PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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MessageSujet: Le capitalisme à visage humain : la dette étudiante américaine   Ven 10 Juil - 4:07

à propos de la dette étudiante américaine

Le capitalisme à visage humain Nastasia Peteuil Mediapart 25 novembre 2014  

Nastasia Peteuil a écrit:
Dans le nouveau bulletin de la Banque de France du 3e trimestre 2014, Céline Mistretta-Belna se penche sur le cas de la dette étudiante américaine*. Elle analyse la relative gravité de cette situation. Mais où sont les étudiants dans ce tableau ?
*L’accroissement de la dette étudiante aux États-Unis, source de fragilité économique ? PDF

Comme de nombreuses analyses, ce bulletin parle de chiffres. Et de chiffres. Et encore de chiffres. On parle de quarante millions d'étudiants qui contractent une dette d'une moyenne de 29 000 dollars en 2014. On parle également d'une augmentation des prêts fédéraux face aux prêts privés beaucoup moins avantageux (une moyenne de 4,5% de taux d'intérêt pour les prêts fédéraux contre 8,5% dans le privé). On parle enfin des frais de scolarité qui n'ont cessé de gonfler: 1225% d'augmentation depuis 1978.

Ce bulletin est très juste. Il démontre que la dette n'est pas une bulle financière à l'instar de la bulle immobilière de 2007. Elle est protégée par les finances publiques américaines, même si celles-ci peuvent être fragilisées par la continuelle augmentation des prêts étudiants. Il souligne également les conséquences sur la consommation future des étudiants qui sera freinée par leurs remboursements.

La dette est souvent expliquée à travers ses chiffres. Les analystes ne regardent ce problème qu'avec leurs yeux d'économistes. Pourtant, ces quarante millions d'étudiants ne sont pas seulement des numéros. Ce sont des hommes et des femmes qui font face à des choix peu évidents, à un âge où l'on ne cerne pas encore ce que pèsera réellement un prêt de 29 000 dollars sur une vie.


Sur le campus de l'Université du Massachusetts-Amherst. © Nastasia Peteuil

La dette étudiante à visage humain

En 2013, lorsque je suis arrivée aux États-Unis pour conclure mon master de journalisme, j'ai choqué de nombreux étudiants lorsque je leur confiais le prix dérisoire de mon inscription à l'université. Les quatre cents euros payés par an leur paraissaient bien incroyables. Inimaginables même. La plupart payait environ 13 000 dollars par année d'étude (27 000 dollars si l'étudiant n'était pas issu de l'État).

Je me suis donc intéressée à cette dette étudiante dont tout le monde parlait - les étudiants, les médias, les politiques - en laissant complètement de côté les chiffres.

Le projet My life in debt  montre le visage de la dette étudiante. Quatre étudiants américains inscrits à l'Université du Massachusetts-Amherst témoignent de leur quotidien. En moyenne, chacun d'entre eux a contracté une dette qui varie de 30 000 à 100 000 dollars (25 000 à 80 000 euros) pendant leur scolarité.

Dans un diaporama sonore de 10 minutes, Preston, Kelly, Mike et Kathleen racontent leur vie d'étudiant endetté.


Quatre étudiants de l'Université du Massachusetts-Amherst expliquent leur quotidien d'endetté. © Nastasia Peteuil et Rahmah Pauzi.

Entre inconscience, peur et combat

Lors des entretiens, on comprend vite que les étudiants n'avaient pas vraiment conscience de l'importance des montants de leurs prêts. En discutant avec eux, ils expliquent que c'est un processus de "mouton" car tout le monde emprunte de l'argent sans se poser de questions. C'est ainsi qu'ils se retrouvent à 18 ans avec des milliers de dollars de dettes sans comprendre ce que cela représente: des années de remboursements avec des montants représentant jusqu'à 30% de leurs revenus, comme le confie Kelly.

On ressent également le désarroi de Preston qui préfère "ne pas penser à tout cela" en se concentrant sur ses quatre emplois étudiants qui assurent le paiement de ses études. La frustration de Mike est palpable, lorsqu'il explique devoir faire une croix sur un potentiel master en économie.  

Kathleen, de son côté, essaie de changer les choses. Elle travaille pour une association qui aide les étudiants à gérer leurs dettes tout en travaillant en parallèle sur la baisse des frais de scolarité

La dette étudiante aux États-Unis Darwin Jeanne Émard 25 février 2015

Darwin a écrit:
Grâce au blogue Economist’s View (que je vante pour la troisième fois, ce qui n’est pas assez…), j’ai lu la semaine dernière une série de trois textes sur la dette des étudiants aux États-Unis (un, deux, trois). Je vais tenter ici d’en faire ressortir les points saillants.

Ampleur de la dette étudiante

Les auteurs, Meta Brown, Andrew Haughwout, Donghoon Lee, Joelle Scally, and Wilbert van der Klaauw, débutent leur série en montrant à quel point la dette étudiante a augmenté au cours des dernières années, comme l’illustre le graphique suivant (notons que les données précises des graphiques du premier article sont accessibles ici).


Ce graphique présente l’évolution de quatre types de prêts non hypothécaires aux États-Unis, la HELOC, home equity line of credit ou lignes de crédit domiciliaire (ou deuxième hypothèque), les prêts auto (Auto loan), les dettes sur les cartes de crédit (Credit card) et les prêts étudiants (Student loan). Au début de la période (fin 2004), les prêts étudiants étaient les moins élevés de ces quatre types de prêts, mais les plus élevés à la fin 2014, 10 ans plus tard atteignant 1157 milliards $. Alors que les autres types de prêts ont diminué (de 2 % pour les prêts sur cartes de crédit) ou augmenté légèrement (de 9 % pour les HELOC et de 30 % pour les prêts auto), la tendance à la hausse des prêts étudiants n’a jamais faibli, la valeur de cette dette ayant plus que triplé en 10 ans (hausse de 235 %)! Cette hausse est composée d’une augmentation de 92 % du nombre d’endettés et de 74 % de la dette moyenne (qui a atteint 27 000 $ en 2014). Si 39 % des endettés devaient moins de 10 000 $ en 2014, 4 % d’entre eux (quand même 1,8 million de personnes!) devaient plus de 100 000 $. Si le tiers de la dette était attribuée à des jeunes ayant moins de 30 ans, 5 % de celle-ci était due par des personnes âgées de 60 ans et plus (moins de 2 % en 2004)…

Les auteurs expliquent la hausse des prêts étudiants par :

- l’augmentation de la fréquentation des collèges et universités;
- l’augmentation de la durée des études;
- la baisse des taux d’intérêt;
- la hausse des droits de scolarité (tiens, tiens…);
- la faiblesse du taux de remboursement.

Les auteurs terminent le premier texte en liant la hausse de la dette étudiante à la baisse de l’achat de maisons par les jeunes âgés de 27 à 30 ans qui ont des prêts étudiants et, bien plus troublant, à la baisse de formation des ménages chez ces mêmes jeunes.

Les défauts de paiements

Le deuxième texte faisant partie de cette série aborde la question des défauts de paiements. Mais avant de l’aborder, je préfère présenter un graphique que les mêmes auteurs ont publié dans un article précédent.


dette étudiants États-Unis2Ce graphique présente, pour les quatre mêmes types de prêts que le graphique précédent, mais aussi pour les prêts hypothécaires, l’évolution du pourcentage de défauts de paiements de 90 jours et plus. Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce graphique, c’est que le pourcentage de défaut des prêts étudiants a augmenté de façon notable depuis le creux de la dernière récession (2009), mais qu’il a diminué pour les quatre autres types de prêts. Pire, ce pourcentage est rendu le plus élevé des cinq types de prêts présentés, ayant depuis 2012 surpassé celui des prêts sur les cartes de crédit pour atteindre 11,3 % en 2014. Les auteurs mentionnent comme principal motif de cette évolution à contre-courant le fait qu’on ne peut pas se libérer d’une dette étudiante avec une faillite (sauf dans de rares cas et selon des conditions contraignantes, comme d’avoir respecté ses paiements de remboursement pendant au moins 20 ans), contrairement aux autres types de prêts.


Le deuxième texte de la série, de son côté, examine la situation de défaut de paiement par cohorte plutôt que globalement comme dans le précédent graphique. Le graphique ci-contre (les données précises de ce graphique sont accessibles ici) illustre l’évolution du pourcentage d’emprunteurs qui ont déjà fait défaut depuis le début de leur remboursement (et non pas qui sont en état de défaut de paiement comme le précédent graphique) pour trois cohortes, celles qui remboursent depuis 2005, 2007 et 2009. On peut voir que 26 % des membres de la cohorte de 2009 avaient déjà connu une période de défaut au cours des cinq années suivantes. Les taux correspondant pour les cohortes de 2005 et de 2007 étaient respectivement de 21 % et de 20 % en 2010 et en 2012, cinq ans après le début de leur remboursement. Même après sept et neuf ans, les cohortes de 2007 (24 %) et de 2005 (25 %) n’avait pas atteint les 26 % de la cohorte de 2009 après cinq ans. À combien ce taux s’élèvera-t-il après sept et neuf ans? Sûrement à plus de 30 % et probablement encore plus.

Les auteurs montrent ensuite que ce sont les personnes qui ont les prêts les moins importants qui font défaut le plus souvent. En effet, 34 % des membres de la cohorte de 2009 qui avaient une dette de moins de 5 000 $ avaient fait défaut au moins une fois par rapport à seulement 18 % de ceux qui avaient une dette supérieure à 100 000 $. Les auteurs ne possèdent pas de données permettant d’expliquer ces écarts, mais avancent que ces petits emprunteurs sont probablement moins nombreux à avoir terminé leurs études et à avoir obtenu un diplôme (d’où la faiblesse des sommes empruntées) ou à avoir trouvé un emploi suffisamment payant pour pouvoir faire face à leurs paiements de remboursement.

Le remboursement

Le dernier texte de la série examine le taux de remboursement des prêts étudiants et la vitesse (ou la lenteur…) à laquelle ils sont remboursés. Les auteurs insistent sur l’importance de cette question, car elle peut avoir un impact sur les autres dépenses des endettés, notamment sur leur possibilités d’acheter une maison, et aussi sur les montants d’intérêts qu’ils doivent continuer à payer (à des institutions financières qui en profitent démesurément, dois-je ajouter…).


Le fait qu’on ne peut pas se libérer d’une dette étudiante avec une faillite n’entraîne pas seulement un fort taux de défaut de paiement, mais aussi un faible taux de remboursement. Le graphique ci-contre montre les différentes situations des emprunteurs (les données précises des graphiques de ce texte sont accessibles ici).

«Alors que 17 pour cent des emprunteurs sont en situation de défaut de paiement, seulement un peu plus d’un tiers (37 pour cent) de tous les emprunteurs font des versements réguliers selon l’échéancier prévu. Les autres emprunteurs, soit près de la moitié d’entre eux, sont soit encore aux études ou dans l’un des divers programmes qui permettent aux étudiants d’éviter d’être en défaut de paiement. Fait important, ces emprunteurs ne réduisent pas leurs soldes [ils augmentent dans 33 % des cas et demeurent stables dans les 13 % des cas restants].»


Les auteurs observent ensuite que, si ceux qui ont les dettes les plus élevées sont moins souvent en défaut de paiement que ceux qui ont de faibles dettes, une plus forte proportion d’entre eux voient leur solde augmenter, même en respectant leurs échéanciers de remboursement (8,5 % de ceux qui doivent moins de 5 000 $, mais 23 % de ceux qui doivent entre 50 000 $ et 100 000 $ et 22 % de ceux qui doivent plus de 100 000 $). Cela veut dire que leurs remboursements ne couvrent pas les frais d’intérêt !


En fait, plus de 50 % des emprunteurs de la cohorte de 2009 ont soit déjà été en défaut de paiement ou ont vu leur solde augmenter. La situation globale n’est guère mieux! Le graphique ci-contre (le dernier, promis!) montre au-dessus des barres bleus le montant des dettes de chaque cohorte au début de leur remboursement. Par exemple, la cohorte de 2005 devait au départ 50,2 milliards $ et celle de 2010 78,3 milliards $. La colonne dorée montre le pourcentage de cette dette qui était encore effective en 2014. Par exemple, la cohorte de 2005 devait encore 62 % de sa dette de départ neuf ans plus tard, soit 31,2 milliards $ sur les 50,2 milliards $ du début. Celle de 2010 n’avait remboursé que 9 % (il en restait 91 %, comme indiqué sur le graphique) des 78,3 milliards $ de dette quatre ans plus tard, soit 6,7 milliards $. Il leur restait 71,6 milliards $ à rembourser!

Les auteurs soulignent que, selon un mode normal de remboursement sur 10 ans, la cohorte de 2005 aurait dû rembourser 90 % de sa dette alors qu’elle n’en a remboursé que 38 %… Il en reste 62 % à rembourser au lieu de 10 %, soit plus de six fois plus! Est-ce inquiétant? Pour certains, il s’agit d’une bombe à retardement, tandis que, pour d’autres, il s’agit carrément de la prochaine bulle qui risque d’éclater. Peu importe la figure de style, ou que ce fardeau retombe sur le système financier ou le gouvernement des États-Unis, il demeure que cette situation est intenable pour les familles des États-Unis.

Et alors…

Quand on sait que le système universitaire des États-Unis sert de modèle à ceux qui voulait augmenter les droits de scolarité au Québec pour pouvoir bénéficier d’universités de «classe mondiale», disons que je préfère, et de loin, notre système et l’aimerait encore plus s’il tendait à s’éloigner de ce modèle destructeur plutôt que de s’en approcher… Heureusement, cet objectif semble avoir reculé récemment, mais il faut rester vigilant si on ne veut pas le voir rebondir!
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MessageSujet: Chômage : pour le FMI les réformes sont encore trop timides en France   Sam 11 Juil - 16:19

ils ont le vent en poupe, les capitalos !

Chômage : pour le FMI les réformes sont encore trop timides en France latribune.fr  11 juillet


Même avec la reprise actuelle, qu'il juge durable, l'économie française restera confrontée à un taux de chômage élevé,
qui ne diminuera que très graduellement, selon le FMI. (Crédits : reuters.com)

La Tribune a écrit:
Même avec la reprise actuelle, qu'il juge durable, l'économie française restera confrontée à un taux de chômage élevé, qui ne diminuera que très graduellement, selon le FMI.

Dans un document publié vendredi, le Fonds monétaire international prône plus de flexibilité dans les accords en entreprise sur le temps de travail et les salaires. Pour revenir au rythme de créations d'emplois d'avant crise, il préconise aussi une réforme du Smic et un renforcement des incitations des chômeurs au retour à l'emploi, .

Après l'OCDE jeudi, c'est au tour du Fonds monétaire international (FMI) d'appeler la France à renforcer le contrôle des chômeurs pour les inciter à rechercher plus activement un emploi. Dans les conclusions de sa revue annuelle de l'économie française publiée vendredi 10 juillet, le Fonds souligne que, "si une reprise solide est en cours", des rigidités structurelles continuent de peser sur les perspectives à moyen terme de l'économie française. Et la nécessité de s'y attaquer est d'autant plus grande que, selon le fonds, la croissance potentielle de l'Hexagone est "fondamentalement plus faible qu'avant la crise".

Des incitations au retour à l'emploi des chômeurs jugées insuffisantes

Même avec la reprise actuelle, qu'il juge durable, l'économie française restera ainsi confrontée à un taux de chômage élevé qui ne diminuera que très graduellement, selon le FMI. De 10,3% (y compris l'outre-mer) au premier trimestre 2015, il ne reviendrait qu'à 9% à l'horizon 2020, encore bien au-delà de son plus bas de 7,1% de début 2008.

Pour permettre le retour au rythme de créations d'emplois d'avant crise, le FMI souhaite donc notamment une réforme d'ampleur du marché du travail. Dans ce contexte, il salue les mesures prises par le gouvernement pour baisser le coût du travail ou, plus récemment, diminuer les incertitudes juridiques autour des licenciements, ainsi que sa volonté d'améliorer le dialogue social.

Mais pour réduire le chômage encore plus vite, le FMI prône d'aller plus loin, en introduisant plus de flexibilité dans les accords en entreprise sur le temps de travail et les salaires, en adoptant une réforme du Smic et en renforçant les incitations des chômeurs au retour à l'emploi. Outre le système d'indemnisation "généreux" des chômeurs français, le FMI relève en effet que ses bénéficiaires manquent d'incitations pour retrouver rapidement un travail, que le système de sanctions n'est pas très contraignant et que son application n'est pas stricte.

Les mesures de la loi Macron saluées

Le FMI encourage d'autre part le gouvernement à maintenir l'élan des réformes favorables à la croissance initiées par la loi Macron votée vendredi, en s'attaquant aux obstacles bureaucratiques qui nuisent à l'activité des petites entreprises et aux barrières qui entravent la concurrence dans les services.
S'agissant de la remise à niveau des finances publiques de la France, il souligne que le rythme de réduction des déficits doit être "assez ambitieux" pour que les objectifs à moyen terme soient facilement atteints, y compris celui du ratio dette/PIB, et ce "sans nuire outre mesure à la reprise". Il recommande que le gouvernement s'appuie pour cela sur des mesures structurelles "identifiées par une large revue des dépenses à tous les niveaux de l'administration".


sur le même sujet
Le message d'alerte de l'OCDE sur le chômage longue durée  
Croissance mondiale : le FMI revoit ses prévisions à la baisse  
FMI : Lagarde prête à "considérer" un nouveau mandat  



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MessageSujet: L’Éthiopie, « la future Chine de l’Afrique » : croissance et pauvreté   Mer 15 Juil - 22:45


L’Éthiopie, « la future Chine de l’Afrique » La Croix 15 juillet

Le pays mise sur l’industrie, en particulier sur le textile, pour croître. Les hommes d’affaires éthiopiens comptent sur les nombreuses infrastructures en cours de construction pour faire décoller leurs affaires


Avec 10 % de croissance sur les dix dernières années, l’Ethiopie se transforme rapidement, comme ici dans la capitale, Addis-Abeba.

Vincent Défait a écrit:
Ils n’ont que ces mots à la bouche : « opportunités », « croissance », « infrastructures », « gouvernement engagé ». En Éthiopie, les hommes d’affaires et patrons d’industrie en sont convaincus : ils sont au bon endroit au bon moment.

De quoi surprendre à propos de l’un des pays les moins développés au monde. Un chiffre leur donne pourtant raison : le pays affiche une croissance de 10 % sur la dernière décennie.

C’est le résultat de l’action d’un gouvernement omniprésent, volontariste et qui applique à la lettre un plan quinquennal qui fixe, secteur par secteur, les objectifs du pays. « Dans un pays comme l’Éthiopie, le rôle du gouvernement est crucial », confirme Fassil Tadesse, PDG de Kebire Enterprises.

Son groupe appartient à une entité tentaculaire, Midroc, propriété du richissime éthio-saoudien Sheikh Mohammed Al Amoudi, principal investisseur privé en Éthiopie. Mais surtout, Fassil Tadesse est à la tête d’une des usines textile où le suédois H&M a choisi de relocaliser une partie de sa production.


Une économie essentiellement agricole


Le secteur est l’une des priorités du gouvernement, en partie parce que « le textile est un pont vers l’industrialisation pour un pays agricole comme le nôtre », explique Fassil Tadesse. Las, le secteur n’a généré que 100 millions de dollars (90 millions d’euros) à l’export, au lieu des 500 millions visés par le gouvernement. Loin des quatre milliards (3,6 milliards d’euros) générés par l’export de café.

« Nous n’avions pas d’expérience, nous avons appris. Un jour, l’Éthiopie sera le hub de l’industrie textile. En fait, l’Éthiopie sera la Chine de l’Afrique », conclut Fassil Tadesse. Alors le pays aura opéré sa mue.

Car pour l’heure, l’économie éthiopienne est surtout agricole. Et l’export surtout concentré sur des produits comme le café, les fleurs et les graines de sésame.

Quoi qu’il en soit, « c’est le moment de se positionner ici », explique Saleh Nasreddin, à la tête d’une usine de textile et d’une entreprise de biscuits. Le sexagénaire est revenu au pays récemment après avoir vécu en Égypte, en Turquie et au Nigeria. Avec des affaires dans chaque pays.

Le retour de la diaspora

« Quand le gouvernement aura fini de construire les barrages hydroélectriques, les routes et la voie ferrée vers Djibouti (seul accès à la mer de l’Éthiopie), le pays sera totalement différent. » L’homme d’affaires ne se fait pas d’illusions : l’espace laissé aux investisseurs privé est étroit, le système bancaire rigide et « la bureaucratie le principal problème ». « Mais le pays s’adapte peu à peu », se rassure Saleh Nasreddin.

La diaspora, surtout celle installée aux États-Unis, rentre au pays. Henok Assefa a quitté New York il y a huit ans pour installer ses bureaux dans un de ces immeubles neufs qui sortent de terre chaque mois.

Ses 30 salariés et 70 consultants conseillent les entreprises intéressées par le pays, mais aussi la Banque mondiale et USAID, le bras humanitaire de la politique américaine. « Quand je suis revenu, j’ai vu que l’une des insuffisances évidentes était le manque de secteur privé. Les business étaient jeunes, très petits et avec peu d’exposition internationale. »

Mais Henok y croit. Si le pays continue à investir dans les infrastructures et l’industrie à forte main-d’œuvre, la jeune population éthiopienne pourrait vite devenir un immense réservoir de nouveaux consommateurs. « En bref, si vous avez raté le coche avec la Chine il y a 40 ans et vous en voulez toujours, vous avez une chance de vous refaire à plus petite échelle. »

Des perspectives à l’export


À la quantité, certains préfèrent la qualité. Wondwossen Meshesha observe la société éthiopienne changer dans le plus ancien des six cafés de l’entreprise familiale, Tomocca. Les commerçants de Merkato, le plus grand marché à ciel ouvert d’Afrique, viennent boire leur macchiato sucré ici.

À 28 ans, Wondwossen dirige l’entreprise depuis quatre ans, après une scolarité au lycée français d’Addis-Abeba et des études dans une université américaine. Tomocca est l’un des rares à exporter un café torréfié, prêt à être consommé.

« Notre prochain café sera ouvert… à Tokyo », s’enorgueillit Wondwossen. « Bientôt, vous trouverez notre café dans les magasins spécialisés de Paris. » En attendant, on peut toujours en acheter sur Amazon.


En Ethiopie, la croissance n'élimine pas la pauvreté 25 mai 2010

Nicolas Henin a écrit:
Le premier ministre Meles Zenawi, qui sollicite un nouveau mandat dimanche 23 mai, met en avant son bilan économique, obtenu au prix d'une gestion autoritaire du pouvoir

A Addis-Abeba, Samuel Tafesse est une icône, un symbole de réussite. La fortune de cet entrepreneur, dans ce pays sans ressources qui compte encore sur le café comme principal revenu d'exportation, provient du béton, dont il est un magnat.

À la tête de sa holding, Sunshine, il a contribué à modifier l'aspect de la capitale éthiopienne. Les collines de la ville se sont couvertes de chantiers. Un peu partout, de fragiles échafaudages de bois et de ficelles s'élancent autour de silhouettes de ciment frais.

Il ne s'agit pas de petites maisons, mais d'hôtels de luxe de douze étages, de complexes de bureaux, de maisons de standing dont le néoclassique pompeux bouscule les bidonvilles des alentours. Les mauvaises routes défoncées sont goudronnées l'une après l'autre. Et les engins de chantiers terminent un nouveau périphérique de deux fois quatre voies.

Un miracle économique

L'Éthiopie vit un miracle. Une croissance de 10 % par an depuis près de dix ans. Forte de cette prospérité, elle aime à se faire appeler le « Tigre de l'Afrique », en référence aux économies émergentes d'Asie du Sud-Est. « Ces bons résultats sont sans doute la conséquence de l'introduction du libre marché », juge Amare Aregawi, rédacteur en chef du quotidien The Reporter.

L'économie éthiopienne est encore marquée par des années de communisme. L'État contrôle la plupart des entreprises, du juteux monopole sur les télécommunications jusqu'à la propriété de la plupart des hôtels. L'ouverture au privé s'est faite à contrecoeur, sous la pression des organisations internationales. Mais elle a permis l'apparition d'une classe moyenne alimentée par les fonds de la diaspora, mais aussi très dépendante du pouvoir, puisque le gouvernement reste le principal donneur d'ordres.

L'économie, c'est l'argument principal mis en avant par le premier ministre Meles Zenawi, candidat à sa succession lors des élections générales qui se tiennent ce dimanche. Un scrutin sans surprise : l'opposition est divisée, sans moyens et privée de parole sur les chaînes de radio et de télévision, toutes publiques.

L'Éthiopie reste vulnérable

À la tête de l'Éthiopie depuis quinze ans, Meles Zenawi a assis un pouvoir sans partage, s'attirant les reproches des défenseurs des droits de l'homme. Les dernières élections, en 2005, avaient donné lieu à des violences, provoquant la mort de plus de 200 personnes. « La police avait tiré à balles réelles dans les rues », se souvient un habitant d'Addis-Abeba. Cette fois-ci, malgré la tension, personne ne s'attend à ce que le scrutin dégénère. « Le pays est trop bien tenu », résume un diplomate occidental.

Pourtant, même sur le plan économique, l'Éthiopie reste vulnérable. Huit personnes sur dix vivent d'une agriculture de subsistance. Une sécheresse, une mauvaise récolte, et c'est le drame. Même si, depuis la grande famine de 1984, des filets de protections ont été mis en oeuvre, avec notamment des distributions de nourriture.

Sous les grilles du palais du premier ministre, dans le quartier d'Aware, s'étale un taudis où l'on ne survit que grâce à l'aide internationale. On y progresse dans des ruelles étroites, pleines d'ordures et d'excréments.

30 centimes d'euros par jour

C'est ici que vit Assegdech. Sous un abri de branchages et de bâches de deux mètres sur deux, cette grand-mère vit seule avec sa petite-fille de 14 ans depuis que le sida a emporté le reste de la famille. Dans un coin, une planche sert de lit aux deux femmes. Pas de couvertures, mais un amoncellement de vieux vêtements sous lesquelles elles se blottissent durant les froides nuits de cette ville d'altitude.

« Je passe mes journées dans les rues à vendre du charbon de bois, explique la grand-mère. Je gagne environ 5 birrs (30 centimes d'euros) par jour. »
Comme tous les habitants de ce bidonville, Assegdech reçoit chaque mois du Programme alimentaire mondial sa ration de nourriture.

Puissance militaire régionale alliée des États-Unis, l'Éthiopie bénéficie d'une aide internationale massive. Une aide nécessaire à la survie de beaucoup, mais dont l'utilisation politique est contestée par l'opposition, qui estime que c'est cet afflux financier qui sauve le bilan du gouvernement. Pire, dit-elle, cette aide subventionne la répression. Cruel dilemme. Comme si la communauté internationale n'avait de choix que de laisser dépérir des millions de personnes ou de soutenir un régime autoritaire.


Nicolas HENIN, à Addis-Abeda
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vlad2
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MessageSujet: faillitte des fonds de pensions US ?   Jeu 16 Juil - 11:34

Vers la faillitte des fonds de pensions US :

Faillite : pendant que la Grèce lutte, Porto Rico sombre
Le 16 juil. 2015

L’île de Porto Rico ne peut pas rembourser ses 72 milliards de dollars de dettes.

Le gouverneur du territoire autonome américain de Porto Rico a reconnu dimanche que l’île ne pourrait pas rembourser ses 72 milliards de dollars de dettes accumulées. Récit d’une longue descente aux enfers qui rappelle le cas grec.

C’est un territoire qui croule sous les dettes, est empêtré dans un cercle vicieux d’austérité et de récession et dont la majorité de la population est au chômage. Bienvenue… à Porto Rico, qui vit une situation qui a le goût de la crise grecque, l’odeur de la crise grecque, mais n’est pas la Grèce.

Là où Athènes tente encore d’éviter une faillite, ce territoire des États-Unis vient de jeter l’éponge. Le gouverneur de cette île des grandes Antilles, Alejandro García Padilla, a reconnu que son territoire ne pourrait pas rembourser ses créanciers lors d’un entretien au “New York Times”, dimanche 28 juin. Porto Rico doit maintenant trouver un accord avec ses créanciers concernant les 72 milliards de dollars (64 milliards d’euros) qu’il leur doit.

Spirale infernale

“Nous sommes tombés dans une spirale infernale”, a-t-il déclaré au quotidien de la côte Est des États-Unis. Ce territoire autonome tente de sortir d’une récession quasi-permanente depuis 10 ans. L’absence de croissance réduit ses rentrées fiscales, oblige Porto Rico à emprunter toujours plus d’argent sur les marchés pour se financer, ce qui a fait exploser la dette publique (qui atteint 100 % du PNB, le Produit national brut). Conséquence : plus personne ne veut prêter des fonds, sauf à des taux d’intérêt exorbitants, et les caisses du Porto Rico se sont vidées.

Mais on ne tombe pas dans une spirale infernale comme Obélix dans une marmite de potion magique par accident quand on est petit. “Il est coutumier de dire que les problèmes proviennent de la fin de la provision fiscale américaine 936 pour les entreprises du continent [États-Unis] qui s’installeraient sur l’île”, peut-on lire dans une analyse de la situation de Porto Rico rédigée par plusieurs membres passés et présents du FMI, à la demande des autorités locales. Oncle Sam se serait donc créé sa propre version de la Grèce en ne prolongeant pas, en 2006, une incitation fiscale qui avait fait de l’île un paradis pour des entreprises de divers secteurs de pointe. “Il y a eu un exode massif d’entreprises, notamment du secteur pharmaceutique, qui a favorisé la récession”, souligne le “Wall Street Journal”.

Cette clause n’était, pourtant, pas le seul ver dans la pomme portoricaine, assurent les experts du FMI. L’activité a en effet commencé à décliner dès 2004 et cet accident réglementaire a servi de révélateur de problèmes plus profonds. Il y a d’abord eu une crise de l’immobilier, puis la crise financière de 2007 qui a durement frappé le “continent”, principal partenaire commercial de l’île. La reprise n’a ensuite pas été au rendez-vous à Porto Rico car, d’après la note de synthèse, son marché du travail protège davantage les salariés que dans le reste des États-Unis, ce qui a dissuadé des entreprises de revenir s’installer sur l’île et d’autres d’embaucher. Le tout a entraîné une crise bancaire et du crédit.

Pas bon pour l’Américain moyen

C’est donc un tableau très noir que dressent ces économistes du FMI. Ils ajoutent, en outre, que l’austérité imposée par les autorités pour tenter de réduire le déficit et la dette a “été contre-productive”. Les Grecs seront sûrement ravis d’apprendre que de l’autre côté de l’Atlantique, des experts du FMI peuvent estimer que la rigueur en période de récession ne fait qu’aggraver les choses…

Le statut particulier de ce territoire rajoute aux problèmes de l’île. Porto Rico ne peut, en effet, pas demander à être placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites comme ont pu le faire Detroit et d’autres villes américaines. Ce texte permet, en effet, d’encadrer la procédure de restructuration des dettes. Mais Porto Rico va devoir se débrouiller comme un territoire autonome.

Le seul atout de l’île est que cette faillite n’est pas bonne pour l’Américain moyen, comme le souligne la BBC. Si dans le cas grec, la plupart des créances sont entre les mains d’importantes institutions financières, la situation est très différente à Porto Rico car les dettes sont, essentiellement, entre les mains de fonds de pension. C’est donc de l’argent de salariés et de retraités du “continent”, et ceux-ci ont un poids politique certain.

Source : Sébastien Seibt, pour France 24, le 30 juin 2015.

http://www.les-crises.fr/faillite-pendant-que-la-grece-lutte-porto-rico-sombre/

































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MessageSujet: Accélération de l’accumulation capitaliste en Amérique Latine : la Colombie comme archétype   Sam 18 Juil - 23:51

Accélération de l’accumulation capitaliste en Amérique Latine : la Colombie comme archétype Cecilia Zamudio 9 juin 2015


La situation politique en Amérique Latine s’inscrit dans une situation mondiale dans laquelle s’accélère l’accumulation capitaliste par le biais d’une plus grande exploitation des travailleurs, d’une plus grande déprédation de l’environnement, et d’une augmentation des guerres impérialistes. Contribution

Cecilia Zamudio a écrit:
Il y a une intensification du pillage contre les peuples d’Amérique Latine, et une intensification du terrorisme d’État qui garantit l’accumulation capitaliste. Cette action mortifère menée par les armées officielles et leurs respectifs instruments paramilitaires, se voit de manière tangible dans des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Honduras, le Paraguay, etc. La lutte des classes s’approfondit, avec une tentative d’extermination des militants sociaux de la part des différentes oligarchies et du grand capital transnational: en mettant en marche diverses stratégies d’intervention et en renforçant les structures du narcotrafic pour que celles-ci servent au travail de la terreur. L’actualité mexicaine rappelle beaucoup le schéma répressif mis en œuvre contre la Colombie depuis plusieurs décennies: essor du narcotrafic avec connivence étatique, et utilisation de celui-ci pour fomenter plus de groupes paramilitaires dont la fonction est d’exterminer les communistes et les autres activistes sociaux. Cette augmentation de la guerre oligarchique contre les majorités entraîne aussi la réponse populaire: grandes mobilisations et luttes des peuples.


Cuba continue d’être l’exception dans ce tableau de saccage, exploitation et répression, parce que l’île a réussi à consolider une révolution avec un système socialiste. Il y a aussi plusieurs pays dont les gouvernements ont essayé de faire des pas vers un changement de système: sans que pour l’instant ne se soit réalisée la socialisation des moyens de production dans un État entier. Le Venezuela a éveillé de grandes espérances, et le pétrole vénézuélien a représenté un ballon d’oxygène pour Cuba, en même temps que Cuba a envoyé au Venezuela des milliers de médecins pour créer des centres de santé dans les quartiers paupérisés et les zones rurales. L’aide cubaine a permis de dynamiser de grandes Missions Sociales. Il y a eu une avancée dans la prise de conscience au Venezuela; et il y a des secteurs de la population qui commencent à concevoir le socialisme comme quelque chose de positif, il y a même des secteurs de la population qui luttent pour réaliser ce changement de manière urgente et le dynamisent en occupant des fabriques et des terres. Mais d’un autre côté, le Grand Capital vénézuélien et mondial, essaient de déstabiliser ce processus, au moyen de l’interventionnisme états-unien, de l’activation du fascisme, du sabotage économique et la création de la pénurie.


La région andino-amazonienne est d’une grande importance pour le Grand Capital transnational. La Colombie est un pays convoité pour ses immenses ressources (minières, hydrauliques, biodiversité) et pour sa situation géostratégique (andino-amazonienne, avec accès à deux océans, faisant frontière avec cinq pays). C’est en plus le troisième pays le plus peuplé du continent, après le Brésil et le Mexique: la Colombie est donc un enjeu de taille. Cela fait des décennies que les appareils militaires du capitalisme mènent une guerre intensive contre le peuple colombien, avec une intervention permanente des Etats-Unis. Le capitalisme a utilisé l’extermination politique comme manière de se maintenir, mettant en œuvre les moyens les plus cruels pour semer la terreur dans la population, qui cependant continue à se battre pour sa liberté et contre le pillage transnational.

Directrices étasuniennes: stratégie paramilitaire au service du Grand Capital

Les militaires colombiens reçoivent un entraînement des Etats-Unis: ils intègrent le concept de « l’ennemi interne » qui régit l’action de l’armée colombienne. Les manuels étatsuniens préconisent l’usage de la torture de manière systématique, ainsi que l’usage du déplacement massif de populations, et la disparition forcée.  Les manuels de la CIA, comme le KUBARK, instruisent en tortures physiques et psychologiques1. La mission étasunienne Yarborough de 1962, préconise la stratégie paramilitaire, promue par l’État, dont l’objectif est d’assassiner les communistes et tous ceux qui revendiquent la justice sociale.

En mai 1964, sous la direction militaire étasunienne, l’armée développe l’Opération Marquetalia: les communautés paysannes du sud du Tolima sont bombardées de façon démesurée, puis assiégées. Des familles entières périssent de faim. C’était la majeure opération contre-insurrectionnelle jamais réalisée jusqu’alors en Amérique Latine. Cependant, les paysans survivants rompent le siège et se réfugient à Riochiquito, où ils conforment le Bloque Sur, qui quelques années plus tard donnerait naissance aux FARC. La croissance des guérillas s’explique par la nécessité pour la population de confronter un modèle économique qui saccage le pays et appauvrit la population; et par le fait que toute revendication politique subit la Terreur d’État.


La Colombie est le troisième pays le plus inégalitaire du monde: il y a 20 millions de pauvres et 8 millions d’indigents, plus de la moitié de la population se trouve à peine en situation de survie. Des milliers d’enfants meurent chaque année de faim, malgré les immenses richesses du pays. Pour donner un exemple concret: en ce moment, la communauté indigène la plus grande de Colombie, les Wayúu, souffre l’extermination, mourant de faim et de maladies associées à la pénurie d’eau, parce que les multinationales qui exploitent la mine de charbon du Cerrejón ont dévié un fleuve entier pour utiliser son eau. Armando Valbuena, de la communauté Wayúu, dénonce que plus de 14 mil enfants sont déjà morts à cause de la privatisation du fleuve Ranchería2. Ce sont des multinationales comme BHP Billiton, Glencore Xstrata, AngloGold, Drummond, Gold Fields, OXY, BP, Repsol et d’autres, qui en Colombie dévient des fleuves, empoisonnent les eaux, bombardent les montagnes, déplacent des communautés entières, financent des paramilitaires pour supprimer les syndicalistes, se bénéficient de bataillons militaires pour imposer leurs installations (par exemple, le Bataillon 18 au service de OXY). Elles commettent génocides et écocides. C’est cette situation d’appauvrissement des majorités au bénéfice d’une poignée, doublée de la terreur étatique systématique contre ceux qui revendiquent, qui est à l’origine du conflit social et armé.  

La terreur étatique en Colombie a causé plus de 9.500 prisonniers politiques, des dizaines de milliers disparitions forcées3. Plus de 4000 fosses communes ont été trouvées ces huit dernières années, avec 5.638 corps de disparus: c’est le résultat de l’instrument paramilitaire4. Précisément cette année sortent en liberté plusieurs chefs paramilitaires en vertu de la loi d’impunité que l’Etat colombien a confectionné à ses paramilitaires : entre 5 et 8 années de peine maximale si ceux-ci donnent quelques coordonnées de leurs crimes. La loi porte de nom de « Justice et Paix ». L’instrument paramilitaire réintègre  ses anciens tortionnaires au service ; un service qui n’a jamais cessé d’être actif. C’est en vertu de cette loi que le 22 mai 2015 est sorti en liberté « Julián Bolivar », un des grands serviteurs du grand capital: le paramilitaire fondateur d’une des Écoles de Torture dans le sud du pays, responsable d’assassinats, massacres, tortures, violations, disparitions forcées, etc.5

La terreur étatique est telle que plus de 60% des syndicalistes assassinés dans le monde sont assassinés en Colombie par les agents de l’État et l’instrument paramilitaire. La plus grande fosse commune d’Amérique Latine fut découverte derrière le Bataillon militaire de la « Force Omega », avec 2.000 cadavres de disparus par ce Bataillon qui reçoit l’assistance des Etats-Unis6. L’État colombien a éliminé physiquement un parti politique: plus de 5.000 militants assassinés7.

Déplacement de populations : au bénéfice de l’accumulation capitaliste

La Colombie est le deuxième pays au monde en matière d’assassinat contre des écologistes, avec 25 victimes en 20148. 80% des violations aux droits humains et le 87% des déplacements massifs de populations se sont produits dans les régions où les multinationales opèrent l’extraction minière. 78% des attentats contre des syndicalistes se produisirent contre des syndicalistes travaillant dans le secteur minier9. Le Terrorisme d’Etat est employé pour produire la paralysie des revendications sociales, et pour provoquer des massifs déplacements de populations favorisant le grand capital: la moitié du territoire colombien est octroyé en concessions à des multinationales. La stratégie du déplacement de populations est aussi utilisée afin de dépeupler la campagne, dans la tentative d’exterminer la base sociale de la guérilla.

Plus de 6,3 millions10 de personnes ont dû abandonner leurs terres, après avoir survécu aux massacres dirigés intentionnellement contre la population, exécutés par l’armée et l’instrument paramilitaire : déplacées par une planification de la terreur au service de l’accumulation capitaliste. Les bombardements de l’armée sur les communautés paysannes et les fumigations avec des produits chimiques cancérigènes, sont aussi des instruments destinés à provoquer des déplacements de populations11.

La tronçonneuse et la diplomatie


Lorsque nous parlons de Terreur d’État en Colombie, il s’agit de niveaux d’horreur qui impliquent que l’instrument paramilitaire commet des massacres en démembrant des personnes avec des tronçonneuses. Plusieurs paramilitaires ont confessé qu’ils utilisent des crématoires où ils brûlent leurs victimes vivantes, des élevages de caïmans nourris avec des disparus, des empalements, des viols collectifs et autres aberrations. Les victimes qui ont survécu témoignent des tortures les plus atroces. Les massacres sont commis avec la participation et la totale collaboration de l’armée. Il y a des cas terriblement évidents comme le massacre de Mapiripán, dans lequel les paramilitaires furent emmenés par les avions de la force aérienne du nord vers le sud de la Colombie, afin qu’ils commettent des viols et démembrements contre la communauté de Mapiripán pendant 10 jours; tandis que l’armée empêchait les victimes de s’enfuir: 60 paysans furent dépecés. Le général Uscátegui avoua que son travail était d’assurer le massacre et, pour cela, de combattre la guérilla des FARC qui essayait de rompre le siège militaire pour aider la population12.

Des milliers de cas attestent que le paramilitarisme est une politique d’État, et mettent en évidence l’action conjointe militaire et paramilitaire: comme le massacre de Cacarica quand, entre autres atrocités, les militaires et les paramilitaires jouèrent au football avec la tête du leader communautaire Marino López, obligeant la population à assister à l’horreur13. Le massacre du Salado est un autre exemple: les paramilitaires torturèrent et tuèrent 80 personnes pendant qu’un hélicoptère de l’armée survolait le village tout en tirant contre les paysans pour éviter leur fuite, le tout en musique, car les assassins amenèrent avec eux un groupe qui joua pendant les tortures. Les femmes furent violées et coupées de manière à laisser une empreinte de peur dans la mémoire collective14. Le massacre d’une famille d’Awa à Tumaco, est un autre exemple de la terreur d’État : des douze victimes, cinq étaient des enfants, dont un bébé de 8 mois. La mère de famille avait osé dénoncer l’armée15. La massacre de Mulatos San José de Apartadó fut une autre massacre aux mains de l’armée et des paramilitaires : 8 personnes y furent assassinées à la machette, dont 3 enfants de 2, 5 et 11 ans. Les assassins déclarèrent que ces enfants seraient devenus des guérilleros si ils les avaient laissé en vie16. La Terreur d’État vise à déplacer les populations et à les soumettre: elle continue en 2015.

Les stratégies employées contre le peuple colombien, affûtées par les « formateurs » états-uniens et israéliens, sont également employées dans d’autres pays comme méthode de contrôle social, contre-insurrection ou sabotage: on le voit au Mexique, au Honduras, au Pérou, et même au Venezuela où l’oligarchie fait de plus en plus usage du paramilitarisme.


Un autre exemple de comment l’État colombien est disposé à tout pour servir le grand capital, ce sont les « faux positifs »: ce sont des assassinats de civils perpétrés par l’armée, qui présente ensuite leurs cadavres comme des « guérilleros abattus au combat ». Ces cadavres sont utilisés dans la guerre psychologique: les médias les exhibent en permanence, c’est la « dissuasion par la terreur ». Il y a au moins 5700 assassinats de civils documentés comme « faux positifs », parmi lesquels de nombreux enfants: c’est une pratique systématique de l’armée colombienne. Pratique qui continue en 2015 comme le dénonce le CINEP17. Malgré l’horreur pratiquée par l’armée colombienne contre le peuple colombien, les diplomates du gouvernement colombien continuent de faire bonne mine, pendant qu’ils offrent le pays aux multinationales : tout est sous contrôle tant que les grandes fortunes, ces parrains du monde capitaliste, y trouvent leur compte.

La véritable Paix ne peut passer que par la Justice sociale ;
il y a des contradictions de classe fondamentales.


Pour parvenir à la paix en Colombie, il faudrait que cesse la stratégie de Guerre Sale mise en œuvre par l’État, et effectuer des changements structurels dans le modèle économique qui garantissent à tous une vie digne. Ces changements ont été réclamés lors des Pourparlers, tant par la guérilla que par les revendications que le peuple colombien a envoyé à La Havane. Mais le thème de « la Paix » a été mille fois manipulé par l’oligarchie, qui fait la guerre au peuple depuis des siècles. Les différents pourparlers entre la guérilla et l’État ont toujours été tronqués quand le gouvernement devait concrétiser des changements structurels. L’oligarchie n’est pas favorable à un changement de modèle de développement, ni à une réforme agraire, ni au respect de la souveraineté alimentaire; parce que c’est dans le modèle actuel qu’elle s’enrichit, sur le dos du peuple. Le capitalisme transnational n’acceptera pas non plus que se transforme le modèle d’économie d’enclave que subit la Colombie, qui garantit aux multinationales un enrichissement vertigineux par l’exploitation minière, l’exploitation des travailleurs, et l’agro-industrie; et ce sont là des thèmes indispensables pour le peuple: il y a des contradictions de classe fondamentales.

Dans les dialogues de La Havane on a pu connaître les propositions politiques de la guérilla, portant sur une infinité de thèmes; une documentation très intéressante qui a pourtant été ignorée par les grands médias. Et, il faut bien le dire, peu diffusée par les médias alternatifs internationaux. Cela se doit, peut-être, à ce que la désinformation imposée par les médias du capital, a laissé sa trace de préjugés et confusions. Les dialogues ont aussi été couverts sur le mode évènementiel par les médias des pays non alignés, se contentant de publications sommaires qui ne rentrent pas au fond du sujet: le contenu des propositions politiques. Ces médias alternatifs internationaux sont pourtant ceux qui pourraient amener un ballon d’oxygène informatif à un peuple soumis à la terreur d’État.

De nombreux penseurs critiques ont été assassinés par l’État colombien, comme ce fut le cas du professeur Correa de Andreis, du professeur Freytter Romero, de l’avocat de prisonniers politiques Carlos Salvador Bernal, du journaliste Clodomiro Castilla, etc. Face à la persécution, un nombre important de penseurs critiques choisissent le chemin de la clandestinité et intègrent les guérillas.

La supercherie du « tous se valent »


Malgré l’évidence de l’existence d’une stratégie étatique d’élimination de la pensée critique et de l’activisme social; depuis l’USAID est financée la supercherie du « tous se valent », avec son concept diffus d’« acteurs armés », qui prétend inclure dans le même sac: d’une part, le Terrorisme d’État planifié pour garantir le saccage capitaliste, et développé sous la doctrine de l’ennemi interne, avec une stratégie paramilitaire et l’appui étatsunien; et d’autre part les mouvements populaires constitués en guérillas qui ont de claires revendications politiques contre le saccage capitaliste. L’USAID prétend imposer cette supercherie moyennant son privilège dans les médias, le financement d’ONG, et l’extermination de la pensée critique.

Des milliers de penseurs critiques ont été victimes de disparition forcée; d’autres ont été incarcérés comme la sociologue Liliany Obando, le journaliste Freddy Muñoz (de Telesur), le professeur Miguel Ángel Beltrán, accusé d’être un « idéologue » des FARC, simplement parce qu’il avait entrepris une investigation académique portant sur la guérilla. D’autres penseurs critiques ont dû s’exiler. L’oligarchie criminalise l’étude de ce qui fait entièrement partie de l’histoire d’un peuple.

Pendant l’actuel processus de Pourparlers, les FARC ont démontré leur volonté politique avec des faits concrets comme une trêve unilatérale qui a duré 5 mois, pendant que l’État continuait la guerre. De plus, les communautés paysannes dénoncèrent que les militaires et paramilitaires profitèrent de la trêve de la guérilla pour agresser les paysans dans des zones où ils n’osaient pas pénétrer avant la trêve18. La trêve Unilaterale prit fin en mai 2015, après le massacre de 27 guérilléros par l’Etat Colombien qui bombarda un campement de la guérilla, puis assassina les blessés en leur tirant à bout portant pendant que ceux-ci demandaient de l’aide19. Deux Délégués de Paix de la guérilla ont déjà été assassinés par l’Etat colombien.

Le Terrorisme d’État monte en escalade sous les auspices du parrain étasunien. Plusieurs participants aux forums thématiques qui se déroulent en Colombie, ont aussi été assassinés ou ont été disparus par le binôme militaire-paramilitaire, d’autres ont été incarcérés.

La guerre économique est le premier bourreau du peuple colombien


Les Colombiens désirent une paix qui passe par la justice sociale; car en continuant dans la situation actuelle de saccage et d’exploitation, il n’y a pas de paix véritable pour le peuple, vu que celui-ci continuera à être victime de la misère, de l’exclusion, de la mortalité par des maladies curables, de la mortalité de faim, et de la répression systématique de la part des exploiteurs. La guerre économique est le premier bourreau du peuple colombien; la seconde cause de victimes est la Guerre Sale exercée par l’État lui-même et ses appareils répressifs officiels et paramilitaires: ce sont là des réalités documentées, sur lesquelles toutefois se taisent les médias d’aliénation massive. Car, pour les propriétaires des médias, la mort du peuple ne constitue pas une guerre, ils ne conçoivent la guerre qu’à partir du moment où leurs intérêts sont touchés; c’est seulement à partir du moment où surgissent des guérillas qui s’élèvent contre le modèle de saccage, que les capitalistes considèrent qu’il y a une guerre.

Pour le peuple, la paix est indissociable de la justice sociale; parce que nous ne voulons pas d’une « paix des cimetières » dans laquelle les exploiteurs pourraient continuer à capitaliser sur la mort des montagnes, des fleuves et des enfants.

C.Z.

Références :


1 : Injerencia de los EEUU, contrainsurgencia y terrorismo de estado, Renán Vega Cantor, 2015. http://www.corteidh.or.cr/tablas/r33458.pdf

2 : El río que se robaron, privatización provoca 14 mil muertes : https://www.youtube.com/watch?v=V0lSITRieDw

www.pacocol.org/index.php/comite-regional/la-guajira/13574-colombia-exterminio-privatizan-un-rio-y-matan-de-hambre-a-14-mil-indigenas

3 : 2011 le représentant de l’ONU por les droits de l’homme, Christian Salazar, informa que l’ONU estime que plus de 57.200 personnes ont été victimes de disparition forcée en Colombie. http://www.argenpress.info/2011/05/escalofriante-cifra-de-desaparecidos-en.html

http://tercerainformacion.es/spip.php?article25302

4 : http://www.ojosparalapaz-colombia.blogspot.com.es/2015/06/colombia-estrategia-paramilitar-en-8-anos-la-fiscalia-ha-hallado-mas-de-4-mil-fosas-comunes-con-5638-cuerpos.html

Noticias Uno : https://www.youtube.com/watch?v=IPdyRhJCk20&feature=share

5 : http://www.ojosparalapaz-colombia.blogspot.com/2015/05/en-virtud-de-la-ley-de-impunidad-sale-libre-paramilitar-que-implemento-una-escuela-para-descuartizar-campesinos-colombianos.html

Noticias Uno : https://www.youtube.com/watch?v=qylTAsetX3A

6 : La plus grande fosse commune du continent: http://www.publico.es/internacional/aparece-colombia-fosa-comun-000.html

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=99507

7 : 5.000 militants assassinés. Plan « Baile Rojo » http://www.youtube.com/watch?v=QVL54FcZq5E&feature=gv

8 : Deadly Environment, Global Witness

9 : Boletín Informativo No.18 de PBI Colombia, Noviembre de 2011

10 : La Colombie et la Syrie: pays avec le plus de personnes déplacées de manière forcée. CODHES recense 6,3 millions de personnes déplacées en Colombie. http://www.codhes.org/~codhes/images/Revista/Boletin16_ProcesoPaz_CEspitia.pdf

6,8 millions de victimes: http://www.telesurtv.net/news/El-conflicto-armado-en-Colombia-suma-68-millones-de-victimas-20141229-0002.html

11 : Glyphosate : http://lebilan.fr/2015/05/20/capitalisme-deplacement-de-populations-glyphosate-et-malformations-congenitales/

http://www.prensarural.org/spip/spip.php?article16874

12 : Masacre de Mapiripán: http://vimeo.com/5114407

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=138471&titular=un-video-prueba-el-accionar-conjunto-entre-paramilitares-ej%E9rcito-colombiano-y-marines-

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=138593

http://www.dhcolombia.info/spip.php?article1079   et   http://www.justin.tv/3ercanal#r=-rid-&s=em

Juge témoin du massacre: http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=p3CTM4Jtpik

13 : Opération militaire ‘Génesis’, conjointe entre militaires et paramilitaires. http://www.ddhh-colombia.org/html/noticias%20ddhh/a%F1osimpunidad31082011.pdf

CIDH, Opération Génesis http://www.rebelion.org/noticia.php?id=133265

http://justiciaypazcolombia.com/CIDH-presenta-caso-sobre-Colombia

Déclarations du paramilitaire Freddy Rendón: http://www.derechos.org/nizkor/colombia/doc/paz/alejo1.html

El señor de las moscas http://www.derechos.org/nizkor/colombia/doc/paramilitares.html

14 : “En su declaración, Juan Vicente Gamboa “Pantera” señaló a los militares como los autores intelectuales de la masacre. (…) se reunieron en el Batallón de Infantería de Marina con él y planearon la ejecución de la masacre de El Salado, ocurrida entre el 16 y 19 de febrero de 2000, y aseguró que los oficiales le entregaron una lista con varios nombres y que ofrecieron poner a su disposición un grupo de 25 infantes de marina. Fueron asesinadas 100 personas(…). Se ensañaron con las mujeres, violándolas y torturadoras, a una de las habitantes le introdujeron alambres por la vagina. Mientras les gritaban que eso era porque eran amantes de los guerrilleros”  http://sinolvido.justiciaypazcolombia.com/2015/02/la-danza-de-la-muerte-paramilitar-en-el.html

http://www.centrodememoriahistorica.gov.co/descargas/informes2009/informe_la_masacre_de_el_salado.pdf

15 : Le massacre d’une famille d’ Awa à Tumaco, Nariño, 2009:  http://justiciaypazcolombia.com/La-Masacre-Awa-reflejo-de-la

La mère avait dénoncé l’assassinat de son mari par l’armée:“(…) Una de las víctimas había denunciado ante la Fiscalía al Ejército Nacional como culpable del homicidio de su esposo, ella era testigo y había recibido amenazas”.

16 : Le massacre de 2005 de San José de Apartadó: http://sinolvido.justiciaypazcolombia.com/2014/02/masacre-san-jose-de-apartado.html

17 :  5700 « faux positifs » documentés, 4200 militaires et 22 généraux sous investigation. CINEP dénonce des cas récents, et la continuité de cette politique d’État. http://ojosparalapaz-colombia.blogspot.com.es/2015/05/persiste-la-politica-de-estado-de-los.html

CINEP documents, Telesur : https://www.youtube.com/watch?v=m7An_VcmQZg

Coordination Colombie-Europe-Etats Unis, 5.700 cas: http://www.telesurtv.net/news/Colombia-22-generales-son-investigados-por-falsos-positivos-20150412-0030.html

Document « Una herida que sigue abierta » http://www.verdadabierta.com/especiales-v/2015/falsos-positivos/

18 : Les communautés dénoncent que les militaires et paramilitaires sont en train de profiter de cette trêve de la guérilla pour agresser les paysans dans des zones où ils n’osaient pas pénétrer avant la trêve http://ojosparalapaz-colombia.blogspot.com.es/2015/03/la-estrategia-paramilitar-aprovecha-la.html

www.prensarural.org/spip/spip.php?article16441

19 : www.pazfarc-ep.org/index.php/noticias-comunicados-documentos-farc-ep/estado-mayor-central-emc/2714-farc-suspenden-cese-al-fuego-unilateral

www.pazfarc-ep.org/index.php/noticias-comunicados-documentos-farc-ep/delegacion-de-paz-farc-ep/2729-el-destino-de-colombia-no-puede-ser-el-de-la-guerra


de la même auteure Capitalisme, déplacement de populations, Glyphosate et malformations congénitales 20 mai 2015
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MessageSujet: Deux grands miniers taillent leurs effectifs face à la chute des cours   Sam 25 Juil - 1:27

Deux grands miniers taillent leurs effectifs face à la chute des cours AFP L'Express 24 juillet


Le géant mondial du platine Lonmin annonce la suppression de 6.000 emplois en Afrique du Sud,
pour faire face à la chute des cours et à la hausse des coûts de production

Citation :
Londres - Deux grands de la mine mondiale, Anglo American et Lonmin, ont annoncé vendredi la suppression d'une dizaine de milliers d'emplois à eux deux en Afrique du Sud et ailleurs, douloureuse conséquence sociale de la dégringolade des cours des matières premières.

Mastodonte basé à Londres, Anglo American va se séparer de 6.000 employés, sur les quelque 151.200 travaillant pour lui directement ou indirectement.

"C'est un environnement difficile",
a souligné le directeur général du groupe, Mark Cutifani, dans une interview diffusée sur son site internet. "Nous constatons un repli continu des prix de nos matières premières. Nous devons continuer à nous renforcer pour faire face à ces vents contraires."

Si 2.000 personnes concernées seront transférées dans d'autres entreprises dans le cadre de cessions d'activités, les 4.000 autres postes inclus seront supprimés. Il s'agira d'employés occupant des fonctions "de soutien", et non des ouvriers ou cadres présents sur les sites miniers.

Anglo American est actif à travers de larges pans de la production minière, du minerai de fer au cuivre, en passant par le charbon à coke et le platine, exploitant des mines au Canada, au Chili, au Brésil, en Afrique du Sud ou encore en Australie.  

Ce groupe minier diversifié subit de plein fouet la chute des cours des matières premières, qui ont perdu d'après ses calculs 41% pour le minerais de fer, 19% pour le platine, 18% pour le cuivre et 15% pour le charbon à coke en moyenne lors des six premiers mois de 2015 (par rapport à la même période en 2014).

L'exploitant a ainsi été forcé de déprécier de 2,9 milliards de dollars (2,65 milliards d'euros) sa mine de fer de Minas-Rio au Brésil et a in fine subit une perte nette de plus de 3 milliards de dollars au premier semestre.

Spécialisé dans la production de platine en Afrique du Sud, le groupe Lonmin a pour sa part prévenu qu'il allait supprimer 6.000 emplois sur les 28.000 qu'il compte en son sein.

"Le conseil d'administration a pris l'importante décision d'approuver des mesures supplémentaires pour réduire les coûts élevés de production, dans un marché où l'offre excède la demande, en fermant les puits de Hossy et Newman", a expliqué Lonmin dans un communiqué.

Inquiétude pour l'économie chinoise


Côté à la Bourse de Londres où son action plongeait de 10% vers 13H00 GMT, Lonmin a subi une perte nette de 90 millions de dollars lors du semestre d'octobre 2014 à mars 2015. Son activité avait été affectée par deux longues grèves en 2012 et 2014, marquées par la mort de 34 mineurs abattus par la police à Marikana en août 2012.

"Ces suppressions d'emplois annoncées par Anglo American et Lonmin sont directement liées à la baisse des cours des matières premières", a expliqué à l'AFP Andrius Balsys, analyste chez Euromonitor International.  

Les tarifs des matières premières, et en particulier ceux des métaux industriels, ont chuté dernièrement en raison d'une inquiétude des investisseurs quant au dynamisme de l'économie de la Chine, première importatrice mondiale, sur fond de surabondance d'offre.

M. Balsys doute que les mesures annoncées suffisent pour rétablir la rentabilité des deux groupes miniers. Dans le cas de Lonmin, il souligne que l'entreprise "cherche à regagner le contrôle sur son coût du travail" après les hausses de salaires concédées dernièrement après les grèves, mais "cela ne suffira pas pour compenser la perte de valeur liée au déclin des prix".  

L'analyste ne s'attend en revanche pas à de vastes plans sociaux chez le brésilien Vale et les anglo-australiens BHP Billiton et Rio Tinto, ces géants du minerai de fer jugés responsables de la dégringolade des cours du minerai qu'ils ont alimenté en continuant d'augmenter leur production malgré un excès d'offre sur le marché.

Ces trois groupes ont en effet des coûts de production bien moindres, grâce à leur taille plus importante et à leur accès à un minerai plus proche de la surface et de meilleur qualité, soulignait M. Balsys.

Read more at http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/afrique-du-sud-lonmin-programme-6-000-suppressions-d-emplois-dans-ses-mines-de-platine_1701732.html#LO28msWJipoZBFIc.99
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MessageSujet: L’économie politique, la science de la domination !   Lun 27 Juil - 15:39


titre étonnant, puisque l'économie... c'est le capital un site très alternatif, mais des infos...

L’économie politique, la science de la domination ! 2 juillet 2015


Eros, statue en aluminium, à Londres (Picadilly Circus) en face d’Hyde Park

Il existe un petit secret au sujet de l’économie. Les grands penseurs de l’économie n’étaient pas… des économistes !

Citation :
Adam Smith et Marx étaient philosophes, Keynes, diplômé en mathématiques et haut fonctionnaire,  Friedrich August von Hayek et Joseph Schumpeter, docteurs en droit, David Ricardo, agent de change et, cerise sur le gâteau, Frédéric Bastiat avait quitté l’école à 17 ans. Nous avons ainsi la démonstration que la science économique n’a connu de révolutions que par ceux qui apportaient un regard extérieur. Cependant, il convient de pousser l’analyse plus loin.

Capitalisme et communisme comme la plupart des « systèmes » de pensée, fonctionnent selon un raisonnement par induction, une forme d’introjection basée sur la falsification de l’hypothèse dont l’objectif est de trouver ce que l’on désire. Et ce que l’on désire le plus, c’est dominer l’autre car, comme l’affirmait Nietzsche : « je suis libre, c’est à lui d’obéir. »

Dans la mythologie grecque, Eros est le dieu qui symbolise le désir mais il est aussi celui de la puissance créatrice.

L’ensemble des analyses de l’économie politique n’a ainsi qu’un seul but, emmener les autres là où on le souhaite, justifier la domination de l’homme par l’homme, ce que résume Claude Lévi-Strauss avec brio : « La fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l’asservissement..»

Guy Ernest Debord nous offrait la quintessence de l’économie politique, du système de domination de l’homme par l’homme  :

Guy Ernest Debord a écrit:
dans une société où la marchandise concrète reste rare ou minoritaire, c’est la domination apparente de l’argent qui se présente comme l’émissaire muni des pleins pouvoirs qui parle au nom d’une puissance inconnue. Avec la révolution industrielle, la division manufacturière du travail et de la production massive pour le marché mondial, la marchandise apparaît effectivement, comme une puissance qui vient réellement occuper la vie sociale. C’est alors que se constitue l’économie politique, comme science dominante et comme science de la domination.

En science, il existe une grande loi : on finit toujours par démontrer ce que l’on cherche. La volonté de puissance de notre psyché finit donc par imposer comme vérité, une erreur communément admise,  ce que Frédéric Bastiat illustrait à merveille : « Je pense que détruire une erreur, c’est édifier la vérité contraire. »

J. K. Galbraith, économiste et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy, nous avait pourtant mis en garde :

J. K. Galbraith a écrit:
L’économie de marché est volontiers décrite comme un héritage ancien. En l’occurrence, c’est une escroquerie , ou plus exactement une erreur communément admise. Trop de gens apprennent l’économie dans des manuels qui entretiennent encore les dogmes de la production concurrentielle des biens et des services et de la capacité d’acheter sans entraves. En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent.

Toute loi humaine, ne l’oublions jamais, n’est qu’une hypothèse provisoire.

Lorsque l’homme cherche la vérité, il ne finit par trouver que lui-même…

study

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MessageSujet: Quelque chose se passe ?   Jeu 30 Juil - 12:56

Quelque chose se passe ?

Sur la piste grecque d’un debut de critique marxiste de la crise de l’economie politique contemporaine, Marx et la financiarisation, etc.

A propos de la financiarisation

extrait de : économie politique du capitalisme contemporain: Démystifier la finance,  p 110-111.
Citation :
Dimitris P. Sotiropoulos John Milios Spyros Lapatsioras économie politique du capitalisme contemporain et sa crise : Démystifier la finance ,presentation  A.Tzipras, 2013

http://users.ntua.gr/jmilios/A_Political_Economy_of_Contemporary_Capitalism_and_its_Crisis_Demystifying_Finance__Routledge__2013.pdf

Dimitris P. Sotiropoulos is Lecturer of Economics at Kingston University,London, UK.
John Milios is Professor of Political Economy and History of Economic Thought at the National Technical University of Athens,Greece.
Spyros Lapatsioras is Lecturer of the
History of Economic Thought at theUniversity of Crete,Greece.

sans traduction française,la loi du genre de l’edition fr..... [Patlotch : j'ai rétabli le français a minima et rajouté le graphique]

Citation :
L'esquisse théorique que nous avons essayé de mettre en avant n'approche pas seulement l'étude des mécanismes financiers (financiarisation) du point de leurs effets "contre-productifs" "productifs" ou (finance comme un processus de financement) vue - mais situe le phénomène de financiarisation dans toute une série d'effets «positifs», dans l'organisation de la réalité capitaliste, même si ces effets semblent marginaux à première vue.

Nous croyons que cette deuxième catégorie d'effets, qui restent dans une certaine mesure à l'état latent dans l'ensemble du processus, est la condition préalable la plus décisive pour la circulation du capital et la reproduction des rapports de force sociaux en général. À cet égard, la financiarisation est saisie d'une technologie complexe pour l'organisation du pouvoir capitaliste; l'aspect principal n’est pas la redistribution des revenus et de l'instabilité économique, mais l'organisation des relations de pouvoir capitalistes en ligne avec un prototype particulier. Ce processus en mouvement englobe différentes institutions, des procédures sociales, des analyses et des réflexions, les calculs, les tactiques et les modèles d'inclusion qui permettent l'exercice de cette définition précise, quoique très complexe, fonction qui organise l'efficacité des relations de pouvoir capitalistes à travers les rouages des marchés financiers ...

Les dérivés sont l'épicentre de la finance contemporaine... Dans les dérivés des données statistiques (comme ils sont perçus par la Banque des règlements internationaux: BRI), la taille des marchés des produits dérivés est mesurée par la valeur nominale ou notionnelle brute de toutes les transactions conclues et non encore réglée à la date de déclaration pour plusieurs types de produits (pas tous les produits de la finance dite structurée). Ceci est l'encours notionnel. La figure 6.1 illustre la tendance de cette variable après 1998 pour les transactions de gré à gré et organisées (comme il est tout à fait clair, le premier type de marché accable les dérivés traitant).


Il est facile de se rendre compte que l'expansion du marché des produits dérivés est considérable et remarquablement stable.
La taille totale de ces deux marchés dépasse le 1.000 pour cent du PIB mondial ou encore le 1 500 pour cent du PIB des économies capitalistes avancées.

À la figure 6.1, on ne peut pas échapper à la question suivante : comment la tendance ci-dessus peut être expliquée et quelles sont ses conséquences sur l'organisation du pouvoir capitaliste et de la vie sociale en général.

Cette question est étroitement liée à une autre : Pourquoi la recherche sociale et économique n'a pas souligné l'importance de cette tendance? La majorité des chercheurs qui se lancent dans l'étude de l'ingénierie financière contemporaine, ont recours à la spéculation comme fondement ultime de leur explication.

Mais alors, combien de fois la taille de ces marchés devrait outrepasser le PIB mondial pour que nous nous rendions compte que quelque chose se passe?

http://communisation.espivblogs.net/2015/07/29/about-financialization/
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 30 Juil - 13:48


une référence dénuée de sérieux pour la "communisation"

première question
j'avoue avoir un peu de mal à saisir leur question : qu'y a-t-il de nouveau, à part la proportion entre marchés dérivés et PIB ?

deuxième question
relativement au credo théorique de la communisation : elle n'a jamais tenu grand compte de la financiarisation du capital, et plutôt renvoyé sa critique à celle que font les démocrates radicaux du "capitalisme financier" ou du "néolibéralisme", leur reprochant de ne pas mettre essentiellement en cause le mode de production capitaliste, mais sa "dérive", ses "dysfonctionnements", ses "abus"...

ce qui est nouveau là, c'est surtout qu'un site "communisation" mette ce phénomène en avant, puisque comme l'indique le graphique sur lequel s'appuie le texte, il s'est engagé brutalement il y a 15 ans

de plus, les deux économistes "marxistes" John Milios et Spyros Lapatsioras, auteurs de l'ouvrage cité, avec en exergue une citation de Tsipras, font partie de la brochette des économistes conseillés du nouveau Prince grec



Quelle politique économique mènerait le parti de la gauche radicale s’il parvenait au pouvoir en Grèce ? Europe, Dette publique, fiscalité, réformes structurelles, urgences humanitaires… éléments de réponse avec trois de ses économistes. Les économistes de Syrisa Regards 15 janvier 2015

Le Financial Times a présenté le 7 janvier les économistes de Syriza les plus en vue. Alexis Tsipras, dit le journal, a constitué une équipe d’économistes de haut vol, issus pour l’essentiel des milieux universitaires. Le journal cite les noms de Georgios Stathakis, de John Milios, de Yannis Dragasakis, d’Euclid Tsakalotos, de Costas Lapavitsas et de Yanis Varoufakis.

Citation :
Faire connaissance avec le travail de ces économistes alors que l’on ne parle, ni ne lit le grec, n’est pas simple. Heureusement, ils écrivent souvent en anglais et parfois en français. Et ils répondent à la presse européenne qui les interroge sur le programme économique de Syriza et sur ce qu’ils feraient s’ils accédaient à des responsabilités gouvernementales.

En majorité marxistes

Universitaires marxistes pour une majorité d’entre eux, les économistes de Syriza enseignent dans des universités grecques, anglaises et même américaines de renom où ils ont parfois été eux-mêmes formés. Ils portent aujourd’hui le fer sur les enjeux essentiels de la Grèce et de l’Europe : la financiarisation et la mécanique de la crise financière ; la faillite des politiques des mémorandums appliquées à la Grèce, le caractère insoutenable de la dette publique grecque, l’urgence d’une politique "humanitaire", la nécessité de réformes structurelles, mais à l’opposé de celles de la Troïka. La grande majorité d’entre eux ne veulent pas de la sortie de la Grèce de l’euro, mais quelques-uns (dont Costas Lapavitsas) s’inscrivent dans cette perspective.


Tsipras et John Milios...

John Milios : « Sur la dette, l’Allemagne doit renvoyer l’ascenseur »

John Milios, responsable du secteur de politique économique de Syriza est professeur d’économie politique et d’histoire économique à l’université d’Athènes. Il se revendique de la tradition marxiste plutôt française et non soviétique. Une partie de ses travaux de recherche porte sur la lecture Althussérienne de Marx. Dans ses interviews récentes dans la presse européenne, Il insiste particulièrement sur l’urgence d’une politique humanitaire en Grèce et sur le traitement de la question de la dette publique.

John Milios a écrit:
« Nous ne voulons pas que l’on puisse travailler en Grèce dans des conditions qui ressemblent à du travail d’esclave comme l’a créé la politique d’austérité. Dans de nombreux secteurs de l’économie, de jeunes Grecs travaillent pour deux à trois euros de l’heure »The Guardian en décembre 2014

Les mesures humanitaires d’urgence devraient être l’électricité gratuite pour les Grecs dont le courant a été coupé, des tickets alimentaires distribués dans les écoles, l’accès aux, soins pour tous, la couverture des loyers pour les sans-abri, la restauration du salaire minimum à un niveau de 750 euros par mois, et un moratoire sur les remboursements des dettes des particuliers aux banques au-delà de 30% du revenu disponible. Le coût estimé, 1,3 milliards d’euros pourrait être couvert par un redéploiement des dépenses publiques et par une lutte réelle contre la fraude et l’évasion fiscale.

Mais souligne John Milios
John Milios a écrit:
« Cela constitue la moitié de l’équation ». L’autre moitié consiste à s’attaquer au problème de la dette. « Il est impossible de résoudre la question en imposant durablement à la Grèce un énorme excédent budgétaire, comme le prétendent les créanciers. » Selon lui, « plus de 50 % de la dette grecque doivent être annulés, une annulation de dette comparable à celle qui a été faite pour l’Allemagne à la conférence de Londres en 1953 ». Une demande qu’il a réitérée il y a quelque jours dans une interview au journal allemand Der Spiegel : « L’Allemagne, complètement ruinée par la guerre, a bénéficié d’un large effacement de sa dette grâce à la conférence de Londres de 1953. La Grèce a fait partie des pays qui ont accepté de donner à l’Allemagne la respiration dont elle avait besoin pour construire une économie solide. Il est temps que les Allemands nous renvoient l’ascenseur. »

Du reste, la question du caractère insoutenable de la dette publique ne concerne pas seulement la Grèce. John Milios et deux autres économistes grecs Dimitris Sotiropoulos et Spyros Lapatsioras expliquent comment s’y attaquer dans une étude publiée en novembre. Ils préconisent que la Banque centrale européenne acquière une partie significative de la dette souveraine des pays de la zone euro et la convertisse en obligations à long terme à taux zéro. Il n’y aurait pas de transfert de dettes entre États et les contribuables d’un pays ne paieraient pas pour une restructuration de dette d’un autre pays. La dette ne serait pas annulée. Les États individuels devraient racheter leur dette à la BCE lorsque le ratio de celle-ci par rapport au PIB aura diminué à 20%. Pour John Milios et ses co- auteurs,

John Milios a écrit:
« Une telle politique monétaire non conventionnelle constituerait la base nécessaire pour inverser les priorités politiques actuelles et pour remplacer l’ordre du jour néolibéral, par un programme de reconstruction sociale et économique ».

Giorgios Stathakis : « Briser le pouvoir des oligarques »

George Stathakis est souvent présenté comme un futur ministre de l’Économie dans un gouvernement Syriza. Député sortant et professeur d’économie à l’Université de Crète, il a fait ses études d’économie à l’université de Newcastle. Il a aussi enseigné à Harvard et au Queens collège. Il est co-auteur d’un livre d’essais sur Marx, et d’un livre consacré au plan Marshall et à l’histoire de l’aide américaine en Grèce publié en 2004.

En novembre dernier, George Stathakis était à la tête d’une délégation de Syriza qui a rencontré à Londres des représentants des banques d’affaires et de fonds d’investissement. La rencontre a donné lieu à quelques "fuites" sur les inquiétudes des milieux financiers, l’un de ces financiers ayant même qualifié le programme de Syriza de « pire que le communisme ». En réalité, George Stathakis a montré la faillite des mémorandums appliqués par la Troïka et le gouvernement grec, et donc la nécessité et le réalisme d’une politique qui soit en profonde rupture, ce qui inclut l’exigence d’un moratoire et d’une restructuration de la dette et celle d’une réforme bancaire et d’une restructuration de la dette privée.

L’économiste vient de le réaffirmer :

George Stathakis a écrit:
« La première question que nous soulevons est que la dette grecque n’est pas soutenable. La Grèce est plongée dans le piège d’une dette permanente, qui bloque toute possibilité d’un retour à la croissance, indispensable pour sortir de la crise. La deuxième question que nous soulevons est celle du remplacement du mémorandum, qui a été un échec retentissant par un programme orienté vers le retour de l’économie à la croissance. Et le troisième point est un programme de réformes, qui concerne notamment l’administration publique et le système fiscal que nous voulons plus juste et plus efficace. »

George Stathikis a précisé l’orientation de ces réformes dans une interview au Financial Times parue le 6 janvier : « S’attaquer à l’emprise des oligarques sur l’économie du pays est une priorité. » De telles réformes structurelles devraient être bien accueillies non seulement par les citoyens grecs, mais même par les préteurs internationaux du pays et donc par la Troïka, admet le journal de la City, qui reconnait lui-même que le système de clientélisme, de corruption et de prédation, liant les magnats grecs et la classe politique grecque au pouvoir, a été pratiquement maintenu en l’état.

George Stathakis pointe en particulier trois secteurs : les médias nationaux, les marchés de l’État et l’immobilier. « La Grèce,  explique-t-il, n’a jamais mis en vente de licence de télévision commerciale nationale. Les chaines de télévision commerciales fonctionnent sans aucune base juridique et l’Etat a perdu des recettes très importantes. » Le programme de privatisation devrait également être suspendu et les ventes litigieuses réexaminées. Il évoque notamment la vente de terrains en bordure de côte de l’ancien aéroport international d’Athènes pour 950 millions d’euros à des investisseurs grecs, chinois et du Golfe, et une concession de l’exploitation de 14 aéroports grecs régionaux, attribuée à un consortium gréco-allemande pour 1,2 milliards d’euros.

Yanis Varoufakis : « Le meilleur espoir de l’Europe »

Yanis Varoufakis fait partie des économistes qui ont "annoncé" la crise de 2007/2008. Conseiller de Georges Papandreou de 2000 à 2006, il a fortement critiqué les "plans de sauvetage" de la Grèce de 2010 et 2011 : « Il aurait mieux valu que la Grèce fasse faillite. » À la suite de pressions et de menaces, il a quitté l’université d’Athènes où il était professeur pour enseigner à l’université d’Austin au Texas.

Yanis Varoufakis se revendique d’un marxisme erratique, perspective à partir de laquelle il a par exemple proposé une analyse critique du livre de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle. Son livre Le Minotaure planétaire : L’ogre américain, la désunion européenne et le chaos mondial est paru en décembre 2014 en français (Éditions du Cercle). Il sera candidat sur la liste de Syriza aux élections de janvier 2015.

Il vient d’en donner les raisons sur son blog :

Yanis Varoufakis a écrit:
« Il n’avait jamais été mon intention d’entrer dans le jeu électoral. Lorsque la crise a commencé, je nourrissais l’espoir de maintenir un dialogue ouvert avec les hommes politiques raisonnables de différents partis politiques. Hélas, les "plans de sauvetage" ont rendu cela impossible. La crise inévitable de la zone euro a été traitée par un transfert cynique des pertes bancaires sur les épaules des contribuables les plus faibles. Les responsables politiques et les commentateurs qui ont accroché leurs bannières au mât de ces soi-disant plans de sauvetage ont fait ainsi précisément la démonstration qu’ils ne voulaient pas d’un débat rationnel. Au lieu de discuter, dans les espaces de débats publics de l’Union européenne, de la nature de notre crise systémique, les dirigeants politiques ont appliqué à des nations entières une véritable torture par l’eau, les laissant reprendre brièvement leur respiration avant de les replonger dans les eaux de l’illiquidité...

L’Europe a commencé à perdre son intégrité et son âme, se transformant en une cage de fer, une prison pour dette, une espèce de maison de correction victorienne... La Grèce est l’endroit où tout cela a commencé. Ce doit être le lieu où un renversement de la fragmentation de l’Europe va aussi commencer. C’est la raison pour laquelle lorsque Alexis Tsipras m’a honoré de l’offre de concourir pour un siège parlementaire à Athènes, en vue de jouer un rôle dans la négociation de la Grèce avec Berlin, Francfort et Bruxelles, je ne pouvais que l’accepter ».

Il y défendra en particulier les trois propositions « modestes », c’est-à-dire possibles sans changement des traités, qu’il a formulé avec ses collègues Stuart Holland et James Galbraith (Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro) et qui ont trait à la mutualisation des dettes, à l’union bancaire et à une relance massive des investissements sociaux et productifs. L’enjeu est, en effet, qu’une rupture de la politique économique de la Grèce, qui devra être négocié avec les créanciers de la Grèce et les dirigeants européens à commencer par les dirigeants allemands, soit en même temps un changement de cap de l’Europe.

Yanis Varoufakis a écrit:
« La majeure partie de la dette (80%) est maintenant détenue par le secteur "officiel" (BCE, Banques centrales etc). Cela signifie que, s’il y a la volonté politique, la dette peut être restructurée "en un long après-midi". La position de l’Allemagne sera cruciale. Pour minimiser les conflits et maximiser les chances d’un accord mutuellement bénéfique, nous devrons faire trois choses. Premièrement, nous devons nous assurer que les modifications apportées au programme grec sont assez substantielles pour rendre la Grèce "durable". Deuxièmement, nous devons offrir à Mme Merkel une manière de présenter le nouvel accord pour qu’elle puisse le vendre à ses parlementaires. Troisièmement, nous devons veiller à ce que tous les changements thérapeutiques sur le "programme grec", ne se limitent pas à la Grèce mais fasse partie, au contraire d’un ensemble large qui aide l’Europe à sortir de sa crise sans fin » (lire ici).

Selon Yanis Varoufakis, l’atout de la Grèce, pour changer l’état d’esprit de Berlin tient au « fait brut » que les dispositions actuelles sont inapplicables. « La vie a rendu caducs les plans de Berlin pour la stabilisation, non seulement de la Grèce, mais aussi du reste de la périphérie européenne, y compris la France. » Il n’y aura en tout cas, dans cette négociation, aucune utilisation par la Grèce de la carte d’une sortie volontaire de l’euro. « S’ils veulent nous mettre dehors, ils devront le faire sans notre aide. Mais ce faisant, ajoute-t-il, ils casseront aussi leurs propres maisons. »

troisième question
que signifie, aujourd'hui, et dans la situation d'aujourd'hui, cette référence de "communisateurs" à un ouvrage de 2013, et à des thèses de "marxistes" recrutés par Syrisa, dont il n'est pas difficile de voir :

1) que les mesures qu'ils préconisaient ont été celles mises en œuvre ou tentées, ou repoussées (Grexit) par le gouvernement de Tsipras depuis son arrivée au pouvoir, et qu'elle ont échoué à faire cela même qu'ils se proposaient, qui était une nouvelle gestion du capitalisme européen

2) qu'aucun de ces économistes, au-delà de remarques qu'ils font tous sur la crise, le poids de la fiance, ne saurait être une référence de critique pour la théorie de la communisation

une réponse
j'ai déjà souligné que la critique de l'économie politique était une faiblesse majeure de la théorie de la communisation, qui, hors Bruno Astarian, dont c'était le métier à titre professionnelle, bricole de façon conceptuelle et partielle. Je ne leur reproche pas, n'étant pas moi-même un expert en la chose, mais il faut quand même être lucide sur ce que nous savons et ne savons pas faire

le fait que ce texte soit balancé tel quel, sans commentaire, sur le site grec "communisation", des plus proches de Théorie Communiste (que ça n'engage certes pas) est symptomatique du flottement théorique actuel, et d'une crédibilité qui s'effrite maintenant sous tous les aspects de la critique radicale, y compris au cœur de celle héritée de Marx : la critique de l'économie politique

Que se passe-t-il ? Hé bien, les "camarades partisans de la communisation sont largués, tout simplement et en viennent à du n'importe ya quoi
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 13 Aoû - 20:07

après une livraison copieuse à l'occasion de la crise de subprimes, il y a un certain temps qu'on n'avait pas de texte français de marxistes critiques de l'économie politique

Michel Husson, dont les idées politiques sont proches de la 4ème Internationale, se jette à l'eau... glacée ? Et son calcul est-il égotiste ?

réponse de Monsieur le Capital au prochain soubresaut de sa crise...



Stagnation séculaire: le capitalisme embourbé ? Alencontre Michel Husson 5 juin 2015

Michel Husson a écrit:
Les capitalistes sont inquiets. La crise a non seulement fait chuter la production, mais elle semble peser durablement sur la croissance à venir. Le constat est clair pour le FMI: «La croissance potentielle a diminué dans ces dernières années dans les économies avancées et émergentes. Dans les économies avancées, cette baisse a commencé dès le début des années 2000 et a été aggravée avec la crise financière mondiale. Dans les économies émergentes, en revanche, elle n’a commencé qu’après la crise.» [1] Et le FMI ne discerne pas de véritable amélioration: «La croissance de la production potentielle est susceptible d’augmenter légèrement dans les économies avancées (…) mais elle restera à moyen terme en deçà des taux d’avant la crise. Dans les économies émergentes, [elle] continuera à baisser».


Ces inquiétudes s’expriment à travers le débat sur la «stagnation séculaire» qui est porté par des économistes qui n’ont rien d’hétérodoxes. L’expression fait référence à un article de 1939 [2] où l’économiste Alvin Hansen définissait «l’essence» de la stagnation séculaire comme «des dépressions auto-entretenues qui engendrent un noyau dur et apparemment irréductible de chômage». Mais il insistait surtout sur l’impact d’une baisse rapide de la croissance de la population sur la «formation de capital et la viabilité d’un système de libre entreprise».

Le débat contemporain recouvre au moins deux versions. La première fait référence aux effets de la crise financière et aux limites de la politique monétaire. Celle-ci serait rendue inopérante par le Zero Lower Bound, autrement dit par des taux d’intérêt proches de zéro qui limitent la capacité des banques centrales à relancer l’activité. Cette première catégorie d’analyses a l’intérêt de pointer le poids des dettes accumulées, mais elle débouche sur un appel à des politiques mieux adaptées, sans voir qu’elles sont contradictoires avec la logique profonde du capitalisme. L’un des participants à ce débat peut ainsi écrire: «Il n’y a pas de raison de s’infliger une stagnation séculaire si le gouvernement compense le désendettement du secteur privé par des mesures de relance budgétaire.» [3]

La deuxième version, portée notamment par l’économiste Robert Gordon, insiste sur le rendement décroissant des innovations en termes de gains de productivité. Plus précisément sa thèse est que «les innovations n’auront plus à l’avenir le même potentiel en termes de croissance que dans le passé.»[4] Son pronostic est très pessimiste: «La croissance future du PIB par tête sera inférieure à ce qu’elle a été depuis la fin du XIXe siècle, et la croissance de la consommation réelle par habitant sera encore plus lente pour les 99 % du bas de la répartition des revenus».

Cette thèse est évidemment discutable, mais son intérêt est de poser la question du dynamisme du capitalisme qui repose, en fin de compte, sur sa capacité à dégager des gains de productivité. Un petit détour est donc nécessaire pour analyser les liens entre productivité du travail et rentabilité.

Taux de profit et productivité

Pour un marxiste, c’est le taux de profit qui détermine la dynamique du capital. Il faut donc détailler les facteurs dont dépend l’évolution du taux de profit. Marx a proposé une formule classique où le taux de profit dépend de deux grandeurs: le taux de plus-value et la composition organique du capital. Dans ce qui suit, on élargit cette décomposition de manière à la relier à des variables empiriquement observables.

Le taux de plus-value dépend de l’évolution relative du salaire réel et de la productivité du travail. La composition organique du capital peut elle aussi être décomposée en une composition technique (le «volume» de capital par tête) et le prix des moyens de production exprimé en proportion du salaire.

Le résultat de cette décomposition conduit au résultat suivant : le taux de profit augmente quand la productivité globale des facteurs augmente plus rapidement que le salaire réel [5]. Cette productivité globale des facteurs est une notion habituellement utilisée par les économistes néo-classiques. Elle est définie comme la moyenne pondérée de la productivité du travail et de l’efficacité du capital (que les néo-classiques baptisent évidemment «productivité»). Mais cette variable peut être construite indépendamment de toute référence théorique : il suffit de disposer de données sur le volume de production (le PIB), les effectifs salariés ou le nombre d’heures travaillées, sur la part des salaires et le volume de capital [6].

L’intérêt de cette approche est d’établir les liens empiriques entre rentabilité et productivité. Jusqu’au milieu des années 1980, le ralentissement des gains de productivité se traduit par une baisse tendancielle du taux de profit. Ensuite, durant la phase néo-libérale, le capitalisme a réussi à rétablir le taux de profit malgré un ralentissement des gains de productivité (voir graphique 1). Mais il n’a pu le faire que sur la base d’une élévation régulière du taux d’exploitation et par la mise en œuvre de divers dispositifs qui l’ont conduit à la crise, comme on a déjà eu l’occasion de le signaler [7].

Graphique 1 : Taux de profit et productivité Etats-Unis+Europe+Japon 1960-2010


Le débat sur la stagnation séculaire peut alors être interprété de la manière suivante : si le capitalisme est incapable de dégager de nouveaux gains de productivité, peut-il retrouver un dynamisme renouvelé sans retomber dans les distorsions et les contradictions du modèle néo-libéral ? On voit que ce questionnement dépasse une lecture «financiariste» de la crise et qu’il a l’intérêt de s’intéresser aux «fondamentaux» du capitalisme. Cette problématique générale conduit à poser deux questions essentielles portant sur la possibilité d’un regain de productivité induit par les nouvelles technologies et sur le rôle des pays dits émergents. L’examen de ces questions conduit plutôt à la définition d’un programme de travail qu’à l’énoncé de propositions achevées.

Epuisement ou nouvel essor des gains de productivité ?

La littérature qui s’intéresse à la prospective est aujourd’hui extraordinairement polarisée. D’un côté, il y a, comme on l’a vu, le «pessimisme» de Robert Gordon. Mais il y a aussi de nombreuses contributions mettant l’accent sur le développement de la robotisation, sur les innovations des technologies de l’information et de la communication (réseaux, économie collaborative, imprimantes 3D, Big Data) … sans même parler du «transhumanisme».

Le livre de Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee [8] est sans doute le plus représentatif de ce courant. Les auteurs soutiennent que, dans un nombre croissant de secteurs, les technologies digitales se substituent déjà au travail humain. C’est pour eux une bonne nouvelle car la productivité accrue permettra une croissance plus élevée et bénéficiera aux consommateurs sous forme de baisse des prix. Mais c’est une mauvaise nouvelle pour les salariés évincés par les robots et condamnés à perdre la «course contre la machine», pour reprendre le titre de leur précédent livre.

D’autres économistes n’hésitent pas à quantifier le nombre de salariés concernés, et vont jusqu’à pronostiquer la disparition d’une proportion considérable d’emplois dans les décennies à venir. Dans une étude souvent citée [9], Carl Benedikt Frey et Michael Osborne mènent cet exercice dans le cas des Etats-Unis. Ils trouvent que près de la moitié des salariés (47 %) sont exposés à un risque élevé de voir leur poste de travail «informatisé», principalement les employés de bureau et les salariés des activités de service et le commerce (graphique 2). Plus récemment une étude [10] «établit» que 42% des emplois français sont potentiellement automatisables à 20 ans, et une autre [11] que 59 % des emplois allemands le seraient dans les prochaines décennies.

Graphique 2 : Probabilité d’informatisation des emplois aux Etats-Unis


En milliers. Source: Frey et Osborne, 2013
La surface totale couverte par les courbes est égale à l’emploi total des Etats-Unis

Ce débat n’est d’ailleurs pas nouveau. Il y a plus d’un quart de siècle que Robert Solow énonçait son paradoxe : «On peut voir l’âge de l’informatique partout, sauf dans les statistiques de productivité» (You can see the computer age everywhere but in the productivity statistics) [12]. Cela fait aussi longtemps que domine la croyance selon laquelle le chômage de masse serait le résultat de gains de productivité accélérés. Mais cette thèse déjà ancienne de la «fin du travail» est contraire à la réalité: le chômage était beaucoup plus bas durant l’«Age d’or du capitalisme» (1945-1975), alors que les gains de productivité étaient beaucoup plus élevés.

Une première réponse au paradoxe de Solow est qu’il faudrait plusieurs décennies pour que les innovations se traduisent en gains de compétitivité [13]. Une autre réponse a été apportée lors de l’éclatement de la «bulle Internet» au début des années 2000. Patrick Artus avait alors paraphrasé Marx [14] en montrant que les gains de productivité liés aux nouvelles technologies avaient été très coûteux en investissements et que cette augmentation de la composition organique du capital avait enclenché une chute du taux de profit. Bref, la «nouvelle économie» n’était bien qu’un cycle «high-tech» [15].

Mais le paradoxe subsiste. Lawrence Mishel de l’Economic Policy Institute note que «les robots sont partout dans les médias, mais ils ne semblent pas laisser d’empreinte dans les données» (Robots are everywhere in the news but they do not seem to leave a footprint in the data) [16]. Et il illustre son propos par le graphique 3 ci-dessous, tiré d’une étude approfondie de John Fernald [17], qui fait autorité.

Graphique 3 : Productivité du travail et investissement aux Etats-Unis


En %. Source: Fernald, 2014

Le graphique montre que la productivité du travail et les investissements en capital fixe, en matériel informatique et en logiciels ont accéléré entre 1995 et 2002 par rapport à la période 1973-1995. Mais depuis 2002, toutes ces grandeurs ralentissent. Toute la question est de savoir si cette tendance est susceptible de se retourner et de soutenir une sortie de crise fondée sur les nouvelles technologies.

Cette question reste ouverte, mais l’analyse devrait prendre en compte plusieurs facteurs et notamment la logique de l’accumulation du capital. Un fait troublant a été mis en lumière par une étude récente [18] de spécialistes reconnus du domaine. L’effet des gains de productivité liés aux nouvelles technologies «n’est jamais visible après la fin des années 1990». Mais surtout, lorsque cet effet est présent, «il résulte d’une baisse de la production relative [du secteur considéré] et d’une baisse encore plus rapide de l’emploi. Il est difficile de concilier ces baisses de production avec l’idée que l’informatisation et les nouvelles technologies incorporées dans les nouveaux équipements seraient à l’origine d’une révolution de la productivité». Et les auteurs de conclure que leurs résultats «suggèrent à tout le moins que les solutions du paradoxe de Solow avancées jusqu’ici doivent être examinées de façon critique, et que les partisans d’une rupture technologique doivent fournir des preuves plus directes des transformations induites par les nouvelles technologies. Les déclarations antérieures sur la mort du paradoxe de Solow étaient peut-être prématurées».

La robotisation ou l’automatisation peuvent évidemment engendrer des gains de productivité dans l’industrie et dans une partie des services. Mais les innovations nécessitent des investissements, et ceux-ci doivent satisfaire le critère d’une rentabilité élevée. L’automatisation conduit à une remise en cause de la cohérence des sociétés (chômage de masse, polarisation entre emplois qualifiés et petits boulots, etc.) et aggrave une contradiction fondamentale, celle de la réalisation. Il faut en effet que les débouchés existent et on retombe ici sur la contradiction fondamentale de l’automatisation: qui va acheter les marchandises produites par des robots?

Les mutations induites par ce que l’on appelle maintenant «économie collaborative» nécessitent une réflexion spécifique. Sans forcément y voir une alternative au capitalisme, on peut cependant se demander dans quelle mesure ce type d’innovations peut être inséré dans la logique capitaliste: les ateliers d’imprimante 3D où les réseaux de co-voiturage ne sont pas forcément porteurs d’un élargissement du champ de la marchandise. C’est peut-être la réponse de fond au paradoxe de Solow: le flux des innovations technologiques ne semble pas se tarir, mais c’est la capacité du capitalisme à les incorporer à sa logique qui est en train de s’épuiser.

Les pays émergents comme relais ?

On reprend ici les principaux résultats d’une précédente contribution [19] qui décrivait le grand basculement du monde lors des deux dernières décennies: si les gains de productivité ont ralenti dans les vieux pays capitalistes, ils ont augmenté rapidement dans les pays dits émergents. On pourrait donc considérer que ces derniers vont prendre le relais. Mais plusieurs facteurs permettent de dire que la relève tend elle aussi à s’épuiser.

Il y a une raréfaction de la mondialisation et un ralentissement de la montée en puissance des émergents. Certains d’entre eux, notamment en Amérique latine, reviennent à une insertion dominée dans la division internationale du travail. Le développement des «chaînes de valeur globales» se ralentit en raison de l’augmentation des coûts salariaux, notamment en Chine, et le ralentissement au Nord affaiblit les modèles exportateurs du Sud. Ce dernier point est particulièrement important dans la mesure où une bonne partie des gains de productivité réalisés dans les pays émergents étaient captés par les pays du Nord.

Quel modèle social?

La problématique de la stagnation séculaire permet de dépasser ce que l’on pourrait qualifier de «crétinisme keynésien» caractéristique des contributions au débat qui ne posent le problème qu’en termes d’adéquation de l’investissement et de l’épargne ou de contradiction entre austérité et croissance. La question fondamentale, c’est le taux de profit. Ce qui détruit les sociétés, c’est la recherche à tout prix du rétablissement du taux de profit.

Il y a 35 ans, deux économistes, Jean Amado et Christian Stoffaes [20], réfléchissaient sur les effets sociaux des mutations technologiques. On allait selon eux vers une «socio-économie duale», c’est-à-dire une organisation de la société distinguant deux grands sous-ensembles: «D’une part, un sous-ensemble adapté aux technologies nouvelles, intégré à l’espace mondial, fait d’hommes modernes, aptes à manier l’information et les techniques de pointe, ainsi que les langues étrangères, passant une partie de leur vie à l’étranger. D’autre part, un sous-ensemble incarnant l’héritage de nos traditions culturelles, constitué d’organisations isolées de la concurrence internationale, faisant pénétrer plus lentement les technologies modernes, d’un revenu moindre mais d’un mode de vie plus convivial et plus classique.»

Les auteurs avertissaient, avec une grande délicatesse dans le choix des termes, que «ce serait donc un contresens ou une erreur que de considérer les éléments et les membres du secteur le moins avancé technologiquement comme appartenant à une sous-race et à l’archaïsme». Cependant cet esprit de tolérance n’allait pas beaucoup plus loin: «Encore faudra-t-il que ceux qui choisissent d’œuvrer dans le secteur traditionnel ne revendiquent pas le même degré d’avantages notamment en terme de revenus que ceux qui subissent les contraintes de l’impératif technologique et de son contexte industriel.»

Ernest Mandel, dans un texte de 1986 qui mérite d’être relu aujourd’hui [21], partageait ce pronostic pessimiste quant à l’usage capitaliste de l’automation, dont il montrait par ailleurs le caractère contradictoire: «Sa solution, c’est celle d’une société duale qui diviserait le prolétariat actuel en deux groupes antagoniques: ceux qui continuent à participer au processus de production de la plus-value, c’est-à-dire au processus de production capitaliste (avec une tendance à la réduction des salaires); ceux qui sont exclus de ce processus, et qui survivent par tous les moyens autres que la vente de leur force de travail aux capitalistes ou à l’Etat bourgeois: assistance sociale, augmentation des activités « indépendantes », paysans parcellaires ou artisans, retour au travail domestique, communautés « ludiques », etc., et qui achètent des marchandises capitalistes sans en produire. Une forme transitoire de marginalisation par rapport au processus de production « normal » se trouve dans le travail précaire, le travail à temps partiel, le travail au noir qui touchent particulièrement les femmes, les jeunes travailleurs, les immigrés, etc.».

Comment ne pas voir dans ces exercices de prospective une image assez fidèle de la réalité actuelle? Car c’est bien cette logique de fragmentation sociale qui est à l’œuvre depuis de longues années et que la crise ne peut qu’intensifier: «d’un côté les salariés susceptibles d’être mobilisés dans la guerre compétitive, de l’autre les salariés (et les pays) low cost» [22]. Ce durcissement des rapports sociaux n’est pas l’effet de la seule automatisation capitaliste dont on a vu que son potentiel est ambigu du point de vue du capital. Mais, en tout état de cause, elle n’engendre pas un progrès neutre, et on pourrait répéter aujourd’hui à propos des robots ce que disait Marx de la machine dans le chapitre «Machinisme et grande industrie» du Capital: «la machine n’agit pas seulement comme un concurrent dont la force supérieure est toujours sur le point de rendre le salarié superflu. C’est comme puissance ennemie de l’ouvrier que le capital l’emploie, et il le proclame hautement.» [23]

Si elles n’ont pas permis de dégager des gains de productivité, les nouvelles technologies ont donc contribué à la fragmentation sociale. Et c’est cela qu’il faut remettre en cause, de deux manières principales :

• en posant la question de la répartition: non seulement la répartition des revenus mais aussi la répartition des heures travaillées en faisant de la réduction de la durée du travail l’axe central d’un projet de transformation sociale;

• en interrogeant le contenu de la croissance et de l’accumulation. En régime capitaliste, la recherche de la croissance à tout prix passe toujours par l’intensification du travail, la mise en concurrence et la marchandisation de toute chose. C’est le contenu de cette croissance qu’il faut remettre en cause d’un double point de vue: son adéquation aux besoins sociaux et son respect des contraintes environnementales.

_____

[*] Cet article développe une contribution au Forum international organisé les 20, 21, 22 mai 2015 à Lausanne.

[1] IMF, « Where are we headed? Perspectives on potential output », World Economic Outlook April 2015, chapitre 3.

[2] Alvin Hansen, « Economic Progress and Declining Population Growth », The American Economic Review, vol.29 (1), Mars 1939.

[3] Richard C Koo, « Balance sheet recession is the reason for secular stagnation », dans: Coen Teulings et Richard Baldwin (éditeurs), Secular Stagnation: Facts, Causes, and Cures, CEPR, 2014.

[4] Robert J. Gordon, « Is U.S. Economic Growth Over? », CEPR Policy Insight N° 63, Septembre 2012.

[5] pour une approche formalisée, voir : Michel Husson, « Arithmétique du taux de profit », note hussonet n°66, août 2014.

[6] Le calcul d’un « volume » de capital a fait l’objet de controverses théoriques qui portaient sur l’impossibilité de faire ce calcul indépendamment des prix, ce que postule la théorie néo-classique. Mais il s’agit ici d’une démarche plus empirique qui n’a pas besoin de ce postulat mais seulement de conventions semblables à celles qui sont nécessaires pour calculer le volume du PIB.

[7] Michel Husson, « Les limites du keynésianisme », A l’encontre, 15 Janvier 2015.

[8] Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, The Second Machine Age, W. W. Norton & Company, New York, 2014.

[9] Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, « The future of employment: how susceptible are jobs to computerisation? », September 2013.

[10] Les classes moyennes face à la transformation digitale, Roland Berger Strategy Consultants, Octobre 2014.

[11] « Are robots about to take away 18 million jobs? », thelocal.de, 4 mai 2015.

[12] Robert Solow, « We’d Better Watch Out », New York Times Book Review, 12 Juillet 1987.

[13] Paul A. David, « The Dynamo and the Computer: An Historical Perspective on the Modern Productivity Paradox », The American Economic Review, Vol. 80, No. 2, May 1990.

[14] Patrick Artus, « Karl Marx is back », Flash Natixis, 4 janvier 2002.

[15] Michel Husson, « Derrière les mirages de la nouvelle économie », dans : Espaces Marx, Capitalisme : quoi de neuf ?, Syllepse 2002.

[16] Lawrence Mishel, « The Missing Footprint of the Robots », 13 Mai 2015.

[17] John G. Fernald, « Productivity and Potential Output Before, During, and After the Great Recession », Federal Reserve Bank San Francisco, 2014.

[18] Daron Acemoglu, David Autor, David Dorn, Gordon H. Hanson, and Brendan Price, « Return of the Solow Paradox? IT, Productivity, and Employment in US Manufacturing », American Economic Review: Papers & Proceedings 2014, 104(5).

[19] Michel Husson, « La fin de l’émergence du Sud ? », A l’encontre, 22 Mars 2015.

[20] Jean Amado et Christian Stoffaes, « Vers une socio-économie duale ? », dans La Société française et la technologie, Commissariat général du plan, Paris, 1980.

[21] Ernest Mandel, « Marx, la crise actuelle et l’avenir du travail humain », Revue Quatrième Internationale n°20, mai 1986.

[22] Michel Husson, « Europe. Le tout-compétitivité contre les salaires », A l’encontre, 24 Décembre 2014.

[23] Karl Marx Le Capital, Livre I, Editions sociales, tome 2, p.116 ; Oeuvres, La Pléiade, p.1292.


je ne suis pas un expert en la matière, mais le seul point qui ne concerne pas le capitalisme occidental (dont le Japon) concerne les BRICS, et pèche à mon avis par courte-vue. Deux aspects :

- la transnationalité des capitaux, et là, pas d'analyse du taux de profit sauf par zones relativement fermées (comme dans le graphique 1 Etats-Unis+Europe+Japon)

- l'absence de prise en compte de la démographie, et des dimensions politiques, c'est-à-dire aussi géostratégiques et militaires, et ici, c'est la patinoire, les marxistes, selon leurs spécialités ne sont pas d'accords entre eux (exemple David Harvey, géographe, et Michael Roberts), que Michel Husson, au demeurant, ne cite pas...

d'une façon générale, je trouve les textes de Michel Husson beaucoup trop généraux et abstraits, comme chez la plupart des économistes formés par l'ENSAE comme Administrateurs de l'INSEE, une sorte d'énarques des chiffres qu'on croise dans toutes la haute-administration d'État - j'en ai connus pas mal puisque je bossais dans une direction économique et internationale avec un secteur statistique et de la conjoncture pour tout le secteur BTP et des transports : des technocrates de première le nez sur leurs tableaux et leurs graphiques de "très très haut niveau"

de ce point de vue, ces experts en marxisme de l'économie ont un défaut complémentaire de celui des théoriciens qui ont plutôt une formation d'historiens ou de philosophes, comme la plupart dans le milieu de la communisation

au total, je les renverrais bien dos à dos à leurs études. Depuis qu'ils en font les "économistes marxistes" - on pourra bientôt y ajouter Mylène Gaulard - ne se sont pas moins trompés que ceux de la bourgeoisie, et peut-être même plus, car certains de ces derniers ont prévu les crises, les explosions de bulles financières, etc. Ça, Marx l'avait déjà remarqué de sont temps, qui faisait davantage confiance qu'aux professeurs socialistes d'économie
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MessageSujet: Pourquoi la chute de l’économie russe pourrait présager d’une crise financière pire que celle de 1998   Dim 16 Aoû - 3:43



Pourquoi la chute de l’économie russe pourrait présager d’une crise financière pire que celle de 1998 12 Août 2015

En 1998, la Russie a été frappée par une grave crise financière qui a balayé son économie. Pour pouvoir lutter contre, la pays avait été alors contraint de dévaluer le rouble. Aujourd'hui, le pays fait face à une sévère chute de son PIB. Pire encore, la directrice de McKinsey à Moscou reconnaît la faiblesse bancaire Russe. De quoi anticiper une crise financière au moins aussi violente que la précédente.

Citation :
Atlantico : Avec une baisse de 4.6% du PIB, l'économie russe fait face à sa plus forte récession depuis 2009. Entre les sanctions internationales et la baisse du prix du pétrole, quelles sont les principales causes de cette situation ? Les autorités y ont-elles tout de même réagi efficacement ?

Cyrille Bret : les données produites par Rosstat (l’équivalent de l’INSEE en Fédération de Russie) sur l’économie russe sont préoccupantes. Outre la contraction du PIB de plus de 4,5% au deuxième trimestre 2015 par rapport au deuxième trimestre 2014, plusieurs indicateurs sont inquiétants. Même si le taux de chômage est limité (5,4% en juin), le cours du rouble est en forte baisse : la monnaie russe a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar américain depuis 12 mois malgré les efforts de la Banque centrale de Russie.

Mais surtout, la production industrielle s’est contractée de 20% durant les trois derniers mois et l’inflation est forte : le FMI la prévoit à 18% lissée sur l’année.

Les déterminants de cette crise économique et financière sont bien connus : les sanctions internationales frappent l’économie russe là où elle est en difficulté : le financement et l’investissement. En tarissant le financement international de l’économie russe, les Occidentaux ont donné à l’économie russe une « poison pill » qui fait effet à plein régime en 2015, comme annoncé par les autorités russes. De plus, les cours actuels des hydrocarbures (un pétrole autour des 50US$ le baril) se situent à la moitié du cours anticipé par les autorités russes pour bâtir leurs hypothèses de croissance.

Face à deux facteurs très largement exogènes (les sanctions occidentales et les cours des hydrocarbures) les autorités russes n’ont pas de marges de manœuvre à court terme. La seule attitude possible est de réformer sur le long terme… et d’attendre une remontée des cours des hydrocarbures.

Le Financial Times pointe du doigt le risque d’une nouvelle crise financière en Russie, notamment en raison de la fragilité du secteur bancaire. S’agit-il d’un scénario crédible ? Dans quelle mesure la situation actuelle peut-elle être comparée à la crise financière de 1998 ? Une tel scénario représente-t-il une menace à l'international ?

La fragilité du secteur bancaire est détectée depuis longtemps comme le talon d’Achille de l’économie russe. Outre les sanctions visant à couper la possibilité, pour les banques russes, de se financer sur les marchés financiers internationaux, plusieurs facteurs structurels affaiblissent le secteur bancaire russe : le régime de propriété est mal garanti de sorte que les investissements de long terme sont peu encouragés, le système judiciaire russe a un rythme peu adapté au cycle des affaires, les sorties de capitaux sont importantes, etc. C’est tout le climat juridique, administratif et politique qui fragilise, directement ou indirectement le secteur financier.




chute du rouble, pas encore du roublard

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 16 Aoû - 3:51

La Russie s’enfonce dans la récession Le Monde 11.08.2015  Benoît Vitkine  


Tableau de devise à Moscou le 3 août. Sur les douze derniers mois,
le rouble s’est déprécié de 43 % face au dollar


La crise économique qui frappe la Russie est loin d’être terminée. Elle s’est même aggravée singulièrement au second trimestre de l’année 2015, selon les chiffres communiqués, lundi 10 août, par le service fédéral de statistique Rosstat.

Citation :
Entre avril et juin, le produit intérieur brut (PIB) russe a reculé de 4,6 % par rapport à la même période de l’année 2014, soit la pire performance jamais enregistrée depuis la récession de 2009. Surtout, cette contraction de l’activité marque une nette dégradation par rapport à la baisse du premier trimestre (– 2,2 %), mais aussi une déception pour le gouvernement, qui tablait sur un recul limité à – 4,4 %.

Quoique plus mauvais qu’attendu, ces chiffres ne constituent pas une surprise complète. L’économie russe accuse les effets de la crise monétaire qui frappe le pays depuis décembre 2014. Sur les douze derniers mois, le rouble s’est déprécié de 43 % face au dollar, handicapant fortement le pouvoir d’achat et la consommation. Illustration de cette faiblesse, les chiffres de vente de voitures neuves, annoncés lundi, montrent un recul au mois de juillet de 27,5 % sur un an.

Toujours en juillet, l’inflation s’est établie à 15,6 %, ce qui constitue un léger mieux par rapport aux 16,9 % atteints en mars (la pire performance en treize ans) mais reste largement insuffisant pour pouvoir renverser la tendance. Le Fonds monétaire international (FMI) prédit un taux d’inflation sur l’ensemble de l’année 2015 à 18 %, bien plus que les quelque 10 % prévus par la banque centrale russe.

Crédit inaccessible

Le choc est d’autant plus rude pour les consommateurs que les prix des produits alimentaires, pour moitiés importés, ont encore plus grimpé sous l’effet de l’embargo imposé par le Kremlin et qui a été reconduit jusqu’au 5 août 2016, en réponse aux sanctions prises notamment par l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.

L’aggravation de la récession russe s’explique aussi par les mauvaises performances de l’industrie. En juin, la production industrielle a reculé de près de 20 %. Les mesures drastiques prises dès le mois de décembre 2014 par la Banque centrale pour soutenir le rouble ont rendu le crédit inaccessible aux entreprises. Son taux directeur actuel, à 11 %, est bien en deçà des niveaux de l’hiver, mais reste dissuasif pour l’activité.

Les économistes s’accordent à penser que la période présente constitue le pic de la crise. « La baisse du taux de chômage, passé de 5,9 % de la population active en mars à 5,4 % en juin, et la stabilisation de la baisse de la consommation sont des signes encourageants, note Natalia Orlova, chef économiste chez Alfa Bank, mais il ne fait aucun doute que la reprise n’interviendra pas cette année. La tendance reste mauvaise pour les troisième et quatrième trimestres. »

« Crise structurelle »


Le scénario des autorités russes, qui espèrent une amorce de reprise dès le troisième trimestre et une croissance de plus de 2 % en 2016, paraît très optimiste, d’autant que le prix bas des hydrocarbures noircit un peu plus le tableau. La plupart des estimations se fondent en effet sur un baril à 60 dollars, quand celui-ci plafonne ces dernières semaines en dessous des 50 dollars. Les hydrocarbures représentent 25 % du PIB russe, 70 % de ses exportations et 50 % de son budget. Les récentes discussions sur le relèvement de l’âge de départ à la retraite – actuellement à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes –, et la baisse des pensions montrent que le pouvoir se prépare à affronter des jours plus difficiles encore.

Dans ces conditions, les milieux d’affaires et les réformateurs ne cachent pas leur inquiétude. « Nous sommes au centre de la tempête », expliquait au Monde, fin juin, l’ancien ministre des finances, Alexeï Koudrine, appelant le Kremlin à des réformes de fond.

Igor Nikolaïev a écrit:
« La crise actuelle n’est pas seulement une question de conjoncture, elle est structurelle, estime aussi Igor Nikolaïev, directeur de l’institut d’analyse stratégique FBK. Elle vient de notre dépendance critique aux hydrocarbures, de l’inefficacité des institutions, du manque de réformes, de l’augmentation continue des budgets militaires… La preuve en est que, jusqu’à l’année dernière, lorsqu’il n’y avait pas de sanctions et que les prix du pétrole étaient raisonnables, la croissance était déjà atone. »




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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 16 Aoû - 4:07



Tribune libre du PCR

Filière canne : "une crise économique, sociale et environnementale plus grave se profile" IPR Jeudi 13 Août



La crise de la filière canne continue de faire réagir le parti communiste réunionnais. Maurice Gironcel, le secrétaire général du PCR, a décidé d'écrire à François Hollande ce mercredi 12 août 2015. Retrouvez sa lettre adressée au président de la République dans son intégralité.


Maurice Gironcel a écrit:
"Monsieur le Président de la République,

Les agriculteurs manifestent en France pour la survie de leur activité. Les mesures et les engagements décidés par votre gouvernement correspondent à la volonté de maintenir un secteur économique fort de plus de 300.000 agriculteurs, et de 700.000 emplois directs et indirects.

À La Réunion, une crise économique, sociale et environnementale plus grave se profile. En 2013, le Conseil européen, avec l'accord de la France, a en effet décidé de supprimer les quotas sucriers pour 2017.

Cette décision met en péril l’avenir de la filière canne-sucre. En effet, la fin des quotas s’accompagne de la suppression du prix d’intervention. C’est la fin de la protection qui permet le maintien de la plantation de canne à sucre à La Réunion. Dans un rapport parlementaire, le représentant des industriels sucriers a été très clair : pas question d’acheter la canne à sucre des planteurs s’il n’a pas la certitude de vendre son sucre.

Or, face à la concurrence du sucre de betterave produit en Europe et du sucre de canne venant d’autres pays, le sucre réunionnais est condamné par son coût de production. C’est pourquoi la filière a demandé une aide d’État supplémentaire de 38 millions d’euros par an pour tout l’Outre-mer, à partir de 2017. Cela portera le montant de l’aide annuelle de l’Etat à 128 millions d’euros. Le 21 août 2014, Monsieur le Président de la République, vous avez dit deux choses lors de votre visite à La Réunion. Vous avez tout d'abord confirmé qu'il n'était pas question de remettre en cause la suppression du quota sucrier. Vous avez ensuite affirmé votre accord à la demande des 128 millions d'euros par an, tout en précisant que cette aide de I’Etat était conditionnée à la validation de l’Union européenne.

Un an plus tard, force est de constater que votre gouvernement n'a toujours pas adressé la demande nécessaire. C'est donc l'inquiétude générale. La situation en France montre les dégâts considérables que peut provoquer une crise liée à la fin du quota d'un produit agricole. C'est pourquoi nous vous demandons de soutenir auprès du ministre de l'Agriculture cette proposition : porter la revendication de la filière canne de La Réunion, comme celle des éleveurs de France, lors du Conseil des ministres de l’Union Européenne du 7 septembre prochain.

Une décision favorable venant de nos partenaires européens est indispensable pour éviter la disparition d'une filière employant près de 20.000 personnes dans un contexte de chômage aggravé à La Réunion. Seule une telle décision permettra d'aborder l'échéance 2017 de manière beaucoup plus sereine pour les planteurs, les travailleurs d'usine, les transporteurs et toutes les autres personnes qui dépendent directement ou indirectement de cette culture.

Convaincu que vous mesurez toute l'importance et l'urgence de ce dossier, nous vous remercions de nous tenir informés de son avancement. Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre très haute considération.

Maurice Gironcel, le secrétaire général"


Olivier a écrit:
Festival de cannes...

Ne croyez pas le titre, cet article ne parlera pas de stars et de paillettes, mais plutôt de… la Canne à sucre! Bien sûr, cet article n’intéressera pas tous les lecteurs de Glaudinet, mais comment ne pas parler de la culture de l’île de la Réunion, d’autant plus que la campagne de coupe bat son plein. Pour preuve, les Hauts de Saint-André (vous remarquerez qu’il n’y a pas grand chose à part de la canne).


Pour préciser et donner quelques chiffres, la canne occupe ici plus de 60% des terres agricoles pour une production de 1 850 000 tonnes de canne, ce qui donne au final 200 000 tonnes de sucre. La Réunion est la première région productrice de canne en France, loin devant les Antilles (certes, y’a assez peu de concurrence en France…). Ici, c’est assez « simple », si on retire la canne, y’a plus d’île… C’est toute une économie qui tourne autour de la canne à sucre (planteurs, usiniers, distilleries…).

C’est vrai qu’on ne connaît pas bien cette culture en métropole, alors ça m’a paru assez intéressant d’écrire un article sur le sujet.


La canne à sucre, de son vrai nom Saccharum officinarum L., est une Poacée (ex Graminée), donc elle talle. Une fois plantée, la souche peut produire pendant 5 ans, 10 ans… en fonction de l’entretien et des techniques de cultures. La canne n’est pas récoltée la première année (hormis dans l’Est de l’île où les conditions sont très favorables), elle est ensuite coupée tous les ans. Son rendement varie de 60 T/ha (dans les Hauts de l’Ouest non irrigués) à 120 T/ha (dans l’Est de l’île, très humide).

A la Réunion, la coupe se déroule de juillet à décembre, du fait de la variation d’altitude entre les parcelles des Bas et celles des Hauts, mais aussi des techniques de coupe. En effet, à peine 10% de la coupe est mécanisée, tout le reste se fait à la main, ce qui prend du temps!


Comme la coupe est faite à la main, les coupeurs retirent la paille en même temps qu’ils coupent. L’objet du CAD était, entre autres, de laisser la paille sur la parcelle comme fertilisant, au lieu de la brûler ou de la donner/vendre aux éleveurs de bovins. Voilà pour la Réunion. Sinon, d’après Fred, si les brésiliens brûlent la paille de canne juste avant la coupe, c’est tout simplement pour faire augmenter le taux de sucre et donc être payé un peu plus cher à la livraison! En tous cas, ça n’a pas d’autre intérêt.

Vous devez trouver ça étonnant de récolter la canne encore à la main aujourd’hui, mais ça s’explique. Ici, les terrains ne sont majoritairement pas mécanisables. La pente est en général bien trop forte pour s’aventurer avec une machine dans les champs de canne.


Bien sûr, un gros travail d’aménagement (épierrage surtout) permettrait de mécaniser une partie des Bas et ainsi récolter environ 50% de la canne à la machine, mais tout le travail reste à faire et nombreux sont les planteurs qui ne veulent pas la machine parce qu’elle abime les souches.

Mais là, y’a un vrai problème. Les coupeurs aujourd’hui, c’est difficile d’en trouver. Les jeunes ne veulent pas le faire parce que c’est trop creuvant (habillé des pieds à la tête pour supporter les moustiques et les rats quand le soleil tape sur la tête…) alors que le RMI tombe à la fin du mois, et les vieux ne veulent pas être déclarés pour toucher quand même le RMI. Bref, la production de canne va obligatoirement devoir se mécaniser dans les prochaines années.

Après la coupe, les planteurs apportent la canne jusqu’à une balance. Vous remarquerez que toutes les normes de sécurité sont respectées (longueur de chargement…) :


Une bonne partie des planteurs paient des prestataires pour charger et transporter la canne parce qu’ils n’ont pas le matériel pour. Mais il existe encore 2 ou 3 planteurs « traditionnels »:


Eh oui, on en croise encore parfois… Ensuite, les « cachalots » (c’est comme ça qu’ils appellent leur camion de canne) emportent la canne vers l’une des deux usines de l’île (Bois Rouge dans l’Est ou Le Gol dans l’Ouest).





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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 16 Aoû - 4:26

Paradoxes d'Amérique latine: crise économique, intégration et frontières chaudes

Jean-Jacques Kourliandsky Chercheur à l'IRIS sur les questions ibériques (Amérique latine et Espagne) 02/08/2015  

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Jean-Jacques Kourliandsky a écrit:
L'Amérique latine est la dernière arrivée dans le cercle peu enviable des régions touchées par la crise. Les exportations latino-américaines ont chuté de 2,7% en 2014 et 9,1% au premier semestre de 2015. La croissance devrait achever l'année 2015 en dessous de 1% après 1,3% en 2014. Mais l'Amérique latine reste en ces circonstances, institutionnellement indifférente à la conjoncture. Elle fait toujours preuve en 2015 de la plus grande créativité intergouvernementale. Ce moment est aussi celui des contestations bilatérales. La fièvre est brutalement montée sur plusieurs frontières du sous-continent. Y aurait-il un lien de causalité entre ces trois réalités ? Ou s'agit-il d'un hasard historique ayant fortuitement croisé leurs ellipses ?

Le retournement économique confronté à deux attitudes diplomatiques d'inspiration contraire, interpelle. Les gouvernements latino-américains en ces temps d'incertitudes économiques, ont en effet poursuivi leurs conciliabules sur l'intégration. Et ils ont parallèlement réactivé, du moins certains d'entre eux, leurs querelles de voisinage. La cohabitation de cette diplomatie en partie double, pratiquant avec la même conviction intégration régionale et contentieux bilatéraux, est-elle à terme compatible ? Y aurait-il une relation, et laquelle, entre cet oxymore politique extérieur et la chute de la croissance ? Les intéressés, les gouvernements latino-américains, en tous les cas font comme si. Ils adaptent leurs récits aux circonstances. Ils modulent l'intensité de leurs émotions rhétoriques selon les scénarios et les lieux de spectacle politique.

La Crise oui, elle est là et bien là. Même si elle est venue avec décalage, après celles des Etats-Unis et de l'Europe. Elle n'a pas la violence des crises espagnole, grecque et irlandaise. Mais le décrochage a été progressif et continu de 2010 à 2015.

Les moyennes restent encore positives. La régression latino-américaine est supérieure à la tendance haussière constatée en Europe. D'autre part il faut bien voir que les moyennes cachent de gros écarts. Certains pays, l'Argentine, le Brésil, le Venezuela, sont entrés en décroissance absolue, plus ou moins marquée. Plus forte dans le cas du Venezuela que dans ceux du Brésil et de l'Argentine. Les autres ont descendu quelques échelons dans l'escalier de la croissance. Avec pour certains, la Bolivie, Panama et le Pérou des taux encore assez élevés.

L'intégration, insensible au coup de frais économique, garde une dynamique forte. En décembre 2014, au lieudit, "la moitié du monde", à quelques kilomètres de Quito, capitale de l'Equateur, les chefs de gouvernement de tous les pays d'Amérique du sud ont inauguré en grandes pompes et avec des discours volontaristes, le siège de l'Union des nations d'Amérique du sud (UNASUR). D'autres institutions communes, la CELAC, le Mercosur, l'Alba, l'Alliance du Pacifique, le Caricom (Communauté de la Caraïbe), le Sica (le Système d'intégration centraméricain), ont tenu leurs réunions plénières.

Et parallèlement les latino-américains ont continué à fabriquer des ententes aux périmètres variables.

La Colombie, le Mexique, six Centraméricains, la République Dominicaine, ont annoncé la constitution d'un "Corridor mésoaméricain d'intégration". Le Guatemala, le Honduras et le Salvador négocient une union douanière. La Bolivie a intégré le Mercosur, le marché commun du cône sud. Une cascade de traités bilatéraux a été signée en 2014 et 2015 : entre Argentine et Uruguay un système local de monnaies afin de stimuler et bonifier leurs échanges, Colombie et Brésil un protocole de coopération commerciale, Equateur et Pérou, une entente commerciale, Mexique et Brésil un accord de coopération économique, Mexique et Colombie, un traité de libre-commerce. Mexique et Pérou un accord d'association stratégique.


En même temps et avec la même intensité les uns et les autres sont entrés en disputes. Le plus souvent il s'agit de querelles frontalières dormantes depuis des dizaines d'années. Honduras et Salvador ont réactivé un conflit concernant un ilot d'une cinquantaine d'hectares dans le Golfe de Fonseca. Costa-Rica et Nicaragua se chamaillent à propos du tracé non résolu du fleuve San Juan devant la Cour de justice de La Haye. Nicaragua et Colombie ont saisi les tribunaux internationaux pour déterminer la propriété des iles San Andrès et Providence et des eaux adjacentes. Pérou et Chili sont également passé par la case Cour internationale de justice (CIJ), faute de pouvoir déterminer à l'amiable leurs eaux territoriales. La Bolivie a déposé une plainte contre le Chili devant la CIJ. Pour demander un accès à la mer qui lui a été enlevé par la force des armes chiliennes en 1883. Plus récemment Colombie et Venezuela ont eu des démêlés concernant leurs eaux territoriales. Et le contentieux colonial non résolu entre Guyana et Venezuela a rebondi en juin 2015.


La crise économique est-elle à l'origine de cette montée d'adrénaline territoriale ? Comment comprendre sa coexistence avec la montée en puissance d'accords intergouvernementaux à périmètre variable ? La question n'est-peut-être pas posée de façon pertinente. Sans doute parce que la cohabitation de tensions et d'ententes reflète la conception particulière de l'intégration à la latino-américaine ? Elle mêle en effet discours unitaires et défense farouche de la souveraineté. Cet oxymore conceptuel, est peu compréhensible d'un point de vue européen. Il est la résultante d'une histoire différente. Histoire de pays ayant de façon parallèle été victimes d'ingérences extérieures, européennes, puis nord-américaines. L'Amérique latine donc, sous couvert d'intégration, pratique une mutualisation de souverainetés, à caractère défensif.

Un retour aux sources de cette philosophie politique s'impose, pour essayer de comprendre les contradictions apparentes d'aujourd'hui. Que constate-t-on entre l'Amérique latine, et les puissances extérieures historiquement ingérentes, Espagne, Angleterre, Etats-Unis ? L'Angleterre garde l'image d'un bouc émissaire consentant et participatif. L'absence de flexibilité britannique perpétue le contentieux des Malouines. Il unit le sous-continent. L'Argentine bénéficie d'un soutien latino-américain quasiment sans faille. L'Espagne avait défendu en 1996 la nécessité morale pour l'Europe de sanctionner Cuba. Son Roi a tenté publiquement en 2007 de faire taire le président vénézuélien. Ces deux attitudes avaient été collectivement ressenties comme une agression collective. L'Espagne comme l'Angleterre ont gardé un rôle de répulsifs, mais secondaires. Les Etats-Unis, le grand méchant loup du XXème siècle, en revanche ont fait bouger les lignes. Ils n'interviennent plus militairement sur le terrain latino-américain depuis 1989. Faisant leur mea culpa ils ont accepté de renouer avec Cuba en 2014. L'embargo ou le blocus imposé à La Havane par Washington était condamné par tous les pays d'Amérique latine. Ils votaient chaque année aux Nations unies, en octobre ou novembre, la levée de l'embargo. En clair, aujourd'hui le ciment principal de l'unité défensive, a perdu de sa capacité mobilisatrice. Les Etats-Unis ne sont plus en 2015 le bouc émissaire de l'hémisphère occidental. Restent l'Espagne et surtout le Royaume-Uni. Mais ces « petits Satans » n'ont pas la même capacité de coagulation.

Le décrochage des économies, et la distance diplomatique des Etats-Unis, auraient-ils créé un scénario propice aux antagonismes locaux ? Bien des facteurs ont une incidence sur la politique extérieure des Etats. En Amérique latine comme ailleurs. Mais il est vrai que la crise les ramène à une feuille de route priorisant les défis intérieurs. Les querelles bilatérales, les contentieux frontaliers mal réglés, ont pu retrouver une actualité d'autant plus forte que le stimulant mobilisateur extérieur, la menace que faisait peser les Etats-Unis s'est, à tort ou à raison, estompé.






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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 16 Aoû - 12:20

sujet déplacé, Théorie de la régulation : implication réciproque et collaboration de classe

de la revue Période, une critique de la Théorie de la régulation
Traduit de l’anglais par Fabien Tarrit. Originellement paru dans New Left Review, n°188, juillet-août 1991

L’approche en terme de régulation : théorie et histoire Robert Brenner et Mark Glick

une étude critique approfondie, de 1991, qui montre ici au moins une chose : la théorie de la communisation n'est pas la seule à considérer comme impossible un aménagement économique et politique du capitalisme post-fordien. On ne peut sortir de "l'implication réciproque" entre capital et prolétariat qu'en cassant la règle du jeu de l'exploitation capitaliste. Le reste est littérature économiste et réformiste

pour la bonne bouche, c'est dans Que Faire ?, en 1902, que Lénine s'attaque à « l'économisme »... et aux « terroristes », renvoyés dos-à dos : « Pour Lénine, les « économistes » et les « terroristes » ont en commun de tout miser sur la spontanéité des masses, et cela fait d'eux des opportunistes car ils renoncent à la diffusion de masse d'une conscience politique de classe. »

remarque taquine pour André Dréan : il ne faut pas confondre « économisme » et critique de l'économie politique. Le Capital, qui relève de celle-ci comme le dit son sous-titre, ne saurait être un programme économique pour le socialisme ou le communisme, et encore moins un « productivisme ». Cela dit pour ne pas mettre tous les "marxistes" dans le même sac « orthodoxe »

pour le reste, militants d'une gauche "radicale" à la Syrisa ou du Front de gauche, gauchistes démocrates électoralistes, et autres autogestionnaires politiques de la vacuité de vos fantasmes d'alternative, décrochez vos saints durs, ce n'est pas un texte à lire sur la plage, mais pour penser sur les pavés

extraits :
Période a écrit:
L’École de la régulation est l’une des principales branches d’économie hétérodoxe en France. À l’origine largement inspirée du marxisme, cette théorie entend périodiser le capitalisme en fonction des configurations institutionnelles qui l’ont accompagné. Dans ce texte désormais classique de 1991, Robert Brenner et Mark Glick font état de cette approche et en contestent les hypothèses théoriques et les observations empiriques. Ils tendent à montrer que les divergences d’interprétation des données empiriques reposent sur une conception différente des lois fondamentales du capitalisme. Pour Brenner et Glick, la concurrence capitaliste et les rapports sociaux de production permettent de mieux rendre compte de l’évolution du capitalisme que les élaborations régulationnistes autour des institutions encadrant le travail, l’innovation et les échanges.

I. Concepts élémentaires et résultats fondamentaux

II. Premier mode de développement : Régulation concurrentielle et accumulation extensive


1. Les conséquences économiques de l’accumulation extensive encadrée par la régulation concurrentielle / Le cas exemplaire des États-Unis
2. Régulation concurrentielle et accumulation extensive : un mode de développement dans le capitalisme ? / Concurrence, risque et investissement / Contrôle artisanal, investissement en capital fixe et changement technique / De la régulation concurrentielle à la consommation limitée ? / D’une consommation de masse restreinte à une production de masse limitée ?
3. Accumulation extensive, régulation concurrentielle et histoire économique des États-Unis / Plus-value relative et croissance de la demande de la classe ouvrière / Croissance économique des États-Unis de 1850 à 1914 : développement capitaliste classique


III. Deuxième mode de développement : Accumulation intensive et persistance de la régulation concurrentielle

1. Production de masse sans consommation de masse
2. Existait-il un problème structurel de sous-consommation ?
3. Le développement d’un régime d’accumulation intensive dans le mode de régulation concurrentiel a-t-il provoqué une crise structurelle de sous-consommation dans les années 1920 ?


IV. Troisième mode de développement : Accumulation intensive et régulation monopoliste

1. La dynamique du fordisme et l’expansion qui a suivi la Deuxième guerre mondiale
2. Une accumulation intensive stable nécessite-t-elle une régulation monopoliste ?
3. Le rôle de la régulation monopoliste dans l’expansion d’après-guerre
/ Monopole / Les institutions de la consommation de masse /

V. Vers un nouveau (quatrième) mode développement ?

1. La crise du fordisme

2. D’un « épuisement du fordisme » à la crise capitaliste ? / Une crise de croissance de la productivité a-t-elle eu lieu ? /


VI. CONCLUSION

Rapports sociaux ou institutions ?
France et États-Unis
Des étapes du développement capitaliste national ? L’économie mondiale
Le rapport salarial et les crises structurelles
Politique


[...]

C’est parce que, de cette façon, les travailleurs eux-mêmes apportent une contribution indépendante à la rationalisation du travail que l’on peut à juste titre affirmer qu’ils utilisent leurs talents pour augmenter la productivité. C’est parce que les emplois ont été largement simplifiés qu’il est possible de demander aux travailleurs de maîtriser tous, ou presque tous, les emplois réalisés par les membres de l’équipe. Cela permet d’accroître la flexibilité et la qualité, ainsi que de « remplir les trous » dans la journée de travail en provoquant une augmentation de la production à la fois par une amélioration de l’efficacité et par une intensification de l’effort par unité de temps. Mais la soi-disant polyvalence ainsi réalisée provoque peu d’amélioration dans la qualification des travailleurs, à part en un sens très affaibli. Les travailleurs n’ont pas non plus accru leur capacité de contrôle : au fil du temps, leurs emplois sont de plus en plus largement définis dans les moindres détails par les ingénieurs et les cadres, et c’est d’abord en aidant la société à identifier plus précisément les négligences et les gaspillages dans le système qu’ils conservent l’initiative. En même temps, comme le suggère Lipietz, précisément parce que la production en équipe ou production allégée contribue à l’hyper-simplification des tâches, elle ne permet en aucun cas le choix apparent d’une technique qui incorpore une meilleure qualification (capital humain) mais un capital fixe plus faible. Au contraire, comme cela a très bien été mis en évidence, la mise en œuvre de la production « en équipe » ou « maigre » établit, tout comme les processus historiques analogues de décomposition et de simplification, des conditions très favorables pour l’introduction d’un maximum d’automatisation et de nouvelles technologies. Compte tenu de la stagnation de l’ensemble de l’économie, dans la mesure où ceci a provoqué une hausse de la productivité, il n’est pas surprenant que la conséquence fut une réduction massive des emplois et donc une insécurité encore plus forte pour les ouvriers de l’automobile.

Alors qu’une crise économique est en cours, demander aux travailleurs de s’impliquer encore davantage dans « le concept d’équipe » revient simplement à lier plus étroitement encore leurs destins à « leurs propres » entreprises, à les positionner encore plus directement contre leurs collègues dans l’ensemble de l’industrie, et à affaiblir ce qu’il reste de leur puissance syndicale collective. Si la crise s’approfondit, aucune volonté de leurs employeurs ne sauvera leurs emplois. Et c’est dans la mesure où ils se sont eux-mêmes « impliqués » avec leurs propres entreprises qu’ils détruiront leur propre capacité à défendre leur condition.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 19 Aoû - 22:47

L'économie japonaise se contracte tandis que l'économie mondiale est au bord de la dépression Barry Grey WSWS19 août 2015

Barry Grey a écrit:
Le gouvernement japonais a annoncé lundi que la production économique du pays a diminué de 0,4 pour cent au deuxième trimestre, soit 1,6 pour cent sur une base annualisée. La consommation privée, l’investissement des entreprises et les exportations nettes ont tous chuté, principalement en raison de la décélération rapide de l’économie chinoise et la stagnation qui se poursuit en Europe et aux États-Unis.

La contraction de la troisième plus grande économie du monde a porté un coup au programme anti-déflationniste du premier ministre Shinzo Abe. Mais plus profondément, il a exposé l’échec des principaux gouvernements capitalistes à concevoir une véritable reprise en réponse à l’effondrement financier et la récession de 2008 et s’ajoute aux signes d’une crise plus profonde.

La consommation privée, qui représente environ 60 pour cent du produit intérieur brut du Japon, a diminué de 0,8 pour cent au cours du trimestre et les exportations ont chuté de 4,4 pour cent.

Ces données lamentables ont montré que l’économie japonaise stagne, au mieux, malgré un vaste programme d’achat d’actifs mené par la Banque du Japon pour les deux dernières années qui injecte des milliers de milliards de yens dans les marchés financiers. En octobre dernier, la banque centrale a accéléré le rythme d’achat d’actifs – ce qui équivaut à imprimer de l’argent – jusqu’à quatre-vingt mille milliards de yens par an.

Comme aux États-Unis et en Europe, où les banques centrales ont mené des programmes de relance financière similaires, l'injection par Abe de liquidités dans le système financier a eu l’effet de pousser à la hausse les prix des actions, a subventionné la spéculation financière et a augmenté la richesse des grandes sociétés, mais n’a pratiquement rien fait pour relancer l’économie réelle.

La croissance du parasitisme financier a été reflétée dans la réponse du marché boursier japonais aux nouvelles économiques négatives. Dans ce qui est devenu une tendance mondiale, où les grands investisseurs réagissent aux signes de ralentissement continu de l’économie réelle en poussant les actions à des valeurs encore plus hautes dans l’attente de recevoir plus d’argent de la part des banquiers centraux, l’indice Nikkei a augmenté de 0,5 pour cent lundi.

Le rapport japonais fait suite à une vague de données négatives indiquant un fort ralentissement de la croissance en Chine et à une dévaluation surprise du renminbi (aussi connu comme le yuan) la semaine dernière. La Chine, la deuxième plus grande économie du monde et le principal «moteur de croissance» de l’économie mondiale depuis le krach de 2008, est le plus grand partenaire commercial du Japon.

Les conséquences mondiales d’un nouveau ralentissement en Chine sont indiquées par le fait qu’au cours de la dernière décennie, la Chine a compté pour un tiers de l’expansion de l’économie mondiale, presque le double de celle fournie par les États-Unis
.

La dévaluation a augmenté les craintes au sein des gouvernements et des marchés partout dans le monde que la Chine est peut-être sur le bord d’une crise majeure. Ceci a suivi les rapports officiels que les exportations chinoises ont chuté de 8,3 pour cent en juillet et les prix à la production du pays ont décliné pour le 40e mois consécutif, ce déclin s'accélérant en juillet.

Les exportations chinoises vers le Japon sont en baisse de 10 pour cent par rapport à l’année dernière. (Ils sont en baisse de 12 pour cent vers l’Europe.)

Suivant la dévaluation initiale, Pékin a rapporté que la production en usine en juillet était à peine au-dessus du niveau le plus bas depuis quatre ans atteint en mars dernier. L’investissement des entreprises a crû à son rythme le plus lent depuis l’an 2000 dans les sept premiers mois de 2015. L’effondrement de l’investissement immobilier était au cœur de ce ralentissement.

Les importations chinoises ont chuté de 8,1 pour cent en juillet par rapport à juillet dernier, après une baisse de 6,1 pour cent en juin, reflétant un ralentissement de la demande des industries chinoises en matières premières.

Tao Wang, économiste en chef de la Chine chez UBS, a déclaré: «De toute évidence, le principal problème pour la Chine reste l'augmentation des pressions déflationnistes.»

Le ralentissement en Chine a eu un impact particulièrement brutal sur l’économie japonaise. Mais les exportations japonaises ont également été impactées par effondrement de la demande en Europe et aux États-Unis.

Vendredi dernier, les responsables européens ont signalé que le PIB de la zone euro de 19 nations a connu une croissance de seulement 0,3 pour cent au deuxième trimestre. La France a stagné complètement. L’Allemagne n’a augmenté que de 0,4 pour cent. L’Italie a augmenté de 0,2 pour cent par rapport à 0,3 pour cent au premier trimestre, et l’économie néerlandaise a réalisé seulement 0,1 pour cent de croissance. L’économie de la région reste inférieure à ce qu’elle était dans le deuxième trimestre de 2008.

Et aux États-Unis, la Federal Reserve Bank of New York a publié lundi son enquête mensuelle de l'industrie de fabrication, montrant une forte baisse de l’activité à ce jour en août. L’indice des conditions d’affaires est passé de + 3,9 en juillet à – 4,9, son point le plus bas depuis avril 2009, au plus fort de la crise.

La baisse continue des prix des matières primaires est une expression directe de pressions déflationnistes mondiales. La baisse des prix du pétrole qui a commencé l’année dernière s’est approfondie lundi avec le pétrole brut intermédiaire de West Texas qui a chuté de1,1 pour cent de plus, après une baisse de 3 pour cent la semaine dernière, pour clôturer à 42,05 dollars le baril, son niveau le plus bas en six ans. Le prix du cuivre a baissé de 1 pour cent de plus à Londres. Un indice Bloomberg des matières primaires a chuté à son plus bas niveau depuis le début de 2002.

Le ralentissement général est en train d’avoir un impact particulièrement sévère sur les économies dites «émergentes» en Europe de l’Est, en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Les actions, les obligations et la monnaie de ces pays ont généralement chuté depuis que la Chine a annoncé sa dévaluation.

La livre turque, le peso mexicain et le rand sud-africain ont tous atteint des planchers records contre le dollar lundi, tandis que les monnaies de la Malaisie et l’Indonésie ont chuté à leur niveau le plus bas depuis la crise asiatique de 1997-98. D’autres monnaies qui ont fortement chuté sont le baht thaïlandais et la roupie indonésienne. L’index des monnaies des marchés émergents de JP Morgan a baissé de 2,4 pour cent ce mois-ci à son plus bas niveau depuis qu’il a été calculé pour la première fois en 2000.

L’un de ces pays ou d’autres qui sont dépendants des flux de capitaux depuis les grandes économies et l’expansion de leurs marchés d’exportation pourrait basculer dans l’insolvabilité et déclencher une autre crise financière mondiale.

Dans une chronique publiée lundi par le Financial Times, Jay Pelosky, directeur de J2Z Advisory, a écrit: «Depuis 2010, les pays émergents sont le moteur de la croissance mondiale, ce qui suggère que les déboires actuels des économies de la Bric [Brésil, Russie, Inde, Chine] sont à noter: oui, l’Inde est en croissance, mais le Brésil et la Russie sont dans une profonde récession tandis que la Chine ralentit rapidement... Contrairement à 2010, la Chine ne sauvera pas l’économie mondiale. Les chances d’une récession mondiale semblent être dans la gamme de 35 à 40 pour cent et vont en augmentant»

L’économie mondiale est plus étroitement interconnectée et complexe que jamais auparavant dans l’histoire. Mais sa division en États-nations rivaux, le cadre politique de base de la propriété privée capitaliste des moyens de production, rend toute résolution rationnelle et progressiste de la crise dans le cadre du capitalisme impossible.

Au lieu de cela, ce qui prédomine est une croissance ininterrompue du parasitisme et de la criminalité. Au cœur de la crise est une forte baisse de l’investissement productif. Avril dernier, le Fonds monétaire international a admis qu’il n’y avait pas de perspective pour un retour à des taux de croissance «normaux», tels que ceux qui sont antérieurs à l’effondrement financier de 2008. Il a attribué cela avant tout à une baisse marquée de l’investissement productif dans les économies avancées d’Europe et d’Amérique du Nord.

Les grandes sociétés américaines sont assises sur une montagne de liquidités de 1400 milliards de dollars. Mais les investissements d’infrastructure dans le premier trimestre aux États-Unis ont diminué de 2,8 pour cent. L’élite patronale et financière est en train d’affamer l’économie de l’investissement productif, et à la place est en train de se livrer à des manipulations financières et escroqueries qui augmentent sa richesse personnelle au détriment de la société. Le résultat est un chômage de masse, la baisse des salaires et la pauvreté croissante et la misère sociale pour la classe ouvrière.

Fusions et acquisitions, qui génèrent des milliards pour les banques et les grands investisseurs tout en détruisant des emplois, sont à des niveaux records, non seulement aux États-Unis, mais à l’échelle internationale. C'est la même chose pour les rachats d’actions, dans lesquels les bénéfices des entreprises ne sont pas utilisés pour accroître la production ou mener des recherches et du développement, mais pour acheter les propres actions de la société pour faire grimper leur prix et augmenter les primes des dirigeants et les revenus des investisseurs.

Depuis 2004, les entreprises américaines ont dépensé près de 7000 milliards de dollars pour acheter leurs propres actions. Selon le professeur William Lazonick de l’Université du Massachusetts, cela représente environ 54 pour cent de tous les bénéfices réalisés par les 500 sociétés de l’indice de Standard & Poor entre 2003 et 2012.

(Article paru d'abord en anglais le 18 août 2015)


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 1 Sep - 17:24


vers une grande crise pour la reproduction du capitalisme mondial (?)

je ne suis pas devin, mais j'ai tendance à croire en quelque vérité dans la convergence des avis d'experts - quand ils ne sont pas d'accords, ils ne peuvent pas avoir tous raison, mais là ils nous l'annoncent tous à travers des variantes, un moment fort de la crise arrive, pour cette fin d'année ou l'an prochain. Ils s'entendent même pour considérer que cette crise dans la crise sera plus profonde que celle de 2007-2009, parce que les États et les banques n'ont plus les moyens d'y remédier

beaucoup se focalisent sur les ennuis chinois, mais surtout pour considérer que ce sont surtout des ennuis pour les économies occidentales. Joseph Stiglitz a un avis plus nuancé


Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz s'inquiète de voir la France subir une "forme d'intimidation" de l'Allemagne, et exhorte la gauche, en Europe comme aux Etats-Unis, à réagir contre la montée des inégalités.
Citation :
Interrogé enfin sur la Chine, dont les soubresauts boursiers donnent des sueurs froides au monde entier, il appelle à ne pas "trop dramatiser". "La bonne nouvelle est qu'il y a désormais une prise de conscience de la nécessité de réguler le marché financier" en Chine, note Sitglitz. Pour le reste, Pékin "a presque 4.000 milliards de dollars de réserves de change. Cela lui donne les moyens de soutenir la croissance", veut-il croire.


si l'on essaye de voir au-delà de ce mauvais moment à passer, c'est le moins qu'on puisse en dire, c'est-à-dire de le comprendre comme un moment dans la double crise de l'Occident et du Capitalisme mondial, puisque telle est notre analyse donc telle notre boussole, il est difficile de le saisir comme autre chose qu'une crise de restructuration du capitalisme mondial, de nouvelle géopolitique transnationale des capitaux et des États ou alliances d'États, et l'on ne voit pas non plus comment l'on pourrait alors éviter la guerre. Jaurès a dit beaucoup de bêtises, mais il est mort somme toute d'une vérité qui pesait son poids de marxisme conséquent



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 10 Sep - 12:08

vlad2 message hors-sujet déplacé

vlad2 a écrit:
Le yo-yo à Tokyo bat des records,vu l’incertitude de la FED :

Bourse Tokyo: le Nikkei chute de plus de 4,3% dans la matinée, au lendemain d'un bond exceptionnel

Tokyo - L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo plongeait de plus de 4,3% jeudi matin, heurté par un recul de Wall Street et une baisse des cours du pétrole, au lendemain d'un bond exceptionnel de 7,7%.

Le Nikkei des 225 valeurs vedettes abandonnait plus de 800 points pour tomber à 17.956,15 points une heure et demie après l'ouverture. Il avait gagné quelque 1.343 points mercredi, un mouvement que n'a pas suivi la Bourse de New York qui a fini en repli.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau lâchait pour sa part 3,3% dans la matinée, soit une perte d'environ 50 points à 1.454,19 points.

Les marchés financiers subissent des mouvements spectaculaires ces dernières semaines, en raison notamment des inquiétudes relatives au ralentissement de l'économie chinoise et aux spéculations sur les intentions de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Les donneurs d'ordres se demandent si la banque centrale des Etats-Unis va franchir le Rubicon dès sa réunion de la semaine prochaine au sujet d'un relèvement de taux actuellement maintenus à un niveau quasi nul.

Sur le volet des changes, le dollar valait 120 yens, en retrait par rapport à son cours de mercredi à la clôture, tandis que l'euro est remonté autour de 134,80 yens.


(©AFP / 10 septembre 2015 03h39)

http://www.romandie.com/news/Bourse-Tokyo-le-Nikkei-chute-de-plus-de-43-dans-la-matinee-au-lendemain-dun-/628584.rom

Loren Goldner : Sur le capital fictif

Dans son étude,il mentionne les actions à Tokyo comme les plus surrevaluées au monde,deja en 2008,ça continue

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1209

La Bourse Tokyo: envolée inédite depuis la crise financière de 2008

La Bourse de Tokyo s'est envolée de 7,71% - du jamais vu depuis octobre 2008 et les turbulences de la crise financière. Un bond spectaculaire, dans le sillage des marchés mondiaux, après la récente débâcle liée aux inquiétudes sur la Chine.

A l'issue des échanges mercredi, le Nikkei des 225 valeurs vedettes s'établit à 18'770,51 points. L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a pris pour sa part 6,40%, à 1507,37 points.

Ce redressement intervient dans le sillage des places étrangères qui avaient toutes fini dans le vert mardi, portées par des espoirs de mesures de relance en Chine et après la publication d'une croissance meilleure que prévu en zone euro.

Avant le rebond de mercredi, le Nikkei avait chuté de 16% depuis la dévaluation soudaine du yuan par la banque centrale chinoise le 11 août. Un recul excessif selon des courtiers qui jugent qu'il est désormais nécessaire de rectifier le tir.

http://www.romandie.com/news/La-Bourse-Tokyo-envolee-inedite-depuis-la-crise-financiere-de-2008_RP/628281.rom

Les traders liquident les actions japonaises à un rythme jamais vu dans l’histoire

8 septembre, 2015

La légende du banquier central omnipotent continue d’être mise à rude épreuve au vu de l’incapacité de la Chine à sauver son propre marché, la dernière incarnation des investisseurs perdant confiance. Nulle part le fanatisme religieux n’a été plus fervent que dans la négociation des actions japonaises où Abe et Kuroda ont enfreint toutes les règles d’indépendance dans leur manipulation de l’effet de richesse par le cours des actions.

Cependant, il semble que la fête soit finie ; comme le rapporte Bloomberg, les étrangers ont liquidé 1,43 milliards de yens d’actions japonaises dans les trois semaines précédant le 28 août, comme le montrent les données de la Bourse de Tokyo actualisées jeudi. C’est le record sur une durée de trois semaines, il dépasse la période pendant laquelle la banque Bear Stearns s’est effondrée en 2008.....

http://lesakerfrancophone.net/les-actions-de-la-bourse-japonaises-dans-le-collimateur/

ALERTE - La banque centrale canadienne maintient son taux directeur à 0,5%

http://www.romandie.com/news/ALERTE--La-banque-centrale-canadienne-maintient-son-taux-directeur/628441.rom


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 13 Sep - 16:45



La France est «sur la bonne voie», selon Christine Lagarde lefigaro.fr 13/09/2015


«J'espère qu'il y aura un Macron 2, un Macron 3», affirme Christine Lagarde, directrice du FMI

Citation :
La directrice générale du FMI salue les réformes engagées par le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron et appelle le gouvernement à «aller plus loin». Elle prédit une croissance française supérieure à 1% cette année.
 

Bien mais peut mieux faire. C'est ainsi que pourrait se résumer la pensée de Christine Lagarde concernant l'économie française. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a jugé dimanche, dans une interview diffusée par France 2, que le pays était «sur la bonne voie». L'ancienne ministre des Finances de Nicolas Sarkozy a notamment apporté ses encouragements au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, dont elle a salué la loi pour l'activité et la croissance.

«Dès lors qu'elle envisage des réformes en profondeur, dès lors qu'elle fait preuve de discipline budgétaire intelligente, c'est-à-dire centrée sur la croissance, je pense que (la France) est sur la bonne voie», a déclaré Christine Lagarde.

Mais selon elle, «il faut que ces réformes soient mises en oeuvre et de manière courageuse, rapide. J'ai été ravie de voir un Macron 1. J'espère qu'il y aura un Macron 2, un Macron 3, etc. La vie économique française a besoin de ce vent de réformes, de cette impulsion de réformes, et ça ne peut pas s'arrêter à Macron 1». Pour la patronne du FMI, il faut «approfondir, aller plus loin, décrasser, simplifier».


«Il y a des vents qui sont très favorables» Christine Lagarde

Interrogée sur les prévisions de croissance du FMI concernant la France, Christine Lagarde a confirmé les chiffres datant de mai dernier, faisant état d'une croissance prévue de 1,2% pour cette année: «On va réviser notre plan général de prévisions pour l'ensemble des pays. On sera au-delà de 1%, sans aucun doute, je ne pense pas qu'on soit à 2%», explique-t-elle.

Pour accélérer sa croissance, conseille le FMI, la France doit profiter de la bonne conjoncture actuelle, illustrée par «le financement facile, le prix très bas des matières premières, un euro compétitif», soit «trois facteurs très importants pour que ça avance», assure sa directrice. «Ce qu'on peut constater aujourd'hui, c'est qu'il y a des vents quand même qui sont très favorables. Si le bateau France n'est pas capable d'ouvrir grand les voiles pour avancer sur ce chemin de croissance, c'est inquiétant».


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 25 Sep - 8:03



Economie : vent d'automne sur la croissance mondiale ! 23/09/2015


Boursier.com a écrit:
— Attention danger... L'activité manufacturière mondiale semble marquer le pas en septembre, si l'on en croit les premières lectures des indices des directeurs d'achats (indices "Flash" PMI) des entreprises à travers le monde, publiées mercredi.

En Chine, l'indice "flash" PMI manufacturier est ainsi ressorti une nouvelle fois en contraction en septembre, à 47 contre 47,5 attendu par le consensus et 47,3 en août...

L'activité manufacturière est désormais retombée au plus bas depuis 6 ans et demi dans l'ancien Empire du Milieu. Tout porte donc à croire que l'économie chinoise poursuit son ralentissement, qui menace de se transmettre au reste du monde, la Chine étant l'un des principaux consommateurs de nombreuses denrées, notamment des matières premières.


L'activité américaine en lutte contre le dollar fort et la baisse des investissements

Aux Etats-Unis, l'indice "flash" PMI manufacturier, calculé par l'institut Markit, est resté stable, à 53, au plus bas depuis 22 mois, même s'il demeure au-dessus de 50, qui sépare la contraction de l'expansion de l'économie.

Commentant l'étude, le chef économiste en chef de Markit, Chris Williamson a estimé que la faiblesse de l'activité manufacturière devrait se poursuivre au long du 3ème trimestre.

L'industrie "est restée bloquée à une allure d'escargot en septembre, en proie à une lutte difficile contre un dollar fort, une demande en baisse sur beaucoup de marchés exportateurs et une réduction des dépenses d'investissement, en particulier dans le secteur de l'énergie", a commenté M. Williamson dans un communiqué...

Pas d'accélération de la croissance en vue dans la zone euro

Enfin, l'activité n'a pas non plus été très vigoureuse dans la zone euro, même si elle reste en zone d'expansion. Ainsi, l'indice "flash" PMI composite calculé par Markit est ressorti à 53,9 contre 54,3 en août et 54,1 attendu par le consensus.

Les données de l'enquête "signalent une croissance de l'économie de la zone euro de l'ordre de 0,4% au troisième trimestre, niveau similaire à celui enregistré au deuxième trimestre et inférieur à ce que l'on considère généralement comme sa croissance potentielle de long terme", a commenté M. Williamson. A ce jour, les données PMI pour l'ensemble de la région sont conformes à une croissance annuelle d'à peine 1,6% en 2015, a-t-il poursuivi.

La Fed et la BCE aux prises avec des situations complexes

Ces chiffres coïncident avec des déclarations inquiètes de la part des banquiers centraux, ainsi que d'organismes internationaux, concernant l'accroissement des facteurs de risque pour la croissance, qui est intervenu pendant l'été (chute du pétrole, dévaluation du yuan chinois, turbulences monétaires et boursières...)

La Réserve fédérale a ainsi décidé, le 17 septembre, de reporter la date du début de son cycle de relèvement des taux directeurs. Malgré une croissance "modérée" aux Etats-Unis, la Fed se méfie des conséquences possibles du ralentissement chinois sur la croissance mondiale.

Du côté de la BCE, ses dirigeants, dont son président Mario Draghi,font savoir qu'ils se tiennent prêts à renforcer leur arsenal anti-crise, en augmentant le montant et/ou la durée du programme de rachat d'actifs démarré en mars dernier.

En Chine, les autorités ont pris des mesures de relance ciblées ces dernières semaines, mais celles-ci n'ont pas su jusqu'à présent redonner confiance aux marchés, qui doutent de la fiabilité des statistiques officielles. Enfin, au Japon, les experts s'attendent à ce que la Banque du Japon annonce, lors de sa réunion de la fin octobre, de nouvelles mesures de soutien aux marchés financiers.

L'OCDE a revu en baisse la croissance mondiale, le FMI pourrait suivre
...


La semaine dernière, l'OCDE a revu en baisse ses prévisions de croissance mondiale à 3,0% cette année puis 3,6% l'an prochain, alors qu'en juin, elle attendait respectivement 3,1% et 3,8%, sur fond de ralentissement des pays émergents. Le FMI pourrait faire de même en octobre, si l'on décrypte les récents propos de sa directrice générale Christine Lagarde.

Mme Lagarde a ainsi estimé mardi que risques de dégradation de la croissance globale ont augmenté, notamment en raison d'une croissance chinoise moins vigoureuse...


Le FMI, qui doit présenter en octobre ses prochaines prévisions économiques, tablait en juillet dernier sur une croissance du PIB mondial de 3,3% cette année, et de 3,8% en 2016.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 2 Oct - 3:19




Pourquoi Euro-BRICS ?

Citation :
Le monde traverse une crise historique qui marque la fin des systèmes et rapports de forces ayant dominé le monde depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les dynamiques au cœur des phénomènes de globalisation accélérée et d’expansion sans frein du marché de ces vingt dernières années viennent de s’effondrer. Les relations internationales dans tous les domaines (finance, économie, devises, stratégie, diplomatie, …) sont soumises à un rééquilibrage sans précédent depuis plusieurs décennies. Ce nouveau contexte global crée des équilibres (et des déséquilibres) nouveaux qui se substituent rapidement à ceux hérités des deux dernières grandes ruptures de l’ordre du monde, à savoir la Seconde Guerre Mondiale et la Chute du Rideau de Fer. Pour gérer pacifiquement les tensions qui se font jour à tous les niveaux de la gouvernance mondiale héritée du XX° siècle, sur fond d’une crise systémique globale qui perdure, les acteurs d’envergure mondiale, anciens, nouveaux ou résurgents doivent faire preuve d’audace et d’innovation pour tenter de poser les fondements de la gouvernance mondiale du XXI° siècle. L’initiative Euro-BRICS, portée conjointement depuis 2010 par LEAP/E2020 et le MGIMO, et désormais soutenue par un réseau actif d’experts Européens, Brésiliens, Russes, Indiens, Chinois et Sud-Africains,  constitue sans aucun doute un partenariat prometteur capable de servir de socle à un tel renouvellement.



Note de synthèse du 5ème séminaire Euro-BRICS (‘Senior Session’) a écrit:


LEAP est fier de vous présenter la note de synthèse du 5ème séminaire Euro-BRICS : « Le modèle d’intégration régionale au service de l’invention de la gouvernance mondiale multipolaire du XXIème siècle« .

Ce 5ème séminaire Euro-BRICS s’est tenu dans le cadre du 1er Sommet des jeunes Leaders Euro-BRICS le 8 juin à Helsinki. Quelque 40 experts et jeunes des pays européens et BRICS ont participé à ce séminaire où les questions suivantes furent débattues:

“Finaliser les processus d’intégration régionale en entités politiques à part entière »

“Combiner les entités supra-nationales et les états-nations dans l’architecture de la gouvernance mondiale multipolaire du XXIème siècle”

“Adapter le modèle d’intégration régionale à l’invention de la gouvernance mondiale multipolaire”

“Obstacles, faisabilité et rôle des états dans le processus”.

Les conclusions du 5ème séminaire Euro-BRICS sont disponibles dans la note de synthèse (en anglais uniquement) : 5th Euro-BRICS – Executive Summary


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 5 Oct - 16:35


Accord sur un traité de libre-échange transpacifique entre les Etats-Unis et 11 autres pays
Le Monde.fr | 05.10.2015 | Par Stéphane Lauer (New York, correspondant)  


Les douze ministres chargés du commerce lors des négociations
pour le traité de partenariat transpacifique, à Atlanta, le 1er octobre

Le Partenariat transpacifique (TPP) a accouché d’un accord de principe, lundi 5 octobre, mais ce ne fut pas sans mal. Les représentants des douze pays concernés (Etats-Unis, Canada, Mexique, Chili, Pérou, Japon, Malaisie, Vietnam, Singapour, Brunei, Australie et Nouvelle-Zélande) n’ont réussi à trouver un compromis qu’à l’issue d’une réunion marathon de plus de cinq jours, qui s’est déroulée à Atlanta (Etats-Unis).


Stéphane Lauer a écrit:
Il s’agit de l’aboutissement de discussions entamées en 2008, qui ouvre la porte à l’un des plus importants traités de libre-échange jamais signé. L’accord de principe doit maintenant être ratifié par les parlements de chacun des pays.

Couper la poire en deux

Le suspense a été prolongé jusqu’à lundi matin en raison, notamment, d’un différend sur la question de la protection des brevets dans le domaine des médicaments biotechnologiques. L’Australie, mais aussi le Chili et le Pérou, s’opposaient fermement à la protection dont jouissent les entreprises américaines du secteur. Celles-ci disposent de douze ans avant qu’un concurrent puisse copier le médicament et le vendre meilleur marché. Une durée qui n’est que de cinq ans dans d’autres pays.

Il était donc question de couper la poire en deux en allongeant le délai à huit ans. Cette disposition était également très contestée par les organisations non gouvernementales, qui considèrent que cela va conduire à renchérir le prix des médicaments.

Autre pomme de discorde qui a dû être résolue : l’ouverture du marché des produits laitiers canadien, japonais et américain aux importations en provenance de Nouvelle-Zélande et d’Australie.

Enfin, les négociateurs ont dû surmonter les réticences canadiennes et mexicaines sur une plus grande ouverture du marché nord-américain dans le secteur des pièces détachées automobiles. Un domaine qui profiterait en priorité aux constructeurs japonais.

Suppression de 18 000 droits de douane

L’enjeu du TPP est multiple. D’abord, en harmonisant les normes et en abaissant les droits de douane, il est censé doper les échanges commerciaux entre les douze pays de part et d’autre du Pacifique. Ceux-ci représentent environ les deux cinquièmes du commerce mondial. Concernant les normes, le traité tend à aligner sur les standards occidentaux la notion de propriété intellectuelle. Il est question aussi de la reconnaissance d’un Internet ouvert, y compris au Vietnam, où le régime communiste s’y opposait jusqu’à présent. Tout un volet du traité concerne enfin l’interdiction des trafics d’animaux sauvages et certains abus environnementaux.

L’accord prévoit en outre la disparition de 18 000 droits de douane auxquels étaient assujetties les exportations américaines en direction de ses onze partenaires dans des secteurs aussi divers que l’industrie mécanique, les technologies de l’information, la chimie ou les produits agricoles. Par ailleurs, un chapitre est consacré à l’élévation des normes en termes de droit du travail dans des pays comme le Vietnam, la Malaisie et Brunei.

Contrebalancer l’influence chinoise

Sur le plan diplomatique, pour les Etats-Unis, le TPP est l’aboutissement de la stratégie dite du « pivot », qui consiste à resserrer les liens commerciaux avec les pays de l’Asie-Pacifique pour contrebalancer l’influence grandissante de la Chine. De ce point de vue, c’est un succès pour Barack Obama, qui n’a pas compté ses efforts auprès de ses partenaires commerciaux pour parvenir à un accord.

Enfin, cet accord est susceptible de créer une dynamique pour accélérer les négociations du Traité transatlantique entre l’Europe et les Etats-Unis (TTIP). Celles-ci, qui n’ont débuté qu’en 2013, avancent à pas comptés, les Etats-Unis étant concentrés jusqu’à présent sur la réussite du TPP.

Pour ce dernier, le processus n’est toutefois pas encore achevé. Concernant les Etats-Unis, il doit passer l’obstacle d’un vote par le Congrès. Celui-ci devrait être facilité par la procédure du « Trade Promotion Authority » ou « Fast Track ». Adopté cet été par le Congrès, ce processus permet aux parlementaires américains de voter le texte en bloc, évitant ainsi une longue procédure d’adoption, article par article. Barack Obama n’avait obtenu le feu vert pour déclencher cette procédure que grâce au soutien des Républicains, traditionnellement favorables au libre-échange, le camp démocrate du président étant plus dispersé sur la question.

Va débuter maintenant une période de décryptage des détails de l’accord de principe trouvé lundi, avec le risque que les parlementaires américains trouvent le verre à moitié plein, alors que les Etats-Unis entrent en période électorale.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 23 Oct - 6:26

un peu de théorie communiste, importé de Médiapart

Patlotch en réponse au commentaire de Segesta3756 le 21/10/2015 à 15:36


Segesta3756 a écrit:
Pour ma part, je commencerai par apprendre ces mots : surtravail, subsomption réelle.

c'est une bonne idée, mais il faut aller aux sources de première main, la définition de ces concepts chez Marx dans les Grundrisse. Subsomption réelle ne va pas sans subsomption formelle, et la définition de Coltinet via Artous est tout sauf claire, sinon même juste (Artous est sérieux, mais vu ses options politiques -cf avec Besancenot et Corcuff), il a des présupposés qui tordent ses théoriqsation, notamment sur une sortie du capital par le salariat, sans l'abolir... enclair, il sert la soupe à la LCR puis au NPA...)

(surtravail renvoie à quantité de temps de travail correspondant à la production de plus-value, cad à la part de temps de travail non payé à l'ouvrier par le patron)

pour subsomption, on trouve d'autres traductions : subordination, soumission, voire domination et les experts se battent sur la meilleure. C'est en fait sans grande importance, quand on a compris de quoi il s'agit



1) au niveau du procès de production, le moment de l'exploitation :

les deux concepts sont en rapport avec le procès même d'exploitation et d'extorsion de la plus-value, selon qu'elle augmente par allongement de la journée de travail (subsomption formelle), ou selon l'augmentation de la productivité réelle (d'où subsombtion réelle)



2) au niveau du mode de production capitaliste et de son phasage historique

2a - la capitalisme que Marx a sous les yeux, sauf à la fin de sa vie avec la montée du machinisme (donc augmentation de la productivité réelle), est en subsomption réelle. Concrètement cela signifie que la plupart des prolétaires allant à l'usine sont issus de familles ayant une maison,un jardin, voire une ferme pour nourir leur famille. Autrement dit, ils ne sont pas complètement des prolataire nus face à "l'homme aux écus", leur salaire n'est pas le tout de ce qui permet de "reconstituer leur force de travail" et revenir le lendemain à l'usine. Acette époque, il y avait encore beaucoup de "journaliers" comme par exemple au Japon aujourd'hui (cf Fukushima...)

on peut donc comprendre que la domination du capital n'est encore que formelle, et dans le monde, le capitalisme ne domine pas encore tout, il y faudra le colonialisme, etc



2b - progressivement, il y a de lus en plus d'ouvriers qui n'ont que ça pour vivre et nourrir leur famille. C'est la grande usine, les mines, la sidérurgie... le Nord et l'Angleterre (Lady Chatterley), l'horloge au centre du village et les maisons louées par l'employeur (Peugeot, région de Sochaux-Montbéliard), etc.

Marx voir arriver ça surtout en Angleterre, mais aussi aux Etats-Unis, observations qui fondent ses analyses (il écrivaient des articles économiques pour un journal américain)

s'ouvre alors une période de subsomption réelle, qui commence en grand à la veille de la première guerre mondiale, et continue jusqu'aux années 60-70... Cest les usines Ford, Keynes, et le compromis entre capital et prolétariat consistant à créer de bonnes conditions de reprodudtion de la force de travail, d'où les "acquis" style Front populaire, la santé, les congés, les écoles d'apprentissage, puis la sécurité sociale, le tout organisa par l'Etat, et pris en charge par lui : en réalité c'est du salaire indirect, qui est prélevé sur la plus-value ou les salaires, donc charge patronales ou cotisations, dont aucune valeur n'est crée en dehors de la sphère productive de plus value



voilà en gros. Pour les implications théoriques, et surtout le changement de nature des luttes de classe



pour aller plus loin, voir par exemple La Matérielle, texte de Christian Charrier et Bruno Astarian 1998

PERIODISATION DU MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE, Histoire du capital, histoire des crises et histoire du Communisme

et

Georges Caffentzis Incommensurable valeur ? Un essai sur l‘héritage de Marx
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 23 Oct - 6:29

ce qui précède est le fond commun théorique, il n'est pas possible d'aller plus avant dans ce cadre, concernant les désaccords sur ce sujet entre divers théoriciens et groupes théoriques, depuis les années 70 (post-ultragauche, Themps Critiques, Wertkritik, Thére Communise, Hic Salta, Negri, marxistes orthodoxes...)

pour ma part, je n'ai pas poussé très loin ces considérations, me contentant de la base de compréhension et du phasage, particulièrement pour comprendre la restructuration du capital et l'impossibilité concomittente d'une unité de classe sans engagement direc dans un processus de rupture à l'échelle mondiale

tout au plus avais-je étendu cette notion dans un premier texte critique de la communisation, peu après mon arrivée dans ce milieu.

Communisation Troisième courant, octobre 2006

12 THÈSES POUR DÉPASSER LES SAINTHÈSES, PROTHÈSES ET FOUTHÈSES ... À COMMENCER PAR LES MIENNES


extrait

Patlotch a écrit:
Dans ce qu'il nomme « théorie post-prolétarienne », Christian Charrier distingue un « courant universaliste » et un « courant actualiste » (La Matérielle vol I). A partir des thèses de Théorie communiste, la revue Meeting se fonde en 2003 sur l'existence d'un « courant communisateur ». Renvoyant dos à dos la « révolution à titre strictement prolétarien » de ce groupe, et « la révolution à titre humain » de Temps critiques, le texte ci-dessous ébauche les éléments d'une approche théorique différente. Par sa conception dialectique, il n'entre pas dans les classifications précédentes et s'il s'appuie sur leurs travaux, il n'en est pas un syncrétisme. Il définit, pour théoriser la communisation, un troisième courant...

« La révolution communiste est une révolution totale. Révolution biologique, sexuelle, sociale, économique ne sont que des déterminations particulières ; en privilégier une c'est mutiler la révolution, qui ne peut être qu'en étant tout. » Jacques CAMATTE, mai 1973


1. Le capitalisme a produit depuis trente ans sa restructuration

Elle touche tous les rapports sociaux et démultiplie les contradictions constituant, dans leur articulation et leur unité, l'implication réciproque réelle *. Cette implication réciproque se laissait définir, dans la période antérieure, au sein du rapport antagoniste de classes, dont les luttes correspondent alors au programmatisme du mouvement ouvrier.


* en référence à subordination réelle, le label d'implication réciproque réelle contient sa problématique et son ambiguité, sa provocation à la penser, puisque la réciprocité ne s'y pose pas terme à terme de façon binaire comme dans une contradiction dialectique classique. En quoi se maintient une implication réciproque, et comment ? C'est la question du capital contemporain, à laquelle le schéma théorique que je propose tente d'esquisser une réponse.


Dans la présente phase, un paradoxe de la subordination réelle est qu'elle absorbe toutes ces contradictions au sein du capitalisme comme société, mais fait exploser l'autonomie relative de chacune en la posant comme spécificité dans et face au capital : rapports de classes, rapports au travail, rapports à la nature, rapports à l'Etat (la politique), rapports entre individus (à l'autre identité, autre sexe, autre origine, etc.), rapport à soi (je est un autre).


Si cette restructuration peut être considérée comme achevée (thèse de Théorie communiste), c'est en tant qu'elle est la nouvelle dynamique qu'impose la contrainte à la reproduction du capital et du prolétariat (productif), à la valorisation de la valeur, c'est-à-dire la continuité du capitalisme comme mode de production fondé sur l'exploitation de la force de travail.

[...]

4. La subordination réelle détermine tous les rapports sociaux mais pas de façon absolue, sans quoi le capitalisme ne produirait aucune contradiction, et la lutte révolutionnaire serait impossible (c'est Camatte et Invariance à partir de 1975), que ce soit à titre strictement prolétarien (Théorie communiste) ou à titre humain (Temps critiques).  


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 23 Oct - 6:33

(suite des commentaires)

Segesta3756 a écrit:
Il n'y a pas "subsomption réelle" dans les Grundrisse. Je cherche donc subordination, je trouve ceci, chap. "Production et distribution" p. 146
avec mes excuses, c'est une confusion de ma part, parce que les deux textes sont souvent référencés ensemble par les théoriciens (notamment les négristes avec le fragment sur les machines et le capitalisme cognitif...), pour leur traduction tardive en français, seulement dans les années 1930 voire 1960-70

la référence à la subsomption est dans Un chapitre inédit du capital, traduite alors soumission dans la version Dangeville en ligne


Traduction revue entièrement en 2010

Citation :
Résultats du procès de production immédiat

II. La production capitaliste comme production de plus-valueG. Les deux phases historiques du développement économique de la production capitaliste (1)

a) Soumission formelle du travail au capital

b) Soumission réelle du travail au capital, ou le mode de production spécifiquement capitaliste

c) Remarques complémentaires sur la soumission formelle du travail au capital

d) Soumission réelle du travail au capital


(1) Marx analyse ici les deux phases historiques du développement économique du mode de production capitaliste, sous un angle différent de celui des deux chapitres consacrés à l'accumulation dite primitive et aux formes de production antérieures au capitalisme dans les Fondements etc. tome I, pp. 422-479. En effet, Marx y met en évidence les rouages et mécanismes de l'économie sociale avec la dialectique de leur développement.


L'analyse faite par Marx ici diffère également de celle qu'il a faite dans le chapitre sur l'accumulation primitive du I° livre du Capital, et enfin de celles - plus politiques - faites sur les révolutions bourgeoises qui permirent aux capitalistes d'instaurer leur domination à l'échelle de la société tout entière.

La présente analyse s'inscrit à leurs côtés et les complète. »


Segesta3756 a écrit:
J'ai pris celui-là : Un chapitre inédit du capital


oui, c'est un texte essentiel à la compréhension du travail de Marx, y compris des années antérieures. Attention à la traduction, de Dangeville sauf erreur, qui a été discutée... Je n'ai pas non plus la plus récente, par l'équipe de Sève et Garo, au Geme, et je crois que faute de moyens, ils ont arrêté cette entreprise de traductions d'inédits de Marx (plus de la moitié de son œuvre n'est pas traduite en français...) Ce fut la base de travail en France dans les milieux théoriciens


Segesta3756 a écrit:
j'en ai lu des passages et il est vraiment très abordable et en même temps précis

comme disait Marx du Capital : « A part ce qui regarde la forme de la valeur, la lecture de ce livre ne présentera pas de difficultés. Je suppose naturellement des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes... » source

dans le genre, sa conférence de 1865, Salaire, prix et profit, et une régal de "vulgarisation". On étudiait ça dans les "écoles fédérales du PCF", au début des années 70 : un quinzaine de jours d'études au vert, sur congé de maladie par les camarades médecins   affraid

sur la difficulté de lire Marx, voir aussi le magnifique texte d'Althusser : Avertissement aux lecteurs du Livre I du Capital où l'on voit que l'accusation de théoricisme, même à cette époque, ne tient pas la route
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   

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ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
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