PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 20 Aoû - 20:46


la bible électronique qui vient

Des « Croisés » contre Daech

Gilles Munier France-Irak Actualité 18 Août 2016


Un groupe de volontaires britanniques au Kurdistan syrien (2015)

Citation :
A la coalition pro-américaine de près de 100 000 soldats qui s’apprêtent à envahir Mossoul pour expulser les 15 000 djihadistes de l’Etat islamique défendant la ville, il faut ajouter les « soldats du Christ» occidentaux incorporés dans les peshmergas, ou dans la milice assyrienne chrétienne Dwekh Nawsha  (Ceux qui vont se sacrifier) qui recrute sur Facebook. Il y aurait environ 300 volontaires étrangers au Kurdistan (dont des Français) parmi lesquels beaucoup d’anciens militaires américains ou britanniques adeptes d’églises évangélistes du genre « born again » (nés à nouveau).

En janvier dernier, un ancien militaire hollandais de retour de Syrie a été arrêté pour avoir combattu Daech dans les rangs du PYG kurde (Unités de protection du peuple, affiliées au PKK turc), au motif qu’à la différence des soldats néerlandais faisant partie de la coalition, son engagement dans la milice séparatiste n’était « pas légal ». Il a ensuite été relâché, ce qui n’est pas le cas des musulmans soupçonnés d’avoir rejoint Daech ou le Front al-Nosra. Le site kurde Rudaw donne les noms de six volontaires étrangers ayant trouvé la mort en Syrie dans la bataille de Manbij contre l’Etat islamique.

Guerre des âmes

Les « soldats du Christ» ne sont pas tous armés. Des sectes évangélistes baptistes ont déclaré l’Irak « Terre de mission ». Le 28 mai 2003, l’Herald Tribune révélait qu’un Arab International Ministry avait formé 4500 missionnaires à Indianapolis pour convertir les musulmans irakiens au « vrai » christianisme. Un million de bibles en langues arabe et kurde étaient à leur disposition. Le 12 octobre suivant, des organisations chrétiennes-sionistes, réunies à l’hôtel King David à Jérusalem en présence de Benjamin Netanyahou, célébraient la «théopolitique » qui devait anéantir l’islam décrie comme l’«équivalent moderne de l’empire du Mal »(1)…

A part la conversion de chrétiens d’Orient appâtés par l’octroi d’une aide financière ou de bourses d’études aux Etats-Unis pour leurs enfants, la guerre dite « des âmes » s’est soldée par un échec. En février 2004, elle tourna au sauve-qui-peut après le mitraillage - à Mahmoudiya (15 km au sud de Bagdad) - d’un taxi transportant quatre pasteurs baptistes.

Les missionnaires chrétiens-sionistes comptent bien profiter de la bataille de Mossoul pour s’implanter dans la province de Ninive, mais se montrent cette fois un peu moins délirants – ou plus prudents - que leurs prédécesseurs : Livets Ord (Parole de vie), principale église évangéliste suédoise - connue en Israël pour financer la construction de colonies juives - va larguer grâce à des drones des bibles électroniques pour apporter la « bonne parole » dans les zones contrôlées par l’Etat islamique… Ils vont être déçus. Mais, on n’arrête pas le progrès !

(1) Irak, Terre de mission, par Gilles Munier (AFI-Flash n°17 – 20/1/04)



Foto: Kjell Gustafsson


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 26 Aoû - 22:04


La laïcité : ultime refuge du raciste, par Shlomo Sand

Tribune publiée dans l'Obs le 24/08/2016

« En fin de compte, nombre de républicains laïques français d’aujourd’hui se révèlent porteurs d’une mentalité religieuse. La laïcité, comme autrefois le patriotisme, s’avère, de nos jours, l’ultime refuge de l’infâme. »

Shlomo Sand a écrit:
Il n’y a rien de plus semblable à un antisémite qu’un islamophobe. Tous deux ont le même visage, celui de la bêtise et de la haine.

Pendant des années, le phénomène de la judéophobie en France m’a intrigué. Si j’ai très tôt compris que la France n’a jamais été fasciste ni nazie, il m’était néanmoins difficile d’admettre le fait qu’une culture aussi centrale dans l’ère des Lumières, et qui a donné naissance à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ait pu, en même temps nourrir une si profonde hostilité à l’égard du juif : « Si on voulait mesurer la force de l’antisémitisme dans un pays à la quantité d’encre répandue à propos des Juifs, c’est sans doute à la France que reviendrait la place, à la fin du XIXème siècle. », écrivait, dans les années 1950, l’historien Léon Poliakov.

Pourquoi, en France précisément, la judéophobie a-t-elle revêtu un aspect si profondément durable ? D’aucuns ont tenté de fournir une réponse en faisant porter la culpabilité sur l’intégrisme catholique : les catholiques ont longtemps entretenu une inimitié à l’encontre des descendants des meurtriers du fils de Dieu, immigrés d’Orient, et qui persistaient obstinément à souiller l’intégrité chrétienne de l’Europe. Dans ce cas, pourquoi la judéophobie est-elle demeurée marginale en Italie, pays de la papauté et patrie du catholicisme ? Et comment se fait-il qu’en Espagne, pays de l’inquisition catholique, la haine des juifs ait connu une dépolitisation aux 19ème et 20ème siècles ?

Fourier, l’utopiste, ne s’exprime pas comme croyant catholique quand il écrit : « La nation juive n’est pas civilisée, elle est patriarcale…et croyant toute fourberie louable, quand il s’agit de tromper ceux qui ne pratiquent pas sa religion. ». Lorsque l’historien Jules Michelet rédige son fameux ouvrage Le Peuple, il prend soin de souligner : « Les Juifs, quoi qu’on en dise, ont une patrie, la bourse de Londres ; ils agissent partout, mais leur racine est au pays de l’or. », il s’exprime alors en tant que patriote laïque par excellence. Quand, en 1847, l’anarchiste Proudhon écrit dans son journal : « Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. », il ne cesse pas, pour autant, de vomir les curés. Et c’est en tant que démocrate convaincu que Maurice Barrès déclare, en 1902 : « Assimilés aux français d’origine par la Révolution française, les juifs ont conservé leurs caractères distinctifs et, de persécutés qu’ils étaient autrefois, ils sont devenus dominateurs. ». Lorsque Céline proclamait dans les années trente : « Je préférerais douze Hitler plutôt qu’un Blum omnipotent. », il n’était nullement chrétien, mais bien un français laïque. Quand, se référant à l’occupant allemand, Drieu La Rochelle écrit en 1941 : « Quatre millions d’étrangers en France, dont un million de juifs, m’ont donné, bien avant vous, les affres de l’occupation. », il pose encore au républicain rigide.

Certes, à partir d’une certaine phase, l’incitation antijuive a été assumée et amplifiée par l’Action Française, mais il serait erroné de penser que le rapport aux juifs a constitué la ligne de fracture entre monarchistes et républicains, entre conservateurs catholiques et partisans laïques des Lumières, entre droite et gauche. C’est pourquoi notamment, se retrouveront sur les bancs du régime antisémite de Vichy, aux côtés de gens de l’Action Française, aussi bien des radicaux qu’un nombre non négligeable de socialistes.

Si le christianisme est, certes, apparu comme l’aïeul historique de la judéophobie moderne, le nationalisme jacobin peut être vu comme son parent légal. Il s’agit, certes, d’un nationalisme inclusif, contrairement à ceux de l’Allemagne et de l’Europe de l’Est, mais qui était d’emblée porteur d’un tempérament problématique : ainsi l’intolérance, la crainte de l’autre « différent » et des particularismes, ont-ils marqué l’édification de la nation française. Au tout début, les protestants et les anglais ont été perçus comme les ennemis de la grande nation ; et, par la suite, il a fallu mettre au pas les irrédentistes bretons, occitans et provençaux. La République, une et indivisible, dont la capitale constitue le centre, a soumis les provinces, les dialectes, et toutes les identités collectives pré-nationales.

La nation est aussi venue à bout de l’enfermement juif multiséculaire. Les juifs sont devenus des citoyens loyaux et disciplinés, tout en souhaitant, pour certains d’entre eux, demeurer un peu « israélites » ; une telle particularité ancestrale n’allait pas disparaître en une ou deux générations, même si les spécificités, y compris parmi les juifs laïcisés, n’ont jamais été univoques. De plus, les vagues croissantes d’immigration du peuple yiddish, en provenance d’Europe orientale ont nourri un nouveau particularisme, de caractère différent. Cette immigration durable a eu pour effet de différer l’intégration « normale », et « l’autre » différent a continué de se rendre visible par mille signes quotidiens, face au rouleau compresseur culturel républicain.

La haine de « l’autre » juif, viscéralement ancrée dans la conception française, collective et anti-pluraliste, de la nationalité n’a pris fin qu’après la terrible tragédie. L’antisémitisme, devenu illégitime depuis les années 1950, n’a pas disparu complètement du discours courant mais il a connu une délégitimation au sein des centres du pouvoir politique et médiatique.

Les crises économiques et sociales, à la fin du 20ème siècle, tout comme le déclin de la position de la France dans le monde, ont cependant, contribué à créer un malaise croissant vis à vis d’une nouvelle menace : la présence gênante et perturbante de « l’autre » musulman. Le fait que les immigrés aient conservé une culture différente a exaspéré les nouveaux jacobins, dont nombre d’entre eux étaient, hier encore, des maoïstes frénétiques. Une alliance s’est nouée entre ces derniers et le conservatisme traditionnel.

On préfère que des jeunes filles musulmanes, coiffées d’un foulard, ne viennent pas étudier Voltaire et Rousseau à l’école républicaine ; et tant pis si elles se retrouvent dans des écoles privées financées par l’Arabie Saoudite amie ! Pourquoi, diable, des femmes musulmanes préfèrent-elles porter un voile comme nos grands-mères, plutôt que de chausser de hauts-talons comme les femmes libérées ? Mieux vaut que des femmes françaises musulmanes ne profitent pas de la plage estivale, aux côtés de républicaines aux seins nus ! Mieux vaut qu’elles restent cloîtrées dans leur petit appartement !

En s’employant, autant que possible, à aliéner la communauté musulmane, on n’a de cesse de faire apparaître ses marginaux comme des fous  meurtriers. Le fait qu’il y ait un large fossé entre ces croyants « zombies » et l’islam, tout comme celui qui existait hier entre les phalangistes libanais et le christianisme, ou encore,  aujourd’hui, dans les territoires palestiniens occupés, entre les colons meurtriers et la religion juive, n’y change rien. Jadis, le Talmud était un livre impur, maintenant, c’est le Coran qui est coupable.

En fin de compte, nombre de républicains laïques français d’aujourd’hui se révèlent porteurs d’une mentalité religieuse. La laïcité, comme autrefois le patriotisme, s’avère, de nos jours, l’ultime refuge de l’infâme.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 27 Aoû - 15:59


d'un athée errant au Québec

désislamiser la «question» du voile

je place cet article ici par provocation : chez qui l'opium en France ? Car de telles considérations, avec d'autres dont j'ai fait part, devraient inviter à désislamiser et même à dépolitiser la "question" du voile : chiche !?


Ysengrimus aidé de Paul Laurendeau les7duQuébec 25 août 2016


Bas relief représentant l’Arche d’Alliance
(surmontée de la menorah)
portée fièrement par le Peuple Juif comme signe
de son entente éternelle avec le dieu unique

Citation :
Le critère le plus indiscutable pour discerner un signe religieux c’est le critère philologique, c’est-à-dire le critère des textes. Si un objet est explicitement décrit comme signe religieux dans le texte sacré de la religion auquel il se rapporte, c’est incontestablement un signe religieux. Exemple. Prenons une minute pour nous imprégner de la très méticuleuse description prescriptive suivante. Nous sommes dans le cadre du judaïsme et c’est dieu qui donne ses consignes aux fondateurs de son alliance :


Citation :
Tu feras un candélabre d’or pur; le candélabre, sa base et son fût seront repoussés; ses calices, boutons et fleurs, feront corps avec lui. Six branches s’en détacheront sur les côtés: trois branches du candélabre d’un côté, trois branches du candélabre de l’autre côté. La première branche portera trois calices en forme de fleur d’amandier, avec bouton et fleur; la deuxième branche portera aussi trois calices en forme de fleur d’amandier, avec bouton et fleur; il en sera ainsi pour les six branches partant du candélabre. Le candélabre lui-même portera quatre calices en forme de fleur d’amandier, avec bouton et fleur: un bouton sous les deux premières branches partant du candélabre, un bouton sous les deux branches suivantes, et un bouton sous les deux dernières branches — donc aux six branches se détachant du candélabre. Les boutons et les branches feront corps avec le candélabre et le tout sera fait d’un bloc d’or pur repoussé. Puis tu feras ses sept lampes. On montera les lampes de telle sorte qu’elles éclairent en avant de lui. Ses mouchettes et ses cendriers seront d’or pur. Tu le feras, avec tous ses accessoires, d’un talent d’or pur. Regarde et exécute selon le modèle qui t’est montré sur la montagne.

(L’Exode, 25 —31-40, second livre du Pentateuque, dans La Bible de Jérusalem)


C’est la menorah et une description aussi méticuleuse et tataouine issue directement du texte sacré fait qu’il est parfaitement impossible de contester que la menorah soit un signe religieux. Tel est le critère philologique. Ceci dit, le critère philologique doit être complété d’autres critères, plus historiographiques, si on peut dire. Pour dégager l’ensemble des signes religieux explicites, le critère des textes est très important tout en n’étant pas le seul à opérer. Il y a aussi celui de la pratique sémiologique élémentaire reposant sur une tradition culturellement reçue dans le cadre de l’historiographie réelle ou mythologisée des grandes religions.

L’Hexagramme (étoile de David) se généralise comme symbole visuel du judaïsme seulement au dix-septième siècle et son origine remonte aux amulettes juives du Moyen-âge.

La Croix a nettement une origine pré-chrétienne mais se répand comme symbole chrétien depuis le deuxième siècle après Jésus-Christ (le signe de ralliement initial des chrétiens était le poisson) et ladite Croix (inséparable de son vis-à-vis plus iconique, le crucifix) est aujourd’hui inévitablement perçue comme une représentation stylisée du gibet romain sur lequel le fondateur de ce culte fut supplicié.

Le Croissant islamique (souvent accompagné d’une ou de quelques étoiles) trouve ses origines dans des cultes lunaires pré-islamiques absorbés dans le syncrétisme musulman. Le fait qu’on corrèle le calendrier lunaire au Ramadan est une explication ex-post, un peu comme quand on dit que les sept branches de la menorah symbolisent les sept tribus israélites. Mais surtout, quoi qu’il en soit des fluctuations interprétatives sur l’origine historique effective de ces trois symboles, c’est leur caractère de signal de ralliement imparable qui les démarque et les place incontestablement dans la sphère d’une sémiologie non-laïque.

Attention, premier petit jeu du jour : cherchez la synagogue, cherchez l’église, cherchez la mosquée. Nous avons essayé de vous brouiller la vue ici en choisissant des trésors architecturaux sciemment orientaux, tout ballonnés, donc, de beaux dômes oblongs aux couleurs claires, pour éviter que, involontairement ethnocentristes comme nous le sommes toujours un peu, vous invoquez des critères culturel afférents.



synagogue


eglise copte


minaret et mosquée


Imparablement, vous gagnez à tous les coups. La première de ces bâtisses, c’est la synagoque, la seconde, c’est l’église, la troisième, c’est la mosquée. Pas de danger de se tromper, où que vous voyagiez de par le vaste monde. Le signe de ralliement se trouve au bout des tours et/ou sur les façades. Et si c’est si parfaitement imparable, c’est parce que, contrairement au dôme oblong de couleur claire qui, lui, est un objet culturel architectural sans sémiologie particulière et parfaitement non-exclusif à une religion, un peuple ou une contrée, l’Hexagramme, la Croix, et le Croissant, eux, sont des signes religieux. Et ce, redisons-le : imparablement.

Maintenant, eh bien, passons au voile. Première constatation : il n’y a AUCUNE mention prescriptive de voile, de foulard, de hidjab, de tchador, de niqab ou de burqa dans le Coran. Aucune. Les seuls «voiles» mentionnés dans ce texte sacré sont des toiles tendues dans un local pour séparer l’espace alloué aux femmes de l’espace alloué aux hommes (selon une pratique d’ailleurs amplement pré-islamique) ou encore des attributs vestimentaires des femmes mentionnés narrativement comme on mentionne les objets ordinaires que l’on manipule ou qui nous entourent. Rien de plus. Contrairement, par exemple, à la menorah (dont on retrouve la description prescriptive susmentionnée dans le Pentateuque, lui-même un texte sacré hébraïque), le voile ne nous donne à lire aucune formulation dans le texte religieux fondateur qui se proposerait de le décrire, de le promouvoir ou de lui assigner des fonctions pratiques ou symboliques dans le culte islamique. Cela le disqualifie déjà fortement comme signe religieux.

Mais puisque, dans l’ambiance actuelle, il faut en rajouter une bonne couche pour bien compléter le tableau démonstratif, on devra patiemment œuvrer à faire observer que ce vêtement n’a aucune valeur distinctive imparable (insistons: la menorah, l’Hexagramme, la Croix, et le Croissant sont des signes religieux intégralement imparables). Alors maintenant, du haut de notre belle stature occidentale, on va regarder cela de plus près. On va jouer au second petit jeu du jour : cherchez la musulmane voilée. Des quatre femmes voilées qui vous sont présentées ici, pouvez vous distinguer imparablement l’unique musulmane. Attention googler n’est pas jouer.










La première femme est une copte d’Égypte (chrétienne donc) lisant son petit missel, la seconde est une indienne de religion hindoue, la troisième c’est notre musulmane, la quatrième est une maronite libanaise (chrétienne aussi, donc). Éloquent, vous admettrez. Il est patent que, toutes religions confondues, un grand nombre de femmes orientales et moyen-orientales porte des voiles. Ce n’est pas un signe religieux mais un signe culturel. C’est comme les dômes architecturaux, dans l’exemple précédent… sans plus. D’ailleurs, si vous êtes parvenus à distinguer la musulmane parmi ces quatre femmes, il est quasi certain que des critères autres que les critères religieux vous auront subrepticement guidés (critères ethniques ou vestimentaires. Ou alors des particularités du décors. Allons, admettez-le!). Il n’y a pas de symboles religieux vestimentaires sur ces photos. Point barre. Ces femmes modernes sont sans cornette, sans poignard sikh et sans collet romains. Ce sont des citoyennes ordinaires du monde. Leur tenue est intégralement laïque. Ne pas l’admettre est un acte d’exclusion ethnocentriste, rien de plus. Bon, les tataouineux et autres casuistes me la joueront peut-être à l’histoire du temps d’avant le grand nivellement mondialiste, et exigeront que l’on compulse de la documentation plus ancienne. Des photos de femmes voilées d’autrefois, peut-être, comme celles-ci :






Manque de bol pour nos cyber-croisés de service, ces deux femmes voilées de jadis sont des chrétiennes. La première est une orthodoxe arménienne et la seconde, une copte égyptienne d’Alexandrie, celle-ci démontrant magistralement, d’autre part, que le voile intégral lui non plus ne fut pas une exclusivité musulmane. Contribue à la même démonstration, du reste, avec une touche plus actuelle et moderne, la demoiselle suivante se voilant majestueusement le visage :




tout en étant de plain pied une indienne bengalie de religion hindoue. Ce n’est donc certainement pas le Prophète de l’Islam qui la pousse à agir comme ça, n’est-ce pas… ni aucun diktat issu de la morale du bien pesant programme monothéiste (attendu qu’elle est polythéiste). Cessons de flagosser et admettons une bonne fois qu’on a plus ici un geste procédant d’une sorte de pudeur ou de discrétion universelle nous rappelant qu’il est toujours bien délicat de dicter aux gens ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire avec ce qui procède de la plus intime des libertés individuelles corporelles: leurs vêtements.

Alors CQFD. Foutons la paix une bonne fois aux femmes voilées et instaurons une vraie laïcité, notamment en jetant les écoles confessionnelles à terre pour vrai, sans s’en prendre comme toujours aux plus vulnérables de nos compatriotes. Et, puisqu’il faut continuer d’élever notre conscience multiculturelle, souffrons un petit rappel des critères que j’ai appliqué ici, explicitement ou implicitement, pour clairement distinguer les signes religieux des signes strictement culturels.

A) le critère philologique : L’objet est explicitement décrit, préférablement de façon prescriptive, comme signe religieux dans un des grands textes sacrés. C’est alors imparablement un signe religieux (exemple: la menorah ou l’Arche d’Alliance, toutes deux décrites très explicitement dans le Pentateuque).

B) le critère du signal infaillible : sans avoir été nécessairement décrit dans le texte sacré d’origine de la religion à laquelle il se rapporte, l’objet est reçu culturellement comme signe historique explicite d’une religion (notamment comme signal, pour fins d’identification ou de ralliement) et l’indique imparablement (exemples: l’Hexagramme, la Croix, le Croissant et, pour le code vestimentaire: le collet romain, le poignard sikh ou la kippa).

C) le critère de la non-exclusivité culturelle : Quand l’objet n’est pas décrit dans un texte sacré et ne fait pas l’objet d’une exclusivité sémiologique imparable acquise historiographiquement, ce n’est pas un signe religieux mais un signe (ou même un simple objet) culturel. C’est le cas, par exemple, des jolis dômes dodus aux couleurs claires des bâtisses orientales de toutes allégeances, des barbes (qui, Karl Marx et ZZ Top en témoignent, ne sont pas exclusives au Christ, à Moïse ou à Abou Bakr As-Siddiq) et des tenues magnifiques de mes compatriotes voilées qui, je le redis sans faillir, feront toujours l’objet de mon indéfectible solidarité rationnelle et fraternelle.


Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.




je trouve cependant que l'argument sémiologique, "le voile n'est pas un signe religieux", est un peu tiré par les cheveux (exemple, l'image de la femme copte est aussi datée que celle de certaines nonnes qu'on ressort, mais qu'on rencontre rarement dans la rue). Le voile signifie en situation, et il en existe plusieurs, et non sa signification n'est pas que "culturelle". Une différence est qu'il fasse signe pour qui le porte, ou provocation pour qui le voit. Mais c'est marié avec d'autres considérations qu'il est à prendre en compte

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 29 Aoû - 14:04

Citation :
29 août 2016
Communism decolonial@patlotch  

l'idée décoloniale me semble en France un peu trop bouffée par la question d'Islam : elle mérite mieux


l'«islamophobie» bien réelle (anti-musulman, anti-arabe, etc.) ne justifie pas de tout passer à ce prisme, qui devient masque idéologique des rapports sociaux de 'genre' et de classes

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 2 Sep - 14:41


un communautarisme d’Etat

Laïcité ou identité ?

Etienne Balibar, Philosophe, Libération 29 août 2016

« le surgissement de ce «monstre» qu’est la laïcité identitaire n’est pas un phénomène isolable
des multiples tendances à l’exacerbation des nationalismes et au «choc des civilisations»
qui, en liaison avec d’extrêmes violences, se produisent dans le monde actuel »
   
Alors que le Conseil d’Etat vient d’invalider l’interdiction du burkini, il faut mettre fin au développement de la «laïcité identitaire». Cette conception, obsédée par le communautarisme en vient à construire un «communautarisme d’Etat».


Le Conseil d'Etat, en 2014. Photo Thomas Samson. AFP

Citation :
Grâce à l’ordonnance du Conseil d’Etat, on évitera de voir en France une police des mœurs, chargée non de forcer les femmes à porter le voile, mais de les forcer à l’ôter. L’exercice des libertés doit primer dans toute la mesure du possible sur les exigences de l’ordre public, qui par définition les restreignent. En démocratie les droits des femmes relèvent de leur décision, et non d’une grille d’interprétation plaquée sur leur comportement pour les «forcer d’être libres». La laïcité est une obligation de neutralité de l’Etat envers les citoyens et non pas une obligation idéologique des citoyens envers l’Etat.

Je considère, avec beaucoup d’autres, ces démonstrations comme fondamentales. Comme elles portent un coup d’arrêt à la tentative d’exploiter les sentiments suscités par la série des attentats perpétrés au nom de l’islam pour combiner un laïcisme intégriste avec une stratégie d’exacerbation du nationalisme, elles vont susciter une contre-offensive. Plus importante que la guérilla de certains élus contre l’ordre judiciaire sera la proposition de légiférer en franchissant un nouveau pas dans l’interdiction de l’espace public aux signes d’appartenance d’une certaine religion, mais les enjeux en seront élevés, car il devient clair qu’une telle législation ne requiert pas seulement une révision constitutionnelle, elle signifie qu’on dérive de l’Etat de droit vers l’Etat d’exception.

Tout aussi importantes sont les implications en matière de conception et d’institution de la laïcité. Mais ici une difficulté commence à surgir, qui suppose une élucidation philosophique. Il faut un travail «généalogique» sur ce qu’a été la laïcité en France, et sur ce qu’elle est en passe de devenir dans le moment actuel. Et, sur cette base, il faut débattre de ce qui doit être conservé, prolongé ou restitué, mais aussi réformé pour que la signification du principe ne se trouve pas retournée en son contraire.

Historiquement, l’idée de laïcité en France se partage entre deux conceptions, l’une et l’autre issues de l’affrontement séculaire entre le catholicisme et le républicanisme. Régis Debray les avait baptisées «républicaine» et «démocratique», mais cette alternative n’est pas satisfaisante parce qu’il y a des éléments démocratiques de chaque côté, et que l’une et l’autre appartiennent à la tradition républicaine. Je dirai que la première, lointainement inspirée par Hobbes, est étatiste et «autoritaire», alors que la seconde, en partie dérivée des conceptions de Locke, est libérale et même tendanciellement «libertaire». La première inclut la laïcité comme une pièce essentielle du primat «normatif» de l’ordre public sur les activités et les opinions privées, la seconde pose l’autonomie de la société civile, dont relèvent les libertés de conscience et d’expression, comme norme dont l’Etat doit se faire le serviteur et le garant. La loi de séparation de 1905 n’a pas tant marqué le triomphe de la seconde sur la première qu’une correction des projets anticléricaux de «laïcisation de la société» au moyen des garanties de libertés individuelles et collectives, ce qui permet évidemment de s’en réclamer chaque fois que la laïcité de l’Etat est menacée dans son existence, ou dans son caractère démocratique.

Contrairement à d’excellents interprètes, je ne pense pas que la «laïcité identitaire» dont nous voyons aujourd’hui se développer le programme à droite et à gauche de l’échiquier politique représente une simple accentuation de l’héritage hobbesien ou sa revanche sur l’interprétation libérale, même si je vois bien quels arguments ont favorisé l’instrumentation d’une conception juridique, morale, pédagogique de l’autorité publique, son glissement vers l’idée d’un «ordre des valeurs» baptisées républicaines et laïques, mais en réalité nationalistes et islamophobes. Je crois qu’il s’est produit quelque chose comme une mutation.

L’équation symbolique qui sous-tend la laïcité identitaire doit en effet être restituée dans toute son extension : ce qu’elle pose, c’est que l’identité de la République réside dans la laïcité, et, corrélativement, que la laïcité doit servir à l’assimilation des populations d’origine étrangère (ce qui veut dire en clair : coloniale et postcoloniale), toujours encore susceptibles, de par leurs croyances religieuses, de constituer un «corps étranger» au sein de la nation. Obsédée par la nécessité de faire barrage au «communautarisme», elle en vient donc à construire (au moyen de «valeurs», mais aussi de normes et d’interdits culturels) un communautarisme d’Etat. Mais il y a plus grave, surtout dans la conjoncture actuelle : le symétrique, ou le synonyme inversé, de l’assimilation, c’est l’acculturation. Or cette notion est le fer de lance de l’offensive idéologique du fondamentalisme islamique qui dénonce l’emprise de la civilisation «chrétienne» et «séculière» sur les communautés musulmanes en Europe (et sur les sociétés arabo-musulmanes «modernisées»), en tirant même à l’occasion une légitimation du jihad, comme on peut le lire sur différents sites internet. La construction de la laïcité comme identité collective, nationale, sous-tendue par l’idée que la République implique l’assimilation (et non pas seulement l’intégration à la vie sociale et l’accomplissement des obligations civiques), est ainsi attirée dans un scénario de rivalité mimétique avec le discours totalitaire dont, dans le même temps, la politique française prétend se prémunir. Le moins qu’on puisse dire est qu’une telle construction ne servira ni à comprendre la nature des périls, ni, puisque «nous sommes en guerre», à forger la solidarité des citoyens.

A l’évidence, le surgissement de ce «monstre» qu’est la laïcité identitaire n’est pas un phénomène isolable des multiples tendances à l’exacerbation des nationalismes et au «choc des civilisations» qui, en liaison avec d’extrêmes violences, se produisent dans le monde actuel. Cependant la forme «française» est spécifique. Elle nous trouble profondément parce qu’elle tend à inverser la fonction politique d’un principe qui a joué un rôle essentiel dans notre histoire politique : à la limite, un certain laïcisme a pris la place qu’occupa naguère un certain cléricalisme. Réagir est vital. Mais il faut comprendre ce qui se passe, retracer les «fronts», et ne pas rejouer les anciennes batailles à l’identique.

Auteur de Saeculum. Religion, culture, idéologie (Galilée 2012)


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 4 Sep - 14:12


le pape François va canoniser Sœur Theresa...


Mère Teresa était une fanatique, une fondamentaliste et une imposture

Christopher Hitchens traduit par Peggy Sastre, Slate.fr 21.12.2015 mis à jour le 03.09.2016

Elle représente l'asservissement de l’Église au show-biz, à la superstition et au populisme.

L'essayiste Christopher Hitchens a publié cet article sur Mère Teresa en 2003, au moment de la béatification de celle-ci par Jean-Paul II. Nous le republions treize ans plus tard, alors que le pape François va canoniser la prétendue sainte.



Mère Teresa à Calcutta (à gauche, Sœur Nirmala le 14 mars 1997) REUTERS/STRINGER

Christopher Hitchens a écrit:
Je crois que c'est Macaulay qui disait qu'il fallait rendre hommage à l’Église catholique romaine pour (et elle lui devait sa longévité) sa capacité de gestion et de contrôle du fanatisme. Un compliment oblique propre à une époque bien plus sérieuse. Ce qu'il y a de si frappant dans la «béatification» d'une femme qui se targuait d'être «Mère» Teresa, c'est cet abject asservissement, du côté de l’Église, aux forces du show-biz, de la superstition et du populisme.

L’œil est tout d'abord piqué par un éclat de mauvais goût. D'habitude, quelqu'un ne pouvait être nommé à la «béatification», première étape vers la «canonisation», que cinq ans après sa mort. Un garde-fou contre les excès d'enthousiasme local ou populaire, et la promotion de personnages douteux. Jean-Paul II aura nommé MT un an après son décès en 1997. D'habitude, une procédure d'enquête se mettait en route, comportant notamment l'examen d'un advocatus diaboli, «l'avocat du diable», histoire de vérifier la crédibilité des affirmations extraordinaires. Jean-Paul II aura supprimé ce cabinet et, à lui tout seul, créé davantage de saints instantanés que la somme de tous ses prédécesseurs depuis le XVIe siècle.

Un miracle ? Une arnaque

Quant au «miracle» devant être attesté, que peut-on en dire? A l'évidence, tout catholique respectable se tord de honte face à la grossièreté de l'arnaque. Une Bangladaise, Monica Besra, affirme qu'un rayon de lumière est sorti d'une photo de MT, qu'elle avait en sa possession à son domicile, et l'a guérie d'une tumeur cancéreuse. Son médecin, le Dr. Ranjan Mustafi, déclare que sa patiente n'a jamais eu de cancer et que son kyste tuberculeux s'est résorbé grâce aux médicaments qu'il lui avait prescrits. A-t-elle été interrogée par les enquêteurs du Vatican? Non. (Je précise que j'ai moi-même été soumis à cette enquête, qui demeure des plus superficielles. Reste que la procédure exige que l'on consulte des sceptiques, consultation qui, dans ce cas, aura été de la pure esbroufe).

Selon un article non-contredit du journal italien L'Eco di Bergamo, le Secrétaire d’État du Vatican a envoyé en juin un courrier aux cardinaux de la Curie leur demandant, de la part du pape, leur avis sur la canonisation immédiate de MT. L'intention manifeste du pape: accélérer le processus pour pouvoir célébrer la cérémonie de son vivant. La réponse fut négative, selon Père Brian Kolodiejchuk, le prêtre canadien agissant en qualité de postulateur, ou juge d'instruction, de la «canonisation». Trop tard. Les dégâts, à l'intégrité propre du processus, avaient déjà été faits.

Une extrême réactionnaire

Lors des délibérations du Concile de Vatican II, sous l'intendance du Pape Jean XXIII, MT était en première ligne pour s'opposer à toute suggestion de réforme. Ce qu'il fallait, insista-t-elle, c'était davantage de travail et davantage de foi, pas de révision doctrinale. Une position ultra-réactionnaire et fondamentaliste, même en termes catholiques orthodoxes. De fait, les croyants sont enjoints d'abhorrer et de refuser l'avortement, sans pour autant devoir considérer l'avortement comme «le plus grand destructeur de la paix», ce que déclarera MT devant une audience médusée lors de la remise de son Prix Nobel de la Paix. De même, les croyants sont enjoints d'abhorrer et de refuser le divorce, sans vouloir qu'une interdiction du divorce et du remariage soit inscrite dans la constitution de leur pays, ce que demandera MT lors d'un référendum en Irlande (son camp perdra de peu) en 1996. La même année, elle déclarera au Ladies Home Journal qu'elle était heureuse du divorce de son amie la Princesse Diana, parce que son mariage avait été manifestement malheureux...

Mère Teresa n'était pas une amie des pauvres.
Elle était une amie de la pauvreté.
Elle disait que la souffrance était un cadeau de Dieu

Et nous voilà revenus à la corruption médiévale de l’Église, qui vendait des indulgences aux riches, tout en prêchant le feu de l'enfer et la continence aux pauvres. MT n'était pas une amie des pauvres. Elle était une amie de la pauvreté. Elle disait que la souffrance était un cadeau de Dieu. Elle passera sa vie à combattre le seul traitement connu contre la misère –l'autonomisation des femmes et leur émancipation d'une existence de bêtes de somme à la reproduction obligatoirement compulsive. Et elle était une amie des pires des riches, qui profita des biens mal acquis de l'atroce famille Duvalier en Haïti (dont elle ne cessa de louer le régime, pour faire bonne mesure) ou des largesses de Charles Keating, du scandale éponyme. Où sont allés tout cet argent, toutes ces donations? A sa mort, son hospice de Calcutta était aussi délabré que de son vivant –malade, elle préférera se faire soigner dans des cliniques privées californiennes– et son ordre refusera toujours l'audit. Il nous reste ses bonnes paroles: elle aurait ouvert plus de 500 couvents dans plus d'une centaine de pays, tous au nom de sa congrégation. Pardonnez-moi, mais s'agit-il de modestie? D'humilité?

Le monde des riches a une misérable conscience et on aima souvent y apaiser ses tourments en envoyant de l'argent à une femme apparemment défenderesse des «plus pauvres d'entre les pauvres». Mais les gens n'aiment pas admettre qu'ils ont été nigauds ou entubés. L'avènement du mythe servit à leur donner une contenance, tandis que des médias paresseux préférèrent s’asseoir sur leur droit de suite. Si bon nombre de bénévoles partis à Calcutta en revinrent violemment désillusionnés par la raideur idéologique et l'amour de la pauvreté qui suppuraient des «Missionnaires de la Charité», leurs dires ne purent que tomber dans des oreilles de sourds. L'avertissement de George Orwell dans son essai sur Gandhi –que les saints doivent toujours être présumés coupables avant d'être prouvés innocents– fut noyé sous un flot de propagande pour cœurs d’artichaut et cervelles de piaf.

Parmi les fléaux de l'Inde, à l'instar d'autres pays pauvres, il y a le chaman charlatan, qui dépouille le souffrant par ses promesses de guérison miraculeuse. Le 19 octobre 2003 aura été un jour merveilleux pour ces parasites, qui auront vu leurs minables méthodes adoubées par sa sainteté et la presse internationale leur dérouler plus ou moins le tapis rouge. Oubliées les règles élémentaires de la logique, à savoir qu'à allégations extraordinaires, il faut des preuves extraordinaires et que ce qui s'affirme sans preuves peut aussi être infirmé sans preuves. Qui plus est, nous avons assisté à l'élévation et à la consécration du dogmatisme extrême, de la foi étriquée et d'un culte d'une personnalité humaine des plus médiocres. Beaucoup plus de gens sont pauvres et malades à cause de la vie de MT, et encore davantage seront pauvres et malades si son exemple est suivi. Elle était une fanatique, une fondamentaliste et une imposture, et une Église qui protège officiellement ceux qui violent l'innocent nous montre, une nouvelle fois, quelle est sa position réelle en matière morale et éthique.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 9 Sep - 2:10


le marxisme n'est pas nécessairement une religion

un texte plaisant

Demonology of the working class

Ross Wolfe, The Charnel House 8 septembre 2016


Steel Works, Cardiff at Night. Oil on Canvas 22.6 x 29.9 cm
Lionel Walden 1893-97


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 9 Sep - 19:29




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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Jeu 15 Sep - 19:04


un article court et dense qui dit l'essentiel. Je conseille d'une manière générale le site Fascinant Japon


Les religions au Japon

Fascinant Japon 30 juillet 2011


Statue de Bouddha

Il y a deux principales religions au Japon, le shintoïsme et le bouddhisme. Leurs adeptes représentent officiellement 54% et 40% de la population respectivement.

Citation :
Le shintoïsme est plus un ensemble de traditions et de coutumes qu’une vraie religion. Il s’agit d’une religion animiste car les adeptes croient aux esprits de la nature, les kami, qui peut être dans un arbre, une pierre ou une chute d’eau. Les adeptes du shintoïsme ne suivent aucun ensemble de règles formelles, comme c’est le cas pour le christianisme avec la bible ou de l’islam avec le coran…

Le bouddhisme japonais se divise en 15 sectes, bien que seulement 7 d’entre elles soient encore relativement répandue de nos jours.

Les japonais ne sont pas très religieux, la plus grande partie de la population ne visitant les temples que pour la nouvelle année. Les Japonais également n’hésitent pas à mélanger des éléments de bouddhisme et de shintoïsme entre eux, et du coup, il est très difficile de dire si tel ou tel élément appartient à l’une ou l’autre de ces religions.

Il y a une minorité chrétienne au Japon, remontant à l’époque des contacts avec les missionnaires portugais et espagnols au XVIème siècle. Les chrétiens ne représentent que 1% de la population japonaise, et la plupart se trouvent dans le Kyushu, et plus spécifiquement à Nagasaki.

Il n’y a que quelques milliers de musulmans résidant au Japon. Tous sont des immigrés de pays musulmans, principalement l’Indonésie, la Malaisie, le Bangladesh, le Pakistan, l’Iran et la Turquie, ou des japonais convertis récemment qui les ont épousés.

Le 20ème siècle a vu l’apparition de nouveaux cultes dont beaucoup sont basés sur les croyances shintô ou bouddhistes. Le plus influent d’entre eux est la Soka Gakkai, une forme de bouddhisme de Nichiren Daishonin fondé en 1930. Elle a désormais plusieurs millions d’adeptes au Japon et est lié au partie politique Komeito (« parti du gouvernement propre »).

Les nouveaux groupes religieux n’ont pas toujours cohabité paisiblement avec le reste de la population, comme le montre l’attaque de 1995 au gaz de sarin dans le métro de Tokyo, commis par des membres du groupe religieux Aum Shinrikyo.




à l'assaut du ciel ?

Evil or Very Mad

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Jeu 15 Sep - 23:04

.
Existential Comics a écrit:
‏@existentialcoms

Remember, if you read widely enough you will eventually find someone who defends whatever position you already wanted to believe anyway

souvenez-vous que si vous lisez assez largement,
vous finirez par trouver quelqu'un qui défend n'importe quelle position
à laquelle vous vouliez déjà croire de toute façon

vrai qu'on est porté à lire un livre qu'on a choisi comme proche a priori de ses idées sans trop de distance et d'esprit critique. Si de plus il vient répondre à des questions que l'on se posait, on ne se pose pas trop de questions sur les réponses...

... et l'on finit toujours par trouver des livres a priori proche de ses idées, dont on rapproche les siennes


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 9 Oct - 11:20




Citation :
Oubliez la tectonique des plaques, les failles géologiques et autres explications scientifiques… Le célèbre évangéliste américain Pat Robertson, qui sévit depuis des décennies sur la chaîne CBN, a trouvé LA réponse au terrible tremblement de terre qui a dévasté Haïti. Accrochez-vous bien : la population a signé un pacte avec le diable ! Dans son émission « The 700 Club », il a sérieusement expliqué que Dieu – qui, c’est bien connu, adore que les hommes pratiquent l’esclavagisme sur d’autres hommes – s’amuse depuis l’indépendance des Haïtiens à s’acharner sur eux. Sous-entendu : ils n’ont que ce qu’ils méritent… Sans doute l’explication la plus stupide et immonde qu’il nous ait été donné d’entendre. Ce n’est hélas pas la pire de ce triste sire qui étale en toute impunité ses fumeuses conceptions à des millions d’Américains (la suite sous la vidéo). Homophobie, sexisme, racisme… Plongée dans la tête de l’homme le plus intolérant de la télé américaine.




Traduction résumée de l’extrait de « The 700 Club » du 13 janvier : « Il s’agit d’une bénédiction déguisée… Quelque chose s’est passé il y a longtemps en Haïti […] Vous savez, ils étaient sous les ordres de Napoléon III. Et ils se sont réunis et signé un pacte avec le diable. Ils ont dit à Satan : ’nous allons vous servir si vous nous libérez du joug des Français. Histoire vraie. Et oui ! Le diable a dit OK, c’est un deal. Et ils ont chassé les Français de l’île. […] Mais depuis ce temps-là ils sont maudits. Nous devons prier pour qu’ils se tournent vers Dieu. »

Pat Robertson a commis le livre « New World Order » (« Le nouvel ordre mondial »), un bouquin que des adeptes de fumeuses théories du complot citent en exemple pour accuser juifs, franc-maçons et autres Illuminati (société secrète allemande du 18ème siècle) de conspirer pour dominer le monde. L’intolérant se définit comme un grand humaniste chrétien sur son site…

Lorsqu’il discute, deux jours après les attaques sur le World Trade Center avec son compère Jerry Falwell, Robertson tient déjà un discours illuminé. Les attentats du 11 septembre 2001 ? C’est encore la faute à Dieu… « Nous avons insulté Dieu avec la richesse, les plaisirs matériels et la sexualité. Le tout-puissant a levé sa protection sur nous », dit cette grenouille de bénitier. Vade retro !




Non content de « prêcher la bonne parole » sur les écrans télés depuis des générations, le bonhomme s’est présenté à l’investiture républicaine pour la Présidentielle de 1988. Il avait comparé les démocrates aux… nazis ! « Ce que l’Allemagne nazie a fait aux Juifs, l’Amérique libérale est en train de le faire aux chrétiens évangéliques », a-t-il déclaré en 1993, au moment de l’élection de Bill Clinton. « C’est exactement la même chose. Le parti démocrate, de connivence avec les médias et les homosexuels, veut détruire les chrétiens. C’est le pire fanatisme dirigé vers un groupe en Amérique. Plus terrible que tout ce qui a été subis par n’importe quelle minorité dans l’histoire. » Vous n’avez pas encore vomi ? Attendez de lire ce que le comique pense des femmes : « Je sais que c’est pénible à entendre pour les femmes mais si vous vous mariez, vous avez accepté la direction d’un homme : votre mari. Le Christ est le chef du ménage et le mari le chef de la femme. C’est comme ça. Point ! » La grande classe.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 15 Nov - 15:00

intéressant pour relativiser le mot prêté à Malraux, « Le 21è siècle sera religieux ou ne sera pas » (Malraux : « On m’a fait dire que le XXIe siècle sera religieux. Je n’ai jamais dit cela, bien entendu, car je n’en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n’exclus pas la possibilité d’un événement spirituel à l’échelle planétaire. »), et l'ardeur athégriste des anarcho-franchouillards, pris à leur propre piège de participer d'un mouvement mondial : quelle gloire ! L'opium demeure fondamentalement l'idéologie dominante, et elle n'est pas dominée par la religion


La liberté religieuse est en recul dans le monde

Eugénie Bastié Le Figaro 15/11/2016



La croix de l'église Sainte-Barbara à Qaraqosh, en Irak, le 28 octobre dernier.
Elle avait été renversée pas les djihadistes.

L'association Aide à l'Église en Détresse (AED) pointe dans son rapport bisannuel la montée de « l'hyper-extrémisme islamiste » et d'une « nouvelle vague de répression » en Chine notamment, pour expliquer une « nette augmentation de l'intolérance religieuse » dans le monde.

Citation :
. La situation a empiré dans 14 pays

La liberté religieuse est en net recul dans le monde. C'est ce que montre le rapport 2016 de l'association Aide à l'Église en Détresse (AED) qui vient en aide aux chrétiens persécutés aux quatre coins du globe. Ce rapport bisannuel, qui couvre donc la période juin 2014-juin 2016, fait un point détaillé sur la situation de 20 pays pratiquant la persécution religieuse. «Sur les 196 pays étudiés, 38 ont montré des preuves indubitables de violations importantes de la liberté religieuse», écrivent les auteurs. Sur ces 38 pays, la situation a empiré dans un tiers des cas (37 %, soit 14 pays). Parmi les pays où la liberté religieuse a empiré, on trouve la Chine, le Pakistan, le Soudan, le Niger, ou encore les pays en guerre comme la Libye et le Yémen. Les pays où il y a eu une amélioration sont rares:  le Qatar, l'Égypte (notamment en raison des signes encourageants pour l'unité nationale entre musulmans et chrétiens donnés par le général Al-Sissi), et le Bouthan.

Carte de l'intolérance religieuse, établie par l'AED dans son rapport de 2016




«Hyper-extrémisme» islamiste

«Force est de relever que cette dégradation est également la conséquence d'une augmentation considérable des attaques islamiques contre les chrétiens», souligne le directeur de l'AED Marc Fromager. Le rapport définit un «nouveau phénomène de violence qualifié d'hyper-extrémisme islamiste», «sans précédents dans ses manifestations violentes». Cet hyper-extrémisme se distingue par «un système radical de droit et de gouvernement» ainsi que «des tentatives systématiques pour anéantir ou expulser tous les groupes qui ne sont pas conformes à leurs perspectives, y compris les coreligionnaires modérés et ceux de traditions différentes».

Les responsables de la persécution dans 12 des 23 pays les plus incriminés sont des organisations non-gouvernementales, rappelle l'AED, c'est-à-dire les fondamentalistes ou les organisations militantes, dont Daech constitue l'exemple le plus connu. L'Irak, où l'État islamique a planté son drapeau noir en juin 2014, constitue un cas à part dans la persécution religieuse, en raison des chrétiens chassés de la plaine de Ninive par les djihadistes après la prise de Mossoul, mais aussi du conflit entre sunnites et chiites qui se persécutent mutuellement. Mais l'absence de liberté religieuse a des racines plus profondes, note l'association. «Dans son ensemble, la liberté religieuse en Irak souffre d'un conflit profondément sectaire qui ne semble pas susceptible d'être résolu prochainement», écrivent les auteurs, notant que «la situation est meilleure pour les chrétiens» dans la zone contrôlée par les Kurdes. Les auteurs évoquent aussi la Syrie en «situation de guerre sectaire», où les persécutions sont commises aussi bien par les rebelles islamistes, que les Kurdes dans le nord, et le gouvernement d'Assad.

Répression d'État

Certains pays comme l'Inde, le Pakistan, la Birmanie, où il existe une religion d'État, mènent une répression organisée envers les minorités religieuses. La Corée du Nord, dictature où la religion est interdite au profit d'un culte exclusif de la personnalité des dirigeants, se distingue comme un des pires pays pour ce qui est de l'intolérance religieuse. Le rapport considère également l'Arabie saoudite «comme un des pires contrevenants à la liberté de culte», son gouvernement pouvant être considéré comme responsable de «violations systématiques, persistantes et flagrantes de la liberté religieuse». Et de citer la Commission américaine sur la liberté religieuse dans le monde, qui rappelle que ce pays «continue à poursuivre, à emprisonner et à fouetter des individus pour dissidence, apostasie, blasphème, et sorcellerie», qu'il s'agisse d'athées, de chrétiens ou de la minorité chiite, qui «souffre toujours de discrimination sociale, légale, économique et politique».

Le rapport pointe également une «nouvelle vague de répression» non liée à l'islam, sur les groupes religieux, signalée en Chine et au Turkménistan. Le rapport rappelle des incidents récents en Chine: la démolition de 2000 croix des églises, des prêtres séquestrés, des fidèles arrêtés, et des étudiants expulsés de l'université.

«Lien entre paix et liberté religieuse»

Face à cet état des lieux plutôt catastrophiste, Marc Fromager insiste sur «le lien qui existe entre la liberté religieuse et la paix». «Si nous voulons la paix, nous devons protéger et développer la liberté religieuse», écrit le directeur de l'AED. Un propos repris par le père Jacques Mourad, prêtre catholique de Syrie capturé par Daech et emprisonné à Raqqa pendant 80 jours qui écrit en préambule du rapport: «Notre monde est au bord d'une grande catastrophe car l'extrémisme menace d'anéantir toute trace de diversité dans la société. Or, s'il y a une chose que la religion nous enseigne, c'est la valeur de la personne humaine, la nécessité de respecter les uns les autres comme un cadeau de Dieu.» Un vœu pieux pour l'avenir.


Ali Gresh : « Je suis devenu athée durant mon adolescence. J’étais d’ailleurs persuadé que l’athéisme allait, très logiquement, se répandre aux quatre coins du monde. Mais ça n’a plus eu d’importance : savoir qui est athée ou a la foi n’est plus, à mes yeux, un enjeu essentiel. J’ai réalisé que les humains ont besoin de se rattacher à des croyances — même moi, bien qu’elles soient d’un autre ordre. Ce qui m’importe, c’est ce qu’on fait sur le terrain, ce sont les actions politiques.» On peut être croyant et révolutionnaire Ballast

j'inverserais la proposition : on n'est pas révolutionnaire sans être croyant. Je n'ai rencontré nulle part de révolutionnaires, réels ou auto-proclamés, qui n'aient la foi, et qu'elle soit athée ne change pas la proportion de croyances et d'idéalisme qui y entre. Il en va ainsi de toute idéologie, pour qui la dénonce en prétendant y échapper, c'est toujours celle des autres...

voir IX.1. l'idéologie...
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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 13 Jan - 14:04

Les cathos engagés sont plus Charlie que Manif pour tous

Par AFP , publié le 11/01/2017 à 19:11

Paris - Plutôt à droite mais plus Charlie que Manif pour tous, partagés sur l'accueil des migrants, même à gauche: une enquête Ipsos pour le groupe de presse Bayard dresse un portrait complexe et subtil des "catholiques engagés".

Citation :
Cette grande étude à paraître jeudi dans le quotidien La Croix et l'hebdomadaire Pèlerin a été réalisée sur un échantillon plus large que le segment des catholiques pratiquants.

Elle concerne les "catholiques engagés", c'est-à-dire tous ceux qui "revendiquent avoir des engagements spécifiques au nom de leur foi", notamment en paroisse ou dans des mouvements.

"Le travail sur les pratiquants accorde un poids déterminant à la messe, alors que son importance doit être nuancée", explique à l'AFP le sociologue Yann Raison du Cleuziou, auteur de l'étude avec son confrère Philippe Cibois.

Les "engagés", eux, représentent 23,4% de la population française âgée de 18 ans et plus, soit 11,8 millions. Au total, il ressort que 53,8% des Français se déclarent catholiques, et qu'1,8% vont à la messe chaque semaine.

Si 18% de ces catholiques engagés disent avoir manifesté en janvier 2015 après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, ils ne sont que 6% à avoir fait de même dans les cortèges de la Manif pour tous en 2012 et 2013.

Quant aux migrants, 49% des personnes interrogées veulent les "accueillir tous", 37% estimant au contraire qu'ils constituent "une menace pour l'Europe".

Les sociologues ont isolé six sous-catégories parmi ces "engagés". Les plus nombreux (45%) sont les "festifs identitaires", peu pratiquants, orientés vers la droite voire le FN, défiants à l'égard du pape François et hostiles aux migrants. Orientés à gauche, les "saisonniers fraternels" (26%) pratiquent, lors des grandes fêtes, et mettent en avant des valeurs d'hospitalité à l'égard des exilés.

On trouve aussi des "conciliaires" (14%), attachés à une Eglise ouverte après Vatican II, et des "observants" (7%), plus attachés à la Manif pour tous qu'à l'accueil des migrants. A gauche, les "émancipés" (4%) sont attachés à la figure d'un Christ libérateur quand les "inspirés" (4%), à droite, aiment la louange charismatique et la messe en latin - rite ancien auquel un tiers du total des engagés n'est d'ailleurs pas hostile.

Cette étude a été achevée fin 2016 sur la base d'une enquête réalisée en juin par Ipsos auprès de 1.007 personnes représentatives des "catholiques engagés" dans la population française métropolitaine âgée de 18 ans et plus.
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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 4 Fév - 7:05


Patlotch : - dans "un pays de tradition catholique" comme la France, on s'est beaucoup focalisé sur l'Islam et l'islamisme, et paradoxalement moins sur le catholicisme et ses évolutions. Emmanuel Todd l'avait fait, mais sous cet angle, je n'ai pas lu ses ouvrages. Il me semble qu'il a davantage abordé la tradition ("les vieux"...) que l'évolution idéologique dont parle cet article



LES TRADISMATIQUES À L’ASSAUT DU POUVOIR

Gaël Brustier Fondation Jean Jaurès  13/01/2017

Nouveaux venus de la vie politique et sociale, les « tradismatiques » doivent leur nom aux deux grands courants qui ont forgé le nouveau catholicisme français, et sont empreints d’un conservatisme philosophique sans complexe. Analyse avec Gaël Brustier pour l’Observatoire des radicalités politiques.

Citation :
Les « tradismatiques », inspirés autant par les communautés postconciliaires charismatiques que par les fraternités traditionalistes, participent d’un même état d’esprit qui a vraiment coagulé au tournant des années 2000 et déferlé dans les rues à l’occasion de La Manif pour tous. Cette génération de catholiques investis dans la cité monte en puissance avec la force de ceux qui ne doutent pas ou qui doutent très peu…

Tradismatiques ? Traditionnalistes et charismatiques, c’est-à-dire issus de deux traditions qui, dans l’histoire du récente de l’Église catholique, résonnent pourtant comme chiens et chats... Voilà donc qui aurait pu surprendre voici quelques années et qui n’a pourtant plus rien d’étonnant aujourd’hui vu depuis le monde catholique. Voilà qui aurait dû tenir de l’oxymore et qui pourtant, aujourd’hui, tient presque de l’évidence pour qui suit l’évolution idéologique des Français catholiques depuis quelques années et, en particulier, des plus jeunes. Le tradismatique est presque la figure du jeune catholique désireux d’agir dans la cité à quelque niveau que ce soit. Il n’est pas le jeune catholique, il en est une variété répandue. Il est fréquent de le ou de la croiser au gré de rencontres publiques, de manifestations diverses ou d’événements politiques.

Les tradismatiques sont le fruit d’une histoire. Ils sont désormais présents et sont appelés à devenir influents. D’où viennent-ils et où vont-ils ?

I - QUI SONT LES TRADITIONALISTES ?


Au moment du concile Vatican II et après celui-ci, prenant pour bannière la question du rite, c’est-à-dire essentiellement de la manière dont la messe est célébrée, des fidèles, que l’ancien Archevêque de Dakar, originaire du Nord de la France Monseigneur Marcel Lefebvre rassemble et fédère, s’opposent aux changements contenus dans les textes du Concile.

Ces textes et surtout les textes qui le suivent tentent de régir la question rituelle alors devenue trop « ouverte ». À l’opposé des traditionalistes, des croyants innovent tellement que l’institution ecclésiale finit par entrevoir une potentielle menace pour l’unité de l’Église de Pierre. Elle publie des textes qui déplaisent encore davantage aux traditionalistes. S’ensuit une bataille terrible au sein de l’Église de Rome qui aboutira en 1988 au départ des lefebvristes.

Souvent laïques, ils sont, comme l’a souligné Olivier Landron dans le livre qu’il leur a consacré[1], pour une proportion importante en France d’anciens colons d’Algérie, parmi ces fidèles qui, notamment, occupent plusieurs églises, dont Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui devient, de facto, une de leurs paroisses.

À Ecône, en Suisse, Monseigneur Lefebvre implante un séminaire qui forme un clergé de choc censé maintenir une tradition que Rome et l’Église de Jean XXIII et Paul VI ont « perdue » en la diluant dans la modernité : « Ils l’ont découronné », clame Lefebvre dans le titre choc d’un livre accusateur destiné à faire prendre conscience aux fidèles catholiques de la folie que représente à ses yeux l’aggiornamento de l’Église depuis le concile en bien des points[2].

Certains rompent, en 1988, avec Rome. Au mitan des années 2000, certains reviennent, dont l’Abbé Guillaume de Tanouarn, figure intellectuelle des milieu traditionalistes, ou l’Abbé Laguérie, figure bien connue du traditionalisme bordelais, dont l’occupation de l’Église Saint-Éloi à Bordeaux fut au moins tacitement appuyée par l’édile de la ville, Alain Juppé.

II - QUI SONT LES CHARISMATIQUES ?

« Post-conciliaires » c’est-à-dire nés après Vatican II, les charismatiques, rassemblés en communautés, sont aux antipodes des traditionalistes. Aujourd’hui encore, entre beaucoup, les relations sont plus que tendues. Ainsi l’été dernier, le Père Jean-Baptiste Nadler, investi dans la session « #Juifs&Cathos » au sein de la Communauté de l’Emmanuel lors des sessions estivales de Paray-le-Monial, a été attaqué sur twitter par des comptes se réclamant du traditionalisme. Ces attaques virulentes rappellent que les clivages entre « tradis » et « chachas » sont parfois encore très profonds.

Les charismatiques sont catholiques mais néo-pentecôtistes et entendent rependre l’évangélisation du monde. À l’instar des protestants évangéliques, ils sont plus enclins à fait le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Qu’est-ce à dire ? Croire en le rôle de l’Esprit Saint, c’est croire en l’importance constante et quotidienne du souffle de Dieu sur la vie de chacun. Les charismes sont ainsi les dons que Dieu donne à chacun pour – par exemple – « parler en langues ». Cela donne lieu à des scènes rares mais existantes où des participants à des cérémonies parlent en des langues qui ne sont pas les leurs.

Les charismatiques ont été très innovants du point de vue liturgique et ont été à l’avant-garde d’un mouvement de renouvellement des chants liés aux messes dominicales. Ces carnets de chant et parfois les groupes de musique qui ont accompagné les Communautés post-conciliaires ont aidé le « Renouveau charismatique » à se diffuser dans les paroisses françaises.

III - JOSEPH RATZINGER, 1968 ET L’AN 2000 : QUELLE ÉGLISE APRÈS LA CHUTE DU COMMUNISME ET FACE AU MATÉRIALISME CAPITALISTE ?

Avant de devenir Pape au cours du Conclave qui suivit la mort de Jean-Paul II, Joseph Ratzinger fut théologien de premier plan accompagnant Vatican II, « progressiste » si l’on veut caricaturer mais ressentant très tôt, à partir de 1968, les difficultés auxquelles l’Église et la foi chrétienne pouvaient s’affronter si une mauvaise interprétation était faite des textes du Concile.

Son ouvrage le plus connu demeure La foi chrétienne hier et aujourd’hui[3], monument d’initiation à la théologie, qui comporte déjà, dans son introduction de son édition de 1968 quelques très érudites réflexions sur la théologie face à la modernité. C’est néanmoins vers son texte de « préface à [sa] nouvelle édition pour l’an 2000 » qu’il nous faut nous tourner pour comprendre les soubassements théologico-politiques du « tradismatismes » tel qu’il est né au tournant des années 2000.

Joseph Ratzinger réalise un texte à visée éminemment politique. Pour lui, la génération de 1968 a contesté non seulement les impasses du monde de la reconstruction mais, plus gravement, établi que « tout le cours de l’histoire depuis la victoire du christianisme avait fait fausse route et avait échoué ». La prétention de cette génération de mai 68 à « vouloir faire mieux » était la source empoisonnée du monde tel qu’il apparaissait trois décennies plus tard. Nous nous situons là au crépuscule du règne de Jean-Paul II, sous le pontificat duquel les Communautés post-conciliaire charismatiques se sont épanouies, et les régimes issus du « socialisme réel » se sont finalement effondrés au cours de l’année 1989. Joseph Ratzinger constate que le « christianisme n’est pas parvenu, à ce moment historique, à se faire reconnaître clairement comme une alternative qui fait date ». Voilà, dès la première page de l’introduction à l’édition de l’an 2000 à son livre le plus connu, la problématique à laquelle le monde catholique fait face.

Réconcilier l’Église de Pierre, réconcilier les catholiques, ce sera l’ardente obligation du Pontificat de Benoît XVI qui cherchera, par-delà des vicissitudes plus médiatiques que politiques, à faire de l’Église post-1989 un acteur de la marche du monde, c’est-à-dire à lui permettre d’affronter un nouvel enjeu par rapport à celui qui se posait à Jean-Paul II en 1978 : le matérialisme capitaliste et déjà la question écologique (d’où une certaine vanité à opposer totalement François à Benoît XVI)...

IV - ÊTRE TRADISMATISQUE : D’ABORD UN ÉTAT D’ESPRIT

Des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) en sessions de l’Emmanuel ou en rassemblements de Communion et Libération à Rimini, il existe alors en Europe et en France une jeunesse catholique. En France, au début des années 2000, elle n’est pas encore aussi organisée et décomplexée que celle qui défilera une dizaine d’années plus tard au sein de La Manif pour tous.

Les tradismatiques ne sont pas organisés. Ils n’ont pas de direction, ni sur le plan spirituel, ni sur le plan temporel. C’est-à-dire que l’on ne trouvera pas d’organe de presse « tradismatique », de cercle de réflexion. C’est un état d’esprit qui apparaît et s’empare de segments de plus en plus larges des jeunes catholiques.

Cet état d’esprit mêle deux traditions spirituelles, deux spiritualités : l’intérêt pour certaines formes, certaines clés que donne la tradition, et donc certaines variantes du traditionalisme (d’où le succès de la Communauté Saint-Martin – qui forme de nouvelles générations de prêtres – dont des membres seront visibles en diverses occasions lors du quinquennat Sarkozy), et celui pour les charismatiques, et leurs innovations à la fois liturgiques et spirituelles (l’adoration eucharistique par exemple). S’ils ne sont pas « politique d’abord », les tradismatiques ont hérité des « tradis » un vif intérêt pour la politique et des « chachas » une assurance qui leur permet d’aller vers les autres assez facilement. En 2013, les tradismatiques apparaîtront comme les petits frères de la « génération Jean-Paul II », rassemblée aux JMJ de 1997, et comme la génération Benoît XVI rassemblée à Madrid pour l’édition de 2011 des JMJ.

V - FABRICE LOISEAU : D’UNE FRATERNITÉ TRADITIONALISTE À LA CRÉATION D’UNE COMMUNAUTÉ TRADISMATIQUE

C’est simplement à une échelle très localisée que l’on trouve une expérience très poussée, assumée et revendiquée, historiquement « traçable » de « tradismatisme », la plus organisée aussi, puisque communauté religieuse fondée sur la spiritualité de sainte Faustine Kowalska, religieuse polonaise. L’Abbé Fabrice Loiseau fait partie de ceux qui se revendiquent donc ouvertement « tradismatiques » avec un enthousiasme réel. Fabrice Loiseau fut proche, dans sa jeunesse, du courant le plus « dur » du traditionalisme, celui de Monseigneur Lefebvre, au sein de la Fraternité Saint-Pie X qu’il quitta avant le départ des proches de l’ancien évêque de Tulle. Il est ainsi le fondateur et est le supérieur des Missionnaires de la Miséricorde divine à Toulon, à la fois traditionaliste et charismatique.

Il a exprimé récemment sur KTO ce en quoi il croyait. C’est en effet au sein de ce diocèse que l’on trouve probablement sinon le plus de charismatiques du moins la forme organisée la plus aboutie avec cette communauté à la fois récente et originale. Il a trouvé dans ce diocèse aux allures de laboratoires de monde catholique français de demain un havre propice à son épanouissement, au cœur de quartiers populaires toulonnais. Il est aussi plutôt éloigné de la chose politique au sens le plus classique du terme, quoiqu’investi dans la vie sociale des quartiers populaires toulonnais. Toulon, justement, est un important lieu d’expérimentation catholique en général et tradismatique en particulier.

VI - LE LABORATOIRE DU DIOCÈSE DE FRÉJUS-TOULON

Voici un peu plus d’un an que le diocèse de Fréjus-Toulon a fait parler de lui lorsque son Observatoire socio-politique, dirigé par l’Abbé Louis-Marie Guitton, a convié Marion Maréchal-Le Pen à l’édition 2015 des Universités de la Sainte-Baume. C’est aussi ce diocèse qui a été le laboratoire de la reconfiguration des mondes catholiques en France et la plaque tournante de la préparation de La Manif pour tous à la fin de l’été 2012, après avoir préparé intellectuellement les catholiques à un retour en force sur le devant de la scène politique. On y trouve davantage de soutanes qu’ailleurs mais aussi, selon les prêtres du diocèse, « des soutanes de toutes les couleurs ».

Le doublement charismatique Dominique Rey en est l’évêque. Son positionnement au sein de l’Église de France est peu compréhensible pour qui ne s’intéresse guère aux subtilités de la plus vieille institution du monde ni d’ailleurs aux subtilités intellectuelles, dont Monseigneur Rey sait jouer à merveille. Nommé évêque de Fréjus-Toulon en 2000 par Jean-Paul II, il succède ainsi à Monseigneur Madec qui a déjà accueilli dans le diocèse les communautés charismatiques.

Monseigneur Dominique Rey n’est en rien un traditionaliste. Soulignons-le. Vrai charismatique, évêque de choc catholique, entrepreneur politique hors pair, il est le fer de lance d’un catholicisme français qui a décidé de ne plus transiger sur rien. Intellectuel, missionnaire et organisateur, fin politique aussi, il a pressenti et ressenti mieux que quiconque probablement au sein de l’épiscopat français ce que représentait de force et de puissance un esprit diffus et répandu : l’esprit tradismatique… C’est lui qui crée l’Observatoire socio-politique (OSP) du diocèse. C’est lui aussi qui invite aux Universités de la Sainte Baume, et qui joue des mots et des silences comme personne, pour faire avancer son discours, extrêmement bien rôdé, fondé théologiquement sur « du dur » et politiquement sur un savoir-faire qui n’est donc plus à démontrer.

D’abord fonctionnaire au ministère des Finances, lorsqu’il était encore installé entre l’aile du Louvre de la rue de Rivoli et les locaux qui lui faisaient face, puis prêtre du diocèse de Paris, il fut très tôt membre de la Communauté de l’Emmanuel, sensibilisé également à l’œcuménisme et à la spiritualité des évangéliques par ses séjours en Afrique. Monseigneur Rey est à la fois un missionnaire et un politique. Il initie des formes d’actions nouvelles et sait nouer des relations avec d’autres mondes que le monde strictement catholique. Ainsi en est-il du monde politique dont il maîtrise les arcanes avec un sens très aiguisé et un talent. C’est ainsi qu’Envoyé spécial, en présentant l’affaire de « l’amitié » entre Sœur Emmanuel et Laurent Wauquiez, présentait une photographie où figurait, outre les deux acteurs précités, Monseigneur Rey.

Monseigneur Rey est aussi un homme de culture. Ami d’artiste, il n’a jamais rien négligé d’un monde qu’il tient en haute estime. Il a même fondé des sessions artistiques de la communauté de l’Emmanuel à Paray-le-Monial. La culture est un autre vecteur d’intervention important dans la vie de la cité. Des comédiens célèbres figures parmi ses amis personnels, dont Michaël Lonsdale, figure emblématique de la Communauté de l’Emmanuel.

VII - LES TRADISMATIQUES DANS LA CITÉ

Frigide Barjot représente très bien cet état d’esprit « tradismatique » de paroissienne convaincue et tendant la main non seulement à tous les catholiques. Aujourd’hui à la tête de « L’avenir pour tous », hier « catho branchée », très aidée et promue par ce dénicheur de talents qu’est Monseigneur Rey, elle était très présente le soir de la victoire de François Fillon sur Alain Juppé à la primaire de la droite. Sans doute cette victoire de l’ex-séguiniste sur Alain Juppé et Nicolas Sarkozy lui a-t-elle rappelé que voici vingt-cinq ans, elle faisait partie avec lui des défaits d’un jour et d’un quart de siècle au cours des Assises du Bourget du RPR face au meilleur d’entre nous et à « Nicolae Sarkolescu » (surnom d’alors donné par le groupe Jalons). C’est surtout vers François Fillon que les espoirs diffus de ce peuple des tradismatiques se tournent. Elle s’est investie dans l’organisation et le porte-parolat de La Manif pour tous.

Cet exemple est le plus révélateur pour le grand public d’une tendance croissante des catholiques de France à s’investir à différents niveaux dans la vie politique et sociale de notre pays. Aux élections municipales suivantes ainsi qu’aux régionales surtout, on a vu émerger une nouvelle génération de militants issus du catholicisme de droite.

Les tradismatiques : révélés par La Manif pour tous

La Manif pour tous est un mouvement animé et organisé par par nombre de jeunes cadres, mais qui, sur la masse d’une société de seniors, s’est d’abord attirée les sympathies d’une France plutôt âgée et loin des préoccupations tradismatiques. Les tradismatiques sont plutôt jeunes et se trouvent donc plutôt parmi les jeunes activistes de LMPT. Marion Maréchal-Le Pen, jadis scolarisée dans une institution traditionaliste mais petite-fille d’un pasteur protestant, a toutes les clés – y compris la clé générationnelle – pour comprendre la génération de jeunes croyants d’aujourd’hui. Entre traditionalisme et néo-pentecôtisme, elle fait figure de « traditionaliste sécularisée ». Monseigneur Rey ne s’y est pas trompé en la conviant aux Universités de la Sainte-Baume en 2015.

Les tradismatiques au pouvoir ?

Pour bien comprendre la tectonique des plaques idéologiques qui se déroule, il faut comprendre la crise. Elle défait des certitudes anciennes, réarticule des éléments présents dans la société. Entre quête de sens – au sens spirituel – et quête d’un débouché politique, ce qui semble être une impasse du pouvoir séculier ouvre la voie à des utopies théologico-politiques. À l’heure du 2.0, empruntant à cette forme très individualisée de foi qu’est le néo-pentecôtisme et à cette forme théologico-politique qu’est le traditionalisme catholique, le « tradismatisme » est merveilleusement adapté à la situation politique et sociale de la France d’aujourd’hui.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 24 Mai - 9:34


suspense : Trump mieux que Bush ?



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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 23 Juil - 19:10


Quelle religion domine dans chaque état américain ?

Hristo Xiep MEDIAS-PRESSE.INFO 23 juillet 2017

Poursuivons notre série d’étude sur la foi aux Etats-Unis avec les dernières données de mai 2017 sur la forme de christianisme la plus pratiquée aux Etats-Unis, en comparaison avec l’année 2001.

Citation :
Catholiques les plus nombreux en 2001 et 2017 : Californie, Nouveau-Mexique, Illinois, Pennsylvanie, New-York, New-Jersey, Connecticut, Massachusetts, Rhode Island.

Evangélistes les plus nombreux en 2001 et 2017 : Oklahoma, Louisiane, Arkansas, Missouri, Mississippi, Alabama, Géorgie, les deux Caroline, les deux Virginie, Tennessee, Kentucky.

Evangélistes les plus nombreux en 2017 au détriment des catholiques : Texas.

Evangélistes les plus nombreux en 2017 au détriment des protestants stricto-sensu : Michigan, Indiana, Wisconsin, Nebraska, Kansas, Ohio.

Evangélistes les plus nombreux en 2017 au détriment des non-religieux : Wyoming.

Protestants stricto-sensu les plus nombreux en 2001 et 2017 : les deux Dakota, Minnesota, Iowa.

Mormons les plus nombreux en 2001 et 2017 : Utah

Non-religieux les plus nombreux en 2001 et 2017 : Washington, Oregon, Colorado.

Non-religieux les plus nombreux en 2017 au détriment des protestants stricto-sensu
: Alaska, Hawaï, Montana, District of Columbia, Maryland, Delaware, Maine.

Non-religieux les plus nombreux en 2017 au détriment des mormons : Nevada, Idaho.

Non-religieux les plus nombreux en 2017 au détriment des catholiques : Arizona, Vermont, New Hampshire.

La Floride est un cas à part : alors que le catholicisme était la religion la plus pratiquée en 2001, en 2017 la situation est confuse, évangélistes et non-religieux étant ex aequo.

En ce qui concerne les religions non-chrétiennes,  voici quelles sont les plus pratiquées dans chaque état :

Islam : Wyoming, les deux Dakota, Nebraska, Iowa, Michigan, Wisconsin, Illinois, Indiana, Kentucky, Texas, Louisiane, Arkansas, Alabama, Mississippi, Floride, Géorgie, Caroline du Nord, les deux Virginie.

Judaïsme : Minnesota, Missouri, Tennessee, Ohio, Pennsylvanie, New York, New Jersey, Maine, Vermont, New Hampshire, Connecticut, Rhode Island, Massachusetts, Maryland, District of Columbia.

Bouddhisme
: Alaska, Hawaii, Californie, Nevada, Oregon, Washington, Idaho, Montana, Utah, Colorado, Kansas, Oklahoma, Nouveau-Mexique.

Hindousime : Arizona, Delaware.

Bahaïsme : Caroline du Sud.



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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 26 Juil - 10:22


Dieu est-il plus populaire que Mao en Chine ?

France Inter 26 juillet 2017
(RÉ)ÉCOUTER 4'48

Nous poursuivons notre série sur les religions dans le monde. La République populaire de Chine connait un réveil religieux après les années de répression maoïste.



D’ici à 2030, la Chine pourrait devenir le premier pays chrétien au monde
© AFP / WANG ZHAO

Citation :
Certes, le nombre de croyants en Chine reste l’un des plus bas au monde, mais la société chinoise a beaucoup changé depuis la mort du grand timonier et avec la disparition de l’idéologie communiste, cinq religions, reconnues officiellement, connaissent un nouveau départ : le bouddhisme, le taoïsme, le protestantisme, le catholicisme et l’islam. La Chine compte plus d'un milliard trois-cent millions d'habitants. Le nombre de 300 millions de fidèles a déjà été avancé dans la presse chinoise.

La croyance religieuse, c’est une quête de sens, analyse Benoit Vermander, jésuite et sinologue, il enseigne les sciences religieuses à l’Université Fudan à Shanghai : "l'attrait pour les religions et la spiritualité est en hausse en Chine depuis le début des années 80. La croissance religieuse en Chine a été plus ou moins parallèle avec sa croissance économique. Dans les années 80 la Chine était à un 'point de re-départ' de son système culturel et de son système économique. Culturellement, le maoïsme perdant de la vigueur, il y a eu des reconstructions. Le régime lui même a procédé à une reconstruction idéologique difficile : le nationalisme, l'amour du sport, la culture traditionnelle c'étaient aussi des options spirituelles. Mais les options spirituelles proprement religieuses sont venues surtout avec l'urbanisation."

Le taoïsme est la religion authentiquement chinoise, mais c’est plus que ça, c’est une sagesse fondée sur le Dao, la voie. Au temple des nuages blancs, à Pékin, le moine Gao reçoit les pratiquants, ils seraient deux millions en Chine, mais 200 millions de Chinois se disent inspirés par le taoïsme : "le taoïsme suit la pensée de son fondateur Lao Tseu. Le but est que l’homme s’élève spirituellement. Il y a plusieurs dieux pour lesquels les gens prient, principalement pour avoir une meilleure vie : les trois dieux des richesses pour avoir plus d'argent, et les trois dieux de la pharmacie pour protéger leur santé."

Deux religions progressent fortement : le bouddhisme, avec au moins 100 millions de pratiquants, et le protestantisme avec 40 à 70 millions de fidèles. D’ici à 2030, la Chine pourrait devenir le premier pays chrétien au monde, prédit le chercheur américain Yang Fenggang. Ce phénomène a pris une telle ampleur que le gouvernement essaie de le cadrer, notamment les communautés non enregistrées nous dit ce pasteur qui a voulu rester anonyme : "Dans l’église protestante reconnue par l’Etat, il y a un système très rigoureux de recrutement des pasteurs. Il faut deux à trois ans de stage après les études pour qu’un candidat soit nommé pasteur. Mais les églises qui n’ont pas été enregistrées, ne suivent pas cette procédure. Ces églises font un peu ce qu’elles veulent, elles ne rendent pas de comptes".

Le gouvernement chinois ne veut pas que l’expression religieuse échappe au contrôle de l’état

C’est le cas aussi pour le catholicisme. Les Évêques sont nommés par le régime chinois, l’autorité du Vatican n’est pas reconnue, même si des négociations ont lieu.

Quant aux musulmans chinois, estimés entre 23 et 25 millions, il en existe deux catégories : les Hui, venus au XIIe siècle d’Asie centrale, et les Ouighours qui vivent au Xinjiang, une province surveillée de très près par les autorités. Le nombre de musulmans serait stable, mais on note quelques cas de conversion dont il est difficile de connaitre l’ampleur, comme celle de Monsieur Liu, 38 ans, un artiste attiré par la religion musulmane : "Quand j’étais à l’étranger, j’ai rencontré des Jordaniens, des Syriens, et des gens du monde arabe. La Chine est dans une période de gros changements, c’est important de trouver un espace de spiritualité. Les musulmans chinois sont laïcs, qu’ils soient chiites ou sunnites. L’islam chinois est tolérant."

Le régime communiste chinois a compris qu’il fallait remplir le vide idéologique, en contrôlant les religions et en réprimant des mouvements comme le Falung gong, considéré comme une secte par les autorités chinoises.

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Jeu 31 Aoû - 21:40


à vrai dire je ne sais pas où le caser, mais en matière de communisme, mieux vaut ne se confier ni à dieu ni à ses saints. Voir COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION (étude)



Citation :
Il "remercie Dieu d'avoir connu de vraies femmes" dans sa vie, souligne le côté "communiste" des chrétiens et raconte avoir recouru à la psychanalyse : le pape François se confie dans un livre d'entretiens à paraître début septembre *. De premiers extraits de l'ouvrage, intitulé Politique et société et né du dialogue entre le souverain pontife et le chercheur français Dominique Wolton, sont publiés dans le Figaro Magazine à paraître vendredi.

François y réitère ses messages d'ouverture exprimés ces dernières années sur plusieurs sujets sensibles en débat dans la société et l'Église, notamment l'ouverture aux migrants, la laïcité, les prêtres pédophiles, le mariage homosexuel, les rapports avec l'islam ou la communion des divorcés.

Les femmes de sa vie. Mais de façon plus inhabituelle, il se confie plus intimement sur les personnes qui ont compté dans sa vie, notamment les femmes. "Personnellement, je remercie Dieu d'avoir connu de vraies femmes dans ma vie", déclare-t-il. Il rend notamment hommage à ses deux grands-mères et sa mère, qui "affrontait les problèmes les uns après les autres", y compris la souffrance physique, et à ses sœurs. "Puis il y a eu les amies de l'adolescence, les 'petites fiancées'... D'être toujours en rapport avec les femmes m'a enrichi", poursuit François, qui dit avoir "appris, même à l'âge adulte, que les femmes voient les choses d'une manière différente des hommes" et qu'"il est important d'écouter les deux".

"Les communistes, ce sont les chrétiens". Il dit également avoir été très influencé par une militante communiste, Esther Ballestrino de Careaga, tuée sous la dictature argentine (1976-1983) après avoir aidé à fonder le mouvement des mères de la Place de mai, qui dénonçaient la disparition de leurs enfants assassinés par le régime. "(Elle) m'a appris à penser la réalité politique (...) Je dois tant à cette femme", souligne le pape, qui ajoute: "On m'a dit une fois : 'Mais vous êtes communiste !'. Non, les communistes, ce sont les chrétiens. C'est les autres qui ont volé notre bannière !"

François confie également avoir "consulté une psychanalyste juive" alors qu'il avait 42 ans, "à un moment de (sa) vie où (il) en a eu besoin". Il s'est rendu chez elle une fois par semaine pendant six mois "pour éclaircir certaines choses". "Une très bonne personne" qui "m'a beaucoup aidé", dit-il.

*Politique et société, du pape François (Rencontres avec Dominique Wolton)
, Editions de l'Observatoire, 432 pages, 21 euros, en librairie le 6 septembre.

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 1 Sep - 23:10


Suivre Jésus et faire du business, immersion chez les Baruyas en Nouvelle-Guinée
Le messianisme des églises dans une tribu à peine sortie du néolithique


An anthropologist who lived within a tribe in Papua New Guinea,
describes the pernicious influences of missionaries and business

Pierre de Restigné a écrit:
En 1951 était découvert dans des vallées de ce qui va devenir la Papouasie Nouvelle Guinée, une tribu, celle des Baruyas qui n’avait jamais eu encore de contact avec les blancs et la civilisation occidentale. Maurice Godelier est le premier anthropologue, au début des années soixante à venir vivre avec eux et à essayer de comprendre leurs relations sociales, leurs coutumes, leurs rites. Parfaitement intégré, il arrive à comprendre toute la complexité de leur culture, basée essentiellement sur la peur pourque ne soit trahit le « secret des hommes ».


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Dans une première partie il nous explique simplement, clairement, les fondements de cette société : société égalitaire entre les hommes (il n’y a pas de « chef » et celui qui voudrait mettre sa domination sur les autres est assez vite éliminé), société en lutte avec des ennemis héréditaires, société de guerriers, société agraire avec des jardins dont la propriété passait de père en fils, société très inégalitaire où les femmes étaient dominées par les hommes, où elles étaient un enjeu important pour les mariages. Tout est fait pour que cette domination perdure car les grands initiés (ceux qui ont subit les 4 initiations depuis leur enfance) connaissent le « grand secret » : de fait se sont les femmes qui au début des temps dominaient le monde, les hommes n’étant à la base que des têtards, et c’est à partir d’un vol qu’ils ont pu se rendre maître du monde et les seuls à pouvoir faire la guerre.

Petit à petit, cette société complexe, a évolué et Maurice Godelier montre bien que le passage du néolithique à la modernité, s’est fait avant tout grâce à la christianisation des Baruya par le messianisme des églises et autres sectes protestantes. Certaines avaient des buts louables comme la construction d’écoles, d’autres avaient une philosophie raciste. Quoiqu’il en soit les Baruyas ne se servent plus de sel pour commercer mais de monnaie. Leur entrée dans la mondialisation s’est essentiellement faite par la culture du café, plante qu’il ne connaissaient pas il n’y a que 50 ans qui plus est, ils ne boivent pas de café !

Soit la modernisation a mis à mal bien des coutumes ancestrales comme le cannibalisme, l’homosexualité rituelle chez les hommes ou l’infanticide ; mais elle a eu aussi des effets positifs comme une progression démographique importante due à l’absence de guerre et à une baisse de la mortalité infantile, une alphabétisation importante qui a permis aux femmes de sortir de leur domination. Mais, comme dans beaucoup de sociétés, les plus jeunes reviennent vers la culture de leurs ancêtres et on assiste à de nouvelles initiations alors que les rituels furent longtemps peu appliqués.

A la fin de son livre Maurice Godelier présente un très intéressant tableau avec une colonne de ce qui n’existe plus ou résiduellement, les représentations continuant d’exister avec un podis et un rôle différent, et l’autre sur ce qui est nouveau. Il résume parfaitement son analyse sur l’occidentalisation forcée d’une société tribale et la formidable résistance de ses valeurs traditionnelles.

Un livre qui au-delà des Baruya montre les effets d’une mondialisation monétaire qui ne prend pas assez en compte les valeurs, la culture des différents groupes composant l’humanité. Bien des constats faits sur cette culture de Papouasie Nouvelle Guinée pourraient être faits dans nos sociétés occidentales en recherche de valeurs spirituelles.

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 4 Déc - 4:15


D’où vient le bouddhisme radical ?

Adrien Le Gal Le Monde 02.12.2017

« tuer des communistes n’est pas un péché »

En Asie du Sud et du Sud-Est, la montée de l’extrémisme religieux n’épargne pas les bouddhistes, théoriquement pacifistes.



Lors d’un rassemblement du mouvement extrémiste bouddhiste sri-lankais
Bodu Bala Sena (BBS), à Colombo, en 2014

Citation :
En Birmanie, au Sri Lanka ou encore en Thaïlande, des groupes constitués de moines bouddhistes ont développé une rhétorique violente, en général dirigée contre les musulmans. Longtemps considérées comme marginales, ces organisations ont acquis une forte visibilité en raison des atrocités commises contre les Rohingya musulmans de l’Etat d’Arakan, en Birmanie.
Quelles sont les racines du nationalisme bouddhiste ?

Découvert en Occident au XIXe siècle, à travers des textes religieux, le bouddhisme y est perçu avant tout comme une philosophie globale et non violente, voire un mode de vie reposant sur des pratiques spirituelles comme la méditation. Le bouddhisme asiatique, avec ses 500 millions d’adeptes, correspond à une réalité bien différente.

Les trois grandes écoles correspondent à trois zones géographiques. L’école Theravada, ou « bouddhisme du Petit Véhicule » est implantée en Birmanie, au Cambodge, au Laos, au Sri Lanka, en Thaïlande et sur une partie du Vietnam. L’école Mahayana ou « bouddhisme du Grand Véhicule » est pratiquée en Corée, en Chine, au Japon, et au Vietnam, tandis que l’école Vajrayana, très minoritaire, correspond au bouddhisme tibétain, le plus connu en Occident. Dans les pays de tradition Theravada, les nations se sont souvent constituées en s’appuyant sur la légitimité religieuse, d’où un clergé politisé, prompt à embrasser les différentes causes nationalistes.

Comment est-il devenu radical ?

Le précepte de non-violence (ahimsa) est central dans le bouddhisme, mais il s’efface systématiquement derrière la raison d’Etat, partout où le clergé est fortement encadré par le pouvoir politique. Par exemple, en 1976, un moine thaïlandais affirmait dans la presse que « tuer des communistes n’est pas un péché », donnant le feu vert au massacre des étudiants de l’université Thammasat, à Bangkok, la même année.

Dès les années 1990, une théorie se développe, notamment en Birmanie : celle d’un bouddhisme s’étendant historiquement de l’Afghanistan à la Malaisie, mais en recul du fait de la pression de l’islam. Pour les adeptes de cette pensée, la destruction des bouddhas de Bamiyan, en mars 2001, par les talibans afghans, est un électrochoc. De telles idées, maintenues sous cloche pendant la dictature militaire birmane, s’expriment librement à partir de 2014, lorsque des réformes politiques et la démocratisation sont mises en œuvre.

Quels sont ses foyers dans la région ?

En 2012, des moines sri-lankais créent le parti Bodu Bala Sena (BBS), « Force du pouvoir bouddhiste », qui développe une rhétorique violente à l’encontre des minorités religieuses, notamment l’islam, et, dans une moindre mesure, le christianisme. La même année, en Birmanie, le bonze Wirathu (objet d’un documentaire de Barbet Schroeder, Le Vénérable W.) lance des appels à la haine contre la minorité Rohingya et crée la campagne « 969 », puis le mouvement Ma Ba Tha (Association pour la protection de la race et de la religion), nationaliste et islamophobe – aujourd’hui interdit. Le BBS et Ma Ba Tha s’affichent comme deux formations sœurs : en 2014, Wirathu est accueilli en triomphe à Colombo par les moines radicaux sri-lankais.

Leurs idées trouvent aussi de l’écho en Thaïlande, marquée par une rebellion séparatiste musulmane, dans le sud du pays, où les bonzes sont régulièrement pris pour cible. En 2015, le moine thaïlandais Banjob Bannaruji lance une campagne visant à faire du bouddhisme la « religion d’Etat », au motif que celui-ci serait « mis en danger par l’islam ». D’autres moines se sont saisis des événements en Birmanie pour lancer des diatribes haineuses à l’encontre des musulmans séparatistes, appelant à leur réserver « le même sort qu’aux Rohingya, des enfants aux personnes âgées » et à brûler des mosquées.

Quels sont ses objectifs politiques et ses rapports avec les autres nationalismes religieux ?

Les mouvements nationalistes bouddhistes multiplient les initiatives pour imposer des lois, en général dirigées contre les musulmans. En 2015, avant l’accession au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, plusieurs textes ont été adoptés en Birmanie sur « la race et la religion », encadrant les mariages interreligieux et les conversions à l’islam, et permettant d’exercer un contrôle accru des naissances chez les musulmans – sans les mentionner explicitement.

Plus largement, les bouddhistes extrémistes, en montant en épingle des faits divers (comme des viols commis sur des femmes bouddhistes), entretiennent un climat islamophobe et justifient les violences et les discriminations contre les musulmans. Fin septembre, au Sri Lanka, des extrémistes bouddhistes ont même attaqué un foyer administré par l’ONU de réfugiés Rohingya ayant fui la Birmanie.

Les bouddhistes extrémistes présentent généralement leurs adversaires musulmans comme des djihadistes, mais cette accusation est loin d’être partout une réalité, notamment au Sri Lanka, où l’islam radical n’a pas pris pied. En Thaïlande, une partie de la rébellion séparatiste utilise la rhétorique djihadiste – sans se réclamer, toutefois, d’une organisation transnationale. En Birmanie, une attaque a été menée le 25 août contre des postes militaires dans l’Arakan du Nord, par les insurgés de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA), qui nient être un groupe djihadiste mais sur lesquels les informations disponibles sont très parcellaires.

Quelle est la position du dalaï-lama ?


Présenté à tort en Occident comme un « pape bouddhiste », le dalaï-lama n’a pas d’autorité réelle sur les bouddhistes de Birmanie, du Sri Lanka et de Thaïlande, même s’il compte des admirateurs dans ces pays. En juillet 2014, le chef spirituel des bouddhistes tibétains a condamné, dans un même discours, le BBS et Ma Ba Tha. Mais ses paroles ont eu peu d’écho au Sri Lanka, pays dont les autorités ne lui ont jamais accordé de visa, afin de ne pas froisser Pékin. Le dalaï-lama, qui a rencontré plusieurs fois Aung San Suu Kyi lorsqu’elle était une opposante politique, ne s’est jamais non plus rendu en Birmanie. En septembre 2017, il a explicitement pris la défense des Rohingya, estimant que « Bouddha aurait aidé ces pauvres musulmans ».

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