PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 27 Nov - 5:29

je n'aime pas, en général la thématique du "déclin", parce qu'elle masque les contradictions à l'œuvre. C'est le cas particulièrement de celle du « déclin de l'Occident », ritournelle qui a près d'un siècle (Oswald Spengler, Le déclin de l'Occident, 1918 et 1922)

tout le monde sait néanmoins de quoi il s'agit, il suffit d'y regarder de plus près. Et quand des occidentaux le disent dans un journal réputé pour être celui de la bourgeoisie patronale française, pour quoi non ?




Le terrorisme islamiste, miroir du déclin de l’Occident

Robert Skidelsky / professeur d’économie politique à l’université de Warwick. | Le 18/11 à 16:27


« Le terrorisme ne constitue pas en soi une menace existentielle. La gravité réside davantage dans l’effondrement des structures de l’Etat au sein de nombreux pays dont sont issus les terroristes. »

Citation :
La brillante promesse que la chute du communisme avait fait naître pour l’Europe et l’Occident est morte. L’émergence du terrorisme islamiste montre notre incapacité à instaurer un environnement international sûr.

Les attentats terroristes perpétrés à Paris viennent à nouveau souligner la noirceur des nuages qui s’amoncellent peu à peu dans le ciel du XXIe siècle, assombrissant la brillante promesse que la chute du communisme avait fait naître pour l’Europe et l’Occident. Au vu des menaces qui semblent croître jour après jour, il est aujourd’hui légitime de s’interroger sur ce qui nous attend.

Bien que toute prophétie soit illusoire, le point de départ de cette réflexion réside a priori dans un déclin des espérances. Comme le révèle un rapport publié par l’institut de recherche sociale d’Ipsos Mori : « Le postulat d’un avenir systématiquement meilleur pour la génération à venir n’existe plus dans une majeure partie de l’Occident. »

En 1918, Oswald Spengler publiait « Le Déclin de l’Occident ». Aujourd’hui, le terme « déclin » est devenu tabou. Nos dirigeants politiques préfèrent parler de « défis », tandis que nos économistes évoquent une « stagnation séculaire ». Or, si le discours change, la perception selon laquelle la civilisation occidentale se trouve en sursis – sur le plan temporel comme financier – demeure la même.

Pourquoi une telle fatalité ? La croyance populaire considère ce déclin comme une simple réaction à la stagnation du niveau de vie. Une raison toutefois plus convaincante, désormais ancrée dans l’esprit du public, réside dans l’incapacité de l’Occident, après l’effondrement de l’Union soviétique, à instaurer un environnement international sûr et propice à la pérennité de ses valeurs et de son mode de vie.

Des Etats voués à s’effondrer

L’illustration la plus pressante de cet échec réside dans l’émergence du terrorisme islamique. Le terrorisme ne constitue pas en lui-même une menace existentielle. La gravité réside davantage dans l’effondrement des structures de l’Etat au sein de nombreux pays dont sont issus les terroristes.

Le monde de l’islam se compose de 1,6 milliard d’individus, soit 23 % de la population du globe. Il y a quelques siècles, cet univers constituait l’une des régions les plus pacifiques de la planète ; une région qui est aujourd’hui la plus violente. Via l’arrivée massive de réfugiés, les désordres du Moyen-Orient se jouent désormais au cœur de l’Europe.

Ces mouvements de population n’ont rien à voir avec ce « choc des civilisations » que prévoit Samuel Huntington
. Une vérité plus terre à terre veut tout simplement qu’aucune entité stable ne soit venue succéder aux anciens Empires ottoman, britannique et français, qui maintenaient autrefois la paix dans le monde islamique. La faute en incombe ici principalement, bien que pas totalement, aux entités colonialistes européennes, qui, devant l’agonie de leurs propres empires, ont créé des Etats artificiels voués à se dissoudre.

Leurs successeurs américains n’ont pas fait mieux. En témoigne la manière dont les Etats-Unis en sont venus à armer les moudjahidin dans le cadre du combat contre les soviétiques en Afghanistan.

Fragilité croissante

Difficile de considérer la politique américaine comme le reflet d’une vision idéale du monde, dans laquelle le fait de se débarrasser de dictateurs reviendrait au même que celui de créer des démocraties. La croyance en une issue idéale constitue davantage un mythe nécessaire à la dissimulation d’un manque de volonté d’user de la force avec suffisamment de persistance et d’intelligence pour atteindre un résultat souhaité.

Quels que soient les atouts militaires dont dispose une superpuissance, ce déficit de volonté d’agir engendre précisément un déclin de la puissance effective. Après un certain temps, l’effet d’intimidation cesse d’opérer.

La fragilité croissante de l’ordre politique international vient affecter les perspectives de l’économie mondiale. Nous assistons à la reprise la plus lente jamais observée à la suite d’une crise majeure. Bien que les raisons à cela soient complexes, une partie de l’explication réside dans la fébrilité du rebond constaté en matière d’échanges commerciaux internationaux. Au cours du passé, l’expansion commerciale n’a cessé de constituer le principal moteur de croissance de la planète. Or cette expansion est aujourd’hui à la traîne, derrière le redressement de la production (qui est lui-même modeste), dans la mesure où le genre d’ordre politique propice à la mondialisation s’érode peu à peu.

Et pourtant, alors même que les relations commerciales se politisent de plus en plus, nos dirigeants continuent de nous encourager à nous préparer aux « défis de la mondialisation », et peu d’entre eux s’interrogent sur les avantages de réduction des coûts liés à l’automatisation. Dans les deux cas, ces dirigeants s’efforcent de contraindre des populations réticentes à s’adapter, alors même que ces populations ont soif de sécurité. Cette stratégie est non seulement désespérée, mais également évasive, dans la mesure où il semble évident que si nous entendons maintenir une planète habitable, la compétition en matière de croissance économique doit céder la place à une compétition sur le plan de la qualité de vie.

En bref, nous sommes loin d’avoir développé un ensemble fiable de principes et de politiques nous servant de guide vers un avenir plus sûr. Ainsi, rien d’étonnant à ce que les populations occidentales entrevoient cet avenir avec inquiétude.

Robert Skidelsky est professeur émérite d’économie politique à l’université de Warwick.

Cet article est publié en collaboration avec Project Syndicate, 2015 - « Retour sur le déclin de l’occident »


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 1 Déc - 11:14


Alstom : contrats géants en Inde !
Boursier.com 30/11/2015

Alstom a signé deux contrats en Inde pour un montant total de plus de 3,7 milliards d'euros ! Ces projets permettront la circulation de trains plus rapides, plus sûrs et plus lourds dans le pays, réduisant ainsi la congestion des trains pour le transport de passagers et le fret. Ces projets seront gérés par Alstom en Inde et bénéficieront du savoir-faire des sites Alstom en France


Alstom (photo : son usine de Belfort) va fournir à l’Inde 800 locomotives électriques
et construire une usine dans l’Etat de Bihar. - SIPA Les Échos

Citation :
800 locomotives électriques

Le premier contrat, qui prévoit la fourniture de 800 locomotives électriques et les services de maintenance associés, a été signé, suite à la réception d'une lettre d'attribution le 9 novembre, avec Indian Railways en présence d'Arun Jaitley, Ministre des finances, Suresh Prabhakar Prabhu, Ministre des chemins de fer, Nirmala Sitharaman, Secrétaire d'État au commerce et à l'industrie, Manoj Sinha, Secrétaire d`État aux chemins de fer, Henri Poupart-Lafarge, vice-président exécutif d'Alstom, Dominique Pouliquen, senior vice-président d'Alstom Asie-Pacifique, et de Bharat Salhotra, directeur général d'Alstom pour l'Inde et l'Asie du Sud.

Les locomotives appartiennent à la gamme Prima d'Alstom. Elles auront une puissance de 9.000 kW à la jante et circuleront à des vitesses pouvant atteindre les 120 km/h. Ce projet sera réalisé par une coentreprise récemment créée dans laquelle Alstom et Indian Railways détiennent respectivement une participation de 74% et de 26%.

Investissements pour Alstom

Le projet inclut la mise en place d'une usine de fabrication à Madhepura (État de Bihar) où la majorité des locomotives seront assemblées. Celles-ci seront livrées entre 2018 et 2028. Le projet prévoit également l'installation de deux dépôts de maintenance à Saharanpur (État de l'Uttar Pradesh) et à Nagpur (État de Maharashtra). Alstom investira environ 200 ME dans ce projet.

Le second contrat, estimé à plus de 200 millions d'euros, prévoit la fourniture du système d'électrification, de signalisation et de télécommunications sur une portion de 343 km de long sur le couloir est dédié au fret. Ce projet est issu d'un vaste programme mené par le gouvernement indien visant la construction de couloirs dédiés au fret à l'est et à l'ouest du pays. Ces couloirs devraient être achevés en 2019. Dans le cadre du contrat, Alstom se chargera également de la construction des stations et de la fourniture du centre de contrôle.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 1 Déc - 13:44



En matière de croissance, l’Inde fait mieux que la Chine Michel de Grandi 30/11

Le PIB indien a progressé de 7,4 % en rythme annuel.Le blocage politique fait toujours hésiter les investisseurs, ce qui pèse sur la monnaie et sur la Bourse


Le secteur manufacturier et la construction sont en hausse
pour la période allant de juillet à septembre. - Manish Swarup/AP/SIPA


Citation :
Il y a des petits plaisirs dont Narendra Modi, le Premier ministre indien, ne veut pas se priver. Celui de présenter un résultat de croissance supérieur à celui de la Chine en est un à l’évidence. Pendant la période allant de juillet à septembre, qui correspond au deuxième trimestre fiscal, le PIB de l’Inde a accéléré à +7,4 % en rythme annuel (+7 % à la fin du trimestre précédent) . La Chine a fait état sur cette même période d’une croissance de 6,9 %. Cette performance, New Delhi l’attribue au redressement de la demande intérieure et de l’activité manufacturière (+9,3 %), selon les données publiées, lundi, par le ministère des Statistiques. La production de gaz et d’électricité a augmenté de 6,7 % et le secteur de la construction de 2,6 %. « Il existe des signaux positifs montrant que la reprise économique se poursuit et que l’activité manufacturière progresse fortement », explique Prasanna Ananthasubramanian, économiste en chef à Icici Securities à Bombay.


A y regarder de plus près, il n’y a pas que la comparaison avec la Chine qui apporte du baume au cœur de l’exécutif indien. Parmi les grands émergents, dont la Russie et le Brésil, l’Inde est à l’évidence l’économie qui s’en sort le mieux. Pendant que les autres pâtissent du recul des cours des matières premières, New Delhi, qui demeure importatrice d’hydrocarbures, profite au contraire de leur cours bas pour réduire son déficit commercial et stimuler son activité. « L’Inde apparaît aujourd’hui comme un des endroits où la croissance peut être supérieure à celle de la Chine et d’autres nations émergentes », commente Gary Ng, économiste de Natixis. A cette bonne performance s’ajoute une inflation sous contrôle (+5 % en octobre), toujours sous l’objectif des 6 %. Et pourtant Narendra Modi est loin de pouvoir mener, à ce jour, la politique qu’il souhaite.

Revers électoraux


L’homme fort de l’Inde et ancien gouverneur du Gujarat vient de subir plusieurs revers électoraux, dont un tout récemment dans l’Etat du Bihar , l’un des plus peuplés du pays. Le problème du Premier ministre vient de son absence de majorité absolue au Parlement, ce qui l’empêche de faire voter les réformes promises pendant la campagne et dont le pays a besoin. Parmi celles-ci figure le projet de taxe à la consommation simplifiée et généralisée. Cette disposition fiscale est cruciale pour redresser le budget de l’Etat mais aussi pour rassurer les investisseurs. Son adoption marquerait la fin du blocage politique qui paralyse le pays. Signe de la défiance des investisseurs, la roupie indienne tout comme la Bourse de Bombay affichent les pires performances de la région. Or le pays offre un réel potentiel de développement. Plusieurs projets d’infrastructures, notamment dans le transport ferroviaire, attendent d’être lancés. A moins que la campagne « Make in India » ne décide les industriels à localiser leur activité dans la confédération.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 1 Déc - 15:11



L'Etat vend 2,64% du capital de Safran pour 753,5 millions d'euros AFP et Reuters latribune.fr  01/12/2015


Cette opération rapportera à l’Etat 753,5 millions d'euros. Au terme de ce placement,
l’Etat détiendra 15,39% du capital de SAFRAN (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)

L'Etat a engagé lundi 30 novembre une nouvelle cession de sa participation dans Safran, à hauteur de 2,64%. La précédente remonte à mars 2015, lorsque l'Etat avait annoncé la cession de 3,96% dans Safran, pour un produit estimé à 1,2 milliard d'euros


Citation :
L'Agence des participations de l'Etat (APE) a annoncé lundi 30 novembre avoir cédé 2,64% du capital de l'équipementier aéronautique Safran, soit 11 millions d'actions, ce qui va rapporter 753,5 millions d'euros à l'Etat.

A 09h18, ce mardi, l'action Safran reculait de 1,83% à 68,60 euros.

"Au terme de ce placement, l'Etat restera le premier actionnaire de Safran, avec 15,39% de son capital et environ 23,9% des droits de vote", a précisé dans un communiqué l'APE.

Le groupe Safran n'a pas souhaité réagir mais des experts faisaient noter les besoins de liquidités de l'Etat et la hausse fulgurante du titre Safran ces dernières années, à l'instar de tout le secteur aéronautique.

Selon l'APE, près d'1,2 million de titres supplémentaires, soit 0,29% du capital, seront ultérieurement proposés aux salariés et anciens salariés du groupe (deuxième actionnaire du groupe avec 14%), conformément aux dispositions de la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite loi Macron II.


Cessions répétées depuis 2013

Cette nouvelle opération fait suite à plusieurs autres cessions de participation effectuées depuis 2013 (4 au total) pour renflouer les caisses de l'Etat. A l'époque, l'Etat détenait encore 30% du capital de Safran.

En l'espace de deux ans et demi, l'Etat a donc divisé par deux sa participation.

La précédente cession remonte à mars 2015. L'Etat avait annoncé la cession de 3,96% dans Safran, pour un produit estimé à 1,2 milliard d'euros.


Dégager "des ressources" pour désendetter le pays

La cession des titres Safran, effectuée sous la forme "d'un placement institutionnel accéléré", "s'inscrit dans le cadre d'une politique de gestion active des participations de l'Etat", a précisé le communiqué de l'APE.

Elle doit ainsi "permettre de préserver les intérêts patrimoniaux et stratégiques de l'Etat tout en dégageant des ressources pour contribuer à l'effort de désendettement et réinvestir dans des entreprises de secteurs porteurs de développement économique", ajoute-t-il.

Bercy a tablé dans son projet de budget pour 2015 sur quatre milliards de cessions d'actifs. Ces ventes doivent être affectées au désendettement du pays, les éventuels surplus devant pour leur part financer des investissements dans des secteurs porteurs.

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 3 Déc - 12:11



La croissance de l'activité du secteur privé a ralenti en novembre afp.com Joël Saget

Citation :
Paris, 3 déc 2015 - La croissance de l'activité du secteur privé a nettement ralenti en novembre, l'indice PMI final s'établissant à 51 points, "certaines entreprises mentionnant l'impact des attentats du 13 novembre", a annoncé la société Markit jeudi.

En net repli par rapport à octobre (52,6 points), cet indice évaluant la croissance à la fois dans le secteur industriel et dans celui des services traduit "la plus faible croissance de l'activité du secteur privé français depuis août dernier", selon Markit.

Une précédente estimation du PMI pour le mois de novembre faisait état d'un indice à 51,3 points. L'activité est estimée en expansion quand elle se situe au-dessus de la barre de 50.

Dans le seul secteur des services, l'indice s'établit aussi à 51 points, contre 52,7 points en octobre.

"Certaines entreprises interrogées, notamment dans le secteur Hôtels et Restaurants, font état d'annulations après les récents événements survenus à Paris",
indique Markit.

"L'expansion des nouvelles affaires s'accélère en revanche - celles-ci enregistrant leur plus forte hausse depuis cinq mois", souligne par ailleurs Jack Kennedy, économiste du cabinet, dans le communiqué.

"Alors que l'incertitude plane sur les conséquences à plus long terme des récents événements sur l'économie, les dernières données PMI demeurent conformes à une modeste progression du PIB français au quatrième trimestre", ajoute-t-il.

Manuel Valls a assuré mardi que la France enregistrerait une croissance économique d'1% ou 1,1% cette année, espérant que la période des fêtes contribuerait à effacer la perte d'activité liée aux attentats du 13 novembre.


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MessageSujet: Nafeez Ahmed   Jeu 3 Déc - 21:37

importé de ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en question 25 juillet



dis-moi qui te finance, je te dirai qui tu es


L’Etat islamique, cancer du capitalisme moderne Nafeez Ahmed 27 mars 2015

original Islamic State is the cancer of modern capitalism

L’« Etat islamique » est un symptôme brutal de l’aggravation d’une crise de civilisation fondée sur la dépendance aux combustibles fossiles, qui porte atteinte à l’hégémonie occidentale et met à mal le pouvoir des Etats dans le monde musulman

Le débat sur les origines de l’Etat islamique a largement oscillé entre deux points de vue extrêmes. Certains accusent l’Occident : l’Etat islamique n’est rien de plus qu’une réaction prévisible à l’occupation de l’Irak, un autre contrecoup de la politique étrangère occidentale. D’autres attribuent purement et simplement l’émergence de l’Etat islamique à la barbarie historique ou culturelle du monde musulman, dont les croyances et les valeurs médiévales arriérées sont un incubateur naturel de ce type d’extrémisme violent.

Alors que ce débat banal se poursuit d’un ton monotone, la plus grosse évidence que personne ne veut voir concerne les infrastructures matérielles. Tout le monde peut nourrir des pensées mauvaises, horribles ou dégoûtantes. Mais elles restent de simples fantasmes à moins que l’on ne trouve un moyen de les manifester concrètement dans le monde qui nous entoure.

Ainsi, pour comprendre comment l’idéologie qui anime l’Etat islamique a réussi à rassembler les ressources matérielles nécessaires pour conquérir un espace plus grand que le Royaume-Uni, nous devons inspecter de plus près son contexte matériel.



un groupe de combattants de l’Etat islamique

Nafeez Ahmed a écrit:
Suivez l’argent

Les fondements de l’idéologie d’al-Qaïda sont nés dans les années 1970. Abdallah Azzam, mentor palestinien d’Oussama ben Laden, a alors formulé une nouvelle théorie justifiant la poursuite d’une guerre continue et de faible intensité par des cellules moudjahidines déployées en faveur d’un Etat panislamiste. Les doctrines islamistes violentes d’Abdallah Azzam ont été popularisées dans le contexte de l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques.

Comme on le sait, les réseaux moudjahidines afghans ont été formés et financés sous la supervision de la CIA, du MI6 et du Pentagone. Les Etats du Golfe ont apporté des sommes d’argent considérables, tandis que l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais a assuré la liaison sur le terrain avec les réseaux militants coordonnés par Azzam, ben Laden et les autres.

L’administration Reagan a par exemple fourni 2 milliards de dollars aux moudjahidines afghans, complétés par un apport de 2 milliards de dollars de l’Arabie saoudite.

En Afghanistan, l’USAID a investi des millions de dollars pour fournir aux écoliers « des manuels remplis d’images violentes et d’enseignements islamiques militants », d’après le Washington Post. La théologie justifiant le djihad violent était entrecoupée de « dessins de fusils, de balles, de soldats et de mines ». Les manuels vantaient même les récompenses divines offertes aux enfants qui « arracheraient les yeux de l’ennemi soviétique et lui couperaient les jambes ».

Selon la croyance populaire, cette configuration désastreuse d’une collaboration entre l’Occident et le monde musulman dans le financement des extrémistes islamistes aurait pris fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Comme je l’ai expliqué lors d’un témoignage au Congrès un an après la sortie du rapport de la Commission du 11 septembre, cette croyance populaire est erronée.

Le chantage de la protection

Un rapport classifié des services de renseignement américains, révélé par le journaliste Gerald Posner, a confirmé que les Etats-Unis étaient pleinement conscients du fait qu’un accord secret avait été conclu en avril 1991 entre l’Arabie saoudite et ben Laden, alors en résidence surveillée. Selon cet accord, ben Laden était autorisé à quitter le royaume avec ses financements et partisans et à continuer de recevoir un soutien financier de la famille royale saoudienne à la seule condition qu’il s’abstienne de cibler et de déstabiliser le royaume d’Arabie saoudite lui-même.

Loin d’être des observateurs distants de cet accord secret, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne y ont participé activement.

L’approvisionnement massif de pétrole en provenance d’Arabie saoudite est au fondement de la santé et de la croissance de l’économie mondiale. Nous ne pouvions nous permettre d’être déstabilisés, et nous avons donc dû accepter ce compromis : pour protéger le royaume, il fallait le laisser financer ben Laden hors de ses frontières.

Comme l’historien britannique Mark Curtis le décrit minutieusement dans son livre sensationnel, Secret Affairs: Britain’s Collusion with Radical Islam, les gouvernements des Etats-Unis et du Royaume-Uni ont continué de soutenir secrètement des réseaux affiliés à al-Qaïda en Asie centrale et dans les Balkans après la guerre froide, et ce pour les mêmes raisons que précédemment, à savoir la lutte contre l’influence russe, et désormais chinoise, afin d’étendre l’hégémonie américaine sur l’économie capitaliste mondiale. L’Arabie saoudite, première plate-forme pétrolière du monde, est restée l’intermédiaire de cette stratégie anglo-américaine irréfléchie.

En Bosnie

Curtis relate qu’un an après l’attentat du World Trade Center de 1993, Oussama ben Laden a ouvert un bureau dans le quartier de Wembley, à Londres, sous le nom d’« Advice and Reformation Committee », depuis lequel il a coordonné des activités extrémistes dans le monde entier.

Vers la même époque, le Pentagone a acheminé par avion des milliers de moudjahidines d’al-Qaïda de l’Asie centrale vers la Bosnie, violant ainsi l’embargo sur les armes imposé par l’ONU, selon des fichiers des services de renseignement néerlandais. Ces combattants étaient accompagnés par les forces spéciales américaines. Le « cheikh aveugle » qui a été condamné pour l’attentat du World Trade Center était profondément impliqué dans le recrutement et l’envoi de combattants d’al-Qaïda en Bosnie.

En Afghanistan

A partir de 1994 environ et jusqu’au 11 septembre, les services de renseignement militaire américains ainsi que la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ont secrètement fourni des armes et des fonds aux talibans, qui abritaient al-Qaïda.

En 1997, Amnesty International a déploré l’existence de « liens politiques étroits » entre la milice talibane en place, qui venait de conquérir Kaboul, et les Etats-Unis. Le groupe de défense des droits de l’homme a fait référence à des comptes-rendus crédibles « sur les madrasas (écoles religieuses) fréquentées par les talibans au Pakistan », indiquant que « ces liens peuvent avoir été établis au commencement même du mouvement taliban ».

Amnesty a rapporté que ces comptes-rendus provenaient de Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan ; cette dernière, aujourd’hui décédée, avait « affirmé que les madrasas avaient été mises en place par la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et le Pakistan au cours du djihad, la résistance islamique contre l’occupation de l’Afghanistan par les Soviétiques ». Sous la tutelle américaine, l’Arabie saoudite continuait de financer ces madrasas.

Les manuels rédigés par le gouvernement américain afin d’endoctriner les enfants afghans avec l’idéologie du djihad violent pendant la guerre froide furent alors approuvés par les talibans. Ils furent intégrés au programme de base du système scolaire afghan et largement utilisés dans les madrasas militantes pakistanaises financées par l’Arabie saoudite et l’ISI pakistanaise avec le soutien des Etats-Unis.

Les administrations Clinton et Bush espéraient se servir des talibans pour établir un régime fantoche dans le pays, à la manière de leur bienfaiteur saoudien. L’espoir vain et manifestement infondé était qu’un gouvernement taliban assure la stabilité nécessaire pour installer un pipeline trans-afghan (TAPI) acheminant le gaz d’Asie centrale vers l’Asie du Sud, tout en longeant la Russie, la Chine et l’Iran.

Ces espoirs ont été anéantis trois mois avant le 11 septembre, lorsque les talibans ont rejeté les propositions américaines. Le projet TAPI a ensuite été bloqué en raison du contrôle intransigeant de Kandahar et Quetta par les talibans ; toutefois, ce projet est désormais en cours de finalisation sous la direction de l’administration Obama.

Au Kosovo

Mark Curtis indique que l’OTAN a continué de parrainer les réseaux affiliés à al-Qaïda au Kosovo à la fin des années 1990, lorsque les forces spéciales américaines et britanniques ont approvisionné en armes et formé les rebelles de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK), parmi lesquels figuraient des recrues moudjahidines. Ces effectifs comptaient une cellule rebelle dirigée par Mohammed al-Zaouahiri, frère du bras droit de ben Laden, Ayman al-Zaouahiri, qui est désormais le leader d’al-Qaïda.

Dans la même période, Oussama ben Laden et Ayman al-Zaouahiri ont coordonné les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie depuis le bureau de ben Laden à Londres.

Il y avait toutefois quelques bonnes nouvelles : les interventions de l’OTAN dans les Balkans, conjuguées à la désintégration de la Yougoslavie socialiste, ont ouvert la voie à l’intégration de la région dans l’Europe occidentale, à la privatisation des marchés locaux et à l’établissement de nouveaux régimes en faveur du projet de pipeline trans-Balkans, destiné à transporter le pétrole et le gaz d’Asie centrale vers l’Occident.

Une réorientation de la politique au Moyen-Orient

Même après les attentats du 11 septembre 2001 et du 7 juillet 2005, la dépendance des Américains et des Britanniques aux combustibles fossiles bon marché pour soutenir l’expansion capitaliste mondiale les a poussés à approfondir cette alliance avec les extrémistes.

Vers le milieu de la dernière décennie, les services de renseignement militaire anglo-américains ont commencé à superviser les financements apportés par les Etats du Golfe, menés une fois de plus par l’Arabie saoudite, aux réseaux extrémistes islamistes à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale pour contrer l’influence chiite iranienne dans la région. Parmi les bénéficiaires de cette entreprise figuraient des groupes militants et extrémistes affiliés à al-Qaïda de l’Irak au Liban en passant par la Syrie, soit un véritable arc du terrorisme islamiste.

Une fois de plus, les militants islamistes furent involontairement entretenus en tant qu’agents de l’hégémonie américaine face aux rivaux géopolitiques émergeants.

Comme Seymour Hersh l’a révélé dans le New Yorker en 2007, cette « réorientation » de la politique consistait à affaiblir non seulement l’Iran, mais aussi la Syrie, où les largesses des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite ont contribué à soutenir les Frères musulmans syriens, entre autres groupes d’opposition. Evidemment, l’Iran et la Syrie étaient étroitement alignés avec la Russie et la Chine.

En Libye

En 2011, l’intervention militaire de l’OTAN pour renverser le régime de Kadhafi a emboîté le pas au soutien important apporté à des mercenaires libyens, qui étaient en fait des membres de la branche officielle d’al-Qaïda en Libye. La France se serait vu proposer le contrôle de 35 % des ressources pétrolières de la Libye en échange de son soutien aux insurgés.

Après l’intervention, les géants pétroliers européens, britanniques et américains étaient « parfaitement prêts à tirer profit » des « opportunités commerciales », d’après David Anderson, professeur à l’université d’Oxford. Les contrats juteux signés avec les membres de l’OTAN ont pu « libérer l’Europe occidentale de l’emprise des producteurs russes qui pratiquent des prix élevés et dominent actuellement leur approvisionnement en gaz ».

Des rapports secrets établis par les services de renseignement ont montré que les rebelles soutenus par l’OTAN entretenaient des liens étroits avec al-Qaïda. La CIA s’est également servie des militants islamistes en Libye pour acheminer des armes lourdes aux rebelles du pays.

Un rapport de 2009 des services de renseignement canadiens décrit le bastion rebelle de l’est de la Libye comme un « épicentre de l’extrémisme islamiste », à partir duquel « les cellules extrémistes » ont agi dans la région. Selon David Pugliese, dont les propos sont repris dans l’Ottawa Citizen, c’est cette même région qui était « défendue par une coalition de l’OTAN dirigée par le Canada ». D’après David Pugliese, le rapport des services de renseignement a confirmé que « plusieurs groupes d’insurgés islamistes » étaient basés dans l’est de la Libye et que beaucoup de ces groupes ont également « exhorté leurs partisans à combattre en Irak ». Les pilotes canadiens plaisantaient même en privé, se disant qu’ils faisaient partie de l’armée de l’air d’al-Qaïda « dans la mesure où leurs missions de bombardement ont contribué à ouvrir la voie aux rebelles alignés avec le groupe terroriste ».

Selon Pugliese, les spécialistes des services de renseignement canadiens ont envoyé un rapport prémonitoire à l’attention des officiers supérieurs de l’OTAN en date du 15 mars 2011, quelques jours seulement avant le début de l’intervention. « Il est de plus en plus possible que la situation en Libye se transforme en une guerre tribale/civile à long terme, était-il écrit. Cela est particulièrement probable si les forces d’opposition reçoivent une assistance militaire de la part d’armées étrangères. »

Comme nous le savons, l’intervention a quand même eu lieu.

En Syrie

Au cours des cinq dernières années au moins, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont tous apporté un soutien financier et militaire considérable à des réseaux militants islamistes liés à al-Qaïda qui ont engendré l’« Etat islamique » que nous connaissons aujourd’hui. Ce soutien a été apporté dans le cadre d’une campagne anti-Assad de plus en plus intense dirigée par les Etats-Unis.

La concurrence pour dominer les tracés potentiels des pipelines régionaux passant par la Syrie et contrôler les ressources inexploitées en combustibles fossiles en Syrie et en Méditerranée orientale (au détriment de la Russie et de la Chine) a fortement contribué à motiver cette stratégie.

Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères, a révélé qu’en 2009 les responsables du ministère britannique des Affaires étrangères lui avaient indiqué que les forces britanniques étaient déjà actives en Syrie pour tenter de fomenter la rébellion.

L’opération qui se poursuit actuellement a été étroitement contrôlée dans le cadre d’un programme secret toujours en cours, coordonné conjointement par les services de renseignement militaire américains, britanniques, français et israéliens. Des rapports publics confirment qu’à la fin de l’année 2014, le soutien apporté par les Etats-Unis aux combattants luttant contre Assad s’élevait, à lui seul, à environ 2 milliards de dollars.

Ce soutien aux extrémistes islamistes est communément considéré comme une erreur, et les faits parlent d’eux-mêmes. D’après des évaluations classifiées de la CIA, les services de renseignement américains savaient que le soutien apporté aux rebelles anti-Assad dirigé par les Etats-Unis à travers ses alliés au Moyen-Orient a toujours fini entre les mains des extrémistes les plus virulents. Toutefois, il a continué.

L’année précédant le lancement de la campagne de l’Etat islamique pour conquérir l’intérieur de l’Irak, les responsables du Pentagone étaient également conscients que la grande majorité des rebelles « modérés » de l’Armée syrienne libre (ASL) étaient en fait des militants islamistes. Ainsi que l’ont reconnu les responsables, il était de plus en plus impossible d’établir une frontière fixe entre les rebelles dits « modérés » et les extrémistes liés à al-Qaïda ou à l’Etat islamique en raison de la fluidité des interactions existant entre ces deux composantes.

De plus en plus, les combattants frustrés de l’ASL ont rejoint les rangs des militants islamistes en Syrie, non pas pour des raisons idéologiques mais simplement en raison de leur plus grande puissance militaire. Jusqu’à présent, la quasi-totalité des groupes rebelles « modérés » formés et récemment armés par les Etats-Unis sont en cours de dissolution et de défection, et leurs membres n’en finissent plus de passer du côté d’al-Qaïda et de l’Etat islamique dans la lutte contre Assad.

En Turquie


Grâce à un nouvel accord avec la Turquie, les Etats-Unis coordonnent actuellement l’approvisionnement continu en aide militaire aux rebelles « modérés » pour combattre l’Etat islamique. Pourtant, ce n’est un secret pour personne que pendant toute cette période, la Turquie a directement parrainé al-Qaïda et l’Etat islamique dans le cadre d’une manœuvre géopolitique destinée à écraser les groupes d’opposition kurdes et à faire tomber Assad.

On a fait grand cas des efforts « relâchés » de la Turquie pour empêcher la traversée de son territoire par les combattants étrangers souhaitant rejoindre l’Etat islamique en Syrie. Ankara a récemment répondu en annonçant avoir arrêté plusieurs milliers d’entre eux.

Ces affirmations sont imaginaires : la Turquie a délibérément abrité et acheminé le soutien apporté à l’Etat islamique et à al-Qaïda en Syrie.

L’été dernier, le journaliste turc Denis Kahraman a interviewé un combattant de l’Etat islamique recevant un traitement médical en Turquie ; ce dernier lui a dit : « La Turquie nous a ouvert la voie. Si la Turquie n’avait pas fait preuve d’autant de compréhension à notre égard, l’Etat islamique n’en serait pas là où il en est actuellement. Elle [La Turquie] a manifesté de l’affection à notre égard. Un grand nombre de nos moudjahidines [djihadistes] ont reçu un traitement médical en Turquie. »

Plus tôt cette année, des documents officiels de l’armée turque (le Commandement général de la gendarmerie) divulgués en ligne et authentifiés ont révélé que les services de renseignement turcs (MIT) avaient été surpris par des officiers militaires à Adana alors qu’ils étaient en train de transporter par camions des missiles, mortiers et munitions anti-aériennes « à destination de l’organisation terroriste al-Qaïda » en Syrie.

Les rebelles « modérés » de l’ASL sont impliqués dans le réseau de soutien turco-islamiste parrainé par le MIT. L’un d’eux a expliqué au Telegraph qu’il « gère désormais des refuges en Turquie hébergeant des combattants étrangers qui cherchent à rejoindre le Front al-Nosra et [l’Etat islamique] ».

Des responsables politiques ont cherché à attirer l’attention sur ce sujet, en vain. L’année dernière, Claudia Roth, vice-présidente du parlement allemand, a fait part de sa consternation face au fait que l’OTAN autorise la Turquie à abriter un camp de l’Etat islamique à Istanbul, à faciliter les transferts d’armes à destination de militants islamistes à travers ses frontières, et à soutenir tacitement les ventes de pétrole de l’Etat islamique. Rien ne s’est passé.

La coalition menée par les Etats-Unis contre l’Etat islamique finance l’Etat islamique

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne sont pas seulement restés étrangement silencieux face à la complicité de leur partenaire de coalition qui parraine l’ennemi. Au contraire, ils ont renforcé leur partenariat avec la Turquie et coopèrent âprement avec ce même Etat-mécène de l’Etat islamique pour former les rebelles « modérés » afin de lutter contre l’Etat islamique.

Ce n’est pas uniquement la Turquie qui est en cause. L’année dernière, le vice-président américain Joe Biden a indiqué lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche que l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar et la Turquie, entre autres, fournissaient « des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d’armes » aux « éléments djihadistes extrémistes du Front al-Nosra et d’al-Qaïda » dans le cadre d’une « guerre par procuration entre sunnites et chiites ». Biden a ajouté qu’il était impossible, à tous égards, d’identifier les rebelles « modérés » en Syrie.

Rien n’indique que ce financement s’est épuisé. Pas plus tard qu’en septembre 2014, alors même que les Etats-Unis ont commencé à coordonner les frappes aériennes contre l’Etat islamique, les responsables du Pentagone ont révélé qu’ils savaient que leurs propres alliés de la coalition finançaient toujours l’Etat islamique.

Ce même mois, le général Martin Dempsey, chef d’Etat-major des armées des Etats-Unis, a été interrogé par le sénateur Lindsay Graham lors d’une audience du Comité des forces armées du Sénat. Quand ce dernier lui a demandé s’il connaissait « un allié majeur arabe qui embrasse l’idéologie de [l’Etat islamique] », l’intéressé a répondu : « Je connais des alliés arabes majeurs qui les financent. »

Malgré cela, le gouvernement américain n’a pas seulement refusé de sanctionner les alliés en question, mais les a récompensés en les incluant dans la coalition qui est censée combattre cette même entité extrémiste qu’ils financent. Pire encore, ces mêmes alliés continuent de se voir accorder une grande marge de manœuvre dans la sélection des combattants appelés à être formés.

Des membres clés de notre coalition contre l’Etat islamique bombardent l’Etat islamique par la voie aérienne tout en parrainant le groupe en coulisses au vu et au su du Pentagone.

L’arc des Etats musulmans défaillants

En Irak et en Syrie, où l’Etat islamique est né, l’état de dévastation dans lequel la société se trouve suite à une situation de conflit prolongé ne peut être sous-estimé. L’invasion militaire et l’occupation de l’Irak par l’Occident, avec leur lot de torture et de violence aveugle, ont joué un rôle indéniable pour ouvrir la voie à l’émergence d’une politique réactionnaire extrême. Avant l’intervention occidentale, al-Qaïda était totalement absent du pays. En Syrie, la guerre brutale menée par Assad contre son propre peuple continue de justifier la présence de l’Etat islamique et d’attirer des combattants étrangers.

L’apport continu aux réseaux islamistes extrémistes d’importantes sommes d’argent et de ressources matérielles à hauteur de centaines de milliards de dollars (que personne n’a encore été en mesure de quantifier dans leur totalité), coordonné par cette même interconnexion entre gouvernements occidentaux et musulmans, a eu un impact profondément déstabilisant au cours du dernier demi-siècle. L’Etat islamique est l’aboutissement post-moderne surréaliste de cette histoire sordide.

La coalition occidentale contre l’Etat islamique dans le monde musulman se compose de régimes répressifs dont les politiques nationales ont creusé les inégalités, écrasé les dissensions légitimes, torturé des activistes politiques pacifiques et attisé des rancunes profondes. Ce sont ces mêmes alliés qui ont financé l’Etat islamique, et qui continuent de le faire, au vu et au su des services de renseignement occidentaux.

Ce, malgré l’escalade de crises convergentes qui sévissent dans la région depuis une décennie. Le professeur Bernard Haykel, de l’université de Princeton, s’est exprimé à ce sujet : « Je vois l’Etat islamique comme un symptôme d’un ensemble structurel de problèmes beaucoup plus profonds dans le monde arabe sunnite... [C’est] lié à la politique. A l’éducation et notamment au manque d’éducation. A l’autoritarisme. A l’intervention étrangère. Au fléau du pétrole... Je pense que même si l’Etat islamique venait à disparaître, les causes sous-jacentes qui sont à l’origine de l’Etat islamique ne disparaîtraient pas. Et ces causes devraient être abordées par des politiques, des réformes et des changements menés sur plusieurs décennies non seulement par l’Occident, mais aussi par les sociétés arabes. »

Pourtant, comme nous l’avons vu avec le Printemps arabe, ces problèmes structurels ont été exacerbés par une véritable tempête de crises politiques, économiques, énergétiques et environnementales interdépendantes, toutes couvées par l’aggravation de la crise du capitalisme mondial.

Dans une région en proie à des sécheresses prolongées, à une défaillance de l’agriculture, à une chute des revenus pétroliers due au pic pétrolier local, à la corruption et à une mauvaise gestion économique aggravées par l’austérité néolibérale, et ainsi de suite, les Etats locaux ont commencé à s’effondrer. De l’Irak à la Syrie, de l’Egypte au Yémen, c’est cette même interconnexion entre des crises climatiques, énergétiques et économiques qui défait les gouvernements en place.

L’aliénation en Occident

Bien que l’Occident soit beaucoup plus résistant à ces crises mondiales interconnectées, les inégalités persistantes aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe de l’Ouest, qui ont un effet disproportionné sur les minorités ethniques, les femmes et les enfants, s’aggravent.

En Grande-Bretagne, près de 70 % des musulmans issus d’ethnies d’Asie du Sud et près de deux tiers de leurs enfants vivent dans la pauvreté. Un peu moins de 30 % des jeunes musulmans britanniques âgés de 16 à 24 ans sont sans emploi. Selon Minority Rights Group International, la situation des musulmans britanniques en termes d’« accès à l’éducation, à l’emploi et au logement » s’est détériorée au cours des dernières années au lieu de s’être améliorée. Cette dégradation a été accompagnée d’une « augmentation inquiétante de l’hostilité ouverte » exprimée par les communautés non-musulmanes et d’une propension croissante des services de police et de sécurité à cibler de manière disproportionnée les musulmans en vertu de l’autorité qui leur est conférée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les reportages constamment négatifs diffusés par les médias sur les musulmans, auxquels s’ajoutent les frustrations légitimes provoquées par une politique étrangère agressive et trompeuse dans le monde musulman, créent chez les musulmans britanniques un sentiment d’exclusion sociale associé à leur identité.

C’est l’ensemble de ces facteurs qui a un effet destructeur sur la formation de l’identité, et non chacun de ces facteurs pris séparément. Observés seuls, la pauvreté, la discrimination, les reportages négatifs sur les musulmans, et ainsi de suite, ne permettent pas nécessairement de rendre une personne vulnérable à la radicalisation. Toutefois, conjointement, ces facteurs peuvent forger un attachement à une identité marquée par l’aliénation, la frustration et l’échec.

La persistance de ces problèmes et leur interaction peuvent contribuer à la façon dont les musulmans de Grande-Bretagne issus de divers horizons commencent à se voir en tant que tout. Dans certains cas, cela peut générer un sentiment ancré de séparation, d’aliénation et de désillusion par rapport à la société en général. L’effet de cette identité d’exclusion sur un individu dépendra de l’environnement spécifique, des expériences et des choix de l’individu en question.

Les crises sociales prolongées peuvent jeter les bases du développement d’idéologies destructrices et xénophobes. Ces crises ébranlent les mœurs traditionnelles de certitude et de stabilité enracinées dans les notions établies d’identité et d’appartenance.

Alors que les musulmans vulnérables pourraient se tourner vers la culture des gangs ou, pire, vers l’extrémisme islamiste, les non-musulmans vulnérables pourraient adopter leur propre identité d’exclusion liée à des groupes extrémistes comme la Ligue de défense anglaise, ou d’autres réseaux d’extrême-droite.

Chez les groupes d’élites plus puissants, le sentiment de crise peut enflammer les idéologies néoconservatrices militaristes qui épurent les structures du pouvoir en place, justifient le statu quo, défendent le système déficient qui soutient leur pouvoir, et diabolisent les mouvements progressistes et ceux des minorités.

Dans ce maelström, l’injection de milliards de dollars au sein de réseaux extrémistes islamistes ayant un penchant pour la violence au Moyen-Orient donne du pouvoir à des groupes qui, auparavant, ne disposaient pas de soutiens locaux.

Alors que plusieurs crises convergent et s’intensifient tout en compromettant la stabilité de l’Etat et en attisant de plus grandes frustrations, cet apport massif de ressources dont bénéficient les idéologues islamistes est susceptible d’attirer dans le vortex de l’extrémisme xénophobe les individus en colère, aliénés et vulnérables. Ce processus se conclue par la création de monstres.

Une déshumanisation

Tandis que ces facteurs ont élevé à un niveau critique cette vulnérabilité régionale, le rôle joué par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne après le 11 septembre 2001 dans la coordination du financement secret fourni par les Etats du Golfe aux militants islamistes extrémistes à travers la région a jeté de l’huile sur le feu.

Les liens dont disposent ces réseaux islamistes en Occident signifient que les services de renseignement nationaux ont périodiquement fermé les yeux sur leurs disciples et infiltrés dans leur propre pays, ce qui a permis à ces derniers de croître, recruter et envoyer les candidats au djihad à l’étranger.

C’est pourquoi la composante occidentale de l’Etat islamique, bien que beaucoup plus petite que le contingent de combattants qui rallient le groupe depuis les pays voisins, reste largement imperméable à tout débat théologique significatif. Ils ne sont pas mus par la théologie, mais par l’insécurité d’une identité et d’un psychisme fracturés.

C’est ici, dans les méthodes de recrutement minutieusement calibrées de l’Etat islamique et des réseaux qui soutiennent l’organisation en Occident, que nous pouvons voir que le processus d’endoctrinement psychologique s’est affiné à travers les années grâce aux formations menées sous la tutelle des services de renseignement occidentaux. Ces services de renseignement ont en effet toujours été intimement impliqués dans l’élaboration d’outils violents d’endoctrinement islamiste.

Dans la plupart des cas, le recrutement de l’Etat islamique se fait en exposant les individus à des vidéos de propagande soigneusement élaborées, développées au moyen de méthodes de production avancées, et dont les plus efficaces sont remplies d’images réelles de massacres perpétrés par la puissance de feu occidentale contre les civils irakiens, afghans et palestiniens, ou par Assad contre les civils syriens.

L’exposition constante à ces scènes horribles d’atrocités perpétrées par l’Occident et la Syrie peut souvent avoir un effet similaire à ce qui pourrait arriver si ces scènes avaient été vécues directement, à savoir une forme de traumatisme psychologique qui peut même entraîner un stress post-traumatique.

Ces techniques de propagande sectaire contribuent à attiser des émotions accablantes de choc et de colère, qui à leur tour servent à anéantir la raison et à déshumaniser l’« Autre ». Le processus de déshumanisation est concrétisé à l’aide d’une théologie islamiste pervertie. Ce qui importe, ce n’est pas l’authenticité de cette théologie, mais sa simplicité. Cette théologie peut faire des merveilles sur un psychisme traumatisé par des visions de morts massives et dont la capacité à raisonner est immobilisée par la rage.

C’est pourquoi le recours à une littéralité poussée à l’extrême et à une décontextualisation complète est une caractéristique si commune aux enseignements islamistes extrémistes : en effet, pour un individu crédule ayant une faible connaissance de l’érudition islamique, à première vue tout cela semble vrai sur le plan littéral.

Basées sur des décennies d’interprétation erronée et sélective des textes islamiques par les idéologues militants, les sources sont soigneusement extraites et triées sur le volet pour justifier le programme politique du mouvement : un règne tyrannique, des massacres massifs et arbitraires, l’assujettissement et l’asservissement des femmes, et ainsi de suite ; des éléments qui deviennent tous partie intégrante de la survie et de l’expansion de l’« Etat ».

Etant donné que la fonction principale de l’introduction du raisonnement théologique islamiste extrême est de légitimer la violence et de sanctionner la guerre, celui-ci est conjugué à des vidéos de propagande qui promettent ce dont la recrue vulnérable semble manquer, à savoir la gloire, la fraternité, l’honneur et la promesse du salut éternel, peu importent les crimes ou délits pouvant avoir été commis par le passé.

Si vous ajoutez à cela la promesse du pouvoir (le pouvoir sur leurs ennemis, le pouvoir sur les institutions occidentales censées avoir éliminé leurs frères et sœurs musulmans, le pouvoir sur les femmes), ainsi qu’un habit religieux et des revendications de piété suffisamment convaincants, alors les sirènes de l’Etat islamique peuvent devenir irrésistibles.

Cela signifie que l’idéologie de l’Etat islamique n’est pas le facteur déterminant de son éclosion, de son existence et de son expansion, bien qu’il soit important de la comprendre et de la réfuter. L’idéologie est simplement l’opium du peuple dont il se nourrit et nourrit ses potentiels disciples.

En fin de compte, l’Etat islamique est un cancer du capitalisme industriel moderne en plein effondrement, un sous-produit fatal de notre dépendance inébranlable à l’or noir, un symptôme parasitaire de l’escalade des crises de civilisation qui secouent à la fois le monde musulman et le monde occidental. Tant que l’on ne s’attaque pas aux racines de ces crises, l’Etat islamique et ses semblables ne sont pas prêts de disparaître.


- Nafeez Ahmed est journaliste d’investigation et auteur à succès. Titulaire d’un doctorat, il s’est spécialisé dans les questions de sécurité internationale, examinant ce qu’il appelle les « crises de civilisation ». Il a obtenu une récompense de la part de l’organisation Project Censored dans la catégorie « Outstanding Investigative Journalism » (« journalisme d’investigation d’exception ») pour un reportage d’investigation, publié par le journal The Guardian, sur l’intersection des crises globales de nature écologique, énergétique et économique et des conflits et géopolitiques régionales. Il a également écrit pour The Independent, Sydney Morning Herald, The Age, The Scotsman, Foreign Policy, The Atlantic, Quartz, Prospect, New Statesman, Le Monde diplomatique et New Internationalist. Son travail sur les causes profondes et les opérations secrètes liées au terrorisme international a officiellement contribué à l’établissement de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les Etats-Unis du 11 septembre 2001 et à l’enquête du Coroner sur les attentats du 7 juillet 2005 à Londres.





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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 6 Déc - 0:08



Michel Makinsky : « Les groupes français auront des boulevards devant eux en Iran » Steve Nadjar 13/11/2015


Crédit DR

Chercheur associé à l’Institut de Prospective et de Sécurité européenne et directeur général de la société de conseil sur le Moyen-Orient Ageromys International, ce spécialiste de l’Iran table sur une amélioration rapide des relations économiques entre Paris et Téhéran

Citation :
Actualité Juive : Quel est l’état des relations économiques entre la France et l’Iran ?

Michel Makinsky : Elles sont en phase de redémarrage après une période de longue stagnation suite aux sanctions internationales. On constate, en particulier depuis la mission organisée par le Medef en février 2014, un très grand regain d’intérêt de tous les secteurs de l’industrie française, soit pour reprendre pied sur le marché iranien soit, pour ceux qui n’y sont pas encore, pour s’y intéresser. Il y a donc un vaste mouvement qui ne se reflète pas encore dans les statistiques mais qui se traduit par des délégations sectorielles successives.

Il y a eu des missions d’industriels de l’équipement automobile, de l’union des industries chimiques, de la fédération française du prêt-à-porter ou encore de l’industrie pharmaceutique. Plusieurs secteurs sont particulièrement motivés : l’énergie (hydrocarbures et renouvelables), l’environnement et l’eau, problème qui a pris des proportions dramatiques en Iran. Tous les groupes, qui connaissent pour la plupart l’Iran, auront des boulevards devant eux après la levée des sanctions, d’autant que la France dispose d’une réputation technologique particulièrement solide.


A.J. : L’histoire récente des relations bilatérales franco-iranienne a été marquée par une vague de terrorisme fomentée par l’Iran contre les intérêts français dans les années 1980. Que reste-il aujourd’hui de cette mémoire qu’on dit très vive, chez Laurent Fabius par exemple ?

M. M. : Il y a effectivement une sorte de contentieux qui est relative à la vision personnelle de Laurent Fabius mais qui ne doit pas être néanmoins limitée à lui. Les orientations retenues par le gouvernement français ne sont que le prolongement des orientations définies dans le passé par Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner. Je distinguerai néanmoins ce qui relève des relations politiques, qui sont en cours d’amélioration après la signature de l’accord sur le nucléaire iranien, le 14 juillet dernier, des relations économiques. Les entreprises françaises qui rencontrent leurs homologues iraniens ont pu constater que ce contexte politique passé ne pesait pas vraiment sur leurs discussions qui restent strictement professionnelles.


A.J.: Est-ce que les entreprises allemandes pourraient être privilégiées, quand on sait que Berlin a défendu dans le dossier nucléaire une position moins ferme que Paris ?

M. M. : Il n’existe pas de lien immédiat. Les Allemands ont été ces dernières années extrêmement dynamiques en Iran sur le plan commercial. Leurs entreprises ont été appuyées directement par leur gouvernement, tout cela dans le respect des sanctions. De ce point de vue, elles bénéficient aujourd’hui d’un avantage comparatif. Mais cela ne veut pas dire que les entreprises françaises seront systématiquement écartées du fait du manque d’amitié entre les deux gouvernements ces dernières années. Les Iraniens ont besoin d’avoir devant eux une diversité d’offres.

Un autre élément va jouer un rôle beaucoup plus important qu’on ne l’imaginait. Les caisses de beaucoup de sociétés iraniennes sont vides en devises étrangères et le montant des avoirs gelés qui seront récupérés après la levée des sanctions est sensiblement plus bas que ce qui était escompté (30 milliards de dollars au lieu de 100). La situation financière de l’Iran va aussi rester très problématique pendant une durée encore à déterminer. Ceci a pour conséquence que les Iraniens, qui demandent aux investisseurs étrangers d’une part des transferts de technologie, en second lieu une contribution à l’emploi – une priorité – et, lorsque le secteur s’y prête, une contribution à l’exportation, vont ajouter une quatrième condition : une demande de financement de l’investissement par le partenaire étranger.


A.J.: Au sommet de Vienne sur la Syrie, le 30 octobre, Laurent Fabius a marqué sa différence sur l’avenir de Bachar El Assad, protégé des Iraniens, tout du mois jusqu’ici. Peut-on s’attendre néanmoins à des convergences dans ce dossier entre Paris et Téhéran ?

M. M. : Le fait que la France accepte que l’Iran participe aux discussions sur la Syrie montre une première inflexion. En second lieu, la dégradation rapide de la situation aussi bien en Irak qu’en Syrie, où l’on voit que Daech et les divers mouvements islamistes ne sont toujours pas contenus, montre qu’il va falloir tôt ou tard identifier des priorités stratégiques. Il faut déterminer à présent quel est le principal péril. Le péril majeur pour les pays occidentaux, pour ceux du Moyen-Orient et même au-delà, c’est le péril islamiste. S’il y a consensus sur ce constat, il faudra dès lors ajuster les priorités stratégiques et en tirer toutes les conséquences. Nous n’en sommes pas encore là mais les choses ont un peu évolué, paradoxalement du côté russe et iranien.

Contrairement à ce que l’on pense superficiellement, aussi bien les Russes que les Iraniens, en dépit de messages catégoriques et de proclamations définitives, ne sont pas attachés éternellement au maintien de Bachar El Assad. Il y a manifestement, derrière la rhétorique martiale, un réalisme qui, pour ne pas être spectaculaire, n’est en pas moins véritable. Il y a beaucoup d’indices qui montrent que l’objectif réel de la Russie et de l’Iran consiste en la préservation d’un Etat en tant que tel en Syrie avec des éléments du régime de Damas et la constitution d’un gouvernement représentatif des différentes composantes du pays. Les difficultés majeures viennent d’une part de « l’opposition modérée » hors islamiste, très divisée, qui n’a pas d’expérience de gouvernement et dont le poids est insuffisant aujourd’hui ; d’autre part, du poids excessif des islamistes, en dehors même de Daech.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 6 Déc - 17:30

en prévenant ma lectorate que pour le théoricien génial de la communisation Bruno Astarian, l'auteur du texte ci-dessous « Gérard Bad est un con », de même que « Mike Davis est un con » et que Patlotch n'était (peut-être) pas « un con », tant que susceptible de soutenir (s'entend contre Théorie Communiste) les thèses du génial Bruno Astarian, qui n'a jamais dit un seul mot de celles de Patlotch

je n'ai jamais considéré Bruno Astarian comme « un con », mais me suis toujours réservé la possibilité de penser par moi-même et de soutenir ce qui le mérite d'où que cela provienne, y compris du génial Bruno Astarian ou du « con » Gérard Bad

les théoriciens de la communisation se caractérisent par leur humilité, mais... voir ce jour pétrification partielle de la théorie de la communisation ?


Crise, la fin des rafistolages: dévalorisation financière, crise monétaire et banqueroute des Etats  Spartacus, Gérad Bad, 23 décembre 2011, paru dans Echanges n° 138, septembre 2011

Citation :
«  Si les démocrates exigent la régulation de la dette publique, les ouvriers doivent exiger la banqueroute de l’Etat.  »
Karl Marx, 1re Adresse du Comité de la Ligue des communistes, 1850

Gérard Bad a écrit:
Les crises actuelles, comme nous pouvons l’observer, sont principalement boursières et monétaires et explosent comme la résultante de spéculations exagérées. Cela tient à la distinction qu’il faut faire entre l’époque marchande et industrielle, où les crises se manifestaient en général comme surproduction de marchandises, et l’époque actuelle où, sous l’hégémonie du capitalisme financier, «  le pivot  » des crises est « le capital-argent, et leur sphère immédiate est aussi celle de ce capital, la Banque, la Bourse et la Finance (1)  ». Il en résulte que, régulièrement, le capital se trouve dans l’incapacité intrinsèque d’achever son circuit A-M-A’ (argent-marchanduise-argent majoré). C’est la domination grandissante de l’élément spéculatif propre au système du crédit, qui engendre un capital fictif, ou une «  bulle spéculative  » sans rapport avec le capital réel. Plus le système de crédit est prédominant, plus les affres de la crise qu’il engendre vont se répéter sous la forme symbolique d’une spirale. Ce n’est certes pas la première fois que le système monétaire entre en crise, on pourrait même aller jusqu’à dire que les périodes calmes font exception. Il suffit de relire les écrits de Rosa Luxemburg sur le crédit (2) pour s’en rendre compte, de même pour les banqueroutes d’Etats (3).

A la fin de la seconde guerre mondiale, fut mis en place le système monétaire dit de Bretton Woods, qui consacrait l’hégémonie mondiale de la monnaie américaine. Les Etats-Unis détenaient alors les trois quarts des réserves d’or du monde, et étaient les seuls capables d’assumer la convertibilité du dollar en or, pivot du système de Bretton Woods. Tant que les pays sortant de la guerre avaient besoin de dollars pour se reconstruire, la question de la convertibilité du dollar en or ne se posait pas. Cependant dès les années 1950, les demandes de convertibilité de dollars en or montent en puissance, provoquant la chute des réserves américaines. Les tensions monétaires des années 1960 mettront en évidence la contradiction entre le dollar monnaie universelle et le dollar monnaie nationale. Les Etats européens et le Japon ne veulent plus que le déficit américain soit comblé par de la création monétaire (planche à billet)  ; dès 1971 le solde des échanges avec les Etats-Unis devient négatif. Le 15 août 1971, le président Richard Nixon sonne le glas du système de Bretton Woods  : il suspend la convertibilité du dollar en or et fait du dollar une monnaie flottante. La boîte de Pandore du déficit abyssal des Etats-Unis était ouverte.

C’est le retournement monétariste de 1979 qui marquera le début de la longue descente aux enfers du système financier international, c’est-à-dire du capitalisme financier. Ce retournement fut motivé par une poussée continuelle de l’inflation à plus de deux chiffres, voire de l’hyperinflation. Cette inflation entravait les visées d’un capitalisme financier vivant de la dette et de l’intérêt de la dette. Il lui fallait pour son expansion inverser la donne et s’attaquer sans répit à l’ensemble du salaire différé (« Etat providence ») des pays de l’OCDE, tout en procédant à des délocalisations massives de ses industries vers les dits pays émergents (4). C’est-à-dire une mise en concurrence sans frontière de la force de travail par l’investissement direct et la sous-traitance internationale (exemple, les zones économiques spéciales en Chine). Tout cela sera formulé dans le fameux consensus de Washington.

Cette restructuration de l’économie mondiale, via la mondialisation/globalisation, allait entraîner des dévalorisations en chaîne du capital financier. Dévalorisations qui indiquaient que le système commençait à étouffer sous ses monceaux de dettes spéculatives. Mais ceci n’était que le haut de l’iceberg  : les racines de la crise se trouvent au sein même du système économique et de la contradiction entre la valeur d’usage et la valeur d’échange, qui veut que le produit soit médiatisé par l’argent pour devenir une marchandise cycle (M-A-M marchandise-argent-marchandise).

Seulement le capital financier à son stade hégémonique a déjà rejeté ce cycle ; son cycle à lui, c’est que l’argent doit rapporter de l’argent comme le poirier des poires . Il va donc évoluer dans le cycle A-M-A’ et pousser la folie jusqu’à considérer avec la Bourse et les marchés que la richesse c’est A-A’, sans tenir compte des réalités économiques qui le dominent en dernier ressort.

La spirale des dévalorisations allait agir de manière destructrice et envoyer en enfer régulièrement ce capital parasite, spéculatif et étendre au final, dès 2007-2008, son champ d’action vers une crise globale de l’économie mondiale, toujours opérante actuellement.


Retour sur la dette latino-américaine

C’est à partir de 1982, date de la première «  crise mexicaine  » (5), que les pays latino-américains gorgés d’emprunts internationaux entrent globalement dans la récession (6). Pendant des années les gouvernements de ces pays ont confondu «  accumulation de dettes avec accumulation de capital  ». Rapidement ces gouvernements (dictatoriaux ou démocratiques) vont buter sur le dilemme qu’il n’est plus possible d’accroître le revenu disponible au moyen de l’endettement, les banques attendant l’arme au pied le remboursement des intérêts de la dette. Les Etats de ces pays sont donc sommés de procéder rapidement à des coupes claires dans les dépenses nationales, pour dégager les fonds nécessaires au remboursement de la dette, selon la formule adoptée à l’époque, «  prêts forcés - remboursements contraints  ».

Tous les Etats et gouvernements vont donc procéder à la grande ponction «  citoyenne  ». Cinq ans après la dite crise mexicaine, le montant des remboursements des pays latino-américains est impressionnant, une fraction importante des intérêts dus est remboursée. La récession de 1982-1983 et la forte dévaluation (20 % en termes réels entre 1981 et 1985) en a été le prix à payer par les prolétaires. Ces mesures furent doublées d’une hyperinflation, notamment pour l’Argentine (2 000 %) et la Bolivie (30 000%) au milieu de l’année 1985.

A partir de 1987, les banques se rendent à l’évidence  : il n’est plus possible d’appliquer la formule de 1982 «  prêts forcés - remboursements contraints  » sans déclencher des risques politiques graves. Les pays latino-américains entrent dans une récession longue et durable. Il en résultera que les banques ne vont plus consentir aux pays d’Amérique latine que les crédits nécessaires au maintien des flux de remboursement des intérêts dus. La méfiance règne, et les marchés dès lors considéreront que les pays endettés ne pourront plus rembourser la totalité de la dette.


Le krach historique de 1987 : 2 000 milliards de dollars partent en fumée

La vague de dévalorisation commence à poindre dès 1983, quand les caisses d’épargne américaines commencèrent à s’effondrer. Plus de 1 600 institutions vont faire faillite, à partir de 1985  ; les pertes sont évaluées à 500 milliards de dollars (presque la moitié de la dette du tiers-monde).Deux ans après c’est le krach historique de 1987 (2 000 milliards de dollars partent en fumée). Depuis, les dévalorisations financières se sont succédé comme jamais auparavant dans l’histoire du capitalisme. Les crises (boursières et monétaires) anéantissent régulièrement le capital fictif. Cela tient, nous l’avons vu au début de ce texte, au fait que sous l’hégémonie du capital financier, c’est la sphère de circulation du capital qui devient le pivot des crises.

En 1994, la crise mexicaine dite «  Tequila  » éclate. Mais elle restera dans l’ensemble circonscrite à la sphère financière. Elle donc n’a que très peu touché l’économie réelle (7)  ; le peso dévaluait de 40 % et la huitième banque du Mexique entrait en insolvabilité technique. La crise Tequila fut caractérisée par Michel Camdessus, directeur général du FMI de l’époque, comme étant «  la première crise d’envergure dans le nouveau monde des marchés financiers globalisés  ».


1998 : LTCM, le plus important fonds spéculatif américain,en quasi-faillite

Suite au moratoire unilatéral décidé par l’Etat russe sur sa dette intérieure, LTCM, le plus important fonds spéculatif américain, se retrouve en quasi-faillite au mois de septembre 1998. La Fed (Réserve fédérale des Etats-Unis) est contrainte d’intervenir afin d’éviter des faillites bancaires en chaîne. 14 banques sont intervenues pour la somme de 3,625 milliards de dollars. Conséquences  : vague de licenciements dans plusieurs banques – 1 200 chez ING Barings, 4 300 chez Merrill Lynch, et demain d’autres.

Avec des rendements spéculatifs de 20 % en 1994, 43 % en 1995, 41 % en 1996 et 17 % en 1997, le fonds spéculatif LTCM jouissait d’une telle réputation de « gagneur » que tout le gratin des banques new-yorkaises investissait (même sur leur fortune personnelle) sur cette poule aux œufs d’or. A l’étranger la nouvelle se répandit presque en temps réel, et les banques suisses comme Julius Baer, UBS, le Crédit suisse, rappliquaient au plus vite, suivies de la Banque d’Italie, de la banque japonaise Sumimoto (4e mondiale), de la Banque de Chine, de la Dresdner Bank, de Paribas, du Crédit lyonnais... Tous vont miser des sommes colossales sur le bourrin LTCM, qui s’est pris les pattes dans les glaces de Russie. 75 banques internationales étaient sur le point de capoter. L’intervention de la Fed, saisie de l’affaire, demande un plan d’urgence aux banques occidentales pour sauver le hedge fund qui touche le fond. Les patrons de 14 institutions financières vont devoir se saigner (un tout petit peu) pour éviter l’hémorragie, ils injectent au bourrin 3 625 milliards de dollars d’hémoglobine.


 La crise dite asiatique

Cette même année (1997-1998), la crise asiatique va se déployer sur l’ensemble de l’économie et notamment sur l’appareil productif. Le FMI entrera en action et exigera le démantèlement des conglomérats (chaebols) de la Corée du Sud ; conditionnera ses prêts au pays à la modification du statut de la Banque centrale pour que celle-ci devienne indépendante du pouvoir politique. Dans les faits, les Etats-Unis et l’Union européenne venaient d’éliminer un concurrent redoutable, dont ils ont pillé l’industrie en reprenant les entreprises à bas prix, d’autant plus facilement que la monnaie nationale était dévaluée. Contrairement au Mexique qui, dès 1995, reprenait ses exportations, la crise asiatique restera latente. A la fin de l’année 1998 on pouvait faire le constat suivant  : l’Amérique latine et la Russie (Cool sont sur le fil du rasoir, le Japon plonge une nouvelle fois dans la récession, les Etats-Unis naviguent sur une bulle financière de plus en plus importante. L’Europe semble résister avec un rythme de croissance de 3 % bénéficiant du malheur des autres. L’euro va bientôt émerger comme monnaie internationale et entrer en concurrence avec le dollar, le yen, et le yuan.

Tous les ingrédients d’une crise majeure de l’économie mondiale sont maintenant réunis, et Michel Camdessus, directeur du Fonds monétaire international (FMI), déclarait  : « Je vais sonner le tocsin  : il faut se préparer, sans attendre, à la prochaine crise » (Les Echos du 14 septembre 1998).


La crise argentine et les prémices du risque Etat

La prochaine crise va effectivement poindre à un autre niveau  : elle va toucher de plein fouet l’Argentine en 2001-2002 et poser la question du risque souverain, l’Argentine n’étant plus en mesure de rembourser ses créanciers. Si dès 1987, les banques commençaient à dire qu’il fallait abandonner l’idée que « les nations ne faisant pas faillite, les banques n’ont pas à se protéger contre les pertes (9)  », la crise argentine allait poser ouvertement la question du risque Etat, qui frappe actuellement l’Union européenne mais aussi certains Etats des Etats-Unis, par exemple la Californie.

Les Etats, qui pour le plus grand bien du capital financier mondial ont mis en place des politiques d’endettement exponentiel, poursuivent sur la même piste. Ils commencent depuis quelques mois, pour financer les mesures anticrise, à lever des emprunts sur les marchés financiers. Des masses d’obligations et de bons du Trésor se déversent actuellement sur les places financières. Ces mêmes places financières exigeant que l’argent rapporte de l’argent, entrent dans l’angoisse dès qu’un Etat se trouvera en difficulté sur sa dette.

En ce mois de septembre 2011, il n’est plus possible pour les gouvernements de passer sous silence le krach boursier de la mi-août (4 000 milliards de dollars évaporés). La crise grecque apparaît donc comme une crise dans la crise, comme le nœud gordien qui devrait faire éclater les contradictions internes du capital financier international. Les banques françaises et européennes sont particulièrement visées, au point que dans la presse Christine Lagarde, fraichement élue à la tête du FMI, exige une recapitalisation des banques européennes, pour que celles-ci inscrivent dans leurs comptes les créances de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique. Les titres des quatre principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit agricole, Natixis et Société générale) ont perdu, en moyenne, 50 % depuis un an et Natixis vient de se faire sortir du CAC 40. La patronne du Medef, Laurence Parisot, est montée au créneau pour soutenir les banques françaises contre les exigences du FMI qui se traduiraient par une réduction de 10 % à 12 % des fonds propres des banques européennes. La fin de partie est proche, les Etats et les banques centrales ont épongé les pertes des banques et ont de ce fait mis en exergue la dette souveraine, qui elle-même pose la question de sa restructuration ou de sa banqueroute et avec elle le chapelet des banques créancières  : les françaises, 331 milliards d’euros, les allemandes, 435 milliards, les anglaises, 341 milliards.

Après les Etats, les gouvernements vont mettre sur la table un dernier joker, l’intervention des fonds souverains dans la crise. A cet effet les dirigeants des fonds souverains de 25 pays devaient se réunir à Paris les 17 et 18 octobre.

Gérard Bad 20 septembre 2011


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 7 Déc - 4:47



Vietnam - UE : Achèvement des négociations de l’Accord de libre-échange 03/12/2015

Le ministre vietnamien de l’Industrie et du Commerce, Vu Huy Hoàng, et le commissaire européen au commerce Cecilia Malmstrm ont signé le 2 décembre à Bruxelles une déclaration sur l’achèvement des négociations de l’Accord de libre échange (FTA) Vietnam - Union européenne (UE), en présence du Premier ministre vietnamien Nguyên Tân Dung et le président de la Commission européenne (CE), Jean-Claude Juncker

>>Entretien des Premiers ministres vietnamien et belge
>>Nguyên Tân Dung rencontre des dirigeants belges

Les deux parties ont affirmé que c’était un moment historique, un jalon spécial pour célébrer le 25e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et l’UE.


Signature d'une déclaration sur l’achèvement des négociations
de l’Accord de libre échange Vietnam - UE, le 2 décembre à Bruxelles.
Photo : Duc Tam/VNA/CVN

Citation :
En octobre 2010, le Premier ministre vietnamien et le président de la CE se sont mis d’accord sur les négociations du FTA après l’achèvement des formalités nécessaires. Les négociations ont officiellement débuté le 26 juin 2012. Après trois ans avec 14 séances de négociations officielles et des séances de mi-mandat au niveau ministériel et de chef de délégations et entre les groupes techniques, les deux parties ont parvenu à l’achèvement de leurs négociations.

Le FTA Vietnam - UE est un accord intégral et assurant les intérêts du Vietnam comme de l’UE, avec l’accent mis sur les écarts du niveau de développement.

Les contenus essentiels de cet accord concernent le commerce des marchandises, les règles d’origine, les douanes et la valorisation du commerce, les mesures de garantir la sécurité alimentaire et de quarantaine animale et végétale, les barrières techniques dans le commerce, le commerce de services, l’investissement, l’autodéfense au commerce, la concurrence, les entreprises publiques, l’achat du gouvernement, la propriété intellectuelle, le développement durable, la coopération et l’amélioration des capacités, la justice et l’institution. Cet accord compose aussi de nouvelles approches, plus progressistes, sur le protectionnisme de l’investissement et le règlement des différends dans l’investissement.

Moteur pour promouvoir la croissance économique

Le FTA Vietnam - UE créera un moteur pour promouvoir le commerce, l’investissement, la croissance économique et donner des opportunités d’emploi au Vietnam et à l’UE.

Quant à l’import-export, l’engagement d’ouverture du marché bénéficiera aux exportations des marchandises, notamment les produits textile-habillement, les sandales et les chaussures, les produits agricoles, les objets en bois du Vietnam et les machines, les équipements, les automobiles, les boissons alcoolisées et certains produits agricoles de l’UE. Le Vietnam et l’UE vont supprimer les taxes d’importation imposées sur plus de 99% des lignes tarifaires. Pour le reste, les deux parties vont appliquer le quota ou supprimer partiellement les taxes.


Le Vietnam et l'UE engagent l'ouverture du marché aux exportations des marchandises,
dont les produits textile-habillement. Photo : Trân Viêt/VNA/CVN

En la matière d’investissement, les engagements visant à assurer un environnement d’investissement et de commerce d’ouverture et plus flexible mentionnés par cet accord contribueront à renforcer les investissements de l’UE et d’autres partenaires dans les projets de haute qualité au Vietnam. Ces fonds aideront le Vietnam à accélérer son processus de restructuration économique, de changement du modèle de croissance.

Les autres engagements relatifs à l’investissement, la libéralisation du commerce et de services, la propriété intellectuelle…vont permettre aux deux parties de s’approcher leur marché et d’assurer leurs intérêts.

Durant leurs négociations, le Vietnam et l’UE ont convenu le cadre pour les programmes de coopération et l’amélioration des capacités dans les domaines d’intérêt commun. Ce cadre permettra au Vietnam de continuer d’édifier un système juridique, soutiendra le pays dans la mise en œuvre des engagements de cet accord, améliorera la compétitivité des PME…Cet accord donnera au Vietnam l’opportunité de s’approcher aux technologies avancées, améliorer la qualification professionnelle, créer l’emploi et garantir le bien-être social.

Les deux parties ont convenu d’achever bientôt la ratification de cet accord pour son application au début 2018.

L’UE est le deuxième partenaire commercial du Vietnam et l’un des deux premiers marchés d’exportation du pays. Les échanges commerciaux bilatéraux se sont chiffrés à 36,8 milliards de dollars en 2014 et 19,4 milliards de dollars au premier semestre de cette année.

VNA/CVN


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 7 Déc - 4:57


les bonnes recettes...



Actionnarisation : le désengagement de l’État se poursuit 14/11/2015

Le gouvernement va se désengager totalement de dix grandes entreprises en bonne santé dont Vinamilk, FPT Telecom, Tienphong Plastic et Bao Minh Insurance Corporation. Une décision saluée par les économistes.

>>L’actionnarisation des entreprises publiques doit s’accélérer
>>Actionnarisation du premier hôpital public
>>Actionnarisation des entreprises étatiques achevée fin 2015



Citation :
Une action nécessaire


Pham Viêt Muôn, ancien vice-président du Comité de pilotage
de la restructuration et du développement des entreprises


Je pense que cette décision traduit la détermination de l’État à poursuivre la cession de ses parts dans les secteurs dans lesquels sa participation n’est plus nécessaire. Les entreprises visées, Vinamilk, FPT Telecom ou Tienphong Plastic, sont toutes rentables. Quand le secteur privé réussit à bien les gérer, les fonds d’investissements étatiques sont peu importants.

Je pense que le ministère des Finances va demander à la Compagnie générale de l’investissement et de la commercialisation des fonds étatiques (SCIC) de lui présenter un agenda précis, en se basant sur la situation du marché. Elle devra proposer quelles entreprises seront les premières concernées, ainsi que les méthodes de désengagement appropriées pour chacune. La cession des actions dans des entreprises en bonne santé intéresse certes les investisseurs. Des ventes aux enchères publiques seront donc organisées.

À ma connaissance, le gouvernement redistribuera les fonds retirés dans des secteurs prioritaires dont la défense, le développement socio-économique des régions montagneuses et le bien-être social. Mais aussi pour la construction d’hôpitaux, comme l’a cité le Premier ministre Nguyên Tân Dung.


Une bonne décision


L’économiste Trân Du Lich, député de l’Assemblée nationale

Le désengagement total de l’État de ces dix entreprises est un bon signe pour favoriser l’actionnarisation des entreprises étatiques, qui s’accélère, et pour poursuivre la cession des parts étatiques l’an prochain. Actuellement, il reste près de 200 entreprises qui doivent être réorganisées d’ici la fin de l’année. Il est fort probable que l’objectif ne soit pas atteint. Toutefois, j’apprécie la détermination que le gouvernement a mis à réorganiser les entreprises étatiques au cours des deux années passées. Les solutions appliquées sont optimales. Nous avons obtenu des bons résultats dans ce processus. Mais nous avons besoin de temps pour l’achever.


Besoin d’une feuille de route concrète


Dang Quyêt Tiên, chef adjoint du Département
des finances des entreprises (ministère des Finances)

La Compagnie générale de l’investissement et de la commercialisation des fonds étatiques (SCIC) aide le gouvernement à accélérer la vente de ses parts dans des entreprises où la présence de l’État n’est plus nécessaire. La SCIC a publié la liste de dix entreprises supplémentaires qui satisfont aux critères demandés.

En effet, la cession de ces fonds est favorable dans un contexte où les investissements au Vietnam ont le vent en poupe. Notamment auprès des investisseurs étrangers. Je pense que la SCIC devrait élaborer une feuille de route concrète (date de cession pour chaque entreprise, méthodes de vente, procédures juridiques, etc.) pour garantir la transparence. Les dix entreprises concernées appartiennent à des secteurs qui sont bien gérés par le privé. Prenons l’exemple de Vinamilk. Auparavant, cette compagnie de produits laitiers dominait le marché du lait, régulé par l’État. Le marché connaît désormais une concurrence avec l’appariation de nombreuses compagnies de produits laitiers fortes et s’autorégule. L’État peut dès lors se retirer.

L’actionnarisation sera accélérée


L’économiste Pham Chi Lan

Cette décision est juste. L’actionnarisation permet de créer un terrain de jeu égal entre entreprises. Je m’intéresse notamment aux démarches de désengagement et à l’utilisation des fonds récupérés par l’État. Le plus important est de garantir un processus transparent. Le gouvernement ne doit pas intervenir dans le choix du nouveau possesseur de ses fonds et donc ne pas désigner tel individu ou organisation. Les fonds récupérés devront être investis au service de l’économie nationale.

Dix compagnies desquelles la SCIC va se retirer




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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 7 Déc - 12:36



Airbus enregistre 1.007 commandes nettes d'avions depuis janvier 07 Déc. 2015


L'Airbus A320neo prend son premier envol pour un test le 25 septembre 2014
à Blagnac, près de Toulouse (AFP/ERIC CABANIS)

Airbus a enregistré 1.007 commandes nettes d'avions entre le 1er janvier et le 30 novembre, largement au-delà de ses objectifs de l'année, dont 169 au cours du mois écoulé

Citation :
La majorité des commandes enregistrées en novembre concernent des moyen-courriers de la famille A320, de la part de la compagnie portugaise TAP, de la sud-coréenne Korean Airlines et de la low-cost easyJet, ainsi que VietJet et Iberia.

Sur le segment des long-courriers, Airbus a enregistré des commandes pour 19 A330 dans les versions actuelles (ceo) et remotorisées (neo).

Au total, son carnet de commandes s'élève à 6.837 appareils, soit quelque 10 années de production.

L'avionneur européen a procédé à 61 livraisons d'appareils en novembre, sur l'ensemble de sa gamme: 47 appareils de la famille A320 et sur le long-courrier dix A330, un A350 et trois A380 .

Ces livraisons portent le total du nombre d'appareils remis à leurs clients à 556 avions depuis le 1er janvier.



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 7 Déc - 12:52



Allemagne : la production industrielle repart  lefigaro.fr avec AFP 07/12/2015

Citation :
La production industrielle en Allemagne a légèrement redémarré en octobre, après avoir reculé de manière assez prononcée pendant deux mois d'affilée, selon des chiffres provisoires de l'Office fédéral des statistiques Destatis.

En octobre, la production industrielle a augmenté de 0,2% sur un mois, en données corrigées des variations saisonnières, moins que prévu par les analystes (+0,8% selon ceux interrogés par Factset). Le mois d'avant, elle avait reculé de 1,1%.

Ces nouvelles données confirment le léger mieux de l'industrie allemande, déjà dessiné par la reprise des commandes industrielles, qui ont augmenté de 1,8% en octobre.


mais...



Allemagne/Indicateurs-La production industrielle augmente moins que prévu
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 10 Déc - 21:26



Y a-t-il une corrélation entre chômage et vote FN ? Gabriel Vedrenne / AFP 07 décembre 2015


© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

INFOGRAPHIE - Europe 1 a comparé la carte des résultats du premier tour des régionales 2015 avec celles du chômage et de la pauvreté : le parti d’extrême droite s’impose dans les zones rencontrant le plus de difficultés économiques.

[voir les cartes dans l'original]

Citation :
INFOGRAPHIE - Le Front national a confirmé dimanche son poids grandissant au sein de la vie politique française : au terme du premier tour des élections régionales, le parti d’extrême droite peut encore revendiquer l'étiquette de premier parti de France. Une montée en puissance annoncée par les sondages mais qui a surpris par son ampleur : la formation emmenée par la famille Le Pen a séduit 27,89% des votants, un résultat en progression par rapport aux départementales de 2015 (25,24% au premier tour) et aux européennes de 2014 (24,86%).

Mais comment expliquer une telle progression ? Esquisser la carte économique de la France apporte des éléments de réponse.

L’économie, premier critère de ces élections ?

Interrogés sur les enjeux qui "ont compté le plus" pour eux au moment de voter, les Français sondés répondent en priorité "le développement économique et la création d'emplois" (54%), selon un sondage OpinionWay* pour Le Point. Viennent ensuite la sécurité (45%) et les impôts (40%), loin devant l’immigration (34%) et le terrorisme (32%).

Les préoccupations économiques et l'emploi auraient donc été au cœur de ce scrutin, ce que confirme un autre sondage, mené cette fois-ci par Harris Interactive* pour 20 minutes. Ce dernier montre que les moins de 30 ans ont avant tout voté en fonction des questions liées à l’emploi (47% des sondés). La sécurité (34%) et l'immigration (32%) arrivent une nouvelle fois, loin derrière.

Un vote qui correspond aux cartes du chômage et de la pauvreté

Pour tenter d'aller au-delà de ces sondages, Europe 1 a dressé la carte du chômage par département, ainsi que celle de la pauvreté. Résultat, on observe que la carte du vote FN se superpose en grande partie sur celle du chômage et sur celle de la pauvreté. Ce que résume cette infographie :

L'enquête OpinionWay a été réalisée en ligne le 6 décembre à partir d'un échantillon de 8.375 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Le sondage Harris Interactive le 6 décembre, en ligne également, auprès de 705 personnes issus d'un échantillon de 4.024 Français de 18 ans et plus, selon la même méthode.



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 11 Déc - 11:13









Asean. Une communauté économique pour 625 millions de citoyens



Les représentants des pays membres de l’Asean, le 22 novembre 2015, à Kuala Lumpur.
PHOTO MOHD RASFAN/AFP

L’Association des nations d’Asie du Sud-Est a annoncé sa transformation en communauté économique, sur le modèle de l’Union européenne. Mais des étapes restent à franchir pour en faire une réalité.

Citation :
Les dirigeants des dix pays de l’Association des pays de l’Asie du Sud-Est (Asean) ont signé le 22 novembre à Kuala Lumpur la création d’une “communauté de l’Asean” qui doit prendre effet le 31 décembre.

Les chefs d’Etat ont ensuite souligné leur geste “d’un point d’exclamation oral en tapant à l’unisson sur le tambour traditionnel” de leurs nations respectives, raconte le Bangkok Post.

“La communauté économique de l’Asean est sur le point de devenir une réalité pour les 625 millions d’habitants de la région”, souligne The Straits Times. L’objectif est “de faire de la région un marché commun en éliminant les barrières tarifaires” et en facilitant la circulation des personnes, des produits et des capitaux. Créée en 1967, l’Asean rassemble aujourd’hui la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vitenam, les Philippines, la Malaisie, Singapour, Brunei et l’Indonésie.

Impatience des investisseurs

Cette signature arrive au “moment opportun”, estime The Straits Times, puisque l’économie chinoise montre des signes de faiblesse. L’Asean va donc devenir un espace économique attractif. “Les investisseurs étrangers sont impatients de pouvoir prendre pied dans ce qui constitue désormais la septième économie au niveau mondial et d’en tirer les avantages”, juge The Nation de Bangkok.

Le journal précise qu’il reste 37 mesures à régler – sur un total de 506 – pour transformer la communauté en réalité. La déclaration de Kuala Lumpur s’accompagne d’ailleurs d’une feuille de route afin de faire avancer l’intégration régionale des pays membres de l’Asean au cours des dix prochaines années. Les points à régler avant la création de cette communauté concernent uniquement le plan économique (harmonisation des barrières tarifaires, fiscalité…) ; les objectifs politiques et sociaux sont, eux, déjà remplis.

Médecin, architecte, infirmière, guide touristique…

Pour le moment, seules les huit professions signalées dans le graphique ci-dessous, produit par le site Aseanup.com, bénéficient d’une reconnaissance mutuelle dans les dix pays de la communauté, permettant ainsi aux titulaires des diplômes correspondants d’exercer au-delà de leurs frontières nationales.


The Nation de Bangkok alerte sur le fait que la communauté souhaitée par les chefs d’Etat de l’Asean ne sera “une réalité que lorsqu’ils auront réussi à convaincre leurs propres citoyens et leurs législateurs des bénéfices qu’ils pourront en tirer”.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 11 Déc - 12:07



soyons sérieux, revenons aux fondamentaux...



Le piège du Grand Maitre Poutine 11 décembre 2015 actualitesdes7 (R.Bibeau)

Par Orientalreview le 30 novembre 2015 Économie Etats-Unis Russie Syrie UE Ukraine. SOURCE : http://arretsurinfo.ch/le-piege-du-grand-maitre-poutine/



Pour ceux qui cherchent une explication aux tensions et aux guerres qui déchirent le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord depuis plus de dix ans – du Pakistan tribal au Maroc royal – voyez la photo coiffant cet article. Ces deux chefs d’État représentent la garde montante de l’impérialisme international, opposée à la garde déclinante de l’impérialisme mondialisé. Le récit qui va suivre, tiré du webmagazine Arrêt sur Info, se déroule dans les médinas feutrées pour grands banquiers. Ici, aucune effusion de sang, que des échanges d’argent, d’actifs réels ou virtuels, mais c’est ici que s’écrit le calvaire des travailleurs-chômeurs-actifs-ou-désœuvrés du monde entier. Nous avons émaillé ce récit de nos commentaires caustiques et décapants. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

**********

Citation :
« En décembre de l’année dernière, nous avons publié un article fascinant de Dmitry Kalinichenko, «Le piège du Grand Maitre Poutine» (1), qui a attiré beaucoup plus d’attention des lecteurs que nous nous y attendions. Il continue à être cité par de nombreux experts politiques et économiques internationaux. L’article parlait de la stratégie latente de la Russie qui consistait à se débarrasser des obligations américaines et d’utiliser ses pétrodollars pour acheter de l’or monétaire. Il a semblé pendant un certain temps que la dégringolade du rouble l’année dernière, couplée avec les restrictions budgétaires du Kremlin, avait rendu Moscou incapable de poursuivre de façon permanente son plan de diversification du système financier international. Néanmoins, en jetant un coup d’œil à 2015, il s’avère que la stratégie de Poutine fonctionne plutôt bien.

En raison de la main invisible du marché, le rapport du prix de l’or – prix du pétrole (2) a plus que doublé dans les deux dernières années. Alors qu’en mai 2014, il en coutait 12 barils de pétrole pour acheter une once d’or, ce ratio est passé à 26 barils/once en janvier 2015 (où il demeure actuellement). En abaissant le prix du pétrole par rapport à l’or, il semble que Wall Street et la City de Londres tentent de contrecarrer la tactique russe de l’achat d’or en échange du pétrole et de gaz naturel (les prix du gaz sont liés au pétrole par l’intermédiaire de BTU).

(On comprend pourquoi l’Arabie Saoudite, l’OPEP, l’Iran, le nouvel allié de Washington poursuivent leur production malgré l’affaissement des prix du pétrole et l’apparente contradiction avec les intérêts des producteurs étatsuniens de pétrole de schiste. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com)

**********

Cependant, ces actions sont insuffisantes pour atteindre l’objectif visé. La baisse des prix du pétrole et une dépréciation de la monnaie nationale n’ont pas abouti à un ralentissement des achats d’or de la Banque de Russie sur le marché intérieur en roubles. Malgré les menaces et les sanctions, la Russie a continué à augmenter ses réserves d’or (3). La Banque de Russie a acheté un record de 171 tonnes d’or en 2014 et un autre de 120 tonnes dans les dix premiers mois de 2015. Par conséquent, au 1er novembre 2015, la Banque de Russie avait accumulé un total de 1200 tonnes d’or (4) dans ses réserves, qui sont officiellement au cinquième rang dans le monde, mais en réalité, la Russie est en fait à la 4e place, parce que l’Allemagne n’est autorisée à stocker qu’un tiers de ses réserves chez elle. En toute justice, il convient de noter que la Chine n’a pas fourni de données mises à jour sur ses réserves d’or depuis 2009, quand elle avait officiellement 1.054 tonnes. Selon certaines estimations, les réserves chinoises ont triplé depuis (et sont donc estimées à 3 100 tonnes. NDLR).

L’année 2014 a encore apporté à Wall Street une autre surprise désagréable. La Russie a émergé en tant que deuxième plus grand producteur d’or du monde (5), dépassé seulement par la Chine. Le leadeurship mondial de la Chine et de la Russie dans les mines d’or leur permet de créer leurs propres systèmes monétaires et commerciaux, construits sur ​​une base solide de l’or, qui seront utilisés par les pays du BRICS comme unité universelle de compte et comme mesure fixe de cout.

(Nous sommes très loin des champs de bataille de l’État islamique et de DAESH – ces pauvres marionnettes des jeux politiques guerriers qui se passent mille mètres au-dessus de leur tête de sacrifiés aux ceintures d’explosifs – et des attentats de Paris et de Bamako. Pourtant, nous sommes au cœur réel du conflit qui oppose les deux camps impérialistes rivaux qui inexorablement nous entrainent vers une guerre mondiale. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com)

**********

Face à la perspective d’avoir à bientôt faire face à une puissante alliance de l’or russo-chinoise qui remettrait en question l’avenir du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale, les États-Unis ont commencé à employer toutes leurs mesures punitives traditionnelles contre un pays qui a osé défier la puissance financière de l’Amérique dans le monde. Oubliez tout le baratin à propos des «valeurs démocratiques» – ces mesures n’ont d’autre but que de forcer la Russie à vendre son or.

Le peuple russe a entendu l’ultimatum de Washington et a parfaitement compris : les États-Unis ont imposé des sanctions afin de renverser le gouvernement légitime démocratiquement élu à Moscou. Mais sans surprise, les sanctions imposées par les États-Unis contre la population russe – à grands frais pour l’UE – ont eu l’effet inverse. Les Russes se sont ralliés autour du leader de leur nation, et la Chine et la Russie sont maintenant plus proches que jamais. La politique étrangère de la dictature de l’arrogance absolue, menée de manière si grossière par Washington, a eu les conséquences attendues. À force de remplacer la force de la loi par le droit de la force de manière universelle, les USA ont dilapidé tout le capital politique et la crédibilité qu’ils avaient précédemment gagnée auprès des publics russe et chinois.

C’est le soutien de la Chine de la position de la Russie qui neutralise toutes les tentatives de Washington de briser Moscou. Même si la Russie était obligée de vendre de l’or, il le vendra … à la Chine, ce qui signifie qu’il restera au sein de l‘«alliance de l’or». Il est à noter que la visite en septembre du président Xi Jinping aux États-Unis n’a pas donné lieu à des accords substantiels (6). La Chine est bien consciente que si Washington arrive à rompre l’alliance entre la Russie et la Chine, la première action d’un l’hypothétique gouvernement proaméricain en Russie serait de mettre un garrot de l’énergie sur le cou de la Chine. Wall Street a besoin de coloniser la Russie au préalable pour ensuite coloniser la Chine. Cela, les dirigeants chinois l’ont bien compris. Incidemment, le même sort attend l’Europe, qui est encore un autre concurrent géopolitique des États-Unis. Cependant, contrairement à Pékin, les dirigeants européens ne l’ont pas encore compris.

(L’auteur de l’article livre ci-haut le grand mystère de la politique mondiale en cette Ère d’impérialisme systémique globalisé. C’est à travers les guerres financières – monétaires – boursières que les guerres militaires prennent naissance, en contrefeux, pour résoudre le dilemme de savoir quel conglomérat financier international prendra l’ascendant sur tous les autres. L’affiliation nationale de tels conglomérats n’étant que secondaire – un artéfact de l’ère capitaliste primitive aujourd’hui révolue. En effet, même le conglomérat des institutions financières, bancaires, boursières appelé russo-chinois possède des accointances avec le conglomérat financier international appelé américano-européen. L’enjeu de ces guerres aux multiples facettes est de déterminer quel conglomérat international aura préséance sur l’autre et lequel imposera sa loi aux autres. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

**********

Il est important de garder à l’esprit que les attaques du dollar contre l’or se terminent toujours de la même manière – dans un KO douloureux pour le dollar. Il n’y a pas d’exceptions à cette règle dans l’histoire monétaire. Il n’y en aura pas cette fois non plus. D’où la règle du marché bien connue: « Quel que soit le maximum atteint par le prix de l’or, ce ne sera pas le dernier ». Il serait naïf de croire que cette règle d’or est inconnue de ces Grands Maitres de la patience, Vladimir Poutine, et Xi Jinping. En augmentant systématiquement leurs réserves d’or, la Russie et la Chine continuent à dépouiller inexorablement le dollar américain de son statut de monnaie de réserve mondiale.

(Voilà l’ultime affront – l’ultime défaite – du camp impérialiste occidental que ce camp tente de compenser en agressant militairement la Russie depuis des années – Tchétchénie, Géorgie, Serbie-Yougoslavie, Libye, Syrie, Ukraine, jusqu’au jour où – comme en Turquie récemment – l’acte ultime dépassera les bornes et enclenchera le grand cataclysme mondial. Il faut comprendre que l’attaque turque contre l’avion russe a été planifiée et commandée de Washington afin d’empêcher tout rapprochement entre certaines puissances de l’OTAN (Berlin notamment) et l’empire russe. Robert Bibeau. Les7duquébec.com).


**********

La solution militaire standard de l’Amérique ne fonctionnera pas dans cette situation. La Russie n’est pas l’Irak, la Libye, ou la Yougoslavie. Si les États-Unis lançaient une agression directe contre un pays comme la Russie, ce serait leur dernier geste à jamais. Par conséquent, la Maison-Blanche tente d’utiliser des militants radicaux des pays musulmans et européens comme chair à canon. Il fut un temps où cette approche fut plus efficace. Dans le milieu du XXe siècle, Wall Street et la City de Londres avaient réussi à pousser l’Europe dans une guerre contre l’Union soviétique en utilisant leur protégé Hitler, qu’ils avaient littéralement porté au pouvoir en Allemagne (7). Aujourd’hui, l’Ukraine et la Syrie sont les théâtres de la guerre chaude de l’Amérique contre la Russie et l’Union européenne est le théâtre de la guerre économique de l’Amérique contre la Russie (il est intéressant de noter que tandis que les entrepreneurs européens souffrent sous les sanctions imposées à la Russie, leurs concurrents américains sont occupés à signer de nouveaux contrats lucratifs avec Moscou) (Cool.

(Ce que souligne l’auteur de l’article est véridique. Il oublie cependant d’indiquer que les capitalistes européens sont parfaitement au fait de ces manigances de leur allié et concurrent américain, et ils savent qu’ils sont les dindons de cette farce macabre comme ils furent les dindons de la farce des centrifugeuses iraniennes. Ils en développent du ressentiment et se prépare à faire faux bond à l’alliance Atlantique comme il est de leur intérêt de le faire. Nous irions jusqu’à penser que les attentats terroristes en Occident, à Londres et à Paris notamment, sont des actes souhaités par Washington de la part de leurs protégés de DAESH, financés par leurs pions saoudien et turc, afin de terroriser la bourgeoisie européenne et la prévenir de tout rapprochement avec la Russie honnie. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

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Récemment, les pays européens ont commencé à réaliser que Washington était tout simplement en train de les escroquer. Après tout, un produit n’est, d’abord et avant tout, que de l’énergie qui se manifeste sous la forme d’une marchandise (quant à nous, nous dirions qu’un produit n’est que de la force de travail – du temps de travail – cristallisée sous forme de valeur marchande composée du salaire nécessaire et du surtravail-plus-value à valoriser. NDLR). À cause des ambitions géopolitiques de l’Amérique, l’Europe est en train de réduire, d’elle-même, son propre niveau de compétitivité. Si nous mettons de côté les slogans et les déclarations nobles sur «les valeurs» et considérons juste la question économique, tout devient clair : si l’Union européenne était coupée de son approvisionnement en énergie russe pas cher, en plus d’être coupée du vaste marché russe pour ses produits, l’Europe ne serait pas capable de survivre dans sa forme actuelle.

(La gauche bourgeoise nationaliste européenne se réjouirait de cette alternative, elle qui réclame que la grande bourgeoisie de gouvernance (étatique) ait le courage de défendre les intérêts de la bourgeoisie impérialiste nationale contre les assauts de l’impérialisme étatsunien qui agresse autant ses concurrents que ses alliés. En cela, la gauche européenne défend ses intérêts de classe petite-bourgeoise cléricale en voie de paupérisation. Ce segment de classe est particulièrement important (en nombre) sous le mode de production capitaliste en phase impérialiste, raison pour laquelle nous la voyons agioter partout. La classe prolétarienne pour sa part n’a aucun intérêt à se joindre ni à la grande bourgeoisie nationale capitularde ni à la petite-bourgeoise chauvine revancharde – courroie de transmission des premiers vers ces derniers – c’est-à-dire les ouvriers surexploités ou décimés selon qu’ils conservent le privilège d’un emploi ou pas. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

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Wall Street et la City de Londres, comme avant, ne savent pas ce que Poutine a en tête. Mais tout le monde est bien certain que Poutine mijote quelque chose, et, quel que soit ce qu’il mijote, cela surprendra tout le monde et fera avancer les intérêts de la Russie et de ses alliés. Essayant de donner une signification aux actions de Poutine et son homologue Xi Jinping, Bloomberg a publié un article intéressant, il y a six mois sur l’avenir du marché de l’or:

« Ce devrait probablement être très différent de l’ancien standard or », Kenneth Hoffman, le chef de recherche des mines et des métaux mondiaux basé à Princeton, à Bloomberg Intelligence … Ce ne serait pas un système traditionnel où vous entrez dans une banque et vous en sortez avec une once d’or. Ce devrait être quelque chose de nouveau et différent » (9).

Les prédictions par les principaux médias occidentaux sur l’émergence imminente d’une alliance russo-chinoise pour relancer l’étalon-or sont tellement souvent entendues que cela ressemble maintenant à des signaux ou même des appels à une telle démarche, adressés à Moscou et Pékin.

Retour au 18e siècle, le philosophe et écrivain Voltaire avait déclaré: «l’argent papier revient finalement à sa valeur intrinsèque – zéro», et il avait tout à fait raison. Il y a eu de nombreuses monnaies de papier différentes tout au long de l’histoire de l’humanité. Mais chacune d’entre elles, d’une manière ou d’une autre, est finalement revenue à zéro et a disparu. Ceux qui ont vécu pendant les règnes de ces personnages historiques comme Alexandre le Grand, Napoléon, Hitler et Staline croyaient sincèrement que la monnaie existante à ce moment resterait en circulation pour toujours. Mais pas une de ces monnaies n’existe aujourd’hui. Et tous ces dollars et roubles d’aujourd’hui n’ont en commun avec leurs précédentes incarnations d’il y a 100 ans que le fait que leurs noms restent inchangés.

Le dollar et le rouble modernes sont des devises entièrement différentes, avec pouvoir d’achat différent, et une apparence différente. Certaines devises meurent soudainement, certaines reviennent à zéro par une dépréciation progressive, mais d’une manière ou d’une autre, elles ne valent rien au bout du compte (10). De toute évidence, le dollar US affaibli qui a perdu 98% de son pouvoir d’achat au cours des 40 dernières années (tout comme toute autre pseudomonnaie non garantie) est déjà au bord de son basculement naturel à zéro.

(Il est intéressant de constater pour nous économiste marxiste qu’après moult tergiversations et convulsions, les économistes bourgeois en reviennent finalement aux bons vieux constats de Marx. La valeur d’usage est chevillée à la valeur marchande qui est déterminée par la quantité – le temps – de travail contenu dans une unité produite. Cette valeur marchande n’est pas déterminée par son quantum monétaire, c’est elle qui détermine ce quantum dollar, euro, yen, yuan, rouble ou or. Ce que l’expert ne dit pas c’est que la dévaluation du dollar est elle-même partie de la stratégie américaine pour flouer ses alliés et ses concurrents – tous gorgés de billets verts qui demain vaudront encore moins qu’aujourd’hui. Et que diriez-vous si demain l’Oncle Sam annonçait la répudiation du dollar US et l’émission d’une nouvelle devise étatsunienne arrimée à l’étalon-or ? Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).


**********

Cet argument est de plus en plus utilisé par les partisans d’un retour à l’étalon-or. Cependant, ils oublient que toutes les monnaies or auparavant en circulation moururent finalement tout aussi surement que les monnaies de papier. Pourquoi cela a-t-il pu arriver, puisque les monnaies or étaient garanties par l’or qu’elles contenaient physiquement ? Parce que toute devise or est, d’abord et avant tout, une devise avec une valeur désignée, et non une monnaie basée sur le poids de l’or contenu dans ces pièces ! Les monnaies or avaient une valeur fiduciaire représentée par la dénomination gravée sur elles, ce qui imposait une obligation légale sur tous les acteurs du marché. Cette obligation exigeait qu’ils utilisent toutes les pièces d’or exclusivement en tant que monnaie, avec une valeur nominale spécifiée et attribuée par la loi. Mais finalement, une incohérence inévitable émergea entre la valeur de marché de l’or contenu dans la pièce, conformément à son poids, et la valeur fiduciaire de la dénomination qui a été gravée sur la pièce d’or elle-même. Cette incohérence a sonné le glas pour toute forme de monnaie or dans l’histoire monétaire de l’humanité. Il n’y a pas d’exceptions à cette règle, qui est bien connue à Wall Street.

Il est crucial pour ces Messieurs que la Russie et la Chine soient poussées à frapper une autre monnaie or condamnée. Dès que la Russie et (ou) la Chine émettront une telle monnaie or, elle sera immédiatement attaquée par Soros et d’autres spéculateurs de poche de Wall Street comme lui. Quelle que soit la valeur nominale, en roubles ou en yuans, qui est gravée sur la monnaie or de la Russie ou de la Chine, après un certain temps, cette valeur va commencer à s’écarter de la valeur de l’or contenu dans la pièce. Il deviendra rentable pour les spéculateurs d’échanger, de manière cyclique, de la monnaie papier contre de la monnaie or, ce qui épuisera les réserves d’or du pays et par conséquent conduira au défaut.

De la manière dont la situation se présente actuellement, il n’y a personne dans le monde qui puisse répondre à cette question apparemment simple : pourquoi, sachant qu’il est impossible de frapper une monnaie nationale or, la Russie et la Chine poursuivent-elles la course à renforcer leurs réserves d’or ? Actuellement, personne au monde ne le sait, sauf Poutine lui-même et son collègue Xi Jinping.

(Nul besoin de frapper une monnaie-or pour bénéficier de l’avantage de posséder de grandes quantités d’une valeur étalon sur lequel toute devise nationale ou multinationale devra nécessairement s’arrimer tant que le mode de production capitaliste sera hégémonique. Mieux, les réserves d’or accumulées par le tandem russo-chinois ne doivent surtout pas être transformées en monnaie – valeur de transition ou de « marchandage » commercial –. Les réserves-or demeureront en l’état, en lingots, pouvant servir de réserve pour garantir des monnaies-devises de l’État national (ou du groupe d’États-nationaux) qui possèdera ces tonnes de lingots-or. Sous le système économique capitaliste le conglomérat financier international qui réussit à accaparer la plus grande part de plus-value produite – garantie par une devise forte – adossée à une valeur étalon certifiée – est le conglomérat hégémonique – s’appuyant sur la violence d’un ou d’un groupe d’États dominants. Ce que l’Allemagne n’a pas réussi par deux fois et ce que les États-Unis ne réussissent plus, et ce que le tandem russo-chinois ne réussira pas davantage, car les lois de l’économie capitaliste entravent le développement de ce mode de production qui est rendu à sa limite. La guerre mondiale sera l’ultime sortilège par lequel cette bourgeoisie dépravée tentera de résoudre ces contradictions insolubles. La classe ouvrière mondiale servant de chair à canon dans ces tractations irréconciliables. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).


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Sources et références


◾Par Orientalreview le 30 novembre 2015 Économie Etats-Unis Russie Syrie UE Ukraine. SOURCE : http://arretsurinfo.ch/le-piege-du-grand-maitre-poutine/ Article original: http://orientalreview.org/2015/11/13/grandmaster-putins-trap-2/ Traduction Avic – Source première: http://reseauinternational.net/le-piege-du-grand-maitre-poutine/
◾http://www.macrotrends.net/1380/gold-to-oil-ratio-historical-chart
◾http://www.ft.com/cms/s/0/13b55dd6-a7b6-11e4-be63-00144feab7de
◾http://www.cbr.ru/hd_base/Default.aspx?Prtid=mrrf_m
◾http://www.mineweb.com/regions/europe-and-middle-east/update-world-top-10-gold-producers-countries-miners/
◾http://thediplomat.com/2015/09/think-xi-jinpings-state-visit-to-the-us-went-well-think-again/
◾porté au pouvoir en Allemagne. http://orientalreview.org/2013/06/21/episode-12-why-did-britain-and-the-united-states-have-no-desire-to-prevent-wwii-i/
◾nouveaux contrats lucratifs avec Moscou. https://magazin.spiegel.de/digital/index_SP.html#SP/2015/23/135214440
◾http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-05-20/chinese-gold-standard-would-need-a-rate-50-times-bullion-s-price
◾http://georgewashington2.blogspot.ru/2011/08/average-life-expectancy-for-fiat.html


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 13 Déc - 11:10



Banques : les découverts atteignent des records Francetv info 12/12/2015

De plus en plus de Français vivent avec des comptes bancaires dans le rouge. D'après une étude de la Banque de France, les découverts atteindraient près de huit milliards d'euros.

Citation :
Les temps sont durs. Selon une étude, un tiers des Français vivraient de façon permanente dans le rouge. "J'ai un découvert de 850 euros, je m'en sers tous les mois pour payer mes factures", explique un homme.

Les banques pointées du doigt

La vie à découvert remplace désormais la vie à crédit. "Les banques ont trouvé la parade en incitant les personnes à se mettre dans le rouge. Ce que l'on observe, c'est que le montant des découverts autorisés par la banque est en diminution. Ce qui fait que les clients basculent dans le découvert non autorisé qui est beaucoup plus cher pour les clients", dénonce Lionel Maugain de 60 millions de consommateurs. Chaque année, les Français payent en moyenne 60 euros de frais de découverts. "Une affaire juteuse pour les banques", grâce aux intérêts explique Serge Lemaître, président de l'Association française des usagers des banques. 38% des jeunes ménages se disent souvent dans le rouge.




la société est générale promenades socio-poétiques photo Patotch 25 novembre 2014

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 13 Déc - 11:17

Chine : Yuanisation mondiale grâce à la City de Londres 13 décembre 2015  par  actualites des 7 (R.Bibeau)
 


Source : Ariel Noyola Rodríguez.  4.1.2015.  http://www.mondialisation.ca/chine-yuanisation-mondiale-grace-a-la-city-de-londres/5486622


(La guerre des monnaies fait rage. Derrière chaque grande monnaie du commerce international s’agite une puissance impérialiste avide de monopoliser les échanges – le commerce mondiale – afin de rafler la plus-value commerciale et industrielle et ainsi accumuler du capital. L’article ci-dessous vous présente les tractations entre deux puissances impérialistes concurrentes  – Le Royaume-Uni et la Chine. Pour ceux qui croyaient que le Royaume-Uni ne pouvait avoir pour allié que les Etats-Unis et que la bourgeoisie britannique ne pouvait tromper son allié états-unien avec un autre soupirant… veuillez vous détromper. L’odeur de l’argent fait flancher les plus grandes intimités et s’évaporer les plus fortes inimitiés.  Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com)

Citation :
Le gouvernement chinois favorise l’internationalisation de la «monnaie du peuple» (Renminbi, RMB) à travers une politique d’alliances qui ignore les barrières idéologiques. Initialement les efforts de la diplomatie du yuan seront axés sur l’Asie-Pacifique, cependant, dans un deuxième temps, ces efforts devront nécessairement se tourner vers l’Occident pour gagner son soutien. La visite que le président Xi Jinping a effectuée à Londres, entre le 19 et le 23 octobre, a posé les bases de la fondation d’une «époque dorée» entre la Chine et le Royaume-Uni, bases sur lesquels les deux pays s’appuieront pour donner une impulsion à la yuanisation de l’économie mondiale.

Pékin désire que le yuan devienne une monnaie de réserve mondiale. Bien que le chemin pour parvenir à la pleine convertibilité soit encore très long, la Chine a vu augmenter la présence de sa monnaie plus que tout autre pays au cours des dernières années. Le yuan est aujourd’hui la deuxième monnaie la plus utilisée pour le financement du commerce, et la quatrième la plus sollicitée pour effectuer des paiements transfrontaliers, selon les données de la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT, pour son sigle en anglais).

La stratégie du géant asiatique pour augmenter le poids du yuan dans l’économie mondiale est sous-tendue par le «gradualisme». Pas de précipitation chez les dirigeants chinois. Le Parti communiste [de la Chine] est conscient que tout faux mouvement pourrait provoquer une «guerre financière» contre lui. En effet, aussi bien la Réserve fédérale que le Département du Trésor des États-Unis résistent fortement à une diminution de l’influence du dollar et de Wall Street dans la finance mondiale.

Le gouvernement chinois prend des précautions, car pour atteindre les objectifs à long terme, il est préférable de procéder étape par étape et furtivement plutôt que de prendre des risques élevés. Pour cette raison, dans un premier temps, la Chine s’est assuré le soutien du continent asiatique, soit par la signature d’accords sur les ‘swaps’ (échanges) de devises, soit par la mise en place d’accords de compensation directs entre banques, soit en accordant des quotas d’investissement aux investisseurs institutionnels pour leur participation au programme en yuan (‘Renminbi Qualified Foreign Institutional Investor Program’).

Dans un deuxième temps, le gouvernement chinois tourne son regard vers l’Europe du Nord. Pour positionner sa monnaie dans le groupe des opérateurs majeurs, la clé est l’assistance technique des pays occidentaux. La Chine a commencé à relever le niveau de son partenariat stratégique avec le Royaume-Uni, qui malgré le déclin de son économie, est toujours chef de file dans la gestion de la finance internationale. Ce n’est pas rien que la City de Londres ait le plus grand marché des changes dans le monde, et réunisse le plus grand nombre d’opérations de gré à gré.

Mi-2013, le Royaume-Uni est devenu le premier pays à promouvoir l’utilisation du yuan en Europe. L’Allemagne, la France, la Suisse et le Luxembourg sont entrés en compétition par l’installation de banques de règlements directs (‘RMB offshore clearing banks’) afin de faciliter l’utilisation de la monnaie du peuple. Cependant, aucun d’eux ne constituait une menace grave pour le Royaume-Uni. La ville de Londres a enregistré plus de la moitié des transactions libellées en yuans dans l’ensemble du continent européen.

Comme l’économie britannique est embourbée dans la stagnation, et menacée de près par la déflation (baisse des prix), le gouvernement de David Cameron insiste désespérément pour renforcer ses liens avec les pays d’Asie-Pacifique, et surtout avec la Chine qui, malgré son ralentissement au cours des dernières années, continue à contribuer pour 25% à la croissance du produit intérieur brut mondial (PIB).

Pour le chancelier de l’échiquier du Royaume-Uni – et favori du Parti conservateur pour le poste de Premier ministre en 2020 – George Osborne, le monde d’aujourd’hui est confronté à une nouvelle configuration géopolitique et économique, dans laquelle la Chine joue un rôle de premier plan. Le commerce ne se concentre plus seulement entre les États-Unis et l’Union européenne. Voilà pourquoi, pour la City de Londres, le commerce et les opportunités d’investissement avec Pékin passent avant le mandat d’alignement sur l’agenda de Washington.

Une preuve en est que, en mars dernier, le Royaume-Uni a rejoint les fondateurs de la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures, menée par la Chine. Cette institution a mis fin à la domination de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement en Asie [qui sont sous influence américaine]. Jim O’Neill, un ancien employé de Goldman Sachs qui a inventé le terme acronyme BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) en 2001, est maintenant conseiller au Trésor britannique ; car assurément il est clair que la prospérité économique doit être cherchée dans la région asiatique.

Alors que les États-Unis ont déployé une flottille de guerre dans l’archipel des Spratleys, accusant la Chine d’«espionnage cybernétique» et de «manipulation du taux de change», le Royaume-Uni a émergé comme le principal partenaire de la Chine à l’Ouest. L’«âge d’or» entre les deux pays n’est pas nouveau, il s’est consolidé rapidement au cours de la dernière décennie. Entre 2004 et 2014, le commerce entre la Chine et le Royaume-Uni est passé de 20 à 80 milliards de dollars, tandis que les investissements chinois sur le territoire britannique ont augmenté à un taux annuel de 85% depuis 2010.

Lors de la visite du président Xi Jinping à Londres, entre le 19 et le 23 octobre, le gouvernement de David Cameron a gagné beaucoup d’oxygène pour son économie. La Chine a promis des centaines de millions de dollars d’investissement, depuis la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point jusqu’à la mise en service d’un train à grande vitesse qui reliera les villes de Londres et de Manchester. La possibilité de connecter les opérations des marchés boursiers de Shanghai et de Londres donnera aussi à un plus grand nombre d’investisseurs l’accès aux titres financiers libellés en yuans.

Le soutien du gouvernement de David Cameron sera décisif dans les prochaines semaines. Le Royaume-Uni a déjà annoncé qu’il votera en faveur de l’inclusion du yuan dans les droits de tirage spéciaux (DTS), le panier de devises crée par le Fonds monétaire international (FMI) en 1969, qui comprend actuellement le dollar américain, l’euro, le yen japonais et la livre britannique.

Selon les estimations de divers analystes cités par Reuters, si le FMI approuve l’entrée du yuan dans le panier de devises internationales, la demande mondiale en renminbi atteindra l’équivalent de 500 milliards de dollars et, par conséquent, la monnaie chinoise sera stockée dans les réserves des banques centrales à hauteur d’environ 5%, bien au-dessus des dollars australien et canadien (chacun avec environ 2%), mais toujours bien en dessous de l’euro (20,5%) et le dollar américain ( 60%).

En bref, les États-Unis ne réussiront pas à empêcher l’essor du yuan. Les turbulences sur le marché boursier de Shanghai ces derniers mois n’ont pas eu d’impact sur la confiance du Royaume-Uni dans le développement de l’économie chinoise, bien au contraire, le pari est maintenant plus ambitieux : grâce à la City de Londres, Pékin est sur le point de réaliser la mondialisation du yuan sur une échelle sans précédent …

Ariel Noyola Rodríguez

Source : Russia Today.

Ariel Noyola Rodríguez : Économiste diplômé de l’Université Nationale Autonome du Mexique.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 14 Déc - 14:10



États-Unis, Russie, Syrie, attentats de Paris : l’Europe broyée dans le mouvement des plaques tectoniques de la grande reconfiguration géopolitique mondiale

La crise systémique globale que nous traversons depuis au moins 8 ans remet en question un ordre mondial dont nous avons souvent dit qu’il remontait non seulement à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, mais plus largement à la Renaissance et aux grandes découvertes de la fin du xve siècle. C’est il y a 500 ans que l’Europe s’est placée au cœur de la planète en lançant un vaste programme d’exploration, puis d’exploitation, puis de colonisation de la totalité du reste du monde, et enfin de coopération avec lui. Il y a 500 ans, l’Europe est devenue le cœur du monde.


Citation :
Europe sans ancre en mer déchaînée

Or nous décrivons depuis plus de 8 ans également une vaste transition d’un monde occidentalo-centré vers un monde multipolaire dont nous tentons de montrer les innombrables opportunités, mais aussi et surtout les dangers, dangers qui pèsent sur une telle reconfiguration dès lors qu’elle est mal contrôlée. C’est ainsi que nous appelons constamment à l’ancrage démocratique de l’Europe intégrée… qui est avant tout un ancrage tout court ; et que nous appelons aussi à la participation de l’Europe à toutes les nouvelles tables de discussions destinées à repenser la gouvernance à tous les niveaux, et en particulier à cette table Euro-BRICS qui a un tel potentiel de changement positif.

Toutes les crises traversées par l’Europe depuis 2008-9 ont deux caractéristiques :
. elles viennent de l’extérieur ;
. elles révèlent toutes la faiblesse structurelle de l’Europe.

Sur ce dernier point, Franck Biancheri a pourtant passé plus de 25 ans à travailler au plus près des institutions européennes et nationales, les alertant sur la base notamment d’un constat simple : l’intégration européenne s’était mise en place telle un projet de laboratoire à l’abri entre le Mur de Berlin et le parapluie américain, mais au début des années 90, elle faisait son entrée dans l’Histoire. Et les vents de cette Histoire qui allaient désormais souffler sur elle, lui imposaient de mettre en place un processus de consolidation qui ne pouvait pas être autre chose que politique, et donc démocratique. Le travail n’a pas été fait car trop d’acteurs n’y avaient pas intérêt à court terme. L’Europe ne s’est pas ancrée. Et aujourd’hui, elle flotte sans ancre en plein cœur d’une tempête aux dimensions homériques et se brise de toutes parts.


L’échec d’adaptation du modèle d’état-nation

Dans la très grande reconfiguration géopolitique en cours, il est une construction éminemment européenne et structurante pour notre continent qui se disloque complètement, c’est l’État-nation. Or les intégrations régionales, la mondialisation, Internet et l’émergence de nouveaux acteurs de culture politique différente, ont rendu totalement caduc ce niveau national tel qu’il a existé. Le paradoxe, c’est que c’est l’Europe elle-même qui l’a compris au terme de ses deux guerres mondiales et qui a enclenché un processus de dépassement de ce modèle issu du xixe siècle. Mais les visionnaires qui avaient conçu ce projet ont été remplacés à partir des années 90 par une génération qui foncièrement n’a jamais rien compris à l’Europe, les fameux baby-boomers dont le leadership particulièrement depuis 20 ans aboutit à la faillite complète de l’expérience d’intégration européenne.

L’Europe a fait son intégration en la fondant sur les états-nations – ce qui était une bonne chose. Mais ces états-nations n’ont pas su jouer le jeu jusqu’au bout et réinventer leur valeur ajoutée dans cette nouvelle configuration. Nous l’avons déjà dit, la seule valeur ajoutée des états-nations tient à leur capacité de collaboration les uns avec les autres pour produire les transformations sociales d’adaptation. Au lieu de cela, les règles d’unanimité de toute action européenne ont abouti à la paralysie politique de l’Europe et à l’échec patent de sa démocratisation. Et l’Europe, géopolitiquement centrale, ayant articulé le monde autour d’elle en 500 ans de règne sans partage, est aujourd’hui déchirée par les mutations de ce monde. L’Europe aurait eu besoin de regarder le nouveau monde tel qu’il est pour en remarquer et en accepter toute la différentiation en un acte de mise en liberté du reste du monde pour mieux revenir vers lui sur de nouvelles bases.


Multipolarisation et différentiation

L’exemple le plus frappant que nous pouvons donner de ce travail de mise en liberté est celui fourni par la relation transatlantique ; mais on pourrait citer aussi la relation UE-Inde qui en est restée au stade de l’ex-colonisateur à l’ex-colonisé, la relation UE-Russie qui oscille entre une vision paneuropéenne de la Russie (la Russie c’est l’Europe) et des flash-backs de guerre froide (la Russie, c’est le marxisme appliqué) ; la relation UE-Chine qui est la plus perplexe, le grand mystère asiatique, si éloigné de nos modèles que l’Europe est comme une poule devant un couteau quand il s’agit de développer des relations avec la Chine ; la relation UE-Afrique du Sud, si tant est qu’elle existe, passe inévitablement par les Pays-Bas et l’Angleterre, etc… L’UE a continué de ne regarder le reste du monde que par le biais de ce qu’elle a tenté de façonner là-bas, au lieu de construire des relations avec des entités émergentes comprises comme des acteurs indépendants. Du coup, elle est restée liée structurellement aux parties les plus archaïques de ces pays et régions, précisément celles qui disparaissent actuellement. Mais revenons-en à l’exemple caractéristique de la relation transatlantique.


Différentiation et découplage : le cas US

Nous avons maintes fois relevé la nécessité qu’il y avait pour l’Europe de se découpler de son avatar américain, un avatar en pleine métamorphose. En effet, la relation transatlantique s’est fondée sur le fait que les États-Unis étaient à l’origine une extension européenne, puis une extension européenne qui avait pris le leadership suite au suicide européen des deux guerres mondiales. Mais les années Bush Junior en particulier marquent le début d’une ère de forte différentiation entre l’Europe et les États-Unis : le pays n’est plus WASP[1], la preuve, même Bush fait campagne en espagnol dans certains états ; et encore, l’espagnol, c’est encore l’Europe (certes mâtinée de culture indigène ou africaine) ; mais il y aussi ces vastes communautés chinoises, iraniennes, indiennes… qui, contrairement à ce qu’il se passe en Europe, se regroupent en de vastes régions auxquelles elles confèrent de nouvelles caractéristiques et donnent à l’Amérique une structure sociale qui n’a plus grand-chose d’européen.

Et puis, il y a cette « prise d’indépendance » en termes de système de valeurs. Jusqu’à Clinton, bien qu’à tort, les Européens ont bien voulu voir dans les partis démocrates et républicains, une gauche et une droite à l’européenne ; avec Bush, cela cesse d’être possible. En matière de laïcité, valeur pourtant défendue par l’Amérique croyions-nous depuis Tocqueville, les références constantes à Dieu dans les discours de Bush nous convainquent du contraire. Peine de mort, port d’armes, démocratie questionnable, politique étrangère… la liste est longue de tous les thèmes qui se mettent à visiblement séparer l’Europe des États-Unis. Il aurait alors été temps  pour chacun de créer les conditions de son indépendance l’un vis-à-vis de l’autre ; non pas pour s’ignorer ou se faire la guerre, mais pour reconstruire un nouveau cadre de coopération, moins fusionnel.


Figure 1 – Pourcentage d’opinions favorables des Européens sur les États-Unis
pendant les années Bush junior. Source : Pew research center

Tous les malheurs du monde s’échouent sur nos plages

Des tentatives de découplage ont bien eu lieu, mais bien peu abouties. Si peu abouties, que, lors de la crise Euro-Russe autour de l’Ukraine en 2014,  « la queue remue le chien »[2] : les États-Unis contribuent directement à une escalade ahurissante entre Européens et Russes dont nous ne sommes toujours pas remis. L’Europe, cœur du monde, se trouve sur le chemin d’une stratégie de confrontation américano-russe qui la dépasse et l’écrase…

… qui la dépasse et qui participe directement à la crise suivante, la crise syrienne, encore une qui vient de l’extérieur, mais nous frappe de plein fouet. Nous ne sommes pas pour grand-chose pourtant dans le conflit syrien, nous avons pourtant plutôt bien résisté aux injonctions d’intervention qui nous venaient de nos amis américains, israéliens et saoudiens. Mais nous avons moins bien réussi à défendre la seule politique rationnelle qui s’imposait en 2011 : soutenir l’armée régulière syrienne et, en échange de ce soutien, imposer à Bachar el-Assad une transition démocratique… soit le plan de paix proposé par les Russes. Que de morts, de réfugiés et de terrorisme évités, si nous avions objectivement entendu ce plan il y a quatre ans, plutôt que maintenant. Mais l’ennemi que l’on nous proposait alors, c’était la Russie et non Daesh.

Est-ce notre lien transatlantique ou outre-manche qui nous a permis de nous prendre pour une île tout comme les États-Unis ou le Royaume-Uni ? et de croire que nous pourrions contribuer à l’augmentation du chaos au Moyen-Orient, sans en subir les conséquences ? … (Pour lire la suite, inscrivez-vous au GEAB )


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 14 Déc - 21:40



Ventes d'armes : les occidentaux perdent du terrain face aux russes Boursorama avec AFP 14/12/2015

Selon l'Institut de recherche sur la paix internationale de Stockholm (Sipri), les fabricants d'armes occidentaux se sont taillé la part du lion sur le marché mondial en 2014 mais leurs ventes déclinent alors que les affaires de leurs concurrents russes sont florissantes.


Citation :
Les ventes russes n'ont pas pâti des sanctions internationales. Ici un char russe lors d'une parade militaire pour célébrer le 70e anniversaire de la victoire face à l'Allemagne en 1945, le 9 mai 2015. ( AFP/Archives / YURI KADOBNOV )

En repli pour la quatrième année d'affilée, le chiffre d'affaires des 100 premiers fabricants de la planète s'est contracté de 1,5% en 2014, ressortant à 401 milliards de dollars, plus de cent fois le budget annuel des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Si les entreprises basées aux États-Unis et en Europe de l'ouest s'arrogent plus de 80% du marché, leurs ventes en valeur s'affichent en baisse de 3,2 points de pourcentage par rapport à l'année précédente. Trois d'entre elles quittent le top 100.

"Avec une baisse combinée de 7,4% de leurs ventes d'armes, les entreprises d'Europe de l'ouest accusent le recul le plus marqué, témoignant des difficultés économiques de la région", note le Sipri. Les ventes de l'industrie française ont décru de 11,3%, plombées par l'avionneur Dassault (-29,3%) et le groupe d'électronique de défense Thales (-17,4%).

A l'inverse, les 36 entreprises représentant le reste du monde dans ce classement annuel ont vu leurs revenus bondir de 25% l'an dernier, dopés par une explosion de près de 50% des ventes de l'industrie russe, dont 19 constructeurs et leurs filiales figurent au palmarès du Sipri. A noter que les entreprises chinoises ne sont pas comptabilisées par le Sipri "faute de données permettant des estimations acceptables".


Les principaux fournisseurs d'armes (hors Chine)
AFP / Nick Shearman/John Saeki

Loin derrière le premier fabricant mondial, l'américain Lockheed Martin (37,5 milliards de dollars de revenus), Almaz-Anteï se place au 11e rang avec un chiffre d'affaires de 8,8 milliards de dollars. La holding russe produit notamment le missile BUK mis en cause dans la destruction du Boeing 777 de Malaysia Airlines le 17 juillet 2014 en Ukraine. Une large part de la production russe est destinée aux armées du pays, mais le pays compte également d'importants clients dans le monde, dont l'Inde et la Chine, toujours en pointe dans la course à l'armement.

La Syrie se fournit aussi auprès de Moscou depuis l'ère soviétique. Sauf que Damas "ne reçoit plus grand chose actuellement", note Simon Wezeman, spécialiste des dépenses militaires au Sipri. Après bientôt cinq années d'un conflit qui a fait plus de 250.000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes, la Syrie "n'a plus les moyens" de s'équiper pour combattre les groupes rebelles et les jihadistes du groupe État islamique, remarque-t-il. "Les Russes disent en gros: vous payez, on livre, sinon on ne le fait pas".


La progression des entreprise d'armement russes
AFP / Nick Shearman

Dans l'ensemble, les ventes d'armes russes n'ont pas pâti des sanctions internationales décrétées après l'annexion de la Crimée en mars 2014. Les représentants du secteur affirment que cela a encouragé la Russie à chercher de nouveaux marchés et à développer de nouvelles technologies. Le directeur général de l'agence Rosoboronexport en charge des exportations d'équipement militaire, Anatoli Issaïkine, a récemment estimé que ces ventes devraient rester stables dans les trois années à venir.

Le groupe Ouralvagonzavod, une grosse holding regroupant plus de 30 sociétés industrielles et employant plus de 70.000 personnes, est celui dont les affaires augmentent le plus vite. Il a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 1,45 milliard de dollars, un bond de près de 50% par rapport 2013, selon le Sipri. A l'inverse, les ventes d'armes de l'Ukraine se sont effondrées en 2014 (-37,4%).

UkrOboronProm, société d’État couvrant l'essentiel des ventes du pays, est tombé de la 58e à la 90e place du classement de l'institut suédois, victime "d'un affaiblissement de la monnaie nationale, des perturbations de la production liées au conflit et de la fin du commerce d'armement russo-ukrainien à la mi-2014", note le Sipri.


Les fabricants d’armes occidentaux perdent du terrain au profit des Russes La Croix





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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 16 Déc - 9:01



Ces multinationales qui émergent
...
Georges Nurdin et Soraya Djermoun   14/12/2015


Soraya Djermoun et Georges Nurdin (Crédits : DR)

Les pays émergents ont aussi leurs multinationales, au delà des Tata ou Samsung bien connues. Comment fonctionnent-elles? Selon quel modèle. Par Georges Nurdin, consultant en affaires internationales et Soraya Soraya Djermoun, MBA, consultante en Développement international

Citation :
Les économies émergentes sont la plupart du temps analysées en termes macro-économiques et en termes de commerce international. Cet angle de vue, sans être faux, n'en constitue pas moins une perception décalée pour ne pas dire détachée de la réalité, en ce que la « granularité » est insuffisante pour rendre compte des forces à l'œuvre derrière ce phénomène unique depuis la révolution industrielle. D' ailleurs il est à noter que les « Economies Emergentes », même pris au sens macro-économique, sont de moins en moins « « émergentes » . Il suffit pour s'en rendre compte de réaliser qu'en 2014 la Chine a égalé les USA en terme de PIB (mesuré en PPP Purchasing Power Parity) ...

A côté , l'Europe, criblée de dettes et déficits, les pieds bétonnés dans une croissance nulle et un chômage massif , la tête coincée dans des rêves et postures du 18 ème siècle , est en manque total de leadership, sans autre grand projet mobilisateur que la prochaine Directive sur le diamètre des petits pois, ou de savoir si la « Feta » est Grecque ou ... allemande !


Peu de recherches sur les multinationales émergentes

Ce qui est curieux , c'est que , si les aspects macro-économiques ou de commerce international ont été plus ou moins capturés et explorés, très peu de recherches ont été faites sur qui sont les entreprises multinationales émergentes, c'est à dire les entreprises qui sont originaires des pays « émergents » ou en émergence, et qui ont acquis en très peu de temps une stature internationale qui leur permet de rivaliser avec les multinationales Européennes ou Américaines établies de longue date.

C'est à la rencontre de ces acteurs majeurs, ces « game changers » , à même de « renverser les tables » que nous sommes partis.

Six stratégies génériques

Nous y avons identifié 6 stratégies génériques de développement international se subdivisant en deux modes :
-Le mode « force brute » qui s'appuie sur les points forts attendus des multinationales émergentes
- La verticalisation internationale à partir des ressources existantes en abondance dans le pays d'origine.( acquisition par un conglomérat Moyen Oriental , basé sur l'extraction du Pétrole , de compagnies de transformation chimique telle que l' iconique GE plastics par Sabic )
- L'acquisition à l'étranger de « ressources » afin d'alimenter l'industrie de transformation locale (c'est plus ou moins l'opposé de la stratégie précédente. Dans ce cas ce sera l'acquisition de mines en Afrique afin de continuer l'approvisionnement d'aciéries en Chine).

Loin du luxe et de l'abondance

- Le mode « Smartitude », qui est le composé de « smart attitude » et qui est, ici, de rigueur. Les Emergentes ayant toutes en commun de devoir faire avec ce qu'elles ont. Donc loin du luxe, de l'abondance, de la « politique interne» et des superstructures de leur homologues occidentales Les émergentes ont donc dû apprendre, faute d'alternative, à utiliser leur cervelle plus que leur bras, contrairement aux idées reçues.

Les 4 stratégies génériques caractéristiques de la « Smartitude » en résultent :

- Faire d'une marque locale une marque internationale ; comme c'est le cas pour le Brésilien « Natura » , qui se basant sur sa ligne de cosmétiques et de produits d' hygiène extraits de la biodiversité exceptionnelle du Brésil a su construire et développer une marque unique à travers le monde. C'est aussi le cas de Samsung, Haier, Mahindra, Tata, etc..

- Utiliser sa R&D et sa capacité d'Engineering comme un levier à son développement international.
C'est le cas de société comme Arçelik en Turquie ou Chigo en Chine ou Wipro en Inde , qui ont du développer par eux même des produits et services adaptés à leur environnement , c'est à dire parfaitement en phase avec une économie émergente et qui utilisent ces innovations soit vers les marchés de masse en occident ( économies développées ) ou à destination d' autres économies émergentes ( commerce Sud-Sud)

- Développer une stratégie de niche, qui permette à ces « multinationales émergentes » de prendre le contrôle, au niveau mondial, d'un segment de marché sur lequel elles ont une véritable expertise sur toute la chaine de valeur. C'est le cas de Johnson Electric de Honk Kong ou de Marico en Inde, qui est le numéro un des produits cosmétiques et d'hygiène dans les économies émergentes...devant les « fleurons » traditionnels européens ou Américains.

- Déployer à l'international- la plupart du temps par acquisition- le business model qu'elle ont développé dans leur pays d'origine et qui a fait leur succès ( leur ADN).

C'est notamment le cas de Dangote , originaire di Nigéria et qui taille des croupières aux multinationales Américaines ou Européennes . Cest aussi le cas de Wanda Group en Chine qui pèse à lui plusieurs dizaines de milliards d' Euros

Au delà des Samsung, Tata...

Nous nous sommes aussi intéressés à la « vague derrière la vague ». Autrement dit, nous sommes aventurés un peu plus en avant dans la « terra icognita » des multinationale émergentes, pour quitter le rivages des Lenovo, Samsung, Tata etc.. pour aller à la rencontre des émergentes moins connues, mais pesant a minima 5 milliards de dollars jusqu' plusieurs centaines de milliards de dollars telles que « Sabic » , les « Savola » et les « Kingdom Holdings » en Arabie Saoudite, les « Etisalat » en aux Emirats , les « Dangote » au Nigeria,les« MobileTeleSystems » en Russie, Wanda Group et Haier en Chine etc..

Nous en avons analysé vingt-cinq , toutes emblématiques de croissance et de profitabilité à faire pâlir les « fleurons » du CAC 40.. sauf qu'il est très probable qu'avant aujourd'hui vous n'en ayez jamais entendu parlé...Ce qui d' ailleurs en dit long sur notre isolement au monde ...il est vrai que pour la plupart d' entre elles..elles n'existaient pas il y a10 ou 20 ans.. !! ce qui en dit encore plus long, sur la vitesse à laquelle se meut le monde réel à l'extérieur.. la terra icognita, vaut la peine d'être explorée.
par exemple et brièvement :

Al Ghurair , le Cargill de demain

Al Ghurair est un groupe industriel diversifié basé à Dubaï. Ce conglomérat d'une valeur de plus de 50 milliards d'euro s'articule autour de : la production et la distribution de produits de grande consommation , l'agroalimentaire , l'industrie , l' ingénierie, le BTP, les systèmes de transports et d'infrastructure , l'éducation supérieure, la finance ( Mashrek Bank), la santé, hôtellerie et centres commerciaux, l'immobilier et les services .

Par exemple Al Ghurair Foods sous la houlette de Essa Al Ghurair, décline un portefeuille diversifié de produits alimentaires, et s' appuie sur une présence commerciale dans 25 pays et sur 4 continents. En amont, Al Ghurair Ressources est spécialisé dans le trading des matières premières et la trituration de graines oléagineuses. Aujourd'hui, cette division est l'un des principaux acteurs pour la sécurité alimentaire des Emirats, et fait jeu égal avec les Cargill, ADM, et Louis Dreyfuss

Cemex, Le Toyota du ciment

Ce groupe mexicain est passé, en moins de vingt ans, du statut de producteur local de ciments à celui de leader mondial aux côtés de Lafarge et Holcim. Son secret : un modèle rigoureux d'intégration des acquisitions: ente 2008 et 2013 , sa marge opérationnelle moyenne s'est élevée à 20,6 %, contre 15,8 % pour le suisse Holcim... et 13,6 % pour Lafarge, selon Datamonitor. Un processus baptisé « Cemex way » qui s'inspire du fameux « Toyota way » , mais qui ,en plus d être « normatif » ( Toyota), est auto adaptatif en ce qu' il est capable d'intégrer au passage les best practices de ses acquisitions pour enrichir le modèle global.

Cevital : le GE de l'Afrique

Créée par Issad Rebrab il y a seulement..20 ans, Cevital est l'un des groupes d' entreprises algériennes diversifiées et industrielles les plus importants en Afrique par le chiffre d'affaires et affichant croissance continue de 30 % par an ..et ce depuis 15 ans ,. Actuellement Cevital, est en phase d'internationalisation accrue à travers des acquisitions d' operateurs majeurs européens et la création de nouveaux businesses en Afrique, Moyen Orient, mais aussi en Amérique Latine. Evalué à plus de 15 milliards d'Euros (par comparaison Air France vaut 1,5 milliards d'Euros ) sa recette magique est à trouver dans le vision de son dirigent et fondateur : « Voir grand, commencer petit et aller vite ». Cevital est surtout connu, en France, pour deux acquisitions emblématiques Brandt ( électroménager ) et Oxxo ( menuiserie) auxquelles il a permis de se reconstruire un avenir . Mais qui sait que Cevital a aussi repris l'une des plus vieilles aciéries d' Europe et actuellement deuxième producteur d' acier en Italie , les établissements Lucchni à Piombino ( Italie) ville qui fait remonter sa tradition de fonderie et transformation des métaux jusqu' aux Etrusques?

Un centre de gravité managérial qui bascule

Que le centre gravité non seulement économique mais managérial est en train basculer sous nos pieds à une vitesse fulgurante et que les « best practices » et autres « management models » viennent ( aussi ) du Sud et de l'Est et non plus exclusivement de la... côte Est ( Harvard + MIT) .

Qu' il ne faut ni ignorer ces Multinationales Emergentes, ni les « péjorer » et encore moins les « diaboliser » , il faut apprendre à travailler avec, inéluctablement. Sauf que leur programmation culturelle et que leur gouvernance sont très (et c'est un euphémisme ) différentes de celles aux quelles nous sommes habitués et avec les quelles nous sommes « confortables ». Ce sont des géants ..dans leur enfance, mais savent déjà courir aussi vite que Hussain Bolt . En effet la plupart n existaient pas il y a seulement 10 , 15 ou 20 ans. Et par voie de conséquence leur gouvernance est , pour l' instant plus proche de celle d'un « one man show ou d' un « family business ».




L'Harmattan, collection Raisonance, 24, 50 €

Économie. Le dynamisme des multinationales des pays émergents 22.09.2015  Écouter l'émission

La notion de pays émergent reste très élastique, malgré son ancienneté. De plus, l’émergence économique n’est pas un statut mais un processus, qui ne se résume pas à une croissance notable et durable.

Citation :
Néanmoins, certains de ces émergents, dans différentes régions du monde (et non seulement en Asie) ont accouché de multinationales innovantes. Avec quels pré-requis, quelle organisation, quel fonctionnement, quelles méthodes,  dans quels secteurs porteurs ? À quels aléas majeurs sont-elles soumises ? Quels défis principaux doivent-elles relever ? Et comment accusent-elles le tassement de beaucoup d’émergents, justement, dans la foulée du ralentissement économique de la Chine ?


La bourse nigériane, dans le centre ville de la capitale
Lagos © REUTERS / Akintunde Akinleye

En France, dans une vidéo de 11 minutes, l’économiste Aurélien Duthoit explique une caractéristique des bouleversements économiques suscités par l’arrivée des pays émergents dans le grand jeu global : l’assaut des multinationales émergentes.

Il y a une dizaine d'année, un autre économiste, Fabrice Hatem, s’était déjà intéressé à cette arrivée des multinationales du sud dans le capitalisme mondialisé. On peut relire ici son article, paru à l’époque dans le Nouvel Economiste, ainsi que l’interview de Christian Milelli, chercheur à l'université de Paris X-Nanterre, lui-même spécialiste des firmes multinationales.

En Suisse, l’intérêt porte sur le nombre des pays émergents, qui est statistiquement passé de 10 à 18, illustrant une diversification géographique rapide. Actuellement, sur les 100 plus grandes entreprises issues de pays émergents les plus performantes, à peine moins de 50% proviennent des deux géants Inde et Chine.

Un autre phénomène émergent y fait aussi l’objet d’un intérêt certain : la globalisation des firmes multinationales des économies émergentes a permis d’initier une innovante recomposition des variétés du capitalisme.

Et puis, c’est finalement en Inde qu’apparaîtra le plus de nouvelles multinationales, dans les années à venir.

Ces maxi-entreprises indiennes prennent rapidement la forme de conglomérats aux branches nombreuses, même si la gestion reste concentrée au sein de familles. La concentration du pouvoir au niveau familial facilite la prise de décision, et dans le modèle patriarcal bien connu de l’Inde, il réduit les chances d’implosion de ces conglomérats cotés en bourse.

En Afrique,  une étude du cabinet Ernst & Young attire l’attention : sur les 1000 plus grosses capitalisations boursières industrielles de la planète, on ne compte pas moins de 221 qui viennent des pays émergents.

De plus, la montée des classes moyennes, ainsi que le potentiel de croissance de la consommation interne de ces pays, rendent leurs économies moins directement tributaires de la conjoncture extérieure. Il reste, cependant, qu’une récession prolongée aux États-Unis ou en Europe a des incidences non négligeables sur les pays émergents du simple fait de la réduction des importations occidentales, mais « avec des finances publiques solides et un commerce extérieur excédentaire, les émergents ont  durablement de quoi encaisser les chocs économiques avec une grande marge de progrès, car des pans entiers de l’économie restent à développer »

Et, à titre d’exemple, on se plaît à raconter le secret de la réussite du businessman le plus riche d'Afrique : Aliko Dangote. Aux yeux des Nigérians, ce vrai tycoon est le plus éminent des AGIP (« Any government in power »). Grâce à quelles connexions a-t-il pu bâtir un véritable empire au Nigeria ? Et pourquoi les autres pays du continent lui résistent-ils encore ?

Invité(s) :
Georges Nurdin, ancien dirigeant d’entreprises internationales


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 16 Déc - 13:23


Guerre des devises USA-CHINE-RUSSIE Publié le 16 décembre 2015 par actualites des 7(R.Bibeau)

Source, F. William Engdahl, Mondialisation.ca, 10 décembre 2015

Depuis quelque temps, la Chine et la Fédération de Russie ont compris, comme d’autres nations, que le rôle du dollar comme principale monnaie de réserve du monde est leur talon d’Achille économique


Citation :
Tant que Washington et Wall Street contrôlent le dollar, et aussi longtemps que la majeure partie du commerce mondial exige des dollars pour le règlement, les banques centrales comme celles de Russie et de Chine sont obligées de stocker des dollars représentant une dette sûre du Trésor américain, pour protéger leurs économies du genre de guerre des devises que la Russie a connue à la fin de 2014, lorsque le bien nommé – pour l’occasion – Office du Trésor américain pour le terrorisme et l’espionnage financier, avec l’aide de Wall Street, ont liquidé des roubles, suite à un odieux accord américano-saoudien pour provoquer l’effondrement des prix mondiaux du pétrole. Maintenant la Russie et la Chine attendent tranquillement que le dollar prenne la porte de sortie.

Le budget de l’état russe dépend fortement des profits en dollars venant des exportations de pétrole. Ironie du sort, en raison du rôle du dollar, les banques centrales de la Chine, de la Russie, du Brésil et d’autres pays diamétralement opposés à la politique étrangère des États-Unis, sont contraints d’acheter de la dette du Trésor américain en dollars, finançant ainsi de facto, les guerres de Washington visant à leur causer des dommages.

Cela change doucement. En 2014, la Russie et la Chine ont signé deux contrats énormes sur 30 ans pour la fourniture de gaz russe à la Chine. Les contrats précisaient que l’échange se ferait en roubles et en renminbi, pas en dollars. Ce fut le début d’une accélération du processus de dé-dollarisation qui est en cours aujourd’hui.

Le renminbi dans les réserves russes

Le 27 novembre, la Banque centrale de Russie a annoncé qu’elle incluait le renminbi chinois dans ses réserves officielles pour la première fois. Au 31 décembre 2014, la réserve de la Banque centrale était composée de 44% de dollars américains, 42% d’euros et un peu plus de 9% de livre sterling. La décision d’inclure le renminbi (ou yuan) dans les réserves officielles russes va augmenter l’utilisation du yuan sur le marché financier du pays, au détriment du dollar.

Le yuan a d’abord commencé à être négocié, en tant que devise, à la Bourse de Moscou en 2010, même s’il n’est pas encore totalement convertible. Depuis lors, le volume du commerce en yuans a beaucoup augmenté. En août 2015, les commerçants et les sociétés de change russes ont acheté un record de 18 milliards de yuans, soit environ $3 Mds, ce qui représente une augmentation de 400% par rapport à l’année précédente.

Le rouble d’or arrive

Mais les actions de la Russie et de la Chine pour remplacer le dollar comme monnaie de médiation dans leur commerce mutuel, un commerce dont le volume a augmenté considérablement depuis les sanctions des États-Unis et de l’UE en mars 2014, ne sont pas la fin de l’affaire.

L’or est sur le point de revenir spectaculairement sur la scène monétaire mondiale pour la première fois depuis que Washington a unilatéralement déchiré le traité de Bretton Woods en août 1971. À ce moment, conseillé par l’émissaire personnel de David Rockefeller au Trésor US, Paul Volcker, Nixon a annoncé que Washington refusait désormais de respecter ses obligations conventionnelles de racheter les dollars détenus à l’étranger en échange de l’or de la banque centrale américaine.

Depuis ce temps, les rumeurs persistantes ont prétendu que les chambres de Fort-Knox, où l’or est stocké, sont vides. Si cela était avéré, ce serait le fin du dollar comme monnaie de réserve.

Washington tient fermement à la version selon laquelle la Réserve fédérale possède 8 133 tonnes de réserves d’or. Si cela est vrai, cela dépasse de loin le suivant, l’Allemagne, dont les avoirs en or officiel sont estimés par le FMI à 3 381 tonnes.

En 2014, un événement bizarre est apparu qui a alimenté les doutes sur les statistiques officielles d’or des États-Unis. En 2012, le gouvernement allemand a demandé à la Réserve fédérale (Fed) de rendre à la banque centrale allemande l’or que la Bundesbank avait confié à sa garde. Laissant le monde entier interloqué, la banque centrale américaine a refusé de restituer son or à l’Allemagne, en utilisant le prétexte fallacieux que la Réserve fédérale «ne pouvait pas différencier les lingots d’or allemands de ceux des États-Unis …» Peut-être devons nous croire que les fonctionnaires en charge des vérifications de l’or de la Réserve fédérale ont été virés suite aux compressions budgétaires ?

Dans le scandale qui a suivi, en 2013, les États-Unis ont rapatrié cinq misérables tonnes d’or allemand à Francfort, annonçant qu’il faudrait attendre 2020 pour compléter les 300 tonnes dues. D’autres banques centrales européennes ont commencé à exiger leur or de la Fed, alors que la méfiance a augmenté.

Dans cette dynamique, la banque centrale de Russie a considérablement accru ses réserves officielles d’or au cours des dernières années. Suite à l’hostilité croissante de Washington le rythme est devenu beaucoup plus rapide. Depuis janvier 2013, la réserve officielle d’or de la Russie a augmenté de 129% à 1 352 tonnes au 30 septembre 2015. En 2000, à la fin de la décennie de pillage systématique de la Fédération de Russie par les USA, au cours des sombres années Eltsine (1991-1999), les réserves d’or de la Russie étaient de 343 tonnes.

Les voûtes de la Banque centrale de Russie, qui à l’époque de la chute de l’Union soviétique, en 1991, contenait quelques 2 000 tonnes d’or officiel, ont été dépouillées au cours du mandat controversé de Viktor Gerachtchenko à la tête de la Gosbank , qui a dit à une Douma [Parlement russe] éberluée qu’il ne pouvait pas rendre compte de la localisation de l’or russe.

Aujourd’hui est indubitablement une autre époque. La Russie a de loin remplacé l’Afrique du Sud comme troisième plus grand pays producteur d’or au monde. La Chine est devenue numéro un.

Les médias occidentaux ont fait grand cas du fait que, depuis le début des sanctions financières conduites par les États-Unis, les réserves en dollars de la banque centrale russe ont baissé de manière significative. Ce qu’ils ne signalent pas est que dans le même temps la banque centrale en Russie a acheté de l’or, beaucoup d’or. Les réserves totales de la Russie en dollars américains ont récemment chuté, suite aux sanctions de 2014, d’environ $140 Mds, parallèlement à l’effondrement de 50% des prix du pétrole, mais les avoirs en or sont en hausse de 30% depuis 2014. La Russie détient maintenant autant d’or que le fonds boursier (ETF). Pour le seul mois de juin, son stock a augmenté de l’équivalent de 12% de la production mondiale annuelle d’or selon seekingalpha.com.

Si le gouvernement russe adopte la proposition très raisonnable de l’économiste russe conseiller de Poutine, Sergueï Glaziev, à savoir que la Banque centrale de Russie achète chaque once d’or extraite de Russie à un prix garanti en rouble et attractif pour augmenter les avoirs de l’État, cela éviterait à la Banque centrale d’avoir à acheter de l’or sur les marchés internationaux avec des dollars.

Un Hegemon en faillite

A la fin des années 1980, suite à l’importante crise bancaire américaine couplée avec le déclin évident du rôle des États-Unis d’après-guerre en tant que leaders industriels du monde, suite aussi à la constatation que les multinationales américaines externalisaient leur activité industrielle à des pays à bas salaires comme le Mexique et plus tard la Chine, les Européens ont commencé à concevoir une nouvelle monnaie pour remplacer le dollar comme devise de réserve et à créer l’Union Européenne pour faire pièce à l’hégémonie américaine. Ce fut le traité de Maastricht au moment de la réunification de l’Allemagne au début des années 1990. Ensuite la Banque centrale européenne et plus tard l’euro. Le résultat a été une construction bancale du haut vers le bas possédant de graves lacunes. Le succès du pari risqué – et suspect – engagé par le spéculateur américain George Soros en 1992 contre la Banque d’Angleterre et la parité de la livre sterling dans le Système Monétaire Européen (SME), a réussi à sortir le Royaume-Uni et la City de Londres de l’alternative émergente au dollar. La proie était facile pour certains des mêmes hedge funds en 2010, lorsqu’ils ont déchiré l’euro au niveau des coutures en attaquant son talon d’Achille, la Grèce, suivie par le Portugal, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne. Depuis lors, l’UE, qui est aussi liée à Washington par les chaînes de l’Otan, a posé peu de problèmes à l’hégémonie américaine.

Cependant, et de plus en plus depuis 2010, lorsque Washington a tenté d’imposer la domination tous azimuts (Full Spectrum Dominance) du Pentagone sur le monde, sous la forme de soi-disant Printemps arabes, manipulés en changements de régime, en Tunisie, en Égypte, en Libye et maintenant, avec des résultats médiocres, en Syrie, la Chine et la Russie ont été poussées dans les bras l’une de l’autre. Une alternative russo-chinoise au dollar sous la forme d’un rouble et d’un renminbi adossés à l’or, pourrait entraîner une éviction du dollar américain comme devise internationale de réserve, et avec elle, une baisse sévère de la capacité de l’Amérique à utiliser le dollar pour financer ses guerres avec l’argent des autres peuples. Cela pourrait simplement agir en faveur d’un monde en paix, débarrassé de la belligérance continuelle de l’hégémonie américaine.

F. William Engdahl

Article Original publié par New Eastern Outlook, Russia Insider

Traduit et édité par jj, relu par Literato pour le Saker Francophone


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 17 Déc - 3:22


les copains et les coquins

Les multinationales échappent au "reporting" pays par pays boursier.com 16/12/2015


Crédit photo © Reuters

Citation :
PARIS (Reuters) - Les multinationales échapperont en France à l'obligation de rendre publics leurs activités et impôts payés à l'étranger, grâce à un vote in extremis des députés, qui ont rejeté dans la nuit de mardi à mercredi l'amendement instaurant ce "reporting".

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2016 comporte une disposition qui, comme le préconise l'OCDE, instaure ce "reporting" pays par pays auprès de l'administration fiscale afin de mieux lutter contre l'optimisation fiscale.

Mais un amendement avait été présenté par les élus "frondeurs" du Parti socialiste dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2015 (PLFR) pour obliger les entreprises au chiffre d'affaires supérieur à 40 millions d'euros ou employant plus de 250 salariés à le rendre public.

Soutenu par les écologistes et le Front de gauche, il visait à lutter contre l'"optimisation fiscale", qui permet aux multinationales de payer le moins d'impôts possible en France.

Le gouvernement a demandé dans la nuit un deuxième vote sur cette disposition et obtenu son rejet par 25 voix contre 21.

L'organisation non gouvernementale Oxfam a dénoncé mercredi une "manœuvre" : "Le gouvernement a montré un bien triste visage cette nuit à l’Assemblée nationale", écrit-elle. "Après un premier vote de l’Assemblée favorable à la transparence fiscale, le gouvernement a manoeuvré en coulisses, mobilisé des députés au milieu de la nuit pour un nouveau vote."

"Ce coup de force de l’exécutif ralentit dangereusement la lutte contre l’évasion fiscale", ajoute l'ONG.

Le Sénat devait examiner mercredi après-midi en nouvelle lecture le PLFR 2015. L'Assemblée nationale, qui a le dernier mot, procédera jeudi à la lecture définitive du projet de loi et l'adoptera dans sa version votée mercredi matin par les députés.

(Emile Picy, édité par Emmanuel Jarry)


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 17 Déc - 5:07


Économie américaine : gare au crash !
Charles Hugh Smith, décembre 2015, http://www.oftwominds.com/blog.html

Publié le 17 décembre 2015 par actualites des 7 (R.Bibeau)


Que veut-on dire lorsqu’on affirme que l’économie américaine est arrivée à sa « vitesse de décrochage » ? La vitesse de décrochage fait référence à la vitesse de l’avion et à l’angle de l’aile (appelé angle d’attaque) nécessaire pour le maintenir en l’air.

Citation :
« Un avion qui vole à sa vitesse de décrochage ne peut pas monter ; et un avion qui vole en dessous de sa vitesse de décrochage ne peut faire autre chose que descendre. Toute tentative de le faire en augmentant l’angle d’attaque, sans auparavant augmenter la vitesse de l’avion, entraînera un décrochage ».

En termes simples, une fois que la vitesse d’un avion chute au point où le fait de cabrer l’aile ne fournit plus assez de portance, l’avion décroche et commence une descente involontaire (et souvent incontrôlée).

L’économie réelle (par opposition à la bourse) américaine a atteint sa vitesse de décrochage et est sur le point de se crasher, c’est-à-dire d’entrer en récession. L’analogie (proposée par B.C., notre correspondant de longue date) est pertinente, l’économie étant en perte de vitesse sur plusieurs fronts.

Le graphique établi par B.C. est unique par le fait qu’il inclut le stimulus préféré de tous, à savoir un déficit fédéral énorme : des milliers de milliards de dollars empruntés à nos enfants et petits-enfants pour soutenir des fiefs fédéraux démesurés, des cartels favorisés et divers programmes de divertissement, de type « du pain et des jeux », destinés à calmer les masses agitées.

On distingue trois parties dans ce graphique. Je vous propose de les observer l’une après l’autre.

Le tracé rouge représente les ventes finales par habitant, c’est-à-dire toutes les ventes ajustées avec l’inflation divisées par le nombre d’habitants.

Cela retire certaines distorsions intrinsèques au PIB, qui est fortement manipulé pour fournir l’illusion de « croissance ».

Remarquez que les ventes réelles ont atteint des maximums plus faibles et des minimums plus forts au cours des trente dernières années — ils sont à présent inversés, c’est-à-dire que l’économie ralentit.

Le tracé noir représente les ventes réelles moins les coûts de santé et le déficit fédéral emprunté à nos petits-enfants, qu’on ne peut pas qualifier de croissance économique organique. Ensemble, ces deux tracés permettent de prédire avec une précision remarquable les périodes les récessions, si l’on remonte quarante années en arrière. Aujourd’hui, ils chutent à nouveau en dessous du seuil établi qui signale la récession.

Le tracé bleu représente les déficits fédéraux en tant que pourcentage des ventes réelles – cela mesure quelle quantité de l’économie réelle trouve son origine dans des dépenses fédérales financées par la dette. C’est une évidence : une économie qui requiert un énorme déficit budgétaire de l’Etat central pour éviter l’implosion n’est pas une économie saine. Il s’agit plutôt du paradis du capitalisme de copinage.

Remarquez qu’aujourd’hui, à l’apogée même de la « reprise » qui dure depuis sept ans, cette ligne est à des niveaux qui auparavant correspondaient aux plus bas dans d’une récession. Cela signifie que le déficit budgétaire fédéral est à des niveaux

A présent les Etats-Unis ont besoin d’un déficit budgétaire fédéral extraordinaire rien que pour éviter le crash. Mais gare là dessous ! Car même avec un déficit budgétaire démesuré, l’économie réelle a atteint la vitesse de décrochage.



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 17 Déc - 11:37

WSWS.org

Chute boursière sur fond de craintes de récession mondiale et d'effondrement du crédit

Par Barry Grey
14 décembre 2015

Citation :


Les marchés boursiers mondiaux ont chuté vendredi 11 décembre, alors que les prix du pétrole atteignaient de nouveaux planchers, menaçant de crash le marché des obligations de pacotille et de déclencher une nouvelle crise financière. La nervosité des investisseurs fut accrue par la perspective d’une augmentation prochaine des taux d’intérêts par la Réserve fédérale américaine pour la première fois en près d'une décennie.

Les responsables de la Fed ont souvent signalé aux marchés financiers que toute augmentation serait faible et que les taux d'intérêt resteraient bien en dessous des niveaux normaux pour une période indéterminée. Mais il est probable que toute hausse du niveau actuel presque nul intensifiera une vente massive d'obligations de pacotille, dont un fort pourcentage est lié à l'énergie, menaçant de déstabiliser le système de crédit tout entier.

Le Dow Jones Industrial Average a chuté de 309 points (1,76 pour cent), l'indice 500 de Standard & Poor de 39 points (1,94 pour cent) et l'indice Nasdaq de 111 points (2,21 pour cent). Sur la semaine, le S & P 500 a chuté de 3,8 pour cent, sa pire semaine depuis la fin d’août, lors de la vente massive mondiale qui a suivi la dévaluation intempestive de la monnaie chinoise. Le Dow Jones avait chuté de 3,3 pour cent pour la semaine et le Nasdaq de 4,1 pour cent.

Les marchés européens ont aussi fortement baissé, les principaux indices en Grande-Bretagne et en Allemagne étaient en baisse de plus de 2 pour cent et le CAC 40 français a perdu plus de 1,8 pour cent. Le composite EURO STOXX 50 a chuté de 2,04 pour cent.

La plupart des marchés asiatiques ont également baissé sensiblement et l'indice MSCI tous pays a chuté de 1,44 pour cent.

L’aggravation du ralentissement mondial, reflété dans l'effondrement continu des prix du pétrole et d'autres produits de base, alors que la demande chute et les marchés sont de plus en plus saturés, fait maintenant des ravages sur le marché des obligations des grandes sociétés. Les compagnies énergétiques et productrices de matières premières ont de plus en plus de difficulté à financer les charges de la dette qui avaient grandi rapidement lorsque le pétrole était à $100 le baril et que les banques centrales inondaient les marchés financiers de crédit pratiquement gratuits.

Maintenant, les dépréciations et les défaillances sur des obligations « de pacotille » à haut rendement et haut risque, émises par ces entreprises sont en hausse, ce qui accroît la perspective d'une nouvelle crise financière pire que le krach de Wall Street en 2008.

Les sociétés énergétiques et autres, confrontées à la hausse des taux d'emprunt et à la baisse des prix de leurs actions réduisent les coûts en réduisant les emplois et en vendant des actifs. Cette semaine, le géant minier Anglo American a annoncé qu'il éliminerait 85.000 emplois (60 pour cent de sa main-d'œuvre), vendrait 60 pour cent de ses actifs et fermerait plus de la moitié de ses mines.

Le nombre d’emplois du secteur minier américain, qui comprend l'extraction du pétrole, avait en novembre chuté de 123.000 en un an. Cette réduction massive d’effectifs n'est cependant que le début. La nouvelle année promet de voir une nouvelle baisse des prix des matières premières et une accélération des licenciements.

Les prix du brut ont chuté à leur plus bas niveau en sept ans vendredi. Le pétrole brut Brent, la référence internationale, est tombé à 37,36 $ le baril et West Texas Intermediate, l'indice de référence du pétrole américain, à 35,67 $ le baril. Ces repères ont diminué de 13 pour cent et 11 pour cent respectivement juste la semaine dernière.

Les nouvelles baisses ont été déclenchées en grande partie par deux choses. La semaine dernière, l'OPEP a retiré les limites officielles à sa production et vendredi l'Agence internationale de l'énergie a dit que le retour de l'Iran sur les marchés mondiaux l'an prochain, où les sanctions seraient supprimées, rendrait l'offre surabondante.

Le pétrole brut est en baisse de 63 pour cent comparé à 2014 mais d'autres produits de base s'effondrent eux aussi. Le gaz naturel est en baisse de 52 pour cent et le cuivre de 40 pour cent. Les prix du minerai de fer, de l'aluminium et du platine ont également chuté. Cette semaine, le Bloomberg Dow Jones-UBS Commodity Index a chuté à son plus bas niveau depuis juin 1999.

La chute libre des prix des produits de base est une manifestation saillante du ralentissement économique mondial en cours depuis longtemps alors même que les prix des actions et obligations continuaient à monter en flèche, alimentés par le crédit bon marché et un assaut de plus en plus virulent sur les conditions de vie de la classe ouvrière. Le ralentissement de la Chine ainsi que des soi-disant économies émergentes a sapé la demande de biens.

En Europe, au Japon et en Amérique du Nord, la croissance a été négative ou anémique, en grande partie parce que les sociétés ont réduit leurs investissements dans la production et détourné des fonds pour des opérations spéculatives et parasitaires comme les rachats d'actions, les augmentations de dividendes et les fusions. Cela a encore enrichi l'aristocratie financière tout en tirant encore plus vers le bas le niveau de vie de larges masses de la population.

Cette semaine, on a signalé que les importations vers la Chine avaient chuté de 8,7 pour cent en novembre par rapport à l'année précédente et les exportations chinoises de 6,8 pour cent par rapport à l'an dernier. L'activité de production du plus grand centre de fabrication du monde n'a cessé de décliner. Le ralentissement s’est reflété dans une baisse de la monnaie chinoise vendredi à son plus bas niveau depuis quatre ans et demi, suscitant l’inquiétude d'une nouvelle dévaluation.

Quant aux Etats-Unis, l'Institute for Supply Management a annoncé la semaine dernière que la fabrication s’y était contractée en novembre tombant à son plus bas niveau depuis juin 2009.

L’inquiétude quant à l'impact de la chute des prix pétroliers et du ralentissement économique général sur le marché obligataire s’est vivement accrue le 11 décembre après qu'un grand fonds commun de placement spécialisé dans les obligations d'entreprises à haut rendement et haut risque, liées à l'industrie pétrolière a soudain annoncé sa liquidation, bloquant la récupération de leur argent par les investisseurs.

Third Avenue Management a fermé son Focused Credit Fund de $788 millions face à un afflux de demandes de rachat de clients auquel il ne put répondre. La firme n'a même pas avisé la Securities and Exchange Commission avant son annonce, ce qui montre le caractère désespéré de la démarche.

Cela pourrait n'être que la partie émergée de l'iceberg. Standard & Poor a averti récemment que 50 pour cent des obligations de pacotille de l'énergie étaient «en difficulté», c’est à dire qu'elles risquaient le défaut. La situation est fort probablement pire pour les obligations des industries métallurgique, minière et sidérurgique dont, selon S & P, 72 pour cent sont en détresse.

Globalement, quelque $180 milliards de la dette sont en détresse, le plus haut niveau depuis la fin officielle de la «Grande Récession», en juin 2009. S & P indique que les faillites d'entreprises ont dépassé cent cette année, pour la première fois depuis 2009. Près d’un tiers étaient des compagnies pétrolières, gazières ou énergétiques. Il y eut 40 dépôts de bilan sous la protection du Chapitre 11 par des producteurs de pétrole et de gaz en Amérique du Nord.

En tout, plus de mille millards de dollars de dette des entreprises américaines ont été rétrogradés cette année. L’Investors Service de Moody prédit que les faillites de grandes entreprises atteindront 3,8 pour cent l'an prochain par rapport à 2,8 pour cent cette année dans des conditions où la dette des entreprises est au niveau le plus haut depuis le krach de 2008.

CNN Money, a cité le 11 décembre un analyste de l'industrie des mines et des métaux disant, « Le sentiment est horrible. C'est le pire depuis la crise financière et ça empire de jour en jour ».

Le Financial Times a cité John Roe, gestionnaire de fonds au LEGAD & General Investment Management rappelant la période avant le krach de 2008, qui fait remarquer, «Nous avons vu ce genre de chose avant, en 2008-09, sur le marché immobilier, quand un certain nombre de fonds ont du fermer en raison de problèmes de liquidité ».

Le spéculateur milliardaire Carl Icahn, qui a fortement investi dans l'une des compagnies pétrolières en difficulté, Chesapeake Energy, a écrit sur Twitter vendredi, « Malheureusement, je crois que l’effondrement du rendement élevé ne fait que commencer ».

Plus de sept ans après la crise financière de 2008, non seulement il n'y a pas de véritable reprise économique, mais les mesures prises pour sauver les banques et l'élite financière ont aggravé les contradictions sous-jacentes du système capitaliste mondial, l'amenant au bord d'un effondrement encore plus catastrophique.

(Article paru en anglais le 12 décembre 2015)

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 18 Déc - 10:02


voir, en relation insécable avec l'économie politique du capitalisme et sa critique, le nouveau sujet AGRICULTURE et PAYSANS, EXTRACTIVISME : pas de CAPITALISME sans RENTE FONCIÈRE

Le Capital : La formule tripartite

Marx a écrit:
Capital-Profit (profit d'entreprise + intérêt), Terre-Rente, Travail-Salaire, telle est la formule tripartite qui exprime tous les secrets de la production sociale. Mais l'intérêt est en réalité le produit caractéristique du capital, par opposition au profit d'entreprise, qui en est indépendant et qui est le salaire du travail : la formule se ramène donc à Capital-Intérêt, Terre-Rente, Travail-Salaire, expression de laquelle est heureusement éliminé le profit, la forme caractéristique que revêt la plus-value dans la production capitaliste.

Karl Marx Le Capital 1865 - Livre III Le procès d'ensemble de la production capitaliste § 7 : Les revenus et leur source

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