PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?

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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Dim 31 Mai - 15:21

U.235 a écrit:
vue de l'extérieur du milieu des blogs radicaux, cette polémique n'est pas très intéressante pour la réflexion critique.

j'y reviens en insistant sur un point ; cette "polémique" est dans une catégorie du forum intitulée INDIVIDUS face au Capital, à l'État, dans l'idéologie = ALIÉNATION -> l'individualité vers la communisation. C'est donc dans ce contexte qu'elle prend un sens critique

on ne peut traiter la question de l'individu sans partir d'individus concrets. Ici il est question de dépassement de l'identité militante, de l'objectivisme et du subjectivisme militant, de l'esprit de parti et du sectarisme

que ce soit chez les communistes, les anarchistes ou les communisateurs, c'est la même structure, le même rapport à soi, aux autres, autour d'une certitude : le militant est en avance sur ceux qui ne le sont pas. "Devenez militant !", que Guillon traduit pas  « Comment peut-on être anarchiste ? », et d'autres en écrivant des livres sur leur boutique

Guillon fait allusion à nos échanges privés. Sur la question que je lui ai soumise : anarchiste ou communiste ? A-t-on vraiment besoin d'un nom ? , il n'a rien trouvé à dire. Pourquoi ? Parce que c'est l'inverse de sa posture, et pas compatible avec le contenu et l'objet de son livre. On ne peut prêcher pour sa boutique et sortir à la fois de sa foi

chacun.e voit son étiquette militante comme quelque chose de supérieur, une distinction qu'il arbore comme une médaille, en véritables curés, moines-soldats, missionnaires, qui "anarchiste", qui "communiste", "communisateur", "féministe", "écologiste"... et c'est de ce point de vue égo-centré ou groupo-centré qu'il juge les autres. Partant de là, les œillères sont mises, on ne perçoit pas ses propres limites, et surtout que changer le monde, se changer soi, n'est pas affaire de militants, de noms, d'étiquettes

Philippe Soupault a écrit:
« Un militant doit obéir à des règles... dès qu'un poète veut faire de la politique, il doit s'affilier à un parti et alors, en tant que poète il est perdu... il lui faut dire adieu à sa liberté d'esprit, à l'impartialité de son coup d'œil et tirer au contraire, jusqu'à ses oreilles, la cagoule de l'étroitesse d'esprit et de l'aveugle haine...»
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MessageSujet: écrivains, vrais anarchistes, vrais prolétaires   Lun 1 Juin - 16:54


Cioran, cité plus haut, n'est pas le seul à avoir saisi les limites de la posture anarchiste

cité dans bonnes pages et mauvais esprits : littérature indiscutable

Ernst Jünger, Eumeswil. La table ronde, 1977. Traduction Henri Plard. p 42 et 44

Ernst Jünger a écrit:
« anarchique, chacun l’est c’est justement ce qu’il a de normal. Toutefois, dès son premier jour, son père et sa mère, l’Etat et la société lui tracent des limites. Ce sont là des rognements, des mises en perce de l’énergie innée auxquels nul n’échappe. Il faut bien s’y résigner. Pourtant, le principe d’anarchie reste au fond, mystère dont le plus souvent son détenteur même n’a pas la moindre idée. Il peut jaillir de lui sous forme de lave, peut le détruire ou le libérer.

Il s’agit ici de marquer les différences : l’amour est anarchique, le mariage non. Le guerrier est anarchique, le soldat non. L’homicide est anarchique, mais non l’assassinat. Le Christ est anarchique, saint Paul ne l’est pas. Comme cependant l’anarchie, c’est la normale, elle existe aussi en saint Paul et explose parfois violemment en lui. Ce ne sont pas là des antithèses, mais des degrés. L’histoire mondiale est mue par l’anarchie. En un mot : l’homme libre est anarchique, l’anarchiste ne l’est pas. [...]

L’anarchiste vit dans la dépendance — d’abord de sa volonté confuse, et secondement du pouvoir. Il s’attache au puissant comme son ombre ; le souverain, en sa présence, est toujours sur ses gardes. Comme Charles Quint se trouvait avec sa suite au sommet d’une tour, un capitaine se mit à rire, et, assailli de questions, il reconnut avoir soudain songé que s’il enlaçait l’empereur et sautait avec lui dans l’abîme, son nom serait inscrit d’une encre ineffaçable au livre de l’histoire.

L’anarchiste est le partenaire du monarque qu’il rêve de détruire. En frappant la personne, il affermit l’ordre de la succession. Le suffixe « isme » a une acception restrictive : il accentue le vouloir, aux dépens de la substance […]

La contrepartie positive de l’anarchiste, c’est l’anarque. Celui-ci n’est pas le partenaire du monarque, mais son antipode, l’homme que le puissant n’arrive pas à saisir, bien que lui aussi soit dangereux. Il n’est pas l’adversaire du monarque, mais son pendant.


j'ai cité également deux écrivains sortis du prolétariat : Louis Guilloux et Jean Meckert

c'est à dessein que j'ai ouvert le sujet avec une citation de Guilloux, avec cette précision d'une biographe : « Au moment où le groupe de la NRF s'ouvre ostensiblement à des écrivains d'origine populaire, comme Eugène Dabit, et maintenant Louis Guilloux, il ne convient pas pour autant de ternir l'image de la classe bourgeoise...»

Guilloux était un écrivain, on le voit mal revendiquer d'être considéré comme « écrivain prolétarien », alors que c'était un handicap pour être édité, même par et pour son éditeur : Jean Pauhlan, excusez du peu

Jean Meckert eut pour premier pseudonyme Jean Amila. Explication :
wiki a écrit:
À la demande de Marcel Duhamel, Jean Meckert écrit un roman noir dans la Série noire, Y'a pas de Bon Dieu !, publié en 1950 sous le pseudonyme de John Amila, diminutif de Amilanar que l'auteur avait proposé et qui signifie "effronté" en espagnol ou l'« Ami Anar(chiste) ».

on peut dire que son cas est limite. En tous cas, dans ce que j'ai lu de lui (presque tout ce qui est édité ou réédité), jamais je ne l'ai vu revendiquer d'être « écrivain anarchiste » ou « écrivain prolétarien »

Louis Guilloux et Jean Meckert n'étaient pas du genre à poser
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Mar 2 Juin - 1:31


je l'ajoute ici (pauvre Guillon, ne me pardonne pas) : si mon diagnostic est juste, l'ère Franco-Charlie annonce, après la caducité du démocratisme radical/action directe, l'effondrement du militantisme issu de 1968, toutes étiquettes confondues

particulièrement de l'anarchisme de façade révolutionnaire (ne reste plus qu'une pose et quelques actions d'éclats, le reste est messe d'enterrement), idem le communisme libertaire de parti, l'alternative libertaire de parti, le style CNT-AIT et autres Fédération (sic) anarchiste

on va enfin pouvoir passer aux choses sérieuses, et sortir du folklore militant d'en-haut ou d'en-bas. Mais les partisans de la communisation auraient tord de s'en réjouir, dans la mesure ou leurs méthodes de groupistes sont les mêmes

la vie est ailleurs, la théorie les luttes aussi
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MessageSujet: le raciste Claude Guillon, écrivain anarchiste   Mar 2 Juin - 21:51

Claude Guillon n'est pas mort, la preuve il bande pond encore : Manifestations, deux ans après l’assassinat de Clément Méric contre tous les racismes et le fascisme, égalité et justice sociale

wiki a écrit:
L’affaire Clément Méric est une affaire politique française, qui fait suite à la mort le 5 juin 2013 de Clément Méric, militant d’extrême gauche, membre de l’Action antifasciste Paris-Banlieue et de Solidaires Étudiant-e-s, à la suite d'une rixe avec un groupe de skinheads d'extrême droite.

Claude Guillon a évoqué dans plusieurs textes la mort sous un tir policier de Rémi Fraisse, à Sivens. J'en ai parlé aussi

je n'ai rien lu, sous la plume de Guillon, à propos de Zyed et Bouna, morts en 2005 pour avoir voulu échappé à la police. Rien depuis le procès acquittant non seulement les deux policiers, mais leurs supérieurs hiérarchiques, le Ministère de l'Intérieur : l'Etat français

Zyed et Bouna n'étaient pas anarchistes, pas antifascistes, pas même antiracistes « contre tous les racismes ». Juste deux ados, un Noir, un Arabe. Morts de peur de la violence policière, la même qui a tué Rémi Fraisse, adorable garçon, chercheur, militant écologiste radical, blanc de peau

pour Claude Guillon, l'affrontement essentiel de ce monde a lieu en France, entre groupes anarchistes d'un côté, polices et fascistes/racistes de l'autre : les amis de ses amis, ses ennemis et leurs amis. Les premiers achètent ses livres, les seconds tuent dans les quartiers


Claude Guillon est-il raciste ?
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Mer 3 Juin - 19:43

la preuve que nous sommes « en période non-révolutionnaire » est le succès de ce sujet qui fait un tabac au hit-parade, le plus lu loin devant tous les autres, alors que parti tranquillou, tel le lièvre derrière la tortue des sujets les plus importants

« en période révolutionnaire », les gens ne  s'intéressent pas aux écrivains anarchistes, c'est bien connu

en quoi, Claude Guillon est la Grenouille météo de la période. Ne lisez pas Claude Guillon, comme dit Gilles Dauvé, lisez l'importance que vous accordent les anarchistes

à part ça, un groupe anarchiste annonce sur Indymédia Nantes Création d'un groupe de discussion par mails/à Nantes sur la communisation, le genre et la race ? ils ont mis tout le monde en référence, autrement dit tous ceux qui n'en parlent pas, de la race, TC et toute la bande à Sic, etc. mais pas Patlotch, qui n'a rien dit, rien entendu, rien vu sur le genre, la race, la communisation... depuis 2012

et tout de suite derrière, vachement important, quelqu'un a refourgué : > La "Communisation" mène à tout, même au gouvernement, le texte préféré de Claude Guillon. Les re'v'là en famille, tous ensemble ! tous ensemble ! yé yé yé

les zanarchistes sont les Jaunis Haut l'Idée de la révolution

Ah, les zanarchistes, de nos jours, c'est quelque chose, une sacrée conception de la liberté d'expression, très très française... Ni dieu, ni maîtres, mais cons comme une valise sans poignée
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Cobab
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Jeu 4 Juin - 17:09

« je n'ai rien lu, sous la plume de Guillon, à propos de Zyed et Bouna, morts en 2005 pour avoir voulu échappé à la police. »

Bon, faut quand même pas pousser. Je n'ai rien écrit non plus sur le verdict du procès, ça ne signifie pas que je m'en fous. En 2005, Guillon était assidu à l'assemblée de Montreuil, qui était (à Paris) le seul soutien politique aux émeutiers et a organisé quelques manifs non autorisées mémorables — à l'époque, la Fédération anarchiste signait aux côtés du P«C»F et d'autres citoyens un texte réclamant que la police puisse faire son travail… CG a participé à la rédaction des textes, à leur diffusion, aux actions de soutien aux emprisonnés, etc. Je peux te dire qu'on était pas nombreux à l'époque à être sur des bases claires de soutien aux émeutiers, et à le signer de notre nom.

Je comprends bien que la pub qu'il fait à Coleman (sur lequel j'ai la même opinion que toi) te hérisse, mais si on devait enterrer tous les gens avec qui on a des désaccords, même majeurs… (en plus, partir d'emblée sur une attaque personnelle rend justement impossible de débattre des divergences, et le force à répliquer sur le même ton — gonflé ensuite de s'en plaindre…)
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Cobab
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Jeu 4 Juin - 17:30

« le seul soutien politique » : écrit trop vite. Avec les Indigènes de la République, précisons (en plus, j'en étais à l'époque !)
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Invité
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Jeu 4 Juin - 18:43

Cobab a écrit:

Je comprends bien que la pub qu'il fait à Coleman (sur lequel j'ai la même opinion que toi) te hérisse, mais si on devait enterrer tous les gens avec qui on a des désaccords, même majeurs… (en plus, partir d'emblée sur une attaque personnelle rend justement impossible de débattre des divergences, et le force à répliquer sur le même ton — gonflé ensuite de s'en plaindre…)

dont acte et merci pour la précision, le fil étant ouvert depuis un certain temps, c'est fait pour ça

je rappelle que le lourd passif, au-delà des saloperies de Coleman, c'est le rôle d'idiot utile de Guillon depuis 2013 :« Communisation » : l’impensable projet (2013)sur le texte de Denis Qu'est-ce que la communisation, puis les machins de Dréan à la nausée sans référencer les textes sérieux

appeler mon texte Claude Guillon  : un cadavre, une « attaque personnelle », vu ce qu'il contient et la forme évoquée (les querelles de Breton et contre lui, ce que Guillon n'a même pas compris, c'est

1) n'y pas comprendre grand chose
2) avoir un sens de l'humour limité. Lui-même, bien qu'il n'ait pas compris, ou pour cette raison, a répondu avec humour, au moins, ce que j'ai apprécié
3) évacuer le fond du sujet : le dépassement de l'identité militante

alors tu débarques et tu regardes le machin par le petit bout

les insultes ad hominem, perso, ne me touchent pas du tout. Je raffole de critiques bien vues, quitte à prendre une douche froide. En revanche je tiens pour grave la malhonnêteté intellectuelle, la censure de fait des idées de fond, le "circulez ya rien à voir à quoi" à servi le texte "l'impensable projet" d'autant que celui qu'il critique (de Léon de Mattis) est nul à chier de démagogie-pédagogie, un truc de politicard in fine. Depuis 2 ans ces deux textes ont été au hit-parade de la "communisation", les plus lus et les plus en vue sur Internet : pour qui roulent ceux ont foutu ce bordel ?

les "camarades" TOUS ceux qui SE parlent en "camarades", je les emmerde ! Trop con, Guillon et Corcuff m'épinglent... "camarade communisateur"... "stalinien..."

Guillon a inventé l'anarchisme marchand, Corcuff l'anarchisme d'Etat


je ne me plains pas, du moins pas "pour moi", dans ce contexte ça n'aurait aucun sens, et une réponse de Guillon, je n'en attends pas. Il évoque nos échanges "plutôt sympas". Il faut quand même savoir que pour quelques lignes engageant une conversation, je recevais trois quatre mots signifiant plutôt que je l'emmerdais, « l'écrivain anarchiste » célèbre. Pas besoin d'être psy pour voir ce qui l'anime depuis pratiquement le début qu'il écrit, à se faire à peu de prix une réputation d'écrivain sulfureux. Radical ? Mon cul !

voilà et bis repetitam : les sujets importants sont d'autres que celui-ci. On fait sa pub comme on peut. Guillon devait bien ça à la "communisation". Il s'est fait piégé comme un gros balourd, comme j'ai piégé sur Médiapart Philippe Corcuff, Christian Delarue... ces m'as-tu-vu imbus d'eux-mêmes. Au suivant ?


bon à part ça merci d'être passé, tu peux même rester, ou en dire un peu plus sur "d'où tu parles", parce que sans quoi, il y a toujours un risque de méprise. Comme tu voudras


Dernière édition par Patlotch le Lun 6 Juil - 15:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Ven 5 Juin - 2:50

Je veux revenir sur mon emploi maladroit d'"efficacité polémique". Je craignais que le sujet de la polémique soit perdu au profit d'un stérile emballement mimétique, que cela devienne une simple bataille d'ego, c'est-à-dire où chacun essaie d'avoir le dernier mot à tout prix. Il me semble qu'il y a toujours ce risque dans les polémiques.
"Efficacité" signifiait alors dans ce sens d'une polémique qui s'entretenait pour elle-même sans souci d'avancées théoriques, mais les textes de Marx contre Proudhon et Stirner, que tu as cité, sont de bons contre-exemples en effet de ce que j'affirmais au départ.
Par contre, il me semble que Guillon et Corcuff ne sont pas les uniques auteurs de leurs idées. Ils dialoguent avec d'autres personnes de leur cercle, s'opposent à d'autres sans qui leurs opinions n'auraient même jamais pu émerger. Par conséquent, assigner une origine précise à une idée, un "sol", un individu, me semble difficile. Je ne crois pas que Guillon et Corcuff incarnent des idées mais plutôt qu'ils les représentent, elles et le milieu dans lequel elles sont effectivement nées.


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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Ven 5 Juin - 3:31

Sur le fond du sujet, le dépassement de l'identité militante me semble quelque chose d'un important.
On peut définir une identité militante comme résultant d'une histoire individuelle d'un ensemble, plus ou moins cohérent, de convictions et d'actes, discursifs et productifs. Cette identité est donc dynamique. Pourtant, il semble qu'on s'y réfère à quelque chose de statique. Pourquoi ?
Je pense que c'est parce que cette identité militante se réfère à un groupe réel ou fantasmé auquel l'individu souhaite appartenir. Cela semble toujours se faire en excluant d'autres groupes ou individus. Chacun entend croire qu'il partage avec d'autres les mêmes convictions et pratiques militantes, qu'elles constitueraient leur identité commune et propre.
Au fond, avoir une identité militante, c'est une affaire de propriété collective, de "copropriétaires".
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Ven 5 Juin - 16:03

U.235 a écrit:
Je ne crois pas que Guillon et Corcuff incarnent des idées mais plutôt qu'ils les représentent, elles et le milieu dans lequel elles sont effectivement nées.

c'est vrai qu'au bout d'un temps, on n'est plus dans le surréalisme de "un cadavre", mais un jeu de massacre où Claude Guillon serait utilisé comme Cadavre exquis, le contre-exemple parfait, et le bouc émissaire désigné à la vindicte générale d'improbables "authentiques anarchistes", puisque le sujet militant est selon moi disqualifié, hors-sujet du sujet révolutionnaire, là où les militants considèrent leur unité ou leurs alliances comme quelque chose d'essentiel

Guillon et Corcuff plus encore sont des idéologues médiatisés. Guillon est bien brave et son influence ne sort pas de a confrérie plus quelque ancien lectorat.e fidèle, pas de quoi fouetter un chat...  mais Philippe Corcuff est une couleuvre post-trostko-libertaire qui se la pète, qui en fout plein la vue aux aveugles de ses castes militantes, mais ne voit pas plus loin que le bout de son nez, collé sur son nombril
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Ven 5 Juin - 16:11

U.235 a écrit:
Sur le fond du sujet, le dépassement de l'identité militante me semble quelque chose d'un important.
On peut définir une identité militante comme résultant d'une histoire individuelle d'un ensemble, plus ou moins cohérent, de convictions et d'actes, discursifs et productifs. Cette identité est donc dynamique. Pourtant, il semble qu'on s'y réfère à quelque chose de statique. Pourquoi ?

Je pense que c'est parce que cette identité militante se réfère à un groupe réel ou fantasmé auquel l'individu souhaite appartenir. Cela semble  toujours se faire en excluant d'autres groupes ou individus. Chacun entend croire qu'il partage avec d'autres les mêmes convictions et pratiques militantes, qu'elles constitueraient leur identité commune et propre.
Au fond, avoir une identité militante, c'est une affaire de propriété collective, de "copropriétaires".

je suis d'accord, la question des dépassements à produire est le plus important. Mais au fond, une fois qu'on a saisi l'enjeu particulier des militants, de l'objectivisme, on n'a plus à y attacher de l'importance, sans quoi ce serait se contredire, par quelque perversité anti-"camarades-compagnons-", en rajouter, et finir par en être encore

donc voilà : l'essentiel à retenir serait que la subjectivation révolutionnaire ne tient pas, fondamentalement, à la justesse d'un discours militant, par des militants s'auto-prenant pour le sujet. C'est normal, en période non révolutionnaire : il faut des militants qui y croient, se percevant comme la solution, les conscientisateurs

si l'hypothèse de luttes auto-théorisantes est confirmée (ce qu'elle est toujours peu ou prou), évidemment la figure du militant autant que celle du théoricien s'effondrent, s'ils ne servent plus à rien, mais... il y a toujours un mais...

le mais ce sont les questions centrales posées par la rupture communiste dans la théorie de la communisation : à partir d'où et comment se posent comme nécessaires des activités communistes ?

alors on sort complètement de ce sujet "Guillon", et je vais de ce pas le verrouiller, considérant qu'il est possible de discuter de l'important ailleurs, quitte à ouvrir un sujet spécifique de son choix
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MessageSujet: Guillon anarchiste républicain national bourgeois   Dim 14 Juin - 2:46


notre "écrivain anarchiste" labellisé, non content d'être content de lui, en redemande : Tremblez, polices, un spectre hante l'Etat policier un danger menace t'État, c'est moi, Guillon, terroriste de son état

Claude Guillon a écrit:
Ça n’est pas moi qui me définis comme « terroriste », c’est l’appareil législatif dit « antiterroriste », renforcé et étendu après le 11 septembre 2001 par l’Union européenne, qui permet à l’État de qualifier de « terroriste » l’ensemble du répertoire d’actions des rébellions sociales : manifestations, occupations, piquets, hacking, etc. Il cible, comme je l’ai expliqué dans La Terrorisation démocratique, les jeunes, les étrangers ou supposés tels, les militant(e)s.

Dans mon texte d’hier, je me suis placé d’un point de vue moral. Je suis parfaitement conscient qu’il s’agit d’une position défensive [...]

du même point de vue moral, j’affirme que si j’avais Il n’existe à mes yeux

Les mots sont importuns. En tant qu’écrivain et attaché aux enseignements que nous pouvons tirer de la Révolution française, je me réjouis [...]


n'en jetez plus, la basse cour est pleine, aux as : l'anarchisme égotiste a rencontré la Révolution bourgeoise républicaine française, le capital n'a qu'a bien se tenir

où Guillon passe, les poires renaissent, l'espoir trépasse
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MessageSujet: Guillon sort de son auto-portrait et renaît de ses cendres   Ven 19 Juin - 3:10

le cadavre est sorti de son coma identitaire anarchiste, et c'est bon à entendre. Rendons à César...


Le stalinisme, maladie sénile du journalisme façon “Charlie Hebdo”


Claude Guillon a écrit:


Charlie Hebdo (n° 1195, daté du 17 juin) publie sur deux pages un reportage sur les réfugié(e)s qui campent dans le XVIIIe arrondissement de Paris, sous le titre répugnant : « Migrants du XVIIIe. Entre l’enclume policière et le marteau militant[1] ».

Ainsi donc, les malheureux et malheureuses réfugié(e)s pâtissent de deux maux : les flics et les militants…

Ou plus exactement, dans le chapeau de l’article, « de la brutalité policière et des lubies de militants infantiles[2] ».

Rien que ça.

Autrement dit, si de grands enfants dans mon genre et des dizaines de camarades comme [et souvent mieux que] moi n’avaient pas donné de l’argent et des vêtements[3], récupéré et préparé de la nourriture, acheté des couvertures de survie, amené des bâches, installé des campements, amené des matelas et des couvertures, protégé les réfugié(e)s des charges de flics [nombreux et nombreuses blessé(e)s infantiles], fait le guet la nuit, ouvert un squat, manifesté, distribué des tracts, aidé des dizaines de réfugié(e)s à prendre contact avec des avocat(e)s, à remplir leurs papiers, et j’en oublie certainement…

Bref, si nous n’avions pas fait une fois de plus ce que nous avons déjà fait je ne sais combien de fois depuis vingt ans au moins, eh bien les migrants auraient pu tranquillement se faire cogner sur la gueule par les flics et rouler dans la farine par des partis politiques, dont le désintéressement et l’honnêteté intellectuelle ne sont plus à démontrer !

La première association qui vient à l’esprit, c’est L’Humanité des années 1970. Mais il est inutile de remonter si loin dans le temps. Il n’est que de lire les articles publiés ces derniers jours, sur le même sujet, par le même quotidien. Que la prose stalinienne dénonçant la collusion entre les affreux trotskistes du NPA et les terrifiants anarcho-autonomes se retrouve, au mot près, dans L’Humanité et dans Charlie Hebdo en dit long sur ce qu’est devenu un torchon qui n’est la satire que de ce qu’il fut dans un lointain passé : un journal contestataire anarchisant.

Le ou la journaflic prétend sans vergogne que les NPAnarchistes[4] ont menti aux réfugiés, tandis que le parti communiste, qui n’a jamais menti à personne et toujours soutenu les immigrés (à bout de benne de bulldozer si nécessaire), a vu tout ses efforts de relogement ruinés.

Or savez-vous de quel odieux prétexte les méchants antistaliniens ont usé ? Vous ne le croirez pas ! Il semble, j’ose à peine l’écrire, qu’ils défendent l’invraisemblable théorie selon laquelle les migrant(e)s ont intérêt à rester groupé(e)s…

« Rester groupé(e)s » !?!?

Pour mener une lutte…

Les bras vous en tombent, non ! Où vont-ils chercher tout ça, ces enfants de Trotski et de Bakounine[5] ? Mais au contraire, au contraire ! Le bon sens est évidemment de jouer le jeu des PC, Emmaüs et cie : dix dans un hôtel Formule 1 à vingt kilomètres de Paris, dix dans un foyer très loin de là, et le reste par terre dehors… Ça c’est sérieux, c’est responsable. Et qu’on ne voit plus ces pouilleux dans nos rues !

Le problème des démocrates, au PC et à Charlie Hebdo, c’est qu’ils prennent les gens pour des cons. On ne voit pas que ça ait réussi au parti ces dernières années. Par contre on comprend bien que Charlie Hebdo, douillettement installé sur un matelas de millions, puisse dénoncer sans souci les manipulateurs gauchistes à la clientèle de gogos et de go-gauche de l’après janvier 2015.

Il se trouve que les migrant(e)s — eux et elles-aussi — sont moins moins bêtes que dans les rêves policiers communs aux conseillers de Paris du parti et aux flics pigistes de Charlie : ils et elles souhaitent rester ensemble (et à juste raison !). Ils et elles souhaitent aussi ne pas quitter un quartier de Paris où ils ont des repères.

Il faut être le dernier des crétins, politicard, ou salaud payé(e) au feuillet, pour feindre de ne pas comprendre ça.

Solidarité avec les migrant(e)s !

Autonomie des luttes !

Des papiers pour tous et toutes !


[1] L’article est signé « Sol ». Peut-être Solène Chalvon, ex-militante de « Ni putes ni soumises » et collaboratrice occasionnelle de l’hebdomadaire ?

[2] En couverture de l’hebdo, il est précisé : « Migrants, tout le monde s’en sert ».

[3] Et acheté des sous-vêtements. Oui, au point où j’en suis de ma réputation, je me suis improvisé dealer de slips et chaussettes 100% coton…

[4] La contraction est de moi. Au passage, je me réjouis de me retrouver au coude à coude au moins avec certain(e)s militant(e)s du NPA, et aussi avec des dissidents « de gauche » et des sans-parti.

[5] Il est vrai que si l’auteure n’a comme expérience militante qu’un passage dans une officine satellite d’un parti de la gauche parlementaire, ça fait léger…
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MessageSujet: Le Métis » et le Pouvoir Blanc   Lun 22 Juin - 22:55

texte que je place ici, parce qu'il éclaire ce que j'ai pu dire et expliquer, quant à la posture de Yves Coleman, et de son inspirateur et maître en marxisme Germinal Pinalie. Par exemple, le sens de « demi-négro », qui me valu d'être taxé par Yves Coleman de raciste. Il y a de long mois, j'ai déjà montré que Franz Fanon avait étudié ce genre de pathologie du "métis", et cette prise de parole d'un métis, membre du Parti des Indigènes de la République, vient à point et de façon plus rigoureuse argumenter dans le même sens


« Le Métis » et le Pouvoir Blanc, Azzedine Benabdellah, membre du PIR, 22 juin 2015


Azzedine Benabdellah a écrit:
Parmi les étendards du Pouvoir Blanc et de ses déclinaisons « antiracistes », il en est un qui ne souffre aucune remise en question: celui des « mariages mixtes », et son corollaire, le métissage. Cette question est la frontière ultime entre les gens du progrès et ceux de la régression. « L’amour » triomphant de « la Haine », détruisant les frontières raciales, existe-t-il plus belle image, plus beau remède à toutes les dominations? Cette belle image, il faut pourtant la piétiner, n’en déplaise à Serge Halimi[1]. Celui qui ose le faire ne peut être, à coup sûr, qu’un ennemi de l’humanité vraie, un partisan du « séparatisme racial », un raciste, un vrai.

Les Blancs aiment « l’Amour », tout comme ils aiment « la Paix », avec des majuscules et un silence de cathédrale tout autour. Notre silence. Car qui mieux que les non-blancs pour connaitre le véritable visage du sauveur blanc? Derrière sa générosité, derrière son amour, derrière ses lois et sa paix universelle, nous connaissons son vrai visage, celui de la domination. Les relations intimes, les corps, les identités, n’échappent pas à la violence des rapports sociaux de race. Le « mariage mixte » et son produit, « le métis », sont le théâtre de cette violence. Et on n’échappe pas d’un rapport de force, on y prend position.

« Le métissage » sert aujourd’hui d’argument pour contrer l’antiracisme matérialiste, une injonction sacrée, une stratégie de défense du pouvoir blanc. Car c’est ce qu’est d’abord le métissage, une stratégie, à double tranchant.


C’est sur cette stratégie qu’il va s’agir ici de se pencher. Et en forme de préambule, il va me falloir introduire mon « je », car cette stratégie me concerne à plus d’un titre. J’aborderai donc ce texte en prenant cette précaution, en forme de concession à nos adversaires : je suis ce qu’ils appellent un métis[2].


Le monstre à deux faces


En tant que métis, le Pouvoir blanc me donne deux visages. À l’image des siens : celui du raciste assumé et celui du blanc universaliste.

Pour le suprématiste blanc assumé, celui que presque plus aucun raciste ne prétend être, celui que les blancs de gauche prétendent encore combattre, je suis, nous sommes la réalisation de la menace sur sa race et sa civilisation. Nous salissons son sang, nous en sommes les preuves vivantes. Nous sommes les éclaireurs d’une armée de bâtards qui va bientôt le submerger, et ouvrir la porte à l’invasion définitive. Quand il nous voit, il pense au rapport qui nous a engendrés, à la femme blanche souillée qui hante ses fantasmes. Face à notre existence, rares sont pourtant les racistes assumés qui sont prêts à encore considérer sérieusement la solution radicale choisie par leurs prédécesseurs des siècles passés, l’interdiction pure et simple des unions interraciales. Ils optent alors pour un discours et une stratégie plus souple, l’arrêt de l’invasion et notre disparition graduelle, à travers l’assimilation et son corollaire nécessaire, le métissage. Ce qui les rapproche, malgré leurs évidentes dénégations à une telle affirmation, de l’autre visage du pouvoir blanc, celui exprimé par les blancs de gauche et leur multiculturalisme de façade.

Pour l’autre visage du pouvoir blanc, son visage dominant aujourd’hui, celui que le blanc de gauche affectionne particulièrement, le discours semble en apparence tout autre. Il aime les étrangers, lui, ils sont ses invités. Mais ce qu’il préfère encore plus ce sont les métis, qu’il aime d’un amour particulier. Nous sommes témoins qu’il aime les étrangers, et que les étrangers l’aiment. Nous sommes la preuve vivante qu’il n’est pas raciste.

Nous sommes ses alliés, et il nous donne une mission. Il nous dit que le métissage est la seule voie vers la disparition du racisme, qu’il est la seule voie vers la réalisation d’une Humanité une et entière. Avec lui, bien sûr. Le métis est l’ « avenir de l’Humanité », « nous serons tous des métis », d’ailleurs « nous sommes tous des métis », n’est-ce pas?

A cette affirmation du blanc, il nous faut d’abord répondre: « Nous ne serons pas tes métis ». Mais ce n’est qu’un point de départ. Voici pourquoi.


Nous sommes des armes


« Le métis » est une catégorie, une arme du pouvoir blanc. C’est lui qui nous définit ainsi, lui qui structure les catégories raciales qui nous font exister en tant que « métis ». Il y a métissage parce qu’il y a races.

Le métissage est un invariant du pouvoir colonial. Partout où il a conquis et pillé, il a jeté ses hommes sur nos mères et tué nos pères. Nous avons été conçus, nous métis, comme les étapes nécessaires vers la totale dissolution des peuples colonisés[3]. Le Pouvoir Blanc a jalonné toutes les étapes de ce processus par des catégories, que nos frères et soeurs noirs connaissent mieux que tous, à travers les catégories du système du colorisme : une infinité de déclinaisons, une échelle hiérarchique écrasante, une course à la blancheur dont le Blanc a défini les règles.

La stratégie coloniale du métissage est également profondément sexualisée. Le colon voyait le métis de père blanc comme la preuve de son pouvoir sur le corps de la femme indigène. Il voulait l’éduquer, lui donner son nom, en faire « quelqu’un », inférieur bien sur, mais quelqu’un. Il voyait au contraire le métis de mère blanche comme une menace, une insulte, un péché. Sur lui planait l’ombre de l’homme indigène. L’homme indigène était l’ennemi, le premier voué à la disparition, l’asservissement, la castration. Dans la plupart des systèmes mis progressivement en place par le colon, la règle était que l’épouse adoptait le statut juridique du mari. Les législations coloniales se présentaient comme un projet d’émancipation des femmes indigènes contre les coutumes de leurs peuples, marquant ainsi dans les pratiques et les imaginaires cette figure des « homme blancs sauvant les femmes brunes des hommes bruns »[4]. Le métissage ne devait se faire que par le haut, vers le blanc, à travers l’homme blanc. L’émancipation passait par sa blancheur à lui, à lui seul. L’inverse n’était pas envisageable au temps de la conquête armée, puis est devenu une menace et un tabou avec l’installation des communautés blanches.

Le métissage, comme tout produit du pouvoir colonial est un phénomène dialectique. Notre existence posait en droit des questions qui ont fait exister un véritable « problème métis », qui a participé à la solidification des catégories juridiques de la race [5]. En même temps que croissait son pouvoir dans les pays conquis, que se multipliaient les fruits de ses unions avec les femmes indigènes, le colon se sentait menacé. Et si les règles que l’homme blanc avait patiemment mises en place n’étaient plus respectées ? Si sa femme, ses filles lui échappaient? Si l’homme indigène, asservi au fond de ses mines, prenait sa revanche ? Et si ces femmes indigènes, si dociles, détournaient ses enfants de sa blancheur ? Cette crainte a commencé à se graver dans son esprit et à peupler son imaginaire le plus sombre.

Alors le colon s’est barricadé. Dans son camp retranché en terre conquise, pour commencer. Il en vint en plusieurs endroits à créer des barrières sociales et juridiques pour empêcher l’union entre un homme indigène et une femme européenne[6], voire toute forme d’union interraciale[7]. Il en venait à douter de sa supériorité virile, à ne plus croire à son propre discours. Il se demandait si ces populations qu’il avait créées n’allaient pas le faire disparaître, lui. Et c’est ce qui se produisait. Ses « enfants » retrouvaient leurs peuples, détournaient ses ressources et ses armes dans la lutte contre le colonisateur. Le métis tuait le père blanc.

Le colon rentra donc chez lui, dans ses frontières, après cette humiliante défaite. Et le Pouvoir Blanc changea de visage, de discours et de méthode, ouvrant cette nouvelle ère désignée trop vite comme « post-coloniale », l’ère de la contre-révolution coloniale. Car la lutte de la puissance indigène continuait, tout comme celle du pouvoir blanc pour le maintien de sa domination. Il mit en place alors de nouveaux mécanismes de domination à l’extérieur, et de nouvelles barrières à l’intérieur. Il rendit tabou le mot « race » qu’il avait inventé, invoqua des sociétés multiculturelles à l’intérieur de ses frontières. A nouveau, il voulut faire de nous, métis, les modèles de son projet pour l’ensemble des indigènes, celui de leur assimilation, de leur dissolution dans son modèle de « civilisation ».


Le Début de leur Fin


Le Blanc veut toujours faire de nous ses premières lignes. Il nous veut près de lui et à son service. Contre les nôtres, nous sommes les meilleurs de ses « évolués ». Parmi les siens, nous sommes les pires de ses bâtards. Il nous donne des privilèges sur nos peuples, nous cite en exemple, nous donne de bonnes notes. Mais ce privilège est conditionné à deux choses, se démarquer des nôtres, et ne pas prendre sa place à lui.

Il nous préfère, nous répète que nous sommes différents. Il dit que nous sommes ses pupilles, que nous sommes des orphelins de nos peuples, qu’il nous protègera de la violence qu’il leur attribue. Combien de fois ne nous répète-t-il pas que nous sommes menacés par « l’essentialisme » des luttes des nôtres ? Quand la puissance indigène lui oppose son « Nous », quand elle dit « race », le Blanc répond « le métis ». Il veut faire de nous des traîtres à la race. Nous sommes l’argument ultime et le bouclier humain qu’il oppose à la puissance indigène.

Le métissage est une violence continuelle. Le dictionnaire de l’homme blanc nous dit que nous sommes deux moitiés égales. Ses philosophes et ses laquais nous serinent de nous accepter « tels que nous sommes », d’être des individus singulier, c’est à dire seuls. Nos corps et nos esprits sont le lieu d’un combat intérieur, d’un apartheid qui traverse nos corps et nos esprits de part en part. Nous n’avons pas « le choix » entre deux parts égales que nous devrions accorder. En nous se confrontent un dominant et un dominé, qui sont le moteur de notre devenir identitaire. Mais nous ne sommes pas singuliers, pas distincts des nôtres, nous sommes au centre d’un rapport de force racial dont nous ne sommes pas les seuls sujets. Nous sommes simplement aux avant-postes d’une lutte que tous les indigènes vivent, la lutte des races sociales.

Cette lutte est en nous. Mais nous ne sommes pas seuls. L’assimilation à laquelle le pouvoir blanc veut contraindre tous les indigènes, nous la connaissons intimement. Nous ne sommes pas métis, c’est le Pouvoir Blanc qui nous fait, c’est l’ordre racial qui nous fait exister en tant que tels. Du plus « visiblement » métissé au plus « white passing »[8], nous sommes des Indigènes, nous sommes des non-blancs. Cette identité métisse construite par le blanc ne peut être statique, elle est un rapport de force entre les deux pôles de la lutte pour le pouvoir. Le Pouvoir blanc nous impose le devenir blanc, nous impose notre propre dissolution. Il est la seule source de ce que ses philosophes appellent notre « crise identitaire ». Oui, nous devons être nous-mêmes, nous ne sommes pas des potentialités. Dire ce que nous sommes, c’est dire « Je suis Noir », c’est dire « Je suis Arabe », dire « Je suis Indigène ». C’est prendre le parti de nous-mêmes. La Puissance Indigène est l’expression de ce que nous sommes, de notre lutte pour être ce que nous sommes. Il faut rejeter cette séparation de l’être et du devenir. L’être est un devenir continuel. C’est dans le seul rapport de force racial, dans la seule confrontation avec le Pouvoir Blanc, que nous pourrons réellement devenir ce que nous sommes déjà, le début de sa fin.

« Entre le Blanc et moi, il y a irrémédiablement un rapport de transcendance. Mais on a oublié la constance de mon amour. Je me définis comme tension absolue d’ouverture. Et je prends cette négritude et, les larmes aux yeux, j’en reconstitue le mécanisme. Ce qui avait été mis en pièces est par mes mains, lianes intuitives, rebâti, édifié. Plus violente retentit ma clameur : je suis un nègre, je suis un nègre, je suis un nègre… » Frantz Fanon, « Peau noire, masque blanc »



Azzedine Benabdellah, membre du PIR



Notes

[1] Dans son article publié dans le Monde Diplomatique de mai 2015, Serge Halimi accuse le PIR d’œuvrer à « la division permanente des catégories populaires », au « séparatisme racial ou religieux », et au « choc des civilisations », en se basant sur une version tronquée des réponses de Houria Bouteldja à une série de questions sur les mariages mixtes. Voir « Comment échapper à la confusion politique« , Le Monde Diplomatique, mai 2015

[2] Au plus fort de la période coloniale, « métis » désignait un type spécifique de métissage, parmi d’autres, avec de fortes variations selon les contextes, les époques et les empires. Aujourd’hui ce terme est devenu le terme générique pour nous désigner, et c’est dans ce sens qu’il est employé ici.

[3] Selon les contextes et les époques, cette stratégie est allée de la pure et simple disparition des peuples à l’encadrement des sociétés coloniales par les « évolués ».

[4] Selon la formule exprimée par Gayatri SPIVAK, « Can the Subaltern speak?« , 1988

[5] Le droit colonial face aux enfants métis

[6] Des projets de loi en ce sens furent déposés pour de nombreuses colonies, à l’instar de Madagascar

[7] Comme ce fut le cas en Afrique du Sud à partir de 1949

[8] Un indigène pouvant « passer pour blanc ». Voir l’excellent article de Dante Ibrahim Matta

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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Mer 8 Juil - 21:28

.
pour fêter ce sujet populaire, vu 1000 fois

.


sur le blog de Claude Guillon
(notre écrivain anarchiste, qui aime les cocardes bleu blanc rouge, défend la loi de l'État français en 2004)



et de Marianne : Les Femmes sans voile accusent

Citation :
>>> Les associations signataires de l'appel du 10 juillet
Association des femmes euro-méditerranéennes contre les intégrismes (Afemci), (Afemci), Africa93, Amel, Conseil européen des fédérations Wizo (CEFW), Cibel, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Du côté des femmes (DCDF), Egale, Encore féministes, Femmes contre les intégristes, Femmes solidaires, Femmes 3000, Coordination française pour le lobby européen des femmes (La Clef), La Ligue du droit international des femmes, Libres Marianne S Nationale, Marguerites sans frontières, Ni putes, ni soumises (Touche pas à ma loi 2004), Regards de femmes, Union des familles laïques (Ufal)
Contact : femmesansvoile@gmail.com





Femmes sans voiles a écrit:

VENDREDI 10 JUILLET: JOURNÉE MONDIALE DES FEMMES SANS VOILES

PARIS : RASSEMBLEMENT PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, À PARTIR DE 18H

Aux néo-communautaristes

Marre de votre indifférence, de votre connivence, de votre condescendance !!!

Nous, Françaises de culture musulmane, féministes, sommes contre tous les fanatismes religieux, contre toute forme de discriminations racistes et sexistes. Nous refusons de disparaître sous le voile, ce symbole patriarcal de siècles révolus, devenu le porte-drapeau de l’islamisme radical.

Pour toutes les femmes, nous revendiquons les mêmes droits à l’égalité qui nous libèrent de l’archaïsme religieux et des coutumes contraignantes.

Nous sommes solidaires de nos sœurs en Terres d’Islam qui, elles, n’ont d’autre choix que de s’affubler de burqa ou de niqab… et nous gardons douloureusement en mémoire les jeunes filles, qui par leur refus de se voiler, l’ont parfois payé de leur vie.

Marre de votre indifférence !

Au nom de la liberté, vous nous livrez au patriarcat le plus implacable de notre temps. Vous faites abstraction de la dangerosité de l’islam radical et refusez de voir la réalité économique et sociale de leur propagande. Vous refusez d’entendre leurs objectifs proclamés pourtant haut et fort.

Votre vision complice favorise le prosélytisme de l’idéologie des extrémistes religieux que nous et nos enfants endurons quotidiennement dans nos quartiers.

Au nom de la tolérance, vous nous condamnez à être des citoyennes de seconde zone, alors que nous sommes en droit d’être égales dans une France dont les valeurs universelles — faut-il le rappeler ? — sont combattues par les islamistes.

Vous nous confinez dans un communautarisme réducteur qui a été importé et dans lequel nous ne nous reconnaissons pas. Nous le vivons comme une forme de racisme.

Marre de votre connivence !

Vous définissez notre identité dans son aspect le plus rétrograde et niez sciemment les acquis de nos luttes qui font partie de notre Histoire.

Vous assimilez à une minorité islamiste l’ensemble des musulmans qui pratiquent paisiblement leur religion. Par cet amalgame, vous instrumentalisez cette majorité pour accréditer le fanatisme.

Vous offrez complaisamment vos médias aux femmes voilées qui proclament leur « choix ». Vous négligez l’embrigadement dont une majorité est victime, comme vous refusez de voir la complicité active d’une minorité d’entre elles. Pourtant, vous n’ignorez pas que la première action des « djihadistes » qui s’emparent d’un village de par le monde est de voiler les femmes, quelles que soient leurs croyances.

Marre de votre condescendance !

Vous méprisez le combat des femmes de culture musulmane de nombreux pays qui se sont affranchies du voile au nom de la liberté, de l’égalité et de la dignité et par la même celui des Françaises d’origine maghrébine qui, pour vous, ne peuvent accéder aux mêmes droits que les autres citoyennes. D’ailleurs vous les appelez les « occidentalisées » pour mieux les marginaliser et disqualifier leur combat.

Vous détournez l’Histoire pour cautionner le voile qui n’est réapparu en nombre croissant qu’avec l’islamisme politique.

Vous négligez les analyses des intellectuels de culture arabo-musulmane qui condamnent la vision dévoyée de l’Islam et « agissent pour créer un esprit incitant à la défense élémentaire des droits humains » (Abdelwahab Meddeb).

Qui tire profit du retour en force du voile ?


le jeu de cette erreur

(elle appelle à la journée des femmes sans voile)
Maryam Rajavi Les Femmes Contre l'Integrisme « Les femmes contre l’intégrisme » paru aux éditions J.C. Gawsewitch

L’injustice et la ségrégation sexuelle prévalent dans tous les domaines économiques, dans l’emploi et dans l’éducation. Le récit inédit du combat des femmes contre les intégristes iraniens par la résistante iranienne Maryam Radjavi


Dernière édition par Patlotch le Jeu 9 Juil - 0:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Jeu 9 Juil - 0:11


dialectical Delinquents from Ukraine

Ukraine to rewrite Soviet history with controversial 'decommunisation' laws


The Guardian

A statue of Vladimir Lenin draped with a Ukrainian national flag in the eastern city of Kramatorsk

la question n'est pas la nostalgie stalinienne ou maoiste,
mais qu'ils y assimilent le communisme comme mouvement dans le capital,
qu'ils bazardent Marx, la lutte de classe, les contradictions du capital, la dialectique théorique,
et donc, aujourd'hui, la seule perspective révolutionnaire conséquente :
la communisation, toutes versions confondues, avec ou sans le mot
on ne peut plus citer Lénine, ni Roland Simon, ni moi, ni Viewpoint, ni personne,
sans être un stal, ni même Trotsky contre les so called trotskistes sur la composition de classe et de race du parti,
c'est à faire frémir LO, la LCR et le NPA réunis : Trotsky les déglingue en rien de deux
[j'apporterai les textes]

résultat : les anars français (et grecs ?) se retrouvent au coude à coude avec les fachos français
et le couillon Claude Guillon, écrivain anarchiste historien de la Révolution française à titre humain, n'y voit que du feu
en solidaire des migrants, contre les femmes voilées avec l'État français,
pour soigner sa réputation du mec qui a donné contre les flics...
pas de quoi dépasser Coluche, en moins prolo, et en moins drôle
une solidarité courageuse, sans plus, de petit bourgeois humaniste
soit con, soit réac et raciste anti-arabe qui s'ignore (?)


informé, Claude Guillon n'est jamais revenu sur
« Communisation » : l’impensable projet (2013)

Claude Guillon se dit communiste libertaire, mais n'est qu'un sous-idéologue français, anti-communiste primaire




Google :
communisation


Ukrainian nationalists march to mark the birthday of Stepan Bandera, a Ukrainian leader assassinated by the KGB

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MessageSujet: féministes avec ou sans voile, femmes exploitées, sans papiers, des quartiers   Jeu 9 Juil - 15:45

à preuve qu'on n'est pas obligé d'être "pour ou contre le voile"

Féministes découvertes… avec ou sans voile ! Ndella Paye 14 mars 2015


À l’heure où sur la France souffle un vent réactionnaire, anti-démocratique, raciste, et plus spécifiquement islamophobe, à l’heure notamment où se multiplient les offensives idéologiques, médiatiques et parlementaires contre les femmes musulmanes portant le foulard, à l’heure aussi où des résistances s’organisent, une rencontre est organisée le mercredi 18 mars 2015, 19h00, à la librairie La Brèche (27 rue Taine, Paris 12ème) autour d’Ismahane Chouder et Pierre Tevanian, coordinateurs du livre Les filles voilées parlent, et Ndella Paye, militante de Mamans Toutes Egales. En guise d’invitation à cette rencontre, nous republions aujourd’hui un texte écrit par Ndella Paye il y a déjà cinq ans, en mai 2010. Il évoque les premières années d’une histoire militante dont la suite, justement, sera abordée mercredi prochain...

Retour sur six ans d’engagement

Ndella Paye a écrit:
J’ai commencé à côtoyer le milieu féministe juste avant le vote de la loi anti-foulard du 15 mars 2004. Le Collectif une école pour tou-te-s (CEPT) s’est créé pour lutter contre cette loi liberticide, puis dans la foulée s’est créé le Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE)…

Très rapidement, il a fallu assister aux réunions du CNDF pour préparer la journée des femmes. Là, ce fut le grand choc : quand, avec certaines copines voilées et non voilées, on rentrait dans la salle de réunion, des femmes nous demandaient d’en ressortir avec une telle violence verbale... Parfois même, on frôlait la violence physique. Nous persistions et restions dans la salle, n’arrivant pas à comprendre comment on pouvait chasser des femmes d’une réunion sur la journée des femmes....

Je me souviens que chaque fois que je rentrais chez moi, j’étais effondrée, il me fallait plusieurs jours pour me remettre. Les réunions se suivaient et à la veille de chacune d’elles, l’angoisse me gagnait. C’était un vrai combat, mais pas contre ceux que je pensais devoir combattre comme le gouvernement ou encore les personnes qui veulent cantonner la femme à la maison. Mais non ! La lutte était contre des féministes à qui on essayait désespérément de faire comprendre qu’on pouvait être voilée et féministe.

Il ne s’agissait à aucun moment de faire accepter le voile au sens de défendre une position « pour » le voile. Mais dans la tête d’un grand nombre de personnes, le voile ne peut être un choix acceptable dans la liste des choix qu’on nous proposait à travers le slogan : « Mon corps m’appartient, j’en fait ce que je veux ». L’habiller d’un voile ne pouvait être un choix acceptable.

Mais à côté de tout ça, il y avait d’autres femmes, extraordinaires, à nos côtés pour nous montrer que c’était possible, qu’il était possible de lutter ensemble malgré nos différences et divergences. Je pense que leur contact avec nous, musulmanes et voilées, les a fait évoluer sur la place de la femme dans l’Islam, sur les significations diverses du voile. Mais ce dont je suis sûre, c’est que notre contact avec elles nous a fait évoluer. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus ouverte à la critique, et je suis convaincue qu’être contre le voile ne signifie pas toujours être raciste. Les différentes et riches rencontres et débats que nous avons eus autour du film de Jérome Host Un racisme à peine voilé y ont beaucoup contribué aussi.

Je me souviens, en 2005, quand j’ai participé pour la première fois à la Marche mondiale des femmes à Marseille, comment on peinait à prendre la parole pour participer aux débats, juste parce qu’on portait un voile. Mais le côté international de la manifestation a permis aux féministes françaises de se rendre compte que notre exclusion restait bien franco-française. On a pu de ce fait apporter notre contribution aux débats, Ismahane Chouder à l’extérieur de la salle et moi à l’intérieur.

Je me souviens du retour de la Marche quand certaines femmes appartenant à l’association Femmes solidaires ont tout fait pour que nous ne prenions pas le TGV. On a pu dialoguer tout de même avec quelques unes une fois dans le train, car notre devise est : ne jamais fermer les portes du dialogue. Mais le plus dur était à l’arrivée à gare de Lyon quand à la sortie elles scandaient des slogans du genre : « So so so, solidarité, avec les femmes, du monde entier ! Sauf les voilées ! »

Là je me suis dit qu’on avait atteint le summum du ridicule. Mais encore là, malgré ces expériences douloureuses, et à côté d’elles, il y avait ces extraordinaires femmes du CFPE, qui continuaient le combat à nos côtés. On passait des moments tellement intenses qu’ils nous permettaient de tenir et de faire face à toutes ces agressions externes.

La prochaine Marche mondiale a lieu en Turquie en juin prochain, et comme le CFPE est signataire de l’appel, nous allons aux réunions en duo « voilée-non voilée », une tradition qu’on a au CFPE pour rendre compte de la composition et de la richesse de notre collectif. Le 27 mars, avec Catherine Samary, nous étions le duo du CFPE, j’avoue que j’avais le trac, j’étais un peu angoissée à l’idée d’affronter des regards lourds, des réflexions désobligeantes, etc. Mais il fallait y aller, et à ma grande surprise, le climat était plutôt à l’apaisement, même si le nom de Tariq Ramadan a glissé de la bouche de Maya quand on parlait du FSE, sans qu’on voit le lien ... Mais on ne nous excluait plus, c’est plutôt les associations qui ne supportaient pas notre présence qui s’auto-excluaient. On fait maintenant partie, non sans difficultés ni oppositions de certaines, du paysage féministe français. J’ai senti une humanisation du débat pour la première fois depuis 2004, car avant, j’avais l’impression qu’on s’adressait à des animaux quand on nous parlait – et encore les animaux sont très respectés en France – ou alors on parlait de nous comme si nous n’étions pas présentes.

Je suis sortie de cette réunion avec un tel optimisme que je voyais beaucoup de portes s’ouvrir devant moi. J’ai commencé à me dire tout ce qu’on a fait depuis 2004 n’est pas en vain, que les vrais féministes, pas ceux d’un jour pour faire passer une loi, commencent à ouvrir les yeux.

La rencontre du CERI sur le féminisme islamique, à laquelle j’ai assisté le 3 mai dernier avec quelque copines du CFPE, m’a d’autant plus reboostée et réconfortée dans ma pensée, et je peux dire aujourd’hui qu’on va pouvoir passer aux vraies luttes pour les droits des femmes sans qu’on nous pollue l’esprit avec de faux problèmes. Diviser pour mieux régner a été la stratégie de beaucoup de dirigeants dans le monde, j’espère que les associations féministes françaises ne tomberont pas dans ce piège, car pendant ce temps-là, les inégalités entre hommes et femmes se creusent tant au niveau des salaires, des postes à responsabilités dans les entreprises, à la maison, la parité, et la liste est longue. Ne nous laissons pas distraire par des faux problèmes qui nous plongent dans des faux débats, pendant lesquels le gouvernement fait ses réformes qui ne passeraient jamais si nous étions concentré-e-s sur l’essentiel.

Aux copines Hamida Ben Sadia, Christine Delphy, Catherine Samary, Catherine Cauwet, Monique Crinon, Alice Dula, Suzanne, Katioucha, Cecilia Baeza, Marina Da Silva, Marielle, Houria Bouteldja, Emilie Combaz, Djamila, Sylvie Tissot, et à toutes les autres : merci d’avoir été et de continuer d’être à nos côtés afin de lutter pour les droits des femmes, mais aussi contre toutes les injustices. Merci de montrer que cette lutte ensemble (musulmanes, voilées, non voilées, athées, agnostiques, chrétiennes, juives, etc) est possible. Pour beaucoup, cela a entraîné une rupture avec des copines d’années de lutte, j’espère que ces amitiés se renoueront dans un futur proche.

Amitiés féministes.


L'Humanité a écrit:
Avec ou sans voile, elles ont des choses à dire, des droits à revendiquer pour toutes. Comment vivent-elles ? Quelle place a-t-on dans la société quand on n’a pas accès au travail ? Comment surtout englober tous les combats contre les discriminations, pour l’égalité au travail, pour les droits des femmes ? Rencontres.

Dans les quartiers populaires, l’accès à l’emploi est redevenu un combat féministe


Elles vivent dans le quartier populaire des Tilleuls, au Blanc-Mesnil (93), depuis des années. Zouina, Rachida, Feirouz et Mouna ont entre 40 et 50 ans. Dans ces quartiers, le nombre de femmes privées d’emploi flirte avec les 50%. Une femme sur quatre vit ou survit en dessous du seuil de pauvreté.

Parmi les femmes des quartiers populaires, certaines portent un foulard et sont également sommées de devenir invisibles. Pour Nicolas Sarkozy, elles « n’ont pas leur place dans notre République». Avec ou sans voile, elles ont des choses à dire, des droits à revendiquer pour toutes. Comment vivent-elles ? Quelle place a-t-on dans la société quand on n’a pas accès au travail ? Comment surtout englober tous les combats contre les discriminations, pour l’égalité au travail, pour les droits des femmes ? Rencontres.

Rachida Hanane est venue seule. Du Maroc, elle a traversé la Méditerranée pour la Suisse. C’était il y a 20 ans. Et puis elle s’est installée en France. Pendant 10 ans, elle a trimé dans la restauration d’entreprise.

Aujourd’hui, à 44 ans, elle ne travaille plus. « Je sentais des discriminations, parce que j’étais une femme, d’origine étrangère, que j’avais des enfants, des petits problèmes de santé. Je ne me laissais pas faire. C’est comme si le voile avait été un prétexte. Au départ, je mettais un bandana. Mon voile a commencé à gêner. On m’a dit que ce n’était pas compatible avec mon métier, il fallait une “ femme entière ”, j’ai “ choisi ” de partir. »

Quand on lui parle de la Journée du droit des femmes, elle pousse un long soupir « Je suis venue en France parce que c’était le pays des droits de l’homme, et donc de la femme. Mais on devra toujours se battre. »

Feirouz, Mouna et Zouina acquiescent. Elles se retrouvent souvent à la maison des Tilleuls, le centre social du quartier du même nom. Dans cette nouvelle terre UMP depuis les municipales, tout semble un peu figé. Dans le centre commercial, de nombreux commerces ont baissé le rideau. Les subventions, elles, se sont évaporées à la bourse du travail, pour de nombreuses associations et au Forum culturel, scène reconnue pour l’excellence de son travail. En bref, tout ce qui permet de réfléchir et de s’émanciper. « L’ambiance est pesante », dit Zouina Meddour, ancienne directrice du centre, et chargée de la lutte contre les discriminations sous l’ancienne municipalité communiste.

PLUS INQUIÈTE POUR SON FILS QUE POUR SA FILLE

Ici, on est donc « issues de l’immigration, de quartiers populaires, ça fait de nous des femmes qui subissent un peu plus », confie Rachida. Leur situation se joue en grand écart. Entre les injonctions à « se libérer », et la relégation dans laquelle les pouvoirs publics les enferment. C’est d’abord la question sociale qui les travaille: « Nous sommes des familles modestes », disent-elles. « On oublie souvent ces petites gens, nos mères, comme nous aujourd’hui », continue Feirouz Benamar, 43 ans, qui a quitté l’Algérie il y a 18 ans. « Mes parents étaient paysans en Kabylie. Ils étaient illettrés, je suis née dans une chambre d’hôtel en France. Mon père était ouvrier, ils nous ont transmis la volonté de se battre et de réussir par l’école. Bizarrement, je m’inquiète plus pour mon fils que pour ma fille, à cause de l’image qu’on colle aux garçons des quartiers: violents, sexistes », explique Zouina, 50 ans.

« Bien sûr, on a plus de droits que nos mères. Voter, la contraception, l’avortement, mais ils ont mis du temps à nous les donner », remarque Feirouz.

« Il faut continuer, si on accepte les discriminations, on sera une machine à les reproduire », constate Rachida. Elles connaissent les chiffres: le chômage qui frappe plus les femmes et les quartiers populaires, les 41,8 % de femmes en inactivité dans les zones urbaines sensibles (contre 33 % en France), le temps partiel subi, les familles monoparentales (un tiers de ces familles vivent en ZUS), les violences sexuelles. « On connaît les analyses sociologiques. On va en parler le 8 mars, et oublier ? Quand est-ce que ça va changer ? »

LE PRETEXTE DU FOULARD

Quand elle travaillait, Mouna Lamzouek, 42 ans, se le demandait aussi. « Il y a la hiérarchie et en haut, toujours un homme. J’avais un bon poste, dans la gestion. Mon patron m’a proposé de m’augmenter si j’enlevais mon voile. » « On va le dire à toutes les femmes, ça évitera sans doute les 25 % d’écart de salaire entre homme et femmes », se marre Zouina qui s’arrête en racontant les « 500 euros qu’elle touchait de moins que son prédécesseur. J’ai demandé pourquoi. Je n’ai pas eu de réponse. Je me suis dit, “ ça recommence ” », continue Zouina. Car dans les mouvements associatifs, comme les partis où elle a milité, elle y a été confrontée.

« Une femme doit prouver plus, c’est l’histoire de la domination masculine. Dans les réunions, le rôle de secrétaire nous est souvent dévolu. Mais on est aussi portées par des préjugés qu’il faut interroger. Si on reste en retrait par exemple, il faut prendre conscience qu’on est dans un stéréotype. » Feirouz Benamar trouve qu’on nous « bassine avec le partage des tâches, la cuisine, je n’ai pas besoin que quelqu’un me défende pour ne pas faire la vaisselle. Au lycée, ma fille n’est sensibilisée que sur ça, on ne lui dit pas qu’elle doit se battre pour les salaires». « Les femmes vivent sous surveillance », reprend-elle. « Voile, pas voile. Une fille qui porte une minijupe se prend des regards, des insultes. C’est toujours sa manière de se vêtir qui est scrutée. Jamais celle des hommes, eux s’habillent et font ce qu’ils veulent. Nous ne sommes pas des objets. »

« VOILE, PAS VOILE... UNE FILLE EN MINIJUPE SE PREND DES REGARDS. C’EST TOUJOURS LA MANIÈRE DE SE VÊTIR QUI EST SCRUTÉE. CELLE DES HOMMES, JAMAIS. »

SYMBOLES ET RÉALITÉS

« La surveillance et la domination viennent aussi des autres femmes », poursuit Zouina. Le débit est mitraillette, elle marque les mots en tapant sur la table de la tranche de la main. C’est qu’elle a beaucoup de choses à dire. Une vie d’engagement pour les femmes et contre les discriminations. Et une incompréhension aussi, un fossé qui se creuse. « Je suis en rupture avec certaines féministes sur la question des femmes de quartiers populaires, on voudrait penser à leur place la manière dont il faudrait qu’elles se libèrent. » Pourtant elle s’inscrit dans ce mouvement.

Mais « si on ne s’interroge pas constamment sur ce que l’on fait, si on ne déconstruit pas, on risque de reproduire des schémas qu’on avait contestés auparavant».

La sociologue Christine Delphy s’interroge aussi sur cette focalisation. « On a tellement voulu en faire un symbole qu’on a l’impression qu’une fois qu’on aura enlevé le voile à toutes les femmes, il y aurait une égalité parfaite en France. Je vois dans la rue tous les jours des femmes qui portent des symboles: du rouge à lèvres, des talons hauts ... Toute réglementation sur le vêtement des femmes est sexiste. Mais pourquoi la lutte féministe s’attaque-t-elle aux symboles plutôt qu’aux réalités ? »

Feirouz enchaîne. « Je dis aussi que je suis féministe. Mais je crains de devoir le dire comme pour me justifier. » Le voile, elle l’a choisi il y a huit ans. « Je l’ai mis contre l’avis de ma famille, ma sœur m’appelait tous les jours en me demandant pourquoi. » Un jour, elle l’a senti comme un « complément de ma foi, ça ne concerne que moi». Mouna parle « d’une identité, de vouloir vivre comme elle l’entend».

Rachida, elle, avoue avoir « peur, avoir déjà été l’objet d’agressions verbales. Sarkozy a dit (le 19 février) qu’il ne voulait pas de femmes voilées, de nous, dans la République, et ça, au nom de l’égalité »! Elles sentent toutes un climat islamophobe. « Ça s’accélère, et en France, il est porté par le pouvoir politique et les médias », continue Zouina.

Quand Zouina a rencontré Mouna, Rachida et Feirouz, elles venaient de se faire interdire l’accompagnement de sorties scolaires. « Ça a été très violent. Où est-il notre droit dans cette société ? » confie Rachida. Dans le collectif « Sorties scolaires: avec nous! », elles ont été rejointes par des avocats, sociologues, femmes non voilées. « Je me suis découverte en femme libre, engagée. Je ne pensais pas que j’allais devenir militante », raconte Feirouz. Aujourd’hui, elle ne trouve pas d’emploi. « Bien sûr, je veux travailler, mais je n’ai pas mis mon foulard par soumission, c’est pour ça que je ne l’enlèverai pas. » Alors elles se sont engagées dans la vie locale, font partie du conseil d’administration de la maison des Tilleuls. « Beaucoup de femmes finissent par croire qu’elles n’ont pas leur place », poursuit Mouna. « Mais il faut qu’on fasse des cortèges ensemble, femmes voilées, pas voilées, tous ensemble contre les discriminations ! » conclut Feirouz. Zouina, elle, veut que « les femmes prennent le pouvoir où qu’elles soient».


De gauche à droite sur la photo :

Feirouz Benamar
43 ans. Quitte l’Algérie à 22 ans, anciennement coiffeuse. Fait partie du collectif Sorties scolaires: avec nous! Membre du conseil d’administration de la maison des Tilleuls. Quatre enfants de 4, 13, 18 et 20 ans.
Mouna Lamzaouek
42 ans. Quitte le Maroc à 26 ans. A travaillé dans la gestion et l’accueil. Fait partie du collectif Sorties scolaires: avec nous! qui a réussi à faire revenir les femmes voilées dans les sorties scolaires. Trois enfants de 4, 11 et 12 ans.
Rachida Hanane
44 ans. Quitte le Maroc à 22 ans. Travaille 3 ans en Suisse, puis 10 ans dans la restauration collective: hôtesse de buffet, puis chef de groupe. Quitte son travail en 2012. Fait partie du collectif Sorties scolaires: avec nous! Quatre enfants dont deux jumeaux de 5, 11 et 13 ans.
Zouina meddour
50 ans. a grandi dans la cité des tilleuls, au Blanc-Mesnil. Directrice de la maison des tilleuls jusqu’en 2008. Chargée ensuite de la lutte municipale contre les discriminations. Écrit alors, avec 30 femmes du Blanc-Mesnil, « femmes des quartiers populaires. en résistance contre les discriminations » (2013). animatrice du collectif femmes d’ici et d’ailleurs. Deux enfants de 18 et 22 ans.

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MessageSujet: Benjamin Netanyahu, maître à penser de monsieur Yves Coleman   Jeu 23 Juil - 21:26

Benjamin Netanyahu, maître à penser de monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l'extrême-droite sioniste Jean-Marc Capellero-Rabinovitz, UJFP 17 juillet 2015

(comme le montre l'article, ce titre n'est pas à prendre au premier degré : c'est un détournement ironique du texte d'Yves Coleman "Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise")

ce texte ne concerne pas Claude Guillon, mais Yves Coleman. Toutefois, il est directement en rapport avec ce qui a été le déclencheur de ce sujet, à savoir la propagande de Claude Guillon, sur son "blogue", pour le numéro spécial de Ni Patrie ni frontières d'Yves Coleman, après le 7 janvier, reprenant son argumentation habituelle, et comportant un texte de Guillon à cet égard bien innocent, mais d'autres beaucoup moins, de Temps Critiques, dont l'idéologie, pour être plus fine, pa difficile, que celle de Coleman, n'en comporte pas moins le même aveuglement quant à la question raciale, et les mêmes charges contre les luttes décoloniales que l'idéologie française dominant d'une façon générale tout le champ politique, qu'on le nomme "blanc" ou pas

Citation :
Ce numéro commence par un article écrit en 2012 portant sur… Charlie Hebdo. Il est suivi par plusieurs contributions de la revue Temps critiques, du groupe Mouvement communiste, de Claude Guillon et de Ni patrie ni frontières sur les assassinats de Paris au début de de janvier 2015. La revue aborde ensuite la question de la montée de l’antisémitisme et du racisme antimusulmans en Europe, en essayant d’en dégager les causes et les conséquences. La dernière partie tourne autour des définitions de l’islamophobie et du racisme antimusulmans.

ce sujet aborde néanmoins des questions plus fondamentales que la personnalité égotiste de Claude Guillon en tant qu'« écrivain anarchiste », qui n'est là qu'un exemple extrême ramenant l'anarchisme à un engagement militant individuel. Claude Guillon, il est pas le seul, n'a rien compris à la question des identités, comme en atteste son texte L’«ALLIANCE DES MINORITÉS» EST-ELLE LE NOUVEAU SUJET DE L’HISTOIRE ? Mais le plus grave, c'est qu'il ne voit pas son propre communautarisme, et le fait que son anarchisme n'est pas moins identitaire, et plus encore minoritaires que ce qu'il pointe comme une tare dans des populations beaucoup moins communautaristes que les milieux militants en général

qu'une minorité soit rassemblée précisément parce qu'elle est racisée, ghettoisée, victime d'une politique approuvée par la population majoritaire vivant de davantage d'aisance pour ne pas dire du privilège d'être blanc, cela lui échappe, puisqu'il n'en souffre pas en propre, mais il lui faut encore lui dénier le droit de se battre sur la base de ce qui l'opprime ! À cette aulne-là, les Noires américaines sont des « communautaristes identitaires », pour ne pas dire, avec Christian Delarue, (ATTAC/MRAP) des « féministes racistes » (« Il y a des féministes racistes blanches et aussi un afro-féminisme non blanc qui réunit (ou qui veut réunir) les féministes noires sans les féministes blanches ! Ce féminisme est ouvertement et explicitement raciste ! La recherche de solutions à des problèmes particuliers dans certains groupes sociaux - ici africain - débouche sur une logique racialiste qui débouche fatalement sur du racisme ! ») Claude Guillon leur préfère la Manif des femmes sans voile, comme le Figaro-Madame et le courant mainstream du féminisme, combattu par Christine Delphy, aussi... On a les ami.e.s qu'on peut

cette « tare» pour reprendre un mot chéri d'Yves Coleman, est fréquente chez les anarchistes, et plus encore chez les anarchistes français. Voir DÉCOLONISER l'ANARCHISME... Les anarchistes, le racisme et l'antiracisme, l'antisémitisme et l'antisionisme...

il faut toutefois préciser qu'Yves Coleman est le webmestre du site Mondialisme.org, qui comporte sa revue NPNF, Ni patrie ni frontières, des groupes disparus d'ultragauche, des textes de Temps Critiques, mais aussi Échanges et Mouvement d'Henri Simon, qui n'a rien à voir avec les délires obsessionnelles d'Yves Coleman. La réputation d'Echanges permet néanmoins à Coleman de se donner un vernis de position « de classe » introuvable dans ses textes comme toute critique sérieuse du capitalisme. Les textes de Coleman noyant les autres, Mondialisme.org apparaît comme la vitrine exclusive des thèses d'Yves Coleman sur l'antisémitisme DE gauche...

comme j'ai eu maintes occasions de dire peu ou prou la même chose, y compris en mémoire de mes ami.e.s et camarades juifs et juives, c'est sans commentaire, mais non sans soulagement je propose ce texte plus instruit en la matière que les miens. Sûement parce que je ne suis pas juif, et que la question du "sionisme" ne m'a jamais paru aussi importante que la critique radicale du capital, que monsieur Coleman ne fait nulle part, ce qui complète son portrait de grand monsieur propre de l'anarchisme et de l'extrême-gauche...

Benjamin Netanyahu, maître à penser de monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l'extrême-droite sioniste Jean-Marc Capellero-Rabinovitz, UJFP 17 juillet 2015
Jean-Marc Capellero-Rabinovitz a écrit:
On aurait pu croire, ingénument, que le philosémitisme, entendu comme "forme sournoise d’antisémitisme" [1], épargnerait la gauche radicale pour ne frapper que la droite prétendument "socialiste", de même que toutes les variétés de droite "forte" ou non, qui communient dans la même célébration inconditionnelle de l'Etat d'Israël.

Las! Dans son article "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques" [2], daté du mercredi 3 juin 2015, monsieur
Coleman, qui exerce un magistère depuis son site Mondialisme.org [les textes d'Echanges et mouvement, et ceux d'Henri Simon, y sont noyés], présente désormais tous les symptômes d'un philosémitisme galopant à tendance hallucinatoire. Avec un sens de l'à-propos qui n'appartient qu'à lui, il a concentré sa petite artillerie sur notre camarade Pierre Stambul, 6 jours avant que Pierre ne "bénéficie" des services d'une des unités dites d'élite de l'appareil d'Etat, en l'occurence le RAID, après une opération d'intoxication menée semble-t-il par un pirate informatique franco-israëlien [3].

Il serait quelque peu injuste de reprocher à monsieur Coleman de ne pas disposer de talents divinatoires, qui lui auraient épargné ce timing "malencontreux". Il existe toutefois une règle d'Or entre révolutionnaires, ce qu'il prétend être : la solidarité inconditionnelle face à la répression. Les camarades "Juives et Juifs révolutionnaires", qui animent le site du même nom, ne s'y sont pas trompé-e-s. Le jour même de l'agression de Pierre Stambul, leur site proclamait : "Nous dénonçons l'interpellation de Pierre Stambul par le RAID durant la nuit. Quels que soient nos désaccords..." [4]. Qu'elles et ils en soient publiquement remercié-e-s.

Nous sommes le vendredi 17 juillet 2015 : à moins de n'avoir fait que de la spéléologie depuis le 9 juin ou d'être coupé d'Internet, ce qui n'est pas le cas - son site étant régulièrement mis à jour, monsieur Coleman a difficilement pu manquer l'attaque dont Pierre Stambul a été victime. Nous allons tenter de comprendre les raisons très politiques pour lesquelles il a "omis" d'assurer notre camarade de sa solidarité.

"L’antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle"
(sic) [2]

Je cite monsieur Coleman :
Yves Coleman a écrit:
"L'antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle : autant la critique féroce du sionisme avait un sens AVANT la création de l'Etat d'Israël, autant aujourd'hui être «antisioniste» signifie soit que l'on veut retourner dans les années 30 à bord d'une machine à remonter le temps et faire comme si le judéocide n'allait pas avoir lieu (...) ; soit que l'on est pour l'expulsion des Israéliens de Palestine... et dans ce cas mieux vaudrait avoir un bon plan B à disposition. (...)" [2]

Pour ce qui est de "l'expulsion des Israéliens de Palestine", la lecture de la Charte de l’UJFP aurait évité à monsieur Coleman une telle ineptie :
Yves Coleman a écrit:
"Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu’en mettant un terme à la domination d’un
peuple par un autre, et en mettant en oeuvre le droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien, (...). Le droit à l’autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien." [5]

Quant à l'inanité de l'antisionisme de nos jours, il pourrait être instructif de savoir ce que pensent les dirigeants de l'Etat d'Israël de l'actualité ou du caractère obsolète de la référence au sionisme.

Florilège :
Benjamin Netanyahu : "C’est le véritable camp sioniste qui sera au pouvoir, et Jérusalem ne sera pas divisée" [6].

Avigdor Liberman : "J’exhorte tous les citoyens d’Israël à aller voter pour un parti sioniste - peu importe si c’est Meretz, Yisrael Beiteinu, ou Bayit Yehudi - ce qui est plus important, c’est d’aller voter pour un parti sioniste parce qu’il est important de préserver le caractère juif et sioniste de l’État d’Israël" [7]. (Monsieur Liberman semble légèrement douter des capacités de compréhension de ses auditeurs...)

Naftali Bennett : "Il fonce à toute allure en direction des [électeurs] sionistes religieux, ceux qui disent que pour des raisons idéologiques, ils renoncent à leur propre parti pour le Likoud, afin de ne perdre la chance d’avoir un gouvernement de droite" [8].

Moshé Bougy Yaalon : "J’ai dirigé des opérations contre les forces paramilitaires de l’Autorité palestinienne, les milices du Fatah et les forces du Hamas à Gaza et en Cisjordanie. Depuis le début du conflit, avant la création de l’Etat, et durant les années qui ont suivi les Accords d’Oslo, la volonté des dirigeants sionistes était d’aboutir à un compromis historique en convainquant les Palestiniens de renoncer à “la lutte armée” et à toute forme d’opposition (...)" [9].

Ayelet Shaked : "Il faut arrêter de s'excuser, il faut redevenir sioniste !" [10].

De toute évidence, les dirigeants d'Israël n'ont pas lu les profondes considérations de monsieur Coleman et ne savent pas que l'antisionisme, et donc le sionisme, sont des notions totalement désuètes. Cette regrettable ignorance les conduit à des "écarts de langage", que nous allons maintenant examiner.

De la comparaison des gouvernements israéliens au IIIe Reich

Précisons d'emblée que cet intertitre ne saurait être compris comme une incitation à ce type de parallèle. De la même façon que le terme "fasciste" est trop souvent employé inconsidérément, lui faisant perdre la caractérisation précise d'un régime politique et de son idéologie, de la même façon, la qualification de "nazi" ne peut être banalisée. Hélas, les dirigeants sionistes (le paragraphe précédent nous autorise à les nommer ainsi) ne "facilitent" toutefois pas les choses, comme nous allons le voir.

Commençons par les amalgames de monsieur Coleman, qui le conduisent à qualifier Pierre Stambul d'irresponsable :

Yves Coleman a écrit:
"l'antisionisme (...) peut parfois conduire à des conclusions antisémites (...) lorsque la politique des gouvernements israéliens est systématiquement comparée à celle des nazis ou lorsque «certains dirigeants sionistes» sont accusés d'avoir été complices des nazis (...) Comme le fait, de manière totalement irresponsable, Pierre Stambul de l'UJFP car il sait que ce type
d'arguments sont employés par les négationnistes : «Nous savons que l'instrumentalisation du génocide nazi par les sionistes est une escroquerie. Les sionistes n'ont joué qu'un très faible rôle dans la résistance juive au nazisme. Certains de leurs dirigeants se sont fortement compromis avec le nazisme.»" [2]

Joli tour de passe-passe, qui fait dire à Pierre ce qu'il n'a pas dit, à savoir que les sionistes sont des nazis. Quant à savoir pourquoi certain-e-s ont fait cette comparaison, se reporter à leurs propos exacts pourrait nous éclairer.

A propos de "l'armée la plus morale du monde", qui affirma, "pendant l’invasion du Liban en 1982 (que) les excès des soldats israéliens au Liban démontraient (...) « l'existence d'une mentalité judéo-nazie »" [11]? Réponse : Yeshayahou Leibowitz, sioniste engagé, "rédacteur en chef de l’Encyclopédie hébraïque", attaché à la pratique des Mitsvots (commandements requis par la Torah) et grand admirateur de Maïmonide [12].

Quel est le raisonnement de Yeshayahou Leibowitz ?
Yeshayahou Leibowitz a écrit:
"Voilà le problème clef : la désobéissance à un ordre légal. Mais cette conception selon laquelle il est interdit de désobéir à un ordre légal, c'est une conception fasciste, nazie. Maintenant, vous comprenez ce que je veux dire quand j'utilise le terme « judéo-nazi » ? Pourquoi Israël a-t-il condamné Adolf Eichmann à la potence et l'a-t-il pendu ? Eichmann n'a fait qu'accomplir les ordres légaux donnés par ses supérieurs. Voilà pourquoi, quand j'entends des gens affirmer que l'ordre légal donné constitue le critère suprême de la conduite d'un soldat, je leur lance : « Vous êtes des judéo-nazis ! »" [13].

D'auteurs dont les noms seront précisés plus loin :

Yeshayahou Leibowitz a écrit:
"Parmi les phénomènes politiques les plus perturbateurs de notre époque, on peut compter l'émergence, à l'intérieur de l'Etat d'Israël (...) du "Parti de la Liberté" (...) apparenté, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et ses prétentions sociales, aux partis politiques nazis et fascistes. (...)"
[14].

Quel fait a bien pu inspirer un tel emportement chez ces auteurs? Celui-ci :
Yeshayahou Leibowitz a écrit:
"C'est dans ses actions que (ce) parti terroriste trahit ses réelles aspirations (...) Un exemple choquant a été donné par leur comportement au sein du village arabe de Deir Yassin. (...) Le 9 avril, selon le New York Times, des groupes terroristes ont attaqué ce paisible village, qui n'était en rien unobjectif militaire dans ce conflit, et ont tué la plupart de ses habitants (240 personnes : hommes, femmes, enfants )."[14]

Qu'est-ce qui motive leur lettre d'alerte ? Qui sont donc les "irresponsables", probablement antisémites, qui ont commis cette lettre ? Entre autres : Hannah Arendt et Albert Einstein. Pour des raisons qui m'échappent, cet appel a échappé à l'immense érudition de monsieur Coleman.

Cette controverse est-elle dépassée ? Malheureusement, il y a une chose que l'on ne peut pas reprocher aux Netanyahu, Liberman et consorts, c'est la cohérence entre leurs paroles et leurs actes.

Second florilège :

Naftali Bennett, actuel ministre israélien de l'Education : "J'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie. Et il n'y a aucun problème avec ça". [15].

Avigdor Liberman, ex-ministre israélien des Affaires étrangères : "Ceux qui sont de notre côté (NB : les Arabes israéliens) méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache" [16].

Moshe Feiglin (candidat doté de 24% des suffrages, face à Netanyahou, lors des primaires du Likoud de 2007), au quotidien Haaretz, en 1995 : "Hitler était un génie militaire inégalé. Le nazisme a fait passer l’Allemagne d’un bas niveau à un niveau physique et idéologique fantastique. Les jeunes loqueteux ont été transformés en une catégorie propre et ordonnée de la société et l’Allemagne a disposé d’un régime exemplaire (...)" [17].

Faisons un détour parmi les autorités religieuses de "l’État juif et sioniste d’Israël" [7]. Ovadia Yosef (élu grand-rabbin séfarade d'Israël en 1973) : "Les six millions de malheureux juifs qu'ont tués les nazis ne l'ont pas été gratuitement. Ils étaient la réincarnation des âmes qui ont péché" [18]...

Je laisse chaque Juive, chaque Juif ayant perdu des proches dans l'enfer nazi et/ou lors des pogroms en Europe méditer ces deux dernières citations et en prendre la pleine mesure : l'Etat d'Israël n'est pas notre refuge, mais un vecteur majeur de l'antisémitisme dans le monde. La compassion dont nous, Juives et Juifs, avons bénéficié après les révélations des crimes nazis est détruite et souillée jour après jour par les agissements et les propos criminels des dirigeants sionistes.

Netanyahu, monsieur Coleman et le droit au retour des Palestiniens

Le titre de cet article, quelque peu provocateur, semblera sans doute excessif. Excessif, il ne l'est guère plus que : "Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise" [19].

Monsieur Coleman aurait peut-être (?) pu s'épargner la rédaction d'un article aussi outrancier que malhonnête en lisant la "Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »" [1] ou, de Yitzhak Laor, "Le nouveau philosémitisme européen et le «camp de la paix» en Israël" (La Fabrique, Paris, 2007).

Mais "quid" du rapprochement entre Benjamin Netanyahu et monsieur Coleman ? Ceci : "Benyamin Netanyahu campe sur les positions qu'il avait fixées lors de son discours prononcé à l'université Bar Ilan en 2009. Il refuse de négocier sur la base des frontières de 1967, il refuse le gel des colonies, le droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948 et 1967" [20].

Et voici le point de vue de monsieur Coleman sur la résolution 194 de l'ONU
Yves Coleman a écrit:
"Autant le versement d’une indemnisation semble raisonnable, autant le « droit au retour » est une aberration pour les Palestiniens - mais aussi pour les Juifs du monde entier." [21].

Notons, pour la forme, qu'une confusion est ici faite entre le "droit au retour" des réfugié-e-s palestinien-ne-s, visé par la résolution 194 du 11 décembre 1948 de l'ONU [22], et la "loi du retour", votée par la Knesset le 5 juillet 1950, qui "octroie automatiquement à tout individu juif la nationalité israélienne lors de sa demande d'immigration." [23]. Quant au fond, s'il y a bien ici une "aberration", c'est de ne pas proclamer avec force l'injustice qu'Eyal Sivan a si parfaitement résumée : "Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu'il n'a pas le droit d'y revenir, alors qu'un juif né à Paris peut, lui, s'y installer ?" [24].

Il est vrai que le concept d’autodétermination semble un peu abscons pour notre docte pourfendeur des antisionistes : que les conditions d'établissement de deux Etats, d'un Etat binational (ou du refus d'un Etat-Nation) appartiennent aux peuples concernés ne semble pas l'effleurer. Il est désormais en bonne compagnie, entre Netanyahu et François Hollande, lequel abonde dans son sens : "Demander à Israël d'accepter le droit au retour des réfugiés palestiniens n'aurait pas de sens..." [25].

Le(s) sionisme(s), exégèse selon Coleman

Yves Coleman a écrit:
"N’en déplaise à Pierre Stambul, qui n’est pas un ignorant, LES « sionistes » cela n’existe pas, il y a plusieurs types de « sionistes », en clair de nationalistes israéliens ou de partisans de l’existence de l’Etat d’Israël. Et en général le terme « sionistes » est un mot codé pour dire « Juifs »." [26].

Monsieur Coleman est intarissable sur la question de l'antisémistisme et de l'histoire du sionisme dans toute sa diversité. La documentation disponible sur son site serait un pur bonheur, pour son abondance et sa qualité, si elle n'était mitée, à intervalles réguliers, par les imprécations gorgées de mépris qui sont sa marque de fabrique. La quasi-totalité des marxistes et anarchistes de toutes obédiences ont eu droit, à un moment ou à un autre, à ses excommunications boursouflées.

Toutefois, depuis les cimes de son savoir, ce "petit marquis" [27] (sic) de l'excellence radicale daigne révéler à des Juifs communistes libertaires (Pierre Stambul et Jean-Marc Izrine) qu'il existait et existe des versions différentes du sionisme.

Mais, comme la science se mérite, nous ne saurons pas dans le même article que les conceptions d'un Vladimir Jabotinsky n'étaient pas exactement concordantes avec celles d'un Bernard Lazare ni que, de nos jours, le point de vue d'un Shlomo Sand n'est pas "tout à fait" celui d'un Yehuda Glick, partisan de la destruction de la mosquée Al Aqsa comme prélude à la reconstruction du Troisième temple de Jérusalem.

A titre personnel, je ne verrais aucun inconvénient à deviser sur l'histoire de l'anarcho-sionisme, sauf peut-être la contrainte où je me trouverais d'emprunter la "machine à remonter le temps" [2] en compagnie de monsieur Coleman.

Au niveau théorique, il est évidemment fondé de distinguer, autant sur le plan historique que dans l'analyse de la situation actuelle, la variété des conceptions sionistes ou post-sionistes. Mais, sauf à nous traiter de Juifs antisémites (les sionistes ne s'en privent pas), notre dénonciation du sionisme est constamment explicitée comme la condamnation des politiques criminelles des dirigeants d'Israël vis-à-vis des Palestinien-ne-s et suicidaires pour les Juives et Juifs d'Israël et de la diaspora et non (c'est effarant de devoir l'écrire) comme une volonté d'expulsion des Israéliens de Palestine, ce que suggère Coleman [2] !

Shlomo Sand a dramatiquement résumé ce dilemme :
Citation :
"(...) même un enfant né d'un acte de viol a le droit de vivre. La création d'Israël par des juifs dont beaucoup étaient des rescapés des camps d'extermination a été un acte de viol contre les populations arabes de Palestine. Il a fait naître la société israélienne qui vit déjà depuis soixante-dix ans, et qui a développé sa culture. On ne règle pas une tragédie en en créant une autre." [28].

"Obsédés par Israël et la Palestine du matin au soir" (sic) [29]

L'article [29] de monsieur Coleman qui comporte cette expression commence par la citation suivante : "Et puis, on peut être
contre la politique internationale d’Israël sans être antisémite."
(David Rachline, maire Front national de Fréjus) Ne pouvant soupçonner monsieur Coleman de sympathie pour le Front national, cette citation ne peut être utilisée que comme un repoussoir. Dès lors qu'il n'en partage pas l'idée, il nous place donc devant une double négation : la citation, la réfutation implicite de celle-ci du fait de l'appartenance de son émetteur, ce qui, comme toute double négation, produit donc une affirmation. En clair, la conclusion suggérée par Coleman est donc celle-ci : "Toute critique de la politique internationaled’Israël est antisémite".

C'est très intéressant. Autant sa critique radicale du terme antisioniste, signifiant nécessairement selon lui "qui souhaite l'anéantissement d'Israël et des Israélien-ne-s" aurait pu donner lieu à débat, autant là, c'est toute critique d'Israël qu'il réfute. C'est d'autant plus curieux qu'il parsème ses textes d'une telle critique : "La politique criminelle de l’Etat israélien et la haine qu’elle suscite chez les peuples des Etats limitrophes et chez les Palestiniens" [29] mais c'est pour la contrebalancer aussitôt d'une fureur croissante au fil des ans envers les antisionistes ou tous critiques d'Israël.

S'il y a une chose certaine, c'est que monsieur Coleman n'est ni "obsédé par (...) la Palestine du matin au soir", ni par le sort des Palestinien-ne-s. Sur 2017 articles au 17 juillet 2015, 2 articles (oui, deux, pas trois) mentionnent le terme de "Nakba" sur le site "Mondialisme.org", soit 0,1 % des articles et 291 articles mentionnent le terme "antisémitisme", soit 14,43 %. Dit autrement, quand il évoque 1 fois la "Nakba", il parle 145 fois d'"antisémitisme". Pour prendre la mesure du sort du peuple palestinien chassé de ses terres, c'est une proportion qui lui semble sans doute équilibrée.

Une fois n'est pas coutume, c'est auprès du "Shin Bet", ou "Shabak" (Service de sécurité intérieure israélien) que l'on peut trouver des informations qui nous démontrent de façon inquiétante pourquoi même une Juive ou un Juif vivant loin d'Israël, en France, aux USA, a des raisons très précises pour sa sécurité d'être "obsédé par Israël et la Palestine du matin au soir".

Dans le documentaire "Gatekeepers", réalisé par Dror Moreh en 2012, six anciens responsables du "Shin Bet" témoignent de l'évolution de la situation en Israël et délivrent un avis accablant sur l'ensemble des premiers ministres israéliens, à l'exception de Yitzhak Rabin, assassiné en 1995 par Ygal Amir, admirateur de Baruch Goldstein, responsable du massacre d'Hébron. Impéritie, indifférence ou complicité avec les plus extrémistes des colons, voilà le fil conducteur de la politique israélienne. Avraham Shalom, chef du "Shin Bet" de 1981 à 1986 : "Aucun premier ministre ne s'est jamais intéressé aux Palestiniens", "Quelle différence entre Golda Meir et Begin ? Aucune".

En 1980, Carmi Gillon et Yaakov Peri, qui deviendront plus tard chefs du "Shin Bet", enquêtent sur des colons qui préparent un attentat sur des bus palestiniens à Jérusalem avec un objectif de 250 morts. Ils parviennent à les arrêter, de nuit, au moment où les colons placent les explosifs dans les bus. Après enquête, il apparaît que ce groupe projetait depuis 1978 la destruction à l'explosif du Dôme du Rocher. Les condamnations tombent, dont 3 à perpétuité. Le "Shin Bet" est encensé par les autorités israéliennes. Yitzhak Shamir déclare le "Shin Bet" "joyau de la Couronne".

Oui, mais... Cette "bande", comme l'appelle Yaakov Peri, avait ses entrées de longue date au Parlement et chez le Premier Ministre. En peu de temps, tout ce petit monde rejoint sa colonie, comme si de rien n'était. Que se serait-il passé si ces fanatiques avaient détruit le Dôme du Rocher ?

Carmi Gillon : "Cela aurait déclenché la guerre totale du monde musulman contre Israël. Pas seulement les pays arabes, mais aussi l'Iran, l'Indonésie et la mise en danger de l'ensemble des communautés juives de par le monde." Le même raisonnement vaut, sans exception, pour tous les crimes impunis commis depuis des décennies par l'Etat d'Israël.

Méditons sur le diagnostic de Zeev Sternhell, dans le reportage de Charles Enderlin de 2015, "Au nom du temple", à propos de Baruch Goldstein, auteur du massacre de la mosquée d'Ibraham, et de l'assassinat de Yitzhak Rabin par Ygal Amir : "La gauche (israélienne), par poltronnerie, parce que c'était commode de se voiler la face, a préféré croire que nous avions la fièvre à cause d'une grippe alors que nous avions un cancer."

Monsieur Coleman prépare ses étoiles jaunes pour l'UJFP

Citations de notre implacable censeur :
Yves Coleman a écrit:
"Rappelons que l’Union juive française pour la paix n’organise pas seulement des Juifs, comme le précisent d’ailleurs ses statuts. Il aurait été cependant plus honnête de choisir, par exemple, une appellation comme l’Union française pour la paix en Palestine. Cette ambiguïté délibérée permet aux militants non juifs de l’UJFP de se faire passer (ce qui est très rémunérateur symboliquement) pour des descendants des victimes du judéocide ou, encore mieux, des militants du Bund assassinés par les nazis." [2].

"... l’UJFP (...) prétend regrouper des juifs partisans de la paix (d’après son sigle) alors qu’une partie de ses membres ne sont ni Juifs ni juifs !" [30].

"... l’UJFP, cette curieuse organisation qui se dit « juive » tout en n’expliquant pas vraiment en quoi elle tient à cette étiquette si infamante dans le camp « antisioniste »...." [26].

C'est sûrement une coïncidence, mais cette exigence de pureté ethnique nous a déjà été adressée régulièrement par des sionistes. Monsieur Coleman semble très préoccupé par ce sujet et sait sûrement que nous ne sommes pas précisément des "haredim" (juifs ultra-orthodoxes). En tant que tout nouvel expert ès-"Halakha" (la Loi juive), a-t-il prévu des tests de sélection en manifestation pour trier les Juives et Juifs certifié-e-s par ses soins des "goyim" (non-juifs) infiltré-e-s parmi nous ?

Quant à la notion d'"étiquette si infamante" d'une "organisation qui se dit « juive »", elle a un fumet, comment dire ? Pas précisément "philosémite", même au sens de "forme sournoise d’antisémitisme" [1]. Ces trois phrases mises bout à bout donnent
la nausée.

Est-ce que monsieur Coleman a la moindre idée de l'abjection de ses propos, lancés à la face de militant-e-s de l'UJFP dont l'histoire familiale regorge de l'attention toute particulière que l'Europe chrétienne a réservée à leurs parents et ancêtres ?

L'autodérision, l'humour noir et féroce dont certain-e-s d'entre nous sont heureusement doté-e-s nous procurent une catharsis
permanente d'un passé trop lourd qui en a fait sombrer plus d'un-e parmi nous.

Nous accusons donc réception de l'assurance complète de son absence de solidarité.

Jean-Marc Capellero-Rabinovitz, Le vendredi 17 juillet 2015

Notes, pour aller plus loin
[1] " Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise
d ’antisémitisme » ", Rudolf Bkouche, 21 septembre 2014, ainsi que "Du philosémitisme d’Etat", Rudolf Bkouche, 27 avril 2015
[2] "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques", Yves Coleman, mercredi 3 juin 2015
[3] "Pierre Stambul notre co-président arrêté par le RAID cette nuit et gardé à vue pendant 7 heures", Bureau national de l’UJFP le 09-06-
2015 à 18h40
[4] "Soutien à Pierre Stambul", Juives et Juifs révolutionnaires, le 9 juin 2015
[5] "Charte de l’UJFP", adoptée à la fondation de l'UJFP à Paris, lors de la fête de Pessah en 5754 (avril 1994)
[6] Europe Israël news, 15 mars 2015
[7] Coolamnews, 17 mars 2015
[8] "Bennett reproche à Netanyahou de courtiser son électorat religieux", IsraPresse, 16 mars 2015
[9] CAPE - Centre des Affaires publiques et de l’Etat, 22 janvier 2015
[10] Koide9enisrael, dimanche 19 janvier 2014
[11] "Yeshayahou Leibowitz, le prophète incompris", CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind, mardi 22 mars 2011, Ouri
Wesoly
[12] Yeshayahou Leibowitz, site du judaïsme Massorti Francophone, par Yeshaya Dalsace
[13] "La mauvaise conscience d'Israël" (3), Defeatist Diary, 28/6/2010
[14] "New Palestine Party. Visit of Menachen Begin and Aims of Political Movement Discussed", A letter to The New York Times. Saturday
December 4, 1948 by Albert Einstein, Hannah Arendt, Sidney Hook, et.al. Traduction française : Archives LePost.fr – HuffingtonPost, mis à
jour le 20/06/2010
[15] L'Express, 30/07/2013
[16] Libération, 10 mars 2015
[17] Cité par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient, lundi 30 janvier 2012
[18] "Le rabbin Yossef dérape sur la Shoah", Libération, 7 août 2000
[19] "Edouard Drumont, maître à penser (...)", mondialisme.org, samedi 14 mars 2015
[20] "Israël-Palestine: Il n'y a pas de volonté politique d'aller vers la paix", L'Express, 02/04/2014
[21] "Limites de l’ « antisionisme » (2)", mondialisme.org, vendredi 23 janvier 2004
[22] "La question de Palestine - Réfugiés", site francophone des Nations Unies
[23] "Loi du Retour", Akadem
[24] "La dangereuse confusion des juifs de France", Eyal Sivan, 7 Décembre 2001
[25] "Retour des Palestiniens: Hollande soutient Israël", Le Figaro, 19/11/2013
[26] "Les « antisionistes » sont eux aussi sujets au « mal de mer »...", mondialisme.org, mardi 11 mars 2014 (Nota bene : l'article cité porte
sur une préface de Pierre Stambul à un livre de Jean-Marc Izrine, « Les libertaires du Yiddishland », éditions Alternative Libertaire)
[27] "Bref commentaire sur les procédés d’un plumitif « libertaire »", R.A. Forum. De la banalité du mépris chez monsieur Coleman.
[28] "Israël a-t-il perdu la guerre ? Entretien avec l’historien israélien Shlomo Sand", Télérama, 31/01/2009
[29] "Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste", mondialisme.org, 25 avril 2014
[30] "Ni Joffrin, ni Val, ni Siné, la clarté politique d’abord !", mondialisme.org, lundi 28 juillet 2008
Benjamin Netanyahu, maître à penser de monsieur Yves Coleman page 6/6

Yves Coleman a réagi par ce texte : L’UJFP pratique la politique de l’autruche face aux tenants de l’antisémitisme de gauche. A propos d’une polémique loufoque (une de plus !) contre "Ni patrie ni frontières" : ne répondant à aucun argument par des arguments, il botte en touche et confirme ce que recouvre sa mise en avant de l'antisémitisme. Car ce texte sur le site de l'UJFP (Union des Jeunes juifs pour la Paix) n'est qu'un complot... du Parti des Indigènes, contre lequel la "réponse" de Coleman est entièrement tournée : « il s’agit d’une défense masquée, indirecte, du PIR, et aussi « par la bande » parce qu’il s’agit d’un article de copinage, d’un pote qui défend ses amis de la bande alliée, celle du PIR, au nom de l’UJFP... Le PIR cherche à radicaliser de plus en plus son antisémitisme et à lui donner une apparence respectable pour un public de gauche et d’extrême gauche... ». Mais Coleman, à part quelques morceaux choisis de textes anciens, ne trouve plus rien à se mettre sous la dent pour alimenter ses thèses, et quoi qu'il en soit, ne viendra pas au fond. Il est vrai que ce n'est pas le contenu du texte en cause qui l'y invitera, puisqu'il ne contient rien non plus articulant critique du capital, questions de classe et de "race". Chez moi, Coleman n'a trouvé que "demi-négro" pour arguer que je serais raciste, il n'y est pas revenu

tour de passe-passe, comme d'habitude, Coleman se couvre avec d'une phrase qui lui évite d'être considéré pour ce qu'il fait, alors qu'aucun de ses textes n'a pour sujet Gaz ou la politique d'apartheid d'Israël au service de l'Occident capitaliste :
Yves Coleman a écrit:
Plus les frontières d’Israël s’accroissent par la force militaire et les agressions régulières de Tsahal, plus les gouvernements israéliens se montrent sans pitié avec les civils palestiniens et avec les Arabes d’Israël, plus la haine contre les Juifs s’accroît et est manipulée par toutes sortes de forces réactionnaires dans le monde.

mais ne lui vient pas à l'idée que lui ou ses amis anarchistes de non-fides manipulent aussi l'antisémitisme dans le même sens que Manuel Valls

sur quelque 2000 textes de Coleman, pas un seul n'est consacré à s'attaquer au capital et ses méfaits, ni à la droite ni à son extrême. Tout cela serait implicite et gage qu'il peut s'en prendre aux « tares » de la gauche et de son extrême, un travers assez typique de l'ultragauche. Jamais un mot sur l'exploitation, les souffrances prolétaires au travail ou dans la vie quotidienne, ni sur leurs luttes, et quand ce sont des « racisé.e.s », ils ont tort, ils « font le jeu du FN »... argument classique de la droite et du PS, le tout planqué derrière la mémoire de la Shoah... un renversement d'un négationnisme en un autre, typique aussi d'une dérive ultragauche, Temps Critiques en miroir de Dauvé, et Théorie Communiste entre les deux, avec le même argument : antisionisme n'est plus qu'un "masque" pour antisémitisme

les catégories "sioniste" ou antisionisme", comme "antisémitisme" "philosémitisme" et "islamophobie", sont définitivement piégées pour comprendre ce qui est en jeu. Questionner l'identité juive ou analyser le rôle d'Israël peut se faire sans le moindre antisémitisme, ni nier en rien celui-ci, puisque telle n'est pas la question, mais le faire sans mettre en cause le capital et les colonialités , qui ne sont pas "le colonialisme", est tout simplement impossible : çà c'est le piège dans lequel est tombé Bernard Lyon, de Théorie Communiste, et personne dans le milieu « partisan de la communisation » n'a su, pu, ou voulu le dire...
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MessageSujet: Yves Coleman et non-fides se renvoie la balle anti-indigènes   Ven 24 Juil - 13:46

pour faire bonne mesure à propos d'Yves Coleman qui explique le texte de Jean-Marc Capellero-Rabinovitz par son « copinage » avec le PIR

Yves Coleman a écrit:
Le plus curieux, dans cet article, est qu’il ne répond pas vraiment à un texte que j’aurais consacré à l’UJFP mais qu’il défend, par la bande, les Indigènes de la République.

« Par la bande », parce qu’il s’agit d’une défense masquée, indirecte, du PIR, et aussi « par la bande » parce qu’il s’agit d’un article de copinage, d’un pote qui défend ses amis de la bande alliée, celle du PIR, au nom de l’UJFP.

Cette démarche est plutôt tortueuse mais elle illustre bien les mœurs de l’extrême-gauche : les « gauchistes » ne défendent pas des principes politiques, seulement des amis temporaires ou des alliés de circonstance, quelles que soient leurs positions par ailleurs...

il faut croire qu'Yves Coleman n'illustre pas moins « les mœurs de l'extrême-gauche », en matière de « copinage » et de « bande alliée » [certes plus micro-virtuelle que le PIR ou ceux qui revendiquent leurs luttes décoloniales], car sans parler de Claude Guillon et Jacques Wajnsztejn, sa partie de ping-pong amicale avec non-fides mérite de figurer dans une anthologie...

non-fides a écrit:
On nous reproche également d’avoir repris des textes d’Yves Coleman, rédacteur de la revue Ni Patrie Ni Frontières… Probablement parce que celui-ci est ouvertement plus proche du communisme et du conseillisme que de l’anarchisme [Ah bon ? Alors drôle de coco]. Mais répétons-le, cela ne motive pas pour nous, et encore moins a priori, une quelconque forme d’antagonisme de principe. Évidemment, si des anarchistes avaient réussi à établir une critique aussi précise et poussée que ne l’a fait Coleman à travers les années au sujet des confusionnismes de gauche (anti-sionisme, logiques communautaristes, nationalistes, racialistes, essentialistes et identitaires), nous n’aurions pas eu besoin de reprendre Coleman. [2]

Comme ce n’est pas tant le cas, alors nous ne ressentons aucun besoin de nous justifier à ce sujet, et nous sommes heureux d’avoir pu publier d’autres textes dans la même veine, plus proches de nos perspectives générales, comme récemment le texte polémique De la banalisation des thèses ethno-différencialistes et communautaristes en milieu militant * et bien d’autres encore, que nous ne vous avons, chers critiques, pas vu défendre, reprendre ou diffuser (mais peut être qu’en fait vous n’êtes pas anarcho-anarchistes, chers compagnons, mais juste anarcho-boutiquiers).

* on appréciera, le raisonnement circulaire de ce texte de "Un contributeur du négatif" (sic), qui renvoie à... Yves Coleman. La boucle est bouclée :

Dans la tendance actuelle à la banalisation, en milieu antiautoritaire, de quantité de thèses ethno-différencialistes et communautaristes, il est de moins en moins surprenant de constater que tout acte ou positionnement anticolonialiste ou tiers-mondiste historique ou récent est susceptible d’être présenté comme révolutionnaire. Il serait long et fastidieux d’en citer tous les exemples récents [...] Le Parti des Indigènes de la République (PIR), groupe politicien issu de la petite bourgeoisie et dont les membres revendiquent haut et fort leur appartenance à l’immigration issue d’ex-colonies, est en partie à l’origine de ce phénomène. Leurs postulats idéologico-politiques ont été analysés avec justesse ailleurs [3], on s’évitera donc cette tâche plutôt ingrate ici.

[3] Voir les nombreux textes d’Yves Coleman sur mondialisme.org.


[2] Mais peut être préférerais-tu, cher commentateur bienveillant, que nous reprenions les textes "pro-nationalistes" et en faveur des luttes de libération nationale d’Alfredo Bonanno, sous le prétexte que celui-ci est plus proche de nos idées par ailleurs ? Ou d’autres textes abjects d’illustres anarchistes ?

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MessageSujet: Guillon en Gnafron   Jeu 30 Juil - 0:42

"Ainsi font, font, font…

Enfin une proposition constructive…" en léger différé du Guillon's "blogue généraliste"[/u]



Gnafront-Guillon et le gendarme




wiki a écrit:
Gnafron est une marionnette à gaine lyonnaise, compagnon de Guignol. Dans certaines pièces du répertoire classique, il est le père de Madelon. Savetier amateur de Beaujolais, il est traditionnellement représenté avec la barbe mal rasée, le nez et les pommettes rouges, la bouche édentée portant un galurin de travers, un foulard en guise de cravate ou un nœud papillon à carreaux ou à pois, un chapeau ou une casquette et le tablier de cuir du savetier. Philosophe dont les propos sont toujours pleins de bon sens, il tempère l'ardeur de Guignol mais aime faire la fête avec lui.
source


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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Dim 2 Aoû - 12:33

importé de PENSER-LUTTER-TRANSFORMER, avec Henri Meschonnic


Guillon l'écrivain à l'insu de l'anarchiste

si, à suivre Meschonnic, on retient ce qu'il pense qu'est penser, on peut se demander si Claude Guillon n'a pas pointé à l'insu de son plein gré une vérité avec ce titre : « Communisation » : l'impensable projet

cette "vérité" ne tient pas tant au son contenu critique du texte de Claude Guillon, aussi faible qu'il pouvait l'être en s'attaquant à l'une des plus mauvaises formulations de ce qu'est la communisation, celle de Léon de Mattis, paradoxalement nommée « Qu’est ce que la communisation ? », ce qui, pour reprendre Meschonnic, en faisait un « produit », non une « activité », une « pensée intempestive » : un produit qui fut "consommé" comme il devait l'être, dans l'intervention, qu'elle soit "pratique" ou "théorique", toujours séparée, comme son nom l'indique

Claude Guillon a écrit:
Le révolutionnaire « communisateur » ne dit jamais, comme le coureur cycliste : « Je suis content d’avoir participé ; j’ai fait de mon mieux ; j’essaierai de faire mieux la prochaine fois. » Il s’efforce de ne pas être dupe de la réalité, dont il sait qu’elle n’est jamais à la hauteur de son « idéal ». Il ne parle plus d’« idéal » d’ailleurs. Et pourtant, son idéal existe, aussi vrai qu’existe toujours la lutte des classes ; il l’a même placé plus haut qu’il a jamais été dans l’histoire de la pensée révolutionnaire et utopique.

L’utopiste proposait un modèle, avec des arrière-pensées plus ou moins programmatiques. Il espérait, parfois sans oser le dire, que son geste littéraire aurait des conséquences littérales. On dirait aujourd’hui, en langage post-moderne : qu’il aurait un pouvoir performatif.

Le « communisateur », croit-il au pouvoir performatif de son verbe ?


passons sur ce "performatif" qui tiendrait au "post-moderne", ou sur les « arrières-pensées programmatiques », et supposons que "l'utopie" redescende sur la terre de la pensée des luttes, car ce n'est pas l'utopie, le romantisme anarchiste, qui n'a plus aujourd'hui ni roman ni poème, ni poétique ni théorie, qui va nous sortir de l'enlisement nominaliste des vieux dogmes...

on peut d'ailleurs considérer, dans le faux bras-de-fer entre "anarchistes", "communistes libertaires" et autres "communisateurs", qu'en critiquant le conseillisme de l'ultra-gauche historique, comme relevant du programmatisme ouvrier, les communisateurs sont tombés du côté de l'anarchisme plus que du communisme comme mouvement au présent

c'est en quoi, parfois, l'écrivain Guillon dit plus et mieux que ce qu'il croit dire en tant qu'«écrivain anarchiste », le plus fécond étant, ce n'est pas une surprise, dans son écriture plus que dans sa posture, dans sa poétique plus que dans sa non-théorie : ses impensés

rappel 24 juillet in DÉCOLONISER l'ANARCHISME...
Patlotch a écrit:
je tiens au concept de communisme comme mouvement, parce qu'il n'a pas d'équivalent...

on pourrait certes dire, en paraphrasant Marx et Engels dans Marx L'Idéologie allemande : « Pour nous, l'anarchisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons anarchisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.»

mais bon, à ma connaissance aucun théoricien de l'anarchie ne l'a écrit, et la plupart des anarchistes considèrent au contraire l'anarchisme comme « un idéal auquel la réalité devra se conformer », ce qui leur permet, en matière de racisme, de se planquer derrière l'universalisme abstrait condamnant les "racisés" pour "communautarisme"... identitaire : l'hôpital qui se fout de la charité




Dernière édition par Patlotch le Ven 19 Fév - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Mer 5 Aoû - 0:56

à l'occasion d'une réorganisation du "forum", le sujet :

Claude Guillon, un cadavre : l'anarchisme communautariste et l'identité non dépassable ? Yves Coleman : Patlotch raciste... le surf des bobos anars dans l'idéologie française universelle...

a été déplacé dans IDENTITÉS et CLASSES, 'RACES', RELIGIONS, NATIONS, PARTIS, MILITANTS...: des DÉPASSEMENTS à PRODUIRE  

la raison en avait été expliquée dans le fil de ce sujet : dans la mesure où il ne portait pas sur la personne de Claude Guillon en tant qu'individu pris à part, mais comme "écrivain anarchiste", identité qu'il revendique et met en avant pour promouvoir l'anarchisme plutôt que telles ou telles luttes en elles-mêmes dans telle situation, hors d'un étiquetage militant quel qu'il soit, ce sujet avait toute sa place dans la catégorie créée pour cette juste cause

king

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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Mer 5 Aoû - 6:53


ni dieu, ni maître

ni macho ni maîtresse
ni chien ni chaîne
ni nègre cocochon
ni cocu coco con, ni curé du cocon
ni militaire mi-rantanplan
ni militant du rang en plan

on ne vend pas la révolution
comme un homme-sandwich
en vitrine au net anarchiste
telle une pute à Amsterdam
tel l'égo l'aiguillon

au régal des égaux
l'illégal réveillons
merde à vos bancs publics

merde aux Guillon !


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MessageSujet: Re: ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?   Dim 30 Aoû - 15:25


et pourtant, Dieu n'existe pas

à propos de ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»Claude Guillon (pas raciste, puisqu'il fait l'amour même avec des Arabes, dit-il, ce petit colon franchouillanar autochâtré professeur en suicide... pour les autres)

à quoi bon polémiquer sans fin sur l'usage et la pertinence du "concept" d'"islamophobie", si c'est pour ne le voir que depuis son point de vue étroit, toujours le même, sans la moindre distanciation, ni effort de comprendre en quoi il peut recouvrir quelque chose de juste, pour qui en est "victime", musulman ou pas, et même comporter une vertu politique pour résister à l'idéologie française ?

inutile d'essayer d'en convaincre l'enfant de chirurgiens dentistes, élevé dans la dentelle blanche de la petite bourgeoisie parisienne, devenu l'écrivain anarchiste par excellence qu'il se donne à être et paraître, maitronisé* de son vivant, pour dire ce que veau l'anarchisme franchouillard et bobo d'aujourd'hui

* « Le Maitron est le nom d'usage d'un ensemble de dictionnaires biographiques du mouvement ouvrier dirigé (jusqu'à sa mort en 1987) par l'historien Jean Maitron puis par son successeur Claude Pennetier.» Y entrer de son vivant est équivalent, pour un "écrivain anarchiste", à recevoir de l'État français la Légion d'Honneur; il y a ceux qui acceptent et ceux qui refusent : ni maître ni Maitron !

d'où il ressort le classique intemporel du dogme anar, dont on n'a pas grand chose à faire de concret, sauf se regarder le nombril et se glorifier d'être un des der de der à vivoter petitement d'un intellect en voie de disparition dans les coucouches moyennes de sa France intérieure, comme on dit au ministère

relayé naturellement par le chien-chien d'ultra-gauche à ses maîtres sionistes et néo-cons' Yves Coleman Claude Guillon : Et « Dieu » créa « l’islamophobie » , Mondialisme.org

soit, depuis sa posture "communiste libertaire" revendiquée, on fait une critique radicale conséquente et sérieuse du capital et de l'Etat (de l'Etat français concret et de son racisme structurel visant aujourd'hui les non-blanc.he.s en général, pas les Juifs), soit comme Claude Guillon et autre Yves Coleman, on ne fait ni l'un ni l'autre. A partir de là, leur discours sur l'"islamophobie" est aussi creux que leur compréhension générale du monde actuel, tel qu'il apparaît socialement avec les yeux du monde...

Claude Guillon, tel un Galilée des temps post-modernes et des beaux quartiers, nous dit en substance : et pourtant Dieu n'existe pas... Merci, on le savait déjà. Mais en attendant, ce ne sont pas les Guillon qui sont victimes de racisme au faciès ou de chasse au voile au prétexte du "terrorisme Islamqie"

autrement dit, Guillon et Coleman ne sont que des mouches du coche de l'idéologie dominante du capitalisme occidental en général, et de son expression française en particulier, tout ça refourgué au nom d'un "communisme libertaire" introuvable mais ressassé comme une mantra définitive auto-nettoyante
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ANARCHISME IDENTITAIRE COMMUNAUTARISTE : indé-passable ?
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