PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Ven 2 Déc - 12:46

l'eurocentrisme prolétarien universel, et le déni marxiste et anarchiste d'un mouvement décolonial dans la double crise de l'Occident et du capital, sont une idéologie en miroir de l'expulsion (Sassen) par le capital global d'une population croissante constituant une troisième classe différentes des deux pôles capital et prolétariat

voir nouveau sous-chapitre : V.1.7. la décomposition/recomposition des classes dans la restructuration du capital

sur le plan théorique, cela correspond à l'activité politique anti-révolutionnaire du prolétariat qui n'a toujours lutté et ne lutte toujours que pour son inclusion dans le système capitaliste, qu'on le nomme ainsi ou socialisme étatique ou autogestionnaire
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 20 Déc - 13:21


aracement à l'arrache

à propos de «racialisateurs« et d'«anti-racialisateurs»
, une mise au point de la modération d'Indymédia-Nantes sous le texte Pourquoi les « anti-racialisateurs » (et aussi celleux qui les soutiennent) font partie du problème... et non de la solution

Citation :
Les articles qui accusent de « racialistes » les personnes qui s'organisent en non-mixité/construisent collectivement des luttes autour de l'analyse de la société hiérarchisée en terme de race n'ont rien à faire sur indymedia nantes. Le site permet la publication d'articles venant de personnes et de groupes qui choisissent la non-mixité comme moyen d'auto-organisation, et c'est certainement pas aux personnes non concernées de venir publier des articles pour dire a quel point c'est contre-révolutionnaire. Une identité de lutte n'a rien a voir avec un mouvement identitaire.

Pour rappel le racialisme c'est un mouvement scientifique du 19ème et qui a créé des catégories sociales, raciales, de genre... et qui justifiait les systèmes d'oppression, la colonisation, l'exploitation de races, de classes, des femmes,... On notera aussi que ces racialistes – en plus de n''être que des blancs –, disposaient de canaux de communications larges et de positions de pouvoir comme par exemple être au gouvernement, dans les médias et facs réputées etc.

Peut être aussi faudrait se calmer sur le PIR et Bouteldja et arrêter de tout ramener a elleux. Tou-te-s les militant-e-s antiracistes ne sont pas forcément affilié-e-s au PIR.

Enfin bref, vu le contexte raciste actuel, c'est pas très étonnant que ce genre de position ressortent, sauf qu'indymedia ne sera pas utilisé pour être le relais de ce type de discours.


un autre texte, Pour en finir avec le terme « racialisateur » déchaîne ces tristes passions : Pour en finir avec Mignon Chaton Démontage d’une imposture 19 décembre

l'accusation des militants décoloniaux d'être des "racialisateurs" trouve son expression théorique formulée par le 'communisateur' Roland Simon, de Théorie Communiste : "entrepreneurs en racisation", qui fait mine de les renvoyer dos à dos avec les tenants du "déni normatif" (du racisme), et justifie ainsi la difficulté de théoriser la "racisation" :

RS a écrit:
oui, c’est tout le problème et la difficulté de produire une théorie de la racisation rejetant et le déni normatif au nom de la classe une et indivisible dans son concept (qui semble cependant avoir été mise en sourdine dans ce livre au nom d’un bête combat moral) et les entrepreneurs en racisation (les premiers se nourrissant des seconds – un peu moins vrai dans l’autre sens), d’autant plus que les uns et les autres (bien conscients de leur complémentarité vitale) saturent l’espace et les possibilités d’expression ; le conflit physique et sa mise en scène n’étant pas le moindre des instruments complaisament utilisé.

"l'espace" théorique de RS/TC est vite "saturé", puisque le terme "racialisateurs" n'a d'existence que dans ce milieu (cf Google Racialisateur). J'ai répondu à ce prétexte le 13 décembre dans ma chronique en vrac

point 5)
Patlotch a écrit:
difficile, effectivement, de produire une « théorie de la racisation » quand on n'a pas de théorie de la race comme nécessité du racisme moderne dans l'émergence du capitalisme historique; RS/TC ayant posé, plus que démontré, qu'elle n'était pas « structurelle au capitalisme », comme si le problème était, pour les victimes du racisme prolétaires ou autres, d'être ou non des objects de structures, et non des sujets de l'histoire, individus en communautés historiquement produites partant d'eux-mêmes (Marx), donc nécessairement luttant à partir de ce que le colonialisme et le capitalisme ont fait d'eux

de plus, il n'est nécessaire de produire une telle « théorie de la racisation » que si l'on reste dans l'approche catégorielle classe-genre-race (cad au fond intersectionnelle, à dominante de classe pour TC). J'ai montré au fil de mes travaux depuis deux ans, passant par CLR James, Stuart Hall, Gayatri Spivak, et la tradition marxiste anticolonialiste et post-coloniale, qu'il fallait s'élever au niveau théorique supérieur de la critique du capitalisme dans sa genèse occidentale, et donc reprendre une part des travaux des penseurs décoloniaux, sans abandonner pour autant les fondements de la critique marxienne de l'économie politique. Par simplicité, j'ai baptisé ce croisement marxisme décolonial, comme théorie communiste dans le moment présent et non théorie d'une éventuelle révolution communiste future


cette intervention de RS est une commentaire à propos "de ce petit bouquin" relayé complaisamment par dndf



Patlotch a écrit:
point 4) vouloir "démanteler" ces "lobbys" suppose d'abord d'y réduire des luttes réelles, massives, multiformes et de contenus variables, dans une démarche non pas théorique pour les comprendre, mais politique de militants théoriciens les ayant objectivés dans la sphère idéologique de leur lobby communisateur, pour partir en guerre contre d'autres militants dans le leur : le PIR, vu sa faiblesse théorique décoloniale même, devient alors leur adversaire idéal, d'où son choix privilégié par TC, dndf, non-fides et Cie dans le refoulement complet des théoriciens décoloniaux conséquents et de leurs différends en relation au marxisme : le prétendu "débat théorique classe-race" tourne ainsi en rond dans ce milieu depuis plusieurs années sans le moindre élément nouveau, puisqu'il est d'emblée évacué voire censuré par ces "anti-racialisateurs" : cqfd de quoi pour qui ?

l'hypocrisie de TC est totale, vu que dndf ne relaie des textes, et n'a en liens sur ces questions, que les partisans du "déni normatif" (cf Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche)

j'ai ajouté le 16 décembre, à propos de Temps Critiques

Patlotch a écrit:
ici, le risque existe, effectivement, que les théoriciens de la communisation, au coude à coude avec de so called anarchistes deviennent, comme dit Temps perdu , « une force réactionnaire », en ne voyant dans les "particularités", les luttes à bases communautaires que communautarismes, et « lobbys politiques ». Relevons que leurs frères ennemis de Temps critiques, dans leur dernier livre, « Dépassement ou englobement des contradictions ? » utilisent le même vocabulaire :

Temps Critiques : « ... une nouvelle dynamique qui permet d’englober la contradiction capital-travail mais fait resurgir des contradictions ancestrales précapitalistes (rapports entre les sexes, rapport à la nature) jusque-là recouvertes par la contradiction dominante entre les classes. Féminisme, lutte contre la norme sexuelle, écologisme, autonomie, autant de mouvements, alors dits « de libération », qui semblent un temps pouvoir dépasser le capitalisme. Il n’en fut rien : ces mouvements, souvent devenus lobbies, contribuent plutôt à faire sauter des verrous.»

les deux Jacques ne s'embarrassent pas, comme Temps perdu suite à mes remarques, de distinguer mouvements et lobbys, et d'ailleurs, en matière de contradictions et de dépassements, j'ai montré qu'ils n'avaient dans leurs précédentes considérations pas dépassé le stade d'assimiler la dialectique de Marx à celle de Hegel

voir dans toute lutte à base communautaire un communautarisme, c'est faire preuve d'absence de toute dialectique des contradictions. Sont-ils en ceci réactionnaires ? Oui, je l'ai dit et l'assume : 5ème colonne postultragauche de l'idéologie française

la pensée décoloniale peut avoir un problème avec l'antagonisme de classe, mais chez aucun de ses théoriciens elle n'est communautariste. Pourtant, c'est l'amalgame qui est fait par des militants, de forcenés athéïstes laïcards et prétentieux anars à de prétendus théoriciens.


je me réjouis par conséquent que la modération d'Indymédia-Nantes reprenne la distinction que j'ai faite avec le concept d'identité de lutte, sur une base communautaire défensive (et passant à l'offensive), nœud de contradictions de classes, de genre et de 'race's dont il s'agit qu'elles produisent, par elles-mêmes, leur dépassement

incidemment, j'ai rapporté hier, ICI, un texte de Jacques Camatte, de 1976, où l'on peut lire

Jacques Camatte a écrit:
Cependant, vue la carence du mouvement prolétarien dans ces pays, on fut bien amené à reconnaître que la lutte des races se révélait parfois beaucoup plus révolutionnaire que la lutte des classes.

et j'ai montré ailleurs que ces positions anarchistes et ultragauche avaient une vieille histoire remontant à la critique des mouvements anti-coloniaux de libération nationale comme bourgeois (la FA s'étant alors distinguée au temps du Père Joyeux)

la question qui se pose, et cette phrase de Camatte y ramène : qu'est-ce qui, à une époque donnée, est "révolutionnaire" dans le sens de participer au mouvement de l'histoire ? A-t-on reproché à Marx de considérer la bourgeoisie capitaliste comme porteuse de progrès historique en favorisant l'émergence et la montée en puissance de la classe ouvrière, certes celle des "nations développées" qu'il considérait universellement révolutionnaire ?

mais les Nègres, hein, qu'ils aient voulu se libérer de l'esclavage, du colonialisme ou de la ségrégation, ne pouvaient pas aux yeux de ces puristes être révolutionnaires : leurs héritiers n'en sont pas sortis !

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Jeu 29 Déc - 22:31

chronique en vrac

18:07 à propos de "classe et race" dans le débat entre communisateurs, suite du 13 décembre

Nestor a écrit:
Nestor dndf 9/12/2016 à 17:34 | #11

La remarque de RS (« C’est tout le problème et la difficulté de produire une théorie de la racisation rejetant et le déni normatif au nom de la classe une et indivisible dans son concept … et les entrepreneurs en racisation ») est tout de même étrange. En effet, il est au contraire très facile de produire une telle théorie à partir des positions même de TC. Ce qui, dans les luttes actuelles, est dynamique, c’est la capacité à attaquer ce qu’on est dans le capital: donc attaquer sa position de prolétaire, et qui plus est de prolétaire situé (car on n’est jamais prolétaire abstraitement, on est toujours un prolétaire de tel statut, telle position, telle origine…). C’est donc aussi bien la capacité à s’attaquer aussi à sa soi-disant « race » qui fait partie d’une telle dynamique. Au contraire, l’organisation sur la base de ce qu’on est ou de ce que le capital prétend qu’on est va dans le sens de l’affaiblissement de la même dynamique.

La division en races a de plus toujours été particulièrement idéologique, et même si, certes, d’un certain point de vue, tout est idéologie dans les productions du capital, il y a tout de même des degrés et des extrêmes.


une telle tentation de produire une théorie de la racisation sur la base de TC, je l'ai montré en détails le 13 décembre, serait vaine. Ici, Nestor utilise un argument à géométrie variable selon qu'il s'agit de la classe ou de la "race", un grand classique du matérialisme abstrait :

si, sur la base de la contradiction capital-prolétariat « est dynamique la capacité à attaquer ce qu’on est [exploité] dans le capital », pourquoi l'identité de "race" ne produirait pas une capacité à attaquer ce qu'on est, racisé, dans le capital ? L'identité de "race" se fait identité de lutte contre le racisme quand on en est victime (car on est jamais racisé abstraitement pour reprendre les termes de Nestor...), et toute la question, plutôt que de renvoyer ces luttes à l'idéologie dominante, dans le camp d'en face, est de voir comment elles peuvent produire leur dépassement dans l'articulation à la contradiction de classe

désolé, mais je ne vois pas aujourd'hui de dynamique sur le modèle RS/TC qui créerait un tel écart permettant d'un point de vue prolétarien d'« attaquer la "soi-disant race" ». Ce qu'on observe, de la part du prolétariat occidental et de pays avancés dans le capitalisme, c'est un populisme raciste, rien d'autre qu'une forme d'alliance entre le capital et le prolétariat qui a ou veut retrouver du travail... exploité. S'il est des marxistes, seraient-ils contradictoirement communisateurs, pour leur service cette soupe, grand mal leur fasse, car on ne peut vouloir ou espérer une chose et son contraire

on l'aura compris, Nestor cherche ici chez TC une justification théorique à l'intervention en "anti-racialisateur" et croit l'avoir trouvée mieux que TC/RS. Si « la remarque de RS est étrange » c'est tout simplement parce qu'il se présente le cul entre les deux chaises, bien mal assis, problablement pour éviter une explosion théorique au sein de Théorie Communiste même  Twisted Evil

c'est toute la caractérisation de la période, commune aux communisateurs et anti-racialisateurs, qui est fausse, ce qui renvoie à mes chroniques récentes, comprenant les définitions de ce que sont le prolétariat et les classes...

autrement dit Nestor a produit, lui, une erreur de méthode doublée d'un raisonnement tautologique (il trouve ce qu'il a posé, et qui jusque-là était effectivement chez TC, ce qui ne lui a pas échappé comme étant "étrange"), un point de vue idéologique, par lequel s'« il y a tout de même des degrés et des extrêmes », le sien n'en relève pas moins du déni relevé par RS, ce que j'appelle moi crûment L'EUROCENTRISME actuel, UN NÉGATIONNISME RACISTE réel

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 11 Jan - 15:17


maximalisme en nos frontières

je ne résiste pas à ce morceau d'anthologie de l'idéologie française, du leader maximaliste Jean-Louis Roche, du blog Le prolétariat universel (sic et merci pour la démonstration) (colonne de droite)

HOURRA !
Jean-Louis Roche a écrit:

UN DESCENTE TERRORISTE A MARSEILLE: les indigènes néo-nazis à la parade

à lire sur le site du CCI, la bande lumpen à Houria Bouteldja a encore frappé:

Communiqué de solidarité face à la violence haineuse des racialistes fanatiques
Publié par ICConline le 23 December, 2016

Le rédacteur du CCI a tort d'appeler la mère Bouteldja madame, c'est pétasse débile mentale qui convient, et de se passer de dénoncer ces sous-produits de l'antiracisme bourgeois comme de pâles imitations des premiers nazis. Cette secte raciste et terroriste a toutes les caractéristiques du nazisme basique, ce pourquoi le FN n'est pas fasciste, ni le principal ennemi en France; comme les premiers nazis les zozos de la bande de tarés "indigènes" se fondent :

1. sur la race bonarienne (le nouvel aryen est cette victime éternelle du colonialisme qui vivote au milieu du classique lumpen crasseux mais idéologisé par une poignée de déclassés),
2. sur la revanche nationaliste terroriste (leurs prétendus ancêtres ont perdu la guerre et ils posent à la base arrière de daech),
3. sur la même négation de la classe ouvrière que Hitler.

On ne peut pas discuter ni communiquer avec ces pauvres néo-nazis racistes et islamodélirants. Lors de leurs éventuelles visites ultérieures , où que ce soit, faut les recevoir comme il se doit. Je pourrais même être au premier rang pour dégommer cette racaille, comme nos ancêtres en Italie et en Allemagne, de vrais communistes à cette époque, qui ont combattu physiquement les premières escouades fascistes.


je ne suis pas sûr que quiconque ait envie de « discuter ni communiquer » avec l'auteur, sauf pour lui vendre un karcher « pour dégommer cette racaille »... On ne trouvera bien sûr aucune revendication par le PIR de cette triste intervention à Mille Babords, pas plus qu'un texte du PIR permettant de la justifier, ou d'un tel degré de violence verbale et de menaces physiques que chez Jean-Louis Roche

relevons qu'à la liste déjà sinistre des anti-racialisateurs se réclamant généralement de l'anarchisme s'ajoutent les vrais marxistes d'ultragauche que sont le CCI et Jean-Louis Roche


Dernière édition par Admin le Mer 11 Jan - 16:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 11 Jan - 16:13


con textualisé

le communiqué du CCI est évidemment repris sur Indymédia Bruxelles par Un sympathisant du CCI, le même ou son frère auteur de Patlotch le raciste racialiste ! repris par Info-Libertaire : « Quel raciste parle à la place des "raciséEs" que ce racialiste essentialise - sans analyse de classe - sans contextualisation historique ou sociale ? - Patlotch ! » suivi de la même litanie d'injures et de contre-vérités que ledit prolo plus bas

il suscite des réactions diverses

Le CCI à la manoeuvre
11 janvier 14:27
Citation :
Il aurait été étonnant que le CCI ne saute pas sur l’occasion pour sortir de son isolement et hurler avec les loups "anti-racialisateurs". Qu’il ait choisi le mauvais cheval ne nous étonne pas non plus, il n’est pas toujours facile dans le milieu révolutionnaire de trouver des gens qui défendent le racisme, le colonialisme, l’impérialisme, l’apartheid et le nettoyage ethnique tout en traitant les antiracistes de racialistes. Ça reste limité à la même bande.

une réponse de haut niveau

Le troll toulousain

11 janvier 15:13, par Prolo
Prolo a écrit:
Le CCI et ses sympathisants emmerdent le troll toulousain qui n’est rien d’autre qu’un antisémite provocateur, un racialiste, un communautariste, un xénophobe, un homophobe, un sexiste et surtout un agent du capitalisme bourgeois ! Rien de constructif chez ce sinistre individu !!! Que pense-t-il du prolétariat ? Un mystère qui ne le touche pas ; quid de l’internationalisme révolutionnaire ? idem ! On pourrait lui demander en quoi ce texte est faux ?

affirmer que « Ça reste limité à la même bande » est de moins en vrai, et je n'ai trouvé depuis des années aucune position de post-ultragauche, communisateurs compris, pour se démarquer vraiment du racisme bien réel des anti-racialisateurs, puisqu'ils se contentent maintenant de les renvoyer dos-à-dos avec les "entrepreneurs en racisation" (TC sur le PIR semblant y inclure toute la pensée décoloniale) sans avancer d'un iota dans la critique marxiste de la race

c'est comme ça...

Twisted Evil

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 11 Jan - 17:31


hypothèse

la question raciale en France

chant du cygne de la post-ultragauche


d'un clivage nécessaire devenu mortel

il se pourrait que la question raciale, pour faire court, annonce le chant du cygne de toute la post-ultragauche, dans ses courants aussi divisés soient-ils que les communisateurs, Temps Critiques, Mondialisme.org (Coleman), CCI, Mouvement Communiste, Prolétariat Universel, etc. Cela tient, de longue date, à leur incapacité voire à leur refus eurocentriste de théoriser la question raciale en relation avec la contradiction entre classes, en raison de leur universalisme prolétarien (ou humaniste pour Temps Critiques)

maintenant qu'elle surgit en grand dans la double crise du capital et de l'Occident, qu'ils n'ont pas vue, il leur est difficile de prendre le train de l'histoire en marche, sauf à liquider bonne partie de leurs fondements, y compris en revoyant leur héritage de l'ultragauche ouvrière et conseilliste, puisqu'elle fut loin d'être aussi homogène sur cette question

bien sûr ces noms de groupes masquent souvent quelques individus n'ayant publiquement qu'une activité virtuelle de blogueurs ou de théoriciens de revues. Mais comment en auraient-ils une autre sur cette base ? Dans les quartiers populaires notoirement racialisés ? Bon courage, camarades !

voir plus haut Le prolétariat universel : maximalisme en nos frontières

les anarchistes résistent bien mieux à cette menace, du fait qu'ils n'ont pas tous fait du credo anti-anticolonialiste, anti-antiimpérialiste, anti-antiraciste, et in fine anti-racialisateur, leur fond de commerce dans l'idéologie française (cf UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite)

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 11 Jan - 17:36

Est-ce à dire qu'il n'y a plus rien à en tirer sur le plan théorique ?
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 11 Jan - 17:41

Tristan Vacances a écrit:
Est-ce à dire qu'il n'y a plus rien à en tirer sur le plan théorique ?

sur cette question de la 'race', sauf à charge, ce serait difficile. Hormis quelques perroquets traducteurs en Europe, les théoriciens français sont complètement isolés sur le plan international, si j'en crois les débats marxistes croisant la question décoloniale, ou même les thèses de Joshua Clover, dont ils pourraient être proches concernant les émeutes en rapport à l'analyse du capitalisme et de la lutte des classes, mais qui sur la question raciale sont opposées aux positions théoriques de la post-ultragauche française

sur d'autres je n'ai pas écrit ça, et sur quelques points des problématiques nous sont encore communes, mais la balle est dans leur camp pour se mettre à jour des débats en sortant de leur entre-soi de milieu gauchiste, au sens vu plus haut avec Camatte. Ce serait évidemment pour eux une chance à saisir pour sortir de leurs ornières. Faut-il encore qu'ils en aient conscience et envie de le faire, et Karl Nesic qui les connaissait mieux que moi, en quittant Dauvé et troploin en 2012, était tout sauf optimiste

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 11 Jan - 18:19

C'est encore leur accorder trop d'importance dans vos interventions. Vous affirmez poser la question raciale avec plus de hauteur, décoloniale et non intersectionnelle classe-genre-race. Tournez la page une bonne fois, les seules questions valant d'être discutées maintenant devraient être celles que vous posez sur de nouvelles bases, sans quoi l'on n'y comprend rien.
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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 11 Jan - 19:22


le clivage raciste est gros en France d'une tragédie

vous confondez deux choses ou deux points de vue d'approche, Tristan. Le clivage dans l'antiracisme n'est pas mon invention, et la plupart de ceux qui le dénoncent, du MRAP à l'État, ignorent ou se foutent complètement des positions de la post-ultragauche, auxquelles le PIR ne répond même pas

cela m'intéresse de suivre ce qu'il advient des positions anarchistes et ultragauche dans la mesure où j'ai repris de mon site la nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés (le fil est du 5 mai 2015, à l'ouverture)

la post-ultragauche ne devrait pas même être concernée puisqu'elle revendique de ne pas être antiraciste, mais comme il lui faut partir un peu des réalités, prenant position elle se retrouve dans le camp anti-décolonial, avec les antiracistes universels du MRAP, et l'État ! C'est tout de même une grande première qui n'a d'égal que chez les Staliniens du Komintern dans les années 30, "classe contre classe". Coleman et Temps Critiques défendent les Lumières...

je suis intervenu dans le même sens dans le Club Médiapart où l'ultragauche est absente et le PIR muet, cad considérant que cette question concernait un public assez large

je n'ai malheureusement pas réussi à ouvrir en France les débats théoriques que je souhaitais, pas plus dans la post-ultragauche que parmi les militants décoloniaux, et ce n'est pas faute de leur avoir posés face à face

ne nous y trompons pas, le clivage de la société française sur la question raciale est un clivage raciste et nationaliste, et le fossé se creuse dans l'évolution de l'idéologie française depuis les attentats de janvier 2015 : prenez les positions national-populistes de Mélenchon, qui draîne sur sa gauche quelques restes de marxismes, trotskistes ou PCF. Prenez surtout François Fillon qui, comme candidat de la droite supposée laïque, revendique son identité chrétienne (Google Fillon chrétien), ce qui rend Marine Le Pen jalouse...

sans faire de pronostic, il se passera inévitablement dans ce pays des événements dramatiques, embarquant la question raciale et celle de classe, des événements de toute autre ampleur et gravité que l'agression de Mille Babords qui occupe la post-ultragauche, dans le camp de l'État français contre les Indigènes, en attendant sa fin

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 17 Jan - 16:39

depuis quelques temps, il semble qu'Yves Coleman soit tenté de mettre de l'eau dans son vin. La raison est peut-être qu'il a poussé le bouchon de l'anti-racialisme un peu loin, sans se positionner clairement sur la base de classe qu'il prétend, et que les réactions n'ont pas manqué dans le milieu anarchiste. A moins que confronté à sa perte de crédibilité, il n'ait tout simplement regardé les choses de plus près ?

toujours est-il que jusque-là, je n'avais pas vu chez lui de référence à W.E.B. DuBois, Eugene Genovese, C.L.R. James, Eric Foner, Allen et Ignatiev, au demeurant ignorés dans le milieu post-ultragauche. Fait-il siennes les affirmations de cette introduction d'un texte de Loren Goldner en 1989, alors qui prend le contre-pied des positions antérieures d'Yves Coleman ?

le démarquage de Goldner avec les auteurs cités ne fait pas illusion, si ce n'est que dans ce milieu, il est difficile d'admettre une pertinence à ce qui n'en sort pas. Goldner étant une figure marquante de l'ultragauche conseilliste, ceci explique peut-être cela

Les Premiers Américains en rouge, noir et blanc : race et classe aux États-Unis

Loren Goldner 1989, traduction Yves Coleman, Mondialisme.org 17 janvier 2017

Goldner a écrit:
La centralité de la race dans la formation de la classe ouvrière américaine, le fait que les questions de race et de classe soient inséparables, peuvent être résumés très succinctement : en 1848 et en 1968, lorsque des explosions de la classe ouvrière se sont produites en Europe sous la bannière du « socialisme » et du « communisme », le contrôle qu’exerçait le Parti démocrate sur la classe ouvrière américaine s’est effondré sous la pression de la question raciale. Telle est la clé de l’américanisation du marxisme.

C’est seulement très récemment que l’on a commencé à admettre qu’il était impossible de discuter de la formation de la classe ouvrière américaine sans une analyse de la race. Les questions de race et de classe dans l’histoire de l’Amérique ont été abordées par des penseurs comme W.E.B. DuBois, Eugene Genovese, C.L.R. James, Eric Foner, ou plus récemment, Allen et Ignatiev . L’article qui suit, toutefois, se place à un autre niveau, peut-être complémentaire. L’« histoire sociale » en tant que telle n’est pas sa seule préoccupation ou son point fort. Même si ce texte utilise ce type d’informations, il tente de développer une perspective théorique plus large, démarche que les histoires axées sur une perspective plus étroite ont tendance à éviter.

[...]


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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Ven 27 Jan - 19:23


De tous les trucs islamophobes, puants, en plus d'être stupides, que j'ai déjà lu de la part de l'extrême gauche, je crois que le texte de Lutte Ouvrière (LO) intitulé "le piège de la lutte contre l'islamophobie" se place très largement dans le cortège de tête (et pourtant il y a du niveau à l'extrême gauche). Ce n'est pas une surprise, surtout avec LO, et ça montre bien que ça ne s'arrange pas : http://donotlinkfb.com/78o6

João a écrit:
En plus des raccourcis, des mensonges, des raisonnements bidons, ainsi que les sempiternelles polémiques sur l'usage du mot "race" (syndrome gauchiste du disque rayé), voici les deux passages qui selon moi valent de l'or :

Citation :
Mais nous estimons que c’est notre rôle, en tant que communistes, de dénoncer l’emprise de la religion musulmane sur la jeunesse d’origine immigrée ; de nous battre, de militer pour essayer d’arracher celle-ci au « brouillard de la religion », comme écrivait Marx, pour lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre que son émancipation ne se fera pas par la soumission à des principes religieux d’un autre âge, mais dans l’union de classe avec le reste du prolétariat.

Dans ce combat, il est indispensable de gagner au communisme des jeunes travailleurs issus de l’immigration, non pas en encourageant leurs préjugés religieux mais en en faisant des révolutionnaires, c’est-à-dire des athées, capables de contrebalancer dans leur propre milieu les idées propagées par les ennemis du mouvement ouvrier.


Merci, Lutte Ouvrière, d'assumer ce que vous êtes avec ce passage que je viens de citer : des assimilationnistes (de gauche), des civilisateurs (de gauche) sûrs d'avoir pour mission de "transformer" les travailleurs issus de l'immigration en "révolutionnaires", c'est à dire en "athées". Les uns veulent christianister (droite), les autres, ici communistes, veulent séculariser et rendre athées. Je suis presqu'heureux que cette version assimilationniste et colonialiste de gauche soit poussée à s'assumer avec une telle décomplexion face à la structuration toujours plus grande du mouvement antiraciste autonome. Et sur ce point ça ne se limite pas à LO et c'est justement ça le problème. Car LO encore, on pourrait ignorer...Mais c'est toute une extrême gauche aux abois qui est forcée de prendre position et de publier (de la merde, certes) sur un sujet dont elle voudrait pourtant qu'on reconnaisse le caractère secondaire. Et rien que pour ça on a gagné : le sujet devient incontournable, tout le monde doit se positionner, plus souvent, ou de façon plus affirmée (et donc plus raciste).

Ici, dans cet exemple ils écrivent sans aucune honte, qu'ils doivent transformer et rendre athées des populations. Le "nous" ici est évidemment implicitement communiste, blanc, européen. C'est ce "nous" blanc qui a la mission de "transformer" ce "eux" trop réactionnaires, remplis de préjugés religieux, incapables de révolution et qu'il faut "arracher" à sa barbarie culturelle et religieuse "d'un autre âge".. (Comment pensent-ils pouvoir recruter politiquement des gens en balançant ça au fait ?!). Prenons la mesure de la violence symbolique du propos. Il symbolise le rapport de pouvoir entre gauches et immigration, à l'avantage des premiers. Mais bon, ça prouve à quel point ils sont aux abois, incapables qu'ils sont de mobiliser le prolétariat post colonial, c'est à dire le plus fragilisé, le plus vulnérable. Et, plutôt que d'être poussés à l'introspection face à cet échec, ils préfèrent enrager et se trouver des excuses (racistes) que l'on peut résumer comme suit : les racisés sont réactionnaires, parce que particulièrement religieux, raison pour laquelle ils ne nous rejoignent pas (alors qu'on possède la Vérité, et les seules voies possibles d'émancipation of course). Il faut donc s'atteler à les libérer de ces religion et culture qui entravent leur marche vers le progrès.
LOL


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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 1 Fév - 6:05

- 30 janvier

l'auberge française des anti-racialisateurs

front unique des libertaires aux nationalistes en passant par l'extrême-gauche

le texte de Luttes Ouvrières critiqué ci-dessus :

diffusé par Divergences, Revue libertaire internationale en ligne : « Hormis la fin de ce texte prêchant pour sa paroisse, nous pouvons reprendre le reste à notre compte », qui dit l'avoir trouvé ici :



lien de Divergences chez Mondialisme.org : comme un retour d'Yves Coleman à son bercail de LO ?

chez Claude Guillon, Lignes de Forces, ça contorsionne : [ne] NIQUE [que] TA RACE !

la plupart n'auront jamais autant parlé de "lutte de classes". En la matière, ils ont trouvé chez LO une caution de choix...

PS : chez aucun, une seule ligne en référence à ce qu'est réellement la pensée décoloniale, théorie et luttes dans le monde : à quoi bon ? L'État et les médias se chargent abondamment de les dénigrer, eux ramassent les miettes sous la table du capitalisme français

- 1er février : un nouveau relais ici



parmi d'autres fachos notoires, ce commentaire hommage du vice au vice

Diogène a écrit:
si un jour on me traite de raciste ou islamophobe je pourrai toujours faire référence à LO en guise de caution morale...

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mer 1 Fév - 6:53

un anarchisme... non-français avec d'autres couleurs

No Borders, No [White] Nations: Anarchism and the Decolonial Project

22 januari @ 17:00 - 19:00
Lecture and discussion with Tirza Balk (Radio Redmond Amsterdam, University of Colour)

Citation :
“La rage, car l’Occident n’a toujours pas ôté sa tenue de colons” – Keny Arkana

“There exists a fiercely unrelenting desire to achieve total liberation, with the land and, together…”
– Accomplices not Allies, An Indigenous perspective & provocation

The anarchist conspiracy typically opposes some major features of the modern/colonial world system: global capitalism, the persecution of migrants, imperialist warfare, the fossil fuel industry, “development”/destruction, police and prisons. Today in the Netherlands, anarchism is also typically White – in more than one way.

If anarchism in Europe is to fuel at all the total liberation it is calling for, it must not just kick blatant racism and fascism off the streets and out of parliaments, but also recognize and actively undermine the coloniality and White Supremacy that is at the very (cold) heart of “Western civilization and values”.

For starters, let’s have a talk about questions including but not limited to:

– the use and misuse of terms like decolonization and intersectionalitity
– the meaning of abolition
– the erasure but also the fetishization of African, Asian, Middle Eastern, Latin American, Caribbean and Indigenous anarchist or ‘anarchisty’ philosophy and action
– wasted access to resources from privilege
– the racism of the radical and academic Left
– the dogmatic rejection but also the violent appropriation of spirituality.

This afternoon is dedicated to fellow anarchists of color across space and time.

Slogan taken from here: https://twitter.com/LovingandRaging

After the discussion there will be food provided by Taste Before You Waste – Utrecht. In the evening, The Barricade will show the movie Can Dialectics Break Bricks?

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Dim 12 Fév - 15:06


"décolonial" e ben mal capito...


Être ou ne pas être « décolonial » ?

Les amis de Juliette et du printemps, Indymédia Bruxelles 10/02/17

Les racialistes et leurs ami-e-s s’échinent à utiliser le terme « décolonial », et cherchent manifestement à l’imposer en dépit de toute logique. Pour s’opposer à « colonial » ou à « colonialisme », on pourrait simplement utiliser « anticolonial » ou « anticolonialiste », comme d’ailleurs c’était le cas lors des luttes d’indépendance et jusqu’à il y a peu, avant que les novlangueurs ne s’y mettent. Fièvre de la communication, quand tu nous tiens... Mais que peuvent-ils bien gagner à cette substitution de termes ?
[ce n'est pas "substitution" mais une évolution conceptuelle historique, critique y compris du post-colonialisme, voir le sujet DÉCOLONISER les ESPRITS, les SAVOIRS, les THÉORIES et les 'FAIRE' : CRITIQUE DE L'EUROCENTRISME y compris 'POST-COLONIAL']

Citation :
On peut formuler une première hypothèse : puisque la prise de pouvoir principale qu’ils tentent d’opérer concerne la gestion des identités, et donc le registre de l’assignation, ils cherchent à mimer, encore, le courant américain, et ses « dé-constructions » qui commencent toujours par le bétonnage des identités figées. Le « dé- » de « décolonial », c’est donc d’abord chic et choc, smart, made in USA. On « déconstruit » au lieu de comprendre, de transformer, de s’opposer, bref de lutter contre. Et puisqu’on trouve la justification de son existence et la source de son commerce dans les oppositions binaires, on ne voudrait sûrement pas que la donne change, que l’équilibre se brise. Les identitaires ont toujours besoin de leurs doubles mimétiques pour prospérer.

Et puis c’est mensonger. On joue, en le mettant en scène, un processus fictif qui se substitue à des conflits qui pourraient être bien réels pour les remplacer par une « attitude », un way of life. Un attribut passif, une façon d’être – ou « forme de vie » comme on dit parfois à La Fabrique quand on ne parle pas de la Palestine ou de Robespierre – remplace alors la lutte. D’un positionnement forcément en devenir, travaillé par le conflit dans lequel il prend place, on fait un état permanent. Là aussi, encore et toujours, on essentialise, on se bricole une identité politique anhistorique, décontextualisée et à la prétention mil-lénaire [sic sic sic...]. Ce faisant, on ne parle plus de grand-chose, mais c’est pas grave puisqu’au royaume du blabla universitaire les bavards qui brassent de l’air sont rois.

- Pourtant, pour qui s’intéresse au passé, pas si ancien, de la guerre d’Algérie, à la lutte de libération nationale qui s’y est développée, ses différents acteurs politiques et ses différents épisodes peuvent et doivent justement poser question. Prenons les porteurs de valises par exemple. À la page 15 du livre, une indigente note les identifie comme les « militants blancs qui aidèrent matériellement le FLN algérien »...Voilà que tout ce qui pouvait mériter questionnements et recherches quant à cette démarche active de solidarité concrète, est clos, avant même de pouvoir éclore, en une petite phrase stupide, à l’aide d’une qualification racialiste, qui s’accompagne, bien sûr, d’une disqualification politique. Si même à ce stade du livre, on n’a pas encore compris, ne serait-ce que grâce au titre, que « blanc » c’est pas bien, c’est à désespérer de la sagacité des lecteurs de La Fabrique. D’ailleurs « aider », en l’occurrence, ne veut rien dire. Les appuis et aides logistiques dont il est question mériteraient tout de même qu’on y regarde de plus près. Qu’ont-ils soutenu, ces « porteurs de valises » ? De quoi se sont-ils faits les porteurs justement ? Comment et pourquoi sont-ils intervenus dans le conflit ? Que s’est-il passé ? Quelles étaient les différentes formes d’organisations ? Quelle place pour les questions politiques ? Quelles pratiques étaient à l’œuvre ? Où passait la frontière entre soutien et solidarité ?... Non, rien de tout ça, on préfère, dans la droite ligne de la lecture d’État algérienne, depuis que le pouvoir politique est détenu par le FLN, continuer à jouer de la fascination anti-impérialiste, à faire encore miroiter les vieux mirages d’un peuple en lutte derrière quelques combattants courageux. Les couleurs passées des images d’Épinal panarabes trouvent donc toujours preneurs ? Aucune subtilité dans l’analyse [sic]. Pas une ombre au tableau. On ne s’occupera pas non plus par exemple d’épisodes moins glorieux du décolonialisme réel, comme celui baptisé ensuite « bleuite » ou « complot bleu ». Sous ce nom étonnant se niche un épisode particulièrement terrible : à partir de 1957, les services secrets français (SDECE, ancêtre de la DGSE) ont réussi à faire croire que des militants avaient été retournés, et ont pu opérer ainsi une intoxication massive auprès de responsables du FLN. Ils ont fait considérer comme traîtres un grand nombre de combattants, et particulièrement tout un pan de la jeunesse urbaine et lettrée qui avait rejoint les maquis. Les purges ont été massives et ont éliminé, entre autres, nombre de ces filles hautaines et désobéissantes, plus émancipées que ne le voulait la norme et le machisme écrasants. -Cet épisode ignoble aurait provoqué plusieurs milliers de morts, ainsi que de nombreuses défections. Le colonel Amirouche, bigot à souhait, a bien employé ses moudjahidinesà décimer les rangs des « traîtres » que sa chasse aux sorcières produisait, promettant déjà un avenir très émancipateur pour l’Algérie bientôt indépendante.

- Rien sur ce qu’a pu être véritablement la lutte contre le colonialisme et la décolonisation chez nos « décoloniaux ». [sic]Il y aurait pourtant à dire et à comprendre, sur la place du religieux, par exemple, dans l’affaire de la « bleuite » et plus généralement dans le FLN, comme outil de répression et de contrôle social, qui pouvait passer, entre autres choses, par le fait de couper le nez des buveurs d’alcool par exemple. Pendant et après la guerre, la religion, – et c’est un rôle qui lui va bien, c’est même à ça qu’elle sert, en général –, a été un outil important dans la mise au pas de toute la population algérienne pour que le pouvoir finisse, vite, tôt, et fermement, entre les mains de quelques militaires et affairistes.

- Rien à propos de tout cela, et rien non plus sur la torture ou sur ces stalineries tardives, sans doute parce qu’on n’y connaît rien, et que ce sont, évidemment, des problèmes de « blancs ».


florilège de commentaires "anti-racialisateurs"

Citation :
- ce texte va fâcher les fachos-racialistes et les islamo-gauchistes

- Ce texte n’est pas fou. Les lecteurs-rices savent bien que cette étiquette de "décoloniale" est une construction stratégique des identitaires racialistes

- les barbouzes dites décoloniales (ou les décoloniaux) sont du coté des étatistes du sud (dont Maroc, Algérie, Turquie ...) qui oppriment leur population (dont les minorités )et font preuve d’autant de colonialisme (sahara, kurdistan ...)

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Dim 20 Aoû - 21:08


importé de COMMUNISME : pensées de traverse



coup de gueule communiste et décolonial

à propos d'eurocentrsime

je terminais le commentaire précédent en disant que d'où nous parlons, en Occident et particulièrement en France, la critique de l'eurocentrisme est plus essentielle que celle du racisme, autrement dit au tryptique intersectionnel classe genre race je préfère Capitalisme Sexe Occident. Voir critiques et discussions de l'INTERSECTIONNALITÉ "CLASSE-GENRE-RACE"

je vais encore sortir du sujet, qui est fait pour ça, et pousser un coup de gueule, en lien avec mon billet du 17 août : le communisme est formidable la peur en Occident ?


Patlotch a écrit:
tenez, cette histoire, que le communisme dans sa genèse aurait à voir avec le christianisme (exemple au 15e siècle Thomas Münzer) et le christianisme avec l'Occident : « Au Moyen Âge, le christianisme devient majoritaire en Europe, tandis qu'il s'amenuise face à l'islam dans les régions où il est né. » Le communisme naît en Europe et devient pour ainsi dire "marxiste" face au capitalisme devenu mode de production en Europe également. Le colonialisme, quant à lui, cumule ces qualités : être né occidental et chrétien

on peut donc dire que le christianisme, le colonialisme, le capitalisme, et le communisme sont des inventions occidentales qui se sont emparées du monde

des questions se pressent alors : en quoi cela a-t-il marqué le communisme, comme théorie de l'abolition du capital ? La conception de la révolution comme prolétarienne a-t-elle quelque chose de spécifiquement occidental ? Cela doit-il changer notre vision du communisme ? etc. N'a-t-il pas existé des Thomas Müntzer ailleurs qu'en Europe ? Il ne faut pas compter sur Wikipédia pour nous en instruire, alors que cette auto-encyclopédie (?) est sous "colonialité épistémique" [...]

il n'y a pas que Wikipédia pour être occidentalocentré, Google aussi, et particulièrement en français. J'ai relevé le nombre d'entrées respectives pour :

- communisme : 2,590 millions

- féminisme : 3,390 millions

- antiracisme 0,5 million

- racisme : 17 millions
- race : 1 240 millions

- eurocentrisme : 35 900

- européocentrisme : 13 400

- occidentalocentrisme : 2 220
- occidentalisme : 35 300

- afrocentrisme : 64 300
- africanisme : 56 600

- ethnocentrisme : 237 000

- décolonial : 470 000 (le mot est international)
- communisation : 48 200

que chacun.e fasse ses comptes ou les règle...

la page Wikipédia eurocentrisme se distingue par son indigence, sa bêtise et son idéologie


Citation :
Eurocentrisme est un néologisme à l'emploi rare et au sens incertain qui stigmatiserait l'attribution d'une place centrale aux cultures et valeurs européennes aux dépens des autres cultures. Ce serait une variante de l'ethnocentrisme [cette page vaut guère mieux]...

Le mot, apparu dans la deuxième moitié du xxe siècle, ne renvoie à aucune notion doctrinale ou aucune idéologie théorisée [une théorie est une idéologie théorisée...]

quelques réactions dans la discussion

Citation :
- L'eurocentrisme n'est pas une idéologie. Il n'existe personne qui soutient cette idéologie. Et pour cause, c'est un terme vide de sens et de contenue, qui a été créé uniquement en opposition à l'afrocentrisme. Les afrocentristes ont leur place dans cet article.

- Cette article est scandaleux ! Quel honte que wikipédia le laisse dans un état pareil ! C'est à vomir.

- Cet article est tout simplement à nul. Il se propose tout simplement à réfuter l'eurocentrisme qui n'existerait que dans l'imaginaire des afrocentristes qui eux sont justes bons à être interner.

il apparaît que les polémiques de marxistes, communistes ou anarchistes contre la critique de l'eurocentrisme et le décolonial, au nom de celle du racialisme ou de la racialisation, sont une tempête médiatique dans un verre d'eau, relativement à la méconnaissance générale de leur contenu, quand ils prétendent craindre que "la race" (l'antiracisme) soit mise sur le même plan et au même niveau que "le genre" (le féminisme) : les chiffres donnent une idée du contexte et des proportions relatives dans notre contexte idéologique

admettons qu'il existe un racisme par ignorance, y compris chez nos intellectuels, mais je n'en démords pas : L'EUROCENTRISME actuel EST UN NÉGATIONNISME RACISTE réel, y compris sous couvert de "prolétariat universel", de "lutte de classe" et de chasse aux "communautarismes identitaires" : qu'ils commencent par voir le leur, dans le miroir de l'idéologie dominante du capitalisme occidental, et français, l'idéologie française




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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 22 Aoû - 13:04


Citation :
Suite à la révolution de 1804, la méfiance envers l’Europe était à son paroxysme en Haïti. Pour éviter d’éventuels retours sur le territoire, des mesures drastiques ont été prises par Jean-Jacques Dessalines, le père de la nation. On était aussi aux aguets sur le plan épistémologique où règne l’ordre colonialiste des savoirs. Joseph Anténor Firmin (1850-1911) décortiquait l’anthropologie française en contestant, avec de solides arguments, ses fondements racistes. Louis-Joseph Janvier (1855-1911), le premier lecteur haïtien de Karl Marx, critiquait les penchants historicistes dans Le Capital (Livre1), au même moment de sa publication en 1867 et sa traduction en français en 1872. Dans La République d’Haïti et ses visiteurs (1840-1882), qui est un ensemble d’articles publié en 1883 à Paris, il justifie, en partant de la singularité du cas haïtien, pourquoi la société haïtienne n’a pas suivi la forme marxienne de l’ « accumulation primitive du capital ». Du vivant de Karl Marx, il propose une discussion importante avec ce penseur allemand dont les idées étaient en vogue en Europe. Discussion ratée pour des raisons, à mon avis, linguistiques.

Le fameux débat Louis-Joseph Janvier/Karl Marx n’a pas eu lieu mais la démarche haïtienne de décentrement du marxisme fait son chemin au point de se constituer en paradigme chez Jacques Roumain. Ce dernier qui a lutté contre l’occupation américaine 1915-1934 nous invite à distiller le marxisme afin qu’il prenne en compte la réalité haïtienne. Ce modèle de traduction trouve sa source dans une critique de l’orthodoxie et de l’eurocentrisme annoncée avant son devenir marxiste dans les années 1930. Pendant cette période pré-marxiste, il inscrivait les auteurs étrangers dans une dynamique d’exportation intellectuelle. Il estimera, jusqu’en 1930, que le surréalisme et le marxisme sont des virus empêchant la jeunesse haïtienne de réfléchir sur sa propre réalité. Il pensait que ces deux courants de production européenne étaient pour ainsi dire incapables de lire les réalités du Sud. Il remettait par là en question la thèse de l’universalité des pensées européennes montrant ainsi leurs limites, et cela au profit des nouvelles théories nationales.

C’est ainsi qu’il esquissera depuis 1928 (Défense de Paul Morand) une critique de l’eurocentrisme. Il invite à rester en alerte contre toute importation intellectuelle du fait de nos rapports aux auteurs étrangers. Il ne reproche pas au surréalisme et au marxisme d’avoir été produits à l’étranger, mais de nier des réalités des pays du Sud. C’est pourquoi il importe d’inventer des outils théoriques haïtiens. Il y a une tension chez Jacques Roumain : d’une part, il préfère les outils haïtiens et d’autre part, il initie une campagne de traduction des théories européennes. Ce qui s’explique ainsi : à défaut de théorie nationale, il est possible d’adapter les théories étrangères à la réalité haïtienne. D’où la nécessité de traduire le marxisme après l’avoir rabaissé au rang des « idées d’exportation ».

La nécessité de la traduction chez Jacques Roumain se perçoit quand il affirme que « Haïti est un cas spécifique [2]. » Il affirme cette particularité en référence à son histoire combien mouvementée par l’impérialisme. Depuis la mort de Jean-Jacques Dessalines, elle est pour ainsi dire en permanence sous la tutelle de la communauté internationale refusant d’admettre son indépendance. Jacques Roumain estime sa population est constamment sur la défensive nationale afin d’éviter d’éventuelles colonisations. L’adoption du communisme doit considérer cet instinct national : « Les possibilités du fascisme ou du communisme placés sur le terrain haïtien, il fallait s’attendre à la riposte : Haïti est un cadre spécifique, hermétiquement limité à son cadre national. [3] » En soulignant ce sens de la riposte, Jacques Roumain signale les limites du communisme tel que forgé à la naissance par rapport à la réalité haïtienne. Il faut, pour qu’il ne soit pas repoussé, l’adapter au pays. Cela doit s’accompagner d’une traduction à la réalité du pays pour qu’il puisse être le bienvenu.

Que (et comment) faire avec le marxisme en Haïti ? Jacques Roumain s’inscrit dans un double mouvement pour répondre : le marxisme est indispensable et mérite une méthode d’utilisation. Vu les limites idéologiques des théories nationales, il se tourne vers le marxisme en fonction de sa pertinence théorique et politique. Les catégories de classes sociales, d’exploitation, d’internationalisme et d’impérialisme s’imposent dans le contexte d’occupation américaine d’Haïti. Néanmoins, il déplore la manière dont le marxisme est vulgarisé dans les pays anciennement colonisés. Dans Grief de l’homme noir (1939), il remet en cause Paul Lafargue [4], l’accusant de transformer en poison cette théorie. En « distillant » le marxisme de la sorte, il se rabaisse à être un « sous-homme », ne respectant pas les particularités culturelles, assène Jacques Roumain.

Lui, tout au contraire, propose une autre forme de distillation du marxisme. Distiller dans ce cas veut dire extraire quelque chose de particulier et le répandre sur des territoires hétérogènes. C’est le nettoyer de ses éléments inadaptés au contexte visé. Ainsi, Distiller le marxisme, c’est l’extraire de ses référents eurocentristes et racistes pour le tourner vers des réalités postcoloniales. La distillation roumanienne se propose de l’exprimer avec raffinement, c’est-à-dire, en situant son point d’élaboration et en signalant les éventuels obstacles à son déplacement. Tout en gardant ses éléments classiques, la démarche de distillation décentre le marxisme en l’étendant sur d’autres terres.

Le premier mouvement dans la distillation roumanienne est le refus du dogmatisme. Il faut éviter de considérer la pensée de Karl Marx comme arrêtée, ne supportant pas d’évolution. Ne pas lire ses œuvres littéralement. Le deuxième est d’identifier son origine étrangère. Il s’agit d’analyser ses références européennes, les confronter au lieu d’expérimentation. Enfin, liant le précédent, est de les lire sous l’angle d’une critique eurocentriste. Toutes ces conditions sont indispensables au bon processus de distillation.

L’idée de « distiller le marxisme » est une contre-méthode à Paul Lafargue qui, sans aucune considération culturelle, vulgarise aveuglement les idées de Karl Marx. Jacques Roumain le conteste en invitant à dé-dogmatiser le marxisme pour l’étendre à Haïti. Cela afin de le mettre au service d’autres sociétés et le rendre moins dangereux, en extrayant de lui les poisons eurocentristes et racistes.

Cette tentative roumanienne de traduction du marxisme s’inscrit dans une dynamique internationale d’élargissement de la « géographie du marxisme » durant le XXème siècle. Il s’est répandu en Europe, son point d’encrage, pour s’en aller vers l’Asie, l’Amérique et l’Afrique. Il est toujours question à chaque fois de sa traduction. La première tentative a été lancée en URSS par Lénine qui l’a bolchévisé en l’adaptant à la réalité russe. Avec lui, le marxisme subit l’un de ces plus grands déplacements théoriques accompagnés en cela de plusieurs thèses originales. Plus tard, d’autres projets ont vu le jour : La « sinisation » avec Mao, la « distension » avec Frantz fanon et la « provincialisation » avec Dipesh Chakrabarty. Ils visent tous le renouvellement du marxisme. La majorité de ces catégories vise des contextes coloniaux et postcoloniaux faiblement pris en compte par le marxisme classique. Ce dernier sera relu en fonction de ces sociétés où le mode production capitaliste est balbutiant. Ils partagent tous l’idée selon laquelle le marxisme est indispensable mais mérite d’être déplacé de son lieux d’élaboration.

Le modèle de traduction de Jacques Roumain doit être vulgarisé et approfondi. Il a été élaboré dans un contexte de relecture du marxisme. La publication en France en 1932 des Manuscrits de 1844 [5] remet sur le tapis la problématique de l’aliénation. Pendant cette même période, des penseurs des Caraïbes et de l’Amérique latine (José Carlos Mariategui et CLR James) essayent de nationaliser le marxisme. Jacques Roumain en était quasiment éclipsé. Il faut néanmoins replacer ses écrits dans ce contexte international de traduction du marxisme afin de souligner son apport combien essentiel dans ce chantier encore à défricher.

Jean-Jacques Cadet

Notes :

[1] Cet article est le résumé d’un essai à venir sur la traduction du marxisme en Haïti.

[2] Dans Critique d’une critique, avril 1934, dans Jacques Roumain, Œuvres complètes, édition critique, Léon-François Hoffmann, coordinateur, collection Archivos, Espagne, 2003, page 645.

[3] Jacques Roumain, Critique d’une critique, avril 1934, dans Jacques Roumain, Œuvres complètes, Ibid, page 645

[4] [5] Paul Lafargue est le gendre de Karl Marx. Il est surtout connu pour son essai Le droit à la paresse (1883). Il a participé à la vulgarisation des œuvres de Karl Marx en facilitant la traduction et publication de certains livres importants.


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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Mar 22 Aoû - 13:29


un texte important dans le débat. Long, je donne le lien, l'introduction, le plan, la chute



Citation :
Lecture critique de Gilbert Achcar, Marxism, Orientalism, Cosmopolitanism, Londres, SaqiBooks, 2013, 176 pages ; de Kevin Anderson, Marx at the Margins. On Nationalism, Ethnicity, and Non-Western Societies, Chicago/Londres, The University of Chicago Press, 2010, 344 pages ; de Vivek Chibber, Postcolonial Theory and the Specter of Capital, Londres/New-York, Verso, 2013, 320 pages ; de Lucia Pradella, Globalisation and the Critique of Political Economy : New Insights from Marx’s Writings, Abingdon/New York, Routledge, collection « Routledge frontiers of political economy », 2015, 238 pages et de Lutfi Sunar, Marx and Weber on Oriental Societies. In the Shadow of Western Modernity, Farnham/Burlington, Ashgate, collection « Classical and Contemporary Social Theory », 2014, p. 224.

Quel est le degré d’universalité de l’analyse de Marx ? Les contemporains de l’auteur du Capital avaient déjà posé cette question. Considérant le vif débat au sein des milieux militants à propos du développement historique de la Russie à la fin du 19ème siècle, Vera Zassoulitch écrivait à Marx lui-même, peu de temps avant sa mort : « Vous comprendrez […] à quel point Votre opinion sur cette question nous intéresse et quel grand service vous nous auriez rendu en exposant Vos idées sur la destinée possible de notre commune rurale et sur la théorie de la nécessité historique pour tous les pays du monde de passer par toutes les phases de la production capitaliste. »

1 Marx lutta pour donner une réponse et écrivit quatre lettres, dont il n’enverra finalement que la plus brève. Même si celle-ci ne contient pas les considérations extensives des autres brouillons, la « ‘fatalité historique’ » de l’expropriation des cultivateurs dans la genèse de la production capitaliste s’y voit non seulement mise entre guillemets, mais aussi « expressément restreinte aux pays de l’Europe occidentale »

2 On comprend facilement l’importance de cette prise de position dans l’histoire du marxisme

1. Vera Zassoulitch, « Vera Zasulič an Marx » [1881], Marx-Engels-Archiv. Zeitschrift des Marx-Engels-Instituts
2. in Moskau, t. 1, Francfort s.l.M., Marx-Engels-Archiv Verlagsgesellschaft, 1926, p. 317. 2 Karl Marx, « Marx an Zasulič » [1881], ibid., p. 341.

plan
Citation :
- Retour aux textes
- Orientalisme et postcolonialisme
- Des ambivalences mal maîtrisées
- Le souci du marxisme

Citation :
L’actuel débat sur Marx ne pourra pas rendre justice à ses conditions historiques sans révolution fondamentale. Une critique impitoyable de figures théoriques de type « matérialisme historique », une prise en compte des ambivalences de l’œuvre marxienne, une considération de l’édition historico-critique que propose la Marx-Engels-Gesamtausgabe aussi bien que des sources de Marx même ainsi qu’un dialogue avec d’autres approches critiques en sciences sociales sont incontestablement les tâches les plus urgentes. Hic Rhodus, hic salta !

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Jeu 24 Aoû - 14:43


un marxisme décolonial deux fois mal compris

Ross Wolfe, The Charnel House, se fend le 3 août, dans Insurgent Notes, revue d'ultragauche, d'une longue critique de Decolonizing Dialectics de George Ciccariello-Maher (2017). Pas de problème concernant ce turlupin du démocratisme radical à prétention marxiste et décoloniale. Où le bât blesse, c'est que le texte de Wolfe a pour titre Dialectics and Difference: Against the “Decolonial Turn”, concept forgé par Enrique Dussel en 1998

il s'en prend donc au maillon le plus faible, sur le plan théorique, de ce que j'ai nommé un marxisme décolonial. De même, Wolfe, qui reconnaissait mon sérieux relativement à Ciccariello-Maher, a compris de travers ce que j'appelais un temps, à tort car provoquant une confusion, communisme décolonial, et malgré mes explications et mises au point, n'en a pas démordu

par conséquent, je conseille à quiconque veut se faire une idée honnête et complète de la question de lire mes sujets sur la question : DÉCOLONIALITÉS pour des COMMUNISMES pluriversels sans frontières ni classes

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Ven 1 Sep - 13:11


une traduction idéologique

Yves Coleman, de Sans partie ni frontière / mondialisme.org est un traducteur reconnu de l'anglais (et de l'espagnol) : dans la première langue et en français, on peut dire qu'il est bilingue. Mais il n'échappe pas à son idéologie d'arrière-garde eurocentriste : il est depuis 20 ans un anti-racialisateur de choc, color-blind comme il se plaît à le dire. Jugeons-en :

Discussion autour du Black Panther Party
30 août 2017
Toulon. Samedi 2 septembre 2017 au Local, 6 rue Corneille, à 18 heures

Citation :
A l’heure où les politiques identitaires (identity politics) sont à la mode à l’extrême gauche marxiste et dans le mouvement anarchiste, il peut être utile d’en connaître les origines, en essayant d’écarter certains fantasmes et certains clichés fondés sur notre ignorance et le peu d’informations fiables disponibles en français [c'est vrai]. Les « Panthères noires » sont connues par leur uniforme (blouson noir, chemise bleue, béret, lunettes fumées et gants de cuir), leur coupe de cheveux « afro », leurs fusils et leurs martyrs, ainsi que leur idéologie mao-tiersmondiste assez datée et déjà très contestable il y a 50 ans.

Plutôt que de nous fixer sur leur idéologie (assez documentée en français) nous aimerions évoquer leurs pratiques et notamment les « campagnes de survie » : petits déjeuners gratuits, distribution de vêtements et de chaussures, dépistage de la drépanocytose, centres de santé gratuits et écoles de la libération, accompagnement des personnes âgées, bus pour les familles de prisonniers. Il nous semble en effet, que au-delà des errements idéologiques et des dérives internes, les Black Panthers ont participé à un véritable mouvement social qui a laissé des traces dans les quartiers populaires afro-américains [quand même !] au-delà du folklore militariste qui fait encore l’admiration des gauchistes européens…

à l'inverse je suis mauvais en anglais, et piètre traducteur (sauf peut-être pour le jazz dont je connais le vocabulaire dans les deux langues), mais je me soigne, alors donc je cherche ce que signifie "identity politics" et je trouve qu'il peut être traduit par "politique d'identité" et dans certains cas par "politique identitaire", en vouant dire "identitariste"), selon le texte et le contexte, bien sûr... le traducteur, et son idéologie

Angela Davis a écrit:
A woman of color formation might decide to work around immigration issues. This political commitment is not based on the specific histories of racialized communities or its constituent members, but rather constructs an agenda agreed upon by all who are a part of it. In my opinion, the most exciting potential of women of color formations resides in the possibility of politicizing this identity – basing the identity on politics rather than the politics on identity.

traduction "bing" : le potentiel le plus excitant des groupes de femmes de couleur réside dans la possibilité de politiser cette identité – en fondant l'identité sur la politique plutôt que sur la politique sur l'identité

tout dépend donc du contenu de cette politisation de l'identité. Celle des Black Panthers correspondait à une nécessité d'affirmation de leurs intérêts face au pouvoir américain blanc et capitaliste : c'est pour ça qu'ils se disaient aussi marxistes

le PIR (Parti des Indigènes de la République) parle de politiser l'antiracisme. La politisation de leur identité est fondamentalement démocrate radicale, non marxiste, et c'est en cela qu'elle doit être critiquée, pas dans leur projet d'une expression indépendante, prétendue "auto-organisée", des individus dont ils entendent représenter politiquement la, ou les communautés

on ne peut critiquer de façon générale et indiscernée l'auto-organisation des "racisées" au nom de son contenu politique, sous prétexte qu'il serait identitaire, communautariste plus que communautaire, c'est en quelque sorte différence que ne veut pas voir Temps Critiques, les potes à Yves Coleman

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Lun 18 Sep - 18:42


réédition 2015 d'un livre de 1986. Texte en PDF Eurocentrism & the Communist Movement



Released: Jun 15, 2015

Citation :
"Eurocentrism and the Communist Movement" arose out of the work of' u study group based in London and consisting of members of the revolutionary Communist League of Britain and other Marxist-Leninists, including sevoral of Third World origin. The group was formed in 1985, and worked on studying the original draft of this pamphlet. This is therefore a second draft, the result of discussion and comment on the original.

The issues examined in "Eurocentisrn and the Communist Movement" are still being considered by the RCLB. The publishers hope that the questions raised by this pamphlet will now be discussed more widely and that it might make some contribution to combatting ills whitch have been long entrenched in the theory and practice of' the left in Britain.

Citation :
Introduction
Historical Background 6
Eurocentism and the Works of Marx & Engels 20
The Contribution of Lenin 47
Between Lenin and Mao, the Comintern period 58
China and the Modern Marxist Leninist movement 69
Summing Up and Looking Forward 82
References 93

Citation :
Robert Biel's Eurocentrism and the Communist Movement traces the history of Eurocentric—and anti-Eurocentric—currents in the Marxist-Leninist tradition, arguing that this distortion was key to the development and spread of revisionism, and ultimately to the failures of the communist project, in the 20th century.

A work of intellectual history," Eurocentrism and the Communist Movement" explores the relationship between Eurocentrism, alienation, and racism, while tracing the different ideas about imperialism, colonialism, "progress", and non-European peoples as they were grappled with by revolutionaries in both the colonized and colonizing nations. Teasing out racist errors and anti-racist insights within this history, Biel reveals a century-long struggle to assert the centrality of the most exploited within the struggle against capitalism.

The roles of key figures in the Marxist-Leninist canon—Marx, Engels, Lenin, Stalin, Mao—within this struggle are explored, as are those of others whose work may be less familiar to some readers, such as Sultan Galiev, Lamine Senghor, Lin Biao, R.P. Dutt, Samir Amin, and others.

Eurocentrism and the Communist Movement
was written in the context of the declining British Maoist movement of the late 1980s. As Robert Biel explains in his preface to this new edition,

"The work responded to a strong sense that the important task was to construct a Marxist theory of political economy which could reflect the real relationships in the contemporary world system. That was the constructive task but, before we could attempt it, we also had to conduct a negative task—one of demolition: to identify and remove the blockage that stood in our way. This blockage was the thing we identified as Eurocentrism, a trend which imprisoned theory in an economistic and mechanical framework, denying the real dynamics of history in which the world outside the major European powers has always played such a major role, and does so still in the form of the liberation movements against all forms of oppression and neo-colonialism.

"On the basis of the research conducted in the current book, I felt I was in a position to begin the constructive task, reflected in my book The New Imperialism (2000). In this book, I sought to show that the superficial consolidation of world capitalism (then still in a somewhat triumphalist phase) was premised on an intensification of capitalism’s fundamental contradictions—on the destruction of human resources and the physical environment—and that the different forms of alienation highlighted by Marx are still fully present, and more specifically, that the global order remains profoundly racist. In my most recent book, 'The Entropy of Capitalism' (2012), I have described a system now beginning to unravel under the force of these contradictions. In this sense, Eurocentrism and the Communist Movement forms the beginning of a trilogy, the more destructive and explicitly polemical part, aiming to clear the terrain.
"

In pursuit of this "destructive", anti-racist and anti-colonial goal, Biel has made an important contribution to understanding the development of Marxist thought in the 19th and 20th centuries, with strategic implications for our current revolutionary project:

"Declining capitalism seems locked in a death-embrace with the symptoms of its own decay. While going to its own grave, it is determined to drag humanity down with it. To reverse this tendency is the task now facing the left. ... Where the system marginalises the periphery, the excluded, we must place them in the centre of the picture. ... It is not certain that the radical forces will be able to seize this chance and rescue humanity. But, if armed with a historical understanding which identifies the most intensely oppressed and the most creative forces, it will indeed be equipped to rise to the challenge."

What People Are Saying:

“Robert Biel’s 'Eurocentrism and the Communist Movement' is a conscientious and well-researched effort to present Eurocentrism as a colonial, racist and social-chauvinist mentality and phenomenon. It decries this problem as having overvalued European developments and influence under the rubric of ‘progress’, depreciated the history and dynamic of the oppressed peoples and nations, subordinated their revolutionary role and aspirations to the European states and industrial proletariat and in effect favoured colonialism and the slave trade and the entire train of consequences up to neocolonialism and neoliberalism.” —Professor José María Sison, chairperson of the International Coordinating Committee, International League of Peoples’ Struggle

“Biel challenges not only Eurocentrism but the corresponding economic determinism that has frequently limited the scope and reach of radical Left social movements. I found myself thinking about the famous phrase, attributed to Italian Marxist Antonio Gramsci, to the effect that ‘...the truth is always revolutionary.’ To which I would add, no matter how challenging it may be to address it.” —Bill Fletcher, Jr., co-author of Solidarity Divided; syndicated columnist

“A long overdue second appearance as it was singularly the most outstanding contribution in the checkered history of the anti-revisionist movement in Britain … an exciting, fertile exploration to developing the need to make concrete and relevant the general theses adopted in the 1960s.” —Sam Richards, Encyclopedia of Anti-Revisionism Online

About the Author:
Robert Biel teaches political ecology at University College London and is the author of The New Imperialism and The Entropy of Capitalism. He researches systems theory and conducts a wide-ranging practical programme on urban agriculture.

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MessageSujet: Re: DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés   Sam 30 Sep - 12:51


Black anarchism: a reader

Ed libcom Sep 29 2017


Black CNT militant from the Spanish Civil War.

http://libcom.org/files/Black-Anarchism-A-Reader.pdf

Citation :
1. Introduction.....................................................................................................................2
2. The Principles of Anarchism, Lucy Parsons....................................................................3
3. Anarchism and the Black Revolution, Lorenzo Komboa’Ervin......................................10
4. Beyond Nationalism, But not Without it, Ashanti Alston...............................................72
5. Anarchy Can’t Fight Alone, Kuwasi Balagoon...............................................................76
6. Anarchism’s Future in Africa, Sam Mbah......................................................................80
7. Domingo Passos: The Brazilian Bakunin.......................................................................86
8. Where Do We Go From Here, Michael Kimble..............................................................89
9. Senzala or Quilombo: Reflections on APOC and the fate of Black Anarchism, Pedro
Riberio...........................................................................................................................91
10. Interview: Afro-Colombian Anarchist David López Rodríguez, Lisa Manzanilla & Brandon
King........................................................................................................................96
11. 1996: Ballot or the Bullet: The Strengths and Weaknesses of the Electoral Process in
the U.S. and its relation to Black political power today, Greg Jackson......................100
12. The Incomprehensible Black Anarchist Position, Hannibal Balagoon Shakur.............111
13. 10 Years of Vermelho e Negro and Recapture of our Revolutionary Libertarian and AntiColonial
Political Line..................................................................................................116
14. Reflections on Ferguson, Lou D..................................................................................118
15. Black Rose Anarchist Federation / Federación Anarquista Rosa Negra, Mission
Statement....................................................................................................................122

Excellent pamphlet from Black Rose Anarchist Federation compiling the writings of black anarchists such as Lucy Parsons and Lorenzo Kom'boa Ervin to less well-known activists from the USA, Africa and Latin America, highlighting the contribution of black people to both the historical and contemporary anarchist movement.

Citation :
In the expansive terrain of anarchist history, few events loom as large as the Spanish Civil War (1936-1939). Countless books, films, songs, pamphlets, buttons, t-shirts, and more are rightfully devoted to this transformative struggle for social revolution by Spanish workers and peasants. But digging through the mountain of available material, little can be found on black militants in the Spanish revolution, like the one featured in the powerful photo on the cover of this reader — a member of the Bakunin Barracks in Barcelona, Spain 1936, and a symbol of both the profound presence and absence of Black anarchism internationally.

For more than 150 years, black anarchists have played a critical role in shaping various struggles around the globe, including mass strikes, national liberation movements, tenant organizing, prisoner solidarity, queer liberation, the formation of autonomous black liberation organizations, and more.

Our current political moment is one characterized by a global resurgence of Black rebellion in response to racialized state violence, criminalization, and dispossession. Black and Afro-diasporic communities in places like Britain, South Africa, Brazil, Haiti, Colombia and the US have initiated popular social movements to resist conditions of social death and forge paths toward liberation on their own terms. Given the anti-authoritarian spirit of these struggles, the time is ripe to take a closer look at anarchism more broadly, and Black anarchism in particular.

The deceptive absence of Black anarchist politics in the existing literature can be attributed to an inherent contradiction found within the Eurocentric canon of classical anarchism which, in its allegiance to a Western conception of universalism, overlooks and actively mutes the contributions by colonized peoples. In recent years, Black militants, and others dedicated to Black anarchist politics, have gone a long way toward bringing Black anarchism into focus through numerous essays, books, interviews, and public talks, many of which are brought together for the first time in this reader.

Our hope is that this reader will serve as a fruitful contribution to ongoing dialogues, debates, and struggles occurring throughout the Black diaspora about how to move forward toward our liberation globally. “Anarchism,” noted Hannibal Abdul Shakur, “like anything else finds a radical new meaning when it meets blackness.” While this reader brings us closer to “a radical new meaning” for anarchism, there are glaring gaps that need to be filled to get a fuller picture of Black anarchism, particularly the vital contributions of black women, queer militants, and more folks from the Global South.

In struggle,

Black Rose Anarchist Federation / Federación Anarquista Rosa Negra

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