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 FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !

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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Mar 10 Mai - 11:03


Pétition

Adressée à les organisateurs et organisatrices de "Paroles non-blanches" et du camp d'été décolonial

Pour le droit à la non-mixité


Collectif "pour le droit à la non-mixité"

Citation :
Nous sommes engagé.e.s contre le racisme, et nous sommes blanc.he.s. En tant que tel.le.s, deux initiatives récentes, de débats sociaux et politiques, nous sont explicitement et volontairement fermées : la préparation de 'paroles non-blanches' (mais non les conférences elles-mêmes, contrairement aux rumeurs malveillantes), dans le cadre de l'occupation de l'université Paris 8 ces derniers jours ; le camp d'été décolonial, qui doit se tenir au mois d’août.


Ces deux initiatives étaient discutées mercredi dernier à l'Assemblée Nationale, dans le cadre des questions au gouvernement.

Bernard Debré interpellait en effet la ministre de l'Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Le premier affirmait son engagement à "barrer la route à des mouvements (...) qui mettent en danger notre démocratie, pronant le désordre, le racisme et l'antisémitisme". La seconde expliquait partager l'indignation du député LR et dénonçait des "initiatives inacceptables, en ce qu'elles confortent une vision racisée et raciste de la société" et qui ne peuvent que déboucher sur du "repli sur soi, la division communautaire et le chacun chez soi".


Nous sommes blanc.he.s, et nos valeurs sont celles de l'émancipation, notre horizon celui d'une égalité effective.

C'est précisément au nom de de ces valeurs, et parce que nous sommes attaché.e.s à cet horizon, parce que nous sommes engagé.e.s au quotidien dans la lutte contre le sexisme, l’homophobie, la transphobie, le racisme, l'islamophobie et l'antisémitisme, que nous soutenons ces deux initiatives.


Nous savons, en effet, qu'il est essentiel que les personnes qui subissent une oppression puissent se retrouver, s'organiser comme elles le souhaitent, débattre comme elles l'entendent de leurs revendications et de leurs stratégies. Nous savons que l'autonomie est un préalable déterminant pour construire des réponses à l'oppression et aux discriminations construire des alliances avec celles et ceux qui ne subissent pas ces formes spécifiques d'oppression mais sont déterminé-e-s à les transformer.


Nous savons ce que le mouvement féministe doit à sa capacité à avoir construit, non sans avoir été et être encore attaqué, des espaces non-mixtes. Ces espaces sont indispensables pour mettre en lumière, par un effet de miroir, l'existence d'autres espaces non-mixtes, dont les femmes étaient et sont encore souvent exclues : les cercles de pouvoir, les assemblées parlementaires, les organisations politiques, etc. Ils permettent l'existence momentanée d'une parole délivrée du poids vécu de l'oppression et la création de liens de solidarité essentiels à la poursuite de la lutte.


Nous n'y voyons nulle division, nul chacun pour soi. Nous savons qu'il n'y a là aucune volonté de faire sécession, mais une autonomie et une reconnaissance indispensables. Et nous savons l'importance de l'autonomie dans la construction des chemins qui mènent à cet horizon d'égalité effective et de dignité pour tou-te-s. Nous comprenons et soutenons la formation de mouvements par et pour celles et ceux qui subissent l'oppression de genre, le racisme ou l'islamophobie dont nous, en tant qu'hommes et/ou en tant que blanc.he.s serons tenu.e.s à distance. Nous savons que ces différentes formes d'oppression portent atteinte à la dignité de tou.te.s en conférant un privilège à certain.e.s, dont nous faisons indéniablement partie.


Nous ferons donc notre possible pour permettre aux organisatrices et aux organisateurs de ces espaces de mener à bien leurs projets - ou plutôt : nous agirons en fonction de ce que ces organisatrices et organisateurs nous demanderont de faire pour les soutenir. Sans attendre, nous pouvons déjà dénoncer une République qui nie les formes contemporaines de racisme et d'oppression post-coloniale, et dont les élu.e.s cherchent, par de curieux renversements, à transformer celles et ceux qui subissent quotidiennement le racisme et l'islamophobie en figures de la division.


Nous ne sommes par ailleurs pas dupes de ces ministres, élu.e.s, éditorialistes et autres intellectuel.le.s qui, comme par enchantement, confronté.e.s à des portes qui leurs sont pour une fois fermées, tentent de se faire passer pour l'avant-garde de la lutte contre "les visions racisées et racistes de la société", alors que les politiques qu'elles et ils défendent renforcent le racisme et l'islamophobie.


Nous ne sommes pas les bienvenu.e.s dans ces espaces non-mixtes ?

Nous savons que les occasions de nous retrouver n’ont pas manqué et ne manqueront pas.

Appel soutenu par :

Catherine Achin, sociologue ; Armelle Andro, démographe ; Aurélie Audeval, docteure en histoire ; Magali Bessone, professeure de philosophie ; Jean-Raphaël Bourge, chargé de cours à l’Université Paris 8 ; Sebastian Budgen, Editeur, Verso Books ; Zoé Carle, enseignante ; Le Cercle des enseignants laïques (Anaïs Flores, Paul Guillibert, Caroline Izambert, Florine Leplâtre, Jérôme Martin) ; Maxime Cervulle, chercheur en sciences de l’information et de la communication ; Isabtelle Clair, sociologue, chargée de recherche au CNRS ; Maxime Combes, économiste et militant associatif ; Vanessa Condaccioni, maître de conférences en sciences politiques ; Annick Coupé, militante syndicale ; Thomas Coutrot, économiste ; Marion Dalibert, maître de conférences à l’Université de Lille ; Christine Delphy, sociologue et féministe ; Thomas Deltombe, éditeur ; Virginie Descoutures, sociologue ; Véronique Dubarry, membre d’EELV, adjointe au maire de l’Ile Saint Denis ; Renaud Epstein, sociologue ; Éric Fassin, professeur de sciences politiques ; Claire Grino, docteure en Philosophie ; Julie Grisolia, professeure en lycée, organisatrice du festival Transposition ; Émilie Hache, philosophe ; Nicolas Haeringer, militant associatif ; Marie-Pierre Harder, ATER Paris 8 ; Irène Jami, professeure d’histoire ; Olivier Le Cour Grandmaison, historien ; Philippe Marlière, politiste ; Morgane Merteuil, porte-parole du STRASS ; Nelly Quemener, Maître de conférences en SIC ; Gianfranco Rebucini, anthropologue, enseignant à l'EHESS ; Matthieu Renault, Maître de conférences, Université Paris 8 ; Juliette Rennes, sociologue ; Julien Rivoire, militant syndical ; Olivier Roueff, sociologue ; Océane Rosemarie, auteure et comédienne ; Juliette Rousseau, militante associative ; Isabelle Saint-Saens, militante associative ; Julien Salingue, docteur en sciences politiques ; Clément Sénéchal, essayiste ; Patrick Simon, démographe ; Julien Talpin, sociologue ; Rémy Toulouse, éditeur ; Sylvie Tissot ; Benjamin Tubiana, militant associatif ; Florian Voros, chercheur à l’université Paris 8.



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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Ven 13 Mai - 20:28


Journée d’étude
« Race and Gender : Intersectionality in Film Studies / Intersectionnalité et études filmiques »


9 mai 2016

Université Paris 13, Campus Villetaneuse, UFR LSHS, Salle C311

Présentation

Citation :
Influencé.e.s par la troisième vague du féminisme, certain.e.s chercheur.e.s en gender studies, en women studies et en sciences humaines et sociales ont complexifié leur objet d’étude depuis les années 1980 : lorsque l’on s’intéressait auparavant à l’impact de l’identité de genre, de l’appartenance à tel ou tel groupe ethnique ou de la classe sociale sur les conditions de vie, on a commencé à considérer qu’il était utile de croiser ces critères. Ainsi se sont développées des recherches sur l’intersectionnalité, examinant des groupes appartenant simultanément à plusieurs marges (sexuelles, ethniques ou sociales). Ces recherches se sont accompagnées d’une intense activité épistémologique visant à préciser la notion même d’intersectionnalité, ainsi que les objectifs, présupposés, valeurs, méthodes et concepts-clés des travaux autour de cette notion.

Toutefois, la réflexion sur la notion d’intersectionnalité a été moins développée dans le domaine des représentations culturelles. Ainsi, en études cinématographiques, les nombreux travaux portant sur la représentation des minorités sexuelles ou ethniques, ou des femmes, ont eu tendance à ne pas utiliser la notion d’intersectionnalité, tout en croisant identité sexuelle et ethnicité dans la pratique.

Cette journée d’étude se propose donc de pallier ce manque en réunissant des spécialistes en études cinématographiques dont les travaux se sont penchées sur la représentation filmique des minorités sexuelles ou ethniques, ou encore sur celle du genre, afin de réfléchir de façon épistémologique et méthodologique aux enjeux de telles recherches, à partir de leurs parcours particuliers.

Au sein du laboratoire Pléiade, cette journée d’étude s’inscrit dans le cadre de l’axe 1, intitulé « Épistémologie des pluridisciplinarités », axe qui vise à réfléchir sur les théories, les valeurs et les méthodes du travail pluridisciplinaire, interdisciplinaire ou transdisciplinaire. Depuis deux ans, l’atelier « Genre et race / Gender & race » de l’axe 1 se penche sur les questions liées à l’intersectionnalité.

Une première séance de l’atelier (janvier 2014), animée par Silvia Capanema et Fatma Ramdani, avait accueilli Jules Falquet (Paris 7) et Roseli Barbosa (Paris Cool à propos des questions du militantisme, du double silence vs mise en évidence, et de la visibilité vs invisibilité de la « race » ou du « genre » dans les représentations politiques et sociales.

Une deuxième séance, organisée par Anne Paupe (juin 2015), avait accueilli des interventions de Mathieu Renault (Paris 8 ), Vanessa Castejon (Paris 13) et Sharon Baptiste (Paris 13) autour de la question postcoloniale
.

Résumé des communications et présentation des intervenants

Hélène Charlery (Université Toulouse Jean Jaurès, CAS EA 801) « (Re)construire l’intersectionnalité à l’écran dans « Honey-Getter » (Alison Maclean, Subway Stories: Tales from the Underground (1997) »
Citation :
Résumé

A l’initiative de l’actrice américaine Rosie Perez, la chaîne câblée HBO lance en 1995 un concours qui s’adresse aux New-yorkais et qui consiste à leur demander de partager des histoires ou des anecdotes vécues dans le métro de la ville. Dix scénarios sont retenus sur les mille reçus, et sont présentés à un panel d’auteurs et de réalisateurs. Deux ans plus tard, HBO diffuse Subway Stories: Tales from the Underground (1997) qui regroupe dix « histoires » qui individuellement n’excèdent pas une dizaine de minutes, mises en scène par des réalisateurs tels que Julie Dash, Jonathan Demme, Ted Demme ou encore Abel Ferrara. « Honey-Getter », histoire du film Subway Stories, réalisée par Alison MacLean et écrit par Danny Hoch, met en scène une agression à caractère sexuel dans le métro new-yorkais, principal décor du film. Cette communication analyse la façon dont la réalisatrice et l’auteur de « Honey-Getter » reconstruisent sur le plan filmique le concept d’intersectionalité représentationnelle, développé par Kimberley Crenshaw dans ses travaux parus en 1989 et en 1990. Il s’agira dans cette communication de montrer comment la construction narrative et filmique du « White Negro » racialise et sexualise le corps féminin non-blanc.

Biographie

Hélène Charlery est maître de conférences à l’Université Toulouse Jean-Jaurès où elle assure des enseignements en civilisation américaine et économique et en études filmiques. Ses travaux de recherche portent sur les représentations des femmes noires, et des questions de race et de genre dans le cinéma américain contemporain.

Anne Crémieux « Le rôle des minorités dans la représentation croisée genre-race »
Citation :
Résumé

La contribution des minorités à la culture est immense et comprend naturellement de nombreuses représentations d’autres minorités. Sans être exemptes de préjugés similaires à ceux qu’exprime la culture dominante, ces représentations offrent aussi des discours humanistes qui rapprochent les causes de communautés largement divisées par ailleurs. Nous verrons comment le cinéma peut mettre en scène ces discours politiques théoriques de manière explicites, souvent par la métaphore dystopique et l’humour.

Biographie

Anne Crémieux est maîtresse de conférences à l’Université Paris Ouest Nanterre. Elle a publié Les cinéastes noirs américains et le rêve hollywoodien (L’Harmattan, 2004). Elle a dirigé le numéro 143 de CinémAction : Les minorités dans le cinéma américain (Le Cerf, 2012), Understanding Blackckness Through Performance (Palgrave, 2013, co-direction) et le n°96 d’Africultures : Homosexualités en Afrique (L’Harmattan, 2013). Elle a contribué de nombreux articles à Africultures.com, GRAAT Online, Transatlantica, TV/Series et d’autres revues.

Marianne Kac-Vergne “Black men are humans too: masculinity and race in contemporary science fiction film”
Citation :
Résumé

I want to examine how the science fiction genre has responded both to the growing integration of blacks in American society since the 1980s and to the persisting stereotypes that continue to plague the community and especially black men. Science fiction films started casting African-Americans in prominent narrative positions in the early 1990s, yet black characters were most often integrated into multiracial teams, as in Independence Day (Emmerich, 1995) and The Matrix trilogy (Wachowski, 1999, 2003), at the cost perhaps of perpetuating what Bonilla-Silva has called a “multicultural White supremacy regime”. However, Will Smith’s success in Independence Day and a host of science fiction buddy films ensured the rise of the first black science fiction star in the 2000s, as proven by the success of I, Robot (Proyas, 2004) and I Am Legend (Lawrence, 2007) – followed by the less successful Will Smith production After Earth (Shyamalan, 2013) – which address the question of a post-racial America and offer a model of masculinity that counterbalances the negative stereotyping of black males. Taking up on Richard Pryor’s famous quip on science fiction, “I just saw Logan’s Run and ain’t no niggas in it! I said, well white folks ain’t planning for us to be here!”, this paper thus not only examines what the future looks like with African-Americans but whether black men can actually embody the human race and replace white people as the human norm. Furthermore, if the black man becomes the norm, can he challenge the white order by offering an alternative model of masculinity, or does the decentering of the white man enable the recentering of hegemonic masculinity, only painted black?

Biographie

Actuellement maîtresse de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne en civilisation américaine, Marianne Kac-Vergne a soutenu une thèse sur les représentations de la masculinité dans les genres hollywoodiens contemporains. Elle travaille actuellement à un ouvrage sur masculinité et science-fiction (Masculinity in Contemporary Science Fiction Cinema, IB Tauris, à paraître) et a récemment publié « Sidelining Women in Contemporary Science-Fiction Film », Miranda [Online], 12 | 2016, http://miranda.revues.org/8642 et « The Limits of Hypermasculinity : Intimacy in American Science Fiction Films of the 1980s » (in David Roche et Isabelle Schmitt-Pitiot, Intimacy in Cinema, McFarland, 2014).


Céline Murillo « Charbons noirs et ardents comme primum mobile du renouveau féministe dans Born in Flames (1983) de Lizzie Borden »
Citation :
Résumé

Lizzie Borden se propose de ranimer la flamme du mouvement féministe qui s’étiole à la fin des années 70. Son film d’anticipation met en scène des femmes de divers horizons raciaux mais dont les plus centrales comme moteur narratif et causal, sont des femmes noires. Elles sont entourées d’autres femmes de toutes races dans le mouvement, et prises dans des discours qui émanent de voix noires comme de voix blanches.  La communication se propose d’étudier l’agencement narratif, la mosaïque de discours, et de savoir si les femmes noires qui sont le fer de lance de la cause féministe, défendent leur cause intersectionnelle, ou si la question du genre écrase la question de la race, notamment dans une dilution multiculturelle.

Bio-Bibliographie

Céline Murillo est MCF à l’Université de Paris 13. Elle travaille sur le cinéma américain indépendant et underground. Elle a soutenu une thèse sur « L’esthétique des films de Jim Jarmusch ». Elle a dirigé avec Anne Paupe (Paris 13) le numéro 136 de la RFEA, « What about Independent cinema ? », ainsi qu’un numéro de la revue Itinéraires, avec Agathe Torti (Paris 13) et Laila Ghermani (Paris 10) sur « Transtextualistations. Quels outils théoriques ? ».


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Dim 15 Mai - 13:15

GenERe - Genre: Epistémologie & Recherches


Hourya Bentouhami, agrégée de philosophie et maîtresse de conférence à l’université Toulouse Jean Jaurès, auteure de


2015

Citation :
La race fut longtemps appréhendée dans un sens biologique, approche qui constitua l’une des formes les plus puissantes de l’idéologie raciste. À la suite de la disqualification scientifique et politique de ces  catégorisations biologiques, le racisme fut relégué au rang de simple préjugé. Or, qu’en est-il de la production continuée de la race à l’ère prétendument « post-raciale » ?

En mêlant une approche féministe, attentive à une compréhension des rapports sociaux de sexe, et une approche postcoloniale, l’ouvrage analyse les conditions historiques et épistémologiques de la production de la race dans des sociétés qui se sont constituées – politiquement et économiquement – sur l’esclavage et la colonisation. Il montre que le racisme n’a pas disparu et a pris, au gré du renouvellement des formes de l’économie mondialisée, une nouvelle configuration qui oblige à nous interroger sur la supposée opposition entre un racisme biologique et un racisme dit culturel, qui aurait entériné l’inexistence des races biologiques, mais selon lequel il y aurait des différences culturelles irréductibles entre les peuples


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Ven 27 Mai - 18:01


6e assemblée générale Femmes et Travail

Paris-Luttes infos 27 mai 2016


On remet ça ! Re-venez nombreuses pour discuter et prendre ensemble des décisions pour lutter contre la loi travail, et plus globalement la situation des femmes dans le monde du travail au sens large.


Citation :
Assemblée générale pour se réunir en non-mixité* dans le contexte de la lutte contre le projet de loi travail dit « Loi El Khomri » et discuter des femmes et du travail sous toutes ses formes (femmes au chômage, femmes au foyer, salariées, retraitées, intermittentes, étudiantes et lycéennes vous êtes les bienvenues ).

Dans le but de s’organiser pour agir.

A l’initiative de quelques femmes investies dans les luttes pour les femmes, à travers des discussions en non-mixité, des syndicats...etc.


SAMEDI 28 MAI, DE 14H à 17H, BOURSE DU TRAVAIL
Salles Ferrer et Jaurès, 3, rue du Chateau d’Eau, 75010 Paris


*ouvert à tout le monde excepté les hommes cis-genres.

https://www.facebook.com/events/282272302118265/

http://lmsi.net/La-non-mixite-une-necessite


La non-mixité : une nécessité politique, Christine Delphy 21 avril 2016

Christine Delphy a écrit:
Domination, ségrégation et auto-émancipation

La ségrégation, c’est-à-dire la séparation imposée, l’accès réservé à certaines places ou certains espaces sociaux, est une des principales formes que prend la domination – que ce soit la domination des riches sur les pauvres, celle des hommes sur les femmes ou celle des blancs sur les non-blancs. Mais ce n’est pas la seule : de nombreux mécanismes de domination perdurent au sein même des espaces sociaux mixtes, malgré la mixité, voire parfois grâce à elle. C’est ce que montre Christine Delphy dans le texte qui suit : la mixité n’est pas en elle-même un bien qu’il faudrait opposer sans discernement à une non-mixité forcément « enfermante » et « étouffante » ; la non-mixité n’est en fait oppressante que lorsqu’elle est subie, au même titre que peut être oppressante une mixité ou une proximité subie. Et si la mixité choisie (ou plus exactement : la possibilité de choisir – ou pas – la mixité) constitue un objectif pour les dominé-e-s, le chemin qui y mène passe nécessairement par des moments de non-mixité choisie.

Je voudrais parler ici des différents sens de la mixité, en particulier mais pas exclusivement de la mixité entre les sexes, et de la non-mixité.

La non-mixité subie

La non-mixité est d’abord une imposition du système patriarcal, qui exclut les femmes par principe, en les considérant comme ne faisant pas partie de la société politique – de jure en France jusqu’en 1945, ou aujourd’hui de facto. Le monde est dirigé par des clubs d’hommes : au niveau international, ONU, OSCE, OTAN, et au niveau national : gouvernements, niveaux décisionnels des administrations, et des armées, comme des ministères correspondant à ces organismes. Clubs d’hommes encore dans la France d’en bas, dans les mairies, les amicales, les innombrables amicales de boulistes, de pêcheurs, de pratiquants de sports nouveaux ou traditionnels ; la chasse par exemple est bien gardée de plus d’un point de vue.

La mixité sans l’égalité

Contre cet accaparement du pouvoir, une idée répandue est que « ça manque de femmes » et que leur présence, la mixité, suffirait à rétablir l’équilibre et à assurer l’égalité. Cette idée appelle deux remarques.

D’abord, la mixité vue par les hommes, ce n’est pas 50 % de femmes, mais à peu près 20 %. À parité, ils se sentent menacés, comme l’a fort bien dit un ministre de la justice M. Dominique Perben, redoutant une « féminisation de la magistrature » – il va sans dire que la féminisation est un mal, ça ne demande même pas d’explication.

Ensuite, la parité numérique comme garante de l’égalité, il n’y a pas d’idée plus fausse. Quel lieu est plus mixte que la famille ? Et pourtant où y a-t-il plus d’inégalité, entre mari et femme, entre parents et enfants ? On objectera qu’une vision égalitaire du mariage gagne. Certes. Mais en attendant que l’idée fasse son chemin, les violences masculines dans le cadre du mariage sont la première cause de mortalité des femmes entre 18 et 44 ans, avant le cancer ou les accidents de la route, au plan mondial. Quant aux enfants, si les pédophiles-assassins – c’est-à-dire les étrangers [1] – en tuent quelques dizaines par an, les parents en tuent plusieurs milliers par an rien qu’en France. Et l’on sait que la hiérarchie n’interdit pas l’intimité, au contraire : il n’y a pas de plus grande intimité qu’entre les maîtres et les esclaves de maison.

La mixité dans les écoles et lycées, telle qu’elle est pratiquée, conduit à la persécution des filles, à l’hyper-sexualisation des conduites des deux sexes, et elle n’évite pas, loin de là, la non-mixité qui se développe en son sein même, les garçons se constituant dès l’école primaire en groupes qui excluent les filles. C’est ainsi que très tôt ils commencent cette pratique de sociabilité mono-sexuée, et on sait que ce sont les réseaux informels de sociabilité qui déterminent en grande partie les carrières dans le monde du travail, où les hommes continuent de se coopter entre eux, tout simplement pourrait-on dire, parce qu’ils n’ont pas de copains-femmes.

Les femmes, exclues, ne souhaitent pas la non-mixité qui leur est imposée : elles souhaitent, comme tous les dominés, se rapprocher du groupe dominant. Elles souhaitent aussi, en général, le convaincre qu’il les traite mal.

Devant l’échec de cette stratégie de persuasion amicale, le mouvement de libération des femmes, en 1970, dans tout le monde occidental, a choisi la non-mixité pendant ses réunions. Mais justement, une non-mixité choisie, et non imposée.

La non-mixité choisie

La pratique de la non-mixité est tout simplement la conséquence de la théorie de l’auto-émancipation. L’auto-émancipation, c’est la lutte par les opprimés pour les opprimés. Cette idée simple, il semble que chaque génération politique doive la redécouvrir. Dans les années 1960, elle a d’abord été redécouverte par le mouvement américain pour les droits civils qui, après deux ans de lutte mixte, a décidé de créer des groupes noirs, fermés aux Blancs. C’était, cela demeure, la condition

- pour que leur expérience de discrimination et d’humiliation puisse se dire, sans crainte de faire de la peine aux bons Blancs ;

- pour que la rancœur puisse s’exprimer – et elle doit s’exprimer ;

- pour que l’admiration que les opprimés, même révoltés, ne peuvent s’empêcher d’avoir pour les dominants – les noirs pour les Blancs, les femmes pour les hommes – ne joue pas pour donner plus de poids aux représentants du groupe dominant.

Car dans les groupes mixtes, Noirs-Blancs ou femmes-hommes, et en général dans les groupes dominés-dominants, c’est la vision dominante du préjudice subi par le groupe dominé qui tend à… dominer. Les opprimés doivent non seulement diriger la lutte contre leur oppression, mais auparavant définir cette oppression elles et eux-mêmes. C’est pourquoi la non-mixité voulue, la non-mixité politique, doit demeurer la pratique de base de toute lutte ; et c’est seulement ainsi que les moments mixtes de la lutte – car il y en a et il faut qu’il y en ait – ne seront pas susceptibles de déraper vers une reconduction douce de la domination.

P.-S. Ce texte, inédit sous forme écrite, a été exposé oralement le 8 mai 2006, à l’occasion de la Fête des 50 ans du Monde diplomatique. Nous le reproduisons avec l’autorisation de son auteure. Le titre et les intertitres sont rajoutés par le Collectif Les mots sont importants.

Sur la distinction entre mixité subie et mixité choisie, cf. aussi Sylvie Tissot et Pierre Tevanian, La mixité contre le choix. Les ambiguités des politiques publiques de « lutte contre les ghettos ».


Notes

[1] Le mot étrangers est à prendre ici au sens d’inconnus, et non de de personnes de nationalité étrangère



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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Sam 28 Mai - 11:00


"Camarade, mais femme..."

Loi travail en Belgique et en France : les femmes en première ligne

Sylvie Braibant TV5 26 mai 2016

Comme en écho à l'agitation qui traverse la France contre la réforme du travail, la Belgique est bousculée par des manifestations sociales massives contre un projet de refondation des règles sociales. Des deux côtés de la frontière, les femmes jouent un rôle majeur dans la mobilisation.

Citation :
Du côté décisionnaire, la parité est respectée : en France, le projet de loi visant à "simplifier" et à "moderniser" le code du travail est porté par Mme Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social ; en Belgique, c'est Mr Kris Peeters, Vice-Premier ministre et Ministre fédéral de l'Emploi, de l'Économie et des Consommateurs, chargé du Commerce extérieur qui s'y est collé. Et si les intitulés de leurs portefeuilles sont presque aussi longs l'un que l'autre, ils peuvent se prévaloir d'un autre point commun : ils sont devenus très impopulaires en quelques semaines. Encore une concordance : la contestation a été lancée ici et là-bas par des femmes, des féministes qui ont décelé dans ces réformes le moyen de renvoyer les femmes au foyer, et ainsi de faire baisser artificiellement le chômage.


Myriam El Khomri et Kris Peeters, ministres du Travail en France et en Belgique
REUTERS/Gonzalo Fuentes et REUTERS/Francois Lenoir. Montage : La Tribune

Les deux gouvernements, belge et français, l'un élu par un électorat de gauche (à Paris), l'autre d'obédience libérale de centre-droit, ont annoncé presque simultanément, sans doute poussés par la Commission européenne dans sa quête de réduction des coûts publics, des plans de réforme où la flexibilité et le temps partiel occupent une place importante.




"Loi travail, femmes sur la paille !"
Osez le féminisme ! mobilisée ce 1er mai



Les impitoyables effets du temps partiel

L'une des principales causes de l'inégalité sexuelle au travail tient à l'abus du temps partiel du côté des femmes, qu'il soit choisi ou imposé, avec pour effets à long terme : carrières bloquées et salaires stagnants.

Pas étonnant, donc, qu'au moment où l'Union européenne pointe les discriminations au travail persistantes en Europe malgré les directives, les femmes, et particulièrement les féministes, dénoncent ce qui leur apparaît comme un sacré coup de frein, voire une régression d'un autre âge…

En France, Caroline de Haas, co-fondatrice de "Osez le féminisme", a pris la tête du mouvement contre la Loi El Khomri, lançant une pétition aujourd'hui signée par près de 1 500 000 citoyen-nes français en cette fin mai 2016, dont le focus sur l'organisation du temps de travail concerne d'abord les femmes : "Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail". Tandis qu'une réclamation similaire en Belgique, portée par le mouvement "Vie féminine" et sa présidente Hafida Bachir, pose en préambule : "Comment pourrons-nous dans une telle organisation du travail faire garder nos enfants, avoir des activités volontaires ou sportives, ou des projets de vacances ?"

Des féministes, des chercheuses, des syndicalistes et des élues ont ensuite, dans les deux pays, publié des tribunes musclés, dont les titres indiquent la colère : "Réforme du droit du travail, Non à la double peine pour les femmes », en France ; "Loi Peeters : plus de flexibilité... sur le dos des salariées !" en Belgique. En voici des extraits :

En Belgique, on peut prévoir que ce projet ne ferait qu'accroître les inégalités


Citation :
Les horaires variables, les temps partiels imposés, les heures sup’ contraintes, les difficultés à combiner d’autres temps de vie… Les femmes connaissent déjà. (.../...)

En effet, ce projet de loi vise à rendre plus variable le temps de travail (au cours de l’année ou de la semaine), à moins compter – et payer – les heures supplémentaires, à rendre plus flottant l’horaire de base et les jours de congé (ex. : heure de début ou fin de journée), à permettre de prévenir très tardivement des horaires de travail (peut-être même seulement la veille)… Quand on sait que l’organisation du travail (dont la question du temps de travail) compte parmi les principaux facteurs qui discriminent les femmes sur le marché du travail, on peut prévoir que ce projet de loi ne ferait qu’accroître les inégalités. (.../...)

Cette flexibilité accrue serait encore plus contraignante pour les personnes travaillant à temps partiel (c’est-à-dire plus de 80% de femmes). En effet, il serait encore plus difficile pour ces dernières de sortir de ce type d’emplois rendus davantage imprévisibles et variables, et d’avancer vers des emplois à temps plein : comment combiner deux emplois quand on ne connaît pas ses horaires ? (.../...)

D’autres mesures parmi celles annoncées mériteraient encore particulièrement une analyse genrée. Mais il n’est pas difficile de déjà voir que ce projet de loi va dans le sens d’une plus grande précarité des travailleuses, d’un accroissement des inégalités et s’inscrit à rebrousse-poil d’une politique d’emplois de qualité pour tous et surtout toutes !


En France, le temps de travail est le premier facteur discriminant pour les femmes, qui effectuent toujours 80 % des tâches ménagères.

Citation :
Une fois de plus, le gouvernement oublie les droits des femmes. Le préambule de l’avant-projet de loi rappelle que « le principe d’égalité s’applique dans l’entreprise. L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes doit y être respectée ». Voilà pour la théorie, et c’est bien le minimum quand on sait que les femmes continuent de gagner en moyenne un quart de moins que leurs homologues masculins et que la France se classe 132e en matière d’égalité salariale sur 145 pays. Le problème, c’est que cette déclaration de principe n’est accompagnée d’aucune mesure pour rendre enfin l’égalité effective. (.../...)

Le temps de travail est le premier facteur discriminant pour les femmes, qui effectuent toujours 80 % des tâches ménagères. La norme du présentéisme, imposée notamment pour les cadres, les exclut des postes de responsabilité. De l’autre côté, 80 % des salariés à temps partiel sont des femmes, avec un salaire et une protection sociale partielle, mais une flexibilité et des amplitudes horaires maximums. Au lieu de réduire la durée légale du travail pour faire converger le temps de travail des hommes et des femmes, et permettre à toutes et tous d’exercer leurs responsabilités familiales, le projet de loi renforce considérablement la flexibilité. Il augmente les durées maximales de travail, notamment pour les cadres, et renforce les possibilités pour l’employeur de modifier de façon unilatérale les horaires et le temps de travail sans déclencher d’heures supplémentaires. (.../...)

Enfin, le projet de loi réforme en profondeur la médecine du travail. Il supprime la visite d’aptitude obligatoire et centre le suivi médical sur les salariés dits à risques. Sauf que les risques et la pénibilité des métiers à prédominance féminine sont justement sous-évalués. Une caissière de supermarché, qui porte chaque jour 15 tonnes, sera-t-elle considérée comme exerçant un métier à risque ?

Pour toutes ces raisons, nous, féministes, disons non au projet de loi travail. Toute réforme du code du travail devrait au contraire se donner pour objectif de faire enfin de l’égalité une réalité !


Voilà donc pourquoi, on trouve aussi tant de jeunes femmes dans les rangs du mouvement Nuit Debout en France, avec des commissions femmes très actives, et des manifestantes très déterminées dans les défilés belges.

Travail à temps partiel : 80% des travailleurs concernés sont des #femmes
Qqun se souvient de la loi du gendermainstreaming ?@peeters_kris1



Sexisme ordinaire

Mais les unes et les autres sont confrontées à d'autres batailles, à mener en interne. A Paris, lors des rassemblements de la "Nuit debout", elles ont manifesté leur détermination à rester entre elles pour discuter de leurs revendications, parce que "les hommes ne peuvent se mettre à la place des femmes". Une non mixité chère aux féministes québécoises... Les manifestantes belges ne les démentiraient sans doute pas, après les témoignages de sexisme exercé par leurs "collègues" lors de la marche du 24 mai 2016... Les Unes et les autres témoignent de ces remarques incessantes, à connotation sexuelle, ou de pratiques machistes qui reviennent au galop.

Une militante française explique à Slate.fr avoir dû se battre contre un homme «se collant à (elle) de tout son corps», une autre se souvient d’un type «mimant ostensiblement une fellation» qui est ensuite «parti en se marrant». Les mains aux fesses dans le noir sont monnaie courante, comme l’ont vécu Simone, étudiante (nous avons changé son prénom) ou Fatima Benomar, cofondatrice du collectif Les effronté-e-s, qui participent toutes les deux à la «commission Féminismes».

D'où cette exigence de non mixité pour se réapproprier l'espace public, comme le rapporte Le Monde :


Citation :
« Vous vous comportez comme des oppresseurs en ne respectant pas notre choix ! », s’énerve une participante en s’adressant à un quinquagénaire décidé à rester. Lui s’emporte : « Je n’accepte pas, sur une place publique, d’être dépossédé du débat et d’être choisi comme cible ! Si vous rentrez dans une logique d’exclusion et de séparation, c’est plus Nuit debout mais Mort debout ! »

Et cette autre participante de lancer un tweet rageur contre le non partage dès qu'il s'agit de hiérarchie...


Quand après 2 jours de congrès syndical où tu as bataillé
pour discuter (notamment) de parité dans l'orga
on te propose une direction tripartite de 3 mecs…



Ce harcèlement au quotidien, les Belges engagées dans le mouvement contre leur loi travail, le vivent à chaque défilé. La Libre, quotidien francophone de Bruxelles, rapporte ce témoignage édifiant publié sur Facebook :

Quand comprendrez-vous que le patriarcat fait autant de dégâts que le capitalisme ? Pau Li Ne, manifestante


Citation :
Aujourd'hui je reviens de la Manifestation nationale contre la loi Peeters de réforme du travail qui vise à rendre le temps de travail encore plus flexible. Cette flexibilité accrue sera encore plus contraignante pour les personnes qui travaillent à temps partiel, c’est-à-dire plus de 80% de femmes. Alors oui, la coupe est pleine…

En tant que citoyenne et en tant que femme je me sens donc concernée par cette mobilisation. Alors, malgré ma crainte des pétards qui explosent n'importent où et "parce que je veux former durant quelques heures une unité politique d'opposition citoyenne : des dizaines de milliers de personnes, tous ensembles, au-delà des clivages ethniques, sociaux, linguistiques et générationnelles" (Jonathan Dehoust), je décide de prendre le train, armée de mes drapeaux et foulards de Vie Féminine pour crier haut et fort que les femmes aussi refusent cette loi qui nous affaiblira une fois de plus. (.../...)

Une fois arrivée à Bruxelles, je rejoins mes collègues, l'animation bat sont plein, et en tant que groupe de femmes, on se fait rapidement "charrier": "Ah ah mais faut aussi faire la Vie Masculine" - "On ne parle pas comme ça à un délégué syndical, on dit pardon camarade...". Sans parler des coup de sifflets en stéréo dans les oreilles… C'est pénible mais on est habituées, puis "des choses à revendiquer, il y en a, c'est pour ça que je suis là".

Plus loin ça continue, et on a droit à un mec qui fait mine de se masturber sur nous. Cette fois, je ressens comme un malaise qui s'installe mais "faut continuer, en tant que femmes on a vraiment des choses à dire, puis y a pire."

Plus loin encore, une jeune femme nous rejoint en pleurs et en colère. Grâce à nos couleurs Vie Féminine, elle nous a repérées dans la foule. Elle a besoin de parler à des femmes, des féministes de ce qu’elle vient de vivre. Que s'est-il passé? Un gars s'est permis de lui mettre la main aux fesses. Elle décide pour une fois de ne pas se laisser faire et de se dégager, mais il la retient violemment par le bras au point de lui démettre l'épaule.

Alors oui, la coupe est vraiment pleine !!!

Combien d'autres femmes ont vécu une situation similaire aujourd'hui ?

Combien d'autres femmes se sont dit: "Allez c’est pas si grave?"

Combien ne sont pas venues à cause de ça ?

Avant de partir se faire examiner par un médecin, elle nous interpelle et nous demande ce qu’on peut faire face à ça. Cette femme nous a rappelé l’importance à ses yeux d’organiser des blocs de femmes dans les manifs pour être plus fortes ensemble alors oui, nous continuerons à former des blocs de femmes…

Nous sommes la moitié de l'humanité, et les femmes sont des travailleurs comme les autres !

Quand vous comprendrez que le patriarcat fait autant de dégâts que le capitalisme, quand vous respecterez les femmes, quand vous cesserez de les évincer de l'espace public, nous n'aurons plus peur et nous pourrons mener des luttes ENSEMBLE, vraiment et nous en serons toutes et tous d'autant plus forts!

Prenez vos responsabilités !


On rappellera avec bonheur deux phrases bien senties, écrites au 19ème siècle par une femme et un homme, dont la pensée était appeler à connaître une postérité ambivalente :

Flora Tristan : « L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même. »

Karl Marx : « Dans la famille, l'homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat. »

#yaduboulot comme on dit toujours avec Terriennes

Retrouvez Sylvie Braibant sur twitter @braibant1


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Lun 13 Juin - 17:37


le forum n'a pas d'entrée spécifique concernant l'homosexualité. Les homosexuels sont-ils des "hommes" et des "femmes" ? C'est la vaste question de de l'assignation à un genre, sexe social, donc en rapport avec ce sujet à défaut de mieux...

en attendant, la preuve de leur "différence" c'est qu'elle les tue


Orlando, l'attaque la plus meurtrière contre des homosexuels

L'Express avec AFP 13/06/2016


Des personnes se rassemblent à New York pour rendre hommage aux victimes de la fusillade d'Orlando, le 12 juin 2016
afp.com/Bryan R. Smith

Citation :
Paris - Les homosexuels sont fréquemment victimes d'attaques meurtrières à travers le monde, mais les tueries de masse sont rares et aucune n'a atteint l'ampleur de la fusillade à Orlando (Etats-Unis), qui a fait 49 morts dimanche.

Jusqu'à maintenant, la plus grave s'était déroulée à la Nouvelle Orléans, où un incendie criminel contre un bar gay avait fait 32 morts en 1973, dans une relative indifférence.

- 30 juillet 2015 : Jérusalem -

Un juif ultra-orthodoxe, Yishaï Shlissel, se rue sur le défilé d'une Gay Pride, blessant six personnes à coups de couteau, dont Shira Banki, 16 ans. La jeune fille succombe peu après à ses blessures. L'assaillant avait déjà blessé trois personnes à la Gay pride de Jérusalem en 2005 et avait purgé dix ans de prison pour cette attaque.

- 1er août 2009: Tel Aviv -

Un jeune homme et une adolescente sont tués par un inconnu au visage masqué qui ouvre le feu à l'arme automatique sur un groupe de jeunes à l'intérieur d'un centre d'aide psychologique pour homosexuels, situé en plein centre-ville. Une douzaine de personnes sont également blessées, dont trois grièvement.

- 22 septembre 2000: Roanoke (Etats-Unis) -

Ronald Gay, 53 ans, se rend dans un bar homosexuel de Roanoke, en Virginie, et abat un homme. Six autres personnes sont blessées. Après son arrestation, le tueur déclare à la police avoir voulu "se débarrasser des +pédés+", expliquant qu'il supporte mal les commentaires sur son nom de famille.  

- 30 avril 1999: Londres -

Une bombe explose à l'"Admiral Duncan", un pub de Soho fréquenté par la communauté homosexuelle de Londres. L'attentat, troisième d'une série d'attaques racistes et homophobes, fait trois morts, dont une jeune femme enceinte, et 65 blessés. Les semaines précédentes, deux bombes avaient explosé sur un marché de Brixton, et dans le quartier de Brick Lane, faisant au total 52 blessés. L'auteur des attaques, David Copeland, un technicien de 23 ans décrit comme un néo-nazi lors de son procès, dit avoir voulu déclencher une "guerre des races" au Royaume-Uni.

- 18 novembre 1980 : New York -

Ronald Crumpley ouvre le feu devant deux bars gay de Greenwich Village, tuant deux personnes et en blessant six autres. L'homme, jugé irresponsable et interné à l'issue de son procès, affirme croire que les homosexuels sont des agents du diable qui tentent de "voler son âme en le regardant".

- 24 juin 1973: Nouvelle-Orléans -

Un incendie criminel ravage en moins de 20 minutes l'Upstairs Lounge, un bar gay situé dans le Vieux Carré de la ville, provoquant la mort de 32 personnes, en grande majorité des hommes homosexuels, et en blessant une quinzaine d'autres.

Avant la tuerie d'Orlando, il s'agissait de l'attaque la plus meurtrière perpétrée contre la communauté LGTB. A l'époque, la tragédie n'avait rencontré que peu d'écho médiatico-politique et l'archevêque de la Nouvelle-Orléans s'était abstenu d'offrir le soutien de l'église aux victimes.



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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Lun 13 Juin - 17:52


en relation, à lire la série de Gilles Dauvé sur DDT21


Homo

- Homo 01. Marx, Engels et « l’inverti » 21 février 2016

- Homo 02. « Une énigme très intéressante » (ou L’invention d’une catégorie) 30 mars 2016

- Homo 03. Naissance d’une « question sexuelle » 27 avril 2016


GD a écrit:
En attendant, cette identité réprimée a souvent donné naissance à une sorte de « communauté » particulière, avec une culture en marge, généralement souterraine, fréquemment réprimée, mais parfois aussi capable d’affleurer à la surface ou aux marges de la « bonne » société. Fin 19e siècle, il est devenu possible « de se concevoir défini par l’attirance vers des personnes de même sexe (…) et plus tard de construire une communauté sur cette base » (Neil Miller).

Ce sera le sujet des chapitres suivants.

(à suivre…)



sauf erreur, Gilles Dauvé n'a pas encore parlé de l'homosexualité féminine, des lesbiennes, ce qui suffit à relever qu'il y a bien une différence genrée, pour ne pas dire une hiérarchisation de l'homosexualité qui fait qu'elle n'échappe pas à la domination masculine, y compris dans cette approche théorique

mais nous attendrons la fin du feuilleton pour d'éventuels commentaires

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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Jeu 16 Juin - 15:05


Des «gros bras» de SOS Racisme accusés de violences lors d'une réunion féministe

Feriel Alouti 16 Juin 2016, Médiapart via Repères anti-racistes

Des membres du service d'ordre de SOS Racisme sont poursuivis pour avoir violenté et menacé des militantes féministes lors de la réunion constituante de leur association. Celle-ci devait marquer la rupture avec Ni putes ni soumises, alors que la présidente de ce mouvement, Fadela Amara, venait d'intégrer le gouvernement Fillon. Le procès a eu lieu mardi 14 juin… plus de huit ans après les faits.

Citation :
En février 2008, plusieurs hommes du service d’ordre de SOS Racisme ont fait irruption dans une réunion organisée par des militantes féministes, qui les accusent d'avoir été menaçants et de les avoir agressées. Une affaire de règlement de comptes pour les plaignantes, une banale histoire de « beuverie » pour la défense. Au terme d’une instruction interminable, le procès s’est finalement tenu mardi 14 juin.

Avant de rappeler le déroulé des événements, la présidente de la Xe chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris commence par une mise au point. Elle est là pour juger les personnes poursuivies pour les faits qui leur sont reprochés, pas pour se prononcer sur l'existence ou non d'un commanditaire. Sur le banc des prévenus, ils auraient dû être quatre, mais deux hommes n'ont pas fait le déplacement. Le premier rencontre des « problèmes psychiques », assure son avocat. Le second a disparu dans la nature.

Ces hommes sont jugés pour « violences en réunion avec préméditation, dégradations graves par effraction et menaces de crime ». L’affaire remonte au 3 février 2008. Ce jour-là, selon le récit qu'en fait la magistrate, l’association féministe Les insoumises organise une réunion dans les locaux professionnels de l’une des membres. L’objectif est de créer les statuts de l’association. Mais vers 16 h 15, un commando de « quatre ou cinq hommes », dont certains avancent le visage couvert, débarquent dans la salle et « renversent la table ». Le meneur « saisit par les épaules » l’une des participantes et partie civile au procès. Il tente de la frapper au visage mais « son coup est amorti » parce que quelqu'un s'interpose. Avant de s’en aller, il lance à la cantonade : « Vous avez compris, c’est terminé pour vous ! »

Parmi les 14 participants à la réunion, certains reconnaissent aussitôt Farid B. et Gilles G., deux « gros bras » du service d’ordre de SOS Racisme. Les enquêteurs identifieront par la suite deux autres individus. Dès le début de l’audience, la présidente du tribunal rappelle le contexte particulier dans lequel intervient cette intrusion. À l’époque, une tornade s’abat sur le mouvement Ni putes ni soumises (NPNS) : sa présidente, Fadela Amara, figure de gauche, vient d’accepter d'entrer dans le gouvernement Fillon en tant que secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville. Cette trajectoire est perçue comme une « trahison » par bon nombre de militantes.



je n'ai pas trouvé trace des résultats du procès

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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Ven 1 Juil - 13:07


le genre est-il soluble dans l'armée Yankee ?

Les personnes transgenres ne seront plus exclues de l’armée américaine
Le Monde.fr avec AFP 30.06.2016


Un drapeau américain flotte au-dessus du drapeau symbolique de la communauté LGBT,
devant l’ambassade américaine à San José (Costa Rica), le 3 juin

Citation :
Après avoir aidé à la levée du tabou de l’homosexualité dans l’armée, en abolissant en 2011 la loi dite « Don’t ask, don’t tell » (« ne rien demander, ne rien dire »), l’administration Obama a fait un nouveau pas pour limiter la discrimination liée à l’orientation et l’identité sexuelles dans ses troupes. Le Pentagone a annoncé jeudi 30 juin que les personnes transgenres ne seraient plus exclues de l’armée.

« C’est la bonne chose à faire pour notre peuple et notre armée », a expliqué le ministre américain de la défense Ashton Carter dans un communiqué. Il invoque la nécessité de ne pas « laisser des barrières non liées aux qualifications » empêcher l’accès de bonnes recrues à l’armée.



image ajoutée


Ouvrir l’éventail

Lorsqu’un médecin reconnaîtra qu’un changement d’identité sexuelle est « médicalement nécessaire » pour un militaire, l’armée fournira également « les soins médicaux et le traitement » pour y parvenir, à partir du 1er octobre 2016, a précisé le Pentagone. Une décision d’envergure, alors que, selon Human Rights Campaign, la plus importante des associations défendant les personnes transgenres, celles-ci seraient environ 15 500 dans l’armée américaine aujourd’hui, sur environ 1,3 million de militaires.

Le ministère de la défense préparait cette décision historique depuis un an. Il avait demandé à ses services d’étudier la question, avec une présomption favorable, dans un contexte où il insiste sur le fait d’ouvrir au maximum l’éventail de recrutement de l’armée américaine, pour pouvoir attirer les meilleurs talents. En janvier, il a ainsi levé les dernières restrictions sur l’accès des femmes aux postes de combat.


autres articles transgenre armée américaine

PS : désolé, pas de sujet LGBT spécifique dans la forum. Les ceuss&celles d'Indymédia et du CCI réunis, qui me voient en "transphobe" (ICI), peuvent porter plainte dans la rubrique ad'hoc : Problèmes ? Suggestions ? Hurlements en faveur de Patlotch ? Insultes ? Ensemble des "anarchistes" et fossiles du programme ouvrier d'État, ça ne s'invente pas, à la guerre comme à la guerre, comme on fait son lit on se couche... avec qui l'on peut

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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Mer 6 Juil - 17:08



Citation :
Archives Matter: Queer, Feminist and Decolonial Encounters

This conference will take place on the 2nd and 3rd of June 2016 at Goldsmiths, University of London and is hosted by the Centre for Feminist Research.

Archives matter. Archives are bound up with the question of whose history is worth preserving. Scholars in postcolonial and decolonial studies have broadened our understanding of archives by thinking of ‘imperial archives’ (Ann Stoler/ Thomas Richards) and colonialism as a ‘cultural archive’ (Edward Said/ Gloria Wekker): ways of understanding how the documents left behind by empire were made, distributed as well as stored, and ways of opening up what is meant by a document: to document is an action that is performed in relation to bodies. This conference will focus on the ways in which we encounter the archive and consider how we might engage the archive differently within feminist, queer and decolonial studies.

We hope in this conference to think toward different uses of archive, from a range of disciplines and perspectives. We hope to explore, how the institutional archive can be made feminist, queered or decolonized, and in which ways we can build on transnational archives as well as establish our own archives. We wish to invite postgraduate students, early career researchers as well as activists, artists and anyone else to contribute.

You can sign up to attend the conference here: http://www.eventbrite.com/o/centre-for-feminist-research-goldsmiths-university-9871931156


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Jeu 7 Juil - 16:33


face aux luttes sur le genre comme à propos d'antiracisme politiquement correct,
le masque tombe de l'anti-communautarisme d'État


Les propos du nouveau référent homophobie inquiètent des militants LGBT

Aude Lorriaux LGBTQ Slate.fr 07.07.2016


Le 23 juin 2007 à Lyon I JEFF PACHOUD / AFP

C'est désormais la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra) qui s'occupera de la lutte contre les LGBTphobies. Une décision qui inquiète certains militants, après des propos tenus par son responsable, Gilles Clavreul, sur le communautarisme.

Citation :
La réunion était très attendue: jeudi 30 juin, des associations représentant les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) ont été reçues par le président de la République, à la veille de la marche des fiertés. À l’issue de la réunion, un certain nombre d’annonces ont été faites, comme le renforcement de la formation professionnelle des membres de la fonction publique, ou l’accélération de la démédicalisation du parcours de transition des personnes trans, qui doivent aujourd’hui bien souvent montrer des attestations de médecins ou démontrer qu’elles ont été stérilisées pour obtenir un changement d’état-civil.

Une autre annonce a été un peu moins relayée par la presse, qui a pourtant provoqué quelques vagues sur les réseaux sociaux: le rattachement de la lutte contre les LGBTphobies à la Dilcra, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Les associations présentes à la réunion n'ont pas exprimé d'inquiétude. Toutefois, cette annonce a sucité des réactions parfois négatives chez des militants qui n'étaient pas présents à la réunion. Certains s’alarment de voir confié à Gilles Clavreul un tel combat.

Une relation de méfiance

Par le passé, le chef de la Dilcra depuis 2015 a tenu des propos sur le «communautarisme» qui ont fait frémir une partie des militants anti-discriminations. Il refuse le mot d'’islamophobie, expliquait Libération en avril 2015 dans un portrait qui lui était consacré:


Citation :
Il regarde, avec méfiance, l’éclatement de la sphère antiraciste en collectifs sectoriels qu’il juge clairement “communautaristes”: collectifs contre l’islamophobie, contre la négrophobie. “Ils sont dans une revendication victimaire destinée à faire reconnaître un groupe en tant que groupe. Ils instruisent le procès de la France comme étant coupable de tous les crimes : l’esclavage, la colonisation…”

Il trouve qu’en tant que “républicains, on devrait plutôt se féliciter que la France ait aboli l’esclavage”. (...) Clavreul cultive un agacement particulier vis-à-vis de “tous ces gauchistes qui jouent, sans vergogne, le jeu du communautarisme”.



Il vilipende le «communautarisme» dans la presse ou sur son compte Facebook, alors que justement ce mot est régulièrement utilisé par l’extrême droite pour dénoncer l’action militante LGBT.

Sur Twitter Mathieu Nocent, ancien porte-parole de l'Inter-LGBT interroge ainsi :


Citation :
«Bonjour Gilles Clavreul, les LGBT constituent-ils selon vous une communauté?» Puis «Je vous posais la question parce que vous avez souvent critiqué le communautarisme».

«Ça va être sympa la lutte contre l’homophobie sous l'autorité de Gilles Clavreul, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra) qui “récuse absolument l'idée qu'il existerait un racisme d'État”, qui voit des communautaristes partout, refuse d'employer le terme d'islamophobie et a été l'un des premiers à soutenir Laurence Rossignol, quant à son emploi du mot “nègres”», a aussi critiqué Gwen Fauchois, militante de longue date et ancienne vice-présidente d'Act-Up.



Luttes historiquement communautaires [ce qui rejoint ma conception d'identités de luttes et de leur dépassement à produire]

Aux yeux de nombreux militants LGBT, il est indu de reprocher aux minorités discriminées leur «communautarisme» puisqu'elles sont précisément exclues par le groupe majoritaire. Et les communautés sont aussi les lieux où se construisent les luttes, où se nouent les stratégies, des lieux donc éminemment politiques, à l’opposé du repli sur soi, explique la sociologue Marie Hélène Bourcier : « Ou bien il a un discours différent pour les LGBT et il y a alors un “deux poids deux mesures” incompréhensible. Ou bien il applique ce discours aux LGBT et là c'est assez catastrophique. »

Mathieu Nocent : « Les vraies politiques de lutte contre les discriminations ethniques, raciales, sexuelles et de genre passent par l'affirmation culturelle et pas uniquement par le droit (passablement inefficace comme on le sait bien). »

Mathieu Nocent estime aussi que la lutte «anti-communatariste» portée par Gilles Clavreul va à l'encontre de toute l'histoire des luttes LGBT :


Citation :
Évidemment que les luttes LGBT ont de tout temps été des luttes communautaires. Les minorités doivent porter la lutte pour la défense de leurs droits, sinon qui les porterait pour elles? Qui sait mieux qu'elles ce qu'elles vivent? Oui, les communautés s'organisent pour défendre leurs droits à l'égalité et à la non-discrimination. Ce n'est pas parce qu'une communauté défend ses droits que sa lutte n'est pas universelle. Ce que je ne sais pas c'est comment il va appliquer ce discours à la question LGBT. De deux choses l'une : ou bien il a un discours différent pour les LGBT et il y a alors un “deux poids deux mesures” incompréhensible. Ou bien il applique ce discours aux LGBT et là c'est assez catastrophique parce que c'est aller à l'encontre de toute l'histoire des luttes LGBT


«Des gens qui ne souhaitent pas partager»

Contacté par Slate.fr, le responsable de la Dilcra se veut rassurant. Par communautarisme, il explique qu’il cible des collectifs et associations qui selon lui prônent une «ségrégation» du monde, mêlant les initiatives de non-mixité d'universités comme Paris-VIII (s'inscrivant dans une tradition des luttes des minorités) et les propos de la porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR) Houria Bouteldja (qui a notamment déclaré en 2015 que «l'idéologie selon laquelle les couples mixtes, la rencontre entre deux cultures c'est beau, est vraiment pourrie» et écrit dans son livre qu'«on ne reconnaît pas un juif parce qu’il se déclare juif mais à sa soif de vouloir se fondre dans la blanchité»).


Gilles Clavreul a écrit:
Je comprends qu’il puisse y avoir des craintes. Ce que j’ai pu pointer n’a rien à voir avec l’existence de communautés, qui n’est pas un gros mot. J’ai pointé une dérive vers un discours ethniciste et raciste, comme le camps d’été décolonial, ou des réunions interdites aux blancs, des discours qui font l’apologie du terrorisme. Le communautarisme, c’est avoir une opposition systématique et obstinée au principe républicain et employer des moyens déraisonnables pour faire avancer ces causes-là. Je n’ai rien observé de tel dans la communauté homosexuelle. Il n’y a pas de justification ou d’appel au terrorisme, je ne connais pas de groupes LGBT qui aient réclamé une dissociation physique entre homosexuels et hétérosexuels. Avoir des affinités, c’est légitime.


La cible de Gilles Clavreul, explique-t-il, ce sont «des gens qui ne souhaitent pas partager, qui ne sont pas dans la tolérance. Et je n’en ai pas vu dans la communauté LGBT, même si je peux me tromper», ajoute-t-il.

«Parler de communautarisme, c’est une illusion»

Mais d’une manière générale, et si les militants LGBT risquent donc peu selon le chef de la Dilcra lui-même d’être taxés de communautaristes, le seul emploi du mot par Gilles Clavreul a du mal à passer :

«Parler de communautarisme, c’est une illusion et un danger. C’est une grille de lecture qui est imposée du dehors, une manière de ghettoiser les gens. S’il y avait des déclarations sur le communautarisme LGBT, ce serait grave», explique Dominique Boren, coprésident de l'APGL.

«Les accusations de communautarisme sont fréquentes de la part des opposants à l'égalité des droits. Moi je n’emploie pas le terme communautarisme. Pour moi, le communautarisme n’existe pas. Je dénonce le fondamentalisme», explique Yohann Roszéwitch, ex-président de SOS homophobie.

Convergence des luttes

Hormis ces frictions, deux des trois associations présentes à la réunion, et qui font partie des plus importantes associations LGBT, ont bien accueilli la nouvelle. SOS homophobie trouve la nouvelle «positive», selon sa vice-présidente Virginie Combe. L’Inter-LGBT se félicite sous la voix de sa porte-parole Amandine Miguel d’avoir «enfin un interlocuteur identifié», après la mission de Najat Vallaud Belkacem sur les LGBTphobies lancée en 2012, et qui fut enterrée lors de son départ du ministère des droits des femmes en mars 2014. Elle estime aussi qu’il est plutôt heureux que cette mission soit interministérielle, les violences LGBTphobes étant transversales (elles touchent plusieurs domaines –la santé, l’éducation, le sport etc.– et donc plusieurs ministères).


Gilles Clavreul : « Il y a une convergence de la haine »


Plusieurs militants soulignent aussi l’intérêt de regrouper les discriminations racistes, antisémites et LGBTphobes dans une même mission, pour avoir une approche «intersectionnelle», soit la prise en compte des multiples discriminations qui visent une même personne, en considérant ses identités multiples (on peut ainsi être discriminé parce que l’on noir et en même temps parce que l’on est une femme. Ou parce que l’on est handicapé et homosexuel). Les discriminations «relèvent souvent toutes d'un même mécanisme, qu'il s'agit de traiter de manière globale», estime Yohann Roszéwitch. «La lutte contre l’homophobie doit comprendre la lutte contre les discriminations religieuses», ajoute Dominique Boren.

Une approche avec laquelle Gilles Clavreul est plutôt en accord, même s’il se refuse à utiliser le mot «intersectionnalité», qui relève selon lui plutôt d’un vocabulaire de chercheurs. «Je ne suis pas moi-même un sociologue. Mais quand on tombe sur des contenus racistes et homophobes on ne peut pas détourner les yeux des seconds, d’autant que souvent les acteurs de la haine sont les mêmes. Il y a une convergence de la haine, donc il doit y avoir convergence des luttes. Cela me parait évident.»


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Jeu 7 Juil - 17:47


l'omniprésence 'naturelle' de la question féminine dans la problématique communiste décoloniale

la question du genre, compris comme sexe social et question qui ne touche pas seulement la distinction homme-femme, mais toutes les identités construites comme naturelles sur des considérations biologiques, physiologiques de distinction, ou des identités choisies sur des critères sexuels voire sexistes, cette question ne semble pas première dans mes considérations les plus théoriques

il y a certes le fait que je suis un homme, hétérosexuel, d'une génération qui n'est pas habituée à en débattre, et je pars comme en toutes choses du principe que ce n'est pas à moi d'exprimer ce que je ne vis pas, ni dans ma chair ni dans mon esprit

mais il y a surtout qu'au-delà, ou en deçà pour les plus portés à théoriser, cette question apparaît en permanence présente de façon empirique, pour elle-même, ou comme médiation d'autres rapports, notamment de classe et de "race", c'est-à-dire à travers le double rapport genre-classes, "genre-races", et j'ai posé la nécessité de cette dialectique à trois termes en rotation dès ma controverse avec Théorie Communiste sur la double contradiction classe/genre et son rejet de la question raciale comme structurant les rapports capitalistes

il n'y a pratiquement pas une situation, une lutte dans lesquelles les rapports classe-race et classe-genre n'apparaîtraient, le premier comme médié par le genre, le second par la "race", et ce phénomène est massif, si bien que l'on peut considérer que les luttes des "femmes" sont un élément qui s'introduit de façon quasi naturelle dans les rapports de classes, de races, et dans le rapport classes-races

il suffit pour s'en convaincre de parcourir les sujets de la rubrique 'FEMMES' & 'hommes'... Domination masculine et machisme structurel : luttes et théories et celles concernant les luttes décoloniales

c'est aussi pourquoi je parle et je pars le plus souvent de "luttes des femmes" et non de "luttes féministes", ce qui recouvre l'idée que les premières si elles doivent être auto-organisées, ne peuvent pas plus être guidée par une avant-garde féministe que les luttes prolétariennes par un parti ou une prophétie théorique

en dehors des "féministes blanches", et quelques soient les points de vue politique, de l'extrême-droite à l'ultragauche, aux anarchistes et aux "partisans de la communisation", c'est bien simple, il n'y a que des hommes, et la plupart de couches moyennes intellectuelles, pour refuser cette évidence

maintenant, c'est vrai qu'il est difficile de juger de la présence de la "structure" genre-classe dans les luttes, et même son théoricien quasi unique au monde, Roland Simon de Théorie Communiste, qui a construit cette vision sur une critique de Christine Delphy, reconnaissait récemment que dans le mouvement Nuit Debout - Loi travail, le clivage "camarades mais femmes" n'apparaît pas (je le résume ainsi par cette formule de Chloé, à défaut de retrouver le passage)

il n'y a eu que les conflits assez nauséabonds sur le refus de "commissions non mixtes", par des hommes dont on se demande ce qu'ils connaissent des luttes féministes dans l'histoire, et de la situation actuelle des femmes, sans parler des femmes prolétaires, et plus encore prolétaires "racisées", à Nuit Debout. Tout cela rejoint le refus d'une auto-organisation des victimes directes du racisme au nom de l'anti-communautarisme, et c'est dire dans quel marécage nous pataugeons en France ! *

* voir encore aujourd'hui face aux luttes sur le genre comme à propos d'antiracisme politiquement correct, le masque tombe de l'anti-communautarisme d'État : Les propos du nouveau référent homophobie inquiètent des militants LGBT

l'auto-émancipation des femmes, et autres genrées pour ne pas dire denrées, marchandises sexuelles pour tous les goûts sur le marché inter-individuel structuré comme un inconscient capitaliste), a des exigences fondamentalement communistes, dans le sillage de Flora Tristan


l'auto-émancipation des femmes sera l'œuvre des femmes elles-mêmes, mais pas sans l'émancipation du prolétariat de tous sexes réunis : révolution dans la révolution, cela marche dans les deux sens, si j'ose dire, pour « arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. » (Rimbaud)

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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Jeu 14 Juil - 12:42



« en faveur du Camp Décolonial »

Mixités/choisi-es/ton camp !

autodefensefeministe 13 juillet 2016

Citation :
Nous sommes des femmes qui participons à un groupe d'autodéfense féministe* autogéré à SaintÉtienne. Ce groupe fonctionne en mixité choisie avec les différences d'identités/d'appartenances de ses participantes et rassemble des femmes hétéras, lesbiennes, trans, blanches, racisées**, issues de l'immigration post-coloniale ou des colonies actuelles, en prise avec la psychiatrie ou d'autres institutions normalisatrices... Nous avons conscience des différents types de dominations diffus dans la société et cherchons, grâce à ce groupe entre autres, à trouver les moyens de s'en défendre afin de prendre notre entière place. Nous gardons à l'esprit les potentialités d'être confrontées à des situations où la domination s'exerce, tour à tour, par nous et sur nous ; aussi, nous sommes humblement mais constamment au travail sur ces questions.

C'est pourquoi nous avons décidé d'écrire ce texte collectivement afin de prendre position en faveur du Camp Décolonial 1 qui se tiendra cet été en mixité choisie (personnes subissant directement des discriminations racistes) et, plus largement, en faveur de la mixité choisie contre les énièmes attaques d'une mauvaise foi évidente de la part des media et du pouvoir institutionnel 2. Quitte à se répéter nous nous déclarons solidaires des groupes de personnes discriminées qui se retrouvent pour lutter.

Tout d'abord, quelques évidences bonnes à rappeler à commencer par : le sexisme, le racisme, les rapports de classe sont des systèmes de domination et d'infériorisation inscrits au plus profond de la société et celle-ci les perpétue. Le nier constitue une stratégie de survie comme une autre que nous ne jugeons pas pertinente. Nous cherchons plutôt à réfléchir à partir de ce constat et à trouver les outils pour lutter contre la persistance de ces systèmes de domination structurelle.

1. Extrait de l'invitation au camp : « À l’approche de la campagne présidentielle, il semblait important que nous, les concerné-es par le racisme d’État, soyons préparés à être les sujets principaux des discours politiques. Pour cela, nous vous proposons de nous réunir afin de se former, de partager et de nous renforcer pour les luttes et mobilisations à venir. C’est indispensable ! Ce camp d’été n’est pas réservé aux militant-es. Au contraire, il a pour objectif de confronter les plus jeunes aux questions qui les touchent et de faire se rencontrer et travailler ensemble des groupes qui n’en ont pas l’habitude. Le camp s’inscrit dans la tradition des luttes d’émancipations décoloniales anti-capitalistes et d’éducation populaire. » https://ce-decolonial.org/

2. Ce camp a largement été attaqué dans les principaux media, sur les réseaux sociaux et même jusqu'à l'Assemblée nationale. Bernard Debré a dénoncé publiquement ce camp comme le signe « de la montée du racisme anti blanc et de l'antisémitisme », il a interpellé Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur. Selon elle, ces "initiatives inacceptables [...] confortent une vision racisée et raciste de la société" : "Au bout de ce chemin-là, il n'y a que le repli sur soi, la division communautaire et le chacun chez soi".

Plus de réponses et de réactions des organisatrices : http://contre-attaques.org/magazine/article/camp-d-ete


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Jeu 14 Juil - 12:52


Abdoulaye s’est entretenu avec des membres du collectif Mwasi, qui lutte pour l’émancipation des Africaines et Afrodescendantes.

Citation :
Le Bondy Blog : Quand et comment est né le collectif Mwasi ?

Mwasi : Le collectif a fêté son premier anniversaire le 22 novembre 2015. Il a été créé par un groupe d’Afrodescendantes. Les premières femmes du collectif se sont réunies pour une marche silencieuse contre les violences sexuelles en RDC.

Le Bondy Blog : Comment définiriez-vous votre Afroféminisme ?

Il est bon de rappeler que l’Afroféminisme n’est pas un bloc monolithique. Il y a différents Afroféminismes. Le nôtre est non seulement pro-choix au sens où il défend le droit à l’avortement, la liberté de porter le voile ou non, la liberté d’expression corporelle et sexuelle, le choix de son identité de genre mais également intersectionnel, un concept popularisé par une Afroféministe états-unienne Kimberlé Williams Crenshaw à partir d’un travail sur la violence domestique et l’isolement des femmes battues Afro-étatsuniennes, rendues doublement invisibles par l’expérience croisée du racisme et du sexisme. C’est un outil qui permet de penser l’intersection des rapports de domination de sexe, de race et de classe. C’est en ce sens que nous sommes un collectif intersectionnel : nos luttes sont multiples et indémêlables. Elles s’attaquent aussi bien aux discriminations raciales, sexistes, classistes, validistes qu’à celles que subissent les minorités sexuelles et de genre face à la cishéteronormativité.

Le Bondy Blog : On porte aujourd’hui beaucoup d’attention au mouvement Afroféministe en France mais on oublie l’histoire de la présence de féministes noires en France. Pouvez-vous retracer la généalogie de l’Afroféminisme français ?

Notre collectif n’est pas le premier collectif Afroféministe en France. En témoigne l’existence de la Coordination des femmes noires de 1976 à 1982, un mouvement de femmes noires Africaines et Antillaises qui luttaient pour le droit à la contraception et à l’avortement, contre l’apartheid et la répression en Afrique ou contre les politiques impérialistes. De 1982 à 1994, le mouvement pour la défense des droits de la femme noire (MODEFEN) a pris le relais. Mais on pourrait remonter aux soeurs Nardal qui, dans les années 20, tenaient un salon littéraire à Clamart dont l’objectif était de mettre en relation les diasporas noires. Des féministes noires ont donc bien existé en France. Il faudrait cesser de se référer sans cesse aux États-Unis même si cela s’explique par le peu de visibilité et d’archives sur ce mouvement en France. Il est par exemple très difficile de se procurer un exemplaire de La parole aux négresses d’Awa Thiam, une des membres de la Coordination des femmes noires ou d’avoir accès à La Revue du Monde Noir fondée en 1931 par le Dr Sajous (Haïtien) et les sœurs Jane, Andrée et Paulette Nardal (Martiniquaises). Il faut raviver la mémoire des Afroféminismes en France. Il y a actuellement un problème de transmission et d’institutionnalisation de ces luttes.

Le Bondy Blog : Vous prônez un savoir sur, par et pour les femmes noires au sein d’espaces non mixtes. En quoi cette non-mixité de race et de genre est-elle une « nécessité politique » pour reprendre l’expression de la sociologue Christine Delphy ?

C’est une nécessité politique parce que nous devons reconquérir notre droit à la parole. L’hostilité de certaines féministes à cette non-mixité perçue comme « communautariste » et « excluante » est assez surprenante quand on sait que la non-mixité est une tradition féministe. Ce qui dérange ces gen.te.s, au fond, c’est de ne pas avoir le contrôle sur nos luttes et notre agenda militant. De voir leurs privilèges mis en lumière. Nous affirmons être les mieux placées pour saisir les armes de notre émancipation. Ce n’est pas une non-mixité contre les autres. C’est une non-mixité pour nous retrouver entre nous, dans un espace sain et bienveillant où s’écouter et se soutenir. Un espace pour identifier et combattre les multiples violences que nous subissons en tant que femmes noires.

Le Bondy Blog : Vous portez un projet de transformation sociale et politique, à la fois antisexiste, antiraciste, anticapitaliste et anticolonialiste. Comment construisez-vous vos alliances avec d’autres organisations ou d’autres collectifs ? Sur quelles bases politiques ?

Nous avons certes besoin de faire des alliances intracommunautaires et extracommunautaires car nous avons peu de visibilité. Mais il y a des organisations avec lesquelles nous ne nous associerons jamais. Nous pensons notamment aux organisations antiracistes dites « traditionnelles » comme SOS Racisme qui se complaisent dans un antiracisme essentiellement moral et complètement dépolitisé. Nous travaillons en revanche avec des mouvements comme celui de Cases Rebelles, un collectif politique d’Afrodescendant.e.s fondé en 2010, ou Ferguson in Paris, né en septembre 2014 suite au meurtre de Michael Brown par la police américaine et dont l’action principale est d’informer et de lutter contre les violences policières en France.

Le Bondy Blog : Si vous deviez caractériser votre pratique du militantisme ?

Nous sommes dans la rue. Nous avons participé à plusieurs manifestations : les actions contre les viols en RDC, la manif du 8 mars à Paris, notre contre-manif du 5 septembre 2015 en soutien aux réfugié.e.s pour dénoncer le néocolonialisme, la marche pour Amadou Koumé et contre les violences policières le 10 octobre dernier, le rassemblement contre la pénalisation des Travailleu.r.se.s du sexe et de leurs clients, la 15ème marche des Trans, des Intersexes, les actions de justice climatique pendant la COP21 etc. Nous sommes aussi très présentes sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Periscope) qui nous permettent de relayer nos actions. Nous avons également un blog qui explique qui nous sommes, recense nos activités et partage des idées de lectures pour compléter ses réflexions Afroféministes. Nous avons également organisé un événement le 31 juillet pour la journée internationale des femmes Africaines, qui fut un succès ! Nous organisons des collectes et des distributions de vêtements et de dons pour les réfugié.e.s. Nous collectons des dons ici.

Le Bondy Blog : Le 31 octobre 2015 a eu lieu la Marche de la dignité et contre le racisme, avec le soutien de la militante du mouvement des droits civiques aux États-Unis : Angela Davis. Votre collectif a signé l’appel et participé à cette marche. Pour quelles raisons ?

Nous avons participé à cette marche pour rendre hommage aux luttes portées par les immigrations postcoloniales, les départements et territoires d’outre-mer et les quartiers populaires. C’était une marche pour affirmer notre dignité, réclamer la justice et exprimer notre opposition au racisme institutionnel. Cette marche était également importante parce qu’elle était organisée par la MAFED (Marche des femmes pour la dignité), un collectif de femmes racisées dont nous faisions partie. Il était important pour nous de rendre visible l’intersectionnalité de notre lutte et la dimension politique de nos vies.

Abdoulaye Gassama


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Mer 3 Aoû - 16:58


lecture par Rada Iveković  01/08/2016

Citation :
Depuis que des successeurs et épigones de Foucault ont repris le terme et l'ont popularisé en en élargissant la portée et en en diluant le sens, tout est devenu biopolitique, comme la référence à Foucault – « infréquentable » académiquement de sa vie - est devenue obligée. Conférences et séminaires sur la biopolitique et les biopolitiques se sont enchaînés les uns après les autres, se référant à toutes sortes de sujets et à toutes les époques historiques. Ces diverses « applications » sont elles-mêmes bienvenues, même si la signification première de la biopolitique est parfois quelque-peu occultée, alors qu’une certaine valeur politique en a été détournée, puisque applicable à tout. Il s’agit sans doute du déplacement d’un terme et concept d’une discipline (la philosophie) vers d’autres disciplines, littéraires et historiques, déplacement qui les libère et les fait revivre dans de nouveaux contextes. Le même geste, par ailleurs, bouscule la hiérarchie reçue des disciplines institutionnalisées, ainsi que l’ordre épistémique établi, et c’est tant mieux. Il s’agit d’un ébranlement bénéfique dont les implications vont encore plus loin. Alors que Martine Spensky et ses auteurs s’inscrivent dans le courant de trouble de l’ordre du genre et des sexes, le désordre introduit par elles et eux dans la construction des savoirs soutient l’assertion qui est la leur. Il le fait même indirectement et par le côté formel, quasiment au delà des contenus démontrés et du seul genre. Les implications en sont sociales et politiques, de même que les conclusions à tirer.

Le concept de biopolitique lui-même vient au moins de Carl Schmitt1, de sa théologie politique et du rapport qu’il conceptualise entre ami-et-ennemi2,  et non de Foucault, qui le remanie. Schmitt définit  le souverain « comme celui qui décide sur l'état d'exception », et le « souverain est celui dont on reconnaît le pouvoir de proclamer l'état d'exception et de suspendre, de telle manière, la validité de l’ordre juridique ». « C’est dans la souveraineté ainsi entendue qu'on peut reconnaître le nœud biopolitique dans lequel elle serre la vie », écrit à ce sujet Ottavio Marzocca3.

La biopolitique porte sur les populations en tant que vivantes, prises collectivement et passées par les statistiques afin d’être « traitées » et « servies », mais surtout contrôlées, et ceci en condition de modernité directe (occidentale, métropolitaine) aussi bien qu’« alternative » ou « dérivée », comme c’est le cas des modernités (post)coloniales. Dans la modernité, il a fallu adapter les modes de gestion et de contrôle des populations et de la vie, surtout en vue de la base matérielle – la planète commune, le climat, la santé, l’air, l’eau (les « commons ») etc. - à sauvegarder. La biopolitique contrôle les humains – de manière graduée et inégale - et essaye de gérer la nature (la vie) dans un intérêt général où l’économie rejoint l’écologie dans le cas idéal (toujours en privilégiant les humains sur les autres espèces). Foucault parle en premier lieu d’un nouveau « biopouvoir » qui se démarquerait du pouvoir plus traditionnel relevant de la souveraineté, selon lequel il s’agissait de « laisser vivre ou faire mourir ». Or, le biopouvoir à l’âge classique4, qui est accompagné de la discipline dans les usines et les casernes (le pouvoir sur le corps comme machine),  à l’inverse, prend la vie comme objet et produit de la résistance subjectivante (« production de soi ») et dispersée en retour, ce qui deviendra biopolitique : « vivre et laisser mourir ». Les deux formes de pouvoir coexistent tant bien que mal, et le premier (la souveraineté) serait plus contraignant et plus visiblement brutal, si ce n’est que la biopolitique  s’articule aussi et encore avec un aspect purement disciplinaire : d’une part la discipline, d’autre part le biopouvoir, produisent des technologies du pouvoir différentes5 et se rejoignent dans la biopolitique. Celle-ci, comme un type de rationalité, gère les (humains) vivants dans le but d’en faire tirer le maximum de profit. Les définitions et lectures de la biopolitique peuvent être différentes selon les auteurs mentionnés.

Philosophiquement parlant, la biopolitique n’est pas tant l’ « entrée de la vie humaine en politique » : la vie humaine et les humains sont en politique originairement en quelque sorte, ils sont politiques immédiatement. La vie humaine, qui implique la sociabilité, relève du politique même dans les circonstances où on ne leur plaque pas la biopolitique. C’est même le contraire qui est vrai, philosophiquement parlant. La biopolitique – en philosophie – serait même en quelque sorte une dépolitisation historique et brutale des corps, autrement dit – ici - des humains. Cette réduction consiste justement en la réduction des hommes et des femmes à leurs seuls corps, qui peuvent alors être comptabilisés catégorisés, classifiés etc. pour le plus grand bien des sciences « supérieures », pour la production, ainsi que pour l’agissement de l’Etat providence. Et nous effleurons à peine ici, sans la creuser, la question de l’absolue priorité de la vie par rapport à l’humain, ou la question de la spéciation, qui reste entière à nos yeux dans la problématique de la biopolitique à étudier. Elle regarde aussi bien les espèces vivantes que les disciplines des savoirs établis: car une stratégie épistémique de reconstruction des savoirs autrement devrait prendre en compte la sauvegarde et le maintien d’un monde durable (sustainable) ainsi qu’une solidarité de toutes les formes de vie6.

Il est à noter que le livre, ainsi que l’intéressante conférence qui fut à son origine, passent en revue les empires coloniaux, c’est-à-dire des histoires en relation avec la modernité occidentale, rapports qui,  aux yeux de ce type de travail, concernent au premier lieu l’esclavage moderne et le genre.  C’est bien sûr justement dans les colonies ainsi qu’à propos des femmes que la biopolitique a été inventée, s’appliquant aux corps « dociles » ou supposés sans défense, en tout cas aux corps contrôlés : contrôlés au moyen d’une nouvelle technologie du pouvoir – la biopolitique. La modernité y est introduite par les méthodes les plus brutales et fait elle-même partie de la colonisation.

Mais cette origine n’a pas été d’emblée reconnue en philosophie « européenne » ni même « occidentale », puisque la colonie était traitée comme extrapolitique, extraconstitutionnelle, extraterritoriale, comme exception et comme hors modernité, et donc comme étant sans intérêt en philosophie politique ou sciences politiques. Il a fallu que des philosophes depuis Foucault, ainsi que des spécialistes des cultural studies et des différentes orientations d’études (post)coloniales et décoloniales s’y mettent, pour renverser l’image d’une seule modernité monolithique, européenne, en les modernités plurielles et « alternatives » des continents colonisés. Les perspectives changent. Il est désormais acquis que la modernité occidentale constitue cette scission historique où est imposé aux « cultures » des continents colonisés (et donc dans les empires) le renoncement à leurs propres antiquités  comme condition d’accès à la modernité et au « progrès ».  La biopolitique se charge d’inculquer ce protocole. Ce n’est que graduellement que l’on s’est rendu à l’évidence du rôle primordial de la biopolitique dans les colonies et sur les colonisés, puisque tout l’intérêt de l’invention de la biopolitique était de reconnaître d’abord comment pouvait être mise en œuvre une dépolitisation ou démobilisation politique de ceux qui seraient en principe citoyens, et donc en premier lieu voués au politique. Mais dans les empires coloniaux les sujets n’étaient pas citoyens, de même qu’en métropole la citoyenneté des femmes n’était pas mise en œuvre dans les faits : il y a, en plus, l’esclavage, il y a la condition différentielle des femmes, il y a les métis au statut peu clair et tous les « subalternes ». Cependant, presque toutes les formes de pouvoir ont en général d’abord été expérimentées dans les colonies et sur les subordonnés sous les formes les plus brutales, pour être ultérieurement introduites en Europe, en général sous des formes moins cruelles ou en tout cas oublieuses de la très particulière violence coloniale. Les habitants des (anciennes) métropoles découvrent souvent ces méthodes avec surprise, y compris en notre temps, quand elles leurs échoient, sans se rendre compte que les populations colonisées avaient été les premières à y être soumises.

Le livre Le contrôle du corps des femmes dans les Empires coloniaux a le grand avantage d’articuler la hiérarchie des classes et l’étude des colonies impériales par celle du genre, avec ce constat important - « le contrôle du corps des femmes est l’un des enjeux majeurs des politiques coloniales »7, ainsi que de déborder le cadre du seul occident (et donc aussi les limites de l’approche foucaldienne). Il démontre comment les rapports raciaux sont au centre de la préoccupation coloniale en tant qu’inquiétude primordiale. Ils sont renforcés par les rapports de sexe et le genre, enchevêtrés et faisant partie de la même stratégie de contrôle et de pouvoir.

C’est en tant que partage et séparation ou même scission que le sexe marque la race, la nation, et même la citoyenneté dont il maintient, reproduit et renforce les hiérarchies et les contradictions ; car la subordination des femmes les fonde toutes. Le principe de maintien de l’identité, ainsi que la souveraineté - immobilisent. Ils opèrent l’auto fondation du propre par le partage de la raison : c’est bien « notre » raison (et nos « raisons ») qui est partagée par le genre au service des autres hiérarchies à maintenir – la race, la nation, la classe etc. Les constructions telles que la différence des sexes, la nation, sont instrumentales à cet effet, et interdépendantes. Mais la conservation de la continuité est faite d’interruptions. De sorte que le prix de la communauté (sous l’égide de l’un-ego) est paradoxalement - ce qui sépare. Cette scission constitutive est la condition même de la communauté. Or, la différence des sexes est un tel « premier » différend, constitutif lui-même de la communauté et de la nation. Partout, il exaspère l’inégalité des races établie, la différence dite nationale, ainsi que les autres inégalités et hiérarchies sociales. Il ramène tout à la souveraineté, qu’elle soit  nationale ou impériale.

Quel est le sens de la souveraineté ? C’est la surabondance de soi. La politique est, sous cet aspect là, passion (une passion de soi-même) et « homodoxie ». Il n’est pas étonnant alors que la sexualité soit un enjeu de pouvoir – Foucault l’avait bien compris - pouvant aller jusqu’à sacraliser la domination et l’hégémonie. Mais la « différence des sexes », et plus encore le « genre », ne sont qu’une forme – fondamentale, car normative – du partage de la raison, ou de son arrêt. Ils sont ontologiquement « faibles », d’où leur caractère rituel, directif, répétitif, suppléant à leur manque de substance. Le sexe est une idée forte, constituante de l’ « identité » sexuelle comme de toute identité. Il agit comme idée et par la force des idées, il sert à maintenir l’ordre. Il ne s’agit pas seulement de l’ordre concernant les femmes, bien que celles-ci en soient l’enjeu à tous les niveaux : le sexe (en tant que scission) contribue à reproduire et entretenir l’ordre social, étatique, colonial et impérial. C’est sous cette forme qu’il est genre, et normatif, utilisé dans l’établissement, la reconduite et le maintien des diverses formes de pouvoir, comme le montrent tous les chapitres du livre.

On n’est pas obligées de s’en tenir à Foucault ou à Agamben au sujet de la biopolitique, traduite dans la réalité par des manœuvres d’immunisation. Toni Negri tente de retenir la dimension économique de la subjectivation en tant que résistance vitale interne au biopouvoir, et positive, dans la biopolitique, alors que Roberto Esposito, quant à lui, spécule sur le côté positif d'une immunité relative inclusive8, et alors que la même est, pour Agamben9, une question de choix épistémologique et une sorte d'éthique cognitive de principe et de « témoignage ».  Pour Esposito, la « vaccination immunitaire »  extrême est suicidaire (car meurtrière). Et pourtant, l'immunité est également vitale, dans un équilibre impossible à théoriser. Ceci est à l’opposé du  système construit par Ernesto Laclau et Chantal Mouffe10 et surtout par cette dernière, en tant que système fermé. Les systèmes fermés dans des limites strictes ne permettent pas de gradation. Vous êtes dedans, ou vous êtes dehors, inclus ou exclus. Mais les frontières sont reconnues par tous. Etienne Balibar11 aussi reconnaît un cadre donné (réaliste), mais il est au moins critique à l'égard des limites préalablement prescrites plus ou moins tacitement12. Ainsi Chantal Mouffe n'admettrait point la Turquie en Europe (même si à ce stade de la politique turque et européenne en 2016, cela importe désormais peu). Du même coup, elle ne peut pas reconnaître les migrants et les réfugiés ou des éléments qui dépasseraient le cadre ou les frontières. Selon le binaire normatif prévalent maintenant - les migrants sont ceux qui ne sont pas citoyens. Nancy Fraser, bien qu’elle soit beaucoup plus flexible sur la question, ne traite pas non plus des migrants, ni de tout ce qui peut dépasser le système13. Les migrants, les refugié-e-s, les citoyens manquants, sont aujourd'hui notre principal problème, outre le sexe et le genre. A d’autres époques, c’étaient les esclaves ou d’autres sujets, mais de tout temps et toujours, ce sont aussi les femmes. C’est ce que démontrent les chapitres de ce livre, très divers entre eux mais passionnants.

Après l’exemplification et l’apparente diversification des cas de figure, c’est l’universalité de la subordination des femmes, et plutôt leur inclusion subordonnée car constitutive du système, que leur exclusion, qui réunissent et rassemblent à nouveaux les arguments, les approches et les situations historiques très divers en un livre cohérent en principe sur les (bio)politiques du genre des empires, mais finalement, au-delà de ces derniers.

Dès le premier texte de l’ouvrage collectif après l’introduction de Martine Spensky, celui de Paola Domingo sur le Paraguay colonisé, on comprend le lien profond entre le genre et la question des « races » à propos du traitement des indigènes : les deux représentent conjointement un même opérateur politique, bien sûr au-delà du pays étudié. Cela est renchéri dans le chapitre de David Richardson avec Judith Spicksley et celui d’Arlette Gauthier. La dernière montre la valeur ajoutée que représentent les esclaves femmes dans la caraïbe française, en tant que mères d’esclaves. La même chose est démontrée par les premiers, qui étudient, de manière comparée, la traite d’humains de l’Afrique vers le monde arabo-musulman, avec cette « nuance » que les femmes esclaves pouvaient y être intégrées à la famille de leurs maîtres en tant que concubines, et leur donner des enfants. Des enfants soit à accepter et à élever, soit à vendre, d’ailleurs. Les autres chapitres, comme celui de Christelle Taraud, qui étudie la prostitution comme elle est ouvertement réglementée par les autorités françaises au Maghreb, se rapprochant de plus en plus de la traite, ne font que confirmer ces recherches avec des exemples différents. La politique du genre, en fonction de la hiérarchie raciale, décide alors du partage des femmes entre celles qui sont à disposition, et celle qui sont « préservées » pour garantir l’honneur de la communauté et maintenir la hiérarchie entre les groupes. Dans tous ces exemples, on voit que des relations de pouvoir tendues et même antagonistes existent entre les hommes selon les communautés. Ils peuvent ainsi exercer des pressions et un pouvoir contradictoires et divisifs sur les femmes, tout en renforçant une homogénéisation masculine et nationale de la société.

Deux chapitres étudient le Congo belge, celui de Valérie Piette, et celui d’Amandine Lauro. Les deux évaluent la politique coloniale des sexes – très dure et violente – par le contrôle des femmes, de leurs corps et de la maternité. Le genre, dont la portée s’étend jusqu'à l’élevage des enfants indigènes, est un opérateur politique important pour les autorités qui, en cela, se font aider par les associations plus ou moins philanthropiques ou les églises et religions qui interviennent auprès des mères. L’enjeu est toujours la surveillance des femmes pour maintenir l’ordre social et la soumission, mais la question se pose de savoir dans quel régime, monogame ou polygame, les femmes seraient le mieux contrôlées ? L’ordre à maintenir, bien entendu, présuppose une domination coloniale, donnant une grande liberté aux colons qui doivent conserver un accès aux femmes et filles congolaises en toutes circonstances. Violaine Tisseau, qui étudie Madagascar, identifie cela comme le problème du métissage, auquel les autorités coloniales réservent des politiques très ambiguës et contradictoires, selon les époques. Car le métissage, salué quand, dans une colonie, il n’y a pas suffisamment de femmes blanches, peut s’avérer être « indésirable » et condamné politiquement plus tard, quand il y en aura « assez ». L’Etat recourt volontiers à l’aide des organisations religieuses et de la société civile pour résoudre les « problèmes » créés par le métissage  - l’excès d’enfant métis abandonnés, les femmes « déchues ». Le métissage apparaît d’ailleurs dans les diverses aires étudiées. L’exemple donné par  Claude Grimmer de la vie d’une jeune métisse camerounaise, confirme ce qui est déjà dit, et rend compte du louvoiement de la législation coloniale française en la matière. Que faire des métis et du concubinage, de ceux qui « dérangent » l’ordre racial et donc l’ordre tout court ?

Dans son excellent texte intitulé « Empires et biopolitiques vus du Royaume-Uni » à la fin du livre, bien qu’il parle des îles britanniques, ainsi que dans son introduction au livre qui donne le cadre historique de la problématique du genre dans les empires, Martine Spensky, qui a dirigé le livre collectif, réussit le difficile pari de rassembler ces exemples et toute la diversité des approches et des aires géographiques étudiées, par une très bonne synthèse politique. Avec les dissimilitudes et les écarts historiques et géographiques, ce n’était pas évident ; pourtant, le pari est bien réussi grâce à l’universalité de la subalternité dans la condition des femmes, mais aussi grâce à la coopération conjointe, en un opérateur politique unique, de divisions telles que la race, la classe, le genre, la nation, la colonialité.

Ce livre est à lire urgemment, en particulier par les étudiants et chercheurs travaillant sur la condition des femmes, les empires, la condition coloniale, l’esclavage, le métissage, la colonialité des pouvoirs!


1. Carl Schmitt, Théologie Politique, trad. par J-L. Schlegel, Gallimard 1988 (3e éd.).

2. C. Schmitt, « La distinction spécifiquement politique, sur laquelle se laissent ramener l’action et les motifs politiques, est la distinction entre ami et ennemi », C. Schmitt, La notion de politique. Théorie du partisan, (Flammarion/Champs 1999) cité depuis l’original allemand par  Michael Turnheim, « Les raides-fous. Autisme, biopolitique et déconstruction », in  L'en-je lacanien n. 2005/1 (no 4), p. 192.

3. O. Marzocca, « BIOPOUVOIR, BIOPOLITIQUE, POLITIQUE DÉclinaisons italiennes », dont nous tirons la citation de Schmitt concernant le souverain (Politische Theologie, pp.33-34),  http://1libertaire.free.fr/OMarzocca02.html

4. 17-18e siècles.

5. Creuser plus loin cet aspect signifierait de s’embarquer dans une lecture « anglo-saxone » de Foucault, ce qui n’est pas utile pour notre but plus modeste d’une simple recension.

6. Solidarité de toutes les formes de vie : en sanskrit, c’est karma. Le concept est vieux et existe en dehors du système de l’hégémonie occidentale des savoirs.

7. M. Spensky, p. 10.

8. Esposito, Roberto. « Communauté, immunité, démocratie ». Transeuropéennes 17, 1999, p. 35-45; Immunitas. Protezione e negazione della vita. Turin: Einaudi, 2002.

9. Agamben, Giorgio, Homo sacer. I: Il potere sovrano e la nuda vita, Einaudi, Turin 1995; Quel che resta di Auschwitz. Homo sacer III, Bollati Boringhieri, Turin 1998.

10. Depuis: Ernesto Laclau & Chantal Mouffe, Hegemony and Socialist Strategy: Towards a Radical Democratic Politics, Londres, Verso 1985. Ernesto Laclau, On Populist Reason, Londres, Verso 2005. Chantal Mouffe, The Democratic Paradox, Londres, Verso 2000; Le politique et ses enjeux. Pour une démocratie plurielle, Paris, La découverte 1994 ; Chantal Mouffe, une  interview « Antagonisme et hégémonie » in La Revue internationale des livres et des idées n° 3, pp. 30-34. Chantal Mouffe, Agonistique : Penser politiquement le monde, tr. by Denyse Beaulieu, Paris, ENSBA 2014. A propos de Laclau et Mouffe, R. Iveković, « Populisme et politique », Cultures&Conflits n° 73, 2009, pp. 125-133.

11. Etienne Balibar & Immanuel Wallerstein, Race, Nation Classe. Les identités fictives, La Découverte, Paris 1990.

12. Voir tout le travail de Balibar sur la politique et sur l’Europe: Europe, crise et fin?, Le Bord de l’eau, Bordeaux 2016; Violence and Civility: And Other Essays on Political Philosophy (The Wellek Library Lectures). Trans. James Swenson. Columbia UP, New York 2009; La proposition de l’égaliberté. Paris:PUF, 2010; « Cosmopolitanism and Secularism: Controversial Legacies and prospective Interrogations », Grey Room 44, Summer 2011(2), pp. 6-25.

13. Nancy Fraser, Transnationalizing the Public Sphere, Polity Press, Malden 2014; Fortunes of Feminism: From State-Managed Capitalism to Neoliberal Crisis, Verso, Londres-NYC 2016.


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Ven 19 Aoû - 22:37


la discussion autour du texte de Gilles Dauvé Sur la « question » des « femmes », prolongeant celle de dndf, a fait l'objet d'un sujet à part entière pour alléger ce sujet général


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Sam 20 Aoû - 0:05


une trouvaille, en rapport avec l'auto-organisation des femmes autant que des 'décoloniaux'. Et puis je rencontre comme ça, virtuellement, de plus en plus de personne, dont Personne, qui ont du talent et un certain art de la persuasion... Une trouvaille avec le sourire en sus, ça ne se refuse pas


Je veux comprendre la non-mixité des groupes engagés

Madame sourire 19 août 2016
Celle qui était prof, féministe et du 93

Ces derniers mois, on a vu s’installer un débat autour de la non-mixité dans les associations ou dans les luttes. Il y a souvent beaucoup de méprise sur les groupes non-mixtes. On ne comprend pas forcément pourquoi des femmes ont décidé de se réunir sans homme, et que des femmes noires refusent de se réunir avec des femmes blanches et des hommes.

A travers cet article, je vais revenir sur les faits, les critiques et sur l’histoire des groupes non-mixtes. Je compte aussi t’expliquer pourquoi je pense que ces groupes sont essentiels pour lutter contre les discriminations.



Citation :
Une question récente ?

Tu peux taper « groupe non mixte » dans ton moteur de recherche favori. Tu y verras des centaines d’articles. Même Grazia en a fait un sur le groupe non-mixte de Nuit Debout. Pour dire !

Un groupe non-mixte est un groupe qui se ressemble dans sa composition. Ces membres ont tous la même caractéristiques. Par exemple, les membres sont tous des femmes. De ce fait, elles excluent les hommes de leurs discussions.

Les premiers groupes non-mixtes ont été aperçus chez les suffragettes, les militantes pour le droit de vote, à partir de 1903 en Europe. (Bon, il y avait quelques mecs, mais ils étaient quand même rare… Et ils n’étaient pas invités aux réunions. Faut pas déconner non plus ! ) Cela va prendre de l’ampleur dans les années 1960, et surtout après Mai 1968. Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF) est basé entièrement sur cette règle à sa création entre 1968 et 1970 (elles ne sont pas d’accord entre elles sur la date, on va fâcher personne… ).

Mais ne trouve-t-on pas cette non-mixité dans des temps plus anciens ? Le gynécée grecque, la pièce qui étaient réservée aux femmes dans la maison  ? Ou dans les appartements des femmes dans la royauté française ? Ou dans le harem ?

La grande différence avec ces lieux réservés aux femmes et les groupes non-mixtes, c’est que pour les premiers, ce sont des lieux décidés par les hommes. « Tiens, on pourrait les mettre là, pour qu’elles se racontent leurs histoires de bonnes femmes et qu’elles parlent un peu de leurs menstrues. Non parce que bon, t’es bien d’accord avec moi, elles sont chiantes quand même. Nous, on aime bien être tranquille pour parler politique« .

Alors que le second est voulu : ce sont les femmes qui décident de se réunir, là où elles le souhaitent pour parler de ce qu’elles ont envie. Et sans forcément faire des tâches ménagères.

Mais pourquoi donc les nanas ont-elles besoin de cela ?

Pendant longtemps, je me suis dit que c’était de la belle connerie de se réunir comme cela. Je pensais naïvement que les hommes étaient capables d’écouter et de donner leurs avis. Faire des réunions mixtes, cela permet aussi d’éduquer, d’expliquer ce qui nous dérange aux hommes.

Oh mais ma bonne dame ! Dans le monde où on vit, c’est bien plus complexe que cela !

Pour comprendre un peu, je te propose d’entrer dans la pensée structuraliste (olalalala!!) et d’ouvrir un peu ton esprit.

Je pense sincèrement que notre société est une société patriarcale. Cela veut dire que je pense que les hommes détiennent le pouvoir politique, économique et juridique, que ce sont eux qui ont fait les lois et règles tacites de notre société. Que même si les femmes ont gagné des droits, les normes au travail, dans le couple et dans la famille sont toujours en faveur des hommes.

Cela ne veut pas dire que je veux couper les couilles de tous les mecs, cela veut juste dire que je n’ai pas forcément les mêmes chances qu’un homme, que je dois être vigilante dans mon couple, dans ma famille et dans mon travail. C’est tout.

La structure de notre société est profondément patriarcale. (Et libérale. Mais c’est un autre point).

Si tu comprends cela, tu peux comprendre les groupes non-mixtes.

La structure du patriarcat fait que les hommes prennent plus facilement la parole, puisqu’ils sont favorisés dans la prise de position en politique. Le patriarcat fait que les hommes mènent les débats, ce sont eux qui choisissent les sujets.

Deux exemples marquants :

1.le droit de vote des femmes n’était pas à l’ordre du jour ni à la fin du 19ème siècle, ni après la Première guerre mondiale en France. Pourquoi ? Parce que les hommes politiques pensaient que les femmes n’étaient pas prêtes. Il faudra attendre 1944 pour que les femmes aient le droit de vote, malgré les suffragettes, malgré leur implication dans la Première Guerre Mondiale, malgré la marche assurée des autres pays. Tout simplement, parce que le système très patriarcal ne le supportait pas. (Et De Gaulle mettra à peine une ligne là-dessus dans ses mémoires… )

2.Mai 1968. On entend souvent que Mai 1968 a été un moment libérateur pour la femme. On va un peu modérer ses propos. Tout d’abord, dans les universités, dans les assemblées générales, les femmes prennent peu la parole car les étudiants hommes et d’extrême gauche refusent de les laisser parler. Les compte-rendus d’AG sont édifiants à ce sujet « Vous n’avez qu’à faire la lessive et la bouffe pendant qu’on cause !« . Pur produit du patriarcat, les étudiants reproduisent tout simplement leur position dominante.

Et alors que faire ? Les éduquer ? Lutter de toutes ses forces ? C’est sûr. Mais comment s’organiser ?

Et c’est là que viennent les groupes non-mixtes. Les groupes non-mixtes sont des respirations dans une société patriarcale. Ils permettent de libérer la parole, de faire en sorte que les femmes choisissent les sujets. Grâce à cela, elles apprennent à prendre la parole en public, à formuler leurs idées. Elles passent de celle qui subie le débat, à celle qui le mène. Et surtout, ces femmes sortent plus fortes ensuite pour affronter le reste de la société, pour éduquer, pour débattre.

Pendant très longtemps, j’ai occulté cela. Je pensais que les femmes n’avaient pas besoin de cela pour se sentir fortes, sûres d’elles. Et puis, j’ai commencé à travailler sur le MLF. J’ai rencontré ces femmes. Je me suis documentée. Et je me suis dit que les groupes non-mixtes étaient quand même un bon sas de décompression.

J’ai rencontré des femmes qui ont animé ces groupes dans les années 1970, qui ont fait émerger la parole des cités ouvrières, où les femmes n’avaient pas l’habitude de parler, de dire quand cela n’allait pas. J’ai rencontré des femmes qui rêvaient de lieu qui ne serait que pour elles, qui organisaient des fêtes dans leurs locaux, qui parlaient sans tabou, sans gêne, de leurs règles, de sexualité, d’avortement, de politique, d’avenir et de rêve.

Cela m’a convaincue.

Aller plus loin avec la non-mixité raciale : une action « raciste »?

Il y a maintenant quelques mois, j’ai découvert un groupe afro-féministe, que je suis assidûment, même si je ne peux en faire partie : les Mwasi. Ce groupe est non-mixte : il n’y a que des femmes. Mais la particularité des Mwasi, c’est aussi d’accepter que les femmes afrodescendantes, noires ou métisses. Je ne peux donc pas adhérer à ce collectif, étant plutôt descendante des Germains. Cela n’empêche pas ces femmes de participer à des manifestations, de parler sans problème avec des femmes blanches, et avec les hommes en général.

La non-mixité peut donc être sexuel et aussi « raciale ». Je mets des guillemets car je sais que ce terme peut en hérisser plus d’un(e), mais m’inscrivant dans le courant de l’intersectionnalité, ce n’est pas un gros mot pour moi. (Ceci était la minute jargon. Pardon. )

Pourquoi les Mwasi ont décidé de se réunir dans ces conditions ? C’est pour faire émerger la parole de celles qui ne l’ont jamais. Cette parole peut être de la colère, de la honte, de la peine ou du ressenti. De ces sentiments peuvent sortir des actions qui permettent à tous d’avancer.

Le MLF a permis de faire avancer la législation sur l’avortement, en manifestant, en accompagnant les femmes dans cette tourmente. Le MLF a permis de faire émerger des femmes brillantes, qui ont eu des postes importants dans les universités et qui ont poussé la recherche scientifique à s’intéresser aux femmes. Le MLF a permis à des femmes de se rencontrer et de faire du lien.

Alors si les Mwasi veulent se réunir pour faire avancer la cause des femmes noires, pour montrer les inégalités à l’embauche, pour dénoncer les clichés permanents sur les femmes noires, je ne peux que les féliciter.

Dans quelques jours, il va avoir lieu le camp d’été décolonial, qui a fait grand bruit en Mai. Si tu n’as pas suivi la polémique, c’est une réunion sur plusieurs jours de groupes non-mixtes, mais cette fois d’un point de vue « racial ». Le but de cette réunion est de parler du racisme en France, puis de trouver des moyens positif de le combattre (actions, manifestations, possibilité juridique). Ce moment est interdit aux personnes à la peau blanche, qui sont majoritaire en France. (Est-ce que j’ai encore besoin de le rappeler ? )

Cela a grandement choqué Twitter et autres médias. Mais cela part du constat du racisme des structures (Etat, modèle libéral… ) et non du racisme quotidien. Cela ne veut pas dire que ces membres ne dénoncent pas les agressions que peuvent subir certaines personnes à la peau blanche, cela veut juste dire que en général, le racisme structuré ne se porte pas contre un homme blanc de plus de 35 ans. En revanche, le racisme est beaucoup plus visible et réel en politique ou dans le monde du travail contre un homme afrodescendant, ou descendant maghrébin ou asiatique.

Tu te souviens de ce que je t’ai dit sur la non-mixité dans les groupes féministes ? Et bien ici, c’est exactement pareil. Cela repose toujours sur le besoin de se réunir pour parler, sans se sentir contraint sur les sujets ou sur les ressentis. Se réunir pour trouver des solutions ensemble.

La prochaine fois qu’une polémique sur la non-mixité fera son apparition, pense à moi, relis cet article et dis toi tout simplement que ces gens ne veulent pas exclure, mais qu’ils essayent de faire passer un message pour un monde meilleur. Ils ne vont pas poser des bombes, ils ne sont pas racistes, ils veulent simplement trouver des solutions pour améliorer leurs conditions de vie.

Si tu veux te documenter là-dessus :

• Le site des Mwasi : https://mwasicollectif.com/

• Un petit article de Christine Delphy sur la non mixité : http://lmsi.net/La-non-mixite-une-necessite

• Un gros article de Elsa Dorlin si tu veux augmenter la difficulté de compréhension : http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2005-2-page-83.htm

• Et puis si tu as du mal à comprendre les difficultés sur le marché du travail des personnes non-blanches, une petite enquête INSEE : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es431h.pdf

Au passage, je voulais remercier les Mwasi (qui ne passeront jamais sur mon site mais quand même !) pour leurs partages qui m’ont permis de m’ouvrir à cette question raciale. Je pense que votre action est nécessaire et elle m’aide à comprendre les problématiques que mes élèves traversent.

C’était la minute chialade.


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Dim 28 Aoû - 11:40



Dewesternising feminism: Towards a decolonial african womanism

Cetshwayo Mabhena  Sunday News Online Aug 28, 2016

In a world and global economic and political system where power and other resources are not shared and distributed equitably, a survival of the fittest mode of life ensues. The classification of human beings according to race and gender has placed women and girls, especially black African ones, at the bottom of the pyramid of life and dignity.


Maria Lugones

Citation :
For black women and girls, the world is experienced and lived as a huge stage on which they must audition for, get costumed and directed to perform, their defined role as second class citizens. From the surnames of their fathers they graduate into surnames of their husbands and spend their days under the sun as properties of certain men.

At another level, women experience and live the world as a big worldwide bed on which women must dutifully live to dramatise their service to men and multiply human beings. At best, the woman exists as a rose to decorate the bed of a man and at worst an accessory and facilitator of masculine appetites and passions.

Typical of the misrepresentation of things black and African in the world, Eurocentric anthropology, sociology and psychology have blamed the condition of black and African women on the beastly ways of the African man who is projected as an incorrigible tyrant and brute at home and away. As a result of this Eurocentric portrait of the African male personality as a violent brute, feminism has been used in Africa as a woman versus men philosophy of anger and hatred. Literally, using the Roman Dutch regime of laws and Westernised grammar of human rights discourse, African and black women have been fired up and set up to attack men as “male chauvinist pigs” that are violent rapists before they are proven innocent.

Pumla Dineo Gqola has described feminist writers in Africa as “rioting writing radical women” who are “exploding against men.” Because of the high voltage and angry militancy with which feminism has been couched, every man becomes a criminal if not a suspect and this has made it impossible for even the most enlightened and progressive men to pay solidarity to feminist struggles and aspirations. Feminism has arrived in the African and black world as a hostile and toxic ideology that has set daughters up against their fathers and brothers, and driven a burning wedge between wives and their husbands.

Inevitably, a battle of the sexes and a war of the genders has been going on and its angry battles do not permit any understanding and solidarity across the troubling gender line. Radical and often times richly funded Eurocentric feminism has created a philosophical dilemma in the African and black world such that what was supposed to be peaceful and loving family life has been reduced into a haunting battlefield culminating in divorces and a production of single mothers and single fathers, and children without family units.

Recently, at the University of the Witwatersrand in South Africa, a collective of scholars and philosophers of the global Decoloniality collective gathered to ensure a meeting of minds and an exchange of enriching notes on the dilemmas of decolonising feminism and inaugurating a liberating black Womanism in the Global South.

The coloniality of gender

Argentine philosopher, Maria Lugones reflected in significant depth on the relationship that race, class, gender and sexuality have and how they impact on the daily condition of women and girls in the black world, in Africa, Latin America and the Diasporas. Lugones made the definitive conclusion that privileged and powerful middleclass white women in Europe invented feminism as a social sport of power play between themselves and their powerful white men in their privileged white imperial world. In this social sport of power games, black men and black women have never been players because in the imperial and white supremacist logic that runs the world, blacks are animals of lower human rank who do not qualify in the sports of humans.

Philosophically, Maria Lugones stated that blacks have no gender, and therefore, they have no business in gender wars.

Animals can be female and male depending on their genital furniture but can never be men and women. Feminism, in the compelling view of Maria Lugones, is like other power games, a European game that women and girls of colour can only play poorly and at their great expense. Further, Lugones noted that the woman versus men war that feminism has sparked in the black world takes attention away from the global crime against humanity where blacks at large have through slavery and colonialism been denied their membership of the exalted human family.

Before black women and black men enjoy the luxury of engaging in social sports of power, in gender wars, their humanity needs to be established and asserted. In the context of the African and the black world, feminism exists as that angry energy and spirit that keeps black men and black women at war in a world where economic and political power are scarce and life itself, late alone dignity are a dwindling resource.

In the black and African world, feminism as activism and also a school of thought and theoretical framework becomes an imposed pedagogy that keeps the oppressed of the world fighting each other and not fighting the oppressors of the world. The power for which black feminists fight black men is a power that does not exist as the global economy and polity is not under the control of blacks but white supremacists. Maria Lugones and other members of the Decoloniality collective, of the Global South and the Global North, demanded an urgent but totally new look at the challenges of domestic violence, rape, marginalisation and other forms of the violation of women in the Global South.

That women and girls of the Global South continue to be violated and marginalised was not denied but acknowledged. The apportioning and distribution of blame, however, was not directed solely at the beastly black man but the larger world system of classification and hierachisation that has placed black and African women at the bottom of the pyramid of life and dignity in the globe.

Feminism is described by the Decoloniality collective simply as an extension of coloniality of gender where Europeans are sold to imposing their worldviews and theories on peoples of the Global South the way ill-fitting clothes are handed down to the poor who wear them and walk around as caricatures and not dignified individuals. Feminism and gender war are ill-fitting ideological garbs for black women. Decolonial womanism was proposed as the philosophy of liberation that black women and men can mobilise and deploy in the struggle for the liberation, empowerment and protection of girls and women in the black world.

Decolonial Womanism

The liberation, empowerment and protection of girls and women in the Global South are the responsibility of all the black people. Decolonial womanism as a philosophy of motherhood and familyhood, also brings to light the violation of all children and the plight of men and women with disabilities. The struggle against the violation and marginalisation of women and girls in the black world should be tackled first at family and community levels. Schools, churches, the media and other civic society organisations and institutions are called upon to ensure that their platforms are used to conscientise society to collectively mount a militant activism against violence, insult and marginalisation of women and children.

Decolonial womanism is not conceptualised as a profession or political movement, a source of funds  for enterprising and profiteering NGOs, but a liberatory attitude to life that is informed by an acute awareness that coloniality of gender is part of the global coloniality of power, knowledge and being that defines the present Euro-American centred world system. Africans, Latin Americans and Asians are encouraged to go back to their histories and cultures to salvage values, ideals and ethics that have always been used to centre women and children as respected and valued members of families and whose liberation and empowerment is the empowerment of the entire black race and world.

Decolonial womanism militantly rejects the imposition of theories of womanity, concepts of struggle and languages of womanist debate and argument that are imposed from those centres of the world that are complicit in the enslavement and colonisation of the world, historical processes that got women isolated and excluded as lower rank citizens in the very first place.


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Mar 30 Aoû - 18:04


vérité au-delà de l'Atlantique, erreur en-deça ?

Pérou : Grosse manifestation pour dénoncer les violences faites aux femmes

Aline Timbert Actu Latino 16 août 2016

Samedi dernier, au Pérou, ce sont des milliers de Péruviens qui sont descendus dans les rues pour réclamer la fin des violences commises contre les femmes, y compris le président récemment élu de la nation sud-américaine, Pedro Pablo Kuczynski, qui a affirmé : « Le problème avec la violence c’est que le silence absorbe les chocs et qu’il n’est pas facile de la dénoncer ».


Citation :
Environ 50 000 personnes, selon des chiffres officiels, ont fait savoir haut et fort qu’elles ne toléraient plus aucune forme de violence (verbale ou physique) à l’encontre des femmes dans un pays où sept femmes sur dix ont déjà subi une sorte d’abus de la part de leurs partenaires. Des chiffres communiqués par l’agence Reuters, précisant que, durant le premier semestre 2016, 54 femmes ont été tuées par leurs compagnons ou ex-compagnons, tandis que 118 autres ont été victimes d’une tentative de féminicide (le féminicide est le meurtre d’une femme, lorsque le mobile est le fait que cette personne est de sexe féminin).

La manifestation a été menée par des organisations de la société civile, des militants des droits de l’Homme et des associations de défense de femmes battues et elle a duré plus de quatre heures, avec un parcours qui a pris fin devant un lieu symbolique, à savoir le Palais de Justice de la capitale, Lima.


« On ne veut pas de violence dans le pays , en particulier contre les femmes et les enfants. Nous allons promouvoir la culture de la paix, de la tolérance », a poursuivi le président de la République, cité par les médias locaux dans le centre de Lima.

Selon le Ministère des femmes et des populations vulnérables, sept femmes sur dix ont subi des sévices physiques ou psychologiques de la part leurs partenaires. Une enquête récente a révélé que 78 pour cent des Péruviens prétendaient vivre dans une société machiste.

L’initiative #Niunamenos (« pasuneenmoins »), qui a également eu lieu en Argentine, au Chili et en Uruguay, a pour le but de faire en sorte qu’aucune victime de féminicide de plus ne soit à déplorer et d’attirer l’attention sur le grave problème de la violence contre les femmes, un fléau toujours très présent en Amérique latine.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en 2013, le Pérou est classé troisième dans le monde pour la violence sexuelle contre les femmes âgées de 15 à 49 ans, derrière l’Éthiopie et le Bangladesh. Selon deux sondages récents, 74 pour cent des résidents de Lima croient que le Pérou est une société machiste, tandis que 53 pour cent estiment qu’une femme avec une mini-jupe est considérée comme « responsable » en cas de harcèlement.

La manifestation a également eu lieu dans d’autres villes du pays sud-américain, des femmes, des enfants, des familles entières, des dirigeants et des représentants des partis de gauche et de droite ont battu le pavé de façon pacifique « Quand on s’en prend à une femme, on s’en prend à toutes les femmes », tel était le slogan défendu par les participants, pour s’opposer à ce fléau qui afflige le pays.

Il faut savoir qu’au Pérou seulement 33 pour cent des victimes de violence de genre osent dénoncer leurs agresseurs.

Selon l’Observatoire du crime du Ministère public du Pérou, entre 2009 et 2015, 10 décès mensuels ont été enregistrés, il s’agissait de femmes tuées par leurs maris ou partenaires. Durant cette période, 795 femmes ont été victimes de féminicide, 60 pour cent avaient entre 18 et 34 ans, et 57 pour cent sont mortes à leur domicile.

Au Pérou, le féminicide peut être puni d’au moins 15 ans de prison, mais les tribunaux n’appliquent que rarement cette peine, le ministère de la Justice reconnaît par ailleurs la nécessité d’une réforme.


via FUIQP 59/62 facebook

Citation :
FUIQP 59/62 20 h  

Actualités mondiales anticolonialistes

Alors qu'en France on invoque un pseudo "féminisme" pour empêcher des femmes de se baigner, ailleurs on se bat sur les véritables questions féministes. Alors qu'en France on maintient en prison Jacqueline Sauvage pour s'être défendue contre son tortionnaire, ailleurs on se mobilise contre la violence systémique faite aux femmes.

Une leçon exemplaire que nous donne les peuples et les militants des pays jugés "arriérés".


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Sam 3 Sep - 13:28


"Je ne peux pas être la femme de ta vie parce que je suis déjà celle de la mienne"



source Feminist Inside @LifeOfAFoC

.
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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Ven 9 Sep - 1:54





Grande traversée : Women's power, les nouveaux féminismes


Charlotte Bienaimé France Culture RSS du 22 au 26 août,
à réécouter en Podcast / iTunes /

Une cartographie des luttes et des pensées féministes, sur le terrain, dans les universités, en politique et sur internet,
pour comprendre les acquis et le enjeux d'avenir d'un mouvement, pluriel, vivant et métissé,
situé au cœur des transformations sociales que nous vivons.


26.08.2016 
"Ne nous libérez pas, on s'en charge"
Vers un féminisme post-colonial.




25.08.2016
"Nos désirs font désordre"
Sexe, genre et sexualités.




24.08.2016 
"Quand c'est non, c'est non !"
Les violences faites aux femmes.




23.08.2016
"Nos corps, nos choix"
IVG et maternités.




22.08.2016
"Et qui va faire la vaisselle, on fait des manifestations"
Travail salarié, travail domestique.




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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Sam 17 Sep - 13:57


via Isis Giraldo @isisgiraldoa


"colonialité au travail" / une refonte du concept de la « colonialité du genre »

Coloniality at work:
Decolonial critique and the postfeminist regime


Isis Giraldo, Universite de Lausanne, September 17, 2016
PDF texte intégral

Abstract
Citation :
In this article I address the imbalance in the production and circulation of knowledge in the dominant Anglo-American academic circuit, aiming to make visible feminist work in a decolonial vein carried out in Latin America, to recentre the decolonial option with regard to established postcolonial studies and to propose a way of understanding global postfeminist female subjectivity as mediated in mass media. The decolonial option offers a rich theoretical toolbox for exploring contemporary junctions of gender, race and the question of representation. I propose a reworking of the concept of the ‘coloniality of gender’, and briefly discuss how Femen and the figure of the exoticised female pop icon exemplify coloniality at work.

Dans cet article je pointe le déséquilibre dans la production et la diffusion des connaissances au sein du circuit scolaire anglo-américaine dominant, visant à rendre le travail féministe visible dans l'option décoloniale d'Amérique latine, pour recentrer l’option décoloniale concernant les études postcoloniales, et pour proposer un moyen de compréhension globale de la subjectivité féminine post-féministe véhiculée dans les médias de masse. L’option décoloniale propose une riche boîte à outil théorique pour explorer des jonctions contemporaines de sexe, de race et la question de la représentation. Je propose une refonte du concept de la « colonialité du genre » et discute brièvement comment les Femen et la figure exotisée de l’icône pop féminine illustrent la colonialité au travail.

Keywords
Coloniality, decolonial, Femen, gender, knowledge, popular music, postfeminism


Feminist Theory
2016, Vol. 17(2) 157–173 ! The Author(s) 2016
Reprints and permissions: sagepub.co.uk/journalsPermissions.nav
DOI: 10.1177/1464700116652835 fty.sagepub.com

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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Lun 19 Sep - 17:02


on trouvera dans le Volume 24, Issue 2 de la revue marxiste Historical Matérialism une série de textes (ou leurs résumés) sur la reproduction sociale et particulièrement la reproduction sociale par les femmes

quelques titres :


- Intersectionality and Social-Reproduction Feminisms Susan Ferguson

- Reproduction and Resistance Rebecca Jane Hall

- Situating Sexuality in Social Reproduction Alan Sears

également sur le thème "reproduction"

- Argentina: The Reproduction of Capital Accumulation through Political Crisis Juan Iñigo Carrera Volume 14, Issue 1

plus largement cet appel à contributions de l'an dernier, qui montre la vivacité de la recherche sur les thèmes courants du forum

Deepening Marxist Feminism: Contemporary Issues and Theories

Citation :
Call for Papers within the framework of the 12th Historical Materialism Conference, The Old is Dying and the New Cannot Be Born: States, Strategies, Socialisms, 5-8 November 2015, London, SOAS  

In the grueling and relentless social crisis that constitutes capitalism-as-usual, we are confronted daily with violence against gendered, sexualized, colonized and racialized peoples, and inspired by their equally relentless resistance. With so many perpetrators and spaces of violence – police shootings of black men in the US, cargo-holds of migrant workers and their families drowning at sea, rapes, killings and sexual trafficking of women and children, queers and transgendered people, mining companies appropriating indigenous land and resources, to name but a few – the task of understanding and changing the world is daunting. Marxist Feminist theory, history and politics comprise an indispensable framework for grappling with the diverse manifestations of oppression in relation to the capitalist imperative of accumulation.

Now in its fourth year, this stream within the Historical Materialism Conference embodies the challenges of “birthing” something new from the “dying” old: it is committed to an exploration of Marxisms in relation to Feminisms that returns to past configurations not to reassert them, but to move analysis and politics forward on new ground, attentive to new questions. This year we aim to continue that forward momentum, picking up on themes that have emerged in the previous years, and further sharpening our collective understanding.

We welcome papers that address (but are not confined to) the following themes:

·      Sexuality and sexual assault, theories, histories and politics

·      Intersectionality and race

·      Ecofeminism analysis and resistance

·      The gendered costs of recovery

·      Feminisms, Marxisms and art theory

·      Violence, sexualized bodies and class

·      Migrancy, experience, politics and patterns

·      Indigenous perspectives

·      Securitization and carceral detention

·      Queering Marxist Feminism

·      Social reproduction: definitions, theories and politics

·      Intersectionality and class

·      Religion and social reproduction

·      Gender, racialization and unfree labour

·      Affective and “immaterial” labour

·      Marxism, feminism and taking state power

·      Neoliberalism and the costs of austerity


We welcome and encourage people to submit panel proposals. When you do so, please send an abstract of the general theme of the panel together with the abstracts of the individual papers in the panel. For individual paper proposals, it is helpful, although it is not necessary, to indicate the theme (above) to which your paper could contribute. This will help us to compose the panels. Panels and individual papers should be submitted to: http://www.historicalmaterialism.org/conferences/annual12/submit


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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Jeu 6 Oct - 15:00




In this paper 1 I want to link together two strands of lit­er­a­ture that have often been con­sid­ered sep­a­rately, despite of their impor­tant inter­con­nec­tions: the fem­i­nist lit­er­a­ture on social repro­duc­tion and the lit­er­a­ture on sur­plus pop­u­la­tions, as it plays out in the speci­fic ques­tion of the sta­tus of migrants within their coun­tries of arrival.2


Citation :
I want to sug­gest that when we con­sider these debates in con­junc­tion with one another, the­o­ries of social repro­duc­tion and sur­plus pop­u­la­tions become a priv­i­leged site for ana­lyz­ing the inter­sec­tion of racial and gen­dered oppres­sion with class exploita­tion. How­ever, unlike the many oth­ers who make this point, I will argue against an overex­ten­sion of the cat­e­gory of sur­plus pop­u­la­tion. When we con­sider the ques­tion of sur­plus pop­u­la­tions from the point of view of the fem­i­nist lit­er­a­ture on social repro­duc­tion, we see that migrant women do not con­sti­tute a sur­plus pop­u­la­tion, or reserve army, in Europe, but rather a “reg­u­lar army,” which is totally nec­es­sary to cap­i­tal­ist pro­duc­tion. While the wide­spread debate around sur­plus pop­u­la­tions rightly high­lights unem­ploy­ment as a cause of migra­tion, it runs the ana­lyt­i­cal and polit­i­cal risk of obscur­ing the fact that most migrant women do not take the jobs of oth­ers, and are waged rather than “super­flu­ous” in their coun­tries of arrival since much of the socially repro­duc­tive activ­ity in the Global North has become com­mod­i­fied.

In order to make my argu­ment, I need first to clar­ify in what ways I use the notion of both social repro­duc­tion and sur­plus pop­u­la­tions.

Social reproduction feminism

In the last ten years in par­tic­u­lar we have wit­nessed a grow­ing inter­est in the­o­ries of social repro­duc­tion, not only amongst a new gen­er­a­tion of fem­i­nists who con­tinue to think along the lines of Karl Marx and var­i­ous Marxisms, but also among migra­tion and care schol­ars – and here I think of Eleonore Kof­man, only to men­tion one of the most promi­nent exam­ples.3

While appar­ently self-explana­tory – in the end, social repro­duc­tion refers to “activ­i­ties and atti­tudes, behav­iors and emo­tions, respon­si­bil­i­ties and rela­tion­ships directly involved in the main­te­nance of life on a daily basis, and inter­gen­er­a­tionally,” in Bar­bara Leslett and Johanna Bren­ner widely used def­i­n­i­tion – the approaches that are gath­ered together under the notion of social repro­duc­tion are in fact diverse.4 For instance, Marx­ist fem­i­nists involved in the “wages for house­work” cam­paign gen­er­ally define social repro­duc­tion as pro­duc­tive of sur­plus-value. On the other hand, mate­ri­al­ist fem­i­nists, such as Christine Del­phy, would con­sider social repro­duc­tion as a set of activ­i­ties fun­da­men­tally linked to domes­tic labor and as a sep­a­rate mode of pro­duc­tion. Finally, Lise Vogel and the Marx­ist fem­i­nists who have been inspired by her work under­stand social repro­duc­tion as not pro­duc­ing sur­plus-val­ues but only use-val­ues, and com­pre­hend social repro­duc­tion as above all the repro­duc­tion of labor power and class soci­ety.

In this text I will limit my com­ments to this lat­est approach, both because it is the one I find clear­est when it comes to explain­ing the role of the work­ing-class house­hold and gen­der oppres­sion for cap­i­tal­ism, and because Vogel is the the­o­rist who points explic­itly to the link between social repro­duc­tion and sur­plus pop­u­la­tions, albeit only in pass­ing and in an under­de­vel­oped man­ner.

Accord­ing to Sue Fer­gu­son and David McNally in their intro­duc­tion to the recent repub­li­ca­tion of Vogel’s Marx­ism and the Oppres­sion of Women, one of the most impor­tant inno­va­tions intro­duced into the Marx­ist fem­i­nist debate by Lise Vogel in the early 1980s was to main­tain her rea­son­ing about women’s oppres­sion within the coor­di­nates of Marx’s the­ory of cap­i­tal accu­mu­la­tion. Unlike other Marx­ist fem­i­nists who argued either for the irrec­on­cil­abil­ity between Marx­ism and Fem­i­nism, or that Marx’s seri­ous omis­sions regard­ing women’s oppres­sion had less­ened the util­ity of his ideas, Vogel main­tained that Marx’s Cap­i­tal was still the the­o­ret­i­cal com­pass to try to grasp the roots of the unequal gen­der order under cap­i­tal­ism. Albeit her­self rec­og­niz­ing the lim­its of Marx’s account on this issue – par­tic­u­larly in those places where he fails to develop argu­ments or omits to explain the process through which labor power is repro­duced in cap­i­tal­ist dom­i­nated soci­eties – Marx’s Cap­i­tal, and par­tic­u­larly Marx’s insights into pro­duc­tion and repro­duc­tion, for Vogel remain of utmost impor­tance for social­ist fem­i­nists attempt­ing to make sense of women’s oppres­sion.

Accord­ing to Vogel, Marx encour­ages us to see that the roots of women’s oppres­sion under cap­i­tal­ism lie in the spe­cial role women are assigned – includ­ing for bio­log­i­cal rea­sons – in the key process of the repro­duc­tion of labor-power. Social repro­duc­tion thus here refers not only to the repro­duc­tion of the worker’s capac­ity to work (and be exploited), but also to the repro­duc­tion of the future cohorts of work­ers. In this sense, the key con­tri­bu­tion of Vogel has been to focus on the work­ing class fam­ily as the site of the pro­duc­tion and repro­duc­tion of labor-power, not in its inter­nal struc­ture and dynam­ics but in its struc­tural rela­tions to the repro­duc­tion of cap­i­tal.5

Vogel, how­ever, does rec­og­nize that, as a his­tor­i­cally deter­mined social-eco­nomic for­ma­tion, the fam­ily form is not func­tion­ally nec­es­sary to the repro­duc­tion of cap­i­tal­ism – cap­i­tal in fact could resort to other means in order to replen­ish its con­stant need for labor-power (immi­gra­tion and slav­ery for instance). Fur­ther­more, Vogel under­stands that the repro­duc­tion of that spe­cial com­mod­ity called labor-power also amounts to the repro­duc­tion of the work­ing class and class soci­ety, the lat­ter entail­ing an enor­mous set of devices (ide­o­log­i­cal, insti­tu­tional, eco­nomic, polit­i­cal and so forth) that need to be ana­lyzed in depth to pro­duce a non-deter­min­is­tic or sim­plis­tic account. It is when she tack­les the prob­lem at this level that Vogel talks of “total social repro­duc­tion”; and it is here that she touches – albeit almost unwit­tingly – on the issue of sur­plus pop­u­la­tions.

As she puts it:


Citation :
At the level of total social repro­duc­tion it is not the indi­vid­ual direct pro­ducer but the total­ity of labour­ers that is main­tained and replaced. It is evi­dent that such renewal of the labour force can be accom­plished in a vari­ety of ways. In prin­ci­ple at least, the present set of labour­ers can be worked to death, and then replaced by an entirely new set. In the more likely case, an exist­ing labour force is replen­ished both gen­er­a­tionally and by new labour­ers. Chil­dren of work­ers grow up and enter the labour force. Women who had not pre­vi­ously been involved begin to par­tic­i­pate in pro­duc­tion. Immi­grants or slaves from out­side a society’s bound­aries enter its labour force. To the brief extent that Marx con­sid­ered these ques­tions in gen­eral terms he spoke of laws of pop­u­la­tion. “Every spe­cial his­toric mode of pro­duc­tion has its own spe­cial laws of pop­u­la­tion, his­tor­i­cally valid within its lim­its alone” … More­over, not all present labor­ers will work in a sub­se­quent pro­duc­tion period. Some will become sick, dis­abled or too old. Other may be excluded, as when pro­tec­tive leg­is­la­tion is enacted to pro­hibit child-labour or women’s night work. In sum, at the level of total social repro­duc­tion the con­cept of the repro­duc­tion of labour power does not in the least imply the repro­duc­tion of a bounded unit of pop­u­la­tion.6


In the pas­sage above, Vogel argues that when Marx tack­les the issue of total social repro­duc­tion when he dis­cusses the laws of pop­u­la­tion that are pecu­liar to cap­i­tal­ism. How­ever, she fails to men­tion that Marx’s descrip­tion of the laws of pop­u­la­tion occurs in the con­text of his dis­cus­sion of the pro­duc­tion of a rel­a­tive sur­plus pop­u­la­tion, or indus­trial reserve army.

Marx’s theory of surplus population

The dis­cus­sion on the cre­ation of the reserve army of labor is strictly related to Marx’s analy­sis of the organic com­po­si­tion of cap­i­tal and the ten­dency of cap­i­tal­ist accu­mu­la­tion to encour­age the increase “of its con­stant, at the expense of its vari­able con­stituent.”7 In other words, the cre­ation of a pool of the unem­ployed and under-employed (or what Marx calls the three forms of the reserve army of labor: float­ing, stag­nant, and latent), is due to capital’s need to increase the mass and value of the means of pro­duc­tion (i.e., machi­nes), at the cost of the decrease of the mass and value of liv­ing labor (i.e., wages and work­ers).

In Marx’s analy­sis, (a) the increase in the mag­ni­tude of social cap­i­tal, that is, the ensem­ble of indi­vid­ual cap­i­tals; (b) the enlarge­ment of the scale of pro­duc­tion and (c) the growth of the pro­duc­tiv­ity of an increas­ing num­ber of work­ers brought about by cap­i­tal accu­mu­la­tion, cre­ates a sit­u­a­tion in which the greater “attrac­tion of labor­ers by cap­i­tal is accom­pa­nied by their greater repul­sion.”8 For Marx, these three inter­re­lated processes set the con­di­tions accord­ing to which the labor­ing pop­u­la­tion gives rise, “along with the accu­mu­la­tion of cap­i­tal pro­duced by it, [also to] the means by which it itself is made rel­a­tively super­flu­ous, is turned into a rel­a­tive sur­plus pop­u­la­tion; and it does this to an always increas­ing extent.”9 Marx describes this as a law of pop­u­la­tion, which is pecu­liar to the cap­i­tal­ist mode of pro­duc­tion just as other modes of pro­duc­tion have their own cor­re­spond­ing pop­u­la­tion laws. The para­dox of the cre­ation of the sur­plus labor­ing pop­u­la­tion under the cap­i­tal­ist mode of pro­duc­tion is that while it is “a nec­es­sary pro­duct of accu­mu­la­tion,” this sur­plus pop­u­la­tion is also the lever of such accu­mu­la­tion; namely, it is that which “forms a dis­pos­able indus­trial reserve army, that belongs to cap­i­tal quite as absolutely as if the lat­ter had bred it at its own cost.”10

Already in Marx’s time migrants occu­pied a spe­cial place within the cap­i­tal­ist repro­duc­tion of sur­plus labor­ing pop­u­la­tions, a sit­u­a­tion that enabled cap­i­tal­ists to main­tain wage dis­ci­pline and to inhibit work­ing-class sol­i­dar­ity by means of the appli­ca­tion of a divide and rule logic. In nine­teenth-cen­tury and early-twen­ti­eth-cen­tury West­ern Europe these were usu­ally rural work­ers forced to move to the cities or to neigh­bor­ing regions or nations due to land dis­pos­ses­sion and the process of indus­tri­al­iza­tion, as well as due to state poli­cies aimed at pro­vid­ing labor-power for the grow­ing urban man­u­fac­tur­ing indus­tries.11

Marx, how­ever, did not dis­cuss the spe­cial posi­tion occu­pied by work­ing class women in the pro­duc­tion of sur­plus pop­u­la­tions. In so doing, Marx was unwit­tingly exhibit­ing a well-known prej­u­dice that con­tin­ues to the present: the idea that women’s pri­mary role is that of social repro­duc­ers and not as work­ers. It was mostly in the 1970s and 1980s that Marx­ist fem­i­nists dis­cussed the role of women as that of a reserve army of labor12 At the same time, migra­tion schol­ars in those very same years – a period that coin­cided with the stop­page poli­cies to fur­ther influxes of immi­grants from South­ern Europe and the Global South – were dis­cussing the role of migrants in the cap­i­tal­ist econ­omy as that of a clas­si­cal reserve army of labor. Once the 1973 oil cri­sis kicked off, migrants,accused of “‘low­er­ing the wages of Euro­pean work­ers,” were indeed the first to lose their jobs.13

Migrant women, social reproduction and surplus population

Both the­o­ries of social repro­duc­tion and sur­plus pop­u­la­tions thus have tra­di­tion­ally been devel­oped on the basis of the three assump­tions. First, that social repro­duc­tion activ­i­ties are not com­mod­i­fied, but per­formed at home by the female mem­bers of the fam­ily house­hold. Sec­ond, that migrant work­ers com­pos­ing the ranks of the reserve army of labor are mainly male work­ers employed in the pro­duc­tive sec­tor. And lastly, mostly implic­itly and often with­out refer­ring to these the­o­ret­i­cal frame­works, both non-migrant and migrant women have been con­sid­ered as belong­ing to both the camp of those pre­dom­i­nantly in charge of social repro­duc­tion and as those fill­ing the ranks of the reserve army of labor.

Since the late 1980s what we now call neolib­er­al­ism has dras­ti­cally changed this sce­nario. To begin with, Euro­pean women have entered the paid labor force en masse. Albeit at dif­fer­ent paces and in dif­fer­ent forms in each coun­try, the major­ity of work­ing-aged women are now in some form of employ­ment out­side the house­hold.14 Fur­ther­more, the immi­grant pop­u­la­tion is no longer pre­dom­i­nantly male; on the con­trary, in some Euro­pean coun­tries women con­sti­tute the major­ity of migrants.15

As any scholar of gen­der and migra­tion well knows, these two processes are inti­mately linked together. Inso­far as many women in the Global North have less time and will­ing­ness to per­form the social repro­duc­tive tasks tra­di­tion­ally expected from them, they out­source these tasks increas­ingly to migrant women. The demand for car­ers, clean­ers, child- and elderly-min­ders, or social repro­duc­ers in gen­eral has grown so much in the last thirty years that it is now regarded as a phe­nom­e­non brought about by the global cri­sis of social repro­duc­tion as well as the main rea­son for the fem­i­niza­tion of migra­tion.

In this sce­nario, not only are non-migrant women enter­ing the pro­duc­tive sphere at a grow­ing pace, but women are “not act­ing as a buffer either in pro­tect­ing men against job loss or act­ing as a labour reserve in vol­un­tar­ily with­draw­ing from the labour mar­ket,” in Maria Karamessini and Jill Rubery’s words.16 On the other hand, migrant women are not only employed in social repro­duc­tion in a com­mod­i­fied form, but also, as I argued else­where, they can hardly be described as com­pos­ing a reserve army of labor.17 This does not occur sim­ply because they are more often employed in the ser­vice rather than man­u­fac­tur­ing or con­struc­tion sec­tor, but also because the com­plex polit­i­cal and ide­o­log­i­cal processes that usu­ally go with the cre­ation of the reserve army of labor – that is, the accu­sa­tion of migrants as jobs’ steal­ers – don’t seem to affect migrant women employed in social repro­duc­tion. No one accuses these women of steal­ing Euro­pean women’s jobs. On the con­trary, their work is what makes Euro­pean women’s par­tic­i­pa­tion in activ­i­ties out­side the house­hold pos­si­ble.

This notwith­stand­ing, social repro­duc­tion is still a preva­lently female affair. And it is also a preva­lently racial­ized affair. The sta­tus of socially repro­duc­tive work as non-proper work, non-pro­duc­tive from a cap­i­tal­ist view­point, degrad­ing and unskilled, accounts for its low pay; it is here that migrant women, as racial­ized women, enter the scene. Com­mod­i­fied social repro­duc­tion in fact not only fol­lows the rules of gen­derism and the “sex­ual con­tract” within the house­hold, which estab­lishes that women are still the sub­jects in charge of repro­duc­tion and care.18 It also fol­lows the rules of the “racial con­tract,” accord­ing to which eth­nic minori­ties and peo­ple of color are still those who per­form the least desir­able and val­ued tasks in a soci­ety.19

If one of the main objec­tives of social repro­duc­tion the­ory is to under­stand the roots of gen­der oppres­sion in the house­hold and the sex­ual divi­sion of labor that dom­i­nates the work­ing class fam­ily under cap­i­tal­ism, then the con­tem­po­rary sta­tus of social repro­duc­tion as increas­ingly com­mod­i­fied and per­formed by migrant, racial­ized women demands that we study social repro­duc­tion also in its links with racial oppres­sion. Social repro­duc­tion has become indeed more and more a key site for under­stand­ing the inter­sec­tion between gen­dered and racial oppres­sion.

On the other hand, if one of the main goals of the­o­ries of sur­plus pop­u­la­tions is to under­stand how cap­i­tal­ist accu­mu­la­tion requires the impov­er­ish­ment of a grow­ing num­ber of peo­ple and chronic unem­ploy­ment par­tic­u­larly amongst cer­tain sec­tors of the pop­u­la­tion (women, migrants), then the fact that non-migrant and migrant women can be less and less asso­ci­ated with the reserve army of labor demands that we study how the neolib­eral orga­ni­za­tion of labor also re-orga­nizes gen­der orders and racial hier­ar­chies.


1. A ver­sion of this paper was deliv­ered at the His­tor­i­cal Mate­ri­al­ism Rome Con­fer­ence, 17-19 Sep­tem­ber 2015. I am thank­ful to all par­tic­i­pants for com­ments and crit­i­cisms. In par­tic­u­lar I would like to thank Jamila Mas­cat, Sabrina Mar­che­tti, Alessan­dra Gissi, Vale­ria Ribeiro, Anna Cur­cio and Bar­bara De Benedetti. The research lead­ing to these results has received fund­ing from the Peo­ple Pro­gramme (Marie Curie Actions) of the Euro­pean Union’s Sev­enth Frame­work Pro­gramme (FP7/2007-2013) under REA grant agree­ment n° 300616. The con­tents of this doc­u­ment are the sole respon­si­bil­ity of the author, and can under no cir­cum­stances be regarded as reflect­ing the posi­tion of the Euro­pean Union. ↩

2. A par­tial excep­tion is con­sti­tuted by Sue Fer­gu­son and David McNally’s bril­liant arti­cle, “Pre­car­i­ous Migrants: Gen­der, Race and the Social Repro­duc­tion of a Global Work­ing Class,” Social­ist Reg­is­ter 51 (2015): 1-23. Though their cen­tral con­cern is not a dis­cus­sion of the­o­ries of social repro­duc­tion and sur­plus pop­u­la­tions per se, Fer­gu­son and McNally empha­size the impor­tance of think­ing these two processes in con­junc­tion. ↩

3. Eleonore Kof­man and Par­vati Raghu­ram, Gen­dered Migra­tions and Global Social Repro­duc­tion (New York: Pal­grave, 2015). ↩

4. Bar­bara Laslett and Johanna Bren­ner, “Gen­der And Social Repro­duc­tion: His­tor­i­cal Per­spec­tives,” Annual Review of Soci­ol­ogy 15 (1989): 381-404. ↩

5. Sue Fer­gu­son and David McNally, “Cap­i­tal, Labour-Power, and Gen­der-Rela­tions: Intro­duc­tion to the His­tor­i­cal Mate­ri­al­ism Edi­tion of Marx­ism and the Oppres­sion of Women,” in Lise Vogel, Marx­ism and the Oppres­sion of Women: Toward a Uni­tary The­ory (Chicago: Hay­mar­ket, 2013), xxiv. ↩

6. Vogel, Marx­ism and the Oppres­sion of Women, 145-6. ↩

7. Karl Marx, Cap­i­tal. Vol­ume I, in Marx and Engels Col­lected Works, Vol­ume 35 (Lon­don: Lawrence and Wishart, 1976), 623. ↩

8. Ibid., 625. ↩

9. Ibid. ↩

10. Ibid., 626. ↩

11. Michael Bura­woy, “The Func­tions and Repro­duc­tion of Migrant Labor: Com­par­a­tive Mate­rial from South­ern Africa and the United States,” Amer­i­can Jour­nal of Soci­ol­ogy 81 (1976): 1050-87; Ottar Brox, The Polit­i­cal Econ­omy of Rural Devel­op­ment. Mod­ern­iza­tion with­out Cen­tral­iza­tion? (Chicago: The Uni­ver­sity of Chicago Press, 2006). ↩

12. For exam­ple see Veron­ica Beechey, “Some Notes on Female Wage Labour,” Cap­i­tal and Class 1 (1977): 45-66; Floya Anthias, “Women and the Reserve Army of Labour: A Cri­tique of Veron­ica Beechey,” Cap­i­tal and Class 4 (1980): 50-63.  ↩

13. Stephen Castles and Gudula Kosack, Immi­grant Work­ers And Class Struc­ture In West­ern Europe (Oxford: Oxford Uni­ver­sity Press, 1973). ↩

14. Maria Karamessini and Jill Rubery, eds., Women and Aus­ter­ity. The Eco­nomic Cri­sis and the Future for Gen­der Equality (Lon­don: Rout­ledge, 2013). ↩

15. United Nations, State of World Pop­u­la­tions: A Pas­sage to Hope, Women and Inter­na­tional Migra­tion, 2006. ↩

16. Karamessini and Rubery, eds., Women and Aus­ter­ity. ↩

17. Sara R. Far­ris, “Femona­tion­al­ism and the ‘Reg­u­lar’ Army of Labor called Migrant Women,” His­tory of the Present 2, no. 2 (2012): 184-199. ↩

18. Car­ole Pate­man, The Sex­ual Con­tract (Stan­ford: Stan­ford Uni­ver­sity Press, 1988). ↩

19. Charles W. Mills, The Racial Con­tract (Ithaca: Cor­nell Uni­ver­sity Press, 2007). ↩


Sara R. Farris is an Assistant Professor in the Sociology department at Goldsmiths, University of London. She is International Book Review Editor for Critical Sociology, Corresponding Editor for Historical Materialism, and the author of Max Weber's Theory of Personality: Individuation, Politics, and Orientalism in the Sociology Religion.

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MessageSujet: Re: FEMMES & hommes, REPRODUCTION du CAPITAL, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !   Sam 8 Oct - 16:29


Travail famille capitalisme [groupe de lecture revue Période]

Période a écrit:
Pour sa seconde séance, le Groupe de lecture/revue Période (Paris) propose de s'intéresser au rôle des rapports de production capitaliste dans le confinement des femmes à l'espace domestique, à la lumière d'un texte de Johanna Brenner et Maria Ramas : "Repenser l’oppression des femmes".


Repenser l’oppression des femmes

Johanna Brenner et Maria Ramas, Période 26 février 2015



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