PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» COMMUNISME : chemins de traverse
Hier à 22:55 par Patlotch

» ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
Hier à 21:58 par Patlotch

» ALIÉNATION des INDIVIDUS, et CAPITALISME
Hier à 21:33 par Tristan Vacances

» sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE
Hier à 20:01 par Admin

» 'PROGRÈS', SCIENCES, HUMAIN, SANTÉ et capital... TRANSHUMANISME et dés-humanité
Hier à 19:11 par Patlotch

» VA-SAVOIR : chronique à la com, la dialectique du quotidien en propotion magique
Hier à 16:07 par Patlotch

» MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME
Hier à 15:32 par Patlotch

» PROLÉTARIAT : je t'aime, un peu, beaucoup... à la folie... pas du tout ?
Hier à 15:18 par Patlotch

» Vers un MARXISME DÉCOLONIAL / des marxistes s'emparent de la pensée décoloniale
Hier à 13:48 par Patlotch

» DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés
Hier à 13:29 par Patlotch

» DÉCOLONISER les ESPRITS, les SAVOIRS, les THÉORIES et les 'FAIRE' : CRITIQUE DE L'EUROCENTRISME y compris 'POST-COLONIAL'
Hier à 12:38 par Patlotch

» les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness ? BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'
Lun 21 Aoû - 11:22 par Patlotch

» 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?
Lun 21 Aoû - 11:11 par Patlotch

» POPULISME de GAUCHE : CHANTAL MOUFFE et ERNESTO LACLAU théoriciens transclassistes, PÉRONISME... TONI NEGRI, ses ambiguïtés et les limites de l'OPÉRAÏSM
Lun 21 Aoû - 10:06 par Patlotch

» des MOTS que j'aime et d'autres pas
Lun 21 Aoû - 9:45 par Patlotch

» RACISMES : DES CHIFFRES
Dim 20 Aoû - 19:22 par Patlotch

» BIDONVILLES : SLUMS : BARRIOS DE TUGURIOS
Ven 18 Aoû - 11:27 par Patlotch

» DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE
Jeu 17 Aoû - 18:27 par Patlotch

» LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE
Jeu 17 Aoû - 17:02 par Admin

» COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION (étude)
Jeu 17 Aoû - 16:59 par Admin


Partagez | 
 

 COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Sam 28 Nov - 22:59

Mamadou Djaderley dndf 28/11/2015 à 21:39

Courte critique du texte « Tiens ça glisse »* Et quelques pistes de réflexion

* texte déjà signalé, diffusé par non-fides et Yves Coleman : Tiens, ça glisse… ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)

Mamadou Djaderley a écrit:
Traiter la « race » comme une magie noire, comme n’étant qu’un discours à contrer ne tient pas la route car ça n’explique pas comment et pourquoi se défendre en tant que race est une nécessité produite par la société civile. Dans ce texte on nous apprend que l’État n’y est pour rien dans cette nécéssité, et qu’il ne s’agit donc que d’un choix : « Aujourd’hui, et sous nos latitudes, contrairement à ce qu’a pu être l’Amérique ségrégationniste par exemple, dont on importe les théories, le modèle et le vocabulaire, ce n’est pas l’État qui racialise. »

Dès lors il devient logiquement impossible de saisir comment se défendre en tant que « race » trouve une certaine légitimité chez une partie du prolétariat. Or n’oublions pas notamment que « le texte [d’appel des « Indigènes de la République »] fut rédigé en réaction contre le mouvement de revalorisation de la colonisation française, que ses initiateurs perçoivent à travers, par exemple, la création d’un musée du colonialisme présentant le colonialisme d’une façon favorable et, surtout le vote par le Parlement français d’une loi prescrivant dans «les programmes scolaires» la «reconnaissance du caractère positif de la présence française outre-mer et en Afrique du Nord». » (wikipédia)

La non reconnaissance de la nécessité, pour certains prolétaires, de se subjectiver en tant que « race », et l’absence d’analyse des sources et origines de cette nécessité, interdit toute critique convenable de celle ci, et glisse dans la moralisation. D’où le néologisme « racialisateur », un nouvel énième ennemi à combattre. C’est la critique du PIR* en particulier, et du décolonialisme** en général en tant que critique partielle de l’exploitation, qui passe à la trappe au profit d’une nostalgie de l’autonomie prolétaire : « [Cet état de fait] est, en revanche, certainement lié à la disparition de toute revendication d’autonomie politique et pratique et au manque actuel de propositions subversives. »

Or comment définir le prolétariat en dehors des divisions qui le constituent ? La période actuelle, particulariste, a fait d’une telle définition un non-sens (qu’on pense aux « races » ou aux « genres »), alors qu’autrefois ces divisions étaient niés par les nécessités du programmatisme : produire une identité ouvrière hégémonique pour donner forme au dit « compromis fordiste ».

Bien que ça n’a jamais été un privilège ou un « luxe » d’être exploité, un tel « compromis », surtout favorable à une partie du prolétariat des pays dits « développés » avait pour condition d’existence le colonialisme d’antan. Entérinant le capital comme puissance mondiale face au travail, le programmatisme eut pour effet, en parallèle de garantir la contrainte à la subsomption du travail des prolétaires colonisés, et par conséquent de les astreindre aux mêmes modalités programatiques de luttes. Cet avantage relatif du prolétariat occidental rendait l’aboutissement communiste de la révolution programmatique impossible, pas seulement dans ses propres termes.

Dans le cycle de lutte actuel, teinté de post-modernisme, terme qui ne désigne pas seulement une hégémonie culturelle de la théorie mais bien une conjoncture historique engendrant des contraintes de subjectivations particulières au sein d’un rapport de classes, on peine à définir le prolétariat à partir des divisions qui le constituent. L’erreur notable, qui revient le plus souvent, est de chercher à déterrer l’ancienne définition génériciste du prolétariat pour la réactualiser. Elle n’est pas morte simplement parce que la bourgeoisie a gagné, mais bien en même temps, parce qu’elle était une entrave à la lutte de classe.

Le texte de Saïd Bouamama, malgré ses limites, parce qu’il invite à garder la tête froide, et qu’il ne tente pas de nous faire la douteuse démonstration des bienfaits de l’identitarisme du PIR (ce n’est pas son objet), ne me semble pas choquant.

* Par ailleurs, le PIR, sans doute est-ce la conséquence du fait qu’il s’agit d’un parti politique, et donc à ce titre d’une organisation opportuniste, nous contraint d’expliquer les dérives racistes homophobes et anti-juives des discours de certains de ses membres. Mais chaque chose en son temps.

** Attention : le décolonialisme n’a, en soit, rien de raciste.



Dernière édition par Admin le Sam 7 Mai - 13:10, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Dim 29 Nov - 2:45


ce n'est qu'un combat, continuons le début

en conséquence de ce qui précède, la triple appréciation, de pepe-dndf sur le sur le texte de Saïd Bouamama, de Roland Simon sur celui de Mamadou Djaderley et les positions de lobo recoupant celles d'autres « incertains "partisans de la communisation" » :

1) le vent va-t-il tourner chez les partisans de la communisation ?, telle fut ma question à ma question le 17 novembre, après les attentats du vendredi 13 à Paris, quand dndf a publié le texte de Saïd Bouamama

la réponse est Ouf ! Oui !

2) de même concernant mon appel de janvier 2015 Communisation 2015 : ruptures communiste dans la théorie de la révolution :

Patlotch a écrit:
communisation : un concept révolutionnaire pour des luttes révolutionnaires

il faut continuer à se battre avec le concept de communisation comme arme théorique dans les activités révolutionnaires, et non lui faire perdre sa substance par des polémiques subalternes sur des questions superficielles masquant les enjeux de classe, les enjeux humains, les enjeux pour les femmes, les enjeux contre la racialisation des rapports sociaux, les enjeux pour le vivant. Pour cela, il faut donner à la communisation toute sa signification historique, présente, et future, en faire une arme des communistes, féministes, anarchistes, écologistes... dans les luttes d'émancipation pour en finir avec le capital


complété en mars :

Citation :
communisation et décolonialité : un changement essentiel tant théorique que relatif aux luttes actuelles : la rupture 'communiste' se double d'une rupture 'décoloniale' dans la théorie de la communisation


je considère que cet appel a reçu un premier signe de réponse, de là où je l'espérais le plus

3) retisser des liens DÉCOLONIAUX avec la THÉORIE de la COMMUNISATION, et en finir avec d'incertains de ses partisans

un vent nouveau est arrivé, un titre nouveau en est tiré, pour ce sujet, et la troisième fois depuis les attentats

4) Cerise sur le gâteau COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL COMMUNISATION

je réintroduis dans le titre général la communisation, que j'avais retirée pour ne plus me traîner les casseroles de l'incertain milieu de ses "partisans"


Méditations on Intégration

Charles Mingus, Eric Dolphy...




Citation :
"Meditations on Integration," which is properly titled "Praying with Eric" (or "Meditations (For a Pair of Wirecutters)", is an extended work by Charles Mingus premiered at a Town Hall concert on April 4, 1964.

It is his musical interpretation of the history of the American Negro, from the terror and despair of traveling on board the cramped, filthy and life threatening slave ships, to the degrading conditions of slavery itself, the joy of emancipation, and the struggle for civil rights through the turbulent early 1960s.

C'est une interprétation musicale de l'histoire des Noirs Américains, de la terreur et du désespoir de voyager à bord de l'étroit, crasseux menaçant la vie des esclaves dans les bateaux négriers, des conditions dégradantes de l'esclavage lui-même, à la joie de la lutte pour l'émancipation et les droits civiques à travers les turbulentes années 1960.

The suite is an emotional roller coaster and demanding composition which prompted the entire sextet into playing at its very best...


Walk Brother, Walk Sister, Walk !...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Dim 29 Nov - 20:59

à propos de L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE, vie et mort d'une passion capitaliste occidentale

l
après les attentats parisiens de janvier 2015, j'ai avancé le concept critique d'Idéologie française, allusion à L'idéologie allemande, de Marx et Engels en 1845

c'est un long feuilleton que j'ai commencé d'alimenter d'articles de presse, documents, commentaires et analyses, le 4 mai 2015, 115 messages à ce jour, le plus lu de mon livre-forum COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL

je considère que ce "concept", s'il n'a pas grande valeur théorique descendante, recouvre plutôt bien ce qui se passe sous nos yeux depuis, depuis... la Révolution française, sa batterie conceptuelle d'État-nation, peuple, citoyens et société civile, république et démocratie politique, auxquels il convient naturellement d'ajouter la laïcité
, bref, toute l'idéologie bourgeoise qui remonte aujourd'hui à la surface, et que Marx critiquait précisément dans ses écrits de jeunesse, avant de passer à la Critique de l'économie politique : Le Capital

il me semble que ce concept d'idéologie française est aujourd'hui amplement validé empiriquement



L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE chronique d'un désastre annoncé 26 nov. 2015 et suivants depuis



L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE, vie et mort d'une passion capitaliste occidentale

sommaire

0 - SOMMAIRE et INTRODUCTION : GENÈSE et DÉFINITION d'un CONCEPT incontournable

1 - la véritable HISTOIRE de France, de la Révolution bourgeoise de 1989 au capitalisme occidental actuel

1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES" dans l'idéologie française, de Marx à nos jours

1 ter - « NOS CHÈRES COLONIES »

2 - MATÉRIAUX quotidiens actuels : événements, presse, documents, images

3 - l'idéologie française depuis les ATTENTATS de janvier 2015 et l'ÉTAT D'URGENCE

4 - TEXTES THÉORIQUES en résonance

5 - l'idéologie française dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL

6 - le DÉPASSEMENT À PRODUIRE de l'idéologie française : DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE

7 - LA FRANCE EN GUERRE... « nos armées »... « nos soldats »... « nos ventes d'armes »...  

8 - et les PROLOS dans tout ça ? Quelle idéologie ? Quel "écart" ?

9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Sam 5 Déc - 6:09


ainsi danse Monsieur la Capital avec Madame la Terre

insistance ainsi stance incidence


ainsi Dance of the Dialectic






«  le monde enchanté et inversé, le monde à l'envers où Monsieur le Capital et Madame la Terre,
à la fois caractères sociaux, mais en même temps simples choses, dansent leur ronde fantomatique »

Marx, Le Capital, III 3 p. 207



Dernière édition par Admin le Sam 5 Déc - 9:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Sam 5 Déc - 9:08


un dialogue de sourds ?

non : le risque d'un faux dialogue avec un vrai sourd



un problème est apparu : la démarche constructiviste engagée depuis 2012 pour "poser la race sur la table de la théorie de la communisation" a provoqué la perception d'une théorie de la communisation critiquée, amandée, à enrichir par une pincée de poivre décolonial pour intégrer la question raciale à une conceptualisation congénitalement eurocentriste : une théorisation française,

or nous sommes entrés dans l'élaboration d'une théorisation nouvelle, une théorie lourde, comme disait d'elle-même Théorie Communiste, et c'est ainsi que doit être compris le titre du livre-forum : COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL COMMUNISATION

les problématiques ici ouvertes ne relèvent pas d'un débat franco-français sur le terrain et dans le terreau de l'idéologie française, mais d'une théorisation communiste à l'échelle mondiale, pour "explorer les voies de la communisation" dans la double crise de l'Occident et du capital, et ceci dans le moment actuel des dynamiques de la lutte de classe quelles que soient ses formes d'apparition et leurs limites à partir desquelles et contre lesquelles produire leurs dépassements

ce débat avec la théorie française de la communisation est nécessaire et il doit se poursuivre mais sur la  base d'une prise en compte de ce livre-forum, car ses pages ne seront pas tournées en arrière

la discussion avec d'autres est une chose mais ne doit pas nous détourner du cheminement théorique engagé : elle doit prendre en compte l'existence de ce corpus théorique nouveau, et nous ne devons pas être tirés en arrière par les apories eurocentristes des courants post-ultragauche du marxisme européen

nous avons de fait abandonné l'approche de type intersectionnelle classe - genre - 'race' , même structurée à dominante dans le capital, pour engager une nouvelle phase de notre théorisation : l'interpénétration réciproque et systématique de la critique radicale du capital héritée de Marx et la critique décoloniale de la modernité occidentale

il s'agit d'un renversement épistémologique, et son ampleur est historique et mondiale, de l'ordre de la rupture théorique que symbolisent les Thèses de Feuerbach dans la philosophie et la théorie communiste

tous les champs et points de vue particuliers du forum vont désormais croiser ces deux approches

en conséquence

1) des sujets de DÉCOLONIALITÉS pour des COMMUNISMES PLURIVERSELS, sans frontières et sans classes sont versés dans ANALYSES et THÉORISATION des LUTTES : QUELS FAIRE ? des activités communistes décoloniales ?

-
DÉCOLONISER les ESPRITS, les SAVOIRS, les THÉORIES et les 'FAIRE' : CRITIQUE DE L'EUROCENTRISME

- critique décoloniale du RACISME et de l'ANTIRACISME : dépasser racialisation et racialisme


2) mondialiser notre approche suppose d'importer davantage de textes en langues étrangères, anglais et espagnol notamment, et je suis demandeur de traductions, laissant à l'appréciation des bénévoles ce qui mérite de l'être, soit parce que court, soit parce qu'important en termes analytiques ou théoriques

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Lun 7 Déc - 8:30


porter sur le monde des yeux du monde !?





parvenu à ce stade de mon travail, le tissage de la théorisation entre doubles crises de l'Occident et du capital est bien engagé. Il s'agit maintenant de passer à une étape véritablement mondialiste, et celle-ci ne consiste pas seulement à critiquer l'eurocentrisme de façon "décoloniale". Les points de vues doivent s'élargir et se démultiplier de sorte que l'on puisse réellement « porter sur le monde des yeux du monde » comme indiqué en page d'accueil où j'ai remonté ce "mot d'ordre"

notre "cible" privilégiée n'est pas la population "racisée" qui, d'une façon générale est bien plus consciente des colonialités dominantes que la population française "blanche", comme en témoigne au demeurant le glissement rapide de l'opinion vers "la droite" pour autant que le problème puisse se caractériser sous un label politique qui a fait son temps

si l'on veut relativiser le point de vue français sur la France, sur l'Europe, et sur le monde, il n'y a qu'une chose à faire, aller voir chez les autres comment ils vivent la double crise, et au besoin quel regards ils portent sur « nous »

c'est pourquoi je vais multiplier mes sources d'informations mondiales, jusque-là assez limitées entre autres pour des raisons linguistiques. Aujourd'hui, j'en ajoute trois à mes sources habituelles désormais connues de ma lectorate au seul vu des commentaires

http://lecourrier.vn/

https://fr.globalvoices.org/

https://www.contrepoints.org/




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Mer 16 Déc - 11:08


il y a ce qui se passe
ce qui se pose
ce qui se pense
ce qui s'impose



l'effondrement accéléré de toute la vie politique et "démocratique" dans l'idéologie française, sans parler de celle de la critique intellectuelle, et de la vacuité de la critique "marxiste" héritée des dogmes programmatistes ou recyclée par l'ultragauche eurocentriste, tout cela est évidemment affligeant, mais ne doit pas nous désespérer. La nature a horreur du vide, la pensée aussi, et le réel y pourvoira

les hypothèses formulées depuis un à deux ans se précisent et s'orientent de façon plus juste, tant sur le plan de l'exposition théorique, que de son accrochage aux constats empiriques à l'échelle mondiale

il est probable que la guerre qui est là, avec ses caractéristiques nouvelles et inouïes de l'ampleur d'une crise de civilisation, va s'amplifier et produire des effets destructeurs, dévastateurs, restructurateurs et rénovateurs sur tous les plans, dont la restructuration en cours du capitalisme est un aspect certes déterminant, mais dont la seule observation du point de vue de l'économie politique est d'une part excessivement difficile, d'autre part insuffisante

il nous faut poursuivre ce travail, en toute conscience que les lignes claires n'en apparaîtront que progressivement, avec d'une part la décadence définitive de la critique "marxistes" traditionnelle toutes tendances confondues, du moins en Europe, d'autre part la montée des problématiques de la dynamique décoloniale des luttes contre le capital jusqu'au niveau profond d'un renversement épistémologique et culturel contre-idéologique

c'est aussi une affaire générationnelle, en d'autres termes, de moyen terme, de transition théorique et de médiation temporelle. Selon ce qui se passera dans la monde (guerre, crise, luttes...), le processus sera plus ou moins rapide, et l'on n'en verra pas d'effets déterminant avant 5 à 15 ans, soit une ou deux générations de vieux crevant de leur sénilité gauchiste, et de sang neuf pour repenser le monde en le transformant




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Lun 21 Déc - 11:32


le rapport intrinsèque de la praxis du jazz
et
de la théorisation communiste décoloniale

il est rare que parlant de musique en général, ou de jazz en particulier, je fasse référence à des aspects musicologiques ou de technique musicale ou instrumentale. Je ne l'ai fait qu'en un chapitre de mon livre JAZZ ET PROBLEMES DES HOMMES, Livre, 2002 : II1.9 le blues et l’harmonie du jazz (hypothèses), avec cet avertissement :

Citation :
Ce sont ici les seules pages de ce livre où j’ai souhaité aborder une question de musicologie, de technique musicale. Elle concerne quelques aspects du blues et leurs implications sur l’approche et l’analyse harmonique du jazz, voire sur la façon de le penser pour le jouer.

Ces pages sont destinées à renforcer, par des arguments musicaux, le discours qui est tenu dans les parties précédentes quant à la place du blues dans cette musique, pour des raisons pas seulement socio-historiques et culturelles, mais tenant aussi à la substance musicale même : le blues est le tigre dans le moteur du jazz.


concernant les aspects techniques du jazz, voir Histoires des jazz et notamment la guitare jazz comme un piano, histoire et techniques, le trio piano contrebasse batterie dans le jazz 'moderne' et plus précisément, pour amateurs, musiciens débutants ou musiciens avertis, le jazz 'pour les nuls', d'un savoir écouter

mais ce n'est pas l'objet des considérations qui suivent. Elle visent davantage à donner de la matière musicale à ce que j'avance par ailleurs sur le plan théorique dans le titre de ce sujet : JAZZ, IMPROVISATION, RYTHMES et COMMUNISATION : une matrice de la poétique révolutionnaire, improvisation collective, temps réel et création relationnelle

l'occasion m'en ai donnée par le dossier de la revue Jazz Magazine de décembre, consacré à Ornette Coleman, disparu le 11 juin dernier

les trois premières images pour situer le contexte, la dernière pour en venir à mon propos










qu'on lise ou non la musique, que l'on soit ou non musicien, on pourra comprendre les rapports que j'établis ici à la lecture du commentaire sous la partition, dont je souligne particulièrement ce passage :

Citation :
l'harmolodie impose tout de même une distance certaine avec ce qui est de l'ordre du système contraignant, du cliché, voire de la méthode. Le bop est une base du langage harmolodique chez Ornette en tant que dynamique, pas en tant que système.

De même pour le blues, dont la présence évidente et perpétuelle a un fort pouvoir dynamique et évocateur. Enfin, reconnaissons à Ornette l'incroyable capacité, ici comme ailleurs, à unir composition et improvisation dans un même objectif.

Le thème donne l'idée générale de la direction à prendre, le soliste se prêtant ensuite à nombre d'interprétations tout en prenant une distance certaine avec la notion d'"arrangement".

En unissant ainsi une écriture et une oralité, Ornette se joue une nouvelle fois des attendus de la musique occidentale, sans les contester, en toute liberté de conscience. Ornette est tout à la fois continuateur, réformateur et révolutionnaire.


comme je l'avais fait en 2003 dans JAZZ ET COMMUNISME,

Patlotch a écrit:
le jazz est mon communisme par la musique. Et c'est pourquoi j'invite à lire ce texte en remplaçant 'jazz' par 'communisme', pour voir ce que ça fait. Comment ça joue, ce que ça met en jeu, en joue, en enjeux. La classe œuvrière de la jazzitude, en se libérant, libèrera toutes les autres de leurs gênes.


bien plus qu'une métaphore

un lien historique consubstanciel

j'invite à remplacer dans ce texte les notions musicales propres à la tradition du blues et du jazz par celles de la théorisation communiste dont je me réclame, en terme de continuité de l'œuvre de Marx, de continuité-rupture dans la théorie de communisation, et naturellement d'une critique décoloniale que j'estime avoir entreprise avant la lettre par ma critique de la critique française eurocentrée du jazz, annonçant le mariage des théories communiste et décoloniale par la praxis, celle des faire instruits des autres, « je est des autres », dont il s'agit de s'inspirer pour en faire des potlatch

on me pardonnera, ou non, l'immodestie au moins apparente à laquelle aboutit cet exercice, mais je ne prends pas de soin à faire comme si je pensais travailler vainement...

Patlotch a écrit:
la théorisation communiste décoloniale impose tout de même une distance certaine avec ce qui est de l'ordre du système contraignant, du cliché, voire de la méthode. La pensée de Marx est une base du langage théorique chez Patlotch en tant que [dynamique] fondements de la critique du capital, pas en tant que système.

De même pour les luttes de classe historiques et leur tradition communiste et anarchiste, dont la présence évidente et perpétuelle a un fort pouvoir dynamique et évocateur. Enfin, reconnaissons de ce livre-forum l'incroyable capacité, ici comme ailleurs, à unir composition et improvisation dans un même objectif.

Le thème donne l'idée générale de la direction à prendre, le soliste se prêtant ensuite à nombre d'interprétations tout en prenant une distance certaine avec la notion [d'"arrangement"], de corpus théorique fermé à lire comme une leçon de théorie qu'il s'agirait de mettre en pratique.

En unissant ainsi une écriture théorisante et poétique, Patlotch se joue une nouvelle fois des attendus de la pensée occidentale, les retenant tout en les contestant, en toute liberté de conscience. Patlotch est tout à la fois continuateur, réformateur et révolutionnaire.




The Ornette Coleman PrimeTime Band

1977, Village Voice

Ornette Coleman - Alto Sax, Violin, & Trumpet
Burn Nix - Guitar
Charles Ellerbee - Guitar
Larry McRae - Bass
Albert McDowell - Bass
Denardo Coleman - Drums
Kamal Sabir - Drums



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Lun 21 Déc - 13:37


vers une unification de la théorie dite du communisme décolonial




nous allons avancer progressivement vers une unification de la théorisation communiste décoloniale, qui ne se présentera plus comme un croisement entre théorie de la communisation et critique décoloniale

un moment important sera la tentative, en janvier, de formuler une critique, au sens fort, des positions théoriques du PIR en tant qu'elles se réclament de la critique décoloniale. Nous le ferons par la transcription d'échanges entre Corinne Cerise et Patlotch, actuellement en cours de façon privée

le besoin s'en fait sentir, dans la mesure où ma position, relativement au PIR (ou de même avec le FUIQP), souffre sinon d'ambiguïtés, d'incompréhension entre les niveaux théoriques, stratégiques, et politiques, parce qu'il s'agit de savoir d'où nous parlons, de quoi, et à qui

une telle relation, même indirecte, ne saurait s'établir sur la même base qu'avec des théories ou des théoriciens qui ne prétendent pas, voire se refusent, à toute implication pratique (politique) ou à toute réflexion stratégique sur ce qu'impliquerait de leur part une sortie réelle et assumée du théoricisme, à savoir cesser de prendre une théorie sur le communisme, pour une théorie communiste comme combat de classe, et plus loin encore de faire comme ici, de la théorisation communiste entendant bien entrer en relation effective avec des personnes engagées dans la dynamique décoloniale, et sans pour l'heure qu'on puisse affirmer là une incompatibilité par essence avec le communisme comme mouvement des contradictions du capital

ceci étant posé, je pense qu'on évitera de voir dans la démarche théorisante de ce livre-forum la moindre velléité de construire un syncrétisme entre luttes décoloniales telles qu'elles existent en France aux niveaux théorique, stratégique et politique complexes car concrets, et la théorie de la communisation dont nous ne pouvons plus retenir que quelques éléments fondateurs

de même, parler d'unification de la théorie dite, à défaut d'autre chose de plus parlant, du communisme décolonial, ne signifie nullement une recherche de "convergence", ni d'ailleurs de "divergences", avec la politique du PIR, puisque notre approche ne saurait se prétendre sur le même plan concret ni au même niveau d'effectivité immédiate, d'autant que le terme même de "convergence" est rejeté par le PIR autant que nous rejetons l'idée de "convergence des luttes" à la manière du démocratisme radical

je redonne par conséquent le texte d'Houria Bouteldja sur la base duquel une telle critique peut se faire, parce qu'il traduit un moment jalon de l'expression de ce "parti" pas comme les autres (les "nôtres"), avec de véritables efforts de clarification et de mise à jour des positions théoriques, stratégiques et politiques du PIR, qui sont devenues plus matures et sont en constante évolution. Il faudra articuler ces critiques avec toute la mouvance décoloniale en France, et particulièrement avec les positions de Saïd Bouamama et leur mise en œuvre problématique voire contradictoire par le FUIQP, Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

compte tenu du sérieux de nos intentions, il est hors de question d'entrer dans des polémiques subalternes ou manquant de respect à ce qui, au-delà de toutes critiques légitimes et nécessaires, a le mérite d'exister et de fournir une matière des plus riches à la pensée communiste de notre temps


Patlotch a écrit:
voici le texte complet de l'intervention qu'Houria Bouteldja a présentée entièrement à Montréal le 26 août et en partie le 24 novembre à Rouen. Je ne l'ai pas encore lu de façon serrée, mais il me semble un texte important, à la fois sur le plan théorique et de "stratégie politique", extrêmement riche, dense et synthétique, avec une sincérité et un  souci pragmatique, si j'ose dire de façon provocatrice de tous côtés, quasi "léninistes". Celà ne vaut pas approbation en tout, mais pour pouvoir en dire plus, il va falloir s'y coller sérieusement...



Race, classe et genre : une nouvelle divinité à trois têtes

Houria Bouteldja, membre du PIR

14 décembre 2015



Cette intervention a d’abord été lue au 7ème Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, à Montréal le 26 août 2015, puis à l’université Paris 8, le 24 novembre 2015 et enfin à l’université du Havre le 30 novembre 2015 dans le cadre du colloque : « Luttes coloniales et décoloniales dans la France d’hier et d ‘aujourd’hui ».




Citation :
Bonjour et merci aux organisatrices pour cette invitation. Et merci à vous tous et toutes d’être là. Je voudrais commencer par quelques précautions d’usage. La première c’est que je ne suis ni une chercheuse ni une universitaire mais une militante. C’est important de le garder en tête car le monde académique et le monde politique sont deux univers différents et j’ai souvent eu l’occasion de m’apercevoir que les chercheurs espèrent trouver dans le monde militant des prolongements ou des confirmations de leurs postulats, ce qui arrive rarement. La deuxième, c’est que je vais utiliser des concepts qui vous sont peut-être étrangers mais qui sont des catégories politiques comme « indigène » qu’il ne faut pas prendre au sens étymologique mais au sens historique. Il signifie pour nous « sujet colonial ». Je vais utiliser également la notion de « champ politique blanc » qui exprime d’un point de vue décolonial l’unité raciale du monde politique blanc malgré son hétérogénéité et malgré le clivage structurel de classe qui est à son fondement. Je vais utiliser enfin la notion de « Modernité » que nous définissons comme la globalité historique caractérisée par le Capital, la domination coloniale/postcoloniale, l’État moderne et le système éthique hégémonique qui lui sont associés…Je vais finir par un avertissement. Mon propos pourra peut-être être perçu comme provocateur mais je vous assure qu’il ne l’est pas. Je fais partie d’une organisation politique confrontée à des dilemmes et à des choix parfois cornéliens dans un contexte idéologique français très difficile et dans lequel la pensée politique est policée, bridée et si mes propos semblent provocateurs c’est moins à cause de leur nature qu’à cause de la pauvreté du débat, du renoncement progressif à la confrontation et d’un certain amour du consensus mou. Notre but est de nous donner les moyens théoriques et politiques d’avancer dans un projet de transformation sociale et cet objectif ne tolère ni la pensée molle, ni le compromis, ni la démagogie.

Ainsi, si je faisais partie de cette mouvance radicale blanche ou non blanche qui vient de découvrir l’intersectionalité en France, je commencerais cette intervention par une prière : « Au nom de la classe, du genre et de la race, amen ». Il existe en effet un grand travers de la gauche radicale française qui est qu’elle est de moins en moins politique et de plus en plus religieuse. Elle est guidée par des grands principes et une morale qu’elle croit politiques. Ce qui a pour conséquence que dans les sphères militantes on a plus affaire à des hommes et à des femmes d’église qu’à des militants. Alors avant de rentrer dans le vif du sujet, je voudrais commencer par deux boutades. La première fois que j’ai entendu parler publiquement d’oppressions croisées c’était dans les années 80, j’étais toute petite et c’était par un homme blanc. Il s’appelait Coluche. Et que disait Coluche ? Je cite de mémoire : « Quand on est femmes, noires et handicapées, la vie peut-être très dure ». Quel est l’enseignement que j’en tire : que la conscience des oppressions croisées est à la portée de tous et n’est aveugle que celui qui ne veut voir. Il y a un savoir implicite partagé par tous.

La deuxième boutade, c’est qu’on a coutume de dire que les premières intersectionalistes étaient les féministes noires américaines. Je serais tentée de dire que ce n’est pas vrai et qu’il faut chercher les premiers intersectionalistes chez les colons et les racistes. En effet, ce sont eux les premiers qui ont deviné l’usage qu’ils pouvaient faire des contradictions observées dans les sociétés colonisées. Par exemple, ils ont tout de suite compris comment tirer profit de la différence statutaire entre Juifs et Musulmans en Algérie. De la même manière qu’ils vont tirer profit de l’organisation patriarcale des sociétés du Maghreb. Ils vont utiliser ces contradictions pour en faire des divisions et fractionner le plus possible le corps social entre les Juifs, les Arabes, les Berbères, les hommes et les femmes, les élites et les paysans etc…Et aujourd’hui, ça continue, les sunnites, les chiites, les homos, les hétéros et j’en passe. Bien sûr, je ne confonds pas l’intersectionalité à usage répressif (que je vais appeler négative) et l’intersectionalité à usage émancipateur (que je vais appeler positive) mais c’est important de l’avoir en tête car ceux qui profitent des divisions aujourd’hui continuent leur action et il est évident qu’ils vont savoir faire usage intelligent de l’intersectionalité positive.

Les raisons de s’intéresser à l’intersectionalité sont diverses. Certaines sont légitimes et justifiées, d’autres ne le sont pas. Je ne suis donc pas ici pour jeter le bébé avec l’eau du bain.

L’usage qui me parait le plus légitime est celui qui consiste pour les victimes d’oppressions multiples à penser et à analyser leur condition. Je pense évidemment à l’usage qu’ont pu en faire les femmes noires américaines pour faire valoir devant la justice qu’elles ne pouvaient pas être traitées comme on traite les Blancs, les Blanches ou les hommes noirs étant donné l’imbrication de leurs oppressions. Je pense également à l’usage théorique qu’en ont fait certaines militantes noires ou chicanas pour fournir des outils de compréhension aux luttes politiques. Je pense en particulier au fameux « race, classe et femmes » d’Angela Davis  qui est un classique. Il y a toute une littérature théorique sur laquelle je ne vais pas m’attarder mais qui est riche, dense et qui informe de manière érudite sur la complexité des rapports de domination. Mis à part ces usages, la plupart des autres me paraissent assez suspects. J’en vois quatre :

– D’abord, il y a l’usage académique blanc du terme qui sert à ouvrir des champs de recherche dans le domaine du savoir et qui sert des carrières, qui sert la promotion de chercheurs, d’intellectuels pour lesquels les victimes sont des objets de recherches et jamais des acteurs politiques et pour lesquels la recherche est une fin en soi même s’ils ne l’avouent pas. Il faut cependant relativiser concernant l’émergence dans le champ universitaire de l’« intersectionalité » qui ne défigure pas encore les vieux murs de l’Université française, encore frileuse sur ces questions, elle qui se remet à peine de la percée de la question du genre.

– Et puis, il y a l’usage académique non blanc du terme. C’est-à-dire, l’usage que vont en faire des chercheurs indigènes au sein du monde universitaire. Un moyen pour transformer le stigmate indigène en distinction, c’est d’associer la race aux autres formes de dominations car ce créneau, marginal au sein de l’université, est initié et défendu par des marxistes, eux-mêmes minoritaires. Comme le propos de ces études est d’évoquer sans cesse « l’invisibilisation » des racisés et de leurs savoirs, les chercheurs non Blancs peuvent jouer sur leur « légitimité » de fait et peuvent concurrencer les Blancs, à condition de ne pas enfreindre l’exercice de la déconstruction ou pour le dire autrement, ne pas faire de politique.

– Il y a un troisième usage de l’intersectionalité, qui est celui qu’en font certains groupes de la gauche radicale blanche qui peuvent être sincères mais qui se transforme souvent en injonctions à articuler.

Dans un article fameux[1], Sadri Khiari, membre du PIR a écrit je cite : Lorsqu’un Blanc de gauche nous demande « Comment articulez-vous races et classes ? », il ne faut pas lui répondre. D’abord, tout simplement, parce que cela ne le regarde pas. Mais surtout, parce que quand il nous pose cette question, il n’exprime pas sa simple curiosité. Il se demande au fond si notre combat est vraiment légitime, c’est-à-dire si, de son point de vue, notre combat renforce le sien ou si, au contraire, il l’affaiblit. Il veut savoir s’il correspond à l’idée qu’il se fait de la lutte pour l’émancipation – généreuse, générale, universelle… S’il considère que ce n’est pas tout à fait le cas alors, pour lui, il ne vaut rien, il peut même lui paraître nuisible. »

– Enfin, il y a un quatrième usage. C’est celui qu’en font certains militants radicaux non blancs, qui vivent dans leur chair les effets des oppressions croisées, mais qui se transforme souvent en posture qui elle-même devient une espèce d’esthétique. Ce que je veux dire, c’est que la cause intersectionaliste défendue est rarement incarnée dans un projet politique qui serait force de proposition à destination des habitants des quartiers. Ainsi, la confrontation réelle et la mise à l’épreuve de la théorie disparaissent derrière l’émergence d’une rhétorique séduisante qui peut être captée par le champ politique blanc, voire même instrumentalisée contre les luttes réalisables et j’insiste sur le mot « réalisables ».

Et là, je vais citer Norman Ajari, un autre militant du PIR :

Norman Ajari, a écrit:
« Dans la France d’aujourd’hui, le chantage à l’intersectionnalité est devenu un instrument de police idéologique qui permet de disqualifier ceux qui ne prêtent pas allégeance à l’agenda politique dominant. Les accusations d’homophobie ou d’antisémitisme, sont les armes de ce combat-là. Force est de reconnaître, aussi désolant que soit ce constat, qu’une part significative du discours intersectionnel français est formellement semblable à l’universalisme républicain. Il cherche à consacrer la supériorité morale de celles et ceux qui le prônent, en les confortant dans l’illusion d’une légitimité sans borne. Articuler à tous propos la classe, la sexualité, le genre et la race, c’est s’assurer d’avoir son mot à dire sur tout, et d’être rarement contredit. Le prêcheur intersectionnel répondra « classe » ou « genre » quand on lui parlera race, et vice versa[2]. »


Pour ma part, je vais vous le dire franchement comme je le pense. L’intersectionalité dans son usage en France, et je dis bien en France car je ne prétends pas généraliser cette analyse, est sûrement un précieux outil d’analyse des oppressions mais sûrement pas un outil politique et encore moins un outil de mobilisation. « Le réel, c’est quand on se cogne », disait Lacan. Je prétends que la théorie intersectionnelle se cogne contre le mur de la réalité. Et je vais tenter de le démontrer :

Pourquoi les injonctions à l’articulation de toutes les oppressions ou la posture esthétique qui consiste à se déclarer intersectionnel sont-elles comme je le prétends apolitiques ? D’abord parce qu’elles sont l’incarnation d’une nouvelle morale, d’un nouvel humanisme mais comme tout humanisme, il est abstrait. Effectivement, elles imposent de ne faire aucune hiérarchie de n’admettre aucune priorité et de tout combattre à la fois. Ce qui suppose que les principaux concernés veulent et peuvent endosser un tel projet, en d’autres termes qu’ils ont les moyens matériels de le faire… Je prétends que c’est impossible. Pour des raisons 1/ de contexte, 2/ de dialectique entre les différentes oppressions, 3/ de stratégie politique.

Prenons les éléments de contexte. J’en vois quatre :

– Il y a d’abord le contexte géopolitique international et ce que nous appelons au PIR la contre-révolution coloniale qui est cet épisode qui a commencé immédiatement après les indépendances et qui prend la forme de la recolonisation du monde sous d’autres formes, qui poursuit son entreprise de prédation, qui spolie et crée les conditions d’une émigration massive. Ce qui pousse l’Europe à renforcer ses appareils répressifs contre les migrants et qui a un impact direct sur la vie des post colonisés puisque ces politiques renforcent le racisme, les contrôles policiers et la suspicion tous azimuts. Donc, un contexte géopolitique qui renforce le racisme dans l’hexagone.

– Il y a la crise économique dont la Grèce est en train de faire les frais et qui renforce la compétition dans le monde du travail entre Blancs et indigènes. Donc un contexte qui exacerbe le racisme et prolétarise encore plus les indigènes.

– Il y a le contexte idéologique général. En Europe, il y a longtemps eu un seul clivage reconnu, le clivage de classe, qui oppose la gauche et la droite, les prolétaires et les bourgeois, les progressistes et les réactionnaires. Cette ligne de clivage, bien que brouillée, est toujours valide mais elle est en pleine mutation. Nous ne sommes plus dans les années 70 où les idées de progrès étaient au zénith et où on disait « faites l’amour pas la guerre » et où la jeunesse a participé à ce qu’on appelle la révolution sexuelle. Pendant les trente ans qui viennent de s’écouler nous avons vécu en Europe le déclin progressif de l’hégémonie de gauche au profit d’une hégémonie de droite. Les élites se sont droitisées mais les peuples aussi. Cela a des répercussions sur les rapports de genre et de sexualité notamment. Exemple : Vous avez pu constater la vitalité avec laquelle la France conservatrice, la France catho, la France de droite s’est mobilisée contre le mariage pour tous.

– Il y a le contexte spécifique des quartiers populaires en France et de la banlieue où vivent la majorité des indigènes d’Afrique noire du Maghreb et des Antilles. Les indigènes n’échappent pas à l’influence de cette nouvelle hégémonie de droite d’autant qu’ils ne sont pas les enfants de mai 68 qui est un héritage blanc ce qui a pour effet qu’on ne peut pas les aborder comme on aborderait des hippies ou des bobos parisiens notamment sur les questions de genre et de sexualité. Les quartiers populaires de France n’ont pas échappé au phénomène de régression politique générale. Pour deux raisons principales : On a longtemps crié dans les manifs « français, immigré, même patron, même combat » qui est un slogan caduc. Dans la réalité de la lutte, les ouvriers immigrés se sont vite aperçu que les questions liées à l’indépendance de leur pays n’étaient pas la priorité du mouvement ouvrier français et après les indépendances que le racisme n’était pas non plus sa priorité et que les droits des immigrés étaient toujours sacrifiés au bénéfice de la classe des ouvriers blancs. Les immigrés et leurs enfants n’ont jamais été les premiers clients de la gauche blanche. La gauche a toujours agi en fonction de l’intérêt des prolétaires et des classes moyennes blanches et est restée sourde aux revendications principales des post-colonisés depuis trente ans : la revendication de justice face aux crimes policiers, la lutte contre les discriminations au travail et au logement qui prend la forme d’une lutte contre l’islamophobie, la négrophobie et la rromophobie, la reconnaissance de l’histoire coloniale et de la traite transatlantique et enfin la lutte contre le sionisme. C’est ce qui fait dire au PIR que la gauche est blanche et qu’elle fait partie de ce qu’on appelle : le champ politique blanc. La deuxième raison, c’est que toutes les tentatives d’organisation politique ont systématiquement été pilonnées et tuées dans l’œuf par le pouvoir qu’il soit central ou local. Ce qui a empêché la politisation d’au moins deux générations. Nous en payons le prix aujourd’hui.

A la lumière de ces quatre éléments de contexte, penchons-nous sur la condition des indigènes qui vivent pour la plupart dans des quartiers populaires et sur les interactions entre les différentes oppressions qu’ils subissent.

On nous dit : articulez race, classe, genre et sexualités. On nous concède que l’indigène est, certes, racisé, mais qu’il existe un tas de contradictions dans ce corps social : il y a des riches et des pauvres, des hommes et des femmes, des hétéros et des homos. Ce qui suppose que nous, qui portons un projet politique, nous rendions en banlieue là où il y a la plus grande concentration d’indigènes et que nous endossions un projet articulateur qui assume de défendre ouvertement la lutte des classes, la lutte des races, la lutte féministe contre le sexisme des hommes du quartier et la lutte en faveur des LGBT. Alors là, je dis, objection votre honneur ! J’en ai trois :

1ère objection : Pour articuler, il faudrait que le corps social indigène dans ses tendances lourdes adhère à un projet « progressiste ». Je prétends que ça n’est pas le cas.

– D’abord, parce que depuis trente ans, on assiste à un glissement progressif de l’opinion indigène vers les « valeurs de droite » et à une défiance de plus en plus forte vis-à-vis de la gauche et de la plupart des « valeurs » qu’elle défend sauf peut-être l’égalité sociale bien que celle-ci soit concurrencée par des formes libérales de réussite sociale.

– Ensuite parce que le racisme et la relégation sociale produisent du conservatisme. Les néoconservateurs français qui vont de Fourest à Le Pen en passant par Finkielkraut, c’est-à-dire de la gauche républicaine à l’extrême droite, pensent que les quartiers sont « réactionnaires », et que l’islam l’est tout autant. Cette idée est combattue par la gauche « islamo-gauchiste » avec cette idée selon laquelle il y aurait autant d’islam qu’il y a de Musulmans, que l’adhésion à l’islam est un choix murement réfléchi, individuel, détaché de toute influence communautaire. Bref, on a ici une vision très libérale de l’islam où nous aurions des individus déracinés de leur histoire et de leur milieu, dotés d’un libre arbitre puissant et libéré de toute forme de déterminisme et d’ « aliénation ». Pour ma part, je n’ai jamais adhéré à cette construction – et je dis bien construction – de cet islam libéral et optionnel dont je pense qu’elle est déterminée 1/ par le besoin de la gauche antiraciste de justifier sa solidarité avec les femmes voilées. Et 2/ par une certaine catégorie de musulmans et de musulmanes en particulier sommés de prouver qu’ils méritent le soutien de la gauche et qui adaptent leur discours en fonction des desiderata de gauche. Moi, je crois que les formes que prend l’islam dans les banlieues sont effectivement « conservatrices » et je pense que cet islam-là ainsi que l’un de ses principaux symboles, le foulard, sont effectivement des concessions faites au patriarcat indigène. Je m’empresse de dire qu’il n’y a rien de dramatique là-dedans car le compromis permet des améliorations et ouvre même des marges de libertés. Souvent les femmes semblent reculer mais en fait elles prennent leur élan pour mieux sauter. Ainsi les néoconservateurs ont raison sur la forme, mais pas sur le fond. Je m’en explique avec la notion d’espace-temps. Récemment j’ai donné une interview à une revue de gauche qui s’appelle Vacarme et qui a fait scandale. A une question sur notre rapport au métissage, j’ai répondu que dans un monde où le racisme nous a appris la haine de nous-mêmes, il devenait important d’apprendre à nous aimer et de nous autoriser à nous marier avec quelqu’un de notre communauté plutôt que de chercher une quelconque promotion en nous mariant avec des Blancs, que cette démarche était sûrement considérée comme une régression pour la gauche blanche mais qu’elle était pour nous un grand pas en avant. C’est ça l’espace-temps indigène. La ligne du progrès ne signifie pas grand-chose en milieu colonisé. Ce qui est positif pour les Blancs, ne l’est pas forcément pour nous et vice et versa.

Une anecdote historique pour illustrer ce propos : Dans les années trente, des militantes communistes noires de la section de Harlem demandent d’interdire les mariages interraciaux à l’intérieur du Parti, alors qu’elles-mêmes militent au quotidien pour en finir avec les lois Jim Crow de ségrégation dans la société américaine, dont celle qui interdit aux Noirs d’épouser des Blancs[3]. Les militantes noires en question étaient à la recherche d’une stratégie pour lutter face aux critères de beauté racistes des Blancs qui créaient une féminité supérieure des femmes blanches et faisaient également d’une relation avec une femme blanche un critère de promotion sociale pour un homme noir. Cela a été refusé par les instances du parti mais une des conséquences est quand même qu’une partie des militants communistes noirs de la section ont rompu leurs relations avec des femmes blanches pour être ensuite avec des femmes noires. On a appelé ça sur le ton de la blague un mouvement « back to the race ».

Ce que je veux expliquer c’est que ce mouvement de « repli sur soi » qu’on appelle « communautarisme » et qui a tous les aspects de la « réaction » et du « conservatisme », et qui l’est sous certains aspects, est globalement positif car la communauté, dans un contexte hostile (cf les éléments de contexte) est le premier lieu de la solidarité. Il est évident que cette « régression féconde » qui répond à des besoins matériels et affectifs est précaire et qu’elle ne se fait pas sans conditions. En échange de la protection dans un cadre normatif rigide, la contrepartie c’est effectivement la diminution des libertés. Lors du colloque sur le féminisme islamique, l’une des intervenantes a identifié deux types de musulmanes : celles à faible capitale économique et symbolique qui en priorité cherchent la reconnaissance de leur communauté et qui refusent l’étiquette féministe et celles qui ont un fort capital et qui cherchent la reconnaissance du monde blanc. Pour ce faire, elles adoptent l’identité féministe ce qui est à rapprocher de ce que je disais plus haut concernant les stratégies pour obtenir le soutien de la gauche blanche. Ce que l’intervenante a oublié de dire, c’est que les deux catégories de femmes ne sont pas équivalentes en termes démographiques puisque l’indigénat étant structurellement pauvre, il y a plus de femmes dans la catégorie musulmanes non féministes que dans l’autre. Ce qui a des implications en termes stratégiques puisque la triple oppression conduit à sacrifier dans ce cas l’option féministe et donc à faire le contraire de l’articulation. Quand on prétend comprendre l’articulation race, classe, genre et ses effets, c’est auprès de cette catégorie qu’il faut se tenir. Les intersectionalistes vont avoir tendance à faire le contraire : soutenir celles qui peuvent matériellement se permettre l’articulation parce que vues comme des battantes, des insoumises, des héroïnes[4] au détriment des autres. Ce qui est un comble.

2ème objection : Articuler race et genre, par exemple, suppose de combattre le racisme, le patriarcat en général et le patriarcat indigène en particulier puisque les violences subies par les femmes sont les violences des hommes de leur entourage. Le problème c’est que si le genre féminin indigène est effectivement opprimé par le patriarcat blanc et le patriarcat indigène, le genre masculin indigène est aussi opprimé. Par le patriarcat blanc. Je voudrais signaler ici les travaux sur les masculinités hégémoniques et les masculinités subalternes qui mobilisent les travaux de recherche des chercheurs du sud et qui permettent notamment de ne plus considérer les violences masculines envers les femmes comme l’expression d’une culture locale de la domination masculine, mais plutôt de les penser en relation avec la déstabilisation perpétuelle imposée par l’impérialisme et les réformes néolibérales[5]. Les femmes indigènes ont conscience de tout cela. Elles connaissent très bien l’oppression de leurs hommes et savent aussi le prix qu’elles doivent payer en retour. Dans ce cadre, le premier levier qu’elles vont utiliser, c’est moins le féminisme que l’antiracisme, et ce n’est pas un hasard si depuis trente ans on retrouve les femmes de l’immigration engagées dans les luttes contre le milieu carcéral, contre les crimes policiers. J’ajoute à cela la dialectique de la violence patriarcale qui redouble de puissance à mesure que la virilité des hommes est mise à mal par le colonialisme et le racisme. Je vous disais plus haut que le voile, en plus de ses autres significations, était une « concession » au patriarcat. Je vous précise que c’est une concession calculée, un compromis pour désamorcer le tort qui est fait aux hommes et réduire la pression masculine sur les femmes. Et c’est en cela qu’il faut assumer cette concession plutôt que d’en avoir honte ou de s’inventer un féminisme imaginaire qui relève plus de la rhétorique que de la pratique car ce sont nos conditions d’existences objectives qui déterminent nos choix. J’ajoute au passage que toutes les femmes font des concessions au patriarcat, qu’elles soient voilées ou pas, indigènes ou blanches.

3ème objection : L’articulation suppose qu’en tant que femme indigène et pauvre, je me trouve à équidistance de l’ouvrier blanc, de la femme blanche et de l’homme indigène. Je suis autant éloignée de l’homme indigène que je ne le suis de la femme blanche et de l’ouvrier blanc, ce qui a des conséquences en termes d’alliance stratégique. Avec qui dois-je m’allier de manière prioritaire ? S’il n y a aucune hiérarchie, je n’ai aucune raison de préférer l’alliance avec les hommes indigènes à celle avec les femmes blanches. Et pourtant, dans la réalité nous choisissons par instinct l’alliance de race. Pourquoi ? La première explication, c’est que le corps social des femmes blanches toutes classes confondues a des privilèges politiques, économiques et symboliques supérieures en moyenne au corps social des hommes indigènes. En France, la plupart de temps, il vaut mieux être une femme blanche qu’un homme indigène. La deuxième explication, elle est donnée par les mobilisations des indigènes depuis trente ans. J’ai mentionné plus haut les crimes policiers, l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, les luttes mémorielles ainsi que la Palestine. Où sont les femmes de l’immigration depuis trente ans ? Dans ces luttes-là. Le choix est fait et il nous a tous précédés depuis longtemps. Les femmes sont là ou elles ont identifié la cause de leur oppression principale. Back to the race. Je voudrais vous raconter une autre anecdote qui se passe aussi aux Etats-Unis dans les années 30.

Ca concerne la reconfiguration des luttes des femmes noires communistes à la fin des années 40 et durant les années 50. Il s’agit d’un choix tactique/stratégique dans un contexte très particulier où l’anticommunisme faisaient rage : alors que leurs maris étaient en prison ou dans la clandestinité, parce que communistes mais aussi parce que pour l’autodétermination des Noirs, des femmes favorables à l’égalité des droits hommes/femmes, féministes, reprennent des motifs de la rhétorique famillialiste de l’époque pour susciter la solidarité des noirs. Ce n’était pas un alignement idéologique, c’est un choix tactique par défaut dans un contexte de recul où le niveau de répression est tel que même la simple sécurité des hommes qu’elles aiment et qui sont leurs compagnons de lutte n’est pas assurée (sachant que même leurs enfants sont harcelés par le FBI) : ainsi par exemple, Esther Cooper, qui n’avait jamais porté le nom de son mari James Jackson mais qui le porte à partir du moment où il est arrêté et écrit un livre, this is my husband » et fait une tournée de solidarité pour le faire connaître[6].

Tout cela pour dire qu’il n’existe pas une universalité des causes mais que les choix tactiques et stratégiques se font toujours en contexte.


Quelle stratégie ?

La perspective ne peut être que le produit d’une économie politique globale prenant en compte tous ces facteurs. Quelle est-elle ? C’est la perspective décoloniale.

Cette perspective doit pouvoir définir un sujet révolutionnaire, c’est-à-dire le sujet autour duquel se construira le projet de transformation sociale. Si on définit le sujet révolutionnaire à partir de la perspective intersectionaliste, ce sera forcément le plus opprimé des opprimés qui occupera cette fonction. Le sujet sera par exemple la transgenre musulmane et pauvre vivant en lointaine banlieue ou l’homosexuel noir et au chômage. A priori pourquoi pas ? Mais, il y a un grand mais. Cette proposition doit reposer sur l’adhésion du grand nombre ce qui suppose que le « grand nombre » en question, qui ne partage ni la condition spécifique des trans, ni celle des homos, est philanthrope et que par conséquent il serait susceptible par empathie, par amour de son prochain d’adhérer à ce projet. Chacun dans cette salle a parfaitement le droit de parier sur cette option. Ce n’est pas mon cas. Je ne crois pas à cette philanthropie et je ne crois pas à cette générosité, pas plus en milieu blanc qu’en milieu indigène. J’ai une approche très pragmatique et je crois que les gens se mobilisent par intérêt et que par conséquent, il faut trouver comme sujet révolutionnaire le plus grand dénominateur commun. J’ai énoncé plus haut les grands thèmes qui mobilisent les quartiers : les crimes policiers, le racisme sous toutes ses déclinaisons, l’impérialisme et la mémoire. Ces quatre questions mobilisent les quartiers depuis 40 ans. Ce qui signifie qu’elles sont significatives et qu’elles recouvrent une matérialité politique qui fait sens et qu’il faut savoir exploiter. J’ajoute à cela, qu’elles mobilisent toutes à un degré ou à un autre les questions de race, de classe et de genre. Ce que semble ignorer nos détracteurs, c’est que ces sujets ne sont pas des points aveugles : les Indigènes les traitent à partir du paradigme décolonial qui est le leur. Je cite Norman Ajari :


Norman Ajari, a écrit:
« La pensée décoloniale est un effort pour donner à sa vision du monde la profondeur historique nécessaire pour agir et raisonner en se libérant de veilles routines politiques. Elle part de l’hypothèse qu’à partir de 1492, avec la « découverte » puis la conquête de l’Amérique, naît un projet de civilisation européen dont la supériorité intellectuelle, morale et physique du Blanc sera le rouage essentiel. Ce que disent les Indigènes, c’est que c’est à partir de ce paradigme, qui prend en compte le projet de la suprématie blanche sur lequel se fonde la modernité elle-même, que les questions de sexe ou d’économie méritent d’être envisagées pour être pertinentes dans les vies des habitants du Sud global et de leurs diasporas. Ce ne sont pas des pièces rapportées, accumulées en une rassurante concaténation des dominations. Elles s’intègrent dans l’orbite d’une théorie cohérente qui, sans les ignorer, ne cherche plus sa légitimité dans la pratique et la pensée politique européenne[7] ».



Ce que nous voulons dire, c’est qu’à partir de la question de la race, en assumant, cette hiérarchie, la pensée décoloniale propose un récit sur la totalité, sur la globalité qui intègre le genre, la classe, la sexualité mais débarrassé de toute forme d’eurocentrisme, œuvrant pour une remise en question radicale de la modernité qui par l’impérialisme, par le capitalisme, par la constitution des Etats-Nations a largement contribué à la production du triptyque race, classe, genre et qu’on ne peut pas imaginer nous en débarrasser sans penser une alternative à la modernité, sans penser une nouvelle utopie.

Houria Bouteldja, membre du PIR



Notes

[1] Sadri Khiari, Les mystères de l’articulation race/classe

[2] Norman Ajari, La faillite du matérialisme abstrait

[3] Mark Naison, Communists in Harlem during the Depression

[4] Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a ici la persistance d’une forme d’orientalisme et de paternalisme quand ce regard est blanc, et d’intégration de cet orientalisme quand le regard est indigène.

[5] Mélanie Gourarier, Gianfranco Rebucini et Florian Vörös, Penser l’hégémonie

[6] Esther Cooper Jackson, This is my husband

[7] Norman Ajari, La faillite du matérialisme abstrait



voici l'ajout du 17 décembre

Patlotch a écrit:
retour sur 15 décembre : « le texte complet de l'intervention qu'Houria Bouteldja a présentée entièrement à Montréal le 26 août et en partie le 24 novembre à Rouen. Je ne l'ai pas encore lu de façon serrée, mais il me semble un texte jalon important, à la fois sur le plan théorique et de "stratégie politique", extrêmement riche, dense et synthétique, avec une sincérité et un  souci pragmatique, si j'ose dire de façon provocatrice de tous côtés, quasi "léninistes". Cela ne vaut pas approbation en tout, mais pour pouvoir en dire plus, il va falloir s'y coller sérieusement...

Race, classe et genre : une nouvelle divinité à trois têtes Houria Bouteldja, membre du PIR 14 décembre 2015
 
je l'importe ici du sujet critiques de l'INTERSECTIONNALITÉ "CLASSE-GENRE-RACE" , critique que j'ai moi-même engagée en 2013-2014 sur mon ancien blog...

« s'y coller sérieusement », ce sera prendre le temps, compte tenu de la nature spécifique de ce texte et de l'engagement du PIR tout à la fois sur la base d'une théorisation décoloniale qui évolue, et dans une stratégie politique d'activités concernant une population particulière, et non l'ensemble du prolétariat

fidèle à mon positionnement vis-à-vis de cette population racisée, et aux distances prises depuis janvier 2014 relativement à la démarche du PIR comme parti politique, il s'agira de tenir ensemble ces différents niveaux de compréhension et de critiques



un sujet spécifique sera ouvert pour rendre compte des échanges entre Corinne Cerise et Patlotch, et le sujet sera abordé avec toute son ampleur dans le présent fil de discussion COMMUNISME et DÉCOLONIALISME... Quelles luttes et théorisation révolutionnaires ?

il va falloir attendre, donc... l'année prochaine

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Lun 28 Déc - 3:12


je vais reprendre ce sujet et peut-être le privilégier pour la suite à THÉORIE de la COMMUNISATION et CRITIQUE DÉCOLONIALE : TRESSER des LIENS sans STRESS ni STRASS, dans la mesure où la référence à la théorie de la communisation est lourde à porter les casseroles de ceux qui ont fait sa réputation, et en tout état de cause où aucun dialogue honnête n'a jamais pu s'établir avec ce milieu fermé, sectaire, et réputé pour préférer choisir ses interlocuteurs chez qui ne regarde de trop près ni le théoricisme anti-militant, ni les apories d'un point de vue étroit sur le monde, ni l'eurocentrisme, ni les relations douteuses avec la post-ultragauche de l'idéologie française en voie de négationnisme accéléré depuis les attentats parisiens

comme point de départ en ce qui concerne mon rapport à la théorie de la communisation, qui comme on l'a vu n'est qu'une dimension de plus en plus limitée de la théorisation en chantier ici, bilan repris du 9 décembre :



bilan d'étape sans épate


à titre d'illustration. Voir

le moment viendra de faire un bilan plus complet de ce que nous pouvons retenir de la théorie de la communisation. Nous attendrons pour cela les prochaines productions théoriques, du côté de Théorie Communiste, et de SIC, revue internationale de la communisation dans sa nouvelle formule

esquisse

nous partageons ici le socle commun à cette théorie "rupture dans la théorie de la révolution", remontant aux années 1970 :

- la critique du programmatisme prolétarien et le constat de sa décomposition dans la restructuration mondiale du capital;

- la critique de la démocratie politique jusque dans ses formulations radicales;

- la critique des organisations politiques de type partis d'avant-garde;

- la critique du militantisme objectiviste et subjectiviste, et de l'activisme "pratique" ou "théorique";


de Théorie Communiste, des reconceptualisations héritées de Marx :

- l'implication réciproque entre capital et prolétariat;

- la notion de dépassements produits, à dépasser par les dépassements à produire, évacuant de la théorie du communisme comme mouvement les restes de déterminisme ;

- les concepts de conjoncture, et sous réserve d'un usage pertinent, d'écart;


de Bruno Astarian - Hic Salta, les projections futuristes :

- l'abolition de la valeur;

- des notions telles que production sans productivité et consommation sans nécessité dans Activité de crise et communisation


de SIC, revue internationale pour la communisation, une capacité de critique concrète de situation concrète, utilisant les concepts théoriques comme outils d'analyse, non comme schéma prêt à porter à plaquer sur la réalité, ni généralisation à la situation mondiale, ou prenant ses désirs pour des réalités (TC avec l'écart, la Grèce, etc.). Exemple :

- Incendier et revendiquer. Sur les émeutes en Suède. Zaschia Bouzarri, 2014


nous rejetons :

- l'eurocentrisme partagé avec le marxisme européen et tout le milieu post-ultragauche;

- une méthodologie ayant tourné le dos à celle de Marx comme théoricien de la représentation (Isabelle Garo) et dialecticien matérialiste (Bertell Ollman);

- l'incapacité de TC à l'autocritique claire et à la distanciation de son corpus considéré comme "la théorie adéquate à l'époque" englobant toute production des autres théoriciens

- le refus permanent d'un travail collaboratif en théorie communiste, le sectarisme militant et les procédés égocentriques malveillants de déformation, évacuation et censure d'arguments jugés adversaires dans une concurrence contre-productive et suicidaire;

- le copinage et les coteries entre "amis de trente ans" dont les thèses sont jugées caduques (« Nous consi­dè­re­rons l’ultragauche comme une chose abso­lu­ment pas­sée » TC, 1968, année théorique)

- la diffusion de textes théoriques par dndf sans commentaires, alimentant la confusion et générant des polémiques subalternes sans intérêt;

- la dérive idéologique épargnant l'adversaire de classe pour porter ses coups à toutes luttes ne répondant pas à la norme communisatrice (Kurdistan, auto-organisation des minorités "racisé.e.s" en France, en tant qu'elle s'inscrit dans une dynamique décoloniale mondiale)...






la théorie de la communisation est en crise profonde. Elle n'est plus en mesure de présenter une critique cohérente du monde contemporain, et partant, une mise en perspective révolutionnaire communiste. Fonctionnant isolément pour elle-même dans un entre-soi sectaire, elle ignore et méprise les autres approches théoriques communistes dans le monde, particulièrement la critique communiste décoloniale

soit ses partisans raccrochent leur wagons, soit ils s'auto-consumeront dans leurs derniers feux : éteints



Icare a régné





la petite bête, photos Patlotch

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Mar 29 Déc - 23:42


RS est venu, n'a rien vu...

TC n'a pas vécu



« Ce ne sont pas les hommes qui l'intéressent, ce sont les idées. »
à propos d'un communiste cabetiste, dans Coup d'État, de Pierre Moinot, 2004, p.231



une critique de ce livre-forum par Roland Simon (RS) de Théorie Communiste, 26 décembre

Roland Simon a écrit:
Ce qui est pénible chez toi ce sont tes enthousiasmes successifs qui, chaque fois, font que tu t'auto-considères et d'auto-institues comme l'incarnation du jugement dernier de l'ensemble de la production théorique passée, présente et à venir dans sa diversité et ses limites. Tu ne peux t'empêcher de croire que tes dernières paroles, tes derniers embrasements sont par nature la pointe extrême de la théorie révolutionnaire de l'époque. C'est là constamment le scénario de la mise en scène de toi même que tu nous sers sur ton blog. Le narcissisme y parvient à son comble car le reflet de toi que tu y projettes et que tu y admires est devenu ta réalité même.

J'admets passer peut-être à côté de l'intérêt de la pensée et de la pratique décoloniales, de leur diversité et des dynamiques qui y sont présentes. Mais à l'impossible d'embrasser la totalité des productions théoriques nul n'est tenu. Je constate que sur ton blog, il n'y a aucun exposé didactique et / ou critique de cette pensée, seulement des affirmations, des proclamations, des renvois disparates et non-explicités et des invectives envers quiconque ne partage pas tes enthousiasmes du moment.

Si tu ne fonctionnais pas en te considérant comme le centre du monde, tu m'aurais dit, comme dans n'importe quel échange d'idées et de théories, en quoi je passais, à ton avis, à côté de quelque chose d'important, en quoi cela pouvait et devait redéfinir les problématiques que j'utilise. Mais non, on est semblable à toi ou on est un pourriture ou même pire un "juif" (t'excites pas sur les guillemets).

Je suis désolé de te dire que ton enfermement complaisant sur toi même t'interdis d'exposer et défendre tes idées même avec vivacité (ce qui ne m'a jamais gêné). C'est dommage car je pense que tu as mis le doigt, comme souvent, sur quelque chose d'important. Il se peut que je n'ai pas répondu de la façon que tu attendais, que je sois passé à côté des questions que tu poses, il fallait alors le montrer, exposer tes positions, critiquer les miennes.


des critiques importantes, puisque celui que je considère comme le meilleur des théoriciens de la communisation, (en ce qu'il en délivre la formulation la plus aboutie... bornée à ses limites) prend le parti de me renvoyer l'ascenseur... pour l'échafaud. Tout le monde aura pu constaté combien pourtant je me suis toujours attaché à souligner les apports de Théorie Communiste, que j'ai retenus et relayés par delà la critique sévère que j'en fait depuis 2012 (voir critique du 'courant communisateur' 2014), alors même que j'étais censuré de fait sur tous les blogs "partisans de la communisation", et nombre d'entre eux encore : à quand la réciproque ?

la lecture de RS repose sur des incompréhensions fondamentales de ma démarche, de son évolution, de sa méthodologie, de son exposition et de l'articulation dialectique des différents points de vue constituant les catégories de la page d'accueil. Que je m'exprime dans une forme qui aurait fait ses preuves d'une idée nouvelle en Europe, une forme qui autorise sa compréhension bornée et sa critique aveugle, voilà ce qu'attend (in)consciemment cet RS pour sortir son groupisme sectaire de l'ornière où Théorie Communiste s'est enlisé tout seul. RS annonce au demeurant se lancer dans la lecture de "Penser l'envers obscur de la modernité..." :

qu'on s'attende dans TC25 à une critique en règle de la pensée décoloniale comme celles précédentes, puisque tant qu'on est critiqué et que l'on critique, c'est qu'on existe. Le problème surgit quand c'est devenu la seule manière d'exister

j'ai ici l'ultime générosité de lui suggérer un effort pour ne pas se retrouver aux côté d'Yves Coleman et des sionistes, avec pour suprême argument « Houria Bouteldja raciste, antisémite et homophobe », ce que laissait entendre un mail précédent celui où il découvre, sur ma suggestion, le décolonial... De là son allusion à mes guillemets à "juif". On se fera une idée de mon antisémitisme ici : ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... ISRAËL... Identité juive... UJFP...


la pensée décoloniale n'est pas une "théorie"

le problème que va rencontrer RS, comme d'habitude, c'est que contrairement au corpus de Théorie Communiste, la critique décoloniale - comme le Black Feminism qu'il n'a lu qu'à travers la compilation en français, certes excellente, d'Elsa Dorlin -, dans son lien à l'histoire et aux luttes, ne remonte pas à l'invention du concept sous ce nom au début de ce siècle, mais hérite de plusieurs siècles de domination épistémologique de la pensée occidentale et du capitalisme qui l'a produite et la porte. Or ce n'est pas avec ses lunettes de consultant marseillais en communisation mondiale surgissant simultanément dans "la conjoncture" que RS pourra comprendre une pensée qui n'est pas affaire de théorie ramassée dans une compilation embouquinée, mais d'acculturation profonde à l'écoute des mondes, du Tout-monde des Autres de l'Occident (Edouard Glissant, Sophie Bessis...), par une capacité d'empathie et de penser avec les autres dont RS a démontré qu'il était incapable même avec d'autres théoriciens français, sauf à ramener la couverture à lui et son groupe (voir plus bas, piqûre de rappel)

je saisis mal comment RS a pu trouver que je me considère « comme le centre du monde », alors que tout ici est fondé sur la conviction que ce monde, de centre, n'en a pas, et mon approche démultipliée d'un mondialisme regardant le monde avec des yeux du monde, des yeux des autres



Mexico, Palacio Nacional. Débarquement de Hernan Cortez en 1519. Diego Rivera, 1951


pour saisir la critique décoloniale, il faut la sentir-comprendre de l'intérieur, et pour cela il n'y a pas trois solutions :

- la première est d'être concerné soi-même par descendance de colonisé ou d'origines ethniques ou religieuses construisant des "races sociales" pour le capitalisme : c'est ce qui donne leur légitimité aux luttes d'émancipation depuis celles contre l'esclavage à celles, aujourd'hui, des "indigènes" (au sens de la population concernée, non du parti des indigènes); c'est ce qui fait qu'elles ne sont pas, par nature, "essentialistes" ou "communautaristes identitaires", mais moments d'une résistance à une oppression particulière, moments d'un dépassement possible : tous les théoriciens africains, caribéens ou noirs américains décrivent ce moment comme "nécessaire", de la négritude et du so called nationalisme noir, à dépasser, évidemment (lire Glissant, le concept de créolisation, ou Achille Mbembe, Critique de la raison nègre). J'ai exposé cette possibilité théorique en juin 2014 dans abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus

- la seconde est, si l'on n'est pas de ces catégories "racisées" par la couleur de peau, l'origine ethnique ou la religion, de se mettre à leur écoute, par tous les moyens à sa disposition, intellectuels, culturels, relationnels concrets... C'est ce que je fais, "narcissiquement", depuis près de 50 ans : blues et jazz, caraïbes, Afrique..., littérature, poésie, luttes, cultures, théorisations, amitiés, compagnonnages et camaraderies... et ceci bien avant même de connaître les études post-coloniales et a fortiori la pensée décoloniale. Le départ, la prise de conscience fut pour moi Leroi Jones - Amiri Baraka, lu entre 1967 et 1971. Il n'était pas question alors de décolonial, ni même d'études post-coloniales, mais, dans ces ouvrages des années 60, de critique de l'eurocentrisme de la réception et de la critique de jazz blanche, thème que j'ai repris contre la critique de jazz en France, y compris le "marxisme" de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli dans Free-Jazz-Black Power


1963 plus

il ne s'agit pas là de "pensées" au sens de systèmes idéologiques d'idées, à critiquer sur le terrain des idées, comme si la théorie était encore un Kamfpflatz de la lutte de classes (Althusser via Kant). C'est au fond la seule chose que sache faire RS, et c'est pourquoi il préfèrerait que je lui fournisse un résumé bien "didactique", une dissertation dont le milieu a le secret typiquement khâgneux ou EHESSchien de souche, comme il l'attend en bon petit professeur à la française, et qu'il se fera un petit plaisir pervers pépère, comme d'hab', de déglinguer

mais ce n'est pas au vieux singe Patlotch qu'on apprend à faire la grimace : comme les hauts-fonctionnaires ministériels que j'ai affrontés dans ma "carrière" de petit cadre dans la haute-fonction publique d'État, énarques et autres X-Ponts, voire les universitaires du landerneau trostko-anarcho-libertaires-démocrates (de Bihr à Corcuff), RS préfère qu'on l'affronte sur son terrain et dans son langage. Les patrons d'Air France ont récemment eu droit a une leçon du genre, sans chemise et en pantalon, et s'il persiste dans son négationnisme, le professeur Simon, c'est sa voiture de voisin qui brûlera, si peu proche de "nous" qu'il s'avère, ayant ici perdu toute l'estime qu'il est vrai je lui portais encore il y a peu

toute ma vie de "militant" (désolé pour les ultragauchistes du blabla hors sol, mon parcours fut aussi de "militant" syndical et politique : en quarante ans je n'ai rencontré sur le terrain des luttes aucun ultragauchiste, excepté quelques hauts-fonctionnaires du genre Woland, passé de Sic à Syrisa). J'ai pu vérifier que rien n'enrage plus ceux qui parlent d'autorité que de les affronter dans son langage à soi, avec ses moyens à soi, qui vont de l'écriture à l'oralité, sans dénier la nécessité de la violence, et pourquoi pas celle des coups : mes moyens sont multiples, je les utilise tous, tour à tour ou ensemble, et tant pis pour le genre mutilé corps et âme à la Roland Simon, dont on saisira de plus en plus qu'il est étroit d'esprit et sourd à l'écoute des autres pour ce qu'ils disent et font réellement. C'est d'ailleurs pourquoi il est, depuis trois décennies, le gourou d'une secte qui s'est prise, peut-être, pour communiste


les saintes-nitouches du calvaire communisateur

dans la division du travail, produit du capitalisme, les professeurs ont toujours été et seront toujours du côté du capital, y compris les professeurs de révolution : Roland Simon n'a jamais été et ne sera jamais un combattant communiste, mais une mouche du coche s'arrogeant de plus de récupérer, pour la critiquer, la tradition historique ultragauche d'une époque où ses partisans risquaient leur vie contre le capital ou les staliniens, pas les insultes d'un Patlotch, qui font pourtant sursauter ces petits bourges prétendus anarchistes ou communistes comme des vierges au couvent de la Bonne Mère*

* la Bonne Mère est un symbole de la ville de Marseille. Voir ici


dès lors que je vois clair en moi-même, j'ai livré les sujets critiques du milieu théorique post-ultragauche à la critique songeuse des virus, et je ne reviendrai pas en arrière sur ce qui est réglé, bien que RS ait le culot de m'inviter à "argumenter", ce que je fais depuis des années, à quoi il a répondu par quelques saloperies dans Le sexe sans excès, quelques réponses à Patlotch et Amer Simpson. Une accumulation d'attributions mensongères, sur quoi il établit son habituel monologue truffé de citations de Marx, "prouvant" que je n'aurais rien compris à « l'individu du capital ». Exemple cette énormité qu'il me prête : « Chez Patlotch, une seule chose existe : l’individu sub­sis­tant par et pour lui-même, mais c’est alors le consi­dé­rer comme quelque chose de natu­rel. ». Que voulez-vous argumenter contre pareille malhonnêteté intellectuelle ? Pour la bonne bouche, cette remarque qui dit tout l'humour de l'ironie selon RS, pour l'amateur de polar que je suis : « Patlotch, quant à lui, pré­fère la Col­lec­tion Arle­quin à la Série Noire ». En clair, le poète Patlotch est un sentimental qui met des fleurs sur la révolution, un peu comme Vaneigem relève d'un « humanisme théorique un peu "fleur bleue" » (RS, L'internationale situationniste, in Histoire critique de l'ultragauche, p. 341)

mais puisque Roland Simon me reproche de me prendre pour le Pape, voyons ça, car n'est-ce pas plutôt, dans le milieu théorique, sa réputation et celle de Théorie Communiste, de faire comme si leur corpus était le dernier cri historique de la théorisation communiste : le choix du nom de revue et de groupe, en 1979, le dit modestement : "Théorie communiste". Christian Charrier (La Matérielle) a noté combien TC se considérait comme "la théorie adéquate à l'époque", Daredevil comment pour TC tout devenait du TC

Daredevil a écrit:
« Dans cette contradiction, toute production théorique est TC, mais TC doit séparer le vrai du faux tout en considérant le faux comme partie intégrante de sa théorie. Ainsi Dauvé, La Matérielle, Aufheben, l'autre courant de Meeting, cette critique même, etc. sont pour TC du TC. TC se retrouve comme l'Idée Absolue qui est la totalité et son aliénation pour se retrouver. Pour TC cette critique même sera du TC en mouvement.» Sur Théorie Communiste, l'anglemort 2007


Théorie Communiste :
canal historique de la communisation pour un révisionnisme théorique eurocentriste

le même reproche a été fait à la compilation Rupture dans la théorie de la révolution textes 1965-1975 – présentés par François Danel.

une autre manifestation de cette modeste mégalomanie chez RS peut se lire dans la seconde édition Histoire critique de l’ultragauche, où toute cette histoire est écrite de façon à aboutir comme canalisée à LA théorie de la communisation dans la seule version qui existe pour un lecteur non averti : celle de Théorie communiste, encadrant de la préface "1968, année théorique" à la postface "La révolution prolétarienne", une "histoire" révisée suivant une ligne dont le seul aboutissement logique, pour le lecteur qui se laisse guider, est la batterie de concepts de Théorie communiste comme étant la vérité de la critique de la totalité capitaliste et « le jugement dernier de l'ensemble de la production théorique passée, présente et à venir dans sa diversité et ses limites » : exactement ce que RS me reproche


détournement de la couverture...

remarque au passage, ces deux livres ne présentent de groupes et théories communistes, depuis les années 20, qu'européens : du point de vue communiste, pour Théorie Communiste, il ne se serait rien produit d'intéressant dans le monde sur d'autre continent que l'Europe, avec une place prépondérante, naturellement, à la France (le Vénézuela est évoqué, mais parce que Marc Chirik, de la Gauche communiste, y a émigré...). Si ce n'est pas tout à fait "la préférence nationale", c'est au moins la préférence européenne, la même que Francis Cousin de l'ultragauche communisatrice pour Égalité et Réconciliation et Radio-Courtoisie (voir UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite)

quand RS pique une "bonne" idée à quelqu'un, il ne le dit pas ni à qui, mais se réserve de démolir la "mauvaise" et son auteur, comme avec le « Merci patron » à Bruno Astarian... J'ai ainsi relevé plus d'un passage des textes de RS où il fait comme ça des "emprunts" anonymisés, mais bel et bien signés Roland Simon, qui, n'étant pas "narcissique" pour deux euros, écrit modestement à la troisième personne du singulier; il m'a d'ailleurs dit un jour en substance : « Ne t'étonne pas de retrouver cette idée dans un texte de Théorie communiste ». La revue m'a aussi "emprunté" un texte sans me le demander, en le signant "un camarade", ce que j'ai découvert après l'avoir acheté


théorisation contre corpus et théorie

j'ai exposé mes raisons de ne pas construire cette théorisation en chantier permanent comme un corpus systématique à la manière d'une "théorie" telle que Théorie communiste en présente le modèle le plus fermé sur lui-même depuis le Diamat stalinien (Matérialisme dialectique de Staline, 1938). J'ai précisé que cela pourrait présenter, de façon durable, une difficulté de lecture et de compréhension pour qui ne prend pas le temps d'entrer dans cette théorisation par la présentation générale en saisissant sa genèse, comme rupture dans la théorie de la communisation, depuis le texte de janvier 2015 Communisation 2015 : ruptures communiste et décoloniale dans la théorie de la révolution

refusant de la construire comme "théorie", je n'ai parlé de théorisation que depuis le printemps dernier, parce que les différentes conceptualisations que j'avais en chantier depuis plusieurs années commençaient à s'interpénétrer de façon harmonieuse, et à pouvoir être présentées dans leur cohérence profonde tant par l'articulation des contenus et concepts, que de par la méthodologie (objectifs, pourquoi ce livre-forum, ce plan, ces catégories et ressources ? Structure dynamique, cohérence d'un chantier permanent)


cohérence dialectique et complexe contre systématisme conceptuel structuraliste

j'ai précisé dernièrement qu'il ne fallait pas confondre cohérence et systématisme en faisant remarquer que si le monde est indéniablement, par définition de son existence, cohérent, cela ne signifie pas qu'il fonctionne ou soit structuré comme un système (Marx ne parle jamais de "système capitaliste"). Autrement dit, nous avons quitté depuis belle lurette le temps où Hegel écrivait "Tout ce qui est rationnel est réel; tout ce qui est réel est rationnel" (Préface de la Philosophie du Droit), qui définit en quelque sorte le rationnalisme comme un idéalisme philosophique, propre à la pensée des Lumières, dont Marx fera litière dans les Thèses sur Feuerbach, toute sa méthodologie réelle - et non la supposée « méthode dialectique » que lui ont prêtée les marxistes et encore récemment il lato cattivo proche de TC, avec Roman Rosdolsky (1968) - prenant acte de ce renversement épistémologique dans la théorie de la représentation (Isabelle Garo)

sur cette méthodologie dialectique et complexe, voir le DÉPASSEMENT À PRODUIRE de l'idéologie française occidentaliste / DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE



la légendaire "cohérence" de Théorie Communiste n'est qu'interne et surfaite, un tigre sur le papier sans moteur pour la lutte de classe. Elle est effectivement indémontable de l'intérieur, ce sur quoi Christian Charrier s'est cassé les dents face à un RS trop content de lui faire remarquer que sans TC, La matérielle n'existerait pas. Dès qu'on se penche sur les apories, les béances et les manques de tous ordres, et qu'on interroge les rapports du corpus à la totalité du monde réel dans son immensité complexe, qui n'est pas structurée comme le capitalisme en subsomption réelle vu de façon simpliste et mécaniste par RS, Théorie Communiste s'effondre : l'argument, ce n'est pas à Patlotch de le produire, il l'est par le monde réel, et l'heure de la sanction est venue en douceur et profondeur pour TC, depuis la crise de 2008

il m'a fallu des années de tâtonnements critiques, partant d'intuitions pas toujours débouchant sur des textes rigoureux, c'est vrai, si l'on entend par rigueur le style de textes en vigueur dans le milieu théorique, dans les revues, et qui construisent les échanges théoriques de texte à texte, de groupe à groupe, de théoricien à théoricien, le monde réel n'étant plus toujours une médiation nécessaire, un passage matérialiste obligé : une caricature en est donnée par ceux que Roland Simon a consacré, depuis les années 70, à démolir systématiquement (sic) ce qui se présentait comme concurrent sur le marché des idées révolutionnaires. Il l'a fait avec Temps Critiques, troploin, Aufheben, Bruno Astarian... dans une sorte de rage froide et malveillante se voulant ironique et drôle, déformant à souhait les idées des autres et croyant ainsi "bétonner" sa critique (je tiens d'un membre de TC que le bétonnage de TC fait partie de leurs obsessions) : tous ceux-là ne prennent même plus la peine de lui répondre, tellement la partie est truquée par TC. Seuls les derniers adeptes peuvent encore croire à la rigueur théoricienne du maître de Cavaillon, les autres voient bien que le problème n'est pas de l'ordre d'un débat théorique, mais de la psycho-pathologie d'un pervers : narcissique ?, qui embarque ses amis dupés dans le même comportement malsain : psycho-pathologie de groupe et d'affinités sectaires en réseaux de blogs et relations "internationales" (tu parles, Charles !) : boucle et bulle dont l'implosion est annoncé

l'intelligence de Roland Simon n'est pas en cause, car l'on n'est pas pervers sans être supérieurement intelligent (voire pervers narcissique et intelligence). Quant à jouer encore au Machiavel du milieu théorique, il ne produira plus que des tempêtes dans quelques verres de pastis, allez, soyons bon, d'Ouzo grec ou de Sambuca italienne. Pour l'Aguardiente colombienne, il faudra repasser

la revue Meeting même, loin d'être le lieu d'un travail collaboratif, était en gros celui de l'affrontement entre les thèses de TC (RS et BL) et "celles" de Léon de Mattis, dans des échanges qui tenaient autant et plus de la rhétorique pour avoir raison (Schopenhauer) que d'un travail collaboratif. Comme faux-débutant en théorie communiste, participant un rien naïf à cette revue, et découvrant ce milieu post-ultragauche si singulièrement singulier, je n'étais là comme d'autres que pour compter les points, et tout ce que j'ai pu dire n'aura été utilisé qu'en faire-valoir de ce qui était présenté alors comme le grand enjeu théorique du moment, entre "théoriciens" et "activistes" - on a vu leur commun effondrement, que j'avais annoncé, avec Sic. Rappelons que c'est dès mes premiers commentaires sur Meeting, en 2005, j'ai mis en cause la vision partielle, eurocentrée, vide de toutes considérations de dialectique quantitative, de Théorie Communiste, y compris dans la récente conceptualisation de la conjoncture, un chef-d'œuvre d'abstraction hors-sol, critique que je n'ai reprise sérieusement que plus tard


le renversement du théoricisme de TC passe par le remplacement de son concept de "luttes théoriciennes" par "luttes auto-théorisantes" *, principe qui est au cœur de ce livre-forum et qui rend ridicule l'accusation de prendre ce que je fais pour « l'incarnation du jugement dernier de l'ensemble de la production théorique passée, présente et à venir dans sa diversité et ses limites »

* février 2014 le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser la perspective


pause pipi

citation 1
Pannekoek a écrit:
Dans ces circonstances [grèves, agitation révolutionnaire], il apparaît toujours des individus se distinguant des autres en termes de courage ou de clarté d'analyse, que ce soit dans le discours ou dans l'action. Tous ces individus forment une avant-garde de fait, que nous voyons naître au sein de tous les mouvements. Ils deviennent des dirigeants de fait, peuvent contribuer au développement de l'activité des masses et, de par la largeur de leurs vues, être de bon conseil. Quand ils se réunissent en petits groupes ou partis, avec des programmes bien établis, ces relations fluides se pétrifient. Alors, en tant que dirigeants ex officio, ils se prennent pour des chefs et veulent être suivis et obéis. »

Pannekoek, septembre 1954, cité par Roland Simon, Histoire critique de l'ultragauche, deuxième édition, Senonevero, page 235


citation 2
Bruno Astarian a écrit:
Mais on apprend maintenant que la théorie, qui « s’abstrait en formalisation intellectuelle » est « critique par rapport l’immédiateté des luttes ». « Ce que nous produisons comme théorie dans le sens le plus formel [sens restreint, donc]… est loin d’être la conscience immédiate massive de cette expérience [des prolétaires], elle est abstraction et critique de cette expérience ». La théorie (sens restreint) a donc un rôle ? Sans doute, mais pas interventionniste : « dans la période qui s’ouvre, repérer, promouvoir les activités d’écart, en être quand nous y sommes en tant qu’individus… signifie que c’est ce rapport critique qui change ». Changement par rapport à quoi ? Par rapport à « l’extériorité » où se placent les militants interventionnistes. En effet, la théorie au sens restreint n’a pas un rapport critique « vis à vis de la lutte des classes et de l’expérience immédiate, mais dans cette expérience » (spTC). Car les luttes ont maintenant un « caractère théoricien ». C’est leur « saisie autocritique d’elles-mêmes ». TC fait apparemment référence au fait que de nombreuses luttes comportent des fractions et des débats (ce n’est pas spécialement nouveau, me semble-t-il). Mais dès lors qu’on nomme « écart » ces fractions et débats, on peut comprendre que les luttes « produisent à l’intérieur d’elles-mêmes une distance interne [qui est] la perspective communisatrice comme articulation théorique concrète, objective, du caractère théoricien des luttes et de la théorie au sens restreint ».

Faut-il prosaïquement comprendre que les pratiques qui relèvent de l’anti-travail, qui récusent la négociation et la revendication posent la question du communisme ? Si c’est cela, je suis d’accord, mais ce n’est pas nouveau. On en parle depuis quarante ans. Mais c’est sûrement plus que cela, car il faut  probablement déduire de leur caractère théoricien que ces luttes se posent la question du communisme, ce qui ne me paraît pas être le cas. Tout cela est une façon pompeuse de dire que si les luttes se radicalisent, leur conscience immédiate se radicalise aussi. Cette radicalisation de la pratique et de sa conscience immédiate est proclamée « autocritique des luttes », ce qui permet d’introduire le terme de critique auparavant employé pour la théorie au sens restreint, mais désigne plus banalement le fait que la lutte, quand elle se radicalise, est faite de tentatives et de tendances qui forcément discutent et remettent en cause les formes et principes antérieurs de lutte. Et puisqu’elle sont auto-critiques, les luttes sont aussi proclamées théoriciennes, autre appellation pompeuse qui a pour fonction de justifier le rapport hiérarchique d’intervention que la théorie au sens restreint va établir avec la théorie au sens large (c’est à dire les luttes, qui ne sont théoriciennes qu’au sens large). Grâce à ces petits glissements et jeux sur le sens des mots, la théorie au sens restreint trouve en face d’elle un mouvement de luttes qui serait de la même nature qu’elle, faisant miraculeusement disparaître le problème de l’intervention – pourtant bien analysé plus haut.

Aussi, avec la montée et la multiplication des luttes radicales, la théorie au sens restreint voit donc s’ouvrir un champ d’activité, c’est-à-dire, s’il faut appeler les choses par leur nom, d’intervention : la diffusion de la théorie au sens restreint « devient une activité pratique primordiale ». Il est donc confirmé que la théorie a un rôle. Sinon, pourquoi la diffuser ? Mais pour cela, il lui faut des militants, des « partisans de la communisation ». Ils vont apparaître dans les luttes de plus en plus théoriciennes, et la jonction sera d’autant plus facile que, apprend-on maintenant, la théorie au sens restreint va devenir plus banale. A la dernière minute, la théorie au sens restreint descend de ses hauteurs pour se rapprocher des luttes et surtout pour « organiser tout un travail autour de l’affirmation d’une théorie révolutionnaire, de sa diffusion, de la constitution de noyaux plus ou moins stables sur la base de cette diffusion et de leurs activités ».

Tout un travail, groupes de diffusion, noyaux stables (plus ou moins seulement, qu’on se rassure) le vocabulaire semble clair : après avoir modestement dit, pour ne pas effaroucher les théoriciens au sens large, qu’elle n’avait pas de rôle, la théorie au sens restreint s’annonce comme chef de parti.

Où va Théorie Communiste ? Hic Salta, Bruno Astarian octobre 2010



qui se prend le melon n'est pas celui qu'on croasse

pour dépasser les apparences, il faut comprendre que l'auto-complaisance ici est de l'ordre d'une auto-dérision permanente, un jeu de mise à distance plus pudique qu'il n'en a l'air, une mise en scène auto-destructrice de l'égotisme artiste, un canada-dry de narcissisme, à comparer à la fausse-modestie du maître de Cavaillon (PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même)



cette forme démultipliée d'expressions hérite du principe littéraire ou visuel des collages et de la déconstruction au long cours de l'art au 20ème siècle, à la suite de Lautréamont et Rimbaud (je est un autre), que l'on trouve chez les peintres comme en littérature et poésie dans les avant-gardes artistiques européennes jusqu'au situationnisme : penser au jeu de miroirs et de masques chez Aragon, aux jeux du "je", du "moi" et du "tu" en poésie, tant et si bien que l'on ne sait jamais qui parle à qui, et comment le lecteur lui-même peut le faire "sien", autrement dit regarder-sentir comme sienne ce qui est devenu alors, sans attache à la personne de son géniteur, une œuvre-sujet (Henri Meschonnic, voir ARTS et POÈMES : ŒUVRES-SUJETS performatrices (Meschonnic) / POÉTIQUE de la RELATION (Édouard Glissant))


Patlotch, 1981, dessins


le communisme n'est pas un loisir pour prof en retrait
et personne ne lutte pas pour le bon plaisir d'un devenir théoricien

mon sentiment est bien plutôt que RS devrait balayer devant sa porte, qu'il a l'aplomb de dire "ouverte", puisque tout se passe chez Théorie communiste comme si les luttes étaient faites pour aboutir à une théorie, et qu'ils étaient les seuls à pouvoir la formuler, en excluant ce qu'ils prennent eux pour des concurrents. On a vu au prix de quels procédés paranoïdes et de quelle éthique du débat

pour être parfaitement clair, si « l'émancipation de chacun est la condition de l'émancipation de tous » (Marx, Le Manifeste) dépasser l'individualité individualiste du capitalisme, ce n'est pas mettre à mort l'individualité pour la communisation, bien au contraire, ou alors il va falloir reparler de la communisation comme un néo-collectivisme. J'ai déjà eu l'occasion de dire que l'affirmation de RS, reprise par pepe-dndf, « Les auteurs ne sont que les accidents de la pensée », relève du plus pur idéalisme, comme s'il existait dans le ciel de chaque époque une pensée, formulée par personne : Marx aurait pu ne pas naître... Marseille n'est pas le centre du monde, mais RS un bâtard de la Bonne Mère. Il a tellement de problèmes avec son identité de personne sous toutes ses particularités sociales, culturelles et "raciales" refoulées, qu'il préfère n'aborder nulle part la question avec franchise : c'est ainsi qu'il parle de nulle part, qu'il est « un accident de la pensée », ce qui recoupe le syllogisme canalisant vers TC toute l'histoire de la théorie communiste depuis Marx...

avoir un « problème avec le perso », je ne le reprocherais à personne, je ne suis pas insensible aux difficultés des uns et des autres à s'exprimer à titre personnel, surtout quand ils sont mal armés de connaissances, je peux aussi apprécier la retenue et la pudeur, l'humilité réelle des chercheurs véritables, mais prétendre théoriser le monde et l'émancipation de chacun.e et de tous avec un pareil handicap qui perce à chaque détour du texte simonien, il faut le faire !


vous avez dit "modeste" ?

autrement dit, la compétition de so called modestie entre individus produisant une œuvre quelconque, on s'en fout. Nul n'échappe en lui-même à sa vanité, même s'il la fait discrète, et certains s'y entendent mieux que d'autres, c'est affaire de caractère plus ou moins expansif, mais aussi de créativité quand on auto-produit une œuvre aussi multiple que la mienne, qu'il faut bien, en l'absence de tout soutien, diffuser et défendre de quelque manière : si la mienne est assez mauvaise pour justifier que RS sorte son arme de destruction poussive comme le premier plouc du Club Médiapart, tant pis pour moi. Au-delà de nos individualités respectives, à Roland Simon et moi, j'affirme que ma théorisation du communisme décolonial est infiniment plus modeste que Théorie Communiste de Roland Simon


'le nègre est nul en théorie'

le mariage de la théorie de la communisation, en version TC ou pas, et de la critique décoloniale est impossible et auto-contradictoire, dans le sens même où l'eurocentrisme inhérent à cette théorie s'oppose radicalement au renversement épistémologique que suppose l'approche décolonialiste, et son ouverture à une pensée univer-pluriverselle, donc à des voies communistes pluriverselles, qu'il s'agit d'explorer sur le plan théorique

quelle que soit la part de vérité dans le reproche de "narcissisme", on voit bien qu'il s'agit d'une contradiction dans les termes, que ça n'a aucun sens de le dire d'une théorisation aussi peu auto-référencielle que la mienne, renvoyant positivement à tant d'autres sources, infiniment plus ouverte aux autres que Théorie Communiste ne serait-ce qu'en raison de son héritage non occidental de Marx, plus ouverte que ne le sont toutes les approches "marxistes" en France, y compris et plus encore la post-ultragauche et la théorie de la communisation, qui en ignorent et en méprisent absolument tout. Les non-occidentaux marxistes ne sont pas nés du "décolonial", il en existe depuis la fin du 19ème siècle, mais c'est bien connu : le nègre est nul en théorie


comment passer de l'articulation classe-race-sexe au communisme féministe et décolonial ?

un point important du cheminement, c'est le moment où, parti d'une critique de l'absence de prise en compte de la "race" par la théorie de la communisation (la communisation comme abolition du racialisme + hic salta ou franchir le pas, TC théorie blanche occidentale), j'ai d'abord classiquement abordé la trilogie intersectionnelle classe-genre-race tout en cherchant à maintenir la structure de classe comme dominante. La lecture de Stuart Hall m'a permis de dépasser ce stade en réinjectant l'héritage marxien, à l'origine avec Hall des Cultural Studies, dans mon approche, et ainsi de retrouver Althusser (Structure à dominante), considérant que cela permettait justement à Roland Simon de raccrocher ses wagons théoriques sans remettre en cause la continuité du corpus "bien structuré" de TC : perche tendue qui n'a pas été saisie, c'était au début de cette année...

la rencontre de Raymond Williams m'a permis de franchir un pas de plus, par le concept de Structure of feeling, qui introduit la dimension culturelle-sociétale dans la tradition marxienne, et m'a accompagné dans le feuilleton, depuis janvier 2015, de l'idéologie française. Sur la base des riches événements-matériaux de la période, j'ai pu valider chemin faisant, mais sans tambour ni trompette théorique, le tissage conceptuel alors en construction sous-jacente

la rencontre proprement dit avec la pensée décoloniale, dans sa formulation la plus théorique latino-américaine, n'intervint qu'après la création de ce livre-forum début mai. L'important est que le croisement avec mon approche précédente rend caduque l'approche par l'articulation classe-race(-genre), que Roland Simon croit encore pouvoir critiquer chez moi comme si je n'avais rien écrit depuis deux ans. On ne peut lire les autres depuis sa proche approche qu'à la condition que celle-ci embrasse a minima les mêmes champs critiques : la relativité d'Einstein n'empêche pas la pomme de Newton de tomber, mais la pomme n'est pas une galaxie, et ne tombe pas dans un trou noir

à cet égard, j'ai récemment attiré l'attention sur l'intervention d'Houria Bouteldja à Montréal et Rouen, Race, classe et genre : une nouvelle divinité à trois têtes, parce que sa teneur théorique, particulièrement soignée, va nous permettre une réelle avancée, non pas en faisant étroitement la critique de la politique du PIR (nos préoccupations ne sont pas de cet ordre), mais pour reformuler, dans un échange entre Corinne Cerise et moi, notre propre compréhension de ce que j'ai nommé, à défaut de mieux, communisme décolonial :

nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, l'exploitation et les dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie (structure of feeling) : exploitation du prolétariat, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant (définition du 13 août 2015, dans le premier sujet en haut du forum : COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL COMMUNISATION, définition, genèse et synthèses)


le décolonialisme n'est pas une idéologie homogène et définitive
pensons-le en communiste

la pensée décoloniale, nous en avons donné suffisamment d'exemples montrant que si elle est dans sa globalité un ensemble idéologique paradigmatique de notre époque, elle ne comporte pas a priori un devenir révolutionnaire ou contre-révolutionnaire : tout y est déjà, grouillements de pensées et d'activités de classes contradictoires voire antagoniques, et rien de ce qui s'y produit ne devrait être étranger à qui s'intéresse au moment présent du capital et des luttes, pour en préciser les caractéristiques au-delà des concepts de programmatisme, de populisme et de démocratisme radical, celui-ci rencontrant hors d'Europe de fortes limites

il est vrai que le communisme comme mouvement de la lutte de classe y est peu exprimé, je l'ai souligné, et je bute sur le manque de traductions de l'espagnol dans lequel s'exprime l'essentiel des débats politico-théoriques en Amérique latine, continent où il n'est pas possible de séparer la tradition marxienne et l'indianisme (notamment à partir de Mariátegui. Voir Indianisme et marxisme

le manque de communisme dans la pensée (et les luttes ?) décoloniales rend d'autant plus urgent de s'y coller dans la réciprocité du mouvement de pensée : du décolonial vers le communisme contre son eurocentrisme, du communisme vers le décolonial contre ses iusages réformistes ou démocrates radicaux et populistes. Ce n'est pas six mois après avoir posé sur la table le concept de communisme décolonial (désolé pour mon "narcissisme", il n'existe nulle part ailleurs dans le monde), que je vais écrire le petit livre rouge décolonial ou le Communisme décolonial pour les nuls, et faire ainsi gagner du temps au Pape Simon et à ses ouailles, dont je me bats les couilles de l'avis autant qu'ils ont traité tout le monde par le mépris depuis quarante ans : petite vengeance au nom de tous les "compagnons de route" de Théorie communiste, cadavres dans les placards du parti de Roland Simon

Marx a écrit:
A part ce qui regarde la forme de la valeur, la lecture de ce livre ne présentera pas de difficultés. Je suppose naturellement des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes.

Le Capital - Livre premier, Préface de la première édition, 1967



où Patlotch passe, Roland trépasse ?

il me faudra naturellement, je l'ai dit et répété, faire en sorte que ce livre-forum soit plus lisible et au prix de moindres efforts. J'ai formulé quelques synthèses, indiqué comment gagner du temps, en considérant qu'il n'y  pas une seule manière d'y entrer, mais que cela dépend des acquis de chacun, de ce qu'il connaît mieux ou qui l'intéresse davantage, à partir de quoi il peut se forger son opinion, via la catégorie correspondante (par exemple les luttes des femmes), voir comment cela s'intègre dans le tout. Je ne prétends pas être expert en tout, et j'ai dès le départ lancé un appel à contribuer à ce qui est présenté comme un intellectuel collectif et un potlatch : quel potlatch envisager avec les manigances égogérées de Roland Simon et de son micro-parti ?

on ne trouve pas ici de théorie-guide ni même maîtresse, mais des propositions relativement vérifiées sur la base desquelles penser par soi-même les problématiques proposées, dont l'articulation entre communisme et décolonial. À cet égard, concernant la charge de Roland Simon : « Je constate que sur ton blog, il n'y a aucun exposé didactique et / ou critique de cette pensée [décoloniale], seulement des affirmations, des proclamations, des renvois disparates et non-explicités et des invectives envers quiconque ne partage pas tes enthousiasmes du moment », elle convaincra son auteur ou qui le suivra : quelle importance ?

il suffit de vérifier quelles sont les problématiques posées par cette articulation communisme et décoloniale, qui suppose, c'est écrit noir sur blanc et décliné en plusieurs pistes (réformisme, intersectionnalité, eurocentrisme, lutte de classe...), un travail personnel que n'a pas fait RS, sans parler de son style réputé comme modèle de didactisme...

si j'avais moi, lu les 700 pages des Fondements critiques d'une théorie de la révolution comme le fait RS de ce livre forum et des textes qui précèdent sur mon blog, j'en aurais pris 10 pages par-ci, 10 pages par-là et j'aurais écrit comme RS, chaque fois qu'il parle de moi, des conneries. Mais j'ai passé des années à lire et relire des textes de Théorie Communiste; je pense être de ceux qui l'ont le moins mal compris, et le plus profondément et sérieusement critiqué

il est vrai que tout se passe un peu comme dans la pub de Timor : où Patlotch passe, Roland trépasse, et je conçois qu'avec un corpus construit sur pilotis et troué d'apories bien que prétendant embrasser la totalité mondiale, parvenu à tant de contradictions internes et s'étant si manifestement planté ces dernières années, RS reconnaissant aujourd'hui que son groupe est dans le brouillard et que lui-même n'a rien de très intéressant à dire, je conçois que Roland Simon en revienne à ses vieux démons : déglinguer "les plus proches" pour exister encore, mort saisi par le vif ?


l'arrière-garde se meurt


Roland à Roncevaux, Histoire de France, Guizot 1875

Théorie Communiste fait dans la préférence européenne, mais Charlemagne ne viendra pas sauver son arrière-garde...


le communisme décolonial se manifeste comme un combat de classe auto-produit
dans la double crise de l'Occident et du capital

le plus ultra-sinistre, c'est que ce Roland Simon ne voit même pas qu'il n'est malade que de lui-même, que le concept  est son opium, et qu'il a toujours pris ses idées pour la réalité. Des rêves, je pense qu'il n'en fait pas assez. Roland Simon ne manipule plus que lui-même et ses adeptes. Quant à moi, en tant qu'individu, si j'étais manipulable, ça se saurait, et comme ce que j'appelle le Communisme décolonial a, en tant que moment présent des luttes et de la théorisation communiste, la force d'une évidence ancrée dans les réalités de la double crise de l'Occident et du capital, je peux mourir tranquille de narcissisme impénitent, tout cela a fort peu besoin de mes services

le communisme décolonial continuera à vivre de façon toujours plus manifeste, auto-produit comme le combat communiste de notre temps, ni en avance, ni en retard, en phase : ascendante


la parole au poète

Saint-John Perse
Discours de Stockholm, Banquet Nobel, 10 décembre 1960

« La poésie n'est pas souvent à l'honneur. C'est que la dissociation semble s'accroître entre l'œuvre poétique et l'activité d'une société soumise aux servitudes matérielles. [...]

Mais du savant comme du poète, c'est la pensée désintéressée que l'on entend honorer ici. Qu'ici du moins ils ne soient plus considérés comme frères ennemis. Car l'interrogation est la même qu'ils tiennent sur un même abîme, et seuls leurs modes d'investigation diffèrent.»


Saint-John Perse évoque ensuite Albert Einstein qu'il cite :

« quand on a entendu le plus grand novateur scientifique de ce siècle, initiateur de la cosmologie moderne et répondant de la plus vaste synthèse intellectuelle en termes d'équations, invoquer l'intuition au secours de la raison et proclamer que « l'imagination est le vrai terrain de germination scientifique », allant jusqu'à réclamer pour le savant le bénéfice d'une véritable « vision artistique » -[size=16] n'est-on pas en droit de tenir l'instrument poétique pour aussi légitime que l'instrument logique ?

Au vrai, toute création de l'esprit est d'abord « poétique » au sens propre du mo; et dans l'équivalence des formes sensibles et spirituelles, une même fonction s'exerce, initialement, pour l'entreprise du savant et pour celle du poète. De la pensée discursive ou de l'ellipse poétique, qui va plus loin, et de plus loin ? Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l'un équipé de l'outillage scientifique, l'autre assisté des seules fulgurations de l'intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brèves phosphorescences ? La réponse n'importe. Le mystère est commun. Et la grande aventure de l'esprit poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. [...] Aussi loin que la science recule ses frontières, et sur tout l'arc étendu de ces frontières, on entendra courir encore la meute chasseresse du poète. Car si la poésie n'est pas, comme on l'a dit, « le réel absolu », elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension, à cette limite extrême de complicité où le réel dans le poème semble s'informer lui-même. [...]

Et c'est ainsi que le poète se trouve aussi lié, malgré lui, à l'événement historique. Et rien du drame de son temps ne lui est étranger. Qu'à tous il dise clairement le goût de vivre ce temps fort ! Car l'heure est grande et neuve, où se saisir à neuf. Et à qui donc céderions-nous l'honneur de notre temps ?...

Et c'est assez, pour le poète, d'être la mauvaise conscience de son temps. »






Maison natale de Saint-John-Perse, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe



Dernière édition par Admin le Mer 30 Déc - 12:41, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Ven 1 Jan - 21:01


les dernières synthèses sont par excellence les sujets vivants , dans la mesure où ils sont les seuls à pouvoir intégrer les derniers développements par ailleurs




pour l'heure : "RACE, CLASSE et GENRE" ? Théorie, stratégie et politique communiste, féministe et décoloniale. Conversation et questions autour d'un texte d'Houria Bouteldja

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Lun 4 Jan - 17:49


crise et changement révolutionnaire de civilisation

dans le sujet ouvert hier 3 janvier 2016, CHANGEMENT RÉVOLUTIONNAIRE DE CIVILISATION (notes pour un), j'essaye de présenter la théorisation en cours pour avancer vers ce que j'ai appelé une unification de la théorie dite du communisme décolonial (21 décembre 2015)

1. je rappelle que "communisme décolonial" n'est pour moi que le paradigme du mouvement communiste dans le moment présent de la double crise de l'Occident et du capitalisme

2. nous posons là nous vivons dans la civilisation capitaliste à domination occidentale, et, en Occident, dans la civilisation occidentale capitaliste. Cette domination occidentale est globale, économique et politique (l'État), sexuelle et raciale, militaire et idéologique, culturelle et épistémique : elle ne se réduit ni ne se ramène uniquement à la structure d'exploitation du capitalisme comme économie politique fondée sur l'exploitation du travail productif de plus-value

3. nous sommes dans une crise de civilisation : une révolution communiste doit donc être posée comme changement de civilisation. C'est aussi comme ça que le pose la pensée décoloniale critique de la modernité occidentale et du capitalisme

c'est une nouvelle occasion de préciser ce que je garde et rejette de la théorie de la communisation dans plusieurs de ses approches jugées ensemble eurocentristes et réductrices des contradictions du capitalisme, ce qui explique à mon sens qu'elles ne puissent plus produire d'éléments nouveaux en phase avec le capitalisme actuel comme totalité dans la double crise de la domination occidentale et de l'économie politique du capital comme mode de production


luttes de classes immédiatement décoloniales...
dans une perspective communiste

l'intérêt de cette définition de la totalité présente comme civilisation capitaliste à domination occidentale, débouche dans toute son ampleur sur celle de la révolution communiste comme visant un changement révolutionnaire de civilisation

elle permet de mettre l'avenir en perspective dans la visée à terme de la communisation, en maintenant les options possibles d'évolution de la double crise, et de définir une stratégie communiste au sein des luttes immédiates qui ne relègue pas les activités à n'être que péjorativement des "interventions" "militantes" ou "activistes" déniant la nécessité d'une médiation temporelle

franchir la ligne des couleurs :
il va falloir lutter sans attendre


la communisation demeure une visée à commencer maintenant...


cette présentation s'accompagne d'un changement du titre général du livre-forum :

COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > COMMUNISATION

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT
pour un CHANGEMENT RÉVOLUTIONNAIRE de CIVILISATION
il n'y a que les LUTTES !


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Mer 6 Jan - 22:56


dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT,
pour un RÉVOLUTION de CIVILISATION(S)
il n'y a que les LUTTES !

petit changement du sous-titre (pour un CHANGEMENT RÉVOLUTIONNAIRE de CIVILISATION), qui me semblait peu élégant : l'apport de vlad2 signalant Vaneigem,

« Désormais, nous ne sommes plus dans l’utopie, nous sommes au cœur d’une mutation, d’un changement de civilisation qui s’esquisse sous nos yeux et que beaucoup, aveuglés par l’obscurantisme dominant, sont incapables de discerner. Car la quête du profit fait des hommes des brutes prédatrices, insensibles et stupides... »,

a suscité quelque chose de plus direct, prenant en compte les diverses connotations de "civilisation" référencées dans le sujet désormais nommé pour une RÉVOLUTION de CIVILISATION(S) : éléments... et conversation  


ça me rappelle une vanne de Wolinski - paix à son âme, ces connards de socialos ont commis une plaque de marbre rose lui rendant hommage... avec une faute d'horthographe à son nom, qui rend la mariée Maryse furieuse : le ridicule n'en finit pas de tuer le Président que ne tue pas son ridiculte



la vanne de Wolinski commençait par « Je t'aime mon amour...» et se terminait par « pourtant tu n'es que de la viande. »

voilà, pour moi, ça ne s'élève guère plus haut que l'amour de Strauss-Kahn pour Anne Sinclair (et ses deux épouses précédentes), mais si ça lui a plu, à la Maryse, on comprend qu'elle s'en arrête (de poison) à l'orthographe de son défunt mari

nous on s'en fout, car comme dit dans la Manifeste communiste de Marx et Engels : « Nos bourgeois, non contents d'avoir à leur disposition les femmes et les filles des prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier à se cocufier mutuellement. »

relevons néanmoins au passage que le pas sage Wolinski aura été fidèle à Maryse, l'amour de sa vie. C'est déjà beaucoup

Citation :
Sur quelle base repose la famille bourgeoise d'à présent ? Sur le capital, le profit individuel. La famille, dans sa plénitude, n'existe que pour la bourgeoisie; mais elle a pour corollaire la suppression forcée de toute famille pour le prolétaire et la prostitution publique.

La famille bourgeoise s'évanouit naturellement avec l'évanouissement de son corollaire, et l'une et l'autre disparaissent avec la disparition du capital.

Nous reprochez-vous de vouloir abolir l'exploitation des enfants par leurs parents ? Ce crime-là, nous l'avouons.

Mais nous brisons, dites-vous, les liens les plus intimes, en substituant à l'éducation par la famille l'éducation par la société.

Et votre éducation à vous, n'est-elle pas, elle aussi, déterminée par la société ? Déterminée par les conditions sociales dans lesquelles vous élevez vos enfants, par l'immixtion directe ou non de la société, par l'école, etc. ? Les communistes n'inventent pas l'action de la société sur l'éducation; ils en changent seulement le caractère et arrachent l'éducation à l'influence de la classe dominante.

Les déclamations bourgeoises sur la famille et l'éducation, sur les doux liens qui unissent l'enfant à ses parents deviennent de plus en plus écœurantes, à mesure que la grande industrie détruit tout lien de famille pour le prolétaire et transforme les enfants en simples articles de commerce, en simples instruments de travail.

Mais la bourgeoisie tout entière de s'écrier en chœur : Vous autres, communistes, vous voulez introduire la communauté des femmes !

Pour le bourgeois, sa femme n'est autre chose qu'un instrument de production. Il entend dire que les instruments de production doivent être exploités en commun et il conclut naturellement que les femmes elles-mêmes partageront le sort commun de la socialisation.

Il ne soupçonne pas qu'il s'agit précisément d'arracher la femme à son rôle actuel de simple instrument de production.

Rien de plus grotesque, d'ailleurs, que l'horreur ultra-morale qu'inspire à nos bourgeois la prétendue communauté officielle des femmes que professeraient les communistes. Les communistes n'ont pas besoin d'introduire la communauté des femmes; elle a presque toujours existé.

Nos bourgeois, non contents d'avoir à leur disposition les femmes et les filles des prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier à se cocufier mutuellement.

Le mariage bourgeois est, en réalité, la communauté des femmes mariées. Tout au plus pourrait-on accuser les communistes de vouloir mettre à la place d'une communauté des femmes hypocritement dissimulée une communauté franche et officielle. Il est évident, du reste, qu'avec l'abolition du régime de production actuel, disparaîtra la communauté des femmes qui en découle, c'est-à-dire la prostitution officielle et non officielle.

Le manifeste du Parti communiste II. Prolétaires et communistes



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Ven 22 Jan - 16:56

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Dim 31 Jan - 17:33


le Communisme décolonial rencontre le Decolonial Marxism !


une bonne nouvelle pour le forum et la théorisation du COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > COMMUNISATION : contact est pris avec  :


- Ana Cecilia DINERSTEIN : cette universitaire argentine a théorisé le 'Decolonial Marxism' en relation avec l'autonomie et le principe espérance de Karl Korch... The Politics of Autonomy in Latin America / The Art of Organising Hope  Dinerstein, Ana sommaire présentation et extrait GoogleBook et ici 31 janvier 12:04 et 16:42

dans l'ordre d'un croisement entre marxisme et décolonialité, un des seuls que j'ai trouvés... et le seul texte qui tisse un lien entre marxisme et pensée décoloniale. Ce qu'Ana Cecilia Dinerstein nomme "marxisme décolonial" dans cette présentation d'une conférence de 2014 semble très proche, «conversation, dialogue imaginaire » dit-elle... de ce que je fais dans ce forum, les références de textes la situant dans le marxisme radical de gauche (~~ ultragauche)


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Mer 17 Fév - 2:32



TESTAMENT THÉORIQUE


« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous »
Évangile de Jean, 1, 14

Cette nuit je suis mort d'un cancer de la langue.
Dieu n'a pas hésité, il a remis les clés
du verbe et de la chair, du temps et du big bang
aux bâtards de l'agir et de la liberté.

Pour mon enterrement, Cerise, allez plantez
des graines de pensées dans les jardins du monde,
trouvez-vous un amant d'ailleurs aux yeux d'été
puis, coupant aux zobs secs, dansez sur moi la ronde

d'ennui, dans ce jour de pluie et de pleine lune
laissez hurler les chiens, passer l'écart à vanne,
pisser les théories, pensez aux nuits d'amour

durant plus d'un quart d'heure et mangez des babas
au rhum, avec les rroms, en brûlant les forums.
Tout n'est pas dit car tout reste à faire. Ici-bas



FoSoBo, 17 février 2016, 01:06



la danse de sabbat
John Faed, "Tam O'Shanter and the Witches" Illustration du poème de Robert Burns, 1790
Écrit dans un mélange d'anglais et de scots, il raconte l'histoire d'un homme resté trop longtemps au pub
et qui, sur le chemin du retour, est témoin de visions étranges


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Lun 14 Mar - 8:47


dernier état d'avancement, 2 mars 2016


ceci n'est pas un manifeste ?

le temps de la synthèse est peut-être venu. Ébauche et première esquisse, et du coup changement de titre général, allez, disons un peu optimiste, mais Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir :

COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA

la révolution qui viendra


1) l'état des lieux historiques
du capital mondial et de l'Occident

nous pouvons maintenant reformuler schématiquement le cheminement historique depuis les années 1960 :

les contradictions du capitalisme à la fin des empires coloniaux, et du compromis keynésien entre luttes ouvrières, États et patronats nationaux dans les « pays développés », aboutissent, après 1968, à la décomposition du programmatisme prolétarien, du mouvement ouvrier international et de ses organisations, et à la restructuration globale du capitalisme, ouvrant la voie à de nouvelles contradictions dans l'histoire croisée de la domination occidentale depuis cinq siècles et du mode de production/reproduction capitaliste depuis deux siècles


c'est l'échec de l'internationalisme prolétarien, qui n'aura été qu'un universalisme prolétarien pour, dixit Marx lui-même, « unir les ouvriers de tous les pays... civilisés »

la longue période de défaites ouvrières face au capitalisme néo- et ultra-libéral, et la montée en puissance de capitalismes non-occidentaux, engendrent alors deux types de résistances :

1) caractéristiques de la sphère occidentale des "pays développés" du "Centre", ou du "Nord" :

de la part de la classe ouvrière et des couches salariées d'en-bas, des luttes plus défensives que revendicatives contre la remise en cause des "acquis sociaux" et de l'État-providence (gestionnaire et répartiteur du salaire socialisé, alimenté par la plus-value du travail productif)

de la part des couches moyennes menacées de prolétarisation, l'alternative démocratique "anticapitaliste" dans les pays développés, portée par les partis de gauche de plus en plus délaissés par le prolétariat qu'attire le populisme de droite ou le retrait abstentionniste

ce fut le moment de recherche d'une « convergence des opprimé.e.s, dominé.e.s, racisé.es...» l'exploitation capitaliste n'en étant au mieux qu'une composante, le moment du démocratisme radical et l'altermondialisme citoyen, avec ses composantes féministes et combats des minorités sexuelles, écologistes, etc. le moment de l'intersectionnalité sans 'structure à dominante' dans le capital

2) caractéristiques de la "périphérie", ex "Tiers-Monde", mais aussi du "Quart-Monde" et des populations "indigènes" minoritaires, issues des ex-colonies, dans la sphère occidentale des "pays riches" :

avec la crise des rapports post-colonialistes dans les ex-pays colonisés, dits hier « en voie de développement », aujourd'hui « économies émergentes », c'est la montée de luttes nouvelles des populations concernées, particulièrement indigènes (c'est par exemple le moment des démocraties populistes en Amérique latine, qui s'achève), luttes contre les bourgeoisies nationales corrompues autant que contre la domination des pays dominants, par l'extractivisme de matières naturelles et la spoliation des paysans pauvres, sur fond de trafics en tous genres (mafias, argent sale, paradis fiscaux, drogue, êtres et organes humains, travail des enfants...), la pression militaro-policière et les guerres de tous niveaux d'intensité qui les accompagnent


2) les luttes actuelles dans la double crise de l'Occident et du Capital

dans la crise économique, politique, idéologique et culturelle, qui met en cause la suprématie des puissances occidentales dans le capitalisme mondial, avec l'expansion des terrorismes engendrés par les crises des régions à ressources pétrolières ou autres - crise de la rente foncière sur laquelle sont assises les dictatures de ces pays amis-ennemis de l'Occident à domination américaine -, et avec la croissance démographique de ces régions très jeunes alors que les pays européens vieillissent, atteints de plein fouet par les mouvements migratoires qu'accroissent les guerres qu'ils conduisent pour la sauvegarde de leurs intérêts économiques, dans l'espoir de leurs dirigeants aux abois de contrebalancer l'effondrement de leurs situations économiques et sociales internes (ce qui ressemble aux motivations des colonialismes anglais et français dans la première moitié du 19ème siècle, un aspect oublié sur lequel il faudra revenir)

d'un côté la planète est menacée d'une guerre mondiale pour le maintien des taux de profits ((loi de la baisse tendancielle du taux de profit moyen) de chaque région capitaliste ou des capitaux transnationaux concurrents, pour conserver ou acquérir une place dans un "nouvel ordre mondial" qui ne pourrait être que chaotique,

d'un autre, dans la double crise de l'Occident et du capitalisme sont engendrées des luttes d'une nature nouvelle, dites décoloniales, et qui sont économiques et sociales, politiques, écologiques, féministes... brassant de façon contradictoire et inédite la question des identités nationales, ethniques et 'raciales', religieuses, et posant la question de leurs possibles dépassements des blocages de luttes de classe offensives aux limites de la reproduction du capital...



3) une perspective révolutionnaire nouvelle
vers
la subjectivation d'une classe des émancipations/abolitions
pour une communauté du vivant

c'est dans ces dynamiques réciproques, aux dialectiques complexes, entre double crise et nouvelles luttes de contenus et formes extrêmement diverses, que la montée en puissance de celles-ci peut redessiner des perspectives révolutionnaires d'abolition du capital et d'émancipation humaine : nouvelles formes et contenus de la lutte des classes, si « les damnés de la terre » trouvent les chemins d'alliances pour dépasser les segmentations entre "expulsés" du prolétariat salarié, "nègres du monde", nouveaux "lumpen", et populations exploitées ou dominées à divers titres

l'économie politique continue à conduire le bal entre « Monsieur le capital et Madame la terre » (Marx ici), mais elle n'écrit plus la partition d'un orchestre aujourd'hui privé de chef; elle n'est pas seule à mener la danse et rythmer la cadence désormais démultipliée, polyrythmique et polymétrique, créolisante, des dynamiques et processus de changements d'ampleur historique posant la nécessité d'un changement de civilisation

le prolétariat occidental, au sens ouvrier ancien sur lequel reposaient tant le programme prolétarien universel jusqu'à la fin des années 1960, que la théorie virtuelle de la communisation entre 1975 et 2010, n'est définitivement plus au cœur d'un processus de subjectivation révolutionnaire de classe , qui ne pourra plus suivre un seul chemin vers la "communauté humaine", mais des voies pluriverselles vers des communismes sans unité de contenus que pour renverser le mode de production et de reproduction économique, politique, culturel, idéologique et psychologique du capital destructeur de la vie sur terre et au-delà, vers une communauté du vivant

alors les individus pourront devenir des autres, et se livrer en liberté à l'épanouissement  de leurs capacités créatrices de tous ordres et désordres vitaux, poétiques et amoureux


Twisted Evil

le cheminement vers cette synthèse est là : SYNTHÈSE et LIGNE GÉNÉRALE : RÉSULTATS et REFORMULATIONS, conversations et problèmes


voici le sommaire glissant complété en conséquence, en bas. Aller aux pages indiquées pour les commentaires et liens vers les sujets concernés


10 janvier

ENTR'ACTES
nécessité d'un texte de synthèse, d'une reformulation de la problématique du forum et de sa fonction

11 janvier

communisme et décolonialisme : de l'ordre d'une évidence
1971-2016, étapes d'un cheminement vers COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > COMMUNISATION

Place à justes violences (Feu sur leur droit à la violence / Sur la violence de leurs droits) : poème janvier 2012
de la violence, avec Frantz Fanon Les damnés de la terre, 1961

12 janvier

révolutionnaire... révolution... communiste... de quoi parle-t-on ?

- pourquoi parler de révolution décoloniale et comment ?
- la communisation, une révolution trop loin ?
- qui dit contre-révolution entend aussi révolution
- à propos d'activités décoloniales et d'activités communistes
- produire une conjoncture révolutionnaire
- situations singulières, particulières, et diversité plurielle de la situation générale
- un havre de violence ?

interlude : The Revolution Will Not Be Televised Gil Scott Heron - 1971

13 janvier

- qu'avons-nous fait et que pouvons nous faire ?
- nous sommes militants communistes. Point barre

14 janvier

philosophie, méthode dialectique, "pas le niveau"...

- d'un trop de philosophie dans la théorie communiste
- une exigence de logique plus que de philosophie
- qui dit logique dit logique dialectique, mais laquelle ?
- pour en finir avec les niveaux
- théoriser c'est vouloir donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas (d'après Lacan)

théorie-pratique vs praxis, liens organiques, dialogue muet avec militants décoloniaux et communistes

1) praxis
2) théorie et pratique : l'éternel retour ?
3) créer des liens organiques...
4) un dialogue muet avec nos amis
5) que nous faisons-nous ? reformulation

ce que des marxistes ne voient pas du marxisme
(d'après Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident, Pierre Legendre, 2004)
- "mouvement des sans terre"
- pensée-luttes décoloniales et 'catégories du marxisme'

15 janvier

penser-agir décolonial est performatif

pour en finir avec la critique du militantisme
nous sommes des militants communistes, des militants féministes, anarchistes, écologistes... donc des militants décoloniaux

- à propos de lutte idéologique et de communisme comme projet
- quatre figures de militants décoloniaux

être communiste décolonial et blanc : où est le problème ?

un problème d'alliances, pas de convergence / un problème de masse, pas d'avant-garde
une responsabilité des militants communistes blancs

16 janvier

colonialisme et anti-colonialisme, impérialisme et anti-impérialisme
et les positions anarchistes, ultragauches et pour la communisation : "une honte" ?
communisme ou révisionnisme et négationnisme eurocentriques ?

pour une autre histoire communiste libertaire : des marxistes anarchistes et anticolonialistes
Robert Louzon 1882-1976, militant anarchiste, communiste, ultragauche et décolonial avant la lettre
"Une honte", Robert Louzon, janvier 1923

marxisme décolonial, où es-tu ?

le 'marxisme' est considéré par la pensée décoloniale pour ce qu'il est massivement : eurocentriste
et l'anarchisme décolonial, ça existe ?

17 janvier

autocritique
retour sur l'expérience d'ICO, information et correspondance ouvrières, dans les années 60
- Simon sain d'esprit contre Esprit Saint Simon
- modalités de communication et d'organisation

- luttes et théorisation vaut mieux que seules informations sur les luttes

18 janvier

l'heure de la synthèse n'a pas sonné
reprendre pied dans le mouvement réel du communisme comme combat

luttes de classes immédiatement décoloniales... dans une perspective communiste
franchir la ligne des couleurs : il va falloir lutter sans attendre
la communisation demeure une visée à militer maintenant...

la ligne générale communiste et décoloniale : lignes de luttes sur toutes lignes de fronts

19 janvier

critique 'radicale' de la démocratie, oui ! mais encore ?
des tabous nominalistes faisons table rase !

main dans la main prise dans le sac eurocentriste : une déviation historique de l'anarchisme à Théorie Communiste
1) une normalisation 'anarchiste' de l'idéologie française
2) le concept d'Occident n'existe pas pour la théorie de la communisation : un déni permanent depuis 1975, et l'effondrement d'une théorie sur elle-même : contre Marx !

communisation : du point d'orgue au point d'arrêt
l'erreur interne de la théorie de la communisation exacerbée en version Théorie Communiste
l'Histoire, pour TC, c'est son idéologie eurocentriste projetée sur le passé
... le présent et le passé écrits à rebours de l'avenir radieux de la communisation

20 janvier

le récif des récits : eschatologie révolutionnaire ou matérialisme ?
l'amour de la communisation c'est la mort du communisme au présent
contre la raison romantique en théorisation communiste

21 janvier

dynamiques du capital, implications réciproques croisées : une topologie des cycles en leurs temporalités

22 janvier

subjectivation révolutionnaire -> identité révolutionnaire -> sujet révolutionnaire => classe révolutionnaire

retour sur l'identité communiste
théorie de la communisation comme critique de la raison prolétarienne (à propos de "noms")

dépassements à produire : un concept nécessaire à la théorisation communiste
le dépassement à produire de l'identité prolétarienne
nommer c'est faire exister, c'est construire...
'le parti pris des choses'


sainte thèse, quand tu nous tiens : débriefage ou synthèse de la synthèse


23 janvier

flagrant délire ou 'j'ai fait un rêve'
le parti pris communiste de la subjectivation révolutionnaire
notre lutte comme idéologie communiste
et tant pis si, pour d'autres, mon rêve est cauchemar

27 janvier

critique communiste décoloniale de l'État-nation : de l'État ET de la nation : une urgence stratégique

29 janvier

je signale un sujet chaud au long cours avec de récents développements : DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME et la "COMMUNISATION"... Histoire et actualité d'un clivage et la mise à jour de la BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE, livres, et textes Internet

7 février

sur l'OCCIDENT et sa CRISE

8 février

une autre nôtre histoire, écrite de luttes au présent, ouvrant l'avenir à la révolution

12 février

le moment n'est pas venu d'écrire un Manifeste
dans un LIVRE ? un MANIFESTE ? de qui pour quoi ?

14 février

d'engagements antisociétaux, contre-culturels et anti-système comme structure of feeling dans la structure à dominante du capitalisme occidental en crise

quelques petits développements et reformulations, du 15 au 19 février, dans le sujet CRITIQUE DÉCOLONIALE et THÉORIES COMMUNISTES : remise en perspectives

15 février

sortir le concept de communisation de son impasse dans la merde française : franchir le pas : décolonial !

au présent, nous menons un combat communiste : communisme décolonial => décolonial mais communiste

18 février

le racisme universel blanc, du gouvernement français à l'ultragauche marxiste et anarchiste
idéologie française du racisme structurel français, nous voilà ! Ce nouveau négationnisme suit la frontière entre «eux» et «nous»

19 février

communisme : la fin d'un cycle théorique 1) collectivisme, communisation, décomposition, putréfaction...
la fin d'un cycle théorique européen 2) et le début d'un paradigme mondial : décolonial

à propos de démocratie et communisme / critique décoloniale et démocratie politique

20 février

de la LIBERTÉ comme valeur COMMUNISTE

21 février

le communisme n'est pas l'universalisme prolétarien
/ universalisme, utopie, 'anticapitalisme' et pire encore...

23 février

relecture historique : quel universalisme révolutionnaire dans la restructuration globale du capital ? (un dépassement produit de l'enjeu théorique par la nouvelle dynamique décoloniale des luttes)

« sus au décolonial ! » blancs et mâles petits bourgeons ou le communautarisme identitaire français d'ultragauche, totos, anarchistes et communisateurs

25 février

pluriversalisme de la classe des abolitions/émancipations contre universalisme prolétarien et programmatisme communisateur

26 février


démocratisme radical et prolétaires racialisé.e.s : critique de la misère non blanche, misère de la critique blanche

28 février


ceci n'est pas un manifeste : la révolution qui viendra, petit texte en chantier

1er mars (dieu de la guerre...)

de la VIOLENCE qui est venue à celle d'une révolution qui viendrait

7 mars

PSYCHOLOGIE de L'INDIVIDU, RELATIONS AUX AUTRES et SUBJECTIVATION RÉVOLUTIONNAIRE


sur les chemins non tracés d'une révolution communiste, il va nous falloir de l'imagination, camarades !

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Sam 30 Avr - 4:18


Bon anniversaire au forum !

Corinne Cerise a écrit:
Il y a un an tout rond, un certain mystérieux "Admin" ouvrait un non moins mystérieux forum intitulé "Communisme, Feministe et Décolonial - La Révolution qui viendra". Smile

Que pensez/ressentez-vous un an après de cette somme de travail tant théorique que de compte rendu des luttes dans le monde ? C'est une question un peu bête hein ?

Patlotch a écrit:
rectificatif : à l'origine, le forum s'intitulait COMMUNISATION et DÉCOLONIALITÉ avec en sous-titre de la CRISE à la COMMUNISATION... IL N'Y A QUE LA LUTTE ! (Marx) => LIVRE-FORUM critique de la totalité capitaliste et perspective révolutionnaire, les thèmes étaient les mêmes mais COMMUNISME DÉCOLONIAL n'est venu qu'en juillet

j'en pense que le temps passe trop vite et ne nous rajeunit pas, que le monde va vite et pas vite à la fois. De ma vie je n'aurai vu et vécu qu'une longue et profonde contre-révolution, qui continue : jusqu'où ?

qu'il y à du forum à souhaiter une meilleure lisibilité. Le bilan en est globalement positif, surtout après ma "rupture" début 2015 avec le milieu théorique de la communisation, pas mal vu sur "l'idéologie française", et pour moi la cohérence ouverte de l'ensemble sans lâcher l'essentiel, la critique du capital

qu'il nous faut engager un tournant plus radicalement communiste

nous avons quelques dizaines de lecteurs réguliers, tant en France qu'ailleurs, malheureusement pas assez d'échanges fécondants

et je suis heureux d'avoir fait votre connaissance, ainsi que de quelques autres : vive la conversation, pour la révolution !



demandez le programme
ceci n'est pas un poème

Ah ça ira, ça ira, ça ira quand :

nous briserons la République
et les statuts de la Nation

nous brûlerons les bleu blanc rouge
les vers, les bruns, tous les partis

nous casserons l'Arc de Triomphe
l'Élysée, le Palais Bourbon
la Bourse et la Sorbonne
l'Opéra et le Panthéon

et nous saurons que faire

sans guide à nos créations
sans bride à nos relations
sans rides sur tous les fronts

ce sera la révolution


elle ne sera pas télévisée



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Sam 7 Mai - 5:21


vers l'arrêt de production d'une théorie de la révolution communiste ?

cessons de nous raconter des histoires, une histoire de la révolution qui viendrait. Nous n'avons aucune base sur laquelle en appuyer l'hypothèse, que de vouloir y croire. La théorie de la communisation n'a pas de consistance au présent : dans la version de Théorie Communiste ou sa caricature par Léon de Mattis, elle ne fait que plans sur la comète, dans celles de Dauvé et Astarian, que raconter une sortie communisatrice du capital. Rien de tout cela n'est plus probable, pour le devenir humain, que le chaos

la misère qui vient, la violence qui vient

nous ne voyons, à l'échelle mondiale, aucune insurrection qui vienne, aucune révolution qui vienne : nous voyons la guerre qui vient, la misère qui vient. Nous ne voyons pas même, particulièrement en Europe, une capacité de révolte générale contre cette misère, mais la paupérisation généralisée et des luttes intestines pour la survie, une violence de plus en plus semblable à celles qui sévissent ailleurs, dont sa population aura été épargnée

tout ce que je fais, pour le mieux, n'est devenu qu'un chronique de cette misère, qui pèse plus encore sur les générations qui viennent

inutile de redire que je vois encore moins de solution dans la démocratie politique...

pas de fenêtre révolutionnaire à l'horizon

on peut me reprocher de ne pas « produire en théorie la fin du capitalisme » (Roland Simon à Christian Charrier), nul de sérieux n'y est obligé. Comme antagonique au cours quotidien du capital, j'ai renversé au présent toute l'histoire du mouvement communiste, achevé tout déterminisme spéculant sur une fin heureuse dans une rêve radieux

le moment présent me semble toujours être la crise de fin de suprématie de l'Occident capitaliste dans la domination capitaliste du monde, mais je ne vois aucune fenêtre révolutionnaire à l'horizon

voilà, on peut être communiste, penser en communiste, agir de ses petits moyens en communiste, cela n'empêche d'avoir les yeux en face des trous : une civilisation s'effondre sans qu'on puisse dire ni le temps qu'elle mettra, ni ce qu'il en sortira

dans tout ça qu'est-ce qu'être communiste ?

il y aura toujours des résistances, des luttes pour la vie, mais rien ne nous dit aujourd'hui, ni en qualité ni en quantité, qu'elles puissent franchir le pas d'une abolition du capital pour accoucher d'une meilleure communauté du vivant

la vérité est révolutionnaire, mais seulement en période révolutionnaire

je dois à la vérité de dire que je ne sais pas faire autre chose que la chercher, et à ma lectorate : la vérité que j'ai trouvée n'est pas drôle

la misère n'est pas révolutionnaire

COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ?

il n'y a que la lutte


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Mer 29 Juin - 14:56


communisme féministe et décolonial : point d'étape d'orgue

si nous tentons de faire le point sur le devenir de la perspective communiste décoloniale, nous devons prendre acte que sa réception est quasi nulle, puisque personne n'en parle, ni positivement, ni négativement

pourtant, rien ne m'amène à en remettre en cause la pertinence, telle que posée par la définition d'avril 2015 :

Citation :
nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, l'exploitation et les dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie (structure of feeling) : exploitation du prolétariat, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant
(définition du 13 août 2015. Structure à dominante et Structure of Feeling)


Marx à hue et à dia

l'héritage de Marx, du moins en Europe, et de ses environs anarchistes, me semble se diviser aujourd'hui sur deux lignes :

- un universalisme prolétarien de plus en plus abstrait et eurocentré, qui est commun à des tendances qui n'ont entre elles par ailleurs que désaccords : trotskisme et post-trotskisme plus ou moins libertaire, anarchisme de gauche, post-ultragauche et théorie de la communisation

- un populisme radical de gauche mâtiné de marxisme néo-programmatiste ("stalinien") : partie des trotskistes, satellites du PCF, aile marxisante du Front de gauche, avec la figure de l'ex-trotskiste Jean-Luc Mélenchon (qui vient de recevoir l'appui de Marie-Georges Buffet contre la ligne du PCF)

c'est assez schématique et n'exclue pas les mélanges, ni ceux avec des positions politiques plus à droite chez les souverainistes, voire identitaires européennes frayant avec la Nouvelle droite explicitement raciste

remarque : dans cette compréhension des choses, nous tenons pour marginale l'opposition entre positions supposées radicales face à d'autres jugées réformistes, non qu'elle n'existe pas, mais parce qu'elle ne structure en rien aujourd'hui une dynamique générale qui émergerait aujourd'hui des luttes, pas même en France où le milieu radical se focalise sur son fantasme de tenir «la tête du cortège» comme une avant-garde contre le Capital, son État, et "son monde"

au fond, et c'est bien un problème, ni les uns ni les autres ne trahissent vraiment Marx, ou du moins une partie de son œuvre, en tant qu'elle ouvre la période programmatiste du mouvement ouvrier international sur la base de « Prolétaires de tous les pays [civilisés], unissez-vous ! »



qui serait 'avec nous' ?

il est normal car logique que ces contradictions dans les luttes entre classes, et entre "races", se retrouvent dans la théorie communiste avec leurs conséquences sur les positions politiques adoptées par ceux qui se réclament du communisme ou de l'anarchisme : nous avions d'emblée posé, avec "communisme décolonial", que ce concept ouvrait un double clivage dans la pensée décoloniale et dans la pensée révolutionnaire, et c'est à ce carrefour que nous nous situons, à fronts renversés, d'où la question, dans ce double combat communiste et décolonial (et donc féministe) : qui serait 'avec nous' ?

quant à savoir si nous aurions quelque chose à partager avec d'autres sur cette ligne communiste décoloniale, il est probable qu'elle peut intéresser en France une partie des militants décoloniaux, mais accessoirement le PIR ou le FUIQP en tant que partis politiques, dans la mesure où nous refusons la perspective d'alliances partisanes et la notion même de parti d'avant-garde. Cela n'exclue pas le partage d'éléments théoriques et même la participation commune à certaines luttes, dans la mesure où, en France, une dynamique coloniale ne semble pas pouvoir se développer autrement, et comme ailleurs sans contradictions de classe : il faut faire pragmatiquement avec, ou rien

mais les décoloniaux, comme on le voit ici, n'ont pas le privilège d'ouvrir des contradictions de classe et de "race" dans les luttes, par les effets de la segmentation du prolétariat et les choix même du prolétariat, à commencer par le prolétariat ouvrier (voir 28 juin, Brexit : vers une accélération de la double crise de l'Occident et du capitalisme mondial, une évolution réactionnaire des luttes prolétariennes en Europe ?

d'une façon générale, la pensée décoloniale hérite du marxisme aussi, même pour le critiquer (on pourrait faire un parallèle avec le féminisme marxiste, par exemple celui de Silvia Federici) : elle n'est pas homogène et présente des variantes retenant plus ou moins la critique marxienne de l'économie politique voire le concept de lutte des classes. Les textes et vidéos de Ramon Grosfoguel sont clairs sur ce point, il ne s'agit pas de jeter le bébé marxien ni l'eau du bain du mode de production capitaliste

toujours est-il que de façon explicite, au mieux ai-je pu constaté quelques échos en Amérique latine avec la notion de "marxisme décolonial" (Ana Cecilia Dinerstein), et des considérations de Michael Löwy sur la question : Entrevista a Michael Löwy Luis Martinez Andrade Entrevue avec Michael Löwy Traduction de larges extraits : Adé, ICI le 22 février


sans espoir excessif, nous pouvons néanmoins penser légitimement à un bilan globalement positif de nos cogitations : nous ne sommes pas seuls, et beaucoup moins que certains faisant bien plus de bruit : un bruit blanc ?


entre tous opposés et tous ensemble
axiomes de la séparation et de l'union




Citation :
Le schéma ci-dessus donne une représentation imagée d'ensembles. A gauche, on voit qu'avec deux ensembles A et B , on peut prendre les éléments qu'ils ont en communs, c'est l'intersection A ∩ B  (lire « A inter B »). On peut à l'inverse prendre les éléments qu'ils n'ont pas en communs, ce sont les différences ensemblistes A \ B  et B \ A   (lire « A privé de B » et « B privé de A »). Ces deux ensembles rouge et bleu regroupés forment ce qu'on appelle usuellement la différence symétrique notée A Δ B  .

Au centre, on a regroupé les éléments de A et B  pour former la réunion A et B  noté A ∪ B   (lire « A union B »). Enfin, à droite, en se plaçant dans un ensemble de référence E , on peut prendre tous les éléments qui n'appartiennent pas à A : c'est le complémentaire de A  noté ∁ A.


Les notions d'intersection, de différence ensembliste, de différence symétrique et de complémentaire ne sont autres que des sous-ensembles que l'on pourra définir par l'axiome de séparation. Par contre pour la réunion de deux ensembles, on devra utiliser l'axiome de l'union. Cette axiome pourra de plus s'appliquer à une infinité d'ensemble, à condition qu'on les aie auparavant "regroupés" dans un même ensemble.

source Théorie des ensembles

je rebaptise point d'orgue cet initial point d'étape, considérant que j'ai accompli l'essentiel d'un renversement théorique et donné à qui ça intéresse les moyens de s'en servir ou de continuer

il ne se passera rien de décisif qui puisse à court terme en changer les résultats et le sens, et hormis quelques reformulations, j'en resterai là : je n'ai plus envie de continuer à ce rythme d'enfer et d'autres activités m'appellent au paradis de l'existence



théorie communiste

roman

si j'aurais su, j'en n'aurais pas venu à m'enfermer dans cette théorisation au long cours dont je ne verrai jamais le bout, et qui me mange un temps à consacrer à meilleur de moi-même, comme quoi la quantité de labeur ne prouve pas l'absence de flemme... Bref, comme d'habitude, je suis insatisfait

si j'avais su, j'aurais utilisé les mêmes ingrédients, les mêmes éléments de la réalité, les mêmes protagonistes sous des noms de personnages romanesques, les mêmes idées, et j'aurais écrit un véritable roman beaucoup plus vraisemblable, un véritable mentir-vrai sans discussion possible, puisque relevant d'une fiction, avec l'avertissement de rigueur pour le genre : « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite. »

la seule différence est qu'il n'y aurait pas à attendre la fin, mais seulement à la lire, telle que dans ce cadre théorique je ne peux pas l'écrire, mais qu'en tant que romancier je serais à même de la créer

j'aurais néanmoins adopté la variante introduire par Jorge Volpi dans La Fin de la folie : « Toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière. » (déjà cité dans IX AS TIME GOES BY, Livre de l'absence)

et maintenant, que vais-je faire ? Si je le savais, il est probable que je ne le dirais pas, mais que je commencerais par le faire. Qui me lira verra

.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Dim 3 Juil - 19:03


en avant la musique


j'ai écrit communisme féministe et décolonial : point d'étape d'orgue, et cela s'entend comme suspension des considérations théoriques sur le sujet. Pourquoi ? A vrai dire, s'il y a suspension, c'est de la situation, et pour moi l'impossibilité non de continuer ce travail, mais de le faire strictement dans la logique méthodologique que je m'étais proposée et que j'ai essayée de mettre en œuvre telle qu'exposée ici : DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENT À PRODUIRE de l'idéologie française eurocentriste et occidentaliste  

c'était pour les connaisseurs une allusion à Christian Charrier, La communisation… point d’orgue, avril 2005, qui se clôt sur un "à suivre" mais qui n'a jamais eu de suite, du moins par son auteur

avancer suspendu à ce cadre du réel, c'est prendre des risques, et s'ils étaient uniquement théoriques ça n'aurait aucun intérêt communiste, parce cette théorisation embarquée dans les luttes suppose d'y faire de la politique, au sens large d'une activité communiste stratégique, et ce choix n'a pas à prendre de précautions théoriques a priori

autrement dit, il s'agit bien d'un point d'orgue, sur une note, et non d'un point d'arrêt, sur un silence (voir plus bas)

en vérité, j'ai été amené depuis quelques jours, à formuler des hypothèses que je pensais plus claires avec le Brexit, ses causes et conséquences, et je l'ai fait dans la logique de la ligne générale du communisme décolonial, en relation avec le Brexit (ICI) mais aussi à partir de considérations sur l'absence des quartiers populaires, des « Maghrébins » et des prolétaires racialisés dans le mouvement Nuit Debout / Loi travail, recoupant en ceci un point de vue du PIR exprimé par Houria Bouteldja (ICI)

cela m'a amené hier à cette chute un rien abrupte

Citation :
le prolétariat près de chez moi, je l'aime, un peu, beaucoup, mais sans folie et parfois pas du tout

bon, cela nous éloigne de l'essentiel, le sens de ce vote et du populisme prolétarien en Europe, à décrypter loin des critiques démocrates comme de la défense de ceux d'en-bas par les révolutionnaires patentés "marxistes"

au fond, le prolétariat européen est devant un dilemme : essayer de s'en sortir avec et contre sa bourgeoisie, ou opter pour des alliances de classe au-delà des mers, des alliances décoloniales. Mon avis est qu'il a choisi, y compris en France, la première option, populiste de gauche ou de droite et transclassiste, ce qui dans toutes les hypothèses sur la crise économique (et la guerre), repousse la construction d'un sujet révolutionnaire au niveau international. J'y reviendrai...


une nouvelle restructuration mondiale du capitalisme est engagée

il me faudrait formuler ça de façon plus rigoureuse, et à défaut de l'asseoir théoriquement, je dis comment que je le sens plus que je ne le vois. Pour moi, le moment actuel est à la fois :

- parachèvement de la restructuration du capital engagée dans les années 1970 - "restructuration globale", "fin de la reproduction sur une aire nationale", "décomposition du programmatisme ouvrier" : en fait plutôt de l'universalisme prolétarien (c'est un point de désaccord essentiel avec l'analyse fondant dans les années 70 la "théorie de la communisation")

- restructuration comme fin de la suprématie occidentale sur et dans le capitalisme mondial

cette "crise de l'Occident" est en elle-même, et par ses conséquences, une restructuration du capital d'une ampleur plus importante, à l'échelle historique, que celle des années 70. C'est à mon sens ce que nous apprend le Brexit (voir dans le sujet Europe les commentaires étayant ce point de vue). Cette restructuration ne se fait pas à l'occasion d'une seule et grande crise (celle de 1929, ou dans une moindre mesure celle de 2008 ou la prochaine attendue tant par les experts que par les "camarades"), mais dans une crise permanente avec des soubresauts et dans l'évolution chaotique de la politique des États-nations et de leurs alliances :

le prochain choc sera peut-être décisif, mais pas comme crise de reproduction générale du mode de production capitaliste, et il n'ouvrira pas en démiurge une fenêtre révolutionnaire, tout simplement parce que le prolétariat mondial n'a pas emprunté les voies d'un devenir sujet-révolutionnaire à la hauteur qualitative et quantitative d'une abolition du capital et de l'État

du point de vue stratégique, c'est pour moi la confirmation de la nécessité d'inscrire les activités communistes dans cette "médiation temporelle", et de l'affirmation d'avril 2015 : pas de communisme sans décolonisation, pas de décolonialités sans combat communisme

Citation :
Point d'orgue, point d'arrêt

Il est possible de suspendre momentanément le mouvement pour une durée indéterminée. Cette suspension se fait à l'aide du point d'orgue ou du point d'arrêt.

Le point d'orgue se place au dessus ou en dessous d'une note.
Le point d'arrêt se place au dessus ou en dessous d'un silence.

La durée de l'interruption est laissée à la libre interprétation du musicien. Cette longueur est affaire de bon gout.

Points d'orgue et points d'arrêt

Le point d'orgue : Le musicien interrompt la musique sur une note qu'il laisse mourir (laisser le son s'éteindre).

Exemple de point d'orgue

Le point d'arrêt : Le musicien fait silence. Il se tait pour une durée laissée à son bon gout.
Exemple de point d'arrêt


bon alors, sans 'se laisser mourir',
qu'est-ce qu'on fait ?


scratch





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Mar 12 Juil - 11:07



poser le décolonial sur la table du communisme
et le communisme sur celle du décolonial


un bref résumé du cheminement vers les thèses du communisme féministe et décolonial

en 2012, je prenais le parti de ceux qui, dans le milieu théorique radical autour de "la communisation" et de la revue Sic, considéraient nécessaire de poser la question de la race sur la table de la théorie de la communisation (essentiellement des Anglo-Saxons, metamute, Endnotes#3..., plus rares sur le vieux continent)

le problème était alors posé en termes de bonnes "articulations dialectiques" des contradictions de classes et de genre (Théorie communiste) et pour certains de "race", c'est-à-dire dans une approche tenant de l'intersectionnalité mais reposant plus ou moins selon les auteurs sur une dominante structurelle de classe

un nouveau paradigme des luttes de classes actuelles et du combat communiste au présent

de fil en aiguille, j'ai renversé cette problématique sous divers angles, avec une méthodologie repoussant tout théoricisme, accordant le primat aux luttes sur la théorie et considérant fondamentalement le communisme comme combat dans son mouvement au présent, c'est-à-dire posant la nécessité d'activités communistes spécifiques, du type de celles du Manifeste de 1847

ce renversement devait aboutir à un changement de paradigme avec l'abandon de tout déterminisme historique, de tout idéalisme conceptuel, pour prendre en compte ce qui se passe, rien que ce qui se passe mais tout se qui se passe, c'est-à-dire ce qui au présent détermine un futur immédiat et non une perspective à terme de révolution modélisée en des termes dont on cherche à discerner les traces anticipatrices (écarts) comme annonçant cette issue à la crise du capital

c'est ainsi qu'il m'a fallu prendre du champ relativement à l'approche par les catégories de classe, genre et race, entant que contradictions et/ou oppositions, et refonder ma compréhension des luttes actuelles dans le contexte de la double crise du capital global et de l'Occident comme ayant déterminé la genèse et l'histoire du capital comme mondialisation à suprématie occidentale (et accidentellement raciale blanche)

c'est l'approche décoloniale qui me donnait les outils pour achever ce renversement théorique de la perspective révolutionnaire du futur au présent, étant entendu que perspective révolutionnaire ne s'entend pas comme possibilité révolutionnaire communiste dans le moment actuel, mais passage obligé de l'histoire par des voies qui ne sont pas immédiatement de l'ordre de l'abolition du capital

dans ce rétablissement matérialiste de la pensée communiste, héritée du Marx des Thèses sur Feuerbach, comprendre en transformant, l'accent est mis sur la nature des luttes actuelles comportant une dimension identitaire porteuses de luttes catégorielles (femmes) ou communautaires à base raciale voire religieuse, qu'il s'agit de prendre comme des contradictions en procès porteuses de dépassements à produire de ces identités de luttes imprégnées d'une dimension de classes (femmes prolétaires, prolétaires racialisés...)

aujourd'hui, dans a montée d'un populisme de droite et de gauche en Europe, mais aussi sur d'autres continents, toute une tendance marxiste, et jusqu'à l'anarchisme, se replient derrière un eurocentrisme qui les fait balancer entre dogmatisme prolétarien universel et argumentaire rejoignant celui des dirigeants capitalistes occidentaux sur le communautarisme de toute lutte décoloniale, qui serait nécessairement communautariste, essentialiste, voire raciste

des handicaps idéologiques typiquement français

rien n'est venu infirmer ces hypothèses de travail, et si cette construction conceptuelle ne fait pas l'objet de débats, on peut considérer que c'est pratiquement normal pour plusieurs raisons :

- en France, la pensée décoloniale est quasi inconnue, confondue avec le post-colonialisme et les Cultural Studies dans leur version édulcorée post-moderne et vidées de leurs teneur marxiste d'origine

- en France, les mouvements décoloniaux sont par définition le fait de minorités démographiques, dont toutes les initiatives sont politiquement dénigrées, déformées dans leur signification, jamais rapportées au fait de leur survenue nécessaire (depuis le début du siècle avec la question islamique et les émeutes de 2005), ni à la pensée décoloniale qui la sous-tend. Exemple, taper décolonial dans Google, c'est trois ou quatre pages de « Camp d'été décolonial interdit aux Blancs », « racisme anti-blanc assumé » etc.

- ma démarche est construite et portée à fronts renversés, non seulement contre l'idéologie dominante du capital et de l'État, mais contre le dogme marxiste prolétarien universel et contre ce qui, dans la pensée décoloniale, ne veut pas entendre parler de la contradiction de classe. Autant dire que cela diminue drastiquement la possibilité de faire débat sur des bases exigeant un minimum de sérieux, et c'est vrai, beaucoup de connaissances par-delà celles qui sont disponibles en France, ou en français

- il n'est pas très séduisant de présenter à de jeunes aspirants révolutionnaires, ou à ses vieux soupirants, une vision du monde qui repousse d'autant la possibilité d'une révolution communiste, et qui prenne en compte la situation actuelle telle qu'elle se présente, et non telle qu'on préfèrerait qu'elle soit, ce qui explique au demeurant la montée en puissance d'une phraséologie (ultra-)gauchiste venant compenser ce dont les actes prétendus avant-gardistes ne sont que la mise en scène spectaculaire en miroir de la démocratie policière d'État (Nuit debout, Loi travail) : pendant les vacances, l'avant-garde n'est pas débordée...

je ne redonne pas les liens vers les sujets qui développe ces différents aspects, on les trouve facilement en parcourant les rubriques du forum et le rappel synthétique de ce cheminement

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Ven 4 Nov - 21:59


ce forum est désormais accessible par le sommaire interactif du livre en cours de rédaction

des décalages existent en raison du nouveau plan
dont j'espère qu'il rendra la lecture plus compréhensible
sinon scratch agréable

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale   Sam 7 Jan - 17:51



j'ai redescendu dans l'arborescence cette entrée générale, dont le contenu est désormais en retard. Ce n'est plus très logique ni aussi synthétique, mais je n'ai pas envie d'y remédier maintenant

voir donc ANALYSER-PENSER les LUTTES : une refondation théorique d'ensemble

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
 
COMMUNISME, FEMINISME & DECOLONIAL : définition et ligne générale
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Les archives départementales de Seine-Maritime en ligne à partir de 2010
» Orne 61 Archives en ligne
» 1526-1905 : l'état civil des Vosges est en ligne !
» Editeurs de Normandie.... en ligne!
» Articles sur les services en ligne personnalisés

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE :: PRÉSENTATION, ÉVOLUTION, PLANS, BIBLIOGRAPHIE...-
Sauter vers: