PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL

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MessageSujet: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Jeu 14 Mai - 17:37

la première violence capitaliste est l'exploitation au travail. C'est ce que nous rappelle les études sur lesquelles reposent la future loi sur le compte pénibilité dans le cadre de la réforme des retraites


morts par accidents du travail en France

2009  538
2010  529
2011  552
2012  558
2013  541

source


j'avais engagé sur mon blog une veille sur le thème de l'ouvrier mort, on la trouve dans exploitation, luttes ouvrières entre le 4 août 2014 et le 2 janvier 2015. Extrait plus bas

Incendie dans une usine: près de 50 morts à Manille Romandie 14 mai 2015

Romandie a écrit:


Le bilan d'un incendie qui a ravagé une fabrique de chaussures mercredi à Manille, aux Philippines, s'établit à 45 morts et 26 disparus. Des proches des victimes dénoncent des conditions de travail épouvantables.

Les secours ont retiré jeudi matin des dizaines de corps des cendres de ce bâtiment de deux étages situé dans la zone industrielle de Valenzuela, au nord de la capitale des Philippines. Les recherches avaient été interrompues la veille pour raisons de sécurité.

Les victimes ont brûlé vives dans le brasier et les pompiers n'ont retrouvé pour nombre d'entre elles "que des crânes et des os", a annoncé le chef de la police nationale, Leonardo Espina, au cours d'une conférence de presse. "Nous enquêtons pour déterminer ce qui s'est passé, mais il est évident qu'il y aura des suites judiciaires", a-t-il ajouté.

Vapeurs toxiques
L'incendie s'est déclaré mercredi peu avant midi heure locale, vraisemblablement provoqué par les étincelles de fers à souder utilisés pour réparer un portail. Les ouvriers travaillaient dans cette fabrique pour 300 pesos (6,20 francs) par jour, sans protection spéciale contre les vapeurs toxiques, et n'avaient pas reçu d'instructions d'évacuation en cas d'incendie.

"Les familles ne peuvent qu'être en colère. Nous n'oublierons jamais", se désolait un homme dont les deux soeurs se trouvaient à l'intérieur au moment où le sinistre s'est déclaré. Comme d'autres proches, il attendait des nouvelles des jeunes femmes aux abords d'une morgue improvisée. "Je n'ai plus d'espoir de les retrouver vivantes", confiait-il.

Ses soeurs, âgées de 32 et 26 ans, se plaignaient souvent des odeurs incommodantes provenant des produits chimiques. "Elles disaient qu'elles laissaient tourner en permanence un ventilateur électrique pour chasser la mauvaise odeur".

(ats / 14.05.2015 07h54)  

Patlotch a écrit:
'bavures' du capital et bave d'État: nouvelles de l'ouvrier sur Google.infos


« Nous sommes réunis car quarante ans nous séparent d’un drame. [...]
Plus jamais des travailleurs ne devaient être victimes de ce que l’on appelait
– trop facilement – la fatalité. »
Manuel Vals, discours de Liévin 27 décembre 2014

Bierges: un ouvrier tué par une plaque de marbre... RTL info- il y a 55 minutes
Kasserine : un ouvrier de la STEG foudroyé pendant qu'il tentait de... Radio Mosaique FM- 1 janv. 2015
Chine : 17 morts dans l'explosion d'une usine au Guangdong... -31 déc. 2014
Perrigny : Un ouvrier se brûle sur un chantier... Plein Air -31 déc. 2014
Plouasne : Happé par une vis sans fin, l'ouvrier sérieusement blessé... maville.com -30 déc. 2014
Tissemsilt : Un ouvrier communal trouve la mort enseveli sous les... Réflexion- 30 déc. 2014
A Liévin, l'hommage de Valls au monde ouvrier... la Nouvelle République- 27 déc. 2014

Tout ça n'empêche pas, Manuel [sic]
Qu'la Commune n'est pas morte !

plus étonnant ? Pourquoi les "révolutionnaires" honnêtes et au net font-ils moins de cas d'un ouvrier mort sur un chantier que d'un manifestant tué par la police ? La rareté, en France, peut-être : 10 à 15 morts par an (~ 1 par mois) suite à toutes opérations de police, plus de 500 décès par accidents du travail dont ~ 380 ouvriers (~ 1 par jour). Pourquoi parler de la violence de « l'État du Capital » si c'est pour taire la violence quotidienne congénitale* du Capital par le travail ?

* quotidienne : « l'idéologie, c'est la vie quotidienne » TC 1968 année théorique / * congénital, rien à voir avec congé payé

tué par la police, c'est moins "normal", n'est-ce pas, car après tout les patrons ne sont pas supposés être, comme les flics pour l'anar moyen, des assassins professionnels. Du coup l'accident du travail mortel ne serait qu'une "bavure" du capital... Vrai, "camarades communisateurs", que l'écart est considérable : casser du flic, c'est fascinant surtout quand ça brûle, alors que l'ouvrier qui se brûle au boulot, après tout, n'est qu'une sorte de gauche* collabo, non ? Vrai aussi que le manifestant mort est supposé s'être battu pour l'anarchisme, alors que le prolo qui bosse veut des thunes, en attendant... allez savoir quoi. En attendant, cherchez l'erreur... idéologique

* gauche : ~ maladroit. Ouvrier ou pas, on peut être gauche et de droite, adroit et de gauche, etc.

suite de idéologie : de l'ouvrier au social, disparitions sémantiques plus bas 9 décembre

Patlotch a écrit:
nous avons vu la disparition sémantique de l'ouvrier (voir plus bas ouvriers morts 1er décembre). Une autre catégorie a disparu, y compris comme catégorie des journaux Le Monde, Libération, Le Parisien, La Croix... L'Humanité fait un doublé social-éco(nomie)

le social n'occupe que quelques lignes pour Wikipedia, et l'ouvrier plus qu'une page maigrelette avec, à La condition ouvrière, « Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! » Un bon test parmi d'autres pour vérifier que ceux d'en-bas n'écrivent pas dans l'encyclopédie libre pour tous...

dans L'invisibilité sociale, un livre de 2013, Olivier Voirol distingue Invisibilité sociale et Invisibilité du social



Dernière édition par Admin le Sam 7 Mai - 18:08, édité 8 fois
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MessageSujet: CRIMES DU CAPITAL   Jeu 2 Juil - 20:53


extrait de Dans le monde, une classe en lutte Mai 2015 Echanges et mouvements

Echanges a écrit:
CRIMES DU CAPITAL

Monde — *4/05/2015 — Il est plus que prouvé aujourd’hui que l’exploitation du gaz de schiste, au-delà des nuisances écologiques, dégage en quantité un gaz radioactif dangereux, le radon (plus de 40 % que la normalité dans les zones d’exploitation) et déclenche des mouvements tectoniques, des tremblements de terre de magnitude de 3,3 et plus à la fréquence parfois de 2 ou 3 par jour, contre 1 à 2 par an en temps normal. Dans l’Oklahoma, zone d’exploitation intensive, en 2011 un tremblement de terre de ce genre a atteint la magnitude de 5,6. 18 États aux USA sont concernés par ce type d’exploitation et son cortège de méfaits.
Chine — *11/04/2015 — Zhangzhou (Fujian) : une usine de paraxylène, matière première pour la fabrication d’un polyester, explose, entraînant l’intervention de 800 pompiers qui mettront plus d’une journée à éteindre l’incendie qui a suivi et qui permettront l’évacuation de 30 000 habitants du secteur. Black out sur le nombre de tués et de blessés. On peut s’en faire une idée avec les ravages d’une explosion dans une usine chimique (accident industriel relativement fréquent en Chine) à Foshan dans le Guangdong qui tua 17 ouvriers.

Bangladesh — 1*9/03/2015 — Au moins 6 morts « avoués » et 24 blessés dans l’effondrement d’un bâtiment en construction. Mais sur 100 ouvriers exploités sur le chantier, 50 ont été retirés des décombres alors que 35 sont encore dessous. Personne ne sait combien étaient réellement à œuvrer sur les lieux au moment du drame en raison de la fraude constante sur les effectifs réels par l‘emploi de travailleurs au noir.
France — *21/04/2015 — Près de la moitié des décès de prisonniers sont dus à des suicides, taux le plus élevé d’Europe de l’Ouest. En février 2015, 66 000 « locataires forcés » croupissent dans les prisons françaises (il n’y en avait que 25 000 sous le dictature de Napoléon III — 5 enchristés pour 10 000 habitants en 1850 contre 18,5 pour 10 000 dans la période 2005/2010). L’âge moyen des « prisonniers » est de 34 ans, et l’effectif global comporte 5 % de femmes.

Monde —* Février 2015 — La malaria touche essentiellement les pays tropicaux, principalement en Afrique. Dans le monde, on dénombre chaque année 200 millions de malades de cette maladie qui fait 600 000 morts. Faute d’une intervention massive, les préventions et les traitements perdent leur efficacité. Pourquoi tout ce bruit et cette mobilisation autour du virus Ebola, qui fait cent fois moins de victimes sur plusieurs années ? C’est simple : le moustique responsable de la malaria ne vit que sous les tropiques ou en Équateur, et ne peut prospérer et transmettre dans les zones tempérées, alors que le virus Ebola peut se diffuser partout comme un simple rhume.
17/04/2015 — Un milliard et demi d’êtres humains survivent (si l’on peut dire) avec moins de 1,25 $ par jour (soit 1,15 euro).

Taïwan — *13/05/2015 — Une usine de fabrication de téléviseurs est passée par différents patrons, dont Thomson CSF, et a été fermée pour son transfert en Chine en 1992. Pour les 80 000 ouvrières qui s’y sont fait exploiter de 1971 à 1992, ces patrons leur ont laissé des souvenirs : la manipulation de trichloréthylène et l’utilisation d’amiante sans précaution ont engendré des maux divers. Sur 1 500 ex-ouvrières recensées, 529 sont atteintes d’un cancer.

Philippines — *14/05/2015 — 72 morts dans l’incendie d’une usine de chaussures à Manille. Les ouvrières, principales esclaves de l’usine, y étaient exploitées 12 heures par jour, 7 jours sur 7, pour un salaire mensuel de 69 euros.
Grande-Bretagne — *30/04/2015 — Ce pays compte plus de milliardaires par habitant (117 pour les 1 000 plus riches) qu’aucun pays du monde, taux qui a doublé depuis 2009. Richesse pour une bonne partie spéculative

États-Unis — *21/03/2015 — Le meurtre programmé bureaucratisé. Une fois par mois, les membres de la commission du Congrès sur l’espionnage se rendent à Langley, QG de la CIA, pour examiner les vidéos exhibant ceux qui doivent être assassinés dans le monde par les drones et pour donner l’autorisation définitive à leur meurtre. La liste en est établie de concert entre Obama et les militaires. Cette kill list ne mentionne pas bien sûr des bavures éventuelles, ou les « dommages collatéraux ».
Avril 2015 — *Pour 100 femmes noires américaines âgées de 25 à 54 ans, on ne compte que 83 hommes : les manquants sont morts en prison, sous les balles des flics ou autres répresseurs, ou dans les rixes entre gangs des ghettos. Il « manque » aujourd’hui aux USA 1,5 million de « mâles » noirs.
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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 31 Juil - 16:05


à la douzaine...


Nurlu (80) (Picardie) : un ouvrier tombe de plusieurs mètres dans un bassin de rétention sur le site d'enfouissement FranceTV3 31 juillet

Amiante : des responsables du groupe Pirelli coupables de la mort d'ouvriers L'express 31 juillet

Genly (Belgique) : Giovanni Calo (44 ans), ouvrier, meurt en pleins travaux sur la route de Bavay La Province 29 juillet

Egypte: 25 morts dans l'incendie d'une usine Le Figaro 28 juillet

Tours : Un ouvrier enseveli dans une tranchée La Nouvelle République 28 juillet

Haute-Loire : Un ouvrier enseveli dans une tranchée au Chambon-sur-Lignon Le Progrès 27 juillet

Louvre Abu Dhabi : un ouvrier pakistanais meurt sur le chantier exponaute 21 juillet

Lot-et-Garonne : un ouvrier agricole de 38 ans meurt électrocuté Sud-Ouest 21 juillet

Un ouvrier décède la tête écrasée contre un camion à Saint-Laurent-du-Var Nice-Matin 16 juillet

ArcelorMittal Dunkerque : un ouvrier meurt dans un accident de travail FrancTV3 13 juillet

Un ouvrier tué par un robot dans une usine de Volkswagen Le Figaro 2 juillet

La Défense : un ouvrier entre la vie et la mort Le Parisien 1er juillet


Edouard PIGNON Etude pour l'ouvrier mort
Encre noire sur papier 25 x 40 cm


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 31 Juil - 16:23

Les accidents de la route : première cause de mortalité au travail Carole Girard-Oppici  Juri-Travail 20 avril

Consultant, assistant social, commercial, agent immobilier, artisan, ouvrier du bâtiment … nombreux sont les métiers qui nécessitent des déplacements professionnels. 43% des salariés déclarent conduire régulièrement un véhicule durant leur journée de travail, en dehors des trajets domicile-travail. Or, la route est la première cause d'accident mortel au travail. Comment prévenir le risque routier professionnel ?


Citation :
Alors que les accidents de la circulation ne représentent que 3% des accidents du travail (sur environ 670.000 accidents du travail, 20.000 sont des accidents de la circulation), ils sont à l'origine de plus de 20% des accidents mortels au travail, ce qui en fait la première cause de décès au travail.

Et pourtant, le risque routier professionnel est trop souvent sous-estimé, aussi bien par les salariés que par les chefs d'entreprise.

Certes difficile à appréhender, car ses origines sont multifactorielles (vitesse, météo, fatigue, téléphone au volant …), le risque routier doit faire l'objet d'une politique spécifique au sein de l'entreprise, car ses effets peuvent être dramatiques (décès mais aussi incapacités permanentes).

Le sondage Ifop, mené pour MMA, a voulu comprendre les comportements des salariés lors de leurs trajets professionnels.

Salariés, levez le pied !

Selon l'étude, menée auprès de salariés et de travailleurs indépendants effectuant des déplacements professionnels réguliers, 81% d'entre eux déclarent utiliser un véhicule au moins 1 fois par semaine pour effectuer des déplacements professionnels, la majorité du temps avec une voiture de service ou de fonction.

67% d'entre eux avoue avoir un état d'esprit négatif à l'égard de ces déplacements professionnels (routine, perte de temps, stress …), peut-être la raison pour laquelle ils ont tendance à adopter un comportement dangereux sur la route.

Plus de 8 salariés sur 10 adopte au moins une conduite dangereuse parmi :
◾l'utilisation du téléphone portable en conduisant pour les 3/4 d'entre eux (réception des appels téléphoniques aussi bien professionnels que privés, envoi de sms, consultation des mails …);
◾la conduite dans un état de fatigue ;
◾le dépassement de la vitesse maximale autorisée pour 71% d'entre eux ;
◾la conduite après avoir consommé plus de 2 verres d'alcool.
[...]


Le travail en hauteur est en France la 2ème cause de mortalité au travail. 17 févr. 2015

D’après les dernières statistiques des accidents du travail et des maladies professionnelles de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés - CNAMTS, les chutes de hauteur sont en France la 2ème cause de mortalité au travail, après les accidents de trajet, et la 3ème cause d'invalidité permanente et d'arrêts de travail.


Citation :
La Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) du Centre et l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) régional ont signé en décembre 2014 un accord permettant de prévenir les chutes de hauteur, qui sont aujourd’hui en France, la 2ème cause de mortalité au travail.

En effet, les chutes de hauteur au travail représentent 12,2% des accidents avec arrêt de travail, 87.656 arrêts de travail et 7.813 incapacités de travail avec invalidité permanente et 88 décès par an. Près d'un tiers des chutes de hauteur est lié à des échelles ou escabeaux (31,1 %), 11,4 % à des échafaudages et 5,4 % à des toitures, terrasses, verrières, etc. Le secteur le plus touché reste celui de la construction.

Les causes de ces accidents sont généralement liées au travail sur un échafaudage, une plate-forme sans garde-corps ou sans harnais de sécurité correctement attaché, le travail sur des toits fragiles, sur des échelles mal entretenues, mal placées et/ou mal fixées, et enfin les chutes d'échelles lors de leur utilisation en tant que poste de travail.

C’est pour ces raisons que la Carsat Centre et OPPBTP ont décidé de mener des actions de sensibilisation auprès des entreprises du BTP.
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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 31 Juil - 16:27



Le travail de nuit augmente le risque de mortalité Lise Loumé 08-01-2015

C'est la conclusion d'une étude menée sur le long terme par des épidémiologistes de Harvard, qui se sont penchés sur le rythme de travail de près de 75.000 infirmières.


Dès 6 ans de travail de nuit, l’effet néfaste de ce décalage se fait sentir.

Citation :
NÉFASTES. On sait que le travail de nuit ou avec des horaires changeants ("travail posté") est déjà suspecté de jouer un rôle dans divers problèmes de santé. Notamment pour le cancer du sein, le diabète et le déclin cognitif. Et les premiers effets néfastes pour notre santé se feraient sentir au bout de six ans de travail de nuit, selon une nouvelle étude publiée dans l'American Journal of Preventive Medicine. Les poumons et le système cardiovasculaire seraient les principaux touchés.

Un risque de mortalité accru de 11 %

SUIVI. Les chercheurs ont suivi depuis 1988 les rythmes de travail et l'état de santé de près de 75.000 infirmières américaines de la cohorte Nurses' Health Study. Ils n'ont pas suivi d'autres professions, réduisant ainsi le risque de biais lié à la nature du travail effectué. Ils ont également exclu de cette cohorte 10.000 femmes qui avaient déjà des maladies cardio-vasculaires ou des cancers, ce qui aurait pu fausser les résultats. Ils ont considéré que les infirmières travailler "de nuit" dès lors qu'elles travaillaient au moins 3 nuits par mois en plus de jours ou de matinées.

Selon leur résultats, dès six ans de travail de nuit, l’effet néfaste de ce décalage se fait sentir. Les participantes qui ont travaillé de nuit durant 6 à 15 ans étaient exposées à un risque accru de 11 % de mortalité, toutes causes confondues. Leur risque de maladie cardiovasculaire est lui accru de 19 à 23 % (et de 23 % pour celles qui ont œuvré plus de 15 ans).

CANCERS. Depuis 2007, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère le travail de nuit comme un cancérigène probable. Or selon cette étude, le travail de nuit n'augmente pas le risque de cancer, à l'exception du cancer du poumon, qui augmente de 25 % chez les infirmières de nuit qui ont exercé pendant 15 ans ou plus.

TRAVAIL DE NUIT. 3,5 millions de Français travaillent de nuit, habituellement ou occasionnellement, soit 15,4 % des salariés. Le travail de nuit est le plus répandu dans le tertiaire : il concerne 30 % des salariés dans la fonction publique et 42 % dans les entreprises privées de services.


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Jeu 13 Aoû - 18:49


CHINE. Explosions à Tianjin : les dortoirs d'ouvriers sont "comme écrasés par le poing d'un géant"
L' Obs 13-08-2015

Des dortoirs de travailleurs migrants ne sont plus que des enchevêtrements de tôle à terre. "On aurait dit que notre dortoir avait été écrasé par le poing d'un géant", témoigne l'un d'eux.


Les explosions de Tianjin ont fait au moins 44 morts et plus de 500 blessés.
De nombreux blessés ensanglantés sont transportés dans les hôpitaux de la ville

L'Obs a écrit:
Des dortoirs d'ouvriers du port de Tianjin, dans le nord-est de la Chine, n'étaient plus jeudi 13 août que des carcasses de tôle, tandis que des centaines de travailleurs migrants faisaient la queue aux urgences des hôpitaux, après de gigantesques explosions dans une zone industrielle.


dortoirs ouvriers

La série de déflagrations, survenues dans la nuit de mercredi à jeudi, et dont la plus forte équivalait à la puissance de 21 tonnes d'explosifs, ont fait 44 morts et plus de 500 blessés, selon le dernier bilan de l'agence officielle Chine nouvelle.

L'impact des détonations, provoquées par un incendie dans un entrepôt de la zone portuaire, à été ressenti à plusieurs kilomètres.

Les résidences de luxe ont résisté


Jeudi matin, les secouristes continuaient d'amener aux services d'urgence des hôpitaux des blessés sur des civières, dont certains couverts de sang.


Des travailleurs migrants blessés par les explosions de Tianjin patientent dans la salle d'attente
de l'hôpital Gangkou de ce port industriel du nord-est de la Chine, le 13 août 2015

Un médecin sanglotait devant le corps sans vie d'un pompier en uniforme, la peau noircie par la fumée. Au moins 12 pompiers sont morts dans les explosions.

Riveraines de la zone industrielle touchée, des résidences de luxe dont la construction était presque terminée ont relativement bien résisté au choc des déflagrations: seules les vitres brisées et des déchets projetés contre les façades laissaient deviner la catastrophe, dans le nouveau quartier de Binhai.

Mais pas celles des travailleurs

Mais non loin de ces enclaves résidentielles emblématiques de la prospérité chinoise, des dortoirs de travailleurs migrants n'étaient plus que des enchevêtrements de tôle à terre.

Les lueurs de l'aube laissaient entrevoir en-dessous de ces amas de ferraille des draps aux couleurs vives, parfois maculés de sang.

Wang He, ouvrier du bâtiment, vivait dans l'un de ces dortoirs à moins d'un kilomètre du lieu des explosions. Réveillé en sursaut, il s'est cogné la tête contre le plafond.

"J'ai vu une énorme boule de feu s'élever, j'ai senti un vent chaud sur mon visage, et puis j'ai entendu le bruit le plus assourdissant de toute ma vie", a raconté le jeune homme de 26 ans à l'AFP.

"Quand je me suis remis du choc, on aurait dit que notre dortoir avait été écrasé par le poing d'un géant".


Wang attendait avec une dizaine de collègues aux urgences de l'hôpital Gangkou, où les travailleurs migrants étaient les derniers à être encore traités jeudi matin.

Originaire de la province défavorisée du Henan (centre), Wang He fait partie des centaines de millions de travailleurs migrants qui ont quitté les campagnes chinoises pour des salaires plus attractifs dans les grandes métropoles.

Ces travailleurs précaires ont largement contribué à la croissance chinoise, dont les bénéfices sont très inégalement partagés.

"Je n'ai pas les idées claires"

A l'hôpital TEDA, également dans le quartier, Zhang Hongjie, agent de sécurité de 50 ans, prenait lui aussi son mal en patience, la tête enroulée dans un bandage et les bras couverts de coupures provoquées par les éclats de verre.

"L'explosion était terrifiante, j'ai failli m'évanouir", a-t-il raconté à l'AFP.

Avant de bredouiller: "Désolé, je n'ai pas les idées claires, je suis encore un peu perdu". Après la destruction de son dortoir, il ne sait pas où il passera la prochaine nuit, a-t-il ajouté.

Du verre brisé provenant de fenêtres ayant volé en éclats jonchait le sol jusqu'à 3 km à la ronde autour du lieu du désastre, dans des rues dévastées.

Un agent de sécurité montait la garde devant une banque dont l'entrée était complètement détruite, tandis que de l'eau s'écoulant de conduits éventrés inondait le sol de l'agence.

(AFP)



China - Tianjin : Au cœur du chaos | Explosion | 中国 - 天津

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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Mar 18 Aoû - 23:40



En Chine 1.600 personnes meurent tous les jours d'un travail trop acharné


Citation :
A l’instar de Li Jianhua, un citoyen chinois chargé de réglementation bancaire, ayant pendant 26 ans «placé la cause du parti et du peuple» avant sa propre santé, et mort de crise cardiaque en juin dernier alors qu’il tentait de finir un rapport avant le lever du soleil, 600.000 personnes meurent tous les ans, en Chine, d’une activité professionnelle trop intense. Ce sont les chiffres de China Youth Daily, reprise par Business Week, qui donne aussi les chiffres de la radio d’Etat China Radio International: 1.600 décès de cette cause, par jour.

Depuis près d’une décennie, des histoires comme celle de Li Jianhua se multiplient dans les médias. En 2006 déjà le China Labour Bulletin consacrait un article au problème, énonçant notamment les cas de décès de Liu Yunfang, un travailleur textile du Fujian, ayant souffert d’une crise cardiaque causée par un pur problème de surcharge de travail. De Hu Xinyu, ingénieur de Shenzhen mort d’épuisement après des heures de travail excessives pendant plus d’un mois. Ou encore de He Chunmei, femme de 30 ans employée dans une compagnie du Guangzhou, qui s’était effondrée sur la route en sortant de l’usine: elle avait fait des heures supplémentaires et n’avait dormi que 6 heures sur une période de 72 heures.

L’Etat, loin de faire de ces morts des victimes d’un système qu’il faut changer, les érige en héros, à la manière d’un Stakhanov dans l’URSS des années 30, montré en exemple pour les charges de travail incommensurables qu’il effectuait dans les mines… La Chine se cherche de pareils héros depuis des décennies. Elle a ainsi accaparé Lei Feng, membre du parti communiste chinois, né en 1940 et mort à 22 ans, qu’elle célèbre annuellement en mars, pour sa «dévotion» et ses «bonnes actions»… Et se comporte de la même manière aujourd’hui quand des salariés meurent. Li Jianhua a ainsi été fêté par ses employeurs qui l’ont qualifiés de «modèle pour les membres du parti et les cadres de la commission de réglementation bancaire de Chine», invitant à «apprendre du camarade Li Jianhua, chacun devant être comme lui, toujours ferme dans ses idéaux et ses croyances, fidèle à l’intérêt général, loyal à la cause du parti et du peuple menant une lutte incessante en sacrifiant tout le reste», note Business Week.

«La Chine est encore une économie en croissance, et les gens croient encore à cette éthique du travail dur» selon Jeff Kingston, directeur des études d’Asie à la Temple University à Tokyo, au Japon. «Ils n’en sont pas encore au stade de l’affluence, qui a mené au Japon à une remise en question des normes et des valeurs».

Sans compter qu’en Chine, la société mêle la recherche de richesse à une croyance traditionnelle qui consiste à faire passer le collectif avant les individus, rappelle Yang Heqing, de la Capital University of Economics and Business à Pékin. Au risque de mettre la santé de ces individus en très grand danger.


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Jeu 20 Aoû - 14:08

TF1News

Travailler plus de 55 heures par semaine augmente le risque d'AVC M.L avec AFP 20 août 2015

temps de travail , crise cardiaque , 35 heures

Après avoir analysé des données portant sur 600.000 personnes, une équipe de chercheurs a conclu que travailler plus de 55 heures par semaine augmente le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC). En France, plus de 8% des salariés sont concernés par ces horaires à rallonge.

Citation :
Passer trop de temps au bureau nuirait à la santé. C'est en tout cas la conclusion d'une étude menée par une équipe de chercheurs et publiée par la revue scientifique The Lancet. Après avoir analysé des données fournies par des études portant sur 600.000 personnes originaires d'Europe, des Etats-Unis et d'Australie, des chercheurs ont découvert que travailler plus de 55 heures par semaine augmentait de 33% le risque de faire un AVC et de 13% celui de développer une maladie des coronaires (les artères nourricières du cœur) par rapport à un travail hebdomadaire de 35 à 40 heures. Ce résultat a été obtenu en suivant pendant 7 à 8 ans des hommes et des femmes qui n'avaient aucune maladie cardiovasculaire connue au début de l'étude.

Ses auteurs relèvent que le risque d'AVC n'apparaît pas brutalement au delà de 55 heures de travail hebdomadaires mais augmente parallèlement à la durée du travail: 10% de plus chez les personnes travaillant entre 41 et 48 heures et 27% de plus chez ceux travaillant entre 49 et 54 heures.

"Les professionnels de santé devraient être conscients du fait que de longs horaires de travail sont associés à un accroissement significatif du risque d'AVC et peut-être également de maladie coronaire" souligne le professeur Mika Kivimäki, professeur d'épidémiologie à l'University College de Londres et coordinateur de l'étude.


Les salariés turques les plus concernés

Dans un commentaire joint à l'étude, le docteur Urban Janlert de l'université suédoise Umea rappelle pour sa part que parmi les membres de l'OCDE (Organisation pour la coopération économique et le développement), la Turquie a la plus grosse proportion de salariés travaillant plus de 50 heures hebdomadaires (43%), alors que les Pays-Bas ont la proportion la plus faible, moins de 1%. La France arrive en 9eme position (8,7%) alors que l'Allemagne compte seulement 5,6% d'employés réalisant plus de 50 heures de travail par semaine, selon des chiffres publiés en avril par l'OCDE.

Un conseil : faire du sport et s'alimenter plus sainement

Plutôt que de réduire les horaires de travail, ce qui risque d'être "difficile ou impossible" à mettre en oeuvre, "la plupart d'entre nous pourrions réduire le temps passé assis, augmenter notre activité physique et améliorer notre alimentation" suggère de son côté le Dr Tim Chico, un consultant en cardiologie, non lié à l'étude.

Le rôle joué par le stress dans plusieurs maladies cardiovasculaires dont les infarctus et les AVC a déjà fait l'objet de nombreuses études, contrairement aux horaires de travail qui n'avaient jusqu'à présent pas été étudiés avec autant de précision.



Si 43% des salariés turcs effectuent plus de 50 heures de travail par semaine, ils sont moins de 1 % aux Pays-Bas

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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Lun 7 Déc - 3:55



Cambodge: évanouissements collectifs dans des usines  AFP 20/11/2015

Des centaines d’ouvriers cambodgiens ont perdu connaissance dans une zone économique proche de la capitale, Phnom Penh, après la pulvérisation d’insecticide dans les champs alentour, ont déclaré les autorités vendredi, confrontées à un nouvel épisode d’évanouissement collectif dans le pays



Citation :
Environ 250 travailleurs ont vomi et se sont évanouis vendredi matin dans six usines de vêtements d’une zone économique à une heure de la capitale, selon Cheav Bunrith, porte-parole de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), un organisme gouvernemental. Les victimes ont été hospitalisées.

D’après le même organisme, plus de 100 personnes auraient également été victimes d’évanouissement jeudi dans une usine de jouets de la même zone économique.

Ces fréquents phénomènes d’évanouissements collectifs dans les usines cambodgiennes sont dus aux conditions de travail, à une mauvaise ventilation et à l’exposition à des produits chimiques nocifs. Début novembre, un travailleur textile appartenant à un groupe chinois est décédé et 21 autres ont été hospitalisés.

Quelque 700.000 ouvriers travaillent pour l’industrie du textile au Cambodge, qui fabrique des vêtements pour des marques comme Gap, Nike et H&M. Cette industrie représente une ressource importante pour ce pays d’Asie du sud-est.

Début octobre, après plusieurs jours de négociations avec les syndicats, le salaire minimum des ouvriers de l’industrie du textile et de la confection de chaussures a été officiellement fixé à 140 dollars (124 euros) par mois pour 2016, contre 128 dollars en 2015.




   
Au Cambodge, les ouvrières du textile continuent de s'évanouir Celia Guillon 3 juillet 2015    


image ajoutée

Cette semaine, les autorités ont prétendu que ce serait dû à des crevettes avariées. Mais les conditions de travail en sont le plus souvent la cause

Entre lundi et mercredi derniers, environ 200 travailleuses ont perdu connaissance dans trois usines de textile proches de Phnom Penh, capitale du Cambodge. Si l’on en croit la version officielle du Fonds National de Sécurité Sociale du Cambodge (NSSF), elles auraient été intoxiquées dans au moins l’une des usines... en mangeant des crevettes avariées

Citation :
L'argument tient peu : les pertes de connaissance dues à l'épuisement et la chaleur dans les usines textiles cambodgiennes ne sont pas un phénomène exceptionnel, comme l'a montré, en 2012, le reportage Cambodge, salaire de la faim par l’association Ethique sur l’étiquette. Des happenings où des volontaires feignaient un évanouissement avaient ensuite été organisés dans des grands magasins en France, en particulier H&M et Zara, dont certains vêtements sont produits au Cambodge. Le but : dénoncer la participation passive de ces grandes marques à l’exploitation des travailleuses (91% des personnes travaillant dans le textile au Cambodge sont des femmes).

115 euros par mois

Depuis 2012, les conditions de travail ne se sont toutefois que très peu améliorées: cadence infernales, locaux calfeutrés empêchant une aération adéquate, interdiction de prendre des pauses pour aller aux toilettes... sans compter la chaleur de ces entrepôt souvent en tôle. Le tout pour un salaire de base de 115 euros par mois, alors que, d’après les syndicats de travailleurs, il en faudrait au moins 145. Il est possible de gagner un peu plus en faisant des heures supplémentaires qui, quand elles ne sont pas obligatoires, sont la norme. Officiellement, selon les standards de l’Organisation internationale du travail, les ouvrières ne peuvent travailler plus de 8 heures par jour. Avec les heures supplémentaires, elles font en réalité entre 10 et 12 heures par jour, 6 jours sur 7.

Ces conditions de travail épuisantes ne sont pas niées par le gouvernement. Dans un rapport officiel du 29 mai dernier, le ministère du Travail reconnaît que le secteur « s’est rapidement développé ces dix dernières années, en particulier grâce au travail d’une main d’œuvre peu rémunérée utilisée pour effectuer cette tâche difficile». L’industrie du textile représente aujourd'hui 70% des exportations du pays et 18% de son PIB.


Un projet de loi en préparation

Le gouvernement va-t-il quand même réagir ? Le rapport du Ministère annonçait la création d’Instituts de formation pour les travailleurs du textile (CGTI). Ces instituts devraient « permettre d’assurer la pérennité du secteur, dans un contexte de compétitivité internationale, et de donner l’accès aux Cambodgiens à des postes d’encadrement intermédiaire et de direction actuellement occupés par des expatriés asiatiques, faute de qualification suffisante de la main-d’œuvre locale », selon l'Agence française du développement (AFD) qui finance le projet à hauteur de 3,2 millions d'euros.

Un projet de loi pour la protection des travailleurs, en préparation depuis 2008, devrait également «être bientôt finalisé », d’après l’avis publié par le ministère du Travail. Cette loi cherche à « éviter qu’un petit nombre de cercles mal intentionnés ne continuent à utiliser les travailleurs ou les relations industriels du Cambodge pour servir leurs intérêts et ceux de leur groupe, sans prendre en compte les intérêts des travailleurs ».

Les ouvrières du textile surveilleront la promulgation et l'application du texte. Depuis 2012, elles ont multiplié les manifestations, malgré la répression. Elles se syndiquent aussi de plus en plus. « Près de 60% des 600 000 travailleurs sont syndiquées », annonçait en 2014 Van Sou Leng de la Fédération Cambodgienne des Employeurs et Entreprises dans le Cambodia Herald.



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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 11 Déc - 13:01



attention : chute d'ouvrier






Travaux en hauteur, une chute toute les 5 minutes ! Daniel Roucous 7 Décembre, 2015
Sécurité dans le BTP et l'agriculture. Document Directe - ministère du Travail


2ème campagne de prévention des chutes de hauteur à l’attention des employeurs du BTP et agricoles qui ignorent le droit du travail.


Dans le bâtiment les chutes de hauteur sont l’une des premières causes des accidents du travail (1 chute toutes les 5 minutes selon l’INRS). C’est également le cas dans l’agriculture à la saison des cueillettes mais aussi en ce moment lors des travaux d’élagage ou des réparations de bâtiments d'exploitation.

Citation :
Pourquoi ? Parce que la règlementation n’est pas respectée par les employeurs.

Que dit-elle cette réglementation ?

Elle prévoit une obligation pour les employeurs de tous les secteurs d’activité soumis au code du travail de mettre en place une protection contre le risque de chute quelle que soit la hauteur à laquelle se situe le travailleur.

Cette réglementation est expliquée clairement dans le code du travail (articles R4323-58 à R4323-90 – lire en références ci-dessous).

Résumons : les travaux en hauteur sur des plates-formes, échafaudages, échelles etc. sont réalisés à partir d’un plan de travail conçu, installé ou équipé de manière à préserver la santé et la sécurité des travailleurs.

Cette prévention des chutes en hauteur se concrétise par l’installation dès une hauteur de 1 mètre de garde-corps intégrés ou fixés de manière sûre, rigides et d’une résistance appropriée.

A défaut tout autre moyen assurant une sécurité équivalente doit être prévu notamment la protection individuelle des travailleurs. Celle-ci est assurée au moyen d’un système d’arrêt de chute approprié de façon à éviter toute chute libre de plus d’un mètre.

Quant à l’installation d’échafaudages, elle ne peut être réalisée que par des travailleurs compétents ayant reçu une formation spécifique.

Un mot sur les échelles, escabeaux et marchepieds. C’est à l’employeur de s’assurer qu’ils sont aux normes et sécurisés, de manière à éviter les chutes en hauteur.


Le cas des jeunes travailleurs

Il est également important de rappeler que le travail en hauteur, où que ce soit et notamment en agriculture, est interdit aux jeunes travailleurs, apprentis, stagiaires de moins de 18 ans… si la sécurité telle que mentionnée ci-dessus n’est pas assurée. Attention : pas de dérogation à l’interdiction d’affecter les jeunes à des travaux en hauteur portant sur les arbres (articles D4153-30 à D4153-32 du code du travail – lire références ci-dessous).

Le hic est que le code du travail ne fixe pas de hauteur limite ni ne précise la liste des travaux concernés par cette interdiction. Ainsi, selon le ministre de l’Agriculture, la cueillette ne serait pas concernée, seules la taille et l’élagage.

Prudence cependant, cette affirmation du ministre lors du congrès des Jeunes Agriculteurs, le 5 juin 2014, n’a pas été concrétisée par un arrêté ou un décret modificatif. En attendant…l’article R4323-63 du code du travail interdit d’utiliser les échelles, escabeaux et marchepieds comme poste de travail… sauf si le risque est faible et qu’il s’agit de travaux de courte durée non répétitif .


Conseils et aides financières

Les entreprises sont donc invitées, c’est l’objet de cette campagne « travaux en hauteur, pas droit à l’erreur », de se rapprocher des DIRECCTE (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) ou de leurs caisses de régime sociale (CNAMTS, MSA, RSI) ou de leurs organismes professionnel de prévention du BTP.

Ce d’autant qu’elles peuvent disposer d’aides financières :

- aide échafaudage + de la CNAMTS  pour les entreprises de bâtiments de moins de 50 salariés (40% de l’investissement HT dans la limite de 6 000 euros). Renseignements auprès de la CNAMTS.

- aide de l’organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) à hauteur de 5 000 euros pour 15 000 euros d’investissement ou subvention du fond pour l’amélioration des conditions de travail. Renseignements sur www.preventionbtp.fr

- aide financière simplifiée agricole (AFSA) de 50% dans la limite de 3 000 euros. A demander à la MSA.


Références à consulter

Citation :
- Le code du travail sur le travail en hauteur

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do

- le code du travail sur le travail en hauteur des jeunes travailleurs

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do

- l’arrêté relatif aux échafaudages

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do

- lettre circulaire de la Direction générale du travail

http://travail-emploi.gouv.fr/publications

- les conseils pratiques de l’INRS

http://www.inrs.fr/actualites/chute-hauteur.html



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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 11 Déc - 13:29


morts par accidents du travail en France

2009  538
2010  529
2011  552
2012  558
2013  541

source



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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 11 Déc - 20:45

importé d'août 2015



Le nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles en augmentation 30/07/2015


Après deux années de baisse, le nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles est reparti à la hausse


Citation :
En 2014, le nombre d'accidents du travail a progressé de 0,5% et celui de maladies professionnelles de 0,3%. Ces hausses, précise le rapport de gestion 2014 de la Direction des risques professionnels de l'assurance maladie suivent deux années de baisse.

L'augmentation des accidents du travail doit cependant être pondérée par la stabilité de l'activité économique et ses effectifs en retrait de 0,2% sur un an.

Les secteurs d'activité les plus touchés

Les secteurs du travail temporaire et de l'action sociale ainsi que ceux de la banque et des assurances sont les plus concernés par cette hausse.

Une bonne nouvelle malgré tout, le nombre de décès imputables aux accidents de travail diminue de 2%, 530 cas en 2014, 541 en 2013. De même les accidents de trajet ont été moins nombreux en 2014.

Même tendance à la hausse pour les maladies professionnelles

Les maladies professionnelles les plus représentées restent toujours les troubles musculo squelettiques (TMS) ainsi que les maladies liées à l'amiante qui même si elles diminuent régulièrement sont à l'origine de beaucoup de cancers professionnels.

Les affections psychiques liées au travail sont de plus en plus reconnues après avis du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Le lien direct entre la pathologie et l'activité professionnelle a été reconnu dans 315 cas en 2014 contre 223 cas en 2013.

La loi sur le dialogue social adoptée définitivement le 23 juillet 2015 devrait permettre la reconnaissance des pathologies psychiques comme maladies d'origine professionnelle. Le syndrome d'épuisement professionnel (burn-out) devrait être reconnu sans que le terme soit toutefois inscrit dans le projet de loi. Le gouvernement est en effet défavorable à la reconnaissance de cette pathologie via son inscription sur le tableau des maladies professionnelles compte tenu de l'absence de consensus scientifique sur une définition claire.



Accidents du travail : les entreprises émettent des réserves Virginie Leblanc (Entreprises & Carrières) 22/06/2015

Quatre ans après la réforme de la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles, les entreprises se l’approprient désormais, selon le baromètre Atequacy et Singer avocats. Fait significatif, elles commencent à émettre des réserves motivées lorsqu’elles estiment que l’AT-MP n’est pas lié au travail.


Les services RH constatent une hausse des arrêts dépression

Virginie Leblanc a écrit:
La connaissance des entreprises en matière de gestion administrative des accidents du travail et maladie professionnelles (AT-MP) progresse. C’est la tendance qui ressort du baromètre* réalisé par Atequacy, cabinet de conseil opérationnel en gestion des risques professionnels, et Singer avocats, expert en droit social.

Une entreprise sur deux déclare maîtriser chaque étape de la procédure menée par la CPAM (Caisse primaire d’assurance-maladie), en légère progression par rapport à 2014 (46%). La progression la plus spectaculaire tient à leur niveau de connaissance des mécanismes de tarification, pourtant complexes, mais qui sont maitrisés parfaitement par 62% des entreprises, contre un gros tiers en 2014.

Progression également significative : 43% des entreprises (contre 17% en 2014) émettent systématiquement des réserves motivées lorsqu’elles estiment que l’AT-MP n’est pas lié au travail. Une évolution qui explique qu’elles ont plus de mal à respecter le délai de 48 heures pour envoyer leur DAT (déclaration d’accident du travail), car « si une entreprise souhaite émettre des réserves, elle doit les motiver suffisamment », relève Nicolas Delannoy, directeur gestion des risques professionnels chez Atequacy.

Autres enseignements du baromètre : seules 10% des entreprises ont été confrontées à un accident du travail lorsque le salarié n’utilisait pas les équipements de protection individuelle mis à sa disposition, contre 53% en 2014. Et les employeurs n’hésitent pas à sanctionner les manquements plus lourdement : en 2015, 35% ont opté pour un licenciement et 20% pour une mise à pied disciplinaire, contre respectivement 1% et 3% en 2014.

Les cas d’arrêts maladie faisant suite à une dépression sont en légère progression : 38% des employeurs en ont connu en 2015, contre 35% en 2014. Mais leurs conséquences ne sont plus du tout les mêmes : 41% ont occasionné cette année une déclaration d’accident du travail ou de maladie professionnelle, quand la presque totalité donnait lieu à un arrêt maladie classique en 2014. Ce qui montre, selon les commanditaires de l'étude, la pertinence du débat introduit récemment dans le projet de loi sur le dialogue social. Un amendement a retenu que « les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle ».



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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 4 Mar - 16:00


La sécurité, angle mort du travail intérimaire
LE MONDE ECONOMIE | 01.03.2016 |  Par Francine Aizicovici  


Un travailleur sur le site d'Arcelormittal à Dunkerque
ANDREW TESTA / PANOS-REA

Citation :
2015, année noire chez ArcelorMittal. Entre avril et septembre, trois salariés sont décédés chez l’aciériste, dont deux à Dunkerque, un site classé Seveso seuil haut. Ces derniers étaient des intérimaires, l’un ayant été recruté par un sous-traitant. Celui-ci, âgé de 21 ans, a été écrasé entre deux wagons au cours d’une opération de déchargement. L’autre, 40 ans, est tombé dans une rigole de fonte en fusion. Le même accident a touché un intérimaire en septembre 2015 à l’usine du groupe de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Cette situation dramatique a conduit la société d’intérim Randstad à retirer, le 30 octobre, 28 de ses intérimaires de l’usine de Dunkerque, le temps que leurs postes soient « mis au niveau de sécurité attendu », a indiqué cette société d’intérim. Mais certains se sont réinscrits dans une autre société d’intérim pour pouvoir retravailler à l’usine…

Les intérimaires forment, globalement, une population plus vulnérable face aux risques professionnels que l’ensemble des salariés. Selon les données de l’Assurance-maladie, l’indice de fréquence des accidents était en effet, en 2014, de 46,5 pour 1 000 salariés de l’intérim, contre 33,4 tous salariés confondus. Quant aux décès, l’intérim représente proportionnellement, en 2014, le double de l’ensemble des travailleurs, avec 32 morts (pour 774 000 intérimaires), contre 539 (sur 18,6 millions de salariés). S’ajoutent 32 autres décès d’intérimaires dans des accidents de trajet.

Pour Pascal Jacquetin, directeur adjoint de la branche risques professionnels à l’Assurance-maladie,...


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Jeu 10 Mar - 12:00

Marin Ledun Les visages écrasés Seuil 2011

Marin Ledun a écrit:
« Madame Yacoubi, c'est à vous, je crois. »

Foulard sur les épaules, paumes calleuses et doigts rongés par la Javel, Salima Yacoubi est fatiguée. Dans le jargon, on dit agent de nettoyage. Beaucoup disent femme de ménage, mais la plupart l'appellent Salima ou Mme Yacoubi. Presque la soixantaine, accent algérien, une peau qui a dû être douce et cuivrée, des cheveux noirs striés de blanc. Sous-traitance pour une société de nettoyage implantée dans la zone industrielle de Saint-Péray, CDI à mi-temps, des horaires aménagés. Client principal : le centre d'appels. Pas de statut, horaires merdiques, une vie professionnelle dans l'ombre des salariés de la plate-forme. Contrainte principale : pas de recrutement, aucun collègue de travail, seule à nettoyer trois étages, quatre tours, et à vider soixante-dix-huit poubelles tous les jours de la semaine. Seule avec ses yeux pour pleurer.

Ce que je vois, sur cette chaise, face à moi, visage dur et cernes noirs : une femme usée jusqu'à la corde.

Tentative de viol par un jeune cadre supérieur salarié du centre d'appels, le 14 mars 2008, peu avant la fermeture du site. « Juste quelques caresses, a-t-il plaidé. Elle était consentante. » Traduisez : un doigt dans l'anus à travers sa robe et des insultes à caractère raciste. Le vigile n'a rien vu. Mme Yacoubi était seule, comme d'habitude, pour faire son travail, c'est-à-dire : aucun collègues pour la soutenir, aucun collègue pour témoigner, aucun collègue pour lui venir en aide. Sa parole contre celle de son bourreau.

Ses yeux pour pleurer.

Le jeune cadre a été fichu à la porte, avec une lettre de recommandation du directeur. Nouveau milieu de travail ? Une société de services, située un peu plus haut, dans la même rue. Sept employés. Même société de nettoyage sous-traitance. Salima Yacoubi continue de le voir tous les jours et vit un enfer. Elle ne souhaite pas en parler à son employeur, ni à la direction de la société de services. Silence, déni et tabou. J'insiste, mais elle refuse. Elle est là, c'est presque une victoire en soi.

La mort de Vincent ravive l'agression dont elle a été l'objet.
Je l'écoute se confier sans intervenir.
Sa voix est rauque. Timide et apeurée, comme toujours. Ses gestes sont lents et posés. Elle est grand-mère pour la troisième fois depuis deux jours. Elle aurait aimé prendre un congé sans solde. Son chef d'équipe l'a envoyée promener. Encore une fois : seule avec ses yeux pour pleurer. Comme moi.

Elle vide son sac pendant quinze minutes et me raconte l'histoire sordide d'un cadre supérieur de vingt-huit ans qui a décidé de se taper une femme de ménage de cinquante-huit ans, un soir après le boulot, en se disant qu'une vieille algérienne aimerait ça et fermerait sa gueule. Puis elle repart.

Chaque récit atterrit dans mon cabinet. Mes oreilles, mes notes, mes dossiers d'expertise. Je suis la seule à avoir une vue d'ensemble.

Je prends une gélule de Rivotril, que je fais passer avec de l'eau. Le gobelet en plastique me tombe des mains. Je me baisse pour le ramasser et le jeter à la poubelle. Je dois m'y reprendre à deux fois.

Mes yeux pour pleurer.

Cinq bonnes minutes et je parviens à maîtriser à nouveau mes gestes.

Patient suivant.



quatrième de couverture
Citation :
Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. Ces projets montés en quelques jours, annoncés priorité-numéro-un, et abandonnés trois semaines plus tard sans que personne ne sache vraiment pourquoi, sur un simple coup de fil de la direction.
La valse silencieuse des responsables d'équipes, toujours plus jeunes et plus inflexibles, mutés dans une autre agence ou partis par la petite porte. (...)
L'infantilisation, les sucettes comme récompense, les avertissements comme punition. La paie, amputée des arrêts maladie, et des primes au mérite qui ne tombent plus. Les objectifs inatteignables.
Les larmes qui montent aux yeux à tout moment, forçant à tourner la tête pour se cacher, comme un enfant qui aurait honte d'avoir peur.
Les larmes qui coulent pendant des heures, une fois seul. Mêlées à une colère froide qui rend insensible à tout le reste. Les injonctions paradoxales, la folie des chiffres, les caméras de surveillance, la double écoute, le flicage, la confiance perdue.
La peur et l'absence de mots pour la dire. Le problème, c'est l'organisation du travail et ses extensions. Personne ne le sait mieux que moi.

Vincent Fournier, 13 mars 2009, mort par balle après ingestion de sécobarbital, m'a tout raconté. C'est mon métier, je suis médecin du travail. Écouter, ausculter, vacciner, notifier, faire remonter des statistiques anonymes auprès de la direction. Mais aussi : soulager, rassurer. Et soigner. Avec le traitement adéquat.



Marin Ledun : « Bas prix et suicides en entreprise sont liés ! »
BibliObs·Publié 06 avril 2012

Marin Ledun a décroché ce week-end le Grand prix français du roman noir du festival de Beaune. Ca tombe bien, Christophe Dupuis l'avait interviewé il y a quelques mois.

Citation :
Ch. Dupuis – Vous aviez déjà coécrit un essai avec Brigitte Font Le Bret («Pendant qu’ils comptent les morts» – La Tengo Edition) sur la souffrance au travail, vous y revenez avec ce polar, «les Visages écrasés». Pourquoi?

Marin Ledun – Pour une raison militanto-polardesque, d’abord. Les questions de la souffrance au travail et, plus largement, des conditions de travail aujourd’hui, dans un pays comme la France, sont toujours et plus que jamais d’actualité. On pense aux salariés qui se suicident ou tentent de le faire. Mais il y a également les chômeurs, les familles surendettées… Or, le champ du polar se saisit assez peu des nouvelles formes de domination dans le monde du travail et de la consommation.

Il y a bien sûr des exemples célèbres et récents, comme le magistral «Couperet» de Donald Wetslake, le poignant «Les derniers jours d’un homme» de Pascal Dessaint, le précis «Lorraine Connection» ou «Bien connu des services de police» de Dominique Manotti, ou encore «Cadres noirs» de Pierre Lemaître, mais c’est un champ qui reste vraiment à explorer en profondeur.

Pour une raison plus personnelle, 1/ j’ai envie de le faire, et 2/ c’est un sujet que j’ai investi depuis des années et que je ne suis pas prêt de lâcher. Ma génération est née avec le marketing, en France, qui a lentement mais sûrement vampirisé nos vies – même si cet état de fait a encore du mal à pénétrer les esprits. En à peine trente ou quarante ans, l’intégralité de nos modes de vie a été transformée en marchandise. C’est un fait. Chaque objet, chaque vie, chaque relation, chaque sentiment, tout a un prix. Cela semble une banalité de le dire et pourtant, c’est ce qui structure nos vies, alors que la plupart des gens s’accordent à dire que la consommation est une saloperie généralisée, sans parler des conditions de travail. Pourquoi laisser faire, dans ce cas? Pourquoi ne pas se réapproprier ce Grand Merdier et en faire quelque chose de moins anthropo-destructeur?

Cela devient de plus en plus rare, mais il n’y a pas de remerciements à la fin du livre. Vous avez pourtant bien dû potasser, rencontrer des gens… non ?

Des tas de rencontres… qui ne regardent qu’eux et moi. Je vous rappelle que j’écris des fictions, et que la vie, la vraie, recommence une fois la dernière page tournée.

Le livre se passe dans une boîte de téléphonie. A sa sortie, nous pouvions lire dans le journal des articles comme celui-ci: « Un salarié de France Télécom-Orange âgé de 57 ans s'est suicidé mardi matin en s'immolant par le feu sur le parking d'une agence de l'entreprise basée rue Vigneau, à Mérignac, près de Bordeaux »

La question est : combien d’horreurs comme celle-là nous faudra-t-il pour enfin nous mobiliser pour changer les règles du travail et les rendre humaines? Ce qui me rend dingue, c’est qu’à chaque fois qu’un syndicat plaide pour une augmentation du pouvoir d’achat des salariés qu’il défend, il scie la branche sur laquelle nous sommes tous assis. On vit dans un système ultralibéral capitaliste, pas dans le monde de Candy! Plus on consomme, plus on pressurise des salariés pour qu’il y ait du rendement. Consommation et travail sont liés. Pouvoir d’achat et conditions de travail sont liés. Bas prix et suicides en entreprise sont liés! Et il y en a encore pour parler de démocratisation de l’accès aux biens de consommation en guise d’argument principal…

Vous faites état d’un parallèle entre univers professionnel et carcéral , lors d’un séminaire, avec une conférence sur les pulsions suicidaires en milieu carcéral… vous étiez à ce séminaire? Avez-vous travaillé sur ces liens ?

Non, je n’ai pas travaillé sur ces liens et je connais trop peu le milieu carcéral pour m’autoriser à en parler, mais j’ai eu la chance d’assister à un débat dans lequel intervenait l’écrivain Hafed Benotman. Il expliquait que le modèle économique et social du milieu carcéral n’est que le reflet de celui de la société dans laquelle il prend place. Dans «Surveiller et punir», Foucault démontre ça parfaitement : la naissance de la prison, parallèle à celle des hôpitaux, de l’école, de l’armée moderne, des entreprises, autour de l’idée du panoptique. Jacques Audiard, dans ce magnifique film qu’est «Un Prophète», avec son portrait d’un petit caïd se muant en un véritable entrepreneur ultralibéral, fait également ce parallèle entre milieu carcéral et économie capitaliste. Avec «Le Couperet», qu’a réalisé Costa-Gavras, il s’agit du film le plus puissant que j’ai pu voir sur la question.

En général, on ne «sent» pas trop l’auteur derrière son livre mais dans celui-ci, on sent une certaine (euphémisme) colère de votre part: « Je hurle en même temps sa souffrance, sa vie d’homme et le système qui y a mis fin » dit Carole Matthieu… me trompe-je ?

C’est pourtant mon roman le plus distancié. Des années de lecture et de préparation, sept ans de salariat, des mois passés à construire mes personnages… Ma colère à moi est moins violente que celle de Carole Matthieu. Plus impuissante aussi. Les médecins du travail sont au cœur de la machine et sont l’un des maillons essentiels de la possible chaîne de résistance au «mal-travail».

« A chaque fois, les règles du travail ont été revues, et à chaque fois, les Vincent Fournier se sont adaptés, quel qu’en fût le coût. Cancers du poumon, effondrements et coups de grisou dans les mines. Asbestoses et mésothéliomes pour les travailleurs de l’amiante. Troubles hématopoïétiques mortels et cancers thyroïdiens pour les employés du nucléaire. Stress, fatigue nerveuse, angoisses, diarrhées, vomissements, troubles du sommeil, hallucinations. Mais aussi surendettement, prêts à la consommation, accidents du travail, faillites, divorces, suicides et meurtres. »
Alors, on fait quoi ?

Faire quoi ? Commencer par en parler, vraiment. Cela fait à peine deux ans que le débat a difficilement émergé en France. Il s’agirait qu’il s’élargisse. A titre individuel, je n’ai aucune réponse. Tout ce que je peux faire, c’est sortir autant que possible du circuit salarial et marchand. Et après? Ce n’est évidemment qu’une solution individuelle. Je vous repose la question en retour: collectivement, qu’est-ce qu’on peut faire ? Nous sommes déjà deux, c’est déjà un bon début.

Surtout que le livre n’est pas manichéen: « D’un côté les forfaits à 29,90 et les offres illimitées et, de l’autre, les conditions de travail qui permettent ces forfait à bas prix et leurs conséquences sur la santé des salariés ». Même si ce qui importe à ces opérateurs n’est pas tant les bas prix que leurs profits…

Dans « L’affaire N’Gustro», en 1971, Jean-Patrick Manchette a cette phrase magnifique qui complète assez bien votre remarque: « Oui, alors puisque le Far-West c’est fini, il faut m’y prendre autrement, il faut que ça paie. Le bordel industriel avancé regorge. Il faut vous décider à m’en donner un peu, parce que si vous continuez à nous en promettre sans nous en donner, à susciter toute cette abondance de misérables désirs, il vous viendra de plus en plus de pauvres, ô mon bordel natal, et des moins arrangeants que moi. Voilà pourquoi vous crèverez tous.»

« Quel homme peut porter et nier une telle souffrance aussi longtemps…»

Un salaud ordinaire, peut-être, ce que Hannah Arendt nomme la banalité du mal. Ou un imbécile heureux. Ou les deux: un consommateur lambda. Vous, moi, tout le monde. Notre petite guerre des vanités, sur un champ de visages piétinés.

Le suicide est omniprésent, analysé, et vous dites qu’il n’est pas reconnu comme maladie professionnelle… un peu comme le vote blanc ou l’abstention qui ne sont pas reconnus…

Sur ces questions, je vous conseille la lecture des travaux de vrais spécialistes (que je ne suis pas) comme «Travail, les raisons de la colère» ou «La société managériale» de Vincent de Gaulejac. Les éditions Agone viennent aussi de publier un ouvrage fantastique de Christian Corouge et du sociologue Michel Pialoux (déjà coauteur de «Retour sur la condition ouvrière», avec Stéphane Beaud, en 1999), intitulé «Résister à la chaîne», qui est un dialogue sur près de trente ans entre le sociologue et un ouvrier de Peugeot-Sochaux.

Vous revenez sur l’Histoire : « La version officielle: les lâches et les fragiles contre le reste du monde. L’autre Histoire de ceux qui eurent en silence sous les coups de boutoir des règles comptables et dont les fantômes hantent la version officielle. » Avez-vous lu « Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours », de Howard Zinn ?

C’est l’une des grandes forces du roman français, ce qu’on pourrait appeler le roman noir en particulier, du «Madame Bovary» de Flaubert à aujourd’hui, en passant par Zola, Hammett et le hard-boiled américain, Manchette et le néopolar français : écrire l’Autre Histoire, celle des vaincus et la graver dans le marbre. Le pouvoir romanesque, c’est cela : inscrire l’histoire des vaincus sous forme de récit, en faire une mémoire collective. Loin, bien loin de l’histoire officielle qui, parfois, souvent, très souvent même, ment, réécrit, révise… Je suis d’ailleurs heureux de lire à droite, à gauche, l’engouement que suscite «Les visages écrasés». La réponse au fumiste et dangereux «travailler plus gagner plus» a été longue à venir, mais elle s’organise, doucement. Il faut être optimiste !

Propos recueillis par Christophe Dupuis


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 8 Avr - 13:13


Dans les usines à smartphones, certains meurent 23 mars 2016 actualites des 7 (R.Bibeau) smartphone, suicide

Titre original : Dans les usines à smartphones, certains meurent, tous sont brisés. Source INFOBREF no 429. Gérard Bad. Paris. Mars 2016.

**********

Citation :
Aux éditions Agone, un petit livre donne la parole aux ouvriers chinois qui se tuent, parfois littéralement, au travail pour produire en flux continu les technos de la modernité.

«J’ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître, dont je devais peigner les cheveux, tel un esclave…»

Yang travaille à la chaîne pour une usine de la région de Shenzhen, en Chine.

Il fait partie des centaines de milliers de jeunes Chinois qui travaillent douze heures par jour pour la Silicon Valley, et dont l’existence montre le revers brutal et féroce de la prétendue économie dématérialisée (sic).

Un petit livre paru aux militantes éditions Agone donne la parole à trois d’entre eux. Leur témoignage exprime la dure réalité du travail chez le taïwanais FoxConn, plus gros constructeur mondial de matériel informatique, qui travaille notamment pour Apple, Amazon, Nokia, Google, Microsoft, Sony, etc.

Il faut le lire pour se rappeler du coût réel de nos smartphones.

Epuisement, brimades et solitude


Yang, Tian Yu et Xu Lizhi ont un profil similaire.

Ils ont entre 16 et 25 ans, ils ont grandi dans les campagnes misérables, élevés par leurs grands-parents tandis que leurs parents travaillaient en ville. Internet leur a donné accès aux images de la société de consommation et les a fait rêver à une vie urbaine « pleine de richesse et de merveilles », comme dit Tian Yu, une jeune fille de 17 ans.

Dès qu’ils peuvent, ils prennent le train ou le bus et partent s’embaucher dans les grandes usines. Ils y découvrent épuisement, brimades et solitude. Certains en meurent, tous sont brisés.

« Dictateur pour le bien commun »

Car à FoxConn, les conditions de travail sont draconiennes. Le PDG, Terry Gou, est un ancien militaire réputé pour son « cost-cutting ». Il dit :

« Un dirigeant doit avoir le courage d’être un dictateur pour le bien commun. »
Terry Gou, en visite sur le site de FoxConn à Shenzhen, le 26 mai 2010 – VOISHMEL/AFP

D’ailleurs, son rêve, et il n’en fait pas mystère, est de remplacer ses ouvriers par des robots.

**********

Sur une chaîne d’assemblage de l’usine FoxConn de Shenzhen, le 27 mai 2010 – STR/AFP

Ce que racontent ces ouvriers, c’est bien l’expérience d’une déshumanisation ; un travail où leur humanité basique est niée et où l’aliénation à la machine et aux impératifs de productivité est totale.

Yu raconte son embauche, à peine débarquée de sa campagne :

« Au centre de recrutement de FoxConn, j’ai fait la queue toute la matinée, rempli le formulaire de candidature, pressé le bout de mes doigts contre le lecteur électronique, scanné ma carte d’identité et terminé l’examen médical par une prise de sang. Le 8 février 2011, j’étais embauchée comme ouvrière à la chaîne. FoxConn m’a attribué le numéro F9347140. »

«Good, very good!!!»

Dans son usine, la chaîne de montage fonctionne jour et nuit. Les journées de travail durent douze heures, les cadences sont infernales. Chaque geste est chronométré à la seconde près, les pauses sont restreintes et les humiliations publiques, fréquentes. Isolés, exténués, les ouvriers souffrent de solitude et de dépression.

Pourtant, chaque matin, les managers crient à leurs employés : « How are you ? ? ? » Les ouvriers sont obligés de répondre : « Good, very good ! ! ! »

Des ouvriers, sur le site de FoxConn à Shenzhen, le 26 mai 2010 – VOISHMEL/AFP

Pendant leurs sessions de formation, on leur raconte les hagiographies de Bill Gates ou Steve Jobs. Eux ne peuvent même pas se payer l’iPhone qu’ils ont assemblé, raconte Yu :

« Quand on travaille douze heures par jour avec un seul jour de congé toutes les deux semaines, on n’a pas de temps libre pour utiliser les piscines, ou pour faire du lèche-vitrine dans les boutiques de smartphones qu’on voit dans les centres commerciaux du complexe. »

Le poète-travailleur suicidé

Certains craquent et tentent de se tuer. C’est le cas de Yu, qui a sauté du quatrième étage après seulement 37 jours de travail. Elle a survécu.

Mais pas Xu Lizhi, le dernier et le plus poignant de ceux qu’on entend dans ce livre. Xu Lizhi avait 24 ans, il adorait les livres et rêvait d’être bibliothécaire. Il décrit dans des poèmes saisissants la vie à FoxConn :

« J’ai avalé une lune de fer Qu’ils appellent une vis, J’ai avalé ces rejets industriels, ces papiers à remplir pour le chômage. Les jeunes courbés sur des machines meurent prématurément. J’ai avalé la précipitation et la dèche. Avalé les passages piétons aériens, Avalé la vie couverte de rouille. Je ne peux plus avaler. Tout ce que j’ai avalé s’est mis à jaillir de ma gorge comme un torrent Et déferle sur la terre de mes ancêtres. En un poème infâme. »

Le 30 septembre 2014, Xu Lizhi s’est suicidé.

Impunité de FoxConn

En 2010, une vague de suicides a mis FoxConn sous les feux de l’attention médiatique. L’entreprise a d’abord voulu faire signer aux employés des clauses de « non-suicide » mais a rétropédalé devant l’indignation générale. A la place, elle a installé des filets antisuicide sur les toits de l’usine et aux fenêtres. Ceux-ci ont achevé de transformer le bâtiment en prison, raconte une jeune fille :

« Je me sens vraiment enfermée à FoxConn depuis les suicides. […] Ça donne un sentiment d’étouffement. Je déprime. »

Des membres de l’organisation des Etudiants et chercheurs contre la mauvaise conduite des entreprises (Students and Scholars Against Corporate Misbehaviour, Sacom) brûlent des représentations de l’iPhone, à proximité de bureaux de FoxConn, le 25 mai 2010 – MIKE CLARKE/AFP

Depuis, les suicides n’ont pas cessé. Les ouvriers sont en moyenne plus mobilisés mais ils font face à des syndicats contrôlés par le management et à des pouvoirs locaux décidés à ne pas intervenir.

La pression des gros clients

Outre le management militaire, les conditions de travail à FoxConn tiennent aussi des gros clients, qui font la loi.

La sociologue Jenny Chan, qui a interviewé Yu et étudie le travail à FoxConn, note que les marges de FoxConn déclinent depuis 2007 alors que celles d’Apple augmentent :

« Ce changement pointe vers la capacité accrue d’Apple à faire pression sur FoxConn pour que l’entreprise accepte des marges plus faibles tout en accédant aux exigences d’Apple concernant les changements techniques et les commandes massives. »

Ceci se répercute directement sur les conditions de travail, notamment les cadences et la durée de la journée à l’usine.

Malgré les révélations sur les suicides, les gros clients de FoxConn, tels Apple ou Amazon, n’ont pas rompu leur contrat avec l’entreprise.

En France, l’entreprise de robotique Aldebaran a conclu un accord avec FoxConn pour fabriquer son robot Pepper.

Division mondiale du travail

Le monde du numérique est donc schizophrène :

◾d’un côté, le coût social, les vies brisées, les corps fatigués, les conditions de travail indignes, mais aussi le coût environnemental ;

◾de l’autre, le monde lisse et joyeux des firmes de la Silicon Valley où des ingénieurs grassement payés bossent dans des campus avec des bars à salade et des salles de gym (quoique la division du travail existe aussi sur ces campus).

En termes politiques, comme l’écrit l’éditrice et traductrice des textes Celia Izoard, on assiste à :

« Une division mondiale du travail qui repose, dans les pays riches, sur l’évacuation pure et simple de la production des biens matériels alors même qu’ils sont de plus en plus nombreux, de plus en plus voraces en énergie et en matière fossile. »

Il est temps de cesser de se voiler la face devant le coût réel de l’économie dite dématérialisée, et de sortir du fétichisme de la marchandise. C’est la condition sine qua non si on veut avoir un débat public informé et lucide sur l’impact réel du numérique et le type de société technique que nous voulons.

Ce petit livre devrait pouvoir y contribuer.

Infos pratiques

« La Machine est ton seigneur et ton maître » Par Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi

Texte établi et traduit de l’anglais par Celia Izoard, éd. Agone, 9,5 euros

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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Sam 7 Mai - 6:27


Travail pénible : les ouvriers et les hommes en première ligne

Centre d'observation de la société 22/09/2014

Citation :
8 % des salariés travaillent au rythme du déplacement d’un produit ou d’une pièce, contre 3 % en 1978, selon le ministère du Travail. 7 % suivent la cadence automatique d’une machine, ils étaient 6 % en 1978. A force de présenter les nouvelles formes de pénibilités du secteur des services, on en oublierait presque le travail le plus pénible physiquement, celui qui use le plus l’organisme. Les salariés sont mieux protégés face aux risques qu’hier, mais leur travail n’a pas été allégé. En 1984, 5,8 % des salariés étaient exposés à trois contraintes de rythme1, en 1984 le chiffre est passé à 35,2 %.




Les ouvriers exercent des métiers beaucoup plus durs : 37 % d’entre eux sont exposés à un bruit intense, contre 7 % des cadres et 15 % des professions intermédiaires. Les deux tiers respirent des fumées ou des poussières, contre 11 % des cadres. Plus de 80 % risquent l’accident du travail, alors que c’est le cas de 22,4% des cadres. En matière de conditions de travail, la division n’est pas toujours hiérarchique mais bien entre les cols blancs et bleus : les employés administratifs travaillent dans des conditions quasi similaires à celles des cadres. La situation ne s’améliore pas, loin s’en faut : la proportion d’ouvriers soumis à trois contraintes de rythme a progressé de 9 à 54 % entre 1984 et 2013, quand elle passait de 3,5 à 25,6 % chez les cadres. Des chiffres qui traduisent une forte intensification du travail.

Si les femmes sont moins bien rémunérées et en situation d’infériorité dans l’univers professionnel, les hommes - sur-représentés dans l’industrie - occupent plus souvent des emplois physiquement pénibles. 23 % travaillent dans le bruit, contre 13 % des femmes, 43 % respirent des fumées ou des poussières contre 18 % des femmes et 62,8 % risquent l’accident, contre 38 % des femmes. Avec la consommation d’alcool et de tabac, les conditions de travail constituent un facteur majeur d’explication de l’écart d’espérance de vie entre les sexes
.








Pour en savoir plus : « Conditions de travail. Reprise de l’intensification du travail chez les salariés », Dares Analyses, n°49, juillet 2014.

1. Parmi un ensemble de sept, comprenant par exemple "ne pas pouvoir quitter son travail des yeux", "devoir toujours se dépêcher", etc.



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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Sam 7 Mai - 18:07


Malades du travail


LE MONDE | 03.05.2016 François Desnoyers


« La montée du burn-out et des dépressions est aujourd’hui frappante et s’accompagne de taux d’absentéisme importants », expose Thierry Rochefort, professeur associé à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon."  
De 30 000 à… 3 millions. Telle est l’impressionnante fourchette qui permet d’évaluer, en France, le nombre de personnes touchées par le burn-out (épuisement professionnel). Le premier chiffre est avancé par l’Institut de veille sanitaire (InVS), le second par un cabinet spécialisé dans la prévention des risques. Une estimation pour le moins imprécise, qui en dit long sur la difficulté à appréhender aujourd’hui le phénomène.


Citation :
C’est en ce sens que la ministre de la santé, Marisol Touraine, a annoncé courant février la mise en place d’un groupe de travail chargé de définir « médicalement le burn-out et la manière de le traiter ». Quelques jours plus tôt, le député socialiste Benoît Hamon avait déposé une proposition de loi visant à reconnaître cette pathologie aux contours flous comme une maladie professionnelle.

Si les travaux sur la définition du phénomène et sa prise en compte efficace en entreprise apparaissent considérables, les spécialistes du sujet s’accordent d’ores et déjà sur un constat : les cas de burn-out, et plus largement les risques psychosociaux, sont en croissance dans les milieux professionnels. « La montée du burn-out et des dépressions est aujourd’hui frappante et s’accompagne de taux d’absentéisme importants », expose Thierry Rochefort, professeur associé à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon.

Hausse de l’intensité du stress

Signe de la progression du sentiment de mal-être au travail, le nombre de dossiers présentés pour des affections psychiques devant les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles augmente sensiblement depuis 2012. Des données que viennent corroborer les résultats d’une étude publiée à l’automne 2015 par Cegos.

Le spécialiste de la formation professionnelle s’est notamment intéressé au stress subi par les salariés. « Son intensité ne cesse d’augmenter, commente Virginie Loye, responsable des formations en ressources humaines chez Cegos. Le niveau d’intensité du stress perçu par les collaborateurs et managers a presque doublé en un an : 72 % des salariés et 79 % des managers évaluent leur niveau de stress à 7 et plus [sur une échelle de 0 à 10], contre respectivement 38 % et 41 % en 2014. »

La question du burn-out, point extrême des pathologies psychiques subies en entreprise, n’est jamais loin : le baromètre Cegos précise qu’« un quart de la population interrogée déclare avoir subi au cours de sa carrière un problème psychologique grave, de type dépression ou burn-out » (19 % chez les managers). 

Les jeunes diplômés n’échappent pas au phénomène. Le champ de la recherche sur leur rapport aux risques psychosociaux reste en grande partie à explorer. Mais des enquêtes permettent de pointer leur sensibilité au stress. « Il n’épargne personne, et ce sont (…) les jeunes et les seniors qui affichent les niveaux les plus élevés », confirme Mme Loye. Le baromètre Cegos indique ainsi que, sur une échelle de 0 à 10, 48 % des 18-25 ans placent leur niveau de stress à 8 et plus, contre 37 % pour les 25-39 ans, et 40 % pour les 40-50 ans. De même, 87 % de ces 18-25 ans estiment que ce stress a un impact négatif sur leur santé, contre 83 % des 25-39 ans et 82 % des 40-50 ans.

Pourquoi seraient-ils particulièrement exposés ? Le sujet apparaît particulièrement difficile à apprécier. « Les facteurs de souffrance au travail et de déclenchement de pathologies sont multiples et ne sont pas uniquement dus à la vie en entreprise elle-même, met en garde Catherine Lainé, spécialiste des enjeux relations humaines (RH) chez Cegos. Le monde extérieur ou la vie privée peuvent être également des facteurs de stress importants. » Plusieurs éléments peuvent toutefois favoriser le mal-être au travail des nouveaux arrivants : précarité de l’emploi, peur de perdre son poste, nécessité de faire ses preuves, compétition entre jeunes talents, mais aussi l’obligation d’évoluer dans un nouvel univers dont il faut rapidement saisir les codes.

« Les jeunes diplômés doivent être capables d’intégrer ces règles pour ne pas être marginalisés, explique M. Rochefort. Il y a donc, pour eux, une question de socialisation dans l’entreprise. » En conséquence, pour Valérie Langevin, de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), « l’accueil des nouveaux salariés est très important. Il peut permettre de limiter les facteurs de risques psychosociaux. Favoriser l’intégration dans le collectif de travail a un effet protecteur face au stress. »

Transformation du travail

Pour comprendre le développement des risques psychosociaux en entreprise, il faut également se pencher sur « la transformation du travail » lui-même, comme l’explique Philippe Douillet, de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail).

Qu’ils soient jeunes diplômés ou cadres plus expérimentés, les salariés doivent faire face à « un travail plus complexe, des contraintes plus fortes, des temps de réalisation réduits dans un environnement moins porteur, du fait de l’éloignement croissant du management ». Des évolutions au long cours, que le développement des technologies numériques a accentuées ces dernières années. Le climat économique morose ne pouvant, lui aussi, qu’encourager une telle tendance. « Plus il se durcit, plus les entreprises ont de pouvoirs sur leurs salariés », confirme Mme Lainé.

Ces mêmes entreprises auraient toutefois pris la mesure, ces dernières années, de la montée des risques psychiques en leur sein. Le choc provoqué par les 35 suicides au sein de France Telecom en 2008 et 2009, puis le lancement par les pouvoirs publics d’un plan d’urgence pour la prévention du stress au travail fin 2009 ont imposé aux organisations une réflexion sur le sujet. « Une prise de conscience a eu lieu, et elle a été assez largement partagée », témoigne M. Douillet.

Etudes d’impact socio-humaines

De nombreuses sociétés ont lancé des états des lieux sur les risques psychosociaux. « Beaucoup de temps a été passé sur ces diagnostics, mais les entreprises sont encore assez démunies au moment de passer réellement à l’action », estime cependant M. Rochefort. Certaines, à l’avant-garde, mènent toutefois des actions concrètes : études d’impact socio-humaines préalables au lancement de nouveaux projets, développement d’un management plus tourné vers le soutien des équipes que vers la tenue des objectifs, meilleure prise en compte de l’équilibre vie professionnelle-vie privée, notamment par le recours au télétravail…

Des avancées donc, mais également, depuis peu, des signes « d’essoufflement », perçus par M. Douillet. « Il s’agit toujours d’un sujet d’actualité, mais nous notons aujourd’hui que la mobilisation est plus difficile à impulser. Face aux contraintes économiques, la question de la santé au travail peut passer au second plan, souligne-t-il. En outre, on constate parfois un découragement dans certaines entreprises, tant il est difficile d’obtenir des résultats probants et des améliorations visibles sur ces questions. » D’autant plus que « rien n’est jamais acquis ».

Les avancées du numérique influent en continu sur l’organisation des sociétés, générant de nouvelles contraintes à prendre en compte. Dans le même temps, la recherche met en lumière, année après année, de nouvelles sources de mal-être au travail, tels l’ennui au bureau ou la souffrance éthique (l’exécution de tâches à contre-courant de ses propres valeurs). De quoi élargir encore le champ d’intervention d’entreprises souvent dépassées, mais aussi et surtout souligner la multiplicité des pathologies pouvant toucher les salariés… Et l’urgence qu’il y a à agir.


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Jeu 12 Mai - 14:18


Bayonne : explosions dans une usine, deux morts

C.G. Le Parisien 12 Mai 2016


L'explosion se serait produite chemin Cazenave, à Bayonne a fait deux morts et trois blessés
Google street view

Citation :
Deux personnes été tuées, et trois autres légèrement blessées, à la suite d'une ou deux explosions qui se sont produites ce jeudi matin aux alentours de 11 heures, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Les deux décès ont été confirmés par la mairie.

La ou les déflagrations ont eu lieu dans une usine de découpe et de reconditionnement de palettes du groupe Derichebourg, située dans la zone industrielle de Saint-Etienne, chemin Cazenave. Elles pourraient être liées à la présence de bouteilles d'acétylène sur le site.

Selon le journal Sud-Ouest, un câble à haute tension serait également tombé sur l'usine, ce qui n'a pas été confirmé. Un dégagement important de fumée était visible sur une partie de la ville. L'incendie a été maîtrisé vers 12 h 30.




Un périmètre de sécurité boucle le secteur de l'explosion. Une maison de retraite qui abrite une petite centaine de personnes et qui est toute proche des lieux de la déflagration était en cours d'évacuation. Les équipes d'intervention de GRDF sont sur place, ainsi que le maire de Bayonne et le procureur de la République.





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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Sam 28 Mai - 1:09


l'ouvrier

quand il bosse, c'est l'homme ou la femme invisible, inaudible et incolore,
l'essence du "prolétariat", un pur concept : une abstraction théorique

quand il se bat, pour le patron, c'est un "voyou",
quand il meurt, pour la presse, ce n'était qu'un "ouvrier"

quand il se syndique, pour le "révolutionnaire", c'est un "traitre"



besoin d'un dessin ?


- Lille : la mort d'un ouvrier sur un chantier jugée en correctionnelle La Voix du Nord il y a 2 heures

- Un ouvrier meurt broyé dans une machine dans son entreprise de Rumelange LorActu 26 mai

- Un ouvrier mortellement électrocuté en plein travail à Sivry-Rance l'avenir.net 26 mai

- Haute-Garonne : mort d'un ouvrier sur le chantier d'un futur lycée 26 mai

- Un ouvrier trouve la mort sur le chantier du futur lycée de Pibrac ladepeche.fr 25 mai

- Un ouvrier entre la vie et la mort Polynésie 1ère 24 mai

- Un mort et un blessé dans l'usine Amcor de Froges, près de Villard-Bonnot 3ALpes 18 mai

- Un ouvrier agricole meurt renversé par son tracteur à Génilac France Bleu Loire lundi 16 mai

- Momignies, Belgique : un ouvrier broyé par une malaxeuse aux Nouvelles Verreries La Gazette.be 13 mai

- Un ouvrier décède écrasé par son camion à Caramany, Pyrénées-Orientales L'Indépendant 13 mai

- Mort d'un ouvrier à Gosselies: suspension de prononcé pour la Sonaca RTBF 2 mai

etc. etc.

chaque semaine c'est comme ça, cf Google actu 'Ouvrier mort'

quelque chose à dire sur les blogs "révolutionnaires", "antifas", "libertaires", etc. ? Non, rien, ils préfèrent les blessés face aux flics, le même spectacle que la presse bourgeoise, en miroir : les couches moyennes "révolutionnaires", elles sont comme ça...


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Mar 28 Juin - 14:05

France : Le capitalisme tue chaque année 500 travailleurs
l'entreprise c'est la guerre de classe


bastamag.net 20 juin 2016

« La précarité est la première cause des accidents au travail »


Citation :
Chute d’une nacelle, écrasement entre deux wagons, défaut de sécurité sur une coulée d’acier en fusion... Chaque année en France, 500 personnes succombent d’un accident sur leur lieu de travail. Face aux questions des familles des victimes, les directions évoquent la malchance, voire même l’inattention du salarié lui-même, alors que l’organisation du travail ou l’insuffisance de la formation sont en cause. Devant la Justice, les dirigeants d’entreprises s’en tirent souvent à bon compte, dissimulés derrière une système de sous-traitance qui leur permet d’échapper à leurs responsabilités. Les magistrats peinent aussi à considérer ces faits comme une forme de délinquance. Quand cette quasi impunité prendra-t-elle fin ?


« Ce n’est pas la guerre. On ne va pas au travail pour mourir. »

Dans leur pavillon de Loon-Plage (Nord), Franck et Valérie Ryckebusch pleurent leur fils aîné, décédé il y a un an. Le 12 avril 2015, l’usine classée Seveso d’Arcelor-Mittal, située dans la commune voisine de Grande-Synthe, en périphérie de Dunkerque, a emporté leur fils Daniel. Embauché par l’agence d’intérim Temis pour le compte de l’entreprise Lamblin, filiale de Colas Rail et sous-traitante d’Arcelor, cet intérimaire manœuvrait les wagons transportant la castine, une pierre calcaire utile au mélange de minerai. Daniel termine son huitième jour de mission quand, à 18h20, il meurt écrasé par deux wagons. Il allait avoir 21 ans. « Dans la ville, ça a foutu un choc, confie sa mère, animatrice pour enfants. À son enterrement, le curé n’avait jamais vu autant de monde. » Titulaire d’un bac-pro chauffagiste avec mention, celui que son père voyait faire de longues études s’était orienté provisoirement dans l’intérim, faute de travail dans sa filière.

Daniel est la seconde victime d’une série noire à Arcelor-Mittal. Quatre morts en moins d’un an sur deux sites du groupe. A Dunkerque, les Ryckebusch sont les seuls à porter plainte contre X : « On veut que les entreprises soient tenues responsables. » Une enquête de police et une enquête de l’inspection du travail sont en cours pour éclaircir les circonstances du décès.

Déni de justice

Peu de familles confrontées à de tels drames – environ 500 salariés meurent d’un accident sur leur lieu de travail chaque année en France [1] – ont la force de demander des comptes, d’interpeller les directions des grandes entreprises et de risquer d’affronter leurs armées d’avocats. Le temps du choc, le besoin du deuil, l’emportent souvent sur la volonté de faire condamner les auteurs des infractions aux règles de santé et sécurité. Ce sentiment est alimenté par le « flagrant déni de justice » qui règne en la matière. À peine 2% des employeurs écopent de peines de prison, généralement avec sursis. Les rares condamnations se limitent à une amende. Souvent au prix d’un éprouvant combat judiciaire. « Ça va être très dur, prédit la mère de Daniel. Pour eux, nous ne sommes que des ouvriers. Mais c’est tout ce qui nous reste. »

« Il s’agit d’un drame horrible, mais il s’agit d’un accident du travail. Il n’y a donc pas d’ouverture d’information judiciaire. » La réaction du procureur de la République en 2009 suite à la mort dans la Drôme d’un ouvrier avalé par un broyeur reste symptomatique du regard posé sur les causes d’un accident de travail : il n’y aurait pas de lien entre le décès du salarié et l’organisation du travail au sein de l’entreprise... « On ne comprend pas ce qui s’est passé, on est très à cheval sur la sécurité », avait soufflé un responsable de la sécurité d’Arcelor, lors de la marche blanche organisée par les amis de Daniel pour déposer une fleur à l’extérieur de l’usine.

Chez Arcelor, des accidents récurrents

Peut-être s’était-il laissé distraire par son téléphone portable, avancent certains. Lorsque la police récupère la voiture de Daniel, elle retrouve son smartphone dans sa boîte à gants… « Mon fils n’était pas un casse-cou, c’était un gars très sérieux, tous ses collègues nous l’ont dit. S’il n’était pas au bon endroit ou s’il a fait une erreur, c’est qu’on ne lui a pas dit. » Les directeurs de la boîte d’intérim et du sous-traitant [2] se sont présentés au domicile de ses parents. « On ne comprend pas, il n’avait rien à faire là », glissent-ils aux parents de Daniel.

« Ils attendent toujours qu’un accident grave se produise pour changer leur politique », estime de son côté Bernard Colin, élu CGT au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) à Grande-Synthe. Après la mort en juillet 2015 de Jérôme Domaërel, le corps dissous dans une tranchée remplie d’acier en fusion, Arcelor a finalement installé une protection pour « empêcher toute chute dans une rigole de fonte ». Dix jours avant ce drame horrible, un intérimaire victime d’un malaise était tombé à quelques mètres de ce liquide chauffé à plus de 1200°C. Le CHSCT signale alors l’absence de barrière. Et d’après des documents internes que Basta ! a pu consulter, les élus du personnel dénoncent des défaillances de sécurité depuis… 2001. Six ans avant la mort de Daniel, un ouvrier était déjà mort dans les mêmes conditions, écrasé entre deux wagons.

Une mort pas très naturelle

Le cas de Daniel n’est malheureusement pas isolé. À Peyrolles, non loin d’Aix-en-Provence, le 2 décembre 2011, Jean-Claude Lachaux, un technicien expérimenté de 55 ans, chute de cinq mètres, alors qu’il réalise une maintenance en haut d’un poteau téléphonique. Il meurt en soins intensifs après trois semaines « d’atroces souffrances », selon les mots de sa veuve, Danielle Lachaux. Son employeur, Orange (ex-France Télécom), évoque une « mort naturelle ». Jusqu’à ce que l’autopsie stipule qu’il a succombé à ses blessures. Orange est jugé responsable de l’accident en février 2016 et condamnée à verser 50 000 euros d’amendes pour homicide involontaire. « Ils se croient au dessus des lois, c’est un manque de respect envers nous, mon mari et tous leurs employés », réagit de son côté Danielle Lachaux. Elle en veut à Orange « d’oser » faire appel de sa condamnation. « Cela reporte notre phase de deuil. »

Jean-Claude Lachaux avait utilisé contre son gré, sur ordre de son chef, une échelle dite « plateforme extérieure » (PFE) en lieu et place des nacelles classiques. Pendant des années, le CHSCT et l’inspection du travail avaient pourtant multiplié les mises en garde sur la dangerosité de ces équipements peu fiables, plusieurs accidents s’étant déjà produits. En imposant ces PFE pour contourner une directive européenne [3], l’ex-France Telecom espérait économiser 20 millions d’euros, d’après l’estimation du syndicat Sud-PTT, qui s’était porté partie civile dans cette affaire avec la CGT. Au lendemain de l’accident, Orange a finalement fait retirer les fameuses PFE.

« Aucun accident n’est le fruit du hasard »

Plutôt que de remettre en cause les conditions de travail, les entreprises évoquent souvent un penchant pour l’alcool, une faiblesse cardiaque, l’inconscience ou l’état de santé du travailleur. « Les ouvriers peuvent faire des erreurs, mais elles sont toujours prédéterminées par l’organisation de travail », explique l’ancien inspecteur du travail Patrick Le Moal. Le code du travail le stipule clairement : un employeur est présumé responsable d’un accident du travail. Depuis 2002, il a pour obligation de garantir la sécurité de ses salariés [4]. « Aucun accident n’est le fruit du hasard. Il fait toujours suite à une série de fautes qui s’additionnent », poursuit Patrick Le Moal. Chaque accident mortel met à jour des problèmes d’équipements vétustes, « bricolés » ou de matériels non conformes. Ces défauts résultant d’un non-respect des règles de sécurité sont d’autant plus évitables qu’ils sont souvent décelés depuis longtemps.

Depuis dix ans, Michel Bianco se bat pour la reconnaissance des victimes du travail. Son fils Jérôme, 33 ans, meurt en 2006 alors qu’il lave des vitres sur un chantier de Sophia-Antipolis. Il chute de 9 mètres depuis sa passerelle. Lors du procès, la défense tente de démontrer que ce jeune père de famille est mort... par « inadvertance ». L’enquête prouvera que Jérôme n’avait pas été formé, qu’il ne portait ni casque, ni harnais, et surtout que des garde-corps manquaient aux extrémités de la passerelle. Le carnet de liaison entre l’entreprise de nettoyage sous-traitante et la société cliente Galderma (filiale de L’Oréal), bizarrement disparu, l’avait pourtant signalé.

Le sale boulot pour les intérimaires

Au cœur de cette organisation du travail, le recours à la sous-traitance. À ArcelorMittal, trois des quatre décès de l’an dernier étaient des travailleurs externes. À Dunkerque, un sidérurgiste sur dix est intérimaire. À Fos-sur-Mer, ils seraient 250 sur 1 200 salariés en production. Il aura fallu trois décès pour que le tribunal, sollicité par le CHSCT, ordonne une expertise de sécurité sur cette question, malgré la réticence de la direction. « Ces lieux de travail nécessitent une formation extrême. L’un des axes principaux de l’enquête est de savoir s’il y a un lien entre le statut d’intérimaire et l’accident », a déclaré le procureur de la République de Dunkerque à Libération.

Ces accident à répétition avaient poussé l’entreprise de travail temporaire Ranstaad à retirer ses intérimaires en mission pour Arcelor. « La précarité est la première cause des accidents au travail », dénonce Jean-Paul Bussi, de la CGT Randstaad. Deux fois plus d’accidents surviennent chez les intérimaires. Utilisés pour effectuer le « sale boulot », ces travailleurs précarisés épargnent aux salariés permanents les tâches les plus ingrates – et parfois les plus dangereuses. Ils sont aussi bien moins expérimentés. À 20 ans, Daniel était chef de manœuvre avec seulement un mois et demi d’ancienneté... « Il a suivi une formation de 35 heures, alors que ceux d’Arcelor ont 400 ou 600 heures de formation... », précisent ses parents.

Externalisation des responsabilités

La direction d’ArcelorMittal « dément fermement tout écart de traitement entre les différents intervenants » et indique une baisse du recours à l’intérim. Elle assure dispenser ses formations en matière de sécurité à tous les opérateurs. Elle déplore « vivement les accidents qui ont coûté la vie à des opérateurs », et estime que « les faits accidentels sont en diminution constante sur ses sites ». Statistiquement, la direction d’Arcelor a probablement raison [5] : le décès de Daniel a été déclaré à la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail par son employeur, l’agence d’intérim Temis. Il sera donc référencé à la rubrique « travail temporaire » dans les fichiers de la Caisse nationale de l’assurance maladie, chargée de collecter les accidents. Et non dans l’industrie de la métallurgie. Faire appel à la sous-traitance « rend invisible » les accidents du travail et a pour effet immédiat d’abaisser leur fréquence chez les grands groupes donneurs d’ordre. Ils échappent ainsi aux sanctions financières prévues par l’assurance-maladie.

Sous-traiter les risques signifie-t-il externaliser les responsabilités ? « Quand on atteint plusieurs niveaux de sous-traitance, la responsabilité est complètement diluée », constate Jean-Paul Bussi, de la CGT intérim. Aux yeux de la famille Ryckebusch, les trois entreprises sont responsables : Temis pour défaut de formation, Lamblin pour défaut de vérification et Arcelor pour la dangerosité de son site. « Ils vont se renvoyer la balle pour faire durer les choses, ce sera très dur de retrouver le responsable », regrettent-ils. L’inspection du travail devra déterminer les différentes fautes. Juridiquement, le donneur d’ordre est tenu de veiller à la coordination de la prévention des risques. En pratique, seules les entreprises prestataires sont incriminées [6].

Des exemples ? Quatorze ans après l’explosion meurtrière d’AZF, Total est hors de cause. C’est le directeur de la filiale Grande-Paroisse qui s’attire les foudres des magistrats. Mis en cause dans la chute mortelle d’un intérimaire sur le chantier EPR de Flamanville en 2011, Bouygues, d’abord condamné pour homicide involontaire, voit finalement son sous-traitant Tissot écoper de 30 000 euros d’amende quatre ans plus tard.

Les grands groupes protégés ?

Dans le cas de Pierre Rivas, décédé d’une chute mortelle sur le chantier de la gare TGV d’Aix-en-Provence en 2001, la SNCF n’avait même pas été entendue. La même question a hanté pendant treize ans la procédure autour de l’accident mortel d’Hector Loubota, enseveli sous 600 kg de gravats après la chute d’un mur sur un chantier d’insertion à Amiens en 2002 [7]. La vice-procureur n’a pas su définir qui du chef de chantier, du maître-d’œuvre ou du maire d’Amiens était le délégataire. D’abord reconnu coupable d’homicide involontaire, le premier édile de l’époque, l’ancien ministre Gilles de Robien, a finalement été relaxé. Là encore, le risque était connu : la fragilité de la citadelle d’Amiens était détectée depuis 1974. Dans ce genre d’affaire, « on accroche le lampiste », résume Michel Bianco. Lui a réussi à faire condamner le directeur administratif et le président du CHSCT du donneur d’ordre Galderma à quatre mois de prison avec sursis.

Sept ans après la mort de son fils Gilles, écrasé dans le train d’atterrissage d’un avion à l’usine Airbus de Colomiers (Haute-Garonne), son père Raoul Dudde a vu sa demande de « citation directe » de trois cadres d’Airbus rejetée par le tribunal de Toulouse. Pour le géant de l’aéronautique, ce mécanicien de 33 ans serait décédé à cause d’une erreur de manipulation. Après un classement sans suite, la plainte de son père a abouti à un non-lieu en 2012. Raoul Dudde mène toujours sa propre enquête et transmet des documents à la justice. En vain. « Depuis le début de cette affaire, c’est "Circulez, il n’y a rien à voir !". Il y a clairement une défaillance de la justice dans ce dossier, proteste son avocat, Emmanuel Tricoire. Et de s’interroger : le poids du géant aéronautique dans la région impressionne-t-il ?

Encore combien de morts ?

Pourquoi une telle réticence à sanctionner les entreprises ? « Pour un juge, un patron, qu’il peut croiser aux vœux annuels du préfet, n’est pas la figure habituelle du délinquant », répond, parmi d’autres raisons, Jean-Paul Teissonnière, spécialiste du droit pénal du travail et avocat de plusieurs familles de victimes du travail. « La condamnation rend sa dignité à la victime », rappellent les familles de victimes. Donneurs d’ordre ou non, les grands groupes, à l’abri derrière la notion de « personne morale », écopent de peines plutôt légères au regard des conséquences. Il y a pourtant eu mort d’homme. « À la souffrance éternelle de l’absence de l’être cher, la justice répond par quelques milliers d’euros », soupire le père de Jérôme Bianco. Les rarissimes employeurs à être condamné à de la prison ferme sont plutôt issus des petites entreprises, seules à endosser la responsabilité de l’organisation du travail.

« Combien de morts faudra-t-il avant que les pouvoirs publics légifèrent afin de rendre les peines suffisamment dissuasives ? », poursuit Michel Bianco. L’heure n’est pas vraiment au tout-répressif à l’égard des entreprises. Dans certaines régions, des conventions signées par la Direccte et les parquets judiciaires visent à remplacer les poursuites pénales en cas d’infraction à la santé et la sécurité au travail par des stages pédagogiques de sensibilisation aux risques. Le paiement du stage faisant office de sanction. Pour Franck et Valérie Ryckebusch, il y a urgence à « trouver des solutions pour que plus personne ne vive ce qu’on vit ». « La seule chose qu’on peut lui reprocher c’est de s’être lever pour aller travailler. » Ils s’apprêtent à vivre un long combat pour rendre justice à leur fils.

Ludo Simbille


Notes

[1] Source : Cnam.

[2] Le groupe Colas Rail n’a pas souhaité commenter une « enquête de justice en cours ».

[3] La directive contraignait les techniciens à travailler en binôme sur des échelles de hauteur classique

[4] Seule une faute intentionnelle du salarié peut exonérer la faute de l’employeur, d’après l’article L-453-1 du code de la sécurité sociale. Voir aussi ces arrêts de la Cour de cassation.

[5] A nos demandes, le service de communication d’Arcelor nous a précisé n’avoir « pas d’élément nouveaux à partager »

[6] Une entreprise prestataire peut se retourner contre son donneur d’ordre sur le plan civil. Tout dépend si le contrat de prestation prévoit l’exonération de responsabilité ou le partage du coût de l’accident.

[7] [Le torchon souverainiste] Fakir a raconté cette affaire ici.


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Ven 22 Juil - 10:28


la mort en été

chronique ouvrière

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(les médias ne nous cachent rien)

à suivre dans Les quatre saisons

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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Mar 9 Aoû - 14:40


Plus de 1000 morts au travail en 7 mois en Turquie

Diler Nouvelle Turquie Actualités révolutionnaires de Turquie et Kurdistan 5 août

Citation :
Les chiffres des travailleurs et travailleuses qui meurent sur leur lieu de travail en Turquie,sont affolant. La Turquie subie la politique ultra libérale de Erdoğan, et son parti l’AKP, depuis plus de 20 ans. La caste bourgeoise en Turquie sacrifie la santé du peuple au profit de leur richesse et des contrats avec les pays impérialistes.

Centre d’Information: D’après le rapport rendu par le Conseil de Santé des Travailleurs et de la Sécurité du Travail (ISIG), au moins 133 travailleuses et travailleurs sont morts au travail au mois de Juillet. Pour les 7 premiers mois de l’année 2016 nous comptons donc 1049 personnes qui ont perdu la vie sur leur lieu de travail.
La précarité et le manque de perspéctive d’avenir, dans lesquelles sont abandonnés les travailleurs non organisés et écrasés par une exploitation intense, font qu’à chaque fin de mois le nombres de morts suite aux accidents de travails augmentent.

D’après le rapport du Conseil de Santé des Travailleurs et de la Sécurité du Travail (ISIG), ce mois-ci les secteurs les plus touchés sont toujours les secteurs agricole et le bâtiment.

Moins les travailleurs sont organisés, plus le nombre de mmorts augmente!

D’après les statistiques des syndicats, alors que le nombre de travailleurs à augmenté de 2,96% (13 038 351 travailleurs) par rapports au rapport précédent, le nombre de travailleurs syndiqués à lui diminué de 0.46%, passant à 1 499 870 syndiqués.

Ainsi alors que 88 % des travailleurs et des travailleuses ne sont pas syndiqués, le rapport indique que les 12% de syndiqués ne sont pas tous réellement organisés à résister par leur syndicat.

Traduit de : http://www.ozgurgelecek.org/manset-haberler/21357-oerguetlueluek-azalyor-oeluemler-artyor-7-ayda-bin-ici-katledildi.html


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Dim 28 Aoû - 14:50

Crever à la tâche

Foxconn. Des ouvriers chinois meurent pour construire des iPhones


Ciro Tappeste Révolution permanente 23 août 2016

76 heures par semaine, des rythmes de production infernaux : il ne fait pas bon travailler chez Foxconn, leader taïwanais spécialisé dans la fabrication de produits électroniques, surtout implanté en Chine. Pour les jeunes ruraux qui sont intégrés aux chaînes dans les usines du groupe, les conditions de travail sont inhumaines, poussant certains au suicide.


Citation :
Foxconn a fini par admettre, lundi, que deux des ouvriers de sa méga-usine de Zhengzhou avaient trouvé la mort la semaine dernière, ce que les réseaux sociaux avaient déjà pointé du doigt, insistant sur les circonstances des décès. L’entreprise a insisté sur le fait que les conditions n’étaient pas claires, mais tout porte à croire que ce sont les conditions d’exploitation des ouvriers qui travaillent à la production des iPhones qui a poussé l’homme et la femme vers la mort.

Le premier, un homme de 31 ans, avait rejoint l’usine de Zhengzhou en juillet et a été retrouvé mort à l’extérieur d’un bâtiment. Selon le Wall Street Journal, qui se fait le relais d’une certaine inquiétude chez les multinationales occidentales au sujet des répercussions que pourraient avoir des actes d’insubordination tant individuelle que collective dans les grands complexes usiniers chinois, l’ouvrier aurait sauté d’un toit après avoir débauché. Le second décès est celui d’une ouvrière qui, elle, aurait trouvé la mort dans un accident de transport sur le chemin de l’usine de Zhengzhou. La jeune femme aurait sauté par-dessus une barrière de protection pour rejoindre plus rapidement son poste de travail.

Foxconn a publié un communiqué, soulignant ses « efforts [pour] faire ce qu’il faut pour adapter nos conditions de travail aux besoins changeants de nos employés en Chine ». Foxconn, gigantesque multinationale, incontournable pour Apple, Sony ou encore Nintendo, fait travailler ses ouvriers dans des conditions de semi-bagne, allant jusqu’à employer 1,3 million de personnes lors des pics de production liés, notamment, aux sorties des nouveaux iPhone. Ceux qui ne tiennent pas le coup sont jetés. Ceux qui protestent licenciés ou persécutés. C’est le prix des boitiers qui sont revendus, par la suite, dans toutes les boutiques de téléphonie de l’Hexagone.


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MessageSujet: Re: le TRAVAIL TUE plus que les violences policières... et les attentats : ACCIDENTS et MALADIES du TRAVAIL   Mar 20 Sep - 15:39



Inégaux face à la pollution : tout commence au travail

Valérie Schneider Observatoire des inégalités 20 septembre 2016

Près d’un salarié sur trois respire des fumées ou des poussières ou est en contact avec des produits dangereux pour sa santé sur son lieu de travail. Un sur dix est exposé à au moins un produit cancérogène. Ce sont d’abord les travailleurs des milieux populaires qui subissent ces nuisances

Citation :
Porter des sacs de ciment à longueur de journée sans protection, cela use le corps, mais cela constitue aussi un risque pour vos poumons à cause de la poussière de silice qui s’y incruste petit à petit. Près d’un tiers des salariés sont exposés à des risques d’infection, trois sur dix respirent des poussières ou sont au contact de produits dangereux, selon le ministère du Travail [1] (données 2013). 16 % travaillent dans le bruit et un sur dix est exposé à un produit cancérogène. S’il existe des inégalités en matière d’environnement, de pollution ou de nuisances, c’est dans le travail qu’elles sont les plus grandes, bien avant le lieu de vie. Et le milieu social détermine une grande part de la pollution ainsi subite.

Les deux tiers des ouvriers déclarent respirer des fumées ou des poussières sur leur lieu de travail contre un cadre supérieur sur dix. Cinq fois plus d’ouvriers que de cadres subissent des nuisances sonores, 52 % sont en contact avec des produits dangereux contre 13 % des cadres. Les employés sont deux fois plus nombreux que les cadres à être exposés à des risques infectieux. L’écart est encore plus important en ce qui concerne l’exposition à au moins un produit cancérogène [2] - comme l’amiante - selon le ministère du Travail [3] (données 2010) : douze fois plus d’ouvriers qualifiés que de cadres sont confrontés à ce risque environnemental.

Et encore, nous avons seulement repris des données très générales par grandes catégories socioprofessionnelles. Si l’on rentre dans le détail, certaines subissent encore davantage les nuisances environnementales : deux tiers des ouvriers qualifiés, plus d’un agent de maîtrise [4] sur deux, respirent des poussières ou des fumées. 60 % des professions intermédiaires exerçant dans le secteur de la santé sont exposés à des risques infectieux.

Les travailleurs les moins qualifiés sont les plus confrontés aux nuisances de l’environnement de travail. Des salariés souvent jeunes, mal rémunérés, à qui l’on fait subir les conditions de travail les plus dégradées. Ce n’est pas le cas pour les produits cancérogènes dont la manipulation demande un minimum de qualification : la part de salariés exposés est plus grande chez les ouvriers qualifiés (28 %) que chez les ouvriers non qualifiés (19 %).







Des inégalités qui s’accroissent

Bien sûr, il ne faudrait pas se méprendre, les conditions de travail d’aujourd’hui n’ont plus grand chose à voir avec celles des années 1950. On utilise de plus en plus de protections, on filtre mieux les poussières. Mais les progrès dans ce domaine ne sont pas linéaires. Hormis pour les poussières, l’environnement de travail s’est plutôt détérioré entre 2005 et 2013, qu’il s’agisse des produits dangereux, des risques d’infection ou du bruit [5]. Surtout, alors que la situation des ouvriers s’est dégradée, celle des cadres supérieurs est quant à elle restée stable (excepté pour les risques infectieux). La part d’ouvriers qui respirent des poussières a progressé de deux points quand elle a baissé quasiment d’autant pour les cadres. La part de ces derniers en contact avec des produits dangereux a augmenté d’un point mais de 3,4 points pour les ouvriers. Les écarts se sont donc nettement creusés en seulement huit années. Pour le reste, les variations sont relativement semblables. En comparaison à d’autres nuisances, la part d’ouvriers exposés au bruit a relativement peu augmenté, de 30 à 31 %. Encore ne faut-il pas oublier le niveau subi : près de deux tiers travaillent toujours avec un fond sonore considérable. Pour l’ensemble des salariés, l’exposition à des risques infectieux est la nuisance qui a le plus augmenté : ils étaient 33 % à y être confrontés en 2013, contre 28 % en 2005.

La question de l’environnement occupe largement le débat public. Mais il s’agit bien plus souvent de bien manger ou de respirer un air pur (préoccupations majeures des élites diplômées de centre-ville) que de protéger les travailleurs des agressions de leur environnement. Pourtant, en la matière, les risques et les inégalités sociales sont énormes. Les conditions de travail des milieux populaires, invisibles des médias, sont très éloignées de l’univers aseptisé des bureaux et des ordinateurs silencieux. A l’usure du corps s’ajoute l’agression de l’environnement. Le travail c’est aussi le bruit, la chaleur, les poussières ou la manipulation de produits qui donnent le cancer. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’au cours des années récentes les écarts se sont accrus.

Avertissement

Faute de disponibilité des données, les comparaisons sur une longue période ne sont pas possibles pour toutes les nuisances liées à l’environnement subies au travail, d’où les périodes 2005 et 2013 présentées ici. Attention, l’évolution entre ces deux dates peut ne pas être linéaire. Une exposition a pu évoluer favorablement pendant ces huit années et ensuite régresser, ce que l’absence de données entre 2005 et 2013 ne permet pas de commenter.


[désolé je n'ai pu importer ce tableau correctement, voir dans l'original]

Evolution des nuisances liées à l'environnement du travail

Entre cadres et ouvriers
Unité : %
Effectif (en milliers)
Respirer des fumées ou des poussières
Être en contact avec des produits dangereux
Être exposé à des risques infectieux
Subir des nuisances sonores* au travail
Subir des nuisances liées à l'humidité

Cadres supérieurs      
2005 3 327 12,6 12,4 15,3 5,6 4,9
2013 4 394 10,9 13,4 18,5 6,4 6,5
Ouvriers      
2005 5 847 64,2 48,2 27,1 30,5 41,0
2013 5 456 66,3 51,6 31,5 31,5 49,2

Ensemble      
2005 22 251 32,4 28,2 27,6 14,7 19,1
2013 22 859 30,7 29,3 32,9 15,8 22,2
Ensemble des salariés - France métropolitaine. * Salarié déclarant ne pas entendre une personne placée à 2 ou 3 mètres si elle n'élève pas la voix.  
Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

Pollution au travail : les hommes bien plus souvent concernés

En 2013, 2,5 fois plus d’hommes que de femmes déclarent respirer des fumées ou des poussières sur leur lieu de travail, selon le ministère du Travail. De la même manière, deux fois plus d’hommes travaillent au contact de produits dangereux. Cet écart est particulièrement marqué au sein des professions intermédiaires : 36 % des hommes travaillent dans la fumée ou la poussière contre 11 % des femmes ; 38 % des hommes sont au contact de produits dangereux contre 19 % des femmes. En 2010, six fois plus d’hommes étaient en contact avec au moins un produit cancérogène. Les femmes ne sont cependant pas toujours en reste. 37 % sont au contact de risques infectieux en 2013, contre 29 % des hommes. Cette plus grande exposition peut s’expliquer par leur présence massive dans les secteurs de la santé et des services à la personne. Concernant ces risques, seuls les ouvriers y sont davantage confrontés que les ouvrières.

Pour en savoir plus :

« Les expositions aux cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. Un zoom sur huit produits chimiques », Dares Analyses n°74, octobre 2015, ministère du Travail.
« Conditions de travail - Reprise de l’intensification du travail chez les salariés », Dares Analyses n° 049, juillet 2014, , ministère du Travail.

Photo / © Richard Villalon - Fotolia.com

Notes


[1] « Contraintes physiques, prévention des risques et accidents du travail », Synthèse.Stat’ n°10, 17 mars 2015, ministère du Travail.

[2] Tel que les gaz d’échappement des moteurs diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois, la silice cristalline, le plomb ou l’amiante.

[3] « Les expositions aux produits chimiques cancérogènes en 2010 », Dares Analyses n°054, septembre 2013, ministère du Travail.

[4] Sous-catégorie des professions intermédiaires.

[5] Il s’agit d’une appréciation subjective des intéressés eux-mêmes qui peut dépendre de l’évolution de leur sensibilité à ces questions.

Dernière révision le 20 septembre 2016

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