PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)

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Patlotch



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Mer 1 Nov - 12:26


intersectionnalité : ce concept et sa méthodologie sont-ils vraiment opérants ?

l'intersectionnalité est un grand-fourre-tout idéologique et universitaire. Pour moi il ne s'agit pas tant de la "politiser" (très en vogue, cette nécessité de "politiser", qui l'antiracisme, qui le genre... avec généralement la conséquence de le saisir dans un combat sur le terrain de la démocratie politique), que de l'inscrire dans la domination globale du capitalisme en subsomption réelle, ce qui permet justement de ne pas le faire sur le seul front de l'exploitation économique du prolétariat comme extorsion de plus-value

rares sont cependant les textes qui mettent cette question au cœur des enjeux de l'intersectionnalité. Celui-ci est donc bienvenu,
même si la thématique en reste théorique, et non sur le terrain des luttes mêmes, qui sont le facteur essentiel d'un possible dépassement

cela semble inhérent, ou sous-jacent, à toutes les approches intersectionnelles, comme si les segmentations étaient celles d'un sujet (révolutionnaire...) déjà donné. De ce point de vue, l'intersectionnalité serait à la théorie ce qu'est la convergence des luttes à la politique...



extraits
Citation :
En 2012, dans l’entretien qu’elle accordait à la revue Contretemps, au sujet des enjeux et des défis actuels de l’intersectionnalité, Sirma Bilge écrivait :

À l’heure où l’intersectionnalité est de plus en plus dépolitisée – une dépolitisation bien politique, soulignons-le, qui fait de l’intersectionnalité un outil du complexe néolibéral de gestion de la diversité dans lequel l’industrie académique est un joueur central – il me semble très important de rappeler [son] héritage marxiste, et plus généralement la critique radicale qui est à la
source et au cœur de la démarche intersectionnelle.

Sirma Bilge renvoyait notamment au manifeste du Combahee River Collective (1979) qui, tout en constituant une critique interne du réductionnisme de classe depuis un point de vue féministe africain-américain lesbien, soutenait un projet d’émancipation socialiste. Si le marxisme compte ainsi « parmi les sources premières de l’intersectionnalité » (Bilge 2010 : 47) – telle qu’elle a été initialement formulée au sein des franges les plus radicales des Black feminism états-unien et britannique –, les théories qui s’en revendiquent aujourd’hui entretiennent des rapports d’autant plus différenciés à la critique marxiste qu’il existe, le cas échéant, bien des manières de s’y référer et de la faire travailler.

C’est notamment le cas sous le concept de genre. Différentes analyses de l’oppression de sexe qui se réclament du matérialisme et se présentent comme autant de contributions à la critique de l’économie politique se confrontent aujourd’hui au sein de la pensée féministe (Aruzza 2010; Butler 1997; Hill Collins 2000; Jackson 2009; Dorlin, citée dans Girard 2007; Dorlin 2013; Delphy 2015; Hennessy 2006; Federici, citée dans Echeverria et Sernatinger 2014; Floyd 2013; Juteau 2010 et à paraître; Kergoat 2012; Talpade Mohanty 2015; Walby 2007). Il se pourrait cependant que ces analyses n’impliquent pas ou ne contiennent pas la même charge critique vis-à-vis de ladite économie politique. Elles s’en saisissent, en tout cas, de manière très inégale pour penser le genre en lui-même et ces écarts de théorisation, qui renferment des préoccupations et emprunts conceptuels de départ fortement éloignés, se répercutent en aval au moment d’articuler « le » genre aux autres modes d’organisation de l’économie, particulièrement au capitalisme. [...]

Conclusion


Il y a plus de 35 ans, Guillaumin écrivait (1978 : 17) : « L’individualité, justement, est une fragile conquête, souvent refusée à une classe entière dont on exige qu’elle se dilue matériellement et concrètement, dans d’autres individualités. »

S’appuyant sur ses travaux pionniers sur la race, elle cherchait alors à cerner le rapport social qui produit des hommes et des femmes en tant que rapport spécifique d’appropriation du travail opérant simultanément comme un rapport de dépossession de soi pour la classe des femmes.

Il me semble, et c’est ce que j’ai tenté de montrer ici, que l’analyse de Colette Guillaumin est opératoire pour éclairer l’esclavage de maison et plus largement les « formes transitionnelles d’exploitation » telles qu’elles se reconfigurent aujourd’hui. Celles-ci pourraient alors se lire comme des formes de recomposition du sexage qui participent des réorganisations actuelles de l’ensemble des rapports sociaux.

Or, c’est précisément cette partie des relations de coconstruction des rapports de pouvoir qui me paraît trop souvent occultée ou sous-examinée dans les analyses qui réduisent le sexe – dont l’hétérosexualité – et la race à leur face idéelle pour les articuler au capitalisme en tant que seule et unique instance économique.

Les modes spécifiques d’exploitation ou de dépossession qui sont ceux du sexage et de l’esclavage, comme les formes « transitionnelles » qui se structurent actuellement, disparaissent alors du champ de vision, non seulement de l’analyse des mécanismes par lesquels se (re)produisent Sexe et Race mais aussi du logiciel critique du capitalisme et de la mondialisation.

Ainsi, s’il est largement admis que le capital et son accumulation à l’échelle mondiale s’appuient sur les divisions sexuelles et raciales du travail pour maximiser son emprise et générer toujours plus de plus-value, on montre moins souvent comment les modes d’appropriation que constituent le sexage ou l’esclavage se fondent à leur tour sur le capital pour se recomposer. Sous couvert d’intersectionnalité, on continue de subsumer les rapports sociaux de sexe et de race dans le capital, d’articuler les rapports sociaux de manière dissymétrique. Dans ces conditions, la thèse du « profit pour le capitalisme » (Delphy 2003a : 52) persiste à écraser la complexité des contradictions actuelles, y compris entre femmes, et à dominer la critique du réel. En bout de course, il se pourrait bien que ce type de réductionnisme contribue à retarder le projet de décolonisation du féminisme qui, pourtant, semble faire consensus.

un sujet dédié : critiques et discussions de l'INTERSECTIONNALITÉ "CLASSE-GENRE-RACE"

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Jeu 23 Nov - 12:21


Simone de Beauvoir, abécédaire
extraits, Revue Ballast 22 novembre 2017


Citation :
Féminisme : « J’appelle féministes les femmes ou même les hommes qui se battent pour changer la condition de la femme, bien sûr en liaison avec la lutte des classes, mais cependant en dehors d’elle, sans subordonner totalement ce changement à celui de la société. […] J’estime que le combat des femmes, tout en étant singulier, est lié à celui qu’elles doivent mener avec les hommes. Par conséquent, je refuse complètement la répudiation totale de l’homme. » (Entretiens avec Simone de Beauvoir, Alice Schwarzer,  Mercure de France, 1984)

Humanité : « Affranchir la femme, c’est refuser de l’enfermer dans les rapports qu’elle soutient avec l’homme, mais non les nier ; qu’elle se pose pour soi, elle n’en continuera pas moins à exister pour lui : se reconnaissant mutuellement comme sujet, chacun demeurera cependant pour l’autre un autre ; la réciprocité de leurs relations ne supprimera pas les miracles qu’engendre la division des êtres humains en deux catégories séparées : le désir, la possession, l’amour, le rêve, l’aventure ; et les mots qui nous émeuvent : donner, conquérir, s’unir, garderont leur sens ; c’est au contraire quand sera aboli l’esclavage d’une moitié de l’humanité et tout le système d’hypocrisie qu’il implique que la section de l’humanité révélera son authentique signification et que le couple humain trouvera sa vraie figure. » (Le Deuxième sexe, tome II, Gallimard, 1949)

Karl Marx : « À ces illusions d’universalité, [les intellectuels bourgeois anticommunistes] sont plus attachés que les autres bourgeois puisqu’ils les ont eux-mêmes fabriquées. Et d’autre part le monde intelligible leur est un orgueilleux refuge contre la médiocrité de leur condition ; ils échappent à leur classe, ils règnent idéalement par-delà toutes les classes sur l’humanité entière. De là vient que leur horreur du marxisme est beaucoup plus farouche que celle des bourgeois actifs : le marxisme ne connaît que la terre et les rejette brutalement parmi les hommes. Bien entendu, ils n’avouent pas la vraie raison de leur haine ; ils préfèrent confesser sans vergogne des cauchemars puérils : Si l’armée rouge entrait en France, si le PC prenait le pouvoir, je serais déporté, fusillé. […] Le marxisme voit en eux, non des médiateurs sacrés entre les Idées et les hommes, mais des parasites bourgeois, une simple émanation des puissances capitalistes, un épiphénomène, un néant […]. » (Faut-il brûler Sade ?, Gallimard, 1955)

Non-mixité : « C’est un stade. Je pense que, pour l’instant, c’est une bonne chose. Pour plusieurs raisons : d’abord, si l’on admettait des hommes dans ces groupes, ils ne pourraient pas s’empêcher d’avoir le réflexe masculin de vouloir commander, s’imposer. D’autre part, beaucoup de femmes ont encore — quoi qu’elles en disent et même quelquefois, d’ailleurs, elles le savent — un certain sentiment d’infériorité, de timidité ; il y en aurait beaucoup qui n’oseraient pas s’exprimer librement devant des hommes. […] Pour l’instant, ni la mentalité des hommes ni celle des femmes ne permettraient que la discussion d’un groupe mixte soit vraiment tout à fait sincère. » (Entretiens avec Simone de Beauvoir, Alice Schwarzer,  Mercure de France, 1984)

Question féministe : « Non, nous n’avons pas gagné la partie : en fait depuis 1950 nous n’avons quasi rien gagné. La révolution sociale ne suffira pas à résoudre nos problèmes. Ces problèmes concernent un peu plus de la moitié de l’humanité : je les tiens à présent pour essentiels. Et je m’étonne que l’exploitation de la femme soit si facilement acceptée. […] Bref, je pensais autrefois que la lutte des classes devait passer avant la lutte des sexes. J’estime maintenant qu’il faut mener les deux ensemble. […] Oui, le système écrase les hommes et les femmes et incite ceux-là à opprimer celles-ci : mais chaque homme le reprend à son compte et l’intériorise ; il gardera ses préjugés, ses prétentions, même si le système change. » (Tout compte fait, Gallimard, 1972)

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Jeu 7 Déc - 15:43


face au capital, il est des luttes qui se croisent naturellement, si j'ose dire, mais je ne parlerais ni de "convergence" ni d'"intersection". C'est comme ça


la révolution communiste sera féministe et écologiste
(ou ne sera pas : pas communiste)


“Ce sont surtout les femmes qui se mobilisent pour les causes environnementales”
Clara Delente Télérama 04/12/2017


Le camp de femmes pour la paix à Greenham Common
en décembre 1982, naissance de l’écoféminisme
©️ Mike Goldwater / Alamy Stock Photo

Lutte pacifique faisant front contre l’oppression des femmes et la destruction de la nature, l’écoféminisme est un combat brûlant d’actualité. Le 5 décembre, la Cité des sciences et de l’industrie lui consacre une soirée-débat.

Citation :
Joutes nucléaires effrayantes entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, mobilisation massive des femmes contre le sexisme institutionnalisé, alerte de 15 000 scientifiques sur l’état de notre planète…, l’actualité de ces dernières semaines fait écho à la lutte des écoféministes. Ces militantes pacifistes anglo-saxonnes, détenant des pistes de réflexion précieuses (renouer positivement avec la nature, se réapproprier des connaissances empiriques, retrouver de la fierté pour son corps…), restent pourtant méconnues en France.

Pour y remédier, la Cité des sciences et de l’industrie organise ce mardi 5 décembre une discussion autour de ce mouvement apparu dans les années 1980. Emilie Hache, philosophe et maître de conférences, qui avait fait paraître l’anthologie de textes écoféministes Reclaim aux éditions Cambourakis, en 2016, sera présente pour en débattre, et livre ici quelques explications.

Comment est né l’écoféminisme ?

L’écoféminisme est né dans les années 1980, aux Etats-Unis et, parallèlement, en Angleterre, dans le sillage des mouvements antiguerre, féministe et écologiste des années 1970. Il émerge en réponse à la menace d’une guerre nucléaire avec l’ex-URSS et durera plus d’une décennie. Dans les années 1990, après la fin de la guerre froide, ce mouvement antinucléaire s’est estompé et les activistes écoféministes se sont en partie retrouvées dans le mouvement altermondialiste naissant. C’est à cette époque-là que les universitaires ont commencé à s’y intéresser et l’ont malheureusement largement dépolitisé. Or, on ne peut pas bien comprendre ce qui se joue dans ce courant d’idées si on ne le rattache pas aux luttes dans lequel il est né.

Les moyens d’action directe non violente utilisés par les écoféministes étaient assez inédits. En 1980, deux mille femmes se sont par exemple rassemblées au Pentagone et chantaient, hurlaient, pleuraient, jetaient des sorts déguisées en sorcières…

Cette tradition des happenings n’est pas apparue avec l’écoféminisme. Elle existait déjà dans les années 1960, au sein de mouvements comme les Witch (Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell, ndlr). Mais, en effet, cet activisme non violent et imaginatif, est l’une de ses caractéristiques principales. La façon dont ces femmes se sont organisées, ont lutté a d’ailleurs fait l’objet de nombreuses incompréhensions. Au milieu de ce contexte d’énorme tension politique, aller encercler de laine le Pentagone, outre que ça paraîtrait inimaginable aujourd’hui, était assez stupéfiant ! De même, des femmes ont réussi à entrer dans la base militaire de Greenham Common, en Angleterre, et ont dansé la nuit sur le silo qui contenait les têtes de missiles nucléaires (cette histoire est racontée dans le livre Des femmes contre des missiles, d’Alice Cook et Gwyn Kirk, ndlr). Les policiers qui gardaient le site ne se méfiaient pas de ces « bonnes femmes », ils les prenaient pour les femmes de ménage…
Cette lutte de femmes ordinaires, restées vingt ans dans un camp en non-mixité, est aussi connue outre-Manche que le Larzac en France. Cela fait partie des grandes luttes des années 1980, qui ont marqué des générations entières, au même titre que la lutte des mineurs contre Thatcher. Or, il faut savoir que ces femmes ont gagné : le gouvernement a retiré ces têtes de missile et rendu le terrain à un usage commun.

Historiquement, l’activisme environnemental est-il plutôt féminin ?

Oui, ce sont principalement des femmes, quelle que soit la partie du monde, qui se mobilisent pour les causes environnementales. Cela s’explique par le fait qu’elles sont les premières touchées, ainsi que les personnes dont elles s’occupent – enfants et personnes âgées. C’est la même chose en ce qui concerne le mouvement de justice environnementale, on ne le sait pas toujours, mais ce sont principalement des femmes.

L’écoféminisme consiste-t-il à dire qu’il existe un lien privilégié entre les femmes et la nature ?

Le concept majeur de ce mouvement et courant d’idées, c’est « reclaim », voulant dire tout à la fois réhabiliter, se réapproprier, réinventer. Il y a une volonté, un besoin de reconstituer et de se réapproprier notre histoire volée. Les écoféministes se demandent ce qui s’est passé pour qu’on en arrive là, pour qu’on soit dans un rapport d’insensibilité au monde tel qu’aujourd’hui une seule personne — un homme blanc — ait la possibilité d’appuyer sur un bouton et de faire exploser la planète. Pour que des femmes risquent de se faire agresser et violer quotidiennement, dans l’espace public comme dans leur propre maison. Ces femmes font le lien entre la destruction du monde sensible et la violence faite aux femmes causées par le capitalisme. Ce dernier s’est construit en partie sur la destruction du féminin, des femmes et de ce qu’elles représentaient. C’est ce qu’explique magistralement Silvia Federici dans Caliban et la sorcière, en mettant en parallèle l’histoire de la chasse aux sorcières et l’émergence du capitalisme et des sciences modernes. L’enjeu le plus fort se loge dans la question de la reproduction. Il fallait retirer aux femmes ce pouvoir fou par rapport à l’Etat de faire naître et avorter qu’elles maîtrisent depuis toujours. C’est pour cela que cette gigantesque chasse aux sorcières, qui a duré plus de deux siècles et persécuté des centaines de milliers de femmes, a principalement concerné les sages-femmes. Ce lien aux plantes, à la nature, au monde sensible est historiquement articulé aux femmes. C’est ce lien qu’essaient de se réapproprier les écoféministes.

Ce qui leur a été reproché par d’autres féministes…

Beaucoup de féministes ont voulu s’émanciper de la nature et cela peut se comprendre, car la division du travail capitaliste a assigné les femmes au volet reproductif. On a fait dire aux écoféministes qu’elles pensaient que les femmes étaient nées pour enfanter. Or, elles déplorent en fait la perte de compétences, la dévalorisation de soi, de son corps et souhaitent retrouver et réinventer tout cela : retrouver de la fierté, de la tendresse pour notre corps, pour son pouvoir, quand bien même on ne voudrait pas avoir d’enfant. Une des voies émancipatrices et réparatrices, c’est de retrouver les liens positifs avec la nature. Avoir une connaissance inouïe, fine, empirique de la pharmacopée, ce n’est pas essentialiste ni naturaliste. Et c’est un savoir dont on aura certainement de plus en plus besoin.

Quelle est l’histoire du mouvement en France ?

Ce que l’on connaît, c’est que le terme a été inventé par une Française (Françoise d’Eaubonne en 1974, dans Le Féminisme ou la mort, ndlr). Mais l’écoféminisme français ne s’arrête pas à cette invention théorique. Dans les années 1970-80, en France, cette idée était répandue sans nécessairement utiliser ce néologisme. On a conservé la mémoire d’un mouvement antinucléaire très masculin, mais les femmes étaient nombreuses, même si peu visibles. On peut par exemple renvoyer au livre peu connu de Xavière Gauthier, militante environnementaliste et féministe, qui a écrit en 1981 La Hague, ma terre violentée. Dans son ouvrage, elle décrit la terre et ses liens avec elle, d’une façon très sensible, charnelle, voire sensuelle. C’est pour moi un grand livre écoféministe.

En quoi est-ce un livre écoféministe ?

Dans le fait d’essayer d’articuler aussi bien intellectuellement que dans les mots nos corps et le monde sensible auquel on appartient ; ce livre est une déclaration d’amour à ce bout de terre fouetté par les vents et les vagues. Il cherche à retrouver les sensations, les attachements qu’elle a noués, petite fille, avec cette terre, de les prendre au sérieux et de les confronter à cette politique nucléaire totalement mortifère.

Articuler la destruction de la nature et la misogynie hallucinante de cette société est central pour les écoféministes, si l’on veut sortir de la situation dans laquelle on est. On ne peut pas sortir d’une culture tout à la fois ultra violente et indifférente à l’égard de la nature, si l’on ne repense pas aussi notre histoire patriarcale, toute l’histoire de la modernité à l’égard des femmes et du féminin. Ce n’est pas anecdotique.

Y a-t-il urgence aujourd’hui en France à s’emparer de ces questionnements ?


L’écoféminisme ne souhaite pas prendre le pouvoir, mais renverser ceux qui le détiennent et le pouvoir qui va avec. Je crois qu’actuellement on manque de ressources, de prises, et l’écoféminisme en propose une très belle, réparatrice et puissante. C’est une question de génération : les étudiantes d’aujourd’hui se fichent des débats sur l’essentialisme, l’enjeu de la mutation écologique va bien au-delà de ça. C’est donc important de continuer à traduire. Rendre ces textes accessibles est politiquement très important.

Ciné-débat : Ecoféminisme, quand les femmes défendent la planète, à la Cité des sciences et de l'industrie, à partir de 18h. Suivi de la projection du film Erin Brockovich, seule contre tous, de Steven Soderbergh.

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Dim 14 Jan - 17:52


Citation :
Nous avons besoin de votre aide pour lancer le numéro #2 d’« Hors-je(u) ». Pour rappel, « Hors-je(u) »se situe dans l’héritage d’un féminisme matérialiste, c’est-à-dire que nous partons des réalités matérielles pour comprendre les mécanismes d’un système patriarcal.

Nous sommes attachées aux témoignages. Le vécu en ce qu’il a de commun et la parole en ce qu’elle a d’émancipant sont les points de départ d’une réflexion collective sur nos places et nos rôles de femmes au sein d’une société capitaliste.
L’écriture est un outil. Le fait de s’exprimer quand il y a tant d’obstacles pour prendre la parole ne sera jamais anodin. Le fanzine a pour vocation de rendre publique ces mots et de mettre en images ces silences pour établir un rapport de force nécessaire à toutes luttes victorieuses.

Appel à dons pour soutenir la parution : https://www.helloasso.com/associations/hors-je-u/collectes/parution-du-fanzine-feministe-hors-je-u-2-1

L’extrait qui suit est l’édito du numéro #1 où nous posons les intentions de notre démarche politique.

Hors-je(u)
Citation :
Nous sentons bien que si « jeu » il y a, trop souvent « je » n’y ai pas ma place, si ce n’est sur le banc de touche. La plupart du temps, nous sommes les spectatrices d’un match auquel nous ne pouvons pas participer, et quand nous le faisons, nous risquons d’être utilisées comme ballon. Cantonnées à des places d’observatrices passives par nos patrons, nos mecs ou nos darons, nous apprenons rapidement à ne pas nous faire remarquer, à disparaître, jusqu’à en nourrir de la frustration ou de la rage. Le quotidien pèse lourd, nous façonne profondément, et quand nous parvenons à nous en extraire, cela nous fait l’effet d’instants rares et volés. Il nous est donc apparu nécessaire de constituer notre propre équipe, de délimiter ou d’inventer nos propres terrains de jeu. De nous rencontrer à plusieurs « je » dans l’intention de dessiner un « nous ». De nous mettre hors-jeu sans attendre que l’arbitre nous siffle et nous donne un carton rouge.

Quand on sort de nos histoires individuelles, quand on les confronte à d’autres, on se rend compte que les merdes dans lesquelles nous sommes engluées ressemblent trop à celles de nos copines, frangines, collègues et mères pour être dues au hasard. En nous parlant, nous avons vite compris que nous ne sommes pas seules à avoir vécu des rapports sexuels non consentis, à être assignées au soin et au bien-être des autres, à abandonner trop facilement une conversation entre amies si un homme nous interrompt, à manquer cruellement de confiance en soi, ou à avoir été agressée. Pour nous, être une femme signifie être coincée dans des rôles prescrits. Être une femme n’a rien à voir avec le fait d’avoir des seins, un utérus, ou des ovaires, c’est être assignée à une certaine place dans le système d’oppression qu’est le patriarcat. Être une femme n’est pas uniquement un destin biologique.

Les femmes, et celles qui sont désignées comme telles, forment une classe sociale : la classe sociale des opprimés du genre. Le genre étant le rôle sexué que la société nous attribue. Dès l’instant où nous comprenons cela, nous devons nous poser certaines questions : quels sont précisément les injonctions genrées qui nous sont faites, comment régissent-elles nos vies, comment les perpétuons-nous, et enfin comment nous situer par rapport à ces rôles qu’on nous oblige à jouer ?

Selon nous, s’extraire de sa classe de genre, sortir de sa condition doit se faire en évitant à tout prix de servir d’alibi pour maintenir un système qui hiérarchise sexes, races et classes. On ne se réjouit jamais non plus de voir des femmes en écraser d’autres, s’émanciper seule est un leurre. Nous prêtons le même pouvoir de nuisance qu’à leurs homologues masculins aux patronnes qui exploitent des prolétaires, aux femmes de pouvoir qui édictent les lois, aux juges et procureuses qui défendent le régime de la propriété privée, aux matonnes qui refusent des serviettes hygiéniques à des prisonnières au mitard, aux assistantes sociales qui inspectent des domiciles et pratiquent la délation quotidienne en rendant des rapports. Ces femmes partagent des aspirations au pouvoir, et ont les moyens de son exercice réel. qui nuisent à l’émancipation de toutes qui nuisent.

La société toute entière s’emploie à nous faire croire que la voie institutionnelle est l’unique moyen de s’en sortir. Rien ne nous paraît plus dangereux que de devoir affronter seule un fait social. Celles qui tentent de porter plainte pour viol dans un commissariat, celles qui demandent un divorce pour violences conjugales, celles qui veulent obtenir la garde de leur enfant le savent. Comme le disent des femmes kurdes de Syrie : « Les féministes en Occident ont largement renoncé à s’affranchir du capitalisme et des institutions d’État, au point de concevoir leurs luttes avant tout en terme de « droits » individuels garantis par l’État ». Nous ne nous reconnaissons pas dans un féminisme compatible avec l’État, un féminisme capable de s’épanouir dans une société fondée sur des divisions de classe et de race, dans ce monde de prisons, d’hôpitaux psychiatriques, de centres de rétention, d’usines et de centrales nucléaires.

Nous choisissons de créer des moments de non-mixité, de construire de la sororité concrète et matérielle car toutes nous avons besoin de pouvoir réfléchir, danser, parler de nos sexualités, faire du sport, écrire sans être sous le regard des hommes, survivre matériellement, nous défendre, ou autant que possible, vivre sans devoir recourir aux administrations. Il faut de toute urgence créer des groupes non-mixtes car plus l’expérience du commun est vécue, concrète, quotidienne, plus la solidarité devient réelle. Et gardons à l’esprit que nous n’avons aucun compte à rendre à celles et ceux qui ne regardent pas l’émancipation des opprimé.es comme un mouvement aussi joli que nécessaire.

Nous dessinons un féminisme en creux, en essayant par tous les moyens de nous dépêtrer du jeu social comme on secouerait un bout de scotch collé à son doigt. Nous sommes certaines que nous ne serons jamais arrivées, que l’émancipation est un chemin, éternellement raturé, perpétuel brouillon de prochaines tentatives. Notre féminisme est une forme de conscience sociale, exactement comme la conscience de classe.

Hors-jeu est le fruit de la rencontre de plusieurs copines. Et ce fanzine est en train de nous constituer en tant que groupe car nous devons créer des moyens matériels, trouver des lieux et du temps pour nous réunir, écrire et vivre ensemble. Nous constatons jour après jour qu’avoir du temps c’est du luxe, que faire un fanzine nécessite toute une organisation. Tout cela nous transforme et transforme nos rapports aux autres. Notre féminisme est forcément existentiel au sens où il s’insinue dans tous les pans de nos vies, et leur donne des formes nouvelles.

Nous le savions déjà, mais en voyant apparaître une mosaïque de vies réelles dans les textes rassemblés ici, nous sentons combien nos vies et nos corps de femmes n’ont rien à voir avec la vie et le corps de la femme, celle qui n’existe que dans le regard des hommes. En 2016, nos corps, nos modes de vie estampillés libres - parce que français - sont instrumentalisés à des fins de propagande républicaine et guerrière. Nous ne nous reconnaissons pas dans l’image de la femme française émancipée, véhiculée par le pouvoir et les médias, une femme qui serait à la fois le flambeau et le repos du guerrier. Nous voulons construire un féminisme qui se situe hors du jeu impérialiste, nous refusons d’être les alibis d’un monde qui s’est construit sans nous. Parce que nous sommes féministes, nous sommes contre la guerre.

C’est à l’automne 2016 que nous parlons de la guerre et des attentats de 2015, car nous serons toujours en retard sur l’actualité médiatique. Notre rapport à l’urgence dépend de nos conditions matérielles qui, si elles nous laissent de l’espace pour penser, ne nous permettent pas de d’y réagir immédiatement. Mais nous prenons aussi notre temps car nous croyons que la guerre n’a pas d’actualité, et que réfléchir et respirer avant de s’exprimer sont la moindre des choses face à l’immonde tourbillon de la vie médiatique. L’actualité ne veut rien dire. Sans recul il n’existe que de multiples actualités qui s’entrechoquent et se contredisent.

Hors-jeu est essentiellement constitué de témoignages et d’interviews. Nous n’en sommes pas étonnées, le prisme dans lequel on a habitué les femmes à percevoir le monde est bien leur univers sensible. Nous n’avons pas les moyens de l’universalité, et c’est tant mieux, car c’est l’arme idéologique de tous les colons, historiquement. Contre les dominants qui discréditent les formes de discours subjectifs, nous trouvons important de leur donner faire une place de choix. Nos parcours singuliers ne sont pas des histoires de bonne femme mais bien la tentative de cartographier un système.

Alors, bien sûr, notre territoire a ses limites et ce que contient ce fanzine nous ressemble. En terme de plus petit dénominateur commun, nous sommes plutôt trentenaires, plutôt blanches, plutôt célibataires et sans enfant, plus ou moins hétérosexuelles. Si tu ne te reconnais pas dans ce que tu vas lire, alors c’est la meilleure raison de délimiter ton terrain de jeu, de choisir tes complices et d’inventer ensemble vos propres règles. Qui sait, on se rencontrera peut-être sur les prochains gros matchs ou aux tournois de quartier, sur des gradins à boire des coups ou à pourrir l’arbitre.

Car, pour construire un monde commun, nous avons besoin, comme le dit Adrienne Rich, de « […] nous demander comment nous pouvons rendre les conditions du travail plus fructueuses, non seulement pour nous-mêmes, mais l’une pour l’autre. Ce n’est pas une question de générosité. Ce n’est pas la générosité qui fait que les femmes en communauté se soutiennent et se nourrissent mutuellement. C’est plutôt ce que Whitman a appelé “le besoin de la compagnie de mes égaux” (égales), le désir d’un contexte dans lequel nos propres efforts seront amplifiés, vivifiés, rendus plus lucides, par ceux de nos pair.es. »

Bonne lecture !

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Patlotch



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Dim 4 Fév - 19:23


se dire "révolutionnaire a le don de m'irriter, mais bon, reste un contenu, alerte et intéressant. Il ne s'agit pas à proprement parler de "marxisme" mais il y est tout de même question de lutte de classe, à laquelle le chapeau dit qu'il faut mettre un terme. On comprend dans l'article que c'est une fois qu'elle aura gagné...


« Comme il faut un changement de société global,
je parle aussi d’autres sujets qui se croisent les uns les autres :
le racisme, le sexisme, la lutte des classes et quelque chose qui devient urgent, la question écologique. »


Emmanuelle Fenice : « Je suis une blogueuse féministe et révolutionnaire »
Marie-France Bornais Le Journal de Montréal 3 février 2018

L’ingénieure en informatique et blogueuse française Emmanuelle Fenice, célèbre pour ses propos sur « la charge mentale » et les deux tomes de sa BD, Un autre regard, considère qu’il est grand temps que la société change et qu’il faut mettre un terme au sexisme, au racisme et à la lutte des classes.


Emma (Emmanuelle Fenice) Photo Camille Ferré

Citation :
En mai 2017, la blogueuse a publié une première bande dessinée aux éditions Massot, "Un autre regard". Cette œuvre a vite été suivie d’un deuxième tome et un troisième est en préparation. Avec humour, elle présente ses « trucs en vrac pour voir les choses autrement », abordant tant la vie des réfugiés en France que le baby blues ou le clitoris. Elle connaît un succès phénoménal.

Son billet de blogue Fallait demander, sur la charge mentale, expliquant tout le « travail invisible » que font les femmes dans une journée, a fait le tour des médias sociaux. La réaction du public est éloquente : Emma a plus de 260 000 abonnés sur Facebook, son histoire a été likée 76 000 fois, ­partagée 215 000 fois et commentée par 21 000 internautes.




Un autre regard
Emmanuelle Fenice
Massenot Éditions, 112 pages chacun



De passage au Québec pour la première fois il y a quelques jours, Emmanuelle Fenice était ravie de faire connaître son point de vue.

« Je me définis par blogueuse et autrice. J’utilise le dessin comme un outil pour passer mes propos. J’écris, je parle, aussi. Mon but, c’est de m’exprimer et de raconter ce qui me passe par la tête. Je me dis féministe parce que je parle beaucoup du droit des femmes, et révolutionnaire parce que je pense que pour mettre fin définitivement à tous ces rapports de domination, il faut un changement de société. Au final, je me définis comme blogueuse féministe et révolutionnaire. »

Elle n’aborde pas que les sujets féministes. « Comme il faut un changement de société global, je parle aussi d’autres sujets qui se croisent les uns les autres : le racisme, le sexisme, la lutte des classes et quelque chose qui devient urgent, la question écologique. »

Emma a travaillé comme ingénieure en informatique pendant 12 ans. « J’ai rencontré forcément des situations sexistes dans le cadre de mon ­travail », dit-elle en précisant qu’elle avait observé « beaucoup de rejet, beaucoup d’agressivité et beaucoup de haine à l’endroit des femmes » dans ce milieu professionnel.

La charge mentale

Emmanuelle Fenice aborde la sexualité féminine dans ses livres, mais aussi toute la fameuse question de la « charge mentale ». « La charge mentale, c’est le souci permanent que portent en majorité les femmes d’organiser le fonctionnement du foyer et de la vie de famille. C’est un sujet qui était très peu abordé », note-t-elle.

« On avait commencé à prendre au sérieux la question de la répartition des tâches et on avait toutes réussi quasiment à former des couples modernes, où les maris participaient aux tâches. Mais ils n’en prenaient toujours pas la responsabilité. Donc le fait de penser, de planifier, de prévoir, c’était toujours les femmes qui le faisaient sauf qu’on ne s’en rendait pas compte. Et nous étions crevées, et pas nos compagnons ! Ce concept de charge mentale permet de comprendre pourquoi on est aussi fatiguées ! »

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Jeu 22 Fév - 13:38


en ajout à cette réaction de Patlotch le 17 février, d'autres réponses à la charge anti-féministe des auteurs discutant Federici :
seenthis : un fil critique de la critique


sus à la sorcière !

un faux-nez théorique pour une cabale anti-féministe

une brochure circule sur les blogs d'extrême-gauche et anarchistes, signés par Yann Kindo et Christophe Darmangeat, deux membres ou proches de Lutte ouvrière, dont ils ont été candidats. Il s'agit d'une virulente critique du livre de Silvia Federici, Caliban et la sorcière (1998 fr 2014), qui fait suite à celle de Gilles Dauvé Federici contre Marx (DDT21 2015), deux critiques reprises par Incendo (sur le rapport genre et classe) : Contre Silvia Federici

Caliban et la sorcière ou l’Histoire au bûcher
Yann Kindo et Christophe Darmangeat Collectif Smolny décembre 2017

dernières lignes
Citation :
La conviction que la domination masculine constituerait une dimension vitale pour le capitalisme légitime (ou paraît légitimer) le sentiment que combattre pour l’égalité des sexes reviendrait ipso facto à combattre le capital. Nous vivons une période où sur le plan social, il est malgré tout infiniment plus admis de militer sur le terrain du féminisme – le plus souvent, dans des milieux qui ne sont pas les plus exploités – que sur celui des idées communistes, et auprès des travailleurs du rang. Dès lors, il est tentant de se persuader que la lutte féministe constituerait un substitut tout à fait acceptable à la lutte communiste.

C’est malheureusement faux et si, comme c’est le cas ici, sous couvert de « radicalisme », ce renoncement s’accompagne d’un regard de Chimène pour des divagations antirationalistes, d’une idéalisation des sociétés précapitalistes et de l’abandon des raisonnements les plus fondamentaux du marxisme, la démission prend des allures de débâcle.

ces deux-là ne font pas dans la dentelle. Je n'ai pas compris que Silvia Federici, ni ceux qui reprennent ses thèses pour croiser contradictions de classe et de genre (je pense à Théorie Communiste ciblé par Gilles Dauvé et Incendo pour des raisons qui ont peu à voir avec Federici. Cf le site INCENDO, beaucoup de genre, un manque de classe : un coup de la sorcière ?) proposeraient de « substituer la lutte féministe à la lutte communiste »

tout est discutable, et il est aujourd'hui assez clair que les thèses de Federici dans ce livre ne sont pas sans rapports avec ses positions politiques, dans l'idéologie des Communs. Roland Simon s'en explique en 2014 chez dndf dans Au sujet de « Caliban et la sorcière »

il n'est pas moins clair que si l'objectif de la lutte communiste est, comme il l'était pour Marx, l'émancipation du genre humain, donc des hommes et des femmes, les luttes de celles-ci y participent, et ceci sans besoin de démontrer que « la domination masculine constituerait une dimension vitale pour le capitalisme », ni à l'inverse que les luttes des femmes supposeraient d'abandonner la lutte des classes et celle universelle du prolétariat qui, pour ces mâles marxistes, dirait le tout sur le tout

je m'en tiendrai personnellement à cette considération simple et logique qui fait le titre de ce sujet, mais je signalerai à ma lectorate que je ne suis pas le seul à être en désaccord avec cette charge outrancière, sur le simple plan de la logique "scientifique" revendiquée par les auteurs (Christophe Darmangeat est Docteur en économie, Yann Kindo collabore à AFIS Science et pseudosciences)


Pas de bûcher sans fumée
Deux remarques critiques sur « Caliban et la sorcière, ou l’Histoire au bûcher » de Christophe Darmangeat & Yann Kindo
Le calepin de Martin, Journal de mon hygiène critique

Citation :
La récente recension de Christophe Darmangeat & Yann Kindo du livre de Silvia Federici, Caliban et la sorcière s'emploie à en démonter méthodiquement les approximations, les mensonges et les raisonnements si peu vrais qu'ils n'en deviennent, comme disait l'autre, « même pas faux ». Le plaisir rare que l'on peut éprouver à la lecture de cette recension apparaît d'autant plus fondé et moins gratuit qu'il fait aussi des malheureux, comme cet ami qui, ayant lu le compte-rendu avant le livre, m'écrit qu'il se maudit maintenant de l'avoir acheté. Federici apparaît aujourd'hui comme une des rares chercheuses qui propose une analyse de l'histoire à la fois marxiste et féministe ; son livre, largement diffusé dans les milieux anarchistes « autonomes », avait donc tout pour plaire à qui veut articuler ces deux points de vue, souvent présentés comme inconciliables, voire contradictoires.

Cependant, pour réjouissante qu'elle soit, toutes les idées exprimées dans la recension de Darmangeat et Kindo ne m'ont pas convaincu ; et j'aimerais prendre quelques minutes pour tenter de préciser cette déception d'arrière-plan, qui repose essentiellement sur deux passages conclusifs du deuxième billet. Le premier concerne le développement des forces productives chez Marx, l'autre sur les causes de l'attraction politique exercée par Federici sur son lectorat. Je m'en tiendrai à ces deux remarques critiques, sans doute trop générales relativement à la somme faramineuse de textes qui traitent des questions que je m'apprête à soulever. D'avance pardon aux auteurs pour les gros sabots et les caricatures. Tout lecteur/trice est bien évidemment le/la bienvenu/e pour contester ou rectifier les développements suivants.

1 – La thèse marxiste selon laquelle le développement des forces productive est une condition à l'émergence d'une société égalitaire (post-capitaliste) est beaucoup plus fragile que les auteurs ne le laissent entendre

Examen général de la thèse

Après Marx, les auteurs défendent en effet « l’idée, mille fois développée et illustrée, [selon laquelle] le capitalisme, par la grande industrie, l’avancée des techniques et des sciences, la création du marché mondial, la concentration et l’internationalisation de la production, a pour la première fois dans l’histoire humaine jeté les bases d’une société égalitaire (…) ». Ce qui me gêne ici (et ce à plus d'un titre), c'est que je ne connais pas de société égalitaire post-capitaliste : il n'en a jamais existé à ma connaissance. Le développement des forces productives que permet le capitalisme n'est donc pas une condition suffisante à l'avènement d'une société égalitaire. A moins qu'il ne faille entendre la thèse de Marx de manière moins stricte, à savoir que le développement des forces productives n'a pas encore atteint un stade suffisant, ou que cette condition n'est pas à elle seule suffisante. (A noter que cette condition est d'emblée posée comme nécessaire, puisqu'il est nécessaire de passer par le stade capitaliste pour entrer dans le stade post-capitaliste, fût-il communiste, si l'on admet que le développement des forces productives est inhérent au capitalisme.) Mais alors le problème reste le même : les conditions dont parle Marx ne sont pas effectivement réalisées.

Or comment savoir si un phénomène A est bien la condition d'un phénomène B, sans que ni A ni B ne soient advenus ? Prenons un exemple : si on m'affirme que l'eau peut entrer dans un état jusqu'alors inconnu ; que pour ce faire il suffit de réaliser tel protocole ; mais que malheureusement ce protocole reste trop complexe pour être déjà mis au point, n'y-t-il pas de quoi rester sceptique quant à l'affirmation de cette personne ? N'y a-t-il pas lieu, en tout cas, de ne pas la trouver évidente ? D'ailleurs, la seule impossibilité d'observer le phénomène dont on étudie les conditions (ici l'avènement d'un communisme post-capitaliste) devrait suffire à conduire au scepticisme... le même que j'adopte personnellement face aux supposés exercices spirituels permettant l'accès à la vie meilleure après la mort promise par la plupart des religions.

Examen d'une objection probable

Peut-être les auteurs me répondront-ils qu'il faut voir la révolution bolchevique comme un exemple tangible de révolution communiste post-capitaliste ; et qu'ils placent au centre de leur analyse historique le développement des forces productives. Je vois au moins trois manières de contester cette objection.

La première concerne la définition de la « révolution bolchevique » : quelle période historique, quelles mesures prises par le pouvoir bolchevique faut-il retenir ou retirer pour qualifier cette révolution d'égalitaire et de communiste ? Un tel tri, qui a beaucoup occupé les esprits en cette année de commémoration, ne compromet-il pas la force de l'objection ? Je le crains.

Deuxièmement, quelle place exacte accorder au développement des forces productives dans l'analyse causale de l'avènement de la « révolution bolchevique » ? N'étant pas spécialiste de la période, j'éviterai de me prononcer sur la question, mais rappelle tout de même que les ouvriers représentaient une part dérisoire de la population active russe de l'époque ; ainsi, même si l'on acceptait de qualifier d'un bloc la « révolution bolchevique » de révolution communiste, ce simple fait devrait invalider la thèse du développement des forces productives comme condition suffisante, bien sûr, mais aussi nécessaire, puisqu'elle semble s'en être exemptée, à l'avènement du communisme.

Enfin, troisièmement, même si l'on parvenait à surmonter ces deux premières contre-objections, c'est l'administration de la preuve qui me paraît la plus fragile : pour être en droit d'accorder à un phénomène une place centrale dans un mécanisme causal, à savoir ici pour induire d'une analyse de la seule révolution bolchevique que la condition du développement des forces productives est belle et bien essentielle, il faut pouvoir s'appuyer sur une comparaison d'autres événements similaires rendant plausible la formulation d'une hypothèse abstraite qui s'émancipe en théorie des conditions historiques particulières rendant observables ce mécanisme historique général. Or je ne connais pas de telle démonstration ; et j'ose croire que les auteurs ne me contrediront pas si j'affirme qu'il n'en existe rigoureusement pas. D'ailleurs, malgré la certitude qui s'exprime dans le passage commenté ici, peut-être en font-ils l'aveu lorsqu'ils qualifient l'affirmation marxiste d'« idée maintes fois développée et illustrée » plutôt que d'hypothèse plausible ou démontrée.

2 – La thèse défendue par les auteurs selon laquelle la cause du succès du livre de Federici repose sur un renoncement contemporain à la militance communiste révolutionnaire repose plus sur un jugement de valeur que sur des faits

La seconde idée qui me paraît contestable, et qui a été d'ailleurs largement contestée par des lecteurs sur la mur Facebook de Christophe Darmangeat, est celle exprimée dans la conclusion du deuxième billet et résumée en ces termes sur Facebook : « Nous disons simplement qu'on est moins à contre-courant en militant sur le terrain du féminisme qu'en militant sur celui du communisme révolutionnaire (c'est-à-dire, du communisme dont du féminisme - désolé pour le barbarisme). » Cette phrase a été l'occasion de procès d'intention de lecteurs qui ont prêté aux auteurs un mépris des mouvements féministes actuels. Cette réaction n'a pas été la mienne, mais le dialogue de sourds qui s'en est suivi – ce qui est certes fréquent sur Facebook – m'a interrogé. A y regarder de plus près, je pense que l'énoncé de Christophe Darmangeat pose deux types de problèmes.

D'abord, tout simplement, comment juger de ce qui est « à contre-courant » ? Un tel jugement présuppose l'identification collective d'un groupe majoritaire (ou plus fort), contre lequel le sujet du jugement serait minoritaire (ou moins fort). Or, sans autre précision, qui nous dit qu'une telle théorie sociale n'est pas créée de toute pièce, juste pour l'occasion, par celui qui l'emploie ? Tout un chacun semble pouvoir s'en saisir sans espoir aucun de référer aux mêmes groupes (majoritaire et minoritaire) ni aux mêmes forces censées les opposer, si aucune instruction complémentaire ne l'accompagne. Certes, ailleurs dans l'échange Facebook, pour illustrer ce qu'ils entendent par la militance communiste révolutionnaire, les auteurs font référence, mais de manière allusive, au parti politique Lutte ouvrière, sans illustrer ce qu'ils entendent par le féminisme en dehors de ce parti. Mais, malgré ces précisions, le flou persiste sur ce que signifie être « à contre-courant », ainsi que le caractère ad hoc du cadre théorique dans lequel une telle propriété peut prendre sens.

Mais c'est en fait la fonction-même de cette assertion qui me pose problème, et qui continuerait à me poser problème même si la question des conditions de vérité du prédicat « être à contre-courant » était résolue. En effet, le jugement, peu factuel, selon lequel le communisme révolutionnaire (tel que les auteurs l'entendent) serait davantage « à contre-courant » que le féminisme s'exprimant à travers la communauté des lecteurs de Federici ne vise pas seulement, ou plutôt, ne vise pas prioritairement à proposer une explication du petit phénomène de mode produit autour de son livre. Il vise aussi évidemment, voire surtout, à disqualifier politiquement le féminisme qui ne serait pas « universaliste » (je cite à nouveau les auteurs), tel que le définit le communisme révolutionnaire.

Je ne souhaite pas réduire ici la pensée des auteurs en sous-entendant qu'ils ne seraient pas capables de développer d'autres arguments en faveur d'un féminisme « universaliste » qu'ils ne font ici qu'évoquer. Mon but n'est pas non plus de me prononcer sur cette position, à laquelle je ne suis pas hostile a priori et qu'il m'est même arrivé de défendre. Ce qu'il me semble en revanche important de relever, c'est l'idée, somme toute étonnante et très contestable, selon laquelle « être à contre-courant » pourrait tout bonnement être un argument politique. Or en quoi l'état d'isolement politique serait-il l'indice d'une vérité politique, le signe d'une bonne stratégie ? Je vois malheureusement beaucoup de contre-exemples à l'argument du contre-courant... Je crois y reconnaître, pour ma part, le parfum mystique du saint ou le cri agonisant du martyre, appelant à suivre leur exemple politique. Dieu sait pourtant si l'attitude religieuse n'est pas en odeur de sainteté dans la maison des communistes révolutionnaires !

Conclusion

De la même manière que les auteurs ignorent largement les critiques (du « progrès » technique, écologistes, ou anti-universalistes) qui sont souvent faites, à tort ou à raison, aux thèses défendues par les auteurs et commentées ici, j'ai préféré en rester à la critique interne, à la simple surface logique de deux énoncés, relativement indépendante des faits ou d'un positionnement sur la stratégie politique défendue par les auteurs.

S'il fallait résumer en une phrase le problème que soulève selon moi leur texte, je dirais qu'il réside dans la suspension du scepticisme, si présent lorsqu'il s'agit de critiquer le très critiquable livre de Federici, si absent lorsqu'il s'agit de justifier leur stratégie politique. Discrètement, la critique des faits et des théories laisse place au ton d'évidence, aux hyperboles des « idées mille fois établies ». Imperceptiblement, l'autorité scientifique, chèrement achetée auprès d'un lecteur alors conquis, étend son domaine aux jugements mal fondés et aux stratégies politiques.

Entendons-nous bien, il ne s'agit pas d'affirmer que la démarche scientifique n'a rien de politique ; ni que la science ne peut rien pour la politique ; ou de rejeter en bloc le marxisme scientifique. Le problème réside selon moi dans le fait que le transfert d'autorité de la critique scientifique vers la stratégie politique ne soit pas clairement discuté.

On pourrait retourner ainsi à Darmangeat et Kindo la critique qu'ils portent à Federici, en se risquant à la généraliser : les scientifiques « engagés » ont tendance à s'illusionner sur le fondement scientifique des stratégies politiques qu'ils défendent. Le carburant politique de Silvia Federici, le ravage d'une critique scientifique de Christophe Darmangeat et Yann Kindo, ne sont certes pas faits du même bois ; mais ils dégagent la même fumée – noire ou rouge, obscure ou lumineuse, aveuglante toujours.

quel est l'enjeu ? Que Marx et l'histoire soient ou non respectés par un combat féministe et marxiste, et que cela plaise ou non aux gardiens du temple marxiste, au fond l'on s'en fout, car il n'y a pas de communisme, mouvement et but, sans émancipation des femmes de la domination masculine, sauf à châtrer le communisme

PS : il est intéressant de constater que sur certains sujets, le féminisme, l'écologie, le racisme, de so called marxistes et anarchistes qui n'ont rien en commun sur les plans de la théorie et de la politique (LO et le marxisme libertaire ou la communisation, franchement...) en viennent à se trouver des cibles communes, au nom du prolétariat, classe universelle à laquelle ils n'appartiennent même pas

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Jeu 8 Mar - 18:04


plutôt que se bouffer à longueur de journée de la citoyenne suffragette commémorative ou du « Rosa Luxembourg contre le féminisme » des marxistes phallocartes


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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   Lun 9 Avr - 12:38


une présentation et une discussion de 2017 publiée ces derniers jours, qui devrait relancer des débats plus exigeants autour de ce livre, et plus généralement de l'articulation de classe classe-genre-race, comme sur la question de la constitution en classe révolutionnaire au cœur de notre approche


un peu d'air frais dans la cabale antiféministe
au nom du marxisme

Silvia Federici et l'essor du patriarcat moderne
Avec Julien Guazzini et Pablo Arnaud sur Radio Libertaire
Enregistré en 2017, Posté le 03.04.2018 Durée : 1 heures 24 minutes 12 seconde


Citation :
La traduction récente de Caliban et la sorcière de Silvia Federici aux éditions Entremonde/Senonevero est l'occasion, premièrement, de présenter cette oeuvre au public francophone et, deuxièmement, de faire l'histoire de l'émergence du patriarcat moderne et de "l'accumulation primitive" d'éléments constitutifs du patriarcat capitaliste.

Après une présentation de l'édition française du livre et de Silvia Federici sont présentées les grandes thèses de l'ouvrage : écrasement des révoltes millénaristes des paysans aux 14e-15e siècles puis contre-révolution des groupes dominants (prise de contrôle de la reproduction, réification idéologique du corps, chasse aux sorcières meurtrière, enclosures, première colonisation et enfin criminalisation de la contraception, de l'avortement, de l'infanticide et de la prostitution).

S'en suit une discussion critique autour des problèmes de rigueur historique, de périodisation du capitalisme (absence de conceptualisation de l'Ancien Régime comme société distincte du féodalisme et du capitalisme), du "patriarcat salarié", de définition du capitalisme, d'espace d'émergence du capitalisme, de lien entre capitalisme et première colonisation, de lien entre "l'accumulation primitive" historique et des phénomènes contemporains, de lien entre enclosures et chasses aux sorcières et enfin d'idéologie altercapitaliste des communs.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne

dans la première partie, très intéressante présentation à plusieurs voix, référence à d'autres ouvrages tels que


2009

dans la seconde partie (0:46:15),

Citation :
58:07
Silvia Federici essaie de tirer du côté de la définition de la classe à partir de son action

58:57
- elle tire du côté de la surpopulation, une idée qui revient actuellement, la population excédentaire comme pression et moteur d'une certaine action de classe (cf 5.2. du LUMPENPROLETARIAT à la POPULATION en SURPLUS : quelle classe ? le SOUS-PROLÉTARIAT pour ou contre la révolution ?

- centralité de l'activité de classe en tant que toujours antagonistes, c'est-à-dire que les classes ne précèdent pas la lutte des classes, mais c'est la lutte des classes qui explique et éclate les classes [...] en tant que sujet politique et historique, les classes ne se constituent que sous la pression de la lutte des classes, voire même que c'est bien les classes dominées, exploitées, subalternes, pour ne pas employer prolétariat parce que ce serait un anachronisme, qui engendrent leur classes dominantes ou leur bourgeoisie [...] et par leurs luttes lui font prendre conscience de son intérêt en tant que classe, et du coup il y a une primauté de la lutte [nous soulignons, idée familière ici de la constitution en classe d'un sujet révolutionnaire par son activité]

au total, des questions, des limites (les Communs...), mais un livre fécond dont on peut tirer bien plus que des "Federici contre Marx" (Dauvé) et autre "Histoire au bûcher" (Yann Kindo et Christophe Darmangeat, de LO)

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)   

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