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 OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 12 Déc - 12:58




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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Jeu 17 Déc - 14:16


histoire et conflits religieux, un résumé utile



15 - Les clivages religieux Par Patrice GOURDIN, le 17 décembre 2015 l'article au format PDF

Le 1er site géopolitique francophone publie un ouvrage de référence : Patrice Gourdin, "Manuel de géopolitique", éd. Diploweb.com, 2015. Voici le chapitre 15 : Les clivages religieux

Docteur en histoire, professeur agrégé de l’Université, Patrice Gourdin enseigne à l’École de l’Air. Il intervient également à l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence. Membre du Conseil scientifique du Centre géopolitique, l’association à laquelle le Diploweb.com est adossé.

La religion se définit comme un « système associant des croyances et des pratiques rituelles à l’intérieur d’une société [1] ». Elle touche tout à la fois au plus intime des convictions individuelles, à l’organisation des sociétés, à la créativité artistique et, souvent encore, au pouvoir politique. Elle influe sur les sensibilités. Par conséquent, elle joue un rôle crucial dans la culture de chaque communauté humaine et on l’identifie comme une composante essentielle de la plupart des civilisations. Dans de nombreux cas, elle fonde, en totalité ou en partie, les espérances individuelles et collectives, les relations sociales ainsi que la légitimité des autorités. Elle se retrouve, donc, au cœur de beaucoup d’affrontements. L’histoire montre que la religion en soi n’est pas automatiquement génératrice de conflit : ce qui est en cause, avant tout, c’est son interprétation ou son instrumentalisation, en fait l’action des hommes.

Citation :
Le magazine Foreign Policy titrait l’un de ses articles : « La Liste : Les pires chefs religieux ». Y figuraient : Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah libanais, Joseph Kony, chef de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army) ougandaise, Yogi Adityanah, fondateur de l’Hindi Yuva Vahini indienne, Athuraliye Rathana, du parti cinghalais Jathika Hela Urumaya, Dov Lior, rabbin de la colonie de Kiryat Arba (près d’Hébron) [2]. Chacun de ces hommes ordonne des actions violentes au nom de religions qui ne les préconisent pas.


15 - Les clivages religieux

La relation étroite de la religion avec l’État est censée avoir disparu en Europe après un long affrontement et une lente mais aujourd’hui quasi complète sécularisation des sociétés. Cas presque unique au monde, le religieux n’a plus, officiellement du moins, de pouvoir en Europe et l’État fait montre d’une neutralité absolue en la matière : la laïcité l’a emporté, donnant naissance à des sociétés pluralistes, tolérantes et libérées de la tutelle des Églises. Toutefois, il faut introduire deux nuances. D’une part, bien qu’amoindrie, l’influence des religions sur la société persiste, notamment pour ce qui concerne les mœurs (contraception, avortement, divorce, euthanasie, homosexualité etc.). Il en résulte des prises de position des autorités religieuses dans les débats portant sur ce qu’il est désormais convenu d’appeler des “questions de société“, donc des sujets éminemment politiques. D’autre part, entre l’État et le christianisme, des relations plus ou moins étroites existent encore, allant de la séparation des Églises et de l’État, instituée en France depuis 1905, à la quasi-reconnaissance par la Grèce du christianisme orthodoxe comme religion d’État : promulguée « au nom de la Trinité Sainte, Consubstantielle et Indivisible », la Constitution le qualifie, dans son article 3, de « religion dominante ». Cela s’accompagne parfois de heurts ou de polémiques et la question religieuse continue à peser dans les rivalités de pouvoir sur le Vieux continent, comme l’on a pu l’observer lors des élections législatives espagnoles de 2008, par exemple. Profondément hostiles aux lois autorisant le mariage homosexuel, rendant le divorce plus rapide, accordant des droits aux transsexuels ou autorisant les investigations scientifiques sur les cellules souches, ainsi qu’à la refonte des programmes scolaires (catéchisme ramené au rang de matière optionnelle pour l’entrée à l’université, cours d’instruction civique obligatoires) mises en œuvre par le gouvernement socialiste ces dernières années, les principaux membres de la hiérarchie catholique espagnole orchestrèrent une vigoureuse campagne en faveur du parti adverse, le Parti populaire [3]. Les propos du président de la République française à Saint-Jean de Latran, le 20 décembre 2007, provoquèrent une très vive empoignade. Selon certains, il aurait enfreint le principe fondamental de la loi de 1905, selon lequel « la neutralité est la loi commune de tous les agents publics dans l’exercice de leur service », lorsque, après avoir affirmé que « les racines de la France [étaient] essentiellement chrétiennes », il avait notamment déclaré, en présence du pape Benoît XVI :

Benoît XVI a écrit:
« dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. [...] La France a besoin de croire à nouveau qu’elle n’a pas à subir l’avenir, parce qu’elle a à le construire. C’est pourquoi elle a besoin du témoignage de ceux qui, portés par une espérance qui les dépasse, se remettent en route chaque matin pour construire un monde plus juste et plus généreux [4] ».


Ces propos peuvent tout aussi bien se comprendre comme un gage politique donné à la frange catholique de l’électorat français, afin d’en gagner le soutien pour les réformes engagées par le gouvernement depuis 2007. Napoléon III agit dans cette perspective lorsqu’il exclut les États pontificaux de l’unification italienne (convention du 15 septembre 1864) ou lorsqu’il intervint pour défendre les maronites libanais (1860-1861).

Si les États orthodoxes des Balkans demeurent marqués par l’influence de leurs églises nationales, cela tient à des raisons historiques et les préoccupations spirituelles passent à l’arrière-plan. En effet, proches du pouvoir depuis l’origine, ces églises jouèrent le rôle de conservatoire de l’identité nationale sous l’occupation ottomane, ce qui amplifia et consolida leur présence dans le champ politique. Domaine d’où elles ne sont plus sorties [5]. En dépit d’une tolérance garantie par la Constitution, l’alliance entre les tsars et l’Église orthodoxe russe renaquit sous la présidence de Vladimir Poutine (2000-2008), sur la base d’une ferveur nationaliste commune, dont les Églises protestantes (réputées inféodées aux États-Unis) et l’Église catholique font les frais [6].

La laïcité ne résorbe pas aisément les clivages. Pour preuve, cette “guerre des bus“ qui éclata en Grande-Bretagne durant l’été 2008. Des chrétiens lancèrent une campagne d’affichage publicitaire sur les bus londoniens, ce qui provoqua l’ire des athées. Ces derniers ripostèrent par le même moyen et les habitants de la capitale britannique purent lire des affiches proclamant : « Dieu n’existe probablement pas. Cessez de vous tourmenter et profitez de la vie ». La contre-attaque ne tarda guère, sous forme de pancartes affirmant l’existence de Dieu ou rappelant quelques éléments fondamentaux de la foi chrétienne. Le combat gagna l’Espagne, l’Italie, Washington et le Canada [7]. Pour pacifique qu’il fût, il illustre bien la sensibilité persistante des opinions européennes aux querelles religieuses. L’affrontement droite-gauche en France passe aussi par les rebondissements de ce que d’aucuns appellent la “guerre scolaire“, qui affronte tenants du financement par l’État de la seule école publique et partisans de subventions publiques à l’enseignement privé confessionnel.

L’appartenance de la Turquie à l’Europe provoque de vives polémiques. Ce désir d’ancrage à l’ouest remonte à Mustapha Kemal. Ce dernier, outre l’adoption de l’alphabet latin et le droit de vote aux femmes (elles l’obtinrent en 1933, soit onze ans avant les Françaises), engagea son pays dans la voie de la laïcité, imposant une stricte séparation entre l’islam et l’État. Aujourd’hui encore, cela divise profondément les Turcs et pèse très fortement sur la vie politique : les musulmans pratiquants se plaignent d’être écartés de la vie publique, tandis que les partisans de la laïcité voient en celle-ci une garantie indispensable des libertés. Paradoxe, en tant que gardienne de l’héritage kémaliste, l’armée turque, dont la réputation en la matière est plutôt mince, se retrouve dans le camp des défenseurs des libertés [8]. Ainsi, sa situation de charnière géographique place également la Turquie dans une position politique de pivot : certains voient en elle le laboratoire d’une “démocratie musulmane“ comme il y a une démocratie chrétienne. L’enjeu serait de combiner les valeurs démocratiques et celles de la religion musulmane afin de faire pièce à l’islamisme radical [9].

Contrairement à bien des idées reçues et à certains signes mal compris (devise nationale, prestation de serment présidentiel sur la Bible, discours émaillés de références religieuses, allocution présidentielle à l’occasion de Thanksgiving, par exemple), il fonctionne aux États-Unis un régime très strict de séparation. D’une part, le Premier amendement (1789) à la Constitution américaine stipule que « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion ». Toutefois, il laisse à chaque État la liberté de gérer les questions de foi, ce qui déboucha sur une forte imbrication du politique et du religieux dans nombre d’États jusqu’aux années 1940. D’autre part, la lettre que le Président Jefferson adressa, en 1802, aux baptistes de Danbury, explicita le Premier amendement en affirmant qu’il érigeait un “mur de séparation“ (wall of separation) entre les Églises et l’État. Entre 1940 (Arrêt Cantwell vs. Connecticut) et 1947 (Arrêt Everson vs. Board of Education), sous l’influence du juge Hugo Black, notamment, cette séparation entra dans la jurisprudence de la Cour Suprême. Depuis lors, les citoyens américains peuvent demander la protection constitutionnelle de leurs convictions et pratiques religieuses (ou de l’absence de celles-ci). Mais ceci n’empêche pas des retours en arrière, comme depuis les années 1980, avec la nomination à la Cour suprême de juges favorables à une interprétation plus étroite du Premier amendement, tel le juge William Rehnquist. Privilégiant le concept de neutralité, ils arbitrèrent en faveur d’une éventuelle aide publique aux organisations religieuses. On le voit, il existe d’étroites relations entre la politique américaine et le religieux [10]. Ce paradoxe tient à l’originalité de l’histoire des États-Unis : elle alterne des phases de forte religiosité et des moments d’affirmation de la laïcité. En fait, depuis la fondation des premières colonies, on observe la coexistence, au sein de la population, de positions très diverses. Cela donna naissance à la “religion civile“,
« un phénomène de religiosité minimale associant les Américains autour de la conception d’une nation divinement inspirée, de la centralité de l’idéal libéral dans le fonctionnement politique de la République et du projet clairement avoué d’en répandre les lumières à travers le monde [11] ».

Les signes “religieux“ mentionnés plus haut s’expliquent par cette “religion civile“ : ils symbolisent un héritage historique, n’impliquent aucune contrainte et ne cautionnent aucune conviction en particulier. Ce que rappela le président Barack Obama dans son discours d’investiture, le 20 janvier 2009 :

Obama a écrit:
« nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d’hindous – ainsi que de non-croyants. Nous sommes façonnés par toutes les langues et toutes les cultures, originaires de tous les coins du monde [12] ».


Néanmoins, il existe une droite et une gauche religieuses dans l’actuel paysage politique américain. La première soutint activement Ronald Reagan et George Bush junior, tandis que Jimmy Carter et Barack Obama bénéficièrent de l’appui de la seconde. Compte tenu de l’histoire particulière du pays, la rhétorique religieuse participe pleinement au discours politique. L’étude des enjeux de pouvoir aux États-Unis, comme ailleurs, suppose donc de connaître le rapport spécifique du politique au religieux.

Certains conflits mettent aux prises des populations rattachées à des religions différentes, car il advient que la présence d’une (ou de plusieurs) autre(s) croyance(s) soit considérée ou présentée comme une source de désordre et/ou de malheur.

Du XIe au XIIIe siècles, l’Occident chrétien lança une série de Croisades contre le monde musulman. Les motivations matérielles de certains rejetons de l’aristocratie et les intérêts des marchands italiens semblent avoir peu pesé. L’évolution vers une spiritualité plus exigeante, liée aux profondes réformes que l’Église connut alors, paraît au cœur du processus : pour la majorité de ses participants, la croisade fut un pèlerinage destiné à faire pénitence, dont les difficultés, comme la destination finale, permettaient d’approcher les souffrances du Christ. Le pape Urbain II, en 1095, promit une “indulgence de croisade“, ce qui valait absolution des péchés et garantie du salut éternel. La dimension militaire participait de la guerre “juste” à mener contre tous les païens, ce qui n’impliquait pas la conversion forcée des populations musulmanes dans l’Orient latin. Donc, bien davantage que le fanatisme religieux, l’idéal chevaleresque de vaillance et la violence inhérente au combat expliquent les innombrables épisodes sanglants survenus de part et d’autre [13].

Croisade se déroulant sur le continent européen, la Reconquista  espagnole s’acheva en 1492 par la prise de Grenade. La même année, pour parachever la “purification“ du royaume, les rois catholiques expulsèrent les Juifs
:

Citation :
« l’idée que tout juif, même converti, a du sang impur dans ses veines parce qu’il a contribué à la crucifixion de Jésus-Christ est très populaire. De même que le stéréotype selon lequel les juifs ont infiltré, jusqu’à la cour, les meilleures familles et la noblesse [14] ».


Ils interprétèrent la découverte de l’Amérique et des richesses qu’elle leur procurait comme la récompense divine de ces actes [15].

La révolte des cipayes, en 1857, revêtit une dimension religieuse. Ces soldats indigènes – hindous ou musulmans – enrôlés dans l’armée de la Compagnie (britannique) des Indes orientales se révoltèrent, entre autres raisons, contre une politique d’évangélisation perçue comme agressive à l’encontre de l’islam et de l’hindouisme [16]. Toutefois, les causes du mouvement ne se limitaient pas à cela : la confiscation méthodique du pouvoir par la Compagnie et l’interdiction de certaines pratiques traditionnelles jouèrent un grand rôle.

Parfois, les pouvoirs en place instrumentalisent les tensions religieuses pour renforcer ou restaurer leur légitimité, à l’image du gouvernement algérien qui promulgua, en 2006, une loi contre le prosélytisme [17]. Il semble s’agir, avant tout, de démontrer à la population que, contrairement à ce qu’affirment les islamistes, les autorités défendent la religion musulmane [18]. L’arrière-plan nationaliste impliquant le rejet de la religion de l’ex-colonisateur pourrait également jouer [19].

Le Nigeria connaît des violences interreligieuses de longue date. Fin novembre 2008, plusieurs centaines de chrétiens et de musulmans périrent dans la ville de Jos, tandis que des milliers d’habitants durent fuir. Située au centre du pays, elle se trouve sur la ligne de contact entre les deux religions. Mais les observateurs relevèrent que ces troubles coïncidaient avec la tenue d’élections dans l’État du Plateau, dont Jos est la capitale. Or, l’électorat des deux principaux partis en lice repose sur des bases confessionnelles. Aussi, la victoire du parti démocratique populaire (principalement soutenu par les chrétiens) provoqua la colère des partisans du parti populaire nigérian (en majorité musulmans), qui hurlèrent à la fraude. En fait, la raison profonde de ces affrontements résiderait dans les rivalités pour la terre entre les populations indigènes mais minoritaires, chrétiennes ou animistes, et les colons haoussa ainsi que les migrants du Nord, musulmans [20].

Au Liban, les diverses communautés – chrétiennes, druze, musulmane sunnite et musulmane chiite, pour l’essentiel – parvinrent, la plupart du temps, à vivre en relativement bonne intelligence. Les tensions et les guerres qui les affrontèrent, au XIXe et au XXe siècle, tenaient avant tout à une répartition déséquilibrée du pouvoir, ainsi qu’aux inégalités socio-économiques. Ce fut la coïncidence plus ou moins nette du statut avec l’appartenance religieuse qui fonda largement les tensions et les conflits sur ce dernier critère. Conséquence extrême, durant la guerre civile, de 1975 à 1990, chaque communauté disposait de ses propres forces armées. En 2008, alors qu’une grave crise due à la vacance du pouvoir se prolongeait, les observateurs notaient avec inquiétude la résurgence du phénomène, mesurable à la multiplication des sociétés de sécurité et à la hausse importante du prix des armes individuelles de guerre sur le marché [21].

Les intellectuels musulmans de l’Empire britannique des Indes qui, autour de Mohammed Jinnah, conçurent, dans les années 1930, le projet d’un État indépendant séparé, le Pakistan, n’avaient pas prioritairement en tête la question religieuse. Ils refusaient, avant tout, de vivre dans un État unitaire où la minorité musulmane [22] serait réduite, dans tous les domaines, à la portion congrue. Il en résulta une intense hostilité entre les deux communautés, la partition en deux États en 1947 et de multiples exactions (peut-être un million de morts), lors des déplacements de populations (9 000 000 d’hindous et de sikhs quittèrent le Pakistan tandis que 6 000 000 de musulmans fuirent l’Inde) provoqués par cette dernière [23]. C’est dans l’empire des Indes que Maududi [24], l’un des inspirateur des Frères musulmans égyptiens fonda, en 1941, le Jamaat al-Islam, le parti qui transforma de fait le Pakistan en république islamique (sous la dictature du général Zia ul-Haq, 1977-1988). Aujourd’hui encore, hindouistes et musulmans s’affrontent, en particulier autour du sanctuaire d’Ayodhya (depuis la destruction de la mosquée par des militants nationalistes hindous le 6 décembre 1992), ou au Cachemire. La tension entre les deux communautés est telle que tout incident ou accident peut dégénérer. Ainsi, en 2002, cinquante-neuf hindous revenant de pèlerinage périrent brûlés vifs dans un train traversant le Gujarat. Les extrémistes musulmans furent accusés (probablement à tort, car il s’agirait d’un accident) d’avoir incendié le train. Il en résulta la pire explosion de violences intercommunautaires depuis 1947 [25]. Cela génère également une activité terroriste permanente [26]. Et n’oublions pas que l’Union indienne connaît aussi des exactions contre les sikhs (notamment les massacres qui suivirent l’assassinat d’Indira Gandhi, en 1984) et contre les chrétiens [27]. Chacun de ces conflits comporte un arrière-plan politique et/ou socio-économique. Les limiter au religieux revient à se tromper de perspective.

Les islamistes expriment également une très vive détestation vis-à-vis des bouddhistes et cela se traduit par des déferlements de haine spectaculaires. Les fureurs iconoclastes, qui marquèrent nos guerres de religion et la Révolution française, se rencontrent aussi en terre musulmane radicale. En 2001, les taliban afghans avaient dynamité les célèbres statues géantes de Bouddha à Bamyan. En 2007, les rebelles islamistes de la vallée du Swat, au Pakistan, s’en prirent à une statue du Bouddha, recensée parmi les chefs-d’œuvre de l’art du Gandhara [28]. La finalité religieuse de tels actes demeure sujette à caution : ne s’agit-il pas, aussi, de souder la population derrière les dirigeants. Depuis 2004, les extrémistes assassinent des habitants bouddhistes dans les trois provinces à majorité musulmane du sud de la Thaïlande. Cela résulte du fait que les deux millions de Malais musulmans, rattachés seulement depuis 1909 au royaume de Siam, y sont mal intégrés, tant culturellement qu’économiquement [29].

Un lieu commun attribue au bouddhisme une démarche non-violente. Les faits infirment en partie cette manière de voir, qu’il s’agisse, par exemple, de la “révolution safran“ de 2007 en Birmanie, des révoltes tibétaines de 1959, 1989 et 2008, ou du nationalisme cinghalais depuis 1948. Les préceptes religieux ne tiennent guère face à l’appauvrissement de la population birmane, à l’oppression chinoise sur le Toit du monde ou à la volonté de revanche contre les agents tamouls de la domination coloniale britannique.

Au Soudan, sur fond de souvenirs encore vivaces des razzias esclavagistes du passé, les Négro-Africains chrétiens et “animistes“ [30] du sud refusent la domination des Arabo-Musulmans du nord. Ils réclament donc une répartition plus équitable du pouvoir et des ressources pétrolières exploitées dans leur région. Par conséquent, à deux reprises, de 1955 à 1972 et de 1983 à 2005, le sud s’est rebellé contre les autorités de Khartoum, qui durent, finalement, composer.

Les Turcs, musulmans, s’en prirent à plusieurs reprises (en 1868, de 1894 à 1896, en 1909 et en 1915) aux Arméniens, chrétiens. 1915 vit même la mise en œuvre du premier génocide du XXe siècle. La dimension nationaliste était prépondérante, mais l’instrumentalisation de la différence religieuse contribua puissamment à susciter la haine des populations turques, puis à l’entretenir.

D’autres conflits opposent des populations se rattachant aux différentes confessions d’une même religion. Une étude détaillée révèle, ainsi, que, au Liban, les antagonismes opposent moins les musulmans aux chrétiens que les diverses confessions musulmanes entre elles et les diverses églises chrétiennes entre elles [31].

À la suite du schisme d’Orient (1054), chrétiens catholiques et chrétiens orthodoxes se combattirent, parfois militairement, comme dans les Balkans ou aux confins russo-polonais. Théoriquement, le concile Vatican II régla la question : le 7 décembre 1965, les anathèmes réciproques entre les deux Églises furent levés. On ne peut en dire autant des préventions nourries par un conflit millénaire : le différend entre les deux confessions demeure sensible. Ainsi, durant la guerre entre la Serbie et la Croatie (1992-1995), le clivage religieux réapparut dans les argumentaires des belligérants, tant l’appartenance religieuse fonde l’identité de chacune de ces deux nations. En dépit du caractère hypothétique de ses craintes, le patriarcat de Moscou empêcha toute visite du pape Jean-Paul II en Russie, explicitement pour éviter une “reconquête” catholique en Russie. Le refus de l’accroissement de l’influence occidentale alors que le pays a vu sa puissance réduite de manière significative pèse davantage que la concurrence spirituelle. Assurément, le vieux débat entre “slavophiles“ et “occidentaux“ demeure d’actualité.

La formule “guerres de religion” désigne les terribles combats, aux motivations complexes, qui opposèrent chrétiens catholiques et chrétiens protestants en Europe aux XVIe et XVIIe siècles. Entre autres pays, ils ravagèrent, la France et leurs séquelles ne sont toujours pas totalement éteintes. Dans sa suite romanesque, Les Thibault, Roger Martin du Gard brosse le tableau de la bourgeoisie française de la Belle Époque. Le père de Jacques Thibault, fervent catholique, met l’insoumission de son fils sur le compte de l’influence pernicieuse de son ami protestant, Daniel de Fontanin. Jacques quitte le domicile paternel après une violente dispute au sujet de son amour pour Jenny, la sœur de Daniel : il ne saurait être question d’un mariage avec une protestante. Aujourd’hui encore, le monde catholique s’étonne de ce « que la France soit la terre bénie des catholiques traditionalistes [32] ». Il semble que l’explication réside dans l’histoire : « ils sont surtout les héritiers de toutes les résistances des derniers siècles contre la Réforme protestante du XVIe, contre la Révolution, contre le “modernisme“ théologique [33] ». La question politique demeure étroitement liée aux querelles religieuses.

L’Irlande du Nord sort à peine de plusieurs décennies d’un conflit qui prolongeait l’affrontement pluriséculaire entre Anglais, protestants, et Irlandais, catholiques [34]. Mais les frustrations politiques, économiques et sociales pesèrent également très lourd.

Les sanglantes querelles successorales qui éclatèrent après la mort de Mahomet, entre 632 et 680, séparèrent les musulmans entre sunnites et shiites et marquèrent le début d’un conflit multiforme qui dure encore de nos jours [35]. Là encore, la religion ne fut pas la cause première. Épicentre historique originel de ces affrontements, l’Irak reste, actuellement, la proie de vives tensions entre les deux confessions. Leurs franges extrémistes vont jusqu’aux massacres réciproques, dans une tuerie qui semble sans fin. Les plaies sont tellement vives que l’exécution, fin 2006, du dictateur Saddam Hussein n’apparut pas comme le châtiment de ses crimes, mais comme une vengeance shiite, ce qui fit, paradoxalement, de l’ex-raïs un « martyr de la cause sunnite [36] » et accentua les divisions du pays :
« Difficile de ne pas voir dans cette vidéo [la vidéo pirate prise lors de l’exécution de Saddam Hussein] un raccourci saisissant de l’Irak actuel.Le gouvernement irakien, tout comme le président américain, voulait voir dans la fin de Saddam Hussein, le symbole d’un Irak réconcilié et uni, prêt à passer à un nouveau chapitre de son histoire. Au lieu de cela : le chaos. La soif de revanche. Et, surtout, les membres les plus radicaux des milices chiites parvenus à infiltrer toutes les structures de l’État, jusqu’à ces recoins sombres autour de la potence de Saddam Hussein [37] ».

Si l’on prend en compte la confiscation du pouvoir et des richesses par la minorité arabe sunnite depuis l’avènement de l’Irak, la religion semble davantage le vecteur que la cause des heurts intercommunautaires. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, des dérives semblables menacent la stabilité du Liban [38] comme celle de Bahreïn [39] ou du Pakistan [40] et attisent les tensions liées à la rivalité pour l’hégémonie régionale entre l’Iran et l’Arabie Saoudite [41]. Se dessine ainsi le risque de ce que certains dirigeants présentent comme l’affrontement entre un “arc sunnite“, formé par la Turquie, la Jordanie, l’Égypte, les États de la Péninsule Arabique, et un “croissant chiite“, regroupant derrière l’Iran, l’Irak post-baathiste, la Syrie alaouite, la partie du Liban contrôlée par le Hezbollah, ainsi que des communautés dispersées de la Turquie au Pakistan [42]. Ces hypothétiques alliances seraient moins religieuses que d’intérêts.

Au IXe siècle, l’islam donna naissance à un courant mystique : le soufisme. Recourant à l’ascèse, à la méditation, à l’introspection et/ou aux exercices physiques, il touche toutes les catégories de la population. Et cela d’autant plus que, probablement sous l’influence de croyances pré-islamiques, il affirme l’existence de “saints“ parmi les hommes, capables d’intercéder auprès d’Allah et d’accomplir des miracles. Aussi les tombeaux de ces personnages font-ils l’objet de pèlerinages (comme divers autres lieux naturels “sacrés“). Les adeptes se regroupèrent en confréries à partir du XIIe siècle. Souvent liées au pouvoir et particulièrement actives dans les régions d’islamisation récentes, elles connurent un grand succès et se retrouvent partout. Les shiites s’en défièrent car elles pouvaient créer une hiérarchie religieuse concurrente de celle du clergé officiel. Les islamistes sunnites (wahhabites et taliban, en particulier) les considèrent comme hérétiques. Pourtant, leur tolérance, leur ouverture aux femmes et aux déshérités leur valent une large popularité et, par exemple, elles exercent une influence bien plus large que les radicaux dans l’Asie du Sud. Au Pakistan, elles contrôleraient 10 % des suffrages, par exemple [43].

Chaque confession connaît, également, des divisions internes qui, sans tourner systématiquement à l’affrontement armé, suscitent des tensions et des divisions : alors que le plus grand nombre observe les prescriptions et admet les interprétations des autorités légitimes, deux franges se détachent.

L’une, qualifiée de “libérale” parce qu’elle considère la liberté comme la valeur première, remet en cause tout ou partie du dogme, de la pratique et des institutions au nom de la nécessaire adaptation à l’évolution du monde ou d’une interprétation spécifique du texte sacré de référence. Ainsi, parmi les catholiques, un tel courant existe depuis le XIXe siècle (Lamennais, Lacordaire, de Montalembert, en France). Aujourd’hui, regroupés dans des associations comme Golias, en France, ils se singularisent en soutenant le mariage des prêtres, l’ordination des femmes ou l’usage du préservatif par les populations exposées au SIDA, par exemple. Depuis Castellion au XVIe siècle, il existe une aile libérale au sein du protestantisme. Chez les protestants, actuellement, la polémique principale porte sur les homosexuels (ordination, mariage). Les anglicans se trouvent profondément divisés car l’aile libérale, entraînée par l’église épiscopalienne américaine, a réussi à imposer l’ordination des femmes (comme prêtres depuis 1994, comme évêques en 2008) et l’investiture d’un évêque homosexuel déclaré (Gene Robinson, à la tête du diocèse du New Hampshire, en novembre 2003) [44]. Depuis le XIXe siècle, à commencer par le père de l’islamisme, Jamal al-Din al-Afghani et son disciple Muhammad Abduh, des penseurs musulmans tentent de concilier islam et modernité. Inspirés par « le principe d’intérêt de la communauté, maslaha, qui doit régir les emprunts nécessaires à l’Occident [45] », Afghani et Abduh prêchaient « un Islam réformé où la foi s’appuie sur la raison [46] ». Aujourd’hui, des intellectuels musulmans défendent la tolérance et rappellent qu’elle appartient à la tradition et à l’histoire de l’Islam. Ils proposent de réinterpréter les concepts et les idées modernes pour les rendre compatibles avec la tradition islamique. Ils tentent, par exemple de concilier la soumission du croyant à son créateur et à l’ordre de la création avec les droits de l’individu, notamment le concept de liberté. Ils soulignent l’absence ou la faible proportion de fondements coraniques de la charia ou de certaines obligations vestimentaires. Ils récusent le principe, central pour les islamistes, selon lequel, en matière de gouvernement, l’autorité religieuse a le dernier mot. La difficulté à se faire entendre leur semble, en partie au moins liée, aux conditions historiques du contact de l’islam avec la modernité : celle-ci apparut avec la domination occidentale, directe ou indirecte [47]. Le ressentiment à l’encontre de celle-ci sert de repoussoir vis-à-vis de celle-là.

À l’autre extrême, se situent ceux qui se réclament du respect de la “tradition”, convaincus que seuls le retour aux sources, la lecture littérale de celles-ci et le commandement de la religion sur la société assureront le salut des hommes. Au nom d’un ordre immuable voulu par Yahvé, Dieu ou Allah, et qu’il est sacrilège de remettre en cause, ces fondamentalistes rejettent toute évolution, toute tolérance et combattent l’athéisme. Les uns tentent de ramener les “égarés” dans le droit chemin par la persuasion : ils prêchent, ils écrivent et ils débattent. Certains, parfois qualifiés de “quiétistes“, s’abstiennent de toute activité politique. D’autres s’engagent dans les mouvances réactionnaires. Ils constituent des communautés qui perpétuent les pratiques originelles, comme la messe en latin ou la distribution par le prêtre de la communion à genoux et par la bouche, conservées par les catholiques traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X [48]. Ces derniers rejettent les aspects modernisateurs du concile Vatican II (1962-1965) et demeurent attachés aux décrets du concile de Trente (1545-1563). Cette question provoqua un schisme entre 1988 et 2008. Épilogue controversé, le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI publia un motu proprio (décret) autorisant le retour à la liturgie latine pour ceux des fidèles qui le souhaitaient et leva, le 24 janvier 2009, l’excommunication frappant les évêques intégristes [49]. L’instituteur égyptien Hassan al-Banna fonda, en 1928, la Société des Frères musulmans, matrice de l’islam politique contemporain, dont il résuma ainsi le principe central :
« l’Islam dans lequel croient les Frères musulmans voit dans le pouvoir politique l’un de ses piliers. L’application effective est pour lui aussi importante que l’orientation de principe. Le Prophète a fait du pouvoir politique l’une des racines de l’Islam. Et dans nos livres de Droit musulman, le pouvoir politique est compté parmi les articles du dogme et les racines du droit, et non pas comme un élément des élaborations juridiques, comme l’une des branches du droit. Car l’Islam est à la fois l’injonction et l’exécution, tout comme il est la législation et l’enseignement, la loi et le tribunal, pas l’un sans l’autre [50] ».

Lorsque les institutions politiques le leur permettent, une part des islamistes s’engagent donc dans l’action politique pour infléchir la société selon leurs principes. Ainsi procède le parti turc Refah (1983-1998) ou le Jama’at pakistanais. D’autres fondamentalistes estiment indispensable l’affrontement avec tous ceux qu’ils considèrent comme des adversaires de leur foi et optent pour la violence, la lutte armée, le terrorisme. Cela amena des militants de la marge violente du mouvement pro life (anti-avortement) à tirer sur le personnel de cliniques pratiquant légalement des interruptions volontaires de grossesse aux États-Unis, en 1993 et en 1995, par exemple. Dernière victime en date de ces assassinats, le docteur George Tiller (qui avait déjà été la cible d’un attentat contre la clinique où il exerçait en 1986 et de coups de feu en 1993) fut tué le dimanche 31 mai 2009, alors qu’il assistait à l’office dans l’église luthérienne de Wichita (Kansas) [51]. Dans certains quartiers de Jérusalem, parmi les Juifs ultra-orthodoxes, les haredim (« ceux qui craignent Dieu »), certains organisent des “brigades de la pudeur“ « pour lutter contre les mœurs dissolues et les influences extérieures [52] ». Le 4 novembre 1995, un extrémiste juif, Yigal Amir, assassina le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin parce qu’il avait signé les accords d’Oslo avec Yasser Arafat. Cela impliquait la restitution d’une partie du territoire colonisé, sursacralisé par la frange la plus extrémiste de la droite religieuse. Sayyid Qotb, membre des Frères musulmans, radicalisa le discours d’Hassan al-Banna et donna à l’extrémisme sunnite ses fondements idéologiques. En particulier, il défendit le concept de takfir selon lequel
« on peut déclarer infidèle un gouvernant , même s’il se déclare et montre musulman, pour peu que les principes qui fondent son action politique ne soient pas intégralement islamiques. [...] En déclarant infidèles les gouvernants, c’est à la guerre civile qu’appellent les radicaux. La question de la violence est alors au centre de l’action politique, l’expression par excellence de l’action politique. Car l’anathème, bien sûr, ne vise pas les seuls dirigeants de l’État : ils s’étend à leurs complices [53] ».

Outre les violences à l’encontre des Occidentaux, perçus comme des ennemis, les radicaux islamistes n’hésitent donc pas à multiplier les actes meurtriers contre d’autres musulmans. Ainsi procédèrent, par exemple, les maquisards du Front islamique du salut et du Groupe islamique armé en Algérie durant la décennie 1990 voire au-delà, les partisans d’Al Qaeda, en Irak, depuis 2003 [54], ou les membres d’Al Qaeda au Maghreb islamique (ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat) depuis 2007 [55].

Les inclusions, plus ou moins complexes, du religieux dans le politique se retrouvent tout au long de l’histoire et l’occultation totale (du moins en apparence) du religieux s’avère toujours temporaire. Depuis la fin de la décolonisation, puis de la Guerre froide, dans plusieurs régions du monde, le radicalisme religieux tend à se substituer, comme projet de société, au nationalisme ou au socialisme. Cela entretient entre la religion, la morale et la politique une confusion dangereuse, susceptible d’alimenter tensions, violence ou conflits. À l’évidence, le facteur religieux revêt une importance géopolitique notable.


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PROBLÉMATIQUE LIÉE AUX RELIGIONS

Quelle est l’influence des clivages religieux sur la crise ou le conflit ?

CHAMPS DE RECHERCHE
Citation :
Outils pour étudier les caractéristiques religieuses de la population du territoire sur lequel se déroule la crise ou le conflit :

. les ouvrages consacrés à l’étude des religions sous tous leurs aspects,

. les chapitres des ouvrages de sciences humaines consacrés aux aspects religieux de la vie sociale ou politique.

Les informations recueillies servent à repérer l’influence des clivages religieux sur les événements. Le plus souvent un ou plusieurs des éléments suivants :

. les textes religieux de référence et leur(s) exégèse(s),

. les tensions ou les conflits provoqués par le rayonnement d’une religion,

. le nombre de religions pratiquées sur le territoire,

. le nombre de fidèles de chaque religion pratiquée sur le territoire,

. le statut juridique des religions pratiquées sur le territoire,

. les tensions ou les conflits religieux (entre confessions différentes d’une même religion et/ou entre religions différentes),

. le rôle fédérateur (ou non) d’une religion,

. les discours construits, en totalité ou en partie, sur des arguments religieux.

La liste n’est pas exhaustive, mais elle recense les facteurs qui apparaissent le plus fréquemment.

Une information est pertinente lorsqu’elle contribue à éclairer la crise ou le conflit que l’on étudie.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 20 Déc - 9:12

ainsi reparle Zarathoustra

Daech fait renaître le zoroastrisme de ses cendres au Kurdistan irakien Alain Chemali@GeopolisFTV 16/06/2015


Les zoroastriens iraniens autour du feu pour célébrer le festival annuel de Sadeh,
le 30 janvier 2015. © Atta Kenare/AFP

Effet secondaire de la poussée djihadiste en Irak, le zoroastrisme, religion originaire du Kurdistan, connaît un renouveau. Le plus ancien monothéisme planétaire enregistre un afflux de nouveaux fidèles en réaction aux atrocités de l’organisation de l’Etat Islamique. Un phénomène inverse du temps où les zoroastriens se convertissaient à l’islam pour fuir les contraintes de leur propre religion

Citation :
Née il y a environ 4.000 ans au Kurdistan irakien, la toute petite et première religion monothéiste du monde compte toujours aujourd’hui quelque 200.000 adeptes, répartis essentiellement entre l’Inde, l’Iran et le Kurdistan. Du nom de son fondateur Zoroastre, connu également sous celui de Zarathoustra, cette croyance en un seul dieu, Ahuramazda, et à l’importance du soleil et du feu, c'est-à-dire de la lumière, était dominante dans le monde perse jusqu’au VIIe siècle.

Une cérémonie antique

Mise en veilleuse par l’expansion musulmane, la doctrine de Zoroastre «fondée sur la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action», avait fini par sombrer dans les oubliettes de la théologie, mais pas ses derniers adeptes. Pour la première fois depuis plus de mille ans, les habitants de la région de Souleimaniyeh, deuxième ville du Kurdistan semi-autonome irakien, ont procédé le 1er mai 2015 à une cérémonie antique illustrant l’idée d’un renouveau. «Une restauration de la vraie culture et la vraie religion du peuple Kurde», selon Luqman al-Haj Karim, un haut représentant de la communauté à la tête de l'organisation zoroastrienne Zand.

Les Kurdes d'Irak ne savent plus à quel islam se vouer

Dans la foulée, le porte-parole du ministère du Kurdistan irakien des Affaires religieuses a révélé sur son compte Facebook que de nouveaux adeptes du zoroastrisme étaient apparus au Kurdistan, qu’ils avaient demandé la réouverture et la construction de lieux de culte, une reconnaissance officielle et un représentant au ministère. Pour Mariwan Naqshbandi, ce regain d’intérêt manifesté pour le zoroastrisme est le symptôme des désaccords au sein de l’islam et «les habitants du Kurdistan ne savent plus à quelle doctrine ou quelle fatwa se vouer dans le mouvement islamique». Par la même occasion, il a confirmé que le ministère était prêt à les aider à atteindre leurs objectifs, car le droit à la liberté de religion et de culte est inscrit dans la loi kurde.

Le feu sacré entretenu depuis 1500 ans

Une tendance qui pourrait trouver un écho en Iran où 30.000 personnes continuent de pratiquer cette religion préislamique. Même s’ils font l’objet de multiples discriminations, notamment dans certains emplois, ils continuent d’alimenter depuis 1500 ans le feu sacré dans un grand temple au cœur de la ville de Yazd.

Les défunts livrés aux becs des vautours

Aujourd’hui, les tours dites de silence, qui servaient aux prêtres à livrer les corps des défunts aux becs des vautours pour éviter une décomposition «diabolique», tombent en ruines. Les zoroastriens bénéficient de leurs propres cimetières, mais, contrairement aux pratiques musulmanes, ils y enterrent leurs morts dans des cercueils étanches pour éviter tout contact avec le sol.

Cette résurrection d’une religion qui couve toujours sous l’islam dans cette région vient toutefois rappeler l’époque d’un phénomène inverse. Celle où nombre de zoroastriens se convertissaient à la religion de Mahomet pour échapper aux contraintes de la leur, comme le mariage obligatoire au sein de leur propre communauté.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 20 Déc - 11:11


Ciel, une femme voilée !




Mère Teresa bientôt sainte

Le pape François a ratifié la reconnaissance d’un miracle attribué à la mère des pauvres de Calcutta, ouvrant la voie à sa canonisation qui devrait marquer le jubilé de la miséricorde



Tapisserie représentant Mère Teresa lors de sa béatification, à Rome, en 2011

Ce qui était annoncé le 19 juin par le Vatican comme une « hypothèse de travail » a été confirmé vendredi dernier. Mère Teresa sera prochainement canonisée. Le pape François a autorisé jeudi la Congrégation pour la cause des saints, dicastère (équivalent de ministère) de la Curie, à publier le décret reconnaissant un miracle accompli par l’intercession de la fondatrice des Missionnaires de la Charité (1910-1997)

Citation :
Ni la date, ni le lieu de la canonisation ne sont encore officiellement arrêtés. Un consistoire, non encore convoqué, devra en décider. Mais, toujours selon la même « hypothèse de travail » la plus admise au Vatican, la célébration devrait avoir lieu à Rome le dimanche 4 septembre 2016. Soit en plein Jubilé de la miséricorde, dont cette canonisation orientera davantage encore le sens.


à Calcutta

La mémoire de la mère de Calcutta, décédée le 5 septembre 1997, figure déjà à l’agenda officiel du jubilé, qui invite à cette occasion les « opérateurs et bénévoles de miséricorde ».

L’œuvre de Mère Térésa fait à cet égard référence. Née le 26 août 1910 à Üsküb, dans l’actuelle Macédoine, de parents albanais, Agnese Gonxha Bojaxhiu est en effet surtout admirée pour son action personnelle caritative, fondant à Calcutta, en Inde, la congrégation religieuse des Missionnaires de la Charité toujours active. Elle reçut le prix Nobel de la paix en 1979.

« Si elle avait été ma supérieure, j’en aurais eu peur ! »


Le procès pour sa canonisation a débuté dès 1999, sans attendre le cinquième anniversaire de sa mort, comme la règle l’exige d’ordinaire. Sa béatification a lieu le 19 octobre 2003 par Jean-Paul II, reconnaissant dans la « grande servante des pauvres » une « icône du Bon Samaritain ».

Cette figure christique du Bon Samaritain est au cœur du présent jubilé voulu par le pape François, qui a aussi connu personnellement Mère Teresa. À l’occasion de son voyage en Albanie, en septembre 2014, il raconta sa rencontre avec elle lors d’un synode des évêques en 1994 à Rome. Jorge Bergoglio avait alors été fortement impressionné par le caractère de la religieuse, qui « disait toujours ce qu’elle voulait dire ».

Il dit avoir « admiré la force, la décision des interventions » de celle qui ne se laissait pas impressionner par l’assemblée des évêques. Selon son porte-parole, le pape confia même en souriant, à propos de celle qui fut sa voisine durant ce mois de synode : « Si elle avait été ma supérieure, j’en aurais eu peur  !... »

Miracle au Brésil

Le miracle attribué à son intercession a été reconnu par la Congrégation pour la cause des saints le 15 décembre après un avis unanimement positif du conseil médical de ce dicastère en septembre dernier. Il s’agit de la guérison inexpliquée d’un homme brésilien de 35 ans, atteint d’un abcès cérébral et qui tomba dans le coma le 9 décembre 2008 alors qu’il était jeune marié.

Ses médecins le croyaient proche de la mort. Tandis qu’il devait être opéré, sa femme et d’autres proches ont prié Mère Teresa. L’opération médicale, suspendue pour raison technique, n’a au final jamais eu lieu, les médecins découvrant soudain l’homme en bonne santé.

Sébastien Maillard, à Rome





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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 30 Déc - 19:20


condensant admirablement les remarques croisées de Pierre Legendre et Karl Marx sur la nature religieuse de l'État (voir plus haut), et bien qu'ici non pour la critiquer, ce petit chef-d'œuvre



Si toute religion est une crainte respectueuse de la Divinité,
que penser de ceux qui osent la blesser dans sa plus vive image,
qui est le Prince


La Bruyère


Des esprits forts, Les Caractères


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 4 Jan - 19:32

comme à son habitude, Laurent Levy, ex avocat du MRAP et signataire en 2005 de l'Appel des Indigènes de la République procède ici à un démontage linguistique et juridique plutôt qu'à une critique de fond de l'idéologie sous-jacente aux mesures gouvernementale touchant à la nationalité française. Ce genre de rhétorique typique d'un avocat de la défense n'est sans doute pas inutile dans certaines circonstances, un procès par exemple, mais, venant d'un ex membre du PCF, et qui a lu Marx, et posé comme critique du racisme d'État, c'est plutôt léger. Tout serait affaire de choix politiques, pouvant l'on suppose recevoir des solutions politiques. Le lien entre politique et nécessité économique pour le capitalisme n'est pas fait : ne peut-on y voir l'idée d'un État démocratique idéal, voire dans la forme "État-nation", par lequel ces questions pourraient être réglées ?



Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

La boîte de Pandore de la nationalité et son contenu raciste Laurent Lévy publié par Repères anti-racistes 4 Janvier 2016

« Une personne née française qui détient une autre nationalité peut être déchue de la nationalité française lorsqu’elle est condamnée pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation ». Tels sont les quelques mots du projet de loi constitutionnelle qui ouvrent la boite de Pandore.

Laurent Lévy a écrit:
Ils figureront, si la réforme est adoptée, dans le passage de la constitution qui définit le domaine de la loi. Il appartiendra donc au législateur de dire ce que sont ces crimes. Qu'est-ce qui constitue « une atteinte grave à la vie de la nation » ? Cette question se décline en plusieurs autres. Qu'est-ce que « la vie de la Nation » ? Qu'est-ce qui lui porte « atteinte » ? Quand une telle « atteinte » peut-elle être tenue pour « grave » ? Que l'imagination vienne au pouvoir, et l'on en saura plus. On ne risque guère de déception.

Dès à présent, cela mérite au moins brièvement commentaire, à la lumière de l'exposé des motifs de ce projet de loi, signé « au nom de M. François Hollande, Président de la République, par M. Manuel Valls, Premier ministre, et Mme Christiane Taubira, garde des sceaux, ministre de la justice. » A la lumière de ce qu'il dit, mais aussi de ce qu'il tait, de ce qu'il suggère, et de ce qu'il maquille.

La portée de la mesure elle-même est ainsi explicitée : « Il s’agit pour la communauté nationale de pouvoir décider de sanctionner ceux qui par leurs comportements visent à détruire le lien social. » On admirera la généralité du propos. Lé déchéance de nationalité est bien une « sanction », mais une sanction qui ne peut par hypothèse être infligée qu'à certaines personnes, celles qui détiennent (sic) une autre nationalité que leur nationalité française1. Un même comportement pourra entraîner des sanctions réservées à une partie de la population, comme au temps de la double peine. Quant à la formule « détruire le lien social », elle mériterait d'amples commentaires : de quoi parle-t-on en ces termes ? L'exemple donné par Manuel Valls et Christiane Taubira est attendu. C'est le cas de « ceux qui commettent des actes de terrorisme et frappent aveuglément des victimes innocentes, en niant le respect dû à la vie humaine et les valeurs qui sont le fondement de notre Nation. » Ce n'est qu'un exemple, et il en dit long, et n'est pas exclusif d'autres cas. Mais ce n'est pas le lieu d'approfondir cela. Il y a en effet mieux, et à chaque jour suffit sa peine.

Nos auteurs commentent leur formule par le rappel de celle du Conseil d’État : la mesure envisagée « répond à un objectif légitime consistant à sanctionner les auteurs d’infractions si graves qu’ils ne méritent plus d’appartenir à la communauté nationale ». C'était naguère un des slogans favoris de Jean-Marie Le Pen : « Être français, ça s'hérite ou ça se mérite. » On dirait en ironisant que « la gauche » s'en prend ici à l'héritage, pour ne retenir que la méritocratie.

Quoi qu'il en soit, revenons à la mécanique juridique du texte cité plus haut. Elle est présentée de la manière suivante dans l'exposé des motifs : « L’article 2 limite [...] le champ d’application de cette sanction aux crimes constituant une atteinte grave à la vie de la Nation. Il appartiendra au législateur [...] de préciser quelles sont les infractions qui répondent à cette qualification, étant entendu qu’il ne pourrait s’agir que de crimes en matière de terrorisme et, éventuellement, des crimes les plus graves en matière d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. » Autrement dit, ce qui a été présenté au public comme une mesure ne visant que les « terroristes » est dans son libellé même bien plus large. A cet égard, l'affirmation suivant laquelle « il ne pourrait s’agir que de crimes en matière de terrorisme » est un travestissement pur et simple – et appelons les choses par leur nom, un mensonge – même avec son complément relatif aux « crimes les plus graves en matière d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. »

Carte blanche est en fait laissée aux parlements à venir qui prendront des lois sous l'empire de cette constitution. On a vu plus haut que nier « le respect dû à la vie humaine et les valeurs qui sont le fondement de notre Nation » est suffisant, d'après les auteurs du texte, pour justifier la déchéance de nationalité. Un parlement qui considérerait que l'interruption volontaire de grossesse est une négation du « respect dû à la vie humaine », ou que le respect du drapeau tricolore ou de l'hymne national (respect déjà protégé par la loi pénale) serait au nombre des « valeurs qui sont le fondement de notre Nation » pourra donc s'en donner à cœur-joie 2.

La conception régressive de la nationalité qui sous-tend ce texte n'est pas moins remarquable. Ses auteurs insistent sur le fait que « la nationalité est, pour une personne née française, un attribut essentiel. » La différence de nature entre la nationalité acquise par la naissance et celle acquise d'une autre manière est ainsi affirmée avec force : si la République est une et indivisible, il n'en va pas de même de la notion de nationalité. Le peuple n'est ni un ni indivisible et selon que l'on est ou non né de nationalité française, on possède ou non avec cette nationalité un « attribut essentiel ». C'est là tout un programme.

Les conventions internationales qui engagent la France ont une valeur juridique supérieure à celle de sa propre constitution. Il en va ainsi de la Déclaration universelle des droits humains, qui interdit de faire des apatrides. Quel que soit le caractère général qui serait donné dans la constitution aux conditions de déchéance de nationalité, elle ne pourrait donc pas être effectivement prononcée à l'encontre de personnes n'en ayant pas par ailleurs une autre. Le choix de préciser dans la constitution même cette limitation, précision qui n'est ainsi aucunement nécessaire en droit, a donc une signification qui n'est pas juridique, mais bien plus profonde : il constitue une radicale affirmation d'inégalité au regard de la nationalité.

On sait qu'il y a bien des manière d'être binational. Mais la grande majorité des binationaux qui sont Français de naissance possèdent également de naissance leur autre nationalité. Celle-ci ne résulte alors pas d'un choix. Bien des binationaux le sont d'ailleurs sans même le savoir ou en avoir conscience 3. De ce point de vue, les discours qui affirment vouloir « interdire » la double nationalité sont dépourvus de sens. S'il serait possible, dans l'hystérie nationale ambiante, d'exiger que les personnes qui prennent la nationalité française abandonnent celles qu'ils avaient préalablement, ou de décider que l'adoption par un Français d'une autre nationalité entraîne abandon de la nationalité française, cela n'est pas possible avec les binationaux de naissance. Leur situation n'est en effet pas le résultat de l'ordre juridique interne, mais de la combinaison d'ordres juridiques distincts. Un enfant né d'un père marocain et d'une mère française sur le sol des États-Unis se trouverait posséder de naissance trois nationalités, du fait combiné des législations marocaine, française et étasunienne. La loi nouvelle viendra donc non seulement à l'encontre du droit du sol, mais à l'encontre du droit du sang. Les hasards de la naissance d'une personne – et en particulier le fait qu'elle soit ou non d'une origine étrangère « récente » – conféreront un caractère plus ou moins « essentiel » à « l'attribut » que constitue sa nationalité française.

A certains égards, le projet énonce ainsi une vérité profonde sur le « sentiment national » : alors que la « Nation » est souvent donnée pour « sacrée » dans le discours public, la réforme envisagée aurait dû apparaître « sacrilège » si derrière ce nationalisme ne se cachait pas – bien mal à vrai dire – un authentique racisme. A la « communauté nationale » que le texte prétend protéger, s'opposent ceux dont on veut affirmer qu'ils n'y appartiennent pas vraiment, faute d'insuffisants quartiers de noblesse. Tel est le seul fondement qui pourra être raisonnablement reconnu aux manifestations de soutien à ce projet inadmissible, aux conséquences incalculables. La boîte de Pandore est ouverte. Gare aux monstres qui en sortiront.


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•1. L'emploi du verbe « détenir » pour dire « posséder » une nationalité est sans doute dû à une rapidité de plume. Mais il n'est pas sans portée. La nationalité est un élément du patrimoine, et définit des droits. Ôter sa nationalité à qui se borne à la « détenir » apparaît moins violent que la réalité consistant à en « déposséder » son titulaire.
•2. Le mot « crime » possède deux définitions : s'il désigne, en termes techniques, les infractions légalement punies d'une peine « afflictive ou infamante » (réclusion criminelle, dégradation civique...), il peut également s'employer en termes généraux pour désigner une « transgression particulièrement grave, attentatoire à l'ordre et à la sécurité, contraire aux valeurs sociales admises, réprouvé par la conscience et puni par les lois »
•3. L'auteur de ces lignes a lui-même vécu plus d'un demi-siècle en ignorant qu'il possédait la nationalité tunisienne (LL).


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 17 Jan - 16:18


"Comment les autres pays jugent notre laïcité ?
C'est comme si étions Astérix et Obélix dans le monde"

Hervé Bordy, juriste : "La laïcité à la française est dépassée" Thierry Campredon France Bleu Belfort-Montbéliard 12 janvier 2016


© Maxppp
Hervé Bordy, juriste et spécialiste de la lutte contre les discriminations anime ce mardi soir une conférence à l'IUT de Belfort sur le thème de la laïcité française vue de l'étranger. Il estime que notre vision d'aborder et de vivre la laïcité

Citation :
"Comment les autres pays jugent notre laïcité ? C'est comme si étions Astérix et Obélix dans le monde". Pour Hervé Bordy, juriste et spécialiste de la lutte contre les discriminations, qui donne ce mardi une conférence à l'IUT de Belfort-Montbéliard, les choses sont claires, notre vision et notre façon de vivre la laïcité est dépassée ou en tout cas n'est plus adaptée à la réalité. "Aujourd'hui dans le monde, il n'y a que sept états laïcs, et encore, puisque la Russie est en voie de changement, donc nous sommes très minoritaires sur cette question. Nous n'arrivons plus à faire accepter notre laïcité"

Selon Hervé Bordy, la France est donc marginale dans le monde sur cette question de la laïcité, et pourtant tous les sondages le disent, les Français sont très attachés à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, cette fameuse loi de 1905, sauf qu'aujourd'hui les choses ont changé et le monde a évolué.

"Culturellement, depuis 1905, nous pensions que la question de la laïcité était réglée"
affirme Hervé Bordy, "si on remonte encore plus loin, on a cru qu'après la Révolution française, le contentieux qu'il y avait avec la religion catholique était définitivement entériné, mais nous ne nous attendions pas à voir arriver d'autres religions et d'autres revendications qui portent atteintes à la question de la laïcité". Hervé Bordy précise : "Il ne s'agit pas de stigmatiser telle ou telle religion, il s'agit de prendre conscience que les religions c'est aussi une question de mondialisation et que la France de ce point de vue là est terriblement minoritaire."


Nous devons arrêter de vouloir donner des leçons aux monde entier"

Si la laïcité à la française a sa propre histoire, elle est donc terriblement en retard face au pari de l'intégration que la France s'est lancée insiste Hervé Bordy : "La France a raté le coche et n'a pas compris que la religion musulmane allait prendre une telle importance en France et on n'a pas admis que nous même, dans notre propre façon de fonctionner, nous sommes sur une fausse laïcité, prenons l'exemple des vacances, on parle de vacances de Noël de Pâques de la Toussaint, il suffit de dire vacances d'été de printemps ou d'hiver".

Hervé Bordy donne une conférence sur la laïcité vue de l'étranger, ce mardi à partir de 17 heures 30, à l'IUT de Belfort-Montbéliard sur le site du Techn'hom à Belfort. L'entrée est gratuite et ouverte à tous.


théoricité de la hic' cité communiste française



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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 26 Jan - 16:59

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France-Liban: à propos des Maronites René Naba les7duQuébec 26 janvier 2016


René Naba a écrit:
Du voisin haïssable au voisin désirable ou les tribulations des Maronites en territoire «voisin»

Beyrouth – Bien avant que la francophonie ne soit à la mode et qu’elle ne devienne sujet de célébration plutôt que l’objet de dénonciation qu’elle était, bien avant que les États -à défaut de leur(s) peuple(s)- ne se réconcilient avec la langue de l’«empire», les Maronites du Liban (et non pas les Libanais, ni même tous ses Chrétiens comme il est souvent dit et…cru) avaient depuis longtemps célébré leurs noces avec le français et scellé leur sort à celui de la France.

Si «exception libanaise» il y a, il me semble qu’elle est à chercher-là même qui fait la singularité de ce choix: pourquoi, seul (ou presque) parmi tous les peuples colonisés, les Maronites ont-ils choisi délibérément de se «francophoniser» à défaut de se franciser?

Plus étrange encore le concours des circonstances historiques qui a fait qu’à cet «appel d’empire», la France, à l’époque en montée de puissance coloniale, devait y répondre. Les noces de la France et des Maronites pouvaient commencer. Et la francophonie devait advenir au Liban dès lors que la stratégie «régionale» des Maronites rencontrait celle «mondiale» de la France.

Le «fond» maronite

Citation :
Le comportement maronite est marqué en permanence par deux aspirations contradictoires: une aspiration à l’enracinement et à la fusion dans le milieu ambiant et une aspiration à la «différenciation» liée à la relation avec l’Occident. Ces deux aspirations ont toutes deux leur légitimité:

- La première provient d’un refus de l’état minoritaire qui non seulement expose les membres de la communauté au danger permanent de persécution, mais aussi et surtout bloque toute possibilité d’échange avec le monde environnant;

- La seconde est motivée par le désir de préserver son identité et sa spécificité. Ces deux aspirations se sont d’ailleurs exprimées tout au long de l’histoire maronite, avec une constance jamais démentie suscitant en permanence des conflits et une volonté toujours renouvelée de parvenir à un dépassement de cette contradiction qui a été perçue par les Maronites comme le tribut à payer en échange de leur spécificité.


Longue citation que nous avons tenu à reproduire en ce qu’elle rassemble tous les ingrédients du «fond»  qui devait nourrir l’imaginaire des Maronites et tisser la trame de leurs représentations. Peu importe, au regard de notre propos, que ce sentiment de persécution fut réel ou «imaginaire» – on utilise bien, comme le rappelait Bachelard, «des éléments «imaginaires» pour créer du «réel»» – l’important étant qu’aux yeux de l’imagerie populaire, ces persécutions ne devaient jamais se démentir… qui s’est engendrée en une «désolation» qui les a fixés dans l’impouvoir de nouer dialogue ou d’établir contact avec ceux-là mêmes au milieu desquels ils vivaient; c’est elle qui a commandé l’exacerbation à leur volonté de différenciation, tout comme elle a ordonné leur repliement sur eux-mêmes.

En ce sens, elle n’avait d’autre consistance que de fournir la base symbolique sur laquelle ils devaient édifier leur «confessionnalité» qui leur servira, de manière assez élémentaire, à diviser le monde où ils vivaient en deux camps antagonistes: Eux versus leurs «voisins immédiats».

Il n’est pas simple d’avoir des voisins, c’est même toute une histoire. Pour les Maronites ce fut une histoire impossible: ils n’ont pas su, pas pu ou pas voulu «avoir des voisins», les penser en « termes de voisinage », vivre en « bon voisinage » avec leur environnement, milieu de leur enracinement.

Dès lors, la problématique de leur identité s’est toujours pensée et énoncée dans les termes d’une «singularité déconnectée» de son environnement immédiat, démarche d’autant plus étrange que leurs principaux traits ne détonnaient pas dans le paysage social. La proximité du voisin risquant de finir dans la promiscuité, s’en éloigner pour être soi-même s’imposa comme impératif.

Ainsi, finirent-ils par développer la différence pour elle-même, comme si être soi-même, Maronite, ne pouvait se décliner qu’en termes d’altérité radicale, et seulement. Or, la différence pour elle-même n’est pas une relation, un phantasme ou une hallucination très certainement! Se donnant en premier, relevant de l’«attitude naturelle», ce culte de la différence à son comble portée n’a pas été sans involuer la genèse et la production de leur conscience de soi, ni sans «travailler» leur imaginaire tout au long de leur histoire, engendrant une coûteuse exclusion des «voisins immédiats» avec lesquels ils n’ont pu entrer en dialogue ni établir des relations de voisinage.

Car il leur était impossible «d’avoir des voisins », de les penser en «termes de voisinage», de vivre avec en «bon voisinage». La différence pour elle-même n’est pas un rapport ! Un «dé-rapport» plutôt qui les a conduit à l’écart irréductible, au rabattement de leur identité sur la seule relation d’opposition, à se faire étranger à leur milieu, et, en contrepartie mais complémentairement, à développer des liens de solidarité qui seront autant de barrières pour tenir les «voisins immédiats» à distance et les Maronites séparés.

La rencontre d’un Occident en montée de puissance d’empire colonial

En butte donc à leurs voisins, leur rencontre avec les Croisés, au XIIe siècle, fut comme une révélation: la révélation que le «voisin lointain», à condition qu’il souscrive à certains conditions : qu’il soit chrétien-romain et lointain – en l’occurrence Rome pour la religion et la France pour la politique, la culture, la langue et le reste – pouvait servir de recours contre leurs «voisins immédiats».

Il semble bien que cette rencontre ait, dans l’imaginaire des Maronites, joué le rôle d’une «scène primitive». La contradiction qu’interprète leur volonté de «différenciation dans l’enracinement», ce qui se traduit en fait par: comment être d’ici («aspiration à l’enracinement et à la fusion dans le milieu ambiant») et réussir à rester soi («préserver son identité et sa spécificité») contre le «voisin immédiat» («une aspiration à la «différenciation»»), a été résolue, dans le cas maronite, par une décision d’«aliénation» («liée à la relation avec l’Occident») lourde de conséquences stratégiques.

Puisque, ce faisant, ils ont décidé être d’ici, sans en être tout en l’étant. C’est à ce «voisin lointain» qu’ils s’en sont remis pour prendre en charge la conciliation des termes de leur contradiction avec leurs «voisins immédiats», dans le sens souhaité par eux: réussir à être d’ici en étant différent ou, dans le cas qui nous intéresse, être d’«orient» tout en étant «occidentalisé/francophonisé».

Et c’est bien cette rencontre qui permettra à l’Église Maronite ainsi qu’aux Maronites dont elle présidait aux destinées, de briser leur «désolation»: leur «isolement » ainsi que leur «isolation» dans lesquels ils s’étaient confinés. C’est bien elle qui leur a permis d’entrer en contact direct et assidu avec le siège apostolique à l’égard duquel ils témoigneront par l’intermédiaire de leur Église, d’une indéfectible fidélité, affichant, dès 1215, au Concile occidental de Latran IV, leur «communion vécue avec l’Église de Rome».

Dès cette époque d’ailleurs commence la lente mais sûre «occidentalisation» de cette Église. Elle se latinise dans un premier temps, malgré parfois des tensions avec Rome, en adoptant une large part de sa propre discipline aux normes venues de l’Occident latin, en adoptant sous l’égide de légats jésuites, les institutions et des usages liturgiques latins, pendant que des générations de prélats sortis du Collège maronite de Rome, fondé en 1584, renforçaient ce même courant.

Mais Rome entrant géopolitiquement en déclin, un substitut se faisait cruellement sentir. Progressivement, les Maronites vont se tourner vers la France («Fille aînée de l’Église» après tout!) – en montée de puissance d’empire -, pour réussir à se faire mettre sous sa protection diplomatique qui s’exerçait dans le cadre des Capitulations.

Bien que les relations avec la France ne fussent pas encore continues, et que le Liban n’existât pas encore comme entité politique, il reste qu’elles marqueront durablement leur histoire… «Et le souvenir de ces rencontres anciennes demeurera dans notre mémoire, comme une justification des «relations privilégiées avec la France».

Cette relation avec la France devait se renforcer et s’amplifier à partir du XVIIIe siècle, au moment où le Proche/Moyen-Orient devenait, dans le «Grand jeu» colonial qui opposait les grandes puissances d’Europe (la Grande-Bretagne et la France principalement, mais aussi la Russie et, dans une moindre mesure, l’Autriche, l’Italie et la Russie tsariste), un terrain privilégié de leur rivalité – qui devait précipiter l’effondrement de l’Empire ottoman et sa balkanisation.

Les intérêts des Maronites, se trouvant au diapason des intérêts coloniaux de la France, se sont tout naturellement coulés dans sa stratégie impériale.

Car le «Grand jeu» oriental se résumait à l’époque à la «Question d’Orient», entendre la balkanisation de l’Empire ottoman/musulman, laquelle a consisté à prendre l’«homme malade» de l’Europe en tenaille: de le prendre en son «centre» et de lui prendre sa «périphérie».

La prise du «centre» se fit directement par les Grandes puissances, sans intermédiaire et à tous les niveaux de l’État : économique, politique, idéologique…

Économique, par l’intermédiaire de la mainmise de la Banque ottomane (banque franco-anglaise fondée en 1863) qui, par le décret de Muharrem (20 décembre 1881), obtint le pouvoir colossale de gérer les finances de l’Empire: perception des impôts, administration de la Dette publique ottomane… mais surtout, sous le nom de Banque impériale ottomane, d’être la «Banque d’État» tout en demeurant… société étrangère.

Politique, la mainmise se fit par le biais des «Réformes» imposés par l’Europe pour, déjà ! -Bush le petit n’a rien inventé- contraindre l’Empire à se «moderniser» et se «démocratiser», comprendre s’«occidentaliser».

Appelées Tanzimat, ces «Réformes», promulguées par le sultan Abdul-Medjid (Abdülmecit) par l’édit auguste (hatt-i sherif) de Gül-Hané (3 nov. 1839), reprenaient pour l’essentiel les éléments du droit européen puisqu’il y était décidé – nouveauté radicale en «Terre d’islam» – que tous les sujets de l’Empire sont égaux, sans distinction de religion ou de nationalité, que la loi est la même pour tous… ;

Le pouvoir central est lui aussi réorganisé à l’«européenne»: départements ministériels, ministres responsables, et pour comble, en mai 1868 sont créés un Conseil d’État et une Cour suprême de justice, tous deux composés de musulmans et de… chrétiens.

Idéologiquement, elle se fit par un enseignement réformé/occidentalisé en profondeur, sur tout le territoire de l’Empire, (les missionnaires…), la diffusion des «idées européennes de progrès, de démocratie, de nation.» (Médias, imprimerie…).

Or, tous ces bouleversements du «centre» avaient lieu pendant que la «périphérie» de l’Empire était elle-même traversée par de graves crises, et plus spécifiquement par des soulèvements à caractère national: en Serbie, où les Serbes obtiennent que leur province soit reconnue comme «principauté autonome» sous suzeraineté turque, en Épire qui tient tête aux Ottomans pendant vingt ans (1803-1822), en Grèce où dès 1821 une insurrection nationale visant l’indépendance totale est déclenchée, en Égypte où Mehmed Ali (Muhammad ‘Ali) se fait proclamer gouverneur, liquide le régime des Mameluks et impose son autorité au Hedjaz et au Soudan, etc.

Crises à répétition qui permettront aux puissances européennes, sous couvert de la « Protection des Chrétiens d’Orient» ou des «nationalités de l’Empire», de prendre pied dans la «périphérie» de l’Empire en se saisissant des «communautés», «nationalités», «tribus»… en lutte contre lui mais le composant, pour s’en faire des clients «outilisables» à dessein dans le sens de leurs rivalités et de leurs ambitions politiques.

C’est sur ce fond de reconfiguration géopolitique que les «relations privilégiées» de la France et des Maronites prennent un de leur sens majeur et c’est sur ce fond que se mettra au travail leur stratégie (locale/régionale). Elle consistera à s’inscrire et leur destin dans la montée de la France en puissance d’empire pour lui faire prendre en charge ses intérêts «nationaux» contre ses « voisins immédiats ».

Ainsi, pendant que l’alliance de la France avec les Maronites s’inscrivait dans le «Grand jeu» oriental de cette dernière, celle des Maronites avec la France servira de support à leur montée en puissance (confessionnelle), sur -ce qui n’était pas encore mais le deviendra- la «scène libanaise».

Pourquoi la francophonie en temps de manque ?

Comme on s’en doute, cette guerre des empires se dédoublait d’une «guerre des langues» qui mettait aux prises non pas deux mais trois langues d’empire: l’une, l’arabe, géopolitiquement vaincue (démembrement de l’Empire ottoman, balkanisation de la région au prorata des intérêts occidentaux…), et deux autres en inégale montée de puissance: l’anglo-saxonne en tête, le français à la traîne.

Mais «guerre des langues» tout aussi décisive que les guerres militaires, politiques, diplomatiques ou économiques, car la perdre signait la perte même de l’empire – puisqu’il n’y a pas d’empire sans langue d’empire – et la gagner consacrait l’empire en consacrant sa langue.

La bataille de la francophonie s’inscrivait malgré ce qu’il en est, au dedans de cette bataille des empires coloniaux qui occupait le monde en ces siècles. Satisfaisant à l’«appel de français» des Maronites, la France l’investissait dans les grandes manœuvres de son «Grand jeu».

Néanmoins, il serait faux de parler, dans le cas précis des Maronites, de leur instrumentalisation par la France. Quand il y eut instrumentalisation, elle n’eut qu’un rôle limité et secondaire, tactique plutôt que stratégique. Il nous semble plus adéquat de parler d’une «communion d’intérêts» qui s’écrira en termes de «relations privilégiées» et de «complicité historique».

S’il est vrai que c’est bien grâce à ces «relations privilégiées» que les Maronites connaîtront leur plus importante mutation anthropolitique puisqu’elles en feront une «confession» – au sens politique et non plus seulement anthropologique du mot, autrement dit: en une açabiyya organisée en «force politique»ghaliba, et même la première d’entre les «confessions» qui peupleront un «Liban» taillé à leur «idées européennes de progrès, de démocratie, de nation.» (Médias, imprimerie…).

Or, tous ces bouleversements du «centre» avaient lieu pendant que la «périphérie» de l’Empire était elle-même traversée par de graves crises, et plus spécifiquement par des soulèvements à caractère national: en Serbie, où les Serbes obtiennent que leur province soit reconnue comme «principauté autonome» sous suzeraineté turque, en Épire qui tient

Tête aux Ottomans pendant vingt ans (1803-1822), en Grèce où dès 1821 une insurrection nationale visant l’indépendance totale est déclenchée, en Égypte où Mehmed Ali (Muhammad ‘Ali) se fait proclamer gouverneur, liquide le régime des Mameluks et impose son autorité au Hedjaz et au Soudan, etc.

Crises à répétition qui permettront aux puissances européennes, sous couvert de la «Protection des Chrétiens d’Orient» ou des «nationalités de l’Empire», de prendre pied dans la «périphérie» de l’Empire en se saisissant des «communautés», «nationalités», «tribus»… en lutte contre lui mais le composant, pour s’en faire des clients «outilisables» à dessein dans le sens de leurs rivalités et de leurs ambitions politiques.

C’est sur ce fond de reconfiguration géopolitique que les «relations privilégiées» de la France et des Maronites prennent un de leur sens majeur et c’est sur ce fond que se mettra au travail leur stratégie (locale/régionale). Elle consistera à s’inscrire et leur destin dans la montée de la France en puissance d’empire pour lui faire prendre en charge ses intérêts «nationaux» contre ses «voisins immédiats».

Ainsi, pendant que l’alliance de la France avec les Maronites s’inscrivait dans le «Grand jeu» oriental de cette dernière, celle des Maronites avec la France servira de support à leur montée en puissance (confessionnelle), sur – ce qui n’était pas, mais le deviendra «la scène libanaise»

S’il est vrai que c’est bien grâce à ces «relations privilégiées» que les Maronites connaîtront leur plus importante mutation anthropolitique puisqu’elles en feront une «confession» – au sens politique et non plus seulement anthropologique du mot, autrement dit: en une açabiyya organisée en «force politique»ghaliba, et même la première d’entre les «confessions» qui peupleront un «Liban» taillé à leur mesure et où ils établiront leur ghalaba.

Pour vrais et importants que soient les intérêts des Maronites dans cette alliance, ils ne sauraient se réduire aux seuls enjeux politiques – les seuls abordés abondamment par les historiens de tous bords. Il en est de tout aussi fondamentaux, qui ont trait à la culture et à la langue.

Car il se trouve que dans leur longue traversée du voisin immédiat au lointain voisin, les Maronites ont perdu et leur langue et leur culture. En effet, le «syriaque», bien que «langue maternelle» et «langue liturgique», cesse d’être, sous les effets de la percée romaine, la «langue culturelle» des Maronites pour lui voir se substituer comme langue culturel le latin/italien de Rome.

Le Français parachèvera la glottophagie de cette langue maternelle quand il prendra la relève, à partir du XVIIIe, pour finir par devenir la «première langue » instituée des Maronites et la seconde langue du Liban, après l’arabe – en dépit des efforts entrepris par les Anglo-Saxons pour le supplanter.

Faire du français, la langue de l’empire, la seconde langue d’État, aux côtés de l’arabe ne servait pas que les intérêts de la France. Car les enjeux de la francophonie, aux yeux des Maronites, revêtent une importance qu’on pourrait qualifié d’ontologique: elle sert, aux plans linguistique et culturel à combler le manque d’une langue maternelle capable de monter en langue d’État, contre l’arabe, langue de l’Islam et des Musulmans, et à les doter d’une mémoire qu’ils pourront opposer à celle de l’Islam.

À défaut d’une langue maternelle qui serait dépositaire d’une culture à transmettre, le français a eu pour vocation Maronite de combler ce manque et de fournir aux maronites une langue de culture et donc d’identification qui leur permettra de creuser leur différence d’avec les voisins d’ici.

(Par Roger Naba’a, philosophe et universitaire libanais)

Citation :
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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 9 Fév - 17:24


d'un maigre compenseur en théorie


dans Au fil de quelques lectures : islamisme, fascisme, choc des civilisations, religions… blog de Temps critiques 4 février 2016

Jacques Wajnsztejn a écrit:
Même ceux qui prennent au sérieux la religion comme Yvon Quiniou n’en prenne pas toute la mesure ou plutôt sous-estiment son retour. Pour lui, en bon disciple du marxisme, la religion ne peut être qu’une « imposture intellectuelle » ou une « illusion idéologique », mais il n’explique pas pourquoi il y a « retour ». Il n’explique rien de ces conceptions du monde, de leur sens, de leur pérennité, alors que la critique doit en tenir compte pour s’introduire dans un « monde » qui lui est immédiatement étranger et dont spontanément elle se met à l’écart au mieux, à l’extérieur au pire. La critique de Quiniou ne permet pas le « dépassement » de l’opposition entre religion et critique de la religion. Or, tenir compte de l’évolution historique de cette opposition pourrait permettre de déboucher sur une perspective de communauté humaine ouverte et loin de toute idée de « communion » dans laquelle il ne pourrait s’y exprimer aucune individualité singulière.

double supercherie de Jacques Wajnsztejn :

1) faire passer Yvon Quiniou pour une héritier conséquent de Marx. Je renvoie à mes "échanges" avec lui chez Médiapart*, où je pense faire la démonstration qu'il s'est arrêté au Marx d'avant le Capital, et qu'il n'a pas même compris la critique de la religion comme matrice de celle de l'idéologie de l'État-nation, de la citoyenneté et de la société civile

* voir mes commentaires dans plusieurs billets d'Yvon Quiniou, ses incompréhensions majeures de Marx et sa fuite d'une discussion argumentée


2) choisir Yvon Quiniou comme adversaire et son "marxisme" comme représentatif de tout marxisme (si possible "orthodoxe")

quoi qu'il en soit, c'est vrai que « La critique de Quiniou ne permet pas le « dépassement » de l’opposition entre religion et critique de la religion ». Quiniou confond "religieux" et "sacré", comme la plupart des philosophes rationalistes héritiers des Lumières et du matérialisme vulgaire plus que de Marx, ignorant tout des rapports humanité/nature ailleurs qu'en Occident, aussi bien en termes théoriques, anthropologiques ou "philosophiques", qu'en termes de réalités sociales dans ces sociétés, et ceci encore aujourd'hui

cela fait plusieurs fois que Jacques Wajnsztejn choisit des dinosaures (récemment Mouvement Communiste sauf erreur), comme s'il était en peine de confronter sa théorie à plus solide, y compris sur le plan de la dialectique, assimilant celle de Marx à Hegel (Jacques Guigou le fait jusqu'à la caricature, mais il vrai qu'avec Théorie Communiste, ce n'est pas difficile)

au demeurant Jacques Wajnsztejn a cru pouvoir dénoncer ce forum avant d'en avoir pris connaissance, dans le texte A propos de ce blog. Prenant mon cas pour cible, pratiquant justement, comme Roland Simon, ce qu'il me reproche, mais qu'il n'a pu prouver, il l'a modifié, puis effacé la référence à "Patlotch", qui n'aurait pas lu son livre Rapports à la nature, sexe genre et capitalisme (plusieurs critiques en figurent sur mon blog...), mais Jacques Wajnsztejn n'est qu'un lâche de plus, typique de ce milieu post-ultragauche où l'on déforme sur mesure pour balancer une soupe de plus en plus claire, et de plus en plus vide de théorie même

on comprend dès lors les mamours entre Temps Critiques et Yves Coleman, champion toutes catégories de ces procédés malhonnêtes

comme dit ici, « ils ne l'emporteront pas au paradis de l'anarchisme, mais dans l'enfer de leurs égos, dieux et maîtres »


Dernière édition par Admin le Mar 9 Fév - 20:30, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 9 Fév - 23:04


conversation recousue de fil rouge


du rationalisme opium de la théorie

Patlotch a écrit:
bien sûr qu'il faudra allumer des cierges et croire en la vie, en une meilleure vie et tout ça. Cela relève du "sacré" de la vie qui n'est pas la religion vs la raison

la foi est mauvaise quand elle est de mauvaise foi, qu'elle ne porte pas une présence vivante, matérielle. C'est la différence entre la terre et Dieu, quel qu'il soit. Après, les rites [...]

Corinne Cerise a écrit:
Oui bien sûr, c'est la conviction que j'ai aussi. Cela rejoint-il ce que vous nommez parfois sur le livre-forum le communisme pluri-versel ?

Patlotch a écrit:
pluriversel renvoie plutôt à une universalité plurielle, sous-entendu éradiquée d'ethnocentrisme, d'eurocentrisme. Vu la place du "sacré" dans le non-Occident, ces idées se rejoignent effectivement. Yvon Quiniou [cf commentaire précédent], par exemple, confond religieux et sacré... Houria Bouteldja écrit une semaine après les attentats : Charlie Hebdo : du sacré des « Damnés de la terre » et de sa profanation 16 janvier 2015

si croire était un péché en communisme, si communier était étranger au communisme, comment les gens se subjectiveraient-ils, se soulèveraient-ils, pour une vie meilleure ? (...) C'est la différence entre la terre et Dieu, quel qu'il soit

Corinne Cerise a écrit:
Oui, c'est aussi à cela que je pensais lorsque je parlais de communisme pluri-versels. Je pensais aussi à toutes ces Cultures vieilles pour certaines de milliers d'années. Comme le communisme est éloigné des anciennes visées programmatistes sur la fin (hypothétique ?) de l'Etat... Smile N'est-ce pas ? C'est d'une toute autre portée.

Pour Yvon Quiniou, oui bien sûr mais c'est un gros clown, lui.

Oui, je dois vous dire que j'ai un peu pensé à la subjectivation, mais que n'étant pas sûre de moi, je ne suis pas allée plus loin que la question posée.

Patlotch a écrit:
le problème (par ex. de Roland Simon) c'est de confondre "matérialisme dialectique" et rationalisme, d'où son rejet des "sentiments", pour ne pas dire du corps, ce dont transpirent ses textes. Il ne peut donc saisir l'importance de la subjectivation révolutionnaire qu'en tant qu'idéologie voire propagande militante, ce qui est cohérent avec "Que faire ? Rien", "l'implication réciproque" dans la crise va se charger de tout, les sujets n'ont pas à s'auto-subjectiver mais à réaliser leur être de classe...

avec ça allez expliquer que des individus à la même histoire sociale et personnelle, placés dans la même situation, vont réagir de façons différentes voire opposées : se battre ou non, aller plus ou moins loin... L'individu, supposé créer des relations immédiates, n'est plus qu'un objet manipulé par sa généralité de classe, ni plus ni moins que l'individu du capital serait entièrement déterminé par les rapports sociaux capitalistes : il n'y a rien qui puisse produire un "écart", que son inscription dans un combat collectif, l'oubli de ses intérêts propres immédiats...

c'est au fond pourquoi il ne voit chez moi que "narcissisme", puisqu'il est dépourvu de toute pensée du dépassement de l'individualisme. C'est aussi pourquoi il écrit de façon impersonnelle, mais néanmoins parlant de nulle part : il est la modeste expression du tout

Corinne Cerise a écrit:
Patlotch a écrit:
il n'y a rien qui puisse produire un "écart", que son inscription dans un combat collectif, l'oubli de ses intérêts propres immédiats...

Un écart au sens TC ? J'ai peur de ne pas comprendre.

Patlotch a écrit:
pour Théorie Communiste il n'y a rien qui puisse venir d'un en-dehors de la contradiction de classe (et de genre). L'écart est produit "strictement" à ce titre. Tout ce qui le tente relèverait de l'humanisme (théorique), mais si l'on pense que le prolétaire n'est pas d'abord un être humain, de chair et de sang, de cœur et de raison, et qu'on le situe comme en-dehors de la contradiction de classe, effectivement l'on se ligote les mains et l'esprit...

résultat, Théorie Communiste a vu des écarts où il n'y en avait pas ("luttes suicidaires"...), ce qu'a relevé également Bruno Astarian, et ne peut les voir où il y a dépassement possible par les luttes de contradictions dialectiques, puisque TC n'y voit pas une contradiction, mais une essentialisation définitivement condamnable => le PIR « entrepreneur en racialisation », qui plus est « religieuse », ce qui relève de la même ignorance crasse des non-Occidentaux que Quiniou, et pour le coup, ce qui est rationnel est réel : le grand prêtre de la communisation rejoint le curé de la morale laïque,

il y a une sorte de malentendu permanent, entretenu par la supériorité du concept et de la structure sur le réel, la vie... Où serait Marx, là-dedans ? Ce rationalisme absolu rejoint le plus vulgaire idéalisme

Corinne Cerise a écrit:
J'ai particulièrement aimé ceci dans le discours d'Houria, qui est très beau :

Houria Bouteldja a écrit:
J’ai la quarantaine passée. De ma vie d’indigène, je n’ai jamais entendu quelqu’un insulter notre prophète. De ma vie, je le jure. Ce n’est ni un interdit, ni un tabou. Cette pensée ne nous traverse pas l’esprit. Cette pensée n’existe pas, tout simplement.

C’est un rapport au sacré qui agrège le consentement de plus d’un milliard d’âmes parmi lesquels des athées, des agnostiques, des « libres penseurs ».

Pourtant, la Oumma est traversée de mille contradictions et nos clivages sont innombrables. Mais historiquement, nous ne connaissions pas cette séparation radicale entre les églises et l’État, comme nous ne connaissions pas ce type de distinction entre le profane et le sacré, la sphère publique et la sphère privée, la foi et la raison


Patlotch a écrit:
l'incompréhensible, c'est que certains ne puissent pas entendre la différence entre "sacré" et "religion", et contre la religion sombrent dans la religion, contre le sacré de la vie, que peuvent traduire les arts, la poésie...

ces gens-là sont des infirmes, auto-mutilés, culs-de-jatte dans la tête


le théoricien communisateur sur son cycle de lutte



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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 14 Fév - 14:35


United colors of BenEIton


un article concernant "l'État islamique Daesh" que je place ici plutôt que dans la rubrique sur la "Guerre au terrorisme" ou sur "l'Islam, cet ennemi idéal"

en effet, ne nage-t-on pas ici en plein dans un "Islam" opium des peuples qui ne sont pas moins occidentaux qu'arabo-musulmans de culture ? C'est d'autant plus intéressant pour comprendre "Daesh" comme un phénomène typiquement actuel et dont l'idéologie ne tient pas moins de celle du capitalisme occidental en crise (et donc se présentant comme un rejet "interne") que des "traditions" islamiques revisitées et adaptées aux besoins de cette "nouvelle économie de la concurrence", si j'ose dire

cet opium contient aussi l'obsession anti-Islam qui fait l'idéologie française occidentaliste, et leur besoin de s'opposer comme "guerre des civilisations". À cet égard, ne sont-ils point charmants, ces visages occidentaux déguisés de costumes orientaux, avec un portable du dernier cri dans la poche, et parfois un porte-feuille bien garni par papa et maman ?

des deux côtés du leurre, de l'argent et du beur faux comme moment du vrai, voilà le folklore tragi-comique de la crise des valeurs universelles occidentales




Dans la bourgade syrienne qui concentre les combattants étrangers, l'anglais et l'allemand deviennent langues courantes Traduction publiée le 13 Février 2016


Des combattants étrangers de Daech (Etat islamique) après les prières de l'Aïd Al Adha à Alep
Source: @Terror_Monitor

Citation :
Manbij est une des principales villes de la province d'Alep, située dans la campagne au nord de cette ville, dans la Syrie du nord, son territoire est contrôlé par l'Etat islamique (Daech en arabe) depuis mars 2014. Manbij est peuplée de tant de combattants étrangers que l'anglais et l'allemand sont des langues couramment parlées dans cette bourgade.

Manbij, surnommée Little London par les djihadistes, est à une heure de route de la frontière turque, et la première étape des combattants étrangers qui se rendent en Syrie pour rejoindre l'EI. Selon un reportage récent du journal britannique Telegraph, la bourgade compte le plus d'Européens de toutes les autres villes de Syrie. Les Britanniques sont en haut de la liste, suivis par les Allemands puis les Français.

Inutile de dire que cette invasion de djhadistes étrangers n'est guère appréciée par les habitants. En novembre 2014, Goha's Nail révélait sur son blog la place de ces derniers dans la gouvernance de l'EI :

Citation :
L'EI paraît répugner à intégrer trop étroitement des membres potentiellement moins dévoués. S'il y a des administrateurs d'EI syriens, beaucoup sont étrangers. Les habitants de Manbij quant à eux préfèrent tenir le groupe à distance ; ils apprécient certains aspects de la gouvernance d'EI, mais ne veulent pas s'en approcher de trop. Ils subodorent cependant que l'insistance d'EI sur l'éducation et l'endoctrinement des enfants fait partie d'un plan à long-terme pour lier plus étroitement le groupe aux populations qu'il gouverne.


Citation :
L'EI a publié des vidéos montrant des enfants, dont certains sont britanniques, entraînés et endoctrinés dans la ville de Manbij.

Le nombre estimé de combattants étrangers étrangers dans les rangs de l'EI en Syrie et en Irak frisait les 12.000 en juin 2014. Mais, selon un rapport de décembre 2015 du Soufan Group (une firme de consultant en stratégie internationale), le chiffre a presque triplé pour atteindre à présent les 31.000, composés de ressortissants de pays arabes, comme les Tunisiens et les Saoudiens, et au moins 5.000 recrues de pays de l'Union Européenne. La France à elle seule contribuerait avec 1.800 combattants, et le Royaume-Uni en aurait fourni 760.


Une évaluation du flux de combattants étrangers en Syrie et Irak

Ce sont au moins 86 pays qui sont représentés dans les territoires sous contrôle de l'EI, avec un triplement des nouvelles recrues en provenance de Russie et d'Asie Centrale. Le Soufan Group affirme qu'environ 150 et 130 personnes sont venues respectivement des Etats-Unis et du Canada, sans vrai changement comparé à la tendance passée, malgré la campagne plus active de recrutement lancée par L'EI en Amérique du Nord en exploitant à fond les réseaux sociaux. Le Soufan Group dit que les pays occidentaux restent confrontés à la menace du retour de combattants entraînés.

Citation :
La grande inquiétude est que 20 à 30 % selon les estimations de ces combattants retournent dans leurs pays occidentaux d'origine, des pays qui vont donc tous faire face à des arrivées de combattants désormais aguerris dotés de contacts internationaux.

Dans un billet de blog, British Mujāhidīn in Syria (pietervanostaeyen) écrit :

Citation :
Je n'ai aucune idée de ce qui a causé la ruée sur les combattants étrangers britanniques en Syrie, mais soudain la chasse à “l'Européen barbu” a été rouverte. Tout a commencé avec une vidéo de Vice, montrant une interview de deux Anglais qui combattent actuellement en Syrie. L'interview est très intéressante en elle-même car ces types expliques ce qui leur a fait quitter leurs villes natales en Grande-Bretagne pour le Djihad dans la Syrie ravagée par la guerre.

Au bout de deux années sous Daech, les habitants de Manbij ne sont pas plus heureux de la férule islamique et ont manifesté, selon la page Facebook de Syria Post, qui a publié la vidéo ci-dessous accompagnée du commentaire : “Voyez les héros de Manbij, qui malgré la sécurité maximale dans la ville, sont descendus dans la rue demander au groupe extrémiste de quitter la ville.”

Et certes, les citoyens vivant sous e contrôle de l'EI souffrent grandement, ne serait-ce que des frappes aériennes de la coalition internationale sous direction des Etats-Unis, qui forcent les gens à fuir la zone pour garder la vie sauve. Al-Souria Net rapportait en octobre 2015 sur sa page Facebook en arabe que de nombreuses personnes mendient dans la rue pour joindre les deux bouts :

Citation :
Il y a plus de gens qui mendient dans les zones sous contrôle de l'EI dans le nord d'Alep

Du fait des mesures de sécurité de grande envergure des autorités, l'accès à l'aide humanitaire se rétrécit, d'où la mendicité généralisée, en particulier des femmes, enfants et personnes déplacées :

Citation :
[…] Dans la ville de Manbij, des familles démunies commencent à apparaître, qui se mettent à mendier pour avoir de quoi nourrir leurs proches chez eux—des familles qui ont été déplacées de Raqqa et Deir al-Zour, en particulier. […]

Et beaucoup disent que la prospérité promise par l'Etat islamique n'est qu'un leurre :

Citation :
Tout ce que nous entendions de la prospérité de l'Etat d'al-Baghdadi est une illusion, tous les biens ne sont distribués qu'à leurs membres, et en particulier aux immigrants.

Citation :
D'après un activiste appelé Ahmed, parlant pour Abou Jassim (un habitant de Manbij) : “Avec les taxes imposées par les forces de sécurité aux habitants des zones de Manbij et Bab al Jarables, tout papier officiel dont on a besoin nécessite un visa de la sécurité comme si on était dans l'Etat d'Assad.”


Creative Commons License
Photo de Rami Alhames
Ecrit par Rami Alhames
Traduit par Global Voices en français

PS : je verse également cet article dans le sujet LA "SOCIÉTÉ CAPITALISTE" : crise et réactions antisociétales, contre-culture...

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 16 Fév - 8:44

un pape décolonial ?

et le prolétariat, dans tout ça ?


on peut en sourire ou s'en moquer, le Pape, pensez donc... Leur demander "pardon", aux indigènes, ça leur fait une belle jambe... Ici, nous nous demandons quel est la signification de ces paroles, dans la bouche du premier pape non européen depuis ... 11 siècles, et nous ne pouvons pas éviter de les interpréter dans le contexte de la double crise de l'Occident et du capital, et plus, dans l'implication réciproque de la lutte entre défense des "valeurs universelles" d'une minorité euro-occidentale, et la montée d'une exigence de pluriversalité dans un monde toujours capitaliste, mais comme ils disent "multipolaire"

et le prolétariat, dans tout ça ?


Mexique : le pape appelle à demander «pardon» aux indigènes 16 Févr. 2016


CHIAPAS (MEXIQUE) - Le pape François quitte le stade San Cristobal de las Casas
où sont venues l'écouter des dizaines de milliers de personnes

AFP/MARIO VASQUEZ

Citation :
Célébrant une messe au Chiapas, dans le sud du Mexique, le pape François a appelé à demander «pardon» pour l'exclusion dont ont été victimes les peuples indigènes dans l'Histoire. Devant des dizaines de milliers de personnes, au stade de San Cristobal de Las Casas, à 2200 mètres d'altitude , il a plaidé pour «un examen de conscience».

« Souvent, de manière systématique et structurelle, vos peuples (indigènes) ont été incompris et exclus de la société. Certains ont jugé inférieures vos valeurs, votre culture et vos traditions »,
a lancé le pape argentin, au troisième jour de sa visite au Mexique, devant des fidèles venus en habits traditionnels et portant leurs bébés dans les bras. «D'autres, étourdis par le pouvoir, l'argent et les lois du marché, vous ont dépossédés de vos terres ou les ont polluées», a-t-il accusé, dans une critique acerbe des grandes multinationales qui exploitent les ressources de la région. «C'est si triste ! Que cela nous ferait du bien, à tous, de faire un examen de conscience et d'apprendre à dire pardon», a déclaré le souverain pontife lors de cette messe en plein air.

Le pape, arrivé en hélicoptère, a été accueilli avec ferveur


Le stade où se tenait la messe doit son nom à l'évêque dominicain Bartolomé de Las Casas, l'un des premiers défenseurs espagnols des droits des Indiens aux XVe/XVIe siècles, en pleine répression des peuples autochtones par les Conquistadores.


Des bibles en langues indigènes

Dans cette région du Chiapas, l'un des creusets de la théologie de la libération au Mexique, le nom de Samuel Ruiz, l'ancien évêque progressiste de San Cristobal, mort il y a cinq ans, a été évoqué devant le pape. Le souverain pontife s'est recueilli devant la tombe de celui que les indigènes surnomme affectueusement «Tatic», le «père de tous» en langue tzotzil, qui a développé dans son diocèse le rôle des diacres et qui fut un temps perçu avec méfiance par le Vatican.

Pour la première fois, des textes liturgiques ont été prononcés dans les principales langues indigènes, une volonté expresse du pape François qui a remis le premier décret du Vatican, autorisant la liturgie en langue tzeltal, à un groupe d'indigènes à la fin de la messe. Des bibles traduites dans ces langues, qui ont demandé des années de travail, lui ont été offertes.

Il a également profité de cette messe pour lancer un nouvel appel pour la protection de la nature. «Le défi environnemental que nous vivons et ses racines humaines nous touchent tous et nous interpellent. Nous ne pouvons plus faire la sourde oreille face à l'une des plus grandes crises environnementales de l'Histoire», a souligné le pape, parlant dans un décor de collines sauvages.

Le Chiapas (4,7 millions d'habitants), où est né le mouvement zapatiste, est l'un des états les plus pauvres du pays. 30% de la population ne parle pas espagnol et seulement 58% de ses habitants se déclarent catholiques.

Après le Chiapas, le pape se rend à Morelia, dans l'ouest du Mexique, région déchirée par les violences des cartels pseudo-religieux, qui ont poussé les paysans à former des milices d'autodéfense.

Sa visite au Mexique est marquée par les thèmes de la sécurité et de la lutte contre les trafics de drogue. Dimanche, il a appelé à lutter contre les narcotrafiquants.

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Jeu 18 Fév - 19:09


le pape dénonce les « esclavagistes d’aujourd’hui »
et « l’exploitation des employés comme s’ils étaient des objets à utiliser et à jeter »

« Le profit et le capital ne sont pas au-dessus de l'homme »

Mexique : le pape François dénonce la «tragédie humaine» des migrations forcées 18 Févr. 2016

Le pape François a quitté le Mexique mercredi après une messe transfrontalière inédite, célébrée devant plusieurs dizaines de milliers de personnes.



Le pape François célèbre une messe à la frontière
entre le Mexique et les Etats-Unis, à Ciudad Juarez le 17 février 2016
AFP/YURI CORTEZ

Citation :
Le voyage du pape François au Mexique, un séjour historique de cinq jours, aura été jalonné de symboles autour des thèmes de la violence, de la pauvreté, des indigènes et des migrants. A Ciudad Juarez, mercredi, peu avant de monter dans l'avion le ramenant à Rome, le pape a ainsi évoqué les visages des enfants mexicains croisés au cours de son périple : «Je vous assure que j'ai failli pleurer de voir tant d'espoir dans une nation qui a autant souffert», a-t-il déclaré.

Il s'était précédemment recueilli symboliquement près d'une grande croix située à l'extrémité d'une rampe surplombant la frontière, d'où il a adressé sa bénédiction à des fidèles situés de l'autre côté du grillage au Texas. Il y a également déposé trois bouquets de fleurs, dont l'un devant des chaussures de migrants décédés durant leur périple.

Jorge Bergoglio a ensuite célébré devant plus de 300.000 fidèles une ultime messe qui était également retransmise dans un stade de El Paso au Texas (Etats-Unis), par delà le Rio Bravo, où plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient pris place. De nombreux fidèles étaient arrivés très tôt le matin, arborant des tee-shirts "J'aime le pape". Certains «latinos» étaient venus des États-Unis pour assister à la messe. Le pape a plaidé pour un Mexique pacifié, «sans trafiquants de la mort» et sans émigration, appelé les Mexicains à ne pas se «résigner» face à la violence, d'agir et d'«oser rêver», tout en pressant les responsables politiques d'apporter une «sécurité effective».


«Plus de mort, ni d'exploitation ! Il est encore possible de changer»


Citation :
« On ne peut ignorer la crise humanitaire de ces dernières années qu'a provoqué la migration de milliers de personnes, que ce soit par le train, la route ou même à pied, traversant des centaines de kilomètres à travers les montagnes, les déserts, les chemins inhospitaliers. Cette tragédie humaine que représente la migration forcée est aujourd'hui un phénomène global »
a déclaré le pape dans son homélie à Ciudad Juarez.

Citation :
« Face à tant de vides légaux, se tient un réseau qui attrape et détruit les plus pauvres. Non seulement ils souffrent de la pauvreté mais en plus de ces formes de violences. Injustice qui se radicalise chez les jeunes, eux, la "chair à canon", sont poursuivis et menacés quand ils tentent de sortir de la spirale de la violence et de l'enfer des drogues. Et que dire de toutes ces femmes à qui on a retiré injustement la vie ! Plus de mort, ni d'exploitation ! Il est encore possible de changer »,
a-t-il enfin lancé à la foule enthousiaste.


VIDEO. Mexique : le pape rend visite à des prisonniers à Ciudad Juarez

Dans la matinée, il avait visité un centre pénitentiaire accueillant 3.000 détenus, qui fut jadis l'un des plus dangereux d'Amérique latine, où il avait déclaré que la prison n'était pas la seule solution à «l'insécurité» et invité les détenus à se faire «prophètes» de la paix dans la société. Cette visite intervenait quelques jours après des violences entre détenus qui avaient fait 49 morts dans une prison de Monterrey (nord-est).


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 2 Mar - 18:34


à bon entendeur... le Pape

« Je suis allé seulement trois fois en France, à Paris, pour des réunion de jésuites, lorsque j'étais provincial.
Je ne connais donc pas votre pays. Je dirais qu'il exerce une certaine séduction,
mais je ne sais pas très précisément dans quel sens… »

« Une critique que j'ai envers la France est que la laïcité résulte parfois trop de la philosophie des Lumières,
pour laquelle les religions étaient une sous-culture.
La France n'a pas encore réussi à dépasser cet héritage. »


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 2 Mar - 22:55


dans un débat sous le texte d'Edwy Plenel, Le manifeste de nos causes communes 26 février 2016


à Najmi ici

je laisse tomber les amalgames coutumiers aux « campistes » « Pour les Musulmans » vs « Contre les Islamistes »

mais quant à « on comprend parfaitement maintenant pourquoi ce n'est pas sur votre identifiant que viennent s'abattre les projectiles de la horde », j'ai eu mon heure, puisque la plupart figuraient dans la liste noire de ceux à qui je reprochais d'abord leur malhonnêteté intellectuelle, quelles que soient leurs convictions

j'ai simplement préféré calmer le jeu avec qui repéré comme ayant le don de me faire sortir de moi-même, et surtout parce que ce n'est pas pour moi le combat essentiel; en quoi je suis logique et conséquent là où vous me taxer en substance de traître à votre cause, que je n'ai jamais embrassée. Preuve que rien ne sert de relancer, ça marche. Parlant d'« expérience délétère » au début de cet échange, c'était de la mienne, mais puisque vous savez tout, avec vos bouquins et parlant comme un livre...

je ne me considère en rien « le grand théoricien de la décolonialité » [ici je laisse tomber vos insultes], je ne suis pas un « Laissé-pour-compte des études post-coloniales ! », mais je les connais bien, et maintenant suffisamment leur critique par les théoriciens décoloniaux pour savoir quoi en faire en communiste. Sur ce terrain, nous ne sommes pas si nombreux que nos idées nous feraient plus grosses que les beaufs, les veaux et les porcs français réunis, dans leur incapacité de longue durée à écouter les autres, quel que soit leur "niveau intellectuel" : c'est pourtant la condition première pour construire un « nous »

comme il est vrai que pour les marxistes eurocentrés, je ne serai jamais qu'un « révisionniste » reléguant la lutte de classe au second plan, pour certains décoloniaux (car rien d'homogène politiquement), je serais encore trop "marxiste", et pour les fachos, les sionistes d'ultragauche et anarchistes qui m'insultent depuis deux ans, ou votre « meute » et vous tous-ensembleu-tous-ensemble : toujours trop près du PIR, Houria étant pour l'idéologie française la sorcière absolue

quand on tente de penser en liberté, il est des solitudes obligées dont on s'honore, car loin des sectes, on ne cherche pas à faire des adeptes. Mon œuvrage en solitaire m'attire bien des lectures de par le monde, quelques amitiés réciproques, des sympathies inconnues, et surtout de l'intérêt de personnes « pensant par elles-mêmes et ayant envie d'apprendre quelque chose de nouveau.» (Marx). Cela suffit à ma peine, comme à ma dignité


quand Najmi nage à mi
entre deux troubles eaux

mi ennemi-ami
du doigt et de la lune

mon soleil est des autres
et des uns et des unes

qui font leurs "je" en "nous"



prolongé d'un autre commentaire, dans "Opium du peuple": une tentative d'y voir (un peu) plus clair 11 févr. 2016 Par Bringuenarilles


Marx, la religion, la lutte de classe, et l'universalisme prolétarien

sans être vous « un grand connaisseur de Marx », ni moi de ces « grognards mediapartiens » qui le prétendent, nous avons des lectures assez proches des considérations de Marx sur la religion, qui certes n'épuisent pas le sujet dans ses formes actuelles, mais offrent une clef pour dépasser les fausses questions, le dialogue de sourds entre « pour les Musulmans » et « contre les Islamistes », en miroir sur le même terrain idéologique trans-classiste

vous avez raison de souligner le mouvement qui va des écrits de jeunesse au Capital et le caractère contradictoire du rôle de la foi religieuse dans les rapports sociaux. La limite de « l'expression de la misère » et de la « protestation contre cette misère » par la religion ne saurait se combattre par l'expression d'un autre foi qui ne dit pas son nom, l'idéologie de la raison, quand elle ne combat pas elle-même la misère sociale par tous les moyens

au fond, quand on dit que « l'Islam est ennemi idéal » pour fabriquer une guerre entre « eux » et « nous », ce n'est pas pour approuver l'Islam, pas plus qu'on approuvait le stalinisme dans le bras de fer de la Guerre froide, mais dire que cette guerre est sociale où les puissants en font une guerre de religion, de « civilisation », disent-ils. C'est aussi le masque blanc d'une guerre de classe dans laquelle le capitalisme occidental tente de sauver sa suprématie

j'ai dit préférer le « nous » selon Plenel à cette mauvaise guerre-là, mais la limite de ce pacifisme, de cette bonne foi (?) humaniste se résoud dans la question : quelle est la nature de classe de ce « nous » et comment pourrait-il détruire le capital en son essence ?

et cela appelle à d'autres questions, concernant Marx lui-même en son temps, et les marxistes depuis [ici renvoie aux citations d'Olivier Le Cours Grandmaison dans MARX entre EUROCENTRISME PROLÉTARIEN UNIVERSEL et OUVERTURE D'AUTRES CHEMINS RÉVOLUTIONNAIRES

je suis par conséquent favorable à un déplacement du centre de gravité de ces débats

.
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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 4 Mar - 9:01


les dessous d'un pape sont-ils de la partie cachée du capital ?

oui, indubitablement, mais pourquoi et comment ? Les critères d'analyse de l'auteur du livre ci-dessous sont-ils à la hauteur d'une critique radicale ? Le pape est un réac, il croit au diable, c'est un ami des puissants, il veut rompre avec les Lumières, etc.

la question, c'était le sens de mes commentaires précédents, est que signifie l'arrivée de ce pape au pouvoir de l'Église dans la double crise de l'Occident et du capital ? Il ne s'agit pas d'avoir une appréciation plus ou moins positive ou négative du pape, ni du rôle de la religion catholique dans le monde actuel,

plutôt que de critiquer le saint homme qu'il veut paraître, le prendre comme symptôme de contradictions qui  - sauf pour les catholiques, les concurrents d'autres religions et les bouffes-curés - ne sont pas d'abord entre ses paroles et ses actes, mais dans la nécessité de contenir la montée de mécontentements et de luttes, particulièrement décoloniales : c'était la fonction des discours transfrontaliers du pape, en Afrique et en Amérique latine, devant des centaines de milliers de croyants... On appréciera, en fin de présentation, le termes de « catholiques identitaires », comme si la majorité de populations dans les pays occidentaux, descendant telle qu'elle est dans la rue, manifestait une identité, un "communautarisme" : transporter dans "le Sud" les critères d'appréciation de l'idéologie française, il fallait le faire, Arles l'a fait

mais face aux réalités sociales en mouvement, le livre d'Arles, ou l'Arlésienne...





mars 2016


Citation :
le "bon" pape François multiplie les déclarations scandaleuses et montre sa véritable face. Le "bon" pape affirme le 1er mars 2016 "On peut parler d’invasion arabe en Europe" (sic). Propos irresponsables alors que partout en Europe progressent droite extrême et extrême droite. Propos scandaleux car ils confondent volontairement l’origine ethnique et la religion. Confondre Arabes et islam est aussi une façon subliminale de dire que les Européens sont chrétiens.

Le pape François appelle aussi à approfondir la laïcité mais une laïcité à la sauce vaticane, une laïcité qui serait en rupture avec la philosophie des Lumières, avec l’idéal républicain, une laïcité qui permettrait aux religions d’envahir l’espace public, une laïcité sans âme.

Le pape François fait également preuve d’ethnocentrisme, d’européocentrisme en soutenant scandaleusement que seule l’Europe pourrait apporter une certaine unité au monde.

Le pape François en prenant ouvertement position contre le candidat républicain Donald Trump ne prend pas tant la défense des immigrés mexicains qu’il appuie la direction du parti républicain qui préférerait aussi un candidat moins provocateur donc plus susceptible d’être élu face à un démocrate.

Le pape François donne ainsi raison à toutes celles et à tous ceux qui veulent lui arracher son masque. Ce bon pape François n’est ni un pape progressiste, ni un pape écolo, ni un pape féministe. Ce bon pape François a canonisé un prêtre nord-américain génocidaire des Indiens et s’apprête à béatifier un prêtre français du XXIe siècle, Le père léon Dehon, prêtre antisémite, anti-maçon et anti-socialiste mais symbole de la fusion du politique et du religieux, emblème de la nouvelle Reconquista. Ce n’est pas par hasard que l’église met de nouveau de catholiques identitaires dans les rues.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 26 Mar - 10:51


Citation :
« Sémite » est-ce le nom d’une race ou bien d’une religion ? De deux religions ou de deux politiques ? L’ennemi, comme le roi, aurait-il deux corps ? Pourquoi de tels tracés théologico-politiques et racialo-religieux ? Et d’ailleurs, qu’est ce qu’une race et qu’est-ce qu’une religion ? Et quel rapport avec ce que nous nommons laïcité ?

« Sémites » donc. On s’attache plutôt à explorer l’espace éphémère qui s’est ouvert avec cette invention étrange, l’invention d’une race qui aurait inventé la religion. Que reste-t-il de cet espace ? Comment penser ces divisions et ces confusions entre juif et arabe, juif et musulman, race et religion ? C’est bien des deux corps de l’ennemi dont on parle ici. Mais qui compte? Et qui nomme les sémites ? Et pour combien de temps encore ?

L’histoire longue du christianisme occidental est marquée par des associations et dissociations paradoxales entre religion et politique, juif et arabe. Au 19e siècle, pourtant, la religion devient race et la chrétienté laïcité. Le siècle s’achève avec la dissociation entre juif et arabe, entre judaïsme et islam et avec la disparition des « Sémites ». Cette histoire oubliée nous permettrait-elle de renouveler notre lecture de ce que furent les méfaits antisémites et de ce que la lutte contre l’antisémitisme pourrait être ?

Citation :
Gil Anidjar enseigne l’histoire des religions, la littérature comparée et les études moyen-orientales à Columbia University (New-York). Il est l’auteur de The Jew, the Arab : A History of the Enemy, Stanford University Press, 2003 et de Blood : A Critique of Christianity, Columbia University Press, 2014. Il a également édité une collection des écrits de Jacques Derrida sur la religion : Acts of Religion, Routledge, 2002. Sémites. Religion, Race et Politique en Occident chrétien est son premier livre traduit en français.

Traduction de l’américain et postface de Marc Nichanian.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 26 Mar - 12:14

l'humanisme-théorique opium du Wajnsztejn

ça ne s'arrange pas, chez Temps Critiques : Le faux procès fait à l’humanisme historique et aux Lumières 21 mars 2016

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 30 Mar - 19:32


une bonne nouvelle, apprise de Pascal Maillard, du Club Médiapart



Présentation par l'éditeur:

Comprendre la place du religieux dans la cité suppose de savoir distinguer le sacré, le divin et le religieux :

Henri Meschonnic a écrit:
Le religieux n’est pas le divin. Le religieux – ou la religion – est la socialisation, l’institutionnalisation, l’appropriation, la captation, la gestion du divin. Le gestionnaire du divin. Le culte. Le cultuel et le culturel du divin. Mais le gestionnaire du divin s’identifie au divin, à force de se l’approprier, et de le gérer. Et comme sa gestion est sociale, elle est politique. Le religieux est le théologico-politique.

Si le but de la présente collection, « La faute à Voltaire », c’est de faire entendre à nouveau une parole libre et forte qui puisse nourrir la réflexion du citoyen sur les grands problèmes actuels de la cité, ce premier livre de la collection, Le sacré, le divin, le religieux, d’Henri Meschonnic, en offre un bon exemple. En un texte et un entretien brillants et allègres, Henri Meschonnic rend simples et limpides des distinctions que l’humanité d’aujourd’hui ne sait malheureusement plus faire.

Henri Meschonnic a écrit:
L’humanité est malade du théologico-politique. Elle est malade de confondre le sacré, ce temps du conte, du temps que les bêtes parlaient, avec le divin, qui est la création de la vie, la sainteté étant ce qui touche au divin. Elle est encore plus malade de confondre le divin avec le religieux, qui n’est que la confiscation du divin par ceux qui s’en proclament les porte-parole et les propriétaires. Et c’est le religieux qui est le théologico-politique.

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Jeu 31 Mar - 12:05

Le concept de fétichisme dans la pensée de Marx (Éléments pour une théorie marxiste générale de la religion) Enrique Dussel revue Période

Marx est encore trop souvent rangé parmi ces théoriciens qui ne voient dans la religion qu’une illusion ou un instrument de domination idéologique. Parcourant l’ensemble du corpus marxien, Enrique Dussel s’oppose à cette idée reçue et identifie chez l’auteur du Capital une distinction entre l’essence utopique de la religion et ses manifestations fétichisées. Comme tout phénomène social, la religion apparaît ainsi comme un phénomène contradictoire que les luttes d’émancipation se doivent de politiser
.

Enrique Dussel a écrit:
Du 20 au 25 août 1984, j’ai organisé un séminaire à Kerala (Inde) sur l’invitation de M. P. Joseph (Social Action Groups) et E. Deenadayalan (The Delhi Forum) dont le sujet était : « Relire Marx depuis la perspective du militantisme politique en Amérique latine ». Parmi les 38 participants, étaient présents Joseph Kottukapally de Pune et Yohan Devananda du Sri Lanka. Je leur dédie ce travail en souvenir des belles journées passées sur la montagne paradisiaque de Charal (Mar Thoma Church’s Conference Centre), la terre de l’ancien royaume de Kerala, la région des « épices » où les Syriens chrétiens arrivèrent au cours des premiers siècles du christianisme, à côté de Cochin, où Grecs, Arabes, Hollandais et Britanniques pratiquaient le commerce. Terre d’engagement des croyants, maintenant mobilisées par les « agitations » des « pêcheurs », prélude de plus grandes espérances. Là, nous avons lu les textes de Marx page par page, ligne par ligne, en commençant par le tome I des Œuvres complètes. Cette pratique textuelle nous a de nouveau convaincus de la validité de l’hypothèse d’une telle « relecture » depuis la perspective politique de beaucoup de croyants latino-américains – récemment confirmée par la révolution sandiniste mais qui fut établie beaucoup plus tôt par beaucoup d’entre nous.

Prenons pour hypothèse fondamentale de ce travail la citation qui apparaît dans le Livre 1, Chapitre 2 du Capital, l’ouvrage de référence de Marx : « Ils ont tous un même dessein et ils donneront à la bête leur force et leur puissance » (Apocalypse, XVII, 13) « Et que personne ne puisse ni acheter, ni vendre, que celui qui aura le caractère ou le nom de la bête, ou le nombre de son nom » (Apocalypse, XIII, 17).

Nous utiliserons ici une méthode similaire à celle que nous avons utilisée dans un autre travail consacré dédié à la technologie dans la pensée de Marx.

Dans cet article, nous essaierons de localiser les « lieux » où le sujet de la religion apparaît dans les écrits de Marx (de 1835 à 1883), puisque le thème de la religion, comme peu d’autres sujets, traverse toute la vie de Marx, et donc toute son œuvre, ce qui atteste déjà de son importance. Dans un autre article, systématiquement – et suivant la méthode que Marx lui-même nous a enseigné – « de l’abstrait au concret », nous parcourrons les différents moments de son discours, et les différents contenus du concept. Ainsi, nous expliciterons ce que les textes peuvent contenir d’implicite. Nous estimons que sans une lecture précise des Grundrisse cette « relecture » aurait été impossible.

plan
Citation :
1. LA PLACE DU SUJET DE LA RELIGION DANS L’ENSEMBLE DE L’ŒUVRE DE MARX

1.1 Du croyant luthérien au critique universitaire (1835-1841)
1.2 La critique de la Chrétienté et l’origine de la question du fétichisme (1842-Octobre 1843)
1.3 L’origine de la critique anti-fétichiste de l’économie politique (Octobre 1843-1844)
1.4 Critique matérialiste de l’idéalisme religieux (1844-1846)
1.5 Critique du socialisme chrétien comme utopie (1846-1849)
1.6 Transition théorico-créative (1849-1856)
1.7 La religion dans les premiers écrits théoriques définitifs (1857-1864)
1.8 Quelques thèmes sur la religion dans la période définitive (1865-)


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 3 Aoû - 22:22


athées et impies, aux abris !

l'assassinat du curé de Saint-Étienne du Rouvray aura été l'occasion d'une descente aux enfers accélérée dans l'idéologie française. Durant la semaine qui a suivi, étant en vacances, j'ai vécu l'événement par la télévision, que je ne regarde pas habituellement, via BFMTV, l'info en continu dont j'apprécie le principe plus que celui des journaux à heures fixes

la succession des hommages, cérémonies et autres interviews, du maire (communiste ! « notre paroisse »...*) de la ville à François Hollande, du micro-trottoir au sommet de l'État, des portes des églises à celle des mosquées, m'a fait l'impression d'un indécence dont je ne sais ce qu'en aurait pensé le modeste curé. C'est une période où l'on n'ose à peine se revendiquer athée, à tel point que la laïcité y apparaît pour ce qu'elle est : la religion des rapports de l'État aux cultes

* L'émouvant hommage du maire de Saint-Étienne-de-Rouvray vidéo Dailymotion


autrement dit, l'événement, dans toute son horreur, fut le prétexte à un pas de plus dans la mise en œuvre d'un discours transclassiste évacuant toutes différences, toutes contradictions entre classes, et les représentants des cultes sans distinction - chrétiens, musulmans, juifs - ont trouvé l'occasion de prouver leur allégeance à cet État, qui leur rend bien, laïcité oblige, jusqu'à envisager de confier à J-P Chevènement (77 ans, et toutes ses dents contre les "sauvageons"...) la direction de la Fondation pour l'islam de France

en passant, médias et politiques se sont rattrapés de l'impossibilité d'attribuer le carnage de Munich, d'un germano-iranien adepte d'Hitler, au terrorisme islamiste, comme ils n'ont pas manqué de le considérer probable aux premières heures après le massacre

dndf a mis en exergue cette citation : « L’Etat est cet universel abstrait qui se sépare illusoirement de la société civile en idéalisant et séparant l’intérêt général des conflits qui la traversent, par là il n’est en fait que le comité de gestion des affaires bourgeoises. » Extrait de « Soulèvement arabe: classe/genre », Théorie Communiste, 2014, il n'y manque que la fonction des curés en tous genres, morts ou vifs !

à tout prendre, j'ai préféré le silence habile du Pape à Auschwitz, au moins n'a-t-il pas eu à dire ce qu'il pense... peut-être, du rôle de l'Église polonaise et de celui du Vatican aux heures sombres de la "Shoah" et de la protection des nazis dans leur fuite après-guerre vers l'Argentine populiste de Perón aux bras ouverts, dans l'indifférence occidentale
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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 16 Aoû - 14:58


la mort de Dieu et les derniers Français

qui l'eût cru ?

63 % des Français ne s'identifient à aucune religion

Atlantico 21 juillet 2016

Selon de nombreuses études, la majorité des Français se considère comme athée.

(anticipant les conseils de Chevènement aux Musulmans, ils se font discrets)


Citation :
Les attentats de janvier ont soulevé la question de la place du religieux en France. Les statistiques ethniques ou sur l'appartenance religieuse étant très encadrées en France, le nombre exact de personnes sans religion est inconnu. Mais plusieurs sondages effectués au niveau mondial et européen en donnent une bonne estimation.

La majorité des Français se considère comme athée

Selon l’étude de l’association de sondages WIN/Gallup International, spécialiste de la question religieuse, un tiers des Français se disent être « non religieux » et presque un autre tiers « athées ».

Ainsi, 63 % de Français ne s'identifient à aucune religion contre seulement 37 % de Français religieux. L’étude a été menée en 2012 auprès de 50 000 personnes dans 57 pays.

En 2010, le sondage de l'Eurobaromètre commandé par la commission européenne, confirme les réponses du premier sondage : 40 % des Français se déclarent athées et environ un tiers « croient en un esprit ou une force supérieure ». Près de 70 % des Français sondés ne se réclament donc d'aucune religion précise. Même si un tiers d'entre eux croit en une forme de divinité, leur réponse est classée dans la case « sans religion ».

Les musulmans pratiquent plus les catholiques

Cependant, avoir la foi et pratiquer sa religion sont deux choses distinctes. Selon l'étude de Gallup, une part importante de sondés déclarant appartenir à une religion ne la pratiquent pas pour autant. En effet, le sondage de l'IFOP montre que la part de Français pratiquants est en grande diminution. Seulement 4,5 % assiste à la messe chaque semaine. De plus, même si aujourd'hui encore près de 70 % de la population française est baptisée, les nouvelles générations renoncent pour la plupart à baptiser leurs enfants : on comptait 472 000 baptêmes en 1990, on n'en dénombre plus que 303 000 en 2010 (pour 800 000 naissances).

Concernant l'islam, la pratique religieuse est plus régulière. Selon une enquête IFOP pour La Croix, 41 % des personnes « d'origine musulmane » se disaient « croyantes et pratiquantes » (contre 16 % chez les catholiques), et 34 % « croyantes mais non pratiquantes » (57 % des catholiques), 25 % se disant « sans religion ou seulement d'origine musulmane » (27 % des catholiques). Seuls 25 % des interrogés disaient aller « généralement à la mosquée le vendredi ».

La France est l’un des pays les plus athées au monde

La tendance à l'athéisme est mondiale d'après les critères établis par l'étude Gallup. Dans le top 5 des pays athées (sur 50 pays interrogés), la France tient la 4e place, derrière la Chine, le Japon et la République tchèque. L'étude met en corrélation ces résultats avec la richesse du pays concerné. Une grande partie des pays les plus religieux comptent également le plus petit revenu national brut : Ghana, Nigeria, Roumanie, Kenya, Afghanistan… A l'inverse,  les moins religieux sont souvent les plus aisés, comme la France, le Japon, la Suède, Hongkong, l'Australie, l'Allemagne ou les Pays-Bas.


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 16 Aoû - 22:48



Livre :

l’athéisme dans le monde – regards athées sur des situations régionales


Jean-François Mayer - Religioscope 2016-07-11

Publié par une association athée, un petit ouvrage propose des informations et réflexions sur la situation et les perspectives de l’athéisme dans plusieurs zones et pays du monde. Cette démarche soulève cependant aussi la question de savoir ce qu'est l'athéisme dans différents contextes.


Citation :
Dans les années 1980, nous avions entrepris de recueillir des informations sur l’athéisme organisé sous forme associative à travers le monde. Avant Internet, la tâche était beaucoup plus ardue qu’aujourd’hui. Outre les associations athées francophones et groupes de libres-penseurs existant de longue date, il était cependant possible de découvrir des groupes athées actifs dans des régions du monde inattendues, jusqu’en Inde, où les groupes athées ont sans doute fort à faire pour promouvoir leurs vues.

L’athéisme organisé ne regroupe qu’une petite fraction des athées : la plupart de ceux qui ne croient pas n’éprouvent pas le besoin de se constituer en associations. Celles-ci n’en représentent pas moins une facette intéressante de l’athéisme — et aussi celle qu'un chercheur peut aborder le plus aisément.

Certaines de ces associations s’efforcent de documenter la présence athée. Ainsi, l’Association belge des athées (ABA) organisa en octobre 2014 à Bruxelles un colloque sur l’athéisme dans le monde, ce qui a débouché sur un petit volume dirigé par Patrice Dartevelle et publié en 2015.

L’accent n’est pas mis avant tout sur les organisations athées, mais sur la situation de l’athéisme et les défis que peut rencontrer la propagation de celui-ci. Le ton se veut généralement celui de l’analyse, même si quelques chapitres contiennent des passages exprimant les convictions et engagements de leurs auteurs.

Athées dans les pays postcommunistes

Olivier Gillet (Université libre de Bruxelles) ouvre le volume par des réflexions sur l’athéisme et la religion orthodoxe dans les pays de l’Est et du Sud-Est de l’Europe — les pays postcommunistes et la Grèce. Dans les pays qui ont connu le communisme, l’athéisme a joui d’un statut d’idéologie officielle ; les autorités soutenaient également la propagande antireligieuse. Une fois le dos tourné au communisme, cet héritage est embarrassant pour l’athéisme. Cependant, à juste titre, Gillet suggère que le facteur sans doute le plus crucial est l’association entre Église orthodoxe et identité nationale dans ces pays : cela conduit certains athées à se dire «orthodoxes», parce qu’ils auraient le sentiment de trahir sinon l’appartenance nationale. Cela oblige à relativiser la signification des taux d’appartenance à l’Église affichés dans ces pays.

«On peut [...] s’affirmer athée tout en tenant à son appartenance à l’orthodoxie et même à l’Église orthodoxe pour des raisons nationales et d’ethnicité. [...] La déclaration d’appartenance à la religion orthodoxe n’implique pas nécessairement une conviction religieuse ou philosophique, mais surtout un sentiment d’appartenance à une ‘nation’, une appartenance culturelle et identitaire, voire une prise de position par rapport à un camp déterminé, notamment contre l’Occident latin, catholique romain ou toute forme d’impérialisme occidental. »
(p. 21)

Le propos de Josef Laptos (Université pédagogique de Cracovie), qui s'intéresse à l'athéisme en Pologne, est similaire. Les années de domination communiste ont laissé des traces, observe-t-il, par exemple dans la République tchèque, où le taux d'athéisme est très élevé. Dans plusieurs pays postcommunistes, il a fallu «réapprendre les références religieuses aux enfants, comme ce fut le cas en Estonie» (p. 28), tandis que la séparation entre États et Églises est devenue un fait. La Pologne contraste, avec sa très forte population catholique, même si un héritage d'athéisme organisé y existe aussi: Laptos cite l'Association des athées et libres penseurs, née dans l'entre-deux-guerres, renommée Association de la propagation de la culture laïque en 1969. Plusieurs autres associations virent le jour par la suite et disposèrent de plusieurs périodiques: mais la visibilité des athées en Pologne est faible (pp. 28-29). L'équation entre athéisme et passé communiste (attribuée à «la propagande de l'Église» par l'auteur) n'aide pas (p. 32). En même temps, les signes de baisse de la pratique religieuse en Pologne ainsi que la volonté d'une grande partie de la jeunesse de guider sa vie personnelle sans grand souci des consignes de l'Église indiquent que la société polonaise connaît aussi une sécularisation.

Depuis le milieu des années 2000, Internet serait «devenu le lieu privilégié de rencontre des athées polonais» (p. 34). Des sites encouragent notamment les athées à faire leur coming out, tout d'abord en effectuant la démarche de sortie de l'Église catholique.

Des rituels non religieux pour les grandes étapes de la vie, à commencer par des «mariages humanistes», sont proposés depuis 2007 (avec un nombre d'utilisateurs faible pour le moment). Une Marche des agnostiques et des athées a été organisée en 2009 à Cracovie, apprenons-nous, durant laquelle ont été utilisés des slogans assez classiques d'autres campagnes athées à travers le monde («Je ne tue pas, je ne vole pas, je ne crois pas», «Tu n'es pas seul»). Un Congrès des athées a été organisé en 2014 — avec quelque 70 participants, précise l'auteur : l'athéisme n'est clairement pas un mouvement de masse, mais, comme ailleurs, le nombre d'athées dépasse celui des groupes athées organisés.

Italie et Amérique du Nord: inégale sécularisation

Sur la situation italienne, Nicoletta Casano (Université libre de Bruxelles) commence par évoquer le classement de l'Italie en «zone rouge» («discrimination sévère à l'égard de la liberté de pensée à cause de la violation de plusieurs principes de laïcité ») dans le rapport 2014 sur la liberté de pensée dans le monde de l'International Humanist and Ethical Union (IHEU). En effet, de la même façon que sont publiés des rapports sur la liberté religieuse dans le monde, les milieux humanistes se livrent à un inventaire des atteintes à la liberté de pensée, y compris celles qui frappent des athées.

Outre un rappel historique de la situation religieuse en Italie, l'article évoque les activités de l'Unione degli Atei e degli Agnostici Razionalisti (UAAR). Cette organisation souhaite que la profession d'athéisme soit reconnue au même titre que l'appartenance à une confession religieuse, et que soit donc établie par l'État avec l'UAAR une «entente», à l'instar de celle conclue avec plusieurs organisations religieuses (y compris des bouddhistes), pour déboucher sur « une égalité entre les groupes représentant les croyances religieuses et les organisations soutenant les convictions personnelles non religieuses » (p. 51).

En ce qui concerne l'Amérique du Nord, un chapitre de Jean-Pierre Bacot (Université Paris XIII) dresse le tableau suivant:

« Le Canada, du point de vue de la situation religieuse, est comparable à l'Europe occidentale; le Nord des États-Unis n'en est pas loin et certains États du Sud ressemblent eux davantage, pour ce qui est du taux de croyance en Dieu, à l'Afghanistan, à Malte ou à ces pays où l'athéisme est à pein perceptible.»
(p. 65).

Le chapitre de Bacot conclut par une invitation à contextualiser l'athéisme: les modalités de sortie de la religion ne sont pas les mêmes partout, il faut donc être attentif aux différences. Cela introduit les deux dernières sections du livre: l'une sur le Japon, l'autre sur le «monde musulman».

Quel athéisme hors d'Occident ?

Le cas de pays à majorité musulmane a en commun avec les pays occidentaux l'héritage de religions révélées avec leur édifice dogmatique et leurs prescriptions. Comme le souligne Dominique Avon (Université du Maine), l'athéisme a particulièrement mauvaise presse dans les cultures musulmanes: la situation des athées peut donc y être très précaire, comme l'ont illustré dramatiquement des assassinats de blogueurs athées au Bangladesh. Au milieu du XXe siècle, remarque l'auteur, une partie de la jeunesse des sociétés musulmanes a été «concernée par l'athéisme, généralement à travers les références au socialisme, marxiste ou non», mais sans faire «du combat pour la reconnaissance du droit à la non-croyance un enjeu politique» (p. 88).

«De l'Indonésie au Maroc, le droit à la libre expression a été restreint en matière de religion depuis les années 1970. Tout athée est susceptible d'être taxé de blasphémateur et d'encourir des peines, pour des mots prononcés ou des gestes effectués.» (p. 114)

Avon observe cependant la montée d'une nouvelle génération d'athées dans le monde musulmane, mais confrontés à de fortes oppositions: le chapitre relate leurs déboires. L'existence de nouveaux médias, par exemple les chaînes satellitaires, a cependant permis des expressions ponctuelles de l'athéisme, notamment à l'occasion de débats (pp.92-95). Et surtout, depuis la fin des années 2000, c'est sur Internet que l'athéisme trouve un espace, confirmant une fois de plus le rôle d'Internet pour changer la donne et abolir les frontières dans différents domaines. Outre les blogs, des groupes virtuels d'athées en arrivent ainsi à se constituer (pp. 95-96). Et des athées exilés relaient pour leur part les aspirations des athées de pays à majorité musulmane (pp. 98-100).

"athéisme" au Japon

Du point de vue conceptuel, le chapitre sur le Japon soulève des questions importantes, sous la plume de Jean-Michel Abrassart (professeur de japonais et licencié en philosophie). En effet, les statistiques indiquent que l'athéisme serait particulièrement répandus au Japon. Mais une chose est l'absence d'affiliation religieuse ou d'auto-identification comme personne religieuse, tandis qu'une autre chose sont les comportements: Abrassart souligne l'importance des pratiques liées au culte des ancêtres ainsi que l'accent mis par le shintoïsme sur « différents moyens d'avoir une emprise sur le futur » (p. 79). Ce n'est donc pas l'absence de croyance en Dieu, mais le scepticisme par rapport à de telles pratiques qui sera marqueur d'un véritable athéisme au Japon.

Abrassart met donc l'accent sur le problème posé par des sondages au Japon: la question sur l'appartenance religieuse est comprise comme portant sur l'adhésion à une «religion révélée»: « les Japonais qui pratiquent le shintoïsme populaire ne s'identifient tout simplement pas comme pratiquant une religion » (p. 82). Et l'auteur de conclure que « les Japonais sont bel et bien des gens 'sans affiliation religieuse officielle' immergés dans une culture religieuse » (p. 83).

À travers les éléments figurant dans certains chapitres de ce petit ouvrage collectif, la nécessité de contextualiser la non-religion, le sécularisme et l'athéisme apparaît ainsi clairement. Quant aux sondages, chacun sait que la simple déclaration de non-appartenance religieuse est loin d'être toujours équivalente à une profession d'athéisme, ou même à une posture agnostique.

Mais, comme nous le rappelait une chercheuse lors d'une récente discussion à ce sujet, il est discutable de poser, dans un sondage, la question: «Êtes-vous athée ?» Pour cerner la réalité ou non de l'athéisme (au sens de rationalisme et de refus du surnaturel), il est plus indiqué et méthodologiquement plus solide de procéder par une série de questions portant sur les croyance ou non à des êtres supérieurs et sur différents types de croyances. Cela peut permettre en même temps une identification plus précise des modes variés de «non-religion».

Jean-François Mayer


Patrice Dartevelle (dir.), L’Athéisme dans le monde, Bruxelles, ABA Éditions, 2015, 126 p. (ce volume est le premier de la collection Études athées).

L'Association belge des athées publie en outre depuis 2014 une revue annuelle intitulée L'Athée.
Ces publications ne se trouvent pas dans le commerce et doivent être commandées directement à l'ABA: http://www.atheeshumanistes.be/blog/


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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 16 Aoû - 22:54


Kenya : une initiative visant à promouvoir l’athéisme suscite le débat

RFI Afrique 12-06-2016



Harrison Mumai, le président de la société Atheists in Kenya,
s'est déplacé sur plusieurs plateaux de chaînes de télévision kényanes pour expliquer sa démarche

© Capture d'écran/Youtube


Citation :
Une association, qui revendique environ 200 membres, a demandé, l’an dernier, son immatriculation au registre des sociétés. Après les protestations de certaines Eglises, sa requête a été rejetée. Mais son président, Harrison Mumia, a fait appel et obtenu gain de cause.

Ils ne croient pas en Dieu, mais au droit. S’appuyant sur une Constitution qui précise que l’Etat est « sans religion », des athées ont réussi à fonder une société, Atheists in Kenya, en février 2016.

Estimant que l’athéisme est une menace pour la paix et l’ordre, des Pentecôtistes ont demandé qu’elle soit radiée du registre des sociétés. Dans un premier temps, le garde des Sceaux, Githu Muigai, leur a donné raison. Il a « suspendu » son immatriculation... avant de faire machine arrière.

Harrison Mumai, le président fondateur de la société Atheists in Kenya, estime qu’il était grand temps que les non-croyants se manifestent : « Je suis sorti du placard parce que je connais les problèmes qu’ont les personnes athées. Mon geste a incité des athées à s’affirmer en tant qu’athées. Quelqu’un devait le faire. Et c’est tombé sur moi. »



la couleur et l'odeur de la religion, mais...


Soutien inattendu

Il sait toutefois que l’athéisme suscite inquiétudes et incompréhensions. « On me demande si je suis un adorateur du diable. Il y a même des gens qui refusent de me serrer la main parce qu’ils me croient en relation avec le diable. Au Kenya, c’est rare qu’une personne dise ouvertement qu’elle ne croit pas en Dieu. Beaucoup de gens, quand ils font ma connaissance, se montrent étonnés, choqués même. Ils disent que mes parents m’ont mal élevé. »

Dans leur combat pour une reconnaissance légale, les athées ont toutefois pu bénéficier d’un soutien inattendu. L’Eglise anglicane, y compris l’archevêque de Cantorbéry, a estimé qu’il était souhaitable pour les chrétiens de débattre avec des gens qui ne partagent pas leurs idées
.

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MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Jeu 18 Aoû - 15:01


une campagne contre-productive...
qui n'en rapporte pas moins


La créatrice du burkini : "c'est juste un maillot de bain !"

Europe 1 18 août 2016


La créatrice du burkini, Aheda Zanetti, à droite @ AFP

Aheda Zanetti, une Australienne d’origine libanaise, s’indigne de la polémique autour de ce maillot de bain couvrant qu’elle a elle-même créé en 2004.

Citation :
En imaginant en 2004 à Sydney, le burkini, Aheda Zanetti n’imaginait pas une seule seconde que douze ans plus tard, son maillot de bain destiné aux musulmanes créerait une telle polémique en France. Cette Australienne d’origine libanaise revient pour Europe 1 sur les conditions de création du burkini et sur la controverse qui agite actuellement l’hexagone.

Comment avez-vous eu l’idée de créer le burkini ?

C’était en 2004. Je regardais ma nièce jouer au netball, un jeu qui ressemble à du basket. Elle a choisi de se voiler à un jeune âge. Je l’ai regardée et j’ai pensé qu’il n’y avait pas de tenue de sport adaptée pour ces femmes qui ont choisi de porter le voile. Je me suis donc assise un soir, en me demandant ce que moi, je porterai. Je voulais m’assurer que ce maillot de bain serait aussi adapté au mode de vie australien. J’ai donc remplacé le voile par cette capuche afin qu’on ne puisse pas dire : « c’est une fille musulmane ». Si ces filles décident de porter le hijab, et c’est leur choix, je ne voulais pas non plus qu’elles se privent d’activité physique.

Le succès a-t-il été immédiat ?

On a lancé officiellement la compagnie en novembre 2004 et ça a tout de suite été un succès. Dès que le site a été ouvert, dans la semaine qui a suivi, j’ai eu ma première commande en provenance d’Angleterre puis des Etats-Unis. Depuis, le succès ne s’est jamais démenti.

Vos clientes sont-elles exclusivement musulmanes ?

Le produit a été créé pour les femmes musulmanes mais je crois que 30% de femmes non musulmanes achètent le burkini. Cela peut-être des femmes juives, des mormones, des chrétiennes, des hindoues… ou même des femmes qui veulent protéger leur corps du soleil.

En France, plusieurs maires ont décidé de bannir le burkini des plages, créant une énorme polémique. Qu’en pensez-vous ?

Ils en font un symbole politique alors qu’ils devraient le voir comme quelque chose de positif. Ces femmes, quelle que soit d’ailleurs leur religion, peuvent continuer à être actives et aller sur la plage. Je ne comprends pas, c’est juste un maillot de bain ! Cela ne fait de mal personne ! Le burkini ne discrimine personne. La dernière chose à faire, c’est d’interdire quelque chose et donc de créer de la haine. Aucun politique ne peut arrêter une femme qui veut acheter un burkini. A la place, ces femmes vont aller passer leurs vacances ailleurs qu’en France, en Espagne…ou alors en Australie, nous nous accueillons tout le monde ici !

Etes-vous inquiète pour vos ventes à l’avenir en France ?


(Rires) Oh, non pas du tout ! Au contraire, on a eu une augmentation des ventes en France depuis plusieurs semaines, entre 35 à 40%. Ces femmes vont continuer à acheter le burkini et peu importe qu’elles aillent nager en France, en Espagne, en Suisse ou ailleurs… Personne ne pourra les arrêter de faire ce qu’elles veulent.



dommage que les sans-culottes n'aient pas déposé un brevet...



Bains de mer en 1790

Citation :
A Arcachon, en 1847, le maire crée une ordonnance « que les hommes se baignant sur la côte du Bassin seront vêtus d’un pantalon large et ils se tiendront, autant que possible, éloignés des lieux où seront les dames. Ils devront se déshabiller et s’habiller dans les cabanes, qui sont disposées pour cela sur la plage et si quelque motif nécessitait qu’ils se déshabillent dans leurs appartements, ils devraient se couvrir le corps d’une chemise de laine, ou tout autre vêtement, pour arriver aux dites cabanes. Les dames pour aller au bain et pour se baigner devront être vêtues d’un grand peignoir tombant jusqu’aux talons

source : Histoire du Balnéaire et du Maillot de bain 1900, Lingerie, Corsets & Swimwear, 16 juin 2015


en relation, Collector X-kini : chinoiseries

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