, said the scenario in which the super-rich accumulated even more wealth by 2030 was a realistic one.

Les 1% les plus riches du monde sont sur le point de contrôler autant que les deux tiers de la richesse mondiale d'ici 2030.
Une projection alarmante produite par la bibliothèque de la Chambre des communs suggère que si les tendances observées depuis le krach financier de 2008 devaient se poursuivre, alors le Top 1% détiendra 64% de la richesse mondiale d'ici 2030. Même en tenant compte de l'effondrement financier, et en mesurant leurs actifs sur une plus longue période, ils détiendraient encore plus de la moitié de toutes les richesses.
Depuis 2008, la richesse des 1% les plus riches a augmenté à une moyenne de 6% par an – beaucoup plus rapidement que la croissance de 3% de la richesse des 99% restants de la population mondiale. Si cela continue, le Top 1% tiendrait la richesse assimilée à $305tn (£ 216.5 TN)-en hausse de $140tn aujourd'hui.
Danny Dorling, professeur de géographie à l'Université d'Oxford, a déclaré que le scénario dans lequel les super-riches accumulés encore plus de richesses d'ici 2030 était réaliste.

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   Lun 16 Avr - 17:11


des chiffres utiles, 421 villes de plus de 20 000 habitants sont classées



Quel est le taux de pauvreté dans ma commune ?
Observatoire des ingégalités 13 avril 2018

Où trouve-t-on le plus grand nombre de personnes pauvres ? Le comparateur des territoires du Compas indique le taux de pauvreté des villes de plus de 20 000 habitants. Découvrez le classement de ces 421 villes. Un article de Valérie Schneider, extrait de laGazette.fr.

Citation :
Avec 44 % de pauvres (le taux étant ici calculé au seuil à 60 % du revenu médian), Aubervilliers, dans la banlieue nord de Paris, est la commune où le taux de pauvreté est le plus élevé de France parmi les villes de plus de 20 000 habitants, selon l’Insee (données 2014). C’est trois fois plus que la moyenne nationale (14 %). Au même niveau qu’Aubervilliers, on trouve aussi Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, tout comme Grigny dans l’Essonne et Roubaix (43 %) dans le Nord. La banlieue parisienne est largement représentée dans notre classement avec 13 communes parmi les 20 villes au plus fort taux de pauvreté. Des communes des départements du Rhône (Vaulx-en-Velin), du Haut-Rhin (Mulhouse) ou encore du Pas-de-Calais (Lens) affichent des taux de pauvreté de l’ordre de 32 %.

La plupart de ces communes cumulent deux caractéristiques : elles ont subi les conséquences de décennies de déclin de l’emploi industriel et elles ont accueilli sur leur territoire une part importante de familles de milieux populaires, notamment dans le logement social. Un phénomène très ancien : ces villes sont souvent celles qui ont logé les populations immigrées que l’on a fait venir dès les années 1950 pour répondre aux besoins de l’activité économique. Leur situation sociale est dégradée et le manque d’emplois, notamment pour les plus jeunes, y est prégnant.

Nuançons tout de même ce portrait. Le taux de pauvreté au seuil à 60 % du revenu médian utilisé ici ne décrit pas une population démunie à l’extrême. Le seuil est en effet de 1 000 euros par mois pour une personne seule, ou de 2 500 euros pour un couple avec deux adolescents. On rassemble des populations qui vivent dans le plus grand dénuement et des familles modestes dont la situation économique est très différente. Ensuite, comme pour le chômage, un niveau élevé de pauvreté peut se combiner avec un certain dynamisme économique : les créations d’emplois attirent de nouvelles populations défavorisées en quête de travail. À l’inverse, dans certaines villes, le taux de pauvreté peut être bas parce qu’une partie de la population est partie chercher meilleure fortune ailleurs.

L’échelon de la commune ne dévoile pas tout de la pauvreté de ses habitants. Pour le comprendre, il faut descendre à un échelon encore plus fin, le quartier. À Nîmes par exemple, certains quartiers affichent des taux de 80 %, tout comme le 3e arrondissement de Marseille qui compte 77, 5 % de pauvres.

L’Île-de-France : territoire de contrastes en matière de pauvreté
C’est aussi en Île-de-France que l’on trouve les plus faibles niveaux de pauvreté. C’est le cas, par exemple, de Gif-sur-Yvette dans l’Essonne, du Chesnay dans les Yvelines ou encore Le Plessis-Robinson dans les Hauts-de-Seine avec des taux très bas, de l’ordre de 5 %. La coexistence d’une pauvreté élevée et d’une pauvreté faible sur le territoire francilien montre l’ampleur des écarts dans cette région. Ainsi dans le même département, l’Essonne, le taux de pauvreté est de 5 % à Gif-sur Yvette, tandis que celui affiché à Grigny est neuf fois plus élevé.

Les villes de province où les taux de pauvreté sont les plus bas sont souvent situées à la périphérie d’une grande ville. C’est le cas par exemple de Saint-Médard-en-Jalles (banlieue bordelaise) avec un taux de 6 %, de Vertou et Couëron dans la banlieue nantaise, qui affichent aussi des taux autour de ce niveau. Ces communes qui n’abritent pas beaucoup de pauvres comptent souvent un parc de logement social peu développé, une proximité avec un bassin d’emploi où la part des cadres supérieurs est élevée. Ces villes où la pauvreté est faible ont repoussé vers les autres communes voisines l’accueil des populations les plus modestes.

Paris, ville qui compte le plus de pauvres
Les communes où le nombre de pauvres est le plus élevé sont, logiquement, les communes les plus peuplées : 340 000 pauvres à Paris, 209 000 à Marseille, 75 600 à Toulouse par exemple. L’ordre de taille n’est pas toujours respecté : on compte autant de pauvres à Nîmes (40 500) qu’à Nantes (42 200) dont la taille est pourtant deux fois supérieure. À elles seules, les 20 communes les plus pauvres rassemblent 1,4 million de personnes pauvres, environ un quart des pauvres de l’ensemble des villes de plus de 20 000 habitants.

Quel est le taux de pauvreté dans ma commune ? Une nouveauté
Citation :
Le comparateur des territoires, réalisé par le Compas, bureau d’études spécialisé dans l’analyse des données sociales, en partenariat avec la Gazette des communes et l’Observatoire des inégalités, permet d’accéder à différents indicateurs qui situent les niveaux de vie pour toutes les communes de France métropolitaine. Une nouveauté dans ce comparateur : la mise à disposition du taux de pauvreté pour chaque commune, comparable, comme ces autres indicateurs, à celui de niveau départemental et national.

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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   Ven 17 Aoû - 14:29


SERIE D'ETE (2/3) En cette fin de semaine, « 20 Minutes » vous emmène dans le camping le moins cher de France, à Mélisey (Haute-Saône). Deuxième épisode autour du budget des vacances à La Bergereine…


Au camping de la Bergereine, le moins cher de France,
de nombreuses activités s'organisent directement sur place.

Citation :
« Avant, on allait souvent dans le Midi. Mais c’est devenu beaucoup trop cher. Pour le coût de deux semaines là-bas, on peut quasiment passer quatre mois ici. » A Mélisey (Haute-Saône), la Bergereine n’est pas surnommée ''le camping du cœur'' pour rien. Frédéric et Marie-France Vidberg, venus en voisins d’Héricourt, à 35 km, le prouvent.

Après avoir découvert le camping le moins cher de France à la télé, ces retraités sont comme les autres venus y chercher « calme » et « ambiance » avec leur caravane. Et un prix : 5 euros la nuit par tête, 2 euros pour l’électricité, un euro pour laisser leur installation les soirs où ils retournent dans leur HLM, et pas un centime de plus pour leur petit chien.

[vidéo dans l'original]

« On n’a pas besoin d’un camping 5 étoiles »

S’ils ne se disent « pas les plus démunis », Monique Hanclot et Francis Moeckes, venus de Charmes (Vosges) en camping-car, ont été séduits par les mêmes arguments du gérant, Gégé, sur les ondes : « Dans ses paroles, il s’adresse toujours aux gens aux plus faibles salaires, ceux qui n’arrivent pas à se payer des vacances. »


Après l'orage, des enfants s'amusent sur le terrain du camping le moins cher de France à Mélisey (Haute-Saône).
- B. Poussard / 20 Minutes.

Leurs deux premières semaines ici leur ont coûté 120 euros pour l’emplacement, une cinquantaine d’euros pour les courses et un peu moins en essence pour couvrir les 100 bornes qui les séparent de Mélisey. « De toute façon, on n’a pas besoin d’un 5 étoiles, on est mieux ici, on est tranquilles, on peut tout laisser ouvert », prolonge Monique, 66 ans. « Mais si une famille avec des enfants arrive et que c’est plein, on est prêt à céder notre emplacement. »

Avec deux enfants, Manu et Véro, venus d’Isère, partent en vacances un an sur deux. Grâce aux deux caravanes prêtées sans surplus à la Bergereine, cette semaine du 15 août leur revient à 154 euros pour quatre. Auxquels il faut ajouter près de 60 euros pour le trajet aller, un budget nourriture proche de celui de la maison et quelques sorties.

Des budgets souvent limités et millimétrés

Installée sur le même emplacement depuis désormais douze ans, Cathy, elle, vient de Pont-de-Roide (Doubs) avec sa tante handicapée – dont elle s’occupe – et son petit-fils. Aide à domicile, cette Franc-Comtoise de 53 ans habituée des lieux doit aussi faire attention à ses dépenses afin de passer son mois de vacances à Mélisey :

- 300 euros pour l’emplacement au camping pour eux trois
- une facture d’électricité de quelques dizaines d’euros payée au compteur
- une vingtaine d’euros pour le déplacement
- environ 150 euros de courses alimentaires pour tous les trois
- des sorties souvent peu coûteuses


Cathy, venue du Doubs, est une des plus anciennes habituées du camping de la Bergereine: elle vient depuis plus de 12 ans au camping le moins cher de France.
- B. Poussard / 20 Minutes.

« Ce matin, on a été au magasin Noz et on a pris un McDo pour le petit au retour, mais je n’ai pas les moyens d’aller au restaurant, reconnaît cette femme au grand cœur. L’été, on mange souvent un peu moins, on fait beaucoup de salades, mais on fait souvent les courses au Lidl ou dans d’autres commerces peu chers. » Les activités sont limitées.

Entourée d’amis rencontrés au fil des ans à la Bergereine, Cathy n’hésite pas à couper les cheveux d’un autre campeur ou de réceptionner des appels pour aider les gérants du camping. Sinon, elle passe son temps à discuter, à jouer aux cartes ou aux boules. Son petit-fils d’une dizaine d’années, lui, joue avec d’autres enfants, quand il y en a.


Les habitués du camping de la Bergereine payent 1 euro la nuit (en leur absence) lorsqu'ils veulent garder leur emplacement et, surtout, leur installation, à l'année dans le camping le moins cher de France.
- B. Poussard / 20 Minutes.

Quelques sorties peu dépensières à proximité

Venu avec sa copine et leurs deux enfants au camping où son grand frère Cyril a, lui, décidé de s’installer à l’année (comme deux autres), René, 24 ans, connaît aussi le budget de sa semaine de vacances dans la quiétude : entre 150 et 180 euros (avec tente et sans électricité). « Le camping est simple, mais il y a tout dans le secteur. »


De Haute-Saône, Valérie et René (de gauche à droite) sont venus passer une semaine de vacances au camping de Mélisey, le moins cher de France, où Cyril, au chômage, a décidé de s'installer à l'année.
- B. Poussard / 20 Minutes.

Deux bases de loisirs à proximité, une rivière (au niveau toutefois bien bas en août) et quelques magasins font office de sorties peu dépensières, avec une voiture sans permis peu consommatrice en essence. Sa compagne, Valérie, se réjouit : « Au moins ici, c’est moins cher qu’ailleurs et les gens sont plus sympas. On n’a pas besoin d’aller loin pour les vacances, c’est top. »

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MessageSujet: Re: PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes   

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PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes
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