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 ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 18 Déc - 13:20


une remarque faite ici : LE CAPITAL en chiffres : Qui possède ? Quoi ? Où ?


critique radicale du capitalisme :

tout est à reconstruire



sans être très avancé dans la critique de l'économie politique, le caractère entrelacé, d'une part de la géopolitique des États-nations ou États-alliances, leur fonction d'Etat capitaliste nationale et globale, d'autre part la dimension transnationale des firmes dites "multinationales", interdit à mon sens de pouvoir penser l'économie politique actuelle du capitalisme pays par pays, seraient-ils les plus puissants

je ne comprends littéralement pas comment des héritiers de Marx tels que Bruno Astarian ou Mylène Gaulard ont pu se lancer dans des spéculations sur l'avenir de la Chine capitaliste, ou pire la possibilité d'un capitalisme chinois endogène, comme si la question pouvait se poser dans le capitalisme globalisé comme en 14, si j'ose dire...

pour construire une théorie en corpus, je ne prétends pas être le plus avancé, d'autant que ce n'est pas mon objectif, mais pour voir ce qui manque aux unes ou aux autres, leurs apories, ou ce qui cloche définitivement, on peut me faire confiance : je suis, contrairement à tous ces "théoriciens", de formation scientifique, pas littéraire ou philosophique, et j'ai assez de bases en mathématiques et en logique formelle ou dialectique pour savoir ce qu'est une démonstration par l'absurde et l'absurdité de certaines thèses sur la "communisation", dont elles ont fait leur preuve avec un aplomb confondant, et la fuite courageuse de toute discussion, après avoir affirmé :

Citation :
La diversité et les oppositions internes, pour ne pas dire les conflits, au sein de ce courant communisateur sont définitoires de son existence et elles doivent être reconnues.

Adresse de Meeting, revue internationale sur la communisation


qu'on s'en inquiète ou s'en rassure



à partir de là, j'estime que le bilan des "marxistes" de tous bords, "économistes" ou "théoriciens", est globalement atterrant. On peut ramasser des morceaux ici ou là, comme je ne manque pas de le faire, mais cela ne se construit pas tout seul en cohérence, et quoi qu'il en soi, je prétends que ma démarche méthodologique est bien plus globale, précise et cohérente, et de plus, cerise sur le gâteau proche de celle de Marx

car en réalité, sans faire table rase des acquis, il faut tout reprendre pour vérifier ce que nous avons dans les mains et sous les yeux : tout est à reconstruire !

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 19 Déc - 13:04

Emphasis on Analysis (je ne connaissais pas)

Projections du FMI :

temps difficiles pour les années à venir, l'instabilité sera la nouvelle normalité


2010-2020, décennie d'ajustement : revue des tendances à l'austérité dans 187 pays

IMF projections : hard times for years to come, instability will be the new normal

Source : 2016: The Forthcoming Adjustment Shock (Inter Press Service) (emphasis added) Par ISABEL ORTIZ

cet article est basé sur le texte complet en PDF : The Decade of Adjustment:A Review of Austerity Trends 2010-2020 in 187 Countries

Isabel Ortiz, is the director of the Social Protection Department of International Labour Organization (ILO) : en français OIT : Organisation internationale du travail

Citation :

Analysis of the latest International Monetary Fund (IMF) expenditure projections for 187 countries between 2005 and 2020 reveals that there have been two distinct phases of government spending patterns since the onset of the global economic crisis.

During the first phase (2008-09) many countries introduced fiscal stimulus and expanded public spending as a countercyclical measure to cushion the impacts of the global crisis on their populations. Overall, 137 countries (or 73 per cent of the world) ramped up expenditure, with the average annual expansion amounting to 3.3 per cent of gross domestic product (GDP). About 50 high and middle-income countries announced fiscal stimulus packages totalling US$2.4 trillion, of which approximately a quarter was invested in social protection measures.

The second period of crisis (2010 onwards) is marked by fiscal adjustment. In 2010, premature budget cuts became widespread, despite the ongoing and urgent need of vulnerable populations for public support.

This phase is characterized by two major contractionary shocks, the first occurring in 2010-11 and the second expected to hit in 2016 and continue at least until 2020.

According to IMF projections, 2016 marks the beginning of a second, major period of expenditure contraction globally. Overall, budget reductions are expected to impact 132 countries in 2016 in terms of GDP and hover around this level until 2020. Developing world will be the most severely affected. Overall, 81 developing countries, on average, are projected to cut public spending during the forthcoming shock versus 45 high-income countries. Expenditure contraction is expected to impact more than two-thirds of all countries annually, affecting more than six billion persons or nearly 80 per cent of the global population by 2020.

A review of recent IMF reports indicates that governments are weighing various adjustment measures, as summarized below.

Eliminating or reducing subsidies: Overall, 132 governments in 97 developing and 35 high-income countries are reducing subsidies, predominately on fuel, but also on electricity, food and agriculture. The Middle East, North- and Sub-Saharan Africa are the regions being hardest hit.

Wage bill cuts/caps: as recurrent expenditures like salaries of teachers, health workers and local civil servants tend to be the largest component of national budgets, an estimated 130 governments in 96 developing and 34 high-income countries are considering to contain the wage bill, often as a part of civil service reforms.

Rationalizing and further targeting social safety nets: overall, 107 governments in 68 developing and 39 high-income countries are considering rationalizing their spending on welfare, often by revising eligibility criteria and targeting to the poorest, reducing social protection coverage. IMF country reports generally associate targeting with poverty reduction, as a way to reconcile poverty reduction with austerity; however, targeting risks excluding large segments of vulnerable and low income households. Rather than targeting and scaling-down to achieve cost savings over the short term, there is a strong case for scaling up social protection for all.

Reforming old-age pensions: approximately 105 governments in 60 developing and 45 high-income countries are discussing changes to their pension systems, such as through raising contribution rates, increasing eligibility periods, prolonging the retirement age, lowering benefits, sometimes structural reforms of contributory social security pensions. As a result, future pensioners are expected to receive lower benefits.

Labour market flexibilization is being discussed by 89 governments in 49 developing and 40 high-income countries. Reforms include revising the minimum wage, limiting salary adjustments to cost of living benchmarks, decentralizing collective bargaining, and easing firing and compensation arrangements at the enterprise level. Labour market reforms are supposedly aimed at increasing competitiveness and supporting businesses during recessions. However, available evidence suggests that labour market flexibilization will not generate decent jobs. On the contrary, in a context of economic contraction, this approach is likely to generate labour market “precarization,” depress domestic incomes/demand and ultimately hinder recovery efforts.

Reforming health systems: 56 governments in 34 developing and 22 high-income countries are discussing reforms to their healthcare systems, generally through increasing fees and co-payments as well as by introducing cost-saving measures in public health centres.

Increasing consumption taxes on goods and services. Some 138 governments in 93 developing and 45 high-income countries are considering options to boost revenue by raising VAT or sales tax rates or removing exemptions. However, increasing the cost of basic goods and services can erode the already limited incomes of vulnerable households and stifle economic activity. Alternatively, progressive tax approaches should be considered, such as taxes on income, inheritance, property and corporations, including the financial sector.

Privatization of public assets and services: according to IMF reports, this revenue generation approach is being pondered by 55 governments in 40 developing and 15 high-income countries. Sales proceeds produce short-term gains, but also long-term losses given the lack of future revenues; additionally, privatization risks include layoffs, tariff increases, unaffordable and low quality goods and public services.

Projections using the UN Global Policy Model indicate that the spending cuts will negatively affect GDP and employment in all regions. Global GDP is estimated to be 5.5 per cent lower by 2020 resulting in the loss of millions of jobs.

In difficult times, it is imperative that countries aggressively explore all possible alternatives to promote national socio-economic development with jobs and social protection. There are many OPTIONS, available in virtually all countries:

Re-allocating public expenditures;
increasing tax revenues;
expanding social security coverage and contributory revenues;
lobbying for aid and transfers;
eliminating illicit financial flows;
using fiscal and foreign exchange reserves;
borrowing or restructuring existing debt;
adopting a more accomodative macroeconomic framework.

The projected fiscal contraction trajectory is questionable ­in terms of timing, scope and magnitude. Policymakers should be encouraged to recognize the high human and developmental costs of poorly-designed adjustment strategies and to consider alternative policies that support a recovery for all. It does not need to be a decade of adjustment, policymakers have a variety of options to expand fiscal space at their disposal, which should be examined in open, national dialogue.


en bleu, précisions de Admin  Wink
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 19 Déc - 14:03


le vrai est (aussi) un moment du vrai


merci Corinne, pour ces pronostics du FMI tout à fait significatifs, et soulignons-le, allant complètement dans le sens des "prévisions" faites par les théoriciens de la communisation, sur quoi ils fondent leur certitude que les programmes démocrates radicaux ne sont que des illusions


mais ces derniers vous diront que le FMI fait de la propagande, ce qui est vrai aussi... un vrai moment du faux !


ce qui est certain, c'est que personne ne les croit plus, après l'expérience Syrisa. Voir le score de la gauche de la gauche aux régionales en France, et vérifier, sauf surprise, demain par le résultat de Podemos en Espagne

le démocratisme radical a fait place à un populisme radical de gauche qui ne fait pas un tabac politique : Cuba, c'est fini...

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 19 Déc - 15:28

Non seulement ça, mais il y a plus grave :

Citation :
Projections using the UN Global Policy Model indicate that the spending cuts will negatively affect GDP and employment in all regions. Global GDP is estimated to be 5.5 per cent lower by 2020 resulting in the loss of millions of jobs

Dans un contexte de crise du capital et de l'Occident, et face à la montée en puissance de l'Asie, ça peut signifier que le capitalisme occidental se décidera à une issue de crise par la guerre généralisée. En tout cas c'est une hypothèse.
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 23 Déc - 7:52



L'OMC enterre le Cycle de Doha, une nouvelle rupture dans l'ordre d'après-guerre Nick Beams 23 décembre 2015

La décision de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'en finir avec le soi-disant Cycle de Doha des négociations commerciales lors de sa réunion du week-end à Nairobi, au Kenya, marque une nouvelle étape de la désintégration de l'ordre économique d'après la Seconde Guerre mondiale.


Citation :
Si la réunion a décidé, après de longues négociations, de mettre fin aux subventions à l’exportation de produits agricoles, issue mise en évidence par la presse de pays exportateurs de produits agricoles comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le résultat le plus important a été la décision de ne pas réaffirmer le mandat de Doha.

Le Cycle de Doha, qui a débuté en fanfare en 2001 comme le cycle du « développement » était embourbé depuis près d’une décennie. Mais cela ne diminue en rien l'importance historique de la décision d'y mettre fin. Elle signifie la fin des accords multilatéraux en vigueur à travers le monde et leur remplacement par des accords commerciaux entre plusieurs pays à l'exclusion d'autres.

Le principal protagoniste dans cette décision ont été les Etats-Unis, soutenus par d'autres grandes économies comme le Japon et l'Union européenne et appuyés par des pouvoirs moins importants comme l'Australie. La Chine et l'Inde ont été, avec d'autres économies pauvres, les principaux pays s’y opposant.

Les États-Unis ont salué la décision de Nairobi qui avait ouvert « la voie d'une nouvelle ère pour l'OMC ». L'Inde, principal avocat du maintien du cadre de Doha, a dit, sans nommer personne, que «certains membres» avaient bloqué sa continuation et qu'elle était un « départ important du principe fondamental de l'OMC de prendre des décisions fondées sur le consensus ».

Le communiqué des pourparlers a annoncé la décès plutôt discrètement, déclarant que « de nombreux membres réaffirment le mandat de Doha » et d'autres pas et que les membres avaient « différentes vues sur la façon d'aborder les négociations ». Certains souhaitaient discuter et identifier d'autres questions, mais « d'autres pas ».

L'importance de cette rupture ne peut être comprise que vue dans son contexte historique. L'OMC a été créée en 1995 pour succéder à l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), fondé en 1948. Le GATT avait été créé dans le but spécifique d’empêcher une répétition de l'expérience des années 1930 où le monde s'était polarisé en blocs commerciaux concurrents, créant les conditions qui ont mené à la Seconde Guerre mondiale.

Le GATT a été fondé sur le principe que les concessions commerciales devaient être de portée multilatérale et que les décisions prises par un pays ne devaient pas être sélectives et ne s'appliquer qu’à un pays ou groupe particulier, mais devaient concerner le monde entier.

Le principal instigateur du GATT furent les États-Unis. Leur adhésion au «libre-échange» n'était pas motivée par un engagement envers le principe en soi. Elle était basée sur les leçons tirées de l'expérience des années 1930, qui ont démontré que l'expansion continue du capitalisme américain exigeait un monde ouvert à son commerce. Comme le capitalisme britannique qui prônait les doctrines de libre-échange au 19ème siècle où il dominait le monde économiquement, la position américaine était fondée sur sa supériorité économique écrasante. On a estimé que les États-Unis représentaient dans la période de l’immédiat après-guerre jusqu'à 50 pour cent de la production industrielle mondiale.

Le GATT faisait partie d'un cadre économique international qui a établi les conditions de l'expansion du capitalisme mondial d'après-guerre. Mais cette même expansion comportait une profonde contradiction. La croissance du marché mondial, le rétablissement et la montée d'autres puissances capitalistes, bien que nécessaire à la réussite économique des États-Unis, ont aussi sapé leur domination économique.

Cette contradiction s’est manifestée pour la première fois de façon explosive en 1971 quand les Etats-Unis ont aboli l'accord monétaire de Bretton Woods datant de 1944 et ont supprimé le rattachement du dollar à l'or, sur la base de 35 dollars américains l'once d'or. Ils jouent à présent le rôle central dans le rejet du multilatéralisme dans les négociations commerciales.

La décision n’est pas simplement le résultat de l'échec des négociations de Doha. Elle reflète des processus plus profonds. Certaines de ces questions ont été énoncées par le chef négociateur commercial américain, Michael Froman, dans un commentaire du Financial Times, une semaine avant les pourparlers de Nairobi.

Le Cycle de Doha n’avait pas «réussi», écrit-il; il était temps que le monde se libère de ses «restrictions». Les accords bilatéraux marchaient, les pactes régionaux marchaient, « seul le multilatéralisme », la tentative d'arriver à un accord mondial, était «bloqué».

Ces remarques reposaient sur un agenda bien défini, clairement énoncé par Froman dans un article écrit un an plus tôt dans le numéro de novembre-décembre 2014 du principal journal américain de politique étrangère, Foreign Affairs.

Il y faisait remarquer que depuis près de sept décennies, le système commercial mondial établi après la guerre, dans lequel les politiciens américains avaient joué le premier rôle, avait « amené des emplois aux Etats-Unis et la paix et la prospérité aux pays du monde entier». Mais ces dernières années, « des changements tectoniques » dans l'économie mondiale signifiaient que cette architecture devait changer. Ceci soulève tout de suite la question de savoir pourquoi.

Froman indiquait la réponse. « Washington », dit-il, « fait face à des contraintes sans précédent dans l'élaboration de sa politique commerciale. Les États-Unis n’ont plus une position aussi dominante dans l'économie mondiale qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale et doivent construire des coalitions commerciales disposées à œuvrer vers des positions de consensus ».

Les deux coalitions commerciales clés sont le TPP (Accord de partenariat transpacifique) à douze membres, qui a conclu un accord formel début octobre, et le projet du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), couvrant les relations économiques entre les Etats-Unis et l'Europe. Désavouant le multilatéralisme, ces accords n’offrent des concessions et un meilleur accès au marché américain qu’aux nations ayant signé et accepté les exigences des USA. L'objectif de ces accords, comme l'a clairement indiqué Froman dans l’article de Foreign Affairs, est de placer les Etats-Unis « au centre d'un réseau d'accords qui fourniront un accès sans entraves à près de deux tiers de l'économie mondiale ».

Autrement dit, ayant perdu leur domination économique écrasante dans le système du multilatéralisme, les États-Unis tentent de la récupérer par d'autres moyens. Et cela comprend un retour à la création du genre de blocs commerciaux qui prévalaient dans les années 1930 et ont eu des conséquences si désastreuses aidant à préparer la voie à la guerre mondiale.

Bien sûr, la situation actuelle est très différente de celle des années 1930 et des accords exclusifs établis aujourd'hui ne prendront pas la même forme que ceux d’il y a 80 ans. Mais leur contenu réactionnaire et militariste est le même. Froman l’a clairement montré dans son article de Foreign Affairs où il souligne la «logique stratégique du commerce» et son rôle essentiel de moyen par lequel « les pays mesurent et exercent le pouvoir ».

Cet agenda implicitement militariste et agressif trouve son expression concrète dans le TPP, que Froman a spécifiquement nommé comme la voie vers l’avant. On l’a à juste titre qualifié de bras économique du « pivot » du gouvernement Obama « vers l'Asie» visant à imposer la domination militaire et économique des Etats-Unis et la soumission de la Chine – un programme qui mène à la guerre.


La croissance mondiale des forces productives, facilitée par le libre-échange et le multilatéralisme, a porté à une nouvelle intensité la contradiction entre l’économie mondiale et le système de l'Etat-nation où est enraciné le système de profit. Chaque grande puissance capitaliste, Etats-Unis en tête, cherche à résoudre cette contradiction selon son propre intérêt. Chacun cherche à accroître sa propre puissance économique et militaire et à gagner sa propre «place au soleil», aidant à créer les conditions de la guerre comme l’avait fait l'exclusivisme économique des années 1930.

Cette contradiction ne peut être résolue sur une base progressiste que par une lutte de la classe ouvrière pour la révolution socialiste mondiale et l'abolition du système capitaliste dépassé du profit et de l'Etat-nation; afin que les forces productives, développées à l'échelle mondiale, puissent servir à satisfaire les besoins de l’humanité.

(Article paru en anglais le 22 décembre 2015)


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 23 Déc - 9:59


la dette des ménages


France, Canada, Corée, Maroc, Suède...




En dix ans, la dette des ménages a augmenté 3 fois plus vite que les revenus

Depuis 2005, l’encours de dette des Français a enflé de 79% alors que leurs revenus cumulés ont progressé de moins de 25%. Conséquence, le taux d’endettement a explosé


Citation :
Le poids de la dette publique est souvent montré du doigt. Mais en matière d’endettement, les ménages français ont aussi pris la pente ascendante au cours des dernières années. Selon les derniers chiffres de la Banque de France, la dette des ménages s’élevait à 1.189 milliards d’euros au premier trimestre 2015.

Les courbes produites par l’institution montrent que la progression n’a jamais cessé depuis les années 1990. Le mouvement s’est même amplifié à partir des années 2000. A titre de comparaison, l’endettement n’était « que » de 664,9 milliards d’euros début 2005. En 10 ans, l’encours de dette a donc progressé de 79%.

85,3% de taux d’endettement


Certes, pris de manière isolée, ces chiffres ne signifient pas grand-chose. Mais on peut également rappeler que dans le même temps, le revenu disponible brut des ménages ne s’est apprécié que de 24,7%.

Ainsi, comme l’indiquent les données de la Banque de France, le poids de la dette a véritablement explosé. De 59,5% en 2005, le taux d’endettement par rapport au revenu disponible est passé à 85,3% en 2015.

Fin 2013, les Français sont même devenus plus endettés que leurs voisins d’outre-Rhin. Depuis 15 ans, les Allemands ont en effet enclenché la marche arrière jusqu’à afficher aujourd’hui un taux d’endettement voisin de 82%.

L’immobilier responsable

Il est bien évident difficile de ne pas rapprocher l’endettement croissant des Français des prix de l’immobilier. La hausse des années 2000 a contraint de nombreux ménages à accroître leur taux d’effort. D’ailleurs, cela se ressent aussi dans les statistiques du surendettement, qui comportent de plus en plus de dettes immobilières.

En tout cas, on peut parier que la barre des 1.200 milliards d’euros sera rapidement franchie.


Corée

La dette des ménages a augmenté en 2015

SEJONG, 21 déc. (Yonhap) - L'endettement des ménages coréens a augmenté en 2015 par rapport à l'année dernière alors que les familles percevant des hauts salaires avaient tendance à acheter une maison, ont montré ce lundi des données de Statistique Corée (KOSTAT)


Citation :
Selon KOSTAT, la dette moyenne des ménages a atteint 61,81 millions de wons (52.500 dollars) à la fin mars de cette année, en hausse de 2,2% par rapport à l'année dernière.

De ce total, 69,9% ou 43,21 millions de wons, étaient des prêts financiers, en hausse de 4,9% en glissement annuel. Les données ont montré que 64,3% de tous les foyers sud-coréens étaient endettés, en baisse de 1,6 point de pourcentage par rapport à l'année précédente. Sur la totalité de l'endettement, 57,3% étaient des prêts hypothécaires.

Les ménages ont dépensé 24,2% de leurs revenus pour rembourser leurs dettes, en hausse par rapport aux 20,3% de l'année précédente. «L'augmentation est le résultat du fait que les personnes ayant des salaires relativement élevés n’avaient pas de maison dans le passé et ont choisit d'en acheter une, ce qui a fait augmenter les prêts», a expliqué Kim Bo-kyung, chef de la division statistiques de l'agence.

Elle a souligné que les dettes ont augmenté et les revenus également durant la même période. «Le volume des dettes est équivalent à la taille des actifs en général», a indiqué Kim.

Les dernières données ont montré que la dette a augmenté chez la plupart des tranches d'âge, sauf les quinquagénaires. L'endettement des personnes dans la cinquantaine a baissé de 1,4%. Les employés et les commerçants indépendants ont vu leurs dettes augmenter de 1,5% et 3,8%, respectivement, par rapport à l'année précédente.

Les données ont montré que 70,1% de tous les ménages ont senti que le remboursement des dettes était pesant et 7,1% ont déclaré qu'ils ne pourraient pas faire face à cette situation, en hausse de 0,2 point par rapport à l'année dernière. Quelque 10,8% ont ajouté que leurs dettes pourraient augmenter l'année prochaine.

rainmaker0220@yna.co.kr




L'endettement des ménages Canadiens augmente plus vite que les salaires 14 décembre 2015  

En pleine période d’emplettes des Fêtes, les Canadiens apprennent lundi que leur niveau d’endettement a atteint un niveau record au troisième trimestre, alors que les dettes s’accroissent plus rapidement que les revenus

Citation :
Le ratio de la dette des ménages au revenu disponible s’est établi à 163,7% au troisième trimestre, en hausse par rapport à 162,7% au trimestre précédent.

«Autrement dit, il y avait 1,64$ de dette sur le marché du crédit pour chaque dollar de revenu disponible», explique Statistique Canada lundi dans son rapport.

L’organisme fédéral précise que le revenu disponible a augmenté de 0,8%, alors que la dette des ménages n'a progressé que de 1,4%.

La dette totale des ménages, soit le crédit à la consommation, les prêts hypothécaires et les prêts non hypothécaires s'est établie à 1892 milliards $ à la fin du troisième trimestre. La dette du crédit à la consommation a atteint 572,3 milliards $, comparativement à  526,3 milliards $ au trimestre précédent.

La dette hypothécaire a aussi progressé, passant de 1219 milliards $ à 1234 milliards $.

Par ailleurs, la valeur nette des ménages a progressé de 0,4%. Pour chaque habitant, la valeur nette représente 259 700$.

La valeur des actifs financiers nets a reculé de 0,6% alors que celle des actifs non financiers a crû de 1,1%. Les actifs non financiers comprennent principalement les biens immobiliers et les biens de consommation.

La valeur du patrimoine national en baisse

Statistique Canada a aussi publié la valeur du  patrimoine national du pays, c'est-à-dire la valeur totale des actifs non financiers dans l'économie canadienne.

Au cours du troisième trimestre, cette valeur s’est repliée de 2% ou 190,4 milliards $ pour s'établir à 9,205 billions $.

«Cette baisse est principalement attribuable à la diminution de 285,4 milliards $ de la valeur du patrimoine en ressources naturelles, qui a été entraînée par le recul des prix de l'énergie durant le trimestre. La valeur des biens immobiliers résidentiels a progressé de 48,7 milliards $», a indiqué Statistique Canada.

En ce qui concerne l'actif net international du Canada, il a progressé de 61 milliards $ au troisième trimestre pour atteindre 287,9 milliards $.

Au total, la valeur nette nationale du Canada s'est contractée de 1,3 % ou de 129,4 milliards $ par rapport au deuxième trimestre pour atteindre 9,493 billions $ à la fin du troisième trimestre de 2015.




La dette des ménages représente le tiers de l’économie nationale: L’immobilier «surendette» les marocains Kawtar Tali    28-07-2015

Les ménages marocains continuent à s’endetter, voire à un niveau légèrement supérieur à celui observé au cours des deux dernières années


Citation :
C’est ce que fait observer Bank Al-Maghrib dans son dernier rapport sur la stabilité financière. Le taux d’endettement global des ménages s’est établi à fin 2014 à 31% du PIB. Cependant, leur dette financière a ralenti de 4,8% par rapport à une progression moyenne évaluée à 10% sur la période 2009-2012. L’encours de la dette des ménages a atteint les 282 milliards de dirhams à fin 2014. Les ménages résidant au Maroc y détiennent 264 milliards de dirhams, en hausse de 5,3% en 2014 contre une progression de 5,6% en 2013. leur ratio par rapport au PIB est passé de 27,8 à 28,5% en 2014. «Pour ce qui est des ménages marocains résidant à l’étranger, leur dette financière a représenté environ le tiers du total de leurs transferts, soit presque le même niveau observé depuis 2009», explique Bank Al-Maghrib.

L’investissement immobilier reste toutefois la principale raison de l’endettement des ménages. Les crédits à l’habitat représentent ainsi près de 64% de la dette des ménages. En 2014, la production du crédit à l’habitat s’est fixée à 27,3 milliards de dirhams grimpant de 12,2% après un repli de 10,6% observé une année auparavant. Par bénéficiaires, 63% d’entre eux appartiennent à la tranche d’âge de 30 à 49 ans. Par ailleurs, une baisse a été relevée au niveau de la proportion des ménages dont le revenu est inférieur à 4.000 dirhams. Cette tranche s’est rétractée à 38% contre 40% une année auparavant. En contrepartie, la part des ménages dont le revenu est compris entre 4.000 et 10.000 dirhams est passée de 32 à 34% au cours des trois dernières années. La proportion des bénéficiaires ayant un revenu supérieur à 10.000 DH a maintenu, quant à elle, sa part ordinaire, soit 28%. Cependant, les crédits à la consommation ont enregistré une faible reprise à fin 2014. La progression observée à cette date est de 1,9%, soit un encours de 101 milliards de dirhams. «Cette dette a continué d’être contractée majoritairement sous forme de crédit personnel avec une part de 70% et de crédit automobile avec 29%», explique, dans ce sens, la banque centrale.

Bank Al-Maghrib souligne par ailleurs dans son rapport l’accroissement des défauts de remboursement des ménages. Il s’est établi à 7,8% contre 7,2% une année auparavant. Ce taux s’est établi à 6,4% pour les crédits à l’habitat et à 10,2% pour les crédits à la consommation.

La répartition des crédits à la consommation par tranches d’échéances indique une poursuite de l’allongement de leurs maturités, les prêts contractés pour des échéances dépassant 5 ans représentent 62% du portefeuille, contre 56% en moyenne au cours des 5 dernières années, au détriment des crédits à maturité comprise entre 2 et 5 ans, dont la part a représenté 29% à fin 2014, contre un niveau moyen de 36% entre 2009 et 2013. Les dettes en souffrance des ménages non-résidents se sont davantage consolidées constituant ainsi 8,7% du total de leur dette contre 7,8% en 2013.



La dette des ménages suédois atteint des records Marie Charrel  LE MONDE 13.05.2014


L'endettement des Suédois pèse 173 % de leur revenu disponible brut, contre 104 % en 2000, soit l'un des plus hauts niveaux de l'Union européenne  

Citation :
La Suède est-elle sur le point de traverser des troubles financiers ? La question agite les économistes du pays. Et les derniers chiffres de l'inflation (IPCH) publiés mardi 13 mai ne devraient guère apaiser les esprits : tombée sous la barre de 1 % depuis novembre 2012, soit près d'un an avant la zone euro, l'inflation s'est établie à 0,3 % en avril, après l'inquiétant recul de 0,4 % en mars.

De quoi, malgré ce léger mieux, compliquer encore la situation financière des ménages endettés, car plus les prix se tassent, plus les intérêts réels qu'ils payent chaque mois pour rembourser leurs prêts augmentent. C'est bien ce qui inquiète la Sveriges Riksbank, la banque centrale du pays.

Dans une étude publiée le 9 mai, celle-ci passe au crible les finances de 4 millions de Suédois, soit 52 % des adultes du pays. Résultat : 60 % d'entre eux remboursent leurs crédits bien trop lentement, notamment à cause de l'inflation basse. « A ce rythme, il faudra à certains cent ans pour être libérés de leurs emprunts », ont calculé Jakob Winstrand et Dilan Ölcer, deux économistes de la banque centrale. « Cette tendance risque de nuire à la croissance comme à la stabilité financière », redoute l'institution.

LES PRIX DES LOGEMENTS ONT FLAMBÉ

Les Suédois ne seraient-ils donc pas les vertueux Scandinaves que l'on imagine ? Car ce n'est pas tout : leur endettement pèse 173 % de leur revenu disponible brut (RDB), contre 104 % en 2000, soit l'un des plus...


L’accès à la totalité de l’article est protégé  


Citation :
« La baisse des salaires et donc la limitation de la consommation de la population se heurte à la tendance de la capacité de production capitaliste à toujours grandir. C’est la véritable raison de la crise de surproduction. (...) Finalement il se crée non seulement une surproduction mais aussi une suraccumulation de capital. »

Karl Marx en 1867

« Le Capital a horreur de l’absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20 %, il devient enthousiaste. A 50 %, il est téméraire; à 100 %, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300 %, il ne recule devant aucun crime. »


P.J. Dunning, cité par Karl Marx, Le Capital


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 7 Jan - 9:38


« le blé est beaucoup plus important que le pétrole...»


2010 source



Géopolitique du blé, quelles spécificités et quels acteurs ?  Pierre VERLUISE, Sébastien ABIS, Selma MIHOUBI, le 7 janvier 2016

Sébastien Abis est administrateur au Secrétariat général du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), chercheur associé à l’IRIS. Pierre Verluise, Docteur en Géopolitique est Directeur du Diploweb.com. Selma Mihoubi, Doctorante en Géopolitique (IFG) a filmé et monté l’entretien, réalisé dans le cadre d’une conférence géopolitique Diploweb.com / GEM

Citation :
Vidéo. La géopolitique du blé est un élément méconnu de la stabilité des Etats et la paix dans le monde. Avec passion, S. Abis en apporte une lecture vivante et dynamique. Cette vidéo peut illustrer aisément une formation ou un cours. (15 minutes)

Sébastien Abis répond aux questions suivantes :

. En quoi le blé est-il un enjeu central dans le monde actuel ?

. Quelles sont les idées fausses sur la géopolitique du blé ?

. Quelles sont les spécificités de la géopolitique du blé ?

. Quels sont les acteurs de la géopolitique du blé ?

. Quels sont les événements récents et notables autour de la géopolitique du blé ?


vidéo conseillée


Sébastien Abis a notamment publié Géopolitique du blé, un produit vital pour la sécurité mondiale (IRIS Editions /Armand Colin, 2015)

Citation :
L’agriculture est une composante essentielle de l’agenda stratégique international. Activité ancestrale, elle continue de déterminer l’avenir du développement humain. La sécurité alimentaire conditionne, en effet, la stabilité des États et la paix dans le monde. Nourrir une population en croissance, dans un contexte de raréfaction des ressources et de transformation des rapports de forces économiques entre les puissances, constitue l’un des enjeux les plus complexes de ce siècle.

Les céréales sont l’illustration parfaite de cette dimension stratégique des questions agricoles. Le blé, plus particulièrement, incarne à quel point une matière première alimentaire détermine la sécurité mondiale et l’évolution des relations de pouvoir entre les rares pays qui en produisent et ceux, bien plus nombreux, qui ont recours aux marchés internationaux pour satisfaire leurs besoins. Car c’est avec le blé que l’alimentation de base des populations s’est construite dans le temps. Quand il vient à manquer, c’est l’agitation et la peur. Il retrouve, le cas échéant, toute sa centralité politique.

Le blé entre chaque jour dans la vie de milliards d’individus. Alors que sa consommation se mondialise, il reste très inégalement réparti sur la planète. Face à ces dynamiques sociodémographiques et à ces disparités territoriales, le rôle du commerce s’amplifie et les stratégies des acteurs s’affirment. Aux défis de sa production s’ajoutent ceux du transport et des investissements nécessaires pour que les récoltes en blé puissent suivre la progression de la demande et anticiper les prochaines ruptures climatiques ou géopolitiques.

Explorer cette face cachée de la mondialisation dans des temps longs et sur plusieurs continents pour révéler la permanence du pouvoir du blé, telle est la méthode proposée par ce livre, qui rappelle avec force le caractère stratégique de l’agriculture.





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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 15 Jan - 20:29



le marxiste "orthodoxe" Robert Bibeau découvre la lune, mais pas encore le soleil...


"La Trouvaille"


A propos du «Traité d’économie marxiste» de Mandel (Paul Mattick, 1969) 13 janvier 2016  par  Trouvailles

Article de Paul Mattick paru dans International Socialism N°37 (juin-juillet 1969)


Paul Mattick a écrit:
Voici un livre ambitieux qui prétend éclairer la théorie économique marxiste d’un point de vue englobant tout le déroulement historique, de la préhistoire à la future société socialiste. Mandel estime cette vue d’ensemble nécessaire en raison de la proposition dialectique qui veut que la communauté primitive perdue resurgisse dans la société socialiste future, sous une « forme supérieure » toutefois. Le comportement des socialistes présuppose le socialisme; selon Mandel « il faut que les individus aient acquis l’expérience que la société, de marâtre, est devenue une mère généreuse et compréhensive, qu’elle satisfait automatiquement tous les besoins fondamentaux de tous ses fils. II faut que cette expérience repénètre dans les sphères inconscientes des individus, où elle rencontrera les échos du passé communautaire qui n’ont jamais été ensevelis complètement par les effets de 7 000 années d’exploitation de l’homme par l’homme » [1]. Ces « échos du passé » sont un simple postulat; pourtant, il est évident que les hommes ne se transformeront qu’en changeant les rapports sociaux et, par conséquent, les conditions de leur existence. Il n’est pas besoin d’évoquer un « inconscient collectif » pour fonder la possibilité d’une conscience socialiste. De toute façon, ceci n’a rien à voir avec la théorie économique marxiste, qui se limite à une critique de  l’économie politique ou bourgeoise et qui, du point de vue de Mandel, devra nécessairement disparaître avec la société capitaliste.

Le matérialisme historique est plus et autre chose que la théorie économique. Alors que le matérialisme historique explique le développement historique comme tel, la théorie économique a pour objet la forme historique spécifique que ce développement revêt dans le capitalisme. Cette différence est voilée dans l’ exposé de Mandel, qui se veut un survol de l’histoire à l’échelle mondiale, visant à actualiser l’analyse économique de Marx. Cela, toutefois, sans citer « les textes sacrés ». Mandel s’en explique ainsi : « Nous citons d’abondance les principaux économistes, historiens économiques, ethnologues, anthropologues, sociologues, psychologues de notre époque, pour autant qu’ ils formulent des jugements sur des phénomènes qui ont trait l’activité économique passée, présente ou future des sociétés humaines. ce que nous cherchons à démontrer, c’est qu’en partant de données empiriques des sciences contemporaines, on peut reconstituer l’ensemble du système économique de Karl Marx [2]. » De cette manière, Mandel veut démontrer que l’enseignement économique de Marx permet « cette synthèse de l’ensemble des sciences humaines » [3]. Il réalise, bien sûr, que c’est là une tâche difficile, et proclame avoir tout simplement produit une ébauche « se prêtant à de multiples corrections et une invitation aux jeunes générations marxistes à Tokyo, à Lima, à Londres et à Bombay et — pourquoi pas? — à Moscou, à New York, Pékin et Paris, de saisir la balle au vol et d’achever par un travail d’équipe ce qu’un travail individuel ne peut manifestement plus accomplir » [4].


L’apport de Mandel se limite, lui, à la lecture de beaucoup de livres et d’un tas de statistiques plus ou moins utiles, lui fournissant le matériel qui, d’une manière ou d’une autre, valide son interprétation de la théorie marxiste. Cette théorie, même si elle est illustrée par des données plus récentes, demeure fondamentalement telle qu’elle nous a été bien souvent présentée. On y trouve la division du travail entre travail nécessaire et sur-travail, l’évolution de l’économie de marché, les relations entre la valeur d’usage et la valeur d’échange, les théories de la valeur et de la plus-value, la transformation de la plus-value en capital, le procès d’accumulation, tant primitive que développée, l’accroissement de la composition organique du capital et les différentes contradictions du capitalisme, qui se manifestent par ses tendances aux crises et par la baisse tendancielle du taux  de profit. Des chapitres sont consacrés au commerce, au crédit, à la monnaie et à l’agriculture. De là, Mandel en vient au capitalisme monopolistique, à l’impérialisme, et à l’époque contemporaine considérée comme celle du déclin du capitalisme. Le reste du livre est consacré aux problèmes de l’économie soviétique, à la transition du capitalisme au socialisme et au socialisme lui-même. A moins de s’acharner sur des questions secondaires, la plus grande partie du livre, plus descriptif que théorique, de Mandel ne nécessite pas d’appréciation critique.

En fait, la plupart des matériaux présentés ne prêtent pas à controverse et peuvent profiter à quiconque s’intéresse à l’histoire sociale et aux problèmes économiques actuels. De toute façon, l’essentiel pour les socialistes ce ne sont pas tant les différents mécanismes de l’économie de marché capitaliste, tels que la monnaie ou les fonctions du crédit, le rôle de la concurrence… et ainsi de suite, mais les limites historiques du système, qui sont le résultat de ses contradictions internes. Ces dernières peuvent se résumer aux relations d’exploitation capital-travail, et donc aux contradictions de la valeur d’usage et de la valeur d’échange d’où proviennent toutes les autres contradictions qui a assiègent le capitalisme, jusqu’à la chute du taux de profit qui n’est qu’une manifestation de l’accumulation du capital. Ne tenant pas compte de tous les points d’accord, nous attraperont la « balle au vol » seulement là où nous sommes en désaccord avec ses interprétations du marxisme et de la réalité contemporaine.

Marx entendait découvrir les lois du développement capitaliste. Tout comme le capitalisme est issu d’un autre système social, il est condamné à laisser la place à un système différent. Il ne peut durer, selon Marx, parce que sa transformation est déjà annoncée par les forces sociales antagoniques qui le rongent de l’intérieur, et en fonction de sa propre dynamique qui poussera cet antagonisme jusqu’à la révolution sociale. Le développement historique général doit se faire à travers les rapports de production spécifiques à la société capitaliste, en regard à la fois de leur nature réelle et de l'apparence fétichiste qu’ils revêtent dans le marché capitaliste et l’économie mercantile. L’analyse de Marx apporte la conviction que le développement capitaliste, conçu comme l’accumulation du capital, a des limites précises au-delà desquelles il cesse d’être un régime social progressiste. Les tentatives pour le maintenir malgré tout aboutiraient à des luttes politiques qui amèneraient finalement le capitalisme à sa perte.

En termes économiques, la production capitaliste est la production de la plus-value, c’est-à-dire de force de travail non payée. La formation du capital, c’est l’accumulation de la plus-value. Cela implique un accroissement de la productivité du travail. Dans le procès d’accumulation, de moins en moins de travail sera employé en comparaison de la masse croissante du capital. Ceci est caractérisé par Marx comme l’accroissement de la composition organique du capital, c’est-à-dire : plus de capital est investi en vue de la production, ou capital constant, qu’en force de travail, ou capital variable. Puisque seul le capital variable crée de la plus-value, alors que le taux de profit est mesuré en capital total — capital variable et capital constant combinés — le taux de profit doit tomber, à moins que cette chute ne soit compensée par un taux croissant d’exploitation, ou plus-value [5]. En réalité, tant que le capital accumule, l’accroissement de la composition organique du capital implique un taux croissant de plus-value, si bien que la chute du taux de profit n’existe que sous une forme latente. m Cependant, pour Marx aussi bien que pour Mandel, « une augmentation équivalente du taux de la plus-value et de la composition organique du capital est à la longue impossible à atteindre » [6]. Mais l’explication donnée par Mandel de cette impasse diffère de celle de Marx. Alors que Marx la déduit de la stricte application de la théorie de la valeur-travail au procès d’accumulation, Mandel pense qu’ « avec l’augmentation de la productivité du travail il se produit souvent une extension des besoins ouvriers et une augmentation correspondante de la valeur de la force de travail, ce qui, à son tour, favorise le développement du mouvement ouvrier, limitant ainsi l’accroissement du taux de plus-value » [7]. Mandel confond la croissance des salaires réels avec la croissance de la valeur de la force de travail. Mais les salaires réels peuvent augmenter, même avec la baisse de la valeur de la force de travail, et c’est précisément ainsi qu’ils augmentent en général, ce qui revient à dire qu’un accroissement dans les salaires réels présuppose un accroissement encore plus rapide dans le taux de plus-value. Pour Marx « la diminution du travail non payé ne peut jamais aller assez loin pour porter préjudice au système capitaliste… C’est l’accumulation la variable indépendante et c’est le taux des salaires la variable dépendante » [8]. Marx peut se tromper, bien sûr, et Mandel avoir raison, mais il resterait à le prouver empiriquement. Il n’existe aucune évidence de cette sorte. Le fait même que le capital continue à accumuler malgré l’augmentation des salaires indique l’accroissement du taux de plus-value, même , si cet accroissement est insuffisant pour garantir un taux d’accumulation qui assure des conditions de prospérité.


Parce que les salaires réels ont augmenté, Mandel considère que la théorie marxienne de l’accumulation n’est pas une « théorie de la paupérisation » et qu’affirmer le contraire serait discréditer le marxisme. Si l’on se fonde sur la théorie de la valeur-travail, c’est-à-dire sur l’hypothèse que le travail reçoit toujours la valeur de sa force de travail, autrement dit son coût de reproduction, il n’y a évidemment pas de paupérisation croissante des masses laborieuses. Mais ceci n’empêche pas, comme Mandel lui-même le signale, que le nombre décroissant de travailleurs en comparaison de l’augmentation du capital implique un nombre croissant d’inemployables, et donc une paupérisation croissante — sans parler de la misère accrue lors des périodes de dépression et des aberrations de la guerre capitaliste. D’ailleurs, en tant que marché mondial, le capitalisme partage la responsabilité de la paupérisation croissante de la planète. A une époque où même la bourgeoisie doit reconnaître ces faits, il est étrange que des marxistes sentent le besoin de nier que l’accumulation du capital est aussi l’accumulation de la misère.

Certes, Mandel n’est pas enclin à minimiser les contradictions du capitalisme. Il semble convaincu, pourtant, que la paupérisation du prolétariat a été prévenue avec succès au moyen des luttes salariales menées au dépens des profits. « Au sommet du boom, si le plein emploi est effectivement réalisé, les demandes d’emploi sont largement inférieures aux offres, les ouvriers peuvent exercer une pression sur les salaires dans le sens de la hausse, et la réduction du taux de profit qui en résulte est une des causes de l’éclatement de la crise [9]. » En réalité, pourtant, dans une période de grande prospérité les prix montent plus vite que les salaires, si bien que la baisse du profit ne peut s’expliquer par les relations d’offre et de demande du marché du travail. A partir de là, Mandel troque la théorie marxiste pour la théorie bourgeoise qui expliquera, comme on peut s’en douter, les crises par les hauts salaires. Le marxisme, lui, ne fait pas dériver sa théorie des crises des relations de l’offre et de la demande, mais des transformations sous-jacentes dans la composition organique du capital et de la modification de la productivité du travail.

Les efforts de Mandel pour expliquer la loi marxienne de la chute du taux de profit sont peine perdue en ce qui le concerne, car il est incapable de la mettre en relation d’une manière cohérente avec le cycle des crises du développement capitaliste. Ses lectures extensives des théories économiques vulgaires, notamment celles de Keynes, l’ont égaré car, afin de pouvoir utiliser ces matériaux, il est souvent obligé de violer les propres théories de Marx. La crise capitaliste, selon Mandel, « s’explique par l’insuffisance, non de la production ou de la capacité physique de consommation, mais de la consommation payante. Une abondance relative de marchandises ne trouve pas son équivalent sur le marché, ne peut pas réaliser sa valeur d’échange, reste invendable, et entraîne la ruine de ses propriétaires » [10]. Bien que Mandel considère l’augmentation de la composition organique du capital et la chute tendancielle du taux moyen de profit comme les lois générales de développement du mode de production capitaliste, il dit aussi « qu’elles créent la possibilité théorique des crises générales de surproduction si l’on admet un intervalle entre la production et la vente des marchandises » [11], Selon Marx, pourtant, la crise résulte des lois générales du développement capitaliste, même s’il n’y a pas d’intervalle entre la production et la vente des marchandises. Ce qui amène les crises, ce n’est pas une difficulté à réaliser de la plus-value, mais la difficulté périodique d’en produire en assez grande quantité.

Ceci ne revient pas à dire qu’il n’y ait pas de problèmes de réalisation, car en fait la production et la réalisation de la plus-value doivent aller de pair. Ceci signifie plutôt que la source déterminante de toutes les difficultés capitalistes doit être cherchée dans la sphère de la production et non dans la sphère du marché, même si les problèmes de production du profit apparaissent effectivement comme des problèmes de marché. Avec un profit suffisant, le capital accumule rapidement et crée son propre marché dans lequel la plus-value peut être réalisée; avec un profit insuffisant, le taux d’accumulation ralentit, ou disparaît entièrement, et rétrécit le marché, rendant ainsi difficile la réalisation de plus-value. « L’intervalle » entre la production et la vente est basé sur la différence entre le taux actuel de profit et le taux de profit qui serait nécessaire pour une accumulation accélérée du capital.

Dans la théorie de Marx, le cycle des crises est expliqué par un écart entre la composition organique du capital et le taux de profit correspondant, dès que ce dernier ne permet plus un taux accéléré d’accumulation. Le dilemme est résolu par un accroissement de la productivité du travail suffisant pour permettre une nouvelle accumulation du capital, en dépit de sa composition organique plus élevée. La crise trouvant son origine dans la sphère de production, c’est dans cette sphère aussi qu’elle se trouve résolue. C’est à la source de cette situation fondamentale de crise, dans la sphère de production, qu’il faut rechercher la cause de toutes les manifestations de crise qui surviennent au niveau du marché.

Plus Mandel avance dans l’explication du phénomène des crises, plus son exposé devient obscur. Alors qu’il a raison d’insister en affirmant que « la production capitaliste du profit et les oscillations du taux moyen de profit sont les critères décisifs de l’état concret de l’économie capitaliste » [12], et alors que, pour lui, « le mouvement cyclique du capital n’est donc rien d’autre que le mécanisme à travers lequel se réalise la chute tendancielle du taux moyen de profit » [13], la crise reste quand même pour lui une crise de surproduction, due principalement aux disproportions entre les deux grands secteurs de production : la production des biens de production, et celle des biens de consommation. « L’apparition périodique des crises, écrit Mandel, ne s’explique que par une interruption périodique de cette proportionnalité (entre les deux secteurs de la production) ou, en d’autres termes, par un développement inégal des deux secteurs [14]. » Bien que Mandel soit parfaitement au courant de la péréquation des taux de profit, il affirme : « La disproportion périodique entre le développement du secteur des biens de production et celui des biens de consommation doit être liée à des différences périodiques entre les taux de profit dans les deux sphères [15] » Dans un grand effort pour concrétiser l’abstraite théorie marxienne des crises, Mandel en arrive à reprendre à son compte, dans une certaine mesure, des éléments empruntés à presque toutes les théories des crises, marxistes ou autres, et même de faux concepts comme ceux de « multiplicateur » et de « principe d’accélération », alors qu’en même temps il reproche à leurs auteurs de ne pas tenir compte du facteur du « développement inégal des différents secteurs, branches et pays entraînés dans le marché capitaliste », ce qui, pour lui, n’est pas seulement «une loi universelle de l’histoire humaine » [16] mais aussi la clé pour comprendre correctement le mécanisme, des crises capitalistes. Toutefois, loin d’arriver à une synthèse de toutes les connaissances partielles acquises à ce jour sur le problème du cycle des crises, la tentative de Mandel ne débouche que sur un amalgame d’idées contradictoires qui sont parfois difficilement compréhensibles.

Contrastant avec son exposé des théories de Marx, les chapitres que Mandel consacre au capitalisme monopolistique, à l’impérialisme et au déclin du capitalisme sont clairs et concis, et s’ils sont décevants, c’est seulement parce qu’ils manquent de fondement théorique. Les faits présentés parlent d’eux-mêmes, bien sûr, pourtant ils seraient encore plus éloquents s’ils étaient plus étroitement rattachés à la théorie marxienne qui explique clairement que le monopole et l’impérialisme, loin d’être des aberrations du capitalisme, ne constituent que les conséquences inévitables de la production du capital. Ces pages décrivent l’histoire bien connue de la concentration capitaliste, de la centralisation à l’échelle nationale et internationale et des interventions étatiques qui en résultent dans l’économie. Ce qui, aux yeux de certains, apparaît comme une expansion et une extension du capitalisme, et comme une consolidation du système à travers une fusion directe du capital et du gouvernement, semble être pour Mandel une preuve suffisante de l’état de déclin du capitalisme, parce que « la pratique croissante de l’interventionnisme d’État apparaît comme un hommage involontaire que le capital rend au socialisme » [17].

Mandel montre, bien sûr, que les interventions de l’État surviennent à l’intérieur de la structure capitaliste en vue de consolider le profit; pourtant, en même temps, elles minent à long terme les fondements du régime. Parce qu’il est de moins en moins possible de se servir avec profit de tout le capital, écrit Mandel, « l’État bourgeois devient le garant essentiel du profit des monopoles » [18], ce qui amène « le transfert de la propriété publique à des trusts privés » et « l’importance croissante de l’économie de guerre et d’armements » comme substituts « marché », un processus qui, « poussé à sa logique extrême implique nécessairement un processus de reproduction rétrécie » [19]. Si ce processus n’est pas poussé aussi loin, cependant, « les commandes d’État stimulent la production et l’expansion de capacité non seulement dans les secteurs directement « militarisés », mais encore dans les secteurs des matières première» et même, par l’accroissement de la demande générale ainsi créée dans les secteurs des biens de consommation. Aussi longtemps qu’il y a des ressources non employées dans la société, ce « stimulant » aura tendance à en assurer le plein emploi tout en sapant à la longue la stabilité de la monnaie » [20].

Ceci est indubitablement vrai, que l’on se préoccupe ou non de savoir s’il y a des ressources inutilisées dans le capitalisme. Les ressources inutilisées dans le capitalisme : le capital constant et le capital variable, sont la propriété des capitalistes et seront utilisées à la seule condition qu’ils puissent en tirer un profil et augmenter le capital. « La consommation publique », à savoir les travaux publics, les armements et la guerre, sont soustrait de la plus-value disponible destinée à être transformée en capital supplémentaire, producteur de plus-value. Une production développant progressivement sans être source de profit implique un taux d’accumulation en déclin et éventuellement sa fin, détruisant ainsi la rationalité de l’économie capitaliste. Tant qu’elle n’est pas pompée dans la grande masse de la population au moyen de l’inflation, la dépense de la « consommation publique » s’amoncèle dans la dette nationale, qui ne cède aucun profil ni contrepartie. De même que le marché élargi est un pseudo-marché, la prospérité qui en résulte n’est qu’une pseudo-prospérité qui peut ajourner et non empêcher le retour à des conditions de crise. L’application de cette politique a des limites, si bien que même dans une période de dirigisme les ressource* inutilisées ne peuvent que s’accroître.

Une production élargie n’est d’aucun secours au capitalisme. Il lui faut une plus grande production de profit pour contrecarrer la baisse tendancielle du taux de profit. En traitant de l’économie mixte, Mandel oublie complètement son savoir marxiste, et son exposé devient contradictoire. Tout en faisant remarquer que les interventions de l’État sont nécessaires pour assurer le taux de profit des monopoles, il affirme en même temps que « les trusts ne souffrent plus d’une pénurie, mais bien d’une pléthore de capitaux [21]» et cette « sur-capitalisation » est due « aux sur-profits des monopoles » qui ne trouvent pas de débouchés dans les nouveaux investissements. Mais s’il existe de tels « sur-profits », pourquoi les monopoles auraient-ils besoin du gouvernement pour les aider à produire avec profit? Manifestement, s’ils ont des difficultés à trouver des occasions d’investissements rentables, ces difficultés ne peuvent être atténuées grâce à une production sans profit et guidée par le gouvernement. C’est précisément en fonction d’un taux de profit insuffisant, relatif au capital existant, que les investissements vont en diminuant et nécessitent ainsi une production induite par l’État pour prévenir les crises économiques.

Pourtant, Mandel confond le manque d’investissements privés, dû à une diminution du profit, avec une « abondance » de capital relative à la « demande effective », et il considère, avec les keynésiens, que la « demande effective » dirigée par le gouvernement fait fonction de « stabilisateur » de l’économie. Il écrit : « Souvent, la reproduction pourra même rester élargie dans tous les secteurs, à condition que le taux d’élargissement y soit stable ou en recul, c’est-à-dire que le secteur d’armement absorbe la majeure partie ou l’ensemble des ressources supplémentaires disponibles dans l’économie [22]. » Selon lui, la stabilité est assurée grâce à la limitation dans l’accumulation du capital, et non grâce à sa reprise et son accélération. Ainsi, dit-il, « l’économie capitaliste de cette phase tend à assurer à la fois à la consommation et à l’investissement une stabilité plus grande qu’à l’époque de la libre concurrence, ou que pendant le premier Stade du capitalisme des monopoles; elle tend vers une réduction des fluctuations cycliques qui résulte avant tout de l’intervention croissante de l’État dans la vie économique » [23].


Décrire cet état de félicité, dû aux interventions étatiques et à l’économie d’armement, comme une époque « de déclin du capitalisme » n’est compréhensible que si l’on conçoit, comme le fait Mandel, que l’élargissement du secteur économique dirigé par le gouvernement est un pas vers le socialisme – considéré comme une économie étatique. Dans cette perspective, bien sûr, la propriété étatique serait encore préférable au seul contrôle étatique et Mandel ne manque pas de signaler que les « nationalisations de secteurs industriels peuvent constituer une véritable école d’économie collective, à condition que les indemnités au capital soient réduites ou nulles; que les représentants du capital privé soient écarté de leur direction; qu’une participation ouvrière soit assurée à leur gestion ou que celle-ci soit soumise à un contrôle ouvrier démocratique, et que les secteurs nationalisés soient utilisés par un gouvernement ouvrier dans un but de planification générale, notamment pour atteindre certains objectifs prioritaires sociaux (ex.: la médecine gratuite) ou économique (ex.: le plein emploi) » [24]. En fonction de la relative stabilité obtenue par les interventions étatiques, Mandel prévoit un changement d’objectif pour la lutte de classe prolétarienne: « Socialement et politiquement, dit-il, la période de déclin du capitalisme éduque la classe ouvrière pour qu’elle s’intéresse à la gestion des entreprises et à la direction de l’économie dans son ensemble, dans le même sens que le capitalisme de la « libre concurrence » éduqua la classe ouvrière à s’intéresser à la répartition du revenu social entre profits et salaires [25]. »


Le contrôle ouvrier sur la production présuppose une révolution sociale. Il ne peut pas être réalisé par étapes, sous les auspices d’un gouvernement ouvrier qui « nationalise les secteurs de l’économie », sans parler de l’impossibilité d’une planification générale dans l’économie mixte avec entreprises nationalisées et privées. Sans doute, Mandel n’est pas contre la révolution sociale; pourtant, avant même son déclenchement, il la voit aboutir à une économie étatisée avec une participation des ouvriers, et non pas à une économie dirigée par les producteur eux-mêmes. Ceci nous amène à la dernière partie du livre qui traite du socialisme et de l’économie soviétique.


Selon Mandel, toutes les contradictions du mode de production capitaliste « peuvent être résumées dans la contradiction fondamentale et générale : la contradiction entre la socialisation effective de la production et la forme privée, capitaliste de l’appropriation » [26]. Cette dernière étant la conséquence de lu propriété privée de moyens de production. Le capitalisme s’est développé comme un système de propriété privée des moyens île production dans une économie de marché qui trouve une sorte de « régulation » aveugle à travers les relations de valeur qui dominent le procès d’échange. L’histoire récente a montré que des rapports capitalistes de production peuvent exister «uns propriété privée des moyens de production et que, pour p classe ouvrière, une appropriation centralement déterminée du sur-travail par le gouvernement ne mènera pas à une « appropriation socialiste » des produits du travail. Certes, dans les deux systèmes il y a « socialisation effective de la production » due à la division du travail. Mais la socialisation de la production au sens marxien implique que les moyens de production ne sont plus séparés des producteurs, si bien que ces derniers peuvent eux-mêmes déterminer comment employer leur travail et comment disposer de leurs produits. S’ils continuent à être séparés des moyens de production, c’est-à-dire si le contrôle de ces moyens de production reste le privilège d’un groupe social séparé, organisé en État, les relations sociales de production restent capitalistes, même si les capitalistes n’existent plus en tant qu’individus. Sur ce point, Mandel manque une occasion de mettre le marxisme « au goût du jour ». Il affirme encore que le capitalisme ne peut rien signifier d’autre que le capitalisme d’entreprises privées et que, là où ce dernier a disparu, on a affaire non pas encore au socialisme, mais à une transition vers le socialisme. Toutefois, il n’est pas toujours très cohérent : souvent il parle de « pays socialistes » comme s’ils étaient déjà une réalité, alors que par moments, surtout au sujet de la Russie, ne voit qu’un socialisme en cours de réalisation et encore arqué des stigmates du passé capitaliste. Pour lui, cependant, l’économie soviétique ne revêt aucun des aspects fondamentaux de l’économie capitaliste » [27]. Elle est simplement marquée « par la combinaison contradictoire d’un mode de production non capitaliste et d’un mode de répartition encore foncièrement bourgeois » [28].

Selon Marx, les rapports de production déterminent les rapports de distribution du travail et de ses produits. Un mode de distribution bourgeois ne pourrait exister sans un mode de production similaire. Il y a, naturellement des différences entre le capitalisme d’entreprises privées et le capitalisme d’État. Mais elles concernent la classe dominante, et non la classe dominée dont la position sociale reste, elle, identique dans les deux systèmes. Du point de vue des capitalistes, le capitalisme d’État peut bien sembler être le « socialisme », car il les prive effectivement de leurs privilèges habituels, mais pour les travailleurs ce « socialisme » signifie simplement une nouvelle équipe d’exploiteurs. Pour les nouveaux dirigeants, le système diffère du capitalisme ne serait-ce que par le fait de leur propre existence et par les changements économiques et institutionnels réalisés en vue de consolider leur nouvelle position. Le capitalisme d’État semble être la dénomination la plus appropriée pour ce système, et si Mandel y voit une objection, il doit se rappeler que Lénine et les vieux bolcheviks parlaient de l’État russe en ces termes. De leur point de vue, le capitalisme d’État était supérieur au capitalisme monopolistique et, par là même, plus proche d’un futur socialisme. Cette « étape », considérée à tort par les bolcheviks comme transition vers le socialisme, ne fut que plus tard falsifiée en « socialisme ».

Il devrait être clair au niveau théorique, et surtout après cinquante ans de bolchevisme, que le capitalisme d’État n’est pas la voie vers le socialisme. On ne peut les confondre que si l’on a dans la tête cette hypothèse fausse et non marxiste selon laquelle la nouvelle classe dominante (ou caste, comme le pense Mandel) éliminera de son plein gré ses propres privilèges à l’occasion d’une série de révolutions par en haut, et, ce faisant, remplacera le mode de distribution fondamentalement bourgeois par une forme d’appropriation plus apparentée à son « mode de production non capitaliste ».

Parce que les dirigeants bolcheviques ne se sont pas conduits ainsi, Mandel maintient qu’ils ont « trahi » le socialisme et la classe ouvrière, qu’ils ont cessé d’être de véritables communistes et devraient être remplacés par des révolutionnaires plus conséquents. Il faudrait aussi, selon lui, un système plus efficace de « contrôle ouvrier » pour empêcher l’accroissement excessif de la bureaucratie et pour limiter ses pouvoirs. Mandel explique qu’en Russie « cette gestion (de l’État ouvrier) fut exercée de plus en plus par un appareil bureaucratique, d’abord en quelque sorte par délégation de pouvoif, ensuite de plus en plus, par usurpation. Le parti bolchevique ne comprit pas à temps la gravité de ce problème, malgré les avertissements multiples de Lénine et de l’opposition de gauche » [29].

Quand Mandel parle de déformation bureaucratique de la Russie et de méthodes de direction et d’exploitation brutales, arbitraires et terroristes, il n’en rend pas responsable le bolchevisme et sa conception du Parti dirigeant autoritaire, mais le stalinisme et la classe ouvrière russe elle-même qui « commença à se désintéresser de plus en plus de l’activité gestionnaire directe de l’État et de l’économie » [30]. Il fait semblant d’ignorer que ce fut le parti bolchevique sous Lénine et Trotsky qui enleva à la classe ouvrière le contrôle et la direction de la production, et remplaça la direction des Soviets par celle du Parti et de l’État. Toutes les innovations terroristes associées au régime stalinien, y compris le travail obligatoire et les camps de concentration avaient été lancées sous Lénine. Au cours de ses lectures, Mandel a forcément pris connaissance de toute l’histoire de la révolution bolchevique jusqu’à la mort de Lénine, il ne peut donc ignorer les méthodes dictatoriales et terroristes employées à cette époque contre la bourgeoisie et la classe ouvrière. Résumer le dilemme russe à sa période stalinienne relève purement et simplement de la falsification historique.


Ce qui est encore plus significatif, toutefois, c’est que Mandel considère encore la révolution bolchevique comme un exemple  de révolution ouvrière dont on aurait pu empêcher la dégénérescence grâce à une meilleure direction que celle qui succéda à Lénine. Il ne peut concevoir les révolutions socialistes autrement que selon la problématique de la révolution bolchevique. Et il suppose que les problèmes du socialisme seront partout  semblables à ceux rencontrés en Russie. « La contradiction  entre le mode de production non capitaliste et les normes bourgeoises de distribution est la contradiction fondamentale de toute société de transition entre le capitalisme et le socialisme [31]. » Et il en est ainsi parce qu’ « un manque de valeur d’usage prolonge l’existence de la valeur d’échange ». Pour cette raison, la production marchande ne peut être abolie mais seulement « dépérir » à travers la maîtrise grandissante sur la « pénurie ». Donc, les catégories économiques du capitalisme : valeur, prix, profit, salaire, monnaie… etc., devront être retenues pour être utilisées dans une « économie planifiée » qui doit « se servir pleinement du marché, sans s’y soumettre passivement. Cette économie doit, si elle le peut, guider le marché au moyen de stimulants; elle doit, si besoin est, le maîtriser autoritairement chaque fois que cela est indispensable à la réalisation de ses buts primordiaux tels qu’ils ont été librement définis par les travailleurs »  [32]. L’évolution du pouvoir de décision des travailleurs sera caractérisée par un changement allant du « contrôle ouvrier » (c’est-à-dire la supervision de la direction par les travailleurs) à la participation directe des travailleurs à la direction, et, finalement, jusqu’à « l’autogestion ouvrière » dans le socialisme supérieur.

Et ainsi tout finit bien, donc tout est bien. Quoi qu’on puisse en penser par ailleurs, cet inepte bavardage sur la classe ouvrière et le socialisme n’a rien à voir avec la théorie économique marxiste.

PAUL MATTICK

Notes

[1] ERNEST MANDEL, Traité d’économie marxiste. Coll. 10/18, Union Générale d’Édition, Paris, 1969, t. 4, p. 152.
[2] Op. cit., t. l,p. 13.
[3] Ibid.
[4] Ibid.
[5] Cf. KARL MARX, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Paris1 1968, t. 2, p. 1000 et sq.
[6] E. MANDEL, op. cit., t. 1, p. 213.
[7] Ibid.
[8] KARL MARX, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1965, t.1, p. 1129 et note p. 1694.
[9] E. MANDEL, op. cit., t. 1, p. 179.
[10] Id.,t. 3, p. 6.
[11] Id., t. 3, p. 10.
[12] Id.,t. 3, p. 12.
[13] ld., t. 3, p. 15.
[14] ld.,t. 3, p. 16.
[15] Ibid.
[16] Id.,t. l,p. 111.
[17] ld., t. 3, p. 263.
[18] ld.,t. 3,p.206.
[19] Id.,t. 3, p. 239.
[20] Ibid.
[21] Id.,t. 3, p. 220.
[22] Id.,t. 3, p. 241.
[23] Id., t. 3, p. 246.
[24] ld.,t. 3, p. 207.
[25] Id., t. 3, p. 256.
[26] Id., t. 1, p. 217.
[27] Id, t. 4, p. 24.
[28] ld., t. 4, p. 30.
[29] Id., t. 4, p. 41,
[30] Ibid.
[31] Id.,t. 4, p.40.
[32] Id.,t. 4, p. 129.



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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Sam 16 Jan - 21:56



L’industrie française a perdu 36% de ses effectifs  Robert Bibeau  actualités des 7 16 janvier 2016

Source :  L’industrie française a perdu 36% de ses effectifs en 30 ans Le Figaro 22 octobre 2010


(L’article qui suit est tout à fait intéressant. Ce simple article dévoile par quelques chiffres les fondements de la crise économique systémique du mode de production capitaliste rendu en phase impérialiste déclinante. En effet, économistes, politiciens, analystes, pseudo-experts étriqués cherchent à comprendre comment il se fait que l’économie mondiale passe d’une crise à une autre, sans comprendre que la base fondamentale de la richesse d’une nation capitaliste, pour utiliser une expression d’Adam Smith, c’est le travail salarié qui produit la plus-value unique source du profit. Si un pays comme la France a perdu 1,913,500 producteurs de plus-value = de profits = en 30 ans, comment s’étonner que la France s’endette souverainement et s’enfonce dans la crise?  Faites exactement le même raisonnement pour chacun des grands pays impérialistes mondiaux sauf  les pays « émergents » qui eux ont augmenté le nombre de leur producteurs de plus-value – jusqu’à présent – tout cela va changer quand eux aussi auront passé le cap de l’impérialisme ascendant et entrepris leur  descente sous l’impérialisme déclinant.  Si l’économie capitaliste française ne s’est pas encore effondrée c’est que les  3,414,000 ouvriers industriels français sont si productifs qu’ils maintiennent le bateau à flot, et aussi pour la raison que via le crédit libéralisé la bourgeoisie française a pris une option sur la plus-value à venir dans dix et dans cent ans.  Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com.)

**********

Citation :
En cause : une hausse de l’externalisation, les progrès techniques qui ont réduit les besoins en main d’oeuvre et la concurrence étrangère.

On est encore loin d’une France sans usine… mais on s’en rapproche. Un document de travail que la Direction générale du Trésor vient de publier montre qu’entre 1980 et 2007 la contribution de l’industrie à la richesse nationale est passée de 24 % à 14 %. «Un recul significatif», souligne l’étude, dans un bel euphémisme. L’Hexagone est ainsi passé d’une économie héritière d’une tradition industrielle à une économie principalement de services tertiaires.

Sur cette période, l’industrie a perdu 1 913 500 emplois (tombant à 3 414 000). Soit une baisse de 36 % de ses effectifs de la sphère de la production. «La majorité de ces pertes d’emplois a eu lieu dans l’industrie manufacturière (96 %)», précise l’étude. Et s’il y a eu des périodes où les destructions ont ralenti (au milieu des années 1980 et au milieu des années 1990), cela n’a «pas suffi à inverser la tendance». Les services marchands (la sphère des échanges et de la commercialisation) ont suivi une évolution inverse. Leur poids dans le PIB est passé de 45% à 56% en valeur et l’emploi au sein de ce secteur a augmenté de 53%.

Pourquoi ce déclin de l’industrie et surtout de son emploi ?

Première cause, la recherche d’une «plus grande efficacité (profitabilité)» par les entreprises, qui s’est traduite par un recours croissant de l’externalisation (toujours sur le territoire) d’une partie des activités industrielles vers le secteur des services (ce sont ce que les ouvriers appellent le « red tape », les services de vente, gestion, management, informatique, et autre activité périphérique certes nécessaires au bon fonctionnement d’une usine, mais ce ne sont pas des emplois industriels productifs de plus-value. NDLR).

Ces transferts d’emplois représentent environ 25 % des pertes d’emplois industriels entre 1980 et 2007 – ils n’en expliqueraient plus que de 1 % à 5 % depuis 2000. Une partie de ces pertes est donc «artificielle», car elle «reflète un simple transfert d’emplois auparavant industriels vers les services, notamment d’intérim, sans véritable changement de leur contenu», souligne Lilas Demmou, l’auteur de l’étude. Néanmoins, l’ampleur des destructions réelles d’emplois reste «substantielle même lorsqu’on neutralise ce phénomène» – de l’ordre de 1,5 million d’emplois entre 1980 et 2007.

Deuxième explication : ce que l’étude appelle «la déformation de la structure de la demande qui a accompagné les gains de productivité». En d’autres termes, le progrès technique a réduit les besoins de main-d’œuvre. Et les gains de productivité réalisés dans l’ensemble de l’économie ont entraîné une augmentation du revenu qui se traduit par «une hausse de dépenses des ménages au profit des services et au détriment des biens industriels» (NB. Des gains de productivité n’origine pas d’une abstraction comme « l’ensemble de l’économie », les hausses de productivité sont le fait de la force de travail salarié.  NDLR).


Délocalisations : moins de 20 % des emplois perdus

Les forts gains de productivité seraient à l’origine de près de 30 % des pertes d’emplois sur la période 1980-2007 et de 65 % depuis 2000, précise l’étude.

Enfin, le recul de l’emploi industriel en France tient à la concurrence étrangère. Celle-ci, «notamment en provenance des pays à bas salaires», se traduit par une baisse de production des entreprises françaises (baisse de parts de marchés, faillites, délocalisations…). Mais son «impact est difficile à quantifier» : l’ouverture internationale expliquerait entre 13 % 45 % des destructions d’emplois, selon les modes de calcul choisis (Les politiciens bourgeois n’avaient-ils pas promis des hausses d’emplois grâce aux traités de libéralisation des marchés ? Ce sont les multinationales françaises elles-mêmes qui ont délocalisé leur production et ont importé leur marchandise sur le marché français. NDLR).Une accélération est toutefois incontestable sur la dernière décennie, note l’étude. Sur ce total, les délocalisations n’expliqueraient que 10 % à 20 % des diminutions d’effectifs entre 1995 et 2001.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 19 Jan - 11:35

deux commentaires de Vlad2 déplacé (la catégorie "Chiffres d'un monde en crise" étant davantage réservée à des statistiques...)

Vlad2 a écrit:
LE KRACH MONDIAL RAMPANT DE 2016 VICTIME DU TERRORISME MÉDIATIQUE ?

L’installation de coupes circuits sur toutes les Bourses du monde a oté le spectaculaire des krachs précédents .

La réalité des baisses n’est plus perceptible que sur des périodes longues,un mois minimum.
Profitant d’un jour de congé à Wall Street, la bourse de Ryad a pulverisé, lundi  le plancher officiel par un - 21,1 % depuis le début de 2016, sans provoquer une ligne dans les médias.

Les Bourses du Golfe chutent, plombées par le pétrole et l’Iran – Vent de panique AFP le 17/01/2016

Citation :
publié dans 17 janvier 2016 par Ludo Rossi dans Actualités, Marchés financiers, Moyen Orient // 1 Commentaire

La Bourse saoudienne, la plus importante des pays arabes, a chuté de 6,5% après avoir ouvert à -5,5%.

L’indice Tadawul All-Shares a perdu plus de 300 points quelques minutes après l’ouverture du marché, sous la barre de 5.500 points, tous les secteurs passant au rouge.
Les valeurs pétrochimiques ont dégringolé de 8% et les bancaires de 5,3%.

Depuis début 2016, cette place a cédé 21,1%, plus que toutes ses pertes de 2015…..

http://www.anti-k.org/2016/01/17/les-bourses-du-golfe-chutent-plombees-par-le-petrole-et-liran-vent-de-panique/

L’Italie en ligne de mire :
Italie: fébrilité autour du système bancaire, suspensions de cotation
(ajoute cours des banques à la clôture de la Bourse)

Milan (awp/afp) - Plusieurs valeurs bancaires se sont effondrées lundi à la Bourse de Milan, provoquant leur suspension temporaire, alors que les investisseurs s'inquiètent d'un retard dans la consolidation de ce secteur, très éclaté et dont une partie est considérée comme à risque.

La plus mauvaise performance a été réalisée par la banque Monte dei Paschi di Siena (BMPS), qui a clôturé en dévissant de 14,76% à 0,7655 euros. Le titre de celle qui affirme être la plus vieille banque du monde a été suspendu à plusieurs reprises.

Banca popolare dell'Emilia Romagna (BPER) a chuté de 8,73%, Carige de 7,29%, UBI Banca de 7,28%, Banco Popolare de 6,73% et BPM (Banca popolare di Milano) de 5,55%. Les deux plus grandes banques italiennes, UniCredit et Intesa Sanpaolo, ont cédé respectivement 5,37% et 5%.

A l'origine de cet effondrement: en premier lieu, les craintes des investisseurs liées aux créances douteuses des banques italiennes, selon des opérateurs sur la place milanaise.

Quatre petites banques régionales --la Banca Marche, la Cassa di Ferrara, la Banca Etruria et la CariChieti-- ont fait fin 2015 l'objet d'un plan de sauvetage d'un coût de quelque 3,6 milliards d'euros pour le système bancaire italien.

"La situation des banques italiennes est délicate, parce que les créances douteuses se situent à un niveau très élevé, dépassant les 200 milliards d'euros", explique à l'AFP Lorenzo Codogno, chef économiste chez LC Macro Advisors Limited et ancien directeur général au ministère des Finances italien.

"Ceci limite la capacité du secteur bancaire italien à fournir du crédit à l'économie", souligne-t-il, "des organisations internationales, comme le FMI, ont appelé avec force l'Italie à faire quelque chose à ce sujet, en créant par exemple une +bad bank+", une structure de défaisance chargée d'isoler des actifs et des dettes, afin d'épurer les bilans des banques.

Mais les discussions avec la Commission européenne à ce sujet peinent à avancer, en raison de difficultés liées aux règles sur les aides d'Etat.

Autre raison de la réaction des marchés: la consolidation du secteur qui tarde à survenir, alors que l'Italie compte plus de 700 banques différentes, avec une pléthore de petits établissements…..

http://www.romandie.com/news/Italie-febrilite-autour-du-systeme-bancaire-suspensions-de-cotation/667880.rom

vlad2 a écrit:
ART DE LA GUERRE MONETAIRE ET ECONOMIQUE ou dépossessions sans limites – essai d’une vision à long terme (hors lutte des classes !!) :

Le Grand Transfert/Marché : La Fed est responsable de la chute des prix du pétrole et de la chute des bourses Par Bruno Bertez

Citation :
PAR THE WOLF LE 17/01/2016 • ( 13 COMMENTAIRES )

http://leblogalupus.com/2016/01/17/le-grand-transfertmarche-la-fed-est-responsable-de-la-chute-des-prix-du-petrole-et-de-la-chute-des-bourses-par-bruno-bertez/

les commentaires précisent : les moutons toujours tondus

une news. une entité chinoise est rentrée à 12% chez mercuria
me fait penser aux acheteurs moyen orient qui sont rentrer dans citi avant le crash 08

rapport cours petrole / or en temps de crise :

Citation :
What Crisis Is The Gold/Oil Ratio Predicting This Time?

Submitted by Tyler Durden on 01/18/2016 10:30 -0500

http://www.zerohedge.com/news/2016-01-17/what-crisis-goldoil-ratio-predicting-time


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 19 Jan - 19:57

.

Forte chute des actions et crainte d’une nouvelle crise financière Barry Grey WSWS 19 janvier 2016

Citation :
Les marchés boursiers aux États-Unis et dans le monde ont clôturé la semaine dernière sur des chutes massives, secoués par la crainte que le ralentissement en Chine, la chute des prix du pétrole et des matières premières ne déclenchent une nouvelle crise financière de l'ampleur de la catastrophe de 2007-2008.

Une nouvelle chute des marchés chinois (l’indice composite de Shanghai a baissé de 3,55 pour cent), suivie d’une baisse de 6 pour cent du prix du pétrole à 29 dollars le baril, a déclenché des ventes de panique en série. L’ambiance a été résumée ainsi par le stratège en chef de Federated Investors, « Les investisseurs ont affreusement peur, et le fait que cela se passe au début de l’année a une certaine signification historique. »

Un facteur important dans la vente massive chinoise était la crainte que Pékin n’annonce son plus faible chiffre de croissance annuelle en 25 ans cette semaine.

L’annonce la semaine dernière par Walmart de la fermeture de centaines de magasins et de la destruction de 16.000 emplois et la fermeture de magasins par Macy et Sears-Kmart, souligne la détérioration croissante de l’économie réelle, aux États-Unis et dans le monde, qui sous-tend les turbulences sur les marchés boursiers et obligataires. Elle reflète également la réalité de la baisse des salaires et la montée de l’insécurité du revenu touchant de larges couches de la population américaine.

BP a lui aussi annoncé 4.000 licenciements la semaine dernière, montrant l’état de plus en plus déprimé du secteur énergétique.

La vente massive du 15 janvier (l’indice EURO STOXX /50 a baissé de 2,37 pour cent et tous les principaux indices américains de plus de 2 pour cent), couronne la pire ouverture annuelle jamais connue par Wall Street. Le Dow Jones Industrial Average (moins 391 points) est tombé sous le niveau de 16.000 points. Depuis le début de l’année, l’indice Dow a chuté de 8,24 pour cent, l’indice 500 de Standard & Poor’s de plus de 8 pour cent; le Nasdaq a perdu plus de 10 pour cent.

Les trois indices américains sont tous officiellement en situation de « correction » et les indices boursiers chinois ont le statut officiel de « marché en baisse ». Sur les deux premières semaines de l’année, les marchés boursiers mondiaux ont perdu 5,7 billions de dollars en valeur.

Le prix du pétrole, un baromètre de l’activité économique mondiale, a baissé de 20 pour cent depuis le début de l’année. Les deux premières semaines de 2016 ont vu la plus forte baisse en deux semaines pour le pétrole depuis la crise financière de 2008.

A l’entrée d’un week-end de trois jours aux Etats-Unis, il y eut des discussions intensives en coulisse sur la crise en train de s’accélérer entre responsables du Trésor, Réserve fédérale, grandes banques de Wall Street et fonds de couverture. Le 15 janvier, la Maison-Blanche avait pris l’initiative inhabituelle de commenter les mouvements du marché pour tenter de rassurer les investisseurs. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, avait déclaré que les responsables surveillaient étroitement les mouvements du marché et leur impact potentiel sur l’économie.

Depuis la crise financière de 2008, l’économie capitaliste mondiale a été soutenue par la croissance rapide de la Chine et d’un certain nombre des pays émergents, et par une énorme surenchère dans les cours des actions, effectuée sur la base d’une énorme augmentation de la dette. La Réserve fédérale et les banques centrales d’Europe et d’Asie ont injecté des milliards de dollars dans les marchés financiers, alimentant une nouvelle croissance du parasitisme financier et de la spéculation. Ceci, combiné à une austérité implacable contre la classe ouvrière, a formé la base d’un enrichissement sans précédent des riches et des super-riches dans le monde et d’un nouveau transfert de la richesse du bas vers le haut.

Mais aux États-Unis et dans les autres pays industrialisés plus anciens, il y a eu une forte baisse des investissements des entreprises dans les forces productives. Les énormes profits des banques et des sociétés ont au contraire été largement réalisés dans des activités parasitaires comme le rachat d’actions, l’augmentation des dividendes, et les fusions et acquisitions.

La semaine dernière, Albert Edwards, stratège à la Société Générale, a dit lors d’une conférence d’investissement à Londres que les développements économiques mondiaux « pousseraient les États-Unis dans une nouvelle récession. » Prédisant qu’il y aurait une nouvelle crise financière « tout aussi mauvaise que celle de 2008-2009, » il a dit, « Nous avons vu l’expansion massive du crédit aux États-Unis. Cela ne vient pas de l’activité économique réelle; c’est de l’emprunt pour financer les rachats d’actions. »

Maintenant que la Chine ralentit rapidement, que le Brésil et la Russie sont dans une profonde récession et que les autres économies de marché émergentes sont en train de sombrer sous l’impact de la baisse des prix des produits de base et l’augmentation de la dette, la château de cartes financier, intrinsèquement instable, commence à s’effondrer.

Le fait que depuis 2009 le marché des obligations de pacotille aux États-Unis a augmenté de quelque 80 pour cent, atteignant 1,3 billion de dollars donne la mesure de la croissance de la spéculation. Le marché des obligations à haut risque de l’énergie a augmenté encore plus rapidement, de 180 pour cent, atteignant plus de 200 milliards de dollars. Au cours des dernières semaines, alors que le pétrole et d’autres matières primaires continuaient à baisser et que la Chine continuait à ralentir, le marché des obligations de pacotille a montré des signes d’implosion; ses prix ont chuté brutalement et un certain nombre de fonds communs de placement d’obligations de pacotille de l’énergie sont en train de s’effondrer.

Larry Fink, le PDG de BlackRock, le plus grand fonds d’investissement privé du monde, a déclaré à la chaîne câblée américaine CNBC le 15 janvier que la crise du marché était susceptible d’empirer. « Je crois effectivement qu’il n’y a pas assez de sang dans les rues », a-t-il dit, ajoutant « vous allez commencer à voir plus de licenciements dans la partie médiane du premier trimestre, et certainement au deuxième trimestre... »

De nombreuses données économiques publiées le 15 janvier indiquent que l’économie américaine est en forte décélération. La Réserve fédérale a indiqué que la production industrielle avait diminué de 0,4 pour cent en décembre, principalement en raison des compressions dans les services publics et la production minière, après une baisse de 0,9 pour cent en novembre. La production industrielle a diminué à un taux annuel de 3,4 pour cent au quatrième trimestre de 2015.

La semaine dernière, l’Institute for Supply Management a publié son indice manufacturier, montrant une descente à 48,2 en décembre, niveau le plus bas depuis décembre 2009. Une valeur inférieure à 50 signale une contraction.

La Federal Reserve de New York a publié cette semaine son indice Empire State Manufacturing Survey qui dévoile une baisse atteignant -19,37 en janvier (- 6,21 en décembre). « L’activité commerciale a diminué pour les entreprises manufacturières de New York plus fortement qu’à tout moment depuis la récession de 2007-2009, selon l’enquête de janvier 2016, » a déclaré cette institution.

Ces informations confirment l’existence d’une récession industrielle aux États-Unis. Et la semaine dernière, Michael Ward, directeur de la société de chemins de fer CSX, a déclaré dans une interview télévisée que le pays était en proie à une « récession du fret, » le charbon et d’autres transports de marchandises baissant brusquement.

Le Département du Commerce a rapporté vendredi que les ventes américaines de détail ont reculé de 0,1 pour cent en décembre par rapport au mois précédent. Pour l’ensemble de 2015, les ventes de détail ont augmenté de seulement 2,1 pour cent, leur niveau le plus faible depuis 2009, après avoir progressé de 3,9 pour cent en 2014. La National Retail Federation a estimé elle, que les ventes de maisons ont augmenté de seulement 3 pour cent par rapport à l’année précédente, bien moins que sa projection de croissance de 3,7 pour cent.

Le Département du Commerce a également indiqué que les stocks des entreprises ont diminué de 0,2 pour cent en novembre, la plus forte baisse depuis septembre 2011.

Le Département américain du Travail a publié son indice des prix des producteurs, montrant un déclin de 0,2 pour cent le mois dernier. Montrant les forces déflationnistes dans l’économie américaine, les prix à la production ont baissé de 1,0 pour cent en 2015, le chiffre le plus faible depuis que la série a commencé en 2010.

En raison de la faiblesse des données pour l’économie américaine, JPMorgan Chase a abaissé son estimation de la croissance du produit intérieur brut au quatrième trimestre 2015 d’un taux annuel de 1,0 pour cent à seulement 0,1 pour cent. Barclays a réduit ses prévisions de quatre dixièmes de point de pourcentage à 0,3 pour cent.

L’intensification brutale de la crise économique attisera plus encore les tensions géopolitiques et la marche des États-Unis et d’autres puissances impérialistes à la guerre. Elle attisera aussi les tensions sociales internes qui poussent déjà la classe ouvrière, aux États-Unis et ailleurs, vers une lutte contre l’austérité et l’inégalité sociale.

L’émergence d’une crise économique majeure a lieu alors qu’arrive aux États-Unis une élection présidentielle critique qui montre d’ores et déjà l’aliénation croissante de la population active vis-à-vis de l’ensemble du système politique et le brusque virage à droite des deux partis de la bourgeoisie.

(Article paru d’abord en anglais le 16 janvier 2016)

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 20 Jan - 16:31


Admin : cet article importé par vlad2 (merci !) est plus complet à la source. J'ai rajouté quelques graphiques, mais ils ne se comprennent que dans le texte original...


Le pétrole de l’Iran entrant dans le marché mondial, ou la goutte qui fait déborder le vase de la lutte des classes ? Vers un nouveau cycle …..

2016 : les limites du pétrole et la fin du super-cycle de la dette

L’entropie n’est plus ce qu’elle était

Note du Saker Francophone
Citation :
Voici le dernier article de Gail Tverberg, traduit et commenté par le physicien et astronome François Roddier. M. Roddier est l'auteur d'un livre magistral, Thermodynamique de l'évolution : Un essai de thermo-bio-sociologie, dans lequel il développe  des analyses sur l'évolution avec les outils conceptuels fournit par la thermodynamique.

Cet article suit un ensemble de publications autour de l'énergie, de la dette ou plus récemment de la monnaie. Ce sont bien les éléments de la trame de fond qu'il faut suivre derrière le brouillard de la communication....

Que va-t-il se passer en 2016 ?

Citation :

Citation :
La plupart des gens ne réalisent pas combien sont étroitement liés :

1.la croissance de la dette
2.la croissance de l’économie
3.la croissance des sources d‘énergies d’accès facile
4.l’inflation des coûts de production
5.la croissance du prix des actifs, tels que le prix des parts d’actions et des terres agricoles
6.la croissance des salaires des travailleurs non spécialisés
7.la croissance de la population


Il me semble que ces liens sont sur le point de provoquer des perturbations très importantes dans l’économie, alors que les limites de pétrole et d’autres limites de l’énergie entraînent un passage rapide de la version bienveillante du super-cycle économique à la partie reflétant la contraction. On a beaucoup parlé du pic du pétrole, des limites de la croissance, et du super-cycle de la dette sans se rendre compte que le problème sous-jacent est partout le même – le fait que nous atteignons les limites d’un monde fini.

Il y a en fait plusieurs limites de types différents à un monde fini, menant toutes à la hausse du coût de la production. J’en discuterai plus en détail plus loin. Il semble que dans le passé, la phase de contraction du super-cycle a été due principalement à une population trop élevée par rapport aux ressources. Cette fois, l’épuisement des combustibles fossiles, en particulier du pétrole, joue un rôle majeur. Les autres limites contribuant à la fin du super-cycle de la dette en cours sont une pollution croissante et l’épuisement des ressources autres que les combustibles fossiles.

Le problème des limites d’un monde fini se manifeste d’une manière inattendue : le ralentissement de la croissance des salaires des travailleurs non spécialisés. Des salaires bas impliquent que ces travailleurs sont de moins en moins capables d’acheter les produits du système. Ces problèmes entraînent tout d’abord une offre excédentaire de produits de base et des prix très bas. Ils provoquent ensuite une chute du prix des actifs et des défauts de paiement généralisés. Ces problèmes sont à l’opposé de ce à quoi beaucoup s’attendent, à savoir une pénurie de pétrole et des prix élevés. Cette situation étrange est due au fait que l’économie est un système en réseau. Les boucles de rétroaction d’un système en réseau ne fonctionnent pas nécessairement de la façon à laquelle on peut s’attendre.

1. Les difficultés dues au ralentissement économique mondial sont susceptibles de s’accentuer, car les problèmes liés à la croissance de la Chine subsistent, et que d’autres pays producteurs de matières premières, comme le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Australie, subissent la récession. On pourra observer des dérives rapides des devises, tandis que les pays cherchent à dévaluer leur monnaie pour tenter de progresser sur les marchés mondiaux. L’Arabie saoudite peut décider de dévaluer sa monnaie pour faire plus de bénéfices sur le pétrole qu’elle vend.

2. Il y a de bonnes chances que le stockage du pétrole devienne un problème dans le courant de 2016. En fait, si les possibilités d’accroître les réserves deviennent très limitées de décembre à avril, comme c’est arrivé il y a un an, le manque d’espace de stockage pour le pétrole brut pourrait constituer un problème dès les trois prochains mois. Le prix du pétrole pourrait tomber à 10$ ou moins. On sait que pour le gaz naturel et l’électricité, les prix tombent souvent en dessous de zéro lorsque la capacité du système à absorber davantage d’offre devient nulle. Il n’est pas clair si les prix du pétrole peuvent tomber en dessous de zéro, mais ils peuvent certainement tomber très bas. Même si nous arrivons à échapper d’une manière ou d’une autre au problème du manque de place de stockage de pétrole brut en 2016, il se peut que nous éprouvions diverses difficultés de stockage en 2017 ou 2018.


3. La chute des prix du pétrole posera vraisemblablement de nombreux problèmes. L’un est la faillite du remboursement de la dette, à la fois pour les compagnies pétrolières et pour les entreprises qui fabriquent des produits utilisés par l’industrie pétrolière. Un autre problème est celui des licenciements dans cette industrie. Un autre est celui des taux d’inflation négatifs, qui rendent plus difficile de rembourser la dette. Un autre problème encore est la chute du prix des actifs tel que celui des actions et des terres utilisées pour développer les produits de base. L’origine de la baisse des prix a en partie à voir avec la baisse du prix des marchandises produites. En outre, les fonds liés à la santé publique auront besoin de vendre des titres, pour avoir de l’argent afin de maintenir leur économie en cours. La vente de ces titres fera diminuer la pression sur les cours boursiers et obligataires.

4. Les défauts de paiement de la dette sont susceptibles de causer des problèmes majeurs en 2016. Comme indiqué dans l’introduction, il semble que nous nous approchions du déroulement d’un super-cycle de la dette. Nous pouvons nous attendre à ce que les entreprise fassent faillite les unes après les autres en raison du faible cours des marchandises. On peut s’attendre à ce que le problème de ces entreprises en difficulté se propage à l’économie tout entière. Les entreprises défaillantes vont licencier des travailleurs, réduire la quantité des salaires disponibles pour acheter des biens fabriqués à partir de matières premières. La dette ne sera pas entièrement remboursée, causant des problèmes aux banques, aux compagnies d’assurance et aux fonds de pension. Même les compagnies d’électricité pourront être affectées si leurs fournisseurs font faillite et si leurs clients sont moins en mesure de payer leurs factures.




5. Les gouvernements de certains pays exportateurs de pétrole peuvent s’effondrer ou être renversés si les prix tombent à un bas niveau. La perturbation concomitante des exportations de pétrole sera peut-être la bienvenue, si le stockage devient un problème croissant.

6. Il est difficile de dire si le déroulement complet aura lieu en 2016, mais une partie majeure de ce dénouement pourrait avoir lieu cette année-là, en particulier si les réserves de stockage de pétrole brut se remplissent, poussant les prix du pétrole à moins de 10$ le baril.

7. Que les réserves de stockage se remplissent ou non, les prix du pétrole vont certainement rester très bas, suite à une offre grandissante, une demande qui peine à la hausse, et l’absence de volonté de prendre des mesures pour essayer de résoudre le problème. Apparemment, tout le monde pense que quelqu’un d’autre (l’Arabie saoudite ?) pourrait ou devrait résoudre le problème. En fait, celui-ci est trop grand pour que l’Arabie saoudite puisse y arriver seule. Les États-Unis pourraient en théorie trouver une solution à l’approvisionnement actuel en pétrole en taxant leur propre production à un taux d’imposition confiscatoire, mais cela semble extrêmement peu probable. Clore la production de pétrole existante avant qu’elle ne soit contrainte de cesser garantirait la dépendance future sur les importations de pétrole. Une approche plus vraisemblable serait de taxer les importations de pétrole de façon à maintenir les quantités importées à un niveau gérable. Cette solution risque de provoquer la colère des pays exportateurs de pétrole.

8. Les nombreuses difficultés de 2016 (déplacements rapides des devises, baisse du prix des produits de base, défauts de paiement) risquent de provoquer des ventes importantes de produits financiers dérivés, pouvant conduire des institutions financières à la faillite, comme cela s’est produit en 2008. Pour éviter de telles faillites, la plupart des gouvernements envisagent de déplacer le plus possible vers le privé les pertes liées aux produits financiers dérivés et aux défauts de paiement. Il est possible que cette approche amène des déposants à perdre ce qui semble être des dépôts bancaires garantis. Dans un premier temps, ces pertes seront probablement circonscrites aux montants dépassant les limites d’assurance de la FDIC. Tandis que la crise s’étend, les pertes pourraient se propager à d’autres dépôts. Des dépôts d’employeurs peuvent être également affectés, conduisant à des difficultés pour payer les employés.

9. Dans l’ensemble, du point de vue financier, 2016 apparaît comme une année bien pire que 2008. Les dangers seront similaires à ceux qui auraient pu se produire en 2008, mais qui ont été évités grâce à l’intervention du gouvernement. Cette fois, les gouvernements semblent être sans recours pour résoudre les problèmes.

10. Il y a deux ans, j’ai réalisé le graphique présenté sur la figure 12. Il montre que la production de tous les éléments liés à l’énergie baisse rapidement après 2015. Je ne vois pas pourquoi cette prévision devrait être modifiée. Dès que le super-cycle de la dette commence sa phase de contraction, on peut s’attendre à une réduction importante de la demande et de la fourniture de toutes sortes de produits liés à l’énergie.......


Conclusion
Citation :
Nous entrons certainement dans une période inquiétante. Nous n’avons pas vraiment compris comment l’économie fonctionne, et nous avons eu tendance à supposer que nous pourrions résoudre une partie ou une autre de la difficulté. Le problème sous-jacent semble relever de la physique. L’économie est une  structure dissipative, un type de système d’auto-organisation qui se forme dans les systèmes thermodynamiquement ouverts. En tant que tel, il a besoin d’énergie pour se développer. Tôt ou tard, les rendements décroissants par rapport au travail humain – ce que certains d’entre nous appellent la baisse des salaires des ouvriers non spécialisés corrigée de l’inflation – tend à tirer l’économie vers le bas. Ainsi toutes les économies ont des durées de vie limitées, tout comme les humains, les animaux, les plantes et les ouragans. Nous sommes dans la position inconfortable où nous observons la fin de vie de notre économie.

La plupart des recherches sur l’énergie ont, à ce jour, porté sur la deuxième loi de la thermodynamique. Bien qu’elle fasse partie du problème, elle n’est pas vraiment la cause immédiate de l’effondrement imminent. La deuxième loi de la thermodynamique fonctionne dans des systèmes fermés, ce qui est pas précisément le cas ici.

Nous savons, historiquement, que les effondrements ont eu tendance à durer de nombreuses années. Cet effondrement peut être plus rapide parce que l’économie d’aujourd’hui dépend de chaînes d’approvisionnement internationales, l’électricité et les combustibles liquides, des choses dont les économies antérieures ne dépendaient pas.

J’ai écrit de nombreux articles sur des sujets connexes (malheureusement, pas de livre). Voici quelques-uns d’entre eux:

http://lesakerfrancophone.fr/2016-les-limites-du-petrole-et-la-fin-du-super-cycle-de-la-dette


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 20 Jan - 16:53

Pas un mot sur l'arrivée du pétrole iranien vu la fin de l'embargo, sujet trop sensible ?

L'Iran poursuit son offensive de charme à Davos

Citation :
L'Iran veut accélérer son retour au sein de l'économie mondiale à l'occasion du Forum économique mondial (WEF). Son offre: la stabilité régionale contre des investissements étrangers.

Après la conclusion de l'accord sur le dossier nucléaire avec la communauté internationale, de nombreuses délégations sont venues à Téhéran, a déclaré mercredi à Davos (GR) Mohammad Nahavandian, le chef de cabinet du président iranien. Ce dernier a évoqué le développement économique positif de son pays depuis l'élection à la présidence d'Hassan Rohani.

Malgré les sanctions, le gouvernement a réussi à faire basculer l'économie vers la croissance grâce à un programme d'investissement ambitieux. En outre, la politique monétaire a été renforcée afin de lutter contre l'inflation, a-t-il expliqué.

"Le climat économique est devenu bien meilleur", a relevé Mohammad Nahavandian. "Nous sommes en mesure de mener à bien de nombreux projets nous-mêmes, car nous sommes bien positionnés. Nous nous réjouissons toutefois aussi des bailleurs de fonds étrangers", a-t-il souligné.

A ses yeux, la reprise économique contribue également à la sécurité dans toute la région. Car la lutte contre la violence et l'extrémisme va de pair avec le développement. "Pour ce faire, nous avons besoin de nouveaux emplois".

Lutte contre l'extrémisme

"Les sanctions sont levées et l'Iran va offrir de nouvelles opportunités pour des projets économiques dans la région", a déclaré pour sa part le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif, qui était responsable des négociations dans le dossier nucléaire. "Il s'agit d'une bonne nouvelle pour tous tant au niveau politique qu'économique".

La priorité principale est de résoudre le problème de l'extrémisme, qui ne se limite pas à une seule région. Ce fléau "se propage dans le monde entier et est une menace pour tous", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne.

Dans ce contexte, il faut éviter une confrontation avec l'Arabie saoudite. "Je pense que nos voisins saoudiens doivent comprendre qu'une confrontation n'est dans l'intérêt de personne", a déclaré Javad Zarif, tout en écartant l'hypothèse d'une guerre.

L'Iran est en pleine montée en puissance dans la région, et les relations avec l'Arabie saoudite, autre grande puissance régionale, sont très détériorées sur fond d'effondrement des prix du pétrole. Les deux puissances ont rompu leurs relations diplomatiques début janvier et s'affrontent par conflits interposés en Syrie, en Irak et au Yémen.

(ats / 20.01.2016 16h42)

http://www.romandie.com/news/LIran-poursuit-son-offensive-de-charme-a-Davos/668609.rom


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 20 Jan - 17:18


merci vlad2...


les chevaliers de l'époque ellipse ?

perso je suis un peu sceptique sur ces analyses de l'économie politique focalisées sur l'énergie et le pétrole en particulier. Je ne doute pas que tout soit lié, mais dans la liste de Tverberg rappelée ci-dessous, dont les catégories sont celles de l'économie politique (bourgeoise donc) non celles de sa critique (marxienne...), je ne vois pas la question alimentaire par exemple. Cf dans Chiffres du monde, Géopolitique du blé : « le blé est beaucoup plus important que le pétrole...». Il y a les pays du blé, et ceux du riz...

Citation :
1. la croissance de la dette
2. la croissance de l’économie
3. la croissance des sources d‘énergies d’accès facile
4. l’inflation des coûts de production
5. la croissance du prix des actifs, tels que le prix des parts d’actions et des terres agricoles
6. la croissance des salaires des travailleurs non spécialisés
7. la croissance de la population


je sais bien que pour manger il faut transporter de la nourriture, et donc disposer de l'énergie, de carburants pour les avions, les bateaux, les trains et les camions... donc de pétrole... mais il me semble qu'une fois encore, ce genre d'analyse se focalise sur la crise pour "nous", c'est-à-dire pour "eux", le capital, et particulièrement celui des pays capitalistes avancés, les plus consommateurs d'énergie, dont beaucoup de pétrole importé...

mon intuition, vu que je ne suis pas expert en économie, est que les pays, et leurs populations les plus frappées, seront les plus riches, et que ceux qui sont déjà en bas résisteront mieux, car au-delà des aspects politiques et économiques concernant leur "gouvernance" dans la mondialisation des échanges, ils tomberont de moins haut. Je ne suis pas certain que l'on consomme beaucoup de pétrole dans les bidonvilles, et les "Vietnamien.ne.s" du monde ont appris à pédaler sous les bombes pour se déplacer comme pour faire tourner des machines

s'il en résulte (licenciements, chômage accru...) une crise sociale, et par conséquent des résistances, dans les pays "riches", je ne les vois en aucun cas produire une "conjoncture révolutionnaire" ni même affronter des "limites" dans des "écarts", car une fois de plus, la dynamique sera de revenir à un équilibre acceptable, certes plus bas mais dans le système (Grèce... « La cigarette sans cravate »), et au besoin contre leurs Autres, immigrés, réfugiés, population de "non-souche", pays dangereux, dynamique accrue de "guerre au terrorisme" qui n'est tout de même pas incolore car lourde de visées néo-néo-colonialistes et néo-impérialistes

à ce stade donc, de telles "mauvaises nouvelles" ne sont pas de nature à changer l'analyse que je fais de la double crise de l'Occident et du Capital, et d'une dynamique historique décoloniale contre la suprématie occidentale du et dans le capitalisme globalisé

je peux évidemment me tromper, mais ce ne sont pas les débats qui m'étoufferont d'arguments contraires : je n'en ai lu aucun !



Les 4 cavaliers de l'Apocalypse

Détail du vitrail d'Alain Makaraviez et Edwige Walmé
Cathédrale de Clermont Ferrand

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 20 Jan - 17:45

Pendant Davos en larmes , la Chine maitre du jeu d'échec menteur ?

Le président Xi et le roi Salmane inaugurent une raffinerie saoudo-chinoise

Ryad - Le président chinois Xi Jinping et le roi Salmane d'Arabie saoudite ont inauguré mercredi une raffinerie construite en partenariat entre leurs deux pays

Citation :
La cérémonie s'est déroulée à Ryad au second jour de la visite d'Etat du président Xi en Arabie saoudite.

Il est ensuite arrivé en fin de journée au Caire où il a été accueilli par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, selon des sources aéroportuaires et des médias. M. Xi terminera à Téhéran sa tournée au Moyen-Orient, où Pékin cherche à jouer un rôle plus actif.

En Arabie saoudite, les deux dirigeants ont inauguré la raffinerie Yasref, située dans le complexe industriel de Yanbu sur la mer Rouge, qui est détenue à hauteur de 62,5% par la firme saoudienne Aramco, le reste étant contrôlé par la China Petroleum and Chemical Corp (Sinopec).

L'Arabie saoudite est le plus gros fournisseur de pétrole de la Chine, et Aramco a souligné à l'occasion que le développement des branches raffinage et pétrochimie allait dans le sens de la diversification souhaité de l'économie saoudienne.

Yasref est l'une de cinq raffineries construites en partenariat avec la Chine. Les quatre autres ont été implantées hors de l'Arabie saoudite, dont l'une à Fujian, en Chine.

Le roi Salmane avait déclaré en décembre avoir ordonné de diversifier l'économie saoudienne et réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole alors que le prix du baril de brut n'a cessé de dégringoler passant de plus de 100 dollars début 2014 à 28 actuellement.

Pour combler une partie de son énorme déficit budgétaire, l'Arabie saoudite a diminué des subventions et réduit ses dépenses publiques. L'introduction de la TVA est évoqué ainsi que la privatisation d'une partie d'Aramco.

Les échanges entre l'Arabie saoudite et la Chine, la deuxième économie mondiale, sont en augmentation. Le volume de leurs échanges a atteint 69,1 milliards de dollars en 2014, selon l'agence chinoise Xinhua.

La visite du président Xi fait suite à des appels de la Chine au calme et à la retenue dans le différend entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

Ryad et Téhéran sont à couteaux tirés depuis l'exécution le 2 janvier en Arabie du dignitaire chiite saoudien Nimr al-Nimr, figure de la contestation du régime saoudien condamné pour terrorisme.

L'exécution a donné lieu à des attaques contre des représentations diplomatiques saoudiennes en Iran, qui ont entraîné la rupture des relations diplomatiques de Ryad avec Téhéran.

La visite de M. Xi en Egypte est dominée par les dossiers économiques alors que près de 1.200 entreprises chinoises opèrent dans le pays arabe le plus peuplé, où elles ont investi environ 500 millions de dollars, selon l'agence officielle Mena. Le président chinois se rendra notamment au Parlement et au siège de la Ligue arabe, basée au Caire, avant une visite au célèbre temple de Louxor.

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 20 Jan - 17:56

Le pétrole ne se mange pas (encore), mais fait marcher les pompes à eau et les tracteurs :

Quatorze millions de personnes pourraient manquer de nourriture

Quatorze millions de personnes pourraient manquer de nourriture, en 2016, en Afrique australe, selon un communiqué de l'ONU publié lundi. L'importante sécheresse qui affecte les récoltes de la région depuis plusieurs mois est en cause

Citation :
"Les stocks de nourriture sont extraordinairement bas", affirme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), une agence de l'ONU, dans ce texte. "Les petits fermiers qui comptent sur leur production pour subsister sont particulièrement vulnérables", souligne le PAM.

El Niño responsable

La maigre récolte de l'an dernier rend les prévisions "alarmantes", poursuit l'agence onusienne. Et l'immense sécheresse provoquée par El Niño a encore aggravé la situation. Le phénomène climatique devrait persister jusqu'en avril, soit l'automne dans l'hémisphère sud.

Le Malawi fait partie des régions les plus touchées par ce manque de pluie avec 2,8 millions de personnes menacées par la faim (16% de la population), devant Madagascar (1,9 million) et le Zimbabwe (1,5 million, soit plus de 10% de la population). Dans ce dernier pays, la récolte de 2015 n'a atteint que la moitié de celle de l'année précédente.

Flambée des prix

Selon le PAM, les prix des denrées ont aussi augmenté dans la région. Celui du maïs a, par exemple, bondi de 73% par rapport à son prix moyen.

La semaine dernière, l'Afrique du Sud a annoncé qu'elle allait devoir importer six millions de tonnes de maïs, soit la moitié de sa récolte annuelle habituelle, pour faire face à la pire sécheresse depuis 112 ans. Le pays fournit une grande partie des céréales de la région australe.

(ats / 18.01.2016 16h38)  


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 20 Jan - 18:23

vlad2 a écrit:

Le pétrole ne se mange pas (encore), mais fait marcher les pompes à eau et les tracteurs :

Citation :
Quatorze millions de personnes pourraient manquer de nourriture, en 2016, en Afrique australe, selon un communiqué de l'ONU publié lundi. L'importante sécheresse qui affecte les récoltes de la région depuis plusieurs mois est en cause
[...]
"Les stocks de nourriture sont extraordinairement bas", affirme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), une agence de l'ONU, dans ce texte. "Les petits fermiers qui comptent sur leur production pour subsister sont particulièrement vulnérables", souligne le PAM.


dont acte, mais dans les premiers articles, il était plutôt question de stocks de pétrole extraordinairement haut, de prix extraordinairement bas, et donc pas a priori de problème d'approvionnements en pértole si ce n'est la capacité de le payer. Alors certes je n'avais pas fait le lien pour l'Afrique : la sécheresse, les pompes, le pétrole... mais ça ne change rien à mon raisonnement général à 17:18 concernant la plongée dans la crise des pays "riches" et de leurs populations, et de conséquences éventuelles pour les luttes


Dernière édition par Patlotch le Mer 20 Jan - 21:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mer 20 Jan - 18:56

Confirmation de la théorie Thermodynamique des risques de Gail Tverberg, mondialement connue pour ses analyses des risques financiers liés à la conjoncture économique et sa compréhension des fluctuations du prix de l’énergie, posté plus haut

Citations :
Citation :
Vers un prix du pétrole négatif :

Negative Oil Prices Arrive : Koch Brothers' Refinery "Pays" -$0.50 For North Dakota Crude

Submitted by Tyler Durden on 01/18/2016 18:20 -0500

http://www.zerohedge.com/news/2016-01-18/negative-oil-prices-arrive-koch-brothers-refinery-pays-050-north-dakota-crude

La FED de DALLAS perd la boussole devant l’ampleur des faillites potentielles du secteur pétrolier texan ? , demande moratoire sur les dettes des pétroliers US :

Exclusive: Dallas Fed Quietly Suspends Energy Mark-To-Market On Default Contagion Fears

Submitted by Tyler Durden on 01/17/2016 11:21 -0500

http://www.zerohedge.com/news/2016-01-16/exclusive-dallas-fed-quietly-suspends-energy-mark-market-tells-banks-not-force-shale

L’accélération sans fin prochaine ? de la chute des valeurs (capitalistiques) depuis début janvier 2016, rend de plus en impossible toute évaluation immédiate donc toute transaction…….meme à perte ?
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 21 Jan - 13:54


un sujet spécifique, CRISE PÉTROLIÈRE : FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?, a été créé pour reprendre et poursuivre l'observation de la crise de surproduction du pétrole et les conséquences dans les pays producteurs, vendeurs, ou déficitaires dans cette source d'énergie




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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 22 Jan - 15:11


souris de la vertu capitaliste
dans la 'crise de civilisation'

cet article de Dominique Taddei est publié par les7du Québec considérant qu'il « Il est utile que l[ses] lecteurs aient accès à des textes comme celui que nous présentons aujourd’hui, car ainsi ils peuvent connaître la pensée de la gauche bourgeoise sur l’économie politique contemporaine. On y reconnaîtra la démarche qui préside ici à la publication d'analyse de ce genre, en tant que matériaux porteurs de l'idéologie dominante en version "de gauche" démocrate, promouvant un changement dans le système, ainsi défini par Taddei : « le nouveau système global à construire, et qui est déjà en gestation, sera nécessairement hybride, métissant des pratiques et des courants de pensée pré-communistes, éco-rooseveltiens, capitalistes productifs, identitaires…, ayant en commun de rompre avec l’hégémonie du capital financier.
[...].

comme nous, Taddei estime nécessaire de s'appuyer sur « L’expérience des luttes quotidiennes, concrètes, dans de nombreux domaines, [qui] existe et elle est un immense atout, qu’il convient de situer dans une démarche stratégique. Pour cela, il faut les placer dans une perspective d’ensemble positive, qui leur donne un sens, c’est-à-dire à la fois une signification et une direction dans un avenir tangible, à 10 ou 20 ans, et apparaisse comme plausible au plus grand nombre, dans tous les pays.

c'est ainsi que la montagne de nos vices, vouloir abolir le capital, accouche d'une souris de leur vertu, l'ONU : « A cet égard, la récente adoption unanime par l’Assemblée Générale des Nations Unies des 17 Objectifs du Développement Durable (et des 169 cibles les accompagnant) offre une plate forme crédible pour un tel front progressiste »




Le troisième stade de la crise systémique mondiale publié le 22 janvier 2016 par Robert Bibeau, actualites des 7

Titre original :  Le troisième stade de la crise systémique mondiale et ses issues L’urgence d’un front progressiste (1) mardi 12 janvier 2016, par Dominique Taddei

Citation :
Dominique Taddei, né en 1938, est un homme politique et professeur des universités. Il a été secrétaire national du Parti socialiste, adjoint à la mairie d'Avignon, député socialiste du Vaucluse (1978-1981 et 1981-1986). Aujourd'hui, il est membre du forum de la gauche citoyenne.
wikipédia


(Il est utile que les lecteurs du webmagazine Les7duQuébec.com, aient accès à des textes comme celui que nous présentons aujourd’hui, car ainsi ils peuvent connaître la pensée de la gauche bourgeoise sur l’économie politique contemporaine. Leur désespoir est extrême car ils voient bien leur « civilisation » s’effondrer et ils désespèrent que l’oligarchie au pouvoir les entende pleurnicher pour obtenir les commandes du paquebot à la dérive. Pour notre part, nous souhaitons que le rafiot fou s’échoue et qu’on en finisse. Mais  prenons d’abord la peine de lire la vision du malheur qui accable ces Réformistes. Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com).




Dominique Taddei a écrit:
Les historiens retiendront probablement que c’est dans la chaleur de l’été 2015 que le monde est passé au troisième stade d’une crise planétaire qui est non seulement économique et sociale, mais aussi multidimensionnelle, au point qu’on peut la désigner, après E. Morin et un nombre grandissant d’auteurs, comme une crise de civilisation*.

* voir le sujet pour une RÉVOLUTION de CIVILISATION : éléments... et conversation

En effet, cet été a mis en pleine lumière :

- D’une part, l’ampleur de la crise de reconversion de l’économie chinoise et de ses conséquences sur le reste du monde, à commencer par les pays asiatiques, africains et sud américains ;

- D’autre part, l’interférence entre les dimensions économiques et extra-économiques (géopolitiques, démocratiques, écologiques, etc.) dans la double incapacité des institutions européennes a traité humainement la situation grecque et celle des réfugiés du Proche Orient, venus par la Méditerranée orientale.

On insistera donc d’abord sur ces deux points, avant de brosser rapidement les réponses, contradictoires ou complémentaires, qui pourraient découler du passage à ce troisième stade de la crise systémique mondiale :

Non seulement il n’y a plus de pilote dans l’avion, mais il n’y a plus de moteur !

La doctrine libérale a toujours soutenu qu’il n’y avait besoin de personne pour piloter l’économie globale, le génie des marchés y pourvoyant de par sa « main invisible ». Encore faudrait il qu’il y ait un ou des moteurs pour en assurer la progression…

Durant les Trente Glorieuses, une conjonction heureuse assurait une motricité exceptionnelle de l’économie : dans l’ordre interne, l’importance de la dépense publique et de la consommation salariale ; cette dernière elle-même bénéficiait d’un compromis, dit fordiste, par lequel – en simplifiant à peine – les profits finançaient les investissements, tandis que les salaires en faisaient autant pour la consommation. Il est vrai que les relations extérieures, coloniales et impériales, favorisaient la mise en oeuvre de ce compromis, du fait d’un pétrole et d’autres matières premières pillés à des prix dérisoires et de la stratégie américaine qui souhaitait avant tout que ses alliés – ouest européens et japonais – bénéficient d’un rattrapage suffisant pour que cette triade soit en mesure de faire face au « monde communiste ».

On sait que la crainte américaine grandissante de perte de son leadership en Occident, conduisit les gouvernements américains au démantèlement par paliers, entre 1967 et 1973, du système monétaire international (2). De plus, l’augmentation de la facture pétrolière qui l’a suivi de près, mit fin à ces conditions internationales favorables, à partir du milieu des années 1970. Dès lors (3), le compromis social antérieur fut détruit, les entreprises multinationales et les lobbies financiers, un moment en difficulté, trouvèrent un moteur de rechange dans l’endettement pratiqué à l’échelle mondiale, grâce à la dérégulation systématique des mouvements de capitaux et de marchandises, quitte à engendrer une instabilité croissante, dans une succession de bulles et de crises financières. Cette nouvelle période, dite de « mondialisation », pouvait d’autant plus paraître apporter une solution de remplacement qu’elle s’accompagnait d’une plus grande stabilité des prix des marchandises, du fait de la concurrence extérieure accrue, et qu’elle trouvait un formidable moteur supplémentaire dans la nouvelle stratégie chinoise initiée par Deng Xiaoping, pour permettre le rattrapage de son immense pays. Cette nouvelle conjonction a évidemment correspondu à des résultats réels beaucoup plus médiocres en Amérique du nord et surtout en Europe – croissance de la production et de la productivité divisée par deux, chômage de masse, précarité croissante, etc. -, et l’essentiel de ces difficultés nouvelles fut subi par le monde du travail, les inégalités se creusant et la part des profits augmentant fortement. Cependant, comme déjà aux USA, la faiblesse de la consommation salariale détourna largement les capitalistes des investissements productifs (sauf en Allemagne à des fins d’exportation), et les orienta vers les placements spéculatifs de type financier et foncier, nourrissant les diverses bulles qui commencèrent à éclater à partir du Krach boursier de l’automne 1987 : manifestement, le nouveau agencement était non seulement moins efficace et plus injuste, mais il était aussi plus volatile et, partant plus fragile : sous l’égide des doctrines néo-libérales, les « trente Piteuses » succédèrent aux « Trente Glorieuses ».

Bien pire, la limite infranchissable de cette phase d’hégémonie du capital financier tenait à ce que les deux moteurs qui la propulsaient, l’endettement et le rattrapage des pays émergents, ne pouvaient durer : tôt ou tard, l’endettement dégénère en surendettement par la faute des créanciers bien plus que des débiteurs ; et, de son côté, le rattrapage opérant, les pays qui étaient en retard ont de moins en moins à rattraper !

La première de ces deux contradictions a éclaté aux yeux de beaucoup durant l’été 2007 avec la crise des subprimes et, l’année suivante, pour ceux qui n’avaient pas bien compris, la faillite de Lehman Brothers, nous faisant passer au deuxième stade de la crise systémique mondiale. Depuis lors, les pouvoirs publics dominés par les lobbies financiers imposent l’austérité et la régression sociale au plus grand nombre, sous le prétexte de résorber le surendettement qu’ils n’avaient cessé de susciter jusqu’alors ! En pratique, ils ont blanchi les banques et les banquiers, coupables de prêts abusifs. Particulièrement en Europe, cela a consisté à nationaliser les pertes et remplacer la dette des financiers par celle des Etats dits souverains (on a vu récemment ce qu’il en était de la dite souveraineté de Chypre et de la Grèce) et donc potentiellement, s’ils devaient un jour rembourser, des citoyens. Le résultat est une nouvelle aggravation des inégalités sociales et un surendettement global de l’ensemble des agents économiques, plus que jamais insoutenable, quand la croissance de l’économie réelle et l’inflation tendent vers zéro. Dans le même temps, depuis 8 ans, les performances économiques globales sont devenues bien pires : ainsi, l’OCDE, dans son rapport « Enigmes et incertitudes » (sic), démontre que 2015 est « la cinquième année consécutive de ralentissement de la croissance mondiale ». Plus généralement, les performances d’ensemble depuis 2 007 sont dans l’ensemble du monde les plus mauvaises depuis les années 1930 ! On est arrivé au point où les économistes les plus éminents, peut être parce que les plus orthodoxes, sont obligés de renoncer à laisser espérer une reprise significative dans un avenir prévisible : non sans exagération, ils parlent même désormais, après Robert Gordon (août 2013) et Larry Summers (novembre 2014), de « stagnation séculaire » (4). Cette reconnaissance académique d’une croissance longue quasi-nulle rejoint un sentiment populaire de plus en plus pessimiste sur l’avenir à long terme, comme à court terme de l’activité économique, et cela à l’échelle de la planète. Cette prise de conscience collective est un fait économique, qui bride les anticipations de tous les investisseurs (entreprises et citoyens), mais aussi politique et social majeur, car il conduit à gonfler les rangs de tous ceux qui essaient de dessiner de nouvelles perspectives, hors système.

Car, depuis cet été, après celle de l’endettement, la crise de l’économie chinoise et des autres pays émergents (5) met en panne un moteur supplémentaire de ce que les comptables nationaux appellent la croissance de l’économie mondiale et qu’on peut aussi considérer comme l’accumulation du capital. Il ne s’agit peut-être ici que de la phase critique d’une reconversion désirée par les dirigeants chinois eux-mêmes, celle d’une économie jusqu’ici tirée par les exportations vers une nouvelle forme de développement qui serait désormais mue par la consommation intérieure. L’ennui est qu’une telle transformation, à l’échelle d’un pays de près d’un milliard et demi d’habitants, va nécessiter beaucoup de temps, ne serait ce que pour mettre en place un système général de sécurité sociale et surtout de retraites, qui est nécessaire pour réduire la sur-épargne de masse, dans un pays en vieillissement accéléré. Or, les nombreux pays qui dépendent le plus directement du dynamisme chinois et même les vieux pays capitalistes, toujours aux prises avec le piège du surendettement, ne disposent pas durant ce temps de solution de rechange, si bien que les dirigeants américains hésitent : les USA peuvent ils et doivent ils remonter leurs taux d’intérêt ? Si oui, ils risquent d’aggraver encore plus la situation vacillante des pays émergents, en attirant leurs capitaux flottants et en déclenchant de nouvelles crises financières, ailleurs et peut être chez eux, du fait de l’interdépendance des marchés ; s’ils maintiennent des taux nuls ou quasi-nuls, ils continueront d’engendrer de nouvelles bulles spéculatives chez eux, et peut être ailleurs, pour les mêmes raisons (6)… De son côté, la zone euro sans croissance et sans inflation ne pourra évidemment pas soutenir l’endettement grec, mais encore pire espagnol, portugais, italien, pour ne pas parler de la France, sans une rupture avec la politique allemande actuelle ! Le FMI est d’ailleurs le premier à le proclamer…

Ceci nous conduit aux autres mauvaises nouvelles de l’été et qui confirment l’Union européenne, comme l’épicentre d’une crise de civilisation de portée planétaire : il y a eu le feuilleton grec écrit principalement par l’Allemagne et ses suiveurs, Français et autres. Il s’écrit dans la dimension d’une crise humanitaire sans précédent sur notre continent depuis 1945. Et comment qualifier les drames qui accompagnent l’exode massif de réfugiés (ils sont tout sauf des migrants volontaires, même si certains de ces derniers essaient logiquement de se joindre à eux) venus des pays déstabilisés par l’aventurisme et l’incurie des grandes puissances ? Ce qui reste d’esprit de solidarité dans les élites des pays européens aura du mal à résister à l’impatience légitime des couches les plus défavorisées. Mais pour quelles issues ?

Quelles issues ?


Quand la plupart des pays s’enfoncent depuis près de 10 ans dans une telle crise multidimensionnelle et que s’effectue maintenant la prise de conscience collective que l’on n’en sortira évidemment pas sans rupture avec le système en place et l’ordre établi, le besoin de boucs émissaires surgit dans l’inconscient collectif et toutes les tentations se présentent, les pires comme les meilleures. Sans prétendre être exhaustif, on indiquera quatre d’entre elles, particulièrement présentes, qui peuvent se combattre ou plus ou moins se combiner, suivant les histoires et les cultures nationales :

- La première, la pire, est de s’en prendre comme dans les années 1930, à l’étranger lointain, perçu comme l’envahisseur, engendrant l’islamophobie après, ou avec, l’antisémitisme. On est alors en présence de l’extrême droite de toujours, qui s’étend de façon plus ou moins masquée ;

- La seconde tentation est de s’en prendre au voisin le plus proche, au nom d’antagonismes historiques, longtemps endormis, et que la pérennisation de la crise permet de réveiller. La tendance à la balkanisation de l’Europe qui en découle est plus ambigüe dans sa signification sociale, car elle peut impliquer, en Catalogne et en Ecosse notamment, des mouvements progressistes, alors qu’elle s’avère plus franchement réactionnaire en Flandre ou en Italie du nord et, plus contradictoire chez les Basques et les Irlandais, comme dans nombre de mouvements nationalistes ou régionalistes ailleurs, en France notamment. De surcroit, la dimension « identitaire » de ces mouvements les conduit à une sensibilité écologique plus ou moins forte, qui peut susciter des réactions contre la spéculation financière ou foncière.

- La troisième tentation, abandonnée par la majeure partie de la social-démocratie, résignée aux charmes captieux du prétendu social-libéralisme (7), consiste à s’en prendre aux excès évidents de la finance, dans une tentative de retour aux régulations publiques, de la fin des années 30 aux années 1960, même si elles sont conçues de façon moins étatiste qu’à cette époque. Derrière l’expression de green new deal, qui lui est souvent accolée depuis 2007, la distinction n’est pas toujours bien nette, entre ceux qui cherchent un nouveau souffle post-libéral du capitalisme, comme ce fut alors le cas, et ceux qui y voient le passage relativement paisible à une ère post-capitaliste, comme l’envisageaient déjà les sociaux démocrates suédois d’Olaf Palme dans les années 1970. Mais cette question des intentions ultérieures est sans doute aujourd’hui moins importante pour ce courant « réformiste » que sa difficulté de mise en oeuvre d’une coopération internationale suffisante pour ne pas succomber devant les tenants d’une finance dite libérale, mais foncièrement autoritaire, comme elle ne cesse de le prouver.

- La quatrième tentation mérite sans doute d’être qualifiée de pré-communiste, au sens originel du terme, en ce qu’elle prétend dépasser non seulement la recherche du profit, par le développement des activités à but non lucratif de l’économie sociale et solidaire, mais aussi les formes canoniques de la propriété privée, en distinguant l’abusus de l’usufruit, voire l’usage de la monnaie, avec une extension des biens communs et des activités gratuites. Le développement des thèmes de la frugalité ou la réduction des taux d’activité de la population en âge de travailler traduit cette volonté grandissante de se situer au-delà d’une crise de durée indéfinie. Cette approche, qui s’appuie volontiers sur les nouvelles technologies numériques, s’inscrit généralement dans une tradition de gauche libertaire plutôt qu’étatiste, à la différence de la précédente. Ceci constitue une vraie difficulté pour un rapprochement entre ces courants, qui ne pourra sans doute être surmontée qu’en distinguant les différentes formes de l’action collective : après tout, l’étatisation n’est qu’une forme particulière de la socialisation et le niveau à laquelle celle-ci peut le plus légitiment opérer, du local au global, doit faire débat, avec tous les courants souverainistes, anciens, résurgents ou nouveaux, dès lors qu’ils s’inscrivent dans une perspective anti-spéculative. De plus, les modes de gouvernance souhaitables doivent être débattus en tenant compte des réalités techno-bureaucratiques et des idéaux autogestionnaires.

L’urgence de constituer un front progressiste

Ces courants d’opinion antisystème ne doivent en aucun cas être réduits à des partis politiques de forme traditionnelle, issus de l’une ou l’autre Internationale séculaire : cette forme hiérarchique d’organisation politique est trop souvent aujourd’hui aux antipodes des nouvelles formes de mobilisation, comme le confirment les exemples récents d’Europe du sud. C’est donc sans doute la responsabilité des mouvements sociaux, anciens et nouveaux, de faciliter une convergence stratégique entre les tenants des deux derniers courants, et peut être une fraction des courants identitaires, qu’il faudrait mettre en œuvre face à l’urgence, née des pulsions d’extrême droite.

Pour cela, tous doivent prendre conscience que le nouveau système global à construire, et qui est déjà en gestation, sera nécessairement hybride, métissant des pratiques et des courants de pensée pré-communistes, éco-rooseveltiens, capitalistes productifs, identitaires…, ayant en commun de rompre avec l’hégémonie du capital financier. Au demeurant, nulle surprise à cela : il en a toujours été ainsi dans l’histoire, aucun mode de production « chimiquement pur » n’a jamais existé et ce que nous désignons comme mode esclavagiste, féodal ou bourgeois n’a jamais désigné qu’un mode plus ou dominant, coexistant avec d’autres qu’il a supplanté ou qui le supplantèrent. Ainsi, la question du mode dominant de production et d’accumulation dans les années 1940 dominées par l’effort de guerre, puis de reconstruction, n’est pas évidente à trancher. A fortiori, la question de savoir dans le futur système nécessairement hybride ce que sera le mode dominant reste ouverte entre les désirs divers de chacun et l’imprédictibilité irréductible pour tous (Cool.

L’expérience des luttes quotidiennes, concrètes, dans de nombreux domaines, existe et elle est un immense atout, qu’il convient de situer dans une démarche stratégique. Pour cela, il faut les placer dans une perspective d’ensemble positive, qui leur donne un sens, c’est-à-dire à la fois une signification et une direction dans un avenir tangible, à 10 ou 20 ans, et apparaisse comme plausible au plus grand nombre, dans tous les pays. A cet égard, la récente adoption unanime par l’Assemblée Générale des Nations Unies des 17 Objectifs du Développement Durable (et des 169 cibles les accompagnant) offre une plate forme crédible pour un tel front progressiste. C’est pourquoi, il serait stupide de dauber sur la mauvaise foi évidente de beaucoup des gouvernements signataires de ce texte. Dans une bataille pour l’hégémonie, il faut toujours accepter les hommages que le vice rend à la vertu !


Notes

1- Cette note propose une actualisation des idées développées dans notre essai, sous forme numérique : « Pour une civilisation conviviale des connaissances. Dépression rampante, mutations et ruptures ». Nous en tenons une version 2 015 disponible pour le lecteur intéressé.

2- Le système de l’étalon de change or, adopté à Bretton Woods à la fin de la guerre mondiale, fut d’abord victime de ses contradictions internes, qui se portèrent en 1967 et 1969 sur la livre sterling, laquelle en était manifestement le maillon le plus faible. Les Américains, d’abord solidaires, décidèrent de faire cavalier seuls à travers leurs décisions unilatérales de 1971 et 1973, au nom de l’adage : « le Dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ».

3- Si on doit dater le début de cette nouvelle période, qui est celle de la mondialisation financière, il est sans doute pertinent de remonter à la décision de Paul Volker, à la tête de la Fed, en janvier 1979, de remonter brutalement les taux d’intérêt, au nom d’un nouveau paradigme : lutter prioritairement contre l’inflation, plutôt que d’assurer le plein emploi. Ce choix fondamental, décrété hors de toute instance démocratique, était justifié par les conséquences prévisibles de la révolution iranienne sur l’inflation mondiale, à partir d’un second choc pétrolier. Il fut ensuite suivi par toutes les autres banques centrales et par les Gouvernements.

4- De notre point de vue, il s’agirait plutôt d’une dépression rampante, au moins aussi grave que celle des années 1930, qui n’évitait jusqu’ici de galoper et de tourner à la déflation que par la croissance des pays émergents. A tout le moins, à défaut d’être capable de raisonner à l’échelle séculaire, serait-il plus exact de parler de « stagnation systémique », dont on ne sortira pas aussi longtemps qu’on n’aura pas changer de système.

5- À ce jour, l’Inde semble la moins atteinte, mais il faut tenir compte de manipulations statistiques, dignes de Goldman Sachs, conseillant les anciens gouvernements grecs

6- Tels sont sans doute les termes de l’actuel dilemme des responsables de la Fed : dans le premier cas, la crise sera immédiate dans le reste du monde, mais n’atteindra pas immédiatement les USA ; dans le second, elle les frapperait de plein fouet, mais pas tout de suite… Autrement dit, existe-t-il un passage entre Charybde et Scylla ?

7- Le plus souvent antisocial et de plus en plus adepte de l’autoritarisme.

8- Pour être clair, notre conviction personnelle est que, dans le futur d’une civilisation nouvelle, dominera l’accumulation des connaissances et des savoir faire.


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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 1 Fév - 14:29

Michael Roberts
blogging from a marxist economist


un article sur le GDP : Gross Domestic Droduct (PIB : Produit intérieur brut)

The global GDP story Michael Roberts January 29, 2016

Michael Roberts a écrit:
There was a batch of economic data out today that confirmed that the global economic expansion since the end of the Great Recession in mid-2009 was in trouble.  The ‘recovery’ since then has already been the weakest since the 1930s.

Now data for the last quarter of 2015 from major capitalist economies showed that economic growth, as measured by real GDP growth, was slowing.  In preliminary figures for the US economy, the most important and fastest growing of the major economies, in Q4 2015, real GDP rose only at a 0.7% annual rate, sharply down from the 2% pace recorded from Q3 2015.  That meant the US economy had expanded in real terms (after inflation is deducted) by 2.4% in 2015, the same rate as in 2014.  But the worrying sign was that in Q4 2015, the yoy rate was only 1.8%, virtually the same rate as the UK economy achieved in that last quarter.

[...]

Is a new global recession impending?  A bunch of mainstream and leftist Keynesian economists were asked their opinion by the UK’s Guardian newspaper.  As far as I can read it, only one was forthright that a global recession was coming, although this was Albert Edwards who has been forecasting this for six years and even now when the recession was coming was not specified.  The others hedged and fudged and were unable to get off the picket fence.

My position has been it is the job of economics to make forecasts just like any other science, even if that is much more difficult with social sciences where human decision-making is involved.  But just like weather forecasting, your forecasts will be only as good as your theoretical foundations and empirical research.  Based on Marx’s laws of motion under capitalism, profitability, debt and investment are key indicators of boom or slump.  On those indicators, as I have argued in previous posts, a global recession is coming.

And as I argued at the beginning of this year, the timing of that has got much closer; maybe this year, but probably by the end of 2017 at the latest.

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 1 Fév - 16:06

La dépression mondiale s'avance, les banques centrales ont perdu le contrôle, alors 2016 ou 2017 ?, et même la guerre, plus de remèdes ...... ;

Publié le 31/01/2016 à 20:00 par monde-antigone

Citation :
31 janvier 2016 - Les marchés sont toujours aussi agités. Les motifs d'inquiétude ne manquent pas un peu partout. Quand des dizaines de milliards de dollars quittent toutes les semaines les pays émergents (on parle de pointe à plus de 300 milliards en un mois !), il est impossible d'obtenir une stabilité dans le système bancaire. En Europe, la menace la plus sérieuse vient des créances douteuses sur les banques italiennes. Pour l'instant, on n'en parle pas mais ça ne pourra pas durer longtemps.

La nouvelle de la semaine est venue du Japon puisque la BoJ a imposé à ses banques des taux de dépôt négatifs. Raison officielle: ce serait pour pousser les entreprises à dépenser et investir et les particuliers à consommer (encore une tentative désespérée !). En réalité il s'agit d'éviter de servir de refuge aux flots de capitaux qui fuient la Chine et ainsi faire baisser le yen face au yuan. Effet immédiat sur les marchés: les titres d'emprunt japonais sont passés en territoire négatif. Une preuve de plus que la persistance d'un environnement sans rendement fait gonfler démesurément la bulle obligataire, au point que ce sont désormais 17 pays qui empruntent à taux négatifs. Même la Bulgarie ! C'est du jamais vu !

Les taux zéro, loin de faire repartir la machine et stimuler l'activité économique, la paralyse totalement et l'asphixie. Ainsi le Baltic continue de s'enfoncer à un rythme régulier de 10 points par jour en s'approchant des 300 points: on n'a jamais vu ça non plus. Les taux zéro sont le cauchemar de la Fed mais on ne la voit pas en sortir. La réserve américaine a indiqué que le programme de relèvements de taux annoncé fin décembre ne serait probablement pas tenu et qu'il pourrait n'y avoir qu'une seule hausse. Hahahaha ! Quand on constate le désordre apporté par un tout petit relèvement de 0,25 %, une nouvelle opération de ce genre ferait l'effet d'un énorme aspirateur qui viendrait assécher toutes les liquidités des économies du monde. Ce serait l'implosion assurée...

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Lun 1 Fév - 17:19

.
vlad2 a écrit:
La dépression mondiale s'avance, les banques centrales ont perdu le contrôle, alors 2016 ou 2017 ?, et même la guerre, plus de remèdes ...... ;

on n'est pas dans un concours de pronostics, même entre marxistes patentés, que ne sont d'ailleurs pas les remarques de Monde-Antigone dans ce texte, où celles de Patrick Artus* qu'il diffuse ici :
* Patrick Artus : "La bulle obligataire va exploser et la crise sera bien pire", France-Inter 25 janvier

je partage essentiellement la conclusion de Michel Roberts,

Citation :
My position has been it is the job of economics to make forecasts just like any other science, even if that is much more difficult with social sciences where human decision-making is involved.  But just like weather forecasting, your forecasts will be only as good as your theoretical foundations and empirical research.  Based on Marx’s laws of motion under capitalism, profitability, debt and investment are key indicators of boom or slump.  On those indicators, as I have argued in previous posts, a global recession is coming.

And as I argued at the beginning of this year, the timing of that has got much closer; maybe this year, but probably by the end of 2017 at the latest.

Ma position a été que c'est le travail de l'économie de faire des prévisions à l'instar de toute autre science, même si c'est beaucoup plus difficile avec les sciences sociales lorsqu'il s'agit de prise de décision humaine. Mais tout comme les prévisions météorologiques, vos prévisions seront seulement aussi bonnes que vos fondements théoriques et les recherches empiriques. Basés sur les lois du mouvement dans le capitalisme selon Marx, l'investissement, la dette et la rentabilité sont des indicateurs clés du boum ou de la récession. Selon ces indicateurs, comme je l'ai expliqué dans les posts précédents, une récession mondiale est à venir.

Et comme je le disais au début de cette année, le calendrier s'est rapproché; peut-être cette année, mais probablement à la fin de 2017 au plus tard.


et j'ajoute, toujours en accord avec Marx, que la guerre est un moyen très efficace de "résoudre" les crises en remettant à plat la corse au taux de profit. Dire que « la guerre n'est pas un remède », certes, elle ne peut pas se faire sans victimes y compris parmi les groupes capitalistes, et c'est son premier objectif : il faut détruire une partie des capitaux pour relancer la compétition entre capitalistes, par branches, entre grands groupes, grandes zones d'influences géo-économiques, etc. et la guerre permet cette destruction matérielle, que ce soit de matériel pour la faire, de moyens de productions industriels ou de réalisations civiles, pour s'empresser de les reconstruire...

vendre des armes ne vaut que si on les casse pour les réparer ou en fabriquer d'autres, et cet impératif économique détermine les autres dont il est renforcé : la "guerre au terrorisme" est donc autant, en boucle, idéologique et politique qu'économique


je ne dis pas que ces pronostics sont faux, mais il faut voir sur quoi ils portent, pour qui, et de quel point de vue. En temps de pais, quand la course en bourse détruit des millions d'emplois, les capitalistes ne "paniquent" pas !

en tout cas, personnellement je crois de plus en plus à une nouvelle restructuration mondiale du capitalisme, et je ne peux plus la concevoir qu'en raison de la double crise de l'Occident et du capital. Il y a des pays où l'on "panique" beaucoup moins que chez nous, parce qu'à terme, ils sont des atouts que l'Occident a perdu, et notamment la démographie c'est-à-dire aussi la population exploitable : «chez nous» elle n'est même plus exploitable, il suffit de la laisser crever (cf 10.000 enfants migrants disparus en Europe !), ou de l'exterminer ici ou là (Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud), en l'affamant ou en la laissant crever de ses maladies tant qu'elles ne « nous » atteignent pas...

si ce prolétariat n'est pas disponible ou exploitable à des conditions massivement possibles «chez nous», «chez eux» ils sont taillable et corvéables à merci à des conditions pires qu'en Angleterre au début du capitalisme, et leurs dirigeants ne s'en privent pas : dans cette guerre-là, «nous» ne faisons pas à terme le poids
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Mar 2 Fév - 13:51


on accuse volontiers le réseau Voltaire de complotisme et d'anti-américanisme primaire. Certains articles n'en relèvent pas et celui-ci n'est pas inintéressant...


La crise à venir est une énigme pour tout le monde

Où éclatera la prochaine crise économique mondiale ? Ariel Noyola Rodríguez Réseau Voltaire 2 février 2016

le gros problème est que personne ne sait vraiment comment vont réagir les marchés financiers au moindre mouvement de la Fed. Les chutes successives de Wall Street vont-elle déclencher une récession à l’échelle mondiale ? L’hégémonie du dollar sera-t-elle finalement mortellement atteinte face à la vente massive des bons du Trésor des États-Unis ? Dans quelle mesure la Chine et les pays émergents résisteront-ils ? La crise à venir est une énigme pour tout le monde…

L’année 2016 commence à peine et les pertes des différentes places boursières à travers le monde sont colossales : près de 8 000 milliards de dollars au cours des trois premières semaines de janvier, selon les calculs de la Bank of America Merrill Lynch. Le gouvernement états-unien est parvenu à assujettir les banques d’investissement à la drogue du crédit bon marché. Et maintenant que le stimulus monétaire de la Fed a pris fin, tout le monde en paie les conséquences. Lors du récent sommet de Davos, il a été souligné que l’incertitude règne parmi les grandes entreprises : personne ne sait où la prochaine crise éclatera.


Citation :
Un frisson financier a fait sombrer le Club de Davos [1] dans le pessimisme. Plus de 2 000 chefs d’entreprises et dirigeants politiques réunis en Suisse (du 20 au 23 janvier) ne savent plus comment convaincre les gens que l’économie mondiale est sous contrôle. À peine quelques jours après la clôture de la XLVIè édition du Forum économique mondial [2], les investisseurs ont paniqué : au cours des trois premières semaines de janvier les différentes bourses des valeurs ont totalisé 7 800milliards de dollars de pertes, selon les estimations de Bank of America Merrill Lynch [3].

Pour la banque d’affaires d’origine US, ce mois de janvier restera comme le plus dramatique pour la finance depuis la Grande Dépression de 1929. Les circuits financiers internationaux sont de plus en plus vulnérables. Et l’effondrement de la confiance des entreprises semble irréversible. PricewaterhouseCoopers (PwC) a récemment publié les résultats d’un sondage qui reflète l’opinion de 1 409 dirigeants d’entreprises de 83 pays sur les perspectives économiques : 66 % des participants estiment que leur organisation fait face à de plus grandes menaces aujourd’hui qu’il y a trois ans et seulement 27 % pensent que la croissance mondiale va s’améliorer [4].

L’incertitude est telle que lors du sommet de Davos, il n’y avait pas de consensus parmi les entreprises géantes sur le lieu où la prochaine crise éclaterait. Pourtant, les médias occidentaux ne se lassent pas d’accuser le ralentissement en Chine comme la principale cause de la crise dans l’économie mondiale. En fait, le spéculateur George Soros —qui a attaqué la livre sterling dans les années 1990— a soutenu à Davos qu’un atterrissage brutal de l’économie chinoise est « inévitable » [5] ; c’était sans aucun doute une déclaration exagérée. À mon avis, il y a une campagne de propagande dirigée contre Pékin pour tenter de cacher les contradictions économiques et sociales graves qui persistent dans les pays industrialisés (États-Unis, Allemagne, France, Royaume-Uni, Japon, etc.).

Malgré le triomphalisme de la présidente de la Réserve fédérale (Fed), Janet Yellen, au cours des dernières semaines, l’économie états-unienne a de nouveau montré des signes de faiblesse. Le secteur manufacturier a connu en décembre dernier son second mois de contraction, le niveau le plus bas des six dernières années. En outre, l’effondrement des prix des matières premières a soutenu l’appréciation du dollar et il devient de ce fait plus difficile pour Washington de contrer la menace de déflation (baisse des prix). L’horizon aujourd’hui est plus sombre après que le prix de référence international du pétrole est tombé en dessous de 30 dollars le baril [6]. Pire encore, le Fonds monétaire international (FMI) a diminué ses nouvelles perspectives de croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial pour cette année de 3,6 % à 3,4% [7].

La vérité est que les politiques de crédit bon marché promues par les banques centrales dans les pays industrialisés après l’effondrement de Lehman Brothers en 2008 ont causé d’énormes distorsions sur les marchés du crédit et maintenant tout le monde doit payer l’addition [8]. Selon les calculs du fonds d’investissement Elliot Management (dirigé par Paul Singer), les banques centrales des grandes puissances ont injecté dans l’économie mondiale environ 15 trillions (soit quinze mille milliards) de dollars depuis la crise de 2008 en achetant des obligations souveraines et des actifs hypothécaires [9]. Malheureusement, cette stratégie n’ouvre pas la voie à une reprise régulière, mais au contraire, augmente la fragilité financière.

La zone euro n’arrive toujours pas à se sortir des taux de croissance économique faibles. La crise a frappé non seulement des pays comme l’Espagne et la Grèce ; le cœur même de l’Europe a été impliqué dans de graves difficultés : la menace de la déflation plane sur l’Allemagne, après avoir appris que les prix à la consommation ont progressé de seulement 0,3 % en moyenne en 2015, le niveau le plus faible depuis la récession de 2009 lorsque le PIB allemand s’est contracté de 5 % ; et le président français François Hollande, a annoncé à nouveau l’état d’urgence économique face au niveau élevé du chômage et à la faiblesse des investissements [10].

Cela a vraiment inquiété le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, qui a été forcé d’envisager un élargissement des mesures de relance pour mars prochain [11]. Il en va de même pour la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon, qui avaient pourtant déjà mis en place un taux d’intérêt de référence minimum et lancé des programmes agressifs d’injection de liquidités. Ces deux pays ne sont pas encore parvenus à sortir leurs économies de l’ornière ni à augmenter significativement l’inflation, qui reste loin de l’objectif officiel de 2%.

Avec tout cela, l’écrasante domination du dollar sur le marché mondial des capitaux attribue aux États-Unis un rôle décisif dans la détermination de la politique monétaire des autres pays. Nul doute que la Fed a eu tort de relever le taux d’intérêt des fonds fédéraux décembre dernier. Il n’y avait tout simplement pas suffisamment de preuves pour conclure que la reprise de l’économie US était solide et soutenue. Maintenant que la situation a empiré il est presque certain que lors de ses prochaines réunions, le Federal Open Market Committee (FOMC) de la Fed n’augmentera pas le coût du crédit, il est même susceptible de réduire le taux intérêt de référence.

Cependant, le gros problème est que personne ne sait vraiment comment vont réagir les marchés financiers [12] au moindre mouvement de la Fed. Les chutes successives de Wall Street vont-elle déclencher une récession à l’échelle mondiale ? L’hégémonie du dollar sera-t-elle finalement mortellement atteinte face à la vente massive des bons du Trésor des États-Unis ? Dans quelle mesure la Chine et les pays émergents résisteront-ils ? La crise à venir est une énigme pour tout le monde…

Ariel Noyola Rodríguez

Traduction JJ site : Le Saker Francophone
Source Russia Today (Russie)


[1] Rappelons que le Forum économique mondial de Davos est une initiative du CIPE, la branche patronale de la National Endowment for Democracy (NED). « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

[2] “Davos 2016 : Global economy seen to be hanging in the balance”, Chris Giles, Financial Times, January 19, 2016.

[3] “Nearly $8 trillion wiped off world stocks in January, U.S. recession chances rising : BAML”, Jamie McGeever, Reuters, January 22, 2016.

[4] « En Davos, el pesimismo es el sentimiento de moda », Dana Cimilluca, The Wall Street Journal, 20 de enero de 2016.

[5] « Soros : China Hard Landing Is Practically Unavoidable », Bloomberg, January 21, 2016.

[6] « Goldman Sachs понижает цену нефти », Михаи́л Лео́нтьев , 1tv (Россия) , Сеть Вольтер, 18 января 2016.

[7] « IMF Cuts Global Growth Forecast to 3.4% in Year of ‘Great Challenges’ », Andrew Mayeda, Bloomberg, January 19, 2016.

[8] « El crédito barato ya no alcanza para estimular la economía mundial », Lingling Wei & Jon Hilsenrath, The Wall Street Journal, 20 de enero de 2016.

[9] « Fears of global liquidity crunch haunt Davos elites », Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, January 20, 2016.

[10] « François Hollande en état d’urgence », Gérard Courtois, Le Monde, 19 janvier 2016.

[11] « Draghi hints at more stimulus in March », Claire Jones & Elaine Moore, The Financial Times, January 21, 2016.

[12] « The world has glimpsed financial crisis. But is the worst to come ? », Jamie Doward, Larry Elliott, Rod Ardehali & Terry Macalister, The Guardian, January 24, 2016.

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Dim 14 Fév - 13:52


des nouvelles du taux de profit

Michael Roberts Blog
blogging from a marxist economist


Robert J Gordon and the rise and fall of American capitalism Michael Roberts  February 14, 2016

conclusion

Citation :
Also, capitalism could get a further kick forward from exploiting the hundreds of millions coming into the labour forces of Asia, South America and the Middle East.  This would be a classic way of compensating for the falling rate of profit in the mature capitalist economies.  While the industrial workforce in the mature capitalist economies has shrunk to under 150m, as unproductive labour has risen sharply; in the so-called emerging economies the industrial workforce now stands at 500m, having surpassed the industrial work force in the  imperialist countries by the early 1980s.  In addition, there is a large reserve army of labour composed of unemployed, underemployed or inactive adults of another 2.3bn people globally that could also be exploited for new value.

So there may be life in capitalism globally yet even if it is in ‘down mode’ right now.  Or maybe this potential labour force will not be ‘properly exploited’ by the capitalist mode of production and Gordon is right.  The world rate of profit (not just the rate of profit in the mature G7 economies) stopped rising in the late 1990s and has not recovered to the level of the golden age for capitalism in the 1960s, despite the massive potential global labour force.  It seems that the countervailing factors of foreign investment in the emerging world, combined with new technology, have not been sufficient to push up the world rate of profit in the last decade or so, so far. The downward phase of the global capitalist cycle is still in play.

traduction approximative
Citation :
Aussi le capitalisme pourrait-il recevoir un autre coup de pied avant d'exploiter des centaines de millions [de prolétaires] à venir dans la force de travail en Asie, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Ce serait une façon classique de compenser la baisse du taux de profit des économies capitalistes matures.

Alors que la main-d'œuvre industrielle dans les économies capitalistes matures a chuté à moins de 150m d'altitude, l'improductivité de la main-d'œuvre a augmenté ; dans ce qu'on appelle les économies émergentes la main-d'œuvre industrielle s'élève actuellement à 500m, depuis le début des années 1980, dépassant la main-d'œuvre industrielle dans les pays impérialistes. En outre, il existe une grande armée de réserve de main-d'œuvre composée de sans emplois, sous-employés ou adultes inactifs d'un autre 2 sur 3 personnes dans le monde peuvent aussi être exploitées pour créer de la nouvelle valeur.

Donc il peut y avoir une vie dans le capitalisme à l'échelle mondiale encore même si il est en mode « bas » en ce moment. Ou peut-être cette main-d'œuvre potentielle ne sera-t-elle pas « correctement exploitée » par le mode de production capitaliste et Gordon a raison. Le taux de profit (pas seulement du taux de profit dans l'économie des pays du G7 matures) a cessé de monter dans les années 1990 et n'a pas récupéré son niveau de l'âge d'or pour le capitalisme dans les années 1960, malgré l'énorme potentiel de main-d'œuvre mondiale.

Il semble que les facteurs compensatoires de l'investissement étranger dans les pays émergents, combinés aux nouvelles technologies, n'ont pas suffi à faire grimper le taux de profit dans la ou les deux dernières décennies, jusqu'à présent.

La phase descendante du cycle mondial capitaliste est encore en jeu
.

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