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 ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 16 Sep - 10:42


cet article n'est pas une critique de l'économie politique, il ne fait que décrire l'introduction du mode de production capitaliste au Japon après son ouverture forcée par les États-Unis. Pour la connaissance du Japon, de son histoire et de sa société,  je conseille d'une manière générale le site Fascinant Japon


Restauration Meiji: Naissance d’une économie capitaliste



L’économie japonaise au moment de la restauration Meiji

Les deux principes qui régissent l’économie sous Meiji sont shokusan kôgyô (implanter et développer l’industrie), et fukoku kyohei (pays riche, armée puissante). Les historiens sont unanimes quant à l’effort fourni par le Japon de Meiji pour rattraper le reste du monde. Mais il y a aussi un acquis préalable qui rend la résolution industrielle si originale. Voyons si le Japon possède les sept indicateurs d’un pays prêt à la révolution industrielle…


Premières usines

Citation :
La généralisation du marché :

• La période Tokugawa a donné lieu à une intensification des échanges commerciaux, malgré les restrictions idéologiques
• Idéologie incompatible avec l’idée de révolution industrielle
• Le pays n’était pas unifié, le grand nombre de douanes locales empêchaient le commerce intérieur hors domaine
• Absence de monnaie unifiée
• Pas de libre concurrence, les corporations marchandes luttaient entre elles pour des monopoles
• Pas de marchés extérieurs

Le développement de structures financières :

• Progrès de l’économie monétaire, la monnaie prend le pas sur le riz
• Pas de système bancaire, les banques de type occidental n’apparaissent pas sous Meiji

Le développement d’une activité non agricole :

• Essor de l’artisanat
• Usines trop archaïques (textile, armement…)
• Economie centrée sur le riz

Le développement du salariat :

• La seule main d’œuvre salariée était saisonnière, revenu d’appoint

L’existence d’une technologie permettant la production à grande échelle :
•Des Hollandais avaient transmis le savoir occidental à quelques éclairés, mais la majeure partie de la production se faisait selon des techniques traditionnelles

Un niveau d’instruction assez élevé :

• Domaine où les Japonais étaient le plus en avance. Niveau d’éducation suffisant. Les samouraï savaient lire et écrire, les artisans et les commerçants étaient alphabétisés.
• Malgré tout, l’éducation est traditionnelle et basée sur le respect de l’autorité

L’apparition d’une classe bourgeoise autonome :

• La bourgeoisie des villes, surveillée de près par le bakufu, n’a pu développer une idéologie forte

Si ce n’est l’éducation, le Japon était encore très loin d’une révolution industrielle. Le Japon a importé sur l’initiative de l’Etat une idéologie et des techniques occidentales. C’est le gouvernement de Meiji qui va moderniser l’économie. Le principe est de s’assurer des rentrées d’argent et développer l’industrie. L’agriculture qui permet tout cela. La réforme de l’impôt foncier assure un maximum de crédits pour l’industrie, mais aussi un lourd fardeau pour les paysans.

La réforme de l’impôt foncier



Certificat de propriété foncière


Elle se fait en plusieurs étapes. L’agriculture devient une activité soumise au marché. Elle va développer des bénéfices, grâce à la levée des restrictions en matière de cultures industrielles, en 1871. Avant cette date, les Japonais cultivaient pour se nourrir.

En 1872, on abolit l’ordonnance de 1643 qui interdisait la vente et l’achat de terres. De 1873 à 1876, on détermine la valeur monétaire de l’ensemble des parcelles cultivables et on émet des titres de propriété (109 millions) à partir desquels on décide l’impôt.

Suite à des révoltes paysannes, l’Etat allège cet impôt, mais la plupart des paysans, incapables de payer l’impôt, vont devoir revendre leurs terres. Les conséquences sont importantes. Les terres se concentrent entre les mains d’un petit nombre, les jinushisei. Les relations de type féodal perdurent jusqu’en 1945. Les paysans appauvris vont partir dans les villes et fournir une main d’oeuvre industrielle à bas prix. C’est un des facteurs de la réussite de la révolution industrielle. Le surplus de main d’oeuvre dans les campagnes permet de maintenir les salaires très bas. Sur la base de l’impôt foncier, l’Etat va prendre en charge la révolution industrielle.

L’Etat entrepreneur

Les voies de chemin de fer prennent du terrain: lignes Osaka-Kobe en 1879 et Kyoto-Osaka en 1889. Le télégraphe est installé en 1879 entre Yokohama et Tokyo. Dès 1873, Tokyo et Nagasaki sont reliées.

L’Etat abolit les barrières douanières intérieures (sekicho), les corporations (kabunakama) et leurs privilèges. Le gouvernement prend part à l’industrie militaire, modernise l’arsenal de Yokosuka. Des usines modernes telles que filatures, cimenteries, brasseries se développent. Des experts étrangers sont mis à contribution. Ils créent la plupart des industries d’Etat et forment la première génération d’ingénieurs japonais. L’Etat prend en charge l’île de Hokkaido, la peuple et l’exploite.

Cette implication est une politique coûteuse, et malgré les nouveaux impôts, les revenus fiscaux ne couvrent pas les dépenses. Pour combler le déficit, l’Etat recourt à l’émission monétaire. En 1872, les dépenses de l’Etat ne dépassent pas le tiers des ressources engagées. Entre 1876 et 1880, les prix augmentent de 100%, ce qui entraîne des tensions sociales. L’Etat au début des années 1880 va opérer des réformes radicales. On les appelle réformes de Matsukata, du nom du ministre de l’économie de l’époque: Masayoshi Matsukata.

Les réformes de Matsukata



Masayoshi Matsukata


L’Etat retire 20% des billets de banque émis. On réduit les dépenses de l’Etat, on diminue les crédits alloués aux infrastructures. Les taxes augmentent. Pour fournir de nouvelles ressources, Matsukata vend au privé une partie importante des entreprises créées entre 1868 et 1880.

Cette vente va bénéficier à un petit nombre d’entrepreneurs liés au gouvernement, les seisho (marchands politiques). Les seisho vont pouvoir développer les zaibatsu. Ainsi, Sumitomo, une maison de commerce de Edo se transforme en empire commercial grâce aux ventes d’Etat. Mitsui et Mitsubishi dominent jusqu’en 1945.

Les zaibatsu sont régulièrement favorisées par l’Etat, qui leur concède des monopoles, des subventions et des emprunts à faible taux. L’économie est concentrée entre les mains d’un petit nombre.


concernant le mouvement ouvrier au Japon, à cette époque et ensuite, on lira la série :

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 28 Sep - 16:40

New Left Review 100, July-August 2016

Michel Aglietta

AMERICA’S SLOWDOWN

Aglietta a écrit:
Robert Gordon’s Rise and Fall of American Growth offers a vast narrative, encompassing some 150 years of us economic history since 1870, with prospective views up to 2040 or so. [1]  The conclusion is that low per capita growth is here to stay, with dire consequences for worsening inequalities in income distribution and other headwinds. It demands to be taken seriously. It should be noted at the outset that the very long-run view that Gordon provides may serve to underestimate the impact of the 2008 financial crisis—indeed, finance is nearly absent from the book. However, the trend decline in productivity growth that it detects from the late 1970s is concomitant with what has been labelled ‘the financialization of the firm’, a transformation in corporate governance that is itself linked to financial liberalization and globalization. Furthermore, the long-run slowdown in productivity since the late 1970s or early 1980s is not specific to the us; it plagues all large advanced economies.

texte accessible par souscription

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 29 Sep - 10:35

citations :

L’ARABIE SAOUDITE BAISSE DE 20 % LES SALAIRES DU SECTEUR PUBLIC, CECI CONCERNE LES 2/3 DES SAOUDIENS (salariés)!

https://brunobertez.com/2016/09/28/larabie-saoudite-baisse-de-20-les-salaires-du-secteur-public-ceci-concerne-les-23-des-saoudiens/

Alors que :

L'Opep trouve un accord "historique" pour limiter sa production de pétrole

JEUDI, 29.09.2016

Les pays de l'Opep sont parvenus, à la surprise générale, à un accord "historique" pour réduire leur production de pétrole.

Il s'agit de la plus grosse réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008.

Coup de théâtre à Alger: les pays de l'Opep sont parvenus, à la surprise générale, à un accord "historique" pour réduire leur production d'or noir afin de soutenir des prix durablement affaiblis par une offre excédentaire.

Au terme d'une réunion de près de six heures et de plusieurs semaines de tractations, l'Opep a annoncé mercredi soir avoir décidé de ramener sa production à un niveau de 32,5 à 33 millions de barils par jour, contre 33,47 mbj en août selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

Il s'agit de la plus grosse réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008.

"C'était une très longue réunion, mais historique", a déclaré le ministre qatari de l'Energie et président de la réunion, Mohamed Saleh Al-Sada, lors d'une conférence de presse.

Bien que le marché montre "des signes positifs", avec notamment une reflux des stocks et une demande résistante, "nous devons accélérer le rééquilibrage du marché", a-t-il ajouté.
 
La Russie aussi


A l'annonce de cet accord, les cours de pétrole étaient en hausse sur les marchés asiatiques. Les cours ont pris jusqu'à 6% et continuaient de grimper dans les échanges électroniques en Asie, bien qu'à un rythme plus faible.

Les modalités de mises en oeuvre de cet accord seront discutées lors du sommet de l'Opep à Vienne, le 30 novembre.

Un comité de haut niveau va notamment être mis en place pour déterminer les niveaux de production applicables à chacun des pays.

Ce dernier va également engager le dialogue avec les pays non membres, principalement la Russie, deuxième producteur mondial de brut, pour participer aux efforts du rééquilibrage.

Moscou s'est déjà dit favorable à un gel de sa production à son niveau record de septembre.

"Aujourd'hui, l'Opep vient de prendre une décision historique", s'est félicité le ministre algérien de l'Energie, Noureddine Boutarfa. "L'Opep revient à sa fonction de monitoring du marché. C'est une fonction qu'elle avait perdue depuis plusieurs années".

"C'est une décision à l'unanimité et sans réserve qui a été prise", a-t-il ajouté, précisant que la réunion informelle avait été transformée en séance extraordinaire pour permettre une prise de décision.

Face au boom des hydrocarbures de schiste américains, le cartel de 14 pays avait abandonné son rôle de régulateur du marché pour adopter une stratégie de défense des parts de marché, en ouvrant à fond les robinets aux dépens des prix.

Le niveau de production visé par l'Opep correspond peu ou prou au nombre de barils qui étaient pompés en mars dernier par le cartel pétrolier (32,47 mbj), d'après des chiffres de l'AIE.

La réduction reste toutefois inférieure à la hausse de la production observée sur un an au sein de l'Organisation: en août, le cartel a pompé 930.000 barils de plus sur un an.

Les marchés s'attendaient à ce que la réunion d'Alger débouche sur un désaccord.

Pourtant, estiment des analystes, un tel accord ne change rien aux fondamentaux du marché.

Les analystes de BMO Capital Markets font remarquer que les quotas de production mis en place par l'Opep n'ont pas toujours été respectés par ses membres.

Concession saoudienne


Les analystes jugeaient un accord d'autant plus improbable que dès la veille de la réunion, l'Arabie saoudite et l'Iran, grands rivaux au Moyen-Orient, avaient dit douter de la possibilité de trouver un terrain d'entente.

Leur rivalité avait déjà fait capoter une précédente tentative de gel concerté en avril, à Doha.

Mais le ministre qatari a assuré que la réunion s'était déroulée dans "une atmosphère très positive, reflétant la forte cohérence de l'Opep".

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, s'est dit "très heureux".

Il avait auparavant répété que Téhéran souhaitait avant tout rétablir ses niveaux de production antérieurs aux sanctions internationales liées à son programme nucléaire, soit environ 4 millions de barils par jour (mbj), voire un peu plus, contre 3,6 mbj aujourd'hui.

L'Arabie saoudite, premier producteur de l'Opep, conditionnait dans un premier temps toute réduction de sa production à une mesure similaire de ses pairs.

Mais Ryad a fini par assouplir sa position, affecté économiquement comme les autres par la dégringolade des cours, qui ont perdu plus de la moitié de leur valeur.

Le puissant ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, avait déclaré mardi soir que son pays consentirait à ce que l'Iran, mais aussi la Libye et le Nigeria, soient autorisés à "produire aux niveaux maximum qui fassent sens".

Ces deux derniers pays, fragilisés par des conflits internes, pompent actuellement très en deçà de leur capacité et ne voulaient pas renoncer à des exportations génératrices de devises. -

http://www.agefi.com/ageficom/europe-et-monde/detail/edition/online/article/les-pays-de-lopep-sont-parvenus-a-la-surprise-generale-a-un-accord-historique-pour-reduire-leur-production-de-petrole-436684.html

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 8 Oct - 23:21


pour les fort.e.s en thème, Michael Roberts donne des éléments précis sur la santé de l'économie états-unienne


The US rate of profit 1948-2015

taux de profit

October 4, 2016


Citation :
The US Department of Commerce’s Bureau of Economic Analysis (BEA) has just updated its estimates of net fixed capital stock in the US economy.  This gives us the opportunity to measure the US rate of profit a la Marx up to 2015.
[...]
So, as I said at the start of this post, the main conclusions from last year remain.  What the 2015 measures add is that the US rate of profit (on any measure) fell in 2015 and is now down about 3% from 2012.  US corporate profits are falling in absolute terms and have been since early 2015.

The US rate of profit is likely to have fallen again this year and that fall is accelerating according to the more high frequency Fed data.



Citation :
The US economy is the largest and most important capitalist economy.  It is usually considered as having performed the best of the top seven largest economies since the end of the Great Recession in 2009.  But is that really true?
[...]
The likelihood of a new economic slump is high for 2017, as I have argued in previous posts.  But even without that, US capitalism’s economic performance is poor and only saved by the pitiful results achieved by other top capitalist economies.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 9 Oct - 5:04


Alors que les tensions géopolitiques et économiques montent

Le FMI met en garde contre une dette mondiale record


Nick Beams WSWS 8 octobre 2016

Huit ans après l’éclatement de la crise financière mondiale, les conditions sont en train d’être créées pour un autre effondrement dans des proportions encore plus grandes, au milieu la montée des tensions géopolitiques et économiques entre les grandes puissances capitalistes.

Citation :
C’est implicite dans trois rapports publiés par le Fonds monétaire international en vue de sa réunion annuelle qui a commencé hier à Washington. « Les Perspectives de l’économie mondiale » a rapporté une croissance plus faible dans tous les pays avancés, ce qui souligne l’absence d’une véritable reprise de l’économie mondiale, tandis que les deux rapports financiers ont signalé une instabilité croissante résultant de l’injection par les banques centrales de milliards de dollars dans le système financier mondial.

Pris ensemble, les rapports soulignent les contradictions économiques qui sous-tendent et alimentent une série de crises. Ceux-ci comprennent : le ralentissement du commerce mondial, l’augmentation des mesures protectionnistes, la dispute entre les États-Unis et l’Union européenne sur les paiements d’impôts d’Apple, l’initiative par le ministère américain de la justice d’imposer une pénalité de 14 milliards de dollars à la Deutsche Bank, la rupture des négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) parrainé par les États-Unis, et les accusations de politiciens à Berlin que les États-Unis mènent une « guerre économique ».

L’instabilité croissante du système financier a été mise en évidence dans le rapport semestriel « La Revue financière » [Fiscal Monitor] du FMI publié mercredi qui a constaté que la dette du secteur non-financier de l’économie mondiale a doublé (à prix courants) depuis le tournant du siècle pour atteindre 152 000 milliards de dollars l’année dernière et qu’elle continue d’augmenter.

Les niveaux d’endettement actuels représentent 225 pour cent du produit intérieur brut (PIB) mondial, ils étaient de 200 pour cent en 2002. Le FMI a déclaré que, même s’il n’y a pas de consensus sur le niveau exact de dette qui serait excessif, les niveaux actuels, dont les deux tiers sont tenus par le privé, sont à un niveau record.

Il y a un besoin de désendettement, mais l’environnement de faible croissance actuelle rends « l’ajustement très difficile, ce qui ouvre la voie à la création d’un cercle vicieux dans lequel une croissance plus faible entrave le désendettement, et le surendettement exacerbe le ralentissement ».

Le rapport indique que le problème de surendettement, caractérisé comme une situation dans laquelle les besoins du service de la dette de l’emprunteur dépassent sa future capacité de remboursement, « est pleinement dû au secteur privé des économies avancées ».

Si le FMI n’a pas soulevé ce point, son analyse dément l’affirmation selon laquelle des dépenses gouvernementales excessives seraient la cause de la montée des problèmes financiers. Selon le rapport de « La Revue financière », l’assouplissement des restrictions sur le crédit a fait que la dette du secteur privé non financier dans les grandes économies a augmenté de 35 pour cent du PIB dans les années précédant la crise financière mondiale.

De manière significative, il y avait une augmentation rapide de la dette des ménages sur cette période. Le rapport n’en a pas indiqué les raisons, mais deux facteurs principaux ont été, sans aucun doute, le faible niveau des augmentations de salaire qui entraîne une augmentation des emprunts, et la flambée des prix de l’immobilier dans un certain nombre de pays – elle-même, un produit de l’expansion du crédit. Le FMI a noté que dans certains pays – l’Australie, le Canada et Singapour – la dette du secteur privé a continué à s’accumuler à un rythme rapide.

Le rapport a constaté que la dette publique, qui représente un tiers du total, a augmenté de 70 pour cent du PIB mondial à 85 pour cent. Mais près de la moitié de cette augmentation est le résultat d’une faible croissance nominale. En d’autres termes, très loin d’avoir une hausse de la dette publique résultant de dépenses « débauchées » sur la santé, les pensions et les services sociaux – le mantra de ceux qui exigent l’austérité – son expansion est enracinée dans la stagnation qui continue depuis la crise financière de 2008.

Un deuxième rapport financier, « La Stabilité financière mondiale » [Global Financial Stability], a analysé les risques croissants pour le système financier. Il a déclaré que si les risques à court terme ont diminué depuis le rapport précédent en avril, « les risques à moyen terme sont en train de se construire ». Le ralentissement continu de la croissance mondiale avait incité les marchés financiers de s’attendre à la continuation de la période actuelle caractérisée par une inflation faible, des taux d’intérêts bas, entraînant « un délai plus long dans la normalisation de la politique monétaire ».

Il a mis en garde, cependant, que certaines politiques monétaires comme les taux d’intérêt négatifs ont « atteint les limites de leur efficacité, et, pour les banques et d’autres institutions financières, les effets secondaires à moyen terme de ces faibles taux commencent à monter ».

Les fonds de pension et les compagnies d’assurance, qui dépendent pour leur financement des investissements dans des obligations gouvernementales à long terme, ont été particulièrement affectées, leur solvabilité est « menacée par une période prolongée de faibles taux d’intérêt ».

Dans leur ensemble, les institutions financières dans les économies avancées font face à un « certain nombre de défis conjoncturels et structurels et doivent s’adapter à la nouvelle ère de croissance faible et de taux d’intérêt bas ». Si ces défis sont laissés sans réponse, cela « pourrait porter atteinte à la solidité financière ».

Ces problèmes plongent au cœur même du système financier capitaliste – les banques. Le rapport indique que la rentabilité faible pourrait « éroder la marge de manœuvre des banques et saper leur capacité à soutenir la croissance ». Même s’il y avait une reprise cyclique de l’économie, cela ne résoudrait pas les problèmes de faible rentabilité. « Plus de 25 pour cent des banques dans les économies avancées (avec environ 11 700 milliards de dollars d’actifs) resteraient faibles, et feraient face à des défis structurels importants », ces problèmes sont concentrés dans les secteurs bancaires européen et japonais.

« Dans la zone euro », indique le rapport, « les prêts improductifs excessifs et les freins structurels sur la rentabilité exigent une action urgente et globale ». La Réduction des prêts improductifs et le comblement des lacunes en capital sont des priorités selon le rapport.

Les problèmes financiers croissants, tout en étant concentrés dans les économies avancées, ne se limitent pas à celles-ci. Le rapport a constaté que, dans les économies émergentes, environ 11 pour cent de la dette des entreprises, plus de 400 milliards de dollars, a été détenue par des entreprises à « faible capacité de remboursement ».

Il est difficile pour ces entreprises de « dépasser le problème » à cause de niveaux d’endettement élevés et d’une capacité excédentaire, ce qui les rends : « sensibles à des événements inconvénients externes ou internes », et si les taux d’intérêt ont commencé à augmenter et que les revenus sont à la baisse, « un tel scénario épuiserait la marge de manœuvre sur les fonds propres des banques dans certains marchés émergents ».

Un autre domaine de préoccupation était la Chine, où « la croissance rapide et continue du crédit […] et l’expansion des produits bancaires non régulés créent des risques croissants pour la stabilité financière. » En croissance rapide, le système financier « devient de plus en plus endetté et interconnecté, et une variété de véhicules et de produits innovants s’ajoutent à cette complexité ». Le volume de dettes des entreprises à risque demeure élevé, et « les risques sous-jacents provenant des risques liés aux crédits de trésorerie qui s’ajoutent à ces défis ».

Les trois rapports soulignent les contradictions du système capitaliste mondial qui s’approfondissent. Le FMI a insisté sur le fait que, en l’absence de toute hausse conjoncturelle de l’économie, la politique monétaire seule ne peut pas entraîner une reprise, et des dépenses des institutions publiques et d’autres sources sont nécessaires pour fournir un coup de pouce.

Mais de telles dépenses augmenteraient la dette et dépendront du maintient de taux d’intérêts bas. Ces taux d’intérêts ultra-bas, cependant, minent de plus en plus la stabilité des banques et autres institutions financières, créant les conditions d’une nouvelle crise financière, ce qui va encore enflammer le niveau déjà élevé de conflits géopolitiques et économiques.

(Article paru d’abord en anglais le 7 octobre 2016)

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 10 Nov - 18:30


le blog Restructuration sans fin (archives), qui avait cessé d'émettre depuis ? 2 ans, a muté vers



le cours des choses

des analyses courtes mais percutantes

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 13 Nov - 6:35


Michael Roberts revient sur la "loi de baisse tendancielle du taux de profit" et sa preuve empirique

Debating the rate of profit

November 10, 2016

Michael Roberts a écrit:
Jim Kincaid says that the contradictions within capitalism can “change the current configuration of the system. The tendency of profit rates to fall is not in itself a contradiction.”  Well, I thought it was “the most important law in political economy” (Marx) precisely because it showed the main contradiction in the capitalist mode of production ie. between developing the productive forces (raising the productivity of labour) and the profitability of capital; between the drive to raise profits for individual capitals and the unintended consequence of falling profitability in the whole system.

The real question is whether the claim that the Marx’s law of profitability as the underlying cause of crises under capitalism can be empirically validated.  That is what my work and the work of many others attempts to do.  And I think we are achieving that.

Jim Kincaid dit que les contradictions dans le capitalisme « peuvent changer la configuration actuelle du système. La tendance des taux de bénéfices à l’automne n’est pas en soi une contradiction. » Eh bien, je pensais que c’était « la plus importante loi de l'économie politique » (Marx), précisément parce qu’il a montré la contradiction principale dans le mode de production capitaliste c’est-à-dire entre les forces productives (augmentant la productivité du travail) et la rentabilité du capital ; entre la tendance à l'augmentation des profits pour les capitalistes particuliers et la conséquence inattendue de la baisse de rentabilité dans l’ensemble du système.

La vraie question est de savoir si l’affirmation selon laquelle la loi de la rentabilité sous-jacente, de Karl Marx, entraîne des crises sous le capitalisme, peut être validée empiriquement. C’est ce que mon travail et celui de beaucoup d’autres tente de faire. Et je pense que nous y sommes arrivés.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 20 Jan - 12:02


La guerre porte Lafarge, le capital l'orage



Lafarge: enquête judiciaire sur ses activités en Syrie

AFP/L'Express-L'Expansion 20/01/2017

Le géant français du ciment Lafarge fait l'objet d'une enquête à Paris sur ses activités en Syrie en pleine guerre, en dépit d'interdiction dans ce paysLe géant français du ciment Lafarge fait l'objet d'une enquête à Paris sur ses activités en Syrie en pleine guerre, en dépit d'interdiction dans ce pays.

Citation :
Paris - A la suite d'une plainte de Bercy, le géant français du ciment Lafarge fait l'objet d'une enquête à Paris sur ses activités en Syrie en pleine guerre, en dépit d'interdictions dans ce pays édictées par l'Union européenne.

La cimenterie de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, sous la responsabilité d'une filiale locale de Lafarge, avait déjà fait polémique quand Le Monde avait révélé en juin de possibles arrangements sur place avec l'organisation État islamique (EI) en 2013 et 2014 pour faire fonctionner ce site, un investissement phare du groupe dans la région. Le quotidien citait des responsables de la filiale, Lafarge Cement Syria, eux-mêmes en contact avec la maison-mère à Paris.

La plainte du ministère de l'Économie porte, elle, notamment sur une interdiction d'acheter du pétrole en Syrie, édictée par l'Union européenne en 2012 dans le cadre d'une série de sanctions contre le régime de Bachar al-Assad, a expliqué une source proche du dossier à l'AFP. Elle vise aussi l'interdiction de toute relation avec "les organisations terroristes présentes en Syrie", a ajouté la source.

Cette plainte, confirmée par Bercy, a été déposée fin septembre. Elle a conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire en octobre et à saisir le Service national de douane judiciaire (SNDJ), a indiqué une source judiciaire.

Les infractions liées à ces restrictions sont prévues par le code des douanes et peuvent être punies d'une peine allant jusqu'à cinq ans de prison et d'une amende.

Sollicité par l'AFP, le groupe LafargeHolcim, issu de la fusion de Lafarge et du Suisse Holcim en 2015, a indiqué jeudi qu'il souhaitait "établir la réalité des faits sur ses activités en Syrie", soulignant avoir "lancé une enquête interne approfondie qui est actuellement en cours".

"Nous collaborerons par ailleurs à l'enquête menée sous l'autorité du procureur et apporterons toutes informations requises dans ce cadre", a-t-il ajouté.

- Visé par une autre plainte -

De son côté, l'ONG Sherpa, qui défend les victimes de "crimes économiques", a déposé une plainte avec constitution de partie civile en novembre, en s'appuyant sur des témoignages d'anciens employés de l'usine.  

Cette plainte pour obtenir l'ouverture d'une enquête menée par un juge d'instruction visait plus largement des faits de financement du terrorisme, complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, mise en danger délibéré d'autrui, exploitation du travail d'autrui et négligence.

Dans une enquête en juin, Le Monde s'appuyait sur les témoignages d'anciens employés et des courriels internes pour révéler de "troubles arrangements", alors que l'organisation État islamique gagnait du terrain et devenait incontournable dans la zone.

D'après le quotidien, c'est dans ce contexte qu'"un certain Ahmad Jaloudi est envoyé par Lafarge à Manbij, pour obtenir des autorisations de l'EI de laisser passer les employés aux checkpoints". Le Monde a diffusé un extrait de courriel entre cet intermédiaire et le PDG de la filiale syrienne de Lafarge, puis un autre message, adressé au directeur sûreté du groupe à Paris.

Le journal a aussi évoqué un laissez-passer estampillé du tampon de l'EI, permettant aux camions de circuler pour approvisionner le site, et laissant supposer le paiement de taxes. Enfin, il a relaté l'intervention d'intermédiaires et de négociants pour vendre au cimentier du pétrole raffiné par l'EI. L'organisation jihadiste avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014.


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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 2 Fév - 21:37


L’indice des prix des produits alimentaires se situe, en janvier, à son plus haut niveau depuis près de deux ans, stimulé par les prix du sucre et des céréales.


Citation :
L’indice FAO des prix des produits alimentaires a nettement augmenté en janvier, une hausse stimulée par les prix du sucre et des céréales, malgré l’approvisionnement régulier des marchés mondiaux, a indiqué, jeudi 2 février, l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix des produits alimentaires affichait une moyenne de 173,8 en janvier. Il a atteint ainsi son plus haut niveau en près de deux ans, réalisant un bond de 2,1 % par rapport à décembre et de 16,4 % sur un an, selon un communiqué de l’organisation, reçu à Paris.

Le bond le plus spectaculaire est réalisé par l’indice FAO des prix du sucre, qui a augmenté de 9,9 % en un mois, après le resserrement de l’offre du Brésil, de l’Inde et de la Thaïlande.

L’indice du prix des céréales a augmenté de 3,4 % depuis décembre, pour atteindre son plus haut niveau en six mois, et a notamment entraîné une hausse de la valeur du blé,du maïs et du riz.

L’indice des prix des produits alimentaires, qui permet de suivre l’évolution des prix des cinq principaux groupes de produits alimentaires sur les marchés internationaux, est pondéré par les échanges commerciaux.

Pour la cinquième année consécutive, il a baissé en 2016, mais la FAO, dont le siège se trouve à Rome, souligne qu’il affiche en janvier la sixième hausse mensuelle consécutive.

L’indice FAO des prix des huiles végétales a augmenté de 1,8 %, essentiellement en raison de la faiblesse des stocks mondiaux d’huile de palme et d’une reprise de la production relativement lente dans le sud-est de l’Asie. Depuis décembre, les indices des produits laitiers et des prix de la viande sont par contre restés inchangés.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 15 Fév - 10:40


le programme présidentiel du patronat français : l'État, c'est la politique de l'économie capitaliste



Michel Pébereau remet ce mercredi le rapport sur les dépenses publiques qu'il publie en tant que président d'honneur de l'Institut de l'entreprise. Il y montre l'urgence de les réduire. Quelques chiffres le confirment.


Michel Pébereau, auteur du rapport

Citation :
«Dépense Publique: l'état d'alerte». C'est le titre du rapport publié ce mercredi par l'ancien patron de BNP Paribas, Michel Pébereau, qui s'était déjà alarmé, en 2005, de la situation de la dette française. «Nos finances publiques sont dans un état alarmant. Ce constat, oublié par une partie de l'opinion, doit être placé au cœur du débat présidentiel de 2017», écrit-il. Quelques chiffres tirés de ce document très détaillé montrent effectivement l'impératif de réduire le train de vie de la sphère publique.

70 milliards d'euros
: c'est le déficit de l'État en 2016. Ses dépenses nettes se sont élevées à 374 milliards d'euros et ses recettes nettes à 302 milliards. Les recettes de l'État ne couvrent donc que 80 % de ses dépenses. Le budget de l'État est déficitaire depuis 1974. Le régime général de la Sécurité Sociale est installé dans le rouge, ce qui nous distingue de tous nos grands voisins. «Les déficits publics moyens dans la zone euro et l'Union européenne sont structurellement plus faibles que celui de la France», note le rapport.

35% : C'était la part des dépenses publiques françaises dans le PIB au début des années 1960. Elle était de la moitié de la richesse nationale annuelle au début des années 1990. Elle dépasse ce seuil depuis 1991. En 2015, elle a atteint 57% du PIB, ce qui a placé notre pays au deuxième rang de l'OCDE derrière la Finlande. En moyenne, dans la zone euro, les dépenses publiques atteignaient 48,5% du PIB. La France est donc encore 8,5 points au-dessus, ce qui équivaut à de 185 milliards d'euros. «Entre 2010 et 2014, la France est le seul grand pays européen à avoir augmenté ses dépenses publiques (hors inflation), alors qu'elles ont baissé de 2 à 12 % ailleurs», insiste le rapport. Entre 2007 et 2015, la dépense publique a ainsi augmenté de plus de 250 milliards (passant de 991 milliards à 1 243 milliards).

3,3 points de PIB : c'est l'écart entre la France et la moyenne de la zone euro pour l'ensemble des dépenses de fonctionnement et les subventions, en 2014. Pour les dépenses sociales d'intervention (prestations sociales et transferts en nature), il est de 3,2 points de PIB. L'écart est plus faible s'agissant des dépenses d'investissement (1 point de PIB). Par rapport à notre principal partenaire, l'Allemagne, l'écart est particulièrement marqué pour les dépenses de fonctionnement (7 points de PIB) et dans une moindre mesure pour les prestations sociales et transferts en nature (2,5 points).

63%. C'était le taux de dépenses publiques en Suède entre 1986 à 1995
. Le rapport se sert notamment de cet exemple pour montrer qu'une baisse «très significative est possible». Car elles sont revenues à 53,5% en 2000 pour s'établir à 50,5% du PIB en 2015. Au Canada, les dépenses publiques étaient en moyenne de 49% du PIB entre 1986 et 1995 ; elles sont revenues à 40 % en moyenne dans les années 2001 à 2010.

2150 milliards d'euros : c'est le niveau actuel de la dette française
. Conséquence d'un déficit permanent, la dette publique française n'a cessé d'augmenter. Elle s'élevait à 12% du PIB en 1974, 20% en 1981, 50% en 1994 et atteint désormais 97% en 2016. Cette croissance semble inexorable. En 2003, la dette a dépassé les 1000 milliards. En 2014, elle a franchi les 2000 milliards. Fin 2016, elle est d'environ 2 150 milliards. Mécaniquement, elle augmentera tant que les déficits persisteront.
Conclusion: «une réduction de l'ordre de 7 à 8 points de la part des dépenses publiques (autour de 50 % du PIB) permettrait à la France, tout en résorbant son déficit structurel actuel (autour de 2% du PIB potentiel), de baisser son niveau de prélèvements obligatoires de l'ordre de 5 à 6 points», peut-on lire. Dit autrement dépenser moins permettrait de réduire le déficit, tout en diminuant les impôts. À moyen terme, une baisse de 10 à 11 points des dépenses publiques (autour de 46% du PIB, soit un niveau beaucoup plus proche de l'Allemagne) serait même d'ampleur à «combler le déficit entre la France et l'Allemagne en termes de prélèvements obligatoires (8,6 points) tout en maintenant l'équilibre structurel de ses finances publiques».

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 30 Mar - 7:38


pour info, texte et discussion



dans le Compte rendu de la réunion du 10 mars 2017, les remarques de François Chesnais sont les plus intéressantes, qui rejoignent par certains aspects les hypothèses de Saskia Sassen (Expulsion)


François Chesnais a écrit:
On est piégé par le mot crise, qui pose des problèmes. Sur la crise économique, j’essaie de donner une définition de ma manière d’utiliser le mot. Une situation où les ressorts de l’accumulation sont cassés, où il n’y a « pas de sortie de crise ». C’est même une idée qui fait son chemin plus largement, et qui justifie des politiques actuelles. On s’installe dans une configuration dans laquelle l’austérité et le chômage sont le capitalisme ordinaire.

Il n’y a aucun danger de totalitarisme mondial, car on est entré dans une phase d’exacerbation de la concurrence entre les entreprises et entre les Etats. Ils ont pu éviter la guerre commerciale en 2009-2010, mais elle se développe sous nos yeux aujourd’hui. Une forme de chaos où aucune sortie de crise ne se dessinera. Derrière ça il y a une création insuffisante de valeur et de survaleur, qui devient de plus en plus manifeste quand on  regarde la lutte intercapitaliste autour du partage de cette survaleur insuffisante. On voit aussi l’acharnement, avec la robotisation, avec l’exploitation toujours plus poussée de la force de travail, et enfin l’acharnement à vendre toujours plus.

C’est une clarification de l’idée de la baisse tendancielle du taux de profit.

[...] c’est un processus cumulatif de contradictions. Harvey annonce donc lui aussi des limites. La dimension centrale, c’est qu’il y a trop d’hommes. Il y a des secteurs capitalistes qui se réjouissent de la famine (c’est toujours ça de moins). Une humanité superflue. [...] la question est : comment se débarrasser des hommes ? On avait vu ça en rapport avec l’holocauste, mais pas encore comme nécessité pour le capital au niveau mondial. [...] il faut pouvoir le payer, et le capital fictif ne suffira pas.

Il y a trop de gens, il faut les éliminer.

suite à cette discussion, Jacques Wajnsztejn a "remanié" un texte en une nouvelle version que l'on trouve sur le site mondialisme.org

La « crise » et ses annonceurs
Jacques Wajnsztejn, 26 mars 2017
Un vieux concept transformé en mot-valise

à mon avis, cette critique de l'usage du mot crise, si elle fait à juste titre le ménage parmi les plus déterministes, invite à ne pas prendre ses désirs pour des réalités, mais ne permet pas de caractériser la période actuelle. La question de Debord, « Que se passe-t-il ? », doit être prise à la fois au niveau d'une veille quasi quotidienne et à une échelle historique de plusieurs siècles (double crise de l'Occident et du capital)

ce qui est en jeu ne concerne pas que le capital comme" système", mode de production depuis Marx, et sa "crise", oui, ne débouche pas sur son "dépassement", mais sur autre chose, entre restructuration dépassant la suprématie occidentale, et chaos écolo-social. Dans ce contexte, aucune révolution communiste n'est en vue sur la base des luttes actuelles

à mon sens, il faut effectivement revenir à quelque chose de plus modeste qu'établir des thèses farfelues de révolution mondiale de sortie du capital, en restant les pieds sur terre. Mais c'est un autre paradigme de la critique radicale, peut-être in fine plus proche de l'esprit de Marx, qui ne théorisait qu'à partir de ce qu'il avait sous les yeux

remarque de "détail" en passant


Jacques Wajnsztejn a écrit:
[...] la baisse ten­dan­cielle du taux de profit ? À force d’être contre­dite, y croire encore relève de la croyance. Plus de 150 ans de croyance, c’est la foi du char­bon­nier ! Qu’on nous prouve déjà qu’il y a baisse du taux de profit on verra après.


une tendance à la baisse ne se prouve pas par une baisse effective, confusion classique quant aux analyses de Marx. Il est juste et faux d'affirmer qu'on ne peut pas mesurer cette tendance à l'échelle mondiale mais seulement au niveau micro-économique. Elle est mesurée par régions économiques-géographiques. Cf Michael Roberts blog, et cela correspond au niveau des concurrences transnationales dans le capitalisme actuel : le taux de profit est bouclé et protégé par zones, et c'est cela qui risque d'exploser dans la crise de la suprématie occidentale. C'est le sens de la restructuration en cours


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 21 Mai - 13:41


L'agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien .

Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ont signé samedi des accords d'une valeur de plus de 380 milliards de dollars, au premier jour de la visite du président Donald Trump à Ryad.



Citation :
Ce sont des montants hallucinants qui laissent rêveurs ou sceptiques. Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ont signé samedi des accords d'une valeur de plus de 380 milliards de dollars, dont 110 milliards pour des ventes d'armements, au premier jour de la visite du président Donald Trump à Ryad, a annoncé le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir. Un responsable de la Maison Blanche a cité plus tôt des contrats de ventes d'armements d'une valeur de 110 milliards de dollars à l'Arabie saoudite.

"Les deux pays ont signé une série d'accords (...). La valeur des investissements dépasse les 380 milliards de dollars
", a déclaré Adel al-Jubeir lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d'Etat Rex Tillerson.

L'agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien, sans cependant fournir de montant total. Dans le domaine de l'énergie par exemple, Aramco, le géant pétrolier saoudien, a indiqué dans un communiqué avoir passé "des accords de 50 milliards de dollars" avec de grandes compagnies américaines.

"C'était une journée formidable", a lancé le président républicain. "Des centaines de milliards de dollars d'investissements aux Etats-Unis et des emplois, des emplois, des emplois".

Un fonds d'investissement de 40 milliards de dollars

Le groupe américain de capital-investissement Blackstone et le fonds souverain saoudien PIF ont annoncé samedi la création d'un véhicule d'investissement de 40 milliards de dollars (35 milliards d'euros) pour investir dans les projets d'infrastructures, principalement aux Etats-Unis. Blackstone et le Public Investment Fund (PIF) ont signé un accord indicatif qui devra se concrétiser après de nouvelles négociations.

Sur les 40 milliards de dollars de dotation, 20 milliards viendront du PIF et le reste sera souscrit par des investisseurs. Via ce financement qui mêle dette et fonds propres, Blackstone dit envisager d'investir dans des projets d'infrastructures pour un total de plus de 100 milliards de dollars.

Ce nouveau fond "reflète notre avis positif concernant les projets ambitieux d'infrastructures qui vont être entrepris aux Etats-Unis comme le président Trump l'a annoncé", a déclaré le secrétaire général du PIF, Yasser al Roumayyane

Le fonds piloté par Softbank et PIF ont déjà levé 93 milliards de dollars

Par ailleurs, SoftBank Vision, le fonds mondial de capital-investissement, piloté par le japonais Softbank et le fonds souverain saoudien, a annoncé samedi avoir levé plus de 93 milliards de dollars (83 milliards d'euros) pour investir dans la robotique et l'intelligence artificielle. Le président de Softbank, le milliardaire japonais Masayoshi Son, avait révélé ce projet en octobre dernier et a depuis obtenu des promesses d'investissement de grands investisseurs internationaux. Ce fonds, outre Softbank et PIF, réunissent Mubadala Investment d'Abu Dhabi, qui a promis 15 milliards de dollars, les groupes américains Apple et Qualcomm , taïwanais Foxconn Technology et japonais Sharp.

Le fonds fait part de son intention de prendre des participations, minoritaires ou majoritaires dans des entreprises privées, cotées ou non en Bourse, quelles soient dans des activités nouvelles ou dans des activités plus établies. Le fonds espère à terme pouvoir réunir environ 100 milliards de dollars de promesses en capital et avoir achevé sa levée de fonds en six mois.

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 24 Juin - 10:56


considérations actuelles sur le taux de profit

The profitability of crises

Michael Roberts June 19, 2017



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