PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 29 Oct - 4:59

plus intéressante que les précédentes, car moins eurocentrée, une analyse de Michel Husson. Je n'en donne que des extraits...

Economie. Les coordonnées de la crise qui vient Michel Husson Alencontre le 23 octobre 2015

Michel Husson a écrit:
Alors que la zone euro esquisse une phase de reprise très modérée, les pronostics alarmistes se multiplient quant à la trajectoire générale de l’économie mondiale: «la croissance chinoise ralentit, l’économie mondiale souffre », titre par exemple Le Monde du 20 octobre 2015. Christine Lagarde [1] énumère les «raisons d’être inquiets sur le front économique», et Jacques Attali [2] annonce que «le monde s’approche d’une grande catastrophe économique».

Commençons par un bref panorama de la conjoncture: la croissance mondiale ralentit, principalement dans les pays émergents hormis l’Inde. Cette tendance s’auto-alimente avec la baisse du prix des matières premières et se transmet aux pays avancés. Le commerce international ralentit lui aussi, au même rythme que le PIB mondial, comme si la mondialisation productive avait atteint un plafond. La zone euro enregistre une très timide et inégale reprise. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni tirent leur épingle du jeu, mais la croissance tend à ralentir dans un cas et apparaît artificielle dans l’autre.

Du côté de la «sphère financière», le quantitative easing (assouplissement quantitatif) nourrit des bulles d’actifs plutôt que l’investissement productif, qui stagne. Et la seule perspective – jusqu’ici repoussée – d’une remontée des taux de la Fed (la banque centrale des Etats-Unis) pèse comme une épée de Damoclès qui suffit à déstabiliser les monnaies et les marchés financiers de nombreux pays. Bref, «l’incertitude et des forces complexes pèsent sur la croissance mondiale», pour reprendre la formule du FMI dans ses dernières perspectives [3].

De ce tableau pointilliste, on peut extraire les trois caractéristiques essentielles de cette conjoncture :
•la persistance des «séquelles de la crise financière mondiale»;
•les perturbations de l’économie mondiale;
•la perspective d’une «stagnation séculaire»

[...]

Les séquelles de la crise financière mondiale

Des taux d’intérêt historiquement bas

L’accumulation des dettes

Graphique 2 : Stock mondial de dettes


En défense du capital fictif

L’instabilité de l’économie mondiale

La fin de la Chinamérique

Désynchronisation et volatilité


L’épuisement des gains de productivité

Graphique 3 Tendances de la croissance de la productivité du travail

Source : The Conference Board

Les taux de profit dans le désordre

Il n’y a pas d’alternative pour le capitalisme, sinon de remettre les rails le modèle néolibéral, tout en cherchant à en réduire les facteurs de déséquilibre. Dans cette quête d’une sortie de crise, la question-clé est évidemment le rétablissement du taux de profit, qui ne peut que passer principalement par l’augmentation du taux d’exploitation. Or, un constat frappant est la dispersion des performances. Parmi les pays avancés, on assiste à un écartèlement des taux de profit, à la fois entre les Etats-Unis et la zone euro et à l’intérieur de cette dernière (graphique 4). Ce phénomène implique un durcissement de la concurrence entre multinationales, susceptible de conduire à un repli général du taux de profit. C’est en tout cas ce qu’annonce l’Institut McKinsey [23] qui prévoit que les profits des transnationales (global corporate profit) passeraient de 9,8 % du PIB mondial en 2013 à 7,9 % en 2025, retrouvant à peu près leur niveau de 1980.

Graphique 4 Taux de profit 2007-2015

Base 100 en 2007. Source : Ameco, ‘Net returns on net capital stock: total economy’
Pas de profit, pas de reprise

On peut illustrer cette divergence par une analyse plus détaillée de la conjoncture dans la zone euro. L’exercice a été mené récemment par la Commission européenne [24] : il compare la timide « reprise » actuelle avec d’autres épisodes de reprise. Les résultats de cette étude sont illustrés par le graphique 5 qui compare le cycle 2002-2015 au précédent (1986-1999). Dans les deux cas, l’année de référence est l’année précédant le point le plus bas (respectivement 1992 et 2008). Deux variables clés de la dynamique du capitalisme sont examinées: l’investissement et la part des salaires. Dans les deux cas, le profil est comparable en ce qui concerne la phase du cycle précédant la récession. Mais ce qui se passe ensuite raconte deux histoires très différentes.

Après la récession de 1993, l’investissement chute, mais se rétablit progressivement et retrouve au bout de six ans son niveau d’avant la crise. La part des salaires, qui avait repris un léger mouvement à la hausse à partir du point bas de 1989, retrouve son inexorable tendance à la baisse et recule de près de 4 points de PIB entre 1992 et 1999. C’était une bonne sortie de récession pour le capitalisme, avec une amélioration de la rentabilité et une reprise de l’accumulation.

Mais ce qui se passe depuis l’éclatement de la dernière crise n’est pas un cycle classique. La part des salaires a fortement augmenté en 2009, puis a baissé, mais elle est aujourd’hui stabilisée à un niveau supérieur de deux points de PIB à son niveau d’avant la crise. Autrement dit la rentabilité du capital ne se rétablit pas. Et on en voit les effets sur l’investissement: il commence par redémarrer en 2011, suivant le profil de la récession précédente. Puis le renforcement des politiques d’austérité conduit à un double creux (double dip) de la croissance et l’investissement recule à nouveau avant de reprendre à partir de 2014. Mais il reste aujourd’hui inférieur d’un point et demi de PIB par rapport à son niveau d’avant la crise.

Causes financières et effets réels

La crise qui vient ?

Une chose est sûre à l’issue de ce (trop) rapide tour d’horizon: la « Grande récession » a ouvert une période de «régulation chaotique» à l’échelle mondiale. Une nouvelle crise semble aujourd’hui à peu près inévitable et il est difficile de discerner où se trouvera le point de rupture (bourse, banque, dette, taux de change?), mais cet épisode sera en tout cas le marqueur de profondes contradictions structurelles.

Le capitalisme mondial est aujourd’hui soumis à une tension fondamentale. D’un côté, la gestion de la crise qui a éclaté en 2008 a été menée selon deux principes essentiels: ne pas solder les comptes (les «séquelles») et reconstituer le modèle néolibéral d’avant-crise, en cherchant à en contrôler les effets les plus délétères. Il s’agit en pratique de garantir les droits de tirage acquis par le «1 %» et la liberté d’action des banques et des multinationales. Mais, le ressort fondamental du dynamisme du capitalisme, à savoir les gains de productivité, est aujourd’hui en voie d’épuisement.

Cette configuration conduit à des interactions complexes entre les évolutions au sein de la sphère productive et le maniement des instruments financiers et monétaires. C’est pourquoi, comme en 2007-2008, le lieu de déclenchement de la prochaine crise ne suffira pas à en révéler les causes profondes. (A l’Encontre, octobre 2015)



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 29 Oct - 5:14



La richesse des ménages recule au niveau mondial La Presse CA 13 octobre 2015

La richesse au niveau mondial s'est ainsi contractée de près de 13 000 milliards de dollars US, l'Europe contribuant à elle seule à cette baisse à hauteur de 10 700 milliards US



La richesse des ménages au niveau mondial a sensiblement reculé sur un an, en particulier en Europe, en raison de la dépréciation de nombreuses monnaies face au billet vert, selon une étude de Credit Suisse publiée mardi


Citation :
Entre mi-2014 et mi-2015, la richesse par adulte au niveau mondial a chuté de 6,2%, à 52 400$ US, ce qui la ramène en-dessous de son niveau de 2013, a indiqué la banque suisse dans un rapport sur le patrimoine des ménages.

La richesse au niveau mondial s'est ainsi contractée de près de 13 000 milliards de dollars US, l'Europe contribuant à elle seule à cette baisse à hauteur de 10 700 milliards US.

Ces chiffres masquent cependant des évolutions contrastées d'une région à l'autre, ont toutefois souligné les auteurs de l'étude, qui ont insisté sur le fait que ces mouvements s'expliquent en grande partie par les fluctuations de change.


Le patrimoine des ménages s'est en effet accru de 4,4% en Amérique du Nord et de 7% en Chine, qui possède actuellement la plus grande classe moyenne au monde avec 109 millions de personnes.



Il a en revanche reculé de 12,4% en Europe, de 17,1% en Amérique latine et de 7,9% en Afrique bien que les chiffres varient sensiblement une fois les variations des monnaies décomptées.

Si les données étaient calculées à taux de change constants, l'Europe obtiendrait en effet pratiquement les mêmes résultats que l'Amérique du Nord tandis que la baisse rencontrée en Amérique latine se transforme en hausse, ont nuancé les auteurs de l'étude.

Les économistes de Credit Suisse restent cependant positifs quant à l'évolution sur les cinq prochaines années.

Selon leurs projections, la richesse des ménages devrait s'accroître de 6,6% par an d'ici 2020.

Le nombre de millionnaires devrait en outre dépasser 49,3 millions d'adultes, soit une hausse de 46,2%, sous l'impulsion en particulier de la Chine, suivie de près par l'Afrique.

Les marchés émergents comptent représentent actuellement 6,5% des millionnaires au niveau mondial et ce chiffre devrait passer à 7,4% d'ici la fin de la décennie.

Dans le détail, la Suisse arrive en tête de classement, la richesse par adulte y atteignant 567 100 dollars, bien que ce chiffre s'inscrive toutefois en baisse de 4,2% par rapport à l'année précédente. Viennent ensuite la Nouvelle-Zélande où la richesse par adulte se monte à 400 800 dollars (-17,3%) et l'Australie, où elle se chiffre à 364 900 dollars (-13,6%).

La France arrive à la neuvième place du classement, avec un patrimoine par adulte de 262 100 dollars, suivie en dixième position par la Belgique, où il s'élève à 259 400 dollars (-15,5%).

L'étude de Credit Suisse, intitulée Global Wealth Report et réalisée sur une base annuelle depuis six ans, porte sur le patrimoine de 4,8 milliards d'adultes dans plus de 200 pays.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 29 Oct - 23:03



la population est la première force de reproduction du capital


Vieillissement de la population, inquiétant déséquilibre hommes-femmes, politiques de planning familial inhumaines... Francetv info avec AFP 29/10/2015

Francetv info vous explique pourquoi le pouvoir chinois a pris ce tournant historique.


Citation :
Une décision historique. La Chine a annoncé jeudi 29 octobre la fin de la politique controversée de l'enfant unique, vieille de plus de trois décennies, et l'autorisation pour tous les Chinois d'avoir deux enfants. La mesure fait suite à un assouplissement adopté il y a deux ans, Pékin ayant déjà permis aux Chinois d'avoir deux enfants si l'un des deux parents était lui-même enfant unique, mais cela n'a permis aucune évolution spectaculaire.

La Chine a introduit la politique de limitation des naissances à la fin des années 1970 pour freiner une démographie alors galopante, précédemment encouragée sous la direction de Mao Tsé-toung (1949-1976). Mais le vieillissement de la population qui en résulte, ainsi que le déséquilibre hommes/femmes posent désormais d'énormes défis aux autorités. Voici les raisons de ce tournant historique.

Pour faire face au vieillissement de la population et maintenir la croissance économique

Les autorités soutiennent que la politique de l'enfant unique a évité environ 400 millions de naissances et contribué à l'essor économique du pays. La population chinoise s'élevait officiellement fin 2014 à presque 1,37 milliard d'habitants. Les structures familiales ont été bouleversées par cette mesure, et étant donné les carences persistantes du système local des retraites, un enfant unique a souvent à sa charge ses deux parents et ses quatre grands-parents.

Les inquiétudes au sujet de la baisse de la population en âge de travailler en Chine, s'ajoutant à son vieillissement inexorable, ont conduit les autorités à progressivement assouplir la loi. La population chinoise en âge de travailler a chuté de près de 3,7 millions de personnes l'an dernier, tombant à 915,8 millions. Les 212 millions de personnes âgées représentaient fin 2014 environ 15,5% de la population. Et, selon des estimations de l'ONU, 30% des Chinois auront 60 ans ou plus en 2050, soit bien davantage que la moyenne de 20% attendue mondialement. Le taux de fécondité actuel de 1,4 enfant par femme est très au-deçà du seuil de 2,1 enfants supposé garantir le renouvellement des générations. Un véritable enjeu économique : "La main-d'œuvre chinoise est moins compétitive sur les prix, mettant en grande difficulté les exportateurs à bas coûts", résume Le Monde (article abonnés).

Pour tenter de contenir le déséquilibre hommes-femmes

Les avortements sélectifs et les infanticides, alimentés par une préférence traditionnelle profondément ancrée pour les garçons, ont conduit à un grave déséquilibre : en 2014, il est né 116 garçons pour 100 filles, pour un ratio total dans la population de 105 hommes pour 100 femmes.

Plusieurs études officielles estiment à 30 millions le nombre d'hommes chinois dans l'impossibilité de trouver une femme. Une "crise des célibataires", potentiellement génératrice de violence et d'instabilité, hantise des autorités. "Avec les dangers que génère une telle frustration (viols, violences en tout genre)", rapporte Geopolis, évoquant des enlèvements "de fillettes et de jeunes filles pour les marier de force".

Pour mettre fin à des politiques jugées inhumaines

Conséquence de la politique de l'enfant unique : le nombre d'avortements a culminé entre 1982 et 1992, à plus de 10 millions par an, avec des pics à plus de 14 millions en 1983 et en 1991. Les avortements forcés restent très répandus, selon des ONG de défense des droits, en particulier pour les femmes non mariées ou les couples n'ayant pas atteint l'âge légal du mariage (22 ans pour les hommes et 20 ans pour les femmes). Le cas de Feng Jianmei, forcée à avorter en 2012 après sept mois de grossesse (au-delà de la limite légale des six mois), avait provoqué des réactions outrées sur l'internet chinois.

"Le planning familial est rapidement devenu synonyme de violente intrusion de l'Etat dans la vie la plus intime des citoyens. Obsédés par des statistiques déterminantes pour leurs carrières, ses officiels recoururent aux avortements forcés, selon des procédés barbares", explique Le Monde. Les parents qui étaient réticents à la politique de l'enfant unique étaient le plus souvent punis par des amendes ou la non-délivrance du certificat qui permet la scolarisation des enfants et leur prise en charge par le système de santé. Créant un grand nombre "d'enfants noirs", comme les appellent les Chinois, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas d'existence légale, raconte Géopolis.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 30 Oct - 1:21

peut-être pas vraiment à sa place, ni très profond comme analyse "économique" plutôt illusoire et réformiste, mais tour d'horizon global non dénué d'intérêt


Le capitalisme «prédateur», catalyseur de l’extrémisme politique et religieux Bachir El Khoury 23.10.2015


Manifestation en soutien à la Grèce à Lisbonne au Portugal
le 22 juin 2015 (REUTERS/Rafael Marchante)

Les mauvais politiques économiques, les crises successives, les réformes néolibérales et le capitalisme « prédateur » sont, au moins en partie, à l’origine de la montée de l’extrême gauche en Grèce et des mouvances radicales au Moyen-Orient

Citation :
L’idée pourrait paraître aussi hasardeuse que maladroite. Mais le parti grec d’extrême gauche, Syriza, et les organisations islamiques ou islamistes en Afrique du nord et au Proche-Orient, partagent une chose: leur montée en puissance, quoique fondamentalement divergente dans la forme –l’une par voie démocratique, l’autre à coup de décapitations et de massacres moyenâgeux des plus ignobles– a été accélérée, au moins en partie, par des facteurs socioéconomiques communs.

Ce phénomène d’ascension –à l’instar d’ailleurs de celui également de l’extrême droite dans plusieurs pays d’Europe– puise, au-delà des dimensions idéologique, identitaire ou du sentiment d’insécurité et d’injustice, certaines de ses sources dans le vivier des crises successives qui ont secoué le monde au cours de la dernière décennie et de politiques économiques inadaptées.

L’exemple de la Grèce et du monde arabe en est une illustration assez édifiante, parmi d’autres pays et zones géographiques (Amérique latine, Afrique, etc.).

La «Triple F crisis»


En Grèce, le parti Syriza, qui recueillait seulement 5% des suffrages et 14 sièges parlementaires aux élections législatives de 2007, est de nouveau arrivé en tête lors des dernières élections organisées le 20 septembre. Avec plus de 35% des suffrages –contre plus de 36% et 149 sièges (300 sièges) en janvier dernier–, il frôle ainsi la majorité absolue. La coalition d’extrême gauche n’aurait pas connu ce bond de popularité si des facteurs exogènes majeurs et des mauvaises politiques locales n’avaient pas jonché cette presque décennie: la fameuse «Triple F crisis» (Food, Fuel and Financial) –à savoir la crise alimentaire mondiale (2007), le «troisième choc pétrolier » (2000-2008) et la crise financière internationale (2008)–, couplée à une politique d’austérité imposée à Athènes par la Troïka (2010-2015), en ont, sans doute, été d’importants catalyseurs.


La succession de chocs externes en dix ans –qui a largement pesé sur la pauvreté, la famine et les inégalités dans le monde– a provoqué, dans le cas spécifique de la Grèce, une explosion du taux de chômage, qui a bondi de 7,3% en mai 2008, quatre mois avant l’effondrement historique de Lehman Brothers, à un pic de 27,9% en juillet 2013, selon les chiffres de l’OCDE. En parallèle, le chômage des jeunes de moins de 25 ans a été propulsé de moins de 22% à plus de 58% au cours de cette même période. Quant à l’emploi partiel, il n’a cessé de gagner du terrain, passant à 10,2% de l’emploi total en 2013.


Soulèvements populaires

Cette précarité sur le marché du travail est venue s’ajouter à un creusement des inégalités, aussi bien dans l’archipel hellène qu’ailleurs dans la zone euro. L’indice de Gini, qui mesure les disparités au niveau des revenus, a augmenté de 33,1 en 2008 à 34,3 trois ans plus tard, selon Eurostat, tandis que 23,1% de la population grecque vivait sous le seuil(1) de pauvreté en 2011, soit le taux le plus élevé d’Europe.

Pendant plusieurs décennies, les dictatures en place avaient érigé une pyramide de privilèges profitant à un cercle restreint

Durant cette même période, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MOAN) connaissaient une série de soulèvements populaires et de bouleversements politiques, non moins liés dans le fond à ces mêmes catalyseurs des manifestations géantes anti-austérité organisées au cœur d’Athènes: «al-raghif» (le pain), «al-aadala al ijtima’ia» (justice sociale), «al-batala» (chômage), sont parmi d’autres, des slogans scandés par des centaines de milliers d’Arabes ayant investi les rues entre 2010 et 2011, de la place Tahrir au Caire au rond-point de la Perle, à Manama.

Les grands perdants de la libéralisation

Les peuples de la région n’étaient non seulement excédés par l’absence de liberté. Ils étaient aussi frustrés d’être économiquement marginalisés. Pendant plusieurs décennies, les dictatures en place avaient, en effet, monopolisé le pouvoir politique et économique, érigé une pyramide de privilèges profitant à un cercle restreint proche ou à l’intérieur du pouvoir, et ouvert leurs frontières, au lendemain de la chute du bloc soviétique, à un capitalisme «prédateur», pour paraphraser le sociologue James Petras, qui consiste notamment en l’acquisition par de grandes multinationales, en «complicité» avec des capitalistes locaux, d’industries et d’entreprises nationales.

En parallèle, les programmes de réformes néolibérales dictés par le FMI, bien que justifiables par certains aspects, n’ont pas tenu compte des réalités sociales.

Les ouvriers et les agriculteurs ont été particulièrement pénalisés par certaines mesures telles que la libéralisation des prix, et la réduction des subventions agricoles, dont l’objectif de base était, du moins sur le plan théorique, de permettre à la production locale de se développer et de créer un environnement plus compétitif.

La casse du service public

Axées sur le secteur bancaire et les télécommunications, parmi d’autres, ces réformes ont aussi desservi, en parallèle, les intérêts des petites et moyennes entreprises (PME) et des travailleurs dans l’économie sous-terraine –qui représentent, à titre illustratif, près de la moitié de la population active en Égypte– ainsi que les secteurs agricole et industriel. Ces derniers nécessitent pourtant une main d’œuvre assez importante, et constituent, ainsi, de facto des vecteurs de lutte contre le chômage, la pauvreté et les inégalités.

En Égypte, près de 72% de la population vivait avec moins de 4 dollars par jour en 2008

Enfin, les gouvernements successifs dans plusieurs pays ont adopté, de manière inconditionnelle, certaines mesures «vivement souhaitées» en contrepartie des prêts et dons accordés, y compris le licenciement massif des travailleurs du secteur public et la mise en œuvre d'un vaste programme de privatisations, dans l’objectif, certes défendable, par ailleurs, d’une rationalisation des Finances publiques.

Chômage structurel

En Égypte, par exemple, l’État avait déjà partiellement ou totalement privatisé 209 des 314 entreprises du secteur public en 2005, suivant le programme d'ajustement structurel signé avec le Fonds monétaire international (FMI) quatorze ans plus tôt, dont plusieurs hommes d’affaires et sociétés privées locales ont largement profité.

Résultat: les réformes dans le monde arabe ont enfoncé le clou d’un chômage structurel déjà largement élevé et bénéficié à une petite minorité, face à une majorité qui s’est vue davantage exclue.

En Égypte, près de 72% de la population, soit plus de 54 millions de personnes, vivait avec moins de 4 dollars par jour en 2008, à la veille des révoltes, contre 53% au Maroc (2007), 82% au Yémen (2005) et 60% en Syrie (2004).

FMI, OMC, même combat

Entre les années 1980 et 2000, les inégalités de revenu ont, en outre, augmenté, selon les chiffres de l'«Inequality project» de l’université de Texas, se basant sur l’indice EHII (Estimated Household Income Inequality). L’indice, qui varie entre 0 et 100 (la borne supérieure correspondant au niveau d’inégalité le plus élevé), était en moyenne de 45,3 points dans la région MENA dans les années 1990, contre 41,5 une décennie plus tôt. Une situation qui s’est détériorée davantage dans les années 2000.

Le ratio de la dette au PIB grec a augmenté de 148% à 175% entre 2010 et 2013

Si certains attribuent cette forte détérioration à un contexte économique mondial délétère, d’autres l’imputent, dans le cas grec, à la série de mesures de rigueur imposées à Athènes par ses créanciers, au rythme de huit plans successifs d’austérité, et aux politiques capitalistes dans le monde arabe, prescrites par le FMI ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et d’autres institutions, appliquées, de surcroît dans un contexte politique théocratique.

D’inspiration néolibérale, celles-ci portaient en Grèce sur un abaissement du salaire minimum, le licenciement de plusieurs milliers de fonctionnaires, des coupes dans les retraites et les salaires de certains employés du secteur public, la hausse des taux d’imposition sur les revenus, et la privatisation de plusieurs entreprises d’État, dont celle des deux plus grands ports, au Pirée et à Thessalonique.

La démagogie des multinationales

Non seulement ces réformes, inspirées du Consensus de Washington et des plans d’ajustement structurel du FMI, n’ont réussi à atteindre les objectifs financiers escomptés –le ratio de la dette au PIB grec a augmenté de 148% à 175% entre 2010 et 2013–, elles ont largement porté préjudice aux couches moyennes et défavorisées, qui ont trouvé écho à leurs frustrations dans les discours des chefs de file de Syriza, en renouvelant d’ailleurs leur appui durant les législatives de septembre, en dépit de la pression de l’UE et des menaces d’un «Grexit».


Dans la région MOAN, ces même réalités et thématiques –chômage, inégalités, endettement– en sus de discours à caractère démagogique, dans certains cas, de «croisades» post-modernes menées par les multinationales occidentales –ont été récupérées par les partis islamiques, qu’il s’agisse d’Ennahda en Tunisie ou des Frères musulmans en Égypte, dans le sillage du Printemps arabe ainsi que de certains groupes islamistes, tels que les salafistes, tandis qu’elles ont renfloué les rangs des jihadistes d’Al-Nosra et de l’état Islamique.

La nécessité de garde-fous

Au-delà de l’aspect idéologique, ces derniers ont d’ailleurs profité de la pauvreté et de la misère pour attirer de nouvelles recrues. En ce sens, le Printemps arabe tout comme l’hiver islamiste et le phénomène Syriza partagent, paradoxalement, plusieurs germes en commun.


La solution ne passe pas par de nouvelles coalitions militaires


La solution à ce malaise qui sous-tend les trois phénomènes, par ailleurs extrêmement distincts en termes de visées politiques et sociales, ne passe certainement pas par de nouvelles coalitions militaires ou davantage de frappes aériennes, dans le premier cas, ou de plans d’austérité dans l’autre.

L’évitement d’un «Grexit» ou la lutte contre le fondamentalisme religieux dans le monde arabe se feront, entre autres, à travers la mise en place de remparts solides et de garde-fous aux crises récurrentes du système financier international, la lutte contre la corruption rampante, et la mise en place d’un environnement propice à l’emploi, la justice sociale et l’inclusion. Ou ne se feront pas.

1 — Il s’agit du seuil le plus élevé, fixé à 60% du revenu national médian. À 40% de ce même revenu, le taux de pauvreté chute à 10,6%, selon les chiffres de 201 Retourner à l'article

Bachir El Khoury


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 4 Nov - 1:25



Michelin ferme trois usines en Europe dans le poids lourd Maxime Amiot 03/11


Michelin réorganise activités Royaume-Uni, Italie Allemagne - SIPA

Les usines concernées se situent en Italie, en Allemagne ainsi qu'au Royaume-Uni et emploient près de 1.500 personnes

Citation :
Michelin est décidément sous pression en Europe. Le manufacturier a annoncé mardi un plan de « réorganisation » en Italie, au Royaume-Uni et en Allemagne, qui va conduire à la suppression de 1.600 emplois, dont la majorité est liée à l’activité poids lourd, en forte baisse. Le groupe va tirer un trait sur son usine de Ballymena, en Grande-Bretagne (860 salariés), qui arrêtera son activité d’ici à mi-2018. Il fermera aussi son site de Pneu Laurent situé à Oranienburg, en Allemagne (160 salariés), d’ici à fin 2016, centré sur le rechapage poids lourd, pour regrouper les activités de sa filiale sur son site d’Avallon (Yonne). Troisième usine à disparaître, celle de Fossano, en Italie (400 salariés), spécialisée dans les semi-finis (composants nécessaires à la fabrication du pneu). Enfin, toujours en Italie, le site d’Alessandria, jusqu’ici ­centré sur le rechapage, sera désormais spécialisé dans la fabrication de poids lourd neufs.

En parallèle de ces annonces, Michelin annonce plusieurs investissements, que ce soit en Italie (augmentation de la production de pneus tourisme de 20 % d’ici à 2020 à Cuneo) et au Royaume-Uni (69 millions d’euros d’investissement sur le site de Dundee).

Renforcer la compétitivité

Ces restructurations, qui se concrétiseront par une provision de 280 millions d’euros dans les comptes 2015, visent à « renforcer la stratégie de compétitivité » de Michelin en Europe, indique le communiqué du groupe. Bibendum doit notamment faire face à une baisse continue du marché du pneu poids lourd, qui reste inférieur de près de 20 % à ses niveaux d’avant-crise en 2007.

Surtout, il perd des parts de marché, que ce soit dans les ventes de pneus neufs ou rechapés (remplacement de la bande de roulement). « Michelin paie actuellement sa stratégie de pneumatiques quatre vies, qui consiste à proposer un pneumatique neuf, qui sera recreusé et rechapé deux fois. C’est le moins cher au kilomètre, mais, à l’achat, c’est beaucoup plus élevé, de 15 à 20 % plus cher que les Bridgestone, Goodyear et autres Continental », juge un spécialiste du secteur.

Le manufacturier doit faire avec la fragilité de nombre de transporteurs en Europe, qui réduisent leurs budgets et ne sont pas prêts à réinvestir dans du premium Michelin. Sans compter que les importations de pneus asiatiques, et en particulier chinois, ne cessent de progresser : alors qu’elles représentaient 4 % du marché en 2003, elles génèrent désormais plus de 16 % des ventes, selon l’Association européenne des manufacturiers (ETRMA). « Les pneus rechapés sont désormais plus chers que des pneus neufs asiatiques de qualité correcte. Il y a un gros problème », juge Christian Bradier, délégué central CFDT du groupe.

Pour l’heure, aucune restructuration n’est annoncée en France. Si le site de la Roche-sur-Yon (Vendée) pourrait profiter des réorganisations, les interrogations se concentrent sur le site de la Combaude, près de Clermont-Ferrand, spécialisé dans le rechapage poids lourd.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/021450722875-michelin-annonce-la-fermeture-de-trois-usines-en-europe-1171808.php?ZoTfhbXiV76Xbud6.99


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 6 Nov - 17:39



L’économie allemande cale à nouveau 06/11/15

La production industrielle en Allemagne a accusé en septembre sa plus forte baisse depuis plus d'un an, ce qui laisse penser que le ralentissement des marchés émergents a produit un impact sur la première économie européenne. Elle a diminué de 1,1% par rapport à août. /Photo d'archives/REUTERS/Wolfgang Rattay



Coup de froid confirmé pour l’économie d’outre-Rhin. Après de mauvais chiffres de commandes à l’industrie, Berlin vient d’annoncer des statistiques bien pires que prévu pour la production industrielle.

Citation :
La production industrielle allemande a diminué de 1,1% en septembre par rapport à août, contre une augmentation de 0,5% attendue en moyenne par les économistes. C’est la plus forte baisse depuis plus d'un an, en raison de la mauvaise orientation de l’économie mondiale, notamment de certains grands marchés émergents. Notre voisin exporte massivement vers ces pays, notamment en Asie.

Les chiffres dévoilés constituent une lourde déception et font suite à la publication, hier, d’une baisse (-1,7%, contre une progression de 1% espérée) inattendue des commandes à l’industrie en septembre. Un troisième mois consécutif de recul. La demande intérieure a diminué de 0,6%, celle en provenance de l'étranger reculant de 2,4%, notamment sous l'effet d'un plongeon de 6,7% des commandes en provenance de la zone euro.

Berlin avait ramené en octobre à 1,7% sa prévision de croissance du produit intérieur brut, contre 1,8% prévu en avril dernier. Les autorités allemandes sont un peu plus optimistes pour 2016 (croissance de 1,8% attendue), en raison de l’impact positif de l’arrivée massive de migrants.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 6 Nov - 17:43


L’économie américaine crée bien plus d’emplois que prévu en octobre 06/11/15 à 14:39 -

Les Etats-Unis ont créé 271.000 emplois en octobre, le consensus n’attendait que 185.000 postes. Le taux de chômage tombe à son plus bas d’avril 2008. Les salaires repartent à la hausse. La probabilité d'une hausse des taux en décembre monte à 72%.


L’économie américaine crée bien plus d’emplois que prévu en octobre
Crédits photo : U-T San Diego/ZUMA/REA


Citation :
L’économie américaine a créé bien plus d’emplois que prévu en octobre, et surtout plus que lors des deux mois d’août et de septembre, qui avaient déçu les économistes. Le mois dernier, c’est 271.000 postes qui ont été créés dans le secteur non-agricole. Bien mieux que les 185.000 qui étaient attendus par le consensus Bloomberg. C’est le plus grand nombre de créations d’emplois depuis les 329.000 de décembre 2014.

Le taux de chômage tombe de son côté à son plus bas niveau depuis avril 2008, avant le début de la crise financière, à 5% de la population active. Il est en repli de 0,1 point par rapport à septembre (5,1%), comme attendu par les analystes.

Les salaires à la hausse

Parmi les autres indicateurs suivis de près par la Fed dans le cadre du pilotage de sa politique monétaire, les salaires réels ont augmenté de 0,4% sur un mois et de 2,5% sur un an, davantage que les 0,2% et 2,3% anticipés. Le taux de sous-emploi recule de 10% à 9,8%, plus qu’attendu (9,9%) pour un taux de participation stable à 62,4%.

En Bourse, le Cac 40, qui cédait 0,9% avant l’annonce, efface quasiment ses pertes. L’euro chute face au dollar, à 1,0734 dollar, contre 1,0862. Les obligations américaines sont en forte baisse, traduisant la remontée des taux d’intérêt réels. Selon les contrats future Fed funds compilés par Bloomberg, la probabilité d’une hausse des taux en décembre par la Réserve fédérale est montée de 56% à 72%



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 6 Nov - 18:03



Sanofi va supprimer plusieurs centaines de postes par an pendant 3 ans Le Point Source AFP 06/11/2015

Pour soutenir sa croissance à long terme, Sanofi prévoit de mettre sur le marché au cours des 5 prochaines années jusqu'à 18 nouveaux produits.


Sanofi prévoit de supprimer plusieurs centaines d'emplois en France.
© Copyright (c) 1998 Hewlett-Packard Company/ ERIC PIERMONT


Citation :
Le géant pharmaceutique Sanofi vise 1,5 milliard d'économies d'ici à 2018 grâce à un recentrage de son portefeuille, qui pourrait aboutir à une sortie de la santé animale et des médicaments génériques en Europe, ainsi qu'à la suppression de centaines de postes par an sur trois ans en France. « La mise en œuvre de notre feuille de route stratégique devrait se traduire par la suppression de quelques centaines de postes par an sur une période de 3 ans » en France, a annoncé le groupe après la publication de son plan pour la période 2015-2020.

Celui-ci ne prévoit « pas de fermeture de site de production » et « impliquerait essentiellement des départs en retraite entièrement financés par l'entreprise ». L'action Sanofi décrochait de plus de 6,50 % vendredi à la Bourse de Paris vers 13 h 50, les investisseurs étant déçus de l'absence prévue d'une croissance du bénéfice par action d'ici à 2018. « C'est plus dramatique que ce que l'on pensait. [...] Il est inacceptable qu'il y ait de nouvelles suppressions d'emplois après déjà plus de 5 000 suppressions de postes en six ans », a réagi Thierry Bodin, coordinateur CGT du groupe.

Un environnement très compétitif

Les économies réalisées seront « largement réinvesties pour accompagner des initiatives de croissance », a indiqué le groupe, qui prévoit sur cinq ans le lancement d'un vaste ensemble de nouveaux médicaments et une réponse au repli de son activité diabète. L'environnement très compétitif fait pression sur les marges de croissance du groupe qui conservera des activités diversifiées, « mais avec un portefeuille recentré sur les domaines où il peut s'imposer », a indiqué Olivier Brandicourt, le directeur général de Sanofi.

Le numéro quatre mondial en termes de vente « n'a pas la place pour des coûts excessifs ou la complexité » au sein de son organisation, a-t-il souligné au cours d'une conférence en anglais avec les investisseurs. Le groupe examine ainsi « différentes options stratégiques » pour ses activités santé animale Merial et génériques en Europe. Une lettre en ce sens a été envoyée vendredi à l'ensemble des collaborateurs, selon la CFDT qui a dénoncé un « désengagement » de Sanofi de Merial, « malgré de bons résultats ».

Numéro 5 des génériques en France

« On craint le pire, on pense qu'il va céder les génériques, cela aura un gros impact pour les salariés français de Zentiva et le réseau de visiteurs médicaux », a réagi Emmanuel Maingard, coordinateur CFDT du groupe. « Bien que Merial ait renoué avec succès avec la croissance sur les six derniers trimestres et qu'elle soit à l'heure actuelle parmi les entreprises les plus performantes de son secteur, les synergies qu'il est possible de dégager avec les autres activités de Sanofi restent limitées », a expliqué Sanofi. Olivier Brandicourt a précisé devant les investisseurs que les options stratégiques pour Merial allaient « de l'introduction en Bourse, à la cession, à la coentreprise, au maintien au sein du groupe ». Merial, qui emploie plus de 6 200 personnes dans le monde, dont environ 1 500 personnes en France dans la région lyonnaise, est le numéro un mondial sur le marché des médicaments et des vaccins pour les animaux de compagnie.

Son chiffre d'affaires est estimé à 2,4 milliards d'euros pour 2015. Sanofi est le numéro 5 en Europe des génériques, dont les ventes (avec notamment les marques Zentiva ou Medley) sont estimées à un milliard d'euros sur l'année. Pour soutenir sa croissance à long terme, Sanofi prévoit de mettre sur le marché au cours des cinq prochaines années jusqu'à 18 nouveaux produits. Parmi eux, six lancements majeurs (Toujeo, Praluent, Dengvaxia, sarilumab, LixiLan et dupilumab) pourraient à eux seuls « générer un chiffre d'affaires total compris entre 12 et 14 milliards d'euros d'ici à 2025 ».

« Taux de change constants »

Pour soutenir ces lancements, le groupe prévoit également d'augmenter jusqu'à 6 milliards d'euros ses investissements annuels en recherche et développement d'ici à 2020. Il « recherche également des opportunités externes pour conforter son profil de croissance », a ajouté Olivier Brandicourt. Sanofi compte sur une « croissance annuelle moyenne de ses ventes comprise entre 3 % et 4 % à taux de change constants » sur cinq ans. En outre, dans le cadre de la restructuration de son portefeuille, il veut maintenir sa position de champion dans le diabète et les maladies cardiovasculaires, les vaccins, les maladies rares et les marchés émergents.

Il a notamment annoncé une collaboration et licence avec l'américain Lexicon Pharmaceuticals pour développer un médicament par voie orale dans le traitement du diabète, une activité qui a subi un repli au troisième trimestre en raison de l'entrée d'un biosimilaire de l'insuline Lantus développé par l'américain Eli Lilly. Deuxième pilier de son portefeuille, Sanofi cherche à « développer des positions compétitives » dans la sclérose en plaques, l'oncologie, l'immunologie et la santé grand public.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 6 Nov - 18:06



L'euro dégringole face à un dollar porté par l'emploi américain Le Point 06/11/2015 | AFP


L'euro baissait nettement vendredi, évoluant à des plus bas en plus de six mois, face à un dollar porté par le bond des créations d'emplois aux États-Unis en octobre, une donnée de nature à renforcer la probabilité d'une hausse des taux d'intérêt américains en décembre.


Citation :
Vers 14H20 GMT (15H20 à Paris), l'euro valait 1,0735 dollar contre 1,0881 dollar jeudi vers 22H00 GMT. La monnaie unique européenne est tombée vendredi vers 13H30 GMT à 1,0707 dollar, son plus bas niveau depuis fin avril.

L'euro perdait également du terrain face à la monnaie japonaise, à 131,84 yens contre 132,46 yens la veille. L'euro est tombé vendredi vers 13H30 GMT à 131,51 yens, au plus bas depuis fin avril.

Le dollar grimpait face à la monnaie japonaise, à 122,80 yens - atteignant même vers 14H15 GMT 123,09 yens, un sommet depuis fin août - contre 121,74 yens jeudi.

L'euro s'effondrait face à un dollar s'appréciant par rapport à toutes ses principales contreparties sur le marché des changes après un rapport "très robuste" sur l'emploi et le chômage aux États-Unis, observait Ipek Ozkardeskaya, analyste chez London Capital Group.

Les créations d'emplois aux États-Unis ont bondi bien plus que prévu en octobre, avec 271.000 nouveaux emplois nets (contre 181.000 attendus) permettant au taux de chômage de reculer encore, à 5,0%, selon les chiffres du ministère du Travail publiés vendredi.

Les salaires ont augmenté de 0,4%, "quel rapport sur l'emploi! En route pour une hausse (des taux) en décembre!", s'exclamait Craig Erlam, analyste chez Oanda.

Ainsi, les analystes s'accordaient à dire vendredi que la probabilité d'une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) en décembre avait fortement augmenté, passant près de 60% à plus de 70%.

Une hausse des taux directeurs rendrait le dollar plus rémunérateur et donc plus attractif pour les investisseurs.

"Le rapport d'octobre est tellement robuste que même des chiffres faibles en novembre ne devraient pas suffire à encourager la Fed à attendre plus longtemps", estimait Craig Erlam.

Pour Lukman Otunuga, analyste chez FXTM, "alors que les craintes d'un ralentissement de la reprise économique aux États-Unis s'estompent, le dollar devrait continuer à s'apprécier".

Des statistiques publiées mercredi étaient déjà venues accréditer les propos de la présidente de la banque centrale américaine Janet Yellen qui a estimé cette semaine qu'un premier relèvement des taux de la Fed - maintenus proches de zéro depuis fin 2008 - était envisageable lors de sa prochaine réunion de politique monétaire à la mi-décembre.

L'activité dans les services au mois d'octobre a en effet progressé plus qu'attendu et le déficit commercial a nettement reculé par rapport au mois précédent malgré un déséquilibre croissant avec la Chine.

De son côté, l'euro restait lesté par la possibilité d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) début décembre.

Vers 14H20 GMT, la livre montait face à la monnaie européenne, à 71,30 pence pour un euro, mais baissait face au dollar, à 1,5064 dollar pour une livre, tombant même vers 13H45 GMT à 1,5029 dollar, au plus bas depuis fin avril.

La devise suisse montait face à l'euro, à 1,0788 franc pour un euro, atteignant même 1,0737 franc vers 13H30 GMT, son niveau le plus fort depuis fin août. La monnaie suisse baissait nettement face au dollar, à 1,0048 franc pour un dollar, atteignant même vers 14H10 GMT 1,0068 franc, son niveau le plus faible depuis mi-mars.

La monnaie chinoise a terminé à 6,3535 yuans pour un dollar, contre 6,3461 yuans la veille.

L'once d'or a fini à 1.107,70 dollars au fixing du matin, contre 1.106,30 dollars jeudi soir. Le cours de l'once de métal jaune était tombé jeudi à 1.103,11 dollars, son niveau le plus faible depuis mi-septembre.
Cours de vendredi Cours de jeudi


----------------------------------
14H20 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,0735 1,0881
EUR/JPY 131,84 132,46
EUR/CHF 1,0788 1,0830
EUR/GBP 0,7130 0,7155
USD/JPY 122,80 121,74
USD/CHF 1,0048 0,9952
GBP/USD 1,5064 1,5208


06/11/2015 15:55:51 - Londres, 6 nov 2015 (AFP) - © 2015 AFP


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 9 Nov - 16:24

pour qui a accès, un billet sur mon blog Médiapart

> ET SI L'ON PARLAIT DE L'EXPLOITATION CAPITALISTE ? 07 novembre 2015 | Par Patlotch

il est aisé d'être "anticapitaliste"... sans parler du capital




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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 16 Nov - 7:47



Le Japon retombe en récession  lefigaro.fr avec AFP 16/11/2015

Le Japon a vu son PIB reculer de 0,2% au troisième trimestre, après une contraction d'autant au deuxième trimestre, selon une estimation préliminaire publiée lundi par le gouvernement.


Le PIB japonais s"est contracté de 0,8% en rythme annualisé au troisième trimestre,
après un repli de 0,7% au deuxième. /Photo prise le 8 septembre 2015


Citation :
La troisième puissance économique mondiale retombe ainsi en récession, un an tout juste après un épisode similaire dans la foulée d'un douloureux relèvement de TVA, nouveau revers pour le Premier ministre Shinzo Abe, qui a lancé fin 2012 une ambitieuse stratégie de relance baptisée «abenomics».

Les analystes interrogés par l'agence Bloomberg tablaient sur un repli de 0,1% par rapport à la période d'avril à juin.

Ces statistiques vont sans nul doute accroître la pression sur la Banque du Japon (BoJ). L'institution se réunit mercredi et jeudi pour décider d'étendre ou non son programme de rachats d'actifs, mais les économistes sont partagés sur l'issue de cette réunion alors que le gouverneur de la BoJ persiste à tenir un discours positif.

En rythme annualisé, c'est-à-dire si la baisse du troisième trimestre se prolongeait sur une année, le PIB a diminué de 0,8% entre juillet et septembre.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 16 Nov - 8:00

La Réunion

La crise économique mondiale loin d’être finie Témoignages.re 9 novembre 2015

Le ralentissement des pays émergents ouvre des perspectives pessimistes selon l’OCDE  


Sans changement, le chômage continuera d’augmenter

Un nouveau ralentissement brutal dans les économies émergentes et les échanges internationaux a affaibli la croissance mondiale, qui s’établit à 2.9 % environ cette année, bien en deçà de sa moyenne à long terme, et fait peser des incertitudes sur les perspectives à court terme, selon l’OCDE
 
Citation :
Dans ses dernières Perspectives économiques semestrielles, l’OCDE prévoit un affermissement progressif de la croissance mondiale, qui devrait atteindre 3.3 % en 2016 et 3.6 % en 2017. Mais pour que la reprise de l’activité soit significative, la Chine devra opérer un rééquilibrage en douceur de son activité, et les économies avancées devront relancer leurs investissements.

Par rapport aux Perspectives économiques de l’OCDE publiées en juin, les difficultés rencontrées par les économies émergentes, l’atonie des échanges et les incertitudes relatives à la production potentielle accentuent les risques à la baisse et les vulnérabilités.

Lors de la présentation des Perspectives à Paris, le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, a déclaré : « Le ralentissement des échanges internationaux et la faiblesse persistante de l’investissement sont très préoccupants. Le dynamisme des échanges et de l’investissement est indispensable à l’accélération de la croissance mondiale. Les chefs d’État et de gouvernement du G20 qui vont se réunir à Antalya devront redoubler d’efforts pour assurer une croissance forte, durable et équilibrée. »


Aux États-Unis, la production reste sur une trajectoire de croissance solide, tirée par la demande des ménages, et le PIB devrait croître de 2.5 % l’année prochaine et de 2.4 % en 2017.

Ralentissement en Asie

Dans la zone euro, la reprise devrait s’accélérer, soutenue par une politique monétaire accommodante, la baisse des cours du pétrole et le ralentissement du rythme du resserrement budgétaire. La croissance de l’activité devrait s’établir à 1.8 % en 2016 et 1.9 % en 2017.

Au Japon, la reprise a déraillé en 2015 sous l’effet d’une forte contraction de la demande des autres économies asiatiques et d’une consommation atone. L’accélération de la croissance du PIB à 1.0 % en 2016 mais devrait fléchir à 0.5 % en 2017, en raison de la hausse prévue de la taxe sur la consommation.

En Chine, la croissance économique devrait ralentir pour s’établir à 6.8 % en 2015. Cette contraction progressive devrait se poursuivre en 2017 pour aboutir à une croissance de 6.2 %, à mesure que l’activité se rééquilibre au profit de la consommation et des services. La mise en œuvre d’un tel rééquilibrage, sans entraîner de contraction brutale de la croissance du PIB et en canalisant les risques qui menacent la stabilité financière, constitue un véritable défi pour la Chine.

Pour une relance des investissements

Dans les autres économies émergentes, les vents contraires se renforcent, sous l’effet de la baisse des prix des produits de base, du durcissement des conditions de crédit et de la contraction de la croissance de la production potentielle, avec le risque que les sorties de capitaux et de fortes dépréciations monétaires mettent au jour des vulnérabilités financières. Le Brésil et la Russie traversent des récessions et ne renoueront pas avec une croissance positive en glissement annuel avant 2017. À l’inverse, les perspectives de croissance demeurent relativement robustes en Inde, puisque la croissance du PIB devrait rester supérieure à 7 % au cours des prochaines années, sous réserve que la mise en œuvre des réformes structurelles se poursuive.

Dans ses Perspectives, l’OCDE appelle ses pays membres et les pays du G20 à se montrer plus ambitieux dans leurs mesures de soutien à la demande et dans la poursuite des réformes structurelles, afin de donner un coup de fouet à la croissance potentielle et de veiller à ce que les bienfaits qu’elle génère sur le plan économique profitent à tous.

Ainsi, les politiques publiques doivent soutenir la demande à court terme, y compris au moyen du maintien de politiques monétaires et budgétaires accommodantes, en fonction de la marge de manœuvre dont dispose chaque pays. Une action généralisée visant à accroître l’investissement public s’impose et entraînerait un relèvement de la croissance suffisant pour réduire les ratios dette-PIB.

Climat et réfugiés

À l’approche de la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations-unies sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra à Paris, un chapitre spécial des Perspectives économiques préconise une action résolue pour lutter contre le changement climatique, afin d’assurer la viabilité des économies et une croissance vigoureuse à long terme.

Pour la plupart, les politiques climatiques pourraient être neutres sur le plan budgétaire et avoir des effets favorables sur la croissance. Nombre de pays ont mis en place, avec succès, des mesures n’ayant pas eu de conséquences négatives. Une prise de position déterminée sur le plan politique favoriserait un environnement plus propice à l’investissement, avec à la clé de meilleurs résultats en termes de croissance et d’échanges mais aussi, comme l’urgence l’impose, une amélioration sur le front du climat.

Les Perspectives économiques examinent également l’impact de la crise des réfugiés en Europe sur l’emploi et la fiscalité, et publiera ce jeudi, en amont du Sommet du G20 à Antalya, une note de travail à ce sujet.

Enfin, les Perspectives évaluent les conséquences, pour l’économie mondiale, d’un essoufflement de la hausse de la demande en Chine, et examinent plusieurs autres problématiques : hausse des taux d’intérêt directeurs américains et conséquences pour les économies de marché émergentes ; croissance inférieure aux attentes dans la zone euro et au Japon ; révisions de la croissance de la production potentielle ; et impact d’une hausse de l’investissement public dans les économies de l’OCDE.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 16 Nov - 10:50

une auto-critique de l'économie politique intéressante, quant aux difficultés pour une branche de production de maintenir le taux de profit quand diminue la concurrence :c'est Marx qui doit bien rigoler dans son tombeau... même payant

Mise en garde contre trop de fusions ! 7duQuébec 16 novembre 2015

Titre original : Le Pentagone met en garde contre trop de fusions dans l’armement INFOBREF, no 411 Novembre 2015 Gérard Bad. Paris


Citation :
WASHINGTON, 1er octobre 2015 (Reuters) – Le Pentagone a mis en garde jeudi contre une consolidation excessive dans le secteur de l’armement aux États-Unis en faisant valoir qu’une diminution du nombre des acteurs conduirait à une inflation des coûts, un recul de l’innovation et une diminution de la concurrence.

Aujourd’hui secrétaire à la Défense, Ash Carter était le principal responsable des commandes d’armements au Pentagone en 2011, lorsque ce département a défini une politique visant à décourager des fusions entre acteurs majeurs tout en laissant la porte ouverte à des rapprochements d’entreprises de moindre importance.

« Ce que j’avais dit alors, et qui semble toujours valable, est qu’il est important d’éviter une consolidation excessive dans l’industrie de la défense au point de ne pas avoir suffisamment d’acteurs en concurrence sur de nombreux programmes », a-t-il dit jeudi à des journalistes.

Ces propos interviennent plusieurs jours après l’approbation par le département de la Justice du rachat par Lockheed Martin à United Technologies de sa filiale hélicoptères Sikorsky pour neuf milliards de dollars, l’une des plus importantes acquisitions dans le secteur américain de l’armement depuis des années.

Des dizaines d’entreprises de l’armement ont fusionné aux États-Unis dans les années 1990 sur fond de baisse des dépenses militaires après la fin de la guerre froide. Il reste cinq acteurs majeurs sur le marché: Lockheed, Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics et Raytheon.

« Lockheed-Sikorsky ne doit pas donner le coup d’envoi de la saison des fusions de premier plan« , a déclaré Jeff Bialos, un ancien haut responsable du Pentagone qui supervisait les fusions et acquisitions dans l’industrie de l’armement. (Andrea Shalal et Yeganeh Torbati; Patrick Vignal pour le service français)


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 18 Nov - 14:58

LE MODÈLE INDUSTRIEL DE « LA PLATEFORME » (La délocalisation industrielle)18 novembre 2015 Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com 18 novembre 2015

Robert Bibeau a écrit:
délocalisation

L’économie politique impérialiste se caractérise notamment par trois processus importants, la première tendance s’intitule « l’externalisation et la  délocalisation industrielle ». La seconde tendance s’appelle « l’économie de bazar », une conséquence de la précédente. Le troisième phénomène se nomme « le modèle de la plateforme ». Ce modèle présente les facteurs qui rendent possible et rentable l’externalisation et la délocalisation industrielle qui provoque l’économie de bazar.


Le modèle industriel de « la plateforme ».

L’économiste Charles Gave a « découvert » que « Les grandes multinationales américaines, canadiennes, australiennes, japonaises et européennes auraient développé une nouvelle façon de produire et de vendre des marchandises tout en accumulant d’énormes profits ». L’application systématique du modèle de « la plateforme » engendre des transformations économiques, financières et commerciales mondiales. Ce ne seraient donc pas les malversations des banquiers, des boursicoteurs, des industriels prédateurs ou des politiciens prévaricateurs qui provoqueraient les crises économiques systémiques,  mais l’application mécanique des lois inexorables du développement impérialiste [1].


Pour les besoins de la démonstration, nous allons démonter le mécanisme de la dette souveraine et en dévoiler les ramifications grâce au modèle de production industrielle de « la plateforme » telle que présentée par Gave. Chacun sera en mesure de constater qu’il s’agit d’une mise à jour de la loi du développement impérialiste asymétrique, imbriqué et par bonds.


La comptabilité nationale obsolète.

Chaque pays tient une comptabilité nationale à partir de laquelle on peut observer les fluctuations annuelles de sa balance commerciale, de sa balance des paiements, de son PIB, de son endettement cumulatif suite à ses déficits budgétaires répétitifs, de ses emprunts (émissions d’obligations gouvernementales) et de la valeur de sa monnaie nationale [2]. Selon l’économiste Gave, cette comptabilité nationale est de moins en moins pertinente et elle ne permet plus de comprendre les transformations économiques, financières et monétaires.

D’après l’économiste, la logique de la comptabilité nationale serait obsolète. Que les sociétés multinationales se proclament « américaines », « canadiennes », « japonaises », « européennes » ou « chinoises », n’a aucune importance puisque chacune d’entre elles  domicilie où elles le souhaitent leurs déficits et leurs bénéfices commerciaux : « les marchés n’ont pas compris que nous sommes en train d’assister à la privatisation des balances commerciales nationales » déclare Charles Gave [3].

Ainsi, « les sociétés du CAC 40 en France ne font plus partie ou alors très faiblement de l’économie française. Elles réalisent les trois quarts de leur chiffre d’affaires et de leurs profits à l’extérieur du territoire français » [Nouvel Observateur 4.09.2008]. L’entreprise allemande E.ON, le numéro un allemand de l’énergie, dont les activités vont du gaz à la construction d’éoliennes, chiffre d’affaires 86,9 milliards d’euros en 2008, s’est délestée de 10 000 salariés en 2009 dont 4 000 relocalisés en Chine [le Monde. 16.06.2009]. Songé que cette entreprise comptait 107 000 employés en 2002, pour un chiffre d’affaires de 37 milliards d’euros, elle en comptait 86 000 en 2008 pour des ventes de 86 milliards d’euros.

Ainsi, Hans-Werner Sinn donne l’exemple de la Porsche Cayenne dont 88 % des pièces sont fabriquées à Bratislava en Slovaquie puis assemblées dans l’usine de Leipzig en Allemagne avant d’être exportées dans le monde entier sous l’étiquette « Made in Germany ». Les importants excédents commerciaux allemands des dernières années sont donc issus de « la réexportation de produits montés en Allemagne à partir de composantes fabriquées ailleurs ». Selon Sinn, l’Allemagne devient ainsi de plus en plus un « bazar industriel », une « quincaillerie » mondiale. « C’est chez elle que l’on continue, et que l’on continuera encore quelques années, à s’approvisionner en produits industriels de bonne qualité. Mais il ne faut pas se dissimuler, dit-il, que si la part de production réellement effectuée en Allemagne ne cesse de diminuer, c’en est fini, à terme, du « Made in Germany ».(…) Face à l’externalisation des fonctions de production et à la délocalisation industrielle croissante (en 2004, un ouvrier allemand coutait 27,6 euros de l’heure, contre 4,5 pour un tchèque, 1,5 pour un bulgare et 1,1euro l’heure pour un travailleur chinois), il n’y a aucune parade possible et à terme les puissances industrielles dominantes ne seront plus que les bureaux d’administration des chaines de production s’étendant à la grandeur de la planète » [4].


Le modèle de « la plateforme ».

Dans son article Gave donne l’exemple de la société de micro-informatique Dell dont le siège social est situé au Texas (États-Unis). Tous les ordinateurs de cette firme sont conceptualisés de façon « virtuelle » dans leurs centres de recherche à Round Rock (Texas). Aucune des machines vendues aux États-Unis n’est fabriquée au pays. Elles sont toutes montées au Mexique ou en Chine – où la plupart des pièces sont fabriquées et où est produite la plus-value unique source de profits – puis les appareils sont importés en Amérique. L’originalité est dans le fait que Dell ne possède pas les usines dans lesquelles ses machines sont assemblées (il s’agit ici d’externalisation des tâches de production sans délocalisation des usines de fabrication de Dell qui ont été fermées). La seule chose que fait l’entreprise texane est de préciser les caractéristiques techniques que devront présenter ses ordinateurs. Ensuite, des industriels indépendants s’engagent à les produire à un cout négocié avec Dell.

Des trois fonctions nécessaires au processus de production – conceptualisation – fabrication – commercialisation – d’un produit, Dell a réussi à externaliser la plus risquée et la plus cyclique, la fabrication. Charles Gave explique ensuite que par une telle division internationale du travail un ordinateur construit en Asie, vendu 700 $ aux États-Unis, muni d’un système d’exploitation Microsoft (dont le siège social est situé à Seattle, mais dont la production est délocalisée en Inde), équipé d’un processeur Intel (dont le siège social est aux États-Unis, mais dont la production n’est pas externalisée, mais délocalisée en Chine), monté d’un écran fabriqué à Taiwan placé dans un boitier fabriqué en Chine, la part du produit de la vente empochée par des firmes dites « Américaines », pourvu que cette dénomination ait encore un sens, sera de 335 $ (et leur marge bénéficiaire de 262 $) et la part des entreprises dont le siège social est en Asie est de 365 $ (et leur marge bénéficiaire de 28 $ soit 7,7%) ironise Gave.

Comme il est indiqué par Gave, si 335 dollars de la vente de 700 dollars US sont empochés par des firmes américaines, ce sont 365 dollars US de salaires et de plus-value qui sont empochés, dépensés ou investit dans quelques pays d’Asie et pas seulement les 28 dollars US de bénéfices. Ces 365 $ en salaires et en plus-value génèreront de l’activité économique locale alors que les bénéfices de Dell, de Microsoft et d’Intel, distribués en dividendes aux actionnaires risquent de n’entrainer aucune activité économique hormis en Chine où Intel fabrique ses microprocesseurs et en Inde ou Microsoft monte ses boitiers. En prime, ces profits provoqueront davantage de spéculation boursière sur les titres de ces trois entreprises florissantes. Il n’est cependant pas assuré que ce capital argent trouvera des occasions d’affaires et produira une nouvelle plus-value étant donné l’encombrement des marchés boursiers spéculatifs dans le monde.


L’économie de bazar.

En 2013, les consommateurs européens ont pu observer cet éclatement international des chaines de montage pour des produits aussi bancals que les plats surgelés de la société Findus établit au Luxembourg, mais faisant appel à Comigel de France, qui elle-même transigeait avec différentes entreprises œuvrant dans différents pays pour cuisiner et commercialiser les plats surgelés. La découverte de viande de cheval dans des plats cuisinés Findus vendus en France a mis en lumière une première filière passant par le grossiste hollandais Draap, par le fournisseur de viande Spanghero et par le fabricant de plats Comigel. Pays impliqués dans l’opération : le Luxembourg, la France, les Pays-Bas, la Roumanie et Chypre [5].


Sur un versant du système d’économie politique impérialiste mondiale, où prévaut l’« économie de bazar » comme l’appelle l’économiste allemand Hans Werner Sinn, on retrouve la contraction progressive du crédit, la crise de solvabilité, les prix trop élevés, l’inflation, l’effondrement des marchés et des débouchés, le tissu industriel laminé et la quincaillerie rutilante des produits finis fabriqués sur l’autre versant, dans les pays émergents, où s’agglutine pour l’instant les usines – les « sweatshops » de la misère – le travail précaire et les profits temporaires.


La division internationale du travail sous l’impérialisme.

Les capitalistes monopolistes internationaux trouvent ce modèle de division international du travail très avantageux et il s’épand chaque jour davantage, même la Chine, étoile montante du club impérialiste transnational y a recours, vers le Vietnam et l’Éthiopie notamment. Cependant, quand l’ordinateur vendu en ligne par Internet entre aux États-Unis, ce pays enregistre une détérioration de sa balance commerciale. Si en contre partie les multinationales que nous avons énumérées rapatriaient leurs dividendes, la balance des comptes serait rétablie, mais ce n’est plus ce qui se produit. Si au cours des Trente glorieuses (1945-1975) les entreprises « Made in USA » rapatriaient leurs profits  aux États-Unis afin de bénéficier de la manne spéculative boursière, des taux d’intérêt alléchants, et de la force du dollar triomphant, cette conjoncture s’est totalement détériorée au cours des années quatre-vingt-dix. Depuis que la Réserve fédérale américaine  (FED) a fixé son taux directeur à 0.25%, autant dire quasi nul, afin de réduire le cout du crédit et stimuler la consommation des ménages (70% du PIB américain dépend de cette consommation frénétique), placer ou prêter de l’argent n’est plus payant aux États-Unis si bien que les bureaux chefs des multinationales ne rapatrient plus leurs dividendes à la maison mère, mais préfèrent les faire transiter par les paradis fiscaux « offshores » d’où ils sont réorientés, après blanchiment et accouplement avec de l’argent illicite, vers des pays aux rendements intéressants [6].

Dans l’exemple de la société Dell, la valeur de l’apport « américain » était de 335 $ alors que l’importation aux États-Unis a couté 700 $, d’où les États-Unis ont  enregistré un déficit commercial de 365 US$ pour chaque transaction. Par ailleurs, la rentabilité des sociétés dites « Américaines » qui appliquent la tactique de « la plateforme » présente un certain nombre d’avantages fort désirables aux yeux de n’importe quel investisseur : la rentabilité est très stable ; la partie cyclique et risquée (la fabrication) a été affermée à des industriels extérieurs. La recherche, le développement et la vente par Internet ne suscitent pas des besoins de fonds de roulement importants, donc peu d’investissement et peu d’emplois aux États-Unis. La rentabilité sur capital investi est donc élevée. Elle ne nécessite pas d’apports de capitaux nouveaux : Dell n’a pas besoin d’emprunter pour son développement. Le crédit commercial et industriel est donc abondant, peu dispendieux et peu payant comme nous signalions précédemment. Évidemment, à moyen terme, le chômage important que suscite cette tactique généralisée fera fondre le marché des consommateurs d’ordinateurs, même à prix de faveur ; le temps de leur soutirer leur dernière marge de crédit et c’en sera fini des profits de Dell et compagnie. Tout ceci ne signifie pas que la classe ouvrière américaine doive détruire ces ordinateurs de malheur. Ce sont les rapports de production qui doivent être remis en question, non pas les technologies de fabrication [7].

Autre avantage financier, la rentabilité est très transparente et mobile ajoute le docteur Gave. Si le cout du travail augmente trop fortement en Chine, Dell ne renouvèlera pas ses contrats de production et en signera des nouveaux au Vietnam ou à Taiwan. De ce fait, les prix à la production demeurent sans arrêt sous pression, d’où le peu d’inflation, du moins jusqu’à ce que les travailleurs du tiers-monde revendiquent des hausses salariales afin de bénéficier eux aussi du pactole du développement capitaliste monopoliste dans leur patrie émergente [8].


La Chine avec son État policier très répressif possède à cet égard un avantage certain et cette bourgeoisie maintient les salaires de ses ouvriers aussi bas que possible. Cependant, ce sont 120 000 incidents (grèves sauvages) par an que l’on enregistre officiellement en Chine avec un facteur de croissance non négligeable. Tout ceci n’empêche pas le yuan chinois de subir des pressions à la hausse que le gouvernement chinois ne peut résorber complètement, ce qui entraine une augmentation du cout des importations américaines en Chine et l’exportation de l’inflation chinoise aux États-Unis. Récemment le gouvernement chinois a haussé la valeur de sa monnaie de 10 % afin d’attirer des capitaux étrangers sur son territoire et pour stimuler la consommation intérieure.


Des excédents commerciaux aux excédents de la balance des paiements.

Le modèle de « la plateforme » a pour effet que les pays émergents se retrouvent avec des excédents commerciaux considérables vis-à-vis des États-Unis et de l’Europe, excédents qui ne veulent rien dire selon l’économiste, puisque la maitrise des flux (importations de marchandises aux États-Unis et en Europe) est largement entre les mains de sociétés dites « américaines » et/ou « européennes ». Selon Gave, réclamer des pays ateliers qu’ils réévaluent leurs monnaies par rapport au dollar ne règlera rien pour les pays occidentaux, ce qui laisse entendre que les sénateurs américains pétitionnaires, exigeant un rehaussement de la valeur du yuan, ne font que de la figuration pour calmer et duper les travailleurs étatsuniens [9].

De fait, il fut un temps où les pays émergents étaient automatiquement intégrés à la zone dollar, ce qui signifiait que la balance commerciale d’un pays en développement, où les sociétés s’organisaient selon les principes de « la plateforme », ne voulait rien dire selon le professeur Gave. Pour raisonner à nouveau comme l’économiste « l’avantage comparatif que crée le déficit américain n’était pas en Chine, mais aux États-Unis ».

Ce sont les sociétés américaines qui domicilient où elles le désirent le déficit américain, idem pour les sociétés européennes et chinoises. Si le yuan est réévalué, Walmart passera  commande au Vietnam. Le déficit américain  restera le même, mais il sera comptabilisé au Vietnam plutôt qu’en Chine, et le chômage augmentera en Chine. L’économiste admet donc que l’avantage comparatif ne se situe pas aux États-Unis, mais dans n’importe quel pays qui offre sa force de travail à vil prix et qui maintient un niveau de productivité élevé.

Charles Gave laisse entendre que les investisseurs étrangers souhaitent détenir des actions des sociétés américaines, et que les dollars excédentaires qui entrent ainsi aux États-Unis servent à acheter des actions de ces sociétés ou des obligations émises par les gouvernements des États-Unis. Ce qui signifie que l’équilibre de la balance des paiements américains se ferait en prenant en compte les ventes d’actifs américains aux étrangers. Cette supputation de l’éminent économiste est contredite par les faits. La preuve en est que depuis 2008 les investissements étrangers (directs et de portefeuilles) ne cessent de diminuer aux États-Unis pour cause d’instabilité du dollar et du taux directeur trop faible. Les corporations ayant leur siège social aux États-Unis rapatrient moins de profits en « mère patrie » alors que les investisseurs étrangers réduisent leurs placements en terre américaine. Le gouvernement étatsunien ne parvient plus à vendre ses émissions d’obligations que la Réserve Fédérale achète frénétiquement (Quantitative Easing) créant de la monnaie inflationniste qui un jour la forcera à dévaluer fortement le cours de la devise étatsunienne flouant ainsi tous les détenteurs de billets verts [10].  Pas étonnant que le dollar – ex-devise de réserve pour le commerce international soit attaqué de tous côtés. Un changement de la garde se prépare au sommet de l’économie politique impérialiste mondiale [11].


Relocalisation industrielle ?

Dans le contexte de « l’économie de bazar », pour que les États-Unis et les pays européens soient un jour considérés comme des pays intéressants pour d’importants transferts d’investissements productifs il faudra que les salaires (la valeur de la force de travail nécessaire) soient réduits à un niveau comparatif aux pays ateliers du tiers-monde, tenant compte de la productivité du travail évidemment. Ce processus de retour des usines est en passe de se concrétiser dans certaines régions décentrées des États-Unis où les travailleurs cumulent deux emplois, travaillent sept jours par semaine et n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Nonobstant ce rapatriement d’usines de la misère, cela ne signifie nullement la réindustrialisation des puissances impérialistes déclinantes. Il s’agit tout au plus pour les multinationales sans nationalités de localiser près des marchés certaines tâches subsidiaires externalisées. Depuis quelques années, la France, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et maintenant les États-Unis sont entrainés dans ce processus.

Il y a par endroit, pour certains métiers d’assemblage et de montage, juste avant l’étape de la mise en marché, pénurie temporaire de main-d’œuvre. Ainsi, un peu partout en Occident on observe un chômage chronique accompagné de déficits criants dans certains métiers spécialisés, les métiers de la fin du cycle d’assemblage des produits manufacturés. Il est facile d’imaginer ce qui adviendra de ces emplois quand la crise économique, couplée aux mesures d’austérité, aura miné le pouvoir d’achat des salariés d’Amérique du Nord, du Japon et d’Europe de l’Ouest.


Impossible d’échapper aux lois de l’économie impérialiste

Monsieur Gave ajoute : « Les pays qui pour des raisons politiques refuseront ce modèle de production verront leurs entreprises laminées, car elles seront forcées de conserver des activités de production cycliques et peu rentables dans des zones où elles n’ont rien à faire. À terme, elles disparaitront, et tous leurs emplois avec elles. Et le protectionnisme ne les sauvera pas davantage qu’il n’a sauvé l’industrie textile en France. » [12].

Le modèle de division impérialiste du travail, redécouvert par le professeur Gave et qu’il prénomme « la plateforme », entraine la relocalisation de la production dans les pays émergents ce qui réduit d’autant le pouvoir d’achat des travailleurs des pays avancés (en déclin). L’augmentation des emplois précaires du secteur tertiaire des services de proximité ne compense nullement la destruction des emplois dans le secteur secondaire-industriel. Qui plus est, les emplois tertiaires créés sont souvent mal payés (Mac Donald, Tim Horton, Walmart, Costco, Target, hôtellerie, grandes surfaces, etc.) d’où les capacités de consommation d’une partie grandissante des salariés d’Occident se réduisent comme peau de chagrin, ce que les banques ont compensé jusqu’à maintenant en libéralisant le crédit à la consommation qui ne fait qu’accroitre l’endettement des ménages jusqu’à la prochaine crise de surendettement et d’incapacité généralisée de payer.  Au Canada chaque ménage ploie sous une dette équivalente à 165 % de son revenu annuel net (2012) et ceci sans compter la partie de la dette souveraine nationale, provinciale et municipale qui lui est assignée.


Pour le moment les industriels asiatiques sont dépendants du marché nord-américain pour survivre et ils ne peuvent refuser de vendre leurs marchandises aux firmes étatsuniennes contre des dollars plombés. Cependant, la Chine et l’Inde ont déjà commencé à développer leurs immenses marchés domestiques et ils développent les marchés de l’Afrique et d’Amérique latine, si bien qu’ils se rendront indépendants des marchés nord-américain et européen. Alors, une nouvelle manche s’ouvrira dans la guerre concurrentielle entre les différentes alliances impérialistes.

_________


1.Charles Gave (2008) La Plateforme. [http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356 &sid=053e0aaefed c212a4a462d98f84517c2 ].
2.[http://perspective.usherbrooke.ca /bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeTheme=7&codeStat=NE.RSB.GNFS.ZS ], [http://www.wikiberal.org/wiki/Balance_des _paiements], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut], [http://lexpansion.lexpress.fr/ economie/etats-unis-vers-un-deficit-budgetaire-record-en-2011_247745.html ].
3.[http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0 aaefedc212a4a462d98f84517c2 ].
4.[V. Gouysse (2009) Crise du système impérialiste mondial. Page 94-96. http://marxisme.fr/download/Crise_du_systeme_imperialiste_mondial.pdf ].
5.[Le Monde (13.03.2013) Scandale de la viande de cheval. http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/13/scandale-de-la-viande-de-cheval-le-gouvernement-veut-rassurer_1847154_3234.html].
6.[http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-capital-fuit-les-etats-unis-et-lor-aussi/].
7.[http://www.les7duquebec.com/7-au-front/faut-il-detruire-les-ordinateurs-pour-sauver-les-emplois/].
8.Cette tactique ne peut s’appliquer que dans un secteur industriel ayant atteint un fort degré de maturité, où la recherche-développement compte pour peu dans l’amélioration du produit et l’augmentation de la productivité du travail. L’industrie automobile a atteint un tel niveau de maturité. Dans le cas d’un secteur industriel de pointe et de haute technologie l’importance du budget de recherche-développement – apanage des plus grands conglomérats – est un facteur majeur dans la capacité de l’entreprise de répondre à un tel appel d’offre. La capacité des usines à produire rapidement pour satisfaire une demande importante est le second facteur rédhibitoire. Lors d’un tel stratagème de transfert d’opérateur-producteur Dell découvrira probablement que les répondants vietnamiens et taiwanais sont des filiales du premier producteur mondial chinois.
9.[http://www.agoravox.fr/actualites/inter national/article/etats-unis-chine-la-grande-87177].
10.[http://perspective .usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeStat=BX.KLT.DINV.CD.WD&codeStat2=x].
11.[http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-guerre-des-monnaies-contestation-de-lhegemonie-du-dollar/ ].
12.[http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2].


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 21 Nov - 2:25


« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage »

Jean Jaurès

la crise économique pousse aussi à la guerre, difficile de faire rentrer le tout sans y relier les parties, voir donc en relation :

- une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?

- GUERRE AU TERRORISME : la grande imposture d'une guerre capitaliste


Dernière édition par Admin le Lun 23 Nov - 4:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 21 Nov - 8:55

on sait le grand cas que les trotsko-citoyennistes et autres gauchistes institutionnels font des régimes progressistes en Amérique du Sud : ils n'y vivent pas, et les plus touchés n'appartiennent pas aux couches sociales qui font la "masse" (sic) de leurs militants "anti-impérialistese et "internationalistes" en France

cela posé, cet article mérite lecture, ne serait-ce parce qu'il traduit, dans la crise économique que les « pays émergents » prennent de plein fouet, un tournant politique à l'échelle du sous-continent américain


Débats. Economie et politique de «fins de cycle» en Amérique latine Alencontre  le 1 novembre 2015 rio-janeiro  Eduardo Molina


Citation :
La situation au Brésil, où le gouvernement de Dilma Rousseff applique des mesures d’ajustement dures tout en cherchant à s’accorder avec la droite pour répondre à la crise économique et politique aiguë, est le signe éloquent du saut vers le déclin des gouvernements progressistes en Amérique latine. Avec le contexte électoral en Argentine où le futur du «projet national et populaire» kirchnerien repose dans les mains d’un cheval de retour des années 1990, Daniel Scioli, un des trois cavaliers de l’ajustement qui sont en concurrence pour la présidence [voir à ce sujet les deux articles publiés sur le site alencontre.org: Argentine. Un scénario politique inattendu dans un pays en crise et Argentine. Scioli et Macri dans l’ombre d’un péronisme protéiforme], la profonde dégradation du chavisme au Venezuela, et le cours que prennent les gouvernements en Uruguay, en Equateur, au Nicaragua, en Bolivie, etc., voilà ce qui illustre la «fin du cycle progressiste».[1]

Donc, à rebours de la thèse progressiste qui veut que le seul danger soit la «restauration conservatrice», afin de justifier le soutien à l’ajustement [austérité budgétaire, paiement de la dette, «libéralisation du marché du travail», attaque directe et indirecte au salaire, etc.] «progressiste» et discipliner les critiques, le virage politique réactionnaire que les classes dominantes impulsent s’exprime par deux canaux: le cours politique des gouvernements «populaires» eux-mêmes et la pression de la droite. Celle-ci se voit relativement renforcée mais loin de pouvoir s’assurer les conditions pour imposer une nouvelle hégémonie réactionnaire.

Les bases matérielles de ce virage conservateur-progressiste prennent leur place dans le contexte plus large de «fins de cycle» que traverse l’Amérique latine: la «décennie dorée» [au cours des années 2000, le taux de croissance moyen annuel a été de 4,1%, avec des différences par pays; dès 2013-2014 le tournant s’opère] de forte croissance à laquelle les gouvernements post-néolibéraux ont imprimé leur marque politique est dépassée. Elle entre dans une nouvelle phase sous le signe de la crise économique, de l’instabilité politique et de l’exaspération des contradictions sociales.

La crise économique englobe l’ensemble de l’Amérique latine

La «décélération» des économies latino-américaines qui se déploie depuis 2012 s’est convertie en une virtuelle stagnation, avec des crises importantes au Brésil, au Venezuela, en Argentine et dans d’autres pays aussi. Selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’ONU (CEPAL), pour 2015: «L’Amérique du Sud connaîtrait une contraction de 0,4%. Tandis que l’Argentine croîtrait à peine de 0,5%, le Brésil se contracterait de -1,5% et le Venezuela connaîtrait une grave dépression de l’ordre de -5,5%. En 2016, l’Amérique latine, dans son ensemble, atteindrait à peine un 2% de croissance.»

La crise économique mondiale se transmet à la région à travers trois canaux principaux: l’instabilité de la faible récupération nord-américaine, qui donc exerce peu de traction sur l’Amérique latine [faiblesse des importations des Etats-Unis]; la décélération dont souffre la Chine et, par la suite, la moindre demande de commodities et la baisse des prix qu’elles subissent, or l’Amérique latine exporte ces biens (ce qui fait perdre à ces biens leur intérêt pour la spéculation financière sur les «marchés à terme»). A cela s’ajoute la hausse du dollar par rapport à d’autres devises [dévaluation du real brésilien, du peso argentin, etc.], ce qui renchérit en termes relatifs les importations de la région, ainsi que la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt par la FED [Banque centrale américaine], ce qui pourrait inverser le flux, déjà en diminution de capitaux, vers le sous-continent.

Cela implique une inversion des conditions internationales exceptionnelles dont s’est nourrie la décennie écoulée par le boom des matières premières et la disponibilité d’investissements et financements à bon marché. Le «vent arrière» d’alors est en train de se transformer en «vent contraire». [2] The Economist peut écrire: «Les monnaies sud-américaines se sont affaiblies d’une manière particulièrement dramatique». [3] The Economist ajoute: «Le fait que beaucoup des principales économies soient des grandes productrices de matières premières a aggravé la chose» puisque la chute aiguë pour la majorité des prix des matières premières depuis la mi-2014 «a avivé les craintes des marchés quant au panorama économique en Amérique latine, ce qui dans de nombreux cas a accru la vente de monnaies locales». [4] C’est ainsi que la croissance régionale «s’est freinée brusquement» comme le dit la directrice [C. Lagarde] du FMI. [5]

Le Mexique, pris dans sa crise politique et d’Etat, est confronté à une nette «décélération». En 2015, son PIB croîtrait à peine de 2% tandis que sa monnaie se déprécie et que la baisse des prix du pétrole affecte ses rentrées et compromet la stratégie d’«ouverture énergétique» [revenus escomptés de la privatisation des ressources pétrolières et gazières] à laquelle s’est attaché le gouvernement du président Peña Nieto qui essaie d’approfondir les réformes néolibérales. Tout cela, joint à la décélération en Colombie, au Pérou et au Chili, affecte la propagande pour cette «Alliance du Pacifique» comme alternative néolibérale. Le Chili est le premier exportateur mondial de cuivre; le Pérou est le second, tandis que plus de la moitié des exportations colombiennes dépendent du pétrole et des mines. La baisse des prix les affecte directement et contracte aussi les investissements, induisant leur «décélération» et pousse à des dévaluations et des coupes budgétaires, outre les tensions sociales et politiques comme dans le cas du Chili et du Pérou. La Colombie en 2015 croîtra à peine de 3% et en 2016 seulement de 2,3%. Ses exportations ont diminué de 30%, le peso colombien a perdu un tiers de sa valeur par rapport au dollar et les actions de EcoPetrol, la Compagnie nationale colombienne, ont atteint un plateau de 50% à leur cotation antérieure.

Le Brésil marque un point d’inflexion dans le processus latino-américain. Son recul exerce une considérable influence sur ses voisins, pour commencer sur son principal associé dans le Mercosur, l’Argentine [membres permanents du Mercosur: Brésil, Argentine, Paraguay , Uruguay, Venezuela ; membres associés: Bolivie, Equateur; Pérou, Colombie, Chili]. L’économie brésilienne s’est contractée pour le troisième trimestre consécutif, entrant ainsi officiellement en récession. Le PIB avait augmenté de 1% en 2012, 2,5% en 2013 mais seulement de 0,1% en 2014. Cette année, la chute du PIB pourrait dépasser les -2%. Ce sont les investissements qui se réduisent, la production industrielle, et jusqu’à la consommation des familles [portée en grande partie par le crédit], tandis que le chômage monte à 8,1% et l’inflation à quasi 10%. Les rentrées fiscales chutent et le real touche son point le plus bas face au dollar depuis 2009. Les taux d’intérêt locaux élevés ont attiré les spéculateurs [achat de bons du Trésor, d’obligations], mais la détérioration fiscale, celle du taux de change et de la financière, de même que la crainte d’une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis, pousseront ces fonds à sortir du Brésil [quand ce n’est pas déjà fait].


Maduro promet «des bateaux d’aliments»
Pour ce qui est de l’Argentine, la stagnation actuelle et les difficultés financières conduisent à une incertitude plus grande sous l’effet de la crise du Brésil, son principal marché régional et la destination de la moitié de ses exportations industrielles, et sous celui de la dévaluation du Real et d’autres monnaies.

La profonde récession du Venezuela met à nu la banqueroute d’un «nationalisme pétrolier» entré en scène au début du siècle mais qui n’en est jamais arrivé à une pleine nationalisation contrôlée populairement et qui a encore moins été capable d’impulser l’industrialisation ou le développement agroalimentaire au moyen de l’abondante rente pétrolière qui continua d’être consommée de manière improductive ou gaspillée au bénéfice de la bourgeoisie, de néo-bourgeois [la bolibourgeoisie] et de bureaucrates qui écoulent les revenus de cette rente hors du pays. Quant à l’Equateur et à la Bolivie, la baisse des prix des hydrocarbures leur inflige aussi un coup très dur les poussant aux restrictions budgétaires et à une négociation avec le FMI, dans le cas du président Correa en Equateur, et à des nouvelles concessions aux compagnies pétrolières, en Bolivie.


De la «décennie dorée» à la «restriction externe»

L’importante croissance de la décennie antérieure a permis une augmentation de quelque 80% du PIB latino-américain, une diminution de la pauvreté et de la misère extrêmes ainsi que du chômage, outre l’accès à la consommation de franges élargies de la population laborieuse. Mais elle n’a signifié ni un véritable «développement» ni un « décollage ». Avec la crise présente, c’est la persistance du retard et la dépendance historiques du capitalisme en Amérique latine qui restent visibles. Les gouvernements progressistes n’ont même pas promu une rupture de fond avec le néolibéralisme. Les «modèles de croissance avec inclusion» [sociale] par le biais du «néo-développementaliste» sont restés dans le cadre de la continuité avec des éléments essentiels de l’héritage des années 1990: l’orientation vers le marché mondial selon les «avantages comparatifs»; un large degré d’ouverture au capital étranger, des hauts niveaux de précarisation du travail et d’informalité, la «financiarisation» et l’endettement interne et externe, etc.

En somme, on n’a pas modifié l’insertion régionale subordonnée au sein du marché mondial, confirmant ainsi la condition fondamentale de l’Amérique latine comme pourvoyeuse de matières premières, de marché secondaire et de source de rentes monopolistes ainsi que de valorisation dans la sphère financière. Bien plus, on a approfondi le biais primaire-exportateur et extractiviste, le retard industriel et la dépendance à l’égard du capital étranger, sans pouvoir inverser pour autant la perte continue de poids relatif de l’Amérique latine dans le commerce mondial. Sur ce plan-là, il n’y a pas une différence qualitative entre l’évolution des «modèles néolibéraux» et celle des modèles «progressistes». Et pas non plus pour le comportement d’un indicateur clé comme l’est la productivité, facteur essentiel pour améliorer la position au sein de l’économie internationale.

La moyenne latino-américaine a continué de n’être qu’une fraction de la productivité des centres du capitalisme avancé. Elle est inférieure à celle de la Chine ou de l’Asie orientale. En plus, son rythme de croissance est aussi plus lent. Selon la CEPAL, «durant la période entre 2002 et 2010, la région a réussi quelques avancées, avec une croissance annuelle de la productivité du travail de 1,5% ». [6] Ces chiffres, cependant, sont en dessous d’une région comme celle de l’Asie orientale (8,3% en excluant le Japon et la République de Corée). [7] Seules certaines branches favorisées par des prix élevés et des investissements massifs, comme les mines, l’agrobusiness, certains services modernes, et quelques niches industrielles, ont montré un dynamisme supérieur, mais qui se combine avec la basse productivité dans des grands secteurs de la production pour le marché intérieur et les activités commerciales et de services traditionnels. Au bilan, le facteur de la productivité totale a été faible. Le taux de formation de capital a été relativement bas, de l’ordre de 20%, bien en dessous de l’Asie.


Au moment où le cycle commercial se retourne, cela aggrave à nouveau la «restriction externe», ce problème cyclique typique du capitalisme dépendant latino-américain, qui meut la récession en un mouvement de «stop-and-go». Cela manifeste bien que le cycle des producteurs de matières premières est subordonné à celui des centres industrialisés en même temps que cela met en évidence la continuité de l’exploitation impérialiste au travers de la succion des profits, la spéculation financière, le service de la dette, etc.

Dans les années passées, la diversification des partenaires commerciaux, avec la Chine comme deuxième grand acheteur, derrière les Etats-Unis, combinée à la crise de l’hégémonie nord-américaine, avaient élargi les marges de manœuvre pour marchander avec l’impérialisme. En outre, le commerce intrarégional avait agrandi un peu les marchés pour l’industrie locale. Cependant, ces facteurs, outre qu’ils sont contradictoires, comme la concurrence industrielle chinoise, peuvent seulement offrir des palliatifs au moment où la crise arrive. L’intégration régionale est superficielle et chétive, et la crise exacerbe la concurrence interbourgeoise pour attirer l’investissement étranger et défendre ses propres marchés et intérêts, comme le montre l’escalade des dévaluations récentes [dévaluations compétitives] et les mesures protectionnistes entre pays voisins. Les fortes tensions du Mercosur que la crise brésilienne aiguise en sont le bon exemple. C’est pour cela que croissent également les tentatives de négociations individuelles avec l’impérialisme, comme l’insistance de la bourgeoisie de Sao Paulo à se rapprocher des Etats-Unis, les contacts avec l’Union européenne, la tentative de l’Uruguay de faire avancer un Trade In Services Agreement/TISA avec l’impérialisme en «se coupant» de ses partenaires régionaux, et la tentative argentine de s’appuyer plus sur la Chine.


Quelques conséquences politico-sociales de la dégradation nationaliste et progressiste

L’«économie politique progressiste» avait imaginé que l’Etat «régulateur» pourrait canaliser l’excédent généré dans l’exportation vers l’accumulation capitaliste à l’échelle nationale en associant le capital étranger et en mettant l’accent relativement sur la «demande» [8] afin de donner naissance à un «cercle vertueux» de «développement avec inclusion». Mais la dure réalité du «capitalisme réellement existant» a démoli ces attentes. Aujourd’hui, il faut stimuler «l’offre» de capital. Comme le dit la CEPAL, c’est le moment d’«impulser le cycle de l’investissement dans la perspective de réactiver la croissance» en plus de «taux de change réels plus concurrentiels» et d’investissement en infrastructures pour rendre les exportations meilleur marché. [9]

C’est l’establishment tout entier qui réclame aux ministères de l’économie ce changement de partition. Mais cela signifie, d’un côté, de nouvelles concessions à l’impérialisme et à ses institutions financières, en plus de la «discipline budgétaire» nécessaire afin, d’une part, de garantir le financement de l’Etat et assumer un plus grand endettement externe et, d’autre part, d’avancer vers une «redistribution négative de la richesse» en baissant les salaires et en diminuant aussi ce «salaire indirect» que sont les services sociaux, la santé publique, l’enseignement, les transports publics, etc.

Sur cette base, il n’y a pas de conciliation de classes possible. Si la capacité de médiation et d’arbitrage des gouvernements «progressistes» se trouvait déjà endommagée depuis un certain temps – «définancée» dans le nouveau contexte économique – aujourd’hui ils doivent affronter la tâche ingrate d’administrer la crise au moyen d’ajustements, sans pour autant calmer les exigences du grand capital qui préférerait, quant à lui, des gérants dans lesquels il puisse avoir encore plus confiance et qui assument ouvertement et complètement son programme.


Daniel Scioli et Cristina Kirchner
Déjà la crise économique est en train de se transformer en une instabilité politique étendue et si celle-ci prend des traits plus frappants dans la crise des gouvernements populaires, elle ne laisse pas pour autant indemnes les gouvernements de droite: la chute de Otto Pérez au milieu de grandes mobilisations au Guatemala, la profonde crise étatique qui corrode le Mexique, l’affaiblissement du régime chilien, en sont des exemples. Dernièrement, c’est l’exemple brésilien qui est le plus significatif. La crise du gouvernement du Parti des Travailleurs y met en évidence la continuité des plus réactionnaires institutions et formes de domination bourgeoises du pays. Ou en Argentine, où le crépuscule du kirchnerisme amène au premier plan les traits les plus abjects et corrompus du régime et de ses partis. Ce qui est alors remis en question, ce ne sont plus seulement certains gouvernements, mais c’est d’un discrédit étendu des partis politiques et des institutions qu’il s’agit.

En croissant, le malaise social pourrait amener les réalignements de classe à être plus profonds. Dans cette région du monde qui continue d’être la plus inégalitaire de par la concentration de la richesse, la distribution des revenus, et la propriété de la terre, la crise met en question les modestes conquêtes de «l’inclusion» et de la dite «classe-moyennisation» qui ont caractérisé la relative paix sociale durant «la décennie dorée».

Des dizaines ou centaines de milliers de Latino-Américains peuvent être à nouveau poussés vers la pauvreté ouverte ou vers la misère accentuée. Des millions de travailleurs qualifiés ou dont les conquêtes sont un emploi effectif plus ou moins bien payé, qu’on prétendait «dissoudre» dans ce conglomérat hétérogène et diffus des «couches moyennes» (ensemble avec les cadres de la production, les professionnels [cadres divers], les chefs et directeurs, les commerçants, etc.) sont confrontés aujourd’hui non seulement à la disparité croissante entre leurs illusions et la réalité de la détérioration de leurs conditions de travail et de vie, mais également à la perspective d’attaques plus directes encore dans les centres de production où les entreprises prétendront augmenter la rentabilité aux dépens du salaire.

Après une décennie de croissance, la création de millions de places de travail, une certaine relance de la consommation, des transformations éducatives et culturelles, et les promesses progressistes faites aux travailleurs et travailleuses, c’est un nouvel échelon ou niveau historico-moral du salaire, comme le disait Marx, qui est devenu naturel pour une vaste masse de travailleurs qui ne portent pas sur leurs épaules la charge des défaites historiques antérieures. Ils seront donc difficilement disposés à renoncer sans lutter à leurs positions actuelles, ce qui peut placer sur le devant de la scène, d’une manière inédite depuis longtemps, l’affrontement entre le Capital et le Travail.


Chili: les étudiant·e·s face à Michelle Bachelet

Les luttes du mouvement ouvrier et la mobilisation étudiante et de la jeunesse peuvent être un symptôme de nouveaux canaux de la lutte de classe. Depuis la fin 2012, de grandes grèves nationales et vagues de grèves au Brésil et dans le Cône Sud manifestent la force du mouvement ouvrier et annoncent la possibilité d’une plus grande résistance dans la prochaine étape. Cela s’accompagne du réveil de nouvelles générations, d’importants processus de mobilisation étudiantes et de secteurs de la jeunesse précarisée, depuis les luttes étudiantes permanentes au Chili, les manifestations de juin 2013 au Brésil, les mouvements au Mexique du «#yosoy132» jusqu’à la lutte pour les 43 du Ayotzinapa [disparition des 43 étudiants-instituteurs], ou encore les récentes mobilisations étudiantes en Uruguay et au Paraguay, en plus de diverses luttes paysannes, indigènes et populaires.

Dans un prévisible nouvel horizon de résistance ouvrière et populaire et d’expérience politique des travailleurs, les fissures politiques et idéologiques dans la gauche du dit progressisme ouvrent un nouveau scénario pour la construction d’une force sociale et politique des travailleurs et travailleuses, avec une stratégie d’indépendance de classe et un programme pour que ce soient les capitalistes et l’impérialisme «qui paient la crise», car l’alternative à la restauration conservatrice, ce n’est pas l’appui à «l’ajustement progressiste», mais bien la lutte pour une issue ouvrière et populaire. (Traduction A l’Encontre; article publié dans Ideas de Izquierda, n° 24, octobre 2015)


Notes

[i] Il y a un débat sur la «fin du cycle progressiste» que nous ne pouvons pas évoquer dans cette note. Il y a quelques jours dans le quotidien argentin Pagina/12 [quotidien pro-kirchner] Emir Sader [Brésil], un référent intellectuel du centre-gauche, s’indignait contre l’idée même qu’on puisse parler d’une fin du cycle progressiste. (Réd.)

[2] La crise capitaliste internationale qui s’est ouverte à la fin de 2007 a frappé la région avec la récession de 2009. Mais l’Amérique latine est promptement sortie de cette récession, favorisée par la continuité de l’expansion chinoise et des «marchés émergents». Néanmoins, la récupération s’est faite sur des bases plus faibles et plus instables. Le prix des matières premières s’est élevé encore jusqu’en 2011-2012, mais déjà avec une forte composante spéculative sur les «marchés à terme». Pendant ce temps, l’expansion des marchés intérieurs a commencé à buter contre les le «toit de verre» de la demande interne. (Réd.)

[3] The Outlook for Latin America 4, The Economist Intelligence Unit, 2015 (Réd.)

[4] Idem (Réd.)

[5] El Pais, 30 septembre 2015 (Red.)

[6] CEPA/OIT, Coyuntura laboral en América Latina y el Caribe 6, mai 2012

[7] Idem. (Réd)

[8] Accent tout relatif, puisque malgré le discours progressiste, le niveau des salaires et leur part au revenu national n’ont jamais été modifiés.(Réd.)

[9] Exporter un conteneur depuis le Brésil coûte plus du double qu’en Chine et 1,5 fois plus qu’en Inde, tandis que les retards à l’embarquement dans les ports brésiliens sont terribles. (Réd.)


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 22 Nov - 11:36



"On change de cycle économique mondial" jeudi 19 novembre 2015

Jean-Marc Duvoisin, patron de Nespresso: "Le potentiel de croissance est énorme"


Citation :
Se redirige-t-on vers une nouvelle crise économique mondiale ? Le signal est en tout cas en train de passer à l’orange selon l’assureur-crédit Credendo. La "filiale" de l’organisme public Ducroire a l’habitude de donner des notes en fonction des situations économiques, mais aussi politiques des pays à travers le monde. "Depuis quatre ans, nous n’avons jamais autant dégradé de pays que sur ces neuf premiers mois de l’année", avertit Nabil Jijakli, l’un des patrons du groupe. La guerre au Moyen-Orient, les tensions russo-ukrainiennes, la baisse des prix des matières premières ou le ralentissement spectaculaire de certains pays émergents : les risques sont réels pour que l’économie replonge à nouveau.

Les attentats de Paris vont-ils avoir des conséquences économiques pour des pays comme la Belgique ou la France ?

Sur le plan humain, ces attentats sont catastrophiques. Mais si l’on se réfère aux grands actes terroristes de ces dernières années, cela n’aura pas de conséquences dramatiques sur l’économie belge ou française. On l’a vu avec le 11 septembre en 2001 ou les attentats à Madrid (2004) ou à Londres (2005), les conséquences économiques, d’un point de vue conjoncturel, ont été assez limitées. Les Etats-Unis ont connu une crise en 2001, mais la principale cause en était l’éclatement de la bulle Internet, pas les attentats. Ceci dit, les implications de ces attentats au Moyen-Orient peuvent, elles, être catastrophiques.

(...)



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 23 Nov - 8:51



Pfizer et Allergan donnent naissance au numéro un mondial de la pharmacie Elsa Conesa / Correspondante à New-York, 23/11


Le rapprochement Pfizer Allergan, approuvé conseils d'administration,
donnera naissance nouveau numéro mondial pharmacie Montage Sipa-DR
   
Les conseils d’administration des deux groupes ont validé dimanche soir la création du plus gros laboratoire pharmaceutique au monde, un mariage à plus de 150 milliards de dollars. L’opération permettra à Pfizer de déplacer son siège à Dublin.

Citation :
C’est le D-day pour Pfizer et Allergan. Les deux groupes pharmaceutiques doivent officialiser ce matin le mariage à neuf zéros qu’ils évoquent depuis fin octobre . L’opération de rapprochement, dont le montant dépassera les 150 milliards de dollars, va donner naissance au plus gros laboratoire pharmaceutique au monde : Pfizer vaut près de 200 milliards de dollars en Bourse, contre 123 milliards de dollars pour Allergan.

Les conseils d’administration des deux entreprises, réunis dimanche, ont validé les termes de l’union. Selon la presse américaine, l’offre de Pfizer comprend une partie en actions (le laboratoire américain offrira 11,3 de ses actions pour chaque titre Allergan) et une composante de cash pesant moins de 10% du total. C’est le directeur général de Pfizer, Ian Read, 62 ans, qui dirigera la nouvelle entité, tandis que le directeur général d’Allergan, Brent Saunders (45 ans), qui a fait une ascension fulgurante au sein de l’entreprise depuis cinq ans, en sera le numéro deux.

L’opération devrait être bouclée d’ici à la fin de l’été prochain, après qu’Allergan a achevé de céder son activité de génériques à Teva pour 40 milliards de dollars. D’ici à 2017, le groupe ainsi créé sera scindé afin de séparer les produits à forte marge des génériques, qui ont tiré vers le bas les performances de Pfizer ces dernières années.


Opération historique

L’opération est historique. C’est l’une des plus importantes jamais conclues en matière de fusions acquisitions, devant le méga-rapprochement des brasseurs AB InBev- SABMiller annoncé cette année. Elle représente aussi la plus grosse « inversion fiscale » jamais réalisée aux Etats-Unis - un montage couramment pratiqué permettant à une entreprise américaine de délocaliser son siège social à l’occasion d’un rachat, pour bénéficier d’une fiscalité plus clémente. Mais pour rendre l’opération encore plus favorable, c’est Allergan, déjà basé à Dublin, qui rachètera Pfizer, dont le siège est à New York. Un montage mûrement réfléchi : Pfizer cherche en effet depuis longtemps à réduire son taux d’imposition (35% aux Etats-Unis) par le biais d’une inversion fiscale. Le groupe avait tenté en vain de racheter AstraZeneca en 2014, afin de déplacer son siège en Grande-Bretagne.

Le nouvel ensemble va constituer un véritable mastodonte de l’industrie pharmaceutique, avec des ventes dépassant 60 milliards de dollars, loin devant l’américain Merck, numéro deux (avec 40 milliards). Il sera doté de l’un des plus gros budgets de R&D du secteur et exploitera quelques best-sellers, dont le vaccin contre la pneumonie Prevenar, les traitements anti-rides Botox, ou le Viagra. Ce rapprochement devrait enfin doper la croissance en berne de Pfizer, et permettre à Allergan de se développer à l’extérieur des Etats-Unis, où il réalise actuellement l’essentiel de ses ventes.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 24 Nov - 16:42

LE PACTE « D’INSÉCURITÉ » DE FRANÇOIS HOLLANDERobert Bibeau Les7duquébec.com 23 novembre 2015    

(Vous trouverez ci-dessous un article tiré du journal français l’Expansion. http://lexpansion.lexpress.fr/

L’auteur de l’article tente de mettre en contradiction la droite ricardienne (Ricardo) tenante de la rigueur budgétaire, – de l’éradication des déficits publics – afin disent-ils de stopper le chômage;  et la gauche bourgeoisie keynésienne (Keynes) tenante de relancer la croissance grâce aux dépenses gouvernementales – au prix d’accroitre le déficit de l’État


Robert Bibeau a écrit:
Les deux consorts bourgeois ont tort, mais pour des motifs différents. Le déficit de l’État ne peut en aucun cas être maitrisé – contrôlé ou réduit – quand la croissance économique est d’à peine 1.1% annuellement (en France et au Canada du moins). Les revenus anticipés ne peuvent combler la croissance normale des dépenses de programme dans ces états industrialisés. Le déficit étatique ne peut qu’empirer puisque la France ne fera même pas ce petit 1,1% de croissance appréhendée (ce qui en fait constitue une récession puisque l’augmentation ne couvrira pas la hausse démographique attendue et l’inflation anticipée). D’ailleurs, la gauche bourgeoise (hollandiste) applique déjà les politiques ricardiennes de compression budgétaire en réduisant les services publics excepté à la défense, à l’armement et à la sécurité nationale évidemment. Il faut comprendre que la police sera requise en cas de révolte populaire.

D’où vient le désaccord droite-gauche alors?  Il ne vient pas, comme le suggère l’article ci-dessous, d’une divergence idéologique (sic), mais d’une différence de position dans les instances du pouvoir. Les saltimbanques de l’opposition de droite peuvent exiger que l’on accroisse les dépenses de sécurité et de défense sans augmenter le déficit public – et donc ils peuvent réclamer que l’État réduise encore davantage les services et les aides sociales – ce ne sont pas eux qui devront appliquer ces politiques régressives. Les polichinelles politiques de la gauche hollandiste auront à appliquer ces mesures de compression et à faire face à ce qui pourrait bien transformer l’apathie de la classe ouvrière en révolte populaire contre les politiques de l’État et qui sait…en révolte contre l’État des riches. Hollande et sa bande sont heureux que l’on divague sur les attentats terroristes à petite échelle et que l’on oublie les attentats économiques à grande échelle qui frappent, et qui frapperont, la France, l’Europe et la planète tout entière.

Conclusion, que le gouvernement français augmente ou non le déficit ou non – l’horizon d’approfondissement de la crise économique en France n’en sera aucunement transformé. Cet horizon dépressif se conjugue avec celui de l’Europe et avec celui du monde entier d’où vous aurez compris pourquoi tous ces pays en crise réarment en vitesse comme  Jules Dufour le décrivait dans un article récent : http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-rearmement-planetaire/


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 25 Nov - 4:22



Le grand retour du Japon dans l'aviation civile  lefigaro.fr 11/11/2015 à 13:22


Atterrissage du premier vol domestique d'un avion produit par le Japon


Le «MRJ» a réussi son vol d'essai ce mercredi. Cet appareil marque le retour du Japon sur le marché de l'aviation civile qu'il avait délaissé depuis 50 ans

Citation :
Le décollage est particulièrement symbolique. Le Japon a procédé ce mercredi matin au vol d'essai de son premier avion de ligne à réaction. Une étape cruciale d'un projet de longue date qui vise à entrer sur le marché de l'aviation. Un secteur jusqu'à présent dominé dans la région par les Canadiens et Brésiliens et convoité par les Chinois et les Russes.

Le départ du «Mitsubishi Regional Jet» avait été reporté cinq fois. «C'est un succès, proche de la grande réussite, j'éprouve une joie sans limite», s'est enthousiasmé Hiromichi Morimoto, patron de Mitsubishi Aircraft, filiale dédiée du conglomérat Mitsubishi Heavy Industries (MHI). «Il va falloir désormais accumuler des milliers d'heures de vol de test», a-t-il ajouté.




S'imposer parmi les principaux fournisseurs mondiaux


Le MRJ est un aéronef d'environ 35 mètres de long sur 29 mètres d'envergure. Il peut accueillir près de 100 passagers. Il s'agit du premier avion civil japonais conçu depuis un demi-siècle. Le groupe nippon, également actif dans les secteurs de l'énergie nucléaire, des éoliennes et des machines industrielles, ambitionne de compter parmi les principaux fournisseurs mondiaux de cette gamme d'appareils de taille inférieure à ceux proposés par Airbus et Boeing dont MHI est depuis longtemps un grand fournisseur de pièces. Ce premier vol est donc un symbole. Au point d'être escorté par deux avions chasseurs des forces d'autodéfense pour son inauguration.

MHI vante depuis l'origine le confort de la cabine (plus spacieuse que pour les autres avions régionaux) et les caractéristiques écologiques de son nouvel aéronef, principalement en termes de réduction des nuisances sonores et des émissions polluantes, le tout par comparaison aux «deux grands du marché», une référence implicite au brésilien Embraer et au canadien Bombardier. Sur ce même marché les Russes tentent de percer avec leur Superjet 100 mis en service en 2011 tandis que les Chinois ont conçu un premier avion régional l'ARJ-21, qui connaît cependant des déconvenues.


«Nous sommes ravis de la réussite du premier vol d'essai», s'est félicité le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, souhaitant «que se poursuive la collaboration public-privé pour le succès du programme MRJ». Le vol s'est déroulé sous les exclamations réjouies des commentateurs des télévisions japonaises.


MHI a reçu à ce jour plus de 400 commandes pour ce programme dont la phase industrielle a débuté en 2008 après des années d'hésitation. La première livraison, à la compagnie japonaise ANA, est prévue au printemps 2017. Pas moins de cinq usines au Japon participeront à la production en série du MRJ. Mitsubishi Heavy prévoit de construire dix appareils par mois avec, pour chacun, un million de pièces.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 25 Nov - 19:07

Vous avez dit… récession mondiale ? 25 novembre 2015  Robert Bibeau Les7duQuébec 9 novembre 2015 à 17 h 14 | Gérald Fillion | Radio-Canada.

Le mot récession apparaît dans l’analyse de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) diffusée en ce début de semaine sur l’état de l’économie mondiale. Au rythme actuel, la croissance du commerce planétaire en 2015 touche des niveaux qu’on considérait, dans le passé, comme étant « associés à une récession internationale. »


Robert Bibeau a écrit:
Plusieurs experts considèrent qu’en bas de 3 % de croissance, le monde est en récession ou se trouve dans un contexte économique qui ressemble à une récession. On associe généralement une croissance du PIB mondial qui se situe entre 3 et 3,5 % à un fléchissement des matières premières.

Or, l’OCDE révise sa prévision pour 2015 de 3 à 2,9 % seulement. Et pour 2016, de 3,6 % à 3,3 %. Pourquoi? Parce que la Chine ne cesse de décélérer. Ses importations dégringolent. L’OCDE prévoit une hausse du PIB cette année de 6,8 %, l’an prochain, de 6,5 % et en 2017, de 6,2 %. Vous comprenez que la croissance de la Chine demeure forte, mais le ralentissement de sa croissance a un impact marqué sur l’économie mondiale.


Des pays exportateurs, comme le Canada, sont particulièrement ébranlés par ce qui se passe en Chine. Plusieurs pays qui ont des liens importants avec la Chine demeurent en récession : c’est le cas de plusieurs pays émergents comme la Russie et le Brésil. C’est le cas aussi de la Grèce. Dans ces trois cas, il n’est pas prévu qu’une reprise se pointe avant 2017.

La croissance est faible au Canada : 1,2 % cette année et 2 % l’an prochain. Elle demeure assez faible aux États-Unis à environ 2,5 %. Il y a tout lieu de croire que la Réserve fédérale va encore se montrer hésitante avant de relever son taux directeur, malgré les bonnes données récentes sur l’emploi.


- Dis papa, c'est loin le Québec libre ?

- Tais-toi ! Et nage...


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 26 Nov - 19:15

on l'attendait, il faut bien que la guerre et l'état d'urgence servent à quelque chose... et quelques-uns... des leurres

chômage : la plus forte hausse depuis 2013...


Explosion du chômage au mois d'octobre  Le Point.fr (avec AFP) 26/11/2015


Mauvaise nouvelle pour Hollande à moins de 2 semaines des élections régionales : il y a 42 000 chômeurs de plus en octobre, soit une hausse de 1,2 %

Citation :
le gouvernement a publié ce jeudi le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi à fin octobre.


Après un fort recul en septembre et à moins de deux semaines des élections régionales, le gouvernement a publié ce jeudi le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi fin octobre. La France compte 42 000 chômeurs de plus (+ 1,2 %) en octobre, la plus forte hausse depuis 2013, pour un total de 3,59 millions. Sur un an, le nombre d'inscrits à Pôle emploi a augmenté de 3,7 %. En incluant l'outre-mer, il s'élève à 3,85 millions. La hausse est plus modérée en comptant les demandeurs d'emploi exerçant une activité (+ 13 100), qui sont désormais 5,43 millions en métropole et 5,74 millions dans la France entière.

Une bien mauvaise nouvelle pour le gouvernement, à moins de deux semaines du premier tour des régionales, même si les attentats de Paris et Saint-Denis ont refait passer la sécurité au premier rang des préoccupations des Français, devant les questions socio-économiques. Depuis l'élection de François Hollande en mai 2012, près de 625 000 chômeurs supplémentaires se sont inscrits à Pôle emploi. Le président de la République a plusieurs fois conditionné sa candidature pour un second mandat à une baisse "crédible" du chômage en 2016.


"La baisse s'enclenchera en 2016"

Le ministère du Travail a reconnu jeudi que la forte hausse du nombre de chômeurs en octobre n'était pas "satisfaisante", tout en tablant sur une baisse du chômage à partir de 2016. "La tendance se dirige vers une stabilisation du nombre de chômeurs en fin d'année et on espère que la baisse s'enclenchera en 2016", selon le ministère de Myriam El Khomri.

Le ministère a nuancé les mauvais chiffres de Pôle emploi pour octobre. "En tendance, le nombre de demandeurs d'emploi continue d'augmenter, mais à un rythme beaucoup moins soutenu qu'avant", relativise-t-il. "Les chiffres de Pôle emploi sont marqués par de fortes oscillations depuis le début de l'année, ce qui est un signe de reprise", assure le ministère. En septembre, Pôle emploi avait ainsi recensé 23 800 demandeurs d'emploi sans aucune activité en moins. "Les demandeurs d'emploi trouvent dans un premier temps des contrats courts, ce qui leur fait faire des allers-retours entre les catégories A (sans activité) et B ou C (activité réduite)", argumente-t-il.

Dans un communiqué, le ministère du Travail souligne en outre que, "depuis le début de l'année, la progression du nombre de demandeurs d'emploi sans activité reste très inférieure à celle observée en 2014", mettant en avant "l'efficacité" de la politique du gouvernement "en faveur des jeunes": depuis le début de l'année, le nombre de jeunes demandeurs d'emploi a diminué de 19 300.

Le gouvernement compte sur la réforme du travail

Selon les dernières estimations de l'Insee, l'économie française a commencé à redémarrer au troisième trimestre (+ 0,3 % de croissance) après avoir stagné au cours des trois mois précédents. Elle a aussi continué de créer des emplois au troisième trimestre dans le secteur marchand, tirée par les services et l'intérim. L'Insee n'anticipe pour l'heure qu'une stabilisation du chômage en fin d'année, à 10 % en métropole. Mais l'Unédic, le gestionnaire de l'assurance chômage, voit une inversion de la courbe en 2016.

Outre la croissance, le gouvernement compte sur la réforme du Code du travail pour améliorer la compétitivité des entreprises et favoriser l'emploi, et table toujours sur les effets du pacte de responsabilité. Dans un contexte de menace terroriste, les partenaires sociaux, reçus vendredi dernier à Matignon, estiment que l'emploi est un des remèdes à la radicalisation religieuse. "Si on ne lutte pas contre le chômage, la précarité, l'isolement, et notamment des plus jeunes, si on les maintient exclus du travail, on les rejette vers des solutions qui ne sont pas les bonnes", a ainsi plaidé le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 27 Nov - 4:06



France : crise économique après les attentats  26.11.2015

Le gouvernement travaille sur un dossier prévoyant des réductions d’impôts et la prolongation des remboursements de crédit


Citation :
Les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 victimes à Paris, ont donné un coup dur à l’économie française.

Les hôtels parisiens ont perdu plus de 30% de leurs clients, les restaurants, centres culturels et magasins se trouvent face à une vraie crise économique.

Les économistes annoncent que le coût des attentats de Paris à l’économie française est d’environ 2 milliards d’euros. Le gouvernement travaille sur un dossier prévoyant des réductions d’impôts et la prolongation des remboursements de crédit.

La situation économique n’est tellement différente en Belgique.

Malgré la réouverture des écoles et du métro, l’inquiétude règne chez les Belges. Les commandes sur les supermarchés virtuels ont doublé dans le pays. Le gouvernement belge prend énormément de mesures de sécurité dans les établissements hospitaliers, même les ambulances ne sont pas autorisées à y accéder sans être fouillées.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 27 Nov - 4:23

l'économiste marxiste américain Michael Roberts ne manque ni d'humour, ni d'opiniâtreté dans ses controverses sur l'évolution du taux de profit. Je lui donnerais le bon dieu de la critique de l'économie politique sans confession, mais il me faudrait d'abord une bonne traduction En attendant, les enfants de la classe, vous pouvez toujours regardez les images

Marxiens, Marxistes, profitabilité, investissements et croissance


Marxians, Marxists, profitability, investment and growth Michael Roberts November 24, 2015

I continue my campaign, along with a small band of like minds, arguing that the ups and downs of real economic growth are driven by changes in business investment. And, in a capitalist economy, that investment is driven by the level and movement in the profitability of capital and in the mass of profits generated by the workforce and appropriated by the owners of that capital. To me, this seems a simple and realistic analysis: profit rules. But this thesis is dismissed, ignored and rejected by mainstream, post-Keynesian and other ‘Marxian’ economists

Michael Roberts a écrit:
Mainstream economists reckon economic growth comes from a growing workforce and rising productivity per worker. That is true by definition, but what drives each component? According to mainstream economics, it is exogenous population growth plus the consumption and savings decisions of millions of individuals that materialise through the ‘hidden hand’ of the ‘market’ into aggregate supply and demand for goods and services. The consumer rules, growth follows.

According to the Austrian school, economic growth does come from investment. But it is the direct result of savings. The supply of savings will create investment and consumer demand through the workings of the market. Savings rule, growth follows.

According to the Keynesians, of various hues, it is consumer and investment demand that creates incomes and then savings. Demand creates supply through the workings of the market (but sometimes with the help of government). With the mainstream Keynesians, consumption by households rules; for the so-called post Keynesians, investment rules. For both, demand rules, growth follows. But for neither does profit nor profitability play a causal and central role in changing investment or consumption; on the contrary, the reverse is the case. As Keynes put it: “Nothing obviously, can restore employment which does not first restore business profits. Yet nothing, in my judgement, can restore business profits that does not first restore the volume of investment.” (Collected Writings Vol 13, p343).

In a recent discussion on the nature of Marx’s Capital and its relevance today, Prof Riccardo Bellofiore made a distinction between Marxians and Marxists. ‘Marxian’ economists are people who have taken Marxist theory forward to deal with new developments in capitalism, while ‘Marxists’ are stuck in the past of Marxist dogma and 19th century capitalism. It seems to me, however, that ‘Marxian’ economists tend to bend to the mainstream or Keynesian view that, while profit is obviously key to the nature of exploitation under capitalism, it plays no role in explaining the pace of economic growth or the regular and recurrent slumps in that output under capitalism. For an explanation of that, we must look to instability in the banking and financial system, the growth of credit (or debt), rising inequality squeezing labour’s purchasing power (‘underconsumption’), or monopoly ‘stagnation’ (a glut of profit). But don’t look to changes in the profitability of capital or the movement of profit and value created in the production and productive sectors of the economy. That’s old fashioned.

Well, I must be an old-fashioned ‘Marxist’ (well, at least, I am old). I am continuing the battle against ‘revisionism’ of ‘Marxians’ to promote Marx’s law of value and his law of profitability as an interconnected explanation of the causes of economic growth and crises under capitalism. So sometimes, it is relieving to get some support from mainstream economics.

First, Matthew Klein in the FT has a piece that points out that the conventional view of the relatively poorer rate of investment in Europe compared to the US is due to the weakness of its banks and their refusal to lend is wrong. There is no supporting evidence for this ‘credit’ cause of slow growth. In Europe, the collapse in credit is due to a lack of demand for borrowing not restrictions by banks. As the graph of Eurozone bank lending and loan demand shows, “the … demand for credit collapses out of proportion of anything bankers expressed about their willingness to lend”.


EZ bank lending

Klein goes on, “it’s difficult to look at all this and argue the problem has been the supply of credit. Something else seems to be at work.”

Paul Krugman in a blog post praised Klein’s analysis. Krugman reckoned it confirmed his long held view that the cause of the stagnation in Japan during the 1990s was not bad banking but the Keynesian ‘liquidity trap’ i.e. too high interest rates and a desire to hoard cash, not spend: “there’s little support for the bad-banks-did-it story, even though everyone repeats it. But look back at my 1998 BPEA on Japan, which is more or less where I came in. …I argued (154-158) that the nonresponse of monetary aggregates was exactly what you should expect in a liquidity trap, and that there was little evidence (174-177) that banking problems were actually central to the economy’s weakness.”

Be that as it may, we could also remind ourselves what Krugman said back then about Japan. “It appears as if the slump could go on forever. A dynamic analysis makes it clear that it is a temporary phenomenon—in the model it only lasts one period, although the length of a “period” is unclear (it could be three years, or it could be 20). Even without any policy action, price adjustment or spontaneous structural change will eventually solve the problem. In the long run, Japan will work its way out of the trap, whatever the policy response”. So apparently, liquidity trap or not, Japan would recover. When it did not, Krugman pushed to break the trap with quantitative easing which he reckoned would do the trick. As we know, after several bouts of QE from Japan’s monetary authorities, Japan remains stagnant, with five technical recessions since QE was introduced.

What Krugman does not refer to in his post on Europe’s banks is that Klein adds a little note from David Watts from CreditSight. Watts finds that if he runs growth in sales revenues and the level of utilisation of existing capacity for Eurozone non-financial companies against business investment, he finds there is a close correlation. In other words, what drives business investment are the level of sales and profits. Klein concludes: You don’t need any estimate of a “credit channel” (or “policy uncertainty” or “confidence”) to explain why companies boost or cut their capex. They spend when it’s profitable, and don’t when it isn’t.”

The simple answer is best. Recently, the Bank for International Settlements (BIS) latched onto the same point—that the Great Recession and the subsequent weak and slow recovery in the major economies was a product of the collapse in business investment. As the BIS put it: “Business investment is not just a key determinant of long-term growth, but also a highly cyclical component of aggregate demand. It is therefore a major contributor to business cycle fluctuations. This has been in evidence over the past decade. The collapse in investment in 2008 accounted for a large part of the contraction in aggregate demand that led many advanced economies to experience their worst recession in decades. Across advanced economies, private non-residential investment fell by 10-25 percent.” And the BIS went on: “the uncertainty about the economic outlook and expected profits play a key role in driving investment, while the effect of financing conditions is apparently small.”

So the bank dismisses the consensus idea that the cause of low growth and poor investment is the lack of cheap financing from banks or the lack of central bank injections of credit, just as Klein finds. Instead, the BIS looks for what it calls a “seemingly more plausible explanation for slow growth in capital formation,” namely, “a lack of profitable investment opportunities.” Companies are finding that the returns from expanding their capital stock “won’t exceed the risk-adjusted cost of capital or the returns they may get from more liquid financial assets.” So they won’t commit the bulk of their profits into tangible productive investment. “Even if they are relatively confident about future demand conditions, firms may be reluctant to invest if they believe that the returns on additional capital will be low.”

And now to back the BIS analysis up and give us old-fashioned ‘Marxists’ some Xmas cheer (sorry too early), there is a new analysis by mainstream economists Kothari, Lewellen and Warner from three American business schools, called The behavior of corporate investment. The authors find a close causal correlation between the movement in US business investment and business profitability.AggregateInvestment

In the graph below, the authors show the return on total assets of US non-financial companies (measured as after-tax profits as a percentage of assets – red dotted line); and the rate of fixed investment against total assets (blue line). What does it show? That the US non-financial corporate rate of profit fell secularly from the 1950s, reaching a low in the mid-1980s and then consolidating or rising a little after that.


Quarterly fixed investment (Capx) and after-tax profits (NI) scaled by lagged total assets for nonfinancial corporations from 1952–2010. Data come from the Federal Reserve’s seasonally-adjusted Flow of Funds accounts. Shaded regions indicate NBER recessions.

Profitability and investment

Those who are regular readers of this blog will not be surprised at that finding. But the graph also shows that business investment (as a share of assets) has declined in tandem with profitability. Again, this confirms the work of ‘Marxist’ economists like Kliman, Jones and Tapia Granados, among others.

The three mainstream authors of the paper find that “investment growth is highly predictable, up to 1½ years in advance, using past profits and stock returns but has little connection to interest rates, credit spreads, or stock volatility. Indeed, profits and stock returns swamp the predictive power of other variables proposed in the literature.” And that “Profits show a clear business-cycle pattern and a clear correlation with investment.” The data show that investment grows rapidly following high profits and stock returns—consistent with virtually any model of corporate investment—but can take up to a year and a half to fully adjust. This was exactly the conclusion that I have reached in my own study and jointly with G Carchedi (http://gesd.free.fr/robcarch13.pdf). See my graph below.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 27 Nov - 4:33

toujours intéressantes, les analystes de ces maoïstes hors du commun



La base économique-politique des différences d'attitude entre puissances moyen-orientales Servir Le Peuple 23 Novembre 2015

Nous avons maintes fois analysé, et encore à nouveau suite aux terribles évènements de Paris, les sanglants conflits qui se déroulent depuis de longues années maintenant au Proche/Moyen-Orient comme l'expression de grandes concentrations de capitaux (issus principalement de l'exportation d'hydrocarbures) qui se retrouvent "à l'étroit" dans leurs pays respectifs et cherchent donc des "terrains" (en clair : des pays) pour s'y investir et valoriser (fructifier).

Citation :
La plupart (pour ne pas dire la totalité) des forces que l'idéologie dominante occidentale regroupe dans le grand sac d'"islamistes" s'inscrivent en réalité dans ce paradigme comme "soldats" de ces visées expansionnistes, soit qu'elles aient été créées en tant que telles, soit qu'elles s'y rattachent tout en menant une lutte anti-impérialiste qui en soi est légitime (l'on pense bien sûr à la Palestine et au Liban).

Néanmoins, tous les "acteurs" régionaux ne partagent pas les mêmes objectifs ni les mêmes méthodes, et ceci a des raisons d'ÉCONOMIE POLITIQUE.

Nous allons essayer ici de voir synthétiquement lesquelles :

- L'Iran est un producteur important d'hydrocarbures, mais aussi un pays de très grande taille (trois fois l'Hexagone français) et très peuplé (plus de 80 millions d'habitant-e-s), doté d'une véritable économie productive : une agriculture ; une industrie aux ouvriers qualifiés dont profitent d'ailleurs beaucoup... les constructeurs automobiles des pays occidentaux soit-disant "ennemis", etc. etc. Il cherche à placer ses capitaux ainsi qu'à se constituer un "glacis stratégique" dans une démarche néo-séfévide, en s'appuyant notamment sur le "trait d'union" évident que représente la religion chiite ; mais cette nature économique explique son attitude à la fois "ferme" (assumant la confrontation avec l'Occident et ses autres rivaux) et "pragmatique" (ne faisant pas n'importe quoi n'importe comment, contrairement à ce que veulent faire croire les dirigeants israéliens pour mobiliser leur "opinion") : ce n'est pas une puissance aux abois, dans une fuite en avant. C'est en revanche un régime très "dur" en interne, très répressif, car il est issu d'une révolution confisquée par l'alliance de la bourgeoisie nationale (bāzār) et de la classe religieuse des mollahs ; alliance qui s'est transformée en nouvelle bourgeoisie bureaucratique compradore.


- Il est possible de dire exactement la même chose de l’État turc, en "version" sunnite et "néo-ottomane". Comme le Qatar ci-dessous, depuis l'élection du parti AKP en 2002, c'est surtout un soutien des forces relevant des Frères musulmans, qui sont dans une démarche "pragmatique" et souvent légaliste de conquête du pouvoir. Sa complaisance avérée envers les djihadistes de Syrie est elle aussi pragmatique, dans une optique anti-Assad/anti-Iran (avec lequel Ankara a rompu après des années de bonnes relations) et surtout anti-kurde ; tout comme le sont les liens qui ont pu se tisser entre les "islamistes" AKP et les ultra-nationalistes "semi-laïcs" et panturquistes du MHP. En réalité, l’État turc repose sur une démarche "état-nationale" tellement factice et condamnée à l'autoritarisme le plus brutal qu'il est surtout obsédé par éviter sa propre désintégration. Par conséquent, dès lors qu'un modus vivendi est possible, il s'installe tout simplement.

À l'opposé diamétral de Daesh, il en existe ainsi un avec... les Kurdes d'Irak : ils ne soutiennent pas et même combattent (fut-ce mollement) le PKK, ils n'ont globalement pas l'intention de fomenter la libération nationale kurde en dehors de leurs frontières, les affaires commerciales vont bon train ; bref tout va bien ! Il en va exactement de même avec le projet de "Califat" djihadiste qui n'a pour le moment manifesté l'intention de s'attaquer qu'aux Kurdes, aux "chiites" alévis et aux forces progressistes et révolutionnaires très liées à ces deux communautés. Ankara ne va donc pas entrer dans une "inutile" conflictualité avec lui alors que des centaines de cellules djihadistes pourraient passer à l'action et semer le massacre sur tout le territoire. En contrepartie, les régions "turques" frontalières sont mises à sa disposition comme "profondeur stratégique"...

- Le Qatar est un cas un peu "à part" parmi ses voisins du Golfe. En effet, il ne produit pas principalement du pétrole mais surtout du gaz pour GPL : un carburant d'avenir donc, et dont les réserves sur lesquelles il est assis semblent à ce jour illimitées. Il est donc dans une démarche relativement "zen" : il a bien sûr besoin de trouver où investir ses milliards, dont moins d'1% peuvent l'être au Qatar même (qui est un banc de sable sur la mer et où il n'y a pratiquement rien) ; mais le temps reste son allié. C'est pourquoi il soutient surtout des forces de type Frères musulmans, dont il est devenu de fait le quartier-général mondial, afin de constituer un "bloc" géopolitique autour de lui ; et que rarement des forces plus agressives comme au Mali (ce qui n'exclut pas, bien sûr, que des Qataris à titre privé puissent investir et chercher un retour sur investissement rapide dans le djihad).

En tant que "généreux" investisseur et même prêteur, il a également su (un peu comme la Chine) placer les bourgeoisies occidentales dans un rapport complexe avec lui, même lorsqu'il se trouve de fait en guerre avec eux comme quand il s'est "offert" le groupe Ansar Dine au Mali (ces contradictions peuvent toutefois se dénouer par moments en sa défaveur, la surprenante abdication de l'émir Hamad au profit de son fils Tamim en 2013 étant sans doute l'un de ces "dénouements" malheureux). Faire du Qatar, donc, le "sponsor" du djihadisme qui vient de frapper à Paris est n'avoir rien compris à rien et tout mélanger (mais un tel "mélange-tout" est bien sûr caractéristique de la mobilisation réactionnaire de masse et de ses serviteurs "de gauche", y compris "communistes" et même "maoïstes"). Si le Hamas palestinien a condamné les attaques de Paris, c'est que le Qatar condamne ; car le Hamas est l'une des "voix" du Qatar.

- Les autres États du Golfe, en revanche, sont surtout des producteurs de pétrole, source d'énergie de plus en plus remise en cause et dont les réserves, exploitées depuis 60 voire 70 ou 80 ans, vont en s'épuisant. Ils sont donc non seulement confrontés à la nécessité d'investir leurs immenses revenus, ce que leurs économies nationales hors-pétrole ne permettent pas, mais aussi au problème d'un tarissement à brève échéance de la source de ces mêmes revenus ! Il n'en faut pas plus pour expliquer leur comportement schizophrénique : leurs potentats "officiels" vont faire "risette" devant les dirigeants occidentaux afin de préserver leur unique ressource (l'écoulement de leur production pétrolière) et jouent les alliés indéfectibles, envoyant même les salafistes dont ils ont financé les mosquées appuyer... un coup d’État "laïc" en Égypte ; mais dans le même temps leurs grandes fortunes privées, en lien avec des éléments d'"État profond" (services secrets etc.), vont financer (investir dans) ni plus ni moins que les formes les plus agressives et meurtrières du djihad international ; tout simplement en raison de cette base économique précaire qui est la leur et les rend "aux abois".
















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