PATLOTCH / COMMUNISME et CIVILISATIONS

CONTRE LE CAPITAL, LES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...

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Patlotch



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Mer 1 Nov - 18:43


une putain d'expo, camarad.e.s !

Exposition « Salope… » :  
« Certains n’avaient pas envie de voir cette parole » des femmes « se libérer »


Le Monde 18.10.2017 Propos recueillis par Charlotte Herzog

Laurence Rosier a dirigé l’exposition « Salope… et autres noms d’oiselles ». Face aux témoignages qui ont afflué, elle explique que « l’appropriation du registre grossier » par les femmes, « bien que légitime, dérange ».



Citation :
Depuis le « manifeste des 343 salopes », paru dans Le Nouvel Observateur en 1971, le mot revêt un caractère politique qui va au-delà de sa nature insultante. A l’heure où l’affaire Weinstein déclenche une vague de prises de conscience et de prises de parole de femmes régulièrement harcelées, voire agressées, l’exposition parisienne intitulée « Salope… et autres noms d’oiselles » est arrivée à point nommé.

Du 29 septembre au 18 octobre, elle a mis en valeur, à la Fondation Maison des sciences de l’homme, à Paris, les « salopes » de l’histoire, insultées parce que femmes, de Marie Antoinette à Nabilla, en passant par Simone Veil ou Christiane Taubira. Autant de femmes qui prenaient, d’après leurs congénères, un peu trop de place dans l’espace public, artistique et médiatique à leurs époques respectives.

Professeure de linguistique française à l’université libre de Bruxelles (ULB) et auteure du livre De l’insulte aux femmes (180° Editions), qui sortira au début de novembre, la commissaire de l’exposition, Laurence Rosier, estime qu’aujourd’hui, « la parole des femmes prend le chemin d’une libération ».
Pourquoi avez-vous monté cette exposition ?

Laurence Rosier : Je travaillais sur l’insulte de façon théorique, mais aussi sur le terrain, depuis des années. J’avais envie de montrer le nouveau mode de communication des adolescents. Est-ce que les rapports sociaux se résument à « salope et connard » ? « Sale pute et bâtard » ? Mon goût de l’art s’est articulé à ces problématiques et à mon sentiment d’urgence face au nouveau corpus de langage que représentent les réseaux sociaux. Cette violence extrême qui se dit davantage qu’elle ne se fait, le renouveau des mouvements féministes…

J’ai monté une exposition scientifique, artistique et éducative. Je voulais qu’elle soit belle et non excluante. En résonance. Regarder de l’art, de la nudité, des insultes en face. Car sous couvert d’être très libérés sur les réseaux sociaux, nous restons encore très normatifs. Je voulais faire réfléchir à partir du prisme de l’insulte et du mot « salope » au problème plus général de la circulation de la parole, des tabous, des normes d’une société.

Comment réagissez-vous aux nombreux témoignages qui ont utilisé le hashtag « balancetonporc » ?

On ose dire. Avec #balancetonporc, la parole des femmes prend le chemin d’une libération. Réponse violente à la violence. Les femmes sont fustigées parce qu’elles dénoncent grossièrement. Mais il est clair que #dénoncesilteplaîtceluiquitaharcelée, ça n’aurait pas marché. L’appropriation du registre grossier, bien que légitime, dérange : « Bah oui, regarde, tu es un porc. »

Habituellement, ce sont les femmes que l’on traite de « cochonnes ». Réponse de la bergère au berger, miroir de l’acte : le harcèlement, c’est une violence dégueulasse, on te le renvoie, tout aussi dégueulasse. Mais on n’est pas habitué à ce que la parole des femmes soit aussi présente : les vagues féministes, si on ne voulait pas les voir, on ne les voyait pas. Comme pour l’affaire Weinstein, c’est cette explosion qui interroge. Certains n’avaient pas du tout envie de voir cette parole se libérer.

Que raconte l’exposition ?

Il était une fois une reine… puisque ma première « salope », c’est Marie-Antoinette d’Autriche. Son histoire, c’est un conte de fées qui se termine de façon horrible, dans un contexte social très important pour la liberté et en même temps très violent.

L’exposition « Salope… et autres noms d’oiselles », c’est ça ! Il y a des femmes qui écrivent. Et écrire, ça met en danger. Des femmes qui se déguisent et qui montent à cheval. Des femmes qui font de la politique et qui défendent leurs droits. Des femmes qui descendent dans la rue et qui tiennent tête. Qui tiennent bon. Et qu’on insulte : « Salope », « ménagère », « grosse vache », « nympho », « putain sans cœur », « mauvaise mère », « manipulatrice », « opportuniste », « allumeuse », etc. Des « petites pisseuses », comme je dis dans mon livre. Celles qui, avant même d’être nées, connaissent une dénomination négative.

Pourquoi insulte-t-on les femmes qui refusent d’être des « salopes » ?

Par rapport à des manifestations de harcèlement sexuel, comment pouvoir dire qu’on n’est pas une salope ? C’est compliqué. Sur cette question, la parole des femmes est bridée, et la dénonciation, la « mauvaise publicité », les conséquences sont problématiques. Les femmes sont prises dans un contexte qui les muselle. Dès lors qu’elles refusent et dénoncent en masse, on les insulte. L’insulte est offensive et défensive. On se défend face à la vérité. Il y aura toujours des personnes qui ne voudront pas voir ce constat : des hommes harcèlent des femmes.

Sur twitter, « salope », est-ce une insulte ou pas ?

Cela dépend. Cela peut être revendiqué, comme un mot slogan. A l’exposition, il y avait des filles qui venaient en bande et qui signaient sur le mur de la honte « bande de salopes chéries ». Si je suis une salope parce que je couche, je sors et je bois, alors d’accord, si tu veux. Mais même si la banalisation peut amoindrir le terme, les insultes gardent leur pouvoir violent. Les réseaux sociaux ne sont pas que virtuels, ils peuvent atteindre réellement et leur répétition est violente. Il y a une dimension performative du mot qui n’est écrit que sur Internet.

Vos « salopes » exposées étaient des femmes libres insultées. Cela a pris du temps avant qu’elles ne deviennent des modèles…

Rabattre le caquet des femmes, moucher les femmes, leur clouer le bec, c’est un archétype. Les femmes sont trop bavardes, c’est un stéréotype. Mais sur certains points fondamentaux, elles ne sont pas libres de parler. C’est un peu la faute au discours ambiant, « est-ce que tu l’aurais pas un peu cherché ? ». La honte d’avouer, la peur d’être victimisée, verrouillent cette soi-disant « liberté acquise ».

A partir du moment où une parole se libère, il y a toujours une suspicion : « Moi, à sa place, j’aurais pu éviter ça ! » Les archétypes sont fondateurs, donc très difficiles à faire évoluer. « Salope » et « fils de pute », ça fonctionne toujours, l’évolution en cours et à venir mettra encore du temps. Nous vivons dans un monde violent. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on peut voir la violence verbale, paraverbale. Je ne tape pas dessus car je m’en sers beaucoup, ils sont utiles pour faire bouger les choses. Mais les réseaux donnent accès à toute la violence du monde.

Exposition « Salope… et autres noms d’oiselles », à La Maison des sciences de l’homme [sic], jusqu’au 18 octobre. Artistes : Tamina Beausoleil, François Harray, Lara Herbinia, Cécilia Jauniau, Sara Jùdice de Menezes, Martine Séguy, Eric Pougeau et Christophe Hollemans.

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Ven 3 Nov - 15:13


domination masculine, société capitaliste, et leur dépassement

Tristan Vacances : - Vous écrivez hier dans 'de la classe moyenne chinoise au capitalisme en subsomption réelle' :
Citation :
la classe ouvrière progresse en nombre dans les pays de l'ancienne "périphérie", et la question demeure posée de la subsomption réelle posée en termes marxiens de plus-value absolue vs plus-value relative. L'usage de ce concept pour caractériser les périodes du développement du capitalisme reste discutable, y compris dans ma vision qui s'appuie sur cette périodisation par Théorie communiste, que je critique par ailleurs pour n'en point tirer toutes les conséquences et conserver le strict prolétariat comme sujet révolutionnaire, mais de l'eau peut couler sous les ponts avant que ne se constitue une nouvelle classe révolutionnaire correspondant réellement au capitalisme en subsomption réelle

n'est-ce pas une contradiction dans votre théorisation qu'elle s'appuie sur cette périodisation par 'Théorie communiste', et reprenne l'idée d'une subsomption quasi totale de la société sous le capital qu'en même temps vous semblez mettre en doute ?

Patlotch : - subsomption totale ou pas, les lignes de fronts dont je parle, sur l'exploitation du prolétariat, la domination masculine, l'écologie, existent. Concernant le genre, TC construit (Tel quel TC24) « la contradiction entre les hommes et les femmes » dans son articulation à la contradiction capital-prolétariat par le "surtravail" :


TC a écrit:
Pas de surtravail sans travail, pas de travail sans population comme principale force productive. Là où nous avons exploitation, nous avons la création des catégories femme et homme*, leur naturalisation inhérente à l’objet même de leur construction, et par là l’appropriation de toutes les femmes par tous les hommes. La construction simultanée et interdépendante des contradictions de genres et de classes introduit les clivages de chacune de ces catégories dans l’autre, mais aussi les contradictions propres à la construction sociale de chacune de ces catégories qui deviennent des contradictions inhérentes à l’autre. Inextricable, l’expérience est toujours impure.

* Gilles Dauvé a épinglé TC sur ce point dans la note 8 à Sur la « question » des « femmes »

Mais, il ne suffit pas de dire qu’aucune expérience ni aucun sujet ne sont purs, comme une constatation, c’est cette « impureté » qu’il faut fouiller et construire dans son intimité. [tu parles d'une intimité, dans laquelle il n'est pratiquement jamais vraiment question de rapports sexuels et de leur différentiation entre fonctions de reproduction et de plaisir, puisque pour TC celui-ci serait toujours et seulement masculin]

La contradiction entre le prolétariat et le capital suppose celle entre les hommes et les femmes, de même que celle-ci suppose la première, l’exploitation. Nous retrouvons notre formule : quatre éléments, deux contradictions, une dynamique. Mais cette formule s’enrichit du fait qu’aucune des deux contradictions n’est telle sans l’existence conjointe de l’autre.

C’est du surtravail que viennent les hommes et les femmes, leur distinction donc leur contradiction ; c’est du même surtravail que viennent les classes et leur contradiction. L’existence du surtravail, c’est l’existence de deux contradictions. Chacune a dans l’autre non seulement sa condition mais encore ce qui la fait être une contradiction, c’est-à-dire un procès remettant en cause ses propres termes dans leur rapport.

Cette existence conjointe qui fait de chacune une contradiction n’est pas une rencontre ou une somme mais existe pour chaque contradiction dans ses propres termes, dans son « langage ».

Entre le prolétariat et le capital, c’est l’existence même du travail comme force productive (la contradiction entre hommes et femmes) qui est, dans les termes du rapport, ce devenir du rapport conflictuel en contradiction : le travail comme unique mesure et source de la richesse. Cela fait que la lutte des classes a pour dynamique et objectif l’abolition des classes (et non un simple déplacement du curseur entre travail nécessaire et surtravail sur la ligne de la journée de travail), ce qui est le capital comme contradiction en procès. C’est la définition des femmes, c’est-à-dire la contradiction entre les hommes et les femmes (la définition est en elle-même la contradiction) qui se joue sur le travail.

Entre les hommes et les femmes, c’est l’existence du surtravail et de sa relation au travail nécessaire (la contradiction entre les classes) qui est, dans les termes du rapport, ce devenir du rapport conflictuel en contradiction. Le surtravail et sa relation au travail nécessaire font que le conflit entre hommes et femmes a pour dynamique et objectif l’abolition des conditions inhérentes à l’individualité que sont être une femme ou un homme, ce qui est le capital comme contradiction en procès. Autrement dit : cette contradiction entre surtravail et travail nécessaire est celle par laquelle la population comme principale force productive (la distinction de genres) est abolie comme nécessité. Contrairement à ce que nous écrivions dans TC 23, la révolution n’est pas « suspendue à l’abolition des genres », ni « ne pourra échapper à leur dépassement » car c’est l’une et l’autre dans leur mouvement spécifique et se déterminant réciproquement comme contradiction qui construisent le capital comme contradiction en procès. Ce n’est pas un hasard si dans tous les moments révolutionnaires les deux contradictions se sont toujours jointes, entrecroisées, confortées et le plus souvent confrontées.

La population comme principale force productive (la population et la productivité du travail comme synthèse des forces productives), c’est-à-dire le travail comme problème dans le mode de production capitaliste est la dynamique propre de la contradiction entre les hommes et les femmes (et non la forme qu’elle prend). Elle est la dynamique propre d’une contradiction particulière par laquelle celle-ci existe bien comme particularité de la totalité : le capital comme contradiction en procès.

bien qu'il articule deux contradictions, TC fait dépendre sa « contradiction entre hommes et femmes » du rapport d'exploitation, ce qui au passage lui permet de l'inscrire dans son corpus qui n'avait que cette contradiction depuis les années 70, corpus qui ignorait l'existence des femmes, et de leurs luttes. En quoi Dauvé par sa remarque ironique n'a pas compris cette intégration, et les raisons du bricolage dialectique de TC qui doit confirmer sa « théorie lourde »... à porter :
Citation :
Puisque TC certifie qu’on n’a rien compris à la théorie révolutionnaire tant qu’on n’y a pas intégré le genre, et que ce groupe a découvert le genre vers 2008-2010, il est permis de porter au grenier les 22 premiers numéros de cette revue, afin de réserver toute son énergie à suivre la dialectique genre/classe exposée depuis dans la revue.

la question que je me pose est celle d'une relative autonomie de la domination masculine*, du patriarcat comme structurel et sociétal, relativement au capitalisme comme mode de production, mais pas dans le capital comme "société capitaliste" (subsomption réelle) puisqu'elle ne se réduit plus au mode de production économique, à quoi TC veut tout relier structurellement

*je ne parle pas moi de « contradiction entre les hommes et les femmes », ni d'« abolition du genre » sauf si l'on entend pas là la domination masculine et non les différences entre hommes et femmes, ou autres (Federici), sans quoi l'on aboutit aux aberrations d'Incendo (L’insurrection généralisée qui détruira les hommes et les femmes, 2012) ou au récent texte diffusé par Paris-Luttes.Info, Contre les mecs, et pour nos vies, enrageons-nous, 1er novembre 2017

l'événement considérable, car mondial, de la prise de parole contre le harcèlement sexuel attire notre attention sur cette dimension sexuelle de la domination masculine, qu'il est difficile de relier au travail ou au surtravail, événement qui la montre telle qu'elle est, transclassiste, ou a-classiste, ce que l'on savait déjà. Exemple : La violence conjugale concerne tous les milieux sociaux, film de Patric Jean, 2009 :

Citation :
En France on trouve parmi les agresseurs…
67% d’employés
25% de professionnels de la santé
4% de membres de l’armée ou de la police.

Et parmi les victimes…
12 % de chômeuses
mais aussi 9 % des femmes cadres.

Il n’y a pas de profil type de femme battue ou d’homme violent. Les différentes études sur ce thème ont montré qu’il n’existait pas de facteurs déterminant la violence, il n’y a donc aucun signe avant-coureur qui puisse être repéré. Toutefois, il existe certains facteurs associés qui peuvent contribuer à la développer : un modèle social (parental) violent et des processus psychologiques liés à des traumatismes par exemple. Contrairement à ce que l’on pense souvent (et comme les médias le laissent généralement entendre), ce phénomène n’est pas caractéristique des milieux défavorisés. Les violences conjugales sont perpétrées dans tous les milieux sociaux mais ce sont les jeunes femmes qui les subissent le plus. Tandis que ce sont les femmes séparées de leur partenaire qui subissent le plus souvent du harcèlement moral, la violence sexuelle est principalement le fait des conjoints.

la question que pose ma construction théorique, c'est le rapport au capital des luttes particulières, telles que celles contre la domination masculine ou la destruction du vivant, pas celle de leur rapport au capitalisme vu sous le seul angle des rapports de production. Par conséquent, je pense que c'est TC qui ne tire pas, concernant la domination masculine, tous les enseignements de sa considération sur le capitalisme en subsomption réelle quasi-absolue

c'est ce qui me faisait la considérer, en 2013, comme une vision d'hommes. On allait voir ce qu'on allait voir, Delphy foutue... mais depuis 2007 que TC a formulé sa double contradiction classe-genre, je n'en ai vu aucun écho chez les féministes marxistes ou non. Qu'importe à leurs yeux, puisque tout semble se passer comme si plus ils sont isolés plus ils ont raison contre le monde entier. Leur solitude est La solitude de la théorie communiste, réduite à la leur : des génies modestes et méconnus qui font bander trois douzaines d'adeptes et béni-oui-oui, au sein du sein de leur sainteté

Tristan Vacances : - N'êtes vous pas plus encore isolé ?

Patlotch : - oui et non. Dans le peu d'échos à mes considérations, oui, mais pas dans ma construction théorique, puisqu'elle intègre de façon radicalement critique d'autres courants, marxistes, féministes, écologiques, décoloniaux... dont au demeurant partie de la théorie de la communisation, ce qui n'est jamais réciproque, ou sans le dire chez TC

pour TC, et pour Hic Salta (2.4 – Le mouvement des femmes dans La « commune » de Oaxaca), tout se passe comme si seules les femmes prolétaires pouvaient faire la révolution en tant qu'elle abolit la domination masculine. De même pour Dauvé, nonobstant la pertinence de sa critique à TC dans la note citée, qui n'a pas compris que pour TC, dans l'incohérence de son bricolage, seules les femmes prolétaires peuvent être révolutionnaires :

Citation :
TC théorise un « groupe femmes » présenté comme aussi important que la classe. Car c’est lui qui sera censé mettre fin à la hiérarchie sexuée, tâche dont la classe (les prolétaires des deux sexes) à elle seule serait incapable car les hommes y dominent.

en d'autres termes, le caractère a-classiste de certaines luttes, contrairement aux cris d'effroi des marxistes du pur prolétariat révolutionnaire (hommes ou femmes), ne doit pas nous faire peur, car il pose au-delà du seul prolétariat le problème de catégories sociales s'opposant radicalement à la société capitaliste, sur des lignes certes particulières, mais qui portent la possibilité de leur dépassement universel : on ne peut nier que les rapports entre hommes et femmes ont un caractère universel qui dépasse et de loin leur dimension capitaliste pour les interroger dans la perspective communiste de la communauté humaine

Tristan Vacances : - La question se pose néanmoins du caractère révolutionnaire des luttes féminines et écologistes...

Patlotch : - évidemment, c'est fonction de leurs contenus et objectifs, mais c'est celle que je pose fondamentalement, dont une chose est certaine, on ne peut y répondre en l'évacuant au prétexte que ces luttes ne sont pas prolétariennes. Au mieux, la théorie de la communisation est intersectionnelle, elle veut à la fois le prolétariat et les femmes, mais seulement les femmes prolétaires, ou à prolétariser par le prolétariat communiseur (BL/TC 2009). L'écologie elle n'en parle pas (TC, Astarian) ou comme d'une utopie capitaliste (Dauvé). Pour eux, raffinement de TC ou "pas trop de priorités" de Dauvé, la dialectique doit demeurer binaire sous la totalité antagonique capital/prolétariat, le monde doit se comprendre en deux termes et la théorie se ramener à la leur contre toutes les autres. Pour le dire comme je le pense, sur le plan intellectuel comme sensible, je trouve ça plus simpliste qu'intelligent

Tristan Vacances : - Pourquoi alors lui accorder tant d'importance ?

Patlotch : - je l'ai déjà dit, parce que la théorie de la communisation représente l'acmé de l'universalisme marxiste prolétarien, la pointe avancée d'une théorie de la révolution prolétarienne. Montrer la caducité de cette théorie met à terre toute conception du prolétariat comme sujet révolutionnaire à lui seul

la remarque que vous citez en haut de ce commentaire n'avait pour objet que de souligner qu'il existe de grandes marges pour le capital avant que ne puissent se relier les lignes de front sur lesquelles pourrait se constituer une classe de la révolution

dans ma théorisation, il y a un changement de paradigme révolutionnaire dont je suis loin d'avoir tiré toutes les implications. Il pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses, questions que je ne peux, à défaut de critiques, que mettre en chantier seul, puisque les marxistes restent au pied de leur  mur du son




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Patlotch



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Lun 6 Nov - 16:41


quand on s'adresse à l'État, on n'a qu'une réponse d'État,
qui ne résoudra rien



Affiche publicitaire dans le métro, à Paris. Olivier Culmann / TendanceZ Floue

Harcèlement sexuel : non, nous ne « passerons pas à autre chose »

Maïa Mazaurette Le Monde 5 novembre 2017

A ceux que le mouvement #metoo ennuie, la chroniqueuse de « La Matinale du Monde » répond : nous ne nous arrêterons pas.

Citation :
Voici vingt-trois jours que vous entendez parler de #metoo, #moiaussi et #balancetonporc. Les révélations continuent, pas pour le plaisir, encore moins par goût pour le bavardage. Le mouvement s’étend parce que les femmes n’ont pas fini de parler, parce qu’il faut parfois du temps pour se décider, parce que nous nous étions habituées au confort du silence.
Nous n’avons pas fini le grand déballage et, pourtant, voici vingt-deux jours que certains demandent qu’on « passe à autre chose » – un exemple stupéfiant de « manterrupting », ce néologisme décrivant la manie qu’ont les hommes de constamment couper la parole aux femmes.

Tout d’abord, acclamons la redoutable capacité de concentration de nos interrupteurs contrariés : si un mouvement dure plus de quarante-huit heures, ils s’ennuient. Je sais bien que nous vivons dans une économie du manque d’attention, mais tout de même, bon courage quand il faudra lire Proust... ou aider son enfant de 7 ans à finir ses devoirs.

Ensuite, notons que seuls les sujets liés aux femmes sont priés de débarrasser le plancher – comme si l’affaire était réglée avant même qu’on ait pu la poser. Imaginez le même argument appliqué à l’économie ou à la politique ! Twitter bruisserait de commentaires du type : « Mais enfin, vous avez déjà parlé du chômage la semaine dernière, pourrait-on passer à autre chose ? » Ou en pleine Coupe du monde : « Il y a déjà eu quatre-vingt-dix minutes de football hier, vous n’allez quand même pas nous donner les résultats de tous les matchs ? »

Aveuglements sélectifs
Cette impatience révèle que, dans la tête des interrupteurs, les femmes restent les pom-pom girls de l’actualité. Elles sont décoratives, parfois divertissantes, mais elles servent d’amuse-bouche aux vrais sujets. L’information a sa grammaire, et le masculin est neutre.

Qu’on puisse ouvrir les journaux avec des histoires de bonnes femmes, quelle plaie ! Même harcelées, agressées et violées, nous ne serons jamais des victimes légitimes – je serais curieuse qu’on réserve le même sort aux victimes de terrorisme (« Que faisais-tu, attablé à cette terrasse, tu cherchais les ennuis, non ? Pourrait-on enfin parler d’autre chose que d’attentats, merci ? »).

Une expression récurrente consiste à vouloir « refermer la parenthèse ». Désolée de l’annoncer, mais le harcèlement n’est pas une parenthèse. C’est une constante. S’il fallait caser une parenthèse quelque part, elle concernerait nos aveuglements sélectifs. Cela donnerait quelque chose comme : « Au XXIe siècle, les femmes ont voulu écrire leur version des rapports de pouvoir et de sexe (et certains ont été dérangés parce qu’ils avaient piscine). »

Remettons donc les choses en contexte. Pour limiter à l’extrême le champ historique problématique, relions les commencements de l’érotisation du rapt à l’enlèvement des Sabines (j’ai bien conscience d’expédier dans les limbes une mythologie grecque extrêmement riche en viols, mais Tite-Live est mort en l’an 17 de notre ère : autant vous infliger des comptes ronds).

« Ravie »

Voici donc deux mille ans que des grands hommes (ah, la patrie reconnaissante), plasticiens, sculpteurs, auteurs, philosophes, politiciens, psychanalystes, nous expliquent que l’agression est une chose délicieuse – encouragés par la polysémie du mot « ravie », car, comme chacun sait, la femme jouit de son enlèvement, même sans être consciente de l’exacte nature de sa béatitude. (Elle pleure de joie, la bienheureuse.) Voici deux mille ans que les abus sont présentés comme une situation gagnant-gagnante.

Aujourd’hui encore, les anti-#metoo paniquent contre la perte d’un certain érotisme : celui d’une séduction frissonnante, un peu obscure, subtilement dangereuse. Ils célèbrent des risques qu’ils ne connaissent pas, des dangers qui ne les concernent pas – exactement comme s’ils jouaient à un jeu vidéo (à ce titre, il n’est pas étonnant que la plus pathétique contre-réaction nous vienne d’un forum de jeux vidéo).

Un séducteur téméraire peut se voir rejeté. Une femme, même non désireuse de prendre part aux joies de l’attraction, prend le risque de subir des insultes, des coups, un viol, un inceste, un viol marital, un viol collectif, une grossesse non désirée, une infection, sans parler des dommages collatéraux vraiment embêtants comme, hmm, la mort.

Au risque de massacrer les plates-bandes de notre imaginaire collectif, la séduction n’est jamais une aventure pour un homme. Les bourreaux des cœurs peuvent continuer à se jouer la comédie : ils ne trompent personne, leur audace relève autant du fantasme que de la fiction.

Une différence de point de vue

Le même discours s’applique d’ailleurs à la chasse, cette autre « sympathique tradition française » dont les adeptes vantent leurs exploits et leur respect pour le monde animal. Reparlons de courage quand les bécasses et les chevreuils seront armés de fusils et de chiens ? Quant au respect, restons amis et n’en parlons pas du tout.

Deux mille années d’enlèvements rigolos, de sexe imposé par charité, de harcèlement sans mort d’homme, de viol sans faire exprès, d’humiliations à ne pas prendre au premier degré, de victimes qui finissent par apprécier. Deux mille ans de femmes qui sont « trop sensibles ». Deux mille ans de systématique association entre désir et contrainte – un même thème, répétitif jusqu’à l’absurde, manquant cruellement d’imagination et de renouveau, traversant tous les arts, tous les médias, tous les publics. De la pornographie aux dessins animés, deux mille ans de femmes qui « aiment être un peu forcées ».

Deux mille ans. Et après trois heures ou trois jours, il faudrait « refermer la parenthèse » de la protestation parce que « c’est bon, on a compris » ? Les interrupteurs, manifestement, n’ont rien compris. Le déferlement de témoignages, leurs similarités, le sentiment de répétition qui s’instaure, constituent justement l’intérêt du mouvement. Les femmes ne « déballent » pas plus que les hommes n’ont « déballé » pendant deux mille ans : nous racontons cette exacte même histoire, avec une différence de point de vue – le versant noir, dégueulasse et porcin de notre paillardise nationale.

Les victimes vont continuer de parler


Tant que le discours commun persistera à érotiser les rapports de coercition, il y aura des dégâts, et puisque désormais les victimes parlent... elles vont continuer de parler, jusqu’à la reconstruction intégrale des codes de la rencontre et du consentement. Au rythme habituel des avancées des droits des femmes, nous en avons pour des décennies.

Cependant, si les interrupteurs veulent rapidement passer à autre chose, comme les résultats en natation synchronisée, je propose une solution simple : la cessation de tous les harcèlements, abus, agressions et viols, effective immédiatement et pour toujours.

Comment aboutir à un tel résultat ? (Car on le peut.) En commençant par s’informer – lire, comprendre, entendre, poser des questions, soutenir. Plus les adeptes de la surdité font l’autruche, plus ils démontrent l’importance et l’urgence de la prise de parole. Nous ne serons pas interrompues.


Citation :
Les milliers de récits qui déferlent sur la Toile, les faits de harcèlement au travail, de harcèlement dans l’espace public, d’agressions sexuelles, de viols, d’agressions physiques ou de meurtres incarnent la réalité des violences sexistes mieux que n’importe quelle enquête statistique aurait pu le faire et alors que les chiffres révélant leur ampleur sont pourtant connus depuis longtemps en France. Le silence a-t-il été rompu ? Non, la parole a changé de camp et a forcé l’attention, changé la réalité.

Les « violences faites aux femmes », nous en avions entendu parler jusqu’à l’écœurement depuis des années et jusque dans les débats de la dernière campagne présidentielle. Mais qui en parlait ? Dans le contexte de la guerre contre le terrorisme, d’identité française, de lutte contre l’intégrisme, les « violences faites aux femmes » étaient devenues la formule magique d’une rhétorique nationaliste pour dénoncer les atteintes insupportables à l’égalité et à la liberté des femmes ; considérant qu’en ce qui concerne la République et ses valeurs, le patriarcat, la domination masculine, le sexisme, c’étaient de vieux souvenirs. Alors oui ça fait mal aux oreilles tous ces récits qui incarnent ce que cela fait d’être une femme dans la société française.

Qu’est-ce que cela fait d’être violentable en toute impunité ? Il s’agit aussi d’une adresse à l’État, qui s’est contenté de politiques d’après coup : campagnes d’affichage répliquant l’impuissance d’une victime mutique, caméras de surveillance (tout à fait efficaces, comme chacun sait, en cas d’agression), quelques sous octroyés pour qu’au bout du fil d’un numéro vert enjoignant à parler avant qu’il ne soit trop tard, plus personne ne réponde après 17 heures. Quant à la loi qui se prépare contre le harcèlement de rue, il ne s’agit que de donner en pâture la frange la plus populaire, réputée « incivile et sauvageonne », mais aussi la plus basanée, de cette classe des hommes à laquelle appartiennent les « galants » qui se targuent de ne pas être concernés par le problème et qui tirent pourtant une rente de situation des plus enviable. Peut-être plus pour longtemps. En parlant collectivement, les femmes forcent à reconnaître la réalité d’un même « ennemi principal » : non pas les hommes, non pas même les agresseurs, mais bien le système qui les génère, les fait profiter, les dote de privilèges et les protège.

Dans le cas du sexisme, la question de la conscientisation politique est un véritable défi : il n’y a ni usine, ni ghetto rendant possible une mobilisation, comme l’évoquait Simone de Beauvoir dans le Deuxième Sexe. Un lieu où les femmes peuvent se retrouver entre elles, politiser leurs vécus et construire ensemble une lutte. Au lieu de cela, les femmes sont dispersées sur le territoire de leurs oppresseurs où la chasse au viol est ouverte toute l’année, isolées dans une réalité à la Walt Disney qui distille comme un mantra : « On ne naît pas princesse, on le devient. »

Il se peut que #balancetonporc opère comme un lieu de rassemblement. Il s’agit désormais d’arrêter les coups et non de s’en remettre à l’État pour demander protection comme on demande à son mec ou à un ami de nous raccompagner le soir parce qu’on a peur – surtout quand on sait que la plupart des violences sexistes sont le fait de familiers.

La parole solidaire transforme le silence en cri, la peur en rage. Elle libère nos corps puisque nous ne sommes plus seules mais des millions à qui cela arrive et qui désormais ne laisseront plus les coups nous abattre #kickyourpig.

le besoin existe, dans l'événement qui est lutte et réaction masculine et d'État, d'articuler domination sexuelle et patriarcat structurel dans la politique (l'État) et l'économie (le capital). C'est une question théorique dans la lutte, car c'est le phénomène de masse qui compte, non de le pointer au sein de la classe dominante économique, politique, et culturelle. En deçà d'une réaction permanente de masse, il ne se (dé)passera rien. Ce n'est pas qu'une question "féministe", c'est le problème des femmes, et des hommes

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Mar 7 Nov - 2:31


puissance du roman

à rebours de tout gauchisme esthétique, Lola Lafon dit en substance qu'un roman n'est ni un tract ni un essai théorique

Lola Lafon : "Autrice, c'est un joli mot"

Elisabeth Philippe L'Obs 01 novembre 2017


Dans "Mercy Mary Patty", Lola Lafon se penche sur Patty Hearst, héritière passée à l'extrême gauche. Rencontre avec une romancière qui ne veut pas voir le féminisme récupéré par le capitalisme.

Citation :
Vous considérez-vous comme une romancière féministe ?

Lola Lafon. J'ai fait une tournée aux Etats-Unis pour la promotion de «La Petite communiste qui ne souriait jamais» (son précédent roman paru en 2014, ndlr). Là-bas, mon livre était présenté comme féministe. Ce n'était même pas une question. En France, on continue à me demander si ça m'embête qu'on le qualifie de féministe. Ce mot fait encore peur ici.

Evidemment, tout dépend de la façon dont on définit le féminisme, mais si l'on part de la définition la plus simple, à savoir que le féminisme est un humanisme, cela paraît fou que ce mot puisse provoquer de telles réactions. Il s'agit tout de même de la seule révolution à n'avoir fait aucun mort.

Pour moi, affirmer qu’on n’est pas féministe devrait être lesté du même poids qu'affirmer qu’on n’est pas anti-raciste. C’est pareil.

Qu’est-ce qui, selon vous, peut expliquer cette peur ?

Dès qu’une idée vient titiller l’ordre, l’ordre se protège. C’est normal, c’est de bonne guerre. Mais étrangement, j’ai l’impression que les réseaux sociaux font évoluer les choses dans le bon sens, notamment en ce qui concerne la libération de la parole. A mon époque, si vous subissiez un viol ou des violences, vous n’aviez pas moyen de savoir que d’autres vivaient la même chose. Le sentiment de solitude et d’enfermement était beaucoup plus grand. Maintenant, le fait de pouvoir lire un blog et de se dire «elle aussi», ça change tout.

D'après vous, c'est quoi un «roman féministe» ?

C’est compliqué. Je ne me dis jamais en écrivant «tiens, je vais encore écrire un roman féministe». J’aime la littérature, j’aime la forme, j’aime travailler la langue. A priori, je m’éloigne à tout prix de ce qui pourrait ressembler à un roman à message ou à un roman didactique. Mais étant donné que j'écris de ma place et que ma place est celle d’une femme qui a compris, comme la majorité d'entre nous je pense, que je serais obligée d'être féministe, je pense que mes fictions sont traversées par cette conscience.

Ensuite, comme tout le monde, j’écris ce que j’aimerais lire. C’est pour moi très important de continuer un travail que j’ai pu lire chez d’autres. Je pense à Russell Banks, par exemple. L'héroïne «American Darling» est un des personnages de femme les plus intéressants, forts et ambigus que j'ai pu lire et j’ai envie de creuser cette veine-là, je n’ai pas envie de nourrir une forme de figure stéréotypée.

"La place de l'écrivain est beaucoup plus compliquée à investir pour une femme que pour un homme."

J'aime travailler sur le corps des personnages féminins par exemple. Dans «Mercy Mary Patty» (1), la professeure américaine Gene Neveva est très musclée. J'aime voir des corps de femmes réels, de vrais corps, et c'est ceux que j'ai envie de représenter quand j'écris.

Il est également important pour moi d'investir des endroits a priori inconfortables pour les femmes. Je me sens une obligation d'investir des espaces où on ne m’attend pas. En tant que femme, j'ai l'impression d'une sorte d’assignation à écrire un roman qui serait du ressort de l’intime, du ressenti ou qui parlerait de ma sexualité. C'est vraiment ce qu’on attend. Or je n’ai pas envie de me cantonner aux frontières de mon corps. Je suis toujours contente quand je vois des auteurs élargir l’espace, même géographique. Je pense à Maylis de Kerangal par exemple.

Vous vous dites écrivain ou écrivaine ?

Je débats avec moi-même sur ce point. Je me rends compte que je dis écrivain. Mais en fait, écrivaine ça me va. Autrice, aussi. Contrairement à beaucoup de gens, je trouve ce mot assez joli.

Je me rends compte à quel point la place de l'écrivain est beaucoup plus compliquée à investir pour une femme que pour un homme. En tout cas, pour moi. J’ai l’impression d’être dans une forme d’imposture même après cinq romans. C’est une place d’autorité intellectuelle que je ne me sens pas autorisée à avoir. Dans les endroits où l'on m'invite pour parler, dans les rencontres ou les colloques à l’étranger, je trouve parfois difficile de me me trouver dans la position de celle qui dit «je sais».

Et je pense qu'il faut que j'entretienne ce questionnement. Il faut réhabiliter le doute et l’hésitation, pouvoir dire «je ne suis pas sûre» sans que ce soit un aveu de faiblesse.

Pour revenir aux romans féministes, j’ai vraiment du mal avec les livres qui dirigent la lecture. Mais un roman qui décrit une relation avec tous les clichés de genre, des personnages stéréotypés, une dévalorisation du corps féminin, est aussi un roman engagé dans l’autre sens. C’est un engagement à perpétuer une certaine vision. En ce sens, tous les romans sont engagés.

Avec le succès des livres de Chimamanda Ngozi Adichie ou de Margaret Atwood, on assiste à l'émergence d'un féminisme éditorial triomphant. Le mot «féministe» ne risque-t-il pas de devenir un simple argument marketing, une simple mode ?

A partir du moment où Beyoncé l’affiche derrière elle dans ses concerts, c’est forcément dans l’air du temps. Mais ça dépend encore une fois de quel féminisme on parle. A l'origine, le féminisme n’entend pas reproduire la même société simplement avec les femmes à la place des hommes; il doit profondément modifier la société. La parité, ce n'est pas d’avoir Marine Le Pen au gouvernement.

Ensuite, le fait que le féminisme soit dans l’air du temps, c'est à la fois réjouissant et dangereux, parce qu’il ne faut pas vider le mot de sa substance. Que ça devienne un terme valorisant pour les femmes, tant mieux, mais concrètement, je ne suis pas sûre qu’en France les choses aillent si bien. Les femmes continuent à mourir des violences. Si le féminisme actuel est seulement une tendance, ça veut dire que cette mode peut passer. Mais ça ne doit pas passer.

Avez-vous le sentiment que le regard sur les romancières a changé ?

J'ai l'impression que la perception des romancières a évolué, bien que les écrivaines soient encore trop souvent représentées comme un groupe indifférencié. On me demande souvent de faire des photos avec d’autres femmes écrivains, jamais avec des hommes. Déjà, cela nous désigne comme une catégorie. On n’est pas dans littérature. Le fait d’être une femme signale ce qu’on écrit et ça, ça m’embarrasse.

Quand «La Petite communiste qui ne souriait jamais» est sorti, un journaliste m’avait dit: «C’est impressionnant, cette construction. Pour une femme écrivain, vous écrivez de manière très virile.» J’ai compris que c’était un compliment dans sa bouche. En gros j’arrivais à manier des choses qui n’étaient pas de l’ordre du sensible.

Quand on parle littérature féministe, on pense forcément à une certaine littérature des années 1970, radicale, voire expérimentale… Dans «Mercy Mary Patty», vous faites preuve d’une recherche formelle qui peut être déconcertante. Est-ce aussi pour affirmer une forme de radicalité ?

Non, je ne la recherche pas du tout. Je pense que la forme est plastique, comme une musique. Pour «Mercy Mary Patty», je ne voyais pas comment parler d’un cas comme celui de Patricia Hearst, une femme avec tellement de facettes, en l’aplatissant. Il fallait une forme polyphonique où aucune voix ne prendrait le dessus.

Les romans des années 1970 qui m’ont touchée ne sont pas ceux de Monique Wittig ou de Luce Irigaray. Mais je me rappelle du livre de Marilyn French, «Toilettes pour femmes» (histoire de la libération d'une femme au foyer, parue en 1977 ,ndlr), qui m’avait sidérée.

Pour moi, le féminisme passe par des romans de cheminement. Mes livres ne sont que des histoires de femmes qui quittent les rails, sortent des assignations. Il y a aussi dans mes livres le thème de la transmission entre les femmes. C'est un sujet très important.

Je suis également une grande admiratrice de Chantal Thomas et d’Annie Ernaux. Voilà des œuvres littéraires et féministes. C’est la façon dont ces auteures choisissent d’écrire qui est féministe. C’est ça qui est important. Ce n'est pas seulement ce que vous dites, sinon ça devient un manifeste; c’est la façon dont vous choisissez de le dire, le risque que vous prenez dans la forme…

On a le sentiment que le roman a aujourd'hui pris le relais des essais pour la diffusion des idées féministes. Qu'en pensez-vous ?

J’ai beaucoup fréquenté les milieux politiques et je m'y sentais complètement décalée car je ne croyais qu’à la fiction. Le langage du tract est trop pauvre. Il n’y a guère que les situationnistes et les post-situationnistes qui ont su en faire un medium intéressant. Si la politique n’avance pas, c’est qu’elle utilise toujours la même langue. Je crois en revanche énormément au pouvoir émancipateur de la fiction, aux histoires, aux films, aux séries, à cet espace d’imaginaire pour changer les choses.

Il y a des livres qui ont changé ma vie. «L’Hôtel du New Hampshire» de John Irving, pour n'en citer qu'un. Ce roman raconte une histoire très compliquée dans laquelle une jeune femme est victime d’un viol et croit qu’elle l'a provoqué. A mes yeux, Irving est une auteur profondément féministe. J’ai moi-même été victime d’un viol et la lecture de «L’Hôtel du New Hampshire» m’a délivrée. Le pouvoir d’un personnage est mille fois plus fort que les mots d'un essai.

Je suis une grande lectrice d’essais mais j’aime le roman, j’aime le fait qu’il puisse être imprévisible. A l'image du féminisme. Théoriquement, le féminisme ne peut pas se laisser enfermer, c’est un concept révolutionnaire qui ne doit pas devenir une marque pour H&M. Le féminisme devrait vous prendre un peu par surprise. Mais s'il établit une nouvelle norme, c’est inquiétant. Voir le féminisme subverti par le capitalisme, ça me peine un peu.

Certain.e.s féministes se réjouissent au contraire, estimant que cela permet de populariser le combat...

Le fait que le mot s'inscrive sur un T.shirt, c’est très bien, qu’il soit arboré fièrement, tant mieux. Mais il faut savoir ce qu’on met derrière. Pour moi, dans féminisme,  le plus important, c’est la solidarité entre femmes, il y a vraiment quelque chose de l’ordre de la bienveillance, d’une certaine entraide. Ça se construit dans la pratique, pas seulement sur un T.shirt.

En revanche, ce qui me réjouit, ce sont les séries. Là, il y a un vrai progrès dans la représentation des personnages féminins, avec des corps différents, des personnages qui ne sont pas dans une posture de victime : «Orange is the new black», «La servante écarlate» ou même une série très grand public comme «The bold type», qui aborde la question du viol de manière quasi pédagogique.

Pour la romancière américaine Roxane Gay, un roman féministe doit prendre en compte le fait que «les femmes possèdent d'autres marqueurs d'identité comme l'appartenance ethnique, la classe...» Vous retrouvez-vous dans cette vision intersectionnelle ?

Je suis complètement d’accord avec cette idée. On pourrait dire qu'un roman féministe est un livre dans lequel les personnages font un pas de côté par rapport au centre. Ne pas être au centre d'une société, d'une narration, c'est un peu ce que vivent toutes les minorités. De quelle manière voit-on les choses quand on est dans cette position-là, un peu en biais, voilà ce qui m'intéresse.

C’est aussi une bonne définition de la littérature.


Pour moi, oui, absolument.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Mer 8 Nov - 12:48


permis de conduite sexuelle ?


dans les controverses liées à #balancetonporc et autres,  j'ai signalé le 20 octobre un tableau qui distingue drague, harcèlement, et agressions sexuelles, et qui par les exemples qu'il donne, prête le flan à la critique, ce que n'ont pas manqué de relever ceux (et parfois) celles que cette prise de parole dérange


le harcèlement laisse entendre l'insistance par le même, mais aussi la répétition par plusieurs, et pas toujours d'inconduites sexuelles. On conçoit très bien qu'une femme sollicitée d'une façon ou d'une autre dix fois par jour au boulot, dans la rue ou dans le métro, se sente harcelée (je me sens harcelé par les appels publicitaires au téléphone, vendeurs de cuisines, de fenêtres ou de mutuelles...). Cela vaut même s'il ne s'agit que de "drague", alors qu'elle ne peut dénoncer aucun. Le ras-le-bol peut éclater sur le "mieux intentionné", s'il est le dixième, l'homme de trop. Le phénomène est collectif dans un contexte où cela va de soi. C'est en cela qu'il est structurel et sociétal

au Québec, le terme consacré est inconduites sexuelles

Qu'est-ce que l'inconduite sexuelle ?

Citation :
Inconduite sexuelle est un terme juridique qui désigne toute forme de comportement sexuel qu'une autre personne à se sentir mal à l'aise ou violé. Elle peut varier du contact sexuel physique réelle, y compris le sexe vaginal ou anal, le sexe oral, ou de toucher manuellement les organes génitaux à des commentaires ou des blagues qui ne sont pas désirées par la personne de réception en fonction sexuelle. L'intention est également un facteur contribuant à ce qui constitue une faute. Si l'auteur utilise le contact sexuel ou des commentaires comme un moyen de contrôler ou humilier une victime, il est plus susceptible d'être immédiatement poursuivi comme inconduite sexuelle d'une personne qui n'a pas connaissance de l'ampleur du handicap de son ou son comportement. [...]


Le mouvement #MoiAussi a encouragé plusieurs travailleuses à briser le silence sur le comportement déplacé de certains collègues, selon la présidente-directrice générale de la CCQ.

Citation :
Après avoir reçu quelques dizaines de plaintes concernant des inconduites sexuelles sur des chantiers, la Commission de la construction du Québec (CCQ) a lancé vendredi une ligne de dénonciation.

« Je crois que, dans le contexte actuel, c’était sage de prendre cette décision. De ne pas attendre d’avoir 22 articles dans les journaux pour commencer à s’organiser, mais plutôt de prendre les devants », explique Diane Lemieux, présidente-directrice générale de la CCQ.

Le mouvement #MoiAussi a encouragé plusieurs travailleuses de la construction à briser le silence sur le comportement déplacé de certains collègues, mentionne Mme Lemieux.

« L’industrie de la construction est sur la même planète que le reste du Québec. Sur les chantiers, il y a des jokes plates qui finissent par taper sur les nerfs et qui contaminent le quotidien de femmes […] Il y a quelques années, on avait identifié des facteurs qui expliquent pourquoi les femmes quittent plus rapidement leur métier que les hommes et une des raisons évoquées était souvent le climat de travail », souligne-t-elle.

Actuellement, sur les 153 700 travailleurs de la construction, on compte environ 2500 femmes.

« Cette ligne est un premier pas, qui sera suivi par d’autres. Par exemple, l’industrie de la construction s’est donné l’objectif d’atteindre une proportion de 3 % de femmes sur les chantiers de construction en 2018. Le climat de travail ne doit pas être un frein pour les femmes qui voudraient poursuivre une carrière dans la construction », dit Mme Lemieux.

Pour mettre en place cette ligne, baptisée « Ligne relais-construction », les associations d’employeurs et les associations syndicales ont uni leurs forces pour s’assurer de diriger les plaignantes vers les bonnes ressources.

Mme Lemieux rappelle que cette ligne spéciale ne se substitue aucunement au travail des forces de l’ordre.

« Nous encourageons fortement toutes les victimes à porter plainte à la police. Les coupables doivent être punis, et les services de police possèdent toute l’expertise pour mener les enquêtes et protéger les victimes […] nous recommanderons à toutes les personnes qui signaleront des incidents qui s’apparentent à des actes criminels à les dénoncer », ajoute la présidente.

La ligne de dénonciation (1 844 374-4149) est une mesure temporaire. « On va la garder le temps qu’elle sera nécessaire », assure Mme Lemieux.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Dim 12 Nov - 11:08


Deuxième café de Femmes en lutte : Contre les violences faites aux femmes ! Brisons le silence, Organisons nos résistances !

Femmes en Lutte 93
 12 Novembre 2017


Manifestation à Saint-Denis le 26 novembre 2016

Citation :
Le deuxième Café[1] de Femmes en lutte 93 a eu lieu le 4 novembre pour préparer le 25 novembre 2017, journée internationale contre les violences faites aux femmes. Avant de parler de nos projets et de faire des ateliers, la vague de témoignages déclenchés par l'affaire Weinstein nous imposait de discuter ensemble sur ce sujet de violences. Jusque là, nous avions choisi de ne pas réagir sur les réseaux sociaux, certaines d'entre nous n'ont pas facebook, twitter ou même de mail. Il nous semblait surtout important d’être ensemble pour témoigner, pour ne pas être renvoyée seule à nos vécus et nos traumatismes. Nous voulions débriefer dans un cadre sécurisant.  Voici le fruit de notre discussion.

#MeToo : nous aussi, nous sommes concernées !


Nous avons entendu parler dans les médias de l'affaire Weinstein puis des nombreuses affaires qui ont suivi cette libération de la parole. Pour celles qui sont sur les réseaux sociaux, nous avons lu les témoignages bouleversants et révoltants grâce aux hashtags #MeToo, #MoiAussi,  #BalanceTonPorc...

Les copines d'enfance, les cousines, les sœurs, les collègues, les copines, les camarades militantes … les violences touchent toutes les femmes, de tout âge, y compris les petites filles. Nous sommes toutes concernées. Nous avons toutes des souvenirs, des expériences, plus ou moins enfouis. Nous avons vu que ce mouvement très médiatisé alimentait les discussions dans les familles, dans les boîtes, dans nos espaces militants... Les femmes parlent et c’est positif. La première étape est bien de briser le silence et s’attaquer à cette chape de plomb de la honte et de la culpabilité qui nous fait garder pour nous les horreurs du patriarcat. Ces témoignages par centaines ont montré que toutes les femmes sont concernées, on mesure l'ampleur de ce qu'on savait déjà intimement.

Des copines ont ressenti quand même de l’ amertume en constatant qu'il faille attendre que le scandale éclate à Hollywood, dans le cercle de la bourgeoisie artistique, pour que nos voix puissent être enfin entendues. Le scandale, la loi du silence et la protection des agresseurs/violeurs, c’est pour nous, tous les jours. Dans nos familles, à l’ école, au travail, dans le métro, dans la rue .... par des hommes qui ont le pouvoir de briser nos vies. Cette violence que nous subissons, elle ne nous quitte jamais. Harcèlement, « petites » agressions quotidiennes, attouchements, viols... nous sommes toutes concernées par les violence sexiste et sexuelles. Certaines d'entre nous sont des survivantes de viol.  Nous ne sommes donc pas toutes victimes de la même façon, mais nous nous devons d'être solidaires face à toutes ces violences.

C'est à vie que nous sommes marquées ; que nous sommes dans cet enclos qui ne nous laisse jamais en paix. Cet enclos va chez certaines copines  jusqu'à contraindre notre façon d'être, d'évoluer dans l'espace, de communiquer avec les autres pour éviter la confrontation avec cette violence. Cet enclos va pour certaines d'entre nous juqu’au syndrome post traumatique qui nous fait vivre dans la peur et l’angoisse, sans avoir un contrôle sur ces émotions qui nous bouleversent. Cet enclos, ce sont les cicatrices physiques et émotionnelles que nous portons comme des poids qui entravent notre construction, notre équilibre, notre confiance. Comme l'a dit une de nos copines : vivre dans la violence, c'est nous empêcher de vivre en paix.

Nous sommes féministes de lutte de classe et antiracistes !

C'est encore plus impossible à vivre quand on se retrouve prise en étau dans les contraintes de vie multiples :  nous ne sommes pas des femmes de la bourgeoisie, mais bien des classes populaires, subissant pour certaines le racisme et les LGBTphobies. Que faire quand on a des enfants ? Quand on est sans papiers ? Quand on risque de perdre son  travail et de ne plus pouvoir nous assumer financièrement ? Les agresseurs savent que nous ne gérons rarement que nous même et savent que cela nous met dans des situations impossibles.

Nous assumons notre ligne féministe. Nous avons toujours refusé de devoir choisir entre nos combats féministes, lutte de classe ou antiraciste.[2] Nous combattons le sexisme partout où ils se trouve, nous n’avons pas peur d’être instrumentalisées car nous avons toujours refusé de servir de caution féministe aux racistes et islamophobes. L'affaire autour de Tarik Ramadan nous as confortée dans notre ligne. Nous refusons de participer à la kabbale contre les victimes : leur parole est légitime. Même si beaucoup ont eu peur et ont été révolté par l'instrumentalisation médiatique de ces affaires, nous ne défendrons aucun agresseur. C'est clair que le traitement médiatique de tous bords contre Tarik Ramadan est insupportable : il est  attaqué  dans les médias non pas comme agresseur mais comme musulman. Cette récupération raciste enferme les femmes racisées et de quartiers populaires dans le silence lorsqu'elles sont victimes de violences, par peur de cet acharnement contre les hommes noirs, arabes et/ou musulmans, vu comme des sauvages sexistes. Dénoncer pour les femmes, c'est donc s'exposer au double retour de bâton : celui des violence patriarcales si on parle ; celui des violences racistes si on parle.

Nous condamnons tous les prédateurs, blancs ou non. Ces débats houleux dans le camp antiraciste notamment autour de cette histoire, nous conforte dans notre féminisme. Quant à Tarik Ramadan et tous les agresseurs : nous n'avons pas besoin d'eux pour poursuivre nos combats.

Agresseurs, harceleurs, violeurs : hors de nos vies militantes !


Cette affaire nous rappelle aussi que dans le milieu militant, nous ne sommes pas préservées. Tarik Ramadan était en plus une sorte de « star » pour beaucoup de militants et de collectifs. Ça nous questionne que cette starification de certains militants, avec le pouvoir que ça implique pour eux. Que faire quand on est militante agressée par un soi-disant militant, car là aussi, c'est la double peine à tous les coups ? Là encore les témoignages des militantes sont édifiants. Si on dénonce nos agressions, nos viols : on subit pressions, insultes, on remet en cause notre parole etc ... : on part du principe de la présomption d'innocence des agresseurs. On en appelle à la justice et sa police bourgeoise raciste et sexiste pour juger ! Mais quelle blague. Les femmes se retrouvent encore dans cet enclos : soit on arrête de militer pour se protéger ; soit on continue de militer, mais en se taisant et culpabilisant. C'est une véritable double peine. Et pendant ce temps là, les hommes vivent et militent en paix.

Mais que fait la police : la victime sur le banc des accusés !


On nous dit aussi : il faut aller voir la police. Alors déjà, que fait la police. Si elle prend la plainte, dans le cadre d'une violence au foyer, on se retrouve en tête à tête avec l'agresseur qui sait que l'on a porté plainte. Dans le cas d'agressions sexuelles et de viols, on sait que commence pour la survivante un interrogatoire  avec remise en cause de la parole des victimes, des blagues salaces, à caractère sexuel rajoutant l'humiliation au traumatisme. Pour les femmes sans-papiers, aller à la police c’est se mettre doublement en danger, avec la peur d'être arrêtée. Enfin, pour les mères de famille, la peur de mettre ses enfants face aux flics, de leur faire supporter leurs violences et leurs racismes, est un obstacle réel. Alors, beaucoup trop de femmes se taisent et l’impunité reste totale. Bien sûr, nous soutenons et comprenons les femmes qui prennent le chemin judiciaire pour se réparer. Mais nous soutenons aussi les femmes qui le refusent ou abandonnent en chemin.

Nous constatons de toute façon, que au delà des sanctions juridiques, il n'y a aucune sanction sociale : Cantat fait la une des Inrocks ; Polansky est célébré dans une rétrospective à la Cinémathèque ;  les agresseurs militants défilent tranquillement en manifestation, prennent la parole en AG, continuent d'agresser des femmes. Tranquille. Pour les femmes qui parlent, c'est une autre histoire. Le déferlement de jugements et des violences reçues  par les personnes qui dénoncent leurs agresseurs nous renforce dans l'idée qu'on a besoin d'un refuge.

Notre refuge : notre collectif féministe !

En se réunissant entre femmes, nous sortons de cet enclos où la société et le pouvoir patriarcal nous enferme. Notre collectif féministe : c'est notre refuge. Ce que nous savons c'est qu'on a raison d'être féministes et on a raison d'être organisées. Nous sommes heureuses de nous retrouver ici aujourd'hui pour pouvoir échanger sur ce que cette campagne #MeToo a déclenché chez nous, en connexion avec nos propres violences subies, par nous et nos proches.

La deuxième partie du café était structuré en ateliers, pour transformer toute cette parole en acte collectif ! Un atelier de théâtre forum a permis à chacune de proposer des images représentant des situation quotidiennes de sexisme et de violence sexiste. Il s'agissait ainsi de s'aider entre victimes, pour réfléchir à des solutions d’auto-défense pour se protéger de son agresseur. On a pu interroger notre rôle lorsque l'on est témoin de violences sexistes et sexuelles et trouver ensemble, par le jeu théâtral, nos meilleures défenses.

Un autre atelier a préparé un mur d’expression qui sera mis en place à Saint-Denis le matin du 25 novembre 2017, devant la mairie de Saint-Denis ! Venez « transformer ce silence en paroles et en actes »[3] avec nous ! On vous en dis plus dans quelques jours !


[1]     Compte-rendu du premier café sur le thème de la pénalisation du harcèlement de rue
[2]     Notre tract de 2013 pour les 30 ans de la marche de l'égalité
[3]     Citation de la féministe afro-américaine Audre Lorde

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Jeu 16 Nov - 17:05


Le site spécialisé L'Usine nouvelle révèle le cadre de travail très particulier de l'école 42, à Paris. Cet établissement, fondée en 2013 par Xavier Niel, forme au code informatique.


Les étudiants devant leur ordinateur à l'école 42, à Paris, le 27 octobre 2015.
(ERIC PIERMONT / AFP)

Citation :
"On m’a poursuivie sur un étage et demi, que j’ai dû remonter à reculons, pour voir sous ma jupe",raconte Mathilde, une étudiante de l'école 42. Fondé en 2013 par le patron de Free, Xavier Niel, l'établissement forme au code informatique dans une ambiance sexiste et machiste très pesante, selon l'enquête du site spécialisé L'Usine nouvelle.

"Les couloirs de l’école ressemblent à un vestiaire de football. Cette ambiance nous bouffe littéralement", résume ainsi Mathilde. L'école 42, qui a été créée avec l'idée d'une pédagogie innovante sans frais d'inscription, souffre d'un déséquilibre avec seulement 10% de femmes parmi les élèves. Fabienne Haas, directrice de la communication de l'école, reconnaît avoir connaissance de certaines plaintes, mais minimise l'ampleur du phénomène : "Très peu de cas de comportements déviants nous ont été remontés et ceux portés à notre connaissance ont été traités immédiatement." Elle évoque des sanctions de travaux d'intérêt général ou mêmes des exclusions.

Fonds d'écrans sexistes et images porno


Lola, une autre étudiante, se souvient de fonds d'écrans d'ordinateur avec des filles en lingerie et décrit une ambiance de cour de récréation. "Certains garçons, qui ne sont pas comme ça individuellement, se comportent de manière déplacée parce qu’ils ont l’impression que c’est permis", témoigne-t-elle. Autre exemple de cette ambiance si particulière : sur le compte de l'application Slack de l'école, une chaîne de discussion pornographique a sévi pendant trois ans. Alimentée par les étudiants, elle était dédiée aux contenus pornographiques souvent misogynes. L'école a fini par reprendre le contrôle et sanctionner les élèves qui avaient dépassé les bornes.

Le monde du numérique est réputé pour son sexisme, comme le démontrait déjà un mémoire de sociologie en 2013 sur le cas de l'école Epitech. Mais à l'école 42, la pédagogie fondée sur l'autonomie semble aggraver encore les choses.  "L’école 42 est une école qui veut casser les codes, explique Mathilde. Certains détournent ce message et y voient un accord de l’école à laisser faire ce qu’ils veulent."

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Jeu 16 Nov - 22:42


des entrepreneurs en marche entreprenante

Emmanuel Macron a écrit:
29 octobre 2015
L’Ecole 42, que j’ai visitée mardi, forme sans condition de diplôme des jeunes venus de tous les horizons : elle introduit l’innovation jusque dans l’éducation – c’est ce dont nous avons besoin, et c’est formidable !


Le site spécialisé L'Usine nouvelle révèle le cadre de travail très particulier de l'école 42, à Paris. Cet établissement, fondée en 2013 par Xavier Niel, forme au code informatique.


Les étudiants devant leur ordinateur à l'école 42, à Paris, le 27 octobre 2015.
(ERIC PIERMONT / AFP)

Citation :
"On m’a poursuivie sur un étage et demi, que j’ai dû remonter à reculons, pour voir sous ma jupe",raconte Mathilde, une étudiante de l'école 42. Fondé en 2013 par le patron de Free, Xavier Niel, l'établissement forme au code informatique dans une ambiance sexiste et machiste très pesante, selon l'enquête du site spécialisé L'Usine nouvelle.

"Les couloirs de l’école ressemblent à un vestiaire de football. Cette ambiance nous bouffe littéralement", résume ainsi Mathilde. L'école 42, qui a été créée avec l'idée d'une pédagogie innovante sans frais d'inscription, souffre d'un déséquilibre avec seulement 10% de femmes parmi les élèves. Fabienne Haas, directrice de la communication de l'école, reconnaît avoir connaissance de certaines plaintes, mais minimise l'ampleur du phénomène : "Très peu de cas de comportements déviants nous ont été remontés et ceux portés à notre connaissance ont été traités immédiatement." Elle évoque des sanctions de travaux d'intérêt général ou mêmes des exclusions.

Fonds d'écrans sexistes et images porno


Lola, une autre étudiante, se souvient de fonds d'écrans d'ordinateur avec des filles en lingerie et décrit une ambiance de cour de récréation. "Certains garçons, qui ne sont pas comme ça individuellement, se comportent de manière déplacée parce qu’ils ont l’impression que c’est permis", témoigne-t-elle. Autre exemple de cette ambiance si particulière : sur le compte de l'application Slack de l'école, une chaîne de discussion pornographique a sévi pendant trois ans. Alimentée par les étudiants, elle était dédiée aux contenus pornographiques souvent misogynes. L'école a fini par reprendre le contrôle et sanctionner les élèves qui avaient dépassé les bornes.

Le monde du numérique est réputé pour son sexisme, comme le démontrait déjà un mémoire de sociologie en 2013 sur le cas de l'école Epitech. Mais à l'école 42, la pédagogie fondée sur l'autonomie semble aggraver encore les choses.  "L’école 42 est une école qui veut casser les codes, explique Mathilde. Certains détournent ce message et y voient un accord de l’école à laisser faire ce qu’ils veulent."

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Sam 18 Nov - 9:05


#metoo: le long calvaire des employées d’une entreprise de nettoyage sous-traitante de la SNCF

Titiou Lecoq Slate.fr 17.11.2017


Une femme de ménage sur un quai SNCF MYCHELE DANIAU / AFP

L'histoire de ces femmes qu'on entend pas ou qu'on ne veut pas entendre.


Citation :
Vous avez peut-être déjà pris le train et râlé devant la saleté des toilettes. Et puis, après l’arrivée en gare, vous n’y avez plus pensé. Pendant que vous traversiez le hall, une femme est montée dans le train pour nettoyer ces toilettes répugnantes. Elle n’a pas beaucoup de temps, la cadence de nettoyage est élevée, les produits qu’elle doit manipuler souvent toxiques. Si votre train était à Paris Gare du Nord, la femme qui s’est occupée de nettoyer les jets d’urine parce que pisser dans un train en marche est parfois une opération délicate, ne supportait pas seulement un boulot pénible et socialement ingrat, en prime, pendant qu’elle était penchée sur la cuvette des toilettes, son chef d’équipe l’a peut-être coincée en collant son sexe contre ses fesses pour mimer un acte sexuel.

Ce n’était ni la première ni la dernière fois. Il lui a aussi attrapé la main pour y fourrer son doigt sur lequel il avait craché afin de simuler un coït. Il y a eu des agressions sexuelles dans les toilettes, porte fermée. Une autre s’est fait embrasser dans le cou. Les mains aux fesses. Les mains sur les seins

C’est ce qu’ont vécu des employées d’une entreprise de nettoyage, sous-traitante de la SNCF. Pendant longtemps, elles n’ont rien dit parce qu'«on ne savait même pas ce que c’était le harcèlement sexuel. On croyait que c’était plus grave, que c’était forcer à des relations sexuelles». En 2012, elles sont quatre à parler. Les autres préfèrent se taire.

«Les femmes de nettoyage, c’est toutes des putes»


Comme l’explique un excellent article de Mediapart, dans cette entreprise de nettoyage «la hiérarchie est à la fois sexuelle et ethnique». Aux hommes, le nettoyage des tablettes et l’aspirateur, aux femmes originaires du Maghreb les tâches plus ingrates et aux femmes originaires d’Afrique noire les boulots les plus ingrats parmi les plus ingrats. Ces femmes-là, bien qu’elles aient raconté à l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) ce qu’elles enduraient, n’ont pas porté plainte.

Au final, elles sont quatre à oser dénoncer les deux chefs d’équipe qui les harcèlent. Elles parlent à leur direction de ces hommes qui clament haut et fort que «les femmes de nettoyage, c’est toutes des putes». La plus âgée a 59 ans. Elle craint qu’à son âge, on ne croit pas son histoire de harcèlement sexuel (les harceleurs ont 39 et 44 ans). Mais à plusieurs, elles sont plus fortes. Espèrent-elles… Sauf que la direction s’en fout. (Le directeur évoquera «des blagues un peu salaces».) L’enquête interne ne donne rien. Les hommes mis en cause restent à leurs postes.

Et comme ils sont délégués syndicaux Sud, elles se retrouvent dans une situation professionnelle où leurs patrons ne les écoutent pas et ceux qui devraient les aider sont précisément leurs harceleurs. Pire, quelques semaines plus tard, l’une d’entre elle est convoquée pour un entretien en vue d’une sanction disciplinaire. Dans les mois suivants, elles subiront des brimades, des signalements, des sanctions et même pour deux d’entre elles des licenciements. Elles portent plainte aux prud’hommes. En 2015, l’affaire passe devant le tribunal. Fait exceptionnel, le défenseur des droits mène une enquête approfondie, qui valide les témoignages des plaignantes et qui est remise aux juges.

Aux origines du #metoo  

Le 10 novembre dernier, les juges ont rendu leur verdict. Les plaignantes ont gagné. (L’affaire n’est cependant pas terminée puisqu’elles ont également porté plainte au pénal pour harcèlement sexuel.)  Mais même si elles ont gagné, ce n’est pas une belle histoire. C’est une histoire sordide, ce sont des années de galère au milieu de la galère du quotidien.

C’est aussi un exemple des «metoo» qu’on n’entend pas. Vous saviez que le #metoo existait depuis dix ans? Il a été lancé par Tarana Burke et il s’adressait avant tout aux jeunes femmes «de couleur». À l'époque, on n’en pas entendu parler. C’est bien évident qu’il fallait que des stars –majoritairement blanches– s’en emparent pour que cela existe. On sait que le système fonctionne comme ça mais il est toujours utile de le rappeler.

Et puis, il y a toutes ces femmes qui n’écriront jamais sur internet ce qu’elles vivent. Et qui, du coup, n’existent pas dans l’espace médiatique. Quand on est une femme, non-blanche, sans diplôme, mère célibataire, pauvre, qu’on se trouve tout en bas de la hiérarchie sociale, si bas qu’on nous voit à peine, si bas qu’on peut s’amuser à nous écraser un peu plus et qu’il faut encaisser.

Je ne veux pas relativiser le mouvement actuel de libération de la parole des femmes. J’aimerais seulement qu’on n’oublie pas que ce mouvement ne concerne, pas encore, toutes les femmes. Parce que ces femmes sont invisibles. Littéralement. Ces employées et employés du nettoyage travaillent avec des horaires décalés pour précisément qu’on ne les voit pas. C’est quand il fait nuit qu’elles et ils viennent nettoyer les bureaux, les lieux publics.

Le féminisme est une lutte pour l’égalité. Il se trahirait s’il oubliait des femmes et les laissait sur le côté. C’est pour ça qu’il faut aussi parler d’elles, donner de la lumière aux luttes comme celles qu’ont menées ces employées.  

Ce texte est paru dans la newsletter hebdomadaire de Titiou Lecoq

l'administration centrale du ministère où je travaillais utilisait aussi une société de service de la même composition. Femmes et hommes y avaient les mêmes tâches. J'ai eu vent de situations de harcèlement aux heures tardives où se faisait le ménage, la plupart des bureaux étant vides, mais à ma connaissance il n'y a pas eu de plaintes déposées

les syndicats de la maison ne s'occupaient pas des salarié.e.s de sociétés de service. Quand nous avons créé Sud-Équipement, nous avons tenté quelques démarches, avec ces salarié.e.s, au Cabinet, sans suites...

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Dim 19 Nov - 12:17



Christophe Willem sera au Bikini [sic] le 20 novembre
Photo archives DDM, Laurent Dard

Citation :
Il vient de sortir l’album "Rio". [...]

Christophe Willem s’exprime aussi sur le vif débat entre hommes et femmes à propos du harcèlement sexuel : "Il est vrai que la condition féminine régresse dans pas mal de pays. Et on ne peut pas nier qu'un mouvement se crée, ici, contre le harcèlement sexuel. Mais il y a des institutions pour juger et trancher. Il ne faut pas tomber dans le piège de l’internaute juge."

le problème, c'est que les institutions sont parties prenantes... génitales

à part ça j'ignore qui est Christophe Willem autant que j'ignorais qui était Harvey Weinstein, avant les affaires... pendantes

après écoute, je m'en doutais, nul à tous points de vue : paroles et musique. Finalement plutôt rassurant, la forme comme contenu, non ?




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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Ven 24 Nov - 19:43


ça n'engage que moi, mais si c'est une sculpture contre le harcèlement sexuel, ça doit être plus efficace qu'une ceinture de chasteté :
t'en mets une en réduction dans ton sac à main, te voilà armée pour l'auto-défense


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Sam 25 Nov - 19:08


journée marxiste internationale de lutte contre les violence faites aux femmes


"le bon sens" mâle, marxiste, "normal... jusqu'au trognon"

Une pensée sur “Sexquisition ou l’inquisition sexuelle”
Israël Adam Shamir 24 novembre 2017

Citation :
[...]

À Salem, les hommes faisaient la chasse aux sorcières ; trois cents ans plus tard, ce sont les sorcières qui pourchassent les hommes.  [...]

Cet assaut sur les hommes se produit au moment de la campagne Balance-ton-porc sur les réseaux sociaux. Bien des femmes ont été obligées de se joindre à la meute : si vous ne faites rien, c’est probablement que personne ne vous a jamais trouvée assez attrayante pour tenter le coup. Elles ont foncé, en masse. Les hommes aussi sont réceptifs à l’hystérie de masse, mais les femmes battent tous les records. Et les réseaux sociaux sont un riche terreau pour ces campagnes.

Tout peut être décrit de façon répugnante. Manger de la viande c’est du cannibalisme, un compliment c’est un viol. Et en même temps, des choses qui révulsent les gens normaux   peuvent être décrites comme la normalité, voire la norme. Les hommes normaux sont révoltés par la description ou la présentation qu’on fait des relations sexuelles entre hommes. Et  on les force à accepter tout cela tout en considérant les gestes habituels entre homme et femme comme quasi criminels. [...]

Et pour le harcèlement, c’est le plus souvent une invention de la rancœur féminine. Cela ne devrait pas relever de la loi ni des tâches de la police. Si une dame est gênée par un regard insistant, qu’elle déclenche un procès, ou qu’elle appelle un policier si cela va plus loin. Les gendarmes savent ce qu’il faut faire avec ce genre de vice. [...]

Les riches garçons et filles qui sont arrivés au pouvoir ensuite ont tout transformé en source de gains, et c’est avec ce schéma en tête qu’ils ont créé la pénurie, y compris la pénurie de sexe ; il s’agit d’une contre-révolution sexuelle. Les plaignantes pour harcèlement sont les petits soldats de la contre-révolution sexuelle, elles font monter les tarifs de leurs charmes en organisant la pénurie. C’est elles qui y perdront, les malheureuses ; espérons qu’elles n’auront pas dézingué la planète avant de s’en apercevoir.

Robert Bibeau a écrit:
Pourquoi le bon sens doit-il nous venir d’un juif – russe ? N’y aurait-il plus un occidental – américain – goy jusqu’au trognon pour démasquer la fumisterie ??

Mon ami je dois dire que vous n’êtes pas sous les feux de l’inquisition LGBT – occidentale

Comme votre terme NORMALITÉ me sied en ces moments d’isolement civilisationnel

PS: Je vous informe que la go-gauche occidentale est la plus contaminée par cette merde LGBT – féministe – inquisitionnelle – Y aurait-il un enseignement à en tirer ???


Robert Bibeau, Québecquois goy, normal jusqu'au trognon

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Dim 26 Nov - 4:43


Dans le cadre d’une journée spéciale organisée sur Le Monde. fr, Mélanie Gourarier, anthropologue et autrice d’Alpha mâle "Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes (éditions Seuil), une enquête sur une communauté masculiniste française, a répondu aux questions de nos lecteurs.


Citation :
Fitz : Ce qui ressort des discussions sur le harcèlement de rue, c’est que, en dehors d’une minorité (politisée ?), les femmes ne sont pas contre la drague mais veulent que ce soit « bien fait ». Au lieu de délivrer des « brevets » contre le sexisme au lycée, ne pensez-vous pas qu’il faille plutôt donner des cours de drague ?

Mélanie Gourarier : Bonjour, à mon sens ce que soulèvent les affaires récentes, c’est davantage la question du consentement. Il ne s’agit donc pas d’évaluer la qualité des séductions masculines mais surtout de considérer la séduction comme un rapport de réciprocité. Penser que la drague fonctionne en fonction des techniques masculines mobilisées, c’est aussi renvoyer ces pratiques comme étant à l’initiative des hommes exclusivement, et donc reproduire une asymétrie classique en ce domaine : les hommes entreprennent, les femmes reçoivent les intentions de séduction.

G. D. : N’est-on pas en train de créer un climat de « castration psychologique » pour les hommes où ils n’oseraient plus prendre d’initiatives ou faire d’avances aux femmes de peur de se faire accuser de harcèlement ?

Cette inquiétude est un des principaux arguments de la réaction à la pénalisation du harcèlement sexuel, mais la confusion brandie comme horizon dissuadant ne se pose pas du côté des femmes, qui font très bien la part des choses entre harcèlement et séduction. Cet argument relève donc plus d’une stratégie politique que d’une menace réelle. Je ne dis pas que cette peur n’est pas réellement ressentie par certains hommes, mais que la médiatisation de cette peur a des effets qui participent d’une pensée réactionnaire plus large.

Je demande : La libération des femmes ne passe-t-elle pas par celle des hommes, qui sont prisonniers du cliché du mâle alpha ?

Ce que montrent les études sur les masculinités, c’est qu’un modèle de masculinité en position hégémonique tel que l’alpha mâle se fait au détriment d’autres modèles de masculinité qu’on appelle des masculinités subordonnées.

L’alpha mâle n’est pas un modèle neutre, il comporte des qualités socialement situées et s’incarne dans une masculinité d’homme jeune des classes moyennes, et blanche. Ce modèle-là ne fait pas que s’imposer comme une norme que tout le monde devrait suivre, il disqualifie d’autres modèles de masculinité, telle qu’une masculinité trop virile associée aux classes populaires, et une masculinité efféminée associée à l’homosexualité.

En passant : Autour de moi, nombreux sont les quadras hommes « féministes ». Ils prennent en charge pour moitié la maison, les enfants ; ils cherchent un équilibre et se défendent de toute domination masculine. Et puis quand on gratte un peu, ils finissent par se sentir délaissés, oubliés sexuellement…

Ce discours, je l’ai retrouvé beaucoup sur mon propre terrain auprès de jeunes « apprentis séducteurs ». Il postule une inversion du rapport de pouvoir en raison des apports des luttes féministes. Comme si l’égalité était maintenant acquise, même au-delà : qu’aujourd’hui ce seraient les hommes qui seraient en position de dominés, par des femmes qui auraient gagné tous les pouvoirs.

Or, toutes les recherches menées en sciences humaines et sociales qui s’intéressent aux pratiques concrètes montrent qu’il n’y a pas eu d’inversion des rapports de pouvoir. Du coup, je crois qu’il faut s’interroger sur la raison de ces discours. Ne s’agit-il pas davantage d’une stratégie politique visant à renforcer un ordre social en faisant croire à sa disparition ?

Mathieu D : Pourquoi est-il si difficile pour certaines femmes de désirer des hommes autres que des hommes qui répondent aux canons de la virilité ?

Dès qu’il s’agit de désir, on oublie qu’il s’agit aussi d’une question de rapport social, et donc une question politique, et pas seulement psychologique. Le désir n’échappe pas aux rapports de pouvoir qui se jouent dans la société. Ces canons, comme vous dites, ne veulent pas dire que le désir féminin porte naturellement vers des hommes virils, mais que les rapports de genre fonctionnent aussi à travers la reproduction de ces schémas.

Le désir est aussi une représentation qui change à travers l’histoire, et l’espace géographique et social. Les représentations de la virilité sont aussi changeantes à travers les espaces. Dire que toutes les femmes désirent des hommes virils n’a donc aucun sens.

Zut : Les normes sont-elles en train de changer ?

Les normes sont – par définition – changeantes. Si on ne peut pas y échapper, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas les réformer. Mais il faut se garder aussi d’une analyse trop « évolutionniste », la transformation des normes ne signifie pas nécessairement plus d’égalité.

Clo : Pensez-vous que la jeune génération va pouvoir inverser la tendance ? Même si l’on souhaite que nos petits garçons soient respectueux et l’égal des petites filles, on est rattrapés par la société de consommation, l’école…

Ce que vous évoquez est pour le moment de la science-fiction, mais de la science-fiction évidemment souhaitable. La petite enfance est une période-clé dans la reproduction des rapports de genre, mais ce n’est pas la seule, on ne cesse de devenir un homme et une femme tout au long de sa vie.

Moi : Il m’est arrivé souvent que les hommes que je fréquente se sentent « inférieurs » parce que j’ai fait des études de maîtrise et que j’ai un excellent travail dans une institution paragouvernementale. Ça n’a jamais été une question d’argent… Comment l’expliquer ?

Ce que vous soulevez comme problème est en fait un problème structurel observé par les sociologues (tel que Michel Bozon qui travaille sur la formation des couples, par exemple). En bas de l’échelle des potentialités conjugales se trouvent les hommes à faibles capitaux culturels et économiques, et jeunes… Pour les femmes, ce sont celles qui sont les mieux dotées en capitaux culturels et économiques et qui avancent en âge qui trouvent le plus difficilement de conjoints.

Ordinaire : L’orientation très récente et actuelle sur « l’être homme », sur la masculinité, en parallèle de celle axées sur les problèmes subis par les femmes dans nos sociétés ne constitue-t-elle pas une essentialisation du débat ?

Le moment est surtout à la libération d’un espace de parole pour les femmes. Celles-ci ne se présentent pas – comme on le dit trop souvent en ce moment – comme des victimes mais décident d’occuper un espace qui leur a trop longtemps été confisqué.

Dire que les hommes sont systématiquement qualifiés de bourreaux, c’est oublier qu’il ne s’agit pas de régler des comptes contre les hommes, mais de réfléchir à un espace social à l’intérieur duquel la parole des femmes devient légitime.

Roman : Des films comme « 50 nuances de Grey », où une jeune stagiaire sans argent est « séduite » par son patron multimillionnaire, n’incitent-ils pas à une asymétrie dans les rapports ?

Ce film participe plus largement d’un phénomène appelé la « culture du viol ». C’est l’idée que le désir féminin serait par nature porté par un désir d’être violée. Nombre de films mettent en scène des femmes qui ne sont pas désirantes au départ et finissent par céder aux assauts plus ou moins violents de leurs partenaires. Or, ce qui est en jeu, ce n’est pas la liberté artistique qu’on croit menacée par le « puritanisme », mais ce que produit l’abondance de ces images sur la construction des désirs.

D’ailleurs, on peut s’interroger sur une liberté de créer qui reproduit des normes plutôt qu’elle ne cherche à en inventer de nouvelles


ÉMASCULIN

crève le cran de nos ennuis
blanche lame du jour

qu'un rêve fasse injure
qu'il enflamme nos nuits

d'un corps encore inouï
d'un cœur à corps à jouir

d'un feu de joie nouvel

Fosobo 25 novembre 16:18

Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes


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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Mar 5 Déc - 11:39


le genre à la française

Habiter la contradiction : usages et colportages de la pensée de Geneviève Fraisse

Marc Escola 5 décembre 2017

Université Paris Diderot/Fondation d'Entreprise Ricard
Deux journées d’étude à Paris – 29 et 30 mars 2018
Université Paris Diderot et Fondation Entreprise Ricard, Paris
En la présence et avec la participation de Geneviève Fraisse
Conçues par : le collectif Les Vagues[1]

Geneviève Fraisse, directrice de recherche émérite au CNRS, produit une œuvre philosophique à partir du matériau historique. Faisant apparaître de nouvelles généalogies du féminisme, elle ouvre la voie d’un dialogue avec des pensées isolées ou canoniques de Poullain de la Barre à Simone de Beauvoir en passant par Germaine de Staël. Elle postule que la Révolution française, issue de l’universalisme, est paradoxalement le point de départ de la théorisation de la place des femmes dans les affaires publiques et en même temps de leur exclusion de la sphère politique ce qu’elle appelle la « démocratie exclusive ».

Citation :
Depuis plusieurs années, la pensée de Geneviève Fraisse s’est aussi diffusée en dehors du monde académique. C’est le signe d’une nouvelle perspective francophone sur les études de genre alors que les vingt dernières années ont été marquées par l’apport des modèles états-uniens.

Intellectuelle engagée, elle est une figure incontournable du Mouvement de Libération des Femmes. Elle a aussi été déléguée interministérielle aux droits des femmes (1997-1998) et députée au Parlement européen (1999-2004). Chercheure, femme et militante, elle a développé une pensée libertaire réactivée par les questionnements politiques actuels.

Ces journées d’étude Habiter la contradiction : usages et colportages de la pensée de Geneviève Fraisse seront l’occasion de revenir sur l’apport philosophique des études de genre développées en France, d’assumer la réappropriation des discours comme pratique émancipatrice à partir de la logique non dogmatique et de l’exigence de remise en question permanente des concepts.

Nous proposons trois axes principaux pour orienter les contributions des participant·e·s :

1. Historicité : contretemps dans le féminisme

La pensée généalogique de Geneviève Fraisse, son travail sur les débats intellectuels concernant les femmes au XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles, montrent que repousser les femmes de l’activité intellectuelle et politique a été un assaut long, lent, soutenu et surtout acharné. Dans Muse de la raison, la philosophe souligne qu’il s’est agi dans ces combats d’idées de construire la femme comme un être fondamentalement anhistorique. Faire un travail d’historien·ne permet d’œuvrer contre l’idée de la femme comme catégorie anachronique.

Une attention particulière sera donc portée aux propositions mettant en avant des travaux à l’épreuve de l’Histoire.

2. Lignée : construction de généalogies, jeu d’appropriation et de réappropriation des concepts, des discours

Forte de ses appuis foucaldiens, Geneviève Fraisse pose la question de savoir ce qui, de l’archive, parvient jusqu’à nous. Son travail permet ainsi d’examiner des sujets d’actualité comme le voile, la prostitution, la parité, etc., au prisme d’une perspective historique. Avant de s’emparer de sujets de débat, l’intellectuelle examine la terminologie qui les traverse, éprouvant la pertinence historique et philosophique des mots qui circulent, avant de les considérer comme des concepts.

Nous souhaitons discuter en profondeur les concepts majeurs de la pensée de Fraisse : la sexuation, le consentement, l’émancipation, la jouissance etc.[2], et leur application. Les communications à caractère dialectique et/ou généalogiques seront donc examinées avec beaucoup d’intérêt.

3. Émancipation :

Déconstruire les représentations et les systèmes aliénants, excluants et marginalisants est une étape importante de la transformation sociale, politique et culturelle. Mais la déconstruction ne permet pas d’agir ou de penser autrement, puisqu’elle prend le modèle dominant comme référent.

Au côté de Jacques Rancière dans la revue Les Révoltes Logiques, Geneviève Fraisse a initié une pensée alternative à l’histoire institutionnalisée du féminisme et des genres. Son féminisme refuse l’individualisme et le capitalisme. La généalogie fraissienne nous permet de sortir de l’isolat et nous oblige à vivre les contradictions qui animent  l’engagement et la vie collective. Genevière Fraisse se décrit elle-même comme une colporteuse : sa méthode de modestie philosophique consiste à apporter avec soi des problèmes et à les éprouver dans différentes situations, dans différents lieux.

Les communications sont ouvertes aux artistes, aux militant·e·s et aux chercheur·e·s de toutes disciplines, avec une attention particulière apportée à la philosophie, aux études féministes, à l’histoire de l’art et aux études visuelles.

Les propositions de communication de 3000 signes maximum doivent être envoyées en anglais ou en français à groupe.les.vagues@gmail.com avant le 15 janvier 2018.

Bibliographie sélective de Geneviève Fraisse :

- Service ou servitude, essai sur les femmes toutes mains (1979), nouvelle édition augmentée, Le Bord de l'eau, Lormont, 2009.
- Muse de la raison, démocratie et exclusion des femmes en France (1989), édition augmentée d’un avant-propos « Une histoire française ? » et d’une postface « Démocratie exclusive, république masculine », Folio/Histoire-Gallimard, Paris, 1995.
- Du consentement (2007), édition augmentée d’une postface « Et le refus de consentir ? », Seuil, Paris, 2017.
- L’Europe des idées, suivi de « Touriste en démocratie, chronique d’une élue au Parlement européen, 1999-2004 » avec la collaboration de Christine Guedj, France Culture/ L’Harmattan, Paris, 2008.
- La Fabrique du féminisme, textes et entretiens, le Passager clandestin, Neuvy-en-Champagne, 2012.
- Les Excès du genre, concept, image, nudité, éditions Lignes, Paris, 2014.
- La Sexuation du monde, réflexions sur l'émancipation, Presses de Sciences Po, Paris, 2016.

Nous souhaitons aborder le travail de Geneviève Fraisse à partir des usages que nous en avons, dans les différents espaces que nous occupons : artistiques, militants, pédagogiques, intimes, domestiques, épistémologiques.

Nous nous inscrivons dans la continuité de cette approche dans les modalités d’organisation de ces journées d’études. Nous profitons d’une actualité éditoriale riche (réédition de Muse de la Raison (Folio Gallimard), Du Consentement (Le Seuil) et de La Fabrique du féminisme (Passager clandestin)) pour présenter avec elle ces deux journées d’études.


[1] Le groupe de travail Les Vagues est un collectif féministe. Composé de professionnelles des arts visuels, il se réunit pour penser et mettre en œuvre les articulations entre le monde de l’art, l’histoire de l’art, la culture politique et le militantisme d’un point de vue situé. Le collectif recense, donne de la visibilité aux outils du changement positifs et porte des pratiques professionnelles féministes égalitaires, soucieuses de la justice sociale.

Pratiquer une épistémologie féministe intersectionnelle au sein du champ de l’art revient à mettre au travail les formats, les discours, les outils des sciences sociales (histoire de l’art, sciences politiques, philosophie, cultural studies) du milieu militant (décolonial, LGBTQI+, queer, féminisme noir/afroféminisme ?) avec et dans les écritures et des modalités de l’art.

[2] Ces exemples sont indicatifs.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Mar 5 Déc - 17:20


tiens, ça glisse...

Balthus : une censure peut en cacher une autre
Jérôme Leroy Causeur 5 décembre 2017


"Therese rêvant" (1938) de Balthus. SIPA

Jérôme Leroy a écrit:
Le capitalisme achève de ravager la planète et de détruire les vieilles solidarités sans vraiment rencontrer de résistances. Chez nous, pendant que la présidente fait un discours fleuve sur un bébé panda, les premiers SDF meurent de froid dans la rue, comme d’habitude.

La « perversion » est une diversion


Evidemment, le capitalisme ne veut pas qu’on en parle, de tout ça, qu’on s’y intéresse de trop près. Alors le capitalisme a une diversion bien pratique. C’est l’Ordre Moral. L’Ordre Moral dit ce qu’on peut lire, voir, aimer et ce qu’on ne peut pas. Comme, dans la France macronisée, le capitalisme sauvage est en pleine forme, l’Ordre Moral aussi. Ces deux-là marchent la main dans la main. Ces jours-ci, où nous sommes en train de devenir des Américains comme les autres, l’Ordre Moral a pris pour compliquer les choses l’allure a priori progressiste d’un néo-féminisme post-weinsteinien qui, au nom des violences faites au femmes (assez peu néanmoins dans le domaine salarial), étend sa croisade désormais au domaine de l’art: littérature, cinéma, peinture.

La petite cuillère n’existe pas

Non seulement l’art qui se fait aujourd’hui mais aussi l’art qui s’est fait hier. Dernier épisode en date, à New-York, mais ça ne saurait tarder par ici, une Ordeuse Morale a initié une pétition pour que le MOMA cesse d’exposer Thérèse rêvant de Balthus à cause « de ce que ce tableau insinue ». Mais il insinue ce que vous y voyez madame Mia Merrill, vous qui dites vous inscrire dans le sillage de #metoo et ce que vous y voyez n’a pas (encore) force de loi mais dit beaucoup de votre rapport au sens, à la beauté, à la liberté.

Ne rigolez pas, Nabokov et Proust, votre tour arrive… Le sursis, c’est parce que la littérature, ça demande des efforts: il faut lire les livres, tout de même.

Après, malgré tout, ce que je trouve paradoxal, magnifique et tragique dans cette histoire, c’est que finalement l’Ordre Moral prend l’Art au sérieux. On s’apercevra ainsi de ce qu’on perd au fur et à mesure qu’il l’effacera de nos mémoires.

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Lun 18 Déc - 14:07


Dans une lettre ouverte adressée aux "Victoires du jazz" 2017, la contrebassiste Joëlle Léandre se questionne et nous interroge sur l’absence de femmes parmi les nommés lors de la cérémonie. Elle y partage sa colère et son envie de voir les choses évoluer.



La contrebassite Joëlle Léandre, ©️ Schorle
Citation :
« Je refuse de me taire, de passer l’éponge, d’oublier ». Dans une lettre ouverte publiée sur internet, la contrebassiste Joëlle Léandre pose cette question : « Pourquoi n’y avait-il aucune femme parmi les nommés aux Victoires du jazz 2017 ? »

« Est-ce une provocation ? Un jeu ? », se demande la musicienne, qui fait part de sa colère face à une situation qu’elle juge « archaïque » et « honteuse ». « Le jazz ne s’est pas arrêté en 1950, » poursuit-elle. « Vous ne pensez-pas qu’une femme puisse réfléchir, composer, avoir des projets, des groupes, en leader (…) Mais où en est-on ? » s’indigne-t-elle, tout en s’intéressant aux conclusions d’une telle absence de représentation : « Comment voulez-vous qu’une jeune femme qui sort d’un conservatoire (ou pas), jouant super bien sa clarinette, son sax ou son piano n’ait pas ce sentiment ? »

« Hommes et Femmes, Femmes et Hommes et c’est toute l’histoire du Jazz ! Maintenant, avec les femmes aussi, n’oubliez pas ! Ne les oubliez plus ! Elles sont brillantes, fortes, dérangeantes, pleines de talent, de surprises, parfois riantes et bosseuses », conclut la musicienne.

en relation :

- Joëlle Léandre : « Le milieu de la musique est filtré par les hommes » Jazz sur son 31 18/10/2013

- Patlotch 2013 : la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists)



Joëlle Léandre a écrit:
Chers Messieurs

Non ! Que ce soit rance, trop vieux ou trop tard (il est vrai qu’avec les réseaux tout va si vite, j’oserais dire tout s’oublie vite aussi…), là, ce soir, sans farce et sans force, je refuse de me taire, de passer l’éponge, d’oublier...

J’accuse et je prends seule la responsabilité d’écrire car trop c’est trop (même une pantalonnade... Daniel, un producteur, se reconnaîtra). Tous ces Prix, ces Distinctions, ces Victoires du Jazz (ou plutôt Défaites du Jazz... Joël, d’une certaine fanzine, se reconnaîtra), m’interpellent et me poussent à la réflexion.
Je suis désolée mais au vu des résultats des Victoires du Jazz et au look de ces quinze pingouins unis et souriants au delà de leur talent (j’en connais plusieurs et je joue même avec certains), tout cela me questionne.

Comment se fait il qu’il n’y ait aucune femme jeune ou moins jeune parmi les nommés de 2017 ?
Est ce une provocation ? Un jeu ? Un je-m’en-foutisme ?
Quel jury décide de cela ?
Les labels, les agents sont-ils derrière tout ça ?
Comment se fait-il qu’au XXIè siècle, encore et encore, aucune femme ne soit nommée ?
Mais c’est quoi cette mascarade, cet archaïsme, ces décisions de salons perruqués antiques et poussiéreux ?

Le Jazz ne s’est pas arrêté en 1950.
Certains et certaines osent, proposent, provoquent et se questionnent en terme de formes, structures, instrumentation, rythmes et timbres... et tant et tant...
Le Jazz n’a été que rencontres, risque et aventure.
C’est quoi ce bazar ? pense-t-on en voyant et lisant ces résultats.

Vous ne pensez pas qu’une femme puisse réfléchir, composer, avoir des projets, des groupes, en leader… filer sur les routes et proposer sa musique ?

Mais où en est-on ?
Comment voulez vous qu’une jeune femme qui sort d’un conservatoire (ou pas), jouant super sa clarinette, son sax ou son piano n’ait pas ce sentiment. Elle peut être attirée par une autre musique plus libre, plus créative, une envie d’aventure, la curiosité d’aller ailleurs.
Être attirée par le Jazz (car le Jazz a toujours été une musique créative, le reste... je ne développe pas… je pourrais…). Bref, d’aimer cette Musique et voir et lire encore et encore vos résultats masculins !

Seriez-vous indifférents ? Sorry, c’est honteux.
Je vous ai dit que je prenais seule le risque de vous écrire, je le fais !

Alors, au contraire, allez vers elles, accueillez-les, écoutez-les ! Soyez curieux au lieu de vous coller, agglutiner comme dans tous ces bistrots, tous, entre copains avec vos petits pouvoirs.
Oui, il y a de la colère.

J’ai 66 ans et depuis 41 ans je suis sur les routes, dans le monde entier, avec mes potes (et quelques potesses) à jouer, créer inventer ma Musique... crier même !
Croyez-vous que c’est moi qui ai appelé Steve Lacy, Anthony Braxton, George Lewis, Peter Brötzmann ou Marilyn Crispell et tant d’autres en Europe (ou des plus jeunes) et qu’on joue du Mozart ou du Monteverdi ensemble ?

Arrêtons ! C’est du désir tout ça. Désir d’être, d’être Soi, de créer.
C’est du collectif aussi où l’improvisation est majeure.
Hommes et Femmes, Femmes et Hommes et c’est toute l’histoire du Jazz !
Maintenant, avec les femmes aussi, n’oubliez pas !
Ne les oubliez plus !
Elles sont brillantes, fortes, dérangeantes, pleines de talent, de surprises,
parfois riantes et bosseuses.

À bon entendeur, salut !


Joëlle Léandre - décembre 2017

source : Culture Jazz

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Mer 10 Jan - 21:32


Les médias du monde entier ne sont pas tendres avec l'actrice française, signataire d'une tribune collective fustigeant « la haine des hommes » parue dans le quotidien.


Catherine Deneuve et Roman Polanski en 1965
lors d'une projection de "Répulsion"
- image ajoutée

Citation :
La polémique créée par la tribune-choc signée par une centaine de femmes qui fustige le puritanisme et la « haine des hommes » après l'affaire Weinstein s'étend hors les murs de l'Hexagone. Des médias du monde entier ont relayé ce texte paru dans Le Monde et signé par une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve. Et les critiques à l'égard de l'actrice sont vives.

Aux États-Unis, le New York Times relève avec dépit le décalage entre l'initiative de la star française et le soulèvement des artistes outre-Atlantique depuis l'affaire qui a ébranlé Hollywood. « Un jour à peine après les Golden Globes où Hollywood s'est mobilisé en faveur de #metoo, une actrice célèbre de l'autre côté de l'Atlantique signe une tribune pour dénoncer le mouvement et son équivalent français, #balancetonporc », cingle le quotidien de référence aux États-Unis.

« C'est un cri de colère dénonçant "un climat totalitaire" en matière de sexualité qui ne pouvait probablement venir que de France, le berceau du libertinage. Si on voulait le résumer à un slogan, celui-ci serait probablement : "Sans moi" », avance le Die Welt. Le média américain The Atlantic voit pour sa part dans cette tribune les cicatrices de la Seconde Guerre mondiale : « En France, l'idée est que si vous donnez des noms, vous avez plus de chances d'être accusée de 'collabo' ou de 'traître' ».

« #metoo n'a rien d'une chasse aux sorcières »


« Catherine Deneuve dit qu'on devrait laisser les hommes draguer les femmes », titre de son côté avec neutralité le quotidien britannique The Guardian, mardi. Mais dans sa rubrique Opinion, le journal anglais donne la parole à Van Badham, une écrivaine australienne. Et cette dernière n'est pas tendre avec Catherine Deneuve : « Laissez-moi vous expliquer pourquoi #metoo n'a rien d'une chasse aux sorcières », assène-t-elle.

Lire aussi Peggy Sastre* et Abnousse Shalmani : « Le combat féministe est aujourd'hui trahi »
* auteure en 2015 de La domination masculine n'existe pas


Selon la dramaturge, les prédateurs sexuels sont tout à fait à même de faire la différence entre drague et harcèlement. « C'est pour ça que nous sommes autant en colère – pas parce que nous sommes puritaines, mais parce que nous désirons des contacts sexuels selon nos propres termes ». Comme le rappelle Cheek Magazine, le magazine Vanity Fair Espagne regrette que la signataire du Manifeste des 343, appelant en 1971 à la légalisation de l'IVG, ne voie désormais rien de choquant à ce qu'une femme puisse se faire « frotter » dans les transports en commun.

bof, Catherine Deneuve "frottée" en 1980, « quand elle a pris "le dernier métro" » ? (tweeter Les effronté·es @efFRONTees)

tweeter #CatherineDeneuve

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Ven 12 Jan - 13:50


dans le débat, un beau texte


« Un porc, tu nais ? »
Leïla Slimani Libération 12 janvier 2018

La romancière Leïla Slimani, Prix Goncourt 2016, affirme n'être ni «une petite chose fragile», ni «une victime». Et réclame «le droit de ne pas être importunée», sa liberté.


Leïla Slimani, en septembre 2016. Photo Joël Saget. AFP

Citation :
Marcher dans la rue. Prendre le métro le soir. Mettre une minijupe, un décolleté et de hauts talons. Danser seule au milieu de la piste. Me maquiller comme un camion volé. Prendre un taxi en étant un peu ivre. M’allonger dans l’herbe à moitié dénudée. Faire du stop. Monter dans un Noctambus. Voyager seule. Boire seule un verre en terrasse. Courir sur un chemin désert. Attendre sur un banc. Draguer un homme, changer d’avis et passer mon chemin. Me fondre dans la foule du RER. Travailler la nuit. Allaiter mon enfant en public. Réclamer une augmentation. Dans ces moments de la vie, quotidiens et banals, je réclame le droit de ne pas être importunée. Le droit de ne même pas y penser. Je revendique ma liberté à ce qu’on ne commente pas mon attitude, mes vêtements, ma démarche, la forme de mes fesses, la taille de mes seins. Je revendique mon droit à la tranquillité, à la solitude, le droit de m’avancer sans avoir peur. Je ne veux pas seulement d’une liberté intérieure. Je veux la liberté de vivre dehors, à l’air libre, dans un monde qui est aussi un peu à moi.

Je ne suis pas une petite chose fragile. Je ne réclame pas d’être protégée mais de faire valoir mes droits à la sécurité et au respect. Et les hommes ne sont pas, loin s’en faut, tous des porcs. Combien sont-ils, ces dernières semaines, à m’avoir éblouie, étonnée, ravie, par leur capacité à comprendre ce qui est en train de se jouer ? A m’avoir bouleversée par leur volonté de ne plus être complice, de changer le monde, de se libérer, eux aussi, de ces comportements ? Car au fond se cache, derrière cette soi-disant liberté d’importuner, une vision terriblement déterministe du masculin : «un porc, tu nais». Les hommes qui m’entourent rougissent et s’insurgent de ceux qui m’insultent. De ceux qui éjaculent sur mon manteau à huit heures du matin. Du patron qui me fait comprendre à quoi je devrais mon avancement. Du professeur qui échange une pipe contre un stage. Du passant qui me demande si «je baise» et finit par me traiter de «salope». Les hommes que je connais sont écœurés par cette vision rétrograde de la virilité. Mon fils sera, je l’espère, un homme libre. Libre, non pas d’importuner, mais libre de se définir autrement que comme un prédateur habité par des pulsions incontrôlables. Un homme qui sait séduire par les mille façons merveilleuses qu’ont les hommes de nous séduire.

Je ne suis pas une victime. Mais des millions de femmes le sont. C’est un fait et non un jugement moral ou une essentialisation des femmes. Et en moi, palpite la peur de toutes celles qui, dans les rues de milliers de villes du monde, marchent la tête baissée. Celles qu’on suit, qu’on harcèle, qu’on viole, qu’on insulte, qu’on traite comme des intruses dans les espaces publics. En moi résonne le cri de celles qui se terrent, qui ont honte, des parias qu’on jette à la rue parce qu’elles sont déshonorées. De celles qu’on cache sous de longs voiles noirs parce que leurs corps seraient une invitation à être importunée. Dans les rues du Caire, de New Delhi, de Lima, de Mossoul, de Kinshasa, de Casablanca, les femmes qui marchent s’inquiètent-elles de la disparition de la séduction et de la galanterie ? Ont-elles le droit, elles, de séduire, de choisir, d’importuner ?

J’espère qu’un jour ma fille marchera la nuit dans la rue, en minijupe et en décolleté, qu’elle fera seule le tour du monde, qu’elle prendra le métro à minuit sans avoir peur, sans même y penser. Le monde dans lequel elle vivra alors ne sera pas un monde puritain. Ce sera, j’en suis certaine, un monde plus juste, où l’espace de l’amour, de la jouissance, des jeux de la séduction ne seront que plus beaux et plus amples. A un point qu’on n’imagine même pas encore.

et sur facebook, parmi les réactions

Houria Bouteldja a écrit:
Excellente synthèse de ce débat foireux.


et sous une réaction reproduisant l'article de Leïla Slimani

"J’espère qu’un jour ma fille marchera la nuit dans la rue, en minijupe et en décolleté" : rêve de beurette. Moi au moins ma mère, elle voulait que je devienne ministre.

rêve d'arriviste !

mais il y a pire




Xelka Wsm a écrit:
"Ce sera, j’en suis certaine, un monde plus juste, où l’espace de l’amour, de la jouissance, des jeux de la séduction ne seront que plus beaux et plus amples. A un point qu’on n’imagine même pas encore."

C'est intéressant d'être aussi nulle et d'avoir quand même des tribunes.

bon d'accord, Leila Slimani est « fille d'un banquier et haut-fonctionnaire marocain, mariée à un banquier, représentante personnelle du président Emmanuel Macron pour la francophonie... La sortie en 2017 de son essai "Sexe et mensonges : la vie sexuelle au Maroc", encensé par l' écrivain Kamel Daoud et remarqué par la critique, déclenche une polémique avec les Indigènes de la République après que Houria Bouteldja, porte-parole de l'association, a qualifié la romancière de « native informant » [Wikipédia]

on comprend qu'elles sont en concurrence...

mais je persiste et signe : c'est un beau et juste texte

dernière minute, un soutien de poids :


Berlusconi salue la tribune signée par Catherine Deneuve Ouest France 11/01/2018
Citation :
« Catherine Deneuve a dit des paroles bénies », a déclaré le magnat âgé de 81 ans, qui a démissionné de la tête du gouvernement en 2011 sur fond de scandale à propos de ses soirées « Bunga Bunga » avec de jeunes femmes et de soupçons de relations sexuelles entre lui et une prostituée mineure.

« Il est normal que les femmes soient contentes quand un homme essaie de les séduire », a dit le patron du parti conservateur Forza Italia lors d’une interview télévisée. « Je n’ai pas beaucoup d’expérience à ce sujet car ce sont toujours les femmes qui essaient de me séduire. L’important est que la cour reste élégante. »

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Dim 14 Jan - 16:32

Lola Lafon a écrit:
facebook 31 min

je m'interroge: les signataires [de la tribune du Monde] n'ont pas désavoué Sophie de Menthon qui, interrogée sur la tribune, sur France Inter, n'a pas pu s'empêcher de dégueuler sa haine des musulmans en évoquant "le choc des cultures en France". (importunée d'accord mais ça dépend par qui, en substance)

Et qu'ont-elles à répondre à Mona Eltahawy, dont je crois que certaines l'appréciaient beaucoup ?

Catherine Deneuve’s ‘freedom to pester’ defense reveals Europe’s racist double standard
Mona Eltahawy The Washington Post January 13

« Sexual harassment and abuse are wrong, everywhere and regardless of who commits them. All women deserve to be free of sexual harassment and abuse. If Deneuve and her fellow signatories cannot grasp those simple facts, I suggest that France begin sex education workshops that will help them understand “European sexual norms and social codes.” »

Le harcèlement sexuel et les abus sont mauvais, partout et indépendamment de qui les commet. Toutes les femmes méritent d'être exemptes de harcèlement sexuel et d'abus. Si Deneuve et ses collègues signataires ne peuvent pas saisir ces faits simples, je suggère que la France commence des ateliers d'éducation sexuelle qui les aideront à comprendre les «normes sexuelles européennes et les codes sociaux.



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Mar 16 Jan - 14:22


benoistement réactionnaire et machiste

plutôt que relayer et m'en prendre à certains "camarades" qui semblent ne pas avoir saisi tous les enjeux des initiatives #Meetoo et #Balancetonporc, je donne la parole à un expert, Alain de Benoist, dans lesquels ne manqueront pas de se reconnaître de ces so called "marxistes". Jusque-là, c'était surtout sur la question raciale que l'on pouvait lire la continuité de l'idéologie française de l'extrême droite à l'extrême gauche. Ici comme ailleurs, les questions de genre et de race sont mêlées, et c'est au fond une approche de classe, en termes de pouvoir dans la société, qui le révèle


Paris Vox – Nous reproduisons ci-dessous la traduction française de l’entretien accordé par Alain de Benoist à nos confrères italiens du "Primato Nazionale". Crise en catalogne, autonomisme et indépendantisme, affaire Weinstein… le philosophe et essayiste revient sur les principaux dossiers qui ont marqué l’actualité de la fin d’année 2017.

extrait
Citation :
5) Dans un tout autre domaine, un autre sujet occupe l’actualité médiatique de ces dernières semaines, celui du « harcèlement sexuel », suite aux révélations de « l’affaire Weinstein ». Les dénonciations et les accusations pleuvent désormais quotidiennement, et un climat d’hystérie et de chasse aux sorcières semble s’installer. Quelle est votre analyse de cet « emballement médiatique » et en quoi peut-il être révélateur de certaines pathologies de notre époque ?

ADB : Cet emballement médiatique a surtout des aspects grotesques et ridicules. Ceux qui se félicitent que la « parole des femmes se libère » devraient plutôt se demandaient pourquoi elle ne se libérait pas quand il était risqué de s’en prendre à Weinstein et consorts, alors qu’on assiste maintenant à un véritable concours de dénonciations depuis qu’il est à terre. Toute cette mode (car il s’agit bien d’une mode) provient évidemment d’Amérique, où le néopuritanisme et la morale des quakers ont fait depuis des décennies un de leurs chevaux de bataille du « harcèlement » (harrassment) et des comportements sexuels « inappropriés » (sic). Vous remarquerez aussi qu’en la matière la présomption d’innocence a totalement disparu. Il suffit d’être accusé pour être présumé coupable : la dénonciation vaut condamnation. C’était déjà, dans les années 1950, la mécanique du maccarthysme

Les agressions sexuelles doivent bien entendu être sanctionnées, à condition qu’elles soient avérées et surtout définies. Il en va de même du « harcèlement », qui est devenu un mot-caoutchouc où l’on peut aujourd’hui faire entrer n’importe quoi. Or on est ici en présence d’un déchaînement hystérique qui relève de la pure subjectivité – c’est-à-dire du contraire des exigences de la loi pénale, qui exige une définition objective des crimes et des délits. Dès l’instant où la définition s’aligne sur le « ressenti », comme on dit aujourd’hui, c’est la porte ouverte à l’injustice. L’idée qui prévaut est qu’il y a harcèlement dès lors que l’on s’estime harcelé(e), ce qui ne veut strictement rien dire. Si l’on doit déjà interpréter comme du « harcèlement » le fait pour un homme de chercher à séduire une femme (ou l’inverse), si le moindre compliment relève du « machisme », le seul résultat sera la fin des rapports de séduction et la séparation des sexes. Pour certains ou certaines, c’est probablement l’objectif recherché.

Vous remarquerez à cet égard que ceux qui présentent tous les hommes comme des violeurs en puissance et les femmes comme de perpétuelles victimes dont la parole ne peut jamais être mise en doute, sont aussi ceux qui, par le biais notamment de l’« idéologie du genre », s’emploient à « déconstruire » la différence entre les sexes et à relativiser jusqu’à les faire disparaître les catégories de masculin et de féminin. Le paradoxe n’est qu’apparent. Les femmes ayant été présentées comme des « hommes comme les autres », il faut désormais que les hommes se comportent comme des « femmes comme les autres », moyennant quoi ils cesseront d’être des prédateurs. Subsidiairement, grâce aux véganes, ils deviendront herbivores. Ce délire relève de ce que j’ai appelé l’idéologie du Même, laquelle ne conçoit l’égalité que comme synonyme de la mêmeté.

6) Comment jugez-vous le discours et l’action des « féministes », omniprésentes pour défendre les starlettes d’Hollywood, totalement absentes lors des agressions sexuelles massives de Cologne ou sur la question du « harcèlement de rue » ? Pensez-vous que ce soit prioritairement « l’homme blanc hétérosexuel » qui soit la cible de toute cette agitation

ADB : Les agressions de Cologne, le harcèlement de rue et, plus largement, la question du statut de la femme dans la culture islamique représentent un véritable défi pour des néoféministes habituées à professer des sentiments « antiracistes ». On constate qu’à quelques exceptions près, leur féminisme s’évanouit instantanément dès lors qu’il est confronté à la prédication antiraciste. Les « minorités visibles » étant par principe excusées par leur statut « post-colonial », il faut alors faire croire que seuls les « hétérosexuels blancs » représentent une menace pour les femmes, ou tout au moins qu’ils représentent la menace principale, ce qui ne peut que faire hurler de rire (ou scandaliser) les femmes qui sont quotidiennement affrontées à la réalité.

7) A l’occasion d’une rétrospective à la Cinémathèque de Paris consacrée au réalisateur Roman Polanski, certaines féministes ont affirmé qu’un tel événement encourageait la « culture du viol » et ont demandé son annulation. Que pensez-vous de cette position et d’une telle requête ?

ADB : Elles sont typiques de l’outrance et de l’hystérie. A celles qui disent : ce n’est pas parce qu’on est un grand réalisateur qu’on a le droit de violer une femme, on pourrait répondre : ce n’est pas parce qu’on a commis un viol qu’on n’est pas un auteur de premier plan ! Faudrait-il cesser de jouer les pièces de Shakespeare s’il s’avérait qu’il a un jour violé sa petite sœur ? Il se trouve de surcroît qu’ayant eu accès aux pièces du procès de Polanski, j’ai pu constater que les choses ne se sont pas du tout passées dans la réalité de la façon qu’on a dit. Roman Polanski a aujourd’hui plus de 80 ans. Plutôt que d’en appeler au lynchage, mieux vaudrait aller revoir ses films, dont beaucoup sont excellents.

il va sans dire que le bras de fer entre pro et anti tribune du monde signée par 100 femmes dont les Catherine Millet et Deneuve n'a pas toujours éclairci le débat, puisqu'au fond, les "paroles libérées", que j'ai moi lues sur tweeter, sont en très faible proportion puritaines et même dénonciatrices en citant un nom

ce sont avant tout, et en masse, des témoignages, nombreux anonymes (sous pseudos), et l'on sent bien qu'il s'agit d'abord pour ces femmes de raconter leur histoire, et justement de la dire pour qu'elle fasse, aussi, sens commun et lutte collective. Des femmes dont la plupart n'ont aucun pouvoir d'expression médiatique, car elles ne sont ni journalistes, ni politiques, ni personnalités 'culturelles', et dont le problème n'est pas celui de starlettes en mal de carrière-canapé

il y a donc bel et bien un aspect de pouvoir, et il va sans dire que cette expression massive est de nature à faire que la peur change de camp, avec ou sans résolution juridique, ce qu'ont fait remarqué plusieurs sociologues ou féministes historiques

le principal résultat de la tribune du monde et de prises de positions d'en haut en pour ou contre, c'est de noyer le caractère collectif de masse, et anonyme, de ces initiatives qui élargissent et matérialisent la perspective du féminisme, avec ou sans son nom, contre la domination masculine structurelle et sociétale


les femmes d'en-bas peuvent-elles parler ?

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Sam 10 Fév - 14:54


A l'origine du hashtag #BalanceTonPorc, qui a participé à la libération de la parole féminine, la journaliste française revient pour «Libération» sur son initiative et ses conséquences.


Sandra Muller, le 16 octobre 2017, à New York. Photo Angela Weiss. AFP

Sandra Muller, 46 ans, est la créatrice du hashtag controversé #BalanceTonPorc, qui a mis le feu à Twitter le 13 octobre. Dans deux tweets consécutifs, cette journaliste française installée à New York appelait à dénoncer nommément les harceleurs et leurs pratiques. Pour Libération, elle a accepté, avec fougue, de revenir (par téléphone) sur les raisons de son initiative, trois mois après le début du mouvement international de libération de la parole féminine, auquel #BalanceTonPorc a contribué. Ces dernières semaines, Sandra Muller avait observé un «silence judiciaire» requis à la suite de la plainte en diffamation d’Eric Brion, son «porc» présumé et ancien patron de la chaîne Equidia qu’elle avait «balancé» dans son deuxième tweet.

Citation :
Pourquoi accepter de vous exprimer maintenant ?

Aujourd’hui, je suis devenue une personnalité publique, et c’est mon devoir de continuer à assumer ma démarche. Je pense aux victimes et je me dis qu’il ne faut jamais lâcher et laisser retomber le débat. J’avais beaucoup parlé au début du mouvement, j’acceptais tous les entretiens des journalistes, c’était un peu la spirale infernale médiatique. Mais bon, je suis moi-même journaliste et je n’aime pas lorsqu’on me refuse une interview, donc c’était aussi par respect pour mes confrères. J’ai été ensuite soumise au respect du «silence judiciaire» durant quelque temps, après la poursuite en diffamation d’Eric Brion, mais j’ai à nouveau le droit de m’exprimer. J’en profite !

Où en est cette poursuite en diffamation ?


Début janvier, Eric Brion a décidé de porter plainte contre moi pour diffamation. Un changement de stratégie illogique puisqu’il avait reconnu les faits et s’était excusé fin décembre dans une tribune publiée par le Monde. Une fois la plainte déposée, il m’a aussi, via une mise en demeure, demandé de retirer mon tweet. J’ai refusé. Avec moi, l’intimidation, ça ne marche pas. Et puis ça ne rimait à rien : le tweet avait fait le tour du monde avec des captures d’écran… Je n’allais pas faire machine arrière, j’ai dit la vérité, je ne vois pas pourquoi je devrais la cacher. Concernant le calendrier judiciaire, je sais seulement que mon avocat doit rendre ses conclusions au tribunal le 9 mai.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Cette attaque en justice me donne encore plus de hargne ! Aujourd’hui, j’ai décidé de m’engager à fond dans la cause, en parallèle de ma carrière professionnelle. J’ai un livre en préparation et je suis en train de fonder une association pour lutter contre le harcèlement sexuel et les agressions dans le milieu du travail. J’aimerais suivre les entreprises pour voir si elles font des progrès en la matière, créer un fonds d’aide pour les victimes, offrir une aide juridique et psychologique… Avec mon avocat, Alexis Guedj, et son assistante Thaïs Boukella, on vient de juste déposer le nom de l’association : We Work Safe (1).

Comment avez-vous traversé la période depuis le 13 octobre, ce jour où vous avez lancé #BalanceTonPorc ?

Ce n’est que cinq ou six heures après mon tweet que j’ai vu les notifications dans tous les sens sur mon téléphone. J’étais déjà dépassée. Tout de suite, trop de médias, de tous pays, m’ont sollicitée et je n’étais pas prête pour tout ça. Alors je me suis mise en mode robot, sans avoir préparé aucun discours, et j’y suis allée avec mes tripes. Je n’ai vite plus vu le jour, j’étais crevée – sur une photo de l’AFP datant de deux jours après le début du mouvement, je ne me reconnais pas ! Aujourd’hui, j’en suis à 800 000 messages reçus concernant #BalanceTonPorc, c’est la folie. Le fait de vivre aux Etats-Unis ne m’a pas permis de prendre tout de suite conscience de l’ampleur du phénomène en France. Ce n’est que le 30 janvier, lorsque j’ai été invitée par l’Elysée et célébrée parmi les «héros 2017» que j’ai pleinement réalisé les conséquences de mon initiative.

Comment vous est venu #BalanceTonPorc ? Pourquoi avoir fait le choix de dévoiler dans votre tweet le nom de votre harceleur présumé ?

C’était à l’heure du thé, j’étais avec une amie au téléphone et on se disait que les «pigs», comme était surnommé Harvey Weinstein, déjà en pleine tourmente, ne se limitaient pas seulement au monde du cinéma. J’ai tout de suite pensé à Eric Brion. Cette soirée m’est revenue en tête, surtout cette phrase : «Je vais te faire jouir toute la nuit.» Je voulais que ces propos restent dans l’esprit des gens comme ils étaient restés dans le mien. Pourquoi avoir décidé de donner son nom ? Sur le coup, la menace de la diffamation ne m’a même pas traversé l’esprit. Et puis, pourquoi je ne l’aurais pas mis ? A un moment donné, quand on dit la vérité, qu’on a toutes les preuves, je ne vois pas pourquoi on devrait continuer à protéger les harceleurs et autres agresseurs. Cela a sans doute aussi été plus facile pour moi parce que je ne travaillais pas avec cet homme [l’incident se serait produit dans le cadre du travail, au Festival de Cannes : Sandra Muller est journaliste à la Lettre de l’Audiovisuel et Eric Brion était à l’époque patron de la chaîne Equidia, ndlr].

Certains dénoncent une «chasse aux sorcières» et de la «délation»…

C’est recevable : comme dans un commissariat de police, certaines dépositions sont fausses. Pareil dans les manifestations, il y a des casseurs qui vont contredire le bien-fondé de l’action menée. Evidemment, le risque de mettre en l’air, à tort, la vie d’un homme me navre, et il peut y avoir des «dommages collatéraux». Mais le bienfait du mouvement est tellement important ! Et il y a plus de victimes que de mythomanes. Aux Etats-Unis, on ne se pose pas trop la question, on n’hésite pas à dénoncer : il y a une culture de l’affichage, et peu d’innocents ont été «balancés» à tort sur la place publique. Il faut arrêter de faire passer les victimes pour les bourreaux, n’inversons rien.

Que pensez-vous de la tribune des «100 femmes», dont Catherine Deneuve et Catherine Millet, qui défendaient le «droit d’importuner» dans «le Monde» ?

Elle m’a paru invraisemblable, rien n’était cohérent. Mais je ne suis pas là pour entrer dans le conflit, alimenter le buzz et donner de la valeur à leur argumentation erronée. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cette tribune donne une très mauvaise image de la France et qu’elle a surtout déstabilisé certaines victimes. Bien sûr, tout le monde a le droit d’expression, mais ce genre d’acte de désolidarisation a découragé certaines femmes à libérer leur parole. Certaines d’entre elles m’ont envoyé des messages pour me faire part de leur hésitation. Du style : si je parle, est-ce que je deviens une puritaine avec la croix autour du cou ?

Cette tribune n’est pas la seule à accuser les mouvements #BalanceTonPorc et #MeToo d’alimenter un climat moralisateur, réactionnaire…

Rose McGowan et Asia Argento sont-elles des figures du puritanisme ? Il faut arrêter un petit peu ! Ce n’est pas parce qu’on protège les femmes qu’on va entraver leur liberté sexuelle. On n’enlève rien, on ajoute seulement quelque chose de positif. Idem, certains nous accusent de vouloir entrer dans une «guerre des sexes» et je trouve cela consternant. Bien sûr que les hommes peuvent continuer à draguer, ce serait déplorable autrement, mais il y a quand même différentes étapes dans la «séduction». Et je ne nie pas les violences sexuelles dont les hommes peuvent être victimes ! Dans le numéro du Time Magazine consacré au mouvement de libération de la parole, il y a le portrait de deux de ces hommes, et je trouve cela primordial.

Vous considérez-vous comme féministe ?

Si on parle de ces féministes qui signent le manifeste des 343 salopes et qui, derrière, prennent la parole au nom de la «liberté d’importuner», non merci ! Avant toute cette histoire de #BalanceTonPorc, je n’étais ni activiste, ni féministe née, ni rien du tout. Je suis simplement issue d’une famille matriarcale de trois générations dans laquelle je n’ai pas eu besoin de me faire une place par rapport aux hommes. «Silence Breaker», «briseuse de silence», comme m’a surnommée le Time Magazine, je trouve que ça me va mieux. Moi je ne me sens pas féministe, je suis une justicière, une grande gueule, et là, en l’occurrence, c’est tombé sur une cause en faveur des femmes.

Aux USA, les «porcs» ne cessent de tomber. Que pensez-vous de ce qui se passe (ou ne se passe pas assez) en France ?
Je crois que les femmes sont plus puissantes aux Etats-Unis et qu’on prend leur prise de parole au sérieux. Quand une femme se dit victime outre-Atlantique, on ne va pas remettre en doute ses propos comme on peut le faire en France. Au contraire, on va tout de suite écouter ce qu’elle a à dire et essayer de la protéger au mieux. Peut-être que c’est une question culturelle. En France, on a peut-être ce côté latin, un peu macho. En tout cas, c’est ce que pensent les Américains. Difficile de les contredire…

(1) https://www.gofundme.com/balancetonporc

dans ce contexte, un poème de la série VOYAGE AU BOUT DE LA PAPOTE EASY :

11. MÂLOTRUI

Dans la rue il y a de la neige et des gens
des chiens des chats des rats des papiers de l'argent

Il y a l'autre rue qui vint à sa rencontre
que serait-elle sans au cadran de la montre

À la croisée des rues le hasard fait les choses
en bien ou mal ou pas il les fait hors de cause

Les faits sont là l'effet moins sûr car ça dépend
du vent du temps qu'il fait parfois d'un rien qui pend

Au balcon du désir Juliette attend son homme
il passe sans la voir car une autre est tout comme

Qui harcèle Marcel son nom elle Julie
Larousse elle s'appelle parce qu'elle est jolie

Mais lui s'enfuit ! Elle n'est pas celle qu'on croise
sans l'art celer de son désir et qu'on s'entende

Fosobo 9 février 2018 19:33

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Sam 24 Fév - 17:30


MANIFESTE D'AUTODÉFENSE FÉMININE : IL EST TEMPS !
Elsa Dorlin Le Nouveau Magazine littéraire 21/02/2018

Combien de femmes ont été suivies, insultées, harcelées, agressées, frappées ? Le moment de l’inversion des rapports de force est venu.


Professeur de philosophie à Paris-VIII, Elsa Dorlin a publié en 2017 « Se défendre. Une philosophie de la violence » (La Découverte).

Citation :
Vous êtes charmante mademoiselle, vous êtes mariée ? Vous êtes célibataire ? T’es bonne, t’es belle... tu suces ? Jolies jambes, jolie robe, joli sourire, beau cul, sale gueule, salope, sale thon, sale gouine, sale pute, grosse vache, vieille peau... Tu sais où sont mes chaussettes ? T’es comme ta mère, t’es chiante, t’as tes règles, t’es frigide, tu te laisses aller, tu me fais honte, t’es vieille... Mais putain, occupe-toi des gosses ! Les Africaines, elles sont nulles pour le ménage mais avec les gosses elles savent faire, les Arabes elles sont plus dures, mais les Philippines, de vraies fées du logis, et discrètes avec ça... Avec qui t’étais ? Va te changer on dirait une pute, enlève ce voile on dirait une terroriste, tu ne vois pas que tu fais de la peine à ta mère ? Mais enlève-moi ça, le rose c’est pas pour les garçons... On vous a changé de poste, on vous a changé de bureau. On pourrait prendre un verre ? Je ne suis plus amoureux de ma femme, avec vous c’est différent. Oh ça va, on peut rigoler, putain elle est susceptible celle-là ! Ça va, pète un coup, détends-toi... Vous êtes la secrétaire ? C’est ma nouvelle assistante, elle est bonne hein ? Je peux parler au patron ? Vous n’oublierez pas mon café, mes chemises... Déshabillez-vous, allongez-vous, écartez les jambes, vous prenez la pilule ? Vous fumez ? C’est encore la chambre 4 qui appelle, j’en peux plus de celle de la chambre 4, elle n’arrête pas de geindre... Parce que vous le valez bien ! Une crème antirides qui arrête le temps (prouvé scientifiquement). Toi aussi tu peux être une vraie princesse... Un poupon avec de vraies larmes et qui dit maman, ton karaoké pour devenir la nouvelle star... Appelle le 3600 et parle avec des beurettes en chaleur, cougar prise par tous les trous. Tu veux un bonbon ? Tu ne veux pas m’aider à retrouver mon chien ? Tu sais, tu peux me faire beaucoup de bien si tu veux et je te ferai un beau cadeau mais c’est un secret entre nous, il ne faut pas le dire à ta maman... Bouge pas. Tu cries, je te tue. Je vais te baiser, je vais te fracasser la gueule contre un mur, je vais te tuer... T’aimes ça hein, t’en veux encore ? Je vais te faire crier moi tu vas voir... Il vous a fait quoi après ? Vous étiez habillée comment ? Vous portiez un string ? Vous avez déjà eu des rapports avec plusieurs garçons avant ? Est-ce que vous avez clairement dit non, vous êtes-vous débattue ? Vous êtes victimes de violence ? Brisez le silence, parlez ! Appelez le 39 19 avant qu’il ne soit trop tard.

Domination sociale

Vous êtes choqué·e·s ? Pendant le temps écoulé à lire cet article, une femme subira un viol – ici, en France. Aujourd’hui, combien de femmes auront été suivies, interpellées verbalement, insultées, malmenées, touchées de façon intrusive, agressées, frappées... Combien autour de vous, combien dans votre famille, parmi vos amies, vos connaissances ? Si aucune de ces paroles ne vous sont familières, alors vous ignorez ce que cela fait d’être une femme.

Non pas qu’il s’agisse d’une essence, d’une nature, d’une identité – on ne parle même pas de biologie ici – mais bien d’un type d’interpellations sociales, multiples, variées, infiniment répétitives et chaque fois aiguisées comme des lames qui transforment des individus en sujets violentables. L’expérience de cette violence, larvée ou crasse, se double d’une autre violence, celle qui s’exerce de plein fouet dans la déréalisation systématique de ces mondes sociaux vécus – celle qui est tapie dans ces paroles qui mettent en doute, qui minimisent, qui nient ou tout simplement qui culpabilisent (Mais enfin fallait lui mettre une baffe à ton patron quand il t’a coincée dans l’ascenseur !). Et si ce sont des femmes médiatiques, ventriloques, qui le disent, c’est encore plus efficace : quoi de mieux pour déréaliser le sexisme comme rapport de pouvoir qu’une femme qui dit à une autre : « Fais pas ta victime pleurnicharde ! »

Alors, comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus de cafés brûlants balancés au visage, de claques retournées, de tables renversées, d’orteils écrasés, de coups de parapluie dans les parties, de genoux cassés, d’insultes, de crachats, de dénonciations publiques, de cris, de plaintes, d’appels à l’aide, de solidarité, de révoltes, de grèves pures et simples, d’occupations, de dégradations de locaux, d’habitations sur les murs desquelles seraient tagués les mots suivants : « Ici réside un gros porc ». C’est violent ? Certes, c’est violent ; mais comment dire ? Ce qui travaille au fond de nous, ce n’est pas tant la peur et la honte qu’une rage emmurée dont témoignent tous ces fantasmes auxquels nous nous laissons aller après coup lorsque l’on imagine ce que l’on aurait pu ou dû faire quand c’est arrivé. Et la frustration de ne pas l’avoir fait ne peut être apaisée que si l’on a bien conscience que ces expériences du sexisme, cette hydre aux mille têtes, n’est que l’autre nom d’une société traversée par des inégalités sociales qui précarisent nos résistances, nos puissances d’agir, nos solidarités. Se défendre a un coût – on perd souvent son travail, on perd de l’argent, on perd parfois sa maison, ses enfants, on perd toujours des amis, de l’amour et des promesses de bonheur...

En alerte permanente

Alors, pour la plupart, nous nous en tenons au quivive, nous sommes en éveil, en alerte : faire attention à comment s’habiller, comment parler, comment répondre, comment sourire, comment marcher, quel chemin prendre, quelle attitude adopter, quel ton, quel geste, quel message renvoyer... Accélérer le pas, ne pas regarder dans les yeux, faire semblant de parler au téléphone, ne pas rester seule, s’enfermer chez soi, s’enfermer dans la salle de bains, appeler à l’aide, ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller les enfants, crier, ne pas crier...

Qui peut raisonnablement vivre une vie qui peut basculer à tout moment et être rendue invivable au détour d’une rue, d’une rame de métro, d’une réunion de travail, d’une course, d’un rendez-vous chez le médecin, d’un concert, d’un dîner, d’un dimanche en famille ou d’une soirée en amoureux ? Qui ? À bien y réfléchir, personne. Et pourtant, c’est le lot commun de nombre de femmes, mais plus largement, c’est le lot commun de toutes les vies minorisées de s’épuiser dans cette forme d’autodéfense où il s’agit de prendre sur soi : une dépense d’énergie indéfinie, une résistance endurante, une force imperceptible distillée en continu au prix d’un oubli de soi. Une technique martiale pour laquelle il n’y a ni ceinture, ni médaille, ni trophée.

C’est précisément cela qui fait que la vie continue comme si de rien n’était, parce qu’au fond une situation de domination se mesure à l’aune de l’ignorance dans laquelle se complaisent les vies épargnées. Comme si tout cela était normal, ne comptait pas, ne signifiait pas grand-chose, n’était pas grave... et d’ailleurs ne parle-t-on pas de compliments, de drague, de séduction, de donjuanisme, de blagues grivoises, de dérapages, de crise de la masculinité, d’hommes déboussolés, de surmenage, de gestion du personnel, de management agressif, de coup de sang, de querelle d’amoureux, de drame familial, de crise de folie...

Et n’entendons-nous pas que finalement tout cela c’est très exagéré, c’est victimaire, c’est du puritanisme à l’américaine, ce sont des mensonges, de la délation, de l’instrumentalisation, des formes de castration, de la vengeance, du ressentiment, en un mot : ça n’existe pas. Ou, du moins, ça n’existe pas comme un phénomène qui concerne tout le monde, mais ça ne concerne que la catégorie « victimes de violence » – une catégorie à la fois honteuse, détestable, qui marque la personne du sceau de la mésestime de soi et de l’impuissance, et en même temps un club très fermé ; car, pour être reconnue comme « victime », il faut passer une série de mises à l’épreuve, d’examens, de jugements qui au final font des victimes des élues héroïques triées sur le volet.

Refaire corps avec soi

Entre la rage, la résistance endurante et le chemin de croix de la judiciarisation, n’y a-t-il pas matière à ouvrir une autre voie pour renverser cette violence, pour convertir la violence que cela suscite en nous en un souci de soi ? D’aucuns considèrent qu’il faut prendre des cours de boxe ou de krav maga ; mais l’enjeu n’est pas d’apprendre des techniques de combat qui, malgré leur réputation d’efficacité, demeurent des techniques sportives, enseignées par des expert·e·s. Il n’est pas question d’alimenter un marché juteux de l’autodéfense féminine : quoi de plus « réel » que le quotidien vécu ? Ne sommes-nous pas déjà expert·e·s en violence pour avoir traversé tant bien que mal tant de situations ?

Les femmes n’ont pas à apprendre à se battre, mais à désapprendre à ne pas se battre. Cela renvoie à une éthique de l’autodéfense, à un féminisme rivé au corps – à des corps qui savent exactement ce que prendre un coup signifie. Alors, peut-être est-il temps d’habiter autrement ses muscles, de se rappeler à soi-même, de refaire corps avec soi. Cette conscience corporelle à laquelle, au quotidien, il est possible de travailler en attendant le grand soir est une forme de souci de soi, d’éthique féministe où la confiance restaurée dans ses ressentis, ses émotions, permet de sauver sa peau, où la conscience que le coup qui me permettra de me protéger ne demande pas plus de force que l’énergie dépensée à supporter la peur de le donner. C’est encore une forme d’exercice corporel de soi qui peut moduler la voix, changer l’intonation d’un « non », modifier une expression du visage, changer un regard, ou encore enraciner une démarche... Plutôt que de s’enferrer dans une double conscience éreintante : « Ai-je bien compris, ai-je bien interprété, ai-je raison, ai-je le droit, est-ce que j’en suis capable, est-ce possible, permis, légitime ? »

Refaire corps avec soi est un féminisme au jour le jour où je travaille à l’échelle de ma chair cette rage qui me défend. Restaurer la violence du sexisme dans toute sa crudité est la condition pour transformer la rage en politique, mais puisque le personnel est politique, seule la rage devenue éthique de soi, conscience musculaire, sera en mesure de me libérer d’une vie sur la défensive.

Photo : ©️ Pascal Brocard/PhotoPQR/Le Républicain lorrain/Maxppp



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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Lun 7 Mai - 15:28


balance ton porc...
... un siècle après


Affaire Seznec :
les petits-fils livrent le (terrible) secret de famille sur la mort de Pierre Quémeneur


Il y a près d'un siècle, Guillaume Seznec (à gauche) a été accusé du meurtre de Pierre Quemeneur (à droite)
AFP

L'Obs a écrit:
Le meurtre de Pierre Quemeneur n'a pas été commis par Guillaume Seznec, condamné pour cela au bagne à perpétuité en 1924, mais par son épouse Marie-Jeanne qui s'est défendue contre une agression sexuelle, ont affirmé deux de ses petits enfants dans un témoignage diffusé dimanche par France 2.

Les deux hommes ont révélé les confidences qui leur ont été faites en 1978 par leur père, petit Guillaume, témoin des faits qui se sont produits dans la maison familiale de Morlaix le 27 mai 1923 alors qu'il était âgé de 12 ans.

"Papa, il m'avait dit : 'C'est une affaire toute simple, ça je me souviens de ses mots, c'est une affaire toute simple qui a été compliquée à outrance'", rapporte Jean-Yves Seznec.

[...]

"Grand-père a appelé en fin de journée un de ses meilleurs amis pour enlever le corps. On ne sait pas ce qu'ils ont fait"
, a dit l'un des petits-fils. Les témoins de la scène ont juré à Seznec de garder le secret. Pourtant, la meurtrière finira par craquer devant les enquêteurs.

"Elle a avoué aux gendarmes mais elle n'a pas été crue".

Ces témoignages confirment largement la thèse développée par l'ex-avocat de la famille Denis Langlois, auteur du livre "Pour en finir avec l'affaire Seznec" paru en 2015.

source


Mariage de Guillaume Seznec et Marie-Jeanne Marc,
le 18 juillet 1906 à Plomodiern.

ce qu'on apprend surtout, sauf erreur, c'est que les petits-fils se taisent depuis 40 ans (1978), après la révélation de leur père, fils de l'accusé innocent, 55 ans après que « Les témoins de la scène ont juré à Seznec de garder le secret »

on est en 1923, en Bretagne, dans le Finistère, pas en France en 2018, où l'on "apprend", via #metoo et #balancetonporc, que la plupart des femmes agressées sexuellement se taisaient par honte... jusque-là. Elle a parlé, la police ne l'a pas crue, sa famille et son homme l'ont protégée, et ses enfants on attendu 50 ou 90 ans pour parler !

nous avons cru voir, de l'un à l'autre, un lien

après avoir fait ce rapprochement "Seznec - balanceton porc", je n'ai rien trouvé dans la presse, mais ceci




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Patlotch



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Jeu 19 Juil - 15:46


il est des sujets sur lesquels, dans un travail d'analyse théorique, on peut avoir du mal à se situer, ou à prendre parti. Ici, j'ai "choisi mon camp", et je trouve par conséquent la position d'Isabelle Adjani parfaitement digne et digne d'intérêt, particulièrement intelligente y compris d'un point de vue de classe


Isabelle Adjani s'indigne à nouveau contre la tribune pour « la liberté d'importuner »
Le figaro.fr 18/07/2018

Dans un entretien aux Inrockuptibles, l'actrice a estimé que le texte, publié par Le Monde et co-signé par cent femmes dont Catherine Deneuve, était « la pire chose à faire ». Elle note toutefois un ralentissement du harcèlement, grâce au mouvement #MeToo.

Citation :
La tribune amère publiée par cent femmes dans les colonnes du quotidien Le Monde défendant « une liberté d'importuner » n'a pas fini de faire parler d'elle. Quelques jours après Catherine Deneuve, c'est au tour d'Isabelle Adjani de s'exprimer sur ce brûlot. Dans un entretien accordé au magazine Les Inrockuptibles, l'actrice a estimé que « c'était la pire chose à faire ».

« Comment ces femmes ont-elles pu oublier la situation de ces autres femmes, et je ne parle pas que des actrices, loin de là, mais de toutes celles victimes d'abus sexuels, de violences conjugales, et qui commençaient à s'y retrouver pour aller se défendre, s'est indignée la comédienne. Comment peut-on prendre le risque d'anéantir ça ? Et au nom de quoi ? D'une histoire culturelle du libertinage… Comme si c'était ça qui était en jeu.»

En outre, l'actrice, âgée de 63 ans aujourd'hui, souligne un ralentissement du harcèlement visant les femmes. Une amélioration qu'elle attribue à la prise de conscience générale liée à l'utilisation de #MeToo et #BalanceTonPorc. Elle déplore toutefois « le ricanement excédé des hommes » et la ferveur de certaines femmes, « pires que les hommes », à entretenir une forme de « machisme » dans la société.

En janvier dernier, alors que les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc battent leur plein et que les harceleurs tombent comme des dominos dans le sillon d'Harvey Wenstein, cent femmes publient une tribune au vitriol, dénonçant «des termes très excessifs». Parmi elles, Catherine Deneuve, Elisabeth Lévy et Brigitte Lahaie. Elles y dénoncent une « haine des hommes » dans le féminisme moderne et défendent « une liberté d'importuner », inhérente à « la liberté de dire non à une proposition sexuelle ». Ces propos suscitent l'indignation de figures politique, dont l'ancienne ministre Ségolène Royal ou la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Dans la foulée de l'affaire Weinsten et la libération de la parole de la femme, Isabelle Adjani, elle, avait déjà pris la parole sur le sujet. En novembre dernier, l'actrice avait dénoncé l'omerta qui régnait dans le monde du cinéma français sur le harcèlement sexuel dans une interview croisée avec Léa Forestier pour Libération. « On est juste au début d'une remise en cause d'un fonctionnement qui macère dans le déni depuis une éternité, avait-elle observé. Les actrices sont singulièrement fragilisées par l'abus.»

Cette nouvelle prise de parole intervient à quelques jours de Catherine Deneuve. Dans le magazine Harper's Bazaar, l'icône du cinéma français avait justifié sa position, justifiant avoir «toujours été du côté des femmes».

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PEUTÊTRE



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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    Hier à 18:59


Les mouvement “MeToo” et “BalanceTonPorc” sont “contre-révolutionnaire”. “Une main aux fesses n'a jamais tué personne", MeToo "un mouvement élitiste"... Ce matin, la journaliste Eugénie Bastié n'a pas manqué de créer la polémique.


vidéo et tweets dans l'original
Citation :
Invitée au micro de Léa Salamé sur France Inter, ce mardi 25 septembre à 7h50, la journaliste essayiste est venue présenter son prochain ouvrage "Le porc émissaire: terreur ou contre-révolution". Ainsi, elle appuie quelques-uns de ses propos écrits sur les mouvement “MeToo” et “BalanceTonPorc” qu’elle présente comme , signe d’une “régression quasiment victorienne”.

L’essayiste conservatrice explique alors que : “la libération de la parole autorise toutes les dérives et le bazardement de l’État de droit au nom de la lutte contre les violences sexuelles.” Elle continue sur les mouvement lancés après l’affaire Weinstein : “Les hommes craignent désormais de se retrouver seuls avec les femmes, redoutent d'être accusés, la peur a bel et bien changé de camp (...). Je trouve qu'il y a un climat désagréable et détestable de suspicion généralisée entre les deux sexes.”

De la main aux fesses à la victimisation excessive

Plus tard, Léa Salamé revient sur une citation tirée de son livre : “Une main aux fesses n'a jamais tué personne, contrairement aux bonnes intentions qui pavent l'enfer des utopies". Ce à quoi l’invité répond : “Je ne réhabilite pas la main aux fesses, je m'érige contre la victimisation excessive, qui à mon avis, est une régression parce qu'on considère dans une certaine frange du mouvement #MeToo que la femme doit être traitée comme un enfant. C’est-à-dire qu’elle est innocente a priori, (...) Je crois qu'il faut hiérarchiser les violences, hiérarchiser les souffrances."

Ainsi, Eugénie Bastié estime que les violences subies par les femmes doivent être hiérarchisées. “Hier, le JDD a fait sa Une sur les femmes battues. Il me semble que c’est urgent de combattre les violences faites aux femmes, notamment physique”. Toutefois, elle souligne que toutes les violences ne sa valent et ne doivent pas “être mises dans le même sac”. “De l’allusion sexuelle à la remarque sexiste, à la mains sur les fesses jusqu’à l’agression et au viol, on finit par mettre toutes les violences dans le même sac et ne plus les hiérarchiser”. Mais toutes ces explications ne passent pas et les toile s’insurge face à la phrase “Une main aux fesses n’a jamais tué personne”, tout comme le reste de l’entretien.

Plus tard, la journaliste regrette qu’il ait “une dimension élitiste qui occulte la question sociale, selon elle. Elle conclut : “MeToo est un mouvement, une révolte des élites. Il n’y a pas eu de MeToo dans les supermarchés, dans les usines. Il y a MeToo dans les journaux, dans le milieu du cinéma”.

Face à ses propos, la  rédactrice en chef de la revue Limite, à laquelle Eugénie Bastié participe également, s'est désolidarisée au nom de la revue en ajoutant : “je te le dis clairement, tes propos d'aujourd'hui me choquent.”

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MessageSujet: Re: la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...    

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