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 ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 16 Sep - 10:42


cet article n'est pas une critique de l'économie politique, il ne fait que décrire l'introduction du mode de production capitaliste au Japon après son ouverture forcée par les États-Unis. Pour la connaissance du Japon, de son histoire et de sa société,  je conseille d'une manière générale le site Fascinant Japon


Restauration Meiji: Naissance d’une économie capitaliste



L’économie japonaise au moment de la restauration Meiji

Les deux principes qui régissent l’économie sous Meiji sont shokusan kôgyô (implanter et développer l’industrie), et fukoku kyohei (pays riche, armée puissante). Les historiens sont unanimes quant à l’effort fourni par le Japon de Meiji pour rattraper le reste du monde. Mais il y a aussi un acquis préalable qui rend la résolution industrielle si originale. Voyons si le Japon possède les sept indicateurs d’un pays prêt à la révolution industrielle…


Premières usines

Citation :
La généralisation du marché :

• La période Tokugawa a donné lieu à une intensification des échanges commerciaux, malgré les restrictions idéologiques
• Idéologie incompatible avec l’idée de révolution industrielle
• Le pays n’était pas unifié, le grand nombre de douanes locales empêchaient le commerce intérieur hors domaine
• Absence de monnaie unifiée
• Pas de libre concurrence, les corporations marchandes luttaient entre elles pour des monopoles
• Pas de marchés extérieurs

Le développement de structures financières :

• Progrès de l’économie monétaire, la monnaie prend le pas sur le riz
• Pas de système bancaire, les banques de type occidental n’apparaissent pas sous Meiji

Le développement d’une activité non agricole :

• Essor de l’artisanat
• Usines trop archaïques (textile, armement…)
• Economie centrée sur le riz

Le développement du salariat :

• La seule main d’œuvre salariée était saisonnière, revenu d’appoint

L’existence d’une technologie permettant la production à grande échelle :
•Des Hollandais avaient transmis le savoir occidental à quelques éclairés, mais la majeure partie de la production se faisait selon des techniques traditionnelles

Un niveau d’instruction assez élevé :

• Domaine où les Japonais étaient le plus en avance. Niveau d’éducation suffisant. Les samouraï savaient lire et écrire, les artisans et les commerçants étaient alphabétisés.
• Malgré tout, l’éducation est traditionnelle et basée sur le respect de l’autorité

L’apparition d’une classe bourgeoise autonome :

• La bourgeoisie des villes, surveillée de près par le bakufu, n’a pu développer une idéologie forte

Si ce n’est l’éducation, le Japon était encore très loin d’une révolution industrielle. Le Japon a importé sur l’initiative de l’Etat une idéologie et des techniques occidentales. C’est le gouvernement de Meiji qui va moderniser l’économie. Le principe est de s’assurer des rentrées d’argent et développer l’industrie. L’agriculture qui permet tout cela. La réforme de l’impôt foncier assure un maximum de crédits pour l’industrie, mais aussi un lourd fardeau pour les paysans.

La réforme de l’impôt foncier



Certificat de propriété foncière


Elle se fait en plusieurs étapes. L’agriculture devient une activité soumise au marché. Elle va développer des bénéfices, grâce à la levée des restrictions en matière de cultures industrielles, en 1871. Avant cette date, les Japonais cultivaient pour se nourrir.

En 1872, on abolit l’ordonnance de 1643 qui interdisait la vente et l’achat de terres. De 1873 à 1876, on détermine la valeur monétaire de l’ensemble des parcelles cultivables et on émet des titres de propriété (109 millions) à partir desquels on décide l’impôt.

Suite à des révoltes paysannes, l’Etat allège cet impôt, mais la plupart des paysans, incapables de payer l’impôt, vont devoir revendre leurs terres. Les conséquences sont importantes. Les terres se concentrent entre les mains d’un petit nombre, les jinushisei. Les relations de type féodal perdurent jusqu’en 1945. Les paysans appauvris vont partir dans les villes et fournir une main d’oeuvre industrielle à bas prix. C’est un des facteurs de la réussite de la révolution industrielle. Le surplus de main d’oeuvre dans les campagnes permet de maintenir les salaires très bas. Sur la base de l’impôt foncier, l’Etat va prendre en charge la révolution industrielle.

L’Etat entrepreneur

Les voies de chemin de fer prennent du terrain: lignes Osaka-Kobe en 1879 et Kyoto-Osaka en 1889. Le télégraphe est installé en 1879 entre Yokohama et Tokyo. Dès 1873, Tokyo et Nagasaki sont reliées.

L’Etat abolit les barrières douanières intérieures (sekicho), les corporations (kabunakama) et leurs privilèges. Le gouvernement prend part à l’industrie militaire, modernise l’arsenal de Yokosuka. Des usines modernes telles que filatures, cimenteries, brasseries se développent. Des experts étrangers sont mis à contribution. Ils créent la plupart des industries d’Etat et forment la première génération d’ingénieurs japonais. L’Etat prend en charge l’île de Hokkaido, la peuple et l’exploite.

Cette implication est une politique coûteuse, et malgré les nouveaux impôts, les revenus fiscaux ne couvrent pas les dépenses. Pour combler le déficit, l’Etat recourt à l’émission monétaire. En 1872, les dépenses de l’Etat ne dépassent pas le tiers des ressources engagées. Entre 1876 et 1880, les prix augmentent de 100%, ce qui entraîne des tensions sociales. L’Etat au début des années 1880 va opérer des réformes radicales. On les appelle réformes de Matsukata, du nom du ministre de l’économie de l’époque: Masayoshi Matsukata.

Les réformes de Matsukata



Masayoshi Matsukata


L’Etat retire 20% des billets de banque émis. On réduit les dépenses de l’Etat, on diminue les crédits alloués aux infrastructures. Les taxes augmentent. Pour fournir de nouvelles ressources, Matsukata vend au privé une partie importante des entreprises créées entre 1868 et 1880.

Cette vente va bénéficier à un petit nombre d’entrepreneurs liés au gouvernement, les seisho (marchands politiques). Les seisho vont pouvoir développer les zaibatsu. Ainsi, Sumitomo, une maison de commerce de Edo se transforme en empire commercial grâce aux ventes d’Etat. Mitsui et Mitsubishi dominent jusqu’en 1945.

Les zaibatsu sont régulièrement favorisées par l’Etat, qui leur concède des monopoles, des subventions et des emprunts à faible taux. L’économie est concentrée entre les mains d’un petit nombre.


concernant le mouvement ouvrier au Japon, à cette époque et ensuite, on lira la série :

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 28 Sep - 16:40

New Left Review 100, July-August 2016

Michel Aglietta

AMERICA’S SLOWDOWN

Aglietta a écrit:
Robert Gordon’s Rise and Fall of American Growth offers a vast narrative, encompassing some 150 years of us economic history since 1870, with prospective views up to 2040 or so. [1]  The conclusion is that low per capita growth is here to stay, with dire consequences for worsening inequalities in income distribution and other headwinds. It demands to be taken seriously. It should be noted at the outset that the very long-run view that Gordon provides may serve to underestimate the impact of the 2008 financial crisis—indeed, finance is nearly absent from the book. However, the trend decline in productivity growth that it detects from the late 1970s is concomitant with what has been labelled ‘the financialization of the firm’, a transformation in corporate governance that is itself linked to financial liberalization and globalization. Furthermore, the long-run slowdown in productivity since the late 1970s or early 1980s is not specific to the us; it plagues all large advanced economies.

texte accessible par souscription

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 29 Sep - 10:35

citations :

L’ARABIE SAOUDITE BAISSE DE 20 % LES SALAIRES DU SECTEUR PUBLIC, CECI CONCERNE LES 2/3 DES SAOUDIENS (salariés)!

https://brunobertez.com/2016/09/28/larabie-saoudite-baisse-de-20-les-salaires-du-secteur-public-ceci-concerne-les-23-des-saoudiens/

Alors que :

L'Opep trouve un accord "historique" pour limiter sa production de pétrole

JEUDI, 29.09.2016

Les pays de l'Opep sont parvenus, à la surprise générale, à un accord "historique" pour réduire leur production de pétrole.

Il s'agit de la plus grosse réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008.

Coup de théâtre à Alger: les pays de l'Opep sont parvenus, à la surprise générale, à un accord "historique" pour réduire leur production d'or noir afin de soutenir des prix durablement affaiblis par une offre excédentaire.

Au terme d'une réunion de près de six heures et de plusieurs semaines de tractations, l'Opep a annoncé mercredi soir avoir décidé de ramener sa production à un niveau de 32,5 à 33 millions de barils par jour, contre 33,47 mbj en août selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

Il s'agit de la plus grosse réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008.

"C'était une très longue réunion, mais historique", a déclaré le ministre qatari de l'Energie et président de la réunion, Mohamed Saleh Al-Sada, lors d'une conférence de presse.

Bien que le marché montre "des signes positifs", avec notamment une reflux des stocks et une demande résistante, "nous devons accélérer le rééquilibrage du marché", a-t-il ajouté.
 
La Russie aussi


A l'annonce de cet accord, les cours de pétrole étaient en hausse sur les marchés asiatiques. Les cours ont pris jusqu'à 6% et continuaient de grimper dans les échanges électroniques en Asie, bien qu'à un rythme plus faible.

Les modalités de mises en oeuvre de cet accord seront discutées lors du sommet de l'Opep à Vienne, le 30 novembre.

Un comité de haut niveau va notamment être mis en place pour déterminer les niveaux de production applicables à chacun des pays.

Ce dernier va également engager le dialogue avec les pays non membres, principalement la Russie, deuxième producteur mondial de brut, pour participer aux efforts du rééquilibrage.

Moscou s'est déjà dit favorable à un gel de sa production à son niveau record de septembre.

"Aujourd'hui, l'Opep vient de prendre une décision historique", s'est félicité le ministre algérien de l'Energie, Noureddine Boutarfa. "L'Opep revient à sa fonction de monitoring du marché. C'est une fonction qu'elle avait perdue depuis plusieurs années".

"C'est une décision à l'unanimité et sans réserve qui a été prise", a-t-il ajouté, précisant que la réunion informelle avait été transformée en séance extraordinaire pour permettre une prise de décision.

Face au boom des hydrocarbures de schiste américains, le cartel de 14 pays avait abandonné son rôle de régulateur du marché pour adopter une stratégie de défense des parts de marché, en ouvrant à fond les robinets aux dépens des prix.

Le niveau de production visé par l'Opep correspond peu ou prou au nombre de barils qui étaient pompés en mars dernier par le cartel pétrolier (32,47 mbj), d'après des chiffres de l'AIE.

La réduction reste toutefois inférieure à la hausse de la production observée sur un an au sein de l'Organisation: en août, le cartel a pompé 930.000 barils de plus sur un an.

Les marchés s'attendaient à ce que la réunion d'Alger débouche sur un désaccord.

Pourtant, estiment des analystes, un tel accord ne change rien aux fondamentaux du marché.

Les analystes de BMO Capital Markets font remarquer que les quotas de production mis en place par l'Opep n'ont pas toujours été respectés par ses membres.

Concession saoudienne


Les analystes jugeaient un accord d'autant plus improbable que dès la veille de la réunion, l'Arabie saoudite et l'Iran, grands rivaux au Moyen-Orient, avaient dit douter de la possibilité de trouver un terrain d'entente.

Leur rivalité avait déjà fait capoter une précédente tentative de gel concerté en avril, à Doha.

Mais le ministre qatari a assuré que la réunion s'était déroulée dans "une atmosphère très positive, reflétant la forte cohérence de l'Opep".

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, s'est dit "très heureux".

Il avait auparavant répété que Téhéran souhaitait avant tout rétablir ses niveaux de production antérieurs aux sanctions internationales liées à son programme nucléaire, soit environ 4 millions de barils par jour (mbj), voire un peu plus, contre 3,6 mbj aujourd'hui.

L'Arabie saoudite, premier producteur de l'Opep, conditionnait dans un premier temps toute réduction de sa production à une mesure similaire de ses pairs.

Mais Ryad a fini par assouplir sa position, affecté économiquement comme les autres par la dégringolade des cours, qui ont perdu plus de la moitié de leur valeur.

Le puissant ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, avait déclaré mardi soir que son pays consentirait à ce que l'Iran, mais aussi la Libye et le Nigeria, soient autorisés à "produire aux niveaux maximum qui fassent sens".

Ces deux derniers pays, fragilisés par des conflits internes, pompent actuellement très en deçà de leur capacité et ne voulaient pas renoncer à des exportations génératrices de devises. -

http://www.agefi.com/ageficom/europe-et-monde/detail/edition/online/article/les-pays-de-lopep-sont-parvenus-a-la-surprise-generale-a-un-accord-historique-pour-reduire-leur-production-de-petrole-436684.html

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 8 Oct - 23:21


pour les fort.e.s en thème, Michael Roberts donne des éléments précis sur la santé de l'économie états-unienne


The US rate of profit 1948-2015

taux de profit

October 4, 2016


Citation :
The US Department of Commerce’s Bureau of Economic Analysis (BEA) has just updated its estimates of net fixed capital stock in the US economy.  This gives us the opportunity to measure the US rate of profit a la Marx up to 2015.
[...]
So, as I said at the start of this post, the main conclusions from last year remain.  What the 2015 measures add is that the US rate of profit (on any measure) fell in 2015 and is now down about 3% from 2012.  US corporate profits are falling in absolute terms and have been since early 2015.

The US rate of profit is likely to have fallen again this year and that fall is accelerating according to the more high frequency Fed data.



Citation :
The US economy is the largest and most important capitalist economy.  It is usually considered as having performed the best of the top seven largest economies since the end of the Great Recession in 2009.  But is that really true?
[...]
The likelihood of a new economic slump is high for 2017, as I have argued in previous posts.  But even without that, US capitalism’s economic performance is poor and only saved by the pitiful results achieved by other top capitalist economies.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 9 Oct - 5:04


Alors que les tensions géopolitiques et économiques montent

Le FMI met en garde contre une dette mondiale record


Nick Beams WSWS 8 octobre 2016

Huit ans après l’éclatement de la crise financière mondiale, les conditions sont en train d’être créées pour un autre effondrement dans des proportions encore plus grandes, au milieu la montée des tensions géopolitiques et économiques entre les grandes puissances capitalistes.

Citation :
C’est implicite dans trois rapports publiés par le Fonds monétaire international en vue de sa réunion annuelle qui a commencé hier à Washington. « Les Perspectives de l’économie mondiale » a rapporté une croissance plus faible dans tous les pays avancés, ce qui souligne l’absence d’une véritable reprise de l’économie mondiale, tandis que les deux rapports financiers ont signalé une instabilité croissante résultant de l’injection par les banques centrales de milliards de dollars dans le système financier mondial.

Pris ensemble, les rapports soulignent les contradictions économiques qui sous-tendent et alimentent une série de crises. Ceux-ci comprennent : le ralentissement du commerce mondial, l’augmentation des mesures protectionnistes, la dispute entre les États-Unis et l’Union européenne sur les paiements d’impôts d’Apple, l’initiative par le ministère américain de la justice d’imposer une pénalité de 14 milliards de dollars à la Deutsche Bank, la rupture des négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) parrainé par les États-Unis, et les accusations de politiciens à Berlin que les États-Unis mènent une « guerre économique ».

L’instabilité croissante du système financier a été mise en évidence dans le rapport semestriel « La Revue financière » [Fiscal Monitor] du FMI publié mercredi qui a constaté que la dette du secteur non-financier de l’économie mondiale a doublé (à prix courants) depuis le tournant du siècle pour atteindre 152 000 milliards de dollars l’année dernière et qu’elle continue d’augmenter.

Les niveaux d’endettement actuels représentent 225 pour cent du produit intérieur brut (PIB) mondial, ils étaient de 200 pour cent en 2002. Le FMI a déclaré que, même s’il n’y a pas de consensus sur le niveau exact de dette qui serait excessif, les niveaux actuels, dont les deux tiers sont tenus par le privé, sont à un niveau record.

Il y a un besoin de désendettement, mais l’environnement de faible croissance actuelle rends « l’ajustement très difficile, ce qui ouvre la voie à la création d’un cercle vicieux dans lequel une croissance plus faible entrave le désendettement, et le surendettement exacerbe le ralentissement ».

Le rapport indique que le problème de surendettement, caractérisé comme une situation dans laquelle les besoins du service de la dette de l’emprunteur dépassent sa future capacité de remboursement, « est pleinement dû au secteur privé des économies avancées ».

Si le FMI n’a pas soulevé ce point, son analyse dément l’affirmation selon laquelle des dépenses gouvernementales excessives seraient la cause de la montée des problèmes financiers. Selon le rapport de « La Revue financière », l’assouplissement des restrictions sur le crédit a fait que la dette du secteur privé non financier dans les grandes économies a augmenté de 35 pour cent du PIB dans les années précédant la crise financière mondiale.

De manière significative, il y avait une augmentation rapide de la dette des ménages sur cette période. Le rapport n’en a pas indiqué les raisons, mais deux facteurs principaux ont été, sans aucun doute, le faible niveau des augmentations de salaire qui entraîne une augmentation des emprunts, et la flambée des prix de l’immobilier dans un certain nombre de pays – elle-même, un produit de l’expansion du crédit. Le FMI a noté que dans certains pays – l’Australie, le Canada et Singapour – la dette du secteur privé a continué à s’accumuler à un rythme rapide.

Le rapport a constaté que la dette publique, qui représente un tiers du total, a augmenté de 70 pour cent du PIB mondial à 85 pour cent. Mais près de la moitié de cette augmentation est le résultat d’une faible croissance nominale. En d’autres termes, très loin d’avoir une hausse de la dette publique résultant de dépenses « débauchées » sur la santé, les pensions et les services sociaux – le mantra de ceux qui exigent l’austérité – son expansion est enracinée dans la stagnation qui continue depuis la crise financière de 2008.

Un deuxième rapport financier, « La Stabilité financière mondiale » [Global Financial Stability], a analysé les risques croissants pour le système financier. Il a déclaré que si les risques à court terme ont diminué depuis le rapport précédent en avril, « les risques à moyen terme sont en train de se construire ». Le ralentissement continu de la croissance mondiale avait incité les marchés financiers de s’attendre à la continuation de la période actuelle caractérisée par une inflation faible, des taux d’intérêts bas, entraînant « un délai plus long dans la normalisation de la politique monétaire ».

Il a mis en garde, cependant, que certaines politiques monétaires comme les taux d’intérêt négatifs ont « atteint les limites de leur efficacité, et, pour les banques et d’autres institutions financières, les effets secondaires à moyen terme de ces faibles taux commencent à monter ».

Les fonds de pension et les compagnies d’assurance, qui dépendent pour leur financement des investissements dans des obligations gouvernementales à long terme, ont été particulièrement affectées, leur solvabilité est « menacée par une période prolongée de faibles taux d’intérêt ».

Dans leur ensemble, les institutions financières dans les économies avancées font face à un « certain nombre de défis conjoncturels et structurels et doivent s’adapter à la nouvelle ère de croissance faible et de taux d’intérêt bas ». Si ces défis sont laissés sans réponse, cela « pourrait porter atteinte à la solidité financière ».

Ces problèmes plongent au cœur même du système financier capitaliste – les banques. Le rapport indique que la rentabilité faible pourrait « éroder la marge de manœuvre des banques et saper leur capacité à soutenir la croissance ». Même s’il y avait une reprise cyclique de l’économie, cela ne résoudrait pas les problèmes de faible rentabilité. « Plus de 25 pour cent des banques dans les économies avancées (avec environ 11 700 milliards de dollars d’actifs) resteraient faibles, et feraient face à des défis structurels importants », ces problèmes sont concentrés dans les secteurs bancaires européen et japonais.

« Dans la zone euro », indique le rapport, « les prêts improductifs excessifs et les freins structurels sur la rentabilité exigent une action urgente et globale ». La Réduction des prêts improductifs et le comblement des lacunes en capital sont des priorités selon le rapport.

Les problèmes financiers croissants, tout en étant concentrés dans les économies avancées, ne se limitent pas à celles-ci. Le rapport a constaté que, dans les économies émergentes, environ 11 pour cent de la dette des entreprises, plus de 400 milliards de dollars, a été détenue par des entreprises à « faible capacité de remboursement ».

Il est difficile pour ces entreprises de « dépasser le problème » à cause de niveaux d’endettement élevés et d’une capacité excédentaire, ce qui les rends : « sensibles à des événements inconvénients externes ou internes », et si les taux d’intérêt ont commencé à augmenter et que les revenus sont à la baisse, « un tel scénario épuiserait la marge de manœuvre sur les fonds propres des banques dans certains marchés émergents ».

Un autre domaine de préoccupation était la Chine, où « la croissance rapide et continue du crédit […] et l’expansion des produits bancaires non régulés créent des risques croissants pour la stabilité financière. » En croissance rapide, le système financier « devient de plus en plus endetté et interconnecté, et une variété de véhicules et de produits innovants s’ajoutent à cette complexité ». Le volume de dettes des entreprises à risque demeure élevé, et « les risques sous-jacents provenant des risques liés aux crédits de trésorerie qui s’ajoutent à ces défis ».

Les trois rapports soulignent les contradictions du système capitaliste mondial qui s’approfondissent. Le FMI a insisté sur le fait que, en l’absence de toute hausse conjoncturelle de l’économie, la politique monétaire seule ne peut pas entraîner une reprise, et des dépenses des institutions publiques et d’autres sources sont nécessaires pour fournir un coup de pouce.

Mais de telles dépenses augmenteraient la dette et dépendront du maintient de taux d’intérêts bas. Ces taux d’intérêts ultra-bas, cependant, minent de plus en plus la stabilité des banques et autres institutions financières, créant les conditions d’une nouvelle crise financière, ce qui va encore enflammer le niveau déjà élevé de conflits géopolitiques et économiques.

(Article paru d’abord en anglais le 7 octobre 2016)

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 10 Nov - 18:30


le blog Restructuration sans fin (archives), qui avait cessé d'émettre depuis ? 2 ans, a muté vers



le cours des choses

des analyses courtes mais percutantes

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 13 Nov - 6:35


Michael Roberts revient sur la "loi de baisse tendancielle du taux de profit" et sa preuve empirique

Debating the rate of profit

November 10, 2016

Michael Roberts a écrit:
Jim Kincaid says that the contradictions within capitalism can “change the current configuration of the system. The tendency of profit rates to fall is not in itself a contradiction.”  Well, I thought it was “the most important law in political economy” (Marx) precisely because it showed the main contradiction in the capitalist mode of production ie. between developing the productive forces (raising the productivity of labour) and the profitability of capital; between the drive to raise profits for individual capitals and the unintended consequence of falling profitability in the whole system.

The real question is whether the claim that the Marx’s law of profitability as the underlying cause of crises under capitalism can be empirically validated.  That is what my work and the work of many others attempts to do.  And I think we are achieving that.

Jim Kincaid dit que les contradictions dans le capitalisme « peuvent changer la configuration actuelle du système. La tendance des taux de bénéfices à l’automne n’est pas en soi une contradiction. » Eh bien, je pensais que c’était « la plus importante loi de l'économie politique » (Marx), précisément parce qu’il a montré la contradiction principale dans le mode de production capitaliste c’est-à-dire entre les forces productives (augmentant la productivité du travail) et la rentabilité du capital ; entre la tendance à l'augmentation des profits pour les capitalistes particuliers et la conséquence inattendue de la baisse de rentabilité dans l’ensemble du système.

La vraie question est de savoir si l’affirmation selon laquelle la loi de la rentabilité sous-jacente, de Karl Marx, entraîne des crises sous le capitalisme, peut être validée empiriquement. C’est ce que mon travail et celui de beaucoup d’autres tente de faire. Et je pense que nous y sommes arrivés.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 20 Jan - 12:02


La guerre porte Lafarge, le capital l'orage



Lafarge: enquête judiciaire sur ses activités en Syrie

AFP/L'Express-L'Expansion 20/01/2017

Le géant français du ciment Lafarge fait l'objet d'une enquête à Paris sur ses activités en Syrie en pleine guerre, en dépit d'interdiction dans ce paysLe géant français du ciment Lafarge fait l'objet d'une enquête à Paris sur ses activités en Syrie en pleine guerre, en dépit d'interdiction dans ce pays.

Citation :
Paris - A la suite d'une plainte de Bercy, le géant français du ciment Lafarge fait l'objet d'une enquête à Paris sur ses activités en Syrie en pleine guerre, en dépit d'interdictions dans ce pays édictées par l'Union européenne.

La cimenterie de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, sous la responsabilité d'une filiale locale de Lafarge, avait déjà fait polémique quand Le Monde avait révélé en juin de possibles arrangements sur place avec l'organisation État islamique (EI) en 2013 et 2014 pour faire fonctionner ce site, un investissement phare du groupe dans la région. Le quotidien citait des responsables de la filiale, Lafarge Cement Syria, eux-mêmes en contact avec la maison-mère à Paris.

La plainte du ministère de l'Économie porte, elle, notamment sur une interdiction d'acheter du pétrole en Syrie, édictée par l'Union européenne en 2012 dans le cadre d'une série de sanctions contre le régime de Bachar al-Assad, a expliqué une source proche du dossier à l'AFP. Elle vise aussi l'interdiction de toute relation avec "les organisations terroristes présentes en Syrie", a ajouté la source.

Cette plainte, confirmée par Bercy, a été déposée fin septembre. Elle a conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire en octobre et à saisir le Service national de douane judiciaire (SNDJ), a indiqué une source judiciaire.

Les infractions liées à ces restrictions sont prévues par le code des douanes et peuvent être punies d'une peine allant jusqu'à cinq ans de prison et d'une amende.

Sollicité par l'AFP, le groupe LafargeHolcim, issu de la fusion de Lafarge et du Suisse Holcim en 2015, a indiqué jeudi qu'il souhaitait "établir la réalité des faits sur ses activités en Syrie", soulignant avoir "lancé une enquête interne approfondie qui est actuellement en cours".

"Nous collaborerons par ailleurs à l'enquête menée sous l'autorité du procureur et apporterons toutes informations requises dans ce cadre", a-t-il ajouté.

- Visé par une autre plainte -

De son côté, l'ONG Sherpa, qui défend les victimes de "crimes économiques", a déposé une plainte avec constitution de partie civile en novembre, en s'appuyant sur des témoignages d'anciens employés de l'usine.  

Cette plainte pour obtenir l'ouverture d'une enquête menée par un juge d'instruction visait plus largement des faits de financement du terrorisme, complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, mise en danger délibéré d'autrui, exploitation du travail d'autrui et négligence.

Dans une enquête en juin, Le Monde s'appuyait sur les témoignages d'anciens employés et des courriels internes pour révéler de "troubles arrangements", alors que l'organisation État islamique gagnait du terrain et devenait incontournable dans la zone.

D'après le quotidien, c'est dans ce contexte qu'"un certain Ahmad Jaloudi est envoyé par Lafarge à Manbij, pour obtenir des autorisations de l'EI de laisser passer les employés aux checkpoints". Le Monde a diffusé un extrait de courriel entre cet intermédiaire et le PDG de la filiale syrienne de Lafarge, puis un autre message, adressé au directeur sûreté du groupe à Paris.

Le journal a aussi évoqué un laissez-passer estampillé du tampon de l'EI, permettant aux camions de circuler pour approvisionner le site, et laissant supposer le paiement de taxes. Enfin, il a relaté l'intervention d'intermédiaires et de négociants pour vendre au cimentier du pétrole raffiné par l'EI. L'organisation jihadiste avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014.


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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 2 Fév - 21:37


L’indice des prix des produits alimentaires se situe, en janvier, à son plus haut niveau depuis près de deux ans, stimulé par les prix du sucre et des céréales.


Citation :
L’indice FAO des prix des produits alimentaires a nettement augmenté en janvier, une hausse stimulée par les prix du sucre et des céréales, malgré l’approvisionnement régulier des marchés mondiaux, a indiqué, jeudi 2 février, l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix des produits alimentaires affichait une moyenne de 173,8 en janvier. Il a atteint ainsi son plus haut niveau en près de deux ans, réalisant un bond de 2,1 % par rapport à décembre et de 16,4 % sur un an, selon un communiqué de l’organisation, reçu à Paris.

Le bond le plus spectaculaire est réalisé par l’indice FAO des prix du sucre, qui a augmenté de 9,9 % en un mois, après le resserrement de l’offre du Brésil, de l’Inde et de la Thaïlande.

L’indice du prix des céréales a augmenté de 3,4 % depuis décembre, pour atteindre son plus haut niveau en six mois, et a notamment entraîné une hausse de la valeur du blé,du maïs et du riz.

L’indice des prix des produits alimentaires, qui permet de suivre l’évolution des prix des cinq principaux groupes de produits alimentaires sur les marchés internationaux, est pondéré par les échanges commerciaux.

Pour la cinquième année consécutive, il a baissé en 2016, mais la FAO, dont le siège se trouve à Rome, souligne qu’il affiche en janvier la sixième hausse mensuelle consécutive.

L’indice FAO des prix des huiles végétales a augmenté de 1,8 %, essentiellement en raison de la faiblesse des stocks mondiaux d’huile de palme et d’une reprise de la production relativement lente dans le sud-est de l’Asie. Depuis décembre, les indices des produits laitiers et des prix de la viande sont par contre restés inchangés.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 15 Fév - 10:40


le programme présidentiel du patronat français : l'État, c'est la politique de l'économie capitaliste



Michel Pébereau remet ce mercredi le rapport sur les dépenses publiques qu'il publie en tant que président d'honneur de l'Institut de l'entreprise. Il y montre l'urgence de les réduire. Quelques chiffres le confirment.


Michel Pébereau, auteur du rapport

Citation :
«Dépense Publique: l'état d'alerte». C'est le titre du rapport publié ce mercredi par l'ancien patron de BNP Paribas, Michel Pébereau, qui s'était déjà alarmé, en 2005, de la situation de la dette française. «Nos finances publiques sont dans un état alarmant. Ce constat, oublié par une partie de l'opinion, doit être placé au cœur du débat présidentiel de 2017», écrit-il. Quelques chiffres tirés de ce document très détaillé montrent effectivement l'impératif de réduire le train de vie de la sphère publique.

70 milliards d'euros
: c'est le déficit de l'État en 2016. Ses dépenses nettes se sont élevées à 374 milliards d'euros et ses recettes nettes à 302 milliards. Les recettes de l'État ne couvrent donc que 80 % de ses dépenses. Le budget de l'État est déficitaire depuis 1974. Le régime général de la Sécurité Sociale est installé dans le rouge, ce qui nous distingue de tous nos grands voisins. «Les déficits publics moyens dans la zone euro et l'Union européenne sont structurellement plus faibles que celui de la France», note le rapport.

35% : C'était la part des dépenses publiques françaises dans le PIB au début des années 1960. Elle était de la moitié de la richesse nationale annuelle au début des années 1990. Elle dépasse ce seuil depuis 1991. En 2015, elle a atteint 57% du PIB, ce qui a placé notre pays au deuxième rang de l'OCDE derrière la Finlande. En moyenne, dans la zone euro, les dépenses publiques atteignaient 48,5% du PIB. La France est donc encore 8,5 points au-dessus, ce qui équivaut à de 185 milliards d'euros. «Entre 2010 et 2014, la France est le seul grand pays européen à avoir augmenté ses dépenses publiques (hors inflation), alors qu'elles ont baissé de 2 à 12 % ailleurs», insiste le rapport. Entre 2007 et 2015, la dépense publique a ainsi augmenté de plus de 250 milliards (passant de 991 milliards à 1 243 milliards).

3,3 points de PIB : c'est l'écart entre la France et la moyenne de la zone euro pour l'ensemble des dépenses de fonctionnement et les subventions, en 2014. Pour les dépenses sociales d'intervention (prestations sociales et transferts en nature), il est de 3,2 points de PIB. L'écart est plus faible s'agissant des dépenses d'investissement (1 point de PIB). Par rapport à notre principal partenaire, l'Allemagne, l'écart est particulièrement marqué pour les dépenses de fonctionnement (7 points de PIB) et dans une moindre mesure pour les prestations sociales et transferts en nature (2,5 points).

63%. C'était le taux de dépenses publiques en Suède entre 1986 à 1995
. Le rapport se sert notamment de cet exemple pour montrer qu'une baisse «très significative est possible». Car elles sont revenues à 53,5% en 2000 pour s'établir à 50,5% du PIB en 2015. Au Canada, les dépenses publiques étaient en moyenne de 49% du PIB entre 1986 et 1995 ; elles sont revenues à 40 % en moyenne dans les années 2001 à 2010.

2150 milliards d'euros : c'est le niveau actuel de la dette française
. Conséquence d'un déficit permanent, la dette publique française n'a cessé d'augmenter. Elle s'élevait à 12% du PIB en 1974, 20% en 1981, 50% en 1994 et atteint désormais 97% en 2016. Cette croissance semble inexorable. En 2003, la dette a dépassé les 1000 milliards. En 2014, elle a franchi les 2000 milliards. Fin 2016, elle est d'environ 2 150 milliards. Mécaniquement, elle augmentera tant que les déficits persisteront.
Conclusion: «une réduction de l'ordre de 7 à 8 points de la part des dépenses publiques (autour de 50 % du PIB) permettrait à la France, tout en résorbant son déficit structurel actuel (autour de 2% du PIB potentiel), de baisser son niveau de prélèvements obligatoires de l'ordre de 5 à 6 points», peut-on lire. Dit autrement dépenser moins permettrait de réduire le déficit, tout en diminuant les impôts. À moyen terme, une baisse de 10 à 11 points des dépenses publiques (autour de 46% du PIB, soit un niveau beaucoup plus proche de l'Allemagne) serait même d'ampleur à «combler le déficit entre la France et l'Allemagne en termes de prélèvements obligatoires (8,6 points) tout en maintenant l'équilibre structurel de ses finances publiques».

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 30 Mar - 7:38


pour info, texte et discussion



dans le Compte rendu de la réunion du 10 mars 2017, les remarques de François Chesnais sont les plus intéressantes, qui rejoignent par certains aspects les hypothèses de Saskia Sassen (Expulsion)


François Chesnais a écrit:
On est piégé par le mot crise, qui pose des problèmes. Sur la crise économique, j’essaie de donner une définition de ma manière d’utiliser le mot. Une situation où les ressorts de l’accumulation sont cassés, où il n’y a « pas de sortie de crise ». C’est même une idée qui fait son chemin plus largement, et qui justifie des politiques actuelles. On s’installe dans une configuration dans laquelle l’austérité et le chômage sont le capitalisme ordinaire.

Il n’y a aucun danger de totalitarisme mondial, car on est entré dans une phase d’exacerbation de la concurrence entre les entreprises et entre les Etats. Ils ont pu éviter la guerre commerciale en 2009-2010, mais elle se développe sous nos yeux aujourd’hui. Une forme de chaos où aucune sortie de crise ne se dessinera. Derrière ça il y a une création insuffisante de valeur et de survaleur, qui devient de plus en plus manifeste quand on  regarde la lutte intercapitaliste autour du partage de cette survaleur insuffisante. On voit aussi l’acharnement, avec la robotisation, avec l’exploitation toujours plus poussée de la force de travail, et enfin l’acharnement à vendre toujours plus.

C’est une clarification de l’idée de la baisse tendancielle du taux de profit.

[...] c’est un processus cumulatif de contradictions. Harvey annonce donc lui aussi des limites. La dimension centrale, c’est qu’il y a trop d’hommes. Il y a des secteurs capitalistes qui se réjouissent de la famine (c’est toujours ça de moins). Une humanité superflue. [...] la question est : comment se débarrasser des hommes ? On avait vu ça en rapport avec l’holocauste, mais pas encore comme nécessité pour le capital au niveau mondial. [...] il faut pouvoir le payer, et le capital fictif ne suffira pas.

Il y a trop de gens, il faut les éliminer.

suite à cette discussion, Jacques Wajnsztejn a "remanié" un texte en une nouvelle version que l'on trouve sur le site mondialisme.org

La « crise » et ses annonceurs
Jacques Wajnsztejn, 26 mars 2017
Un vieux concept transformé en mot-valise

à mon avis, cette critique de l'usage du mot crise, si elle fait à juste titre le ménage parmi les plus déterministes, invite à ne pas prendre ses désirs pour des réalités, mais ne permet pas de caractériser la période actuelle. La question de Debord, « Que se passe-t-il ? », doit être prise à la fois au niveau d'une veille quasi quotidienne et à une échelle historique de plusieurs siècles (double crise de l'Occident et du capital)

ce qui est en jeu ne concerne pas que le capital comme" système", mode de production depuis Marx, et sa "crise", oui, ne débouche pas sur son "dépassement", mais sur autre chose, entre restructuration dépassant la suprématie occidentale, et chaos écolo-social. Dans ce contexte, aucune révolution communiste n'est en vue sur la base des luttes actuelles

à mon sens, il faut effectivement revenir à quelque chose de plus modeste qu'établir des thèses farfelues de révolution mondiale de sortie du capital, en restant les pieds sur terre. Mais c'est un autre paradigme de la critique radicale, peut-être in fine plus proche de l'esprit de Marx, qui ne théorisait qu'à partir de ce qu'il avait sous les yeux

remarque de "détail" en passant


Jacques Wajnsztejn a écrit:
[...] la baisse ten­dan­cielle du taux de profit ? À force d’être contre­dite, y croire encore relève de la croyance. Plus de 150 ans de croyance, c’est la foi du char­bon­nier ! Qu’on nous prouve déjà qu’il y a baisse du taux de profit on verra après.


une tendance à la baisse ne se prouve pas par une baisse effective, confusion classique quant aux analyses de Marx. Il est juste et faux d'affirmer qu'on ne peut pas mesurer cette tendance à l'échelle mondiale mais seulement au niveau micro-économique. Elle est mesurée par régions économiques-géographiques. Cf Michael Roberts blog, et cela correspond au niveau des concurrences transnationales dans le capitalisme actuel : le taux de profit est bouclé et protégé par zones, et c'est cela qui risque d'exploser dans la crise de la suprématie occidentale. C'est le sens de la restructuration en cours


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 21 Mai - 13:41


L'agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien .

Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ont signé samedi des accords d'une valeur de plus de 380 milliards de dollars, au premier jour de la visite du président Donald Trump à Ryad.



Citation :
Ce sont des montants hallucinants qui laissent rêveurs ou sceptiques. Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ont signé samedi des accords d'une valeur de plus de 380 milliards de dollars, dont 110 milliards pour des ventes d'armements, au premier jour de la visite du président Donald Trump à Ryad, a annoncé le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir. Un responsable de la Maison Blanche a cité plus tôt des contrats de ventes d'armements d'une valeur de 110 milliards de dollars à l'Arabie saoudite.

"Les deux pays ont signé une série d'accords (...). La valeur des investissements dépasse les 380 milliards de dollars
", a déclaré Adel al-Jubeir lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d'Etat Rex Tillerson.

L'agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien, sans cependant fournir de montant total. Dans le domaine de l'énergie par exemple, Aramco, le géant pétrolier saoudien, a indiqué dans un communiqué avoir passé "des accords de 50 milliards de dollars" avec de grandes compagnies américaines.

"C'était une journée formidable", a lancé le président républicain. "Des centaines de milliards de dollars d'investissements aux Etats-Unis et des emplois, des emplois, des emplois".

Un fonds d'investissement de 40 milliards de dollars

Le groupe américain de capital-investissement Blackstone et le fonds souverain saoudien PIF ont annoncé samedi la création d'un véhicule d'investissement de 40 milliards de dollars (35 milliards d'euros) pour investir dans les projets d'infrastructures, principalement aux Etats-Unis. Blackstone et le Public Investment Fund (PIF) ont signé un accord indicatif qui devra se concrétiser après de nouvelles négociations.

Sur les 40 milliards de dollars de dotation, 20 milliards viendront du PIF et le reste sera souscrit par des investisseurs. Via ce financement qui mêle dette et fonds propres, Blackstone dit envisager d'investir dans des projets d'infrastructures pour un total de plus de 100 milliards de dollars.

Ce nouveau fond "reflète notre avis positif concernant les projets ambitieux d'infrastructures qui vont être entrepris aux Etats-Unis comme le président Trump l'a annoncé", a déclaré le secrétaire général du PIF, Yasser al Roumayyane

Le fonds piloté par Softbank et PIF ont déjà levé 93 milliards de dollars

Par ailleurs, SoftBank Vision, le fonds mondial de capital-investissement, piloté par le japonais Softbank et le fonds souverain saoudien, a annoncé samedi avoir levé plus de 93 milliards de dollars (83 milliards d'euros) pour investir dans la robotique et l'intelligence artificielle. Le président de Softbank, le milliardaire japonais Masayoshi Son, avait révélé ce projet en octobre dernier et a depuis obtenu des promesses d'investissement de grands investisseurs internationaux. Ce fonds, outre Softbank et PIF, réunissent Mubadala Investment d'Abu Dhabi, qui a promis 15 milliards de dollars, les groupes américains Apple et Qualcomm , taïwanais Foxconn Technology et japonais Sharp.

Le fonds fait part de son intention de prendre des participations, minoritaires ou majoritaires dans des entreprises privées, cotées ou non en Bourse, quelles soient dans des activités nouvelles ou dans des activités plus établies. Le fonds espère à terme pouvoir réunir environ 100 milliards de dollars de promesses en capital et avoir achevé sa levée de fonds en six mois.

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 24 Juin - 10:56


considérations actuelles sur le taux de profit

The profitability of crises

Michael Roberts June 19, 2017



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 21 Aoû - 12:32


sur la nouvelle restructuration du capitalisme

le sociologue Razmig Keucheuyan décrit la situation actuelle comme triple crise, politique, économique, et écologique. Je ne partage pas cette vision, à laquelle on pourrait aussi bien ajouter crise humanitaire, culturelle, sexuelle, individuelle, etc. dans un inventaire sans fin ni ossature. Toutefois, quelques passages ont retenu mon attention

Anatomie d’une triple crise

Razmig Keucheuyan Le Monde diplomatique d'août

Citation :
Il y a dix ans éclatait la crise financière la plus grave depuis 1929. Les banquiers ont repris leurs affaires habituelles, mais l’onde de choc continue de se propager. Elle a rendu caducs certains modèles de croissance et provoqué un discrédit massif du monde politique. À ces deux crises s’ajoute celle, écologique, qui menace la planète elle-même. Comment les pensées critiques articulent-elles ces trois dimensions ?

j'ai retenu ces passages, où je souligne en gras
Razmig Keucheyan a écrit:
Le politiste Leo Panitch et le syndicaliste Sam Gindin considèrent que le taux de profit se rétablit au cours de la seconde moitié des années 1980 et dans les années 90 (5), signe, à leurs yeux, que le capitalisme surmonte la crise des années 1970. [c'est la restructuration chère à Théorie Communiste, fin de la reproduction du capital sur des aires nationales...]. En ce sens, les événements de 2007-2008 marquent l'avènement d'une nouvelle grande crise, la quatrième de l'histoire du capitalisme après celles des années 1873-1896, des années 1930 (la Grande Dépression) et des années 1970.

L'historien Robert Brenner soutient au contraire que nous ne sommes jamais sortis de l'onde longue dépressive des années 1970 (6), dont les problèmes actuels ne seraient qu'une nouvelle manifestation. Pour lui, le taux de profit n'aurait été rétabli qu'en apparence, grâce à la mobilisation des gains financiers et du capital «fictif».

L'usage du mot «crise», on le voit, renvoie toujours à des enjeux de périodisation historique.


[...]

[pour d'autres penseurs critiques] le régime économique saura se sortir de cette crise, comme il a surmonté toutes celles qu'il a rencontrées. Dans un texte de 1974, le philosophe André Gorz affirmait déjà

Citation :
Le capitalisme, loin de succomber à la crise, la gérera comme il l'a toujours fait : des groupes financiers bien placés profiteront des difficultés de groupes nouveaux pour les absorber à bas prix et étendre leur mainmise sur l'économie [c'est mon hypothèse que la dynamique actuelle est davantage conduite par la concurrence que par la lutte de classe]. Le pouvoir central renforcera son contrôle sur la société : des technocrates calculeront des normes "optimales" de dépollution et de production (9)

De même, l'économiste Michel Aglietta juge possible l'émergence d'un capitalisme «vert», d'un nouveau cycle de croissance de longue durée, fondé sur des énergies renouvelables. Pour lui, la Chine pourrait prendre la tête de ce nouveau cycle, tout comme les États-Unis se trouvèrent au centre du cycle de croissance «fordiste» dans la première moitié du XXe siècle.

La campagne «One Million Climate Jobs», lancée en 2015, défend quant à elle l'idée d'un nouveau modèle de société fondé sur des «emplois climatiques» (10). Au prix d'une restructuration autour des énergies renouvelables, le capitalisme pourrait donc se passer de la nature gratuite et des énergies fossiles. Mais il resterait le capitalisme. [sans me référer à Aglietta, c'est l'hypothèse que j'ai retenue dans MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME, avec l'entrée de Hulot au gouvernement de Philippe/Macron]

(5) Cf. Leo Panitch et Sam Gindin The Making of Global Capitalism : The Political Economy of American Empire, Verso, Londres, 2012.

(6) Cf. Robert Brenner, The Economics of Global Turbulence : The Advanced Capitalist Economies from Long Boom to Long Dowturen, 1945-2005, Verso, Londres, 2006.

(9) Lire André Gorz, « Leur écologie et la nôtre », Le Monde diplomatique, avril 2010.

(10) Cf. www.climate-change-jobs.org


d'autres passages de cet article sont intéressants, avec Stuart Hall et son concept des années 70 de «populisme autoritaire» qui, écrit Keucheyan, « s'appuie souvent sur des valeurs de gauche, qu'il détourne de leur sens pour leur conférer une teneur réactionnaire ». Il cite Thatcher, Orbán, May, Marine Le Pen)

d'autres penseurs sont convoqués dans cet inventaire des pensées critiques : Toni Negri et David Grebber, Wolfgang Streeck, Jason W. Moore et Daniel Taruno, Immanuel Wallerstein...

la chute repasse les plats du démocratisme radical, chers au journal et à ATTAC : « il faut trouver des solutions audacieuses aux crises politique et économique. Le changement climatique offre une occasion de refonder la démocratie. [...] En matière économique, l'annulation de la dette publique... »

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Hier à 21:58


taux de profit, quand tu les tiens

La théorie économique de Marx est-elle profitable ?
traduit de
The profitability of Marxian economics

Michaël Roberts, le 1er juillet 2017

Dans cet entretien, Michaël Roberts aborde à nouveau et de manière toujours pédagogique les fondamentaux de la théorie marxiste en économie, les principaux points de divergences (en général et sur la situation actuelle) entre celle-ci et ses concurrentes, qu’il s’agisse des théories dominantes néo-libérales ou des théories dites « hétérodoxes », notamment post-keynesiennes.


je souligne en gras
Citation :
J’ai été récemment interviewé sur mon ouvrage « La longue dépression », et sur divers autres idées économiques par José Carlos Diaz Silva du Département d’Economie de l’Université Nationale de Mexico (UNAM) dans laquelle je suis invité en mars 2018 prochain pour donner une série de conférences. Dans la première partie de cette interview, publiée il y a plus d’une semaine, José m’a questionné sur les thèmes principaux de mon livre.

Dans cette seconde partie d’interview, nous avons discuté de l’importance de la profitabilité pour comprendre l’état des économies capitalistes et de l’attractivité des théoories économiques marxistes pour les étudiants en économie.

JCD : La baisse du taux de profit est-elle une explication générale de la crise, qui s’exprime différemment dans chaque pays ?

MR : Oui, c’est une bonne manière de poser les choses. Nous n’avons pas à proprement parler un taux de profit mondial car il y a des barrières nationales au commerce et aux flux de capitaux et des états nationaux avec des législations et des taxes différentes etc qui affectent les flux et la détention du capital. Les états capitalistes dominants ont ainsi des taux de profit différents et des déclencheurs de crises différents des économies capitalistes plus petites ou plus faibles.

JCD : Est-il possible de réfléchir au calcul d’un taux de profit mondial ? Quel est le sens de cela ?

MR : Bien, théoriquement, de mon point de vue, le concept d’un taux de profit mondial basé sur un montant global de capital fixe et de capital circulant se déplaçant d’un secteur à un autre globalement devient de plus en plus réaliste. Par rapport à ce qu’il était il y a 150 ans, le capitalisme enserre chaque coin de la planète. Les barrières nationales au commerce, à l’emploi et aux flux de capitaux perdurent. C’est pourquoi il n’est pas possible de justifier entièrement un tel taux mondial et le mesurer est également difficile. Néanmoins, nous pouvons commencer à faire de telles mesures et plusieurs universitaires, dont moi, ont tenté de le faire, en utilisant un agrégat de taux de profit nationaux. Les résultats ont été encourageants car ils révèlent des tendances globalement similaires et valident en général les lois de Marx.

JCD : Y-a-t-il de grandes différences de taux de profit entre les différents pays ? Ces différences pourraient-elles expliquer les mouvements internationaux de capital ? Comment cela peut-il être relié aux mouvements internationaux du capital financier et, plus spécifiquement, du capital monétaire ?


MR : Oui, il y a de grandes différences dans les niveaux de taux de profit des différents pays. Théoriquement, les lois de Marx suggéreraient que le taux de profit soit plus élevé dans les pays dits « émergents » où la composition organique du capital doit être plus faible (davantage d’utilisation de travail humain). Et nous nous attendrions à ce que, alors que ces pays s’industrialisent, la composition organique du capital augmente et le taux de profit chute. Et les travaux empiriques qui ont été réalisés montrent précisément cela !

Théoriquement toujours, nous nous attendrions à ce que le flux de capital soit dirigé vers ces économies au taux de profit plus élevé. Il y a précisément des indices matériels qui suggèrent que c’est effectivement le cas – dans la période de mondialisation, le flux de capitaux vers les économies émergentes augmenta rapidement. Mais il est vrai aussi que les flux de capitaux entre les économies avancées (Europe, USA, Japon) sont encore plus importants. Cela est peut-être dû aux accords commerciaux et d’investissements ainsi qu’au large stock de capital se trouvant déjà dans ces économies. Le capital financier se déplace plus éfficacement et plus rapidement là. Egalement, dans la récente période de financiarisation, et avec une profitabilité du capital productif en chute, les capitaux ont fui vers des marchés de capitaux fictifs (portefeuilles capitalistes) et non vers les secteurs les plus productifs.

JCD : Du point de vue de la thèse de la baisse du taux de profit, comment expliquez vous ce qu’on appelle la « financiarisation » ? Pour la période « néo-libérale », que pensez vous de l’explication donnée dans le dernier livre d’Anwar Shaikh ?

MR : Bien que la profitabilité dans les principales économies est stoppée sa baisse du début des années 80 à la fin du 20ème siècle, du fait de facteurs contraires, un de ces facteurs était le transfert du capital productif, dont la profitabilité n’est pas remontée vers les secteurs financiers et improductifs comme l’immobilier. Les profits financlers ont explosé et l’investissement se faisait dans les secteurs spéculatifs. La financiarisation peut être le terme approprié pour désigner ce développement. De mon point de vue, cela ne signifie pas que le capital financier soit désormais le facteur décisif des crises ou des récessions. Pas plus que cela ne signifie que la Grande Récession était simplement une crise financière ou un « Minsky moment » (par référence à la théorie d’Hyman Minsky  selon laquelle les crises sont le résultat d’une instabilité financière seule). Les crises apparaissent toujours comme une panique monétaire ou un effondrement financier, parce que le capitalisme est une économie monétaire. Mais il s’agit seulement d’un symptome des causes sous-jacentes de la crise, en d’autres termes, de l’impossibilité de gagner suffisamment d’argent ! L’explication de la crise que donne Anwar Shaikh dans son dernier ouvrage semble plutôt proche de la mienne, si ce n’est qu’il semble avoir davantage de foi dans les politiques Keynesiennes de dépenses publiques et du multiplicateur comme moyen pour le capitalisme d’éviter ou de retarder les crises.

JCD : Selon les données, la ligne causale des crises par d’une baisse de la profitabilité jusqu’à une réduction du niveau global des profits. Cela conduit à une chute de l’investissement, puis de la production et de la consommation. Donc la baisse de la consommation est une expression de la crise, mais non sa cause. Cette thèse invalide la théorie de Minsky – Kalecki à double titre : a) les déterminants des profits et b) le rôle de l’instabilité financière ?

MR : Oui, cela résume bien, de mon point de vue, le processus causal des cycles d’expansion et de récession. Et les données empiriques valident cette ligne causale. Contrairement à ce que pensent les Keyniesiens, le mouvement de la consommation individuelle ne dirige pas les récessions. il coincide avec elles, et est donc une partie de la description d’une récession. En réalité, la consommation individuelle ne chute pas tant dans les récessions (même lors de la Grande Récession). Ce qui chute lourdement est l’investissement capitaliste et cette chute précède la récession ou la baisse de la consommation ou de l’emploi. Donc l’investissement capitaliste est le facteur déterminant, pas la consommation. L’investissement est une part de la « demande agrégée » pour utiliser les catégories Keynseiennes, mais il est déterminé par les profits et la profitabilité – contrairement à la vision théorique de Keynes – Kalecki qui voit l’investissement comme créant le profit. Leur vision est partiellement due au fait que Keynes et Kalecki acceptent le marginalisme et rejettent la théorie du profit de Marx, basée sur la valeur de l’exploitation du travail. En réalité, pour Kalecki, le profit est seulement une rente venant d’un pouvoir de monopole qui se substitue à la concurrence. Dès lors, nous avons en place des explications hétérodoxes du capitalisme moderne comme un capitalisme d’extraction de rente, de capital monopoliste, de capital financier – mais pas d’un capitalisme véritable qui réalise son profit à partir de l’exploitation du travail.

JCD : Pouvons nous affirmer, comme Dumenil et Levy le font, qu’il y a deux types de crises, la crise classique de profitabilité et une autre qui est une crise des finances du capitalisme ?

MR : bon, nous pouvons l’affirmer, mais est-ce vrai ?   D-L soutient que la dépression de 1880 était une crise classique de profitabilité ; que le crash de 1929 et la dépression des années 1930 ne l’était pas. Elle serait plutôt une crise de croissance des inégalité et de la dette, déclenchant une récession spéculative. Les années 1970 seraient une autre crise classique de profitabilité, mais le crash financier global de 2008 et la Grande Récession serait similaire à 1929 et aux années 30 – le résultat d’inégalités croissantes et de la dette.

Si D-L a raison, alors, nous, marxistes, n’avons pas de théorie générale viable des crises dans la mesure où chaque crise majeure du capitalisme apparaît comme ayant une cause différente. Nous pouvons alors retomber sur les théories des Post-keynesiens – ricardiens qui examinent une théorie de la distribution, c’est à dire que certaines crises sont des crises « de salaires », comme l’actuelle, due à une chute de la part des salaires résultant d’un manque de demande de travail ; ou « de profit » comme dans les années 70, lorsque les salaires ont réduit les profits.

Par chance, les preuves, de mon point de vue, ne montrent pas que D-L ou les post-keynesiens ont raison. Lorsque la part des salaires est ajustée des prestations sociales, le revenu global du travail, comme part du revenu national net ne baisse pas durant la période néo-libérale. La part des salaires baisse dans le secteur capitaliste, car le taux de plus-value augmente, mais pas en mesure d’ensemble de l’économie. Les inégalités croissantes sont le résultat d’un taux de plus-value en hausse et des gains du capital dans la finance spéculative, mais elles ne furent pas la cause des crises. Toutes les crises majeures viennent après une chute de la profitabilité (en particulier dans le secteur productif) suivie d’un effondrement des profits (profits industriels en 1870 et 1930 et profits financiers d’abord lors de la Grande Récession). Les salaires ne se sont pas effondrés lors d’aucune de ces récessions avant qu’elles n’est commencées.

JCD : Y-a-t-il une possible solution pour la crise actuelle ? Pouvons nous parler d’une tendance du capitalisme mondial vers sa décomposition ? Un scénario de guerre généralisée est-il réellement une possibilité ? Dans un tel cas, cela pourrait-il être une solution pour le capitalisme mondial comme ce fut le cas pour la seconde guerre mondiale ?


MR : Il n’y a pas de crise permanente. Si l’action politique humaine est absente dans le changement du mode de production capitaliste, alors, le capitalisme revivra lorsque la profitabilité du capital sera restaurée – pour un temps. De mon point de vue, restaurer la profitabilité nécessitera une autre récession majeure avant la fin de la décennie – et la « reprise » actuelle, depuis la fin de la Grande Récession mi 2009 est désormais vieille de 8 ans. Si une nouvelle récession rétablit réellement la profitabilité, le capitalisme pourrait retrouver un nouveau bail qui pourrait durer quinze ans, comme ce fut le cas après la 2nde guerre mondiale. Cette guerre fut très efficace pour augmenter la profitabilité des principales économies à des niveaux élevés qui n’avaient pas été vus depuis les années 1890. Cela fournit la base pour l’expansion capitaliste en Europe, Japon, aux USA et dans l’Asie industrialisée.

Selon moi, une autre guerre mondiale est très improbable, dans la mesure où, à cette époque, une telle guerre menacerait d’annihiler le capitalisme lui-même et nous avec. Cela pourrait arriver seulement si un fasciste lunatique ou des dictateurs militaires venaient au pouvoir dans les principaux pays impérialistes. Une guerre entre les USA et la Chine ou la Russie est donc exclue à moins que cela n’arrive. Plus probablement, la profitabilité sera restaurée par une nouvelle récession économique et l’échec de la classe ouvrière à remplacer le capitalisme, comme cela est arrivé dans les années 1890. Il y a une montagne de nouvelles technologies à employer (robots, IA, génétique) qui pourrait évincer le travail et augmenter la productivité. Mais, seulement pour un moment. Comme le montrent les lois de Marx, la composition organique du capital augmentera et le taux de profit pourra finalement se redresser. Et chaque fois, il est plus difficile pour le capitalisme de développer les forces productives et d’être profitable. C’est sa Némésis (NdT : Némésis est la déesse grecque de la vengeance), en même temps que la croissance supplémentaire de la classe ouvrière mondiale qui n’a jamais été aussi importante.

JCD : En défendant la chute du taux de profit, on suppose que la théorie Marxiste de la valeur travail est valable. Dans le contexte de la monnaie fiduciaire et des taux de changes administrés (pas dans tous les cas) par les banques centrales, comment le lien entre ces deux phénomènes et la théorie de la valeur travail peut-il être expliqué ?

MR : Oui, la loi de Marx de la profitabilité est intimement connectée avec sa théorie de la valeur, car elle repose sur deux hypothèses, toutes deux réalistes du point de vue de Marx. La première est que toute valeur est créée seulement par le travail (en conjonction avec les ressources naturelles) et que le mode de production capitaliste et la concurrence mènent à une composition organique tendanciellement croissante (NdT : la composition organique du capital, dans la théorie de Marx est la part de la valeur engagée par les capitalistes sous forme « morte », l’achat de machines et de matières premières, qui se répercute dans le prix final sans créer de plus-value par opposition à la force de travail « vivante », d’emploi de travail – donc les salaires dont le capitaliste fait l’avance avant de réaliser la production – qui est source de plus-value. La concurrence pousse les capitalistes à élargir la production, à baisser les couts unitaires en mécanisant et en automatisant, ce qui augmente la composition organique). Mais le capitalisme est une économie monétaire. Les capitalistes commencent avec de l’argent comme forme de cristallisée de la valeur précédemment accumulée et avancent l’argent pour acheter des moyens de production et employer des salariés, qui ensuite, produisent de nouveaux biens ou services (nouvelles valeurs) qui sont échangées sur le marché contre de la monnaie. La monnaie possédée s’accroit à travers l’exploitation du travail.

Le capitalisme est une économie monétaire mais ce n’est pas une économie de monnaie (pure). La monnaie ne peut pas produire davantage de monnaie si de nouvelles valeurs ne sont pas créées et réalisées. Et cela nécessite l’emploi et l’exploitation de force de travail. Marx qualifie de fétichiste l’idée selon laquelle la monnaie peut créer seule davantage de monnaie à partir de rien. Pourtant, les économistes dominants et certains hétérodoxes semblent penser que c’est possible. Lorsque les banques centrales augmentent l’offre de monnaie en imprimant de la monnaie « fiduciaire » ou en créant des réserves bancaires (dépots), plus récemment appelé « assouplissement quantitatif », cela n’augmente pas la valeur créée. Cela ne serait le cas que si cette monnaie est alors placée en usage productif en accroissant les moyens de production ou la force de travail pour augmenter la production et donc accroître la valeur. Mais, comme Marx l’expliqué il y a longtemps, dans les années 1840, contre la théorie quantitative de la monnaie, augmenter simplement la quantité de monnaie fiduciaire n’augmentera la valeur et la production, mais plus probablement augmentera les prix et donc dévaluera la monnaie nationale, ou augmentera les prix des actifs financiers. C’est cette dernière option qui a prévalu dans la récente période d’impression de monnaie. L’assouplissement quantitatif n’a pas arreté la récession globale en cours mais a principalement enclenché une nouvelle spéculation. L’écart entre les prix du capital fictif et la valeur monétaire du capital productif s’est encore élargi – ce qui présage un effondrement des marchés à venir.

JCD : Comment pouvons nous avancer vers une théorie Marxiste sérieuse du commerce international ? Quels travaux peuvent être considérés comme un chemin à suivre ?


MR : Maintenant que le Capital est devenu global et dominant, la théorie de Marx de la valeur peut être appliquée avec plus de réalisme au commerce international et à l’investissement. Les principes de bases de la théorie Marxiste s’appliquent : le capital peut aller vers les zones ou les secteurs où les taux de profits nationaux sont plus élevés, sous réserve des barrières au commerce et aux investissement. Les économies nationales avec des coûts moyens de production plus bas, c’est à dire avec des capitaux plus efficients génèrent des surplus commerciaux vis-à-vis des économies qui ont des coûts plus élevés – sous réserve des barrières commerciales et du protectionnisme. Quels auteurs marxistes peuvent aider à développer la théorie du commerce international ? Henry Grossman a apporté des éléments importants (Henryk_Grossman_on_imperialism). Guglielmo Carchedi, dans son livre, Frontière de l’économie politique (218328342-Carchedi-Frontiers-of-Political-Economy) a l’analyse la plus complète. Et la contribution d’Anwar Shaikh dans son dernier ouvrage Capitalism, est importante.

JCD : Que devrait-il être enseigné aux étudiants en économie à propos du Marxisme ?

MR : Bon, le Marxisme est un gros sujet. De mon point de vue, le Marxisme est l’analyse scientifique des relations sociales humaines, à la fois historiquement et conceptuellement. Il explique comment les organisations sociales humaines fonctionnent, comment elles parvinrent à ce qu’elles sont et offre une vue de vers quoi elles peuvent aller. Par-dessus tout, il est fondamentalement basé sur l’idée que l’histoire des organisations sociales humaines jusqu’à aujourd’hui fut celle de la division de la société en classes (et en lutte). Depuis que la ‘civilisation’ a commencé, il y a eu des dominants, vivant du travail des dominés et ils dominèrent et opprimèrent la majorité pour préserver leur richesse et leur domination. Mais cette structure sociale est le résultat de la rareté et de la capacité des élites à détenir le contrôle des ressources rares. Or, maintenant, grâce à la technologie, un monde d’abondance et la réduction de l’effort et du travail à son minimum est globalement possible. Cela crée les conditions objectives pour une forme différente d’organisation sociale basée sur la planification et la démocratie au service de tous. (sic : on peut être bon critique de l'économie politique et piètre théoricien communiste)

Ce que Marx explique également, c’est que le mode de production et de relations sociales actuel, appelé capitalisme, ne peut pas faire émerger ce mode d’abondance et de fin de l’effort. C’est un monde encore basé sur la rareté et la division en classes. Et, il est le promoteur de crises, d’inégalités et de guerres. Mais il n’est pas éternel et le mieux que nous pouvons faire. Le capitalisme n’a pas toujours existé et tous les modes de production s’achèvent. Et en réalité, on peut s’en dispenser car les problèmes économiques peuvent maintenant être résolus.

Dans cette pensée, les étudiants en économie ont besoin d’apprendre la théorie Marxiste de la valeur pour comprendre les différentes formes de société de classe et la nature particulière de la forme capitaliste. A l’opposé, ils ont besoin de comprendre les théories économiques dominantes et leurs critiques hétérodoxes afin de maitriser les différences avec l’économie politique marxienne.

JCD : Une des préoccupations principales des étudiants est l’utilité du savoir qu’ils acquierrent dans les classes pour obtenir un travail. Dans cette perspective, comment les motiver à étudier le Marxisme ?

MR : Bien, c’est compréhensible. Tout le monde doit parvenir à vivre et s’ils ne sont pas destinés à devenir capitalistes eux-mêmes (et presque tous ne le seront pas), ils doivent trouver un travail. Le monde du travail est dur, même pour ceux qui ont une bonne éducation et des diplômes. J’ai travaillé dans le secteur financier durant des décennies et il paye mieux que presque tous les autres secteurs – il est donc populaire particulièrement auprès des étudiants en économie. Bien sûr, il est plus facile d’avoir une profession de ‘col blanc’ en termes d’efforts physiques et de conditions de travail, etc. Mais, même là, le stress peut être élevé – longues heures, deadlines, absence de sécurité d’emploi, dépendance vis-à-vis des bonus etc. L’aliénation, comme la nomme Marx, s’applique également là. Les étudiants doivent donc savoir que ‘faire sa vie’ est seulement une part de la vie et consiste principalement en des efforts.

De plus, s’ils veulent que les choses s’améliorent pour eux et leurs enfants, ils ont besoin d’une meilleure économie, d’un monde meilleur, sans guerre, pauvreté, nature dégradée etc avec moins d’heures de travail et davantage d’heures pour un véritable développement créatif. Le marxisme peut expliquer comment les choses sont et pourquoi, ce qui peut advenir ensuite et également comment les choses peuvent et doivent s’améliorer.

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ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
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