PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale

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MessageSujet: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Jeu 30 Avr - 8:38

les orientations de ce forum s'inscrivent en continuité du texte Communisation 2015 : ruptures communiste (et décoloniale) dans la théorie de la révolution. La question décoloniale, s'est pleinement intégrée après l'ouverture de ce forum fin avril 2015

le fil du cheminement de mes travaux est CRITIQUE DÉCOLONIALE et THÉORISATIONS COMMUNISTES : remises en perspectives, derniers points à la fin. Le sommaire des commentaires synthétiques est là : SYNTHÈSE et LIGNE GÉNÉRALE : résultats et reformulations, conversations et problèmes

le communisme décolonial signe la mort des conceptions européennes universelles du communisme. Il deviendra la théorie révolutionnaire adéquate à la fin de la suprématie capitaliste occidentale

nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, l'exploitation et les dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie (structure of feeling) : exploitation du prolétariat, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant
(définition du 13 août 2015. Structure à dominante et Structure of Feeling)

le communisme décolonial est un mouvement de luttes sur tous les plans de la théorie et des activités sociales, collectives ou individuelles. Il se conçoit comme combat décolonial immédiat dans la perspective d'abolition de la totalité capitaliste, sans avant-garde théorique organisée en parti ni groupe ou milieu théorique identifié


pas de communisme sans décolonisation, pas de décolonialités sans combat communisme

sur le plan théorique et dans les luttes, le communisme décolonial s'entend doublement comme héritage marxiste depuis Marx, et inscription critique dans les luttes décoloniales elles-mêmes traversées de courants révolutionnaires ou réformistes

toutes les rubriques en pages d'accueil du Livre-forum sont destinées à éclaircir ce combat communiste, tant dans la critique du présent que l'élaboration de pistes pour des activités révolutionnaires, dont les dimensions féministes, écologistes, individuelles et poétiques sont parties prenantes

j'estime qu'il n'est pas nécessaire d'ajouter que le communisme est féministe, écologiste, combat radical pour l'émancipation de tous et de chacun.e, donc à la fois individuel et collectif

pas un gauchiste, pas un fasciste, pas un communautariste, pas un adepte de luttes séparées ne reprendra nos thèses, parce qu'au fond, elles n'intéresseront que celles et ceux qui ont besoin dans leurs luttes spécifiques d'un critique sérieuse, globale et radicale



Dernière édition par Admin le Sam 7 Oct - 15:48, édité 63 fois
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MessageSujet: une vulgarisation serait-elle possible et souhaitable ?   Mar 5 Mai - 19:22

note du 11 août 2015 : les messages qui suivent témoignent des évolutions de ce forum depuis son ouverture sur le thème de la communisation, puis des décolonialités. Je ne les efface pas dans la mesure où d'autres y ont participé. Ils seront déplacés ultérieurement

U.235 a écrit:
Pour ma part, je suis en train de découvrir le mouvement de la communisation. De nombreux points théoriques me permettent de confirmer, d'approfondir et de synthétiser certaines intuitions. L'accès de la théorie est parfois assez ardue dans les textes que j'ai lus. Pour cette raison, je me demande si un travail de vulgarisation ne serait pas possible et souhaitable, à moins qu'il n'existe déjà.
paradoxalement, je ne sais pas répondre à cette question. Ça dépend. De qui on est, de ce qu'on cherche, pour quoi faire, etc. Difficile de répondre par des livres - comment trier le bon grain du livresque ?

je souhaite que le forum puisse donner envie, mais davantage en partant des réalités, d'événements, phénomènes, actualités... et que les "réponses" donnent une orientation, un sens, avec des références théoriques explicites ou non. Qu'on s'approprie et digère en fonction de son expérience et de ses besoins, pas qu'on récite des morceaux choisis comme des certitudes : ceux qui les ont élaborés en sont-ils si assurés eux-mêmes ?

après ça peut donner n'importe quoi, on l'a vu : certains se voyaient déjà "communisateurs" alors que la communisation (révolution) n'est pas engagée/engageable... d'autres ont commencé, paraît-il, à « communiser la vie »... L'Insurrection qui vient a parlé de « communisation des salaires »... un blog a fleuri, vite fané, prétendant montrer les « réalités du communisme », qui citait Théorie Communiste : « C'est au présent que nous parlons de communisation », formule cachant bien son secret de fabrication et sa signification

bref toute une quasi-mode (n'exagérons rien) qui a fait réagir, entre autres, Gilles Dauvé : C’est déjà beaucoup (mise au point sur la communisation)

entendons-nous bien, ce n'est pas qu'il y ait un label déposé par des propriétaires de la 'communisation', mais tout ça sortait largement du concept de base qui fait consensus : la communisation comme révolution d'abolition du capital etc. sans transition d'étapes étatistes ou autogestionnaire... mais qui ne peut s'engager comme un choix politique à tout moment, en déclenchant des émeutes, des blocages ou des luttes suicidaires sur décret "Patron nous mourons pour toi, bien fait pour ta gueule !"

pour les plus courageux, il faut aller aux textes, mais là aussi, il y a derrière une culture de base, marxienne/marxiste, historique, des luttes et mouvements communistes, anarchistes, féministes... Donc pas évident de trouver un raccourci valable pour tout le monde. Tout ce que je veux éviter, c'est un système question-réponse, la pédagogie d'un rapport prof-élève, une posture neutre "objective", universitaire, ou exposant la théorie hors sol, etc.

ce à quoi je peux contribuer, c'est à faire gagner du temps, parce que j'en ai beaucoup perdu, et que je ne souhaite à personne de ramer comme je le fais depuis des années. Ce n'est pas à la portée du premier fou venu. Dauvé l'a dit : Ne lisez pas... trop  study  study  study  study  study  study  study  study  study  study  study  study

les textes qui prétendent vulgariser ont tendance à exposer la théorie de façon simplifiée à outrance, et surtout vidée de problèmes. Or la communisation, à part quelques résultats théoriques confirmés empiriquement, ce ne sont que des questions. Il faut poser les bonnes. Pour mon malheur j'en pose plus que les autres... du coup j'ai encore moins de réponses

clown


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MessageSujet: thèmes théoriques qui ont trouvé une vérification empirique    Mar 5 Mai - 19:46

Je comprends ces réticences sur la vulgarisation, je ne l'entendais pas d'une manière dogmatique et réductrice malgré les choix à faire pour un texte synthétique. Par contre, je suis vivement intéressé par les thèmes théoriques qui ont trouvé une vérification empirique comme possible point de départ à une reflexion.
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MessageSujet: les thèmes théoriques qui ont trouvé une vérification empirique   Mar 5 Mai - 20:04

U.235 a écrit:
je suis vivement intéressé par les thèmes théoriques qui ont trouvé une vérification empirique

il n'y a pas forcément quelque chose de très formalisé, mais le principal fait consensus dans le milieu théorique radical, c'est un en-commun peut-être pas assez perçu de l'extérieur, car non exprimé comme tel (vu qu'ils ne se parlent pas...) entre les principaux théoriciens, ou pas dans les mêmes termes, la même formulation, les mêmes "concepts"' (certains se passent de concepts, c'est pas plus mal parfois). J'y reviendrai plus tard. Pause Sleep
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MessageSujet: thèmes théoriques qui ont trouvé une vérification empirique   Mar 5 Mai - 21:17

la première chose à saisir, c'est que la communisation, n'est pas sortie d'une prochaine surprise théorique. Quand je dis "vérification empirique" c'est le mouvement du capital, de la lutte de classe (ou l'absence de cette lutte à caractère révolutionnaire du côté du prolétariat vaincu), c'est ce mouvement qui a produit :

1) la fin du programmatisme ouvrier, cad de la révolution communiste comme prise du pouvoir par le prolétariat, sous une forme ou une autre (socialisme, démocratie socialiste, dictature du prolétariat, autogestion, conseils ouvriers...)

la critique du programmatisme, ce n'est pas celle du stalinisme, du trotskisme ou de tous partis et conceptions politiques du mouvement ouvrier d'alors, c'est celle d'une conception qui correspondait au possible envisageable, à la perspective révolutionnaire offerte dans le capitalisme keynésien, fordien... que TC ou Astarian appellent 1ere période de la subsomption réelle (je met en doute ce label vu la complexe articulation encore actuelle de subsomptions réelle et formelle du capitalisme même globalisé dans le monde)

nous critiquons ceux qui s'en réclament encore, parce qu'ils se trompent d'époque, tout simplement, et s'en tiennent à des dogmes révolutionnaires

2) il en résulte qu'à la question : quid de la lutte de classe et d'une perspective d'abolition du capital ? la réponse est celle donnée, dans les années 70, d'une rupture dans la théorie de la révolution, de l'impossibilité produite d'envisager un passage au communisme par étapes.

3) cette période ouverte dans les années 70 a des caractéristiques que tout le monde a pu constater et analyser de diverses manières. La Théorie de la communisation est ~ la seule à cerner précisément la disparition de l'identité ouvrière sans en déduire la fin de la lutte de classe, comme tu l'as noté (u.235)

restructuration du capital et défaite ouvrière historique

mais cela ne s'est pas passé d'un coup, ni achevé dans les années 70 voire 80. Il faut la mondialisation/globalisation qui interdit la reproduction du procès capitaliste sur une aire nationale (et casse donc les résistances politiques et syndicales à ce niveau). Il faut Reagan, Thatcher, Mitterrand, etc. et toute la panoplie de mesures économiques et politiques qui achèvent la défaite ouvrière, acculent les luttes à n'être même plus à proprement parler "revendicatives" mais défense des "acquis sociaux"...

l'évolution politique vers la démocratie radicale et l'horizon interminable de l'anticapitalisme : vs l'immédiatisme activiste

tout cela sort clairement dans les années 90, et débouche, côté prolétariat (~~) sur la "démocratie radicale" (troploin), le "démocratisme radical", puis les mouvements alternatifs, altermondialiste et citoyenniste, tout ça évacuant même la perspective du communisme, dans un "anticapitalisme" éternisé sans horizon de sortie : la politique du PCF dans les années 70 (programme commun, démocratie à la française, socialisme démocratique pour se défendre d'être restés staliniens)... tout ça s'est renversé dans l'éternisation de la posture "anticapitaliste".

au démocratisme radical répond, en miroir, l'activisme (action directe, block blocks...), perçu comme un "immédiatisme" par les "communisateurs" : on peut faire la révolution, il suffit de s'y coller, et surtout de se colleter avec les flics, les institutions gouvernementales nationales ou internationales... D'où les scénarios à répétition dans les Forums Mondiaux, à Davos, etc. depuis la fin des années 90, jusqu'à la crise de 2007-2008

l'acquis pour le mouvement communiste

sur le plan théorique le principal résultat acquis, c'est "l'appartenance de classe comme contrainte extérieure" (TC) d'où la citation choisie comme définition « Notre époque est celle où le prolétariat, luttant en tant que classe contre le capital, se remet lui-même en cause et porte le dépassement révolutionnaire de cette société par la production immédiate du communisme comme l’abolition de toutes les classes, l’immédiateté sociale de l’individu. »

TC parle de "cycles de luttes" et donc de celui-ci dont la fin est la communisation, ce qui pousse à considérer son approche comme "déterministe". Pour moi ce concept peut avoir valeur "pédagogique", mais n'apporte pas grand chose, que de déplacer comme on l'a vu les débats sur "comment ça va se passer" à ce moment-là, la communisation, chacun y allant de son "récit" décrivant le processus même de communisation (Astarian, TC, de Mattis, Dauvé étant plus prudent)

l'erreur théorique

le moment dont on parle au futur, de la communisation", entraîne logiquement l'ambiguïté pour ceux qui lisent « c'est au présent que nous parlons de communisation », sans savoir le sous entendu : nous parlons au présent d'un truc que nous voyons au futur, mais dont les traces commencent à se laisser percevoir

corollaire, on prétend parler au présent de communisation, mais on ne peut le faire que si on reconnaît dans les luttes actuelles les éléments qu'on a posés pour le processus révolutionnaire lui-même, tout en affirmant qu'il ne peut pas s'engager. Cette schizophrénie théorique a débouché sur les collectifs Meeting et Sic, des théoriciens et de supposés "activistes" voulant quand même en découdre en "pratique". D'où la théorie de l'écart, l'articulation de la dynamique et des limites, que TC voyait évolué très vite vers la révolution possible (annoncée en 2020 par un de ses membres). Fiasco

fiasco parce que l'usage du concept, la façon de rapporter au présent le schéma anticipé de la communisation, cette façon est fausse. C'est une erreur théorique, de logique, une dérive plus idéaliste que déterministe. À la question effectivement essentielle "comment une classe peut abolir, etc." de TC, on a un "comme ça" assez général du processus révolutionnaire engagé, à l'aulne duquel on croit pouvoir observer au présent ce qui l'annonce. Mais l'histoire ne se fait pas comme ça...

résumé

les résultats acquis sont donc entre ceux posés plus haut, et la conséquence du processus comme révolution "immédiate", mais

entre les deux, il y a les réponses au "comment ça se passe entre la crise et la révolution", :
- TC dit être "allé vite en besogne"
- Astarian ne s'est jamais passionné (au vu des textes) pour le présent).
- Dauvé/Nesic avait abandonné la quête en 2012 (Et maintenant) se contenant de faire une veille (DDT21) sur l'essentiel
Dauvé annonce un livre "de la crise à la communisation", mais je ne sais pas s'il a l'intention d'être plus précis, plus ancré dans les réalités du monde entier, plus porté à encourager les luttes plutôt qu'à les désespérer parce que c'est pas comme ça (Kurdistan), en un mot s'il va devenir communiste ou rester théoricien rangé des voitures et distribuant es leçons multilingues dans des bouquins que ne lisent, au demeurant, surtout des gens qui n'ont pas vraiment envie d'en découdre

ruptureS

quand je dis 'rupture "communiste" dans la théorie de la communisation", c'est doublement
1) ouverture/enrichissement théorique
2) changement de braqué dans le rapport aux luttes, pour (re)tisser un lien organique et de masse avec le prolétariat, mais non par l'intermédiaire de supposés morceaux de sujets qui font plus de bruit, dans un coin d'Europe, que les autres dans le reste du monde, dont on ne parle pas, en bon occidental baigné dans l'idéologie française que l'on est. Une rupture est une rupture. Je défend bec et ongle le concept de communisation, mais pour le reste ras-le-bol des papys anciens combattants de la critique systématique... du militantisme et de l'intervention

la pédagogie larvée répondant à Que faire ? yakarien ! qu'on ne vienne plus nous la vendre pour du communisme

mes propositions


de mon côté, je considère avoir ouvert plusieurs pistes pour commencer de répondre plus précisément au "comment", en théorie comme en activités communistes qui en découlent : du côté des identités de lutte et du prolétariat racialisé, considéré par d'autres comme "communautariste identitaire", du côté de l'articulation lutte des femmes-luttes des "racisé.e.s- luttes de classes, du côté de l'individu face au capital, et le tout avec quelques billes théoriques et conceptuelles raccrochant le train entre "théorie de la communisation classique" et théoriciens marxistes, notamment dans les Cultural et Subaltern Studies... et en retrouvant les fondements marxiens d'une analyse à la fois historique et dialectique (structurelle/logique et historicisme)...

+ naturellement commencer à poser le problème "écologique", et les questions redoutables qu'il amène en terme de fragmentation/segmentation entre ceux qui veulent vivre plus propre ou simplement survivre, et ceux qui vivent d'un travail produisant la mort (industrie, agriculture, alimentaire, armement, nucléaire, pharmacologie, bio-technologie, scientisme transhumaniste, etc.)

*

j'arrête là, comme c'est improvisé rapidement, j'espère que c'est quand même clair  Idea


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MessageSujet: un double renversement théorique et stratégique pour faire vivre le concept de communisation   Mer 6 Mai - 14:40

je reformule la question abordée sous l'angle d'«une rupture communiste dans la théorie de la communisation»

il s'agit de renverser la pratique théorique et le lien aux luttes généré par 40 ans de théorisation hors-sol, davantage observation et attente des critères de la norme établie pour le processus révolutionnaire dit de la communisation, dont nombre de partisans ont fait leur nouveau dogme révolutionnaire

à preuve :

- le message subliminal diffusé par Dauvé et Nesic à travers un titre tel que Il va falloir attendre 2002

- l'engagement dans Sic de Théorie communiste à partir du constat que la théorie pouvait devenir une détermination objective (éditorial de Sic n°1), sur la base d'une erreur d'analyse liée à une focale trop étroite et à des critères faux de compréhension de la période entre la crise et la révolution

Editorial Sic n°1 a écrit:
Porter le devenir social du concept-clé de cette théorie, la communisation, tel est l’objectif de cette revue. Cette tâche, c’est l’activité de partisans de la communisation, engagés dans des luttes de classe avec les conflits qui les traversent. Dans le moment actuel, la théorie comme ensemble d’activités concrètes (écriture, revue, réunion, diffusion sous de multiples formes, etc.) devient directement elle-même une détermination objective.

autrement dit, sans cette erreur théorique, sur laquelle Théorie Communiste a dû revenir,« le cœur allant plus vite que la tête »*, il n'y aurait pas eu l'aventure Sic, et il aurait fallu attendre, ce qui montre que fondamentalement, TC et troploin sont sur la même longueur d'onde, que l'on peut ici considérer effectivement théoriciste, et diffusant un message attentiste, redoublé par une pratique stigmatisant tout militantisme, tout "activisme", telle que cela ressortait massivement de "la ligne générale" de dndf

*analyse discutable, comme l'a souligné adé/dndf 24 avril

adé a écrit:
La raison est elle-même hypothétique, mais elle est devenue dans les discours théoriques capable de tout comprendre, et in fine de tout prévoir dans le champ duquel elle s’occupe.
Le résultat c’est le retour de manivelle: s’est-on laissé guidé par le cœur ? je crois qu’au contraire c’est la raison qui a mené la danse.

le problème communiste actuel, c'est que cette conception, et de la théorie (eurocentrée et tendant au déterminisme/théoricisme), et de la pratique théorique (fermeture, concurrence et sectarisme), et du rapport aux luttes réelles, cette conception classique et sclérosée, théorie franco-française de la communisation, n'est plus à même de porter positivement le concept de communisation. Partout où elle s'exprime, c'est de façon défensive et focalisée sur des attaques qui n'ont qu'un intérêt, détourner le regard des problèmes de l'heure, faire de la communisation l'affaire de règlements de comptes au sein du milieu théorique ou entre une partie étriquée de ce milieu et des adversaires de la communisation, idiots utiles du moment théorique actuel

la discussion peut se poursuivre ici ou dans communisation : un concept révolutionnaire pour des luttes révolutionnaires


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MessageSujet: « bons points aux "communistes" et les mauvais aux "activistes" ? » le paradigme du théoricisme dans les 70'   Mer 6 Mai - 17:45

PourquoiPas a écrit:
La difficulté demeure de distinguer l'immédiatisme révolutionnaire et ce que vous appelez « les activités communistes dans les luttes actuelles ». C'est aussi à bon droit que les théoriciens de la communisation ont souhaité tempérer les illusions et les ardeurs militantes et activistes. Qui va distribuer les bons points aux "communistes" et les mauvais aux "activistes" ?
sûrement pas moi, je ne fais que poser la question, parce qu'au fond, elle a été refoulée par la dérive théoriciste qui s'est installée comme une habitude dans le milieu théorique de la communisation.
Lénine a écrit:
Les habitudes sont contre-révolutionnaires

à propos de théoricisme, n'oublions pas que le début des années 70 voit Le reflux de l'engagement. Tel est le terme utilisé par Benoit Denis dans son livre Littérature et engagement, 2000, Points Essais (je donnerai ultérieurement les photos de ces pages sur mon site. Ici, pas d'images)
Citation :
Littérature et engagement, Benoit Denis, 2000

XIV. Le reflux de l'engagement :

1. Sous le signe de Barthes
2. Théoricisme et contre-culture
3. Un engagement à la fois impossible et nécessaire

le communisme n'est pas une idée, encore moins de la littérature, mais la théorie est un peu de la littérature. Alors force est de le constater :
après 1968, un spectre hante l'intelligentsia française : le théoricisme
il ne s'agit pas de condamner ceux qui ont alors, contre vents et marées, explorer les voies possibles de la révolution, mais de considérer avec le recul qu'ils ne pouvaient guère échapper à l'air du temps : c'est "la réalité matérielle" qui produit les idées, et les idées révolutionnaires n'y échappent pas

j'ai ailleurs signalé un texte individuation et/ou subjectivation révolutionnaire : "La Théorie et son échec dans l'intervention socialiste" Yohann Sparfell avril 2015

sans quoi je pense que le lieu pour discuter plus particulièrement de cette question est LUTTES ACTUELLES et THÉORIES : stratégie ? intervention ? organisation ? subjectivation : un Manifeste révolutionnaire ?


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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Jeu 7 Mai - 1:16

Merci pour votre exposition claire des principaux thèmes de la communisation et de leurs confirmations empiriques.
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MessageSujet: COMMUNISME DÉCOLONIAL, DÉCOLONIALITÉ COMMUNISTE...   Ven 15 Mai - 13:28

je ne suis qu'à moitié satisfait de ce titre du forum, qui met sur le même plan deux concepts qui n'interviennent pas au même niveau, dans la même temporalité, relativement aux luttes dans la période actuelle, et vers une révolution espérée communiste

il ne s'agit pas d'un syncrétisme théorique, mais d'une interrogation réciproque, d'une mise en perspective des théories décoloniales dans celle de la communisation, et d'une critique décoloniale des analyses jusque-là des théoriciens de la communisation. Elle débouche nécessairement, on le voit, sur une interrogation des certitudes et de certains résultats considérés comme acquis. Si l'époque n'est pas au présent de luttes immédiatement révolutionnaires, ne s'en pose pas moins, comme toujours, la question des activités communistes dans les luttes de masse et leur caractère décononial incontournable

l'incontournable devient théorique quand il émerge des luttes : « La preuve des races sociales, c’est qu’elles luttent ! ». je ne porte pas sur cette réalité un jugement moral ou de valeur, je le prends comme un fait, en combattant le pire pour armer le meilleur

autrement dit, le titre pourrait être aussi bien COMMUNISME DÉCOLONIAL que DÉCOLONIALITÉ COMMUNISTE
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Tessayiste
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MessageSujet: Implication réciproque et moment présent du capitalisme global   Sam 16 Mai - 11:53

Marx&Engels a écrit:
« Le communisme n'est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal d'après lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement, réel qui abolit l'état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes »

Au présent, ce qui nous concerne en théorie et dans les luttes, c'est le mouvement du communisme, ou le communisme comme mouvement. Si le couple colonialité/décolonialité se confirme comme implication réciproque sur le front de l'Occident capitaliste, bouclage d'un cycle historique plus long que celui du capitalisme comme mode de production, alors il nous faut prendre acte de l'importance de cette dimension pour la lutte de classe, les luttes d'émancipation au sens large.

Dans ce cas, s'il nous faut maintenir le cap de la communisation comme révolution sans étape étatique ou auto-gestionnaire, il est toutefois difficile d'en faire aujourd'hui le fondement d'activités communistes. La médiation temporelle n'appelle pas seulement une critique de l'immédiatisme activiste, mais un regard réaliste, non déterministe sur le moment actuel de la crise.

En ce sens, COMMUNISME DÉCOLONIAL possède une vertu dynamique qui remet à la théorie de la communisation les pieds sur terre, intègre cette nouvelle dimension de l'implication réciproque sans amoindrir la contradiction capital-prolétariat, et renouvelle l'intérêt de la dialectique du dépassement produit des limites imposées par l'appartenance de classe, de genre et de race comme contraintes extérieures.
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Dim 17 Mai - 9:50

Tessayiste a écrit:
Au présent, mouvement du communisme... implication réciproque... cycle historique... capitalisme comme mode de production... communisation comme révolution sans étape étatique ou auto-gestionnaire... activités communistes, médiation temporelle, 'immédiatisme activiste...
En ce sens, COMMUNISME DÉCOLONIAL possède une vertu dynamique... la contradiction capital-prolétariat... dialectique du dépassement produit, limites appartenance de classe... comme contraintes extérieures.

tout cela est bien dit dans un langage técéiste, mais COMMUNISME DÉCOLONIAL donne à entendre que le combat communiste pourrait ne pas l'être. Et c'est effectivement le cas, alors que cette formule devrait être tautologique. C'est bien ici de cette aporie que nous tentons de combler dans la théorie de la communisation, puisqu'elle s'est révélée aussi eurocentrée, voire ethnocentriste, que les autres "marxismes" européens

une évidence : le mouvement du communisme est décolonial ou n'est pas communiste
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MessageSujet: l'urgence d'une théorie décoloniale de la communisation   Mar 30 Juin - 2:34



l'urgence d'une théorie décoloniale de la communisation


importé de LE NÉO-FASCISME RÉVOLUTIONNAIRE FRANÇAIS « perspective révolutionnaire = reconstruction idéologique radicale + mouvement social réel » Alain de Benoist

debriefing :

dans les liens du site Rebellion, en « pistes de réflexions », toujours pêle-mêle, expression paradigmatique de notre époque troublée : Alain de Benoist et ses revues, Castoriadis, Égalité&Réconciliation, La Décroissance, Le Grand Soir, René Guénon, Revue Socialisme ou Barbarie, Critique de la Valeur, Sortir de l'Economie, Tant qu'il y aura de l'argent..., TropLoin, Revue SIC... les trois derniers relevant de toutes les tendances de la théorie de la communisation en France, hormis ma propre position, isolée et quasi solitaire : Patlotch zéro division !, comme le soulignait Roland Simon, de Théorie Communiste, avant de faire le choix de SIC, contre mon avis de prolonger l'alliance opportuniste avec les activistes menés par Léon de Mattis, auteur de « Mort à la démocratie »





autrement dit, "récupérée" par la mouvance néo-fasciste révolutionnaire, toute la critique communiste radicale qui présente une faiblesse eurocentriste dans l'analyse du racisme et de l'immigration en rapport au capitalisme

ce fatras rouge-brun progresse très vite, adéquatement à l'époque en théorie et en pratiques diversifiées, dans l'ombre de l'idéologie française


on comprendra donc pourquoi, avant d'avoir regardé ça de plus près, j'ai eu raison d'être intransigeant et impitoyable, concernant le racialisme historiquement structurel au capitalisme, contre l'eurocentrisme théorique de Théorie Communiste, de Gilles Dauvé de troploin et DDT21, de Temps critiques et de la Wertkritik française, d'Yves Coleman et Germinal Pinalie, et plus généralement de tous les "so called marxistes" qui conspuent le PIR, Parti des Indigènes, et son prétendu "communautarisme"...


sans quoi, il n'y aurait, en France du moins, hors la mienne, aucune expression de la théorie de la communisation qui échappe à son emparement par les néo-fascistes révolutionnaires

certes, pour reprendre le mot très juste d'Alain de Benoist, cette « reconstruction idéologique radicale » n'a pas encore ouvert une « perspective révolutionnaire », c'est qu'elle n'a pas encore « rencontré » « un mouvement social réel », mais un problème grave, c'est qu'elle est en bien meilleure position de le faire que toute théorie de la communisation, y compris celle, plus que marginalisée et boudée par les "camarades communisateurs", présentée sur ce forum, qui est la seule antidote à l'eurocentrisme du milieu communiste radical en France




en effet, elle n'a et n'aura aucun mal à recruter et encadrer une jeunesse prolétaire, de couches moyennes, et de ce que Lucien Cerise appelle plus haut, dont il dit venir, « ce néo-prolétariat précaire et surqualifié dont on nous parle parfois dans les médias et qui concerne aujourd’hui des millions de gens dans ce pays »

il faut bien dire que « le courant communisateur », théoriciens âgés appartenant à des couches moyennes supérieures souvent enseignants, n'a rien su faire d'autres que rechercher des alliances d'opportunités avec des "activistes" du même milieu social dont parle Lucien Cerise, sans la moindre percée en milieu prolétarien de petits blancs chez lesquels les identitaires européens rencontrent leur succès, électoral ou anti-système, en miroir d'une population de prolos racialisés chez qui cette théorie ne pouvant rencontrer que de légitimes coups, comparables au rejet du stalinisme et du PCF par Césaire et les siens, en 1956

voir à cet égard :contre l'antiracisme universaliste prolétarien, avec le PIR, parti des Indigènes, en ses limites


la ligne de communication et l'iconographie de Rebellion comme ses références théoriques et son héritage apparent de la tradition socialiste révolutionnaire à tête de Gavroche masculin ou féminin, sont parfaitement adéquates à l'ouverture en grand de cette perspective nauséabondante, en complément de la voie institutionnelle hasardeuse suivie par Marine Le Pen et le Front national

l'entretien d'Alain de Benoist en mars dernier, qui ouvre ce sujet, a pour titre : « Le FN aurait tout intérêt à abandonner ses positions jacobines »

autrement dit, Alain de Benoist est non seulement un théoricien brillant, mais il se révèle là assez bon stratège politique, puisque d'une certaine façon, il prend le contre-pied de l'idéologie française

suite dans décoloniser les théories communistes de la révolution : pour une théorie décoloniale de la communisation

.
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MessageSujet: changement de titre du forum   Mer 22 Juil - 1:44


changement de titre du forum

COMMUNISATION et DÉCOLONIALITÉ devient COMMUNISME DÉCOLONIAL

avec en sous-titre
de la CRISE à la RÉVOLUTION COMMUNISATION... IL N'Y A QUE LA LUTTE ! (Marx) => LIVRE-FORUM critique de la totalité capitaliste et perspective révolutionnaire

les deux concepts ne se posant pas dans la même temporalité, le titre comportait un hiatus : la communisation est définie comme le moment dans lequel s'engage le processus révolutionnaire proprement dit, c'est une perspective; la décolonialité est le processus engagé des luttes contre la domination occidentale du monde, ou toute autre forme de néo-colonialisme

le terme de COMMUNISME prend ici son sens plein de « mouvement réel qui abolit l'état actuel, dont les conditions résultent des prémisses actuellement existantes » (Marx-Engels, l'Idéologie allemande). Il est DÉCOLONIAL parce que les conditions actuellement existantes en posent la nécessité dans la double crise, de la modernité occidentale dominant le monde depuis 5 siècles, et du mode de production capitaliste en crise

autant nous pouvons parler au présent de communisation comme perspective, autant nous ne pouvons agir en ce sens comme s'il s'agissait d'un projet déterminé à l'avance. Par contre nous pouvons, dans cette perspective, penser, parler et agir dès à présent en communistes, il s'agit ici de savoir comment

par ailleurs ce changement veut signifier aussi que nous parlons d'une conception nouvelle du COMMUNISME, aucun ne s'étant précédemment défini comme DÉCOLONIAL. De même nous nous inscrivons dans les combats DÉCOLONIAUX, mais résolument de façon communiste, ce qui n'est manifestement pas le cas général quand il est question de décolonialité

en adoptant le titre COMMUNISME DÉCOLONIAL, nous balayons d'une part les critiques nous reprochant de soutenir le PIR, Parti des Indigènes de la République, dont la plupart des leaders y compris ceux qui en viennent, du côté trotskiste, rejettent le marxisme, le communisme a fortiori, d'autre part toute tentative de nous assimiler à ce qui, dans le marxisme ou l'anarchisme, rejette la nécessité même d'une auto-organisation des luttes indigènes

réunissant de façon dynamique le combat communiste visant l'abolition du capital comme communisation et les luttes immédiates pour la décolonisation du monde, à propos de l'articulation classes-'races', nous luttons à fronts renversés contre ces deux gauchismes qui s'affrontent en frères ennemis sur le terrain de la représentation politique, entre concurrence et alliance

enfin nous signifions une rupture avec l'habitude de considérer que ceux qui se réclament de la "communisation" seraient plus proches que d'autres, ce qui n'est manifestement pas le cas : qu'ils traînent seuls leurs casseroles

le titre internet demeure communisation, http://civilisation-change.forumactif.org/, pour des raisons techniques entre autre
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Jeu 20 Aoû - 0:46

nouveau message ouvrant le sujet, et le Livre permanent qu'est ce forum

les orientations de ce forum s'inscrivent en continuité du texte Communisation 2015 : ruptures communiste (et décoloniale) dans la théorie de la révolution. La question décoloniale, s'est pleinement intégrée après l'ouverture de ce forum fin avril 2015

le communisme décolonial signe la mort des conceptions européennes universelles du communisme. Il deviendra la théorie révolutionnaire adéquate à la fin de la suprématie capitaliste occidentale


nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, l'exploitation et les dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie (structure of feeling) : exploitation du prolétariat, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant
(définition du 13 août 2015. Structure à dominante et Structure of Feeling)

le communisme décolonial est un mouvement de luttes sur tous les plans de la théorie et des activités sociales, collectives ou individuelles. Il se conçoit comme combat décolonial immédiat dans la perspective d'abolition de la totalité capitaliste, sans avant-garde théorique organisée en parti ni groupe ou milieu théorique identifié


pas de communisme sans décolonisation, pas de décolonialités sans combat communisme

sur le plan théorique et dans les luttes, le communisme décolonial s'entend doublement comme héritage marxiste depuis Marx, et inscription critique dans les luttes décoloniales elles-mêmes traversées de courants révolutionnaires ou réformistes

toutes les rubriques en pages d'accueil du Livre-forum sont destinées à éclaircir ce combat communiste, tant dans la critique du présent que l'élaboration de pistes pour des activités révolutionnaires, dont les dimensions féministes, écologistes, individuelles et poétiques sont parties prenantes

j'estime qu'il n'est pas nécessaire d'ajouter que le communisme est féministe, écologiste, combat radical pour l'émancipation de tous et de chacun.e, donc à la fois individuel et collectif

pas un gauchiste, pas un fasciste, pas un communautariste, pas un adepte de luttes séparées ne reprendra nos thèses, parce qu'au fond, elles n'intéresseront que celles et ceux qui ont besoin dans leurs luttes spécifiques d'un critique sérieuse, globale et radicale

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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Lun 24 Aoû - 21:23

Communisme décolonial est une notion a priori restrictive pour une esprit français, et plus encore un esprit "marxiste" ou "libertaire" français. Bref, pour un esprit "mondialiste", c'est-à-dire qui se croit mondialiste

parcourir ce forum sera pour ce genre d'esprit universel, d'universel esprit, une douche froide matérialiste, une leçon de marxisme au présent

le monde est un, mais ne peut être perçu, senti, d'un seul point de vue, serait-il d'un seul au nom du communisme décolonial

la visée "intellectuel collectif" en page d'accueil n'est donc pas un vain mot, une pose, mais une exigence, un appel à contributions ici ou ailleurs

toutes les considérations, économiques, sociales, culturelles, démographiques, de la double crise actuelle, indiquent que nous sommes, en France, à la fois à la marge, du fait de la proportion de population "racisées", installées ou nouveaux migrants; et dans l'œil du double cyclone depuis Charlie, embarqués vaille que vaille dans des conflits idéologiques au sein de l'idéologie française comme moment critique de la crise du capitalisme globalisé

ce forum entend un peu avoir, doublement, ces yeux du monde sur le monde, et sur "nous" - leurs yeux sur "chez nous" -, puisque c'est toujours de là que nous pensons les choses, et que nous pouvons agir sur elles

notre voyage ne sera jamais qu'intérieur, mais comme disaient Aragon ou Thomas Bernhard, "partir" n'est le gage ni de bonne littérature, ni d'un regard ouvert sur les autres, qui sont au présent l'avenir qui vient, pour arriver quelque part, où nous sommes toujours
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Mar 25 Aoû - 8:49

encore une précision

le point de vue communiste décolonial adopté ici est une mise en perspective qui a fort peu de base concrète explicite. La nature des luttes décoloniales évoquées, même si elles sont massives, diverses et de caractère mondial, n'est pas massivement révolutionnaire au sens communiste du terme

par conséquent, la position que nous adoptons doit être entendue doublement comme :

- venant de l'autre côté du miroir des idéologies eurocentristes, occidentalo-centristes, qu'elles soient capitalistes, prétendues révolutionnaires ou toute autre expression politique intermédiaire : la rupture est radicale et sans appel, d'autant qu'elle susciterait en retour une critique systématique et en bloc des thèses décoloniales : il y a une ligne de couleur idéologique, nous sommes de l'autre côté

- une lutte idéologique au sein des points de vue décoloniaux, qui peuvent tout aussi bien s'inscrire dans une perspective révolutionnaire que dans une restructuration capitaliste du monde ayant dépassé la suprématie occidentale. La réception d'un point de vue marxiste et communiste par ceux qui portent les thèses décoloniales ne peut qu'être difficile, puisqu'ils se prévalent majoritairement d'une vision plus large englobant ou dépassant la critique de classe dans l'héritage marxiste : il y a une ligne de classe, et nous sommes de l'autre côté

ce combat idéologique à fronts renversés accentue ce qui peut apparaître comme un isolement des thèses présentées ici, et il est évident que quiconque s'en tient à mesurer le succès à court terme du concept de communisme décolonial peut ironiser sur le caractère mégalomane de son inventeur, qui fait un pari sur une dynamique de contradictions dont personne ne peut prédire ce qui en sortira, mais dont il est certain qu'elles caractérisent le moment présent de l'histoire mondiale
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Dim 30 Aoû - 14:47

un petit changement de titre de la rubrique, à l'air anodin

de COMMUNISME DECOLONIAL :: Qu'est-ce que le COMMUNISME DÉCOLONIAL ? Quelles LUTTES et quelle THÉORIE ? > COMMUNISME DECOLONIAL :: Qu'est-ce que le COMMUNISME DÉCOLONIAL ? Quelles LUTTES ? Quelle THÉORISATION ?

en effet, refusant l'élaboration d'une théorie systémique, systématique, et corpusculaire fermée, le terme de théorisation me semble préférable à celui de théorie, pour deux raisons au moins :

- il s'agit toujours de théoriser ce qui se passe, moment présent de la globalité capitaliste, moments spécifiques de contradictions particulières, moments de luttes témoignant de contradictions portant (ou non) des dépassements à produire par elles-mêmes

- le mouvement (intellectuel) est donc davantage celui d'une théorisation permanente que de l'élaboration d'une théorie aboutie comme expression "restreinte" de ce que produiraient les luttes, qui ne sont pas "théoriciennes", mais matériau d'une théorisation que nous faisons ici comme d'autres le font en leur sein ou en les analysant d'un point de vue communiste, c'est-à-dire en faisant un combat d'idées

il n'y a pas à proprement de moment de redescente d'une théorisation qui serait montée en généralisation, et cherchant sa bonne exposition... à qui ?

nous n'utilisons qu'un mimimum de concepts, au sens où la fonction de la philosophie serait d'en fabriquer (Deleuze-Guattari), parce que bien des choses n'ont pas besoin de concepts pour être saisies et "comprises" immédiatement par ceux et celles qui les vivent au quotidien. La déconstruction du quotidien se fait au plus près du langage de la quotidienneté :

Henri Lefebvre, Critique de la vie quotidienne III De la modernité au modernisme (Pour une métaphilosophie du quotidien), Introduction, extrait page 25
Henri Lebfevre a écrit:
8. Point non dépourvu d'importance : la connaissance critique du quotidien n'exige pas un langage spécial ou parfait, distinct du discours quotidien. Encore qu'il faille viser, selon le précepte connu, à n'employer que des mots ayant un sens et un seul. Même lorsqu'il s'agit de discerner dans le quotidien le non-dit du dit, l'in-conscient du conscient, le méconnu du connu, bref de déceler ce que contient le discours de la quotidienneté, il est pas nécessaire d'inventer un lexique, une syntaxe, un paradigme différent de ce qui se donne dans le discours. La connaissance critique du quotidien s'exprime dans le langage de tous les jours et de tous : par explicitation de l'implicite. Ce qui interdit la « démonstration » mais n'exclut pas la part de jeu et de risque qu'il y a en tout discours dialogué.


en fait, la plupart des concepts philosophiques, ou théoriques, ne servent qu'à (auto-)rassurer le philosophe ou le théoricien sur la cohérence de sa pensée, comme construction abstraite, mais il n'en a justement besoin que parce qu'il ne vit pas au sein des choses dans la quotidienneté. Alors la philosophie, et la théorie, deviennent des « folies de langage ». Voici ce que j'en disais en juin 2012 dans pour en finir avec mon communisme-théorique

Patlotch a écrit:
Théorie communiste « folie de langage » ?

Massivement, Théorie communiste relève de la philosophie spéculative davantage que Marx, qui distinguait entre critique du capital et praxis politique, et ne les mêlait pas dans un discours théorique unifiant, alors qu'il définissait pourtant une perspective programmatique au communisme, avec des transitions politiques, qui se prêtait plus au mélange des genres... De ce point de vue, il se fait comme un basculement d'une théorie (en tant que discours de représentation) qui se voudrait la plus radicalement matérialiste, en idéalisme, si l'on devait s'en tenir à ces deux catégories philosophiques. En théorie, le diable n'est pas un détail.

« Il y a chez Heidegger une sorte de folie (de langage) [...] qui est peut-être le plus intéressant.» Gilles Deleuze à Henri Meschonnic, qui lui a envoyé "Le langage Heidegger", 22 juin 1990.

Dans son numéro de mars 2012 que la revue europe consacre à Meschonnic, Serge Martin ajoute que Deleuze « avance avec de nombreuses modalisations hypothétiques l'idée d'une "folie de langage" de Heidegger [...], ouvrant comme à une histoire de cette folie en philosophie.» Je ne suis pas loin de penser (j'en ai l'intuition convaincue, mais ne suis pas armé pour le démontrer [je l'ai fait depuis] ) que, pour des raisons tenant au rapport de la forme (le style d'écriture) au fond (le corpus conceptuel), Théorie communiste se structure comme le langage d'une « folie de théorie », et relèverait de cette folie philosophique de langage.


nous cherchons à demeurer au plus près possible des pâquerettes, et ce qui a le moins l'air théorique en détient le plus souvent le secret, un secret que l'abstraction aura toutes les peines du monde cérébral à reconstituer, d'autant quelle sera le plus raisonnée et le moins 'poétiquement' créée au sein des choses-mêmes
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Mar 1 Sep - 14:36

importé de mon blog Médiapart, où je suis retourné pour une petite trempête

Patlotch a écrit:
31/08/2015, 17:47 | Par Patlotch  

derrière l'appellation somme toute "modeste" de Communisme décolonial se cache ce qu'on appelait autrefois une Philosophie comme "Vision du monde" sous tous les aspects singuliers de l'individu à la société comme totalité, en passant par les particularités qui s'articulent entre ces deux niveaux dans un formidable enchevêtrement de contradictions, que propose d'articuler en "théorie" la dialectique complexe , en quelque sorte la "méthode" mise en œuvre dans le livre ouvert qu'est le forum Communisme décolonial

le concept central de cette théorisation est celui de "dépassements à produire" qui constitue une arme intellectuelle efficace, entre autres pour sortir de tous les bavardages actuels sur les questions dites "identitaires" ou "communautaristes"

cette théorisation a pour avantage et inconvénient de s'opposer tout à la fois aux marxismes académiques de toutes tendances eurocentrées, en vigueur en Europe et plus particulièrement en France, comme à tous les anti-marxismes y compris ceux que l'on retrouve dans la critique décoloniale (par exemple dans l'illusion politiciste du PIR, Parti des Indigènes de la République)

le Communisme décolonial présente donc ce paradoxe d'être une théorisation radicale des plus en phase avec avec l'ensemble des réalités du monde actuel, mais vouée à un certain isolement durable, car contrainte d'avancer en permanence à multiples fronts renversés. Sa pertinence ne sera donc reconnue que lentement, par les plus assoiffés de connaissances, de sérieux, pour armer leurs divers combats émancipateurs dans ce qui s'annonce comme une révolution civilisationnelle chaotique et violente,

la France est un des pays les moins préparés du monde à ces bouleversements, un des plus profondément conservateurs et réactionnaires sur la double ligne de la pensée révolutionnaire et décoloniale

comme face à toute révolution historique dans la manière de penser, le Communisme décolonial rencontrera donc beaucoup de silences, de réticences, de résistances, puis des oppositions dont la plupart ne feront que montrer sa pertinence. C'est pourquoi il n'attend que des critiques à sa hauteur. Qu'elles prennent leur temps...

ceci n'est qu'un potlatch !


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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Mar 1 Sep - 18:51

petit changement de titre du sujet le COMMUNISME DECOLONIAL, définition, genèse et vie du concept : pas de communisme d'émancipations sans décolonisations, pas de décolonialités sans combats communistes  

il s'agit d'éclairer que communisme est ici entendu comme combat de toutes les émancipations (au pluriel), y compris celle de chaque individu, ce qui n'a rien d'évident compte tenu des usages en vigueur

le communisme décolonial est une nouvelle pensée du communisme aussi, tout simplement parce que c'est depuis Marx un concept vivant dans l'implication réciproque entre capital et prolétariat, renouvelé ici par l'implication réciproque entre Occident et luttes pour la créolisation du Tout-monde selon des voies pluriverselles, et non plus la voie royale unilinéaire* de la révolution prolétarienne

* KB Anderson s'attache à montrer, dans Marx aux Antipodes, les « thèmes multilinéaires » de l'œuvre de Marx entre les Grundrisse et le Capital
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Mar 8 Sep - 16:39

importé de Médiapart 08/09/2015, 16:34 | Par Patlotch en réponse au commentaire de Myrelingues le 08/09/2015 dans le sujet Réfugiés  Yvan Najiels 06 septembre 2015



Myrelingues a écrit:
à Marc Tertre : « Donc si on n'est pas pro communiste, c'est que l'on est anti-communiste ? »


il n'y a pas plus anti-communistes que les "so called Marxistes" (la formule est d'Engels) et prétendus communistes, quand ils ressassent des dogmes et des normes révolutionnaires désuettes, non pas seulement en raison des horreurs du stalinisme ou du maoïsme, mais parce qu'il n'y a plus de base dans le monde pour appuyer cette vision du communisme comme prise du pouvoir en haut ou en bas par le prolétariat : c'est de là qu'il faut, depuis un demi-siècle de restructuration mondiale du capital , repartir pour penser les voies d'une émancipation de l'humanité, qu'on l'appelle communiste ou pas, qu'on le fasse à titre humaniste ou autre



être pro- ou anti-communiste n'est définitivement pas le problème, et je le dis en communiste, en "théoricien communiste". La question n'est jamais, ne fut jamais pour Marx, dans les oppositions entre partis - « les communistes ne forment pas un parti » dit le Manifeste du parti communiste de 1847, c'est donc que "parti" avait déjà, chez lui, un autre sens)



la question est toujours et encore entre classes ou catégories sociales, dans les rapports sociaux déterminés par l'économie politique, la "culture" d'une époque comme idéologie sous les pouvoirs d'Etat y compris policiers-militaires, les rapports entre hommes et femmes, et des humains à la nature, la question centrale de l'individu, l'émancipation de chacun étant la condition de celle de tous (Marx), et dans tous ça, la créativité sans bornes de chacun, sa relation poétique aux autres, le fin de l'art comme spécialités des "artistes" (tous ces points renvoient aux catégories du forum en page d'accueil)



de quelque point de vue qu'on la prenne, qu'on la vive particulièrement, qu'on s'en instruise de connaissances ou qu'on l'expérimente de faire, la totalité est perceptible de la domination capitaliste. Il n'est point besoin pour ça d'être ou de se dire "communiste", "anarchiste", "féministe", "écologiste"... La révolution, le changement de civilisation qui nous convoque, ne se fera pas sous une seule identité même communiste, ni sous un nom et d'ailleurs, comment le traduire en toutes langues, dans des régions immensément peuplées qui n'ont pas les mêmes concepts ?  (Pierre Legendre, Le tour du monde des concepts), alors les mots...



il y a une tâche immense, des tâches multiples et complémentaires qui ne sauraient être passées au tamis ou à l'entonnoir d'idéologies, par des partis ou militants bornés à prétention de guider le monde. C'est fini, et tant mieux


dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT,

pour une reformulation permanente de PERSPECTIVES RÉVOLUTIONNAIRES,

il n'y a que les LUTTES ! *



communisme décolonial



* on dit que Marx eut avant de mourir cette phrase : « Il n'y a que la lutte »
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Dim 20 Sep - 19:09

encore un changement de titre général

COMMUNISME DECOLONIAL devient COMMUNISME FEMINISME & DECOLONIAL

point besoin de longue explication, puisque cela correspond davantage au continu, et au fait que la contradiction de classe, dans le capitalisme, ne peut être séparée de celle du genre, en tant que domination masculine

les deux sont, de fait, e masse dans l'histoire et dans le monde actuel, médiées par la question coloniale, et donc analysables par les luttes décoloniales da,ns lesquelles les femme tiennent une place si importante, et contre le féminisme occidental universaliste hérité de la deuxième vague et flirtant avec les discours racistes identitaires de souche dans l'idéologie française de l'extrême-gauche à l'extrême droite, alimentant le populisme nouveau qui menace l'Europe
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Mer 30 Sep - 14:03

importé d'un échange sur Médiapart

30/09/2015, 11:05 | Par Patlotch en réponse au commentaire de Jean-Paul Bourgès le 30/09/2015 à 08:59


Jean-Paul Bourgès a écrit:
Concrètement, quelle vision avez-vous d'un avenir qui serait conforme à vos attentes ?



merci, Jean-Paul, de le prendre comme ça. Je suis plus jeune que vous, mais j'ai fort peu d'attente personnelle. Comme beaucoup de communistes à toutes époques, je souhaite des changements radicaux, mais suis assez lucide pour savoir qu'ils n'auront pas lieu de mon vivant, et peut-être même jamais, étant donné que le capitalisme met en cause la possibilité même de vivre sur terre, et pas seulement pour les humains


ma réflexion au long cours est une sorte de veille théorique, au sens de chercher à comprendre ce qui se passe, ce qui a toujours animé Marx et ses meilleurs héritiers, jusqu'à Debord : « L’époque ne demande plus seulement de répondre vaguement à la question «Que faire ?» [...] Il s’agit maintenant, si l’on veut rester dans le courant, de répondre, presque chaque semaine, à la question : « Que se passe-t-il ? » » Guy DEBORD, lettre à Eduardo ROTHE, 21 février 1974 in PDF Dépasser Debord et ses critiques post-prolétariennes Patlotch 2006

l'avenir ne sera « conforme » à aucune « attente », et c'est sans doute mieux comme ça. Il ne s'agit pas d'attendre, ou de projeter ses rêves et fantasmes au nom de dogmes ou de normes révolutionnaires passés de saison, comme beaucoup de toutes obédiences, y compris "marxistes"

il s'agit pour ceux qui ont des raisons de se battre, pour se défendre ou aller plus loin, et pour de plus privilégiés, comme moi, de le faire aussi pour eux et leurs proches avec les plus miséreux, chacun.e.s à sa manière, il n'y en a pas de meilleure



je suis très inquiet, car si je ne me trompe pas d'analyse, les temps qui viennent vont être très durs, et beaucoup, en France, y participent à leur insu. C'est mon avis, et c'est peut-être ce qui fait ma singularité dans ce Club, qui n'est pas recherche de me singulariser à tout prix : je dis ce que je pense comme je le pense, le produit de mes travaux, et dire sa vérité, ce type de vérités, ce n'est pas se faire des ami.e.s. Si vous ne pensez pas qu'un communiste qui cite Cioran, ce "fasciste", ne peut-être qu'un "rouge-brun" :

« L'amitié est incompatible avec la vérité, seul est fécond le dialogue muet avec nos ennemis. »

Écartèlement, Œuvres p.1446



pour répondre à votre question sans trop désespérer, je vois une issue possible dans le dépassement de contradictions qui apparaissent aujourd'hui sous des identités raciales, ethniques, religieuses et surtout nationales, et qui passeront inévitablement, en France et en Europe par la reconnaissance de la légitimité à se battre en tant que telles des populations non-blanches de la planète

c'est pourquoi je formule beaucoup d'espoir dans le phénomène migratoire et le mouvement international des réfugiés, des travailleurs et travailleuses domestiques, des paysans sans terre, et "chez nous" ceux des "quartiers populaires", plus que sur le prolétariat ouvrier européen, qui défend son bout de gras, en opposition évidente à d'autres combats, écologistes radicaux et féministes, prolos et immigrés racialisés mêmes



c'est la raison pour laquelle je m'inquiète des réactions majoritaires dans l'opinion, qu'on retrouve ici, concernant la question raciale, par exemple après les propos honteusement racistes de Morano, mais qui dit une réalité d'évidence aussi : une immense majorité de la population française a la peau blanche, et ne sait pas ce que ça veut dire

« Il y a un autre problème en Europe : cette dernière est extrêmement raciste. J’ai toujours pensé que l’Europe est plus raciste que les États-Unis. Jusqu’ici ce n‘était pas aussi visible en Europe parce que les populations européennes dans le passé ont eu tendance à être assez homogènes. Donc, si tout le monde est blond aux yeux bleus, alors vous ne semblez pas raciste, mais dès que la population commence à changer, le racisme vient de nulle part. Très vite. Et c’est un problème culturel très grave en Europe.» Noam Chomsky : l’interview qui dénonce l’Occident 20 juin 2015

voir : "RACES", "RACISME", "RACIALISME", "RACIALISATION"... ou comment s'en débarrasser

"La France est un pays de race blanche" vs « Il n'y a pas de races humaines »

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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Mer 18 Nov - 2:48

ouverture d'un nouveau sujet théorique croisant les différentes approches du forum

TEMPS, RYTHMES et IMPROVISATION pour la RÉVOLUTION COMMUNISTE DÉCOLONIALE

il est temps de reprendre les fils de notre théorisation lourde, mais tissés en habits légers pour les temps chauds qui viennent


rythmes en révolution : philosophies, jazz et poésie, les tambours et le monde

le concept de rythme est central en musique, en poésie... Pour paraphraser Roland Simon, théoricien de la conjoncture pour la communisation, je pourrais dire que

le concept de rythmes est indispensable à la théorie de la révolution

au pluriel, puisqu'il s'agit de poly-rythmie...

il va sans dire que ce sujet s'articule, du point de vue des luttes comme pour leur théorisation, sur les concepts utilisés dans l'ensemble de la démarche et de la méthode mises en œuvres pour ce livre-forum ouvert

pour le plus théorique, voir les sujets :

DIALECTIQUE COMPLEXE des CONTRADICTIONS : DÉPASSEMENTS à PRODUIRE

CONCEPTS : 'STRUCTURE à DOMINANTE', 'CONJONCTURE', 'STRUCTURE of FEELING', 'ABSTRACTION RÉELLE', 'IDÉOLOGIE'...

STRATÉGIES, PRATIQUES THÉORIQUES et LUTTES COMMUNISTES et DÉCOLONIALES

la notion de rythme est peut-être celle qui traverse le plus profondément l'ensemble de mes considérations et activités, jazz, poésie, sur la révolution, jusqu'à la conception de ce site entre temps et espaces. Le rythme est tellement partout qu'on ne le voit ni ne l'entend comme élément essentiel du changement dans la vie et donc concept indispensable à la révolution. Quelques-uns, non des moindres, y ont pourtant pensé


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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Jeu 19 Nov - 17:19

à propos de l'ajout de THÉORISATION COMMUNISTE au titre du sujet ATTENTATS À PARIS, matériaux, analyses, et THÉORISATION COMMUNISTE

et de PRATIQUE THÉORIQUE

comme l'indiquait au premier jour le sous-titre, 'face à l'horreur, comprendre pour lutter contre le pire', j'inscris mon travail dans ce que Saïd Bouamama appelle « la posture matérialiste ne renonçant pas à comprendre le monde et encore plus quand il prend des orientations régressives et meurtrières :

Saïd Bouamama a écrit:

Minoritaire dans le contexte actuel, cette posture est pourtant la seule susceptible d’une reprise de l’initiative progressiste.

Elle suppose de recontextualiser les événements (et encore plus lorsqu’ils prennent des formes dramatiques) dans les enjeux économiques, politiques et sociaux. Elle nécessite la prise en compte des intérêts matériels qui s’affrontent pour orienter notre demande et qui produisent des conséquences précises.

Elle inscrit les comportements individuels comme étant des résultats sociaux et non des essences en action.
Elle prend l’histoire longue et immédiate comme un des facteurs du présent. Elle peut certes se tromper en occultant par méconnaissance une causalité ou en la sous-estimant, mais elle est la seule à permettre une réelle action sur ce monde.

Dans un monde marqué par la violence croissante sous toutes ses formes, le renoncement à la pensée nous condamne pour le mieux à une posture de l’impuissance et pour le pire à la recherche de boucs-émissaires à sacrifier sur l’autel d’une réassurance aléatoire.



cela pour moi signifie que la théorisation communiste n'est pas un corpus intellectuel fermé ou à parfaire pour en tirer telle orientation politique, et encore moins une compréhension du monde à l'aulne de présupposés politiques, tels qu'en ont partis et militants, y compris "communistes" : ce sont des problématiques vivantes, avec plus de questions que de réponses


par conséquent, je ne vois pas, dans les circonstances présentes, davantage d'intérêt à critiquer le NPA ou tout autre parti politique, même le PIR, plus qu'à faire la critique de tel texte "intellectuel", donc de nature théorique, tels que billets de Médiapart ou toute analyse d'intellectuel médiatique, d'expert politiciste ou de psycho-sociologue sociogisant

une telle critique est à déduire de ce que j'ai écrit de façon générale, par souci d'alimenter la réflexion des autres de matériaux, d'analyses, à toutes fins utiles pour eux, sans que cela oblige d'être en accord avec ce que j'en tire moi

ce que j'en tire, c'est ma compréhension du monde, qui s'inscrit dans la tradition héritée de Marx, de l'expérience historique des luttes de classe du mouvement ouvrier, renouvellée sans cesse à l'examen des temps présents

cette compréhension débouche, pour moi, sur la nécessité de penser, s'exprimer et agir en communiste


c'est un point qui me rapproche de la pratique théorique et militante de Saïd Bouamama, et ceci au-delà de mes critiques en terme de stratégie politique d'accès au pouvoir d'État,

c'est un point qui éloigne ma pratique théorique de la posture antimilitante exacerbée des théoriciens de la communisation, quand ils ne voient dans ce type d'activités communistes qu'objectivisme ou subjectivisme, s'épargnant d'interroger en quoi, quand ils s'expriment, ils ne sont pas moins des militants

la critique radicale du présent, et la théorisation communiste dans une perspective révolutionnaire, nous n'avons pas le choix de la faire autrement qu'aux rythmes de l'histoire au présent telle que nous l'avons sous les yeux (Marx)
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MessageSujet: Re: COMMUNISME, FÉMINISME et DÉCOLONIAL : définition et ligne générale   Jeu 26 Nov - 6:47



j'ai rajouté "MACHISME STRUCTUREL" au titre du sujet la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL , parce que "DOMINATION MASCULINE" ne me satisfait pas entièrement, dans la mesure où le machisme me semble intériorisé par toute la société : il structure les rapports sociaux et recoupe le rapport de classe




peut-être est-ce ceci que Théorie communiste entendait pas « Tous les hommes dominent toutes les femmes », expression un peu malheureuse qui se lit « chaque homme domine toutes les femmes », alors que cette "domination" n'est pas, pas toujours, ou pas seulement, un rapport d'individu à individu. Théorie Communiste parlait au demeurant de « contradiction de genre » ne renvoyant pas à une somme de pratiques des hommes pris séparément contre les femmes, mais comme on dit que le concept de classe concerne une catégorie particulière dans son rapport au capital, et n'est pas affaire de sociologie

à ce stade ce n'est pas très clair pour moi, mais j'ai vérifié (Google, 50 entrées...) que « machisme structurel » n'est pas une nouveauté conceptuelle...

je change du coup le titre de la catégorie en page d'accueil, de FEMMES, CLASSES, COLONIALITÉS : abolir la DOMINATION MASCULINE => auto-organisation... à : FEMMES : abolir la DOMINATION MASCULINE et le MACHISME STRUCTUREL => auto-organisation...

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