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 "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes

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MessageSujet: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Dim 10 Mai - 17:03


note du 2 février 2016 : voir le sujet plus récent critique communiste décoloniale de l'État-nation : de l'État ET de la nation / une urgence stratégique


autres sujets en relation :
- L'idéologie française de l'extrême-droite aux anarchistes, avec Théorie Communiste (Roland Simon)... Todd... Alain Bertho... contre les temps a-critiques
- la République et l'Idéologie française en image : Maréchal Gavroche, nous voilà !
- critique de la démocratie, de la démocratie politique et de la politique


La République dans un miroir, 16 janvier 1993, pigments et transfert sur toile
exposition en 1993 au Musée de l'Histoire vivante
Parc Montreau, à Montreuil

Prolétariat universel et cultures nationales Yvon Bourdet Revue française de sociologie, 1972

intéressant de voir que la question n'est pas nouvelle, même si aujourd'hui elle prend d'autres allures, qualitatives et quantitatives, dans le contexte de la crise de l'Occident capitaliste face à sa perte de suprématie

on peut noter que la formule "prolétariat universel" est encore revendiquée par Jean-Louis Roche, notre bien-aimé, pour son humour et son côté der' des der', leader maximo-maximaliste bordiguiste incontesté de son blog LE PROLÉTARIAT UNIVERSEL que j'ai évoqué dans du 'maximalisme ultragauche', dogme révolutionnaire, entre pertinence et aberration

ce n'est donc pas pur hasard que j'interroge, en le nommant universalisme prolétarien le fond d'un dogme programmatisme qui perdure au-delà de positions en relevant, puisqu'il reste sous-jacente à certain courant dans la théorie de la communisation. Cette idéologie de la 'communisation' tent à s'établir comme nouveau dogme révolutionnaire, avec une contradiction dans les termes, avec sa conviction, d'un côté de la disparition de l'identité ouvrière, de l'autre l'impossibilité d'une unité de la classe, d'une conscience unitaire de classe, entre la crise et le déclenchement du processus communisateur

face à "la question indigène", aux rapports nouveaux produits entre classes et races sociales en luttes, aux questions théoriques nouvelles posées à la théorie de la communisation par la montée des luttes décoloniales, cf(décolonialisme et communisation), il convient d'interroger le concept même de Prolétariat universel, et donc sous l'angle critique que je propose l'universalisme prolétarien, dans ce qu'il aurait de commun avec l'universalisme humaniste abstrait hérité des Lumières et fondant la modernité philosophique occidentale

un extrait, en attendant d'autres, peut-être scratch
Yvon Bourdet a écrit:
Prolétariat universel et cultures nationales

I. — En posant — en termes si classiques — le problème des rapports entre « prolétariat universel » et « cultures nationales », j'ai bien conscience d'assumer d'énormes malentendus et de prendre en charge tout un train d'idées reçues; cependant, je ne crois pas qu'on puisse se dispenser, en cette occasion, d'effectuer le grand détour marxologique, car il est presque toujours nécessaire de commencer par se référer à ce que tout le monde sait, sinon, sans ce fond, le peu qu'on veut faire apparaître n'aurait pas de figure.

Supposons donc exposée, à l'intention des divers « marxistes » et « marxiens », la révolution bourgeoise, scientifique et technique, industrielle et commerciale décrite dans la première partie du Manifeste communiste ou dans le chapitre quinze et dans la huitième section du livre premier du Capital de Marx et/ou, pour les autres savants, la distinction entre sociétés froides et sociétés chaudes, par exemple.

Le tort de ces visions globales est presque toujours de se présenter en termes géographiques et de tirer une part de leur intérêt de l'exotisme. On sait qu'à proprement parler le folklore est la science de la culture d'un peuple et qu'en son usage populaire ce terme ne désigne plus que les résidus culturels pittoresques de nos provinces et plus généralement tout comportement ou discours curieux mais sans portée. En ce sens le dédain dont souffre le folklore témoigne de la prise au sérieux par beaucoup de l'industrialisation et de la puissance technico -militaire de l'Etat national et de la culture qui lui a été adjointe. Mais les choses sont- elles aussi simples ?

Est-il si sûr que ce sont vraiment certains peuples (les peuples impérialistes) qui imposent — ou qui ont imposé — leur culture aux pays colonisés ? Pourtant si on évoque les classes sociales au lieu de la nation, on remarque chez des savants sociologues honnêtes un haut-le-cœur qui les fait crier à la propagande, au psittacisme des clichés usés, ou, au mieux, à l'idéologie. C'est pourquoi il me semble opportun d'introduire ici, dans cet exposé, pour lui donner un peu du sérieux du vécu, quelques notations d'ethnologie provinciale.



Dernière édition par Admin le Mar 2 Fév - 14:11, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Dim 28 Juin - 13:09


la République contre-révolutionnaire du PCF


nouvelles affiches du PCF/Front de gauche  janvier 2015
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Dim 28 Juin - 13:14

(Mediapart me confirme mon désabonnement, et depuis ça remarche Rolling Eyes )

Marxisme national et altermarxisme : Peuple-classe et multiples appartenances collectives Christian Delarue Médiapart 24 juin

rien à rajouter à mes commentaires sous le billet. L'antiracisme et l'antifascisme nouveaux, identitaires interlopes de gauche et droite extrêmes, est arrivé. Conclusion :

Patlotch a écrit:
ce type est bon pour être balayeur de chiottes au ministère de l'intérieur d'un gouvernement Mélenchon bleu marin, la syrisation française du capitalisme euro-global. Ce qui est rationnel est réel et l'époque a sa cohérence économique et politique

Christian Delarue, ce fourbe et lâche facho degauche , a supprimé son "billet" (le lien ci-dessus), où je rappelais les précédents "échanges" d'autres fils et faisais litière de son fatras pseudo-conceptuel; puis republié Marxisme national et altermarxisme : Peuple-classe et multiples appartenances collectives, en fermant d'emblée les commentaires


voilà le néo-stalinisme, par un membre de la direction du MRAP et d'ATTAC, sous couvert de lutte contre le voile, de libération des femmes par le string, de "peuple-classe", de "marxisme national" et de "multi-appartenances" à stériliser dans le capitalisme mondial français

Citation :
Christian Delarue sur Attac France

- Membre du bureau exécutif du MRAP de dec 2004 à janvier 2011.
- Membre du conseil d’administration du MRAP chargé de des questions altermondialistes.
- Elu au Conseil d’administration d’ATTAC France en 2006 sur liste des fondateurs.
- Syndicaliste à l’UL CGT Rennes et à la CGT Finances 35.
- Promoteur de la notion de peuple-classe.

voilà un de ceux qui, demain, nous tireront, non pas dans le dos, mais clairement d'en face, sur nos barricades


en savoir plus ? Google : "Christian Delarue" Patlotch
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MessageSujet: "Pour la promotion du PEUPLE-CLASSE MULTICOLORE" Christian Delarue   Dim 28 Juin - 15:41

la bouillie idéologique national-populiste altermondialiste contre le « sexo-séparatisme »

Pour la promotion d'un peuple-classe multicolore Christian Delarue Mediapart 28 juin 2015  

Christian Delarue a écrit:
Pour la promotion du PEUPLE-CLASSE MULTICOLORE

ici et partout

Liberté, égalité, adelphité, diversité.

I - ALTERMONDIALISTES 99% contre le 1% .

D'aucuns regardent le doigt et pas l'objectif : le format du peuple-classe est à 98, 9 % ou 99,3 % ou 99, 5%, et cela importe peu. 99% est indicatif, pas scientifique, ni dogmatique. L'idée à retenir c'est qu'une très large fraction de peuple, hommes et femmes, multicolore, qui subit la domination bancaire et financière d'en-haut, (1% ou 0,8% ou 0,5% peu importe). Deux refus : Pas que le 0,01 % d'en-haut car çà c'est juste revenir aux "cent familles" ! Pas plus l'idée est que les classes populaires ce n'est que les 60% d'en-bas. Ce qui accuse aisément les "classes moyennes" (manipulation des élites) et laisse tranquille les classes dominantes au sein du 1%.

Et l'idée de peuple-classe n'annule pas non plus les conflits de classe entre patrons et travailleurs salariés - travailleuses salariées encore plus exploitées. Partout le code du travail est un enjeu d'affrontements de classes entre travail et capital. Mais la conflictualité peuple-classe 99 % contre 1% est d'un autre niveau qui mobilise les altermondialistes.

II - ALTERMONDIALITES POUR DES RUPTURES CONTRE LE SYSTEME

RUPTURE(S) :

Il y a besoin d'une politique globale alternative anti-systèmique au profit des peuples-classe d'Europe.

La conjonction des ruptures contre les domination fait la rupture antisystèmique. Il n'y a pas à rompre que contre le capitalisme réduit à sa sphère économique voire économico-financière.

Les ruptures sont : 1) Sociale contre les exploiteurs, les financiers, les banques, le 1%, 2) Démocratique contre l'oligarchie, 3) Sociétale donc antisexiste et antiraciste (cela va ensemble), 4) Ecologique pour les générations futures 5) Géopolitique contre tous les impérialismes. 6) Montée chez les jeunes de l'anti-spécisme.

IMPORTANCE ACTUELLE DE LA DOMINATION BANCAIRE

- Uregence partout d'une politique sociale et fiscale : MOINS pour le 1% d'en-haut, PLUS pour le(s) peuple(s)-classe, surtout le peuple social 90%, surtout les pauvres et les modestes, sans appauvrir les couches moyennes. Les gros riches doivent payer.

- Politique sociale et politique contre les banques et la spéculation financière, les paradis fiscaux, les illégalités, l'opacité : lire le "Livre noir des banques" d'ATTAC et BASTA. Consulter aussi les sites du CADTM, de la Fondation Copernic, du Pôle public bancaire pour les droits.

III - POUR UN PEUPLE-CLASSE MULTICOLORE :

Quelle mobilisation pour une société inclusive ?

Ce peuple-classe multicolore - pas que référence ici à une pigmentation de la peau noire ou blanche ou basanée - avec ses arabes, ses roms, ses juifs, ses musulmans, ses cathos et ses athées (notamment féministes) subissent aussi l'intégrisme sexoséparatiste mondialisé, celui des juifs haredim ou musulmans autoritaires mais aussi plus caché des cathos "tradis". Sans parler des sexistes-racistes comme Soral.  

Il y a un enjeu de mobilisation à repousser les intégrismes avec toutes les composantes de la société civile, athée ou croyante, "nationale" ou simplement résidente. De cette mobilisation germera plus d'inclusivité.

« Chaque fois qu'à la place de prolétariat, je lis "peuple",
je me demande quel mauvais coup on prépare contre le prolétariat.»

Gilles Dauvé, DDT21
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Jeu 2 Juil - 16:10


Coq au vinaigre 02 juillet 2015 Juliette Keating Mediapart

Juliette Keating a écrit:
Il existe de par le vaste monde des types humains bien divers. Les globe-trotters ayant usé leurs semelles sur la couenne terrestre, franchi les hautes montagnes, exploré les plates plaines, sauté d'archipels en îlots, exploré les villages lacustres, déjeuné en troglodytes, soupé à l'indigène et dormi sur pilotis, s'émerveillent de cette multiplicité d'us et coutumes que dore de semblables tons chauds les couchers itératifs d'un unique soleil. Pourtant, s'ils se disputent sur la hauteur variable du Mont-Blanc, la réalité du yéti ou le goût de la sauterelle grillée, les voyageurs s'accordent sur la même véridique observation : nul sapiens-sapiens n'est plus singulier qu'un Français.

Car le Français est français. Plus qu'un état et bien plus qu'une simple nationalité, être français est, pour le Français, toute une occupation. Il faut dire qu'il n'est pas à la portée de n'importe qui d'avoir été conçu dans un ventre français. D'ailleurs, les statistiques, qui ne mentent jamais, montrent qu'un quidam ordinaire sortira plus probablement d'un ventre chinois ou indien que d'un utérus tricolore. Ce qui est rare est cher, c'est pourquoi le Français s'accorde une grande valeur.

Le Français aime l'histoire de son pays comme ses spécialités culinaires. Toutes les autres histoires des autres pays du monde lui semblent aussi bizarres que la saveur des mets exotiques à base de viande de chat, d'insecte ou de trucs pas très catholiques. C'est pourquoi le Français évite de se charger l'estomac de plats qui piquent et la mémoire d'événements sanglants qui ne concernent en aucun cas les habitants placides de Maubeuge ou de Plougasnou. Le Français aime à relire son roman national : Vercingétorix, Napoléon et De Gaulle, avec le Roi Soleil, c'est bien suffisant pour comprendre la marche du monde.

Le Français n'est pas doué pour les langues étrangères, ce qu'il revendique fièrement avec l'accent inimitable de Marseille ou de la Grande Borne. L'enfant français dort ou met le bazar en cours de langue vivante dans tous les collèges de la patrie : à quoi k'sa sert pisqu'on est en France, eh boloss ! Pourtant, le Français fait preuve d'une remarquable aptitude pour la connaissance fine de ceux qui existent à côté de lui : deux yeux bridés font un Chinois, une peau noire un Africain et un mendiant est un Roumain, même si ces trois individus sont français comme lui, enfin pas vraiment, pas d'origine, si tu vois c'que j'veux dire. Le Français fait l'admiration de la planète, c'est ainsi qu'il est la cible de médiocres jalousies. Un touriste français, courageusement lancé hors des frontières gauloises, demeure facilement repérable : c'est le gars qui s'accroche fermement à son sac à main en jetant tout autour du car des regards soupçonneux.

Une rumeur malsaine laisse courir le bruit fallacieux selon lequel le Français, régénéré par plusieurs vagues d'immigration et des mélanges, deviendrait un petit peu moins hexagonal et commencerait à s'ouvrir sur les pays qui l'entourent mais sans jamais l'égaler. Même la fille du borgne mangerait parfois du couscous et des sushis. Euh là !!! hurlent en chœur le noble Normand et le Corse magnifique. Et les journaux de France de remettre les pendules à l'heure, car il y a des limites aux bornes du multiculturel : le Grec ne prouve-t-il pas encore une fois qu'il est dépensier, irresponsable et défoncé à l'ouzo ? L'Arabe n'a-t-il pas encore une fois montré sa viscérale barbarie ? Et s'il le faut, les éditorialiste défenseurs de l'esprit franchouillard, n'hésitent pas à commander un sondage très scientifique qui proclame haut et fort que les Français sont défavorables à l'accueil des migrants. La connerie est aussi une exception culturelle bien française.
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Jeu 2 Juil - 16:16


Qu'est-ce qu'être Français? Edgar Morin Mediapart 8 juin

avec des centaines de commentaires à ras-de-terre, parmi lesquels je donne le prix d'excellence à cette réponse :

« C'est se poser la question »

le deuxième prix, du déshonneur français, est la typographie, qui oublie l'espace avant le point d'interrogation : Qu'est-ce qu'être Français?, faute commune qui adopte la règle typographique... anglo-saxonne
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Jeu 2 Juil - 17:55

théorie du genre : pas la trouille de France



9 novembre 2014 dans Patlotch en deça au-delà de son temps
photo au bassin du Parc Montreau, à Montreuil
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Jeu 2 Juil - 18:02



Pavillon HLM - Banlieue de Reims - 1980 © Gilles Walusinski
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Ven 3 Juil - 11:57



extrait de « L’instrumentalisation du religieux dans une nouvelle construction du « eux » et du « nous » Saïd Bouamama 25 octobre 2014

L’Islam comme nouvel ennemi. Intervention faite lors d’un colloque ayant pour thème « Pour une lecture profane des conflits et des guerres – En finir avec les interprétations ethnico-religieuses ». Samedi 25 octobre 2014.

Saïd Bouamama a écrit:
Processus de construction de l’image du musulman : le « eux » et le « nous »

Savoir comment cette nouvelle frontière, cette nouvelle image du musulman peuvent être construites permet de mettre en évidence quatre processus idéologiques à l’œuvre en la matière -je vous renvoie à un article que j’ai publié il y a quelques semaines « La fabrication médiatique du djihadiste » et je me permets de les rappeler rapidement.

– Le premier est le processus d’essentialisation de l’Autre et de soi. Le comportement des autres, des musulmans ne va plus être expliqué à partir des contradictions économiques, politiques ou autres mais à partir d’une essence, l’Islam, un Islam qui est forcément comme cela, qui fonctionne forcément comme cela. Ce processus, poussé à son terme, ne peut qu’également mener à l’essentialisation de soi. Ainsi, contrairement à l’Islam qui est utilisé à des fins politiques, nous serions protégés par la religion catholique, qui aurait en elle, par essence, une capacité qui lui permettrait d’éviter la barbarie.

Ainsi se trouvent essentialisés un « eux » et un « nous » et cette essentialisation passe bien entendu par la négation de toutes les différences entre nous ici, et d’autre part par la négation de toutes les différences entre musulmans là-bas. Au mieux, on saura qu’il existe les sunnites et les chiites, mais les différences au sein même des sunnites, au sein même des chiites sont totalement ignorées comme le sont les différences économiques, politiques…

Ce processus d’essentialisation fabrique un « nous » et un « eux » musulman homogénéisé… une réduction inévitablement porteuse d’incompréhensions et de conflits.

Essentialiser ne suffit pas et on va poser le principe d’une différence, d’une frontière absolue entre « eux » et « nous ». C’est l’objet du deuxième processus. Il n’est pas question de « nous » comparer un tant soit peu à « eux », il faut absolutiser la différence. On ne peut être comparés à ces barbus qui égorgent les enfants. La mise en scène médiatique de cette violence va diffuser dans nos imaginaires, dans nos inconscients, dans l’opinion publique l’idée qu’« ils » ne sont pas comme « nous », qu’« ils » ne pensent pas comme « nous » jusqu’à nous faire oublier que tout aussi barbare a été l’histoire européenne d’un passé somme toute récent et que dans « nos » hôpitaux psychiatriques, il est des gens capables de commettre de pareilles atrocités.

Partout, ici, là-bas, ailleurs, des discours politiques, des discours de révolte peuvent conduire à des comportements tout aussi barbares. Cette focalisation sur l’Islam comme porteur d’une différence absolue a besoin d’être interrogée et cette stigmatisation n’est pas sans conséquences ici entre Français en fonction de leur origine, et cela ne concerne pas uniquement les jeunes.

– Le troisième processus vise à présenter les comportements des musulmans comme irrationnels. « Nous », nous sommes du côté de la rationalité, « eux » sont réellement incompréhensibles. L’exclamation « Ah ! Il s’agit encore de djihadistes ! » suffit à expliquer les situations, comme si le phénomène djihadiste ne s’analysait pas par des facteurs économiques, sociaux, politiques, géostratégiques.

La mise en avant de cette grille de lecture selon laquelle « eux » sont irrationnels en découplant cette explication des autres causes, nous empêche d’envisager les situations dans leur complexité. Une démission de la pensée, un renoncement à l’intelligence des choses, d’autant que les émissions de télévision ne nous aident guère à saisir les phénomènes, tout à la fois dans leur globalité et dans leurs spécificités propres.

Tout cela va se trouver amplifié par le processus de production de la peur. Dans les médias, pour traiter des événements d’Afghanistan, du Pakistan, du Moyen-Orient, et pour pallier l’absence d’explications sereines ou de questionnement sur le fonctionnement du monde, seule est proposée une dramatisation dans laquelle le ton employé pour les commentaires ne peut que générer la peur.

Dès lors, il faut s’interroger plus avant sur la fonction sociale de ce nouvel ennemi, le musulman tel que construit par les médias, homogénéisé, essentialisé, irrationnel, ce musulman qui fait peur alors que le musulman réel n’est pas celui-là, il est divers, il est multiple, et porte différents projets politiques.

Au plan extérieur, ce musulman essentialisé, fantasmé, ce mauvais musulman représente une incontestable aubaine pour justifier les interventions que nos intérêts économiques appellent, des interventions décidées bien entendu pour soutenir les « bons » qui, au gré de nos avantages, peuvent être les femmes, les minorités.

Cela permet également de nous autoriser des comportements qui nous apparaîtraient, dans d’autres circonstances, comme illégitimes et provoqueraient immédiatement l’indignation.

Il est assez frappant que lorsque l’on a appris les tortures à Guantanamo, immédiatement à la télévision, tous ces « ogues », « politologues », « islamologues », qui nous expliquent le monde en trente secondes, ces nouveaux experts ont trouvé légitime ce qui se passait à Guantanamo… pour les plus anciens ici, cela doit certainement leur rappeler la guerre d’Algérie ! Il faut relire comment le général Ausaresses justifiait la torture. Quand on installe la peur, quand la peur est là, présente, c’est la déraison qui s’installe.

En Afrique, au Moyen-Orient, c’est à l’ombre de cette peur qu’on redessine tranquillement les cartes géostratégiques, qu’on va s’autoriser à couper des nations en deux, le Soudan par exemple et que penser du démembrement de l’Irak ! Face à un danger tellement irrationnel, tellement incompréhensible, on va accepter que l’on intervienne n’importe où, n’importe comment.

Des conséquences néfastes

La construction du « eux » et du « nous » ne va pas rester sans effets sur la société française. Sur le plan intérieur, trois conséquences méritent d’être soulignées :

En tout premier lieu, c’est le développement de l’islamophobie. On ne peut, pendant trente ans, véhiculer des images qui essentialisent l’Islam, qui homogénéisent le musulman, le présentant comme sauvage, barbare, dangereux et irrationnel et être étonné que le Français moyen développe face à ces images des réactions de peur et de rejet. L’islamophobie n’est pas un virus qu’aurait contracté le peuple français, c’est le résultat de trois décennies de construction médiatique. On ne pourra éradiquer cette forme de racisme que si on arrête de diffuser ce genre de représentations du musulman. Et pour tous ceux qui sont engagés comme moi dans la lutte contre l’islamophobie, il est temps que ce phénomène soit considéré comme la forme contemporaine du racisme.

La deuxième conséquence, c’est la construction qui s’inscrit dans la durée d’une identité essentialiste de la nation française. C’est l’idée que face à ce « eux », « nous », par nature, on est vraiment des démocrates. Les concepts sont brouillés, ce dont profite l’extrême droite pour se dédouaner en quelque sorte. La laïcité qui était à gauche est instrumentalisée…

Extraordinaire pour qui connaît l’histoire de l’extrême droite, qu’elle puisse se revendiquer comme laïque ! De la même façon cette construction du musulman va lui permettre d’apparaître comme le défenseur du droit des femmes, de leur émancipation.

L’essentialisation de l’identité française, et plus largement occidentale, est le résultat de tous les processus que j’ai tenté décrire. Il n’y a rien de pire pour une nation que lorsqu’une identité est essentialisée, parce que cela entraîne nécessairement le rejet de toutes les différences.

Si l’on ne casse pas ce processus, si l’on ne réintroduit pas de l’identité historique, politique, si on ne favorise pas l’interculturel, le multiculturel, toutes ces interactions possibles et fécondes, si cette identité multiple n’est pas revitalisée et que l’on s’obstine à considérer une « essence » française différente des autres essences, on court à la catastrophe. Et tous ceux qui pensent qu’avec le temps le racisme va disparaître se trompent lourdement.

La limitation des droits est la troisième conséquence. Angela Davis a étudié avec soin ce processus aux États-Unis et ses derniers textes nous montrent comment la lutte contre le terrorisme a pu représenter une aubaine pour justifier toutes les lois liberticides. On peut, sous ce prétexte, contrôler n’importe qui, n’importe quand et s’autoriser des perquisitions qui étaient illégales auparavant.

Dans le souci d’être protégés, on a accepté que toute une série de droits se voient réduits, des droits pour l’obtention desquels on s’est battu par le passé, pour lesquels des militants se sont engagés parfois jusqu’au sacrifice. Et ces droits, on est prêt à les abandonner parce que la peur a été installée.

Un ensemble de régressions qui appellent à réagir

L’ensemble de ces processus, de ces stratégies idéologiques ont produit au moins trois résultats principaux.

Le premier est que l’on se retrouve avec un mouvement pacifiste complètement désarmé alors qu’il y a peu encore, il était capable, lorsqu’il y avait une intervention militaire, d’organiser des débats, de produire des idées, de mobiliser pour des manifestations. Pour la première fois depuis des années, les interventions au Mali, en Côte d’Ivoire n’ont donné lieu à aucune réaction. Nous interroger sur la façon dont nous avons été désarmés idéologiquement s’avère indispensable.

En deuxième lieu, l’islamophobie a réussi à diviser les classes populaires non pas à partir d’un vrai problème de divergence idéologique -ceux qui ont un lien familial, culturel, personnel avec l’Islam ne font évidemment pas partie de la grande bourgeoisie française- mais essentiellement sur des présupposés religieux et une construction d’un « eux » fantasmé. Une demande d’autoritarisme qu’il ne faut cependant pas exagérer, mais qui mérite qu’on s’en « pré-occupe ». La crainte d’un danger favorise toujours pareille demande. On ne peut analyser la montée du phénomène Marine Le Pen sans prendre en compte cette déstabilisation globale qui a brouillé bien des repères. En prétendant qu’elle possède « la » solution, elle ne peut qu’attirer à elle tous ceux qui pensent que l’autoritarisme vaut mieux qu’une société « laxiste ». Les enjeux sociaux se définissent de plus en plus au niveau de la planète. La bataille ne se mène pas seulement par des grèves, des affrontements, des luttes, des guérillas, elle se mène de manière aussi importante sur le plan conceptuel, sur le plan des grilles explicatives de lecture qui appellent à bien cerner les problèmes et à réagir sans se tromper d’adversaires.

Il est grand temps de s’interroger sur la façon de redévelopper les vieux réflexes qui consistent non pas à se référer à des explications religieuses ou de type ethnique ou culturaliste mais à rendre intelligibles les situations par leurs véritables causes, qu’elles soient économiques, sociologiques ; géostratégiques. Et en ce domaine toutes les voies méritent d’être explorées plus à fond pour nous préparer à réagir plus efficacement.
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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Ven 3 Juil - 20:06


1000ème message

les luttes décroissent !




Patlotch en deça au-delà de son temps
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MessageSujet: de Christian Delarue à Rébellion    Sam 4 Juil - 16:29



[/center]

Christian Delarue a écrit:
Le PEUPLE-CLASSE 99% rassemble les « sans pouvoirs » mais tous ne sont pas des travailleurs salariés, on y trouve des travailleurs indépendants et des petits patrons qui subissent la prédation financière. Mais ce petit patron pourra être (ce n’est pas systématique ) un féroce exploiteur de ses travailleurs salariés : soit en durée du travail, soit en intensification, soit en salaire modeste, plus d’autres moyens encore. La notion de peuple-classe admet donc - outre son hétérogénéité (il est multicolore en pigmentation de peau et en religion ainsi qu’au plan social) une certaine conflictualité de classe en son sein mais elle en montre une autre d’un niveau supérieur qui vise la prédation de la finance et de ses soutiens lesquels sont dans le 1%. Le 1% des trente pays les plus riches de la planète forment une classe de riches qui lutte pour accroitre sa puissance financière au détriment des peuples-classe. Le 1% est lui-même subdivisé en riches, très riches, hyper riches pour le dire en termes simples.

On parle de PROLETAIRE(S) pour les travailleurs salariés et travailleuses salariées (TS) qui vendent leur force de travail. Au TS du public et du privé on ajoute souvent ceux et celles qui sont destinés à le devenir : les étudiant(e)s et les chômeurs ou chômeuses. Avec cette définition on trouve des prolétaires dans le 1% d’en-haut : des « prolétaires exploiteurs », des prolétaires grands serviteurs du capital, expert du capital, etc... . D’aucuns on alors rajouté un second critère d’exclusion : être aussi prolétaire face aux marchés des biens et services (distribution), en plus d’être prolétaire dans la production. Ce qui mérite précision. En ce cas on évoque non seulement le travailleur salarié qui vend sa force de travail (critère de la production) et il le fait pour vivre (critère hors production) et là on précise que ce travailleur connait « des fins de mois difficiles ». Face aux marchés des biens et services (hors production : secteur de la circulation marchande) il peut donc être rapidement insolvable s’il est smicard ou être en capacité d’une faible épargne de fin de mois s’il gagne deux fois le smic . Dans cette acception ces travailleurs font parti du peuple social 90% (cf Christian Delarue à partir de Thomas Picketty).

Le PEUPLE est aussi à géométrie variable . C’est aussi bien dans un sens qui nous vient de « populace » (mais sans la connotation péjorative) les couches populaires d’en-bas, les couches sociales très modestes, que le peuple à 100% qui est le peuple nation (qui exclut les simples résidents) ou le peuple démocratique au niveau continental (UE) ou le peuple ethnique. Dans ces trois cas on a un format de « peuple » qui mélange le loup et l’agneau, le 1% d’en-haut et les 99% pur reprendre un schéma altermondialiste. D’ou la création de la notion de peuple-classe dont la barre supérieure à 99% n’est qu’indicative. Elle peut être 98, 8 ou 99, 2 ou 99, 3%. Il s’agit de montrer un spectre populaire large qui exclut les élites riches autour de l’oligarchie.



FACE AUX ATTAQUES DU CAPITAL
UNE REVUE RIPOSTE :
RÉBELLION



Affiche Pour le peuple et la patrie

dans LE NÉO-FASCISME RÉVOLUTIONNAIRE FRANÇAIS et la nébuleuse anti-système entre extrême-droite et "ultragauche"
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MessageSujet: SOUVERAINISMES, NATIONALISMES, POPULISMES, SÉPARATISMES...   Mer 22 Juil - 8:20



ces questions ont été abondamment traitées par ailleurs, notamment dans L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE et NÉO-FACISME FRANÇAIS. Elles sont sous-jacentes aux controverses le "Grexit" en Grèce et plus généralement sur la sortie de l'euro, la montée de ces tendances an Grande-Bretagne et particulièrement en Écosse, etc. Nous ne les avions pas abordées à l'échelle mondiale

Patlotch a écrit:

il convient de s'interroger sur la spécificité française de cette idéologie qui traverse tout le champ du politique. Les références historiques revendiquées ne sont pas exclusivement françaises, elle peuvent venir d'anarchistes français, russes, allemands... comporter des éléments du sionisme historique anarchisant déportés vers celui qui sous-tend la politique néo-coloniale d'apartheid de l'État d'Israël (soutien de l'apartheid sud-africain jusqu'au bout), tout antisionisme étant assimilé à un antisémitisme (la spécialité d'Yves Coleman étant de le dénoncer à l'extrême-gauche, alors qu'il n'a de sa critique du capital n'est que clause de style, mais son aversion pour les luttes indigènes bien réelle)

les points communs avec les dérives nationalistes, populistes, souverainistes... dans le monde sont évidents, sans doute davantage en Russie, en Ukraine, en Grèce et dans les Balkans, qu'en Amérique latine ou, pour faire simple, la question raciale n'est pas dans le même camp et l'anti-impérialisme anti-américain moins suspect que le soutien à « la cause palestinienne »

on peut considérer qu'il existe un phénomène mondial qui prend de l'ampleur dans la crise du capital, et l'impossibilité confirmée d'une identité prolétarienne, d'une « conscience de classe », qui puisse réaliser son unité avant l'émergence d'une conjoncture révolutionnaire globale[/b]


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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Mer 22 Juil - 8:24


Népal: manifestations violentes contre le projet de Constitution
RFI 21 juillet


Des contestataires brûlent le projet de Constitution à Katmandou, le 21 juillet 2015

RFI a écrit:
Pour la deuxième journée consécutive au Népal, des échauffourées entre police et protestataires ont éclaté mardi. Au centre des préoccupations, le nouveau projet de Constitution qui prévoit de diviser le pays en huit provinces et provoque de vives réactions. Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées dans les manifestations.

Les représentants de l’Assemblée constituante envoyés dans le pays pour recueillir les réactions sur le projet de Constitution ont eu droit à un accueil animé par endroits. Dans un pays multiethnique, entre la peur de faire voler en éclat l'unité nationale et la volonté de voir émerger les communautés marginalisées, l’équilibre est délicat à trouver.

Dans les plaines du Sud, à la frontière avec l'Inde, dans la province de Tarai, les représentants de la minorité Madhesi ont bloqué tous les grands axes de circulation. Les contestataires ont brûlé des exemplaires du projet de Constitution. Ils estiment que la nouvelle loi fondamentale en préparation ne favorise par l’émergence de communautés marginalisées telles que la leur. Ils dénoncent le manque de détails sur le tracé des nouvelles provinces et redoutent un stratagème pour saboter l’idée de fédéralisme.

On a également assisté à des manifestations et des affrontements avec la police côté Parti national démocratique du Népal, la quatrième formation à l'Assemblée, qui milite pour sa part contre la laïcité et souhaite l’avènement d’une nation hindoue. Au moins 40 membres du parti, dont son président Kamal Thapa, ont été blessés dans le centre du pays.

Enfin, à Katmandou, des femmes se sont réunies devant le Parlement pour dénoncer une Constitution, à leurs yeux, trop inégalitaire entre les sexes.


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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Ven 14 Aoû - 22:05


décolonisons l'histoire gauloise !

les Romains nous ont menti !


Rolling Eyes

En Auvergne, des archéologues font une découverte majeure sur les Gaulois Romain David  14/08/2015


Citation :
Des chercheurs ont mis au jour fin juillet, dans le Puy-de-Dôme, une centaine de silos de stockage de céréales, datant des Gaulois. Une découverte unique en France, et qui témoigne du caractère particulièrement avancé de la société gauloise avant sa conquête par les légions romaines.

C'est une découverte de taille sur les Gaulois, et qui vient écorner un peu plus l'image surannée du guerrier brutal et rustre. Des archéologues ont mis au jour plusieurs centaines de silos, sur le haut plateau de Corent dans le Puy-de-Dôme. Une trouvaille inédite, et qui invite à repenser la complexité et l'efficacité de l'économie gauloise, ainsi que le révèle Le Monde. Fouillé depuis 2001, le site est déjà bien connu des chercheurs ; plusieurs siècles avant notre ère s'y dressait une importante agglomération occupée par les Arvernes, une puissante confédération de tribus parmi la soixantaine de peuplades qui occupaient la Gaule avant la conquête romaine en -52 avant Jésus-Christ.


«Une telle découverte était totalement inattendue», s'enthousiasme auprès du Figaro Matthieu Poux, responsable des fouilles et professeur à l'université Lyon II. Fin juillet, des paléo-environnementalistes du laboratoire Geolab de Clermont-Ferrand font des relevés un peu à l'écart du site, dans le lit d'un lac supposément asséché depuis le XIXe siècle. «Les grains de pollen conservés dans cette cuvette peuvent apporter des indices précieux sur les environnements anciens», explique Matthieu Poux. Mais très vite, les chercheurs tombent sur une série de cercles de terre colorée, indiquant que le lac était déjà vide à l'époque du fer, et surtout que son sol a été creusé par l'homme.

«En coupant ces ronds à la pelle, on s'est rendu compte qu'il s'agissait de silos creusés dans le sol», explique Matthieu Poux. Au total, 125 cavités de ce type, disposées très régulièrement dans une terre argileuse, et pouvant contenir entre 200 kg et plus d'une tonne de céréales, ont été dégagées. «Mais il pourrait y en avoir entre 600 et 1500», relève l'archéologue qui salue également l'ingéniosité des Gaulois: «Les silos se resserrent vers le haut, sans doute pour faciliter leur fermeture et limiter les infiltrations. Avec la fermentation, l'oxygène restant est rapidement consommé. C'est le principe du Tupperware!».

«On est face à quelque chose de spectaculaire»

Alors que dans les régions méditerranéennes, aux sols généralement calcaires, on utilisait des jarres pour stocker les denrées, dans les régions argileuses il suffit de creuser directement le sol: «C'est moins compliqué et surtout moins fragile», relève le scientifique. Des traces de carbone indiquent également que les silos ont été stérilisés par le feu, probablement entre deux utilisations. «Pour l'instant on ignore ce qu'ils contenaient: du blé, des céréales ou peut-être des légumes… Les analyses apporteront sans doute des informations à ce sujet, ainsi qu'une datation plus précise.» Mais la strate de la découverte laisse supposer qu'ils sont antérieurs à la conquête romaine. Par la suite, tous les silos ont été vidés et remplis de terre.

À ce stade, on ne peut que formuler des spéculations sur leur rôle, et elles sont nombreuses. En effet, si des fosses identiques ont déjà été découvertes, en Picardie et en Alsace notamment, jamais encore les archéologues n'en avaient trouvées en si grand nombre. «L'ampleur du dispositif ne peut qu'interpeller. Nous sommes véritablement face à quelque chose de spectaculaire, et qui confirme que les Gaulois étaient de grands agriculteurs, soutient Matthieu Poux. Ils centralisaient les denrées et avaient certainement mis en place une économie communautaire, loin des structures autarciques et familiales qu'on a souvent tendance à se représenter», poursuit-il, loin donc du charmant petit village d'Astérix.


Autre détail qui intrigue les chercheurs: l'emplacement des silos. «Leur situation est tout à fait atypique. Nous sommes en hauteur, loin des fermes et du cours de l'Allier qui passe en contrebas», détaille Matthieu Poux. Deux hypothèses se dégagent: soit on a cherché à protéger les récoltes en vue d'un éventuel siège -le site de la bataille de Gergovie n'est qu'à une dizaine de kilomètres-, soit on a voulu les stocker à proximité des centres d'échanges commerciaux. «À la fin de la période gauloise le site de Corent s'étend sur une soixantaine d'hectares et compte plusieurs milliers d'habitants. Il y a un marché et un sanctuaire. La découverte de ces silos confirme que c'est une bonne candidate pour être la capitale perdue des Arvernes», conclut le chef des fouilles.


autre infos

Joyeux enfant de l'Auver-gne
Je n'ai jamais eu de guignon

Quand je vois rougir ma trogne Ah
Que je suis fier d'être un Auvergnat !

Je suis fier, je suis fier
Je suis fier d'être né d'un bougnat !



libre adaptation des Joyeux enfants de la Bourgogne



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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Dim 27 Sep - 2:21


«l’encampement du monde»


Michel Agier « La crise migratoire met en évidence celle de l’Etat-Nation » Catherine Calvet   — 22 septembre 2015 à 17:06  


Vue aérienne de la «nouvelle jungle» de Calais, en juillet.
Environ 3 000 migrants y vivent en attendant de passer en Angleterre.

A Calais ou à Vintimille, les campements de réfugiés se multiplient aux frontières de l’Europe. Des «hot spots», objets ce mercredi d’un sommet européen exceptionnel. Pour l’anthropologue Michel Agier, ces zones grises reflètent la vie d’individus faisant partie désormais de circuits économiques et sociaux beaucoup plus larges que ceux d’un seul Etat.

L’anthropologue Michel Agier appelle cela «l’encampement du monde» (1). Zones d’attente, centres de «rétention» ou «d’accueil»… A mesure qu’ils se multiplient et que l’attente des exilés s’allonge, les camps sont devenus un lieu de vie quotidien pour des générations de réfugiés. Et le moyen pour les Etats de gérer ceux qui seraient «en trop».

Citation :
Alors que les ministres de l’Intérieur européens ont consacré mardi un conseil extraordinaire aux «hot spots», ces nouveaux camps bâtis aux frontières de l’Europe, et que les présidents et chefs de gouvernement aborderont le sujet ce mercredi soir, Michel Agier analyse l’attitude de l’Union face à l’afflux actuel de migrants.

Va-t-on vers un «encampement» de l’Europe?

C’est un vrai défi pour notre continent. On peut faire soit comme l’Allemagne, accueillir et donner l’asile en s’appuyant sur la société civile et sur les associations, soit créer et faire durer des lieux d’enfermement comme Calais. Mon expérience et mon analyse de nombreux camps à travers le monde m’ont convaincu qu’il faut absolument éviter l’encampement, la mise à l’écart, le statut d’exception des exilés. Des solutions d’hébergement sont possibles, elles sont proposées actuellement en France par des institutions, des associations ou des municipalités. C’est un enjeu d’hospitalité publique. Mais le gouvernement français ne semble pas avoir réellement tranché entre ces deux solutions.

Que penser des centres d’accueil européens, les fameux «hot spots» ?


Concrètement, la proposition n’est pas claire. Seul le message semble ferme, l’affirmation d’un dispositif nouveau de tri entre «vrais» et «faux» réfugiés. Nouvelle version d’une vieille histoire ! En réalité, de tels centres de tri existent déjà. En Italie et en Grèce, on va en fait ajouter une administration européenne, celle de l’agence Frontex [Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne, ndlr], à des administrations et structures nationales d’accueil, d’hébergement et de contrôle. Ce qui n’est pas clair dans les cadres nationaux ne le sera pas plus dans le «nouveau» cadre. D’ailleurs, les autorités hongroises, qui ne pratiquent pas l’euphémisme, ont déclaré qu’elles font déjà ce tri, et à la demande de l’Europe.

Centres d’hébergement, d’accueil, d’enregistrement, centres de détention de personnes potentiellement demandeuses d’asile, telles sont les traductions entendues ces derniers jours de «hot spots». On peut craindre le pire pour ceux qui, ne venant pas de Syrie, risquent d’être traités comme «migrants économiques». Or, les migrants eux-mêmes peinent à faire la part entre les raisons politiques ou économiques qui ont déclenché leur départ. Ils ont encore plus de mal à se justifier ensuite devant des institutions telles que l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr]. Actuellement, les migrants syriens seraient les «bons réfugiés». Mais même les Syriens veulent pouvoir vivre en sécurité, travailler : ils ont aussi un projet migratoire qui passe forcément par une insertion sociale et économique. On pourrait dire qu’il y a une part de migrant économique chez tout réfugié politique. Et à l’inverse, il y a une part de «réfugié» chez tous les migrants économiques : leur projet de vie social ou économique était impossible à réaliser dans leur pays natal, sinon, ils n’auraient pas eu à tout quitter. Là aussi les frontières sont fluctuantes.

En Europe, le système de Dublin, qui impose au demandeur d’asile de déposer son dossier uniquement dans le pays où il a été enregistré par les autorités pour la première fois, a-t-il créé un statut pire encore que celui d’apatride au lendemain de la Première Guerre mondiale ?

En effet, aujourd’hui des personnes ne sont pas censées être là où elles sont… Le système de Dublin prescrit le renvoi des migrants vers le premier pays d’entrée en Europe, des pays fragiles où leur présence n’est pas souhaitée, comme la Hongrie ou la Grèce, et qui demandent à être soutenus. C’est tout l’enjeu de la solidarité entre les pays européens dans l’accueil des exilés. Tout cela crée des définitions arbitraires de l’identité des migrants. Ainsi, à propos des Syriens, nous parlions, il y a encore peu, de «clandestins».

On revient à cette notion de «couloir de l’exil» qui désigne les situations de frontières durables, des lieux au statut d’exception, des aires d’exclusion et d’extraterritorialité. Les réfugiés sont interrompus dans leur voyage par les murs ou les législations, maintenus dans l’exil, mis à l’écart, coincés à la frontière. Il est significatif que, d’une manière générale, les entre-deux intéressent de plus en plus les sciences sociales. Je défends qu’aujourd’hui, pour comprendre le monde, cet entre-deux est central. Car la marge englobe de plus en plus de gens, et elle crée aussi un nouveau mode de vie où l’indétermination joue un rôle important. Ces individus ont plusieurs sortes d’ancrages, ils vivent en un même lieu, la frontière au sens large, ce qui donne ces impressions de cacophonie, conflit ou tour de Babel. J’y vois pour ma part l’apprentissage d’une vie cosmopolite, ordinaire, quotidienne.

Douze millions de personnes vivent dans des camps. L’encampement du monde n’est-il pas lié aussi à une déliquescence grandissante de l’Etat ?


Cette crise migratoire met en évidence celle de l’Etat-Nation, qui n’est plus le lieu où se joue toute la vie des gens. Les individus font partie de circuits économiques, sociaux, communicationnels beaucoup plus larges. Si l’Etat est la forme politique nécessaire de l’intégration et de la citoyenneté, nous sommes tous à la recherche d’un nouveau périmètre de l’Etat. Nous pourrions imaginer des Etats plus à même d’intégrer ces nouvelles mobilités et ces nouveaux circuits économiques et communicationnels. Des Etats moins étriqués, régionaux, c’est ce qui est en germe en Europe ou en Afrique… C’est le sens profond de cette crise des Etats-Nations : elle multiplie les zones grises mais aussi les indésirables, les gens en reste des Etats-Nations, ces figures de sans-Etat, de migrants, d’errants… qui font partie maintenant du cadre ordinaire du monde et appellent un nouveau cadre de citoyenneté.

Vous avez publié avec François Gemenne un manifeste : «Les dix raisons d’ouvrir les frontières»…[/b]

La fermeture absolue n’existe pas et n’existera jamais. Beaucoup de ceux qui ont réussi à franchir ces murs repartiraient souvent volontiers s’il existait une liberté de circulation. La mondialisation ne peut fonctionner qu’avec un minimum de mobilité. Aujourd’hui, on finit par soupçonner tous ceux qui se déplacent, qui migrent, alors qu’ils ne veulent pas forcément s’installer en Europe, ni quitter définitivement leur pays. Au contraire, nous devrions envisager la diffusion de ces nouveaux modes de vie liés à la mobilité et à des ancrages dans plusieurs lieux, plusieurs Etats. Nous ne pourrons pas faire l’économie de cette question, qui ne peut se résoudre dans le cadre d’un seul Etat national. La décision allemande d’accueillir les migrants a au moins modifié le climat et les discours, et a forcé, en quelque sorte, à faire de l’Europe un acteur globalement plus hospitalier en conduisant d’autres pays à accepter des «quotas».
[b]
La France a-t-elle vraiment changé de cap dans ce domaine?


Elle pourrait donner un signal fort en résolvant les problèmes de Calais et de Vintimille (2). Le gouvernement ne débloque malheureusement pas cette situation. Concernant Calais, le gouvernement britannique a annoncé pouvoir accueillir un certain nombre de réfugiés. Mais ceux-ci restent bloqués en France. Ces gens n’ont absolument rien à faire dans un camp. L’Ofpra se déplace en Allemagne devant les télévisions du monde entier pour sélectionner quelques dizaines de demandeurs d’asiles, alors que ceux qui sont à Calais ou à la frontière franco-italienne près de Vintimille ne sont pas pris en charge, je dirais même ne sont pas libérés.

(1) Un monde de camps, La Découverte, 2014. Lire également Le couloir des exilés, éditions du Croquant, 2011.

(2) Quelques centaines de réfugiés originaires du Soudan et d’Erythrée sont bloqués à la frontière depuis le mois de juin à Vintimille, à la frontière franco-italienne.


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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Dim 27 Sep - 2:26



La souveraineté et l’État nation, une illusion des temps actuels Ahmed Farrah 10 septembre



La souveraineté est une chimère sans indépendance totale
sur le plan alimentaire et énergétique

Ahmed Farrah a écrit:
L’État est une entité géographique, délimitée par des frontières reconnues par la communauté internationale au sein desquelles, est exercée sa souveraineté.

Celle-ci émanant du peuple qui la délègue par le suffrage universel ou par référendum à sa représentation nationale constituée en un corps politique, qu’il élit librement ; ainsi le pouvoir s’exerce en son nom par une autorité suprême détentrice de sa légitimité. Cette légitimité confère à l’État le monopole de la force publique et de l’autorité. Les individus sont sous sa protection, reconnaissent en lui le garant de leur droit et acceptent de lui obéir.

L’État providence étend son action et son intervention aux domaines de l’intérêt général comme l’Éducation, la Santé, la Culture, les équipements,… et veille à la cohésion sociale et à l’égalité entre les individus. Aujourd’hui, la globalisation et la mondialisation de l’économie mondiale, l’émergence de l’internet, des organisations non gouvernementales et des organisations internationales mettent en doute la souveraineté des peuples et l’État nation qui n'est plus totalement lié au cadre national. Aujourd’hui la souveraineté des États est sous l’œil des maitres du monde qui détiennent l’économie, la finance, la puissance digitale et militaire. Il est illusoire de penser que les pays disposent souverainement de leurs richesses et de leurs décisions si elles vont à l’encontre des intérêts des maitres du monde.

Le cas de la Grèce est plus qu'édifiant. Le peuple grec a conféré par référendum, un mandat à son gouvernement légitime et démocratiquement élu, pour négocier en son nom le poids écrasant de sa dette contractée auprès de la banque centrale européenne, la suite est connue.

L’intransigeance des technocrates et des financiers de l’Union européenne a poussé le gouvernement grec à la démission. Où est donc la souveraineté nationale des États ?! Autre cas de peuples pacifiques qui n’ont rien demandé et à qui des "magnanimes démocrates" veulent leur apporter une démocratie assortie du chaos dévastateur et génocidaire qui pousse des millions d’enfants, de femmes, de vieillards, et des populations entières à l’exode et à la mer pour y périr. Ils ont foulé aux pieds la démocratie athénienne dont ils sont fiers de revendiquer ses sources "judéo-grecques ??", et la commercialisent à des peuples crédules et naïfs qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Leur démocratie, c’est celle qui assujettit les peuples et spolient leurs richesses, c'est cela dont il s'agit aujourd'hui.

La pyramide alimentaire est claire comme l'eau de roche, le sommet ronge sa base. La souveraineté nationale n’est en fin de compte qu’une chimère miroitée par les vrais maitres du monde qui font et défont l’Histoire des peuples, ces damnés de la fatalité.


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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Mer 30 Sep - 8:10

hé bé, voilà maintenant qu'au nom de Marx, on promeut la nation et la souveraineté du peuple contre le capital

Guillaume Foutrier : « C'est pour cela que je continue à penser (et je suis sûr que la suite me donnera raison) que la réappropriation progressiste et populaire de la nation, loin d'être « d'arrière-garde », est au contraire d'une brûlante actualité. Dans la configuration historique actuelle, il faut porter contre le capital, érigé en souverain, la souveraineté du peuple. »

et je ne suis pas sûr que la suite lui donne raison...

Capitalisme et Etats-nations 29 septembre 2015 | Par Guillaume Foutrier



Citation :

« Nous ne voulons pas anticiper le monde dogmatiquement, mais trouver seulement le monde nouveau par la critique du monde ancien. Jusqu’ici les philosophes avaient la solution de toutes les énigmes toutes préparées dans leur pupitre, et ce sot de monde exotérique n’avait qu’à ouvrir le bec et les alouettes de la science absolue lui tombaient toutes rôties » (Karl Marx [1])


Selon une certaine gauche radicale, la lutte contre le capital à l'échelle nationale aurait un train de retard (en quelque sorte « superstructurel », c’est-à-dire politico-juridique) sur le capital qui se déploie à l'échelle internationale. C'est sur le fondement d’une telle proposition que quelques penseurs se disant marxistes (Toni Negri, Yann Moulier-Boutang par exemple) ont appelé à voter oui au Traité Constitutionnel Européen en 2005 : pour eux, le déploiement du capital à l'échelle européenne porterait en lui les ferments du progressisme de demain en rendant obsolètes les anciens cadres de domination du capital (notamment l’Etat-nation), de même que la révolution industrielle, la construction des marchés nationaux et la constitution de l'Etat-nation au XVIIIe-XIXe siècle en Europe avaient rendu obsolètes les formes anciennes de la féodalité (la seigneurie et les corps d'Ancien Régime). Autrement dit, pour les partisans « marxistes » du oui, il faudrait embrayer le pas de la construction européenne qui porterait en elle dialectiquement la révolution de demain : s'y opposer ce serait au contraire faire le jeu de la réaction (de même qu'au XIXe siècle le socialisme aristocratique et corporatiste, en s'opposant au déracinement salarial et à la bourgeoisie nationale, était réactionnaire). En somme, la construction européenne, comme modalité superstructurelle du nouveau capitalisme, aurait déclassé historiquement la nation.

Sur ces arguments :

1°) Il n'y sûrement qu'en Europe que l'on peut croire deux secondes à ce mythe du déclassement de l'Etat-nation : le capital est bien loin d'avoir déclassé son partenaire historique de longue durée (voir la très intéressante interview de Jean François Bayart sur le national libéralisme). Non seulement les nations font leur grand « retour » après l'ère des blocs (voir Jacques Sapir, La démondialisation), mais plus encore jamais le capital n'a autant porté l'Etat-nation au pinacle de l'histoire.


2°) L'Etat-nation au XXIe siècle est en effet très loin de l'état de décrépitude de la féodalité à la veille des révolutions bourgeoises du XVIIIe siècle. La mosaïque de territoires et d'univers privilégiés sous l'Ancien Régime (taxes intérieures, coutumes locales et provinciales, seigneuries, provinces et communautés, etc.) étaient réellement des oripeaux parasitaires de l'Etat féodal au moment de l'unification du marché national en France au XVIIIe siècle. Autrement dit, ce qu'il y avait de féodal dans l'Etat-nation naissant devait disparaître comme contradiction avec le nouveau. Il est clair, à l'inverse, que les découpages nationaux du marché mondial du XXIe siècle, loin d'être les vestiges parasitaires d'un capitalisme national survivant, sont les moteurs du capitalisme financier international : les Etats ont permis au capital l'exploitation libre et rapide de leurs dénivellations territoriales. En jouant sur les différences entre régimes de protection sociale, entre territoires fiscaux et réglementaires, entre systèmes juridiques, le capital financier internationalisé trouve les moyens de son renforcement incessant depuis quarante ans. En cela, le capitalisme historique ne fait que poursuivre une trajectoire classique depuis l’expansion de l’économie marchande au XIe-XIIe siècle : il ne se déploie pas tant dans un espace impérial unifié que dans la mosaïque des puissances politiques et l’exploitation des différentiels fiscaux, réglementaires et juridiques. Je renvoie à ce propos à quelques ouvrages fondamentaux : Le capitalisme historique d’Immanuel Wallerstein (1985) qui démontre le rôle primordial des Etats-nations dans la genèse du capitalisme moderne ; La dynamique du capitalisme de Fernand Braudel (1985) ; Richesse et puissance de François Fourquet (1980) ; Les origines du capitalisme de Jean Baechler (1971).

Notons par exemple l'importance grandissante des tribunaux commerciaux internationaux (notamment le CIRDI) devant lesquels les firmes multinationales peuvent attaquer la législation (sociale ou fiscale) d'un Etat en s'appuyant sur les traités bilatéraux d'investissement (le nombre de ces traités entre deux Etats est passé de 385 à 2500 entre 1989 et 2006). Ici, ce sont donc bien les Etats qui volontairement érigent le capital mondialisé en contradicteur judiciaire et construisent ainsi juridiquement la « contrainte extérieure ». Le capital international et l'Etat-nation sont les co-constructeurs et les co-animateurs de la mondialisation néolibérale. Loin d'être déclassés historiquement, les Etats-nations sont bien les chefs d'orchestre de l'économie-monde du XXIe siècle. C'est donc d'abord à cette échelle nationale que se joue le combat : ce ne sont pas d'abord la commission de Bruxelles ou les firmes multinationales qui sont corrompues, ce sont nos démocraties nationales qui, aux mains d'une « bourgeoisie comprador » (Poulantzas), ont volontairement capitulé devant elles.


3°) Il n'y a que les marxistes dogmatiques pour croire que la construction européenne porte en elle les germes du progressisme : les phases de démondialisation et de remondialisation sont, en fonction des configurations historiques, réactionnaires ou progressistes, elles ne le sont pas en soi. Ainsi, la phase de démondialisation des Trente Glorieuses était plus riche en possibilités et réalisations progressistes que la mondialisation des années 70-80 animée par la contre-révolution néolibérale.


C'est pour cela que je continue à penser (et je suis sûr que la suite me donnera raison) que la réappropriation progressiste et populaire de la nation, loin d'être « d'arrière-garde », est au contraire d'une brûlante actualité. Dans la configuration historique actuelle, il faut porter contre le capital, érigé en souverain, la souveraineté du peuple.

[1] Lettre de Marx à Ruge (septembre 1843) : Œuvres Complètes de Karl Marx, Œuvres philosophiques, tome V, trad. Molitor, Paris, Alfred Costes, 1937, p. 206.


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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Ven 20 Nov - 17:06

à titre d'information, compte tenu de mes appréciations dans Toni NEGRI et ses ambiguïtés théoriques et politiques (Ernesto Laclau...)


quatrième de couverture
Citation :
Grand inspirateur des stratégies politiques des gauches latinoaméricaines et aujourd’hui de Podemos en Espagne, Ernesto Laclau analyse dans ce livre les conséquences d’un prodigieux basculement politique initié dans les années 1990.

Entre la fin du XVIIIe et la fin du XXe siècle, l’objectif premier de la lutte politique est resté celui de la libération : peuples, classes ou individus, tous les sujets de l’action politique n’aspiraient qu’à s’émanciper. Cette visée de la libération affirmait en même temps le principe de l’égalité de tous les êtres humains, dessinant ainsi la figure de l’universalisme : dans les « jeux de langage » de la politique moderne, l’égalité l’emportait sur les différences.

Or, miné par ses contradictions internes, ce discours de l’émancipation s’est décomposé : la guerre des identités – de genre, d’origine, ou de culture – a pris le pas sur la lutte pour l’égalité. Partout, c’est la revendication de l’identité culturelle qui s’est affirmée et l’a emporté sur l’idéal d’égalité.

Pour comprendre ce qui se joue désormais à l’échelle planétaire, pour définir de nouveaux objectifs politiques prenant le relais de la tradition de la gauche, c’est l’ensemble des catégories centrales du discours politique hérité – la libération, l’universalisme, le particularisme, le pouvoir, l’idéologie, etc. – qu’il importe de soumettre à un examen critique.

C’est ce à quoi s’emploie, avec une rare rigueur, cet ouvrage qui rassemble les éléments d’une théorie générale du politique organisée à partir du concept central d’hégémonie.



sommaire

Citation :
Préface

1. Sujet de la politique, politique du sujet

Multiculturalisme
La question du fondationalisme et la question des contextes
Universalisme, particularisme et hégémonie
Dialectique de l'universalité
Impasses croisées du différentialisme et du fondationalisme
Gouvernement et universalité : quatre moments

2. Au-delà de l'émancipation

Logique de la logique
…Et logique du social
Les discours classiques de l'émancipation
Le christianisme — le marxisme
Mort de l'émancipation
Émancipation et division constitutive

3. L’universalisme, le particularisme et la question de l'identité

Universalité et particularité dans une perspective historique
L'impossible victoire des particularismes sur l'universel
Trois conclusions politiques

4. De l'importance des signifiants vides en politique

Le système et son dehors. Vraies et fausses limites
L’hégémonie
Hégémonie et démocratie

5. Mort et résurrection de la théorie de l'idéologie

L’impossible extériorité à l'idéologie
Distortion et dislocation constitutive
Signifiants flottants et signifiants vides
Moralité dense et moralité fine
La logique de l'équivalence
Le mysticisme, l'inexprimable et les équivalences
Incarnation, déformation et idéologie. Le mythe selon Georges Sorel
Inéradicable idéologie


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MessageSujet: La lutte des classes est devenue la lutte des peuples   Dim 6 Déc - 2:25



Ô Niçois qui mal y pensent... un texte un peu étrange a priori, et un drôle de salmigondis qui rappelle Christian Delarue et son "concept" de « Peuple-classe » ayant tout de trans-classiste...

La lutte des classes est devenue la lutte des peuples 19 novembre 2015


Le thème annoncé par Roberto Fiorini pour sa conférence avait de quoi dérouter : L’enjeu économique et social dans le combat identitaire

Citation :
Plusieurs dizaines de personnes s’étaient pourtant déplacées à Mougins ce vendredi 6 novembre pour entendre un discours qui s’annonçait iconoclaste. Elles ne furent pas déçues. Roberto Fiorini allie de façon évidente l’engagement syndical et le militantisme identitaire. Sa démarche est intéressante, et valait bien le déplacement.

Le conférencier place l’action syndicale dans une démarche forcément politique. Il ajoute immédiatement qu’il aime aller au fond des choses, comprendre les mécanismes profonds qui les sous-tendent. Si les effets sont visibles, les causes ne le sont pas. Pour comprendre la politique, il faut passer par l’économie. Et pour comprendre l’économie, il faut une conscience politique forte.

Roberto Fiorini démontre méthodiquement en faisant dérouler son diaporama que toutes les orientations politiques ne s’expliquent que par la détermination du capital d’augmenter toujours et encore ses profits.

Marx n’est pas mort, bien au contraire. La lutte des classes est toujours d’actualité, même si elle n’est plus celle du début du XXe siècle. Elle est devenue la lutte des peuples car le capital voit dans les cultures et les peuples enracinés des freins à son hégémonie.

Le pouvoir financier envisage explicitement de détruire les gouvernements nationaux : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate » annonce ouvertement David Rockefeller [Newsweek, 1er février 1999]. Et c’est bien ce qui se passe.

Roberto Fiorini appelle à la lutte car une forme d’esclavage nouveau guette le monde occidental qui peut y perdre son identité, sa culture, ses valeurs, sa civilisation.


Roberto Fiorini nous a accordé une longue interview qui fera l’objet d’un article complémentaire à paraître prochainement.


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MessageSujet: Re: "PEUPLES" et "ÉTATS-NATIONS" vs Prolétariat et Classes   Mer 9 Déc - 2:36



Les origines du sentiment anti-haïtien en République Dominicaine   Traduction publiée le 12 Août 2015      


La frontière entre Haïti et la République Dominicaine. P
hoto de Alex Proimos, sous licence Creative Commons


Cet article de Amelia Hintzen a d'abord été publié sur le site internet de NACLA, il est republié ici dans le cadre d'un accord de partage de contenu.

Amelia Hintzen a écrit:
Mercredi 17 juin 2015  était la date limite pour la présentation par les immigrants haïtiens et les personnes d'ascendance haïtienne de leurs papiers aux autorités dominicaines pour que soient étudiés leurs droits à résider dans le pays. Ceci concerne ceux qui ont immigrés il y a peu de temps mais aussi les Dominicains qui ne peuvent  pas prouver qu'ils sont nés en République Dominicaine et que leurs parents étaient des résidents légaux.

Mauvais présage, le Service de l'immigration aurait formé des fonctionnaires pour effectuer des expulsions, et beaucoup de Dominicains d'origine haïtiennecraignent qu'on leur fasse quitter le seul pays qu'ils connaissent. Bien que le gouvernement affirme qu'il ne se lancera pas dans des expulsions massives, les Dominicains descendants de Haïtiens dépourvus de citoyenneté, estimés à plusieurs dizaines de milliers, affrontent un avenir incertain. De peur de la critique internationale, le gouvernement dominicain a soutenu à plusieurs reprises qu'il avait  parfaitement le doit de déterminer qui était qualifié pour obtenir la citoyenneté.

Bien qu'il puisse paraître simpliste de lier ces décisions à la culmination d'une haine ancestrale, résultat inévitable d'une histoire de frères ennemis entre les deux pays remontant à l'occupation haïtienne de la République Dominicaine entre 1822 et 1844, l'histoire est en réalité bien plus complexe. En effet, raisonner ainsi, c'est perpétuer un récit créé par Rafael Trujillo, un des dictateurs les plus brutaux de ce pays. Il a gouverné la République Dominicaine de 1930 jusqu'à son assassinat en1961, il s'est servi de l'idéologie anti-haïtienne pour rassembler les Dominicains autour de lui, il affirmait que son autoritarisme strict était nécessaire pour protéger le pays de la menace d'une invasion “passive” des immigrants haïtiens. En 1937 il a ordonné le massacre d'un nombre estimé entre 10 et 20 000 de Haïtiens qui vivaient sur la frontière entre les deux pays.

Bien que cette tragédie soit souvent citée comme preuve du conflit ingérable entre les deux pays, il faut constater que le souhait de Trujillo de réaliser des expulsions de masse avant le massacre fut un échec car les différentes communautés locales s'opposèrent au harcèlement illégal des immigrants haïtiens. Dans la réalité, les Haïtiens et les Dominicains ont toujours vécu ensemble dans le pays et ils furent souvent ouvertement hostiles aux efforts du gouvernement pour intervenir dans leur vie commune. Les deux pays ayant  bien peu de chemins carrossables et de moyens de communication, les paysans haïtiens et dominicains avaient bien plus de points communs entre eux qu'avec une lointaine élite. Loin d'être l'expression d'un sentiment anti-haïtien, le massacre orchestré par Trujillo fut une tentative de destruction des liens anciens entre Haïtiens et Dominicais qui limitaient son pouvoir sur le pays.

Et pourtant le despote n'a jamais réussi à éliminer la population haïtienne de son pays. Le sucre était une des exportations les plus importantes du pays et les Haïtiens, la main-d'œuvre indispensable à cette industrie. Face a cette contradiction le gouvernement de Trujillo a décidé d'isoler les immigrants haïtiens dans le pays en les obligeant à se concentrer sur les plantations sucrières. Le pouvoir s'est retrouvé face à une confusion totale du fait de la résistance des membres de la communauté à un déplacement forcé de leurs voisins. Mais les fonctionnaires du gouvernement firent pression sur les propriétaires terriens pour déloger les Haïtiens en les menaçant de confisquer leurs documents d'immigration allant jusqu'au déplacement forcé des Haïtiens. Ayant isolé ceux-ci dans les plantations, le régime de Trujillo commença à effacer la longue histoire commune de ces deux communautés dans l'île d'Hispaniola.

Le projet du pouvoir d'isoler les immigrants et leurs enfants se renforça quand un des promoteurs de cette idéologie, Joaquín Balaguer, fut élu à la présidence en 1966. Balaguer mit en place une politique qui n'autorisait aux Haïtiens que la vie dans les plantations et la coupe de la canne comme seul travail. Au début de chaque récolte de canne à sucre, l'armée et la police nationale se mettaient à la recherche d'Haïtiens dans tout le pays pour les déplacer autoritairement dans les plantations, qu'ils aient ou non des papiers en règle. De plus, les immigrants qui n'avaient aucun papier étaient souvent obligés d'aller dans une plantation sans aucune régularisation. De cette façon, la situation légale des immigrants aux yeux de l'Etat n'a plus été liée aux documents présentés mais uniquement à leur situation et leur travail. Aussi bien Trujillo que Balaguer ont cru que si l'on pouvait maintenir les Haïtiens dans les plantations, ceux-ci contribueraient à l'enrichissement de la nation sans avoir à les reconnaître comme partie de cette nation.

Bien que la grande majorité des Dominicains soit constituée de descendants d'Africains, Balaguer soutenait qu'après l'annihilation de la population indigène, la république Dominicaine avait été peuplée d'immigrants espagnols blancs. Selon lui, les traits africains de la population dominicaine ont été le résultat d'une infiltration haïtienne. A cause de sa peur d'une contamination raciale, Balaguer a commencé à “s'occuper ” des Dominicains enfants de parents haïtiens. Dans les années 70 il a fait réaliser plusieurs enquêtes à ce sujet et de nombreux fonctionnaires de son gouvernement lui avait signalé qu'il ne pouvait pas déporter les Dominicains d'ascendance haïtienne parce qu'ils étaient nés en République Dominicaine et devaient être considérés selon la constitution comme des citoyens dominicains. En réalité ceux qui était nés dans les plantations loin de tous réseaux médicaux n'avaient jamais reçu de certificats officiels de naissance.

Dans les années 90, avec le déclin de l'activité sucrière, la population haïtienne n'a plus pu être isolée aussi facilement, et le gouvernement à cherché une base légale pour spolier rétroactivement de leurs droits les Dominicains d'origine haïtienne.

En 2013 le tribunal constitutionnel dominicain à fini par établir que tout ceux qui étaient nés de parents haïtiens depuis 1929 étaient susceptibles de perdre leur citoyenneté, en violation ouverte du principe de non rétroactivité inscrit dans la constitution dominicaine. Selon une mesure mise en place après cette déclaration, les habitants avaient jusqu'au 17 juin 2015 pour fournir la preuve de leur résidence légale. Outre les difficultés que beaucoup de Dominicains affrontèrent pour pouvoir présenter leurs documents aux bureau officiels du gouvernement parfois éloignés, on a vu surgir de nombreuses plaintes pour de longues attentes et des demandes incohérentes.

La démarche du gouvernement dominicain n'est pas simplement de protéger comme il l'affirme sa souveraineté. En réalité les expulsions envisagées sont la suite logique de décennies d'une politique clandestine du pouvoir qui n'a jamais basé le domicile légal sur les papiers présentés mais uniquement sur le lieu où vivaient et travaillaient ces migrants. Ces affirmations sur l'impossibilité d'une coexistence entre Dominicains et Haïtiens cachent la réalité d'une politique qui servait les objectifs d'un dictateur. Pourtant, comme aujourd'hui, il y a toujours eu des Dominicains pour se défendre contre ces injustices et des communautés où les identités haïtiennes et dominicaines coexistent  et se mêlent.

Amelia Hintzen est doctorante à l'université de Miami. Sa thèse porte sur l'histoire des communautés haïtiennes migrantes des plantations sucrières en République Dominicaine, et s'appuie sur des archives, des recherches ethnographiques et la transmission orale.


Creative Commons License

Photo de NACLA
Ecrit par NACLA
Photo de Gabriela Garcia Calderon Orbe
Traduit (es) par Gabriela Garcia Calderon Orbe


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