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 DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés

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MessageSujet: contre les gauchismes indigènes et "marxistes"   Mer 22 Juil - 7:59

.
en adoptant le titre COMMUNISME DÉCOLONIAL, nous balayons d'une part les critiques nous reprochant de soutenir le PIR, Parti des Indigènes de la République, dont la plupart des leaders y compris ceux qui en viennent, du côté trotskiste, rejettent le marxisme, le communisme a fortiori, d'autre part toute tentative de nous assimiler à ce qui, dans le marxisme ou l'anarchisme, rejette la nécessité même d'une auto-organisation des luttes indigènes

réunissant de façon dynamique le combat communiste visant l'abolition du capital comme communisation et les luttes immédiates pour la décolonisation du monde, à propos de l'articulation classes-'races', nous luttons à fronts renversés contre ces deux gauchismes qui s'affrontent en frères ennemis sur le terrain de la représentation politique, entre concurrence et alliance
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MessageSujet: George Ciccariello-Maher : « Les Lumières, un mensonge élevé au rang d’Universel   Mer 22 Juil - 17:29

Ciccariello-Maher : « Je me considère comme un anarchiste parmi les communistes et un communiste parmi les anarchistes — une sorte de relation parallactique. Le tout dans une perspective critique et décoloniale à l'endroit des deux »

George Ciccariello-Maher : « Les Lumières, un mensonge élevé au rang d’Universel »


Read it in english

Ciccariello-Maher a prévenu tout de go : les propos qu'il tient dans l'entretien qui suit vont certainement « hérisser quelques poils ». Auteur de l'essai We Created Chávez, enseignant à Philadelphie et intervenant régulier sur Al Jazeera, celui qui se positionne à mi-chemin entre l'anarchisme et le communisme entend bien secouer les mouvements libertaires contemporains. Il ne mâche pas ses mots et n'hésite pas à fouler aux pieds les repères des uns et le sacré des autres : la religion ne serait pas le mal décrit par d'aucuns ; la sécularisation n'est pas sacro-sainte ; le siècle des Lumières gagnerait à faire profil bas ; l'État ne devrait plus être une cible « obsessionnelle » ; Charlie Hebdo jette de l'huile sur le feu impérialiste et l'on a tort de tourner, pudiques, autour du mot « race ». Qu'en penser ? Au lecteur de décider

Citation :
Pour que tout soit clair : où vous situez-vous par rapport au mouvement anarchiste ?

Je parle en tant que compagnon de route critique et en tant que personne qui, depuis toujours, œuvre en étroite collaboration avec les anarchistes, au sein d'organisations de toutes tendances et dans les luttes de masses, contre la suprématie blanche, le capitalisme et l'État. Je me considère comme un anarchiste parmi les communistes et un communiste parmi les anarchistes — une sorte de relation parallactique. Le tout dans une perspective critique et décoloniale à l'endroit des deux.

Dans un de vos textes, « Notes Toward a Critique of Imperialism Anarchist », vous aspirez à « décoloniser l'anarchisme ». Vous allez surprendre plus d'une personne, au regard de sa tradition pourtant très anticolonialiste (plus marquée, d'ailleurs, qu'au sein du communisme institutionnel). Qu'entendez-vous par là?

Sans chercher à renier la réalité historique de l'anticolonialisme libertaire, mon objectif est de diagnostiquer les angles morts coloniaux que l'anarchisme charrie bien trop souvent. Évidemment, le communisme institutionnel souffre lui aussi de sérieux angles morts coloniaux, qui obéissent à différents paramètres : il penche, davantage que l'anarchisme, vers des conceptions déterministes et linéaires du progrès historique, par exemple. Mais, à certains égards, l'anarchisme est soumis à différentes tentations : hyper-rationalisme, laïcisme dogmatique aux allures parfois religieuses – il existe une subtile étreinte de ces valeurs que nous pourrions plus généralement associer au libéralisme.

« Mon objectif est de diagnostiquer les angles morts coloniaux que l'anarchisme charrie bien trop souvent. »

Les deux traditions, d'ailleurs, s'avèrent souvent la proie d'un certain « classo-centrisme » — qui est lui-même européocentrique et met en lumière leur point aveugle colonial : il ne s'agit pas pour moi de dire que la lecture de classes n'a pas d'importance, bien au contraire, mais que la plupart des marxismes et des anarchismes universalisent un modèle spécifique que Marx a observé aux origines du capitalisme, en Angleterre, alors que la structure de classes dans le monde colonisé et autrefois colonisé a toujours été très différente. Le monde colonial n'a pas généré une simple opposition entre prolétariat et bourgeoisie, mais plutôt, pour reprendre la formule d'Aníbal Quijano, une « hétérogénéité structurelle et historique », dans laquelle coexistent, entre elles, de multiples et différentes formes de production – travail salarié, relations de type quasi-féodales et esclavage. À l'évidence, cette situation induit un tout autre mode de résistance.

Vous vous montrez très critique à l'endroit des Lumières, du rationalisme et du progressisme européen. Quelles sont vos principales objections ?


Bien. Commençons par le commencement, voulez-vous ? Les soi-disantes « Lumières » constituaient tout bonnement l'endroit d'un processus historique mondial dont l'envers n'était rien d'autre que le génocide colonial. Mais un élément clé de ce génocide était d'ordre épistémologique : la destruction de toutes les formes de pensées non enracinées en Occident. Le soi-disant rationalisme européen desdites Lumières s'ancre dans un mensonge originel que l'on a par la suite érigé au rang d'Universel : il existerait une philosophie qui, tout en provenant de l'Europe, serait capable de parler de « nulle part », sans lieux particuliers, tout en pouvant prétendre – de façon erronée, encore une fois – à une vision universelle.


Lecture de la tragédie de "L'orphelin de la Chine" de Voltaire dans le salon de madame Geoffrin - Anicet Charles Gabriel Lemonnier (1743-1824)

Depuis que l'Europe est censée avoir « découvert » cet accès sans intermédiaire à l'Universel (tout comme elle prétend avoir « découvert » le « Nouveau » Monde), tous les autres peuples et toutes les autres régions du monde sont perçus comme les étapes préalables d'une progression historique : ils sont ces « rétrogrades », ces « sauvages » et ces « barbares » auxquels nous devons apporter l'illumination grâce aux interventions impériales. Et puisque ce processus de colonisation transpose cette hiérarchie jusqu'au domaine de l'Être lui-même, ce « retard » devient également, et simultanément, un retard de type racial, génétique, culturel et civilisationnel. Nous ne devrions pas aspirer à intégrer de telles erreurs dans nos théories et mouvements d'émancipation. Pourtant, historiquement, les mouvements de gauche – anarchistes ou communistes – ont souvent estimé qu'il était de leur devoir de « civiliser » ou « d'éduquer » les masses arriérées.

Dans une conférence que vous donniez en France, pour la revue "Période", vous expliquiez que l'anarchisme a deux angles morts : la « race » et la « religion ». Pour ses partisans, dites-vous, la « race » n'existe pas. Pourquoi la critique de « toutes les formes d'oppression » (une formule que l'on retrouve souvent dans les milieux libertaires) est-elle inopportune à vos yeux ? Que cacherait-elle ?

« Les mouvements de gauche ont souvent estimé qu'il était de leur devoir de "civiliser" ou  "d'éduquer" les masses arriérées. »

Soyons clairs : la race n'existe pas comme phénomène biologique mais elle existe bel et bien comme phénomène politique. C'est là un point de départ essentiel pour construire une politique révolutionnaire autour des questions de race ; c'est même un point central, pour ne pas dire le point central, du capitalisme colonial mondial. La notion de « race » a vu le jour pour disqualifier certains peuples de l'humanité afin de légitimer la dépossession de leurs terres et l'exploitation de leur travail – ce n'est pas un hasard si la disqualification raciale a été construite sur le modèle d'une disqualification antérieure, religieuse cette fois, qui visait avant tout l'Islam. La clé est d'analyser concrètement les structures historiques de domination, leur interrelation fonctionnelle, puis d'élaborer une stratégie révolutionnaire qui prenne en compte la manière dont  l'ennemi fonctionne.

En ce sens, se prononcer simplement contre « toutes les oppressions » est fondamentalement paresseux : cela contourne le travail, pour le moins difficile, de l'élaboration d'une stratégie. En théorie, il existe des éléments oppressifs du capitalisme contemporain, qui, même si nous sommes contre, ne sont pas fondamentaux à la survie de ce système. Nous avons vu le capitalisme se déplacer historiquement, surmonter certains éléments afin de faciliter et de transformer l'accumulation, et nous avons vu la race, la classe, le sexe et la sexualité être reconfigurés en conséquence. Si nous négligeons ces questions, nous courons le risque de nous attacher aux demandes que le capital est tout à fait disposé à concéder.

« La race n'existe pas comme phénomène biologique mais elle existe bel et bien comme phénomène politique. »

Nous ne choisissons pas toujours le champ de bataille. Comme je me plais à le dire : le monde que nous voulons construire est un monde sans oppressions, mais le monde contre lequel nous luttons fonctionne sur la base de certaines oppressions plus que d'autres. En pratique, lorsque nous ne parvenons pas à comprendre cette distinction, nous risquons de diluer la lutte – en dispersant nos énergies et nos efforts dans chaque marche, chaque campagne, chaque oppression – ou, ce qui est pire, mais courant dans les milieux anarchistes, de se concentrer, subtilement et tacitement, sur une seule oppression (celle de classe, généralement) sans pourtant se l'avouer.


Révolte des Mau Mau, Kenya

Mais que répondez-vous à ceux qui vous accusent, en intégrant la notion de « race » au cœur de votre propos, de détourner la lutte vers de périlleuses – et périphériques – questions ethniques ? Bref, de cliver le combat anticapitaliste plus encore.

Je pense que pour appréhender en profondeur le capitalisme, nous devons comprendre qu'il a toujours été un système mondial, colonial et racial. Aux États-Unis, par exemple, la classe ouvrière n'a jamais été unie parce que la fonction même de la race est d'empêcher les travailleurs d'élaborer cette solidarité. Mais cette division ne repose pas simplement sur je ne sais quelle idée malfaisante : elle est fondée sur une structure institutionnelle des privilèges qui doit être démantelée – et, pour ce faire, il faut d'abord comprendre ladite structure. Le plus dangereux, à mon avis, c'est d'appuyer cette conception étroite et dogmatique de la lutte des classes qui divise nos forces, pour le moins efficacement, en rejetant impérieusement l'importance de toutes ces luttes que la majeure partie du monde a à affronter au jour le jour. Ce n'est pas une coïncidence : rares sont les mouvements révolutionnaires de masse qui développent une vision aussi étroite en dehors de l'aire euro-américaine. La meilleure façon pour construire des mouvements révolutionnaires forts est de se confronter à ces questions dites « de division ». Et de les surmonter. À vrai dire, il n'existe pas d'autre voie possible.

Un essayiste français, Pierre Tevanian, a critiqué le fait que l'athéisme soit « devenu l'opium du peuple de gauche ». Il blâme aussi ceux qui, à la gauche radicale, tronquent la célèbre citation de Marx à propos de « l'opium du peuple » et méprisent les croyants : il les accuse de faire diversion, par anticléricalisme bourgeois. Vous partagez ce point de vue ?

« Le plus dangereux, à mon avis, c'est d'appuyer cette conception étroite et dogmatique de la lutte des classes. »


Oui, absolument. Le sécularisme est devenu un dogme puissant et certaines personnes, parmi les plus religieuses au monde, prient aujourd'hui face à l'autel de la rationalité plutôt que – comme Marx l'aurait souhaité – de tendre à abolir ces fétiches. Gardez en mémoire que Marx n'avait pas à l'esprit de professer un vulgaire sécularisme, mais bien de montrer de quelle façon le capitalisme – l'une des forces les plus radicalement séculières de l'histoire humaine – est lui-même construit sur un fétiche et un opium de la marchandise. Plus important encore : il a insisté sur le fait que la religion est le « cœur d'un monde sans cœur ». Autrement dit, elle possède une dimension subjective importante, dont nous devons nous saisir afin de définir les luttes en mouvement. N'oubliez pas non plus que c'est Engels en personne qui a insisté sur le fait qu'il était nécessaire de mettre en avant les intérêts des masses « sous un déguisement religieux », comme une sorte de mythe révolutionnaire.

Ce n'est pas un hasard, une fois de plus, si les penseurs – anarchistes et marxistes – qui ont cherché à construire des mouvements de masse authentiquement révolutionnaires, où la religion se trouvait être une force puissante, l'ont fait non pas via un sécularisme rigide mais en reformulant les positions subjectives des gens eux-mêmes. Ainsi du communiste péruvien José Carlos Mariátegui, qui a appelé à un marxisme spiritualisé. De nombreux révolutionnaires à travers le monde ont également fait ce travail difficile qu'est la traduction des théories révolutionnaires inventées en Europe dans des termes capables de « s'emparer des masses » (devenant ainsi une véritable « force matérielle »).

Mais ce refus de ne voir dans la religion qu'un système d'oppression (comme le pense la tradition anarchiste, à quelques exceptions près : Hakim Bey, Ellul, l'anarchisme chrétien, etc.), est-ce d'ordre stratégique (pour rallier les fidèles, d'où qu'ils viennent – chrétiens, musulmans, etc. – au socialisme) ou croyez-vous réellement qu'il y ait des vertus émancipatrices inhérentes à la foi ?

« Nous nous mentons à nous-mêmes si nous pensons que nous pouvons nous mettre en mouvement sur la seule base d'une rationalité froide et calculatrice. »


Je pense que la religion – tout comme le rationalisme – peut être un dogme répressif autant qu'une fenêtre ouvrant, de façon libératrice, vers un monde différent. Je crois que le monde universel que nous espérons construire peut accueillir les deux en même temps (même si je suis d'accord avec Marx lorsqu'il explique que la véritable mesure de notre succès sera l'invalidation de certaines formes de foi : celles qui se développent existentiellement au sein d'institutions sociales malades, à commencer par le capitalisme colonial). Cependant, c'est le pire des préjugés issus des Lumières qui assure que nous ne sommes que des acteurs rationnels purs : en toute logique, c'est aussi le fondement de l'économie néoclassique, l'homo economicus. Nous sommes en réalité mus par bien des choses : l'amour, les désirs inconscients, l'héroïsme et une foi absolument irrationnelle pour un monde meilleur. Nous nous mentons à nous-mêmes si nous pensons que nous pouvons – nous et les masses – nous mettre en mouvement sur la seule base d'une rationalité froide et calculatrice. Tous les révolutionnaires authentiques sont capables de construire un pont entre l'endroit où les gens se trouvent et celui vers où nous nous dirigeons – et ce pont est celui qui implique nécessairement une foi zélée, et même fanatique, en l'humanité.



Un éditeur anarchiste français (Les éditions libertaires) estime que « critiquer l'islam [par exemple], en France, est le devoir de tous les esprits libres et de tous les révolutionnaires », et compare l'obscurantisme religieux (qui touche principalement les femmes et les homosexuels) au fascisme : est-ce à vos yeux de l'islamophobie ou pouvez-vous l'entendre, bien qu'en désaccord ?


Je trouve cela très révélateur que, en me posant cette question, vous ayez tenu à préciser : « par exemple ». Parce que, dans le moment actuel, l'Islam ne peut pas être considéré comme un simple exemple parmi d'autres. Concernant cette phrase, nous avons là une manifestation concrète des limites – et même des dangers – de l'opposition équitable à « toutes les oppressions ». Sans parler de son laïcisme vulgaire et exacerbé. Prétendre qu'attaquer l'islam en France, en 2015, ça a le même contenu et la même signification que d'attaquer, par exemple, le christianisme, en 2015 et toujours en France, c'est une position tout à fait stupide et puérile. C'est s'aveugler soi-même et refuser de voir le monde tel qu'il est. Ironiquement, pour des personnes qui aspirent à célébrer la raison, c'est le comble de l'obscurantisme !

« Brandir l'islamophobie, actuellement, ce n'est, ni plus ni moins, que de la participation active et volontaire à l'impérialisme et la guerre. »


C'était clair, bien sûr, avec Charlie Hebdo. Leur volonté d'attaquer, eux aussi, « toutes les religions » était une couverture pour la plus vile islamophobie. L'islamophobie est indéfendable, quel que soit le moment (surtout depuis que l'Europe s'est construite sur celle-ci, à partir du XIIe siècle), mais la brandir actuellement, ce n'est, ni plus ni moins, que de la participation active et volontaire à l'impérialisme et la guerre. Que certains utilisent l'expression « islamo-fascisme » pour dissimuler cette position présente à mes yeux moins d'intérêt : ce n'est qu'une bête et méchante tentative attaquer l'Islam, en usant d'un terme européen afin de déplacer l'accusation (celle d'un crime pourtant spécifiquement européen : le fascisme) vers on ne sait quel « ailleurs »... C'est un terme tout à fait vide de sens : il atteste de la bêtise de qui l'emploie sitôt prononcé.

Vous déplorez un certain « formalisme » anarchiste quant à la question de l'État (son obsession à le détruire). Êtes-vous d'accord avec Noam Chomsky, par exemple, lorsqu'il dit que celui-ci est devenu, paradoxalement et en dépit de sa violence intrinsèque, un outil de défense contre la mondialisation et la folie de la finance transnationale?

Il y a beaucoup de choses, dans le monde, que l'on appelle « État » : ils fonctionnent de manière très différente et visent des objectifs différents. Ils représentent tous, sans doute, des dangers similaires, mais pourquoi les réduire à n'être qu'une seule et unique chose ? Sans compter qu'il existe tout un tas d'autres institutions qui présentent les mêmes dangers. Ma préoccupation est avant tout d'élargir la question, de dépasser l'équation formaliste État = État. Je préfère me concentrer sur le contenu de l'institution en question et me demander : que fait-il ? Par exemple, le système mondial/global colonial induit des fonctions très différentes entre les États du centre (c'est-à-dire riches et dominants) et ceux, par opposition, que l'on place à la « périphérie ». Une fois que nous ouvrons cet espace conceptuel, nous continuons de nous opposer à la plupart des États – que cela soit clair –, mais nous développons dans le même temps une position plus souple afin saisir l'importance de certaines institutions, dans certains endroits, dans le cadre de nos luttes. Plus important encore : nous ne sommes plus aveuglés par l'opposition obsessionnelle à l'État, comme s'il s'agissait de quelque force talismanique, et nous pouvons, dès lors et de manière plus radicale, mettre l'antiétatisme en relation avec l'anticolonialisme (plutôt que de simplement dénoncer les aspects « nationalistes » de nombre de luttes décoloniales).

Vous avez sévèrement critiqué les anarchistes vénézuéliens qui ont contesté le régime de Chávez. On peut l'estimer, on peut reconnaître certaines de ses réalisations, mais pouvez-vous vraiment demander à un anarchiste d'aimer un militaire étatiste, qui cite le Christ et s'affiche aux côtés de Fidel Castro et d'Ahmadinejad  ?

Je n'attendrais jamais d'un anarchiste qu'il célèbre aveuglément un gouvernement, et encore moins un État, mais tout anarchiste digne de ce nom doit chercher à construire des mouvements révolutionnaires de masse au lieu de se réfugier dans des sectes minuscules, qui passent plus de temps à se plaindre qu'à construire. En ce sens, certains anarchistes vénézuéliens – surtout ceux qui gravitent autour d'El Libertario – méconnaissent complètement l'Histoire du Vénézuela et la nature du processus bolivarien (qui a toujours été bien plus qu'un leader individuel ou qu'un État). Floués par leur propre origine de classe et leur milieu ainsi que par quelques-unes des erreurs formalistes dont j'ai parlé précédemment, ces anarchistes sont incapables de voir au-delà de la figure de Chávez, de son uniforme et de son gouvernement ; ils sont incapables de voir l'essor particulièrement puissant des mouvements révolutionnaires autonomes populaires.

« Ces anarchistes sont incapables de voir au-delà de la figure de Chávez, de son uniforme et de son gouvernement. »

Dans la pratique, ils ne sont pas des anarchistes mais la pire sorte de libéraux issus de la classe moyenne. Ils ont même trahi ceux qui luttaient contre les éléments bureaucratiques et réactionnaires du gouvernement. Il y a, cependant, d'autres anarchistes vénézuéliens, qui ont une bien meilleure compréhension de ce qu'est un processus révolutionnaire, et qui, par conséquent, sans célébrer aveuglément le gouvernement bolivarien, parviennent à comprendre qu'ils doivent commencer à lutter à partir des masses.

En termes de politique étrangère, la question est très grave. La géopolitique mondiale amène bien souvent d'étranges compagnons de lit, en particulier lorsque le pétrole est en jeu. Bien sûr, j'aurais préféré que le gouvernement vénézuélien fasse les choses différemment (surtout s'il est possible de maintenir des partenariats internationaux et le prix du pétrole sans ces alliances), mais j'ai la chance de ne pas être responsable de la politique étrangère du gouvernement ! Mais ici, ce qui est intéressant, c'est que certains de ceux qui se plaignent de ces alliances peu recommandables ont, vis à vis de l'Islam, une position qui est exactement la même que celle de Sarkozy. Les partenariats que le Venezuela noue avec ces horribles leaders internationaux s'entendent dans le cadre du calcul stratégique et de la realpolitik, mais ceux de la « gauche » islamophobe sont des partenariats de principe, conclus en pleine volonté !

Vous semblez particulièrement inspiré par le travail de Fanon : que peut-il apporter de spécifique au mouvement d'émancipation ?

« À mes yeux, Fanon est probablement le penseur révolutionnaire le plus important du siècle dernier »


À mes yeux, Fanon est probablement le penseur révolutionnaire le plus important du siècle dernier. Notamment parce qu'il fournit, justement, une approche anti-formaliste, radicalement dialectique et décoloniale du changement révolutionnaire. Il est l'un des meilleurs théoriciens du colonialisme et des questions raciales ; il se déplace habilement à travers les éléments les plus importants de la pensée européenne du XXe siècle (le marxisme, la psychanalyse, la phénoménologie) pour élaborer une approche révolutionnaire capable de penser un changement global — en intégrant les enseignements théoriques tout en rejetant impitoyablement ceux qui, parmi eux, nous entravent. Nous sommes loin d'en avoir fini avec cette entreprise radicale qu'est la décolonisation, sans parler du fait que l'immigration a implanté la lutte décoloniale en plein cœur de l'Europe (c'est une sorte d'effet boomerang géant) : la pertinence des mouvements décoloniaux — et, par là même, des théories de Fanon — ne pourra que s’accroître dans les années qui viennent.

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MessageSujet: Decolonizing Anarchism :[i] An Antiauthoritarian History of India's Liberation Struggle   Mer 22 Juil - 19:04

Decolonizing Anarchism : An Antiauthoritarian History of India's Liberation Struggle Maia Ramnath

Released: Dec 31, 2011 Published by AK Press


Citation :
Decolonizing Anarchism examines the history of South Asian struggles against colonialism and neocolonialism, highlighting lesser-known dissidents as well as iconic figures. What emerges is an alternate narrative of decolonization, in which liberation is not defined by the achievement of a nation-state. Author Maia Ramnath suggests that the anarchist vision of an alternate society closely echoes the concept of total decolonization on the political, economic, social, cultural, and psychological planes. Decolonizing Anarchism facilitates more than a reinterpretation of the history of anticolonialism; it also supplies insight into the meaning of anarchism itself.

Citation :
Maia Ramnath – Maia Ramnath est enseignante, auteure, militante, danseuse et artiste de cirque spécialisée en techniques aériennes. Elle vit à New York et est l’auteure de « The Haj to Overthrow the British Empire : How the Ghadar Movement Charted Global Radicalism and Attempted to Overthrow the British Empire », un livre qui, sous bien des aspects, accompagne celui qui sera lancé lors de l’événement [Festival de l’anarchie de Montréal]. Maia est actuellement membre du conseil d’administration du Institute for Anarchist Studies est est active au sein de South Asia Solidarity Initiative, Adalah-NY et le Global Justice Working Group (affilié à OWS).

Praise for Decolonizing Anarchism:

“Maia Ramnath offers a refreshingly different perspective on anticolonial movements in India, not only by focusing on little-remembered anarchist exiles such as Har Dayal, Mukerji and Acharya but more important, highlighting the persistent trend that sought to strengthen autonomous local communities against the modern nation-state. A superbly original book.”—Partha Chatterjee, author of Lineages of Political Society: Studies in Post-colonial Democracy

“[Ramnath] audaciously reframes the dominant narrative of Indian radicalism by detailing its explosive and ongoing symbiosis with decolonial anarchism.”—Dylan Rodríguez, author of Suspended Apocalypse: White Supremacy, Genocide, and the Filipino Condition

About the Author:

Maia Ramnath is a teacher, writer, activist, and dancer/aerialist living in New York City. She is the author of The Haj to Utopia: How the Ghadar Movement Charted Global Radicalism and Attempted to Overthrow the British Empire—in many ways a companion volume to this one. She is currently a member of the Institute for Anarchist Studies board and Historians against War steering committee.
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MessageSujet: "Le Noir : décoloniser l’anarchisme et défier l’hégémonie du Blanc" Hassan Budour   Mer 22 Juil - 19:39

Le Noir : décoloniser l’anarchisme et défier l’hégémonie du Blanc Hassan Budour 28 septembre 2013 Traduit de l’anglais par Dyhia Tadmut

Hassan Budour, Palestinienne anarchiste

source : The colour brown: de-colonising anarchism and challenging white hegemony

L’apparition dans les rues du Caire, en janvier 2013, du Black Bloc égyptien a déclenché une candide euphorie dans les cercles anarchistes occidentaux. Aucun intérêt n’a été accordé à la ligne politique du Black Block – ou à son absence -, à ses stratégies ou à ses prises de positions sur le plan économique et social. Pour la majorité des anarchistes occidentaux, il leur a suffi que les membres du Black Bloc leur ressemblent et qu’ils soient vêtus comme eux pour susciter en leur sein une admiration inconditionnelle. Les pages Facebook des anarchistes israéliens furent inondées de photos d’activistes du Black Bloc en question. Parcourir la blogosphère des anarchistes américains, pendant cette période, donne l’impression que ce Black Bloc marquait la première rencontre que l’Égypte ait jamais connu avec l’anarchisme ou l’anti-autoritarisme.


Hassan Budour a écrit:
Mais comme le soulignait l’écrivain américain Joshua Stephens, la réaction de joie exprimée par beaucoup d’anarchistes occidentaux pour le Black Bloc soulève des questions peu radieuses sur leur obsession de la forme et de la représentation, plutôt que sur le fond et les actions. En d’autres termes, ces anarchistes ne sont pas si différents des islamistes, qui se sont empressés de qualifier le Black Bloc de blasphématoire et d’impie à cause de leur style occidental. Par ailleurs, beaucoup de réactions ont été révélatrices de l’attitude orientaliste des anarchistes occidentaux, notamment par leur mépris pour l’histoire pourtant abondante de l’anarchisme en Égypte et au Moyen-Orient. Comme le démontre l’anarchiste égyptien Yasser Abdullah, l’anarchisme en Égypte remonte aux années 1870 et a nourri la révolte d’Urabi Pacha en 1881; les anarchistes grecques et italiens avaient aussi organisé des grèves et des manifestations avec les travailleurs égyptiens. Ces luttes sont nonchalamment écartées d’un revers de la main par ceux qui, aujourd’hui, font comme si ce Black Bloc était le premier groupe authentiquement radical qui ait honoré le sol égyptien.

Cet article tend à montrer que l’accueil superficiel fait en Égypte à ce Black Bloc n’est rien d’autre qu’un exemple de la nécessité pour « l’anarchisme blanc » de se démarquer d’une attitude orientaliste, dont la gauche occidentale n’est généralement pas exempte. Je démontrerai que cet échec est attribuable au fait que l’anarchisme occidental n’a pas complètement été décolonisé.

Je commencerai par expliquer comment les conduites coloniales ont participé à ce que le camp des Républicains dans la révolution espagnole mette de côté la question du colonialisme espagnol en Afrique du Nord, au point que leur combat ait principalement été mené contre le fascisme métropolitain. Car si la révolution espagnole reste une référence pour les mouvements anarchistes actuels, il n’est pas surprenant qu’un tel comportement colonial ait conduit les mouvements contemporains à ignorer des siècles de luttes anti-autoritaires en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient.

Un processus de décolonisation si incomplet signifie aussi que beaucoup de mouvements anarchistes occidentaux, tout comme leur discours, demeurent entièrement dominés par des Blancs, qui continuent à exclure les gens de couleur
. Je soulignerai enfin que non seulement « l’anarchisme blanc » tend à ostraciser les gens de couleur, mais que l’accent qu’ils mettent sur une certaine imagerie et sur un style particulier conduit aussi à la marginalisation des handicapés et de ceux qui ne s’identifient pas nécessairement aux anarchistes, malgré leurs attitudes violemment anti-autoritaires. Enfin, l’article prendra l’organisation, Anarchists Against the Wall (Anarchistes contre le Mur) pour exemple spécifique des différentes faiblesses de l’anarchisme blanc, à savoir l’exclusivité, l’élitisme et son échec à défier adéquatement les privilèges des colons blancs.

Retour sur la Révolution espagnole

En dépit de la défaite ultime de la révolution espagnole, les anarchistes continuent à la considérer comme une source d’inspiration pour l’anarcho-syndicalisme et l’auto-gouvernance anti-hiérarchique. Ce fut une guerre disproportionnée contre une machine militaire puissante, soutenue et armée jusqu’aux dents par l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie. Néanmoins, aucun modèle anarchiste, aucune figure ni aucun événement important ne peuvent être exempt de toute critique (vertu distinguant l’anarchisme d’une grande partie de la gauche traditionnelle). Bien qu’elle soit un modèle d’inspiration, la révolution espagnole était loin d’être une parfaite utopie ; elle était marquée par de nombreuses anomalies et failles. Ce ne sera pas l’objet de cet article, néanmoins, il est nécessaire d’identifier ces manquements, en incluant la violation brutale des droits de l’Homme par les républicains, l’alliance contrainte entre les bourgeois et les staliniens, les conflits internes futiles, et bien d’autres erreurs stratégiques. Souvent, les révolutionnaires n’ont pas le luxe de choisir leurs alliés et le manque d’alternative au sein de la gauche les pousse dans bien des cas à accepter le soutien de pouvoirs idéologiquement opposés. Mais même en reconnaissant que personne ne s’attend à ce qu’une révolution soit entièrement pure, dans aucun cas les exécutions massives et la répression des libertés religieuses n’ont été condamnées. L’« erreur » stratégique et morale principale, sur laquelle je souhaiterais me focaliser, ici repose sur la question de la colonisation espagnole au Maroc et dans le Sahara occidental  – question absolument balayée par les explosions de violence en métropole d’alors.

Entièrement investis dans leur combat contre le fascisme et la tyrannie, les révolutionnaires ont ignoré le colonialisme espagnol, le fascisme comme la tyrannie répandues à travers la Méditerranée. Selon la plupart des narrations révolutionnaires, le niveau de déshumanisation de l’ « Autre » était tellement  élevé que le seul rôle laissé aux colonisés marocains était celui de mercenaires, souvent importés par le Général Franco pour écraser le Front populaire. Les références, quant à elles, utilisées par l’opinion pro-révolutionnaire pour évoquer les Marocains, se traduisaient, généralement, en termes racistes. Tout en admettant qu’il est difficile d’avancer que la solidarité mutuelle entre les révolutionnaires espagnols et les colonisés marocains ait pu changer l’issue de la guerre, il est tout aussi compliqué d’imaginer que cette solidarité n’ait jamais été prioritaire. Comme le souligne le défunt historien américain, Howard Zinn

Howard Zinn a écrit:
« À court terme (et jusqu’ici l’histoire de l’Humanité a été constituée que de courts termes) les victimes, elles-mêmes désespérées et corrompues par la culture qui les opprime, sont, généralement, hostiles aux autres victimes »

D’un autre côté, l’anarchisme signifie par son essence le rejet et la lutte contre toute forme d’autorité et d’assujettissement, y compris le colonialisme et l’occupation. Pour pouvoir se considérer véritablement anti-autoritaire au sein du pouvoir colonial, tous les combats contre le fascisme et la dictature en métropole devaient donc être internationalisés et n’aurait pas dû se distinguer des luttes contre le fascisme et la tyrannie à l’étranger.

Revenir sur la révolution espagnole, alors que nous marquons son 77e anniversaire, est pertinent dans la mesure où les anarchistes ont encore à s’en approprier les principales leçons. À quelques exceptions près, les mouvements anarchistes occidentaux sont toujours principalement composés de Blancs, involontairement (ou peut-être sciemment) orientalistes, occidentalo-centriques, même élitistes, et peu chaleureux avec les personnes qui ne leur ressemblent pas. Ainsi, les luttes anti-autoritaires au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie sont généralement passées sous silence. Il faut cependant souligner que les anarchistes de couleur portent une responsabilité non négligeable dans leur vide relatif de corpus. Le livre exceptionnel de Maia Ramnath, Decolonizing Anarchism: An Antiauthoritarian History of India’s Liberation Struggle  et celui d’Ilham Khury Makdissi, The Eastern Mediterranean and the Making of Global Radicalism, 1860-1914 , font partie des rares tentatives de proposer une histoire alternative de l’anti-autoritarisme des régions oubliées de ce monde.

Sans étiquette

Ces livres sont la preuve que les luttes anti-autoritaires dans les pays en voie de développement sont antérieures au mouvement du Black Bloc en Égypte évoqué en début d’article. L’anarchisme n’est pas une étiquette, une marque ou un cachet, et en faire un effet de mode endommage sans commune mesure le mouvement. L’anarchisme est la croyance inébranlable, tel que l’écrit Alexander Berkman, que « vous êtes libre, que personne ne peut vous réduire en esclavage, vous commander, vous voler, ou vous imposer quoi que ce soit. Cela signifie que vous êtes libre de faire ce qu’il vous plait et qu’on ne peut vous imposer de faire une chose que vous ne voulez pas faire. » Cependant, l’obsession des intellectuels blancs avec les « -ismes » et leur tendance à trop conceptualiser et à placer les gens dans des catégories statistiques se traduit par l’exclusion de beaucoup d’anarchistes, seulement parce qu’ils ne se qualifient pas de la sorte et parce qu’ils n’ont tout simplement pas le style anarchiste occidental.

Les non-étiquettés

Les femmes que j’ai rencontrées le 15 juillet lors de la manifestation à Beer-Sheva, illustraient parfaitement cette situation. La manifestation s’inscrivait dans la grève nationale palestinienne contre le Plan Prawer – projet de loi de développement de la Knesset envisageant le déplacement forcé de plus de 40 000 Bédouins arabes hors de leurs terres ancestrales dans le désert du Néguev, au sud d’Israël, la confiscation de 800 000 dunams et la démolition de 35 villages palestiniens, soit disant « non reconnus ». Les femmes de la région avaient conduit la manifestation de leurs chants, avaient bloqué les routes et étaient restées, héroïquement, sur leur position contre l’occupation des militaires israéliens et de l’Unité Spéciale de Police – qui les rouaient de coups avec leurs matraques. Une photo emblématique, celle du sourire digne de Rouya Hzayel, âgée de 15 ans, lors de son arrestation, incarne l’attitude de défi des femmes palestiniennes. À la première attaque menée par la police d’occupation israélienne, les manifestants se sont regroupés pour reprendre les slogans militants menés par les femmes. Dans un élan viriliste, les « leaders » politiques patriarcaux, ceux-là même qui dirigent toutes les protestations dans les territoires occupés, ont essayé de disperser la manifestation afin d’éviter toute confrontation avec la police israélienne. Mais une fois encore, ce sont les bédouines, refusant de se taire et de rentrer chez elles, qui ont persisté à crier pour maintenir la manifestation jusqu’à la libération de tous les détenus. Enfin, alors que la protestation s’éteignait dans l’effervescence de la solidarité féministe, une palestinienne âgée, originaire de Al-Araqib, village bédouin démoli 53 fois lors des trois dernières années par l’occupation israélienne, s’écria :

« Lorsqu’ils démolissent nos maisons, nous faisons du cimetière du village notre propre maison. Ils menacent de le détruire aussi, et bien, nous creuserons des tombes de nos propres mains et nous nous installerons à l’intérieur. Nous protégerons nos têtes et les tombes le reste ».

À l’occasion de cette manifestation les femmes du Néguev ont défié l’autorité coloniale de l’État occupant et l’hégémonie patriarcale locale. Elles ont tourné en ridicule les stéréotypes orientalistes – qui représentent les bédouines comme étant sans-voix et incapables de se mobiliser – et ont démontré qu’elles étaient libres de faire ce que bon leur semble. Une grande majorité de ces femmes n’ont sûrement ni jamais entendu parler d’Emma Goldman ni jamais lu les pamphlets de Pierre Kropotkine – certaines ne parlent même pas anglais. Pourtant, même si elles incarnent absolument la signification essentielle de l’anti-autoritarisme, ces femmes et d’autres figures similaires seront exclues du discours anarchiste dominant, parce qu’elles ne rentrent pas dans la définition étroite et complexe, dans les termes et les styles de vie occidentaux.

Et les handicapés…

Un autre groupe, entièrement marginalisé par nombre de cercles anarchistes, est celui des handicapés physiques – qui ne sont pas en mesure de jeter des cocktails molotov, de former des Black Blocs, de mener une vie d’anarchiste ou de s’écarter de la civilisation parce que dépendants dans leur vie de tous les jours des technologies modernes. Cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas être anti-autoritaires comme n’importe quelle autre personne en bonne santé, mais qu’ils ont des circonstances aggravantes et des besoins qu’il faut respecter et intégrer dans le mouvement anarchiste. Ils sont en mesure d’organiser des actions directes, des sit-ins, de mener des résistances passives et de faire de leur handicap une force et un avantage pour le groupe en entier. Ils ne devraient pas être marginalisés et traités avec condescendance. Et plutôt que de les renvoyer chez eux ou de les rejeter, leurs camarades devraient faire un effort supplémentaire pour leur faire, quand c’est possible, une place lors des manifestations. Les handicapés physiques sont généralement exclus des mouvements anarchistes et ne se sentent ni bien accueillis ni acceptés. Pourtant, pour que l’anarchisme soit vraiment unitaire et hétérogène, il doit adopter et intégrer en son sein des gens de couleur, des handicapés, des pauvres, des rebelles non-affiliés et tous ceux qui ne rentrent pas nécessairement dans la définition toute faite de l’anarchisme occidental, tel que le démontre l’exemple du Négeuv.

Anarchistes contre le Mur

Largement honoré et encensé en tant que groupe d’extrême gauche israélien le plus radical et le plus révolutionnaire, Anarchistes contre le Mur (ACM) est un parfait exemple des échecs et des travers de « l’anarchisme blanc ». Nous pourrions lutter côte-à-côte puisque les membres de l’ACM sont anti-sionistes, pour le retour des réfugiés palestiniens et pour un pays démocratique dans la Palestine historique, mais la majorité d’entre eux n’assume pas la critique de la réalité de leurs privilèges coloniaux de Blancs. Le but de la critique n’est ni de déprécier ni de mésestimer le travail accompli, ni encore moins de remettre en question leur courage moral ou leur résistance, mais d’éclairer les échecs et les travers au sein des groupes radicaux blancs de gauche. Cette critique du ACM est double : (a) au niveau institutionnel et (b) en questionnant la participation du groupe à la manifestation dans la Cisjordanie occupée.

Anarchistes contre le Mur est une organisation largement composée d’Israéliens ashkénazes blancs, bourgeois et éduqués, issus du cocon de Tel Aviv : un club VIP sectaire qui n’applique pas la démocratie directe. Beaucoup d’activistes mobilisés aux côtés de l’organisation ont dénoncé la prise de décision réservée à un nombre restreint de vétérans élus. Ils ont, certes, toujours souligné avoir conscience de leur privilèges, mais n’ont jamais reconnu qu’ils leurs étaient essentiels dans la vie de tous les jours et qu’ils leur permettaient un choix de mouvement beaucoup plus large. Par exemple, prendre la route depuis la rue 433 de Tel Aviv pour aller protester en Cisjordanie n’a rien d’un acte révolutionnaire en soi, pas plus qu’il n’est un défi aux privilèges israéliens. Faire le retour de Ramallah à Jérusalem à travers les checkpoints de Hizmeh, réservés aux citoyens israéliens, n’est pas plus révolutionnaire que d’aller manifester en Cisjordanie, pour se guérir du complexe du libérateur blanc, en ayant « conscience de ses privilèges ». Participer tous les vendredis aux manifestations libérales et « cool » de Nabi Saleh pour passer la journée entière à parler hébreu, près de la station-service sous les nuages de gaz lacrymogène, apparaît comme contre-productif.

Les anarchistes israéliens voient leur présence comme un acte charitable pour les villageois et une faveur pour la manifestation, comme si leur peau blanche et leur carte d’identité israéliennes étaient des attributs suprêmes en elles-mêmes. Mais même cela est faux. La plus grande manifestation hebdomadaire en Cisjordanie est Kafr Qaddoum, où ils ne sont que cinq à participer. L’affirmation, selon laquelle la présence des anarchistes israéliens protège les Palestiniens locaux lors de protestations, est absurde, puisque ce sont toujours les Palestiniens qui sont en première ligne et que leur présence ne change en rien la violence des forces de l’occupation.

Grâce à leur citoyenneté, les anarchistes israéliens sont, à l’inverse des Palestiniens, privilégiés par la loi, même lorsqu’ils sont arrêtés ou blessés, ce qui fait de la mantra de la « co-résistance » une totale farce. Ainsi lorsque la journée s’achève après avoir esquivés quelques balles, aspirés du gaz lacrymogène et des sprays de skunk, pris quelques photos du drame, les anarchistes israéliens rentrent, par des routes réservées aux Juifs, passer une bonne soirée dans les bars de leur colonie de Tel Aviv. Tandis que les villageois palestiniens avec lesquels ils « co-résistent » tous les vendredis restent sous la menace imminente des raids de nuit et la contre-attaque des soldats de l’occupation israélienne.

Les anarchistes israéliens doivent prendre en considération le fait que leur participation aux manifestations en Cisjordanie ne menace en rien le système. S’ils rejetaient vraiment leurs privilèges cela impliquerait de se soumettre à la vie et la mort à la lutte des colonisés. Cela impliquerait que leurs actions les rendent indiscernables des villageois palestiniens avec lesquels ils « co-résistent ».

Pour cela, ils doivent abandonner leurs privilèges au sein de leur communauté. Et avant de participer à des manifestations en Cisjordanie, ils devraient en premier lieu reconnaître et travailler à démonter le système privilégié de leurs lieux de vie, s’attacher à apporter des changements au sein de leur communauté, mener des luttes longues et invisibles, celles qui ne sont pas diffusées sur YouTube, et se débarrasser du « fardeau de l’homme blanc ». Les Palestiniens le portent très bien sans leur aide. En attendant, ils font partie du système qui oppresse, colonise et asphyxie les Palestiniens. Et cette situation n’est pas prête d’évoluer car leur mode de vie dépend de ce même système.

24 juillet 2013.

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MessageSujet: Les anarchistes français et la guerre d’Algérie, la guerre d'Irak...   Ven 24 Juil - 9:04



Les anarchistes français et la guerre d’Algérie Reproduit du Bolchévik n° 170, décembre 2004

Maurice Joyeux (refondateur de la Fédération anarchiste) : « La guerre d’Algérie est une péripétie qui oppose deux bourgeoisies, la bourgeoisie autochtone à la bourgeoisie coloniale » (cité par Sylvain Pattieu, les Camarades des frères).




Citation :
La guerre a toujours été un test révélateur pour les anarchistes, en France et ailleurs. On peut prendre en exemple la Première Guerre mondiale, qui était une guerre entre puissances impérialistes pour se repartager le monde ; dans ce but les impérialistes français et anglais d’un côté, allemands de l’autre, ont envoyé des millions de jeunes travailleurs à l’abattoir dans les tranchées. C’était une guerre réactionnaire des deux côtés. La position révolutionnaire développée par Lénine était que, pour les ouvriers de chaque camp, la défaite était un moindre mal, car cela accélèrerait la transformation de cette boucherie en guerre civile contre les exploiteurs capitalistes et leur gouvernement : la classe ouvrière « ne peut manquer de voir le lien entre les échecs militaires de ce dernier et les facilités qui en résultent pour le renverser » (le Socialisme et la guerre, 1915). C’est ce que les marxistes appellent le « défaitisme révolutionnaire » dans une guerre interimpérialiste.

Pourtant certains anarchistes très connus, comme Kropotkine, se sont joints à l’union sacrée avec l’impérialisme français contre l’Allemagne, disant notamment « Ne laissez pas ces atroces conquérants de nouveau écraser la civilisation latine et le peuple français »Manifeste des Seize », cité par Sylvain Boulouque, les Anarchistes français face aux guerres coloniales, 1945-1962). Parmi les anarchistes français, peu nombreux, qui s’opposèrent à cette union sacrée, il y avait des militants comme Rosmer et Monatte, qui allaient se rallier à la Révolution russe de 1917, et au Parti bolchévique sans la direction duquel les ouvriers russes n’auraient pu prendre le pouvoir.

Pendant la guerre d’Algérie la position marxiste révolutionnaire était de soutenir activement la lutte de libération nationale, pour l’indépendance, contre le colonialisme français. Il fallait, sans donner le moindre soutien politique aux nationalistes petits-bourgeois, sans abandonner un instant une perspective de classe prolétarienne révolutionnaire, prendre le côté des nationalistes dans le conflit militaire avec le colonialisme français (voir notre article page 24).

Le neutralisme de la Fédération anarchiste

La Fédération anarchiste (FA), quant à elle, a refusé à l’époque de prendre toute position autre que la condamnation de la répression. Dans le meilleur des cas ils éprouvaient une certaine sympathie pour les peuples coloniaux. Dans leur premier article après le déclenchement de la guerre d’Algérie (le Monde libertaire, décembre 1954), ils dénonçaient le fait que la volonté révolutionnaire « se dilue dans des revendications nationalistes et religieuses anachroniques. Ces luttes stériles retardent d’autant la grande et inévitable transformation sociale d’où, seule, pourra surgir un monde habitable » (Recueil Et pourtant ils existent ! 1954-2004 Le Monde libertaire a 50 ans). Tous leurs articles sont du même acabit ; dans leur numéro de février 1956 ils écrivaient :

« Mais on ne pourra faire comprendre aux peuples colonisés l’inanité des luttes pour d’illusoires indépendances na­tionales que dans la mesure où les peuples colonisateurs, montrant l’exemple, renonceront eux-mêmes à se réclamer du ­nationalisme. »

Un dirigeant de la FA de l’époque, Maurice Joyeux, a justifié cela plus tard en disant : « La guerre d’Algérie est une péripétie qui oppose deux bourgeoisies, la bourgeoisie autochtone à la bourgeoisie coloniale » (cité par Sylvain Pattieu, les Camarades des frères).

En octobre 1956, en plein déchaînement de terreur colonialiste en Algérie, un article d’André Prudhommeaux expliquait dans le Monde libertaire :

André Prudhommeaux a écrit:
« L’ANARCHISME tend à la libération de tous les hommes, quelle que soit la classe ou la nation à laquelle ils appartiennent ; or, cette libération ne saurait avoir lieu, ni par l’intermédiaire de la classe, ni par celle de la nation. […] Comme la guerre des nations, la guerre des classes divise perpétuellement l’humanité en vainqueurs et vaincus, les premiers jouissant de leur triomphe, les autres guettant leur revanche. […] Il résulte de ce qui précède que l’anarchisme ne saurait s’identifier à aucune cause nationale ou classiste […]. Par là-même, l’anarchisme sera amené à rejeter les scories de la tradition garibaldienne-mazzinienne et de la tradition marxiste (c’est-à-dire d’une part le principe des nationalités et de l’autre la dialectique des classes, considérés comme facteurs révolutionnaires universels) et il leur substituera le principe de l’individualité, en lutte contre toutes les nations et toutes les classes qui l’oppriment en tant qu’elles tendent à réduire l’homme au Français ou à l’Allemand, au Capitaliste, au Prolétaire ou autres abstractions sociologiques. »

Ce que cet idéalisme démocratique radical voulait dire dans le monde réel, c’est-à-dire à l’époque dans le contexte de la guerre d’Algérie, c’était de renvoyer le peuple algérien qui luttait pour sa libération dos à dos avec le colonialisme français, et de prêcher la collaboration de classes au nom de la « défense de l’homme ». Pour conquérir non pas même une véritable égalité entre tous les hommes, mais simplement la fin de l’oppression coloniale en Algérie, il a fallu le sacrifice de millions d’Algériens luttant pour l’indépendance. L’acharnement de la bourgeoisie française à lutter pour préserver sa domination en Algérie montre que pour en finir avec le système d’exploitation capitaliste lui-même, il faut non seulement une lutte de classe intransigeante (ce qu’acceptent certains anarchistes), mais il faut détruire l’Etat capitaliste et exercer une véritable dictature du prolétariat pour vaincre la résistance de cette classe exploiteuse capitaliste en France et internationalement – une dictature que rejettent les anarchistes dans leur ensemble.

La Fédération communiste libertaire pour la lutte d’indépendance

La Fédération anarchiste avait scissionné en 1953. La base politique de la scission était loin d’être claire mais la guerre d’Algérie a montré une nette différenciation politique. L’autre côté de la scission s’est renommé Fédération communiste libertaire (FCL). Cinquante ans plus tard, la Fédération anarchiste dénonce encore dans sa récente anthologie (Et pourtant ils existent ! 1954-2004 Le Monde libertaire a cinquante ans) « des attaques portées, notamment, par un improbable groupuscule marxiste-libertaire qui a fini par miner l’organisation anarchiste et lui dérober son propre journal ».

La FCL n’a jamais été marxiste mais, contrairement à la Fédération anarchiste, elle a pris clairement position pour la lutte des peuples coloniaux. Ainsi, lors du congrès de l’Internationale communiste libertaire (ICL), liée à la FCL, à Paris en juin 1954, donc entre Dien Bien Phu et le début de la guerre d’Algérie, ils ont adopté des « Principes » qui disaient notamment :

FCL a écrit:
« Les sections de l’Internationale appuieront les luttes de peuples coloniaux pour l’indépendance parce que ces luttes contribuent à affaiblir l’impérialisme, le mettent en crise et font avancer la perspective révolutionnaire dans les métropoles et dans le monde entier. L’appui donné à ces luttes ne comporte pas, en cas de victoire des mouvements pour l’indépendance des pays coloniaux, l’appui aux gouvernements créés par le capitalisme indigène, destiné du reste à rentrer dans l’orbite de l’une ou l’autre centrale impérialiste, mais cet appui comporte la solidarité avec le prolétariat colonial dans la lutte qu’il ne manquera pas de développer contre l’exploitation et contre l’impérialisme. – cité par Georges Fontenis, Changer le monde »

Evidemment derrière « l’une ou l’autre centrale impérialiste » l’Internationale communiste libertaire pensait à l’Union soviétique, un Etat ouvrier dégénéré qui n’était pas une « centrale impérialiste ».

Dès le 4 novembre 1954 le Libertaire, hebdomadaire de la FCL, prend position pour l’action des insurgés et souhaite que le MLNA (Mouvement libertaire nord-africain, section de l’ICL en Algérie) puisse aider le peuple algérien à dépasser l’indépendance nationale par une véritable révolution sociale. Le numéro suivant (n° 404) du 11 novembre est saisi sur ordre du ministre de l’Intérieur, François Mitterrand ; les titres de ce numéro disaient « Les travailleurs algériens veulent en finir avec 125 ans d’exploitation », « Exigeons le retrait du contingent et des troupes », « Vive l’Algérie libre ! » En Algérie tous les numéros du Libertaire sont saisis entre novembre 1954 et janvier 1955. Des militants de la Confédération nationale du travail (CNT) se joignent à un Comité de lutte dont le Libertaire publie un appel le 25 novembre 1954 disant notamment :

CNT a écrit:
« Nous ne devons pas renvoyer, dos à dos, l’impérialisme et les revendications des peuples colonisés, mais au contraire nous devons, selon l’exemple de Bakounine, nous solidariser avec les peuples soumis, contre les impérialismes… même si le désir d’émancipation de ces peuples revêt, pour quelques-uns, un caractère national qui doit être seulement transitoire. »– cité par Fontenis, ibid.

Donc ils prenaient clairement un côté, et ils ont aidé matériellement les nationalistes algériens. Dans le film regroupant des interviews d’anciens militants de la FCL, tourné en 2001 par Guillaume Lenormant et Daniel Goude, ils expliquent qu’au début ils soutenaient essentiellement le Mouvement national algérien (MNA), qui était hégémonique en France ; ils auraient notamment contribué à lui procurer des armes de poing et même des mortiers ; mais ils refusaient de prendre parti dans la lutte entre le Front de libération nationale (FLN) et le MNA. C’est à partir de 1956-1957, alors que le FLN devenait hégémonique, que les militants FCL ont commencé à soutenir surtout celui-ci.

La FCL intervenait également dans les grèves. Ils ont fait un numéro spécial du Libertaire de Nantes pendant les grandes grèves économiques d’août 1955, un numéro qu’ils ont vendu à des milliers d’exemplaires. En septembre 1955, un « manifeste de la FCL à tous les travailleurs », en guise de bilan de la grève de Nantes, exigeait le retrait du contingent d’Algérie, à un moment où le mouvement des rappelés (qui avaient déjà accompli leur service militaire mais qui étaient « rappelés » obligatoirement, notamment pour aller en Algérie) prenait de l’ampleur. Dans le film d’interviews, une militante raconte comment ils avaient du mal parfois à vendre leur journal, mais ensuite, quand ils allaient dans les cafés algériens, tous les travailleurs l’achetaient.

Mais la répression s’accentuait contre la FCL. Pierre Morain a été emprisonné le 29 juin 1955 et a fait un an de prison. C’était le premier Français réprimé par la justice en métropole pour s’être solidarisé avec la lutte de libération nationale. Les procès se sont multipliés contre les militants de la FCL à cause de leurs prises de position sur la guerre d’Algérie ; le Libertaire a été saisi onze fois. En juillet 1956 ils ont arrêté la publication du Libertaire. Leurs trois militants les plus recherchés sont passés dans la clandestinité pendant plusieurs mois avant de se faire capturer ou de se constituer prisonnier.

S’ils sont passés à la clandestinité c’est parce qu’ils s’attendaient à une crise révolutionnaire imminente en France, avec des milliers de rappelés passant dans la clandestinité pour ne pas aller en Algérie.

La FCL et le « front populaire »

C’est largement grâce au PCF que la bourgeoisie a évité une crise révolutionnaire à ce moment-là (voir notre article sur la guerre d’Algérie, page 24). Les sociaux-démocrates de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière, le nom de la social-démocratie à l’époque) avaient constitué un « front républicain » avec des partis bourgeois pour les élections du 2 janvier 1956. La bourgeoisie étant la classe dirigeante, dans une telle alliance c’est les capitalistes qui inévitablement se subordonnent les partis ouvriers, et jamais l’inverse. C’est pourquoi les marxistes s’opposent par principe aux « fronts républicains » et autres « fronts populaires » qui enchaînent les travailleurs par l’intermédiaire de leurs partis à leurs exploiteurs.

Le PCF, loin de s’opposer au « front républicain » de Guy Mollet, cherchait au contraire par tous les moyens à s’y intégrer. Mollet ne les a jamais pris dans son gouvernement bourgeois, mais le PCF a quand même voté, en mars 1956, les pleins pouvoirs au gouvernement Mollet pour la répression en Algérie, au nom de l’espoir de constituer un « front populaire » avec la SFIO et ses partenaires bourgeois.

Face à ces trahisons, la FCL se présentait comme « le Parti qui enfin émerge jeune, neuf et propre de toute souillure, de la vase dans laquelle des partis et des dirigeants ouvriers soudoyés ont plongé le mouvement ouvrier, […] la FCL est appelée à regrouper autour d’elle la grande masse des travailleurs et à les conduire à la révolution sociale » (déclaration du bureau national de la FCL, citée par Sylvain Pattieu, op. cit.). La FCL se voyait comme le futur grand parti révolutionnaire des travailleurs, mais elle n’avait elle-même pas les bases programmatiques pour construire un tel parti s’opposant à la collaboration de classes du PCF, et c’est sur la question du « front populaire » qu’on peut le voir. Cela a amené la FCL lors des élections de janvier 1956, là où elle ne se présentait pas elle-même, à soutenir les candidats de la SFIO et du PCF, alors même que ceux-ci étaient en bloc avec la bourgeoisie : « Votez pour le candidat ouvrier le plus capable dans chaque circonscription de barrer la route à la réaction ! » (cité dans le Monde libertaire, janvier 1956)

La FCL avait publié un article sous le titre « De l’illusion Front populaire au crétinisme parlementaire » dans le Libertaire du 12 mai 1955. Mais en novembre 1955 le Libertaire publiait des articles dont la trame était, comme l’a dit plus tard Georges Fontenis, dirigeant de la FCL à l’époque, « la distinction entre le Front populaire équivoque et trompeur des politiciens s’unissant au sommet sur un programme de collaboration de classes et le front populaire des masses en mouvement ». En d’autres termes, au lieu d’un front populaire au sommet, ils voulaient un front populaire à la base et « en mouvement » ; ils ne comprenaient pas que c’est le front populaire en tant que tel, sous toutes ses formes, qui subordonne les ouvriers à leurs alliés bourgeois (même « démocratiques », proches « des masses ») et les empêche de mener la lutte révolutionnaire. On ne peut à la fois s’allier à la bourgeoisie dans un front populaire, et prétendre représenter une alternative de classe à la bourgeoisie capitaliste.

Cela montre qu’en dépit de leur action courageuse contre la guerre d’Algérie, les militants de la FCL n’avaient pas une perspective véritablement prolétarienne révolutionnaire ni même celle d’une véritable indépendance de classe, en France ou en Algérie. Dans les années 1960 certains sympathiseront avec le guévarisme, d’autres avec le maoïsme. Les groupes actuels, Organisation communiste libertaire (OCL) et Alternative libertaire, prennent indirectement leurs racines dans la FCL.

Les anarchistes français et l’Irak

La position anarchiste usuelle de neutralité pacifiste dans les guerres s’est retrouvée plus récemment dans la guerre contre l’Irak en 2003, quand la CNT a diffusé un numéro de son journal avec pour titre « Ni Saddam, ni Oncle Sam Guerre sociale au kapital » (le Combat syndicaliste, 27 mars 2003). En d’autres termes la CNT tirait un trait d’égalité entre l’Irak néocolonial de Saddam Hussein et la coalition impérialiste dirigée par George Bush ; cela constitue un aveu d’impuissance face au carnage impérialiste. Toutes les nations ne sont pas égales ; certaines portent la botte impérialiste, d’autres sont piétinées par celle-ci ; dans un tel conflit les révolutionnaires devaient se placer du côté de la nation opprimée, sans accorder le moindre soutien politique au régime capitaliste assassin de Saddam Hussein (voir l’article de nos camarades canadiens « L’anarchisme et la guerre impérialiste », reproduit dans le Bolchévik n° 165, septembre 2003).

De refuser de prendre le côté de la nation opprimée rend vides de sens les appels de la CNT à la « Guerre sociale au kapital », car pour une telle « guerre sociale » il faut faire comprendre aux travailleurs le rôle de l’impérialisme (et le rôle subordonné des régimes capitalistes du tiers-monde). Seuls, nous, les trotskystes avions clairement lutté pour la défense militaire de l’Irak contre la coalition impérialiste dirigée par les USA, et pour une lutte de classe contre les capitalistes, y compris dans la France impérialiste de Chirac-Monsieur-veto-à-la-guerre-de-Bush (et Monsieur-­occupation-néocoloniale-de-la-Côte-d’Ivoire).

Alternative libertaire, quant à elle, signait un appel « Libertaires contre toutes les guerres ! » (Alternative libertaire, mars 2003) qui revendiquait de façon utopique « un ­désarmement et une démilitarisation partout dans le monde! » Comme les capitalistes impérialistes possèdent les usines d’armement et la technologie, ce « désarmement/démilitarisation dans le monde », utopique de toutes façons, ne ferait que désarmer les pays néocoloniaux et les Etats ouvriers alors que les capitalistes ont la capacité de se réarmer en un rien de temps. Comme l’écrivaient Boukharine et Préobrajensky dans l’ABC du communisme (1920) :

Alternative libertaire a écrit:
« En dépit des vœux du pacifisme, la bourgeoisie continuera toujours à s’armer, et si le prolétariat désarme ou ne s’arme pas, il se laissera écraser, tout simplement. C’est en cela que consiste la duperie du prolétariat, par les belles phrases pacifistes. Leur but est de détourner la classe ouvrière de la lutte armée pour le communisme. »

Avec l’occupation coloniale de l’Irak, l’Organisation communiste libertaire (Courant alternatif, octobre) a mentionné favorablement le travail du Parti communiste ouvrier d’Irak (PCOI). Alternative libertaire (juillet-août 2004) déclare même que le « PCOI défend un communisme de conseils et représente la seule alternative réelle en Irak. » La vérité c’est que le PCOI est un parti qui, s’il s’oppose à l’occupation américaine de l’Irak, verrait d’un bon œil, après un retrait des troupes américano-britanniques, « leur remplacement par des forces militaires sous l’égide de l’ONU provenant de pays n’ayant pas pris part à la guerre contre l’Irak » (l’Humanité, 2 décembre). Mais ce sont les sanctions de l’ONU pendant 12 ans qui ont tué plus d’un million d’Irakiens, un embargo beaucoup plus meurtrier que tous les crimes des USA et de leurs alliés en Irak depuis 2 ans. L’ONU est une arène où se mesurent au niveau diplomatique les différentes puissances impérialistes qui dominent le monde et où se mesure leur domination sur les pays néocoloniaux. Des troupes de l’ONU en Irak ne représenteraient qu’une autre forme d’occupation et de pillage impérialiste.

Le PCOI met de plus les impérialistes US et leurs laquais irakiens sur le même pied que les forces islamiques et ­baasistes qui s’opposent à eux (voir notre polémique dans Workers Vanguard, 6 janvier), et fort logiquement, le PCOI « ne participe pas, pour l’instant, à la résistance » (Courant alternatif, journal de l’OCL, octobre). Nous défendons au contraire tous les coups portés aux forces d’occupation et à leurs laquais irakiens, tout en condamnant les attaques contre les civils et l’oppression des femmes par les réactionnaires islamiques.

La tradition internationaliste révolutionnaire contre l’impérialisme et le colonialisme, de la guerre d’Algérie à l’occupation coloniale de l’Irak, c’est nous qui la représentons aujourd’hui. Nous cherchons à construire un parti ouvrier qui se base sur ces leçons de la lutte de classe pour un jour diriger les travailleurs ici, et dans le monde entier, vers une révolution prolétarienne victorieuse. Alors seulement on pourra en finir avec le racisme et avec l’oppression des peuples néocoloniaux aux mains des impérialistes, qu’ils soient américains, britanniques, japonais ou français.
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Ven 24 Juil - 10:32


le repentir de Pepe

la souche anarchiste de Théorie Communiste

avec Bernard Lyon, et le colonialisme


Larousse a écrit:
repentir :
1) Vif regret éprouvé pour une faute commise, accompagné d'une promesse de réparation.
2) Correction apportée par un écrivain, un artiste à son œuvre, à son texte et en particulier par un peintre à son tableau en cours d'exécution.

à sa « récréation » Pepe a fait un ajout

« Touche pas à mon église »


est-ce une allusion à son église d'obédience anarchiste ? puisque Théorie Communiste a aussi cette ascendance-là, en sus de l'ultragauche : Bernard Lyon (Alain Dreyfus) était leader qu'un groupuscule anarchiste marseillais* avant de rejoindre Roland Simon et Théorie Communiste.

* Alain Dreyfus était en 1968 membre des Jeunesses anarcho syndicalistes (JAS) de la CNTF à Marseille dont il sera en 1970 le secrétaire fédéral à la propagande. Il militait également au groupe FA3-Bakounine qui était adhérent à l’Organisation Révolutionnaire Anarchiste. Il collaborait alors au bulletin de cette tendance L’Organisation libertaire (Marseille, 6 numéros de janvier 1968 à juin 1970). Il collaborait également à l’hebdomadaire Espoir (Toulouse).
Lors des pourparlers établis entre l’ORA et le Mouvement Communiste Libertaire (MCL) de Georges Fontenis, il se montrait un ardent partisan de la fusion des deux organisations. Devant le refus de l’ORA, il adhérait alors au MCL avec plusieurs membres du groupe de Marseille dont Daniel Florac. Il partait ensuite pour Paris où il était membre de l’Organisation Communiste Libertaire, nouveau nom du MCL. Il rejoignit par la suite la revue "marxiste communiste" Théorie communiste. Source Dictionnaire des militants anarchistes


à cet égard, on notera que la position d'Alain Dreyfus alias Bernard Lyon sur les Guerres de libération nationale est la même que celle de Maurice Joyeux, (re)fondateur de la Fédération anarchiste, sur la Guerre d'Algérie : « La guerre d’Algérie est une péripétie qui oppose deux bourgeoisies, la bourgeoisie autochtone à la bourgeoisie coloniale » (cité par Sylvain Pattieu, les Camarades des frères)

Bernard Lyon a écrit:
« l’anticolonialisme, idéologie alliant le socialisme et le nationalisme dans le cadre du monde tripartite de la guerre froide. Cette idéologie structurante des biens nommés fronts de libération nationale mettait les luttes des prolétaires colonisés et celles des éléments bourgeois locaux subsistants sous la direction politique et militaire de couches bureaucratiques autochtones produites par les administrations colonialesNous ne sommes pas « Anti » Meeting 25 mai 2005

c'est aller vite en besogne sur deux points : les colonisés d'en-bas n'avaient pas le choix de leurs dirigeants, et tous ceux-là n'étaient pas si bien nommé que ça "nationalistes", ni tous issus de « couches bureaucratiques... des administrations coloniales ». De plus, ce serait passer un peu rapidement sur l'idéologie qui était alors en vogue, le panafricanisme

Bernard Lyon poursuit
BL a écrit:
L’anticolonialisme ou l’anti-impérialisme était aussi le cadre de l’alliance de ces bureaucraties démocratiques-révolutionnaires avec le camp socialiste. Ces idéologies ont donc toujours fonctionné comme idéologie d’État (existant ou se constituant) dans le cadre de confrontations et de guerres, mondiale ou locales, entre les pôles d’accumulation capitaliste. Dans les métropoles l’anti-impérialisme était, avec l’antifascisme un élément essentiel pour les partis communistes d’après la 2ème guerre, il se présentait comme la défense de la patrie du socialisme et du « camp de la paix », il articulait la gestion conflictuelle quotidienne de l’exploitation avec le capital à une perspective mondiale dans laquelle le socialisme restait à l’offensive. L’anti-impérialisme a été, et dans une certaine mesure reste, un cadre de mobilisation intrinsèquement lié à la guerre et pour la guerre.

ce n'est pas tout à fait exact, d'abord parce que le panafricanisme n'est pas lié qu'aux Guerres « bien nommées » de libération nationale

wiki a écrit:
Panafricanisme et communisme

W.E.B. Du Bois organise presque à lui seul les deux derniers Congrès panafricains. Le troisième congrès, tenu à Londres (7-8 novembre) et à Lisbonne (1-2 décembre) en 1923, adopte des résolutions inédites, dont voici une liste non-exhaustive :

- Le développement de l'Afrique « au profit des Africains »
- La représentation des Noirs à la Société des Nations et dans l'Organisation internationale du travail
- L'indépendance et l'élargissement de l'Égypte jusqu'au Soudan
- L'extension du statut de citoyen dans les colonies françaises
- La fin des recrutements forcés de travailleurs dans les colonies portugaises
- La fin de l'exploitation du Congo
- L'émancipation d'Haïti, du Liberia et de l'Éthiopie de la tutelle économique des compagnies monopolistes affiliées aux puissances capitalistes

Les deux derniers points montrent bien le rapprochement entre le mouvement panafricain et les théories communistes. Quelques mois avant le quatrième Congrès, en février 1927, se tient la réunion de la Ligue contre l'impérialisme et pour l'indépendance nationale. Attirant près de 180 participants venus du monde entier, parmi lesquels Albert Einstein ou Jawaharlal P. Nehru, elle se réunit pour réfléchir à la mise en place d'une politique préconisée par Lénine visant à l'association des communistes et des mouvements nationalistes dans les colonies. « La question noire » y est traitée et la réunion adopte une résolution visant à « libérer la race nègre partout dans le monde ». C'est en conséquence qu'au quatrième Congrès panafricain organisé à New-York (21-24 août) en 1927, W.E.B. Du Bois exprime son assentiment à la politique menée par les communistes russes à l'égard des mouvements nationalistes.

ces guerres ne furent pas plus mal "nommées" « pour l'indépendance », le national étant accessoire, ou du moins vu alors, par les communistes dans ces combats, comme un passage incontournable. Mais il est vrai que tout à l'immédiateté de la communisation par le prolétariat universel incolore, on ne peut être contre rien, et seulement « pour la communisation » tout en sachant et en disant qu'elle n'est pas pour demain matin

Bernard Lyon a écrit:
Être contre n’est pas être anti, lutter contre la restructuration qui est aggravation de l’exploitation n’est pas être anti-restructuration, ce qui voudrait dire que la restructuration pourrait ne pas se poursuivre, les antinucléaires prouvent de la façon la plus caricaturale qu’être anti c’est promouvoir d’autres éléments existants, ici d’autres énergies, d’autres consommations, ce qui est totalement différent de s’opposer à la construction des réacteurs avec tout ce que ça implique de destruction , de militarisation de l’espace et de pollution ad vitam eternam.

Dans le cours des luttes nous sommes opposés à l’anticapitalisme, à l’antifascisme, à l’antiracisme, à l’antisionisme, compléments incontournables de tous les communautarismes [sic], nous ne serons pas pour autant anti-communautaristes, anti-démocrates, ni même, et peut-être surtout pas anticitoyennistes. Opposés à la socialisation et voulant l’abolition de la société nous sommes positifs, nous ne sommes que pour le communisme.

pour moi comme il l'était pour Marx, le communisme, comme mouvement, est un combat au présent, dans les conditions actuelles, ce qui suppose toujours d'être concrètement anti, anti ce qui exploite, domine, oppresse, tue des êtres humains, prolétaires ou pas, et parmi eux milliers de fois plus des non-occidentaux, des non-blancs, des non-juifs, bref, des non-Bernard Lyon

pour revenir à Pepe de dndf-Théorie Communiste, petit rappel sur les relations des anarchistes espagnol avec le colonialisme

Le Noir : décoloniser l’anarchisme et défier l’hégémonie du Blanc Hassan Budour 28 septembre 2013 Traduit de l’anglais par Dyhia Tadmut
Hassan Budour a écrit:
Retour sur la Révolution espagnole

aucun modèle anarchiste, aucune figure ni aucun événement important ne peuvent être exempt de toute critique (vertu distinguant l’anarchisme d’une grande partie de la gauche traditionnelle). Bien qu’elle soit un modèle d’inspiration, la révolution espagnole était loin d’être une parfaite utopie ; elle était marquée par de nombreuses anomalies et failles. Ce ne sera pas l’objet de cet article, néanmoins, il est nécessaire d’identifier ces manquements, en incluant la violation brutale des droits de l’Homme par les républicains, l’alliance contrainte entre les bourgeois et les staliniens, les conflits internes futiles, et bien d’autres erreurs stratégiques. [...] Mais même en reconnaissant que personne ne s’attend à ce qu’une révolution soit entièrement pure, dans aucun cas les exécutions massives et la répression des libertés religieuses n’ont été condamnées. L’« erreur » stratégique et morale principale, sur laquelle je souhaiterais me focaliser, ici repose sur la question de la colonisation espagnole au Maroc et dans le Sahara occidental  – question absolument balayée par les explosions de violence en métropole d’alors.

Entièrement investis dans leur combat contre le fascisme et la tyrannie, les révolutionnaires ont ignoré le colonialisme espagnol, le fascisme comme la tyrannie répandues à travers la Méditerranée. Selon la plupart des narrations révolutionnaires, le niveau de déshumanisation de l’ « Autre » était tellement  élevé que le seul rôle laissé aux colonisés marocains était celui de mercenaires, souvent importés par le Général Franco pour écraser le Front populaire. Les références, quant à elles, utilisées par l’opinion pro-révolutionnaire pour évoquer les Marocains, se traduisaient, généralement, en termes racistes. Tout en admettant qu’il est difficile d’avancer que la solidarité mutuelle entre les révolutionnaires espagnols et les colonisés marocains ait pu changer l’issue de la guerre, il est tout aussi compliqué d’imaginer que cette solidarité n’ait jamais été prioritaire.

D’un autre côté, l’anarchisme signifie par son essence le rejet et la lutte contre toute forme d’autorité et d’assujettissement, y compris le colonialisme et l’occupation. Pour pouvoir se considérer véritablement anti-autoritaire au sein du pouvoir colonial, tous les combats contre le fascisme et la dictature en métropole devaient donc être internationalisés et n’aurait pas dû se distinguer des luttes contre le fascisme et la tyrannie à l’étranger.

Revenir sur la révolution espagnole, alors que nous marquons son 77e anniversaire, est pertinent dans la mesure où les anarchistes ont encore à s’en approprier les principales leçons. À quelques exceptions près, les mouvements anarchistes occidentaux sont toujours principalement composés de Blancs, involontairement (ou peut-être sciemment) orientalistes, occidentalo-centriques, même élitistes, et peu chaleureux avec les personnes qui ne leur ressemblent pas. Ainsi, les luttes anti-autoritaires au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie sont généralement passées sous silence. Il faut cependant souligner que les anarchistes de couleur portent une responsabilité non négligeable dans leur vide relatif de corpus. Le livre exceptionnel de Maia Ramnath, Decolonizing Anarchism: An Antiauthoritarian History of India’s Liberation Struggle  et celui d’Ilham Khury Makdissi, The Eastern Mediterranean and the Making of Global Radicalism, 1860-1914, font partie des rares tentatives de proposer une histoire alternative de l’anti-autoritarisme des régions oubliées de ce monde.


j'avais fait remarqué à Bernard Lyon, en ~~2008 que Théorie Communiste n'en avait pas fini avec les problèmes que lui posaient ses origines anarchistes et sa tendance à privilégier la diffusion de ses thèses chez les « anarchistes de gauche », puisque pour lui, Léon de Mattis, Denis pour Meeting, en était un « leader objectif ». Ils n'en ont toujours pas fini, et le marqueur, c'est leur mépris confirmé aujourd'hui pour toutes luttes et toutes théories conduites par des Noir.e.s et des Arabes depuis la Révolution française jusqu'à Angela Davis, comme si les « Indigènes » ne s'étaient pas d'abord battus pour mettre fin à l'esclavage (Haïti) ou contre l'invasion colonialiste elle-même (Algérie)

la lutte de classe ne se présente pas « pure », disent-ils, mais eux se présentent comme « purs » : purs esprits saints, pas très sains. À trop vouloir se distinguer de tous ceux et toutes celles qui se battent, on prend un risque : se retrouver chez l'adversaire de classe, au coude à coude avec des Yves Coleman...

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otowa
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MessageSujet: cnt et Maroc "espagnol"   Ven 24 Juil - 12:47

Il dénonce l'action des gardes civils et des gardes d'assaut qui conservent les armes et qui désarment les noyaux révolutionnaires formés pour la défense. En 1933, les ouvriers de Casas Viejas s'étaient rendus maîtres de ce village et y avaient proclamé le communisme libertaire. Les gardes-civils avaient sauvagement réprimé cette insurrection. A Vilanesa, petit village espagnol, plusieurs militants de la CNT furent massacrés après que leur local syndical eut été saccagé. Il critique aussi le gouvernement qui a offert des avantages à la France et à l'Angleterre au Maroc alors qu'il aurait été nécessaire de proclamer officiellement dès juillet 1936, l'autonomie politique marocaine.
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MessageSujet: un anarchiste italien critique la CNT espagnole   Ven 24 Juil - 13:16

otowa a écrit:
Il dénonce l'action des gardes civils et des gardes d'assaut qui conservent les armes et qui désarment les noyaux révolutionnaires formés pour la défense. En 1933, les ouvriers de Casas Viejas s'étaient rendus maîtres de ce village et y avaient proclamé le communisme libertaire. Les gardes-civils avaient sauvagement réprimé cette insurrection. A Vilanesa, petit village espagnol, plusieurs militants de la CNT furent massacrés après que leur local syndical eut été saccagé. Il critique aussi le gouvernement qui a offert des avantages à la France et à l'Angleterre au Maroc alors qu'il aurait été nécessaire de proclamer officiellement dès juillet 1936, l'autonomie politique marocaine.

merci de la précision, mais pour savoir qui est ce « Il » qui « dénonce » et « critique », il faut aller à la source : Wikipédia Confédération nationale du travail (Espagne)
Wikipédia a écrit:
Certains anarchistes s'élèvent contre cette participation au gouvernement comme Emma Goldman et Sébastien Faure. Camillo Berneri, anarchiste italien, venu rejoindre les forces de la Révolution espagnole, a adressé de vives critiques à Federica Montseny, ministre anarchiste de la santé du gouvernement central de Largo Caballero, en avril 1937.

Il dénonce... Il critique aussi le gouvernement qui a offert des avantages à la France et à l'Angleterre au Maroc alors qu'il aurait été nécessaire de proclamer officiellement dès juillet 1936, l'autonomie politique marocaine.

autrement dit, cela ne fait qu'ajouter à la critique et au fait que ce n'est pas, a priori, le principe de l'anarchisme qui est en cause, mais son histoire concrète sur la question raciale... mais c'est peut-être ce que tu suggérais, otowa ?

dans mon esprit, il ne s'agit pas, relativement au colonialisme ou au racisme aujourd'hui, de critiquer systématiquement les anarchistes, et les so called marxistes n'ont rien à leur envier, mais au contraire de montrer que bon nombre sont en contradiction avec les principes mêmes de l'anarchisme. Pour cela, voir DÉCOLONIALITÉ et COMMUNISME : introduction, définitions, textes... MARXISME et ANARCHISME DÉCOLONIAL

il m'est complètement indifférent qu'on se réclame de l'anarchisme ou du "marxisme" tant qu'on ne fait pas la critique radicale du capitalisme et des colonialités qui se croisent aujourd'hui dans leur double crise. L'identité militante et son nom n'a strictement d'intérêt qu'à être dépassée : anarchiste ou communiste ? A-t-on vraiment besoin d'un nom ?

par contre, je tiens au concept de communisme comme mouvement, parce qu'il n'a pas d'équivalent...

on pourrait certes dire, en paraphrasant Marx et Engels dans Marx L'Idéologie allemande : « Pour nous, l'anarchisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons anarchisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.»

mais bon, à ma connaissance aucun théoricien de l'anarchie ne l'a écrit, et la plupart des anarchistes considèrent au contraire l'anarchisme comme « un idéal auquel la réalité devra se conformer », ce qui leur permet, en matière de racisme, de se planquer derrière l'universalisme abstrait condamnant les "racisés" pour "communautarisme"... identitaire : l'hôpital qui se fout de la charité

Quelques mots sans importance sur quelques points soulevés dans les poubelles d’Indymedia Nantes non-fides 9 juin 2015
non-fides a écrit:
On nous reproche également d’avoir repris des textes d’Yves Coleman, rédacteur de la revue Ni Patrie Ni Frontières… Probablement parce que celui-ci est ouvertement plus proche du communisme et du conseillisme que de l’anarchisme [Ah bon ? Alors drôle de coco]. Mais répétons-le, cela ne motive pas pour nous, et encore moins a priori, une quelconque forme d’antagonisme de principe. Évidemment, si des anarchistes avaient réussi à établir une critique aussi précise et poussée que ne l’a fait Coleman à travers les années au sujet des confusionnismes de gauche (anti-sionisme, logiques communautaristes, nationalistes, racialistes, essentialistes et identitaires), nous n’aurions pas eu besoin de reprendre Coleman. [2]

Comme ce n’est pas tant le cas, alors nous ne ressentons aucun besoin de nous justifier à ce sujet, et nous sommes heureux d’avoir pu publier d’autres textes dans la même veine, plus proches de nos perspectives générales, comme récemment le texte polémique De la banalisation des thèses ethno-différencialistes et communautaristes en milieu militant * et bien d’autres encore, que nous ne vous avons, chers critiques, pas vu défendre, reprendre ou diffuser (mais peut être qu’en fait vous n’êtes pas anarcho-anarchistes, chers compagnons, mais juste anarcho-boutiquiers).

* on appréciera, le raisonnement circulaire de ce texte de "Un contributeur du négatif" (sic), qui renvoie à... Yves Coleman. La boucle est bouclée :

Dans la tendance actuelle à la banalisation, en milieu antiautoritaire, de quantité de thèses ethno-différencialistes et communautaristes, il est de moins en moins surprenant de constater que tout acte ou positionnement anticolonialiste ou tiers-mondiste historique ou récent est susceptible d’être présenté comme révolutionnaire. Il serait long et fastidieux d’en citer tous les exemples récents [...] Le Parti des Indigènes de la République (PIR), groupe politicien issu de la petite bourgeoisie et dont les membres revendiquent haut et fort leur appartenance à l’immigration issue d’ex-colonies, est en partie à l’origine de ce phénomène. Leurs postulats idéologico-politiques ont été analysés avec justesse ailleurs [3], on s’évitera donc cette tâche plutôt ingrate ici.

[3] Voir les nombreux textes d’Yves Coleman sur mondialisme.org.


[2] Mais peut être préférerais-tu, cher commentateur bienveillant, que nous reprenions les textes "pro-nationalistes" et en faveur des luttes de libération nationale d’Alfredo Bonanno, sous le prétexte que celui-ci est plus proche de nos idées par ailleurs ? Ou d’autres textes abjects d’illustres anarchistes ?

Rolling Eyes
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MessageSujet: du Costa Rica, une critique marxiste orthodoxe de la théorie décoloniale   Dim 26 Juil - 11:58

du Costa Rica, un long texte en espagnol, critique marxiste, très orthodoxe, mixte trotsko-gauchisant de programmatisme et de démocratisme radical, de la théorie décoloniale

Victor Artavia, dirigent du NPS de Costa Rica, partie prenante de Socialismo o Barbarie, membre de la Quatrième internationale (trotskiste)
SOB Socialisme ou Barbarie a écrit:


Socialisme ou Barbarie France fait partie du courant marxiste international Socialisme ou Barbarie, avec le Nouveau MAS (Mouvement Vers le Socialisme) de l’Argentine, le NPS (Nouveau Parti Socialiste) de Costa Rica, Socialisme ou Barbarie-Honduras, le groupe Praxis du Brésil et Socialisme ou Barbarie-Bolivie. Nous défendons l’héritage théorique et politique de Marx, Engels, Lénine, Trotski et Rosa Luxembourg, parmi d’autres penseurs et militants révolutionnaires, et le programme historique de la quatrième internationale.

[...]
Argentine : Le Nouveau MAS a realisé une extraordinaire élection à Cordoba, en étant la cinquième force politique de la province, avec plus de 26.000 voix et en réaffirment l’installation définitive de notre parti comme l’un des plus importants de la gauche[1]. En démontrent les résultats de départements comme la Capitale, et aussi notre extension dans d’autres districts importants comme Colon (Jesus Maria, Colonia Caroya), Rio Cuarto (deuxième ville de la province) et Union entre autres. Sob France 7 juillet 2015



Citation :
Le Nuevo MAS proclame sa candidature présidentielle 7 mars 2015

Hier, 1er Mars, après trois jours de débat, et avec la présence de 200 délégués de tout le pays, a conclu la Conférence Nationale du Nuevo MAS à l’hôtel Bauen.

Héctor Heberling, pre-candidat a président, a déclaré: « La formule présidentielle est une synthèse du profil de campagne que va soulever le Nuevo MAS aux prochaines élections. Une formule qui lie la tradition de la lutte ouvrière et socialiste avec la nouvelle génération d’activistes de la classe ouvrière, elle résume le message que nous allons transmettre aux travailleurs et au peuple de tout le pays: pour résoudre les problèmes du pays, les travailleurs doivent gouverner ».
Important score dans la province de Cordoba – Le Nouveau MAS est la cinquième force politique de Cordoba 7 juillet 2015

Crítica al giro decolonial: entre el anticomunismo y el populismo reformista Víctor Artavia

longue analyse dont voici la conclusion

Víctor Artavia a écrit:
A modo de conclusión

“Desde nuestra corriente reivindicamos la defensa de la tradición del marxismo revolucionario, especialmente las enseñanzas dejadas por Lenin, Trotsky, Rosa Luxemburgo (y también Gramsci…), sobre todo en el terreno en el que cada uno se reveló  más fuerte. Es desde esa ubicación que creemos se deben enfrentar las derivas reformistas, autonomistas, populistas y ‘socialistas nacionales’ hoy en boga, así como también el cerrado doctrinarismo de las corrientes incapaces de extraer enseñanza alguna de la riquísima experiencia, pero también frustraciones y derrotas, de las revoluciones del siglo pasado” (Sáenz, sin data: 6).

Desde la Corriente Socialismo o Barbarie (SoB) sostenemos que actualmente la lucha de clases atraviesa un ciclo universal de rebeliones populares 20, el cual marca un recomienzo histórico en la experiencia de los explotados y oprimidos. Los estallidos de junio del 2013 en Brasil, las más de 30 huelgas generales en Grecia contra los planes de austeridad de la UE, las movilizaciones de millones en México por los 43 normalistas desaparecidos en Ayotzinapa, son algunos de los casos más recientes que suman a esta definición. Esto marca un avance con respecto a la situación imperante décadas atrás, cuando reinaba una sensación del “fin de la historia” y se daban por obsoletos los proyectos de emancipación social. ¡Esta basura ideológica está siendo barrida actualmente por las masas de jóvenes, mujeres y trabajadores que luchan por todo el mundo!

Estos desarrollos en la lucha de clases contraen nuevos debates estratégicos, los cuales parten del bajo nivel de politización que predomina entre las nuevas generaciones (rasgo intrínseco a cualquier recomienzo histórico) y que actúa como un límite para que se produzcan desbordes por la izquierda de las instancias de la democracia burguesas  y un cuestionamiento al imperio del Estado burgués. De ahí que aún las burocracias sindicales y los partidos reformistas sean referentes políticos para amplios segmentos de los explotados y oprimidos. Por esto nos referimos al ciclo político como de rebeliones, dando cuenta de que si bien muchos de estos procesos son de gran intensidad, no logran aún transformarse en revoluciones sociales contra el dominio de la burguesía como clase social.

El giro decolonial hace parte de las ideologías que se apoyan sobre esta despolitización y, antes que plantear su superación, la profundizan al sostener perspectivas abiertamente reformistas de coexistencia con el Estado burgués, que cuestionan la centralidad de la clase obrera en la estratégica revolucionaria y se proclaman abiertamente anti-partido. ¡Es una moda intelectual con marcado acento posmoderno y anti-comunista, incapaz de plantearse como una alternativa universal para la clase trabajadora, los explotados y oprimidos!

Justamente por esto, es imperativo que las corrientes adscritas al marxismo revolucionario interpreten los desarrollos políticos actuales desde un ángulo estratégico, a saber, la perspectiva de reintroducir la revolución socialista en el siglo XXI. Esto requiere de un continuo debate político que dé respuesta a los desafíos actuales de la lucha de clases, en particular contra las ideologías posmodernas y reformistas que despolitizan a sectores enteros de la vanguardia, colocándola como furgón de cola de sectores burgueses. Además debe acompañarse de la construcción de partido revolucionarios, no para hacer “programas enlatados” como aducen los decolonialistas, sino para aportar politización de las luchas de la clase obrera, los explotados y oprimidos, para así lograr su desarrollo en un curso anticapitalista y de transición al socialismo. Esta es la tarea que engloba a la Corriente Socialismo o Barbarie, y extendemos un llamado a nuestros lectores y lectoras a realizar una experiencia militante con SoB.


(traduction approximative auto+Patlotch
Victor Artavia a écrit:
en guise de conclusion

De notre actuelle revendication pour la défense de la tradition du marxisme révolutionnaire, en particulier l'enseignement laissé par Lénine, Trotsky, Rosa Luxemburgo (et aussi Gramsci...), notamment dans le domaine où chacun a révélé : "Partant de cette position nous devons faire face aux dérives réformistes, autonomistes, populistes et « National-socialiste » en vogue aujourd'hui, ainsi qu'aux courants doctrinaires rendant impossible d'extraire l'enseignement de la riche expérience, mais aussi des frustrations et défaites, des révolutions du siècle dernier" (Sáenz, sans données: 6).

Le courant Socialisme ou Barbarie (SoB) fait valoir qu'actuellement la lutte des classes à travers un cycle universel de 20 rébellions populaires, marque un redémarrage historique de l'expérience des exploités et des opprimés. ... juin de 2013 au Brésil, plus de 30 des grèves générales en Grèce contre les plans d'austérité de l'UE, les mobilisations de millions au Mexique... sont quelques-uns des cas les plus récents de cette définition. Cela marque une amélioration de la situation depuis des décennies, quand il y avait un sens de la « fin de l'histoire » et que les projets d'émancipation sociale étaient obsolètes. Cette poubelle idéologique est actuellement emportée par les masses des jeunes, des femmes et des travailleurs qui luttent partout dans le monde !

Ces développements dans la lutte des classes provoquent en outre des discussions stratégiques, qui s'écartent de la faiblesse de la politisation prévalant entre les générations (caractéristique intrinsèque à tout redémarrage historique), qui agit comme une limite pour que les dépassements se produisent par des instances démocratiques de gauche bourgeoise et un défi à la règle de l'État bourgeois. C'est pourquoi même les bureaucraties Union et partis réformistes sont des politiques de larges segments des exploités et des opprimés. Par la présente, nous nous référons au cycle politique que les rébellions, se rendant compte que, même si plusieurs de ces processus sont de grande intensité, ne ne peuvent pas même se transformer en révolutions sociales contre la domination de la bourgeoisie comme classe sociale.

Le Decolonial fait partie des idéologies qui appuient sur cette dépolitisation et, plutôt que de s'élever à son dépassement, soutient ouvertement la perspective réformiste de la coexistence avec l'Etat bourgeois, remettant en cause la centralité de la classe ouvrière dans le Parti révolutionnaire de lutte stratégique et ouvertement proclamé. C'est une mode intellectuelle avec un accent postmoderne et anti-communiste, incapable de se poser comme une alternative universelle pour la classe ouvrière, les exploités et les opprimés !

C'est précisément pour cette raison qu'il est impératif que le marxisme révolutionnaire interprète les développements politiques actuels sous un angle stratégique, à savoir la perspective de réintroduire la révolution socialiste du XXIe siècle. Cela nécessite un débat politique continu pour donner une réponse aux défis actuels de la lutte des classes, en particulier contre le postmoderne et idéologies réformiste que secteurs de dépolitisation entiers de l'avant-garde, comme secteurs bourgeois du fourgon de queue. En outre, les révolutionnaires, doivent accompagner la construction du parti et ne pas mettre « les programmes en conserve » en soutenant les décolonialités, mais apporter la politisation des luttes de la classe ouvrière, des exploités et des opprimés, pour atteindre le développement de son cours anticapitaliste et la transition vers le socialisme. C'est la tâche qui englobe le courant socialisme ou barbarie, et nous adressons un appel à nos lecteurs de faire une expérience militante avec SoB.


autrement  dit il semble y avoir une critique du démocratisme radical par un surplus de radicalité "Marx-Lénine-Trotsky-Luxembourg...", mais le tout recyclé dans l'électoralisme pour une prise du pouvoir d'Etat : l'équivalent pour l'Argentine et l'Amérique latine de Syrisa, avec une phraséologie révolutionnaires dénonçant les "rébellions" (émeutes...) comme impuissantes, et le décolonial comme bourgeois, "post-moderne", anti-communiste...

pour notre part, ce qui pourrait nous intéresser, c'est une critique de la théorie et des luttes décoloniales depuis une position sinon "communisatrice", du moins non marxiste traditionnelle et étatiste. Mais pour l'heure, le problème est qu'un telle critique n'existe pas, elle qu'elle semble ne pouvoir se faire que d'un point de vue eurocentré, ignorant des situations historiques et présentes dans les pays du Sud, et avec les mêmes ingrédients strictement prolétariens évacuant la question raciale et déniant toute pertinence à la notion de colonialités

cela dit, le texte a l'air intéressant, mais il est très long, donc hors de ma portée, et de mon emploi du temps, pour le traduire. Dommage parce que c'est une critique marxiste dogmatique de la théorie décoloniale en provenance des pays d'où elle est originaire, et à ce titre sûrement des plus "argumentées" en la matière

par ailleurs, nous en apprenons un peu plus sur le lien entre ce qui se passe, politiquement, en Amérique latine en relation avec les événements grecs et espagnols, Syrisa et Podemos...
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Sam 1 Aoû - 1:49


épiloques

il nous est maintenant possible de penser ensemble les théories eurocentristes de la communisation, celle de la révolution à titre humain de Temps critiques, la Wertkritik, aux conceptions communistes libertaires et anarchistes européennes, parallèlement aux restes de programmatisme prolétarien, et à l'altermondialisme démocrate radical

elles sont les derniers feux d'un universalisme marxiste ou post-marxiste réellement orthodoxes, idéologie occidentale,, une forme de trans-racisme comme on dit trans-classisme, des théories qui ne trouvent nulle part leur sujet révolutionnaire, car celui-ci n'existe pas et ne peut exister sur les bases où elles le recherchent. Et quand elles le trouvent, il est devenu un sujet contre-révolutionnaire

ces théories sont vouées à leur faillite sur le terrain des luttes de classe, et inaptes à créer un lien organique avec elles dans leurs caractéristiques au sein de la double crise du capital et des colonialités. Elles ne peuvent intéresser que des catégories sociales rejetant elles-mêmes la question raciale qui segmente le prolétariat, soit le prolétariat ouvrier traditionnel dont les luttes ont créé un "écart" (mais on ne l'a pas observé concerné les "luttes suicidaires"), soit les nouveaux prolétaires précaires issues des classes moyennes et de la petite bourgeoisie - on l'a vu avec les revues Meeting et Sic et leur succès chez des anarchistes de gauche, la condition en étant la théorisation de fait de la "race" comme non structurelle au capital

c'est pourquoi ces théories trouvent leurs équivalents en miroir, au sein de la nouvelle-droite et dans la nébuleuse sans frontière de classe entre ultragauche et extrême-droite, autour des thèses d'Alain de Benoist, Francis Cousin, Lucien Cerise, Claude Bourrinet, Yohann Sparfell... (sites In Limine, Scriptoblog...), Mais ce n'est pas un paradoxe, même s'il s'agit là bien là d'évacuer la question "raciale" dans la contradiction de classe (qu'elle soit niée ou pas), pour mettre en avant les peuples, les individus, l'écologie, le sujet blanc européen et ses femmes sur mesure

la seule réponse théorique à leur apporter passe par la conceptualisation d'un communisme décolonial en prise sur les luttes actuelles, dont les problèmes de la terre et des migrations sont partout dans le monde capitaliste ce qui fait exploser les visions traditionnelles de la révolution


Malheureux celui qui, croyant ainsi pouvoir alléger son âme de ses péchés,
rejette au néant l'éternelle jeunesse de ses origines !
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Jeu 6 Aoû - 4:34

pour mémoire, mail perso, d'un intervenant sur dndf, militant d'extrême-gauche critique de l'ultra-gauche :

lobo (Krefeld) a écrit:
islamogauchistes particulièrement gratinés, comme Tévanian, Bouamama et cie.

... je ne fais pas mystère de détester cordialement les "Indigènes de la République", que je considère comme une entreprise de racket politique sur l'immigration. A mon avis, ils tiennent un discours globalisant, victimaire, communautariste et assignent les "Arabes" à résidence dans la religion musulmane et une "communauté" largement imaginaire

"petits bourgeois"... Tu ne trouves pas que les "Indigènes de la République" répondraient assez bien à ce qualificatif ?

je garde un œil sur tes écrits, sur ceux du courant dit "communisateur" (que je trouve pourtant sectaire et donneur de leçons), la "critique de la valeur", etc.



la vulgate des militants "marxistes" de couches moyennes blanches...
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MessageSujet: Le néo-colonialisme intellectuel de la gauche européenne, Emi Sader   Mer 12 Aoû - 19:58

Le néo-colonialisme intellectuel de la gauche européenne Emir Sader Le Grand Soir 13 juin 2015

Emir Sader est philosophe, professeur de sociologie à l’Université de São Paulo (Usp) et de l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro (Uerj) où il dirige le Laboratoire des Politiques Publiques.
wikipédia a écrit:
Penseur d'orientation marxiste, Sader collabore à des publications nationales et étrangères et est membre du conseil éditorial du périodique anglais New Left Review. Il a présidé l'association latino-américaine de sociologie (ALAS, 1997-1999) et est un des organisateurs du Forum Social Mondial. Il est notamment l'auteur de A Vingança da História (« La vengeance de l'Histoire »).
Emir Sader a été condamné en novembre 2006 à une peine de prison en régime ouvert et à la perte de ses droits civiques pour diffamation envers le sénateur Jorge Konder Bornhausen, membre du PFL (Parti du Front Libéral) à Santa Catarina.


Emir Sader a écrit:
La gauche européenne a toujours eu de grandes difficultés à comprendre le nationalisme et le libéralisme dans des régions comme l’Amérique Latine. Elle développe des attitudes encore mues par le paternalisme de l’eurocentrisme et se tourne vers l’Amérique Latine non pour apprendre mais avec une posture de professeurs, comme s’ils étaient porteurs de l’ensemble de la connaissance et des expériences victorieuses, à partir desquelles ils donneraient un cours magistral sur nos processus.

La gauche européenne a été essentiellement socialiste – ou social-démocrate – et communiste. Elle avait comme composantes essentielles les syndicats et les partis politiques – avec une représentation parlementaire, participant aux des élections, alliés entre eux. Et des groupes plus radicaux, en général trotskistes qui faisaient partie du même scénario politique et idéologique [on peut y ajouter l'ultragauche historique, et de façon négationniste exacerbée, la post-ultragauche et le courant de la communisation, voir ICI]. Une de ses composantes – qui allait devenir problématique – à savoir le nationalisme, fut classé comme une idéologie de droite à cause de son caractère chauviniste en Europe. La responsabilité attribuée aux nationalismes dans les deux guerres mondiales a renforcé cette classification.

Sur d’autres continents, particulièrement en Amérique Latine, cette classification apparaissait comme schématique, mécanique. L’inadéquation est devenue de plus en plus claire alors que surgissaient des forces et des leaderships nationalistes.

En Europe, l’idéologie de la bourgeoisie montante fut le libéralisme, par opposition aux blocages féodaux à la libre circulation du capital et de la main-d’œuvre. Le nationalisme s’est situé à droite du spectre politique et idéologique, exaltant les valeurs nationales de chaque pays en opposition à celles des autres pays et, plus récemment, en s’opposant à l’unification européenne, parce qu’elle affaiblit les États nationaux.

A la périphérie du capitalisme, le nationalisme et le libéralisme ont des traits distincts, et même opposés à ceux qu’ils ont en Europe. Le libéralisme a été l’idéologie des secteurs primaires exportateurs, qui vivaient du libre-échange, exprimant les intérêts de l’oligarchie traditionnelle, de l’ensemble de la droite. Par contre et à la différence de l’Europe, le nationalisme a toujours eu une composante anti-impérialiste.

La gauche européenne a toujours eu de grandes difficultés à comprendre le nationalisme et le libéralisme dans des régions comme l’Amérique Latine. Exemple d’une des erreurs provenant de la vision eurocentrique : des leaders comme Perón et Vargas ont parfois été comparés par les partis communistes d’Amérique Latine avec des dirigeants fascistes européens – comme Hitler et Mussolini – de par leurs composantes nationaliste et antilibérale. En même temps, des forces libérales latinoaméricaines ont été acceptées par l’Internationale socialiste parce qu’elles défendraient les systèmes politiques « démocratiques » (en réalité, libéraux) contre « les dictatures » dans lesquelles des leaders nationalistes joueraient le rôle principal avec leur charisme et leur idéologie supposée « populiste » et autoritaire.

Des processus comme les révolutions mexicaines, cubaine, sandiniste, et des leaderships nationalistes comme ceux mentionnés, ont été difficiles à digérer par la gauche traditionnelle compte tenu de son héritage colonial, eurocentrique. La même chose se passe, d’une certaine façon, avec la gauche latinoaméricaine du XXIème siècle, dont la gauche traditionnelle européenne éprouve des difficultés à comprendre le caractère et les luttes. Ces mêmes limites affectent les intellectuels d’une gauche européenne qui reste eurocentrique dans sa vision de l’Amérique Latine.

D’une part, il y a les intellectuels de la social-démocratie qui, en évoluant vers le social-libéralisme puis le néo-libéralisme, ont perdu toute possibilité de comprendre l’Amérique Latine et la gauche post-néolibérale de notre région.

Mais il y a aussi les intellectuels francs-tireurs ou liés à des courants de l’ultra gauche européenne qui lancent leurs analyses critiques sur les gouvernements progressistes latinoaméricains avec une grande désinvolture, expliquant ce que ces gouvernements ont fait de faux, ce qu’ils devraient faire, ce qu’ils ne devraient pas faire, etc. Ils parlent comme si leurs thèses avaient été confirmées, sans pouvoir présenter aucun exemple concret de ce que leurs idées ont produit et démontré, qui s’adapterait mieux à la réalité que les chemins que ces gouvernements suivent.

Ils se préoccupent des tendances « caudillistes », « populistes », des leaders latinoaméricains, jugent ces processus à partir de ce qu’ils estiment que devraient être les intérêts de tel ou tel mouvement social, ou de l’une ou l’autre thématique. Ils ont des problèmes pour comprendre le caractère nationaliste, anti-impérialiste, populaire, des gouvernements post néolibéraux, leurs processus concrets de construction d’une hégémonie alternative dans un monde encore très conservateur. Ils survolent les réalités comme des oiseaux, saluant quelque chose pour ensuite le critiquer, sans s’identifier profondément à l’ensemble de ces mouvements qui forment la gauche du XXIème siècle. Le temps passe et ces visions eurocentriques ne débouchent sur aucune construction concrète, parce qu’ils sont impuissants à capter les trames contradictoires de la réalité et à partir de cela, proposer les alternatives qui peuvent être portées par les peuples.

Ils se comportent comme s’ils étaient les « consciences critiques de la gauche latinoaméricaine » et comme si nous avions besoin d’elles, comme si nous n’avions pas conscience des raisons de nos avancées, des obstacles que nous avons devant nous et des difficultés pour les dépasser. Non seulement ils ne peuvent présenter les résultats de leurs analyses dans leurs propres pays – qui peuvent être la France, le Portugal, l’Angleterre ou d’autres pays –, là où l’on suppose que leurs idées devraient avoir des résultats, mais ils ne réussissent pas non plus à expliquer – ni même à aborder – les raisons pour lesquelles, dans leur propres pays, la situation de la gauche est incomparablement pire que dans les pays latinoaméricains qu’ils critiquent.

Ce sont des attitudes encore mues par le paternalisme de l’eurocentrisme et qui se tournent vers l’Amérique Latine non pour apprendre mais avec une posture de professeurs, comme s’ils étaient porteurs de l’ensemble de la connaissance et des expériences victorieuses, à partir desquelles ils donneraient un cours magistral sur nos processus. Ils représentent, en fait, malgré les apparences, les formes de la vieille gauche, qui n’a pas fait l’autocritique de ses erreurs, échecs et reculs. Qui ne sont pas disposées à apprendre des nouvelles expériences latinoaméricaines.

L’aura universitaire ne réussit pas à cacher les difficultés qu’ils ont pour s’engager dans des processus concrets et, à partir de ceux-ci, pour partager la construction des alternatives.

Les analyses qui ne débouchent pas sur des propositions concrètes de transformation de la réalité, présentent de moins en moins d’intérêt. Les postures critiques restent sur le plan de théories qui ne se projettent pas dans le champ du réel, sans aucune capacité à s’approprier la réalité concrète, moins encore de la transformer. Pour reprendre le vieil adage marxiste toujours actuel : leurs idées ne se transforment jamais en force matérielle parce qu’elles ne pénètrent jamais dans les masses.

Emir Sader

EN COMPLEMENT
Citation :
« Que ce soit bien clair : nous avons commis des erreurs, évidemment. Et nous en commettrons d’autres. Mais je peux te dire une chose : jamais nous n’abandonnerons le combat pour un monde meilleur, jamais nous ne baisserons la garde devant l’Empire, jamais nous ne sacrifierons le peuple au profit d’une minorité. Tout ce que nous avons fait, nous l’avons fait non seulement pour nous, mais aussi pour l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie, les générations futures. Nous avons fait tout ce que nous avons pu, et parfois plus, sans rien demander en échange. Rien. Jamais. Alors tu peux dire à tes amis "de gauche" en Europe que leurs critiques ne nous concernent pas, ne nous touchent pas, ne nous impressionnent pas. Nous, nous avons fait une révolution. C’est quoi leur légitimité à ces gens-là, tu peux me le dire ? Qu’ils fassent une révolution chez eux pour commencer. Oh, pas forcément une grande, tout le monde n’a pas les mêmes capacités. Disons une petite, juste assez pour pouvoir prétendre qu’ils savent de quoi ils parlent. Et là, lorsque l’ennemi se déchaînera, lorsque le toit leur tombera sur la tête, ils viendront me voir. Je les attendrai avec une bouteille de rhum. »

Ibrahim
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.


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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Lun 24 Aoû - 20:17


et pourtant, Dieu n'existe pas

à propos de ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»Claude Guillon (pas raciste, puisqu'il fait l'amour même avec des Arabes, dit-il, ce petit colon franchouillanar autochâtré professeur en suicide... pour les autres)

à quoi bon polémiquer sans fin sur l'usage et la pertinence du "concept" d'"islamophobie", si c'est pour ne le voir que depuis son point de vue étroit, toujours le même, sans la moindre distanciation, ni effort de comprendre en quoi il peut recouvrir quelque chose de juste, pour qui en est "victime", musulman ou pas, et même comporter une vertu politique pour résister à l'idéologie française ?

inutile d'essayer d'en convaincre l'enfant de chirurgiens dentistes, élevé dans la dentelle blanche de la petite bourgeoisie parisienne, devenu l'écrivain anarchiste par excellence qu'il se donne à être et paraître, maitronisé* de son vivant, pour dire ce que veau l'anarchisme franchouillard et bobo d'aujourd'hui

* « Le Maitron est le nom d'usage d'un ensemble de dictionnaires biographiques du mouvement ouvrier dirigé (jusqu'à sa mort en 1987) par l'historien Jean Maitron puis par son successeur Claude Pennetier.» Y entrer de son vivant est équivalent, pour un "écrivain anarchiste", à recevoir de l'État français la Légion d'Honneur; il y a ceux qui acceptent et ceux qui refusent : ni maître ni Maitron !

d'où il ressort le classique intemporel du dogme anar, dont on n'a pas grand chose à faire de concret, sauf se regarder le nombril et se glorifier d'être un des der de der à vivoter petitement d'un intellect en voie de disparition dans les coucouches moyennes de sa France intérieure, comme on dit au ministère

relayé naturellement par le chien-chien d'ultra-gauche à ses maîtres sionistes et néo-cons' Yves Coleman Claude Guillon : Et « Dieu » créa « l’islamophobie » , Mondialisme.org

soit, depuis sa posture "communiste libertaire" revendiquée, on fait une critique radicale conséquente et sérieuse du capital et de l'Etat (de l'Etat français concret et de son racisme structurel visant aujourd'hui les non-blanc.he.s en général, pas les Juifs), soit comme Claude Guillon et autre Yves Coleman, on ne fait ni l'un ni l'autre. A partir de là, leur discours sur l'"islamophobie" est aussi creux que leur compréhension générale du monde actuel, tel qu'il apparaît socialement avec les yeux du monde...

Claude Guillon, tel un Galilée des temps post-modernes et des beaux quartiers, nous dit en substance : et pourtant Dieu n'existe pas... Merci, on le savait déjà. Mais en attendant, ce ne sont pas les Guillon qui sont victimes de racisme au faciès ou de chasse au voile au prétexte du "terrorisme Islamqie"

autrement dit, Guillon et Coleman ne sont que des mouches du coche de l'idéologie dominante du capitalisme occidental en général, et de son expression française en particulier, tout ça refourgué au nom d'un "communisme libertaire" introuvable mais ressassé comme une mantra définitive auto-nettoyante


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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 1 Sep - 18:25


ni dieu, ni maître ? Sans blague...

dans l'évolution à pas franchis affranchissant les polémiques subalternes, l'idée-titre de ce sujet, de décoloniser l'anarchisme et la 'communisation', perd de son intérêt voire de sa pertinence. Elle ne s'adresse plus qu'à l'extrême minorité agitante ou parleuse, quoique muette sur le sujet, pour éclairer quelque naïf qui s'y prendrait encore les pieds

nous tenons désormais pour ultra-marginale tout ce fatras anarchisant ou post-ultragauche, sans prises sur les réalités du monde telles qu'elles apparaissent sous nos yeux du tout-monde, et non depuis le centre du nombril universel européen humaniste ou prolétaire en rien

c'est dire aussi que nous tenons pour une erreur, bien que transitoirement nécessaire  d'où nous venions pour en sortir, d'avoir si longtemps croisé le fer avec ces idées-là, qui ne peuvent plus que réchauffer les plats de leurs messes recuites, comme en témoigne la tendance aggravée, depuis quelques années, des blogs anarchistes et post-ultragauche dont 'communisateurs', à refourguer comme preuve de leur caducité, des textes de leurs maîtres anciens, depuis ceux consternant de médiocrité sur «  l'antiracisme » jusqu'à ceux lourds de malentendus "marxistes" sur « la méthode dialectique », en passant par leurs propres textes, comme s'ils avaient été écrits hier soir pour causer encore du présent

Thomas Bernhard a écrit:

« Les peintres n'ont pas peint ce qu'ils auraient dû peindre, mais uniquement ce qu'on leur a commandé, ou bien ce qui leur procurait ou leur rapportait l'argent ou la gloire, a-t-il dit. Les peintres, tous ces maîtres anciens qui, la plupart du temps, me dégoûtent plus que tout et qui m'ont depuis toujours donné le frisson, a-t-il dit, n'ont jamais servi qu'un maître, jamais eux-mêmes et ainsi l'humanité elle-même. Ils ont tout de même toujours peint un monde factice qu'ils tiraient d'eux-mêmes, dont ils espéraient obtenir l'argent et la gloire ; tous ils n'ont peint que dans cette optique, par envie d'argent et par envie de gloire, pas parce qu'ils avaient voulu être peintres mais uniquement parce qu'ils voulaient avoir la gloire ou l'argent ou la gloire en même temps que l'argent.»

Maîtres anciens. Comédie [Alte Meister] 1988, Trad. de l'allemand (Autriche) par Gilberte Lambrichs, Collection Folio (n° 2276), Gallimard



il faudrait lire la quête d'argent comme métaphore d'une autre, celle d'une gloire n'étant pas exclue concernant ceux qui se préoccupent surtout de paraître en parlant comme des livres... Reconnaissons à la plupart d'être bien plus modestes. Toujours est-il que s'ils ont tous ensemble-tous ensembleu raté une marche, c'est d'honorer leur propre mot d'ordre : ni dieu, ni maître...


leur totem est à bout





PS : il est donc fort dommage que ce sujet ou d'autres les concernant soit davantage lus que ceux qui (re)construisent de façon positive une théorisation qui ne doit plus rien à ces polémiques-là



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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Ven 4 Sep - 17:06

du blogue généraliste de Claude Guillon, toujours aussi égo-centré, l'écrivain anarchiste... Notons qu'il ne relève pas mes commentaires, plus haut, à son texte «Et “dieu” créa l’“islamophobie”»…, ni le rapport établi avec Yves Coleman. Il est vrai 1) que je ne fais pas dans la critique de pacotille de ceux à qui Guillon répond 2) que je ne l'accuse pas lui de ce dont Yves Coleman est comptable

cela dit, on a toujours un peu à voir avec qui relaye ses textes, et la liste des sites anarchistes que Guillon cite, pour avoir repris son texte, est en elle-même symptomatique du petit monde anar où l'on s'agite à propos d'islamophobie. On y relève l'ineffable non-fides qui se distingue dans l'idéologie française anarcho-libertaire anti-communiste  

bien qu'il assure : « J’ajoute qu’en présence d’une critique précise et argumentée, je publierai et répondrai. », Guillon s'est gardé, depuis des mois, de relever les arguments précis de ce fil. Je n'attends rien de lui, qui a suffisamment prouvé qu'il évite justement toute critique de fond. S'il éprouve aujourd'hui un tel besoin de défendre sa réputation, c'est peut-être que les reproches qu'on lui adresse commencent à peser lourd : il n'y a pas de fumée sans feu. En brûlant son cadavre, Claude Guillon n'en fait plus que descendre. Comme disait mon grand-père :


Marie, quand tu auras fini de monter des cendres, tu descendras mon thé




Concept d’«islamophobie» (suite) : textes, liens, débats, mensonges et sarcasmes… Claude Guillon, 3 septembre 2015


Claude Guillon a écrit:
J’ai reçu peu de commentaires directs à la suite de la publication sur le présent blogue du texte intitulé «Et “dieu” créa l’“islamophobie”»…, sauf de courts messages d’encouragement, précieux certes, mais qui ne demandent pas à être reproduits.

Je cite cependant celui-ci :

Christophe a écrit:
Il me semble que dans ton article « Et Dieu créa l’islamophobie », quelque chose t’a échappé. L’OCI ne dit pas que « les croyants » ont des « droits » et que les athées n’en ont pas. Elle dit que les croyants des religions abrahamiques et monothéistes, c’est-à-dire les musulmans, les chrétiens et les juifs (oui mais bon eux…) ont des droits et que les autres, mais pas seulement les athées, également les croyants des religions polythéistes, les animistes, et tout ce qui peut exister comme croyants de religions non-abrahamiques, n’ont aucun droit. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Mon texte a été intégralement repris et/ou signalé sur les sites suivants:

Le Laboratoire anarchiste
Mondialisme.org
Non fides
En dehors
Le Blog de Floréal
Sous la cendre
Indymedia Bruxsel


Et, malgré ma défense maintes fois réitérée, par le crétin qui a intitulé son triste blogue « Serpent libertaire ».

La version d’Indymedia Bruxsel présente l’avantage d’être suivie de commentaires.

On y apprendre, en vrac, qu’« après un début de carrière plutôt intéressant et sympathique contre les idées toutes faites et la pensée dominante, Claude Guillon a décidé de jouer dans la cour des grands [sic] et d’accéder à un monde politiquement correct d’où ses idées trop extrémistes l’avaient écarté. »

L’auteur de ce commentaire croit pouvoir annoncer que je vais prochainement prendre pour cibles les « “antisionistes”, les “anticolonialistes”, “les anti-impérialistes”, bref, tous les empêcheurs de tourner en rond dans le meilleur des mondes colemanesques possibles… »

L’adjectif « colemanesques » dérive d’Yves Coleman, auteur de la revue Ni patrie ni frontières, qui a repris un certain nombre de mes textes (voir le lien mondialisme.org ci-dessus). Au passage, j’ai l’impression que certains voient Coleman, auteur-éditeur d’une revue tirée à 200 exemplaires, comme une espèce de Citizen Kane du XXIe siècle, au cœur de la concentration de la presse française…

Passons. Une fois décidé que ledit Yves Coleman (qui n’en peut mais !) est mon « nouveau maître à penser » (sans préciser qui était le précédent…), il est facile à notre illusionniste d’aligner une longue liste de liens conduisant à des articles de Coleman, dont il va de soi — désormais — que je suis censé les endosser.

On apprendra encore que je fais désormais partie des « anarchistes “respectables” » qui « disent exactement la même chose que Fourest, Val, Finkielkraut ou même Éric Zemmour, ce qui prouve bien plus sûrement qu’ils sont sur la même longueur d’onde. »

Je m’étais dispensé jusqu’ici de lire une ligne de M. Zemmour, mais si des « anarchistes » pas respectables m’assurent que c’est un communiste libertaire antithéiste, je vais faire un effort…

On apprendra encore que « Je suis Charlie » sans le savoir. Comme j’ai pris la peine d’écrire le contraire et que cela s’est un peu su, il faut feinter : « Passer de Mordicus à Mondialisme.org et Le Monde libertaire pour promouvoir ses “idées” anarchistes, quelle déchéance ! Même ses fausses audaces par rapport à Charlie ne sont que des échappatoires. Il n’est pas Charlie seulement à cause de la récupération par le pouvoir, mais nulle part il n’émet la moindre critique envers ce journal raciste qui était passé depuis plus de dix ans dans le camp du pouvoir. D’autres ont eu ce courage qu’il n’a pas et qu’il n’aura jamais plus. »

Voyez comme on peut se tromper : j’aurais juré que ce passage du texte « Vous faites erreur, je ne suis pas Charlie ! » était une critique de Charlie Hebdo…


Je ne suis pas Charlie, parce que si je partage la peine des proches des personnes assassinées, je ne me reconnais en aucune façon dans ce qu’était devenu, et depuis quelques dizaines d’années, le journal Charlie Hebdo. Après avoir commencé comme brûlot anarchisant, ce journal s’était retourné — notamment sous la direction de Philippe Val — contre son public des débuts. Il demeurait anticlérical. Est-ce que ça compte ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Certainement pas. J’apprends que Houellebecq et Bernard Maris s’étaient pris d’une grande amitié, et que le premier a « suspendu » la promotion de son livre Soumission (ça ne lui coûtera rien) en hommage au second. Cela prouve que même dans les pires situations, il reste des occasions de rigoler.

Passons sur le léger retard de lecture à propos du Monde libertaire (voir Comment peut-on être anarchiste ?), le même messager de mauvais augure prévient qu’un jour les Coleman (dont je ne sache pas qu’il se soit jamais prétendu anarchiste) et les Guillon « dépasseront les Cohn-Bendit et les Philippe Val dans le reniement des idées libertaires, on préfère [ajoute-t-il] les anonymes qui n’ont pas retourné leur veste. »

Notez que je prétends justement, moi, qu’ils ont l’ont retourné en abandonnant l’antithéisme.

My tailor is perhaps rich but unfortunately no longer anarchist !

Et pour finir — très provisoirement, sans doute — je suis qualifié par un autre commentateur d’ « ayatollah de la laïcité (d’État) », doublé d’un « idiot utile de l’anticommunisme » (étonnez-vous, après ça, que j’ai un emploi du temps de ministre…).

Le même fan me reproche de m’être « acoquiné » avec Octavio Alberola, en publiant à ses côtés une critique de Chomsky, Alberola dont « je ne peux pas ne pas avoir lu » un texte en faveur d’Onfray… Vous suivez toujours ?

Or me voici dans la pénible obligation de dessiller les yeux de mon sévère critique : je ne connais pas Alberola, sinon de vue, je ne lui ai jamais parlé. Et personne ne m’a demandé mon avis pour publier nos textes conjointement.

Oh !? Non !!! Eh si !…

Ainsi va le monde radical, et le ridicule des couillons qui bricolent des « écoles de pensée » sur la table de leur cuisine.

Il y a une chose qui manque dans la longue liste de liens, entrecoupée d’insultes, à laquelle je vous renvoie…

UNE CRITIQUE D’UN PASSAGE DE MON TEXTE

Mais je suis sûr que ça viendra. Il leur faut un peu de temps, c’est tout.

J’ajoute qu’en présence d’une critique précise et argumentée, je publierai et répondrai.

À moins bien sûr d’être terrassé par la force d’arguments, insoupçonnables à ce jour par ma misérable cervelle d’ex-mousquetaire anarchiste sénile et avide de voir ses mérites anticommunistes et « islamophobes » reconnus par l’État (putain ! 63 ans !), lesquels me convaincront de récuser le fier (croyais-je) slogan « Ni dieu ni maître » comme le « dicton » raciste qu’il est.

[...]


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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Ven 25 Sep - 18:10



> Et Dieu créa les islamophobes par Contre tous les racismes IndymédiaNantes 4 septembre 2015 à 16:24

Citation :
Que c’est triste de (mal) vieillir ! Après un début de carrière plutôt intéressant et sympathique contre les idées toutes faites et la pensée dominante, Claude Guillon a décidé de jouer dans la cour des grands et d’accéder à un monde politiquement correct d’où ses idées trop extrémistes l’avaient écarté. Après avoir été accusé de négationnisme par ceux-là même qu’il cherche à séduire aujourd’hui, il a rejoint leurs rangs avec la jubilation de ceux qui ne trouvent rien de plus excitant que de hurler avec les loups et d’être accepté enfin après moult vicissitudes parmi les idiots utiles du pouvoir.

Ce n’est malheureusement pas le seul, et la liste est longue des anciens camarades de lutte qui ont suivi l’exemple de « Charlie Hebdo » et qui sont passé des idées subversives à la fausse impertinence des bouffons de la République. Il lui manquait juste de sceller le trait d’union lui permettant de relier son passé libertaire et sa nouvelle vocation réaliste, et il l’a trouvé chez Yves Coleman, son nouveau maître à penser, dont il copie les « idées » que ce dernier avait lui-même copiées chez Philippe Val et Caroline Fourest. La grande saga Claude Guillon – Yves Colleman a commencé, et elle n’a pas fini de nous passionner. Pour le moment, c’est l’« islamophobie » qui s’y colle (avec des guillemets, comme le fait son maître à penser), mais on attend ses futures prestations contre les « antisionistes », les « anticolonialistes », « les anti-impérialistes », bref, tous les empêcheurs de tourner en rond dans le meilleur des mondes colemanesques possibles…

L’antiracisme non spécialisé contre le seul antisémitisme inquiète beaucoup certains « libertaires » (avec guillemets) qui craignent pour leur fonds de commerce qui leur garantit une sécurité « militante » (avec guillemets), puisqu’ils sont assurés d’avoir à leurs côtés non seulement l’Etat, le gouvernement, les médias du pouvoir, la classe politique de gauche et de droite, les flics et la Magistrature, mais aussi certains milieux alternatifs qu’ils ont réussi à infiltrer.

Une chose leur est insupportable : que des libertaires (sans guillemets) aient le courage de dénoncer les racismes devant lesquels ils ont capitulé pour se fondre dans la majorité silencieuse. Ces libertaires existent, on les a rencontrés :

Pas d’islamophobie au nom des idées libertaires !
https://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/25/pas-dislamophobie-au-nom-des-idees-libertaires/

Libertaires et sans-concessions contre l’islamophobie !

http://www.bboykonsian.com/Libertaires-et-sans-concessions-contre-l-islamophobie-_a2635.html

Mais aussi :

féministes contre l’islamophobie
http://lmsi.net/Feministes-contre-l-islamophobie

Laïcité oui / Islamophobie non
http://philum.info/65521

à propos de l’islamophobie
http://lmsi.net/A-propos-de-l-islamophobie

Rassemblement contre l’islamophobie
http://www.ujfp.org/spip.php?article3780

L’islamophobie, axe fondamental de la contre-révolution coloniale
http://indigenes-republique.fr/lislamophobie-axe-fondamental-de-la-contre-revolution-coloniale/

Aussitôt, les anarcho-islamophobes ont réagi pour ne pas perdre la considération de leurs nouveaux alliés. Bien entendu l’inénarrable Yves Coleman le premier, avec son pamphlet bien connu :

Dix questions aux « libertaires » sur l’« islamophobie » et le racisme
http://mondialisme.org/spip.php?article2230

Plus une douzaine de textes du même tonneau qu’on pourra se divertir à lire sur Mondialisme.org

Mais il a fait des émules, et un de ses admirateurs qui signe P.V. a cru bon de faire de la surenchère avec son texte encore plus provocateur :

Protestation devant les libertaires d’aujourd’hui sur les capitulations devant l’islamisme
http://www.autrefutur.net/Protestation-devant-les

Il restait à remplir la troisième marche du podium, et c’est Guillon qui s’y colle avec ce texte, pour faire oublier ses frasques de jeunesse et mériter sa place chez les anarchistes « respectables ». On remarquera la similitude de ces textes, leur même mauvaise foi qui ne tient jamais compte de ce que peuvent dire leurs adversaires, les arguments de café du Commerce du genre « les islamistes ont dit la même chose à tel moment, donc vous faites le jeu des islamistes ». Mais eux ils disent exactement la même chose que Fourest, Val, Finkielkraut ou même Eric Zemour, ce qui prouve bien plus sûrement qu’ils sont sur la même longueur d’onde.

La réponse à ces anars repentis et reconvertis dans la pensée dominante (celle de Charlie Hebdo et des racistes) est ici :

Protestation devant les libertaires d’hier sur leur capitulation devant la pensée dominante et l’union sacrée

https://nantes.indymedia.org/articles/31214


je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué... Néanmoins, ce texte demeure superficiel, au niveau personnel, Claude Guillon a (aurait) trahi l'anarchisme, son mentor serait Yves Coleman donc Caroline Fourest... Bref, l'amalgame habituel et la dénonciation aux purs et dures compagnes et compagnons... et tout ça avec le "concept" ambiguë d'islamophobie

vrai que Claude Guillon, sans parler de sa carrière d'écrivain anarchiste égocentré, ne s'est pas distingué dans cette histoire, ni contre la communisation, par son honnêteté intellectuelle, mais au fond, ni les uns ni les autres n'ont commencé de comprendre ce qui rend possible, idéologiquement, de tels glissements...

ce commentaire, qui ne renvoie pas un seul instant à ce sujet du forum, et encore moins à d'autres de fond... n'a pourtant pu échappé au milieu anarchiste, vu le nombre de lectures dans la période "chaude" de la controverse, l'intervention de Guillon lui-même et celle d'Yves Coleman me qualifiant de raciste...

quoi qu'il en soit et dit comme ça, je les renvoie dos à dos et me désolidarise de tout amalgame, qu'il concerne Claude Guillon ou un autre, cette spécialité ayant bien assez d'Yves Coleman pour s'épanouir dans ce milieu

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 6 Oct - 17:38

j'ai reçu ce mail, et son auteur la réponse qu'il méritait, violente, qu'il lui appartient si ça lui chante de faire circuler, comme il est de coutume dans les échanges privés entre "camarades" de ce milieu sans scrupules

Citation :
Patlotch,
je t'avais écrit il y a quelques mois déjà. J'avais remarqué ta prose sur les sites "communisateurs" et lu ton blog. Amateur de jazz et de poésie, comme toi, j'aimais bien ton côté décalé, tes emportements, et j'admirais cette qualité de polygraphe (que tu reconnaissais toi-même) que tu pouvais partager avec d'autres, plus ou moins proches ou plus moins éloignés ; cette capacité à aligner des milliers de lignes, avec un indéniable bonheur d'écriture.

Et puis, patatras ! Voilà que trouves quelque charme à l'abjecte Houria Bouteldja. Tu juges avec indulgence, malgré quelques réserves, la prose des Indigents de la République. Tu assistes à leur meeting et trouves même nécessaire l'organisation séparée des prolétaires racialisés (ou une formule de la même encre.)

J'ai donc remis sous mon clavier le courriel que je m'apprêtais à t'écrire. Puis j'ai lu, avec dégoût, tes analyses sur la question "raciale."

Il ne me reste plus qu'à te signaler un texte remarquable, qui décortique mieux que je ne pourrais le faire l'ignoble discours des racialisateurs, depuis les racistes du PIR jusqu'à ceux qui acceptent de dialoguer avec eux.
Tu trouveras ça ici : http://racialisateursgohome.noblogs.org/


P.S. : S'il s'agissait de ta part d'une bouffée délirante, j'espère que tu en revenu et je me remettrai avec plaisir à lire tes textes.


il s'agit du même qui, il y a quelques mois, sous le pseudonyme Krefeld, sauf erreur, m'avait alerté quant à «l'islamo-gauchiste Saïd Bouamama» (voir ICI)
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 6 Oct - 17:39

j'ai reçu ce mail, et son auteur la réponse qu'il méritait, violente, qu'il lui appartient si ça lui chante de faire circuler, comme il est de coutume dans les échanges privés entre "camarades" de ce milieu sans scrupules

Citation :
Patlotch,
je t'avais écrit il y a quelques mois déjà. J'avais remarqué ta prose sur les sites "communisateurs" et lu ton blog. Amateur de jazz et de poésie, comme toi, j'aimais bien ton côté décalé, tes emportements, et j'admirais cette qualité de polygraphe (que tu reconnaissais toi-même) que tu pouvais partager avec d'autres, plus ou moins proches ou plus moins éloignés ; cette capacité à aligner des milliers de lignes, avec un indéniable bonheur d'écriture.

Et puis, patatras ! Voilà que trouves quelque charme à l'abjecte Houria Bouteldja. Tu juges avec indulgence, malgré quelques réserves, la prose des Indigents de la République. Tu assistes à leur meeting et trouves même nécessaire l'organisation séparée des prolétaires racialisés (ou une formule de la même encre.)

J'ai donc remis sous mon clavier le courriel que je m'apprêtais à t'écrire. Puis j'ai lu, avec dégoût, tes analyses sur la question "raciale."

Il ne me reste plus qu'à te signaler un texte remarquable, qui décortique mieux que je ne pourrais le faire l'ignoble discours des racialisateurs, depuis les racistes du PIR jusqu'à ceux qui acceptent de dialoguer avec eux.
Tu trouveras ça ici : http://racialisateursgohome.noblogs.org/


P.S. : S'il s'agissait de ta part d'une bouffée délirante, j'espère que tu en revenu et je me remettrai avec plaisir à lire tes textes.


il s'agit du même qui, il y a quelques mois, sous le pseudonyme Krefeld, sauf erreur, m'avait alerté quant à «l'islamo-gauchiste Saïd Bouamama» (voir ICI)
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 6 Oct - 21:11

suite

Citation :

Connard,
j'ai le même âge que toi et tout à fait capable de t'envoyer au tapis.
Tu es encore plus ignoble que ce que je pensais : tu es en plus
antisémite. Félicitations. Je te laisse à tes ruminations stomacales. En
attendant, relis donc le texte* dont je t'ai envoyé le lien. Tes
divagations racistes y sont impeccablement démontées.
Cela dit, s'il s'agit vraiment d'une bouffée délirante, je connais
d'excellents psychiatres. N'hésite pas à me demander une adresse.
B.G.


ce texte est sur mon forum depuis plusieurs jours, trouvé Yves Coleman sous le titre "Tiens, ça glisse… ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)" depuis le 29 septembre : ce monde est petit, sa rhétorique, aux mots près, la même : Yves Coleman est la plaque-tournante...
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 6 Oct - 21:12

suite

Citation :

Connard,
j'ai le même âge que toi et tout à fait capable de t'envoyer au tapis.
Tu es encore plus ignoble que ce que je pensais : tu es en plus
antisémite. Félicitations. Je te laisse à tes ruminations stomacales. En
attendant, relis donc le texte* dont je t'ai envoyé le lien. Tes
divagations racistes y sont impeccablement démontées.
Cela dit, s'il s'agit vraiment d'une bouffée délirante, je connais
d'excellents psychiatres. N'hésite pas à me demander une adresse.
B.G.


ce texte est sur mon forum depuis plusieurs jours, trouvé Yves Coleman sous le titre "Tiens, ça glisse… ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)" depuis le 29 septembre : ce monde est petit, sa rhétorique, aux mots près, la même : Yves Coleman est la plaque-tournante...
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Sam 10 Oct - 15:52



Ni dieux, ni races, ni maîtres

posté le 09/10/15 par Collectif d'artistes de mur contre le racisme


Durant la nuit du jeudi 08 au vendredi 09 octobre, les murs de la bourse du travail de Saint-Denis (93) ont été redécorés par des messages de bienvenue pour le PIR et ses ami-e-s qui organisent dans ce lieu le meeting de préparation de la Marche de la dignité ce vendredi à 18h.

Les messages écrits à l’adresse du P.I.R et leurs petit-e-s complices racialisateurs sont les suivants :

- Ni dieux, ni races, ni maîtres !

- PIR dégage !

- Ni parti, ni indigène, ni république, révolution !

- Bouteldja, Dieudo, Tariq Ramadan, Soral : même combat !

- PIR, misogynes, homophobes, antisémites

Pour rappel, sont signataires de la Marche de la dignité, qui aura lieu le 31 octobre, d’éminentes pourritures telles que : Tariq Ramadan (que l’on ne présente plus), le rappeur Médine (qui est venu voir son pote Kémi Seba à la Main d’or), Houria Bouteldja (porte-parole du PIR, et accessoirement raciste et homophobe de service), des membres de la Brigade Anti-négrophobie, et une longue liste de personnes dont le discours nauséabond sera de circonstance pour Halloween.

QUELQUES SAINES RÉACTIONS


Ni Dieux, ni fachos ni racistes 9 octobre 23:03

La clique habituelle des petits fachos racistes n’a plus d’autre sujet de militantisme aujourd’hui que de s’attaquer aux antiracistes en inondant les médias alter de leur haine et de leurs calomnies.

C’est le retour du racisme anti-blanc cher à l’extrême droite et la glorification de l’islamophobie au nom du laïcisme d’Etat. Vigilance ! Le racialisme d’extrême droite est là affublé des oripeaux d’un gauchisme qui ne trompe personne !

Zemmour, Houellebecq, Tesson, Finkielkraut, Val, Fourest, Coleman, Guillon, même combat !

Mais ça ne passe pas toujours. Il ne faut pas avoir peur de leur répondre. Pour connaître les enjeux de cette campagne raciste, ne ratez pas :

Benjamin Netanyahu, maître à penser de Monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l’extrême-droite sioniste
http://bxl.indymedia.org/spip.php?article8207

ET « DIEU » CRÉA L’« ISLAMOPHOBIE »…
http://bxl.indymedia.org/spip.php?article8546

Protestation devant les libertaires d’hier sur leur capitulation devant la pensée dominante et l’union sacrée
http://bxl.indymedia.org/spip.php?article6896&lang=fr#forum2763

Lancement du nouveau site « Contre-attaque(s). Pour en finir avec l’islamophobie »
http://bxl.indymedia.org/spip.php?article8602


*

Le retour du racisme anti-blancs et de l’islamophobie 10 octobre 00:01


Pour ceux qui détestent le racisme anti-blanc, quelques textes utiles :

Y a-t-il un « racisme anti-blanc » ?
http://lmsi.net/Y-a-t-il-un-racisme-anti-blanc

« Ainsi de même qu’il y a plein de bonnes raisons de participer à une manifestation de défense de l’avortement sans être une femme ou sans être une femme qui a avorté, de même qu’il y a plein de bonnes raisons de participer à une gaypride sans avoir de pratiques homosexuelles, de même qu’on peut participer à un mouvement de précaires sans l’être (ou du moins pas encore) ou à une manif de sans-papiers tout en ayant sa carte d’identité dans la poche, il n’est pas besoin de brandir son arbre généalogique pour participer à un mouvement des « indigènes de la République ». L’usage expansif de la 1ère personne du pluriel depuis les années 70 dans les luttes pour l’émancipation a fait émerger des sujets politiques complexes dont nous ne comprenons pas pourquoi les “indigènes” seraient exclus. »

En finir avec l’antiracisme d’Etat
http://lmsi.net/En-finir-avec-l-antiracisme-d-Etat

"A l’heure où l’appareil d’Etat, aux mains de la gauche, poursuit une politique intensive de rafles de roms et de sans-papiers, d’expulsions de lycéens et de chasses aux voilées, à l’heure où même des injures négrophobes contre Christiane Taubira servent de tremplin au sinistre Manuel White, à l’heure où la vieille machinerie de l’antiracisme d’Etat se remet péniblement en marche, pour une fois de plus occulter d’autres marches et d’autres antiracismes, à l’heure où les petites mains jaunes tentent de se refaire une santé avec le concours de l’inusable Sœur Caroline Fourest, un retour critique nous a paru nécessaire sur ce que nous appelons, donc, l’antiracisme d’Etat."


repris de mon blog http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-608.html

Les nouveaux inquisiteurs

10 octobre 00:05

Les nouveaux inquisiteurs n’emploient jamais le terme « racisme anti-blancs », trop connoté extrême droite, ils ne sont pas fous ! Sauf que leurs arguments sont exactement les mêmes et leurs cibles sont les mêmes. Ce qui les distingue, c’est de se spécialiser dans les Indigènes de la République, un sujet porteur, et tous ceux (y compris Vidal-Naquet) qui auraient pu avoir des contacts avec eux ou mener des combats antiracistes ensemble, ce qui fait beaucoup de monde. C’est la méthode classique des inquisiteurs, des staliniens et de Big Brother.

C’est aussi la méthode de Coleman, qui ne supporte pas qu’on parle d’islamophobie et qui critique les antiracistes avec les mêmes arguments que Finkielkraut et que Zemmour, et c’est bien pour ça qu’il est cité, comme idiot utile de la droite raciste. Pour rappel :

« Décidément, Yves Coleman est bien pratique, avec ses gros sabots : « Acquérir une vision claire des différentes formes de racisme et de leurs rôles. Et réfléchir à ce que pourrait être un antiracisme de classe »


Bien pratique pour des considérations dépassant sa personne et son militantisme spécialisé dans la dénonciation, non de l’Etat et du capital, mais des militants d’extrême-gauche.

Tout l’article est construit avec l’idée que le racisme est... une idée. Il s’agirait de s’en faire la bonne pour élaborer le bon « antiracisme », de préférence de gauche ou d’extrême gauche, en prenant en compte des « analyses de sociologues, historiens et spécialistes de sciences sociales, universitaires, économistes... ». Notons au passage que pour Yves Coleman, F. Fanon, Malcolm X, Stockely Carmichael, Huey Newton, Angela Davis sont des « identitaires », un qualificatif qui trouverait grâce à lui une valeur rétro-active pour tous ceux qui ont mené depuis des siècles leurs luttes contre leur esclavage, leur colonisation ou leur ségrégation institutionnelle en France... Le Noir sur-exploité qui se bat le fait parce qu’il est exploité, pas parce qu’il est noir, mais s’il est plus sur-exploitable, c’est parce qu’il est noir.

Il ne vient pas à l’idée d’Yves Coleman que les premiers concernés par le racisme sont les "victimes" du racisme, et qu’eux ne se définissent pas comme « antiracistes ». L’antiracisme vient d’une extériorité compassionnelle au problème de classe et de race. À l’inverse, c’est toujours partant de leur situation concrète, de leur situation sociale, économique ou de leur confrontation à la répression policière, que ces populations racialisées entrent en luttes, des luttes qui ne se caractérisent pas par des revendications « identitaires », mais plutôt à visée dés-identitaires. Au fond, ils ne demandent pas un soutien « antiraciste de classe » à leur luttes. Une telle posture finalement morale n’est bonne qu’à soulager la conscience militante blanche... ou assimilée [...]

« Penser l’histoire et le présent des identités dans leurs rapport aux classes sociales et à leurs antagonismes »

Vouloir définir un « antiracisme de classe », c’est vouloir donner des leçons de classe aux racialisés. C’est oublier que le racisme réel est un rapport social, et comme tout rapport social dans le capitalisme, une rapport de classe en lui-même de par son intérêt pour le capital, non par une quelconque prise de conscience apportée par une posture militante qui ne mange pas de pain... noir. D’autant quand on passe son temps, comme Yves Coleman, à flinguer tous ceux qui justement sont pris dans la tourmente et les tourments d’être, non pas « identitaires », mais identifiés par leurs couleurs de peau


http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-608.html



Les rois de la désinformation 10 octobre 00:24

Pour faire oublier qu’ils sont les héritiers directs de l’extrême droite raciste, des Zemmour et autres Finkielkraut, nos vaillants supplétifs de la Police de la Pensée n’ont pas peur d’utiliser la novlangue, censée remplacer la pensée.

Notamment le rapport PIR/Soral ! ! ! Apparemment, ils ne savent pas lire :

http://indigenes-republique.fr/pourquoi-je-soutiens-alain-soral/

http://indigenes-republique.fr/comprendre-le-colonialisme-et-le-racisme-le-cas-dalain-soral/

Pour ces ex-gauchistes qui ont rejoint l’extrême droite, IL S’AGIT EN FAIT DE FAIRE OUBLIER que ce sont leurs modèles, dont ils sont les porte-parole, les Coleman, P.V. ou Guillon, qui développent aujourd’hui les thèses racialistes dont ils accusent les antiracistes.
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Dim 11 Oct - 10:16

parmi les blogs anarchistes qui se distinguent : Non Fides, que relaye Yves Coleman, de Mondialisme.org

Un peu d’agitation contre les racialistes samedi 10 octobre 2015

Non Fides a écrit:
Un premier communiqué, "mis en débat" (euphémisme pour censuré) par Indymedia Nantes et censuré sur Pourris-Luttes.infos, repris d’Attaque (et relayé sur aucun autre site à notre connaissance) :

Tags contre la racialisation

Sont fêtés ce 8 mai 2015 les 10 ans d’un groupuscules d’universitaires racialistes, le « Parti des Indigènes de la République », à la Bourse du travail de St Denis. Heureusement sans assises militantes et politiques concrètes, ce groupe bénéficie pourtant d’une visibilité assez importante et en tout cas disproportionnée. Pire, il profite d’une complicité larvée dans certains milieux politiques, malgré ses positions racialistes, racistes, homophobes et antisémites Ils sont également partisans du religieux, et défendent l’islam politique.

Cette accointance avec des lambeaux de l’extrême gauche est sans doutes rendue possible du fait d’un certain vide politique, d’une culpabilisation importante à l’endroit de la banlieue et des immigrés ; tout cela prend place dans une période de confusion bien répandue. Au niveau international, générant encore d’autres effets de disproportion de visibilité, ils sont relayés par d’autres universitaires œuvrant dans les « post colonial » et « gender » studies.

En réaction aux positions politiques du PIR on peut voir différents tags sur la Bourse du travail de St Denis et alentours.

PIR dégage.

Ni religion, ni racialisation, vive le communisme.

Ni parti, ni indigène, ni république, vive la révolution.

Nique la race, vive la lutte des classes, red panthers.

Racialisteurs vous êtes des microfascistes

Bouteldja, Soral, Dieudonné, Degagez


Un autre, en attente sur Indymedia Nantes, que nous relayons, au cas ou… : Ni dieux, ni races, ni maîtres
« La nuit du jeudi 08 au vendredi 09 octobre, les murs de la bourse du travail de Saint-Denis (93) ont été redécorés par des messages de bienvenue pour le PIR et ses amis qui organisent dans ce lieu le meeting de préparation de la Marche de la dignité ce vendredi à 18h. » [voir plus haut]



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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Lun 9 Nov - 13:53

un des sites préférés d'Yves Coleman...

Nique la race, vive la lutte des classes by lucien Revue de presse militante

Il est temps de rompre les rangs !

Bref retour sur la première initiative racialiste à prétention massive et nationale, la marche de la dignité et contre le racisme du 31 octobre 2015 à Paris, et les affiches antiracialistes qui s’y sont invitées.


Ou comment éclatent les frontières entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche du pouvoir – Tract 4 pages du collectif Anarchistes contre le racialisme à propos de la manif du 31 octobre.


Discussion
Citation :
Une discussion aura lieu mercredi 25 novembre à 19h à la Bibliothèque La Discordia, 45 Rue du Pré Saint-Gervais, 75019 Paris: Ni racisme, ni racialisme, ni races : Sur la récupération du racisme par la gauche (et vice-versa).

Voir aussi:
» Esclaves, esclavagistes et colonisateurs (P. Sommermeyer, 05-2006)
» Entretien avec Yves Coleman (B.S., 12-2010)
» Les Indigènes de la République dénoncent « l’impérialisme gay » (R. d’Angelo, 02-2013)
» Entretien avec Philippe Corcuff (Confusionnisme.info, 12-2014)
» Christophe Guilluy, la « culture » et l’identité des « autochtones » (G. Pinalie, 02-2015)
» Entretien avec J.-L. Amselle (Confusionnisme.info, 02-2015)
» Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise (Y. Coleman, 03-2015)
» « Non au philosémitisme d’État » : un slogan indigne ! (MRAP, 04-2015)
» #QuiADitQuoi : Indigènes ou Soraliens? (test, 06-2015)
» Lettre à Nour – Considérations sur le sous-fascisme et son époque (GARAP, 08-2015)
» Le mythe des « premiers concernés » : quelques notes critiques sur la politique du PIR et du STRASS (C. Boudjak, 08-2015)
» Tiens, ça glisse… ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec) (09-2015)
»
Lettre ouverte à ceux qui pensent que participer à la Marche-de-la-dignité-contre-le-racisme-avec-le-soutien-d’Angela-Davis

n’est pas un problème (10-2015)

» Racisme et racialisme: de la droite de la droite à la gauche de la gauche (B. Maro, 10-2015)
» Marche au pas! ( Collectif Identité j’t’emmerde, via Vosstanie, 10-2015)
» Lettre ouverte aux journalistes ayant couvert la « marche de la dignité » (A. Baïf, 11-2015)



et en prime (lien en bas de page)



Les Indigènes et leurs avatars

Retour sur la Marche de la Dignité 4 novembre 2015 Ornella Guyet
 
Ornella Guyet a écrit:
On en sait un peu plus aujourd’hui sur la Marche de la dignité, qui a réunit 5000 à 10 000 personnes samedi dans les rues de Paris contre les violences policières. Si les Indigènes de la République étaient bien peu nombreux derrière leur grande banderole, en revanche, leur leader Houria Bouteldja s’est retrouvée en tête de cortège.

Le rappeur Médine (connu pour défendre Dieudonné et Kemi Seba) a également pris une part active à l’organisation de l’événement, en prêtant son camion de tournée (sur lequel figurait un immense portrait de lui) pour accueillir les discours, quand Tariq Ramadan a lancé quelques jours avant un appel sur Twitter à soutenir l’événement en y participant ou en le finançant. La présence d’une société de sécurité privée, SGE, pour sécuriser la tête de cortège a également été confirmée. De plus, selon certains témoignages, la négationniste Ginette Skandrani aurait fait une apparition.

Alternative libertaire, qui a publié un compte-rendu élogieux de l’événement, regrette tout de même « les invectives antisémites qui ont jailli, sporadiquement, sur le passage des banderoles de l’UJFP et d’un nouveau collectif, Juives et Juifs révolutionnaires (JJR) », tout en affirmant que ces dernières ont été « largement contrebalancées par les nombreux témoignages d’amitié et les encouragements reçus tout au long du parcours. » Finalement, le sentiment général est que chacun a défilé côte-à-côte en évitant de se croiser. Chaque organisation de gauche radicale s’est ainsi contentée de photographier son propre cortège ou de rendre compte de sa propre présence, sans s’appesantir sur les aspects polémiques.

Selon certains témoignages que nous avons pu recueillir, nombre de militants de ces organisations auraient d’ailleurs quitté le cortège avant sa fin, de sorte que seuls quelques centaines de personnes sont restées pour assister aux discours finaux, au cours desquels le Mafed s’est présenté comme une organisation de « femmes racisées, féministes et révolutionnaires » et l’écrivaine Nargesse Bibimoune a tenu à remercier « dieu » de son soutien.

La présence de Saïd Bouamama à la tête de son FUIQP a également été remarquée. Notons aussi la participation d’au moins un cadre du PS, qui a déclenché une polémique au sein de son parti. Enfin, des opposants à la marche ont effectué un collage tout au long de son parcours. Un point positif tout de même : si l’Agence Info libre a pu tranquillement filmer cortèges et discours, en revanche, Vincent Lapierre et sa caméraman se sont faits éconduire, après être venus jouer les provocateurs queneliers devant les cortèges libertaires et antifascistes qui fermaient la manifestation.


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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 25 Nov - 18:09

segesta a écrit:

Merci pour cette vidéo où Michel Collon fait une analyse très juste de la place de ces imposteurs dans le débat public...


à vrai dire, c'est un débat qui semble n'apparaître que sur Internet, mais il faut bien constater qu'Ornella Guyet, sur son blog Confusionnisme.Info, invite les Yves Coleman, Jean-Loup Amselle, Philippe Corcuff... recoupant la posture "anarchiste" de non-fidès, des "antifas", Vosstanie, et d'interventions sur Indymédia : ces prétendus anars et ultragauchistes français sont des malades eurocentrés, tout juste bons à agiter le revival folklorique de leurs maîtres anciens, et encore, pas les meilleurs, qui savaient en leur temps ce qu'est le capital, comme économie politique « tirant les ficelles » (pepe), évidemment dans la concurrence pour le taux de profits, dans laquelle chacun entraîne ses prolos, y compris dans leur concurrence entre eux, jusqu'à en faire des monstres... d'inhumanité


quant à Michel Collon, pas ma tasse de thé, post-programmatique un rien décalée, mais reconnaissons-lui de faire un bon boulot sur son blog Investig'Action, appuyé sur du concret auquel il apporte des matériaux, et des textes d'auteurs "indépendants" sur des questions où l'on a peu d'éléments (aspects militaires et stratégiques, Amérique latine...). De ces matériaux chacun puise et fait ce qui lui plaît, y compris pour en critiquer les analyses en les prenant comme produites par la faiblesse qualitative de la critique radicale de l'Occident et du capitalisme en crises croisées (comme on disait croisades)


cherchez l'erreur

tout se passe pour certains comme si, dès qu'on met en cause le rôle des États-Unis, « l'impérialisme américain », le « néo-colonialisme » y compris français, ou qu'on relève les luttes forcément racialisées voire bouffées par la religion (comment pourraient-elles ne pas être les deux à la fois ?), on ne pouvait que soutenir des « luttes de libération nationale » de bourgeoisies du Tiers-monde, comme autrefois * : double déshistorisation, et hystérisation qui a plus à voir avec la propagande néo-cons' ou "sioniste" qu'avec une quelconque critique anarchiste ou communiste : cherchez l'erreur


quelles questions théoriques nous posent la période et les luttes ?

* noter, concernant l'Afrique par exemple, que je ne me fais aucune illusion sur ce que peuvent recouvrir certaines postures "décoloniales" : mon sujet s'intitule l'AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?,

cela recoupe le questionnement sur une possibilité de restructuration du capital mondial,
sur laquelle s'interroge pepe, comme les sujets CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE, ÉTAT TRANSNATIONAL, GÉOSTRATÉGIE et capitalisme global : "néo-impérialismes" ?, et (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, migrations, transnationalisme, précariat globalisé... : des questions, pas encore des réponses...

sont-ce les bonnes questions théoriques ? Voilà la question qui n'est pas que théorique, puisqu'elle concerne les luttes, celles que nous avons sous les yeux, pas celles dont nous rêvons

le plus gênant, à notre plus petite échelle médiatique, est que cela pollue les débats dans ce qu'il reste d'expres​sion(sur Internet) de la "théorie de la communisation", au sens large dans lequel j'inclue la démarche de ce livre-forum


faisons le ménage, c'est bon pour les méninges, et déménageons les enjeux



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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Jeu 26 Nov - 20:09


bénitier pour bêtisier ?


Yves Coleman, qui n'avait jusque-là commenté aucun texte de la revue Période, s'en prend au maillon faible, le « marxisme analytique anglo-saxon » : pas folle, la guêpe... Rien effectivement dans ce texte qui mérite d'alimenter une théorisation de la lutte de classe

on comprend donc pourquoi Yves Coleman le choisisse plutôt qu'un autre, ne présentant pas les mêmes failles...


Yves Coleman a écrit:
Bêtisier : Pour éviter de traiter du terrorisme islamique la revue "marxiste" en ligne Période publie une réflexion "morale" sur les crimes de guerre de...(devinez qui ?)

Les "marxistes" sont censés être des gens qui réfléchissent plus que les autres (normal : ils possèdent les outils de la "science marxiste" et du matérialisme dialectique, véritable science des sciences selon saint Staline et saint Althusser) et qui ont réponse à tout.

Comme les "marxistes" de la revue "Période" n’avaient rien à dire (du moins publiquement) sur le terrorisme islamique et les derniers massacres commis à Paris le 13 novembre 2015, ils ont traduit et publié le 16 novembre, soit seulement trois jours après les massacres de Paris, un article qui prétend poser des jalons d’une réflexion « éthique » sur (devinez quoi ?)... les crimes de guerre de l’Etat israélien.

Le titre de cet article est "Jeter la première pierre : Qui peut, et qui ne peut pas condamner les terroristes ?"



Bêtisier :  Pour éviter de traiter de la lutte des classes la revue "ultragauchiste" en ligne Ni Patrie Ni Frontières publie une réflexion "morale" sur les crimes de guerre de...(devinez qui ?)

et comme notre polyglotte sans frontières de classe n'est pas en reste :


Bestiario : Per evitare di parlare del terrorismo islamico, la rivista "marxista" online Période pubblica una riflessione "morale" sui crimini di guerra di ... (indovinate chi ?)

à quand, sur mondialisme.org les réponses à Yves Coleman, montrant pour qui il roule... les mécaniques en perte d'huiles ?

la roue pète ?





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DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés
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