PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» VA-SAVOIR : chronique à la com, ou la dialectique en propotion magique
Aujourd'hui à 0:11 par Patlotch

» SURVEILLANCE de la POPULATION, sécuritaire, caméras, écoutes, internet...
Dim 25 Juin - 12:49 par Patlotch

» PENSÉES diverses à marier sans modération
Sam 24 Juin - 17:07 par Patlotch

» MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME
Sam 24 Juin - 13:52 par Patlotch

» ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
Sam 24 Juin - 10:56 par Patlotch

» 'PROGRÈS', SCIENCES, HUMAIN, SANTÉ et capital... TRANSHUMANISME et dés-humanité
Ven 23 Juin - 12:23 par Patlotch

» "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie
Mar 20 Juin - 19:03 par Patlotch

» un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)
Jeu 15 Juin - 20:26 par Patlotch

» THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse
Ven 9 Juin - 10:58 par Patlotch

» la vie du forum : réception, conseils, mises à jour, etc.
Jeu 1 Juin - 17:45 par Admin

» DÉCOLONISER le FÉMINISME ! Féminisme, voile, race et Islam... "Féministes blanches"... sexisme et racisme... et le burkini ?!
Lun 29 Mai - 18:42 par Patlotch

» AFRODITE CHEZ LES PHALLOCRATES, antiroman sans repentir, suivi de BLACK WOMEN, Love, Sex, Song, Dance... et théorie communiste
Lun 29 Mai - 17:23 par Tristan Vacances

» DOMESTIQUES (travailleuses et travailleurs) / DOMESTICS WORKERS / Servants
Sam 27 Mai - 16:09 par Admin

» DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE
Sam 27 Mai - 14:54 par Admin

» "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME
Jeu 25 Mai - 15:02 par Patlotch

» "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail
Jeu 25 Mai - 12:07 par Patlotch

» TRAVAIL, CHÔMAGE, SYNDICALISME... MONDE / chiffres, courbes, cartes...
Mer 24 Mai - 13:25 par Patlotch

» OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS
Mer 24 Mai - 9:34 par Admin

» des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...
Mar 23 Mai - 13:45 par Admin

» PALESTINE et ISRAËL
Lun 22 Mai - 18:41 par Patlotch


Partagez | 
 

 OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 25 Oct - 19:33

(en construction)

Manuel Valls se rend au prix des « laïcards » 24 octobre 2015 | Par Mathieu Magnaudeix

Au grand dam de ministres et de l'Élysée, le premier ministre se rendra lundi 26 octobre à la remise du controversé “Prix de la laïcité”. Cette année, le lauréat est Samuel Mayol, directeur de l'IUT de Saint-Denis. Taxé d'« affabulateur » par ses détracteurs, il est devenu le héros des défenseurs d'une « laïcité de combat » à l'université.


Citation :
Le rendez-vous n'est pas indiqué à l'agenda officiel du premier ministre 3. Matignon a pourtant confirmé vendredi soir au cabinet d'Anne Hidalgo que le premier ministre Manuel Valls assurera bien le discours de clôture, lundi 26 octobre, de la cérémonie de remise des dixièmes « Prix de la laïcité » 3. Ce prix, organisé par le Comité Laïcité République (CLR), dont les organisateurs sont connus pour leur défense d’une vision maximaliste de la laïcité, est accueilli chaque année par la mairie de Paris, qui prête un salon de l’Hôtel de Ville.

À cette occasion, un hommage sera rendu aux victimes des attentats de Paris, et notamment le dessinateur Charb. Jusque-là, rien de plus consensuel. Là où l’affaire prend un tour très politique, c’est que le lauréat de l’édition 2015 sera l’universitaire Samuel Mayol, directeur de l’IUT de Seine-Saint-Denis. Alors que le nom du lauréat est sous embargo, l’intéressé lui-même l’a annoncé à Mediapart. « J’en ai été informé en juin. Je suis heureux, c’est un immense honneur. C'est aussi une façon de focaliser l'attention sur la neutralité religieuse à l'université », dit-il.


Personnage contesté, taxé d’« affabulateur » par ces détracteurs, Mayol est parti en croisade contre le « communautarisme » dans son université, où il se targue d’avoir interdit la vente de sandwichs halal et d’avoir fermé un local qui servait de salle de prière pour des étudiants musulmans. Il affirme par ailleurs avoir mis au jour d’importants détournements dans son établissement, ce qui lui aurait valu d’avoir été depuis agressé par deux fois — une fois le 20 mai 2014, une autre fois près le 10 octobre dernier. Au total, Samuel Mayol dit avoir reçu « 32 menaces de mort » depuis le début de l’affaire. Récemment, l'université Paris 13, dont son IUT dépend, a pourtant déposé une main courante. Elle le soupçonne d'avoir apporté lui-même des tapis de prière dans un local pour accréditer ses propos.

Pour les organisateurs du Prix de la laïcité, la cause, pourtant, est entendue : Mayol est un héros de la lutte pour la défense de la laïcité à l’université. Il a reçu le soutien appuyé de plusieurs intellectuels de gauche et de droite qui décrivent l’islam comme une menace pour la laïcité : la philosophe Élisabeth Badinter, le médiatique Alain Finkielkraut, le sociologue Guy Konopnicki ou l’essayiste Caroline Fourest. « Parmi ces graves dysfonctionnements qui ont été dénoncés par Samuel Mayol, il y a eu l’éviction des femmes directrices d’études. Des cours non faits ont été rétribués. Il y a eu des recrutements de vacataires sans diplôme requis. Des comportements claniques ont été mis en évidence », écrivent-ils en défense de l’universitaire 3. Le magazine en ligne néo-réactionnaire Causeur, animé par Élisabeth Lévy, voit en lui 3une « victime présumée coupable ».

Ces dernières années, le prix national remis par le CLR, ou les prix spéciaux, ont toujours récompensé les tenants d'une approche dure de la laïcité : la directrice de la crèche Baby Loup Natalia Baleato 3(2011), la députée radicale de gauche Françoise Laborde 3 (2012), l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Jeannette Bougrab 3(2013), les philosophes Henri Pena-Ruiz et Catherine Kintzler 3 l’an dernier.


La présence à la remise de ce prix de Manuel Valls est donc très symbolique. « Manuel Valls porte une tradition républicaine de la laïcité qui est aussi la nôtre, justifie Patrick Kessel, le président du CLR. Il ose dire des choses que les autres ne disent pas. » Dans son camp, le premier ministre, autoproclamé défenseur d'une « laïcité exigeante » 3, a toujours tenu à se distinguer, incarnant une ligne prétendument réaliste et stricte contre les supposés laxistes de gauche, accusés d’être trop conciliants vis-à-vis du prosélytisme religieux, en particulier musulman. Manuel Valls fut un des rares socialistes à soutenir l’interdiction du voile intégral, en 2011. Il est un ami personnel de la directrice de la crèche Baby Loup, Natalia Baleato, qui avait licencié une salariée portant le foulard. Ministre de l'intérieur, il avait plaidé pour une loi sur le voile dans les crèches 3. Votée en mai 2015, elle s'est transformée en simple rappel du droit.

Alors qu'il n'était pas à Matignon, Manuel Valls est d'ailleurs venu déjà deux fois à la remise du prix, dont une fois comme ministre de l’intérieur, rappelle Patrick Kessel. Ancien grand maître du Grand Orient de France et membre de l'Observatoire de la laïcité, instance consultative installée en 2013 par François Hollande, Kessel s'est plusieurs fois opposé à des avis de l'Observatoire, au sujet de la crèche Baby Loup ou après les attentats de Paris. Comme le premier ministre, Kessel réfute le terme d'« islamophobie ». « C'est le cheval de Troie du communautarisme, un discours de "bobo" », dit-il. Évoquant les scores électoraux du Front national, il estime que « l'extrême droite a fait un hold-up sur la laïcité car la gauche a déserté le terrain ».

Quant au vice-président du CLR, Alain Seksig, lui-même "frère" du Grand Orient, il était le chargé de mission laïcité du défunt Haut Conseil à l'intégration créé par Nicolas Sarkozy. Comme Rue 89 l'a raconté 3, il plaide pour l'interdiction du voile à peu près partout, dans les entreprises, les crèches, les écoles, les lieux recevant du public ou à l'université. En 2013, Manuel Valls avait jugé « digne d'intérêt » 3 la proposition de Seksig d'interdire le voile aux femmes qui viennent étudier à l'université. Une idée relancée récemment par la secrétaire d'État aux droits des femmes Pascale Boistard 3, proche de Manuel Valls… puis torpillée par Valls lui-même 3, sur demande du chef de l'État.

S'il refuse de parler du lauréat – il y a un embargo –, Patrick Kessel estime que « c'est le rôle » du Prix de la laïcité « de pointer les difficultés et les vides juridiques ». À l'entendre, il y a justement « beaucoup de problèmes concrets à l'université ». Ce que conteste l'Observatoire de la laïcité, qui a procédé à des auditions et va bientôt publier un avis sur le sujet. « L'Observatoire de la laïcité porte une parole dangereuse qui fait le lit du FN en considérant qu'il n'y a pas de problème en France, balaie Kessel. Aurait-il une perspective électoraliste, pour flatter l'électorat communautaire ? » (sous-entendu, musulman). « Patrick Kessel ne représente que lui-même », soupire un membre de l'Observatoire.

« Laïcité de combat qui s’est muée en laïcité anti-islam »

Dans les cabinets ministériels, à l'Élysée, la remise du prix de la laïcité à Samuel Mayol n'étonne pas vu le CV des organisateurs. La volonté du premier ministre de s'y rendre non plus, vu ses positions antérieures et sa conviction que l'« islam sera un enjeu électoral en 2017 » 3. Mais à quelques semaines des 110 ans de la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905 (en décembre), elle dérange et désole les partisans, majoritaires au sein du gouvernement, d’une ligne d’apaisement.

« Ceux qui remettent ce prix, ceux qui gravitent autour, sont des laïcards, défenseurs d’une laïcité de combat qui s’est muée en laïcité anti-islam », s’étouffe un conseiller ministériel, qui juge la venue de Manuel Valls « scandaleuse ». Plusieurs ministres lui auraient conseillé de s'abstenir. L'Élysée a discrètement tenté le dissuader. En vain : sur ce sujet, Manuel Valls revendique son autonomie. D'autant plus que, selon un écho du Parisien, il se dit « étouffé » à Matignon par le chef de l’État 3. Pour le premier ministre, qui n’a pas renoncé à être candidat à la présidentielle de 2017, le discours de lundi peut être une occasion de marquer sa différence.

Reste un problème politique majeur : par sa simple présence lundi, Manuel Valls ne peut que donner le sentiment de soutenir Samuel Mayol. Or l'affaire dans laquelle il est impliqué, sur laquelle la police judiciaire de Bobigny enquête depuis un an et demi dans le cadre d'une information judiciaire 3, est toujours très trouble.

Le conflit dure depuis trois ans. Tout part d'un différend entre deux ex-amis, tous deux membres du Grand Orient de France : le directeur de l'IUT de Saint-Denis, Samuel Mayol, et un ancien chef de département, Rachid Zouhhad. En 2012, Mayol s'inquiète de « dysfonctionnements » au sein du service de Zouhhad : enseignants en « sous-service », heures non faites, etc. Au printemps 2014, Zouhhad est destitué – le tribunal administratif n'y voit rien à redire.

Cette affaire, presque banale, se double d'un conflit autour de la place de l'islam et des musulmans à l'IUT. Le 3 février 2014, à la suite d'une (fausse) alerte à la bombe, la police découvre dans un local de l'IUT trente tapis de prière. La salle est utilisée par une association, L'Ouverture, qui vend des sandwichs halal dans l'établissement. Invoquant des raisons sanitaires, Mayol ferme alors le local et l'association quitte l'université. D'après lui, il existe aussi une dimension « communautaire » dans les anomalies constatées dans le service de M. Zouhaad – en clair, il lui reproche de n'avoir recruté que des vacataires musulmans. Cité en juillet par Libération 3, l'avocat de Rachid Zouhhad, Bouziane Behillil, dénonce un « combat laïciste visant à éradiquer au sein de l'enceinte de l'IUT de Saint-Denis toute différence ».

Depuis un an, Mayol dit avoir reçu 32 menaces de mort. Il a été agressé à deux reprises, une fois le 20 mai 2014, une autre fois il y a quelques jours, le 10 octobre dernier 3, avec interruption temporaire de travail dans les deux cas. Mais jusqu'ici, ses agresseurs n'ont pas été identifiés et aucun lien avec les affaires au sein de l'IUT n'a pu être établi. Samuel Mayol, lui, est persuadé que les attaques sont liées « à la tentative de détournement de fonds » qu'il a mise au jour.

Problème : certains de ses dires eux-mêmes sont sujets à caution. Le 16 octobre, l’université de Paris 13 a annoncé « avoir déposé une main courante (…) suite à la découverte de nouveaux éléments ». Sur la base d'images de vidéosurveillance transmises à la police et de recoupements internes, l'université le soupçonne d'avoir lui-même apporté au début du mois des tapis de prière dans le local 3. Et d'avoir inventé tout ou partie de ses péripéties pour faire parler de lui. Joint par Mediapart, Mayol crie au « mensonge total », assure qu'il a déposé ce jour-là des « tee-shirts », et dit avoir chargé son avocat Richard Malka de porter plainte pour dénonciation calomnieuse. « Il n'y a jamais eu de radicalisme de quiconque, de tapis de prière, de détournement de fonds au sein de l'IUT de Saint-Denis, mais une effroyable manipulation qui a dupé des intellectuels de renom », affirme l'avocat de Rachid Zouhhad, cité par l'Agence France-Presse 3.

Un rapport de l'Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) rendu public par le ministère de l'éducation nationale en juin dernier a confirmé des « dysfonctionnements sérieux et répétés » au sein de l'IUT. Il évoque aussi un « comportement clanique » et note qu'après l'arrivée de M. Zouhhad, « plus aucune femme n'exerçait de fonctions de directeurs des études ». Il pointe enfin l'inaction dans ce dossier de la présidence de Paris 13, dirigée par Jean-Loup Salzmann, par ailleurs président de la conférence des universités (CPU). L'université, préconise les inspecteurs, « doit renforcer sa vigilance à l'égard des associations étudiantes telle l'Ouverture qui, sous couvert de vente de produits alimentaires, font du prosélytisme religieux ».

Mais le rapport est lui-même remis en cause par Salzmann, qui le juge « à charge » 3. Pour y voir plus clair, le gouvernement a demandé un nouveau rapport à l'IGAENR, attendu d'ici trois semaines. « Même si je ne dis pas que c'est le cas de Samuel Mayol ou de ceux qui remettent ce prix, je ne peux que constater que beaucoup de gens utilisent la laïcité pour cacher un certain racisme. La laïcité, c'est la liberté du culte et de penser ce que l'on veut, et pas une punition ni une interdiction », commente Jean-Loup Salzmann. Avant son discours de lundi, Manuel Valls a deux jours pour plancher sur le sujet.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 4 Nov - 7:52

Vatican

Les femmes, grandes oubliées du synode Noémie La Borie Le Monde des religions 03/11/2015

Lors d’un précédent synode en 1974, deux religieuses avaient été invitées. Quarante ans plus tard, ces dernières semaines, elles étaient trois parmi les trente-deux auditrices présentes au Vatican pour discuter de la famille. Entre frustration et sentiment de ne pas exister, les femmes déplorent une assemblée d’hommes faisant très peu de cas de leur voix



Noémie La Borie a écrit:
Lucetta Scaraffia est en colère. Invitée au synode sur la famille en tant qu’ « auditrice », cette journaliste du quotidien officiel du Vatican L’Osservatore Romano s’est sentie très peu écoutée durant les trois semaines de débat, dans un monde résolument masculin. Son message n’ayant pas été pris au sérieux, elle a choisi de crier son amertume dans une tribune publiée en Une du Monde, le 28 octobre dernier. Cette ancienne féministe y dénonce la « parfaite ignorance de la gent féminine » chez les évêques et cardinaux réunis au Vatican, du 4 au 25 octobre, pour discuter de la famille. Pendant les discussions en assemblée, elle n’a pas eu le droit d’intervenir, si ce n’est à la fin, et encore moins de voter, comme ce fut le cas pour les autres auditeurs. Elle n’a pas non plus eu le droit de proposer des modifications au texte soumis au débat. « Bref, explique-t-elle, tout contribuait à ce que je me sente inexistante. »

La discussion des participants au synode a beaucoup porté sur « l’indissolubilité du mariage » et donc l’impossibilité, pour les catholiques, de se remarier. Mais lorsque Lucetta Scaraffia tente d’expliquer à l’assemblée que les femmes, souvent abandonnées par leur mari, sont les premières pénalisées dans cette situation, la journaliste a la sensation de « parler dans le vide ». À ses côtés, d’autres femmes participant au synode – toujours et seulement comme auditrices – ont tenté de se faire entendre. Comme cette jeune religieuse qui explique à Lucetta avoir découvert, lors d’un échange avec le pape, que les quatre lettres envoyées par son association, réclamant plus de place pour les religieuses, ne sont jamais parvenues au chef de l’Église catholique.

Au cœur du synode, la sœur américaine Maureen Kelleher, religieuse du Sacré-Cœur de Marie et membre de l’Union internationale des supérieurs généraux, prend la parole. En 1974, lors d’un précédent synode, relève-t-elle, seules deux religieuses avaient été invitées à participer. « Aujourd’hui, 40 ans plus tard, nous sommes trois. » Avec courage, la religieuse américaine adresse un vigoureux appel aux leaders de l’Église pour qu’ils reconnaissent « combien de nombreuses femmes qui se sentent appelées à être au service du Royaume de Dieu ne peuvent trouver leur place dans notre Église ». « Aussi douées soient-elles, soupire-t-elle, elles ne peuvent apporter leurs talents à la table des prises de décision et des planifications pastorales. »

La force des femmes face à Boko Haram

Deux autres auditrices, catholiques engagées, ne se sont pas non plus laissées intimidées. Agnes Offiong Erogunaye est présidente de la Catholic Women Organization of Nigeria. Devant l’assemblée d’hommes, elle témoigne de la force des femmes nigérianes face à la secte Boko Haram : « L’insurrection de Boko Haram au Nigeria a montré la force et le rôle d’une femme et d’une mère déterminée à garder sa famille réunie face à l’impuissance et à la calamité. Dans ces moments de détresse, elle travaille dur pour que sa famille survive. »

Elle poursuit : « De mon expérience avec les femmes dans ces moments difficiles, je peux dire avec audace que, bien que l’homme soit le chef de famille, la femme est cependant le cœur de la famille, et quand le cœur cesse de battre, la famille meurt (…). La plupart des femmes africaines sont connues pour prendre soin de leur famille, avec ou sans la contribution de leurs époux ! »

L’Australienne Maria Harries, elle, invite à respecter, voire à s’inspirer de la culture des peuples aborigènes de son pays. Dans des systèmes souvent « matrilinéaires », explique-t-elle, les femmes jouent « un rôle dynamique », et sont habituées à « être visibles ». Pour appuyer son propos, elle va jusqu’à citer un chef aborigène : « Sans femmes visibles à l’autel et dans la vie de notre Eglise, nous mettons hors de vue nos mères, nos sœurs et nos filles ! »

Entendre la voix des femmes

« Je pense que le synode gagnerait vraiment à entendre la voix des femmes, a pour sa part estimé sœur Carmen Sammut, présidente de l’Union internationale des supérieures générales dans le quotidien La Croix, à l’issue du synode. Elles sont expertes en plusieurs domaines, très proches de la vie de ceux et celles qui souffrent, aux marges. » Elle avoue que le synode fut « une épreuve », car « il y avait si peu de femmes » que « l’universalité était en soit limitée ». « Forcément, dans cette rencontre, la voix de trois religieuses n’avait pas beaucoup de poids. Comme nos interventions sont arrivées en fin de deuxième semaine, certaines étaient devenues caduques. C’était assez frustrant. »

« J’ai vécu des moments de désolation quand j’ai pensé que tout était bloqué, confie encore la religieuse, et que rien de neuf n’allait apparaître dans le résultat final. » Cependant, quand elle découvre le rapport final, elle est plutôt satisfaite : « Il reconnaît que leur participation au sein de l’Église dans les processus de décision, dans la gouvernance de certaines institutions et dans la formation des prêtres, peut contribuer à une meilleure reconnaissance sociale des femmes. Nous attendons maintenant que ces déclarations soient mises en pratiques. »

Nommer plus de femmes à la curie romaine

N’y a-t-il donc eu aucun homme pour défendre la cause des femmes durant l’assemblée des évêques ? Si, au moins un ! Dans une intervention courageuse, l'évêque canadien Mgr Paul-André Durocher a demandé à l’Église d’affirmer « que les passages où saint Paul parle de la soumission de la femme à son mari ne peuvent pas justifier la domination de l’homme sur la femme, encore moins la violence à son égard ». Il a ensuite proposé la possibilité de « nommer des femmes aux postes qu’elles pourraient occuper dans la curie romaine et dans les curies diocésaines », afin de « reconnaître l’égale capacité des femmes d’assumer des postes décisionnels dans l’Église ».
Pour l’instant, les femmes sont très rares à occuper des postes à responsabilité dans la curie romaine. Aucune n’est à la tête d’un dicastère (sorte de ministère). L’évêque canadien est même allé plus loin, en proposant l’accès des femmes au diaconat. Il confie cependant que cette suggestion a suscité « peu d’échos » dans la suite des débats. Sans doute faudra-t-il attendre un prochain synode pour que les femmes réussissent, cette fois, à faire entendre leur voix.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 6 Nov - 18:13

Religion: Les enfants croyants seraient moins charitables que les autres
T.L.G. 06.11.2015 20 minute

ÉTUDE La religion, perçue comme un gage de bonté, autoriserait «inconsciemment» les pratiquants à un plus grand égoïsme...


Enfants de chœur - Geoff Robinson Photogra/REX/SIPA

Citation :
Les jeunes croyants ne sont pas tous des enfants de chœur. D’après une étude publiée jeudi dans la revue Current Biology, les enfants élevés dans les familles croyantes seraient moins sensibilisés à l’altruisme, l’empathie ou la charité que les jeunes des familles « non religieuses ».

L’enquête a été réalisée dans six pays (Canada, Chine, Jordanie, Turquie, Etats-Unis et Afrique du Sud) auprès de 1.170 enfants âgés de 5 à 12 ans. L’objectif initial était de mesurer l’impact de la religion dans les comportements « pro sociaux », rapporte Le Monde.

Plus d’autocollants distribués pour les non-religieux

Les scientifiques ont divisé l’échantillon en trois groupes : chrétiens, musulmans, et non-religieux. Pour déceler l’altruisme des enfants, les chercheurs se sont inspirés du jeu du dictateur. Les enfants pouvaient garder un certain nombre d’autocollants et distribuer le reste. Le nombre d’autocollants donnés par les jeunes non-croyants était plus important que celui des religieux.

Dans un autre test, les scientifiques ont également remarqué que les enfants élevés dans la religion proposaient des punitions plus sévères que les autres.


Un mécanisme de « licence morale »

Pour expliquer ces résultats, les auteurs de l’étude invoquent un mécanisme de « licence morale », explique Le Monde. La religion pourrait être perçue en elle-même comme un gage de bonté, autorisant « inconsciemment » les pratiquants à un plus grand égoïsme au quotidien.

Les chercheurs concluent que leurs observations « remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l’idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire ».

Amen.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 8 Nov - 19:51


lettre perçante ?

une petite remarque à propos des innombrables articles, livres, débats et polémiques sur les divers aspects et dangers de la religion musulmane dans un pays où la population musulmane représente quoi, 7 ou 8 % de la population

imagine-t-on, dans un pays à population majoritairement musulmane, en Afrique ou en Orient, en Asie ou en Indonésie, un tel déluge concernant les divers aspects de la chrétienté, de ses différentes religions, qui se sont toutes mises au service du colonialisme et du capitalisme occidental ?

je pense que c'est une bonne manière de s'imaginer ce qu'est la prétention française à traiter de tous les problèmes du monde, et donner les leçons de ses Lumières et valeurs universelles laïques et démocratiques

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 9 Nov - 16:26

pour qui a accès, un billet sur mon blog Médiapart

> LA LAÏCITÉ EST L'OPIUM DU PEUPLE FRANÇAIS 09 novembre 2015 |  Par Patlotch

la Hic' Cité



montage photo Patlotch


MOSELHA a écrit:

Le mythe est un Boomrang... Le mensonge ne peut être la fondation d'une grande Nation.


Patlotch a écrit:
ce que montrent de façons croisées Marx et Pierre Legendre, c'est que le mythe, ici, c'est justement la Nation, l'État, l'État-nation... mythe fondateur de l'idéologie républicaine, de la démocratie politique et de la citoyenneté, et par suite du mythe de la laïcité comme principe quasi éternel de relations sociales entre croyants de diverses religions et incroyants, mais toujours croyant ensemble en l'État laïque et républicain au-dessus des rapports de classes (d'où mon montage photos avec la mosquée et le coq gaulois tricolore)

ce n'est pas à proprement parler un mensonge. L'idéologie n'est pas un mensonge. C'est un produit historique et social comme toute idée qui devient dominante, et c'est de cela que parle Marx avec sa formule « La religion est l'opium du peuple », d'où le détournement de mon titre : la laïcité est l'opium du peuple

dans la France d'aujourd'hui, la laïcité fonctionne comme une religion, c'est-à dire comme idéologie. C'est le titre de l'article d'Olivier Roy : "La laïcité est devenue une idéologie"


voilà en résumé la cohérence de mon propos




Dernière édition par Admin le Lun 9 Nov - 19:51, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 9 Nov - 19:50

MOSELHA a écrit:

Le mythe est un Boomrang... Le mensonge ne peut être la fondation d'une grande Nation.


Patlotch a écrit:
ce que montrent de façons croisées Marx et Pierre Legendre, c'est que le mythe, ici, c'est justement la Nation, l'État, l'État-nation... mythe fondateur de l'idéologie républicaine, de la démocratie politique et de la citoyenneté, et par suite du mythe de la laïcité comme principe quasi éternel de relations sociales entre croyants de diverses religions et incroyants, mais toujours croyant ensemble en l'État laïque et républicain au-dessus des rapports de classes (d'où mon montage photos avec la mosquée et le coq gaulois tricolore)

ce n'est pas à proprement parler un mensonge. L'idéologie n'est pas un mensonge. C'est un produit historique et social comme toute idée qui devient dominante, et c'est de cela que parle Marx avec sa formule « La religion est l'opium du peuple », d'où le détournement de mon titre : la laïcité est l'opium du peuple

dans la France d'aujourd'hui, la laïcité fonctionne comme une religion, c'est-à dire comme idéologie. C'est le titre de l'article d'Olivier Roy : "La laïcité est devenue une idéologie"


voilà en résumé la cohérence de mon propos


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 10 Nov - 15:21

importé du billet Critique de l'Islam, de l'islamisme et "islamophobie" 08 novembre 2015 |  Par Monica M.

lucie couvreur a écrit:
Arriver à faire coexister pacifiquement au sein d'un même cadre juridique plusieurs cultes différents , dans un objectif commun qui est le respect de l'autre

je ne discute pas vos bonnes intentions, mais je pense qu'elles ne sont pas réalistes. L'histoire n'évolue jamais en fonction de considérations telle que "le respect de l'autre" : le droit, la loi, ne font jamais qu'entériner à un moment donné l'état de la société, des rapports sociaux

Lucie Couvreur a écrit:
Conclusion du document sur la charte de la laicité outil pédagogique
« L’objectif de la charte de la laïcité est de montrer que la laïcité doit être comprise comme une valeur positive d’émancipation et non pas comme une contrainte qui viendrait limiter les libertés individuelles. »
c'est vrai en partie au moment de son entrée dans le droit, et c'est à ce titre un compromis entre l'État et l'Église, majoritairement catholique, qui arrange les deux parties, et entérine leurs objectifs communs, y compris dans le soutien papiste aux armées


Citation :
« La laïcité est en réalité le seul outil qui permette d’éviter l’éclatement de la République en segments, en communautés étanches »

cela ne correspond pas à ce qui s'est passé depuis un siècle, si l'on regarde plus largement que les seuls rapports entre les Chrétiens et l'Etat français. Ceux-ci n'ont que très faiblement déterminé le sort de la "République". La période de l'Occupation allemande et de la Collaboration française, par exemple, n'est pas restée dans les annales des historiens comme un sauvetage de la République, ni pour l'entrée de l'Église dans la Résistance

>> l'Eglise et Pétain pendant la seconde guerre mondiale


Citation :
« C’est pour cette raison que la laïcité est un gage de paix.»

où avez-vous trouvé ça ? Donnez des exemples au lieu de prétendre que depuis un siècle, la France connaîtrait « la paix sociale grâce à la laïcité », ou qu'elle serait aujourd'hui utilisée à cette fin par tous ceux qui s'en réclament en la vidant de son sens, le compromis historique dont je parlais plus haut

en vérité, toute cette histoire, depuis la Révolution française, remonte à la surface, et montre ses dessous, qui sont bien plus complexes que ne veut le faire croire cette focalisation outrancière sur la religion musulmane, l'émancipation des femmes voilées, etc.

c'est pourquoi je disais à Monica M. qu'on peut toujours définir comme on veut « la question au centre de son billet », si cette question ne démontre pas sa pertinence. Le problème est dans la question, comme penser que le clivage droite-gauche serait encore déterminant. Autrement dit, je pense que Monica M. commet ici une double erreur d'appréciation : poser le problème comme étant celui de la gauche, et le faire à travers la question religieuse de l'islam

la France est malade de cette obsession, qui est utilisée par le pouvoir pour enfumer les Français, mais les réalités sociales feront un jour exploser cette bulle de spéculations idéologiques : voilà ce qu'ils craignent, à gauche comme à droite



Le monde continue à tourner loin de cette vision de l'esprit et du Saint-Esprit

Amen

Ah là est grand !


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 10 Nov - 16:32

encore un chef-d'œuvre d'idéologie française

Laïcité, la guerre sainte de la République Samuel Metias Adjoint au Maire de Colombes, Trésorier du Think Tank Allons Enfants fondé par Rama Yade et Conseiller national UD, Huffington Post, 10/11/2015

Samuel Metias a écrit:
LAÏCITÉ - Il est évident de faire le lien dans ce titre entre les mots "laïcité" et "République". L'expression "guerre sainte" est provocatrice.Cette provocation est bien-sûr volontaire. Elle fait évidemment tout de suite penser à l'islam et, selon l'actualité, à Daech ou au terrorisme. [...]

Posons-nous les seules questions qui comptent : quelles sont nos valeurs communes autour de la laïcité et du fait religieux ? Comment pouvons-nous les appliquer de manière consensuelle au quotidien ?

[...]

Pour conclure, je crois que si nous avons le courage de refonder la laïcité pour en faire un concept plus clair, plus fort et mieux partagé, nous aurons là un cadre qui permettra de combattre efficacement les extrêmes et les extrémistes. Dit autrement, une laïcité évolutive, pleinement respectée et acceptée de tous les citoyens, serait notre meilleure arme contre le terrorisme et autres extrêmes en tous genres...


si l'on observe ce qui se passe depuis une quinzaine d'années, avec le tournant étatique de la "loi sur le voile" en 2004, et plus encore depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, comment ne pas voir que le résultat est tout à l'inverse, et que la Guerre au terrorisme est une imposture, avec ses relents de croisade en Orient, justement



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 10 Nov - 16:43

Bonjour,

Patlotch a écrit:
ce n'est pas à proprement parler un mensonge. L'idéologie n'est pas un mensonge. C'est un produit historique et social comme toute idée qui devient dominante, et c'est de cela que parle Marx avec sa formule « La religion est l'opium du peuple », d'où le détournement de mon titre : la laïcité est l'opium du peuple

dans la France d'aujourd'hui, la laïcité fonctionne comme une religion, c'est-à dire comme idéologie. C'est le titre de l'article d'Olivier Roy : "La laïcité est devenue une idéologie"

Il me semble à moi aussi assez évident que l'idéologie n'est pas un "mensonge". Je peux bien sûr me tromper, mais il me semble que vous rejoignez là, sur ce point précis, (outre Marx, bien entendu) Debord : La société du Spectacle : chapitre 9, L'idélogie matérialisée.

(souligné en "gras" par moi) :

L'idéologie matérialisée a écrit:

212

L'idéologie est la base de la pensée d'une société de classes, dans le cours conflictuel de l'histoire. Les faits idéologiques ten'ont jamais été de simples chimères, mais la conscience déformée des réalités, et en tant que tels des facteurs réels exerçant en retour une réelle action déformante : d'autant plus la matérialisation de l'idéologie qu'entraîne la réussite concrète de la production économique autonomisée, dans la forme du spectacle [nb : oui, bon, le spectacle, bon passons...], confond pratiquement avec la réalité sociale une idéologie qui a pu retailler tout le réel sur son modèle.

213

Quand l'idéologie, qui est la volonté abstraite de l'universel, et son illusion, se trouve légitimée par l'abstraction universelle et la dictature effective de l'illusion dans la société moderne, elle n'est plus la lutte volontariste du parcellaire, mais son triomphe. De là, la prétention idéologique acquiert une sorte de plate exactitude positiviste : elle n'est plus un choix historique mais une évidence. Dans une telle affirmation, les noms particuliers des idéologies se sont évanouis. La part même de travail proprement idéologique au service du système ne se conçoit plus qu'en tant que reconnaissance d'un «socle épistémologique» qui se veut au delà de tout phénomène idéologique. L'idéologie matérialisée est elle-même sans nom, comme elle est sans programme historique énonçable. Ceci revient à dire que l'histoire des idéologies est finie. [pour ces deux derniers points, ceci fut un peu hasardeux de la part de Debord, en son temps...]


Note : je ne fais pas une fixette sur Debord. Je ne suis pas "debordienne" (ou "debordiste" ?). Pas plus que je ne suis "marxiste" au sens de la vulgate.


Il y a néanmoins un point que je relève chez vous avec lequel je ne suis pas tout à fait d'accord :

Patlotch a écrit:
dans la France d'aujourd'hui, la laïcité fonctionne comme une religion, c'est-à dire comme idéologie. C'est le titre de l'article d'Olivier Roy : "La laïcité est devenue une idéologie"

La laïcité, en France, selon mon opinion (que je pourrais étayer si nécessaire), a depuis fort longtemps fonctionné comme une religion, cela ne date pas d'aujourd'hui. Par exemple, lors de la "Terreur", ne vouait-on pas un amour irraisonné - donc par là même religieux/idéologique - à la Raison et à l'Etre Suprême ? Bien entendu cela n'a que valeur d'exemple. Il y en a d'autres, tel celui de l'instituteur laïque du début du XXème siècle. Lui aussi agissait de façon "religieuse" et très franchement idéologique.

Je pense que la religion est l'essence de la laïcité depuis fort longtemps. Simplement de nos jours, pour reprendre G.E. Debord, la religion/idéologie est matérialisée jusque dans les moindres recoins du pouvoir d'Etat. C'est là notre petite divergence.  

Qu'en pensez-vous, cher Patlotch ?

PS : Je suis bien d'accord avec vous que lorsque Marx écrit "la religion est l'opium du peuple", il investigue là tout le champ idéologique de son époque. Et reste d'une brûlante actualité. Ce que nos potes "marxistes-révolutionnaires-libertaires-post-trotskystes" (lol) n'ont jamais compris.

Amicalement,
C.C
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 10 Nov - 17:48

corinne cerise a écrit:
Il y a néanmoins un point que je relève chez vous avec lequel je ne suis pas tout à fait d'accord :

Patlotch a écrit:
dans la France d'aujourd'hui, la laïcité fonctionne comme une religion, c'est-à dire comme idéologie. C'est le titre de l'article d'Olivier Roy : "La laïcité est devenue une idéologie"

La laïcité, en France, selon mon opinion (que je pourrais étayer si nécessaire), a depuis fort longtemps fonctionné comme une religion, cela ne date pas d'aujourd'hui. Par exemple, lors de la "Terreur", ne vouait-on pas un amour irraisonné - donc par là même religieux/idéologique - à la Raison et à l'Etre Suprême ? Bien entendu cela n'a que valeur d'exemple. Il y en a d'autres, tel celui de l'instituteur laïque du début du XXème siècle. Lui aussi agissait de façon "religieuse" et très franchement idéologique.

Je pense que la religion est l'essence de la laïcité depuis fort longtemps. Simplement de nos jours, pour reprendre G.E. Debord, la religion/idéologie est matérialisée jusque dans les moindres recoins du pouvoir d'Etat. C'est là notre petite divergence.  

Qu'en pensez-vous, cher Patlotch ?


Chère Corinne, chair Cerise,

je ne défendrais pas le point de vue d'Olivier Roy, d'abord parce que je n'ai pas lu son livre, ensuite parce que je vous donne raison sur le caractère "religieux", au sens de Marx d'idéologique, de la laïcité, ou plutôt de la sainte trinité Etat-Religion-Laïcité

je n'ai référencé Olivier Roy qu'au sein d'un ensemble, avec Pierre Legendre et Marx se croisant quant à l'essence mythique, "dogmatique", "religieuse" de l'Etat, et Legendre le fait en remontant très loin dans le droit romain et du Moyen-Âge

j'ai ajouté - pas ici parce que cela figure plus haut ou dans d'autres sujets, mais dans mon billet chez Médiapart -, des points de vue anarchistes plutôt bon (étonnamment un texte du Monde Libertaire), etc.

et puis il y a ceci, que j'avais écrit en mars dernier sur mon site, à partir d'une photo du Panthéon. Cela rejoint parfaitement votre remarque :

Corinne Cerise a écrit:
La laïcité, en France, selon mon opinion (que je pourrais étayer si nécessaire), a depuis fort longtemps fonctionné comme une religion, cela ne date pas d'aujourd'hui. Par exemple, lors de la "Terreur", ne vouait-on pas un amour irraisonné - donc par là même religieux/idéologique - à la Raison et à l'Etre Suprême ? Bien entendu cela n'a que valeur d'exemple. Il y en a d'autres, tel celui de l'instituteur laïque du début du XXème siècle. Lui aussi agissait de façon "religieuse" et très franchement idéologique.


il faut lire en détails (croustillants) les passages incessants, de la Révolution française à La loi de 1905, entre des symboles laïques, religieux, et nationaux monarchistes ou républicains, jusqu'aux Communards qui scient la croix du Panthéon pour un mettre un drapeau rouge !

source nature, natures mortes et instablations mars 2015

Charlie au Panthéon




pourquoi s'étonner que la laïcité soit devenue l'opium des républicains de droite comme de gauche ?

d'après Wikipédia
Citation :
Le nom du monument, Panthéon, vient du grec pántheion, qui signifie « de tous les dieux ».  D'église catholique et royale, il est devenu Temple laïque de la République entre 1791 et 1793, pendant la Révolution française. Y sont inhumés Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Sadi Carnot, Émile Zola, Jean Jaurès, Jean Moulin, Jean Monnet, Pierre et Marie Curie, André Malraux ou encore Alexandre Dumas. Le rôle d'église lui est rendu par Napoléon 1er qui conserve la statue de La Renommée (sic), remplacée par une croix en 1822, un drapeau tricolore en 1830 (Louis-Philippe), une croix en décembre 1851 (Napoléon III)... Les Communards scient la croix et la remplacent par un drapeau rouge.

une croix est remise en 1873, qui ne semble pas avoir posé depuis de problème à nos républicains laïcs. Voltaire doit bien rigoler, encore qu'il se disait déiste... Toujours est-il qu'aujourd'hui, on a la croix et le drapeau français : Charlie est content ? »

je ne me souvenais pas avoir alors parlé de la laïcité comme opium...

une petite leçon de pratique théorique

garder son fil rouge...

une petite leçon de méthode théorique ressort de cet échange : on a beau vouloir ne pas entrer dans l'analyse par la religion (ou la laïcité), il est néanmoins nécessaire de le faire de ce point de vue aussi, sans quoi l'on s'interdit de pouvoir en discuter avec ceux qui le font. C'est pourquoi j'ai changé, chez Médiapart, mon fusil d'épaule, avec ces derniers billets sur l'exploitation capitaliste et la laïcité


si l'on garde en tête notre fil rouge, on ne s'y perd pas, mais on ne rejette pas non plus les contradictions telles qu'elles se présentent dans la réalité sociale ou dans les esprits. Sans quoi, effectivement, il n'y a rien à faire, en attendant la fin...

intervenir en évitant les polémiques directes

j'ai constaté que de rentrer dans le lard des cochon.ne.s françaises ne permettait pas d'intéresser qui a un souci minimal de comprendre, mais ne débouche qu'en polémiques stériles et en instrumentalisation par les gros malins trotsko-libéraux-libertaires

alors effectivement, comme vous me disiez, « qu'êtes-vous allé faire dans cette galère de Médiapart ? » Maintenant, j'y suis, et avec le temps, ce que j'y fais suscite un peu plus d'intérêt, j'y acquiers un peu plus de crédibilité, et j'ai progressé dans l'évitement des emmerdeurs, un art assez difficile

cela donne à réfléchir sur la question doit-on ou non polémiquer avec les citoyennistes et gauchistes radicaux ? à laquelle les "communisateurs" ont toujours répondu par la négative. Or, comme on le voit, ce n'est pas avec eux qu'il s'agit de polémiquer ni directement ni indirectement, mais d'intervenir, là où ils s'expriment ou non, parmi d'autres qui ne sont pas des militants, ni même marqués à gauche ou à droite, et de ce fait plus disponible, car moins sous emprise idéologique

c'est encore une preuve qu'il n'y a rien à attendre de la démocratie politique et de toute prétention révolutionnaire" avant-gardiste, mais qu'il faut néanmoins descendre dans "la rue" de la quotidienneté idéologique, qui est aussi lutte de classe dans les idées réelles des masses, et pas simplement d'élites intellectuelles ou théoriciennes

j'ai assez étouffé dans la bulle des échanges entre textes théoriques, qui n'ont strictement aucun effet, et d'ailleurs, il s'en produit de moins en moins dans le milieu post-ultragauche, ce qui pour moi tend à confirmer qu'elle vit ses « derniers feux »

bien à vous, Corinne




Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 14 Nov - 4:10

j'ai bien aimé le titre, par encore lu l'article, mais généralement, les camarades québecquois ne sont pas mauvais, pour les "trouvailles"

Un monde sans islam. Et si la religion n’expliquait pas grand chose ?
Publié le 11 novembre 2015 par Trouvailles les7duQuébec


—Combat entre croisés et Sarrasins, 1337. BnF
Guillaume de Tyr, Histoire d’Outremer

Une trouvaille de Adam Mira

Orient XXI  > Magazine  >  Graham E. Fuller   Et si l’islam n’avait pas existé ? Certains pourraient trouver l’hypothèse plaisante : pas de choc des civilisations, pas de guerres saintes, pas de terrorisme, pas de 11-Septembre ? Le Proche-Orient ferait-il figure de phare de la démocratie ? En réalité, sans l’islam, le monde en serait arrivé à peu près au même point qu’aujourd’hui en termes politiques et géopolitiques.

Graham E. Fuller a écrit:
Essayons d’imaginer un monde sans l’islam. Difficile, a priori. Cette religion occupe la une de nos journaux. Attaques-suicides, occupations, résistance, émeutes, fatwas, guérillas, vidéos terrifiantes, sans oublier le 11 septembre 2001 : «  l’islam  » sert de clé aux convulsions de notre époque. Pour certains néo-conservateurs, «  l’islamo-fascisme  » est désormais notre ennemi juré dans une «  troisième guerre mondiale  ». Permettez-moi de poser tout de même une question provocante : et si le prophète Mohammed n’était pas né  ? Et si l’islam ne s’était pas répandu au Proche-Orient, en Afrique et en Asie  ? Sans l’islam, notre monde serait sûrement très différent aujourd’hui… Ou pas.

Commençons par la question ethnique. En l’absence de l’islam, le visage de la région serait le même qu’aujourd’hui : complexe et conflictuel. La vie politique serait toujours dominée par les groupes importants du Proche-Orient, Arabes, Perses, Turcs, Kurdes, juifs, sans oublier les Berbères et les Pachtounes. Prenez les Perses : bien avant l’islam, ils ont frappé aux portes d’Athènes, et ils étaient les ennemis traditionnels des habitants de l’Anatolie. Des peuples sémites ont combattu les Perses dans tout le Croissant fertile, et jusqu’en Irak. Il y eut aussi les tribus et les marchands arabes, envahissant d’autres régions du Proche-Orient, bien avant l’arrivée de l’islam. Les Mongols auraient toujours détruit les civilisations d’Asie centrale et d’une grande partie du Proche-Orient au XIIIe siècle. Les Turcs auraient toujours conquis l’Anatolie, les Balkans jusqu’à Vienne ainsi que la plus grande partie du Proche-Orient. Ces conflits tournaient autour du pouvoir, des territoires, de l’influence et du commerce. Ils existaient bien avant l’arrivée de l’islam.

Mais on ne peut pas exclure arbitrairement la religion de l’équation. Si l’islam n’avait pas émergé, le Proche-Orient serait resté majoritairement chrétien, avec des sectes variées. Aucune autre grande religion n’était présente, à part quelques zoroastriens et un petit nombre de juifs.

Mais dans ce cas, l’harmonie aurait-elle régné entre l’Orient et l’Occident  ? C’est aller un peu vite. Il faudrait présupposer que l’Europe médiévale, impatiente de s’étendre, n’aurait pas projeté sa puissance ni son désir d’hégémonie vers l’Orient voisin. Les croisades n’étaient-elles pas d’abord une aventure occidentale, pour des raisons politiques, sociales et économiques  ? La bannière des croisés servait surtout à bénir les ambitions plus séculières de ces puissants Européens. Dans sa poussée impérialiste autour du Globe, l’Ouest n’a jamais tenu réellement tenu compte de la religion des autochtones. Les paroles vertueuses sur l’«  éducation des autochtones aux valeurs chrétiennes  » cachaient mal la réalité : le but principal était d’établir des avant-postes coloniaux, sources de profit pour la métropole et base de départ pour la projection de la puissance occidentale.

Les chrétiens d’Orient n’auraient sans doute pas réservé un accueil favorable aux flottes occidentales chargées de négociants protégés par les armes européennes. L’impérialisme aurait trouvé dans la complexe mosaïque ethnique de la région la matière première de sa méthode habituelle : diviser pour régner. L’Europe aurait toujours promu les mêmes dirigeants dociles, prêts à répondre à ses besoins.


Colonisation et luttes anti-coloniales

Avançons l’horloge vers l’âge du pétrole. Les États du Proche-Orient, mêmes chrétiens, auraient-ils accepté un protectorat occidental sur leur région  ? Sans doute pas. L’Ouest aurait construit et contrôlé les mêmes points d’étranglement, comme le canal de Suez. Ce n’est pas à cause de l’islam que les pays du Proche-Orient ont résisté de toutes leurs forces au projet colonial, avec ses frontières tracées selon les intérêts géopolitiques des Occidentaux. Des pouvoirs chrétiens d’Orient n’auraient pas mieux accueilli que les musulmans les compagnies pétrolières occidentales, soutenues par un cortège de régents, de diplomates, d’agents de renseignement et d’armées. Voyez la longue histoire du combat de l’Amérique latine contre la domination des États-Unis sur son pétrole, son économie et ses dirigeants politiques. Un Proche-Orient chrétien aurait lutté de la même façon pour le contrôle de ses ressources et de sa liberté, comme l’ont fait l’Inde, hindouiste, la Chine, confucéenne, le Vietnam, bouddhiste et l’Afrique, chrétienne et animiste.

Et les Français auraient tout aussi certainement colonisé l’Algérie et ses riches terres agricoles. Les Italiens, quant à eux, n’ont pas hésité à établir une domination brutale sur l’Éthiopie chrétienne. Bref, il n y’a aucune raison de croire que le Proche-Orient aurait réagi différemment à la colonisation s’il n’avait pas été musulman.

Toutefois, le Proche-Orient chrétien aurait-il été plus démocratique sans l’islam  ? L’histoire des dictatures occidentales n’est pas là pour nous rassurer. L’Espagne et le Portugal ont attendu les années 1970 pour se débarrasser de leurs dictateurs. La Grèce n’est sortie que depuis quelques dizaines d’années d’une dictature soutenue par l’Église. La Russie, chrétienne, n’est pas sortie d’affaire. Jusqu’à une période récente, l’Amérique latine était un nid de tyrans, régnant souvent en partenariat avec l’Église catholique et avec la bénédiction des États-Unis. La plupart des nations chrétiennes africaines n’ont pas fait beaucoup mieux. Pourquoi un Proche-Orient chrétien aurait-il été différent  ?

Et puis il y a la Palestine. Ce sont les chrétiens européens qui ont persécuté sans état d’âme les juifs pendant plus d’un millénaire, jusqu’au génocide de la seconde guerre mondiale. Ces événements épouvantables étaient le résultat d’un antisémitisme profondément enraciné dans la culture de l’Occident chrétien. Les juifs auraient donc toujours cherché à créer une patrie en dehors de l’Europe. Le mouvement sioniste aurait toujours émergé. Et le nouvel État aurait toujours chassé les mêmes 750 000 Arabes de leur pays, même s’ils avaient été chrétiens -– d’ailleurs, un certain nombre d’entre eux l’étaient bel et bien. Ces Palestiniens n’auraient-ils pas combattu pour leur pays  ? Les causes du problème palestinien restent d’abord ethniques, nationales et territoriales, même si on a récemment ajouté des slogans religieux au conflit. Et n’oublions pas que les chrétiens arabes ont joué un rôle essentiel dans l’émergence du mouvement nationaliste arabe. Le fondateur du premier parti Baas, Michel Aflaq, était un chrétien syrien éduqué à la Sorbonne.

Mais tout de même, direz-vous, les chrétiens du Proche-Orient auraient eu une attitude pro-occidentale dans le domaine religieux. Ce serait oublier que l’un des plus graves conflits religieux de l’Histoire a opposé Rome la catholique et Constantinople l’orthodoxe. Son souvenir est toujours vivace. Les chrétiens orientaux n’ont ni oublié ni pardonné le sac de Constantinople par les croisés en 1204. Les frictions entre Églises occidentales et orientales auraient été les mêmes qu’aujourd’hui. Dans un Proche-Orient chrétien, Moscou, dernier centre oriental de l’orthodoxie, exercerait une influence particulière. Les orthodoxes auraient fourni une arène de choix à l’affrontement Est-Ouest pendant la guerre froide.

S’il avait été chrétien, l’Irak n’aurait pas pour autant accueilli les troupes américaines avec des fleurs. Les États-Unis n’ont pas renversé Saddam Hussein, leader nationaliste et laïque, parce qu’il était musulman. Aucun peuple n’accepte l’occupation de troupes étrangères. Et ces peuples trouvent toujours une idéologie pour glorifier leur résistance. La religion en est une.

Dans un monde sans islam, la Palestine serait toujours en ébullition. L’Iran serait toujours férocement nationaliste. Les Palestiniens résisteraient toujours aux Israéliens, les Tchétchènes aux Russes, les Iraniens aux Britanniques et aux Américains, les Cachemiris aux Indiens, les Tamouls aux Cingalais, les Ouïgours et les Tibétains aux Chinois. Le Proche-Orient s’identifierait toujours à un prestigieux modèle historique, culturel et religieux : le grand empire byzantin d’il y a 2 000 ans. La division Est-Ouest perdurerait.


Sous la bannière du Prophète

On ne peut évidemment pas prétendre que l’islam n’a pas eu d’impact sur la région ni sur les relations Orient-Occident. L’islam a été une force unificatrice, il a créé une grande civilisation aux principes élevés, fondée sur une idée commune de la philosophie, des arts et de la société, une vision de la morale, un sens de la justice, de la jurisprudence et de la bonne gouvernance, tout cela ancré dans une culture de haut niveau.

La civilisation islamique a fourni aux peuples un idéal commun qui leur permet de résister aux pressions occidentales. Dans un monde sans islam, l’impérialisme occidental aurait divisé, conquis et dominé beaucoup plus facilement le Proche-Orient et l’Asie. On n’aurait pas, dans une aire aussi vaste, cette mémoire collective de l’humiliation et de la défaite. C’est à cause d’elle que les États-Unis se cassent aujourd’hui les dents sur le monde islamique. Aujourd’hui, grâce à Internet et aux images diffusées par satellites de communication, des millions de personnes ont le sentiment d’appartenir à une culture islamique commune, assiégée par l’impérialisme occidental. Ce siège ne cherche pas à imposer la modernité. Il a plus à voir avec l’éternelle volonté de domination de l’Occident sur l’espace stratégique, les ressources, et même la culture de l’Orient. En bref, avec la volonté de créer un Proche-Orient «  pro-américain  ». Malheureusement, les États-Unis s’imaginent que l’islam constitue le seul obstacle à leur entreprise.

Mais alors, quid du terrorisme  ? Y aurait-il eu un 11-Septembre sans l’islam  ? Quand il identifie le terrorisme avec l’islam, l’Occident a la mémoire courte. Les juifs ont utilisé le terrorisme contre les Britanniques en Palestine. Les Tigres tamouls ont inventé la ceinture d’explosifs. Des terroristes sikhs ont tué Indira Gandhi. Des opérations terroristes ont été menées en Grèce contre des Américains. Sans oublier le terrorisme dans les Balkans à la veille de la première guerre mondiale, les anarchistes européens, l’IRA en Irlande, les Mau-Mau au Kenya contre les Britanniques, etc. La liste est longue. Pas besoin d’être musulman pour pratiquer le terrorisme.

Est-il si difficile, alors, d’imaginer des Arabes chrétiens usant du terrorisme et de la guérilla contre Israël et contre les invasions impérialistes de l’Occident  ? Et même si l’islam comme véhicule de résistance n’avait pas existé, le marxisme était là. Il a alimenté l’idéologie de l’ETA basque, du Sentier lumineux au Pérou et de la Fraction Armée rouge en Allemagne, pour ne nommer que quelques groupes européens. Georges Habash, le fondateur du Front de libération de la Palestine (FPLP) était marxiste et chrétien de confession grecque-orthodoxe, ancien étudiant de l’université américaine de Beyrouth. À une époque de flirt entre le nationalisme arabe et le marxisme, le FPLP a reçu le soutien de nombreux chrétiens palestiniens.

Ceux qui résistent à l’oppression ont toujours besoin de drapeaux pour glorifier leur combat. La lutte des classes internationales pour la justice peut fournir une telle bannière. Le nationalisme, c’est encore mieux. Mais le meilleur drapeau, c’est la religion, car elle invoque les plus hautes instances comme justification. Et la religion peut toujours renforcer le nationalisme et l’ethnicisme tout en les transcendant, surtout si l’ennemi appartient à une religion différente. Dans ces cas-là, la religion n’est plus la source de la confrontation, mais son véhicule.


Et encore…

Mais la question subsiste : un monde sans islam serait-il plus pacifique  ? Certes, l’islam ajoute à la confrontation Est-Ouest un facteur émotionnel et une couche supplémentaire de complications. Mais l’islam n’en est pas la cause. Ceux qui se croient malins en cherchant dans le Coran des passages expliquant «  pourquoi ils nous haïssent  » se trompent complètement sur la nature du phénomène. C’est évidemment plus facile que d’analyser l’impact global de la seule superpuissance mondiale… Sans l’islam, l’Histoire n’aurait pas été tout à fait la même. Mais sur le fond, le conflit entre l’Est et l’Ouest se joue autour des grandes questions historiques et géopolitiques de l’humanité : ethnicité, nationalisme, ambition, avidité, ressources naturelles, leaders, territoires, profit, pouvoir, interventions militaires, ainsi que la haine des envahisseurs et des impérialistes.

Certains peuvent souhaiter un monde sans islam dans lequel tout cela n’aurait pas eu lieu. Mais dans ce monde, les conflits, les rivalités et les crises ne seraient pas très différentes de celles d’aujourd’hui.


Traduit et adapté de «  A world without islam  » paru dans Foreign Policy le 8 octobre 2009 par Pierre Prier.



Graham E. Fuller  Écrivain, analyste politique spécialiste de l’islam radical. Auteur de nombreux livres, dont A World without islam, Little, Brown and Company, 2010. Dernier livre paru : Breaking Faith : A novel of espionage and an American’s crisis of conscience in Pakistan, Bozorg Press, 2015.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Dim 15 Nov - 14:46

repris de mon blog Médiapart , LA LAÏCITÉ EST L'OPIUM DU PEUPLE FRANÇAIS, et à propos de La laïcité mise à mal dans l'enseignement Par yvon quiniou

Marc Beaulaton a écrit:
15/11/2015, 02:52

N’est il pas temps de réinvestir ces banlieues  de non droit (là ou sont caché les armes) pour réimposer nos valeurs républicaines ?

Car en fin de compte nous avons à faire à de jeunes mafieux assassins qui se servent de la religion pour imposer leur idéologie  de barbares parce qu’ils sont haineux de notre façon de vivre.

Non il ne s’agit pas d’une guerre de religion et c’est une erreur grossière de brandir le slogan de «Pray for Paris » qui ne fait qu’alimenter  une possible division entre le monde musulman de confession avec le monde judéo-chrétien. S’il suffisait de prier pour résoudre les problèmes de nos sociétés, cela se saurait depuis au moins 2000 ans !

La France est la république qui a su convaincre toutes les religions au sanctuaire de la laïcité et si nous ne réaffirmons pas ces valeurs essentielles, c’est la paix et notre « vivre ensemble » qui sont menacés dans notre quotidien.

A nouveau nos dirigeants politiques nous font leurs déclarations  d’intentions, comme après le 11 janvier, mais les actions efficaces ne suivent toujours pas et j’entends autour de moi ces impatiences qui grandissent chaque jour.

Et je m’adresse à ce gouvernement et à la pensée dominante du moment : si vous n’agissez pas réellement pour imposer nos valeurs de laïcité de notre république, si vous ne rétablissez pas une justice économique et sociale  et si vous ne donnez pas les moyens financiers et humains pour protéger le peuple français, demain ce peuple trahi votera massivement pour le FN. Est-ce cela que vous voulez laisser en bilan de votre quinquennat ?


Patlotch a écrit:


débris fins, débriefing, et déméningement

j'ai apporté ce commentaire, choisi parmi centaines allant dans le même sens. Ils ne sont certes pas porteurs d'une grande intellectualité, concernant la laïcité. Mais c'est comme ça, à quelques nuances près, que la question en est posée par des dizaines de milliers de Français.e.s. Il n'y a pas même ici de positionnement politique particulièrement de gauche ou de droite, si ce n'est la chute classique de l'épanvantail FN pour sauver la démocratie par la voie électorale :

une peur légitime que tout pousse à suivre l'explication la plus simpliste, la plus en vogue, la plus médiatisée, et passant pour apporter la solution (ya ka), dans une illusion laïque frappée au coin du bon sens de la foi près de « chez nous », dans le couple objectivisme/subjectivisme d'un militantisme de bonnes âmes, qu'elles soient ou non cultivées de philosophies et sciences, ce vrai savoir contre le faux de croire : en vérité un vrai moment du faux moment du vrai, en boucle

la laïcité, sa compréhension massive, est donc une affaire sociale avant d'être une question intellectuelle ou philosophique, spéculation abstraite pour confrontations de niveau universitaire, quand celles-ci ne descendent pas dans la rue où la structure conceptuelle n'attend pas leurs explications

autrement dit, l'on peut peut bien partir du particulier, ici le rapport pédagogique dans une situation scolaire ou universitaire, problème d'enseignants face à des "apprenants". Ce problème est réel, il a ses spécificités, des réponses qui ont ici été évoquées. Mais il ne se comprend pas en soi, dans la sphère de l'éducation, et dans la bulle de réflexion de ceux qui le vivent d'expérience

la laïcité ne se comprend pas à partir d'elle-même, c'est un problème d'emblée social et c'est dans ce contexte, dans celui de l'actualité et de son usage idéologique, qu'il convient de le replacer, de l'analyser pour le comprendre, et d'y répondre au niveau requis, qui n'est pas celui de revenir à une bonne laïcité républicaine et démocratique


voilà en quoi, ici, le cordonnier du concept de laïcité est le plus mal chaussé, loin des chaussées de la marée humaine cherchant sa voie, quand la maréchaussée la guide au ravin, les loups entrés dans Paris, et les moutons dans tous leurs états, d'urgence suivre le plus offrant  : laïc






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 16 Nov - 7:10

cette intervention étant un chef-d'œuvre d'idéologie bourgeoise de la République démocratique et citoyenne française, transclassiste et universelle incolore, je la retiens

merci à sic et non pour sa contribution synthétique on ne peut plus claire


sic et non en réponse au commentaire de Underzevolkanole 15/11/2015

sic et non a écrit:
Vous avez raison : j'ai sans doute oublié que mes interventions sur la laïcité étaient dispersées dans des commentaires...Je m'explique en deux courtes parties, dont voici la première

Ce que j'entends par "laïcité" est une étape décisive dans le combat émancipateur mené par la République pour délivrer les citoyens de la tutelle politique et sociale de l'Eglise, et d' organiser l'enseignement selon ce principe ( loi du 28 mars 1882).

Il s'agit là, pour moi, d'un signe positif de l'évolution de l'humain: désacraliser l'espace public, distinguer, dans une sorte de redistribution des rôles, les valeurs construites soumises à l'épreuve de l'expérience et de la raison, des valeurs induites du dogme de la révèlation.

Sans doute, un changement aussi radical, fidèle à l'esprit des Lumières, n'aurait pu s'accomplir si la République, trop affairée par le présent , n'avait pas tiré les leçons de l'histoire et  assorti son programme subversivement profane de précisions d'une grande sagesse, d'un esprit de tolérance et dont le but est de ne pas froisser les consciences, de permetre à l'individu de pratiquer sa religion dans la sphère privée, sans prétendre l'imposer à son semblable, et de confier à  Etat le soin d'en vérifier l'application , ce qui exige de lui une neutralité qui lui interdit de pratiquer une religion pour qu'il soit à même de les protéger toutes équitablement .(1/2)Amicalem


Voir la citation de Montesquieu dans mon billet de blog sur quelques remarques à propos de l'Islam.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 16 Nov - 11:26

laïcité, quand tu nous tiens...

VIDEO. Attentats à Paris : La Marseillaise jouée à l'orgue à Notre-Dame

HOMMAGE Près de 1.500 personnes ont assisté à la cérémonie d'hommage aux victimes...  D.B. 20minutes 16.11.2015 à 10:23


La cérémonie en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Notre-Dame de Paris.
Lionel Bonaventure/AP/SIPA

Citation :
Plus d’un millier de personnes ont assisté dimanche soir, en la cathédrale Notre-Dame-de-Paris pleine à craquer, à une cérémonie religieuse en hommage aux victimes des attentats en présence de plusieurs personnalités pour « prier » et « porter l’espérance ».

Au cours de la messe, une variation de Marseillaise, improvisée par l’organiste, s’élève dans la cathédrale comble. Selon le diocèse, 1.500 personnes étaient réunies dans l’édifice. Au premier rang figuraient notamment la maire de Paris Anne Hidalgo, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, les anciens Premiers ministres François Fillon et Alain Juppé ainsi que l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing.


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 21 Nov - 9:55

Prison et religion Raymond Viger les7duQuébec 21 novembre 2015

En prison, Seigneur, où es-Tu ?

On nous a demandé, l’an dernier, d’enlever tous les symboles religieux de la chapelle au pénitencier de Cowansville, une prison fédérale comptant près de 700 détenus


Le révérend Tim Smart est aumônier à la prison de Cowansville et pasteur à l’église anglicane Grace de Sutton

Citation :
Une chapelle jusqu’alors ornée de symboles chrétiens devenait maintenant un espace neutre en un lieu entouré de barbelés. La théorie étant qu’une chapelle subventionnée par les fonds publics se doit d’être accessible à tous, sans offenser ceux qui proviennent d’une autre religion.

Nous avons donc fait le ménage et enlevé les croix, les icônes et les affiches religieuses, que nous avons rangées dans les anciens confessionnaux, transformés en remises. L’autel et une grande croix (peinte par un détenu) sont demeurés sur la scène, mais de manière à ce qu’on puisse les cacher par des rideaux, afin de ne blesser aucune sensibilité.

Nous avons aussi rebaptisé cette salle (quoique le terme ne soit sûrement pas approprié, étant donné les changements actuels) en Centre multiconfessionnel.

C’est ainsi que cela doit être dans notre monde multiconfessionnel, dans une institution subventionnée par les fonds publics. Toutes les croyances doivent être accueillies et respectées.

S’adapter

Quoi qu’il en soit, cela nous a pris quelque temps, nous les quatre aumôniers permanents, pour nous adapter mentalement et émotionnellement aux nouvelles conditions. Pour passer d’un lieu où, croyait-on, presque tout le monde était catholique romain et parlait français, à un Centre multiconfessionnel.

Même si deux des aumôniers sont catholiques romains, un troisième moine bouddhiste et moi-même anglican, tous les détenus peuvent nous consulter sans égard à leur profil religieux, pour obtenir des conseils ou seulement converser. Nous avons aussi un plus grand nombre d’aumôniers visiteurs qui viennent répondre aux besoins d’hommes de traditions diverses.

Un imam agréé vient rencontrer les détenus musulmans. Un rabbin vient à l’occasion. Et les témoins de Jéhovah ont maintenant des réunions régulières le lundi matin, après qu’une plainte déposée par un détenu ait forcé le service correctionnel canadien à leur accorder l’accès au lieu de recueillement.

Malgré notre approche multiconfessionnelle, nous savons que les détenus de cette prison sont nominalement catholiques romains à environ 73 %. Les autres 27 % regroupent des protestants, des musulmans, des adeptes de spiritualité autochtone, etc.

La spiritualité autochtone et les programmes pour les Autochtones sont gérés à partir d’un autre édifice par d’autres personnes et avec un financement différent.

Cette séparation n’est pas surprenante, si l’on considère le passé trouble qu’ont connu les Autochtones avec les négociants, les missionnaires et le personnel des pensionnats indiens.

Cependant, certains Autochtones participent tout de même à diverses activités religieuses ou éducationnelles au Centre.

Première fois

Ça ne vous surprendra probablement pas d’apprendre que la plupart des détenus n’étaient pas de grands pratiquants avant leur incarcération. Comme beaucoup de personnes dans notre société actuelle, ils ignorent presque tout des traditions religieuses.

La prison offre à certains d’entre eux l’occasion de retrouver leur foi natale, et aussi d’explorer les traditions d’autres croyances.

Certains vont régulièrement à la messe pour la première fois. Ou participent pour la première fois à une étude de la Bible avec des prières et des chants. Ou prient pour la première fois avec des confrères musulmans et tentent de respecter le jeûne du ramadan.

Et comme la prison est un lieu passablement ennuyant, certains goûtent à tout ce qui est offert. Ils peuvent rencontrer le moine bouddhiste, participer aux réunions des témoins de Jéhovah et à l’étude de la Bible au cours d’une même semaine.

Il est fascinant de voir des personnes explorer la religion pour la première fois dans des conditions où la foi, l’espoir et l’amour sont si rares; sans parler du pardon.

En tant qu’aumônier institutionnel œuvrant dans un environnement multiconfessionnel, mon travail ne consiste pas à recruter des fidèles pour l’Église anglicane ou pour la religion chrétienne. Mon travail consiste à écouter les gens et à cheminer avec eux dans l’exploration de la foi, puis de les aider à retrouver les traditions de leur croyance.

La religion, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, peut être une aide ou un obstacle à notre réhabilitation et à notre libération. Les aumôniers se méfient de ceux chez qui l’expression religieuse peut cacher des anxiétés et des besoins profondément ancrés. Ou ceux qui utilisent la religion pour améliorer leur pitance à la cafétéria ou pour avoir congé de travail. Nos raisons d’être religieux sont souvent confuses et parfois purement égoïstes.

Bien que je ne sois pas là pour juger des motivations de chacun, je pense que le rôle des aumôniers est d’encourager les gens à chercher la foi de manière authentique et à exprimer un désir sincère d’approfondir leur spiritualité et leur pratique.

Combattre le crime

Avant de devenir un aumônier de prison, comme beaucoup de personnes, je lisais les reportages sur les crimes et les peines imposées à ceux qui avaient commis des actes plutôt horribles. J’étais heureux qu’ils se retrouvent en prison et je ne pensais pas beaucoup à eux. J’ai peut-être même déjà dit : «Enfermez-les et jetez la clé!»

Quand vous vous rendez en prison en tant que bénévole et ensuite comme aumônier, vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus difficile de les condamner pour toujours. Vous écoutez l’histoire de leurs vies et de ce qui a mené à leurs crimes, et vous commencez à comprendre. Vous commencez à comprendre à quel point l’on peut devenir confus intérieurement, et aussi corrompu par des influences extérieures.

Historiquement, les aumôniers font partie depuis longtemps du système pénitencier. Les aumôniers et les directions des prisons croyaient que l’isolation, le temps de réflexion et l’enseignement chrétien avaient plus de chance de réformer les détenus que les coups, le fouet et les exécutions. On espérait que cette période d’isolation de la société permettrait aux détenus de devenir pénitents et de regretter leurs péchés, d’où le terme «pénitencier».

À l’époque actuelle, le service correctionnel canadien espère toujours que les détenus vont regretter ce qu’ils ont fait, et qu’ils vont profiter des programmes et des cours offerts pour leur réadaptation. Néanmoins, l’aspect religieux est devenu purement optionnel.

Pour une minorité de détenus, les aumôniers et les activités de la chapelle représentent un ajout intéressant. Alors que la Charte des droits et libertés accorde à tous les prisonniers le droit de pratiquer leur croyance, comme c’est le cas dans la société en général, peu de personnes choisissent de le faire.

Nous vivons dans un pays où le gouvernement actuel a choisi de combattre durement le crime, en nous disant que ce que les Canadiens veulent avant tout, c’est de vivre en sécurité. Cependant, la plupart des aumôniers croient que cette rhétorique n’est qu’une manœuvre électorale, dont le but est d’aller chercher des votes sur un thème où il semble facile de faire l’unanimité.

Temps difficiles

Longtemps avant que le gouvernement conservateur décide de combattre plus durement le crime, les taux de criminalité étaient à la baisse depuis des années.

Et pourtant, dès qu’il fut au pouvoir, ce gouvernement s’est empressé de passer des lois et d’instaurer des règles afin que les personnes condamnées subissent de plus longues sentences, qu’il leur soit plus difficile d’accéder à une prison à sécurité minimale et plus difficile aussi de bénéficier d’une libération conditionnelle.

En même temps, beaucoup de petits privilèges qui aidaient à rendre la vie en prison plus supportable furent coupés – tels que l’accès aux livres, à l’éducation, aux psychologues, aux événements communautaires et aux activités bénévoles.

Le but de toutes ces lois et de toutes ces coupes effectuées par le gouvernement est d’être dur avec les détenus et de montrer à la population qu’on ne les dorlote pas. Les aumôniers ne comprennent pas pourquoi le gouvernement coupe ainsi dans les programmes destinés à la réhabilitation et la réinsertion sociale des détenus.

C’est comme si le système souhaitait que ces hommes faillissent en leur offrant le moins de formation, le moins d’espoir possible, tout en augmentant leur niveau de frustration et de désespoir.

En tant qu’aumôniers œcuméniques représentant toutes les croyances à l’intérieur des enceintes barbelées des prisons canadiennes, beaucoup d’entre nous se trouvent en désaccord avec un gouvernement plus intéressé par le châtiment que par le renouveau de la vie.

Comment les aumôniers pourront-ils offrir de l’espoir à des hommes vivant dans des prisons de plus en plus surpeuplées, où de moins en moins de ressources sont offertes, dans un système qui semble décider arbitrairement de leur sort, au jour le jour?

Nous travaillons chaque jour dans des prisons canadiennes en tant que personnes croyantes, sans pouvoir réel de changer le système. Nous accueillons les hommes dans nos bureaux pour écouter leurs confidences, nous leur rendons visite au «trou» (lieu de détention solitaire) et dans leurs blocs cellulaires, puis nous organisons des services religieux pour eux avec l’aide de bénévoles venus de l’extérieur.

Par notre présence, nous souhaitons leur montrer qu’ils comptent encore et qu’ils n’ont pas été rejetés par nous et par leurs communautés.

Bien que nous ne puissions pas facilement changer le système, nous souhaitons témoigner du fait qu’ils demeurent des enfants de Dieu dont la libération peut commencer même au cours des années qu’ils doivent vivre derrière les barreaux.


- Dis Papa, c'est loin le Québec libre ?

- Tais-toi ! Et nage...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 25 Nov - 5:48



Malversations et néo-colonialisme : la mafia laïque française au Liban Sayed 7asan 17 octobre 2015

Un conflit a opposé les parents d'élèves du Grand-Lycée Franco-Libanais (GLFL) de Beyrouth à la Mission laïque française (MLF) depuis le début de l'année 2015. Il n'a pu être résolu que grâce à la forte mobilisation des parents d'élèves et à l'implication des tribunaux et de la presse libanaise, qui ont pu contraindre la Mission laïque française à respecter la loi et les décisions de justice libanaises qui condamnaient ses pratiques illégales. Voici une synthèse de cette affaire, dont la chronologie peut être suivie sur le blog des parents d'élèves du GLFL.


Citation :
Ces procédés de la Mission laïque française (menaces et chantage contre les parents, violences psychologiques contre les enfants, malversations, mépris pour la loi et la souveraineté libanaises, etc., avec l'implication directe de Jean-Christophe DEBERRE, Directeur Général de la MLF), similaires à ce que j'ai vécu en Egypte, confirment le mode opératoire global mafieux de la MLF.


Voir également le récit de cette affaire au Caire : Clientélisme et enfants-rois : les marchands de soupe de la Mafia laïque française Mission laïque française : propagande et réalité Salah Lamrani / Sayed Hasan


[center]Depuis le début de l’année 2015, un conflit a opposé les parents d'élèves du GLFL à la Mission Laïque Française (MLF) et à la direction du GLFL. Au cours d’un long processus conflictuel, certains agissements de la MLF ont dépassé les limites du débat démocratique pour finalement atteindre un niveau indigne d’une institution française en charge de l’éducation de milliers d’élèves dans le monde. Maintenant que le conflit s’est apaisé, il est nécessaire de signaler ces agissements pour en garder une traçabilité et en tirer les conclusions qui conviennent.


Début Janvier, le Comité des Parents du GLFL (CDP-GLFL) a refusé d’approuver le budget du GLFL et cela sur la base des prérogatives que lui fournit la loi libanaise (loi 515). Cette décision est parfaitement justifiée et réfléchie. En effet, il faut savoir, par exemple, que :

• la scolarité moyenne au GLFL a doublé en 6 ans. Elle est passée de 4.5 millions de LL (3000 dollars) à 9 millions (6000 dollars), alors que l’indice des prix à la consommation n’a augmenté que de 21% sur la même période. La scolarité actuelle représente 14 fois le smic au Liban !

• le budget du GLFL présenté au Ministère de l’Education au Liban ne représente pas le budget réel tel que consolidé par la MLF, et que le GLFL génère des revenus externes au budget, non déclarés au Ministère, estimés à environ 400.000 dollars annuellement !

• le poste de dépenses budgétaires intitulé « Indemnités au Propriétaire », autrement dit les montants transférés à la MLF et qui par conséquent ne sont pas alloués au fonctionnement du GLFL, est passé de 300.000 dollars en 2010/2011 à 1.5 million de dollars en 2014/2015, soit une augmentation de 500% sur cinq ans !

• malgré une inflation proche de 0% et une augmentation négligeable du nombre d’élevés, le budget de l’année 2014-2015 a prévu une augmentation des coûts opérationnels de 30% par rapport aux coûts opérationnels de 2013-2014 !

• la MLF a refusé de fournir aux parents d'élèves le bilan comptable de l’année 2014/15 (les dépenses effectives), contrairement à ce que stipule la loi libanaise.

• la MLF a entrepris un gigantesque chantier de construction. Cet investissement, avoisinant les 20 millions de dollars, se répercute directement sur les scolarités payées par les parents. Or les parents subissent ce lourd fardeau sans même avoir été consultés.

Les parents ont choisi d’inscrire leurs enfants au GLFL « afin qu’ils bénéficient d’une éducation qui met en avant l’esprit critique et scientifique ; une éducation qui apprend à nos enfants comment argumenter pour convaincre et comment démontrer pour conclure. Une éducation qui favorise la raison et le raisonnement. » Or, sur la base de ces principes et dans ces conditions de non transparence et de non accès aux données réelles des dépenses effectuées, comment le CDP-GLFL pouvait-il approuver le budget ? Devait-il l’approuver aveuglément, sans explication convaincante, comme la MLF l’a demandé à plusieurs reprises ?

Les demandes du CDP-GLFL ne se limitaient pas uniquement à l’aspect financier. Bien au contraire, il a présenté à la MLF une série de propositions, basiques, couvrant le volet pédagogique et éducatif (ex : mise en place d’un système de remplacement des enseignants absents : des classes sont restées sans enseignants pendant des semaines, etc…).

Malheureusement, la révision à la baisse du taux d’augmentation de la scolarité et l’engagement de la MLF envers l’application d’une partie des demandes pédagogiques des parents, n’ont pu être acquis qu’après un long et fastidieux processus juridique et l’implication du juge des référés.

Maintenant qu’un accord a été atteint auprès du juge des référés, il paraît essentiel d’évaluer la gestion de ce conflit qu’a menée Mr. Deberre, Directeur General de la MLF.

• Il faut tout d’abord noter, qu’à deux reprises, la MLF a refusé d’appliquer la décision du ministre libanais de l’éducation, malgré des rappels répétés de la part des autorités libanaises. Les journaux au Liban ont pointé du doigt ces comportements qui rappellent le temps du colonialisme, où une association fait fi des décisions du pouvoir exécutif. La MLF ne s’est soumise à cette décision qu’après un jugement du juge des référés.

• La MLF ainsi que la direction du GLFL a eu recours à une multitude de moyens de pression pour faire face à la position du CDP : pressions sur les parents d’élèves (refus de délivrer les attestations d’inscription et de fin d’année), sur les élèves eux-mêmes (des enfants du primaire sont rentrés à la maison en pleurs accusant leurs parents de vouloir fermer l’école : une circulaire scandaleuse avait été distribuée aux élèves sans enveloppe), sur les enseignants et le personnel (insinuations que les actions du CDP allaient aboutir à l’annulation de leurs acquis sociaux), pressions politiques (des délégations de la MLF ont rendu visite au premier ministre libanais ainsi qu’à d’autres dirigeant politiques et hauts magistrats). Ces agissements nuisent gravement à l’image de la France : les conflits sociaux sont-ils résolus de cette manière en France ?

• Il faut également retenir le contenu des communiqués de la MLF diffusés aux enfants et aux parents du GLFL, depuis Juin 2015. Voici des extraits : ◦Dès la signature de l’accord, la MLF et la direction de la GLFL ont harcelé les parents à travers des messages et des communiqués les appelant à venir payer le reste de la scolarité, selon l’accord, dans des délais extrêmement courts à la caisse de l’établissement seulement et en espèces, sous peine de voir leur enfants mis à la porte, au lieu d’attendre la publication des souches du premier trimestre (un mois plus tard). « A partir du lundi 14 septembre et dans le cas où les parents n’auraient pas payé la totalité de la créance, leurs enfants ne pourront pas être admis en cours » !

◦« Ne compromettez pas l’éducation et l’avenir de ce que vous avez de plus cher au monde : vos enfants » !

◦« (Inscrivez vos enfants) dans un établissement en adéquation avec (vos) moyens financiers »

Mis à part le fait que ces communiqués rejettent clairement le principe historique du GLFL de « mixité sociale », ils ont été perçus comme des menaces directes envers les enfants. Ne nous trouvons-nous pas dans une situation d’abus de pouvoir sur personnes fragiles ? Menacer des enfants d’exclusion du cours, si leurs parents ne paient pas dans un délai de quelques jours, cela peut-il émaner d’éducateurs ou de pédagogues ? Les conséquences d’un tel acte affecteront les enfants à vie. Cette attitude discriminatoire est étonnante, surtout que les retards de paiements sont d’habitude traités d’une manière discrète, respectueuse et dans des délais acceptables. Il est du devoir de tous de dénoncer cette demande de paiement en urgence accompagnée de menaces en totale opposition avec la Convention des droits de l’enfant, la Déclaration universelle des droits de l’homme et les principes républicains auxquels la MLF prétend et doit se soumettre.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mer 25 Nov - 5:58

La laïcité nous apprend à tolérer le colonialisme Pierre Carpentier 2 mai 2015

Citation :
L'ennui avec la laïcité, voyez-vous, c'est qu'elle s'est montrée très utile, dans sa quête d'universalité, à servir le colonialisme expansionniste et "évolué" de l'État français pour se justifier à travers l'Histoire jusqu'à Mayotte (de population à 98% musulmane devenue son 101ème département en janvier 2011) où il n'y a, du reste, comme à l'ïle de la Réunion, curieusement pas de problèmes liés au foulards ou aux jupes trop longues...

En effet, "Une et Indivisible", la République ayant soustrait à l'autorité religieuse et s'y étant substituée d'une part, et aux autorités coutumières des peuples qu'elle surdétermine par sa politique d'assimilation, d'autre part, entend demeurer intransigeante à maintenir ainsi organisé son principe de société de par le monde.

Qu'elle soit intérieure (c'est à dire aveuglément pratiquée dans l'hexagone) ou extérieure (c'est à dire indistinctement exercée dans les extensions territoriales françaises), la très pédagogue laïcité nous apprend à tolérer la présence et l'expansion colonialiste de l'état sous toutes ses formes aliénantes. Excluant les conseils coutumiers de l'exercice du pouvoir politique et/ou administratif, et en particulier de l'enseignement public, ainsi tente-t-elle de raturer l'indétournable présence culturelle des peuples autochtones dans leurs propre milieux de vie, cela est proprement intolérable. (Voir "Poétique de la Décolonisation" sur Facebook ici ; https://www.facebook.com/pages/Poétique-de-la-Décolonisation/561577900623275?ref=profile

Nous trouvons une contradiction de plus dans les principes républicains, aussi généreux qu'ils se veulent, à prétendre élever la laïcité à l'universel. "Périssent les colonies plutôt qu'un principe" aurait clamé Robespierre ; alors que l'ironie au quotidien que nous fréquentons nous dit plutôt en matière de décolonisation : "Périssent les principes plutôt que les colonies".

Car il s'agit bien là de rendre l'autre semblable à soi-même, l'autre que l'on a tendance à surtout ne pas voir sur place (dans l'hexagone) et à qui on ne souhaite surtout pas ressembler ; l'assimilation et la laïcité ne sont que barbaries sur brûlis de dévastation sans partage identitaire.

L'exemple le plus frappant que je puis vous en donner est celui (nous sommes en 1981) où il est demandé à l'enfant Marquisien, chez lui sur son île enracinée à quatre-mille abysse, surgie au ciel des montagnes marines, de connaître le texte de la Marseillaise par cœur, épreuve très pénalisante, pour ne pas dire éliminatoire, pour le candidat au Certificat d'Études Primaires qu'il était.

J'avais alors été très choqué par l'agressivité culturelle et doctrinaire de cette République de l'assimilation dont la laïcité demeure l'auxiliaire d'un système colonialiste théorisé contre lequel je me bats tous les jours.

Les valeurs d'une République qui ne s'émancipe pas de ses marges coloniales (internes et externes) sont nécessairement corrompues par sa laïcité.

Soley' !


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 27 Nov - 4:59



François le premier en voyage d'afrique

le Pape en Afrique infos





Au Kenya, le pape appelle à combattre désespoir et pauvreté qui nourrissent le terrorisme 25 novembre


Programme de la tournée du pape François en Afrique
( AFP - S. Ramis/E. Sanchez )



Des croyants kényans attendent la venue du pape à Nairobi
le 25 novembre 2015


Le pape François s'adresse aux journalistes dans l'avion
qui l'emmène au Kenya, le 25 novembre 2015

Le pape François a appelé mercredi à combattre "désespoir" et "pauvreté" qui nourrissent la violence et le terrorisme, plaidant pour "une juste distribution des ressources" au premier jour de sa visite en Afrique entamée au Kenya, un pays miné par la corruption

Citation :
L'avion papal a atterri dans l'après-midi à l'aéroport international de Nairobi, où le président Uhuru Kenyatta attendait le souverain pontife, qui se rend pour la première fois sur le continent.

Il a été accueilli par une petite foule qui a interprété brièvement quelques danses traditionnelles. "Karibu" ("bienvenue") proclamaient des affiches disséminées dans la ville.

"Dans l’œuvre de construction d’un ordre démocratique solide (...) la poursuite du bien commun doit être le premier objectif", a-t-il déclaré dans un premier discours, en anglais, devant la classe dirigeante kényane, à l'issue d'un entretien avec M. Kenyatta à la présidence.

"L’expérience montre que la violence, le conflit et le terrorisme se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration", a-t-il martelé, alors que le pays souffre d'une corruption à tous les niveaux.

Aux dirigeants kényans, il a demandé de "montrer un vrai souci des besoins des pauvres, des aspirations des jeunes ainsi que d’une juste distribution des ressources naturelles et humaines dont le Créateur a doté votre pays".

"L’Evangile nous dit qu’à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé (...) Dans cet esprit, je vous encourage à travailler avec intégrité et transparence pour le bien commun", a souligné le pape en insistant sur les merveilles naturelles du pays.

Il a mis en avant le "lien évident entre la protection de la nature et la construction d'un ordre social juste et équitable".

- 'Un monde qui continue d'exploiter' -

"La grave crise environnementale qui menace notre monde demande une sensibilité toujours croissante à la relation entre les êtres humains et la nature. Nous avons la responsabilité de transmettre la beauté de la nature dans son intégralité aux futures générations", a souligné le pape.

Dénonçant "un monde qui continue d’exploiter plutôt que de protéger notre maison commune", il a rendu hommage à la "culture de sauvegarde" des Kényans, dont la riche faune sauvage - notamment les éléphants et les rhinocéros - est menacée par le braconnage.

Le chef de l'Etat kényan a pour sa part assuré que son pays était déterminé à "combattre le vice et la corruption" qui blessent "les hommes et l'environnement, détournent les ressources et divisent les gens". La veille, cinq ministres impliqués dans des scandales de corruption ont été démis de leurs fonctions, sur fond de virulentes critiques sur le niveau de corruption dans le pays.

Justice sociale, environnement et dialogue interreligieux doivent être au centre de son étape kényane, un pays dont un tiers de la population est catholique.

Pour Jorge Bergoglio, qui a consacré au printemps une encyclique sur la protection de la planète, tout est lié: dégradation climatique, gaspillage, corruption, rejet des pauvres, migrations, guerres...

Jeudi, décrété journée fériée "de prière et de réflexion" au Kenya, François présidera une rencontre oecuménique et interreligieuse, dans un pays comptant de nombreux musulmans et protestants. Puis il se rendra au siège du Programme de l'ONU pour l'Environnement (PNUE) pour évoquer les enjeux de la conférence de Paris sur le climat (COP21), dont les travaux débutent dimanche.

Il célèbrera également jeudi une messe en plein air, à laquelle sont attendus un million de fidèles. Vendredi, le pape se rendra à Kangemi, vaste bidonville où s'entassent 200.000 personnes.

Dans un pays cible des islamistes somaliens shebab - comme l'Ouganda, prochaine étape de François vendredi soir - les autorités kényanes ont déployé quelque 10.000 hommes pour assurer la sécurité du pape et les routes empruntées par son convoi ont été fermées.

- Obstiné -

A 78 ans, Jorge Bergoglio prononcera 19 discours à Nairobi, Kampala et enfin Bangui, toujours en proie à des violences intercommunautaires meurtrières. Les services de sécurité français ont déconseillé cette ultime étape en Centrafrique prévue dimanche et lundi. Mais le pape, dans l'avion, a seulement dit "avoir peur des moustiques".

François, au tempérament obstiné, ne changera son programme que si des menaces précises pesaient sur les foules, selon ses conseillers. Et dans chacune des trois capitales, il fera comme à son habitude plusieurs trajets en papamobile découverte.

François a indiqué qu'il ne révèlerait qu'à son retour à Rome lundi la "raison particulière" pour laquelle il avait choisi de se rendre en Centrafrique.

François est le 4e pape à poser le pied en Afrique, après Paul VI - le 1er en 1969 -, Jean Paul II qui visita une quarantaine de pays africains, et Benoît XVI, à qui il a succédé en 2013. L'Afrique est le continent où le catholicisme croit le plus vite.

Source : AFP


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Ven 27 Nov - 11:29



Le pape dénonce l'arrogance des hommes et le mépris à l'égard des femmes AFP 26/11/2015

Le pape François a dénoncé jeudi, devant des centaines de milliers de Kényans rassemblés pour une messe à Nairobi, les attitudes qui tendant à "favoriser l'arrogance des hommes et le mépris à l'égard des femmes", appelant à défendre la famille et à protéger "l'innocent pas encore né".


Citation :
"Nous sommes appelés à résister aux pratiques qui favorisent l'arrogance chez les hommes, qui blessent ou méprisent les femmes, qui ne soignent pas les anciens et qui menacent la vie des innocents qui ne sont pas encore nés", a déclaré le pape François qui s'adressait sur le campus de l'université de Nairobi aux catholiques kényans, et plus largement africains, au deuxième jour de son voyage en Afrique.

Le pape, qui vient de présider à Rome un synode sur le famille où les évêques africains ont reproché aux Occidentaux leurs supposés laxisme et abandon de valeurs chrétiennes traditionnelles, a salué le fait que "la société du Kenya a longtemps été bénie par une solide vie familiale". citant "un profond respect de la sagesse des personnes âgées".

"La santé de toute société dépend toujours de la santé des familles. La foi dans la parole de Dieu nous appelle à soutenir les familles dans leur mission à l'intérieur de la société, à accueillir les enfants comme une bénédiction pour notre monde", a-t-il dit dans son homélie à la foule fervente malgré un temps pluvieux. Il s'exprimait en italien et ces paroles étaient traduites en anglais.

La solidité de la famille "est particulièrement importante aujourd'hui que nous assistons à l'avancée de nouveaux déserts créés par une culture du matérialisme, de l'égoïsme et de l'indifférence". Le souverain pontife a "lancé un appel particulier aux jeunes de la nation" kényane. "Que les grandes valeurs de la tradition africaine, la sagesse et la vérité de la Parole de Dieu, ainsi que le généreux idéalisme de votre jeunesse, vous guident dans l'engagement à former une société toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine".

Dans un pays non dépourvu de tensions ethniques, il leur a demandé de "rejeter tout ce qui conduit au préjugé et à la discrimination, parce que ces choses - nous le savons - ne sont pas de Dieu".


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 28 Nov - 21:58



"La laïcité n’est pas tournée vers le passé mais vers le futur des hommes."


"La critique d’un dogme religieux n’est pas du racisme"

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, 26 mars 2015

colloque du CLR « L’après-janvier : plus que jamais la République laïque »



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 30 Nov - 12:42

importé de Médiapart :
La violence de DAECH est génocidaire (Richard Rechtman)


Monica M. a écrit:
des religions, qui ne sont pas seulement des idéologies


il est tout à fait juste de ne pas considérer les religions seulement comme "idéologies", ou plutôt de ne pas considérer les idéologie comme (seulement) de fausses idées, une fausse représentation de la réalité, qu'il faudrait et qu'on pourrait (seulement) combattre par de bonnes idées, elles justes et disant le vrai, affaire de bonne propagande et de bons représentants politiques relayés ou critiqués par de bons moyens médiatiques

pour paraphraser Marx, les idéologies et religions deviennent « force matérielle », ni plus ni moins que les idées révolutionnaires, quand elles « s'emparent des masses » : elles ont construit des cathédrales et des mosquées, elles ont détruit des communautés humaines entières et sont encore porteuses de le faire. Elles peuvent accoucher de monstres : génocidaires, c'est vrai. Mais accoler ce mot à ces crimes horribles, ça sert à quoi et ça mène où ?

la bête immonde est humaine trop humaine, c'est vrai. Elle a pu, peut et pourra encore se parer de toutes les vertus et de toutes bonnes fois : communistes aussi bien que religieuses

toutefois...

à propos de
Monica M. a écrit:
« Le capitalisme n'est pas le responsable de la saloperie humaine, mais l'une de ses expressions et de ses conséquences


le capitalisme n'est pas « responsable », au sens moral ou même comme cause de tous les maux ,de tous les mots, mais comme totalité sociétale, il domine le monde, et détermine en essence les rapports sociaux entre les humains, entre eux et la nature

le capitalisme n'est pas seulement exploitation du travail, mais sans elle il n'existerait pas comme mode de production, économie politique


il a besoin de la domination masculine et du machisme structurel : pour sa reproduction

il a besoin d'exploiter la terre : détruire le vivant

il a besoin d'être approuvé : aliéner les individus

il a besoin de racialiser les populations : diviser pour régner

il a besoin de toutes idéologies, dont les religions : il en fait son beurre et ses leurres

le capitalisme s'alimente de / et alimente toutes les « saloperies humaines », dont la guerre et ses terrorismes, individuels ou collectifs, religieux ou étatiques

alors on peut discuter sans fin du pourquoi du comment « s'en débarrasser » : on ne le fera pas sans comprendre pour agir de façon efficiente : mais selon quels intérêts ?

j'avais au mur de ma chambre à vingt ans ces mots de Lénine :

Lénine a écrit:
« Les hommes ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d'eux-mêmes, tant qu'ils n'auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telles ou telles classes.

Les partisans des réformes et améliorations seront dupés par les défenseurs du vieil ordre de choses, aussi longtemps qu'ils n'auront pas compris que toute vieille institution, si barbare et pourrie qu'elle paraisse, est soutenue par les forces de telles ou telles classes dominantes.

Et pour briser la résistance de ces classes, il n'y a qu'un moyen : trouver dans la société même qui nous entoure, puis éduquer et organiser pour la lutte, les forces qui peuvent - et doivent de par leur situation sociale - devenir la force capable de balayer le vieux et de créer le nouveau
. »


Lénine, Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme, 1913


il existe encore une raison du cœur, un cœur à nos raisons communistes : ne plus se dé-penser en vain

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Sam 5 Déc - 22:34


valeurs actuelles...



Sondage : les jeunes de plus en plus intéressés par la vie religieuse valeursactuelles.com 4 décembre


15% des 18-24 ans ont déjà envisagé de devenir moine ou religieuse. Photo : © AFP

Religion. A l’occasion de la conférence des religieux et religieuses de France, Opinion Way a mené une enquête sur l’image de la vie religieuse chez les français


Citation :
La vie religieuse a le vent en poupe. Un sondage, mené par Opinion Way à l’occasion de la conférence des religieux et religieuses de France (Corref)  révèle l’intérêt croissant que la jeunesse française porte à la vie monacale. La Croix, qui dévoile les résultats de cette enquête, souligne ainsi que 15% des 18-24 ans auraient déjà envisagé de devenir moine ou religieuse.

« C’est énorme !  Même si, pour certains, cela ne leur a qu’effleuré l’esprit, cela veut dire que les vocations sont là. » s’est réjoui le père Jean-Pierre Longeat, président de la Corref. Les 18-24 ans apparaissent d’ailleurs comme la génération la plus croyante avec 51% d’entre eux qui estiment « probable » ou « certaine » l’existence de Dieu, alors que la moyenne nationale est de 38%.  

« Accompagner les jeunes se posant la question »

Cependant, sauter le pas de la vie religieuse fait peur. « Notre plus gros travail porte sur la façon dont nous pouvons accompagner les jeunes se posant la question de la vie religieuse » juge sœur Nathalie Becquart, directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations à la Conférence des évêques de France « cela n’attirera pas si elle est perçue comme inaccessible et surnaturelle » précise-t-elle.

En effet, 67% des jeunes pensent que cet engagement est « une manière pour certains de fuir le monde » et seuls 45% des français estiment que les religieux « sont des gens comme nous ». Ce choix de vie ascétique se heurte également à l’envie de fonder une famille (58%) et à la peur de ne pouvoir tenir ses engagements (12%).

« disponibles aux autres » et « tolérants »

Loin des clichés d’une vie austère les religieux et religieuses jouissent d’une image largement positive. 81 % des français les considèrent ainsi comme des personnes « disponibles aux autres », 79 et plus de 7 français sur 10 les jugent « tolérantes » même si seulement 50% jugent que leur choix de vie rend « un service utile à la société ».

De leur coté 85 % des jeunes profès se sentent pourtant « utiles à la société » et 93 % estiment qu’ils sont « proches des réalités ». « Il y a une méconnaissance dans le grand public de ce que représente notre état de vie », conclut le père Longeat, estimant qu’un effort de communication est nécessaire.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Lun 7 Déc - 5:11



Promotion du rôle des religions dans la protection de l’environnement 02/12/2015

La conférence nationale intitulée "Promotion du rôle des religions dans la protection de l’environnement et la résilience aux changements climatiques" a eu lieu le 2 décembre dans la province de Thua Thiên-Huê (Centre)

>>Conférence sur les technologies de l’environnement Vietnam-Japon
>>Le président du FPV reçoit la secrétaire générale de l'Aide de l'Église norvégienne


Citation :
Cet événement était placé sous le patronage du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam (FPV), du ministère vietnamien des Ressources naturelles et de l’Environnement et de l'Aide de l’Église norvégienne (NCA-Norwegian Church Aid).


Conférence sur la promotion du rôle des religions dans la résilience aux changements climatiques,
le 2 décembre à Thua Thiên-Huê. Photo: VNA/CVN

Dans son discours d’ouverture, le président du FPV, Nguyên Thiên Nhân, a souligné les impacts de la pollution et de la dégradation de l’environnement, du dérèglement climatique sur la sécurité alimentaire, les ressources en eaux et notamment le quotidien de la population mondiale. Ils deviennent une question majeure à l'échelle du globe et leur règlement demande les efforts de toute la communauté et de chaque pays.

Le Vietnam est confronté à la pollution de l’environnement, notamment dans les zones rurales et urbaines, dans les zones industrielles et aussi à la forte destruction des ressources naturelles. "Cela étant dit, le Vietnam prend des politiques et mesures pour résoudre cette situation", a-t-il ajouté.

Selon les spécialistes environnementaux, dans dix ans, le PIB du Vietnam pourrait doubler. Cependant, si le pays ne s’intéresse pas à la protection de l’environnement, chaque fois que le PIB du pays gagne 1%, le pays devra dépenser 3% de ce même PIB pour régler les problèmes environnementaux.

De ce constat, Nguyên Thiên Nhân estime que le développement économique et la protection de l’environnement sont les deux missions parallèles du développement durable. Il a insisté sur les contributions et la participation active des 14 religions et plus de 22 millions de dignitaires, fidèles et pratiquants à la protection de l’environnement.

Mettre fin aux actes de destruction de l’environnement

Présente à cette conférence, la secrétaire générale de la NCA, Anne Marie Helland, a rappelé que le Vietnam figurait parmi les pays les plus touchés par le dérèglement climatique. Le gouvernement vietnamien s’efforce de faire face à cette question. Cependant, il faut encourager la participation plus active de toute la communauté à cette mission importante. Et d’espére que, de concert avec tous, les communautés religieuses au Vietnam conjugueront leurs efforts pour protéger l’environnement et s’adapter aux changements climatiques.

Il s'agit de la première conférence du genre organisée au Vietnam. Coïncidant avec la 21e Conférence de Paris sur le climat (COP21), elle a fourni des informations concernant la pollution de l’environnement au Vietnam et dans le monde, les politiques et positions pour faire face à cette situation.

Les communautés religieuses ont, de leur côté, transmis un message de protection de l’environnement et de résilience aux changements climatiques, appelant un effort commun et personnel pour protéger l’environnement et mettre fin immédiatement aux actes de destruction de l’environnement.

VNA/CVN


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 8 Déc - 1:45



Les moines cambodgiens protestent contre la destruction de la forêt de Prey Lang Traduction publiée le 9 Octobre 2015
     

Les moines cambodgiens se rassemblent dans la ville de Battambang
pour exiger la protection de la forêt de Prey Lang

Les moines cambodgiens se mobilisent dans les rues depuis juillet 2015 pour exiger une action gouvernementale plus forte contre la déforestation rapide de Prey Lang, la plus grande forêt sèche sempervirente de plaine du Cambodge et de la péninsule indochinoise

Citation :
La jungle de Prey Lang a 3.600 kilomètres carrés de forêts,comprenant des arbres géants de bois de luxe, au moins 20 espèces végétales et 27 espèces animales menacées. Plus de 700.000 personnes vivent à moins de 10 kilomètres de la forêt. La majorité de ces habitants appartiennent à la tribu des Kuys, un petit groupe autochtone qui protège la jungle de Prey Lang depuis des siècles.

Au cours des dernières années, le gouvernement cambodgien a accordé des concessions foncières [fr] à des entreprises locales et étrangères afin de développer le potentiel agricole et l'exploitation minière du pays. Cependant, certains de ces concessions foncières couvraient des zones protégées comme Prey Lang. Le manque de transparence entourant les concessions des terres a également suscité divers litiges et des conflits violents à travers le pays.


Image extraite de la page Facebook de 'Prey Lang - It's Our Forest Too' (Prey Lang - est notre forêt aussi'
“Protégez les forêts du Cambodge avant qu'il soit trop tard” Image extraite de la page Facebook du mouvement ‘Prey Lang – It's Our Forest Too’ (Prey Lang – c'est notre forêt aussi’


En 2011, les militants cambodgiens et les tribus indigènes ont mené une ‘manifestation Avatar‘ [fr] pour dénoncer la destruction de la jungle de Prey Lang. Habillés comme les membres de la tribu Na'vi du film hollywoodien Avatar, les manifestants ont demandé au gouvernement d'arrêter les projets de plantations industrielles d'hévéa à Prey Lang.

La campagne pour préserver la jungle de Prey Lang continue à ce jour car il n'y a pas eu de répit dans les activités d'exploitation forestière dans la région. Durant la même période, la déforestation du Cambodge s'est aussi aggravée [fr] avec l'octroi part le gouvernement de nouvelles concessions de terres.


“Le Cambodge connaît la plus forte accélération de déforestation au monde”

Au mois de juillet dernier, des moines appartenant au Monk Network for Social Justice (Réseau indépendant de moines pour la justice sociale) ont transmis en main propre à l'Administration des Forêts et à l'Assemblée nationale à Phnom Penh, la capitale du pays, cinq tronçonneuses confisquées pour illustrer la destruction continue de la jungle de Prey Lang.

Citation :
Les moines ont envoyé une pétition à l'administration des forêts du Cambodge au sujet de Prey Lang.


VIDÉO

Le leader du groupe, le Vénérable Buntenh, a expliqué pourquoi les moines ont décidé de tenir une manifestation :

Citation :
Les moines ne peuvent pas rester silencieux étant donné la rapidité alarmante de la déforestation

Ces agents de l'administration forestière sont des “agents dollars”, car ils ne se soucient pas de la forêt ou de Prey Lang et laissent de mauvais commerçants continuer à détruire la forêt jour après jour.


Les moines cambodgiens ont remis une lettre de protestation au gouvernement à Phnom Penh, la capitale du pays. Photo de la page Facebook du mouvement 'Prey Lang - It's Our Forest Too' (Prey Lang - est notre forêt aussi'
Les moines cambodgiens ont remis une lettre de protestation au gouvernement à Phnom Penh, la capitale du pays. Photo de la page Facebook du mouvement ‘Prey Lang – Prey Lang est notre forêt aussi’

Au cours de la dernière semaine du mois de septembre, les moines se sont réunis à nouveau dans les rues de Battambang pour rappeler à la population et au gouvernement que les entreprises agro-alimentaires continuent à détruire les forêts du pays.


Creative Commons License

Photo de Mong Palatino
Ecrit par Mong Palatino


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS   Mar 8 Déc - 15:03


heureux mais pas pauvre en esprit

la voie globale d'un pape habile



Le pape François en Amérique latine : “les idéologies se terminent mal, elles sont inutiles”  Traduction publiée le 22 Juillet 2015


« Les idéologies se terminent mal, elles sont inutiles. Les idéologies ont une relation incomplète, maladive ou mauvaise avec le peuple. Les idéologies ne tiennent pas compte du peuple. Au siècle dernier, les idéologies ont engendré des dictatures, elles pensent pour le peuple mais elles empêchent le peuple de penser »

Citation :
Le pape François s'en prend aux idéologies

Le pape François a achevé son voyage de 8 jours en Amérique du Sud, où il a célébré des messes gigantesques dans les trois pays où il s’est rendu : Equateur, Bolivie et Paraguay. Le message du souverain pontife était axé sur la paix et les plus démunis. Il a également appelé à « jouer franc jeu et à bannir la corruption ».

Mais c’est le samedi 11 juillet, lors de la clôture de ce voyage à Asuncion, qu’il a prononcé le discours le plus politique de son périple en disant : « Les idéologies se terminent mal, elles sont inutiles. Les idéologies ont une relation incomplète, maladive ou mauvaise avec le peuple. Les idéologies ne tiennent pas compte du peuple. Au siècle dernier, les idéologies ont engendré des dictatures, elles pensent pour le peuple mais elles empêchent le peuple de penser ».


Creative Commons License

Photo de Global Voices Latin America
Ecrit par Global Voices Latin America


il dit rêver de finir non pape, à siroter une bière à la terrasse d'un café, incognito. On n'est jamais si bien servi que par soi-même, et l'on fut excommunié pour moins que ça. Mais... et Dieu, dans tout ça ?

aux innocents les mains pleines...



Francis Bacon, Etude d’après Vélasquez : Portrait du Pape Innocent X, Detail (1953)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
 
OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» UMT favorisait le prolétariat
» Le secrétariat du Père Noël est ouvert !!!!!!
» Quelques explications sur les causes des séismes et tsunami au japon
» [58] Nièvre
» Islam en prison: le rapport qui pointe les discriminations

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE :: MONDE ACTUEL, LUTTES, ANALYSES et THÉORISATIONS :: ANALYSER-PENSER le MONDE et les LUTTES : une refondation théorique d'ensemble :: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS vs ATHÉISME, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES-
Sauter vers: