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 ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?

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MessageSujet: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Ven 8 Mai - 8:36


note du 18 décembre : voir en relation insécable le nouveau sujet AGRICULTURE et PAYSANS, EXTRACTIVISME : pas de CAPITALISME sans RENTE FONCIÈRE

Le Capital : La formule tripartite

Marx a écrit:
Capital-Profit (profit d'entreprise + intérêt), Terre-Rente, Travail-Salaire, telle est la formule tripartite qui exprime tous les secrets de la production sociale. Mais l'intérêt est en réalité le produit caractéristique du capital, par opposition au profit d'entreprise, qui en est indépendant et qui est le salaire du travail : la formule se ramène donc à Capital-Intérêt, Terre-Rente, Travail-Salaire, expression de laquelle est heureusement éliminé le profit, la forme caractéristique que revêt la plus-value dans la production capitaliste.

Karl Marx Le Capital 1865 - Livre III Le procès d'ensemble de la production capitaliste § 7 : Les revenus et leur source



note du 9 décembre 2015 : j'avais posé la question d'une possible restructuration du capitalisme mondial dans le sujet CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION COLONIALISTE" ?

c'est en effet ainsi qu'on se posait la question il y a quelques années, en y ajoutant les « émergents » (Brésil, Inde, Asie du Sud-Est...). Or l'examen de ce qui se passe sur tous les continents non occidentaux (Japon compris), à différentes échelles et différents rythmes, nous amène à poser la question plus largement, de façon transnationale par les échanges accrus entre économies continentalement géo-centrées mais shuntant désormais les échanges avec l'Occident capitaliste

on a cessé depuis deux ans d'annoncer un "tsunami sur les marchés financiers", un nouveau soubresaut de la crise économique dans la crise permanente, et force est de constater que ce moment ne vient pas, ou pas aussi vite qu'attendu, voire espéré par les "camarades" voyant là l'occasion d'une fenêtre révolutionnaire

pour l'heure, la guerre est là, qui ne prend pas (encore ?) l'aspect d'un conflit classique généralisé, et nous savons qu'elle vient comme nécessité pour le capital de faire le manage dans la concurrence pour le maintien du taux de profits de groupes transnationaux plus ou moins liés à des États-nations. Le transnationalisme est désormais la règle pour tous : prolétariat et capital, capitalistes apatrides et précariat globalisé, esclavagistes sans visages et 'Nègres du monde'



dans la mesure où le rapport contradictoire du capital est implication réciproque entre exploitation et activités de luttes du prolétariat, on ne saurait saisir l'économie politique sans les luttes de classe. Voir donc les sujets consacrés à ces luttes et la catégorie TRAVAIL : EN AVOIR OU PAS... MAIS ENCORE ?


« Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l'orage »

Jean Jaurès

la crise économique pousse aussi à la guerre, difficile de faire rentrer le tout sans y relier les parties, voir donc en relation :

- une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?

- GUERRE AU TERRORISME : la grande imposture d'une guerre capitaliste

scratch

Tout va très bien Madame la Marquise Ray Ventura 1935 Vidéo
Citation :
Ecrite par Paul Misraki et chantée par Ray Ventura, cette chanson se moque de l’optimisme forcené des gouvernements français successifs devant la montée du nazisme.
La création des premiers camps de concentration, l’incendie du Reichstag, les lois de Nuremberg… n’inspiraient aucune inquiétude. Il était plus facile de dire que « tout allait bien » ! Tout continuait à aller bien en France… jusqu’au 10 mai 1940, où l'on cessa de chanter.
Tout va très bien madame la marquise est devenu un raccourci historique pour dépeindre l'immédiate avant-guerre (années 1935-1939) en France et peut-être plus particulièrement les accords de Munich (septembre 1938).
Dès l'année suivant son enregistrement (22 mai 19351) la formule fait déjà florès auprès des journalistes. L'expression « Tout va très bien monsieur Herriot » est employée au moment des grèves de juin 1936.
Ce sera ensuite « Tout va très bien Monsieur Mussolini ». Et enfin "Tout va très bien mon Führer " sur les ondes de Radio-Londres.
J'ai envie de dire qu'actuellement aussi, "Tout va très bien" !

Vers la fin de la crise économique mondiale France Info 15 avril
France Info a écrit:
Quelles forces, quelles faiblesses pour l’économie mondiale, on y voit beaucoup plus clair depuis la publication hier des « Perspectives économiques » du FMI, le Fonds monétaire international. Est-on enfin sorti de la crise ?

Globalement, oui,  une longue phase de dépression est en train de s’achever, une page se tourne enfin au moins pour les pays occidentaux. Grace au rapport passionnant du FMI, on peut comprendre ce qui se passe à l’échelle de la planète. Je vous ai sélectionné d’abord trois grands traits.

1 – L’économie mondiale a retrouvé son rythme de croisière, elle va croître de 3,5% cette année et d’un peu plus l’an prochain, 3,8%, donc il y a une dynamique, c’est bien un nouveau cycle qui démarre.

2 – Il aura donc fallu huit ans pour que les grands pays occidentaux sortent globalement de ce qui aura été la plus grave crise économique depuis 1929. La reprise est désormais solide aux Etats-Unis, avec plus de 3% de croissance en 2015 et 2016. Même la zone euro sort enfin du coma.

3 – Il y a une sorte de grand mouvement de balancier, quand les pays occidentaux remontent, et bien les pays émergents descendent. Certes ils pèsent encore 70% de la croissance mondiale, mais ils sont en proie à toutes sortes de difficultés, politiques et économiques. Ça n’a d’ailleurs plus de sens de parler des Brics, vous savez l’acronyme de Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, auquel on croyait tant, la Russie et le Brésil sont en récession, la Chine ralentit fortement, et l’Afrique du Sud s’est fait dépasser par le Nigéria. Rien ne va plus de ce côté là.

Alors si on regarde plus précisément la zone euro ?

Et bien la confiance revient, lentement, mais sûrement. Tous les pays sont désormais orientés à la hausse, même si c’est encore souvent modeste. L’investissement est reparti en Allemagne, en Espagne et en Irlande. L'Italie va sortir de la récession. En moyenne, pour la zone euro la croissance sera de 1 et demi % cette année et l’année prochaine, grâce surtout, on le sait, à la chute des prix de l’énergie, à la baisse de l’euro, et des taux d’intérêts très bas et à l’action vigoureuse de la banque centrale européenne.

Et la France ?

Et bien la France profite elle aussi de tous ces facteurs extérieurs ; et le FMI est plus un peu plus optimiste que le gouvernement français, pour cette année avec 1,2% contre 1% pour Bercy. Il n’y a pas de hasard, François Hollande préfère désormais annoncer des bonnes surprises, que de prévoir des améliorations qui ne viennent pas. Mais il y a dans le rapport du FMI, comme un message sibyllin pour la France, la reprise extérieure ne pourra pas tout; sans la poursuite de réformes structurelles du marché du travail, des biens et des services, la croissance risque de s’essouffler. Ceux qui auront fait ces réformes s’en sortiront mieux que les autres quand les stimulants extérieurs seront moins forts, et ça nul doute que ça arrivera un jour. Miser sur la chance donc, et sur la chance seulement, c’est un pari plus que risqué pour la France. C’était la contribution du FMI à notre débat national.



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MessageSujet: Bond market sell-off signals mounting financial crisis WSWS   Ven 8 Mai - 10:21


another side of the story : un autre son de cloche

Bond market sell-off signals mounting financial crisis Nick Beams WSWS 8 mai 2015

Nick Beams a écrit:

The instability of the global financial system and the potential for another crash have been underscored by a major sell-off of government bonds this week. Yesterday saw European markets display levels of volatility not seen since the euro zone debt crisis turmoil of three years ago.

In the course of the day, the yield on the German 10-year government bond, which moves inversely to its price, jumped by 21 basis points (a 0.21 percentage point rise) to 0.80 percent, before falling back to its opening level of 0.59 percent.

In the middle of last month, the yield was just 0.05 percent, with predictions that it was on its way to zero.

Other markets in Asia and the United States have also showed considerable volatility. The US bond market this week suffered its longest losing streak since 2011, with the yield on the 10-year bond treasury note rising at one point to its highest level for the year.

It has been estimated that in the last two weeks alone some $2 trillion has been wiped off global share and bond markets.

The rapid rise in European yields indicates that there has been a massive exit from the bond market after investors and speculators had shovelled billions of dollars into purchases following the initiation of the European Central Bank’s asset purchasing program which pumps €60 billion per month into financial markets.

Money poured in because of the belief that, as a result of the ECB’s actions, bond prices would continue to rise and, despite falling yields, there were big profits to be made via capital gains. Markets operated according to the theory that while it may be foolish to buy at an elevated price there was a bigger fool who would pay even more in the near future.

The scale of the swing can be gauged from the fact that in normal times the yield on bonds only moves by a few hundredths of a percentage point in the course of a day.

But normal calculations have been thrown awry by the near-zero interest rate regime of the world’s major central banks and the associated asset-purchasing programs, so-called quantitative easing.

Consequently, market analysts were at something of a loss to find an explanation for this week’s events, as evidenced by a range of comments cited in today’s Financial Times.

The movements of recent days have been extremely unusual and the magnitude doesn’t reflect the economic data we’re seeing,” James Athey, investment manager at Aberdeen Asset Management said.

Michael Riddell, bond fund manager at M&G investments, told the newspaper: “It is difficult to understand exactly what is driving this. But that’s in part because central bank action has blunted the relationship between the feedback from the economy and prices in markets.”

Ralf Presser, the rates strategist as Bank of America Merrill Lynch, said there was a “lot of soul searching at the moment” because it was thought that the yield on German 10-year bonds was heading for minus 20 basis points. In other words, the price of bonds was going to continue to rise.

In addition to the gyrations on the bond market, another indication of mounting financial instability is contained in a report issued today which claims that emerging markets—a target for speculators in search of higher profits—have suffered a bigger exit of capital over the last three quarters than that experienced in the financial crisis of 2008–2009. The total outflow from the 15 largest such markets in the nine months the end of March was just over $600 billion, compared to an outflow of $545 billion in the same period to March 2009.

A spokesman for the firm publishing the results said the selloff could continue into the second quarter of the year. An even bigger contraction has been recorded in the foreign currency reserves of emerging markets; these have plummeted by more than $374 billion from December last March, amid falling growth rates—down to 3.9 percent in February from 4.1 percent the previous month.

While it is not clear yet where the losses in European financial markets have been sustained—and they could run into many billions of dollars—the potential for another financial catastrophe was made clear in a report issued by the Joint Committee of European Supervisory Authorities earlier this week.

It covered conditions in financial markets from September 2104 to March this year in the lead-up to this week’s sell-off. The report began by noting that since the last report in August “financial system risks” had “intensified further.”

Persistent low interest rates had sustained the demand for riskier investments and provided investors with incentives for enhancing their returns. “This is frequently achieved by renewed build-up of leverage [that is, increased debt]” with such increases “mainly limited to financial institutions outside the banking system.”

But it also indicated that “fundamental questions” remain about the “sustainability of some banks’ business models in search for sustained and solid profitability” in an environment of low interest rates.

In a warning of the possible consequences, it concluded: “A fragile market equilibrium, could be disrupted by some large or several unexpected negative events.” This could lead to a reassessment of risk which “would have a substantial impact on the financial system via decreasing asset values.”

This week’s events certainly fit the description of an “unexpected negative event.”

The report also gave the lie to the claim, advanced by financial authorities in support of the program of quantitative easing, that in the long run it will provide a boost to the real economy.

Describing investment levels as “anaemic” and remaining below the pre-2008 trend, it said that with low growth rates, savers turn to bubbles to reach their targets and “over time, productive investments are crowded out, as real resources are misdirected.”

That is to say, far from leading to an improvement in the real economy via increased investment, the policies of the central banks, which have fuelled bubbles and enabled the accumulation of vast profits via financial speculation, make an already dire situation even worse.

The worsening state of the global economy has also been highlighted by figures on the American economy, which show that it all but stagnated in the first quarter this year, recording an expansion of just 0.2 percent. It would have been negative but for a build-up of inventories, often an indicator of recession.

But these figures could be revised down in the coming weeks amid further evidence of economic weakening.

The US trade deficit for March rose by 43 percent to $51.4 billion, the worst figure since October 2008 and the largest percentage increase since 1996. These figures indicate that US export performance in the first quarter may have been worse than initially estimated, prompting a report by BNP Paribas that the American economy could have contracted at an annual rate of 0.4 percent in the first quarter.

The turbulence in financial markets and the worsening outlook in the real economy are an indictment of capitalist governments and financial authorities around the world.

Not only have their policies provided no economic “recovery,” their handing out of virtually free money to the finance houses and speculators has created the conditions for another financial catastrophe which will result in further far-reaching attacks on the social conditions of the working class.
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MessageSujet: 2015 – Le krach mondial n’aura pas lieu GEAB   Ven 8 Mai - 10:33

2015 – Le krach mondial n’aura pas lieu GEAB

GEAB a écrit:
Nous aurions aussi pu intituler notre article : « Non, le gonflement des bourses chinoises n’est pas une bulle », car c’est beaucoup de la Chine dont il va être ici question. La délirante augmentation de 100 % de la bourse de Shanghai en un an est certes effrayante, mais elle traduit une dynamique réelle (ou plutôt un rattrapage) du développement économique du pays. Il faut vraiment se demander comment du vrai argent (l’épargne des Chinois) s’investissant dans de vrais besoins (infrastructures, systèmes sociaux, dépollution, route de la soie, etc.) pourrait générer une bulle.

Notre équipe souhaite relever l’incohérence qu’il y a à s’effrayer de la prise de valeur de places financières situées dans d’évidentes zones de développement économique comme la Chine, alors que depuis des années le monde entier doit s’émerveiller des scores des bourses occidentales, et en particulier américaines, en complète contradiction avec les fondamentaux économiques des zones concernées. Oui, la bourse étasunienne est en pleine bulle (ainsi que, dans une moindre mesure, le Japon et l’Europe). Mais la libération des dynamiques des émergents se dotant des outils infrastructurels à la taille de leurs flux est sur le point d’absorber toutes ces bulles pour financer un développement d’activité d’une échelle encore jamais vue. Le krach mondial n’aura donc pas lieu, parce que la « planète finance » vient seulement de naître.

Les sous-parties de l’article :

1.Bourse chinoise : une ouverture bien préparée
2.Route de la soie : la Chine vient de lancer un New Deal mondial
3.BRIICS et BAII libèrent la puissance des économies émergentes
4.De la globalisation à la globalité : problème de plomberie résolu !
5.Un monde ouvert, mais pas béant
6.Vers un krach occidental… ou pas


Notre équipe a choisi de rendre public la partie de cet article intitulée « De la globalisation à la globalité : problème de plomberie résolu ! »,

De la globalisation à la globalité : problème de plomberie résolu !

Il ne tient qu’à l’Occident de saisir cette formidable opportunité. D’un côté, il y a la montagne insurmontable des problèmes des États-Unis : une économie qui entre à nouveau en récession[1], la précarité qui atteint des sommets[2], les revenus des 80 % les moins riches qui baissent depuis déjà deux ans[3], une sécheresse qui n’en finit plus en Californie, le spectre d’un nouveau shutdown en novembre[4] avec possibilité de défaut de paiement à la clé, une bourse en surchauffe[5], etc.

Figure 1 – Évolution des revenus par quintile, entre les périodes juillet 2012-juillet 2013
et juillet 2013-juillet 2014. Source : Bloomberg

De l’autre côté, il y a les perspectives prometteuses des BRIICS dans une logique de collaboration mondiale.

Nos lecteurs savent bien à quel point nous nous sommes inquiétés l’an dernier du risque d’enfermement de l’Occident sur lui-même. Depuis trois mois, nous avons repris le fil de nos anticipations concernant l’émergence du monde multipolaire, des défis posés par son organisation, des obstacles à sa mise en place et des écueils à son développement aussi. Avec l’accord iranien, le monde est soudain redevenu passionnant… car les problèmes qui se présentent sont autant de défis à relever et non plus des menaces de mort. Les solutions existent.

Ces problèmes sont innombrables : dégâts de la crise systémique globale à réparer autant que problèmes structurels à résoudre ensemble. Mais la machine est relancée et elle est mondiale pour la première fois dans l’histoire. Ce passage d’un monde occidental à un monde global a finalement surtout posé des problèmes de plomberie : une seule monnaie appuyée sur une petite économie nationale US, des marchés financiers non adaptés à la taille des flux, des institutions internationales incapables d’intégrer les nouvelles réalités globales… Alors, les BRICS ont relevé leurs manches et créé les conditions de réinvention du système monétaire international multi-monnaie, de marchés financiers véritablement mondiaux (par des innovations comme la connexion de leurs deux places financières de Shanghai et Hong Kong[6], sans parler du réseau de transaction en yuans qui traverse désormais la planète), des banques multipolaires ou mondiales comme la banque BRICS ou la toute nouvelle Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), vers laquelle les pays européens, après avoir boudé la banque BRICS, se ruent désormais à l’invitation des Chinois (Londres d’abord, puis Paris, Rome et Berlin)[7], au point que les États-Unis, après avoir « grondé » les Européens pour leur enthousiasme[8], se retrouvent obligés de marquer une certaine volonté de coopération[9]. Même Israël, qui s’est fait courtiser par l’AIIB, comme par hasard pendant les négociations avec l’Iran a décidé de poser sa candidature[10].

Il manquait à toute cette ingénierie le terrain d’application. La Route de la soie en fournit la première trame. Le monde multipolaire est à construire, les milliards et les milliards qui flottaient dans l’air des marchés financiers occidentaux vont à nouveau pouvoir trouver où se poser. C’est un véritable New Deal que nous proposent les Chinois, nous l’avons vu, mais cette fois, il est mondial. L’Occident a inventé la globalisation, mais c’est la Chine, et les BRICS, qui ont bouclé le processus et mis en place la globalité. Pour lire la suite, abonnez-vous au GEAB.

—————————————–
[liens actifs dans l'article original]
[1] Source : Business Insider, 02/04/2015
[2] Selon une étude de 2013 (déjà), 80 % des Américains ont fait face au chômage au cours de leur vie professionnelle, ou pendant au moins un an ont dépendu des aides de l’État ou ont vécu avec des revenus inférieurs à 150 % du seuil de pauvreté. Source : Associated Press, 28/07/2013
[3] Source : Bloomberg, 02/04/2015
[4] Source : CNBC, 16/03/2015
[5] Source : MarketWatch, 25/03/2015
[6] Source : China Stock Markets web
[7] Source : Le Monde, 17/03/2015
[8] Source : The Guardian, 13/03/2015
[9] Source : Xinhuanet, 30/03/2015
[10] Source : Japan Times, 02/04/2015
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MessageSujet: quelle critique actuelle de l'économie politique ?   Ven 8 Mai - 10:46

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MessageSujet: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ?   Jeu 21 Mai - 11:14

le capitalisme, c'est d'abord une économie politique, et Le Capital, de Marx, c'est la critique de l'économie politique, non une économie politique pour le communisme

néanmoins, cette "économie politique", comme son nom l'indique, n'est pas qu'économie, elle est aussi politique. C'est pourquoi il est impossible de séparer les deux, dans ce qui serait une critique économiste de l'économie, ou une focalisation, bien française, sur un primat de la politique sur l'économie, comme si la première pouvait orienter la seconde sans dépendre de ses "lois", à commencer par la loi de la valeur et la tendance à la baisse du taux de profit, dont l'histoire est scandée par la concurrence entre capitaux, aujourd'hui transnationaux, cad dépassant les ères nationales contrôlées par les Etats-Nations, poussant ceux-ci à des alliances stratégiques et militaires, et bien souvent, comme disait Jaurès, à la guerre

en relation donc, le sujet État transnational, géostratégie et capitalisme global : entamer le débat sur l’impérialisme en France" (some in English)



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MessageSujet: La Chine, nouveau banquier du monde   Jeu 21 Mai - 11:19

La Chine, nouveau banquier du monde Michel Lachkar 20 mai 2015

FranceTVinfo a écrit:

Image Lancement à Pékin de la Banque Asiatique d'Investissement des Infrastructures. Cérémonie de signature, en octobre 2014. © Reuters/Takaki Yajima  

La Chine a réussi à rallier 57 pays à son projet de Banque asiatique d’investissement. En dépit de l’opposition déclarée de Washington et de Tokyo, Pékin casse le monopole de la Banque mondiale et du FMI, sous domination américaine et européenne depuis 1945. La Chine assume son nouveau statut de grande puissance. Le basculement du monde vers l'Asie est en cours.

Le refus américain de faire évoluer les droits de vote de la Chine au FMI et à la Banque mondiale, à hauteur de sa nouvelle puissance économique, a poussé Pékin à créer sa propre banque d’investissement. La nouvelle Banque Asiatique de Développement pour les Infrastructures (AIIB) se veut un concurrent à la Banque mondiale sous influence américaine et à la Banque Asiatique de Développement sous influence japonaise. Cette nouvelle banque régionale doit positionner Pékin au centre de l’échiquier asiatique et pousser ses grandes entreprises sur le gigantesque marché des infrastructures.
 
Concurrencer le FMI et la Banque mondiale

Ne pouvant se couper du formidable marché chinois et asiatique, le Royaume Uni, l’Allemagne et la France ont finalement décidé de rejoindre les pays fondateurs de l’AIIB, lancée en octobre 2014 à Pékin. Pour Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor américain, « on se souviendra de ce moment comme celui où les Etats-Unis ont perdu le contrôle du système économique mondial ».
 
Les Etats Unis et le Japon tentent de freiner la montée en Puissance de Pékin. Ils arguent que cette nouvelle banque, dans laquelle la Chine sera le principal actionnaire, risque d’être moins regardante sur la bonne gouvernance, la corruption ou sur les risques environnementaux…

Collier de perles et route de la soie


Au-delà des 50 milliards de dollars qu’elle va mobiliser pour l’AIIB, la Chine va allouer 40 milliards à un fonds pour «la nouvelle route de la soie» destiné à relier la Chine à l’Europe par voie terrestre et maritime.
 
Un « collier de perles » portuaire qui doit relier le Yunan chinois à Vientiane (Laos), Bangkok, et Singapour… et l’autre axe stratégique doit relier la Chine à l’Inde et au Moyen Orient, en passant par le Pakistan.

Le président Xi Jinping a annoncé le 20 avril 2015 à Islamabad un investissement de 57 milliards d’euros dans des infrastructures de transport : routes, chemins de fer, ports reliant l’Empire du milieu au Moyen-Orient. Long de 6000 kilomètres, l’axe reprend celui utilisé pour le commerce de la soie jusqu’au XVe siècle qui allait de la côte pacifique chinoise à l’actuelle Turquie. Cette route ouvre la voie à des approvisionnements stratégiques et donne accès à de nouveaux marchés.

« La chine ne manque aucune occasion d’étendre son influence dans ce qu’elle considère comme sa zone géographique naturelle face au concurrent japonais. Mais cela ne l’empêche pas de voir encore plus loin », affirme Jean-Louis Beffa dans son livre Les clés de la puissance.

Que mille ports et aéroports rivalisent

En Afrique, la Chine continue à acheter des terres et des matières premières tout en construisant des routes et des ports pour les transporter. En 2009 et 2010, la Chine a accordé plus de prêts aux pays africains en difficulté que la Banque mondiale.
 
Pékin s’est également positionné comme le premier partenaire commercial du Brésil. Promettant 50 milliards de dollars d’investissements dans des réseaux de transports ferroviaires et routiers. Un projet destiné à sortir les exportations brésiliennes par la côte Pacifique. Ce couloir traversera une partie de l’Amazonie jusqu’au Pérou.
 
« Comme à son habitude, la chine valorise son excellence dans les infrastructures pour offrir ses services et s’implanter économiquement », écrit Jean-Louis Beffa. Grâce à cette nouvelle banque d’investissement, la Chine pourra se positionner sur le gigantesque marché des infrastructures qui représente 8.000 milliards de dollars pour le seul continent asiatique (selon la BAD).
 
Enfin, pour consacrer son statut de grande puissance, Pékin s’est lancé dans le chantier de l’internationalisation de sa monnaie, avec l’objectif de s’affranchir de la tutelle du dollar...

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MessageSujet: La Chine livre ses trains à Rio   Jeu 21 Mai - 11:23

La Chine livre ses trains à Rio Le Point 21 mai 2015

Le Point a écrit:
Neuf trains made in China relieront la zone sud et touristique à l'extension moderne de Barra da Tijuca, où aura lieu une grande partie des olympiades.

Neuf trains made in China ont déjà été livrés et d'ici la fin de cette année arriveront les six autres qui circuleront sur cette nouvelle ligne 4 du métro de Rio.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang a voyagé mercredi à bord d'une des quinze rames fabriquées en Chine pour la nouvelle ligne du métro de Rio de Janeiro qui sera inaugurée en juin 2016, à la veille des jeux Olympiques. Neuf trains made in China ont déjà été livrés et d'ici la fin de cette année arriveront les six autres qui circuleront sur cette nouvelle ligne 4 du métro de Rio. Celle-ci reliera la zone sud et touristique des célèbres plages de Copacabana et Ipanema à l'extension moderne et en pleine expansion de Barra da Tijuca, où auront lieu une grande partie des olympiades, dans le but de désengorger un infernal trafic routier. La Chine "veut augmenter ses investissements dans l'État de Rio", a déclaré le Premier ministre chinois.

Le secrétaire des Transports de Rio, Carlos Roberto Osorio, a indiqué que le gouvernement local négociait la possibilité d'accueillir une fabrique et un centre d'entretien chinois de trains pour répondre à la demande du Brésil et de l'Amérique du Sud. "Rio de Janeiro a un long partenariat avec les Chinois. Nous sommes les meilleurs clients de la Chine au Brésil et nous voulons attirer de plus en plus d'investissements", a affirmé Carlos Roberto Osorio qui a ajouté que les Chinois étaient également intéressés par le projet de voie ferrée entre Rio et Vitoria, la capitale de l'État voisin d'Espirito Santo.

Investissements chinois massifs


Le Premier ministre chinois a terminé sa visite par une promenade sur un bateau de croisière chinois dans la baie de Rio, avant de s'envoler pour la Colombie, deuxième et avant-dernière étape de sa tournée en Amérique latine avant le Chili.

La Chine et le Brésil ont signé mardi lors de cette visite 35 accords économiques, qui prévoient des investissements chinois massifs jusqu'à 53 milliards de dollars, en particulier dans les infrastructures du géant émergent d'Amérique latine. Le projet le plus ambitieux est la construction d'un couloir ferroviaire et maritime qui devrait traverser l'Amérique du Sud d'est en ouest, du Brésil au Pérou, à travers l'Amazonie, pour acheminer à moindre coût les matières premières brésiliennes (minerai de fer et soja) vers la Chine, via l'océan Pacifique.

Le Brésil, le Pérou et la Chine "vont tout faire pour étudier la viabilité" de ce projet pharaonique, a déclaré Li Keqiang, cité dans un communiqué des autorités de l'État de Rio.
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 21 Mai - 11:29

C'est bien évident, mais le programmatisme, qu'il soit celui des traditions revolutionnaires anarchistes ou celui de celles communistes, nous a habitué à croire à la nécessité de l'économie politique de par celle des périodes de transition, organisation de la société par le syndicat ou par l'État socialiste.
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 21 Mai - 11:51

U.235 a écrit:
C'est bien évident, mais le programmatisme, qu'il soit celui des traditions revolutionnaires anarchistes ou celui de celles communistes, nous a habitué à croire à la nécessité de l'économie politique de par celle des périodes de transition, organisation de la société par le syndicat ou par l'État socialiste.

je me souviens effectivement d'«économistes marxistes » (sic) qui élaboraient encore dans les années 1960-70 des programmes de transition et des "économies socialistes". Exemple : Charles Bettelheim, la Transition vers l'économie socialiste, Paris, Maspero, 1968. On trouve plus récent : Repenser l'économie socialiste Alexis Piat 2014

Lénine lui-même avait écrit des articles que les Editions de Moscou ont regroupé en 1969 dans « Problèmes d'organisation de l'économie socialiste ». Voir NEP Nouvelle politique économique

voilà un exemple qui donne le tourni programmatiste, ou tout cet État dont la communisation ne veut pas

Manuel d'économie politique marxiste
(aujourd'hui quand on cherche "manuel d'économie socialiste, on tombe sur Manuel Valls...  pig

Manuel d'économie politique a écrit:
TROISIÈME PARTIE — Le mode de production socialiste (p. 223)

A. — La période de transition du capitalisme au socialisme (p. 223)

Chapitre XXIII — Les principaux traits de la période de transition du capitalisme au socialisme : La révolution prolétarienne et la nécessité d'une période de transition du capitalisme au socialisme — La dictature du prolétariat, instrument de la construction d'une économie socialiste — La nationalisation socialiste — Les types d'économie et les classes dans la période de transition. L'alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie — L'apparition des lois économiques du socialisme — Les principes fondamentaux de la politique économique pendant la période de transition du capitalisme au socialisme — Résumé (p. 223)

Chapitre XXIV — L'industrialisation socialiste : La grande industrie, base matérielle du socialisme. La nature de l'industrialisation socialiste — Les rythmes de l'industrialisation socialiste — La méthode socialiste d'industrialisation. D'où viennent les ressources nécessaires à l'industrialisation socialiste — Les grands travaux. L'assimilation de la nouvelle technique et le problème des cadres — De pays agricole arriéré, l'U.R.S.S. se transforme en puissance industrielle avancée — Résumé  (p. 237)

Chapitre XXV — La collectivisation de l'agriculture : La nécessité historique de la collectivisation de l'agriculture. Le plan coopératif de Lénine — Les conditions préalables à la collectivisation intégrale — La collectivisation intégrale et la liquidation des koulaks en tant que classe — L'artel agricole, principale forme de l'économie collective — L'U.R.S.S., autrefois pays de petites exploitations paysannes, devient le pays de l'agriculture la plus grande et la plus mécanisée du monde — Résumé  (p. 245)

Chapitre XXVI — La victoire du socialisme en U.R.S.S. :  L'affermissement du mode socialiste de production — Les changements intervenus dans la structure de classes de la société — La disparition de l'inégalité économique entre les nations — L'U.R.S.S. entre dans la phase de l'achèvement de l'édification de la société socialiste et du passage graduel du socialisme au communisme — Résumé (p. 254)

B. — Le système socialiste d'économie nationale (p. 263)

Chapitre XXVII — La base matérielle de production du socialisme : Les principaux caractères de la base matérielle de production du socialisme — L'industrie socialiste — L'agriculture socialiste — Les voies du progrès technique en régime socialiste — La répartition géographique de la production socialiste — Résumé (p. 263)

Chapitre XXVIII — La propriété sociale des moyens de production, base des rapports de production en régime socialiste : Le système socialiste d'économie nationale et la propriété socialiste — Les deux formes de propriété socialiste — La propriété personnelle en régime socialiste — Le caractère des rapports de production socialistes — Résumé  (p. 272)

Chapitre XXIX — La loi économique fondamentale du socialisme : Le caractère des lois économiques en régime socialiste — Les traits essentiels de la loi économique fondamentale du socialisme — La loi économique fondamentale du socialisme et le développement de la production socialiste — La loi économique fondamentale du socialisme et l'accroissement du bien-être des travailleurs — Le rôle économique de l'Etat socialiste — Résumé  (p. 280)

Chapitre XXX — La loi du développement harmonieux, proportionné, de l'économie nationale : La nécessité d'un développement harmonieux de l'économie nationale en régime socialiste — Les traits et les exigences essentiels de la loi du développement harmonieux de l'économie nationale — La loi du développement harmonieux de l'économie nationale et la planification socialiste — Les avantages de l'économie planifiée — Résumé (p. 289)

Chapitre XXXI — Le travail social en régime socialiste : Le caractère du travail en régime socialiste — Le travail, devoir des membres de la société socialiste. La réalisation du droit au travail — La répartition selon le travail, loi économique du socialisme — La coopération socialiste du travail — L'émulation socialiste — L'augmentation constante de la productivité du travail, loi économique du socialisme — Les sources et les réserves de l'augmentation de la productivité du travail — Résumé  (p. 299)

Chapitre XXXII — La production marchande, la loi de la valeur et la monnaie en régime socialiste : La nécessité de la production marchande en régime socialiste; ses particularités — La valeur d'usage et la valeur de la marchandise dans l'économie socialiste — Le caractère de l'action de la loi de la valeur en régime socialiste — La monnaie et ses fonctions dans l'économie socialiste — Résumé  (p. 310)

Chapitre XXXIII — Le salaire en régime socialiste : Le salaire et la loi économique de la répartition selon le travail — Les formes du salaire. Le système des tarifs — L'augmentation constante du salaire réel en régime socialiste — Résumé  (p. 318)

Chapitre XXXIV — La gestion équilibrée et la rentabilité. Le prix de revient et le prix : La gestion équilibrée et la rentabilité des entreprises — Les fonds des entreprises. Les fonds fixes et les fonds circulants — Le prix de revient de la production — Le revenu net de l'entreprise d'Etat. Le revenu net centralisé de l'Etat — Le prix dans l'entreprise industrielle d'Etat — Résumé  (p. 326)

Chapitre XXXV — Le système socialiste d'agriculture : La place et le rôle de l'agriculture socialiste dans l'économie nationale — Les stations de machines et de tracteurs, base industrielle de la production kolkhozienne — L'exploitation collective des kolkhoz. La planification de la production kolkhozienne — Les formes socialistes d'organisation du travail dans les kolkhoz. La journée-travail — La production kolkhozienne. Les revenus des kolkhoz — La rente différentielle en régime socialiste — La répartition de la production et des revenus des kolkhoz. Le bien-être croissant de la paysannerie kolkhozienne — Le développement des sovkhoz et les moyens d'élever leur rentabilité — Résumé  (p. 337)

Chapitre XXXVI — Le commerce en régime socialiste : La nature et le rôle du commerce en régime socialiste — Les formes du commerce en régime socialiste — Les prix et les frais de circulation dans le commerce d'Etat et le commerce coopératif — Le commerce extérieur — Résumé (p. 354)

Chapitre XXXVII — Le revenu national de la société socialiste : Le produit social total et le revenu national en régime socialiste — L'augmentation constante du revenu national en régime socialiste — La répartition du revenu national — Résumé  (p. 363)

Chapitre XXXVIII — Le budget d'Etat, le crédit et la circulation monétaire en régime socialiste : Les finances de la société socialiste — Le budget de l'Etat socialiste — Le crédit en régime socialiste — Les banques dans la société socialiste — La circulation monétaire en régime socialiste — Résumé (p. 368)

Chapitre XXXIX — La reproduction socialiste : Le caractère de la reproduction socialiste — La richesse nationale de la société socialiste. La composition du produit social total — Le rapport entre les deux sections de la production sociale — La formation et la destination des fonds sociaux en régime socialiste — L'accumulation socialiste. L'accumulation et la consommation dans la société socialiste — Résumé  (p. 378)

Chapitre XL — Le passage graduel du socialisme au communisme :  Les deux phases de la société communiste — La tâche économique fondamentale de l'U.R.S.S. — La création de la base matérielle de production du communisme — Comment disparaîtra la différence essentielle entre la ville et la campagne — Comment disparaîtra la différence essentielle entre le travail intellectuel et le travail manuel — Le passage au principe communiste : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » — Résumé  (p. 388)

C. — L'édification du socialisme dans les pays de démocratie populaire (p. 400)

Chapitre XLI — Le régime économique des pays européens de démocratie populaire :  Les conditions préalables de la révolution démocratique populaire — Le caractère de la révolution démocratique populaire — Les classes et les types d'économie — L'industrialisation socialiste — La transformation socialiste de l'agriculture — L'élévation du bien-être et du niveau de vie culturel des travailleurs — Résumé (p. 400)

Chapitre XLII — Le régime économique de la République populaire de Chine :  Les conditions préalables à la révolution populaire en Chine — Le caractère de la révolution chinoise — Les transformations agraires révolutionnaires. La nationalisation socialiste — Les types économiques et les classes dans la République populaire de Chine pendant la période de transition — Les voies de l'industrialisation socialiste en Chine — La transformation socialiste graduelle de l'agriculture — L'élévation du niveau de vie matérielle et culturelle du peuple chinois — Résumé  (p. 412)

Chapitre XLIII — La coopération économique des pays du camp socialiste :  La naissance et l'affermissement du marché mondial des pays du camp socialiste — Le caractère des relations économiques entre les pays du camp socialiste — Les formes essentielles de coopération économique des pays du camp socialiste — Résumé (p. 428)


Dernière édition par Patlotch le Jeu 21 Mai - 12:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 21 Mai - 12:54

Ha ha ha !!
Je me souviens d'une discussion houleuse, il y en une dizaine d'années, entre un syndicaliste révolutionnaire et un anarcho-syndicaliste, au sein de la même organisation. Ils n'étaient pas du tout d'accord sur la nécessité de la disparition du syndicat après la révolution. Le premier était pour que le syndicat organise l'économie tandis que le second voulait son abolition immédiate. Bien entendu, l'un fit carrière dans le syndicat et en devint un temps le secrétaire national tandis que l'autre le quitta l'organisation.
La nécessité de l'économie politique, dans cet exemple sous une forme autogestionnaire, est vraiment une conviction tenace.
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 21 Mai - 13:29

U.235 a écrit:
Je me souviens d'une discussion houleuse, il y en une dizaine d'années, entre un syndicaliste révolutionnaire et un anarcho-syndicaliste, au sein de la même organisation. Ils n'étaient pas du tout d'accord sur la nécessité de la disparition du syndicat après la révolution. Le premier était pour que le syndicat organise l'économie tandis que le second voulait son abolition immédiate. Bien entendu, l'un fit carrière dans le syndicat et en devint un temps le secrétaire national tandis que l'autre le quitta l'organisation.
La nécessité de l'économie politique, dans cet exemple sous une forme autogestionnaire, est vraiment une conviction tenace.

rapporté tel quel, ce qui est frappant aussi, c'est l'idée même de la transition auto-gestionnaire « après la révolution », comme si elle pouvait être un moment court, un Grand soir. On a ainsi les deux variantes de la transition, étatique ou auto-gestionnaire. C'est encore un programme plus qu'une improvisation collective, et pour des anarchistes, une conception de la liberté qui me surprendra toujours

il est possible que certains amateurs de communisation l'aient aussi comprise comme ça : un avant, un après la révolution, bref le communisme comme état, voire société et mode de production : un programmatisme communisateur, contradiction dans les termes. Beaucoup de naïveté et même de romantisme révolutionnaire (Astarian n'y échappe pas avec ses patates cultivées dans la joie, et le terme même d'Hic Salta, un saut...). Bernard Lyon a plus d'une fois remis les pendules à l'heure à propos du chaos révolutionnaire, même s'il voyait l'heure arriver bien tôt, bien immédiatement et simultanément au niveau mondial : LA révolution, plutôt que DES révolutions, plusieurs voies, plusieurs formes, et plusieurs résultats pour une universalité diverselle, et donc en quelque sorte des communismes et non un seul communisme

je dirais qu'après la crise du capital continue la crise du communisme, où qu'elles s'engrènent l'une dans l'autre, au double sens d'alimenter en grain et de faire engrenage : dépassement produit de l'implication réciproque, on y revient toujours. Dans l'incandescence du processus révolutionnaire, le communiste est crise

une autre question mais difficile à aborder, est celle de « la lutte armée », ou plutôt celle-ci : comment imaginer que la révolution/communisation ne soit pas, en partie, une guerre révolutionnaire ?
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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 21 Mai - 16:43

toujours à propos de transition socialiste au communisme. Les trotskystes de la 4ème Internationale, ceux d'aujourd'hui, ne démordent pas de leur dogme. Ils analysent parfois le capitalisme actuel de façon asse réaliste, mais ça n'empêche, il leur faut conclure par le dogme

Nick Beams a écrit:
Il y a cent ans, alors que les contradictions du capitalisme, qui furent théoriquement dévoilées par Marx, prenaient physiquement forme dans la mort et le carnage des champs de bataille de l’Europe, Léon Trotsky écrivait que la seule façon pour la classe ouvrière de venir à bout de la « perplexité impérialiste du capitalisme » était d’y opposer « l’organisation socialiste de l’économie mondiale en tant que programme pratique du jour. »

Tel est le programme pour lequel la classe ouvrière internationale doit lutter en ce 1er mai.

source WSWS Le Rassemblement international en ligne du Premier Mai 2015
La crise mondiale du capitalisme et la course à la guerre mondiale
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MessageSujet: Géographie du capitalisme David Harvey   Mar 26 Mai - 18:10

Géographie du capitalisme de David Harvey 2008, Catherine Fournet-Guérin

Inventeur de la « géographie radicale », David Harvey tente de concilier marxisme et géographie pour montrer que villes et terroirs s’efforcent de constituer des rentes de monopole. Car les injustices de la mondialisation s’incarnent dans des espaces : les pays du Sud victimes d’un développement inégal et, à l’inverse, les lieux où se développe une vision alternative du monde, comme Porto Alegre.

Catherine Fournet-Guérin a écrit:

En mars 2008, un colloque international de géographie a réuni à l’université de
Nanterre des chercheurs en sciences sociales autour du thème « Justice et injustice spatiale »1.
Pour tous, les travaux que David Harvey mène depuis plus de trente ans constituaient une
base de réflexion et une référence en épistémologie de la géographie. Hasard éditorial, c’est
précisément en mars 2008 que la maison d’édition Les Prairies Ordinaires publie pour la
première fois des textes de David Harvey en français. Cette initiative est à rapprocher d’autres
ouvrages publiés récemment par la même maison, comme celui de Mike Davis consacré à
Dubaï2.
Les textes rassemblés ainsi sous le titre accrocheur de Géographie de la domination
représentent des essais fondamentaux de l’œuvre de Harvey. Ils sont extraits d’un livre paru
chez Routledge en 2001, Spaces of Capital: Towards a Critical Geography.

1 http://www.justice-spatiale-2008.org/index.php
2 Mike Davis, Le stade Dubaï du capitalisme, Les prairies ordinaires, Paris, 2007.

David Harvey est un géographe d’origine britannique qui a effectué l’essentiel de sa
carrière aux États-Unis, où il enseigne encore à l’université de New York. Dans les milieux
intellectuels américains, David Harvey est une grande célébrité, comme en témoigne par
exemple la foule qui s’est pressée à sa conférence en avril 2008 à Boston, lors de la réunion
annuelle de l’Association des géographes américains (AAG), conférence intitulée « La
géographie radicale quarante ans après 1968 ». Pour beaucoup, David Harvey incarne en effet
ce courant contestataire de la géographie né aux États-Unis au début des années 1970. Il en est
en tout cas un des représentants les plus emblématiques, avec d’autres auteurs comme Edward
Soja3 et Manuel Castells4. La radical geography, traduite en français par le terme
insatisfaisant de « géographie radicale » (ou parfois de « géographie critique ») trouve son
origine dans la contestation de la géographie dominante alors, fondée notamment sur la
recherche de la modélisation des faits sociaux. Cette géographie quantitative mettait en
évidence des invariants dans l’organisation de l’espace et prétendait pouvoir expliquer les
différences géographiques par des modèles théoriques valables partout et à toutes les échelles.
A contrario, la géographie radicale, née des mouvements contestataires qui s’expriment aux
États-Unis dans les années 1960, met l’accent sur l’explication des inégalités spatiales et
sociales par des faits structuraux (économiques, politiques, sociaux, etc.) et mettant en jeu des
acteurs.

David Harvey publie alors plusieurs des ouvrages majeurs de ce courant de pensée, qui
se fonde explicitement sur une analyse marxiste : c’est Social Justice and the City (1973) qui
constitue véritablement le livre fondateur de la pensée de Harvey, suivi en 1982 de The Limits
to Capital. Plus récemment, David Harvey a écrit plusieurs ouvrages ancrés dans la réalité
économique et politique du monde des années 2000 qui ont stimulé la réflexion en sciences
sociales. Dans Spaces of Hope (2000), il évoque ainsi les lieux où se développe selon lui une
vision alternative du monde, un espace pour les mouvements contestataires s’opposant à une
forme de mondialisation, comme Porto Alegre. Le propos est résumé dans Géographie de la
domination

3 Soja E.W., Postmodern geographies : the reassertion of space in critical social theory, Verso, 2000.
Postmetropolis : critical studies of cities and regions, Blackwell, 2000.
4 Castells Manuel, La question urbaine, Maspero, Paris, 1972.

Un espace propice à la pensée politique et à l’action, un espace au sein duquel peuvent se
concevoir et se poursuivre des alternatives […]. C’est cet espace que les mouvements
contestataires doivent intensément explorer et cultiver. C’est l’un des principaux espaces
d’espérance ouverts à la construction d’une mondialisation alternative. Une mondialisation où
ce seraient les forces progressives de la culture qui s’approprieraient celles du capital et non
l’inverse5.

Autre sujet d’actualité sur lequel intervient David Harvey, le rapport Nord-Sud ou la question
du développement : la géographie marxiste rejette la théorie économique de Rostow
présentant les difficultés des pays du Sud comme relevant d’un simple retard dans
l’intégration au processus d’accumulation capitaliste et corrélativement de mondialisation.
Dans ce contexte, David Harvey propose la notion de « développement inégal » (uneven
development) pour caractériser l’organisation du monde actuel : la mondialisation ne conduit
pas selon lui à une homogénéisation des territoires, mais au contraire au creusement
d’inégalités géographiques et donc à un inégal développement des espaces.

Ces thèmes, développés ailleurs par David Harvey, ne sont pas principalement au cœur
du petit livre qui nous intéresse ici et qui regroupe deux courts essais, « L’art de la rente » et
« Géopolitique du capitalisme ». Il s’agit là de textes vifs, très stimulants, qui alternent une
approche très concrète de faits géographiques (David Harvey développe par exemple une
analyse sur Disneyworld, sur la métamorphose de Barcelone dans les années 1990 ou encore
sur le commerce mondial du vin) et une réflexion épistémologique très abstraite : ainsi,
« Géopolitique du capitalisme » commence par une longue présentation des contradictions du
capitalisme selon l’analyse marxiste.

5 « L’art de la rente », Géographie de la domination, p. 55.

Marxisme et géographie

Dans tous les cas, David Harvey s’efforce de réfléchir à une spatialisation du
marxisme. Partant du constat que l’espace a été négligé dans la théorie de Marx, qui a accordé
le primat au temps, l’auteur tente de proposer une géographie du marxisme qu’il justifie
épistémologiquement. La pensée de l’auteur se développe alors à plusieurs échelles, afin
d’étudier comment le capitalisme structure l’espace.

Il s’intéresse tout d’abord à l’espace urbain comme révélateur du champ d’exercice du
capitalisme, tentant d’en comprendre les ressorts. Harvey choisit de développer la notion
économique de rente de monopole appliquée à la ville. Pour cela, il s’intéresse à l’exploitation
du « capital symbolique » des villes par les différents acteurs locaux, en partant du cas connu
du musée Guggenheim de Bilbao : comment comprendre l’engouement qu’il a suscité et
comment comprendre que ce projet ait attiré des financements internationaux ? À travers
l’exemple de Barcelone, Harvey montre que chaque ville tente de mettre en avant ses biens
culturels, ses atouts propres tant sur le plan de l’histoire locale, de l’architecture que des
traditions. Or, ce faisant, cette politique portée par des acteurs locaux (élus, entrepreneurs,
artistes, etc.) conduit paradoxalement à provoquer une uniformisation des villes dans le
monde, chacune tentant d’imiter l’autre et perdant du même coup ses signes de distinction.
Ainsi, chaque ville portuaire promeut désormais un développement artistique de ses docks,
conduisant à une standardisation de ces espaces de par le monde : Barcelone ressemble
désormais à Londres, à Baltimore ou à Belém. Harvey dénonce ainsi la capacité du
capitalisme à s’approprier jusqu’aux « différences culturelles locales » pour asseoir sa
dynamique.

Cette argumentation peut être transposée à l’échelle régionale. David Harvey
s’intéresse cette fois aux rentes de monopole portant sur un type de produits, comme les vins
identifiés à un terroir : selon Harvey, le discours sur l’unicité d’un vin et de son terroir est en
fait le même partout dans toutes les régions productrices du monde. Ce discours prétendument
local ne sert en fait qu’à assurer la pérennité d’un monopole. Harvey dénonce
l’instrumentalisation des traditions locales par un discours et montre comment « les traditions
culturelles locales sont absorbées dans les calculs de l’économie politique afin de générer des
rentes de monopole » (p. 39). Il fait référence au célèbre critique oenologique Robert Parker,
qui a été la cible de nombreux défenseurs de l’unicité des vins régionaux dans le film
Mondovino, pour montrer que son approche du vin est en fait uniforme à l’échelle mondiale,
indépendamment des caractéristiques locales de production.

Dans « L’art de la rente », Harvey montre comment on peut transposer la notion
économique de rente de monopole à l’espace urbain, à travers le thème des institutions
culturelles promues par une ville pour développer son image, et à l’organisation régionale,
dans laquelle il étudie « l’espace économique de la concurrence ». Dans les deux cas, cette
approche qui articule économie politique et organisation spatiale fait une place centrale aux
acteurs : producteurs, promoteurs, architectes, urbanistes, élus locaux, etc. Parmi tous ces
acteurs de l’espace, le cas de ce qu’il appelle les « coalitions de croissance » retient
l’attention. Il s’agit d’organisations mouvantes de groupes d’intérêts locaux qui visent à
favoriser la compétitivité des métropoles ou à soutenir le développement régional (p. 40) :
composés d’élus, de promoteurs immobiliers, de journaux locaux, de compagnies de gaz et
d’électricité, ces groupes mobilisés pour la défense de l’économie locale constituent des
acteurs majeurs d’une géopolitique du capitalisme. L’espace urbain comme l’espace régional
sont le lieu d’une compétition acharnée ; ils abritent la traduction spatiale des tensions
internes au mode de production capitalisme.

En cherchant à identifier dans l’espace les conflits nés du capitalisme, Harvey vise bel
et bien à théoriser une « géopolitique du capitalisme ». Cette analyse se développe à l’échelle
mondiale, l’espace mondial étant considéré comme celui où se déploie le capitalisme6. Pour
cela, l’essai répondant à ce titre se concentre sur la circulation du capital, phénomène négligé
par les marxistes qui ont centré leurs analyses sur la fixité de la production et sur les crises du
capitalisme. David Harvey s’efforce de développer une « géographie historique du
capitalisme », évoquant par exemple la concentration urbaine du capital lors de la première
révolution industrielle, la question cruciale à ses yeux de la prise en compte des transports et
des infrastructures comme facteurs de production et celle de la mobilité spatiale de la maind’oeuvre,
à la base du capitalisme. Étudiant les contradictions internes du capitalisme, il déduit
de ces données spatiales une instabilité chronique des configurations régionales dans le cadre
capitaliste, y compris dans la dimension coloniale. Ces analyses le conduisent à prédire la fin
du capitalisme dans des crises et des conflits violents.

6 Le géographe français Laurent Carroué définit d’ailleurs la mondialisation comme « le processus historique
d’extension progressive du système capitaliste dans l’espace géographique mondial. », Géographie de la
mondialisation, Armand Colin, Paris, 2001.

Géographie de la domination offre au lecteur une introduction stimulante à la
géographie radicale américaine, une réflexion intéressante sur les politiques urbaines actuelles
et, plus largement, une tentative de spatialisation de l’analyse marxiste.
Texte paru dans laviedesidees.fr, le 09 juillet 2008
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MessageSujet: taux de profit, tendances trostkistes à la hausse   Mer 27 Mai - 18:43

dans la critique de l'économie politique comme dans l'organisation, 2 trostkistes 1 pari, 3 troskistes 2 tendances ?

Gaston Lefranc, l'auteur du texte ci-dessous, s'en prend aux x174anti-libéraux keynésiens, notamment à Michel Husson

Quelques leçons à tirer de la situation économique mondiale PDF diffusé par Tendance claire du NPA

Sept ans après le déclenchement de la crise économique mondiale, la reprise se fait toujours attendre. Si la
situation s’améliore légèrement et provisoirement dans la zone euro, celle-ci se dégrade aux États-Unis et dans les
pays dits « émergents », en premier lieu la Chine. Au-delà d’un simple ralentissement, les conditions d’une
nouvelle crise financière continuent à s’accumuler 1. Et contrairement à ce que nous répètent inlassablement les
keynésiens antilibéraux, la faiblesse de la croissance et de l’investissement ne s’expliquent pas par la diminution
de la part des profits réinvestis
. Bien au contraire, cette part a eu tendance à augmenter, notamment en France.

C’est l’incapacité des bourgeoisies à restaurer le taux de profit, malgré les attaques contre les travailleurs/ses, qui
explique la persistance de la crise
.


Gaston Lefranc a écrit:
France : la communication du gouvernement ne nous fera pas sortir de la crise !
Des chiffres à décrypter... que se cache-t-il derrière le chiffre de 0,6% de croissance du PIB ?


Le gouvernement s'est félicité bruyamment des premières estimations de la croissance du 1er trimestre 2015 par
l'INSEE2. La croissance du PIB est estimée à +0,6%, mais le même jour l'INSEE a révisé à la baisse la croissance
de l'ensemble de l'année 2014 à +0,2% (au lieu de +0,4%). Autrement dit, le PIB par habitant a baissé en 2014 !
Mais le regain de croissance au 1er trimestre est-il le signe de la reprise durable tant attendue depuis 2008 ? Tout
indique que non. L'essentiel de la croissance s'explique par la variation des stocks, un phénomène à très court terme
qui va se retourner dans les prochains trimestres. Le secteur de l'immobilier est toujours sinistré et l'investissement
des entreprises est toujours atone (+0,2%). L'emploi marchand a baissé de 13 500 postes au 1er trimestre, surtout
dans la construction, mais aussi dans l'industrie (une petite hausse dans le tertiaire). Les seuls signaux vraiment
positifs proviennent... du secteur de l'armement ! Et cela devrait continuer puisque les exportations d'armes
devraient passer de 8 à 15 milliards entre 2014 et 2015.

Les antilibéraux se trompent et nous trompent complètement !

Quand il y a une véritable reprise, l'investissement augmente plus vite que le PIB. Ce n'est pas du tout le cas
aujourd'hui. Le taux de profit des entreprises n'est pas restauré. En 2014, le taux de marge (part des profits dans la
valeur ajoutée) a atteint son niveau le plus bas depuis 1985. Or, pour que l'économie redémarre vraiment, il faut que
la rentabilité des entreprises se redresse de façon importante. Grâce au CICE, le taux de marge a commencé à se
redresser depuis le milieu de l'année 2014. Il continuera très probablement à augmenter grâce aux effets du pacte de
responsabilité (baisse des cotisations patronales, suppression de la C3S3) qui prennent effet depuis le début de
l'année. Mais le taux de marge est encore très loin de retrouver son niveau d'avant crise.
En outre, la dette du secteur privé augmente en France alors qu'elle baisse en Europe. La dette des entreprises est
passée de 54% du PIB en 2008 à 66,5% en 2014. Or, le désendettement est également une condition de la reprise de
l'accumulation du capital.

Mais les antilibéraux continuent à nous raconter une histoire que les faits démentent catégoriquement. Ils nous
expliquent que les profits se sont rétablis, que les entreprises se portent au mieux... mais qu'elles refusent (les
méchantes !) d'investir. Michel Husson nous expliquait encore récemment que « c’est une forme d’aveu d’échec du
crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) qui a permis de rétablir les marges des entreprises mais pas leur
investissement »4. Mais c'est précisément le contraire qu'on observe : le taux de marge (profits / valeur ajoutée)
diminue depuis 2008 alors que le taux d'investissement (investissement / valeur ajoutée) augmente ! Autrement dit,
les entreprises investissent une part de plus en plus importante de leurs profits ! Mais les antilibéraux persistent à ne
pas vouloir voir la réalité, et à nous raconter que les capitalistes distribuent de plus en plus de dividendes, ce qui
expliquerait la faiblesse de l'investissement malgré des gros profits ! Tout ceci est assez sidérant !

1 Cf. http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/Revuemars2015-crise.pdf
2 Cf. http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=26&date=20150513
3 Contribution sociale de solidarité des sociétés dont l'assiette est le chiffre d'affaire des entreprises
4 Cf. http://hussonet.free.fr/invpp15.pdf

Le gouvernement doit aller encore plus loin dans les attaques pour tenter de sortir de la crise
Depuis 2012, Hollande a bien travaillé pour le compte de la bourgeoisie : CICE, Pacte de responsabilité, loi de
sécurisation professionnelle (transcription de l'ANI dans la loi), et désormais loi Macron. Mais il leur faut aller plus
loin pour rétablir la compétitivité de l'économie française et d'autres réformes sont annoncées : loi Rebsamen sur
les seuils sociaux, réforme des retraites complémentaires, de l'Unedic...

La Commission européenne, par la bouche de Moscovici, adresse un satisfecit à Hollande : « Paris nous a envoyé
un programme national de réformes de meilleure qualité et plus cohérent
». L'élève progresse mais doit encore
mieux faire, Moscovici indiquant qu'il y avait « un effort supplémentaire à faire en termes de réformes
structurelles ». La Commission presse ainsi Hollande de liquider le droit du travail afin d'inciter davantage les
employeurs à embaucher. Le FMI a récemment communiqué dans le même sens, en adressant des conseils très
précis à Hollande : élargir les accords de maintien dans l’emploi aux entreprises qui ne sont pas forcément en
difficultés, limiter la revalorisation du SMIC au niveau de l’inflation (c'est déjà le cas désormais !), durcir les
critères d’obtention des allocations chômage et en rendant ces dernières dégressives pour « inciter davantage » à la
recherche d’emploi.

La feuille de route de Hollande est limpide pour les deux ans à venir. Ce n'est pas le PS qui l'empêchera
d'approfondir les attaques. Les militants du PS lui donné son feu vert pour continuer de plus belle.
Europe : frémissement de croissance, mais pas de réelle sortie de crise

La croissance dans la zone euro a été de +0,4% au 1er trimestre 2015.

Celle-ci reste modeste et surtout fragile. Les facteurs « exogènes » (dépréciation de l'euro par rapport au dollar, baisse du prix du pétrole) expliquent une bonne partie de cette croissance. Ils ne sont pas forcément durables et commencent d'ailleurs à se retourner. La cure d'austérité en Espagne porte ses fruits sur fond de désastre social avec une croissance de +0,9% grâce un
redressement du taux de profit qui a permis une reprise de l'investissement. En récession depuis le 3ème trimestre
2011, l'Italie connaît une petite croissance au 1er trimestre 2015 (+0,3%). Les effets du « Job act » qui flexibilise le
marché du travail facilite les embauches au prix d'un accroissement de la précarité. Mais le niveau du PIB par
habitant en Italie est aujourd'hui au même niveau qu'en 1999 !

L'économie allemande ralentit à +0,3%.

Si les capitalistes allemands ont profité des contre-réformes Schröder du
début des années 2000, la compétitivité de l'économie se dégrade désormais, avec une hausse des salaires réels
supérieure aux gains de productivité5. En raison du vieillissement de la population, le taux de chômage n'a fait que
décroître ces dernières années malgré la crise. C'est une situation inquiétante pour les capitalistes qui sont obligés
de concéder maintenant des hausses de salaires, alors que la productivité stagne, notamment en raison de
sureffectifs dans certains secteurs. En Allemagne aussi, il y a un besoin de nouvelles contre-réformes, d'augmenter
la taille de la population active par rapport à la population totale (par l'immigration ou par la mise en activité des
jeunes ou des vieux inactifs) pour augmenter les profits et donc l'accumulation du capital.

États-Unis : la baisse des profits conduit à un ralentissement marqué de l'économie


Comme nous l'indiquions en décembre 20146 et mars 20157, les profits stagnent depuis la fin de l'année 2014. Avec
un temps de retard, on en voit les conséquences aujourd'hui. La croissance avait déjà ralenti au 4ème trimestre 2014
(+0,5% contre plus de 1% les deux trimestres précédents). La première estimation du 1er trimestre 2015 est de
+0,1%, mais il est d'ores et déjà acquis que la croissance va encore être révisée à la baisse. L'investissement chute
(-3,4%). La hausse du dollar a contribué au déficit commercial record en mars 2015, le plus important depuis 2008.
Le secteur du pétrole de schiste est en crise. Et la déconnexion entre les profits réalisés dans l'économie réelle et la
valorisation du capital fictif sur les marchés financiers est de plus en plus forte.

Le taux de chômage officiel (5,4% en avril) est une véritable farce statistique. La réalité que presque un tiers des
américains qui devraient travailler parce qu'en âge de travailler ne travaillent pas. C'est en fait la baisse du taux
d'activité des américains qui expliquent la baisse « statistique » du taux de chômage8. Mais le chômage réel n'a pas
baissé ces dernières années. Un autre indicateur montre qu’on est très loin du plein-emploi, ce qui devrait se
traduire par une hausse importante des salaires. Le revenu réel médian des ménages est toujours inférieur de 8% à
son niveau d’avant-crise… et il est à peu près à son niveau du début des années 1990 !9

Chine : ralentissement économique et explosion de la dette

La croissance chinoise ralentit. Officiellement, elle était de +7% au 1er trimestre 2015, le chiffre le plus faible
depuis 6 ans. Cela reste à première vue impressionnant, c'est insuffisant pour absorber le surplus de main d’oeuvre
provenant de l'exode rural. Et tout indique que ce fléchissement sera durable : le taux de profit baisse en raison
d'une forte augmentation de la composition organique du capital (conséquence de la très forte dynamique de
l'investissement ces dernières années) et de hausses de salaires importantes.

Et l’État chinois est pris dans une contradiction inextricable. D’un côté, il est tenté d'accompagner le ralentissement
de l’économie en favorisant le crédit pour éviter un effondrement brutal de l’économie. D’un autre côté, il doit
ralentir la croissance du crédit pour prévenir l’éclatement de la bulle du crédit ! Car l'endettement public et privé a
explosé ces dernières années. Depuis 2007, la dette totale a quadruplé pour atteindre 280% du PIB. Cette explosion
de la dette a alimenté une bulle immobilière impressionnante. Le ralentissement économique est donc le scénario
« rose » de l'économie chinoise, mais il existe aussi un scénario noir : un grand plongeon avec l'éclatement de la
bulle immobilière.

L’État central fait pour le moment le choix de la croissance à court terme à tout prix, en sommant les banques de
prêts aux gouvernements locaux, en baissant les taux d’intérêt, quitte à faire monter toujours plus haut
l’endettement et à menacer la stabilité financière du pays.

5 Cf. http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=85211
6 Cf. http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/GTE-bulle-financiere.pdf
7 Cf. http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/Revuemars2015-panorama.pdf
8 Cf. graphique sur http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/Revuemars2015-panorama.pdf
9 Cf. https://thenextrecession.wordpress.com/2015/05/12/ben-bernanke-and-the-decline-of-the-middle-class/

La Russie plonge en récession

Comme nous l'indiquions en mars dernier10, la Russie est frappée de plein fouet par la baisse du prix du pétrole
(depuis le milieu de l'année 2014) et par les sanctions occidentales. Elle est désormais en récession, avec une baisse
(néanmoins moins forte qu'attendue) de 1,9% de l'activité économique au 1er trimestre 2015. Une baisse de 3 à 5%
du PIB est attendue pour cette année par les institutions internationales. La situation ne semble pas s'arranger au
second trimestre, avec une production industrielle qui a chuté de 4,5% au mois d'avril 2015 (par rapport à avril
2014) alors qu'elle avait bien résisté au premier trimestre. La mise en faillite de la banque russe Transportny coûtera
715 millions d'€ aux contribuables pour rembourser les déposants. Et les aides publiques au secteur bancaire ne
font qu'augmenter pour éviter de nouvelles faillites.

Ce sont les travailleurs qui paient plein pot les conséquences de la crise. Les salaires réels moyens ont chuté de
13,2% en avril 2015 par rapport à avril 2014. Alors que Poutine doit une grande partie de sa popularité à la remise
sur pied de l'économie russe (après les catastrophiques années 1990), cette nouvelle situation peut alimenter une
contestation du pouvoir en place. Sous Poutine, l’économie russe avait renoué avec la croissance, mais les
inégalités n’ont pas été réduites. En 1990, les 20% les plus riches détenaient 32,7% des revenus monétaires ; en
1999, cette part est passée à 47,6% et elle est restée stable jusqu’à aujourd’hui. En revanche, les 20% les plus
pauvres avaient 9,8% des revenus monétaires en 1990, 6% en 1999… et 5,2% en 2012 !
Gaston Lefranc
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MessageSujet: La critique de la marchandise n’est pas ipso facto une critique du capital, ll lato cattivo   Jeu 25 Juin - 22:06

img]http://dndf.org/wp-content/uploads/2015/06/illatocattivo.jpg[/img]

La critique de la marchandise n’est pas ipso facto une critique du capital ll lato cattivo


ll lato cattivo a écrit:
Tout vient à point à qui sait atteindre

http://illatocattivo.blogspot.fr/2015/05/due-parole-su-expo-e-il-1-maggio.html

Deux mots sur l’Expo et le 1°Mai à Milan

Il Lato Cattivo maggio 2015 ]

Le rapide dégonflage des velléités de Syrisa ainsi qu’un timide accent de reprise économique aux USA et en Union européenne – reprise bien réelle, mais due surtout à la chute du prix du pétrole et de la dévaluation de l’euro – permet à ces bouffons de cour de s’extasier devant ce miracle : la sortie de la crise serait dans notre dos. En vérité, la pause n’est que momentanée ainsi que Michael Roberts dans ses prévisions pour 2015 le préconise , une dernière balançoire (reprise-recession-reprise) avant que le cycle de Kondratiev n’atteigne son point le plus bas probablement en 2018. Ce qui est parfaitement plausible. Cependant, dans l’immédiat, la période reste mouvementé et susceptible de soudaines flambées : en premier, les révoltes du prolétariat noir aux États-Unis (Ferguson, Baltimore) et celui judéo-éthiopien en Israël. Ici, nous nous pencherons sur le cortège du 1er mai à Milan, pas seulement pour des raisons de proximité géographique. La lecture à chaud faites par des protagonistes et des participants de la manifestation milanaise, ont été nombreuses et variées (cf l’Apendice) : nous avons tenté d’effectuer une synthèse…à part

Les composantes politiques et syndicales de la manifestation milanaise les plus apparentées aux pratiques du (défunt) mouvement ouvrier, ont déploré, rageusement, pour la plupart, – la tournure prise par la journée sous l’action des plus excités, comme une occasion manquée pour poursuivre ou relancer, à partir ou à travers NO EXPO, un mouvement de plus grande ampleur et portée. Les millions de votes obtenus par Syriza et Podemos, font évidemment envie à beaucoup, en Italie, même si elle est mieux positionnée par rapports à d’autres, elle fait partie des soi-disant PIIGS, ce qui laisse supposer une certaine communauté de destin et la possibilité de trajectoires politiques similaires et « exportables »

Mais, la journée de Milan a été la prise en compte que les années 1999 et 2001 (les années d’or de l’altermondialisme) sont à des années lumière. (Quant à la nouvelle configuration à la grecque ou à l’espagnole, en réalité nous n’y sommes pas encore – ? – pas même à moyen terme). Et tout concoure à le démontrer : pas seulement l’ « esprit », le cortège vraiment plus sombre par rapport aux colonnes colorées du passé, mais en premier lieu confirmé par le nombre resté insignifiant (30.000 personnes). C’est aussi ce qu’exprime le rapport de force instauré entre les « bons » et les « méchants », qu’aucun observateur ou participant, de bonne ou mauvaise foi, n’a pu s’empêcher de saisir que ce rapport de force était lié autant à l’augmentation relative des « méchants » qu’à la diminution absolue des « bons ». Pour les parties que nous pourrions définir de « ruptures », désignées par les média de « i black.bloc », l’exutoire de mai semble avoir été positif. Mais tout ce qui brille n’est pas or : non seulement une gestion de la place surveillée par la police qui a permis à circonscrire une poche de manifestants « violents », les tenant à distance du centre historique pour limiter les dégâts. Mais à bien voir, les affrontements sur la place n’ont impliqué quasi exclusivement que quelques courants politiques ou idéologiques bien délimités et identifiables et, vice versa, peu ou pas du tout du prolétariat plus ou moins marginal ou « racialisé » qui existe à Milan comme dans presque toutes les grandes métropoles européennes (ce prolétariat, précisément qui fut l’acteur des révoltes suédoises de 2013 et des anglaises de 2011).

S’il est vrai, d’autre part, que pour la majorité de ces militants la voie ne réside pas dans la croissance graduelle du mouvement ou la conquête d’un accord, le schéma reste malgré tout quantitatif et gradualiste, sauf que l’action revendicative quotidienne sans l’émotion du vieux syndicaliste, est remplacée par la multiplication des foyers de révolte qui n’auront qu’à s’étendre dans le temps et l’espace, jusqu’à la…Grande-Révolte-Sans-Fin. Comme cela peut advenir dans une ville dans laquelle – le centre ou la « zone rouge à part – tout fonctionne à l’habituel, les transports compris, circonstances qui ne dérangent pas le révolté de passage qui doit rentrer à la maison. Le fait que «ce qui est lié et n’est réalité effective que dans sa connexion avec un autre, acquière une existence propre et une liberté dissociée, cela c’est l’énorme puissance du négatif ; c’est l’énergie de la pensée, du pur Je» (PHÉNOMÉNOLOGIE DE L’ESPRIT, Traduction, présentation, notes, chronologie, bibliographie et annexes par Jean-Pierre L EFEBVRE GF Flammarion, p. 44 de l’édition ; mais pour cette « liberté dissociée » il existe une limite au-delà de laquelle la relation à l’autre (sa propre raison d’être ) revient à faire valoir ses propres droits. A bon entendeur, salut.

En tout cas, cette répétition dans les relations de pouvoir inversé, d’une ancienne polarisation – entrevue, plus récemment, même au Blockupy de Francfort, le 18 Mars (avec des participations inférieures à celles de Milan: 10.000 manifestants) – est symptomatique de quelque chose. Nous pensons qu’il serait plus question d’une difficulté, que d’une radicalisation. Le retour en vogue du mot d’ordre « rapproprions-nous la ville » en dit long à ce sujet. Lancé par Lotta Continua après l’Automne Chaud de 1969 le slogan en question faisait fureur dans la « fameuse » période des « groupuscules qui suivit le reflux des dures luttes dans les usines, et scellât – consciemment ou pas – le fait que dans cette dernière situation les choses commencèrent à mal tourner. D’où l’illusion que l’on pouvait volontairement déplacer le centre de gravité des luttes, tout en se convainquant qu’un tel déplacement constituerait un pas en avant, sinon une victoire ! Sauf que, que cela plaise ou non, un centre de gravité n’est pas déterminé de façon suggestive, c’est un fait objectif, inhérent à la structure du capitalisme.

Aujourd’hui les choses apparaissent paradoxalement renversées, dans le sens que les limites n’ont pas été encore franchies : « le laboratoire secret de la production sur le seuil duquel est inscrit no admittance except on business », reste peu touché dans son ensemble par les agitations de quelques sortes que se soient. Une approche différente devait être faite pour le secteur de la logistique mais, retenons ceci : ni l’abolition de l’article 18, ni l’approbation des JobsAct n’ont suscité un ample et massif mouvement de refus. La signification de l’opposition à l’Exo de Milan, c’est-à-dire une auto-célébration de la marchandise, réside précisément dans une critique de la marchandise, celle de la sphère de la circulation – celle dont le May Day, par ses « pratiques » de luttes (pour le moins les plus apparentes) a mis en avant. Mais la critique de la marchandise n’est pas ipso facto une critique du capital.

Attention : nous n’entendons pas faire ici une critique des discours et des pratiques qui caractérisent la mobilisation No Expo à partir de ce qu’elle « devrait être », en faisant référence à une « juste direction stratégique » ou à un quelconque modèle de « radicalité ». Nous voulons seulement mettre en évidence un trait caractéristique de la phase actuelle, trait qui, par ailleurs, met en lumière les difficultés des comparaisons – comparaisons avancées ici et là – entre les les journées comme celles de May Day de cette année (ou encore celle du 15 octobre 2011 à Rome), et les révoltes de Genève (1960 ou de la Piazza Statuto (1962). Point de nostalgie. Mais il est vrai qu’aujourd’hui il y a un écart entre les « places » et lieux de travail (ou, comme on le disait dans le temps : entre l’ « usine et la société », qui est pris comme un problème, mais on n’en fait pas une histoire. Sauf à imaginer des révolutions de science-fiction réalisées par l’Université ou, dans le meilleur des cas par l’armée industrielle de réserve, pendant que l’armée industrielle active continue à remplir sa tache.

Pour ceux qui imaginent une sorte de « longue marche », constituée de petits pas – pour qui aujourd’hui nous sommes 1.000, demain nous serons 1010, d’ici un an 2000 et ainsi va…– il y de quoi désespérer. Mais, comme aujourd’hui dans l’impossibilité structurelle et manifeste d’un trajet progressif de la lutte quotidienne à la révolution, les paroles de Rosa Luxembourg, au lendemain du rétablissement de l’ordre à Berlin, prennent un sens nouveau : « […] la révolution est l’unique forme de »guerre » – même celle-ci est sa particulière règle de vie – dans laquelle la victoire finale sera préparée au travers d’une série de »défaites » ». Rosa Luxemburg, Scritti scelti, a cura di L. Amodio, Einaudi, Torino 1975, pp. 675-82). Paroles qu’il convient de méditer à fond. Certes, les partisans de l’apprentissage révolutionnaire à travers les « petites victoires » – qu’ils soient ex-staliniens démocratisés ou casseurs de vitrines encapuchonnés – répondrons : mais comment voulez vous que l’on change les choses, comme çà, du jour au lendemain ? Tout se fait graduellement. !

Ils nous prennent pour des fous : la porte du « laboratoire secret » ne s’ouvre pas doucement, quand on utilise un pieds de biche pour forcer la serrure, la porte ne s’ouvre pas en douceur, mais brutalement.

Quant à l’ « événement-Expo », à plus de deux semaines du début de la kermesse, il n’y a pas plus de données sur le volume des entrées.

Cependant, les 50 millions de visiteurs de l’Exposition universelle de Paris en 1900 (ou ceux d’Osaka en 1970) sont probablement hors de portée. Mais, au-delà de cela, il est important de saisir les changements en ce qui concerne la nature de l’événement :

« Exposition universelle de 1867: les patrons invitent les délégués de métiers à venir s’émerveiller au spectacle des machines. Sur la scène, la magie de la mécanique promet l’image d’un pouvoir miraculeux capable de tous les sortilèges de la machine à vapeur : produire rapidement, à bon marché et sans effort est désormais possible. Le patronat – non sans malice, comme le remarqueront les édiles – désirait enchanter les ouvriers : à ce côté spectaculaire de la machine, ils opposent »l’exposition permanente de la misère matérielle et morale » des ouvriers. La fête du capital qui met en évidence »ses » machines s’inscrit sur un fond de défaite ouvrière : la magie du progrès technique se réduit sans mystère dans les conséquences d’un pouvoir patronal, dont les nouvelles formes d’asservissement passent par la mécanisation. Par conséquent, c’est le spectacle d’une dépossession : les machines sont la propriété du patron, nouvel avatar du capital ; la mécanisation de la production déqualifie le travail à travers sa division intensive et tend à priver les travailleurs de moyens pratiques pour obtenir le droit de disposer du produit de leur propre travail. » (Jacques Rancière & Patrick Vauday, En allant à l’Expo, in « les révoltes logiques », n.1, hiver 1975, p.Cool

« Les expositions universelles sont les centres de pèlerinage de la marchandise fétiche. L’Europe s’est mobilisée pour voir les marchandises écrivait Taine en 1855. Les expositions universelles ont eu comme précurseurs les expositions nationales de l’industrie, dont la première eut lieu en 1798 sur le Champ de Mars. Elle fut issue du désir de divertir les classes ouvrières et devenir pour elles une fête d’émancipation ». les travailleurs furent pour elles la première clientèle. Le milieu industriel du divertissement n’existait pas encore. Un tel cadre, ce fut la fête populaire qui l’apporta. C’est le célèbre discours de Chaptal qui ouvre cette exposition. Les saint-simoniens , qui projettent l’industrialisation de la planète s’emparent de l’idée d’exposition universelle. Chevalier, le précurseur de ce mouvement est un disciple d’Enfantin et rédacteur du journal saint-simonien Le Globe. Les saint-simoniens ont prévu le développement de l’industrie mondiale ; mais ils n’ont pas prévu la lutte des classes ». (Walter Benjamin, Parigi, capitale del XIX secolo. I “passages” di Parigi, a cura di Rolf Tiedmann, Einaudi, Torino 1982, p. 240).

Les Expositions Universelles dont nous parlent ces auteurs appartenaient à un monde dans lequel l’accès de la « classe dangereuse » au périmètre de la polis moderne – et donc l’accès du mouvement ouvrier à l’État, du prolétariat aux isoloirs électoraux de la République démocratique, de la consommation ouvrière au cycle de la plus-value relative – n’était pas encore garanti. Aujourd’hui, l’Expo Milano 2015 correspond symboliquement à un processus exactement inverse : à l’expulsion de tous les résidus staliniens et social-démocrate de l’État (de Rifondazione Comunista pour arriver, aujourd’hui, aux D’Alema et Bersani) ; à la reformulation du vote ouvrier en terme abstentionniste et/ou populiste ; à l’érosion systématique du salaire direct et indirect. Et, du moins à l’échelle d’une ville comme Milan, ce processus se vérifie. Pour s’en rendre compte il suffit de penser au sort réservé aux conducteurs de tram et de train à Milan qui, à la mi-mai, avaient prévu une grève : ils ont été réquisitionnés. Nous sommes ouvertement dans la négation du droit de grève au nom des « intérêts généraux du pays », supposément représentés par l’Expo. Par charité, ne nourrissons pas d’illusions sur les « droits », mais même cela est un signe des temps.

L’exposition Universelle parisienne de 1900 fut le symbole métamorphique de la Belle Époque à une encablure de la boucherie impérialiste de la Première Guerre mondiale quand, dans le cours de quelques mois, le rêve progressiste du capital (qui incluait l’harmonie entre le capital et le travail) s’effondra dans la boue des tranchées. Nous évoquerons seulement du passage qui suit – l’Octobre russe de 17 et le Novembre allemand de 18 – pour souligner comment, dans l’espace de peu d’années, on peut passer par renversements successifs, de la prospérité relative à la guerre, et de la guerre à la révolution. Ainsi, de la même manière finira en son temps la Belle Époque période dénommée « post-moderne. Ce qui est certain, c’est que, comme nous le disions plus haut, le rêve est né et mort aussitôt. Dans les formes et les contenus, l’Expo d’aujourd’hui ne conserve rien de la séduction sociale qu’elle eut dans le passé. En matière économique, juridique et politique, dans un tel environnement social et culturel il ne s’agit pas aujourd’hui de coopter la classe ouvrière, mais de faire en sorte qu’elle n’apparaisse pas. Qu’elle soit non apparente, en un mot : invisible.

Quant à la gravité de la situation économique et sociale actuelle en Italie ou en Europe, il ne faut pas se laisser abuser : il reste encore des marges pour comprimer et éroder ultérieurement les salaires et les conditions de travail et de vie. Non seulement celles des ouvriers moins qualifiés , mais surtout celles couches les plus « privilégiées » du travail salarié, dans le secteur public en particulier. Mais ces marges ne sont pas infinies ; et à forces de comprimer, l’explosion devient inévitable. La violence apparue à Milan, la même qui a suscité des réactions hystériques à droite et à gauche, tantôt entre ceux qui, très bourgeoisement, l’exècre comme une dévastation folle et incontrôlable, tantôt ceux qui, incapable de voir au-delà du bout de leur nez, la célèbre comme une violence insurrectionnelle (!) – elle apparaîtra alors comme une une bagarre de bistrot. Comme nous l’avons montré in vitro les méthodes utilisées contre les travailleurs de la logistique en lutte, la classe capitaliste ne fait pas dans la dentelle quand on touche où ça fait mal, fusse à fleur de peau, ou quand on touche à la base de son pouvoir, c-à-d l’entreprise. Et quand l’État montre véritablement les dents, c’est là que s’effondre le spécialité de la barricade. Qui pense que les 30.000 morts de la Commune, les canons de Bava-Beccaris, les Freikorps, etc., sont des choses d’un autre temps aura l’occasion de se raviser.



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MessageSujet: Le Venezuela au pied du mur Dmitri Geer   Dim 28 Juin - 12:46

Le Venezuela au pied du mur Dmitri Geer Spoutnik 18 juin

Dmitri Geer a écrit:

Les prix bas du pétrole pèsent sur l’économie du Venezuela. Les opposants politiques aux autorités actuelles causent eux non moins de problèmes. Mais le pouvoir est sûr de son succès et est prêt à poursuivre la ligne précédemment fixée.

Le groupe pétrolier russe Rosneft

en relation Pétrole: la Russie aidera le Venezuela à doubler sa production

Nicolas Maduro s'est vivement opposé à la dollarisation de l'économie nationale. Le président vénézuélien a relevé que le bolivar resterait la monnaie nationale, tandis que les recettes en devises étrangères serviraient comme avant à financer la construction de logements, l'instruction, l'amélioration du système de la santé publique et l'alimentation. Des experts préviennent néanmoins que la situation économique est alarmante. Le cours de change du bolivar vénézuélien sur le marché noir chute de 340 points face au dollar US, le niveau officiel étant établi à 6,3 contre un $. La plupart des difficultés rencontrées aujourd'hui par le Venezuela provient de la chute des prix du pétrole, puisque ce dernier représente de la structure des exportations. Autrement dit, de longues années durant, le pays vivait du pétrole, conclut Alexandre Kharlamenko, en charge du centre de l'information et de la recherche à l'Institut de l'Amérique latine auprès de l'Académie russe des sciences:

« Son économie se basait toujours dans une grande mesure sur l'industrie pétrolière. Pratiquement tous les autres secteurs économiques, publics comme privés, bénéficiaient de subventions énormes de la part de Petróleos de Venezuela SA, corporation pétrolière et gazière d'Etat. Notamment, des subventions aux opérations d'exportation et d'importation. En profite aussi ce même secteur privé, qui se montre hostile au pouvoir en place. On comprend que toute baisse des prix du pétrole frappe le Venezuela plus durement que la Russie, dont l'économie est plus diversifiée ».

Le pétrole ne coûtera plus jamais 100 USD (Maduro)

Voici ce que dit à ce propos Vladimir Feïguine, président de l'Institut de l'Energie et des finances:

« Pour que le budget du Venezuela soit équilibré, le prix du baril doit être de l'ordre de 100 $, sinon plus. Il y a des difficultés économiques, des complications sociales sont possibles. Des pourparlers sont en cours afin de renforcer l'interaction avec la partie russe. Je crois qu'il s'agit d'un certain soutien à la direction vénézuélienne ».

La Russie elle aussi voit dans le Venezuela un partenaire important. On vient d'apprendre que Rosneft planifie d'investir 14 milliards de dollars dans les projets au Venezuela. Cette compagnie russe est parmi les plus importants partenaires étrangers de Petroleos de Venezuela. Caracas est prêt à coopérer avec d'autres. D'autant que les investissements dans la mise en valeur des sables bitumineux du bassin de l'Orénoque représenteraient environ 144 milliards de dollars d'ici à 2020, selon la corporation pétrolière et gazière publique. Le Venezuela attend justement la moitié de cette somme des partenaires étrangers. Mais de toute façon, une stabilisation des prix du pétrole reste une chose primordiale. Pour cette raison le Venezuela cherche à établir des filières de négociation avec l'OPEP, note Vladimir Feïguine:

« La chute des prix du baril préoccupe beaucoup les autorités du pays. Elles tentent d'établir des contacts avec la direction de l'OPEP et de concerter des mesures unifiées. Y compris à l'égard des quotas. Elles ont pris part à l'organisation d'une conférence, à laquelle la partie russe a également participé ».


Outre ces problèmes liés à la situation sur le marché des hydrocarbures, le Venezuela subit une forte pression politique. Ainsi, à la fin de 2014, le Sénat du Congrès des Etats-Unis a approuvé un projet de loi sur des sanctions visant nombre de fonctionnaires vénézuéliens. Mais il n'y a pas que la pression extérieure, constate Alexandre Kharlamenko:

« Il y a certainement une guerre économique des milieux réactionnaires des Etats-Unis et de l'opposition de droite qui agit de concert avec eux. C'est un vrai sabotage économique à grande échelle touchant l'approvisionnement en denrées alimentaires, dont des stocks énormes sont cachés par des opposants et qui sont ensuite découverts par la police presque chaque semaine. Tout cela ne manque pas, bien entendu, de compliquer la situation dans l'économie ».

Des experts appellent à étudier attentivement les problèmes rencontrés par le Venezuela et à tirer des conclusions dès à présent. Quant au Venezuela, il aura à parcourir un long chemin de redressement de la situation économique. Or si la pression politique ne faiblit pas, les tentatives de Caracas de s'en tirer ont de très minces chances d'aboutir.

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/analyse/20150626/1016739354.html#ixzz3eLu9vOgX
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MessageSujet: Porto Rico, la "Grèce des Caraïbes", se trouve dans l'incapacité de payer ses dettes   Lun 29 Juin - 17:27


Porto Rico, la "Grèce des Caraïbes", se trouve dans l'incapacité de payer ses dettes LEXPRESS.fr avec AFP 29 juin

L'Express/AFP a écrit:
Dans un entretien au New York Times, le gouverneur de l'île soutient que Porto Rico est incapable de résorber sa dette. L'Etat insulaire a accumulé une dette qui s'élève à plus de 70 milliards de dollars.

"On ne peut pas rembourser la dette", a affirmé le gouverneur Alejandro Garcia Padillo au New York Times. Au total, Porto Rico a accumulé une dette de 73 milliards de dollars. L'île espère désormais un coup de pouce de la part de l'ensemble de ses créanciers.

"Il n'y a pas d'autre option. J'aimerais disposer d'une option plus facile. Ce n'est pas une question politique, c'est mathématique", a indiqué le gouverneur porto-ricain. En une décennie, la dette de Porto Rico a doublé à cause d'un contexte économique morose. De leur côté, les investisseurs craignaient de plus en plus que le gouvernement ne soit à court de liquidités.

La "Grèce des Caraïbes"

En tant que Commonwealth, l'île ne peut déposer le bilan, ce qui signifie qu'un défaut de paiement pourrait prendre des années pour être résolu. Mais, les hauts fonctionnaires porto-ricains espèrent que ce statut d'Etat associé aux Etats-Unis lui permettra de demander des concessions à ses créanciers. Un moyen pour l'île de reporter le remboursement de certaines échéances ou d'allonger la période de remboursement jusqu'à cinq ans, selon le quotidien américain.

Avec une dette de 73 milliards de dollars, l'endettement par personne est supérieur à l'endettement de n'importe quel Etat américain. Les problèmes financiers de l'île des Caraïbes ont secoué le vaste marché des obligations municipales américaines. L'île est désormais surnommée la "Grèce des Caraïbes". L'alerte lancée dimanche par le gouverneur de Porto Rico intervient justement au moment où la Grèce fait face à une grave crise à cause de sa dette.

Read more at http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/porto-rico-la-grece-des-caraibes-se-trouve-dans-l-incapacite-de-payer-ses-dettes_1694478.html#mw42ZmklLGFuIIrP.99
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MessageSujet: Otan, FMI, tensions, divisions, Grexit… Horizon 2020 : le retour des guerres européennes ?   Lun 29 Juin - 17:36


Otan, FMI, tensions, divisions, Grexit… Horizon 2020 : le retour des guerres européennes ?

GEAB a écrit:
Devant la combinaison de certains indicateurs plutôt inquiétants ces derniers mois, nous en sommes venus à nous poser la question de la probabilité d’un retour des guerres européennes à l’horizon 2020.



communiqué 1

En effet, ce n’est pas parce que notre équipe continue à voir les pistes de sortie de crise se mettre en place qu’elle ne garde pas sa vigilance sur les obstacles qui demeurent sur la route. Des obstacles qui nous semblent de deux natures essentiellement :

. d’une part, les efforts des maîtres du « monde d’avant » pour garder la main, conflits anachroniques et ancrés dans le passé, générés par des puissances de plus en plus isolées, mais aussi de plus en plus agressives, au nombre desquelles on trouve surtout l’appareil militaire US, mais pas seulement ;

. d’autre part, les étincelles, « naturelles » celles-ci, susceptibles de naître des immenses frottements entre plaques tectoniques, image évoquant le mieux les rééquilibrages géopolitiques en cours.

Sommaire de ce numéro :
1.Perspectives : Otan, FMI, tensions, divisions, Grexit… Horizon 2020 : le retour des guerres européennes ?
2.Telescope : 2015-2020 : Le grand isolement de l’« Amérique dure »
3.Focus : Crise grecque : la tentation d’écarter le FMI

Notre équipe a choisi de rendre publique la partie Focus, intitulée : « Crise grecque : la tentation d’écarter le FMI »

Crise grecque : la tentation d’écarter le FMI

À en croire nos médias, il semblerait que le monde entier soit suspendu à l’accord grec recherché par l’UE, la BCE et le FMI. Entre rebondissements et enlisement, la tension monte et désormais le défaut de paiement de la Grèce n’est pas exclu[1]. Cataclysme ou opportunité ?

La Grèce restera dans la zone euro

Nous l’avons toujours dit et nous le maintenons : la Grèce restera dans la zone euro. Il est étrange que, jusqu’à très récemment, tous les médias associaient défaut de paiement et grexit. Ce temps est révolu : les deux problématiques sont désormais bien séparées, comme il se doit, et c’est un signe que la Grèce gardera la monnaie unique. Qu’elle fasse défaut, en revanche, est une possibilité. Et si tel est le cas, ce sera un défaut voulu, organisé, et même concerté entre Européens. Le cas grec n’est pas sous le microscope mondial depuis six ans pour que l’issue de la crise se produise de manière inattendue.

On assiste d’ailleurs à une reprise en main politique de la zone euro, avec Merkel et Hollande qui veulent un « renforcement de la zone euro »[2], avec Juncker qui insuffle une énergie politique nouvelle, et avec Sigmar Gabriel (vice-chancelier allemand) et Emmanuel Macron (ministre de l’Économie français) qui demandent une « intégration radicale » de l’Eurozone[3]. Tout cela n’est évidemment pas très compatible avec une sortie désordonnée de la Grèce de la zone euro. Juncker et Tsípras, qui bataillent depuis des mois pour obtenir un accord, n’envisagent pas plus l’un que l’autre de grexit. Un grexit qui n’est qu’un fantasme des marchés financiers et des médias.

Le FMI : une épine dans le pied européen

Certes, ce grexit aura été recherché, sciemment ou non, par quelques acteurs de la partie de poker qui se joue actuellement, et en particulier l’acteur washingtonien. Chacun connaît les positions historiques du FMI en matière de gestion d’endettement souverain. L’affaire grecque ne fait pas exception : des trois membres de la troïka, le FMI est de loin le plus idéologiquement exigeant dans ses demandes envers la Grèce[4].

Si la tragédie grecque dure depuis si longtemps, ce n’est pas la taille du problème qui est en question. Il a certes fallu injecter environ 240 milliards d’euros dans l’économie grecque – ou plutôt dans les banques et le système financier grec afin que celui-ci ne s’effondre pas (ce qui aurait risqué d’entraîner tout le système européen). Un tel montant ne représente que le quart du QE de la BCE, par exemple, ou une petite partie des plans de relance européens et du soutien aux banques.

Non, si la tragédie grecque dure depuis si longtemps, c’est qu’il y a une autre raison. Les Allemands qui ne voudraient pas payer ? Ils sont loin d’être les seuls à payer (ils représentent seulement 22 % des fonds prêtés) et ils l’ont toujours fait jusqu’à présent, finalement sans trop rechigner. La raison est plutôt à aller chercher du côté du FMI et de ses exigences démesurées et bien trop néolibérales pour le continent européen. Un « allié » imposé par Washington en 2010, mais qui représente moins de 20 % des aides (et dont plus de la moitié a maintenant été remboursée). Un allié encombrant dont l’Europe voudrait bien se débarrasser pour gérer son problème seule, sans ingérence des États-Unis. D’autant qu’elle s’est enfin créé les moyens de le résoudre, ce problème, grâce notamment au FESF (Fonds européen de stabilité financière), puis à son successeur, le MES (Mécanisme européen de stabilité).

communique 2


Figure 1 – Répartition de la dette grecque (320 milliards d’euros). Source : La Croix.

L’occasion rêvée de se débarrasser du FMI

Le dénouement du problème grec est donc intimement lié à la résolution du problème FMI. Un problème qui ne vaut « plus que » 21 milliards d’euros.

communique 3


Figure 10 – Sommes dues par Athènes à ses créanciers et échéancier des remboursements.
Source : WSJ.

De nombreuses sources doutent que la Grèce dispose de la somme exigée par le FMI au 30 juin (1,6 milliard d’euros), et le ministre de l’Intérieur a lui-même exclu un remboursement du FMI sans aide extérieure[5].

À en croire le ministre de l’Économie, Yánis Varoufákis[6] (qui regrette la méthode employée et aurait aimé négocier directement avec les États-membres européens), la troïka n’a en fait jamais vraiment négocié et s’est contentée d’imposer ses desiderata. Une façon de jouer au poker en pariant que la Grèce craquerait ? Peut-être. Mais surtout une gestion technocratique d’une crise grecque aux implications éminemment politiques… et un jeu très risqué, car les messages envoyés par le gouvernement grec aux peuples européens (que ce soit les tribunes de Tsípras ou les interviews de Varoufákis dans les journaux européens) sont limpides et finissent par porter leurs fruits : qui ne comprend pas qu’ils ont raison[7] et qu’ils ont par ailleurs mis une extraordinaire bonne volonté à poursuivre les négociations sans utiliser leur argument décisif, à savoir le défaut et la sortie de la zone euro ?

C’est l’idée que nous défendons depuis plusieurs mois déjà qu’il y a accord tacite entre la Grèce et l’Eurogroupe, où le gouvernement Tsípras est envoyé au combat contre le FMI et ses exigences démesurées.

Les dirigeants européens auront-ils le courage d’assumer un défaut de paiement pur et simple de la Grèce ? Vraisemblablement pas, car les conséquences sont assez imprévisibles[8]. Mais une autre solution naturelle existe, comme Varoufákis le mentionne : que le MES (qui a été créé pour cela) avance l’argent que la Grèce doit au FMI[9]. Pas de défaut de paiement, solidarité européenne et évincement du FMI (puisque celui-ci serait intégralement remboursé) : il y a beaucoup d’avantages à cette solution. Même le FMI y trouverait son compte, car il comprend bien que tout le monde est maintenant dans le même bateau et qu’il vaut mieux être remboursé par l’Europe que de continuer à mettre de l’huile sur le feu et risquer une explosion du système financier dans son ensemble. Et puis, imaginons un instant le signal qu’enverrait un refus de remboursement de la Grèce au FMI en direction de tous les débiteurs de cette institution. Le FMI envisage-t-il vraiment d’aller jusqu’au bout de la logique ? Ou tout cela n’est-il, comme nous le supposons depuis des mois, qu’une mise en scène entre des acteurs qui ont tous intérêt au changement et ont pour cela besoin d’une situation de tension extrême pour justifier leur mouvement ?

La solution de Varoufákis est indéniablement le bon compromis. Mais si vraiment elle ne peut pas être appliquée, il en existe une autre, plus violente et imprévisible, mais au même potentiel de dénouement de crise.

Défaut de paiement en zone euro : rêve ou cauchemar ?

En effet, au point où en sont les négociations, l’alternative maintenant la plus crédible est plus violente : laisser la Grèce faire défaut partiel. A priori, il faudrait pour cela un courage politique bien plus grand que ce dont nos dirigeants sont capables – à moins que les atermoiements européens ne poussent Tsípras à bout (il ne faut pas oublier qu’il a là une carte majeure en main). Cette option n’est donc guère probable d’après notre équipe. Cela dit, elle aurait des conséquences intéressantes et de moins en moins taboues.

Elle obligerait en effet à remettre à plat les dettes de la zone euro (et peut-être même mondiales). Car pourquoi soulager la Grèce d’une partie de ses dettes, quand l’Espagne, l’Italie, le Portugal ou la France, par exemple, luttent eux aussi avec leur endettement ? Cela aurait le mérite de lancer une réflexion sur le sujet[10], avec la possibilité d’effacer purement et simplement une partie de la dette publique[11].

Les dettes privées ont été transformées en dettes souveraines qui écrasent les États, et pas seulement la Grèce, désormais incapables de la moindre action de relance économique. Un assainissement forcé via un défaut partiel et réfléchi aurait certes des conséquences désagréables pour quelques établissements financiers parasites, mais ce serait enfin un moyen d’apurer le système – cet apurement qui est la clé pour sortir de la crise systémique globale.

La tentation doit donc être forte d’organiser le non-remboursement de certains créditeurs ou du FMI et d’enclencher un processus d’annulation de la dette, surtout dans un contexte de remontée des taux d’intérêt sur le point de réduire à néant tous les efforts d’austérité menés par les pays endettés.

La grande négociation autour du cas emblématique grec est sans doute avant tout et surtout un grand temps de réflexion et de préparation à l’application d’une solution définitive qui pourrait, après tout pourquoi pas, consister à pousser les Grecs à déclencher la grande bombe de l’annulation des dettes qui écrasent la planète.

Mais notre pronostic va tout de même au choix de solution « raisonnable » de transfert de dette sur l’Eurozone marquant la reprise d’indépendance financière du continent européen…. Pour lire plus, inscrivez-vous au GEAB

——————————————-

Notes:

[1] Source : Le Monde, 13/06/2015.

[2] Source : Reuters, 26/05/2015.

[3] Source : Guardian, 03/06/2015.

[4] « Le FMI toujours sur une ligne très dure » ; « Le FMI plus exigeant que la Commission »… Source : Le Monde, 27/05/2015.

[5] Source : RT, 25/05/2015.

[6] Il faut lire cette interview très claire : Tagesspiegel, 09/06/2015.

[7] Un exemple récent en date concerne cette remarque de Varoufákis plaidant non coupable dans l’incapacité pour le gouvernement de traiter la question de l’évasion fiscale compte tenu du fait que le système judiciaire du pays est à l’arrêt faute d’argent (voir lien précédent). Que répondre à cela ?

[8] Les enjeux sont bien résumés ici : Bloomberg, 25/05/2015.

[9] Autre solution : que le QE de la BCE profite enfin à la Grèce…

[10] Que certains ont d’ailleurs déjà commencée : 60 % de la dette publique française serait « illégitime ». De là à l’effacer, il n’y a qu’un pas. Source : Guardian, 09/06/2014.

[11] Au minimum, effacer la dette détenue par d’autres États européens ne peut pas faire de mal, mais les montants ne sont pas très élevés.
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MessageSujet: La guerre interne du capitalisme   Mar 30 Juin - 15:31

La guerre interne du capitalisme Ysengrimus 7duQuébec 26 juin


Ysengrimus a écrit:
Il n’est pire guerre que la guerre des intestins contre les intestins. Ah, il y a du brasse camarade dans l’économie-monde…

Il fut un temps ou les disparités de modes de production étaient beaucoup plus accusées qu’aujourd’hui, seulement en Europe. La notion de “tiers monde” était jadis économiquement quasi-inexistante. Je n’en finirais pas d’énumérer les problèmes posés par ce fichu de nouveau siècle. Le moteur du mouvement social réside bel et bien toujours dans les possibilités d’extortion du surtravail. Or, les pays que nos journaux appellent du “tiers” et du “quart” monde sont aujourd’hui les grandes sources de plus-value effectivement productive.

Les économies occidentales sont, en notre temps, à 75% post-industrielles (services et bureaucratie, principalement). Ainsi, un stylos à bille produit au Honduras coûte infiniment moins cher en reviens que le même stylo à bille produit en France ou en Allemagne. Les coûts de frais sociaux sont inexistants dans le premier cas. L’assiette de plus-value produite par le prolétaire non-occidental n’a donc que le capitaliste comme convive à convoquer. Il n’y a plus à la partager avec le col blanc occidental, sous forme de charges sociales, et de cette kirielle de frais divers qui font du Nord-Ouest un oasis illusoire.

Cette situation de disponibilité internationale de surtravail frais et bon marché suscite une véritable exportation du moteur de production vers les zones plus précairement prolétarisées. Nous évoluons désormais dans un dispositif où le travailleur occidental s’est historiquement donné une protection sociale mais a laissé la bourgeoisie aux commandes. La conséquence en est qu’il fonctionne comme une sorte de rentier social, d’aristocrate ouvrier. Mais l’aristocrate dépend de sa terre nationale! Si celle-ci tombe en friche, c’est sa rente qui s’effiloche. Ici c’est la bourgeoisie aux abois qui rouille le blé de l’aristocrate ouvrier! Car, ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’expatrier le moteur de production, c’est aussi expatrier le moteur de consommation, car ce sont là les deux facettes dialectiques du même jeton.

Chercher de nouvelles sources de plus-value, c’est expatrier la production. Et expatrier la production, c’est expatrier le marché. Dans les derniers 30 ans, le pouvoir d’achat des masses prolétariennes indonésiennes, chinoises ou guatémaltèques a, en proportion, beaucoup plus augmenté que celui des masses françaises, états-uniennes ou allemandes. Le marché devient donc international au sens fort, et les entreprises domestiques produisent et trouvent le marché là où il se produit et se trouve. L’internationalisation du marché n’est donc pas la conséquence du tassement de la production domestique, mais sa cause. Moins de plus-value domestique, moins de pouvoir d’achat domestique. Moins de pouvoir d’achat domestique, tassement du marché domestique. Voir cela comme une stratégie voulue des patrons c’est dès lors basculer dans une interprétation volontariste de type militantisme vulgaire.

Cet état de fait économique s’impose au patron occidental autant qu’au travailleur occidental. La dynamique de concurrence pousse implacablement toute la machine dans le bourbier tiers-mondiste. Et ainsi, le ci-devant “libre échange” est lui aussi consécutif plutôt que causal. Les cris de nos libre-échangistes c’est le hululement de la chouette de Minerve, quand tout est joué et quand la nuit de la mondialisation est tombée.

Qui va en profiter ? Ah, ah. Voilà le beau merdier ! Extirper la productivité des secteurs avancés, balisés socialement, pour la nicher dans des pays arriérés, semi-coloniaux, à régimes dictatoriaux et “bananiers”, pour reprendre une image d’une autre époque qui dit bien ce qu’elle a à dire, donne une illusoire et courte impression de levée fraîche de profits rapides. En fait la régression (notez ce mot!) sur les zones à capitalisme sauvage aura à moyen et long terme les effets qu’ont eu le capitalisme sauvage: désorganisation de la production, dérapage social, paupérisation à outrance, émeutes de la faim, spéculation sans balises menant à des crash boursiers, dans des pays pauvres mais dont le sort semble soudain rayonner sur le monde.

La Thaïlande, la Russie, l’Inde, la Chine et le Brésil en témoignent. Le capitalisme étire son sursis, mais tout cela revient à la fameuse baisse tendancielle du taux de profit. Elle se poursuit, inexorable, et les profits absolus ne doivent pas faire illusion quand au caractère déterminant de cette loi. Le capitalisme se love sur la planète entière, mais en même temps il s’étrangle impitoyablement avec ses propres circonvolutions. Il va se trouver coincé entre l’aristocratie ouvrière occidentale qui va se mettre à s’agiter pour ne pas perdre ses privilèges, et le prolétariat des nouvelles zones, productives industriellement mais arriérées politiquement, qui va se mettre à s’agiter pour acquérir les siens. On n’a pas fini de voir s’ébranler le monde. Mais cette fois-ci, le capitalisme ne trouvera plus un “quint” ou un “sixte” monde pour se réactiver, la planète étant, l’un dans l’autre, une sphère finie…

La contradiction interne fondamentale du capitalisme ne pourra donc plus se fuir elle même vers les zones en friche, comme elle le fit du temps de la phase impérialiste. La guerre, la vraie guerre interne du capitalisme va donc s’amplifier hyperboliquement. De nos jours, elle se joue et se joue farouchement entre les PDG et les investisseurs. Ils n’ont presque plus besoin de la lutte des classes classique: ils se mangent entre eux. Les premiers mobilisant une énergie formidable pour fourrer les seconds. Les seconds se méfiant des premiers comme un nageur des requins. Elle est loin l’époque où le premier Rockefeller jugeait que la satisfaction des investisseurs était l’objectif cardinal de l’homme d’affaire prospère.

C’est que le capitalisme n’investit plus : il boursicote. Ses intendants maquillent les chiffres pour que les investisseurs ne retirent plus leurs joujoux financiers en un éclair. Les profits de productions sont graduellement remplacés par le butin d’extorsion par actions. Les investisseurs sont tout aussi cyniques et insensibles. Ils ne s’impliquent plus dans une entreprise parce qu’ils croient en sa mission mais bien parce que c’est la crête du moment dans leur surfing électronique, ultra-abstrait et ultra-rapide aux dividendes.

Même le commerce des produits financiers s’engage dans ce type de mutation implacable. Préférer l’extorsion directe avec résultat à court terme à la doctrine classique de «faire de la clientèle» est une attitude qui surprend toujours en Amérique du Nord. En Europe, c’est la loi. On te fait les poches en un acte commercial unique et retors et tant pis su tu ne reviens pas et parle de nous en mal à tes copains. Mais dans le Nouveau Monde, c’est inhabituel. Inhabituel et symptomatique.

Quand la soif du profit à court terme atteint une telle profondeur microscopique, c’est que les choses changent dans notre contexte économique. À rapprocher de la désormais classique explosion des frais d’usager des banques. Ne plus investir (dans l’industrie pour les banques, dans la satisfaction du client pour les commerces) mais extorquer en une ou deux fois et fuir. Fondamentalement cela change la valeur de place (de poche…) mais n’en produit plus de nouvelle.

Il est criant que ce système a cessé de croire en lui même. Le spéculatif poursuit sa lente et inexorable séparation du productif et les experts, qui sont au service du spéculatif, s’attellent à la principale tâche du spéculatif : nier le réel, peindre en rose la muraille grise des faits concernant la productivité, l’échange, la compétitivité, la qualité matérielle des produits, leur réception effective dans le public, etc…

L’arnaque passe de plus en plus en auto-arnaque. La guerre interne se poursuit, autant que la contradiction autodestructrice motrice. Certains acteurs passent aux aveux. Il est criant que le profit de l’entreprise, devenu depuis l’entreprise du profit, nuit désormais ouvertement à la production effective.
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MessageSujet: Intelligence économique et Espionnage industriel   Mar 30 Juin - 16:27

vraiment, mais vraiment pour mémoire, ces histoires d'espionnage entre Pays industriels étant un secret de polichinelle. Cela existe depuis que le commerce international existe, avant la Révolution française... Seules les techniques ont changé, et les moyens de (ne pas) se faire prendre...

dans les ministères concernés (Industrie, Finances, Affaires étrangère, Défense, BTP...), il y a toujours eu des missions, plus ou moins officielles et sous diverses appellations dont les administrations ont le secret

c'est de façon basique mais profonde, un des liens entre chaque État et la défense des Capitaux de chez lui, dans la concurrence internationale par branche ou au-delà, dont le but est de maintenir ou accroître le taux de profit tendant à la baisse

il y a donc des aspects à tous les niveaux : techniques et technologiques ou industriels, économiques et prévisionnistes, militaires et stratégiques, le machin qu'on agite avec les "révélations" de Wikileaks ou autres, cela plait toujours aux gogos, qui croient ainsi pénétrer des secrets du grand capital qui nous cache tout et nous dit rien, et en retient que tout le monde surveille tout le monde

combien en déduisent que si ça n'existait pas, le capitalisme serait plus propre et plus moral ? Bof.... Vivement la crise, leçon de formation accélérée à la critique de l'économie politique, grand moment de théorie embarquée...

autrefois, on appelait ça espionnage industriel, et c'est devenu l'intelligence économique

à la Direction des affaires économiques et internationales de mon ministère, il y avait un haut-fonctionnaire chargé de mission sur la question, et je fus chargé au début des années 200 d'organiser une conférence de formation sur la question. Une vague ambiance de "secret" planait sur l'assemblée, dont les participants étaient tout fier, on leur avait fabriqué des dossiers, etc...

L'œil de la NSA sur l'économie française Guerric Poncet Le Point 30 juin 2015

L'agence nationale de sécurité américaine est bien une arme de guerre économique pour Washington, qui s'en sert pour favoriser ses entreprises.

Guerric Poncet a écrit:
Les informations de WikiLeaks continuent d'accabler la politique d'espionnage américaine sur ses alliés. Après avoir prouvé la mise sur écoutes de trois présidents français par l'agence nationale de sécurité (NSA), le site de Julian Assange a publié lundi des documents montrant pour la première fois l'ampleur des écoutes ciblées contre l'économie française, des ministres aux chefs d'entreprise en passant par les ambassadeurs. Les instructions stipulaient que tous les contrats d'exportation estimés à plus de 200 millions de dollars devaient faire l'objet d'une surveillance, selon WikiLeaks, dont les documents sont publiés par Libération et Mediapart.

Pierre Moscovici et François Baroin ont été écoutés par les espions lorsqu'ils étaient au ministère de l'Économie et des Finances, tout comme les dirigeants de la "quasi-totalité" des entreprises du CAC 40. "Jamais la preuve d’un espionnage économique massif de la France, orchestré au plus haut niveau de l’État américain, n’avait été établie aussi clairement", assure Libération. Toutefois, depuis les révélations sur le système Échelon à la fin des années 1980, de nombreuses entreprises avaient pris des mesures pour se prémunir des "grandes oreilles" un peu trop indiscrètes : communications chiffrées, leurres ou encore réunions "étanches" sont devenus banals. Mais, comme toujours en sécurité informatique, le chaînon humain reste le plus faible, et de nombreux dirigeants n'appliquent pas les consignes élémentaires.

La Maison-Blanche dément

Les États-Unis "n'utilisent pas leurs capacités de renseignement pour voler les secrets commerciaux de compagnies étrangères pour le compte de compagnies américaines" afin d'améliorer la "compétitivité" ou la "rentabilité" de celles-ci, a rappelé la direction nationale du renseignement américaine (DNI), répétant une déclaration de son directeur James Clapper datant de 2013 et refusant d'apporter plus de commentaires sur les informations dévoilées par WikiLeaks. Pas plus d'explications sur la station d'écoutes clandestines découverte en 2013 sur le toit de l'ambassade américaine à Paris, à quelques pas de l'Élysée.

La semaine dernière, WikiLeaks avait déjà dévoilé l'espionnage américain sur Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. L'information, déjà largement connue par les services de sécurité, avait suscité des réactions tantôt désabusées, tantôt faussement naïves, comme celle de Manuel Valls qui avait réclamé la création d'un "code de bonne conduite" entre alliés. Et ce, alors même que sa nouvelle loi sur le renseignement contient des mesures autorisant la France à se comporter de la même manière que son "allié".
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MessageSujet: les robots produisent-ils de la plus-value ?   Mer 1 Juil - 14:02

un peu de critique de l'économie politique, en léger différé de les robots contre l'emploi ? mais... quelle plus-value ?

à lire toute la presse empressée d'alerter sur le remplacement des salariés en chair et en os par des robots en matériaux composites et puces électroniques, on se dit : voilà l'homme nouveau du capital, c'est foutu pour la cause communiste...

pour tout bon bon marxiste pas "so called", une question vient

les robots produisent-ils de la plus-value ?



la plus-value, c'est ce surplus de produit que l'"ouvrier" fabrique durant son temps de travail, au-delà du temps nécessaire à produire l'équivalent de sa force de travail dépensée : il touche le juste salaire pour reconstituer cette force de travail, revenir le lendemain, etc.

dans la force de travail de l'ouvrier, ou du producteur de plus-value moderne, entre tout ce qui l'a construit depuis sa naissance, ses muscles et son intelligence, ses connaissances et compétences apprises à l'école, les soins prodigués par sa maman, sa compagne, sa maîtresse et son chien, etc. C'est tout cela qu'il reconstitue hors de l'usine pour y être un productif de plus value efficient

le prolétaire productif (de plus value) est donc une marchandise (force de travail) possédant cette propriété de produire plus qu'elle n'exige pour être reproduite

au niveau générationnel, c'est la fabrication des petits prolétaires par "les femmes qui font des enfants", et constituent donc la première force de reproduction de la force de travail mondiale pour le capitalisme


le robot, lui, ne saurait produire davantage d'équivalent valeur d'un produit qu'il n'en faut pour le reconstituer. Il n'a ni maman, ni épouse fidèle, ni maîtresse (encore que... nous verrons), ni chien (là aussi...), il peut travailler 24h/24 sans faire les 3x8...


le robot, en travaillant à la place d'un prolétaire humain, dépense, ou plus exactement consomme, ce qui l'a constitué comme machine-outil dotée d'une intelligence artificielle limité aux tâches auxquelles il sera assigné,

dans ce qui constitue la "force de travail" du robot, comme marchandise porteuse d'une "valeur", entrent sa conception, sa fabrication, [son achat-vente par l'industriel qui l'utilise à l'industriel fabricant], l'énergie pour son fonctionnement (électricité, manipulation minimale, déplacement, par un prolétaire humain), son entretien jusqu'à usure complète ou obsolescence face à la concurrence mieux équipée du robot dernier crie (le robot crie quand le robot craque)


autrement dit, malgré ses grands airs - surtout quand il a figure humaine et travail côte à côte d'un prolo faisant la même chose moins vite - le robot n'est que du travail incorporé mis à la dépense productive, du capital fixe (" pour Marx le capital fixe est la part du capital dévolue, dans l'investissement productif, à l'achat de bâtiments (installation d'une usine par exemple), de machines et d'outils ")

le robot ne fait en "produisant" que se consommer, que se consumer jusqu'à sa mort comme déchet "vert" à recycler pour la fabrication de robautres

résultat : le robot ne produit pas de plus-value

le leurre, dans cette histoire, est le fameux "General Intellect" et le "capitalisme cognitif" mis à toutes les sauce (surtout par les négristes, et particulièrement les négristes français, Moulier-Boutang et Multitude) cf Negri-Vercellone Le rapport capital / travail dans le capitalisme cognitif

par General Intellect, Marx dans les Grundrisse entend la constitution collective, socialisée, de la force de travail par le capitalisme en subsomption réelle, fondée sur l'expropriation de plus-value relative (Marx 1867)

ce qui nous ramène à notre robot, dont l'utilisation accroit la productivité réelle du travail c'est-à-dire la quantité de produit fabriquée dans un temps donné de travail, la productivité simple consistant à augmenter la plus-value absolue en faisant travailler l'ouvrier plus longtemps

ce qui est une autre manière d'établir que

le robot, en lui-même et par lui-même, ne produit pas de plus-value, ni absolue, ni relative. Il n'en produit pas davantage qu'un marteau ou un fer à repasser

NB : le robot n'est pas non plus un esclave, travaillant à s'épuiser sans être payé en salaire. L'esclave est dans la même situation que le cheval de trait ou le bœuf de labour, et la femme-esclave vouée de plus à la reproduction des petits esclaves, comme la vache fait le veau et la poule fait l'œuf

Patlotch a écrit:
21 D'la poule et d'z'œufs et d'le poulet

Maboul dit « La lutte et le communisme, c'est comme la poule et l'œuf. » « La poule et l'œuf ne font que le poulet. » lui oppose Isidore - Hmm, fait Maboul, la police du capital... - Capital et communisme même combat ? - Hmm... moui, face à face - Alors après la révolution, plus de capital, plus de communisme ? - Ça dépend - De quoi ? - Du temps - Je s'rai plus là - Si c'est pas toi, quelqu'un des tiens - Quelqu'un détient quoi, si la propriété l'est abolie ? - Chacun l'unique en sa propriété - Mais moi je ne suis rien, qu'à toi qui est mon tout, Maboul - Rien ne sera plus à personne, Isidore - Tu veux dire qu'avec la révolution, Maboul, je ne serais pas même, un peu, ta poul... - Merde ! Isidore, c'est l'heure de pondre ! - Fait pas un temps à mettre un œuf dehors - On répond pas on pond ! Pas d'temps à perdr faut pondr ! - Pour la reproduction du poulet ? - Qu'on rattrap jamais - Si, la preuve, c'est qu'on le mange - J'ai pas dit le poulet, le temps perdu ! Isi' tes con ou quoi ? - T'as raison, Mab', l'capital, c'est la recherche du temps gagné - Triste de nous, v'là-t'y pas Proust communist en son genre ? - J'le vois pas l'rapport, quel genre ? - Le rapport sexuel n'existe pas - Dieu non plus - Vrai, sinon s'rait genre communist en chef de parti - C'est t'y pas la preuve qu'exist mêm pas - Pas comm l'homm - Lui non plus ? - Lui non plus quoi ? - L'homm qu'existe pas comm Dieu - Si qu'il exist pas, le communism l'est foutu - Foutue preuve qu'l'homm l'exist pas comm Dieu - Ça dépend pas ? - Quoi qui dépendrait d'qui zou quoi ? - L'existenç d'l'homm, d'la lutt, du genr Dieu, qu'est-c'que j'en sais de quoi encore ? - Rien. T'en sais rien que je sache nous n'conchiassions. Pis d'abord, c'est quoi l'rapport ? - T'as t'y point dit C'est comm la poul et l'œuf ? »



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MessageSujet: une transformation structurelle du prolétariat productif   Mer 1 Juil - 14:42

resituons ce qui précède dans l'ensemble de l'exploitation capitaliste du prolétariat, sans cesse renouvelé dans la restructuration sans fin du capitalisme

car, me dit raton
pourquoi les capitalistes utilisent-ils des robots, si ça ne leur rapporte pas de plus-value supplémentaire ?


ils le font poussés par la concurrence, chacun pour le maintien de son taux de profit, qui dépend de la productivité réelle, autrement dit de la plus-value relative

globalement, il y a un déplacement-remplacement, élimination d'ouvriers non ou peu qualifiés, accomplissant des tâches minutieuses mais répétitives : les robots sont d'abord arrivés sur les châines, Cf Chaplin, Les Temps modernes)

en amont, des emplois qualifiés sont créés de chercheurs, ingénieurs concepteurs, électroniciens et informaticiens, programmateurs, techniciens supérieurs, etc. qui deviennent de ce fait (dans "nos pays") les véritables prolétaires productifs de notre temps...


de même que les personnels de services nouveau prolétariat

et les autres



2011
Daniel Cardot a écrit:
Alternatives Economiques  n° 310 - février 2012  
Les nouveaux prolétaires, par Sarah Abdelnour
Coll. Petite encyclopédie critique, Textuel, 2012, 140 p., 9,90 euros.

Ils sont " dominés par la hiérarchie, vivant dans une forte insécurité matérielle et dans une position sociale vulnérable. " Longtemps quasi-synonyme de salariat, à l'époque où ce terme désignait des sans-terre et des sans-droit, le prolétariat s'est peu à peu restreint aux ouvriers, notamment sous l'influence de Karl Marx.
 
Aujourd'hui, c'est le mouvement inverse qui prévaut, estime l'auteur : le salariat redevient peu à peu un prolétariat new-look, résultant de " la fin de l'emploi salarié stable qu'accompagne une accentuation de la dégradation de la qualité du travail ". Les nouveaux prolétaires seraient donc les membres de ce que Robert Castel nomme " le précariat ", résultat de l'effritement de la société salariale sous la pression du système économique lui-même, qui recherche une plus grande flexibilité de la main-d'œuvre et tente de l'obtenir derrière le mot d'ordre (sans grand contenu) de " flexicurité ". La conscience de classe de ces nouveaux prolétaires se heurte à la fragilisation engendrée par la précarité : " la désaffiliation " (le terme est de Serge Paugam) produit des émeutes plus que des luttes.

Toutefois, aussi intéressante soit-elle, cette tentative de synthèse n'éclaire guère ce mot-valise qu'est la précarité, trop vite réduite au statut et à l'instabilité de l'emploi, alors que le problème est bien davantage l'insécurité, une distinction qu'elle n'effectue pas, tout comme elle se méprend en qualifiant le RSA de workfare. Dommage.
en relation, le sujet "le précariat définit le salariat" : Seuls 25% de tous les travailleurs du monde ont un emploi stable

le mouvement n'est pas récent. Cf 1968 Cheverny Julien — Les cadres. Essai sur de nouveaux prolétaires

comme la CGT une UGICT Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT

et toutes les (bonnes celles-ci mais...) qu'avaient le PCF de créer une revue ITC (Ingénieurs-techniciens-cadres) dans les années 1970

Julian Mischi, « Le communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 »,
NPA a écrit:
Dans la foulée de la signature du programme commun avec le PS et le PRG en 1972, le groupe dirigeant s’est en effet engagé dans une politique de désouvriérisation de son discours et de son recrutement, se tournant notamment vers les enseignants et les ITC (ingénieurs-techniciens-cadres). Or, après avoir recruté dans ces secteurs et désorienté une partie des militants et cadres ouvriers, le PCF a opéré un revirement idéologique et organisationnel au moment de la rupture de septembre 1977 avec le programme commun. Ce tournant ouvriériste a engendré de nouvelles tensions mais, surtout, masqué paradoxalement selon Mischi une double désouvriérisation du PCF : du personnel et du discours communistes.

et comme ce message manque cruellement de femmes...


et pour compléter le tableau en couleur.e.s : travailleurs et travailleuses domestiques / Domestic Workers

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MessageSujet: Re: ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?   Jeu 2 Juil - 21:01


extrait de Dans le monde, une classe en lutte Mai 2015 Echanges et mouvements

Echanges a écrit:
Les méandres de l’exploitation

Afrique-du-Sud — *8/05/2015 — La chute du prix du platine (conséquence en partie de la crise de l’automobile, industrie consommatrice de ce métal dans les pots d’échappement catalytiques et en ce qui concerne ce pays, difficultés grandissantes d’exploitation) fait que l’exploitation des mines du pays ne sont plus rentables pour le capital ; au prix de 54 tués, les exploités de la mine de Marikana de la multinationale du platine Lonmin avaient gagné quelques miettes de salaire. Ils y gagnent aujourd’hui le licenciement de 3 500 d’entre eux (sur 27 000 permanents et 10 000 intérimaires).

Allemagne — *3/04/2015 — Deutsch Post veut étendre à moindres frais son service de distribution des colis en embauchant 10 000 salariés low-cost d’ici 2020, dont 4 000 immédiatement. Une version de ce qui a été pratiqué aux USA avec le système two-tier, les entrants ne touchant qu’un salaire réduit par rapport aux salariés en activité dans l’entreprise. Le syndicat Verdi serait prêt à accepter le projet à condition que les travailleurs en activité voient leur temps de travail hebdomadaire passer de 38,5 à 36 heures sans réduction de salaires.
◾22/04/2015 — Restructuration organisée de façon à briser toute résistance. Le groupe automobile Opel, pour maintenir sa position sur le marché automobile mondial, ferme usine après usine avec transfert de production dans celles qui restent en activité, en accroissant la charge de travail contre la promesse qu’il n’y aura pas de licenciement… jusqu’à la fermeture programmée. Après la fermeture de l’usine d’Anvers en 2010, la production en avait été transférée à celle de Bochum, laquelle ferme fin 2014 et sa production transférée à l’usine de Rüsselsheim… où l’intensification des conditions de travail (avec toutes les conséquences physiques et mentales) « acceptée » contre la promesse qu’il n’y aura pas de licenciement, cela avec l’accord du conseil syndical dominé par le puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall.
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MessageSujet: Le parasitisme mondial crée les conditions d’un nouvel effondrement financier   Jeu 2 Juil - 22:28


lu en diagonale, pas trop d'avis sur ce genre de tropsko-pronostic... tac tic tac tic tac... boum !

et je me méfie par dessus tout de cette manière de parler de parasitisme et de séparer le capitalisme financier du capitalisme tout court... ce qui ne veut pas dire que la crise ne passe voire ne commence par là. Cela me semble cohérent avec le projet de perdre le pouvoir d'Etat pour "assainir" le capitalisme, autrement dit avec l'horizon, et l'illusion, d'un capitalisme propre, sans "parasites"

bof, ça ou du pain...

Le parasitisme mondial crée les conditions d’un nouvel effondrement financier Nick Beams WSWS 2 juillet 2015

Nick Beams a écrit:
La façon dont le parasitisme financier, alimenté par la politique d’argent ultra bon marché de la Réserve fédérale américaine et d'autres banques centrales, est en train de créer les conditions d’une autre crise, se voit dans les chiffres sur les fusions et acquisitions du premier semestre de cette année.

Selon un rapport publié dans le Financial Times mardi, un « cocktail enivrant de coûts de financement très faibles » a porté l’activité américaine de fusions et d’acquisitions à près de 1 milliard de dollars dans les six premiers mois de l’année, soit une augmentation de 60 pour cent par rapport à la même période en 2014 et le plus haut niveau atteint depuis le début des statistiques en 1980. Le prix payé pour acheter une entreprise a atteint de nouveaux sommets: une moyenne de 16 fois les bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement. Comparé à 2007 ce rapport était de 14,3 fois. Dans une OPA importante, il était de 20.

La frénésie est maintenant supérieure à celle qui a précédé la crise financière de 2008 et ne se limite pas aux États-Unis. L’activité de fusion et d’acquisition mondiale a augmenté de 38 pour cent dans la première moitié de 2015, par rapport à 2014, pour atteindre 2,18 milliards de dollars, son plus haut niveau depuis 2007.

Ces chiffres sont une autre expression du fait que l’activité parasitaire – l’achat d’une entreprise, souvent avec de l’argent emprunté à taux très bas et le dépècement de ses actifs – remplace de plus en plus des investissements productifs comme source de profit.

Mais on a le sentiment, même parmi ceux qui y participent, que cette orgie ne peut continuer indéfiniment. Un « banquier de haut rang » a déclaré au Financial Times que cette année « donnait l’impression des derniers jours de Pompéi: tout le monde se demande quand le volcan va entrer en éruption. »

Des avertissements d’une autre explosion financière et de l’incapacité des banques centrales et des autorités financières à y faire face ont été au centre du rapport annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI) publié dimanche.

La BRI, parfois appelée la banque des banquiers centraux, avait critiqué sévèrement dans le passé le régime de faible taux d’intérêt créé par le flot d’argent déversé sur les marchés financiers par les banques centrales. C’était l’une des rares institutions officielles qui a averti de l’accumulation de conditions pour une crise dans les années précédant 2008 et a critiqué la politique menée depuis.

Selon la BRI, « Dans certaines juridictions, la politique monétaire atteint déjà ses limites extrêmes, au point de pousser ces limites vers l’impensable. »

Son rapport souligne que la source de la crise réside dans la baisse régulière des taux d’intérêt réels à partir des années 1980. La chute des taux d’intérêt a donné lieu à une augmentation de l’endettement, ce qui signifie qu’il était de plus en plus difficile d’augmenter les taux de peur que cela ne déclenche une crise. Quand une crise se déclarait, la réponse était une baisse plus importante encore des taux d’intérêt.

Dans ses commentaires sur le rapport, le chef du département monétaire et économique de la BRI, Claudio Borio, a déclaré que les taux d’intérêt réels dans les grandes économies n’avaient jamais été aussi bas si longtemps. « Plutôt que de refléter la faiblesse actuelle », a déclaré Borio, « ils [les faibles taux d’intérêt] peuvent y avoir contribué en partie en alimentant des relances et des récessions financières coûteuses et en retardant les ajustements. Le résultat est trop de dettes, trop peu de croissance et des taux d’intérêt trop bas. »

Battant en brèche le mythe que les banquiers centraux et les autorités monétaires contrôlent en quelque sorte le système financier mondial et ont une idée claire de ce qu’ils font, le rapport de la BRI note qu’« il y a une grande incertitude sur la façon dont fonctionne l’économie. » Il dit: « la prise de risques sur les marchés financiers a disparu depuis trop longtemps », et « l’illusion que les marchés vont rester liquides en cas de stress a été trop omniprésente. »

La crainte d’une « illusion » de la liquidité se réfère à une situation où tous les investisseurs et les spéculateurs veulent vendre et où manquent tout à coup les acheteurs.

La BRI a averti que l'inondation des marchés, entraînant des taux d'intérêt bas approchant zéro, crée les conditions d'une crise que les banquiers centraux ne seront peut-être pas en mesure de contrôler en raison de leur politique antérieure. « Plus on tend un élastique, plus violemment il se contracte, » dit le rapport.

Par conséquent, il devrait y avoir des mesures pour normaliser la politique monétaire afin de répondre à la situation lorsque viendra la prochaine récession, « qui se matérialisera sans aucun doute à un certain moment. » Les banques centrales ne seraient pas en mesure de répondre à cette situation en abaissant les taux parce qu’ils sont déjà autour de zéro. « À quoi sert un pistolet si vous n’avez plus de balles? » demande le rapport.

L’argumentation globale du rapport de la BRI est que, si les bulles financières alimentant les rachats d’actions gonflés, les fusions et les acquisitions peuvent fournir des solutions à court terme, à long terme elles sont en train de créer les conditions d’une nouvelle crise.

Bien que cela ne soit pas précisé explicitement, la critique par la BRI des politiques actuelles est une expression du fait que, en dernière analyse, la source de toutes les formes de profit est la plus-value extraite de la classe ouvrière. Par conséquent, la seule façon que le capital ait pour surmonter sa crise et rétablir la stabilité est une augmentation massive de l’exploitation.

Ainsi, la recommandation centrale sur la stratégie dans le rapport est de s’éloigner d’une dépendance de la politique monétaire et d’imposer des « initiatives qui sont plus de nature structurelle. »

Les dures expériences de la dernière décennie ont déjà montré ce que cela signifie – la destruction des conditions de travail et les coupes sombres dans les services sociaux essentiels et dans les autres dépenses budgétaires, couplée à la « flexibilité » du marché du travail. Un environnement propice à « l’innovation et l’esprit d’entreprise » -- c’est à dire un libre champ total pour les affaires – doit être établi, selon la BRI.

Le rapport appelle également à des mesures visant à « renforcer la participation à la main d’œuvre. » Cela signifie rendre disponibles de nouvelles sources de main-d’œuvre bon marché en forçant ceux qui ont une pension de handicapé ou une autres forme de pension de réintégrer la population active en réduisant ou en coupant leurs droits.

Il ne précise pas comment de telles mesures – qui sont déjà mises en œuvre dans toutes les grandes économies – doivent être intensifiées. Il dit seulement que ce sera « politiquement difficile. » Les difficultés se réfèrent au fait que leur imposition est fondamentalement incompatible avec le maintien d’un régime démocratique quel qu’il soit.

La BRI a choisi de garder le silence sur ce que ses prescriptions sous-entendaient politiquement. Mais un rapport publié par le géant américain de la banque et de l’investissement, JPMorgan Chase, il y a deux ans, parlait très clairement de ce qu’il considérait comme des problèmes majeurs dans les systèmes politiques d’un certain nombre de pays d’Europe, dont la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie.

Les constitutions de ces pays, disait-il, avaient été établies après la défaite du fascisme et comprenaient des aspects hostiles à une résolution des problèmes créés par la crise financière pour le capital. Ceux-ci incluaient « des cadres faibles, des Etats centraux faibles par rapport aux régions, la protection constitutionnelle des droits des ouvriers; des systèmes de réalisation du consensus favorisant le clientélisme politique, et le droit de manifester si des changements indésirables étaient faits au statu quo. »

En d’autres mots, devrait être rétabli le type de conditions politiques, économiques et sociales qui ont prévalu dans les régimes fascistes où le capital avait une totale liberté d’opération.

Deux ans plus tard, ce programme est en train d’être réalisé en Grèce par les diktats de l’UE, du FMI et de la BCE qui insistent pour que soit éliminée et foulée aux pieds, dans l’intérêt du système de profit, toute expression des intérêts de la masse des gens même dans le cadre restreint de la démocratie bourgeoise. Mais cela ne se limite pas à la Grèce.

La dévastation économique et sociale en Grèce n’a pas son origine dans les conditions propres à ce pays, mais dans l’effondrement du système capitaliste mondial. La Grèce est le terrain d’essai pour le type de mesures à appliquer dans tous les pays et qui, comme le montre clairement le rapport de la BRI, revêtent une urgence croissante pour les élites de la finance et de l’entreprise.

(Article paru d'abord en anglais le 1 juillet 2015)
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MessageSujet: création du banque des BRICS... basée à Shangaï   Jeu 9 Juil - 13:22

création du banque des BRICS... basée à Shangaï

Une banque mondiale nouvelle génération, basée à Shangai, permettra dès la fin de l'année aux pays membres des BRICS de financer des infrastructures et d'éviter les chocs financiers entraînés par le FMI et la Banque mondiale...

«Nous ne voulons pas que les occidentaux nous dictent quoi faire» affirme le président sud-africain


Russia Today a écrit:
Alors que la banque des BRICS devrait voir le jour à la fin de l'année, et que la Grèce envisage de rejoindre l'institution, pour le président sud-africain Jacob Zuma, cette nouvelle banque devrait rebattre les cartes du jeu international.

Le président Zuma prédit un grand avenir à la banque des BRICS. Alors que la banque des BRICS devrait voir le jour à la fin de l'année, et que la Grèce envisage de rejoindre l'institution, pour le président sud-africain Jacob Zuma, cette nouvelle banque devrait rebattre les cartes du jeu international.

Le temps est venu pour de nouvelles institutions financières d'être traitées sur un pied d'égalité avec le FMI et la Banque mondiale. En pleine crise en Grèce, voilà ce qu'a estimé le président sud-africain Jacob Zuma au micro de RT. La Nouvelle Banque de développement, banque internationale, créée à la demande des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), constitue en effet, selon le président sud-africain, une "alternative très sérieuse" à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international. Celle-ci devrait être active à la fin de l'année. Et la Grèce pourrait la rejoindre.


Zuma: BRICS is block of doers, we always accomplish agreed things

L'objectif avoué de cette NDB (New Development Bank), inaugurée en juillet 2014 (et ratifiée par la Chine il y a quelques jours) est d'ailleurs de stopper l'hégémonie de ces deux institutions. « Nous avons ces vieilles banques qui sont établies depuis des années... Le monde a changé, s'est développé », a estimé le président Zuma au micro de RT. « Pendant des années, nous avons demandé une transformation des institutions financières. Nous aurons désormais une banque qui est une alternative. »

Une banque mondiale nouvelle génération, basée à Shangai, permettra dès la fin de l'année aux pays membres des BRICS de financer des infrastructures et d'éviter les chocs financiers entraînés par le FMI et la Banque mondiale. En effet, la NDB, contrairement au FMI, n'assortira pas ses prêts de conditions très contraignantes. Enfin cette banque permettra aux BRICS d'éviter une nouvelle tempête sur leur monnaie comme cela avait été le cas en 2014 suite au changement de politique monétaire américaine et en raison de la toute puissance du dollar. « Ce fonds est un outil très puissant pour prévenir de nouvelles difficultés économiques », avait d'ailleurs salué le président russe, Vladimir Poutine lors de l'inauguration.

Pour le président Zuma, cette banque voulue de très longue date par les BRICS, souvent mal représentés au sein des organisation de Bretton Woods, offrira une vraie alternative pour les pays en développement. Et devra être traitée d'égale à égale par les occidentaux. « Un des BRICS est la deuxième puissance mondiale. Comment ils pourraient nous dire « on ne traite pas » avec un tel pays ? Je ne pense pas que ce soit possible. »

La banque des BRICS pourrait d'ailleurs attirer de nouveaux pays a affirmé le président Zuma selon qui « de nombreux pays croient en un futur avec notre bloc. » Des pays lassés des exigences du FMI et de la Banque mondiale. « Les institutions monétaires internationales doivent aussi se réformer pour représenter les intérêts des pays en développement. » Car pour le président Zuma, « l'aide occidentale à l'Afrique vient avec des restrictions, des conditions pour nous maintenir dépendants. » Pour se sortir de cette emprise des institutions occidentales, de nombreux pays africains « qui veulent se développer au sein de partenariats équitables » devraient prochainement rejoindre la NDB, selon Jacob Zuma. « On offre une alternative. »

Et cette nouveauté ne se fait pas sans heurt. Selon le président Sud-Africain, la création de cette banque alternative pourrait créer quelques tensions avec les institutions financières traditionnelles. « Nous ne voulons pas que les institutions occidentales nous dictent quoi faire », a ainsi précisé Jacop Zuma au micro de Sophie Shevarnadze. « Les partenaires occidentaux ont leur point de vue sur les BRICS, mais ils nous prennent au sérieux. Bien sûr il peut y avoir aussi de la jalousie. »
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